Spoiler dans la bonne humeur


L’été est un moment merveilleux pour rattraper son retard.

Qu’il s’agisse de lectures abandonnées et reprises à l’occasion d’un jour brûlant, ou d’un bricolage toujours remis à demain enfin achevé, pour certains, c’est l’occasion de voir les blockbusters qu’ils avaient loupés. Ainsi, pour ma part, c’est à la fois l’occasion de me pencher sur les CVs de lectrices en attente, mais aussi sur les plus grandes œuvres de ces derniers mois, à commencer par l’un d’entre eux : Noah. Ou Noé, dans la langue de Molière et de Patrick Sébastien.

Puisque oui : quitte à adapter n’importe quel best seller au cinéma (non, je ne pense pas que j’irai pas voir 50 Shades of Grey, je pense que c’est au-delà de Twilight et de ce qu’un être humain peut supporter), pourquoi ne pas adapter la Bible ? Après tout, ce n’est pas plus bête qu’adapter un Marvel : des héros en pagaille, des super-pouvoirs à foison, des gens qui meurent et ressuscitent dans la foulée pour ne pas décevoir les fans, et bien sûr, des incohérences grosses comme des dinosaures.

Bref ! Il fait chaud, c’est l’été et votre ordinateur fait office de radiateur à côté de votre chaise dégoulinante de sueur, aussi soyons brefs et passons au cœur du sujet : Noah, bateau qui flotte ou étron qui coule ?

Ni une, ni deux, spoilons mes bons !

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L’affiche. Pas une seule explosion ! Voilà qui annonce un film de qualit… attendez, attendez, je crois que le titre suffit à lui seul à annoncer un déluge fécal.

Notre film commence… par un Powerpoint.

Oui, c’est rude. Si quelqu’un a une autre explication quant à cet enchaînement de diapositives digne d’une réunion de la COGIP, je veux bien qu’il m’explique. C’est donc avec une police de caractère immonde et dorée entrecoupée de brèves scènes bruitées à l’aide d’une base de sons gratuits trouvée sur internet (non vraiment, les gens qui ont vu ce film au cinéma ont dû se demander où ils étaient) que l’on rappelle au spectateur quelques étapes importantes du début des temps selon les grandes religions monothéistes.

Au commencement, il n’y avait rien, ce qui était tout de même un peu nul pour s’occuper le dimanche, qui lui-même, n’existait pas soit dit en passant. Ensuite, Dieu créa tout un tas de trucs, dont la Terre, les étoiles et la moutarde à l’ancienne. Puis, Adam et Eve, suite à un pique-nique ayant dégénéré, furent chassés du jardin d’Eden et envoyés sur Terre, comme ça, ça leur ferait les pieds. Ils eurent trois fils : Caïn, Abel et Jean-Jacques. Cain tua Abel lors d’une rixe autour d’une partie de pogs (c’était le début des temps, c’est loin tout ça), puis s’enfuit vers l’Est lointain, où il rencontra des anges déchus, qui comme ils étaient sympas lui proposèrent… de l’aider à fonder une civilisation industrielle ainsi que l’éditeur White Wolf.

Chut. On se concentre et on oublie ce que vous a dit la Madame du catéchisme. Je continue.

Donc disais-je, ne me demandez pas pourquoi mais les anges déchus avaient apparemment très envie de voir naître une civilisation industrielle, probablement à cause d’un goût prononcé pour le steam-punk qui est prétexte à tous les corsets comme chacun sait. Sauf que les cités des descendants de Caïn se multiplièrent. Ne me demandez pas comment, Caïn s’est probablement reproduit en faisant sensuellement l’amour à des ragondins, puisqu’aux dernières nouvelles, ils étaient trois frères et c’est tout et le film n’en dit rien. Bref, zoophilie ou non, les cités de Caïn disais-je, grandirent au point de couvrir toute la surface de la terre et d’en épuiser l’ensemble des ressources et en faire un vaste désert.

Ne restèrent alors plus que les descendants de Jean-Jacques pour protéger la Création…

Et le film (à la fois pré et post-apocalyptique, du coup) débute donc lorsque Noé enfant, dernier descendant de Jean-Jacques, s’apprête à passer le rituel avec son papounet pour devenir un homme. Que dites-vous ? Un seul descendant pour Jean-Jacques là où il y a eu assez de gens par générations chez Caïn pour couvrir la Terre ? Oui, je pense qu’il y en a un qui s’est gardé pour lui le secret des ragondins. Mais bref ! Le dernier des Jean-Jacques est donc avec son papa dans un coin rocailleux, lorsque Papa Noé s’enroule autour du bras une relique : la mue du serpent du jardin d’Eden. Elle se met à briller et pour achever le rituel de passage à l’âge adulte, Papa Noé doit toucher son fils avec, mais au moment où il va le faire, toute une armée accompagnée d’anges déchus (qui sont de gros golems de pierre, pour faire simple) apparaît à 20 mètres de nos héros qui, non, ne les avaient pas remarqués.

C’est ballot. Ils avaient sûrement mis des patins.

A la tête de cette vilaine armée de descendants de Caïn : Tubal (aussi appelé "Tuduku" par ses amis). Celui-ci est bien évidemment très méchant et avide, et il explique à Papa Noé que ça suffit les conneries, la Création, Dieu, tout ça… après tout, dans les villes, on meurt de faim et de soif par manque de ressources et le Créateur n’a rien fait. Tubal donne donc une grosse mandale à Papa Noé en lui expliquant qu’au nom de son peuple et de l’humanité, il prendra tout ce dont il a besoin pour survivre. Il se saisit donc de la relique du serpent du jardin d’Eden, qu’il fait sienne, puis… bute Papa Noé, histoire qu’il arrête ses sermons écolos.

Noé, qui s’est caché, voit donc son père mourir sous ses yeux des mains de Tubal.

Un début de film d’une folle originalité, donc, nous en conviendrons.

Au passage, j’en profite : Tubal explique que ce coin où vivaient les derniers descendants de Jean-Jacques a un sol riche en pierres jaunes magiques qui explosent, une ressource bien connue sur Terre, et que sa civilisation exploite. Appelons cette matière le "Broufanium", puisque "Brouf" est le bruit qu’elle fait quand on la tape et qu’elle explose, permettant ainsi de dégager chaleur et énergie. Non, moi non plus, je ne comprends pas bien ce que ça vient faire dans ce film. J’imagine qu’un scénariste s’est dit que ce serait rigolo de rajouter des trucs. Sa première idée, les sabres lasers, ayant été refusée, il s’est rabattu là-dessus. Pourquoi pas.

Cela étant dit, bondissons dans le temps et allons retrouver bien des années plus tard le jeune Noé qui est désormais devenu un Noé d’âge mûr, un Noé poilu, bref, une sorte de Russel Crowe. Celui-ci vit toujours dans les coins désolés qu’offre désormais la Terre, et fouille le sol désolé à la recherche de nourriture avec ses enfants Sem & Cham lorsque soudain tombe du ciel une goutte d’eau. Et à la seconde où celle-ci touche le sol… pousse une fleur.

Brouf

Ici, Tubal étudie le sol à la recherche de Broufanium. Rappelons que le Broufanium n’a strictement aucun intérêt dans l’histoire, c’est juste comme ça.

Noé sourcille un peu : ce n’est pas banal. Il se demande, si c’est si facile de faire pousser une fleur, si le mec de Jardiland ne l’aurait pas un peu entubé l’autre jour, mais alors qu’il en est tout à ses réflexions, un des derniers animaux de la planète, une sorte de croisement entre un chien et un tatou – pourquoi l’équipe du film a-t-elle dépensé du budget à inventer un animal sans aucune raison, je n’en sais rien – passe devant lui en couinant, blessé. Noé part donc à sa poursuite, car s’il protège la Création toute entière (seul contre tout le reste de l’humanité, rappelons-le), il doit aider les animaux, tous les animaux. Ainsi, même la mouche affamée sait que, comme le spectateur averti, si elle va voir Noé, elle trouvera du caca à volonté. C’est beau l’entraide. En tout cas la bête, qui a été blessée par une flèche, s’arrête au pied d’un rocher et notre héros va l’aider. L’animal, qui a probablement lu le script, n’essaie pas de lui arracher la main et se contente de laisser Noé le triturer avant de mourir parce que bon, c’était un peu tard. Tant pis.

"Hé, vazy bâtard, qu’esse tu fais à not’ miam ?" s’enquiert soudain un brigand derrière Noé.

Le brigand en question est venu accompagné de deux amis, et puisque la nourriture manque, il ne souhaite pas partager la proie qu’il vient de chasser avec Noé le clodo. Il décide donc de le passer à tabac, ce qui est une grosse erreur, car Noé reste avant tout Russel Crowe, qui mouline donc la gueule des margoulins avec aisance, les tuant tous sans distinction. Scène coupée au montage, l’un des brigands qui agonise pose cette question qui brûle les lèvres des spectateurs :

"Ah… Noé… tu es fort… très fort… mais dis-moi, sachant que ton père est mort et que tu vis en ermite, comment as-tu appris à te battre ?
- Je me suis entraîné avec des cailloux. Une fois, j’ai même battu un silex au catch.
- Ho… tout s’explique alors… ce n’est pas du tout incohérent.
- Hé non. Allez, meurs !"

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Pfou ! Un animal mort, trois brigands meulés et une fleur tombée du ciel, allez, la journée a été longue : Noé décide de rentrer à la maison. Car oui, Noé a une maison. Enfin ! Nulle structure en dur : en réalité, lui et sa famille (il a aussi une femme, Naameh, comme dans la phrase "Naameh t’as fini de raconter des conneries ?" et un nouveau-né, Japhet comme dans "Japhet un autre jeu de mot pourri ou ça ira ?") vivent dans des tentes et errent sur la Terre désolée comme de vulgaires clodos à la rechercher d’un Monoprix devant lequel s’installer. Après avoir embrassé femme & enfants, Noé va donc se coucher histoire de se remettre des événements de la journée.

Mais dans ses songes, il a une vision.

Le sol de cendres du monde ravagé dans lequel il erre au quotidien lui colle aux pieds comme de la boue : en réalité, la cendre est devenue sang. Et alors qu’il est encore tout éberlué, voilà qu’il se retrouve sous l’eau. Le monde est recouvert d’eau, et des cadavres montent du fond tout autour de lui en poussant de grands hurlements.

Noé se réveille donc tout en sueur aux côtés de Naameh.

"Chéri ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu digères mal ton bouillon de racines ?
- Non, Naameh. J’ai eu… une vision. Un rêve… de l’eau… de l’eau partout… des gens tout autour de moi.
- Oui ça s’appelle un rêve humide mon choubidou. Moi aussi j’en fais souvent un, on est au Macumba avec tous ces gens autour de moi et soudain, il y a cet énorme videur qui me…
- Non, non, vraiment humide, genre beaucoup, beaucoup d’eau. Le créateur m’a parlé. Il m’a envoyé une vision. Il va… détruire le monde tel que nous le connaissons.
- Tu es sûr ? Peut-être qu’il voulait juste te prévenir qu’il allait pleuvoir et qu’il fallait rentrer le barbecue."

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Mais non, Noé est sûr de son coup : Dieu est en colère et il va nettoyer la Création. Dans son rêve, il a aussi vu une montagne, et il pense que des réponses sont là-bas. Tout le monde prend donc son petit sac à dos et la famille après avoir démonté le camp part à l’aventure en suivant Noé qui doit savoir ce qu’il fait, après tout, il a eu un rêve et en a déduit des trucs sur l’avenir de l’humanité, il ne faudrait surtout pas le remettre en question, les élucubrations oniriques, c’est tout ce qu’il y a de plus crédible. Comme la fois où Noé les avait obligé à se mettre des pneus autour du cou car il avait vu en rêve que c’était le seul moyen d’invoquer Salma Hayek, halala, ils avaient passé six mois comme ça mais il avait fini par être raisonnable. La famille  traverse donc des paysages dévastés pour rappeler que la Terre est dans un sale état : forêts de souches calcinées, plaines aux étangs empoisonnés, ruines de villes, villages et d’exploitations minières… et c’est en traversant l’une d’entre elles que soudain, tout le monde entend gémir.

Une caravane de malheureux a été attaquée ici, et il y a une jeune survivante, Ila (ça a dû être dur à porter à l’école), qui a une blessure au bidou. Heureusement, Naameh connaît bien les remèdes magiques (qui lui a enseigné ? Mystère) et guérit la pauvresse avant de l’emmener. Sauf que voilà : les fripons qui avaient attaqué la caravane n’étaient pas loin, et voyant un nouveau groupe de survivants errer dans les décombres, ils passent à l’attaque. Noé, sa petite famille et la blessée qu’ils transportent cavalcadent donc dans la direction opposée, mais las ! Voilà qu’ils tombent nez-à-nez avec une sorte de frontière dessinée avec des piques et des crânes délimitant un désert encore plus calciné que le reste de la planète. Tant pis, il faut y aller !

Tout le monde s’élance donc à fond les ballons dans la zone dangereuse, quand soudain, un gros tas de pierres s’anime… un ange déchu ! Et s’il fait fuir les brigands, il n’en colle pas moins un gros pain dans la margoulette de Noé, qui tombe inconscient.

A son réveil, Noé et sa famille sont dans un ravin sans issue, et entourés d’anges déchus qui discutent de leur sort. Noé, qui malgré son gros pain de plusieurs tonnes de roches dans la tronche, a le visage impeccable puisque ce film est cohérent à tout point de vue, essaie de les raisonner.

"Anges déchus ! Nous ne vous voulons aucun mal, nous traversons juste vos terres pour nous rendre à la montagne où vit mon grand-père, Mathusalem.
- Un descendant de Mathusalem ? Voilà qui ‘est intéressant. Mais tu es un homme, et les humains nous ont trahi comme ils ont trahis le Créateur ! 
- Non mais attendez, c’est justement votre ancien boss Dieu qui nous envoie.
- Ho l’autre, le vieux bluff ! Restez ici à pourrir, tiens."

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Et les anges abandonnent Noé et sa famille dans le trou en plein cagnard. Flûte !

Notez : les anges déchus croient moins en Dieu que la famille de Noé. Comme quoi.

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Pour bien dire qu’il est gentil, l’un des anges a tout le temps une tête de type qui vient de renverser un lapin kikinou. Là où les autres sont borgnes avec des sourcils de pierre froncés en permanence. Et des voix de méchants, bien sûr.

Abandonnés, désespérés, nos héros sont cependant surpris au beau milieu de la nuit par un ange déchu qui a une tronche de gentil comparé aux autres histoire que le spectateur comprenne bien qu’il ne va pas les transformer en kebab. Celui-ci ordonne à l’équipe de le suivre, et il les aide à s’enfuir du lieu de leur détention, avant de les guider au travers du désert de cendres. Il en profite au passage pour raconter l’histoire des anges déchus. Au commencement des temps, ils étaient faits de lumière et veillaient sur Adam et Eve, même si certains auraient pu parler de "mater comme des cochonous". Lorsque le couple d’humains fut chassé du jardin d’Eden, certains anges désobéirent et filèrent sur Terre pour les guider, aider leur fils Caïn a monter une civilisation qui dépote, etc. Mais Dieu n’ayant guère apprécié cet abandon de poste résilia leur CDI et en plus les changea en pierre, mais ça, c’est principalement parce que ça le faisait marrer.

L’ange explique aussi, lors d’une scène ridicule de flashback, que les fils de Caïn se sont retournés contre eux quand ils n’ont plus eu besoin d’eux (ils se sont dit "Tiens, si on se lançait dans une guerre inutile contre nos alliés géants super forts juste comme ça sans explication ?") et ont commencé à leur tataner la face. On voit donc une armée qui couvre tout à peu près jusqu’à l’horizon (c’est très subtil, ce film est décidément fantastique à tout point de vue) courser les anges déchus, et soudain arriver le dernier allié des golems, Mathusalem, qui s’est trouvé une armure on ne sait où, et surtout, une épée de feu probablement trouvé sous une ortie. Et lorsqu’il la plante dans le sol, puisqu’il est seul contre environ 17 milliards de guerriers, une tempête de feu tue toute l’armée ennemie. C’est ça, le sol tout calciné dans le coin : c’est le champ de bataille.

C’est bête qu’avec une telle puissance, Mathusalem n’ait pas pensé à guider l’humanité plutôt qu’à se contenter de cramer des gens, comme ça, pouf, avant de retourner ne rien faire.

Mais bon, hein, c’est vrai que "Protéger la Création" se limite sûrement à tuer des gens à des moments précis.

Allez, on s’essuie les yeux et on poursuit.

En tout cas, le récit est certes fascinant, mais il n’en est pas moins qu’ainsi guidés et escortés, nos héros arrivent promptement au pied de la dernière montagne verte de la Terre, où vit Mathusalem, grand-père de Noé. Nono emmène donc son aîné Cham avec lui et tous deux grimpent sur la montagne jusqu’à arriver dans une grotte au fond de laquelle vit un vieillard encore vif : Mathusalem.

"Aaaah, ben c’est gentil de venir rendre visite à Papy ! Avec la canicule, ça fait plaisir.
- Bonjour Mathusalem. Je te présente mon fils aîné : Cham. 
- Hooo ben viens t’asseoir à côté de ton grand-Papy. Alors, qu’est-ce que tu racontes ? Ça va l’école ? Tu as une copine ? Tu t’amuses bien avec tes amis ?
- Tout le monde est mort, Papy.
- Ah oui, tiens, c’est vrai ça. Bon, sinon, qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?
- Les baies.
- Hm, c’est vrai que c’est bon, les baies ! Mais tu dois être fatigué de ton long voyage ? Laisse-moi te faire la prise de Monsieur Spock.
- La ? Mais qu’est-ce que… zzzzzzzzzzzz…"

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Et en effet : d’une simple imposition du pouce sur le front de Cham, celui-ci s’endort profondément. Autant vous dire que derrière, quand Mathusalem sert un thé à Noé pour discuter en paix, notre héros regarde le breuvage si fort qu’on l’entend presque penser "La vache ! Je suis sûr que le vieux avait du GHB sur le pouce pour faire ce coup là !". En tout cas, Mathusalem explique à Noé qu’il sait pourquoi il vient : son propre père lui avait dit qu’un jour, cela arriverait car Dieu voudrait arrêter les humains et leurs conneries s’ils continuaient. Noé explique donc que c’est bien ce pourquoi il vient, mais qu’il n’y a plus aucune chance d’arrêter le processus : Dieu va noyer la Création.

Notons que Dieu est joueur : il a attendu que l’humanité s’anéantisse elle-même dans sa propre apocalypse pour l’anéantir à son tour. C’est vrai que c’est très utile, puisque techniquement, ça veut dire que le bougre n’intervient que lorsqu’il est déjà trop tard. Utile.

Noé n’avait cependant peut-être pas tort de se méfier du thé de Papy : Mathusalem lui explique que Dieu l’a envoyé ici pour une raison… peut-être pour trouver plus de réponses dans ses visions ? Ce pourquoi Papy a mis a peu près 35 moles de benzodiazépine dans son thé, ce qui explose les pupilles de Noé qui à nouveau, a une vision. Il se retrouve encore une fois sous l’eau, entouré de cadavres, sauf que cette fois, des animaux jaillissent d’entre eux et nagent vers la surface, où flotte un énorme navire à fond plat…

Et Noé ouvre les yeux

Il partage donc ce qu’il a vu avec Mathusalem.

"Mathusalem, Dieu va rayer l’humanité de la carte. Mais aussi sauver les animaux, qui sont tous innocents et gentils.
- Même les chats et les caniches nains ?
- Mmmgn… mmmm…. mgnnnnn… même chats et les les caniches nains. La vache, ça pique la langue rien qu’à le dire.
- Très bien. Et quel est le plan du Créateur ?
- Il veut tout effacer et tout recommencer. Il me confie une mission. Construire une arche pour sauver les animaux et ainsi recommencer le monde après le déluge.
- Une arche ? Toi ? On parle bien du mec qui a vécu toute sa vie sur une planète dévastée à gratter le sol pour sucer des cailloux et n’a donc jamais vu la mer ou le moindre bout de bois correct ?
- C’est ça.
- Ah ben, ça va être pratique alors. Si tu arrives à faire un radeau et à sauver deux chèvres, ça sera déjà bien.
- Et encore Papy, tu n’as pas vu le bateau de ma vision : on dirait une sorte de croisement entre une péniche et l’USS Yorktown CS-5. Je pense que Dieu veut se faire un revival de la bataille de Midway."

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Pour avoir une idée : voici l’arche. Moi, j’y vois un porte avion. Pour d’autres, c’est un vieux quai. Mais en tout cas, pour personne, ce n’est un bateau crédible.

Noé retourne donc au pied de la montagne expliquer à sa famille ce qu’il en est de sa nouvelle mission (qui là encore, lui dit "Okay, très bien" sans souci), et il en profite pour emporter avec un lui cadeau de Mathusalem, à savoir une graine du jardin d’Eden, qu’il s’empresse donc de planter dans la cendre histoire de voir si comme pour les patates, ça donne un résultat intéressant. Et en effet, dès le lendemain, alors que des anges déchus les ont retrouvés et sont en train d’engueuler leur frère qui avait guidé les humains loin de leur prison du désert, là où il y avait la graine jaillit… de l’eau (juste avant qu’un ange déchu ne tabasse Noé et ne s’arrête donc net ; Dieu a un grand sens de la mise en scène hollywoodienne). Qui ruisselle sur la cendre dans toutes les directions, et de l’herbe se met à pousser, puis des arbres à toute vitesse puis l’eau s’étend dans toutes les directions en ruisseaux glougloutants  et Noé ainsi que les anges déchus se retrouvent bientôt au milieu d’une merveilleuse et verdoyante forêt.

C’est bête quand même : depuis des plombes, Mathusalem avait avec lui une graine capable de sauver toute la Création (sa mission, je le rappelle), mais il a oublié de l’utiliser. C’est ballot.

Encore une fois, scénariste, n’oublie pas la règle de base : si tu donnes à un personnage un grand pouvoir, il serait bien con de ne pas s’en servir.

Mais visiblement, on t’a filé une bien grande responsabilité, et tu as été trop con pour la porter.

En tout cas, cela suffit à convaincre les anges déchus d’aider Noé dans sa tâche, puisqu’une pareille magie ne peut être qu’acte du Créateur et non de Gérard Majax. Et comme les anges déchus, abandonnés par les hommes, regrettent leurs erreurs et veulent à nouveau servir Dieu, ils s’empressent de l’aider à monter l’arche, pusqu’il s’avère qu’ils sont tous un BTS charpenterie et que l’un d’entre eux a même fait un stage au chantier naval de Saint-Nazaire en 3e.

Il n’empêche, niveau miracles, c’est moyen : les mecs ont besoin d’une arche, Dieu leur envoie une forêt. L’arche, directement, aurait- peut-être été vaguement plus pratique, mais bon, hein. Dieu, c’est un peu la version céleste des édition Delprado. Le numéro 1, le plan de l’arche, le DVD et l’écoutille ouest, 1€, le numéro suivant est à 12€. Scandaleux.

Les années passent et la construction de l’arche, aidée par les anges déchus et le bullshit biblico-scénaristique progresse à toute allure. Les enfants ont grandi, et la réfugiée qui avait mal au ventrou, Ila, est devenue Emma Watson pour le plus grand plaisir des nerds et de Cham, qui aime courir avec elle dans la forêt pour lui faire des bisous. Mais dès que Cham, qui est un peu chaud comme la braise, envisage un passage dans lequel on se met des trucs dans les machins, Ila refuse catégoriquement.

Car Ila, qui a sûrement passé son diplôme de médecine à l’école des noisettes et fabriqué de quoi se faire passer une échographie seule à partir d’un bâton, d’un écureuil et de 15 mètres de liane, sait que depuis sa blessure au bidou elle ne pourra pas donner d’enfant. Alors, à quoi bon baisouiller si ce n’est pour se reproduire ?

Je laisse à chacun le soin de choisir une réponse parmi les plusieurs millions de possible. Ila, elle, ne trouve pas. Vous pouvez être sûr qu’au Trivial Pursuit, je ne la prendrai pas dans mon équipe. Enfin, dans tous les cas Ila va pleurer auprès de Naameh de son triste sort, et celle-ci lui dit de ne pas trop s’inquiéter, et puis que bon, Dieu a tout cela bien en main. Pour ma part, j’espère que Cham aussi parce que sinon, le garçon est parti pour avoir de sérieuses douleurs testiculaires.

Blagues grivoises mises à part, sur ces entrefaites, un oiseau apparaît au-dessus de la forêt. Puis deux. Puis douze. Puis cent cinquante mille.

"On va se faire bombarder de merdes !" devraient hurler nos héros en rentrant immédiatement la Punto fraîchement lavée au garage, mais nenni. Les oiseaux trouvent leur chemin dans l’arche, et figurez-vous que non seulement il y a de la place pour tout le monde, mais ils ont même des couchettes. Des couchettes avec des rideaux. Non, je n’invente pas : c’est juste dramatiquement nul. J’imagine bien l’urgence qu’il y avait à aménager cela. Et comme pour les voyages en avion, Naameh a tout prévu : elle a inventé la seule décoction de la terre qui envoie des émanations qui endorment tous les animaux de la Terre sauf les humains. Les enfants de Noé passent donc près des couchettes avec de simili-encensoirs et endorment donc tous les volatiles qui vont probablement se réveiller avec de sérieuses courbatures.

Hélas, cette intervention divine à base d’oiseaux n’est pas suffisante pour nous faire quitter les sujets slipesques puisque bien vite, le second fils de Noé, Sem, vient poser des questions.

"Papa…
- Oui mon fils ?
- Papa, comment… comment on fait les bébés ?
- Tu sais comment on fait une connerie ?
- Par accident ?
- Bah voilà t’as tout compris. Allez, dégage, je bosse."

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Mais malgré le rude langage de son père, Sem insiste un peu.

"Papa, pourquoi il n’y a que Cham qui a une meuf ?
- C’est ainsi.
- Oui mais s’il y a le déluge… alors il sera le seul à avoir une femme ! Et moi alors ?
- Si le Créateur veut que tu aies une femme, il t’en fournira une. Vois comme il nous a donné une forêt ! Vois comme il a guidé les oiseaux !"

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Pour les commentaires sexistes, pas besoin de se forcer : le film fait tout. Oui, toi, femme, tu ne le sais pas, mais tu es en fait juste un accessoire que Dieu envoie à droite ou à gauche en fonction de ses commandes Amazon. Et donc, quand quelqu’un agit bien, en récompense, Dieu lui file une nana. Et s’il agit mal, Dieu lui en file deux.

Ou un truc du genre. Rah, je m’y perds, avec ce film.

Je ne comprends même pas comment qui que ce soit a pu lire le scénario de cette daube passé la première page. C’est fou, quand même.

Peu de temps après cette conversation, d’autres animaux arrivent, là encore, en groupe : les reptiles. Et ils vont tous à la même vitesse. Le film ne nous parlera pas du groupe d’animaux qui comprenait l’escargot, qui a dû en chier pour arriver jusqu’à l’arche, ou encore du sauvetage du manchot, qui a dû avoir quelques difficultés à rejoindre cette forêt luxuriante et quasi-tropicale. Enfin bon, hein. On va dire qu’ils ont pris un taxi. En tout cas, l’arche se remplit peu à peu, et à chaque fois, les animaux sont endormis grâce aux pouvoirs mystérieux des préparations de Naameh, qui j’insiste, font dormir jusqu’aux éléphants, mais pas les gentils humains. Soit.

Sauf qu’un jour que Sem se promène dans les bois, il tombe soudain sur un groupe armé… mené par le terrible Tubal !

Celui-ci se présente comme le roi de la région, et il estime donc que cette forêt lui appartient. Il se fait guider jusqu’au camp de Noé par Sem, et sur place, demande ce que c’est que cette curieuse place forte au milieu des bois qui devrait lui revenir de droit. Mais Noé ne l’entend pas ainsi : il se présente donc à son tour comme le descendant de Jean-Jacques de la "huitième génération" (vu qu’entre temps les humains de Caïn ont peuplé la Terre et ont eu le temps de la détruire en plus d’être en surpopulation, ils sont rapides les pépères, même les lapins doivent être jaloux ; avant le déluge, Dieu aurait juste dû envoyer la myxomatose), et informe donc Tubal que oui, il a tué son père et qu’il lui en veut un peu. Tubal se propose donc de tuer Noé et de prendre de force cette forteresse qui est en fait une arche aux dires de son constructeur, lorsque ce que Tubal prenait pour des tas de pierre s’anime : les anges déchus sont du côté de Noé !

L’armée de Tubal panique donc un peu et se replie sans même combattre. Mais Tubal jure vengeance, et qu’il reviendra prendre ce qui lui revient. Surtout quand Noé lui dit bien que le Créateur va tout raser bientôt, et que seule l’arche y survivra. Le méchant leader se retire donc dans les bois où, équipé de son masque de soudeur (si, si, ils ont osé), il commence à forger des armes et à essayer de réunir une grande armée on ne sait comment pour aller distribuer des claques aux anges déchus et s’emparer de l’arche.

Forge

Je vous laisse admirer. Ho, vous avez remarqué, aussi, la forge en dur derrière ? Sûrement fabriquée à l’aide de tout ce métal que l’on trouve dans la forêt. Mais si. Siii. Sous les feuilles. Allez !

Ah, si seulement habitait dans le coin un type disposant d’une épée de feu pouvant vaincre une armée en quelques secondes… pfou.

Les derniers animaux arrivent eux jusqu’à l’arche, même si désormais, pour cela, ils doivent traverser le camp des vilains. Du coup, une paire passe à la poêle et ne sera jamais sauvée, probablement que c’est ainsi que le film justifie l’extinction des dinosaures, ainsi que l’absence des licornes, dragons et critiques de cinéma professionnels talentueux de notre monde : Tubal les a mangés.

L’arche remplie, le déluge ne devrait plus tarder. Avant de partir, Noé tente bien de s’infiltrer dans le camp de Tubal, désormais gigantesque, pour voir s’il ne pourrait pas piquer une fille ou deux pour ses fils, mais la mission est un échec et il se replie en voyant que le camp des méchants est vraiment trop plein de méchants qui tuent et violent pour un oui ou pour un non. Devant cet échec à lui ramener de quoi soulager son adolescence bouillonnante, Sem part dans les bois infiltrer le camp à son tour. Et en s’égarant au fond d’une fosse où les gens du camp jettent leurs morts, Sem tombe bien naturellement sur une jeune fille de son âge tout à fait attirante, maquillée et tout ce que vous voulez, puisque c’est connu, les filles adorent se promener dans les fosses communes.

Autre option mon petit Sem : ils l’ont balancée là parce qu’elle contenait plus de MST que le dictionnaire médical.

Mais bon, je m’égare : trop heureux d’avoir trouvée une louloute, Sem la ramènerait bien à la maison. Il tente donc de s’évader avec elle, hélas, c’est au même moment que la pluie commence à tomber. Et donc que l’armée de Tubal sent qu’il faut se dépêcher de se mettre en route pour l’arche ! Tout le monde part donc à l’assaut, et Sem et sa donzelle, fuyant à en perdre haleine, sont soudain arrêtés par un piège que les hommes de Tubal avaient posé dans les bois. La jeune femme, le pied dans le piège, ne peut s’en tirer, et Sem ne doit son salut qu’à son père, parti à sa recherche, qui le tire de ce mauvais pas… mais abandonne la fille derrière lui.

Celle-ci meurt donc piétinée par l’armée des vilains. Ah oui ? Bon.

A peu près au même moment que ces événements, il s’est passé bien des choses ailleurs ! Car Naameh ayant entendu la douleur d’Ila qui ne peut avoir d’enfants file donc sur la montagne magique trouver Mathusalem et lui explique son souci. Mathusalem disposant de supers pouvoirs, il descend donc et au prétexte de chercher des baies au fond des bois, se met sur la route d’Ila. Et d’un simple passage de la main sur la bidou, il la rend fertile comme un champ de betteraves.

Et visiblement, chaude comme un moteur deTwingo sur autoroute car dans la foulée, Ila court sur Cham et lui arrache les vêtements pour lui faire sauvagement l’amour.

Décidément, niveau drogue du viol, Mathusalem en connaissant un rayon. A mon avis, il y en a un, il n’y a pas que son épée qui était enflammée et…

Ah oui, on est au ras des pâquerettes, j’en conviens. Mais je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce film passe son temps à être rythmé par des scènes où les hommes veulent de la nana et les nanas coucher avec leurs hommes (mais pour se reproduire, hein). Plus que le déluge, c’est surtout de bromure que la plupart des protagonistes ont besoin, mais passons.

En tout cas, au final, tout le monde se retrouve du côté de l’arche. Cham et Ila qui ont des sourires idiots, Naameh et Japhet dont plus personne ne se souvenait qu’il existait encore dans le film, Noé et Sem qui lui fait la gueule parce que son père n’a pas sauvé la jeune femme qu’il s’était trouvé… et toute l’armée de Tubal, au pied de l’arche, qui en prendrait bien le contrôle alors que la pluie tombe désormais à seaux. Et entre eux, les anges déchus qui ne tiennent pas à ce que l’on s’approche de l’arche. Et qui tendent entre eux des chaînes pour… pour…

Ah oui, vous ai-je parlé du fait que Noé & co travaillaient avec des outils en métal ? Ils ont même eu le temps de fabriquer des chaînes, vous voyez. C’est dire si, comme l’arche, c’était facile à faire, ils ont décidé de prendre le temps d’ouvrir une mine de fer, de le raffiner, de le forger, etc. Bravo, Noé. Décidément, pour un mec qui vivait en mangeant des racines dans un désert de cailloux, tu sais en faire, des trucs. Sûrement qu’un vieux caillou avait un long passé de forgeron et qu’il a partagé sa sagesse avec toi sous les étoiles. Les cailloux t’ont tant appris.

L’armée de Caïn se retrouve donc avec des anges déchus, géants de pierre qui tendent des chaînes entre eux pour empêcher l’ennemi de passer.  Ce qui est ballot sachant qu’ils forment juste une ligne devant l’arche : il suffit de faire le tour pour passer. Mais ça, évidemment, personne n’y pense à part les spectateurs qui hurlent de douleur devant une bouse pareille et tous les vilains se jettent comme des gros débiles sur les golems, qui leur mettent une raclée. Du moins, jusqu’à ce qu’arrive Tubal en personne, dont la civilisation a inventé l’increvable tôle ondulée dont ils se servent en guise de boucliers, et Tubal, planqué derrière cette protection, utilise du Broufanium dans un tube pour inventer… l’arme à feu ! Bien vite, les projectiles font mal aux géants de pierre, qui l’un après l’autre, reculent et s’effondrent sous les assauts des innombrables humains. Qui les tuent à la lance juste pour dire qu’en fait, ils n’avaient pas besoin du Broufanium pour les vaincre et que c’est un énième ajout ridicule de principe.

Ce faisant, les anges de pierre explosent et découvrent, heureux, qu’en mourant pour Noé, ils reprennent leur forme d’ange de lumière et montent au paradis.

Je vous la traduis : tant que les anges vivaient pour aider les autres, ils pouvaient bien crever comme des merdes, mais maintenant qu’ils tuent des humains pour Dieu, ils ont bien mérité le paradis.

Mmm. Je sens comme une morale subtile derrière tout cela. Je crois que même Al-Qaida a du mal à s’aligner, là.

Boum

On peut aussi la formuler comme ça : "Si tu exploses au milieu de tes ennemis, tu vas au paradis". C’est rigolo, ça me rappelle un truc.

L’explosion de l’un des anges jette Tubal à terre et le blesse à la jambe, mais hardi petit, celui-ci parvient à passer les derniers anges déchus et constate que sur le bord de l’arche, il y a un échafaudage lui permettant de monter le long du navire discrètement, ce qu’il fait. Grand bien lui en prend, car au même moment, Dieu qui s’est dit qu’en fait, avec la pluie, ça allait prendre longtemps cette affaire fait jaillir du sol des geysers d’eau, puis à l’horizon, un tsunami vient tout balayer, y compris Mathusalem qui plutôt qu’aider Noé, continuait à chercher des baies et en trouve une juste avant de mourir balayé par les eaux, tout content de manger avant de mourir.

C’est vraiment, vraiment, vraiment complètement nul.

A l’intérieur de l’arche, Sem, qui avait un peu une tête de traître depuis le début du film entend un bruit bizarre : en moins d’une minute, Tubal a réussi à créer un trou assez gros pour lui au-dessus de la ligne de flottaison et se glisse dans l’arche sous les yeux de Sem. Sem qui l’accueille puisque comme il en veut à son père, les ennemis de son ennemi sont ses amis. Hop, trahison. Sans compter qu’une fois que l’arche est soulevée par les eaux (et oui, elle résiste à un tsunami sans problème, merci, on va parler de miracle) et qu’elle se met à flotter, l’ambiance à bord est un peu pourrie : on entend les hurlements à l’extérieur de derniers humains abrités au sommet de montagnes que croisent nos héros. Et Noé est inflexible : Dieu n’a pas demandé à sauver qui que ce soit, donc il ne prendra personne à bord à part sa famille.

Ila, c’est pas le moment de dire à Cham que tu aimerais le plaquer pour reprendre des études et avoir une carrière.

Pour réchauffer l’atmosphère, Noé allume un feu à l’aide de Broufanium dans la célèbre cheminée de l’arche (tout en fer, en plus, ils ont vraiment dû bien l’exploiter leur mine) et raconte à sa famille une énième fois la création du monde lors d’une séquence où l’équipe du film tente de mêler subtilement divin & évolution. Et il explique que Dieu est surpuissant et le contredire, c’est risquer, je ne sais pas moi, un déluge ? Il précise aussi que voilà, si Dieu n’a pas voulu qu’ils aient de nana en rab’ à bord et que la seule, Ila, n’est pas supposée pouvoir faire d’enfant, c’est que Dieu veut l’extinction de l’espèce.

"Ainsi, Sem, tu enterreras ton aîné Cham près de sa femme Ila. Puis, Japhet, à ton tour, tu enterreras Sem. Et tu seras le dernier homme sur Terre. 
- Et personne ne m’enterrera ? Sympa, merci. Super les copains.
- Allons, ne sois pas aigri. Pas plus que toi, Sem, je sais que tu m’en veux.
- Non, tu as juste laissé crever ma nouvelle copine.
- C’est que Dieu le voulait.
- Ah oui ? Et alors quel est le projet de Dieu pour moi ?
- Allons Sem. Nous sommes dans une arche.
- Et ?
- As-tu vu tous les animaux ?
- Oui, et ?
- Es-tu sûr ?
- Ben oui.
- Alors peux-tu me dire où l’on a rangé les tiques, la gale, les poux et les morbacs ?
- Hein ? Bé c’est vrai que maintenant que tu en parles, je ne me souviens pas de… de… attends ?
- Oui, mon fils : il fallait bien un hôte pour tous les parasites de merde. Dieu t’a choisi ! Tu en as de la chance !
- J’en ai marre ! C’est toujours sur moi que ça tombe ! C’est ça que ça gratte depuis des jours ! J’m’en fous, j’vais dans ma chambre et j’deviens bouddhiste !
- JE T’INTERDIS DE FAIRE CA !"

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Vexé comme un pou (hoho), Sem retourne donc dans un coin de l’arche où personne n’a remarqué que Tubal attendait son heure. Le vieux guerrier bouffe des animaux discrètement (tant pis pour eux ! Adieu, la reproduction !) et les partage avec Sem pour lui faire accepter sa vision de l’humanité : tuer ou être tué. L’important c’est la survie, et l’accomplissement des choses par soi-même, pas les projets de Dieu. Et il compte bien tuer Noé qui est en travers de sa route pour rebâtir un nouveau monde avec cette idée de méchant qui est que l’être humain peut vivre sans Dieu.

Noé ne manque pas d’ennemis à bord, principalement parce qu’il est un peu con. Après ne pas avoir remarqué un type en armure blessé dans un coin de son rafiot, voilà qu’Ila vient lui apprendre qu’elle est miraculeusement enceinte ! Noé en devient tout colère au lieu de se réjouir : il sent que les supers pouvoirs de Mathusalem ont quelque chose à voir avec cela. Il se met donc à gueuler que cela s’oppose au plan de Dieu et qu’Ila risque de permettre à l’humanité de se reproduire au lieu de disparaître. Il annonce donc clairement la couleur :

  • Si l’enfant est un garçon, il vivra.
  • Si l’enfant est une fille, elle mourra puisqu’elle pourrait porter la vie et risquer de repeupler la Terre.

D’accord, donc c’est pour empêcher la présence d’une femme fertile, soit, mais sinon, mec, une femme fertile, tu n’en aurais pas justement une, enceinte, juste en face de toi ? Mais non, Noé n’y pense pas. Il a dû oublier lui-même comment il avait fait plusieurs enfants (et il devait d’ailleurs être le premier de sa lignée puisque le film explique bien que Noé est le dernier de la lignée de Jean-Jacques).  L’annonce étant cependant faite, les mois s’écoulent à bord dans la grosse ambiance que l’on peut imaginer, à jouer au rami en silence. Utilisant du bois venu d’on ne sait où, Cham et Ila bricolent un radeau pour échapper à Noé et sa colère. Mais le jour du lancement, Noé fabrique une grenade au Broufanium et la balance sur le radeau avant qu’ils n’y montent. Le frêle esquif brûle donc et emmène au fond de l’océan toutes les malles qui y étaient entreposées.

Parce que oui, ils avaient des malles tout ce qu’il y a de plus moderne. Mais après tout, quand on rate son film, on peut rater ses accessoires sans souci, n’est-ce pas ? Après l’histoire du masque de soudeur, plus rien ne m’étonne.

Radeau

Le radeau en train de brûler avec ses malles. A noter que sachant que c’était une famille de clodos, je serais curieux de savoir ce qu’il y a à dans les malles en question. Mais sinon, les spectateurs n’auraient sûrement pas compris.

Sauf que toute cette agitation déclenche l’accouchement d’Ila. Et que du coup, le film s’accélère brutalement (il était temps cela dit) : l’arche qui naviguait sans but s’échoue soudain au sommet d’une montagne, Tubal, guéri, décide avec Sem de passer à l’attaque, quant à Cham, après avoir appris qu’Ila avait accouché (en 5 minutes chrono, bravo madame ! Vous êtes une femme toboggan) de non pas une, mais de deux filles, il décide aussi d’aller tuer son père avant qu’il ne tue ses enfants. Quant à Japhet, tout le monde s’en fout, vous l’imaginez bien, puisque vous aussi.

Plutôt que de vous décrire le combat, je vous en donne les éléments : gentil + méchant + lieu quasi-désert + armes qui glissent au sol.

Du jamais vu, n’est-ce pas ? Ça valait le coup de faire presque une heure de film dans l’arche à base de dialogues chiants pour arriver à pareil sommet.

Tubal, qui se révèle être le chef de guerre le plus pourri du monde ("Hohoho, j’attends Noé dans l’ombre avec un couteau et une masse… tiens, si je lui sautais dessus pour lui faire des brûlures indiennes en fait ?") est tellement naze qu’il finit tué par son propre allié, Sem, qui sauve son papounet d’un bon coup de couteau. Cela étant dit, Noé est toujours un peu grognon au sujet des deux filles qu’Ila vient d’avoir, et monte donc sur le pont pour buter les bambins.

Sa femme tente bien de le raisonner d’un "Tu dis toujours que Dieu pourvoit à tous nos besoins : deux de nos fils n’ont pas de femmes et il donne à Ila deux filles !"

Ah ouais. Bonne ambiance. Donc le plan, si je comprends bien, c’est de dire aux deux grands dadets de Sem et Japhet "Voilà vos nièces ! Vous attendez 15-16 ans histoire que ça soit pas trop sale, et vous leur faites des gosses." Non mais on n’est pas chez Christine Boutin, ici ! Pas en famille que diable ! Ou alors, vous allez repeupler la planète avec un tel niveau de consanguinité qu’au bout d’une ou deux générations, elle ressemblera au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine. Brrrr.

Noé, en tout cas, est grognon un moment, mais en voyant les enfants, il les trouve trop kikinou et se refuse à les transformer en brochettes.

Le niveau des eaux redescend donc, et peu à peu, des terres fertiles se découvrent. Les animaux partent les repeupler (et tant pis pour ceux qui vivaient aux pôles et doivent faire la route par leurs propres moyens) en prenant soin de ne pas se bouffer entre eux avant de s’être un minimum reproduits (les lions et autres carnivores prennent donc des coupes faim durant quelques années et deviennent anorexiques pour certains, leur ouvrant ainsi une grande carrière dans la mode), la famille de Noé commence à bâtir des maisons, et Noé lui-même va vivre dans une grotte et se saoule la gueule à partir de raisin qu’il a trouvé sur une plage (endroit typique où le raison pousse comme chacun sait). Il peut donc reprendre sa vie de clodo et brailler des chansons paillardes à tue-tête du soir au matin.

Le reste de sa famille fait donc sa petite vie dans son coin. Sem finit cependant par se barrer parce que bon, c’est pas tout ça, mais lui, il est toujours un peu sur la béquille et il en veut toujours à son père. Il abandonne derrière lui la peau de serpent qu’il avait reprise à Tubal. Et quand tout le reste de la famille s’exclame "Allez Noé, reviens, tu as tenté de buter nos enfants mais on t’aime bien quand même !" Noé revient, est accepté par les siens, reprend la fameuse peau de serpent et commence le rituel qui lui, de son temps, avait été interrompu pour confier à ses petites filles la responsabilité, un jour, de prendre soin avec leur descendance de la Création.

Et… FIN !

Attendez, c’était vraiment un film ? Ce n’était pas juste une blague ?

Noéclodo

J’ai failli oublier de vous montrer Noé le clodo dans sa grotte : là, pour vous montrer qu’il boit beaucoup, ils lui ont filé des dizaines de pichets en bois vide au lieu des traditionnelles bouteilles. C’est vrai, on imagine bien Noé se fabriquer un pichet à chaque fois avant de le balancer.

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Si je résume ce que je viens de voir, ce film conte l’histoire d’une bande d’obsédés sexuels qui de dépit et après la plus grande douche froide du monde, décide de s’enfermer avec des animaux loin de tout.

J’envoie immédiatement un mail à la légion étrangère pour plagiat.

"Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !"

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

"Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors."

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Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

"Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ?"

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La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : "The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !"

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés "Mimics" ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est "très déçu". Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

"Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion."

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Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

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"Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir."

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

"Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez…"

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Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire "ange de Verdun", qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

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"Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai !"

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : "Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty." mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme "Mega_Knight81" ou "[TACOS]RoXoR" : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : "Venez me trouver quand vous vous réveillerez !" avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

"Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit "Venez me parler à votre réveil", parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi !"

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier "réveil", une grosse bête bleue.

"Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette !" s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

"Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement "la marmotte". Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final."

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La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil "Debout les campeurs et haut les cœurs !" qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

"Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème."

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Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

"Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur !"

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Vous en voulez encore ?

"Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose."

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Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

"On a qu’à rester avec l’invasion !" déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

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Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant "Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse !"

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame "Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse !" et Bill de lui répondre d’un ton blasé "Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse." Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement "Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle" ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

"Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !"

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

"Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie !"

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La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

"Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !"

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

"Quel est le fuck ?" s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

"Debout les campeurs, et haut les cœurs !"

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

"Bah il y a bien le transpondeur !" explique tranquillement le docteur Carter. "C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga."

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

"Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ?"

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Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

"Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay."

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Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

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Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

"Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça !"

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Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

"Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !"

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

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On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

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"Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !"

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

"Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer."

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

"Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ?"

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Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

"Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ?"

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Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

"J’en suis sûr", lui dis-je tranquillement. "Aucune boucle temporelle." Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

"Vous avez juste une vie de merde", conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

Il existe bien des manières de rater un film.

