« Capitaine sur la passerelle !« 

Les quelques officiers présents à proximité du sas se tournèrent pour saluer leur supérieur, quand bien même celui-ci dans sa morgue habituelle les ignora et se dirigea droit vers son fauteuil pour s’y installer confortablement dans un craquement de cuir familier pour qui servait sur la passerelle depuis suffisamment longtemps. Rapidement, une forte odeur de cigare s’installa au-dessus des militaires postés à divers postes de commandes, annonçant un long quart.

« Bien bien bien. Enseigne Diego, puis-je savoir pourquoi on m’a dérangé ?
- C’est que, capitaine… il y a eu une appel de détresse. 
- Hmm. Qui l’a reçu ?
- Lieutenant Tanya Dobroya capitaine. Cette voix… elle avait l’air… terrorisée… j’ai eu si peur !
- Ne vous inquiétez pas lieutenant Dobroya, cela peut arriver d’avoir peur. Allez vous cacher dans mes quartiers, il n’y a pas d’endroit plus sécurisé, ça vous aidera à vous détendre.
- Oui capitaine. 
- Vous trouverez une bouteille de brandy sur la table de nuit, n’hésitez pas à vous servir pour vous aider à reprendre le dessus.
- Je… oui capitaine.
- Bien, enseigne Diego, d’où provenait le message ? »

0

L’aspirant officier tapota sur le clavier devant lui, et diverses lumières et sons répondirent à chacun de ses mouvements, avant qu’il ne se tourne vers son supérieur, inquiet.

« D’une salle obscure Monsieur.
- Seigneur. Ça doit être grave : préparez la distorsion, nous nous rendons sur place. Puis téléportez-nous sur site : dites à quelques soldats de s’équiper, c’est sûrement dangereux.« 

0

Les membres d’équipage s’activèrent autour de leur supérieur, allant tous s’asseoir alors que le bruit ronronnant du moteur chauffant pour préparer le saut se faisait entendre. Les étoiles semblèrent se distordre, avant que dans un grand flash qui aveugla tous les présents, l’appareil ne se transporte presque instantanément à l’autre bout de l’univers. Le capitaine se leva pour se rendre en salle de téléportation. Quelques instants plus tard, lui et son escorte se trouvaient au cœur de ce qui avait probablement autrefois été un cinéma : les sièges semblaient avoir brûlé, certains accoudoirs ayant fondu sous la chaleur, fusionnant avec les pots de M&Ms qui par le passé avaient été posés à côté d’eux. Les lampes de l’équipages balayèrent la salle, rencontrant ici ou là, des corps aux visages terrorisés.

« Sûrement les Klingons.
- Non, regardez cette matière sur les fauteuils ; les lasers Klingons ne font pas ce genre de traces. 
- Mais alors qu’est-ce que c’est capitaine ?
- On dirait… oui… on dirait du caca. 
- S’il vous plaît… »

0

Toutes les lampes se tournèrent en direction de la voix gémissante qui venait de s’exprimer, découvrant dans le faisceau lumineux un corps avachi dont la main agitait encore faiblement un communicateur d’urgence en direction de l’équipage de l’USS Connard. Bientôt, le blessé fut entouré par ceux qu’il avait appelés à l’aide.

« Respirez doucement bon lecteur ! Que s’est-il passé ici ?
- Star Trek… deux…
- Je sais, je sais, calmez-vous ! Ça ne peut pas être si affreux que ça !
- Ils… les mauvais films… ils ne font… kof… ils… ils ne font même pas exprès…
- Allons, c’est impossible, ils doivent bien être conscients qu’ils font de la merde quand même.
- Lisez… »

0

L’homme désigna fébrilement un exemplaire de 20 Minutes gisant au sol à ses côtés dans les ruines de la salle. Le capitaine ramassa la chose du bout des doigts, et tourna les pages de ce Nécronomicon de l’information. Il s’arrêta en ouvrant grand les yeux en découvrant le seul article qui avait pu causer pareil traumatisme.

Mais quels sont les secrets du réalisateur de Super 8 pour réussir son coup à chaque fois ? 20 Minutes lui a posé la question.

Ecrire une bonne histoire

Le créateur des séries Alias et Lost peaufine ses scénarios comme s’il s’agissait des plans de vol de l’Enterprise.

«Si l’histoire ne tient pas la route, vous pouvez mettre autant d’effets spéciaux que vous pourrez, les gens décrocheront.»

Il y eut un grognement de frustration, puis un long et terrible hurlement :

« Abraaaaaaaaaaaaaams !« 

Est-il possible d’être aussi mauvais que l’on considère comme un point fort l’un des trucs les plus mauvais de son film ? Qui est le plus de mauvaise foi, l’auteur de ce blog ou celui de ce film ? Autant de réponses auxquelles nous allons promptement répondre : spoilons mes bons !

_____________________________

L’affiche : des flammes, un méchant avec un grand manteau habillé tout en noir et un truc à base de « Notre monde » ; on sent déjà l’oscar arriver.

Tout débute au milieu d’une forêt majestueuse d’arbres aux feuilles rougeoyantes, alors qu’une population d’humanoïdes sauvages s’ébat entre les troncs. Non, ce n’est pas le Canada contrairement à ce que le descriptif pourrait laisser penser : il s’agit de Gloubitz-8, une planète lointaine où se déroulent d’étranges événements. En effet, on y retrouve le capitaine Kirk et son fidèle médecin de bord, le fameux Mc Coy, occupés à gambader en essayant de ne pas se faire trouer la peau par les indigènes locaux qui leur jettent au museau toutes sortes d’armes plus ou moins mortelles, de la lance à la flèche en passant par les conditions d’utilisation d’iTunes au format papier. Pourquoi cette animosité ? C’est bien simple : Kirk a eu la bonne idée de voler un papyrus sacré local pour obliger les indigènes à le pourchasser, afin de les attirer loin d’un volcan actuellement en éruption à côté de leur village. Et dans le même temps, une navette de l’USS Enterprise, le vaisseau que commande notre héros, s’amuse à survoler le volcan afin d’y larguer un Monsieur Spock en combinaison spéciale afin qu’il aille au cœur du cratère et y fasse péter une bombe à fusion froide devant stopper net l’éruption, et donc sauver les indigènes. Vous sentez cette odeur ? Oui : ça fleure bon le plan intelligent.

Pour faire simple : Kirk parvient à attirer les indigènes suffisamment loin comme prévu, puis saute du haut d’une falaise avec son compère Mc Coy pour plonger et rejoindre l’Enterprise, habilement dissimulée sous l’océan voisin (mais à 50 mètres de la côte : ça devait être sacrément profond dans le coin dites donc). De là, il apprend que cette grosse andouille de Spock est bloqué au fond du volcan suite à diverses malfonctions de la navette devant le larguer, et que vu les perturbations liées au volcan, il ne sera possible de le téléporter sain et sauf à bord avant l’explosion de la bombe qu’en ayant un bon visuel sur lui, à savoir, en plaçant l’Enterprise au-dessus du volcan.

Or, la Fédération, l’employeur de nos héros, a pour première directive de ne JAMAIS intervenir ou être vue des civilisations primitives qu’elle observe.

« Laissez-moi mourir ! » s’écrie donc Spock dans son petit micro « Si vous venez me cherchez, les indigènes verront notre vaisseau, et nous serons en violation des règles, et ça jamais, je veux pas prendre des heures de colle ! »

Mais comme ce n’est pas le genre de Kirk de laisser ses copains mourir, sous les yeux ébahis des indigènes, l’USS Enterprise sort des flots devant eux, puis va survoler le volcan pour mieux téléporter Spock (au dernier moment pour ceux qui en douteraient), alors que la bombe à fusion froide explose et stoppe net l’éruption, sauvant la peuplade locale, persuadée d’avoir vu un vaisseau des dieux. C’est donc sur cette belle victoire que l’Enterprise s’envole vers les étoiles pour d’autres aventures ! Chhht, ne dites rien : on va en reparler.

Générique.

San Francisco, QG de Starfleet, quelque temps plus tard

Le capitaine Kirk est tout fou : la Fédération lance un nouveau projet d’exploration spatiale, une mission de 5 ans au fin fond de l’espace, et il espère être le capitaine sélectionné pour cette tâche. Or, comme il vient de recevoir une convocation de l’Amiral Pike intitulée « Objet : grosse tache« , il suppose que c’est bien pour lui remettre pareil commandement qu’on l’appelle. Déjà prêt à faire tourner les serviettes, Kirk rentre victorieux dans le bureau de son supérieur et ancien capitaine, mais déchante bien vite et se trouve obliger de remettre sa serviette dans son rond (rond de serviette, petit gredin) en constatant que s’il avait mieux maîtrisé la différence entre tâche et tache, il ne se serait pas emballé : l’amiral Pike n’est pas content.

« Kirk, mon jeune ami, vous me décevez beaucoup. J’ai lu votre rapport sur votre dernière mission : « Il ne s’est rien passé de spécial, bisous. » Vous confirmez ?
- Oui. Surtout le bisou.
- Bien. Pas d’bol pour vous, et je ne parle pas de sa coupe : Spock m’a fait son rapport lui aussi. Et comme il ne peut pas mentir, je n’ai pas la même version.
- Spock, s’pèce de p’tit bâtard !
- Tutut capitaine : lisez plutôt le rapport de Spock. »

0

Journal de Monsieur Spock, date stellaire : fête des mères

Cher journal, je me sens très seul depuis que maman s’est pris un trou noir dans la gueule dans le film précédent. A qui vais-je donc offrir ce collier en pâte à sel ? J’hésite. Kirk est un peu con, il serait bien fichu d’essayer de le manger, comme ce qu’il a fait l’an dernier avec celui en coquillettes. Je crois que je vais plutôt l’offrir à ma copine, l’officier Uhura, dès que j’aurais trouvé son prénom, même si ma logique vulcaine me laisse à penser qu’il s’agit d’Hipipip. Ah oui, sinon, aujourd’hui, il y avait mission au programme : nous étions en train d’étudier une civilisation primitive sur Gloubitz-8 quand nous avons soudain détecté une éruption volcanique. Kirk a dit qu’il fallait sauver ladite civilisation, aussi a-t-il proposé d’arrêter l’éruption en déclenchant une fusion froide. Bon, comme on a des téléporteurs, je me suis dit « Bon, on va larguer le bousin dans le cratère depuis l’orbite, et puis basta », mais non : le capitaine a insisté pour planquer notre navire sous l’eau juste à côté du village des pleupleus locaux, puis il a décidé d’un plan impliquant de déplacer les primitifs de 500 mètres en leur piquant un parchemin sacré avant de partir en courant sous leurs tirs, puis là encore, plutôt que de regagner l’Enterprise au sec et sans risques en se téléportant, il a préféré sauter du haut d’une falaise. Moi, pendant ce temps, déposé par une inutile navette, je croupissais au fond du volcan à armer la bombe, jusqu’à ce que l’Enterprise vienne me chercher. Ce faisant, les primitifs ont vu notre vaisseau, et nous avons donc violé la première directive « Ne pas intervenir ». Notons que j’étais prêt à mourir pour le respect de cette directive en demandant à l’Enterprise de ne pas venir me chercher, quand bien même j’étais déjà en train de la violer rien que par ma présence avec une bombe à fusion au fond d’un volcan. Ne me demandez pas pourquoi. S’il-vous-plait, si vous lisez ce rapport, sortez moi de ce film. Et emmenez-moi chez le coiffeur, pitié.

« Vas-y, grosse balance Spock ! » s’exclame donc Kirk, mais rien n’y fait : l’amiral Pike lui explique que Spock a bien fait, et que de toute manière, étant bien trop indiscipliné, menteur et roublard, le capitaine Kirk fait honte à son grade. Il est donc rétrogradé au rang de second, alors que l’USS Enterprise est remis sous le commandement de son ancien capitaine : l’amiral Pike. Spock, lui, est affecté à un autre navire : l’USS Philippe Risoli.

Mais au même moment, ailleurs dans le monde, il se passe des choses. En effet, un agent de la Fédération dont la fille est gravement malade est contacté par un mystérieux bienfaiteur, qui lui propose un marché simple : il peut sauver sa fille comme ça, hop, Garcimore. Mais en échange, l’agent lui devra un petit service… l’homme accepte, et effectivement : simplement en donnant un peu de son sang à sa fille, l’étranger guérit celle-ci instantanément, alors que tous les médecins jusqu’ici s’étaient avérés bien embêtés. Le père, en honnête homme, accepte de remplir sa part du marché : il se rend à la base où il travaille, puis au sein de celle-ci, déclenche une bombinette comme son bienfaiteur le lui avait ordonné. Il meurt donc pour sauver sa fille, emportant tout de même avec lui les dizaines de personnes, ainsi qu’une bonne partie du bâtiment où il travaillait. C’est donc un peu la panique, même si heureusement, les pertes sont moins importantes que prévu : en effet, en s’en prenant à un bâtiment peuplé de fonctionnaires, le méchant avait oublié que sur 100 personnes, 17 étaient en arrêt maladie, 13 en congé maternité, 18 en stage et 10 en RTT.

En France, les terroristes en chient : leurs colis piégés sont perdus une fois sur deux, voire arrivent ouverts. Nous sommes en sécurité.

La nouvelle de cette explosion arrive bientôt à San Francisco, où au QG de Starfleet, l’alerte est donnée : les capitaines de 5 bâtiments stationnés autour de la Terre ont ordre de se réunir dans la salle du conseil local où les attend l’amiral Marcus, le commandant en chef de la flotte. Autour de la table se trouvent bien évidemment les officiers de l’USS Enterprise ainsi que ceux de l’USS Philippe Risoli, qui attendent que Marcus leur fasse le topo.

« Mesdames et Messieurs, il vient de se passer quelque chose de terrible : le bâtiment des archives de Starfleet à Londres vient de sauter.  42 morts. Nos archives réduites à néant. L’homme qui a fait sauter la bombe a cependant laissé un message derrière-lui : il dit l’avoir fait sur ordre de cet homme, regardez vos écrans. Voici Jean-Jacques Lapinou, l’un de nos ex-meilleurs agents, ancien espion de la Fédération chez les Klingons, une race extra-terrestre un peu taquine. 
- Mais pourquoi avoir fait sauter les archives de Starfleet ? 
- Je ne… oui Spock ? Vous levez la main ?
- En effet. Je ne vois qu’une option logique : effacer son historique internet jusqu’au fichiers fédéraux. Les senseurs de l’USS Philippe Risoli détectent d’ailleurs en ce moment même d’incroyables flux en provenance de http://www.romuliencoquin.net se dirigeant droit vers cette pièce.
- Hem je… hum… attendez… *clic*… *clic*… 
- Pardon amiral ? Ho, les flux viennent de s’arrêter.
- Ouiii ce… ce n’était sûrement rien. Hem. Par contre voici les ordres : nous devons arrêter Jean-Jacques Lapinou au plus vite. C’est pourquoi vos ordres sont de le pourchasser et de l’arrêter à tout prix. Aux dernières nouvelles, il s’était emparé d’un petit véhicule volant monoplace armé. Et… oui Spock ?
- Illogique. Pourquoi demander à des commandants de vaisseaux de rechercher un criminel fugitif ? Cela est le travail de la maréchaussée. Votre théorie revient à réunir des commandants de sous-marins pour leur demander de résoudre le crime de l’Orient Express. 
- Vous commencez à m’emmerder Spock ! Oui Kirk, je vous vois lever la main, revenons aux dialogues véritables du script, on vous écoute !
- Attendez… faire sauter les archives de la Fédération alors que ça n’a aucun intérêt… et si c’était simplement pour donner l’alerte ?
- Que voulez-vous dire ?
- Hé bien la procédure d’urgence lorsqu’un type s’attaque à Starfleet… est de convoquer le commandement de la flotte dans cette pièce ! Et si… »

0

Et en effet, Kirk a bien deviné : lui qui est d’habitude con comme une meule de Saint Nectaire a compris l’objectif du méchant, puisque sa phrase est coupée par l’arrivée d’un aéronef juste derrière la baie vitrée de la salle du conseil, qui commence à ouvrir le feu à l’intérieur, tuant plus d’un haut-gradé. Il est vrai que c’est connu : lorsqu’un terroriste s’empare d’un véhicule volant armé, il est très important pour ceux qui veulent l’arrêter de se réunir tous dans la même pièce, de préférence en hauteur et sans protection contre, disons, des aéronefs armés. Car non : le QG de Starfleet n’a rien pour se protéger d’un chasseur pourri, et la police (qui a pourtant les véhicules qui vont bien) est visiblement occupée ailleurs à mettre des PV sur les astronefs qui n’ont pas remis de crédits dans le parcmètre.

Bref : la salle se fait mitrailler, et Kirk parvient à repousser l’assaillant en balançant divers objets inutiles dans son réacteur, comme par exemple des WiiU (en 2259, on a toujours pas trouvé d’utilité à la chose) : l’ennemi, troublé, en perd le contrôle de son appareil, mais parvient à se téléporter hors du cockpit avant de s’écraser comme une bouse. Kirk a donc le temps de voir Jean-Jacques Lapinou en personne lui jeter un regard étrange depuis le poste de pilotage avant de disparaître.

« Crotte de bique ! » s’exclame notre héros en constatant que le rascal s’est échappé ; mais bien vite, la réalité de ce qui l’entoure le rattrape : la salle du conseil a été sévèrement mitraillée, et plusieurs officiers sont morts, mais pas tous, car heureusement, le méchant n’a pas pensé à faire un truc aussi simple que téléporter directement une bombe comme celle des archives en plein milieu de la salle dont il avait pourtant les coordonnées. Mais comme nous le verrons, tout le long du film, celui-ci subira le syndrome classique des fictions mettant à la disposition des personnages de la téléportation/de la magie/des voyages dans le temps (biffer les mentions inutiles), à savoir qu’à part si on cadre bien la chose d’entrée de jeu, chaque scène ou presque n’a plus de raison d’être puisqu’avec ce genre d’outil, tout peut être réglé instantanément ou presque. Soyez donc prévenus : nous y reviendrons régulièrement tellement cela crée d’incohérences à la seconde. Et il faudra même passer sur certaines tant les possibilités sont nombreuses.

