Nous sommes le 14 février.

Ah, le prévisible sujet que voici ! D’ores et déjà, j’entends s’élancer dans l’air humide de ce jour d’hiver les cris d’orfraies de celles et ceux qui s’insurgent que l’on traite de la question : “Ah, voici qu’ici encore, on va nous parler de cette fête ; c’en est assez ! Et quand bien même ce serait pour s’en moquer et se concentrer sur sa nature marchande, voilà qui est déjà connu ! Non, parlons d’autre chose, je vous en prie.” ; si j’entends bien la complainte n’oublions pas que mon mépris n’a d’égal que mon ego, et que de fait, je vous conchie, petits râleurs. Aussi aujourd’hui, nous parlerons bel et bien de la Saint Valentin.

Mais pas en soi ; qui a envie d’entendre parler d’Augustin offrant des chocolats à Margaux, susurrant son nom à son oreille accompagné de quelque mots doux ? Qui trouve de l’intérêt à suivre la journée d’Emilie, partie en quête du mystérieux inconnu qui lui a fait livrer des fleurs ce matin ? Et qui voudrait savoir comment Bichette la chèvre a trouvé l’amour cette nuit même, peu après l’arrivée dans son pâturage d’une compagnie de la légion étrangère ?

Non, nous ne parlerons pas de tout cela. Aujourd’hui, je vous propose plutôt de nous arrêter sur le 14 février au travers de l’histoire, afin de mieux comprendre les origines de cette fête, et expliquer à votre moitié avec moult arguments que non, vous ne lui ferez pas de cadeaux aujourd’hui, à part éventuellement un coup de clé à molette dans la gueule si elle ne va pas faire la vaisselle sur le champ (vous êtes vraiment romantique), pour la simple et bonne raison que vous ne pouvez célébrer correctement une fête avec quelqu’un qui en ignore tout.

Ainsi donc, abordons sans plus attendre la question :

Le 14 février dans l’histoire

Enfin une carte que les célibataires pourront envoyer à diverses parties de leur corps

En effet, contrairement à une rumeur répandue par de fieffés sacripants en quête de prétexte pour ne pas offrir de chocolats à autrui (avec un petit mot “Vu ton cul, j’ai hésité mais c’est la tradition” pour les plus élégants), la Saint-Valentin a de profondes origines historiques, dont nous avons connaissance grâce aux nombreux documents qui sont parvenus jusqu’à nous : tablettes de marbre, textes monastiques et autres dépliants Interflora.

Ainsi, si dès la Grèce antique, la période alentour du 14 février est connue pour être la saison de la prospérité à venir, des amours naissants et de la fertilité, on ne rencontre la date exacte de la Saint-Valentin, alors nommée “lupercales” qu’au sein de la Rome antique, où on savait s’amuser. Il ne s’agissait point d’aller trouver son beau ou sa belle pour lui déclamer un poème et lui expliquer que son amour était aussi pur que l’éclat des stalactites sur les chalets de Courchevel au petit matin, mais d’un rituel un poil moins innocent : après avoir sacrifié une chèvre en l’honneur de Lupercus, une divinité associée à pas mal de choses y compris la fertilité, deux jeunes gens étaient sélectionnés pour s’en aller gambader dans toute la cité à moitié à poil en hurlant des insanités, fouettant le cul des passantes à grands coups de lanières fraîchement taillées dans l’animal sacrifié.

Ah.

Alors oui, ce n’était que moyennement romantique (mais Rome antique quand m… je… que… qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi je saigne du nez ?) , j’en conviens, mais tout de même, il y avait un rapport direct avec l’amour, mais pas vraiment celui des sentiments : chaque femelle ainsi rougie de la croupe façon “Rome est mon donjon, aucun fessier n’échappera à ma cravache“, comme le disait Caius Gimpus, est supposée devenir fortement féconde, et il convient donc de s’occuper promptement de son cas pour produire de nouveaux citoyens au sein de la cité au plus vite, des fois que les Wisigoths traînent dans le coin et que l’on manque de soldats. Bref, en un mot comme en cent, en ce temps, l’objectif n’était pas vraiment d’offrir des chocolats à sa douce, mais plutôt de la traîner par les cheveux jusqu’à la domus, de lui proposer avec insistance de faire fick-fick fraülein dans l’atrium, puis une fois cela obtenu, de s’en aller avec la satisfaction du devoir accompli. On se souvient de la tablette dite “de la Via Flaminia“, traitant du sujet, qui bien que grandement endommagée permet encore de lire ces quelques mots : “…après le coït, péta puis s’endormit dans le cubiculum. La jeune Lucilia à son côté caressa son ventre fécond, espérant y voir prochainement la vie grandir ; quelle ne fut pas sa surprise lorsque dans l’heure qui suivit, son amant la fit emmener jusqu’à Ostie pour la livrer à la cale de l’une des galères de la garde  : cela fait, il s’en retourna retrouver sa femme, s’excusant de son retard car il y avait beaucoup de travail aujourd’hui sur le forum. Oui, Augustus Connard avait passé un merveilleux 14 février“.

