La jeune fille me regarde avec un sourire radieux.

Alors que pour ma part, j’avoue que je fais la moue. La même que celle que je fais lorsqu’une mouche tente d’amerrir dans mon brandy.

« Monsieur ?
- Oui bonsoir, je voudrais une place pour…
- Oui, pour quel film ?
- Pour heu…
- Oui ?
- HEM HEMTwiHEMlightHEMtrois.
- Pardon ?
- HEM Twaïla.. le.. le HEM le 3 ?
- ?
- Je… hmmm…Twilight 3, s’il vous plait »
0

Elle se fend d’un sourire plus grand encore que le précédent et tapote sur sa machine.

« Ah oui ! Ah, vous allez voir, il est bien mieux que le 2 !« 

Après avoir récupéré tant mon ticket que mon esprit, je me permets quelques pas vers les contrôleurs. « Mieux que le 2 ? » grommelle-je en fronçant les sourcils. « Mais comment diable serait il de toute manière possible de faire pire ? ». Me frayant un chemin au travers de la marée de jeunes filles (jeunes physiquement ou mentalement), je finissais pas trouver une place libre dans la salle.

Je ne le savais pas encore, mais jamais je n’allais autant regarder ma montre lors d’une séance de cinéma. Et pas seulement parce que j’ai une superbe toquante. Mais vous n’avez que peu de goût pour ces considérations, alors comme le veut la tradition, constatez par vous-même : spoilons !

L'affiche : notez que le visage de l'héroïne n'est pas sans rappeler l'inexpression faciale de Nicolas Cage. Quel jeu d'acteur.

Notre histoire commence quelque part à Seattle, par une pluvieuse nuit. Riley, jeune homme sans histoires ni charisme, sort tranquillement d’un bar pour regagner son petit nid douillet ; pour ce faire, il n’hésite pas à passer par les rues les plus étroites et mal éclairées qu’il peut trouver sur son chemin, histoire de. Soudain, quelque chose le bouscule avant de disparaître ; qu’est-ce ? Un animal ? Un brigand ? Une racaille ? Non… « Y a quelqu’un ? » – marmonne t-il timidement – mais personne ne lui répond, si ce n’est le son des gouttes s’abattant sur les pavés. Il reprend donc sa route lorsque, ho ! Re-bousculade !  Notre Riley commence quelque peu à paniquer : il chuchote donc un « à l’aide ! » mais juste une fois et pas trop fort, avant de commencer à courir car il sent que son agresseur invisible le poursuit. Alors qu’il débouche sur des docks, il est à nouveau attaqué et cette fois-ci, mordu au bras. Il tombe alors au sol en se tordant de douleur, car comme chacun sait, dans Twilight, lorsqu’un vampire vous mord n’importe où, le venin de ses canines vous transforme en créature de la nuit de manière super douloureuse : c’est donc ce qui est en train d’arriver au jeune homme. Diantre, ça commence fort.

Mais dirigeons nous plutôt vers Forks, riante cité bénie par un soleil éclatant, qui darde de ses rayons les champs de fleurs de la petite communauté. D’ailleurs, qui retrouvons nous au milieu des dites fleurs ? Edward Cullen et Isabella Swan bien sûr ! Et cette dernière est en train de lire un truc qu’elle a écrit, probablement pour son cours de français, qui se résume à « Si le monde doit se finir, ce sera dans les flammes ou dans la glace ; moi, je pense que ce sera dans le feu car je brûle d’amour, mais bon, si c’est la glace, ce sera pareil hihihihi » (ça aurait sa place sur un skyblog entre deux gifs animés clignotants tant c’est représentatif) ; Edward lui se contente de lui faire des bisous comme le gros vampire attardé qu’il est « Edward, j’essaie de réviser, arrête, hihihi » « Bisouuuu… bisouuuuu ! Huuhuhuhu, t’es trop belle baybay« . Je regarde ma montre : ah, oui, nous n’en sommes même pas à la 5e minute et c’est d’ores et déjà consternant. Hmmm.