Donc, disais-je : la salle du conseil a été bien mitraillée. Et si Marcus a survécu, le commandant de l’USS Philippe Risoli ainsi que l’amiral Pike ont trouvé la mort. C’est donc grosse tristesse, et bientôt grosse colère contre le galopin qui a fait ça. Heureusement, Scotty à bord de l’Enterprise a de bonnes nouvelles pour Kirk et Spock : il a étudié encore et encore ses senseurs, et a détecté où et comment Lapinou s’était télétransporté : il avait avec lui un télétransporteur portatif permettant d’aller n’importe où dans l’univers, et celui-ci a balancé ses coordonnées de destination : une province déserte de la planète mère… des Klingons. Kirk et Spock foncent donc vite expliquer tout cela à l’amiral Marcus, qui se caresse le menton en prenant l’air pensif.

« Bien, je vois. Savez-vous qui sont les Klingons ? Une race belliqueuse. Nous ne sommes pas en guerre ouverte avec eux, mais cela arrivera bientôt, ils sont très agressifs. Il nous faut donc être très prudents. 
- Argumentation logique, amiral. Vous allez donc proposer de nous téléporter, via le même système, au même endroit que notre ennemi, l’appréhender avec un sérieux commando qui pourra opérer sans risque puisqu’au sein d’un territoire désert, et se téléportera en sens inverse une fois sa mission accomplie ou même en cas d’urgence, frappant ainsi vite,bien et sans laisser de traces ?
- Non Spock. Je vais plutôt à nouveau nommer Kirk capitaine de l’Enterprise, et vous mon bon Vulcain, vous êtes réaffecté comme second à son bord. Vous irez jusqu’à la frontière Klingonne, et sans la franchir, vous tirerez une torpille furtive droit vers la position de notre ennemi. Il ne verra rien venir, et nous tirerons de loin sans grands risques, puisque nous serons repartis avant même que les Klingons n’aient réalisé qu’il s’était passé quelque chose.
- Option moins efficace, mais logique. La technique dite « du drone » aussi appelée « de George Bush » ?
- Non, parce qu’après on ira tous jouer au basket pour faire sympa. 
- Ah, l’autre technique « du drone », aussi appelée « de Barack Obama » ?
- C’est ça. Bon allez, tous à votre vaisseau les enfants : vous allez me tuer ce rascal vite fait bien fait, vous partez tout de suite. »

0

Tout l’équipage de l’Enterprise file donc prendre une navette pour rejoindre son vaisseau (encore une fois : ils aiment bien perdre du temps), et une fois à bord, Kirk fait l’appel de ses membres d’équipage, ainsi que l’inventaire du matériel chargé à bord. Parmi celui-ci, on trouve donc un lot de 72 torpilles furtives de dernière génération, qui intriguent très fortement Scotty, l’ingénieur en chef : en effet, celles-ci sont chargées d’un carburant inconnu, et placé dans un réservoir scellé. Or, l’information est secret défense, et Scotty n’aime pas trop charger dans le vaisseau des trucs qu’il ne comprend pas, voire pouvant mettre en danger l’équipage. Krik vient lui expliquer que si ça lui plait pas, c’est pareil, ce à quoi Scotty répond qu’il démissionne : oui, il est comme ça. Si on lui interdit de démonter le matériel secret défense, où va le monde, hein ?

Autre trouvaille à bord : le Docteur Carol Pipeau, experte en systèmes d’armement justement. Celle-ci vient tout juste d’être affectée à l’Enterprise, et est toute excitée à l’idée de pouvoir étudier les nouvelles torpilles de la mort qui tue : hélas, découvrant elle aussi que celles-ci sont scellées, c’est une Carol Pipeau bien frustrée qui prend son poste pour le long voyage jusqu’à la planète mère des Klingons. Un dernier pipi, une petite indignation de l’équipage en apprenant que Scotty a démissionné (on peut démissionner des missions secrètes comme ça, pif pouf, c’est facile), et en avant Guingamp !

Spock est dubitatif : un nouveau personnage ET avec un nom ? Il se dit bien que ça pourrait être important pour l’intrigue.

L’Enterprise voyage donc tranquillement en vitesse supra-luminique, la « distorsion », lorsque soudain, le vaisseau sort d’hyper-espace en faisant des bruits comme « Pët pët pët » ou encore « Kof kof reuuuuh« . Salle des machines ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

« C’est le carbu sur le moteur nucléaire qui a pété. » répond bien embêté le nouvel ingénieur en chef, moins doué que son prédécesseur Scotty. « Il va falloir finir à l’ancienne, sans distorsion. » : coup de bol, il ne restait que 20 minutes de voyage en navigation normale : ça tombe bien alors. Nos héros s’arrêtent donc comme prévu à la frontière du territoire Klingon, très discrètement, puis scannent la planète ennemie, et plus précisément la province où notre méchant Lapinou s’est fait une cachette. Les scanners ne détectent qu’une forme de vie : c’est bien notre homme et il est seul. Il n’y a plus qu’à larguer les torpilles, comme aime à le dire Kirk le lendemain des soirées fajitas.

« Illogique capitaine. 
- Kirk ! Mais espèce de relou, alleeeeez on largue une torpille, je veux voir !
- Non. Le règlement de la Fédération est formel : tout homme a droit à un procès. Nous devons donc capturer Jean-Jacques Lapinou vivant.
- Mais nos ordres sont de le tuer ! C’est l’amiral Marcus qui l’a ordonné !
- Logique, mais hiérarchiquement faux capitaine. L’amiral Marcus est soumis aux lois de Starfleet : nous devons donc en priorité respecter les directives officielles, et capturer notre ennemi plutôt que le tuer.
- Bon, très bien, je prépare une navette.
- Inefficace. Nous pouvons juste le téléporter à bord, directement en prison. Nos senseurs le détectent et nous y arrivions très bien dans le précédent film. 
- Non, j’ai un meilleur plan : on arrive en navette, on le capture à l’ancienne, on repart là encore en navette jusqu’à l’Enterprise et on multiplie ainsi nos chances de se faire repérer par 2 millions 8. Et en plus, vous savez quoi ? On va envoyer un message d’abord au méchant pour lui dire « Attentiooooon, on arrive ! Et si tu bouges, on te torpille ! »
- Inef…
- J.J Abrams.
- Ah oui, pardon. J’avais oublié capitaine. Je prépare immédiatement une navette. »

0

Et en effet : Kirk, Spock, Uhura la copine de Spock et une paire de soldats sans prénoms montent dans dans une navette Klingon récupérée chez Kiloutou et filent donc droit vers leur cible, à savoir le coin désert de la planète où une seule forme de vie est détectée. En chemin, et parce que c’est bien le moment, Uhura et Spock décident soudainement d’avoir une crise conjugale, discutant devant tout le monde de leurs petits problèmes.

« J’en ai assez Spock ! Déjà l’an dernier, le collier de pâtes c’était pour Kirk, et cette année, j’ai bien vu que tu hésitais à m’offrir celui en pâte à sel ! Et pis d’abord au début du film tu étais prêt à mourir sans me demander mon avis, sale égoïste !
- Illogique, je protégeais le plus grand nombre.
- « Illogique », « Inefficace », tu es chiant Spock, tu le sais ? Ton absence totale de sentiments, c’est un peu relou quand même ! Quand on fait l’amour, c’est même dramatique.
- Heu… bon, on va vous laisser, hein ? 
- Non capitaine ! Nan mais imaginez-le sérieusement, avec son ton de Bernard Pivot sous xanax : « Cette position est inefficace. Ah. Ah. Ah. Oui. En effet. Oui. J’en demande encore. Illogique : tes jambes n’ont rien à faire sur mes épaules. Inefficace : ce n’est pas ce côté là que nous sommes censés utiliser. Attention : selon le code de procédure de Starfleet et sa directive sur les transferts de fluide interéquipage, je suis dans l’obligation de t’indiquer l’arrivée imminentes de gamètes. Ah. Ah. Ah. C’est terminé. Logique : je vais me tourner sur le côté, péter et m’endormir. »
- Je… que… HO REGARDEZ, NOUS SOMMES PRIS EN CHASSE PAR UN VAISSEAU KLINGON ! »

0

Et en effet : permettant d’échapper à cette conversation, nos héros constatent qu’ils sont pris en chasse par un vaisseau Klingon grognon parce que oui, l’Enterprise peut détecter un péquin en solitaire dans un coin désertique, mais pas l’arrivée de gros vaisseaux avec des dizaines de membres d’équipages dans le même coin. Sûrement un radar sélectif : s’ensuit une brève course-poursuite qui s’achève malgré diverses feintes par une impasse, puisque plusieurs vaisseaux Klingons arrivent en renfort et obligent la navette de nos héros à se poser. C’est donc un Kirk un peu boudeur qui arrête sa navette, pendant que ses ennemis en font de même avec l’un de leurs vaisseaux, débarquant un petit régiment de soldats ; Uhura, qui est la traductrice du bord, est donc envoyée faire de la diplomatie et tenter de faire croire que l’équipage n’est pas de la Fédération et qu’il s’agit de contrebandiers, pour ne pas provoquer de guerre ouverte. Le dialogue s’engage donc sous le regard anxieux du reste de l’équipage, mais bien vite, les Klingons ne se laissent pas feinter par le vieux pipeau d’Uhura, qui a décidé de baser son mensonge sur le thème « Salut, puissants et fiers guerriers : nous sommes venus vous aider à trouver un terroriste dans le coin. » ce qui n’est pas très malin, tant les puissants et fiers guerriers n’aiment pas qu’on leur explique qu’on a besoin de les aider. Résultat des courses, les Klingons se disent qu’ils vont péter la margoulette d’Uhura, puis du reste de son équipage. Mais alors que leur chef tire son petit poignard pour tuer l’officier humain, il est soudain décalqué par un tir sortant de nulle part : c’est Jean-Jacques Lapinou !

Tout le monde bondit sur ses armes pour riposter, à part peut-être les vaisseaux Klingons qui survolaient les lieux, qui se contentent de regarder de longues minutes jusqu’à ce que Lapinou, qui a visiblement l’équivalent d’un canon antiaérien dans chaque main, ne les abatte en un tir, ce qui est tout à fait logique. Notons d’ailleurs que notre homme se contente de rester debout et à découvert sans bouger, et que malgré tout, aucun Klingon n’a l’idée saugrenue de, par exemple, lui tirer dessus. Non, à la place, ils courent dans sa direction en poussant de petits cris, jusqu’à se faire tataner.

Les derniers survivants Klingons sont bientôt envoyés rejoindre leurs petits camarades ad patres, et c’est donc un Kirk très étonné qui voit le sieur Lapinou arriver face à lui, et lui demande de se rendre. Ce dernier ne semble pas très intéressé par cette option, jusqu’à ce qu’on lui rappelle que des torpilles sont braquées vers lui depuis l’espace. Il interroge donc : « Combien de torpilles ? » « 72« , répond Spock, connu pour être incapable de mentir. Bon, bien sûr, personne ne trouve étrange que l’on propose de tirer 72 torpilles quand une, voire éventuellement deux suffiraient, mais bon. Toujours est-il que ce nombre semble impressionner Lapinou, qui se rend sur le champ.

Là encore, rien de suspect : ils auraient répondu « 71 » il aurait dit quoi ? « C’est bon, j’ai mes chances ! » ?

Bref : tout le monde est donc rapatrié à bord de l’Enterprise, et comme dans tous les mauvais films, Jean-Jacques Lapinou est installé dans une prison avec une vitre à la place des barreaux, histoire qu’il puisse faire les 100 pas derrière en jetant des regards mystérieux aux gens qui passent. Mc Coy se contente juste de lui faire une prise de sang, quand même, histoire de voir si le prisonnier n’a pas ramené quelque mystérieuse  maladie avec lui.  Mais non : tout va bien.

Sauf que les choses ne se passent pas exactement comme prévu à bord. Déjà, les réparations moteur ne sont pas terminées, impossible donc de sauter jusqu’à la Terre de suite pour ramener le prisonnier. Ensuite, un message a été envoyé à Starfleet pour dire « Houhouuu, on a récupéré le colis.« , mais il n’y a aucune réponse. Enfin, Lapinou est tout de même très mystérieux : il finit par tenter d’engager la conversation avec le capitaine Kirk, lui annonçant que les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent, et qu’évidemment, il est déjà au courant de tout : « A tout hasard, subiriez-vous une mystérieuse panne moteur ? Est-ce que Starfleet vous ignore ? Vous voulez savoir pourquoi ? Essayez d’ouvrir une de vos torpilles secrètes, pour voir ? Oh, et envoyez quelqu’un voir les coordonnées 8-9-32 bis, c’est près de la Terre, vous y découvrirez un truc sympa. Oui, et je sais aussi pour vos métaphores à base de torpilles les lendemains de soirées fajitas.« 

Diantre, il sait vraiment tout ! Kirk passe donc un rapide coup de fil au démissionnaire Scotty, resté sur Terre, histoire qu’il aille jeter un œil aux fameuses coordonnées (j’ai toujours aimé les gens qui ne demandaient pas d’abord ce qu’il y avait à voir là-bas). Puis, on demande donc au Docteur Carol Pipeau, la petite nouvelle du bord spécialisée en armement, d’aller démonter de la torpille, ce qu’elle accepte bien volontiers puisqu’elle rêvait d’ouvrir ces armes secrètes. Sauf que Spock va quand même la trouver pour lui dire qu’il faudrait voir à ne pas trop le prendre pour un Kirk : il a vérifié, il n’y a eu aucun ordre officiel pour l’affecter à l’Enterprise. Et il n’existe aucun Docteur Carol Pipeau au sein de la Fédération. Par contre, il existe bien un autre spécialiste de l’armement : le Docteur Carol… Marcus.

Spock et ses amis regardent avec étonnement les Klingons se faire tataner par un seul homme tout seul et à découvert malgré le fait qu’ils soient environ 50, tous armés et entrainés, et couverts par plusieurs vaisseaux. Oui, moi aussi j’ai regardé ça avec étonnement.

« Logique. Votre père est l’amiral. Illogique : pourquoi cacher votre identité pour monter à notre bord ?« 

Et là attention, dialogue d’anthologie :

« C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père me donne accès à tous les programmes sur lesquels il travaille, mais ces torpilles, il a refusé purement et simplement de me laisser m’en approcher ! Je suis donc montée à bord pour savoir !« 

Je vous la refais :

« C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père trouve très pertinent de divulguer tous les projets militaires top secrets à sa fille, des fois qu’un enfant de 5 ans lui explique comment rerouter le processeur de la pompe à proton entre deux cacas nerveux pour avoir une glace à la Foire du Trône. Du coup, je n’ai pas supporté qu’il me dise non sur ce projet top secret là, j’ai fait un gros caprice comme une princesse qui veut un poney, et je suis monté à bord en risquant de faire foirer une opération secrète juste parce que je suis pourrie gâtée. »

« Logique.« , répond donc Spock avant d’aller s’occuper ailleurs, par exemple en continuant à sniffer de la colle à moumoute.

Toujours est-il que le Docteur Marcus, et non Pipeau donc, parvient à ouvrir une des torpilles pour constater qu’il n’y a pas de carburant dans le compartiment du réservoir. A la place… il y a un mec cryogénisé ! « Ah bin ça alors, c’est pas banal ! » s’exclame donc la belle, avant de partager l’information avec le reste de l’équipage. Et renseignement pris, c’est aussi le cas des 71 autres torpilles. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Kirk s’en va donc à la cellule de Lapinou pour lui demander de quoi il retourne. Et celui-ci se montre un peu plus bavard.

