"Nous sommes à l’aube d’une révolution."

A l’ombre du hangar des prototypes d’Odieux CorP, les membres du conseils d’administration attendent patiemment, debout au milieu de l’odeur chimique qui empeste les lieux, la conclusion du discours de leur président directeur général qui semble désormais imminente. Celui-ci, trop occupé à savourer l’écho de sa propre phrase tournant entre les poutrelles du bâtiment, note à peine le balancement nerveux de certains d’entre eux indiquant qu’une certaine impatience règne chez ceux plus habitués à se réunir dans des fauteuils confortables que debout dans ces lieux peu accueillants. Enfin, il reprend.

"Une révolution pour tous, au service des citoyens de ce pays. On nous dit et répète que certaines zones ne sont plus sous le contrôle de la police ; je dis : n’abandonnons pas ! Et cette obstination, cette soif de justice, c’est ce qui fait d’Odieux CorP une société unique. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui notre dernière innovation en matière de sécurité : le DIEGO – 209 !"

Le rideau derrière l’orateur s’ouvre enfin et dans un grand "Ooooh !" mêlant surprise et soulagement à l’idée que le discours soit enfin terminé, se révèle un imposant bipode surmonté d’une sorte de coque sombre encadrée de deux imposants canons. Le président directeur général s’en approche, une petite télécommande à la main, et d’une simple pression d’un bouton, le monstre de métal s’anime et se dresse, pointant ses armes dans le vide face à lui.

"DIEGO-209 prêt pour patrouiller. Analyse des civils présents en cours. Analyse terminée : aucune menace détectée.
- Ne craignez rien, vous l’avez entendu ? Il ne vous fera aucun mal. Regardez-moi plutôt ce bijou : blindage triple couche, armature en titane de carbone, reconnaissance faciale, vocale et digitale, batterie de 48h, canons de 75 mm à tir rapide, module vocal anglo-saxon…
- Freeze, motherfucker.
- Module espagnol !
- Dame el chorizo.
- Module russe !
- Сталин велик.
- Module Claude François !
- Bah, il parle pas ?
- Hein ? Ah mais  ça c’est pas un module vocal, c’est un taser.
- Ho.
- Bref, tout ça pour vous dire que le DIEGO-209 est prêt à être déployé dans toutes les zones où il est grand temps de rétablir l’ordre et la loi : Seine Saint-Denis, Marseille, bureau de Patrick Balkany, nos usines sont déjà prêtes. Et nos premières unités sont en partance pour Hollywood."

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Quelqu’un toussote dans l’assistance avant d’interroger timidement.

"Hollywood ?
- Si vous connaissez une plus grosse bande de malfrats, dites-le moi Berthier, je vous écoute.
- Mais ils n’ont rien fait de mal ?
- Et toutes ces licences, détenues pour mieux être violées à de multiples reprises, hein ? Vous voulez que je vous parle du Hobbit ? De Total Recall ? De… de Robocop ?"

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Le membre du conseil d’administration haussa les épaules.

"Je sais pas, je l’ai trouvé pas si mal, moi, Robocop.
- DIEGO-209 ACTIVE. Détection de pipeau : confirmée. Cible verrouillée.
- Mais qu’est-ce que… éteignez-le, vous voyez bien qu’il déconne votre truc !
- Ah non, hé, Berthier, c’est vous qui déconnez : retirez ce que vous venez de dire !
- JAMAIS ! Le film était plutôt beau et en plus proposait une histoire origi…
- DIEGO-209 en MODE COMBAT :  citoyens, veuillez vous écarter."

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Le conseil d’administration se disperse comme une volée d’oiseau, laissant le pauvre Berthier seul face à la machine. Il titube un peu, défiant le monstre de métal du regard

"DERNIER AVERTISSEMENT : reconnaissez que ce film est à chier.
- Non ! En plus, dedans, il y a Gary Oldman, c’est signe de qualit-
- OUVERTURE DU FEU."

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Et dans un enfer de détonations et de tintement de douilles, le monde du cinéma perd un homme de mauvais goût.

Notre homme a-t-il mérité pareil sort ? Robocop est-il une bonne adapt…pfff, pardon, pardon. Bref, est-ce que ce film peut être vu sans faire une dépression dans la foulée ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : et quand on a plus d’idées, on achète des licences. Je vois.

Tout commence alors qu’un présentateur télévisé fait des bruits de gorge ressemblant à du patois ardennais pour se préparer à démarrer son émission en direct. Et ce présentateur, ce n’est pas n’importe qui : c’est Maître Windu, et son émission, c’est le Maître Windu Show. Ce film commence sous les meilleurs auspices.

Mais donc, qu’est-ce que c’est, le Maître Windu Show ? Hé bien c’est une émission avec un axe vaguement ultra-conservateur dans laquelle on parle du sujet chaud  du moment : la sécurité. Puisqu’en effet, la société Omnicorp, ou OCP pour les intimes, a développé une gamme de robots fort pratiques : les ED-209, gros robots bipodes, et EM-208, humanoïdes blindés, capables d’apporter la sécurité à chacun avec une grande efficacité. Ils sont déployés partout dans le monde et font des merveilles, sauf… aux Etats-Unis, où ce vieux rascal de sénateur Dreyfus (hé oui, ça ne s’invente pas) a fait passer une loi interdisant aux robots de faire la loi parce que les robots, c’est nul, ça plante, ça fout de l’huile partout et ça te demande si tu veux installer iTunes toutes les 20 minutes.

Du coup, le crime galope au pays du hamburger, alors que Maître Windu nous montre ce qu’il en est à Téhéran où il appelle une équipe de l’émission en direct, et où l’armée a déployé ces bijoux.

Le résultat est simple : il suffit aux militaires, journalistes et autres de porter un bracelet rouge spécial, et les robots font tout pour les protéger. Ils marchent donc autour d’eux, scannent les civils à la recherche d’armes, mais… alors que la caméra à Téhéran retransmet en direct les informations au Maître Windu Show, une bande de vilains terroristes attaque ! Et bardés d’explosifs, ils sautent sur et avec les robots ! Ces derniers, diablement efficaces, se débarrassent de la plupart des vilains sans trop de bobos mais la situation est un peu moins funky quand le fils d’un des terroristes, un peu con, sort dans la rue pour attaquer un robot ED-209… avec un couteau de cuisine.

Quelques secondes plus tard, il se fait donc détruire la gueule, ce qui est bien tant il paie pour tous les autres enfants énervants des films américains (même si cet enfant n’est pas vraimeeeeent américain).

Sur le plateau du Maître Windu Show, on relativise : okay, un enfant vient de se finir en pulpe, mais déjà il était vaguement muslimisant, et puis quand même, les robots ont bien fait leur boulot. Alors pourquoi ne pas les déployer dans nos rues ?

Bonne question, mais ce sera tout pour cette émission. Allons donc du côté de Détroit, où au poste de police, l’officier Alex Murphy rentre de mission un peu énervé, son partenaire Jack Lewis venant de se manger une balle. En effet, alors que tous deux étaient en mission d’infiltration déguisés en punks à chien dans le gang de Vallon, un vilain local qui trafique plein d’armes, et qu’ils avaient enfin rencontré ledit Vallon, celui-ci a reçu un mystérieux appel téléphonique le prévenant qu’il avait en réalité affaire à des agents de la maréchaussée (ils n’avaient pas leur canette de 8-6, c’est vrai que c’était suspect). Il a donc vite mis les voiles, laissé des hommes derrière-lui pour couvrir sa fuite, et dans l’affaire, Jack Lewis s’est donc mangé un pruneau.  Damned ! Alex a donc chargé le larron dans une ambulance et est parti au poste faire son rapport auprès de sa chef, Karen Dean.

