Ho, le beau site


Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur "Comment savoir si une femme est intéressée ou non"  avec "les nouveaux hommes", un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec "Comment aborder un groupe de filles ?" avec "Art de Séduire", le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : "L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013" du site… bon, c’est marqué dessus, donc "Seduction By Kamal"

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage "On a trop une classe digne de James Bond". Il faut bien évidemment lire "On a trop une classe digne d’un script de James Bond", ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site "Les Nouveaux Hommes", tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite "J’ai les fruits <3" (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de "l’indice auditif". Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction "un sprint en hurlant", on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit "fermée", là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant "Prends-moi toute !" (de manière générale, elles crient relativement peu "Prends-moi moitié" de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant "C’est pas possible d’être aussi con". Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects "pratiques" et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre "jambe la plus haute" et "jambe la plus longue", auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans "Ecoute, Maurice, on va juste rester amis." ou "Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène", on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

"L’amour est dans le sac" comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait "Haaaaaaaaaan" en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

"Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre !"

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Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. "Accident de voyageur", tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de "Starbucks"), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

"Maîtriser", rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies "Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi !" nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire "Art de Séduire", pas "Statistique de la Misère".  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme "Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ?" avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit "Contracter la lèpre, c’est facile." histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme "Soyez intéressant" : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font "Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme…"

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est "Non, tu es juste une merde." (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que "-fiant" était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un "cockblock" sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore "C’est une soirée entre filles", mettez-vous à hurler très fort "LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !". L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération "Un tricycle pour Michel" leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter "Looool !" à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une "mooncup", ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase "Alors, tu kiffes les tampax ?" soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la "police des décibels qui craint son orgasme" ou le "débat sur la mooncup" d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : "Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ?" Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme "je kiffe bien Gwendo", elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est "maîtrisée" donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

"L’histoire de me brûler vif & la trahison"

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de "Séduction by Kamal", qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense "C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer". Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton "ralenti". Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur "Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine" a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys "pour se détendre".

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire "Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien."

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de "300" qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

La parité, c’est important.

Non, c’est vrai : ici, il y a peu, nous distribuions de bons conseils grâce au désormais célèbre site "Art de Séduire" afin d’aider les lecteurs malheureux à trouver l’âme sœur à l’aide d’accroches aussi élégantes que "Combien coûte ton cul ?". Si personne n’aura ici le moindre doute quant à la surpuissante efficacité de cette technique (je salue ici tous ceux qui ont gagné +6 en charisme grâce à l’audacieuse stratégie), j’imagine bien que mon lectorat féminin a pu en prendre ombrage.

Par jalousie je suppose, quoi d’autre ?

Aussi, lectrices, il ne saurait être question de ne pas vous faire profiter à votre tour de fameux conseils afin de mieux comprendre l’homme, cette créature à la fois mystérieuse, fascinante et plutôt velue (hors boys band). C’est pourquoi nous traiterons aujourd’hui d’un ouvrage trop méconnu et vous étant destiné, Mesdemoiselles (Mesdemoiselles hétérosexuelles, je précise : les autres, à l’heure qu’il est, vous devez cuver votre champagne pour célébrer votre nouveau droit de faire tourner les serviettes avec votre dulcinée) :

Ce que veulent les hommes

On aurait pu s’en arrêter à la couverture, en fait

Ce fantastique ouvrage écrit par "trois célibataires" (ne vous demandez pas pourquoi) explique sans rire dès sa couverture vouloir "briser l’omerta pour nous révéler ce que les hommes ont dans la tête et dans le cœur". Une omerta, donc, qui après s’être faite tataner la margoulette par cet ouvrage du courage, révélera tous les secrets pour que vous, viles femmes, n’ayez plus à relire 5 fois le SMS que vous venez de recevoir pour savoir si ":)" cache en fait une discrète révélation sentimentale.

C’est ça. Faites semblant que c’est pas vous.

Mais plutôt que d’étudier tout le livre, allons donc en voir la synthèse sur le fameux site "Heureuse en amour" (si, si) où une rédactrice a pris grand soin d’en tirer la substantifique moelle avant de conclure :

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

C’est vous dire si la qualité est au rendez-vous, puisque notre experte a été toute chamboulée de ces révélations et va donc désormais suivre les bons conseils de l’ouvrage. En attendant, enfilez votre scaphandre à médiocrité,  il est temps de plonger dans l’abysse.

A quoi pense un homme?Quand un homme rencontre une femme qui lui plait, il la place tout de suite dans une de ces catégories:
-femme avec qui il pourrait avoir une relation sérieuse.
-femme avec laquelle il n’aura qu’une passade.
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En effet : le mâle n’a pas d’amies, de relation de boulot voire de connaissances. Lorsqu’il rencontre une femme qui lui plait, la première chose qu’il se dit c’est "Palsembleu, comment diable vais-je culbuter la gourgandine ?" suivi de "Et où vais-je l’enterrer après coup ?".

Si la réponse à la première question est souvent floue, celle à la seconde est généralement "Dans la forêt de Rambouillet". Bien qu’il soit aussi tout à fait possible de répondre cela aux deux questions, mais nous entrons alors dans un domaine qui ne sera pas du goût de tous les promeneurs.

Bref. Et puisque ce chapitre s’intitule "à quoi pense un homme", sinon ?

Ah bah rien. Soit.

Faisons fi de cet oubli et passons donc à la suite : "Dix principes à retenir sur un homme", et prenons-en quelques-uns au hasard.

Principe n°4: Les hommes ont tendance à profiter des femmes qui les laissent faire. Un homme profitera d’une femme qui dit oui à tout mais il ne restera pas avec elle.

Ou alors, c’est simplement que quand les gens ont la personnalité d’une endive, 99% de la population reste rarement avec, le dernier 1% étant principalement composé de descendants de Léguman. Surtout quand les gens disent vraiment oui à tout en fait.

"On se fait un ciné ce soir ?
- Ouiiiiii ! Hihihi !
- Okay, on se fait un petit film d’action alors ?
- Ho ouiiii, hihihi !"-
Tu veux aller voir quoi ?
- Ouiiiiii ! 
- Hein ?
- Ouiiiii !"
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Ce type de conversation s’achève généralement avec la question "Veux-tu un parpaing dans la gueule ?" mais là n’est pas le sujet.

Principe n°5: En matière de sexe, les hommes croient à la règle du deux poids, deux mesures.Un homme n’envisage pas une relation sérieuse avec une femme qui couche avec lui trop vite. Il n’aura plus envie de la connaître si elle se donne facilement à lui.

Lectrice, toi qui a un jour eu une relation sérieuse avec un homme avec qui tu avais osé folâtrer le premier soir, sache que ton concubin était en fait un espion alien ou quelque chose du genre (les tentacules auraient dû te mettre sur la voie). Car c’est connu, pour une relation sérieuse, Mesdemoiselles, vous n’avez rien d’autre à proposer que votre cucu (je rappelle que ces conseils sont certifiés conformes par le site "Heureuse en amour" et sa rédactrice convaincue dixit elle-même). Sitôt que vous l’avez partagé avec un mâle, celui-ci se dresse fièrement sur le lit, éclate d’un rire diabolique puis hurle vers les cieux, le torse gonflé par la fierté "Je l’ai euuuu !" ; l’homme bondit alors vers la fenêtre la plus proche tel un predator ayant un nouveau crâne à la ceinture et disparaît dans la nuit.

Ou se vautre puisque vous habitiez au 5e, et la police se demandera des jours durant pourquoi le mort avait ce sourire béat, bien qu’un rapprochement avec son absence de slip puisse être faite par les enquêteurs les plus hardis.

Bref, les filles, n’oubliez pas : il n’y a qu’une chose à connaître chez vous, et ce n’est pas vraiment votre personnalité. Et Heureuse en amour approuve ce message, c’est pas beau ça ?

Homme en vue subjective

Principe n°7:Les hommes sont naturellement enclins à coucher avec de nombreuses femmes. Ce n’est pas dans la nature de l’homme d’être fidèle. Quand il aime une femme il doit s’efforcer de refréner ses pulsions pour ne pas la perdre.

Le mot "naturellement" est lâché : "C’est pas ma faute, c’est la nature qui l’a voulu". Messieurs, retenez bien cette phrase : avec elle, vous pourrez tromper quantité d’écologistes et d’amoureuses de la culture bio en toute impunité. Et si vous êtes vraiment joueur, vous pourrez même faire passer votre soumission à Dame Nature comme un acte militant. Quand bien même Dame Nature s’appellait Cynthia, avait 18 ans aux dernières nouvelles, et vous soumet drôlement moins depuis qu’elle sert d’engrais à un joli bosquet. Encore un geste écolo : vous êtes forts alors.

Principe n°8:Les hommes ont du mal à interpréter le discours des femmes. Si une femme veux discuter avec un homme, elle doit aller à l’essentiel pour lui faire saisir le message.

En effet : l’homme est un peu con. Ou alors, c’est juste qu’il regarde vos seins pendant que vous parlez, et puis le match va commencer. Rappelez-moi qui a écrit ce livre ? Ah, oui : trois célibataires. Je me demande bien pourquoi.

Du coup, il est temps, je crois, de passer à la suite : La première rencontre. Non parce que ça se travaille : comment faire bonne impression ? Comment rayonner au coeur de la soirée alors que ses yeux se perdront dans les vôtres ? Mais si, c’était vos yeux. Rhoo, allez quoi. Bon, bref : comment ?

Quand il la rencontre, un homme ne se projette pas dans une relation sérieuse avec:

Une femme trop timide.
Une femme trop directe et franche.
Une femme qui parle de sexe ouvertement.
Une femme facile.
Une femme saoule.

Il serait donc de bon ton que notre femme se contente de glousser et rougisse à la moindre évocation de la chose, puisque nom d’une pipe, femme, vous devez êtres de gentilles oies blanches. Pas d’alcool, pas de sexe, et de préférence ne pas fuir ou aller de l’avant : il faut attendre d’être cueillie tel un brin de muguet attendant patiemment dans la rosée du matin que Maurice le jardinier aviné vienne lui arracher la tronche en complimentant ses grosses clochettes de son haleine au saucisson.

Oui, vous avez le droit de soupirer de bonheur rien qu’à cette vision quasi-onirique. Allez-y, j’attends avant de poursuivre l’article. 

C’est bon ? Fort bien : reprenons.

Que doit faire une femme quand un homme qui lui plait l’aborde?

L’accueillir avec joie.

Pensez à toujours vous munir d’un collier de fleurs exotiques à placer autour du cou du mâle pour bien lui faire comprendre qu’ici, tu es le bienvenu, homme blanc. Toi avoir amené verroterie ? 

Et que doit-elle faire si un homme qui ne lui plait pas l’aborde?

Reconnaître l’effort qu’il lui a fallu pour venir la voir.

Voilà. Donc même si un gros relou vient vous emmerder, Mesdemoiselles, merci de lui remettre un bon point pour le féliciter. Et au bout de dix bons points, vous pouvez éventuellement lui remettre une photographie dédicacée de Patrick Sébastien.

Après, pas sûr que le message passe : si en plus il est content, n’hésitez pas à sortir le pistolet à clous.

Et puisque je vous sens enthousiastes, continuons dans la série de la classe et de l’élégance :

Comment obtenir le numéro d’un homme à la fin d’une conversation?
Lui donner son numéro. (NDLOC : le vôtre, pas le sien, sinon ça devient vite problématique)
Lui demander son numéro (s’il hésite à le donner, il n’est pas intéressé).

0

N’oubliez pas les filles : d’abord vous donnez votre numéro. Et ensuite, éventuellement, c’est à lui de décider s’il vous le donne ou non.  Et non, vous ne pouvez pas juste lui demander, sinon vous prenez aussitôt feu. Oui, le problème de la combustion spontanée est situé sur le chromosome X. Alors comme en plus vous en avez deux, ça prend d’autant plus vite, c’est une sorte d’allume-barbecue biologique. Ah, c’est pas facile, mais bon, hein, vous allez pas commencer à gueuler en plus. Je suis sûr que ça peut vous servir dans plein de situations.

Bon, mettons. Mesdemoiselles, vous arrivez à la fin du rendez-vous en un seul morceau, et mieux encore, vous pensez que ce mâle en vaut peut-être la peine. Que faire ? Va-t-il vous appeler ? Devez-vous l’appeler ? En tout cas, quoiqu’il arrive, la conversation téléphonique finit par arriver (non parce qu’il n’existe aucun autre moyen de communication au XXIe siècle démerdez-vous).

Que doit faire une femme au cours du premier appel?
Ne pas être trop bavarde
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Règle numéro 1 : Ta gueule. Règle numéro 2 : Pense très fort à la règle numéro 1, mais en silence alors.

L’exemple à suivre

Manquerait plus qu’elle apprécie de discuter avec Monsieur, nan mais ho ! Elle se croit où ? On t’appelle pour que tu ramènes tes fesses, pas pour que tu racontes ta vie ! On t’a déjà dit qu’on en avait rien à faire du reste, alors tu vas pas commencer à nous le seriner, dis !

Le rendez-vous est arrêté ? Mesdemoiselles, vous avez attendu patiemment qu’il vienne vous trouver en soirée et maintenant il vous propose une sortie en tête à tête, comme par exemple une invitation à la fête annuelle du plus gros mangeur de saucisses ? En route pour encore plus de romantisme !

Ce qu’une femme doit dire lors du premier rendez-vous
Elle ne doit pas critiquer le lieu de rendez-vous choisi par l’homme (s’il lui demande avant, elle peut l’aider à choisir pour qu’il connaisse ses préférences).
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L’homme a choisi. L’homme ne commet pas d’erreur. L’homme ne rit pas de ses bêtises. Dis-donc, tu veux qu’on reparle de la règle numéro 1 ?

Elle ne doit pas être trop bavarde.

Hé bin la revoilà la règle numéro 1. On l’avait déjà oubliée.

Elle doit éviter les sujets trop sérieux ou graves.

En effet, l’homme n’est pas là pour parler politique, religion, science ou je ne sais quel autre sujet chiant : femme, on attend de toi que tu parles d’arcs-en-ciel, de lapins, de poneys et éventuellement, mais uniquement si vous sentez que ça se passera bien, de licornes. On espère pour vous que vous n’avez d’ailleurs pas fait d’études, non parce que sinon, ça fait un peu prétentieuse. Si vous pouviez baver un peu en roulant des yeux pendant le repas, ce serait nickel.

Sinon, c’est moi où cette partie s’appelait "ce qu’une femme doit dire" mais ne comprend que des choses à éviter ? Sûrement un problème de maîtrise des négations. Non parce que non, ça veut un peu dire oui, quand même, hein ? Non ? C’est bien ce que je dis.

Ce qu’une femme doit faire lors du premier rendez-vous
Elle doit laisser l’homme payer l’addition (si les dépenses se poursuivent plus tard elle peut proposer de participer aux frais.
Mais elle ne doit pas inviter l’homme chez elle après le rendez-vous car ils risquent d’aller trop vite et de tout gâcher.

Encore une fois, rien le premier soir où il s’en ira en éclatant d’un rire diabolique, fenêtre, chute, slip. Souvenez-vous. Pour le reste, tout cela ressemble méchamment à un guide écrit par Tata Louisette au XIXe siècle. Vous en voulez la preuve ? Mettons encore : le repas se passe bien, et vous avez adoré cette soirée au concours du plus gros mangeur de saucisses ; que faire à présent ? Écoutons Tata Lo… nos trois célibataires de choc expliquer de quoi il retourne :

Contrairement à la femme qui se projette très vite l’homme reste réaliste et sait rapidement si la relation peut devenir sérieuse ou non.

Compris bande de rêveuses ? Vous êtes complètement à côté de la plaque : le réalisme est livré par UPS une semaine après les coucouilles lors de la gestation, permettant au mâle de pouvoir analyser sereinement la relation alors que vous, créatures de l’enfer, vous en êtes encore à vous rouler par terre en gloussant à l’idée de faire des bébés.

L’homme étant grand prince (évidemment, que croyez-vous ?), il laisse cependant filtrer des signes pour dire s’il veut du sérieux ou non. Prenons ceux qui signifient que son intérêt pour la femelle est limité : quels sont-ils ?

Il ne la sort pas régulièrement

Nous ne parlons ici ni de sa kikoute (allons, bande de forbans) ni de son cocker, mais bien de sa dulcinée. Car la femme, il faut la sortir et c’est toute une histoire : et vas-y que je gratte à la porte, et que je grogne parce qu’il n’y a plus de macarons dans ma gamelle, et que je rentre avec les pattes pleines de boue et de vernis pour en foutre partout… non. Il faut régulièrement l’emmener faire le tour du quartier marquer son territoire sinon c’est le souk à la maison.

Merci, Heureuse en amour. Merci, Ce que pensent les hommes. D’autres indices pour savoir si un homme n’est pas sérieux ?

Il disparaît sans prévenir et elle n’entend plus parler de lui.

Il est vrai qu’en général, quand il disparaît c’est qu’il n’est que moyennement intéressé (au bout de 20 ans qu’il est parti chercher des clopes par exemple, vous pouvez tout à fait commencer à vous interroger). Bien sûr, il se peut aussi qu’il s’agisse d’un ninja, auquel cas c’est parfaitement normal qu’il disparaisse de temps à autres, mais dans ce cas il est facile de le distinguer d’un mâle lambda, par exemple à cause de son goût prononcé pour les collants. Pensez à verrouiller le tiroir où vous rangez les vôtres sinon il va encore s’en faire une cagoule avant de lancer des shurikens sur la Twingo du voisin. Ces ninjas sont vraiment intenables.

Ces petites attentions qui le rend dingue d’elle!
Elle lui montre qu’elle s’intéresse à sa vie.
Elle le soutient et l’encourage en toutes circonstances.
Elle lui fait des compliments sur son apparence et sa manière d’être.
Elle lui offre des petits cadeaux de temps en temps.
Elle lui fait à manger ou livrer un repas de temps en temps.
Elle s’occupe autrement quand il n’est pas disponible.
Elle n’essaie pas d’aller trop  vite et ne le force pas à s’engager.

Bref, soyez sa mère.

Non mais en même temps, vous vous doutiez que c’était un ninja quand vous l’avez rencontré la première fois, non ? Le fait qu’il soit faible en groupe de 500 mais super fort en groupe de 1 ? Sa capacité à jeter des boules de phosphore devant lui pour un oui ou pour un non ? Tout de même ?

Mais assez ! Passons à la partie qui, si j’en crois ce texte, fera rougir les friponnes qui me lisent : le sexe.

Si. Là aussi, ils ont des conseils.

Une femme doit-elle coucher le premier soir?
Si elle veut du sérieux, NON.Il va la prendre pour une femme facile, pensera qu’elle agit ainsi avec tous les hommes et n’arrivera plus à se projeter dans une relation sérieuse avec elle. Il est conseillé d’attendre au moins le 5ème rendez-vous avant de céder aux avances d’un homme.

Avant le 5e rendez-vous, vous êtes une vilaine coquine. J’aime toute la précision de ce genre de conseil : pensez à compter le nombre de rendez-vous. Ne le faites pas quand vous en avez envie, ce serait mal : vérifiez votre agenda, téléphonez à votre meilleure amie, regarde votre horoscope, appelez Orly et si la tour de contrôle vous donne son feu vert : couchez.

Sinon, rentrez chez vous et regardez Derrick.

Quelle genre de femme attire un homme physiquement?
Une femme sexy, à l’aise dans sa tête et dans son corps.

Il est vrai que pour le sexe, ça aide d’être sexy. Et il parait que pour vivre, il faut être vivant (sauf si vous êtes une liche ou Grégory Lemarchal, auquel cas vous sortez plus de disques mort que vivant).

Du grand art.

Passons les conseils sur l’art de copuler avec son prochain : je vous laisse libre d’y trouver votre bonheur. Non : le mieux, c’est la partie "Après l’amour" dans laquelle on trouve des morceaux de bravoure. Après l’amour, donc ?

Il tient à elle un minimum pour rester et s’endormir à ses côtés. (si un homme s’endort après l’amour il est impossible de l’en empêcher, c’est physique)

Voilà. Alors sachez-le : l’homme fonctionne d’une manière bien étrange. Après l’amour, satisfait, son organisme profite de ses derniers râles pour envoyer toute l’énergie restante dans son corps vers son rectum ; il relâche alors dans l’atmosphère son énergie sous forme vaporeuse dans un ultime mais néanmoins tonitruant pet, se tourne sur le côté, puis s’endort. RIEN ne peut l’en empêcher. C’est physique on vous dit. 

Alors c’est ballot, surtout que dans le passage juste avant, on nous disait que l’homme aimait "faire l’amour dans des lieux insolites.". Du coup ça doit être un peu le bordel cette affaire, on doit retrouver des mecs endormis partout. 

"Hé bien Berthier, merci d’être venu à cette réunion. Je vous raccompagne à l’ascenseur ?
- Volontiers.
- Parfait, tenez il arr… MAIS ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Que fout ce type tout nu à roupiller dans la cabine ?
- Je crois que c’est Mauricet Monsieur, de la compta. Il n’y peut rien : il a une relation au travail.
- Non mais ça commence à bien faire ! L’autre jour j’ai retrouvé Martinot en train de pioncer dans un conduit d’aération ! Et Francis dans le bac à verre !
- Ah non mais Francis, on est d’accord, il est fou. M’enfin bon, je pense qu’il se dit que c’est correct, surtout depuis la fois où vous…
- JE M’ÉTAIS JUSTE ENDORMI AVEC CETTE CHÈVRE DANS LES BRAS D’ACCORD ? CA N’A AUCUN RAPPORT ET IL N’Y A AUCUNE PREUVE !"
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Heureusement, le site n’hésite pas à enfoncer le clou. Quid si le mec n’a pas envie de rester là ?

Il ne tient pas à elle et trouvera la force de se rhabiller pour reprendre sa liberté.

Il "trouvera la force de se rhabiller". L’homme va ramper sur le sol en serrant très fort fesses et dents, se tortillant comme un gros vers en essayant d’enfiler ses chaussettes sans laisser s’échapper le peu d’énergie qu’il lui reste. Puis, il rampera à demi-nu dans les couloirs avoisinant jusqu’à regagner la rue où, avec un peu de chance, il parviendra à héler un taxi. 

C’est terrible. On dirait qu’on nous parle d’un baleineau échoué.

Mais, il n’y a pas que le sexe dans la vie : comment se comporter pour garder ce brillant mâle que vous avez su conquérir ? Par exemple, lorsqu’il revient d’une soirée avec vos amis ? Mais si, vous savez déjà ce qu’il faut faire. Souvenez-vous : 

Une femme ne devrait pas trop questionner un homme quand il rentre d’une soirée avec ses potes car cela gâche le plaisir qu’il a de la retrouver.

Règle numéro 1 : le retour.

"Bonsoir chérie !
- Bonsoir mon choubidou.Tu as passé une bonne soirée avec tes amis ?
- NAN MAIS HO ! TU TE CROIS OU ? CA TE REGARDE ? De toute façon j’en ai marre tu t’intéresses toujours à ma vie, c’est dégueulasse, maintenant je n’ai plus de plaisir à te retrouver, je retourne boire des bières avec les copains !"

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Encore une fois : écrit par trois célibataires. Hmmmm. Mais pourquoi donc ?

Quand vous retrouvez ceci à la maison, c’est qu’il est temps d’en partir

Le match de foot à la télé. 

Ne jamais déranger un homme pendant son match! Si une femme annule ses projets pour que son homme regarde son match, il aura une haute estime d’elle. Un homme aime que sa petite amie regarde un match avec lui, mais en silence!

Si elle pouvait aussi décapsuler les bières, ce serait cool. A noter qu’elle doit le faire en silence : la femme ne peut pas commenter le football. Elle n’en comprend pas les règles. A ce qu’il paraît que si l’on répète trois fois la règle du hors-jeu à une femme en moins de 5 minutes, sa tête explose.
Non mais genre. Bientôt, elles vont aussi croire qu’elles peuvent jouer au foot. Pfff.

Et donc, l’auteur de cette synthèse a trouvé ces commentaires pertinents. Intéressant : je serais curieux de savoir ce qu’elle ne trouve pas pertinent, du coup.

Les sorties en couple
Un homme n’aime pas être invité par sa femme à des sorties en couple car il doit faire attention à ses faits et gestes et se sent jugé par les amis de celle-ci.
Il fait l’effort de venir pour faire plaisir mais il aime que ça en finisse au plus vite.
Un homme se sent plus détendu et lui même quand il organise des sorties en couple avec ses amis.
Une femme doit se montrer indépendante et ne pas chercher constamment l’attention de son homme pendant une sortie.

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Mesdemoiselles, vos amis sont relous : merci de libérer Monsieur de ces derniers. Par contre, ses amis à lui sont forcément cools : merci de fermer votre gueule (ça alors ! Cette règle numéro 1 est décidément bien utile) quand ses amis sont là pour qu’il puisse pleinement en profiter. Et faites péter les crackers, ça fait faim, là.

Les présentations officielles
Une femme doit tout faire pour s’entendre avec la mère de son homme car il déteste avoir à choisir entre les deux femmes qu’il porte dans son coeur.

Plus haut je disais "Soyez sa mère", grossière erreur : "Soyez le bras droit de sa mère" serait plus exact. 

Attendez, comment pourrait-on être encore plus rétrograde ? Ah, je sais :

Le mythe de la femme au foyer
Bien qu’un homme aime une femme forte et indépendante il reste accroché au mythe de la femme au foyer.
Il aime:
qu’elle prenne soin de son intérieur.
qu’elle l’aide à s’habiller.
qu’elle lui fasse à manger.
C’est à travers ces petits gestes qu’il se rend compte de l’amour qu’elle lui porte.

"Forte et indépendante", comprendre "Suffisamment forte pour porter le bac à linge et suffisamment indépendante pour se barrer quand les copains sont là". En effet, ça se tient, il manquait juste deux-trois mots.

Et, oui, l’amour se mesure à la fréquence à laquelle vous passez l’aspirateur. Rrrrr, passion.

L’érotisme, allégorie.

Allez, passons en revue la suite et accélérons : il y aurait trop à dire.