En attendant, entre deux bisous avec moult bruits de succion (c’est un peu le sceau d’un Twilight, le monde où les vampires doivent avoir des glandes salivaires hypertrophiées), Edward repose la question à Bella « Veux tu m’épouser ? » ; et la jeune fille de répondre que non, que d’abord, elle veut être transformée en vampire. Qu’ensuite, okay, mariage. Mais dans l’immédiat, non. En attendant, 16h approche et Bella doit rentrer chez Papa Swan, sinon elle sera privée de choco-BNs.

A l’heure dite, Bella franchit donc la porte du domicile paternel comme prévu, et va trouver son père qui souhaite s’entretenir avec elle ; en effet, ce dernier s’inquiète : elle ne voit plus qu’Edward (« Ouiii mais Edward, c’est ma vie ! On se connait depuis 6 mois alors c’est le big love !« ), et plus du tout ses autres amis. Il insiste donc pour que la jeune fille aille voir au moins l’un de ses plus vieux et fidèles camarades: Jacob, le joyeux indien de la réserve (et accessoirement loup-garou amateur de sorties en slips).

Soit, dit Bella, il en sera ainsi ; elle va donc se saisir de son téléphone portable, et envoie à Jacob « Jakob, t ou ? » suivi de « Tu fé la gueul ? :o » avant d’expédier « apel moa mdr ;) » ; pourtant, nenni de réponse de la part de l’indien bodybuildé, aussi notre héroïne se décide t-elle à se rendre directement dans la réserve indienne à l’aide de son vieux pick-up personnel. Hélas, le véhicule ne démarre pas : et pour quelle raison je vous prie ? La réponse apparait vite sous la forme d’Edward (suis-je le seul à trouver que son nez ressemble à une pièce de Duplo ?), qui informe de son air psychopathe habituel (appuyé par ses énormes sourcils en scratch) qu’il a saboté le véhicule pour ne pas que Bella aille voir Jacob. Oui, il ne veut pas qu’elle visite ses amis, et est prêt à bousiller sa voiture pour ce faire : je pense que le vampire est aussi un pervers narcissique, mais passons.

Ce vieux conservateur de Charlie Swan aimerait que sa fille fréquente plus de gens vivants et moins de gens morts. Le naze.

Pendant ce temps, dans les bois de Forks (je vous rappelle que c’est là que se déroule 85% de l’intrigue), Victoria, la vilaine vampire rousse tueuse et avide de vengeance envers Bella et Edward (qui avaient tué son copain, James,  dans le premier volet) se promène. Hélas, impossible pour elle d’aller à la cueillette aux champignons comme elle le voudrait tant les vampires de la famille Cullen la pourchassent d’un côté et les loups-garous indiens de l’autre. Constatant que le coin est décidément peu accueillant avec tous ces gens qui cherchent à la tuer, elle met donc rapidement les voiles vers d’autres cieux.

Le lendemain au lycée, Jacob est là, attendant tranquillement devant l’entrée principale : cela rend immédiatement Edward bougrement nerveux, tant les tensions entre vampires et loups-garous sont grandes (non, Edward n’a même pas le minimum de self-control nécessaire malgré son siècle d’existence pour parler calmement à quelqu’un n’étant pas de son camp). Et Jacob raconte à Bella ce que le vampire choucrouté voulait lui cacher : Victoria est de retour. « Ho bin non alors ! » s’exclame Bella, avant d’embrayer sans plus attendre sur le fait que l’indien ne répond pas à ses textos (moi aussi, quand on m’annonce que le tueur surnaturel psychopathe & immortel qui me recherche est dans le coin, j’ai envie de parler de qui répond à mes sms ou non). En conséquence de quoi, mademoiselle Swan décide d’accompagner Jacob dans sa réserve pour parler avec lui au calme. La discussion est assez sympathique, jusqu’à ce que Jacob commence à faire de subtils sous entendus comme « Holala, les garçons imprégnés d’une fille (oui, imprégnés) ne peuvent plus s’en passer, je connais un ami dont c’est le cas qui… » ; halala, on se demande trop s’il parle de son ami ou de lui dis donc tellement les dialogues sont bien écrits.