« En réalité, je ne m’appelle pas Jean-Jacques Lapinou, ce nom est une fausse identité que m’a donné l’amiral Marcus. Mon vrai nom est Khan, ce qui colle tout de même mieux au fait que je sois grand, brun et habillé tout en noir avec l’air mystérieux en permanence. Je suis le fruit d’expériences génétiques de la fin du XXe siècle réalisées pour concevoir des supers soldats, meilleurs en tous domaines. Je suis donc plus fort, plus intelligent, plus souple et meilleur à League of Legend, mais quand même moins qu’un coréen, faut pas déconner. Les hommes et femmes que vous avez trouvés dans les torpilles sont mon équipage. Il y a fort longtemps maintenant, fatigués de la civilisation d’arriérés dans laquelle nous évoluions, nous sommes partis bouder dans des tubes cryogéniques en attendant que des gens plus évolués nous réveillent. L’amiral Marcus nous a trouvés. Il m’a réveillé et pris mon équipage en otage. Il m’a obligé à utiliser mon intelligence supérieure pour concevoir des vaisseaux beaucoup plus performants militairement que vos actuels navires, principalement conçus pour l’exploration. J’ai tenté de sauver mon équipage en le cachant dans un nouveau prototype de torpille pour le faire sortir plus facilement de la base où l’on m’obligeait à travailler. Mais Marcus l’a appris, et j’ai pensé qu’il les avait tué. Alors je me suis rebellé, j’ai pris les armes contre Starfleet, j’ai fait sauter les archives, car c’est sous celles-ci que se cachait en réalité la base où je travaillais à développer des armes contre les Klingons. Et j’ai tenté de tuer l’amiral pour stopper tout cela et me venger. Mais vous m’avez retrouvé, son plan était donc simple : vous envoyer ici avec les torpilles, à la frontière de l’espace Klingon. Il a fait saboter votre moteur. Ainsi, si vous aviez suivi vos ordre consistant à me tuer à coups de torpilles plutôt que de venir me capturer, comme vous me l’avez expliqué, vous en auriez fini avec moi, tué mon équipage dans les torpilles du même coup, et les Klingons en détectant les explosions seraient sûrement venus voir de quoi il retournait. Et avec votre moteur endommagé, impossible de fuir correctement… ils vous auraient donc retrouvé, et l’amiral Marcus aurait ainsi eu ce qu’il voulait : un incident diplomatique menant à une guerre ouverte avec les Klingons, qu’il déteste et avec qui il souhaite en finir le plus tôt possible. 
- Illogique.
- Hooo non, lourd ! Spock, merde !
- Pardonnez-moi capitaine, mais je dois insister : illogique. En effet, comment pouvions nous balancer des torpilles sachant qu’il y avait des mecs cryogénisés à la place du carburant ? Aux dernières nouvelles, nos armes ne sont pas propulsées au Mr Freeze. Le plan de l’amiral était donc très con.
- Spock att…
- Illogique : nous disposons de désintégrateurs. Pourquoi l’amiral n’a-t-il pas désintégré l’équipage de Khan s’il voulait s’en débarrasser ? Simple et sans traces. A la place, il les a laissé dans des torpilles conçues par Khan qui donc, non seulement ne risquaient pas de pouvoir être tirées, mais en plus, ne faisaient qu’augmenter le risque de laisser découvrir le pot aux roses.
- Ecoutez je…
- Illogique : nous avons ouvert le feu sur des Klingons et détruit plusieurs de leurs appareils après toute une course poursuite, le tout en navette. Contrairement à des torpilles furtives provoquant des explosions sans que l’on sache d’où ça vient, les Klingons ont donc actuellement toutes les raisons de la galaxie de sécuriser leur espace à la recherche de notre navette, et donc de nous trouver à sa frontière avec l’Enterprise. Or, je ne vois aucun vaisseau Klingon, et nous n’en parlerons plus du film, je ne compr…
- Bon, Spock, allez sur la passerelle voulez-vous ? »

0

Spock repart donc, contrarié par les incohérentes navrantes du plan du méchant, qui comme d’habitude, ne tient pas debout, permettant aux héros d’en venir à bout plus facilement. D’ailleurs, à peine le discours de Khan terminé, les senseurs détectent un gros objet approchant de l’Enterprise, en provenance de la Terre, et sort de l’espace… un énorme vaisseau, deux fois plus gros que celui de nos héros, et beaucoup plus armé : l’USS Laurence Boccolini. Celui-ci tente de rentrer en communication avec l’Enterprise, et un visage familier apparaît.

« Bonjour capitaine Kirk.
- Amiral Marcus. J’ai votre prisonnier. Et vos torpilles au complet. Et figurez-vous que tout cela me semble être une drôle d’histoire… je ne suis pas si sûr que vous soyez gentil, en fait.
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
- Je ne sais pas : le fait que vous pilotiez le seul vaisseau tout noir et menaçant du film ?
- Damn it, vous êtes très fort ! Bon, je suis désolé Kirk. Je ne voulais pas que vous parliez à votre prisonnier, c’est pour ça que je prônais les torpilles. C’est un rascal, un terroriste et un criminel de guerre. Donnez-moi Khan !
- Nan.
- Alleeeeeez !
- Nan. Bon, les enfants, avant que ça ne tourne mal, je propose de sauter en distorsion pour foncer droit vers la Terre. »

0

Et bien que le moteur ne soit pas en super forme, l’Enteprise parvient malgré tout à sauter en direction de la Terre, au nez et à la barbe de l’amiral, bien décidé à remettre Khan uniquement à un tribunal de la Fédération. Sauf que pas de bol : le nouveau vaisseau de l’amiral est tellement performant que même en hyperespace, il rattrape l’Enterprise, lui met des coups de klaxon et de pare-choc et histoire de lui faire comprendre son désarroi,  puis lui distribue une paire de lasers dans la gueule. Le vaisseau sort donc de distorsion en urgence, avec quelques trous dans la coque et des membres d’équipage qui en sortent en ordre dispersé, aspirés par le vide, mais nous n’en parlerons plus : ils n’ont pas de prénom, pas de quoi attrister Kirk donc. Si un jour vous êtes projeté dans ce film, premier truc à faire : hurler votre nom au capitaine. Vos chances de mourir en seront considérablement réduites.

Bref, où en était-on dans cette daube ?

Ah, oui : l’Enterprise n’est pas vraiment dans un état radieux lorsqu’il est rejoint par l’USS Laurence Boccolini. Et cette fois-ci, celui-ci ne rigole plus : il voulait Khan pour le tuer lui-même, mais finalement, comme l’Enterprise s’est rebellé et en sait un peu trop, détruire tout le vaisseau devrait être une solution radicale. Découvrant que sa fille est à bord, Marcus l’évacue juste d’un bon coup de téléporteur, puis il se remet à son labeur : tous les canons sont donc braqués vers Kirk et ses amis et… tombent mystérieusement en panne.

« C’est moi les amis, c’est Scotty ! Je suis à bord du Boccolini ! Les coordonnées que vous m’avez filées : c’était l’endroit où ils construisaient ce vaisseau en suivant les plans de Khan ! J’ai pu m’infiltrer et je viens de couper l’alimentation de leur vaisseau en mettant du sucre dans la trappe à essence, ils en ont pour un petit moment à tout remettre en marche !« 

Bien joué Scotty, les mecs doivent avoir du caramel dans le moteur à l’heure qu’il est. Mais plutôt que de le récupérer à bord en le téléportant, nos héros ont un meilleur plan : incapables de fuir face à l’USS Bocolini, il faut donc l’affronter. Et Scotty pourrait permettre à un commando de pénétrer à bord du navire ennemi, invincible frontalement. Mais un commando très réduit : Kirk décide donc d’y aller, aidé du seul homme du bord à bien connaître le vaisseau ennemi : Khan. Celui-ci, fraîchement libéré, est à l’infirmerie où Mc Coy ne cesse de s’extasier puisque le sang eugénique de Khan semble pouvoir guérir tous les maux, voire pouvoir ressusciter les petits animaux morts. Hmmm, je me demande si ça va servir…

Vous aussi hein ?

Ça doit être super facile d’enquêter dans un film de J.J Abrams « Les mecs, faut qu’on trouve qui a fait sauter le… attendez, je crois que c’est bon : hep ! Vous là, le seul Monsieur en imper noir avec les yeux plissés en permanence ! Venez ici ! »

Bref : il est temps d’aller infiltrer l’USS Boccolini pendant qu’il est paralysé. Khan accepte volontiers d’aider Kirk, puisque sinon, il mourra comme lui à bord de l’Enterprise, et après s’être armés, ils décident d’un plan simple : ils vont mettre des combinaisons spatiales, se propulser à fond les ballons au milieu d’un champ de débris jusqu’au vaisseau ennemi où Scotty leur ouvrira la porte, puis ils iront botter des culs, le Boccolini ayant un équipage réduit, le projet étant secret et l’engin conçu pour pouvoir même être piloté par un seul homme…

L’autre option était de se téléporter directement dans le vaisseau, voire si c’était impossible, juste devant le sas d’accès à celui-ci, mais comme ça aurait empêché une interminable séquence de types volant en esquivant des débris spatiaux, c’est la première option qui est retenue. C’est passionnant, vraiment.

Bref : après ladite séquence, nos héros pénètrent donc grâce à Scotty qui leur ouvre un sas droit dans le vaisseau ennemi, où ils commencent à tirer sur tout et tout le monde, ne s’étonnant même pas lorsque l’équipage de Marcus, plutôt que de les attendre avec armes et pistolets, leur tend des embuscades… au corps à corps. C’est vrai que quand on a toute une artillerie et qu’on est prévenu que Khan est une bête de corps à corps, autant ne pas utiliser ses flingues et essayer de lui mettre des claques jusqu’à ce qu’il pleure. Miséricorde.

Pif, paf, pouf, bang, et nos héros arrivent sur la passerelle, où sentant bien que Khan ne joue pas franc jeu, ils décident de lui aussi lui mettre un petit coup de rayon étourdissant dans la margoulette. Malin. Sauf que ce dernier étant un peu surhumain, non seulement cela ne le met hors-jeu que peu de temps, mais en plus il se reprend bien vite, récupère une arme et étourdit plutôt tous les autres. A part l’amiral Marcus, qu’il est bien décidé à tuer de ses propres mains. Et quand je dis de ses propres mains, c’est bien le terme, puisqu’il se contente de lui serrer la tête très fort jusqu’à obtenir l’effet casse-noisettes. Et ce, sous les yeux de sa fille, probablement pour aider ses amis psys terriens à avoir une nouvelle source de revenus constante pour les 50 prochaines années.

Khan, qui n’est pas le dernier pour la déconne, retéléporte donc tout le commando de l’Enterprise dans ledit vaisseau (que fait-il de l’équipage du Boccolini ? Ah pardon : on en parlera plus non plus), avant d’annoncer qu’il veut que l’on téléporte les torpilles contenant son équipage à bord de son nouveau vaisseau.

« Flûte, on peut pas faire ça. » se dit Spock, qui fait l’intérim sur la passerelle de l’Enterprise pendant que Kirk récupère de ses aventures. « Bon, je vais passer un appel à un ami, et demander conseil à Vieux Spock, le moi-même du futur (z’avez qu’à lire le précédent spoiler, bande de rabouins), savoir si dans son espace-temps à lui, il avait affronté Khan.« , et Vieux Spock lui confirme que houlala, Khan, il ne faut surtout pas le laisser s’échapper, et il tuera tout le monde sans hésiter. Spock essaie donc de gagner du temps, pendant qu’il fait activer les explosifs des torpilles. Khan, lui, se contente de disserter tout seul en soulignant les incohérences du film :

« Ahahaha ! En fait, je pourrais tous vous tuer, là, tout de suite, en tirant dans vos systèmes de survie : sans oxygène, les caissons de mes copains peuvent survivre, pas vous. Du coup, j’aurais une efficacité de 100% dans la récupération de mes petits camarades. Mais non : je vais plutôt vous laisser le temps de bidouiller les torpilles sans me dire pourquoi, avant de les transporter dans mon vaisseau sans les scanner. »

C’est dramatique, mais en effet : lorsque Khan téléporte son équipage à bord, il ricane très fort comme tout méchant persuadé de gagner, mais s’étonne beaucoup plus quand toute la soute où il vient de ranger ses copains explose, endommageant très fortement son propre vaisseau. Cependant, il a tout de même le temps de lâcher une dernière salve sur nos héros, qui achève de pourrir un Enterprise déjà plus très vaillant. Celui-ci commence donc à dériver dans l’espace. Vous suivez encore ? Alors accrochez-vous.

Car c’est alors que nous avons le droit à cette réplique brillante d’une quelconque technicienne du bord :

« Nous sommes attirés par l’attraction terrestre !« 

Que… pardon ? Mais ? On était pas en plein milieu de l’espace ? C’est même pour ça que l’amiral Marcus pouvait cartonner l’Enterprise sans craindre d’être vu ou de voir des renforts de Kirk débarquer ?

Hé bien non ! Le film est tellement mauvais que nous découvrons qu’en fait, tout cela se passait dans l’orbite de la Terre ! Mais si, vous savez : là où il y a toute la flotte de Starfleet ainsi que toute la Fédération qui devait pouvoir assister en direct à la trahison de l’amiral Marcus ! Et à la baston allant de pair, le tout, sans intervenir s’il vous plait.

Il faut quand même être balaise pour se permettre un truc aussi nul. Un peu comme si dans « Into the wild » on découvrait à la fin du film que le héros était en fait dans son jardin à s’amuser entre les fraisiers et le toboggan depuis le début avec des gens lui faisant coucou depuis la baie vitrée. Non vraiment : quel talent ce J.J Abrams.

Bon, hé bien, faisons avec : l’Enterprise, le réacteur en vrac, n’a guère plus d’énergie pour rétablir la situation, et menace donc de s’écraser sur Terre. Heureusement, Kirk, toujours prêt à se sacrifier, décide d’aller réparer le bidule nucléaire du bord en rentrant dedans au péril de sa vie (oui, il y a une grosse porte pour entrer dans le réacteur, mais non, pas de combinaison, c’est juste une porte pour se faire des blagues), se fait sévèrement irradier le museau, mais parvient à réparer le bousin en… donnant des coups de pied dedans (véridique). Ce qui suffit à remettre le courant, rétablir l’énergie à bord, et donc stabiliser l’Enterprise avant qu’il ne s’écraser. Spock, découvrant que son ami Kirk est mort irradié pour tous les sauver, tombe donc à genoux et a ce fameux cri :

« Khaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !« ,  gargarisme célèbre chez les amateurs de mauvais cinéma, qui a donc naturellement donné son nom au festival éponyme.

Et justement : Khan, lui, malgré son vaisseau très fortement endommagé, décide d’en finir une bonne fois pour toutes : il ordonne à l’USS Laurence Boccolini de mettre tout ce qu’il reste de patate dans le moteur pour aller s’écraser sur le QG de Starfleet à San Francisco. Evidemment, la Terre dont on expliquait au début du film qu’elle avait toujours des vaisseaux en orbite, est cette fois-ci complètement dénuée de quelque équipage que ce soit pour la défendre, et de toute manière, plutôt que de tirer sur le Boccolini avant qu’il n’atteigne la Terre, l’Enterprise préfère le regarder passer en faisant « Hooo. » des fois que ça le fasse culpabiliser et qu’il s’arrête, hein, on sait jamais. Et donc, l’engin poursuit sa trajectoire jusqu’à la baie de San Francisco, perdant de la vitesse dans l’eau avant de finir sa course sur un bout de San la ville, tuant, allez, quoi, quelques dizaines de milliers de personnes vu le nombre de buildings qui s’écroulent ?

Pas de quoi inquiéter les figurants qui, dans le plan suivant, lorsque Khan parvient à s’échapper de l’épave, ont l’air à peu près aussi perturbés que si on venait de leur annoncer une nouvelle saveur de Chupa Chups.

Mais l’Enterprise n’est pas resté complètement inactif (je sais, on dirait, mais tout de même) : le vaisseau a pénétré l’atmosphère et ses senseurs ont détecté Khan. Le téléporteur étant endommagé et ne pouvant l’envoyer directement à bord en prison (et tous les autres vaisseaux du coin étant probablement occupés à jouer à la crapette), il est donc décidé de plutôt envoyer Spock lui péter la gueule. Ce qui est fait lors d’une autre course-poursuite où l’on trouve :

  • des plates-formes dans tous les sens
  • des flingues qui glissent au sol
  • des gens qui se retrouvent suspendus au-dessus du vide

Halte là, j’allais oublier un poncif : le mec qui traverse des vitres pour fuir ! C’était ça ou la ruelle avec des cartons et une grille au bout. Tiens mais d’ailleurs, qu’est-ce donc que ces barres métalliques parallèles à droite de l’image ? Ah bin c’était la porte, tiens. Quelle logique.

Et autres choses terriblement originales. Finalement, c’est lorsqu’Uhura, à bord de l’Enterprise, a l’idée géniale d’envoyer plus d’une personne à la fois pour arrêter le méchant que Khan est finalement arrêté. Et qu’un peu de son sang est prélevé par Mc Coy… pour sauver Kirk ! Qui après avoir été mort un petit moment, revient à la vie grâce à la puissance du sang magique du méchant. Khan, lui, est remis dans un caisson cryogénique, histoire qu’il arrête les conneries (moi je l’aurais gardé comme réserve de sang magique, mais c’est mon côté Twilight qui doit parler). A cette occasion, on peut voir qu’il est rangé aux côté d’autres caissons, sûrement ses membres d’équipage, ce qui est dommage sachant qu’ils ont sauté avec la soute de l’USS Boccolini il y a quelques scènes de cela. Mais bon, hein, ça vous choque encore vous ?

Kirk revenu d’entre les morts, est donc invité un an plus tard à faire un petit discours pour tous les gens tombés lors des événements liés à Khan et au complot de l’amiral Marcus, à savoir : « Quand les gentils meurent, c’est moche. » puis le bougre ému par la puissance philosophique de son propre discours s’en va regagner son vaisseau, qui comme il le souhaitait, est affecté au nouveau programme d’exploration de la Fédération : c’est parti pour 5 ans au fin fond de l’espace à découvrir de nouvelles planètes inconnues ! Avec de tels ambassadeurs, nul doute que la Fédération aura bientôt 96 nouvelles civilisations mourant d’envie de lui déclarer la guerre.

Le capitaine se pose dans son siège, fait son sourire de winner, puis l’Enterprise active la distorsion pour disparaître dans l’espace infini et…

FIN !

Il disait quoi dans 20 minutes l’ami Abrams, déjà ?

_____________________________

Le capitaine regagna ses quartiers, frottant régulièrement ses yeux encore quelque peu fragilisés tant par ce qu’ils avaient lu que ce qu’ils avaient vu. Le sas menant à ses quartiers s’ouvrit dans un bruit léger, dévoilant le havre de paix qui était le sien à bord du navire, alors que des hauts-parleurs déversaient doucement de vieux airs de jazz, rendant presque l’air ambiant plus doux à eux seuls.

L’officier fit quelques pas, puis notant que la porte menant à sa chambre était restée entrouverte, il s’en approcha, suspicieux.

« Lieutenant Dobroya ? C’est vous ?« 

Personne ne lui répondit. Il baissa les yeux, surpris, en notant que son pied venait de se prendre dans un sous-vêtement, probablement lié au fait que le lieutenant avait dû boire le brandy sur la table de nuit, traînant toujours là avec suffisamment de drogues aphrodisiaques en son sein pour faire pleurer un coureur du Tour de France. Le capitaine ramassa le sous-vêtement en question, l’étudiant brièvement en se rappelant que si le lieutenant Dobroya ne semblait pas taillée pour l’exploration de l’espace, elle avait exploré l’alphabet de manière suffisamment intéressante pour atteindre des frontières justifiant son recrutement à bord. Le capitaine sortit de ses pensées en entendant un sanglot.

