Spoiler dans la bonne humeur


"Bon les gars, j’ai une super idée pour mon prochain film."

Un bruit de cuir accueille la nouvelle alors que tous les collaborateurs de Luc Besson s’enfoncent peu à peu dans leurs sièges. L’un d’entre eux tente même de passer sous la table, mais il est aussitôt accueilli par un "occupé !" lancé par d’autres ayant été plus rapides que lui. Il se redresse péniblement et timidement, demande :

"C’est… qu’est-ce que c’est ? 
- Un truc qu’on n’a jamais fait !
- Un bon film ?
- Berthier : dehors ! J’en ai assez des moqueries !"

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Luc Besson tourne dans la pièce sous le regard inquiet de ses assistants, et les sourcils froncés, finit par marteler du poing la vaste table.

"Je ne suis pas n’importe qui ! On se moque, mais hein, Léon, c’est qui ? Et Nikita ? Et le Grand Bleu ? 
- Ça a plus de 20 ans, chef. Un peu comme quand vous dites aux gens que Jean-Marie Bigard ne fait pas que des blagues de cul parce qu’il y a le sketch de la chauve-souris. Ça remonte et ça fait peu comparé au… au reste.
- Justement Lanbert ! C’est là que mon idée touche au génie ! Je vais renouer avec le grand cinéma ! Avec les sujets complexes ! Je vais consacrer mon prochain film a un sujet particulièrement difficile et profond…"

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Un grand silence flotte dans la salle, jusqu’à ce qu’enfin, Luc Besson lâche :

"L’intelligence !"

La suite, personne ne la connait. Certains prétendent que c’est ce qui aurait provoqué cette série de mystérieuses crises de fou rire ayant conduit à la mort d’une partie des assistants de Luc Besson. D’autres se demandent encore comment des journalistes ont pu reprendre noir sur blanc le communiqué de presse disant que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau, provoquant d’autres morts par pendaisons dans le milieu scientifique. Tout ce que l’on sait, c’est que le résultat se nomme Lucy, et que oui, Luc Besson oblige, on y trouve des chinois, des courses poursuites, des messieurs qui jurent de protéger des mesdames et autres subtilités.

Alors, bouse ou précis de philosophie (ce qui dans les deux cas, fera les beaux jours de bien des forums 2.0) ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : "On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Le scénariste était à 0,7%"

Notre film débute il y a bien longtemps, ce qui est décidément très à la mode, du côté de l’Afrique ou une Australopithèque est en train de boire un coup. La voix off de Scarlett Johansson se lance alors dans le début de ce qui va être de la philosophie de collégienne fan de One Direction à savoir "Il y a ouat’mille années, on nous a donné la vie… et voyez ce que nous en avons fait !" et s’ensuivent alors toute une série d’images d’urbanisation galopante, de pollution, de bébés animaux tristes et tout ce que vous voulez et qui aurait sa place dans un Powerpoint moralisateur de Gégé de la compta.

L’occasion de parler tout de suite de ce phénomène : tout le film, Luc Besson, qui a probablement racheté une banque d’images à pas cher, balance quasiment une fois par scène des images de la savane, de ch’tites nenfants qui naissent ou de cellules qui se divisent pour illustrer soit le discours d’un personnage, soit la situation d’un autre. Et toutes les 2 minutes, ça donne surtout envie d’envoyer à Luc Besson des images de chatons qui se noient, de castings de Télé-Réalité et bien évidemment, de diarrhées explosives.

Cela étant dit, allons dans le présent pour retrouver, à Taiwan, deux Américains occupés à discuter devant un hôtel de luxe de Taipei. L’occasion de débuter avec un dialogue particulièrement notable, dont je vais tenter de vous synthétiser la qualité.

"Salut Lucy ! C’est moi Richard ! Dis, tu voudrais pas entrer dans ce building et donner cette valise mystérieuse que j’ai à la main à un certain Monsieur Jang ?
- Non.
- Allez !
- Non.
- Steuplé !
- Non, je dois rentrer chez moi étudier.
- Tu veux vraiment pas y aller ?
- J’ai pas envie.
- Mais ce serait sympa.
- Oui, mais non.
- Allez, vas-y, steupléééé.
- Non.
- Tu me fais confiance hein ? Alors, allez !
- Non.
- Non mais vraiment, tu veux pas ?
- Non, je veux pas."

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Vous trouvez ça chiant ? Ben ce n’est que le début, parce que ça continue longtemps. Très longtemps.

"Mais allez, steuplé Lucy, tu veux pas y aller ?
- Non merci.
- Mais vas-y ! 
- Non.
- Allez, rentre dans le building !
- Non.
- Ça me rendrait super service !
- Non, je m’en vais.
- Reste, reste ! Et va dans le building, alleeeeeeeeeez !
- Non."

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Cet excellent dialogue particulièrement bien écrit et qui donne une scène qui ne veut pas s’arrêter est aussi l’occasion pour le spectateur de se demander pourquoi Richard embête Lucy. Car semble-t-il, Richard est un habitué du transport de mallettes suspectes, mais il est "grillé auprès de M. Jang", raison pour laquelle il voudrait que Lucy, qu’il ne connaît que depuis une semaine, prenne sa place. Parce que oui, moi aussi, quand j’ai une mallette super louche à faire circuler, je la confie à un mec "grillé" auprès du destinataire. Du genre envoyer Jean-François Copé livrer des livres de compte à François Fillon. Complètement plausible on vous dit.

Voilà. Luc Besson, si tu me lis (et si tu sais lire), j’en profite : la prochaine fois, plutôt que de faire une scène de deux plombes où un mec pas crédible essaie de refiler une mallette à une étudiante pour un plan pourri qu’elle a refusé 269 fois, tu fais juste une scène où un mec file de la thune à une étudiante qui en a besoin pour une mission en apparence toute simple et sans danger. Ce sera moins long, moins cher et plus crédible. Mais bon, hein, c’est toi l’expert, mec.

Toujours est-il que ledit Richard, visiblement perturbé par la résistance de Lucy à ses incroyables arguments, décide de couper court à la conversation en utilisant des menottes, technique fort appréciée des connaisseurs. Sauf que le nigaud, plutôt que d’ensuite emmener Lucy jusqu’à un coffre de berline (l’enfance de l’art), se contente de la menotter à la fameuse mallette en lui expliquant que seul Monsieur Jang a la clé. Au boulot, donc, ma petite Lucy ! C’est donc vêtue de son élégante veste en léopard que Lucy se rend à la réception de l’hôtel pour demander si Monsieur Jang ne voudrait pas venir récupérer un colis de la part de Richard.

Et en effet, Monsieur Jang a bien envie de récupérer le colis.

Mais comme Monsieur Jang est lui aussi un personnage particulièrement con, plutôt que d’inviter Lucy à monter, il décide d’envoyer une équipe en bas kidnapper Lucy en plein milieu du hall de l’hôtel devant toutes les caméras et les témoins que vous pouvez imaginer, et fait abattre Richard qui suivait la scène depuis l’extérieur, ce qui, là encore, au milieu d’un quartier chic, dans une ville riche, tout contre un bâtiment de luxe fort sécurisé, est probablement une excellente idée, du moins si vous êtes du genre à vous enfoncer des pieds de chaise dans les narines.

Monsieur Jang, vous fleurez bon le champion.

Bref, Richard mort, Lucy est emmenée dans l’hôtel jusqu’à une suite de luxe où l’attend le fameux Jang, qui est occupé à tuer des gens pour bien montrer qu’il est très très méchant, houlala, grougroum. Et bien que Monsieur Jang dispose dans son équipe de gens qui parlent l’anglais, il décide plutôt, pour communiquer avec Lucy, d’appeler la réception pour qu’elle fasse la traduction. Oui, moi aussi, lorsque j’ai une discussion super illégale à tenir, j’aime le faire en utilisant un moyen non-sécurisé pouvant tout enregistrer et avec l’aide d’un tiers qui pourrait tout balancer quand j’ai le choix de faire autrement. Non vraiment, Jang, tu es un bon. Enfin, au moins il est  est clair : il souhaite que Lucy ouvre la valise car il craint qu’elle ne soit piégée ou pire, ne contienne des CD de Skrillex. Lui et sa petite équipe s’éloignent donc pendant qu’il laisse la malheureuse, un peu traumatisée, derrière un bureau avec le code (c’est le 2) pour ouvrir la fameuse mallette.

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Monsieur Jang est tellement fort que quand il bute des gens, ça lui éclabousse le visage mais pas le costume. C’est fou, quand même.

Clikiklikiklak : nenni d’explosion lorsque notre jeune héroïne ouvre le précieux conteneur.

Ce qui semble étonner Jang et ses amis, visiblement certains que le tout était piégé. Ah ? Vous voudriez donc dire qu’ils pensaient que manipuler un colis probablement explosif était beaucoup plus pratique dans la suite d’un hôtel de luxe où la police arrivera super promptement en cas de pétarade plutôt que dans un hangar tranquille à l’écart de la ville ? D’accord d’accord. Sinon, la prochaine fois, vous ne voulez pas l’ouvrir directement dans un commissariat ? Ou devant le ministère de la justice ?

Hé bien croyez moi ou non, mais la suite va prouver que même cette idée n’a pas été considérée comme si absurde que cela par l’équipe du film.

Non mais vraiment ? Qu’est-il arrivé au cinéma ?

Toujours est-il, pour en revenir à Lucy, que la valise ne contient pas de bombes, mais quatre sachets de drogue contenant d’étranges cristaux bleus. Jang n’hésite donc pas à sortir d’une pièce voisine un toxico ravagé (peuplade typique des hôtels de luxe, comme chacun sait, l’autre jour j’en avais encore un sous mon lit, on a dû gazer toute la suite des fois qu’il y en ai d’autres) pour lui faire goûter la chose : c’est de la bonne ! Le camé se met à rire comme un dément jusqu’à ce que Jang l’abatte parce qu’il… que.. ah, oui : il est méchant. La chose entendue, Jang explique à Lucy (toujours via la réception de l’hôtel) qu’il a un travail à lui proposer…

Et avant que la bougresse ne puisse décliner la bien belle offre, elle se prend une grosse mandale dans la margoulette.

Lucy se réveille donc dans la suite de l’hôtel de luxe toujours, avec un gros mal de tête, un étrange mal au cucu et son chemisier entrouvert pour que le public puisse profiter de Scarlett Johansson se promenant en soutien-gorge. Mais en baissant les yeux, plus que ses seins, c’est surtout un curieux bandage qui attire l’attention de Lucy car lui n’était pas là avant aux dernières nouvelles. Qu’est-ce qu’on lui a fait ? La réponse vient bien vite lorsque les hommes de Jang arrivent, la traînent dans la pièce voisine où justement, Jang attend, cette fois assisté de l’un de ses hommes anglophones (quelle bonne idée ! Il faudrait juste l’avoir plus tôt la prochaine fois).

"Bonjour Mademoiselle Lucy ! 
- Qui êtes-vous ? Pourquoi ai-je un gros pansement sur le bide ? 
- Hahaha, une simple petite opération chirurgicale de rien du tout ! Au début on pensait vous prendre un rein et puis pfou, on s’est rappelé que vous étiez étudiante. Quand on a ouvert, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au départ, on a cru que vous aviez un haricot magique dans le bide, mais quand on appuyait dessus, ça faisait "pouic" et ça sentait la vodka, alors avec Michel, on est allé chercher une paille et…
- Non mais au final, vous m’avez fait quoi ?
- Hein ? Ah, oui ! Non, en fait, on vous a mis dans le bidou un sachet de dope, du CPH4, parce qu’on adore donner des informations confidentielles à nos mules. C’est une drogue qui va cartonner en Europe !
- Mais je ne veux pas !
- C’est ballot, parce que Monsieur Jang veut, lui. Alors vous et trois autres candidats, chacun avec un sachet dans le buffet, vous allez rentrer dans vos pays où des agents à nous viendront récupérer le précieux bien. Et si jamais vous ne coopérez pas, nous savons où sont vos familles, alors ne déconnez pas !"

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Et c’est ainsi que Lucy et trois autres types que les méchants sortent d’un placard reçoivent un passeport et un billet d’avion pour rentrer chez eux. Puis, on leur met un sac sur la tête et on les emmène jusqu’à l’aéroport du coin.

Je vous propose, pendant ce temps, de nous rendre à Paris pour suivre une conférence du professeur Norman, spécialiste mondial du cerveau, qui est en train de présenter sa super théorie scientifique à des étudiants, à savoir que l’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales et que s’il en avait plus… ho, vous savez quoi ? Écoutons plutôt le professeur Norman.

"L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau. Et voyez tout ce que nous avons fait avec ! Des bateaux, des avions, la conquête de l’espace, Internet, Closer… alors imaginez si nous utilisions mieux notre cerveau !
- Professeur, professeur ! 
- Oui, étudiant qui interrompt les conférences de manière complètement crédible pour poser des questions allant dans mon sens ?
- Y a-t-il des preuves de votre passionnante théorie ?
- On a pris Darwin pour un fou quand il a présenté la sienne. Nous sommes là pour bousculer les règles, pas les suivre. C’est ça, être un scientifique !
- Ah putain, moi je croyais que c’était se baser sur des faits observés. 
- Ouais ben non, rent’ chez toi.
- Merci professeur.
- Que disais-je ? Ah oui ! Tenez, prenons le dauphin ! Le dauphin dispose du meilleur sonar au monde, plus puissant que tout ce que nous avons inventé. Et pourquoi ? Parce que le dauphin utilise 20% de son cerveau ! 
- Professeur, professeur ?
- Oui, étudiant Roudoudou ?
- Si le dauphin utilise un sonar, ce n’est pas juste parce qu’il a un sonar naturel ? 
- … vous voudriez dire que ce n’est pas son cerveau qui envoie des ondes magiques ?
- Ben non.
- Okay, cassez-vous de cette salle et rendez-moi les étudiants qui me servent la soupe. Passons à la suite. Savez-vous comment les cellules traversent le temps ? Elles ont deux solutions. La première, c’est de devenir immortelles. Pour cela, elles doivent rencontrer Sean Connery puis décapiter des gens pour absorber leur pouvoir, voire potentiellement devenir Christophe Lambert. Une option complexe, j’en conviens. L’autre, c’est la reproduction : la cellule va transmettre son savoir à une autre, puis à une autre, en profitant d’un environnement favorable pour se multiplier…"

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Ho, je sens que je vous ennuie avec ma conférence du professeur Norman sur l’immortalité ou la reproduction des cellules et le cerveau à 10%. Allez, retournons voir Lucy. Mais c’est bien parce que c’est vous.

Car visiblement, entre le bureau de Monsieur Jang et l’aéroport, Lucy a été prise dans un trou spatio-temporel et s’est retrouvée, sans aucune raison, menottée à une chaise dans une cellule quelque part en Chine. Non, vous n’aurez aucune explication. Je n’exagère pas : pouf, c’est comme ça. Deux Chinois visiblement intéressées par Lucy et pas seulement intellectuellement lui tournent autour en montrant leurs muscles, mais lorsque la belle refuse de les aider à soulager leur trop plein de masculinité, l’un d’entre eux la jette au sol, la tabasse et lui défonce le bidou à coups de pied pour lui faire comprendre qu’il a un gros traumatisme vis-à-vis de l’emploi du négatif.

Ce qui confirme accessoirement que ces gens ne savent pas qu’elle est une mule sinon ils ne feraient pas ça. Ils n’ont donc vraiment aucun rapport avec Jang, un gang rival, les autorités, l’intrigue ou le film ils sont juste là, pif pouf. Une sorte de Deus Ex Monchinois.

Oui mais voilà ! En tabassant Lucy, les brigands ont crevé le paquet dans son ventre, qui libère la fameuse drogue ! Ah ! Et alors que les deux vilains quittent sa cellule, Lucy se met à convulser sur le sol… puis sur le mur ? Puis contre le PLAFOND ?! Car grâce à ladite drogue, Lucy est en train de libérer ses capacités cérébrales, comme la fameuse qui permet de dire à la gravité qu’elle est bien gentille, mais qu’elle peut repasser dimanche. Après avoir joué à Gravity toute seule dans sa cellule, Lucy reprend le contrôle d’elle-même, et habitée par une assurance nouvelle, elle retourner sur sa chaise attendre qu’un des deux vilains Chinois entre. Ce qui arrive peu après, et grâce à une subtile technique de séduction, la belle arrive non seulement à obliger le brigand à s’approcher, mais aussi à lui péter la gueule (car visiblement, la drogue lui a enseigné le kung-fu, j’ai bien vu que les cristaux avaient une petite moustache de vieux maître). Elle récupère donc ses clés et son pistolet et quitte sa cellule, aussi froide et déterminée. Enfin je crois.

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"Désolé Madame ! On ne sait pas ce que vous faites là ni pourquoi on vous retient mais on va vous taper. Faudra pas nous en vouloir, hein !"

En chemin, elle croise un groupe de méchants qui étaient occupés à manger en rigolant dans la pièce voisine, et elle les abat donc tous froidement.

Le spectateur coquin notera qu’il y en a un qui n’est pas touché mortellement tout au fond de la pièce, loin de là, mais visiblement, il doit faire le mort jusqu’à la fin du film pour s’éviter plus d’ennuis voire quitter cette bouse. D’ailleurs, dans l’affaire, Lucy reçoit une balle dans l’épaule comme ça, pouf, et la retire avec les doigts sans problème ni douleur. Elle s’assoit donc à la table des morts et se nourrit donc pour se remettre de toutes ses émotions. Puis sort de là pour trouver deux chauffeur de taxis en train de discuter. Elle demande qui parle anglais : le premier ne répond pas et elle lui colle donc un pruneau dans la jambe, ce qui incite le second à coopérer. Et Lucy exige donc d’être amenée à l’hôpital.

Cela dit, quelqu’un aurait répondu "I speak english. Wall street english", je pense que lui, il était bon pour la balle dans la tête direct.

Sur place, c’est de mieux en mieux pour Lucy qui découvre qu’elle entend les gens parler de très loin, et mieux encore, que soudainement elle lit le chinois à la perfection (mais toujours pas le néerlandais, ça par contre, faut pas déconner). Elle trouve donc sans aucun souci la salle de chirurgie de l’hôpital, analyse les radios accrochées au mur pour constater que le patient sur le billard ne survivra sûrement pas à l’opération (car elle a aussi soudainement un diplôme de médecine) et abat donc ce dernier pour prendre sa place et exiger des chirurgiens, non pas qu’ils lui recousent le trou béant qu’elle a dans l’épaule (hohoho, détail mes pauvres amis !) mais qu’ils lui sortent du bide la drogue qui y est encore.

"Bon ben okay, c’est cool, ça nous dérange pas que tu tues nos patients, on t’aime bien." répond le chirurgien en chef qui n’est vraiment pas farouche et se met donc au travail pendant que la sécurité de l’hôpital est probablement occupée à jouer à Jungle Speed.

Lucy en profite pour faire deux choses urgentes.

1) Appeler sa mère en utilisant le téléphone du chirurgien. Et là encore, attention, grand dialogue.

"Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre… et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide… je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ma chérie ? Je t’entends mal ? Que disais-tu au sujet de la mémoire ?
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage."

*clic*

Hé bé, voilà une maman bien compréhensive. Parce qu’en fait, ça aurait probablement dû se passer comme ça :

"Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre…
- Ma chérie, tu ne serais pas un tout petit peu défoncée par hasard ?
- Et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide…
- Attends chérie, je te met sur haut-parleur, il faut que ton père entende ça ! Whololo, le trip qu’elle se fait…  putain, mais tu nous appelles de Woodstock en fait ?
-  Je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ah ben ça, c’est nouveau parce que tes contrôles d’histoire aux dernières nouvelles, c’était zobi.
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage.
- Tu vas voir la caresse que tu vas prendre en rentrant, à claquer la thune que l’on t’envoie pour des études dans de la ganja !"

*clic*

Cela fait, la suite.

2) Demander au chirurgien ce qu’est le CPH4

Et d’après les explication de ce Monsieur, il s’agit en fait d’un produit généré en quantité infime par les femmes enceintes pour donner l’énergie à leur enfant de construire leur corps. L’équivalent énergétique d’une bombe atomique pour le fœtus. Il avait ouï dire qu’un produit de synthèse était en cours d’étude, mais le retrouver ainsi sous forme de drogue dans le corps d’une Américaine visiblement un peu tarée… voilà qui le surprend. Et lui paraît un peu débile, aussi, mais passons.

L’affaire réglée, Lucy repart tranquillement de l’hôpital, pom podom podom, personne ne m’embête c’est bien normal, et s’en retourne vers le quartier général de Jang pour prendre sa revanche, équipée de deux pistolets avec silencieux que son cerveau a probablement générés seul, ainsi que de poignards. Grâce à ses nouveaux supers réflexes, tous les hommes de Jang sont donc abattus comme de petites crottes lorsqu’ils tentent de se dresser devant elle, et comme en plus, maintenant, Lucy a le pouvoir de voir à travers les murs (c’est tout à fait logique), elle les abat avant même qu’ils ne puissent la voir. Et enfin, elle va trouver Jang, qui se faisait tatouer tranquillement chez lui ; elle le cloue donc à la chaise de tatouage en lui plantant ses poignards dans les mains, puis scanne sa mémoire pour savoir où les autres mules ont été envoyées. Car elle veut récupérer toute cette maudite drogue.

Chose amusante, en scannant sa mémoire, Lucy a accès… au point de vue des hommes de Jang, pas de Jang lui-même. Ce qui est un peu incohérent, mais comme tout ce film l’est, finalement, c’est cohérent (si, si). Et lit ainsi dans la mémoire des hommes de Jang qui se trouve dans la tête de Jang sans raison valable que les mules sont parties pour Berlin, Rome et Paris.

Et cela fait…

… elle se barre.

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La super intelligence, c’est aussi de se promener avec une blouse piquée à l’hôpital sans raison et ne pas avoir changé de t-shirt juste pour avoir l’air super suspecte au premier coup d’œil.

Pardon ? Dis-donc Lucy ! Mon cerveau n’est peut-être pas aussi performant que le tiens, mais je crois me souvenir que tu avais abattu plein de gens de sang froid auparavant ! Et même tiré sur un chauffeur de taxi au motif qu’il ne parlait pas l’anglais ! Mais le mec qui t’a mis dans la mouise, risque de te poursuivre et a tué plein de vilains et buté ton pote Richard, lui par contre, c’est okay ?

Ça doit être trop intelligent pour moi.

Bon, ben très bien.

Cela fait, Lucy décide de se renseigner un petit peu sur ce qui lui arrive, et commence donc par rentrer chez elle pour retrouver sa coloc’ de Taipei. Grâce à ses nouveaux pouvoirs surhumains, Lucy est capable de détecter que "se bourrer la gueule est mauvais pour ton foie" et tape donc aussitôt une fausse ordonnance en chinois pour son amie (car oui, du coup, elle a aussi appris à utiliser Photoshop grâce à son cerveau surpuissant) tout en lui recommandant de changer de vie. Puis, quitte à utiliser un PC, elle va donc sur Doctissimo demander ce qui se passe dans son cerveau. Après 277 diagnostics de surdouance & autre zèbrerie, 87 d’hyperactivité, 18 de cancers et 2 de MSTs exotiques, elle décide de plutôt recourir à Google et tombe sur la page Facebook du professeur Norman, où entre diverses photos de lui avec son slip sur la tête, trouve un lien vers l’intégralité de ses études, qu’elle lit en quelques secondes. Puis, appelle le professeur Norman, qui lui était tranquillement à son hôtel en train de regarder le Grand Journal.

"Allô, professeur Norman ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy. 
- Lucy comment ?
- Lucy. L’équipe du film n’a pas pensé à me donner un nom de famille. D’ailleurs, au casting, il n’y a qu’un seul personnage qui a un nom complet, c’est vous dire la profondeur des personnages.
- Je vois. Que puis-je pour vous Lucy ? 
- Votre théorie sur l’utilisation du cerveau. Elle est rudimentaire, mais vraie. J’ai lu l’intégralité de vos travaux sur le sujet.
- L’intégralité ? Mais enfin… il y en a beaucoup trop !"

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Notez que le galopin explique que personne ne pourrait lire tous ses travaux tellement il y en a. Juste comme ça mec : si tu as eu le temps d’écrire quelque chose, quelqu’un aura forcément le temps de le lire, puisqu’aux dernières nouvelles, c’est même moins long. Même si dans le cas présent, je pense que les dialogues ont été beaucoup moins longs à écrire qu’à lire tant ils sont tous ratés. Mais, reprenons le fil.

"Il y en a exactement 6796 pages professeur.
- Ho ! Comment…
- Qu’importe professeur. Sachez que j’utilise désormais mon cerveau à 28% suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse. Et que le pourcentage continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- Comment puis-je vous croire ?
- Regardez, je contrôle votre téléphone. Tous vos téléphones que je fais sonner en même temps, hop ! J’apparais sur votre télévision.
- Ha ben tiens, oui, c’est pas banal.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- Laquelle ?
- Cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme je le disais plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures pour tout vous transmettre. A bientôt professeur."

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Et elle raccroche.

Ce que le film ne montre pas, c’est qu’elle a tenu le même dialogue à un personnage beaucoup plus crédible qui était dans la chambre d’hôtel voisine de Norman quelques minutes plus tôt. Comme je suis sympa, je vous redonne ce que ça a donné.

"Allô, professeur Connard ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy.
- Ecoutez, je ne me souviens que rarement des prénoms. Vous étiez stagiaire chez moi ? Comment vous êtes-vous échappée ? Vous voulez un CDI, c’est ça ? Donnez-moi votre adresse, je vous envoie quelqu’un. Diego ! Va chercher du chloroforme, une pelle et un grand sac poubelle ! 
- Non professeur. Je vous appelle car vous êtes un expert en absurdités. Or, je suis victime d’un truc absurde. J’ai lu tous vos spoilers, vous vous y connaissez.
- Tous mes spoilers ? Mais enfin Mademoiselle, il y en a beaucoup trop pour la santé mentale de n’importe qui ! Même ceux des Twilights ?
- Tous. Mais là n’est pas le sujet. Je vous appelle car j’utilise désormais 28% de mon cerveau suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse.
- Je n’ai rien fait et d’ailleurs, vous n’avez aucune preuve. Par contre, je suis d’accord avec vous sur un point : vous êtes complètement stone. Maintenant il faut me laisser, hein. Les appels désespérés de damoiselles qui disent être fans de ce que je fais mais avoir été droguées contre leur gré , je connais et ça s’appelle mes ex. 
- Ecoutez-moi professeur. Le pourcentage d’utilisation de mon cerveau continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- C’est ballot. Mais comment puis-je vous croire ?
- Je contrôle votre télévision. Et vos téléphones.
- Ouais, ben allez faire ça chez le voisin. C’est le professeur Norman et je l’entends glousser comme une écolière devant le Grand Journal, alors soyez sympa et faites-lui baisser le son.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- "François Hollande est-il tangible ?"
- Non, une autre : cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme le disait le professeur Norman plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : vous reproduire pour transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures.
- Okay, et moi je commande du champagne et du lubrifiant. La reproduction, tout ça.
- Professeur je… je sens comme un danger qui plane sur moi maintenant que j’ai accepté votre offre. Je crois que je vais plutôt appeler la chambre d’à côté.
- Roooh, l’autre !"

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Lucy se prépare donc à embarquer pour un vol Taipei-Paris, mais d’abord, elle a un autre coup de fil à passer. A la brigade des stups, en France.  Et c’est le capitaine Pierre Del Rio qui prend l’appel (oui, encore un).

"Allô, capitaine Del Rio ?
- Oui ? C’est vous la fille qui appelez tous les personnages du film pour leur raconter des âneries ?
- C’est moi. Capitaine, trois mules vont arriver à Berlin, Paris et Rome. Chacun de ces passagers a dans son corps un sachet contenant une nouvelle drogue ultra-puissante. Vous devez les arrêter et me donner la drogue. J’en ai besoin.
- Heu… vous savez que ça ne se passe pas comme ça, en fait ? Que la drogue, on ne la distribue pas ?
- Ce n’est pas dans le script. Faites oui oui de la tête.
- Mmm… oui oui…
- Très bien. Je vais vous envoyer les photos des passeports des trois passagers en question, que j’ai obtenues en… heu… ah merde, c’est pas écrit… je les ai… reproduites de mémoire sous Paint ?
- On va dire ça.
- Merci. Je vous les envoie sur votre PC grâce à mes supers pouvoirs psychiques. Mes supers pouvoirs psychiques qui me permettent aussi de vous dire, depuis Taipei, et sans caméra, que vous êtes assis sur votre bureau sans prendre de notes. Alors attrapez le stylo rouge à votre gauche et notez ce que je vous dis.
- Mais comment savez-vous tout cela ?
- Deux options : soit je suis une femme surpuissante avec des pouvoirs mystérieux, soit vos collègues de bureaux un peu cons vous font une blague grossière.
- Va pour les pouvoirs mystérieux. Je vous crois sur parole et préviens aussitôt Berlin et Rome !"

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"Chaire proffeceur Norman, je suit une fille surdouai qui voudré un conseille. J’utilises cette ordinateur parsse que je chairche commant stoquer les connéssences que j’est accumuler. Si tu a connéssence d’un objé ou qu’on peux stoqué des donnée ce seré genti. Répon moi a ptitelouloutedetaipei@caramail.fr. Bisoo."

Le capitaine Del Rio ne se pose donc guère plus de questions que cela et lance donc l’affaire, pendant que de son côté, Lucy monte dans son avion. Mais alors qu’elle arrive au-dessus de Paris, peu avant l’atterrissage, elle est fort surprise car… elle commence soudain à se décomposer ! Elle court donc s’enfermer aux toilettes en prétextant une méga-chiasse, et découvre qu’en absorbant un peu de la drogue qui restait dans le sachet qu’on lui a retiré du bide, ça va tout de suite drôlement mieux. Cependant, elle perd tout de même conscience, et à son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, elle est droguée et attachée à un lit dans une chambre sécurisée. De la même manière, la police intercepte aux quatre coins de l’Europe les trois autres mules et… les fait envoyer en France pour leur retirer la drogue de l’estomac.

Ah ben oui. C’est vrai que ce n’est pas dangereux de voyager avec un sac dans le bide. Alors on leur fait faire encore un petit tour avec. Et que transférer un prisonnier se fait en 10 minutes. Et que tous les prisonniers sont déjà au Val-de-Grâce au moment même où Lucy arrive, soit à peine quelques heures après leur interpellation : bravo !

Non mais… bon, bref.

Sauf que Lucy se réveille. Et que cela surprend tout le monde, puisqu’on lui avait filé assez d’anesthésiant pour endormir un Jean-Pierre Castaldi. Aussi, toute la police lui tombe dessus lorsqu’elle essaie de quitter l’aéroport, et Lucy explique qu’elle aimerait parler seul à seul avec le capitaine Del Rio, et donc qu’il serait gentil de dire aux 250 agents de sécurité autour de bien vouloir la laisser en paix. Et comme la situation ne se règle pas assez vite, elle utilise ses pouvoirs surpuissants pour faire tomber tout le monde inconscient… sauf le capitaine Del Rio.

"Bon bé voilà capitaine, je vous ai donné les mules, vous allez leur retirer la drogue et me la filer.
- Non. 
- Allez, steuplé !
- D’accord."

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Ce fabuleux argument suffit à convaincre le capitaine Del Rio, qui bien que trouvant ce qu’il vient de se passer bizarre, ne demande aucune explication à ce sujet parce que, bof, vous savez, des gens qui font tomber 250 mecs inconscients sans ciller, c’est curieux mais pas bien important. Tous deux montent donc dans la voiture du capitaine… sauf que Lucy a désormais le super pouvoir d’intercepter toutes les télécommunications ! Et utilisant ses pouvoirs mystérieux, elle parvient à détecter une conversation parmi des millions, en coréen par ailleurs : c’est Monsieur Jang ! Qui, oui, est Coréen, oui, est à Paris, oui, veut se venger, et oui, a appris que ses mules avaient toutes été prises par la police. Et qu’elles attendaient d’être opérées au Val de Grâce.

Les Coréens envoient donc tout un groupe sur place pour meuler la police et récupérer la drogue. Aussi simple que cela.

Et con, aussi. Mais est-ce que ça vous surprend encore ?

Lucy décide donc de prendre les choses en main : elle n’a jamais conduit mais prend le volant et s’avère être un pilote de génie (son cerveau lui a aussi fait passer ler permis). Elle met le gyrophare de Del Rio en marche, et en avant les enfants ! Sauf qu’en roulant à fond pour essayer de devancer les Coréens, elle attire l’attention d’autres unités de police, qui prennent la voiture de Del Rio en chasse.

"Je vais leur dire de nous lâcher, passez-moi la radio." propose intelligemment Del Rio. "Non, j’ai une meilleure idée !" répond Lucy histoire de bien pourrir l’affaire.