Accessoirement, Jacob apprend que Bella compte se faire vampiriser après son diplôme de fin d’année (« Hihihi mon Edwardou, si j’ai une mention tu me vampiriseras plus vite, hihihi ?« ) ; or, détestant les vampires, il s’oppose à cela, et signale qu’il préfèrerait Bella morte que vampire.

Ça tombe bien mon garçon : être vampire, c’est en général être mort. Tu vois, tout le monde va y trouver son compte.

Quelques jours plus tard, Bella se voit proposer par les Cullen deux billets d’avion pour aller voir une dernière fois sa mère avant de finir transformée en suceuse de sang. Officiellement, son prétexte pour disparaître est « Je pars étudier en Alaska ». Quelle formidable excuse. Il y avait aussi « J’ai décroché un stage au Pôle Nord » suivi de « Je pars vivre à Roubaix« . En tout cas, maman Swan est évidemment formidable, puisque c’est la meilleure amie de sa fille ; accessoirement, elle a une qualité merveilleuse : elle est incroyablement stupide. Par exemple, elle ne remarque à aucun moment, alors qu’Edward a accompagné Bella (tiens, je me demande comment il a fait pour prendre l’avion ; au dessus des nuages, il a dû prendre le soleil, non ?), que ce dernier brille de mille feux puisque la maison de maman Swan est bien vitrée et située dans une contrée particulièrement ensoleillée. Pratique. Elle n’a pas non plus fait attention au fait qu’il ne mangeait pas (un détail), qu’il était tout pâle (un autre détail), que ses yeux étaient d’une couleur surnaturelle (décidément) et qu’il n’avait pas dû se laver les cheveux depuis près d’un siècle. Par ailleurs, elle précise lors d’une discussion que « Hihihihi, Edward te regarde comme un gros pervers psychopathe, c’est trop chou !« . Bravo maman, tu es décidément la digne mère d’Isabella Swan, à vous deux vous devez réussir à aligner le QI d’une truite. Tous les personnages de cette série me fascinent.

Maman & Fifille Swan sont trop des supers copines, hihihi, trop mégalol !

Pendant ce temps, à Seattle, il se passe des choses étranges : des gens disparaissent, des massacres sont effectués ici ou là, mais apparemment, personne ne sait qui remue ainsi la ville. En réalité, ce sont de jeunes vampires nouveaux-nés proliférant rapidement, que Riley (désormais mort-vivant, donc) tente de contrôler, et qui se nourrissent d’une manière bien barbare. A noter que malgré la non-furtivité des jeunes vampires, personne ne les remarque. C’est vrai que des mecs qui retournent des voitures en pleine rue avant de se ruer sur la gorge des passagers effarés, c’est incroyablement discret.

Dans tous les cas, le clan Cullen suit la chose à la télé. Ah oui, c’est malin : autant laisser les journalistes de TF1 mener l’enquête, vous avez raison les gars, c’est plus sûr. Jean-Pierre Pernaut dans son 13h devrait bien vous dégoter une information capitale sur la situation, comme par exemple un reportage sur le terrible meurtre du dernier fourreur de bottes de castor de Seattle.

Une nuit cependant, le jeune vampire Riley se rend donc à Forks afin de visiter discrètement la maison des Swan ; il y vole une culotte de Bella (ou une chemise, je ne suis plus sûr, je me souviens juste que c’était très laid et très sale) pour des motifs bien mystérieux (personnellement, je pense que c’est parce qu’il est aussi pervers qu’un Edward moyen). Sa présence est cependant reniflée par Edward, dont le mini-nez ne l’empêche pas de maxi-sentir ; afin de protéger Bella, il est décidé de la mettre sous surveillance. Mais pour les Cullen, comment faire pour protéger Bella, repousser les incursions de Victoria, chasser pour se nourrir et rester le cul devant la télé à regarder les reportages de TF1 sur Seattle en même temps ? Une seule solution : informer la tribu de Jacob de ce qu’il se passe. En conséquence de quoi, vampires & loups font une trêve et se relaient devant la maison de Bella pour faire le guet et la protéger de toute incursion vampirique.

