La salle obscure s’illumine par rafales éphémères sous le crépitement répété des flashs ; l’intense brouhaha et les allées et venues de nombreux officiers de police a remplacé depuis longtemps le silence et l’immobilité d’un public émerveillé par quelque surprenante projection. Affairés au milieu de la salle, les représentants des forces de l’ordre encadrent une silhouette recroquevillée à même le sol.

"Qu’est ce qu’on a ?
- Bonjour lieutenant ; on a un mec refroidi ici. Il est… venez, venez voir par vous même. Regardez plutôt.
- Alors… mais ? Mais qu’est-ce que c’est que ce…"
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Inclinant précautionneusement son visage sur le côté tout en retirant ses lunettes de soleil, l’homme à la chevelure rousse s’accroupit puis approche un coton tige du cadavre ; après l’avoir déposé sur ce dernier, il étudie avec attention l’étrange texture qu’il y a recueilli avant de la porter à sa bouche. Il se relève alors dans un mouvement félin et remet ses lunettes de soleil avant de fixer son regard dans le vide.

"Alors ?
- Hmmm… dites moi, est-ce qu’on ne projetait pas dans cette salle un film cucu la praline ?
- On a bien trouvé un ticket pour Twilight 2 dans sa poche.
- C’est bien ce que je pensais. A force de sentiments sucrés et de passages sirupeux cet homme a été… *suspens* …caramélisé vivant."
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YEAH !

Twilight : Tentation, second volet de la série Twilight (le premier vous avait déjà été narré ici), traite donc de la suite des aventures de l’union impossible entre Isabella Swan, une humaine et Edward Cullen, un vampire. Tout comme dans le premier épisode, il est impossible qu’un quelconque personnage du film aligne plus de trois mots sans s’interrompre pour regarder ailleurs, hésiter, agiter ses sourcils, faire des bruits de gorge ou imiter Richard Berry qui mange un yaourt (ce qui étonne les connaisseurs). Et tout comme dans le premier épisode encore, les couleurs laissent à penser que tout a été filmé sur une cassette VHS dont on aurait gratté la bande avec une pièce de un euro. Mais, assez disserté, spoilons.

L'affiche du film, très représentative : tout se passe dans les bois sans raison aucune

Le film s’ouvre dans ce qui a toutes les apparences d’un rêve, où nous retrouvons Isabella (qui donc, se fait appeler Bella parce que ça fait plus aristo péteuse) qui gambade joyeusement dans une plaine couverte de fleurs, rappelant par là même les plus grands épisodes publicitaires de Royal Canin. Soudain, à l’autre bout du champ, qu’aperçoit notre douce héroïne ? Une petite vieille. Tiens, voilà qui est peu banal : une personne âgée dehors par un tel soleil ? Voilà bien un coup à finir en vieux pruneau séché. Bella la reconnait cependant et l’appelle "Grand-mère !" ; cependant, elle aperçoit dans le même temps son beau Edward qui sort des fourrés voisin. Quelle surprise ; lui, dehors, en plein soleil, alors que les vampires de Twilight chatoient au soleil comme des boules à facettes ? C’est curieux. En tout cas, Bella se dit que, tiens, ce serait sympa de présenter son copain brillant à sa grand-mère, et ensemble ils décident de traverser le champ. Notez que Bella ne pense pas que la présentation d’un vampire chatoyant à une personne âgée pourrait provoquer chez cette dernière un arrêt cardiaque foudroyant ; enfin si, peut-être qu’elle y pense, mais qu’elle veut juste toucher l’héritage. Admettons.

En tout cas, le couple arrive au niveau de la petite vieille, et que découvre Bella ? Qu’en fait, il ne s’agit que d’un miroir ; elle vieillit alors que son amant reste éternellement jeune. Brusquée par cette vision, elle se réveille donc soudainement dans son lit, à Forks, chez son père, Charlie Swan. Et ça tombe bien, puisqu’aujourd’hui, c’est son anniversaire, et son père lui a offert un appareil photo ainsi qu’un "album photo de terminale", pour pouvoir y mettre des photos… de terminale. Un objet formidable : tu tentes de mettre une photo de première ou du collège, hop, le livre l’expulse comme un Eric Besson de la photographie. Bella est donc fort heureuse de ces beaux présents, et on la comprend. Elle se rend donc de ce pas à l’école pour pouvoir utiliser son nouvel appareil et saisir quelques images de ses amis.