Et elle utilise donc ses pouvoirs pour provoquer un carambolage mortel entre les différentes voitures de police, le tout sur une place de marché où les véhicules hors de contrôle peuvent ainsi tuer plein d’innocents.

Sérieusement ? C’était ça ta meilleure idée ? Tu es sûre que ton cerveau fonctionne mieux qu’avant ? Non parce que non seulement Del Rio avait une solution simple, pacifique et sans risques, mais en plus, il aurait même pu dire "Continuez de nous coller aux fesses ! On va intercepter des méchants Coréens, on aura besoin d’autant de monde que possible !" mais non. Et pourquoi ? Parce que Lucy est stupide. Aussi bien le film que le personnage, d’ailleurs.

Bref, pendant ce temps, au Val-de-Grâce, les Coréens qui doivent avoir des voitures avec des turbo-réacteurs sont arrivés avant même Lucy qui a pourtant une voiture de police, des supers pouvoirs et a intercepté le message ordonnant l’attaque. Et ils arrivent dans la salle où les mules sont retenues, tuent tous les policiers qui les surveillaient et…

Oui ? Se barrer et opérer les mules au calme ? Noooon. Vous vous souvenez de ce que j’avais dit plus haut ? Sur le fait que ces gens étaient assez cons probablement pour essayer de faire n’importe quoi en plein milieu d’un commissariat ? Hé bien c’est gagné : les Coréens décident d’opérer les trois types, sur place, bien lentement en prenant leur temps (plutôt que de les tuer et de récupérer la dope, même s’ils le font pour l’un d’entre eux sur un coup de tête mais ne poursuivent pas avec le candidat suivant), le tout entouré par les corps des policiers et après avoir vidé leurs flingues au milieu de l’hôpital.

Mais rassurez-vous, personne ne les dérange.

Bon je… je vais égorger un bébé phoque et je reviens d’accord ?

Hop.

Voilà. Donc, disais-je, ils ne sont pas dérangés, à part par Lucy qui débarque avec le capitaine Del Rio. Le chef de la petite troupe, sous-fifre de Monsieur Jang, ordonne donc à ses hommes de tuer Lucy pendant que lui se barre avec la mallette contenant les trois sachets de drogue qu’ils viennent de récupérer sur les pauvres mules.

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Chose intéressante : lorsque l’on a des supers pouvoirs, il faut quand même utiliser ses mains comme sur une tablette pour percevoir le monde. Moi aussi, quand j’essaie d’écouter deux conversations, je suis obligé de les faire glisser devant moi pour préciser sur laquelle je me concentre le plus.

"Ah ! Parfait, Lucy va tous les faire tomber inconscient !" s’exclame le public.

"Mmmmm noooon je vais plutôt faire un mur invisible pour empêcher le chef des méchants de fuir." répond Lucy qui confirme ainsi son statut de bulot qui parle. Car oui, plutôt que de tout régler en une seconde – ah, le problème des pouvoirs surpuissants ! – elle préfère faire du n’importe quoi. Elle fait donc son mur invisible, puis pendant que les hommes du méchant attendent en faisant du rien malgré le fait que leur chef leur ordonne de tirer, Lucy prend son temps pour leur faire dégager leurs armes, puis les fait léviter pour se frayer un chemin jusqu’au méchant en chef et récupérer la mallette.

Et devinez quoi ?

Elle ne tue personne. Ne les fait pas tomber inconscient. Et une fois partie… hé bien elle les laisse même se barrer.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ?

"Bon ben maintenant que j’ai la drogue, et que la police qui vient d’arriver n’empêche personne de sortir de l’hôpital, capitaine Del Rio, je vous fais un bisou. Cela fait, soyez bien urbain et emmenez-moi au centre de recherche où m’attend le professeur Norman dont j’ai détecté les pensées à 12 000 bornes et compris qu’il m’attendrait là et non pas à l’hôtel."

Ça doit être pratique, ça, de pouvoir lire les pensées de gens tellement loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Surtout quand en sortant de l’hôpital, Lucy croise la voiture de Monsieur Jang, mais là par contre, le mec a beau être limite en train de ronger sa vitre en hurlant des insanités, lui, elle ne le remarque pas. Ni ne détecte quoi que ce soit. C’est beau la magie du scénario : je vous rappelle que depuis le début, tout ne repose que sur le fait qu’à chaque fois que Lucy croise les méchants, elle fait bien attention à les ignorer/les épargner/leur donner une chance de faire une nouvelle scène d’action.

Et c’est ce qu’il se passe. Car Jang ordonne à ses hommes de suivre Lucy jusqu’au centre pour lui mouliner la margoulette. Et lui-même mènera l’assaut, car il la tuerait bien de ses mains. Le capitaine Del Rio, à l’opposé, préfère prendre ses précautions et appeler des gardiens de la paix en renfort (mais pas d’unités plus costaudes comme le GIPN, le GIGN, ou même des ninjas, ce qui est bien dommage). Cela fait, tout le monde se rend donc au centre de recherche où Lucy rencontre pour la première fois le professeur Norman, le légendaire scientifique et une équipe de sommités qu’il a réunies.

Vous ai-je d’ailleurs parlé du moment où le professeur Normal parle de Lucy l’australopithèque en disant "la première femme de l’humanité s’appelait Lucy" au lieu de "le plus ancien corps de femme retrouvé a été baptisé Lucy" ? Quand je vous dis que c’est un grand scientifique, je ne déconne pas.

"Prouvez-nous que ce dit Norman à votre sujet est vrai !" demande un des scientifiques présents. Aussitôt, Lucy lui saute dessus, lui touche le front et a la vision d’un chauffeur sur le point de renverser une fillette. Elle explique donc :

"Vous aviez une fille, elle a été renversée quand elle avait 6 ans. Par une voiture bleue, avec un petit oiseau qui pendait au rétroviseur.
- Alors c’est très vrai, mais vous pouvez m’expliquer comment encore une fois, en scannant ma mémoire, vous n’avez pas ce que j’ai vu mais ce qu’a vu le chauffard qui n’a rien à voir avec moi ?
- … c’est… heu… magique ?
- Okay, vous m’avez convaincu."

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C’est donc encore une fois en se vautrant lamentablement que le film se poursuit. Car Lucy explique son plan : avant de disparaître, elle veut transmettre, comme convenu, le savoir qu’elle a accumulé (parce que oui, utiliser son cerveau plus largement lui donne accès à plein de mystères qui traînaient dedans sans que l’on sache bien pourquoi). Pour ce faire, elle propose de faire un test : lui injecter toute la drogue qui reste. Elle pourra ainsi s’en servir pour monter ses capacités cérébrales jusqu’à 100% et ainsi savoir ce qu’il se passe à ce moment là. Et en même temps, elle va tenter d’utiliser ses pouvoirs pour créer un ordinateur suffisamment puissant pour contenir son savoir car elle peut désormais manipuler la matière, y compris fécale au vu de l’intrigue. Mais son plan est interrompu par de tristes nouvelles données à Del Rio par ses camarades de la maréchaussée.

"Capitaine  ! Il y a des Coréens avec des lance-roquettes et des gros flingues qui arrivent ! 
- J’ai une idée : on va tenter de les retenir au maximum pendant que Lucy fait son expérience, quand bien même on ignore combien de temps ça va prendre.
- Super ! Et sinon, on ne pourrait pas juste dire à Lucy de tous les neutraliser comme elle l’a déjà fait à l’aéroport et ensuite reprendre le test en toute sécurité ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Roudoudou. J’étais étudiant mais je me suis fait virer, alors pour gagner ma vie, je suis devenu flic.
- Cassez-vous Roudoudou ! Vos plans intelligents n’ont rien à faire dans ce film ! Encore une fois, on ne va pas utiliser de pouvoirs surpuissants de manière utile ! A la place, on va se faire une grosse scène de fusillade sans aucune raison !"

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Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Pendant que Lucy fait monter son pourcentage de matière grise utilisée, les policiers et les Coréens s’affrontent dans le couloir menant à la salle où Lucy est (mais dont la porte arrête toute les balles, merci, quand bien même elle est au fond du couloir) et Lucy pendant ce temps raconte des trucs comme "1+1 ne fait pas 2 car en fait, ce n’est pas la bonne échelle, il faut être conscient du temps qui passe" bref, vous l’avez compris, plus le temps passe, plus en fait Lucy se transforme tout simplement en Jean-Claude Van Damme. Et une fois qu’elle a fini de raconter du caca, elle met bel et bien son plan à exécution, à savoir qu’elle s’assoit dans une chaise, se concentre, et transformant l’un de ses bras en enchevêtrement de tubes façon Akira, commence à absorber tout ce qu’il y a dans la pièce (à part les scientifiques) pour convertir cette matière en un gros PC surpuissant au milieu de celle-ci.

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Le professeur Norman se marre : Lucy n’a toujours pas compris que puissance cérébrale et savoir étaient deux choses différentes. Pour stocker toutes ses connaissances, elle aura donc juste besoin d’un Amiga 500.

Sauf que les Coréens, dehors, ont pris l’avantage et réussi à coller une roquette dans la porte alors que Lucy était à 99% d’utilisation de son cerveau. Monsieur Jang arrive donc, l’arme à la main, et sous les yeux médusés des scientifiques (tous les policiers dans le couloir qui étaient encore vivants il y a une seconde sont partis faire caca semble-t-il), braque Lucy. Il reste comme ça 40 bonnes secondes, sans raison là encore, jusqu’à ce que Lucy atteigne soudain 100% d’utilisation de son cerveau… et disparaisse à la seconde où Jang tire !

AH BEN CA ! C’est tellement original que je crois que je l’ai en 87 exemplaire dans mon album Panini "Poncifs qui puent & ficelles grossières.". J’échange d’ailleurs ces vignettes contre la légendaire carte rare Ridley Scott, celle avec les bords dorés.

Mais bref.

Jang est bien embêté : il vient bêtement de fusiller une chaise vide. Il est doublement embêté quand Del Rio, qui était donc bien vivant, juste à côté de la porte qu’il était censé défendre, mais avait laissé Jang rentrer sans le déranger, fait son grand retour sans aucune explication (pourquoi commencer maintenant ?) et abat le méchant qui s’effondre dans la chaise en question. Del Rio et les scientifiques se retrouvent donc dans la pièce, un peu embêtés et sans savoir quoi faire. Il ne reste plus de Lucy que l’immense ordinateur en plein milieu, et duquel surgit… une clé USB.

Qui sitôt saisie, fait que l’ordinateur tombe en poussière : il a fait son office.

Toutes les connaissances accumulées par Lucy sont donc sur cette clé particulièrement moche (spécial dédicace à l’effet spécial pourri pour donner l’impression qu’il y a des étoiles qui bougent sur la coque), et on imagine que si Lucy était née 15 ans plus tôt, elle aurait généré une disquette 5 pouces 1/2 chatoyante, ce qui aurait quand même eu vachement plus de classe. Tout le monde se regarde donc et est bien content : elle a accompli sa mission.

Elle a légué à l’humanité la seule clé USB assez puissante pour y stocker tout le porn du monde dès qu’ils auront formaté les conneries que Lucy a laissé dessus.

Del Rio, quand même bien enquiquiné car il aurait bien voulu un autre bisou, demande à la cantonade "Ben ? Où s’qu’elle est ?"

Et un SMS sur son téléphone lui répond :

"Je sui partou, lol."

Alors que Del Rio réfléchit à tout ce que cela implique d’avoir une Scarlett Johansson invisible et omnisciente, surtout au sujet de ses activités habituelles sous la douche, la voix off de Lucy vient accompagner la caméra qui s’éloigne.

"On nous a donné la vie. Maintenant, vous savez quoi en faire."

Et…

… FIN !

Pardon ? Mais qu’est-ce que ? Mais ! Attendez, le film se finit là-dessus, paf, elle disparaît, fait la morale et c’est plié ? Oh oui, je sais ce que je vais en faire, de ma vie !

Diego, charge mon fusil dans la voiture : on va chez Luc Besson !

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Vous pensez que j’exagère sur le bullshit philosophico-prout-prout de ce film et de sa phrase finale ? Alors dites-vous que je ne vous ai pas parlé, alors que Lucy est sur sa chaise à s’approcher des 100% de capacité cérébrale, des scènes où Lucy voyage dans le temps (si), l’espace (aussi), touche le doigt de Lucy l’Australopithèque façon chapelle Sixtine, comme ça, pour déconner, et voit que l’univers n’est en fait qu’un gros ovule qui s’est fait engrosser par de la semence intersidérale (si, là aussi). Parce que oui, le cosmos aussi a sa sexualité. Il est comme ça. Des fois, il va en boîte, rencontre un inconnu et paf, big-bang à l’arrière de la Twingo.

Et vous voulez le plus beau ?

Ambitieux, "Lucy" atteint ses objectifs comme spectacle de divertissement, spectaculaire et intelligent.

Culturebox – France Télévisions

"Intelligent", donc.

Bravo, les gars.

Je crois que ce sera le mot de la fin. Inutile d’en rajouter.

Comme le veut la tradition, peu avant de prendre la route pour aller rejoindre Toulouse et répandre dans la ville rose civilisation, bon goût et bien évidemment bonheur pour les Toulousaines trop peu attentives à leurs boissons, l’un des blockbusters de l’été trouve sa place sur ce blog. Comme chaque année, je partagerai donc un verre avec mon bien aimable lectorat (je mets les informations en fin de spoiler, hop), mais en attendant, répondons à cette question lancinante :

"Avec 210 millions de dollars de budget, peut-on se planter comme une grosse buse sur un truc aussi élémentaire que le script ?"

La réponse est si mystérieuse ! Vite, Transformers 4, à mon aide !

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : je crois que certains ont commencé à se rendre compte que les flammes sur l’affiche trahissaient le caca. Heureusement, les robots géants restent encore une valeur sûre de bouse.

Notre film débute quelque part dans l’espace, alors qu’une flotte de vaisseaux aliens qui a visiblement lancé le concours de qui serait le plus moche (le USS Charleroi est sur le coup) et le moins adapté à une rentrée atmosphérique approche de la Terre. Rassurez-vous, aucun humain ne va douiller, puisque nous sommes au temps lointain des dinosaures, ces créatures qui passaient leur temps à se courir après, pousser des cris bizarres ou encore communiquer entre eux par Tatoo. Oui mais voilà : les aliens ne font pas qu’approcher de la Terre, ils ont visiblement envie de faire du tourisme. Bien embêtés parce que New York n’existe pas encore et que c’est pourtant un peu l’astroport de tous les mauvais films, ils se retrouvent à survoler les plaines verdoyantes de notre petit bout d’univers, et alors que les dinosaures en sont encore à se demander ce que sont ces merdes volantes, voilà que les vaisseaux se mettent à tirer une sorte de super-napalm, qui transforme tout ce qu’il touche en métal. Les étendues majestueuses de la Terre sont donc bientôt transformées en désert métallique seulement peuplé de statues de dinosaures figés dans leur dernière position (ce n’était donc pas le moment de se curer le nez ou de lire Biba), et de quelques bestioles qui ont survécu malgré tout.

Cela étant dit, avançons un peu dans le temps.

Nous voici dans le présent, au Texas, où nous retrouvons Cade Yeager, un ingénieur fauché mais au cœur gros comme ça, et Lucas, son associé mi fou-fou, mi con-con. Tous deux se sont spécialisés dans la récupération de vieux matériel (ils possèdent ainsi un gigantesque stock de Sega Nomad) et pour le réparer et le revendre, ce pourquoi en ce beau jour ils se retrouvent pour aller inspecter un vieux théâtre encombrés de merdes accumulées au fur et à mesure des années et dont les propriétaires aimeraient grandement se débarrasser. Caméras datées, sièges usés et scripts corrects, autrement dit, uniquement des choses d’un autre âge les attendent mais au détour d’un couloir, voici que Cade repère… un camion.

Que personne n’avait remarqué.

Je peux tout à fait comprendre. Les 36 tonnes sont de la famille du ragondin et leur discrétion est proverbiale. Qui n’a jamais retrouvé un camion chez lui un matin après avoir laissé la fenêtre ouverte, ou n’a passé la nuit à chasser un poids lourd dans sa chambre la claquette à la main après l’avoir entendu vrombir près de votre oreille ?

Un classique.

Il faut donc croire que l’on a oublié de diffuser de la citronnelle dans le théâtre depuis un bail, ou même de mettre un piège électrique (une baraque à frites lumineuse) pour cramer le parasite, puisque le camion, bien qu’en piètre état, est bien installé. Cade l’inspecte et s’étonne, car non seulement le bousin est couvert de poussière, mais en plus, il y a des impacts sur la carcasse ainsi que des douilles d’obus à l’intérieur. Bon, rappelons que logiquement, on retrouve les douilles à côté du tireur et rarement dans la victime, mais bon, hein, on ne va pas chipoter, peut-être que le tireur a envoyé ses obus, puis ensuite, pour déconner, est allé enfoncer les douilles dans la margoulette de l’auguste véhicule.

Pour 150 dollars, Cade et Lucas repartent donc avec ce camion en piètre état avec le secret espoir de vendre des pièces du moteur, ou même, au poids du métal, m’est avis qu’ils ont fait une affaire. Dans tous les cas, ils s’en retournent vers la ferme familiale de Cade, où ils retrouvent Tessa Yeager, le fille de Cade, qui a 17 ans, un cœur gros comme ça et en plus des tenues courtes et moulantes pour le montrer. Elle skypait tranquillement avec son petit ami lorsque son père débarque avec son tas de ferraille, et elle descend donc gueuler un bon coup.

"Papa ! Qu’est-ce que c’est que ce gros machin ?
- Hé bien ça s’appelle un camion. Je le sais parce que je suis ingénieur. 
- Certes, mais Papa ! Nous n’avons déjà plus d’argent, on a encore reçu des relances d’impayés et nous allons perdre la maison ! Alors pourquoi encore acheter une merde ?
- C’est le principe de l’économie moderne mon amour. Et puis en plus, il y a plein de pièces à récupérer sur ce véhicule ! On va se faire plein de sous !
- Tu dis ça à chaque fois et à chaque fois tu te plantes, j’en ai assez d’être la seule ici à me comporter comme une adulte, bouhouhou !"

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Et vêtue de son minishort qui prouve que la famille n’a vraiment plus de quoi se payer le moindre tissu, elle s’en va bougonner pendant que Lucas et Cade traînent leur acquisition jusqu’à la grange de la ferme familiale. L’occasion de coller beaucoup de dialogues passionnants comme :

"Papa ? Tu travailles encore dans la grange ? Je t’ai apporté à manger.
- Ma chérie, c’est gentil mais je dois réussir pour nourrir ma famille, car j’ai promis à ta maman qui est morte de m’occuper de toi et de t’aider à obtenir tes examens, ce pourquoi je suis strict par rapport aux garçons qui te tournent autour et à tes sorties. Ta mère ne voudrait pas que tu fasses la même erreur que nous qui n’avons pas étudié parce que nous t’avons eu si jeunes !
- Tu n’as pas étudié ?
- Ben non, je viens de te le dire, c’est même pour ça que je me comporte comme ça avec toi, tu suis ou pas ?
- Oui mais alors, d’où tu es ingénieur ?
- … hooo, tu m’as apporté à manger ! Holala, comme cette pomme a l’air bonne !"

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Ou encore.

"Papa, tu dois te comporter en adulte !
- Hé, ho, qui t’as appris la mécanique ? La programmation ? La règle du hors-jeu ?
- Ah oui ? Et qui t’a appris à faire la compta de la maison ? A cuisiner sans ketchup ?
- Toi.
- …
- Il y a un problème ?
- Ben je ne sais pas, on dirait qu’en tant que femme, les seules compétences que j’ai pu t’enseigner concernent la bonne tenue d’un foyer. Ce ne serait pas un peu sex…
- Hohoho, hem, passons à un autre sujet !"

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On va faire comme dit Cade, et aller voir ce qu’il se passe ailleurs dans le monde.

Ainsi, la CIA, elle, ne chôme pas. Depuis Transformers 3, où Chicago avait pris cher à cause d’une invasion extra-terrestre de Decepticons (les méchants Transformers) arrêtée de justesse par les Autobots (les gentils Transformers) et leurs alliés humains, elle a créé une unité d’élite "Vent de cimetière"  nom qui j’imagine, a germé dans un ascenseur du Pentagone après une dégustation de fajitas à la cantoche. Leur mission ? Bourrer la gueule aux Decepticons survivants planqués aux quatre coins du pays. C’est ainsi que nous les suivons en train de pister la trace d’un vilain Transformers caché dans un port des Etats-Unis. Les bougres sont équipés : soldats d’élite, hélicoptères surarmés et même mini-drones avec détecteurs thermiques, autant vous dire que le Transformer est vite débusqué de l’épave d’un bateau où il se terrait.

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Après, quitte à envoyer des drones, vous pouvez en envoyer un comme ça, hein. Il vous repère son Transformers depuis 10 000 pieds, lui colle un missile dans le cucu avant même que l’autre ne le réalise, et tout le monde peut ensuite fêter la victoire à la cantoche sans bouger.

Sitôt repéré, le bougre tente de prendre la fuite, mais il se fait arroser par tous les humains, et même par…un autre Transformer mystérieux qui lui snipe le museau à distance !

"Arrêtez de tirer, je suis un Autobot !" s’exclame le pauvre robot, mais tout le monde a l’air de s’en moquer. Lorsqu’on lui demande pourquoi il fuyait, s’il est gentil, il explique "Parce qu’on a reçu un message d’Optimus Prime notre chef de rompre tout contact avec les humains ! On obéit donc." Mais visiblement, cela ne suffit pas à convaincre les humains, et encore moins le gros Transformer-sniper, dont le charisme est tel que nous l’appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition. Ce dernier demande gravement "Dis-nous où est Optimus Prime !" mais face au refus de l’Autobot, il le bute purement et simplement.

Ah oui non mais, il est vraiment méchant. Et les humains ne mouftent pas car eux aussi sont très vilains.

Retournons donc du côté du Pentagone, où Harold Attinger, chef des opérations de la CIA et patron de Vent de Cimetière, ricane dans un bureau après ce qu’il estime être une victoire. Face à lui se trouve le timide nouveau chef de cabinet du président des Etats-Unis, qui est venu opérer une visite de courtoisie.

"Ouiii, alors bonjour, je venais vous dire que le Président aimerait BEAUCOUP vous avoir à la Maison Blanche pour dîner.
- C’est non.
- Heu… attendez, vous savez que c’est votre supérieur ?
- Oui mais je suis beaucoup trop cool et méchant pour obéir d’après le script.
- Ce n’est pas grave. Donc, sinon, le Président aimerait savoir comment avance la chasse aux Decepticons ?
- Ça avance.
- Il aimerait des détails.
- Non.
- … non, sans déconner, faites un effort. Allez, encore une question facile : pouvez-vous nous dire où est Optimus Prime ? Le Président aimerait l’inviter, c’est quand même le chef des Autobots.
- On ne vous dira rien.
- Bon ben c’est super, écoutez, merci pour ce formidable échange, je vous laisse continuer d’envoyer chier le Président sachant qu’il peut vous faire sauter à tout instant. En plus, le fait que vous cachiez plein de trucs n’est pas du tout suspect. Bonne journée, hein !"

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Vous savez quoi ? En fait on va laisser la CIA tranquille et retenter notre chance pour voir s’il se passe quelque chose de plus intelligent ailleurs. Tenez, si nous allions dans l’Arctique ? C’est bien, l’Arctique.

Car sur place, un hélicoptère se pose et en sort une scientifique, Germaine, qui vient étudier un chantier archéologique où l’on a fait une découverte révolutionnaire : un squelette de t-rex (déjà) tout en métal (en plus) ! Autant dire qu’aussitôt, Germaine repart à la multinationale qui finance ses recherches, KSI, pour expliquer à Joshua Joyce, son big boss, ce qu’elle vient de découvrir. Germaine explique donc sa théorie : il y a des millions d’années, ce n’est pas une météorite qui aurait aidé les dinosaures à disparaître, mais une invasion alien qui aurait transformé tout ce qui passait en métal mystérieux.

Le genre de théorie qui fait rarement un tabac en librairie, mais fait les beaux jours de Youtube.

"Pas si mystérieux !" intervient Joshua dont la mission est d’expliquer au spectateur plein de trucs que Germaine, qui bosse pour KSI depuis des années, est déjà censée savoir. Ce métal, c’est du Transformium, la matière dans laquelle sont faits les Transformers. Il y a un génome dedans, que Joshua a décodé, et il a ainsi commencé à créer des Transformers sur-mesure, meilleurs que les originaux, et contrôlés par les humains comme des drones. L’Etat l’aide même dans ses recherches en lui amenant tous les restes de Transformers pour qu’il les analyse. C’est ainsi qu’il a mis la main sur la tête de Megatron, le dernier vestige du plus grand Decepticon ayant vécu.

D’ailleurs, c’est rigolo parce du coup, Joshua a tenté de faire un super Transformer de combat, que nous baptiserons Grosétron, mais malgré tous ses efforts, l’engin ressemble… à un Decepticon.

"C’est bizarre."

Ah ben oui. Oui, tu as raison. Boh, tu essaies de produire un truc et à la place, ça en produit un autre connu pour être vaguement dangereux et avoir follement envie de te tuer, tu sais quoi ? Plutôt que de t’arrêter pour essayer de comprendre, continue. C’est bien. Et puis c’est tellement crédible, en plus "Ho bah pouf, c’est arrivé comme ça, mais bon, hein, c’est pas bien grave.". Bé non. Moi aussi, une fois, je voulais faire une tarte aux fraises et puis au final, je me suis retrouvé avec une kalachnikov. J’ai un peu regardé la pâte à tarte d’un drôle d’œil, mais pour tout dire, c’est vrai que ça s’est bien passé quand même : c’était pour un goûter d’anniversaire, les enfants ont adoré.

Ces surpuissantes explications étant faites, Joshua va retrouver le vil Harold Attinger de la CIA qui l’attend dans un coin, et tous deux se lancent dans une grande explication là encore pour aider le spectateurs entre deux poignées de pop-corn ou de Lexomil, c’est selon.

"Attinger ! Que faites-vous ici ? J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles !
- Nous recherchons toujours Optimus Prime. Sitôt que nous l’aurons, nous le livrerons à Jean-Jacques le robot, qui en échange, nous donnera de quoi avoir autant de Transformium que vous le voulez.
- Il faut faire vite avant que le Président ne s’aperçoive que vous poursuivez les gentils Autobots pour arriver à nos fins…
- Nous l’aurons pas d’inquiétude.
- Je l’espère ! Car n’oubliez pas, si vous réussissez, Attinger, la valeur de vos actions chez moi atteindra 7 chiffres…"

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Une seconde ? Pas la valeur "d’une action" ? La valeur "de vos actions" ? Un total de 7 chiffres ?

Alors je ne sais pas vous, mais moi, pour une trahison interplanétaire, je trouve que ça fait un peu cheapos. Quelques millions tout au mieux, même pas une dizaine ? Pas de quoi s’acheter un yacht de kakou ou une villa de mauvais goût d’une quelconque starlette ? Nan mais, là, Attinger, c’est pas pour dire mon vieux mais vous êtes vraiment un méchant tout pourri. Quelques millions, ça fait toujours plaisir, mais là, bon, faut pas déconner. Pour un peu, Attinger pourrait rajouter "Et je pourrai avoir des tickets restaurants et un abonnement Navigo, aussi ?" sans que ça ne fasse tache.

C’est beau.

Bon, la CIA, l’Arctique, KSI, en fait, c’était tout aussi pourri que le reste : retournons donc au Texas.

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Le chef de cabinet du Président des Etats-Unis en plein entretien avec le chef des opérations de la CIA. "Non mais vraiment, vous voudriez pas nous dire ce que vous faites de tout notre pognon, sachant que vous êtes nos employés ? Non ? Bon ben c’est pas grave, c’est pas bien important."

Car en parlant de pognon, allons voir du côté de Cade qui dans sa grange, a fait une fort belle découverte en tentant de retaper le camion qu’il a acheté à vil prix : outre un vieux sapin à la vanille accroché au rétro et une vignette obligatoire de 1994, il s’est aperçu que celui-ci fonctionne encore plus ou moins malgré de gros dégâts et mieux encore, quand on lui envoie du jus, le camion se met à gueuler "A tous les Autobots : planquez vos miches, les humains veulent nous déboulonner !" ou quelque chose dans ce goût là.

Comme le disait le général Aussaresses : "C’est quand le courant passe que l’on peut discuter le mieux".

Mais bref. Notre héros fait donc part de sa découverte à son copain con-con ainsi qu’à sa fille, et tous deux sont un peu effrayés : depuis la bataille de Chicago et Transformers 3, le gouvernement demande à ce que l’on lui signale toute activité alien. Comme par exemple, les clips de Lady Gaga, les gens qui envoient des powerpoints par mail ou un camion qui parle.

"Et en plus, il y a une grosse récompense !" ajoute Lucas et son gyrophare sur la tête qui surmonte une pancarte "Je suis un traître".

C’est à peu près ce moment là que choisit le camion, qui en a marre qu’on lui envoie du jus, pour se transformer en Optimus Prime, le célèbre chef des Autobots (d’ailleurs, le camion est tout gris et sale, mais quand il se transforme, il est tout propre. Et inversement quand il reprend son apparence de camion, c’est fou, ce n’est plus Optimus Prime, c’est Elephant Bleu). Grognon et blessé, il distribue des coups un peu au hasard dans toute la grange, en hurlant qu’on ne peut pas faire confiance aux humains. Cade calme donc le robot en lui rappelant que déjà, c’est raciste, et en se proposant de le réparer. Il envoie donc sa fille faire du rien, et son pote Lucas en ville pour aller acheter des pièces de rechange, un nouveau carbu, deux pots d’échappement, une clé de 12, du lubrifiant, des préservatifs et de la biafine.

Lucas part donc, et revient très en retard, ce qui n’est pas du tout suspect, avec ce qu’on lui a demandé. Cade se met donc au travail, quand après un long moment, voici que s’engagent sur le chemin de la ferme une longue colonne de véhicules noirs marqués du logo "Vent de Cimetière" accompagnés d’hélicoptères armés de roquettes.

"Holala ! Quelqu’un a dû appeler le gouvernement ! Mais qui ?" se demande Cade en sortant de sa grange en urgence pendant que Lucas réajuste son gyrophare et sa pancarte.

Dans tous les cas, le chef de cette petite unité, un certain James Savoy, descend de la voiture avec ses hommes et leur ordonne de fouiller la ferme et la grange malgré les récriminations de Cade. Ils déploient-même leurs légendaires mini-drones, à la recherche de traces thermiques mais… ne trouvent rien. La grange est vide. La ferme aussi. Aucune trace d’Optimus Prime !

Qui s’est en fait caché sous le plancher de la grange, puisqu’il y avait là bien évidemment la place pour un robot géant. Il faudra que je pense à louer un emplacement comme celui-ci, ma cave commence à déborder.

Pardon ? Les détecteurs thermiques des mini-drones vous dites ? Non, ils n’arrivent pas à détecter Optimus Prime ? Pourquoi ?

Parce que.

Sauf que voilà : Cade trahit sans le vouloir son ami robotique, puisque lorsqu’on lui demande où est passé le camion qu’il retapait, il répond "Je n’en sais rien ! Il était là cette nuit encore, et là, il est parti…". Aussitôt, tous les méchants comprennent que Cade en sait plus qu’il ne veut bien le dire avec son "Il est parti", ce qui est un peu bizarre en VF, mais comme en VO, il dit "He’s gone" au lieu de "It’s gone"  semble-t-il, les vilains réalisent que Cade parlent du camion comme d’une personne et non d’un objet. Et pour le faire parler… menacent de coller une balle dans la tête de sa fille Tessa, ce qui au vu de ses répliques depuis le début du film, ne devrait pourtant pas être mortel. Mais bon. J’aurais plutôt menacé de la forcer à regarder le film, c’eut été plus cruel.

Optimus Prime, qui aime les oiseaux, les enfants et l’amour dans les prés ne peut supporter que cela arrive : il sort donc de sa cachette, tire dans tous les sens avec son gros canon (mais juste assez pour assommer les brigands avec le souffle, pas les tuer, parce qu’il est vraiment super gentil), et sort de la grange dans une fameuse explosion pour commencer à calmer la troupe de Vent de Cimetière. Cade et ses camarades profitent de l’occasion pour filer, et Cade arrive même à voler un mini-drone dans l’affaire (comme ça, hop). Mais pendant que Optimus met la zone comme un racaillou un soir de coupe du monde, étant donné que la ferme est isolée, Cade, Lucas et Tessa n’ont d’autre choix que de fuir à pieds à travers champs ! Ils n’ont aucune chance, poursuivis par les agents du gouvernement…

… quand soudain, une voiture de rallye surgit, saute une butte et assomme ainsi les vilains à coups de pneus (si, si)  ! Elle s’arrête, la portière s’ouvre et un certaine Shane Dyson ouvre la porte, jeune bellâtre qui n’est autre que le petit ami de Tessa.