Autre mesure pour protéger notre adolescente en folie : lui faire passer un maximum de temps dans la réserve indienne, où les loups peuvent s’assurer qu’il ne lui arrive rien d’affreux (comme tomber amoureuse d’un macchabée par exemple). Jacob en profite pour inviter la jeune fille à une soirée indienne durant laquelle Père Castor raconte les belles histoires de la tribu, à commencer par comment les indiens ont rencontré les vampires pour la première fois, et surtout, comment un jour, alors que le chef indien de l’époque était menacé par une vampire fourbe, sa femme se poignarda pour faire couler le sang et affoler les sens du prédateur nocturne ; la diversion et le sacrifice de la peau rouge permirent au chef tribal de tuer la vampire.

Remarquez, l’indienne était bien bête : faire couler le sang pour provoquer une diversion ne nécessite pas forcément de se poignarder dans le ventre, bande d’andouilles. Et après ça s’étonne de se faire exterminer. Tsss.

J’en profite pour vous annoncer, puisque nous n’allons pas toutes les faire, que régulièrement, le film est coupé par une scène cucu durant laquelle Edward demande encore à Bella de l’épouser, Bella qui lui répond que « Nan, je veux être transformée d’abord ! » suivi de propos à base de « Tu es ma raison de vivre » (mais tu es mort, sombre margoulin !) et autres « Si je te transforme, tu seras immortelle et tu verras tous ceux que tu aimes mourir, je ne veux pas que cela t’arrive c’est trop dur« . Ces séquences répètent toujours les mêmes choses, mais varient par le lieu où elles se déroulent : sur le lit de Bella, dans un bois, dans un salon, sur le capot de la benz-benz-benz… Ça dégouline de niaiserie.

La séquence niaise numéro 18. Ou 19. Ah, il y en a trop, je suis perdu.

Mais revenons à la réserve indienne, voulez-vous ? Un jour, Jacob emmène Bella dans un superbe coin sauvage, où elle ne pourra pas crier au viol. Là, l’indien lui révèle qu’il l’aime très fort, qu’elle devrait le choisir lui et pas le vilain vampire, car petit a, lui est un être vivant, et petit b, lui n’aura pas besoin de la transformer en vampire. Notant que ses paroles n’ont pas l’air d’atteindre le cœur de Bella, il se décide à passer à la seconde étape de son plan : le roulage de patin. Cela surprend notre jeune fille, qui se rebelle un peu et s’énerve : elle demande à repartir aussitôt, tant l’haleine de chien mouillé du bel indien lui a pourri les papilles.

Quelques heures plus tard, alors qu’elle regagne son domicile raccompagnée par Jacob, Edward débarque à toute allure et tout énervé en hurlant « t’as touché ma meuuuuuf beuaaar ! » : en un mot comme en cent, c’est un peu la grosse colère. C’est finalement Charlie Swan, le shérif de père d’Isabella, qui viendra séparer et calmer les deux jeunes courtisans, aidé en cela par le charisme fabuleux que lui procure sa moustache. Tout se finira donc calmement pour cette fois.

Hélas mes bons amis, la fin d’année approche (mais pas la fin du film, ce qui est regrettable) ! Il est donc temps que nos chers élèves du lycée de Forks aillent chercher leurs diplômes lors de la célèbre cérémonie qui va bien. Pour l’occasion, la famille Cullen a organisé une grande fête chez eux où tous les élèves sont invités.

C’est bien normal : ce sont des vampires pluriséculaires ; ils passent donc évidemment leur temps à fréquenter et inviter des lycéens immatures. Par ailleurs, c’est une idée fabuleuse d’inviter une horde de trous du culs curieux & rebelles dans sa maison au fond des bois, celle où il n’y a aucun lit puisque chacun sait que les vampires ne dorment pas, et où sont entassées des milliers de photos & des peintures d’eux les représentant à différentes époques. Bref, le truc trop discret ; dites, vous voulez pas non plus leur montrer la pièce où vous stockez tous les diplômes que vous décrochez depuis plusieurs siècles et prouvant votre immortalité tant qu’à faire ? Celle que vous montriez à Bella dans le premier volet ? Ah, mais suis-je bête : des lycéens en quête d’un coin discret pour copuler finiront bien par la trouver par eux-même. Vous êtes décidément trop intelligents les Cullen, c’est fou.