La fête, profondément implantée à Rome, était une véritable institution et un jour de fête durant lequel les femmes souhaitant avoir des enfants n’hésitaient pas à se mettre volontairement le jour des lupercales sur le chemin des fouetteurs de cucu fous (ah, ces donzelles…) ; durant plusieurs siècles de pratique, la chose resta très populaire, à part chez Pline le Jeune, qui ressemblant beaucoup à une jeune fille, en avait assez de se retrouver avec la croupe rougie tous les 14 février, surtout que mine de rien, une toge, ça protège peu, alors ça pique, merde, vous faites chier les gars. Il s’opposera un temps à la pratique de ce rituel qu’il considérera comme dégradant, avant d’être nommé par l’empereur Trajan en la province de Pont-Bithynie à 1 200 bornes de là histoire que ce gros lourd arrête d’enquiquiner cette pratique traditionnelle qui n’est pas sans rappeler aujourd’hui les soirées d’intégration des écoles d’ingénieur ou de commerce (même si chez les romains, c’était quand même un peu moins bas du front, tant les grandes écoles ont imposé un certain niveau qui fait rêver).

Finalement, la tradition subit le même sort qu’Halloween ou Noël : les chrétiens débarquèrent, et ne pouvant complètement éradiquer un rite aussi solidement implanté dans la société romaine, ils se contentèrent de le transformer en fête : la Saint Valentin.

Mais alors, me direz-vous, qui était ce mystérieux saint Valentin ? Pouvait-il tirer de la guimauve avec les yeux et envoyer des arcs-en-ciel avec la bouche ? Brandissait-il son crucifix debout sur le dos d’une licorne ? Criait-il devant les films de Ryan Gosling ?

Non, c’était vachement mieux que ça : c’était un mec qui donnait des tuyaux pour dragouiller. Et mieux encore :

C’était un moine.

"Vois-tu mon bon Adso, en tant que coach en séduction, je peux te dire comment tu vas toutes les faire tomber : d'abord, tu dois faire semblant d'écouter ce qu'elles te racontent, même si elles parlent de Drive"

Demander des conseils en drague à un moine, cela revenait un peu à demander des conseils en tir à l’arc à Gilbert Montagné, mais à l’époque, on avait le goût de la gaudriole ; il faut tout de même reconnaître que si Valentin avait un contact avec le Seigneur, celui-ci devait, de par son omnipotence et sa connaissance sans limite de l’Humanité, sa création, savoir comment aider les jeunes hommes à conquérir leur douce (oui, il ne conseillait que les jeunes hommes, parce que dans les monastères, les moines sont fort peu autorisés à recevoir des jeunes filles en rendez-vous privé, allez savoir pourquoi). Ainsi, certains soirs, Valentin recevait des éphèbes dans sa cellule (juste pour parler, hein, vous n’imaginez quand même pas qu’un membre du clergé puisse être homosexuel, enfin ! Si c’était le cas, pif pouf, directement il se mangerait la foudre du Seigneur dans les gencives ; non, arrêtez avec vos théories foireuses. Faites confiance à un ordre d’hommes restant entre eux, refusant de voir des filles, ayant partout chez eux des images d’un mec en slip le torse au vent, et le tout en s’habillant en robe, bon sang) et les conseillait sur la meilleure manière de séduire le coeur des douces du village proche.