Courant jusqu’à la salle de bain voisine, il trouva le lieutenant prostré sous la douche, les yeux grands ouverts, terrorisée.

« Mais enfin Tanya, que se passe-t-il ? C’est le brandy qui ne passe pas, vous avez chaud, hmmm ?
- Non… si… enfin capitaine je… j’ai reçu une transmission pendant votre absence je… j’ai si peur, je ne veux plus sortir.« 

0

Elle indiqua un rapport de communication sur le sol de la salle de bain, que le capitaine s’empressa de ramasser. Puis, il le lut.

Il s’effondra à genou sur le sol, le visage tourné vers les néons de la petite salle de bain de ses quartiers, sa bouche s’ouvrant toute grande :

« Scooooooooooooooooooott !« 

Hurlais-je, désespéré.

L’homme se gratte la barbe en regardant le numéro griffonné dans un coin de son agenda.

Sa main tremble un peu en se dirigeant vers son téléphone, et les quelques instants avant qu’il ne finisse par se saisir du combiné lui paraissent infiniment longs. Doit-il le faire ? Certes, il en a envie mais… est-ce bien raisonnable ? Ce matin encore, toute son équipe lui a soufflé que l’on allait droit vers une catastrophe. Qu’il y avait des portes qu’il ne valait mieux pas pousser, au risque de commencer un long chemin sans retour. Que ce soir, il ferait mieux de se reposer et de n’appeler personne, au risque de faire quelque chose d’absurde.

Contemplant le téléphone dans sa main, l’homme hésite l’espace de quelques secondes ; et s’ils avaient raison ? Et s’il allait faire quelque chose qu’il allait regretter ? Sa main, elle, comme animée d’une vie propre a pourtant déjà commencé à composer le numéro, et bientôt, le son strident signalant que le téléphone sonne chez son interlocuteur se fait entendre sur la ligne ; allez, il peut encore raccrocher ! Il peut se reprendre, ne p…

« Allô ?« 
0

La voix est jeune, claire, sûre d’elle ; elle a même un petit quelque chose de séduisant. Trop tard pour faire demi-tour, autant se lancer.

« Allô c’est… hem… Steven Spielberg. Je… Je suis bien chez Jeffrey Jacob Abrams ?
- Lui-même ! Que puis-je pour vous Monsieur Spielberg ? 
- Et bien je… écoutez, voilà : j’aimerais faire un film un peu à l’ancienne… une sorte de pèlerinage vers mes débuts… 
- Hmmm, je vois, je vois, ça pourrait être sympa en effet, vous avez déjà une idée ?
- Oui, alors ça s’appellerait Super 8…
- Je n’ai pas vu les 7 premiers.
- Pardon ?
- Je disais que je n’avais pas vu les 7 premiers.
- Je… bon, oublions. Alors l’histoire…
- Dites moi tout !
- Et bien ça pourrait être des enfants… des enfants avec une caméra qui…
- Ho oui ! C’est génial ça : et il pourrait y avoir des explosions ! Du genre… oui, un vaisseau qui s’écrase ! Ou non non, attendez, mieux : un train !
- C’est que je…
- Oui, et le train il ferait KA-BOOM et ensuite WROUSH et là BAAAAAM parce que ça fait PRSCHOUUUUUUUF
- Je… Monsieur Abrams… Monsieur Abrams, écoutez-moi, je pensais plus à quelque chose comme E.T… et…
- Ho ouais, un alien, et il tuerait les gens en faisant SHLAAAA et VLAAAAM et puis alors KRSCHHHHHH
- Non je… je voyais plus de… de poésie… de sentiments…
- Ah, mais vous avez frappé à la bonne porte : Armaggedon, Cloverfield, Mission Impossible 3… vous ne pouviez pas trouver mieux.
- Bon heu… alors on se voit bientôt pour parler de tout ça, hein…
- Oui c’est ça ! J’ai déjà plein d’idées, genre une grosse bataille finale avec l’armée qui tire dans tous les sens et BAM, VROUF ! Et…
- Ho, dites, il est tard, allez je raccroche, on se voit bientôt, bisous. »

0

Steven raccrocha le téléphone en se prenant la tête dans les mains. Ça y est, il venait de faire une connerie.

Autant la spoiler, mes bons.

_______________________________________

L'Affiche : j'ai une photo un peu pareille chez moi, de deux gamins sur l'A5 quelques secondes avant de se prendre un poids lourd

Le film s’ouvre sur une scène fort triste : en 1979, dans une petite bourgade américaine enneigée, on enterre une ouvrière qui a subi un terrible accident du travail, du genre de ceux qui vous font passer de l’état d’humain joyeux à celui de pulpe sanguinolente en quelques secondes ; la famille et les amis de la défunte sont donc quelque peu abattus, et beaucoup discutent à voix basse de l’avenir du fils de la maison, Joe Lamb encore jeune, et n’ayant plus que son policier de père, Jackson, pour l’élever. Ce dernier faisant passer son travail avant tout, certains craignent que l’enfant ne reçoive pas une bonne vraie éducation américaine, du genre de celle que l’on voit dans « 7 à la maison » (mais si, souvenez-vous, la série dans laquelle la mère est une nazie qui fouille dans les affaires de ses enfants pour voir s’ils n’auraient pas des capotes sur eux, ce qui serait pécher). Ces réflexions sont cependant interrompues par l’arrivée de Louis Dainard, un beauf du coin, qui semble ne pas être le bienvenu sur place, particulièrement aux yeux de Jackson Lamb qui s’empresse de l’envoyer paître. Ni une, ni deux, notre bon flic le bouscule même jusqu’à sa voiture afin de l’emmener au poste de police, car il semble avoir moult choses à lui reprocher. Lesquelles ? Mystère. Joe ne peut donc que regarder son père s’éloigner le jour de l’enterrement de sa propre mère, et reste seul à contempler la seule chose qui lui reste d’elle : un petit pendentif contenant une photo de sa génitrice. C’est vraiment trop émouvant.

Faisons s’écouler 4 mois, histoire que tout le monde sèche ses larmes, et retrouvons Joe à la sortie de l’école avec son pote Charles Kaznyk, le petit gros du coin, tous deux eux-mêmes en compagnie du jeune Carey, un fripon blondinet qui ne sort jamais sans son appareil dentaire de combat. Tous trois discutent du fait que Charles est en train de tourner un film de zombies (quel thème original : ce mec aurait pu avoir un blog), et qu’il a trouvé une nouvelle nana pour le film, qui en plus, a une voiture à disposition ce qui est pratique pour aller tourner à tel ou tel endroit : Alice Dainard. La seule évocation de son nom provoque chez notre jeune héros une réaction aussi enthousiaste que turgescente, aussi attend t-il avec impatience la prochaine scène que Charles ira tourner pour repaître ses chastes yeux du radieux postérieur visage de la belle Alice. Rendez-vous est donc pris le soir même pour aller tourner une scène nocturne.

Mais à l’heure du repas, lorsque Joe rentre chez lui, il est invité par son policier de papa à aller partager un moment entre père et fils au restaurant : ce dernier veut l’obliger à aller passer ses vacances dans un camp sportif histoire de l’éloigner de ses amis ; en effet, le vil bougon n’aime pas trop savoir que son fils passe ses journées à se grimer en monstre et à tourner des films à la con en compagnies de petits gros ; heureusement que nous sommes en 1979, car 30 ans plus tard, je n’imagine pas ce qu’aurait dit Jackson en voyant son fils partir pour la Japan Expo. Mais passons ; vers minuit, bien après que père et fils soient rentrés à la maison, Joe reçoit un message sur son talkie-walkie « C’est Charles : sors vite de chez toi, Alice vient nous chercher ! Allez, schnell ! » ; aussi vite que ses courtes pattes l’y autorisent, notre bon ado s’empresse de filer discrètement de la maison pour aller retrouver l’équipe de tournage qui comprend, en sus de lui-même et de son ami en surpoids, le petit Carey (dont nous avons déjà parlé), Preston, un…heu… je crois qu’ils ont réussi l’exploit de créer un personnage qui ne mérite même pas une description, et enfin Martin, un grand dadais qui sert de héros au film que la troupe tourne.

Alors qu’ils patientent tous, une voiture se gare : au volant de celle-ci, nous retrouvons donc Alice Dainard, comme prévu, qui vient chercher la fine équipe ; mais sitôt qu’elle aperçoit Joe, elle se met à couiner (et encore, comme toutes les filles, elle peut produire des sons plus intéressants encore si c’est Bill Kaulitz qu’elle aperçoit) : non seulement leurs deux familles ne s’aiment pas, mais en plus, c’est le fils du flic du coin ; or, comme elle conduit sans permis, elle ne veut point finir dénoncée dans une cellule sentant l’urine en compagnie de Boris « L’étrangleur » Bolchoï. Le bonhomme Lamb a tôt fait de jurer qu’il ne dira rien à son père et n’écrira pas à la Kommandantur pour collaborer avec les forces d’occupation, et le problème est réglé (oui, comme ça, hop) : tous en voiture ! Direction ? Un bâtiment désaffecté longeant la voie ferrée où il faudra tourner une scène dans laquelle le personnage de Martin fera ses adieux au personnage d’Alice (« Oui Alice, tu dois être toute nue pour cette scène. Mais si, c’est un film d’aventure, que vas tu t’imaginer, ho ho ho. Comment ça tu refuses ? C’est toi le réalisateur ou moi ? Alors à poil, truie !« ). Soit : après avoir un peu roulé, nos larrons arrivent dans un coin de campagne à quelque distance de la paisible bourgade endormie, et commencent à y installer leur matériel. Rapidement, et alors qu’ils répètent, ils s’aperçoivent que leur nouvelle héroïne joue incroyablement bien, au point d’en pleurer (ça me fait pareil devant les films avec Franck Dubosc).

Mais alors que les caméras s’apprêtent à être bien installées et les répétitions bouclées, nos héros remarquent quelque chose : un train est sur le point de passer juste devant l’édifice où ils travaillent, et ce serait donc excellent d’avoir la scène des adieux alors qu’un train défile derrière les héros : vite, faites tourner les bobines, on y va !

Alors jusqu’ici lecteur, vous me direz que « Dites donc, il ne se passe pas grand chose de fascinant dans ce film, non ? » et je le reconnais bien volontiers : ce n’est pas la panacée. Mais rassurez-vous : là, tout de suite, quelqu’un va ouvrir la cage dans laquelle le J.J Abrams a été enfermé et obligé de regarder des films de Jean-Luc Godard durant trois semaines. Ça va être à lui de jouer pour nous montrer à quel point son talent est grand. Vos neurones sont en vacances ? Vous êtes prêts ? Alors allons-y : déchaînez les enfers !

Donc. Le train passe juste derrière nos héros, la scène se tourne, lorsque soudain, Joe entend une voiture faire de curieux bruits (comme « vroum« , mais Joe entend tout malgré le fait qu’un train de marchandise passe à un mètre de lui) : en effet, un pick-up est en train d’arriver… en sens inverse sur les rails ! Et alors là, attention, car tout d’abord, lorsque le véhicule rencontre la locomotive, cela produit une formidable explosion qui, non contente de totalement désintégrer le pick-up, est assez puissante pour complètement soulever la malheureuse locomotive (pardon ?) ; et quand je dis soulever, ce n’est pas d’un mètre ou deux, hein : la pauvre machine s’envole littéralement vers les cieux. Paniqués par ce spectacle, les enfants abandonnent tout leur matériel sur la terrasse du bâtiment où ils tournaient, et commencent à courir en tous sens en poussant de petits cris.

Voilà : ça, c'est juste l'impact locomotive - pick-up. Quelqu'un essaie de compenser quelque chose avec ses explosions.

Là, tous les wagons se mettent à dérailler, puis, visiblement aidés par la fée Clochette (« Vas-y petit wagon, pense à quelque chose d’heureux… oui, une soirée pyjama par exemple !« ), à s’envoler plusieurs dizaines de mètres en l’air pour atterrir un peu partout en explosant (ils transportaient donc tous des munitions semble t-il), parce que c’est trop cool. Protégés par le pouvoir magique du « Les enfants ne peuvent pas mourir« , nos jeunes freluquets ne sont touchés par aucun wagon, aucun souffle, aucun shrapnel… ce sont des explosions parfaitement sécurisées. Contrairement au train qui, nous l’apprendront plus tard, appartient à l’armée, et doit être complètement monté sur suspensions latinos pour décoller aussi haut au moindre choc. Un des wagons volants transperce même le bâtiment où les enfants tournaient, avant d’exploser (Mais bon sang, c’est fini, oui ?) et de tout faire sauter, ne laissant qu’un malheureux cratère et quelques débris derrière lui ; on aperçoit même la malheureuse voiture d’Alice, située juste à côté, se ramasser une poutre dans la roue arrière gauche et ouvrir son coffre pour exprimer tant sa surprise que son désarroi devant un tel spectacle.

Pendant ce temps, ça continue d’exploser (et le convoi ne ralentit pas : les wagons continuent tous d’arriver à 300 km/h en nombre improbable avant de s’envoler ; il y en a même un qui réussit un salto : ce n’est plus un train, c’est une farandole de gymnastes russes), et les marmots continuent de courir en hurlant : Joe voit même une caisse marquée « explosives » atterrir juste devant lui, à moitié éventrée avec des bombes qui en sortent, mais heureusement, en s’éloignant de deux mètres, il survit (les bombes américaines ne tuent que sur un rayon de 3 centimètres : c’est ça, la précision chirurgicale). Et finalement, enfin, oui, enfin, après cet improbable et consternant spectacle, le carambolage géant s’arrête enfin et le silence retombe (c’est pas trop tôt, hein, c’est pas comme si ça faisait 10 minutes qu’on voyait un wagon exploser dans différentes poses)…

Mais pas pour longtemps : soudain, un bruit de métal défoncé se fait entendre en provenance d’un des fourgons ferroviaires renversés, suivi d’autres sons relativement peu identifiables : quelque chose vient de défoncer la porte qui le retenait prisonnier, envoyant celle-ci, pourtant lourde et blindée, plusieurs dizaines de mètres en l’air là encore (ce film doit se passer sur une planète avec une gravité différente de la nôtre), mais Joe, qui était pourtant juste devant à regarder, s’en désintéresse vite (je ne rigole pas : il regarde un peu et il se barre, mais même pas l’air paniqué : non, c’est simplement qu’il a autre chose à faire, tout cela est tellement commun) pour s’en aller errer dans les ruines à la recherche de ses amis ; il cherche donc, passe à côté de la voiture d’Alice, qui effectivement, est dans un sale état et ne pourra guère plus rouler avec des débris à la place de l’une de ses roues arrières, mais bon. Rapidement, il retrouve cependant toute sa petite troupe qui est plutôt en bon état (visiblement, les explosions envoyaient juste de la suie), et commence à farfouiller les décombres pour tomber sur de curieux petits cubes blancs, échappés de caisses, traînant en nombre par terre. Comme ça a l’air rigolo, Joe en ramasse un et le fourre dans sa poche : j’espère que c’est un truc radioactif.

Chacun commence donc à se remettre de ses émotions aussi vite qu’il le peut, mais le traumatisme est tout de même présent. Jusqu’à ce que Joe rappelle un élément, lorsque quelqu’un parle « d’accident » : ce n’en était pas un ; il y avait un pick-up sur la voie. Et, comme il en parle, qu’aperçoit la belle équipe au même moment ? La moitié du véhicule, bien coupé en deux, attendant patiemment sur le côté des rails défoncés. Et à bord, le conducteur est encore vivant bien que blessé, et surprise : il s’agit du Dr Woodward, le professeur de biologie des enfants ! D’ailleurs, l’un d’entre eux ajoute même : « Oui, le professeur Woodward, celui qui m’a confisqué un jeu avant de le mettre DANS LE CONTAINER QU’IL LOUE SUR LE PARKING DE L’ECOLE, CLIN D’OEIL!« . Hmmm, je pense que ce container va servir plus tard dans le film, allez savoir pourquoi. Moi aussi, j’adore indiquer où se trouve le tiroir à slip des gens que je trouve agonisants.

Attendez, reprenons la scène depuis le début : le mec est arrivé à contresens du train avec sa voiture, et l’a percuté de face, et de plein fouet, alors que tous deux étaient à fond, tant et si bien que ça a produit une énoooorme explosion, qui en a engendré ensuite moult autres (et je ne parle pas de la locomotive qui s’est envolée), sans compter des cascades de wagons qui feraient pleurer les mecs du Cirque du Soleil. Mais ho ! Son pick-up, tel un transformer, a eu la bonne idée de se couper en deux (même en percutant les gens de face ; la partie gauche de la bagnole, plus lâche que la droite, a dû essayer de se barrer avant l’impact), de ne pas ressentir les effets de l’explosion et du choc, d’éviter tout le reste de l’accident et de se poser tranquillement dans un coin, tout en protégeant son conducteur (qui a morflé, mais pas trop) sans même un airbag.

Je ne sais pas ce que c’est comme bagnole, mais je veux la même : à moi, la joie de remonter l’A20 à contresens sans risques (enfin pour moi du moins) !

Bref : le DrWoodward a encore à la main une curieuse carte indiquant le trajet du convoi au travers des Etats-Unis. Parce que non, les papiers, ça ne brûle pas non plus dans les explosions apocalyptiques. Et lorsqu’il revient enfin à lui, reconnaissant avec peine les enfants, il se contente de leur dire qu’ils ont intérêt à se barrer et à ne jamais parler de ça, sinon « ils » vont les tuer, eux et leur famille. « Ils« , mais qui ça ? De qui parlez-vous professeur ? De ces dizaines de types qui arrivent en hurlant avec des lampes de poche maintenant que vous venez de les mentionner ? Dites, vous n’auriez pas préféré évoquer, je ne sais pas moi, une centaine de jeunes filles en bikini seulement armées de polochons ? Vous n’êtes vraiment pas constructif. En tout cas, les enfants, eux, fuient, voyant de loin que ce sont des militaires qui sont en train d’approcher des restes du convoi.

