Elle s’appelait Estefania.

Je l’avais rencontrée à une soirée à l’ambassade d’Argentine, alors qu’elle osait à peine toucher à sa coupe de champagne, debout à quelque pas du piano. Elle était venue ici suite à une mission ministérielle l’invitant à faire la promotion des arts de son pays en notre belle contrée. J’étais là parce que j’avais volé une invitation sur un vieux Monsieur qui, à cette heure, gisait couvert d’hématomes au fond d’une poubelle. Elle parlait un français mâtiné du curieux accent de son pays lui donnant des airs d’étudiante gênée de chercher ses mots lorsque nous venions à parler peinture. Elle était plutôt cubisme. J’étais plutôt impressionnisme. Elle me demanda en espagnol si je ne préférerais pas continuer notre conversation dans sa langue. Je lui répondai dans son idiome si elle ne préférerait pas la poursuivre dans ma voiture.

Nous allâmes au restaurant, où nous continuâmes à échanger longuement avant que je ne me permette, en référence au piano auprès duquel je l’avais rencontrée plus tôt, d’aller en jouer un morceau d’un groupe populaire anglais qu’elle semblait apprécier sur l’instrument qui trônait dans un coin de la salle après avoir glissé quelques billets à l’artiste occupant alors le tabouret voisin pour qu’il me permette de me dégourdir librement les doigts sur les touches. Elle sourit. J’en fis autant. Je revins à la table et poursuivit avec elle notre conversation passionnée jusqu’à ce que le dernier client quitte les lieux. Alors qu’il ne restait plus que nous, elle me demanda si je préférais aller chez elle ou chez moi. Je lui répondis que je n’étais pas ce genre d’homme. Elle sourit plus encore. Un peu moins lorsque Diego, bien campé derrière elle, lui colla le chiffon imbibé de chloroforme sous le nez.

Quelques heures plus tard, derrière la cuisine du restaurant, un certain M. Guttierez me remettait mon enveloppe habituelle pour ma participation à notre petite organisation de trafic d’organe.

Alors que je comptais les billets en tirant sur mon cigare dans la petite ruelle jouxtant l’endroit, Diego me dévisagea longuement.

"Patron, c’est quoi votre truc ?
- Le champagne. Quand elles vident très lentement la coupe, c’est généralement le signe qu’elles ne boivent que peu, ce qui signifie des reins de qualité à la revente.
- Non, je veux dire… pour les femmes ? 
- Ah, ça Diego, j’ai un truc. 
- Un truc ?
- Evidemment. Et puisque je suis de bonne humeur, tant cela fait une amatrice de cubisme en moins alentour, je vais le partager avec toi.  Mon truc, c’est www.artdeseduire.com.
- Un site web ? Leurs conseils sont si bons que ça ?
- Ah non ; c’est justement ça mon truc : tant qu’il ne va pas sur ce site, tout homme peut avoir tant de la classe que ses chances avec le beau sexe. Sinon, il se transformera lentement en créature mi-homme mi-kronenbourg.
- Oh…"

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Il y eut un bref moment de silence, alors que je constatais que Guttierez, fidèle à sa réputation, avait bien mis le compte.

Diego, lui, se demanda intérieurement s’il pouvait effacer d’ici son historique internet.

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Plus que du sniper, artdeséduire.com s’approche plutôt de la délicatesse du B-52

Art de séduire fait partie de ces sites qui, une fois découverts, vous font pétiller les rétines pour quantité de raisons différentes. Ainsi, nous avions déjà parlé des fieffés larrons occupant l’endroit précédemment suite à un article comparant séducteurs façon "art de séduire" et snipers (les deux partageant un certain goût de l’observation d’autrui depuis les fougères, une vie de solitude et une certaine volonté de vider son chargeur dans son prochain). Sauf que depuis, artdeseduire.com a remis le couvert pour distiller des conseils essentiels aux mâles désœuvrés afin que, eux aussi, puissent trouver l’âme soeur. Et encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Arrêtons-nous donc sur plusieurs articles :

Vous êtes invité à une soirée et ne savez pas comment aborder une jeune fille sans faire de la combustion spontanée ? Pas de problème :

5 techniques efficaces pour faire des rencontres en soirée

Parfait, vous avez réussi à aborder la jeune fille ? Art de séduire, c’est avant tout la classe, aussi nos conseillers vont à l’essentiel :

Le meilleur opener pour immédiatement sexualiser une conversation

La bougresse vacille devant tant de charme ? Elle est bluffée par votre élégance ? Parfait ! Vous n’avez plus qu’à aller chez vous, par exemple pour jouer au Scrabble.

Comment éviter la résistance de dernière minute chez vous ?

A ce stade, les titres ont probablement déjà suffi à vous permettre de comprendre toutes les richesses que artdeséduire.com pouvait déployer. Aussi, ne tardons pas plus et allons droit au but : Messieurs, prenez des notes, Mesdemoiselles, tentez de rester calme devant l’Hiroshima de romantisme qui se profile. Amis gays, par contre, je crains que vous ne soyez déçus : artdeséduire vous a oublié,s je suis sûr que vous le regrettez déjà. Mais, allons-y.

Messieurs, la soirée bat son plein et la plèbe s’agite autour de vous, quand soudain, vous repérez la jeune fille de vos rêves. Elle est là, magnifique, un verre à la main, à regarder la ville s’endormir par les fenêtres alors que mille idées se croisent dans sa tête (que celui qui a ricané se dénonce) alors que la musique masque les conversations autour d’elle. Diable, elle est si intimidante dans sa robe de soirée : comment l’approcher ? Pas de problèmes : nos coachs ont la solution.

On va commencer par une de mes préférés, inventée par Joshua Pellicer : le drive-by. « Drive-by » se traduit plus ou moins par « à emporter », « en passant ». Ça peut être un compliment ou un neg joueur : un abordage court qui met en place une dynamique de jeu dont vous partez immédiatement sans maintenir l’interaction. Les gens vont penser à vous en votre absence, et auront des réactions très positives à votre retour.

Ça n’est pas clair, le drive-in, comme à Mac Donald, tout ça ? Alors prenons un exemple de phrase de nos experts à sortir pour aborder la douce créature :

Hey ! :) Tu m’attends une seconde ? Je reviens dans un instant. T’as le droit de penser à moi en attendant, tant que ça reste propre.

Je vous laisse assimiler tranquillement la chose. Non, je ne blague pas, c’est bien tiré du site. Oui, Même le smiley. Vous vous souvenez de la célèbre accroche "Ton père, c’est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux" (vous pouvez tout de même remplacer "étoile" par "trou noir" si vous parlez à une candidate de télé-réalité), utilisée massivement lors des soirées d’élection de Miss Tuning sur le parking de Shoppy ? Félicitations, vous venez de découvrir le niveau juste en dessous. Bravo Messieurs : nul doute que la damoiselle aura "des réactions très positives à votre retour", comme par exemple, positive à la ganja pour essayer d’oublier votre répartie moisie. Bon, techniquement, c’est du positif quand même, ils n’ont pas tort.

Mais bon : je serais malhonnête de ne pas partager les autres conseils mis à votre disposition pour faire chavirer des coeurs. Par exemple :

Une première façon de vous faire apprécier serait la reconnaissance. Il s’agit de vous souvenir d’au moins un détail sur chaque personne. Même pas son nom ! Son nom, vous avez le droit de l’oublier

Car oui : le nom de la personne que vous tentez de séduire, ce n’est finalement bien important : autant montrer directement que vous n’êtes là que comme un gros morfalou. Mise en situation.

"Salut euh…
- Oui, salut ?
- Alban ? Maurice ? François ?
- Sylvie.
- Ahahaha, oui heu, bon je… je me disais… (raaah, bon sang, vite, il me faut un détail sur elle pour l’épater et lui montrer que je m’intéresse à elle)… ah oui, c’est toi qui a un gros cul, non ?"

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Si avec ça, son coeur ne chavire pas aussitôt, je ne sais pas ce qu’il lui faut. Mais nos larrons, eux le savent mieux que personne, car il existe une arme ultime : l’humour !