“Frère Valentin, frère Valentin !
- Oui Alban ? Que puis-je pour vous, n’êtes vous pas à la ferme de votre père aujourd’hui ?
- Non… frère Valentin, je dois savoir : au village, Herbert dit que vous avez un don pour séduire les douces ; m’aideriez-vous à conquérir la belle Adeline, la fille du meunier ?
- Allons Alban… je suis un homme d’église. Je dois savoir : la désires-tu pour la pureté de son coeur, ou est-ce son apparence qui trouble tes sens ?
- C’est que frère Alban, son rire est comme le son de la source ricochant sur les galets ! Ses cheveux sont plus légers que la brise, éclairant à chacun de leurs mouvements son visage délicat ! Et ses boobs, bordel, elle a une de ces grosses paires de loch…
- Hem, oui, je crois que j’ai compris Alban ; mais tu ne dois pas oublier : il ne s’agit pas de tentation, mais d’amour ! Tu ne dois pas voir simplement la beauté sous tes yeux, tu dois lire en elle. Vois cette Bible, elle est comme elle : sa couverture est merveilleuse, mais sa vraie beauté est dans ses pages, et seul l’érudit apprenant à en déchiffrer les lettres saura la comprendre, la garder et la chérir. Comprends-tu ce que je veux te dire, Alban ?
- Non.
- Raaah, pourquoi est-ce que je suis obligé de conseiller des ploucs ? Bon Alban, on va faire simple : emmène-là pique-niquer à la cascade près de la maison du forestier, les connasses adorent ça : là, tu choppes un gros caillou, tu lui mets dans la gueule, tu fais ce que tu as à faire et tu balances le corps à la rivière : le courant est fort dans le coin, elle sera à Pérouse avant que ses parents ne remarquent sa disparition. Maintenant, fais péter du denier petit con, le toit de la chapelle va pas s’entretenir tout seul.”
  

Sacré saint Valentin, quel déconneur.

Hélas, l’empereur Claude II le Cruel, qui comme son nom l’indique, n’était pas vraiment commode, ne goûtait guère ce genre de boutade, et appréciait encore moins de savoir que de plus en plus de jeunes gens, au lieu d’aller mourir au nom de Romulus et Rémus en Forêt Noire en se ramassant des coups de hache dans le museau de la part de germains farceurs, préféraient aller conter fleurette aux donzelles en prenant pour conseiller des chrétiens, demanda gentiment à sa garde d’aller trouver Valentin et de le coller au trou histoire qu’il devienne conseiller conjugal dans les douches de prisons, une spécialité trop peu présente, plus encore dans l’empire romain. La légende varie alors en deux versions :

  • la première est que Julia, la fille du geôlier, était aveugle et qu’il lui aurait rendu la vue grâce à ses pouvoirs de moine de niveau 4
  • la seconde est qu’il aurait glissé des petits mots à la même Julia, toujours fille du geôlier, mais pour le coup beaucoup moins aveugle, en les signant “de la part de ton Valentin“, prouvant ainsi que pour un moine, il avait quand même la détente facile le chenapan. D’où la tradition actuelle d’envoyer des mots “de la part de ton Valentin” à sa moitié. Qui en retour se contente d’un “Mirki, lol ;) “.

La fin du récit est en tout cas identique dans les deux cas : Claude II  le Cruel souhaitant rendre hommage à son patronyme se décide à en finir avec le moine en le faisant tabasser par un paquet de légionnaires pas contents (“Vas-y bâtard, t’as conseillé le mec qu’a pécho ma meuf, j’vais t’bouillav‘”) avant de le faire décapiter parce qu’on rigole, on rigole, mais il vient quand même un moment où il faut retourner au travail et arrêter les conneries.

Voilà donc le fin mot de l’histoire, qui permet de se rappeler que si en ce 14 février on s’offre des chocolats, c’est en hommage à des types à poil qui claquaient les fesses des passantes en hurlant et d’un moine-conseiller-conjugal avec des supers pouvoirs qui s’est fait décapiter. Vous voilà donc paré pour expliquer à votre moitié tout ce qu’elle ignore de cette fête des plus formidables ce qui devrait, logiquement, l’aider à ne plus vous ennuyer avec ça.