"Alors Murphy, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Je vous file un super coéquipier qui était quand même Omar dans The Wire, et vous le laissez se faire plomber ?
- A) C’est mon meilleur pote B) Il est noir C) C’est un blockbuster, vous croyez qu’il allait lui arriver quoi ?
- Bonne remarque Murphy. Mais il n’empêche : pourquoi vous en êtes vous pris au gang de Vallon seuls ? Il fallait appeler du renfort !
- Vous savez très bien qu’il y a des flics corrompus ici, si j’avais appelé, on se se serait fait balancer encore plus tôt !
- Murphy…
- Mais regardez ! Ça fait deux ans que les agents Débilou 1 & 2 travaillent sur le dossier Vallon ! Ils n’ont pas procédé à une seule interpellation, ça vous paraît pas bizarre ?
- Bon je… j’en parlerai aux affaires internes. A l’occasion. Entre deux portes. Si je retrouve leur numéro."

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C’est vrai que le coup des mecs qui n’interpellent personne, c’est pas du tout suspect. Donc, durant deux ans, ils n’ont pas pensé une seule fois à arrêter un gars au hasard, ou même un membre du gang pour le garder quelques heures et le faire ressortir, histoire de faire semblant ? Non : ça fait deux ans que les mecs se mangent des fajitas dans leur bureau sans rien faire. C’est… brillant. Autre truc pas du tout suspect : le non-enthousiasme de la chef à réagir. Surtout quand Alex Murphy rajoute :

"En plus, les armes que Vallon vend dans les rues : d’après les premiers éléments de notre enquête, elles viennent des scellés de la police, alors hein !"

Mais comme seule réponse, la chef répond que, bah, boh, tu sais, bon, finalement, hein, tout ça, c’est pas si grave, on verra.

Hmm… je crois que je viens d’identifier trois traîtres alors qu’on est même pas à 15 minutes de film, dites-donc. Subtil tout ça. Ou alors c’est moi qui suis super fort. On va dire ça, on en est qu’au début après tout.

Bref, cela étant dit, allons donc du côté de Washington où se tient une convention de sosies de Julien Lepers et… non ? Ah non, pardon : c’est juste Raymond Sellars, le PDG de l’OCP qui est en audition face au sénateur Dreyfus, le fameux auteur de la loi sur l’interdiction aux robots de faire la loi. Attention, dialogue :

"Est-ce qu’un robot peut avoir le droit de vie et de mort sur un humain ? Non, Monsieur Sellars !
- Ecoutez, nos robots sont super performants et le crime est descendu en flèche de 80% partout où ils ont été déployés."

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Moi j’aurais ajouté "Et si vous voulez, comme ils sont blindés, je pense qu’on doit pouvoir les faire désarmer les gens sans les tuer assez facilement.", mais bon, c’est toi l’expert pépère.

"J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
- Hé bien ils font…
- Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
- Hé bien… rien.
- Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain !"

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Attendez ? J’ai bien suivi ? Les mecs utilisent comme argument "les sentiments du robot" ? Le problème, c’est pas qu’il bute des marmots, c’est qu’il ne ressente rien en le faisant ? Mais qu’est-ce que… non mais le raisonnement est complètement moisi, on peut le retourner : et si un humain bute un gosse, c’est okay ? Parce qu’il a des remords, se met à boire pour oublier, devient alcoolo, tape sa femme et son gosse et finit clodo du coup, c’est donc tranquille Emile ? Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Je vais tout de suite être clair : le pire truc de ce film, ce sont les dialogues. Surtout ceux impliquant l’OCP : quelqu’un a dû manger des pages (dans le meilleur des cas), c’est impossible autrement, puisque comme nous le verrons, ils n’ont strictement aucun sens. Vraiment.

Au passage : Maître Windu, du Maître Windu Show, qui semble gémir "Regardez ma carrière… tueeeez-moiiiii…."

Toujours est-il que, justement, l’OCP après s’être avouée vaincue par les arguments surpuissants du sénateur Dreyfus (faut-il être mauvais), se replie et réfléchit à comment faire pour que le marché américain accepte enfin ses robots. On propose bien une nouvelle campagne de communication, ou encore plus de graissage de pattes de sénateurs, mais ça ne suffit pas. Raymond Sellars a alors une idée : il sait comment contourner le problème ! Je vous passe la scène absurde qui s’ensuit à base de "J’ai une illumination", toujours est-il que Raymond court dans les labos d’OCP pour trouver le docteur Norton, expert en membres cybernétiques. En effet, OCP est leader dans le domaine, tellement que Norton est même en train de montrer à un guitariste amputé des deux mains qu’à nouveau, il peut jouer finement et délicatement, comme avec ses anciens membres, à part du Julien Doré puisque même les membres cybernétiques ont du goût. Mais bon, ça suffit les conneries : Raymond est là et il veut expliquer sa grosse idée :

"Norton, je viens d’avoir l’idée du siècle !
- Arrêter la coke ?
- Non, non, mieux ! Vous savez, la loi Dreyfus ? Les américains veulent l’efficacité des robots mais la conscience des humains : j’ai la solution !
- Des drones ? C’est jamais que des robots, mais avec des humains qui prennent les décisions.
- …
- C’était pas ça votre idée ?
- Merde, non. Putain c’est même pas dans le script. Non, mon idée c’est… c’est mettre un humain dans un robot.
- Ha oui, c’est un peu con quand même. 
- Bon. Ecoutez, on va faire avec : sélectionnez-moi des candidats potentiels pour qu’on les colle dans un robot, allez hop !"

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Et après avoir été convaincu que cela aiderait plein de gens, Norton, qui est un gros gentil, accepte. L’équipe d’OCP propose donc divers candidats, et c’est reparti pour du dialogue raté.

"Bon alors on a le sergent Bob. Amputé des bras et jambes, mais devenu obèse : il ne tiendra pas dans le robot.
- Non. Suivant. 
- Ah bon, on sait concevoir un surhomme mais pas faire une liposuccion ?
- Votre gueule, Docteur Norton, tenez-vous en au script. Suivant, disais-je?
- Là, on a l’officier Black. Il est complètement paralysé et seul un changement de corps pourrait le sauver. Par ailleurs, nos enquêtes d’opinion sur des publics tests le mettent loin devant tous les autres en terme de popularité.
- Il est parfait, on le retient. Montrez-voir le suivant ?
- Le sergent Bigballs. Ancien chef du SWAT, il a perdu ses deux jambes mais incarne toujours un idéal de virilité coolos.
- Il me plaît. Norton, votre avis ?
- Son dossier dit qu’il est instable psychologiquement. Vu ce qu’on devra faire subir au candidat, mieux vaut éviter.
- Bon, hé bien alors il faudra attendre qu’un autre pauvre type se fasse dégommer."

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Attendez, attendez, sérieusement ? Vous avez dit il y a UNE SECONDE que l’officier Black était parfait en tous points, et que lui, il était pas amputé : il était paralysé, les membres cybernétiques ne pouvant le sauver, c’est donc en plus le seul qui a une VRAIE raison de se retrouver dans un robot. Vous avez même dit que vous le "reteniez" ? Je… oh, misère, rater ses dialogues à ce point, c’est quand même dramatique. Bon bin, retournons du côté de l’ami Murphy alors.

Alex Murphy est donc parti à l’hôpital visiter son bon ami Jack Lewis, pour lui promettre qu’il va botter le cul de Vallon et ses sbires. Oui mais voilà : ce qu’Alex ignore, c’est que les agents Débilou 1 & 2 sont déjà allés voir Vallon pour lui dire que l’incorruptible Murphy était toujours à sa poursuite, mais que si il voulait s’en débarrasser, il serait à l’hôpital aujourd’hui. Vallon a donc envoyé un homme placer une bombinette sous la voiture de Murphy, quel déconneur celui-là !

Aussi, lorsque Murphy remonte dans sa voiture…

… rien. Ah ? Bon, bon. Peut-être qu’il va le faire péter sur la route alors ? Mmmm… non, Murphy arrive chez lui sans souci. Bon, bin à l’arrêt du moteur peut-être ? Ah bin non plus.