Une femme ne doit pas entamer une discussion sérieuse quand un homme n’est pas disponible.

Elle doit attendre sur le bas côté et éventuellement lui envoyer des SMS pour lui signaler qu’elle a quelque chose à lui dire. Par exemple, attendre qu’il ait fini sa partie de PES avant de lui annoncer que vous êtes enceinte. Il y a des priorités.

Quand un homme et une femme vivent ensemble, ça les rend plus proches.

Et quand on met deux biscuits l’un à côté de l’autre, ils sont l’un à côté de l’autre. La vache, on peut dire qu’ils ont "brisé une omerta" nos bons auteurs. Vite, remettez-les tabous, c’est trop d’un coup !

Horrible vérité n°1: Les hommes se servent des femmes pour coucher car ils détestent être en manque.

Alors que les femmes font du tricot et on en parle plus.

Horrible vérité n°2: Les hommes trompent les femmes qu’ils aiment par besoin de variété sexuelle.

Oui, c’est automatique. Ah mais on a déjà essayé d’enfermer un mec pour voir ce qu’il se passait et commet il variait les plaisirs : au bout de 3 semaines sans nouveauté, son corps se met à développer d’étranges pouvoirs de téléportation pour aller courir la gueuse "par besoin".  L’armée s’en servirait à l’heure actuelle, mais pour l’instant, les résultats sont encore aléatoires : la plupart des sujets tests ont été retrouvés au zoo.

Horrible vérité n°5: Les hommes n’ont aucune inclination naturelle pour le mariage.

Alors que les femmes, si : saviez-vous que lors de l’accouchement, le plus difficile à faire sortir après une petite fille était la robe et le bouquet allant de pair ? 

Conclusion: le désir sexuel est à la source de tout acte masculin!

Sans oublier le football, la bière et bien évidemment sa maman.

Voilà. Je vous remets la conclusion de la damoiselle qui a étudié ce livre pour Heureuse en amour ?

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

Et le plus beau ? 

C’est que ce livre a trouvé un éditeur et est vendu en échange de vrai argent pour vous aider, vous, les femmes.

Remarquez, il y a une vraie réflexion derrière ce bouquin : je suis encore en train de chercher qui on prend le plus pour un con.

Elle s’appelait Estefania.

Je l’avais rencontrée à une soirée à l’ambassade d’Argentine, alors qu’elle osait à peine toucher à sa coupe de champagne, debout à quelque pas du piano. Elle était venue ici suite à une mission ministérielle l’invitant à faire la promotion des arts de son pays en notre belle contrée. J’étais là parce que j’avais volé une invitation sur un vieux Monsieur qui, à cette heure, gisait couvert d’hématomes au fond d’une poubelle. Elle parlait un français mâtiné du curieux accent de son pays lui donnant des airs d’étudiante gênée de chercher ses mots lorsque nous venions à parler peinture. Elle était plutôt cubisme. J’étais plutôt impressionnisme. Elle me demanda en espagnol si je ne préférerais pas continuer notre conversation dans sa langue. Je lui répondai dans son idiome si elle ne préférerait pas la poursuivre dans ma voiture.

Nous allâmes au restaurant, où nous continuâmes à échanger longuement avant que je ne me permette, en référence au piano auprès duquel je l’avais rencontrée plus tôt, d’aller en jouer un morceau d’un groupe populaire anglais qu’elle semblait apprécier sur l’instrument qui trônait dans un coin de la salle après avoir glissé quelques billets à l’artiste occupant alors le tabouret voisin pour qu’il me permette de me dégourdir librement les doigts sur les touches. Elle sourit. J’en fis autant. Je revins à la table et poursuivit avec elle notre conversation passionnée jusqu’à ce que le dernier client quitte les lieux. Alors qu’il ne restait plus que nous, elle me demanda si je préférais aller chez elle ou chez moi. Je lui répondis que je n’étais pas ce genre d’homme. Elle sourit plus encore. Un peu moins lorsque Diego, bien campé derrière elle, lui colla le chiffon imbibé de chloroforme sous le nez.

Quelques heures plus tard, derrière la cuisine du restaurant, un certain M. Guttierez me remettait mon enveloppe habituelle pour ma participation à notre petite organisation de trafic d’organe.

Alors que je comptais les billets en tirant sur mon cigare dans la petite ruelle jouxtant l’endroit, Diego me dévisagea longuement.

"Patron, c’est quoi votre truc ?
- Le champagne. Quand elles vident très lentement la coupe, c’est généralement le signe qu’elles ne boivent que peu, ce qui signifie des reins de qualité à la revente.
- Non, je veux dire… pour les femmes ? 
- Ah, ça Diego, j’ai un truc. 
- Un truc ?
- Evidemment. Et puisque je suis de bonne humeur, tant cela fait une amatrice de cubisme en moins alentour, je vais le partager avec toi.  Mon truc, c’est www.artdeseduire.com.
- Un site web ? Leurs conseils sont si bons que ça ?
- Ah non ; c’est justement ça mon truc : tant qu’il ne va pas sur ce site, tout homme peut avoir tant de la classe que ses chances avec le beau sexe. Sinon, il se transformera lentement en créature mi-homme mi-kronenbourg.
- Oh…"

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Il y eut un bref moment de silence, alors que je constatais que Guttierez, fidèle à sa réputation, avait bien mis le compte.

Diego, lui, se demanda intérieurement s’il pouvait effacer d’ici son historique internet.

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Plus que du sniper, artdeséduire.com s’approche plutôt de la délicatesse du B-52

Art de séduire fait partie de ces sites qui, une fois découverts, vous font pétiller les rétines pour quantité de raisons différentes. Ainsi, nous avions déjà parlé des fieffés larrons occupant l’endroit précédemment suite à un article comparant séducteurs façon "art de séduire" et snipers (les deux partageant un certain goût de l’observation d’autrui depuis les fougères, une vie de solitude et une certaine volonté de vider son chargeur dans son prochain). Sauf que depuis, artdeseduire.com a remis le couvert pour distiller des conseils essentiels aux mâles désœuvrés afin que, eux aussi, puissent trouver l’âme soeur. Et encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Arrêtons-nous donc sur plusieurs articles :

Vous êtes invité à une soirée et ne savez pas comment aborder une jeune fille sans faire de la combustion spontanée ? Pas de problème :

5 techniques efficaces pour faire des rencontres en soirée

Parfait, vous avez réussi à aborder la jeune fille ? Art de séduire, c’est avant tout la classe, aussi nos conseillers vont à l’essentiel :

Le meilleur opener pour immédiatement sexualiser une conversation

La bougresse vacille devant tant de charme ? Elle est bluffée par votre élégance ? Parfait ! Vous n’avez plus qu’à aller chez vous, par exemple pour jouer au Scrabble.

Comment éviter la résistance de dernière minute chez vous ?

A ce stade, les titres ont probablement déjà suffi à vous permettre de comprendre toutes les richesses que artdeséduire.com pouvait déployer. Aussi, ne tardons pas plus et allons droit au but : Messieurs, prenez des notes, Mesdemoiselles, tentez de rester calme devant l’Hiroshima de romantisme qui se profile. Amis gays, par contre, je crains que vous ne soyez déçus : artdeséduire vous a oublié,s je suis sûr que vous le regrettez déjà. Mais, allons-y.

Messieurs, la soirée bat son plein et la plèbe s’agite autour de vous, quand soudain, vous repérez la jeune fille de vos rêves. Elle est là, magnifique, un verre à la main, à regarder la ville s’endormir par les fenêtres alors que mille idées se croisent dans sa tête (que celui qui a ricané se dénonce) alors que la musique masque les conversations autour d’elle. Diable, elle est si intimidante dans sa robe de soirée : comment l’approcher ? Pas de problèmes : nos coachs ont la solution.

On va commencer par une de mes préférés, inventée par Joshua Pellicer : le drive-by. « Drive-by » se traduit plus ou moins par « à emporter », « en passant ». Ça peut être un compliment ou un neg joueur : un abordage court qui met en place une dynamique de jeu dont vous partez immédiatement sans maintenir l’interaction. Les gens vont penser à vous en votre absence, et auront des réactions très positives à votre retour.

Ça n’est pas clair, le drive-in, comme à Mac Donald, tout ça ? Alors prenons un exemple de phrase de nos experts à sortir pour aborder la douce créature :

Hey ! :) Tu m’attends une seconde ? Je reviens dans un instant. T’as le droit de penser à moi en attendant, tant que ça reste propre.

Je vous laisse assimiler tranquillement la chose. Non, je ne blague pas, c’est bien tiré du site. Oui, Même le smiley. Vous vous souvenez de la célèbre accroche "Ton père, c’est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux" (vous pouvez tout de même remplacer "étoile" par "trou noir" si vous parlez à une candidate de télé-réalité), utilisée massivement lors des soirées d’élection de Miss Tuning sur le parking de Shoppy ? Félicitations, vous venez de découvrir le niveau juste en dessous. Bravo Messieurs : nul doute que la damoiselle aura "des réactions très positives à votre retour", comme par exemple, positive à la ganja pour essayer d’oublier votre répartie moisie. Bon, techniquement, c’est du positif quand même, ils n’ont pas tort.

Mais bon : je serais malhonnête de ne pas partager les autres conseils mis à votre disposition pour faire chavirer des coeurs. Par exemple :

Une première façon de vous faire apprécier serait la reconnaissance. Il s’agit de vous souvenir d’au moins un détail sur chaque personne. Même pas son nom ! Son nom, vous avez le droit de l’oublier

Car oui : le nom de la personne que vous tentez de séduire, ce n’est finalement bien important : autant montrer directement que vous n’êtes là que comme un gros morfalou. Mise en situation.

"Salut euh…
- Oui, salut ?
- Alban ? Maurice ? François ?
- Sylvie.
- Ahahaha, oui heu, bon je… je me disais… (raaah, bon sang, vite, il me faut un détail sur elle pour l’épater et lui montrer que je m’intéresse à elle)… ah oui, c’est toi qui a un gros cul, non ?"

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Si avec ça, son coeur ne chavire pas aussitôt, je ne sais pas ce qu’il lui faut. Mais nos larrons, eux le savent mieux que personne, car il existe une arme ultime : l’humour !

Une autre technique, que vous connaissez tous, est la création de private jokes. En combinant avec les détails que vous connaissez, cela peut être vraiment très efficace. L’humour est l’un des signes de valeur sociale les plus importantes et l’un des plus puissants aphrodisiaques.

Ah ! De l’humour, j’entends bien, mais alors quel genre de private joke, pourriez-vous illustrer ? Non parce que ce n’est pas bien clair, là, tout de suite.  Dans l’exemple suivant, l’auteur explique qu’il a par exemple appris que la jeune fille qu’il tentait de séduire avait un chien nommé "Spiff". Un nom qui en dit déjà long, mais passons sur les moqueries et observons plutôt le genre d’humour irrésistible qui est proposé. Mesdemoiselles, scotchez vos côtes, je vous transmets la blague telle quelle.

Spiff le chien, juste après avoir entendu ladite blague.

"Il va mieux Spiff ?
- Hein ? Mais on vient de se rencontrer et je suis pas rentrée chez moi, comment tu veux que je sache ?
- Je sais pas, il aurait pu avoir la courtoisie de t’appeler pour éviter que tu t’inquiètes. (pause) C’est ce que fait mon ornithorynque."
(il/elle rit).
"Je te le présenterai, c’est un type cool. Il s’entend mal avec mon rat jongleur par contre. Un peu jaloux, je crois. Etc."
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Pour rappel, en cas d’explosion inopinée votre cage thoracique sous l’impact drolatique du bon mot, le numéro à composer est le 15 (du moins si vous me lisez du pays du fromage, sinon vous risquez de crever, soyez un peu autonomes, sacrebleu).

Personnellement, j’ai ouï dire que c’est après avoir lu ce genre de blague que M. Carambar a décidé d’arrêter les siennes. Non parce que de deux choses l’une :

  • soit la jeune fille rit, auquel cas, il est temps de l’emmener derrière l’étable avec un fusil
  • soit elle fait ce que toute jeune fille raisonnable qui entend cette blague fait : elle reste impassible, quitte la pièce d’un bon pas, rentre chez elle préparer son dossier d’inscription pour le cursus d’astrophysique le plus proche, prend 8 ans pour passer un double doctorat tout en se formant à 17 sports différents puis, cela fait, elle intègre le prochain départ pour la station spatiale internationale. Une fois là-haut, loin de la Terre, elle s’enfermera dans un sas et s’autorisera un long hurlement de douleur avant d’éclater en sanglots, seule issue à un calembour aussi pourri. Elle peut aussi intégrer la Marine Nationale pour commander un sous-marin d’attaque et vaporiser votre demeure dans le feu nucléaire, mais ça, c’est juste si elle a un côté taquin.

Bien, vous êtes consternés ? Attendez un peu, et allons donc monter le niveau d’un cran, ceci n’étant qu’une mise en bouche. Mettons : la damoiselle a apprécié votre approche hardie et vous trouve irrésistiblement drôle ? Il est grand temps de lui faire comprendre que vous n’êtes pas vraiment là pour discuter avec elle, puisqu’en bon mâle, vous vous contentez de baver en marmonnant "fifille", le tout en roulant des yeux fous. Vous pensez que j’exagère ? Hohoho, naïfs que vous êtes, laissez-moi vous emmener à l’article "sexualiser une conversation" :

Aujourd’hui pour ceux qui veulent du rapide, on a décidé de partager notre technique de drague la plus efficace. Fatale.

J’imagine qu’il s’agit là d’une technique audacieuse et subtile visant à se mettre sur le fil du rasoir pour expliquer à quel moment l’intrépidité devient lourdeur, surtout en sachant qu’il s’agit d’un "opener", à savoir la première phrase que vous allez utiliser pour aborder une damoiselle, je suis curieux de savoir quelle habile stratag…

« Combien coûte ton cul ? »

Je…

Pardon ? Ai-je bien lu ? Qu’ouïs-je ? Visiblement, chez artdeséduire, on a la séduction légère et délicate : je suis sûr qu’après le fabuleux calembour précédent, les damoiselles sur ce blog se pâment devant une approche si classe. Il est vrai qu’un homme qui s’approche de vous pour vous susurrer à l’oreille "Combien coûte ton cul", ça donne tout de suite des palpitations de désir, j’en conviens (moi-même, tant de charme, cela me ferait presque regretter mon ennuyante hétérosexualité). D’ailleurs, pourquoi le susurrer quand tout le coin peut profiter de votre classe naturelle ?

Vous pouvez la jouer de manière très théâtrale, en parlant à table, en parlant au bar, suffisamment fort pour qu’on vous entende.

C’est vrai qu’il serait bête qu’une seule personne dans un rayon d’un kilomètre ne connaisse pas votre subtilité naturelle, apte à faire passer Jean-Marie Bigard pour un philosophe grec. Heureusement, chez artdeséduire.com, on est malin : après avoir bien précisé que la cible pourrait mal prendre la chose (alors là, je m’étonne !), il est expliqué qu’il faut désamorcer la situation, tel un puissant meneur de débat. Comment ? Facile !

Ce que vous devez comprendre, c’est que quelle que soit la réponse de la fille, vous devez la ramener dans votre monde, dans votre réalité C’est votre jeu, votre script qu’il va falloir dérouler. En improvisant un peu en fonction du sien, évidemment… Le but, c’est de basculer très rapidement sur la raison d’être de l’opener : créer une conversation Et l’avantage de cet opener, c’est qu’il va aider à sexualiser très vite.

Hmmm, tout cela semble terriblement maléfique, vous auriez un exemple mes bons amis ? Pas de problème, explication via un dialogue entre deux amis qui viennent de poser la question à une malheureuse qui, à cet instant précis, doit être en train de chercher sa bombe lacrymogène.

« Si on te demande ça, c’est parce qu’on a besoin d’un avis extérieur. En fait ça part d’une vanne quand on était en école. Si tu devais te faire attraper par un mec de l’école, ce serait qui ? 
- Et on a vite étendu cette question à l’univers des stars, des acteurs, des chanteurs. Surtout à Gérard Depardieu. La vraie question c’est de savoir combien tu acceptes pour coucher avec Gérard Depardieu.»

Subtil en effet, une explication complémentaire pour mettre une cerise de bon goût sur ce gâteau de classe ?

La fille va rentrer dans votre jeu. Elle est soulagée, vous ne la prenez pas complètement pour une pute. Elle va pouvoir se mêler à la conversation. 

Le port du casque est obligatoire si vous posez la question en agglomération, sauf autorisation préfectorale

Ça va, ce n’est pas complètement, juste un peu. Il n’y a donc aucun problème, qu’est-ce qu’une jeune fille pourrait trouver à redire à être prise un peu pour une pute ? Je veux dire, c’est tout de même un métier intéressant quand on y pense, trop peu de conseillers d’orientation pensent à mettre cette carrière en avant, bande de petits conservateurs, je suis très déçu.

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi je suis rassuré à l’idée de savoir que ce site ne me prend pas complètement pour un con. J’ai ouvert les yeux, et je suis sûr que vous aussi, chères lectrices. Et pas seulement pour vous les arracher à la cuiller pour arrêter de lire ce site, arrêtez. Remettez immédiatement cet ustensile dans votre pot de glace, dites-donc ! Vous vous croyez où, hein ?

Cela dit, nos amis envisagent que la fille puisse mal prendre la chose malgré tout (c’est très étonnant, j’insiste, c’est une femme nom de nom, que pourrait-elle reprocher à la chose ?), et proposent donc une astuce très efficace pour se sortir d’une bien mauvaise situation et remettre la bougresse dans le droit chemin.

Oh ça va, rien de grave… Quand tu vois ce qu’une émission comme Le Bachelor fait aux femmes… C’est cruel… Quand tu vois le dernier film pour Louis Vuitton, La fille de joie tu peux te demander si la figure de la pute n’est pas de retour après des films comme l’Apollonide et la série Maison Close. Du coup on se demandait avec mon pote blabla.

Comprendre : "Oh, ça va, je te traite comme une pute mais c’est dans les médias, alors tu vas pas non plus faire la gueule dis-donc ?"

A ce stade, il est évident que non seulement la conversation est parfaitement récupérée, mais qu’en plus, la damoiselle doit être en train de convulser au sol devant tant de bonheur. Ou alors, c’est qu’elle n’y met vraiment pas du sien, nom d’une pipe ! Heureusement que dans "artdeséduire", il y a "art" et "séduire", histoire de bien mettre en avant la notion de subtilité du concept, parce que bon, hein. D’ailleurs, divers conseils vous sont donnés pour faire durer la conversation de manière tout aussi délicate histoire de devenir le nouveau Georges Clooney local :

"Et sucer ? C’est combien pour sucer ?"
"Et embrasser ? Tu prendrais combien pour embrasser un inconnu ? "
Là vous pouvez enchaîner sur la note qu’elle se donne en bisous : «Sur une échelle de 1 à 10, tu embrasses bien comment ?». Ça vous permettra de lui proposer de vérifier sa note un peu plus tard dans la soirée… lors d’un CONTROLE SURPRISE !)
"Et escort, tu as déjà pensé à faire escort girl ? Tiens, sérieusement, on ne t’a même pas demandé ce que tu faisais de tes journées… Laisse-moi deviner… Tu es mannequin pour serre-tête… Tu as de belles oreilles…"

Des fois qu’elle n’ait pas encore bien saisi l’aspect prostitution, autant insister. N’hésitez pas à lui parler du taux de TVA applicable et autres, pour plus de passion, rrrr, grands fous. Quant au "contrôle surprise", nul doute qu’il se terminera à Fleury-Mérogis, quartier des délinquants sexuels, où notre Don Juan en herbe pourra répondre à des questions à peu près similaires lorsque Jojo "Le boucher de Montreuil" voudra lui aussi appliquer les techniques lues sur son site. Et lui aussi aime les contrôles surprises pour ses évaluations trimestrielles mais c’est un prof sympa, on a le droit de pomper. Tiens ? Hmmm, j’ai l’impression d’avoir écrit quelque chose, mais en fait non. Lire ce site me rend tout chose. Sûrement le pouvoir universel de la séduction.

Soit : mettons que vous ayez échappé tant à Jojo à la prison et que, plus incroyable encore, la damoiselle soit sous votre charme, que faire en vous rendant chez vous ?

Pas de problème, tout est prévu avec l’article "Match à domicile : comment éviter la résistance de dernière minute."

Vous êtes donc arrivés chez vous, avez ouvert la porte pour dévoiler votre domicile un sourire complice aux lèvres, et êtes allés chercher des rafraîchissements. Quels sont les pièges qui font qu’elle risque, en substance, de hurler "VITE, LA FENÊTRE !" avant de la traverser, chutant de 5 étages pour ne pas à avoir à passer plus de temps avec vous (remarquez, vu tout ce qu’elle a subi jusqu’ici, visiblement, elle est déjà morte cérébralement) ?

Même si vous êtes beau gosse, bien habillé et que votre déco d’intérieur a été refaite par le fils de Valérie Damidot et Philippe Starck, si vous puez ou si votre appartement sent mauvais, c’est fini pour vous.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la qualité du site, notez que les goûts de Valérie Damidot sont cités en exemple. Cela veut déjà en dire long. En tout cas, sage conseil pour les vieux mâles : quand la jeune damoiselle commence à se tenir la gorge entre deux calebutes sales étalés sur le clic-clac, que sa peau se rougit et que des cloques y apparaissent, c’est qu’il est bon d’aérer, espèce de petite usine à gaz moutarde. Mais bon, supposons que ça ne pue pas : comment occuper ces instants complices entre vous ? Je préfère ne pas vous copier coller les passages où l’on vous propose de déguster du Nutella et du champagne, tant chacun sait que toute personne qui fait cela voit un champenois défoncer sa porte et passer les lieux au lance-flammes parce que bon, quand même, il ne faut pas déconner, aussi intéressons-nous plutôt aux exemples de bonnes soirées à passer ensemble :

Photographie instagram d’un jour de lessive dans une résidence étudiante

L’enchaînement de sketchs courts, de vidéos comiques sur Youtube

Moui. Alors Youtube, c’est quand même un peu la spirale de l’enfer : quelqu’un va dire "Agad’, agad’ tu vas voir c’est trop marrant !". Tout ce petit monde va regarder la vidéo et ne pas se marrer, avant de dire "J’en connais une autre trop bien." et ainsi de suite durant trois plombes, jusqu’à ce que finalement, tout le monde admette ouvertement se faire chier.

Bref avec ça, au mieux votre invitée repart poliment, parce que Youtube, elle l’a aussi à la maison, au pire se pend pendant un sketch de Cyprien, Norman ou autre prénom mystérieux.

Une autre option ? Pas de souci !

Les photos de vacances

Parce que oui : il y a pire que Youtube. Vous installer devant un PC pour faire une soirée diapo, soit l’avatar des moments chiants depuis l’invention du projecteur. Vous pourrez ainsi raconter des choses chiantes à quelqu’un, lui conter des moments rigolos qui ne feront pas rire parce que la personne n’y était pas, et vous perdre vous-même dans le flot de votre récit décousu pour cause de "Attends, c’était où ça ?" "Tiens, pourquoi cette photo est sur le côté ?" ou le célèbre "Raaah, comment il s’appelait, lui ?" alors que tout le monde s’en fout puisque personne ne le connait. Connaissez-vous une seule personne qui hurle "Chouette !" lorsque vous proposez une soirée Powerpoint ? Parfait : alors gardez vos photos de vacances pour vos vieux jours. Ou allez visiter des abattoirs roumains, je ne sais pas, mais faites quelque chose.

Enfin, mettons que malgré tout, vos activités excitantes comme un tableau Excel la rendent folle : un mot de la fin, artdeséduire.com ?

Tips bonus :

Capote à portée de main parce que si vous ratez la fenêtre de tir, elle va se mettre à réfléchir, et réfléchir, c’est mal… 

Hé bien je crois que tout est dit.

Je n’ai plus rien à ajouter.

Merci, artdeséduire.com.

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Elle s’appelait Mairin.

Je l’avais rencontrée à un vernissage au Grand Palais. Elle avait ce rire discret qui, loin des exclamations ouvertement hypocrites des autres invités feignant de s’esclaffer au moindre mot des personnalités présentes, était à la fois honnête et communicatif. Elle était Irlandaise, et était en France suite à un échange Erasmus, afin d’étudier la littérature de notre beau pays. Elle avait un avis assez tranché sur bien des auteurs et, loin d’analyser chaque virgule de leurs textes, elle essayait de voir dans les livres l’expression d’une pensée cristallisée sur papier, l’écho de l’imagination d’un esprit nous ayant quitté depuis bien longtemps. Son curieux discours, presque spiritiste, avait quelque chose d’intrigant. Nous restâmes à discuter sous les hauts plafonds de l’auguste bâtiment durant un long moment, tant et si bien que ce fut finalement la sécurité qui nous demanda de sortir avec les derniers traînards.

Elle eut une exclamation plaintive en constatant que le dernier métro était parti depuis bien longtemps, et qu’elle allait devoir prendre un taxi. Je lui proposai ma voiture, et l’espace d’un instant, je crois que je vis dans son sourire un signe m’invitant à ne pas l’amener à M. Guttierez. Engoncés dans la banquette arrière à poursuivre notre conversation sous la lumière changeante des lampadaires défilant autour de notre véhicule, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivés au bas de son immeuble. Je lui souhaitai bonne nuit en feignant le désintérêt le plus total, et elle réagit en se collant à moi, me chuchotant à l’oreille que si je ne montais pas, elle se retrouverait malheureuse à lire son ouvrage de chevet, de…

Mairin eut à peine le temps de sentir le canon du Maüser s’insérer dans notre étreinte au niveau de son estomac qu’il y eut trois détonations sourdes, avant qu’elle ne glisse au sol dans un bruit mou.

Elle venait de m’avouer lire Guillaume Musso.

Il ne fallait pas exagérer non plus.

Et tant pis pour ses reins.

"Père Castor, Père Castor !"

