« Je sens ta peur, mortel !« 

La voix désincarnée résonna dans la salle de l’antique donjon, bientôt suivie d’un rire qui parut rebondir sur tous les murs et filer entre les toiles des araignées qui nichaient là. Le visiteur trembla un peu et fit un tour sur lui-même, brandissant sa lampe de poche comme un revolver. L’espace d’un instant, une silhouette humaine apparut à la lisière du halo lorsque celui-ci balaya le vieil escalier aux marches brisées, mais lorsque l’homme tenta de braquer sa lampe vers elle, elle avait déjà disparu.

« D’autres comme toi sont déjà venus… mais ils manquaient d’ambition et vois : leurs os parsèment désormais mon château !« 

Cette fois, le rire se fit plus fort, et dans tous les recoins, que le visiteur avait pourtant soigneusement inspecté auparavant, des ossements poussiéreux apparurent sous sa lampe. Il fit un pas en arrière, et sursauta lorsqu’il se cogna dans quelque chose. Il se retourna brusquement, la lampe en avant, mais une main griffue s’en était déjà saisie. Dans l’ombre face à lui, quelqu’un se mit à sourire, et deux canines étincelèrent.

« Tu voulais me voir ? Me voilà !
- Ho ! Seigneur ! s’exclama le mortel. Vous existez !
- Tu n’y croyais pas mais tu es malgré tout venu jusqu’ici ? J’en déduis que tu n’es là que par curiosité. Je n’ai que faire des curieux. Adieu. »

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Les canines plongèrent vers l’homme, mais ce dernier agita les mains devant lui avec tant de vigueur que le vampire hésita.

« Vous faites erreur ! Je suis venu vous voir car j’ai besoin de vos sombres pouvoirs ! 
- Voilà une requête intéressante. Je t’écoute, mais fais vite.
- Mon royaume est en danger et tout est vain pour le sauver ; j’ai entendu parler de votre légende et j’ai pensé que si le Ciel ne répondait pas à mes prières, alors peut-être l’Enfer… »

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Le vampire éclata une nouvelle fois de son rire inquiétant avant de disparaître dans l’ombre. Son visiteur ne réalisa que trop tard qu’il était réapparu à son oreille pour lui chuchoter :

« J’ai moi-même été comme toi, autrefois. Bois mon sang, et tu auras tout ce que tu désires : la force de cent homme. La vitesse d’un guépard. Tu pourras te changer en chauve-souris pour survoler tes terres et….
- Hopopop, halte-là !
- Pardon ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Des chauves-souris, des guépards, dites donc, c’est un royaume que je veux sauver, pas un zoo !
- Mais enfin ! Personne ne parle comme ça au grand Dracula ! 
- Oui enfin t’es gentil, mais moi je viens ici pour avoir de vrais pouvoirs utiles, hein, comme faire redémarrer l’économie, vaincre le chômage ou trouver des gens compétents pour mon gouvernement.
- Bon, écoutez Monsieur… 
- Hollande. François.
- Moi je suis un vampire, hein, je ne suis pas Gérard Majax non plus. Je ne fais pas de miracles, même les pouvoirs des Enfers ont des limites. On va arrêter cet entretien ici si vous le voulez bien. Igor ? Igor ? »

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Le serviteur bossu apparut dans l’encadrure d’une porte.

« Maîîîître ?
- Igor, raccompagne Monsieur Hollande à son scooter.
- Bien, Maîîître… dois-je faire entrer le candidat suivant, Maîîître ?
- Oui oui, donne moi juste une seconde que je retourne me mettre en position. »

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Dracula disparut dans l’ombre et sitôt que François Hollande et Igor furent sortis, une porte s’ouvrit et un homme entra une lampe de poche à la main. Dracula toussota discrètement dans sa main et se lança théâtralement pour la 17e fois aujourd’hui :

« Je sens ta peur, mortel !« 

*

*    *

Car vous l’ignoriez peut-être, mais il fut un temps où Dracula devint Dracula pour sauver son royaume : telle est la formidable épopée contée par Dracula Untold, un film qui aurait dû rester Untold ET Unseen d’après les mauvaises langues. Alors, ragots des ténèbres ou vérité sur une grosse bouse dans laquelle, pour la première fois depuis longtemps, le vampire ne bécote pas de lycéenne attardée ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche. C’est pas mal, ça, le vampire qui fait le kakou dans une pose pensive. C’est juste dommage qu’il fasse jour. Un détail.

L’histoire commence par un pitch conté par la voix d’un enfant qui visiblement, n’a que ça à faire de débiter des âneries au lieu de faire ses devoirs. Mais que nous dit-il ce galopin ? Hé bien qu’au XVe siècle, les Turcs envahirent les terres de Transylvanie. Et qu’ils prirent 1 000 enfants pour en faire des soldats d’élite, procédé grandement aidé par l’absence complète à l’époque de réunions parents-professeurs. Parmi ces bambins se trouvait Vlad, le fils du roi de Transylvanie. Il se révéla être un guerrier si terrible qu’il faisait « reculer des armées à lui seul« , ce qui peut aussi être lié à une hygiène déplorable, que nous passerons sous silence. Bon, cela était peut-être aussi lié au fait qu’il adorait empaler ses ennemis, comme ça, pour déconner, mais tout de même. Car empaleur ou pas, figurez-vous qu’en fait, Vlad n’aspirait qu’à la paix (oui, hein, on ne dirait pas comme ça, je sais, ça sonne bizarre « paix » et « empaler » ensemble). Aussi retourna-t-il dès qu’il le put en Transylvanie pour monter sur le trône et gouverner aux côtés de sa femme bien-aimée, Mirena, et de son fils, Corky.

Car la voix off nous avoue que c’est bien Corky qui se cache derrière en terminant ce bref résumé par « Pour beaucoup de gens, Vlad allait devenir Dracula. Mais moi, je l’appelais père. » Enfin c’est soit ça, soit la voix off qui a un gros manque affectif, mais passons et allons donc voir ce qu’il se passe en ce moment même en Transylvanie (je vous laisse vous-même réécouter le morceau culte « En Trans… ylvanie« , qui nous rappelle combien ce pays est à la fois mystérieux et fourni en stations essences grâce à la magie des paroliers français modernes).

En effet, Vlad est avec ses hommes au bord d’un cours d’eau au fond des bois, et il est fort préoccupé : on vient en effet de retrouver dans celui-ci un casque turc. Ce qui est pas banal, tant d’habitude dans les cours d’eau, on retrouve plutôt des goujons voire des brochets. Quelqu’un a dû forcer sur l’appât. Et pour être tout à fait exact, la prise du jour est un casque d’éclaireur turc. Ce qui est fort mauvais signe d’après Vlad qui connait bien ce peuple au sein duquel il a grandi en tant qu’otage royal : lorsque les Turcs envoient leurs éclaireurs, c’est rarement pour vendre des cookies, ce qui est bien dommage. L’armée du sultan est donc probablement non loin derrière, et il est hors de question que la Transylvanie soit envahie à nouveau. Vlad étudie donc le casque avec attention.

« Alooors… s’il est arrivé jusqu’ici… c’est probablement qu’il a dérivé depuis le pic de la Dent Cassée, cette montagne que l’on voit d’ici et où le cours d’eau prend sa source.
- Et qui est à 150 kilomètres au bas mot.
- Ouiiii et alors, aide de camp Roudoudou ?
- Ben je sais pas. Quand on trouve une Twingo dans la Seine, elle n’a pas forcément dérivé depuis la source en Côte d’Or, non ? Donc votre casque turc, là, c’est pareil. Un Turc a pu le perdre n’importe où le long du cours d’eau. Pas forcément au pic de la Dent Cassée. C’est con, votre théorie.
- Et moi je dis que chut. Et je suis le héros. Alors pouët-pouët ! Allez mes amis ! Allons inspecter le pic de la Dent Cassée pour voir ce qu’y faisaient les éclaireurs turcs ! Rouquemoute et Victime, vous m’accompagnez !
- Rho non… je le sens mal, je ne sais pas pourquoi.
- Chut, j’insiste. Venez j’ai dit. Les autres, retournez au château ! »

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Vlad, Victime et Rouquemoute progressent donc jusqu’au pic de la Dent Cassée, et alors que le bousin est à des kilomètres, ils y arrivent promptement. Il y avait sûrement une autoroute gratuite jusque là, et sans portique écotaxe. Mais bref : sur place, ils aperçoivent une grotte d’où des chauve-souris paniquées s’échappent : il ne fait pas encore nuit, c’est donc que quelque chose les a dérangées ! C’est donc soit Bruce Wayne, soit des Turcs. Allez les petits gars, entrons dans la grotte et regardons de quoi il retourne ! Allumez les torches, sortez les épées, et en route !

Et le trio s’exécute en râlant parce que bon, pfou, ça sent mauvais cette affaire.

Et en effet, à l’intérieur, c’est un peu n’importe quoi. Déjà, parce qu’on y trouve toutes sortes d’araignées qui n’ont rien à faire en Transylvanie, ce qui n’a pas l’air de choquer nos héros, et ensuite parce qu’ils tombent nez à nez avec les cadavres des éclaireurs turcs, qui ont visiblement été machouillés par une très grosse bête (on voyait aussi des traces d’énormes griffes sur le casque retrouvé par Vlad, mais ce dernier en l’étudiant n’avait pas remarqué ce petit détail). Mieux encore, ce qui a fait ça doit visiblement bien se faire chier car ça a pris le temps de recouvrir le sol de copeaux d’os broyés exactement de la même taille ! Quoique ce soit : ça a des TOCs.

Et alors que personne ne s’y attendait (non, personne !) quelque chose sort de l’obscurité et découpe Rouquemoute, puis Victime, qui n’y étaient pas du tout prédestinés, sans que ceux-ci ne puissent réagir. Vlad lui-même ne parvient à s’en tirer qu’en courant vers la sortie de la grotte en agitant son épée comme un bâton de majorette. Et à la seconde où il atteint la sortie, il constate que la créature n’ose pas sortir au soleil. Et que le sang sur sa lame, car il l’a blessée en agitant son épée dans tous les sens, se dissout à la lumière du jour. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Il aperçoit brièvement un être humanoïde pâle à la bouche ensanglantée, mais bien vite, la chose se tapit dans l’ombre et disparaît. Vlad, après avoir changé de pantalon, peut donc revenir vers ses terres, mais d’abord, il fait un détour vers le légendaire monastère de Saint Bullshit, où il va interroger un vieux moine sur ce qui s’est passé dans la montagne.

Car comme toujours, non seulement les vieux moines savent tout, mais en plus, ils ont toujours un vieux livre enluminé avec des illustrations à faire pleurer d’envie De Vinci qui illustrent parfaitement le sujet. Ce qui signifie que 1) Un moine a trouvé le temps d’aller observer parfaitement clairement la bête du pic de la Dent Cassée pour en faire des jolis dessins, et 2) Que toutes mes années passées à étudier des vieux bouquins, on s’est foutu de moi : en fait, ils dessinaient comme des dieux à l’époque. Du coup, 3), il faudrait que je confirme cette théorie sur la sapience monastique en allant poser la question à un vieux moine « Que savez-vous des femmes toutes nues ?« . Si le mec est une encyclopédie vivante et me sort en plus un illustré, je pense qu’il faudra que j’écrive un courrier au Pape pour lui dire qu’il y a du laisser aller. Mais là n’est pas le sujet. Voyons plutôt comment les choses se passent.

« Mon père, figurez-vous qu’une créature mystérieuse hante le pic de la Dent Cassée. Au début, elle ne mangeait que des Turcs, et bon, ça arrive à tout le monde de vouloir manger un Turc, mais là, elle a mangé deux de mes hommes. J’ai pourtant vérifié : aucun des deux ne s’appelait Pita.
- Hmmm… vous voulez parler du vampire ?
- Le ?
- Le vampire. Regardez plutôt cet ouvrage complet sur le sujet : il y a très longtemps, un homme a passé un pacte avec le démon, comme vous pouvez le voir sur ce dessin.
- Oui, je reconnais même l’acteur. Précis vos dessins, dites-donc, il a posé pour vous ?.
- Hé, ho, c’est fini petite langue de pute ? N’empêche que cet homme a été trompé par le démon : certes, il a obtenu des pouvoirs surhumains, mais celui-ci l’a condamné a passer l’éternité dans cette grotte du pic. Il y est bloqué jusqu’à la fin des temps, à moins qu’un homme ne vienne prendre sa place.
- Et donc, plutôt que de proposer des pouvoirs surhumains au premier Turc venu pour être libéré, il les bute touts comme un gros con ?
- Je… heu… oui, c’est… c’est à peu près ça.
- Ecoutez, n’en parlez pas. La population a déjà assez peur des Turcs, on ne va pas en plus lui lancer des histoires de vampires. Sur ce, il est déjà 18h15 et je devrais être à la maison. Allez, salut mec ! »

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Et Vlad, après avoir courtoisement salué le moine d’un « Wesh gros« ,  retourne donc à son château, le célèbre château Dracula.

Sur place, sa cour accueille avec joie le retour du bon prince, et personne ne semble s’inquiéter de la disparition de Rouquemoute et Victime, dont tout le monde se foutait probablement. Vlad peut donc siffloter tranquillement tout en se rendant dans ses appartements pour aller faire des bisous à sa femme Mirena et saluer son fils Corky. Toute la petite famille est évidemment heureuse, pacifiste, cultivée et pour un peu, boirait de la tisane bio en militant pour Eva Joly. Mirena essaie bien de se mêler des affaires de son mari, mais brièvement : car demain, c’est Pâques, et en bon royaume chrétien, c’est jour de fête et il y a des choses à préparer. Comme les œufs, je suppose.

Bondissons donc au lendemain, alors que toute la cour est réunie dans la salle du trône pour célébrer Pâques et rappeler de manière très subtile que cela fait 10 ans que le royaume est en paix grâce au bon prince Vlad, et que tout le monde espère que cela va durer encore longtemps, parce que la paix c’est cool, la guerre c’est mal et les lapins c’est gentil (on dirait un peu un communiqué des Jeunes Socialistes, mais passons). Hélas, et alors que personne ne s’y attendait, c’est ce moment là que choisissent de vils personnages pour entrer sans prévenir parce que non, en Transylvanie, personne n’annonce les visiteurs. Tu passes le pont-levis, tu files droit jusqu’à la salle du trône et personne ne se pose de questions. 5 hommes en armes, donc, rentrent ainsi dans la salle, menés par un officier qui marche jusqu’au trône de Vlad.

« Bonjour à vous, Prince Vlad.
- Bonjour à vous visiteur, que puis-je pour vous ?
- Nous sommes ici en ambassade.
- Hé bien, tous les ambassadeurs sont les bienvenus, amis suédois, vous êtes ici chez vous.
- Hem je… heu… en fait, on n’est pas suédois.
- Ah non ?
- Non, nous sommes les Turcs.
- Roooh, vous me faites marcher. Vous êtes tous blancs ! Et le grand blond aux yeux bleus, là-bas ? Et l’autre, tout aussi blond, là, ils sont Turcs peut-être ?
- Non mais si, on est les Turcs, vraiment.
- Dites Krisprolls, pour voir ? »

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Mesdames et Messieurs : les Turcs ! Les deux blonds au fond sont tout bonnement formidables.

Mais si : ce sont bien les Turcs. Quelqu’un a juste dû oublier un léger détail au casting. Mais bon, hein, est-ce bien important ? Notre délégation plus blanche que celle d’une soirée du Ku Klux Klan fait donc dans la subtilité : les Turcs provoquent les membres de la cour, humilient les gens, et exigent le tribut annuel du sultan, ce que Vlad accepte volontiers pourvu que cela maintienne la paix. Sauf que voilà, toujours dans la provoc’ (c’est décidément très subtil, le prochaine fois, autant qu’ils envoient quelqu’un chier dans les bottes princières en chantant Tata Yoyo), au moment de partir, l’ambassadeur Turc tente une imitation de Colombo en se retournant au moment de partir pour lancer :

« Ahahaha, oui, au fait, j’allais oublier une dernière chose… maintenant que j’ai bien abusé de la situation, je me demandais : vous ne voudriez pas filer 1 000 de vos enfants au sultan ? C’est un petit peu un ordre, d’ailleurs.« 

La cour s’insurge, et Vlad fait de même : les Turcs n’étaient-ils pas supposés arrêter cette pratique ? Oui, mais non : l’ambassadeur l’informe que le sultan reforme les janissaires, les soldats d’élite turcs formés à partir d’esclaves chrétiens. Alors on me dira « Ça explique les blondinets chez les Turcs. » et je répondrai « Il vient de dire qu’il reformait à nouveau les janissaires, donc qu’il n’y en avait plus, du coup, non, les blondins chez les Turcs sortent de nulle part, mais c’est gentil d’avoir essayé.« 

Ah bah, tenez, je viens d’aller voir le casting : l’un des rôles porte le nom de « Turc aux yeux clairs » et est joué par un certain Thor Kristjansson. Et dire que je voulais caricaturer : Hollywood est décidément bien plus fort que moi.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis consterné.

Mais, passons. Car le soir venu, Vlad papote au lit avec sa femme en lisant Libération.

« Je ne donnerai pas notre fils aux Turcs. Ça commence à bien faire les conneries. Et puis qu’ils retournent chez eux, et chez eux, c’est pas en Europe si tu vois c’que j’veux dire !
- Ho oui mon Choubidou ! Montre-leur ! Mais j’y pense, Mehmet, le nouveau sultan, vous n’avez pas grandi ensemble ? C’est pas un peu ton BFF ?
- Mais si, si… maintenant que tu en parles, c’est vrai que c’est utile comme information. Rah, si seulement je l’avais eu plus tôt, j’aurais pu dire à l’ambassadeur turc d’arrêter de se comporter comme une buse et me faire respecter.
- Ce n’est pas grave si tu es un peu con mon Vladou. C’est aussi pour ça que je t’aime.
- Bon, tu sais quoi ? Demain, je vais voir Mehmet, et je lui dis qu’on n’a pas envie de lui filer nos enfants. En attendant, dormons, on dira moins d’âneries. Enfin, j’espère. »

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Et donc, dès le lendemain, notre héros se lève, se brosse les dents, mange ses tartines devant Télématin puis parcourt la distance qui le sépare de l’immense camp de Mehmet, qui s’apprête à fondre sur l’Europe, pour y trouver son vieil ami, en pleine réunion stratégique avec ses meilleurs généraux.

Pardon ? Oui, le sultan est lui aussi un bon occidental puisque vous me posez la question. Joué par un certain Dominic Cooper, il a été autobronzé jusqu’à ce que mort s’ensuive, et ressemble donc plus à une petite vieille de la Croisette qu’à un sultan turc : pour un peu, on en aurait presque envie de lui voler son sac. Toujours est-il que Mehmet invite son bon ami Vlad à le rejoindre pour siroter un café turc tout en discutant de la situation. Mehmet ouvre donc les hostilités.

« Vlad ! Heureux de te revoir, tu es un guerrier légendaire. Je vais envahir l’Europe et je serais heureux de t’avoir à mes côtés. Mais figure-toi qu’il me manque encore mille soldats, dont je ne peux me passer, les troupes manquent… et tu était censé me fournir ces 1 000 enfants pour mes janissaires.
- Oui, alors justement, à ce sujet… bon, écoute… on ne peut pas te les fournir. Enfin on ne peut… on ne veut en fait. Voilà.
- …
- Mais moi je vaux bien 1 000 hommes ! Prends-moi dans tes rangs !
- Ho, grand fou. Mais non ! Je veux tes 1 000 hommes. Et puisque tu en as proposé un de plus… pourquoi pas. »

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Et c’est à peu près tout. Non, Vlad ne propose pas de payer à la place pour engager 1 000 hommes, ou de fournir 1 000 adultes, non, Vlad est une grosse buse qui ne voit que deux alternatives : 1 000 mouflets, qui en plus, seront trop jeunes pour servir, ou lui. Alors qu’il aurait fait appel au célèbre Odius Connos, conseiller de l’ombre venu de l’ouest et paysagiste de renom, la situation eut été vite réglée.

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« Prince Vlad, j’ai deux bonnes nouvelles.
- Conseiller Connos ? Mais enfin, cela ne fait que 10 minutes que vous planchez sur la question ! Enfin, je vous écoute, quelles sont ces nouvelles ?
- La première, c’est que les Turcs sont satisfaits. Ils n’exigent plus d’enfants de nous.
- Mais, comment ? Aucun parent n’a signalé l’enlèvement de son enfant.
- C’est là la deuxième bonne nouvelle, mon prince : je viens de libérer le budget royal de plusieurs milliers de deniers : les orphelinats n’auront plus besoin de grand chose avant un bon moment. »

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Quel manque de sens pratique.

Vlad rentre donc penaud : il peut soit obéir et garantir la paix, soit refuser et accumuler des milliers de morts dans une guerre perdue d’avance. Par ailleurs, Mehmet, qui est décidément taquin pour un BFF, exige que Vlad envoie son propre fils parmi les enfants à fournir. Parce que oui, Mehmet aime bien chauffer ses alliés pour s’assurer qu’ils aient envie de se rebeller. Mais vous allez voir, ce n’est pas fini. Et c’est bien dommage, d’ailleurs.