"Vite, montez beau-papa ! Je vais vous sauver !
- Merci Shane. Nous l’avons échappé belle ! Tu es arrivé juste à temps ! D’ailleurs, que faisais-tu là ? Comment as-tu su qu’on avait besoin de toi ?
- Hahaha, hé bien c’est très simple, en fait je… vrouuuvrouvrouvrouuuum vraaaouuuum ! Ah, le bruit du moteur a couvert ma réponse, quel dommage !
- Tu viens de faire le bruit du moteur avec la bouche.
- Moi ? Noooon ! 
- D’accord, alors répond à ça : A) en supposant que tu aies su pour le gouvernement, comment es-tu arrivé aussi vite ? B) sachant qu’il y avait un robot géant en train de tirer partout atour de la ferme, comment as-tu compris que les vilains qui méritaient des coups de pneus, c’étaient les humains et pas le robot qui détruisait tout ? 
- VROUVROUVROUVROUVROUUUUM MEEE MEEEE MEEEMEEEEEEE !
- Tessa, il va falloir que l’on parle du choix de tes copains."

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Après une série de dialogues lolilol à base de "Comment, tu as un copain ? Je suis indigné, et oui, c’est ma première préoccupation même si on nous tire dessus !", la voiture de notre petite équipe rejoint Optimus Prime qui a pris la fuite sous sa forme de camion, sauvé par le fait que dans ce film, les roquettes tirées des hélicoptères vers lui partent droit vers leur cible mais dévient au dernier moment pour ne pas faire mal aux gentils sans raison valable autre que "Ce film est une bouse". La course-poursuite est longuette et finit par arriver en ville et continue au sein d’une ancien parking désaffecté dans lequel il se trouve qu’il y a un tremplin pour cascades, puisque Shane est pilote de métier, figurez-vous, et que c’est sa zone d’entraînement. Il s’en sert donc pour faire un super saut et atterrir au poil près là où il voulait parce qu’il est habitué à faire cette cascade avec Tessa à bord (et le fait qu’il y ait deux personnes de plus à l’arrière ne change pas, disons, le poids de la voiture ? Non ? Non.) et sème ainsi moult ennemis.

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L’arrivée de Shane en gros plan. Je sais, il ne manque que les néons sous la voiture. Moi aussi, ça me fait rêver.

Optimus Prime, lui, est bien surpris car lui tombe sur le coin du nez Jean-Jacques, le vilain robot de l’espace qui travaille avec Vent de Cimetière. Pour info, Jean-Jacques est super discret et n’hésite pas à se promener au milieu des humains sans que Vent de Cimetière ne l’engueule, des fois qu’un robot géant a l’air hostile, ça attire vaaaguement l’attention d’autres autorités que la CIA, voire que le Président commence à demander des explications.

Non, il faut croire que tout le monde s’en fout. Les scénaristes en premier, qui rajoutent juste des scènes au milieu d’humains pour bien hurler "ça coûte plus cher pour montrer qu’on est mauvais"

Bref, bagarre il y a entre les deux robots et non, Optimus Prime n’est plus blessé du tout quand bien même Cade n’as pas eu le temps de le réparer, à cause d’une certaine arrivée, justement, de Vent de Cimetière. Probablement que passer la nuit dans la grange compte comme une nuit dans une auberge et qu’il a donc récupéré tous ses points de vie. En tout cas, au final, la voiture de nos héros étant un peu pétée après toutes ses acrobaties, Optimus décide de laisser tomber la bataille pour se transformer en camion et les aider à fuir.

Et là, attention, jeu ! Concentre-toi ami lecteur.

Sachant que nous avons un camion avec trois places dans la cabine, que nos héros sont quatre, que trois d’entre eux sont une fille, son copain et beau papa, que tous trois sont plutôt beaux et gentils et que le quatrième est un traître con-con qui s’exclame "Boh, j’aurais pas dû appeler le gouvernement, en fait, il n’y a pas de récompense !", qui va mourir comme une merde dans les quinze prochaines secondes ?

Qui a répondu "Le noir" ? Il n’y a pas de noir, sacripan.

En attendant, voici la réponse : Jean-Jacques, vexé de voir Optimus abandonner le combat, balance une sorte de grenade qui se révèle être du super-napalm, comme au début du film ! Tout explose donc derrière nos héros… y compris Lucas, qui était à la traîne, et qui est instantanément figé dans sa course, transformé en métal alien. Il est donc mouru, voire carrément décédu. Nos héros grimpent donc dans la cabine d’Optimus (rien de sexuel, c’est strictement amical) et grâce à cette incroyable coïncidence scénaristique, il y a de la place pour tout le monde. Le camion peut donc s’enfuir.

Sans être poursuivi par Jean-Jacques, probablement parce qu’il a la flemme. Et que les autres voitures de Vent de Cimetière ont calé. Et que leurs hélicoptères se sont posés pour acheter des burritos. Et que les satellites de la CIA sont occupés à faire des zooms sur des piscines californiennes. Quelque chose comme ça, ou alors, c’est juste du caca, au choix.

Nos héros font donc une brève étape dans une station service désaffectée qui contient bien évidemment malgré tout encore des tonnes de trucs dont ils ont besoin, comme par exemple, du matériel informatique pour reprogrammer le mini-drone que Cade a volé aux méchants (et qui ne contenait aucune puce GPS pour le localiser, bien évidemment), lire sa mémoire et s’en servir eux-même. Vraiment, ils sont sympas ces pompistes qui abandonnent leur entreprise en laissant tout dedans histoire de dépanner d’éventuels fugitifs. Merci, valeureux hommes de l’ombre qui permettez toujours aux héros de trouver de quoi se fringuer, boire, manger, se soigner et bricoler tous les objets dont ils ont besoin.

Vous noterez aussi, car vous avez bien lu, que oui, Cade peut du coup lire la mémoire du drone. Et attention, hein, pas celle du jour : le drone emporte l’enregistrement de ses vols précédents, histoire de bien pouvoir livrer tous ses secrets si jamais il venait à s’égarer, par exemple, entre les  mains d’ennemis de Vent de Cimetière. C’est ainsi que Cade découvre, outre 2 Go de .avi d’une voisine bruyante et d’un plombier, l’enregistrement d’une précédente bagarre durant laquelle les méchants ont tué un Autobot. Sacrebleu ! Sitôt qu’Optimus Prime est mis au courant, il change d’apparence (en scannant un autre camion, reprenant des couleurs kitsch et affichant en plus le logo Autobots à l’avant, c’est dire s’il est con) et emmène Cade & co au fin fond des rocheuses où les derniers Autobots se sont réunis. On trouve parmi eux :

  • Grobill, l’Autobot gros bill qui a mille et une pétoires et peut se transformer en camion militaire
  • Samouraï, l’Autobot samouraï qui peut se transformer en hélicoptère et philosophe. Oui, c’est un Autobot du Japon médiéval. Non, ne me demandez pas pourquoi.
  • Bumblebee, l’Autobot relou et soi-disant drôle des trois précédents volets qui peut se transformer en voiture. Oui, c’est tout.
  • Corsaire, une sorte d’Autobot anarchiste-rebelle qui peut se transformer en voiture et là encore, c’est tout

Ce petit groupe est tout ce qu’il reste des Autobots sur Terre, autant dire, pas grand chose. Eux qui croyaient Optimus Prime mort sont heureux de le revoir et s’entretiennent avec lui pour savoir ce qu’il s’est passé ces derniers temps. Optimus Prime explique donc qu’il est tombé sans explication sur des humains qui lui ont tendu une embuscade, et que c’est pour cela qu’il a décidé de rompre tout contact avec eux et invité ses alliés à en faire de même. Mais pourquoi les humains, et plus particulièrement le gouvernement américain s’en prennent-ils à Optimus Prime, qui n’a pas pensé que si c’était juste un problème de gouvernement, quitter le pays pourrait aider ?

"J’ai la réponse !" explique Cade. "Regardez la vidéo de ce mini-drone : les Autobots sont tués, et ensuite, on voit une camionnette de KSI, société très proche du gouvernement, venir chercher les restes. La suite de notre enquête devrait donc se faire dans leurs locaux !"

 Ni une, ni deux, la fine équipe tente donc d’infiltrer la société avec des trucs comme "Ho ben tiens, en fait les mini-drones sont en fait équipés d’un scanner capable de scanner en moins d’une seconde n’importe quelle carte de sécurité et de la reproduire avec l’aide d’un Transformer" (pourquoi ? Mystère), "Ho ben ça alors, le mec qu’on a scanné au hasard dans la foule a pile accès au bon labo que l’on cherche" et "Toutes les coïncidences du monde vont dans notre sens, c’est merveilleux." Ainsi, Cade parvient assez aisément à rentrer dans les locaux de KSI, à découvrir que ces derniers fabriquent des Transformers, et que pour ce faire, ils ont besoin de transformium. Ce pourquoi lorsqu’ils tuent les Autobots, non seulement pour retrouver Optimus Prime mais aussi car… ils les font fondre pour récupérer la précieuse matière !

Alors certes, Cade se fait gauler, mais comme en même temps, les Transformers voient direct les images de Cade à l’intérieur de l’entreprise, et que l’on recycle les corps de leurs potes, ils deviennent tous foufous, tel le yorkshire face à la chaussure neuve.

Aussi Cade n’est pas retenu prisonnier par Joshua et la sécurité de KSI qui lui sont tombés dessus, car aussitôt, les Transformers déboulent et commencent à tout péter, avec de gros problèmes de réalisation, comme ce passage où des gardes sont en ligne au garde à vous dans un labo (alors que ça tire dans le bâtiment depuis 10mn), et qu’un Autobot déboule et commence à vider son chargeur dans le plafond ; il faut alors au moins 3 à 4 secondes aux gardes pour commencer à réagir, parce que quelqu’un a oublié de synchroniser l’effet spécial avec le jeu des acteurs bien réels. Du coup, c’est assez intéressant, on a l’impression que les gardes sont aussi ennuyés par le film que les spectateurs. Du genre "Rhooo, encore un Autobot berserk, bon, qui qui s’en charge ? Moi c’est l’heure de ma pause, alors demmerdez-vous."

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Ici, un convoi de Transformers s’avance discrètement sur une route. Leur furtivité est légendaire.

Cade est bien vite libéré par cet assaut aussi soudain que brutal, et les Autobots, eux, libèrent un minuscule des leurs qui était réduit en esclavage dans un laboratoire, que nous appellerons Minibot. Et se retrouvent enfin face à face avec Joshua, le patron de KSI, qui tente la diplomatie.

"Hoo hééé les Autobots ! Qu’est-ce que c’est que ce scandale ? Vous êtes en train de tout péter !
- Vous tuez les nôtres et utilisez leurs cadavres pour vous faire du fric. Par ailleurs, ce film est tellement rempli de placement de produits que rien que ça, ça donne envie de mitrailler.
- Oui mais non. Vous êtes gentils et vous ne tuez pas les humains.
- Mais…
- Et on vous bute si on veut.
- Mais…
- Et puis qui va passer le balai maintenant ? C’est vous peut-être ?
- Beuh… non ?
- Non, alors vous prenez vos boulons et vos durites et vous vous cassez. "

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Oui, le film pourrait s’arrêter là. Les Autobots ont découvert qui les butait et les décomposait, ils pourraient tout arrêter, mais parce qu’un humain, et accessoirement leur pire ennemi, leur dit de mettre les voiles…

Ils se barrent.

Mais ? Je… remboursez, pour voir ?

A peine les Autobots sont-ils partis qu’Attinger, qui traînait dans le coin, tape très fort sur l’épaule de Joshua Joyce en lui disant "Hé, hé ! Les Autobots vous ont attaqué ! Vous avez donc le droit de riposter, la CIA vous couvre ! C’est l’occasion de tester vos derniers prototypes, Stinger, le Transformer super rapide, et Grosétron le… le truc." L’affaire est entendue et quelques instants plus tard, deux véhicules sortent des locaux des prototypes de KSI : une voiture de sport rose et un gros camion gris, contrôlés à distance comme des drones par les agents de KSI. Bien vite, ils rattrapent les Transformers et à la surprise de ces derniers, s’avèrent plus rapide et plus adaptables que ces derniers, KSI ayant mis toute sa technologie au service de ses bébés !

Pour résumer, les Autobots partent se bastonner dans un coin avec Stinger, pendant qu’Optimus Prime se tabasse avec Grosétron qui… ne répond plus aux commandes de KSI, comme mû par une vie propre !

AHLALA ! JE ME DEMANDE BIEN POURQUOI, DIS !

Hem, pardon.

Le tout se passe sur une autoroute où, chose amusante, des voitures civiles passent mais sitôt qu’un Transformer les percute et qu’elles s’arrêtent, hop ! Elles sont vides ! Pas d’humains à bord ! Ça coûte moins cher et ça évite de gérer des trucs chiants dans le scénario. Mais alors que le combat fait rage, KSI rappelle à la base Stinger et Grosétron. Car au-dessus du champ de bataille, un gros vaisseau extra-terrestre vient d’apparaître, celui de Jean-Jacques le robot ! Qui colle une dérouillée à Optimus Prime, puis l’emmène à bord de son vaisseau à l’aide d’un…

D’un gros filet.

Oui, les mecs viennent de l’espace, ont des véhicules qui font la nique à la gravité et plus tard dans le film, on découvre qu’ils ont un rayon tracteur, mais là, pour déconner, ils sortent leur filet à sangliers géants, et ne me demandez même pas comment, en le larguant par au-dessus, ils arrivent à passer sous Optimus Prime, mais pif-pouf, ça marche. Seul problème, dans l’affaire, ils attrapent aussi une voiture endommagée qui traînait près d’Optimus Prime… et dans laquelle Tessa, la fille de Cade, se planquait ! Tous deux sont donc emmenés à bord contre leur gré, puis le vaisseau s’envole dans le lointain…

"On vous aura, gros bâtards !" râlent donc Cade et Shane au sol pendant que les Autobots les rejoignent. Et dépités, ils vont errer dans la campagne sans que plus personne ne s’intéresse à eux.

Non, Vent de Cimetière n’a plus rien à faire, ni de ces Autobots, ni de ces humains qui en savent trop. Là, ils sont sûrement occupés à passer la serpillière chez KSI ou à faire un bingo avec leur papy. Un truc du genre. Enfin, c’est l’occasion de discuter avec Minibot, qui révèle toute la subtilité du scénario à nos héros, sur pourquoi Jean-Jacques bosse avec la CIA, ou encore pourquoi Grosétron désobéit à ses créateurs.

"Alors, attendez que je résume. En fait, les Transformers ont été créés par une race, les Créateurs. Pour ce faire, ils ont semé dans l’univers des "graines" qui en explosant, transforment tout ce qui les entoure en ce métal que vous appelez Transformium. Ce sont donc eux qui ont pété les dinosaures, comme ça, pour déconner.
- Et donc, la Terre entière est devenue métal ?
- Oui.
- Et nos archéologues et géologues n’ont jamais rien remarqué ?
- Hééé bien… non. J’ai le droit de faire le bruit du moteur moi aussi pour les questions gênantes ?
- Non.
- Haaaan… bon, bref. Les Créateurs ont aussi créé les Prime, des super chevaliers, comme Optimus. Sauf que les Prime ont décidé de faire le bien tout seuls au lieu d’obéir aux Créateurs, du coup, ces derniers ont mis la tête des Primes à prix. Jean-Jacques est un de leurs chasseurs.
- Un chasseur de Prime ?
- Oui, c’est exactem… 
- Pfffrrrrr.
- Okay, j’ai compris. Super marrant les gars, wouh, grosse ambiance. Bon, je disais ? Ah oui ! Jean-Jacques est un chasseur intergalactique au service des Créateurs. Il s’est allié à Attinger et Joshua : ils l’aident à traquer les Autobots pour retrouver Optimus Prime, et en échange, il leur donnera une graine  des Créateurs capable, en explosant, de transformer tout un désert en mine de Transformium en plus des corps des Autobots tués. Bref, leur fortune sera faite.
- Les rascals ! Et pour Grosétron ?
- Hé bien Joshua m’a forcé à étudier les restes de Mégatron pour décoder la technologie Transformers. Sauf que Mégatron est encore plus ou moins conscient dans son corps tout mort, et il a certes donné toutes les données techniques, mais il a encore le contrôle sur de minuscules bots capables d’aller s’infiltrer dans les prototypes et de les pirater.
- Et évidemment, personne n’a rien remarqué de robots volants au milieu de laboratoires et de données brutalement modifiées.
- Vraiment ? Vrouvrouvrouuuuum ? Allez ?
- Non.
- Bon, bref. Pour résumer, Mégatron a corrompu le projet Grosétron pour s’en faire un nouveau corps. Et il s’est incarné dedans ! Donc KSI vient, sans le savoir, de ressusciter Mégatron. Et ce n’est pas eux qui le contrôle… c’est lui qui les manipule !
- HO BIN CA ALORS ! Vous voudriez dire que ce prototype qui sans explication, ressemblait à un Decepticon (mais que l’on produisait quand même) était en fait un Decepticon ? C’EST FOU !"

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J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal en tombant sur votre chaise.

Heureusement, pendant ce temps, Jean-Jacques l’alien robotique ne chôme pas. Après avoir enfermé Optimus Prime dans une prison en s’exclamant "Hahaha, j’ai eu tous les autres Prime, tu es le dernier ! J’ai même volé votre vaisseau, ce vaisseau pour vous traquer, n’est-ce pas ironique ?", le vil personnage reçoit un rappel de son Google agenda : il doit appeler la CIA pour leur livrer la graine. Alors, c’est parti. 666-CIA.

"Oui allô ?
- Oui, bonjour Madame, je suis un robot de l’espace et j’aimerais parler au directeur des opérations. 
- Bien sûr, c’est à quel nom ?
- Jean-Jacques.
- Ne quittez pas.
- *musique d’attente quelque part entre Stromae et le générique de Pyramide*
- Allô ?
- Attinger ?
- C’est lui, à qui ai-je l’honneur ? Je suis un peu occupé à trahir des gens, là.
- Non non mais ne vous inquiétez pas, j’en ai pour cinq minutes. C’est pour vous dire que j’ai bien capturé Optimus Prime aux coordonnées où vous m’avez indiqué qu’il se battait avec les robots de KSI.
- C’est une bonne nouvelle, ça.
- Donc pour le paiement, où voulez-vous que je vous remette discrètement la graine qui prouve que vous avez passé un accord avec une puissance alien en toute illégalité ?
- Je vous propose de se donner rendez-vous dans un coin tranquille. Que diriez-vous d’emmener votre vaisseau géant au-dessus de cette petite bourgade que l’on appelle New York ?"

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Ho miséricorde. Celle là, elle est tellement mauvaise que je ne l’avais même pas vue venir.

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"Bon les mecs, les aliens viennent encooooore de débarquer à New York. Il faut que l’on relance notre programme touristique pour leur faire découvrir d’autres destinations majeures : Londres, Mexico, la Bourboule…"

Donc oui : Jean-Jacques arrive au-dessus de New York avec son vaisseau géant. La Maison Blanche s’inquiète un peu et appelle Attinger, qui encore une fois, refuse de leur donner des réponses : c’est donc okay, il conserve bien évidemment ses fonctions et peut trahir en toute tranquillité. Et au milieu de ce méphitique gloubiboulga, voici que les Autobots ont décidé eux aussi de s’inviter à la fête, et accompagnés de Cade et Shane, ils viennent libérer aussi bien Optimus Prime que Tessa. La mission d’infiltration commence donc à bord du vaisseau, et bien vite, l’équipe se divise en deux groupes.

"Bon alors, nous, les robots énormes et pas agiles, on va tenter de s’infiltrer dans le minuscule gouffre plein de lasers super espacés pour des humains mais super serrés pour des robots géants, et trouver la commande des ancres du vaisseau pour le bloquer le temps que l’on trouve les prisonniers. Et vous, les deux humains sans armes, vous allez affronter les gardes et libérer les copains, d’accord ?

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Ah mais oui, complètement. Super idée. Vraiment, chapeau.

Bref : les Autobots parviennent à larguer les ancres du vaisseau, qui sont en fait de gros grappins qui vont s’ancrer dans les buildings avoisinant (rien de dangereux, et, oui, les murs tiennent sans souci), retrouvent même Optimus Prime dans l’affaire, mais le mieux reste surtout Shane et Cade, qui tombent sur une salle d’armes pour Transformers. Et en fouillant, tombent sur… deux dagues ? Qui sont piles à leur taille y compris au niveau de la garde, dites-donc ! Ils sont forts ces Transformers d’avoir pensé à se faire des armes pas à leur taille. Mieux encore, ces dagues font aussi fusil d’assaut, et là ont carrément des détentes à taille humaine !

Vraiment, c’est fou.

La folle équipe, suite à diverses péripéties longues et ennuyantes que je vous passe, finit par fuir le nid des méchants sans que l’alerte ne soit donnée à tout le vaisseau. Jean-Jacques, inconscient de ce qu’il se passe, donne donc la graine à Attinger qui vient la chercher à bord en hélicoptère puis la transaction terminée, s’envole vers les étoiles. Il ne remarque pas que derrière-lui, toute la partie de son vaisseau qui faisait office de prison s’est détachée et est restée sur Terre avec tous nos amis victorieux à son bord. Enfin si, il le remarque, mais un peu tard, donc le temps qu’il fasse demi-tour et repasse au péage intergalactique, il n’est pas rendu. Nous le reverrons donc plus tard, dès qu’il aura réussi à régler son Tom-Tom.

Car déjà, Attinger va retrouver Joshua et propose de filer vers Hong Kong, où KSI a une autre antenne. Et après le bordel à New York (ah ! Ça y est, quelqu’un a réalisé que c’était très con ?), ils pensent que poursuivre leurs activités en Chine sera plus sûr, à part peut-être au niveau de la qualité des produits finaux mais là n’est pas la question En plus, ils comptent faire péter la graine au milieu du désert de Mongolie, histoire d’être tranquilles. Donc la Chine est définitivement une bonne solution de repli. Ils évacuent par conséquent leurs prototypes divers, Stinger et Grosétron, et partent pour Hong Kong en environ 10 minutes.

Oui, ils consomment moins de temps pour évacuer toute une industrie de pointe dans un pays étranger que vous n’en prenez pour vous préparer à aller au boulot.

Ils sont forts, on vous dit.

Les Autobots, eux, sont bien décidés à récupérer la graine. Car Minibot leur a révélé les plans de Mégatron : réincarné en Grosétron, il veut à tout prix que KSI ait la graine… pour la faire péter et avoir du Transformium pour lui, oui, mais à Hong Kong ! Pourquoi ? Parce que… qu’il… il est très méchant ?

Voilà.

Le vaisseau des Autobots file donc à Hong Kong, et Cade, en un seul coup de fil, parvient à retourner la situation.

"Allô, Joshua Joyce de KSI ?
- Oui ?
- Je suis Cade Yeager, celui qui vous a embêté jusqu’ici. J’ai trouvé votre numéro dans les pages blanches.
- Malheur ! Mais la partie est perdue, Cade. J’ai la graine, mes prototypes et je suis loin de vous !
- Non ! Car vous et moi, nous sommes deux ingénieurs, deux inventeurs !
- En fait, non : moi j’ai un diplôme et une société, vous vous êtes un plouc qui a du mal à payer sa ferme, si vous voyez ce que je veux dire. Je paie l’ISF, moi, Monsieur ! J’ai Jean-François Copé dans ma piscine le dimanche !
- On s’en fout, le script dit que cet argument suffit à vous convaincre : sachez que Grosétron est en fait Mégatron et qu’il va vous voler la graine et la faire péter à Hong Kong. Alors filez, et vite !"

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Instantanément, Joshua est convaincu, ce qui sous-entend qu’il vaut mieux ne pas faire de canulars téléphoniques à ce Monsieur de peur qu’ils ne marchent trop bien. Il file chez KSI récupérer la graine et demander à ce que l’on débranche Grosétron, mais aussitôt, celui-ci s’anime… et se met à commander à Stinger et aux 50 prototypes construits par KSI ! Nom d’une pipe, il y a un soulèvement robotique ! Joshua file avec la graine, ce qui déplaît fortement à Attinger, qui lui est si idiot que même en voyant les robots de KSI tenter de tout tuer, continue de se dire, que bon, allez, plutôt que de mettre les voiles, il va rester et tuer aussi bien Joshua, qui l’a trahit, que Cade qui s’approche avec les Autobots et leur vaisseau.

Oui entre "Sauvons nos vies" et "Tuons des gens qui essaient de sauver la Terre quand tout est perdu", Attinger a choisi son camp.

Pourquoi ?

Mais, parce qu’il est méchant bien sûr. Et parce qu’ils pourraient "ruiner sa carrière en révélant ce qu’ils savent !" ; oui, ou alors justement, tu les aides et vous vous faites des bisous.

Et LA tu les butes quand ils ne s’y attendent plus.

C’est quand même pas compliqué.

Enfin. A peine arrivé, le vaisseau Autobot est abattu par les robots de Grosétron et va s’écraser juste à côté de Hong Kong, à côté d’un monument supposé être vaguement plus loin que "juste à côté", mais passons, c’est un peu la signature des Transformers (rappelons que dans le 2, les héros depuis un monument en Jordanie aperçoivent les Grandes Pyramides d’Egypte et traversent la distance qui sépare les deux en courant en moins de 3 minutes).  Cade & co, eux, ont réussi à atterrir en ville avec Grobill et Bumblebee et c’est donc la baston générale.

Bim, bam boum, etc.

Dans l’affaire, Cade & co récupèrent Joshua et la graine, mais l’armée ennemie est trop nombreuse. Ils arrivent cependant quand même à tuer James Savoy, le vilain commandant de la force Vent de Cimetière et bras droit d’Attinger. Quel rebondissement pourri pourrait sauver nos héros ?

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Quelques mois auparavant, dans un bar.

"Les mecs, ont est arrivé à écrire 90% du scénario ! On a mis des robots géants, des explosions et des voitures de sport ! Qu’est-ce qu’on pourrait rajouter ?
- Des puuuuuuuutes… des putaaaaains de puuuuuuuuuuutes !
- John, tu es ivre. Rentre chez toi.
- Je suis pas… bourréééé ! Regarde… je touche mon nez… sous ma jambe… hop ! Tu vois ? Pas bourré ! Ha, merde, j’enverrais bien des SMS à mes ex !
- Ho bon sang. Il est rond comme une queue de pelle.
- J’m’en fous… j’ai plein d’idées… 
- Tais-toi on essaie de travailler !
- Des dinosaures… parce que les dinosaures… c’est cool ! Et des dinosaures mécaniques… géants… qui crachent du feu… montés par des robots géants !
- C’est… c’est complètement con. Je… on doit absolument le mettre !"

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Et c’est ainsi que de son côté, Optimus Prime retourne dans le vaisseau prison crashé pour aller ouvrir des cellules d’où sortent… des Transformers géants ! "Guerriers d’autrefois" qui après une courte baston pour se mettre d’accord, décident de servir Optimus Prime. Les trois se transforment en dinosaures géants (car rappelons qu’ils sont géants, même pour des Transformers),  dont l’un en bestiole volante à deux têtes (typique) et l’autre en T-rex qui crache du feu (normal) et c’est sur ce dernier que grimpe Optimus avant de lancer une charge héroïque sur Hong Kong.

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Si quelqu’un a mieux qu’un scénariste bourré pour expliquer cette image, je suis preneur.

Sachant que les Transformers prennent forme en scannant des objets autour d’eux, je serais curieux de savoir où et quand ils ont scanné un t-rex cracheur de feu, par exemple. Mais bon.

L’armée des méchants est balayée en deux-deux, sauf que voilà : soudain, un vaisseau géant (lui aussi ? Quelqu’un a quelque chose à compenser) apparaît dans le ciel ! C’est Jean-Jacques qui est de retour, car il n’aime pas trop qu’on s’échappe, qu’on lui vole ses prisonniers et un bout de son vaisseau surtout qu’en plus, c’est là qu’il a la boule pour la caravane, alors pour partir en vacances à Pornic, il en a besoin. Après avoir ravagé la moitié de la ville avec un aimant géant (je vous l’avais dit) pour tenter d’attirer les Transformers à lui, Jean-Jacques décide finalement de descendre régler tout cela lui-même lorsqu’Optimus fait exploser le rayon tracteur et que son vaisseau s’écrase.

Un duel s’engage entre Optimus et Jean-Jacques. Pendant la bagarre, Attinger qui passait par là tente de s’en prendre à Cade, mais après avoir trop longtemps parlé genre "Hahaha, je vais te tuer, j’ai gagné !", Optimus parvient à lui coller un gros obus dans le buffet et tue ainsi un humain, le seul qu’il avait juré de tuer pour tous les maux qu’il avait causé aux siens. Puis Optimus reprend son combat contre Jean-Jacques, qu’il gagne grâce à ses gentils alliés humains.

Bon ?

Jean-Jacques est mort, Grosétron-Mégratron s’enfuit dans un coin en criant "Vous avez balayé mon armée mais je me vengerai dans Transformers 5 !", les vaisseaux géants sont crashés et la planète est sauvée… Optimus décide donc de rejoindre ses camarades Autobots d’un coup de jetpack pour… pour…

Héla. Stop !

Comment ça "un jetpack" ? Tu pouvais voler depuis le début du film ? Bon, on va dire que tu pouvais juste faire un petit saut, une fois, et que c’est pour ça que tu ne l’as pas fait avant.

"Mes amis, la Terre est sauvée mais la graine des Créateurs ne doit pas revenir aux humains. Ils me cherchent ? Si je reste avec vous, ils renverront d’autres forces. Je pars donc dans l’espace grâce à mon jetpack pour les rencontrer ! Au revoir ! Et vous Autobots, prenez soin des humains, votre famille !"

Ah oui donc non. Optimus Prime part donc bien vers l’espace avec ce jetpack qu’il avait depuis le début du film, qui lui aurait permis d’aider tout le monde à échapper à Vent de Cimetière au début du film, à fuir Stinger et Grosétron après avoir attaqué KSI, à ne jamais te faire attraper par Jean-Jacques, à éviter de prendre bien des risques, et en fait, Optimus Prime, tu t’es juste bien foutu de la gueule de tout le monde.

C’est donc en regardant ce gros rabouin robotique s’envoler dans l’espace qu’enfin, après 2h45, le spectateurs prêt à se pendre mérite enfin son repos puisque…

… FIN !

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Vous êtes arrivés jusqu’ici en scrollant sans lire ?

C’est très mal, vous savez. Je vous ferais bien les gros yeux, mais je vous méprise trop pour vous accorder cette attention.

En attendant, et comme chaque année, pour ceux qui veulent boire un verre, parler mauvais cinéma, honteuse politique ou autres fascinantes activités, un rendez-vous sur Toulouse devrait se faire mardi 12 août après 18h (pour les travailleurs, tout ça) du côté du centre de Toulouse. Si vous avez un super plan de lieu correct où se poser, n’hésitez pas à m’envoyer un mail. Et pour les autres, tous les détails seront le jour même sur la page Facebook du blog, ou sur la page Twitter qui est non seulement consultable sans compte sauf erreur de ma part, mais au pire, s’affiche sur la droite du blog dans "L’Odieux Connard en ligne." Histoire de savoir dans quel rade exactement trouver votre serviteur en train de tenter d’expliquer  que "chocolatine" n’est pas un mot mais un nom de code pour un complot sataniste, et accessoirement, à quoi vous pourrez le reconnaître (à part à son légendaire charisme de vieux loup).

Et pour les autres, on se sépare sur cette critique professionnelle du film que nous venons de suivre :

Le meilleur film de la saga "Transformers"

4/5 – Cinéma Teaser

Je ne sais pas vous, mais moi, je cherche encore s’il s’agit d’un compliment ou d’une blague.

L’été est un moment merveilleux pour rattraper son retard.

Qu’il s’agisse de lectures abandonnées et reprises à l’occasion d’un jour brûlant, ou d’un bricolage toujours remis à demain enfin achevé, pour certains, c’est l’occasion de voir les blockbusters qu’ils avaient loupés. Ainsi, pour ma part, c’est à la fois l’occasion de me pencher sur les CVs de lectrices en attente, mais aussi sur les plus grandes œuvres de ces derniers mois, à commencer par l’un d’entre eux : Noah. Ou Noé, dans la langue de Molière et de Patrick Sébastien.

Puisque oui : quitte à adapter n’importe quel best seller au cinéma (non, je ne pense pas que j’irai pas voir 50 Shades of Grey, je pense que c’est au-delà de Twilight et de ce qu’un être humain peut supporter), pourquoi ne pas adapter la Bible ? Après tout, ce n’est pas plus bête qu’adapter un Marvel : des héros en pagaille, des super-pouvoirs à foison, des gens qui meurent et ressuscitent dans la foulée pour ne pas décevoir les fans, et bien sûr, des incohérences grosses comme des dinosaures.