Ho, et non : inutile de me demander d’où sortent les militaires, sachant que nous sommes en pleine campagne, qu’on ne voyait pas l’ombre d’une escorte et qu’il n’y a pas eu un bruit de moteur, même lointain, depuis un moment. Ils ont juste fait pouf pouf. Probablement une armée de ninjas.

Nos larrons commencent donc à fuir et à se rediriger en hurlant vers leur voiture, et là, vous me direz « Leur voiture ? Celle qui à qui il manque une roue arrière et qui vient de se prendre un convoi d’explosifs sur le coin du nez ? » : et je vous répondrai : celle-là même. Mais visiblement, un garagiste solitaire a dû passer par là, et ayant 5 minutes à perdre, non seulement il a changé la roue manquante, mais il a viré les débris, refait la carrosserie, fermé le coffre, nettoyé le capot, et probablement passé la peau de chamois : nos loulous peuvent donc s’enfuir sans raison aucune dans une bagnole en parfait état. Au nez et à la barbe des militaires, qui ne leur hurlent même pas de s’arrêter ou quoi que ce soit (ils les regardent juste s’éloigner en fronçant les sourcils, ce sont de vrais professionnels. Et non, ils ne lanceront aucune recherche sur une voiture jaune pisse fuyant les lieux de l’explosion de l’un de leurs convois ; je sais pas, moi, ça m’aurait un peu intrigué quand même, enfin), la petite troupe file donc regagner sa bourgade. Et chacun jure de ne jamais parler de ce qu’il s’est passé cette nuit. Y compris du passage où ils ont demandé à Alice de se mettre à poil pour cette scène où « Un zombie dépanneur venait réparer la photocopieuse« . Bref.

Olivier, garagiste-carrossier-ninja chez Carglass

Le lendemain, Charles et Joe se rendent dans un magasin de vidéo tenu par un jeune hippie afin de lui présenter leur caméra, qu’ils ont récupéré sur les lieux de l’accident avant de s’enfuir, et qui semble ne plus bien fonctionner. Celui-ci les informe que s’il peut récupérer le film à l’intérieur pour le faire développer, il ne peut rien faire pour la caméra, dont la lentille est fendue, un remplacement coûtant aussi cher qu’une nouvelle. Encore une fois : elle est forte cette caméra, elle était quand même placée dans un bâtiment qui a explosé suite à l’impact d’un wagon entier de munitions de l’armée, et ça lui a juste « fendu la lentille« . Misère, elle devait être faite de la même matière qu’un certain pick-up, dites ?

Joe, lui, se moque un peu plus du problème que Charles ; son but est plutôt et avant tout de revoir la petite Alice, qui fait un peu de résistance après les évènements de la veille, préférant tout oublier. Lui forçant un peu la main (« Elles disent non mais elles pensent oui« ), Joe débarque chez elle à l’improviste pour commencer à lui parler et lui demander de revenir participer au tournage du film, mais finalement, son Louis Dainard de père débarque et explique qu’il ne veut pas que le « fils du flic » tourne autour de chez lui, et encore moins de sa fille. Par pur esprit rebelle, elle qui refusait de tourner à nouveau avec la bande de joyeux copains décide donc de dire prout à son père, et accepte de recommencer à voir la troupe des loupiots pour poursuivre la réalisation de leur film foireux. Attendez, je résume :

« Non Joe, j’ai pris une décision, je ne reviendrai pas dessus !
- Mais s’il te pl…
- Non ! Va t-en !
- Bonjour ma chérie : tu as raison et je te soutiens dans ton choix.
- Vite ! Je change d’avis ! Pfiou, un peu plus et j’étais d’accord avec mon père. »
0

Quelle fine vision de la psychologie adolescente. Je serais Louis, j’aurais vite compris comment parler à ma fille, me remémorant le désormais célèbre syndrome de Jar-Jar Binks : « Chérie, fais bien attention à ne pas mettre la table et à lancer une lessive« , « Chérie, ne passe pas le balai« , ou encore « Chérie, je t’interdis d’aller me louer des pornos et de me servir de table basse« . Mais je digresse, une fois encore ; reprenons donc le fil des évènements : nos héros se retrouvent tous dans un petit restaurants afin de discuter de ce qu’il s’est passé dans la nuit tout en se gavant de milkshake et en se lançant des blagues consternantes, ce qui donne l’impression d’être au milieu d’un anniversaire chez Mc Donald, mais sans la possibilité d’aller chercher son fusil de chasse dans le coffre de sa voiture pour refroidir de bruyants marmots. Evidemment, les deux plus intelligents du groupe sont Joe et Alice, la première commençant à faire les yeux doux au second.

Mais pendant ce temps, les adultes, eux, ont commencé à s’intéresser à cette histoire : l’armée de l’air (puisque c’est elle, ça explique les wagons volants j’imagine) s’occupe elle-même des débris de son convoi, pendant que Jackson Lamb va s’informer sur place de ce qu’est ce bazar, en tant que représentant des forces de l’ordre de sa petite bourgade. Sur place, on a tôt fait de lui dire « Hahaha, non, rassurez-vous, on ne transportait rien de dangereux, hohoho« . C’est vrai : un convoi qui transportait des munitions, et où on en voit encore partout… c’est tellement peu dangereux lorsqu’il perd une partie de sa cargaison. Jackson, cependant, soupçonne qu’on lui « cache quelque chose » (mon Dieu, quel sens de l’observation !) et en parle à son shérif de patron, qui évidemment, a lui aussi des répliques de film de 1979 à base de « Mais non, ne nous intéressons surtout pas à ce genre d’histoires, allez plutôt à la pêche, vous êtes fatigué, Jackson, quel Shérif raisonnable s’intéresserait à l’évènement le plus marquant de cette ville de ces 80 dernières années ? ». Ce qui n’empêche pas Papa Lamb de continuer à vouloir se mêler de cette sombre histoire : c’est bien le père du héros.

Mais le shérif n’aurait pas dû être aussi naïf (et bedonnant, ce qui dans ce genre de film, pardonne rarement aux adultes) : le soir même, il se rend à la station service du coin pour y remplir son véhicule de patrouille, et s’étonne d’apercevoir nombre de chiens courant de-ci de-là dans les rues, comme fuyant quelque chose. Mais alors qu’il est en train de s’atteler à ravitailler sa voiture, « quelque chose » l’attaque soudain ; quelque chose de plusieurs tonnes, éclatant en partie sa voiture et lui, avant de disparaître : le petit commis de la station service n’a rien vu ou entendu : il lisait avec son baladeur, seulement séparé de la scène du crime par une vitrine. Non, même les vibrations d’un truc gigantesque s’accouplant avec un véhicule de la maréchaussée locale ne l’ont pas tiré de ses rêveries. Il n’arrive donc que trop t… ah, non, attendez : le truc qui a agressé le shérif est encore sur place, et visiblement, c’est très gros et vilain : le jeune homme a beau tenter de s’enfuir en hurlant, il est vite rattrapé et lui aussi, emmené par la bête, probablement pour servir de biscuit apéro boutonneux (une sorte de petit bretzel, mais avec du pus en guise de sel).

Le lendemain, sans shérif, il ne reste plus à la ville que son adjoint, Jackson, pour enregistrer de curieuses plaintes : les chiens semblent tous avoir disparu ; un concessionnaire explique que quelqu’un lui a volé tous ses moteurs dans la nuit, ce qui est impossible sans treuil ou autre, un type explique qu’on lui a tiré son générateur… et personne ne sait comment le voleur a pu réussir son coup. Moi, je sais : vu que le voleur fait plusieurs tonnes et quelques mètres de haut, sans compter que tous les animaux se mettent à réagir bizarrement à son approche, il faut être une sacrée ville de gros cons pour ne rien avoir vu, surtout vu le temps qu’il a dû passer à démonter des moteurs au milieu d’une concession bien à découvert à proximité d’habitations, ce qui en sus, doit faire un peu de bruit. Mais non, rien.

Quelque chose vole des moteurs : sûrement des gitans.

Toute la journée et pour résoudre ce mystère mystérieux (les vols et disparitions, hein, pas le fait que les habitants soient lobotomisés), Jackson et ses hommes enregistrent donc les plaintes et observent l’armée qui va et vient depuis le site de l’accident de train. Mais personne n’arrive à expliquer ce que ces derniers peuvent bien cacher à la population. Or, le temps passe, et de plus en plus d’objets ou de gens se mettent à disparaître. Un habitant se plaint même que « le sol en dessous de son garage commence à s’affaisser » (là encore, c’est casé tellement subtilement : tiens, une plainte qui n’a rien à faire avec les services de la police ? Je me demande si elle ne va pas servir elle aussi par la suite ! ) ; mais une nouvelle donnée importante parvient à Jackson : il arrive à apprendre sur quelle fréquence radio communiquent les hommes de l’armée de l’air. Aussi, grâce au matériel du commissariat, il se met à les écouter pour savoir ce qu’ils mijotent. Malin ! Et la chose porte rapidement ses fruits, puisqu’il entend ainsi les militaires parler d’une opération « Canard Farouche » (le nom original ne me revient pas, mais de toute manière, il ne l’était pas, original). Jackson se rend donc à l’ancienne maison du Dr Woodward, que des militaires sont en train de fouiller (mais ça ne l’intrigue pas plus que ça, alors qu’il sait que l’homme a disparu sans laisser de trace et que c’est la seule disparition qui semble intéresser les militaires), pour y rencontrer le colonel Nelec, le patron du détachement de l’Air Force, afin de lui demander des explications. Et histoire d’être sûr qu’on ne lui cache rien, il tente le bluff en disant « Bien, si vous ne m’en dites pas plus, je parlerai de l’opération Canard Farouche à nos mes amis de Washington » ; le colonel a donc tôt fait de changer de couleur (bien qu’il reste majoritairement kaki), et propose à notre bon policier de passer le voir le soir même au camp que l’armée s’est aménagée à proximité de la ville. Et là, il lui expliquera tout. En passant, Jackson finit par résoudre, du moins en partie, le problème de la disparition des chiens : ils sembleraient que ceux-ci fuient la ville pour se réfugier dans d’autres villes du coin, comme s’ils fuyaient quelque chose. Notre flic y voit l’instinct des animaux qui se manifeste. Moi, j’y vois surtout qu’il ne parle pas des chats, ces connards devant n’avoir rien à faire du danger, trop imbus d’eux-même, et trop paresseux pour faire plus de 30 mètres sans gueuler comme des putois pour qu’on leur ouvre leur boîte de Sheba.

Bon, je vous passe les détails sur le reste de l’intrigue cucu : Alice aime secrètement mais pas trop Joe, Joe aime secrètement mais pas trop Alice, Charlie est jaloux mais compense en aimant très fort un sachet de potatoes, et Jackson & Louis interviennent de temps à autres pour dire à leur progéniture respective de ne pas fréquenter l’autre famille, parce que ce sont des vilains. Deux familles ennemies, un amour interdit, j’ai déjà vu ça chez Shakesp… Twilight. Non, Twilight, j’allais dire une connerie. Si allez, juste pour vos yeux : il y a un passage où notre shérif adjoint préféré s’engueule avec son fils car il passe trop de temps avec ses amis idiots et sa copine interdite, et si la scène n’est pas intéressante, elle a au moins cela de bien qu’on s’aperçoit que par la fenêtre, c’est le même décor que dans la première scène du film, et que nous sommes donc en hiver avec des arbres couverts de neige (alors que tout le film se passe en été). Encore une fois, il ne s’agit pas d’un oubli, puisqu’il est quand même facile de se rappeler qu’il n’y a qu’une seule scène qui se passe en hiver, celle de l’enterrement, mais bien d’un « Les gens ne verront pas, ça va passer, puis comme ça on économisera sur un décor« . Quand on a 50 millions de dollars de budget, on peut se le permettre. Surtout quand à côté, on fait exploser des trains dans tous les sens durant 10mn.

En tout cas, voilà : Jackson et son fils sont fâchés ; du coup, pendant que le premier va retrouver le colonel Nelec dans sa base pour discuter un peu, le second va au cimetière pleurer sur la tombe de sa mère. Or, figurez-vous qu’il y reste jusqu’à ce que la nuit tombe (les enfants adorent les cimetières la nuit), et entend soudain du bruit en provenance d’une remise proche ; sûrement un nécrophile en goguette. Il peut cependant voir au travers des fenêtres, de là où il est, la lumière qui s’agite en tous sens, de la terre être projetée, et entend des bruits inhumains. Notre héros décide donc de se barrer de cet endroit fort bruyant, mais en prenant bien soin de ne surtout avertir personne de sa découverte. C’est vrai quoi : ça a tellement peu d’intérêt comme information, à l’heure où toute la ville se demande ce qu’il se passe en son sein. Quel jeune garçon intelligent, ce Joe.

Pendant ce temps, Jackson arrive au petit aérodrome transformé en base militaire à côté de la ville pour y rencontrer son nouveau pote colonel ; sauf qu’à peine est-il arrivé qu’il découvre que c’est un piège : l’armée se contente de l’arrêter et de l’emprisonner, car il gêne un peu leurs affaires. Soit ; et Nelec, lui, qu’a t-il dans son agenda à la même heure ? Et bien lui et son assistant, le sergent Blackamoustache (je vous laisse d’ores et déjà deviner son destin) sont en train d’interroger le Dr Woodward, cloué dans un lit d’hôpital, afin d’obtenir de lui des informations sur comment il a su où le convoi militaire allait passer (une bonne question), et qui d’autre était ou est au courant de ce qu’il transportait (des munitions chargées dans des wagons à suspensions latinos, juste à côté de technologie extra-terrestre et d’un prisonnier alien ; moi aussi, quand je transporte un truc secret, fragile et pouvant révolutionner la technologie, je le range au milieu d’explosifs) ; mais comme le bougre de trublion refuse de coopérer, le colonel demande à Blackamoustache de le tuer (il faut savoir que le Dr Woodward est noir : on évite ainsi les accusations de racisme en faisant que c’en soit un autre qui le tue, c’est très bien pensé dites donc), ce qu’il fait en lui injectant un produit mortel : de la salive de Bogdanov. Le bon Docteur convulse donc un peu avant de s’éteindre.

Mais, la même nuit, Alice se rend chez Joe pour taper à la fenêtre de sa chambre et discuter avec lui (enfin pour commencer : on te voit venir, coquine !) : les deux papotent de leurs parents respectifs, du fait que tous les deux n’ont qu’un papa incompréhensif et pas de gentille maman… quand soudain, le cube que notre héros avait récupéré sur les lieux de l’accident commence à bouger seul… il vibre… puis soudain, part à toute allure, traversant un mur de la maison, pour aller se coller au château d’eau de la ville, quelques centaines de mètres plus loin. Curieux. Mais encore une fois, notre héros s’en désintéresse dans la minute qui suit : c’est tellement banal. Je… ? Enfin ? Ça ne t’intrigue pas plus que ça ? Alice, elle, repart (elle aussi porte aussi peu d’intérêt à ce genre de phénomènes que le héros : leur QI de crustacé commun les rapproche), et en rentrant chez elle, tombe sur son père un peu bourré qui n’apprécie guère de la voir rentrer et sortir de la maison en douce et à pas d’heure ; une conversation assez agitée commence donc, qui se termine en diable de gueulante, poussant la jeune fille à fuir son logis sur son petit vélo. Son père part à sa poursuite en voiture, mais étant dans un état qui ne lui permet pas d’avoir de bons réflexes, il rentre dans une voiture en stationnement. Un peu sonné, il aperçoit alors dans son rétroviseur sa fille être kidnappée par un monstre géant sorti de nulle part : autant vous le dire, ça lui fait bizarre. Il jure donc que ça commence à bien faire, les monstres de l’espace qui viennent chez nous pour voler nos enfants et nos allocs, puis s’évanouit.

Ah, ces aliens autrichiens qui kidnappent les petites filles, c'est terrible

Mais nos héros, eux, n’en savent rien : Joe, le lendemain matin, ne remarquant guère que son père a disparu tout comme sa quasi-petite copine accompagne gentiment son pote Charles au magasin de vidéo pour y récupérer la bande du film qu’ils avaient laissé à développer. Et une fois de retour à la maison, ils découvrent donc la scène qu’ils avaient tournée, suivie du crash du train « dont on ne voit presque rien à cause de toute la fumée« . Ah ? Quelle fumée ? Il n’y en avait pas au moment du carambolage. Ni avant, ni pendant, ni après en fait. Disons que ta caméra fait elle-même des montages, alors, mon petit Charles. D’ailleurs, figurez-vous que malgré toute cette fumée imaginaire, la bougresse a filmé le fameux wagon que Joe avait vu remuer avant de se barrer juste parce que ça ne l’intéressait pas. Et sur pellicule, on peut donc voir ce qui en est sorti : une sorte de grosse bestiole de trois – quatre mètres de haut, avec pas mal de bras musclés, qui s’est rapidement barrée. Soit, il faut donc…

… Ho ? Mais quel est ce bruit ? Les sirènes d’alerte de la ville sont en train de se mettre à sonner : l’armée vient de déclencher une opération d’évacuation générale de la bourgade ! Au motif qu’il y aurait un feu approchant de la ville… feu que l’armée crée elle-même avec des lance-flammes pour faire illusion (mais ça, les gens l’ignorent), la bougresse ! Et si certains partent avec leurs propres véhicules jusqu’à un camp de réfugiés dressé par l’armée pour l’occasion, les enfants, comme d’autres, sont emmenés dans des bus spéciaux. Tout irait à peu près bien si arrivé sur place dans une espèce de vaste hangar, Joe ne tombait pas sur Louis Dainard, qui, délirant sur une civière, assure au petit Lamb qu’il a vu Alice se faire kidnapper par un monstre de l’espace. Hmmm, c’est ennuyeux : les monstres de l’espace sont souvent tatillons sur les rançons ; pire encore, et si elle développait un syndrome de Stockholm ? Hein ? Vous y pensez à ça ? Joe oui  : c’est pour ça qu’il veut aller la chercher ; il ne voudrait pas que sa quasi-copine le remplace par un truc d’outre-galaxie (« Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, hein ? C’est parce qu’il a 4 bras, c’est ça ? C’est dégueulasse !« )

Vite, il faut agir ! Joe réunit donc sa troupe de copains, dont les seules têtes sont des motifs de violence parentale, et demande qui est volontaire pour retourner discrètement en ville pour essayer de retrouver Alice. Tous le sont, sauf Preston, qui est lâche (ou plus intelligent que nos héros, puisque lui a dû comprendre que quand toute une armée poursuit un monstre pour l’attraper, ce n’est pas la peine d’essayer de faire mieux qu’elle avec une troupe de trou du culs en pleine puberté). Or, pour retourner en ville il faut une voiture… hmmm, Charles a une idée : le mec du magasin de vidéo a une automobile pile comme il faut ; et il se trouve qu’en plus, ce dernier kiffe grave le boule de la soeur de notre petit gros : en demandant à cette dernière de servir d’intermédiaire, il obtient donc de celui-ci qu’il ramène sa fière équipe en ville. En route, donc, car non, aucun militaire ne surveille le camp ou la route menant à la ville, pas plus que les abords ! C’est pas comme s’il y avait une opération en cours, plus ou moins secrète et dangereuse, hein. Joe décide qu’il faut se rendre à l’école : il se dit que si le Dr Woodward avait des informations sur le monstre, il avait sûrement dû les cacher dans le container qu’il loue sur le parking de l’école. Et il pense que les militaires n’ont pas dû penser à le fouiller (c’est vrai que c’est discret pourtant, un container sur un parking, avec toute la population du coin, enfants compris, sachant à qui il appartient). Comme vous vous en doutez, puisque l’idée vient du héros, aussi stupide peut-elle être, elle sera forcément vraie. Mais bon.