Car résigné, Vlad accepte, malgré les supplications de sa femme. Toute la petite famille se rend donc dans un coin désert du pays (pourquoi ? Ne me demandez pas, hein, je n’y suis pour rien !) pour remettre à un ambassadeur turc le jeune Corky, qui deviendra janissaire. Ou employé de la COTOREP, on est pas encore sûr. On va supposer qu’il ne sera que le premier des mille enfants d’ailleurs, hein, et pas que les Turcs ont décidé de récupérer les marmots au un par un. Sur place, donc, malgré toutes les difficultés et cris de sa femme, Vlad remet son fils. Ce qui se passe à peu près comme ceci :

« Tenez, prenez mon fils.
- D’accord. Hahahaha.
- Vous avez rigolé, là, non.
- Oui, et je le refais. Hahahahaha !
- Bon. Okay.
- Holala, vous êtes franchement trop naze en fait, je m’attendais à plus de résistance !
- Non mais c’est bon, vous avez mon fils là, pourquoi vous me provoquez ?
- Moi, je vous provoque ? Je ne te provoque pas. Petit kiki.
- Vous venez de dire un truc, là !
- Non. Je couche avec ta mère.
- Nan mais sans déconner arrêtez ! Depuis le début du film, vous n’arrêtez pas de provoquer sans aucune raison !
- Vous exagérez.
- Et… mais merde, vous faites quoi ?
- J’urine sur votre jambe. Comme ça. J’avais envie.
- Mais ?! »

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Et après moult provocations aussi débiles qu’absurdes, Vlad fait quelque chose que vous n’attendiez pas du tout : IL SE REBELLE !

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« Chérie, je crois que les Turcs me provoquent gratuitement. – Mais non mon roudoudou, tu te fais des idées. – Tu es sûre ? Même quand ils me font des doigts pendant qu’ils me parlent en m’appelant « Dracucu » ? – Oui je… ce doit être une… une tradition ? »

C’est tellement subtilement amené. Tenez, on dirait presque le passage de Dark Vador du côté obscur selon George Lucas, c’est dire.

Vlad attrape donc l’épée de l’ambassadeur con-con, et à lui seul, le découpe lui et sa petite escorte avant de repartir avec son fils et sa petite famille parce qu’ils n’ont pas que ça à faire et qu’en plus, il y a des petits bouts partout et que c’est très sale. Ses conseillers paniquent : cela signifie que ce sera la guerre avec les Turcs ! La Transylvanie n’a aucune chance de s’en sortir, et Mehmet les fera tous payer pour cet affront ! Mais Vlad ordonne à tout le monde de repartir au château sans lui. Lui, il a autre chose à faire. Il a… UN PLAN !

Non ! Pas un plan de Vlad !

Si. Il veut aller chercher la force qui lui permettra de vaincre les Turcs et de sauver son royaume. Et pour cela, se dirige donc vers le pic de la Dent Cassée.

Qui entre temps a bien changé : désormais, pour y accéder il faut faire de l’escalade de ninja. C’est marrant, ce n’était pas le cas, dans mon souvenir, avec Rouquemoute et Victime. Ils ont dû fermer l’autoroute qui y menait entre temps. Ou remettre l’écotaxe. On ne sait jamais avec ces trucs là.

Vlad arrive ainsi dans la grotte, et il est bientôt accueilli par un humain malingre au visage monstrueux, exactement comme dans le livre des moines. J’insiste : quelle précision, ces moines. La créature sourit donc à son visiteur.

« Tu es revenu ! Personne ne revient, d’habitude.
- Personne ne s’en va non plus en même temps, hein.
- En effet. Mais dis-moi, tu ne sens pas la peur, mais l’espoir. Quel homme rampe jusqu’à son tombeau avec de l’espoir ?
- C’est que mon pays a besoin, non plus d’un héros, mais d’un monstre pour le débarrasser des Turcs. Alors j’ai besoin de votre force.« 

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Le vampire considère la chose avec attention, avant de reprendre.

« Bon ben écoute, c’est plutôt cool parce que j’attends depuis des siècles un homme de ta trempe pour lui confier mes pouvoirs et me libérer.
- Encore une fois, je ne pige pas pourquoi vous ne les avez pas donné au premier mec venu pour sortir plus vite, mais soit.
- Il suffit ! Regarde, je vais me trancher la main pour faire couler mon sang dans ce bol taillé dans un crâne.
- Dites-donc, vous êtes un peu léger niveau vaisselle. Vous avez l’immortalité et des supers pouvoirs mais même pas un bol Nesquik ?
- Ho, hé, ça va hein. Voilà le deal : si tu bois mon sang, tu deviendras un vampire. Tu auras la force de cent hommes, la vitesse du guépard, et tu commanderas aux créatures de la nuit, comme le loup, la chauve-souris ou encore le hamster. Et ce, pour 3 jours. Si au bout de ces 3 jours, tu as résisté à la soif de sang humain que tu vas ressentir, tu auras sauvé ton royaume et tu seras à nouveau humain.
- Et si je bois du sang humain entre temps ?
- Alors tu seras un vampire pour l’éternité. Et moi, je serai libre car tu auras accepté ton sort. Tu deviendras un pion dans mes plans maléfiques.
- Du coup, pourquoi vous me le dites ? Non parce que sinon, j’aurais bu du sang humain, et pouf, vous étiez libre.
- Je… ah, oui tiens. Bon, allez : bois et arrête de m’enquiquiner.
- Allez, un, deux, trois, cul sec ! »

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Et grâce à son passé d’étudiant faluchard, c’est donc sans souci que notre héros finit son bol. Le vampire en profite pour lui dire qu’il aura aussi des faiblesses comme « l’envie de sang », mais c’est tout, il oublie de lui parler du reste. Comme l’argent, la lumière du jour, hohoho… détails, hein. C’est pas comme si c’était vaguement important de dire « Au fait, à la lumière du jour, tu te transformes en torche, tu ne t’inquiètes pas, c’est normal ! Ça pique un peu sur le coup, mais après, tu pèles fort, c’est rigolo.« 

Là, ami lecteur, tu me diras « Oui mais au début du film, Vlad a vu que le vampire ne sortait pas de sa grotte et que le sang de celui-ci sur son épée brûlait au soleil dans l’entrée de la cavité ! Donc il sait pour la lumière du jour !« 

Non. Pour rappel, tout ce que Vlad sait, c’est que le vampire ne peut pas sortir de sa grotte (le vieux moine lui a dit) et ce qu’il a vu, c’est qu’il ne pouvait pas en effet s’approcher de la sortie. Et que le sang du vampire s’était volatilisé à cet endroit. Donc sa déduction logique devrait être « Hmmm, si le vampire essaie de sortir, il brûle. » et non « Hmmm, c’est la lumière du jour, sa faiblesse. » parce que sinon, il devait demander « Mais si c’est ça, pourquoi vous n’avez jamais pensé à sortir de votre grotte la nuit ? ».

Mais non : Vlad a lu le script, et c’est bien puisque sinon, il allait nous faire Jeanne d’Arc Untold malgré lui.

Toujours est-il qu’après avoir bu le sang du vampire, Vlad est un peu malade et c’est normal : pour pouvoir se transformer, il doit d’abord mourir. Là encore, un détail. Ce qu’il fait très bien, contrairement à Marion Cotillard. Sauf que comme prévu, il revient d’entre les morts, et se réveille… au beau milieu du cours d’eau qui descend du pic de la Dent Cassée ! Tiens mais au fait, comment est-il arrivé là, sachant que le pic de la Dent Cassé est à des kilomètres de là, si j’en crois les décors ? Non parce que si le vieux vampire est prisonnier de sa grotte, il n’a pas pu le traîner. Du coup on va…. hmmm… on va dire qu’il l’a lancé. Très fort. Une sorte de lancer de nain édition XL. Je me comprends.

Bref, Vlad se réveille et a un gros mal de tête (et c’est tout, bande de filous). Pffffouuu, il faut qu’il arrête de picoler du sang, il n’a plus l’âge pour ça. Bon, voyons voir ! Déjà, il est vivant, première nouvelle. Ensuite, l’anneau en argent à son doigt hérité de son père le brûle : il est en argent. Il le retire donc et décide de le porter autour du cou par-dessus ses vêtements. Et enfin… ses sens ont changé ! Il arrive désormais à voir des loups qui gambadent, des daims qui s’enfuient ou des écureuils qui rackettent un lapin à des kilomètres ! Mieux encore, il entend un bruit sourd… c’est en fait une araignée, à cent mètres de là, qui s’agite dans sa toile ! Désormais, son ouïe est surdéveloppée : péter à la cour de Transylvanie va devenir un véritable défi, mais là n’est pas le sujet.

Car Vlad entend surtout que les choses vont mal au château Dracula : dans le lointain, on tire au canon !

Ou alors, on écoute de la techno autrichienne : dans les deux cas, le peuple est en danger.

Ce sont bien les Turcs qui sont venus calmer la rébellion que le prince Vlad avait commencé. Ils ont donc envoyé 1 000 hommes et des bombardes (oui, tout ça, ils devaient camper à moins d’un kilomètre puisqu’il ne s’est pas passé plus de quelques heures depuis le massacre de l’ambassadeur venu chercher Corky et de sa garde) assiéger le château. Vlad accourt donc, et réalise un peu par hasard qu’il peut désormais aller très vite en se transformant en nuée de chauve-souris. Allez hop ! En avant !

Vlad regagne donc son château bombardé et se faufilant discrètement, rejoint sa cour. Il rassure sa femme, ses enfants et son bon peuple (qui tout le long du film, se limite aux habitants du château : la Transylvanie, c’est tout petit) et annonce : il a voulu maintenir la paix, mais les Turcs ont poussé le bouchon trop loin. A présent, ils vont payer. Et il va s’en charger personnellement ! Vlad sort donc du château sans même une arme, et s’avance droit vers l’armée turque. Celle-ci est un peu étonnée mais bon, hein, puisque le prince Vlad est là, ils vont lui péter la gueule. Tant qu’à faire.

Ils le chargent donc. 1 000 contre un mec en slip avec ses petits poings, ça paraît jouable.

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Evidemment, le héros a quand même toujours le temps de faire un discours sur la liberté à ses hommes sales et fatigués pour mener une dernière bataille.

Pas de bol pour eux, Vlad étant super fort et super rapide, il a tôt fait de soit leur faire du catch dans la gueule (si, si), soit de tuer les vilains avec leurs propres armes. En quelques minutes, Vlad tue donc à lui seul 1 000 hommes, puis histoire de rappeler qu’il n’est pas là pour déconner, il les empale tous (d’où sortent les pieux ? Mystère !). Ça vous pose son homme et ça fait passer un message plus clairement qu’une boîte de Mon chéri. Lorsque les hommes de Vlad, partis faire caca, arrivent en renfort, ils sont donc un peu surpris de voir que toute l’armée ennemie a été vaincue et embrochée. Vlad est donc clair :

« Ne posez pas de questions.
- Pas d’inquiétude : nous sommes bien trop cons.
- Excellent. Mais les Turcs ne vont pas s’arrêter là. Mehmet va apprendre que son armée a été défaite et employer les grands moyens. Nous devons envoyer mon peuple se cacher au monastère du Saint Bullshit. Dites à tout le château de se préparer.
- Non mais vraiment, vous êtes sûr que votre peuple tout entier tient dans un seul château et/ou un monastère ?
- Rah, j’ai dit pas de questions !
- Ah oui, pardon. Bon, on va se mettre en route, nous devrions y être dans 10 minutes. 
- Vous êtes sûr soldat ? Le monastère n’est pas plutôt à plus d’une journée ?
- Ben non, au début du film, dans une seule et même journée, après avoir affronté un vampire dans une grotte vous aviez trouvé le moyen d’aller à Saint Bullshit et d’en revenir avant même que tout le monde ne soit parti se coucher. Du coup, ça doit être juste à côté, non ?
- Hmmm… non. Le monastère est monté sur des savonnettes et a glissé pendant la nuit. Maintenant, il est super loin.
- Mais ?
- PAS DE QUESTIONS J’AI DIT ! »

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Et le plan de Vlad est exécuté : le peuple est rassemblée et quitte le château pour aller au monastère de Saint Bullshit, qui serait plus facile à défendre (alors qu’un château, non). En chemin, les conseillers de Vlad font grise mine, mais leur prince a tôt fait de leur remonter le moral.

« Sacrebleu, Vlad. Les Turcs contre nous… nous n’avons aucune chance.
- Pas d’inquiétude mes amis, je vais gagner cette guerre en trois jours. Tout seul. Ils n’ont qu’à venir, et paf. »

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Ce qui est assez intéressant vous en conviendrez : depuis qu’il a bu le sang du vampire, Vlad est en God_Mode pour 72h. Mais plutôt que de se dire « J’ai un temps limité, je vais profiter de ma super vitesse, force et invincibilité temporaire pour aller bourrer la gueule aux Turcs et être en paix avant la fin du compte à rebours« , il se dit plutôt que tiens, puisque j’ai un temps limité, si je le gaspillais à attendre ? Rhooo, et ce n’est pas du tout pour que Vlad se retrouve dans une situation où à la fin du compte à rebours, il doive faire un choix déchirant. Noooon. Rien à voir on vous dit.

D’ailleurs, il faut savoir que quelqu’un d’autre sait que Vlad est un vampire : à un moment, Vlad s’éloigne du groupe pour aller marcher seul dans les bois loin de toutes ces tentations de jugulaires à sucer, ou cueillir des champignons, qu’importe. Quand soudain, il aperçoit derrière lui une sorte de vieux gitan édenté.

« Va-t-en, rabouin ! Je suis le prince Vlad et je n’aime pas être suivi. 
- Maiiiiis Monseigneuuuuuur, je m’appelle Igoooor et je voudrais vous serviiiiiir, ôôô, grand vampiiiiire !
- Commence pas apprendre à utiliser correctement les voyelles. Et d’où sais-tu que je suis un vampire ?
- Les chauve-souris… elles tournent autour de vous en permanence…
- Oui, mais uniquement lors des scènes qui vont bien parce que le réalisateur l’a oublié. Mais d’où te vient cette science des vampires, sachant que l’on n’en parle que dans un vieux livre de Saint Bullshit ?
- … heu…
- Non, tu sais quoi ? Je vais arrêter de poser des questions aussi.
- Ah, bon, d’accord… mais sinon, comme vous êtes un vampire, vous devez avoir envie de boire du sang ! Ça vous dirait de boire le mien ?
- Non.
- Bon… au revoir, alors ! »

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Et Igor disparaît dans les bois.

Vlad, lui retourne au campement établi… pour la journée. Et non, aucun de ses hommes ne trouve bizarre que le prince dise « Surtout, ne nous déplaçons pas le jour, sachant que les Turcs arrivent, passons 2/3 de chaque journée à nous tourner les pouces sur place !« . C’est chouette. Bien à l’abri au fond de sa tente Quechua (les vampires adorent, les lecteurs les plus anciens de ce blog sauront sûrement de quoi je parle), Vlad peut donc attendre en paix que le jour passe. Et faire des câlins à sa femme. Avec douceur : car si Vlad, sorti de sa rivière à son réveil, brisait des rochers rien qu’en s’appuyant dessus tant il était devenu super fort, là, il arrive à serrer très fort sa femme dans ses bras, voire lui mettre le trilili dans le trouloulou sans lui péter toutes les vertèbres, oups, pardon, désolé, tu es tétraplégique mais en même temps, ça a dépoté pas vrai ? Sa force varie donc selon les scènes, c’est bon à savoir. Il n’empêche que sa femme a tôt fait de découvrir son secret : déjà, Vlad n’a plus dans le dos toutes les cicatrices de coups de fouet qu’il avait remontant à sa jeunesse chez les Turcs. Ensuite, elle aperçoit nettement qu’une fois torse nu, la bague en argent qu’il a au cou le brûle (mais comme il est con, il ne pense pas à la retirer), et enfin, elle note qu’il est bizarre, du moins plus que d’habitude, et il finit par tout lui avouer, à commencer par le fait qu’il doit surtout ne pas boire de sang humain durant trois jours s’il veut redevenir un simple mortel.

Sa femme étant sympa, et lui dit que okay René, je vais t’aider.

Ce pourquoi dès le soir venu, alors que les Transylvaniens se préparent à lever le camp pour marcher sur Saint Bullshit, Mirena ordonne à tout le monde de se bouger sans prêter attention à Vlad qui serait « parti en reconnaissance« . En réalité, Vlad est en train d’attendre que le dernier rayon du soleil soit tombé pour se transformer en nuée de chauve-souris et aller courir la région. Seulement voilà : le mec qui jusqu’ici pouvait entendre une araignée jouer des claquettes à 100 mètres avec la même intensité qu’un coup de canon, ne repère pas tout le contingent d’éclaireurs turcs en armure qui était à 50 mètres du camp en train de se marrer.

Oui, le script est génial, je sais. C’est merveilleux.

D’ailleurs, les éclaireurs turcs sont très forts : alors qu’ils sont bien installés le long de la colonne des réfugiés Transylvaniens, qu’ils ont une vue formidable sur eux (les nuits sont très claires dans ce pays) et des arcs… mouais non : à la place ils préfèrent charger en hurlant.

Résultat ? C’est un massacre quand même, et bien vite, Mirena et Corky sont menacés par un vilain Turc qui a bien envie de les tuer. C’est sans compter sur l’arrivée d’une nuée de chauve-souris qui se transforme bientôt en papounet devant les yeux de bovin de Corky et qui… pousse le méchant dans le vide, puisqu’ils étaient au bord d’une falaise. Et là encore, malgré sa super ouïe, Vlad n’entend pas le méchant se rattraper à un bout de la falaise et faire des bruits comme « Pouf, argh, ouch, ça pique les doigts les cailloux, dès que je serai sauvé, j’irai tout balancer au sultan !« .

Oui, c’est drôlement bien fait. Et subtil. Je sais.

Toujours est-il qu’après ce bref incident, les réfugiés et Vlad parviennent jusqu’au monastère de Saint Bullshit, niché en haut d’une falaise surplombant un défilé, et tout le monde s’y enferme pour prendre un peu de repos. Hélas pour Vlad, au petit matin, tout le monde va et vient dans le monastère, sauf lui qui est bloqué par la lumière du jour. A part dans une scène où il est au milieu de l’armurerie du monastère (typique !) et où il glande sous une fenêtre en prenant des poses cool sans que personne ne remarque que ha bah tiens, c’est joli pour la photo mais là, on voit clairement le soleil lui tomber pile dessus, il ne devrait pas un peu cramer, le garçon ?

Mais non. Hohoho, encore un très léger oubli on vous dit.

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En même temps, c’est tellement bien réalisé. Par exemple, là, dans cette scène, il fait nuit. Si. Vraiment. Sans même parler de la lumière, vous aussi vous notez ce gros objet céleste très lumineux au fond ? Voilà. Sûrement la lune.

Bref, à un moment, alors qu’il déambule dans les ombres, Vlad se fait repérer par un moine qui se met à le suivre. Il comprend alors que Vlad fait tout pour rester à l’ombre : c’est soit qu’il a chaud, soit que c’est un vampire ! Aussitôt, le moine choisit l’option la plus crédible, et alors que Vlad est dans la forge du monastère, le moine débarque… avec une épée en argent à la main !

Car oui, les épées en argent, c’est un peu comme les sandales : tout moine en a de base dans son inventaire.

Mais bref, notre moine est donc furieux :

« Prince Vlad ! Vous êtes devenu un vampire, laissez-moi vous tuer !
- Hmmm… non, pour voir ?
- Allez !
- Non.
- Bon, en tout cas, vous n’avez pas encore bu de sang humain, car sinon, vous seriez aussi sensibles aux signes religieux, mais tout de même : si vous êtes un monstre, je dois vous tuer !
- Essaie pour voir ! »

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Comprenant qu’il va se faire botter le cul s’il y va en duel, le moine hésite, et finalement utilise son épée… pour déchirer la toile tirée au-dessus de la forge ! Le soleil pénètre donc dans celle-ci, et Vlad se prend un rayon en plein visage et commence donc à se décomposer de la tête, un peu comme certaines vieilles actrices qui finissent dans Vivement Dimanche. Tous les passants qui étaient dans la cour du monastère se mettent donc à hurler au monstre, et balancent des torches dans la forge en espérant que Vlad la créature des ténèbres va mourir. Mirena, qui comprend que cela sent le pâté (elle est drôlement rusée), se tourne vers une des nourrices de son fils Corky.

« Vous là ! Emmenez Corky dans une chambre et empêchez-le de regarder par la moindre fenêtre !« 

Ce que la servante interprète aussitôt comme « Emmenons Corky en haut d’un escalier puis laissons-le regarder depuis une rambarde : de haut, il verra mieux ce qu’il ne doit surtout pas voir. »

Je suis fatigué. Si fatigué.

Bref, Vlad finit par se trouver un coin d’ombre pour s’abriter et se recomposer, et il parvient même à échapper à l’incendie de la forge, car la fumée créée par celui-ci génère une véritable zone d’ombre sur le monastère. Vlad sort donc dans la cour faire un peu la loi.

« Non mais dites-donc ! Ça va pas d’essayer de me brûler la gueule ?
- Bé oui mais vous êtes un monstre, un peu !
- Oui, j’en suis devenu un pour vous sauver les miches ! Alors vous devriez me dire merci !
- Hmmmmmouaiiiis. 
- Bon, écoutez : je bourre la gueule des Turcs et on en reparle après, d’accord ? »

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Soit. Tout le monde est d’accord : d’abord, les Turcs, ensuite, les créatures de Satan. Intéressante liste des priorité : les Grecs qui me lisent approuveront.

Mais justement, et chez les Turcs ? Hé bien, l’éclaireur qui s’était accroché à un bout de falaise après avoir affronté Vlad est venu faire son rapport. Il a donc raconté que l’ennemi se planquait au monastère de Saint Bullshit, et surtout, que Vlad déployait des pouvoirs mystérieux qui effrayaient tout le monde. Mehmet a donc la solution à cela :

Une armée de… de soldats aveugles ?