Alors qu’elle est occupée à tirer divers portraits, son petit copain, Edward Cullen donc, arrive au lycée, et comme c’est sa première scène du film (en dehors du rêve), il a le droit à une belle séquence au ralenti à base de cheveux dans le vent et de chemise ouverte qui permet à toutes les midinettes de la salle de s’enfoncer un peu plus dans leurs sièges en marmonnant des commentaires sur la beauté du bonhomme. Il est rapidement suivi de l’autre bellâtre du film, Jacob, son ami d’enfance indien, qui vient lui offrir un petit cadeau tout en montrant que depuis le dernier film, il a pris approximativement 50 kilos de muscles. Cette fois, dans la salle, les midinettes se sont évanouies dans de mystérieux gémissements. Allons bon ; cependant, pour nos deux héros, il est temps d’aller en cours. Pas pour Jacob, c’est un indien ; les indiens, ils ne vont pas au collège des visages pâles, sales rouges.

En classe, il y a une projection d’un vieux Roméo et Juliette ; et faisant le parallèle avec leur propre histoire d’amour impossible, Bella et Edward dissertent sur un sujet peu banal : et si Bella venait à mourir, que ferait Edward ? Il se suiciderait, bien sûr, pour la rejoindre dans la mort, tout ça tout ça. Et comment ferait il, vu qu’il n’est pas facile de tuer un vampire ? Et bien il irait provoquer les Volturi, un groupe de vampires en Italie, pour qu’ils le butent, en insultant leurs mères, par exemple. Non, un plan plus subtil, ce n’est pas à la portée de notre héros. Mais qui sont les Volturi vous dites vous ? Et bien, grâce à un habile rebondissement scénaristique intitulé "Ho non trop nul le prof vient de me gauler en train de discuter avec ma meuf", Edward n’a pas le temps de l’expliquer. A la place, il doit baisser les yeux devant son prof d’anglais (ça valait le coup d’être un vampire, vraiment) et déclamer du Shakespeare pour montrer qu’il est un homme cultivé. Vous n’avez jamais remarqué que dans un film américain, un personnage supposément cultivé DOIT citer Shakespeare à un moment ou à un autre ? Et que pour que deux personnages soient complices, l’un doit commencer la citation et l’autre la finir ou la compléter d’une autre. Mais, comme à mon habitude, je m’égare ; où en étions nous ?

Jasper, le célèbre vampire jeune UMP

Ha, oui, les Volturi. Pour bien expliquer qui ils sont, Edward a chez lui un tableau les représentants, ce qui lui fait office de powerpoint pour appuyer son propos ; ils sont donc une sorte de famille royale très attachée aux lois vampiriques dont la plus sacrée est "Tu ne dois pas te révéler aux mortels en faisant n’importe quoi, comme par exemple te mettre torse poil au soleil en chantant du Francis Lalanne" ; il est de même interdit de "tuer ostensiblement", puisqu’on comprend bien qu’attirer l’attention des autorités humaines sur les vampires serait malvenu.  Et quiconque contrevient à ces lois sera exécuté par les Volturi. Il explique surtout que ce sont des gens puissants, raffinés, mais très subtils et intelligents. Retenez bien ces quelques détails, nous y reviendrons plus tard.

Après cette petite explication, Bella découvre que les gentils vampires lui ont organisé une petite fête chez eux pour son anniversaire , où on va pouvoir boire du banga à défaut d’hémoglobine ; elle a le droit à plein de cadeaux quand soudain, "Holala, ouyouyouye !" elle se coupe avec un emballage (attendez, quelqu’un a vraiment écrit ce passage pour obtenir un rebondissement ?) et à la vue du sang, un vampire de la maison, Jasper (un vampire qui été condamné à passer l’éternité avec un fer à friser) perd le contrôle et se rue sur elle, probablement pour lui sucer le doigt. Edward, qui a l’esprit vif se dit "Hmmm, je vais me placer entre Bella et lui pour la protéger" ; sauf que non : Edward met d’abord une grande baffe dans la gueule de Bella pour l’envoyer bouler contre un meuble plein de vases (il appelle ça "l’écarter loin du danger") avant de repousser l’assaillant sans sourciller (ce qui est rare chez lui vu ses sourcils) ni reculer ; comme quoi, il n’avait pas besoin d’envoyer sa copine voler pour s’interposer efficacement. Fier comme un paon, il se retourne pour faire son sourire de bellâtre à Bella mais s’aperçoit qu’elle est en train, cette fois, de vraiment saigner comme une truie qu’on égorge dans les ruines du meuble défoncé. Pas de problèmes, le grand chef Cullen est médecin et il a l’habitude de résister à la vue du sang, il s’en va donc lui faire quelques points de suture pour guérir le gros bobo qu’elle a au bras.