Jackson, de son côté, parvient à s’évader de sa cellule sur la base de l’armée grâce à une stratégie sobrement intitulée « J’ai envie de faire pipi, ouvre-moi la porte » ; les militaires n’étant pas formés à ce genre de situation, ils sont rapidement mis à mal par la puissance virile du shérif-adjoint déchaîné, qui se déguise même en militaire en se servant sur l’un des gardes, avant de voler une jeep et de s’enfuir non sans avoir créé une diversion en tirant quelques balles dans un camion-citerne. Ah, et non : les militaires ne cherchent même pas d’où les tirs ont pu venir. Ils supposent sûrement que le camion a décidé de se suicider. Bref, le plus fort de tous les papas parvient donc aux abords de la ville, mais constate donc que celle-ci est en train d’être évacuée ; voyant tous les camions militaires et les véhicules d’évacuation civile quitter la ville vers la campagne, il décide de les suivre pour retrouver ses enfants. Mais en chemin, il ne fera que les croiser sans les reconnaître, puisque eux sont en sens inverse dans la voiture du mec du magasin de vidéo.

Petit détail : s’ils se croisent sans se reconnaître, ils se croisent aussi sans que nos héros ne se disent « Attention, une jeep de l’armée ! Elle ne va pas apprécier de nous voir foncer vers la ville devenue zone interdite ! » ; non, à la place, ils s’en foutent. D’ailleurs, le convoi que Papa Lamb a suivi pour trouver la direction du camp lui aussi a disparu en chemin, semble t-il, puisque bon : sinon, tous les véhicules militaires que l’on voyait se seraient sûrement fait un plaisir d’arrêter nos loulous en pleine escapade.

En tout cas, revenons à nos ados en goguette : à peine arrivés à l’école, ils trouvent effectivement sur le parking un container dans lequel se trouvent des tonnes de films vidéos, ainsi que des cassettes audio et des notes de recherches dur Dr Woodward. Quel bel endroit pour les ranger ! Dans un truc vaguement humide, que même des enfants peuvent forcer, et dans lequel il range aussi les jouets qu’il confisque, histoire que des ados aient d’excellentes raisons d’essayer d’ouvrir le truc de force et puissent tomber sur ses recherches top secrètes volées au gouvernement du même coup. C’était vraiment un sacré génie. Non mais ce film. Bravo J.J Abrams. Je rappelle que ce film a été encensé par une bonne partie de la critique.

Avant son container, Le Dr Woodward cachait ses recherches dans ce coffre situé au milieu d'une garderie

Nos loulous s’emparent donc de tout ce qu’ils trouvent, et foncent dans l’école pour visionner tout ça grâce à un projecteur qui trainait, ainsi qu’ à des lecteurs de cassette : du premier coup, ils tombent sur une vidéo (et enclenchent une cassette au hasard encore, qui en plus, est pile calée pour les images qu’ils sont en train de regarder), où l’on peut voir Woodward et d’autres scientifiques faire des tests sur un vaisseau alien écrasé dans un laboratoire. Celui-ci se serait écrasé sur Terre en 1958, et l’alien le pilotant serait venu chercher de l’aide auprès des humains parce qu’il soupçonnait que ça vienne du joint de culasse. Mais eux l’ont retenu prisonnier pour l’étudier, ce qui l’a rendu un peu bougon, sans compter que son vaisseau fonctionne avec une curieuse technologie : des tonnes de cubes blancs qui, une fois assemblés, changent d’apparence pour se transformer en éléments de nef spatiale. Des Lego polymorphes, quoi. Au passage, le professeur donne quelques informations sur la bête : c’est une espèce essentiellement souterraine, qui communique ses pensées via un contact physique. Et le professeur a eu l’honneur de communiquer avec (ils ont bu un verre, puis un autre, et de fil en aiguille, il y a eu un.. heu.. contact) ; il a donc vu ce qu’elle pensait (elle est effrayée et veut juste partir), et elle a vu ce qu’il pensait (que tous les humains n’étaient pas des enfoirés et qu’il adorait porter des bas résille sous sa blouse). Après cela, l’armée l’a renvoyé, car il voulait trop aider la bête, et depuis, il n’a eu de cesse de vouloir la libérer. D’où son plan de jeter sa bagnole contre un train.

Oui, parce que juste saboter les rails, c’était déjà trop malin pour lui. Le pick-up magique avec lui dedans était déjà une idée plus crédible.

Bon, je ne demanderai pas comment le professeur a pu se barrer avec tout son matos de recherches, ou comment cela se faisait qu’il y avait toujours un cameraman pour le filmer en gros plan plutôt que de s’intéresser aux recherches, je crois qu’aucune réponse ne viendra. En tout cas, l’armée, elle, probablement aidée par d’un détecteur a incohérence a repéré ce que les enfants étaient en train de faire et investi l’école pour les en sortir et récupérer le matériel de recherches du Dr Woodward, qu’ils voulaient depuis si longtemps (en même temps, suffisait de venir le chopper dans l’école où il travaillait très officiellement depuis son renvoi de l’armée pour lui demander de rendre ce avec quoi il était parti, si vous le saviez plutôt que de vous dire « Zut, nos recherches top secrètes sont dans la nature : attendons qu’un alien ne s’évade pour commencer à les chercher« ). Sitôt qu’ils ont arrêté ces petits fauteurs de trouble, (Nelec et Blackamoustache en personne supervisent l’arrestation, ils n’ont sûrement que ça à faire en ce moment), ils les fouillent, et là encore, pour une raison que je ne saisis pas bien, Blackamoustache s’empare du pendentif maternel que Joe garde toujours sur lui. Pas parce qu’ils leur retirent leurs affaires, hein : non, ils lui prennent juste ça, à lui. Comment ? C’est juste pour dire que les méchants sont maléfiques ? Mais non. Enfin. Qu’allez-vous penser là ?

Nos adolescents préférés sont donc embarqués dans un bus de l’armée pour être emmenés jusqu’à un point d’évacuation. Encore une fois, Nelec et Blackamoustache sont du voyage, à croire qu’ils ont nommé le caporal Roudoudou pour gérer tout le reste de leur opération secrète et que pendant ce temps, ils peuvent s’occuper d’escorter un petit gros et ses potes vers un coin de campagne où se promener. D’ailleurs, bien qu’un alien en colère de plusieurs tonnes rode dans la nature, aucune escorte n’a été prévue. Ah. Sinon, vous êtes l’armée de l’air : il parait qu’avec un hélicoptère, on va plus vite, que c’est plus efficace, et qu’en plus, ça évite de se faire attaquer sur la route. Ho, et éventuellement, ça peut même servir à voir un alien de loin : surtout, ne vous en servez pas.

Et donc, sur une route de campagne déjà bien loin de la ville, l’alien (ne me demandez pas ce qu’il fout là au milieu de nulle part) attaque le bus de nos héros et le fait se renverser sur le côté ; rapidement, le peu de soldats à bord se fait cordialement arracher la tronche dans une série de hurlements plus ou moins horribles, et alors que nos adolescents favoris parviennent à s’échapper du bus en passant par une vitre brisée, l’alien, lui, rentre à l’intérieur pour tuer Blackamoustache (c’était ton destin) ainsi que le colonel Nelec, qui lui se fait passablement déchiqueter dans des gerbes de sang (parce qu’évidemment, les balles ne font pas grand chose à la bête, comme dans tous les films).

Je crois qu’à ce moment là du film, je me demandais si un jour, on enseignerait ce film dans les écoles de cinéma à la catégorie « ratages« , en expliquant qu’une histoire enfantine cucu avec une romance navrante entre des marmots, ce n’était pas pour les adultes, et que les gens qui se font déchiqueter par des monstres de l’espace, ce n’était pas pour les enfants : en mélangeant les deux, on était donc sûr de décevoir les deux publics. Mais au moins, voilà : quelqu’un a essayé. Bref, que disais-je ?

Ah oui : nos héros restent un moment planqués dans la campagne à attendre que l’alien finisse par arrêter de s’acharner sur le bus et s’en aille, ce qu’il finit par faire au grand soulagement de la petite troupe. Puis, ils finissent par voir arriver une voiture : celle de leur pote du magasin de vidéo. Curieusement, il arrive dans le sens inverse de celui du bus (donc, comme s’il venait de la campagne pour se rendre en ville, alors qu’il était DÉJÀ en ville ; heu…), a visiblement encore esquivé toutes les patrouilles de l’armée, savait sur quelle route se rendre et savait aussi que les enfants auraient besoin d’un véhicule, en plus, déjà orienté vers la ville. Il est fort. Ou alors, c’est un des deus ex machina les plus pourris de l’histoire.

Le Colonel Nelec est un vrai adulte : quand il ment, il croise les doigts dans son dos

En tout cas, retour en ville pour la fine équipe (qui visiblement, a toujours envie d’en découdre avec un alien qui semble tuer tout le monde sans soucis, y compris des adultes armés et entraînés. D’accord : je pense que ces enfants sont soit très cons, soit complètement dépressifs), qui découvre alors que la situation est critique : l’armée est en ville avec chars (c’était pas l’armée de l’air ?) et tout le matériel. Le plan génial de Nelec pour capturer l’alien était donc le suivant : faire évacuer la ville pour mieux pouvoir s’y promener avec les blindés & co pour capturer la bête après y avoir placé des appâts pour l’attirer, c’est à dire, les caisses de « cubes » dont l’alien a besoin pour refaire son vaisseau… hmmmm… je relis… hmmm oui, j’ai bien lu : ils ont un appât mais ils le posent au milieu d’une zone habitée pour avoir un maximum de problèmes, devoir faire évacuer toute une population et accessoirement perdre en mobilité. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurais posé l’appât dans un petit coin de campagne sympa avec une bonne ligne de vue dégagée. Enfin encore une fois : je ne suis pas militaire, je ne dois pas comprendre la subtilité qu’il y a à se coller tous les handicaps possibles. Je pense qu’ils ont le même stratège que dans Avatar.

En tout cas, la ville est parcourue d’explosions en tous genres (je vous avais dit que J.J Abrams était lâché), puisque tanks, lances roquettes et mitrailleuses « se mettent à tirer seuls, tout est hors de contrôle ! » dixit un militaire hurlant dans sa radio. Ok, donc on va prendre l’exemple dans un char, véhicule qui a un canon à un coup, pour que tout le monde saisisse bien la situation.

« Nos armes sont hors de contrôle !
- En effet, le canon tire tout seul.
- Remettez un obus dedans pour voir ?
- C’est f… ah, bah voilà, ça l’a refait.
- Remettez en un autre ?
- Je ch… oups, tenez, encore un coup ! Ho ! Pardon madame, hein, on voulait pas vraiment vous exploser la tronche ! Désolé !
- Essayez encore ?
- Rhooo, on vient de faire sauter ce charmant pavillon ! C’est vraiment trop ballot !
- Préparez un autre obus, histoire de ? »

0

Voilà voilà : toutes les armes sont hors de contrôle, mais les mecs continuent quand même de les charger en boucle. Je dirais bien que cette séquence ne servait à rien à part à cramer le budget effets spéciaux encore un peu plus, mais je serais mau… ah, mais au temps pour moi, je le suis : cette séquence est juste là pour que M. Abrams fasse exploser des trucs. Y compris son propre scénario. Bravo.

En tout cas, les enfants, eux, font semblant de rien et se contentent de courir au milieu des obus et des balles, sans que personne ne leur hurle de se mettre à l’abri ou ne les pousse à couvert : les soldats se contentent de passer à côté en courant sans rien dire.  Au final, une explosion finit tout de même par faire un peu bobo au jeune Martin, et Charles est donc désigné pour rester avec lui et en prendre soin. Pendant ce temps, Carey et Joe vont aller là où notre petit héros pense que l’alien se cache : dans la remise près du cimetière (mais si, vous savez, celle où il avait vu et entendu plein de trucs bizarres mais avait décidé de n’en parler à personne) ! Après tout, si c’est une espèce souterraine, peut-être est-ce l’un des points d’entrée vers sa tanière ; serrant fort dans sa petite main le pendentif de sa maman (qu’il avait fini par récupérer sur le cadavre de Blackamoustache après l’attaque du bus), notre loulou et son copain arrivent donc sur place et, en effet, constatent qu’il y a une entrée vers un tunnel digne du Vietcong là-dessous. Allez, hop : ni une, ni deux, en avant, sus à ce vilain communiste !

Et effectivement, la bête a créé moult tunnels… qui tous, donnent au même endroit : une grande salle dans laquelle l’alien a réuni tout ce qu’il a attrapé à la surface pour essayer de se faire une machine avec : les moteurs sont combinés les uns avec les autres, des conduits sont réalisés de bric et de broc… bref. Mais surtout, il y a des humains ! Suspendus tête en bas depuis le plafond, et inconscients comme il se doit, ils attendent avec impatience que deux morveux viennent leur sauver la vie. Et parmi eux, il y a bien entendu… Alice. Qui a du bol, parce que bon, hein, nos héros s’aperçoivent aussi d’un truc : il y a d’autres humains, mais plutôt en morceau et à demi-mâchouillés un peu partout. Quelle créature barbare : elle n’utilise même pas de couverts, c’est un monde, ça !

Mais Joe a pendant ce temps une superbe idée de stratégie : Carey va utiliser les énormes réserves de pétards qu’il a dans son sac à dos et s’en servir pour attirer l’attention de la bestiole ; sitôt cela fait, il devra courir, et vite, pendant qu’il se fera courser par un truc ultra-violent et anthropophage. Pendant ce temps, et passant par un autre tunnel, Joe arrivera discrètement et libérera les humains survivants pour fuir, passant ainsi pour le héros libérateur pendant que son pote servira juste d’appât aux chances de survie limitées. Carey étant un peu con, il accepte le plan.

Et évidemment, ça marche à merveille, puisque l’alien se met à courir dans le tunnel d’où lui parviennent les bruits des pétards, et Joe a le temps de libérer Alice, le shérif et une habitante qui n’avait rien demandé à personne, tous trois les derniers survivants du bestiau. Sitôt au sol, ils reprennent connaissance et commencent à courir pour se sortir de là. Parce que oui : on peut passer plusieurs jours tête en bas, en être inconscient, et galoper comme un cabri sitôt remis dans le bon sens. Essayez chez vous.

"Ah oui, en fait, j'aurais indiqué cette remise aux autorités sitôt que j'avais vu des trucs bizarres dedans, j'aurais évité bien des morts inutiles"

Donc, tout le monde galope follement dans les couloirs, et d’intersection en intersection, on finirait même par s’y perdre ; la fine équipe retombe finlament sur Carey, et hélas, sur son poursuivant visiblement fort mécontent que l’on essaie de lui voler son goûter. On le comprend. Une course poursuite débute donc, mais la bête étant bien plus rapide que nos galopins, elle a tôt fait de se saisir des deux adultes et de les balancer derrière elle avant de partir courser les enfants qui eux, continuent de fuir. Sauf que finalement, tout le monde débouche sur un cul-de-sac. Hmmm… que faire ? Que… qu’est-ce qu’un enfant de cinéma américain a avec lui comme arme quoi qu’il arrive ? Moi je sais :

Pléthore de discours cucus.

Celui de notre héros va donc tenir en deux phrases : « Moi aussi, il m’est arrivé de mauvaises choses » et « Mais on peut continuer de vivre« . La bête attrape donc Joe pour communiquer avec lui, et, voyant que son coeur est pur (enfin, tant qu’on ne parle pas de ce qu’il compte faire à la petite Alice), décide de lui aussi devenir gentil. Je ne déconne pas : l’alien a été vaincu par deux phrases que l’on doit pouvoir trouver écrites en rose fluo dans des agendas de collégiennes. Et pour signifier qu’il devient gentil, je… comment vous l’annoncer… asseyez-vous.