Cependant, il serait tout de même cruel de ne pas citer dans la continuité de cette présentation les plus célèbres 14 février de l’histoire, certains ayant définitivement marqué les pratiques de ce jour de fête, afin d’enfoncer le clou. Faisons donc un petit florilège, comme on dit en cette saison :

842, le bisou de Strasbourg 

En cette période de trouble où Lothaire Ier, aîné des descendants de Charlemagne règne sur un tiers de l’empire de son glorieux ancêtre. Louis le Germanique, régnant sur un autre tiers à l’est, et Charles le Chauve, sur le dernier tiers à l’ouest (oui, dans ces histoires de Saint Valentin, quand on ne parle pas d’un mec avec une tonsure, on tourne autour d’un chauve : on reste dans le thème) se décident à se rencontrer à Strasbourg pour se faire de gros bisous, puisque c’est la saison des amours : Charles dit à Louis qu’il l’aime, Louis dit qu’il aime Charles, on s’échange des chocolats, des fleurs, des haches et des épieux puis on rédige un beau papier disant “On s’aime très fort tous les deux, par contre, on aime pas trop Lothaire. S’il bouge, on lui défonce la gueule, non mais ho“. Ces quelques mots qui ont fait l’histoire et qui nous sont parvenus sont l’une des plus belles preuves que le 14 février est le jour des mots gentils. Strasbourg se pose alors en capitale européenne de la Saint Valentin.

Enfin un cadeau de Saint Valentin utile

1349, Mazel tov, Strasbourg !

En tant que capitale de la fête de l’amour, on ne s’étonnera pas de retrouver la légendaire cité de l’est à nouveau mise en avant dans l’histoire un 14 février ; en effet, en ce petit matin d’hiver médiéval de 1349, un drame secoue la ville : Justine Frochounet est retrouvée morte dans sa chambre de l’hôtel particulier de son père, Baptiste Frochounet. Les conclusions du médecin sont formelles : sa mort doit avoir un vague rapport avec la peste noire, vu que la bougresse a des bubons un peu partout sur elle, au point qu’elle ressemble un peu à une tortue vaguement molle. Si la comparaison zoologique fait beaucoup rire les témoins, Baptiste Frochounet rigole beaucoup moins lorsqu’il demande au praticien comme sa fille a bien pu attraper la peste. L’homme de science, le sieur Hubert Dagonnet, se met à suer à grosses gouttes en assurant qu’il ne voit pas, et que la seule chose dont il est sûr, c’est que ça n’a AUCUN rapport avec la soirée où il avait emmené la jeune fille quelques jours plus tôt, contenant quantité de malades, puisqu’avant l’invention de la soirée mousse, on faisait des soirées pus en se faisant assister de volontaires crevant leurs excroissance en direction des invités.

Ah, on savait rire en ce temps là.

Déçu de cette analyse, Baptiste Frochounet consulte donc le Grand Livre des Coupables, afin de savoir qui il doit punir : les francs-maçons n’existant pas encore et les étrangers n’étant pas encore assez nombreux pour pouvoir être accusés de tous les maux, ce sont donc les juifs qui sont désignés. Ainsi, en ce 14 février, l’ensemble des membres de cette communauté habitant Strasbourg sont accusés d’être derrière la peste noire et massacrés en conséquence.

Baptiste Frochounet célèbre donc l’évènement en se gavant de chocolat pendant qu’on écartèle le dernier rabbin. La tradition des confiseries restera, celle du rabbin, moins (encore que, dans certains partis, on continue de vouloir la réhabiliter, mais c’est un autre sujet)

1876, le premier baisé par téléphone

En cette journée de l’amour, Elisha Gray, sympathique citoyen de l’Ohio, s’en va en sifflotant vers le bureau des brevets : il vient d’inventer un outil extraordinaire qui permettra aux gens de se dire qu’ils s’aiment où qu’ils soient dans le monde ! Le coeur léger et la tête haute, il passe donc la porte de l’administration et, après avoir rempli suffisamment de papiers pour qu’enfin on daigne s’occuper de lui, il pose sa création à breveter sur la table :

Le téléphone.

A peine l’instrument est-il disposé sur le bureau du fonctionnaire chargé de délivrer les brevets que l’appareil sonne, ce qui laisse Elisha un poil dubitatif, tant il ne voit guère qui pourrait appeler l’appareil qu’il vient juste d’inventer ; décrochant le combiné, il entend alors la voix ponctuée du charmant accent écossais de Graham Bell qui lui déclare tout de go : “Salut Elisha, je viens de déposer le brevet il y a une heure : tu es bien niqué. Par contre raccroche vite, on a pas encore inventé l’abonnement, du coup là on paie plein pot“. La légende raconte que Gray, échaudé par la nouvelle, aurait répondu par un juron si bref et grossier qu’il fut aussi le premier SMS de l’histoire.

