[Un homme entre seul sur scène, une main dans sa veste de costume, suivi par une odeur de cigare et de brandy]

Mesdames et Messieurs, bonsoir.

[Il toussote puis s'approche du micro le plus proche]

Quel bonheur d’être ici avec vous ce soir, et quel honneur pour moi d’inaugurer ce 65e festival de Cannes.

Je sais que vous attendiez quelqu’un d’autre, mais j’aurais souhaité, si vous le voulez bien, commencer ce discours par une brève pensée pour Bérénice Béjo, qui n’a pas pu venir ici comme prévu ce soir, m’obligeant à prendre sa place pour éviter l’embarras à l’organisation du festival. A ce sujet, je tenais à préciser à ladite organisation, puisque j’aperçois la sécurité en mouvement dans les travées, qu’il serait fort malvenu de m’interrompre avant la fin de mon propos, sinon je ne suis pas sûr d’être d’humeur à coopérer par la suite pour révéler dans quel coin vaseux de la rade de Cannes la petite Bérénice est en train d’attendre en immersion avec moins d’une heure d’oxygène si ma montre ne retarde pas. D’avance, merci.

Oui : quel bonheur disais-je que d’ouvrir ce 65e festival international du cinéma de Cannes ; comme chaque année, toutes les caméras de l’hexagone sont donc tournées vers ce petit coin de France, guettant le moindre non-évènement qui permettra de remplir de diverses images les rubriques taillées sur-mesure pour l’occasion dans les journaux du soir. Et comme chaque année, vous, acteurs, réalisateurs et producteurs de la salle, vous somnolerez dans vos sièges en priant pour une fin rapide de ce discours sans intérêt, comme vous le fîtes avec bonheur face à Mélanie Laurent, dont l’incapacité à tirer la moindre réaction d’une salle pourtant peuplée de collègues de sa profession laisse rêveur quant à ses talents d’actrice. Pour ma part, je ne me fais aucun souci : l’objet que vous voyez dans ma main n’est autre qu’un pistolet Maüser C96, dont vous n’êtes pas sans savoir que l’étonnant calibre est aisément capable de transpercer non seulement le malandrin qui ne rirait pas à mes bons mots, mais aussi son siège et son voisin de derrière. Je vous conseille donc fortement, non seulement d’apprécier mes calembours, mais aussi de vous assurer qu’il en va de même de votre voisin de devant. C’est ce que j’appelle, le "rire communicatif".

[rires unanimes dans l'assistance]

Merci. Mais revenons au discours lui-même : comme chaque année, vous l’imaginez bien, je pourrais me contenter du classique propos vide de sens dans lequel on explique que le cinéma est une grande famille, que tout le monde s’aime – bien que l’on puisse constater le contraire quasiment tous les jours, mais après tout, n’est-ce pas la définition de l’acteur que de mentir sur scène ? – et surtout, que faire du cinéma est un acte engagé pour faire changer le monde et lutter contre les inégalités. Dans un monde normal, tout le monde rirait…

Le principal intérêt du festival : attendre qu’une photo de star prise sur place soit détournée pour devenir un meme sur internet

[l'assistance rit à gorge déployée]

… attention hein, dites donc, vous pourriez au moins suivre, si c’est pour rire n’importe quand, ce n’est pas la peine. Ce sera mon premier et seul avertissement, après, je tire au hasard, concentrez-vous un peu, merde.

Que disais-je donc avant d’être interrompu par l’expression de votre impolitesse ? Ah, oui : dans un monde normal, tout le monde rirait de pareil propos, puisque parler de lutte contre les inégalités face à une salle contenant plus de millionnaires qu’un vulgaire HLM monégasque, ça ne manque pas de piquant, surtout lorsque l’on voit le salaire que touchent à côté de ça les professionnels qui ne sont pas directement sous les projecteurs : comme quoi, on peut être une grande famille et oublier de distribuer l’argent de poche mais passons, je suis sûr que comme chaque année, un intermittent du spectacle réussira à se frayer un chemin jusqu’à une salle quelconque pour expliquer ce qu’il en est de leur profession, avant de se faire tabasser par la sécurité jusqu’à ce que son visage ressemble à celui de quantité d’actrices ménopausées de la salle. Je traduis pour l’assistance anglo-saxonne : Ladies, your liftings look so incredibly naturals, it’s amazing.