Une autre technique, que vous connaissez tous, est la création de private jokes. En combinant avec les détails que vous connaissez, cela peut être vraiment très efficace. L’humour est l’un des signes de valeur sociale les plus importantes et l’un des plus puissants aphrodisiaques.

Ah ! De l’humour, j’entends bien, mais alors quel genre de private joke, pourriez-vous illustrer ? Non parce que ce n’est pas bien clair, là, tout de suite.  Dans l’exemple suivant, l’auteur explique qu’il a par exemple appris que la jeune fille qu’il tentait de séduire avait un chien nommé "Spiff". Un nom qui en dit déjà long, mais passons sur les moqueries et observons plutôt le genre d’humour irrésistible qui est proposé. Mesdemoiselles, scotchez vos côtes, je vous transmets la blague telle quelle.

Spiff le chien, juste après avoir entendu ladite blague.

"Il va mieux Spiff ?
- Hein ? Mais on vient de se rencontrer et je suis pas rentrée chez moi, comment tu veux que je sache ?
- Je sais pas, il aurait pu avoir la courtoisie de t’appeler pour éviter que tu t’inquiètes. (pause) C’est ce que fait mon ornithorynque."
(il/elle rit).
"Je te le présenterai, c’est un type cool. Il s’entend mal avec mon rat jongleur par contre. Un peu jaloux, je crois. Etc."
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Pour rappel, en cas d’explosion inopinée votre cage thoracique sous l’impact drolatique du bon mot, le numéro à composer est le 15 (du moins si vous me lisez du pays du fromage, sinon vous risquez de crever, soyez un peu autonomes, sacrebleu).

Personnellement, j’ai ouï dire que c’est après avoir lu ce genre de blague que M. Carambar a décidé d’arrêter les siennes. Non parce que de deux choses l’une :

  • soit la jeune fille rit, auquel cas, il est temps de l’emmener derrière l’étable avec un fusil
  • soit elle fait ce que toute jeune fille raisonnable qui entend cette blague fait : elle reste impassible, quitte la pièce d’un bon pas, rentre chez elle préparer son dossier d’inscription pour le cursus d’astrophysique le plus proche, prend 8 ans pour passer un double doctorat tout en se formant à 17 sports différents puis, cela fait, elle intègre le prochain départ pour la station spatiale internationale. Une fois là-haut, loin de la Terre, elle s’enfermera dans un sas et s’autorisera un long hurlement de douleur avant d’éclater en sanglots, seule issue à un calembour aussi pourri. Elle peut aussi intégrer la Marine Nationale pour commander un sous-marin d’attaque et vaporiser votre demeure dans le feu nucléaire, mais ça, c’est juste si elle a un côté taquin.

Bien, vous êtes consternés ? Attendez un peu, et allons donc monter le niveau d’un cran, ceci n’étant qu’une mise en bouche. Mettons : la damoiselle a apprécié votre approche hardie et vous trouve irrésistiblement drôle ? Il est grand temps de lui faire comprendre que vous n’êtes pas vraiment là pour discuter avec elle, puisqu’en bon mâle, vous vous contentez de baver en marmonnant "fifille", le tout en roulant des yeux fous. Vous pensez que j’exagère ? Hohoho, naïfs que vous êtes, laissez-moi vous emmener à l’article "sexualiser une conversation" :

Aujourd’hui pour ceux qui veulent du rapide, on a décidé de partager notre technique de drague la plus efficace. Fatale.

J’imagine qu’il s’agit là d’une technique audacieuse et subtile visant à se mettre sur le fil du rasoir pour expliquer à quel moment l’intrépidité devient lourdeur, surtout en sachant qu’il s’agit d’un "opener", à savoir la première phrase que vous allez utiliser pour aborder une damoiselle, je suis curieux de savoir quelle habile stratag…

« Combien coûte ton cul ? »

Je…

Pardon ? Ai-je bien lu ? Qu’ouïs-je ? Visiblement, chez artdeséduire, on a la séduction légère et délicate : je suis sûr qu’après le fabuleux calembour précédent, les damoiselles sur ce blog se pâment devant une approche si classe. Il est vrai qu’un homme qui s’approche de vous pour vous susurrer à l’oreille "Combien coûte ton cul", ça donne tout de suite des palpitations de désir, j’en conviens (moi-même, tant de charme, cela me ferait presque regretter mon ennuyante hétérosexualité). D’ailleurs, pourquoi le susurrer quand tout le coin peut profiter de votre classe naturelle ?

Vous pouvez la jouer de manière très théâtrale, en parlant à table, en parlant au bar, suffisamment fort pour qu’on vous entende.

C’est vrai qu’il serait bête qu’une seule personne dans un rayon d’un kilomètre ne connaisse pas votre subtilité naturelle, apte à faire passer Jean-Marie Bigard pour un philosophe grec. Heureusement, chez artdeséduire.com, on est malin : après avoir bien précisé que la cible pourrait mal prendre la chose (alors là, je m’étonne !), il est expliqué qu’il faut désamorcer la situation, tel un puissant meneur de débat. Comment ? Facile !

Ce que vous devez comprendre, c’est que quelle que soit la réponse de la fille, vous devez la ramener dans votre monde, dans votre réalité C’est votre jeu, votre script qu’il va falloir dérouler. En improvisant un peu en fonction du sien, évidemment… Le but, c’est de basculer très rapidement sur la raison d’être de l’opener : créer une conversation Et l’avantage de cet opener, c’est qu’il va aider à sexualiser très vite.

Hmmm, tout cela semble terriblement maléfique, vous auriez un exemple mes bons amis ? Pas de problème, explication via un dialogue entre deux amis qui viennent de poser la question à une malheureuse qui, à cet instant précis, doit être en train de chercher sa bombe lacrymogène.

« Si on te demande ça, c’est parce qu’on a besoin d’un avis extérieur. En fait ça part d’une vanne quand on était en école. Si tu devais te faire attraper par un mec de l’école, ce serait qui ? 
- Et on a vite étendu cette question à l’univers des stars, des acteurs, des chanteurs. Surtout à Gérard Depardieu. La vraie question c’est de savoir combien tu acceptes pour coucher avec Gérard Depardieu.»

Subtil en effet, une explication complémentaire pour mettre une cerise de bon goût sur ce gâteau de classe ?

La fille va rentrer dans votre jeu. Elle est soulagée, vous ne la prenez pas complètement pour une pute. Elle va pouvoir se mêler à la conversation. 

Le port du casque est obligatoire si vous posez la question en agglomération, sauf autorisation préfectorale

Ça va, ce n’est pas complètement, juste un peu. Il n’y a donc aucun problème, qu’est-ce qu’une jeune fille pourrait trouver à redire à être prise un peu pour une pute ? Je veux dire, c’est tout de même un métier intéressant quand on y pense, trop peu de conseillers d’orientation pensent à mettre cette carrière en avant, bande de petits conservateurs, je suis très déçu.

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi je suis rassuré à l’idée de savoir que ce site ne me prend pas complètement pour un con. J’ai ouvert les yeux, et je suis sûr que vous aussi, chères lectrices. Et pas seulement pour vous les arracher à la cuiller pour arrêter de lire ce site, arrêtez. Remettez immédiatement cet ustensile dans votre pot de glace, dites-donc ! Vous vous croyez où, hein ?

Cela dit, nos amis envisagent que la fille puisse mal prendre la chose malgré tout (c’est très étonnant, j’insiste, c’est une femme nom de nom, que pourrait-elle reprocher à la chose ?), et proposent donc une astuce très efficace pour se sortir d’une bien mauvaise situation et remettre la bougresse dans le droit chemin.

Oh ça va, rien de grave… Quand tu vois ce qu’une émission comme Le Bachelor fait aux femmes… C’est cruel… Quand tu vois le dernier film pour Louis Vuitton, La fille de joie tu peux te demander si la figure de la pute n’est pas de retour après des films comme l’Apollonide et la série Maison Close. Du coup on se demandait avec mon pote blabla.