Ajustant ses lunettes un sourire bienveillant aux lèvres, le sage rongeur pose son regard sur les enfants assis sur le petit tapis en face de lui, leurs visages ravis seulement éclairés par la lueur des flammes de l’âtre voisin. Savourant la douce chaleur du foyer, le Père Castor hume l’air, appréciant l’ambiance unique de ces instants. Il sait déjà ce que ces jeunes gens vont lui demander, et comme à chaque fois, cela ne rate pas :

"Père Castor, raconte-nous une histoire !"

Caressant son menton, le vieil animal feint de chercher un récit alors qu’il a déjà son idée en tête.

"Hé bien, vous ai-je raconté l’histoire des trois lapins et de la bague dorée ?
- Non Père Castor ! Ho vite, raconte-la nous !
- Bien sûr Benjamin, et bien écoute plutôt : tout commence un soir de pluie, alors que la forêt toute entière bruisse du son des gouttes s’écrasant sur…
- Popopop, halte là Père Castor ! 
- Grignote ? Que se passe-t-il ?
- Je te vois venir, vieux grigou : est-ce qu’il y a des femmes dans ton histoire ?
- Hein ? Et bien je… heu… non, non, ce sont trois frères lapins. Car sais-tu, ce soir de pluie, alors qu’ils…
- Ah, évidemment ! Des frangins, des mâles ! Des couillus ! Ah, ça te ferait chier vieux barbon de raconter des histoires avec des femmes, hein !
- Mais enfin Grignote je…
- Pour nous raconter des histoires de mecs qui se tirent de toutes les situations, il y a du monde ! C’est à croire que toutes les filles de la forêt sont à la cuisine, pas vrai Père Castor ? Quel bel exemple d’histoire ! 
- Câline, toi aussi ? 
- Mais oui Père Castor, assez ! Y en a marre des récits qui tentent d’imposer une putain de conception de la réalité qui…"

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Un long jet d’hémoglobine s’échappe du museau de Câline alors qu’elle reçoit le coin du livre d’histoires du Père Castor en plein visage, l’envoyant s’écraser face contre terre et souiller le tapis de son sang chaud.

"Ça va aller oui ? "Gnagnagna Père Castor", "Une histoire Père Castor", "Dis-nous tout Père Castor", "Mon cul sur la commode Père Castor", et maintenant il faudrait que je vous les fasse sur-mesure ? Nan mais bordel, jamais un bonjour, jamais un merci, et puis alors s’il-te-plait, alors tiens, je peux me brosser ! Et en plus ça se permet de gueuler ! Bon écoutez-moi les mouflets, aujourd’hui, : je vais plutôt vous expliquer en quoi vous êtes plus proche du blaireau que du castor. Et pour ça, j’ai une histoire toute trouvée : tout commence sur internet…"

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Attention : cette femme est peut-être en train de raconter une histoire de chevaliers et de princesses à vos enfants, elle mérite donc un bon coup de batte

Un jour prochain, il n’est pas impossible que l’un d’entre vous vienne à raconter une histoire à un enfant.

Je ne parle pas de celles visant à les amener jusqu’à une camionnette, mais plutôt de celles visant à leur parler de princesses et de dragons, de bravoure et de traîtrise, de Nicolas Cage et d’autres créatures n’appartenant qu’au royaume de l’imagination. Si un jour vous vous surprenez à faire cela, alors sachez-le : vous êtes un monstre.

Mais oui.

Défonçant votre porte à coups de bottes, la Brigade du Bon Goût viendra heureusement instantanément vous trouver et vous taser la gueule, sale malandrin, avant de vous envoyer en camp de rééducation parce que, petit salopard, vous aurez raconté une histoire se déroulant dans un ROYAUME et non une DEMOCRATIE ce qui prouve que vous embrigadez vos enfants, sales royalistes. D’ailleurs, tous les jouets dudit enfant seront passés au lance-flammes s’ils sont liés, de près ou de loin, à des préjugés quelconques, afin de s’assurer qu’il puisse grandir dans un milieu loin de tout embrigadement.

J’en veux pour preuve ce site, recommandé par un lecteur assez inconscient pour se rendre en ces lieux maudits :

Le cinéma est politique

Et plus particulièrement deux articles qui vont vous expliquer en quoi vous êtes de fieffés rabouins. Ho, mais si, ne niez pas ! Car figurez-vous que nombre d’entre-vous ont peut-être oser regarder voire – j’ose à peine l’écrire – diffuser à des innocents des films comme le Roi Lion ou Aladdin. Bande de petits salopards ! Heureusement, nos amis experts en cinéma vont vous remettre dans le droit chemin : mais observons plutôt ensemble ce beau site. Si vous n’avez vu aucun des deux films par contre, et que vous ne voulez pas savoir que les gentils gagnent à la fin (ah, merde, trop tard), passez votre chemin. Pour les autres, étudions la prose d’un homme qui a su s’élever au-dessus de la masse des ignorants pour se faire le phare de la pensée et de la tolérance. Mais phare genre phare de solex, hein, que l’on s’entende bien. Lisons plutôt.

L’une des premières choses qui nous frappe en regardant Le Roi Lion, c’est le sexisme banal et structurant de l’histoire. Dès les premières scènes, Le Roi Lion nous fait connaître un monde structuré hiérarchiquement, avec au sommet de la pyramide le monarque absolu, qui règne en bon patriarche sur, non seulement son peuple docile et servile (les autres animaux), mais également ses lionnes, qui jamais ne remettront en question le bien fondé de la place des hommes, ni de la place des femmes. Le Roi Lion comporte un grand total de 3 personnages féminins, contre 9 personnages masculins. Donc, 75% des personnages du Roi Lion sont masculins.

Voilà, dès les premières lignes, c’est dit : le Roi Lion est un film sexiste. Oooh mais oui, et pas qu’un peu : le sexisme a un rôle structurant dans l’histoire, rien que ça ! Pire encore : dans le Roi Lion, l’auteur du site l’analyse finement , tout semble se dérouler dans une monarchie, ce qui est quand même plutôt suspect.

Nom d’une pipe, tu m’étonnes que c’est suspect ! Une monarchie dans un film intitulé "Le Roi Lion" ! Alors ça, c’est quand même scandaleux. On attend avec impatience les mêmes observations de l’érudit sur "Le Retour du roi", "Le discours d’un roi" (un film odieux, puisque l’on y trouve relativement peu de personnages féminins) ou "L’homme qui voulut être roi". Cela fait tout de même beaucoup de coïncidences : sûrement un complot royaliste pour remettre sur le trône de France un quelconque loulou et réhabiliter le port de la moumoute à cheval dans les rues de Paris (un truc autrement plus classe qu’un vélib’).

Il en profite pour compter le nombre de personnages féminins, car c’est vrai que c’est important. Il ne manquerait plus que les gens qui racontent des histoires se moquent du sexe des personnages, voire que les enfants puissent apprécier lesdits individus sans s’intéresser au contenu de leur slip.

Non parce que je vous rappelle le principe : si vous rapportez tout au sexe des gens, vous êtes un héros de la lutte anti-sexisme, si vous n’y prêtez pas attention, vous êtes un fieffé salaud.

Après, il y a quand même des pièges : ce film par exemple parle avant tout de daube.

La relation entre Simba et Nala nous apparaît comme étant une relation d’amitié étant jeune, qui plus tard évoluera selon le schéma classique de Disney vers un amour hétérosexuel.

J’imagine bien ce qu’il se passerait chez Disney s’ils prenaient l’auteur de ces lignes comme consultant pour leurs films.

Studios Disney, un jeudi, 14h12

"Okay les mecs : on doit faire un nouveau film. Alors je vous présente Liam, de la Brigade du Bon Goût. Il va s’assurer que l’on ne… pardon, c’est quoi votre rôle ?
- M’assurer que votre film ne soit pas porteur d’une idéologie puante.
- Oookay… bon, alors on a déjà commencé à écrire un script. Ce serait un truc avec des animaux, comme les calendriers de la Poste, et on se disait "Hey, pourquoi pas un Lion ?"
- Aha ! UN lion, ééééévidemment ! Jamais une lionne ! Quel sexisme !
- Oui enfin ça fait 60 ans qu’on fait des films avec des princesses. 
- Moui, bon allez, va pour le lion. Y a-t-il une lionne qui l’accompagne ? Hein ? Quotas, tout ça ?
- En effet, nous l’avons appelée "Nala". Et le héros se nomme "Simba". Et il y aura une histoire d’amour qui…
- AHAHAHA ! Je vous y prends ! Une histoire hétérosexuelle bien sûr ! Vous êtes immondes !
- Je… bon, José, tu notes : Nala s’appelle Nalo et lui et Simba vont s’aim…
- EVIDEMMENT ! Vous virez la lionne ! Remettez-là TOUT DE SUITE
- Bien, José, corrige : Nala est de retour. 
- Faites de Simba une femme SUR LE CHAMP !
- TA GUEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUULE 
- Je… hein ? Mais je… je suis de la Brigade du Bon Goût quand même !
- On va raconter une PUTAIN D’HISTOIRE avec un fucking lion parce que LE lion c’est LE ROI DES ANIMAUX bordel de merde, parce qu’il a une fucking CRINIERE comme une COURONNE et que les enfants le SAVENT alors si tu veux une version avec des lionnes qui se lesbichent, tu vas voir MARC DORCEL
- Mais enfin ?! Je… mais arrêtez de crier, je…
- JOSE LE SCRIPT ! Désormais Simba est un TRANSEXUEL et l’action se passe au BRESIL et ce n’est pas un lion mais un putain de TAPIR ! 
- Holala, il est drôlement tard, je vais y aller moi, hein, salut !"

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Des réunions probablement passionnantes à n’en pas douter. Mais ce ne serait pas encore assez con. Heureusement, notre champion n’a pas dit son dernier mot.

Bon, jusqu’ici tout va bien dans l’hétéro-réalité patriarcale, mais seulement le film trébuche, perd ses moyens, et voilà qu’il nous montre Nala plus forte que Simba au combat! Comment? Une femme plus forte qu’un homme dans le domaine des hommes, à savoir la violence physique? Impossible! Seulement si : encore et encore et encore, Nala montre qu’elle est plus balèze que Simba.

Jusque là, d’accord : ces salauds de chez Disney ont fait un personnage plus costaud que le héros, et pire encore, c’est une femme : comment réussir à prouver que cela cache en fait d’odieux messages ? Pas de souci : la suite arrive.

Cette supériorité ouvrirait-elle des possibilités subversives? Pourquoi Nala n’affronterait-elle pas Scar elle-même? Pourquoi ne pas renverser l’ordre patriarcal et sexiste et instaurer une démocratie dans le monde des lionnes et des lions, démocratie qui aurait éventuellement la fâcheuse caractéristique de mettre des femmes au pouvoir vu que les lionnes sont bien plus nombreuses dans le film.

Rappelons que quelques lignes plus haut on vous expliquait l’inverse : que les femmes étaient en minorité. Pif pouf, elles sont en majorité. Mais surtout : si les personnages ne se battent pas pour instaurer une démocratie, c’est probablement pour ne pas montrer des femmes au pouvoir.

Et si Nala ne joue pas à la belote, c’est probablement parce que Disney est farouchement opposé aux jeux de cartes. Mais enfin ?

Vous pouvez aussi mettre directement votre enfant devant les séances de l’assemblée nationale.

C’est vrai que c’est dégueulasse : vous aussi vous avez noté tous ces contes dans lesquels les héros ne se battent pas pour la démocratie, l’égalité hommes-femmes, les minimas sociaux ou l’assurance-maladie ? Et bien en fait tout cela est un terrible complot visant à détruire l’imaginaire des enfants pour leur imposer un modèle social, hahaha !

Non parce que sinon, allons-y : les gens vont commencer à raconter des histoires sans s’imposer de codes, et bientôt ils raconteront des aventures, des épopées sans se baser sur la bonne morale du XXIe siècle ou pire, écriront des livres et feront des films EN INVENTANT DES CHOSES ! Tenez, rien que d’en parler, j’en ai des palpitations.

Je me demande si quelqu’un a dit au Monsieur qu’en fait, le but du jeu, c’était justement de raconter une histoire qui ne soit pas basée sur la vraie vie des vrais gens. Non parce que, en fait, les lions ne chantent pas vraiment "Hakuna Matata" ni ne dissertent avec des babouins défoncés à la ganja quant à l’avenir de leur royaume. Et non. Oui, je sais, ça fait un choc.

Mais ce n’est pas fini.

Une fois qu’il aura compris sa destinée, à savoir sa position de dominant, il laissera Nala derrière (et oui, les femmes doivent s’y faire, les hommes ont des responsabilités qui ne laissent pas de place aux femmes, ni même le temps de leur parler). Il rentrera donc affronter Scar au sommet du phallus géant qu’est le monde des lions, après avoir donné des ordres à un peu tout le monde, en assumant enfin (il était temps!) son statut de dominant dans le cercle de la vie.

Bordel, l’héritier du roi qui va réclamer son trône au lieu d’envoyer sa copine se battre à sa place, c’est quand même salement machiste.

Et oui, l’auteur de ces lignes – qui est je le rappelle, un furieux combattant contre le sexisme – rapporte bien tout au sexe au point de voir en lieu et place d’une tribune de pierre une bite géante.

Freud, si tu es là, fais tourner la coke.

La scène d’amour entre Simba et Nala est une illustration frappante de cette soumission, en renversant les positions des protagonistes. Dans le combat, Nala est au dessus, agressive, dominante, malgré la volonté de Simba, qui est vaincu. Par contre, dans la scène d’amour, c’est Nala qui se retrouve en dessous, et ceci PARCE QU’ELLE LE VEUT! Soumise, Nala retrouve les qualités dont doit faire preuve une femme. L’effacement, la coquetterie, la séduction.

Encore une fois, c’est fou comme chaque détail semble ramener automatiquement à une histoire de cucu. Heureusement que notre héros n’est pas sexiste, sinon je n’ose imaginer le résultat. En même temps, j’avais déjà du mal à imaginer un discours aussi idiot jusqu’ici.

Studios Disney, un jeudi, 16h24

"Boooooooon donc on disait que Nala et Simba allaient se faire des bisous dans les buissons.
- Ouais mais Nala elle est dessus ou dessous ?
- Hein ? Mais j’en sais rien ! Pourquoi, vous pensez qu’elle a une position préférée ?
- NAN MAIS SI ELLE SE MET DESSOUS C’EST QU’ELLE SE SOUMET COMPLETEMENT !
- Ah merde, mais alors dès qu’une femme est physiquement en-dessous d’un homme, même pour un gros câlin, elle devient instantanément son esclave ?
- COMPLÈTEMENT !
- Hé bé, j’imagine que vous copulez en gravité zéro. Bon, José, ajoute la réplique "Nala, est-ce que tu veux que l’on fasse la toupie de Tombouctou ou plutôt le toboggan Afghan ?"
- Ah, tout de même ! Heureusement que je suis là pour empêcher que tout votre film ne tourne autour d’une histoire de sexe."

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L’amour hétérosexuel rétablit la hiérarchie des sexes, que la domination physique de Nala sur Simba avait quelque peu ébranlé. Rétablir pour mieux affirmer, voilà ce que nous fait voir cette scène.

Compris Mesdemoiselles ? A chaque fois que vous couchez avec un homme, en réalité, c’est une preuve de soumission. Et c’est un féministe qui le dit. Quelqu’un pour expliquer au Monsieur que son kiki n’est pas magique et ne lobotomise instantanément autrui ? Après, ça dépend où on le met, mais tout de même.

La femme est instantanément soumise à tout ce qui se met au-dessus d’elle. Ici, des cailloux. Balaise.

C’est ici que nous revenons à la figure du despote éclairé. Disney, très loin des valeurs démocratiques censées être au fondement de nos sociétés, glorifie dans Le Roi Lion (et ailleurs) la monarchie absolue. Mais ne soyons pas médisant, car la monarchie soutenue par Disney est la monarchie éclairée, raisonnable, qui va de soi. Royalistes de tous les pays, regardez Disney! Vous serez ravi-e-s! Tou-te-s les autres, BOYCOTTEZ CETTE HORREUR!

Fiers démocrates de tous les pays : boycottez le Roi Lion, Disney & co : ces petits salopards se permettent de raconter des histoires avec des rois ! Si vous avez déjà regardé le film sans avoir de remords, alors sachez-le : vous n’êtes qu’une grosse bande de collabos.

Studios Disney, un jeudi, 19h12

"Bon écoutez, j’aimerais rentrer chez moi… alors on disait quoi ? 
- Je disais que je venais de remplacer votre vision honteuse et despotique par une version du film plus proche des vraies valeurs – qui sont évidemment les miennes. J’ai demandé aux animateurs et doubleurs de refaire le passage où Scar tue Mufasa pour prendre sa place en lui envoyant un troupeau de buffles sur la gueule. Vous allez voir, j’ai fait deux ou trois modifications, vous ne remarquerez trois fois rien sur le fond."

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"Scar !
- Mufasa… Mufasa… croyais-tu vraiment que j’allais attendre mon tour pour prendre le pouvoir ? 
- Mais Scar, tu sais très bien que la Fédération Animale Paritaire a une présidence tournante ! Pourquoi n’as-tu pu attendre ? Tu aurais aussi pu me destituer via un référendum ou une motion de censure aux deux tiers !
- Allons Mufasa, tu sais très bien que je n’aurais jamais pu convaincre les hippopotames de voter pour moi. Alors j’ai décidé de…
- Que… Scar, le sol tremble ! Quel est ce bruit ?
- Ahahaha Mufasa, c’est le son de ta fin qui approche ! Ta carrière va s’arrêter piétinée… par le poids de 5 000 AMENDEMENTS  DÉPOSÉS EN MÊME TEMPS !
- Scar non ! Nooooooooon ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !"

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"Je veux rentrer chez moi. Maintenant."

L’opposition est ici totale, et va jusqu’à s’inscrire dans l’esthétique des deux personnages. Mufasa est rayonnant, lumineux, avec un physique imposant, dessiné avec des traits courbes. Il possède une belle crinière rouge et des yeux noirs bienveillants. Alors que Scar est sombre avec une crinière noire, un teint maladif, des yeux verts aux allures d’antéchrist, des formes angulaires, et il est même carrément défiguré. Cette « laideur d’âme » qui s’inscrit dans le corps même des personnages de Disney ne se limite pas au Roi Lion, c’est un autre des thèmes récurrent de la corporation Disney, à savoir l’idée que le physique d’une personne reflète son for intérieur. D’où la tendance qu’à Disney de dessiner ses héros et héroïnes avec des traits courbes, fins, clairs, et ses méchant-e-s avec des traits angulaires, grossiers, sur-dimensionnés et sombres.

En effet : les enfants ne lisent que trop rarement Machiavel. C’est quand même honteux ces gens qui font des dessins-animés loin de la réalité ! Mais enfin, à quoi pensent-ils ? Si les personnages rigolos ont l’air rigolo, les gentils l’air gentil et les méchants l’air méchant, c’est tout de même suspect. D’ailleurs, avez-vous déjà remarqué comment sur les jouets pour enfants on représente aussi les animaux de manière complètement caricaturale ? Non, Messieurs les jurés, Piou-Piou le poussin n’est pas parfaitement jaune et lisse : c’est de la désinformation et de la manipulation, que les fabricants de jouets soient lynchés pour oser montrer le monde autrement qu’il n’est vraiment via d’odieux mensoooooooooonges et je… oh, je vous laisse pour un autre procès d’intention : je dois aller expliquer au monde libre qu’en fait, le chakra ne fonctionne pas comme dans Naruto. Le sort de millions d’adolescents dépend de moi !

Un tapir. Non parce que je me devais de vous instruire

Ah oui, sinon : notez ce petit défaut d’écriture commun chez un certain nombre de néo-féministes (à savoir celles et ceux dont le combat semble d’être de hurler qu’ils sont les gens les moins sexistes du monde tout en rapportant tout à cela) ; l’utilisation du "-e" pour écrire, comme par exemple dans "méchant-e-s" parce que dire "méchants" (en respectant la langue française) serait sexiste, "méchant(e)s" serait sexiste aussi parce que ça mettrait la féminité entre parenthèses, et "méchant-e-s" qui ne ressemble à rien est moralement correct parce que comme ça, ça met tout le monde à égalité. Même si c’est plus long à écrire sans que l’on comprenne bien l’intérêt, à part de signaler que l’on aime bien se faire remarquer pour dire que l’on est plus féministe que son voisin.

Misère, mais comment ont fait Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter pour écrire sans utiliser ce genre de trucs ? Ah mais oui je sais : c’étaient probablement d’odieuses machistes elles aussi.

Mais ce n’est pas fini ! Concentrez-vous :

Si nous voulons que les enfants de notre société grandissent en ayant les moyens d’avoir des rapports sociaux de sexes égalitaires (et l’enjeu est de taille), ça serait chouette qu’on arrête de remplir leurs imaginaires de schémas, d’images et d’histoires où les rapports entre les sexes sont tout sauf égalitaires et sont mêmes, dans le cas du Roi Lion, carrément réactionnaires et patriarcaux (en 1994, presque 30 ans après la deuxième vague féministe). Ça serait chouette que nous réfléchissions individuellement et collectivement à quelles valeurs nous avons envie de voir habiter les films, livres, dessins animés etc… qui peuplent le monde des enfants et qui nourrissent leurs imaginaires. Si nous voulons vivre dans une société égalitaire (ce qui est quand même le but premier du féminisme, et devrait être le but premier de tout être humain qui se respecte), il est totalement schizophrène et contradictoire de montrer systématiquement aux enfants de notre société des histoires qui glorifient et encouragent précisément l’inverse, à savoir le pouvoir, la domination et la hiérarchie, et ce à tous les niveaux, pas juste au niveau des rapports sociaux de sexes (il y a par exemple de très nombreux textes écris sur le racisme dans Disney).

Vous avez lu ? Disney qui transmet des valeurs honteuses aux enfants qui, tout comme notre auteur, voient des histoires de sexe partout ? Et bien attention :

Il m’a fallu environ 15 ans pour me rendre compte de l’énormité de l’horreur que représente Disney et pourquoi (la plupart de) leurs films (et bien d’autres) doivent être dénoncés et critiqués à chaque tournant. J’ai dû regarder Le Roi Lion environ une trentaine ou quarantaine de fois (et ce n’est même pas le Disney que j’ai le plus regardé) quand j’étais gamin, sans me rendre compte à quel point les valeurs qu’il était en train de me communiquer étaient abominables.

Le même vous explique qu’il a vu 30 ou 40 fois le film sans réaliser tout cela (à raison) et que malgré tout, il est quand même devenu féministe !

Comme quoi, ça ne devait pas être si orienté que ça. Par contre visiblement, trop regarder ledit film rend un peu con.

Mais assez parlé du Roi Lion : parlons d’un autre film de propagande crypto-fasciste : Aladdin.

Ce début de film est en soit d’une violence symbolique fulgurante. Un petit homme arabe essaye de nous divertir en nous souhaitant la bienvenue à Agrabah, « ville de la magie noire » (forcément noire, la magie d’un tel endroit), « d’enchantement », mais surtout ville de la marchandise qu’il veut nous faire gober. Voyant que le spectateur occidental n’est pas intéressé, ce petit marchand comprend qu’il vaudrait mieux leur raconter une histoire de … quelqu’un d’occidental, à savoir Aladdin.

"Une violence symbolique fulgurante". Essayez de vous souvenir du début du film ? Voilà. Vous vous sentez violenté symboliquement ? Vous non plus ? C’est fou. A noter qu’encore une fois, le héros de la tolérance n’y va pas de main morte : tout est rapporté à la couleur de peau des personnages. Il y a un arnaqueur ? C’est parce qu’il est arabe. Il y a un méchant ? C’est parce qu’il est arabe. Aladdin ? Ah non, lui il est "occidental" (j’aime ce genre de déclarations basées sur du rien). Ah. Oui mais il est voleur quand même, donc même un occidental peut l’être, ce qui prouverait que ça n’a rien à avoir avec la couleur de peau, non ? Pas de souci : l’auteur de ces lignes passe ce détail sous silence, comme ça, il est tranquille : il peut continuer de clamer qu’Aladdin est un film fascisto-nazi.

Image tirée du site en question : Aladdin est tellement occidental que même les marchands locaux sont moins basanés que lui.

Mais c’est vrai qu’une légende du Moyen-Orient pleine de gens basanés, c’est quand même assez raciste. C’est comme en ce moment, la guerre au Mali : figurez-vous qu’on ne voit sur les images quasiment que des noirs ! C’est quand même suspect.

La figure de proue de ce racisme est indéniablement Jafar. Introduit par le marchand du début comme « un homme en noir, nourrissant de noirs desseins ». La version originale est encore plus explicite: « a dark man waits, with a dark purpose ». Là où en français l’homme est vêtu de noir, ici l’homme est sombre (dark). Et avec Jafar, TOUT est sombre: ses vêtements, sa peau, ses yeux (qui dans plusieurs gros plans sont rouges), sa barbe courbe et efféminée (encore un efféminé louche chez Disney), ainsi que ses désirs et sa cruauté. C’est l’homme maléfique par excellence. Si le contraste entre la façon dont Disney a choisi de dessiner Jafar et comment il a choisi de dessiner Aladdin est tellement énorme qu’il crève les yeux, ce qui en découle l’est peut-être moins.

Voilà, c’est plié : le méchant est habillé en noir. Ou est Dark (comme Dark Vador, par exemple ?). Donc, c’est du racisme !

Qui se dévoue pour aller annoncer aux gothiques qu’ils sont une annexe du Front National ?

Notez au passage que Jafar a une "barbe courte et efféminée". La barbe, cet accessoire typiquement féminin.

Or le grand rêve d’Aladdin c’est d’habiter dans ledit palais. Du coup, comment pourrait-on même PENSER qu’Aladdin pourrait utiliser le pouvoir du génie pour instaurer, par exemple, une démocratie à Agrabah et faire en sorte, je dis n’importe quoi hein, que les enfants à qui il a donné du pain juste avant de les avoir sauvés du fouet du méchant prince, que ces enfants-là n’aient plus à vivre dans la pauvreté et la misère, alors que le sultan habite dans son énorme palais et fait mumuse avec ses petits jouets. Mais quelle idée saugrenue ! Quelle manque de classe !