Cependant, il serait bien sûr inconcevable que je parle de Cannes sans employer le mot "rêve" au moins une fois comme le veut la tradition de pipeau des discours d’ouverture, aussi permettez-moi de vous en vendre, du rêve : Cannes, c’est aussi des centaines de starlettes en grande tenue qui monteront les marches chaque soir avant de s’y asseoir pour y vomir chaque nuit, pendant que l’on se battra pour apercevoir, qui un bout de Brad Pitt, qui un morceau de Woody Allen, qui un roudoudou de Sophie Marceau. Et évidemment, ce sont aussi des centaines de journalistes qui sont mobilisés, non par pour voir les films ou les critiquer, mais pour commenter la montée des marches, et savoir qui a réussi à montrer le mieux le sac prêté par son sponsor aux photographes. Car n’oublions pas la règle essentielle de ce festival : si vous avez suffisamment de sous pour porter des sous-vêtements en diamant, on vous prête vos tenues de soirée, si vous êtes un prolo, vous devez l’acheter (sinon vous n’entrez pas). Je comprends que cela ne vous choque pas : au vu de nombre de vos films, les incohérences semblent faire partie de votre métier. Nous parlerons donc de déformation professionnelle.

[l'assistance se gondole joyeusement]

Alors, Cannes, qu’est-ce que c’est, à part un grand moment d’art sponsorisé par une marque de shampooings et une de machines à laver, ou l’occasion pour Canal + d’aller prendre l’air sur la Croisette au prétexte qu’il ne faut pas laisser Laurent Weil tout seul ? C’est avant tout des gens du cinéma qui applaudissent des gens du cinéma recevant des récompenses de cinéma de la part d’autres gens du cinéma. Curieusement, cela soulève régulièrement des critiques comme quoi, en fait le jury ne serait pas très objectif, ce qui du coup est fortement étonnant quand on y pense. Jury qui n’hésite pas à s’en défendre, argumentant à grands coups de "Non mais attendez, on est pas influencés par qui que ce soit" : quand dans le même temps, on parle de "grande famille du cinéma" à toutes les sauces pour bien nous dire que tout le monde est lié, c’est assez intéressant. De là à penser qu’on se fout un petit peu de la gueule du monde, il n’y a qu’un pas que je franchis en sifflotant la Charge des Walkyries et en faisant des entrechats s’il vous plait. Ma légendaire souplesse me perdra.

Mais ce foutage de gueule ne serait pas complet si, en plus, il n’y avait pas un côté pompeux à un "festival international du cinéma" dont les films en compétition semblent en général aussi variés que le répertoire de Lara Fabian. On peut ainsi y trouver de tout, du drame réaliste au drame réaliste, en passant par diverses teintes de drames, mais aussi de réalisme. C’est très crypto-intellectuel, un peu comme dans un immense vernissage d’art contemporain, où à défaut de critiquer ce que l’on a devant soi, on cherche moult qualités et interprétations à chaque oeuvre pour passer pour plus érudit que son voisin. Si certains voyaient dans mon propos quelque exagération, permettez-moi de vous présenter – voyez comme mon introduction est habile – quelques uns des films en compétition cette année, dont la simple liste semble être un répertoire de la cinémathèque d’un comptable neurasthénique (quelques rares exceptions ont été glissées à la va-vite pour faire illusion à l’ouverture et dire au grand public que haha, mais non, on ne se fout pas de vous). Allons-y pour quelques synopsis des films sélectionnés, je lis.

"Enfin un festival qui prime des films suffisamment chiants pour correspondre à mes besoins"

Amour, de Michael Haneke.

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’un accident. L’amour qui unit ce couple va être mis à rude épreuve.

Voilà ; du drame, de la famille brisée, de l’amour, des épreuves qui divisent et des yeux qui s’ouvrent une situation difficile : on a tout de suite envie de voir ce film, dont la simple thématique semble être une invitation à la dépression. C’est à ce genre de synopsis que l’on comprend les excès des nuits cannoises : on ne fait pas la fête, non, on essaie juste d’oublier les projections dans la drogue et l’alcool.

Mais pas d’inquiétude : retrouvons le moral avec Baad El Mawkeaa (ça veut dire grosso modo "La vie est trop une teuf et je me tirerais bien une balle dans la tête", si je ne me trompe), de Yousry Nasrallah, qui avec un nom pareil, fleure bon la comédie comme chacun en conviendra. Voyons voir :

Mahmoud est l’un des «cavaliers de la place Tahrir» qui, le 2 février 2011, manipulés par les services du régime de Moubarak, chargent les jeunes révolutionnaires. Tabassé, humilié, sans travail, ostracisé dans son quartier qui jouxte les Pyramides, Mahmoud et sa famille perdent pied… C’est à ce moment qu’il fait la connaissance de Reem, une jeune égyptienne divorcée, moderne, laïque, qui travaille dans la publicité. Reem est militante révolutionnaire et vit dans les beaux quartiers. Leur rencontre transformera le cours de leurs vies…