Comprendre : "Oh, ça va, je te traite comme une pute mais c’est dans les médias, alors tu vas pas non plus faire la gueule dis-donc ?"

A ce stade, il est évident que non seulement la conversation est parfaitement récupérée, mais qu’en plus, la damoiselle doit être en train de convulser au sol devant tant de bonheur. Ou alors, c’est qu’elle n’y met vraiment pas du sien, nom d’une pipe ! Heureusement que dans "artdeséduire", il y a "art" et "séduire", histoire de bien mettre en avant la notion de subtilité du concept, parce que bon, hein. D’ailleurs, divers conseils vous sont donnés pour faire durer la conversation de manière tout aussi délicate histoire de devenir le nouveau Georges Clooney local :

"Et sucer ? C’est combien pour sucer ?"
"Et embrasser ? Tu prendrais combien pour embrasser un inconnu ? "
Là vous pouvez enchaîner sur la note qu’elle se donne en bisous : «Sur une échelle de 1 à 10, tu embrasses bien comment ?». Ça vous permettra de lui proposer de vérifier sa note un peu plus tard dans la soirée… lors d’un CONTROLE SURPRISE !)
"Et escort, tu as déjà pensé à faire escort girl ? Tiens, sérieusement, on ne t’a même pas demandé ce que tu faisais de tes journées… Laisse-moi deviner… Tu es mannequin pour serre-tête… Tu as de belles oreilles…"

Des fois qu’elle n’ait pas encore bien saisi l’aspect prostitution, autant insister. N’hésitez pas à lui parler du taux de TVA applicable et autres, pour plus de passion, rrrr, grands fous. Quant au "contrôle surprise", nul doute qu’il se terminera à Fleury-Mérogis, quartier des délinquants sexuels, où notre Don Juan en herbe pourra répondre à des questions à peu près similaires lorsque Jojo "Le boucher de Montreuil" voudra lui aussi appliquer les techniques lues sur son site. Et lui aussi aime les contrôles surprises pour ses évaluations trimestrielles mais c’est un prof sympa, on a le droit de pomper. Tiens ? Hmmm, j’ai l’impression d’avoir écrit quelque chose, mais en fait non. Lire ce site me rend tout chose. Sûrement le pouvoir universel de la séduction.

Soit : mettons que vous ayez échappé tant à Jojo à la prison et que, plus incroyable encore, la damoiselle soit sous votre charme, que faire en vous rendant chez vous ?

Pas de problème, tout est prévu avec l’article "Match à domicile : comment éviter la résistance de dernière minute."

Vous êtes donc arrivés chez vous, avez ouvert la porte pour dévoiler votre domicile un sourire complice aux lèvres, et êtes allés chercher des rafraîchissements. Quels sont les pièges qui font qu’elle risque, en substance, de hurler "VITE, LA FENÊTRE !" avant de la traverser, chutant de 5 étages pour ne pas à avoir à passer plus de temps avec vous (remarquez, vu tout ce qu’elle a subi jusqu’ici, visiblement, elle est déjà morte cérébralement) ?

Même si vous êtes beau gosse, bien habillé et que votre déco d’intérieur a été refaite par le fils de Valérie Damidot et Philippe Starck, si vous puez ou si votre appartement sent mauvais, c’est fini pour vous.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la qualité du site, notez que les goûts de Valérie Damidot sont cités en exemple. Cela veut déjà en dire long. En tout cas, sage conseil pour les vieux mâles : quand la jeune damoiselle commence à se tenir la gorge entre deux calebutes sales étalés sur le clic-clac, que sa peau se rougit et que des cloques y apparaissent, c’est qu’il est bon d’aérer, espèce de petite usine à gaz moutarde. Mais bon, supposons que ça ne pue pas : comment occuper ces instants complices entre vous ? Je préfère ne pas vous copier coller les passages où l’on vous propose de déguster du Nutella et du champagne, tant chacun sait que toute personne qui fait cela voit un champenois défoncer sa porte et passer les lieux au lance-flammes parce que bon, quand même, il ne faut pas déconner, aussi intéressons-nous plutôt aux exemples de bonnes soirées à passer ensemble :

Photographie instagram d’un jour de lessive dans une résidence étudiante

L’enchaînement de sketchs courts, de vidéos comiques sur Youtube

Moui. Alors Youtube, c’est quand même un peu la spirale de l’enfer : quelqu’un va dire "Agad’, agad’ tu vas voir c’est trop marrant !". Tout ce petit monde va regarder la vidéo et ne pas se marrer, avant de dire "J’en connais une autre trop bien." et ainsi de suite durant trois plombes, jusqu’à ce que finalement, tout le monde admette ouvertement se faire chier.

Bref avec ça, au mieux votre invitée repart poliment, parce que Youtube, elle l’a aussi à la maison, au pire se pend pendant un sketch de Cyprien, Norman ou autre prénom mystérieux.

Une autre option ? Pas de souci !

Les photos de vacances

Parce que oui : il y a pire que Youtube. Vous installer devant un PC pour faire une soirée diapo, soit l’avatar des moments chiants depuis l’invention du projecteur. Vous pourrez ainsi raconter des choses chiantes à quelqu’un, lui conter des moments rigolos qui ne feront pas rire parce que la personne n’y était pas, et vous perdre vous-même dans le flot de votre récit décousu pour cause de "Attends, c’était où ça ?" "Tiens, pourquoi cette photo est sur le côté ?" ou le célèbre "Raaah, comment il s’appelait, lui ?" alors que tout le monde s’en fout puisque personne ne le connait. Connaissez-vous une seule personne qui hurle "Chouette !" lorsque vous proposez une soirée Powerpoint ? Parfait : alors gardez vos photos de vacances pour vos vieux jours. Ou allez visiter des abattoirs roumains, je ne sais pas, mais faites quelque chose.

Enfin, mettons que malgré tout, vos activités excitantes comme un tableau Excel la rendent folle : un mot de la fin, artdeséduire.com ?

Tips bonus :

Capote à portée de main parce que si vous ratez la fenêtre de tir, elle va se mettre à réfléchir, et réfléchir, c’est mal… 

Hé bien je crois que tout est dit.

Je n’ai plus rien à ajouter.

Merci, artdeséduire.com.

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Elle s’appelait Mairin.

Je l’avais rencontrée à un vernissage au Grand Palais. Elle avait ce rire discret qui, loin des exclamations ouvertement hypocrites des autres invités feignant de s’esclaffer au moindre mot des personnalités présentes, était à la fois honnête et communicatif. Elle était Irlandaise, et était en France suite à un échange Erasmus, afin d’étudier la littérature de notre beau pays. Elle avait un avis assez tranché sur bien des auteurs et, loin d’analyser chaque virgule de leurs textes, elle essayait de voir dans les livres l’expression d’une pensée cristallisée sur papier, l’écho de l’imagination d’un esprit nous ayant quitté depuis bien longtemps. Son curieux discours, presque spiritiste, avait quelque chose d’intrigant. Nous restâmes à discuter sous les hauts plafonds de l’auguste bâtiment durant un long moment, tant et si bien que ce fut finalement la sécurité qui nous demanda de sortir avec les derniers traînards.

Elle eut une exclamation plaintive en constatant que le dernier métro était parti depuis bien longtemps, et qu’elle allait devoir prendre un taxi. Je lui proposai ma voiture, et l’espace d’un instant, je crois que je vis dans son sourire un signe m’invitant à ne pas l’amener à M. Guttierez. Engoncés dans la banquette arrière à poursuivre notre conversation sous la lumière changeante des lampadaires défilant autour de notre véhicule, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivés au bas de son immeuble. Je lui souhaitai bonne nuit en feignant le désintérêt le plus total, et elle réagit en se collant à moi, me chuchotant à l’oreille que si je ne montais pas, elle se retrouverait malheureuse à lire son ouvrage de chevet, de…

Mairin eut à peine le temps de sentir le canon du Maüser s’insérer dans notre étreinte au niveau de son estomac qu’il y eut trois détonations sourdes, avant qu’elle ne glisse au sol dans un bruit mou.

Elle venait de m’avouer lire Guillaume Musso.