Bref ! Il fait chaud, c’est l’été et votre ordinateur fait office de radiateur à côté de votre chaise dégoulinante de sueur, aussi soyons brefs et passons au cœur du sujet : Noah, bateau qui flotte ou étron qui coule ?

Ni une, ni deux, spoilons mes bons !

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L’affiche. Pas une seule explosion ! Voilà qui annonce un film de qualit… attendez, attendez, je crois que le titre suffit à lui seul à annoncer un déluge fécal.

Notre film commence… par un Powerpoint.

Oui, c’est rude. Si quelqu’un a une autre explication quant à cet enchaînement de diapositives digne d’une réunion de la COGIP, je veux bien qu’il m’explique. C’est donc avec une police de caractère immonde et dorée entrecoupée de brèves scènes bruitées à l’aide d’une base de sons gratuits trouvée sur internet (non vraiment, les gens qui ont vu ce film au cinéma ont dû se demander où ils étaient) que l’on rappelle au spectateur quelques étapes importantes du début des temps selon les grandes religions monothéistes.

Au commencement, il n’y avait rien, ce qui était tout de même un peu nul pour s’occuper le dimanche, qui lui-même, n’existait pas soit dit en passant. Ensuite, Dieu créa tout un tas de trucs, dont la Terre, les étoiles et la moutarde à l’ancienne. Puis, Adam et Eve, suite à un pique-nique ayant dégénéré, furent chassés du jardin d’Eden et envoyés sur Terre, comme ça, ça leur ferait les pieds. Ils eurent trois fils : Caïn, Abel et Jean-Jacques. Cain tua Abel lors d’une rixe autour d’une partie de pogs (c’était le début des temps, c’est loin tout ça), puis s’enfuit vers l’Est lointain, où il rencontra des anges déchus, qui comme ils étaient sympas lui proposèrent… de l’aider à fonder une civilisation industrielle ainsi que l’éditeur White Wolf.

Chut. On se concentre et on oublie ce que vous a dit la Madame du catéchisme. Je continue.

Donc disais-je, ne me demandez pas pourquoi mais les anges déchus avaient apparemment très envie de voir naître une civilisation industrielle, probablement à cause d’un goût prononcé pour le steam-punk qui est prétexte à tous les corsets comme chacun sait. Sauf que les cités des descendants de Caïn se multiplièrent. Ne me demandez pas comment, Caïn s’est probablement reproduit en faisant sensuellement l’amour à des ragondins, puisqu’aux dernières nouvelles, ils étaient trois frères et c’est tout et le film n’en dit rien. Bref, zoophilie ou non, les cités de Caïn disais-je, grandirent au point de couvrir toute la surface de la terre et d’en épuiser l’ensemble des ressources et en faire un vaste désert.

Ne restèrent alors plus que les descendants de Jean-Jacques pour protéger la Création…

Et le film (à la fois pré et post-apocalyptique, du coup) débute donc lorsque Noé enfant, dernier descendant de Jean-Jacques, s’apprête à passer le rituel avec son papounet pour devenir un homme. Que dites-vous ? Un seul descendant pour Jean-Jacques là où il y a eu assez de gens par générations chez Caïn pour couvrir la Terre ? Oui, je pense qu’il y en a un qui s’est gardé pour lui le secret des ragondins. Mais bref ! Le dernier des Jean-Jacques est donc avec son papa dans un coin rocailleux, lorsque Papa Noé s’enroule autour du bras une relique : la mue du serpent du jardin d’Eden. Elle se met à briller et pour achever le rituel de passage à l’âge adulte, Papa Noé doit toucher son fils avec, mais au moment où il va le faire, toute une armée accompagnée d’anges déchus (qui sont de gros golems de pierre, pour faire simple) apparaît à 20 mètres de nos héros qui, non, ne les avaient pas remarqués.

C’est ballot. Ils avaient sûrement mis des patins.

A la tête de cette vilaine armée de descendants de Caïn : Tubal (aussi appelé "Tuduku" par ses amis). Celui-ci est bien évidemment très méchant et avide, et il explique à Papa Noé que ça suffit les conneries, la Création, Dieu, tout ça… après tout, dans les villes, on meurt de faim et de soif par manque de ressources et le Créateur n’a rien fait. Tubal donne donc une grosse mandale à Papa Noé en lui expliquant qu’au nom de son peuple et de l’humanité, il prendra tout ce dont il a besoin pour survivre. Il se saisit donc de la relique du serpent du jardin d’Eden, qu’il fait sienne, puis… bute Papa Noé, histoire qu’il arrête ses sermons écolos.

Noé, qui s’est caché, voit donc son père mourir sous ses yeux des mains de Tubal.

Un début de film d’une folle originalité, donc, nous en conviendrons.

Au passage, j’en profite : Tubal explique que ce coin où vivaient les derniers descendants de Jean-Jacques a un sol riche en pierres jaunes magiques qui explosent, une ressource bien connue sur Terre, et que sa civilisation exploite. Appelons cette matière le "Broufanium", puisque "Brouf" est le bruit qu’elle fait quand on la tape et qu’elle explose, permettant ainsi de dégager chaleur et énergie. Non, moi non plus, je ne comprends pas bien ce que ça vient faire dans ce film. J’imagine qu’un scénariste s’est dit que ce serait rigolo de rajouter des trucs. Sa première idée, les sabres lasers, ayant été refusée, il s’est rabattu là-dessus. Pourquoi pas.

Cela étant dit, bondissons dans le temps et allons retrouver bien des années plus tard le jeune Noé qui est désormais devenu un Noé d’âge mûr, un Noé poilu, bref, une sorte de Russel Crowe. Celui-ci vit toujours dans les coins désolés qu’offre désormais la Terre, et fouille le sol désolé à la recherche de nourriture avec ses enfants Sem & Cham lorsque soudain tombe du ciel une goutte d’eau. Et à la seconde où celle-ci touche le sol… pousse une fleur.

Brouf

Ici, Tubal étudie le sol à la recherche de Broufanium. Rappelons que le Broufanium n’a strictement aucun intérêt dans l’histoire, c’est juste comme ça.

Noé sourcille un peu : ce n’est pas banal. Il se demande, si c’est si facile de faire pousser une fleur, si le mec de Jardiland ne l’aurait pas un peu entubé l’autre jour, mais alors qu’il en est tout à ses réflexions, un des derniers animaux de la planète, une sorte de croisement entre un chien et un tatou – pourquoi l’équipe du film a-t-elle dépensé du budget à inventer un animal sans aucune raison, je n’en sais rien – passe devant lui en couinant, blessé. Noé part donc à sa poursuite, car s’il protège la Création toute entière (seul contre tout le reste de l’humanité, rappelons-le), il doit aider les animaux, tous les animaux. Ainsi, même la mouche affamée sait que, comme le spectateur averti, si elle va voir Noé, elle trouvera du caca à volonté. C’est beau l’entraide. En tout cas la bête, qui a été blessée par une flèche, s’arrête au pied d’un rocher et notre héros va l’aider. L’animal, qui a probablement lu le script, n’essaie pas de lui arracher la main et se contente de laisser Noé le triturer avant de mourir parce que bon, c’était un peu tard. Tant pis.

"Hé, vazy bâtard, qu’esse tu fais à not’ miam ?" s’enquiert soudain un brigand derrière Noé.

Le brigand en question est venu accompagné de deux amis, et puisque la nourriture manque, il ne souhaite pas partager la proie qu’il vient de chasser avec Noé le clodo. Il décide donc de le passer à tabac, ce qui est une grosse erreur, car Noé reste avant tout Russel Crowe, qui mouline donc la gueule des margoulins avec aisance, les tuant tous sans distinction. Scène coupée au montage, l’un des brigands qui agonise pose cette question qui brûle les lèvres des spectateurs :

"Ah… Noé… tu es fort… très fort… mais dis-moi, sachant que ton père est mort et que tu vis en ermite, comment as-tu appris à te battre ?
- Je me suis entraîné avec des cailloux. Une fois, j’ai même battu un silex au catch.
- Ho… tout s’explique alors… ce n’est pas du tout incohérent.
- Hé non. Allez, meurs !"

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Pfou ! Un animal mort, trois brigands meulés et une fleur tombée du ciel, allez, la journée a été longue : Noé décide de rentrer à la maison. Car oui, Noé a une maison. Enfin ! Nulle structure en dur : en réalité, lui et sa famille (il a aussi une femme, Naameh, comme dans la phrase "Naameh t’as fini de raconter des conneries ?" et un nouveau-né, Japhet comme dans "Japhet un autre jeu de mot pourri ou ça ira ?") vivent dans des tentes et errent sur la Terre désolée comme de vulgaires clodos à la rechercher d’un Monoprix devant lequel s’installer. Après avoir embrassé femme & enfants, Noé va donc se coucher histoire de se remettre des événements de la journée.

Mais dans ses songes, il a une vision.

Le sol de cendres du monde ravagé dans lequel il erre au quotidien lui colle aux pieds comme de la boue : en réalité, la cendre est devenue sang. Et alors qu’il est encore tout éberlué, voilà qu’il se retrouve sous l’eau. Le monde est recouvert d’eau, et des cadavres montent du fond tout autour de lui en poussant de grands hurlements.

Noé se réveille donc tout en sueur aux côtés de Naameh.

"Chéri ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu digères mal ton bouillon de racines ?
- Non, Naameh. J’ai eu… une vision. Un rêve… de l’eau… de l’eau partout… des gens tout autour de moi.
- Oui ça s’appelle un rêve humide mon choubidou. Moi aussi j’en fais souvent un, on est au Macumba avec tous ces gens autour de moi et soudain, il y a cet énorme videur qui me…
- Non, non, vraiment humide, genre beaucoup, beaucoup d’eau. Le créateur m’a parlé. Il m’a envoyé une vision. Il va… détruire le monde tel que nous le connaissons.
- Tu es sûr ? Peut-être qu’il voulait juste te prévenir qu’il allait pleuvoir et qu’il fallait rentrer le barbecue."

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Mais non, Noé est sûr de son coup : Dieu est en colère et il va nettoyer la Création. Dans son rêve, il a aussi vu une montagne, et il pense que des réponses sont là-bas. Tout le monde prend donc son petit sac à dos et la famille après avoir démonté le camp part à l’aventure en suivant Noé qui doit savoir ce qu’il fait, après tout, il a eu un rêve et en a déduit des trucs sur l’avenir de l’humanité, il ne faudrait surtout pas le remettre en question, les élucubrations oniriques, c’est tout ce qu’il y a de plus crédible. Comme la fois où Noé les avait obligé à se mettre des pneus autour du cou car il avait vu en rêve que c’était le seul moyen d’invoquer Salma Hayek, halala, ils avaient passé six mois comme ça mais il avait fini par être raisonnable. La famille  traverse donc des paysages dévastés pour rappeler que la Terre est dans un sale état : forêts de souches calcinées, plaines aux étangs empoisonnés, ruines de villes, villages et d’exploitations minières… et c’est en traversant l’une d’entre elles que soudain, tout le monde entend gémir.

Une caravane de malheureux a été attaquée ici, et il y a une jeune survivante, Ila (ça a dû être dur à porter à l’école), qui a une blessure au bidou. Heureusement, Naameh connaît bien les remèdes magiques (qui lui a enseigné ? Mystère) et guérit la pauvresse avant de l’emmener. Sauf que voilà : les fripons qui avaient attaqué la caravane n’étaient pas loin, et voyant un nouveau groupe de survivants errer dans les décombres, ils passent à l’attaque. Noé, sa petite famille et la blessée qu’ils transportent cavalcadent donc dans la direction opposée, mais las ! Voilà qu’ils tombent nez-à-nez avec une sorte de frontière dessinée avec des piques et des crânes délimitant un désert encore plus calciné que le reste de la planète. Tant pis, il faut y aller !

Tout le monde s’élance donc à fond les ballons dans la zone dangereuse, quand soudain, un gros tas de pierres s’anime… un ange déchu ! Et s’il fait fuir les brigands, il n’en colle pas moins un gros pain dans la margoulette de Noé, qui tombe inconscient.

A son réveil, Noé et sa famille sont dans un ravin sans issue, et entourés d’anges déchus qui discutent de leur sort. Noé, qui malgré son gros pain de plusieurs tonnes de roches dans la tronche, a le visage impeccable puisque ce film est cohérent à tout point de vue, essaie de les raisonner.

"Anges déchus ! Nous ne vous voulons aucun mal, nous traversons juste vos terres pour nous rendre à la montagne où vit mon grand-père, Mathusalem.
- Un descendant de Mathusalem ? Voilà qui ‘est intéressant. Mais tu es un homme, et les humains nous ont trahi comme ils ont trahis le Créateur ! 
- Non mais attendez, c’est justement votre ancien boss Dieu qui nous envoie.
- Ho l’autre, le vieux bluff ! Restez ici à pourrir, tiens."

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Et les anges abandonnent Noé et sa famille dans le trou en plein cagnard. Flûte !

Notez : les anges déchus croient moins en Dieu que la famille de Noé. Comme quoi.

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Pour bien dire qu’il est gentil, l’un des anges a tout le temps une tête de type qui vient de renverser un lapin kikinou. Là où les autres sont borgnes avec des sourcils de pierre froncés en permanence. Et des voix de méchants, bien sûr.

Abandonnés, désespérés, nos héros sont cependant surpris au beau milieu de la nuit par un ange déchu qui a une tronche de gentil comparé aux autres histoire que le spectateur comprenne bien qu’il ne va pas les transformer en kebab. Celui-ci ordonne à l’équipe de le suivre, et il les aide à s’enfuir du lieu de leur détention, avant de les guider au travers du désert de cendres. Il en profite au passage pour raconter l’histoire des anges déchus. Au commencement des temps, ils étaient faits de lumière et veillaient sur Adam et Eve, même si certains auraient pu parler de "mater comme des cochonous". Lorsque le couple d’humains fut chassé du jardin d’Eden, certains anges désobéirent et filèrent sur Terre pour les guider, aider leur fils Caïn a monter une civilisation qui dépote, etc. Mais Dieu n’ayant guère apprécié cet abandon de poste résilia leur CDI et en plus les changea en pierre, mais ça, c’est principalement parce que ça le faisait marrer.

L’ange explique aussi, lors d’une scène ridicule de flashback, que les fils de Caïn se sont retournés contre eux quand ils n’ont plus eu besoin d’eux (ils se sont dit "Tiens, si on se lançait dans une guerre inutile contre nos alliés géants super forts juste comme ça sans explication ?") et ont commencé à leur tataner la face. On voit donc une armée qui couvre tout à peu près jusqu’à l’horizon (c’est très subtil, ce film est décidément fantastique à tout point de vue) courser les anges déchus, et soudain arriver le dernier allié des golems, Mathusalem, qui s’est trouvé une armure on ne sait où, et surtout, une épée de feu probablement trouvé sous une ortie. Et lorsqu’il la plante dans le sol, puisqu’il est seul contre environ 17 milliards de guerriers, une tempête de feu tue toute l’armée ennemie. C’est ça, le sol tout calciné dans le coin : c’est le champ de bataille.

C’est bête qu’avec une telle puissance, Mathusalem n’ait pas pensé à guider l’humanité plutôt qu’à se contenter de cramer des gens, comme ça, pouf, avant de retourner ne rien faire.

Mais bon, hein, c’est vrai que "Protéger la Création" se limite sûrement à tuer des gens à des moments précis.

Allez, on s’essuie les yeux et on poursuit.

En tout cas, le récit est certes fascinant, mais il n’en est pas moins qu’ainsi guidés et escortés, nos héros arrivent promptement au pied de la dernière montagne verte de la Terre, où vit Mathusalem, grand-père de Noé. Nono emmène donc son aîné Cham avec lui et tous deux grimpent sur la montagne jusqu’à arriver dans une grotte au fond de laquelle vit un vieillard encore vif : Mathusalem.

"Aaaah, ben c’est gentil de venir rendre visite à Papy ! Avec la canicule, ça fait plaisir.
- Bonjour Mathusalem. Je te présente mon fils aîné : Cham. 
- Hooo ben viens t’asseoir à côté de ton grand-Papy. Alors, qu’est-ce que tu racontes ? Ça va l’école ? Tu as une copine ? Tu t’amuses bien avec tes amis ?
- Tout le monde est mort, Papy.
- Ah oui, tiens, c’est vrai ça. Bon, sinon, qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?
- Les baies.
- Hm, c’est vrai que c’est bon, les baies ! Mais tu dois être fatigué de ton long voyage ? Laisse-moi te faire la prise de Monsieur Spock.
- La ? Mais qu’est-ce que… zzzzzzzzzzzz…"

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Et en effet : d’une simple imposition du pouce sur le front de Cham, celui-ci s’endort profondément. Autant vous dire que derrière, quand Mathusalem sert un thé à Noé pour discuter en paix, notre héros regarde le breuvage si fort qu’on l’entend presque penser "La vache ! Je suis sûr que le vieux avait du GHB sur le pouce pour faire ce coup là !". En tout cas, Mathusalem explique à Noé qu’il sait pourquoi il vient : son propre père lui avait dit qu’un jour, cela arriverait car Dieu voudrait arrêter les humains et leurs conneries s’ils continuaient. Noé explique donc que c’est bien ce pourquoi il vient, mais qu’il n’y a plus aucune chance d’arrêter le processus : Dieu va noyer la Création.

Notons que Dieu est joueur : il a attendu que l’humanité s’anéantisse elle-même dans sa propre apocalypse pour l’anéantir à son tour. C’est vrai que c’est très utile, puisque techniquement, ça veut dire que le bougre n’intervient que lorsqu’il est déjà trop tard. Utile.

Noé n’avait cependant peut-être pas tort de se méfier du thé de Papy : Mathusalem lui explique que Dieu l’a envoyé ici pour une raison… peut-être pour trouver plus de réponses dans ses visions ? Ce pourquoi Papy a mis a peu près 35 moles de benzodiazépine dans son thé, ce qui explose les pupilles de Noé qui à nouveau, a une vision. Il se retrouve encore une fois sous l’eau, entouré de cadavres, sauf que cette fois, des animaux jaillissent d’entre eux et nagent vers la surface, où flotte un énorme navire à fond plat…

Et Noé ouvre les yeux

Il partage donc ce qu’il a vu avec Mathusalem.

"Mathusalem, Dieu va rayer l’humanité de la carte. Mais aussi sauver les animaux, qui sont tous innocents et gentils.
- Même les chats et les caniches nains ?
- Mmmgn… mmmm…. mgnnnnn… même chats et les les caniches nains. La vache, ça pique la langue rien qu’à le dire.
- Très bien. Et quel est le plan du Créateur ?
- Il veut tout effacer et tout recommencer. Il me confie une mission. Construire une arche pour sauver les animaux et ainsi recommencer le monde après le déluge.
- Une arche ? Toi ? On parle bien du mec qui a vécu toute sa vie sur une planète dévastée à gratter le sol pour sucer des cailloux et n’a donc jamais vu la mer ou le moindre bout de bois correct ?
- C’est ça.
- Ah ben, ça va être pratique alors. Si tu arrives à faire un radeau et à sauver deux chèvres, ça sera déjà bien.
- Et encore Papy, tu n’as pas vu le bateau de ma vision : on dirait une sorte de croisement entre une péniche et l’USS Yorktown CS-5. Je pense que Dieu veut se faire un revival de la bataille de Midway."

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Pour avoir une idée : voici l’arche. Moi, j’y vois un porte avion. Pour d’autres, c’est un vieux quai. Mais en tout cas, pour personne, ce n’est un bateau crédible.

Noé retourne donc au pied de la montagne expliquer à sa famille ce qu’il en est de sa nouvelle mission (qui là encore, lui dit "Okay, très bien" sans souci), et il en profite pour emporter avec un lui cadeau de Mathusalem, à savoir une graine du jardin d’Eden, qu’il s’empresse donc de planter dans la cendre histoire de voir si comme pour les patates, ça donne un résultat intéressant. Et en effet, dès le lendemain, alors que des anges déchus les ont retrouvés et sont en train d’engueuler leur frère qui avait guidé les humains loin de leur prison du désert, là où il y avait la graine jaillit… de l’eau (juste avant qu’un ange déchu ne tabasse Noé et ne s’arrête donc net ; Dieu a un grand sens de la mise en scène hollywoodienne). Qui ruisselle sur la cendre dans toutes les directions, et de l’herbe se met à pousser, puis des arbres à toute vitesse puis l’eau s’étend dans toutes les directions en ruisseaux glougloutants  et Noé ainsi que les anges déchus se retrouvent bientôt au milieu d’une merveilleuse et verdoyante forêt.

C’est bête quand même : depuis des plombes, Mathusalem avait avec lui une graine capable de sauver toute la Création (sa mission, je le rappelle), mais il a oublié de l’utiliser. C’est ballot.

Encore une fois, scénariste, n’oublie pas la règle de base : si tu donnes à un personnage un grand pouvoir, il serait bien con de ne pas s’en servir.

Mais visiblement, on t’a filé une bien grande responsabilité, et tu as été trop con pour la porter.

En tout cas, cela suffit à convaincre les anges déchus d’aider Noé dans sa tâche, puisqu’une pareille magie ne peut être qu’acte du Créateur et non de Gérard Majax. Et comme les anges déchus, abandonnés par les hommes, regrettent leurs erreurs et veulent à nouveau servir Dieu, ils s’empressent de l’aider à monter l’arche, pusqu’il s’avère qu’ils sont tous un BTS charpenterie et que l’un d’entre eux a même fait un stage au chantier naval de Saint-Nazaire en 3e.

Il n’empêche, niveau miracles, c’est moyen : les mecs ont besoin d’une arche, Dieu leur envoie une forêt. L’arche, directement, aurait- peut-être été vaguement plus pratique, mais bon, hein. Dieu, c’est un peu la version céleste des édition Delprado. Le numéro 1, le plan de l’arche, le DVD et l’écoutille ouest, 1€, le numéro suivant est à 12€. Scandaleux.

Les années passent et la construction de l’arche, aidée par les anges déchus et le bullshit biblico-scénaristique progresse à toute allure. Les enfants ont grandi, et la réfugiée qui avait mal au ventrou, Ila, est devenue Emma Watson pour le plus grand plaisir des nerds et de Cham, qui aime courir avec elle dans la forêt pour lui faire des bisous. Mais dès que Cham, qui est un peu chaud comme la braise, envisage un passage dans lequel on se met des trucs dans les machins, Ila refuse catégoriquement.

Car Ila, qui a sûrement passé son diplôme de médecine à l’école des noisettes et fabriqué de quoi se faire passer une échographie seule à partir d’un bâton, d’un écureuil et de 15 mètres de liane, sait que depuis sa blessure au bidou elle ne pourra pas donner d’enfant. Alors, à quoi bon baisouiller si ce n’est pour se reproduire ?

Je laisse à chacun le soin de choisir une réponse parmi les plusieurs millions de possible. Ila, elle, ne trouve pas. Vous pouvez être sûr qu’au Trivial Pursuit, je ne la prendrai pas dans mon équipe. Enfin, dans tous les cas Ila va pleurer auprès de Naameh de son triste sort, et celle-ci lui dit de ne pas trop s’inquiéter, et puis que bon, Dieu a tout cela bien en main. Pour ma part, j’espère que Cham aussi parce que sinon, le garçon est parti pour avoir de sérieuses douleurs testiculaires.

Blagues grivoises mises à part, sur ces entrefaites, un oiseau apparaît au-dessus de la forêt. Puis deux. Puis douze. Puis cent cinquante mille.

"On va se faire bombarder de merdes !" devraient hurler nos héros en rentrant immédiatement la Punto fraîchement lavée au garage, mais nenni. Les oiseaux trouvent leur chemin dans l’arche, et figurez-vous que non seulement il y a de la place pour tout le monde, mais ils ont même des couchettes. Des couchettes avec des rideaux. Non, je n’invente pas : c’est juste dramatiquement nul. J’imagine bien l’urgence qu’il y avait à aménager cela. Et comme pour les voyages en avion, Naameh a tout prévu : elle a inventé la seule décoction de la terre qui envoie des émanations qui endorment tous les animaux de la Terre sauf les humains. Les enfants de Noé passent donc près des couchettes avec de simili-encensoirs et endorment donc tous les volatiles qui vont probablement se réveiller avec de sérieuses courbatures.

Hélas, cette intervention divine à base d’oiseaux n’est pas suffisante pour nous faire quitter les sujets slipesques puisque bien vite, le second fils de Noé, Sem, vient poser des questions.

"Papa…
- Oui mon fils ?
- Papa, comment… comment on fait les bébés ?
- Tu sais comment on fait une connerie ?
- Par accident ?
- Bah voilà t’as tout compris. Allez, dégage, je bosse."

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Mais malgré le rude langage de son père, Sem insiste un peu.

"Papa, pourquoi il n’y a que Cham qui a une meuf ?
- C’est ainsi.
- Oui mais s’il y a le déluge… alors il sera le seul à avoir une femme ! Et moi alors ?
- Si le Créateur veut que tu aies une femme, il t’en fournira une. Vois comme il nous a donné une forêt ! Vois comme il a guidé les oiseaux !"

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Pour les commentaires sexistes, pas besoin de se forcer : le film fait tout. Oui, toi, femme, tu ne le sais pas, mais tu es en fait juste un accessoire que Dieu envoie à droite ou à gauche en fonction de ses commandes Amazon. Et donc, quand quelqu’un agit bien, en récompense, Dieu lui file une nana. Et s’il agit mal, Dieu lui en file deux.

Ou un truc du genre. Rah, je m’y perds, avec ce film.

Je ne comprends même pas comment qui que ce soit a pu lire le scénario de cette daube passé la première page. C’est fou, quand même.

Peu de temps après cette conversation, d’autres animaux arrivent, là encore, en groupe : les reptiles. Et ils vont tous à la même vitesse. Le film ne nous parlera pas du groupe d’animaux qui comprenait l’escargot, qui a dû en chier pour arriver jusqu’à l’arche, ou encore du sauvetage du manchot, qui a dû avoir quelques difficultés à rejoindre cette forêt luxuriante et quasi-tropicale. Enfin bon, hein. On va dire qu’ils ont pris un taxi. En tout cas, l’arche se remplit peu à peu, et à chaque fois, les animaux sont endormis grâce aux pouvoirs mystérieux des préparations de Naameh, qui j’insiste, font dormir jusqu’aux éléphants, mais pas les gentils humains. Soit.

Sauf qu’un jour que Sem se promène dans les bois, il tombe soudain sur un groupe armé… mené par le terrible Tubal !

Celui-ci se présente comme le roi de la région, et il estime donc que cette forêt lui appartient. Il se fait guider jusqu’au camp de Noé par Sem, et sur place, demande ce que c’est que cette curieuse place forte au milieu des bois qui devrait lui revenir de droit. Mais Noé ne l’entend pas ainsi : il se présente donc à son tour comme le descendant de Jean-Jacques de la "huitième génération" (vu qu’entre temps les humains de Caïn ont peuplé la Terre et ont eu le temps de la détruire en plus d’être en surpopulation, ils sont rapides les pépères, même les lapins doivent être jaloux ; avant le déluge, Dieu aurait juste dû envoyer la myxomatose), et informe donc Tubal que oui, il a tué son père et qu’il lui en veut un peu. Tubal se propose donc de tuer Noé et de prendre de force cette forteresse qui est en fait une arche aux dires de son constructeur, lorsque ce que Tubal prenait pour des tas de pierre s’anime : les anges déchus sont du côté de Noé !

L’armée de Tubal panique donc un peu et se replie sans même combattre. Mais Tubal jure vengeance, et qu’il reviendra prendre ce qui lui revient. Surtout quand Noé lui dit bien que le Créateur va tout raser bientôt, et que seule l’arche y survivra. Le méchant leader se retire donc dans les bois où, équipé de son masque de soudeur (si, si, ils ont osé), il commence à forger des armes et à essayer de réunir une grande armée on ne sait comment pour aller distribuer des claques aux anges déchus et s’emparer de l’arche.

Forge

Je vous laisse admirer. Ho, vous avez remarqué, aussi, la forge en dur derrière ? Sûrement fabriquée à l’aide de tout ce métal que l’on trouve dans la forêt. Mais si. Siii. Sous les feuilles. Allez !

Ah, si seulement habitait dans le coin un type disposant d’une épée de feu pouvant vaincre une armée en quelques secondes… pfou.

Les derniers animaux arrivent eux jusqu’à l’arche, même si désormais, pour cela, ils doivent traverser le camp des vilains. Du coup, une paire passe à la poêle et ne sera jamais sauvée, probablement que c’est ainsi que le film justifie l’extinction des dinosaures, ainsi que l’absence des licornes, dragons et critiques de cinéma professionnels talentueux de notre monde : Tubal les a mangés.

L’arche remplie, le déluge ne devrait plus tarder. Avant de partir, Noé tente bien de s’infiltrer dans le camp de Tubal, désormais gigantesque, pour voir s’il ne pourrait pas piquer une fille ou deux pour ses fils, mais la mission est un échec et il se replie en voyant que le camp des méchants est vraiment trop plein de méchants qui tuent et violent pour un oui ou pour un non. Devant cet échec à lui ramener de quoi soulager son adolescence bouillonnante, Sem part dans les bois infiltrer le camp à son tour. Et en s’égarant au fond d’une fosse où les gens du camp jettent leurs morts, Sem tombe bien naturellement sur une jeune fille de son âge tout à fait attirante, maquillée et tout ce que vous voulez, puisque c’est connu, les filles adorent se promener dans les fosses communes.

Autre option mon petit Sem : ils l’ont balancée là parce qu’elle contenait plus de MST que le dictionnaire médical.

Mais bon, je m’égare : trop heureux d’avoir trouvée une louloute, Sem la ramènerait bien à la maison. Il tente donc de s’évader avec elle, hélas, c’est au même moment que la pluie commence à tomber. Et donc que l’armée de Tubal sent qu’il faut se dépêcher de se mettre en route pour l’arche ! Tout le monde part donc à l’assaut, et Sem et sa donzelle, fuyant à en perdre haleine, sont soudain arrêtés par un piège que les hommes de Tubal avaient posé dans les bois. La jeune femme, le pied dans le piège, ne peut s’en tirer, et Sem ne doit son salut qu’à son père, parti à sa recherche, qui le tire de ce mauvais pas… mais abandonne la fille derrière lui.

Celle-ci meurt donc piétinée par l’armée des vilains. Ah oui ? Bon.

A peu près au même moment que ces événements, il s’est passé bien des choses ailleurs ! Car Naameh ayant entendu la douleur d’Ila qui ne peut avoir d’enfants file donc sur la montagne magique trouver Mathusalem et lui explique son souci. Mathusalem disposant de supers pouvoirs, il descend donc et au prétexte de chercher des baies au fond des bois, se met sur la route d’Ila. Et d’un simple passage de la main sur la bidou, il la rend fertile comme un champ de betteraves.

Et visiblement, chaude comme un moteur deTwingo sur autoroute car dans la foulée, Ila court sur Cham et lui arrache les vêtements pour lui faire sauvagement l’amour.

Décidément, niveau drogue du viol, Mathusalem en connaissant un rayon. A mon avis, il y en a un, il n’y a pas que son épée qui était enflammée et…

Ah oui, on est au ras des pâquerettes, j’en conviens. Mais je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce film passe son temps à être rythmé par des scènes où les hommes veulent de la nana et les nanas coucher avec leurs hommes (mais pour se reproduire, hein). Plus que le déluge, c’est surtout de bromure que la plupart des protagonistes ont besoin, mais passons.

En tout cas, au final, tout le monde se retrouve du côté de l’arche. Cham et Ila qui ont des sourires idiots, Naameh et Japhet dont plus personne ne se souvenait qu’il existait encore dans le film, Noé et Sem qui lui fait la gueule parce que son père n’a pas sauvé la jeune femme qu’il s’était trouvé… et toute l’armée de Tubal, au pied de l’arche, qui en prendrait bien le contrôle alors que la pluie tombe désormais à seaux. Et entre eux, les anges déchus qui ne tiennent pas à ce que l’on s’approche de l’arche. Et qui tendent entre eux des chaînes pour… pour…

Ah oui, vous ai-je parlé du fait que Noé & co travaillaient avec des outils en métal ? Ils ont même eu le temps de fabriquer des chaînes, vous voyez. C’est dire si, comme l’arche, c’était facile à faire, ils ont décidé de prendre le temps d’ouvrir une mine de fer, de le raffiner, de le forger, etc. Bravo, Noé. Décidément, pour un mec qui vivait en mangeant des racines dans un désert de cailloux, tu sais en faire, des trucs. Sûrement qu’un vieux caillou avait un long passé de forgeron et qu’il a partagé sa sagesse avec toi sous les étoiles. Les cailloux t’ont tant appris.