Mais nous sommes dans Twilight, et dans Twilight, tu peux éclater ta compagne contre un mur, tu n’as pas besoin de t’excuser, c’est bien normal, elle continuera de te trouver doux et romantique. C’est donc une discussion douce et romantique que Bella et Edward ont en ramenant mademoiselle chez elle. Sauf que celle-ci finit par expliquer que bon, elle aimerait bien devenir une vampire, parce qu’elle n’a pas envie d’être plaquée quand elle sera vieille et fripée (ou même avant) pour être remplacée par une nouvelle gamine de 18 ans. Elle lui explique aussi dans son beau langage de lycéenne que "Vas-y rien à foutre de perdre mon âme, elle me sert à rien, ça fait trois mois qu’on est ensemble, je t’aime trop bébé, je t’aime pour l’éternité, je t’envoie un SMS depuis mon lit tout à l’heure avant dodo hihihi".

Cependant, quelques jours plus tard, Edward veut discuter avec Bella. Où vont ils pouvoir discuter tranquille ? Chez l’un ? Chez l’autre ? Dans un lieu neutre ? Hmmm… Voyons voir… Ha, mais si, il y a la célèbre forêt de Forks, celle où rodent des vampires tueurs et une nouvelle "bête sauvage tueuse" aux dire de la radio locale. Allons discuter dedans, ça parait être une riche idée. De fait, ils s’y rendent, et c’est Edward qui entame la discussion en expliquant que bon, voilà, les gens commencent à se rendre compte que le grand chef du clan Cullen, depuis le temps qu’il est là, il devrait au moins faire dix ans de plus que son âge ; il est donc temps de déménager. Mais sans emmener Bella, puisque bon, vu l’incident avec Jasper le soir de son anniversaire, il se dit que c’est trop dangereux. Pour la protéger, il doit donc s’éloigner d’elle, c’est beau et terrible à la fois, mon petit cœur en est bouleversé. Et même qu’il la plaque (vraiment, c’est terrible ; moult larmes perlaient sur mes joues, chaudes et salées) pour être sûr qu’elle ne le suive pas. C’est dur. Il lui fait cependant promettre de ne commettre "aucune imprudence", et en échange, promet de ne plus jamais la revoir pour ne plus la faire souffrir/la mettre en danger/l’effrayer avec ses sourcils velus. Puis, il disparait et la laisse seule ; elle se retrouve donc, isolée au milieu d’un bois rempli de vampires et d’autres créatures tueuses de randonneurs, alors que la nuit tombe. Bravo Edward, grâce à toi, la promesse que tu lui as fait faire aura duré exactement 7 secondes : là, elle est dans une situation rudement imprudente. Mais qu’il est navrant de Edward. C’est tellement vrai que la jeune Bella finit par être surprise par la nuit et finit par s’endormir dans la forêt (elle n’a pas de téléphone portable, et pour discuter tranquille, ils avaient probablement dû marcher cinq ou six kilomètres dans les bois, c’est tout à fait logique, donc impossible de retrouver sa voiture). Fort crédible.

Edward a tout compris : comme pour son chien en vacances, rien ne vaut l'abandon en forêt pour se débarasser de son ex

Mais alors qu’elle est endormie, une bête énorme aux yeux luisants s’approche d’elle…

Pendant ce temps, Charlie Swan, son père & shérif de Forks à ses heures perdues a lancé des recherches pour trouver sa fille ; quelle surprise quand un jeune homme certes très baraqué mais surtout très tout nu (un certain Sam) sort des bois en la portant dans ses bras et la rend à son père. Évidemment, grand enquêteur policier qu’il est, à aucun moment ce dernier ne se dit "Tiens c’est bizarre que ma fille se soit retrouvée isolée au milieu des bois et que ce soit un monsieur tout nu qui me la ramène à moitié dans les vapes". Mais tout à fait shérif Swan, c’est même bien normal. Les gens tous nus sont souvent très serviables.

Durant les trois mois qui vont suivre, Isabella déprime. Elle s’isole, ne parle plus, bref, elle vit très mal la fin de son histoire d’amour. Elle a beau envoyer "Love" au 83838, jamais les prédictions ne sont suffisamment précises pour lui annoncer si oui ou non, Edward va revenir. Par contre, elle sait que son prénom est compatible à 78% avec le sien, et ne peut que remercier ce service téléphonique surtaxé pour cette information de qualité supérieure. Sans compter que désormais, la nuit elle fait des cauchemars où elle hurle comme une otarie passée à la gégène, ce qui ne manque pas d’étonner (et de lasser) son père. Il ne l’envoie cependant pas faire une cure sur un divan, mettant probablement ces cris honteux sur le compte de rêves érotiques de l’âge de la jeune fille.