Il ne fallait pas exagérer non plus.

Et tant pis pour ses reins.

Simone de Beauvoir disait "On ne nait pas femme, on le devient".

Jean-Paul Sartre, qui n’était pas le dernier pour la déconne, avait ajouté la première fois qu’il avait entendu la célèbre maxime dans la bouche de sa femme qui n’était plus toute jeune "On ne nait pas moche, on le devient" ; le calembour lui valut un vigoureux coup de clé anglaise dans la margoulette, provoquant chez lui un strabisme qui devint sa marque de fabrique. Il ne fit, dès lors, plus de remarque désobligeante, et n’osa pas non plus demander ce que sa femme pouvait bien faire avec pareil outil de mécanique dans son sac à main ; parti bouder dans son coin en grommelant la pipe en bouche, la légende raconte que c’est en maugréant sur le fait qu’on ne l’y reprendrait plus qu’il inventa l’existentialisme.

Ah, si seulement Jean-Paul avait eu internet ! Que n’aurait-il pas pu s’instruire et ainsi mieux comprendre sa douce et tendre, trouvant les mots les plus justes pour la faire rêver, rougir et rire et l’emportant dans un tourbillon de séduction ! Non, quelle malchance : il n’eut pas la chance de connaître un site dont nous avions déjà parlé ici, et expliquant les choses les plus mystérieuses de ce monde : ausujet.com. Et à l’approche des beaux jours, il me parait de bon ton d’aider mes lecteurs à pouvoir mieux se faire comprendre de l’autre moitié de l’humanité (celle qui lit Public en cachette) en disséquant l’un des nombreux articles disponibles dans cette mine de la connaissance.

Souvenez-vous : nous avions déjà appris grâce à celui-ci comment devenir un ninja, ce qui permettait déjà de se rapprocher des femmes d’une certaine manière, par exemple en les observant perché depuis les toits des avenues marchandes ou en les pistant à partie de leurs excréments tel un fier trappeur d’orient ("Vous sentez ce petit goût de Häagen-Dazs ? Ca sent la soirée pyjama pilou, nous approchons mes amis !"), mais avouons-le, la chose à ses limites, tant la femelle homo sapiens a des réticences à trouver attirants la plupart des individus mettant des collants sur leur têtes, à l’exception bien sûr des braqueurs et autres preneurs d’otages, principalement en raison du syndrome de Stockholm, méthode de drague relativement déconseillée par la plupart des tribunaux ainsi que par le GIGN pour des raisons qui leur sont propres.

Alors, aujourd’hui, essayons de comprendre comment aborder une fille, et ce, sans utiliser de harpon (souvenez-vous que le capitaine Achab est mort célibataire), pour qu’enfin, mes lecteurs et lectrices vaguement hétérosexuels (je suis désolé que mes lecteurs à la sexualité réprouvée par l’Eglise ne puissent pas profiter des fabuleux conseils distillés ici, je suis sûr que ça va leur manquer) puissent passer un été serein fait de flirt délicat et de romance profonde

Figure 1 : Entamer une romance profonde en apprenant à une étudiante les principes de WoW grâce au Wifi de la bibliothèque universitaire

Vous êtes prêts pour une leçon de vie ? Alors fort bien  : ausujet.com, nous vous écoutons religieusement. Expliquez-nous tout.

Comment aborder une fille? Ceci est une bonne façon d’aborder une fille dans un cadre public sans avoir l’air d’un obsédé. Vous pouvez rencontrer des femmes partout. Vous pouvez même rencontrer votre future femme à attendre à un arrêt d’autobus

Oui, car aborder une fille est une chose, mais si vous le faites en roulant des yeux fous, la bave aux lèvres et vêtu d’un long imperméable dont dépassent vos jambes velues, il y a de fortes chances que la bougresse utilise son taser sur vos parties les plus intimes, ce qui n’est pas considéré, même par ausujet.com, comme le signe d’un amour naissant (contrairement à la bombe à poivre, puisque si vous parvenez à vous abriter derrière un pavé de boeuf au moment du tir, vous avez une petite chance de pouvoir l’impressionner grâce à vos talents de cuisinier éclair).

A noter que l’on peut rencontrer des femmes partout, MÊME à un arrêt d’autobus, ce qui est tout de même incroyable. Je ne savais pas qu’elles étaient tolérées dans les transports en commun : sinon en général, elles se regroupent, gloussent et après on ne peut plus lire paisiblement son intégrale de Proust dans le bus, comme chacun sait. Mais passons, et allons donc voir comment opérer pour approcher sa proie sans la faire fuir.

1. Vous devez sortir de chez vous et vous efforcer de trouver des filles! La plupart des filles intelligentes et élégants ne font pas du porte à porte pour chercher des conquêtes.

Apparemment, la fille ne serait pas, contrairement à ce qu’affirment certains, un nuisible domestique : elle ne profite pas de la nuit tombée pour s’infiltrer chez vous, vous obligeant le matin à les chasser de votre lit. Je dis bien "apparemment" puisque lorsque l’on est un homme de ma trempe doté d’une touchante modestie, c’est un vrai problème ; je travaille d’ailleurs actuellement à une version améliorée de la lampe anti-moustiques avec une statue brillante échelle 1:1 de Ryan Gosling posée devant ma porte et qui envoie du 220 quand on la touche (avec même un petit bac pour récupérer les cadavres en-dessous, comme sur le modèle original contre les volants nocturnes), mais ce n’est pas encore tout à fait au point, puisque certaines survivent et râlent un peu, empêchant l’honnête homme de dormir, voire l’obligeant à se lever avec un fusil de chasse pour restaurer la sérénité du silence nocturne. Mais je m’égare comme trop souvent.

Oui, donc, disais-je : la fille ne se cacherait pas naturellement chez vous à en croire ausujet.com, qui tient à préciser qu’il est généralement inutile de fouiller ses placards pour voir si une ne s’y serait pas cachée par le plus grand des hasards. Mais bon, à en croire le même site et ses étranges formulations, certaines feraient du porte à porte (pas la plupart des intelligentes et élégantes, mais une minorité et toutes les autres, si). C’est quand même pratique, reconnaissons-le. Enfin : mettons que vous soyez du genre à faire des efforts et que vous sortiez de chez vous ; que faire maintenant ?

2. Entrez dans un lieu public comme une école et observez bien les filles

Logiquement, la police devrait passer vous chercher quelques minutes plus tard en utilisant les mots "pédophile" et "pervers" dans les qualificatifs du procès verbal de votre arrestation. Les jeunes filles des écoles élémentaires sont généralement très prudes, comme beaucoup à 9 ans, et ne se montrent que rarement sensibles à votre charme. Cependant, si par le plus grand hasard, vous tombiez dans une école de commerce (ce qui n’est pas vraiment un lieu public, mais vous avez peut-être de l’argent et ça reste une école) et ce en début d’année, vous pouvez utiliser la formule magique "Mais si, c’est obligatoire pour l’intégration" juste après avoir expliqué à une jeune étudiante poumonnée ce que vous attendiez d’elle : grâce à la magie de l’abrutissement des masses, beaucoup de gens sont prêts à faire beaucoup de choses pour "s’intégrer", n’hésitez donc pas. D’ailleurs, si c’est une falucharde, c’est encore mieux, mais n’oubliez pas dans ce cas que coucher avec quelqu’un en état de mort cérébrale ne compte pas (si vous ne savez pas ce qu’est un faluchard : soyez heureux, mais si vous savez déjà ce qu’est une mort cérébrale, alors vous avez déjà pas mal cerné le sujet).

La faluche a aussi eu ses heures sombres (non, je ne parle pas du coma éthylique)

3. Recherchez à maintenir le contact visuel

Déplacez-vous autour d’elle si elle tourne la tête grâce à de fougueux entrechats, et n’hésitez pas à courir si elle tente de s’enfuir. Pour sûr, comme l’annonce le site vous n’aurez pas "l’air d’un obsédé". 