L’armée de Caïn se retrouve donc avec des anges déchus, géants de pierre qui tendent des chaînes entre eux pour empêcher l’ennemi de passer.  Ce qui est ballot sachant qu’ils forment juste une ligne devant l’arche : il suffit de faire le tour pour passer. Mais ça, évidemment, personne n’y pense à part les spectateurs qui hurlent de douleur devant une bouse pareille et tous les vilains se jettent comme des gros débiles sur les golems, qui leur mettent une raclée. Du moins, jusqu’à ce qu’arrive Tubal en personne, dont la civilisation a inventé l’increvable tôle ondulée dont ils se servent en guise de boucliers, et Tubal, planqué derrière cette protection, utilise du Broufanium dans un tube pour inventer… l’arme à feu ! Bien vite, les projectiles font mal aux géants de pierre, qui l’un après l’autre, reculent et s’effondrent sous les assauts des innombrables humains. Qui les tuent à la lance juste pour dire qu’en fait, ils n’avaient pas besoin du Broufanium pour les vaincre et que c’est un énième ajout ridicule de principe.

Ce faisant, les anges de pierre explosent et découvrent, heureux, qu’en mourant pour Noé, ils reprennent leur forme d’ange de lumière et montent au paradis.

Je vous la traduis : tant que les anges vivaient pour aider les autres, ils pouvaient bien crever comme des merdes, mais maintenant qu’ils tuent des humains pour Dieu, ils ont bien mérité le paradis.

Mmm. Je sens comme une morale subtile derrière tout cela. Je crois que même Al-Qaida a du mal à s’aligner, là.

Boum

On peut aussi la formuler comme ça : "Si tu exploses au milieu de tes ennemis, tu vas au paradis". C’est rigolo, ça me rappelle un truc.

L’explosion de l’un des anges jette Tubal à terre et le blesse à la jambe, mais hardi petit, celui-ci parvient à passer les derniers anges déchus et constate que sur le bord de l’arche, il y a un échafaudage lui permettant de monter le long du navire discrètement, ce qu’il fait. Grand bien lui en prend, car au même moment, Dieu qui s’est dit qu’en fait, avec la pluie, ça allait prendre longtemps cette affaire fait jaillir du sol des geysers d’eau, puis à l’horizon, un tsunami vient tout balayer, y compris Mathusalem qui plutôt qu’aider Noé, continuait à chercher des baies et en trouve une juste avant de mourir balayé par les eaux, tout content de manger avant de mourir.

C’est vraiment, vraiment, vraiment complètement nul.

A l’intérieur de l’arche, Sem, qui avait un peu une tête de traître depuis le début du film entend un bruit bizarre : en moins d’une minute, Tubal a réussi à créer un trou assez gros pour lui au-dessus de la ligne de flottaison et se glisse dans l’arche sous les yeux de Sem. Sem qui l’accueille puisque comme il en veut à son père, les ennemis de son ennemi sont ses amis. Hop, trahison. Sans compter qu’une fois que l’arche est soulevée par les eaux (et oui, elle résiste à un tsunami sans problème, merci, on va parler de miracle) et qu’elle se met à flotter, l’ambiance à bord est un peu pourrie : on entend les hurlements à l’extérieur de derniers humains abrités au sommet de montagnes que croisent nos héros. Et Noé est inflexible : Dieu n’a pas demandé à sauver qui que ce soit, donc il ne prendra personne à bord à part sa famille.

Ila, c’est pas le moment de dire à Cham que tu aimerais le plaquer pour reprendre des études et avoir une carrière.

Pour réchauffer l’atmosphère, Noé allume un feu à l’aide de Broufanium dans la célèbre cheminée de l’arche (tout en fer, en plus, ils ont vraiment dû bien l’exploiter leur mine) et raconte à sa famille une énième fois la création du monde lors d’une séquence où l’équipe du film tente de mêler subtilement divin & évolution. Et il explique que Dieu est surpuissant et le contredire, c’est risquer, je ne sais pas moi, un déluge ? Il précise aussi que voilà, si Dieu n’a pas voulu qu’ils aient de nana en rab’ à bord et que la seule, Ila, n’est pas supposée pouvoir faire d’enfant, c’est que Dieu veut l’extinction de l’espèce.

"Ainsi, Sem, tu enterreras ton aîné Cham près de sa femme Ila. Puis, Japhet, à ton tour, tu enterreras Sem. Et tu seras le dernier homme sur Terre. 
- Et personne ne m’enterrera ? Sympa, merci. Super les copains.
- Allons, ne sois pas aigri. Pas plus que toi, Sem, je sais que tu m’en veux.
- Non, tu as juste laissé crever ma nouvelle copine.
- C’est que Dieu le voulait.
- Ah oui ? Et alors quel est le projet de Dieu pour moi ?
- Allons Sem. Nous sommes dans une arche.
- Et ?
- As-tu vu tous les animaux ?
- Oui, et ?
- Es-tu sûr ?
- Ben oui.
- Alors peux-tu me dire où l’on a rangé les tiques, la gale, les poux et les morbacs ?
- Hein ? Bé c’est vrai que maintenant que tu en parles, je ne me souviens pas de… de… attends ?
- Oui, mon fils : il fallait bien un hôte pour tous les parasites de merde. Dieu t’a choisi ! Tu en as de la chance !
- J’en ai marre ! C’est toujours sur moi que ça tombe ! C’est ça que ça gratte depuis des jours ! J’m’en fous, j’vais dans ma chambre et j’deviens bouddhiste !
- JE T’INTERDIS DE FAIRE CA !"

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Vexé comme un pou (hoho), Sem retourne donc dans un coin de l’arche où personne n’a remarqué que Tubal attendait son heure. Le vieux guerrier bouffe des animaux discrètement (tant pis pour eux ! Adieu, la reproduction !) et les partage avec Sem pour lui faire accepter sa vision de l’humanité : tuer ou être tué. L’important c’est la survie, et l’accomplissement des choses par soi-même, pas les projets de Dieu. Et il compte bien tuer Noé qui est en travers de sa route pour rebâtir un nouveau monde avec cette idée de méchant qui est que l’être humain peut vivre sans Dieu.

Noé ne manque pas d’ennemis à bord, principalement parce qu’il est un peu con. Après ne pas avoir remarqué un type en armure blessé dans un coin de son rafiot, voilà qu’Ila vient lui apprendre qu’elle est miraculeusement enceinte ! Noé en devient tout colère au lieu de se réjouir : il sent que les supers pouvoirs de Mathusalem ont quelque chose à voir avec cela. Il se met donc à gueuler que cela s’oppose au plan de Dieu et qu’Ila risque de permettre à l’humanité de se reproduire au lieu de disparaître. Il annonce donc clairement la couleur :

  • Si l’enfant est un garçon, il vivra.
  • Si l’enfant est une fille, elle mourra puisqu’elle pourrait porter la vie et risquer de repeupler la Terre.

D’accord, donc c’est pour empêcher la présence d’une femme fertile, soit, mais sinon, mec, une femme fertile, tu n’en aurais pas justement une, enceinte, juste en face de toi ? Mais non, Noé n’y pense pas. Il a dû oublier lui-même comment il avait fait plusieurs enfants (et il devait d’ailleurs être le premier de sa lignée puisque le film explique bien que Noé est le dernier de la lignée de Jean-Jacques).  L’annonce étant cependant faite, les mois s’écoulent à bord dans la grosse ambiance que l’on peut imaginer, à jouer au rami en silence. Utilisant du bois venu d’on ne sait où, Cham et Ila bricolent un radeau pour échapper à Noé et sa colère. Mais le jour du lancement, Noé fabrique une grenade au Broufanium et la balance sur le radeau avant qu’ils n’y montent. Le frêle esquif brûle donc et emmène au fond de l’océan toutes les malles qui y étaient entreposées.

Parce que oui, ils avaient des malles tout ce qu’il y a de plus moderne. Mais après tout, quand on rate son film, on peut rater ses accessoires sans souci, n’est-ce pas ? Après l’histoire du masque de soudeur, plus rien ne m’étonne.

Radeau

Le radeau en train de brûler avec ses malles. A noter que sachant que c’était une famille de clodos, je serais curieux de savoir ce qu’il y a à dans les malles en question. Mais sinon, les spectateurs n’auraient sûrement pas compris.

Sauf que toute cette agitation déclenche l’accouchement d’Ila. Et que du coup, le film s’accélère brutalement (il était temps cela dit) : l’arche qui naviguait sans but s’échoue soudain au sommet d’une montagne, Tubal, guéri, décide avec Sem de passer à l’attaque, quant à Cham, après avoir appris qu’Ila avait accouché (en 5 minutes chrono, bravo madame ! Vous êtes une femme toboggan) de non pas une, mais de deux filles, il décide aussi d’aller tuer son père avant qu’il ne tue ses enfants. Quant à Japhet, tout le monde s’en fout, vous l’imaginez bien, puisque vous aussi.

Plutôt que de vous décrire le combat, je vous en donne les éléments : gentil + méchant + lieu quasi-désert + armes qui glissent au sol.

Du jamais vu, n’est-ce pas ? Ça valait le coup de faire presque une heure de film dans l’arche à base de dialogues chiants pour arriver à pareil sommet.

Tubal, qui se révèle être le chef de guerre le plus pourri du monde ("Hohoho, j’attends Noé dans l’ombre avec un couteau et une masse… tiens, si je lui sautais dessus pour lui faire des brûlures indiennes en fait ?") est tellement naze qu’il finit tué par son propre allié, Sem, qui sauve son papounet d’un bon coup de couteau. Cela étant dit, Noé est toujours un peu grognon au sujet des deux filles qu’Ila vient d’avoir, et monte donc sur le pont pour buter les bambins.

Sa femme tente bien de le raisonner d’un "Tu dis toujours que Dieu pourvoit à tous nos besoins : deux de nos fils n’ont pas de femmes et il donne à Ila deux filles !"

Ah ouais. Bonne ambiance. Donc le plan, si je comprends bien, c’est de dire aux deux grands dadets de Sem et Japhet "Voilà vos nièces ! Vous attendez 15-16 ans histoire que ça soit pas trop sale, et vous leur faites des gosses." Non mais on n’est pas chez Christine Boutin, ici ! Pas en famille que diable ! Ou alors, vous allez repeupler la planète avec un tel niveau de consanguinité qu’au bout d’une ou deux générations, elle ressemblera au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine. Brrrr.

Noé, en tout cas, est grognon un moment, mais en voyant les enfants, il les trouve trop kikinou et se refuse à les transformer en brochettes.

Le niveau des eaux redescend donc, et peu à peu, des terres fertiles se découvrent. Les animaux partent les repeupler (et tant pis pour ceux qui vivaient aux pôles et doivent faire la route par leurs propres moyens) en prenant soin de ne pas se bouffer entre eux avant de s’être un minimum reproduits (les lions et autres carnivores prennent donc des coupes faim durant quelques années et deviennent anorexiques pour certains, leur ouvrant ainsi une grande carrière dans la mode), la famille de Noé commence à bâtir des maisons, et Noé lui-même va vivre dans une grotte et se saoule la gueule à partir de raisin qu’il a trouvé sur une plage (endroit typique où le raison pousse comme chacun sait). Il peut donc reprendre sa vie de clodo et brailler des chansons paillardes à tue-tête du soir au matin.

Le reste de sa famille fait donc sa petite vie dans son coin. Sem finit cependant par se barrer parce que bon, c’est pas tout ça, mais lui, il est toujours un peu sur la béquille et il en veut toujours à son père. Il abandonne derrière lui la peau de serpent qu’il avait reprise à Tubal. Et quand tout le reste de la famille s’exclame "Allez Noé, reviens, tu as tenté de buter nos enfants mais on t’aime bien quand même !" Noé revient, est accepté par les siens, reprend la fameuse peau de serpent et commence le rituel qui lui, de son temps, avait été interrompu pour confier à ses petites filles la responsabilité, un jour, de prendre soin avec leur descendance de la Création.

Et… FIN !

Attendez, c’était vraiment un film ? Ce n’était pas juste une blague ?

Noéclodo

J’ai failli oublier de vous montrer Noé le clodo dans sa grotte : là, pour vous montrer qu’il boit beaucoup, ils lui ont filé des dizaines de pichets en bois vide au lieu des traditionnelles bouteilles. C’est vrai, on imagine bien Noé se fabriquer un pichet à chaque fois avant de le balancer.

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Si je résume ce que je viens de voir, ce film conte l’histoire d’une bande d’obsédés sexuels qui de dépit et après la plus grande douche froide du monde, décide de s’enfermer avec des animaux loin de tout.

J’envoie immédiatement un mail à la légion étrangère pour plagiat.

"Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !"

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

"Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors."

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Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

"Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ?"

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La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : "The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !"

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés "Mimics" ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est "très déçu". Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

"Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion."

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Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

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"Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir."

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

"Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez…"

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Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire "ange de Verdun", qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

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"Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai !"

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : "Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty." mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme "Mega_Knight81" ou "[TACOS]RoXoR" : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : "Venez me trouver quand vous vous réveillerez !" avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

"Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit "Venez me parler à votre réveil", parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi !"

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier "réveil", une grosse bête bleue.

"Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette !" s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

"Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement "la marmotte". Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final."

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La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil "Debout les campeurs et haut les cœurs !" qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

"Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème."

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Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

"Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur !"

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Vous en voulez encore ?

"Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose."

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Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

"On a qu’à rester avec l’invasion !" déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

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Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant "Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse !"

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame "Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse !" et Bill de lui répondre d’un ton blasé "Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse." Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement "Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle" ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

"Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !"

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

"Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie !"

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La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

"Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !"

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

"Quel est le fuck ?" s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

"Debout les campeurs, et haut les cœurs !"

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

"Bah il y a bien le transpondeur !" explique tranquillement le docteur Carter. "C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga."

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

"Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ?"

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Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

"Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay."

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Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

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Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

"Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça !"

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Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

"Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !"

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

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On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

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"Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !"

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

"Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer."

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

"Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ?"

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Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

"Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ?"

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Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

"J’en suis sûr", lui dis-je tranquillement. "Aucune boucle temporelle." Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

"Vous avez juste une vie de merde", conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

Il existe bien des manières de rater un film.

La première est bien évidemment d’y faire tourner Nicolas Cage une veille de date limite pour rendre sa feuille d’impôt. Mais il en existe bien d’autres, qui ont déjà été expliquées sur ce blog. Or, l’art de la pédagogie étant celui de la répétition, revenons sur une règle simple, dite règle de l’Odieux Connard, à savoir que pour rater un film, il existe trois éléments incroyablement compliqués à gérer qui à moins d’y prêter une attention particulière, sont une garantie certaine de ratage. Il s’agit :

  • de Dieu
  • de la grosse magie/des übers pouvoirs
  • des voyages dans le temps

On pourrait croire que ce n’est pas si compliqué que ça, sauf qu’en fait, à partir du moment où vous avez soit des pouvoirs tellement puissants qu’ils peuvent régler tous les problèmes, soit la capacité de les régler avant même qu’ils n’arrivent, le film n’a que peu de chance de durer. Sauf si A) il est incroyablement bien maîtrisé et écrit ou B) c’est une merde assumée, faire un truc cohérent, c’est fatiguant et tout le monde s’en fout.

Et puisque nous parlons généralement d’Hollywood, je vous laisse donc deviner de la solution qui l’emporte.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le prochain X-Men parlerait de gens avec des übers-pouvoirs voyageant dans le temps, vous imaginez bien que j’ai eu des étoiles dans les yeux, principalement lorsque j’ai tenté de me poncer les rétines. Aussi, je vous propose de ne pas en dire plus : alors, X-Men : Days of future past, brillante réussite ou blockbuster au script tenant à peu près autant debout que le professeur Xavier ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des robots volants, des éclairs et des gens tout bleu, M. l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Notre film s’ouvre quelque part dans le futur, et plus précisément du côté de la riante bourgade de New York. Hélas, celle-ci est justement un poil moins riante qu’on ne pourrait le penser de prime abord, voire fait carrément la gueule : en effet, elle est diablement en ruines. C’est donc au milieu des immeubles éventrés et des rues transformées en champ de bataille de cet univers désespéré où les Starbucks ont disparu (les hipsters sont donc probablement morts de désespoir) que nous découvrons de braves gens un peu grognons qui circulent au sein d’un gigantesque camp de prisonniers futuriste (comprendre : les barbelés sont des barbelés laser qui chatoient. J’en connais qui doivent avoir une grosse facture EDF). La voix off d’un certain professeur Xavier nous explique donc de quoi il retourne : dans le futur, les humains sont en guerre ouverte avec les mutants. Ces derniers sont pourchassés et enfermés, tout comme les humains qui essaient de les aider, parce que dans le futur, on aime pas trop ces mutants qui volent le pain des braves humains et restent chez eux à rien branler en profitant du RSA, ma bonne dame.

Heureusement, telle une flamme dans la nuit (ou la lumière de votre portable sous la couette, j’adapte mes figures de style à mon jeune public), la résistance existe encore. Allons donc la voir !

C’est donc du côté de Moscou, car on voyage dans ce film, que nous retrouvons dans les souterrains une équipe de mutants qui… fait des trucs de mutants ? Bon, on ne sait pas bien ce qu’ils font là, mais ils ont l’air très préoccupés. Cela dit, il serait probablement bon de les présenter, voici donc leur équipe :

  • Shadowcat – pouvoir : peut traverser les murs
  • Iceberg – pouvoir : peut faire de la glace
  • Solar – pouvoir : peut faire du feu et du rap
  • Joe l’Indien – pouvoir : peut détecter les méchants qui approchent et ouvrir des casinos
  • Portal Girl – pouvoir : peut créer des portails pour téléporter des gens
  • Doudou Bishop – pouvoir : peut absorber l’énergie des autres, ce qui confirme qu’il est bien un n… un mutant, un mutant (je m’adapte aussi aux résultats électoraux)

Et justement : alors que nos larrons sont très occupés à faire du rien, voici que Joe l’Indien détecte l’approche imminente de gros vilains. Et ses pouvoirs ne le trompent pas car à la surface, des vaisseaux en forme de morceaux de Toblerone (une stratégie habile pour appâter l’ennemi : dans le futur, les blogueuses mode mutantes ne font pas 20 minutes) survolent le coin et larguent des humanoïdes plutôt robotiques qui s’empressent de commencer à creuser en transformant leurs bras en foreuses pour tenter d’aller péter la gueule aux margoulins souterrains.

Toute l’équipe des mutants se prépare donc à recevoir les vilains robots, pendant que Shadowcat et Doudou Bishop vont s’enfermer dans un coin tranquille. Non pas pour s’amuser une dernière fois avant de recevoir une sonde anale robotique, mais pour bien moins rigolo, car Shadowcat se contente d’obliger Doudou Bishop à s’allonger puis en plaçant ses mains de chaque côté de ses tempes… a l’air de le shampouiner. Soit, pourquoi pas.

Pendant ce temps, les autres mutants se battent comme des petits fous pour retenir les vilains robots. Mais soyons clairs : leurs pouvoirs ne leur font quasiment rien. Ho, il y a bien Portal Girl qui par accident, coupe le bras d’un robot en lui refermant un portail sur la gueule, mais non, elle ne pense pas à du coup ouvrir et fermer des portails sur les bestiaux pour les couper en deux vite fait bien fait. A la place, elle préfère faire des trucs vachement plus efficaces comme téléporter ses copains dans tous les sens pour qu’ils donnent des coups de couteaux ou de poing (si si) aux bestioles blindées, qui du coup rigolent un peu d’une stratégie aussi pourrie. Tu m’étonnes que la résistance perde vu les busards.

Bon, remarquez, il y a bien les pouvoirs des mutants, mais les robots s’adaptent à chaque pouvoir : ils transforment leur blindage en flammes pour attaquer Iceberg, en glace pour tabasser Solar (Ah ? Mais justement, s’ils se transformaient en feu pour affronter la glace, c’est pas justement parce que ça donnait l’avantage au feu ? On va dire qu’on a rien vu) ou en couverture portant la petite vérole pour laminer Joe l’Indien. Résultat : la plupart des mutants sont tués. Et au moment où les vilains arrivent pour claquer la margoulette de Shadowcat et Doudou Bishop…

Ces derniers disparaissent !

Pourquoi donc ? Comment donc ? La réponse se trouve en Chine (je vous avais prévenus), alors qu’un avion mystérieux survole le coin pour aller se poser dans un vieux temple dans les montagnes. En descendent des têtes connues : Wolverine, Tornade, Magneto et le professeur Xavier, qui a profité du futur pour investir dans une chaise volante puisque les roues, c’est has-been. Le spectateur aura évidemment envie de demander "Mais attendez les petits gars, on est dans le futur, alors pourquoi personne dans l’équipe ne semble avoir vieilli ?" mais la réponse tient là encore dans la chaise magique du professeur Xavier, qui a probablement pour carburant le budget maquillage du film. Tant pis.

Toujours est-il que la petite équipe menée par Magneto et Xavier, vieux ennemis désormais alliés pour leur survie, retrouve dans le temple l’équipe de Shadowcat,  qui explique ce qu’ils foutent là (et accessoirement pourquoi son équipe que l’on a vue se faire découper dans la scène précédente est vivante).

"Xavier ! Magnéto ! Et toute la fine équipe, c’est bon de vous revoir !
- Mmm… Shadowcat, c’est un plaisir partagé. Nous avons eu du mal à vous retrouver. Comment avez-vous survécu à toute cette guerre ?
- Hé bien professeur, c’est tout simple : figurez-vous que j’utilise mon pouvoir de mutante qui me permet de renvoyer la conscience de quelqu’un dans le passé pour habiter son corps plus jeune et…
- Shadowcat, ton pouvoir, ce n’est pas de traverser les murs ?
- Si pourq… ah merde, oui.
- Oui hein ? Bon, tu sais quoi ? On va dire qu’on a rien vu et que c’est parfaitement logique. Reprends ton explication sur comment ce pouvoir que tu n’as aucune raison d’avoir te sert à échapper aux méchants.
- Alors, oui, disais-je : à chaque fois que Joe l’Indien sent que l’ennemi nous a trouvé et arrive, je m’enferme avec Doudou Bishop et je renvoie son esprit dans le passé, quelques jours auparavant. Là, il peut prévenir l’équipe que notre cachette va être découverte, et il modifie donc le futur. Du coup, ce futur disparaît… puisque nous sommes déjà partis avant même que l’assaut ne commence ! Ça marche aussi après un mauvais restaurant remarquez : je peux renvoyer quelqu’un dans le passé dire que c’est dégueulasse avant même qu’il ne chope une gastro. 
- C’est surpuissant Shadowcat ! C’est justement pour cela que nous sommes venus te chercher : nous voulons modifier le passé pour faire disparaître ce futur. 
- Ho !"

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En même temps, vu la mode dans le futur, moi aussi je voudrais effacer ce monde.

Excellent plan, professeur Xavier. Maintenant que la plupart des mutants se sont fait bourrer la gueule, c’est en effet assez pertinent de se souvenir que, tiens, en fait on avait moyen de voyager dans le temps et de sauver tout le monde depuis un bail, hihihi, oups, désolé les gars. Toujours est-il que c’est l’occasion pour le professeur de nous expliquer à partir de quand tout a commencé à partir en sucette. En effet, par le passé, un industriel de génie nommé Bolivar Trask (Trask, Stark, vous voyez le subtil rapport ?) atteint de nanisme est devenu célèbre en proposant plein de plans d’armes pour contrer les mutants, et en leur faisant plein d’expériences sur la gueule (comme tester du rouge à lèvres), aussi. Jusqu’à un beau jour de 1973 où aux accords de Paris consacrés à la fin de la guerre du Vietnam, Mystic, la mutante transformiste a décidé de buter Monsieur Trask. Et si elle a réussi, elle s’est aussi faite capturer. Et les industries Trask ont donc étudié son ADN pour le filer à leurs nouvelles machines, les sentinelles, des robots qui grâce à cela pourraient se transformer pour s’adapter à toutes les situations (ceux qui dans le futur, font donc régner la terreur et deviennent glace ou feu, comme ça, pif pouf).

Le professeur Xavier, qui n’est pas la moitié d’un con, s’exclame donc : "Il faut donc retourner dans le passé empêcher Mystic de tuer Trask ! Parce que c’est aussi son premier meurtre… elle qui était si gentille, on pourrait la sauver d’une vie de crime !"

C’est donc ici que commence le bullshit spatio-temporel : le vrai souci du voyage dans le temps au cinéma, c’est qu’il permet de régler toutes les situations en un clin d’œil. Ainsi, si Xavier n’était pas une grosse buse, il pourrait dire "On a qu’à retourner dans le temps sauver Mystic avant même qu’elle ne fasse sa crise d’ado/neutraliser Trask avant même qu’il ne décide de devenir scientifique, et à la place l’orienter vers un cursus de boulanger-pâtissier/arrêter Hitler, comme ça en plus on peut sauver tes parents mon petit Magnéto/empêcher Ridley Scott de faire carrière/les honnêtes gens d’aller voir ce film" ou autre, mais non. Et personne ne dit rien d’ailleurs, parce que personne n’a trop d’idées : le voyage dans le temps, c’est tellement surfait. Xavier peut donc continuer sur sa logique moisie, mais déjà, se renseigne un peu auprès de Shadowcat pour savoir si elle pourrait renvoyer quelqu’un dans le temps loin en arrière. Certes, lui répond la bougresse, mais il faudrait quelqu’un avec un esprit super puissant et résistant, parce que déjà que sur une petite distance, c’est compliqué à faire, renvoyer quelqu’un 50 ans en arrière, ça sera vraiment une expérience compliquée. Alors, qui envoyer ?

Wolverine prend donc la parole :

"Le voyage risque d’endommager l’esprit ? Et si… si on envoyait quelqu’un avec un esprit capable de se régénérer ?"

Superbe idée, Wolverine. Sauf que c’est pas ton pouvoir : toi, tu peux guérir des impacts de balles et des brûlures indiennes, pas des blessures de l’esprit. D’ailleurs c’est rigolo parce que justement, tu as eu deux films sur ton nom où on expliquait que si ton corps guérissait, ton esprit lui était loin d’en faire de même, même que c’est pour ça que tu étais amnésique, galopin.

Un détail (qui fait deux films), un détail.

"Top moumoute", répond Xavier "On t’envoie dans le temps alors puisqu’on a personne de plus qualifié.".

Parfaitement mon petit Xavier : ah, si seulement on avait sous la main un mutant dont le pouvoir serait d’avoir un esprit surpuissant, tellement que dans les films précédents où il apparaissait, quand on détruisait son corps son esprit parvenait à survivre et à se recomposer. Un mutant qui en plus serait capable d’influencer les gens, ce qui est super pratique pour aller tenter d’empêcher des trucs dans le passé.

Oui, si seulement on avait ça, professeur Xavier.

Mais vous avez raison : envoyons plutôt le type qui n’a aucun rapport avec la choucroute et qui a pour seule qualité d’être le préféré du public. C’est pas mal.

Miséricorde.

Mais rassurez-vous, niveau trucs nuls, on ne s’en arrête pas là, puisque Magnéto et Xavier commencent à briefer Wolverine sur sa mission :

"Wolverine, nous allons te renvoyer en 1973, tu pourras ainsi arrêter Mystic ET Dalida, ce qui n’est pas rien. Pour ce faire, tu devras me trouver, moi, Xavier, à l’époque où j’étais jeune et désespéré. Tu devras être patient avec moi, me convaincre de te suivre…
- Je ne peux pas juste péter la gueule à Mystic ?
- Que… heu… non. Il va te falloir la convaincre d’être gentille. Et puis tiens t’en au script qui dit que soudainement, ton personnage violent et impulsif devient instantanément un grand partisan de la diplomatie.
- Soit. Donc je résume : je vous trouve, je vous dis de m’aider, vous trouvez Mystic avec vos grands pouvoirs et on va lui dire que tuer c’est mal, et pouf, elle s’arrête.
- C’est en effet mon plan génial. 
- Vous savez que si vous me renvoyez 10 ans de plus en arrière, je peux parler à Mystic tranquillou sans avoir à la chercher ni à m’emmerder à vous convaincre vous, puisqu’elle est encore jeune, gentille et vit chez vous ?
- … bon, Wolverine, tu fais chier. Alors tu suis mon plan. Bien, donc, une fois que tu m’auras trouvé, tu devras aller chercher Magnéto, à une époque où lui et moi sommes de terribles ennemis, pour le convaincre de m’aider à parler à Mystic.
- Donc attendez : je dois convaincre DEUX relous pour aller eux-même en convertir une seule à la gentillesse ?
- Oui, et à une époque où nous nous haïssons !
- Et me renvoyer à l’époque où vous êtes potes, non ?
- WOLVERINE CA SUFFIT ! Le script bordel ! Tu trouves mon plan génial, personne ne pose de question, et comme ça on a pas à avouer que celui-ci n’est qu’un prétexte pour que ça dure le temps d’un film au lieu de se régler en 5 minutes en buvant un café !"

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C’est donc sur cet incroyable plan (qui est aussi le pitch, mais visiblement, personne ne l’a remarqué avant de tourner le film en entier) que Wolverine va s’allonger sur un autel au sein du temple chinois, Shadowcat se plaçant derrière lui pour lui expliquer comment ça va se passer : il faut qu’il pense à des trucs paisibles, comme par exemple à des fans de Garou en train de se faire stranguler, pour ne pas briser le pont qui va s’établir entre son corps actuel et son corps d’autrefois. Et ensuite, tout devrait rouler. Pendant ce temps, les mutants défendront le temple, le temps que Wolverine change le passé.

Parce que oui, si Wolverine veut passer 20 minutes dans le passé, il faut que Shadowcat utilise son pouvoir sur lui durant 20 minutes aussi. Et non, rien ne bouge ou ne change dans le futur, qu’importe ce que fait Wolverine dans le passé, jusqu’au moment où le script dira "Ayéééé c’est bon, le futur est changé". Visiblement, personne n’a entendu parler de l’effet papillon par ici, ce qui rend ce pouvoir aussi incohérent que débile (et comme c’est le prétexte du film, je vous laisse deviner la suite). Quelque chose me dit que le futur ne sera changé qu’au dernier moment de la dernière seconde d’un assaut des méchants sur le temple chinois. Au hasard. Mais en attendant, rien ne bouge : les vilains n’ont pas encore repéré le temple, Shadowcat peut donc commencer à se concentrer sur Wolverine, qui ferme les yeux…

… et les rouvre dans une chambre.

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"Qu’eeeeesse que j’ai fait hier soir… "

Les rideaux sont moches, la musique contestable et le matelas sur lequel il est allongé est rempli d’eau : aucun doute, il est bien de retour en 1973. Bon, il se réveille avec une fille sous le bras et pas vraiment de souvenir de comment elle a bien pu atterrir là, mais bon, hein, à qui cela n’est-il jamais arrivé, je vous le demande (je veux dire, à part aux joueurs de Magic) ? Le fripon se prépare donc à filer en douce (là aussi, un classique), mais est interrompu par de fieffés brigands qui veulent l’empêcher de passer, puisque la fille serait, figurez-vous, la fille du boss d’un gang local. Quelques coups de poing dans la gueule plus tard, Wolverine repart donc tranquillement profiter du New York de 1973. A noter que lors de la bagarre, Wolverine a constaté qu’il était à une époque où il n’avait pas encore ses griffes en métal, mais ses vieilles griffes en os. Soit.

Pendant ce temps, à Washington, l’industriel Bolivar Trask est en train de passer devant la commission du sénat pour proposer une solution au problème mutant (ah bon ? Dans les autres films, les gens n’avaient l’air que moyennement au courant, mais bon) : des robots volants qui détectent automatiquement les mutants et les butent.

Ah ben oui, oui, pourquoi pas.

L’argumentaire de Trask est le suivant : les USA viennent de perdre la guerre du Vietnam, où ils manquaient diablement d’équipement adapté, ils seraient donc bien bêtes de ne pas lui acheter ses équipements über-méga-dernier cri et perdre ainsi la guerre contre les mutants. Le sénat, cependant, refuse d’entendre parler de cette histoire, et aucun sénateur ne pense seulement à dire "Ah bon, mais alors tu avais des über-armes et tu n’as pas pensé à nous les vendre plus tôt alors qu’on était en pleine guerre, mec ? C’est fou ! Et puis ils sont chouettes tes robots, tu sais, on ne pourrait pas les acheter pour taper autre chose que des mutants, comme des communistes par exemple, qui sont une autre forme de mutation ?"

Mais non : au sénat américain, lorsqu’on achète une arme, c’est pour une cible. On sait très bien que les balles, c’est un truc très complexe et pas vraiment polyvalent.

Allez, on continue malgré tous les trous du scénario ! Nous n’en sommes qu’au début !