La première est bien évidemment d’y faire tourner Nicolas Cage une veille de date limite pour rendre sa feuille d’impôt. Mais il en existe bien d’autres, qui ont déjà été expliquées sur ce blog. Or, l’art de la pédagogie étant celui de la répétition, revenons sur une règle simple, dite règle de l’Odieux Connard, à savoir que pour rater un film, il existe trois éléments incroyablement compliqués à gérer qui à moins d’y prêter une attention particulière, sont une garantie certaine de ratage. Il s’agit :

  • de Dieu
  • de la grosse magie/des übers pouvoirs
  • des voyages dans le temps

On pourrait croire que ce n’est pas si compliqué que ça, sauf qu’en fait, à partir du moment où vous avez soit des pouvoirs tellement puissants qu’ils peuvent régler tous les problèmes, soit la capacité de les régler avant même qu’ils n’arrivent, le film n’a que peu de chance de durer. Sauf si A) il est incroyablement bien maîtrisé et écrit ou B) c’est une merde assumée, faire un truc cohérent, c’est fatiguant et tout le monde s’en fout.

Et puisque nous parlons généralement d’Hollywood, je vous laisse donc deviner de la solution qui l’emporte.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le prochain X-Men parlerait de gens avec des übers-pouvoirs voyageant dans le temps, vous imaginez bien que j’ai eu des étoiles dans les yeux, principalement lorsque j’ai tenté de me poncer les rétines. Aussi, je vous propose de ne pas en dire plus : alors, X-Men : Days of future past, brillante réussite ou blockbuster au script tenant à peu près autant debout que le professeur Xavier ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des robots volants, des éclairs et des gens tout bleu, M. l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Notre film s’ouvre quelque part dans le futur, et plus précisément du côté de la riante bourgade de New York. Hélas, celle-ci est justement un poil moins riante qu’on ne pourrait le penser de prime abord, voire fait carrément la gueule : en effet, elle est diablement en ruines. C’est donc au milieu des immeubles éventrés et des rues transformées en champ de bataille de cet univers désespéré où les Starbucks ont disparu (les hipsters sont donc probablement morts de désespoir) que nous découvrons de braves gens un peu grognons qui circulent au sein d’un gigantesque camp de prisonniers futuriste (comprendre : les barbelés sont des barbelés laser qui chatoient. J’en connais qui doivent avoir une grosse facture EDF). La voix off d’un certain professeur Xavier nous explique donc de quoi il retourne : dans le futur, les humains sont en guerre ouverte avec les mutants. Ces derniers sont pourchassés et enfermés, tout comme les humains qui essaient de les aider, parce que dans le futur, on aime pas trop ces mutants qui volent le pain des braves humains et restent chez eux à rien branler en profitant du RSA, ma bonne dame.

Heureusement, telle une flamme dans la nuit (ou la lumière de votre portable sous la couette, j’adapte mes figures de style à mon jeune public), la résistance existe encore. Allons donc la voir !

C’est donc du côté de Moscou, car on voyage dans ce film, que nous retrouvons dans les souterrains une équipe de mutants qui… fait des trucs de mutants ? Bon, on ne sait pas bien ce qu’ils font là, mais ils ont l’air très préoccupés. Cela dit, il serait probablement bon de les présenter, voici donc leur équipe :

  • Shadowcat – pouvoir : peut traverser les murs
  • Iceberg – pouvoir : peut faire de la glace
  • Solar – pouvoir : peut faire du feu et du rap
  • Joe l’Indien – pouvoir : peut détecter les méchants qui approchent et ouvrir des casinos
  • Portal Girl – pouvoir : peut créer des portails pour téléporter des gens
  • Doudou Bishop – pouvoir : peut absorber l’énergie des autres, ce qui confirme qu’il est bien un n… un mutant, un mutant (je m’adapte aussi aux résultats électoraux)

Et justement : alors que nos larrons sont très occupés à faire du rien, voici que Joe l’Indien détecte l’approche imminente de gros vilains. Et ses pouvoirs ne le trompent pas car à la surface, des vaisseaux en forme de morceaux de Toblerone (une stratégie habile pour appâter l’ennemi : dans le futur, les blogueuses mode mutantes ne font pas 20 minutes) survolent le coin et larguent des humanoïdes plutôt robotiques qui s’empressent de commencer à creuser en transformant leurs bras en foreuses pour tenter d’aller péter la gueule aux margoulins souterrains.

Toute l’équipe des mutants se prépare donc à recevoir les vilains robots, pendant que Shadowcat et Doudou Bishop vont s’enfermer dans un coin tranquille. Non pas pour s’amuser une dernière fois avant de recevoir une sonde anale robotique, mais pour bien moins rigolo, car Shadowcat se contente d’obliger Doudou Bishop à s’allonger puis en plaçant ses mains de chaque côté de ses tempes… a l’air de le shampouiner. Soit, pourquoi pas.

Pendant ce temps, les autres mutants se battent comme des petits fous pour retenir les vilains robots. Mais soyons clairs : leurs pouvoirs ne leur font quasiment rien. Ho, il y a bien Portal Girl qui par accident, coupe le bras d’un robot en lui refermant un portail sur la gueule, mais non, elle ne pense pas à du coup ouvrir et fermer des portails sur les bestiaux pour les couper en deux vite fait bien fait. A la place, elle préfère faire des trucs vachement plus efficaces comme téléporter ses copains dans tous les sens pour qu’ils donnent des coups de couteaux ou de poing (si si) aux bestioles blindées, qui du coup rigolent un peu d’une stratégie aussi pourrie. Tu m’étonnes que la résistance perde vu les busards.

Bon, remarquez, il y a bien les pouvoirs des mutants, mais les robots s’adaptent à chaque pouvoir : ils transforment leur blindage en flammes pour attaquer Iceberg, en glace pour tabasser Solar (Ah ? Mais justement, s’ils se transformaient en feu pour affronter la glace, c’est pas justement parce que ça donnait l’avantage au feu ? On va dire qu’on a rien vu) ou en couverture portant la petite vérole pour laminer Joe l’Indien. Résultat : la plupart des mutants sont tués. Et au moment où les vilains arrivent pour claquer la margoulette de Shadowcat et Doudou Bishop…

Ces derniers disparaissent !

Pourquoi donc ? Comment donc ? La réponse se trouve en Chine (je vous avais prévenus), alors qu’un avion mystérieux survole le coin pour aller se poser dans un vieux temple dans les montagnes. En descendent des têtes connues : Wolverine, Tornade, Magneto et le professeur Xavier, qui a profité du futur pour investir dans une chaise volante puisque les roues, c’est has-been. Le spectateur aura évidemment envie de demander "Mais attendez les petits gars, on est dans le futur, alors pourquoi personne dans l’équipe ne semble avoir vieilli ?" mais la réponse tient là encore dans la chaise magique du professeur Xavier, qui a probablement pour carburant le budget maquillage du film. Tant pis.

Toujours est-il que la petite équipe menée par Magneto et Xavier, vieux ennemis désormais alliés pour leur survie, retrouve dans le temple l’équipe de Shadowcat,  qui explique ce qu’ils foutent là (et accessoirement pourquoi son équipe que l’on a vue se faire découper dans la scène précédente est vivante).

"Xavier ! Magnéto ! Et toute la fine équipe, c’est bon de vous revoir !
- Mmm… Shadowcat, c’est un plaisir partagé. Nous avons eu du mal à vous retrouver. Comment avez-vous survécu à toute cette guerre ?
- Hé bien professeur, c’est tout simple : figurez-vous que j’utilise mon pouvoir de mutante qui me permet de renvoyer la conscience de quelqu’un dans le passé pour habiter son corps plus jeune et…
- Shadowcat, ton pouvoir, ce n’est pas de traverser les murs ?
- Si pourq… ah merde, oui.
- Oui hein ? Bon, tu sais quoi ? On va dire qu’on a rien vu et que c’est parfaitement logique. Reprends ton explication sur comment ce pouvoir que tu n’as aucune raison d’avoir te sert à échapper aux méchants.
- Alors, oui, disais-je : à chaque fois que Joe l’Indien sent que l’ennemi nous a trouvé et arrive, je m’enferme avec Doudou Bishop et je renvoie son esprit dans le passé, quelques jours auparavant. Là, il peut prévenir l’équipe que notre cachette va être découverte, et il modifie donc le futur. Du coup, ce futur disparaît… puisque nous sommes déjà partis avant même que l’assaut ne commence ! Ça marche aussi après un mauvais restaurant remarquez : je peux renvoyer quelqu’un dans le passé dire que c’est dégueulasse avant même qu’il ne chope une gastro. 
- C’est surpuissant Shadowcat ! C’est justement pour cela que nous sommes venus te chercher : nous voulons modifier le passé pour faire disparaître ce futur. 
- Ho !"

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En même temps, vu la mode dans le futur, moi aussi je voudrais effacer ce monde.

Excellent plan, professeur Xavier. Maintenant que la plupart des mutants se sont fait bourrer la gueule, c’est en effet assez pertinent de se souvenir que, tiens, en fait on avait moyen de voyager dans le temps et de sauver tout le monde depuis un bail, hihihi, oups, désolé les gars. Toujours est-il que c’est l’occasion pour le professeur de nous expliquer à partir de quand tout a commencé à partir en sucette. En effet, par le passé, un industriel de génie nommé Bolivar Trask (Trask, Stark, vous voyez le subtil rapport ?) atteint de nanisme est devenu célèbre en proposant plein de plans d’armes pour contrer les mutants, et en leur faisant plein d’expériences sur la gueule (comme tester du rouge à lèvres), aussi. Jusqu’à un beau jour de 1973 où aux accords de Paris consacrés à la fin de la guerre du Vietnam, Mystic, la mutante transformiste a décidé de buter Monsieur Trask. Et si elle a réussi, elle s’est aussi faite capturer. Et les industries Trask ont donc étudié son ADN pour le filer à leurs nouvelles machines, les sentinelles, des robots qui grâce à cela pourraient se transformer pour s’adapter à toutes les situations (ceux qui dans le futur, font donc régner la terreur et deviennent glace ou feu, comme ça, pif pouf).

Le professeur Xavier, qui n’est pas la moitié d’un con, s’exclame donc : "Il faut donc retourner dans le passé empêcher Mystic de tuer Trask ! Parce que c’est aussi son premier meurtre… elle qui était si gentille, on pourrait la sauver d’une vie de crime !"

C’est donc ici que commence le bullshit spatio-temporel : le vrai souci du voyage dans le temps au cinéma, c’est qu’il permet de régler toutes les situations en un clin d’œil. Ainsi, si Xavier n’était pas une grosse buse, il pourrait dire "On a qu’à retourner dans le temps sauver Mystic avant même qu’elle ne fasse sa crise d’ado/neutraliser Trask avant même qu’il ne décide de devenir scientifique, et à la place l’orienter vers un cursus de boulanger-pâtissier/arrêter Hitler, comme ça en plus on peut sauver tes parents mon petit Magnéto/empêcher Ridley Scott de faire carrière/les honnêtes gens d’aller voir ce film" ou autre, mais non. Et personne ne dit rien d’ailleurs, parce que personne n’a trop d’idées : le voyage dans le temps, c’est tellement surfait. Xavier peut donc continuer sur sa logique moisie, mais déjà, se renseigne un peu auprès de Shadowcat pour savoir si elle pourrait renvoyer quelqu’un dans le temps loin en arrière. Certes, lui répond la bougresse, mais il faudrait quelqu’un avec un esprit super puissant et résistant, parce que déjà que sur une petite distance, c’est compliqué à faire, renvoyer quelqu’un 50 ans en arrière, ça sera vraiment une expérience compliquée. Alors, qui envoyer ?

Wolverine prend donc la parole :

"Le voyage risque d’endommager l’esprit ? Et si… si on envoyait quelqu’un avec un esprit capable de se régénérer ?"

Superbe idée, Wolverine. Sauf que c’est pas ton pouvoir : toi, tu peux guérir des impacts de balles et des brûlures indiennes, pas des blessures de l’esprit. D’ailleurs c’est rigolo parce que justement, tu as eu deux films sur ton nom où on expliquait que si ton corps guérissait, ton esprit lui était loin d’en faire de même, même que c’est pour ça que tu étais amnésique, galopin.

Un détail (qui fait deux films), un détail.

"Top moumoute", répond Xavier "On t’envoie dans le temps alors puisqu’on a personne de plus qualifié.".

Parfaitement mon petit Xavier : ah, si seulement on avait sous la main un mutant dont le pouvoir serait d’avoir un esprit surpuissant, tellement que dans les films précédents où il apparaissait, quand on détruisait son corps son esprit parvenait à survivre et à se recomposer. Un mutant qui en plus serait capable d’influencer les gens, ce qui est super pratique pour aller tenter d’empêcher des trucs dans le passé.

Oui, si seulement on avait ça, professeur Xavier.

Mais vous avez raison : envoyons plutôt le type qui n’a aucun rapport avec la choucroute et qui a pour seule qualité d’être le préféré du public. C’est pas mal.

Miséricorde.

Mais rassurez-vous, niveau trucs nuls, on ne s’en arrête pas là, puisque Magnéto et Xavier commencent à briefer Wolverine sur sa mission :

"Wolverine, nous allons te renvoyer en 1973, tu pourras ainsi arrêter Mystic ET Dalida, ce qui n’est pas rien. Pour ce faire, tu devras me trouver, moi, Xavier, à l’époque où j’étais jeune et désespéré. Tu devras être patient avec moi, me convaincre de te suivre…
- Je ne peux pas juste péter la gueule à Mystic ?
- Que… heu… non. Il va te falloir la convaincre d’être gentille. Et puis tiens t’en au script qui dit que soudainement, ton personnage violent et impulsif devient instantanément un grand partisan de la diplomatie.
- Soit. Donc je résume : je vous trouve, je vous dis de m’aider, vous trouvez Mystic avec vos grands pouvoirs et on va lui dire que tuer c’est mal, et pouf, elle s’arrête.
- C’est en effet mon plan génial. 
- Vous savez que si vous me renvoyez 10 ans de plus en arrière, je peux parler à Mystic tranquillou sans avoir à la chercher ni à m’emmerder à vous convaincre vous, puisqu’elle est encore jeune, gentille et vit chez vous ?
- … bon, Wolverine, tu fais chier. Alors tu suis mon plan. Bien, donc, une fois que tu m’auras trouvé, tu devras aller chercher Magnéto, à une époque où lui et moi sommes de terribles ennemis, pour le convaincre de m’aider à parler à Mystic.
- Donc attendez : je dois convaincre DEUX relous pour aller eux-même en convertir une seule à la gentillesse ?
- Oui, et à une époque où nous nous haïssons !
- Et me renvoyer à l’époque où vous êtes potes, non ?
- WOLVERINE CA SUFFIT ! Le script bordel ! Tu trouves mon plan génial, personne ne pose de question, et comme ça on a pas à avouer que celui-ci n’est qu’un prétexte pour que ça dure le temps d’un film au lieu de se régler en 5 minutes en buvant un café !"

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C’est donc sur cet incroyable plan (qui est aussi le pitch, mais visiblement, personne ne l’a remarqué avant de tourner le film en entier) que Wolverine va s’allonger sur un autel au sein du temple chinois, Shadowcat se plaçant derrière lui pour lui expliquer comment ça va se passer : il faut qu’il pense à des trucs paisibles, comme par exemple à des fans de Garou en train de se faire stranguler, pour ne pas briser le pont qui va s’établir entre son corps actuel et son corps d’autrefois. Et ensuite, tout devrait rouler. Pendant ce temps, les mutants défendront le temple, le temps que Wolverine change le passé.

Parce que oui, si Wolverine veut passer 20 minutes dans le passé, il faut que Shadowcat utilise son pouvoir sur lui durant 20 minutes aussi. Et non, rien ne bouge ou ne change dans le futur, qu’importe ce que fait Wolverine dans le passé, jusqu’au moment où le script dira "Ayéééé c’est bon, le futur est changé". Visiblement, personne n’a entendu parler de l’effet papillon par ici, ce qui rend ce pouvoir aussi incohérent que débile (et comme c’est le prétexte du film, je vous laisse deviner la suite). Quelque chose me dit que le futur ne sera changé qu’au dernier moment de la dernière seconde d’un assaut des méchants sur le temple chinois. Au hasard. Mais en attendant, rien ne bouge : les vilains n’ont pas encore repéré le temple, Shadowcat peut donc commencer à se concentrer sur Wolverine, qui ferme les yeux…

… et les rouvre dans une chambre.

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"Qu’eeeeesse que j’ai fait hier soir… "

Les rideaux sont moches, la musique contestable et le matelas sur lequel il est allongé est rempli d’eau : aucun doute, il est bien de retour en 1973. Bon, il se réveille avec une fille sous le bras et pas vraiment de souvenir de comment elle a bien pu atterrir là, mais bon, hein, à qui cela n’est-il jamais arrivé, je vous le demande (je veux dire, à part aux joueurs de Magic) ? Le fripon se prépare donc à filer en douce (là aussi, un classique), mais est interrompu par de fieffés brigands qui veulent l’empêcher de passer, puisque la fille serait, figurez-vous, la fille du boss d’un gang local. Quelques coups de poing dans la gueule plus tard, Wolverine repart donc tranquillement profiter du New York de 1973. A noter que lors de la bagarre, Wolverine a constaté qu’il était à une époque où il n’avait pas encore ses griffes en métal, mais ses vieilles griffes en os. Soit.

Pendant ce temps, à Washington, l’industriel Bolivar Trask est en train de passer devant la commission du sénat pour proposer une solution au problème mutant (ah bon ? Dans les autres films, les gens n’avaient l’air que moyennement au courant, mais bon) : des robots volants qui détectent automatiquement les mutants et les butent.

Ah ben oui, oui, pourquoi pas.

L’argumentaire de Trask est le suivant : les USA viennent de perdre la guerre du Vietnam, où ils manquaient diablement d’équipement adapté, ils seraient donc bien bêtes de ne pas lui acheter ses équipements über-méga-dernier cri et perdre ainsi la guerre contre les mutants. Le sénat, cependant, refuse d’entendre parler de cette histoire, et aucun sénateur ne pense seulement à dire "Ah bon, mais alors tu avais des über-armes et tu n’as pas pensé à nous les vendre plus tôt alors qu’on était en pleine guerre, mec ? C’est fou ! Et puis ils sont chouettes tes robots, tu sais, on ne pourrait pas les acheter pour taper autre chose que des mutants, comme des communistes par exemple, qui sont une autre forme de mutation ?"

Mais non : au sénat américain, lorsqu’on achète une arme, c’est pour une cible. On sait très bien que les balles, c’est un truc très complexe et pas vraiment polyvalent.

Allez, on continue malgré tous les trous du scénario ! Nous n’en sommes qu’au début !

Retrouvons donc Wolverine, qui se rend au manoir Xavier pour y trouver l’école de surdoués abandonnée. Ho ? Mais comment donc ? Accident ? Erreur ? Réforme de la carte scolaire ? Tout cela est bien mystérieux. Le brigand frappe donc à la porte pour voir s’il n’y aurait pas âme qui vive et celle-ci est ouverte par le jeune Mc Coy, aussi connu sous le nom de "Fauve" (l’animal sauvage, pas le mauvais groupe), et qui lui explique que non, il n’y a pas de professeur ici, Xavier ou non. Wolverine insiste une fois, deux fois, puis lui colle la porte dans la gueule histoire de faire comprendre qu’il aimerait passer. Après s’être un peu bagarré avec ledit Fauve, Wolverine constate que le bruit a attiré quelqu’un : le professeur Xavier. Et chose impressionnante : celui-ci marche ! Alors qu’il devrait être en petit fauteuil. Voilà qui n’est pas banal (venant de la part de mecs qui voyagent dans le temps, cela dit, bon).

La conversation s’engage donc promptement, Wolverine expliquant qu’il vient du futur, ce qui est peu crédible mais que le professeur peut confirmer en lisant son esprit.

Sauf que le professeur explique qu’il a perdu ses pouvoirs. Parce que oui, Xavier l’a en plus renvoyé à une époque où il était inutile ! N’est-ce pas merveilleux ? Car à l’époque, Mc Coy a développé un sérum à partir de l’ADN de Mystic permettant de reconstituer la moelle épinière du professeur… mais la chose neutralise ses pouvoirs en même temps ! Sans compter que le prof se défonce comme un petit fou avec, parce qu’il est super malheureux depuis que Mystic est partie, et que ça tape plus fort que du LSD, rastafari, yeah man. Et en plus, avec la guerre du Vietnam, beaucoup de ses élèves et professeurs ont été appelés… d’où le fait que l’école soit fermée et quasi-abandonnée.

Bref, Xavier nous fait sa petite dépression. Quel dommage qu’aucun mutant ne s’appelle Xanax.

Qu’importe : allons voir pendant ce temps ce qu’il se passe du côté de Mystic.

Car la bougresse est à l’autre bout du monde, et plus précisément, justement, au Vietnam où des recrues ont été mises en isolement puisque l’on s’est aperçu qu’elles étaient vaguement mutantes (celle avec des piquots sur la gueule, par exemple, je me demande combien de temps ils ont mis pour se dire que, tiens, c’était pas top normal cette affaire). On leur fait donc des prises de sang, jusqu’à ce qu’arrive un militaire pas vraiment sympathique : un certain commandant Stryker (dont la taille, la tête et la corpulence varient à chaque film), qui explique qu’il est missionné par les industries Trask pour venir chercher les mutants et leur faire subir plein de trucs moyennement rigolos, comme des prélèvements douloureux, des exercices physiques épuisants, et la lecture intégrale du script.

Mystic, qui n’est pas trop d’accord avec tout cela, prend donc l’apparence d’un officier pour infiltrer le site où sont retenus les pauvres hères, puis marave la margoulette de tous les malandrins sur son passage. Les mutants en profitent pour l’aider : l’un a des pouvoirs de crapaud-hypno et fait s’évanouir des gardes, un autre a la langue du crapaud-tout-court et peut donc désarmer des vilains, et un dernier a l’incroyable pouvoir de refiler la chiasse à tout ce qui se dresse devant lui, ce qui est tout bonnement terrifiant. Cela fait, le bourreau des slips et ses amis suivent Mystic jusqu’à l’aérodrome militaire voisin où ils s’embarquent à bord d’un avion qui décolle aussitôt et les emmène loin de Stryker & co.

A noter qu’aucune explication n’est fournie sur d’où sort cet avion ni pourquoi il emmène les mutants loin du camp militaire sans que personne ne pose de question. Ou pourquoi Stryker, qui se réveille et voit l’avion décoller, ne pense pas à dire à un membre de la base "Au fait, cet avion contient des évadés dangereux, ce serait sympa de s’en préoccuper."

Mais non : ce serait logique. Et au vu de ce que nous avons suivi jusqu’ici, vous avez bien compris que ce n’était pas le fort de ce film.

Revenons donc du côté de l’école de surdoués du professeur Xavier, où Wolverine continue d’essayer de convaincre le professeur que ce serait sympa de l’aider.

"Donc, mon petit Wolverine, mettons que vous veniez bien du futur, d’où je vous aurais envoyé, soit. Mais que voulez-vous de moi ?
- Hé bien dans le futur, les mutants se font tataner par des robots appelés "sentinelles". Ces robots ont été développés par Trask Industries en utilisant le sang de Mystic, capturée en assassinant Monsieur Trask lors des accords de Paris. Accords qui arrivent bientôt. Donc il faudrait empêcher que ça arrive.
- Donc, ce que vous voulez, c’est empêcher que Trask soit tué par Mystic, c’est ça ?
- C’est ça.
- Bon hé bien j’en suis alors. Mais uniquement parce que c’est ma sœur adoptive et que je veux la sauver. Direction Paris, donc ?
- Non, pas encore. D’abord, il nous faut un autre allié de choix. Un certain… Magnéto !
- Pardon ?
- Oui. Pour des raisons qui m’échappent, il y aurait besoin de vous deux pour convaincre Mystic d’arrêter les conneries. Mais je pense que c’est juste une vieille ruse scénaristique, personnellement.
- Sauf que Magnéto va être difficile à ramener parmi nous : il est enfermé au centième sous-sol du Pentagone, dans une structure spéciale sans aucun métal. Parce qu’en fait, c’est lui qui a tué Kennedy.
- C’est très intéressant professeur. Mais voilà qui nous complique la tâche… heureusement, je pense connaître quelqu’un qui peut nous aider à effectuer cette mission ultra-risquée !"
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Un des mutants libérés par Mystic. Non vraiment, je me demande comment il a pu aller jusqu’au Vietnam avant que l’armée ne remarque quelque chose.

Comme, disons, un type qui aurait le pouvoir de manipuler l’esprit des gens et pourrait donc aller chercher Magnéto sans aucun risque ni tirer une seule balle ? Un type qui en plus aimerait ce plan puisqu’il est partisan de la non-violence ? Un type qui aurait le choix entre utiliser ses pouvoirs pour ce plan, et ainsi pouvoir aller sauver sa sœur adoptive qu’il pleure depuis des années et tous les mutants d’un avenir abominable, ou danser le Charleston ?

Non : là encore, cette idée n’a pas traversé l’esprit de nos héros selon la bonne vieille règle de comment rater un film évoquée plus haut: "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs surpuissants à des personnages, il y a de fortes chances qu’ils aient envie de les utiliser". Mais non, pas dans X-Men. Dans X-Men, on voyage dans le temps pour retourner se mettre dans la situation la plus pourrie possible, et on n’utilise ses pouvoirs mentaux surpuissants uniquement pour obtenir des ragots à revendre à Closer.

Quel talent.

Bref : Wolverine emmène Xavier et Mac Coy jusqu’au foyer d’une famille tranquille où il sait que vit celui qui deviendra plus tard un fameux mutant, à savoir Vif-Argent, le mutant qui peut se déplacer à la vitesse de l’éclair. Celui-ci est un ado rebelle qui dans le plan de nos amis, n’est séduit que par la perspective d’aller faire le zazou au coeur même du Pentagone. Tout le monde met donc au point un plan fameux :

  • Mc Coy pourrira les caméras du Pentagone grâce à un super gadget
  • Vif-Argent ira chercher Magnéto au sous-sol
  • Le professeur Xavier et ses non-pouvoirs feront du rien
  • Wolverine escortera le professeur Xavier

Autre moyen incroyable de protéger le professeur Xavier : ne pas l’emmener. Enfin, je dis ça, mais bon, hein, c’est vrai que c’est pas évident. Il est probablement plus en sécurité au cœur de la cible à attaquer que chez lui à manger une tarte aux fraises.

Le plan – pourri – se déroule plutôt bien : Vif-Argent se déplace si vite que c’est comme si le temps était arrêté pour lui, autrement dit, personne ne le voit et il parvient sans encombres jusqu’à la cellule de Magnéto, dont il brise le verre en faisant des vibrations fort rapides avec ses mains (j’espère pour lui que ses pouvoirs ne se sont pas révélés à lui durant une session d’onanisme, auquel cas les urgences locales ont dû être fascinées par ce cas de combustion spontanée de kikounette), puis attrape Magnéto et utilise sa super vitesse pour le sortir du sous-sol sans problème.

Bon, il y a bien la sécurité qui comprend que quelque chose se passe à un moment, mais là encore, Vif-Argent neutralise tout le monde sans le moindre effort.

Conclusion du professeur Xavier : "Merci Vif-Argent ! Tu as franchi toutes les défenses du bâtiment le mieux protégé au monde, neutralisé la sécurité sans souci, libéré Magnéto en quelques secondes et le tout, sans tirer un seul coup de feu ni perdre le sourire. Tu sais quoi ? Maintenant tu n’as qu’à te casser, moi et mes copains on va continuer le film sans toi, c’est pas comme si ton pouvoir pouvait nous être utile."

Attendez, je crois avoir compris comment fonctionnait le film depuis le début :

  1. Un problème apparaît
  2. Quelqu’un a un pouvoir pour résoudre le problème facilement
  3. Le professeur Xavier débarque et propose de faire n’importe quoi à la place.
  4. Retour à l’étape 1

Heureusement que le professeur Xavier est censé être un homme d’une intelligence supérieure, sinon, qu’est-ce que ce serait ? Non parce qu’à titre personnel, mon plan aurait été :

  1. On emmène Vif-Argent puisqu’il peut gérer 95% des situations problématiques
  2. Le jour J, juste avant l’attentat quand Mystic se dévoile pour tirer, Vif-Argent arrête le temps, empêche la mort de Trask et embarque la bougresse
  3. Vif-Argent emmène Mystic dans un entrepôt désaffecté de Charleville-Mézières où l’attend le reste de l’équipe avec un bottin et une rallonge électrique
  4. Diplomatie.
  5. Vif-Argent va chercher de quoi fêter la victoire
  6. Le lendemain, la mairie de Charleville-Mézières découvre pèle-mêle dans un entrepôt désaffecté près de deux tonnes de cotillons, l’intégrale de Patrick Sébastien, près de 770 bouteilles de tequila vides, une flasque de brandy, 17 restes de cigares, Salma Hayek nue et un guide complet intitulé "Faire la chenille pour les nuls".

Hélas, mon plan n’ayant pas été retenu par les scénaristes, c’est donc celui du professeur Xavier qui est mis en branle.

Ainsi, tout le monde saute dans le jet privé du professeur, où Magnéto et lui s’engueulent un peu sur les voies qu’ils ont décidé de suivre, à savoir vivre avec les humains ou les combattre. Magnéto explique aussi qu’il n’a pas tué Kennedy, au contraire, il a essayé de le sauver puisque c’était en fait… un mutant (son pouvoir devait être de rester au-dessus de 50% dans les sondages, ce qui nous confirme que de notre côté, notre président est "normal" : promesse tenue) ! Peu de temps après cette révélation pas vraiment utile, la fine équipe arrive à Paris, où c’est la grosse fête à l’occasion des accords sur le Vietnam. Un dignitaire du pays du nước mắm est d’ailleurs tellement occupé à faire la teuf qu’il se laisse séduire par une jolie blonde qui se révèle bien évidemment être Mystic, ce qui est ballot. Qui s’étant rendue chez Trask plus tôt, a appris qu’il serait à Paris(elle s’est rendue chez lui et a trouvé son placard super secret où il cache ses dossiers les plus sensibles sur une étagère transparente pour que l’on puisse bien voir là où il y a marqué "TOP SECRET" ou non, c’est sympa). Le lendemain, donc, c’est habilement déguisée en vietnamien que celle-ci se rend à la conférence

Et à cette occasion, Monsieur Trask est effectivement là.

Puisque figurez-vous que pour de mystérieuses raisons, le bougre donne une conférence aux dignitaires des deux camps pour leur présenter son projet Sentinelle, rejeté par le congrès américain. Car c’est connu : lors des accords de paix, on adore proposer une conférence à un vendeur d’armes privé. Non, vraiment, les scénaristes se sont fait plaisir : le film ne repose que sur des scènes qui n’ont pas lieu d’être.

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"Bonjour Messieurs, c’est bien ici la conférence de paix ? Je suis le vendeur d’armes qui n’a aucun rapport avec la choucroute, je me suis dit que des diplomates adoreraient me voir."

Toujours est-il que lors de cette scène absurde, l’ami Trask sort de sa poche un petit appareil que tous les experts identifieront comme le truc qui fait pouic que vous trouvez dans les boîtes de Taboo. Mais loin de s’en servir pour tenter de lancer une grande partie de ni oui ni non ni blanc ni noir ni Igor ni Grishka (la partie n’en est que plus excitante), il explique à l’assemblée qu’il s’agit là d’un détecteur de mutants. Ne me demandez pas comment le bidule détecte l’ADN mutant sans passer par une prise de sang (Trask a probablement découvert que tous les mutants avaient, par exemple, une légère odeur de Monchéri), mais toujours est-il qu’alors qu’il le brandit pour expliquer que tous ses robots sentinelles en sont équipés pour ne mitrailler la gueule que de ce qui n’est pas un humain "classique" (espérons que ses robots soient okay sur le nanisme), un bruit se fait soudain entendre :

"POUIC !"

Tout le monde se regarde, l’air un peu gêné, puisque bon, pouiquer comme ça, là, au pied levé, c’est tout de même un peu cavalier.

"POUIC !" refait l’appareil.

Trask sourcille donc et commence à braquer le bidule en direction des présents, jusqu’à un certain dignitaire vietnamien. Et là :

"POUIC POUIC POUIC !"

A pouiquer comme ça, il n’y a plus aucun doute : soit le type s’appelle Igor-Grishka Niwininonniblaninwar, soit c’est un mutant qui se fout de la gueule du monde.

L’option un étant vite écartée, Trask prêche l’option deux et ordonne à la sécurité de se saisir de ce vilain dignitaire vietnamien, ce qui est très con et dangereux, puisqu’aux dernières nouvelles, les vietnamiens n’ont pas déclaré la guerre aux mutants, et le type pourrait très bien ne pas être conscient d’en être un. Donc qu’un industriel privé américain décrète soudain, en pleine conférence de paix "Arrêtez ce vietnamien, son ADN ne me revient pas !" c’est complètement con, voire vaguement raciste.

Mais là encore, le script s’en moque et tout le monde autour de la table trouve cette scène parfaitement normale et approuve Trask. Sur ces entrefaits histoire de sauver l’affaire, Mystic décide de quitter son déguisement et de reprendre son apparence de Schtroumpf Punk (que vous avez tous connus dans le célèbre album de Peyo Les Schtroumpfs et la canette de 8-6 enchantée) pour commencer à distribuer des coups de tatane au tout venant. Ce qu’elle réussit brillamment, avant de s’emparer du pistolet d’un type de la sécurité (qui n’avait pas pensé à s’en servir) pour essayer de tuer l’ami Trask.

Mais alors qu’elle s’apprête à le plomber, voici que débarquent…

Magnéto, Xavier, Wolverine et Mc Coy !

Car oui, c’est une conférence de paix suivie mondialement, mais nos bons amis ont pu y rentrer sans souci, quand bien même Xavier n’a plus le moindre pouvoir pour influencer les gens. Probablement qu’il a utilisé la carte de fidélité de son coiffeur pour bluffer les gardes. Aussitôt, les événements s’enchaînent. Tout d’abord, Xavier essaie de convaincre Mystic de redevenir gentille, parce qu’être méchante, c’est mal, mais ce discours digne d’un épisode de Naruto ne suffit pas à retourner la belle (en même temps, elle a joué dans Hunger Games et sait donc bien que ce n’est pas parce que quelque chose est mauvais que ça ne va pas rapporter). Wolverine, lui, aperçoit dans la pièce le commandant Stryker, et aussitôt, cela fait remonter en lui tous les souvenirs de l’époque (pas encore arrivée, mais le Wolverine du futur le sait) où Stryker a fait des expériences sur lui pour lui filer des griffes en adamantium. Cela brouille ses pensées et aussitôt, le pont entre le Wolverine du futur et son corps présent est un peu abîmé.

Pendant ce temps, dans le futur, Wolverine est donc tout agité et risque donc de sortir de sa transe le reliant au passé, ce qui surprend tout le monde.

Ce qui est intéressant, j’insiste, puisqu’encore une fois, cela nous rappelle que les voyages dans le temps, aucun scénariste n’arrive à les gérer correctement. Ce n’est pourtant pas compliqué : soit le type renvoyé dans le passé influence celui-ci, et crée donc un futur alternatif (auquel cas, ce n’est pas très utile pour les gens du futur tout pourri, qui sont bloqués dans le leur), soit le type renvoyé, par ses actes dans le passé influence le futur original, auquel cas, chacune de ses actions dans le passé est instantanément répercutée sur le futur original. Et donc, cette scène ne devrait pas exister puisque le futur devrait déjà avoir été changé d’une manière ou d’une autre. Ou à minima, Xavier et Magnéto avoir en direct des souvenirs de ce qu’il s’est passé ce jour là, et donc de pourquoi Wolverine est agité. Et encore, là, c’est en étant super gentil et en supposant que les actions de Wolverine, pourtant majeures, n’ont rien changé d’autre.

Bref, encore une fois : même en essayant de même des sparadraps sur les trous, c’est une scène qui ne sert à rien, si ce n’est à montrer un gros loupé du scénario. Hop.

Enfin je dis ça, mais pour rappel, voici ce qu’en dit Filmactu

Faire aller et venir ses X-Men dans le temps n’était pas chose facile. Loin de s’y casser les dents, Bryan Singer en profite pour livrer, plus qu’un énième film de super-héros, une véritable oeuvre de science-fiction.

L’avis de Metro

Voyages dans le temps fluides et savamment orchestrés [...] un spectacle de grande envergure, intelligent et ambitieux.

Et celui de ma stagiaire

Vous êtes sûr que dans ma convention, il est écrit que je peux servir de porte-gobelet quand je suis en débardeur ?

J’aime beaucoup les gens qui prennent les plus gros ratés pour les présenter comme les plus grandes qualités du film. Encore une fois, les professionnels ont du talent. A l’occasion, sinon, ce serait sympa de faire votre boulot. Mais bon, je dis ça comme ça, vous faites comme vous voulez.

Revenons donc dans le passé, où la situation n’a de cesse de dégénérer. Alors que par terre, Trask fait "POUIC POUIC" avec tous ces mutants autour de lui, Magnéto décide d’employer les grands moyens pour régler la situation : il récupère le pistolet avec lequel Mystic comptait tuer Trask, et menace la bougresse en lui disant que puisque c’est son ADN à elle qui amène à la naissance des sentinelles, il va la buter et hop, ce sera bien comme tout. Mystic, qui n’est que moyennement d’accord, se met donc à cavalcader vers une fenêtre pendant que Mc Coy essaie de calmer Magnéto. Mais le filou a le temps de tirer !

Heureusement, Mystic a déjà brisé la fenêtre de la pièce où se tenait la réunion, et tombe donc déjà vers la place, quelques mètres plus bas, où la presse du monde entier attend. La balle devrait l’éviter… sauf que Magnéto, tout en se battant avec Mc Coy, parvient à courber la trajectoire du projectile… qui touche Mystic à la jambe !

Oui, sans voir à l’extérieur. Mais c’est un détail : depuis quand faut-il voir sa cible pour guider ses balles et faire quelque chose d’aussi simple que toucher quelqu’un tombant à pleine vitesse depuis l’étage d’une ambassade ?

Sacré Magnéto, va. Lui aussi développe de nouveaux pouvoirs, semble-t-il. Il faudra le présenter à Shadowcat, la fille qui traverse les murs, et puis pouf, fait voyager les esprits dans le temps parce que hein, hé, ho, hein, bon.

Mais qu’importe, nous n’en sommes plus à cela près.

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Et puisque tout le monde se posait la question : oui, Omar est bien victime du syndrome du Grand Journal qu’il partage avec son ami Mouloud, à savoir qu’on l’annonce dans un blockbuster et en fait il a un troisième rôle dans deux scènes avec une demi-ligne de dialogue. Je suis désolé. Et non, il ne rit même pas.

Car alors que blessée, Mystic s’écrase comme une bouse bleue sur les pavés de la place voisine, toute la presse braque ses caméras sur cette mutante à l’apparence mystérieuse, qui vient d’apparaître alors qu’on a entendu des coups de feu. Diable, mais que se passe-t-il ? Mystic tente bien de fuir, mais Magneto s’est déjà lancé à sa poursuite : il voudrait bien l’achever, mais Mc Coy, qui essaie toujours de lui péter la gueule sous son apparence du Fauve (ça commence à bien faire, tous ces gens bleus, on se croirait dans Avatar), le déconcentre un peu et Mystic finit donc pas profiter du bordel général (à noter que la sécurité locale ne remue pas un orteil, faudrait pas déranger) pour mettre les voiles sous l’apparence d’un vieux qui boîte (elle génère même une canne à partir de rien, elle aussi est de plus en plus forte).

Magnéto, qui a réussi à se débarrasser du Fauve, est donc bien embêté : ah, comment diable pourrait-il retrouver une changeforme dans la foule ? Si seulement celle-ci avait un objet métallique sur elle, comme disons, une balle dans la jambe pour la repérer… bon, allez, tant pis : il va plutôt se barrer. Et là encore, sans être embêté. Hop. Idem pour Wolverine (qui a retrouvé ses esprits) et Xavier, qui après avoir récupéré Mc Coy, quittent donc les lieux tranquille pépère sans que personne ne les embête.

Une seconde, je vais chercher ma coke en intraveineuse et je reviens.

Voilà, on peut continuer.

Donc, disais-je, tout le monde repart tranquillement pendant que la sécurité et la police française sont occupées à lire du Proust en fumant la pipe près de la cheminée. Mais toute la presse, elle, parle par contre de l’affaire, et c’est ainsi que le président des Etats-Unis en personne, Richard Nixon, est bien étonné de tout ce bazar. Et par un heureux hasard, a déjà l’ami Bolivar Trask dans son bureau au milieu de tous ses conseillers, qui lui explique que hahaha, il le savait, ça devait arriver ! Et dire que le congrès a rejeté son projet Sentinelle… autant dire qu’aussitôt, le président en personne valide le projet, lui accorde tout le pognon nécessaire, et en plus, lui propose de lui filer l’ADN de Mystic, retrouvé sur le pavé à Paris par la police française, là où elle était tombée, blessée !

Oui parce qu’en 1973, c’est connu, la police française relevait l’ADN et mieux encore, le distribuait à qui de droit sur simple demande.

Non, vraiment : stop.

Allez, dégageons d’ici pour aller voir si ailleurs, le film tiendrait un peu mieux debout. Ce qui est une subtile transition puisqu’à New York, de retour au manoir Xavier, le professeur sent que son sérum arrête de faire effet et ses jambes le lâchent pendant que ses pouvoirs lui reviennent. Mc Coy lui prépare aussitôt une nouvelle dose de sérum, mais pour la première fois du film, Xavier prend une décision intelligente : il refuse de se l’injecter. Ses pouvoirs pouvant potentiellement sauver le monde, il choisit d’abandonner ses jambes pour redevenir télépathe, et retourne donc dans son célèbre fauteuil roulant (qui, poussé par Vif-Argent, pourrait faire de lui une bête à Super Mario Kart mais là n’est pas le sujet). Avec lequel il se rend jusqu’au Cerebro, sa machine montée maison mais top-design quand même lui permettant de décupler ses pouvoirs et de pouvoir entrer en contact avec tous les esprits de la planète et de les pénétrer avec aisance. Wolverine est tout fou, il sait que ça va enfin permettre de faire avancer le script.

"Professeur, c’est formidable ! Avec ça, vous allez pouvoir sans bouger de chez vous influencer Bolivar Trask et lui faire aimer les mutants. Comme ça, plus de sentinelles, plus de danger et pas une goutte de sang versée !
- Hein ? Mais non Wolverine, enfin ! A la place, je vais plutôt me servir de la machine pour retrouver Mystic et ensuite faire du rien et laisser Bolivar Trask tenter de nous exterminer avec ses sentinelles !"

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Okay. Je retire ce que j’ai dit sur la décision intelligente du professeur Xavier un peu plus haut, il reste égal à lui-même.

Toujours est-il qu’en utilisant le Cerebro, Xavier a un peu perdu l’habitude et perd le contrôle avant même d’arriver à quoi que ce soit. Il se met donc à couiner que ses pouvoirs sont nuls, qu’il n’arrive à rien en faire, que de toute manière il est naze et qu’il va retourner dans sa chambre se faire des couettes et écouter Kyo en écrivant des poèmes sur son agenda Hello Kitty. Wolverine, qui essaie de ne pas lui dire qu’il devrait en effet se faire des couettes tant qu’il le peut encore, se lance dans un grand discours sur le fait que rhooo, mais non professeur, vous n’êtes pas une crotte, enfin pas une si grosse, enfin… bon bref, allons allons. Et l’invite à lire son esprit, pour voir toutes les bonnes choses qu’il réussira justement à faire dans le futur. Xavier, curieux, s’exécute donc.

Si au départ, Xavier ne voit que toutes les souffrances du pauvre petit Wolverine ("Mon dieu, tu as eu DEUX films pourris à ton nom ?"), il finit par découvrir un futur où durant un temps, son école aide moult jeunes mutants. Puis, ses pouvoirs font un truc fort mystérieux : puisqu’il explore l’esprit de Wolverine, lui-même relié avec le futur grâce aux pouvoirs de Shadowcat, Xavier parvient à projeter son esprit dans le futur et ainsi… à rentrer en contact avec l’esprit de son lui-même du futur, qui se tient juste à côté de Wolverine ! La conversation est donc fameuse :

"Hooo ! Moi-même du futur !
- Salut, moi-même du passé. J’ai tant de choses à te dire.
- J’aimerais surtout savoir pourquoi je vais devenir tout chauve. Bon, ça tombe bien qu’on discute, puisque comme tu es moi-même du futur, tu dois avoir tous mes souvenirs, et ainsi savoir à partir d’ici quels sont les erreurs que je dois éviter et choix que je dois faire pour résoudre tout ce vaste bordel.
- Oui mais non, puisque là encore, le script n’a pas prévu cette éventualité. Tu ne veux pas plutôt un discours cucu la praline sur l’espoir et l’avenir ?
- C’est complètement con.
- Je te rappelle que je suis toi.
- Ha ben oui, c’est vrai, du coup, ça se tient.
- Parfait : bon alors, sache que tu dois avoir confiance en toi, que l’avenir te réserve plein de bonnes choses et qu’investir dans la région de Fukushima n’est pas une riche idée.
- Okay merci. Bon, je retourne dans le présent… enfin mon présent, le passé quoi.
- Ça marche. Et ne t’inquiète pas : maintenant que l’on a découvert que l’on pouvait communiquer entre passé et futur via Wolverine, je propose de ne plus le faire du film, des fois que ça puisse être utile.
- Je me reconnais bien là, hohoho.
- Huhuhu.
- Allez, j’me casse."

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Le jeune Xavier retourne donc dans son présent, et sourit à Wolverine : maintenant qu’il a confiance en lui, il peut utiliser ses pouvoirs plus sereinement, et donc retenter d’utiliser le Cerebro. Grâce à celui-ci, non seulement il retrouve Mystic, en train de se balader dans un aéroport à l’autre bout du monde, mais en plus il utilise ses pouvoirs pour prendre possession de gens et ainsi parler à Mystic (d’habitude, il ne se servait du Cerebro que pour faire des blagues, comme faire chanter du Patrick Sébastien aux réunions de l’Académie Française). Il apparaît même sous forme d’illusion pour là encore, tenter de la remettre sur le droit chemin. Wolverine tente bien quelque chose :

"Mais professeur, pourquoi vous ne l’arrêtez pas directement, elle, en rentrant dans sa tête ?
- Parce qu’elle ne me laisse pas rentrer !"

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Ah ben oui, tiens. Parce que c’est connu : d’habitude, pour forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne ferait pas autrement via la manipulation mentale, les gens se laissent faire bien volontiers. "Je vous en prie, allez-y professeur, obligez-moi à faire ce que je ne veux pas faire volontairement." Non mais sérieusement ?

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"Je vais me concentrer très fort et grâce au Cerebro, je pourrai influencer les gens, mais uniquement s’ils sont déjà d’accord avec moi !"

Du coup, et c’est fou, comme Mystic ne veut pas laisser Xavier l’obliger à faire l’inverse de ce qu’elle souhaite, Xavier repart broucouille. Tout au plus a-t-il, en prenant possession des pinpins du coin, réussi à trouver la destination de l’avion que Mystic allait prendre, qui n’est autre que Washington. En effet, afin de célébrer le lancement du projet Sentinelle, une grande conférence de presse y est donnée. Nul doute que c’est là que Mystic tentera à nouveau de tuer Trask !

Sauf que pendant ce temps, à l’autre bout du pays, un train transporte les sentinelles vers Washington justement pour la cérémonie, puisque 8 prototypes sont déjà prêts. Ces versions de 1973 bien éloignées de leurs cousins du futur sont armées de mitrailleuses, disposent de réacteurs d’avions pour voler, et ont toutes le fameux pouic-pouic à mutants de Trask intégrés pour détecter leurs cibles. D’ailleurs, histoire de se vautrer encore un peu, Trask a bien expliqué que ces robots sont conçus à 100% sans le moindre métal, justement pour pouvoir combattre des gens comme Magnéto !

On supposera donc que les mitrailleuses sont en bois, le réacteur d’avion en papier de riz et les circuits imprimés en bambou.

J’ai clairement l’impression que ce film se complaît à se foutre de ma gueule.