Comment dire ? Ça ne règle pas le problème, en fait ? C’est un peu comme dire « Hmmm, ils utilisent des bombes : envoyons des sourds, ils n’auront pas peur du bruit. » Oui, mais ils prendront quand même des bombes sur la gueule, en fait. Enfin bon, qui attend encore quelque chose du film à ce stade ? Mehmet, réunit donc 100 000 hommes car s’il ne pouvait « pas se passer de 1 000 enfants » d’après ses dires plus tôt dans le film, visiblement, il trouve quand même encore aisément 100 000 hommes sous un caillou.

Vous pensez qu’il ne peut pas faire plus con ? Ho, comme vous êtes optimiste !

Mehmet envoie son armée attaquer le monastère sans armes de siège. Ou bélier. Ou vague échelle. Mais c’est normal, et vous savez pourquoi ? Parce que Mehmet, non content de franchir la distance campement – château de Dracula – monastère de Saint Bullshit en 1 heure là où une petite colonne de réfugiés avait mis deux jours, attaque en plus… par le défilé.

Mais si, vous savez, le défilé. C’est à dire l’endroit certes sous le monastère perché 300 mètres plus haut, mais qui ne mène pas au monastère. Grosso modo, les mecs viennent juste pique-niquer, quoi.

C’est formidable. Formidable.

Mais la nuit est en train de tomber – les jours & nuits ont des durées variables dans ce film, on dirait du Nolan – et Vlad est chaud-patate pour se battre. Après tout, c’est sa dernière nuit en tant que vampire ! Bon, on notera aussi qu’il n’a plus jamais senti le besoin de boire du sang depuis deux nuits, juste vaguement la première, mais hein, bon. Et donc, cette nuit, il va raser l’armée de Mehmet, voire, comme on disait en ce temps là, lui Mehmet sa misère.

Chhhhht. Vous n’avez rien lu. Vous avez rêvé ce calembour. Oubliez et passons à la suite.

Vlad a une arme secrète : les chauve-souris. Depuis le monastère, il les appelle depuis tous les coins du pays, jusqu’à ce que des centaines de milliers se mettent à tournoyer (et déféquer) autour de Saint Bullshit. Puis, il les contrôle et fait prendre à l’essaim différentes formes : une main, un poing, un gros doigt, une pantoufle… et finit par envoyer le vol de créatures de la nuit au-dessus des Turcs. Il oblige les chauve-souris à voler en formation « poing géant », puis abat celui-ci sur l’armée ennemie, qui est donc en partie désintégrée par ce poing céleste !

Parce que visiblement, dans Dracula Untold, les chauve-souris, à partir du moment où elles volent en dessinant un poing géant, ont les propriétés d’un poing géant. Et non pas celles de chauve-souris de 20 grammes qui volent juste très très vite vers le bas. Certes en nombre, mais pas grimpées les unes sur les autres pour peser plus lourd. On va donc en rester là-dessus : le pouvoir de Vlad sur les chauve-souris est sûrement très impressionnant au Pictionnary, mais contre une armée de Turcs, logiquement, ça reste moyen. Mais le script dit, encore une fois, que si, c’est super. Vlad massacre donc toute l’armée ennemie avec ses chauve-souris qui créent des impacts de plusieurs mégatonnes (le tout, sans se blesser), avant de voler lui-même, sous forme de ces volatiles, se jeter sur le général ennemi pour lui…

« Mais ! Vous n’êtes pas Mehmet ! 
- Ah non, moi c’est Sven.
- Sven ?
- C’est Turc, cherchez pas. »

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Après avoir tué un énième Turc-Suédois, Vlad est donc bien embêté ! Où est Mehmet ? Pire encore, une fois de plus, il n’avait pas entendu tout un contingent d’éclaireurs ennemis approcher le monastère et le prendre d’assaut pendant qu’il était parti (décidément, je ne sais pas si ce sont les éclaireurs qui sont très forts ou Vlad qui est très nul, mais j’avoue qu’une hypothèse me paraît plus crédible que l’autre). Ceux-ci passent donc au fil de l’épée tout ce qui leur passe sous la main, et kidnappent Corky. Vlad a beau voler à toute allure pour venir à son secours, lorsqu’il arrive, son vrai souci est que sa femme, bousculée dans la bataille, tombe de la plus haute tour du monastère… droit vers le défilé ! Une chute de 300 mètres au bas mot !

Vlad saute donc à sa poursuite, mais hélas, même en prenant la forme de chauve-souris, il n’arrive pas à tomber plus vite qu’elle pour la rattraper. Ne me demandez pas pourquoi. peut-être qu’il n’a pas pensé à battre des ailes ? Et sinon, vu que la chute dure deux plombes, appeler les 12 000 000 chauve-souris qui viennent de latter les Turcs pour qu’elles fassent encore une main géante, mais sous ta femme, non ?

Non.

« AÏE ! » fait donc Mirena en touchant le sol.

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« Survivre à une chute de 300 mètres ? Ah nan mais attends même nous on ne l’a pas ce pouvoir ! Tu ne voudrais pas plutôt envoyer ta femme combattre les Turcs ? »

Non, pas « Sproutch !« , j’ai bien dit « Aîe !« . Mirena, qui vient de faire une chute de 300 mètres, est impeccable. Elle est dans une jolie robe blanche avec même pas une trace de sang, un bout de fracture ouverte ou quoi que ce soit : elle est juste allongée sur les cailloux avec de grands yeux tristes. Et elle a le temps de causer, en plus, parce que bon, hein, sa chute-qui-ne-fait-pas-de-traces était mortelle, mais pas trop. Elle peut donc agoniser en paix, Vlad penché sur elle.

« Vlad…
- Oui mon amour, je suis là.
- Vlad…
- Accroche-toi ma chérie. Tu vas rentrer au pays. J’entends les hélicos !
- Vlad… suce mon sang.
- Que… hein ?
- Vlad… notre fils est en danger… Mehmet encore vivant… et le soleil va se lever. Tu vas perdre tes pouvoirs. Bois mon sang, et deviens un vampire pour sauver notre fils ! Sacrifie-toi pour lui et ton pays.
- Mon dieu.. Mirena… non !
- Ah ben hé. Qui c’est le gros tocard qui a passé trois jours à fuir au lieu d’aller bourrer Mehmet qui devait vivre à 200 mètres pour être toujours si près avec toute son armée ? Maintenant, tu n’as plus le temps et tu chiales. Hé ben tant pis. Allez, bois mon sang. Fais-le pour notre famille. Et aussi pour que je puisse quitter ce film tout pourri.
- Bon… si je dois le faire ! »

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Et donc, évidemment, Vlad ne devient pas le célèbre Dracula simplement parce qu’il aimait empaler des gens, non : il devient un vampire par amour et parce qu’il est plein de valeurs. Il plonge donc ses crocs dans le cou de Mirena, ce qui la tue, contrairement à une chute de 300 mètres et à de gros cailloux, donc. Et il devient ainsi un vampire pour l’éternité. Pendant ce temps, dans sa grotte au fin fond de la montagne, le vieux vampire est content : Vlad a cédé et bu du sang avant la fin des trois nuits. Il est donc… liiiiibre ! Liiiiiibre ! Il va pouvoir… pouvoir… hmmmm, sans argent ni diplômes il va… bon. Il n’y avait jamais pensé. Il aurait dû continuer cette licence de lettres modernes par correspondance. Enfin.

Mais revenons à Vlad. Grognon, il retourne au monastère où visiblement, les Turcs n’ont jamais appris comment tuer des gens, puisque 85% du monastère est à l’agonie. C’est magique : il y a des dizaines de moines, de réfugiés, de membres de la cour, tous assis contre un mur avec la main sur le bide, qui respirent doucement. Des blessures aussi pourries sur autant de gens, je retire ce que j’ai dit : les Turcs sont très forts. Ils savent exactement où taper pour planter autrui sans les tuer. Si ça se trouve, en fait, c’était des Turcs sympas qui leur ont tous retiré l’appendicite. Vraiment, le cœur sur la main.

Vlad, qui est décidément complètement con, se dit qu’encore une fois, aller bourrer la gueule à Mehmet ne suffira pas. Il décide donc de proposer à tous les survivants de boire son sang, et les transforme tous en vampire, les sauvant ainsi de la mort. Puis, tous ensemble, ils s’envolent et fondent sur le camp de Mehmet, ne laissant aucune chance à la pauvre armée. Et là, les vampires se gorgent tous de sang humain. Vlad, lui, arrive droit dans la tente de Mehmet, où son fils est prisonnier.

Car oui, alors qu’il vole et est le prédateur ultime, à aucun moment, il n’a juste pensé à retrouver l’éclaireur qui avait kidnappé son fils. Éclaireur qui a donc réussi à regagner plus vite à pied le campement de Mehmet que les vampires en volant.

Bouhouhou… la fin ! Pitié !

Heureusement, elle approche. Mehmet, qui avait en fait un Master en Affaires Parabanales est parfaitement au courant des vampires et de leurs faiblesses : il a donc couvert le sol de sa tente de l’argent des tributs récoltés au quatre coins de l’empire. Toutes ces pièces d’argent… Vlad est affaibli ! Mehmet peut donc se battre contre lui et avoir le dessus, et je vous passe tous les poncifs de la scène, mais alors que Vlad est au sol, affaibli (mais pas trop brûlé par l’argent, ça va, merci) et Mehmet armé au-dessus de ce dernier en train de lui raconter sa vie et de sa carte de fidélité chez Cool 1 Bronz’, Vlad se dit qu’il ne peut pas décemment perdre après toutes ces aventures. Il se reprend donc et bute Mehmet, hop, comme ça, allez, un coup et ça ira bien.

Il libère donc son fils et sort de la tente pour marcher au milieu des corps de feu l’armée turque, mais soudain, tous ses potes vampires l’encerclent.

« Nous avons tué tous les humains… à part ton fils ! Allez, donne-le nous !« 

Pourquoi ? Parce qu’ils sont cons, peut-être ? Je n’ai pas d’autre explication.

Vlad refuse donc, tue l’importun qui a osé émmetre cette demande en lui plantant une lance improvisée en pieu dans le cœur avant de hisser son cadavre empalé comme exemple pour les autres. Ceux-ci hésitent, et sur ces entrefaites arrive un des moines du monastère, qui lui aussi, a dû utiliser le même télé-transporteur que l’éclaireur qui était arrivé plus vite que les vampires au camp de Mehmet pour pouvoir être là. Il repousse de sa croix les vampires, qui ayant bu du sang humain, ne supportent plus sa vue. Et propose à Vlad d’emmener son fils : il deviendra prince de Transylvanie et vivra sa vie loin de son monstre de père. Résigné, Vlad accepte… puis sitôt son fils en sécurité, Vlad utilise un nouveau super pouvoir : les nuages noirs qui depuis l’aube, accompagnaient sans raison les vampires le temps qu’ils bourrent Mehmet, sont soudain dispersés et tous les vampires se mettent à brûler à la lueur du soleil révélé.

Vlad brûle quand même de manière coolos, parce que c’est un badass, là où les autres brûlent comme des crottes sèches.

Ainsi, son existence de monstre s’achève, et son fils monte sur le trône. Il fait effacer toute trace de son père et de son terrible sacrifice et… F…

Non !

Car Igor le gitan, lui, après le suicide de Vlad et de ses vampires, est entré dans le camp de Mehmet. Il a reconnu le corps carbonisé de Vlad parmi tous (le seul vampire assez bête pour se promener avec une bagouze en argent, ça se repère), et a versé de son sang dans sa bouche. Vlad s’est donc régénéré… et le revoilà !

Nous le retrouvons donc de nos jours, se promenant un soir, en costume, en ville. Il aperçoit alors soudain quelqu’un qu’il connaît bien dans la foule ! Mirena ! Mais comment ? Il va donc la voir et découvre en elle une femme qui est non seulement le sosie de feu Mirena, mais aussi plus ou moins son homonyme, et qui en plus aime les mêmes poèmes ! Vlad lui marmonne donc qu’ils sont tous deux des âmes ayant traversé le temps et amenées à se retrouver, et ainsi séduite par ce discours de psychopathe, la Néo-Mirena le suit pour aller prendre un café, puis probablement, un after sur une peau de bête avec tétraplégie à la clé après la célèbre position de la roulotte transylvanienne.

Hélas pour eux, aucun des deux n’a repéré dans la foule Tywin Lannister le vieux vampire, qui depuis qu’il a été libéré de sa grotte, s’est refait une beauté, a passé ses diplômes, est devenu professeur de français en ZEP et les prend en filature en marmonnant « Le jeu va pouvoir commencer... » en référence au pion que Vlad devait être pour lui, souvenez-vous.

C’est donc sur cette phrase débile, puisque l’on évite de marmonner ses plans à proximité de vampires ayant une super ouïe quand on est pas une grosse buse, que le film se conclut et…

… FIN !

Bon ? Je crois que ça aurait définitivement pu rester Untold, en fait.

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Je te comprends, Mehmet. Moi aussi j’ai fait une tête un peu comme ça tout le long du film.

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« Oui, bonjour Monsieur Dracula, si vous pouviez vous montrer parce que mon royaume est en danger et…« 

Dracula sortit de l’ombre, en effet, mais sans flotter ou jaillir des ténèbres. Non, un peu fatigué, le seigneur des ténèbres se gratta les fesses et traîna les pieds jusqu’à son visiteur.

« Bon écoutez, j’ai déjà eu l’autre larron tout à l’heure, on va arrêter. Moi j’essaie de trouver des volontaires pour devenir vampires en CDI, alors vous vous démerdez avec le chômage, tout ça, moi, j’ai aucun pouvoir utile pour vos trucs !
- Ne le prenez pas comme ça Monsieur Dracula ! Je suis d’accord, l’autre Monsieur vous a vraiment manqué de respect, c’est intolérable. Mais rassurez-vous : je sais exactement ce dont j’ai besoin. Vos pouvoirs sont parfaits.
- Ah oui ?
- Oui ! Les pouvoirs d’hypnose, là, c’est super. Vraiment. J’ai juste besoin de savoir : est-ce que ça marche sur les juges et les vieilles dames ?
- Oui pourq… « 

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Dracula s’arrêta net et contempla la fausse moustache de son visiteur avant de soupirer.

« Monsieur Sarkozy, ça fait quatre fois aujourd’hui. »

Et tout le château résonna du son des talonnettes qui s’enfuyaient.

Puisque l’équilibre est une chose importante et qu’après un certain article sur Jaurès, le bon peuple a réclamé l’équivalent sur de Gaulle, voilà qui est chose faite.

Chut. Ne dites rien, je sais : ma bonté me perdra. Mais que voulez-vous, je suis comme ça. Et ça n’a strictement rien à voir avec les lectrices qui m’ont envoyé leurs soutiens-gorge à dédicacer pour s’assurer de ma collaboration pleine et entière. que de la bonne volonté, on vous dit. Mais oui. Bref ci-dessous, l’image à cliquer habituelle.

DeGaulleVignette

Et comme toujours, tu peux cliquer avec entrain sur la vignette pour que hooo, apparaisse une grosse image pleine de pixels !

Et puis après, il faudra quand même en revenir à des articles sans fin avec plein de petits caractères.

Je sais que secrètement, vous aimez ça.

Avertissement : oui, il y a une image cliquable plus loin dans cet article.

Chers lecteurs, chères lectrices, chers bots de passage,

Avant d’en venir au prochain article , aujourd’hui, un message fort important. Avec de la… attendez, de la publicité dedans ? Mais qu’est-ce que c’est que ce scandale ?

Attendez ! Ne partez pas tout de suite ! Et permettez au maître des lieux de s’expliquer.

Si les passants de la soirée parisienne ont eu en partie l’information, voici donc la triste vérité : le filou que je suis… écrit. Pas seulement sur ce blog, non : car à force de recevoir d’aimables mails me demandant si je comptais un jour écrire autre chose, j’ai fini par m’y mettre. Alors je vous préviens tout de suite, point d’Odieuse Connerie dans ce dont nous allons parler, mais un sujet de saison : un roman qui se passe durant la guerre de 14.

« Hooo non ! Pas la guerre de 14 ! Avec le centenaire, tout le monde en parle !« 

Justement, petit saligaud, viens là que je te tire l’oreille : n’en as-tu pas marre que l’on te parle de cette période toujours au travers des mêmes clichés ? Que l’on t’explique ça avec des chiffres qui dépassent l’entendement et des grosses flèches sur des cartes qui n’expliquent pas vraiment ce qu’il se passait en-dessous de ladite flèche ? Hé bien voilà. D’où un roman écrit par votre serviteur qui se nomme :

A la Vie, à la Guerre

Alors en quoi est-ce différent du reste ?

Hé bien pour commencer, c’est un roman-feuilleton en temps réel. Comprendre : un chapitre par semaine, qui raconte, avec très exactement un siècle d’écart, la même semaine vue par Antoine, le personnage principal, qui écrit son journal et date chacune de ses entrées. Tous les jeudi, donc, vous pouvez récupérer le dernier extrait de son journal et voir, à la même époque, comment ça se passait en 1914 : les mouvements, le moral, les nouvelles… et tout est basé sur des éléments historiques précis. Donc non seulement vous lisez un roman, mais en plus vous allez apprendre des trucs (c’est l’ancien professeur d’Histoire qui parle). Quant à qui est notre héros et auteur du journal : c’est un jeune ouvrier parisien qui va se retrouver, un beau matin, a devoir rejoindre le 24e régiment d’infanterie, plus connu pour être « le régiment de Paris » et partir vers le front avec tout un tas d’inconnus autour de lui.

Le personnage est fictif, ses camarades le sont, mais le régiment est réel, et c’est sa véritable histoire.

« Oui mais moi, ça m’intéresse pas les trucs de guerre ! »

Ça tombe bien puisque c’est un roman. Quand on vous a proposé de lire « Les Trois Mousquetaires« , vous avez répondu que vous n’aviez aucun goût pour les mousquets ? Bon, peut-être auriez-vous dû le dire pour « Les Trois Mousquetaires 3D« , mais passons.  Bref : la guerre est le contexte. Antoine a ses propres histoires, intrigues… et finalement, essaie de s’en tirer au milieu d’un vaste bordel. Ça ne parle donc pas que de guerre. Même si ça vous la fait voir, non plus depuis la hauteur d’une carte d’état-major, mais à celle d’une simple paire de bottes. Où la troupe ignore tout d’où on l’envoie et de ce qu’il se passe autour d’elle.

Tout ça, Marise, pour 0,99€ l’épisode numérique disponible sur PC, tablettes et smartphones pour lire ça dans le métro de bon matin ou au fond de son lit, sachant que les deux premiers sont gratuits et que le dernier de septembre l’est aussi (ça tombe bien). J’entends déjà dire « Ah oui, mais mis bout à bout… » mais hé, ho : c’est moins cher qu’un kawa et moins cher que le magazine que vous achetez toutes les semaines et pour lequel vous ne vous êtes jamais posé la question, fripons. 0,99€ pour de l’aventure, de l’intrigue et en plus la joie de pouvoir vous la péter en société avec plein d’anecdotes historiques, ma foi, c’est donné ma bonne dame.

Donc si ça vous plaît, n’hésitez pas.

Ho, et accessoirement : il y a aussi un blog gratuit sur lequel, plusieurs fois par semaine, vous pouvez retrouver d’autres personnages pour compléter le roman. Ben oui, vous lisez l’histoire d’Antoine, mais pendant ce temps, que se passe-t-il chez lui ? En face de lui ? A l’état-major ? Hé bien vous pouvez retrouver sur le blog d’autres personnages en France comme à l’étranger qui d’une manière ou d’une autre, sont liés au personnage principal. Et il y en a pour tous les goûts :

Pour vous, lectrices, à qui on a raconté que les femmes étaient allées à l’usine, et basta, vous pouvez retrouver des infirmières qui se retrouvent plongées au milieu d’un fichu chaos, des résistantes malgré elles, des pilotes…

Pour vous, lecteurs belges, on parle aussi de vous et de la défense du pays avec des soldats, mais aussi des réfugiés et d’autres qui veulent rentrer à la maison.

Pour vous, lecteurs québécois, il ne faut pas oublier que ce fut la première guerre où le Canada envoya un régiment exclusivement composé de francophones pour botter des culs, ostie.

Et il y en a plein d’autres : des Allemands, des Anglais, un Américain de passage…

Bref. Le blog vous permet tantôt de découvrir ce qui se passe ailleurs et que le personnage principal ignore, parfois une scène qu’il a vécu vue au travers des yeux d’un autre personnage. Allié ou ennemi.

Et où trouver tout ça ? Facile : ici.

www.alaviealaguerre.fr

Vous n’avez plus d’excuse.

Vous voulez une version résumée de ce que viens de dire + des anecdotes pour là encore briller en société histoire d’avoir un excellent prétexte pour les faire tourner sur Facebook ? Cliquez ci-dessous pour avoir une belle infographie, hooo !

Capture

Mais si. Allez hop, on clique et on se cultive.

Voilà ! Vous n’avez plus qu’à lire, c’est beau quand même. Et vous en aurez toutes les semaines !

Attendez ? Que dites-vous ? Parlez plus fort, je n’entends pas.

« Hooo, cher Odieux, vous qui n’hésitez pas à vous ruiner au cinéma semaine après semaine pour notre plus grand plaisir et ne demandez jamais rien en retour car vous êtes juste et bon, comment  encourager ce fabuleux roman ?« 

  1. Déjà, en lisant le gratuit. Et en continuant si ça vous plaît, hein. Je n’enverrai pas de ninjas vous tabasser. Promis. Quoi mes doigts ? Mais non, je me grattais le dos.
  2. Ensuite, si vous kiffez grave la page Facebook ou la page Twitter, c’est aussi fort bien et ça ne coûte rien.
  3. Enfin, n’hésitez pas à noter et lâcher vos coms’, comme on dit, sur les sites d’achats de E-book. C’est que vos retours sont importants, hé.
  4. Après, peut-être êtes-vous prof ou documentaliste, auquel cas votre CDI n’attend plus que A la Vie, A la Guerre. Si.
  5. Voire êtes-vous journaliste ? Ou avez des copains qui le sont ? Auquel cas, n’hésitez pas à leur en glisser un mot.