Tiens d’ailleurs, en parlant de gens trop intelligents, que devient la famille royale des vampires, les Volturi ? Et bien figurez-vous qu’ils se sont déplacés à Seattle pour constater que ce sont bien des vampires qui mettent la ville à feu et à sang. Et en se renseignant un peu, ils comprennent vite qu’il s’agit d’une armée qui se prépare avant d’aller massacrer le clan Cullen. Et comme les Volturi n’aiment pas trop les Cullen, ils décident de laisser faire.

Excellent plan ! Car en les laissant faire leur petit bain de sang à Seattle, au vu et au su de centaines de témoins, qui c’est qui va bientôt se prendre sur la gueule tout ce qui ressemble à un chasseur de vampire/l’inquisition/des humains vengeurs sur la gueule ? Mais oui, tous les vampires, Volturi compris ! Dont le rôle était, je le rappelle, de s’assurer que les vampires restent discrets. Et qui étaient qualifiés de « subtils » et d' »intelligents« . Définitivement, ils sont donc forts cons, comme ils ont su le prouver à chaque fois qu’on a entendu parler d’une de leurs décisions depuis trois films.

Les Volturi savent s'habiller pour ne pas éveiller l'attention des humains

Mais éloignons nous de ces considérations qui nécessitent un QI supérieur à 55 pour être prises en compte, et retournons voir les Cullen qui, comme toute bonne famille d’américains moyens, décide d’aller camper pour profiter de la nature sauvage. Ils laissent donc la maison pour un week-end à Edward et Bella, ce qui sent l’orgie à plein nez.

Incroyable coïncidence, c’est le jour où Papa Swan décide qu’il est temps de parler sexe, protection & petites abeilles à sa fille. Après un habile mouvement de moustache, il se décide donc à entamer la conversation (attention, nous arrivons sur le passage sexe, donc lourd) :

« Ma chérie tu… tu te protèges, hein ? Tu ne fais pas de bêtises ?
- T’inquiète papa !
- Oui mais avec Edward vous… heu… hein ?
- Papa ! Edward est de… la vieille école.
- Il préfère la sodomie ?
- Papaaaaa ! Enfin ! Il a dit pas avant le mariage ! Et puis je suis viergeuuuuh, d’abord ! »
0

Vierge, mais plus pour longtemps mes bons amis, car le week-end arrive, et Bella a bien envie de couchailler avec Edward. C’est à peu près à ce moment là que dans le cinéma, tous les mâles présents font « Ouiiii une érection alors que son cœur ne bat plus, hahaha, les nuls » ; oui en même temps les mecs, ça fait 1h30 que vous êtes devant un film ou un mec mort depuis un siècle au cœur qui ne bat effectivement plus marche, parle & éprouve des sentiments, alors bon, on est plus à ça près. Non, le vrai problème c’est que un, s’il s’accouple à une vierge et que la vue du sang le rend fou, il va vite y avoir un problème, et que je… attendez… qu’est-ce que je viens d’entendre ? Pourquoi Edward refuse de copuler ? « Je te mettrais en danger, je pourrais te faire mal » (véridique). Je… ha. Okay, donc notre bonhomme explique qu’il est tellement puissant qu’il risque de traverser sa dulcinée de part en part. Quel gros vantard. Je suis consterné. Vite, Edward, dis quelque chose qui nous sorte de ces grivoiseries, sois prompt, je t’en conjure ! Remonte le niveau !

Edward trouve donc une diversion parfaite pour calmer les hormones de Bella : la demander en mariage (allez, ça fait quoi depuis le début du film… la 7e ? La 8e fois ?). Et Bella accepte, car cette fois, la seule chose qui a changé par rapport aux autres tentatives, c’est que le beau vampire lui a offert une énorme bagouze. Non, elle n’est pas du tout vénale, pourquoi dites vous cela ?