J’ai dû louper un truc. Murphy, donc, rentre chez lui et retrouve sa charmante femme et son fils, et s’empresse de mener une vie de famille exemplaire avec eux parce que c’est un vrai héros parfait. Puis, la soirée avançant, on envoie le petit au lit, et chez les grands, on se dit qu’il serait bien temps de copuler un peu, là, comme ça, allez hop, tu te mets en slip-chaussettes s’il te plaît. Alors que nos larrons commencent à peine à se mettre en jambe avec des préliminaires comme le chameau volant ou la tornade du Bénin, voilà que l’alarme de la voiture se déclenche. Roooh. Relou. Murphy laisse donc Madame en plan et va donc tenter de couper le bousin, mais la télécommande ne marche pas, bordel de pipe. Il va donc tenter de couper tout cela manuellement, et en ouvrant la portière de la voiture…

BOUM !

Si c’était pour faire ça, pourquoi attendre aussi longtemps ? Nous ne le saurons jamais. Mais si ce n’était que ça !

Ah oui, okay. Donc les mecs se sont compliqués la vie à poser la bombe, la laisser sous la voiture des heures, attendre que Murphy soit chez lui puis, pour se marrer, ont piraté l’alarme du véhicule pour tout faire péter à ce moment là. Ça n’a strictement aucun sens, c’est génial. Madame la marchande, je vais reprendre du pop-corn au Xanax s’il vous plaît.

Résultat des courses : l’ami Murphy a été transformé en merguez. OCP repère donc son dossier et explique à sa femme que son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau, du coup, le chameau volant, il risque plutôt de rester à faire du roulis sur la piste. Ah bin oui, hein, c’est dur.

Pardon ? Oui, l’OCP, qui deux scènes plus tôt était le leader mondial de la prothèse cybernétique est en train d’expliquer que les bras ou jambes coupés, pfou, ils voient pas comment faire.

Tous les dialogues. Tous. Sans exception.

Bref, ils proposent à Madame Murphy une nouvelle procédure pour le sauver et lui donner une seconde chance. Et après une grosse hésitation, et puisqu’elle doit se décider vite, elle signe.

Murphy est donc plongé en plein rêve, persuadé que tout va bien, jusqu’au moment où il quitte ce songe merveilleux dans lequel il jouait à Twister avec Françoise Boufhal pour se retrouver dans un laboratoire, attaché à une sorte de chevalet futuriste, avec en lieu et place de Françoise le professeur Norton, qui porte quand même drôlement moins bien la blouse, marrant ça. Murphy, a moitié shooté, se demande donc ce que c’est que ce bordel.

"Gnu… où… où suis-je ? Où est ma femme ? Je me souviens que j’étais chez moi avec elle et que j’allais lui faire l’amour, et puis… le trou noir.
- Vos métaphores anales ne m’intéressent pas, Murphy. Toujours est-il que votre femme va bien, votre fils aussi et… vous aussi. Tenez : Simone, ouvrez les verrous de sa colonne et de ses bras."

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Un bruit mécanique plus tard, Murphy peut tourner la tête et bouger les bras, et constate que dis-donc, ils sont engoncés dans une sorte de grosse armure qui ne laisse dépasser que sa main droite.

"Qu’est-ce que… libérez-moi !
- Très bien, très bien : Simone, ouvrez les verrous restants. Murphy, essayez de faire quelques pas."

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Cliquetis, cliquetas, et hop ! Notre héros est libre de ses mouvements et confirme : il est bien bloqué dans une sorte de grosse armure qu’on refuse de lui enlever. Un peu bougon, il se met donc à courir partout pour essayer de fuir ce lieu où l’on veut le retenir, et gambade donc au travers du laboratoire futuriste, fuyant dans tous les couloirs avant de traverser un gigantesque atelier plein d’asiatiques, ce qui lui fait peur (pas seulement parce qu’il est un peu raciste) puisque ça voudrait dire que si ça se trouve, son armure est du Made in China, puis atteint l’extérieur où il découvre que non seulement il court désormais super vite, mais en plus, peut franchir le mur d’enceinte d’un seul bond. Ce qu’il fait avant de tomber… dans une rizière, au milieu des paysans, puisqu’en Chine, les usines super sensibles sont toujours installées au milieu des rizières, c’est comme ça, ça permet de manger bio à la cantoche. Norton, voyant que Murphy ne compte pas revenir, appuie donc sur le gros bouton "Dodo" et Murphy s’effondre donc lamentablement le temps que l’on vienne le récupérer.

Coup de bol, il tombe sur le dos. Sinon, j’imagine bien Norton "Allô, Raymond ? Oui, tu sais notre dernier projet ? Bah, il s’est endormi dans une rizière et s’est noyé dans 2 centimètres d’eau.  On a d’autres candidats ?"

Bref, Murphy se réveille à nouveau dans le laboratoire de l’ami Norton, qui tente de le calmer un peu.

"Murphy, nous avons commencé du mauvais pied tous les deux… hihih, mauvais pied… 
- …
- Non mais c’est parce qu’on vous a ampu… ho et puis merde, Murphy.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
- Hé bien vous avez été victime d’une bombe, vous étiez tout brûlé, il vous manquait un œil, un bras, une jambe, 80% de votre corps était brûlé…
- Je veux me voir !
- Soit : Simone, faites sortir le gros miroir du sol."

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Scientifiques qui me lisez, si votre laboratoire n’a pas au moins un méga-miroir dans le sol, sachez que vous êtes dans un truc de gros nazes : c’est quand même évident que tout laboratoire sérieux devrait avoir ça. Toujours est-il que Murphy se voit enfin dans sa grosse armure, et Norton commande alors le démontage de celle-ci pour montrer ce qu’il reste de lui : et visiblement, pas grand chose, puisque plus l’armure s’en va, plus il y a de vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus… que la tête de notre héros, ses poumons et sa main droite (et encore, reliée par un vieux boudin en métal, il n’y a même plus de bras).

"Haaa ! C’est affreux ! 
- Je sais Murphy et…
- Qu’avez-vous fait ?
- C’est-à-dire que vous étiez dans un sale état comme je vous l’ai dit et…
- Non, c’est pas ça ! Pourquoi avez-vous bossé comme des charlots ?
- Pardon ?
- Bon sang ! Mon corps était brûlé à 80% et comme par hasard, mon visage, lui, est impeccable ! 
- Heu… on l’a refait avec notre super technologie ?
- Vous savez refaire la peau du visage mais pas celle des bras ou des fesses ? Vous aviez la technologie pour me soigner mais ne l’avez utilisée que pour me faire une jolie tête ? En plus même le mec de Robocop 1 dans les années 80 avait l’air plus crédible ! On voit bien que je suis juste un acteur avec un costume et une cagoule !
- Hem je… attendez… je suis sûr que…
- Et l’armure ! Bon sang, vous pouviez pas juste me mettre une exo-armure, justement ? Et remplacer les membres manquants avec de la cybernétique ? C’était moins cher et moins traumatisant !
- Non, je suis sûr que… qu’il y avait une excellente raison…
- Excellente raison qui ne marchait pas pour mon corps mais qui fait que vous m’avez quand même remplacé l’œil kaput justement avec la technologie en question ?
- Je…
- Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
- Votre autre main ?
- Noooon, pas exactement.
- Ho.
- Non mais… bordel, allez : remettez-moi mon armure. Et je ne veux même pas d’explication sur pourquoi les prothèses que vous filez aux guitaristes sont maniables et silencieuses quand votre armure qui est autrement plus élaborée bouge comme un jouet pour enfants. Vous m’avez remonté avec des pièces de R19 ou bien ?
- On va s’arrêter là pour aujourd’hui Murphy, d’accord ?"

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Ce film est dramatique. Rien n’a aucun sens. Et on est encore loin d’être rendus, c’est… je n’arrive même pas à m’expliquer comment on peut rater autant de trucs.

Jeu : l’un de ces deux films a eu un budget 8 fois inférieur à l’autre et 27 ans de plus. Sauras-tu retrouver lequel a fait un minimum d’efforts pour le maquillage de cyborg ?