Non parce qu’aux dernières nouvelles, écrire tous les jours sur la Première Guerre mondiale durant 4 ans, c’est peut-être bien un des plus gros projets sur le sujet jamais tenté (oui, je suis modeste, vous me connaissez), alors ça serait bête de passer à côté.

Ho, et vous voulez l’ultime raison de soutenir ce projet ?

Si ça marche, je vais pouvoir être en tournée dans toute la France. Et me faire inviter à des émissions culturelles pour faire le gars sérieux.

Et donc, me retrouver face à BHL.

Si avec ça, je ne vous ai pas vendu du rêve, je ne sais plus que faire.

Lecteurs, lectrices,

Un simple petit mot pour répéter ce qui a été dit sur Facebook et Twitter, mais comme on m’annonce que tout le monde n’est pas sur ces réseaux et que l’on va me jeter des cailloux si je ne passe pas par les canaux habituels, je redis donc les choses céans :

Envie de partager une bière avec un odieux personnage, de parler mauvais cinéma, mauvaise politique voire mauvaise foi tout court ? Si vous êtes de Paris et alentours, et puisque l’odieux personnage sera désormais régulièrement dans le coin, c’est possible ! Ça se passe ce mercredi 24 septembre à partir de 21:00 au Corcoran’s de Saint Michel (attention à ne pas confondre avec un autre Corcoran’s parisien, mécréants), et en plus, ce sera en pleine happy hour. Que demande le peuple ?

« Le peuple, il demande à quoi ressemblera le connard ! »

Alors déjà, le connard il aura sa propre salle (ce qui devrait aider) mais logiquement il est plutôt brun aux cheveux courts, bien qu’il tende méchamment vers le gris, plutôt grand et plutôt en costard noir avec une cravate plutôt rouge.

Le connard essaiera d’échanger quelques mots avec tout le monde, donc n’hésitez pas à venir le saluer. Vous n’avez plus qu’à cliquer pour dire si vous en êtes, c’est beau tout de même !

(Et j’ai bien noté les appels du pied des autres villes, amis lecteurs & lectrices)

Le lien est ici : https://www.facebook.com/events/689402284478152/ mais même sans cliquer, vous pouvez venir à ce qu’il paraît. C’est fou.

Je laisse donc le choix à chacun de râler quant à « C’est pas ma ville/c’est pas mon heure/c’est pas mon bar » avant de s’indigner quant à l’égocentrisme du maître des lieux, mais sur ce dernier point, je crains qu’il n’y ait comme un problème si cela vous offusque encore.

Ho, et j’ai aussi entendu ceux qui suite au précédent article, en voulaient une version gaulliste.

Soit.

Il suffit parfois de peu.

Ainsi, alors que j’étais tranquillement en train d’écouter les informations, lues comme il se doit par l’une de mes stagiaires (les radios, c’est tellement has been), voici que je me suis naïvement demandé ce que le parti au pouvoir prévoyait en cette rentrée politique des plus mouvementées. Ni une, ni deux, je suis donc allé sur leur site, pour me trouver nez à nez avec cette information essentielle :

Boutique

C’est vrai que c’était là le plus urgent pour les gens tombant sur la première page.

L’occasion de découvrir ce mug posant de grandes questions métaphysiques :

Mug

Tu en poses de ces questions, mug !

Ce pourquoi il aurait été cruel de ne pas y répondre. Aussi, par la présente, permettez-moi d’y répondre.

Et je vous invite donc à cliquer sur l’image ci-dessous qui parle d’absurdités véritables, mais prouve aussi que des fois, je devrais en rester à l’écriture.

Introjaures

Cliquez-donc au lieu de rester là !

Ah, mug magique . Comme tu me tortures l’esprit !

 

 

« Non mais c’est un film d’action ! Tu vas pas non plus demander un scénario écrit par Sartre !« 

François soupira et plongea sa main dans le saladier de chips tout en secouant la tête. Il en avait assez, de cette bande de prétentieux qui n’arrêtaient pas de critiquer l’intrigue des films d’action. Après tout, on y allait pour voir des explosions, alors il ne fallait pas se plaindre qu’il n’y ait pas une intrigue politique. Il jeta tout de même un coup d’œil du côté d’Alice, l’étudiante en sociologie qu’il essayait de séduire depuis un moment. Son regard s’arrêta brièvement sur son débardeur bien rempli, mais voyant que la jeune fille portait son regard vers lui, il prétendit regarder ailleurs. Elle n’avait pas l’air de l’avoir vu. Ou de désapprouver son propos, ce qui était plutôt une bonne chose. Elle n’était pas comme toutes ses coincées de Télérama qui réclament des… des… mais que regardait-elle ? Son épaule ? François fronça les sourcils et constatant qu’il n’y avait pourtant pas les pellicules qu’il craignait d’y voir, ne comprit pas de suite.

La fenêtre explosa soudain derrière-lui, et il y eut une terrible détonation qui projeta au sol une bonne partie des objets et étudiants qui peuplaient la pièce. François ouvrit péniblement un œil pour constater que le saladier lui était tombé dessus et qu’il était couvert de chips. Malgré le sifflement dans ses oreilles et sa tête qui lui tournait, il entendit clairement Alice s’exclamer avec enthousiasme :

« Hooo, les Excusables !« 

Ce qui fut plus mystérieux encore fut le gros poing ganté qui s’abattit sur le visage de François à la seconde où il tentait de relever la tête, suivi d’un autre, puis de toute une série de coups de divers trucs, dont, François en était certain, au moins un taser et une boîte de Pringles qui traînait et que quelqu’un tenta d’utiliser pour l’aider à élargir son horizon. Alors qu’il était au sol, à demi-inconscient, il aperçut enfin penché au-dessus de lui, le visage aux cheveux et au mauvais rasage poivre et sel du chef du commando, fronçant les sourcils.

« Alors François ? Sais-tu qui nous sommes ?
- Moi je sais ! s’exclama Alice depuis le clic-clac en sautillant.
- Oui jeune fille aux tressautements dignes d’intérêt ?
- Vous êtes les Excusables ! A chaque fois que quelqu’un utilise une excuse de merde, vous intervenez et lui maravez la margoulette ! A ce qu’il paraît que dans chaque bureau de la vie scolaire de France et de Navarre, il y a une ligne directe pour vous appeler tant les mots d’excuses pour les retards sont nazes ! HooOOOoooo Monsieur Connard, j’adore votre commando ! Je vous adore !
- Certes, mais je suis là pour le travail. Alors François, sais-tu pourquoi ton excuse est à chier ?
- Mmm… non ? dit-il en crachant une dent.
- Parce que qu’importe le film, la cohérence est un principe de base. A ne pas confondre avec le réalisme. Ainsi, surtout dans le cadre d’un film d’action tout bête, ce serait quand même dramatique de ne pas arriver à écrire un script tout bête.
- Tu comprends ? »

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François hésita. D’un œil, il constata qu’Alice continuait à regarder amoureusement le chef du commando, et que les autres étudiants présents restaient à terre sans rien dire, terrorisés par le second du chef qui les menaçait à l’aide d’un fusil à pompe. Il réfléchit à ce que l’on venait de lui dire et conclut :

« Non.« 

L’homme penché sur lui secoua la tête et se tourna vers son adjoint.

« Diego, je crois qu’il va nous falloir une autre boîte de Pringles. Quant à vous, les autres, je vais vous donner un exemple : Expandables 3. Des coups de fusil, des explosions… ça doit pas être bien compliqué. Alors peut-on quand même se rater ? Spoilons mes bons !« 

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L’affiche : plus de la moitié est réservée au casting. L’autre moitié aussi. Bon, hé bien je crois que tout est dit quant à ce que ce film propose.

Tout commence quelque part, au Moumoukistan, alors qu’un train blindé faisant office de transport de prisonniers circule à vive allure au milieu du désert.

Ce que les fiers Moumoukis ignorent, c’est que bien plus loin sur la ligne, un hélicoptère est posé sur les voies et des hommes aux muscles comme des bouillottes et aux testicules souvent confondus avec des ballons de plage (ce qui a conduit plus d’une fois à des drames et des procès que je vous passe) sont en train de tendre un lourd câble métallique en hauteur entre deux poteaux : ce sont les Expandables, le super commando d’élite de la mort qui réussit toutes ses missions avec panache (et blagues pourries).

Mais l’équipage du train blindé ne sait rien de ces événements. Ainsi, à bord, l’un des membres d’équipage est en train de téléphoner à son chef pour lui parler de l’avancement de la mission. Je vous traduis donc ce dialogue, issu du langage Moumouk (que j’ai étudié en LVIII au lycée, je savais que ça me servirait un jour).

« Allô, Zoumtar le vilain chef de prison ? Ici Kaloum le chef de train blindé un peu con.
- Je t’écoute Kaloum.
- Je tenais à vous dire que nous avions le prisonnier et que nous arrivions dans quelques minutes.
- C’est très intéressant Kaloum. Mais tous les occidentaux qui regardent ce film vont un petit peu se foutre de notre gueule.
- Ben pourquoi ?
- Peut-être parce qu’aux dernières nouvelles, tu es dans un train blindé qui fonce vers ma prison et que je t’y attends vaguement ? Du coup, où est-ce que tu as vu jouer que les transports de prisonniers n’avertissaient pas la prison où ils allaient, sauf deux minute avant leur arrivée du genre « Au fait les mecs, on est en bas, faites péter les chips ! » ?  Ce sera pas juuuste pour aider le spectateur à comprendre le pitch, ce coup de fil ?
- Ouais, enfin Zoumtar, t’es gentil mais toi tu commandes une prison qui n’est reliée QUE par une voie de chemin de fer qui rentre directement dans le bâtiment. Alors niveau logique, touche à ton cul.
- Ah ouais ? Et qui c’est qui a tout un train blindé pour transporter un seul prisonnier ?
- Tu fais chier Zoumtar ! Toi et tes portraits partout alors que tu es juste chef de prison ! Bon tu sais quoi ? Je propose qu’on se fasse exterminer par les Expandables. Ça réglera le problème.
- Vendu ! »

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Et sur ces entrefaites, l’hélicoptère des Expandables arrive au-dessus du train blindé, et les hommes du commando mitraillent les geôliers sans pitié.

Bon, ils sont peut-être vaguement aidés par le fait que sur les 25 mecs sur le toit, aucun ne tire même une seule balle de kalachnikov sur l’hélicoptère. Vous pouvez regarder, j’ai guetté, et non, aucun. C’est vrai que du coup c’est vachement plus pratique. Cela dit, le train blindé n’est pas complètement dénué de défenses : ainsi, alors que l’alarme est donnée et que toujours plus de Moumoukis montent sur le toit du train pour se faire massacrer sans tirer une balle, sort d’un wagon une grosse pièce de DCA. L’hélicoptère des Expandables a donc tôt fait de voler bas et de se planquer derrière le train pour ne pas pouvoir être touché par la pièce montée (je fais pareil durant les mariages), et attend donc tranquillement que le câble tendu plus loin sur la voie fauche tous les Moumoukis encore sur le toit, puis fauche net la pièce de DCA (qui oui, est fauchée alors que les deux poteaux sur les bords de la voie, eux, ne bougent pas : c’est tout de même bien fait, sûrement des poteaux lestés à l’uranium).

Bon, l’autre option, ami Expandable, c’était juste de laisser le câble faire. Après tout, ça aurait fauché tout le monde sans tirer un coup de feu, et vous pouviez ensuite prendre le reste de la garde locale par surprise dans les wagons. Mais l’hélicoptère était tellement plus cool, vous avez raison.

Bref : le commando infiltre le train, nettoie les derniers survivants, et s’en va libérer un Monsieur tout attaché dans un coin (vraiment, ce n’est pas juste un donjon belge blindé), qui cela fait, ignore superbement les Expandables, obsédé par le fait de se venger de ceux qui l’ont laissé enfermé là (durant 8 ans, nous l’apprendrons plus tard). Mais malgré 8 ans sans exercice, Doc, puisque c’est son nom, bondit partout comme un cabri, ignore les Expandables qui lui ordonnent de filer à l’hélico pour s’enfuir, et à la place, retourne courir sur le toit du train pour foncer vers la locomotive. En chemin, il tue deux sentinelles qui… qui…

… qui attendaient là ? Malgré l’alarme ? Les coups de feu ? Tous les cadavres autour d’elles ? Mais enfin ! Qui a eu cette idée absurde ?

Le Doc (ce qui pour certains, sera toujours lié à la phrase « Non, ce n’est pas sale« ) remonte donc jusqu’à la locomotive, bloque les gaz à fond, bondit sur les commandes du canon en tête de train (normal) et se met à arroser la prison sitôt qu’il est assez près, où tous les gardes viennent se faire massacrer en se pointant devant son arme. Puis, au dernier moment (évidemment), il rejoint l’hélicoptère des Expandables pour s’enfuir loin de la prison au moment où le train y rentre à fond et… explose. Voilà. Hop. Avec toute la prison. Mais oui. Adieu, Zoumtar, donc.

Qu’eeeest-ce que c’était que cette scène ?

Attendez, je sniffe un peu d’éther et ça devrait aller. Voiiilà. Les Expandables retournent donc sur un aérodrome isolé où ils font exploser l’hélicoptère, pour ne pas laisser de traces, avant de remonter dans leur énorme avion pas furtif du tout sur lequel il est écrit en gros « EXPANDABLES ».

Ah oui. Effectivement, ça valait le coup de faire sauter l’hélico. Nul doute que toute la chasse du pays, sitôt qu’elle aura vu l’avion sur ses radars, n’aura pas besoin de bien longtemps pour savoir a) qui a fait le coup, b) abattre tout le commando qui vient de faire sauter une prison avant de retourner à la maison fêter ça avec un chant traditionnel Moumouk. Mais comme le dit le proverbe : au Moumoukistan, on n’a pas d’avions, mais on a des trains blindés. Les Expandables peuvent donc rentrer tranquillement au pays pendant qu’à l’intérieur de l’appareil, tout le monde discute paisiblement. Je vous résume donc la conversation :

  • Le Doc était à la fois un médecin et un Expandable. Raison pour laquelle Barney Ross, le chef des Expandable, est venu le sauver
  • Oui, ils ont mis 8 ans à le sauver, mais parce qu’il était prisonnier dans un lieu super secret et qu’il a fallu le temps de le trouver
  • Le Doc avait été capturé parce qu’il avait tenté un coup d’état au Swaziland
  • A l’arrière de l’appareil des Expandables sont accrochées toutes les plaques de ceux tombés au combat pour rappeler que la vie de mercenaire, c’est trop triste, tavu

Mais surtout, Barney annonce une chose importante au Doc : en fait, il déconnait, hohoho, haaa, qu’est-ce qu’on rigole copain. Ils ne rentrent pas à la maison. Ils vont d’abord en Somalie où ils doivent abattre un trafiquant d’armes, Victor Minsk. Parce que trafiquer des armes, c’est mal.

Le Doc fait donc un peu la gueule, se rase avec un énorme couteau, comme ça, hop, pour bien montrer que c’est un ouf, et toute la petite équipe se rend dans un port de Somalie pour infiltrer discrètement le point de rendez-vous. Coup de bol, dans le coin, tout le monde porte le chèche pour se voiler tout le visage, donc ça devrait faciliter le boulot des Expandables, puisqu’ainsi, ils pourront dissimuler leur… leur…

Ho.

En fait, Barney a préféré, intelligemment, filer des chèches aux noirs de son équipe et des casquettes aux blancs histoire que l’on puisse bien voir leurs visages. Barney, tu n’as pas compris le jeu ?

Je ne sais pas mon petit Barney. L’inverse n’aurait-il pas été plus rusé ? Non parce que là, des blancs surarmés qui se promènent au beau milieu de la Somalie, j’ose penser que ça devrait vaguement attirer l’attention et faire comprendre au premier péquin venu qu’il y a des étrangers dans le coin. Mais bon. Alors que quand tout le monde est armé et a le visage masqué, tu aurais pu te faire passer pour une milice. M’enfin bon, hein, c’est toi l’Expandable, tu sais.

Toujours est-il que le script, lui, n’a pas prévu cela : nos larrons peuvent donc courir dans tous les sens l’arme au poing sans que personne ne les remarque (ce qui aide pas mal), et ils finissent par arriver jusqu’à la zone de rendez-vous, où ils s’embusquent dans un container suspendu à une grue pour mieux observer ce qu’il se passe, ce qui est très intelligent, vous en conviendrez (une roquette, et hop ! Au revoir les copains !) . Mais alors que Barney observe l’arrivée du fameux Victor Minsk, soudain, il devient tout fou en reconnaissant ledit Victor : il s’agit d’un homme qu’il connaît bien, son ancien très méchant associé, supposé mort, avec qui il avait fondé les Expandables : Conrad Stonebanks, de son vrai nom.

J’en déduis donc que Barney avait pour mission d’abattre un type sans savoir à quoi il ressemblait. Pratique. Dans le doute, il aurait sûrement tout fait péter.

Bref, tout fou, vous dis-je, Barney bondit hors du container, puis hurle « CONRAAAAD STONEBAAAAANKS ! » et se met à mitrailler dans tous les sens sans viser.

Mais enfin ? Barney ? Depuis quand on annonce son attaque pour attaquer un mec ? Tu t’es cru dans Naruto ou bien ?

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Quelques secondes avant que notre héros ne devienne tout fou : notez que je ne mens pas quant à la qualité de leurs déguisements pour infiltrer la Somalie. C’est… bluffant.

Résultat, Barney rate tous ses tirs (car oui, d’habitude il tire comme un dieu, mais là, non), et Stonebanks, vaguement alerté par ces cris de cochon qu’on égorge riposte mais lui aussi rate alors que c’est un tireur d’élite (ce serait bête que le film s’arrête là) et c’est donc une fusillade digne d’une soirée paintball chez Gilbert Montagné qui s’ensuit. Les Expandables tentent donc de fuir les lieux maintenant que leur chef a donné l’alarme comme un gros débilou, et ils s’enfuient donc en camion volé au travers du port somalien. A noter que chez les Expandables, c’est comme dans Zelda : à un moment, ils traversent un mur en béton avec leur vieux camion pourri. Comment font-ils pour savoir qu’il va céder ? Hé bien c’est facile : le mur est marqué par une grosse fissure.

Pratique. J’attends donc « Expandables 4 – Panique à Jardiland » où ils font péter pots et buissons pour gagner de l’argent.

Autre super pouvoir des Expandables : la télépathie. Ainsi, alors qu’ils fuient en camion, deux autres Expandables sont encore dans la rade du port avec un canot. Barney leur lance donc par radio « Rapprochez-vous le plus possible !« 

Personnellement, moi, si on me dit ça, je me rapproche. Avec dans l’idée que les mecs veulent sauter, rejoindre le canot et gagner le large plutôt qu’être coincé dans un port avec 1 500 mecs aux trousses. Sauf qu’en fait non. Car les Expandables du canot ont bien compris que le message était « Faites des acrobaties avec le canot pour sauter en l’air et atterrir à l’arrière du camion. »  Ce qu’ils font avec succès. Je n’aurais donc jamais pu être un Expandable : je ne suis pas assez con. Ou télépathe. Ou les deux (on parle alors de « Professeur Xavier« ).

Sauf qu’alors que nos héros ont massacré à peu près tous leurs poursuivants, voici qu’un bruyant « flap-flap » se fait entendre au-dessus d’eux ; il ne s’agit pourtant pas d’un énorme Cupidon sur le retour, mais pire : de l’hélicoptère de Conrad Stonebanks. Qui vole à 25 mètres au-dessus de nos héros, le méchant assis à la portière avec son fusil.

Et là, c’est le drame. Suivons plutôt ce qu’il se passe en bas.

« Barney ! Quelle chance, ce couillon de Stonebanks est juste au-dessus de nous, bien en vue et à bord d’un appareil tout fragile alors qu’on a des tonnes d’armes de foufou !
- Non. Je propose plutôt que l’on reste ici à ne pas tirer en regardant la scène au ralenti.
- Hein ? Mais Barney, enfin ! On peut le tuer, là, tout de suite !
- Chut.
- Ecoute je… aaaAAAAAaaah ! Stonebanks vient de me tirer une balle dans la jambe !
- Ah oui, c’est ballot. Surtout qu’en plus il ajuste bien lentement. Mais tu sais, quoi, on ne va rien faire. Attention, je crois qu’il va tirer à nouveau.
- Putain mais… AAAAAaaaïeuuuuh ! Une balle dans le cul ! Non mais… Barney ! Fais quelque chose !
- Attends, je regarde en l’air sans rien faire avec une moue contrite. Je suis occupé.
- Relou ! »

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Et en effet : César, l’un des membres de la bande, après s’être fait trouer le genou et le cucu, se retrouve à terre avec autour de lui ses petits camarades qui font du rien. Non mais sérieusement ? Vous avez fait 10 minutes de fusillade, vous ne pouviez pas le blesser là, de manière crédible ? Pourquoi les seuls moment où les mecs sont ENFIN touchés sont AUSSI surréalistes ? Stonebanks, qui visiblement, est un sacré déconneur, appuie sur un gros bouton à l’arrière de l’hélicoptère, et aussitôt, un gros missile sous l’appareil vole vers le camion de nos héros et l’explose, propulsant tous les Expandables dans l’eau voisine, le véhicule étant stationné en bordure de quai.