D’ailleurs, et quand bien même, quel plan génial, ami Trask ! Toute ton armée faite d’une autre matière que celle que Magnéto peut manipuler, excellente idée ! Ça a dû te coûter, quoi, quelques milliards au bas mot ? Et sinon, tu as pensé qu’un autre mutant pourrait, au hasard, avoir lui le pouvoir de manipuler cette matière là et donc poser exactement le même problème ? Non ?

C’est ballot.

Bref : alors que le train trimbale les prototypes, justement, Magnéto qui passait par là décide de démonter des rails, non pas devant le train pour le faire dérailler et ainsi détruire les prototypes, mais derrière pour les récupérer, en dépiauter l’acier, et envoyer le tout sous forme de fils fins comme des câbles dans les sentinelles… pour en prendre le contrôle.

Parce que oui, là encore, Magnéto (qui était au-dehors du train) est capable de diriger le métal dans les wagons, où il n’a pourtant aucun angle de vue, de placer les câbles sur 8 robots avec une précision de chirurgien là encore sans les voir, et en plus de savoir exactement où placer quoi pour les pirater sans avoir les plans ou la moindre connaissance du sujet.

Où diantre est ce bouton pour doubler ma dose de coke ? Ah, voilà.

Au même moment (enfin plus ou moins, je me comprends), dans le futur où rien n’a bougé, donc, Doudou Bishop et ses amis voient soudain arriver au loin les sentinelles ! Il va y avoir un affrontement farouche, voir une baston, et potentiellement une branlée. Il faut donc les retenir le temps que Wolverine achève sa mission dans le passé, même si ça n’a strictement aucun sens, allez, on s’en fout ! Tiens mais au fait, au début du film, on nous expliquait pas qu’à la moindre attaque de sentinelle, il suffisait d’aller dans le passé prévenir l’équipe de changer de planque avant que ça ne parte en cacahuète pour sauver la situation ? Alors on me dira "Oui, mais là, Shadowcat est occupée avec Wolverine qui ignore tout de ce qu’il se passe dans le futur !"

C’est vrai.

Ah, si seulement il y avait dans le futur un personnage super intelligent et télépathe qui avait découvert deux scènes avant qu’il pouvait, au travers de Wolverine, communiquer avec le passé, et ainsi informer son lui-même de l’époque que la planque de Chine ne serait pas assez sûre…

Vraiment : les mecs nous ont expliqué cette stratégie au début du film comme ça, hop. Et au moment de l’appliquer, ils préfèrent faire du rien.

Mais comme ça, au moins, il y a une scène de bataille épique. Que l’on avait pas du tout vu venir.

Dans le passé, donc en attendant, Nixon débute une conférence de presse dans la cour de la Maison Blanche devant un gros drapeau américain marqué du sigle des industries Trask (c’est connu, tous les présidents adorent se montrer en public devant un drapeau vendu à un groupe extérieur, qui n’a jamais vu le drapeau américain couvert de sponsors après tout ?). Xavier, Wolverine et Mc Coy cherchent donc dans la foule à identifier où se planque Mystic, et Xavier finit par la trouver, habilement déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Sauf qu’avant que celle-ci ne puisse agir correctement, ou que les mutants ne puissent l’intercepter (qui a eu l’idée de virer Vif-Argent, déjà ?) un phénomène étrange surprend tout le monde :

  • D’abord, les 8 sentinelles présentées au public s’activent seules… et commencent à tirer sur la sécurité
  • Ensuite, un stade de baseball volant (si, si) survole la capitale, avec Magnéto en son centre, qui lévite avec lui

C’est en effet peu banal, tant d’habitude les stades sont connus pour être plutôt ras des pâquerettes de bien des manières.

Le plan de Magnéto est pourtant simple : il oblige tout le monde à reculer grâce aux sentinelles sous son contrôle (ah, les prototypes piratés… un truc jamais vu chez Marvel), et force ainsi le président à se planquer dans son bunker sous la Maison Blanche. Mystic arrive à se glisser dans la suite présidentielle, pendant qu’à la surface, Magnéto écrase le stade autour de la Maison Blanche… formant ainsi une énorme enceinte autour de celle-ci ! La police est donc bloquée dehors, alors que les sentinelles les empêchent d’approcher. Wolverine et Mc Coy tentent bien d’empêcher le bougre d’accomplir ses noirs desseins, mais les deux sont mis hors de combat, Wolverine étant plus précisément transpercé de morceaux d’armature de béton du stade par Magnéto, avant que celui-ci ne le propulse au fond du fleuve le plus proche. Où il se noie donc (mais sa capacité à se régénérer lui permet aussi de se remettre de la noyade, hop). Et est donc indisponible pour un moment !

Dans le futur, on constate donc que Wolverine doit avoir un souci puisqu’il semble se noyer. C’est donc un peu la panique : car d’un côté, les sentinelles approchent toujours malgré la résistance des mutants pour protéger leur cachette chinoise, et de l’autre Wolverine est hors-de-combat.

Hmmm… attendez, si je comprends bien, la mission de Wolverine vient de s’achever, non ? Pas comme prévu, mais c’est fini, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi le futur ne change-t-il pas ?

Hé bien parce que selon le film, Wolverine ou pas, il faut désormais attendre (dans le futur) que les gens du passé arrêtent Magnéto & co. Donc accrochez-vous, puisque cela signifie aussi, que si le temps se déroule de la même manière dans le présent et le passé, et qu’il faut attendre que les gens du passé agissent pour influencer le futur (au lieu que tout se répercute instantanément), cela signifie que pour que les gens 50 ans dans le futur soient enfin sauvés, il va falloir attendre… 50 ans.

Non, sans rire les enfants : arrêtez avec les voyages dans le temps. Quand on ne sait pas gérer, on ne fait pas.

Bref : dans le passé, donc, Magnéto débarrassé de Mc Coy et Wolverine est enfin tranquille. Il reste bien Xavier, coincé sous des morceaux de stade, mais ce dernier ne peut rien contre Magnéto, le bougre ayant retrouvé avant de venir son casque moche lui permettant de résister aux pouvoirs mentaux du professeur (ah bon ? Mais plus tôt dans le film, on a expliqué qu’avec Mystic, il suffisait de "ne pas vouloir laisser le professeur rentrer dans sa tête" pour qu’il ne puisse rien faire, non ? Donc soit le casque ne sert à rien, soit quelqu’un a sorti un gros baratin pour empêcher le film de se terminer plus vite. Ah, suspens…). Magnéto décide donc d’utiliser ses grands pouvoirs de mutant magnétique pour orienter toutes les caméras qui restaient encore dans le jardin de la Maison Blanche vers lui, puis utilise ses talents surnaturels pour tirer le bunker présidentiel hors de terre et l’ouvrir comme une boîte de conserve. A l’intérieur, il y trouve donc Trask (qui a son bidule qui fait POUIIIIIC en boucle dans sa veste, ce qui lui donne un certain charisme, reconnaissons-le), le président Nixon, et il ne sait pas encore, mais Mystic, toujours déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Magnéto triomphe donc :

"Hahaha, président Nixon ! Pour avoir lancé le programme Sentinelle d’éradication des mutants, je vais vous tuer devant le monde entier, vous et vos copains !
- Pardon ? Mais Monsieur Magnéto, il y a erreur !
- Comment donc ?
- Hé bien, je veux dire, vous venez de faire léviter un bâtiment entier, de pirater les sentinelles, de créer une diversion, de nous enfermer avec le stade volant, d’attendre que je sois dans le bunker présidentiel suite à cet assaut pour mieux m’en sortir de force, et tout et tout…
- Certes, et ?
- Et c’est que, si vous vouliez me tuer devant toutes les caméras, il vous suffisait d’ordonner à une sentinelle de me tuer. Ça prenait deux secondes, c’était sans risques et en plus ça décrédibilisait à jamais ce programme contre les mutants. Vous gagniez sur tous les fronts et pouviez faire le kéké en montrant comment il ne fallait pas faire chier les mutants.
- …
- Oui ?
- Je me sens… comment dire… comme un vulgaire professeur Xavier.
- Ho. Allons, tout de même. N’exagérez pas : c’était certes un plan de merde inutile visant à faire durer le film avec plein de spectacle sans aucun sens, mais vous au moins, personne ne prétend que votre personnage est un génie. Allez, faisons câlin et oublions ce gros malentendu."

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Magnéto, réalisant que l’ensemble de son plan ne servait qu’en fait à faire monter le budget du film pour des raisons absolument incohérentes. Notez la confusion et le mépris pour le scénariste sous le casque.

Sauf que Magnéto est là pour tuer le président, pas pour lui faire des câlins, merdum. Et exige donc qu’il sorte de ce qu’il reste du bunker pour mourir au grand jour. Ce qu’il fait.

Mais pas de bol, en réalité, il s’agit là de Mystic ! Qui a sur elle un pistolet en plastique avec des balles du même acabit, et s’en sert donc pour blesser Magneto et ainsi l’empêcher de faire du mal au président et sa suite. Mystic, qui a pris sa vraie apparence pour bien montrer devant toutes les caméras que les mutants pouvaient être gentils, parce qu’en fait, elle est cool, enlève donc son casque à Magnéto, et Xavier peut ainsi entrer dans son esprit et l’obliger à arrêter les sentinelles et calmer tout son bordel (mais pas à le rendre gentil, faut quand même pas déconner).

Magnéto ainsi neutralisé, Mystic se tourne vers Trask, son arme à nouveau prête à faire feu. Elle hésite un moment, pendant que Xavier tient un énième discours cucu, et finalement, ne tire pas.

Les journaux titreront dès le lendemain : "Une mutante sauve le président, donc les mutants sont cools".

Sauf Le Point qui titre "Mutants – les nouveaux Franc-Maçons ?", bien évidemment.

Pendant ce temps, donc, dans le futur, c’est la merdouille : les mutants se font tatane, alors que le passé n’a pas encore magiquement modifié le futur. La porte de la salle où se cachent les mutants va-t-elle tenir suffisamment longtemps ? Ah, si seulement (oui, encore) il y avait dans l’équipe quelqu’un capable de faire des portails pour téléporter l’équipe en sécurité ou à l’inverse, en mettre un sur la porte histoire que toute tentative de l’enfoncer s’achève par une réapparition sur la lune (au hasard, sinon ailleurs, je ne suis pas regardant). Ou quelqu’un capable de déclencher une tornade juste devant. Ou…

Ah mais oui, non : il n’y a que des grosses buses, au temps pour moi.

Bref, comme vous l’imaginez, les sentinelles tuent tout et tout le monde jusqu’à la porte, commencent à enfoncer celle-ci, et à la seconde où elles vont tuer le professeur Xavier…

… c’est exactement à la même seconde que Mystic sauve le président dans le passé, et que le film décide que ça y est, pif pouf, le script s’active et le futur est modifié !

Non vraiment : on ne s’y attendait pas. Tout s’arrête donc et disparaît.

Wolverine quitte donc le passé pour se réveiller dans le futur. Il ne le sait pas, mais peu après ces événements, Mystic est aussi venue le sauver de la rivière puisque par la magie du pipeau, elle savait exactement où Wolverine avait coulé alors qu’elle était dans le bunker présidentiel quand c’est arrivé. C’est donc déguisée en officier qu’elle a envoyé une vedette de police le repêcher et le sortir de la mouise métallique et sous-marine dans laquelle il était.

Mais bref, donc : Wolverine est bien vivant et dans le futur. Sauf qu’ici, plus de New York en ruines : il est à l’école des surdoués du professeur Xavier, qui est en parfait état. Mieux encore : tous ceux qui étaient morts durant la guerre avec les sentinelles sont à nouveau vivants et bien vivants ! La guerre n’a jamais existé grâce à tout cela… et seul Wolverine se souvient donc de l’univers original. D’ailleurs, même son amour de jeunesse, Jean, est à nouveau vivante puisque quitte à sauver le monde des pires horreurs, visiblement, Wolverine a même réussi à empêcher X-Men 3 d’arriver (moi aussi, j’ai envie de vivre dans un monde où ce film n’a jamais existé).

Tout le monde est donc heureux, et croisant le professeur Xavier dans l’école, ce dernier s’étonne de voir Wolverine ici : il a un cours d’histoire à donner aux plus jeunes. Wolverine explique donc que là, il revient d’un futur alternatif, donc que c’est lui qui aurait bien besoin d’un cours d’histoire sur ces 50 dernières années.  Tout est donc bien qui finit bien et…

… FIN !

Je rappelle que nombre de fans parlent du "meilleur de la série".

Dès lors, que penser des autres ?

Ma santé mentale vacille.

_________________________

Oh, et oui, il y a bien une scène post-générique, comme le veut la grande mode. On y voit, dans l’antiquité un albinos mystérieux faire le kakou en montant des pyramides en manipulant par son esprit des assemblages de bloc de granit qui volent dans les airs.

J’en ai donc naturellement aisément déduit la seule explication logique à ce teaser :

La prochaine licence adaptée au cinéma, c’est Tétris.

"Dans l’affaire Hunger Games contre Divergente, je laisse la parole à la défense."

D’un geste mou, le juge signifie à l’avocat qu’il doit se lever : celui-ci fait un clin d’œil à sa cliente avant de s’exécuter et d’aller se placer devant le banc des jurés. Il tousse dans son poing, fait quelques mouvements de bras pour dégager ses longues manches pendantes, puis débute.

"Mesdames et Messieurs les jurés, je comprends votre trouble. J’ai entendu, comme vous, les arguments du demandeur qui prétendrait que le livre Divergente ne serait qu’une pâle copie de son chef d’oeuvre, Hunger Games. Et pourtant ! Il n’en est rien ! Alors ouiii, on pourrait éventuellement mettre en parallèle le fait que les deux se déroulent dans un univers post-apocalyptique. Certes, les deux se passent aux Etats-Unis. Bon, d’accord, les deux parlent d’une société qui s’est recomposée autour de factions aux rôles bien définis. Par un heureux hasard, il y est aussi question d’ordre. Par une formidable coïncidence, dans les deux cas, il s’agit d’une héroïne. Probablement à cause de l’alignement des planètes, dans les deux cas, cette dernière se retrouve à remettre en cause l’ordre établi alors que les autorités ont les yeux sur elle. Et ouiii, par un fameux miracle statistique, les deux se retrouvent à vivre une histoire d’amour avec un type qui a un nom à la con, mais tout de même : est-ce bien suffisant pour accuser ma cliente d’avoir resucé très fort l’oeuvre d’autrui ?"

L’ensemble du jury hochant vigoureusement la tête, l’avocat se gratte le menton, déçu : ça lui paraissait être un excellent argument. Au moins de la même qualité que les livres cités. Il détourne la tête :

"Monsieur le Président, puis-je m’entretenir avec ma cliente ?
- Mais, faites Maître Connard."

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D’un geste, je bondis vers ma cliente qui paraît nerveuse : le jury chuchote en la regardant et l’affaire paraît bien mal engagée. Tout de même, je la questionne :

"Ecoutez, je sais que vous m’avez pris pour ma mauvaise foi, mais tout de même, là ça devient compliqué.
- Maître, au prix où je vous paie, j’espère que vous pouvez faire mieux. 
- Heureusement que votre éditeur ne vous a pas dit la même chose.
- Hein ?
- Non, rien. Bon, vous savez quoi ? Nous allons utiliser l’argument ultime. Puisque sur le contenu ça va être compliqué, on va jouer sur le contenant."

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Je retourne vers le jury pour mieux tirer de ma manche un ouvrage que je présente aux yeux de tous :

"Voyez ce livre ! Il s’agit de Hunger Games ! Observez-le bien !"

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"Vous l’avez bien regardé ? Parfait, alors à présent, voyez le livre de ma cliente, il n’a strictement rien à voir !"

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"Alors, vous voyez ! Aucun rapport !
- Maître, pourriez-vous retirer le papier blanc que vous avez collé sur la couverture ?
- Le pap… Monsieur le président ? Hoooo, tiens oui, ça alors ! Il a dû se glisser entre mes doigts par accident !
- J’insiste.
- Rhooo."

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D’un coup de doigt, le papier tombe, révélant ainsi la couverture complète.

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Je retourne vers ma cliente d’un vif entrechat.

"Alors Maître ? Vous pensez que le jury a remarqué quelque chose ?
- Je ne sais pas trop. Là ils rigolent. 
- Quelle est la suite du plan ?
- On spoile le film. Vu comme Hunger Games était une daube, avec un peu de bol, votre adaptation sera moins débile. On peut jouer dessus.
- Je compte sur vous Maître Connard !"

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Alors, Divergente, honteuse copie de Hunger Games ou oeuvre en soi ? L’héroïne est-elle moins stupide ? Le monde plus crédible ? Et surtout, peut-on trouver un nom plus con que "Pita" ?

Spoilons mes bons !

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L’affiche : si je vous dis que l’un des deux personnages a en fait le vertige, vous me croyez ? C’est lamentable, mais vous devriez.

Notre film commence du côté de Chicago, célèbre cité des Etats-Unis d’Amérique. Hélas, nous sommes dans un futur plus ou moins proche, et la ville n’a plus son étincelante beauté d’antan : ses buildings sont en piteux état et couverts de simili-éoliennes, et la végétation a repris ses droits sur une partie de la cité. Par ailleurs, une gigantesque enceinte fait le tour de la ville, probablement pour éloigner les Mexicains, et est couverte d’un enchevêtrement de passerelles qui monte si haut que même la grande roue du coin, à côté, fait doucement ricaner. Mais que s’est-il passé ?

La guerre, mes bons, la guerre !

Une voix off nous l’explique : une grande guerre aurait ravagé la Terre et celle-ci serait en ruine, les derniers humains s’étant regroupés et enfermés à Chicago avant de refonder la société pour que plus jamais de conflit n’éclate. Comment, me direz-vous ? C’est bien simple : en divisant le peuple en cinq castes ! Parce que les castes, c’est connu, ça apporte la paix éternelle, tout ça, si si. Chut. Arrêtez. Mais, détaillons !

Tout d’abord, il y a les Érudits : vêtus de bleu, ce sont des chercheurs, des savants, et ils s’enferment dans leurs bibliothèques pour jouer avec leurs tablettes tactiles et percer les mystères de l’univers, à moins que ce ne soit pour essayer de trouver le dernier Hot-Spot pré-apocalypse pour se connecter à Youporn. On est pas bien sûr.

Ensuite viennent les Fraternels : drapés de rouge, ils travaillent la terre et nourrissent donc la cité. La voix off se sent obligée de préciser qu’ils sont toujours souriants et sympas, parce que les gens de la terre, ils sont comme ça. La voix off n’a jamais dû assister à une manifestation d’agriculteurs ou voir les scores du Front National à la campagne.

Puis viennent les Sincères : dans leurs vêtements blancs, ils rendent la justice, puisqu’ils se passionnent pour la vérité, qu’ils balancent à autrui sans pincettes. Par exemple, quelqu’un qui balance "Moi, j’aime pas les Noirs !" est très sincère, donc du coup, il fera un excellent homme de justice. C’est bien, ce système, dites-donc.

Ils travaillent aux côtes des Altruistes : dans leurs tenues grises, ces derniers ont en charge, de par leur absence d’intérêts personnels, des questions relatives à la gestion de la cité, pour laquelle ils prennent les décisions. Ils distribuent la nourriture aux sans-clans, qui n’étant intégrés nulle part, fouillent les poubelles. Ce qui est un peu se foutre de la gueule du monde, puisque du coup, ça veut dire qu’au lieu que les Fraternels distribuent leur propre nourriture, ils doivent d’abord la filer aux Altruistes pour qu’ensuite ces derniers puissent passer pour des mecs à la cool. Désintérêt personnel, hein ! Mais bon, il faut bien faire des images de gentils qui donnent à manger aux pauvres, sinon on ne comprendrait pas bien que ce sont les gentils.

Enfin arrivent les Audacieux : vêtus de noir, ils sont à la fois la police et l’armée, si problème il y avait. Ils sont tout fou-fous et courent dans tous les sens, mais nous y reviendrons.

Et… c’est tout.

Non, il n’y a pas de caste des techniciens. Ni des artisans. Ni des cuisiniers. Ni des artistes. Ni… bon, je ne vous fais pas la liste, mais pour résumer, les gens utilisent des voitures dans un monde sans ouvriers, travaillent sur des tablettes tactile en parfait état probablement fabriquées à partir de circuit imprimés que les Fraternels font pousser dans le lopin juste à côté des patates, quant aux médicaments, on va supposer que la grande guerre a été menée par les homéopathes et qu’en plus ils l’ont gagnée (probablement en diluant une bombe atomique dans de l’eau sucrée, ou autre arme maléfique de ces fourbes).

Le film n’a pas commencé et c’est déjà complètement branlant. J’ai envie de dire : chapeau. Je pense qu’il y a une sorte de compétition malsaine à Hollywood, et que les candidats sont sacrément doués.

Passons ou je vais finir par prendre ça pour une provocation à mon égard.

Et retrouvons notre héroïne : Béatrice Prior, 16 ans, appartenant à la caste des Altruistes puisque ses parents le sont. Et non, on ne peut pas être enfant de parents de deux castes différentes : probablement que chaque clan a sa propre parade amoureuse et que du coup, ça empêche l’accouplement inter-espèce. On se souvient ainsi de la terrible expérience de cette Érudite tombée amoureuse d’un Fraternel, qui lorsqu’elle commença sa parade (lui faire jouer un scénario des Masques de Nyarlathotep), se vit répondre celle de l’être aimé (une chanson paillarde intitulée "Motoculteur, je motoculte"). Le résultat fut si terrible que l’on préféra oublier cette option.  Et enterrer les deux protagonistes.

Toujours est-il que Béatrice a un frère, Caleb, une maman, certes, mais aussi un papa qui est membre du conseil de la cité. La vie irait plutôt bien si Béatrice ne se sentait pas… disons, pas à sa place. Son frère Caleb fait pourtant  un Altruiste parfait : il aide tous ceux qu’il croise naturellement. Alors que Béatrice, à moins qu’on ne lui mette des coups de pied au derche, bon, elle s’en fout un peu. Ah, elle aimerait tant être une Audacieuse, ces chiens fous qui font des choses fabuleuses, comme escalader des murs, escalader des murs, ou mieux encore, escalader des murs !

Pardon ? Non, ils ne font rien d’autre. Oui, dans ce film, la définition "d’audacieux" est "qui kiffe le parkour". Je vous le dis tout de suite parce que moi, naïvement, j’ai attendu jusqu’à la fin du film qu’ils fassent preuve d’audace, hein. Au fond, je suis un grand optimiste.

Et ça tombe bien cette histoire, parce que dans cette société, à 16 ans, les adolescents sont invités à passer un test, qui va déterminer à quelle caste ils devraient appartenir pour le restant de leur vie. Dans 95% des cas, les gens nés dans une caste y restent, mais les 5% restants se découvrent une vocation pour une autre, qui leur ressemble plus. Dans tous les cas, le test n’est qu’un indicateur : le choix final revient à l’adolescent lui-même, puisqu’à cet âge là, on fait toujours les meilleurs choix.

Autant vous dire que Béatrice est un peu stressée en se rendant à son test, puisqu’elle n’a pas trop envie de rester une Altruiste, crotte de bique, c’est nul de porter des pulls qui grattent et de causer avec les prolos. Elle veut du rêve, bon dieu ! D’ailleurs, lorsqu’elle arrive devant le centre où se déroulera le fameux test, les Altruistes sont pris à parti par un Sincère qui se fout de leur gueule, voire limite les agresse, mais personne ne fait rien : les autres Sincères, pourtant chargés de la justice, trouvent ça tout à fait normal, quant aux Altruistes, ils laissent le mec pris à parti se chier dessus, parce que vous comprenez, on veut bien être Altruiste, mais pas aider les autres.

Décidément, mon dictionnaire ne doit pas être à jour.

Qu’importe : arrivent les Audacieux, qui ont pour moyen de transport une rame de métro aérien qui ne s’arrête jamais et tourne en ville en boucle, faisant que les larrons doivent sauter pour en sortir ou y rentrer, ce qui fait plus cool (et probablement 5 morts et 10 blessés chaque mois). Tout le monde a donc des étoiles plein les yeux, parce que les Audacieux, ils sont vraiment trop cools à faire du parkour. Puis, il faut aller passer son test, ce qui est fort simple : pas de sujet de bac, de brouillon ou de raclure qui redemande cinq fois des copies doubles, non ; ici, chacun s’enferme dans un petit cabinet médical où l’attend un adulte – une Audacieuse dans le cas de Béatrice – qui lui dit de boire l’équivalent local du LSD, je suppose. Et lors de ce trip sous acide, notre héroïne doit affronter des hallucinations qui détermineront la caste où elle doit atterrir.

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"N’aie pas peur, je suis là pour vérifier que tu ne fais pas d’overdose. Et si tu reveux du crack, tu n’as qu’à me demander."

Oui, moi aussi je trouve sympa le concept de filer de la drogue à des ados avant de leur demander de faire le choix le plus important de leur vie une fois défoncés. Combien sont-ils à avoir expliqué dans un filet de bave qu’ils avaient vu leur vocation : c’était devenir un puuuuutain de pâtissier-magicien, si si, ho putain, je suis déééfoncé, vas-y, passe passe passe le oinj’, y a du monde sur la corde à linge ? Les Erudits doivent planquer les statistiques sous la Méta-amphétamine.

Ils sont taquins, dans cette société du futur.

Bref, l’hallucination de Béatrice  se déroule ainsi : elle est dans une salle avec des miroirs, et un de ses reflets lui dit qu’elle doit choisir un objet parmi ceux qui viennent d’apparaître à côté d’elle, à savoir un couteau, un pavé de viande, et comme je n’ai pas bien vu le reste, je décide donc qu’il y aura un ukulélé, une photo dédicacée de Ben Affleck et un demi-paquet de Pépito. Notre héroïne a donc l’idée intelligente de demander "Mais pourquoi ?" mais c’est trop tard, les objets ont disparu. Et à la place, un chien vient d’apparaître… et s’apprête à croquer une petite fille qui semble être une version plus jeune de Béatrice ! "Bon sang !" pense Béatrice "Que n’ai-je pris le paquet de Pépito, j’aurais pu lui lapider la gueule !" mais tant pis : ni une, ni deux, elle bondit sur le teckel fou et l’arrête avant qu’il ne croque un mollet de l’enfant… et se réveille !

A côté d’elle, l’Audacieuse en charge du test qui surveillait des écrans pour voir le résultat en direct est toute en sueur : jamais personne n’avait sauté sur le chien !

Ah bon ? D’habitude, les gens en voyant le pavé de viande et la photo de Ben Affleck comprenaient directement ce qui allait se passer et réagissaient en conséquence ? Ils sont forts, quand même! Bon, enfin c’est bien gentil votre affaire, mais alors, Béatrice, qu’est-elle ?

"Je ne peux rien te dire, souffle l’audacieuse un peu paniquée. Fuis, passe par la porte de derrière, rentre chez toi et dis que le sérum t’as rendu malade, que ça n’a pas fonctionné !
- Mais enfin, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Que suis-je alors ? Une Altruiste ?
- Tu veux vraiment le savoir ? Tu es une Altruiste. Mais aussi une Érudite. Et une Audacieuse ! Tu es tout à la fois !
- C’est impossible !
- Tu ne rentres dans l’ordre des choses… tu es une Divergente !
- C’est marrant, ça sonne un peu "Manif’ pour tous", dit comme ça.
- Ça suffit ! Tu représentes un danger en n’ayant ta place dans aucune caste : tu ne dois rien dire  ! A personne !
- D’accord, mais pourrait-on reparler de la signification du teckel et de la boîte de Pépito ?"

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Nous ne saurons jamais pour ce dernier point : c’est terrible. Pourtant, ce test avait l’air tellement pratique et cohérent.

Détail rigolo : on explique à notre héroïne que ne rentrer dans aucune caste, c’est être une divergente, un danger. Il faudra donc m’expliquer d’où sortent les sans-castes qui fouillent les poubelles et attendent l’aumône des Altruistes, que l’on a le bon goût de laisser de côté et de traiter comme de la merde, parce que comme ça, nul doute qu’ils n’auront aucune envie de révolution. On pourra me dire "Ce sont peut-être des gens qui ont été rejetés par d’autres castes ?" sauf que non puisque plus tard dans le film, il sera bien expliqué que la simple idée de virer quelqu’un d’une caste est totalement absurde et n’a jamais été fait jusqu’alors. Et au début du film, on disait bien que ce n’étaient pas des criminels, juste des gens n’ayant "pas trouvé leur place".

Donc soit les divergents se ramassent à la pelle, et le film ne tient pas, soit les sans-castes n’ont aucune raison d’exister, et le film ne tient pas.

Vous avez le choix, attention, c’est pas facile. Moi je suis allé demander la réponse à la dame qui vend les tickets à l’entrée du cinéma, mais elle a dit que je commençais à faire chier avec mes commentaires. Je vous jure, on vit dans un monde de petits malappris.

Bref : Béatrice rentre chez elle et raconte que oui, elle a été malade durant le test, tout ça, et tente d’être aussi crédible que possible, par exemple en racontant comment elle a vomi ou pourquoi il va falloir sceller les toilettes au chalumeau. Ses parents la rassurent et lui disent que demain aura lieu la cérémonie du choix. Test ou non, c’est donc à Caleb et Béatrice que revient le choix de leur caste. Papa Béa fait tout de même remarquer que Béatrice n’aurait pas dû filer du centre de test par une porte dérobée, même malade : les Érudits, en ce moment, surveillent de près les Altruistes… certains les soupçonnent même de vouloir prendre le pouvoir. Ils colporteraient des ragots comme le fait que Marcus, le chef des Altruistes, aurait battu son fils par le passé et serait donc trop vilain pour gérer la cité. Donc, prudence avec les actes et les choix.

Soit.

Le lendemain, donc, toute la cité (qui selon les plans, fait quelques centaines ou plusieurs milliers d’individus) se réunit dans l’amphithéâtre du coin pour la cérémonie du choix. Cinq vasques sont disposées, chacune avec le sigle d’un clan. Les jeunes de 16 ans ayant passé leur test la veille sont chacun appelés et doivent se couper la main pour verser une goutte de sang dans la vasque de la faction qu’ils veulent rejoindre. Les jeunes défilent, et dans 95% des cas, ils choisissent leur caste d’origine. A part un Sincère qui met son sang dans le bol des Fraternels : probablement que toute sa vie, il avait rêvé de se péter le dos, de bouffer des betteraves et de s’exprimer avec un fort accent picard ; il va enfin pouvoir accomplir son destin. Surprise, aussi : Caleb, pourtant un Altruiste évident… choisit la caste des Érudits !

Quant à Béatrice, elle hésite… et décide de rejoindre les Audacieux.

Les parents des deux marmots sont choqués, voire en pleurs : lorsque l’on quitte sa caste, on n’y revient jamais. Ils ne reverront donc plus leurs enfants ! Quelques derniers regards et, ha ! Chacun part avec sa nouvelle grande famille. Nous suivons donc Béatrice qui suit les Audacieux à l’extérieur de l’amphithéâtre, qui se mettent à courir partout et à faire du parkour sur fond de Woodkid : heureusement que notre héroïne avait la moyenne en sport, puisqu’elle peut donc suivre cette bande de débilous hyperactifs jusqu’au rail de leur fameux métro aérien pour y sauter en marche. Dans la rame, elle fait la connaissance de deux autres transfuges d’autres factions : Christina, qui débarque de chez les Sincères, et… un type de chez les Érudits. Comme les personnages secondaires masculins qui entourent l’héroïne chez les Audacieux sont tous complètement interchangeables, j’en déduis que nous venons de trouver là un nid à Jean-Jacques. Bref, il faut environ 17 secondes pour que Christina et Béatrice deviennent les meilleures amies du monde, puis, elles doivent suivre les Audacieux qui continuent de sauter partout parce qu’ils n’ont pas eu leur ritaline, par exemple en se jetant du métro aérien pour atterrir sur le toit d’un immeuble voisin. Sur place, on leur indique un grand trou dont on ne voit pas le fond dans lequel sauter pour rentrer chez les Audacieux ; Béatrice se lance, et après une chute impressionnante atterrit dans un grand filet : c’est l’entrée du QG de la faction !

Sur place, d’autres Audacieux l’accueillent et l’aident à sortir du filet en question. L’un d’entre eux, grand, beau et fort, semble être le chef et lui demande :

"Comment t’appelles-tu, petite nouvelle ?
- Bé…
- Attends, avant de me répondre, sache que comme tu as choisi une nouvelle vie, tu as aussi le droit à un nouveau nom. Mais tu dois le faire là, tout de suite, au débotté.
- Bon bin alors je m’appelle "Tris"."

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Je vous donne tout de même le reste du dialogue, coupé au montage.

""Tris" de Béatrice ? Comme "Bella" de Isabella dans Twilight ? Toi aussi tu trouvais que ton nom avait trop de syllabes ?
- Hé ho, ça va, c’est la faction des Audacieux que j’ai rejoint, pas celles des langues de pute. Et puis d’abord, je pensais avoir touché le fond à vivre dans un monde où tu choisis l’orientation de toute ta vie lors d’un trip sous acide, mais me retrouver face à des mecs qui demandent en plus à des ados de 16 ans de se trouver un pseudo en 5 secondes, je t’avoue que je commence à me demander si vous n’êtes pas tous un peu cons.
- Hmmm. Je ne vois pas de quoi tu parles : laisse-moi plutôt te présenter tes nouveaux compagnons. Voici Dark_Lord.
- Salut.
- Princesse_Poney83…
- Salut.
- Et là ces 62 types s’appellent tous "Batman". 
- Salutsalutsalutsalutsalut."

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Bref, après avoir enchaîné autant de concepts idiots, le Monsieur grand, beau et fort se présente : il se nomme "Quatre". Christina fait aussitôt une blague sur ce nom ridicule, mais elle se fait rabrouer. Personnellement, je pense que ce garçon a été nommé d’après les résultats de son test de QI, mais qu’importe, déjà, il divise les nouveaux en deux groupes. D’un côté partiront ceux qui sont fils et filles d’Audacieux, et d’un autre iront les transfuges. On en profite pour leur faire faire le tour du propriétaire : le QG des Audacieux se résume à une sorte de carrière souterraine installée sous d’anciens hangars et où tout le monde s’habille en cuir, kiffe les piercings et les tatouages, et écoute du Woodkid à fond (décidément, ils avaient dû se payer les droits de l’album). Soit.

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Voici donc "Quatre". C’était chaud de faire pire que "Peeta" l’homme-kebab : ils l’ont fait. Quel talent.

Les transfuges découvrent leur dortoir : jusqu’à ce qu’ils aient terminé leur entraînement, ils vivront dans une espèce de vieux truc collectif où l’intimité n’existe pas et où on ne trouve que le minimum vital. Puis, ils sont invités à découvrir la cantoche des Audacieux, où on mange des burgers et tout, parce qu’on est jeune et cool. L’occasion pour Tris d’essayer de taper la causette avec Quatre, qui l’envoie péter en lui demandant d’où elle se croit permise de lui adresser la parole, dis-donc, biatch.

Je ne sais pas ? Parce qu’elle est "Audacieuse" ? Mais non : personne ne pense à cette réponse. Ni à aller voir ce que ça veut dire, d’ailleurs.

A la place, on a juste Christina qui intervient pour dire à Tris "Hihihi tu as parlé à ce bogosse de Quatre, huhuhu, tu es folle ! Il aurait pu te tuer !" alors que je le rappelle, dans la scène précédente, Christina à peine arrivée vannait le Monsieur sur son prénom. Encore une fois, j’aime ce don qu’a Hollywood pour payer des scènes et dialogues qui ne servent qu’à souligner des incohérences. Qu’importe : quand tout le monde a mangé, on découvre 4 adultes qui arrivent dans la cantine, parce que oui, chez les Audacieux, tout le monde a moins de 20 ans il faut croire. Et les seuls adultes sont tous des mecs : il faudra qu’on m’explique comment ils se reproduisent. Probablement par mitose, un peu comme les cadres du Parti Socialiste, mais là n’est pas le sujet. Les vieux de la vieille expliquent donc que les nouveaux vont commencer leur entraînement sous peu pour devenir de vrais Audacieux, en route, donc.

Car en effet : on les confie aux soins d’Eric, une grosse brute un peu débile, qui leur explique les règles.

"Bonjour les nouveaux. Pour devenir des Audacieux, il va falloir passer plein de tests, physiques et mentaux, pour tester votre résistance à l’effort et à la peur et faire de vous des bêtes de guerre. Il y aura un classement, et ceux en queue de peloton… seront rejetés et deviendront des sans-clans !
- Haaaan ! Mais on nous l’a pas dit quand on a choisi la faction ! C’est dégueulasse !  Si j’avais su…
- Tu aurais choisi une autre faction ? Non ! Et puis c’est une nouvelle règle."

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Voilà, c’est ce que je disais : tout le monde est choqué à la simple idée qu’une faction puisse rejeter des gens comme ça, hop. Et visiblement, c’est une règle qui n’avait jamais existé nulle part auparavant, d’où le choc. Donc vraiment, d’où sortent les sans-clans ? Mystère. N’empêche, j’aime bien le principe : on prend des gens, on leur fait suivre un gros entraînement militaire, et ensuite seulement on les jette comme des crottes. Nul doute que des gens humiliés, n’ayant plus rien à perdre et entraînés à jouer les commandos ne poseront aucun problème dans la nature.

Je commence à me demander si le nom original de la faction n’était pas "Les Trépanés". Ou "Les grosses buses", hein, je reste ouvert.

En tout cas, l’entraînement commence : course, lancer de couteau, tir au fusil (ce sont probablement les Fraternels qui font là encore pousser armes et munitions sur un arbre à Smith & Wesson), arts martiaux… soyons clairs, Tris a du mal, puisqu’elle est un peu gentille et pas assez offensive. Mais comme elle veut absolument devenir une vraie Audacieuse, elle s’entraîne plus que les autres, et de la queue du classement, elle remonte doucement. Quatre en plus vient l’aider lors de séances où il la tripote pour "guider ses mouvements" (le procès pour harcèlement sexuel n’est pas loin) et passe son temps à lui chuchoter de bons conseils comme "Utilise ta vitesse", "Ne baisse pas ta garde" ou "Bois ce verre, je te jure, je n’ai rien mis dedans, hahaha, mais non, c’est du sucre, hem."

Eric, lui, se révèle être un vilain petit chef tyrannique, qui martyrise les recrues et passe son temps à leur dire qu’elles doivent fermer leur gueule, obéir quoiqu’on leur dise, et ne pas réfléchir.

Attendez, encore une fois, quelle est la caractéristique principale pour recruter dans cette faction ? L’adoss… l’uda…. l’auda… ah, je ne sais plus. Ce n’était sûrement pas très important. Mais ça voulait sûrement dire "Gens qui aiment fermer leur gueule et rester à leur place".

Non mais ?

Après des plombes d’entraînement et de scènes où Quatre fait glisser ses mains sur les courbes de Tris sous divers prétextes, nos héros sont invités à passer le test final des épreuves physiques : une grande opération de guérilla dans les ruines de Chicago où chaque équipe doit aller piquer son drapeau à l’autre. Eric est le capitaine d’une équipe, et Quatre de l’autre. Soit dit en passant, on a appris que Quatre avait été le premier à tous les exercices durant sa formation, et que les Audacieux l’avaient voulu plusieurs fois comme chef mais qu’il avait refusé, probablement puisque trop cool. Alors que Quatre réunit son groupe dans un coin et commence à discuter d’un plan, Tris… se barre ?

Hé, tu le dis si on te fait chier, hein.

Qu’importe : comme ils sont proches de la grande roue du coin, elle décide d’aller y faire un tour.

Et Quatre l’y rejoint.

Il faudra donc me dire ce que font les autres pendant ce temps : le chef s’est barré en plein milieu du plan du coup ils ont sorti leur jeu des 7 familles ? Toujours est-il que Tris entreprend d’escalader la grande roue pour "repérer l’équipe ennemie". Quatre commence donc à la suivre, mais ralentit pour avouer à mi-chemin qu’il a beau être über-audacieux, il a une grande peur : il a le vertige.

Je retourne en parler à la Madame de l’entrée du cinéma et je reviens, j’aimerais avoir son avis sur la question.

Non parce que je reformule : le champion de la faction des mecs qui font du parkour, sautent d’immeuble en immeuble, font les zazous sur le métro aérien et ont pour mission de protéger l’immense enceinte couverte de passerelles branlantes qui entoure Chicago a le vertige.

Et personne ne l’avait remarqué.

Mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiiii ? La prochaine fois, on découvre que le chef des Érudits est analphabète et fait semble de lire L’âne Trotro en prenant un air concentré à chaque fois que l’on rentre dans son bureau ? Mais qu’est-ce que vous fumez avant d’écrire ? Non parce que à part du pétard chargé aux métaux lourds, je ne vois pas bien pour arriver à des résultats aussi lamentables. Essayons de nous concentrer sur la suite.

Tris escalade donc la grande roue et une fois au sommet, seule avec Quatre qui se révèle faible et kikinou sous sa carapace de gros dur, elle repère l’ennemi, planqué dans un vieux clocher. Ni une, ni deux, nos loulous équipés "d’armes à seringues neurologiques simulant la douleur d’une blessure par-balles" (le paint-ball ou l’airsoft, c’était trop cher, et en cas de seringue dans l’œil, on va supposer qu’il repousse) vont donc péter la gueule aux margoulins, et comme il se doit, l’équipe de Tris sort victorieuse de l’affrontement. Pour fêter ça, les Audacieux ont prévu une petite cérémonie de fin des épreuves physiques, consistant en un gigantesque tour en tyrolienne (non, ne cherchez pas) au travers de tout Chicago et où le candidat risque de mourir tous les deux mètres et d’en chier pour freiner.

On espère donc que Quatre n’est jamais passé par là, sinon arrivé à destination, il devait avoir un petit fumet. "Cette odeur chaude et nauséabonde ? C’est heu… la tyrolienne. Les… les freins ont chauffé. Voilà voilà."

J’en déduis donc que dans son cas, la cérémonie était "en Tyrolien", et on se contentait de chanter en Allemand tout en sautant sur des chaises. Et seulement raisonnablement haut.

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Audacieux.

Les épreuves physiques terminées, les novices Audacieux commencent à participer à la vie de la cité. Ainsi, alors que Tris participe au déchargement de sacs de nourriture pour ravitailler le QG de sa faction, quelqu’un lui envoie de la lumière dans la gueule à coups de miroir depuis un coin sombre. Intriguée, et un peu bougonne parce que c’est chiant quand même, notre héroïne va donc sur place et découvre… sa mère ! Qui est heureuse de la revoir et lui dit que "Attention Béatrice, je sais que tu me mens sur ce qu’il s’est vraiment passé à ton test. Méfie-toi des épreuves qui arrivent chez les Audacieux : ils vont rentrer dans ta tête, et il y a des choses qu’ils ne doivent pas découvrir !"

Ne t’inquiète pas Maman : s’ils arrivent à rentrer là-dedans, le contact direct avec le néant absolu devrait vite les calmer.

Avant que Tris ne puisse demander à sa mère d’où elle connait la suite des épreuves des Audacieux, cette dernière disparaît tel un ninja, woush woush. Ho, j’en profite pour le préciser : dans un moment de doute durant l’entraînement, Tris et ses copains ont décidé de se faire tatouer (parce que les tatoos, ça règle tout) et alors qu’il n’y a que des modèles tribaux ou presque de disponibles, évidemment, Tris trouve le seul truc avec trois oiseaux kikinous qui portent des fleurs dans le bec à se faire imprimer sur la clavicule. Et sa tatoueuse n’est autre que l’Audacieuse qui lui avait fait passer le test qui lui répète des conseils du même acabit à savoir : "Tu n’aurais pas dû te planquer chez les Audacieux, ils vont te découvrir ! Personne ne doit savoir que tu es divergente. Ici, les gens comme toi, ils les tuent."

Okay.

En tout cas, les tests mentaux débutent peu après tout cela, et Tris est invitée à passer les siens avec Quatre (ça alors !). Le test est simple : dans un petit cabinet, on lui injecte un gros coup de drogue qui la fait halluciner (c’est varié, vraiment), et elle doit dès lors combattre ses peurs. Quatre, lui, verra sur un écran ce qui se passera dans son crâne. Et dans le futur, c’est tellement bien que l’écran en question fait même ses propres montages, et propose ainsi différents plans de caméra. Intéressant. Mais pour le coup, tourner des pornos fétichistes est aussi devenu beaucoup plus rapide et moins coûteux. Enfin ça, ce sont les Érudits qui le disent. Enfin qui disent l’avoir lu. Ou le tenir d’un mec qui aurait lu… oui, bon bref, c’est magique, pouf.

Après s’être pris un bon coup de seringue, Tris se retrouve donc face à ses peurs : dans un champ près de la frontière de Chicago, l’herbe autour d’elle prend feu. Puis, des corbeaux jaillissent et viennent lui maraver la gueule. Pire encore, quand elle tente de fuir, elle se retrouve à patauger dans un marais. Cependant, elle finit par se répéter très fort "Rien de tout cela n’est réel !" et hop, ça l’aide à fuir tout ce bordel. Sa dernière hallucination est un bocal dans lequel elle est enfermée et qui se remplit d’eau : consciente que ce n’est pas réel, elle brise la vitre sans effort et s’en sort…

… pour mieux se réveiller.

Et visiblement, le résultat ne plaît guère à Quatre : elle a réussi à vaincre ses peurs en 3 minutes du premier coup, quand les autres en mettent 20. C’est un nouveau record ! Et un record un peu suspect, d’après Quatre. Tout comme certains Jean-Jacques, qui commencent à se dire qu’elle a peut-être grugé. Et à chaque fois que le test est répété, les résultats sont peu ou prou les mêmes : Quatre finit donc par lui poser la question de savoir quels ont été les résultats à son test pour choisir sa faction. Et il semble très au courant du fait qu’elle ment… bref, tout cela sent un peu le pâté.

Paniquée, elle décide d’aller faire un tour chez les Érudits pour voir son frère avec qui elle veut partager son trouble.

Vous dites ?

C’était pas interdit d’aller voir les gens des autres factions, raison pour laquelle ses parents pleuraient et… non ?

Bon, on va dire que ça non plus, ce n’était pas important.

Sérieusement, il y a quoi qui tient rien que dans les concepts de base du film ? Même les trucs posés dans le pitch sont zappés au bout de quinze secondes !

Bref, au sein du radieux immeuble des Érudits (où tout est propre et blanc : la caste des femmes de ménage doit se cacher chez eux), Caleb papote un peu avec elle avec plaisir, mais lui explique qu’il a rejoint le point de vue des Érudits : les Altruistes ne devraient pas diriger la ville. Les Érudits seraient meilleurs pour cela. Tris est un peu déçue d’entendre son frère raconter ce genre de truc, et alors qu’elle va quitter le bâtiment, deux Érudits essaient de l’arrêter en y mettant un peu de force : elle commence à se battre avec eux quand soudain surgit Jeanine (c’est son vrai nom, ce film était un appeau pour ce blog), la patronne des Érudits, qui fait cesser ce trouble et invite Tris à venir papoter avec elle.

Bon, mais ils voulaient quoi les deux types qui l’ont agressée, en fait ? On ne saura pas. C’était peut-être pour déconner.

Allez, on va dire que c’était une mise en scène de Jeanine pour l’emmener dans son bureau, parce que juste demander poliment, elle n’y avait pas pensé.

Okay, donc je confirme : le champion des Audacieux a le vertige, et la chef des Érudits est une huître avec une moumoute.

Formidable, formidable.

L’entretien entre Jeanine et Tris est bref : Jeanine veut juste lui mettre une petite pression amicale pour bien lui dire que "J’espère que tu es bien une Audacieuse loyale à ta cité, et que tu tuerais père et mère pour le bien de tous". Sooooit  ? Bon, je ne cherche plus : toujours est-il que Jeanine la fait raccompagner par son chauffeur (un chauffeur Érudit, donc ? Le mec s’est fait arnaquer à un moment) chez les Audacieux. Sauf que sur place, trois hommes cagoulés l’attendent au détour d’un couloir et menacent de la balancer dans l’un des ravins qui parcourent la carrière souterraine !