Toujours est-il que Murphy a le droit à une petite vidéoconférence avec sa femme pour lui dire que hihihi, il va bien, il rentre bientôt, mais que là il a encore besoin de s’adapter à son nouveau corps, tout ça, sinon il va glisser sur le parquet à la maison et ça va être le bordel. Sur ces entrefaites, il est présenté à Maddox, le patron des robots chez OCP, qui évidemment, a la psychologie d’un chou, et encore, pas un chou frais frais, et passe donc son temps à insulter Murphy en lui disant que c’est une chose, pas un humain, quand bien même on lui a expliqué l’exact contraire. Le procès pour harcèlement n’est pas loin.

Ou celui au dialoguiste, vraiment.

On présente donc ses nouvelles armes à Murphy, que nous pouvons désormais appeler Robocop, je pense. D’abord, une mitraillette qui envoie de gros pruneaux, et ensuite, un taser qui envoie 12 millions de volts, mais ça va, tu le vis bien. Cela fait, on lui propose d’aller dans un simulateur reproduisant à la perfection un exercice, avec face à lui, un robot humanoïde EM-208 qui doit affronter la même simulation. Le résultat est sans appel : défoncer 12 terroristes et libérer 3 otages prend 48 secondes pour le robot, 53 pour Robocop.

Parce que l’humain, lui, réfléchit avant chaque action.

Exactement ce que l’OCP voulait.

Du coup, que se passe-t-il lorsque Norton annonce les résultats à l’OCP ? Hé bien l’ami Raymond s’exclame "Noooon ! Il est moins performant que nos robots, c’est un produit défectueux ! Corrigez immédiatement cela, docteur Norton !"

Dites les mecs, ça vous dirait de regarder votre propre film à un moment ? Non parce que je résume : la loi Dreyfus est contre les robots qui font la loi à cause d’arguments essentiels comme "Ça a pas de sentiments liés à ses actes".  Vous créez donc un humain robotisé justement pour cette raison. Le résultat est sans appel : les réflexions et les sentiments sont si présents qu’on peut même observer clairement la différence à l’exercice face à un robot. Et franchement, je pense que tout le monde se tape cordialement du fait qu’il mette 5 secondes de plus pour arrêter des terroristes si ces 5 secondes sont passées à faire des trucs comme réfléchir à ses actes.

Hé bien non. Chez l’OCP et ses dialogues honteux, on a pas compris et on commande un truc absurde.

Du coup, Norton se met au boulot et modifie un peu la programmation de Robocop. Et pour la présenter, il propose à Robocop d’affronter Maddox, qui est aussi un sacré militaire, accompagné d’environ 50 EM-208, le tout à balles réelles bien sûr, histoire de foutre en l’air le maximum de pognon. Et dire que dans la scène d’avant, un simulateur suffisait. Madame la marchande ? Oui, avec les pop-corn au Xanax, je vais prendre un Miko au Lexomil. Merci, vous êtes bien urbaine.

Bref : Robocop, qui a aussi eu le droit à une modification de son armure pour qu’elle fasse noir et cool suite à d’autres enquêtes d’opinion, colle une grosse branlée aux 50 robots qui l’attaquent comme il se doit par groupes de 1. Il finit même par taser le pauvre Maddox, qui est bien surpris et sent donc très fort le grillé, la défaite, et bien sûr le caca. Dans la salle de commande, Raymond et ses amis sont ravis et pas seulement à cause de leur scatophilie galopante : comment Norton a-t-il obtenu un résultat pareil ?

"Hé bien, je suis un personnage gentil mais là, j’ai décidé qu’en situation de combat, l’armure de Robocop prendrait le dessus. C’est donc une intelligence artificielle tout simplement encore plus performante que celle de nos robots qui combat à sa place et lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions. Et sitôt le combat terminé, lorsqu’il relève sa visière, c’est à nouveau Murphy qui est aux commandes et est persuadé qu’il a tout fait lui-même.
- Mais c’est génial Norton ! Vous êtes un gentil, mais menteur, manipulateur et sans éthique ! Un robot qui fait tout avec un humain dedans juste pour l’image… je suis sûr que ce n’est pas du tout un coup à se bouffer le procès du siècle ! Vite, on le ramène à Détroit, il est temps qu’il montre ce qu’il sait faire !"

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Et ni une, ni deux, Murphy est ramené à Détroit. Et a le droit d’aller visiter sa famille : tout le monde est un peu étonné de le voir ainsi, parce que ça va être moins pratique pour le chameau volant quand même, ils se sont un peu foutus du monde chez OCP. Mais bon, il est envie, alors c’est cool quand même.

Et puis au bout de 5 minutes, Murphy se casse, parce que oui, il rêve de revoir sa famille depuis des mois, mais en fait, bof. Et sa famille trouve ça tout à fait normal. Bin écoutez, évidemment, c’est bien naturel tout ça, allez hop, passons à la suite ! Non mais… bon. Il y en a tellement que tout relever est vraiment compliqué tant c’est navrant. Toujours est-il que Murphy part pour le commissariat où a été installé le laboratoire où il peut dormir pendant qu’on lui fait la vidange et les plaquettes de freins. Il y retrouve son coéquipier Jack Lewis, fraîchement rétabli et prêt à repartir pour la tatane. Consigne est donnée d’attendre le lendemain, où le commissariat va présenter officiellement Robocop à la population de Détroit.

Dès le lendemain, et 5 minutes avant la cérémonie de présentation, Norton travaille donc à… à…

… à faire une procédure expérimentale et dangereuse d’upload de toutes les bases de données de la police directement dans le cerveau de Murphy ? Mais ? Non mais arrêtez, vraiment ! Vous faites vraiment vos expériences 5 minutes (et je n’exagère pas : pendant qu’il joue avec son cerveau, les gens viennent leur dire "Vite, vite, le discours du maire va se terminer !") avant une présentation publique critique ?

Evidemment, ça ne rate pas : ça tourne mal. Toutes ces images de crimes (sans compter les Go de porn stockés sur les serveurs de la police) dans le crâne font que Murphy commence à délirer un peu, surtout lorsque les images des caméras ayant filmé l’explosion de sa propre voiture arrivent. Il les consulte en boucle sur sa super interface visuelle, et comme il fait vraiment une grosse crise, Norton décide de modifier sa chimie cérébrale jusqu’à ce qu’il ne ressente plus la moindre émotion. Ce qui fonctionne  : Murphy se calme, et sitôt mis sur pieds, il s’exprime comme un cyborg, ignorant jusqu’à son bon ami Lewis et même sa famille qui l’attendait dans un couloir voisin. C’est pas très très sympa, Robocop, à mon avis tu vas coucher sur le clic-clac cette nuit.

Sauf qu’en arrivant sur l’estrade où le maire et les officiels de la police l’attendent devant une foule en délire, Robocop se comporte encore plus étrangement.

En effet, il scanne en effet la foule, et comparant le tout avec sa base de données nouvellement téléchargée, y reconnait Zug l’éventreur, un criminel recherché pour meurtres et autres trucs peu ragoûtant, en cavale depuis 6 ans.

Et oui, le mec en cavale depuis 6 ans a décidé de se pointer à l’inauguration de Robocop.

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"Je t’arrête, Zig l’Eventreur ! Et j’espère que ton complice viendra au bal de la police !"

N’en jetez plus, je ne vois même pas comment on peut continuer à s’enfoncer. Faisons confiance à Roboscript, qui dépasse tous les humains dans le domaine (c’est un scénariste qui a survécu à l’explosion de son stylo Bic et à demi défiguré, a été reconstitué à partir de morceaux d’Amiga 500).

Autant vous dire que Robocop fend la foule et tombe sur le coin du nez de Zug l’éventreur, lui tasant sévèrement les roudoudous avant de l’arrêter et de lui lire ses droits. Du coup, le soir même, au Maître Windu Show, c’est un peu le Eugène Saccomano Show, avec un sacré enthousiasme à base de "Holololololo, comment Robocop il a défoncéééééééééé le crimineeel ! La police doit être dééég’ ! Et le sénateur Dreyfus, bouuuuh comment il s’est trop planté : whololololooooooooo les robots, ça déchiiire !". Etc.