Il faudra m’expliquer comment le missile a pu toucher le camion, sachant qu’il y avait 15 véhicules autour et que Stonebanks n’a pas visé ou fait quoique ce soit. Il a juste appuyé sur un bouton rouge pour larguer le missile. Peut-être que c’était un missile renifleur de gentils ? Une fois qu’il a senti cette odeur unique faite de big balls, d’amitié et de poudre, il se dirige droit vers la cible ? Mystère. En tout cas, j’en veux un comme ça. S’il pouvait aussi renifler les blogueurs qui font des vidéos pour dire qu’ils ont pleuré devant Lucy, ça me ferait plaisir. Merci.

Mais dans tous les cas, nos héros ressortent de l’eau, et devinez qui a encore plus bobo que 5 minutes avant, avec désormais un trou dans le poitrail ? César.

« Chui sûr que c’est parce que je suis noir ! » pleure-t-il alors qu’autour de lui, ses camarades sifflotent très fort. Avec l’aide du Doc, ils parviennent à le stabiliser pendant que tout le reste des milices somaliennes du port est parti pour sa pause déjeuner (je vous laisse insérer vous-même ici vos calembours sur la pause déjeuner en Somalie, tas de fripons), puis, aidés de leur téléporteur, ils retournent sans explication malgré toutes les forces hostiles à leur gros avions pour filer aux Etats-Unis déposer César à l’hôpital, remplir quelques papiers, filer sa carte vitale et appeler sa mutuelle pour savoir si elle couvre les soins liés à des balles dans le cul et des missiles magiques (la dame de l’accueil aurait raccroché à ces mots, Barney n’a pas bien compris pourquoi).

Mais à la sortie de l’hôpital, Barney tombe nez à nez avec le chef des opérations de la CIA : Max Drummer. Barney est donc bien étonné.

« Mais attendez ! N’était-ce pas Bruce Willis jusqu’ici, mon contact à la CIA ?
- Si, mais il coûtait trop cher. Bonjour, je suis Harrison Ford, et j’étais en promo. Vous m’avez peut-être vu dans Star Wars, Indiana Jones ou encore Witness. 
- D’accord, qu’est-ce que vous voulez, Monsieur…
- Max Drummer. J’insiste. Voilà mon problème : je vous ai envoyé tuer Victor Minsk.
- C’était pas Victor Minsk, c’était Conrad Stonebanks ! Mon ancien associé et ennemi juré que je croyais avoir tué il y a bien longtemps !
- Ah oui ? Hahaha, hohoho… quel dommage que l’on ait oublié de vous filer une photo du sujet ou de vous dire que c’était votre ancien associé ! C’est vraiment trop ballot. Bon, enfin bref : vous avez merdé, alors je suis venu vous faire les gros yeux. 
- Ho non ! Pas les gros yeux !
- Grouuuu !
- Non, arrêtez Drummer !
- Très bien. Mais sachez que Minsk, Stonebanks ou qu’importe comment vous l’appelez est un gros rascal qui a torturé et tué mes meilleurs hommes. Je veux sa peau. Alors vous attendrez qu’on le retrouve, et vous rattraperez le bazar que vous avez mis en Somalie, okay ?
- D’accord. Mais vous ne me faites plus les gros yeux, hein ?
- Non. Allez, filez Barney ! Vous avez du pain sur la planche. »

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Et il y a en effet du pain de mie sur la planche à burger, car de son coté, Stonebanks vit heureux. C’est un trafiquant d’armes qui vend des armes aux méchants pays, et est donc très riche et aime l’art. Car comme dans tout bon blockbuster, les pauvres sont sympas et ont des plaisirs simples, alors que les riches sont tous des enculés qui aiment les trucs de bourgeois.

Ces préjugés, je vous jure.

Attendez, je vais me reprendre un petit verre d’un excellent alcool de 110 ans d’âge et je reviens.

Voilà, que disais-je ? Ah oui : c’est fou comme le bon goût est forcément associé à des personnages de connards. Ces scénaristes ne font aucun effort.

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Alors que les gentils, ils boivent de la mauvaise bière à la bouteille avec des chapeaux à la con et des chemises moches lors de soirées karaoké. Ça me vend du rêve.

Barney en tout cas en a pris un coup au moral : depuis que César a été blessé (et en même temps, si je trouvais la bande d’idiots qui était restée sous l’hélicoptère à attendre les balles), il n’a plus envie de voir d’autres Expandables mourir. Il réunit donc toute la petite bande et leur explique que c’est fini. Ils peuvent prendre leur retraite. Car ils sont des reliques du passé et il n’a pas envie de voir d’autres camarades se faire cartonner comme des crotouilles. Evidemment, chacun soupèse ses balls tout en expliquant que jamais il n’abandonnera ce beau métier qu’est celui de mercenaire, et que Barney ne peut pas faire ça, mais si.

Et il le fait.

Seulement voilà : Barney n’a pas non plus oublié que Stonebanks devait mourir. Déjà parce qu’il devrait déjà être mort, et ensuite parce qu’il a fait bobo à César. Cela mérite donc vengeance. Sans compter que Barney n’aime pas laisser un boulot inachevé. Il va donc contacter un vieil ami, Bonaparte, dont la spécialité est de trouver du personnel pour des équipes de mercenaires. Tous les deux engagent donc la conversation.

« Hey, Barney ! Comment vas-tu ? Pourquoi viens-tu me voir, tu n’as pas une équipe ?
- Je l’ai virée, pas envie de les voir crever. J’ai besoin de nouveaux. Du sang frais. Des d’jeun’z qui n’ont rien à perdre.
- Je vois. En fait, ce que tu es en train de me dire mon petit Barney, c’est que tu veux une équipe dont tu n’as strictement rien à foutre pour pouvoir la laisser crever en paix sous tes yeux ?
- C’est ça.
- C’est cool. Dis-moi, je ne me souviens plus bien… c’est qui le gentil du film, déjà ?
- C’est moi. 
- Hem. Soit, okay. C’est cool. Et donc, tu pourrais m’en dire plus sur ce pourquoi tu en as besoin à part les laisser mourir ?
- Je dois aller buter Conrad Stonebanks. 
- Ben ? Il est pas déjà mort ?
- Visiblement, non.
- Hmmm… il est super fort, c’était quand même ton ancien associé. Très bien, laisse-moi aller chez Vediorbis et Pôle Emploi te trouver deux ou trois mecs. »

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Et en effet. En passant une annonce chez les recruteurs du coin, Bonaparte arrive à obtenir une liste de volontaires tous plus navrants les uns que les autres, mais ça, personne n’a l’air de le remarquer. Ainsi, ils perdent des heures à aller voir chaque candidat aux quatre coins du pays et même plus au lieu de directement les convoquer, mais pourquoi pas. Et c’est ainsi qu’ils recrutent :

1) Drony. Un expert en drones qui aime l’escalade. Mais sinon, en-dehors de ça, il sait faire des trucs ? Oui ? Non ? Et puis quels drones d’abord ? Barney se contente de regarder le Monsieur faire de l’escalade et de dire « Wouah, il est trop bon, il a un parachute pour quand il tombe !« . Si tu veux. En même temps, il n’en aurait pas eu, c’eut été plus délicat, mais je dis ça. Ho, et non : il ne lui parle même pas. Il le prend direct. Heureusement qu’il n’était pas à côté d’un club de parapente, sinon il recrutait 40 personnes d’un coup pour les envoyer à une mort certaine.

2) Moustachos. Ils le trouvent dans le centre d’entraînement d’une super unité d’élite américaine et celui-ci, pour les convaincre de le prendre, leur fait une super démonstration avec une arme.

« Vous voulez voir ce que je sais faire ? Voici le fusil CS-250. Il tire des balles explosives qui peuvent sauter dans ou derrière la cible sur commande. Regardez, je vous fais une démonstration !
- C’est intéressant mais quel rapport entre vous et ce fusil ? Aux dernières nouvelles, c’est le fusil de l’armée, pas le vôtre, et ça n’a strictement rien à voir avec vos compétences sans compter qu’on ne verra plus cette arme du film.
- …
- Vous êtes aussi con que nous : je vous recrute ! »

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3) Luna. C’est une videuse de boîte de nuit qui fait du catch. Quel rapport avec le mercenariat ? Aucun. Mais elle fait du catch !

4) Gronul. Ancien Marines, trop indiscipliné pour appartenir à n’importe quelle unité (c’est à se demander comment il a pu y rentrer), il est complètement inadapté à toute mission de type militaire comme par exemple, un truc avec des mercenaires. Par ailleurs, quand ils viennent le voir, il est au Mexique en train de se prendre une raclée dans une arène. Mais grâce à son nez magique, Barney renifle l’odeur du pipeau et devine que « Hmmm je suis sûr qu’en fait il a fait exprès de perdre et qu’il est super fort. » Et ils le prennent. Mais enfin, arrêtez, n’en jetez plus !

5) Galgo. Un Espagnol super acrobate qui aurait eu sa propre compagnie de mercenaires et qui en plus, fait la démonstration de ses talents (via un cascadeur qui ne ressemble pas, la marque de fabrique de la série des Expandables) devant nos héros. Mercenaire, compétent, a fait une démonstration crédible et au dire de Bonaparte, a une réputation d’être super fort…

« HOLALA FAUT PAS LE PRENDRE ! Il essaie de se faire recruter depuis super longtemps en m’envoyant des CVs sous de faux noms, c’est relou ! » s’exclame donc Bonaparte quand bien même il reconnaît qu’il est super fort.

Okay. Donc je résume : une catcheuse, un type qui montre des fusils même pas à lui pour dire qu’il est fort comme eux, un gros indiscipliné et un pilote de drones, c’est okay, par contre pile poil le profil recherché, c’est pfoulala, non.

Bouhou. Bouhouhou. Bouhouhouhou. C’est un film d’action ! C’est pourtant pas compliqué ! Mais visiblement, SI !

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Alors qu’à la place, Galgo aurait fait un truc comme des dérapages en Segway, ils le prenaient direct.

Qu’importe. Ainsi entouré de sa nouvelle équipe de busards, Barney n’a plus qu’à attendre que la CIA lui dise où se trouve Stonebanks pour aller lui coller des pruneaux dans le museau. Et ça tombe bien, car un soir que Barney monte dans sa voiture, il voit apparaître dans son rétroviseur au moment de démarrer, son bon ami Drummer, chef des opérations, assis dans l’ombre sur la banquette arrière. Si le film avait été logique, ça aurait dû se passer comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je…
- WOPUTAIN BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM
- Uuh… pourqu… *couic*
- NAN MAIS ! Ça va pas de monter dans la voiture d’un super mercenaire pour lui faire peur ?! Vous êtes pas un peu débile aussi ? J’ai des réflexes, quoi, merde, et je suis toujours armé ! Bon… allô, les Expandables ? J’ai un macchabée à l’arrière de ma bagnole. Oui, c’est encore un directeur de la CIA qui a cru malin de me faire peur sur ma banquette arrière au lieu de m’attendre près de la voiture ou de venir me voir comme tout le monde. Préparez l’avion, on va larguer de la viande aux grands requins blancs ! »

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Mais comme le film est mauvais, ça se passe comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je venais vous dire qu’on avait retrouvé votre bon ami Stonebanks. 
- Tiens, vous êtes là ? Où est cet enfant de salaud ?
- Il est en Roumanie pour une transaction, à Bucarest pour être exact. Voici le dossier avec toutes les informations. Et cette fois-ci, plein de photos que, hihihi, on avait oublié de mettre dans le dossier la première fois. Ho, on a aussi mis plein de photos de gens morts pour montrer qu’il est méchant. 
- Il tue des gens. Le gros bâtard. Alors que moi, jamais.
- Hmmm… okay. Bon, allez Barney, dans 36 heures la cible se sera envolée, alors vous avez peu de temps. Un détail : il nous le faut vivant.
- Ben ? La dernière fois vous vouliez qu’on le bute.
- Oui, ben faut croire que depuis qu’on a retrouvé les photos, les ordres ont changé, c’est fou. La CIA veut le livrer au tribunal de La Haye pour crimes de guerre.
- La Haye ? Mais on est américains ! On a même pas ratifié le traité sur La Haye ! Pourquoi la CIA voudrait livrer quelqu’un à un tribunal avec lequel elle ne travaille pas ?
- Oups. Le script. Mais c’est grave comme détail ?
- Ben oui. Parce que ça veut dire qu’en fait, si vous savez où est le bonhomme, il suffit d’appeler les Européens, Interpol, qui vous voulez et ils vont vous arrêter le loulou en deux temps trois mouvements. Alors que là, vous commanditez une opération illégale sur le sol d’un pays allié pour court-circuiter la police locale en envoyant de gros bourrins amateurs de gros fusils et donc de dommages collatéraux, tout ça pour au final, remettre la cible audit pays allié.
- Vous avez quoi, Ross ? On va s’en tenir au script. Et vous savez ce que dit le script ?
- Que je suis Barney Ross et que je suis un gros con ?
- Voiiiiiilààààà ! »
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Barney réunit donc sa nouvelle équipe promptement, et si l’ancienne équipe se pointe, jalouse, et que les relations se tendent brièvement avec les petits jeunes, Barney n’en est pas moins ferme : il part avec les jeunes et c’est tout. Rentrez chez vous, les vieux, il y a des Chiffres et des Lettres qui va commencer ! Barney congédie donc les anciens et part avec son gros avion pas furtif, avec lequel, encore une fois, il traverse la moitié de l’Europe illégalement (mais sans qu’on l’embête). Et pendant que Schwarzy pilote (il passait par là), Barney et ses copains qui sont décidément aussi subtils qu’un lycéen en boîte sautent donc sur la Roumanie. Et arrivent à Bucarest incognito, probablement après avoir strangulé 12 civils pour prendre leurs vêtements et remplacer leurs tenues de parachutistes.

Cela fait, ils attendent devant l’hôtel où Stonebanks réside, et le voient arriver entouré de moult gardes armés. Voilà qui ne sera pas facile !

« Hooo je sais comment faire ! » s’exclame Barney. « On va au point de rendez-vous et on leur pète tous la gueule !« . Mais ses nouveaux compagnons d’arme ne l’entendent pas de cette oreille : ainsi, Drony a un plan qu’il formule comme ceci « Hahaha, c’est tellement années 80, votre plan ! Non, voyez : on va déconnecter les détecteurs ici, ici, ici et là et ce sera bon. » et tout le monde opine du chef. Oui ? Certes ? Tout cela me rend tout à fait perplexe. Interrogeons donc un expert ès tactique.

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

« Monsieur Connard, bonsoir !
- Bonsoir Stéphane Bern.
- Alors Monsieur Connard, on vous connait pour bien des choses, puisqu’on peut bien le dire, vous avez de multiples casquettes !
- Presqu’autant qu’une cage d’escalier de Seine-Saint-Denis.
- Hihihi… hem. J’ai pas compris.
- C’est une blague pour les pauvres, Stéphane, c’est normal. 
- Ho. Bon, très bien. Monsieur Connard, je disais donc qu’on vous connaissait dans bien des domaines, mais on oublie trop souvent que vous avez aussi été le leader charismatique d’un groupe de shadowrunners. Qui ne se souvient pas de votre célèbre technique dite du « On abat la cible à 1 500 mètres et on se casse« , « Passe le drone, passe les explosifs,  on va leur rejouer la bataille du golfe de Leyte tranquille » ou encore « Il s’enfuit en moto ? Ça tombe bien, je l’ai faite plastiquer. La dernière chose qu’il entendra, ça devrait être le détonateur qui joue la Cucaracha.« 
- Tout à fait. 
- Alors que pensez-vous du plan de l’équipe de Barney Ross ? Plutôt que d’entrer et de tout péter, déconnecter les détecteurs, entrer, et tout péter ?
- C’est très con puisque si c’est pour tout péter, l’alarme sera donnée, par les détecteurs ou par les coups de feu, en fait.
- Alors qu’auriez-vous préconisé ?
- Hé bien, les hommes de Stonebanks sont tous en civil. 
- Ça leur va très bien.
- Si vous voulez, Stéphane. Mais du coup, vous savez ce qu’ils n’ont pas ?
- De noms et ils vont donc crever comme de petites crottes l’un après l’autre comme le veut la règle des mauvais films d’action ?
- Alors oui, déjà, mais ils n’ont pas de masque à gaz. Du coup, vous bloquez les portes et vous envoyez les lacrymos (si vous êtes taquins), ou le gaz soporododo. Sauf que contrairement à nos amis russes en leur temps, vous n’avez pas à vous inquiéter des otages : vous vous assurez juste de bien vous occuper de Stonebanks et hop, c’est fini, vous repartez sans tirer un coup de feu et avec votre chargement. Aussi silencieux que vicieux, ce plan inspiré des trajets en ascenseur après un trop plein de féculents à la cantoche marchera à la perfection. 
- C’est un peu un plan de gros fourbe. 
- Vous savez qui je suis ?
- Ah oui, c’est vrai. »

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

Mais Barney en reste au plan de sa jeune et fière équipe, et décide, plutôt que de je ne sais pas moi, attaquer Stonebanks lors d’un de ses trajets, de l’attaquer… sur le lieu de la transaction. Un musée (ça va être super pratique) ou en plus de la bande à Stonebanks, celle de son acheteur va arriver à un moment ou à un autre (deux fois plus de difficulté), acheteur que Barney ne connait pas (ajout d’une inconnue dans l’équation), et ils décident en plus de commencer à agir… uniquement lorsque Stonebanks est dans la place.

Parce que c’est connu : les embuscades, ça ne se prépare pas. Non Madame.

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« 30 ans que je suis dans le métier et j’ai jamais eu besoin d’un seul plan ! Alors je ne vois pas pourquoi je commencerais maintenant ! »

Et évidemment, le plan marche : Stonebanks discute avec son acheteur, arrivé en avance, de vente d’armes, et même peut-être d’armes nucléaires, lorsque soudain les lumière s’éteignent et Barney et sa troupe commence à tout sulfater. Une fameuse fusillade s’ensuit, et seule partie intelligente du plan (la partie « éteindre les lumières » était pas mal jusqu’à ce que l’on se rappelle que nos héros n’ont pas, non plus, de matériel de vision nocturne), Drony ouvre et ferme des portes pour créer un corridor unique vers lequel les hommes de Stonebanks vont tenter de l’évacuer. Sauf qu’au bout du corridor, Luna la catcheuse attend, et pif pouf, elle tabasse les gardes, neutralise le vilain au taser, et l’affaire est dans le sac. Comme quoi, les chocs électriques restent la solution à tous les problèmes, comme le disait Claude François.

Qu’advient-il des autres hommes ? De l’acheteur ? Mystère, car pouf ! Nous voici à bord du van des Expandables qui repart vers l’aéroport où les attend leur avion. A l’arrière, Stonebanks est ligoté et bâillonné, mais chose étrange, sitôt qu’il se réveille, on lui enlève son bâillon. C’était donc uniquement pour l’empêcher de ronfler ? Mais merde, même un bâillon vous n’arrivez pas à faire une scène où vous vous en servez de manière crédible ?

L’équipe des Expandables se retrouve en tout cas face à Stonebanks, qui joue la provoc’.

« Ahaha ! Salut Barney, heureux de te revoir ! Tu te souviens que tu as essayé de me tuer ? Tu pensais avoir réussi, mais mon gilet pare-balles m’a sauvé ! Puisque c’est connu, un mercenaire spécialiste des exécutions se fait toujours avoir par un gilet pare-balles, surtout quand on voit la taille de ceux que l’on porte chez les Expandables. Sinon, c’est vous la nouvelle équipe ? Barney vous a recruté pour vous laisser mourir sans remords ? Sympa. D’ailleurs Barney, que dirais-tu que l’on règle ça entre toi et moi, à mains nues ? D’ailleurs, si je puis me permettre, si à un moment du film, toi et moi nous retrouvions seuls, je te tuerais à mains nues. Mais je dis ça AU HASARD !« 

Hmmm. J’ai comme un pressentiment. Allez savoir pourquoi.

Toujours est-il que soudain, l’un des Expandables se dit que tout de même, ces rodomontades, ça cache quelque chose. Il se saisit donc des mains de Stonebanks et découvre… UNE MONTRE QUI FAIT BIP BIP BIP !

« Un GPS ! » s’exclame-t-il. Puisque oui, jusqu’ici, personne n’avait entendu l’énorme bip bip de celui-ci (en plus si ça ne fait pas de bruit, on ne comprend pas que c’est un GPS, c’est connu), ou pensé à fouiller le garçon. C’est donc à ce moment là qu’à l’extérieur du véhicule, un hélicoptère que personne n’avait remarqué jusqu’ici alors qu’il était à 12 mètres du van, s’approche dangereusement (et oui, il sait que Stonebanks a fini son petit speech : il n’aurait pas voulu interrompre le chef) et à la portière, un homme sort…

… un lance-roquettes ?

C’est vrai que c’est très pratique, pour sauver quelqu’un, de tirer une roquette dans le véhicule qui le transporte. J’imagine que Stonebanks a juste eu l’idée du GPS, et que le reste a été pensé par Michel, son employé de la COTOREP qu’il a pris pour avoir des réductions fiscales. Je ne vois pas d’autre explication.