Quel dommage que tous ces gens habitent dans un site en ruines super dangereux, alors que la ville est recouverte d’immeubles que personne n’a jamais pensé à remettre en état, soit dit en passant.

Bref, notre héroïne est sur le point de faire le grand saut quand arrive Quatre qui distribue des coups de tatane à qui ramène sa fraise. Dans l’affaire, l’un des assaillants a perdu sa cagoule : c’est Jean-Jacques ! Je ne sais plus lequel, mais un Jean-Jacques jaloux des résultats de Tris qui voulait du coup l’éliminer pour éviter de se faire jeter du clan ! Quatre, plutôt que de prévenir les autorités (surtout que rappelons-le : le QG des Audacieux est aussi le QG de la police), préfère emmener Tris qui est un peu choquée dans sa chambre à lui (bien joué petit malin, tu peux le dire : tu as payé les trois hommes cagoulés, va !), et la glisse dans son lit.

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jean-Jacques la cagoule et ses amis que personne ne cherchera plus à identifier du film, quand bien même ils ont tenté de tuer l’héroïne. Leurs cagoules doivent être enchantées.

Mais comme c’est un gentleman, lui dort par terre. Ah mais oui. Il est comme ça le garçon.

Et non, personne au dortoir-sans-intimité ne remarque que tiens, Tris a disparu et que dis-donc, elle sort de la chambre du chef au petit matin. Du coup, personne ne gueule au piston non plus : c’est donc bien. C’est vrai que c’est tellement peu intéressant comme information dans une compétition où on joue sa vie (une compétition où on joue sa vie ? Dit comme ça, ça me rappelle un autre film… hmm, mais lequel ?).

S’ensuit la révélation que tout le monde attendait (mais si !) : Quatre a compris depuis longtemps que Tris était divergente. Mais comme rapidement, tous deux se mettent à se rouler des patins, mais pas plus parce qu’il ne faut "pas aller trop vite" (encore une fois, vous qui avez un jour couché le premier soir, sachez qu’Hollywood condamne fermement votre attitude de dépravée), la confiance règne. Et Tris demande aussi à Quatre "Au fait, c’est quoi le tatouage que l’on voit tout le temps dépasser de ton T-shirt ? Il signifie quoi ?"

Oui, parce que Tris fait aussi partie de ces gens qui sont persuadés que les tatouages ont tous une signification profonde. Pas juste que des gens peuvent trouver ça joli. Non parce que sinon, j’en connais qui vont en chier pour expliquer philosophiquement leur dauphin à la cheville. La prochaine fois, elle tentera "Alors, ton piercing sur le nez, c’est par rapport à Kant ou Platon ?".

En tout cas, c’est un excellent prétexte pour que Quatre se mette torse-nu et révèle son affreux tatouage couvrant tout son dos, et probablement fait par un surfer mal inspiré. Au milieu de sigles tribaux grossiers, on retrouve donc les sigles des cinq castes, et Quatre explique : "C’est parce que je veux être plus qu’un Audacieux : je veux être Érudit, Altruiste, Fraternel, Sincère et..."

A ce stade, tout le monde a compris que Quatre était un divergent. Un divergent tellement intelligent qu’il a eu la bonne idée de se le tatouer en énorme dans le dos.

Juste une seconde : quelqu’un a vu passer le pétard aux métaux lourds ? J’en aurais bien besoin, là. Merci.

Il n’y a que Tris qui ne fait pas le rapprochement et se contente de baver un peu en faisant des bruits comme "Gnuuu...". Qu’elle est brillante.

Mais assez de moqueries : Tris finit par partager ses doutes sur ce que les Érudits préparent. Et Quatre, qui a expliqué que sa spécialité était "le renseignement", lui répond qu’effectivement, les Érudits semblent préparer un truc. Ça fait plusieurs fois qu’ils viennent traîner au QG des Audacieux et qu’ils trafiquent du matériel informatique et un sérum qui rend les gens "plus réceptifs à la suggestion". Intéressant.

Et ça ne vous dirait pas d’en parler, je sais pas moi : aux Sincères, la justice ? Aux Altruistes, le pouvoir politique ? Non ? Non, vous avez raison : peut-être qu’en fait ils veulent juste monter une LAN pour se faire du Counter-Strike. Et le sérum, c’est pour les mauvais joueurs. C’est complètement crédible : surtout ne dites rien !

Visiblement désintéressés de la question, nos héros décident de reprendre la phase 2 de l’entrainement de Tris, à savoir lutter contre les peurs. Car bientôt arrive le grand examen final, celui qui fera d’elle une Audacieuse à part entière : affronter ses peurs avec tout un jury qui regarde sur les écrans ce qu’il se passe dans sa tête. Quatre a alors une idée géniale :

"Tris, j’ai pensé à un truc. Tu sais, je t’ai déjà vue affronter tes peurs sur écran. Et j’ai vu que tu les affrontais comme une divergente, à savoir que tu t’en moques en te disant qu’elles n’existent pas, parce que non, personne d’autre n’a jamais pensé à le faire, et non comme une Audacieuse, c’est à dire en les affrontant. C’est pourquoi j’ai pensé à un truc. On va t’entraîner à agir comme une Audacieuse.
- Excellente idée !
- Et pour ça on va utiliser ce petit appareil qui va relier nos pensées : nous serons dans la même hallucination et nous l’affronterons ensemble. Je te guiderai.
- Génial !
- C’est donc parti, allons-y : explorons mes peurs.
- Que… quoi ? Mais attends, c’est complètement con ton affaire ! A quoi ça sert que je m’entraîne sur TES peurs sachant que je vais affronter les miennes le jour J ? Les corbeaux, le champ en feu, le marais, la boîte pleine d’eau, tout ça ? Ça me sert à rien ton truc ; tu vas m’entraîner à un exam que je ne vais pas passer, gros débilou !"

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Mais non : en fait, Tris se contente de trouver l’idée géniale, et perd donc un moment du film à explorer les peurs de Quatre dans une hallucination commune. C’est-à-dire affronter le vertige, la claustrophobie, le meurtre d’innocents et enfin, le père de Quatre qui le battait étant enfant… et n’est autre que Marcus, le chef des Altruistes ! Quatre peurs : d’où son nom "Quatre", ce qui souligne à quel point tout ce film semble être une succession d’idées pourries tirées d’un chapeau. Une fois que Tris a appris à combattre ces peurs qui ne lui serviront à rien, le jour J, elle est envoyée dans une grande salle où entourée d’Audacieux et d’Érudits (qui n’ont pourtant rien à faire là, mais ça ne choque personne), elle se retrouve donc à affronter ses peurs, sur lesquelles elle n’a pas révisé à cause du plan foireux de Quatre. Mais comme le script est de son côté, si si, en fait, grâce à l’entraînement de son amant qui n’avait pourtant rien à voir avec la choucroute, elle utilise le feu dans le champ pour éloigner les corbeaux qui l’attaquent, puis elle se retrouve dans la boîte pleine d’eau dont elle bouche l’arrivée avec son blouson, et enfin, elle doit affronter deux peurs nouvelles : celle de se faire violer par Quatre (elle lui explose les roudoudous), et celle de devoir tuer sa famille (elle fait feu sans hésiter avec un gros flingue). Du coup, à son réveil, tout le monde l’applaudit très fort, y compris Jeanine l’Érudite qui, j’insiste, n’a aucune raison ni droit d’être là, sauf pour appuyer qu’elle est méchante et surveille l’héroïne. A noter qu’elle n’a pas eu à affronter la peur du scénario de merde : ça, c’est son quotidien.

L’affaire conclue, tous les Audacieux qui ont réussi le test sont… sont…

Oui ? Que dites-vous ? "Et les fameux qui étaient en bas du classement ?" Ah bin eux, on en parle plus en fait. Un détail.

Ah si, vous vous souvenez Jean-Jacques-la-cagoule ? Celui qui avait agressé Tris ? Hé bien il est reparu juste le temps de s’excuser, expliquant qu’il était comme "sous contrôle" (je me demande bien par qui aloooors) mais Tris ne l’a pas cru, et du coup, humilié et pas vraiment bien placé dans le classement, il a décidé de tenter l’option suicide. Ou on l’a suicidé, mais dans tous les cas : tout le monde s’en fout. Pauvre Jean-Jacques-la-cagoule !

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J’allais oublier de vous montrer le tatouage très discret que s’est fait Quatre, qui cherche avant tout à ne pas se faire repérer. Chapeau l’artiste !

Après avoir célébré leur entrée officielle chez les Audacieux, tout le monde, y compris les anciens, est invité à se faire injecter "un dispositif tout neuf de géolocalisation", ce qui est donc fait à la chaîne. Puis, la troupe s’en va pioncer, parce que la journée a été longue.

Mais peu avant l’aube, Tris est réveillée par Christina à côté d’elle, qui a l’air… en transe. Tout comme tous ses camarades en fait. Tous s’habillent et vont chercher des armes sans dire un mot, et se mettent en ligne pour traverser le QG en ordre, silencieux. Tris décide de faire de même le temps de comprendre ce qu’il se passe, et ça tombe bien puisqu’au milieu des rangs, les Audacieux adultes et Eric, qui sont tous bêtes et méchants, dévoilent leur plan à haute-voix :

"Alors ! Tu es sûr qu’ils ne nous entendent pas ?
- Techniquement ils nous voient et nous entendent, hohoho, mais leur cerveau ne peut rien faire, ahaha ! Le sérum et le petit processeur que nous leur avons injecté en fait des marionnettes sous notre contrôle, tout ça grâce à notre salle informatique cachée derrière cette porte ! 
- Excellent : nous allons enfin pouvoir aider les Érudits à défoncer des relous d’Altruistes ! Mais, ce sérum, a-t-il des faiblesses ?
- Hé bien il ne marche pas sur les divergents… si seulement on en avait un sous la main !"

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A ce moment, par un heureux hasard, jaillit Bob-le-divergent, un type qui se met à courir dans les rangs en criant : "Houhou les copains ! Pourquoi vous êtes tous hypnotisés ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi je suis tout seul à être conscient ? Héhooo !". Les méchants lui collent donc une balle dans la tête pour bien montrer qu’ils ne rigolent pas avec les divergents, ah mais dis-donc ! Tris fait donc semblant de rien et rejoint planquée au milieu de ses camarades le métro aérien. Où elle repère Quatre ! Elle s’avance donc parmi ses camarades en transe pour aller voir si son copain est dans le même état auquel cas elle pourrait peut-être profiter de sa faiblesse face à la suggestion pour lui demander des trucs coquins ou lui faire des blagues comme lui dessiner un kiki au Velleda sur le front. Mais pas de bol pour elle : c’est aussi un divergent (et elle ne le réalise que maintenant), qui lui prend discrètement la main pour lui dire que oui oui, je suis bien conscient, chut. Elle range donc son Velleda discretos.

Ainsi, tout leur régiment de fripons est relâché sur le quartier où vivent les Altruistes, que l’on regroupe de force, en abattant ceux qui résistent.

Alors vous me direz que ça doit un peu énerver les Sincères, qui sont là pour faire la justice, mais non : ce sont un peu les Poufsouffle du coin, tout le monde s’en fout, y compris le script.

Bref. Durant l’affaire, Tris et Quatre arrivent à foncer à la maison de Papa et Maman Béa et la trouvent vide. Auraient-ils trouvé le moyen de filer, les larrons ? Sauf qu’en route, nos héros croisent Eric qui ricane très fort en les arrêtant "Alors Quatre ? On fait moins le malin maintenant qu’on est hypnotisé comme une bouse ? Espèce de gros naze !" mais hélas, Quatre se trahit quand Eric lui raconte une blague de Toto (celle de Toto qui a une fuite d’eau dans un monde post-apocalyptique où il n’y a pas de plombier). Damnation ! Malgré une brève tentative de résistance de Tris et lui, durant laquelle Tris se prend un pruneau dans le bras, ils sont bien vite arrêtés et emmenés voir la chef du coup d’Etat en cours qui, allez savoir pourquoi, passait par là : Jeanine, donc. Celle-ci est contente de trouver deux divergents en vie : elle va emmener Quatre pour faire des expériences dessus. Quant à Tris, qui est déjà entamée, elle peut bien aller mourir. Elle commande donc à ses hommes d’aller l’exécuter dans un coin.

C’est donc emmenée par le peloton d’exécution le plus lent du monde que Tris s’en va, et alors qu’ils la mettent en joue (leeeeeeeeeeeeeenteeeemeeeeeeeeeent, ils n’ont pas fait autant de chichis pour Bob-le-divergent), des coups de feu éclatent et tuent ses bourreaux : c’est maman Béa qui surgit d’un buisson, une arme à la main !

Heureusement que les centaines de soldats qui encombraient le secteur il y a encore une scène sont tous partis fumer une clope au même moment et n’ont rien entendu, hein.

Maman Béa fait donc une grosse confession : "Avant d’être une Altruiste, j’étais une Audacieuse ! C’est pour ça que je suis mi-Altruiste, mi-Yamakazi ! Maintenant, ramasse une arme et fuyons !". Ce qui est dit est donc fait, et le duo mère-fille essaie de filer vers les rues les plus proches, mais croise en chemin un véhicule transportant quelques soldats qui se lancent à leur poursuite. Équipées de leurs armes contenant environ 17 000 cartouches par chargeur, elles tuent un certain nombre d’assaillant, dont un Jean-Jacques en transe, ce qui choque un peu Tris quand bien même dans la salle personne n’avait jamais éprouvé la moindre compassion pour ce personnage au charisme proche de la feuille de calque. Mais dans la bagarre, Maman Béa se ramasse un pruneau et meurt en ordonnant à sa fille de rejoindre son père qui doit se cacher dans un quartier pas loin avec d’autres réfugiés.

Tris s’enfuit donc malgré les Audacieux qui lui tirent dessus. Mais pas trop, hein : par exemple, ils mitraillent les murs de la ruelle où Tris se planque quand ils ne la voient pas, et quand elle sort pour courir en ligne droite au milieu de ladite ruelle, ils ne tirent plus. Ils sont vraiment sympas, en fait.

En parlant de trucs sympas, Tris arrive dans le coin où son père est supposé se planquer. Poursuivie, elle rentre donc dans la première porte qui passe et… ho bin ça alors, c’est là que son père et tous les survivants se cachaient ! C’est tout petit Chicago, tout de même. Je crois que même Arcis-sur-Aube est un peu plus grand. Enfin bref, sur place il y a donc Papa Béa, des réfugiés, Marcus, le chef de la faction, et même Caleb, son frère, qui a quitté les rangs des Érudits sitôt qu’il a compris qu’ils allaient prendre le pouvoir sans pincettes. Tout ce petit monde réfléchit donc : mais comment arrêter les Audacieux complètement drogués ?

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"Quelle chance ma fille que les méchants aient débité tout leur plan à haute voix pendant que tu passais pas là !"

Tris sait : la base des Audacieux. Il y a là-bas le centre informatique d’où ils contrôlent les pauvres bougres. Et elle sait même comment y rentrer sans se faire repérer. Et non, son plan n’implique même pas une fausse moustache.

Accompagnée de son père, Caleb, Marcus et d’une paire d’autres types ayant encore moins d’intérêt que les précédemment cités, elle file donc au métro aérien, qui, oui, continue de tourner en boucle, saute dedans avec ses compagnons d’aventure, et les emmène au fameux toit d’où on peut sauter dans l’entrée du QG où elle était arrivée le premier jour.

Que non, personne ne garde, évidemment.

C’est pas comme s’il y avait un coup d’état en cours. J’ai vu des parties de Junta mieux encadrées.

En avançant, elle tombe tout de même sur un Jean-Jacques, qui n’a rien d’hypnotisé et coopère de son plein gré avec les Érudits. Il se fait donc péter la gueule et indique où se trouve la salle informatique qui sert de salle de commandement. Nos héros y foncent, et apercevant trois gardes qui défendent la place, plutôt que de s’organiser, Papa Béa fonce dans le tas en faisant des bruits comme "Yayayaya !". Il fait donc une diversion aussi spectaculaire que débile, puis meurt plombé par ses adversaires peu avant qu’eux-même ne se fassent descendre. J’aime beaucoup ces personnages qui meurent juste parce qu’ils s’ennuyaient. En même temps, je peux les comprendre.

Qu’importe. La salle de contrôle ouverte, Tris s’y engouffre seule pendant que ses camarades montent la garde dehors, prête à combattre tout le… le…

Mais j’y pense, elle ne s’était pas prise une balle dans le bras un peu plus tôt ? Ça va maintenant, tout va bien ? D’accord. J’ai dû rêver. Ou regarder un autre film pendant ce temps.

Bref, elle arrive dans la salle de contrôle et là, découvre Quatre assis, les yeux dans le vague, à ses côtés Jeanine qui ricane car oui, elle le contrôle lui aussi à présent ! En effet, pendant que nos héros fonçaient au QG des Audacieux, elle a réussi à terminer ce qu’elle faisait chez les Altruistes, à prendre sa bagnole, à revenir plus vite qu’un métro aérien qui ne marque jamais d’arrêt, à rentrer dans la base, gagner la salle de contrôle, refermer la porte blindée de celle-ci, puis rechercher un sérum de contrôle des divergents qu’elle a aussi mis au point dans la foulée avant de l’administrer. Et parce qu’il lui restait du temps, je crois bien qu’elle a préparé du cake aux fruits.

En parlant de cake tout chaud, Quatre se voit ordonné par Jeanine de tuer Tris ! Holala, comme c’est cruel ! Heureusement, se battant divinement bien grâce à sa guérison miraculeuse du bras, Tris non seulement se défend mais lui répète en boucle "C’est moi ! Arrête ! Mais si, tu sais, moi ! C’est parce que je suis habillée que tu ne me reconnais pas ?". Finalement, voyant que ça ne marche guère, elle ramasse un pistolet et plutôt que de tuer Quatre, le braque sur son propre front en lui hurlant de tirer et accessoirement, qu’elle l’aime. Ce qui arrête net Quatre.

Parce que oui, Quatre était chaud bouillant pour la tuer, mais pas si elle fait tout le travail en lui lançant des niaiseries.

Misère.

Quatre sort de sa transe et aidé de Tris, ils défoncent bien vite tous les agents de sécurité du centre de contrôle jusqu’à ce qu’il ne reste guère plus que Jeanine, qui refuse de coopérer. Un petit coup de son propre sérum dans la gueule plus tard, Quatre, qui n’a jamais vu comment fonctionnait l’espèce de logiciel qui permet de contrôler le cerveau des gens sous sérum mais sait parfaitement le faire quand même lui ordonne d’arrêter le coup d’Etat puis d’effacer tout le programme qui permettait de contrôler les pauvres gens. Elle appuie donc sur retour arrière puis lance un Format C: et aussitôt, tous les Audacieux qui entouraient les Altruistes se réveillent et se demandent ce qu’ils font là. En effaçant le programme, Jeanine elle-même sort de sa transe… et pleure donc de rage en voyant ses précieux efforts (pourris) réduits à néants.

Hélas, il faut partir : les Audacieux qui participaient au coup de plein gré retournent vers la base pour voir ce qu’il s’y passe, aussi nos héros filent donc tous bondir dans le métro aérien, toujours en pleine course, avant de s’éloigner à toute allure de Chicago (car oui, soudain, le métro a des rails qui vont en direction de l’enceinte autour de la ville, allons bon). Et…

Oui ? Oui, ils viennent d’arrêter le coup d’état oui. Et oui, plutôt que d’aller expliquer ce qu’il s’est passé pour rétablir la paix et faire que les Audacieux réveillés de leur hypnose les aident à se débarrasser des corrompus, ils se barrent en laissant tout en plan, comme ça, les Érudits et les Audacieux corrompus pourront continuer tranquillement leurs affaires et continuer de filer des ordres aux Audacieux innocents. En un mot comme en cent : jusqu’à la fin, ils auront fait n’importe quoi.

C’est donc sur cette ultime incohérence que s’achève notre histoire et…

… FIN !

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"Maintenant que nous avons sauvé la ville, barrons-nous en laissant les méchants en paix, histoire que la situation pourrisse suffisamment pour nous permettre de faire un 2 !"

_______________________________

"Bon alors Maître, c’était plutôt un bon film, non ?
- …
- Maître ?
- …"

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Elle me regarde en levant un sourcil jusqu’à ce que le président la fasse sursauter.

"Maître Connard, levez-vous ! Que demandez-vous pour votre cliente ?"

Je réfléchis un long moment, pendant que du bout des lèvres, elle répète encore et encore "L’acquittement !"

Je prends une grande inspiration, et au nom de la défense, déclare :

"Mais, la peine de mort Monsieur le président !"

Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

0

Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

0

Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

0

Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

"Et toi, tu ferais quoi si tu avais une machine à voyager dans le temps ?"

Mon voisin se tortille sur sa chaise en faisant des bruits de gorge, les yeux levés vers le lustre qui éclaire notre soirée. A deux reprises, il ouvre la bouche prêt à donner sa réponse, mais ce n’est qu’à la troisième fois qu’il se lance enfin :

"Moi, j’irais neutraliser Hitler pour empêcher la seconde guerre mondiale !"

Tout autour de la table, chacun hoche lentement la tête, du moins, jusqu’à ce que quelqu’un soupire suffisamment bruyamment pour que tout le monde comprenne que la réponse ne l’a guère convaincu. La maîtresse de maison fait doucement tourner le vin dans son verre tout en se tournant vers l’impoli qui a osé critiquer sa si juste réponse.

"Odieux, Odieux… vous n’êtes pas d’accord ?
- C’est-à-dire que pas exactement. Pourrais-je avoir à nouveau un peu de vin moi aussi ?
- Ah, répondez d’abord, votre avis nous intéresse !"

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Mon voisin, vexé, lève son menton vers moi tout en ponctuant son geste d’un "Parce que vous avez une meilleure idée peut-être ?". Devant son ton des plus inconvenants, je regarde ostensiblement ma fourchette puis sa gorge découverte, l’obligeant à instinctivement baisser sa tête en comprenant mon intention. Je m’éclaircis la voix :

"En effet. Déjà, parce qu’aller neutraliser le führer, c’est un peu classique, et puis Alerte Rouge l’a déjà fait. Quitte à neutraliser quelqu’un entré dans l’histoire à grands coups de massacres, pourquoi ne pas neutraliser  Pinochet, Mao, Franco, M.Pokora ou Kim-Il Sung ?  Et puis pourquoi forcément s’intéresser au XXe siècle quand l’Histoire s’ouvre à vous ? Si vous voulez jouer les bons samaritains, je ne sais pas moi : allez gifler Hernan Cortès, achetez un poney à Attila pour l’occuper ou planquez dans la première Bible imprimée par Gutenberg des passages tirés d’Okapi ou des BDs de Pochep."

Un silence gênant s’installe, alors que je sens qu’une autre question flotte dans l’air : heureusement, la maîtresse de maison décide une fois de plus d’intervenir :

"Certes, mais vous Monsieur Connard… que feriez-vous ?
- Moi ? Ho, c’est bien simple : j’irais péter la gueule à Pline le Jeune. 
- Pline le… mais pourquoi ?
- Parce que ce garçon a passé sa vie a écrire des courriers à tout le monde et pour tout. Et comme en plus il était content de lui, il a même publié ses travaux pour qu’aucune génération ne lui échappe. Et vous savez quoi ? Ça a marché.  Parce que du coup, étant une source écrite prolifique d’une époque passée, tout le monde s’est mis à se baser sur ce qu’il racontait. 
- Oui mais… je ne vois pas le problème, cher Odieux !
- Le problème, ma chère, c’est justement ce qu’il racontait : si l’on retrace sa carrière, tout le monde essaie de se débarrasser de lui. L’empereur Trajan parvient même à le faire nommer à l’autre bout de l’empire, mais là encore, Pline lui écrit, jour après jour, pour lui demander, ce qu’il doit faire au sujet de son médecin. Puis de la femme de son médecin. Puis des enfants de son médecin. C’est véridique. Et de manière générale, il fait ça pour tout ce qu’il doit faire, à tout sujet et en faisant ça en vingt courriers parce qu’il était beaucoup trop nul pour être soit clair, soit prendre une décision même très simple. C’est quand même le premier mec de l’histoire dont même l’empereur parvient à faire sentir dans ses réponses qu’il lui casse méchamment les roudoudous avec ses courriers.
- Ce qui n’explique toujours pas pourquoi…
- Pourquoi je veux lui péter la gueule ? Mais enfin ma chère, c’est pourtant évident !"
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Je laisse la phrase flotter un moment au-dessus des convives.

"Parce que c’est l’inventeur du spam !"

Il y a un soupir horrifié, alors que chacun pense à sa boîte qui déborde de courriers de mystérieux emmerdeurs. Quelqu’un dans la pièce s’exclame :

"Son nom me dit quelque chose, oui ! Bon sang, il n’y a pas une histoire avec Pompéi en plus ? Il n’y était pas ?
- Pompéi, le film ?
- La catastrophe.
- C’est ce que je viens de dire.
- Je ne comprends pas…"

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Je soupire à nouveau. Puis, je me résigne à leur expliquer de quoi il retourne : si l’on compte le nombre de victimes, peut-on considérer que le film Pompéi est-une plus grande catastrophe que la sinistre fin de la ville en question ? Sachant que l’éruption a duré plusieurs jours, est-ce une bonne nouvelle de savoir que le film ne fait qu’1h44 ? Et enfin : mais qu’allait faire Jon Snow dans cette galère ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : "No Warning. No escape." Un peu comme une salle de cinéma pour qui n’a pas été averti de ce qu’il allait voir.

Notre film commence… bien.

En effet, tout débute par une citation de Pline le Jeune, qui comme nous l’avons vu plus haut, est déjà une calamité en soi, et ne peut donc annoncer que des choses qui, au mieux feront pleurer, au pire rendront fou. On voit alors furtivement en gros plans différentes parties du corps d’un momifié de Pompéi et… nous retournons un peu en arrière dans le temps.

Nous sommes en 69 de notre ère, et sur l’île de Bretagne, un peuple de cavaliers celtes a décidé de se rebeller, probablement pour faire des trucs de celtes comme écumer les bars à Guinness, jouer de la cornemuse après 22 heures ou taguer les temples romains avec des pochoirs-leprechauns. C’en est trop pour les Romains qui sont fatigués de ces incivilités : ils décident donc de leur péter la gueule. Et y vont avec entrain. Quelques temps plus tard, un enfant du peuple des cavaliers en question est donc tranquillement en train de glandouiller sous sa tente quand, ouvrant celle-ci, il découvre que ah bah tiens, toute l’armée romaine est dans le camp en train de distribuer des coups de pilum à tout ce qui passe.

Ce qui est choquant. Mais pas autant que la vraie information à retenir : visiblement, en 69 de notre ère, la Quechua était vachement mieux insonorisée puisqu’à moins de passer la tête dehors, on ne remarquait qu’à peine un massacre à coups d’épées. C’était mieux avant.

Toujours est-il que notre marmot voit sa famille se faire massacrer sous ses yeux, les légions du légat Jack Bowus ne faisant pas dans la dentelle. Hommes, femmes, enfants, cochons d’Inde, tout le monde y passe et notre petit héros qui répond au nom de "Milo" ne doit sa survie qu’à son incroyable capacité à faire le mort, ce qui le rend à un âge précoce bien supérieur à Marion Cotillard. Sitôt les Romains partis, l’enfant rampe pour s’extirper du charnier où on l’a jeté, mais visiblement, ce n’est pas sa semaine : il est aussitôt capturé par des filous qui passaient par là et réduit en esclavage. Ça devait être un lundi.

Qu’adviendra-t-il de Milo le celte ? vous demandez-vous, tremblant. Pas de panique, bons lecteurs : j’y viens.

Allons voir 10 ans plus tard, à Londinium, alors que la ville est balayée par la pluie (forcément), qui nous rappelle une fois encore qu’en 2014, avec 100 millions de dollars de budget, on sait faire un volcan qui explose mais toujours pas une averse puisque l’on distingue assez nettement dans l’eau qui s’abat les mouvements du tuyau d’arrosage qui s’agite au-dessus.  Qu’importe : dans l’arène de la ville, un marchand d’esclaves s’interroge quant aux gladiateurs qu’il va emmener prochainement à Pompéi, prospère cité d’Italie, et pour l’instant, il est déçu, voire carrément bougon. En effet, devant lui, les combats sont vite réglés : trois Thraces mettent leur raclée à tout ce que l’on envoie en face d’eux. Du moins, jusqu’à ce qu’apparaisse Milo.

Désormais simplement surnommé "Le Celte", Milo a bien grandi et a pris des abdominaux pour le plus grand bonheur des spectatrices hétérosexuelles, des spectateurs homosexuels et des sociétés de nettoyage de fauteuils de salles obscures.

Et il sait diablement bien combattre, puisque sans perdre sa coolitude,  il colle une ratatouille aux trois Thraces, et avant que qui que ce soit ne puisse faire le moindre calembour, il jette son épée et repart vers les tunnels sous l’arène sans dire un mot parce qu’il est comme ça, mystérieux et classou, mais ouais. Le marchand d’esclave, bluffé par cette attitude qui n’est pas sans rappeler les plus grandes heures de la série Le Rebelle décide donc bien évidemment qu’il l’emmènera à Pompéi, sinon, le film eut été un peu plus compliqué. Puisque nous sommes encore chauds, accélérons encore un peu le temps et allons du côté de Pompéi où la longue colonne des esclaves destinés aux arènes s’avance sur une route de terre humide, alors qu’à côté d’elle, un chariot progresse lentement.

Soudain, c’est le drame : une roue du chariot se prend un nid de ptérodactyle (une sorte de gros nid de poule, c’est du langage technique), et l’un des deux chevaux de l’attelage se vautre comme une bouse. Et reste au sol à hennir comme un vulgaire joueur de foot.

Visiblement, le cocher n’en a pas grand chose à faire, puisqu’à la place, c’est une jeune et riche Romaine qui descend du chariot pour s’inquiéter de ce qu’il se passe, et elle est bien embêtée en voyant le fier animal couché sur le sol, souffrant. Heureusement, parmi les esclaves qui passent à côté, Milo, qui s’exprime avec un doublage quelque part entre Conan et Rocky, se propose d’aider pourvu qu’on le détache. "Ho bin oui, super idée !" dit donc la patricienne qui demande à ce qu’on laisse cet homme s’approcher de son animal. Avec un peu d’insistance, les gardes de la caravane acceptent.

Milo se penche donc sur le cheval et aussitôt…

… lui pète la nuque.

Ah bon. Mais dis-donc Milo, tu ne voulais pas étudier un peu la blessure avant, non ? Au moins la regarder ? Direct le pétage de tête ? Hop ? Nerveux, le garçon. Puisqu’il n’y a plus grand chose à faire de plus, et même si l’on peut désormais jouer à Twiter avec la tête du fier animal comme aiguille, notre homme est aussitôt ramené parmi les esclaves et continue de marcher vers Pompéi. Derrière lui, la jeune femme qui répond au doux nom de Cassia, le suit du regard alors qu’il s’éloigne, le tout, évidemment, la bouche entrouverte, parce que nous sommes en 2014, et si tu sais fermer la bouche, c’est que tu serais bien mauvaise actrice, vilaine lectrice. Maintenant, tu sais à quoi tient ta carrière. Il n’empêche que Mireille, l’esclave de Cassia, vient se mettre à ses côtés :

"Maîtresse ! Je crois que ce petit rabouin vient de nous feinter d’un cheval.
- Mrngx.
- Maîtresse ? Est-ce moi où vous matez un peu ses muscles qui roulent avec souplesse sous sa divine peau alors que des gouttes de sueur perlent entre ses omoplates de Jon Snow ?
- Hein ? Ho non, hohoho, que vas-tu croire là, hihihi. Non, je me disais "Quel garçon charmant de nous avoir aidé !""

0

Pardon ? Tu veux que je te rappelle ce qu’il vient de faire ? Si ça se trouve, ton cheval, il s’était juste un peu foulé et dans 10 minutes il repartait, hein. Mais, allez : peut-être aimes-tu tout simplement les gens qui pratiquent l’euthanasie sur tout ce qui leur passe sous la main. Il faudra juste que tu fasses bien attention à ne pas te fouler la cheville à côté de lui. Mais je m’égare.

Car heureusement, le chariot de Cassia avait un cheval de secours rangé avec le triangle et le gilet fluorescent : elle peut donc reprendre la route en paix et gagner Pompéi, sa ville natale qu’elle vient retrouver après une année passée à Rome. Sauf que sur place, c’est la fête du vin et les rues sont donc encombrées : Cassia propose donc de poursuivre à pied, et trouve l’idée encore plus excitantes quand le cocher, la voyant descendre lui crie "N’y allez pas, madame ! Les rues sont pleines de mendiants et d’ivrognes !" : il faut croire que la bougresse est émoustillée à la seule idée de rencontrer un de ces grands romantiques qui errent dans les rues un cubi de vin de table à la main. Entre ça et les gens qui pètent la tête aux chevaux, je pense que Cassia a des goûts contestables, mais en même temps, si ce n’était pas le cas, elle ne serait pas dans ce film. Tout se tient.

Passons : quelle surprise, à la villa familiale lorsque paraît sur le pas de la porte la fille chérie de la famille de retour de la cité éternelle ! Son père, Papa Cassia, riche marchand, la prend dans ses bras trop heureux de la revoir, et sa mère, Trinitia, vient bientôt se joindre à ces heureuses retrouvailles. Cependant, tout le monde est étonné de la revoir si tôt : est-ce que quelque chose se serait mal passé à Rome ? Et a-t-elle rencontré un homme sur place parce que bon, hein, faudrait pas perdre l’essentiel de vue : elle n’est pas là pour se tourner les pouces. Non et non, répond Cassia aux deux questions avant d’aller aux écuries retrouver son cheval préféré, Chwal. Celui-ci est en pleine forme puisque l’esclave en charge des écuries en a pris grand soin en l’absence de sa maîtresse : il se propose même de le sortir dans la soirée pour aller lui dégourdir les pattes. Cassia accepte, car elle veut que son cheval puisse profiter des verts pâturages autour de la cité et être au mieux de sa forme afin qu’à son tour, elle puisse le chevaucher les cheveux au vent et sentir la brise lui caresser le visage tout en pleurant des paillettes de bonheur. Quel personnage profond, cette Cassia !

Le soir-même, donc, l’esclave en question sort le cheval pour qu’il aille faire sa promenade, mais alors que dans la nuit, il approche un point d’eau, celui-ci se met à bouillir étrangement et le cheval, effrayé par ce mystérieux phénomène désarçonne son cavalier avant de s’enfuir. Le pauvre esclave râle donc que hé ho, enfoiré de Chwal, reviens ! Mais derrière-lui, c’est trop tard : la terre s’ouvre en deux et bien vite, notre pauvre serviteur disparaît dans le sol qui s’ouvre sous ses pieds. Ho ! Ça alors !

Ailleurs en ville, Milo est lui emmené aux prisons des arènes, où il peut déguster un savoureux brouet à la cantoche locale. Sauf que soudain, des gros Messieurs musclés viennent l’embêter :

"Hé, le Celte !
- Miam mium miom…
- Hé ! Réponds quand on te parle !
- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Mon ami là, est Thrace. Et tu as tué son frère dans l’arène sur l’île de Bretagne.
- Ah oui c’est embêtant mais on m’a bien dit de ne jamais laisser de Thraces derrière m…
- Tu arrêtes tout de suite les jeux de mots de merde ou je dis "You know nothing, Jon Sn".
- Nan nan nan c’est super lourd, tout le monde me la fait, c’est interdit, je veux pas l’entendre de ce film, hop.
- Ah, hé, nous aussi on peut faire des calembours prévisibles.
- Très bien. Puisque c’est comme ça, je propose que l’on fasse la bagarre."

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Et donc, c’est la bagarre. Milo parvient à se débarrasser de ses assaillants temporairement grâce à ses petits poings vifs, du moins, jusqu’à ce que les surveillants du coin débarquent et calment tout le monde. Le marchand d’esclaves, qui visiblement, était juste à côté, débarque donc pour faire la morale à ses hommes comme quoi, holalala, c’est vilain de laisser des émeutes éclater : les gladiateurs doivent se taper dans l’arène, en-dehors, ça abîme juste la marchandise. Si seulement il trouvait le con qui organise des combats entre ses propres esclaves puis les enferme dans la même pièce pour voir s’ils vont s’en vouloir ! Mais bon, hein, je dis ça, mais je ne suis pas un expert : je n’ai jamais eu d’esclaves. Seulement des stagiaires. Et tout le monde sait que ça n’a rien à voir : l’esclave, lui, a une chance d’avoir une vie meilleure s’il s’enfuit.

Si je n’avais pas mis de photo des abdominaux, nul doute que j’aurais eu des plaintes en commentaires. C’est chose faite, un peu d’attention à présent.

Qu’importe. Milo est donc mis en cellule avec un autre gladiateur, un grand guerrier à la peau d’ébène qui l’accueille fraternellement :

"J’avais parié deux rations de vin sur ton Thrace d’adversaire, le Celte. J’ai perdu à cause de toi.
- …
- Tu veux jouer les durs ? Très bien. Pour ma part, je m’appelle Atticus. Je suis le champion de tous les esclaves que tu vois ici. Et aux prochains jeux, j’aurai le droit à un duel : si je le gagne, je serai libre. Et toi, comment t’appelles-tu ?
- Nous allons nous entretuer dans l’arène. Je ne donne pas mon nom à ceux avec qui vont tenter de me tuer."
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Mais Milo n’a pas son détecteur de poncifs avec lui, sinon il saurait, car ça ne manque évidemment pas : dès son premier entraînement, le Thrace, grognon après sa baston avec Milo, tente de l’assassiner lâchement, mais Atticus lui sauve la vie. Du coup, à l’occasion d’une scène parfaitement inutile où ça parle des dieux et de leurs projets, Milo révèle son nom : ah bon ? Alors vous n’allez plus vous entretuer ? Vous avez changé de carrière et vous ouvrez une pâtisserie ? J’ai loupé un truc.

Ou le scénariste, allez savoir.

Mais retournons donc du côté de Cassia, qui vit sa vie de jeune fille aisée de l’an 79 : s’acheter de belles robes, des bijoux ou faire du lèche vitrine au marché aux esclaves (la vitrine n’ayant pas été inventée, on attrapait alors toutes sortes de de maladies mais c’est une autre histoire), autant de loisirs qui occupent notre louloute jusqu’à ce qu’elle aperçoive au petit matin son cheval arriver seul à la villa. Non, elle ne s’inquiète pas de savoir où est l’esclave qui était dessus, aussitôt oublié. Et non, aucun villageois n’est venu gueuler au matin que "Tiens, au fait, mon champ a été englouti dans la terre cette nuit." Je veux bien que la population soit habituée aux tremblements de terre, mais des pans entiers de terrain qui disparaissent, bon, j’imagine que ça doit vaguement les titiller. Ou alors, ce ne sont que des villageois super riches qui ne sont pas à quelques hectares prêt et qui roulent en tracteur tuning (ils ont collé des ailerons sur leurs bœufs)

Qu’importe, Cassia a déjà la tête ailleurs, puisqu’elle a repéré depuis son balcon un camp romain qui s’installe aux portes de la ville (parce que oui : en arrivant à Pompéi, la bougresse pouvait se rendre à la ville à pied, mais soudainement, la domus est posée à l’écart de la cité, sur un flanc de la montagne, allez hop, soyons fous) : tiens ? Mais qu’est-ce ? Heureusement, Papa Cassia a la réponse :

"C’est un sénateur de Rome qui vient ici pour me parler des investissements impériaux dans la ville."

Visiblement, ça n’intéresse pas Cassia plus que ça, puisqu’elle ne demande même pas le nom du Monsieur et se contente de se barrer. Mais puisque je sens mon lectorat autrement plus impliqué que Cassia, allons donc voir en ville qui est ce sénateur qui débarque : mais… c’est Jack Bowus ! Désormais monté en grade ! Celui-ci est bien étonné alors qu’il traverse le marché de la ville, il note que tous les citoyens… lui tournent le dos. Ah oui ? Comme ça, hop ? Bon. Jack Bowus va donc rencontrer Papa Cassia, et après quelques politesses, l’interroge quand même :

"Au fait, Papa Cassia, j’ai noté un événement étrange dans votre belle cité.
- Ah oui ?
- Oui, figurez-vous que lors de mon passage sur le marché, tous les citoyens m’ont tourné le dos. 
- Vous exagérez je suppose.
- Vous ai-je parlé de celui qui m’a montré son cul avant d’entonner la Carioca ?
- Heeeeem je… non, ce n’est rien, allons : c’est simplement un tout petit groupe d’opposants, une minorité qui n’aime guère Rome… mais rien qui ne nous empêche de bâtir, ensemble, une nouvelle Pompéi !"

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C’est vrai que c’est crédible : un tout petit groupe d’opposants. Quelle coïncidence que celui-ci ait représenté 100% des gens croisés par le sénateur Bowus ! Quel maître du pipeau, ce Papa Cassia, on dirait du Jean-François Copé. Heureusement, ce dernier (Papa Cassia, pas Jean-François Copé) a plus d’un tour dans son sac et a prévu, pour adoucir les esprits, une grande réception le soir-même dans sa demeure où on célébrera la fête du vin autour de libations conséquentes. Le sénateur Bowus se joint bien volontiers à la fête, et en profite pour découvrir la maquette géante du nouveau Pompéi que Papa Cassia a à lui présenter. Parce que déjà à l’époque, tout le monde adorait faire des présentations avec des maquettes géantes. On a frôlé de peu le passage où il sort ses diapos Powerpoint en marbre.

"Voilà, sénateur Bowus ! Le nouveau Pompéi ! J’ai tout dessiné moi-même avant d’en faire des maquettes parce que je suis marchand bi-classé architecte et passionné de modélisme : il nous faut une arène géante, un port plus grand, un nouveau temple et bien évidemment, des statues un peu partout pour faire choupinet.
- Mmm… c’est intéressant, fier patricien, mais voyez-vous, l’empereur ne souhaite plus investir dans des villes de province. 
- Ho… je vois.
- Mais si ça vous intéresse, je peux investir à sa place !
- Pardon ? Mais ? Ce serait formidable !"

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Ah oui ? Le sénateur Bowus a donc un salaire qui lui permet de reconstruire une ville entière, monuments inclus ? Vous l’avez confondu avec le sénateur Balkanus, je suppose. Papa Cassia en tout cas, qui n’est pas au courant des trous du scénario, tombe donc dedans mais s’étonne lorsque l’homme déclare "Buvons à notre futur accord : que votre fille nous apporte du vin !" D’où il sait que j’ai une fille, l’autre se dit Papa Cassia ? Voilà qui est super suspect ! Mais moins que d’avoir des ressources illimitées de pognon, il faut croire. Ces gens ont vraiment une capacité à s’étonner à géométrie variable.

Jack Bowus essaie de ne pas trop rigoler en voyant les maquettes en allumettes de Papa Cassia.

Au fait : où est Cassia, puisque nous en parlons ? Hé bien ailleurs dans la villa, à sentir la température monter alors que l’on a fait venir des gladiateurs pour servir de gigolos d’un soir pour les riches invitées. Parmi eux, évidemment : Milo. Trinitia, sa maman, est toute émue car elle surprend sa fille à regarder amoureusement la gladiateur. Parce que oui, ça la fait trop rêver : "Hihihi, ma fille est amoureuse d’un esclave, c’est trop choupi !". Pour essayer de convertir la chose selon les standards du monde moderne, c’est un peu comme si votre fille revenue d’Erasmus prétendait n’y avoir rencontré personne, mais que vous la surpreniez à regarder Scrappy le chien avec désir. Logiquement, vous êtes censés avoir moult réactions, mais le verbe "se réjouir" n’est pas sur la liste.

En tout cas, on vient chercher Cassia en lui disant d’apporter du vin au mystérieux sénateur invité à la villa : elle s’exécute, mais en arrivant sur le balcon où il l’attend, elle sursaute :

"Sénateur Bowus !"

Parce que non, elle n’avait toujours pas pensé à demander qui était le sénateur en visite, sachant que pourtant, elle en connait un dont elle ne prononce pas vraiment le nom avec amour. Oui, hein ? Papa Cassia est tout surpris : ils se connaissent ? Ça alors ! Il voudrait bien en savoir plus, mais Bowus explique qu’il aimerait bien avoir une conversation privée avec sa fille. Soucieux de ne pas froisser son invité, le géniteur de notre Romaine à la bouche entrouverte bat donc en retraite et laisse nos deux amis ensemble :

"Cassia, ma douce Cassia, comme je suis heureux de te revoir.
- Sénateur Bowus, je vous ai déjà dit que je n’étais pas une de ces filles qui vous tournent autour à Rome : vous ne m’intéressez pas.
- Douce Cassia, tu dis cela, mais d’une manière ou d’une autre, bientôt mienne et… ho, mais qu’est-ce que ? La terre tremble !"

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Et en effet : un petit tremblement de terre surprend nos amis. Mais rien de grave : dans la région, les gens sont habitués. C’est dommage, car pendant ce temps, dans le cratère du Vésuve voisin, un peu de lave a commencé à faire blub-blub. Elle reste dans son coin, mais tout de même. Cela dit, si les humains semblent peu s’étonner de pareil événement, il n’en va pas de même de Chwal le cheval qui dans l’écurie, a pris peur et est parvenu à se détacher (c’est un escape artist) et commence à mettre la zone dans son coin en tapant sur les murs et en chantant très fort du Zaz. Cassia apprend cela et vite, fonce trouver Milo qui attendait son tour pour savoir quelle vieille habitante de Pompéi il honorerait ce soir. Notre jeune héroïne l’amène devant la porte de l’écurie et lui tient à peu près ce langage :

"Celte ! Tu parles aux chevaux ! Tu m’as aidé sur la route : maintenant, un autre cheval me pose problème, il est apeuré et agressif dans l’écurie, va, tu sais ce que tu dois faire !"

Ah bon, il "parle aux chevaux" ? On a pas dû voir les mêmes scènes. Et non, elle ne lui dit pas "Calme mon cheval !" : elle lui dit juste d’y aller et de s’occuper du bousin, sans autre consigne.

Vu comment il t’a aidé sur la route et la clarté de tes indications, il va rentrer et lui péter la nuque à ton canasson à mon avis. Mais c’est vrai qu’après, il sera bien calmé.

Milo entre donc dans l’écurie, referme la porte derrière lui et s’approche du cheval pour lui poser les mains de chaque côté de la tête (alleeeeeez !) mais… se contente d’apaiser et de rassurer l’animal avant de grimper dessus (hoooo…). Cassia, en entendant plus rien, décide donc d’aller voir à l’intérieur de l’écurie de quoi il retourne et tombe nez à nez avec Milo perché sur son cheval !  Celui-ci commence à lui raconter sa vie, comment il est le dernier d’un peuple de cavaliers, comment il avait une tente Quechua édition de luxe, comment le sénateur Bowus qu’il a aperçu ce soir a massacré sa famille, et comment il est vénèr’. Pendant toute cette conversation, on entend un garde derrière la porte qui braille : "Ouuuhouuuu Madame Cassia ? Vous allez bien ? Je ne vous entends plus ! Il y a bien ces judas juste devant moi pour regarder si ça va mais je ne sais pas comment les ouvrir ? Ouhouuu, Madaaaame !".

Mais vraiment, hein. Alors qu’il doit bien s’écouler de longues minutes où Milo a douze fois le temps de lui trancher la gorge.

Je… bon ?

D’ailleurs finalement, Cassia, toute émue par l’histoire de notre héros décide de grimper avec lui : allez, filons loin de cette villa ! Et claquant les portes de l’écurie en bondissant au-dehors grimpés sur Chwal, tous deux s’échappent dans la nuit tels des Zorros sous acide et commencent à galoper sur les pentes du Vésuve. Mais, Jack Bowus ne s’en laisse pas compter : un vulgaire Celte ne va pas lui voler sa promise ! Il envoie donc un détachement de cavaliers poursuivre nos héros, et ces derniers finissent par s’arrêter sur les flancs du volcan. Cassia tapote le dos de Milo :

"Je vais descendre ici ! Je vais les retarder, leur dire que cette fuite, c’était mon idée, c’est la vérité ! Toi, prends le cheval et fuis !
- Non, j’assumerai les conséquences de mes actes : sinon, ils te le feront payer !"