4. Souriez. Évitez de vous montrer trop sur de vous, sinon vous allez avoir l’air prétentieux, mais vous ne devez pas avoir peur non plus. Certaines filles aiment les gars timides. Mais la plupart d’entre elles veulent un gars qui n’a pas peur parfois de sortir des sentiers battus.

 Particulièrement lorsqu’il s’agit d’enterrer leur corps : ça a quelque chose d’assez excitant.

5. Abordez la fille avec confiance, n’utilisez pas des phrases toutes faites pour entamer la conversation (des phrases que vont tout de suite comprendre que vous êtes là pour du sexe, romance, ou des rencontres. …), cela fonctionne rarement. Un simple "Bonjour, comment allez vous ce soir?" devrait briser la glace. Ou, si vous êtes un adolescent, quelque chose de moins formel comme "Hé, comment ça va?" ou "Hé, Quoi de neuf?" suffira. Être poli et amical facilite toujours les choses.

Le site propose donc des phrases toutes faites pour les plus jeunes, afin de s’adapter à son public, remplaçant le ringard "bonjour" par un "hé !" de bon aloi ; on complétera donc avec, si vous êtes un vrai jeune, un "S’lut, ç’va ? Huhuhuh… haaaan morteeeelle cette soirée !", si vous êtes une racaille "Ho Mad’mazelle ! Mad’mazelle ! Vazy réponds ! Réponds vazy c’est bon tu m’allumes quoi *crachat au sol* ça va ? Bien ou bien ?", ou "" si vous êtes le mime Marceau.

C’est dans ces moments là que l’on félicite ce dernier d’avoir appris à mimer les relations charnelles seul, ses techniques de drague n’ayant pas toujours été pleinement efficaces. C’est ce que l’on a appelé "L’onanisme artistique", même si cette appellation sert aujourd’hui à désigner une bonne partie de l’art contemporain.

6. Attendez les signes qui montrent qu’elle est intéressée: rire (à vos blagues), jouez avec ses cheveux etc …Si elle fait un contact physique, comme vous toucher le bras tandis qu’elle rit, c’est un bon signe.

Attention cependant : si elle rit à vos blagues, pourtant nulles, elle a peut-être juste un humour contestable, et mieux vaut alors lancer du phosphore à ses pieds pour disparaître dans un rire maléfique avant que la situation ne dégénère. De la même manière, les nuances sont importantes : si elle vous touche le bras puis le brise en trois morceaux grâce à sa maîtrise du krav-maga, il n’est pas pleinement certain qu’elle soit folle de vous. Contentez vous de rester digne et de balancer le phosphore qui resterait encore de vos précédentes rencontres de l’autre main avant de vous replier. Vous reviendrez plus tard l’assommer à coups de plâtre (mais après être devenu un ninja grâce au même site, donc, tout cela est parfaitement cohérent).

7. Comprenez bien ses allusions si elle n’est pas intéressée. Si elle est occupée, ou si votre génie comique n’est pas apprécié, dites quelque chose comme: "C’était un plaisir de vous rencontrer" ou "c’était sympa de te rencontrer" et arrêter le massacre. Si vous vous imposer trop directement, il se pourrait que certaines femmes se sentent menacés.

Tout comme la langue française à la lecture de ce site. Qui, par ailleurs, n’hésite pas grâce à une habile rubrique "Astuces" à distiller d’autres précieux conseils pour faire fondre votre cible comme neige au soleil (ou coke sous museau).

Si elle rit devant un film de Franck Dubosc, même sanction : une porte dans la face

Hygiène: Lavez vous, brossez vous les dents, nettoyer vos oreilles, couper vos ongles, arrachez les poils de votre nez. Les femmes remarquent tous les défauts, soyez sûr de bien les cacher.

Elles peuvent donc aisément remarquer que vous êtes un homme, faites bien attention.

Habillez vous correctement: demandez à votre sœur ou votre mère pour obtenir des conseils, portez des chaussures propres, sentez bon, mais n’y allez pas trop fort avec la lotion après-rasage et l’eau de Cologne.

Si vous demandez des conseils pour aller draguer à votre mère, méfiance : vous finirez probablement avec des bretelles, une chemise à carreau et l’air relativement stupide (tout dépend de l’âge de votre maman). Cela dit, si vous souhaitez draguer une hipster, cela peut marcher. Vous pouvez même carrément demander conseil à mémé pour qu’elle vous transforme en prince du vintage, et là, laissez-moi vous dire qu’entre deux morceaux de Lana Del Rey, elles tomberont dans vos bras et n’hésiteront pas à indiquer sur Foursquare que c’est la soirée de leur vie.

Sinon, pour draguer une hipster, vous pouvez juste vous promener avec un gros appareil photo. En général, ça suffit.

Si une fille est toute seule, ne lui faites pas remarquer qu’elle l’est, et méfiez-vous si elle est dans un groupe d’amis car vous finirez par avoir à impressionner plus d’une fille.

Mufasa l’avait bien dit : jamais tout le troupeau d’un coup.

Pour les garçons, n’oubliez pas que les filles ont naturellement une vision plus large des choses que les hommes. Quand une fille regarde de son côté, elle pourrait essayer de vous observer. À l’inverse, soyez prudent si vous regardez une fille plus que la normale et vous pouvez voir les côtés de ses yeux: elle peut probablement vous voir tout aussi bien que vous le pouvez!

La femme est donc en réalité un caméléon : grâce à ses yeux habilement placés des deux côtés de son visage, elle peut vous observer même lorsque vous n’êtes pas en face d’elle. Attention donc à ne pas se curer le nez, tripoter sa braguette ou s’enfoncer des buritos dans les narines (je vous connais) pendant qu’on ne vous regarde pas : la bête vous regarde TOUJOURS. Heureusement, elle est comme le T-Rex : si vous ne bougez pas, elle ne vous verra pas.

Vous pouvez donc combiner tous ces conseils, une fois votre cible abordée, avec une autre série de conseils du même site : Comment savoir si elle m’aime ?

1. Entonnez une petite conversation. Cela va vous aider à apprendre des petites choses qui vous seront utile dans l’avenir. 

Vous avez abordé la fille ? Bien, maintenant, hardi petit ! Il est temps de la faire céder à votre charme naturel en entamant une petite conversation avec elle afin de cerner à qui vous avez affaire. Elle peut par exemple vous révéler son goût pour les comédies (proposez-lui un cinéma), Coldplay (trouvez-lui deux places de concert) ou pour le troisième Reich (offrez-lui une photo dédicacée de Marine en bikini). Si vous n’avez pas de conversation, et que vous aussi, vous ne comprenez pas en quoi on utilise le verbe "entonner" pour une conversation, à part si l’on est le Chevalier Blanc, contentez-vous de dire "Hey, on fait comme dans Drive ?" : vous passerez pour un fieffé cinéphile, son petit coeur craquera, et vous pourrez rester trois heures sans parler, elle trouvera ça génial.

Un autre signe pour savoir si elle vous aime si elle rit d’une blague normalement ennuyeuse ou stupide. 

 N’importe quel sketch de Jean-Marie Bigard fera l’affaire. Si elle y rit, coincez-lui la tête dans une porte : elle ne vous mérite pas.

 Elle peut ne pas être en mesure de vous regarder droit dans les yeux et peut rire beaucoup.

Par corollaire, si vous faites fumer un pétard à Mimie Mathy, elle se met à aimer tout le monde.

3. Remarquez si elle vous touche plus souvent que vos amis (elle essaie sans cesse de toucher votre main ou quelque chose dans ce genre). Si elle trouve des excuses pour le faire, alors vous êtes probablement sur la bonne voie.

"Arrête d’essayer de me toucher les seins" est une excuse que la femme sort régulièrement pour saisir votre main entre ses petits doigts et qui doit donc signifier qu’elle vous aime très fort secrètement. Enfin, j’imagine, faisons confiance à ce site de qualité.

4. Observez comment elle vous regarde. Si elle vous aime, elle vous fixera du regard pendant un certain temps [...] Vérifiez si ses yeux s’illuminent quand elle vous voit ou entend votre nom.

Oui enfin si ses yeux s’illuminent, c’est probablement un T-1000.