Heureusement, là encore, ça doit être une roquette qui a du nez car elle ne fait sauter que la porte du van tout en obligeant celui-ci à se renverser sur le flanc, mais sans blesser Stonebanks ! Ce n’est plus une roquette, c’est un technicien de chez Norauto autopropulsé ! Seuls les Expandables sont en sale état et rampent au-dehors du véhicule, désormais arrêté au beau milieu d’un pont. Barney tente un semblant de résistance face aux méchants qui arrivent aider leur chef, mais bien vite, une nouvelle roquette le fait chuter du pont et il tombe dans la rivière en contrebas où il s’assomme. Stonebanks, prudent, envoie donc des hommes chercher son corps pendant qu’il fait prisonnier les petits jeunes des Expandables pour les emmener dans son infâme repaire. Ou quelque chose du genre. Il est méchant, ne l’oublions pas. Il leur fera sûrement des trucs vilains comme les frapper, les torturer, ou pire, leur lire du Guillaume Musso.

Barney n’est évidemment lui pas mort, car même inconscient dans une rivière et couvert de matériel militaire, ses big balls l’aident à flotter et c’est ainsi que guidé par ses testicules de survie, il s’échoue paisiblement sur un bord de la rivière où les hommes de Stonebanks le trouvent au petit matin. Mais pas longtemps, car Barney étant rusé comme un renard, lui et son pistolet qui a passé plusieurs heures dans l’eau les abattent tous avant qu’ils ne puissent avertir leur chef. Cela fait, il retourne donc à pied jusqu’à l’aéroport où l’attendent son avion ainsi que Schwarzy, un peu inquiet de ne pas avoir vu l’équipe revenir. Et ce dernier apprend à Barney que la situation sent un peu comme ce cake que vous aviez oublié au fond du frigo cet été (mais si, ne niez pas).

Car en effet, sur topkoolbarneydu88@hotmail.us, un terrible mail vient d’arriver, qui contient une simple vidéo où l’on voit Stonebanks.

« Un deux… un deux… ça marche là ? Michel ? Michel, merde ! Concentre-toi ! Déjà qu’avec les roquettes… bon, bref ! Oui, je vois la loupiote, ça doit enregistrer. Bon, je voulais dire quoi ? Ah oui ! Barney Ross ! Haha ! Tu me reconnais ? C’est moi, Stonebanks ! Figure-toi que je retiens en otage tes quatre petits jeunes ! Et tu sais quoi ? Dans 48 heures, je vais les tuer ! Ta seule chance de les sauver est de venir les chercher aux coordonnées que voici : 3, rue de la Pétaudière, à Langres. Tu regarderas, c’est sur Mappy. »

Barney est donc très en colère ! Langres, le monstre ! Il va devoir agir. Heureusement que Stonebanks lui donne 48 heures histoire de pouvoir retourner au pays chercher du renfort. Sinon, il aurait dû y aller direct et aurait pris sa raclée. Il est comme ça, Stonebanks, sympa. Il fait même pendant ce temps un discours aux otages sur le fait qu’il n’est pas si vilain que ça. Ce qui donne :

« Ahaha ! Mais moi les gars, j’ai été un Expendable, comme vous ! Sauf que moi, quand il a fallu se salir les mains, j’y suis allé ! Oui, j’ai vendu des armes. Et vous savez pourquoi l’Oncle Sam m’en veut ? Parce que je lui ai fait concurrence. Mais évidemment, Barney et son sens moral sans faille s’opposent à moi…« 

Alors qu’à sa place, j’aurais été moins… plus…

« Monsieur Connard, relâchez-nous où vous aurez affaire à Barney et son sens moral sans faille !
- Taisez vous, les stagiaires. Mais si vous voulez que l’on parle de Barney, très bien.
- C’est le plus gentil et le plus courageux de tous les héros !
- Ah oui ? Alors reprenons au hasard la première scène du film. Barney qui libère un de ses amis de prison.
- Ça prouve qu’il est fidèle en amitié !
- Ceeeertes. Et son ami c’était qui ? « Un militaire qui avait tenté un coup d’état dans un pays d’Afrique ». Donc il aurait été copain avec Pinochet et l’aurait sorti d’affaire si la justice l’avait attrapé assez tôt, vous auriez trouvé cool qu’il le sorte de prison ?
- Heu… non mais c’est pas pareil.
- Meilleur argument depuis la création du monde. Et en plus, il a tué des gens pour le sortir de prison.
- Ahaha ! Sauf que c’était le Moumoukistan, et que c’était un pays de méchants !
- C’est un peu facile. Mais même en supposant que tout soit blanc ou noir, voici : si le Moumoukistan était un pays de méchants, alors rappelons que Barney et son copain ont fait sauter une prison entière. Ultra-secrète. Soit celle où l’on envoie, dans les pays méchants comme vous dites, les opposants et prisonniers politiques. Auquel cas vous pouvez tenter de retourner la situation et me dire qu’en fait, le Moumoukistan est un pays de gentils, et que dans leurs prisons, il n’y avait que des méchants. Auquel cas, leurs gardes étaient gentils. Alors, je vous laisse le choix : soit Barney est responsable du massacre de fonctionnaires œuvrant pour la justice d’un pays en difficulté, soit Barney est responsable du génocide de l’opposition politique d’une dictature, et l’a donc renforcée. Dans les deux cas, c’est un peu un petit bâtarounet. Et je n’ai pris que la première scène.
- C’est que… je… attendez ! Vous, vous vendez des armes, quand même !
- Et lui en achète et en plus s’en sert pour tuer des innocents, soutenir des régimes dictatoriaux, tuer des fonctionnaires de l’institution judiciaire et libérer des criminels de guerre ayant eux-même voulu devenir dictateurs. Lequel d’entre nous deux va jusqu’au bout pour faire le pire ? »

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Et après je leur diffuse un Powerpoint de mes plus belles photos de moi en train de vendre des armes aux polices dépassées par les gangs de divers pays pauvres avec en titre « M. Connard aime la justice, M. Connard aide la justice« .

Si avec ça ils ne passent pas dans mon camp dans les 10 minutes, je ne sais plus quoi faire.

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Sinon, mec, tu pouvais aussi juste venir tirer sur Barney au moment où il arriverait à l’aéroport où son gros avion repérable à 12 000 kilomètres attendait. C’était bien aussi.

Mais revenons à notre héros et à ses 48 heures données sans raison aucune. C’est donc à bord de son avion au carburant illimité et toléré dans tous les espaces aériens du monde que Barney retourne aux Etats-Unis faire le plein d’équipement, quand soudain, quelqu’un le rejoint dans le hangar où il charge son appareil : Galgo ! Le type qu’il avait refusé d’engager parce que… heu… bon. En tout cas, Galgo est la seule aide dont Barney dispose dans l’immédiat, puisqu’il ne veut pas risquer les mecs de sa vieille équipe, et il l’accepte donc. Seulement voilà : Galgo est aussi un infernal bavard, et on a donc droit à une succession de scènes où Galgo parle et hihihi, c’est drôle parce qu’il parle beaucoup, haha. Du genre.

Barney fait le plein de l’avion. Galgo est à côté.

« Mmmm, ça sent bon. Ca sent quoi ? L’essence ? Le diesel ? Le carburant d’avion ? Ho ben ça alors c’est extraordinaire, parce qu’une fois…« 

Barney vérifie un moteur de l’avion. Galgo est à côté.

« Et donc tu connais la mécanique ? Moi aussi je connais la mécanique. Une fois, j’étais sur l’A20 avec ma Twingo quand soudain, j’ai le voyant « check » qui s’allume, alors moi…« 

Barney fait caca. Galgo passe un oeil sous la porte.

« Toi aussi tu fais caca ? Alors que moi, ma mère était blogueuse mode. Du coup, une fois sur deux, je fais des papillons. Ça m’oblige à tenir des comptes, sinon, si j’inverse, c’est un peu compliqué à gérer et… »

Bref, voilà voilà.

Sitôt les deux compères prêts, ils montent dans l’avion, mais alors qu’ils vont s’élancer sur la piste, apparaissent devant eux… l’ancienne équipe des Expandables, prête au combat ! Ceux que Barney avait renvoyé sont tous là, équipés. On va dire qu’ils ont été prévenus par Schwarzy des malheurs de Barney, hein. Ou que eux aussi sont télépathes, mais ça commence à faire beaucoup. Tous grimpent donc dans l’avion et en avant pour la cachette de Stonebanks, qui n’est pas à Langres (je trouvais pourtant ça crédible) mais au Nardinamoukistan, un pays où « Stonebanks a corrompu tout le gouvernement et peut faire ce qu’il veut !« .

Ce qu’il veut ? Comme par exemple, avoir accès aux musées la nuit sans que les caméras ne s’en mêlent, pouvoir survoler le coin en hélico sans autorisation et tirer des roquettes sur des ponts sans problème ?

Il faudra peut-être commencer à se poser des questions sur la Roumanie alors.

Enfin, je dis ça. Mais bref.

Nos héros arrivent donc au lieu de rendez-vous : une espèce de zone d’entraînement pour l’armée au milieu de nulle part au Nardinamoukistan, avec quelques immeubles, des rues et des voitures qui brûlent (comme dans les films de zombies : même 10 ans après l’apocalypse, dans les villes ruinées, les voitures brûlent toujours ; on a enfin trouvé une alternative énergétique au nucléaire). Barney sort donc ses supers jumelles à infrarouge et détecte, dans un immeuble, quatre formes vivantes. Tout serait donc désert à part pour les otages ? Voilà qui pue le piège. Mais il faut bien admettre qu’il n’y a personne d’autre à des kilomètres à la ronde.

Barney et son équipe filent donc jusqu’à l’immeuble et arrivés à l’étage des otages, les libèrent.

C’est alors qu’à côté d’eux, une télévision des années 60 surmontée d’une webcam s’allume et qu’apparaît bien évidemment le visage souriant de Stonebanks.

« Salut les nazes ! C’est bien que vous soyez tous venus ! Bon, ben maintenant que vous êtes là, je dois vous le dire : j’ai piégé tout l’immeuble. 
- Ça alors ! Une décision intelligente !
- Aaaaattendez ! J’ai décidé de les faire exploser avec… un compte à rebours !
- Ouf. Je me disais, aussi.
- Ah ben oui, hé. Nul jusqu’au bout. Bref, sachez qu’un soldat moyen met 90 secondes à sortir de l’immeuble. J’ai réglé les détonateurs sur 45 secondes ! Bonne chance ! »

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C’est vrai que « Salut les gars ! Au revoir les gars ! » et appuyer sur le bouton était tellement moins efficace. A noter qu’en face, ce n’est pas beaucoup plus malin.

« Vite, nous n’avons que 45 secondes pour sortir ! Engueulons-nous comme de gros blaireaux ! » et c’est ce que font nos amis, et ce, de manière complètement artificielle. Heureusement, Drony, à l’aide d’un ordinateur qui traînait sur l’un des Expandables venus à sa rescousse, parvient à diffuser un brouillage qui empêche le signal du détonateur de passer. « Voilà ! Il n’y a plus que 9% de batterie dans cet ordinateur… ça nous laisse donc 25 minutes avant que tout ne pète !« . Deux choses à signaler, donc :

  1. Brouiller le signal du détonateur n’arrête pas le compte à rebours. Ça peut éventuellement empêcher le détonateur d’activer le compte à rebours. Mais là, comme c’est fait, ça ne sert à rien. Mais c’est magique, allez !
  2. 25 minutes ? Quelque chose me dit qu’il faudra 24mn et 59 secondes à nos héros pour sortir d’ici.

Au hasard.

Vexé comme un pou, Stonebanks, qui commande en fait tout cela depuis un QG de l’armée du Nardinamoukistan non loin, commande justement à l’armée d’entourer le bâtiment et de le prendre d’assaut. Les Expandables vont donc affronter des bataillons entiers ! Barney raisonne donc ses troupes, leur fait un discours sur l’espoir et l’importance de travailler de concert, puis comme le veut la tradition en cas de grand danger, leur ordonne de se diviser en petits groupes pour patrouiller dans l’immeuble (« Divisons-nous, on aura moins de chances !« ).

Deux nouvelles choses, des fois que ça manque :

  1. Sinon, Barney, en supposant que ton plan soit bon, tu n’aurais pas voulu l’expliquer, je ne sais pas moi, autre part que juste devant la webcam de Stonebanks qui commande les troupes face à toi ?
  2. Tiens et puis tout à l’heure, avec vos jumelles à vision thermique, vous avez repéré 4 péquins dans un immeuble mais pas toute une armée + ses chars + ses hélicoptères juste à côté ? C’est ballot.

Ballot, consternant, qu’importe : tout est raté depuis le début de ce film. Et la bataille commence. Et pour aller vite, chacun des Expandables se retrouve plus ou moins à massacrer entre 100 et 200 mecs tout seul, parfois juste en faisant du catch (comme l’amie Louna). Lorsque les méchants tirent 2 600 000 balles dans un couloir, ils n’arrivent même pas à érafler le gentil qui court en ligne droite un mètre devant eux, par contre, à chaque fois qu’un Expandable tire 3 balles, il y a 4 morts. Pourtant, l’armée du Nardinamoukistan n’a pas dit son dernier mot ! Ainsi, elle envoie des soldats en motocross prendre d’assaut le bâtiment (l’un des Expandable vole une moto et un casque, mais malgré tout d’ailleurs, les deux camps le reconnaissent instantanément, c’est beau), des hélicoptères le mitrailler (qui pareil, identifient les Expandables et les distinguent de leur armée d’un seul coup d’oeil quand bien même c’est la mêlée la plus confuse qui soit, on va dire que décidément, la taille de leurs testicules est utile même pour leurs ennemis), des chars le bombarder (des Expandables volent un char et là encore, n’ont aucun souci avec leurs alliés) et Stonebanks envoie même son bras droit combattre ! Et lorsque celui-ci surprend un Expandable dans le dos, plutôt que de le tuer… il lui fonce dessus pour faire du catch.

Mais ? Et pourquoi pas lui faire des chatouilles, aussi ? Arrêteeeez ! Arrêteeeeeeeeeeeez !

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Rey Mysterio aime ça.

Du côté des Expandables, un renfort inattendu se pointe : un hélicoptère piloté par Drummer, de la CIA, qui a décidé de partir en mission dans un pays étranger histoire de créer une crise internationale s’il se fait prendre, et avec à chaque portière d’un côté Schwarzy et de l’autre Jet Li (l’hélico doit pencher, mais passons). Ils ont aussi des roquettes et détruisent ainsi les chars qui menacent nos héros (mais toujours en identifiant sans souci celui volé par des Expandables), et pètent les hélicos qui les poursuivent avec aisance. Hop, allez. Peut-être aussi y arrivent-ils d’autant plus facilement qu’encore une fois, les hélicos ennemis ne tirent pas. Ils se contentent de les suivre et de douiller. Ceci explique cela.

Re-vexé comme un pou, Stonebanks décide d’aller se battre lui-même, non sans avoir abattu plusieurs officiers de l’armée locale dans sa colère sans que qui que ce soit autour ne réagisse. C’est tellement normal : les gens adorent se faire tirer dessus par un étranger arrogant. Il file donc jusqu’à l’immeuble où tout le monde se bat, et alors que toute l’équipe des Expandable a rejoint sur le toit l’hélico de Drummer, retrouve Barney, resté en arrière alors que, ça alors, il s’est écoulé environ 24mn30 depuis l’activation du brouillage des détonateurs.

Stonebanks colle une balle dans l’épaule de notre héros, mais pouf, elle disparaît dès le plan suivant, et n’empêche donc pas notre bon Barney, qui a pourtant chu dans une sorte de pièce inondée, de se battre en mettant des patates face à son adversaire qui, vous ne vous y attendiez pas, a jeté son arme pour se « battre à mains nues« . Pif, paf bang, et finalement, les deux se ruent chacun sur une arme qui traînait dans l’eau (mais tire encore à la perfection, c’est bien normal) et Barney abat donc le vilain Stonebanks comme une grosse bouse.

« Attention, tout va péter ! » s’exclament alors ses amis à bord de l’hélicoptère.

Barney court comme le vent, et malgré les explosions qui secouent l’immeuble, atteint une corde qui pendouillait hors de l’hélico à la dernière seconde (ça alors !), et alors que le bâtiment s’effondre sous ses pieds.

« Haaa, Barney, tu nous as fait peur, hahaha ! 
- Remontez-moi les gars !
- Non, ça t’apprendra à jouer avec nos tripes, hahaha, allez, on s’en va ! »

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Tout le monde rigole donc de cette bonne blague et l’hélicoptère avec Barney suspendu au bout d’un fil s’éloigne donc dans le soleil couchant, béni par la grâce de l’armée locale qui est partie s’entraîner pour un tournoi de Super Mario Kart et oublie de faire des trucs comme abattre l’hélicoptère contenant les mecs qui ont tué 12 000 des leurs, envoyer la chasse le faire ou autre. Et le script oublie aussi, donc que les Expandables rigolent aux dépends d’un mec suspendu à une corde par les bras et qui aux dernières nouvelles, avait une balle dans l’épaule et devrait donc s’écraser au sol tel la crotte du pigeon sur la voiture sortant de l’Eléphant Bleu.

De retour au pays, tout le monde se donne donc de grandes tapes dans le dos, car les vieux comme les jeunes sont désormais unis dans la bataille, et sont tous devenus des Expandables, des vrais.

C’est donc une nouvelle équipe, forte et unie, qui est prête pour l’aventure, et alors que les plus jeunes lancent un karaoké, tout le monde est content et…

… FIN !

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Alice se frotta langoureusement contre le gilet en kevlar du leader du commando.

« Vous savez, je suis votre plus grande fan. Vraiment. Même si vous avez abattu François avec votre Maüser quand il a demandé si le Moumoukistan existait vraiment. 
- Un simple réflexe jeune fille. 
- Ne pourriez-vous pas rester encore un peu ? dit-elle en tirant langoureusement sur les coutures de son débardeur.
- Non. Nous sommes encore en été, même si la rentrée est là. Tant de blockbusters, tant de gens pour les défendre, si peu de temps. Et si ce n’était que ça… »

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Elle recula d’un pas, incertaine.

« Que ça ? Que voulez-vous dire ?
- De plus en plus d’excuses de merde passent sans que personne ne s’en offusque dans d’autres domaines aussi. Notre mission est sans fin. 
- Mais ? De quoi parlez-vous ? »

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Il sortit un petit magnétophone de sa poche et appuya sur le bouton lecture. Une voix grésillante résonna dans la pièce.

« Je n’ai pas été viré du gouvernement. J’ai décidé de reprendre ma liberté parce que je suis un homme de convictions, mais seulement une fois qu’on m’a sorti à coups de pied au cul, vous ne pouvez pas comprendre. »

Elle comprit de suite. Et avant même qu’elle ne puisse réagir, le commando avait disparu. La pièce était vide, et là-bas, derrière le rideau qui s’agitait devant la fenêtre brisée, les Excusables étaient partis pour une nouvelle mission.

Elle n’eut qu’à attendre le lendemain pour apprendre qu’un mystérieux commando avait attaqué le QG de Benoît Hamon puis celui d’Arnaud Montebourg en une seule nuit.

« Tant d’excuses de merde. Si peu de temps. » murmura-t-elle du fond de son lit en écoutant la nouvelle, rougissante.

« Bon les gars, j’ai une super idée pour mon prochain film.« 

Un bruit de cuir accueille la nouvelle alors que tous les collaborateurs de Luc Besson s’enfoncent peu à peu dans leurs sièges. L’un d’entre eux tente même de passer sous la table, mais il est aussitôt accueilli par un « occupé ! » lancé par d’autres ayant été plus rapides que lui. Il se redresse péniblement et timidement, demande :

« C’est… qu’est-ce que c’est ? 
- Un truc qu’on n’a jamais fait !
- Un bon film ?
- Berthier : dehors ! J’en ai assez des moqueries ! »

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Luc Besson tourne dans la pièce sous le regard inquiet de ses assistants, et les sourcils froncés, finit par marteler du poing la vaste table.

« Je ne suis pas n’importe qui ! On se moque, mais hein, Léon, c’est qui ? Et Nikita ? Et le Grand Bleu ? 
- Ça a plus de 20 ans, chef. Un peu comme quand vous dites aux gens que Jean-Marie Bigard ne fait pas que des blagues de cul parce qu’il y a le sketch de la chauve-souris. Ça remonte et ça fait peu comparé au… au reste.
- Justement Lanbert ! C’est là que mon idée touche au génie ! Je vais renouer avec le grand cinéma ! Avec les sujets complexes ! Je vais consacrer mon prochain film a un sujet particulièrement difficile et profond… »

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Un grand silence flotte dans la salle, jusqu’à ce qu’enfin, Luc Besson lâche :

« L’intelligence ! »

La suite, personne ne la connait. Certains prétendent que c’est ce qui aurait provoqué cette série de mystérieuses crises de fou rire ayant conduit à la mort d’une partie des assistants de Luc Besson. D’autres se demandent encore comment des journalistes ont pu reprendre noir sur blanc le communiqué de presse disant que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau, provoquant d’autres morts par pendaisons dans le milieu scientifique. Tout ce que l’on sait, c’est que le résultat se nomme Lucy, et que oui, Luc Besson oblige, on y trouve des chinois, des courses poursuites, des messieurs qui jurent de protéger des mesdames et autres subtilités.

Alors, bouse ou précis de philosophie (ce qui dans les deux cas, fera les beaux jours de bien des forums 2.0) ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : « On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Le scénariste était à 0,7% »

Notre film débute il y a bien longtemps, ce qui est décidément très à la mode, du côté de l’Afrique ou une Australopithèque est en train de boire un coup. La voix off de Scarlett Johansson se lance alors dans le début de ce qui va être de la philosophie de collégienne fan de One Direction à savoir « Il y a ouat’mille années, on nous a donné la vie… et voyez ce que nous en avons fait ! » et s’ensuivent alors toute une série d’images d’urbanisation galopante, de pollution, de bébés animaux tristes et tout ce que vous voulez et qui aurait sa place dans un Powerpoint moralisateur de Gégé de la compta.