Hmmm, ça alors, on dirait un drame. Avec des épreuves, de l’amour, et des gens divisés qui cherchent à s’unir en ouvrant les yeux. Et même une critique politique, attention (mais pas une qui choque trop en France quand même, les sponsors gueuleraient, faut pas déconner avec le cinéma engagé) ! C’est pas mal, mais je suis sûr qu’il y a encore mieux qui vous attend. Par exemple, un film qui laisse perplexe d’une autre manière, comme Cosmopolis, de David Cronenberg, et avec Robert Pattinson lui-même, révélé par Twilight (on reste dans le grand cinéma) :

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du Président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Alors je ne sais pas vous, mais moi, un film avec pour héros Robert Pattinson qui veut aller se faire couper les cheveux, je trouve ça délicieusement ironique après avoir joué un vampire à choucroute. Pourtant, je ne suis curieusement pas sûr que tout ce second degré soit volontaire de la part du réalisateur, enfin bon : vous noterez que nous avons ici un drame, avec une critique politique (on nous annonce dès le synopsis que le capitalisme est terminé, bizarrement, je pense que l’auteur s’avance un peu), des épreuves et un homme qui va ouvrir les yeux. Ah, et figurez-vous que, d’après les informations données sur le film, on y parlera étonnamment d’amour.

Enfin, tout de même : "L’histoire d’un mec qui met 24h à aller chez le coiffeur", ça fait rêver.

Heureusement, on pourra se tourner avec plaisir vers Da-Reun Na-Ra-E-Suh, titre basé sur le bruit d’un starter de Super 5 un matin d’hiver, de Hong Sangsoo, et qui n’aurait pas pu être plus clair dans son synopsis :

Dans un pays qui n’est pas le sien, une femme qui n’est à la fois ni tout à fait la même ni tout à fait une autre (ndloc : un film avec pour héroïne une femme sans aucune personnalité ? Nan mais sérieusement : ils vont faire combien de suites à Twilight ?), a rencontré, rencontre et rencontrera au même endroit les mêmes personnes qui lui feront vivre à chaque fois une expérience inédite.

Si vous avez compris quelque chose, bravo. Moi, tout ce que je retiens, c’est que ça sent le drame, et que je suis prêt à parier que les "expériences" évoquées concernent des épreuves, de l’amour, et que tout cela va l’aider à ouvrir les yeux. Le côté film ésotérique de philosophe maudit, c’est malin pour sortir de la masse sans pour autant changer de thème par rapport aux autres films. Un peu comme ces chansons françaises qui parlent toutes d’amour et de rupture, mais où certains groupes écrivent des paroles qui n’ont aucun sens pour la jouer poètes maudits. J’ai des noms.

Ah flûte, j’ai balancé un nom. Je voulais pas, vraiment.

Si à ce stade, vous n’en avez pas assez, vous pourrez donc vous tourner vers De Rouille et d’os, de Jacques Audiard, qui remontera sans nul doute le moral des festivaliers qui ne se seraient pas encore ouvert les veines avec une spatule en bois (le festivalier aime les défis) :

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa soeur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau.  À la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

Notez le "Ca commence dans le Nord", qui ressemble à une dissertation de 6e, mais surtout, encore une fois, soyez étonné : il s’agit d’un drame – ho ! – avec gens séparés – ha ! – amenant à des épreuves – ça alors ! – qu’il faudra surmonter pour s’unir – incroyab’ ! – et évidemment, on y trouve de l’amour.

Bon, le bon côté, c’est qu’un orque tente quand même de manger Marion Cotillard, ce qui prouve que ce film a tout de même quelques qualités. Ou alors, c’est juste que l’orque avait lu le synopsis : chacun sait que l’épaulard est un mammifère marin détestant ce genre de cinéma. Preuve en est, aucun orque n’a jamais été invité à Cannes, et ce malgré tous les "Sauvez Willy" sortis dans nos salles, c’est dire. On comprend que ces animaux puissent du coup avoir un certain ressentiment par rapport aux festivaliers. Contrairement au cheval, par exemple, qui se faisant passer pour noble, n’en a pas moins accepté le rôle principal de Sex & The City, c’est dire si l’équidé est un animal un peu con, en fait.