Quel enfoiré cet Aladdin : il tombe sur une lampe avec un génie, et il ne s’en sert pas pour imposer le modèle de pensée occidental du XXIe siècle à tout le monde. A la place, après une vie de mendiant, il pense à son cul : petite ordure !

Non, si le dessin-animé avait été vraiment réaliste, Aladdin aurait souhaité être directement le maître du monde, son compte en banque aurait pris  9 zéros, et le soutien-gorge de Jasmine 4 bonnets.

Mais là encore, je ne suis pas sûr que cela aurait satisfait notre chevalier. Quelle exigence, pfoulala.

Belle excuse pour une fabuleuse scène où les prémisses racistes et sexistes crèvent les yeux. Un gros marchant bien arabe et barbare comme il faut veut trancher la main de notre fragile et innocente Jasmine, et OUF! Juste à temps Aladdin vient la sauver. Quel suspense ! J’étais au bord de mon siège, j’avais tellement peur que la barbarie l’emporte ! Merci Aladdin, quel homme !

Vous pouvez me dire ce que les filles apprennent ici? Et les garçons ?

Ils apprennent que les dessins-animés ne sont pas forcément là pour faire ton éducation, gros galopin. A moins bien sûr que tout film ne soit en fait secrètement éducatif, auquel cas, bonne chance devant Fast & Furious mec.

Après, il y a des films, il n’y a vraiment rien à en tirer

Quant à la présence de marchands arabes dans une ville arabe : il est vrai que c’est assez raciste. Et que Jasmine se fasse sauver par un homme est suspect : encore une fois, l’important pour les enfants est de savoir ce que contient le slip du sauveur. Combien d’enfants dans les salles de cinéma de l’époque ont hurlé "Maman, j’ai pas bien vu ses couilles ?"

Et encore une fois, Disney va neutraliser immédiatement le contenu un chouïa subversif de cette phrase en nous montrant une scène où, en fait, Jasmine est le premier prix de la tombola, une tombola où Aladdin va lui « ouvrir les yeux » en lui montrant « un rêve bleu » sur un joli tapis volant (la voiture des bougnoules ?), tout en lui mentant une fois de plus (mais les femmes, elles aiment ça qu’on leur mente, hein ?). Comprenez bien, les filles, vous avez besoin d’un homme pour vous « ouvrir les yeux » et vous faire « découvrir le monde ». Toute seule, c’est pas possible, il y a des méchants marchands arabes qui vont vous couper les mains. Mais avec un homme, un vrai, là, tout est différent, tout est merveilleux

Mais ouais mec : enfoirés de Disney à mettre de la romance cucu dans des films pour enfants. Ah, si seulement Jasmine avait pu découvrir la sexualité devant Chatroulette, tout aurait été si bon !

En conclusion, on voit bien qu’Aladdin offre à son jeune public un panel de représentations extraordinairement limité et stéréotypé en terme de personnages féminins (ou plutôt, personnage féminin au singulier). Qui plus est, si Jasmine propose à certain moments du film une attitude (ou des compétences) potentiellement subversive, c’est pour être immédiatement récupérée par le patriarcat et l’hétéronorme. C’est à mon avis la seule différence entre un personnage tel Jasmine, imaginé en 1992, soit 25 ans après la deuxième vague féministe [...] Il n’y a ici aucune égalité possible. C’est une ruse du patriarcat, qui doit être dénoncée, combattue et démanteler, aujourd’hui comme demain.

Enculé de patriarcat qui fait des films pour enfants. Je te collerai tout ça devant des films français, ils feraient moins les malins.

En conclusion, on voit bien que quelqu’un a décidé de se la jouer chevalier du sexisme et du racisme en considérant tout et tout le monde par son sexe et sa couleur de peau, et en rejouant les plus grands moments des théories du complot pour tenter de prouver que oui, Simba invitait les petits mâles à devenir monarchistes, et plus particulièrement si jamais leur papa se faisait piétiner par des buffles.

Exactement le genre de chevalier qui fait que désormais, dans tous les films, qu’importe le contexte, on vous sort du chapeau des personnages se comportant exactement comme des gens du XXIe siècle histoire que le spectateur ait l’impression que depuis la nuit des temps, tout le monde pense comme lui.

En fait, si l’on suivait les recommandations de ce genre de loulous, on ne ferait des films que pour apprendre aux enfants à penser comme lui.

Ouf, heureusement qu’il lutte contre la pensée unique de Disney.

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 "Père Castor, Père Castor, une histoire s’il-te-plaît !"

Poussant sur les bascules de son fauteuil, le Père Castor observe attentivement le visage ravi de Benjamin, le petit rongeur prêt à entendre une nouvelle aventure des animaux de la forêt. Comme toujours, et bien qu’ayant d’ores et déjà un récit prêt, il se caresse le menton, les yeux levés vers le plafond depuis l’abri de ses lorgnons.

"J’ai une histoire pour toi mon petit Benjamin."

Le jeune castor regarda autour de lui, interloqué.

"Mais… Grignote et Câline… elles sont où ? Elles ne viennent pas écouter l’histoire aujourd’hui ?
- Non, elles ne sont pas là mon petit Benjamin, mais ne t’inquiète pas…"

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L’espace d’un instant, les flammes de l’âtre semblèrent briller plus que de raisons dans les verres du vénérable conteur.

"Dis-moi Benjamin… t’ai-je raconté l’histoire du vieux castor qui avait revendu deux peaux au fourreur pour réaliser des pantoufles à Mme Guderian ?"

En cette période de nouvelle année, où résolutions et espoirs se mêlent, les questions amoureuses vont bon train.

Entre ceux qui viennent de se réinscrire à la salle de sport pour se faire un corps de rêve et tenter de faire choir l’autre sexe, quand bien même ils n’iront que trois semaines, et ceux qui froncent les sourcils très fort en se disant que cette année, ça ne rigole plus, ils vont trouver quelqu’un et rester avec jusqu’au moment où leurs cheveux s’en iront et leurs couches reviendront, il y en a pour tous les goûts.

Aussi, il parait pertinent, sur ce site, de traiter de la question ; mais attention, malheureux, pas en vous proposant un article avec quelques conseils de séduction comme on peut en trouver sur pléthore de coins du web, non ! Il s’agit d’aller chez artdeséduire.com, qui est d’un tout autre calibre que le repaire à love-coach (…) moyen. Alors évidemment, j’en entends déjà me dire "Ah oui, et en quoi est-ce différent, hein ? Ça ne prend pas avec moi, que croyez-vous !" ; mais à ceux-ci, les malandrins, que répondre si ce n’est la chose suivante : là où l’amour est habituellement représenté par Cupidon, angelot voletant, décochant habilement ses flèches pour faire fleurir dans le coeur de chacun la graine de l’amour, artdeséduire.com est plutôt du genre militaire aviné équipé d’un fusil-substitut-pénien dont l’objectif est, à défaut de faire fleurir les graines de l’amour, tenter de mettre une cartouche à tout ce qui passe.

Ma métaphore militaire vous parait grossière et exagérée ?

Las, malheureux, dans ce cas, je vous propose que nous regardions ensemble l’article suivant intitulé, je cite

"Comment Draguer comme un Sniper et toucher sa Target à chaque fois"

Je n’invente pas, vous pouvez le lire en cliquant ici. Mais, commençons plutôt !

Enfin une tenue qui fera craquer les hippies.

Car si le titre vous intrigue, sachez qu’artdeséduire.com se présente comme "le plus grand site francophone sur la séduction", ce qui laisse rêver lorsque l’on constate qu’aucun nom dans le titre de l’article n’est en français. Mais comme le disait Molière "Si le français est la langue de l’amour, l’anglais est plutôt celui de la drague relou et des DJs" (les deux étant souvent associés). De toute manière, artdeséduire.com reste avant tout un site sans prétention puisqu’il propose à ses lecteurs de "faire de vous un homme meilleur, voire à faire renaître l’art perdu d’être un homme", rien que ça. Un "art perdu", donc, qu’heureusement les archéologues de ce beau site ont retrouvé sur un vieux site Aztèque, probablement entre une vieille recette de pizza à la bière et les règles officielles du concours de pets (on pourra me reprocher d’exagérer quelque peu et je le reconnais bien volontiers : les concours de pets, c’était plutôt les Mayas).

Mais assez digressé : entrons dans le vif du sujet.

Vous avez vu la Chute du Faucon Noir ? Ce film de guerre retrace le massacre qu’ont vécu les soldats de la Delta Force à Mogadiscio en Somalie en 1993.

Vous avez vu cette phrase ? Bon, et bien sachez qu’elle n’aura aucun rapport avec le reste de l’article. Et vous pourrez bien le lire en entier, vous n’en trouverez pas. Sauf bien sûr si vous considérez que la femme, cet être curieux, est en fait un gros hélicoptère à abattre. Mais je ne suis pas sûr que commencer une conversation par "J’aime beaucoup tes rotors" soit le top du top pour faire flancher la bête, passons.

Le livre qui inspire cet article est la biographie de Howard Wasdin, Sniper : Navy seals, tireur d’elite dans les forces spéciales. J’ai failli pleurer tellement ce bouquin était prenant (NdOC : et moi cet article nul) et j’y ai trouvé tellement d’analogies avec la séduction que j’ai eu envie de partager ça avec vous.

Nul doute que cette lecture doit faire chavirer les coeurs mais passons : comprenez bien, Messieurs : il y a quantité d’analogies entre l’art difficile du tireur d’élite et celui de la séduction. Si vous arrivez à en trouver d’autres que "Il y a une cible qui va passer un mauvais quart d’heure et un type persuadé d’avoir le plus gros calibre de la région", je suis preneur, puisque là, comme ça, de prime abord, je suis dubitatif. Mais nul doute que l’auteur de l’article va tout nous expliquer.

Y compris l’art difficile de la séduction en fougère.

Les tireurs d’élite ne volent pas. Certains sont héliportés, mais la plupart d’entre eux assurent leurs missions au sol. 

Ce qui est une bonne nouvelle, tant peu de jeunes mâles peuvent se faire héliporter jusqu’à leur lieu de séduction. Le prix du baril, tout ça. Et puis honnêtement, poser son hélico entre deux Twingo n’est pas toujours simple même si, je le reconnais, ça a un certain panache. De toute manière, ramener une jeune fille en véhicule volant est une chose de manière générale assez rare, à part si vous êtes extrêmement riche – auquel cas vous êtes en Belgique – ou Fantomas – auquel cas vous vous contentez de ramener votre propre fille, ce qui prouve que vous n’avez pas compris le jeu.

Sur le field. J’ai été surpris d’apprendre qu’ils bougeaient par équipe de deux. Je pensais que les francs-tireurs avançaient seuls : pas du tout !

Oui, donc encore une fois, on ne dit pas "terrain" mais "field". Pourquoi ? Est-ce parce que "terrain" est trop compliqué à écrire ? Est-ce le même phénomène que celui qui rend les chansons en anglais cool alors que bon, souvent elles sont à peu près au niveau de Jean-Louis Aubert ? Est-ce juste particulièrement con ? Que de mystères.

Ah, non en fait.

En tout cas, voilà : on apprend que les tireurs d’élites n’agissent pas seuls : soit.

De la même manière, apprentis séducteurs ou séducteurs aguerris, le wingman doit être comme un frère pour vous. Il doit assurer vos arrières et couvrir votre retraite si nécessaire. C’est lui qui viendra s’opposer si un AMOG ou une Warpig tentaient de ruiner votre mission.

Et là, attention, nous entrons dans le vif du sujet : les anglicismes, comme pour les termes "techniques", c’est pour faire expert. Sauf que comme chacun sait, plus il y a de termes de ce genre dans un discours, plus c’est signe que celui-ci est foireux. Ainsi, donc, jeune mâle, il t’est recommandé d’avoir toujours à tes côtés un "Wingman", un ailier donc, un frère de sang pour toi, le sniper d’amour, qui n’hésitera pas à se jeter devant toi pour prendre à ta place une balle, un petit four ou plus prosaïquement, une "Warpig" dans le museau. Warpig étant le délicat terme technique servant à désigner une fille dont le physique serait relativement proche du style littéraire d’artdeséduire.com.

On sent tout de suite qu’avec une telle vision de la vie, il est sûr qu’il doit y en avoir, des demoiselles qui tombent devant une telle subtilité. D’ailleurs, je suis sûr que le coeur de certaines de mes lectrices bat déjà la chamade pour l’auteur derrière cette dissertation sur les snipers. Accrochez-vous les filles.

L’"AMOG", puisque je me suis renseigné tout de même, c’est le "Alpha Male Other Guy", soit dans un anglais approximatif (non parce que s’il faut l’utiliser ET le maîtriser, ah bin non alors !), à savoir cet autre type qui attire l’attention de celle que vous voudriez conquérir. Si on en croit artdesuire.com, donc, votre ailier peut donc se jeter sur lui en hurlant "LAISSE LA FILLE TRANQUILLE !" avant de passer avec lui par-dessus le balcon sur fond de Hans Zimmer pour vous laisser le champ libre.

Notez qu’à aucun moment, le site ne parlera du "essayer d’être intéressant" pour attirer l’attention de quelqu’un. C’est vrai, quoi, quelle drôle d’idée. Je vous passe d’ailleurs l’article où l’on explique qu’il ne faut pas parler de choses trop compliquées aux femmes.

Le sniper d’amour le sait : sitôt que l’on parle d’autre chose que de macarons ou de stars qui couchent entre elles à une femme, en général, elle implose.

"Je… tu peux y aller frère d’arme je… je l’ai écoutée parler 30mn de Grey’s Anatomy à ta place… tu en aurais fait autant pour moi… je le sais…"

Au niveau du langage, les snipers de la Navy ont aussi leur code secret qui leur permet de communiquer efficacement et en silence : un nombre de doigt levé, une couleur, des pseudonymes pour aller plus vite et coopérer entre unités. Les règles d’engagement sont communes.

Ainsi, même s’ils n’ont pas été formés tous ensemble, deux SEALS se comprendront toujours car ils utilisent le même code. Il en va de même en séduction, si vous avez besoin d’un wingman improvisé !

Application séduction : Un vrai dragueur formé aux LTR, ONS et autres acronymes et abréviations Artdeseduire saura communiquer facilement avec un autre PUA rencontré en soirée. Les mêmes codes, les mêmes modes de fonctionnement pour faciliter la communication.

Si vous n’étiez pas encore consterné, logiquement, là vous devriez être en plein dedans. On imagine en effet parfaitement des mâles en soirée communiquant entre eux par codes et signes.

"Hmmm attends Jojo, regarde, ya Thomas qui nous fait des signes. 
- Ah ouais attends… il y a… trois… bombes… dans… troglodyte
- Troglodyte, t’es sûr ?
- Nan attends, c’est quoi le signe où tu montres ta bouche ?
- Manger ? Ah nan attends, avec le majeur ?
- Ouais.
- Nan c’est "cuisine".
- Putain, okay team, on commence la procédure : vous sécurisez les accès à la cuisine pour qu’aucun AMOG ou WARPIG ne passe, moi je fais une recon, ensuite je vous dis si c’est des valuable target.
- Hein ?
- Nan je disais "Je vais voir si elles sont jolies".
- Haaan, ouais."

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Au même moment, dans la cuisine.

"Cyrielle, t’as vu les gars là-bas qui se font des signes ?
- Oui, ils ont l’air un peu cons. Je crois qu’ils jouent à la guerre.
- Aaah, c’est ça, je me demandais pourquoi ils se parlaient pas alors qu’ils sont à 5 mètres les uns des autres.
- Ouais. Ho, faites semblant de rien les filles, il y a un de ces trépanés qui vient par ici, essayons de ne pas le conchier trop fort, le pauvre, la vie ne l’a pas gâté."

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Sinon, pour les curieux, sachez que LTR c’est "Long Term Relationship"(relation à long terme, bravo), ONS "One-Night Stand" (table de nuit, d’ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi dans les pays anglo-saxons, toutes ces étudiantes s’accrochaient à moi en réclamant des tables de nuit, curieux cette attirance pour le petit mobilier) et PUA "Pick-Up Artist" (voiture de beauf magicienne). Moui, c’est un peu confus.

Il manque quand même "SAC" pour "Site A Chier". D’où l’expression "Un gros SAC". Mais je m’égare.

Cependant, j’ai tendance à croire davantage à cette autre phrase de Wasdin : « Vous ne pouvez faire confiance qu’aux gens avec qui vous vous entraînez et avec qui vous combattez. ». Seuls vos potes proches seront de bons alliés en soirée. Les autres… qui sait ce qu’ils peuvent faire et dire dans votre dos ?

En soirée, c’est la guerre mon colonel. Ne faites confiance à personne à l’exception de votre frère de sang, celui qui a tout vécu à vos côté, de La Soirée Chez Max, dont vous avez encore des flashbacks la nuit impliquant beaucoup trop de gens faisant la chenille, à La Grosse Cuite du 10 septembre 2001, celle où vous aviez passé la nuit avec votre cousin de New-York à vous murger sur son lieu de travail. Vous n’aviez repris conscience qu’à 11h le lendemain, nu dans une tour de contrôle. Vous ne vous l’êtes jamais vraiment expliqué.

Marquage laser des cibles, repérage des environnements où auront lieu les missions de sauvetage : une grande partie de la réussite des opérations est liée à la capacité d’observation des snipers.

Grâce au porte-clé laser, habituellement utilisé par des gens utilisant des Powerpoints chiants (à défaut de warpig, faisons des truismes), vous pouvez désormais marquer vos cibles au laser à grand renfort de délicieuse tirade du type "J’vais m’faire la rouquine là-bas, hop" en faisant tournoyer le laser sur son front pour bien signifier à vos congénères couillons lecteurs d’artdeseduire.com qu’aucune concurrence ne sera tolérée.

Bien évidemment, évitez de le faire si la belle a un chat : c’est un coup à ce qu’elle se fasse lacérer le museau en direct.

Un groupe de lecteurs d’artdeséduire.com à l’écart du groupe durant un barbecue pour mieux marquer les donzelles au laser (au début, ils avaient voulu les marquer au fer rouge aidés du barbecue mais on leur a dit non, flûte)

De ce qu’ils retiendront visuellement dépendront les choix tactiques faits par le commandement. A eux d’estimer le nombre d’ennemis présents, à eux de voir les chemins habituellement empruntés par les forces ennemies.

"On va lui tendre une embuscade sur le chemin des toilettes".

Je crois que quelqu’un a beaucoup fantasmé sur un mauvais bouquin. Mais bon, comme c’est un site de mauvais conseils, ça se tient.

Quand ils rentrent de mission d’observation, les snipers doivent dessiner ce dont ils se souviennent sur des cahiers. Comme une sorte de débriefing. La mémoire est très importante pour eux : s’ils ne se souviennent de rien, ils ne sont d’aucune valeur pour leur pays.

Ce qui expliquerait bien des choses dans le corps enseignants, par exemple, lorsqu’inspectant le cahier de mathématiques d’un élève, ils trouvent des nichons griffonnés partout. Ce n’est pas sa faute : il dessine ce qu’il a observé (et tout ce qu’il a retenu). Ah, sniper, quel mission ingrate !

Application séduction : vous aussi, vous devez observer votre environnement pour en tirer parti. Où sont les toilettes en soirée ? Où sont assises ces filles ? Avec qui sont-elles venues ? Où sont les potentiels cockblocks ? Vous devez tout analyser et observer pour éviter les mauvaises surprises.

"Où sont les toilettes" : une mission digne d’un tireur d’élite. D’ailleurs, sans entrainement, les gens se font généralement dessus. Quant à repérer les filles : d’après mon livre "Escouade de reconnaissance : mémoire d’un scout de France", à ce qu’il parait qu’il est vachement plus difficile de draguer quelqu’un que vous n’avez pas repéré.

Exercice pratique : chez vous, essayez de draguer Pénélope Cruz. Si vous ne la repérez pas dans votre demeure, vous allez voir, vous allez trouver ça vachement plus difficile.

Sauf si vous avez appelé votre gerbille Pénélope Cruz, bien sûr, auquel cas la suite risque d’impliquer Brigitte Bardot. Et ça, personne n’en a envie. Hooo non.

Et la mémoire alors ? Votre mémoire est précieuse. Sur votre chemin vers la maîtrise des dynamiques sociales, vous allez devoir apprendre à retenir les prénoms des gens. Des filles que vous voulez séduire, parce que c’est dur de coucher avec une fille sans connaître son prénom, certes.

Mais aussi celui des mecs qui évoluent dans le cercle social de votre target. Si vous les ignorez trop, si vous ne reconnaissez pas leur présence, leur existence, ils deviendront alors de potentielles menaces. Retenez les prénoms des satellites qui gravitent autour de votre target !

Retenir les prénoms des gens ? Là encore : quel talent, artdeséduire.com.

Il est vrai que tenter de séduire une jeune fille en l’appelant Robert s’avère souvent plus compliqué qu’en utilisant le bon prénom. Quel puissant site de séduction. Mais attention ! Allons encore plus loin dans la daube !

Retenez également tout ce que vous disent les filles sur elles, ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation avec une de vos targets. C’est surtout utile à tous les dragueurs qui ont de multiples targets simultanément, notamment sur les sites de rencontre en ligne !

Comment ? Retenir ce que les gens vous disent "ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation" ?

Mais attendez les mecs, vous faites quoi d’habitude quand vous parlez à quelqu’un ? Vous êtes en état de mort cérébrale avec un peu de bave qui coule sur le côté ? Non parce qu’à ce qu’il parait que quand quelqu’un vous intéresse, vous avez des chances de vous y intéresser. M’enfin moi, je dis ça, hein, c’est du détail. J’ose penser qu’à partir du moment où le mec se dit "Hohoho, ce soir, j’ai grave une astuce pour passer pour un malin : je vais essayer de ne pas avoir un petit singe qui joue des timbales dans la tête pendant que l’on me parle", il est temps qu’il prenne ses responsabilités de sniper et aille se tirer une balle dans le bidou (pas dans la tête, puisqu’au vu de ce site, ça ne causerait visiblement pas de gros dégâts chez certains).

Quand un sniper a sa cible dans le viseur, l’abat-il ? Pas toujours. Il attend souvent des confirmations de la part de son commandement. Il peut préparer ce tir pendant des heures, et rater cette fenêtre de tir si on ne lui confirme pas l’ordre. Triste, tragique parfois. Cependant la leçon du sniper Wasdin est assez limpide : s’il rate le premier tir, il a parfois le droit à un second, mais jamais à un troisième. Rater la première occasion est presque toujours synonyme d’échec, très dur à rattraper.

Une cible qui entend un coup de feu se mettra à l’abri, cherchera la provenance et se doutera de quelque chose. Tout ce temps de préparation n’a pas le droit d’être gâché. Pour vous, snipers de l’amour, il en va de même ! La préparation de votre piège à filles peut prendre du temps, mais une fois que vous décidez de le refermer, allez-y franchement ! Ne faites pas dans la demi-mesure. Et surtout : interdiction d’hésiter !

Notez que le sniper de l’amour est si subtil dans son approche qu’il semble parler de chasse à l’éléphant. Avec ça, il est sûr de partir sur de bonnes bases.

Un sniper ne se pose pas la question de savoir si la personne qu’il va abattre est bonne ou mauvaise, si elle a des enfants ou pas. Il faut tirer. Il faut agir. (Si vous lisez le livre, vous verrez que Wasdin est loin d’être un bourrin, il se pose toutes ces questions).

Dit-il, juste avant de se réveiller aux côtés d’une mère de 8 enfants réclamant une pension.

Application séduction : C’est votre hésitation qui rendra votre target hésitante.

Certes, mais alors comment faire, ô, artdeséduire.com ?

Si vous enchaînez humour

Okay.

push-pull

Probablement une technique consistant à pousser puis tirer la cible en continu. Si vous le faites assez et qu’elle a bu du coca, elle peut se mettre à mousser : vous expliquez que c’est probablement la rage, et vous isolez avec elle sous prétexte de l’emmener à l’hôpital. Ah ouais, malin.

Enfin je crois que c’est ça, je m’y perds avec tous ces anglicismes.

kino légers 

Sûrement une technique de combat : c’est quand vous lui faites la prise de Monsieur Spock pour la rendre inconsciente.

et timebridge

Ça, c’est quand vous revenez dans le temps pour vous empêcher de lire des sites aussi pourris.

[...] vous ne devez pas hésiter pour le numclose et le kissclose ! Vos balles doivent être tirées et non rester dans la chambre!

Je ne sais pas ce que c’est mais en tout cas, je constate juste une certaine subtilité dans l’allégorie des couilles. Bravo Monsieur, mais vu vos techniques, je pense que vous dormez sur une armurerie.

Hé, ho, moi aussi je peux jouer : "Soirée Marc Dorcel, allégorie"

« Un certain nombre de mes camarades, ceux que je prenais pour des chevaux de course, étaient de vrais pleurnichards. Ils avaient probablement été à la première place durant la plus grande partie de leur vie. Maintenant qu’ils goûtaient à une épreuve façon BUD/S (son école hardcore), ils n’étaient pas capables d’y faire face. »

J’ai beaucoup aimé la philosophie de ce passage parce que je m’y suis identifié. Premier au lycée, puis dernier en prépa (ahah la claque, de grands moments). Meilleur en drague pendant mes études à Grenoble avec Eros, mais on ne valait pas grand-chose à Paris au début.

Il est vrai que ça ne doit pas être facile, tant chacun sait que la contrairement à la grenobloise, la parisienne a deux têtes et quatre bras (et, oui, les deux têtes font la gueule, voilà… alors… mon quota de préjugés… hop).

Ou alors, autre théorie : c’est juste que si à Grenoble vous les connaissiez déjà, il vous a fallu un peu de temps pour repérer les coins à ploucs à Paris les enfants. Il faut dire que ce n’est pas toujours simple : trouver la frange de la population qui trouve séduisant l’allégorie du sniper qui doit tirer ses cartouches (sic), ça demande pas mal d’efforts, ou au moins une place à un spectacle de Franck Dubosc.