L’occasion de parler tout de suite de ce phénomène : tout le film, Luc Besson, qui a probablement racheté une banque d’images à pas cher, balance quasiment une fois par scène des images de la savane, de ch’tites nenfants qui naissent ou de cellules qui se divisent pour illustrer soit le discours d’un personnage, soit la situation d’un autre. Et toutes les 2 minutes, ça donne surtout envie d’envoyer à Luc Besson des images de chatons qui se noient, de castings de Télé-Réalité et bien évidemment, de diarrhées explosives.

Cela étant dit, allons dans le présent pour retrouver, à Taiwan, deux Américains occupés à discuter devant un hôtel de luxe de Taipei. L’occasion de débuter avec un dialogue particulièrement notable, dont je vais tenter de vous synthétiser la qualité.

« Salut Lucy ! C’est moi Richard ! Dis, tu voudrais pas entrer dans ce building et donner cette valise mystérieuse que j’ai à la main à un certain Monsieur Jang ?
- Non.
- Allez !
- Non.
- Steuplé !
- Non, je dois rentrer chez moi étudier.
- Tu veux vraiment pas y aller ?
- J’ai pas envie.
- Mais ce serait sympa.
- Oui, mais non.
- Allez, vas-y, steupléééé.
- Non.
- Tu me fais confiance hein ? Alors, allez !
- Non.
- Non mais vraiment, tu veux pas ?
- Non, je veux pas. »

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Vous trouvez ça chiant ? Ben ce n’est que le début, parce que ça continue longtemps. Très longtemps.

« Mais allez, steuplé Lucy, tu veux pas y aller ?
- Non merci.
- Mais vas-y ! 
- Non.
- Allez, rentre dans le building !
- Non.
- Ça me rendrait super service !
- Non, je m’en vais.
- Reste, reste ! Et va dans le building, alleeeeeeeeeez !
- Non. »

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Cet excellent dialogue particulièrement bien écrit et qui donne une scène qui ne veut pas s’arrêter est aussi l’occasion pour le spectateur de se demander pourquoi Richard embête Lucy. Car semble-t-il, Richard est un habitué du transport de mallettes suspectes, mais il est « grillé auprès de M. Jang« , raison pour laquelle il voudrait que Lucy, qu’il ne connaît que depuis une semaine, prenne sa place. Parce que oui, moi aussi, quand j’ai une mallette super louche à faire circuler, je la confie à un mec « grillé » auprès du destinataire. Du genre envoyer Jean-François Copé livrer des livres de compte à François Fillon. Complètement plausible on vous dit.

Voilà. Luc Besson, si tu me lis (et si tu sais lire), j’en profite : la prochaine fois, plutôt que de faire une scène de deux plombes où un mec pas crédible essaie de refiler une mallette à une étudiante pour un plan pourri qu’elle a refusé 269 fois, tu fais juste une scène où un mec file de la thune à une étudiante qui en a besoin pour une mission en apparence toute simple et sans danger. Ce sera moins long, moins cher et plus crédible. Mais bon, hein, c’est toi l’expert, mec.

Toujours est-il que ledit Richard, visiblement perturbé par la résistance de Lucy à ses incroyables arguments, décide de couper court à la conversation en utilisant des menottes, technique fort appréciée des connaisseurs. Sauf que le nigaud, plutôt que d’ensuite emmener Lucy jusqu’à un coffre de berline (l’enfance de l’art), se contente de la menotter à la fameuse mallette en lui expliquant que seul Monsieur Jang a la clé. Au boulot, donc, ma petite Lucy ! C’est donc vêtue de son élégante veste en léopard que Lucy se rend à la réception de l’hôtel pour demander si Monsieur Jang ne voudrait pas venir récupérer un colis de la part de Richard.

Et en effet, Monsieur Jang a bien envie de récupérer le colis.

Mais comme Monsieur Jang est lui aussi un personnage particulièrement con, plutôt que d’inviter Lucy à monter, il décide d’envoyer une équipe en bas kidnapper Lucy en plein milieu du hall de l’hôtel devant toutes les caméras et les témoins que vous pouvez imaginer, et fait abattre Richard qui suivait la scène depuis l’extérieur, ce qui, là encore, au milieu d’un quartier chic, dans une ville riche, tout contre un bâtiment de luxe fort sécurisé, est probablement une excellente idée, du moins si vous êtes du genre à vous enfoncer des pieds de chaise dans les narines.

Monsieur Jang, vous fleurez bon le champion.

Bref, Richard mort, Lucy est emmenée dans l’hôtel jusqu’à une suite de luxe où l’attend le fameux Jang, qui est occupé à tuer des gens pour bien montrer qu’il est très très méchant, houlala, grougroum. Et bien que Monsieur Jang dispose dans son équipe de gens qui parlent l’anglais, il décide plutôt, pour communiquer avec Lucy, d’appeler la réception pour qu’elle fasse la traduction. Oui, moi aussi, lorsque j’ai une discussion super illégale à tenir, j’aime le faire en utilisant un moyen non-sécurisé pouvant tout enregistrer et avec l’aide d’un tiers qui pourrait tout balancer quand j’ai le choix de faire autrement. Non vraiment, Jang, tu es un bon. Enfin, au moins il est  est clair : il souhaite que Lucy ouvre la valise car il craint qu’elle ne soit piégée ou pire, ne contienne des CD de Skrillex. Lui et sa petite équipe s’éloignent donc pendant qu’il laisse la malheureuse, un peu traumatisée, derrière un bureau avec le code (c’est le 2) pour ouvrir la fameuse mallette.

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Monsieur Jang est tellement fort que quand il bute des gens, ça lui éclabousse le visage mais pas le costume. C’est fou, quand même.

Clikiklikiklak : nenni d’explosion lorsque notre jeune héroïne ouvre le précieux conteneur.

Ce qui semble étonner Jang et ses amis, visiblement certains que le tout était piégé. Ah ? Vous voudriez donc dire qu’ils pensaient que manipuler un colis probablement explosif était beaucoup plus pratique dans la suite d’un hôtel de luxe où la police arrivera super promptement en cas de pétarade plutôt que dans un hangar tranquille à l’écart de la ville ? D’accord d’accord. Sinon, la prochaine fois, vous ne voulez pas l’ouvrir directement dans un commissariat ? Ou devant le ministère de la justice ?

Hé bien croyez moi ou non, mais la suite va prouver que même cette idée n’a pas été considérée comme si absurde que cela par l’équipe du film.

Non mais vraiment ? Qu’est-il arrivé au cinéma ?

Toujours est-il, pour en revenir à Lucy, que la valise ne contient pas de bombes, mais quatre sachets de drogue contenant d’étranges cristaux bleus. Jang n’hésite donc pas à sortir d’une pièce voisine un toxico ravagé (peuplade typique des hôtels de luxe, comme chacun sait, l’autre jour j’en avais encore un sous mon lit, on a dû gazer toute la suite des fois qu’il y en ai d’autres) pour lui faire goûter la chose : c’est de la bonne ! Le camé se met à rire comme un dément jusqu’à ce que Jang l’abatte parce qu’il… que.. ah, oui : il est méchant. La chose entendue, Jang explique à Lucy (toujours via la réception de l’hôtel) qu’il a un travail à lui proposer…

Et avant que la bougresse ne puisse décliner la bien belle offre, elle se prend une grosse mandale dans la margoulette.

Lucy se réveille donc dans la suite de l’hôtel de luxe toujours, avec un gros mal de tête, un étrange mal au cucu et son chemisier entrouvert pour que le public puisse profiter de Scarlett Johansson se promenant en soutien-gorge. Mais en baissant les yeux, plus que ses seins, c’est surtout un curieux bandage qui attire l’attention de Lucy car lui n’était pas là avant aux dernières nouvelles. Qu’est-ce qu’on lui a fait ? La réponse vient bien vite lorsque les hommes de Jang arrivent, la traînent dans la pièce voisine où justement, Jang attend, cette fois assisté de l’un de ses hommes anglophones (quelle bonne idée ! Il faudrait juste l’avoir plus tôt la prochaine fois).

« Bonjour Mademoiselle Lucy ! 
- Qui êtes-vous ? Pourquoi ai-je un gros pansement sur le bide ? 
- Hahaha, une simple petite opération chirurgicale de rien du tout ! Au début on pensait vous prendre un rein et puis pfou, on s’est rappelé que vous étiez étudiante. Quand on a ouvert, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au départ, on a cru que vous aviez un haricot magique dans le bide, mais quand on appuyait dessus, ça faisait « pouic » et ça sentait la vodka, alors avec Michel, on est allé chercher une paille et…
- Non mais au final, vous m’avez fait quoi ?
- Hein ? Ah, oui ! Non, en fait, on vous a mis dans le bidou un sachet de dope, du CPH4, parce qu’on adore donner des informations confidentielles à nos mules. C’est une drogue qui va cartonner en Europe !
- Mais je ne veux pas !
- C’est ballot, parce que Monsieur Jang veut, lui. Alors vous et trois autres candidats, chacun avec un sachet dans le buffet, vous allez rentrer dans vos pays où des agents à nous viendront récupérer le précieux bien. Et si jamais vous ne coopérez pas, nous savons où sont vos familles, alors ne déconnez pas ! »

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Et c’est ainsi que Lucy et trois autres types que les méchants sortent d’un placard reçoivent un passeport et un billet d’avion pour rentrer chez eux. Puis, on leur met un sac sur la tête et on les emmène jusqu’à l’aéroport du coin.

Je vous propose, pendant ce temps, de nous rendre à Paris pour suivre une conférence du professeur Norman, spécialiste mondial du cerveau, qui est en train de présenter sa super théorie scientifique à des étudiants, à savoir que l’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales et que s’il en avait plus… ho, vous savez quoi ? Écoutons plutôt le professeur Norman.

« L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau. Et voyez tout ce que nous avons fait avec ! Des bateaux, des avions, la conquête de l’espace, Internet, Closer… alors imaginez si nous utilisions mieux notre cerveau !
- Professeur, professeur ! 
- Oui, étudiant qui interrompt les conférences de manière complètement crédible pour poser des questions allant dans mon sens ?
- Y a-t-il des preuves de votre passionnante théorie ?
- On a pris Darwin pour un fou quand il a présenté la sienne. Nous sommes là pour bousculer les règles, pas les suivre. C’est ça, être un scientifique !
- Ah putain, moi je croyais que c’était se baser sur des faits observés. 
- Ouais ben non, rent’ chez toi.
- Merci professeur.
- Que disais-je ? Ah oui ! Tenez, prenons le dauphin ! Le dauphin dispose du meilleur sonar au monde, plus puissant que tout ce que nous avons inventé. Et pourquoi ? Parce que le dauphin utilise 20% de son cerveau ! 
- Professeur, professeur ?
- Oui, étudiant Roudoudou ?
- Si le dauphin utilise un sonar, ce n’est pas juste parce qu’il a un sonar naturel ? 
- … vous voudriez dire que ce n’est pas son cerveau qui envoie des ondes magiques ?
- Ben non.
- Okay, cassez-vous de cette salle et rendez-moi les étudiants qui me servent la soupe. Passons à la suite. Savez-vous comment les cellules traversent le temps ? Elles ont deux solutions. La première, c’est de devenir immortelles. Pour cela, elles doivent rencontrer Sean Connery puis décapiter des gens pour absorber leur pouvoir, voire potentiellement devenir Christophe Lambert. Une option complexe, j’en conviens. L’autre, c’est la reproduction : la cellule va transmettre son savoir à une autre, puis à une autre, en profitant d’un environnement favorable pour se multiplier… »

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Ho, je sens que je vous ennuie avec ma conférence du professeur Norman sur l’immortalité ou la reproduction des cellules et le cerveau à 10%. Allez, retournons voir Lucy. Mais c’est bien parce que c’est vous.

Car visiblement, entre le bureau de Monsieur Jang et l’aéroport, Lucy a été prise dans un trou spatio-temporel et s’est retrouvée, sans aucune raison, menottée à une chaise dans une cellule quelque part en Chine. Non, vous n’aurez aucune explication. Je n’exagère pas : pouf, c’est comme ça. Deux Chinois visiblement intéressées par Lucy et pas seulement intellectuellement lui tournent autour en montrant leurs muscles, mais lorsque la belle refuse de les aider à soulager leur trop plein de masculinité, l’un d’entre eux la jette au sol, la tabasse et lui défonce le bidou à coups de pied pour lui faire comprendre qu’il a un gros traumatisme vis-à-vis de l’emploi du négatif.

Ce qui confirme accessoirement que ces gens ne savent pas qu’elle est une mule sinon ils ne feraient pas ça. Ils n’ont donc vraiment aucun rapport avec Jang, un gang rival, les autorités, l’intrigue ou le film ils sont juste là, pif pouf. Une sorte de Deus Ex Monchinois.

Oui mais voilà ! En tabassant Lucy, les brigands ont crevé le paquet dans son ventre, qui libère la fameuse drogue ! Ah ! Et alors que les deux vilains quittent sa cellule, Lucy se met à convulser sur le sol… puis sur le mur ? Puis contre le PLAFOND ?! Car grâce à ladite drogue, Lucy est en train de libérer ses capacités cérébrales, comme la fameuse qui permet de dire à la gravité qu’elle est bien gentille, mais qu’elle peut repasser dimanche. Après avoir joué à Gravity toute seule dans sa cellule, Lucy reprend le contrôle d’elle-même, et habitée par une assurance nouvelle, elle retourner sur sa chaise attendre qu’un des deux vilains Chinois entre. Ce qui arrive peu après, et grâce à une subtile technique de séduction, la belle arrive non seulement à obliger le brigand à s’approcher, mais aussi à lui péter la gueule (car visiblement, la drogue lui a enseigné le kung-fu, j’ai bien vu que les cristaux avaient une petite moustache de vieux maître). Elle récupère donc ses clés et son pistolet et quitte sa cellule, aussi froide et déterminée. Enfin je crois.

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« Désolé Madame ! On ne sait pas ce que vous faites là ni pourquoi on vous retient mais on va vous taper. Faudra pas nous en vouloir, hein ! »

En chemin, elle croise un groupe de méchants qui étaient occupés à manger en rigolant dans la pièce voisine, et elle les abat donc tous froidement.

Le spectateur coquin notera qu’il y en a un qui n’est pas touché mortellement tout au fond de la pièce, loin de là, mais visiblement, il doit faire le mort jusqu’à la fin du film pour s’éviter plus d’ennuis voire quitter cette bouse. D’ailleurs, dans l’affaire, Lucy reçoit une balle dans l’épaule comme ça, pouf, et la retire avec les doigts sans problème ni douleur. Elle s’assoit donc à la table des morts et se nourrit donc pour se remettre de toutes ses émotions. Puis sort de là pour trouver deux chauffeur de taxis en train de discuter. Elle demande qui parle anglais : le premier ne répond pas et elle lui colle donc un pruneau dans la jambe, ce qui incite le second à coopérer. Et Lucy exige donc d’être amenée à l’hôpital.

Cela dit, quelqu’un aurait répondu « I speak english. Wall street english« , je pense que lui, il était bon pour la balle dans la tête direct.

Sur place, c’est de mieux en mieux pour Lucy qui découvre qu’elle entend les gens parler de très loin, et mieux encore, que soudainement elle lit le chinois à la perfection (mais toujours pas le néerlandais, ça par contre, faut pas déconner). Elle trouve donc sans aucun souci la salle de chirurgie de l’hôpital, analyse les radios accrochées au mur pour constater que le patient sur le billard ne survivra sûrement pas à l’opération (car elle a aussi soudainement un diplôme de médecine) et abat donc ce dernier pour prendre sa place et exiger des chirurgiens, non pas qu’ils lui recousent le trou béant qu’elle a dans l’épaule (hohoho, détail mes pauvres amis !) mais qu’ils lui sortent du bide la drogue qui y est encore.

« Bon ben okay, c’est cool, ça nous dérange pas que tu tues nos patients, on t’aime bien. » répond le chirurgien en chef qui n’est vraiment pas farouche et se met donc au travail pendant que la sécurité de l’hôpital est probablement occupée à jouer à Jungle Speed.

Lucy en profite pour faire deux choses urgentes.

1) Appeler sa mère en utilisant le téléphone du chirurgien. Et là encore, attention, grand dialogue.

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre… et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide… je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ma chérie ? Je t’entends mal ? Que disais-tu au sujet de la mémoire ?
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage. »

*clic*

Hé bé, voilà une maman bien compréhensive. Parce qu’en fait, ça aurait probablement dû se passer comme ça :

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre…
- Ma chérie, tu ne serais pas un tout petit peu défoncée par hasard ?
- Et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide…
- Attends chérie, je te met sur haut-parleur, il faut que ton père entende ça ! Whololo, le trip qu’elle se fait…  putain, mais tu nous appelles de Woodstock en fait ?
-  Je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ah ben ça, c’est nouveau parce que tes contrôles d’histoire aux dernières nouvelles, c’était zobi.
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage.
- Tu vas voir la caresse que tu vas prendre en rentrant, à claquer la thune que l’on t’envoie pour des études dans de la ganja ! »

*clic*

Cela fait, la suite.

2) Demander au chirurgien ce qu’est le CPH4

Et d’après les explication de ce Monsieur, il s’agit en fait d’un produit généré en quantité infime par les femmes enceintes pour donner l’énergie à leur enfant de construire leur corps. L’équivalent énergétique d’une bombe atomique pour le fœtus. Il avait ouï dire qu’un produit de synthèse était en cours d’étude, mais le retrouver ainsi sous forme de drogue dans le corps d’une Américaine visiblement un peu tarée… voilà qui le surprend. Et lui paraît un peu débile, aussi, mais passons.

L’affaire réglée, Lucy repart tranquillement de l’hôpital, pom podom podom, personne ne m’embête c’est bien normal, et s’en retourne vers le quartier général de Jang pour prendre sa revanche, équipée de deux pistolets avec silencieux que son cerveau a probablement générés seul, ainsi que de poignards. Grâce à ses nouveaux supers réflexes, tous les hommes de Jang sont donc abattus comme de petites crottes lorsqu’ils tentent de se dresser devant elle, et comme en plus, maintenant, Lucy a le pouvoir de voir à travers les murs (c’est tout à fait logique), elle les abat avant même qu’ils ne puissent la voir. Et enfin, elle va trouver Jang, qui se faisait tatouer tranquillement chez lui ; elle le cloue donc à la chaise de tatouage en lui plantant ses poignards dans les mains, puis scanne sa mémoire pour savoir où les autres mules ont été envoyées. Car elle veut récupérer toute cette maudite drogue.

Chose amusante, en scannant sa mémoire, Lucy a accès… au point de vue des hommes de Jang, pas de Jang lui-même. Ce qui est un peu incohérent, mais comme tout ce film l’est, finalement, c’est cohérent (si, si). Et lit ainsi dans la mémoire des hommes de Jang qui se trouve dans la tête de Jang sans raison valable que les mules sont parties pour Berlin, Rome et Paris.

Et cela fait…

… elle se barre.

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La super intelligence, c’est aussi de se promener avec une blouse piquée à l’hôpital sans raison et ne pas avoir changé de t-shirt juste pour avoir l’air super suspecte au premier coup d’œil.

Pardon ? Dis-donc Lucy ! Mon cerveau n’est peut-être pas aussi performant que le tiens, mais je crois me souvenir que tu avais abattu plein de gens de sang froid auparavant ! Et même tiré sur un chauffeur de taxi au motif qu’il ne parlait pas l’anglais ! Mais le mec qui t’a mis dans la mouise, risque de te poursuivre et a tué plein de vilains et buté ton pote Richard, lui par contre, c’est okay ?

Ça doit être trop intelligent pour moi.

Bon, ben très bien.

Cela fait, Lucy décide de se renseigner un petit peu sur ce qui lui arrive, et commence donc par rentrer chez elle pour retrouver sa coloc’ de Taipei. Grâce à ses nouveaux pouvoirs surhumains, Lucy est capable de détecter que « se bourrer la gueule est mauvais pour ton foie » et tape donc aussitôt une fausse ordonnance en chinois pour son amie (car oui, du coup, elle a aussi appris à utiliser Photoshop grâce à son cerveau surpuissant) tout en lui recommandant de changer de vie. Puis, quitte à utiliser un PC, elle va donc sur Doctissimo demander ce qui se passe dans son cerveau. Après 277 diagnostics de surdouance & autre zèbrerie, 87 d’hyperactivité, 18 de cancers et 2 de MSTs exotiques, elle décide de plutôt recourir à Google et tombe sur la page Facebook du professeur Norman, où entre diverses photos de lui avec son slip sur la tête, trouve un lien vers l’intégralité de ses études, qu’elle lit en quelques secondes. Puis, appelle le professeur Norman, qui lui était tranquillement à son hôtel en train de regarder le Grand Journal.

« Allô, professeur Norman ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy. 
- Lucy comment ?
- Lucy. L’équipe du film n’a pas pensé à me donner un nom de famille. D’ailleurs, au casting, il n’y a qu’un seul personnage qui a un nom complet, c’est vous dire la profondeur des personnages.
- Je vois. Que puis-je pour vous Lucy ? 
- Votre théorie sur l’utilisation du cerveau. Elle est rudimentaire, mais vraie. J’ai lu l’intégralité de vos travaux sur le sujet.
- L’intégralité ? Mais enfin… il y en a beaucoup trop ! »

0

Notez que le galopin explique que personne ne pourrait lire tous ses travaux tellement il y en a. Juste comme ça mec : si tu as eu le temps d’écrire quelque chose, quelqu’un aura forcément le temps de le lire, puisqu’aux dernières nouvelles, c’est même moins long. Même si dans le cas présent, je pense que les dialogues ont été beaucoup moins longs à écrire qu’à lire tant ils sont tous ratés. Mais, reprenons le fil.