Cependant, ses oreilles finissant par se fatiguer, il propose à sa fille de retourner vivre chez sa mère, parce que merde, il aimerait bien dormir la nuit, non mais ho. Isabella se décide donc à tenter de lutter contre la déprime pour ne pas se faire éjecter de la belle ville de Forks où elle espère revoir un jour Edward, et va donc au cinéma avec Jessica, une copine du lycée qui s’occupe de représenter les quotas mammaires qu’Isabella ne peut remplir. En sortant de leur film (une histoire de morts-vivants, tiens donc), les deux jeunes filles passent à côté d’un bar à motards où l’on pète et l’on rote en faisant des commentaires sur les passantes ; cela effraie ces damoiselles. En passant non loin d’eux, Bella aperçoit cependant brièvement Edward sous la forme d’une illusion qui lui dit "ne t’approche pas, c’est dangereux". Bravo les préjugés, M. Cullen ; tout ça parce qu’ils boivent un peu et qu’ils sont grivois une fois pompettes, ces motards seraient forcément de dangereux psychopathes ? Que de raccourcis faciles ; qui vous dit qu’ils n’aiment pas discuter entre eux de Descartes et des carnets d’André Malraux ? Et qu’ils militent pour les droits des citoyens tous les dimanches après la messe ? Peut-être même qu’eux, ils ne mettent pas de mandales surpuissantes à leurs compagnes pour soit disant les protéger, mais bon. Isabella, comprenant qu’Edward lui est apparu pour lui éviter toute "imprudence", comme il lui avait fait promettre, décide de tenter d’autres expériences ; elle s’approche d’un groupe de jeunes un peu basanés ? Edward lui apparait "Attention, ils vont te voler ton portefeuille" ; elle réduit la distance qui la sépare d’un rassemblement de personnes à l’agréable teint d’ébène ? "Méfie toi, ils ont de très grosses bites".

Diable ! Mais, en un siècle de vie, notre bellâtre n’a t-il eu aucune éducation ? En tout cas, histoire de vérifier sa théorie sur les apparitions d’Edward, Bella décide de lâcher sa copine Jessica pour aller voir les motards ; là encore, son amant vampirique lui apparait sous forme d’illusion pour lui déconseiller d’approcher ces roturiers aux montures pétaradantes ; mais nenni : elle se décide même à monter derrière l’un de ces chevaliers du bitume, et alors qu’elle roule à vive allure, elle aperçoit Edward lui apparaitre une fois encore, pour la prévenir que le port du casque est obligatoire, tant en agglomération qu’en dehors.

Dans les jours qui viennent, elle fait l’acquisition de deux solex, avec lesquels elle compte bien rouler cheveux au vent (car c’est une rebelle), et comme ce sont deux épaves, elle se rend chez son vieil ami Jacob dans la réserve indienne pour qu’il les retape. Ensemble, ils passent de bons moments et se rapprochent même doucement, car Jacob sait trouver les mots juste, la faire rire, etc (oui enfin la faire rire elle, parce que le spectateur moyen, il a plutôt envie de lui refourguer des couvertures pleines de maladies). Au bout de quelques temps, les solex sont comme neufs, et Jacob ne cache plus vraiment qu’il apprécie beaucoup Bella (il a toujours eu un faible pour les filles à l’air triste, qui ont du mal à communiquer et qu’on a envie de gifler au bout de six minutes ; d’ailleurs, il aime bien aussi l’héroïne de Grey’s Anatomy). Un jour, alors qu’ils s’apprêtent à aller essayer leurs motocyclettes, ils observent une troupe de jeunes indiens en train de plonger du haut d’une falaise : Jacob explique qu’il s’agit de Sam (le monsieur tout nu qui a ramené Bella du fond des bois) et de sa bande de joyeux nudistes baraqués. Jacob n’aime pas trop Sam, qui rôde souvent autour de lui en donnant l’impression de "l’attendre" (y avait il un calembour ?) ; de jeunes hommes nus qui tournent autour d’autres jeunes hommes aux muscles tout aussi saillants ? Si Jacob ne voit pas ce que cela peut-être, c’est probablement que la gay-pride ne passe pas par sa réserve. Il fait donc des commentaires comme "Regarde moi tous ces tétons saillants, fendant l’air libre comme les récifs l’océan ! Jamais je ne rejoindrai cette bande de dégénérés qui abhorrent l’idée même de t-shirt !", au grand désarroi de Bella qui ne comprend pas vraiment ce qu’il reproche à ces jeunes éphèbes exhibitionnistes.

Les "Ni slips ni poils ni t-shirts", célèbre boy's band indien

Mais cet évènement ne brise pas pour autant leur détermination à aller faire rugir leurs bécanes ; sur un petit chemin boueux, nos deux héros préparent donc le départ de leurs machines. "Nique la société", se dit Bella en enfourchant son solex sans casque ; dans un "Pout pout" d’anthologie, elle s’élance donc et accélère tant qu’elle peut ; dès lors, sa vie étant incroyablement en danger (elle pourrait s’écorcher un genou en tombant), Edward lui apparait ici ou là en lui demandant de stopper son infernal véhicule, saperlipopette ; chose qu’elle fait finalement en rencontrant un arbre sur sa route. Jacob se rue à son secours (et retire son t-shirt pour le plus grand plaisir de ces dames), et c’en est désormais terminé des aventures motorisées sur deux roue d’Isabella Swan : en tout cas, elle a accompli sa mission, car grâce à cela, elle sait qu’à chaque fois que sa vie sera en danger, Edward lui apparaitra. Et elle a très envie de le faire apparaitre.