Du coup dans les jours qui suivent, Robocop se voit confier un solex (avec des néons en dessous, typique des véhicules de la police, c’est connu, même un véhicule ils le ratent, ils sont forts) et va faire la justice sur sa mobylette. Grâce à la base de données de la police et les caméras situées partout en ville, il peut ainsi localiser les criminels ou leurs complices très facilement, et donc remonter les filières à coups de tasers, de main dans la gueule et d’acrobaties en moto. Et les méchants n’y résistent pas.

D’ailleurs, notez bien un truc : tout le monde est sur le cul parce que Robocop est super efficace. Mais aux dernières nouvelles, les caméras qui apparemment font de la reconnaissance faciale ainsi que la base de données de la police étaient là avant lui. Du coup, le point fort de Robocop, c’est qu’il n’y a que chez lui qu’on a installé un ordinateur qui recoupe les deux. En fait, depuis des années, la police de Détroit avait l’outil ultime mais n’avait juste pas pensé à s’en servir : on regardait les caméras OU la base de données. Alors que chacun sait que rien qu’aujourd’hui, même un vulgaire utilisateur des forums HFr sait croiser le "topic des images étonnantes" avec la "base de données des actrices pornos" pour faire son marché. Bon, ça ne fait pas baisser la criminalité, par contre l’industrie du sopalin a compris depuis longtemps que c’était une chouette idée.

On en conclura donc naturellement que la police de Détroit est un peu moins rusée que l’industrie du sopalin, mais là n’est pas le sujet.

Puisqu’un jour que Robocop sort du commissariat sur son solex étincelant, voila-t-y pas que sa femme surgit au milieu de la route.

"Alex ! Alex, c’est moi, ta femme ! Tu dois me parler.
- Circulez citoyenne ou je vous tase la gueule puis je fais des acrobaties en mobylette.
- Alex, regarde-moi ! Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait… on dirait qu’ils ont supprimé tes sentiments, et du coup, ils m’empêchent de t’approcher pour ne pas que je t’aide à les retrouver ! Alex, ton fils a besoin de toi ! Il est traumatisé par tout cela !"

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Robocop a tous les processeurs qui tournent à fond les ballons : qu’est-ce que ces que ces carabistouilles de civile ? Il consulte donc sa base de données et observant les vidéos de l’école locale, voit en effet son fils qui a l’air assez malheureux sur celles-ci. Robocop décide donc de laisser tomber les appels de détresse en cours : il a un truc à faire, désolé mamie qui se fait tabasser ou à toi qui découvre l’ambiance chaleureuse d’une cave avec des petits camarades aussi nombreux que turgescents. Il démarre donc sous le nez de sa femme sans dire un mot, et du côté du laboratoire d’où on suit les performances de Robocop, tout le monde s’affole : le bougre est en train de voir ses sentiments revenir ! La machine ne peut vaincre l’homme qui est dedans ! Le policier d’acier se rend donc chez lui, où des souvenirs de son passé lui reviennent doucement, pendant qu’il sort de sa super mémoire tous les dossiers concernant l’attentat qui a fait de lui ce qu’il est.

Et il décide donc de reprendre l’affaire. Fuck yeah.

Pour commencer, il va voir Débilou 2, à qui il éclate le museau afin d’obtenir des informations : où se planque Vallon ? Il sait qu’il est ripou, alors parle, mécréant ! Débilou 2 explique donc qu’il ne sait pas où est Vallon mais a le numéro de téléphone de son chauffeur. Robocop laisse donc Débilou 2 partir puis utilise le numéro pour localiser le vilain, et donc probablement Vallon qui doit être avec. Puis il enfourche sa moto, allume les phares et…

Et…

On était en plein jour, non ? Robocop venait de prendre son service, nous étions en matinée… bon, bin il fait nuit. D’accord, encore une fois : grosse qualité, vraiment. Rappelons que le premier Robocop a coûté 13 millions de dollars, celui-ci, 100. Et malgré tout, il arrive à contenir infiniment plus de trucs complètement ratés : on va dans le bon sens. Enfin : Robocop part donc faire le zazou en solex, et file donc droit vers un entrepôt où le téléphone du chauffeur de Vallon a été localisé. Vallon qui reçoit justement un coup de fil qui le prévient que Robocop arrive : aux armes !

"Bon, les gars, tout le monde s’équipe et vite ! On a le nouveau flic, là, Robocop qui arrive vers nous ! Quand je pense que Débilou 1 & 2 m’avaient dit que jamais il ne remonterait jusqu’à moi… bon, écoutez, mes taupes chez la police me disent que l’armure du bonhomme résiste à tout ce qui est en dessous du 50 mm, donc tirez au gros calibre et visez la tête, puisque ses concepteurs lui ont étrangement mis une visière au lieu d’un casque complet ! Et n’ont pas pensé à couvrir sa main droite, d’ailleurs ! Ils devaient être un peu cons.
- Alors que nous, on l’est pas, hein chef ?
- Ça non ! J’ai même un super plan : on est des humains, c’est un robot…
- Oui ?
- On va donc éteindre toutes les lumières et mettre nos lunettes de vision nocturne : ce sera un peu moins pratique pour nous, mais je suis sûr que les robots ne voient pas dans le noir !"

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… ceci n’appelle même pas de commentaire, je crois.

De toute manière, Robocop a une visière qui brille pour que ceux qui n’auraient pas la vision nocturne sachent où tirer. Sympa, vraiment.

Bon bin, comme ils sont dans le noir et avec une visibilité réduite malgré leurs accessoires et que Robocop se moque vaguement de la luminosité, il leur colle une branlée comme il se doit, et tue Vallon dans l’affaire, qui n’était pas chaud-chaud pour se rendre de toute manière. Il en profite pour analyser l’arme que portait Vallon avec son super scanner : il y a dessus… les empreintes de Débilou 1 & 2 qui prouvent que ce sont bien eux qui faisaient sortir des armes des scellés de la police ! Robocop repart donc vers le commissariat sur son fidèle destrier et va y trouver son copain Jack Lewis, tout heureux de voir que Murphy a retrouvé ses sentiments et donc, son humanité.

"Viens voir, ça va être intéressant !"

Ils vont donc dans le bureau de Débilou 1 & 2, comme toujours occupés à manger des fajitas et diffuse pour les humilier sur tous les canaux publics les preuves qu’il a contre eux comme… que… ho… non… la conversation enregistrée de Vallon et Débilou 1 & 2 parlant de tuer Murphy peu avant l’explosion de sa voiture ? C’était une caméra d’un lieu public, et les deux flics ripoux depuis des années n’ont pas pensé à, par exemple, chercher ce genre de données pour s’en débarrasser ? Sachant qu’ils avaient dit plus tôt dans le film que si, justement, c’est exactement ce qu’ils faisaient ? Bon, vous en voulez encore ?

Alors accrochez-vous, c’est pas fini.

Après avoir arrêté les deux bougres en direct et leur avoir tasé la gueule, il se rend dans le bureau de Karen, sa chef, et la menace elle aussi de son arme en lui expliquant : il a remonté le numéro de téléphone qui a prévenu Vallon. C’est le sien. C’est donc pour ça qu’elle ne faisait – très discrètement – rien contre Débilou 1 & 2 ou les vols de scellés : elle était avec eux !

Et puis là, pouf.

C’est parti pour encore plus de non-sens : soudain Norton se dit que c’est super dangereux tout ça, que Robocop risque de la tuer pendant qu’il diffuse toujours en direct ce qu’il voit, et donc, il appuie sur le bouton "Dodo" de Robocop.

Mais arrêtez, arrêteeez ! Ça n’a aucun sens ! Pourquoi il l’aurait tuée sachant qu’elle avait été moins impliquée que Débilou 1 & 2 qu’il a juste tasés ? Hein ? Il était en train de l’arrêter en direct !

On est plus à ça près. Robocop est donc transporté jusqu’à son laboratoire pour se reposer un peu, pendant qu’au Maître Windu Show, c’est la grosse folie : Robocop a résolu sa propre tentative de meurtre et découvert des gens corrompus chez les agents de la maréchaussée… ce qui ne serait jamais arrivé à des robots ! Tout ça est excellent pour les partisans du déploiement des robots sur le territoire !