Tout est une simple question d’échelle et d’exigences. Etes-vous assez exigeant envers vous-même ? Est-ce que vous avez tendance à vous contenter du peu que vous faites ? Vous contentez-vous d’être le meilleur parmi des types moyens ? Ou essayez-vous toujours de repousser les limites ? A la fin, Wasdin apprend qu’il n’est pas Dieu. Il apprend l’humilité à la dure, découpé par les balles (ce n’est pas un spoiler, je vous rassure, il l’annonce dès le début du bouquin). De la même manière, même si vous devenez le meilleur en séduction, vous serez rappelé à l’ordre. Vous ne pourrez pas accumuler les campagnes victorieuses sans vous faire d’ennemi ou d’ennemie. Les femmes ont la rancune tenace en amour… Et qui sait, un jour vous tomberez probablement sur une adversaire plus coriace qui comptera plus que vos frères d’armes !

En conclusion, je vous souhaite de goûter à l’hygiène de vie du sniper. Un livre vraiment intéressant, que je vous laisse découvrir !

Et bien, merci mon brave : grâce à vous, nombre de gens vont pouvoir se lancer dans des "campagnes victorieuses" : on se souvient tous de la célèbre "campagne du Macuma", de "l’offensive du parking de Lidl" du printemps 2011, ou encore la désormais "Bataille pour miss camping" de 2012.

Merci, artdeséduire.com. Vraiment, grâce à cet article, je suis sûr que quantité de lecteurs (satisfaits, au vu des commentaires du site, brrr) vont trouver l’amour après avoir passé des heures à attendre la bête déguisés en fougères. Et que quantité de lectrices sont d’ores et déjà en train de prier secrètement pour être dans la ligne de mire de pareils artistes.

Heureusement, chez artdeséduire.com, on sait comment bien terminer un article pour qu’il y ait lâchage de com’, avec une bien belle ouverture :

"Pouvez-vous nous conseiller des films ou des livres qui n’ont rien à voir avec la séduction, mais qui vous ont bien motivé pour le game (NdOC : le jeu de la séduction, tout ça, tu vois ?)?"

Okay, je commence :

Mein Kampf.

Accoudé sur le balcon, l’homme laissa la fumée de son cigare s’envoler dans le ciel nocturne.

Les yeux rivés sur quelque groupe de fêtards titubant en contrebas, il ne parvenait guère à entendre les quolibets que s’échangeaient les jeunes gens éméchés au-dessous de lui, tant la musique sortant de l’appartement dans son dos semblait masquer tous les autres sons. Il n’entendit d’ailleurs même pas claquer les talons de la jeune femme venue le rejoindre alors qu’il portait à nouveau le cigare à ses lèvres, et ne se retourna que lorsque celle-ci lui posa délicatement une main sur l’épaule.

"Vous ne vous joignez pas à nous Odieux ? Vous allez prendre froid à rester sur ce balcon.
- Non, je ne suis pas d’humeur. J’ai besoin d’un peu de calme, comprenez-vous… hmmm, Emmanuelle, c’est cela ?
- Ho, "Manu", je vous en prie ! Vous êtes si formel. Je dirais même que vous avez l’air un peu… bougon."

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Me tournant vers elle, je me permettais de lever un sourcil.

"Vous savez Emmanuelle…
- Manu.
- Oui, écoutez, il faut que vous sachiez : je suis toujours un peu bougon. Mais effectivement, j’ai quelque contrariété.
- Allons donc ! Vous voulez en parler ?
- Et bien par exemple je vois ce livre, là Fifty shades of Grey… des millions de gens l’ont acheté, alors que ce n’est qu’une repompe de l’un de mes vieux romans injustement méconnu, Fifty shades of Brown.
- Ho ? Était-ce aussi un truc vaguement sexuel ?
- Disons que c’était une oeuvre érotico-scatophile, comme le titre l’indiquait plus ou moins. Je crois que celle qui m’a honteusement plagiée a surtout gardé le côté étron sans pour autant verser dans le coprophile. 
- Je ne saisis pas bien. 
- Ce n’est pas plus mal pour vous."

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Délaissant l’ingénue, je tournais à nouveau vers la troupe en contrebas, dont les échanges tournaient peu à peu à la bagarre, et m’apprêtait à demander à Emmanuelle de bien vouloir aller me chercher fourchettes, couteaux et autres ustensiles à la cuisine pour ainsi larguer du matériel aux belligérants, lorsque celle-ci reprit la parole.

"J’ai appris que vous aviez un blog.
- Il parait.
- Moi j’aime bien les blogs, j’en lis plein ! Ho dites d’ailleurs ! ça vous dirait pas de vous présenter aux Golden Blog Awards ? J’ai des copains qui le font !"

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Elle sembla lire dans mon regard posé sur elle un mélange de mépris, d’incompréhension et de haine pluriséculaire, et tordit sa bouche en conséquence, comme inquiète de ma prochaine action. Bien qu’en effet, ce seul propos me donnait envie de l’envoyer explorer les limbes, je n’en fis rien, préférant l’éducation pour de sombres raisons inscrites sur mon curriculum vitae. "Voyez plutôt", dis-je simplement à la jeune femme, l’invitant à venir observer les pauvres gens s’affrontant en contrebas pour illustrer mon propos..

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Jeune fille découvrant qu’elle est sélectionnée grâce à son blog "Sol propre et cheveux longs"

Car cette année encore, quelques personnes bien intentionnées m’ont poliment écrit afin de savoir si je comptais ou non m’inscrire aux Golden Blog Awards, fameux concours parisien invitant les candidats à afficher de petits boutons cliquables sur leurs blogs pour obtenir les voix de leurs lecteurs, et ainsi avoir une chance d’écraser la concurrence pour mieux s’emparer de la victoire. Une occasion unique, donc, pour s’arroser de champagne, de plonger sa tête dans un saladier de schnouf, ou tout simplement de remonter les Champs-Elysées sur un char tigre en traînant derrière soi les vaincus enchaînés (et une ou deux étudiantes se déhanchant sur la tourelle pour appuyer le côté festif et couvrir les gémissements plaintifs).

Sauf que comme bien souvent, il semblerait que "Avoir un blog" signifie "Avoir subi une trépanation" aux yeux de certains. Alors, soyons fous et étudions la chose d’un peu plus près en consultant le site des dits Golden Blog Awards histoire de rire un peu et comprendre en quoi toi, lecteur de ce blog, tu ne te rends pas compte du fait que tu devrais avoir honte de lire des blogueurs tellement ils sont bêtes.

Les Golden Blog Awards, c’est, je cite ce qui est inscrit en haut du site en gros : "Par les blogueurs, pour les blogueurs !". Un élément rassurant, tant le monde libre manquait de cérémonies de récompenses ou les acteurs d’un milieu récompensent les gens du milieu, bref, rester entre soi pour se faire du bien, ce que de mauvaises langues pourraient appeler de l’onanisme. Mais ne jetons pas la pierre : l’onanisme n’ennuie personne, à l’exception de la bonde de la douche, là où les Golden Blog Awards posent des bases un peu plus curieuses. Découvrons-les au travers de la charte de transparence proposée en ligne, visant à mettre en avant la classe et le bon goût de l’élection en question.

Qu’y lisons-nous dès la première ligne ?

Les blogueurs représentent aujourd’hui un vrai média qui mérite d’être récompensé et ce avec plus de transparence

Retenez bien : "un vrai média", "qui mérite d’être récompensé" et "avec plus de transparence". C’est facile, c’est toute la phrase en fait. Dit comme ça, on dirait que l’on considère vraiment les gens qui écrivent en ligne (alors que bon, il y a les skyblogs quand même, je ne sais pas si on peut parler de "vrai média") et que ça ne rigole plus, assez des les mépriser, ils méritent bien un petit quelque chose pour leurs efforts ! C’est si beau, tenez, j’en aurais presque envie de commencer à essayer d’éviter les chats que je vois régulièrement traverser devant ma voiture au lieu de jouer à "Qui craque le plus fort".

Sauf que j’insiste sur le fait de bien retenir la citation précédente, car dans deux minutes, nous allons noter que si celle-ci est le leitmotiv officiel de la cérémonie, il s’agit en fait de faire exactement l’inverse. Et que personne ne semble s’en offusquer. Commençons avec la transparence car, pour ceux d’entre vous qui l’ont peut-être remarqué, quantité de blogs se sont ces derniers jours couverts de petites pouces bleus à cliquer "Votez pour moi pour les Golden Blog Awards" ! D’accord, mais alors comment ça marche ? Et bien c’est simple !

Dans cet objectif de transparence et de fiabilité, le classement des Golden Blog Awards prend en compte plusieurs votes :

1) le vote des blogueurs et des internautes. Un widget exportable sera disponible pour chaque blog qui répondra aux critères de qualité (voir nos mentions légales) afin de permettre aux blogueurs de faire voter leurs visiteurs.

2) les votes d’un jury composé d’experts des différentes catégories de blogs qui existent, qui sans être forcément des blogueurs, sont reconnus dans leur milieu.

3) celui des partenaires, sans qui la soirée ne serait possible, apportant un autre regard, plus professionnel, sur les blogs à récompenser.

Ce système de votes en 3 tiers permet aussi à tous les blogueurs de proposer leur blog dans la catégorie à laquelle il appartient. Ainsi, même des blogueurs de talents qui ont une faible audience peuvent postuler.

Vous avez suivi ? Il y a donc un vote "en 3 tiers" pour désigner le champion, avec 1 tiers représentant l’ensemble d’internet, 1 tiers représentant 10 clampins "reconnus dans le milieu" (il va par exemple falloir m’expliquer qui peut se targuer d’être un expert de la catégorie "Lifestyle", je sens mon pipomètre qui s’affole), et 1 tiers représentant le sponsor.

Donc par exemple, le blog "Choupi t’explique la vie" peut avoir 77 millions de voix des internautes, et "Dudule tout nu" 3 voix, le second peut quand même largement gagner pour peu que la poignée de pinpins ayant les deux tiers des voix vote pour lui (par exemple, et à tout hasard, parce qu’il dit du bien du sponsor). Un système bien connu, puisqu’on utilisait le même en France jusqu’en 1789, époque à laquelle non seulement le public a un peu froncé les sourcils en s’apercevant qu’on le prenait pour un truffon, mais en plus, il a un peu pété des gueules. Ce qui s’est terminé dans une vague de violence que je vous passe impliquant de la brioche, des moumoutes, une guillotine et des louis d’or (vous remettez ça dans l’ordre que vous voulez). C’était très confus.

"Transparent" on vous dit.

Je vous passe aussi la battle de "Ainsi font font font" qui fut immortalisée pour on ne sait vraiment quelles raisons. Confus on vous dit.

Et alors ? Serait-ce tout ? Non, car il y a bien mieux : ce qu’il y a à gagner. Bin oui ! Quand vous vous présentez à un concours, c’est bien pour gagner quelque chose, non ?

Voiture ? Argent ? Voyage ? Non, mieux ! Attention !

Le blogueur qui remporte dans sa catégorie (il y en a 20) le trophée de la soirée gagne le droit…

… de pouvoir afficher sur son blog une publicité (celle du sponsor de sa catégorie).

Publicité pour laquelle il ne sera pas payé, puisque c’est sa récompense.

Non, je ne rigole pas.

"Tiens mec, tu as gagné !
- Ouah, super, j’ai gagné quoi ?
- Le droit de faire gratuitement ce pourquoi j’aurais dû te payer en temps normal.
- Ouais, ooooh ouais, chiiiiic !
- Hmmm. Dis donc, je t’ai pas déjà vu dans un épisode de Corky toi ?"

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Blogueur, blogueuse, on te prend sérieusement pour un con. Tu le sais, lorsque l’on prononce le mot "blog", les gens se mettent soit à pouffer, imaginant tes déboires quotidiens racontés en ligne (puisqu’on leur a dit partout que cela se limitait à cela), soit à te proposer d’écrire un article pour eux pour un tarif si bas que même un pigiste de Mickey Parade pourrait hurler au scandale (par exemple, 10€ l’article – véridique – soit même pas le SMIC horaire, mais comme le blogueur est automatiquement un peu con puisque blogueur, il va accepter, pas vrai ?). Un blog, ça ne fait pas vraiment sérieux, alors merde, si on commence à parler aux gens qui en ont comme à des êtres humains, où va le monde ?

Tenez, d’ailleurs, les blogs c’est tellement bête que les Golden Blog Awards sont clairs sur le sujet :

En outre, et afin d’éviter tout problème, nous avons décidé d’exclure des Golden Blog Awards tous les blogs, sans exception, ayant trait à la Politique.

Aaaah, mais oui, c’est l’évidence même ! Vous imaginez, écrire des trucs politiques intelligents voire pire, objectifs ? Pas possible pour un blogueur, beaucoup trop con. D’ailleurs, tout journaliste politique qui tient un blog perd instantanément 60 points de Q.I à la seconde où il entre son adresse mail et mot de passe. C’est magique.

Du coup, il est d’autant plus intéressant de noter qu’un évènement qui prétend mettre en avant le fait que les blogs soient un "vrai média" le considère ouvertement en-dessous du niveau d’un journal gratuit distribué dans le métro, puisque même la pauvre feuille de chou voit de l’argent tomber dans son escarcelle à chaque fois que quelqu’un veut lui coller une pub sur le museau. Et encore une fois, citons les Golden Blog Awards : le blog serait donc un média "qui mérite d’être récompensé".

Je n’ose pas imaginer ce que cela serait s’il ne le méritait pas.

En conséquence de quoi, on lui propose  non pas quelque chose, ou même du rien (rien, ce serait déjà trop), non, on arrive à lui proposer de se battre avec d’autres, quitte à pourrir sa ligne éditoriale de pub pour l’évènement en essayant de grappiller des votes d’internautes (qui pour rappel, sont balayés d’un revers de la main par le fonctionnement du jury), afin d’obtenir le droit de ne pas se faire payer pour une publicité qui, normalement, devrait lui rapporter un peu de pognon.

Remplacez "blog" par "journal", en sachant que seule la forme change (à l’exception près que le journal est moins pratique, puisque par exemple, on ne peut pas glisser de lien dedans), et essayez d’imaginer un concours de journaux, avec à la fin "Le Monde" à qui on offre en guise de récompense une publicité à l’année pour des couches-culottes, sur sa une en échange de strictement rien.

Curieusement, il y a de fortes chances que tout le monde se regarde dans l’assemblée, puis pète la gueule au plaisantin avant de le traîner derrière le char tigre évoqué en début d’article (mais sans les étudiantes qui se déhanchent, ça c’est un peu ma touche personnelle).

Mais chez les blogueurs, non : on a tellement l’habitude de passer pour des andouilles qu’à la place, on se chamaille, on s’inscrit et on se bat pour devenir l’hôte de spéléologie rectale de tout le comité d’entreprise d’un sponsor, si vous me permettez cette grivoise expression. Ce qui, quelque part, justifie pas mal que l’on puisse voir les blogueurs comme des trépanés.

Je rappelle encore une fois (je ne m’en lasse pas) la citation issue du site des Golden Blog Awards :

Les blogueurs représentent aujourd’hui un vrai média qui mérite d’être récompensé et ce avec plus de transparence

Un concept intriguant, donc. Mais "Par et pour les blogueurs", même si finalement, le vote ne sera pas vraiment par les blogueurs (on quitte donc l’onanisme), mais plutôt par des gens qui ont pour objectif de vous coller une publicité sur le coin du museau (on entre donc plutôt dans la tournante), et pas vraiment non plus "pour les blogueurs", au contraire. D’ailleurs, n’allez pas croire que les votes du public ne servent qu’à indiquer au sponsor le blog qui a la plus grande audience, et donc où sa pub touchera le plus de monde et sera la plus rentable. Non, allons, puisqu’on vous dit que c’est pour les blogueurs (et pas auteurs, hein, quand on écrit sur internet, on a pas ce titre. Il faut allumer l’imprimante pour l’obtenir, tout est dans le support).

La différence entre un auteur et un blogueur.

J’aime ce principe intégralement basé sur le non-sens qui n’a pas empêché des centaines de gens de s’y inscrire parce que merde, on pouvait GAGNER ! Bon, gagner quoi, on s’y est pas trop intéressé, mais gagner, quoi, merde, c’est intéressant. Il faudrait que je pense à organiser des Worker Awards pour mes employés, tiens. Si ça se trouve, ça marcherait. Il faudrait que je propose à l’URSSAF de sponsoriser la soirée.

Donc, chers spécialistes du web 2.0, voire "blogueurs influents" autoproclamés pour certains (titre qui sous-entend encore une fois que tout lecteur de blog est potentiellement lui aussi idiot, et suit donc tranquillement l’avis des gens qu’il lit sans se poser de questions, parce que ça aussi, c’est compliqué), si vous voulez vraiment faire un truc "par et pour les blogueurs", je ne sais pas moi, faites une association, un syndicat ou que sais-je, où les blogueurs pourront trouver conseil juridique ou non, proposer d’intégrer une base de données pour les marques qui voudraient vraiment savoir quel blogueur traite de quoi en un seul coup d’oeil pour voir s’il y a un intérêt à les contacter plutôt que de bombarder les boîtes mails de propositions (il y en a encore qui semblent croire que ce blog est susceptible d’être un bon support pour faire un article pro-quelque chose, on sent qu’ils se sont attardés dessus au point de ne même pas lire le titre), voire carrément fixer des grilles tarifaires pour ceux qui veulent jouer à faire des articles sponsorisés, puisqu’à l’heure actuelle, ceux-ci sont entre 10 et 100 fois inférieur à tous les autres supports (alors qu’encore une fois, internet se prête plus à ce genre de choses puisque l’on peut y mettre des liens). Là par exemple, vous feriez un truc "Par et pour les blogueurs". Mais c’est vrai que ce serait un peu trop pro-blogs, quoi, merde.

Alors en attendant, Golden Blog Awards, soyez sympas et écrivez "Par et pour les marques" en haut, ce sera un petit peu plus transparent, et ça évitera de continuer à prendre auteurs et lecteurs de blogs pour des cons.

Bisous.

Ho, et bonne chance aux candidats. Evidemment.

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"Bon d’accord, mais alors, vous allez y participer ou pas ?" – demanda Emmanuelle, un brin lassée.

Il y eut un petit bruit sec lorsque son crâne percuta la rambarde, et reprenant mon cigare en ignorant son corps galbé s’effondrant mollement à mes pieds, je me concentrais à nouveau sur l’évolution du conflit entre les ivrognes au-dessous du balcon. Un agréable spectacle. Ils s’étonnèrent quelque peu lorsqu’une pluie de couverts de cuisine s’abattit sur eux, leur permettant de s’armer pour mieux s’affronter.

"Battez-vous, gueux" leur dis-je, mouchoir à la main, lorsqu’ils levèrent les yeux pour voir d’où provenait cette pluie métallique digne d’un ravitaillement russe au-dessus de Damas.

"Le champion aura le droit de me servir."

"Ah ! Monsieur le baron ! Nous n’attendions plus que vous et votre génie pour commencer !"

Saluant d’un sourire amusé la remarque de l’empereur, Georges Eugène Haussmann s’approcha de la vaste table entourée des conseillers impériaux pour y dérouler l’immense plan qu’il transportait jusqu’alors dans un tube sous son bras. Pendant que l’honorable urbaniste disposait aux quatre coin du papier divers objets pour en éviter le repli, le reste de l’assemblée se pencha sur la chose d’un mouvement souple pour en étudier le détail.

"Un nouveau Paris digne de sa grandeur", lança le baron en se redressant fièrement, les yeux rivés sur les visages des présents à la recherche de la moindre expression trahissant leurs premières impressions. Il y eut une série de murmures, de regards entendus, et finalement, toute l’attention se porta vers Napoléon III, suivant de son doigt chaque ligne sur le plan.

"Ma-gni-fi-que, baron. Vous avez bien mérité de l’empire : soyez assuré de toute sa reconnaissance. C’est brillant, astucieux, élégant, moderne… nous allons raser cette vieille cité médiévale et enfin emmener Paris au XIXe siècle ! Je vois que vous avez pensé à tout : les rues sont larges, donc difficiles à barricader, les avenues permettent de manoeuvrer canons et chevaux… c’en est fini des soulèvements ! Cette ville sera aussi droite dans sa forme que dans sa tenue ! Excellent, excellent..."

Le baron eut un mouvement de sourcil interrogateur.

"Pardon ?
- Hé bien, je disais tout simplement que vous aviez audacieusement conçu la ville pour enfin en finir avec les révoltes à répétitions qui…
- Mais, heu… non, en fait. Moi je pensais pas du tout aux soulèvements.
- C’est à mon tour de vous demander pardon – l’empereur se redressa, inquisiteur – à quoi pensiez-vous alors ?
- Bin aux meufs."
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Il y eut une volée de soupirs indignés dans l’assemblée

"Que… baron ? Que dites-vous, enfin ?
- Et bin les meufs quoi, ça va ! Attendez, je suis urbaniste, vous croyez que je pense à quoi toute la journée, à observer des bâtiments toujours plus grands, plus massifs, plus hauts… et puis toutes ces avenues, droites et solides ! Et ces gros lampadaires turgescents je… enfin merde, votre altesse ! Tout le monde sait que l"urbanisme est un truc de machistes ! Regardez cette avenue par exemple : je l’ai conçue pour faire passer des chevaux, oui, mais pour de la chasse à courre de gonzesses : on les lâche, et hop ! Voyez, ainsi les rabatteurs peuvent amener les nanas jusqu’à la place de l’Opéra, et là, ha ha ! Nous autres arrivons sur nos montures par les boulevards, et voici les pauvrettes cernées ! A nous, chair fraîche ! Imaginez déjà, ces croupes galbées, ces seins fermes, la sueur de la course perlant le long des courbes tremblantes de ces… Ouch !"

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Le baron s’effondra au sol inconscient, le visage encore tordu dans une expression de douleur alors que derrière-lui, un garde venait de lui asséner un sérieux coup du manche de son sabre sur le sommet du crâne. L’empereur bégaya brièvement avant de se reprendre, observant tour à tour le plan et l’urbaniste étalés devant lui.

Le baron Haussmann, réfléchissant au réaménagement des quais de Paris pour l’organisation de soirées mousse géantes

"Bon sang… soldat ! Quel est votre nom ?
- Caporal Roudoudou votre altesse, de la garde impériale.
- Caporal, vous avez agi avec justesse. Maintenant, vous aller me virer ce malheureux de cette salle.
- Et pour les plans ? – demanda timidement un conseiller en toussotant à demi
- Les plans ? Ils sont bons : vous allez me reconstruire Paris en les suivant ; à défauts de justes desseins, l’homme a redessiné cette ville avec goût. Maintenant, tout le monde dans cette pièce oublie ces conneries : si on vous pose des questions, vous direz que oui oui, on fait un nouveau Paris avec des grosses rues pour emmerder les émeutiers, tout ça. Personne ne doit jamais savoir la vérité. Personne. J’ignore ce que nous réserve l’avenir, mais j’espère qu’il ne donnera jamais naissance à un esprit assez brillant pour réaliser quels sombres projets le baron ourdissait."

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Hélas pour l’empereur, il ignorait que près de 150 ans plus tard, pareil esprit existerait. Et qu’avec un brio sans pareil, il prouverait qu’en fait, l’urbanisme a toujours été pensé pour emmerder les nanas, car cet esprit serait celui… d’une féministe !

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Si vous avez rigolé lors de l’utilisation groupée des mots "esprit", "brillant", et "féministe", je me vois dans l’obligation de vous faire les gros yeux, car comme vous allez pouvoir le constater, une fois encore, l’argumentation est tout simplement aussi incroyable que la pertinence du sujet. A l’heure où le magazine Elle explique doctement à ses lectrices qu’une petite pipe, même quand on est pas d’accord, c’est quand même la moindre des choses, et qu’on attend toujours la réaction d’Osez le féminisme sur le sujet, voici qu’un nouveau combat parait pour faire avancer les droits des êtres dépourvus de chromosomes Y. Et pas des moindres, mais, ah ! Assez parlé, passons à l’étude du sujet, qui doit tout de même être bigrement sérieux pour mériter sa place dans le supplément Culture du Monde.

Sur le trottoir ou dans le métro, on croise des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes. A première vue, l’espace public est mixte. A première vue seulement. Car l’espace urbain demeure un espace où les déséquilibres entre les deux sexes restent profonds. De jour, ça se voit peu.

Oui : de jour, tout à l’air normal en ville. Mais lorsque vient le crépuscule…

On ne dirait pas comme ça, mais en fait, sachez-le ; sitôt la nuit tombée, à l’heure où les honnêtes gens ferment leurs portes à double tour, dehors, le sabbat machiste peut commencer : on fait péter les bières, tomber les ceintures et tourner les slips ; femme, sache qu’en hiver, passé 17h, la rue n’est plus à toi. C’est Le Monde qui le dit, alors ne rigole pas malheureuse : le prochain combat des féministes du XXIe siècle, toujours à l’avant-garde, sera de prouver que le trottoir est un endroit infiniment sexiste.

On ne sait pas encore trop pourquoi, mais ça doit être super important en tout cas.

Surtout, contrairement [aux hommes], "les femmes ne font que traverser l’espace urbain, elles ne stationnent pas", explique le géographe Yves Raibaud,

Hé bé non.

La femme, des fois, elle arrive en ville, elle essaie de s’arrêter et tout, mais elle ne peut pas. Pourquoi ? Implose-t-elle si elle le fait ? Est-elle poussée par une force mystérieuse, ou bien sont-ce simplement ses semelles compensées géantes qui l’empêchent de tenir en place plus de 15s sans risquer une double fracture des chevilles ? Allez savoir. En tout cas, cela explique pourquoi les femmes et les créneaux ne sont pas amis : stationner, ce n’est pas vraiment leur truc.

Très bien. Et bien, merci Yves (qui a probablement observé le mouvement de migration des femmes en espace urbain depuis le toit de sa maison, ou alors il faudra m’expliquer comment il a noté cela) pour ce rapport à la fois pertinent et audacieux.

"On constate que les femmes traînent moins souvent dans la rue sans avoir quelque chose de précis à y faire et se déplacent rapidement d’un endroit à un autre", confirme Patricia Perennes, d’Osez le féminisme.