Voilà, vous savez, l’extra-terrestre ? Bon, il a des yeux. Des yeux plissés, méchants, sans pupille… le truc de gros vilain, donc. Et bien figurez-vous que sitôt qu’il a décidé de comprendre l’amour, l’amitié et la gentillesse, il s’avère que cette apparence de ses yeux est en fait juste une paupière de protection, et qu’en-dessous il a… des yeux tout rond, tout beaux, avec une grande pupille dilatée façon chat de Shrek. On entend limite le « Hoooooooo » ému des enfants. Mais hélas interrompu par le bruit d’un moteur qui démarre.

En effet, l’espèce de machine chaotique que l’alien a conçu semble se mettre à fonctionner, et bientôt, là, dehors, tous les objets métalliques de la ville commencent à s’envoler : battants de boîtes aux lettres, puis boîtes de munitions, s’ensuivent les fusils des soldats, qui se contentent de regarder, ébahis, et enfin, même, certaines voitures. Tout cela semble se diriger vers le château d’eau et s’accumuler dessus comme sur une sorte d’aimant géant.

Moi, personnellement, j’aurais balancé une grenade. Elle serait allée droit au but sans se forcer.

Et puis soudain, ce sont tous les conteneurs contenant les petits cubes blancs extra-terrestres, qui avaient été amenés là pour servir d’appât, qui s’ouvrent et foncent en volant vers le château d’eau ; les gens sont obligés de se jeter à terre pour les éviter, ce qui donne un plan très intéressant dans lequel les enfants se jettent au sol à un endroit où il reste du verre fraîchement brisé suite à une cascade précédemment jouée : heureusement qu’à Hollywood, le verre est en sucre, sinon les marmots auraient eu l’air moins mignons en se relevant la gueule lacérée. Dommage.

Sur ces entrefaites, Papa Lamb arrive, puisqu’il avait appris que son fils était en ville par Preston, le gamin de la bande qui était resté au camp de réfugié. Il a emmené avec lui Papa Dainard, et ensemble, sur le trajet, ils sont devenus amis, car le reproche que Lamb faisait à ce dernier était simple : il buvait, et le jour où sa femme a eu un accident à l’usine, c’est parce que Louis était trop bourré pour tenir son poste et qu’elle avait dû prendre sa place. Mais là, ça y est, maintenant, il a compris : Louis aussi est malheureux de ce qui est arrivé, et ils pourraient tous les deux être amis, et leurs enfants copuler ensemble comme jamais il n’y eut copulation.

A gauche, l'alien méchant, à droite, l'alien choupinet. Tout est dit.

Tous, ensemble, ils se retrouvent, se pardonnent, s’aiment (et c’est beau), et regardent en direction du château d’eau où les cubes commencent à former des parties de vaisseau spatial…  de moins en moins d’objets semblent attirés sur le château d’eau (mais toujours pas l’appareil dentaire pourtant bien métallique de Carey : c’est dommage, j’aurais voulu le voir hurler de douleur), jusqu’à ce qu’enfin, un dernier soit appelé : le pendentif de maman Lamb que Joe a toujours avec lui ; ce dernier comprend que l’alien veut ce beau symbole pour partir, ou un truc du genre, et Joe le laisse filer vers le château d’eau (autre théorie : le visiteur voulait juste le faire chier, et c’est un fameux rabouin de l’espace), et sitôt que cette dernière pièce a touché ce grand puzzle, le château se compresse et explose, et le vaisseau spatial qui a achevé de se former dessus, et dans lequel l’alien a pris place, finit par décoller sous le regard attendri de tout le monde ; on entend alors les violons pendant que l’engin s’élève vers le ciel sous le regard ému de la population, et avant qu’on ne puisse voir la scène ou les chasseurs de l’armée de l’air ne l’abattent pour éviter qu’il ne retourne chez lui chercher du renfort…

FIN

Paradoxalement, à la fin du film, ils diffusent le mini-film complet de Charles & co sur le thème des zombies, et en fait, c’est probablement mieux réalisé et tenu que le film lui-même.

Chapeau.

_______________________________________

A peine le téléphone avait-il été raccroché qu’à nouveau, il se mit à sonner ; Steven sentit une goutte de sueur perler sur sa tempe, alors que sa main s’arrêtait au-dessus du combiné, hésitant à décrocher. Le devait-il ? Enfin, il était un adulte, rejeter ses responsabilités était hors de propos ; après avoir pris une grande inspiration, il décrocha le téléphone d’un geste souple.

« Allô ?
- Oui, c’est encore Jiji ; je voulais te dire : ton projet, il est génial. Mais si tu veux, on pourrait aussi commencer à bosser sur d’autres, parce que j’adore ton travail, mec ! Je pensais par exemple à Hook, on pourrait faire une suite, avec Peter Pan qui est kidnappé par le gouvernement pour…
- Ecoutez Monsieur Abrams, il ne faut p…
- Non, attendez, j’ai mieux, j’ai mieux ! On pourrait faire la Liste de Schindler 2, sauf qu’au moment où les juifs sont mis dans le train, celui-ci est percuté par un half-track qui… »

0

J.J Abrams, pris par son discours, n’entendit qu’à peine le bruit du combiné que l’on lâchait, suivi du son caractéristique d’un Steven Spielberg cavalcadant en pantoufle pour fuir son salon en hurlant.

Le pauvre homme l’avait appris à ses dépens : il y a des portes qu’il vaut mieux ne jamais pousser.

Je crois que c’est quand je lui ai dit « Star Trek tu dis ? Ce n’est pas cet univers dans lequel des mecs organisent une gigantesque pyjama party dans l’espace ? » qu’il s’est énervé. Renversant le verre que je venais de lui resservir sur mon édition La Pleiade de L’Odyssée, il se jeta sur moi comme habité par tous les diables des neufs cercles infernaux en hurlant « Vulcan nerve pinch ! » ; sa main fit contact violemment avec la base de mon cou, et je sombrais dans l’inconscience.

A mon réveil, j’étais ligoté et bâillonné dans un fauteuil au cinéma, avec à mes côtés mon agresseur ; celui-ci, constatant que j’étais revenu à mes esprits, me dit alors « On va profiter de la sortie du dernier Star Trek pour te prouver que c’est bien plus que ce que tu crois. » . Et là, le film se lança.

L'affiche : le truc au fond, ce n'est pas une fleur bizarre, c'est le Narada. Design.

Nous sommes en 2233. L’USS Kelvin, un vaisseau spatial appartenant à la Fédération (les gentils, semble t-il) se promène tranquillement dans l’espace. A son bord, le commandant Robau et son second, Georges Kirk (la couleur des pyjamas indique qui a quel poste dans le vaisseau, d’ailleurs), sont tranquillement en train de disserter sur le fait que dis-donc, à bord il y a la femme de Kirk, et qu’elle est en train d’accoucher. C’est beau. Mais alors qu’ils en sont à ces considérations, ils se retrouvent soudainement devant un titanesque trou noir. Mais attention, un trou noir qui n’aspire rien, bien au contraire ! Il est en train d’accoucher (lui aussi) d’un gigantesque vaisseau, le Narada, visiblement conçu par un Gaudi sous LSD. A son bord, le commandant Nero, un type avec le crâne rasé et des tatouages partout type biker en plein trip tribal. Histoire de bien dire que ce n’est pas juste un humain avec des goûts merdiques, il a des oreilles pointues.

Nero n’est apparemment pas très content de se retrouver face à un vaisseau de la Fédération, et puisqu’il n’est pas content, il fait une petite démonstration de force avec son gros vaisseau en plombant la gueule au petit. Comme par hasard, il endommage pile-poil la propulsion pour empêcher le vaisseau de fuir,  puis arrête l’attaque et exige que le commandant Robau vienne à bord lui rendre visite pour « négocier ». Hmmm, ça sent le piège. Robau cependant accepte le marché, et laisse Georges aux commandes. Hélas, à peine Robau est il arrivé sur le Narada (dont l’intérieur est lui aussi conçu par Gaudi visiblement, ça reste logique) que Nero lui tombe dessus et lui pose plein de questions genre « Où est l’ambassadeur Spock ?« , et Robau, il se sent un peu con car il ne connait pas d’ambassadeur Spock. Au bout d’un moment, Nero, visiblement un peu paumé lui aussi, finit par lui demander en quelle année ils sont : 2233, ce qui a l’air de le surprendre. Et quand il est surpris, Nero, il tue des gens. C’est donc tout naturellement qu’il bute Robau, qui de toute manière, avait quand même un sacré nom à la con.

Georges qui voit sur ses écrans qu’il vient de paumer son chef, se déclare nouveau commandant de l’USS Kelvin, et décide de sauver le personnel. Mais puisque le vaisseau a une propulsion à moitié en rade, il doit faire fuir tout le monde par des navettes de secours. Or, pour qu’elles puissent fuir en paix, il doit leur faire gagner du temps. Et ça tombe bien, parce que figurez vous que les dommages dus à la petite démonstration de force du Narada quelques minutes avant ont certes endommagé la propulsion, mais pas assez pour que le vaisseau ne soit totalement immobile, mais juste assez pour péter le pilote automatique, mais pas assez pour que les commandes permettant à un homme seul de gérer tout le vaisseau ne fonctionnent plus. Ça fait quand même de bien belles coïncidences, puisque ça force le bon Georges Kirk à rester à bord pour mourir en héros pendant que sa femme accouche dans une navette. Puisque les armes du vaisseaux ne peuvent pas faire grand chose contre le gros Narada, Georges décide d’utiliser l’USS Kelvin comme gros suppositoire et file à son bord vers l’ennemi. Avant de mourir, il apprend que voilà, il vient d’avoir un fils, James Tiberius Kirk, et que c’est trop cool. Mais hélas, il doit mourir pour qu’il vive (c’est beau, j’en pleure), et s’écrase donc sur le vaisseau romulien. Ce dernier, constatant que l’impact du Kelvin vient de faire un impact sur son pare-brise gros comme un pièce de deux euros se replie vers chez Space-Glass, pour mettre un coup de résine magique dans l’impact. Les survivants de l’USS Kelvin peuvent donc fuir en paix.

Quelques années plus tard, on retrouve James Kirk, et l’on découvre que tout ce que Georges a réussi à produire, c’est un petit con hyperactif qui aurait bien besoin de ritaline en doses pour chevaux. Son hobby est par exemple dès son plus jeune âge, de balancer des voitures de collection dans les canyons de l’Iowa en se faisant poursuivre par les flics. Et quand ces derniers lui disent « Rhooo, James Kirk, petit coquin », lui leur répond d’aller se faire enculer, il fait ce qu’il veut, bordel à bites.

Dans le même temps, sur Vulcain, un jeune garçon, Spock, fils de Papa Spock et de Spockette. Spock, tout le monde se fout de sa gueule parce que sa mère est humaine. Alors entre deux lavages de cerveaux pseudo-scientifiques (il n’y a pas de filière littéraire sur Vulcain, tout le monde va en S), il pète un câble et tente de faire des prises de catch aux enfants qui se moquent de lui. Ce qui est mal vu, parce que les vulcains sont censés faire abstraction de tout sentiments, pour faire place à la logique, la pure. Nous découvrirons ainsi (et nous l’avons déjà un peu fait jusqu’ici) que le scenario, lui non plus, n’a pas su faire abstraction des sentiments sirupeux pour faire place à la logique.

Allez, bondissons plutôt dans le temps.

Dans un bar de l’Iowa, Kirk tente de draguer une pouf. Seulement voilà, ça échauffe les esprits des jeunes élèves officiers dragueurs de chez Starfleet présents (la flotte spatiale de la Fédération), et du coup, lui leur propose d’aller se faire enculer, parce qu’il fait ce qu’il veut, bordel à bites (notez qu’il a bien grandi ce garçon, il a mûri). Cela tourne à la baston, et notre bon Kirk se fait un peu malmener, voire carrément défoncer. Seule l’arrivée du Capitaine Pike met fin à la bagarre. Il se décide donc à discuter avec le jeune James Kirk, car il voit beaucoup de potentiel chez ce jeune homme (Pourquoi ? Parce qu’il picole, se bat pour des filles, insulte les gens et est arrogant comme une huître perlière ? Dans ce cas, Pike doit voir du potentiel dans tous les clodos bourrés qu’il croise). Il se décide alors à parler de son père, en lui disant qu’en commandant un vaisseau 12 minutes, il avait sauvé 800 vies. Et qu’il pense qu’il peut faire mieux. Alors du coup, il l’invite à s’engager dans les rangs de Starfleet pour devenir officier.

Comme tout vrai rebelle américain, Kirk fait de la moto sans casque, ouais.

Sur Vulcain, Spock aussi a grandi, et il a l’honneur de se voir ouvrir les portes, malgré son petit côté hybride, de la plus grande école d’ingénieur de Vulcain : Polytechnock. Spock a bien envie d’aller en école d’ingénieur : on y boit, on fait des soirées faluchardes, on s’échange des épisodes de Naruto et on joue en réseau toute la nuit en se paluchant sur les trois seules filles de la promo. Mais Spock a pourtant un rêve plus grand, mais déshonorant pour les vulcains : rejoindre Starfleet. Parce que dans la Marine Spatiale, on a le droit de porter des pyjamas toute la journée et d’avoir une fille dans chaque port, alors merde. Spock part donc sous les huées, tournant le dos à son avenir d’ingénieur pour devenir officier de la Fédération.

Revenons à Kirk, qui se décide finalement à rejoindre Starfleet, où on adore recruter des alcooliques indisciplinés pour commander leur flotte spatiale. Il y rencontre Mc Coy, un médecin lui aussi alcoolique, qui en sus a une véritable phobie de l’espace, de l’avion, de la téléportation, et de tous les trucs que l’on croise dans Starfleet. C’est d’une logique… vulcaine, tiens.

Trois ans plus tard…

Là, le lecteur assidu m’interrompt, avec raison pour me dire « Nan mais ho, tu oublierais pas un truc ? Nero et son super vaisseau, le Narada, ils ont fait quoi durant toutes ces années ? Ca doit faire plus de 20 ans, là, alors il était où, une fois son pare-brise réparé ? » Et bien, je vais te répondre, ami lecteur : on n’en sait rien. Probablement à un tournoi de Space-Scrabble géant (où l’on peut utiliser des mots en klingon). On le retrouve en tout cas à faire le guet près du trou noir (qui n’aspire toujours rien ! Quel gentil trou noir !). Attendez, vous voulez dire que Starfleet, après avoir perdu l’USS Kelvin et eu 800 témoins qui leur ont expliqué qu’un gros trou noir avait recraché un vaisseau géant, ils n’ont rien branlé ? Et bien oui. Ils n’ont même pas laissé une unité d’observation à proximité du trou géant cracheur de vaisseaux. Ils sont forts, chez Starfleet. En même temps, vu leur politique de recrutement, tout s’explique.

Toujours est-il que le trou noir crache un nouveau vaisseau cette fois tout petit (comme quoi, ça valait le coup de le surveiller, Nero l’a bien compris, lui !) : celui d’un certain ambassadeur Spock. Nero le capture aussitôt, et lui explique qu’il va se venger de ce qu’il lui a fait subir.

Mais revenons à la Starfleet Academy.

James Kirk n’a pas changé : il copule à foison, est arrogant comme pas deux, bête comme pas possible, etc. Et il vient encore d’échouer au test dit du « Superdur« , le test que personne ne réussit, simulant une tentative de sauvetage d’un vaisseau allié en pleine bataille face à l’ennemi. Or, Kirk n’en est plus à sa première tentative, et compte bien réessayer une nouvelle fois, malgré le fait que tous ses camarades lui rappellent qu’il est bien trop con pour réussir. Après avoir reprogrammé discretos la simulation, il la retente, et la réussit haut-la-main, ce qui n’est pas trop dur, vu que sa reprogrammation lui permet d’annihiler tous les ennemis présents à l’écran en moins de 5 secondes, le tout en mâchant une pomme et en baillant (exactement le type de mec qu’on veut avoir dans son armée).

Spock, qui avait programmé le test avec amour, trouve honteux qu’un type y arrive en trichant, et soulève donc la tricherie. Kirk est donc puni, mais comme c’est un petit con, il s’en fout, c’est un lascar, nique la société. Nos deux héros viennent en tout cas de se rencontrer, et s’opposent donc. Vont ils se réconcilier ? Mystère !

Notez le bon goût et le côté pratique des uniformes féminins.

Ces évènements sont interrompus par un appel de détresse venant de Vulcain : hop hop, tout le monde aux vaisseaux, on y va. Ha bon, il n’y a que les vaisseaux de l’académie qui sont disponibles, remplis de recrues à peine formées ? Ils n’ont pas une flotte, Starfleet, comme son nom l’indique ? Et bien non. Nos héros filent donc vers leurs vaisseaux respectifs, sauf Kirk, qui est privé de sortie pour avoir reprogrammé le simulateur de M. Spock. Heureusement, son ami Mc Coy trouve une ruse de guerre pour le faire monter à bord d’un des navires en partance, l’Enterprise, où lui est affecté : il inocule une maladie anodine à Kirk (même si celui-ci y fait une réaction allergique qui le fait gonfler, qu’est-ce qu’on rigole dans ce film) qui a des symptômes bien visibles, et utilise le code de Starfleet « Il est interdit d’empêcher un patient d’un médecin du bord de monter« . Et oui, c’est vrai que c’est très intelligent « Tiens, alors comme ça vous avez une maladie ultra-dangereuse et contagieuse ? Allez, montez à bord, le code nous interdit de faire autrement, je suis sûr que c’est ce qu’il y a de mieux à faire dans un lieu clos au milieu de l’espace. »

Bref, tout le monde finit à bord du vaisseau commandé par le Capitaine Pike (quel coup de chance !), secondé par le commandeur Spock (quelle coïncidence !) et où le médecin est donc Mc Coy (formidable). L’USS Enterprise est donc prêt à partir, et déjà, les autres vaisseaux de la fédération, l’USS Maurice Thorez, l’USS Hiro Hito, l’USS Misou-Misou et autres USS trucs ou machins s’élancent (oui, par une incroyable coïncidence, les vaisseaux de la Fédération ont le même indicatif que les navires de la marine américaine, c’est bien fait quand même). L’Enterprise part pourtant avec un poil de retard car son pilote, Sulu, a oublié de déserrer le frein à main (véridique). Vraiment, qu’est-ce qu’on se marre, je n’aurais été bâillonne que j’aurais ri à gorge déployé tant cela était hilarant d’originalité, lol, mdr, tout ça.