Chez OCP, on fait donc une petite réunion : cette semaine, les nouvelles ont été bonnes : depuis l’arrivée de Robocop, le sénat s’est complètement retourné et a voté pour virer la loi Dreyfus. OCP va donc pouvoir déployer ses machines sur tout le territoire ! Et puis quand même, cette histoire de Robocop qui prouve que les humains sont moins fiables que les machines… non, vraiment, c’est super. Même s’il a agi de son propre chef. Du coup, il y a ce dialogue merveilleux :

"C’est un héros. Et vous savez ce qui est plus grand qu’un héros ?
- … (NDlOC : un super héros?)
- Un héros… MOOOOOORT ! Maddox : allez tuer Robocop ! Je mets au courant Norton. Et dites à Mme Murphy de venir ici, on lui dira qu’il est mort lors d’une crise parce que c’était un prototype."

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POURQUOI ? POURQUOI ? ARRÊTEZ CE FILM, JE VEUX DESCENDRE ! TOUS les événements prouvent que Robocop va clairement dans votre sens ! Vous faites super attention à votre image ? Tout le monde l’adore ! Il agit de son propre chef ? C’est pour mieux montrer qu’il surpasse les humains et donc ça vous sert ! Arrêteeeez, écoutez-vous parler, vos dialogues n’ont aucun sens !

Il n’empêche que Madame Murphy, elle, reçoit un appel de OCP où l’ami Raymond l’invite à lui rendre visite avec son fils et lui annonce le décès d’Alex Murphy, alias Robocop, disant qu’il est mort, comme ça, pouf,  c’est vraiment trop ballot, maintenant t’es gentille et tu dégages. Pendant ce temps, au laboratoire de Robocop, deux militaires sont là pour tuer Murphy. Mais ? C’était pas à Maddox de le faire ? Bon, on va dire qu’ils bossent pour Maddox qui leur a dit de très discrètement, menacer tout le monde avec des fusils d’assauts en attendant qu’il arrive, comme ça, ce sera super discret. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur : j’essaie de sauver le film, là, mais j’ai du mal même en extrapolant.

Heureusement pour Robocop, Norton, qui n’a guère apprécié le plan de l’OCP, décide de sauver notre héros d’acier : il le réveille donc pour qu’il colle sa branlée aux deux militaires, puis l’informe que l’OCP veut le tuer. Il n’en faut pas plus à Robocop pour partir en mission au QG local histoire de tataner Raymond Sellars, le PDG qui a commandité l’affaire. Et non, il ne demande pas de preuves : on le réveille, on lui dit "Tue ces gens, là, ils sont méchants et ensuite va tuer le mec là-bas" : il le fait. Il est bien brave ce Robocop. Voilà voilà.

A l’OCP, l’alarme est donc sonnée : Robocop est vivant et arrive ! On déploie donc les ED-209 pour qu’ils l’empêchent d’entrer, mais bon, Robocop étant fort, rapide, et accessoirement le héros, il s’en débarrasse bien vite et se fraie un chemin dans les hauteurs du bâtiment. Il est en plus appuyé par un véhicule du SWAT mené par Jack Lewis venu aider son coéquipier. Et qui plutôt que de dire "Les mecs, c’est la police, on prend le contrôle du bâtiment, coupez la sécurité" décide plutôt de se battre contre l’OCP avec sa kikounette et son couteau. Pourquoi, sachant que tu as l’autorité pour ne pas avoir à le faire ? Trop de pourquoi depuis le début de ce film. Passons au comment.

Comment nos héros progressent-ils donc ? Au fusil. Vont-ils vite ? Plutôt, oui. Ça se passe bien ? Pas forcément, surtout lorsque surgit Maddox (que Robocop avait croisé sur la route en fonçant vers l’OCP, mais visiblement, le bougre a trouvé le temps de revenir, de passer devant Robocop sans se faire voir, d’aller se changer pour mettre son armure et de revenir l’attendre sur son chemin ou alors, il s’est téléporté parce que ce film est écrit avec un étron comme stylo – j’ai été clair, le bic a défiguré le premier scénariste, suivez un peu). Parce que voyez vous, l’ami Maddox porte l’un des fameux bracelets rouges qui font que les robots le protègent… et donc que la programmation de Robocop l’empêche de lui tirer dessus !

Maddox sait que Robocop est là : il a entendu "LA BASE DE DONNEES DES VIRUS A BIEN ETE MISE A JOUR" venant de derrière un poteau

C’est ballot.

Heureusement, Jack Lewis arrive et d’un pruneau bien placé, tue Maddox. Mais se fait plomber en retour par les méchants. Robocop se penche donc sur lui après avoir tué le dernier malandrin.

"Ta blessure n’est pas mortelle. Une ambulance est en route.
- Pourquoi… ai-je encore pris une balle ?
- A) Tu es mon meilleur pote B) Tu es noir C) C’est un blockbuster, tu croyais que…
- Oui mais deux fois le même poncif, faut en vouloir pour le faire dans un seul film. Et puis, ta gueule en fait, continue sans moi."

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Robocop arrive donc au sommet de la tour de l’OCP où se trouve un héliport, et où attendent quelques gardes, Raymond Sellars, et en otage, la famille Murphy.

"Tu n’aurais jamais dû venir ici, Robocop ! Je t’ai créé, je peux te détruire !
- Raymond Sellars, vous allez me suivre, mort ou vif !
- Meuheuheu, regardez, regarde ! J’ai un bracelet rouge moi aussi, tu ne peux rien me faire ! Quel dommage que mes gardes n’en aient pas eu ou même mes propres robots entre eux ! Maintenant que j’y pense c’est… mmm… non, c’est sans importance."

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S’ensuit le discours habituel du méchant qui explique qu’il va gagner, que tout est fini, etc. Sauf que Murphy n’étant pas complètement machine, sa part d’humanité et donc de jeune ado rebelle dans le vent lui permet de surmonter la programmation et il parvient à tirer sur le pauvre Raymond – c’est étonnant – et donc à sauver sa famille. Raymond a le temps de lui tirer dessus avec un pistolet rikiki en s’effondrant, et si jusqu’ici Robocop a survécu a une pluie d’obus, le tout petit pistolet l’envoie direct au sol. Robocop est-il mort ? Ce film est-il une blague ?

Evidemment que non (en tout cas, pour la première question) ! Sauvé par Norton, et son armure réparée et revue pour être grise et ornée du logo de la police de Détroit, il est déjà prêt à reprendre du service : tremble, crime !

Et pendant ce temps, au Maître Windu Show, on râle : suite à ces événements, le gouvernement américain vient à nouveau de refuser le déploiement de robots sur son territoire : tant pis pour les profits de l’OCP ! Pardon ? Cette décision ne devrait avoir aucun rapport avec les derniers événements, puisqu’aucun robot n’a merdé aux dernières nouvelles, au contraire ? Allez, une incohérence de plus pour la route !

C’est donc sur le visage d’un Maître Windu grognon que tout vire au noir (je t’ai vu ricaner, au fond) et…

… FIN !

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"Où… où suis-je ?"

Berthier ouvre péniblement les yeux, aveuglé par la lumière des néons au-dessus de lui. Bientôt, il voit se pencher sur lui le visage bienveillant du PDG d’Odieux CorP, un cigare en bouche.

"De retour dans le monde des vivants Berthier ?
- Vous ? Mais… c’est impossible, je suis mort !
- Hahaha, si vous parlez de cette histoire avec le DIEGO-209, c’est oublié. 
- Mais où est-il ? Il faut l’arrêter !
- Bof, ça c’est fait tout seul. On l’a envoyé à Hollwood comme prévu, il y avait trop de mauvais goût : il est tombé à court de munitions, au bout d’à peine deux minutes. 
- Ho et… mais attendez, je ne sens pas mon corps !
- C’est normal. Vous étiez dans un état lamentable quand nous vous avons récupéré. Heureusement, le gouvernement français nous a proposé un partenariat pour créer un policier… parfait. Avec leur financement et nos connaissances, vous donner une seconde chance a été un jeu d’enfant."