Chez Osez le féminisme, on a toujours un regard pertinent sur la société (non, mais ho, ça suffit au fond, je vous vois au fond, mais soyez un peu charitables sacrebleu). On va prendre un exemple précis : mettons une femme, allant d’un endroit à un autre dans une rue sans but précis, du genre de bâtiment en bâtiment le long d’un trottoir. Appelons ce mouvement du… du lèche-vitrine, comme ça, au hasard : et bien sachez que ça n’existe pas. De la même manière, la femme ne se promène pas, ne fait pas de tourisme, ou ne donne jamais rendez-vous à qui que ce soit en-dehors de chez elle. Non : lorsque la femme sort, c’est uniquement en courant, pour rester le moins de temps possible dans la rue, hurlant l’intégralité des dialogues de Braveheart jusqu’à arriver à destination. Si jamais la femme doit s’arrêter pour une raison X ou Y, elle se met à suer très fort, a très chaud, et si jamais elle a une arme sur elle (pour se défendre contre les millions de violeurs qui l’attendent en bas de chez elle), elle la vide dans la foule.

En fait, Osez le féminisme, des fois, j’ai un peu l’impression que c’est une sorte de café du commerce dopé au mojito pêche.

Ou à la ganja de l’espace, mais je sais que je suis lu par les douanes, alors je ne vous dénoncerai pas les filles, pas d’inquiétude.

Femme se rendant chez une amie en tentant de passer le moins de temps possible dans la rue de peur d’y croiser un homme

Allez vite pour éviter les ennuis… Car une femme seule est trois fois plus abordée dans la rue qu’un homme. Parfois sympathiques, ces rencontres peuvent s’avérer désagréables et provoquer un sentiment d’insécurité.

Notez bien : on ne vous parle pas d’insécurité mais de sentiment d’insécurité. Vous savez, le genre de truc qui naît par exemple, et à tout hasard, en publiant des articles qui se veulent crypto-scientifiques dans lesquels on explique à ces dames qu’elles DOIVENT avoir peur dans la rue, qu’il y a d’excellentes raisons à cela. Enfin je dis ça comme ça, hein. Moi ça me donne surtout un sentiment de gastro-entérite, mais l’INSEE s’y intéresse encore peu, c’est vrai.

Les parents en tirent des conséquences en disant très tôt à leurs filles comment se comporter et s’habiller. "Toute la journée, on t’explique ce que tu dois être en tant que femme, les télévisions et les journaux font de même, et tu finis par ne plus te définir en tant qu’être humain", explique l’urbaniste Louise Montout.

Louise, ma bonne amie, je t’entends.

Du coup, je suis assez d’accord : il faut arrêter avec les articles de supposés grands journaux qui expliquent que l’on est une femme avant d’être un être humain comme les autres, et qu’à ce titre, il est légitime de flipper dans la rue et d’être décrite comme une proie pour prédateurs sexuels à longueur de temps.

Attention à bien éteindre vos détecteurs de non-sens, on pourrait bloquer l’aiguille, là.

Jusqu’à la puberté, on demande aux filles davantage de déplacements que les garçons, car on les considère plus dégourdies. Mais après, le viol devient la peur structurante des femmes en milieu urbain, alors que la ville est bien plus le lieu des incivilités que des agressions physiques.

La nature est bien faite (les explications sans citer aucune source aussi) : les garçons sont moins dégourdis que les filles, c’est comme ça et c’est indiscutable. Par contre, sitôt que les bouboules tombent, paf : le brushing leur pousse, ils rejoignent la fondation Phoenix et en fait, ils deviennent tous Mac Gyver. Alors que dans le même temps, il faut barricader la petite dernière dans sa chambre, devenue un appeau au sexe avec ses yeux de brebis égarée. Continuer de la laisser sortir, c’est la condamner à la découverte de plaisirs exotiques et variés dans une cave quelconque d’une banlieue chaude (ex : Neuilly-sur-Seine).

D’ailleurs, femmes de milieux urbains (je sais, il y en a parmi vous qui ont survécu dans ce milieu machiste jusqu’ici en courant très vite dans les rues), sachez-le : ce qui vous "structure" ce ne sont pas des projets, des idées, ou même le simple fait d’être des membres du genre humain : c’est la peur du viol. La réflexion, tout ça, ce n’est pas un truc pour vous : vous n’êtes unies que par la peur du prochain loup.

Voilà : votre nature, c’est d’être des victimes. Merci, Osez le féminisme et autres fameux intervenants.

Pourtant, et même si la révolution sexuelle a atténué les choses, la représentation sociale fait du foyer le havre de paix et, de l’extérieur, un espace dangereux. Allons plus loin : une femme seule, dans un parc, la nuit ? C’est une prostituée, pense-t-on souvent. Et le jour ? Une mère de famille.

Oui, d’ailleurs c’est pour ça que nous les hommes nous recommandons aux femmes de rester dans la cuisine pour les protéger. Et ainsi pouvoir user de nos préjugés en paix une fois la nuit venue (chez Osez le féminisme, on doit penser que Twilight est un documentaire : les hommes, tout comme Edward, sortent la nuit). Tenez par exemple : saviez-vous que tout homme qui croise une fille dans un parc la nuit pense obligatoirement "Tiens, une prostituée" ? Car non, l’homme ne pense jamais "Tiens, une fille dans un parc la nuit" : il est forcément bourré de préjugés (contrairement aux auteurs de cet article du Monde, donc). Et idem le jour : toute fille qu’il croise est une mère de famille. Même si elle a 6 ans, c’est bon : on cherche la poussette.

Apprenez à reconnaître cette femme : Simone de Beauvoir, suppôt de l’ordre machiste, qui pensait que les femmes pouvaient exister autrement qu’en tant que proies, être unies par autre chose que la peur, et vivre leur vie ailleurs que dans leur foyer. Brrrr, quelle vile créature.

Bon cela dit, il est vrai que depuis l’avènement des blogueuses modes, distinguer la tenue des prostituées de celles de ces maîtresses du bon goût est devenu un exercice complexe et a brouillé par mal de lignes (la CNIL n’a toujours pas accepté ma demande pour la création d’un site "pute ou pas pute"). Mais là n’est pas la question.

Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes. Les parents ont autant peur du métro la nuit pour leurs filles (leur imposant le taxi) que les filles elles-mêmes, y compris majeures

Mesdemoiselles, si vous avez un jour pris le métro pour rentrer de soirée, sachez qu’en fait, tout ça n’est en fait qu’un souvenir implanté artificiellement pour vous faire croire que vous êtes libre. Dans ce cas, faites-moi signe, donnez-moi votre adresse et je viendrai frapper à votre porte avec mes lunettes de soleil et mon manteau en cuir pour vous proposer de sortir de la matrice en avalant une petite pilule.

A ce qu’il parait qu’un effet secondaire de la pilule est de se réveiller dans un terrain vague de la matrice sans souvenirs du monde réel, mais hein, bon, c’est quand même pas grand-chose, non ?

Ah oui, et sinon, notez : penser qu’une femme seule la nuit dans un parc c’est une prostituée, c’est un préjugé à la con, mais penser qu’un homme la nuit soit automatiquement un violeur potentiel, c’est tout à fait normal. Chapeau les enfants

Ces dernières mettent en place des stratégies pour réduire le danger : porter un pantalon, maquillage sobre, se déplacer en groupe, se rapprocher d’autres filles isolées, avoir un baladeur sur les oreilles en fuyant tout regard.

Transporter une baïonnette, disposer d’un drap gris pour se coller contre un mur et disparaître comme un ninja, louer un char Leclerc pour la soirée : lecteur, si vous aussi vous avez déjà croisé des filles en jupe passé 17h sans les retrouver deux heures plus tard découpées dans une poubelle, sachez que vous pouvez appeler le Vatican : miracle il y a eu.

Sinon, avec la description, je ne suis pas sûr tout de même : ils ont observé des femmes ou un troupeau de marmottes ? Est-ce qu’il y a une femme qui siffle à l’approche d’un prédateur ? Diable, ça m’a l’air complexe tout cela. Heureusement que nous avons de grands experts pour nous expliquer comment les choses fonctionnent en réalité.

Ces stratagèmes entraînent une réduction des libertés. "Les filles sont confrontées à une tension entre les attentes placées dans les sorties festives, souvent associées à un habillement plus sexualisé, et un contrôle des parents plus marqué que pour les garçons", constate Clément Rivière, doctorant à l’Observatoire sociologique du changement (Sciences Po). Ainsi, des normes s’imposent, parfaitement intégrées, invisibles et intériorisées.

Dixit l’article qui dix lignes au-dessus expliquait que le monde extérieur était un monde super dangereux, et que rentrez vos filles messeigneurs car voici venir les vikings venus prendre vertus, richesses et troupeaux entre divers gras ricanements, c’est intéressant.

Les décideurs de la ville ne font rien pour réduire ce fossé entre garçons et filles. Ils font même le contraire. Ainsi, 85 % du budget des équipements programmés dans les zones prioritaires vont aux garçons. Pour "canaliser la violence", dit-on. Les skate-parks poussent comme des champignons un peu partout, alors qu’il n’existe presque rien pour les adolescentes.

Ah, les salauds ! Des skate-parks ! Ces structures phallocrates réservées aux garçons ! Ah, si ça continue à ce rythme, on va demander aux filles de jouer au football, au basket, voire au handball ! Enfin, Mesdemoiselles ! Qu’attendez-vous pour réclamer des poneys-parks ou des concours de couture ? Des trucs de fille peints en rose, quoi ! Non mais attendez, si on commence à proposer les mêmes choses aux filles et aux garçons ce serait… rah, ce serait presque les considérer au même niveau ! Vite, Osez le féminisme, il faut agir !

Dans la revue Traits urbains, en mai, Yves Raibaud prend l’exemple de la construction de stades de football, investis presque uniquement par des hommes : "Imaginez un équipement public pour 43 000 femmes !"

Oui, là encore, on ne construit jamais des équipements accueillant des gens de tous les sexes : c’est soit pour 43 000 hommes, soit pour 43 000 femmes, mais alors 43 000 "personnes", ah, ça, plutôt mourir ! D’ailleurs, à l’entrée des stades, on procède à des tests du genre demander aux larrons qui s’y présentent de roter : les femmes étant des princesses, elles en sont incapables et sont donc aussitôt détectées et éjectées. Mais raccompagnées à leurs cuisines, pour ne pas les laisser dehors, puisque comme l’explique l’article, c’est trop dangereux pour elle.

Des ennemies des femmes posant fièrement dans un stade, symbole du pouvoir de l’oppresseur couillu.

Est-ce pour des raisons économiques, voire écologiques, ou parce qu’ils imaginent les femmes au foyer le soir, que 5 000 communes de France ont récemment décidé d’éteindre l’éclairage public entre minuit et 5 heures du matin ?

Tout à fait, Le Monde : entre minuit et 5 heures du matin, les hommes enclenchent leur vision nocturne, et pouf, la nuit leur appartient. Éteindre les lumières, c’est forcément un complot pour emmerder les femmes : aaah, quel grand journalisme. Je crois d’ailleurs que le groupe qui milite pour l’extinction des enseignes commerciales la nuit est lui-même dirigé par Henri Désiré Landru.

Pourquoi nombre de lieux festifs et nocturnes sont-ils construits sans toilettes ? Parce que la nuit est un espace jugé masculin.

Et les hommes ne font pas caca. Aucun rapport avec le fait que dans l’évènementiel, certains font des économies en se disant "Allez, les gens se retiendront bien 2h". Non, c’est un type maléfique qui éclate d’un grand rire derrière son bureau en hurlant "Ho ho ho ! Je ne vais pas installer de toilettes, puis je servirai des cocktails de gonzesses à volonté ! La vessie des femmes gonflera, puis, ne pouvant se soulager, elles imploseront toutes l’une après l’autre ! Et alors, elles regretteront de m’avoir appelé "Pieds qui puent" en classe de 6eB, me rejetant au ban de la société !". En général, c’est à ce moment précis que l’auteur de la maxime se met à jouer d’un orgue massif en continuant de rire, mais dans certains cas, il peut aussi juste avoir un xylophone  Bontempi, auquel cas il rigole, mais moins fort sinon ça masque les notes.

D’un autre côté, les décideurs et urbanistes n’oublient pas les couloirs à poussettes, ni d’installer des crèches à côté des lieux de travail majoritairement féminins. "Les urbanistes vont répondre que, lors des réunions, on leur demande ces couloirs à poussettes !", rétorque Louise Montout.

C’est vrai : d’ailleurs, on ne trouve jamais de papa derrière une poussette (ou alors ils volent 2 à 3 mètres au-dessus du trottoir, un de leurs autres pouvoirs avec la vision nocturne), et ces derniers n’emmènent jamais leur enfant à la crèche : il existe sur le chromosome Y un gène qui permet de phaser l’enfant, l’envoyant dans une dimension parallèle semblable aux limbes durant les heures de travail. Tout ça, c’est vraiment pour les nanas uniquement. Et puis c’est vrai quoi, il faudrait du mobilier urbain pour les femmes comme heu… des… heu… du… enfin voilà quoi, merde ! Des trucs rose bonbon ou des bancs en forme d’arc-en-ciel. Tous avec Louise !

Tout le monde est d’accord : la ville est pensée par et pour l’homme,

J’ai toujours eu un goût certain pour les affirmations lancées comme ça, hop, et contenant "Tout le monde est d’accord". Je propose donc, en suivant le même principe journalistique, d’ajouter "Tout le monde est d’accord : cet article du Monde est un étron gras qui ne mériterait même pas d’être publié sur Girls.fr".

Car l’espace n’est pas interdit aux femmes, ce sont elles qui s’interdisent l’accès à une rue, un bar, un lieu de fête… Les interdits sont tels, montre l’étude de Bordeaux, que les lieux qu’elles trouvent répulsifs sont les plus nombreux.

Elles se l’interdisent peut-être aussi parce que, je me répète, il y a des gens assez idiots pour pondre des articles leur expliquant que, holala, tout ça vous savez, c’est des trucs de mecs, faudrait pas s’en mêler, hein, pfiou. Si c’est pas une réunion tupperware ou un cours de cuisine, fuyez Mesdemoiselles, ce n’est pas pour vous ! D’ailleurs, les exemples donnés sont bons : aller boire un verre dans un bar, par exemple, c’est typiquement une activité de mec. Tout comme les rues ou les "lieux de fêtes" : les salles de concerts sont légendaires pour l’interdiction faite aux femmes d’y entrer. Les concerts de Justin Bieber sont d’ailleurs réputés pour être des nids à moustachus, par exemple.

En fait, les femmes érigeraient ce que le géographe Guy Di Méo appelle des "murs invisibles" dans l’espace urbain. Ces barrières sont inconscientes. Elles varient d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre en fonction des émotions. Elles sont le fruit de facteurs comme l’âge, le niveau socio-économique, la situation personnelle ou l’environnement culturel.

Et la connerie ambiante, aussi, un peu. Un facteur vaguement intéressant.

L’homme la nuit selon le Monde

Les femmes ne ressentent pas non plus l’insécurité de la même façon selon leur éducation et leur classe sociale. On croit qu’il est difficile pour une femme riche d’aller dans un quartier pauvre. Mais, inversement, les femmes du 19earrondissement de Paris interrogées par Clément Rivière témoignent d’un malaise lorsqu’elles se rendent dans le 16e arrondissement.

J’ose penser que cet article n’est en fait qu’une énième variation de la blague "A Monaco, les milliardaires n’osent plus sortir après 22h : il y a des millionnaires plein les rues".

La mairie de Paris mène des actions pour rendre plus visibles les femmes dans l’espace urbain. Des marches exploratoires ont lieu la nuit (des femmes se promènent en ville pour réfléchir à ce qui exacerbe leur sentiment d’insécurité) et neuf stations de tram porteront des noms de femmes. "Quand nous sommes arrivées à la mairie, seuls 3 % ou 4 % des équipements parisiens et des rues étaient dédiés aux femmes célèbres ; on est a plus de 13 % maintenant ", se réjouit Fatima Lalem, adjointe au maire chargée de l’égalité hommes-femmes.

Ah oui. Quand même. Allez, prenons des exemples :

Germaine est poursuivie par le gang de Stringer Balls, un terrible meneur de troupe. Lui et ses amis sont bien malheureux car depuis plusieurs semaines, malgré leurs habiles techniques de drague à base de "Ho Madmazeule tu suces ?" (ils ont appris ça dans Elle), aucune jeune fille n’a succombé à leur charme. Bien décidés à donner de l’amour, ils ont décidé que ce soir, ils feraient un câlin à Germaine, dont l’attitude à base de tremblement peureux les a confortés dans le fait qu’il y avait là une victime potentielle.

S’engouffrant dans une bouche de métro, voici que Germaine déboule sur le quai d’une station. Lisant le panneau de celle-ci, la bougresse peine à retenir ses pleurs affolés : il s’agit là de Stalingrad. Du coup, Stringer Balls et ses hommes vont probablement la prendre comme tout un régiment de conscrits soviétiques : c’en est fini d’elle.

Alors qu’à en croire la logique de cet article, si la station s’était appelée "Larusso", les malheureux assaillants auraient instantanément pris feu, protégeant ainsi la pauvrette.

Non, mais vraiment : est-ce que c’est moi qui suis de plus en plus conservateur ou simplement est-ce de plus en plus con ?

Sinon, les avancées sont presque inexistantes. L’Egypte a mis en place au Caire des rames de métro réservées aux femmes. Mais ça ne résout pas le problème de fond.

Ho oui ! Ça c’est une avancée !  Séparons les femmes des hommes au nom de la lutte contre le sexisme ! Tenez, vous savez ce qui serait encore mieux ? Carrément séparer les villes. Ho et puis on pourrait appliquer ces "avancées" à d’autres trucs du genre "Holala, moi la nuit j’ai peur des gens de couleurs, on pourrait avoir un métro pour les blancs ?" Je suis sûr que le programme de Marine Le Pen est plein "d’avancées" du même genre. Chapeau, vraiment.

Ces réponses sont incertaines tant les collectivités s’attaquent plutôt aux violences domestiques. Aussi, Marylène Lieber invite les femmes au sport de combat.

Personne n’invite juste les femmes à vivre leur vie, en fait ?

Reste que les femmes passant plus de temps "dehors" savent mieux se défendre face aux incivilités. Savoir répondre, avoir une grande gueule, faire le poids face à l’agression, ça ne s’improvise pas…

Le journalisme et les préjugés foireux non plus.

Vraiment, merci le Monde.

Lorsqu’un célèbre journal présente ceci comme une avancée, on peut se poser quelques questions.

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Londres, 10 octobre 1940, 21h52

Au-dessus des toits, elle monte doucement, lugubre ; d’abord vrombissement sourd couvrant doucement le bruit des moteurs en gagnant en intensité, elle devient un hurlement terrible alors que les têtes, unes à unes, s’élèvent dans toutes les rues : ça y est, la sirène d’alerte aérienne résonne au-dessus de la capitale britannique.

En quelques secondes, les rues semblent se vider : quelques cris, mouvements de paniques, dérapages d’automobiles pressées et chacun va trouver l’abri le plus proche. La main serrée dans celle de son amie Lucy, Gisèle s’engouffre dans une station de métro en compagnie de dizaines d’autres civils, découvrant le quai d’ores et déjà couvert de passants, de réfugiés et d’officiers de police. Toutes les têtes sont tournées vers le plafond, la sirène continuant de hurler à la surface, bientôt mêlée à un autre son : celui des bombardiers allemands. Un claquement sec, un étrange sifflement, et ça y est : l’électricité est coupée dans toute la ville. Vue du ciel, Londres vient brutalement de disparaître, ne laissant deviner que la sombre silhouette de quelques ponts lancés au-dessus de la Tamise. C’est le black-out.

"Tu sais Lucy, je commence à en avoir assez.
- Des Allemands ? On les aura Gisèle. On les aura, il faut juste tenir.
- Mais ? Non, je m’en fous des Allemands ! Je parlais du black-out ! Quel truc sexiste ! 
- Qu’est-ce que tu racontes ? 
- Et bien tu sais ! Plonger la ville dans le noir ! Et bin c’est un truc contre nous les filles !
- …
- Parce que après, hop, nous on voit plus rien ! Et puis en plus, tu te rends compte ? On est même pas dans une station de métro avec un nom de femme ! Trop nul !
- … Gisèle, écoute moi bien, il va falloir être forte : je crois que tu es complètement conne."

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Et après avoir copieusement giflé son amie, Lucy continua de tendre l’oreille pour tenter de savoir si les bombes ennemies se rapprochaient ou non de l’abri où elle et d’autres s’abritaient. Elle ignorait, hélas, qu’à quelques mètres au-dessus de sa tête, dans une allée de Piccadilly Circus, un homme s’appuyait contre un mur en ricanant, urinant des restes d’alcool en-dessous d’une affiche invitant à la prudence en cas de bombardement. Il manqua de peu d’arroser les chaussures du type derrière lui lorsque ce dernier lui tapota l’épaule, le surprenant au coeur de l’obscurité.

"Bin alors Roger, qu’est-ce que tu fous ?
- Je pisse, ça se voit pas ?
- Tu viens pas au pub ?
- Si, ça va, j’arrive, j’arrive, merde, j’ai trempé mon pantalon avec tes conneries David. Allez, la ville est à nous !"

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Au-dessus d’eux, les haut-parleurs de la sirène aérienne diffusaient maintenant de faux bruits de bombardements. Les deux hommes regardèrent un véhicule militaire du génie les dépasser, se dirigeant vers un quelconque endroit où simuler l’explosion d’une bombe sur la chaussée.

"Dis David, tu crois que les femmes se rendront compte un jour qu’on coupe les lumières juste pour les emmerder ? Et qu’on fait tout pour que la ville soit à nous ? Merde, on en est à simuler une guerre pour leur faire le coup du black-out !
- Boh, tu sais. Elles croient ce qu’on veut bien leur dire.
- Oui mais… tu imagines si un jour, des journalistes particulièrement brillants et courageux révélaient tout cela ? Genre des vraies féministes décomplexées qui réaliseraient que nous organisons tout cela non pas pour des raisons objectives mais uniquement à l’occasion d’un grand complot mondial machiste contre elles ?"

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David étouffa un petit rire avant de taper un grand coup dans le dos de son ami. "Allez, viens, on va se saoûler dans un pub entre hommes !"

Et plissant tous deux les yeux, ils activèrent leur vision nocturne.

Parfois, la journaliste de presse féminine sent que sa fin est proche.

Mystère encore inexpliqué par la science actuelle, il semblerait que certaines rédactrices d’un nombre conséquent de magazines puissent sentir lorsque leur heure est venue. Un matin, après une longue carrière rythmée par les fashion weeks , les numéros spéciaux régimes de l’été ou les hors-série "Comment retonifier son gros cul après les fêtes", la journaliste (si, allez : Nikos Aliagas prétend bien en être un, pourquoi pas elle ?) sent que quelque chose dans l’air a changé. De petits détails lui mettent la puce à l’oreille : l’acteur qu’elle a en fond d’écran n’a plus eu de premier rôle depuis un moment, son placard ferme chez elle, et pire encore, elle se demande si, en fait, les über-franges, ce ne serait pas moche. Alors qu’elle s’interroge afin de savoir s’il ne serait pas temps de reprendre ses études, et qu’elle commence donc à chercher le numéro de sa directrice d’école primaire pour voir si elle peut faire la prochaine rentrée en CM2, elle lâche brutalement le combiné, et soudain, elle réalise l’odieuse vérité.

Le fond d’écran qui date, les fringues en quantité raisonnables, les franges qui ne lui plaisent plus : elle est devenue ringarde dans son milieu.

Ni une, ni deux, ses collègues repèrent instantanément sa manière inhabituelle d’agir (elle glousse 20% de moins que la normale) et sentent naturellement ce qu’il en est : avant qu’elle ne contamine tout le troupeau, les bougresses se ruent vers son bureau dans un tonnerre de semelles compensées, puis assomment la fautive à l’aide du classeur servant à classer les photos de Justin Bieber. Une fois la malheureuse ainsi estourbie, une camionnette faisant quotidiennement la tournée des journaux de ce calibre (un métier difficile) charge l’animal et l’emmène jusqu’à sa nouvelle destination : un vaste hangar de banlieue parisienne entouré de miradors, où se trouve un journal qui prendra soin d’elle, mais ne la laissera pas pour autant imprimer quoi que ce soit sur papier. Un lieu où l’on sent bien que si le coeur est encore à l’ouvrage, le reste ne suit plus.

Ce lieu, c’est Elleraconte

Et lorsque l’endroit déborde, l’excédent est directement envoyé au Grand Journal

Cimetière des éléphants des rédactrices fatiguées, on peut ainsi y trouver quantité de conseils de séduction que, comme il se doit, je ne puis m’empêcher de partager avec vous tant leur qualité est tout simplement formidable. Ainsi Mademoiselle, vous pouvez découvrir en ces lieux maudits de précieuses astuces pour attirer l’attention d’un homme tout en évitant quelques erreurs classiques, et même apprendre à repousser de potentielles concurrentes. Evidemment, pour celles déjà en couple, vous trouverez tout de même de quoi enrichir votre quotidien.

Ainsi, prenons un exemple précis : Mademoiselle, vous êtes timide. Si. Vous aimeriez bien attirer l’attention de ce bel homme, là bas, au bar, cravate rouge au col et cheveux blancs en bataille, occupé à expliquer à la serveuse pourquoi elle a deux minutes pour monter dans son coffre si elle tient à ne pas faire couler son maquillage. Comment faire ? Pas de problème : la rédaction d’Elleraconte a la solution pour vous.

Le regard 

En effet, le regard est le premier contact que vous devez effectuer pour attirer son attention. Lancez-lui quelques regards furtifs, il comprendra. Il faut instaurer un contact visuel avant le contact physique.

Je sais, ce n’est pas évident évident comme ça, mais si : il faut d’abord regarder quelqu’un avant de le toucher. Non parce que si vous touchez les gens au hasard dans un bar, cela peut vite créer quelques malentendus. Evidemment, ce conseil ne s’applique pas si vous êtes dans un club échangiste, auquel cas, à vous douces folies si le coeur vous en dit. Idem si vous êtes par exemple Amadou et Mariam, mais pour d’autres raisons.