De retour au lycée, cependant, Bella décide donc que maintenant qu’elle a bien rigolé avec son copain Jacob à faire les fous sur les sentiers boueux des alentours de Forks, elle peut arrêter de déprimer. En conséquence, elle se décide à aller au cinéma avec ses copains du lycée, et ce avec Jacob en prime (ils veulent aller voir "un film de merde" dixit Jacob, justement ; je leur recommande Twilight : Tentation, l’occasion de faire une formidable mise en abyme). Pourtant, suite à un nouvel incroyable rebondissement scénaristique intitulé "les autres ne peuvent pas venir, ils ont la chiasse" (véridique, vraiment, il y a eu une grosse réflexion sur l’intrigue), Isabella se retrouve seule entre Jacob et François-Xavier, la chochotte du groupe qui doit probablement être capitaine de l’équipe des pom-pom girls. Et les deux ont bien envie de la dragouiller ; cependant, François-Xavier, à qui il manque les 50 kilos de muscles supplémentaires de Jacob bat rapidement en retraite, mais Jacob se fait lui envoyer paître par Bella, qui dit "ne pas être prête". Cela énerve un peu Jacob, qui du coup, devient tout énervé et tout fiévreux : il doit donc rentrer chez lui se soigner.

Dès lors, Jacob est injoignable, ne répond même plus au téléphone, et son père prétend qu’il est malade et qu’on ne peut pas le voir. Pourtant, un jour de pluie, Bella se décide à aller voir comment il va directement dans son modeste foyer indien ; et qui trouve t-elle dehors en train de gambader cheveux coupés, tout nu et tatoué comme toute la bande de Sam ? Jacob bien sûr. "Mais Jacob, je croyais que tu aimais les t-shirts ?" s’exclame t-elle (à peu près) ; et Jacob lui répond que bon, il ne faut pas qu’elle cherche, maintenant il fait partie de la bande de Sam l’indien, et que d’ailleurs, il connait bien l’existence des vampires, y compris du cas des Cullen. Et que s’il ne répond même plus à ses messages, c’est parce qu’il vaut mieux pour elle qu’elle reste loin de lui. Diantre, comme pour Edward ! Deux fois la même intrigue dis-donc ! De là à penser qu’on va nous refaire le coup du "Je suis une créature surnaturelle, je ne peux t’aimer car je te mettrais en danger, du coup je vais m’éloigner" en doublon dans le film, il n’y a qu’un pas. Que je franchis au pas de l’oie avec armes et bagages.

Quand on devient loup-garou, c'est comme quand on couche avec les allemands : coupe de cheveux gratuite pour tout le monde

Plus tard, Isabella s’ennuie. Tiens, qu’est-ce que je pourrais faire ? Lire ? Regarder la télé ? Surfer sur internet ? Ha, tiens, non, ça fait bien 45 minutes que je ne suis pas allée me promener dans la forêt super dangereuse où rôdent diverses créatures tueuses ; elle s’y attèle donc promptement. Cependant, au cœur des bois, alors qu’elle rentre dans une clairière, elle tombe sur l’un des méchants vampires qu’elle avait croisé dans le précédent film, l’un des deux qui accompagnaient James, celui qui a tenté de la tuer. Celui-ci lui explique que voilà, il venait voir les Cullen, mais que ne les trouvant pas, il réalise qu’il n’y a plus personne pour protéger Bella. Il va donc pouvoir lui sucer le sang tranquillou. Edward apparait bien pour lui donner des conseils comme "Raconte lui des cracks" "Dis lui que s’il te touche, je le retrouve et je le tape" ou encore "Fais la morte, vite". Mais toutes les ruses échouent, et le vampire se rapproche de Bella….

… quand soudain une horde de loups géants déboule des fourrés pour croquer du vampire, et le mettent en fuite ; Bella, un peu bouleversée par cette inattendue rencontre canine (de moult manières) s’enfuit elle aussi et rentre chez elle annoncer à son père que ça y est, elle a vu ce qui tuait des randonneurs dans les bois, comme elle l’a entendu à la radio : des loups géants. Ni une ni deux, le shérif Swan se transforme en Jean Chastel et s’en va bouter ces bêtes du Gévaudan égarées, aidé de son vieil ami Jean-Kévin, un vieil indien de la réserve. On sent bien que ce dernier en sait plus sur les loups qu’il ne veut bien le dire, mais bon.