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Ah, d’accord. Du coup, quel était donc le plan, bonnes gens ? Fuir, oui, mais en fait non, mais en fait je crois qu’il y a du rab de fruits de mer, on y retourne ? J’avoue ne pas saisir. Ou alors, c’est juste que cette scène n’a aucun sens.

J’hésite, j’hésite. Ce film est d’une telle qualité.

Cassia et Milo se rendent donc aux hommes de Bowus qui s’avance, triomphant :

"Hé bien, voici mes fugitifs ! Que pensais-tu faire avec cette belle Romaine, esclave ? Tu mérites un châtiment : la mort ! 
- Sénateur, arrêteeeez ! 
- Oui Cassia ? Que veux-tu, douce créature de mes nuits ? Que j’épargne ce pourceau ? Et… qu’aurais-je en échange ?
- Vous… vous me faites chanter ?
- Tout à fait. 
- Si vous l’épargnez vous aurez ma… heu… gratitude ?
- Hé bien voilà ! Je l’épargne !"

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Pardon ? Tu es un super méchant, et tu troques la vie du héros contre… un mot gentil ?

"Et si tu me dis que j’ai une jolie cape, je me lance dans l’humanitaire"

Que… tu es un gros panda en fait ? Tu veux juste des gros câlins, c’est ça ? Qu’on te gratouille le ventre ? Ah, bravo le méchant ! Quel gros naze. Toujours est-il qu’il se tourne vers Milo :

"Esclave, tu dois être puni, tu le sais. Mais cette Romaine, pour des raisons que je préfère ignorer, tient à ce que tu restes en vie. Tu as le choix : soit tu prends 15 coups de fouets, soit on fait une chorale qui chante en canon "You know noth-
- Je vais prendre le fouet. C’est bien, le fouet."

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Et ainsi, Milo reçoit donc quinze coups de fouet avant d’être rebalancé comme une grosse daube dans sa cellule d’arène où il bougonne pendant qu’Atticus le soigne (et désinfecte ses plaies à l’alcool parce qu’il maîtrise le concept comme tout le monde à l’époque, tout ça) et tous deux discutent du fait que si le sénateur Bowus est sur la route de Milo, c’est que le destin veut qu’il venge sa famille. Milo en profite pour avertir Atticus : les Romains lui ont promis la liberté après un dernier combat ? Qu’il se méfie d’eux.

Ça tombe bien, puisque dès le lendemain, pour célébrer la fête du vin toujours, on organise des jeux dans l’arène. Et à la grande surprise d’Atticus… on annule son combat en duel contre Milo qui devait clore les jeux et lui permettre de gagner la liberté ! Le sénateur Bowus souhaitant se débarrasser de Milo, il a ordonné qu’il combatte dans l’arène dès le début des jeux et y meure. Atticus est donc envoyé avec lui parce que… heu… mais si… vous savez ? Le truc, là, la bonne raison, tout ça ! Non ? Bon, bref, ils se retrouvent tous deux envoyés avec d’autres dans l’arène et se retrouvent enchaînés à une espèce de décor celtique (à ne pas confondre avec la panique du même nom, rangez-moi immédiatement cet album de Manau) au milieu de l’endroit, alors que d’autres gladiateurs, bien plus nombreux et déguisés en soldats romains, entrent pour venir les massacrer.

En effet, pour célébrer la venue du sénateur Bowus, on propose d’ouvrir les jeux par une reconstitution de sa fière victoire sur les cavaliers celtes (oui, le Monsieur n’a qu’une seule victoire à son actif il faut croire, et ça tombe bien, c’est celle sur le peuple de Milo). Bowus est donc aux premières loges, avec à ses côtés Cassia, Papa Cassia et Trinitia pour ouvrir les festivités, et se réjouit de voir Milo devoir mourir dans l’arène.

Sauf qu’évidemment, rien ne se passe comme prévu : tous les gladiateurs se font massacrer par ceux jouant les romains, sauf bien sûr Milo et Atticus, qui leur mettent la raclée de leur vie en retour juste équipés d’un slip et d’une demi-épée. D’ailleurs, vous vous souveniez qu’ils étaient enchaînés ? Et bien en fait, jamais les chaînes ne les arrêtent. C’était quand même pas compliqué pour la réalisation : il suffisait d’attacher un acteur à une chaîne. C’est tout, et c’était bon. Et bien même ça, ils ont payé un supplément pour le rater : la chaîne est tellement longue que sa seule présence dans le film est justifiée par le fait que Milo vole un cheval à un type de l’arène, puis fait tout le tour de ladite arène, sa chaîne au pied, qui ainsi tendue renverse les derniers faux soldats romains sur son chemin (et non, ils ne se relèvent pas, ça les tue net il faut croire).  Expliquez-moi donc l’intérêt d’enchaîner un gladiateur si la chaîne est suffisamment longue pour qu’il puisse aller partout dans l’arène ? Je veux dire : à part pour caser une incohérence et une scène d’action qui fleure bon l’étron chaud ?  Au passage, Milo attrape même l’aigle impérial de la bannière des faux romains et la brise sous les acclamations du public, parce que oui, à Pompéi, on aime pas Rome. Ah bon, c’est un peu le OM-PSG de l’époque ? Et quand bien même : depuis quand le public est-il censé se réjouir de voir un barbare péter le symbole de son empire ?

Là encore : je n’ai pas bien saisi. J’étais trop occupé à pousser les pieds de l’historien qui s’était pendu devant moi et qui me gênaient pour voir l’écran.

A la fin du combat, Atticus est colère, car on lui a volé son combat qui aurait dû le rendre libre, quant à Milo, il se saisit d’un pilum au sol… et le jette droit vers Jack Bowus !

Mais quelqu’un s’interpose et arrête le projectile d’un coup d’épée parce que oui, c’est probablement un ninja :

Severus, le bras droit de Bowus, qui avait participé au massacre du peuple de Milo.

La montagne, probablement elle-même consternée par cette scène, fait alors trembler le sol et ça panique un peu dans l’arène tant la secousse est plus forte que d’habitude : Bowus a tôt fait de calmer tout le monde grâce au mégaphone intégré dans sa gorge qui fait que quand il parle, tout le monde l’entend, même par-dessus les hurlements, et il annonce que c’est un signe : Vulcain veut que le héros de l’arène, Milo (ah bon, tu n’as pas remarqué qu’il y avait encore Atticus ?) se batte en combat singulier contre le champion de Rome, Severus !

Certes ? Pourquoi pas ? Et le public, lui, il revient direct applaudir comme si de rien n’était ? D’accord. Je vous la refais :

"Haaaa ! Le sol tremble si fort que même nous habitués, trouvons ça terrifiant ! On va tous mouriiiiiiiiiir !
- Oui, mais il va y avoir un DUEL !
- Hooooooooooooooooooooooooo ! Attendez, on revient ! Pousse toi de ma place, enfoiré !"

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Intéressant.

Le duel s’engage donc et Milo est en mauvaise posture, quand cette fois-ci, la terre se remet à trembler, et pour de bon : une partie de l’arène s’effondre et des fissures dignes de 2012 s’ouvrent dans le sol (mais si, vous savez, les fissures qui tapent toujours là où est le héros et le suivent quoiqu’il fasse) et engloutissent Milo et Severus, les amenant dans les sous-sols où ils se relèvent péniblement.

"Severus… tu vas mourir…
- Milo, tu as eu de la chance, j’allais te porter le coup final… tu dois être protégé de Juno Curitis ou Juno Sospita… ou peut-être Juno Nossing ?
- Juno Nossing ?
- Juno Nossing, John Sn…
- AH PUTAIN !"

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Avant que Severus ne puisse finir sa phrase, Milo lui colle une ou deux patates, puis ouvre les cellules des gladiateurs puisque plus on est de fous, plus on rit. Severus s’enfuit donc puisqu’à 1 contre 20 monsieur musclés dans des caves, il sent comme de vagues faits divers lui revenir à l’esprit. Prendre la tangente paraît donc fort raisonnable pour le bougre.

La scène des chaînes : en plus, ils en ont mis plein pour bien montrer que logiquement, elles sont censées s’arrêter à quelques mètres du monument celte.

Jack Bowus, lui, depuis la loge VIP a passé ses ordres :

  • Déjà, il a demandé Cassia en mariage parce que les jeux de l’arène, c’est un peu comme faire sa demande au stade : plus romantique, tu meurs
  • Il a expliqué à ses parents que si elle ou eux refusaient, il raconterait à Rome que ce sont de sales traîtres et ils mourraient. Ah oui, proposition sérieuse, donc.
  • Et pour mettre Cassia en sécurité maintenant que la terre tremble et que c’est le souk, il a demandé qu’elle soit ramenée à sa villa et enfermée jusqu’à ce qu’il revienne

Sauf qu’avec le dernier tremblement de terre, la loge VIP s’est effondrée peu après le départ de Cassia, et a à-demi écrasé Trinitia. Quant à Papa Cassia, lui s’est dit, après toutes ses menaces, que pendant que le sénateur Bowus était inconscient après s’être pris un caillou sur la tête, il pouvait le tuer. Mais évidemment, puisque plus de poncifs, ça devient compliqué : le larron ouvre les yeux soudainement au dernier instant et retourne le canif de Papa Cassia contre lui. Ce dernier en meurt donc.

Mais déjà, il y a plus urgent :  la montagne vient d’exploser et commence à cracher du feu, tout le monde essaie donc de filer vers le port où les galères devraient permettre de trouver la sécurité au large. Jusque là : ça se tient, puisque ce sont les parties du script qui n’ont pas été écrites par l’équipe du film. Profitez-en donc : c’est logique. Jack Bowus essaie donc lui aussi de gagner les galères pour mettre les voiles (hohoho).

Hélas, de la montagne tombent de véritables roches enflammées qui commencent à ravager les maisons, le port et les gueules des passants, puisque la montagne, elle est comme ça, elle est plutôt favorable à la lapidation. Et comme elle n’aime pas trop les méchants, le marchand d’esclaves qui était le cruel propriétaire de Milo et qui est parvenu à s’acheter une place sur une galère en abandonnant des innocents, voit bien évidemment un gros caillou venir couler le navire. Ah non mais le Vésuve, c’est  le Simo Häyhä des parties de Touché-Coulé. 

Et non, Simo Häyhä n’était pas un champion historique de Touché-Coulé, mécréants.

Passons, car du côté de l’arène, Milo et Atticus ressortent du sous-sol pour découvrir les tribunes désertes et le ciel en feu : voilà qui n’est pas banal. Ils entendent aussi gémir : c’est Trinitia (oui, aucune autre personne dans l’arène ne gémit, ils sont sympas quand même) qui appelle Milo pour l’implorer d’aller sauver sa fille, enfermée dans sa villa à flanc de montagne, évidemment. Milo et Atticus se divisent donc en deux groupes de un : Atticus ira au port en faisant plein d’actions héroïques sur son passage pour bien souligner que c’est un gentil, pendant que Milo ira sauver Cassia et rejoindra Atticus sur les quais une fois qu’il aura libéré la princesse qui aimait les chevaux de sa pris… attendez, attendez, non ? Personne n’a utilisé des éléments aussi pourris quand même ?

Seigneur : une princesse, de la lave, des boules de feu, une prison, un héros moustachu, l’Italie : je pense que Jack Bowus va devenir Jack Bowser sous peu.  Vivement Pompéi II – Super Milo Kart.

Allez, allez : finissons cette daube, puisqu’il le faut : Atticus galope donc follement au travers des rues de Pompéi, et malgré les rochers qui explosent de partout, s’arrête pour sauver une petite fille qui est tombée, ramasser un vieux, ou chercher un chat dans un arbre. Il est sympa, ce Atticus quand même. Sauf qu’une fois au port, alors que toute la foule se presse sur les quais et que les navires se dépêchent de se barrer, les tremblements de terre provoquent un tsunami : voyant une grosse vague arriver droit sur lui, Atticus file en sens inverse, et alors qu’il franchit les remparts entre le port et la ville, une vague arrive en portant avec elle une galère bien mal en point, et figurez-vous que la galère, en s’enfonçant pile-poil dans les portes de la ville…

… fait un barrage parfait.

Vous avez le droit de pleurer tellement c’est nul. Allez-y, laissez-vous allez. Voilà, voilààà.

On a bien évidemment le droit à un plan où on voit nettement Atticus s’arrêter de courir sitôt la galère bloquée dans la porte, parce que oui, il a deviné ce qui allait se passer, que la galère allait tenir, et que la vague du tsunami était exactement de la taille des remparts, il peut donc se poser cinq minutes et attendre Milo.

Misère. J’espère qu’aucun archéologue ne lit ce spoil.

Milo, de son côté, se rend à la villa pour sauver la belle : il y a bien Mireille qui voudrait les accompagner, mais comme il n’y a plus de place pour elle dans le scénario, hop, une fissure s’ouvre pile sous ses pieds (j’insiste : la montagne vise bien) et avale notre esclave. Désolé Mireille. Nos héros retournent donc tous les deux vers la cité, où la situation a empiré : une pluie de cendre a commencé à tomber.

Mais pas sur tous les plans.

Et du coup, pas sur tous les gens.

En chemin, et parce que le réalisateur avait la flemme, une pluie de petits cailloux tombe et tue TOUS les habitants, sauf les personnages principaux. Voilà, en 5 secondes, c’est plié : nos loulous sont les seuls à penser à se planquer sous une porte cochère. Puis, notre couple rejoint Atticus en poussant de grands cris :

"Atticus, non ! Ho non, il est mort : regarde, il est déjà tout couvert de cendres et de suie !
- …
- Ho. Attends, non, il va bien en fait. Désolé mec, méprise."

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Sur ce plan, on constate ainsi parfaitement qu’il y a une pluie de cendres et de… de… zut, quelqu’un a encore oublié, c’est bête !

Atticus, Cassia et ce gros raciste de Milo se demandent donc comment fuir la ville, à présent ? Une seule solution : des chevaux ! Rah, si seulement quelqu’un avait pensé à en prendre à la villa, hein ? Ou si seulement on était dans l’antiquité et que des chevaux, hé bien il y en avait près des chariots, des postes, des points de passage, des gardes… mais pas de problème : il y en a aux arènes, ils doivent encore y être ! Ni une, ni deux, tout le monde retourne donc sur place, l’occasion pour Cassia d’aller voir le corps de ses parents, et où non seulement le corps de papa bouge un peu (c’était vendredi, il était 16h47 et ils n’avaient plus le temps de refaire la scène, j’imagine), mais où on constate que la cendre, visiblement, tombe uniquement en gros morceaux façon cotillons, et uniquement sur les joues des gens.

Moi aussi, à ce moment là dans le cinéma, je sentais l’asphyxie me gagner.

Sauf que Milo et Atticus, partis chercher des chevaux, découvrent que les Romains sont là et les ont déjà pris ! Parce que oui, les Romains avaient un camp et plein de chevaux, mais eux aussi vont se fournir aux arènes, sans raison.  Sur place, Jack Bowus a fait atteler un chariot avec quatre chevaux (et non, ses hommes ne gueulent pas qu’il pourrait en laisser pour les autres, même en pleine apocalypse, ils n’ont pas une ligne de dialogue pour dire qu’ils n’ont pas envie de rester là à mourir comme des cons et qu’en plus un chariot, c’est super pas pratique vu la situation) et s’enfuit  après avoir capturé Cassia qui pleurait sur le corps de ses parents. Milo et Atticus arrivent trop tard, non sans avoir tué jusqu’au dernier soldat romain anonyme sur leur route : Bowus s’enfuit, et laisse derrière lui Severus, qui doit lui aussi, avoir envie de mourir, pour les retarder. Milo et Atticus se divisent à nouveau en groupes de un : Milo ira sauver sa belle, et Atticus s’occupera de Severus.

Milo utilise donc son sort de 5e niveau "Apparition du Chwal majestueux" et se retrouve donc à poursuivre dans les rues de Pompéi l’ami Jack Bowus, le tout monté sur Chwal, qui ne devrait pourtant pas être là. Incohérences toujours, sachez aussi qu’alors que les rues étaient toutes bourrées de gens, tous morts il y a quelques scènes de cela justement pour être restés au beau milieu de la rue, les dames de service sont passées et ont viré tous les cadavres des rues (c’est l’effet Frankenstein : les villes vides, c’est plus facile à gérer). Idem, il n’y a pas un gravats ou nid de poule : Bowus file au milieu de Pompéi avec son chariot et Cassia attachée à l’arrière, le tout comme sur une autoroute (française, l’autoroute, parce que belge, il faisait 50 mètres et il pétait ses suspensions). Derrière lui, Milo et son cheval galopent tant qu’ils le peuvent, et alors qu’autour d’eux les projectiles fusent, ils traversent sans ciller les nuages ardents des explosions produites par les chutes de cailloux. Ah et évidemment, ils n’ont aucun problème pour respirer non plus. Et non, ils n’ont même pas l’air un peu noircis, tout va bien : ce n’est jamais qu’un petit volcan de rien du tout.

Bref, on dirait une course poursuite… dans un studio et sur fond vert ?

Roooh, qui a dit ça ?

Finalement, et alors que Cassia se découvre une passion pour le crochetage de ses propres chaînes, activité aisée sans véritables outils, derrière un chariot qui roule à fond le tout en pleine éruption volcanique, Bowus finit par perdre le contrôle du véhicule et se vautre. Milo bondit donc, et s’ensuit l’habituel combinaison duel/lieu désert/mon arme glisse au sol/raaah coup de poing/ha, je peux presque l’attraper suivie de la mort de Bowus, vaincu par Milo, qui peut donc libérer Cassia et partir au triple galop loin de la ville.

Surtout que le volcan vient vraiment de se fâcher et qu’une nuée ardente en descend des flancs droit vers la ville.

Nos héros sont-ils sauvés ? Quel suspens !

Atticus, lui, se bat contre Severus mais ne parvient à tuer son adversaire qu’après avoir été lui-même mortellement blessé : voyant la nuée arriver sur lui, il se lève et ouvre grand les bras pour accueillir la mort en homme libre, parce que c’est beau. Tellement beau que moi, ce que je regardais, c’était le sol de l’arène qui s’était magiquement reconstitué alors qu’il s’était effondré en partie quelques scènes plus tôt. Je ne dois pas être assez poète.

Milo et Cassia, eux, voyant ce qui leur arrive sur le cucu, arrêtent soudain leur cheval parce que… qu’ils… que… bon, bref.

"Continue sans moi Cassia ! Le cheval n’ira pas assez vite avec nous deux dessus !
- Non, je reste avec toi ! Je ne pourrai pas vivre sans toi !"

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Ah, hé bien la revoilà la pluie de cendres !

Acceptant leur destin, nos amants maudits chassent donc Chwal d’un geste pour lui donner une chance, et alors que la nuée arrivent droit vers eux, Milo se penche vers son aimée :

"J’ai une dernière chose à te dire : je le sais à présent, je t’aime !"

Ils s’embrassent donc tendrement, et Cassia écarte ses lèvres seulement pour mieux les approcher de l’oreille de son amant :

"Moi aussi j’ai quelque chose à te dire." dit-elle alors que la nuée mortelle n’est plus qu’à quelques mètres d’eux. Elle articule alors très lentement, tout contre lui, ces derniers mots :

"You know nothing, Jon Snow."

"SAAAAAAAAAAAAAAALOOOOOOOOOOOOOOOOOO-"  répond Milo avant que la nuée ne les prenne tous les deux et qu’ils disparaissent dans les cendres et les flammes qui dévalent sur l’Italie antique.

Nous redécouvrons alors ce que nous apercevions au début du film : la vision d’humains momifiés par l’éruption, et plus exactement, celle de nos deux amants figés pour l’éternité dans leur dernière étreinte.

Et avant que l’on ne puisse se moquer de l’expression de haine viscérale de Milo…

… FIN !

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"Tout cela ne répond pas à ma question : était-il à Pompéi ?"

Occupé à simuler la nuée ardente arrivant sur le couple maudit à l’aide de la moussaka du dessert et d’une paire de spéculos, je décide au vu du peu d’enthousiasme des autres convives de me rasseoir en prenant l’air serein que l’on me connait.  J’interroge :

"Qui ?
- Ben, Pline le Jeune ! Vous nous assommez depuis deux plombes avec votre film, là, mais Pline le Jeune, dans l’Histoire, il était vraiment à Pompéi ?"
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Je jauge mon interlocuteur dont le ton ne me plait guère, en me demandant à quel moment il va subir une trachéotomie au spéculos aussi approximative que foudroyante. Mais sentant remonter en moi la lointaine époque où je dissipais l’ignorance d’élèves confiés à mes soins par des parents naïfs, je décide d’agir : respoilons, mes bons !

BONUS

Le spoiler HISTORIQUE ! Professeurs de latin et d’histoire qui me lisez, merci de mettre vos cours à jour si vous n’enseigniez pas cette anecdote.

Nous sommes par un bel après-midi de l’an 79, à Misène, petite ville d’Italie située à l’extrémité de la baie au pied du Vésuve, et d’où l’on peut clairement voir Pompéi. Ce jour là, à la plage, c’est la grosse ambiance : figurez-vous qu’entre les vendeurs de chouchous et la parade amoureuse des maîtres nageurs, on vient d’apercevoir, au loin, la montagne appelée Vésuve exploser, ce qui n’est pas banal. Une fumée noire emplit le ciel et celui-ci paraît de feu ; on aperçoit les galères quitter la ville à folle allure, mais c’est sans compter sur…

… la PLINE TEAM !

Pline le Jeune est en effet en vacances chez son oncle, Pline l’Ancien, probablement parce que ses parents, Pline l’Âge Mûr et Plinette La Bien Conservée sont à la Bourboule à se faire masser par des Gaulois pour oublier ce qu’ils ont mis au monde suite à une bacchanale où quelqu’un avait ramené des vins d’Hispanie. Tout Misène s’immobilise en voyant apparaître sur les quais de la ville la paire de Pline ambulante : vont-ils arrêter le volcan d’un regard ? Ouvrir la mer en deux pour offrir un passage sûr aux réfugiés ? Ou bien combiner des galères pour former Mégazord ? Non : Pline l’Ancien a plus simple. Il se tourne vers son neveu et s’exclame :

"Vite, Pline le Jeune : j’ai un navire rapide, et un de mes amis vient de m’appeler à l’aide, nous devons aller aider ces pauvres gens ! Et approcher cet étrange phénomène vulcanique !"

Pline le Jeune observe son oncle, et alors que les vents agités par la sombre tempête font battre sa toge contre ses cuisses musclées, Pline le Jeune n’hésite pas et répond :

"Non, j’ai du travail."

Ce n’est pas une blague : Pline le jeune a vraiment répondu ça, c’est lui-même qui le dit. Mais non, il n’avait pas peur, hein, rien à voir avec tous ces bruits liquides que le volcan a couvert et cette toge que même l’esclave blanchisseuse n’a jamais pu récupérer tant celle-ci ressemblait désormais à une sorte de Saint-Suaire de Maître Ki-Adi Mundi. Pline le Jeune explique donc très sérieusement que oui, il avait un truc vachement plus important à faire que d’aller sauver des gens en difficultés tout en étudiant un phénomène inconnu : probablement faire son cahier de vacances.

Pline l’Ancien part donc seul sur son fier navire, pendant que Pline le Jeune écrira un récit à sa propre gloire (qu’il enverra en plus à Tacite ensuite, parce que spam ! Fuck yeah.)

"Quel héros, ce Pline l’Ancien !" me direz-vous.

Sauf que moyennement : le bougre franchit la mer déchaînée, échappe au déluge de pierre qui tombe du volcan, atteint la domus de son ami qui l’avait appelé à l’aide, le rassure ainsi que ceux de son foyer, puis repart vers les navires pour voir s’ils peuvent repartir et… meurt, comme ça, pouf.

Pline le Jeune dira "C’était les fumées !"

L’Histoire dira "Oui enfin aucun de ses potes n’a eu le moindre problème : ça ressemble à un infarctus." et retiendra donc que Pline l’Ancien a défié le Vésuve sans ciller, mais est mort d’avoir repris du cake aux olives une fois de trop.

Ce qui explique que si bien des prénoms romains nous sont parvenus, vous savez désormais pourquoi "Pline", curieusement, on a préféré l’oublier.

Inutile de me remercier : allez donc briller en société !

Et si vous inventez une machine à voyager dans le temps : appelez-moi.

"Nous sommes à l’aube d’une révolution."

A l’ombre du hangar des prototypes d’Odieux CorP, les membres du conseils d’administration attendent patiemment, debout au milieu de l’odeur chimique qui empeste les lieux, la conclusion du discours de leur président directeur général qui semble désormais imminente. Celui-ci, trop occupé à savourer l’écho de sa propre phrase tournant entre les poutrelles du bâtiment, note à peine le balancement nerveux de certains d’entre eux indiquant qu’une certaine impatience règne chez ceux plus habitués à se réunir dans des fauteuils confortables que debout dans ces lieux peu accueillants. Enfin, il reprend.

"Une révolution pour tous, au service des citoyens de ce pays. On nous dit et répète que certaines zones ne sont plus sous le contrôle de la police ; je dis : n’abandonnons pas ! Et cette obstination, cette soif de justice, c’est ce qui fait d’Odieux CorP une société unique. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui notre dernière innovation en matière de sécurité : le DIEGO – 209 !"

Le rideau derrière l’orateur s’ouvre enfin et dans un grand "Ooooh !" mêlant surprise et soulagement à l’idée que le discours soit enfin terminé, se révèle un imposant bipode surmonté d’une sorte de coque sombre encadrée de deux imposants canons. Le président directeur général s’en approche, une petite télécommande à la main, et d’une simple pression d’un bouton, le monstre de métal s’anime et se dresse, pointant ses armes dans le vide face à lui.

"DIEGO-209 prêt pour patrouiller. Analyse des civils présents en cours. Analyse terminée : aucune menace détectée.
- Ne craignez rien, vous l’avez entendu ? Il ne vous fera aucun mal. Regardez-moi plutôt ce bijou : blindage triple couche, armature en titane de carbone, reconnaissance faciale, vocale et digitale, batterie de 48h, canons de 75 mm à tir rapide, module vocal anglo-saxon…
- Freeze, motherfucker.
- Module espagnol !
- Dame el chorizo.
- Module russe !
- Сталин велик.
- Module Claude François !
- Bah, il parle pas ?
- Hein ? Ah mais  ça c’est pas un module vocal, c’est un taser.
- Ho.
- Bref, tout ça pour vous dire que le DIEGO-209 est prêt à être déployé dans toutes les zones où il est grand temps de rétablir l’ordre et la loi : Seine Saint-Denis, Marseille, bureau de Patrick Balkany, nos usines sont déjà prêtes. Et nos premières unités sont en partance pour Hollywood."

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Quelqu’un toussote dans l’assistance avant d’interroger timidement.

"Hollywood ?
- Si vous connaissez une plus grosse bande de malfrats, dites-le moi Berthier, je vous écoute.
- Mais ils n’ont rien fait de mal ?
- Et toutes ces licences, détenues pour mieux être violées à de multiples reprises, hein ? Vous voulez que je vous parle du Hobbit ? De Total Recall ? De… de Robocop ?"

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Le membre du conseil d’administration haussa les épaules.

"Je sais pas, je l’ai trouvé pas si mal, moi, Robocop.
- DIEGO-209 ACTIVE. Détection de pipeau : confirmée. Cible verrouillée.
- Mais qu’est-ce que… éteignez-le, vous voyez bien qu’il déconne votre truc !
- Ah non, hé, Berthier, c’est vous qui déconnez : retirez ce que vous venez de dire !
- JAMAIS ! Le film était plutôt beau et en plus proposait une histoire origi…
- DIEGO-209 en MODE COMBAT :  citoyens, veuillez vous écarter."

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Le conseil d’administration se disperse comme une volée d’oiseau, laissant le pauvre Berthier seul face à la machine. Il titube un peu, défiant le monstre de métal du regard

"DERNIER AVERTISSEMENT : reconnaissez que ce film est à chier.
- Non ! En plus, dedans, il y a Gary Oldman, c’est signe de qualit-
- OUVERTURE DU FEU."

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Et dans un enfer de détonations et de tintement de douilles, le monde du cinéma perd un homme de mauvais goût.

Notre homme a-t-il mérité pareil sort ? Robocop est-il une bonne adapt…pfff, pardon, pardon. Bref, est-ce que ce film peut être vu sans faire une dépression dans la foulée ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : et quand on a plus d’idées, on achète des licences. Je vois.

Tout commence alors qu’un présentateur télévisé fait des bruits de gorge ressemblant à du patois ardennais pour se préparer à démarrer son émission en direct. Et ce présentateur, ce n’est pas n’importe qui : c’est Maître Windu, et son émission, c’est le Maître Windu Show. Ce film commence sous les meilleurs auspices.

Mais donc, qu’est-ce que c’est, le Maître Windu Show ? Hé bien c’est une émission avec un axe vaguement ultra-conservateur dans laquelle on parle du sujet chaud  du moment : la sécurité. Puisqu’en effet, la société Omnicorp, ou OCP pour les intimes, a développé une gamme de robots fort pratiques : les ED-209, gros robots bipodes, et EM-208, humanoïdes blindés, capables d’apporter la sécurité à chacun avec une grande efficacité. Ils sont déployés partout dans le monde et font des merveilles, sauf… aux Etats-Unis, où ce vieux rascal de sénateur Dreyfus (hé oui, ça ne s’invente pas) a fait passer une loi interdisant aux robots de faire la loi parce que les robots, c’est nul, ça plante, ça fout de l’huile partout et ça te demande si tu veux installer iTunes toutes les 20 minutes.

Du coup, le crime galope au pays du hamburger, alors que Maître Windu nous montre ce qu’il en est à Téhéran où il appelle une équipe de l’émission en direct, et où l’armée a déployé ces bijoux.

Le résultat est simple : il suffit aux militaires, journalistes et autres de porter un bracelet rouge spécial, et les robots font tout pour les protéger. Ils marchent donc autour d’eux, scannent les civils à la recherche d’armes, mais… alors que la caméra à Téhéran retransmet en direct les informations au Maître Windu Show, une bande de vilains terroristes attaque ! Et bardés d’explosifs, ils sautent sur et avec les robots ! Ces derniers, diablement efficaces, se débarrassent de la plupart des vilains sans trop de bobos mais la situation est un peu moins funky quand le fils d’un des terroristes, un peu con, sort dans la rue pour attaquer un robot ED-209… avec un couteau de cuisine.

Quelques secondes plus tard, il se fait donc détruire la gueule, ce qui est bien tant il paie pour tous les autres enfants énervants des films américains (même si cet enfant n’est pas vraimeeeeent américain).

Sur le plateau du Maître Windu Show, on relativise : okay, un enfant vient de se finir en pulpe, mais déjà il était vaguement muslimisant, et puis quand même, les robots ont bien fait leur boulot. Alors pourquoi ne pas les déployer dans nos rues ?

Bonne question, mais ce sera tout pour cette émission. Allons donc du côté de Détroit, où au poste de police, l’officier Alex Murphy rentre de mission un peu énervé, son partenaire Jack Lewis venant de se manger une balle. En effet, alors que tous deux étaient en mission d’infiltration déguisés en punks à chien dans le gang de Vallon, un vilain local qui trafique plein d’armes, et qu’ils avaient enfin rencontré ledit Vallon, celui-ci a reçu un mystérieux appel téléphonique le prévenant qu’il avait en réalité affaire à des agents de la maréchaussée (ils n’avaient pas leur canette de 8-6, c’est vrai que c’était suspect). Il a donc vite mis les voiles, laissé des hommes derrière-lui pour couvrir sa fuite, et dans l’affaire, Jack Lewis s’est donc mangé un pruneau.  Damned ! Alex a donc chargé le larron dans une ambulance et est parti au poste faire son rapport auprès de sa chef, Karen Dean.

"Alors Murphy, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Je vous file un super coéquipier qui était quand même Omar dans The Wire, et vous le laissez se faire plomber ?
- A) C’est mon meilleur pote B) Il est noir C) C’est un blockbuster, vous croyez qu’il allait lui arriver quoi ?
- Bonne remarque Murphy. Mais il n’empêche : pourquoi vous en êtes vous pris au gang de Vallon seuls ? Il fallait appeler du renfort !
- Vous savez très bien qu’il y a des flics corrompus ici, si j’avais appelé, on se se serait fait balancer encore plus tôt !
- Murphy…
- Mais regardez ! Ça fait deux ans que les agents Débilou 1 & 2 travaillent sur le dossier Vallon ! Ils n’ont pas procédé à une seule interpellation, ça vous paraît pas bizarre ?
- Bon je… j’en parlerai aux affaires internes. A l’occasion. Entre deux portes. Si je retrouve leur numéro."

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C’est vrai que le coup des mecs qui n’interpellent personne, c’est pas du tout suspect. Donc, durant deux ans, ils n’ont pas pensé une seule fois à arrêter un gars au hasard, ou même un membre du gang pour le garder quelques heures et le faire ressortir, histoire de faire semblant ? Non : ça fait deux ans que les mecs se mangent des fajitas dans leur bureau sans rien faire. C’est… brillant. Autre truc pas du tout suspect : le non-enthousiasme de la chef à réagir. Surtout quand Alex Murphy rajoute :

"En plus, les armes que Vallon vend dans les rues : d’après les premiers éléments de notre enquête, elles viennent des scellés de la police, alors hein !"

Mais comme seule réponse, la chef répond que, bah, boh, tu sais, bon, finalement, hein, tout ça, c’est pas si grave, on verra.

Hmm… je crois que je viens d’identifier trois traîtres alors qu’on est même pas à 15 minutes de film, dites-donc. Subtil tout ça. Ou alors c’est moi qui suis super fort. On va dire ça, on en est qu’au début après tout.

Bref, cela étant dit, allons donc du côté de Washington où se tient une convention de sosies de Julien Lepers et… non ? Ah non, pardon : c’est juste Raymond Sellars, le PDG de l’OCP qui est en audition face au sénateur Dreyfus, le fameux auteur de la loi sur l’interdiction aux robots de faire la loi. Attention, dialogue :

"Est-ce qu’un robot peut avoir le droit de vie et de mort sur un humain ? Non, Monsieur Sellars !
- Ecoutez, nos robots sont super performants et le crime est descendu en flèche de 80% partout où ils ont été déployés."

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Moi j’aurais ajouté "Et si vous voulez, comme ils sont blindés, je pense qu’on doit pouvoir les faire désarmer les gens sans les tuer assez facilement.", mais bon, c’est toi l’expert pépère.

"J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
- Hé bien ils font…
- Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
- Hé bien… rien.
- Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain !"

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Attendez ? J’ai bien suivi ? Les mecs utilisent comme argument "les sentiments du robot" ? Le problème, c’est pas qu’il bute des marmots, c’est qu’il ne ressente rien en le faisant ? Mais qu’est-ce que… non mais le raisonnement est complètement moisi, on peut le retourner : et si un humain bute un gosse, c’est okay ? Parce qu’il a des remords, se met à boire pour oublier, devient alcoolo, tape sa femme et son gosse et finit clodo du coup, c’est donc tranquille Emile ? Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Je vais tout de suite être clair : le pire truc de ce film, ce sont les dialogues. Surtout ceux impliquant l’OCP : quelqu’un a dû manger des pages (dans le meilleur des cas), c’est impossible autrement, puisque comme nous le verrons, ils n’ont strictement aucun sens. Vraiment.

Au passage : Maître Windu, du Maître Windu Show, qui semble gémir "Regardez ma carrière… tueeeez-moiiiii…."

Toujours est-il que, justement, l’OCP après s’être avouée vaincue par les arguments surpuissants du sénateur Dreyfus (faut-il être mauvais), se replie et réfléchit à comment faire pour que le marché américain accepte enfin ses robots. On propose bien une nouvelle campagne de communication, ou encore plus de graissage de pattes de sénateurs, mais ça ne suffit pas. Raymond Sellars a alors une idée : il sait comment contourner le problème ! Je vous passe la scène absurde qui s’ensuit à base de "J’ai une illumination", toujours est-il que Raymond court dans les labos d’OCP pour trouver le docteur Norton, expert en membres cybernétiques. En effet, OCP est leader dans le domaine, tellement que Norton est même en train de montrer à un guitariste amputé des deux mains qu’à nouveau, il peut jouer finement et délicatement, comme avec ses anciens membres, à part du Julien Doré puisque même les membres cybernétiques ont du goût. Mais bon, ça suffit les conneries : Raymond est là et il veut expliquer sa grosse idée :

"Norton, je viens d’avoir l’idée du siècle !
- Arrêter la coke ?
- Non, non, mieux ! Vous savez, la loi Dreyfus ? Les américains veulent l’efficacité des robots mais la conscience des humains : j’ai la solution !
- Des drones ? C’est jamais que des robots, mais avec des humains qui prennent les décisions.
- …
- C’était pas ça votre idée ?
- Merde, non. Putain c’est même pas dans le script. Non, mon idée c’est… c’est mettre un humain dans un robot.
- Ha oui, c’est un peu con quand même. 
- Bon. Ecoutez, on va faire avec : sélectionnez-moi des candidats potentiels pour qu’on les colle dans un robot, allez hop !"

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Et après avoir été convaincu que cela aiderait plein de gens, Norton, qui est un gros gentil, accepte. L’équipe d’OCP propose donc divers candidats, et c’est reparti pour du dialogue raté.

"Bon alors on a le sergent Bob. Amputé des bras et jambes, mais devenu obèse : il ne tiendra pas dans le robot.
- Non. Suivant. 
- Ah bon, on sait concevoir un surhomme mais pas faire une liposuccion ?
- Votre gueule, Docteur Norton, tenez-vous en au script. Suivant, disais-je?
- Là, on a l’officier Black. Il est complètement paralysé et seul un changement de corps pourrait le sauver. Par ailleurs, nos enquêtes d’opinion sur des publics tests le mettent loin devant tous les autres en terme de popularité.
- Il est parfait, on le retient. Montrez-voir le suivant ?
- Le sergent Bigballs. Ancien chef du SWAT, il a perdu ses deux jambes mais incarne toujours un idéal de virilité coolos.
- Il me plaît. Norton, votre avis ?
- Son dossier dit qu’il est instable psychologiquement. Vu ce qu’on devra faire subir au candidat, mieux vaut éviter.
- Bon, hé bien alors il faudra attendre qu’un autre pauvre type se fasse dégommer."

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Attendez, attendez, sérieusement ? Vous avez dit il y a UNE SECONDE que l’officier Black était parfait en tous points, et que lui, il était pas amputé : il était paralysé, les membres cybernétiques ne pouvant le sauver, c’est donc en plus le seul qui a une VRAIE raison de se retrouver dans un robot. Vous avez même dit que vous le "reteniez" ? Je… oh, misère, rater ses dialogues à ce point, c’est quand même dramatique. Bon bin, retournons du côté de l’ami Murphy alors.

Alex Murphy est donc parti à l’hôpital visiter son bon ami Jack Lewis, pour lui promettre qu’il va botter le cul de Vallon et ses sbires. Oui mais voilà : ce qu’Alex ignore, c’est que les agents Débilou 1 & 2 sont déjà allés voir Vallon pour lui dire que l’incorruptible Murphy était toujours à sa poursuite, mais que si il voulait s’en débarrasser, il serait à l’hôpital aujourd’hui. Vallon a donc envoyé un homme placer une bombinette sous la voiture de Murphy, quel déconneur celui-là !

Aussi, lorsque Murphy remonte dans sa voiture…

… rien. Ah ? Bon, bon. Peut-être qu’il va le faire péter sur la route alors ? Mmmm… non, Murphy arrive chez lui sans souci. Bon, bin à l’arrêt du moteur peut-être ? Ah bin non plus.

J’ai dû louper un truc. Murphy, donc, rentre chez lui et retrouve sa charmante femme et son fils, et s’empresse de mener une vie de famille exemplaire avec eux parce que c’est un vrai héros parfait. Puis, la soirée avançant, on envoie le petit au lit, et chez les grands, on se dit qu’il serait bien temps de copuler un peu, là, comme ça, allez hop, tu te mets en slip-chaussettes s’il te plaît. Alors que nos larrons commencent à peine à se mettre en jambe avec des préliminaires comme le chameau volant ou la tornade du Bénin, voilà que l’alarme de la voiture se déclenche. Roooh. Relou. Murphy laisse donc Madame en plan et va donc tenter de couper le bousin, mais la télécommande ne marche pas, bordel de pipe. Il va donc tenter de couper tout cela manuellement, et en ouvrant la portière de la voiture…

BOUM !

Si c’était pour faire ça, pourquoi attendre aussi longtemps ? Nous ne le saurons jamais. Mais si ce n’était que ça !

Ah oui, okay. Donc les mecs se sont compliqués la vie à poser la bombe, la laisser sous la voiture des heures, attendre que Murphy soit chez lui puis, pour se marrer, ont piraté l’alarme du véhicule pour tout faire péter à ce moment là. Ça n’a strictement aucun sens, c’est génial. Madame la marchande, je vais reprendre du pop-corn au Xanax s’il vous plaît.

Résultat des courses : l’ami Murphy a été transformé en merguez. OCP repère donc son dossier et explique à sa femme que son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau, du coup, le chameau volant, il risque plutôt de rester à faire du roulis sur la piste. Ah bin oui, hein, c’est dur.

Pardon ? Oui, l’OCP, qui deux scènes plus tôt était le leader mondial de la prothèse cybernétique est en train d’expliquer que les bras ou jambes coupés, pfou, ils voient pas comment faire.

Tous les dialogues. Tous. Sans exception.

Bref, ils proposent à Madame Murphy une nouvelle procédure pour le sauver et lui donner une seconde chance. Et après une grosse hésitation, et puisqu’elle doit se décider vite, elle signe.

Murphy est donc plongé en plein rêve, persuadé que tout va bien, jusqu’au moment où il quitte ce songe merveilleux dans lequel il jouait à Twister avec Françoise Boufhal pour se retrouver dans un laboratoire, attaché à une sorte de chevalet futuriste, avec en lieu et place de Françoise le professeur Norton, qui porte quand même drôlement moins bien la blouse, marrant ça. Murphy, a moitié shooté, se demande donc ce que c’est que ce bordel.

"Gnu… où… où suis-je ? Où est ma femme ? Je me souviens que j’étais chez moi avec elle et que j’allais lui faire l’amour, et puis… le trou noir.
- Vos métaphores anales ne m’intéressent pas, Murphy. Toujours est-il que votre femme va bien, votre fils aussi et… vous aussi. Tenez : Simone, ouvrez les verrous de sa colonne et de ses bras."

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Un bruit mécanique plus tard, Murphy peut tourner la tête et bouger les bras, et constate que dis-donc, ils sont engoncés dans une sorte de grosse armure qui ne laisse dépasser que sa main droite.

"Qu’est-ce que… libérez-moi !
- Très bien, très bien : Simone, ouvrez les verrous restants. Murphy, essayez de faire quelques pas."

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Cliquetis, cliquetas, et hop ! Notre héros est libre de ses mouvements et confirme : il est bien bloqué dans une sorte de grosse armure qu’on refuse de lui enlever. Un peu bougon, il se met donc à courir partout pour essayer de fuir ce lieu où l’on veut le retenir, et gambade donc au travers du laboratoire futuriste, fuyant dans tous les couloirs avant de traverser un gigantesque atelier plein d’asiatiques, ce qui lui fait peur (pas seulement parce qu’il est un peu raciste) puisque ça voudrait dire que si ça se trouve, son armure est du Made in China, puis atteint l’extérieur où il découvre que non seulement il court désormais super vite, mais en plus, peut franchir le mur d’enceinte d’un seul bond. Ce qu’il fait avant de tomber… dans une rizière, au milieu des paysans, puisqu’en Chine, les usines super sensibles sont toujours installées au milieu des rizières, c’est comme ça, ça permet de manger bio à la cantoche. Norton, voyant que Murphy ne compte pas revenir, appuie donc sur le gros bouton "Dodo" et Murphy s’effondre donc lamentablement le temps que l’on vienne le récupérer.

Coup de bol, il tombe sur le dos. Sinon, j’imagine bien Norton "Allô, Raymond ? Oui, tu sais notre dernier projet ? Bah, il s’est endormi dans une rizière et s’est noyé dans 2 centimètres d’eau.  On a d’autres candidats ?"

Bref, Murphy se réveille à nouveau dans le laboratoire de l’ami Norton, qui tente de le calmer un peu.

"Murphy, nous avons commencé du mauvais pied tous les deux… hihih, mauvais pied… 
- …
- Non mais c’est parce qu’on vous a ampu… ho et puis merde, Murphy.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
- Hé bien vous avez été victime d’une bombe, vous étiez tout brûlé, il vous manquait un œil, un bras, une jambe, 80% de votre corps était brûlé…
- Je veux me voir !
- Soit : Simone, faites sortir le gros miroir du sol."

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Scientifiques qui me lisez, si votre laboratoire n’a pas au moins un méga-miroir dans le sol, sachez que vous êtes dans un truc de gros nazes : c’est quand même évident que tout laboratoire sérieux devrait avoir ça. Toujours est-il que Murphy se voit enfin dans sa grosse armure, et Norton commande alors le démontage de celle-ci pour montrer ce qu’il reste de lui : et visiblement, pas grand chose, puisque plus l’armure s’en va, plus il y a de vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus… que la tête de notre héros, ses poumons et sa main droite (et encore, reliée par un vieux boudin en métal, il n’y a même plus de bras).

"Haaa ! C’est affreux ! 
- Je sais Murphy et…
- Qu’avez-vous fait ?
- C’est-à-dire que vous étiez dans un sale état comme je vous l’ai dit et…
- Non, c’est pas ça ! Pourquoi avez-vous bossé comme des charlots ?
- Pardon ?
- Bon sang ! Mon corps était brûlé à 80% et comme par hasard, mon visage, lui, est impeccable ! 
- Heu… on l’a refait avec notre super technologie ?
- Vous savez refaire la peau du visage mais pas celle des bras ou des fesses ? Vous aviez la technologie pour me soigner mais ne l’avez utilisée que pour me faire une jolie tête ? En plus même le mec de Robocop 1 dans les années 80 avait l’air plus crédible ! On voit bien que je suis juste un acteur avec un costume et une cagoule !
- Hem je… attendez… je suis sûr que…
- Et l’armure ! Bon sang, vous pouviez pas juste me mettre une exo-armure, justement ? Et remplacer les membres manquants avec de la cybernétique ? C’était moins cher et moins traumatisant !
- Non, je suis sûr que… qu’il y avait une excellente raison…
- Excellente raison qui ne marchait pas pour mon corps mais qui fait que vous m’avez quand même remplacé l’œil kaput justement avec la technologie en question ?
- Je…
- Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
- Votre autre main ?
- Noooon, pas exactement.
- Ho.
- Non mais… bordel, allez : remettez-moi mon armure. Et je ne veux même pas d’explication sur pourquoi les prothèses que vous filez aux guitaristes sont maniables et silencieuses quand votre armure qui est autrement plus élaborée bouge comme un jouet pour enfants. Vous m’avez remonté avec des pièces de R19 ou bien ?
- On va s’arrêter là pour aujourd’hui Murphy, d’accord ?"

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Ce film est dramatique. Rien n’a aucun sens. Et on est encore loin d’être rendus, c’est… je n’arrive même pas à m’expliquer comment on peut rater autant de trucs.

Jeu : l’un de ces deux films a eu un budget 8 fois inférieur à l’autre et 27 ans de plus. Sauras-tu retrouver lequel a fait un minimum d’efforts pour le maquillage de cyborg ?

Toujours est-il que Murphy a le droit à une petite vidéoconférence avec sa femme pour lui dire que hihihi, il va bien, il rentre bientôt, mais que là il a encore besoin de s’adapter à son nouveau corps, tout ça, sinon il va glisser sur le parquet à la maison et ça va être le bordel. Sur ces entrefaites, il est présenté à Maddox, le patron des robots chez OCP, qui évidemment, a la psychologie d’un chou, et encore, pas un chou frais frais, et passe donc son temps à insulter Murphy en lui disant que c’est une chose, pas un humain, quand bien même on lui a expliqué l’exact contraire. Le procès pour harcèlement n’est pas loin.