En tout cas, j’ai dû être le seul à me souvenir que ça faisait une petite dizaine de fois que la demande en mariage avait été faite et plus ou moins acceptée (« si tu me vampirises d’abord », c’est déjà un oui), vu que les poufettes de la salle se sont toutes mises à applaudir. Consternant. En tout cas, j’imagine bien l’auteure:

« Les scènes de demandes en mariage, c’est trop choupinou. Tiens, je vais en mettre une. Tiens, deux. Allez, trois. Ho, et puis zou, une toute les vingt pages ; et puis entre les mêmes personnages, hein, je suis sûr que personne ne remarquera rien.« 

Quand on est lue par des huîtres, c’est vrai que ça passe. Sinon, non.

Edwaaaaaaard hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Sur ces entrefaits, maintenant qu’on a eu un peu de scène d’amour, mettons un peu de scène d’action : désormais, les Cullen savent  grâce à divers supers-pouvoirs que l’armée des vampires de Seattle leur en veut personnellement, ainsi qu’à Bella. Hélas, ils risquent de subir une sévère défaite, tant ils sont en infériorité numérique. Aussi décident ils de proposer une alliance aux loups-garous indiens (qui acceptent), au motif que tout cela est avant tout fait pour protéger Bella. Car ils savent que Riley, le chef de la meute de nouveaux-nés, a une culotte de la damoiselle et qu’il la fait renifler à ses troupes pour mieux la pister. Pauvres vampires.

Et les Cullen proposent aussi de s’entrainer car, figurez-vous que les vampires nouveaux-nés sont les plus forts de tous les vampires, puisque leurs tissus sont encore « gorgés de sang humain« , ce qui les rend plus puissants. De là à en déduire que les Cullen sont de vieilles merdes sèches, il n’y a qu’un pas que je franchis au son du Bolero de Ravel. Cependant, ils disposent d’un atout de choix dans leurs rangs : Jasper, le vampire à la coupe de cheveux de jeune UMP (il en a changé, mais ça reste dans l’esprit), propose à l’assemblée de regarder un de ses flash-back où, comble du bonheur, figure brièvement Kirsten Prout ce qui est signe de bon goût. On y apprend qu’il était un major de l’armée confédérée, vampirisé par une vilaine dame qui levait des armées de nouveaux-nés. Or, lorsqu’ils avaient atteint l’âge d’un an et perdu leur force de vampire tout neuf, elle les faisait exécuter par Jasper, qui est donc devenu un expert dans la matière. Il donne donc de superbes conseils, que je vous cite (des fois que vous ayez à affronter des vampires nés de la dernière pluie) :

  • Ne jamais les prendre de front
  • Essayer au maximum de les prendre en traître
  • Rester attentif

Merci pour ces superbes conseils, dont je ne retiens qu’une chose : « Mieux vaut les attaquer par surprise« . Soit.

Après cet entrainement, tout le monde rentre chez soi se coucher (enfin, surtout Bella puisque les vampires ne dorment pas), et notre héroïne a un rêve : celui de Victoria levant une armée de nouveaux-nés qui… ho ! Elle se réveille en sueur aux côtés d’Edward qui passe ses nuits à la mater (je pense sérieusement qu’il devrait consulter) à qui elle révèle tout : « Ah bin dis, ah bin en fait, si ça se trouve, p’têt’ que c’est Victoria qui lève l’armée des vampires, là, dis-donc ! » « Pas con, j’y avais pas pensé« , répond Edward, avant de lui commander de se rendormir afin qu’il puisse continuer de la regarder en marmonnant « Beeeelle….belle… fifille… greeuuuu…« 

Les Cullen décident donc de mettre au point un plan : puisqu’il est crédible que Victoria soit la véritable chef de l’armée vampire, et non Riley, qui ne serait qu’un jouet qu’elle manipule (tout comme Jasper fut manipulé en son temps), et que Bella semble être la cible principale des assaillants, il faut :

  • Mettre Bella en sécurité, en la mettant avec Jacob loin du champ de bataille, son odeur de loup-garou pétomane masquant celle de la jeune fille en fleur
  • Choisir un terrain donnant l’avantage au clan Cullen et aux loups
  • Attaquer par surprise l’armée ennemie vu qu’ils sont trop forts de face

Okay, donc ça c’est le plan. Tout le monde est d’accord ? Oui ? Alors en route.