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Berthier roule ses yeux dans toutes les directions, essayant de voir ce qu’il est advenu de son corps. Notant son inquiétude, le PDG le rassure aussitôt.

"Vous êtes une sacrée machine de guerre, Berthier : armure en plastique recyclable, armature en fer forgé, Bi-bop intégré, connexion Minitel illimitée, vous allez montrer ce que c’est que le savoir faire français !
- Mais… je… je ne peux pas affronter le crime avec…
- Le crime ? Mais non regardez : vous avez une petite imprimante sur le torse qui vous permet d’imprimer des PV. Vous avez accès à la base de donnée de tous les parcmètres, et regardez, le truc rigolo : si je bouge ma main très vite devant vous…
- FLASH
- … et voilà !
- Je… est-ce que mon œil droit vient de vous flasher ?
- Radar intégré ! Vous êtes désormais l’outil ultime de la loi et de l’ordre en France, vous êtes…"

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Il laisse, comme à son habitude, la phrase tourner pour mieux la savourer, puis la conclut :

"…MUNICIPAL ROBOCOP"

Et Berthier s’évanouit dans un long gémissement se mêlant à la sonnerie de son Bi-Bop.

"Commissaire Gordon, commissaire Gordon !"

Le commissaire souffla dans sa moustache en se retournant pour fixer le jeune policier qui venait d’arriver sur le toit du commissariat, dégoulinant de sueur. Il s’étonna, en le fixant, des traits poupins de son visage : Gotham devait être en bien mauvaise posture pour que l’on en soit à recruter de pareils jeunots.

"Que se passe-t-il ?
- C’est… c’est incroyable ! On vient de perdre le contrôle de l’asile d’Arkham !
- Pour la 279ème fois ? C’est fou. 
- Bin oui… en attendant, toujours aucun signe de Batman ?"

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Le commissaire fixa le projecteur à côté de lui, braqué vers le ciel. Depuis des jours, ils tentaient de joindre le seul homme encore capable d’arrêter le chaos en ville, mais le chevalier noir ne s’était pas montré. Chaque nuit, l’anarchie gagnait un nouveau quartier, et les forces de l’ordre perdaient peu à peu du terrain. Les malfrats avaient une nouvelle arme, et il y avait fort à parier que Gotham tomberait bientôt, Batman avait échoué. Les forces du mal avaient été plus rusées que le plus rusé des justiciers.

Oui, pensa le commissaire, ils se sont montrés plus malins.  Fixant le ciel, il grimaça en voyant que le projecteur n’illuminait plus rien.

En effet, les malfrats avaient découvert le site de Météo France, et attaquaient désormais les nuits sans nuage. Sans nuage, pas de surface pour refléter le projecteur, sans projecteur, pas de Batman. Les bandits ne reculaient devant rien : qui aurait pu prévoir plan aussi diabolique ?

"Tout le monde", grommela Gordon dans sa moustache. "A part ce blaireau de Batman". Mais il se ravisa : après tout, qu’attendre d’un héros si mauvais que toute sa trilogie était entachée de décisions incohérentes et de plans foireux ?

Il repensa à comment tout cela avait commencé. Avec Batman Begins.

Comment Bruce Wayne est-il devenu Batman ? Pourquoi choisir une tenue de chauve-souris ? Chevalier noir, ou plutôt marron ? Ni une, ni deux, reprenons au début d’une série dont nous n’avions évoqué que le troisième volet, et spoilons mes bons !

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L’affiche : Batman, ce héros si sombre qu’il s’habille comme un collégienne mal dans sa peau. Respect.

Tout commence du côté de Gotham City, riante mégalopole nord-américaine alors que dans un riche manoir de la campagne voisine, deux enfants s’amusent follement (mais hélas pas au jeu du foulard) : Bruce Wayne, garnement et fils unique du couple de multimilliardaires possédant les lieux, et Rachel, son amie malgré le fait qu’elle ne soit pas aussi prout-prout que lui. Tout irait pour le mieux si, lors de leurs jeux, ce gros blaireau de Bruce ne se vautrait pas lamentablement au fond d’un puits oublié, menant aux souterrains sous la demeure Wayne. Plus de peur que de mal, et c’est le cas de le dire, puisque si Bruce n’est pas blessé, il n’en est pas moins agressé par les chauve-souris qui logeaient là. Et les tournantes de rongeurs volants n’étant pas parmi les hobbys favoris des enfants, le jeune Bruce sort de l’expérience quelque peu traumatisé. Il en fait des cauchemars la nuit : ah, toutes ces chauve-souris qui l’insultent, lui disent des choses sales, puis dessinent les courbes de son postérieur de leurs ailes de cuir en lui chuchotant à l’oreille que tout va bien se passer, qu’elles aiment juste la spéléologie,… bref : il se réveille souvent sale.

Aussi, un jour, Papa et Maman Wayne ont une super idée : s’ils emmenaient leur fiston à l’opéra (les enfants adorent) voir une représentation pleine de chauve-souris ? Ah, on sent qu’ils sont riches : ce serait maman qui laverait les slips, on aurait pas entendu le même refrain. Mais qu’importe : les Wayne se rendent sur place en utilisant les transports en commun, comme par exemple le métro aérien (sachant qu’ils habitent à la campagne dans un manoir solitaire à l’écart, il faudra m’expliquer comment ils ont fait leur coup : ils ont marché jusqu’à Gotham City ? Ils ont appelé un taxi pour lui dire de ne pas faire le trajet en entier parce que le métro, c’est plus rigolo ?). L’occasion pour Papa Wayne de débiter divers éléments du scénario : "Tu vois mon fils, ce métro aérien, c’est moi qui l’ai fait pour aider les prolos à se déplacer en ville ! Et puis tu sais, j’ai beau être le président d’une multinationale, je laisse ça à mes directeurs : moi, je me consacre à ma passion, la médecine dans les hôpitaux pour aider mon prochain. Bon, ça n’empêche pas que je me sois fait construire le plus gros building de Gotham, mais ça, c’est juste parce que j’ai… hem, ça va rester entre moi et maman, ça d’accord ?" bref, vous l’aurez compris : Papa et Maman Wayne sont tellement gentils, qu’on imagine bien que tous les dimanches, ils distribuent des crêpes aux sans-abris avant de toucher les écrouelles des gueux du coin pour les soulager de leurs afflictions. Affliction, hein, je n’ai pas dit "affligé", mais on en est qu’au début, patience. Papa et Maman Wayne expliquent aussi que pour lutter contre le crime, il faut lutter contre la pauvreté, ouvrir des écoles, etc.  Bref, ce sont des multimilliardaires de gauche, mais genre bien bien, hein, ils n’ont pas voté François.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si, une fois à l’opéra, Bruce, en plus de se faire cordialement chier à se demander pourquoi tout le monde autour de lui a l’air fasciné par ce groupe de teutons déclinant de mystérieux poèmes en tenues colorées, se mettait aussi à paniquer en voyant des acteurs déguisés en chauve-souris. Plutôt que de fermer les yeux ou de couiner, Bruce pète donc un peu puis demande à ses parents s’ils peuvent sortir. "Pas de souci", dit donc Papa, toujours bienveillant. "Mais tu sais quoi ? On va pas sortir par la porte principale, on va plutôt prendre l’issue de secours menant à la ruelle pourrie d’à côté, comme ça, pour voir.". Et en effet : l’opéra étant accolé à une rue ressemblant à un quelconque sous-sol de Total Recall, le trio un peu con-con s’y engage sans raison avant de s’y arrêter lorsque surgit devant eux la silhouette chancelante de Maurice le clodo, qui armé de son pistolet, demande à la petite famille de laisser tomber portefeuilles et bijoux. Pas de souci : Papa Wayne est prêt à tout lâcher (pour Bruce, c’est déjà fait), mais malgré tout, faisant un geste brusque en voulant protéger sa femme, il déclenche le feu du malandrin qui abat Papa et Maman avant de s’enfuir sous les yeux du garçonnet.