Figure 2 : un T-1000 vous regarde tendrement

5. Regardez ses amies. Si vous voyez la plupart de ses amies vous regardent et sourient ou rigolent, cela signifie qu’elle s’est confessée à ses amies sur votre sujet.

Ou que vous avez la braguette ouverte. Mais cela dit, elle a peut-être confessé ce fait à ses amies, ce n’est pas entièrement faux.

6. Attention à la demoiselle en détresse. Si vous êtes dehors et la fille que vous aimez est proche et commence à dire haut et fort: "J’ai froid!", C’est une allusion subtile qu’elle veut que vous lui donniez votre pull. C’est un geste très doux, surtout si vous voulez montrer à la fille que vous l’aimez.

Malheureux, là il y a désaccord : jamais, au grand jamais, il ne faut se montrer serviable avec une dame, à part si vous êtes sûr d’avoir monté un plan plus diabolique que le sien : donnez-lui votre pull et vous deviendrez son meilleur ami gay. Non, la vraie technique, lorsqu’elle dit "J’ai froid!" consiste à ne la laisser sortir du frigo que lorsqu’elle sera enfin prête à signer ce foutu papier où elle vous lègue sa fortune.

Coups: Si elle essaie de vous frapper (par exemple, une «gifle» sur le bras), alors elle a probablement des sentiments pour vous. Si vous faîtes semblant d’avoir mal et que la fille semble amusée, alors elle vous aime. Si vous faîtes semblant d’être blessé et que la fille semble un peu inquiète, elle vous considère juste comme un ami.

Et si vous faites une hémorragie, il y a de fortes chances qu’elle ne vous aime pas.

Mais heureusement, le site sait comment faire pour ne pas pousser ses lecteurs au harcèlement sexuel maintenant que la loi sur le sujet est levée :

Il y a des filles qui font semblant de vous oublier, de vous détester de ne pas apprécier votre compagnie et de râler, alors qu’elles pensent tout le temps à vous.

Elles peuvent aussi dire à ses amies et même à ses meilleures amies qu’elles ne vous aiment pas et aimeraient ne plus avoir à vous supporter, elles pourraient vous critiquer à chaque fois qu’on aborde un sujet sur vous, ou bien parler à ses amies en vous critiquant et en les poussant à dire des mauvaises remarques sur vous juste pour le plaisir d’entendre parler de vous.+ et aussi pour que personne ne cache qu’elle vous aime.

Outre cette incroyable maîtrise des accords, on notera la capacité de l’auteur à rassurer son lectorat : "Oui, elle a peut-être dit à toute la ville que vous étiez une petite merde, mais c’est probablement parce qu’elle vous aime secrètement. C’est dans la poche !".

Alors, si avec tout cela mes bons lecteurs, vous ne parvenez pas à faire tomber la douce dans votre escarcelle et à lire dans ses yeux humides l’amour pur qu’elle vous portera instantanément, si malgré tout la bête s’enfuit et préfère d’autres compagnies à celle de l’excellent homme de goût que vous êtes, puisque vous lisez ce blog, permettez-moi de vous proposer un ultime article :

Comment fabriquer une poupée vaudou ?

 Car à défaut de gagner son coeur, vous avez encore le droit d’être mauvais perdant. Et tout le monde ne maîtrise pas forcément les objets contondants.

A part Simone de Beauvoir et moi, cela s’entend.

Merci, ausujet.com.

Damien a un gros mal de tête.

L’oeil entrouvert et l’esprit embrumé, il tente péniblement de se redresser dans son petit canapé qu’il a à demi couvert de bave, et laisse échapper un bâillement sonore qu’il fait taire promptement, tant le moindre son semble se transformer en fanfare dans la caverne qui lui sert désormais de crâne.  Les sourcils froncés, il essaie tant bien que mal de rassembler les bribes de son esprit pour espérer se souvenir de sa soirée. D’ailleurs, que fait ce magnum de champagne vide encore dans sa main ? Nonobstant ce  menu détail, Damien parvient à se lever et dépose le cadavre de bouteille à ses pieds. Dans l’immédiat, il ferait bien de faire l’inventaire de son appartement.

Rien de grave semble t-il : certes, le salon ressemble à un lendemain de bataille contre les Huns, et en effet, quelqu’un a coincé un CD de Francky Vincent dans le lecteur de la chaîne d’une curieuse manière, provoquant ainsi un claquement constant, alors que l’appareil tente de se refermer sur l’obstacle avant de s’ouvrir à nouveau pour mieux réessayer. Damien a un vague flash durant lequel il se revoit dansant fiévreusement sur "Tu veux mon zizi", mais ne saurait situer précisément l’évènement. Dans tous les cas, les choses semblent moins graves que prévues : pas de gros dégâts matériels en vue. En passant devant ses toilettes, Damien constate qu’un invité de la veille a dessiné une astucieuse décoration façon militaire sur tous les bords de la cuvette, ce qui… diantre… d’un reniflement, le propriétaire des lieux constate qu’il ne s’agit en rien d’un élément d’agrément ; cette cuvette repeinte façon camouflage mêlant avec goût tons bruns et kakis n’est en fait que le produit d’un repas de fête mélangé avec moult alcools. Damien se sent faible un instant en réalisant ce qu’il vient de voir, puis se dirige vers sa chambre.

Poussant la porte, il constate alors ce qu’il craignait : cette année encore, il n’y a personne dans son lit en ce 1er janvier.

Cette année encore, il est célibataire.

 

Oui, moi aussi mon nouvel an s'est bien passé. Merci de demander.

Alors cette année encore, il inscrira dans ses bonnes résolutions (Damien a besoin d’être le 1er janvier pour prendre des décisions, c’est dire la force de sa volonté) : "Ne plus être seul". Et à nouveau, il espérera ne pas échouer comme l’année passée, pensant longuement à ce curieux besoin né d’un mélange d’instinct et de pression sociale, alors qu’il essaiera de nettoyer son tapis sur lequel lui et ses amis auront joué au Pictionnary-vomi durant le réveillon.

Pauvre Damien.

Heureusement,  pour passer une excellente année 2011, laissez-moi vous indiquer un site qui ne saurait rester inconnu pour qui cherche l’âme soeur : "Comment draguer une fille". Oui, ce site s’adresse aux mâles, mais je connais mes lectrices, elles vont quand même lire l’article. Je vous vois venir mesdemoiselles. Votre curiosité vous perdra. Quant à mes lecteurs qui préfèrent les viriles bourrades, vous me voyez désolé de ne pas pouvoir vous aider plus avant ; je m’en voudrais d’encourager une pratique condamnée par le pape. C’est comme ça.

Alors certains d’entre vous me diront "Raaah, le coup des conseils de drague, vous nous l’avez déjà fait avec Men’s Health !", et je vous dirai que oui : mais et d’une, souvenez-vous que ces conseils n’étaient peut-être pas les plus audacieux que l’on puisse trouver, et de deux, je vous conchie. Non, car cette fois, nous allons nous arrêter sur un coach en séduction, un vrai, le genre à vendre livres et services. Alors ce n’est pas rien tout de même ; nous atteignons le stade professionnel ! Allez, ne traînons plus : ni une, ni deux, allons voir :

Comment draguer une fille ?

En voilà une vraie question ! Comment faire ? Peut on vaincre sa timidité ? Que se passe t il si on se fait repérer en tentant de draguer ? Est-ce vrai que les femelles coupent les testicules des mâles ayant échoué la parade amoureuse pour s’en faire des macarons ? Autant de mystères bientôt levés, puisque sur ce site, nous allons trouver, comme nous l’indique la rubrique "à propos" :

• Des « stratégies » qui ont fait leurs preuves et qui vous permettront de draguer les plus belles filles.
• Des conseils pour améliorer votre vie personnelle. Comment acquérir et approfondir votre confiance en vous, votre estime, votre valeur sociale, etc.
• Des techniques pour améliorer vos performances sexuelles avec les femmes.
• Et bien pus…

Rien que ça, "et bien pus…", jeunes gens ; voyez le monde qui s’ouvre à vous ! Et tout cela écrit par Alex, un "séducteur invétéré". Non, pas invertébré, non. En tout cas, invétéré, vous êtes sûr ? Le genre qui a roulé sa bosse aux quatre coins du monde et a fait chavirer tous les coeurs, de celui de Maria, cette bolivienne au teint halé rencontrée sur la route de Cochabamba alors qu’elle y transportait du café obtenu de ses douces mains, jusqu’à Fleur de Lotus, une belle vietnamienne qui se serait donnée sur le pont tanguant d’une jonque traversant paisiblement la baie d’Along ? Presque.