Retrouvons donc Wolverine, qui se rend au manoir Xavier pour y trouver l’école de surdoués abandonnée. Ho ? Mais comment donc ? Accident ? Erreur ? Réforme de la carte scolaire ? Tout cela est bien mystérieux. Le brigand frappe donc à la porte pour voir s’il n’y aurait pas âme qui vive et celle-ci est ouverte par le jeune Mc Coy, aussi connu sous le nom de "Fauve" (l’animal sauvage, pas le mauvais groupe), et qui lui explique que non, il n’y a pas de professeur ici, Xavier ou non. Wolverine insiste une fois, deux fois, puis lui colle la porte dans la gueule histoire de faire comprendre qu’il aimerait passer. Après s’être un peu bagarré avec ledit Fauve, Wolverine constate que le bruit a attiré quelqu’un : le professeur Xavier. Et chose impressionnante : celui-ci marche ! Alors qu’il devrait être en petit fauteuil. Voilà qui n’est pas banal (venant de la part de mecs qui voyagent dans le temps, cela dit, bon).

La conversation s’engage donc promptement, Wolverine expliquant qu’il vient du futur, ce qui est peu crédible mais que le professeur peut confirmer en lisant son esprit.

Sauf que le professeur explique qu’il a perdu ses pouvoirs. Parce que oui, Xavier l’a en plus renvoyé à une époque où il était inutile ! N’est-ce pas merveilleux ? Car à l’époque, Mc Coy a développé un sérum à partir de l’ADN de Mystic permettant de reconstituer la moelle épinière du professeur… mais la chose neutralise ses pouvoirs en même temps ! Sans compter que le prof se défonce comme un petit fou avec, parce qu’il est super malheureux depuis que Mystic est partie, et que ça tape plus fort que du LSD, rastafari, yeah man. Et en plus, avec la guerre du Vietnam, beaucoup de ses élèves et professeurs ont été appelés… d’où le fait que l’école soit fermée et quasi-abandonnée.

Bref, Xavier nous fait sa petite dépression. Quel dommage qu’aucun mutant ne s’appelle Xanax.

Qu’importe : allons voir pendant ce temps ce qu’il se passe du côté de Mystic.

Car la bougresse est à l’autre bout du monde, et plus précisément, justement, au Vietnam où des recrues ont été mises en isolement puisque l’on s’est aperçu qu’elles étaient vaguement mutantes (celle avec des piquots sur la gueule, par exemple, je me demande combien de temps ils ont mis pour se dire que, tiens, c’était pas top normal cette affaire). On leur fait donc des prises de sang, jusqu’à ce qu’arrive un militaire pas vraiment sympathique : un certain commandant Stryker (dont la taille, la tête et la corpulence varient à chaque film), qui explique qu’il est missionné par les industries Trask pour venir chercher les mutants et leur faire subir plein de trucs moyennement rigolos, comme des prélèvements douloureux, des exercices physiques épuisants, et la lecture intégrale du script.

Mystic, qui n’est pas trop d’accord avec tout cela, prend donc l’apparence d’un officier pour infiltrer le site où sont retenus les pauvres hères, puis marave la margoulette de tous les malandrins sur son passage. Les mutants en profitent pour l’aider : l’un a des pouvoirs de crapaud-hypno et fait s’évanouir des gardes, un autre a la langue du crapaud-tout-court et peut donc désarmer des vilains, et un dernier a l’incroyable pouvoir de refiler la chiasse à tout ce qui se dresse devant lui, ce qui est tout bonnement terrifiant. Cela fait, le bourreau des slips et ses amis suivent Mystic jusqu’à l’aérodrome militaire voisin où ils s’embarquent à bord d’un avion qui décolle aussitôt et les emmène loin de Stryker & co.

A noter qu’aucune explication n’est fournie sur d’où sort cet avion ni pourquoi il emmène les mutants loin du camp militaire sans que personne ne pose de question. Ou pourquoi Stryker, qui se réveille et voit l’avion décoller, ne pense pas à dire à un membre de la base "Au fait, cet avion contient des évadés dangereux, ce serait sympa de s’en préoccuper."

Mais non : ce serait logique. Et au vu de ce que nous avons suivi jusqu’ici, vous avez bien compris que ce n’était pas le fort de ce film.

Revenons donc du côté de l’école de surdoués du professeur Xavier, où Wolverine continue d’essayer de convaincre le professeur que ce serait sympa de l’aider.

"Donc, mon petit Wolverine, mettons que vous veniez bien du futur, d’où je vous aurais envoyé, soit. Mais que voulez-vous de moi ?
- Hé bien dans le futur, les mutants se font tataner par des robots appelés "sentinelles". Ces robots ont été développés par Trask Industries en utilisant le sang de Mystic, capturée en assassinant Monsieur Trask lors des accords de Paris. Accords qui arrivent bientôt. Donc il faudrait empêcher que ça arrive.
- Donc, ce que vous voulez, c’est empêcher que Trask soit tué par Mystic, c’est ça ?
- C’est ça.
- Bon hé bien j’en suis alors. Mais uniquement parce que c’est ma sœur adoptive et que je veux la sauver. Direction Paris, donc ?
- Non, pas encore. D’abord, il nous faut un autre allié de choix. Un certain… Magnéto !
- Pardon ?
- Oui. Pour des raisons qui m’échappent, il y aurait besoin de vous deux pour convaincre Mystic d’arrêter les conneries. Mais je pense que c’est juste une vieille ruse scénaristique, personnellement.
- Sauf que Magnéto va être difficile à ramener parmi nous : il est enfermé au centième sous-sol du Pentagone, dans une structure spéciale sans aucun métal. Parce qu’en fait, c’est lui qui a tué Kennedy.
- C’est très intéressant professeur. Mais voilà qui nous complique la tâche… heureusement, je pense connaître quelqu’un qui peut nous aider à effectuer cette mission ultra-risquée !"
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Un des mutants libérés par Mystic. Non vraiment, je me demande comment il a pu aller jusqu’au Vietnam avant que l’armée ne remarque quelque chose.

Comme, disons, un type qui aurait le pouvoir de manipuler l’esprit des gens et pourrait donc aller chercher Magnéto sans aucun risque ni tirer une seule balle ? Un type qui en plus aimerait ce plan puisqu’il est partisan de la non-violence ? Un type qui aurait le choix entre utiliser ses pouvoirs pour ce plan, et ainsi pouvoir aller sauver sa sœur adoptive qu’il pleure depuis des années et tous les mutants d’un avenir abominable, ou danser le Charleston ?

Non : là encore, cette idée n’a pas traversé l’esprit de nos héros selon la bonne vieille règle de comment rater un film évoquée plus haut: "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs surpuissants à des personnages, il y a de fortes chances qu’ils aient envie de les utiliser". Mais non, pas dans X-Men. Dans X-Men, on voyage dans le temps pour retourner se mettre dans la situation la plus pourrie possible, et on n’utilise ses pouvoirs mentaux surpuissants uniquement pour obtenir des ragots à revendre à Closer.

Quel talent.

Bref : Wolverine emmène Xavier et Mac Coy jusqu’au foyer d’une famille tranquille où il sait que vit celui qui deviendra plus tard un fameux mutant, à savoir Vif-Argent, le mutant qui peut se déplacer à la vitesse de l’éclair. Celui-ci est un ado rebelle qui dans le plan de nos amis, n’est séduit que par la perspective d’aller faire le zazou au coeur même du Pentagone. Tout le monde met donc au point un plan fameux :

  • Mc Coy pourrira les caméras du Pentagone grâce à un super gadget
  • Vif-Argent ira chercher Magnéto au sous-sol
  • Le professeur Xavier et ses non-pouvoirs feront du rien
  • Wolverine escortera le professeur Xavier

Autre moyen incroyable de protéger le professeur Xavier : ne pas l’emmener. Enfin, je dis ça, mais bon, hein, c’est vrai que c’est pas évident. Il est probablement plus en sécurité au cœur de la cible à attaquer que chez lui à manger une tarte aux fraises.

Le plan – pourri – se déroule plutôt bien : Vif-Argent se déplace si vite que c’est comme si le temps était arrêté pour lui, autrement dit, personne ne le voit et il parvient sans encombres jusqu’à la cellule de Magnéto, dont il brise le verre en faisant des vibrations fort rapides avec ses mains (j’espère pour lui que ses pouvoirs ne se sont pas révélés à lui durant une session d’onanisme, auquel cas les urgences locales ont dû être fascinées par ce cas de combustion spontanée de kikounette), puis attrape Magnéto et utilise sa super vitesse pour le sortir du sous-sol sans problème.

Bon, il y a bien la sécurité qui comprend que quelque chose se passe à un moment, mais là encore, Vif-Argent neutralise tout le monde sans le moindre effort.

Conclusion du professeur Xavier : "Merci Vif-Argent ! Tu as franchi toutes les défenses du bâtiment le mieux protégé au monde, neutralisé la sécurité sans souci, libéré Magnéto en quelques secondes et le tout, sans tirer un seul coup de feu ni perdre le sourire. Tu sais quoi ? Maintenant tu n’as qu’à te casser, moi et mes copains on va continuer le film sans toi, c’est pas comme si ton pouvoir pouvait nous être utile."

Attendez, je crois avoir compris comment fonctionnait le film depuis le début :

  1. Un problème apparaît
  2. Quelqu’un a un pouvoir pour résoudre le problème facilement
  3. Le professeur Xavier débarque et propose de faire n’importe quoi à la place.
  4. Retour à l’étape 1

Heureusement que le professeur Xavier est censé être un homme d’une intelligence supérieure, sinon, qu’est-ce que ce serait ? Non parce qu’à titre personnel, mon plan aurait été :

  1. On emmène Vif-Argent puisqu’il peut gérer 95% des situations problématiques
  2. Le jour J, juste avant l’attentat quand Mystic se dévoile pour tirer, Vif-Argent arrête le temps, empêche la mort de Trask et embarque la bougresse
  3. Vif-Argent emmène Mystic dans un entrepôt désaffecté de Charleville-Mézières où l’attend le reste de l’équipe avec un bottin et une rallonge électrique
  4. Diplomatie.
  5. Vif-Argent va chercher de quoi fêter la victoire
  6. Le lendemain, la mairie de Charleville-Mézières découvre pèle-mêle dans un entrepôt désaffecté près de deux tonnes de cotillons, l’intégrale de Patrick Sébastien, près de 770 bouteilles de tequila vides, une flasque de brandy, 17 restes de cigares, Salma Hayek nue et un guide complet intitulé "Faire la chenille pour les nuls".

Hélas, mon plan n’ayant pas été retenu par les scénaristes, c’est donc celui du professeur Xavier qui est mis en branle.

Ainsi, tout le monde saute dans le jet privé du professeur, où Magnéto et lui s’engueulent un peu sur les voies qu’ils ont décidé de suivre, à savoir vivre avec les humains ou les combattre. Magnéto explique aussi qu’il n’a pas tué Kennedy, au contraire, il a essayé de le sauver puisque c’était en fait… un mutant (son pouvoir devait être de rester au-dessus de 50% dans les sondages, ce qui nous confirme que de notre côté, notre président est "normal" : promesse tenue) ! Peu de temps après cette révélation pas vraiment utile, la fine équipe arrive à Paris, où c’est la grosse fête à l’occasion des accords sur le Vietnam. Un dignitaire du pays du nước mắm est d’ailleurs tellement occupé à faire la teuf qu’il se laisse séduire par une jolie blonde qui se révèle bien évidemment être Mystic, ce qui est ballot. Qui s’étant rendue chez Trask plus tôt, a appris qu’il serait à Paris(elle s’est rendue chez lui et a trouvé son placard super secret où il cache ses dossiers les plus sensibles sur une étagère transparente pour que l’on puisse bien voir là où il y a marqué "TOP SECRET" ou non, c’est sympa). Le lendemain, donc, c’est habilement déguisée en vietnamien que celle-ci se rend à la conférence

Et à cette occasion, Monsieur Trask est effectivement là.

Puisque figurez-vous que pour de mystérieuses raisons, le bougre donne une conférence aux dignitaires des deux camps pour leur présenter son projet Sentinelle, rejeté par le congrès américain. Car c’est connu : lors des accords de paix, on adore proposer une conférence à un vendeur d’armes privé. Non, vraiment, les scénaristes se sont fait plaisir : le film ne repose que sur des scènes qui n’ont pas lieu d’être.

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"Bonjour Messieurs, c’est bien ici la conférence de paix ? Je suis le vendeur d’armes qui n’a aucun rapport avec la choucroute, je me suis dit que des diplomates adoreraient me voir."

Toujours est-il que lors de cette scène absurde, l’ami Trask sort de sa poche un petit appareil que tous les experts identifieront comme le truc qui fait pouic que vous trouvez dans les boîtes de Taboo. Mais loin de s’en servir pour tenter de lancer une grande partie de ni oui ni non ni blanc ni noir ni Igor ni Grishka (la partie n’en est que plus excitante), il explique à l’assemblée qu’il s’agit là d’un détecteur de mutants. Ne me demandez pas comment le bidule détecte l’ADN mutant sans passer par une prise de sang (Trask a probablement découvert que tous les mutants avaient, par exemple, une légère odeur de Monchéri), mais toujours est-il qu’alors qu’il le brandit pour expliquer que tous ses robots sentinelles en sont équipés pour ne mitrailler la gueule que de ce qui n’est pas un humain "classique" (espérons que ses robots soient okay sur le nanisme), un bruit se fait soudain entendre :

"POUIC !"

Tout le monde se regarde, l’air un peu gêné, puisque bon, pouiquer comme ça, là, au pied levé, c’est tout de même un peu cavalier.

"POUIC !" refait l’appareil.

Trask sourcille donc et commence à braquer le bidule en direction des présents, jusqu’à un certain dignitaire vietnamien. Et là :

"POUIC POUIC POUIC !"

A pouiquer comme ça, il n’y a plus aucun doute : soit le type s’appelle Igor-Grishka Niwininonniblaninwar, soit c’est un mutant qui se fout de la gueule du monde.

L’option un étant vite écartée, Trask prêche l’option deux et ordonne à la sécurité de se saisir de ce vilain dignitaire vietnamien, ce qui est très con et dangereux, puisqu’aux dernières nouvelles, les vietnamiens n’ont pas déclaré la guerre aux mutants, et le type pourrait très bien ne pas être conscient d’en être un. Donc qu’un industriel privé américain décrète soudain, en pleine conférence de paix "Arrêtez ce vietnamien, son ADN ne me revient pas !" c’est complètement con, voire vaguement raciste.

Mais là encore, le script s’en moque et tout le monde autour de la table trouve cette scène parfaitement normale et approuve Trask. Sur ces entrefaits histoire de sauver l’affaire, Mystic décide de quitter son déguisement et de reprendre son apparence de Schtroumpf Punk (que vous avez tous connus dans le célèbre album de Peyo Les Schtroumpfs et la canette de 8-6 enchantée) pour commencer à distribuer des coups de tatane au tout venant. Ce qu’elle réussit brillamment, avant de s’emparer du pistolet d’un type de la sécurité (qui n’avait pas pensé à s’en servir) pour essayer de tuer l’ami Trask.

Mais alors qu’elle s’apprête à le plomber, voici que débarquent…

Magnéto, Xavier, Wolverine et Mc Coy !

Car oui, c’est une conférence de paix suivie mondialement, mais nos bons amis ont pu y rentrer sans souci, quand bien même Xavier n’a plus le moindre pouvoir pour influencer les gens. Probablement qu’il a utilisé la carte de fidélité de son coiffeur pour bluffer les gardes. Aussitôt, les événements s’enchaînent. Tout d’abord, Xavier essaie de convaincre Mystic de redevenir gentille, parce qu’être méchante, c’est mal, mais ce discours digne d’un épisode de Naruto ne suffit pas à retourner la belle (en même temps, elle a joué dans Hunger Games et sait donc bien que ce n’est pas parce que quelque chose est mauvais que ça ne va pas rapporter). Wolverine, lui, aperçoit dans la pièce le commandant Stryker, et aussitôt, cela fait remonter en lui tous les souvenirs de l’époque (pas encore arrivée, mais le Wolverine du futur le sait) où Stryker a fait des expériences sur lui pour lui filer des griffes en adamantium. Cela brouille ses pensées et aussitôt, le pont entre le Wolverine du futur et son corps présent est un peu abîmé.

Pendant ce temps, dans le futur, Wolverine est donc tout agité et risque donc de sortir de sa transe le reliant au passé, ce qui surprend tout le monde.

Ce qui est intéressant, j’insiste, puisqu’encore une fois, cela nous rappelle que les voyages dans le temps, aucun scénariste n’arrive à les gérer correctement. Ce n’est pourtant pas compliqué : soit le type renvoyé dans le passé influence celui-ci, et crée donc un futur alternatif (auquel cas, ce n’est pas très utile pour les gens du futur tout pourri, qui sont bloqués dans le leur), soit le type renvoyé, par ses actes dans le passé influence le futur original, auquel cas, chacune de ses actions dans le passé est instantanément répercutée sur le futur original. Et donc, cette scène ne devrait pas exister puisque le futur devrait déjà avoir été changé d’une manière ou d’une autre. Ou à minima, Xavier et Magnéto avoir en direct des souvenirs de ce qu’il s’est passé ce jour là, et donc de pourquoi Wolverine est agité. Et encore, là, c’est en étant super gentil et en supposant que les actions de Wolverine, pourtant majeures, n’ont rien changé d’autre.

Bref, encore une fois : même en essayant de même des sparadraps sur les trous, c’est une scène qui ne sert à rien, si ce n’est à montrer un gros loupé du scénario. Hop.

Enfin je dis ça, mais pour rappel, voici ce qu’en dit Filmactu

Faire aller et venir ses X-Men dans le temps n’était pas chose facile. Loin de s’y casser les dents, Bryan Singer en profite pour livrer, plus qu’un énième film de super-héros, une véritable oeuvre de science-fiction.

L’avis de Metro

Voyages dans le temps fluides et savamment orchestrés [...] un spectacle de grande envergure, intelligent et ambitieux.

Et celui de ma stagiaire

Vous êtes sûr que dans ma convention, il est écrit que je peux servir de porte-gobelet quand je suis en débardeur ?

J’aime beaucoup les gens qui prennent les plus gros ratés pour les présenter comme les plus grandes qualités du film. Encore une fois, les professionnels ont du talent. A l’occasion, sinon, ce serait sympa de faire votre boulot. Mais bon, je dis ça comme ça, vous faites comme vous voulez.

Revenons donc dans le passé, où la situation n’a de cesse de dégénérer. Alors que par terre, Trask fait "POUIC POUIC" avec tous ces mutants autour de lui, Magnéto décide d’employer les grands moyens pour régler la situation : il récupère le pistolet avec lequel Mystic comptait tuer Trask, et menace la bougresse en lui disant que puisque c’est son ADN à elle qui amène à la naissance des sentinelles, il va la buter et hop, ce sera bien comme tout. Mystic, qui n’est que moyennement d’accord, se met donc à cavalcader vers une fenêtre pendant que Mc Coy essaie de calmer Magnéto. Mais le filou a le temps de tirer !

Heureusement, Mystic a déjà brisé la fenêtre de la pièce où se tenait la réunion, et tombe donc déjà vers la place, quelques mètres plus bas, où la presse du monde entier attend. La balle devrait l’éviter… sauf que Magnéto, tout en se battant avec Mc Coy, parvient à courber la trajectoire du projectile… qui touche Mystic à la jambe !

Oui, sans voir à l’extérieur. Mais c’est un détail : depuis quand faut-il voir sa cible pour guider ses balles et faire quelque chose d’aussi simple que toucher quelqu’un tombant à pleine vitesse depuis l’étage d’une ambassade ?

Sacré Magnéto, va. Lui aussi développe de nouveaux pouvoirs, semble-t-il. Il faudra le présenter à Shadowcat, la fille qui traverse les murs, et puis pouf, fait voyager les esprits dans le temps parce que hein, hé, ho, hein, bon.

Mais qu’importe, nous n’en sommes plus à cela près.

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Et puisque tout le monde se posait la question : oui, Omar est bien victime du syndrome du Grand Journal qu’il partage avec son ami Mouloud, à savoir qu’on l’annonce dans un blockbuster et en fait il a un troisième rôle dans deux scènes avec une demi-ligne de dialogue. Je suis désolé. Et non, il ne rit même pas.

Car alors que blessée, Mystic s’écrase comme une bouse bleue sur les pavés de la place voisine, toute la presse braque ses caméras sur cette mutante à l’apparence mystérieuse, qui vient d’apparaître alors qu’on a entendu des coups de feu. Diable, mais que se passe-t-il ? Mystic tente bien de fuir, mais Magneto s’est déjà lancé à sa poursuite : il voudrait bien l’achever, mais Mc Coy, qui essaie toujours de lui péter la gueule sous son apparence du Fauve (ça commence à bien faire, tous ces gens bleus, on se croirait dans Avatar), le déconcentre un peu et Mystic finit donc pas profiter du bordel général (à noter que la sécurité locale ne remue pas un orteil, faudrait pas déranger) pour mettre les voiles sous l’apparence d’un vieux qui boîte (elle génère même une canne à partir de rien, elle aussi est de plus en plus forte).

Magnéto, qui a réussi à se débarrasser du Fauve, est donc bien embêté : ah, comment diable pourrait-il retrouver une changeforme dans la foule ? Si seulement celle-ci avait un objet métallique sur elle, comme disons, une balle dans la jambe pour la repérer… bon, allez, tant pis : il va plutôt se barrer. Et là encore, sans être embêté. Hop. Idem pour Wolverine (qui a retrouvé ses esprits) et Xavier, qui après avoir récupéré Mc Coy, quittent donc les lieux tranquille pépère sans que personne ne les embête.

Une seconde, je vais chercher ma coke en intraveineuse et je reviens.

Voilà, on peut continuer.

Donc, disais-je, tout le monde repart tranquillement pendant que la sécurité et la police française sont occupées à lire du Proust en fumant la pipe près de la cheminée. Mais toute la presse, elle, parle par contre de l’affaire, et c’est ainsi que le président des Etats-Unis en personne, Richard Nixon, est bien étonné de tout ce bazar. Et par un heureux hasard, a déjà l’ami Bolivar Trask dans son bureau au milieu de tous ses conseillers, qui lui explique que hahaha, il le savait, ça devait arriver ! Et dire que le congrès a rejeté son projet Sentinelle… autant dire qu’aussitôt, le président en personne valide le projet, lui accorde tout le pognon nécessaire, et en plus, lui propose de lui filer l’ADN de Mystic, retrouvé sur le pavé à Paris par la police française, là où elle était tombée, blessée !

Oui parce qu’en 1973, c’est connu, la police française relevait l’ADN et mieux encore, le distribuait à qui de droit sur simple demande.

Non, vraiment : stop.

Allez, dégageons d’ici pour aller voir si ailleurs, le film tiendrait un peu mieux debout. Ce qui est une subtile transition puisqu’à New York, de retour au manoir Xavier, le professeur sent que son sérum arrête de faire effet et ses jambes le lâchent pendant que ses pouvoirs lui reviennent. Mc Coy lui prépare aussitôt une nouvelle dose de sérum, mais pour la première fois du film, Xavier prend une décision intelligente : il refuse de se l’injecter. Ses pouvoirs pouvant potentiellement sauver le monde, il choisit d’abandonner ses jambes pour redevenir télépathe, et retourne donc dans son célèbre fauteuil roulant (qui, poussé par Vif-Argent, pourrait faire de lui une bête à Super Mario Kart mais là n’est pas le sujet). Avec lequel il se rend jusqu’au Cerebro, sa machine montée maison mais top-design quand même lui permettant de décupler ses pouvoirs et de pouvoir entrer en contact avec tous les esprits de la planète et de les pénétrer avec aisance. Wolverine est tout fou, il sait que ça va enfin permettre de faire avancer le script.

"Professeur, c’est formidable ! Avec ça, vous allez pouvoir sans bouger de chez vous influencer Bolivar Trask et lui faire aimer les mutants. Comme ça, plus de sentinelles, plus de danger et pas une goutte de sang versée !
- Hein ? Mais non Wolverine, enfin ! A la place, je vais plutôt me servir de la machine pour retrouver Mystic et ensuite faire du rien et laisser Bolivar Trask tenter de nous exterminer avec ses sentinelles !"

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Okay. Je retire ce que j’ai dit sur la décision intelligente du professeur Xavier un peu plus haut, il reste égal à lui-même.

Toujours est-il qu’en utilisant le Cerebro, Xavier a un peu perdu l’habitude et perd le contrôle avant même d’arriver à quoi que ce soit. Il se met donc à couiner que ses pouvoirs sont nuls, qu’il n’arrive à rien en faire, que de toute manière il est naze et qu’il va retourner dans sa chambre se faire des couettes et écouter Kyo en écrivant des poèmes sur son agenda Hello Kitty. Wolverine, qui essaie de ne pas lui dire qu’il devrait en effet se faire des couettes tant qu’il le peut encore, se lance dans un grand discours sur le fait que rhooo, mais non professeur, vous n’êtes pas une crotte, enfin pas une si grosse, enfin… bon bref, allons allons. Et l’invite à lire son esprit, pour voir toutes les bonnes choses qu’il réussira justement à faire dans le futur. Xavier, curieux, s’exécute donc.

Si au départ, Xavier ne voit que toutes les souffrances du pauvre petit Wolverine ("Mon dieu, tu as eu DEUX films pourris à ton nom ?"), il finit par découvrir un futur où durant un temps, son école aide moult jeunes mutants. Puis, ses pouvoirs font un truc fort mystérieux : puisqu’il explore l’esprit de Wolverine, lui-même relié avec le futur grâce aux pouvoirs de Shadowcat, Xavier parvient à projeter son esprit dans le futur et ainsi… à rentrer en contact avec l’esprit de son lui-même du futur, qui se tient juste à côté de Wolverine ! La conversation est donc fameuse :

"Hooo ! Moi-même du futur !
- Salut, moi-même du passé. J’ai tant de choses à te dire.
- J’aimerais surtout savoir pourquoi je vais devenir tout chauve. Bon, ça tombe bien qu’on discute, puisque comme tu es moi-même du futur, tu dois avoir tous mes souvenirs, et ainsi savoir à partir d’ici quels sont les erreurs que je dois éviter et choix que je dois faire pour résoudre tout ce vaste bordel.
- Oui mais non, puisque là encore, le script n’a pas prévu cette éventualité. Tu ne veux pas plutôt un discours cucu la praline sur l’espoir et l’avenir ?
- C’est complètement con.
- Je te rappelle que je suis toi.
- Ha ben oui, c’est vrai, du coup, ça se tient.
- Parfait : bon alors, sache que tu dois avoir confiance en toi, que l’avenir te réserve plein de bonnes choses et qu’investir dans la région de Fukushima n’est pas une riche idée.
- Okay merci. Bon, je retourne dans le présent… enfin mon présent, le passé quoi.
- Ça marche. Et ne t’inquiète pas : maintenant que l’on a découvert que l’on pouvait communiquer entre passé et futur via Wolverine, je propose de ne plus le faire du film, des fois que ça puisse être utile.
- Je me reconnais bien là, hohoho.
- Huhuhu.
- Allez, j’me casse."

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Le jeune Xavier retourne donc dans son présent, et sourit à Wolverine : maintenant qu’il a confiance en lui, il peut utiliser ses pouvoirs plus sereinement, et donc retenter d’utiliser le Cerebro. Grâce à celui-ci, non seulement il retrouve Mystic, en train de se balader dans un aéroport à l’autre bout du monde, mais en plus il utilise ses pouvoirs pour prendre possession de gens et ainsi parler à Mystic (d’habitude, il ne se servait du Cerebro que pour faire des blagues, comme faire chanter du Patrick Sébastien aux réunions de l’Académie Française). Il apparaît même sous forme d’illusion pour là encore, tenter de la remettre sur le droit chemin. Wolverine tente bien quelque chose :

"Mais professeur, pourquoi vous ne l’arrêtez pas directement, elle, en rentrant dans sa tête ?
- Parce qu’elle ne me laisse pas rentrer !"

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Ah ben oui, tiens. Parce que c’est connu : d’habitude, pour forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne ferait pas autrement via la manipulation mentale, les gens se laissent faire bien volontiers. "Je vous en prie, allez-y professeur, obligez-moi à faire ce que je ne veux pas faire volontairement." Non mais sérieusement ?

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"Je vais me concentrer très fort et grâce au Cerebro, je pourrai influencer les gens, mais uniquement s’ils sont déjà d’accord avec moi !"

Du coup, et c’est fou, comme Mystic ne veut pas laisser Xavier l’obliger à faire l’inverse de ce qu’elle souhaite, Xavier repart broucouille. Tout au plus a-t-il, en prenant possession des pinpins du coin, réussi à trouver la destination de l’avion que Mystic allait prendre, qui n’est autre que Washington. En effet, afin de célébrer le lancement du projet Sentinelle, une grande conférence de presse y est donnée. Nul doute que c’est là que Mystic tentera à nouveau de tuer Trask !

Sauf que pendant ce temps, à l’autre bout du pays, un train transporte les sentinelles vers Washington justement pour la cérémonie, puisque 8 prototypes sont déjà prêts. Ces versions de 1973 bien éloignées de leurs cousins du futur sont armées de mitrailleuses, disposent de réacteurs d’avions pour voler, et ont toutes le fameux pouic-pouic à mutants de Trask intégrés pour détecter leurs cibles. D’ailleurs, histoire de se vautrer encore un peu, Trask a bien expliqué que ces robots sont conçus à 100% sans le moindre métal, justement pour pouvoir combattre des gens comme Magnéto !

On supposera donc que les mitrailleuses sont en bois, le réacteur d’avion en papier de riz et les circuits imprimés en bambou.

J’ai clairement l’impression que ce film se complaît à se foutre de ma gueule.

D’ailleurs, et quand bien même, quel plan génial, ami Trask ! Toute ton armée faite d’une autre matière que celle que Magnéto peut manipuler, excellente idée ! Ça a dû te coûter, quoi, quelques milliards au bas mot ? Et sinon, tu as pensé qu’un autre mutant pourrait, au hasard, avoir lui le pouvoir de manipuler cette matière là et donc poser exactement le même problème ? Non ?

C’est ballot.

Bref : alors que le train trimbale les prototypes, justement, Magnéto qui passait par là décide de démonter des rails, non pas devant le train pour le faire dérailler et ainsi détruire les prototypes, mais derrière pour les récupérer, en dépiauter l’acier, et envoyer le tout sous forme de fils fins comme des câbles dans les sentinelles… pour en prendre le contrôle.

Parce que oui, là encore, Magnéto (qui était au-dehors du train) est capable de diriger le métal dans les wagons, où il n’a pourtant aucun angle de vue, de placer les câbles sur 8 robots avec une précision de chirurgien là encore sans les voir, et en plus de savoir exactement où placer quoi pour les pirater sans avoir les plans ou la moindre connaissance du sujet.

Où diantre est ce bouton pour doubler ma dose de coke ? Ah, voilà.

Au même moment (enfin plus ou moins, je me comprends), dans le futur où rien n’a bougé, donc, Doudou Bishop et ses amis voient soudain arriver au loin les sentinelles ! Il va y avoir un affrontement farouche, voir une baston, et potentiellement une branlée. Il faut donc les retenir le temps que Wolverine achève sa mission dans le passé, même si ça n’a strictement aucun sens, allez, on s’en fout ! Tiens mais au fait, au début du film, on nous expliquait pas qu’à la moindre attaque de sentinelle, il suffisait d’aller dans le passé prévenir l’équipe de changer de planque avant que ça ne parte en cacahuète pour sauver la situation ? Alors on me dira "Oui, mais là, Shadowcat est occupée avec Wolverine qui ignore tout de ce qu’il se passe dans le futur !"

C’est vrai.

Ah, si seulement il y avait dans le futur un personnage super intelligent et télépathe qui avait découvert deux scènes avant qu’il pouvait, au travers de Wolverine, communiquer avec le passé, et ainsi informer son lui-même de l’époque que la planque de Chine ne serait pas assez sûre…

Vraiment : les mecs nous ont expliqué cette stratégie au début du film comme ça, hop. Et au moment de l’appliquer, ils préfèrent faire du rien.

Mais comme ça, au moins, il y a une scène de bataille épique. Que l’on avait pas du tout vu venir.

Dans le passé, donc en attendant, Nixon débute une conférence de presse dans la cour de la Maison Blanche devant un gros drapeau américain marqué du sigle des industries Trask (c’est connu, tous les présidents adorent se montrer en public devant un drapeau vendu à un groupe extérieur, qui n’a jamais vu le drapeau américain couvert de sponsors après tout ?). Xavier, Wolverine et Mc Coy cherchent donc dans la foule à identifier où se planque Mystic, et Xavier finit par la trouver, habilement déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Sauf qu’avant que celle-ci ne puisse agir correctement, ou que les mutants ne puissent l’intercepter (qui a eu l’idée de virer Vif-Argent, déjà ?) un phénomène étrange surprend tout le monde :

  • D’abord, les 8 sentinelles présentées au public s’activent seules… et commencent à tirer sur la sécurité
  • Ensuite, un stade de baseball volant (si, si) survole la capitale, avec Magnéto en son centre, qui lévite avec lui

C’est en effet peu banal, tant d’habitude les stades sont connus pour être plutôt ras des pâquerettes de bien des manières.