Bien. Vous avez repéré votre cible, et il vous a aperçue en train de le regarder brièvement ? Que faire maintenant, vous dites vous, rougissante ? Passons à la suite des opérations.

L’indifférence 

Une fois les petits regards lancés, faites comme s’il n’existait pas. A ses yeux, vous devez représenter un challenge pour lequel il doit se battre.

Oui, mais si vous n’avez pas le physique d’un challenge façon grand prix de Monaco mais plutôt du genre coupe champignon de Super Mario Kart ? Qu’importe : Elleraconte vous dit que ça marche ; en faisant du rien, ils tomberont tous à vos pieds. En fait, si vous merdiez avant, c’est parce que vous essayiez de faire un truc comme, je ne sais pas moi, parler. Quelle idée, auriez-vous oublié votre nature de femelle ? Bref : restez immobile, ne le regardez pas et ne réagissez à rien.

Ce qui explique les statistiques de la nécrophilie : les mortes sont de sacrées allumeuses si j’en crois ce magazine. Ce qui explique aussi d’ailleurs la présence de feux follets dans les cimetières du même coup. Balaise. On s’instruit par ici, dites-moi.

Mais trois autres sages conseils vous sont par la suite prodigués pour compléter ces deux-ci et laisser la magie agir :

  • prendre soin de soi
  • sourire
  • être naturelle

Parce que comme ça, ce n’est pas forcément évident du premier coup : mettre en avant son herpès est par exemple déconseillé par Elleraconte, et faire la gueule, voire insulter la grosse mère (vous supputez au pied levé) de votre cible, à mettre au rancard. Le "être naturelle" ne s’adresse bien évidemment qu’aux vampires, loups-garous, lectrices de Marc Lévy et autres créatures surnaturelles qui doivent ranger leurs éléments les plus effrayants pour ne pas faire fuir les habitants de notre plan si tristement banal. Je pense sérieusement que la donzelle qui a écrit ça regardait L’Exorciste tout en rédigeant sa chronique.

Evidemment, d’autres astucieux conseils vous sont prodigués en ces lieux, comme donc, les erreurs à éviter :

- La tenue provocante.
Les hommes aiment ça c’est vrai mais si vous l’êtes trop ils penseront à vous comme un objet sexuel et non comme une personne sensible. Si vous ne voulez pas d’une relation primaire ou d’une seule nuit évitez cela.

Du coup, ne pensez même pas à draguer à la plage : vous serez tout le temps un objet sexuel puisqu’en bikini. D’ailleurs, chacun sait que sitôt au contact du sable, le mâle se transforme en dangereux prédateur qui ne voit plus d’êtres sensibles autour de lui, mais uniquement des proies sexuelles. Ce qui a provoqué beaucoup de malentendu sur le tournage de "Bonne nuit les petits", Nicolas devenant plus d’une fois berserk en fonçant sur Pimprenelle. Seule l’intervention de Nounours, ex-instructeur de close combat de la légion étrangère, a permis à la jeune fille de rester en un seul morceau durant de nombreux épisodes.

- La vulgarité.
Ne faites pas d’allusions sexuelles ou tendancieuses, vous passerez pour une gourde nymphomane.

C’est un domaine réservé aux hommes.

-Pas de politique.
Ne parlez pas de sujet comme celui la. Imaginez qu’il ne soit pas d’accord avec vous, cela mettra un froid entre vous. Préférez les sujets anodins mais pas superficiels. Lui raconter comment vous brossez vos cheveux ne fera que vous rendre superficielle à ses yeux.

Oui hein, c’est pareil : réservé aux hommes. Attendez, vous êtes une femme, vous n’allez quand même pas parler d’un sujet aussi complexe ? Je veux dire : parler de politique de manière ouverte et intéressante, c’est strictement impossible pour vous. Alors laissez ça aux grandes personnes, voulez-vous ? On vous a déjà filé le droit de vote, vous n’allez pas en plus débattre ou évoquer des idées, quoi, merde.

Je cherche Elleraconte sur Osez le féminisme… voyons voir… hmmm, non, rien. Visiblement, c’est parfaitement normal.

"Holala, moi vous savez, sortie de la cuisine et des poneys, hein, hihihuhuhuhuhihi"

-Ne parlez pas trop.
En dire trop c’est perdre votre attrait. Si vous racontez tout d’un trait que lui restera t-il à découvrir de vous ? Il n’y aura plus aucun mystère.

Bin oui, hein : s’il vous connait, vous ne serez plus intéressante, en fait. Vous n’êtes pas un être complexe et intriguant, le site insiste bien. En fait, je crois qu’il sous-entend depuis un moment que votre meilleure chance reste de fermer votre gueule.

Résumons : vous devez rester immobile, ne rien faire et ne rien dire. Et avec ça, ils vont tous tomber.

Mais pour votre beauté intérieure, hein, évidemment.

Cela dit, mettons : alors que vous étiez en train de faire votre autiste, comme Elleraconte vous le recommandait avec goût, voici que parait une autre donzelle qui elle, n’a pas lu le site et fait donc n’importe quoi, comme par exemple, aborder votre cible. Comment faire pour redevenir le centre de son attention autrement qu’en ayant les plus gros seins de la pièce ?

Aucun problème : Elleraconte dresse le portrait de vos ennemies potentielles, et vous donne d’astucieux conseils pour les bouter loin de là.

La marrante

Une fille marrante, c’est sournois. On la voit, bouille sympa, couettes au vent, faire la fofolle ou la bouffonne de service. On le voit, lui, rigoler de toutes ses (belles) dents. Dans votre tête, vous vous dites qu’il n’y a pas d’embrouille, qu’il trouve cette fille sympa, point barre. Jusqu’au moment où vous la voyez, pliée en deux (et sur lui), la main dans la sienne !

Visiblement, chez Elleraconte, une fille marrante a visiblement l’apparence d’une enfant de douze ans tirée d’un épisode de Corky. Bien que la chose soit intrigante, ce qui l’est encore plus, c’est que vous puissiez la voir "pliée en deux (et sur lui), la main dans la sienne" : en général à ce moment précis, on vous demande ce que vous foutez dans la chambre, sale perverse. Mais qu’importe, car voici venir une solution adaptée :

Comment l’éliminer ?

Ne venez pas sur son terrain, à moins d’avoir fait, vous aussi, l’école du rire. Inutile pour autant de vous la jouer cassante, n’est pas « Brice de Nice » qui veut ! Devenez plutôt sa copine. Eh oui, il est bien connu que les filles raflant la mise sont souvent celles de l’arrière garde. S’il est malin, il apercevra juste derrière la comique qui gesticule, une fille discrète, au minois charmant… c’est à dire, vous !

Voilà ; la stratégie ne change pas : faites du rien. Et priez fort pour que la jeune fille rigolote succombe à un arrêt cardiaque brutal, vous laissant ainsi le champ libre pour être repérée par le mâle que vous convoitez. Oui, parce que sinon, c’est mort (sans mauvais jeu de mot) : merci, Elleraconte.

Votre concurrente est d’un autre type ? Pas de problème.

L’intello

Mais de quoi parlent-ils ? Ça vous agace, à la fin ! Voilà une demi-heure que vous faites l’hippocampe, immobile et muette, à mater le ping-pong verbal entre elle et lui. Cette fille n’a pas les lunettes de la première de la classe, elle semble ni coincée ni gonflante… et elle peut parler des heures de jazz ou de cinéma iranien. Le pire c’est que Roméo semble accroc ! 

Oui, parce que normalement, une fille intelligente est coincée/gonflante/à lunettes, c’est connu.

Comment l‘éliminer ? 

Puisqu’il semble attiré par les filles « cérébrales », renseignez vous sur ses centres d’intérêts… et potassez ! Il aime l’opéra ? Révisez vos classiques ! L’écologie l’intéresse ? Blindez-vous en surfant sur des sites spécialisés… L’idée n’est pas d’être aussi calé que lui, au contraire : montrez-vous juste séduite par ce qui le touche. Il se fera un plaisir de vous initier à ses passions et devenir votre mentor ! Et il finira par délaisser « Gros Q.I. » !

Personnellement mon grand jeu consiste à fréquenter des lectrices de Elleraconte puis à faire des calembours nazis en soirée. Mes victimes potentielles suivant les précieux conseils de ce site féminin de qualité, je suis toujours heureux de les voir m’aborder d’un "Hey, salut, toi aussi tu aimes Himmler ?" "Aaaah, j’adorerais visiter Munich !" "Tu sais, je trouve qu’Eva Braun était vraiment une femme très courageuse." Il n’y a plus alors qu’à sourire en savourant ce délicieux flot de belles paroles, tel un délicieux nectar de manipulation de mauvais goût. Hmmm, c’est si bon.

Cela dit, après, si vous êtes vraiment joueur, vous pouvez proposer discrètement un petit anschluss à la jeune fille, mais là, chacun fait bien ce qu’il veut.

Si j’en crois Elleraconte, voici la photographie exacte d’une fille intelligente ET drôle

La pouf

Dans toutes les classes, il y en a une : on la voit, on la sent de loin… Habillée provoc, parfumée provoc, maquillée provoc, elle marche en reproduisant les mouvements d’un balancier de pendule. Tous les mecs se retournent, même LUI.

Comment l’éliminer ?

Patience est mère de sûreté ! Laissez aller. Jouez-la discrète, attendez votre heure. Car les filles qui plaisent à tous, et très vite, sont aussi celles qui lassent les premières. C’est comme une fraise Tagada posée sur une table : elle est là, disponible… trop disponible ! Vous pouvez, mais c’est mal, ébruiter le fait qu’elle s’est déjà emballée plein de mecs cette année. La vérité si tu mens ! La rumeur fera ensuite son travail, pour arriver jusqu’aux oreilles de Roméo…

La comparaison avec la fraise Tagada laisse rêveur. En tout cas, là encore, notez : surtout, ne faites rien. Attendez simplement votre tour, comme tout le monde, merde. Avec un peu de bol, et si vous êtes assez patiente pour attendre que Monsieur se lasse (au bout de 3 ans et 2 enfants, méfiez-vous tout de même), peut-être aurez-vous la joie de profiter de l’une des nombreuses MSTs qu’il aura ainsi récupérées.

Il n’y a pas à dire : tout cela vend terriblement du rêve.

La sportive

Qui dit sportive, dit corps de rêve. C’est elle qui saute le plus haut, court le plus vite, marque le plus de buts au hand. Elle a ce côté sain, belle des champs, qui peut plaire. Vous, vous n’êtes pourtant pas grosse, mais bon… la flemme, les gâteaux au chocolat…

Comment l’éliminer ?

Vous n’avez que deux possibilité : sois vous vous inscrivez dans un club de gym, sois vous emmenez le garçon sur un autre terrain : le vôtre. Invitez-le à goûter votre fameuse tarte au chocolat. S’il se resserre c’est bon signe ! A terme, il risque fort de préférer la paresse gourmande avec vous aux parcours de santé avec la folle du stade !

Attention tout de même : sportive = corps de rêve est une équation qui a été depuis longtemps prouvée comme étant fausse par la plupart des anciens pays du bloc de l’Est. Après, personnellement, offrir des confiseries et pâtisseries pour attirer votre cible, c’est une riche idée. Quantité de gens le font, nus sous leurs imperméables devant les écoles, et à ce qu’il parait que ça ne marche pas trop mal. Bonne idée.

Allez, soyons fous : vous avez réussi à harponner votre cible, mais maintenant, vous voulez la garder. Comment faire ? Et bien c’est simple, nous dit Elleraconte, il suffit de pimenter un peu le quotidien avec des idées qui font rêver. Comme quoi par exemple ?

Et bien avec, je cite "son propre jeu de l’oie"

Je… ah oui tout de même. Moooui. Et donc ?

Un jeu de l’oie coquin compte 63 cases comme son modèle original, il se joue avec un dé et deux pions, un par joueur et se joue en couple. Sa règle est simple, le premier arrivé à la case "arrivée" remporte la partie, il doit s’arrêter précisément sur celle-ci avec le chiffre de son dé. Si ce chiffre est trop haut, il reviendra en arrière du reste de celui-ci.

Vous le voyez arriver, cet affreux moment où vous vous faites horriblement chier devant un plateau de jeu avec l’être aimé ? Pourquoi pas un Scrabble coquin ? Ou un bingo coquin ? Et puis ensuite mater un épisode de Derrick coquin et aller se coucher aussi, non ?

Sans compter que Mesdemoiselles, ne faites pas les innocentes : on sait très bien comment vous jouez. Ho, et Messieurs, j’en connais aussi chez vous, des mauvais joueurs puissance 12 façon "Ah putain non tu relances le dé, il est cassé sur le bord du plateau, ça compte pas là naaaan t’as pas gagné arrête tout à l’heure moi j’ai dû relancer alors tu relances !". Je pense que ni la notion de "ludisme" ni celle de "coquin" n’ont été assimilées dans le coin. Ce truc est juste une sorte de rituel d’invocation de situation gênantes, mais avec un plateau moche en guise de pentacle.

Au départ, chaque joueur se place sur la case départ. A tour de rôle, vous allez lancer un dé pour définir le premier à jouer : celui qui aura fait le plus grand nombre commencera et les autres suivront dans le sens des aiguilles d’une montre. 

Oui, dans le sens des aiguilles d’une montre hein : sachant que ce jeu se joue à deux, il faut le préciser, sinon, pfiou, tiens je sais plus à qui c’est de jouer moi.

Joueur d’échecs mimant une montre avec le doigt pour savoir à qui c’est de jouer

Une fois que l’ordre de passage est établi, la partie peut commencer. Chacun son tour, le joueur lancera un dé et avancera de tant de cases que le dé l’indique. Votre chemin sera parfois paisible (cases simple passage), d’autres fois il sera bénéfique pour vous (cases récompense) mais aussi les autres fois, sera synonyme de dette que vous rendrez à votre partenaire ou d’effeuillage où vous devrez ôter un vêtement.

"Pourvu que je tombe sur la case fellation", se dit Philippe en faisant rouler le dé dans sa main, notant que Valentine avait rajouté des cases "Vaisselle" drôlement érotiques à vue de nez. L’expression "piper ses dés" n’aura jamais été mieux employée.

Rah, mais fi des grivoiseries : poursuivons.

- En dehors des cases "départ" et "arrivée", le plateau contient 15 cases de simple passage où vous êtes en sécurité puisqu’il ne se passe rien. Elles correspondent aux numéros : 2 ; 5 ; 8 ; 11 ; 17 ; 20 ; 23 ; 28 ; 35 ; 37 ; 39 ; 43 ; 48 ; 51 ; 57.

Sachant que c’est un jeu pour faire des choses avec son ou sa partenaire, voir que l’on parle en termes si positifs du fait qu’il ne se passe rien est déjà assez inquiétant en soi.

- 13 cases sont des pénalités où vous devrez alors exécuter un gage à votre partenaire. Elles correspondent au numéros : 6 ; 9 ; 12 ; 18 ; 19 ; 27 ; 31 ; 36 ; 42 ; 45 ; 52 ; 54 ; 58.

- 12 cases sont des récompenses où vous aurez le plaisir de vous faire bichonner par votre partenaire. Elles correspondent aux numéros : 4 ; 7 ; 15 ; 16 ; 24 ; 29 ; 32 ; 40 ; 44 ; 49 ; 55 ; 61.

- 13 cases sont des cases effeuillage où vous devrez retirer un vêtement et le confier à votre partenaire (quand la personne est entièrement nue, cette case n’a plus d’effet). Elles correspondent aux numéros : 3 ; 10 ; 13 ; 21 ; 22 ; 26 ; 34 ; 38 ; 47 ; 50 ; 56 ; 59 ; 62.

Et quand vous vous retrouverez nus comme deux andouilles à jouer au jeu de l’oie, en sachant que Madame d’habitude a froid aux pieds même sous une couette d’un mètre trente d’épaisseur, provoquant dans le cas présent un refroidissement instantané de toute sa personne, vous pourrez sérieusement commencer à vous demander "Mais ? Mais qu’est-ce qu’on fout, là ? Germaine, qu’est-ce qui nous arrive, sommes nous devenus si cons ?"

En fait, c’est tellement nul que je pense que Klaus Barbie a utilisé ce jeu durant ses interrogatoires (une variante sobrement appelée "Jeu du pas de l’oie") :

"Ach ! Ch’ai encore eu la ponne case, ja ? Je rechoue !
- Noooon… arrêtez, c’est odieux… lâchez ce jeu de merde ! C’est insupportable !
- Neiiiin, mein kleine freund, che rechoue, z’est le cheu. Ein, zwei, drei… hooo ch’ai ein gage ! Che tire ein carte !
- Pitié je… d’accord, je… je fais bien partie du réseau Liberté & Gratin dauphinois, mon supérieur s’appelle le Colonel Petipas, il a une chambre à l’auberge juste au sud d’ici mais j… pitié… lâchez ce dé…
- Ho ! Che rechoue encore ! Che m’amusse tellement !"

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Mais ce n’est pas fini.

- 5 cases sont des retours de cases où vous reculerez du même nombre de cases que le dé vous l’indiquera en le lançant.

- 3 cases sont des retours à la case départ, si vous vous arrêtez dessus, vous êtes obligé de vous placer sur la case départ et de recommencer le parcours

Voilà : vous pouvez donc, au nom de l’érotisme, passer encore 45 minutes nus comme des vers, grelottant, à chopper la crève autour d’un plateau de jeu de l’oie fabriqué avec de vieux cartons de yaourts. Autant vous le dire : l’excitation sera à son comble à ce moment là, et, Mesdemoiselles, nul doute que pareille idée fera de vous une véritable déesse pour votre compagnon qui ne pourra même plus imaginer se passer de vous.

Ou alors, on retrouvera votre corps à demi-calciné au milieu de cartons non-identifiables, des dés coincés dans les narines, sur un terrain vague du côté de Mourmelon.

Voilà, définitivement, je crois que j’ai envie de dire : merci, Elleraconte.

Mesdemoiselles, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour nous faire rêver.

Communiquer avec les femmes n’est pas chose aisée.

Nombre de jeunes mâles ont tendance à approuver cette phrase, sachant qu’ils ne parviennent pas eux-mêmes à engager la conversation avec la splendide créature installée à quelques tables d’eux et qui leur jette un regard de braise, principalement parce qu’ils ne sont pas sûrs de lire dans les yeux de la demoiselle l’expression d’un puissant désir ou plus simplement un rire contenu à la vue de boutons d’acné purulents disposés au coeur d’un duvet crasseux. Il faut dire que la femme est un être profondément mystérieux, dont le système de communication semble complètement différent du nôtre, sa voix s’élevant parfois, à l’évocation de Robert Pattinson, dans des fréquences ne pouvant être entendues que par les chiens, les hamsters et les fans de Skrillex. Et je ne parle même pas des fois où elle répond "Non." quand on lui demande si elle fait la gueule, alors que son visage est tordu depuis 10 minutes dans une grimace dont chaque trait semble être issu du cadastre des fosses rougeoyantes de l’enfer. Bref : communiquer avec les femmes n’est définitivement pas simple.

Pourtant, l’Union Européenne, toujours en quête de nouvelles aventures, a décidé de lancer une grande campagne de communication à destination de ces êtres afin de leur rappeler que les carrières scientifiques n’étaient pas l’apanage des gens qui font pipi debout. Son nom ?

Science, it’s a girl thing !

Et comme les choses sont bien faites, il y a même une vidéo visant à résumer la chose, mais comme je suis grand prince, je vous propose d’en découvrir ce que je suppose être la genèse.

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Bruxelles, un lundi matin, 10:43

"Régis, Michel, les gars, on vient d’avoir la réponse : on a décroché le marché de l’Union Européenne pour la campagne visant à attirer plus de filles vers les carrières scientifiques. On a mis les stagiaires sur les cartes de visite de la COGIP, alors ce matin, les gars, on brainstorme. Je veux des idées, du punch, du lourd. Alors je vous écoute les champions.
- Bin, j’y connais pas grand chose en filles moi.
- Ah ?
- C’est-à-dire que je collectionne les figurines de mangas. 
- Hmm, je vois, vous avez des gris-gris repoussoirs chez vous. Bon, c’est pas grave, Michel, vous ?
- Bin heu… c’t’à dire… 
- Michel, j’ai vu des photos, vous aviez une queue de cheval dans les années 90. Alors vous êtes ce qu’on a de plus proche, remuez-vous. 
- Je… et bien les filles ça… ça porte des jupes ?
- Hmmmouiiiii, c’est pas mal, mais vous n’auriez pas plus… vous voyez ? Concret ?
- Je crois que ça met du rouge à lèvres et que ça se peint les ongles en rose. Et puis c’est petit alors ça porte parfois des talons.
- Okay, c’est bien, c’est bien, mais maintenant il faut qu’on mette un rapport avec la science, c’est le thème de la campagne.
- Moi je sais, on pourrait mettre des filles en tenue d’écolières nippones qui se frottent à d’énormes tubes à essai ! 
- En fait Régis, fermez votre gueule. Continuez Michel.
- Bin c’est-à-dire que la science c’est un truc de mec.
- D’où cette campagne Michel, mais oui vous avez pas mal cerné le sujet.
- Bon bin alors on a qu’à mettre des filles, et puis pour dire qu’il y a de la science, on met un scientifique. Mais un mec, sinon ce ne sera pas crédible.
- Je crois que l’on tient quelque chose. Les gars, on descend au studio, on commence la production direct."

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Vous pensez que je fabule ? Moi-même je n’en suis pas certain, mais jugez par vous même, le résultat est ici, et comme je sais que moult lecteurs surfent sur ce site sur leurs heures de bureau au lieu de relancer l’économie mondiale, spoilons un peu ce que ça donne.

Je suis d’accord avec vous, on voit bien que cette image est complètement photoshopée : on sait tous que seul un homme peut prendre la pose sans glousser

Fond bleu pastel, trois donzelles s’avancent sur fond de musique électronique en direction de la caméra ; toutes trois battent le rythme au son de leurs talons hauts, faisant onduler leur croupe d’une manière bien étrange sous leur mini-jupe, façon "Il y a de la houle, mais juste dans mes fesses, c’est très curieux" (mais que l’on se rassure, ces damoiselles ont le pied marin)

Soudain, Francis le scientifique (il a une blouse et des lunettes), qui était occupé à rechercher un truc utile à l’humanité comme par exemple une arme bactériologique contre les utilisateurs de mini-motos, lève les yeux de son microscope au son des talons s’approchant. On sent bien que ça le travaille, Francis, tout ce bordel dans son laboratoire pendant qu’il bosse. Et puis où est passé le labo, d’ailleurs, bordel, qu’est-ce que c’est que ces couleurs pastel ? Et cette musique de merde ? Non mais ho, il y a des gens qui travaillent nom d’un petit bonhomme ! Francis, bougon, chausse donc ses lunettes pour mieux observer ce qu’il se passe.

Nos trois donzelles s’arrêtent devant lui donc dans une pose digne des drôles de dames, alors que la lumière d’un projecteur révèle leur apparence, visiblement le fruit de l’union perverse de Jean-Louis David et d’une pigiste de chez Closer.

Francis prend donc son air sérieux du genre "Mais, qu’est-ce que c’est que ces connasses ?"

Et là, c’est parti.

Talon qui couine, riff de guitare, décors kitsch à base de pois roses et jeune fille qui se déhanche alors que du vernis à ongle apparaît en gros plan avant de laisser la place à du rouge à lèvres… le bathyscaphe de la caricature  s’enfonce dans les profondeurs du girly

Des ongles soigneusement tartinés tapotent une table, des microscopes étudient des produits tout roses ou tout rouges, voire carrément choupis

Des instruments scientifiques apparaissent brièvement avant de laisser place à une jeune fille qui glousse face à la caméra parce que la science, c’est trop le lol (coucou Petit Robert)

Une donzelle main sur la hanche et gilet vintage sur le dos écrit sur un tableau transparent des formules diverses au milieu d’un studio photo façon modèle de mode en pleine séance

Une fille fait un regard sensuel à la caméra (la science, c’est très excitant), une autre danse, un pinceau à poudre envoie des milliers de particules de maquillage en l’air

Les filles continuent de sauter dans tous les sens, laissant supposer qu’elles sont complètement défoncées, alors qu’apparaissent par flash des produits chimiques multicolores, d’où une certaine envie de rapprocher cause et effet et d’appeler immédiatement les stups

Les mêmes reviennent, cette fois hilares après avoir trouvé un chapeau et des grosses lunettes de soleil (ne me demandez pas le rapport ou même ce que ça foutait là) en montrant la caméra du doigt, souriantes (on sent bien que Francis, lui, s’est cassé depuis longtemps, sentant venir l’arrivée imminente de poneys)

Les produits chimiques continuent de défiler, toujours de couleur flashy, alors que les donzelles précédemment évoquées réapparaissent dans des activités sensiblement proche de ce que l’on évoquait, à savoir une sorte de crise quelque part entre l’hystérie et les convulsions épileptiques

Une maquette de molécule passe, et visiblement, ça étonne très fort une jeune fille sur fond rose dont la coiffure n’est pas sans rappeler un Paris-Brest

Ça glousse, glousse, ça envoie des bisous dans le vent, on voit des pinceaux à maquillage en gros plan, et à un moment, on voit passer l’hydrogène, ne me demandez toujours pas pourquoi, probablement qu’il était invité à la soirée pyjama du coin (l’hydrogène adore les soirées pyjamas, même si tout le monde sait qu’il pleure devant "Raison & sentiments" en mangeant de la glace)

Les filles dansent, se frottent l’une à l’autre, affichent un rose à lèvre capable de rendre aveugle tout être ayant une vague notion d’esthétique dans un rayon de deux bons kilomètres, puis agitent d’énormes lunettes mouches

Finalement, toujours sur fond rose et alors qu’elles gloussent les mains sur les hanches comme des Miss France devant Jean-Pierre Foucault, elles enfilent des lunettes de protection de laboratoire marquées "Science, it’s a girl thing" avec du rouge à lèvre figurant le premier I et…

C’est tout.