Ou celui au dialoguiste, vraiment.

On présente donc ses nouvelles armes à Murphy, que nous pouvons désormais appeler Robocop, je pense. D’abord, une mitraillette qui envoie de gros pruneaux, et ensuite, un taser qui envoie 12 millions de volts, mais ça va, tu le vis bien. Cela fait, on lui propose d’aller dans un simulateur reproduisant à la perfection un exercice, avec face à lui, un robot humanoïde EM-208 qui doit affronter la même simulation. Le résultat est sans appel : défoncer 12 terroristes et libérer 3 otages prend 48 secondes pour le robot, 53 pour Robocop.

Parce que l’humain, lui, réfléchit avant chaque action.

Exactement ce que l’OCP voulait.

Du coup, que se passe-t-il lorsque Norton annonce les résultats à l’OCP ? Hé bien l’ami Raymond s’exclame "Noooon ! Il est moins performant que nos robots, c’est un produit défectueux ! Corrigez immédiatement cela, docteur Norton !"

Dites les mecs, ça vous dirait de regarder votre propre film à un moment ? Non parce que je résume : la loi Dreyfus est contre les robots qui font la loi à cause d’arguments essentiels comme "Ça a pas de sentiments liés à ses actes".  Vous créez donc un humain robotisé justement pour cette raison. Le résultat est sans appel : les réflexions et les sentiments sont si présents qu’on peut même observer clairement la différence à l’exercice face à un robot. Et franchement, je pense que tout le monde se tape cordialement du fait qu’il mette 5 secondes de plus pour arrêter des terroristes si ces 5 secondes sont passées à faire des trucs comme réfléchir à ses actes.

Hé bien non. Chez l’OCP et ses dialogues honteux, on a pas compris et on commande un truc absurde.

Du coup, Norton se met au boulot et modifie un peu la programmation de Robocop. Et pour la présenter, il propose à Robocop d’affronter Maddox, qui est aussi un sacré militaire, accompagné d’environ 50 EM-208, le tout à balles réelles bien sûr, histoire de foutre en l’air le maximum de pognon. Et dire que dans la scène d’avant, un simulateur suffisait. Madame la marchande ? Oui, avec les pop-corn au Xanax, je vais prendre un Miko au Lexomil. Merci, vous êtes bien urbaine.

Bref : Robocop, qui a aussi eu le droit à une modification de son armure pour qu’elle fasse noir et cool suite à d’autres enquêtes d’opinion, colle une grosse branlée aux 50 robots qui l’attaquent comme il se doit par groupes de 1. Il finit même par taser le pauvre Maddox, qui est bien surpris et sent donc très fort le grillé, la défaite, et bien sûr le caca. Dans la salle de commande, Raymond et ses amis sont ravis et pas seulement à cause de leur scatophilie galopante : comment Norton a-t-il obtenu un résultat pareil ?

"Hé bien, je suis un personnage gentil mais là, j’ai décidé qu’en situation de combat, l’armure de Robocop prendrait le dessus. C’est donc une intelligence artificielle tout simplement encore plus performante que celle de nos robots qui combat à sa place et lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions. Et sitôt le combat terminé, lorsqu’il relève sa visière, c’est à nouveau Murphy qui est aux commandes et est persuadé qu’il a tout fait lui-même.
- Mais c’est génial Norton ! Vous êtes un gentil, mais menteur, manipulateur et sans éthique ! Un robot qui fait tout avec un humain dedans juste pour l’image… je suis sûr que ce n’est pas du tout un coup à se bouffer le procès du siècle ! Vite, on le ramène à Détroit, il est temps qu’il montre ce qu’il sait faire !"

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Et ni une, ni deux, Murphy est ramené à Détroit. Et a le droit d’aller visiter sa famille : tout le monde est un peu étonné de le voir ainsi, parce que ça va être moins pratique pour le chameau volant quand même, ils se sont un peu foutus du monde chez OCP. Mais bon, il est envie, alors c’est cool quand même.

Et puis au bout de 5 minutes, Murphy se casse, parce que oui, il rêve de revoir sa famille depuis des mois, mais en fait, bof. Et sa famille trouve ça tout à fait normal. Bin écoutez, évidemment, c’est bien naturel tout ça, allez hop, passons à la suite ! Non mais… bon. Il y en a tellement que tout relever est vraiment compliqué tant c’est navrant. Toujours est-il que Murphy part pour le commissariat où a été installé le laboratoire où il peut dormir pendant qu’on lui fait la vidange et les plaquettes de freins. Il y retrouve son coéquipier Jack Lewis, fraîchement rétabli et prêt à repartir pour la tatane. Consigne est donnée d’attendre le lendemain, où le commissariat va présenter officiellement Robocop à la population de Détroit.

Dès le lendemain, et 5 minutes avant la cérémonie de présentation, Norton travaille donc à… à…

… à faire une procédure expérimentale et dangereuse d’upload de toutes les bases de données de la police directement dans le cerveau de Murphy ? Mais ? Non mais arrêtez, vraiment ! Vous faites vraiment vos expériences 5 minutes (et je n’exagère pas : pendant qu’il joue avec son cerveau, les gens viennent leur dire "Vite, vite, le discours du maire va se terminer !") avant une présentation publique critique ?

Evidemment, ça ne rate pas : ça tourne mal. Toutes ces images de crimes (sans compter les Go de porn stockés sur les serveurs de la police) dans le crâne font que Murphy commence à délirer un peu, surtout lorsque les images des caméras ayant filmé l’explosion de sa propre voiture arrivent. Il les consulte en boucle sur sa super interface visuelle, et comme il fait vraiment une grosse crise, Norton décide de modifier sa chimie cérébrale jusqu’à ce qu’il ne ressente plus la moindre émotion. Ce qui fonctionne  : Murphy se calme, et sitôt mis sur pieds, il s’exprime comme un cyborg, ignorant jusqu’à son bon ami Lewis et même sa famille qui l’attendait dans un couloir voisin. C’est pas très très sympa, Robocop, à mon avis tu vas coucher sur le clic-clac cette nuit.

Sauf qu’en arrivant sur l’estrade où le maire et les officiels de la police l’attendent devant une foule en délire, Robocop se comporte encore plus étrangement.

En effet, il scanne en effet la foule, et comparant le tout avec sa base de données nouvellement téléchargée, y reconnait Zug l’éventreur, un criminel recherché pour meurtres et autres trucs peu ragoûtant, en cavale depuis 6 ans.

Et oui, le mec en cavale depuis 6 ans a décidé de se pointer à l’inauguration de Robocop.

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"Je t’arrête, Zig l’Eventreur ! Et j’espère que ton complice viendra au bal de la police !"

N’en jetez plus, je ne vois même pas comment on peut continuer à s’enfoncer. Faisons confiance à Roboscript, qui dépasse tous les humains dans le domaine (c’est un scénariste qui a survécu à l’explosion de son stylo Bic et à demi défiguré, a été reconstitué à partir de morceaux d’Amiga 500).

Autant vous dire que Robocop fend la foule et tombe sur le coin du nez de Zug l’éventreur, lui tasant sévèrement les roudoudous avant de l’arrêter et de lui lire ses droits. Du coup, le soir même, au Maître Windu Show, c’est un peu le Eugène Saccomano Show, avec un sacré enthousiasme à base de "Holololololo, comment Robocop il a défoncéééééééééé le crimineeel ! La police doit être dééég’ ! Et le sénateur Dreyfus, bouuuuh comment il s’est trop planté : whololololooooooooo les robots, ça déchiiire !". Etc.

Du coup dans les jours qui suivent, Robocop se voit confier un solex (avec des néons en dessous, typique des véhicules de la police, c’est connu, même un véhicule ils le ratent, ils sont forts) et va faire la justice sur sa mobylette. Grâce à la base de données de la police et les caméras situées partout en ville, il peut ainsi localiser les criminels ou leurs complices très facilement, et donc remonter les filières à coups de tasers, de main dans la gueule et d’acrobaties en moto. Et les méchants n’y résistent pas.

D’ailleurs, notez bien un truc : tout le monde est sur le cul parce que Robocop est super efficace. Mais aux dernières nouvelles, les caméras qui apparemment font de la reconnaissance faciale ainsi que la base de données de la police étaient là avant lui. Du coup, le point fort de Robocop, c’est qu’il n’y a que chez lui qu’on a installé un ordinateur qui recoupe les deux. En fait, depuis des années, la police de Détroit avait l’outil ultime mais n’avait juste pas pensé à s’en servir : on regardait les caméras OU la base de données. Alors que chacun sait que rien qu’aujourd’hui, même un vulgaire utilisateur des forums HFr sait croiser le "topic des images étonnantes" avec la "base de données des actrices pornos" pour faire son marché. Bon, ça ne fait pas baisser la criminalité, par contre l’industrie du sopalin a compris depuis longtemps que c’était une chouette idée.

On en conclura donc naturellement que la police de Détroit est un peu moins rusée que l’industrie du sopalin, mais là n’est pas le sujet.

Puisqu’un jour que Robocop sort du commissariat sur son solex étincelant, voila-t-y pas que sa femme surgit au milieu de la route.

"Alex ! Alex, c’est moi, ta femme ! Tu dois me parler.
- Circulez citoyenne ou je vous tase la gueule puis je fais des acrobaties en mobylette.
- Alex, regarde-moi ! Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait… on dirait qu’ils ont supprimé tes sentiments, et du coup, ils m’empêchent de t’approcher pour ne pas que je t’aide à les retrouver ! Alex, ton fils a besoin de toi ! Il est traumatisé par tout cela !"

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Robocop a tous les processeurs qui tournent à fond les ballons : qu’est-ce que ces que ces carabistouilles de civile ? Il consulte donc sa base de données et observant les vidéos de l’école locale, voit en effet son fils qui a l’air assez malheureux sur celles-ci. Robocop décide donc de laisser tomber les appels de détresse en cours : il a un truc à faire, désolé mamie qui se fait tabasser ou à toi qui découvre l’ambiance chaleureuse d’une cave avec des petits camarades aussi nombreux que turgescents. Il démarre donc sous le nez de sa femme sans dire un mot, et du côté du laboratoire d’où on suit les performances de Robocop, tout le monde s’affole : le bougre est en train de voir ses sentiments revenir ! La machine ne peut vaincre l’homme qui est dedans ! Le policier d’acier se rend donc chez lui, où des souvenirs de son passé lui reviennent doucement, pendant qu’il sort de sa super mémoire tous les dossiers concernant l’attentat qui a fait de lui ce qu’il est.

Et il décide donc de reprendre l’affaire. Fuck yeah.

Pour commencer, il va voir Débilou 2, à qui il éclate le museau afin d’obtenir des informations : où se planque Vallon ? Il sait qu’il est ripou, alors parle, mécréant ! Débilou 2 explique donc qu’il ne sait pas où est Vallon mais a le numéro de téléphone de son chauffeur. Robocop laisse donc Débilou 2 partir puis utilise le numéro pour localiser le vilain, et donc probablement Vallon qui doit être avec. Puis il enfourche sa moto, allume les phares et…

Et…

On était en plein jour, non ? Robocop venait de prendre son service, nous étions en matinée… bon, bin il fait nuit. D’accord, encore une fois : grosse qualité, vraiment. Rappelons que le premier Robocop a coûté 13 millions de dollars, celui-ci, 100. Et malgré tout, il arrive à contenir infiniment plus de trucs complètement ratés : on va dans le bon sens. Enfin : Robocop part donc faire le zazou en solex, et file donc droit vers un entrepôt où le téléphone du chauffeur de Vallon a été localisé. Vallon qui reçoit justement un coup de fil qui le prévient que Robocop arrive : aux armes !

"Bon, les gars, tout le monde s’équipe et vite ! On a le nouveau flic, là, Robocop qui arrive vers nous ! Quand je pense que Débilou 1 & 2 m’avaient dit que jamais il ne remonterait jusqu’à moi… bon, écoutez, mes taupes chez la police me disent que l’armure du bonhomme résiste à tout ce qui est en dessous du 50 mm, donc tirez au gros calibre et visez la tête, puisque ses concepteurs lui ont étrangement mis une visière au lieu d’un casque complet ! Et n’ont pas pensé à couvrir sa main droite, d’ailleurs ! Ils devaient être un peu cons.
- Alors que nous, on l’est pas, hein chef ?
- Ça non ! J’ai même un super plan : on est des humains, c’est un robot…
- Oui ?
- On va donc éteindre toutes les lumières et mettre nos lunettes de vision nocturne : ce sera un peu moins pratique pour nous, mais je suis sûr que les robots ne voient pas dans le noir !"

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… ceci n’appelle même pas de commentaire, je crois.

De toute manière, Robocop a une visière qui brille pour que ceux qui n’auraient pas la vision nocturne sachent où tirer. Sympa, vraiment.

Bon bin, comme ils sont dans le noir et avec une visibilité réduite malgré leurs accessoires et que Robocop se moque vaguement de la luminosité, il leur colle une branlée comme il se doit, et tue Vallon dans l’affaire, qui n’était pas chaud-chaud pour se rendre de toute manière. Il en profite pour analyser l’arme que portait Vallon avec son super scanner : il y a dessus… les empreintes de Débilou 1 & 2 qui prouvent que ce sont bien eux qui faisaient sortir des armes des scellés de la police ! Robocop repart donc vers le commissariat sur son fidèle destrier et va y trouver son copain Jack Lewis, tout heureux de voir que Murphy a retrouvé ses sentiments et donc, son humanité.

"Viens voir, ça va être intéressant !"

Ils vont donc dans le bureau de Débilou 1 & 2, comme toujours occupés à manger des fajitas et diffuse pour les humilier sur tous les canaux publics les preuves qu’il a contre eux comme… que… ho… non… la conversation enregistrée de Vallon et Débilou 1 & 2 parlant de tuer Murphy peu avant l’explosion de sa voiture ? C’était une caméra d’un lieu public, et les deux flics ripoux depuis des années n’ont pas pensé à, par exemple, chercher ce genre de données pour s’en débarrasser ? Sachant qu’ils avaient dit plus tôt dans le film que si, justement, c’est exactement ce qu’ils faisaient ? Bon, vous en voulez encore ?

Alors accrochez-vous, c’est pas fini.

Après avoir arrêté les deux bougres en direct et leur avoir tasé la gueule, il se rend dans le bureau de Karen, sa chef, et la menace elle aussi de son arme en lui expliquant : il a remonté le numéro de téléphone qui a prévenu Vallon. C’est le sien. C’est donc pour ça qu’elle ne faisait – très discrètement – rien contre Débilou 1 & 2 ou les vols de scellés : elle était avec eux !

Et puis là, pouf.

C’est parti pour encore plus de non-sens : soudain Norton se dit que c’est super dangereux tout ça, que Robocop risque de la tuer pendant qu’il diffuse toujours en direct ce qu’il voit, et donc, il appuie sur le bouton "Dodo" de Robocop.

Mais arrêtez, arrêteeez ! Ça n’a aucun sens ! Pourquoi il l’aurait tuée sachant qu’elle avait été moins impliquée que Débilou 1 & 2 qu’il a juste tasés ? Hein ? Il était en train de l’arrêter en direct !

On est plus à ça près. Robocop est donc transporté jusqu’à son laboratoire pour se reposer un peu, pendant qu’au Maître Windu Show, c’est la grosse folie : Robocop a résolu sa propre tentative de meurtre et découvert des gens corrompus chez les agents de la maréchaussée… ce qui ne serait jamais arrivé à des robots ! Tout ça est excellent pour les partisans du déploiement des robots sur le territoire !

Chez OCP, on fait donc une petite réunion : cette semaine, les nouvelles ont été bonnes : depuis l’arrivée de Robocop, le sénat s’est complètement retourné et a voté pour virer la loi Dreyfus. OCP va donc pouvoir déployer ses machines sur tout le territoire ! Et puis quand même, cette histoire de Robocop qui prouve que les humains sont moins fiables que les machines… non, vraiment, c’est super. Même s’il a agi de son propre chef. Du coup, il y a ce dialogue merveilleux :

"C’est un héros. Et vous savez ce qui est plus grand qu’un héros ?
- … (NDlOC : un super héros?)
- Un héros… MOOOOOORT ! Maddox : allez tuer Robocop ! Je mets au courant Norton. Et dites à Mme Murphy de venir ici, on lui dira qu’il est mort lors d’une crise parce que c’était un prototype."

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POURQUOI ? POURQUOI ? ARRÊTEZ CE FILM, JE VEUX DESCENDRE ! TOUS les événements prouvent que Robocop va clairement dans votre sens ! Vous faites super attention à votre image ? Tout le monde l’adore ! Il agit de son propre chef ? C’est pour mieux montrer qu’il surpasse les humains et donc ça vous sert ! Arrêteeeez, écoutez-vous parler, vos dialogues n’ont aucun sens !

Il n’empêche que Madame Murphy, elle, reçoit un appel de OCP où l’ami Raymond l’invite à lui rendre visite avec son fils et lui annonce le décès d’Alex Murphy, alias Robocop, disant qu’il est mort, comme ça, pouf,  c’est vraiment trop ballot, maintenant t’es gentille et tu dégages. Pendant ce temps, au laboratoire de Robocop, deux militaires sont là pour tuer Murphy. Mais ? C’était pas à Maddox de le faire ? Bon, on va dire qu’ils bossent pour Maddox qui leur a dit de très discrètement, menacer tout le monde avec des fusils d’assauts en attendant qu’il arrive, comme ça, ce sera super discret. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur : j’essaie de sauver le film, là, mais j’ai du mal même en extrapolant.

Heureusement pour Robocop, Norton, qui n’a guère apprécié le plan de l’OCP, décide de sauver notre héros d’acier : il le réveille donc pour qu’il colle sa branlée aux deux militaires, puis l’informe que l’OCP veut le tuer. Il n’en faut pas plus à Robocop pour partir en mission au QG local histoire de tataner Raymond Sellars, le PDG qui a commandité l’affaire. Et non, il ne demande pas de preuves : on le réveille, on lui dit "Tue ces gens, là, ils sont méchants et ensuite va tuer le mec là-bas" : il le fait. Il est bien brave ce Robocop. Voilà voilà.

A l’OCP, l’alarme est donc sonnée : Robocop est vivant et arrive ! On déploie donc les ED-209 pour qu’ils l’empêchent d’entrer, mais bon, Robocop étant fort, rapide, et accessoirement le héros, il s’en débarrasse bien vite et se fraie un chemin dans les hauteurs du bâtiment. Il est en plus appuyé par un véhicule du SWAT mené par Jack Lewis venu aider son coéquipier. Et qui plutôt que de dire "Les mecs, c’est la police, on prend le contrôle du bâtiment, coupez la sécurité" décide plutôt de se battre contre l’OCP avec sa kikounette et son couteau. Pourquoi, sachant que tu as l’autorité pour ne pas avoir à le faire ? Trop de pourquoi depuis le début de ce film. Passons au comment.

Comment nos héros progressent-ils donc ? Au fusil. Vont-ils vite ? Plutôt, oui. Ça se passe bien ? Pas forcément, surtout lorsque surgit Maddox (que Robocop avait croisé sur la route en fonçant vers l’OCP, mais visiblement, le bougre a trouvé le temps de revenir, de passer devant Robocop sans se faire voir, d’aller se changer pour mettre son armure et de revenir l’attendre sur son chemin ou alors, il s’est téléporté parce que ce film est écrit avec un étron comme stylo – j’ai été clair, le bic a défiguré le premier scénariste, suivez un peu). Parce que voyez vous, l’ami Maddox porte l’un des fameux bracelets rouges qui font que les robots le protègent… et donc que la programmation de Robocop l’empêche de lui tirer dessus !

Maddox sait que Robocop est là : il a entendu "LA BASE DE DONNEES DES VIRUS A BIEN ETE MISE A JOUR" venant de derrière un poteau

C’est ballot.

Heureusement, Jack Lewis arrive et d’un pruneau bien placé, tue Maddox. Mais se fait plomber en retour par les méchants. Robocop se penche donc sur lui après avoir tué le dernier malandrin.

"Ta blessure n’est pas mortelle. Une ambulance est en route.
- Pourquoi… ai-je encore pris une balle ?
- A) Tu es mon meilleur pote B) Tu es noir C) C’est un blockbuster, tu croyais que…
- Oui mais deux fois le même poncif, faut en vouloir pour le faire dans un seul film. Et puis, ta gueule en fait, continue sans moi."

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Robocop arrive donc au sommet de la tour de l’OCP où se trouve un héliport, et où attendent quelques gardes, Raymond Sellars, et en otage, la famille Murphy.

"Tu n’aurais jamais dû venir ici, Robocop ! Je t’ai créé, je peux te détruire !
- Raymond Sellars, vous allez me suivre, mort ou vif !
- Meuheuheu, regardez, regarde ! J’ai un bracelet rouge moi aussi, tu ne peux rien me faire ! Quel dommage que mes gardes n’en aient pas eu ou même mes propres robots entre eux ! Maintenant que j’y pense c’est… mmm… non, c’est sans importance."

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S’ensuit le discours habituel du méchant qui explique qu’il va gagner, que tout est fini, etc. Sauf que Murphy n’étant pas complètement machine, sa part d’humanité et donc de jeune ado rebelle dans le vent lui permet de surmonter la programmation et il parvient à tirer sur le pauvre Raymond – c’est étonnant – et donc à sauver sa famille. Raymond a le temps de lui tirer dessus avec un pistolet rikiki en s’effondrant, et si jusqu’ici Robocop a survécu a une pluie d’obus, le tout petit pistolet l’envoie direct au sol. Robocop est-il mort ? Ce film est-il une blague ?

Evidemment que non (en tout cas, pour la première question) ! Sauvé par Norton, et son armure réparée et revue pour être grise et ornée du logo de la police de Détroit, il est déjà prêt à reprendre du service : tremble, crime !

Et pendant ce temps, au Maître Windu Show, on râle : suite à ces événements, le gouvernement américain vient à nouveau de refuser le déploiement de robots sur son territoire : tant pis pour les profits de l’OCP ! Pardon ? Cette décision ne devrait avoir aucun rapport avec les derniers événements, puisqu’aucun robot n’a merdé aux dernières nouvelles, au contraire ? Allez, une incohérence de plus pour la route !

C’est donc sur le visage d’un Maître Windu grognon que tout vire au noir (je t’ai vu ricaner, au fond) et…

… FIN !

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"Où… où suis-je ?"

Berthier ouvre péniblement les yeux, aveuglé par la lumière des néons au-dessus de lui. Bientôt, il voit se pencher sur lui le visage bienveillant du PDG d’Odieux CorP, un cigare en bouche.

"De retour dans le monde des vivants Berthier ?
- Vous ? Mais… c’est impossible, je suis mort !
- Hahaha, si vous parlez de cette histoire avec le DIEGO-209, c’est oublié. 
- Mais où est-il ? Il faut l’arrêter !
- Bof, ça c’est fait tout seul. On l’a envoyé à Hollwood comme prévu, il y avait trop de mauvais goût : il est tombé à court de munitions, au bout d’à peine deux minutes. 
- Ho et… mais attendez, je ne sens pas mon corps !
- C’est normal. Vous étiez dans un état lamentable quand nous vous avons récupéré. Heureusement, le gouvernement français nous a proposé un partenariat pour créer un policier… parfait. Avec leur financement et nos connaissances, vous donner une seconde chance a été un jeu d’enfant."

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Berthier roule ses yeux dans toutes les directions, essayant de voir ce qu’il est advenu de son corps. Notant son inquiétude, le PDG le rassure aussitôt.

"Vous êtes une sacrée machine de guerre, Berthier : armure en plastique recyclable, armature en fer forgé, Bi-bop intégré, connexion Minitel illimitée, vous allez montrer ce que c’est que le savoir faire français !
- Mais… je… je ne peux pas affronter le crime avec…
- Le crime ? Mais non regardez : vous avez une petite imprimante sur le torse qui vous permet d’imprimer des PV. Vous avez accès à la base de donnée de tous les parcmètres, et regardez, le truc rigolo : si je bouge ma main très vite devant vous…
- FLASH
- … et voilà !
- Je… est-ce que mon œil droit vient de vous flasher ?
- Radar intégré ! Vous êtes désormais l’outil ultime de la loi et de l’ordre en France, vous êtes…"

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Il laisse, comme à son habitude, la phrase tourner pour mieux la savourer, puis la conclut :

"…MUNICIPAL ROBOCOP"

Et Berthier s’évanouit dans un long gémissement se mêlant à la sonnerie de son Bi-Bop.

"Plus haut, Diego, plus haut !"

Le pauvre serviteur s’échine à tirer sur la chaîne du treuil en maugréant, alors qu’au-dessus de lui, le plafond s’ouvre lentement, laissant entrer de lourdes gouttes de pluie dans le laboratoire encombré. Il pousse un léger couinement en voyant un éclair pâle courir le long des nuages noirs au-dessus de lui, puis voyant son employeur sourciller en le fixant depuis l’abri de ses lunettes de soudeur, il reprend son ouvrage et tire de plus belle sur la chaîne.

"Patron… gnnn… c’est pas pour dire mais… gnn… pourquoi ?
- Pour la SCIENCE Diego ! La science ! 
- Gnnn… on pourrait pas… lire des livres… gnnnn… plutôt ?
- Allons Diego ; dans le domaine des sciences, il y a deux types de personnes : ceux qui lisent les livres et ceux qui les écrivent.  Aujourd’hui, nous intégrons la deuxième catégorie.
- Bin oui mais alors… gnnn… comment on appelle…. gnnn… ceux qui citent des livres… pour pour en écrire de nouveau… dans l’espoir d’être cités par d’autres un jour ?
- Des doctorants, Diego. Maintenant,  bloque tout ! La plate-forme est en position !"

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Tout en grognant, le garçon s’échine à faire comme il lui est demandé et enroule le peu de chaîne qu’il lui reste en main autour d’une amarre de fortune, avant de baisser ses propres lunettes de soudeur. Il jette un œil à son maître en train de tirer sur ses gants de caoutchouc avant d’aller examiner de larges manettes sur une machine couverte de compteurs aux aiguilles tremblotantes. Tout en examinant ses instruments, il répète une dernière fois.

"Vois-tu Diego, maintenant que la plate-forme est en position, et si mes calculs sont exacts, à 23:59, la foudre devrait frapper les paratonnerres situés là-haut, pour courir le long des câbles et traverser l’ensemble du laboratoire, captive, pour alimenter tout ce que tu vois ici. Elle retournera vers la plate-forme pour circuler dans les restes que j’y ai assemblé tant bien que mal, puis elle redescendra jusqu’à l’allume cigare qui est ici, parce que s’allumer un barreau de chaise avec la puissance du tonnerre, c’est un peu la combinaison ultime de Zeus et du CAC 40, autant de dire qu’avec ça, tu fais rêver tout amateur qui se respecte. Ensuite, on redescend le tout, et logiquement, l’expérience est complète. 
- Oui mais…
- Surveille ta montre malheureux ! Regarde, la foudre va frapper d’une minute à l’autre ! Vite Diego, mettons nous à l’abri du…"

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Un impressionnant flash éblouit les deux hommes qui sont jetés au sol dans un bruit terrible alors que la foudre frappe, comme prévu, la plate-forme qui dépasse du toit du laboratoire et que les câbles alentours crépitent de l’énergie qui les parcourt. Durant quelques secondes, on entend plus que le grondement du tonnerre à l’extérieur ainsi que le bruit des étincelles jaillissant de-ci de-là, et puis finalement, tout retombe et le silence revient accompagné d’une forte odeur de brûlé.

"Diego, la plate-forme !"

Un coup de pied sur l’amarre, une main sur le treuil, et bientôt, la plate-forme recouverte d’un drap à demi-calciné redescend. D’un geste vif, la toile est dégagée et l’expression surprise des deux hommes devient rapidement, pour l’un d’entre eux du moins, celle d’une joie sincère.

"Nous l’avons fait Diego ! NOUS L’AVONS FAIT !
- Reproduire le générique de Code Lisa ?
- Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est que ces références Diego ? Remets-moi tout de suite ça dans les années 90 où tu l’as trouvé. Non, regarde : il y a ici un SCRIPT ! Je te l’avais dit : fini, le fait d’écrire soi-même son propre scénario pourri ! En reprenant de vieux scripts et en les assemblant, ma machine permet de produire un nouveau film reprenant tous les éléments des anciens, mais avec une couverture toute neuve ! A moi, la gloire !"
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Diego se tripota le menton, circonspect.

"Oui d’accord, mais alors ça a donné quoi, là, votre expérience ?
- Tu vas voir : j’ai assemblé des pages de poncifs avec des pages blanches pleines de rien. Et la machine nous donne… "I, Frankenstein" ? Ma foi, cela fleure bon l’étron : tout ce qui se vend ! Regarde, c’est même marqué "3D" !
- Seigneur… qu’avons-nous fait… nous… nous n’aurions pas dû !"

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Quelques secondes plus tard, Diego se recevait un script sur le coin du nez pour avoir osé douter. Il mit cependant deux bonnes minutes à réaliser qu’on lui avait jeté quelque chose, tant le script en question était léger.

Alors, I, Frankenstein, distraction sans prétention ou grosse bouse à 68 millions de dollars ? Le suspens est insoutenable : spoilons mes bons !

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L’affiche : "Le seul espoir de l’humanité n’est pas humain" ? Je la connaissais avec "Le seul espoir de la gauche n’est pas socialiste."

Notre histoire commence il y a près de deux siècles, alors qu’un homme en porte romantiquement un autre dans ses bras au travers de divers paysages sauvages mais plutôt gelés, et que la voix off du Monsieur en question nous explique de quoi il retourne : "Je suis un monstre. Bon, ça ne se voit pas trop parce que je suis surtout un bellâtre avec deux pauvres cicatrices et une paire de grosses chaussures pour faire soi-disant monstrueux, mais quand même, faites un effort. Figurez-vous que je suis né dans un laboratoire, mon créateur, le docteur Frankenstein, ayant eu la bonne idée de voir si à partir de cadavres il ne pouvait pas reconstituer un être humain en état de fonctionnement, comme ça, pour rigoler. Après plusieurs échecs, qui pour la plupart devinrent animateurs sur des chaînes de la TNT, il a fini par créer un être habité d’un semblant de vie : moi. Sauf que voyez-vous, il a fini par prendre peur, lui et moi nous sommes fâchés, et comme quand je suis grognon, je suis taquin, j’ai buté sa femme, hop. Étonnamment, le docteur ne l’a que moyennement bien pris, et il s’est mis en tête de me tuer. Mais comme j’ai fui en plein hiver, et qu’en tant que super cadavre, moi, le froid, je m’en cogne un peu, et bien papounet en me suivant a pris froid et est mort comme une crotte. C’est ballot, ça fait moyen comme épitaphe "Il avait oublié son écharpe, il a chopé la mort". Cela dit, je suis pas rancunier, je suis même plutôt  un gars sympa : j’ai transporté son corps sur des kilomètres pour le ramener jusqu’à son caveau familial (ce qui, au passage, vous fera sûrement regretter que le film ne soit pas en odorama puisqu’après des jours de voyage, il devait un peu commencer à sentir le roquefort), où je l’ai enterré et là…"

Là, notre film commence.

A savoir qu’alors que le "monstre" vient d’enterrer son créateur et contemple son travail avec la satisfaction du devoir accompli, un sentiment que je connais bien, voilà que trois fossoyeurs-ninjas (la tenue du premier, les déplacements du second) apparaissent autour de notre larron, et lui jettent des regards pas bien clairs. La créature de Frankenstein va-t-elle en une seule et même soirée, découvrir l’amour, les tournantes en caveau et la première rude mise à l’épreuve du travail de couturier du docteur Frankenstein ? Nenni. L’un des fossoyeurs retire sa capuche de racaillou et son visage humain se transforme soudain en tête de vilain sorti d’un épisode de Buffy contre les vampires. Il pointe alors notre héros d’un doigt qui en dit long sur ses soucis de manucure.

"Toi ! Créature de Frankenstein, suis-nous !
- Ah oui ? Et pourquoi faire je vous prie bande de canaillous ?
- Naberius, le prince des ténèbres, veut te voir !
- Et si j’ai pas envie ?
- Alors on va te tataner la face !"

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Et à peine le sujet lancé, les larrons passent à l’action. Hélas pour eux, la créature de Frankenstein est super forte et distribue des taloches comme d’autres des tracts à la sortie de Monoprix. L’ennemi est cependant résistant, et mis dans une mauvaise posture, notre héros se retrouve contraint de dégrader le mobilier local pour se défendre, à savoir qu’il attrape une croix étrange située à proximité, ressemblant plus à un panneau indicateur qu’à un symbole chrétien, et plante alors son ennemi avec… dont le corps est soudain victime d’une sacrée combustion spontanée, et qu’une boule de flammes s’échappe de ses cendres pour mieux voleter et aller s’enfoncer dans le sol dans un fameux vrombissement !

"C’est pas banal", se dit donc notre héros en contemplant tour à tour les cendres et le panneau indicateur. Ce serait un panneau "Vesoul", on comprendrait que ça fasse cet effet, mais même pas.

Ce qui est encore moins commun, c’est que deux gargouilles, perchées sur la chapelle locale, s’animent donc à la vue de ce qu’il vient de se passer et interviennent pour péter la gueule aux deux derniers fossoyeurs ninjas, qui à leur tour, finissent en boule de flammes s’enfonçant dans le sol. Cela fait, elles attrapent notre loulou et l’emmènent jusqu’à une ville non loin où se dresse une majestueuse cathédrale qui s’avère être leur QG. Sitôt notre héros déposé dans l’une des tours, les gargouilles l’enchaînent puis prennent une apparence humaine, principalement parce que ça coûte moins cher en effets spéciaux. La créature de Frankenstein ne comprend donc pas trop ce qu’est ce bordel jusqu’à ce qu’arrive dans la pièce où elle se trouve une femme qui contrairement aux autres, ne porte pas pas une armure kitschouille mais une robe qui chatoie : mais qui est-ce donc ?

"Bonsoir, créature.
- Bonsoir… attendez, je vous ai pas déjà vue quelque part ?
- Hem… heu, non, vous devez confondre, hihihi.
- Mais si, votre tête me dit trop quelque chose !
- Chut je… écoutez, concentrons-nous sur…
- Ho sacrebleu ! Vous êtes Eowyn, du Seigneur des Anneaux ! Mais attendez, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qui a touché à vos pommettes ? Comment avez-vous pu prendre 25 ans en 10 ? Vous… vous contrôlez l’espace-temps ! Ou le chirurgien de Carla Bruni, c’est pas possib’ !
- Bon, ta gueule mon petit, écoute plutôt. Je suis la Reine des Gargouilles, mais tu peux m’appeler Leonore. Autour de toi se trouvent mes fidèles gargouilles : Beau Gosse et Belle Gosse, qui t’ont sauvé au cimetière où ils se baladaient par hasard, à côté de moi, le Monsieur qui n’arrête pas de répéter qu’il faut te tuer parce que tu es un monstre, c’est Gédéon, et toi mon biquet, comme tu n’as pas de nom, je vais t’en donner un : Adam.
- Super. Gros travail de recherche.
- Dis-donc, ton père t’a reconstruit à partir des morceaux des plus grosses langues de putes du cimetière ou bien ? Bon, alors. Sache que ceux qui t’ont agressé là-bas sont des démons. Ils sont méchants, comme leur nom l’indique. Et nous, nous sommes des gargouilles, envoyées par Dieu pour protéger l’humanité. Nous sommes en guerre depuis le début des temps, et ça risque de continuer encore un moment, alors sache que tu viens de te retrouver en plein milieu d’un champ de bataille dont l’enjeu n’est rien d’autre que l’humanité ! Je devrais suivre l’avis de mon lieutenant Gédéon et te tuer, car tu es une abomination qui n’a pas reçu sa vie de Dieu, mais je pense aussi que toute vie est sacrée – en plus il me faudrait un méga-cintre pour t’avorter maintenant – et donc que tu mérites une chance de trouver ta place en ce monde. Je te donnerai des armes pour te défendre, et libre à toi de combattre à nos côtés ou de chercher la paix loin d’ici.
- Okay pour les armes. Mais pas pour la guerre. Je m’équipe et je me barre, réglez vos affaires entre vous.
- Fort bien ! Belle Gosse, Beau Gosse, accompagnez-le à l’armurerie. Gédéon, suis-moi il faut que l’on cause."

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Tout le monde semblant plus ou moins d’accord avec ce plan, commençons par suivre Léonore et Gédéon qui vont papoter dans un coin : on a retrouvé dans les affaires du Docteur Frankenstein, entre deux pelles, une aiguille, une carte des tombes de stars du porno et trois rouleaux de fil à coudre son journal personnel (qui est marqué d’un gros "F" parce que tout scientifique qui se respecte prend ses notes dans un grimoire customisé par Valérie Damidot herself, et non dans des carnets du commerce), avec tout le mode d’emploi pour créer des êtres vivants à partir de cadavres. Léonore explique que ce document est super précieux : il prouve que Dieu n’est pas le seul à pouvoir donner la vie, alors vite, il faut planquer de bidule et ne rien en dire à Adam pour que personne ne puisse jamais trouver et utiliser ce journal !

Oui, dans ce cas, il y a une excellente méthode qui s’appelle "le détruire". Ça fait une super cachette aussi, je recommande. Mais c’est vrai que ça demande un peu de technique, pfou.

Ah non mais un journal comme ça, autant vous dire qu’à chaque fois que le Docteur Frankenstein faisait une rature, il pleurait. Au prix où il avait payé la couv’, merde.

De son côté, Adam suit donc Belle Gosse et Beau Gosse, qui l’emmènent à l’armurerie de la cathédrale où se trouvent tout un tas d’armes, toutes marquées de la croix de l’ordre des gargouilles, celle-là même qui ressemble à un panneau indicateur ! Parce qu’une seule barre, c’est la croix chrétienne, deux, c’est la croix de Lorraine, alors trois, c’est Super Croix.

"Super Croix ?" demande alors Adam, un peu circonspect

"Oui Adam : pour tuer un démon, il faut le tuer avec n’importe quel objet marqué de la Super Croix. Donc ici, on a plein d’armes où ce symbole est gravé, qui peuvent donc malaxer du démon à la pelle. Une fois un démon tué, son corps se pulvérise et il "descend" sous la forme d’une flamme, pour retourner vers les enfers.
- Simple question, comme ça, innocente, tranquille Emile : comment on tue une gargouille ?
- Je ne vois aucun inconvénient à te répondre, c’est bien naturel Adam : il suffit que nous soyons frappés par une créature sans âme, et hop, nous "montons", sous forme d’une bouboule de lumière, vers les cieux. Et c’est bien ça le problème : depuis des siècles, on perd la guerre, on est de moins en moins nombreux, alors que les démons ont toujours leurs 666 légions.
- Dieu avait dû tout miser sur un rush en début de partie, et maintenant il n’a plus de ressources. Ça pue le joueur Zerg.
- Pardon ?
- Non, rien. Bon, je peux choisir l’arme que je veux ?
- L’arme que tu veux : épée, hallebarde, espadon, fléau à…
- Je vais prendre les petits bâtons.
- Mais ? Mais enfin Adam, tu es con ? C’est la pire arme du lot ! En plus elle est super pas pratique à manier !
- Syndrôme de Jar-Jar Binks, mec, tu devrais connaître depuis le temps : quand tu dis à un héros de mauvais film de ne pas faire quelque chose, il le fait aussitôt. Tu viens de me dire "Tout sauf les bâtons" : je prends les bâtons.
- Ho, misère…
- Et maintenant, je me casse : salut les nazes !"

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Les gargouilles  insistent bien pour qu’Adam reste et les aide à péter des mouilles démoniaques, mais le brigand s’en moque : il a décidé d’aller s’isoler loin de la civilisation comme un gros hippie, histoire de fumer des pétards, jouer du djembé et sentir le patchouli. Adam reprend donc, en voix off, le récit de ses pérégrinations.

"Je décidais alors de m’éloigner de l’humanité, des gargouilles et des démons. Je restais là, des siècles, à m’entraîner seul avec mes bâtons pourris. Je me suis longuement entraîné. Ne me demandez pas comment : j’ai probablement appris le Taekondo avec un mulot et la science du bâtonnet auprès d’un vieux saumon ayant baroudé en son temps, toujours est-il que durant près de deux siècles, je suis resté là, loin de tous, à faire ma petite vie de cadavre ambulant. Et puis un jour, les démons m’ont retrouvé."

Et bougon, notre héros a décidé de leur tendre une embuscade. Avec une logique imparable : il a deux bâtons et un slip. Attendez, non : restons-en aux bâtons, sinon, ça va dégénérer cette affaire. Vous vous dites "Il va attendre caché et mettre des coups de bâtons aux méchants" ? Naïfs que vous êtes. Je vous donne l’étape 1 du plan : il plante un bâton, bien en vue, dans une clairière. Là vous me répondez "Ah nan mais j’ai compris : avec un bâton, il fait un leurre, et il leur pète la gueule avec l’autre !" hé bien non, toujours pas. En fait, le deuxième bâton il… il… bah il s’en fout. A la place, il cherche l’arme la moins pratique qui soit (non, pas le slip, j’ai dit d’arrêter avec ça), à savoir un vieux silex qu’il grave de la Super Croix… et il attaque les méchants avec.

Oui oui : le film vous explique que le type passe deux siècles à apprendre à manier le bâton, et le jour où il doit s’en servir, il fait tout à coups de cailloux.

Okay. D’accord. Bien bien.

Je crois que je commence à comprendre le principe des films avec des lunettes 3D : c’est pour compliquer les échanges de regards allant du dubitatif au carrément consterné entre les spectateurs. Ça se tient.

Après avoir meulé les margoulins, notre ami Adam se dit donc que bon, hein, si c’est comme ça, il va aller le trouver, là, Naberius le prince des ténèbres, et le calmer une bonne fois pour toutes. Peut-être qu’ensuite, il le laissera tranquille. Pas de problème donc : Adam décide de retourner en ville (il n’y en a qu’une seule, celle avec la cathédrale aux gargouilles, pouf) où les gens le regardent bizarrement, lui et sa tête toute couturée. Il va donc en boîte de nuit (parce que les videurs adorent laisser rentrer ce genre de bad boy) puisque chacun sait que les démons se cachent toujours là où on diffuse du David Guetta, et il repère un groupe de loulous qui seraient bien du genre démoniaque (il le sait parce que… mais si, parce que… raaah, vous savez ! Bref, il sait, chut maintenant). Il en prend donc un en filature jusqu’à une ruelle tranquille, où bien vite, le démon décide que ça ne se passera pas comme ça et engage le combat.

Pas de bol pour le démon : ça tourne à l’avantage d’Adam. Pas de bol pour Adam non plus : un gardien de la paix qui passait par là les menace de son arme.

"Non vous faites erreur Monsieur le gardien de la paix, il ne se passe rien dans cette ruelle. Quoi derrière-moi ? Mais non, c’est juste un feu grégeois avec des copains, c’est rien;"

J’en profite : il n’y a en tout et pour tout que deux scènes dans le film où il y a des gens dans les rues, et vous êtes en train d’en suivre une. Oui, tout le reste du film l’immense ville est intégralement vide. Pas une voiture, pas un pinpin, pas un bruit, rien. Vous verrez, ça appuie pas mal de scènes absurdes. C’est chouette quand même : après les réalisateurs qui oublient de faire des enchaînements logiques entre jour et nuit, voici ceux qui oublient de peupler les villes. On va dans le bon sens.

Mais revenons à notre scène au suspens insoutenable.

"Frise, Maüser fucker !" (je vous rappelle que nous sommes plutôt du côté des peuples germains, je m’adapte)

Nos deux combattants sont bien étonnés de cette intervention, et le démon en profite pour s’échapper et utiliser sa vitesse surhumaine pour tuer l’agent des forces de l’ordre d’un coup de gros doigt dans la carotide. D’autres démons arrivent alors, Adam en profitant aussitôt pour les tabasser frénétiquement, mais hélas, cela a tout de même permis à celui qu’il suivait au début de s’enfuir sans donner la cachette de Nabérius son maître. Crotte de bique ! Sur ces entrefaites, une gargouille surgit de nulle part et emmène Adam loin dans les airs pour le rapatrier à leur cathédrale de QG. Il s’en passe des choses dites-donc, dans les ruelles !

Mais Nabérius, me direz-vous, justement, où est-il ?

Il n’est pas loin en fait. A deux pâtés de maisons de la cathédrale, même (véridique), parce qu’il a le monde entier pour se planquer, mais il s’est dit que ce serait plus chouette de s’installer juste en face du QG de ses ennemis éternels histoire de pouvoir leur faire coucou le matin en mangeant ses Smacks (les démons adorent les Smacks). Tout à fait logique. Et Nabérius, sous son apparence humaine, est le patron d’une grosse société qui s’intéresse à plein de trucs médicaux. Ce pourquoi il a recruté Jeannine, électrophysicienne, qui travaille avec son bon ami Jacques dans un laboratoire du coin à essayer de rendre la vie à des créatures mortes, comme par exemple, des souris ou Garcimore. A noter que pour de mystérieuses raisons, même la souris sur laquelle ils travaillent a la gueule couturée dans tous les sens façon Docteur Frankenstein.

Je rappelle que si le bon Docteur a ainsi créé une créature toute recousue, c’est parce qu’elle était constituée de plusieurs cadavres. Alors à moins que nos scientifiques n’aient pas été foutus de trouver une souris entière, ce qui laisse rêveur quant à leurs compétences de "chercheurs", il n’y a aucune raison à ce que la souris soit couturée. Sauf bien sûr, cramer le budget accessoires d’un réalisateur à la ramasse pour rajouter des incohérences à son film déjà bien bancal.

Merci, Hollywood. Tu arrives encore à me surprendre. Pour rappel les enfants, quand vous vous mouchez et que vous trouvez des bouts de cervelle dans votre sopalin, c’est qu’il est temps d’aller à l’hôpital, pas de devenir réalisateur. Mais je sais : tout cela est un peu élaboré.

Donc, disais-je, notre électrophysicienne a ce soir une grande mission : faire une démonstration d’électro-nécromancie (c’est ce qui se passe plus ou moins quand les Daft Punk tombent sur le Nécronomicon, si vous voulez), devant Jean-Jacques Nabérius, son patron. Dans son labo super high-tech (mais n’ayant pas assez de budget pour une souris entière, donc), elle explique comment cela va se passer : ils vont mettre le petit cadavre dans un gros tube en verre, lui envoyer ouat’mille volts, et puis pouf, ça devrait marcher.

Ah oui, grosse scientifique, donc. Allez, en route, envoie la sauce, Jacques.

L’expérience consiste donc à envoyer du jus, puis plus de jus parce que ça marche pas, puis encore plus, et pouf, ça marche : les organes vitaux de la souris redémarrent. Mmm. Je vois je vois.

"Youpi !" fait donc Jeannine. "Youpi !" fait donc Jacques. "Fuck yeah !" fait donc Nabérius avant de quitter la salle d’observation pour rejoindre le laboratoire et congratuler ses employés. Puis, il discute des résultats de l’opération.

"Bravo Jeannine, vous avez fait de l’excellent travail. Quand peut-on passer à la phase 2 ?
- Ressusciter des humains ? Ho bin pas de suite, hein, là c’était une souris. Je sais plus trop mais je crois avoir lu qu’il y avait une paire d’étapes entre la souris et l’humain. Genre l’enfant. Et puis ça n’a jamais été fait !
- Jeannine… connaissez-vous l’histoire de Frankenstein ?
- Bé oui, mais c’est une histoire pour faire peur aux enfants ! En plus dedans le truc absurde, c’est que le Docteur Frankenstein a mystérieusement disparu. Vous pensez vraiment que s’il avait réussi à créer la vie, il ne serait pas directement venu danser la zumba sur le bureau du patron de l’université locale tout en faisant des remarques désobligeantes sur sa mère ? De toute façon, cette histoire est impossible.
- Ah bon, et pourquoi ?
- PASSQUE A L’EPOQUE ILS AURAIENT JAMAIS PU TROUVER ASSEZ D’ELECTRICITÉ !"
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C’est marrant, parce que moi, j’avais cru comprendre que le passage culte de l’histoire de Frankenstein, c’était justement quand il utilisait la foudre pour ses travaux. Mais peut-être qu’elle a lu la version revue par Okapi, où la foudre a été remplacée par une pile LR6 pour ne pas choquer les lecteurs. Si vous avez une meilleure explication qui n’implique pas de comparaison entre Jeannine et un bulot, je suis preneur. En tout cas, notre bon docteur, pas décontenancée, reprend.