Le plan de Magnéto est pourtant simple : il oblige tout le monde à reculer grâce aux sentinelles sous son contrôle (ah, les prototypes piratés… un truc jamais vu chez Marvel), et force ainsi le président à se planquer dans son bunker sous la Maison Blanche. Mystic arrive à se glisser dans la suite présidentielle, pendant qu’à la surface, Magnéto écrase le stade autour de la Maison Blanche… formant ainsi une énorme enceinte autour de celle-ci ! La police est donc bloquée dehors, alors que les sentinelles les empêchent d’approcher. Wolverine et Mc Coy tentent bien d’empêcher le bougre d’accomplir ses noirs desseins, mais les deux sont mis hors de combat, Wolverine étant plus précisément transpercé de morceaux d’armature de béton du stade par Magnéto, avant que celui-ci ne le propulse au fond du fleuve le plus proche. Où il se noie donc (mais sa capacité à se régénérer lui permet aussi de se remettre de la noyade, hop). Et est donc indisponible pour un moment !

Dans le futur, on constate donc que Wolverine doit avoir un souci puisqu’il semble se noyer. C’est donc un peu la panique : car d’un côté, les sentinelles approchent toujours malgré la résistance des mutants pour protéger leur cachette chinoise, et de l’autre Wolverine est hors-de-combat.

Hmmm… attendez, si je comprends bien, la mission de Wolverine vient de s’achever, non ? Pas comme prévu, mais c’est fini, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi le futur ne change-t-il pas ?

Hé bien parce que selon le film, Wolverine ou pas, il faut désormais attendre (dans le futur) que les gens du passé arrêtent Magnéto & co. Donc accrochez-vous, puisque cela signifie aussi, que si le temps se déroule de la même manière dans le présent et le passé, et qu’il faut attendre que les gens du passé agissent pour influencer le futur (au lieu que tout se répercute instantanément), cela signifie que pour que les gens 50 ans dans le futur soient enfin sauvés, il va falloir attendre… 50 ans.

Non, sans rire les enfants : arrêtez avec les voyages dans le temps. Quand on ne sait pas gérer, on ne fait pas.

Bref : dans le passé, donc, Magnéto débarrassé de Mc Coy et Wolverine est enfin tranquille. Il reste bien Xavier, coincé sous des morceaux de stade, mais ce dernier ne peut rien contre Magnéto, le bougre ayant retrouvé avant de venir son casque moche lui permettant de résister aux pouvoirs mentaux du professeur (ah bon ? Mais plus tôt dans le film, on a expliqué qu’avec Mystic, il suffisait de "ne pas vouloir laisser le professeur rentrer dans sa tête" pour qu’il ne puisse rien faire, non ? Donc soit le casque ne sert à rien, soit quelqu’un a sorti un gros baratin pour empêcher le film de se terminer plus vite. Ah, suspens…). Magnéto décide donc d’utiliser ses grands pouvoirs de mutant magnétique pour orienter toutes les caméras qui restaient encore dans le jardin de la Maison Blanche vers lui, puis utilise ses talents surnaturels pour tirer le bunker présidentiel hors de terre et l’ouvrir comme une boîte de conserve. A l’intérieur, il y trouve donc Trask (qui a son bidule qui fait POUIIIIIC en boucle dans sa veste, ce qui lui donne un certain charisme, reconnaissons-le), le président Nixon, et il ne sait pas encore, mais Mystic, toujours déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Magnéto triomphe donc :

"Hahaha, président Nixon ! Pour avoir lancé le programme Sentinelle d’éradication des mutants, je vais vous tuer devant le monde entier, vous et vos copains !
- Pardon ? Mais Monsieur Magnéto, il y a erreur !
- Comment donc ?
- Hé bien, je veux dire, vous venez de faire léviter un bâtiment entier, de pirater les sentinelles, de créer une diversion, de nous enfermer avec le stade volant, d’attendre que je sois dans le bunker présidentiel suite à cet assaut pour mieux m’en sortir de force, et tout et tout…
- Certes, et ?
- Et c’est que, si vous vouliez me tuer devant toutes les caméras, il vous suffisait d’ordonner à une sentinelle de me tuer. Ça prenait deux secondes, c’était sans risques et en plus ça décrédibilisait à jamais ce programme contre les mutants. Vous gagniez sur tous les fronts et pouviez faire le kéké en montrant comment il ne fallait pas faire chier les mutants.
- …
- Oui ?
- Je me sens… comment dire… comme un vulgaire professeur Xavier.
- Ho. Allons, tout de même. N’exagérez pas : c’était certes un plan de merde inutile visant à faire durer le film avec plein de spectacle sans aucun sens, mais vous au moins, personne ne prétend que votre personnage est un génie. Allez, faisons câlin et oublions ce gros malentendu."

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Magnéto, réalisant que l’ensemble de son plan ne servait qu’en fait à faire monter le budget du film pour des raisons absolument incohérentes. Notez la confusion et le mépris pour le scénariste sous le casque.

Sauf que Magnéto est là pour tuer le président, pas pour lui faire des câlins, merdum. Et exige donc qu’il sorte de ce qu’il reste du bunker pour mourir au grand jour. Ce qu’il fait.

Mais pas de bol, en réalité, il s’agit là de Mystic ! Qui a sur elle un pistolet en plastique avec des balles du même acabit, et s’en sert donc pour blesser Magneto et ainsi l’empêcher de faire du mal au président et sa suite. Mystic, qui a pris sa vraie apparence pour bien montrer devant toutes les caméras que les mutants pouvaient être gentils, parce qu’en fait, elle est cool, enlève donc son casque à Magnéto, et Xavier peut ainsi entrer dans son esprit et l’obliger à arrêter les sentinelles et calmer tout son bordel (mais pas à le rendre gentil, faut quand même pas déconner).

Magnéto ainsi neutralisé, Mystic se tourne vers Trask, son arme à nouveau prête à faire feu. Elle hésite un moment, pendant que Xavier tient un énième discours cucu, et finalement, ne tire pas.

Les journaux titreront dès le lendemain : "Une mutante sauve le président, donc les mutants sont cools".

Sauf Le Point qui titre "Mutants – les nouveaux Franc-Maçons ?", bien évidemment.

Pendant ce temps, donc, dans le futur, c’est la merdouille : les mutants se font tatane, alors que le passé n’a pas encore magiquement modifié le futur. La porte de la salle où se cachent les mutants va-t-elle tenir suffisamment longtemps ? Ah, si seulement (oui, encore) il y avait dans l’équipe quelqu’un capable de faire des portails pour téléporter l’équipe en sécurité ou à l’inverse, en mettre un sur la porte histoire que toute tentative de l’enfoncer s’achève par une réapparition sur la lune (au hasard, sinon ailleurs, je ne suis pas regardant). Ou quelqu’un capable de déclencher une tornade juste devant. Ou…

Ah mais oui, non : il n’y a que des grosses buses, au temps pour moi.

Bref, comme vous l’imaginez, les sentinelles tuent tout et tout le monde jusqu’à la porte, commencent à enfoncer celle-ci, et à la seconde où elles vont tuer le professeur Xavier…

… c’est exactement à la même seconde que Mystic sauve le président dans le passé, et que le film décide que ça y est, pif pouf, le script s’active et le futur est modifié !

Non vraiment : on ne s’y attendait pas. Tout s’arrête donc et disparaît.

Wolverine quitte donc le passé pour se réveiller dans le futur. Il ne le sait pas, mais peu après ces événements, Mystic est aussi venue le sauver de la rivière puisque par la magie du pipeau, elle savait exactement où Wolverine avait coulé alors qu’elle était dans le bunker présidentiel quand c’est arrivé. C’est donc déguisée en officier qu’elle a envoyé une vedette de police le repêcher et le sortir de la mouise métallique et sous-marine dans laquelle il était.

Mais bref, donc : Wolverine est bien vivant et dans le futur. Sauf qu’ici, plus de New York en ruines : il est à l’école des surdoués du professeur Xavier, qui est en parfait état. Mieux encore : tous ceux qui étaient morts durant la guerre avec les sentinelles sont à nouveau vivants et bien vivants ! La guerre n’a jamais existé grâce à tout cela… et seul Wolverine se souvient donc de l’univers original. D’ailleurs, même son amour de jeunesse, Jean, est à nouveau vivante puisque quitte à sauver le monde des pires horreurs, visiblement, Wolverine a même réussi à empêcher X-Men 3 d’arriver (moi aussi, j’ai envie de vivre dans un monde où ce film n’a jamais existé).

Tout le monde est donc heureux, et croisant le professeur Xavier dans l’école, ce dernier s’étonne de voir Wolverine ici : il a un cours d’histoire à donner aux plus jeunes. Wolverine explique donc que là, il revient d’un futur alternatif, donc que c’est lui qui aurait bien besoin d’un cours d’histoire sur ces 50 dernières années.  Tout est donc bien qui finit bien et…

… FIN !

Je rappelle que nombre de fans parlent du "meilleur de la série".

Dès lors, que penser des autres ?

Ma santé mentale vacille.

_________________________

Oh, et oui, il y a bien une scène post-générique, comme le veut la grande mode. On y voit, dans l’antiquité un albinos mystérieux faire le kakou en montant des pyramides en manipulant par son esprit des assemblages de bloc de granit qui volent dans les airs.

J’en ai donc naturellement aisément déduit la seule explication logique à ce teaser :

La prochaine licence adaptée au cinéma, c’est Tétris.

"Dans l’affaire Hunger Games contre Divergente, je laisse la parole à la défense."

D’un geste mou, le juge signifie à l’avocat qu’il doit se lever : celui-ci fait un clin d’œil à sa cliente avant de s’exécuter et d’aller se placer devant le banc des jurés. Il tousse dans son poing, fait quelques mouvements de bras pour dégager ses longues manches pendantes, puis débute.

"Mesdames et Messieurs les jurés, je comprends votre trouble. J’ai entendu, comme vous, les arguments du demandeur qui prétendrait que le livre Divergente ne serait qu’une pâle copie de son chef d’oeuvre, Hunger Games. Et pourtant ! Il n’en est rien ! Alors ouiii, on pourrait éventuellement mettre en parallèle le fait que les deux se déroulent dans un univers post-apocalyptique. Certes, les deux se passent aux Etats-Unis. Bon, d’accord, les deux parlent d’une société qui s’est recomposée autour de factions aux rôles bien définis. Par un heureux hasard, il y est aussi question d’ordre. Par une formidable coïncidence, dans les deux cas, il s’agit d’une héroïne. Probablement à cause de l’alignement des planètes, dans les deux cas, cette dernière se retrouve à remettre en cause l’ordre établi alors que les autorités ont les yeux sur elle. Et ouiii, par un fameux miracle statistique, les deux se retrouvent à vivre une histoire d’amour avec un type qui a un nom à la con, mais tout de même : est-ce bien suffisant pour accuser ma cliente d’avoir resucé très fort l’oeuvre d’autrui ?"

L’ensemble du jury hochant vigoureusement la tête, l’avocat se gratte le menton, déçu : ça lui paraissait être un excellent argument. Au moins de la même qualité que les livres cités. Il détourne la tête :

"Monsieur le Président, puis-je m’entretenir avec ma cliente ?
- Mais, faites Maître Connard."

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D’un geste, je bondis vers ma cliente qui paraît nerveuse : le jury chuchote en la regardant et l’affaire paraît bien mal engagée. Tout de même, je la questionne :

"Ecoutez, je sais que vous m’avez pris pour ma mauvaise foi, mais tout de même, là ça devient compliqué.
- Maître, au prix où je vous paie, j’espère que vous pouvez faire mieux. 
- Heureusement que votre éditeur ne vous a pas dit la même chose.
- Hein ?
- Non, rien. Bon, vous savez quoi ? Nous allons utiliser l’argument ultime. Puisque sur le contenu ça va être compliqué, on va jouer sur le contenant."

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Je retourne vers le jury pour mieux tirer de ma manche un ouvrage que je présente aux yeux de tous :

"Voyez ce livre ! Il s’agit de Hunger Games ! Observez-le bien !"

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"Vous l’avez bien regardé ? Parfait, alors à présent, voyez le livre de ma cliente, il n’a strictement rien à voir !"

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"Alors, vous voyez ! Aucun rapport !
- Maître, pourriez-vous retirer le papier blanc que vous avez collé sur la couverture ?
- Le pap… Monsieur le président ? Hoooo, tiens oui, ça alors ! Il a dû se glisser entre mes doigts par accident !
- J’insiste.
- Rhooo."

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D’un coup de doigt, le papier tombe, révélant ainsi la couverture complète.

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Je retourne vers ma cliente d’un vif entrechat.

"Alors Maître ? Vous pensez que le jury a remarqué quelque chose ?
- Je ne sais pas trop. Là ils rigolent. 
- Quelle est la suite du plan ?
- On spoile le film. Vu comme Hunger Games était une daube, avec un peu de bol, votre adaptation sera moins débile. On peut jouer dessus.
- Je compte sur vous Maître Connard !"

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Alors, Divergente, honteuse copie de Hunger Games ou oeuvre en soi ? L’héroïne est-elle moins stupide ? Le monde plus crédible ? Et surtout, peut-on trouver un nom plus con que "Pita" ?

Spoilons mes bons !

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L’affiche : si je vous dis que l’un des deux personnages a en fait le vertige, vous me croyez ? C’est lamentable, mais vous devriez.

Notre film commence du côté de Chicago, célèbre cité des Etats-Unis d’Amérique. Hélas, nous sommes dans un futur plus ou moins proche, et la ville n’a plus son étincelante beauté d’antan : ses buildings sont en piteux état et couverts de simili-éoliennes, et la végétation a repris ses droits sur une partie de la cité. Par ailleurs, une gigantesque enceinte fait le tour de la ville, probablement pour éloigner les Mexicains, et est couverte d’un enchevêtrement de passerelles qui monte si haut que même la grande roue du coin, à côté, fait doucement ricaner. Mais que s’est-il passé ?

La guerre, mes bons, la guerre !

Une voix off nous l’explique : une grande guerre aurait ravagé la Terre et celle-ci serait en ruine, les derniers humains s’étant regroupés et enfermés à Chicago avant de refonder la société pour que plus jamais de conflit n’éclate. Comment, me direz-vous ? C’est bien simple : en divisant le peuple en cinq castes ! Parce que les castes, c’est connu, ça apporte la paix éternelle, tout ça, si si. Chut. Arrêtez. Mais, détaillons !

Tout d’abord, il y a les Érudits : vêtus de bleu, ce sont des chercheurs, des savants, et ils s’enferment dans leurs bibliothèques pour jouer avec leurs tablettes tactiles et percer les mystères de l’univers, à moins que ce ne soit pour essayer de trouver le dernier Hot-Spot pré-apocalypse pour se connecter à Youporn. On est pas bien sûr.

Ensuite viennent les Fraternels : drapés de rouge, ils travaillent la terre et nourrissent donc la cité. La voix off se sent obligée de préciser qu’ils sont toujours souriants et sympas, parce que les gens de la terre, ils sont comme ça. La voix off n’a jamais dû assister à une manifestation d’agriculteurs ou voir les scores du Front National à la campagne.

Puis viennent les Sincères : dans leurs vêtements blancs, ils rendent la justice, puisqu’ils se passionnent pour la vérité, qu’ils balancent à autrui sans pincettes. Par exemple, quelqu’un qui balance "Moi, j’aime pas les Noirs !" est très sincère, donc du coup, il fera un excellent homme de justice. C’est bien, ce système, dites-donc.

Ils travaillent aux côtes des Altruistes : dans leurs tenues grises, ces derniers ont en charge, de par leur absence d’intérêts personnels, des questions relatives à la gestion de la cité, pour laquelle ils prennent les décisions. Ils distribuent la nourriture aux sans-clans, qui n’étant intégrés nulle part, fouillent les poubelles. Ce qui est un peu se foutre de la gueule du monde, puisque du coup, ça veut dire qu’au lieu que les Fraternels distribuent leur propre nourriture, ils doivent d’abord la filer aux Altruistes pour qu’ensuite ces derniers puissent passer pour des mecs à la cool. Désintérêt personnel, hein ! Mais bon, il faut bien faire des images de gentils qui donnent à manger aux pauvres, sinon on ne comprendrait pas bien que ce sont les gentils.

Enfin arrivent les Audacieux : vêtus de noir, ils sont à la fois la police et l’armée, si problème il y avait. Ils sont tout fou-fous et courent dans tous les sens, mais nous y reviendrons.

Et… c’est tout.

Non, il n’y a pas de caste des techniciens. Ni des artisans. Ni des cuisiniers. Ni des artistes. Ni… bon, je ne vous fais pas la liste, mais pour résumer, les gens utilisent des voitures dans un monde sans ouvriers, travaillent sur des tablettes tactile en parfait état probablement fabriquées à partir de circuit imprimés que les Fraternels font pousser dans le lopin juste à côté des patates, quant aux médicaments, on va supposer que la grande guerre a été menée par les homéopathes et qu’en plus ils l’ont gagnée (probablement en diluant une bombe atomique dans de l’eau sucrée, ou autre arme maléfique de ces fourbes).

Le film n’a pas commencé et c’est déjà complètement branlant. J’ai envie de dire : chapeau. Je pense qu’il y a une sorte de compétition malsaine à Hollywood, et que les candidats sont sacrément doués.

Passons ou je vais finir par prendre ça pour une provocation à mon égard.

Et retrouvons notre héroïne : Béatrice Prior, 16 ans, appartenant à la caste des Altruistes puisque ses parents le sont. Et non, on ne peut pas être enfant de parents de deux castes différentes : probablement que chaque clan a sa propre parade amoureuse et que du coup, ça empêche l’accouplement inter-espèce. On se souvient ainsi de la terrible expérience de cette Érudite tombée amoureuse d’un Fraternel, qui lorsqu’elle commença sa parade (lui faire jouer un scénario des Masques de Nyarlathotep), se vit répondre celle de l’être aimé (une chanson paillarde intitulée "Motoculteur, je motoculte"). Le résultat fut si terrible que l’on préféra oublier cette option.  Et enterrer les deux protagonistes.

Toujours est-il que Béatrice a un frère, Caleb, une maman, certes, mais aussi un papa qui est membre du conseil de la cité. La vie irait plutôt bien si Béatrice ne se sentait pas… disons, pas à sa place. Son frère Caleb fait pourtant  un Altruiste parfait : il aide tous ceux qu’il croise naturellement. Alors que Béatrice, à moins qu’on ne lui mette des coups de pied au derche, bon, elle s’en fout un peu. Ah, elle aimerait tant être une Audacieuse, ces chiens fous qui font des choses fabuleuses, comme escalader des murs, escalader des murs, ou mieux encore, escalader des murs !

Pardon ? Non, ils ne font rien d’autre. Oui, dans ce film, la définition "d’audacieux" est "qui kiffe le parkour". Je vous le dis tout de suite parce que moi, naïvement, j’ai attendu jusqu’à la fin du film qu’ils fassent preuve d’audace, hein. Au fond, je suis un grand optimiste.

Et ça tombe bien cette histoire, parce que dans cette société, à 16 ans, les adolescents sont invités à passer un test, qui va déterminer à quelle caste ils devraient appartenir pour le restant de leur vie. Dans 95% des cas, les gens nés dans une caste y restent, mais les 5% restants se découvrent une vocation pour une autre, qui leur ressemble plus. Dans tous les cas, le test n’est qu’un indicateur : le choix final revient à l’adolescent lui-même, puisqu’à cet âge là, on fait toujours les meilleurs choix.

Autant vous dire que Béatrice est un peu stressée en se rendant à son test, puisqu’elle n’a pas trop envie de rester une Altruiste, crotte de bique, c’est nul de porter des pulls qui grattent et de causer avec les prolos. Elle veut du rêve, bon dieu ! D’ailleurs, lorsqu’elle arrive devant le centre où se déroulera le fameux test, les Altruistes sont pris à parti par un Sincère qui se fout de leur gueule, voire limite les agresse, mais personne ne fait rien : les autres Sincères, pourtant chargés de la justice, trouvent ça tout à fait normal, quant aux Altruistes, ils laissent le mec pris à parti se chier dessus, parce que vous comprenez, on veut bien être Altruiste, mais pas aider les autres.

Décidément, mon dictionnaire ne doit pas être à jour.

Qu’importe : arrivent les Audacieux, qui ont pour moyen de transport une rame de métro aérien qui ne s’arrête jamais et tourne en ville en boucle, faisant que les larrons doivent sauter pour en sortir ou y rentrer, ce qui fait plus cool (et probablement 5 morts et 10 blessés chaque mois). Tout le monde a donc des étoiles plein les yeux, parce que les Audacieux, ils sont vraiment trop cools à faire du parkour. Puis, il faut aller passer son test, ce qui est fort simple : pas de sujet de bac, de brouillon ou de raclure qui redemande cinq fois des copies doubles, non ; ici, chacun s’enferme dans un petit cabinet médical où l’attend un adulte – une Audacieuse dans le cas de Béatrice – qui lui dit de boire l’équivalent local du LSD, je suppose. Et lors de ce trip sous acide, notre héroïne doit affronter des hallucinations qui détermineront la caste où elle doit atterrir.

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"N’aie pas peur, je suis là pour vérifier que tu ne fais pas d’overdose. Et si tu reveux du crack, tu n’as qu’à me demander."

Oui, moi aussi je trouve sympa le concept de filer de la drogue à des ados avant de leur demander de faire le choix le plus important de leur vie une fois défoncés. Combien sont-ils à avoir expliqué dans un filet de bave qu’ils avaient vu leur vocation : c’était devenir un puuuuutain de pâtissier-magicien, si si, ho putain, je suis déééfoncé, vas-y, passe passe passe le oinj’, y a du monde sur la corde à linge ? Les Erudits doivent planquer les statistiques sous la Méta-amphétamine.

Ils sont taquins, dans cette société du futur.

Bref, l’hallucination de Béatrice  se déroule ainsi : elle est dans une salle avec des miroirs, et un de ses reflets lui dit qu’elle doit choisir un objet parmi ceux qui viennent d’apparaître à côté d’elle, à savoir un couteau, un pavé de viande, et comme je n’ai pas bien vu le reste, je décide donc qu’il y aura un ukulélé, une photo dédicacée de Ben Affleck et un demi-paquet de Pépito. Notre héroïne a donc l’idée intelligente de demander "Mais pourquoi ?" mais c’est trop tard, les objets ont disparu. Et à la place, un chien vient d’apparaître… et s’apprête à croquer une petite fille qui semble être une version plus jeune de Béatrice ! "Bon sang !" pense Béatrice "Que n’ai-je pris le paquet de Pépito, j’aurais pu lui lapider la gueule !" mais tant pis : ni une, ni deux, elle bondit sur le teckel fou et l’arrête avant qu’il ne croque un mollet de l’enfant… et se réveille !

A côté d’elle, l’Audacieuse en charge du test qui surveillait des écrans pour voir le résultat en direct est toute en sueur : jamais personne n’avait sauté sur le chien !

Ah bon ? D’habitude, les gens en voyant le pavé de viande et la photo de Ben Affleck comprenaient directement ce qui allait se passer et réagissaient en conséquence ? Ils sont forts, quand même! Bon, enfin c’est bien gentil votre affaire, mais alors, Béatrice, qu’est-elle ?

"Je ne peux rien te dire, souffle l’audacieuse un peu paniquée. Fuis, passe par la porte de derrière, rentre chez toi et dis que le sérum t’as rendu malade, que ça n’a pas fonctionné !
- Mais enfin, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Que suis-je alors ? Une Altruiste ?
- Tu veux vraiment le savoir ? Tu es une Altruiste. Mais aussi une Érudite. Et une Audacieuse ! Tu es tout à la fois !
- C’est impossible !
- Tu ne rentres dans l’ordre des choses… tu es une Divergente !
- C’est marrant, ça sonne un peu "Manif’ pour tous", dit comme ça.
- Ça suffit ! Tu représentes un danger en n’ayant ta place dans aucune caste : tu ne dois rien dire  ! A personne !
- D’accord, mais pourrait-on reparler de la signification du teckel et de la boîte de Pépito ?"

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Nous ne saurons jamais pour ce dernier point : c’est terrible. Pourtant, ce test avait l’air tellement pratique et cohérent.

Détail rigolo : on explique à notre héroïne que ne rentrer dans aucune caste, c’est être une divergente, un danger. Il faudra donc m’expliquer d’où sortent les sans-castes qui fouillent les poubelles et attendent l’aumône des Altruistes, que l’on a le bon goût de laisser de côté et de traiter comme de la merde, parce que comme ça, nul doute qu’ils n’auront aucune envie de révolution. On pourra me dire "Ce sont peut-être des gens qui ont été rejetés par d’autres castes ?" sauf que non puisque plus tard dans le film, il sera bien expliqué que la simple idée de virer quelqu’un d’une caste est totalement absurde et n’a jamais été fait jusqu’alors. Et au début du film, on disait bien que ce n’étaient pas des criminels, juste des gens n’ayant "pas trouvé leur place".

Donc soit les divergents se ramassent à la pelle, et le film ne tient pas, soit les sans-castes n’ont aucune raison d’exister, et le film ne tient pas.

Vous avez le choix, attention, c’est pas facile. Moi je suis allé demander la réponse à la dame qui vend les tickets à l’entrée du cinéma, mais elle a dit que je commençais à faire chier avec mes commentaires. Je vous jure, on vit dans un monde de petits malappris.

Bref : Béatrice rentre chez elle et raconte que oui, elle a été malade durant le test, tout ça, et tente d’être aussi crédible que possible, par exemple en racontant comment elle a vomi ou pourquoi il va falloir sceller les toilettes au chalumeau. Ses parents la rassurent et lui disent que demain aura lieu la cérémonie du choix. Test ou non, c’est donc à Caleb et Béatrice que revient le choix de leur caste. Papa Béa fait tout de même remarquer que Béatrice n’aurait pas dû filer du centre de test par une porte dérobée, même malade : les Érudits, en ce moment, surveillent de près les Altruistes… certains les soupçonnent même de vouloir prendre le pouvoir. Ils colporteraient des ragots comme le fait que Marcus, le chef des Altruistes, aurait battu son fils par le passé et serait donc trop vilain pour gérer la cité. Donc, prudence avec les actes et les choix.

Soit.

Le lendemain, donc, toute la cité (qui selon les plans, fait quelques centaines ou plusieurs milliers d’individus) se réunit dans l’amphithéâtre du coin pour la cérémonie du choix. Cinq vasques sont disposées, chacune avec le sigle d’un clan. Les jeunes de 16 ans ayant passé leur test la veille sont chacun appelés et doivent se couper la main pour verser une goutte de sang dans la vasque de la faction qu’ils veulent rejoindre. Les jeunes défilent, et dans 95% des cas, ils choisissent leur caste d’origine. A part un Sincère qui met son sang dans le bol des Fraternels : probablement que toute sa vie, il avait rêvé de se péter le dos, de bouffer des betteraves et de s’exprimer avec un fort accent picard ; il va enfin pouvoir accomplir son destin. Surprise, aussi : Caleb, pourtant un Altruiste évident… choisit la caste des Érudits !

Quant à Béatrice, elle hésite… et décide de rejoindre les Audacieux.

Les parents des deux marmots sont choqués, voire en pleurs : lorsque l’on quitte sa caste, on n’y revient jamais. Ils ne reverront donc plus leurs enfants ! Quelques derniers regards et, ha ! Chacun part avec sa nouvelle grande famille. Nous suivons donc Béatrice qui suit les Audacieux à l’extérieur de l’amphithéâtre, qui se mettent à courir partout et à faire du parkour sur fond de Woodkid : heureusement que notre héroïne avait la moyenne en sport, puisqu’elle peut donc suivre cette bande de débilous hyperactifs jusqu’au rail de leur fameux métro aérien pour y sauter en marche. Dans la rame, elle fait la connaissance de deux autres transfuges d’autres factions : Christina, qui débarque de chez les Sincères, et… un type de chez les Érudits. Comme les personnages secondaires masculins qui entourent l’héroïne chez les Audacieux sont tous complètement interchangeables, j’en déduis que nous venons de trouver là un nid à Jean-Jacques. Bref, il faut environ 17 secondes pour que Christina et Béatrice deviennent les meilleures amies du monde, puis, elles doivent suivre les Audacieux qui continuent de sauter partout parce qu’ils n’ont pas eu leur ritaline, par exemple en se jetant du métro aérien pour atterrir sur le toit d’un immeuble voisin. Sur place, on leur indique un grand trou dont on ne voit pas le fond dans lequel sauter pour rentrer chez les Audacieux ; Béatrice se lance, et après une chute impressionnante atterrit dans un grand filet : c’est l’entrée du QG de la faction !

Sur place, d’autres Audacieux l’accueillent et l’aident à sortir du filet en question. L’un d’entre eux, grand, beau et fort, semble être le chef et lui demande :

"Comment t’appelles-tu, petite nouvelle ?
- Bé…
- Attends, avant de me répondre, sache que comme tu as choisi une nouvelle vie, tu as aussi le droit à un nouveau nom. Mais tu dois le faire là, tout de suite, au débotté.
- Bon bin alors je m’appelle "Tris"."

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Je vous donne tout de même le reste du dialogue, coupé au montage.

""Tris" de Béatrice ? Comme "Bella" de Isabella dans Twilight ? Toi aussi tu trouvais que ton nom avait trop de syllabes ?
- Hé ho, ça va, c’est la faction des Audacieux que j’ai rejoint, pas celles des langues de pute. Et puis d’abord, je pensais avoir touché le fond à vivre dans un monde où tu choisis l’orientation de toute ta vie lors d’un trip sous acide, mais me retrouver face à des mecs qui demandent en plus à des ados de 16 ans de se trouver un pseudo en 5 secondes, je t’avoue que je commence à me demander si vous n’êtes pas tous un peu cons.
- Hmmm. Je ne vois pas de quoi tu parles : laisse-moi plutôt te présenter tes nouveaux compagnons. Voici Dark_Lord.
- Salut.
- Princesse_Poney83…
- Salut.
- Et là ces 62 types s’appellent tous "Batman". 
- Salutsalutsalutsalutsalut."

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Bref, après avoir enchaîné autant de concepts idiots, le Monsieur grand, beau et fort se présente : il se nomme "Quatre". Christina fait aussitôt une blague sur ce nom ridicule, mais elle se fait rabrouer. Personnellement, je pense que ce garçon a été nommé d’après les résultats de son test de QI, mais qu’importe, déjà, il divise les nouveaux en deux groupes. D’un côté partiront ceux qui sont fils et filles d’Audacieux, et d’un autre iront les transfuges. On en profite pour leur faire faire le tour du propriétaire : le QG des Audacieux se résume à une sorte de carrière souterraine installée sous d’anciens hangars et où tout le monde s’habille en cuir, kiffe les piercings et les tatouages, et écoute du Woodkid à fond (décidément, ils avaient dû se payer les droits de l’album). Soit.

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Voici donc "Quatre". C’était chaud de faire pire que "Peeta" l’homme-kebab : ils l’ont fait. Quel talent.

Les transfuges découvrent leur dortoir : jusqu’à ce qu’ils aient terminé leur entraînement, ils vivront dans une espèce de vieux truc collectif où l’intimité n’existe pas et où on ne trouve que le minimum vital. Puis, ils sont invités à découvrir la cantoche des Audacieux, où on mange des burgers et tout, parce qu’on est jeune et cool. L’occasion pour Tris d’essayer de taper la causette avec Quatre, qui l’envoie péter en lui demandant d’où elle se croit permise de lui adresser la parole, dis-donc, biatch.

Je ne sais pas ? Parce qu’elle est "Audacieuse" ? Mais non : personne ne pense à cette réponse. Ni à aller voir ce que ça veut dire, d’ailleurs.

A la place, on a juste Christina qui intervient pour dire à Tris "Hihihi tu as parlé à ce bogosse de Quatre, huhuhu, tu es folle ! Il aurait pu te tuer !" alors que je le rappelle, dans la scène précédente, Christina à peine arrivée vannait le Monsieur sur son prénom. Encore une fois, j’aime ce don qu’a Hollywood pour payer des scènes et dialogues qui ne servent qu’à souligner des incohérences. Qu’importe : quand tout le monde a mangé, on découvre 4 adultes qui arrivent dans la cantine, parce que oui, chez les Audacieux, tout le monde a moins de 20 ans il faut croire. Et les seuls adultes sont tous des mecs : il faudra qu’on m’explique comment ils se reproduisent. Probablement par mitose, un peu comme les cadres du Parti Socialiste, mais là n’est pas le sujet. Les vieux de la vieille expliquent donc que les nouveaux vont commencer leur entraînement sous peu pour devenir de vrais Audacieux, en route, donc.