J’ai fait mes premiers pas dans l’univers de la séduction en 2005 et aujourd’hui, je me suis donné pour objectif de guider les hommes qui aspirent à devenir un grand séducteur comme moi ou qui souhaitent « affiner » les techniques qu’ils ont acquises.

Comment ça "2005" ? Ça fait 5 ans qu’on a découvert le sexe opposé alors ça y est, on est un "grand séducteur" ? Ca va être quoi comme conseils, petit jeunot ? "Attirez là avec des choco-BNs derrière le toboggan et échangez lui 3 cartes pokémons contre un bisou" ? Attendez, "grand séducteur", c’est pas comme la légion d’honneur, hein, c’est pas un titre qu’on obtient en 5 minutes sur un coin de table ! Sean Connery, Georges Clooney, Francis Huster, regardez qui tente de vous égaler ! Insurgez-vous, car cet homme se prétend votre égal. Mais soit, faisons fi de cette auto-proclamation, et allons voir la suite.

 

Plus on est jeune, plus c'est facile : au début, un simple BN suffit à séduire. A la fin, il faut des repas et des voyages. Pfff.

En effet, nous découvrons qu’Alex s’est découvert un don pour le coaching en séduction après être venu au secours d’un ami longtemps en couple et fraîchement largué, qui lui avait déclaré, je cite :  « Alex, j’ai été avec ma blonde trop longtemps et maintenant j’ai pu l’tour pentoute. Peux-tu me montrer comment draguer une fille ? »

"J’ai pu l’tour pentoute".

Aucune allusion sexuelle là-dessous, ni aucune référence au célèbre magazine de charme de la Belle Province Pent Houte, magazine présentant des caribous dans des positions lascives souvent couverts de sirop d’érable, notre homme était tout simplement hors-jeu quant au jeu de la séduction et de l’amour courtois (si tant est que s’exclamer "J’l’y toasterai bien l’ostie, tsé !" soit considéré comme courtois). Mais soyons honnêtes jeunes gens : peut-on vraiment faire confiance à des québécois pour nous conseiller en quoi que ce soit ? Ces rustres nous ont tout de même envoyé Céline Dion, Garou et Stéphane Rousseau. Si ça ne tenait qu’à moi, nous ferions un blocus sur la province, et on marquerait d’une feuille d’érable jaune brodée à l’anorak tous les fieffés brigands qui utiliseraient "caliss" dans leur vocabulaire. Mais allez savoir pourquoi, on ne veut pas me laisser les commandes. Irresponsables droits-de-l’hommistes.

Mais c’est assez : revenons plutôt vers le coeur de notre sujet, et cliquons sur la page d’accueil, pour mieux découvrir la colonne de droite, où l’on peut lire :

« Inscrivez-vous à la newsletter et apprenez comment aborder et séduire des filles top canons »
Même si vous n’êtes ni beau, ni riche, ni populaire…

Vous êtes sur le point de découvrir:
- Les 7 erreurs mortelles qui anéantissent toutes vos chances.
– Comment vaincre votre peur de l’approche.
- Comment démarrer une conversation avec une femme.
– Et en cadeau, vous recevrez GRATUITEMENT votre copie du livre : Le Manifeste Du Séducteur.

Car oui, pour les gens beaux, riches et populaires, nul besoin de séduction : tout le monde sait que la femme, cette fourbe créature, succombe à tout ce qui est riche et beau, puisque naturellement vénale. Si vous en doutez, creusez un piège à ours et recouvrez le de branchages : au centre du dispositif, placez de manière bien visible un billet de 500€ et quelques macarons Ladurée. Absentez vous pour aller regarder un match de foot ou une rediffusion de Fantomas, puis revenez quelques heures plus tard : au fond du trou gît une femelle, le billet encore à la main.

Attention, dans certains cas, c’est un clodo appâté par la faim et l’argent facile qui s’est laissé prendre. Rebouchez alors le trou en prenant bien soin de le laisser au fond, vous l’aiderez ainsi à passer l’hiver au chaud. Où en étais-je ? Ah, oui.

Vous allez ainsi découvrir "comment démarrer une conversation avec une femme", puisque figurez-vous que la femme ne répond pas lorsqu’on lui dit "bonjour", elle a son propre langage, inconnu des pauvres mécréants que vous êtes. Il se pourrait même qu’elle utilise des ultrasons, mais n’en disons pas plus et ne spoilons pas : plusieurs articles sont ici à notre disposition :

Sans nous arrêter sur tous les articles (ah, le plaisir de la découverte !), je me permets de vous citer ce fabuleux passage  issu de "Comment draguer une fille dans la rue" :

Nous autres séducteurs, nous devons nous distinguer par notre classe ! Souvenez-vous-en.

Si je résume, draguer dans la rue c’est aborder la fille, prendre son numéro, discuter avec elle de façon spontanée en glissant de temps à autre des remarques suggestives voire même des allusions sexuelles si vous sentez qu’elle est réceptive. Avec un peu de chance, vous obtiendrez un rendez-vous pour passer des moments intimes.

Voilà qui devrait vous mettre sur la piste de la notion de classe locale. Selon ce concept, Jean-Marie Bigard est une sorte de fameux gentilhomme connu pour son bon goût et sa capacité à séduire sans jamais tomber dans la vulgarité. Le Georges Abitbol français, pour le dire en deux mots.

 

Le romantisme à l'état pur

Mais ne soyons pas chiches en propos, et aujourd’hui, essayons de voir comment séduire en boîte de nuit ; en effet, la discothèque est un lieu mystérieux, empli de personnages plus étranges les uns que les autres. Certains murmurent qu’il s’agirait d’un monde parallèle, particulièrement lorsqu’ils constatent le prix des consommations, qui est probablement calculé en roubles, et non en euros.  Pourtant, sur notre planète, nous en trouvons des milliers (des discothèques, pas des roubles). C’est un lieu idéal pour séduire : en effet, puisque la musique est forte, on ne s’entend pas parler. Et puisqu’on entend pas les conversations, il est difficile de juger du niveau consternant de celles-ci. Ainsi, nul besoin de faire un effort quant à ses propos : un morceau de David Guetta viendra s’assurer que personne ne puisse constater votre proximité intellectuelle avec les bulots. Parfait.

Mais alors, que nous conseille Alex ?

"1ère étape : choisir la boîte de nuit"

Parmi les trois types de boîtes de nuit proposés, outre la "branchée" et la "spécialisée", nous trouvons "la ringarde" (allez savoir à partir de quand une boîte est ringarde, la mode étant par définition éphémère et n’étant donc constituée que de future ringardise), et là, je cite :

"Là, vous ne trouverez sûrement pas une canon aux formes généreuses. Attendez-vous plutôt à des filles très simples, nostalgiques d’une période où la discothèque a connu ses heures de gloire. Ces femmes continuent de fréquenter ces endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs."

Des "filles simples", "nostalgiques", qui "continuent de fréquenter des endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs" : vu la manière dont on en parle, c’est à recommander aux adeptes de Darkiss : tout cela ressemble fort à la définition de fantômes ou de quelconques morts-vivants. "Mon Dieu, vous avez entendu ? Il parait que la nuit, on entend des bruits provenant du vieux Macumba ! A ce qu’il parait que les esprits tourmentés des filles moches attendant le prochain slow continuent de les hanter ! C’est abominable !". Bref, outre les boîtes de nuit branchées et les spécialisées, il n’existe que des boîtes pour moches (car oui, la fille simple est moche, c’est comme ça, alors que les "canons" sont souvent complexes. Coucou Loana !) dans lesquelles on ne peut s’aventurer qu’équipé d’un pieu et d’eau bénite.  Ça fait super peur. Heureusement, Alex ne s’en arrête pas là.