"Et puis cette histoire a jamais existé, en plus.
- Mmmm… et si elle avait existé… que vous faudrait-il pour étudier les travaux du docteur Frankenstein ?
- Ah bin maintenant que vous avez évoqué cette théorie, et pour le reste du film quand bien même je viens de dire le contraire dans la ligne de dialogue précédente, je ne vais plus parler de l’histoire de Frankenstein que comme un fait avéré. Donc bin, Frankenstein était un scientifique, il a sûrement pris des notes. Avec ses notes, je pourrais avancer sur le projet bien plus vite.
- Bon, très bien, je vais voir ce que je peux faire."

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Et Nabérius s’en va donc un sourire aux lèvres, parce qu’il en sait plus que Jeannine : il sait que non seulement le docteur Frankenstein a bien existé, mais qu’en plus, il a bien créé un être nommé Adam. Qui est en ce moment en ville et tue des démons, comme l’en a informé celui qui avait réchappé à la baston dans la ruelle. Et Nabérius a aussi appris qu’Adam était actuellement à la cathédrale des gargouilles. Et soupçonne ce vilain garnement ou les gargouilles d’avoir le journal de Papa Frankenstein. Il charge donc son meilleur commandant de légion infernale, Bob, de régler cette histoire d’une manière ou d’une autre, par exemple en allant demander gentiment. Ou en butant tout le monde, attention Bob, tu as le choix.

Allons donc voir ce qu’il se passe justement du côté de la cathédrale, où Adam a été emmené un peu plus tôt.

Celui-ci a été accueilli non pas à bras ouverts, mais plutôt à coups de pied au cul, puisque les gargouilles l’ont enchaîné à une chaise (Adam est super fort, mais péter une vieille chaise vermoulue, impossible) et que Léonore se pointe pour lui expliquer de quoi il retourne : à cause de son manque de prudence, un gentil policier humain s’est fait tuer dans une ruelle de la ville, et c’est mal. Puisqu’Adam n’est pas foutu de faire dans la discrétion (contrairement aux gargouilles, qui elles volent bien en vue partout en ville, merci), il restera enfermé ici jusqu’à ce qu’il devienne un peu moins con.

Optimiste.

Une CHAISE ! Adam avait tout prévu, sauf cette arme diabolique. Il peut briser un mur de briques d’une main, écraser une voiture sans sourciller, mais la chaise en bois, c’est son point faible

Sauf qu’alors qu’ils expliquent tout ça, une des gargouilles de garde se met à gueuler : "Héééé y a plein de démons qui approchent d’ici ! Aux aaaarmes !" et en effet : il y a bien une centaine de types plutôt vilains qui encerclent la cathédrale et s’élancent vers elle, visiblement avec des attentions contestables. Les gargouilles prennent donc leur forme de monstres de pierre et foncent dehors où, c’est parti, tout le monde se meule, les démons explosant en de grosses boules de feu à leur mort, et les gargouilles se transformant en boule lumineuses montant vers les nuages lorsqu’elles se prennent un vilain coup.

Pardon ?

Oui, tout se passe autour de la cathédrale d’une grande ville.

Oui, ça fait plus de bruit et de lumière qu’un bombardement.

Non, personne ne réagit, il n’y a même pas une fenêtre qui s’allume dans une maison voisine ou un pinpin dans la rue : tout le monde s’en fout. Parce que, j’en parlais plus tôt, le réalisateur a juste oublié de peupler une ville. C’est ballot. Absurde, mais ballot. Les spectateurs de cette bouse peuvent donc, à cet instant précis, sentir les larmes monter en eux tant c’est n’importe quoi et qu’en plus le film multiplie les plans larges pour bien montrer que ouaaah, c’est spectaculaire mais que ouiiii, tout le monde s’en branle.

Soit. On continue ? Si. Si, j’insiste. Ah, hé, vous l’avez un peu cherché aussi. Pour la peine, un petit encart publicitaire le temps de vous remettre.

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Bonjour les amis, vous me reconnaissez ? Je suis John Mac Gargouille, des industries Gargoyles & Gargles.

Longtemps, j’ai été un peu comme les gargouilles de ce film : complètement con. Moi aussi, quand on attaquait ma cathédrale, je me défendais avec épées, lances et autres bardiches marquées de la Super Croix. Ah, que de souvenirs ! Et puis un jour, j’ai regardé Rambo III et je me suis dit "Pourquoi pas moi ?" c’est pour ça que chez Gargoyles & Gargles, on s’est dit que quitte à imprimer la Super Croix sur des trucs qui font mal, on allait le faire sur des balles. Le résultat ? La dernière fois que Satan a attaqué ma cathédrale, il a perdu 662 légions sur 666 en moins de 20 minutes. Les 4 dernières, il a trouvé le temps de les replier pendant que l’on changeait le canon de la mitrailleuse. 

Alors vous aussi : arrêtez de vous prendre des branlées par des démons qui essaient de vous mettre des claques quand vous pouvez leur apprendre le catéchisme à coup de M-60.

Chez Gargoyles & Gargles, vous connaissez notre devise : "Le paradis du côté de la gâchette, l’enfer du côté du canon".

Appelez-nous dès à présent et recevez notre nouveau catalogue ainsi qu’un t-shirt dédicacé par Saint-Michel pour les 111 premiers appels !

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Où en étions-nous ? Ah oui : les gargouilles se battaient avec les armes les moins efficaces du monde contre des démons du même acabit.

Donc, alors que ça bastonne, Adam gueule comme un putois que "Hoooo ils viennent pour moi, laissez-moi me battre au moins ! Allez heuuuuu !" aussi après avoir suffisamment râlé, et une fois les défenses de la cathédrale enfoncées, Beau Gosse et Belle Gosse qui montaient la garde près de lui se décident à le libérer et l’armer. Ça tombe bien, parce que les démons sont déjà là. Le combat s’engage donc, pif pouf, Beau Gosse meurt, Belle Gosse qui l’aimait d’amour veut donc mourir aussi, ce qu’elle fait, et Adam défonce donc seul les vilains qui restent avant d’en capturer un qui ricane :

"Gnuhuhuhu, Adaaaam, nous les démooooons vous avons bien feintééééé !
- Que veux-tu dire ?
- Huhuhuhu, pendant que vous nous combattiez, nos forces s’attaquaient à votre vrai trésoooor, votre… reine des gargouilles ! Nous l’avons kidnappée et ne la livrerons… que contre le journal du Docteur Frankenstein ! Rendez-vous au vieux théâtre, nuhuhuhuhuuuuu !"

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L’information circule vite parmi les gargouilles, quant à Adam, il met les voiles avant qu’on ne lui propose de retourner patienter enchaîné à sa petite chaise, ce qui est moyennement distrayant, voire à peu près autant qu’une partie de Time’s Up, ce qui n’est pas peu dire. Gédéon, donc, le meilleur lieutenant de la reine des gargouilles (qui s’est quand même faite gauler comme une truffe parce qu’elle priait pendant que les autres combattaient, chapeau l’artiste), décide donc d’accepter le marché des démons : certes, le journal est super précieux, mais sans la reine ils seront "des vigiles sans espoir de renforts".

En même temps, Léonore elle-même disait que Dieu n’envoyait plus de renforts, alors bon. Mais je dis ça, ça n’a sûrement pas d’importance, hein, ce ne sont jamais que vos dialogues.

Gédéon va donc chercher le journal dans sa cachette secrète sous la cathédrale qui s’ouvre grâce à des morceaux de sa hache de combat qui font aussi office de clés (oui, le Monsieur a une hache en kit, parce que non, le film n’était pas assez ridicule : nous l’appellerons donc Ikéhache), puis une fois équipé, se rend au vieux théâtre où Bob l’attend accompagné de quelques démons, et avec Léonore en otage. Cette dernière supplie Gédéon de ne pas donner le journal, mais le bougre s’en cogne : il accepte d’échanger l’objet contre la mémé. Et sitôt qu’il l’a récupérée, d’un coup d’aile, il s’envole et retourne vers la cathédrale, probablement pour faire un truc super important, plus important que de s’occuper du chef des démons qui a percé leurs défenses tranquillou, comme par exemple du rien.

C’est alors que surgit de l’ombre Adam, qui avait suivi toute la scène. Déjà, il est moyennement content d’apprendre que les gargouilles lui avaient caché le journal de son créateur, parce qu’il a de grosses daddy issues à régler. Ensuite, c’est Bob qui l’a désormais, il va donc devoir lui péter la gueule. Un combat s’engage donc, durant lequel Bob s’enfuit en laissant des larrons démoniaques  derrière-lui. Larrons dont Adam se débarrasse sans encombre en les frappant à l’aide de la vacuité du script, puis prend en filature Bob qui se rend donc au laboratoire situé à deux pâtés de maison de la cathédrale, où Nabérius à ses quartiers, rappelons-le.

Voici Nabérius. D’ailleurs, oui, ça c’est un truc de patron : on a tous derrière-nous une sorte de simili-vitrail qui nous fournit de la lumière, même en pleine nuit. C’est un vieux truc : comme ça, quand l’inspection du travail débarque, il suffit de rouler très vite en arrière avec son siège pour échapper à une quelconque tentative de sanction.

Bob s’engage dans le parking souterrain local, Adam à sa suite. Et une fois dans le parking, Bob y retrouve Nabérius en train de discuter avec un médecin légiste démoniaque qui… qui…

Attendez, est-ce que c’est moi ou est-ce qu’il y a un médecin légiste en train d’étudier un cadavre en plein milieu d’un parking souterrain ? Ils ont de gigantesques labos au-dessus d’eux mais il bosse dans le parking ? Que… mais… comment… bon, définitivement, c’est incroyable, je ne comprends même pas ce que l’équipe du film a pu faire pour autant merder. C’est à croire que les mecs ont fait tout le film intégralement bourré au schnaps pour pondre une ville sans habitants et des parkings à médecins. Donc oui, sur une petite place de stationnement, avec deux pauvres rideaux autour de lui (probablement pour ne pas déranger les gens qui se garent à côté), le mec joue du scalpel et accessoirement, peint des pentacles sur le front des corps. Discret :

"HÉ, VOUS LA !
- Je… meeeerde, la police !  Faisons semblant de rien…
- MONSIEUR ! Ne faites pas semblant de ne pas nous entendre ! Oui, vous là Monsieur qui peignez des pentacles sur des cadavres obtenus on ne sait comment ! VOUS ALLEZ OBTEMPÉRER !
- C’est que je…
- Monstre ! Ordure !
- Ecoutez, je peux tout expliquer, ça n’a rien à voir avec un projet super secret dans une guerre super secrète et …
- Squatter une place handicapé ! Espèce de raclure ! Alors toi, tes cadavres et tes pentacles, vous allez immédiatement sur une place valide ! On ne la fait pas à la police !"

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Bref.

Bob salue donc le mystérieux médecin puis file le journal à Nabérius. Qui s’empresse de retourner dans le labo de Jeannine pour lui donner.

"Tenez Jeannine, voici les notes du Docteur Frankenstein.
- Ah bin dites, vous alors : on en a parlé il y a une heure et vous les avez déjà ! Où avez-vous trouvé ça ? 
- A la médiathèque, au rayon bullshit scientifique, à côté des ouvrages des Frères Bogdanov. D’ailleurs, je me demande s’il n’y a pas un lien maintenant que…
- Super ! Quel ouvrage précieux ! Il a plus de 200 ans… tiens, si je l’ouvrais en grand ? Si je tirais sur la couverture ? Si je retirais mes gants pour tourner les pages ?"

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Je rappelle que le film est présenté comme "épouvante/horreur" (si, si) et non "action/viol de neurones avec barbarie". Je pense que cette scène permet de le justifier, pour peu que vous soyez archiviste ou assistant de conservation. Bref, en lisant les pages avec le tact d’un sanglier sous acide, notre Jeannine s’étonne : "Ho ! Frankenstein a utilisé des anguilles électriques pour obtenir suffisamment de courant pour ranimer le corps… j’imagine qu’un être ranimé avec une telle décharge d’énergie serait intuable !".

En fait, non, aucun rapport. Sauf pour quelqu’un qui pense que "l’übercharge" est une vraie théorie scientifique et Team Fortress 2, un documentaire d’Arte. Mais faisons fi de ces réflexions car au même moment, les vitres de la salle d’observation du laboratoire explosent et surgit sous les yeux ébahis de Jeannine et ses amis… Adam !

"Ho ! Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?
- Je viens chercher ce journal.
- Non je veux dire : pourquoi avez-vous pété les vitres de la salle d’observation alors qu’il y avait une porte ?
- Ho… je… bon, donnez-moi ce journal et ne m’emmerdez pas, je suis un peu grognon ce soir.
- Vous avez l’air bougon en effet, je ne peux pas d’ennuis. Tenez."

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Et Adam a d’excellentes raisons d’être bougon : en se perdant dans le bâtiment avant d’arriver là, il est tombé sur les sous-sols. Et dedans, il a aperçu des milliers de cadavres, préparés par le médecin-légiste du parking, avec tous un pentacle sur le front et tous placés dans des espèces de capsules, visiblement attendant d’être ressuscités ! Toujours est-il qu’à présent, Adam a retrouvé son chemin et le journal, et alors que Nabérius, Bob et la sécurité débarquent dans le labo, il s’enfuit là encore par une fenêtre, parce que c’est sympa, hop.

Nabérius et Bob sont donc bien embêtés :

"Bob ! Ce bougre de macchabée s’est enfui avec le journal ! Il faut le rattraper !
- Inutile… je sais ce qu’il va faire.
- Ah bon ? 
- Oui : il a vu Jeannine… il sait qu’elle peut lui expliquer le journal… il va donc chercher à la revoir…
- Et Jacques ? Jacques aussi peut lui expliquer, pourquoi vous n’en parlez pas ?
- Jacques ne porte pas de soutien-gorge. 
- Ho. Et vous ne pensez pas non plus qu’il pourrait simplement demander à disons, quelqu’un d’autre ? Donc votre plan ?
- On demande à Jeannine de rentrer chez elle. On attend qu’il la contacte. Et là, on lui prend le journal. 
- Oui mais mon petit Bob, je pense à un truc : si Adam veut contacter Jeannine, sachant qu’il ignore où elle habite, il va devoir la suivre.
- En effet.
- Et le seul endroit qu’elle fréquente qu’il connaisse, c’est ici.
- Tout à fait.
- Donc s’il veut la suivre, il doit commencer par se planquer près d’ici.
- Parfaitement.
- Donc ça veut dire qu’en ce moment, il est probablement juste à côté de nous, probablement dans la rue d’à côté, à attendre qu’elle sorte. 
- Complèt… ho. 
- Vous voulez pas aller le choper directement ?
- Mmmm non. On va plutôt rien faire et attendre une scène de drague entre Jeannine et Adam. C’est bien ça. Hein chef. Hein ? Pourquoi vous parlez plus ? Non, arrêtez, pas d’eau bénite en intraveineuse !"

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Okay les gars, super plan. Profitez-en, c’est la deuxième et dernière scène du film où l’on voit des gens dans la rue : Jeannine, après cette dure nuit de labeur, rentre chez elle. Elle a peur d’être suivie, et finalement, au détour d’une ruelle, quelqu’un se saisit d’elle et lui couvre la bouche : Adam !

"Chut. Je vais retirer ma grosse main de votre petite bouche et vous allez me suivre.
- Mmmm mmm.
- Bien. Soyez sur vos gardes, je crois que quelqu’un d’autre arrive."

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En effet : c’est Bob. Tout le monde se poursuit donc dans divers sites abandonnés, pif pouf, ma main dans ta gueule, mon bâton dans ta margoulette, nos armes qui glissent sur le sol, aaah je peux presque l’attraper et autres clichés pourris, et finalement, Bob se fait tuer comme un gros busard. Jeannine et Adam peuvent donc aller se cacher dans un petit appartement abandonné du coin pour discuter plus au calme.

Jeannine découvre que les démons existent vraiment, qu’ils ont bien 666 légions, et en bref, que la Bible disait vrai. Ce qui est sa première affreuse révélation de la journée. La seconde, c’est que du coup, ça veut aussi dire qu’e la Bible est vraie : Adam et Eve, la création, l’esclavage, le droit de prostituer ses filles… Saperlipopette, les démons, c’était probablement la partie la moins grave, en fait.

"Pfou… quelle aventure Monsieur Adam !
- Comme vous dites. Ecoutez, vous devez savoir quelque chose : vous avez vu quand je me battais avec Bob qu’il n’était pas humain. Hé bien votre patron, Jean-Jacques Nabérius, c’est pareil : c’est un gros démon vilain qui se bat contre des gargouilles célestes. Et il a ouat’mille cadavres dans sa cave.
- C’est fou ! Mais j’ai une question !
- Je vous écoute ?
- Comment savez-vous que vous pouvez me faire confiance ? Je veux dire : tous les gens que vous avez vu dans le labo de Nabérius étaient des démons. Pourquoi je n’en serais pas un aussi ?
- Heu… 
- Bon, on va juste dire que vous avez un pif qui détecte automatiquement tout ça, d’accord ? C’est pas grave. Bon, qu’est-ce que je peux pour vous ?
- Expliquez-moi ce qu’il y a dans ce journal. Je veux savoir ce que je suis. Tout ce que je sais à l’heure actuelle, c’est que je suis un assemblage de 8 cadavres différents."

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8 cadavres qui avaient tous la même tête, le même grain de peau et les mêmes proportions. Soit le Docteur Frankenstein avait déterré des octuplés morts dans un tragique accident à la salle de gym, soit ce film est juste à chier et essaie de nous vendre un bellâtre avec moins de cicatrices qu’un ado mal dans sa peau  comme un monstre. Hmmm, j’hésite fort. Toujours est-il que se déroule alors une scène fascinante durant laquelle Adam retire son t-shirt pour dormir révélant sa puissante musculature, l’occasion pour Jeannine de se répéter que la nécrophilie, fut-ce d’octuplés, c’est mal.

Après un peu de repos bien mérité (mais il fait toujours nuit quand même, hop), nos héros décident d’un plan : Jeannine veut sauver son ami Jacques qui est toujours chez Nabérius. Elle va donc lui demander de quitter le boulot et de se rendre à la gare locale où ils attendront Adam, qui de son côté, sera parti demander aux gargouilles de les protéger durant leur voyage des fois que les démons les coursent. Et pendant ce temps, ils laisseront le journal ici, sans protection dans l’appartement délabré. Comme ça, hop. Ah oui et soudainement, Adam déclare aussi qu’une fois la fuite effectuée, Jeannine devra utiliser le journal pour lui créer "un compagnon pour l’éternité". Vous pouvez donc ajouter aux gens pour qui ce film est de "l’épouvante/horreur" les participants à la Manif pour Tous. Soit.

Ce qui est dit est donc fait : Jeannine appelle Jacques et lui donne rendez-vous à la gare. sauf que sur place, Nabérius les attend et ramène tout ce petit monde de force au labo. Et demande à Jeannine d’utiliser ce qu’elle a pu lire dans le journal de Frankenstein pour ressusciter un cadavre humain. Elle refuse, Nabérius bute donc Jacques : voilà, si tu veux le sauver, bosse maintenant. Un peu vexée, Jeannine se met donc au boulot. Muff.

Du côté de la cathédrale, Adam négocie vite fait : salut les kikis, inutile de m’embêter, je n’ai pas le journal sur moi. Vous ne voulez plus me voir ? D’accord, je m’en vais. J’irai loin de la civilisation, je ne poserai plus de problème, escortez-moi juste, on se retrouve à la gare. En échange, je vous dirais où Nabérius se cache avec une armée de cadavres qu’il veut ressusciter pour d’obscures raisons. Sauf que Léonore et ses gargouilles feintent : elles acceptent le marché, mais sitôt Adam parti, la reine demande à Gédéon de le suivre pour lui péter la gueule sitôt qu’Adam aura le journal. Et en effet, Adam est fort surpris, car sitôt qu’il a le journal, le mur de l’appartement délabré derrière-lui explose et…

… quelqu’un lui met un pied au cul.

Je ne rigole pas : Adam se prend un pied au cul, tombe, et quand il se retourne, personne. Sérieusement ? Gédéon l’attaque de dos, par surprise, et se contente de… oh bon sang. Les spectateurs sont encore en train de se demander comment on peut faire si mauvais, que cette fois-ci, le plafond de l’immeuble cède alors qu’une gargouille le traverse et… se contente de traîner Adam dans les couloirs ? Mais enfin ! C’est fini oui ? Hé bien non : car au final, après moult murs traversés et autres effets spéciaux inutiles, Adam se retrouve suspendu au-dessus du vide, accroché à un trou dans la façade de l’immeuble, un couloir délabré face à lui et la rue (vide, évidemment) en-dessous. Gédéon approche donc de notre héros, qui a les mains prises et ne peut se défendre, et se penchant sur lui…

… s’envole ? Pour mieux retenter de l’attaquer en volant ?! Stop ! Stooooooop ! Arrêtez ! C’est insupportable tant c’est navrant !

Gédéon attaque donc notre héros en volant, ce qui donne l’occasion à Adam de s’agripper à lui et de le faire tomber comme une vieille bouse, avant de le planter avec sa propre Ikéhache. Gédéon est donc fort surpris, déjà parce qu’il ne comprend toujours pas pourquoi il a agi de manière aussi absurde, et ensuite parce qu’un humain a pu le tuer… quoique, non ! Pas un humain ! "Tu… tu peux me tuer… c’est que… tu n’as pas d’âme !" râle Gédéon avant de se transformer en boule de lumière et de monter au ciel. Adam peut donc courir à la gare, où il constate que ni Jeannine, ni Jacques ne sont là, et qu’en plus, il y a encore par terre une arme qu’il avait confiée à Jeannine… il comprend donc que Nabérius a dû l’attaquer.

Ou les gargouilles qui viennent juste de t’attaquer toi mec, mais après tout, ton pif magique a encore dû détecter une odeur de démons, je suppose, même si tu n’as aucun moyen de le savoir.

Jeu : 8 cadavres se trouvent dans cette image, sauras-tu les retrouver ?

Adam décide donc qu’il est temps d’en finir avec tout ça : il brûle donc le journal de Frankenstein pour que personne ne s’en serve jamais pour ressusciter des corps (oui, il a aussi abandonné l’idée d’avoir un petit copain pour l’éternité, hop, c’était il y a deux scènes seulement pourtant, et quelque chose qu’il attendait depuis deux siècles à l’en croire), puis va à la cathédrale provoquer les gargouilles (il leur fait des gros doigts), avant de se mettre à marcher vers le laboratoire de Nabérius.

Heureusement que tout était situé à deux pâtés de maison. Nabérius eut été à New York, c’eut été un poil plus compliqué. Ou alors, il fallait faire des doigts très longtemps et dans moult situations : faire des doigts dans un train poursuivi par des gargouilles, faire des doigts au hublot d’un avion avec des gargouilles qui peinent à suivre, passer la douane avec 50 gargouilles (ce qui implique le plus gros toucher rectal de l’histoire), etc.

J’aurais probablement préféré ce scénario. Pardon : j’aurais préféré UN scénario, en fait.

Bref : là encore, personne dans les rues ne remarque 50 énormes gargouilles volant en hurlant dans les rues, pulvérisant des voitures en essayant de plonger vers Adam, et finalement, Adam atteint le laboratoire de Nabérius où tous les démons sortent l’accueillir. Les gargouilles comprennent alors (à noter d’ailleurs que Léonore a une forme de gargouille qui fait plus rire qu’autre chose, passons) qu’Adam les a menées jusqu’au QG des démons : une énorme bataille s’engage alors.

Pendant ce temps, Nabérius ne cache plus ses plans : d’abord, il a discrètement relié avec un vieux câble USB de l’époque où il jouait à Quake II avec ses potes les instruments de Jeannine à son souterrain où des milliers de cadavres attendent. Du coup, quand Jeannine lance la procédure pour ressusciter Jacques, ça la lance aussi pour tous les corps, qui ont tous un petit écran avec un compte à rebours situé sur leurs capsules de conservation (si, si… je sais). Nabérius ricane donc : il va créer des milliers de corps sans âme, comme ça, tous les démons qui ont été vaincus pourront revenir les habiter, et donc à nouveau marcher sur Terre et réduire l’humanité en esclavage. C’est vilain ! Vilain Nabérius !

Mais Adam n’entend pas cela de cette oreille : pendant que les gargouilles massacrent les démons et investissent leur QG avant de découvrir le sous-sol où se trouvent des milliers de cadavres suspendus au-dessus d’un abysse sans fond à attendre d’être ressuscités, Adam se fraie un passage à coups de gros muscles. Les gargouilles essaient bien, pendant ce temps, de commencer à détruire tout ce qu’elles peuvent au niveau de la super morgue (mais aucune ne pense juste à couper le courant… oui, hein ? A la place, elles attaquent les capsules contenant les corps, une par une… bon bon bon), mais le processus est enclenché et bientôt les démons vont arriver ! Mais heu !

Adam finit par tomber sur Nabérius, qui prend sa forme de prince démoniaque pour le combattre, à savoir une sorte de déguisement de CM2 en manque d’inspiration. Adam a beau entailler par trois fois le vilain avec les bouts de la Ikéhache qu’il a récupéré sur Gédéon, Nabérius semble se gausser de pareilles attaques. Et prend le dessus dans le combat : il maîtrise alors Adam, lui peint un pentacle sur le front, et invoque un démon pour qu’il vienne habiter ce corps vide. Après un certain nombre de chants démoniaques (soit deux albums de Larusso), une fumée noire apparaît et pénètre notre pauvre Adam, qui s’effondre au sol un moment avant de se relever lentement.

"Bienvenue, mon frère !" dit donc Nabérius "Tu habites un corps très puissant, sache-le !"

"Je ne suis pas ton frère !" répond Adam avant de faire une quatrième entaille à Nabérius, perpendiculaire aux quatre autres formant… la Super Croix ! Nabérius hurle donc en s’effondrant "C’est impossible ! Tu n’as pas été possédé, c’est donc que… tu… tu as une ââââme !"

Et là, vous vous souvenez qu’Adam vient de latter Nabérius avec la fameuse Ikéhache. Ikéhache prise à Gédéon. Gédéon tué par Adam car… ce dernier n’avait "pas d’âme !". Oui, les mecs ont réussi à faire dire tout et son contraire au script, y compris sur le rebondissement final, sans souci. En créant une scène spéciale (celle de Gédéon) qui ne sert à rien d’autre que de dire que le héros n’a pas d’âme. La seule autre explication possible, c’est que Dieu ait envoyé une âme par Chronopost entre la mort de Gédéon et la mort de Nabérius, soit dans un intervalles d’environ 15-20mn. Il est fort, Dieu, quand même, il vise bien.

Pendant que dans la salle du cinéma, chacun tente de planter la paille de son coca zéro dans sa jugulaire pour en finir avec cet étron 3D, Nabérius se transforme lui aussi en boule de feu, mais grosse puisque c’est un prince démon, puis celle-ci s’enfonce dans le sol pour retourner vers les enfers, et ce faisant, détruit tous les cadavres qui étaient en train d’être enfin réanimés et possédés (c’est pratiiiiique !). Le bâtiment s’effondre avec lui, ses restes tombant dans l’abysse qui était donc situé au-dessous, et Adam et Jeannine sont sauvés au dernier moment (bien sûr) par Léonore et ses gargouilles.

Là encore, on a un beau plan large du quartier, et pas une lumière, pas une sirène, pas un chien qui aboie alors qu’un bâtiment entier vient d’exploser dans une immense boule de feu laissant derrière-lui un passage grand ouvert vers les enfers.

Une nuit paisible, quoi.

Non mais… heureusement que la fin approche, c’est simplement honteux.

Les gargouilles ramènent donc Adam à la cathédrale, où il dit avoir détruit le journal de son créateur. Il explique à Jeannine, toute étonnée, qu’il a abandonné l’idée de se faire créer un petit compagnon, parce qu’il a trouvé des gens super cools comme elle pour l’accompagner (et pratiquer la nécrophilie, donc) et donc qu’il n’a plus besoin de pote mort-vivant. Leonore, elle, lui dit que c’est trop super car enfin, Adam a une âme et trouvé un but dans la vie : latter les démons.

On a donc un plan final digne de Francis Huster tant c’est mal joué, où Adam, perché sur le toit d’un bâtiment dans une pose bien naturelle avec ses bâtons bénis à la main, surveille les rues du coin avec ses pensées profondes en voix off qui se résument à : "Quand l’humanité est en danger, je suis là. Quand les démons se pointent, je suis là. Quand l’obscurité tombe, je suis là. Et quand le script est pourri : carrément que je suis là."

Et alors que le sang de certains finit de se vider par les pailles du coca zéro…

… FIN !

La fameuse scène de fin : notez que le héros est supposé inspecter les rues, mais comme ils ont oublié de le placer au bord du toit, ça va être moyennement pratique.

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"Charge la machine sur le camion Diego ! Hollywood nous attend !"

Diego soupire en poussant l’imposante caisse de bois devant lui, pendant que son employeur s’occupe de considérations plus importantes, comme par exemple la perfection de son nœud de cravate. A peine le pauvre garçon a-t-il déposé son précieux chargement à l’arrière du véhicule que soudain, il reçoit un coup sur le sommet du crâne qui l’envoie instantanément explorer le royaume nébuleux de l’inconscience. Avant que son maître ne puisse réagir convenablement, une silhouette costumée apparaît devant lui, un revolver brillant dans sa main.

"Sortez vos doigts de votre veste, Monsieur Connard, et laissez votre Maüser là où il est.
- Vous !
- Tatata, inutile de tergiverser : félicitations pour vos travaux, mais puisque vous aimez comparer les choses aux sciences, dites-vous que je ne fais que pratiquer une longue tradition du domaine : prendre le travail d’autrui.
- J’aurais dû me douter que vous viendriez pour la machine. Vous gagnez cette manche, mais ne croyez pas m’avoir comme ça.
- Au contraire, je crois exactement vous avoir comme ça. Maintenant, écartez-vous, je prends le volant."

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L’homme prend son temps, son arme toujours pointée vers son adversaire, avant de monter à la place du conducteur. Il met le contact, fait rugir le moteur, et quelques instants plus tard, le camion s’éloignedans la rue avec sa précieuse cargaison. J’aurais dû prévoir le coup. Une machine à pomper des morceaux de vieux scripts pour en faire de nouveaux films, c’était évident qu’il viendrait la chercher. Je ne pouvais en vouloir qu’à moi-même pour mon imprudence. Lorsque le camion tourne au bout de la rue, je vois le visage souriant du conducteur.

"Ce n’est que partie remise, Quentin Tarantino." dis-je à l’attention du vilain pilleur.

"Attendez, je crois que j’ai quelque chose !"

Allongé sur la planche au-dessus de la fosse boueuse, l’étudiant donna quelques nouveaux coups de pinceaux à l’objet qui émergeait du sol pour en retirer la terre et la poussière qui s’y accrochaient encore. Tirant sur son couvre-chef pour s’abriter un peu plus de la légère bruine qui tombait sur le chantier d’archéologie, il jeta un rapide coup d’œil autour de lui pour voir sa professeur d’archéologie s’approcher d’un bon pas en enjambant les cordelettes qui quadrillaient le secteur de fouille. Arrivée à son niveau, elle s’accroupit pour mieux observer ce qui avait autant agité le jeune homme.

"Regardez professeur, on dirait une sorte de boîte !
- A vue de nez, c’est gallo-romain. Regardez les bords, ils sont typiques de l’artisanat régional du IIème siècle. Légèrement arrondis, un bois que l’on devine granuleux caractéristique des forêts situées à proximité des carrières de calcaire qui ont servi à bâtir la cité antique… vous m’avez l’air de tenir quelque chose ! Je vais vous aider à le dégager."
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La femme s’allongea à côté de l’étudiant et à son tour, commença à dégager avec toute la minutie que sa profession lui avait enseigné le délicat conteneur qui attendait là depuis le début de notre ère. Peu à peu, et comme si un rideau se levait sur un spectacle aussi minuscule que fascinant, ils virent mieux ce sur quoi ils travaillaient.

"Professeur ! Il y a des pigments ! On dirait… une peinture !
- Vous avez raison. Et détaillée avec ça ; concentrons-nous sur cette face, je suis curieuse de voir quelle célébrité du second siècle a été représentée sur…."
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Un coup de pinceau plus vigoureux que le précédent provoqua une minuscule avalanche de terre sur le monticule qui recouvrait encore l’objet, et tout un pan d’argile s’affaissa pour révéler l’intégralité de l’image jusqu’alors cachée aux regards.

"Je… professeur, je ne vois pas bien de quel Saint ou Empereur il s’agit.
- C’est… je… je crois que c’est Nicolas Cage."

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Il y eut un long silence, avant que d’autres pas n’approchent du duo allongé sur sa planche. Ils levèrent les yeux pour trouver un homme fumant paisiblement son cigare à l’abri d’un parapluie tenu par un quelconque employé.

"Aaah, mon DVD de Rock. Je me demandais où je l’avais mis. J’espère que la pluie n’a pas abîmé la jaquette.
- Que… qu’est-ce que vous racontez ? Et qui êtes-vous Monsieur… Monsieur… ?
- Connard. Faisons fi des formalités et appelez-moi Odieux, jeune gourgandine. Voyez-vous, c’est mon DVD que vous tenez, là.
- Et pourrais-je savoir pourquoi vous vous amusez à enterrer des DVD de Nicolas Cage ?
- On pourrait croire que c’est pour avoir un arbre à mauvais films, mais en fait non, j’ai déjà un gros verger appelé Hollywood pour ça. Non, en fait, traditionnellement, à chaque début d’année, Nicolas Cage fait un mauvais film. Le Dernier des Templiers, Ghost Rider, Hell Driver… mais cette année, il nous boude. Et comme je suis un garçon prévoyant, j’enterre des DVD de Nicolas Cage pour me faire des réserves pour les mauvaises saisons. Et en ce début d’année 2014, aucun signe de l’homme à la chevelure dadaïste. Donc je viens chercher mon DVD de réserve. Mais je vois que vous l’avez trouvé avant moi, bravo. Vous me le donnez ?
- Tenez. Maintenant, écoutez Monsieur Connard : il faut arrêter votre affaire, parce que je vous rappelle que notre métier, à nous archéologue, c’est de comprendre le passé en analysant ce que l’on découvre dans le sol. Alors si vous y mettez n’importe quoi, ça va vite être le bazar pour les générations futures, alors faites-vous oublier de mes futurs confrères et consœurs, d’accord ? Il faut nous laisser travailler maintenant.
- Ah non mais moi aussi j’ai du travail : du coup, j’ai un spoil à faire. D’ailleurs, votre histoire de trucs dans le sol, ça me rappelle les capsules temporelles, comme dans Prédictions, avec Nicolas Cage, le film qui n’a rien à voir avec son propre scénario et qui…
- DE-HORS !
- En route Diego, je crois que nous avons affaire à des rustres.  Allons plutôt faire notre devoir de début d’année et conter les aventures de Nicolas Cage au monde libre !"

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Car oui, Nicolas Cage étant absent des salles obscures, et plus que les traditions ennuyantes des bonnes résolutions, tournons nous vers un mission folklorique de ce blog : s’occuper de l’ami Cage en début d’année. Prêts pour Rock, un film où en plus, ils ont réussi à mettre Sean Connery (le début de la fin : ensuite, il y a eu "La Ligue des Gentlemans extraordinaires") et le tout réalisé par Michael Bay ? Si tout ça ne vous fait pas rêver, c’est que vous avez perdu votre âme de sadique.

Pour les autres : spoilons, mes bons !

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L’affiche : "L’ultimatum expire dans 40 heures". En fait, non, 36. Oui, il n’y avait qu’une seule phrase, oui, ils l’ont merdée. Quel talent !

Nous sommes en 1996, alors que Ophélie Winter et Boris sont en tête du top 50, ce qui ne nous rajeunit pas (si vous n’étiez pas nés, sales jeunes, vous vous êtes épargné bien des choses). Tout commence lors de l’enterrement d’un militaire, alors que comme il se doit, il pleut très, très fort sur l’Amérique, car quand les héros meurent, même le ciel est triste. Que l’on en déduise pas par corollaire que le Nord est une terre de héros : ça, c’est juste que Maubeuge vue du ciel, même les nuages en ont des irritations oculaires. Mais là n’est pas le sujet. Car voyez-vous, non seulement les éléments pleurent la perte des braves, mais aussi un certain général Francis Hummel du corps des Marines, qui s’est battu toute sa vie pour que les familles des hommes tombés en opérations spéciales reçoivent le dédommagement qu’elles méritent. Puisque jusqu’ici, quand un valeureux soldat en mission d’infiltration tombait, le pays se contentait de dire "Je ne vois pas de qui vous parlez, lalalala, je n’entends rien" par courrier aux familles. Et notre bon Francis est si triste de pareille injustice qu’il décide d’aller en parler à sa femme.

Qui est morte, soit dit en passant, mais visiblement, ça le ne le dérange pas. Coquinou, va !

Bref, notre homme, croisant l’enterrement militaire, s’en va sur la tombe de sa bien-aimée, et s’y agenouille.

"Chérie, ma chérie… tu me manques tellement.
- …
- Tu le sais, j’ai tout essayé pour les convaincre de réparer cette injustice, mais il restent sourds à mes appels.
- …
- Tous ces braves tombés pour le pays et qu’on a laissé pourrir…
- …
- Je ne peux plus tolérer ça. 
- J’entends bien mais je suis une pierre tombale, alors je risque pas trop de te répondre.
- C’est pourquoi j’ai décidé de passer à l’action. Je ne pouvais de ton vivant, je sais que tu aurais désapprouvé, mais c’est la seule solution.
- …
- Tiens, voici mon alliance. Et ma croix de guerre. Je t’embrasse ma chérie.
- Héééé ? Hooo ? Hé mais tu les gardes tes merdes, je suis pas ta poubelle moi ! Reprends ta quincaillerie !
- Je t’aime."

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Après avoir déposé tout son bling-bling sur la pauvre pierre tombale (s’il avait été général en URSS, la pierre tombale se serait probablement effondrée sous le poids des médailles, nous sommes chanceux), le général Hummel repart donc mettre son mystérieux plan à exécution. Quel est-il ? Suspense. Suivons déjà la première phase de l’opération, qui se déroule le soir même à en croire la grosse pluie qui mouille qui continue à tomber et à laisser penser qu’à Hollywood, on sait faire des dinosaures ou des dragons en 3D, mais qu’on en chie toujours pour faire une pluie crédible. Bref, que disais-je ? Ah, oui :

"Fort Bullshit – Arsenal de la Marine – 10:23"

A Fort Bullshit, on s’ennuie donc un peu : les gardes patrouillent en maugréant contre les intempéries, et ceux à l’abri regardent leurs écrans  en soupirant – s’ils regardent "Norman fait des vidéos", en même temps, ça se comprend – dans l’attente de la relève. C’est bien dommage, car pendant ce temps, un commando d’une bonne douzaine d’hommes se positionne sur les toits en toute discrétion et commence à tirer des grappins dans tous les sens pour mieux y faire toutes sortes d’acrobaties. Probablement le cirque de Pékin. Et toujours pendant ce temps, le général Hummel se présente à la porte de l’arsenal, prétextant une visite de sécurité qui fait qu’on lui ouvre tout grand les portes de la base.

Comme quoi, il n’y avait peut-être pas besoin de cette histoire de grappins, mais bon, hein, le film vient de commencer aussi, chut, soyez sympas.

Les supers commandos attaquent donc les gardes, les uns après les autres, leur tirant dessus avec des "soporifiques". Dans mon souvenir, les soporifiques, c’était souvent des fléchettes ou autres projectiles, mais ici, visiblement, non, puisqu’il suffit de tirer dans le gilet pare-balle d’un mec pour qu’il s’endorme. Sacrées fléchettes les enfants, elles percent même ce que les pruneaux de guerre ne passent pas ! Toujours est-il que les gardes de la base sont rapidement maîtrisés les uns après les autres, l’un d’entre eux passant même au travers d’une fenêtre pour s’écraser trois étages plus bas lorsque des types faisant de la tyrolienne sur les câbles des grappins lui mettent des coups de tatane dans le museau. Gardez ce détail en tête, on y reviendra plus tard.

En tout cas, Hummel, rejoignant le commando, se dirige droit vers la réserve d’armes de l’arsenal où se trouve un gros sas avec marqué "Ne pas entrer : arme bactériologique super secrète",  fait ouvrir celui-ci puis ordonne à ses hommes d’embarquer un certain nombre de charges de l’arme bactériologique en question : le virus VX. Mais alors, me direz-vous, à quoi ça ressemble une charge de virus VX ? Et bien c’est un grand tube, ouvert aux quatre vents parce que les trucs bactériologiques, c’est plus rigolo comme ça (c’est un fait connu : plus c’est dangereux, plus on met ça dans un conteneur pourri, c’est tout à fait crédible), et contenant des guirlandes de boules verdâtres qui ressemblent à ce que l’on pouvait trouver en cadeau dans Pif à une certaine époque (j’espère d’ailleurs que vos pifises vont bien. Si vous ne savez pas ce qu’est un pifise, sachez que c’était un peu le Nesquik de la vie : vous mélangiez la poudre à du liquide, et pouf, des pifises prenaient vie. Personnellement, je pense que c’est aussi comme ça que l’on a généré l’équipe de "Touche pas à mon poste", mais bon). Sauf qu’évidemment, alors que les vaillants militaires transportent le bousin, il y a Michel qui glisse et qui fait tomber une boule qui part en roulant au sol. Rhooo, Michel ! Tous les militaires courent donc très vite vers la sortie pour ne pas se prendre le virus VX dans la margoulette, moins Michel qui du coup, avait pris du retard, et ses copains lui referment par conséquent le sas sur la gueule alors que la boule tombée au sol, elle, se perce en touchant un mur (oui, s’écraser au sol, rien, rouler contre un mur, prouitch. Intéressant.).

Au travers de la vitre  du sas, le commando peut donc voir Michel qui râle un peu.

"Naaaan mais ouvrez-moi les copains, allez quoi !
- Michel, non. La boule s’est percée, tout ça, il y a du virus VX plein la pièce, on n’ouvre pas. Tu es grand, tu te démerdes.
- Mais arrêtez ! Vous voyez bien que ça fait rieeeeeeeeaaaruuuughglublublublublubeuaargl – couic."

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Je sens bien que je ne suis pas très clair. Alors, que fait le virus VX exactement ? Hé bien visiblement, une fois inhalé, il provoque une poussée d’acné qui fait temporairement ressembler la victime à une fan de One Direction ou bien à un Croustibat, tout dépend de vos références. Cela fait, la victime s’effondre en convulsant, puis, meurt dans les secondes qui suivent. C’est donc fort violent.

Le général Hummel, attristé tant du spectacle que de la perte d’un de ses hommes, ordonne donc à toute son équipe de mettre les voiles, et le mystérieux commando disparaît dans la nuit.

Même Nicolas Cage n’est pas convaincu par le système de rangement du VX, ce qui n’est quand même pas peu dire.

Attendons donc le petit jour pour voir notre homme reparaître, et cette fois-ci… à la prison d’Alcatraz ! Celle-ci, fermée depuis belle lurette, est devenue une attraction touristique. Hummel et quelques-uns de ses hommes suivent donc la visite, mais on sent bien qu’ils ont un plan, particulièrement lorsque Hummel se tourne vers deux petites écolières qui étaient juste derrière lui.

"Bonjour Mesdemoiselles !
- Ho non, c’est le vieux qui parle aux pierres tombales, relou.
- Ecoutez, il faut dire à votre institutrice que vous et votre classe devez repartir tout de suite, d’accord ?
- Ho bin oui pépé. On va dire à notre maîtresse "Hé m’dame, on peut se barrer ? C’est nul ici !" et elle va nous dire oui avant de nous ramener à son propre bateau, c’est ça ?
- Allez-y les filles, c’est très important !
- Ah nan mais il est habitué à parler aux tombes le papy, il entend plus rien quand on lui parle, c’est dramatique."

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Et en effet : ça fonctionne parfaitement. Je vous laisse le soin de sangloter.

Hummel attend donc que le guide de la visite enferme les visiteurs dans les cellules d’Alcatraz pour simuler la vie dans la prison le temps de quelques minutes, puis, sort son pétard et explique au guide que non seulement on va laisser les touristes derrière les barreaux, mais qu’en plus, toute l’équipe d’Alcatraz va les rejoindre, allez hop. Cela fait, Hummel accueille donc deux hélicoptères militaires qui viennent se poser sur l’île une fois qu’il en a pris le contrôle, et d’où sort le reste de son commando surarmé. On trouve au sein de celui-ci, outre Hummel : le major Baxter, son fidèle bras droit, le capitaine Cox, qui tire son nom du personnage qu’il jouera quelques années plus tard dans Scrubs, les sergents Bad Guy 1 & 2 qui sont très méchants, et bien évidemment, un certain nombre de Jean-Jacques qui sentent bien que leur absence de patronyme a des effluves de pâté.

Nos larrons s’installent donc sur Alcatraz (comprendre, on les voit faire de la descente en rappel partout plutôt que d’utiliser les escaliers : c’est le syndrome dit de "Piège en haute-mer", à savoir que les terroristes adorent faire les fous sur des filins même quand les marches sont à côté), placent le virus VX dans des missiles positionnés vers la baie de San Francisco, et annoncent aux touristes qu’ils vont devoir rester enfermés jusqu’à ce que le gouvernement ait cédé aux exigences de la petite équipe. Cela fait, ils appellent le directeur du FBI, qui est vraiment un type sympa, puisque quand il décroche sa ligne directe, il répond "Directeur du FBIII ?" des fois que, on ne sait jamais, vous soyez tombés sur son numéro par hasard alors que vous vouliez juste commander une pizza quatre fromages.

"Directeur du FBIII, c’est à vous que je voulais parler.
- C’est pour ?
- Je suis le général Francis Hummel. Moi et mes hommes tenons l’île d’Alcatraz et y détenons 81 otages. Je dispose aussi de missiles de gaz VX braqués droit vers San Francisco.
- C’est pas super gentil.
- Je vous rappellerai à zéro heures pour vous faire part de mes exigences.
- Zéro heures chez vous ou chez n…
- *clic*
- Ah nan mais l’autre. Ça va être pratique, tiens, s’il file pas les détails, c’est la côte est ici, hein !"

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Malgré ces détails techniques, Directeur du FBIII parvient donc à rassembler tout un tas de généraux, de conseillers de la Maison Blanche et autres experts autour d’une table avec des gros écrans et des cartes partout pour discuter de la situation. Le point est rapidement fait :

"Bon, les amis, je résume : nous avons affaire au général Francis Hummel. Héros de la guerre du Vietnam, de la guerre d’Irak (nous sommes en 1996, il n’y en a encore eu qu’une), de tout un tas d’autres opérations et exemplaire jusqu’ici. Visiblement, il n’est pas content. En effet, hier soir, aux alentours de 10 heures, lui et ses hommes ont pris d’assaut Fort Bullshit. Ils n’ont tué aucun garde, n’utilisant que des produits soporifiques pour…
- Et celui qui est tombé de trois étages la tête la première à cause de couillons qui faisaient de la tyrolienne ?
- Je… heu… il va… il va bien ! Sa tête a amorti le choc, tout ça, hé hé… hem. Bon, disais-je : ils ont perdu un homme dans l’affaire, en s’emparant du gaz VX qu’ils pointent désormais vers nous. Un certain Michel.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Michel ? C’était une sorte de con, semble-t-il.
- Non, le gaz VX. C’est quoi ?
- Vous connaissez les pifises ?
- Heu… non.
- Bon, on va faire simple. Une cuillère à café de la substance VX tombant au sol tue tout le monde dans un rayon de 30 mètres. La même quantité pulvérisée par, disons, un missile dans l’atmosphère, tue tout le monde dans un rayon de 1 kilomètre.
- Ah oui, c’est embêtant. Par quoi commence-t-on ?
- Il faut éviter la panique. Les médias ne doivent rien savoir. 
- Et pour les 81 otages ? Ça va se voir quand même qu’ils ne sont pas rentrés à la maison ?
- Hihihih heu… détail ! Vous avez qu’à dire qu’ils… heu… qu’ils… qu’ils sont retenus par un tournoi de Yu-Gi-Oh !
- … et qu’est-ce qu’ils veulent les terroristes ?"