Depuis, chaque année, en souvenir de ce crypto-échange de fluides par téléphone, les amoureux du monde entier s’appellent pour se dire ce qu’ils pensent l’un de l’autre, avant de finir par “Naaaan, c’est toiiii qui raccroche !“.

1933, la solitude n’existe plus

Paris, ville de l’amour par excellence juste après Melun, lance en grande pompe un nouveau service téléphonique pour compléter la tradition du 14 février instaurée par Graham Bell : l’horloge parlante.

Désormais, même le célibataire le plus endurci peut entendre à l’autre bout du fil une voix s’adresser à lui, et lui susurrer quelques mots doux à base de “top” ; partout, des hommes et des femmes qui n’avaient plus personne à qui parler à part à leur chat, qui comme tous ceux de son espèce, est un connard qui se lèche les parties pendant qu’on lui cause, retrouvent foi en la vie en pouvant discuter quelque peu avec la première machine vocalisant une réponse à une interrogation précise.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore au stade du téléphone rose, mais ce sont les balbutiements ; de nos jours, pour la Saint Valentin, les vrais célibataires se connectent à World of Warcraft, afin de pouvoir rencontrer l’amour sous la forme d’une belle prêtresse elfe de la nuit en réalité jouée par un type qui porte le même t-shirt depuis 2003.

1939, le Bismarck chante l’amour

Déjà évoqué céans il y a deux ans,  n’oublions pas que le 14 février 1939 fut l’occasion pour Adolf Hitler de feinter la Société Des Nations qui, s’étonnant du lancement de l’un des plus monstrueux navires de guerre de tous les temps, gros comme le Titanic, mais avec pour orchestre des canons de 380 à la place des violons, rappelant au führer qu’il lui était interdit de produire pareil navire de guerre depuis le traité de Versailles, s’entendit répondre que “Ach ! Che gombrend fotre zurbrize ! Mais ce n’est pas tu tout ein große nafire bour béter la queule aux pritanniques, ja ? Das ist juste eine große poite de chocolats !“. Le représentant de la SDN, un temps circonspect et suspectant le chancelier de le prendre un peu pour un con, fut finalement convaincu lorsqu’Adolf ajouta “Maiiiiis si c’est ein poite de chocolats ! Recardez ! Ch’ai mis ein petit noeud sur le mat, fous gonnaissez peaucoup de choses afec un petit noeud dessus à part ein poite de chocolats ? Mein gott zoyons zérieux !“.

Le 24 mai 1941, le HMS Hood, au service de la couronne britannique, repère une énorme boîte de chocolats dérivant sur la Manche, et décide de s’élancer à sa poursuite afin d’essayer de taper un ou deux rochers Suchard discrètement, en espérant ne pas tomber sur les chocolats à la liqueur qui piquent la bouche.

Le commandant du navire ne réalisera son erreur qu’une fois à portée de canon de l’ennemi en apercevant des marins de la Kriegsmarine s’affairer sur celui-ci ; à partir de 1945, le code naval enfin remis à jour interdira de décorer tout navire de guerre de plus de 25 000 tonnes avec un noeud.

En regardant bien cette image, vous vous apercevrez qu'en effet, il s'agit d'un navire et non d'un tas de confiseries. Concentrez-vous, ce n'est pas évident.

Evidemment, il y aurait quantité d’autres dates à rappeler, mais je laisse le soin à chacun de pousser le sujet, car vous avez déjà en main un argumentaire complet vous permettant d’expliquer à ces petits blasés qui vous racontent que tout cela, c’est uniquement commercial que non, pas du tout, il y a une véritable origine historique à la Saint Valentin, et que la commémorer, c’est se souvenir que si l’histoire porte trace de célébrations de l’amour, c’est parce que l’éternité ne peut se concevoir qu’aux côtés de…

Attendez, attendez, je cause, je cause mais moi aussi je dois aller fêter la Saint Valentin :

Ce soir, les filles, je vous laisse 10 minutes de lumière en plus dans la cave. Enfin si vous ne faites pas trop les chipies en essayant encore d’appeler à l’aide en morse, sinon je devrai encore balancer une lacrymo par la trappe.

Je sais, je sais : je suis trop tendre avec elles.

Mais bon : on est pas tous les jours le 14 février.