"Sacrebleu, vampires & loups montent la garde sur tous les bons coins à champignons, comment vais-je bien pouvoir faire ma quiche ?"

Edward installe la planque de Bella sous la forme d’une tente Quechua dans les hauteurs enneigées d’une montagne locale. Et évidemment, ce gros blaireau reste avec Bella, alors que du coup, ça fout tout le plan en l’air (Victoria connait l’odeur d’Edward et sait qu’il est accroché à Bella comme le gros parasite qu’il est), mais personne ne le fait remarquer.

La nuit venue, il fait moult froid sous la tente Quechua, et mademoiselle Swan grelotte. Edward, malgré ses 80 années au lycée, ne sait toujours pas que la neige et l’altitude, souvent, c’est pas très chaud. M’est avis qu’il redouble depuis 80 ans, qu’il n’est pas vraiment au lycée par choix, cette andouille. En plus, comme il est tout mort, il lui est difficile de réchauffer Bella avec sa chaleur corporelle (alors que ses sourcils en fourrure auraient pu servir de couverture supplémentaire, mais il n’y pense pas). Finalement, c’est donc Jacob, le célèbre indien en slip qui se pointe sous la tente et se propose de se coller contre Bella pour la réchauffer avec sa super température corporelle supérieure à la normale. Edward étant très jaloux, il refuse ; mais Jacob a un argument de choc « Si elle est malade, ce sera ta faute ! » (véridique là encore) : apeuré qu’elle n’attrape un rhume, Edward laisse donc un gros indien bodybuildé en slip rentrer dans le sac de couchage de sa copine. Non mais vraiment, vraiment.

Et une fois Bella endormie, toutes les jeunes filles de la salle fantasment sur sa situation, puisqu’alors qu’elle dort à poings fermés contre les gros muscles de Jacob, ce dernier et Edward échangent entre beaux gosses sur le fol amour qu’ils partagent pour elle. Fabuleux.

Au matin venu, il a beau encore y avoir de la neige et du froid partout, Bella se promène en petit chemisier ouvert dehors : je confirme, elle ne doit pas avoir froid, hier soir elle faisait juste du gros chiqué pour attirer slip-man dans son lit. On sent que ses hormones en plein travail lui tiennent chaud. Mais pas le temps de rigoler cependant : l’armée de Victoria est en train d’arriver, et Jacob veut partir se battre ; Bella tente de le retenir pour ne pas qu’il soit blessé, et se propose même de lui rouler des pelles devant Edward si ça peut le faire rester (alors vieux vampire, on commence à comprendre que l’on s’est entiché d’une simple lycéenne en rut ?) ; Jacob prend les bisous et en profite bien, puis part quand même.

Oui, alors ma petite Bella, tu serais un peu moins salope chipie, il suffisait de dire « Le plan, c’est que tu restes ici pour cacher mon odeur, alors ne fout pas tout en l’air« . Mais nous allons vite constater que le plan, tout le monde s’en tape.

Car oui, la stratégie des Cullen était de choisir un terrain à leur avantage et d’attaquer l’ennemi par surprise, et surtout pas de face. Je ne sais pas, comme par exemple, se planquer dans les arbres ou les fourrés et tomber sur l’ennemi dans les bois, là où le terrain l’empêchera de profiter pleinement de l’avantage du nombre et qui… quoi ? Pardon M. Cullen ? Vous allez plutôt les attendre à découvert et tous en ligne dans une clairière avant de les attaquer de face ? Mais dites donc, ce ne serait pas l’exact contraire de la stratégie que vous proposiez en fait ? Vous êtes tous profondément idiots dans cette famille ou bien ?

"Attendez les amis ! Et si on faisait l'exact contraire du plan prévu ? Ils ne s'attendent sûrement pas à ça !"