Et la liste de films du même acabit est encore longue ! Dupa Dealuri, de Cristian Mungiu, qui se présente ainsi : Alina revient d’Allemagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu’elle ait jamais aimée et qui l’ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d’avoir Dieu comme rival (ndloc : les vikings ont prouvé le contraire plus d’une fois lors de raids sur des couvents isolés. Des bergeries aussi, mais on s’écarte du sujet) . Je vous laisse vous même cocher les thèmes précédemment évoqués, avant d’inspecter Jagten, de Thomas Vinterberg : Après un divorce difficile, Lucas, quarante ans, a trouvé une nouvelle petite amie, un nouveau travail et il s’applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent. Mais quelque chose tourne mal. Presque rien. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit. Et alors que la neige commence à tomber et que les lumières de Noël s’illuminent, le mensonge se répand comme un virus invisible. La stupeur et la méfiance se propagent et la petite communauté plonge dans l’hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité. Vous n’en avez pas encore assez ? Allez hop : jetez un oeil à Like Someone in Love, car Un vieil homme et une jeune femme se rencontrent à Tokyo. Elle ne sait rien de lui, lui croit la connaître. Il lui ouvre sa maison, elle lui propose son corps. Mais rien de ce qui se tisse entre eux en l’espace de vingt-quatre heures ne tient aux circonstances de leur rencontre. Avouez que vous en mourez d’envie ? Enchainez alors avec Mud, qui aborde lui aussi des thématiques incroyablement différentes ! Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : une dent en moins, un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Je me permets de boucler, puisque nous avons parlé de Robert Pattison, avec un film dans lequel on a trouvé une place pour l’irremplaçable Kristen Stewart, On the Road, dont voici le résumé : Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

J’en conviens : je me répète. Cela dit, ce n’est pas tant ma faute que celle de la sélection, qui ressemble fortement à ce qu’il se serait passé si Charon, lassé par son poste de passeur sur le Styx, avait décidé d’envoyer des nouvelles à Harlequin. De la part d’un festival qui explique sur son site officiel qu’il est "très attentif à accueillir la nouveauté et l’originalité", je préfère ne pas savoir ce qu’il se passe lorsqu’il ne fait pas attention.

D’ailleurs, un milieu professionnel qui se fait plaisir tout seul, je crois qu’on peut appeler ça de l’onanisme.

Mais si la critique est facile, l’art est difficile, j’en conviens ; aussi, et afin d’aider les présents qui n’auraient pas la palme cette année, je me permets de vous proposer, générés aléatoirement à partir des poncifs présents dans tous les films de la sélection du festival, des idées de synopsis pouvant vous servir à créer des oeuvres collant parfaitement à l’esprit général de ce festival à l’originalité folle. Voyez plutôt :

Dark Heart – Type : Drame cucu

Un vieil homme se meurt, et décide de se retirer dans une maison de campagne pour attendre la fin. Là, assailli par les souvenirs, il revoit au travers de ses propres fantômes les épreuves, et découvre qu’il n’y a pas d’âge pour franchir les divisions passées.

De l’autre côté du mur – Type : Drame à polémique facile sur un sujet balayé 2780 fois par an (les zones de conflit moins médiatiques ne sont pas assez porteuses)

Alouf est vendeur de fraises dans la bande de Gaza. Un jour, un bombardement de Tsahal a raison de sa famille, et il est bien vite happé dans la spirale de l’extrémisme. Jusqu’au jour où il rencontre Nina à un poste de garde, jeune recrue Istraëlienne, dont il tombe éperdument amoureux. Au coeur d’un conflit qui ne dit pas son nom, Alouf hésite : doit-il venger sa famille ou en fonder une nouvelle ?

Rondoudou prend de la coke – Type : Drame pokémon, avec Jeanne Moreau dans le rôle de Dracofeu

Rondoudou a tout pour lui : il est rond et doux. Pourtant, son couple avec Salamèche bat de l’aile, et il peine à comprendre comment s’en sortir. Cherchant refuge dans les paradis artificiels, il finit par s’égarer et tout perdre , jusqu’à ce que Dracofeu le découvre… à terre, parviendra t-il à se relever et ouvrir les yeux sur l’égocentrisme qui lui a tant coûté ?

Ce ne sont que trois exemples mais, bien évidemment, je reste à l’entière disposition des présents qui auraient besoin de mes services pour tenter d’obtenir une quelconque récompense à la sueur de leur front et de leurs clichés.

Cela étant dit, je parle, je parle, et le temps passe : il va me falloir conclure. Mais maintenant que nous nous sommes dit les choses clairement, et que nous pouvons franchement dire que nous sommes ici pour nous autocongratuler tout en voyant et étant vu à peu de frais (sans pour autant nous mêler à la plèbe des techniciens parce que célébrer le cinéma, d’accord, mais alors uniquement avec ceux qui ont leur nom sur les affiches), je crois que l’on peut donc l’annoncer :

Je déclare le 65e festival de Cannes ouvert.

Bonne semaine de non-information et non-critique cinématographique sur toutes les chaînes françaises à toutes et à tous, et surtout n’oubliez pas que si l’on pourra me reprocher d’avoir utilisé moult caricatures dans mon propos, la plus grande de toutes reste probablement le festival lui-même.

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Discours de Monsieur Odieux Connard pour l’ouverture du festival de Cannes 2012, finalement non retenu par l’organisation pour de mystérieuses raisons.

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