En tout cas, le soir même, alors que Bella a un peu peur, car elle sait que du coup, les deux vampires tueurs restant (celui qu’elle a rencontré dans les bois et un autre) trainent encore dans le coin, on jette des cailloux sur sa fenêtre ; tiens, mais c’est ce bon vieux Jacob ! Allez, monte tout nu dans ma chambre, ça me parait moralement correct. En effet, Jacob grimpe aussitôt en passant par la fenêtre (chez les Swan, personne n’utilise la porte, c’est ringard), et vient expliquer à Bella qu’il a un lourd secret. Mais que si elle a un peu de mémoire, elle devrait comprendre de quoi il veut parler, puisqu’il lui avait fait des révélations dans le premier film. En effet, dans celui-ci, il lui avait parlé de la légende des "sangs-froids" liée aux Cullen (il l’avait fait sans dire directement "Ce sont des vampires et je le sais, ha ! Même que vrai !"), ça, Bella s’en souvient bien, par contre, toute la partie où il disait "ma tribu descend du loup", elle l’a oubliée. Ça chagrine un peu Jacob, qui du coup, se touche un peu les tétons de colère avant de disparaître dans la nuit.

Mais, cela ne décourage pas Bella : dès le lendemain, elle se rend chez Jacob pour avoir des réponses aux vraies questions du film comme "Nan mais, dis, pourquoi toi et tes potes vous mettez pas un t-shirt au moins ? Personne ne vous fait la remarque depuis le début du film, alors que tous les autres habitants du comté portent trois manteaux à cause du froid ! Je suis la seule à le noter ou quoi ? Et puis pourquoi vous avez tous le torse épilé, d’abord ?"  ; enfin, ce ne sont pas exactement ces questions qu’elle vient poser, mais des plus bateaux comme "Dis, tu boudes ?" ou "C’est quoi ton secret, tu peux me le dire dans l’oreille ?". Mais voilà, rien n’est jamais simple, et Sam l’indien et ses potes débarquent et commencent à dire à Bella qu’elle ferait mieux de s’occuper de ses affaires. Celle-ci est donc un peu énervée et se décide à en gifler un, juste pour voir. Excellente idée, puisque sous le coup de la colère, celui-ci se transforme en loup gigantesque : mon dieu, ces indiens sont en fait des loups-garous ! Quelle surprise ! Jacob arrive aussitôt, se métamorphose lui aussi en loup géant et protège ainsi Bella de son copain colérique.

Bella est emmenée en attendant que la bataille cesse dans un petit bar indien tenue par la copine de Sam, Fernande, qui a eu la moitié du visage un peu déchiqueté "parce que Sam s’est énervé" ("Comment ça t’as pas repassé mes slips grooooh ! – Mais bichon, tu n’en portes même pas, alors pourquoi je… calme toi bichounet ! – greuuuh, colère graaaaah !"). Je maintiens : dans Twilight, tu peux éclater ta copine contre un mur ou à la défigurer, elle t’aime encore très fort. Après tout, ce n’est pas ta faute si tu es un peu nerveux. A l’hôpital, tu diras que tu es tombée ou que tu t’es prise une porte. Sur ces évènements, Jacob et son copain arrivent bras dessus bras dessous parce qu’une bonne baston amicale, c’est toujours vivifiant. Et Jacob propose de raccompagner Bella et de lui expliquer que voilà, oui, il est un loup-garou, et que c’est pas facile tous les jours. Des fois qu’elle n’aie pas compris la première fois ("Haaa, tu es un loup-garou, d’accord, tout à l’heure j’avais pas compris quand tu t’étais transformé en loup, je pensais juste que tu étais fan de Gérard Majax"). Ho, et aussi que la dernière fois, dans les bois, ils ont tué le vampire qui la menaçait. Mais que ce ne sont pas eux qui tuent les randonneurs innocents : c’est le troisième et dernier vampire tueur, une certaine Victoria, qui rôde encore. Jacob et sa meute la pourchassent actuellement (enfin pas tout à fait actuellement, puisque là, il papote avec cette andouille de Bella).