"L’entrée"

"Emmener avec vous une jolie « pivot », c’est-à-dire une ravissante fille (il peut s’agir d’une amie proche ou pourquoi pas une cousine). He oui, en boîte de nuit, la rivalité entre demoiselles atteint son paroxysme. Aussi, avec une jolie fille à vos bras, vous ne manquerez pas de faire des envieux auprès de la gent masculine et vous attirerez l’attention de la gent féminine. De temps en temps, dansez avec elle, sans trop vous coller. Cela devrait suffire à aiguiser la curiosité et à intriguer les filles."

Vous cherchez une jolie fille ? Venez avec une jolie fille. Comment ? Un paradoxe ? Mais non, bande de galopins. La première, vous la payez, hop. Son seul rôle consiste à attiser la curiosité des demoiselles de la boîte de nuit qui, selon cette théorie, seront forcément toutes intriguées (puisque forcément, elles regarderont toutes dans votre direction ; au Québec, les boîtes de nuit doivent faire 7 mètres carrés). Alors évidemment, les plus priapiques d’entre vous me diront "Attendez, on a la jolie fille, pourquoi s’emmerder à aller en boîte pour en trouver une moins bien si notre seul but est la coucherie ?" ; et je vous répondrai "En effet. Utilisez un gros caillou sur la première, et le tour est joué". Mais ça, les gros cailloux, Alex, il n’en parle jamais. On sent bien que c’est un débutant ; tenez, il n’indique même pas qu’il faut toujours avoir une pelle avec soi ! Bleu-bite !

"Devenez la vedette"

Comment devenir une vedette ? Facile mes bons, voyez plutôt :

"Dans un premier temps, ne parlez qu’à de belles filles. Vous confirmerez votre réputation de gagnant. Cependant, ne perdez pas de vue qu’un bon séducteur est loin d’être élitiste. Après quelques heures passées dans la boîte, commencez à aborder des filles beaucoup moins canon. Cela vous permettra de passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert."

Je rappelle que le site expliquait plus haut que le séducteur devait se distinguer par sa classe. Je décide donc de baptiser cette stratégie "La tactique du Bernard Kouchner", qui consiste à évoluer dans les hautes-sphères avant de se tourner vers le tiers-monde. Pour les plus audacieux, il est même possible d’apporter un sac de riz à un boudin afin de bien "passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert". Avec une stratégie pareille, nul doute que vous pourrez aller causer du droit d’ingérence avec une jeune ingénue en fin de soirée. A aucun moment, bien sûr, l’auteur ne prend en compte le fait que la femelle soit capable de se dire "Ce gros con aborde toutes les nanas une par une en commençant par les plus jolies ; je suis sûr qu’il s’est déjà fait jeter plusieurs fois avant de venir me parler, je ne suis pas sa roue de secours : ce soir, il dormira sur la béquille".

C’est rude, une femelle.

D’où le sac de riz pour vous faire pardonner. Bernard Kouchner all over the place, comme on dit au Canada.

 

Bernard déchainé sur le Saturday Night Fever

On retrouve d’ailleurs plus bas :

"Ne criez pas quand vous parlez, car cela fait vulgaire. Un séducteur se doit d’être classe sans être snob."

Ne pas crier en boîte de nuit ? Mais alors on parle comment ? Langage des signes ? Signaux lumineux ? Chiffon au chloroforme dans le pif d’entrée de jeu ? C’est ambitieux. Remarquez, rester classe après les étapes précédentes aussi est ambitieux. La suite l’est tout autant :

Choisissez vos boissons. Ne prenez ni les boissons les moins chères ni celles hors de prix. Dans le premier cas, vous risquerez d’être étiqueté comme un fauché alors que dans le second vous passerez pour un frimeur. Choisissez enfin une boisson qui fait virile.

Une boisson qui fait viril ? Il y a deux types d’hommes dans la vie : ceux qui ont besoin d’une boisson pour faire viril, et les autres. Pour les premiers, je ne saurais que trop recommander un "cocktail de couilles" (vous pouvez le demander discrètement auprès des barmans compétents en demandant un "Big Balls on the rocks"). Pour les seconds, n’oubliez pas de commander un jus de fruit. Certes, elle ne verra pas en vous un aventurier, mais lorsque vous serez sobre et elle ronde comme une queue de pelle à l’arrière de votre Super 5, persuadée que vous la raccompagnez chez elle, vous ne regretterez pas votre choix.

D’autres conseils ? Oui !

Ne vous curez pas le nez ni les oreilles, ne grattez pas vos parties génitales, éternuez dans vos mains.

Merci de ces précieux conseils. On pourrait y ajouter "Ne lui pétez pas au nez", "Faites vos besoins aux toilettes", "Ne reniflez pas votre doigt après avoir gratté votre postérieur".  Toute personne qui aurait vraiment eu besoin des précédents conseils devrait d’ores et déjà penser à abandonner toute ambition de drague et se tourner vers le point de croix ou une carrière dans le clergé.

A noter aussi, une petite liste des différents types de femelles que l’on peut rencontrer en boîte, et particulièrement celui-ci :

- Celles qui, comme vous, viennent en boîte pour draguer et finir la soirée dans les bras d’un homme. Pour elles, chaque jour est une occasion de ramener un homme dans leur lit. Le romantisme, elles ne connaissent pas.

Splendide résumé : elles sont comme vous, braves hommes, et ne cherchent qu’à ramener quelqu’un pour la nuit. Ce qui fait de ces messieurs des "romantiques" (on l’est avant ou après le passage où on parle aux moches pour faire "sympa" ?), et des femmes, des salopes. Voilà voilà.

Alors évidemment, je pourrais continuer jusqu’au bout de l’article, et découvrir avec vous comment "isoler" une fille (personnellement, j’ai confié un doberman à un berger pour qu’il l’élève, depuis, je n’ai plus de soucis pour isoler mes cibles loin du troupeau), mais je vais plutôt aller droit au but : des bons conseils comme ça, et bien d’autres encore jeunes gens, vous pourrez les trouver dans ce formidable livre :

Armes de séduction massive : l’art de conquérir les femmes

 

Si vos yeux survivent à cette overdose de kitsch, vous pourrez peut être l’ouvrir et le lire

"Moins cher qu’un livre d’école", pour reprendre l’un des arguments de vente, vous aurez entre les mains une "une méthode extrêmement puissante", limite turgescente, pour soumettre à votre volonté toutes les femmes que vous croiserez.  Par ailleurs, sachez que "Ce guide est le résultat de plusieurs années de recherche et d’étude sur le terrain. J’ai observé le comportement des femmes pour savoir comment elles réagissent face à diverse situations. C’est donc dire que vous saurez exactement quoi dire et quoi faire dans n’importe quelle situation!", car oui, il y a eu des recherches et des études de terrain : on a enfermé des femmes dans des labyrinthes pour voir en combien de temps elles trouvaient un fromage ou une paire de louboutins, camouflé des scientifiques dans des parfumeries, salles d’aquagym, Yves Rocher et autres lieux fréquentés quasiment exclusivement par des femelles pour voir leurs réactions face à moult situations diverses et variées. Et de ces observations faites par des doctorants est né cet ouvrage, véritable manuel des Castors Juniors que ces messieurs devraient toujours avoir sur eux pour réussir à conquérir toutes celles qu’ils voudront.

Prochainement, je vous parlerai d’autres ouvrages :

  • Séduire une fille : comment bien choisir mes outils chez Jardiland ?
  • Les femmes & l’amour : le guide des meilleurs avocats spécialisés en divorces
  • Trouver l’amour dans la Légion : l’encyclopédie des chèvres
  • Comment concilier amour & voyages ? Tous les conseils d’Emile Louis

 

Si avec tout ça, Damien et autres, vous passez encore l’année 2011 seuls, je ne peux plus rien pour vous.

 

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