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La conversation est bien vite arrêtée par la sonnerie de "Soirée Disco", puisque le général Hummel appelle pour expliquer de quoi il retourne.

"Bonjour les amis. Si je vous appelle aujourd’hui, c’est pour vous expliquer l’affaire : j’ai Alcatraz, 81 otages, le gaz VX, tout ça, mais que veux-je, vous demandez-vous ? C’est très simple : je veux que vous preniez 100 millions de dollars sur les fonds des ventes d’armes secrètes de la CIA, et que vous me les versiez. J’en filerai 87 aux 87 familles de soldats morts en mission d’infiltration pour compenser les pensions dont on les a empapaoutées pour garder le secret défense, et les 13 millions restant, c’est pour payer mes hommes. Vous avez 36 heures, après, je nettoie San Francisco de tous ses hipsters. Ce qui est tentant, j’en conviens, mais tout de même. Vous avez 36 heures. Pas 40 comme sur l’affiche. 36, que ce soit clair."

Hummel coupe alors la communication, laissant les larrons autour de la table dubitatifs.

Hipster de San Francisco, illustration. Personnellement, j’aurais même proposé de ravitailler Hummel une fois ses 4 missiles tirés.

 

"Hé bé. Il rigole pas le Monsieur. Bon, comment neutralise-t-on le gaz VX ?
- C’est bien le problème. La plupart des agents bactériologiques peuvent être neutralisés avec un bon coup de chaud, comme par exemple, le napalm. C’est comme ça que je soigne mes rhumes. Mais le VX, lui, résiste ! Il ne peut être détruit qu’avec du über-plasma. C’est… un truc… qui brûle bien. Mais expérimental ! On a donc pas encore de missiles capables d’en tirer sur Alcatraz pour neutraliser le virus ! 
- Oui, enfin, c’est con votre affaire.
- Qui êtes-vous ?
- Caporal Roudoudou, de la logistique. Je veux dire : si votre über-napalm, c’est l’équivalent du napalm en terme de violence, j’imagine que c’est pas vraiment de la frappe ciblée. Donc que si vous envisagez de l’utiliser, vous acceptez de tuer les otages.
- Ah oui mais on a pas trop le choix !
- D’accord, mais du coup : tout à l’heure vous avez dit que le gaz n’avait qu’une portée de 30 mètres s’il n’atteignait pas l’atmosphère. 
- Je ne vois pas le rapport.
- Bin si : pourquoi vous emmerder avec du über-plasma ou je ne sais quoi pour stopper le gaz si sa propagation se limite à 30 pauvres mètres sur l’île ? Si c’est pour la raser et tuer tous les otages, qu’il y ait en plus du gaz sur 30 mètres durant quelques secondes ou pas, ça ne change rien. Donc on peut la bombarder à l’ancienne, en fait.
- Je… que… CE N’EST PAS DANS LE SCRIPT ! Sortez d’ici, caporal, et laissez les gens sérieux travailler ! Bon, qu’en pense notre général de l’US Air Force ? En combien de temps pouvez-vous avoir des missiles au über-plasma prêts ?
- Ça fait des mois qu’on travaille dessus et qu’on y arrive pas. Mais comme vous me demandez de trouver une solution en 36 heures et que c’est un mauvais film, je suis sûr que soudain, tous nos techniciens vont avoir des idées de génie. Jusqu’ici, ils ne faisaient que se curer le nez en regardant Youporn. Enfin dans le doute, prévoyez quand même un autre plan, les missiles, ce sera un peu le dernier recours si on les a à temps.
- Parfait ! Bon, comme autre plan, je pensais à envoyer un commando leur latter la tronche. Tout ce qu’il nous manque, c’est un type qui puisse nous infiltrer tout ce petit monde, et un expert en arme bactériologiques. Directeur du FBIII, vous auriez ça ?
- J’ai bien l’expert en armes, mais pour ce qui est de l’infiltration… mmm, il y a bien CET HOMME… oui… CET HOMME super fort qui connait tout… CET HOMME qui serait idéal… CET HOMME qui est au secret défense.
- Vous pourriez pas juste fermer votre gueule et le faire venir ?
- Bon, d’accord : rendez-vous au QG Mobile de San Francisco."

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Et qui est notre expert en armes bactériologiques à votre avis ?

Rendez-vous ailleurs au pays du hamburger, alors qu’un certain Stanley Goodspeed, plus connu sous le nom de "Ho ! Nicolas Cage !", est en train de s’ennuyer dans son bureau. Lui, sa passion, c’est la chimie et les virus. Du coup, il passe ses journées à inspecter des colis suspects parce que les méchants passent leur temps à envoyer du gaz sarin par La Poste. Ce que je fais aussi par ailleurs tous les trois colis égarés, histoire que le postier farceur découvre les joie du calembour neurotoxique (un peu comme ceux de Franck Dubosc, mais passons). Mais dans le cas présent, Stanley Goodspeed n’étant pas du genre à rire de ces choses là, il n’hésite pas à courageusement désamorcer les terribles engins, puisque oui, son expertise, c’est la biochimie, donc il a naturellement des compétences de démineur. Ah, les "scientifiques" d’Hollywood, qui maîtrisent toutes les sciences à partir de bac +3 !

Après une bonne journée à inspecter des colis, l’ami Goodspeed retourne donc chez lui pour y retrouver sa compagne, Germaine, qui a une grande nouvelle : elle est enceinte ! Mais que bon, hein, ils ne sont pas mariés, alors il va falloir remédier à ça, car c’est connu : si bébé ne peut pas consulter les actes civils du mariage en mairie, il tourne mal (par exemple, il peut devenir comptable. Brrr). Notre héros se dit donc que ça pourrait se faire, mais que déjà, il faut célébrer la chose en copulant (en soutien-gorge pour madame : n’oubliez pas Mesdemoiselles : si vous ne gardez pas le vôtre, c’est que vous faites mal les choses). Sauf que voilà, en pleine affaire, son téléphone sonne. Sacrebleu.

"Stanley Goodspeed ?
- Ici Directeur du FBIII. Venez vite à San Francisco Stanley, c’est urgent.
- D’accord *clic*.
- Mon chéri ? Qu’est-ce que c’était ?
- Juste le directeur du FBI qui m’appelait personnellement pour aller à San Francisco. Sûrement un simple exercice.
- Oui, les directeurs du FBI adorent appeler individuellement leurs employés pour des exercices.
- Tu sais quoi ? Tu n’as qu’à venir aussi. Prends un hôtel et je t’y rejoindrai.
- Ouiiiiiii hihihihi !"

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Notre héros part donc tranquillement vers l’avion que le FBI lui a spécialement affrété et se rend à San Francisco où il est reçu par le directeur du FBI en personne, qui lui explique la situation et que non, ce n’est pas un exercice (parce que oui, c’est vraiment sa théorie, même lorsqu’il voit qu’il a un avion spécialement pour lui : non mais ces dialogues, cette qualité). Notre héros a à peine le temps de suggérer de demander à un militaire de se suicider, comme ça on pourra l’enterrer, donc il se mettra à pleuvoir de manière monstrueuse empêchant ainsi le lancement de tout missile (bin oui, quitte à être dans un film avec des règles pourries, autant les exploiter), qu’il est coupé par un imposant convoi policier qui arrive au QG mobile du FBI : un prisonnier à la barbe blanche et aux cheveux longs ressemblant à une sorte de Sean Connery en est descendu avant d’être emmené et menotté dans une salle d’interrogatoire. De l’autre côté du miroir sans tain, le directeur du FBI, Jean-Paul son adjoint et Stanley Goodspeed regardent donc le bonhomme avant que Stanley ne finisse par poser la question.

"Qui est-ce ?
- John Mason. Un ancien des services secrets britanniques. C’est un expert de l’évasion, et le seul homme à s’être jamais évadé d’Alcatraz, ce qui est secret défense. Il y a 30 ans, Mason a volé un microfilm contenant toute la vérité sur tous nos secrets d’état : les aliens à Roswell, l’assassinat de Kennedy, le concept du Wal-Mart…
- Heu… tout était sur le même microfilm ? C’était quoi ? "Les plus grands secrets – la compil'" ?
- Je… écoutez, c’est comme ça ! Toujours est-il qu’on l’a collé au trou sans procès jusqu’à ce qu’il nous avoue où il avait caché le microfilm en question. Et ça fait 30 ans qu’il refuse de nous le dire. Du coup, il nous hait un peu, surtout moi qui suis derrière sa détention. Donc vous allez y aller et essayer de le convaincre de nous aider. Jean-Paul ? Vous commencez."

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Jean-Paul s’exécute donc et rentre dans la salle d’interrogatoire.

"Bonjour John, je suis Jean-Paul.
- Bonjour Jean-Paul.
- Il faut que vous nous aidiez à nous sortir d’une situation embêtante. 
- Et moi je veux une suite à l’hôtel du coin.
- Gnmmmgnnnuuuuuhh… aaaah il est trop fort, je craque !"

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Et Jean-Paul sort tout énervé. Ah non, vraiment, il insiste à peine. On sent la situation de crise. Bravo le pro. C’est donc Stanley qui se décide à essayer.

"Bonjour John, je suis Stanley Goodspeed
- Bonjour Stanley.
- Il faut que vous nous aidiez à nous sortir d’une situation embêtante. 
- Et moi je veux une suite à l’hôtel du coin.
- Okay. Signez là.
- Voilà.
- Merci."

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"Arrêtez de regarder mes cheveux comme ça Monsieur Cage, je sais très bien ce que vous leur voulez."

Et là encore, pas besoin d’exagérer : tout est réglé en moins de deux minutes. Ah si, il y a le célèbre passage dit des "mecs intelligents". Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans un film américain, quand deux mecs sont intelligents, soit l’un commence une citation et l’autre la termine, soit c’est un larron qui donne une citation et l’autre qui en donne la source. Juste dire un truc intelligent paraît un peu compliqué. Bon, en général, ce sont des classiques qu’ils se citent, et encore, choisis avec soin, parce que quand même, toutes les références ne sonnent pas pareil niveau érudition :

"Mason, on a une situation assez chaude sur les bras.
- "C’est la merguez, merguez party…"
- "… tant qu’il y a d’la braise, c’est pas fini". Les Musclés, Mason, moi aussi j’ai une passion pour les classiques.
- Hmmm, je vois que vous êtes un homme cultivé Goodspeed. Je pense que nous allons faire du bon travail ensemble."

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Du coup, ils en restent à citer l’Iliade. Naze. Bref, Goodspeed fait signer à Mason une confirmation du ministère de la justice comme quoi, s’il accepte de coopérer, il sera libéré dès la fin de la mission. Sauf que sitôt que Mason a le dos tourné et est loin, Directeur du FBIII déchire le document en expliquant que hahaha, jamais Mason ne reverra le jour, il en sait trop sur les secrets du pays ! En attendant, la suite d’un hôtel du coin lui a été réservée, comme convenu, et pour lui faire plaisir, on lui a même fait livrer un beau costume tout neuf et un bon pour aller chez le coiffeur. Cependant, Mason est un fieffé gourgandin, puisqu’il profite d’une douche pour piquer une ficelle qui traînait là avant de la cacher sur lui. Cela fait, il va donc se faire coiffer sur le balcon de sa suite, sous les yeux de Goodspeed et de Directeur du FBIII. Goodspeed ne dit rien, mais il récupérerait bien tous ces cheveux gâchés pour se faire une moumoute : il reste avant tout un Nicolas Cage. Mais passons.

Car profitant d’un moment d’inattention, et une fois présentable, Mason bondit et utilise la ficelle pour faire passer Directeur du FBIII par dessus le balcon sous les yeux effarés de Goodspeed. Suspendu au-dessus du vide par la plus petite ficelle de l’histoire du cinéma (contrairement à celles du scénario), probablement faite en fibre d’orichalque tressé, Directeur du FBIII doit appeler Goodspeed à la rescousse, laissant l’opportunité à Mason de fuir. "Crotte de bique !" s’exclame donc Goodspeed, appelant d’autres agents du FBI à l’aide pour le remplacer auprès de Directeur du FBIII pendant qu’il s’élance à la poursuite de Mason.

S’ensuit une course-poursuite via des voitures que nos deux larrons volent aux clients s’arrêtant devant l’hôtel, durant laquelle Mason utilise les pouvoirs de Michael Bay, à savoir que tout véhicule qui en percute un autre, même légèrement, cause immédiatement une explosion (vous êtes dans un film de Michael Bay et vous ratez votre créneau ? 12 morts). Et comme Mason a volé un gros hummer de beauf, il fait péter tout plein de voitures sur son passage, le tout en esquivant l’autre super pouvoir de Michael Bay, à savoir les poncifs foireux : des tonnes d’événements improbables se passent donc juste devant les voitures. La petite vieille qui traverse avec un déambulateur ? Check. Les jeunes qui squattent un passage piéton ? Check. Le camion qui perd toute sa cargaison de trucs qui réduisent la visibilité ? Check. Et surtout : la course de fauteuils roulants en plein milieu d’une avenue, si, si ? Check. Véridique.

Cela fait, Mason parvient à semer tout son petit monde, à part bien sûr Goodspeed, qui lui, a compris où le fuyard se rendait : il a découvert que celui-ci avait une fille installée à San Francisco.

C’est bête que personne n’ait pensé à cet argument pour le convaincre de prendre la mission, un peu plus tôt : "Soit tu bosses avec nous, soit ta fille finit en Croustibat." Oui, vraiment ballot. Tant de talent, c’est merveilleux. Comme quoi, les films, ce n’était pas forcément toujours "mieux avant".

Mason parvient donc, en peu de temps, à joindre sa fille, à lui donner rendez-vous dans un parc du coin, à attendre que celle-ci trouve une de ses amies pour l’accompagner car elle n’est pas rassurée à l’idée de voir ce père sorti de prison qu’elle n’a jamais connu, et enfin, tout ce petit monde peut se rencontrer (ah oui, ils ont vraiment du temps devant eux), pendant que ce filou de Goodspeed observe la scène de loin et prévient le FBI de la position du fugitif. Il n’en écoute pas moins ce que se racontent les Mason père & fille enfin réunis.

"Papounet !
- Oui, ma chérie, c’est bien moi.
- Mais ? Ils t’ont laissé sortir de prison ?
- Oui… hem, hem, oui oui, c’est ça. Bon, je voulais enfin te voir, en vrai. La dernière fois que je t’ai vue, c’était sur une photo de toi où tu avais 10 ans. Comme tu as changé !
- Papa… tu sais, on ne se connait pas, ça me fait bizarre… maman m’a souvent raconté comment elle t’avait rencontré à un concert, et après comment vous… enfin, comment vous n’aviez eu que peu de temps puisque tu étais déjà un évadé et que la police est venue te tirer de la chambre à coucher de maman le soir même. Et 9 mois plus tard, j’étais là…
- Ah bin hé, moi quand je m’évade, je peux te dire que je rentabilise mon évasion. Et puis bon, la police qui vient me chercher, c’était quand même plus de panache que de sortir acheter des clopes pour ne jamais revenir, non ?
- Heu… bon, papounet, c’est cool mais… tiens, tu entends ces gyrophares au loin ? C’est pour toi ?
- Je le crains. Ecoute, je dois te dire : je veux que l’on se connaisse mieux ! Devenir un vrai père pour toi ! Rattraper le temps perdu ! Te faire rire ! T’écouter ! Te soutenir ! Te mettre des taloches dans la gueule quand tu rentres après 22 heures ! Effrayer tes petits amis ! Faire du bruit avec maman pendant que tu essaies de réviser !
- Maman est morte, papa.
- Raison de plus pour que ça fasse du bruit !
- Bon, papa, je dois partir là, vraiment… tu t’es encore évadé, c’est ça ?"

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Mais alors que les voitures de la police et du FBI arrivent en faisant crisser le gravier pour encercler la scène, Goodspeed surgit de sa cachette, touché par cette réunion, pour dire à fifille Mason "Mais non il n’est pas évadé ! Votre père nous aide juste sur une affaire super tendue ! Pas vrai ?". Mason acquiesce et remercie Goodspeed de sa sollicitude : il n’aurait pas voulu être embarrassé devant sa fille enfin retrouvée. L’affaire entendue, tout le monde (moins fifille qui part faire des trucs de fille comme participer à la Manif pour Tous déguisée en princesse) retourne donc au QG du FBI, où Mason coopère pour de bon en indiquant les tunnels par lesquels il s’est évadé d’Alcatraz, et débouchant sous la mer. Un petit commando pourrait donc rentrer par là et infiltrer la forteresse avant de neutraliser les hommes de Hummel un par un.

"Hmmm… vous avez vu les gars ? Il y a plein d’explosions en ville et des bruits de carambolage. Je ne sais pas ce que l’ennemi prépare, mais ça a l’air diablement con."

Mais comme au FBI, on aime bien rigoler, on décide d’emmener Mason (pourquoi pas) et surtout Goodspeed, qui est une truffe sur le terrain. Non parce que attention : comme c’est un expert en chimie, ils ont besoin de lui pour neutraliser les missiles ! Bon, il n’y a pas de rapport entre la chimie et les missiles, mais c’est comme ça. Et non, les commandos n’ont pas de démineur. Et non, péter les ailerons du missile, latter leur propulseur ou autre ne suffirait pas. On va donc prendre ce gros busard de Goodspeed avec nous ! Ouaiiiiis !

M’est avis qu’ils avaient choisi le scénariste parce qu’il s’y connaissait en gaz neurotoxique. Probablement parce qu’il en avait sniffé une bonbonne pleine.

Bref : la chose décidée, et pendant que le QG du FBI fait croire à Hummel qu’ils vont payer à un moment ou à un autre ("Oui, alors le président allait signer mais il a eu un rendez-vous urgent" "Ah, c’est bête, il allait encore signer mais on a paumé le dossier" "Rooh, vous savez quoi ? Le président a fait tomber sa gomme. Vous auriez une heure de plus à nous donner le temps qu’on la retrouve ?" oui, c’est tellement crédible que ça ressemble un peu à un marché public français), la petite équipe est envoyée de nuit à l’héliport local pour se préparer. Le chef du commando explique donc de quoi il retourne.

"Bonjour Messieurs, je suis votre chef d’équipe, mais vous me connaissez déjà. Voici John Mason, il sera notre guide à l’intérieur.
- Bonsoir.
- Et ici, Monsieur Stanley Goodspeed, notre expert.
- Bonsoir.
- Enfin, nous serons aussi accompagnés par un guitariste et un batteur, chargés d’accompagner les moments forts de notre mission avec une musique aussi pompeuse qu’omniprésente.
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- Je résume pour tout le monde : nous infiltrerons l’endroit par les tunnels sous-marins, et ensuite nous bourrerons la gueule aux méchants. Quand tout sera bon, on aura qu’à agiter nos fumigènes verts pour prévenir la côte qu’on a réussi. Il n’y a pas de questions ?
- Moi chef ! Est-ce que vous pourriez nous donner des prénoms, parce que je trouve que sinon ça pue un p…
- Puisqu’il n’y a pas de questions, en route !"

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Chez Hummel et sa bande, on est donc peu étonné de voir s’afficher sur le petit radar qu’ils ont installé l’écho d’un hélicoptère en approche en pleine nuit : soit Puff Daddy vient faire un concert à l’improviste, soit ils ont de la visite ! Seulement, l’hélicoptère largue quelques petits véhicules sous-marins et commandos en tenue de plongeur, puis s’en va sans que les méchants aient pu voir quoi que ce soit en-dehors de leur écran radar. Peu probable qu’il s’agisse de Puff Daddy, donc. Bien vite, donc, et passant par des tunnels immergés, le commando des gentils se retrouve de son côté dans une salle… où toutes les portes sont fermées !

"Cacaboudin !" s’exclame donc le chef d’équipe "On avait pas prévu qu’on puisse rencontrer des portes fermées. On est fichus !"

Sérieusement ? Ah oui, motivés les mecs quand même. Si les terroristes utilisent des portes fermées, qui plus est quand ils contrôlent une prison, où va-t-on ?

Toujours est-il que Mason a un plan : "Je vais utiliser le tunnel, là ! Celui avec des roues qui tournent et des petits lance-flammes automatiques !"

Que ? Pardon ? Un tunnel avec des roues qui tournent (et qui ne font rien fonctionner au-dessus, soit dit en passant, elles tournent juste, comme ça, hop) et des lance-flammes ? Mais ? Pourquoi ? Qu’est-ce que… attendez, non, on vient de me répéter "Michael Bay" dans l’oreille. Très bien. L’ami Mason fait donc un numéro de ninja dans un tunnel dont on ne comprend pas bien la simple existence, puis va ouvrir la porte à ses camarades par l’autre côté, leur permettant d’envahir les souterrains de la prison. Leur objectif ? La salle des douches, où une grille devrait leur permettre de remonter et d’infiltrer le bâtiment. Sauf que…

… sauf qu’un militaire malinou a piégé ladite grille avec un détecteur de mouvement artisanal (non, ce n’est pas relié à une boîte de conserve, mais pas loin), qui fait que les commandos, pensant le désamorcer comme un détecteur classique, se retrouvent repérés sans le savoir par tous les méchants qui se mettent en position au-dessus de la salle des douches, prêts à accueillir les intrus ! Tout le commando monte donc, à l’exception de Mason et Goodspeed, laissés en arrière pour… parce que… parce que.

C’est donc une grosse surprise pour l’unité d’élite lorsque, à peine déployée dans les douches, elle voit tout autour d’elle des hommes en armes la braquer, et le général Hummel apparaître. Toujours se méfier des douches des prisons, pourtant, ils le savaient. Hummel n’en a pas moins envie de papoter :

"Super commando d’élite ! Ta mission s’arrête là. Je ne veux pas ta mort, alors : pose les armes.
- Non ! Je sers les Etats-Unis, jamais je n’obéirai à un sale terroriste !
- Moi aussi, je sers les Etats-Unis ! Trop de gens comme nous sont morts sans les honneurs, c’est pour vous, pour nous que je fais ça ! Posez vos armes.
- Non !
- Allez.
- Nan.
- Steuplé.
- Nan.
- Faipatapute.
- Stoilapute
- Nan stoi et pas l’droit de retoucher son père !
- Dammit !"

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Ce fabuleux dialogue est cependant interrompu par un soldat qui fait du bruit sans le vouloir (non, pas comme ça bande de scatophiles), et faisant sursauter tout le monde, déclenche la fusillade. En quelques secondes, tout le commando des gentils se fait donc massacrer, et celui-ci portant de petites caméras, depuis le QG du FBI, on assiste donc au massacre. La fine équipe ainsi malmenée, ne restent donc, planqués dans les souterrains, que Goodspeed et Mason qui se disent que tout cela ne sent pas très bon, voire carrément comme mamie. Après avoir récupéré la radio et les armes d’un cadavre tombé entre eux depuis la salle du dessus, nos deux larrons se mettent donc en mouvement pour s’éloigner. L’occasion pour eux de papoter, le tout, à haute voix bien sûr : c’est pas comme si on venait de massacrer tous leurs petits copains.

"Ça alors ! Je ne m’attendais pas à ce que tous ces personnages secondaires sans nom meurent"

 

"Mason ! Mason, où allez-vous ?
- Mais, je me barre mon petit Stanley. Cette mission est un échec, vous n’avez plus besoin de moi.
- Non, vous devez rester !
- Ah oui, et pourquoi ?
- On vous a engagé en vous disant que c’était pour une prise d’otage… mais ce n’est pas que ça : ces brigands menacent tout San Francisco avec du gaz VX qui fait bobo ! Votre fille est à San Francisco ! Ma fiancée est venue me rejoindre à San Francisco."
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Ah oui, d’ailleurs : en apprenant que ce n’était pas un exercice, Goodspeed a tenté de dire à sa dame de ne pas venir, mais suite à un subtil quiproquo (si vous aviez un détecteur à ironie, je viens de coincer l’aiguille dans le rouge, je sais, je suis surpuissant), elle est viendue quand même. Sauf que Goodspeed a prévenu le FBI de la mettre en sécurité. Ils l’ont donc… mise dans une voiture avec un garde. Voilà voilà. Et comme elle n’a pas voulu rester (c’est étonnant : moi, dans le coffre, les invitées ne font jamais de chichis), ils ont décidé de l’amener directement dans la salle de commandement du FBI pour qu’elle assiste à tous les trucs top secrets.

Je vois : c’est donc tout ou rien. Et concernant ce film, j’ai déjà choisi mon camp. J’avais tort plus haut concernant le scénariste : le truc neurotoxique c’est carrément le scénario.

Soit, faisons fi de la chose et revenons à nos larrons qui pataugent dans les souterrains en parlant chiffons.

"Goodspeed… pourquoi ne m’avez-vous pas dit plus tôt qu’il y avait des armes pointées vers San Francisco !
- Parce que c’était top secret !
- Sachant que je fais partie de la mission top secrète, et que j’allais de toute manière voir les armes en question, à quoi ça servait de me cacher cette information à part me donner le moins de raisons possibles de coopérer ?
- Ah ? Heu… ah bin oui. Je ne sais pas.
- Ce film est décidément une bien belle merde mon cher Goodspeed, poursuivons donc !"

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Convaincu du bien fondé de la mission, Mason accepte donc d’aider Goodspeed à, au moins, désamorcer les missiles terroristes. D’après leurs informations, il y aurait quatre emplacements à attaquer, dont un mystérieusement placé dans la morgue (parce que les super caméras de l’armée ont repéré les missiles même à travers douze couches de roche). C’est donc par là que nos héros vont commencer. Seulement voilà, tout n’est pas si simple : le capitaine Cox et ses hommes ont bien remarqué que les armes et la radio du cadavre retombé dans les souterrains avaient disparu. Ils soupçonnent donc, soit des gitans, soit des survivants du commando. Mais comme ils n’ont aucune caravane sur leur radar, ils en déduisent qu’il y a encore du gentil militaire là-dessous. Et commencent donc à jeter des grenades là-dedans ; sauf qu’un soldat plus taquin que les autres décide de balancer directement une sorte de méga bombe artisanale, faite à partir d’une bouteille de gaz, d’un détonateur et de patafix. Le résultat est des plus impressionnant : il provoque une explosion dont les flammes ravagent à peu près 6 kilomètres de tunnels et d’égouts en remontant la moindre canalisation. J’espère qu’aucun otage ne faisait caca à ce moment là, sinon le bougre a dû découvrir une nouvelle forme d’inflammation des intestins de manière aussi surprenante que spectaculaire.

Mais nos héros ont échappé à tout cela quand même, tout simplement en plongeant dans le fond d’eau qui parcourt les souterrains. Yay !

Quelques minutes plus tard, ce sont donc un Mason et un Goodspeed quelque peu échaudés qui arrivent à la morgue, Mason tuant les deux soldats sur place assez promptement à l’aide de sa célèbre mitraillette aux balles illimitées. Goodspeed peut donc entamer le désamorçage des missiles qui étaient entreposés là. Et là, attention.

"Bon alors… d’abord, je dois ouvrir le missile…
- On ne pourrait pas juste le saboter ?
- Non… je dois… ouvrir… le… missile…
- Bon, okay. C’est vous l’expert.
- Maintenant… je dois… manipuler les guirlandes… de bouboules de VX…
- Wow, ça a l’air dangereux. Et vous en faites quoi ? Non parce que le film ne le dit pas. Elles disparaissent à chaque scène.
- Je les glisse… dans un tiroir…
- Ho, bin oui. C’était tellement évident. Les boules de gaz mortel entre les chaussettes et les slips, gros professionnalisme.
- Maintenant… je vais démonter… les puces de guidage… parce que oui… mystérieusement, il y en a 12 par missile…
- Non mais vous déconnez mon vieux. Vous êtes en train de démonter tout le missile juste pour pourrir le guidage ? On risque de mourir douze fois au démontage juste pour que vous retiriez un truc qui n’empêche pas la mise à feu ? Et si les mecs veulent s’en servir comme roquette, hein ? Genre, à tout hasard, s’ils avaient des hélicoptères ? Ou juste, ils peuvent encore les tirer au hasard sur San Francisco, ce sera simplement moins précis ! Vous, vous êtes du genre, pour arrêter une voiture piégée, à rentrer dedans pour retirer le GPS !
- Détruire… les puces… VOILA ! Allez, on passe au suivant ?"

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Avant que Mason ne puisse gifler Goodspeed, qui est définitivement un Nicolas Cage, ceux-ci sont interrompus par l’arrivée impromptue de vilains qui venaient voir pourquoi ça ne répondait plus à la morgue. Autant dire que fusillade il y a, et que nos héros plongent dans les souterrains en quatrième vitesse, mais pas par le même passage : cette fois, ils débouchent dans des grottes sous l’île qui servaient bien avant la prison actuelle. Et donc, remplie de… de… hmmm, tiens ? De rails et de wagons de mines. Et de cordes pour tirer tout ça dans tous les sens ! Ça alors, ça aussi, quelle originalité. Et non ma bonne dame, rien n’a pourri : tout est encore en parfait état ! Les méchants et les gentils peuvent donc se faire une petite séquence de baston dans des wagons, jusqu’à ce que le capitaine Cox et ses deux hommes soient mis hors de combat par nos héros, puisque même Goodspeed a décidé de se servir d’une arme pour aider. Bravo les gentils ! Vous avez gagné !

La fameuse scène de désamorçage des missiles : notez que notre héros est en train de démonter la partie qui ne l’intéresse pas pour atteindre le missile, qui est en fait posé à côté.

Sauf que non, car soudain, alors que nos héros retournent vers les coins plus modernes de la prison pour tenter de neutraliser le prochain missile, ils entendent une voix dans les hauts parleurs qui, à leur grande déception, n’est pas celle d’un forain leur proposant un tour gratuimmmalléallétoulemondesamuuuuuse (oui, en forain, c’est un seul mot. J’ai fait forain en plus du latin et du grec, j’aime bien les langues mortes). C’est Hummel qui vient mettre les choses au point :

"Chers survivants du commando, je me permets de vous interpeller pour vous dire que ça commence à bien faire les conneries. J’ai avec moi Monsieur Bob, otage de son état, qui ne veut pas mourir. Alors soit vous vous montrez, soit j’aide Monsieur Bob à ouvrir tous ses chakras, voire carrément son troisième œil lors d’une séance "yoga & 9mm". A tout de suite les copinous !"

Nos héros sont bien embêtés : ils ne connaissent pas ce Monsieur Bob. Parce que bon, si ça se trouve, c’est un brave père de famille qui ne mérite pas son sort. Ou bien au contraire, c’est un type qui écoute du Booba très fort, auquel cas, c’est une perte acceptable. Mais dans le doute, autant le sauver. Mason propose donc de se rendre le temps de faire diversion pour que Goodspeed puisse aller saboter le prochain missile, qui est situé dans un coin tout sombre, bien évidemment sans aucun garde, c’est pas comme s’ils n’avaient que ça à surveiller.

Ah bin oui, d’accord. Bon, moi je vais lire un truc, je laisse le film continuer, hein, à ce stade, il n’y a plus rien à faire.

Mason fait donc gagner du temps, comme prévu, en allant voir Hummel en faisant la causette, salut qui es-tu, pourquoi fais-tu ça, moi je suis un patriote, toi aussi, nous sommes pareils, mais non, tu as vu, il fait moche, tout ça c’est les cocos avec leurs spoutniks qui nous dérèglent la météo, et puis je suis vieux et j’ai mal aux reins quand il va pleuvoir. Et pendant que les deux petits papys s’entretiennent, Goodspeed parvient donc à saboter le missile sous les yeux de deux gardes sortis de nulle part qui, plutôt que de lui péter  la gueule, prennent le temps de descendre en rappel (on a dit syndrome de Piège en haute-mer !) trèèèès lentement au-dessus de lui pour mieux lui faire peur (pendant qu’il a le VX en main, un coup à mourir comme une merde). Ah non mais vraiment, rien ne nous sera épargné. Goodspeed est donc arrêté, mais seulement juste après avoir neutralisé le bousin qui allait bien. Chapeau les gars !

Du côté du QG du FBI, on est donc bien embêté : leurs deux derniers hommes viennent de se faire capturer.

Quelqu’un a bien proposé qu’on envoie un second commando, mais l’idée a été abandonnée parce que "ça suffit comme ça !" ce qui, effectivement, est un argument puissant. On va plutôt faire du rien et attendre que l’US Air Force conçoive des missiles au über-plasma en moins de 12 heures maintenant, ce qui est complètement crédible.

Nous retrouvons donc nos héros en prison, bien embêtés par toute cette histoire. Et comme les méchants sont sympas, ils ne leur ont laissé personne pour les surveiller (là encore ; question donc : qu’est-ce que ces mecs surveillent durant tout le film ? Une salle vide ? Une chaise ? Un parpaing qui a l’air louche ? Mystère), ce qui permet à Mason, qui s’est déjà échappé une fois d’Alcatraz, de remettre le couvert en filant hors de sa cellule avant de libérer son copain Stanley tel un David Copperfield en tenue commando. Tous deux reprennent donc le chemin de l’aventure pour distribuer des claques aux méchants, et parviennent même à se frayer un passage jusqu’au QG de Hummel, qu’ils peuvent observer depuis une petite cachette. Ho, et en chemin, ils ont même trouvé, pif pouf, une des armes de leur commando, qui n’avait rien à faire là mais qui n’attendait qu’eux ! Ça alors ! C’est fou tout ce qu’il se passe dans ce film.

Mais Hummel, lui, en a justement marre puisque les 36 heures de son ultimatum seront écoulées dans 3 minutes à présent. Il reçoit donc un appel de QG du FBI.

"Allô ? Où est mon pognon ?
- Hahaha, figure-toi qu’on l’avait préparé, mais que là, ya Billy, il l’a posé sur le canapé, et hohoho, tu vas rire, le chien l’a mangé !
- Vous l’aurez voulu, je tire.
- Ho bé non alors ! Pas avec notre super bluff !"

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Et en effet, San Francisco n’ayant pas été évacuée pour ne pas causer de panique, et puisque c’eut visiblement été un peu compliqué en si peu de temps, il y a un match de curling au stade du coin. Hummel tire donc l’un de ses deux missiles restants vers celui-ci et…

Bon, déjà, tout le monde se dit "Mais pourquoi on a pas simplement mis des défenses anti-missiles pour intercepter le bidule au décollage, là où il est le plus facile à cartonner ? On est cons ou bien ?", mais ce n’est pas tout.

Car "plouf !" fait le missile. Oui, plouf, car il s’écrase dans la baie, et tout le monde souffle, car après tout, un missile rempli de je ne sais combien de bouboules de VX écrasé dans l’eau juste au bord d’une côte surpeuplée, ça n’est sûrement pas dangereux, hop, c’est donc oublié. Le VX, ça part à l’eau. C’est pour ça que vous n’en voyez jamais dans les pubs du genre "Maman, j’ai un match dans 5 minutes et du VX plein mon maillot !" : tout le monde sait qu’il n’y a même pas besoin de lessive pour le neutraliser. Enfin bon.

A l’intérieur d’Alcatraz, c’est donc la grosse surprise, et Bad Guys 1 & 2 se tournent donc vers Hummel et son fidèle Baxter, qui eux, n’ont pas l’air plus surpris que ça.

"Mon général ! Pourquoi tout le stade n’a-t-il pas eu une soudaine poussée d’acné ?
- Parce que j’ai dévié le missile. Je ne suis pas un assassin.
- Pardon ? Mais on va passer pour des cons !
- C’est bien trop tard, souvenez-vous de tout ce qu’on a fait depuis le début du film. Non, toute cette mission était du bluff : je voulais obtenir quelque chose, ils ont tenu malgré mon bluff, ils gagnent. Voilà. Je prends la responsabilité, et on rentre à la maison. Je suis sûr que ça va très bien se passer.
- Alors là ! Nous, on est venus que pour le fric ! Tant qu’on l’a pas, on ne rigole pas ! Pour la peine, on va vous crever !"

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Encore un enterrement militaire qui se profile : inondations à prévoir.

Et, ça alors ! Bad Guys 1 & 2 révèlent alors qu’ils sont vraiment méchants et tuent Hummel et Baxter. Sur ces entrefaites, Mason débarque et mitraille à son tour les méchants soldats venus en renfort des Bad Guys. Goodspeed, lui, file vers le phare de l’île où se trouve le dernier missile, poursuivi par Bad Guys 1 & 2 qui ont survécu à l’affaire. S’il parvient à se débarrasser de Bad Guys 1 par quelque rebondissement tout pourri que je vous passe, Bad Guys 2 s’accroche et débarque alors que notre héros est en train de démonter le dernier missile. Une petite baston s’engage durant laquelle une bouboule de VX s’échappe, et notre héros décide de la coller dans la bouche de son adversaire, qui effectivement, se croustibatise instantanément. Stanley commence aussi à prendre cher, mais il est cependant aidé de plusieurs choses :

  • Déjà, c’est Nicolas Cage : il est tellement inexpressif que même le gaz a du mal à l’affecter
  • Ensuite, il a dans sa combinaison une seringue d’atropine à se planter dans le cœur, puisque oui, il avait ça quand le commando est parti de la côte, et non, personne ne l’a fouillé en le mettant en tôle, parce qu’une méga seringue, c’est pas dangereux après tout
  • Enfin, c’est le gentil et c’est un mauvais film, il s’en tire donc forcément

Proutch ! Fait la seringue. Kof-kof ! Fait le Nicolas Cage. Fuiiiit, fait le gaz en se dissipant, tout déçu de n’avoir pas pu tuer Stanley Goodman, celui-ci devenant instantanément immunisé grâce à l’atropine (évidemment. D’ailleurs, pour la petite histoire, le commando est parti désamorcer des missiles de gaz… sans masque à gaz. Mais c’est sûrement un détail, pas vrai ? Et idem pour les méchants qui manipulent tout ça sans souci tout le long du film, voilà, mais c’est juste un détail : ce n’est jamais que le thème du film après tout). Mais alors que notre héros est par terre avec encore sa seringue plantée dans le torse à subir les effets secondaires de l’atropine (qui sont, je le rappelle : sécheresse de la bouche et de la peau, constipation et rétention d’urine, la classe quoi) , il note quelque chose à l’horizon : des avions de chasse approchent ! L’US Air Force a découvert le secret du über-plasma et a conçu les missiles qui vont bien en quelques heures, et persuadés que le commando avait échoué, les gens du Pentagone ont demandé le bombardement d’Alcatraz !

Notre héros sort donc (au ralenti), attrape donc les deux énormes fumigènes verts qui étaient dans ses poches (non, ça non plus, on ne lui avait pas pris, vraiment, c’est formidable), et fait coucou aux avions.

"Aigle 1 à Aigle 2 ! Regardez, des fumigènes ! Il y a un type qui a l’air super constipé qui nous fait des signes !
- Sûrement un hippie ! Rah, je hais cette ville !
- Non, arrêtez chef, regardez : on dirait… on dirait une sorte de Nicolas Cage ! 
- FEU FEU FEU !"

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Et en effet, si tous les avions en voyant les fumigènes retiennent leur tir, l’un d’entre eux, tireur précoce, a déjà envoyé la sauce. Qui provoque donc une très grosse explosion sur l’île et souffle notre héros sur quelques mètres, mais ça va, merci. Quoi une seringue dans le cœur ? Oui, non, ça non plus, ça n’empêche pas de péter la forme. Et vous, ça va ?

Au QG du FBI, tout le monde est donc super content, et appelle donc l’ami Goodspeed sur toutes les fréquences radio. Sitôt que celui-ci en a chipé une sur un cadavre, il déclare donc solennellement :

"On a gagné.", ce à quoi on lui demande ce qu’il en est de l’état des troupes. "Tous les otages sont vivants. Je dis ça, je ne peux pas le savoir puisque je ne les ai pas vus alors qu’il vient en plus d’y avoir une grosse explosion, mais je vous l’annonce, on est plus à ça près. Et tout le reste du commando est mort. Même le batteur, il ne reste que le guitariste pour accompagner la fin du film." et voyant son bon ami Mason à son côté, et voulant lui faire plaisir, il ajoute "Et Mason est mort, tué dans l’explosion provoquée par votre avion un peu con, du coup on ne retrouvera jamais son corps, heureusement finalement vu que vous aviez déchiré sa grâce et que sinon il serait retourné en prison."

Mason est donc heureux de voir que Goodspeed est définitivement un brave type. Et pour le remercier, il lui donne un petit papier sur lequel est inscrit, en sus d’une ordonnance pour des dragées Fuca, l’adresse d’une église au milieu de nulle part, avec pour indication d’aller y fouiller le pied creux d’un banc. Puis, il s’en va… et disparaît comme il sait si bien le faire, hop. Quel Gérard Majax celui-là !

Nous retrouvons donc notre bon Stanley bien plus tard et fraîchement marié, sortant en courant de l’église en question alors que le prêtre le course pour avoir défoncé un banc (ça sent l’enfer éternel ça, Dieu est super bougon dès que l’on touche à son mobilier). Goodspeed bondit dans la voiture alors que sa femme démarre et fonce, puis, notre héros ouvre la petite boîte trouvée dans le banc : les fameux microfilms avec tous les secrets des Etats-Unis !

Il va donc peut-être enfin pouvoir percer le mystère des mystères : qui est le con qui a eu l’idée de créer un état de Washington à l’extrême opposé de Washington ?

Et cela fait…

… FIN !

Actor’s Studio : saurez-vous retrouver l’effet secondaire de l’atropine que notre héros joue sur cette image ?

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Forêt de Rambouillet, 9 janvier 2014

"Patron, j’ai creusé assez profond, on peut rentrer maintenant ?"

Diego, les manches de la chemise retroussée, agita les bras au-dessus de la tête dans la lumière des phares du véhicule. Voyant mon signe de tête approuvant son propos, il fit glisser le gros paquet à côté de lui jusqu’au fond du trou avant de s’en extirper et de commencer à recouvrir le tout.

"Quand même patron, elle avait peut-être raison, la dame…
- Quelle dame ?
- Celle du chantier d’archéologie. P’têtre que vous devriez pas enterrer toutes ces filles.
- Et puis quoi ? Tu veux pas que je leur laisse mon numéro avant qu’elles ne rentrent chez elles aussi ? Qu’elles me rappellent ensuite ? C’est pour ce genre de réflexion que c’est moi le patron, mon petit Diego.
- Bon… mais quand même.
- Quand même quoi, vil laquais ? 
- Quand même… p’têtre qu’elle avait raison. P’têtre que ça pourrait poser problème, dans le futur.
- Diego, assez d’âneries pour ce soir. Finis ce que tu as à faire et rentrons, il commence à faire frais et un brandy serait bien mérité."

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Le serviteur s’exécuta, et une fois son labeur terminé, se glissa derrière le volant. Voyant son regard perplexe dans le rétroviseur, je décidai de le rassurer une dernière fois.

"Allons Diego", lui dis-je, "Que pourrions-nous bien faire de mal ici aux gens du futur ?"

Il haussa les épaules, et bientôt, la berline se mit en route avant de disparaître dans la nuit.

* * *

Université de Paris XXXII, 17 mars 2742

"Avant de terminer cette thèse, j’aimerais synthétiser mon propos !"

La jeune femme dessina en l’air quelques signes à l’adresse de son droïde à hologrammes, lui indiquant la marche à suivre. Comme convenu, celui-ci ronronna légèrement en affichant au milieu de la salle une représentation en 3 dimensions du chantier d’archéologie préventive réalisé avant la construction du nouveau spatioport de Rambouillet.

"Comme vous pouvez le constater, il semble qu’il se trouvait ici, au début du troisième millénaire, une forêt à en croire les fossiles que nous avons trouvés, ce que les documents de l’époque tendent à confirmer. Maintenant, voyez ce que nous avons découvert : de nombreux corps féminins enterrés là. Tous plutôt jeunes. Et tous ayant subi des coups d’une arme contondante, visiblement équipé d’un fer relativement large. D’après le tableau des ustensiles de l’époque, il aurait pu s’agir d’une pelle. Par ailleurs, elles portaient toutes sur elle un objet identique où était inscrit en runes primitives "carte étudiante""

Il y eut un murmure d’approbation dans la salle pour saluer l’exactitude des travaux et des analyses de la brillante archéologue. D’un mouvement de tête, elle remercia l’auditoire tout en l’invitant à la laisser conclure.

"Ce qui ne nous laisse donc qu’une seule conclusion possible."

Les présents retinrent leur respiration : l’estocade finale de la science allait porter le coup fatal au drap usé de l’ignorance.

"Aux alentours de l’an 2000-2050 vivait en forêt de Rambouillet une tribu d’amazones, qui combattait à coups de pelle, arme visiblement répandue dans la région. Les amazones de Rambouillet ont toutes été enterrées de la même manière puisqu’elles appartenaient à la religion "étudiante", comme l’indique les cartes trouvées sur elles, signe d’appartenance. Nous sommes donc bel et bien en présence d’une nouvelle peuplade jusqu’alors inconnue !"

Il y eut un tonnerre d’applaudissements dans la salle pour accueillir l’affirmation, et la jeune femme salua longuement le public, avant de faire signe à son droïde pour qu’il fasse défiler les images réalisées par des artistes reconstituant des scènes de vie de l’époque : les amazones de Rambouillet partant au combat en chevauchant de légendaires vélib’, les amazones de Rambouillet combattant vaillamment à coups de pelle contre une autre tribu descendue de la mythique Bourg-la-Reine, ou encore les amazones de Rambouillet vénérant CROUS, une divinité supérieure au sein de la religion étudiante.

La jeune archéologue rougit de plaisir à l’idée d’avoir ainsi fait avancer la science.

"Candidat suivant !"

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

"Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir !"

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

"En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ?"

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

"Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon."

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de "cambrioleur" parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique "Affiche en feu, film tout foireux".

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

"Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle !"

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement "bâton"), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

"Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree."

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression "coup de grisou", parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

"Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire "mmm" pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite !"
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit "je connais une maison non loin", il faut comprendre "à moins de 1200 kilomètres" (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

"Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte."

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison "Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !"), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

"Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit "haras" !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien."

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler "Le Nécromancien", à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer "la guerre qui approche". Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit "Les Balkany" a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson "Gandalf a les chocottes" commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié "surtout, ne perdez pas le sentier", évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire "Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné" ? Non, non, comme vous y allez.

"Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer !"

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

"Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent "ta mère" ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi !"

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

"Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains."

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : "Dard" (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait "Bâtard") . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

"Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou !"

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien ("Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !"). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

"Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain !"

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

"Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ?"

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

"Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas…"

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence "Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas." Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme "Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière". L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

"Soit ! J’accepte !" dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

"Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ?" me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

"Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?"

C’est exactement ça.

"Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?"

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

"Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là."

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire "Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même !" (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient "Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?". Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

"Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros."

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

"Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… "Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon", tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête."

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes "le jour de Durin", un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), "la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure". Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle "Regardez !" et que Thorin commente sa découverte par un "Vous avez de bons yeux maître Sacquet !"

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

"C’est fini." s’exclame donc Thorin. "Nous avons échoué. Partons.". Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, "la dernière lueur du jour de Durin" ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres ("Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !"), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que "cambrioleur" de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que "Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil", ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant "Mmm, il y a comme une odeur…" (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

"Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu !"

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

"Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con !"

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"Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver !"

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de "Gandalf a les chocottes". C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à "HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ?" (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : "C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action." On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme "Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !".

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

"Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone !"

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

"Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non…"

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"Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein !"

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être "SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !", mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller "activer une manette de la forge". Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé "Tolkien ackbar !" avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

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