Le terrible duel loup-garou contre rastavampire des bois

Quelques jours plus tard, Bella se dit qu’elle ferait bien apparaître Edward une fois encore, parce que ça fait un moment, et que c’est rigolo. Que pourrait elle bien faire… voyons voir, ouvrir le gaz ? Jouer avec une arme chargée ? Ou, ha oui, se mettre à fumer, pour voir si ça marche aussi ! Ou les trois ? Hmmm… non. Si elle allait plutôt plonger du haut de la superbe falaise où Sam et ses amis folâtraient ? Elle s’y rend donc promptement. A noter que pendant ce temps, dans les bois, Charlie Swan continue ses battues pour trouver les loups géants ; certes, en même temps, c’est son copain indien Jean-Kévin qui trouve les traces et les efface discrètement, puisque bon, il sait comme tous les indiens du coin que les loups-garous sont gentils. Et que ce serait mal vu de leur tirer dessus. Cependant, Victoria la vilaine vampire n’est pas loin, et s’apprête à sucer l’hémoglobine (je me sens obligé de préciser, allez savoir pourquoi ) de Charlie Swan jusqu’à ce qu’il soit tout sec. Jean-Kévin la voit cependant, l’ajuste avec son fusil, mais se fait casser la margoulette par la force surhumaine de Victoria, et meurt. Le shérif Swan lui, n’a rien vu, et quand il se retourne, tiens, mais qu’est-ce qui est arrivé à Jean-Kévin ? Ha bin c’est pas banal, il est tout mort ! Victoria est déjà loin, mais elle a un loup-garou à ses trousses (qui passait par là). Une petite baston s’ensuit, et la vampire est boutée à la mer comme un vulgaire baleineau, où elle pourra expérimenter grâce à son absence de besoin d’oxygène, ses capacités à jouer au u-boot (chose qu’elle fera particulièrement bien dans un plan où elle imite le périscope avant de s’immerger, un grand moment de cinéma). Quelques minutes plus tard, non loin de là (oui, la forêt est immense, on peut s’y perdre, mais tout se passe dans espace de 150 mètres carrés), Isabella arrive à la falaise où Sam et ses copains jouaient à plonger, et fait de même : elle aperçoit Edward avant de sauter, qui lui demande d’arrêter de faire n’importe quoi, puis elle le revoit sous l’eau, alors qu’elle est en train de se noyer suite au ressac contre la falaise. Là, il ne dit rien, on sent bien qu’il en a marre de devoir lui dire "ne saute pas des falaises, c’est dangereux" et autres lapalissades pour adolescentes attardées.

Sauvée par Jacob, elle finit par retourner chez elle avec lui. Foyer où elle trouve Alice, une vampire du clan Cullen et accessoirement "meilleure amie" qui a le don de voir l’avenir, qui lui dit qu’Edward s’inquiète pour elle. Edward qui appelle justement à ce moment là à la maison, mais, manque de bol, c’est Jacob qui répond (il n’était pas encore reparti) et boute l’intrus téléphonique d’une phrase vite faite. Phrase mal choisie, puisque voulant dire que la famille Swan était assez occupée par des obsèques (celles à venir de Jean-Kévin), Edward a compris qu’il s’agissait de celles de Bella et qu’elle était donc morte. Il se rend donc chez les Volturi pour qu’ils le tuent, histoire de la retrouver dans l’au-delà. Ouah, quel romantisme. Avertie de cet état de fait par Alice, Bella se décide donc à prendre le prochain vol pour l’Italie, pour aller à Volterra, cité des Volturi (ils sont un peu les "François le Français" de l’Italie). Utiliser un téléphone (genre celui depuis lequel Edward a appelé il y a exactement une minute) serait plus simple et plus logique, mais moins spectaculaire. Direction l’Italie, donc.

En Italie, les vampires peuvent se promener au grand jour, comme le prouve Alice, il leur suffit de mettre un foulard et/ou des lunettes de soleil et ils ne brillent plus. Ha oui, d’accord, et pour le reste de leur peau, genre les joues & co qui se mettent à briller ? Non ? Rien ? Bon.  Les lunettes de soleil et les foulards sont des accessoires bien plus puissants que je n’aurais pu le penser. En tout cas, à Volterra, c’est la Saint Marcus, la fête célébrant le jour où les vampires ont été expulsés de la ville (excellent plan de s’installer dans une ville où la tradition veut qu’on se souvienne bien des vampires et de l’importance de s’en débarrasser ; ils étaient comment déjà, les Volturi ? Intelligents, c’est ça ?). Ce jour là, tout le monde s’habille d’une pèlerine rouge et fait procession dans la rue (même si les vampires en coupé sport circulent très bien en klaxonnant, merci). Bella aperçoit dès lors Edward, sortant du palais Volturi, où il s’apprête à se révéler aux humains en se mettant torse nu (c’est décidément une manie : la tête qui brille ne suffisait pas ?), et probablement en entonnant à tue tête l’album "Ouvrir son coeur" de Francis Lalanne. Ainsi, les Volturi le tueront, et cela lui permettra d’accomplir son petit plan de suicide pour retrouver Bella, qu’il suppose donc morte. Bon, que ça attire des emmerdes à tous les vampires, y compris ceux de sa famille, ça il semble s’en foutre totalement, mais bon : on dira que l’amour rend aveugle (et lobotomisé). Vite, quelqu’un pour lui jeter un foulard et des lunettes de soleil, ça devrait neutraliser sa surbrillance !