Kirk, pendant que son vaisseau voyage à vitesse grand V, remarque soudain des signaux exactement comme ceux qui avaient été émis le jour où l’USS Kelvin de son papa était rentré dans le mystérieux Narada sans pouvoir remplir de constat amiable. Il débarque donc tout pimpant sur la passerelle pour avertir le capitaine que « Houlala, attention, ça sent le piège, vite vite, il faut activer les boucliers« . Le capitaine Pike prend très au sérieux tout cela, et accepte de lever les boucliers. Oui, apparemment, chez Starfleet, les vaisseaux de guerre qui se rendent sur le lieu d’un appel de détresse y arrivent à poil. Une fois sur place, seulement, ils commencent à se dire « Tiens, si on levait les boucliers, ce qui ne nous coûte rien, par ailleurs.« . Hmmm.

En tout cas, l’USS Enterprise arrive sur place, et il a bien fait de lever ses boucliers, car cela lui permet de survivre ! A la sortie de l’hyperespace, en effet, un vieux piège pourri les attendait, et sans boucliers, tu étais instantanément détruit. Ce qui est con pour les autres vaisseaux, puisque preuve en est, ils naviguent entre les épaves de l’USS Misou-Misou et de l’USS Alain Duhamel, fraichement détruits parce qu’ils n’avaient pas leur Kirk à bord pour leur demander de faire ce qui semblait évident à tout être normalement constitué.

Ils voient aussi devant eux le Narada, tranquillement installé au-dessus de Vulcain, et qui a déployé une sorte de plate-forme de forage juste en dessous de lui, qui creuse au laser la planète. Mais pour quoi faire ? Je me le demande bien. En tout cas, le super rayonnement de cette plate-forme est si fort qu’il empêche toute téléportation. Et l’Enterprise, comme le Kelvin en son temps, n’a pas d’armes de calibre suffisamment gros pour transformer le Narada en gruyère. L’inverse est par contre possible (les épaves alentours le prouvant), et c’est en s’appuyant sur cet état de fait que Nero apparait sur l’écran de commandement, et ordonne au capitaine Pike de se rendre à son bord pour négocier. Comme pour le capitaine Robau ! Ho non ! Pike prépare alors son super plan de bataille : il va aller à bord du Narada pour gagner du temps, et confier le commandement de l’Enterprise à son second, Spock. Kirk, lui, ira sur la plate-forme de forage en parachute depuis une navette pour la désactiver. Il sera accompagné de Sulu, le pilote (qui comme il connait l’escrime, est évidemment le mec le plus évident qu’il y ai pour une mission commando) et de Raymond, un type en pyjama rouge, qui n’a pas de nom, mais que nous appellerons ainsi pour nous y retrouver un peu.

Et pendant ce temps, sur Vulcain ? Ils ne font rien ? Vous avez gagné : ils se contentent de regarder une foreuse géante faire un trou qui l’est tout autant dans leur planète. Ils sont forts ces vulcains. Ha si : certains d’entre eux se cachent pour se protéger dans des grottes. Ha oui, bon, ils avaient pas une super technologie & co ? Probablement des bunkers et des armes ? Et ils se cachent dans des grottes parce que Jojo-la-foreuse vient les voir ? Bon,  d’accord.

Nero travaille son air de penseur maléfique tous les jours après Midi les Zouzous

En tout cas, le plan de Pike est mis à exécution. Dans la navette qui va vers la station de forage, Raymond pose des questions :  « Quel est le con qui a oublié de me donner un nom dans le scenario ? Si j’ai pas de nom, je vais forcément mourir, puisque vous deux en avez un et pas moi ! Et puis pourquoi on lui tire pas tout simplement dessus à cette putain de plate-forme ? Ou qu’on lui balance une torpille ? Ou même qu’on lui balance une navette en auto-pilote dans la gueule, vu qu’écraser des vaisseaux dans d’autres, ça marche même sur ceux qui ont des boucliers, l’Histoire la prouvé avec le Kelvin ? Enfin j’veux dire, c’est complétement illogique, c’est quoi cette histoire de parachutisme à la con !« 

Alors que Raymond est tout à ces considérations, hop, il est obligé de sauter avec ses deux copains Kirk et Sulu, vers la plate-forme. Et figurez-vous que, incroyable, Raymond loupe son atterrissage et meurt carbonisé par le laser de forage ! Seuls Sulu et Kirk survivent, et affrontent (au corps-à-corps pour plus de testostérone) quelques pauvres types qui gardaient la dite plate-forme, et finissent par les vaincre ! Victoire !

Victoire, vous êtes sûrs ? Non, puisque dans la bande-annonce, on voyait bien Vulcain se faire détruire la gueule, se rappelle James Kirk. Et en effet, il est trop tard, puisque par un mystérieux procédé, le Narada crée un petit trou noir tout au fond du trou qu’il venait de creuser. Du coup, la planète s’effondre sur elle-même !

Nos deux héros, comme deux andouilles sur leur plate-forme, chutent alors de celle-ci parce que tout ce petit monde se met à secouer mais heureusement, grâce à l’expert en téléportation du bord, ils sont bien vites ramenés sur l’Enterprise en sécurité, alors qu’ils chutaient à plusieurs centaines de kilomètres à l’heure en direction du sol. Spock, lui, qui connait l’emplacement de la grotte où tous les vulcains lâches se cachent en cas de trou noir sur leur planète (appelée sur Vulcain « la grotte aux tapettes »), arrive à s’y téléporter et à sauver tout un groupe de sages vulcains de la mort, ainsi que Papa Spock. Spockette, elle, meurt comme une crotte, puisque le rocher sur lequel elle était s’effondre au moment de la téléportation. Oui, la téléportation, comme les appareils photos, a besoin de gens immobiles, sinon, c’est flou et c’est loupé. Attendez, le même téléporteur pouvait téléporter deux andouilles chutant à plusieurs centaines de kilomètres heures, mais pas une nana qui bougeait de 3 mètres  au mauvais moment ? Étrange. Je suis troublé. De là à dire que c’était pour le petit moment émotions (parce que plusieurs milliards de mort et la disparition de sa planète, ça n’émeut pas, mais la mort de maman, si). Spock est donc troublé et va bouder dans sa chambre, car il est plein de désarroi.

Tenue moulante obligatoire

Au même moment, à bord du Narada, Nero interroge Pike pour obtenir de lui les « codes de défense de la Fédération« . On ne sait pas trop ce que c’est, mais si c’est si important, on se doute bien que la Fédération serait bien conne de les filer à tous les capitaines de sa flotte. Mais comme Starfleet et la Fédération ne font que des choix idiots (cf leur politique de recrutement), une fois encore, ce serait bien possible. Pike refusant courageusement, Nero insiste, tout en lui révélant son plan (c’est un grand méchant : il adore révéler ses plans aux gens-attachés-qui-n’ont-aucune-chance-de-s’en-sortir) : il compte bien faire ce qu’il vient de faire à Vulcain à toutes les planètes de la Fédérations. En effet, il explique venir du XXIVe siècle, soit un siècle dans le futur, siècle où sa planète, Romulus, a été détruite parce que la Fédération n’aurait pas bougé pour leur venir en aide. Aspiré dans un trou noir et propulsé au XXIIIe siècle, lui et son vaisseau de forage (car oui, son super vaisseau méga blindé et surarmé est en fait un vaisseau de forage peuplé de paisibles ouvriers dont il est le simple patron, il faut le savoir), il vient coller une branlée à ceux qui ont laissé mourir sa planète pour se venger et leur montrer ce que ça fait. Pike, qui s’est endormi tout comme le spectateur devant le récit navrant et prévisible de Nero, est cependant appelé une fois encore à donner les codes de défense de la Fédération (mais qu’est-ce que c’est bon sang ? Et que foutrait il avec ça sur lui ?), et refuse. Nero lui colle donc une larve de Warung-Warung dans le slip, les larves de Warung-Warung étant connues pour leur capacité à grignoter la kikinette des plus récalcitrants. Pike pousse donc un cri en voyant la bête rentrer dans son bas de pyjama, car il y tient, à sa kikinette.

A bord de l’Enterprise qui a pris la fuite en abandonnant Pike, rien ne va plus. Spock est un poil tendu après la disparition de sa planète, Kirk lui veut aller péter la gueule aux méchants sans réfléchir, le ton monte, et Spock se sent obligé de mettre KO ce petit insubordonné, irresponsable et alcoolique de Kirk, au grand soulagement du spectateur qui en a clairement marre. Et pour être sûr qu’il ne casse plus les roudoudous de personne, Spock colle Kirk dans une capsule de survie qu’il largue sur une planète glacière qui passait juste en dessous d’eux à ce moment là. A noter que presque personne ne s’insurge de ce procédé étrange, mais ce n’est pas étonnant : Kirk est vraiment trop lourd comme personnage.

Et figurez-vous que la planète est peuplée de terribles monstres des neiges, qui mangeraient bien un bout de notre bon James. Mais celui-ci ayant de bonnes jambes, bien plus rapides que celles des créatures qui vivent sur la dite planète depuis des millions d’années, il arrive à s’abriter dans une grotte où, alors qu’une bestiole s’apprêtait à lui faire la peau, un mystérieux inconnu a surgi et a repoussé la bête. Qui est-il ? Il s’agit de Spock ! Mais de l’ambassadeur Spock, le Spock du futur, devenu tout vieux, mais encore reconnaissable grâce aux oreilles en pointes (la principale différence homme-alien, rappelons le), aux sourcils épilés façon bimbo et à la coupe de cheveux de Mireille Mathieu. C’est quand même beau : largué au hasard de l’univers, Kirk tombe par hasard sur une planète, qui est la planète où figurez-vous celle où le Spock du futur était lui aussi ! Puisque génial coup de bol, le Narada a largué Spock au hasard, pile sur cette planète ! On dépasse le stade de la coïncidence ? Allons-y : la capsule de Kirk a en plus atterri pile à côté de la grotte où il se planquait, sur une planète de plusieurs millions de kilomètres carrés… Vraiment, il y a un dieu pour les officiers hyperactifs de Starfleet qui oublient régulièrement leur Ritaline.

Vieux-Spock explique à Kirk qu’il vient d’un futur où voilà, une supernova allait engloutir Romulus, et qu’il est arrivé un poil trop tard pour créer avec de la matière rouge (quel nom à la con) un trou noir pour l’absorber et sauver la planète. Le trou noir est donc apparu, mais trop tard pour Romulus, et a aspiré Spock  et Nero (et leurs vaisseaux respectifs) pour les recracher un siècle plus tôt ; créant ainsi, une réalité alternative, wouaaaaaaah…

Vieux-Spock ajoute aussi que c’est Kirk qui aurait dû être capitaine, et Spock son second. Et qu’ils auraient dû être super potes. Il propose donc un super plan à Kirk pour prendre le siège de capitaine et latter Nero… Plan qui consiste à énerver Spock suffisamment fort pour qu’il ne soit plus apte à commander. Ensuite, il suffirait d’aller sur le vaisseau de Nero (trop facile) pour récupérer la petite navette de Spock (sans problèmes) sans se faire massacrer par les méchants (les doigts dans le nez) avant d’utiliser la matière rouge  qui s’y trouve et dont les vilains se servent pour détruire des planètes pour les engloutir dans un trou noir (tranquille Emile). Ce plan étant génial, Spock et Kirk décident pour le moment de se mettre en route pour le poste avancé de la Fédération situé juste à côté.

Pardon ? Vous voulez dire qu’en plus d’être tombé pile à côté de la bonne grotte de la bonne planète, Kirk est tombé pile à côté d’un poste de la Fédération ? Quelle chance ! Mais alors pourquoi Spock attendait il comme un con dans une grotte alors qu’il aurait pu le faire au chaud au poste en question, et prévenir la Fédération de la menace ? Mystère. Peut-être aime t-il la sensation d’avoir les tétons tout durs quand il fait froid ? Quel pervers, ce Spock. Des années à voyager en pyjama, ça vous marque son homme.

"Et hop !" : Vieux-Spock lutte contre l'arthrite de ses doigts chaque jour par de savants exercices de la main

Coup de chance (oui, bon, on n’y croit plus depuis longtemps, mais bon, coup de chance quand même), le poste de la Fédération abrite Scotty, un expert en téléportation, qui travaille sur un nouveau type de téléportation qui permet de se rendre dans n’importe quel vaisseau, même en hyperespace ! Il est fort. Sauf qu’il manque juste une solution à son équation, solution que Vieux-Spock a évidemment sous la main vu qu’il vient du futur, et lui donne donc. Scotty et Kirk décident donc de se téléporter sur l’Enterprise, pendant que Spock ira faire, je sais pas moi, de la couture, tiens.

Nos deux héros débarquent à bord, et après une scène censée être drôle (« Ho non, Scotty s’est matérialisé dans un tuyau, il a l’air bête !« ), ils se rendent sur la passerelle pour expliquer à Spock (le jeune, cette fois, on oublie Vieux-Spock, merci) que les revoilà. Spock s’étonne, mais Scotty explique que voilà, grâce à sa nouvelle technique de téléportation, c’est tout à fait possible, et qu’en plus, c’est dans le scenario, il n’a qu’à le relire. Il est donc temps pour Kirk de prendre la place de Spock.

Kirk doit donc l’énerver ; ça tombe bien, énerver les gens, c’est ce qu’il fait de mieux. Il explique donc à Spock que Spockette, elle a passé sa vie à sucer des Schblörg (des sortes de poneys vulcains) et qu’à l’heure qu’il est, elle doit être en plein gang-bang avec tous les autres vulcains morts. Spock se contient, mais c’est finalement quand Kirk  lui dit qu’il a une coupe de cheveux ridicule qu’il s’énerve, et décide, non pas de rebalancer Kirk dans une autre capsule, cette-fois vers un soleil quelconque, mais plutôt de se démettre de ses fonctions de capitaine de remplacement qu’il est trop énervé pour assumer. Kirk, qui n’a donc toujours rien à foutre sur l’Enterprise (deux fois qu’il y monte, deux fois que c’est en clandestin), prend donc le siège du capitaine, sous les yeux émerveillés de l’équipage (qui n’a pas l’air de se soucier d’être mené par un débile profond surexcité et arriviste).

Spock, lui, boude. Heureusement, Papa-Spock vient lui dire des gentillesses sirupeuses, puis Kirk vient lui proposer de devenir son second. Ce qu’il accepte. Mais qu’il est con, ce Spock.

En tout cas, direction la prochaine cible du Narada : la Terre. L’Enterprise s’y rend discrètement, et grâce à la über-téléportation de Scotty, téléporte directement dans le Narada sans se faire repérer… Spock et Kirk. Oui, deux. Contre tout un équipage. Et oui, le commandant et son second, parce que c’est bien connu, il n’y a personne d’autre pour le faire. Ni plus de personnel disponible : il y avait de la vaisselle à faire à la cantoche de l’Enterprise, et ça mobilisait tout le monde.

"Allez mec, à nous deux, on se finit le film !"

En environ 5 minutes, nos deux héros massacrent tous les méchants qui se dressent sur leur passage, désactivent la super foreuse de l’espace du vaisseau, et récupèrent le Capitaine Pike, qui se débattait toujours avec une larve dans son slip. Spock en profite pour récupérer la navette de Vieux-Spock, qui contient la matière rouge, et s’enfuit à fond les ballons. Dans le même temps, Kirk lui fait gagner du temps en se battant au corps-à-corps (allez savoir pourquoi) contre Nero (ha, si, je sais pourquoi : c’est toujours comme ça que le gentil combat le grand méchant), en sautant de passerelle en passerelle dans l’architecture torturée et inefficace au possible du Narada. Nero finit par avoir le dessus, mais bon, finalement, il se dit qu’il va plutôt laisser Kirk en plan et se lancer à la poursuite de Spock, de sa navette, et de la précieuse matière rouge.

Nero n’achève pas Kirk ? Non ? Même pas ? Alors à quoi ça servait de se battre contre lui si c’était pour ne pas le tuer ?

Qu’importe : il y a course poursuite entre le Narada et Spock, et Spock finit par faire, une fois suffisamment loin de tout coin habité, une queue de poisson au Narada, qui a de très mauvais freins. Kirk, Spock et Pike sont alors téléportés (c’est pratique quand même) jusqu’à l’Enterprise, pendant que la matière rouge, entrée en collision avec plein de trucs et de machins, crée un nouveau trou noir. Mais cette fois-ci, un vrai, un qui détruit en de grosses explosions le Narada, pas genre qui va le recracher un siècle avant. L’Enterprise commence aussi à être aspiré, mais grâce à une bonne vieille ruse de guerre, nos héros se propulsent loin du trou noir. Avant qu’ils ne soient engloutis, Kirk propose à Nero (les communications passent bien malgré le trou noir) de l’épargner avec son équipage et de les téléporter à bord, mais Nero qui boude très fort (et son équipage qui le suit aveuglément et ne tente pas la mutinerie) refuse. Salut les gars.

Au final, nos héros s’en retournent sur Terre où ils sont les héros du peuple ; Kirk devient le nouveau capitaine de l’Enterprise, puisque Pike est désormais en fauteuil roulant (la larve lui a rongé bien plus que la kikinette, visiblement), Spock est son second (il n’a pas le droit à une promotion, lui, ha mais), et tout le monde est content. Spock croise Vieux-Spock, ils se font la bise et…

FIN

Ha bin décidément, il y en aura eu des trous noirs dans ce film. Je crois qu’on ne va pas tous les lister, mais le premier a dû toucher la salle des scénaristes. Et je doute qu’il les aie recraché dans le passé, cette fois.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 6 416 autres abonnés