Il n’empêche que malgré toute l’incohérence de la situation, tout marche à la perfection : à grands coups de poings et de mâchoires de loups dans la gueule, les nouveaux-nés sont bien vite mis en déroute. Tiens, d’ailleurs, saviez-vous que lorsque l’on envoie un objet suffisamment vite dans la tête ou dans un membre d’un vampire, il explose comme de la pierre ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas utiliser des armes à feu ? C’est comme des coups de poings surhumains, mais en mieux. Non ? Non.

Pendant ce temps, Victoria et Riley ont contourné le champ de bataille et ont foncé droit sur le campement Quechua de Bella & de son amant, qu’ils ont pu tranquillement trouver grâce à la vieille odeur de ce bon vieux Edward. Le combat est rude, Riley est rapidement vaincu, mais Victoria se montre plus fourbe et résistante et se retrouve à un moment en position de tuer Edward. Se souvenant de la vieille légende indienne, Bella se fait saigner au niveau du bras (tu vois, pas besoin de te poignarder, tu es définitivement plus maligne qu’une Pocahontas locale toi) et détourne ainsi l’attention de la vampire rousse, laissant ainsi juste le temps à Edward de la tuer. Ce dernier jette alors un briquet sur les corps fracassés des deux vilains vampires, qui prennent instantanément feu.

Ah ? Ça brûle si facilement que ça un vampire, au point qu’on dirait qu’ils sont imbibés d’essence ? Mais alors pourquoi ne pas se contenter de leur balancer des mégots de cigarette à la gueule plutôt que de se faire chier à les combattre à coups de poings ? Je suis déçu, ça serait tellement plus classe de s’en débarrasser ainsi.

Tout le monde décide cependant de se retrouver sur le champ de bataille, où les restes de l’armée de Riley finissent d’être massacrés. C’est alors que, lorsque le dernier d’entre eux est tué (non sans avoir légèrement blessé Jacob), les Volturi arrivent. Point intéressant, il faut savoir que les Volturi ont tous d’inutiles capuches qu’ils portent lorsqu’ils se déplacent et retirent lorsqu’ils parlent pour faire sombre et mystérieux. Mais alors, toutes les racailles à capuches seraient sombres & mystérieuses ? Ou même, seraient-ce des Volturi ? Diantre !

En attendant, les vampires royaux sont donc là. Alors qu’ils s’attendaient à trouver le clan Cullen et Bella mis en pièces, ils s’aperçoivent que les nouveaux-nés ont échoué. Zut, crotte de bique, s’exclament ils. Ils tentent donc le bluff : « Holala, on arrive trop tard pour vous aider à arrêter ces vilains vampires, zut alors » ; mais histoire d’appuyer leur bluff, ils constatent qu’une petite vampire s’est rendue aux Cullen : ils se proposent donc de l’exécuter. Et le font aussitôt, en prenant leur air le plus méchant, pour bien rappeler qu’ils sont habillés en noir et portent des capuches pour d’excellentes raisons de manichéisme visuel.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Jacob se remettant de ses blessures dans la réserve indienne, où Bella vient le visiter : il lui explique qu’il continuera de la protéger quoiqu’il advienne, même si elle devient une vilaine suceuse de sang. Sur ce, Bella retourne voir Edward dans le grand champ de fleurs où le film a commencé, et elle lui annonce avoir choisi la date de sa vampirisation et de son mariage : le 13 août, puisque c’est tout de même la journée internationale des gauchers, et qu’elle veut célébrer un jour pareil. Une fois cela fait, elle pourra profiter du haut de ses 17 ans de l’immortalité, c’est trop cool, hihihi, je t’aime mon Edwardounet, d’ailleurs je voulais te dire qu’en fait, je crois que j’ai toujours su que j’étais une petite vampire trop choupi au fond de moi, hihihi, allez viens, on va annoncer le mariage à mon père maintenant, hihihihi.

"Si ton père me refuse ta main, j'lui pète les vertèbres"

Et sur ce rire de niaise sous LSD…

FIN

C’est à ce moment précis que je suis retourné à l’entrée du cinéma pour vider deux chargeurs de Maüser dans le guichet de la jeune fille qui m’avait vendu le ticket.

« Mieux que le deux, hein ? » dis-je en écartant du pied une douille fumante qui achevait de rouler sur le sol.

J’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule.

About these ads