Car en effet : on les confie aux soins d’Eric, une grosse brute un peu débile, qui leur explique les règles.

"Bonjour les nouveaux. Pour devenir des Audacieux, il va falloir passer plein de tests, physiques et mentaux, pour tester votre résistance à l’effort et à la peur et faire de vous des bêtes de guerre. Il y aura un classement, et ceux en queue de peloton… seront rejetés et deviendront des sans-clans !
- Haaaan ! Mais on nous l’a pas dit quand on a choisi la faction ! C’est dégueulasse !  Si j’avais su…
- Tu aurais choisi une autre faction ? Non ! Et puis c’est une nouvelle règle."

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Voilà, c’est ce que je disais : tout le monde est choqué à la simple idée qu’une faction puisse rejeter des gens comme ça, hop. Et visiblement, c’est une règle qui n’avait jamais existé nulle part auparavant, d’où le choc. Donc vraiment, d’où sortent les sans-clans ? Mystère. N’empêche, j’aime bien le principe : on prend des gens, on leur fait suivre un gros entraînement militaire, et ensuite seulement on les jette comme des crottes. Nul doute que des gens humiliés, n’ayant plus rien à perdre et entraînés à jouer les commandos ne poseront aucun problème dans la nature.

Je commence à me demander si le nom original de la faction n’était pas "Les Trépanés". Ou "Les grosses buses", hein, je reste ouvert.

En tout cas, l’entraînement commence : course, lancer de couteau, tir au fusil (ce sont probablement les Fraternels qui font là encore pousser armes et munitions sur un arbre à Smith & Wesson), arts martiaux… soyons clairs, Tris a du mal, puisqu’elle est un peu gentille et pas assez offensive. Mais comme elle veut absolument devenir une vraie Audacieuse, elle s’entraîne plus que les autres, et de la queue du classement, elle remonte doucement. Quatre en plus vient l’aider lors de séances où il la tripote pour "guider ses mouvements" (le procès pour harcèlement sexuel n’est pas loin) et passe son temps à lui chuchoter de bons conseils comme "Utilise ta vitesse", "Ne baisse pas ta garde" ou "Bois ce verre, je te jure, je n’ai rien mis dedans, hahaha, mais non, c’est du sucre, hem."

Eric, lui, se révèle être un vilain petit chef tyrannique, qui martyrise les recrues et passe son temps à leur dire qu’elles doivent fermer leur gueule, obéir quoiqu’on leur dise, et ne pas réfléchir.

Attendez, encore une fois, quelle est la caractéristique principale pour recruter dans cette faction ? L’adoss… l’uda…. l’auda… ah, je ne sais plus. Ce n’était sûrement pas très important. Mais ça voulait sûrement dire "Gens qui aiment fermer leur gueule et rester à leur place".

Non mais ?

Après des plombes d’entraînement et de scènes où Quatre fait glisser ses mains sur les courbes de Tris sous divers prétextes, nos héros sont invités à passer le test final des épreuves physiques : une grande opération de guérilla dans les ruines de Chicago où chaque équipe doit aller piquer son drapeau à l’autre. Eric est le capitaine d’une équipe, et Quatre de l’autre. Soit dit en passant, on a appris que Quatre avait été le premier à tous les exercices durant sa formation, et que les Audacieux l’avaient voulu plusieurs fois comme chef mais qu’il avait refusé, probablement puisque trop cool. Alors que Quatre réunit son groupe dans un coin et commence à discuter d’un plan, Tris… se barre ?

Hé, tu le dis si on te fait chier, hein.

Qu’importe : comme ils sont proches de la grande roue du coin, elle décide d’aller y faire un tour.

Et Quatre l’y rejoint.

Il faudra donc me dire ce que font les autres pendant ce temps : le chef s’est barré en plein milieu du plan du coup ils ont sorti leur jeu des 7 familles ? Toujours est-il que Tris entreprend d’escalader la grande roue pour "repérer l’équipe ennemie". Quatre commence donc à la suivre, mais ralentit pour avouer à mi-chemin qu’il a beau être über-audacieux, il a une grande peur : il a le vertige.

Je retourne en parler à la Madame de l’entrée du cinéma et je reviens, j’aimerais avoir son avis sur la question.

Non parce que je reformule : le champion de la faction des mecs qui font du parkour, sautent d’immeuble en immeuble, font les zazous sur le métro aérien et ont pour mission de protéger l’immense enceinte couverte de passerelles branlantes qui entoure Chicago a le vertige.

Et personne ne l’avait remarqué.

Mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiiii ? La prochaine fois, on découvre que le chef des Érudits est analphabète et fait semble de lire L’âne Trotro en prenant un air concentré à chaque fois que l’on rentre dans son bureau ? Mais qu’est-ce que vous fumez avant d’écrire ? Non parce que à part du pétard chargé aux métaux lourds, je ne vois pas bien pour arriver à des résultats aussi lamentables. Essayons de nous concentrer sur la suite.

Tris escalade donc la grande roue et une fois au sommet, seule avec Quatre qui se révèle faible et kikinou sous sa carapace de gros dur, elle repère l’ennemi, planqué dans un vieux clocher. Ni une, ni deux, nos loulous équipés "d’armes à seringues neurologiques simulant la douleur d’une blessure par-balles" (le paint-ball ou l’airsoft, c’était trop cher, et en cas de seringue dans l’œil, on va supposer qu’il repousse) vont donc péter la gueule aux margoulins, et comme il se doit, l’équipe de Tris sort victorieuse de l’affrontement. Pour fêter ça, les Audacieux ont prévu une petite cérémonie de fin des épreuves physiques, consistant en un gigantesque tour en tyrolienne (non, ne cherchez pas) au travers de tout Chicago et où le candidat risque de mourir tous les deux mètres et d’en chier pour freiner.

On espère donc que Quatre n’est jamais passé par là, sinon arrivé à destination, il devait avoir un petit fumet. "Cette odeur chaude et nauséabonde ? C’est heu… la tyrolienne. Les… les freins ont chauffé. Voilà voilà."

J’en déduis donc que dans son cas, la cérémonie était "en Tyrolien", et on se contentait de chanter en Allemand tout en sautant sur des chaises. Et seulement raisonnablement haut.

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Audacieux.

Les épreuves physiques terminées, les novices Audacieux commencent à participer à la vie de la cité. Ainsi, alors que Tris participe au déchargement de sacs de nourriture pour ravitailler le QG de sa faction, quelqu’un lui envoie de la lumière dans la gueule à coups de miroir depuis un coin sombre. Intriguée, et un peu bougonne parce que c’est chiant quand même, notre héroïne va donc sur place et découvre… sa mère ! Qui est heureuse de la revoir et lui dit que "Attention Béatrice, je sais que tu me mens sur ce qu’il s’est vraiment passé à ton test. Méfie-toi des épreuves qui arrivent chez les Audacieux : ils vont rentrer dans ta tête, et il y a des choses qu’ils ne doivent pas découvrir !"

Ne t’inquiète pas Maman : s’ils arrivent à rentrer là-dedans, le contact direct avec le néant absolu devrait vite les calmer.

Avant que Tris ne puisse demander à sa mère d’où elle connait la suite des épreuves des Audacieux, cette dernière disparaît tel un ninja, woush woush. Ho, j’en profite pour le préciser : dans un moment de doute durant l’entraînement, Tris et ses copains ont décidé de se faire tatouer (parce que les tatoos, ça règle tout) et alors qu’il n’y a que des modèles tribaux ou presque de disponibles, évidemment, Tris trouve le seul truc avec trois oiseaux kikinous qui portent des fleurs dans le bec à se faire imprimer sur la clavicule. Et sa tatoueuse n’est autre que l’Audacieuse qui lui avait fait passer le test qui lui répète des conseils du même acabit à savoir : "Tu n’aurais pas dû te planquer chez les Audacieux, ils vont te découvrir ! Personne ne doit savoir que tu es divergente. Ici, les gens comme toi, ils les tuent."

Okay.

En tout cas, les tests mentaux débutent peu après tout cela, et Tris est invitée à passer les siens avec Quatre (ça alors !). Le test est simple : dans un petit cabinet, on lui injecte un gros coup de drogue qui la fait halluciner (c’est varié, vraiment), et elle doit dès lors combattre ses peurs. Quatre, lui, verra sur un écran ce qui se passera dans son crâne. Et dans le futur, c’est tellement bien que l’écran en question fait même ses propres montages, et propose ainsi différents plans de caméra. Intéressant. Mais pour le coup, tourner des pornos fétichistes est aussi devenu beaucoup plus rapide et moins coûteux. Enfin ça, ce sont les Érudits qui le disent. Enfin qui disent l’avoir lu. Ou le tenir d’un mec qui aurait lu… oui, bon bref, c’est magique, pouf.

Après s’être pris un bon coup de seringue, Tris se retrouve donc face à ses peurs : dans un champ près de la frontière de Chicago, l’herbe autour d’elle prend feu. Puis, des corbeaux jaillissent et viennent lui maraver la gueule. Pire encore, quand elle tente de fuir, elle se retrouve à patauger dans un marais. Cependant, elle finit par se répéter très fort "Rien de tout cela n’est réel !" et hop, ça l’aide à fuir tout ce bordel. Sa dernière hallucination est un bocal dans lequel elle est enfermée et qui se remplit d’eau : consciente que ce n’est pas réel, elle brise la vitre sans effort et s’en sort…

… pour mieux se réveiller.

Et visiblement, le résultat ne plaît guère à Quatre : elle a réussi à vaincre ses peurs en 3 minutes du premier coup, quand les autres en mettent 20. C’est un nouveau record ! Et un record un peu suspect, d’après Quatre. Tout comme certains Jean-Jacques, qui commencent à se dire qu’elle a peut-être grugé. Et à chaque fois que le test est répété, les résultats sont peu ou prou les mêmes : Quatre finit donc par lui poser la question de savoir quels ont été les résultats à son test pour choisir sa faction. Et il semble très au courant du fait qu’elle ment… bref, tout cela sent un peu le pâté.

Paniquée, elle décide d’aller faire un tour chez les Érudits pour voir son frère avec qui elle veut partager son trouble.

Vous dites ?

C’était pas interdit d’aller voir les gens des autres factions, raison pour laquelle ses parents pleuraient et… non ?

Bon, on va dire que ça non plus, ce n’était pas important.

Sérieusement, il y a quoi qui tient rien que dans les concepts de base du film ? Même les trucs posés dans le pitch sont zappés au bout de quinze secondes !

Bref, au sein du radieux immeuble des Érudits (où tout est propre et blanc : la caste des femmes de ménage doit se cacher chez eux), Caleb papote un peu avec elle avec plaisir, mais lui explique qu’il a rejoint le point de vue des Érudits : les Altruistes ne devraient pas diriger la ville. Les Érudits seraient meilleurs pour cela. Tris est un peu déçue d’entendre son frère raconter ce genre de truc, et alors qu’elle va quitter le bâtiment, deux Érudits essaient de l’arrêter en y mettant un peu de force : elle commence à se battre avec eux quand soudain surgit Jeanine (c’est son vrai nom, ce film était un appeau pour ce blog), la patronne des Érudits, qui fait cesser ce trouble et invite Tris à venir papoter avec elle.

Bon, mais ils voulaient quoi les deux types qui l’ont agressée, en fait ? On ne saura pas. C’était peut-être pour déconner.

Allez, on va dire que c’était une mise en scène de Jeanine pour l’emmener dans son bureau, parce que juste demander poliment, elle n’y avait pas pensé.

Okay, donc je confirme : le champion des Audacieux a le vertige, et la chef des Érudits est une huître avec une moumoute.

Formidable, formidable.

L’entretien entre Jeanine et Tris est bref : Jeanine veut juste lui mettre une petite pression amicale pour bien lui dire que "J’espère que tu es bien une Audacieuse loyale à ta cité, et que tu tuerais père et mère pour le bien de tous". Sooooit  ? Bon, je ne cherche plus : toujours est-il que Jeanine la fait raccompagner par son chauffeur (un chauffeur Érudit, donc ? Le mec s’est fait arnaquer à un moment) chez les Audacieux. Sauf que sur place, trois hommes cagoulés l’attendent au détour d’un couloir et menacent de la balancer dans l’un des ravins qui parcourent la carrière souterraine !

Quel dommage que tous ces gens habitent dans un site en ruines super dangereux, alors que la ville est recouverte d’immeubles que personne n’a jamais pensé à remettre en état, soit dit en passant.

Bref, notre héroïne est sur le point de faire le grand saut quand arrive Quatre qui distribue des coups de tatane à qui ramène sa fraise. Dans l’affaire, l’un des assaillants a perdu sa cagoule : c’est Jean-Jacques ! Je ne sais plus lequel, mais un Jean-Jacques jaloux des résultats de Tris qui voulait du coup l’éliminer pour éviter de se faire jeter du clan ! Quatre, plutôt que de prévenir les autorités (surtout que rappelons-le : le QG des Audacieux est aussi le QG de la police), préfère emmener Tris qui est un peu choquée dans sa chambre à lui (bien joué petit malin, tu peux le dire : tu as payé les trois hommes cagoulés, va !), et la glisse dans son lit.

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jean-Jacques la cagoule et ses amis que personne ne cherchera plus à identifier du film, quand bien même ils ont tenté de tuer l’héroïne. Leurs cagoules doivent être enchantées.

Mais comme c’est un gentleman, lui dort par terre. Ah mais oui. Il est comme ça le garçon.

Et non, personne au dortoir-sans-intimité ne remarque que tiens, Tris a disparu et que dis-donc, elle sort de la chambre du chef au petit matin. Du coup, personne ne gueule au piston non plus : c’est donc bien. C’est vrai que c’est tellement peu intéressant comme information dans une compétition où on joue sa vie (une compétition où on joue sa vie ? Dit comme ça, ça me rappelle un autre film… hmm, mais lequel ?).

S’ensuit la révélation que tout le monde attendait (mais si !) : Quatre a compris depuis longtemps que Tris était divergente. Mais comme rapidement, tous deux se mettent à se rouler des patins, mais pas plus parce qu’il ne faut "pas aller trop vite" (encore une fois, vous qui avez un jour couché le premier soir, sachez qu’Hollywood condamne fermement votre attitude de dépravée), la confiance règne. Et Tris demande aussi à Quatre "Au fait, c’est quoi le tatouage que l’on voit tout le temps dépasser de ton T-shirt ? Il signifie quoi ?"

Oui, parce que Tris fait aussi partie de ces gens qui sont persuadés que les tatouages ont tous une signification profonde. Pas juste que des gens peuvent trouver ça joli. Non parce que sinon, j’en connais qui vont en chier pour expliquer philosophiquement leur dauphin à la cheville. La prochaine fois, elle tentera "Alors, ton piercing sur le nez, c’est par rapport à Kant ou Platon ?".

En tout cas, c’est un excellent prétexte pour que Quatre se mette torse-nu et révèle son affreux tatouage couvrant tout son dos, et probablement fait par un surfer mal inspiré. Au milieu de sigles tribaux grossiers, on retrouve donc les sigles des cinq castes, et Quatre explique : "C’est parce que je veux être plus qu’un Audacieux : je veux être Érudit, Altruiste, Fraternel, Sincère et..."

A ce stade, tout le monde a compris que Quatre était un divergent. Un divergent tellement intelligent qu’il a eu la bonne idée de se le tatouer en énorme dans le dos.

Juste une seconde : quelqu’un a vu passer le pétard aux métaux lourds ? J’en aurais bien besoin, là. Merci.

Il n’y a que Tris qui ne fait pas le rapprochement et se contente de baver un peu en faisant des bruits comme "Gnuuu...". Qu’elle est brillante.

Mais assez de moqueries : Tris finit par partager ses doutes sur ce que les Érudits préparent. Et Quatre, qui a expliqué que sa spécialité était "le renseignement", lui répond qu’effectivement, les Érudits semblent préparer un truc. Ça fait plusieurs fois qu’ils viennent traîner au QG des Audacieux et qu’ils trafiquent du matériel informatique et un sérum qui rend les gens "plus réceptifs à la suggestion". Intéressant.

Et ça ne vous dirait pas d’en parler, je sais pas moi : aux Sincères, la justice ? Aux Altruistes, le pouvoir politique ? Non ? Non, vous avez raison : peut-être qu’en fait ils veulent juste monter une LAN pour se faire du Counter-Strike. Et le sérum, c’est pour les mauvais joueurs. C’est complètement crédible : surtout ne dites rien !

Visiblement désintéressés de la question, nos héros décident de reprendre la phase 2 de l’entrainement de Tris, à savoir lutter contre les peurs. Car bientôt arrive le grand examen final, celui qui fera d’elle une Audacieuse à part entière : affronter ses peurs avec tout un jury qui regarde sur les écrans ce qu’il se passe dans sa tête. Quatre a alors une idée géniale :

"Tris, j’ai pensé à un truc. Tu sais, je t’ai déjà vue affronter tes peurs sur écran. Et j’ai vu que tu les affrontais comme une divergente, à savoir que tu t’en moques en te disant qu’elles n’existent pas, parce que non, personne d’autre n’a jamais pensé à le faire, et non comme une Audacieuse, c’est à dire en les affrontant. C’est pourquoi j’ai pensé à un truc. On va t’entraîner à agir comme une Audacieuse.
- Excellente idée !
- Et pour ça on va utiliser ce petit appareil qui va relier nos pensées : nous serons dans la même hallucination et nous l’affronterons ensemble. Je te guiderai.
- Génial !
- C’est donc parti, allons-y : explorons mes peurs.
- Que… quoi ? Mais attends, c’est complètement con ton affaire ! A quoi ça sert que je m’entraîne sur TES peurs sachant que je vais affronter les miennes le jour J ? Les corbeaux, le champ en feu, le marais, la boîte pleine d’eau, tout ça ? Ça me sert à rien ton truc ; tu vas m’entraîner à un exam que je ne vais pas passer, gros débilou !"

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Mais non : en fait, Tris se contente de trouver l’idée géniale, et perd donc un moment du film à explorer les peurs de Quatre dans une hallucination commune. C’est-à-dire affronter le vertige, la claustrophobie, le meurtre d’innocents et enfin, le père de Quatre qui le battait étant enfant… et n’est autre que Marcus, le chef des Altruistes ! Quatre peurs : d’où son nom "Quatre", ce qui souligne à quel point tout ce film semble être une succession d’idées pourries tirées d’un chapeau. Une fois que Tris a appris à combattre ces peurs qui ne lui serviront à rien, le jour J, elle est envoyée dans une grande salle où entourée d’Audacieux et d’Érudits (qui n’ont pourtant rien à faire là, mais ça ne choque personne), elle se retrouve donc à affronter ses peurs, sur lesquelles elle n’a pas révisé à cause du plan foireux de Quatre. Mais comme le script est de son côté, si si, en fait, grâce à l’entraînement de son amant qui n’avait pourtant rien à voir avec la choucroute, elle utilise le feu dans le champ pour éloigner les corbeaux qui l’attaquent, puis elle se retrouve dans la boîte pleine d’eau dont elle bouche l’arrivée avec son blouson, et enfin, elle doit affronter deux peurs nouvelles : celle de se faire violer par Quatre (elle lui explose les roudoudous), et celle de devoir tuer sa famille (elle fait feu sans hésiter avec un gros flingue). Du coup, à son réveil, tout le monde l’applaudit très fort, y compris Jeanine l’Érudite qui, j’insiste, n’a aucune raison ni droit d’être là, sauf pour appuyer qu’elle est méchante et surveille l’héroïne. A noter qu’elle n’a pas eu à affronter la peur du scénario de merde : ça, c’est son quotidien.

L’affaire conclue, tous les Audacieux qui ont réussi le test sont… sont…

Oui ? Que dites-vous ? "Et les fameux qui étaient en bas du classement ?" Ah bin eux, on en parle plus en fait. Un détail.

Ah si, vous vous souvenez Jean-Jacques-la-cagoule ? Celui qui avait agressé Tris ? Hé bien il est reparu juste le temps de s’excuser, expliquant qu’il était comme "sous contrôle" (je me demande bien par qui aloooors) mais Tris ne l’a pas cru, et du coup, humilié et pas vraiment bien placé dans le classement, il a décidé de tenter l’option suicide. Ou on l’a suicidé, mais dans tous les cas : tout le monde s’en fout. Pauvre Jean-Jacques-la-cagoule !

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J’allais oublier de vous montrer le tatouage très discret que s’est fait Quatre, qui cherche avant tout à ne pas se faire repérer. Chapeau l’artiste !

Après avoir célébré leur entrée officielle chez les Audacieux, tout le monde, y compris les anciens, est invité à se faire injecter "un dispositif tout neuf de géolocalisation", ce qui est donc fait à la chaîne. Puis, la troupe s’en va pioncer, parce que la journée a été longue.

Mais peu avant l’aube, Tris est réveillée par Christina à côté d’elle, qui a l’air… en transe. Tout comme tous ses camarades en fait. Tous s’habillent et vont chercher des armes sans dire un mot, et se mettent en ligne pour traverser le QG en ordre, silencieux. Tris décide de faire de même le temps de comprendre ce qu’il se passe, et ça tombe bien puisqu’au milieu des rangs, les Audacieux adultes et Eric, qui sont tous bêtes et méchants, dévoilent leur plan à haute-voix :

"Alors ! Tu es sûr qu’ils ne nous entendent pas ?
- Techniquement ils nous voient et nous entendent, hohoho, mais leur cerveau ne peut rien faire, ahaha ! Le sérum et le petit processeur que nous leur avons injecté en fait des marionnettes sous notre contrôle, tout ça grâce à notre salle informatique cachée derrière cette porte ! 
- Excellent : nous allons enfin pouvoir aider les Érudits à défoncer des relous d’Altruistes ! Mais, ce sérum, a-t-il des faiblesses ?
- Hé bien il ne marche pas sur les divergents… si seulement on en avait un sous la main !"

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A ce moment, par un heureux hasard, jaillit Bob-le-divergent, un type qui se met à courir dans les rangs en criant : "Houhou les copains ! Pourquoi vous êtes tous hypnotisés ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi je suis tout seul à être conscient ? Héhooo !". Les méchants lui collent donc une balle dans la tête pour bien montrer qu’ils ne rigolent pas avec les divergents, ah mais dis-donc ! Tris fait donc semblant de rien et rejoint planquée au milieu de ses camarades le métro aérien. Où elle repère Quatre ! Elle s’avance donc parmi ses camarades en transe pour aller voir si son copain est dans le même état auquel cas elle pourrait peut-être profiter de sa faiblesse face à la suggestion pour lui demander des trucs coquins ou lui faire des blagues comme lui dessiner un kiki au Velleda sur le front. Mais pas de bol pour elle : c’est aussi un divergent (et elle ne le réalise que maintenant), qui lui prend discrètement la main pour lui dire que oui oui, je suis bien conscient, chut. Elle range donc son Velleda discretos.

Ainsi, tout leur régiment de fripons est relâché sur le quartier où vivent les Altruistes, que l’on regroupe de force, en abattant ceux qui résistent.

Alors vous me direz que ça doit un peu énerver les Sincères, qui sont là pour faire la justice, mais non : ce sont un peu les Poufsouffle du coin, tout le monde s’en fout, y compris le script.

Bref. Durant l’affaire, Tris et Quatre arrivent à foncer à la maison de Papa et Maman Béa et la trouvent vide. Auraient-ils trouvé le moyen de filer, les larrons ? Sauf qu’en route, nos héros croisent Eric qui ricane très fort en les arrêtant "Alors Quatre ? On fait moins le malin maintenant qu’on est hypnotisé comme une bouse ? Espèce de gros naze !" mais hélas, Quatre se trahit quand Eric lui raconte une blague de Toto (celle de Toto qui a une fuite d’eau dans un monde post-apocalyptique où il n’y a pas de plombier). Damnation ! Malgré une brève tentative de résistance de Tris et lui, durant laquelle Tris se prend un pruneau dans le bras, ils sont bien vite arrêtés et emmenés voir la chef du coup d’Etat en cours qui, allez savoir pourquoi, passait par là : Jeanine, donc. Celle-ci est contente de trouver deux divergents en vie : elle va emmener Quatre pour faire des expériences dessus. Quant à Tris, qui est déjà entamée, elle peut bien aller mourir. Elle commande donc à ses hommes d’aller l’exécuter dans un coin.

C’est donc emmenée par le peloton d’exécution le plus lent du monde que Tris s’en va, et alors qu’ils la mettent en joue (leeeeeeeeeeeeeenteeeemeeeeeeeeeent, ils n’ont pas fait autant de chichis pour Bob-le-divergent), des coups de feu éclatent et tuent ses bourreaux : c’est maman Béa qui surgit d’un buisson, une arme à la main !

Heureusement que les centaines de soldats qui encombraient le secteur il y a encore une scène sont tous partis fumer une clope au même moment et n’ont rien entendu, hein.

Maman Béa fait donc une grosse confession : "Avant d’être une Altruiste, j’étais une Audacieuse ! C’est pour ça que je suis mi-Altruiste, mi-Yamakazi ! Maintenant, ramasse une arme et fuyons !". Ce qui est dit est donc fait, et le duo mère-fille essaie de filer vers les rues les plus proches, mais croise en chemin un véhicule transportant quelques soldats qui se lancent à leur poursuite. Équipées de leurs armes contenant environ 17 000 cartouches par chargeur, elles tuent un certain nombre d’assaillant, dont un Jean-Jacques en transe, ce qui choque un peu Tris quand bien même dans la salle personne n’avait jamais éprouvé la moindre compassion pour ce personnage au charisme proche de la feuille de calque. Mais dans la bagarre, Maman Béa se ramasse un pruneau et meurt en ordonnant à sa fille de rejoindre son père qui doit se cacher dans un quartier pas loin avec d’autres réfugiés.

Tris s’enfuit donc malgré les Audacieux qui lui tirent dessus. Mais pas trop, hein : par exemple, ils mitraillent les murs de la ruelle où Tris se planque quand ils ne la voient pas, et quand elle sort pour courir en ligne droite au milieu de ladite ruelle, ils ne tirent plus. Ils sont vraiment sympas, en fait.

En parlant de trucs sympas, Tris arrive dans le coin où son père est supposé se planquer. Poursuivie, elle rentre donc dans la première porte qui passe et… ho bin ça alors, c’est là que son père et tous les survivants se cachaient ! C’est tout petit Chicago, tout de même. Je crois que même Arcis-sur-Aube est un peu plus grand. Enfin bref, sur place il y a donc Papa Béa, des réfugiés, Marcus, le chef de la faction, et même Caleb, son frère, qui a quitté les rangs des Érudits sitôt qu’il a compris qu’ils allaient prendre le pouvoir sans pincettes. Tout ce petit monde réfléchit donc : mais comment arrêter les Audacieux complètement drogués ?

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"Quelle chance ma fille que les méchants aient débité tout leur plan à haute voix pendant que tu passais pas là !"

Tris sait : la base des Audacieux. Il y a là-bas le centre informatique d’où ils contrôlent les pauvres bougres. Et elle sait même comment y rentrer sans se faire repérer. Et non, son plan n’implique même pas une fausse moustache.

Accompagnée de son père, Caleb, Marcus et d’une paire d’autres types ayant encore moins d’intérêt que les précédemment cités, elle file donc au métro aérien, qui, oui, continue de tourner en boucle, saute dedans avec ses compagnons d’aventure, et les emmène au fameux toit d’où on peut sauter dans l’entrée du QG où elle était arrivée le premier jour.

Que non, personne ne garde, évidemment.

C’est pas comme s’il y avait un coup d’état en cours. J’ai vu des parties de Junta mieux encadrées.

En avançant, elle tombe tout de même sur un Jean-Jacques, qui n’a rien d’hypnotisé et coopère de son plein gré avec les Érudits. Il se fait donc péter la gueule et indique où se trouve la salle informatique qui sert de salle de commandement. Nos héros y foncent, et apercevant trois gardes qui défendent la place, plutôt que de s’organiser, Papa Béa fonce dans le tas en faisant des bruits comme "Yayayaya !". Il fait donc une diversion aussi spectaculaire que débile, puis meurt plombé par ses adversaires peu avant qu’eux-même ne se fassent descendre. J’aime beaucoup ces personnages qui meurent juste parce qu’ils s’ennuyaient. En même temps, je peux les comprendre.

Qu’importe. La salle de contrôle ouverte, Tris s’y engouffre seule pendant que ses camarades montent la garde dehors, prête à combattre tout le… le…

Mais j’y pense, elle ne s’était pas prise une balle dans le bras un peu plus tôt ? Ça va maintenant, tout va bien ? D’accord. J’ai dû rêver. Ou regarder un autre film pendant ce temps.

Bref, elle arrive dans la salle de contrôle et là, découvre Quatre assis, les yeux dans le vague, à ses côtés Jeanine qui ricane car oui, elle le contrôle lui aussi à présent ! En effet, pendant que nos héros fonçaient au QG des Audacieux, elle a réussi à terminer ce qu’elle faisait chez les Altruistes, à prendre sa bagnole, à revenir plus vite qu’un métro aérien qui ne marque jamais d’arrêt, à rentrer dans la base, gagner la salle de contrôle, refermer la porte blindée de celle-ci, puis rechercher un sérum de contrôle des divergents qu’elle a aussi mis au point dans la foulée avant de l’administrer. Et parce qu’il lui restait du temps, je crois bien qu’elle a préparé du cake aux fruits.

En parlant de cake tout chaud, Quatre se voit ordonné par Jeanine de tuer Tris ! Holala, comme c’est cruel ! Heureusement, se battant divinement bien grâce à sa guérison miraculeuse du bras, Tris non seulement se défend mais lui répète en boucle "C’est moi ! Arrête ! Mais si, tu sais, moi ! C’est parce que je suis habillée que tu ne me reconnais pas ?". Finalement, voyant que ça ne marche guère, elle ramasse un pistolet et plutôt que de tuer Quatre, le braque sur son propre front en lui hurlant de tirer et accessoirement, qu’elle l’aime. Ce qui arrête net Quatre.

Parce que oui, Quatre était chaud bouillant pour la tuer, mais pas si elle fait tout le travail en lui lançant des niaiseries.

Misère.

Quatre sort de sa transe et aidé de Tris, ils défoncent bien vite tous les agents de sécurité du centre de contrôle jusqu’à ce qu’il ne reste guère plus que Jeanine, qui refuse de coopérer. Un petit coup de son propre sérum dans la gueule plus tard, Quatre, qui n’a jamais vu comment fonctionnait l’espèce de logiciel qui permet de contrôler le cerveau des gens sous sérum mais sait parfaitement le faire quand même lui ordonne d’arrêter le coup d’Etat puis d’effacer tout le programme qui permettait de contrôler les pauvres gens. Elle appuie donc sur retour arrière puis lance un Format C: et aussitôt, tous les Audacieux qui entouraient les Altruistes se réveillent et se demandent ce qu’ils font là. En effaçant le programme, Jeanine elle-même sort de sa transe… et pleure donc de rage en voyant ses précieux efforts (pourris) réduits à néants.

Hélas, il faut partir : les Audacieux qui participaient au coup de plein gré retournent vers la base pour voir ce qu’il s’y passe, aussi nos héros filent donc tous bondir dans le métro aérien, toujours en pleine course, avant de s’éloigner à toute allure de Chicago (car oui, soudain, le métro a des rails qui vont en direction de l’enceinte autour de la ville, allons bon). Et…

Oui ? Oui, ils viennent d’arrêter le coup d’état oui. Et oui, plutôt que d’aller expliquer ce qu’il s’est passé pour rétablir la paix et faire que les Audacieux réveillés de leur hypnose les aident à se débarrasser des corrompus, ils se barrent en laissant tout en plan, comme ça, les Érudits et les Audacieux corrompus pourront continuer tranquillement leurs affaires et continuer de filer des ordres aux Audacieux innocents. En un mot comme en cent : jusqu’à la fin, ils auront fait n’importe quoi.

C’est donc sur cette ultime incohérence que s’achève notre histoire et…

… FIN !

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"Maintenant que nous avons sauvé la ville, barrons-nous en laissant les méchants en paix, histoire que la situation pourrisse suffisamment pour nous permettre de faire un 2 !"

_______________________________

"Bon alors Maître, c’était plutôt un bon film, non ?
- …
- Maître ?
- …"

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Elle me regarde en levant un sourcil jusqu’à ce que le président la fasse sursauter.

"Maître Connard, levez-vous ! Que demandez-vous pour votre cliente ?"

Je réfléchis un long moment, pendant que du bout des lèvres, elle répète encore et encore "L’acquittement !"

Je prends une grande inspiration, et au nom de la défense, déclare :

"Mais, la peine de mort Monsieur le président !"

Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

__________________________________

L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

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Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

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Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

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Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

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