Si vous le voulez bien, résumons ensemble ce que cette vidéo nous a appris :

- Il ne faut pas amener de nanas dans des laboratoires, sinon ça glousse dans tous les sens, ça danse en agitant des conneries et ça emmerde tout le monde avec ses talons

- Le seul être que nous avons vu s’intéresser sérieusement aux sciences est un homme

- "Science, it’s a girl thing", mais finalement, les nanas semblent intéressées par à peu près tout sauf la science

A ce stade, je ne sais pas vous, mais j’ai tout de même l’impression qu’il y a un génie dans la salle, qui n’a pas hésité à courageusement mettre un peu plus de 100 000€ (c’est le coût du clip) sur la table pour hurler au monde que les femmes, c’était quand même avant tout des poufs en puissance ; j’imagine que dans la première version, l’intégralité du clip se passait dans un poulailler mais qu’au final, l’un des auteurs derrière cette perle s’est dit "Non, merde, c’est quand même insultant pour les poules, faut qu’on arrête de déconner. Vas-y, on le refait avec des nanas.". Je n’ose d’ailleurs pas non plus imaginer comment les mêmes auraient fait pour intéresser les filles aux métiers de l’armée : donzelle qui rigole en se peignant le visage façon camouflage, louloute qui débarque en talons hauts avec son famas avant de se mettre à glousser en polissant son casque, ou même, pourquoi pas, un passage formidable où l’on expliquerait aux femmes qu’elles peuvent devenir pilotes de char, ce qui rendra tous leurs créneaux infiniment plus faciles (un vieux fantasme du sexe faible).

Poule venant juste de visionner le clip

Les choses auraient pu s’en arrêter là, mais les mêmes se sont dit que, tiens, dis-donc, et si en plus, on lançait un petit camion sur les routes d’Europe pour aller de ville en ville présenter la campagne aux jeunes filles désoeuvrées (à savoir toutes celles qui ne font pas la vaisselle, donc, comme j’imagine que doit le préciser le cahier des charges de la mission), et tenter de leur proposer une carrière dans le milieu scientifique ? D’accord, mais qu’y aura t-il à bord ? Des récits de jeunes filles ayant réussi dans les sciences ? Une biographie de Marie Curie avec son petit atelier "Toi aussi mets toi du radium dans le museau" ? Non, mieux, car comme nous le dit le site :

Les jeunes filles y seront par exemple invitées à réaliser elles-mêmes un baume à lèvres, ou visiter un “ bar à oxygène ” dans lequel elles devront identifier différents arômes tels que la menthe, le chocolat ou la fraise

Parce que oui, hein, ça reste des êtres sans âme, vous n’imaginez tout de même pas que l’on va leur parler de faire décoller des fusées, sauver des gens ou de protéger l’environnement : non, on va en rester aux parfums, rouges à lèvres et autres accessoires plus ou moins liés à la mode parce que sinon, elles ne comprendraient pas. Elles resteraient là, la bouche ouverte et les yeux ternes, ce qui est très mal puisque c’est un coup à se retrouver à l’affiche de Blanche-Neige. Des gens, plein de mauvaise foi, ont cependant sous-entendu que la femme serait un être plus intelligent qu’une sorte de Paris Hilton complètement défoncée (si vous ne saviez pas ce qu’est un pléonasme, vous venez d’en lire un), et que donc, le clip serait un peu insultant. Le site n’est donc pas resté silencieux sur le sujet et, plutôt que de faire remarquer que le deuxième sexe devrait déjà être bien content qu’on le laisse rechercher le boson de Higgs ("Ho non, je veux pas, j’ai lu dans Public que ça faisait gagner de la masse et j’ai déjà un assez gros cul", aurait répondu une scientifique comme celles du clip) alors qu’il n’est déjà pas foutu de retrouver sa position sur une carte, a donc répondu aux viles critiques :

Le principe du clip est de combiner des images liées aux sciences (électronique, mathématique, chimie, physique) avec des images proches des cosmétiques et de la mode pour montrer aux jeunes filles comment la science est déjà présente dans leur vie

Oui parce qu’on l’imagine bien : si l’on avait évoqué, je ne sais pas moi, le fait que la médecine faisait partie de leur vie, elles n’auraient sûrement pas compris le rapport, et auraient commencé à suer à grosses gouttes, faisant ainsi méchamment couler leur maquillage. Il faut dire que, comme chacun sait, seul le chromosome Y permet de voir le monde réel et la science au quotidien : voitures, ordinateurs, avions, santé… à partir du moment où on ne l’a pas, on est persuadé de circuler à poney, de tapoter sur des trèfles magiques, de voler en licorne et d’être guérie par des lapins gentils qui font nif-nif avec la truffe là où ça fait bobo. D’où le clip. Enfin, en tout cas, c’est l’explication la plus crédible, je crois. D’ailleurs, ce n’est pas fini ! Car le site, toujours dans son petit texte de justification sur cette vidéo, n’hésite pas à savamment expliquer pourquoi, accessoirement, la campagne est bourrée de rose, et la réponse est limpide :

Parce que le rouge était considéré comme trop adulte

Une démarche bien légitime, puisque l’on imagine bien ce qu’il se serait passé si, à tout hasard, on avait tenté une campagne tournée entre autres vers de jeunes filles de 18 ans autrement qu’en partant sur le principe que ce n’était pas des adultes. Vous imaginez ? C’eut été les responsabiliser ou les prendre au sérieux : et honnêtement, à 18 ans, comment peut-on prendre au sérieux une femme, qui plus est avec le droit de vote ? Non, il fallait bien faire attention à leur rappeler leur place parce que sinon, ça va être le chaos, et vous verrez qu’un jour, elles demanderont l’égalité de salaire à responsabilité égale (heureusement, à l’heure actuelle, les associations prétendant les représenter sont plutôt occupées à gérer "Madame" et "Mademoiselle", ce qui devrait, Messieurs, nous laisser encore un peu de temps pour nous gaver en paix. On notera d’ailleurs, dans le même registre et sur la page principale du site, le mot "love" écrit en majuscule pour bien qu’on puisse le voir, sur fond rose, et avec de gros coeurs. On m’annoncerait que l’ensemble de la campagne a été confiée à Valérie Damidot que ça ne m’étonnerait pas.

A force de duckfaces, il ne faut pas s’étonner de ne pas être prise au sérieux Mesdemoiselles, ça vous apprendra.

C’est pourquoi je me permets aujourd’hui de proposer à l’Union Européenne les thèmes des prochaines campagnes visant à augmenter la proportion de filles dans des milieux très masculins :

"Computer, my Best Friend Forever"

Avec une campagne où l’on voit de jeunes filles jouer aux Sims, déplacer des Pets Shops sur un Ipad ou se frotter langoureusement à des joueurs de WoW

"Politic : it’s a bitch thing !"

Où l’on met en avant de jeunes donzelles gloussant à l’assemblée ou faisant les magasins au lieu de siéger au parlement. Rachida Dati s’est déjà proposée.

"Légion Etrangère, une aventure au poil !"

Axée autour de la non-épilation au sein du corps des sapeurs, on y verra des damoiselles follement s’amuser en se passant tour à tour une imposante moustache, une barbe, et essayer un képi blanc pour compléter leur tenue d’été

Franchement, si avec ces idées là on arrive pas à faire plus sérieux que cette campagne, je ne sais plus quoi faire.

Merci, l’Union Européenne : il était grand temps que quelqu’un rappelle leur place à nos amies les femmes.

Simone de Beauvoir disait "On ne nait pas femme, on le devient".

Jean-Paul Sartre, qui n’était pas le dernier pour la déconne, avait ajouté la première fois qu’il avait entendu la célèbre maxime dans la bouche de sa femme qui n’était plus toute jeune "On ne nait pas moche, on le devient" ; le calembour lui valut un vigoureux coup de clé anglaise dans la margoulette, provoquant chez lui un strabisme qui devint sa marque de fabrique. Il ne fit, dès lors, plus de remarque désobligeante, et n’osa pas non plus demander ce que sa femme pouvait bien faire avec pareil outil de mécanique dans son sac à main ; parti bouder dans son coin en grommelant la pipe en bouche, la légende raconte que c’est en maugréant sur le fait qu’on ne l’y reprendrait plus qu’il inventa l’existentialisme.

Ah, si seulement Jean-Paul avait eu internet ! Que n’aurait-il pas pu s’instruire et ainsi mieux comprendre sa douce et tendre, trouvant les mots les plus justes pour la faire rêver, rougir et rire et l’emportant dans un tourbillon de séduction ! Non, quelle malchance : il n’eut pas la chance de connaître un site dont nous avions déjà parlé ici, et expliquant les choses les plus mystérieuses de ce monde : ausujet.com. Et à l’approche des beaux jours, il me parait de bon ton d’aider mes lecteurs à pouvoir mieux se faire comprendre de l’autre moitié de l’humanité (celle qui lit Public en cachette) en disséquant l’un des nombreux articles disponibles dans cette mine de la connaissance.

Souvenez-vous : nous avions déjà appris grâce à celui-ci comment devenir un ninja, ce qui permettait déjà de se rapprocher des femmes d’une certaine manière, par exemple en les observant perché depuis les toits des avenues marchandes ou en les pistant à partie de leurs excréments tel un fier trappeur d’orient ("Vous sentez ce petit goût de Häagen-Dazs ? Ca sent la soirée pyjama pilou, nous approchons mes amis !"), mais avouons-le, la chose à ses limites, tant la femelle homo sapiens a des réticences à trouver attirants la plupart des individus mettant des collants sur leur têtes, à l’exception bien sûr des braqueurs et autres preneurs d’otages, principalement en raison du syndrome de Stockholm, méthode de drague relativement déconseillée par la plupart des tribunaux ainsi que par le GIGN pour des raisons qui leur sont propres.

Alors, aujourd’hui, essayons de comprendre comment aborder une fille, et ce, sans utiliser de harpon (souvenez-vous que le capitaine Achab est mort célibataire), pour qu’enfin, mes lecteurs et lectrices vaguement hétérosexuels (je suis désolé que mes lecteurs à la sexualité réprouvée par l’Eglise ne puissent pas profiter des fabuleux conseils distillés ici, je suis sûr que ça va leur manquer) puissent passer un été serein fait de flirt délicat et de romance profonde

Figure 1 : Entamer une romance profonde en apprenant à une étudiante les principes de WoW grâce au Wifi de la bibliothèque universitaire

Vous êtes prêts pour une leçon de vie ? Alors fort bien  : ausujet.com, nous vous écoutons religieusement. Expliquez-nous tout.

Comment aborder une fille? Ceci est une bonne façon d’aborder une fille dans un cadre public sans avoir l’air d’un obsédé. Vous pouvez rencontrer des femmes partout. Vous pouvez même rencontrer votre future femme à attendre à un arrêt d’autobus

Oui, car aborder une fille est une chose, mais si vous le faites en roulant des yeux fous, la bave aux lèvres et vêtu d’un long imperméable dont dépassent vos jambes velues, il y a de fortes chances que la bougresse utilise son taser sur vos parties les plus intimes, ce qui n’est pas considéré, même par ausujet.com, comme le signe d’un amour naissant (contrairement à la bombe à poivre, puisque si vous parvenez à vous abriter derrière un pavé de boeuf au moment du tir, vous avez une petite chance de pouvoir l’impressionner grâce à vos talents de cuisinier éclair).

A noter que l’on peut rencontrer des femmes partout, MÊME à un arrêt d’autobus, ce qui est tout de même incroyable. Je ne savais pas qu’elles étaient tolérées dans les transports en commun : sinon en général, elles se regroupent, gloussent et après on ne peut plus lire paisiblement son intégrale de Proust dans le bus, comme chacun sait. Mais passons, et allons donc voir comment opérer pour approcher sa proie sans la faire fuir.

1. Vous devez sortir de chez vous et vous efforcer de trouver des filles! La plupart des filles intelligentes et élégants ne font pas du porte à porte pour chercher des conquêtes.

Apparemment, la fille ne serait pas, contrairement à ce qu’affirment certains, un nuisible domestique : elle ne profite pas de la nuit tombée pour s’infiltrer chez vous, vous obligeant le matin à les chasser de votre lit. Je dis bien "apparemment" puisque lorsque l’on est un homme de ma trempe doté d’une touchante modestie, c’est un vrai problème ; je travaille d’ailleurs actuellement à une version améliorée de la lampe anti-moustiques avec une statue brillante échelle 1:1 de Ryan Gosling posée devant ma porte et qui envoie du 220 quand on la touche (avec même un petit bac pour récupérer les cadavres en-dessous, comme sur le modèle original contre les volants nocturnes), mais ce n’est pas encore tout à fait au point, puisque certaines survivent et râlent un peu, empêchant l’honnête homme de dormir, voire l’obligeant à se lever avec un fusil de chasse pour restaurer la sérénité du silence nocturne. Mais je m’égare comme trop souvent.

Oui, donc, disais-je : la fille ne se cacherait pas naturellement chez vous à en croire ausujet.com, qui tient à préciser qu’il est généralement inutile de fouiller ses placards pour voir si une ne s’y serait pas cachée par le plus grand des hasards. Mais bon, à en croire le même site et ses étranges formulations, certaines feraient du porte à porte (pas la plupart des intelligentes et élégantes, mais une minorité et toutes les autres, si). C’est quand même pratique, reconnaissons-le. Enfin : mettons que vous soyez du genre à faire des efforts et que vous sortiez de chez vous ; que faire maintenant ?

2. Entrez dans un lieu public comme une école et observez bien les filles

Logiquement, la police devrait passer vous chercher quelques minutes plus tard en utilisant les mots "pédophile" et "pervers" dans les qualificatifs du procès verbal de votre arrestation. Les jeunes filles des écoles élémentaires sont généralement très prudes, comme beaucoup à 9 ans, et ne se montrent que rarement sensibles à votre charme. Cependant, si par le plus grand hasard, vous tombiez dans une école de commerce (ce qui n’est pas vraiment un lieu public, mais vous avez peut-être de l’argent et ça reste une école) et ce en début d’année, vous pouvez utiliser la formule magique "Mais si, c’est obligatoire pour l’intégration" juste après avoir expliqué à une jeune étudiante poumonnée ce que vous attendiez d’elle : grâce à la magie de l’abrutissement des masses, beaucoup de gens sont prêts à faire beaucoup de choses pour "s’intégrer", n’hésitez donc pas. D’ailleurs, si c’est une falucharde, c’est encore mieux, mais n’oubliez pas dans ce cas que coucher avec quelqu’un en état de mort cérébrale ne compte pas (si vous ne savez pas ce qu’est un faluchard : soyez heureux, mais si vous savez déjà ce qu’est une mort cérébrale, alors vous avez déjà pas mal cerné le sujet).

La faluche a aussi eu ses heures sombres (non, je ne parle pas du coma éthylique)

3. Recherchez à maintenir le contact visuel

Déplacez-vous autour d’elle si elle tourne la tête grâce à de fougueux entrechats, et n’hésitez pas à courir si elle tente de s’enfuir. Pour sûr, comme l’annonce le site vous n’aurez pas "l’air d’un obsédé". 

4. Souriez. Évitez de vous montrer trop sur de vous, sinon vous allez avoir l’air prétentieux, mais vous ne devez pas avoir peur non plus. Certaines filles aiment les gars timides. Mais la plupart d’entre elles veulent un gars qui n’a pas peur parfois de sortir des sentiers battus.

 Particulièrement lorsqu’il s’agit d’enterrer leur corps : ça a quelque chose d’assez excitant.

5. Abordez la fille avec confiance, n’utilisez pas des phrases toutes faites pour entamer la conversation (des phrases que vont tout de suite comprendre que vous êtes là pour du sexe, romance, ou des rencontres. …), cela fonctionne rarement. Un simple "Bonjour, comment allez vous ce soir?" devrait briser la glace. Ou, si vous êtes un adolescent, quelque chose de moins formel comme "Hé, comment ça va?" ou "Hé, Quoi de neuf?" suffira. Être poli et amical facilite toujours les choses.

Le site propose donc des phrases toutes faites pour les plus jeunes, afin de s’adapter à son public, remplaçant le ringard "bonjour" par un "hé !" de bon aloi ; on complétera donc avec, si vous êtes un vrai jeune, un "S’lut, ç’va ? Huhuhuh… haaaan morteeeelle cette soirée !", si vous êtes une racaille "Ho Mad’mazelle ! Mad’mazelle ! Vazy réponds ! Réponds vazy c’est bon tu m’allumes quoi *crachat au sol* ça va ? Bien ou bien ?", ou "" si vous êtes le mime Marceau.

C’est dans ces moments là que l’on félicite ce dernier d’avoir appris à mimer les relations charnelles seul, ses techniques de drague n’ayant pas toujours été pleinement efficaces. C’est ce que l’on a appelé "L’onanisme artistique", même si cette appellation sert aujourd’hui à désigner une bonne partie de l’art contemporain.

6. Attendez les signes qui montrent qu’elle est intéressée: rire (à vos blagues), jouez avec ses cheveux etc …Si elle fait un contact physique, comme vous toucher le bras tandis qu’elle rit, c’est un bon signe.

Attention cependant : si elle rit à vos blagues, pourtant nulles, elle a peut-être juste un humour contestable, et mieux vaut alors lancer du phosphore à ses pieds pour disparaître dans un rire maléfique avant que la situation ne dégénère. De la même manière, les nuances sont importantes : si elle vous touche le bras puis le brise en trois morceaux grâce à sa maîtrise du krav-maga, il n’est pas pleinement certain qu’elle soit folle de vous. Contentez vous de rester digne et de balancer le phosphore qui resterait encore de vos précédentes rencontres de l’autre main avant de vous replier. Vous reviendrez plus tard l’assommer à coups de plâtre (mais après être devenu un ninja grâce au même site, donc, tout cela est parfaitement cohérent).

7. Comprenez bien ses allusions si elle n’est pas intéressée. Si elle est occupée, ou si votre génie comique n’est pas apprécié, dites quelque chose comme: "C’était un plaisir de vous rencontrer" ou "c’était sympa de te rencontrer" et arrêter le massacre. Si vous vous imposer trop directement, il se pourrait que certaines femmes se sentent menacés.

Tout comme la langue française à la lecture de ce site. Qui, par ailleurs, n’hésite pas grâce à une habile rubrique "Astuces" à distiller d’autres précieux conseils pour faire fondre votre cible comme neige au soleil (ou coke sous museau).

Si elle rit devant un film de Franck Dubosc, même sanction : une porte dans la face

Hygiène: Lavez vous, brossez vous les dents, nettoyer vos oreilles, couper vos ongles, arrachez les poils de votre nez. Les femmes remarquent tous les défauts, soyez sûr de bien les cacher.

Elles peuvent donc aisément remarquer que vous êtes un homme, faites bien attention.

Habillez vous correctement: demandez à votre sœur ou votre mère pour obtenir des conseils, portez des chaussures propres, sentez bon, mais n’y allez pas trop fort avec la lotion après-rasage et l’eau de Cologne.

Si vous demandez des conseils pour aller draguer à votre mère, méfiance : vous finirez probablement avec des bretelles, une chemise à carreau et l’air relativement stupide (tout dépend de l’âge de votre maman). Cela dit, si vous souhaitez draguer une hipster, cela peut marcher. Vous pouvez même carrément demander conseil à mémé pour qu’elle vous transforme en prince du vintage, et là, laissez-moi vous dire qu’entre deux morceaux de Lana Del Rey, elles tomberont dans vos bras et n’hésiteront pas à indiquer sur Foursquare que c’est la soirée de leur vie.

Sinon, pour draguer une hipster, vous pouvez juste vous promener avec un gros appareil photo. En général, ça suffit.

Si une fille est toute seule, ne lui faites pas remarquer qu’elle l’est, et méfiez-vous si elle est dans un groupe d’amis car vous finirez par avoir à impressionner plus d’une fille.

Mufasa l’avait bien dit : jamais tout le troupeau d’un coup.

Pour les garçons, n’oubliez pas que les filles ont naturellement une vision plus large des choses que les hommes. Quand une fille regarde de son côté, elle pourrait essayer de vous observer. À l’inverse, soyez prudent si vous regardez une fille plus que la normale et vous pouvez voir les côtés de ses yeux: elle peut probablement vous voir tout aussi bien que vous le pouvez!

La femme est donc en réalité un caméléon : grâce à ses yeux habilement placés des deux côtés de son visage, elle peut vous observer même lorsque vous n’êtes pas en face d’elle. Attention donc à ne pas se curer le nez, tripoter sa braguette ou s’enfoncer des buritos dans les narines (je vous connais) pendant qu’on ne vous regarde pas : la bête vous regarde TOUJOURS. Heureusement, elle est comme le T-Rex : si vous ne bougez pas, elle ne vous verra pas.

Vous pouvez donc combiner tous ces conseils, une fois votre cible abordée, avec une autre série de conseils du même site : Comment savoir si elle m’aime ?

1. Entonnez une petite conversation. Cela va vous aider à apprendre des petites choses qui vous seront utile dans l’avenir. 

Vous avez abordé la fille ? Bien, maintenant, hardi petit ! Il est temps de la faire céder à votre charme naturel en entamant une petite conversation avec elle afin de cerner à qui vous avez affaire. Elle peut par exemple vous révéler son goût pour les comédies (proposez-lui un cinéma), Coldplay (trouvez-lui deux places de concert) ou pour le troisième Reich (offrez-lui une photo dédicacée de Marine en bikini). Si vous n’avez pas de conversation, et que vous aussi, vous ne comprenez pas en quoi on utilise le verbe "entonner" pour une conversation, à part si l’on est le Chevalier Blanc, contentez-vous de dire "Hey, on fait comme dans Drive ?" : vous passerez pour un fieffé cinéphile, son petit coeur craquera, et vous pourrez rester trois heures sans parler, elle trouvera ça génial.

Un autre signe pour savoir si elle vous aime si elle rit d’une blague normalement ennuyeuse ou stupide. 

 N’importe quel sketch de Jean-Marie Bigard fera l’affaire. Si elle y rit, coincez-lui la tête dans une porte : elle ne vous mérite pas.

 Elle peut ne pas être en mesure de vous regarder droit dans les yeux et peut rire beaucoup.

Par corollaire, si vous faites fumer un pétard à Mimie Mathy, elle se met à aimer tout le monde.

3. Remarquez si elle vous touche plus souvent que vos amis (elle essaie sans cesse de toucher votre main ou quelque chose dans ce genre). Si elle trouve des excuses pour le faire, alors vous êtes probablement sur la bonne voie.

"Arrête d’essayer de me toucher les seins" est une excuse que la femme sort régulièrement pour saisir votre main entre ses petits doigts et qui doit donc signifier qu’elle vous aime très fort secrètement. Enfin, j’imagine, faisons confiance à ce site de qualité.

4. Observez comment elle vous regarde. Si elle vous aime, elle vous fixera du regard pendant un certain temps [...] Vérifiez si ses yeux s’illuminent quand elle vous voit ou entend votre nom.

Oui enfin si ses yeux s’illuminent, c’est probablement un T-1000.

Figure 2 : un T-1000 vous regarde tendrement

5. Regardez ses amies. Si vous voyez la plupart de ses amies vous regardent et sourient ou rigolent, cela signifie qu’elle s’est confessée à ses amies sur votre sujet.

Ou que vous avez la braguette ouverte. Mais cela dit, elle a peut-être confessé ce fait à ses amies, ce n’est pas entièrement faux.

6. Attention à la demoiselle en détresse. Si vous êtes dehors et la fille que vous aimez est proche et commence à dire haut et fort: "J’ai froid!", C’est une allusion subtile qu’elle veut que vous lui donniez votre pull. C’est un geste très doux, surtout si vous voulez montrer à la fille que vous l’aimez.

Malheureux, là il y a désaccord : jamais, au grand jamais, il ne faut se montrer serviable avec une dame, à part si vous êtes sûr d’avoir monté un plan plus diabolique que le sien : donnez-lui votre pull et vous deviendrez son meilleur ami gay. Non, la vraie technique, lorsqu’elle dit "J’ai froid!" consiste à ne la laisser sortir du frigo que lorsqu’elle sera enfin prête à signer ce foutu papier où elle vous lègue sa fortune.

Coups: Si elle essaie de vous frapper (par exemple, une «gifle» sur le bras), alors elle a probablement des sentiments pour vous. Si vous faîtes semblant d’avoir mal et que la fille semble amusée, alors elle vous aime. Si vous faîtes semblant d’être blessé et que la fille semble un peu inquiète, elle vous considère juste comme un ami.

Et si vous faites une hémorragie, il y a de fortes chances qu’elle ne vous aime pas.

Mais heureusement, le site sait comment faire pour ne pas pousser ses lecteurs au harcèlement sexuel maintenant que la loi sur le sujet est levée :

Il y a des filles qui font semblant de vous oublier, de vous détester de ne pas apprécier votre compagnie et de râler, alors qu’elles pensent tout le temps à vous.

Elles peuvent aussi dire à ses amies et même à ses meilleures amies qu’elles ne vous aiment pas et aimeraient ne plus avoir à vous supporter, elles pourraient vous critiquer à chaque fois qu’on aborde un sujet sur vous, ou bien parler à ses amies en vous critiquant et en les poussant à dire des mauvaises remarques sur vous juste pour le plaisir d’entendre parler de vous.+ et aussi pour que personne ne cache qu’elle vous aime.

Outre cette incroyable maîtrise des accords, on notera la capacité de l’auteur à rassurer son lectorat : "Oui, elle a peut-être dit à toute la ville que vous étiez une petite merde, mais c’est probablement parce qu’elle vous aime secrètement. C’est dans la poche !".

Alors, si avec tout cela mes bons lecteurs, vous ne parvenez pas à faire tomber la douce dans votre escarcelle et à lire dans ses yeux humides l’amour pur qu’elle vous portera instantanément, si malgré tout la bête s’enfuit et préfère d’autres compagnies à celle de l’excellent homme de goût que vous êtes, puisque vous lisez ce blog, permettez-moi de vous proposer un ultime article :

Comment fabriquer une poupée vaudou ?

 Car à défaut de gagner son coeur, vous avez encore le droit d’être mauvais perdant. Et tout le monde ne maîtrise pas forcément les objets contondants.

A part Simone de Beauvoir et moi, cela s’entend.

Merci, ausujet.com.

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