Dans une superbe scène au ralenti, Isabella fend donc la foule avant de traverser une fontaine en mouillant ses petits pieds pour se jeter dans les bras d’Edward et le ramener à l’ombre avant que des gens ne le voient (oui, sur plusieurs centaines de personnes, à part une petite fille que personne ne croira, personne n’avait la tête tournée dans la bonne direction et/ou le regard attiré par les illuminations de l’homme-panneau solaire). Ils rentrent donc dans le palais Volturi se mettre à l’abri, et rencontrent donc le grand chef Volturi : nous l’appellerons Voldemorturi, en référence à un autre ouvrage dont les méchants supposément intelligents sont en fait très bêtes. Voldemorturi, il s’habille en lycéen gothique (et inversement)  et il a bien des manières (ça doit être ça le côté "raffiné" des volturi). Et il n’aime pas trop qu’une humaine en sache trop : il propose donc que l’on la tue, là, en plein milieu de sa belle résidence. C’est très subtil, et ça n’attire pas du tout l’attention. De même, quand Edward s’interpose, le combat qui s’ensuit où l’on fracasse le sol marbré, les bancs marbrés, les colonnes marbrées… ne semble pas les choquer. Très subtil, j’insiste. Finalement, Bella (qui semble immunisée à tous les pouvoirs vampiriques, les Volturi ont expérimenté la chose) s’en tire lorsqu’Alice, la gentille vampire Cullen, déclare que c’est bon, ils vont la vampiriser la Bella, et le problème sera réglé. Voldemorturi approuve et tout le monde peut disposer.

Les Volturi s'habillent en noir, pour bien que l'on comprenne qu'ils sont méchants, des fois qu'on ne soit pas sûr

En sortant, Isabella, Alice et Edward croisent un groupe de touristes en goguette à qui l’on fait visiter les lieux : il s’agit en fait d’un piège, puisqu’on les entend servir de nourriture aux vampires un peu plus loin. Attendez une seconde… Je me relis… qu’est ce qu’il est interdit de faire selon les Volturi ? "tuer ostensiblement" ; d’accord ; et qui est très attaché aux lois vampiriques ? Les Volturi vous dites ? C’est vrai que faire disparaître un car de touriste dans son quartier général, peu après qu’ils soient rentrés dans celui-ci au vu de toute une ville en pleine célébration anti-vampirique dans les rues, c’est très discret et ça ne va pas du tout attirer l’attention sur eux. Et Edward donnait quelles caractéristiques aux Volturi ? "Puissants, raffinés mais très subtils" et "intelligents" ? Ha oui, ça se remarque tout de suite. Ou alors, ce sont juste des méchants maniérés mais minables. Et incohérents. Mais là, ça va avec le niveau général.

En tout cas, de retour à Forks , Bella se rend chez les Cullen (car oui, apparemment, les Cullen ont pu revenir à Forks après ces trois mois d’absence, ça a réglé tous les problèmes, plus personne ne se soucie de leur âge apparent, qui était pourtant la raison exacte de leur départ) où elle leur propose, plutôt que de réfléchir, un vote sur "Alors, faut il faire de moi une vampire ?" ; et à la quasi-unanimité, c’est voté grâce à des arguments comme "C’est trop cool" ou "On te kiffe grave" . Oui, en fait, je préfère me dire qu’ils ont dit ça parce qu’ils n’ont pas réfléchi.

Sur le chemin du retour vers la maison Swan pour raccompagner Bella, Edward doit freiner brusquement, puisque ce gros nudiste de Jacob est en plein milieu de la route. Plutôt que de lui rouler sur la gueule, notre bon héros s’arrête, car il comprend que c’est ainsi que le loup-garou veut exprimer son intention de vouloir discuter. Alors qu’un coup de téléphone, c’est, là encore, tellement moins spectaculaire. Ils vont donc dans les bois (mais enfin, dans ce film, est-ce que quelqu’un pourrait essayer de discuter ailleurs que dans les bois ?!) et le vampire et le loup-garou se toisent mutuellement à base de "Pas touche à Bella". Finalement, Jacob se fait envoyer paître, Bella retourne discuter (mais sans sortir des bois, quelle idée) avec Edward et lui dit qu’elle aimerait que ce soit lui qui la vampirise, mais ce dernier répond que si c’est le cas, ce sera pour l’éternité, alors, "veux tu m’épouser ?"

FIN.

Je crois que c’est cette maxime finale, plus sirupeuse encore que tous les "Je t’aime" (déjà fort nombreux du film) qui a finalement eu raison de moi. Et il en reste encore deux à venir ? Mais… non ? C’est impossible ! Que fait le tribunal de La Haye ?

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