« Il y en a exactement 6796 pages professeur.
- Ho ! Comment…
- Qu’importe professeur. Sachez que j’utilise désormais mon cerveau à 28% suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse. Et que le pourcentage continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- Comment puis-je vous croire ?
- Regardez, je contrôle votre téléphone. Tous vos téléphones que je fais sonner en même temps, hop ! J’apparais sur votre télévision.
- Ha ben tiens, oui, c’est pas banal.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- Laquelle ?
- Cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme je le disais plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures pour tout vous transmettre. A bientôt professeur. »

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Et elle raccroche.

Ce que le film ne montre pas, c’est qu’elle a tenu le même dialogue à un personnage beaucoup plus crédible qui était dans la chambre d’hôtel voisine de Norman quelques minutes plus tôt. Comme je suis sympa, je vous redonne ce que ça a donné.

« Allô, professeur Connard ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy.
- Ecoutez, je ne me souviens que rarement des prénoms. Vous étiez stagiaire chez moi ? Comment vous êtes-vous échappée ? Vous voulez un CDI, c’est ça ? Donnez-moi votre adresse, je vous envoie quelqu’un. Diego ! Va chercher du chloroforme, une pelle et un grand sac poubelle ! 
- Non professeur. Je vous appelle car vous êtes un expert en absurdités. Or, je suis victime d’un truc absurde. J’ai lu tous vos spoilers, vous vous y connaissez.
- Tous mes spoilers ? Mais enfin Mademoiselle, il y en a beaucoup trop pour la santé mentale de n’importe qui ! Même ceux des Twilights ?
- Tous. Mais là n’est pas le sujet. Je vous appelle car j’utilise désormais 28% de mon cerveau suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse.
- Je n’ai rien fait et d’ailleurs, vous n’avez aucune preuve. Par contre, je suis d’accord avec vous sur un point : vous êtes complètement stone. Maintenant il faut me laisser, hein. Les appels désespérés de damoiselles qui disent être fans de ce que je fais mais avoir été droguées contre leur gré , je connais et ça s’appelle mes ex. 
- Ecoutez-moi professeur. Le pourcentage d’utilisation de mon cerveau continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- C’est ballot. Mais comment puis-je vous croire ?
- Je contrôle votre télévision. Et vos téléphones.
- Ouais, ben allez faire ça chez le voisin. C’est le professeur Norman et je l’entends glousser comme une écolière devant le Grand Journal, alors soyez sympa et faites-lui baisser le son.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- « François Hollande est-il tangible ? »
- Non, une autre : cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme le disait le professeur Norman plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : vous reproduire pour transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures.
- Okay, et moi je commande du champagne et du lubrifiant. La reproduction, tout ça.
- Professeur je… je sens comme un danger qui plane sur moi maintenant que j’ai accepté votre offre. Je crois que je vais plutôt appeler la chambre d’à côté.
- Roooh, l’autre ! »

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Lucy se prépare donc à embarquer pour un vol Taipei-Paris, mais d’abord, elle a un autre coup de fil à passer. A la brigade des stups, en France.  Et c’est le capitaine Pierre Del Rio qui prend l’appel (oui, encore un).

« Allô, capitaine Del Rio ?
- Oui ? C’est vous la fille qui appelez tous les personnages du film pour leur raconter des âneries ?
- C’est moi. Capitaine, trois mules vont arriver à Berlin, Paris et Rome. Chacun de ces passagers a dans son corps un sachet contenant une nouvelle drogue ultra-puissante. Vous devez les arrêter et me donner la drogue. J’en ai besoin.
- Heu… vous savez que ça ne se passe pas comme ça, en fait ? Que la drogue, on ne la distribue pas ?
- Ce n’est pas dans le script. Faites oui oui de la tête.
- Mmm… oui oui…
- Très bien. Je vais vous envoyer les photos des passeports des trois passagers en question, que j’ai obtenues en… heu… ah merde, c’est pas écrit… je les ai… reproduites de mémoire sous Paint ?
- On va dire ça.
- Merci. Je vous les envoie sur votre PC grâce à mes supers pouvoirs psychiques. Mes supers pouvoirs psychiques qui me permettent aussi de vous dire, depuis Taipei, et sans caméra, que vous êtes assis sur votre bureau sans prendre de notes. Alors attrapez le stylo rouge à votre gauche et notez ce que je vous dis.
- Mais comment savez-vous tout cela ?
- Deux options : soit je suis une femme surpuissante avec des pouvoirs mystérieux, soit vos collègues de bureaux un peu cons vous font une blague grossière.
- Va pour les pouvoirs mystérieux. Je vous crois sur parole et préviens aussitôt Berlin et Rome ! »

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« Chaire proffeceur Norman, je suit une fille surdouai qui voudré un conseille. J’utilises cette ordinateur parsse que je chairche commant stoquer les connéssences que j’est accumuler. Si tu a connéssence d’un objé ou qu’on peux stoqué des donnée ce seré genti. Répon moi a ptitelouloutedetaipei@caramail.fr. Bisoo. »

Le capitaine Del Rio ne se pose donc guère plus de questions que cela et lance donc l’affaire, pendant que de son côté, Lucy monte dans son avion. Mais alors qu’elle arrive au-dessus de Paris, peu avant l’atterrissage, elle est fort surprise car… elle commence soudain à se décomposer ! Elle court donc s’enfermer aux toilettes en prétextant une méga-chiasse, et découvre qu’en absorbant un peu de la drogue qui restait dans le sachet qu’on lui a retiré du bide, ça va tout de suite drôlement mieux. Cependant, elle perd tout de même conscience, et à son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, elle est droguée et attachée à un lit dans une chambre sécurisée. De la même manière, la police intercepte aux quatre coins de l’Europe les trois autres mules et… les fait envoyer en France pour leur retirer la drogue de l’estomac.

Ah ben oui. C’est vrai que ce n’est pas dangereux de voyager avec un sac dans le bide. Alors on leur fait faire encore un petit tour avec. Et que transférer un prisonnier se fait en 10 minutes. Et que tous les prisonniers sont déjà au Val-de-Grâce au moment même où Lucy arrive, soit à peine quelques heures après leur interpellation : bravo !

Non mais… bon, bref.

Sauf que Lucy se réveille. Et que cela surprend tout le monde, puisqu’on lui avait filé assez d’anesthésiant pour endormir un Jean-Pierre Castaldi. Aussi, toute la police lui tombe dessus lorsqu’elle essaie de quitter l’aéroport, et Lucy explique qu’elle aimerait parler seul à seul avec le capitaine Del Rio, et donc qu’il serait gentil de dire aux 250 agents de sécurité autour de bien vouloir la laisser en paix. Et comme la situation ne se règle pas assez vite, elle utilise ses pouvoirs surpuissants pour faire tomber tout le monde inconscient… sauf le capitaine Del Rio.

« Bon bé voilà capitaine, je vous ai donné les mules, vous allez leur retirer la drogue et me la filer.
- Non. 
- Allez, steuplé !
- D’accord. »

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Ce fabuleux argument suffit à convaincre le capitaine Del Rio, qui bien que trouvant ce qu’il vient de se passer bizarre, ne demande aucune explication à ce sujet parce que, bof, vous savez, des gens qui font tomber 250 mecs inconscients sans ciller, c’est curieux mais pas bien important. Tous deux montent donc dans la voiture du capitaine… sauf que Lucy a désormais le super pouvoir d’intercepter toutes les télécommunications ! Et utilisant ses pouvoirs mystérieux, elle parvient à détecter une conversation parmi des millions, en coréen par ailleurs : c’est Monsieur Jang ! Qui, oui, est Coréen, oui, est à Paris, oui, veut se venger, et oui, a appris que ses mules avaient toutes été prises par la police. Et qu’elles attendaient d’être opérées au Val de Grâce.

Les Coréens envoient donc tout un groupe sur place pour meuler la police et récupérer la drogue. Aussi simple que cela.

Et con, aussi. Mais est-ce que ça vous surprend encore ?

Lucy décide donc de prendre les choses en main : elle n’a jamais conduit mais prend le volant et s’avère être un pilote de génie (son cerveau lui a aussi fait passer ler permis). Elle met le gyrophare de Del Rio en marche, et en avant les enfants ! Sauf qu’en roulant à fond pour essayer de devancer les Coréens, elle attire l’attention d’autres unités de police, qui prennent la voiture de Del Rio en chasse.

« Je vais leur dire de nous lâcher, passez-moi la radio. » propose intelligemment Del Rio. « Non, j’ai une meilleure idée ! » répond Lucy histoire de bien pourrir l’affaire.

Et elle utilise donc ses pouvoirs pour provoquer un carambolage mortel entre les différentes voitures de police, le tout sur une place de marché où les véhicules hors de contrôle peuvent ainsi tuer plein d’innocents.

Sérieusement ? C’était ça ta meilleure idée ? Tu es sûre que ton cerveau fonctionne mieux qu’avant ? Non parce que non seulement Del Rio avait une solution simple, pacifique et sans risques, mais en plus, il aurait même pu dire « Continuez de nous coller aux fesses ! On va intercepter des méchants Coréens, on aura besoin d’autant de monde que possible ! » mais non. Et pourquoi ? Parce que Lucy est stupide. Aussi bien le film que le personnage, d’ailleurs.

Bref, pendant ce temps, au Val-de-Grâce, les Coréens qui doivent avoir des voitures avec des turbo-réacteurs sont arrivés avant même Lucy qui a pourtant une voiture de police, des supers pouvoirs et a intercepté le message ordonnant l’attaque. Et ils arrivent dans la salle où les mules sont retenues, tuent tous les policiers qui les surveillaient et…

Oui ? Se barrer et opérer les mules au calme ? Noooon. Vous vous souvenez de ce que j’avais dit plus haut ? Sur le fait que ces gens étaient assez cons probablement pour essayer de faire n’importe quoi en plein milieu d’un commissariat ? Hé bien c’est gagné : les Coréens décident d’opérer les trois types, sur place, bien lentement en prenant leur temps (plutôt que de les tuer et de récupérer la dope, même s’ils le font pour l’un d’entre eux sur un coup de tête mais ne poursuivent pas avec le candidat suivant), le tout entouré par les corps des policiers et après avoir vidé leurs flingues au milieu de l’hôpital.

Mais rassurez-vous, personne ne les dérange.

Bon je… je vais égorger un bébé phoque et je reviens d’accord ?

Hop.

Voilà. Donc, disais-je, ils ne sont pas dérangés, à part par Lucy qui débarque avec le capitaine Del Rio. Le chef de la petite troupe, sous-fifre de Monsieur Jang, ordonne donc à ses hommes de tuer Lucy pendant que lui se barre avec la mallette contenant les trois sachets de drogue qu’ils viennent de récupérer sur les pauvres mules.

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Chose intéressante : lorsque l’on a des supers pouvoirs, il faut quand même utiliser ses mains comme sur une tablette pour percevoir le monde. Moi aussi, quand j’essaie d’écouter deux conversations, je suis obligé de les faire glisser devant moi pour préciser sur laquelle je me concentre le plus.

« Ah ! Parfait, Lucy va tous les faire tomber inconscient ! » s’exclame le public.

« Mmmmm noooon je vais plutôt faire un mur invisible pour empêcher le chef des méchants de fuir. » répond Lucy qui confirme ainsi son statut de bulot qui parle. Car oui, plutôt que de tout régler en une seconde – ah, le problème des pouvoirs surpuissants ! – elle préfère faire du n’importe quoi. Elle fait donc son mur invisible, puis pendant que les hommes du méchant attendent en faisant du rien malgré le fait que leur chef leur ordonne de tirer, Lucy prend son temps pour leur faire dégager leurs armes, puis les fait léviter pour se frayer un chemin jusqu’au méchant en chef et récupérer la mallette.

Et devinez quoi ?

Elle ne tue personne. Ne les fait pas tomber inconscient. Et une fois partie… hé bien elle les laisse même se barrer.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ?

« Bon ben maintenant que j’ai la drogue, et que la police qui vient d’arriver n’empêche personne de sortir de l’hôpital, capitaine Del Rio, je vous fais un bisou. Cela fait, soyez bien urbain et emmenez-moi au centre de recherche où m’attend le professeur Norman dont j’ai détecté les pensées à 12 000 bornes et compris qu’il m’attendrait là et non pas à l’hôtel.« 

Ça doit être pratique, ça, de pouvoir lire les pensées de gens tellement loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Surtout quand en sortant de l’hôpital, Lucy croise la voiture de Monsieur Jang, mais là par contre, le mec a beau être limite en train de ronger sa vitre en hurlant des insanités, lui, elle ne le remarque pas. Ni ne détecte quoi que ce soit. C’est beau la magie du scénario : je vous rappelle que depuis le début, tout ne repose que sur le fait qu’à chaque fois que Lucy croise les méchants, elle fait bien attention à les ignorer/les épargner/leur donner une chance de faire une nouvelle scène d’action.

Et c’est ce qu’il se passe. Car Jang ordonne à ses hommes de suivre Lucy jusqu’au centre pour lui mouliner la margoulette. Et lui-même mènera l’assaut, car il la tuerait bien de ses mains. Le capitaine Del Rio, à l’opposé, préfère prendre ses précautions et appeler des gardiens de la paix en renfort (mais pas d’unités plus costaudes comme le GIPN, le GIGN, ou même des ninjas, ce qui est bien dommage). Cela fait, tout le monde se rend donc au centre de recherche où Lucy rencontre pour la première fois le professeur Norman, le légendaire scientifique et une équipe de sommités qu’il a réunies.

Vous ai-je d’ailleurs parlé du moment où le professeur Normal parle de Lucy l’australopithèque en disant « la première femme de l’humanité s’appelait Lucy » au lieu de « le plus ancien corps de femme retrouvé a été baptisé Lucy » ? Quand je vous dis que c’est un grand scientifique, je ne déconne pas.

« Prouvez-nous que ce dit Norman à votre sujet est vrai ! » demande un des scientifiques présents. Aussitôt, Lucy lui saute dessus, lui touche le front et a la vision d’un chauffeur sur le point de renverser une fillette. Elle explique donc :

« Vous aviez une fille, elle a été renversée quand elle avait 6 ans. Par une voiture bleue, avec un petit oiseau qui pendait au rétroviseur.
- Alors c’est très vrai, mais vous pouvez m’expliquer comment encore une fois, en scannant ma mémoire, vous n’avez pas ce que j’ai vu mais ce qu’a vu le chauffard qui n’a rien à voir avec moi ?
- … c’est… heu… magique ?
- Okay, vous m’avez convaincu. »

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C’est donc encore une fois en se vautrant lamentablement que le film se poursuit. Car Lucy explique son plan : avant de disparaître, elle veut transmettre, comme convenu, le savoir qu’elle a accumulé (parce que oui, utiliser son cerveau plus largement lui donne accès à plein de mystères qui traînaient dedans sans que l’on sache bien pourquoi). Pour ce faire, elle propose de faire un test : lui injecter toute la drogue qui reste. Elle pourra ainsi s’en servir pour monter ses capacités cérébrales jusqu’à 100% et ainsi savoir ce qu’il se passe à ce moment là. Et en même temps, elle va tenter d’utiliser ses pouvoirs pour créer un ordinateur suffisamment puissant pour contenir son savoir car elle peut désormais manipuler la matière, y compris fécale au vu de l’intrigue. Mais son plan est interrompu par de tristes nouvelles données à Del Rio par ses camarades de la maréchaussée.

« Capitaine  ! Il y a des Coréens avec des lance-roquettes et des gros flingues qui arrivent ! 
- J’ai une idée : on va tenter de les retenir au maximum pendant que Lucy fait son expérience, quand bien même on ignore combien de temps ça va prendre.
- Super ! Et sinon, on ne pourrait pas juste dire à Lucy de tous les neutraliser comme elle l’a déjà fait à l’aéroport et ensuite reprendre le test en toute sécurité ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Roudoudou. J’étais étudiant mais je me suis fait virer, alors pour gagner ma vie, je suis devenu flic.
- Cassez-vous Roudoudou ! Vos plans intelligents n’ont rien à faire dans ce film ! Encore une fois, on ne va pas utiliser de pouvoirs surpuissants de manière utile ! A la place, on va se faire une grosse scène de fusillade sans aucune raison ! »

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Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Pendant que Lucy fait monter son pourcentage de matière grise utilisée, les policiers et les Coréens s’affrontent dans le couloir menant à la salle où Lucy est (mais dont la porte arrête toute les balles, merci, quand bien même elle est au fond du couloir) et Lucy pendant ce temps raconte des trucs comme « 1+1 ne fait pas 2 car en fait, ce n’est pas la bonne échelle, il faut être conscient du temps qui passe » bref, vous l’avez compris, plus le temps passe, plus en fait Lucy se transforme tout simplement en Jean-Claude Van Damme. Et une fois qu’elle a fini de raconter du caca, elle met bel et bien son plan à exécution, à savoir qu’elle s’assoit dans une chaise, se concentre, et transformant l’un de ses bras en enchevêtrement de tubes façon Akira, commence à absorber tout ce qu’il y a dans la pièce (à part les scientifiques) pour convertir cette matière en un gros PC surpuissant au milieu de celle-ci.

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Le professeur Norman se marre : Lucy n’a toujours pas compris que puissance cérébrale et savoir étaient deux choses différentes. Pour stocker toutes ses connaissances, elle aura donc juste besoin d’un Amiga 500.

Sauf que les Coréens, dehors, ont pris l’avantage et réussi à coller une roquette dans la porte alors que Lucy était à 99% d’utilisation de son cerveau. Monsieur Jang arrive donc, l’arme à la main, et sous les yeux médusés des scientifiques (tous les policiers dans le couloir qui étaient encore vivants il y a une seconde sont partis faire caca semble-t-il), braque Lucy. Il reste comme ça 40 bonnes secondes, sans raison là encore, jusqu’à ce que Lucy atteigne soudain 100% d’utilisation de son cerveau… et disparaisse à la seconde où Jang tire !

AH BEN CA ! C’est tellement original que je crois que je l’ai en 87 exemplaire dans mon album Panini « Poncifs qui puent & ficelles grossières.« . J’échange d’ailleurs ces vignettes contre la légendaire carte rare Ridley Scott, celle avec les bords dorés.

Mais bref.

Jang est bien embêté : il vient bêtement de fusiller une chaise vide. Il est doublement embêté quand Del Rio, qui était donc bien vivant, juste à côté de la porte qu’il était censé défendre, mais avait laissé Jang rentrer sans le déranger, fait son grand retour sans aucune explication (pourquoi commencer maintenant ?) et abat le méchant qui s’effondre dans la chaise en question. Del Rio et les scientifiques se retrouvent donc dans la pièce, un peu embêtés et sans savoir quoi faire. Il ne reste plus de Lucy que l’immense ordinateur en plein milieu, et duquel surgit… une clé USB.

Qui sitôt saisie, fait que l’ordinateur tombe en poussière : il a fait son office.

Toutes les connaissances accumulées par Lucy sont donc sur cette clé particulièrement moche (spécial dédicace à l’effet spécial pourri pour donner l’impression qu’il y a des étoiles qui bougent sur la coque), et on imagine que si Lucy était née 15 ans plus tôt, elle aurait généré une disquette 5 pouces 1/2 chatoyante, ce qui aurait quand même eu vachement plus de classe. Tout le monde se regarde donc et est bien content : elle a accompli sa mission.

Elle a légué à l’humanité la seule clé USB assez puissante pour y stocker tout le porn du monde dès qu’ils auront formaté les conneries que Lucy a laissé dessus.

Del Rio, quand même bien enquiquiné car il aurait bien voulu un autre bisou, demande à la cantonade « Ben ? Où s’qu’elle est ?« 

Et un SMS sur son téléphone lui répond :

« Je sui partou, lol. »

Alors que Del Rio réfléchit à tout ce que cela implique d’avoir une Scarlett Johansson invisible et omnisciente, surtout au sujet de ses activités habituelles sous la douche, la voix off de Lucy vient accompagner la caméra qui s’éloigne.

« On nous a donné la vie. Maintenant, vous savez quoi en faire.« 

Et…

… FIN !

Pardon ? Mais qu’est-ce que ? Mais ! Attendez, le film se finit là-dessus, paf, elle disparaît, fait la morale et c’est plié ? Oh oui, je sais ce que je vais en faire, de ma vie !

Diego, charge mon fusil dans la voiture : on va chez Luc Besson !

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Vous pensez que j’exagère sur le bullshit philosophico-prout-prout de ce film et de sa phrase finale ? Alors dites-vous que je ne vous ai pas parlé, alors que Lucy est sur sa chaise à s’approcher des 100% de capacité cérébrale, des scènes où Lucy voyage dans le temps (si), l’espace (aussi), touche le doigt de Lucy l’Australopithèque façon chapelle Sixtine, comme ça, pour déconner, et voit que l’univers n’est en fait qu’un gros ovule qui s’est fait engrosser par de la semence intersidérale (si, là aussi). Parce que oui, le cosmos aussi a sa sexualité. Il est comme ça. Des fois, il va en boîte, rencontre un inconnu et paf, big-bang à l’arrière de la Twingo.

Et vous voulez le plus beau ?

Ambitieux, « Lucy » atteint ses objectifs comme spectacle de divertissement, spectaculaire et intelligent.

Culturebox – France Télévisions

« Intelligent« , donc.

Bravo, les gars.

Je crois que ce sera le mot de la fin. Inutile d’en rajouter.

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