Papa Wayne profite donc de ses derniers instants de vie pour dire une banalité du genre "N’aie pas peur" et non "Aaaah ! Appelle une ambulance fils d’imbécile ! Aaaah ! Putain ce que je douille ! Mais pourquoi je suis sorti par là, moi ?" puis, il meurt d’une manière qui ne sera pas sans rappeler Marion Cotillard deux volets plus tard, mais comme l’acteur était moins connu, personne ne s’en est offusqué.

Emmené au commissariat local, Bruce rencontre le sergent Gordon, gentil policier moustachu qui lui passe un manteau sur les épaules avant de lui dire que tout va bien se passer (oui, comme ça, hors contexte, je sais que ça sonne étrange, mais c’est un gentil moustachu à lunettes, vous êtes vraiment plein de préjugés). Et en effet, peu après, la police annonce avoir arrêté Maurice le clodo, ce qui provoque grand liesse chez les journalistes de Closer, mais un peu moins chez Bruce, qui est quand même un peu choqué. Il retourne donc chez lui enterrer ses parents près de la demeure ancestrale des Wayne, où il vit désormais seul, épaulé par son fidèle majordome, Alfred. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, c’est lui qui décide à quelle heure aller au lit !

Le temps passe, et Bruce est devenu un jeune homme toujours hanté par le meurtre de ses parents, et qui 16 ans après le jour funeste, est revenu à Gotham qu’il avait quittée pour études (il n’a pas besoin de trouver un travail : il étudie donc probablement la philo) afin d’assister à l’audience de demande de libération de Maurice le clodo. A cette occasion, son amie d’enfance Rachel, qui a elle aussi bien grandi et est devenue adjointe du procureur, vient le trouver et lui explique que tu vois, Bruce, bon, on sait que tu as soif de vengeance, mais ça ne te mènera à rien. Et je sais que cette idée ne te plait guère, mais Maurice le clodo a noué des liens en prison avec le terrible parrain Falcone relâché depuis, et il a accepté de coopérer pour nous aider à le coincer. Du coup, il mérite de sortir et d’aider la justice.

"Grmmblllblblblll" répond Bruce, à qui on ne la fait pas.

"Grmmblllblblblll", te dis-je.

Et qui n’est tellement pas d’accord qu’il a emmené un pistolet avec lui à l’audience : il veut tuer l’assassin de ses parents parce que vraiment, il est colère. Sauf qu’à la sortie de la brève session, avant que Bruce ne puisse distribuer du pruneau dans les bidous, voilà-t-y pas qu’une femme sort de la foule et abat cette balance de Maurice en hurlant "T’as le bonjour de Falcone !". Frustré de s’être fait griller la politesse, surtout par une femme, ces étranges créatures qui ne savent même pas faire pipi debout, Bruce quitte donc le tribunal avec Rachel, à qui il avoue le sombre complot qu’il avait ourdi. En retour, il se mange une paire de taloches, ainsi qu’un beau discours. Il aurait préféré juste les taloches.

"Mais enfin Bruce ! La vengeance, c’est juste pour te soulager, tu vaux mieux que ça ! Ton père aurait eu honte de toi ! Lui au moins, c’était un grand homme !
- Qui n’était pas foutu de trouver la porte principale d’un opéra, soit dit en passant.
- Oui, alors, pas d’rapport, et puis en plus, lui n’essayait pas de prouver quelque chose !
- Est-ce qu’on peut reparler de son building géant avec ses initiales et de son train phallique, circulant au-dessus de toute la ville ?
- Je… bon, tu sais quoi ? Regarde, on va plutôt faire un tour dans les quartiers pourris que je t’explique. Falcone contrôle toute la ville. Tout le monde est corrompu. Le juge de l’audience avait insisté pour une audience publique justement parce que Falcone le voulait, pour pouvoir envoyer un assassin. Gotham pourrit sur pied parce qu’il manque des gens comme ton père, qui refusent de se laisser acheter, pour pouvoir aider la ville à lutter contre la pauvreté et donc le crime !
- Tu aurais juste pu dire "On manque de pognon", on serait allés plus vite tu sais.
- Raah, tu m’énerves, tiens-t-en au script !  Regarde toute cette pauvreté ! Ces clochards partout autour de la voiture ! Et Falcone qui parade dans son luxueux restaurant lui servant de QG et qui…
- Attends attends.
- Quoi ?
- Regarde le décor : est-ce que le réalisateur vient bien de caser un restaurant de luxe en plein milieu d’un bidonville ?
- Ah bin tiens, oui.
- Bon, on va faire semblant de rien. Et pour te prouver que je suis un mâle, un vrai, avec des pastèques dans le slip, je vais aller provoquer Falcone dans son restaurant. 
- Si tu veux, moi j’ai des trucs à faire, ça te dérange pas si je te dépose là et que je pars ? Parce que bon, c’est pas comme si la dernière fois qu’on avait laissé un Wayne dans un coin sombre avec des clodos, il y avait eu de deux morts, hein, mais moi aussi j’ai déjà oublié le début du film."

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Et Bruce regarde donc s’éloigner la voiture de Rachel. Puis passe la porte du restaurant de luxe de Falcone intelligemment installé au milieu des favelas locales. Et à l’intérieur, plein de gens riches et influents dînent donc, dont l’ami Falcone, qui en bon parrain arrogant, laisse notre jeune héros s’asseoir à sa table. Et lorsque Bruce lui dit que bon, en fait, il reste encore un Wayne debout, donc la ville n’est pas perdue, Falcone lui fait comprendre que s’il ne peut l’acheter, il peut le calmer par exemple en tuant sa copine Rachel ou son gentil majordome. Puis le fait jeter dehors, au milieu des clodos que visiblement, personne n’empêche de faire des feux de bidon pour se réchauffer en plein milieu de la rue devant l’entrée principale. J’imagine qu’encore une fois, tous les gens riches du restaurants sont venus à pied après être sortis des transports en commun puisque personne ne vient virer ces clodos qui pourraient gêner une circulation potentielle. Quand on est riche à Gotham, on est donc soit très écolo, soit très con. Sachant que Bruce est très très riche et que la Batmobile n’est pas électrique, je vous laisse deviner vers quelle issue on se dirige. Passons, le film est encore long, et c’est quand même déjà très mauvais.

Bruce est donc bien embêté : sachant qu’il dispose d’un empire gigantesque, de réserves illimitées de pognon, probablement bien plus que Falcone, et d’une influence politique certaine, comment pourrait-il faire quelque chose pour la ville ? Rah, c’est pas facile.

Du coup, il décide fort logiquement… de brûler toutes ses affaires et de devenir un clandestin.

Pardon ? Que…

Ho, misère.

Il court donc vers le port, et embarque sur le premier bateau qui passe. Officiellement, avec pour plan de "comprendre les criminels", mais c’est pas vraiment en subissant un toucher rectal à une quelconque douane qu’il va mieux comprendre les ruses et secrets de la mafia. Enfin je dis ça, hein, c’est pour aider, mais c’est Bruce Wayne quand même, il sait mieux que moi. Toujours est-il que son navire l’emmène en Chine, puis ses pieds le mènent au Tibet, où il vit de petits larcins, avant d’être arrêté par les autorités et enfermé dans une prison où d’autres détenus essaient régulièrement de lui casser la margoulette, mais échouent, parce que I’m Bruce Wayne, bitch.

Parce que oui, entre deux larcins, il a appris des dizaines d’arts martiaux différents. Hop. D’ailleurs, s’il maîtrise l’attaque de la panthère ou la posture du héron, notre héros a toujours la garde de la buse. Mais même s’il y a la place entre ses poings pour y garer sa C3, personne n’arrivera à y passer un pied, comme de bien entendu. C’est beau, tant de talent.

Evidemment, j’exagère : Bruce Wayne a aussi appris d’autres ruses de pauvre, comme comment déféquer dans les fourrés, ou raconter une histoire triste dans une rame de métro. Nul doute que sa lutte contre le crime en sera renforcée.

Bref, en prison, Bruce se tatane tant et si bien que les gardes locaux finissent par le mettre en isolement… et notre héros découvre qu’un caucasien en costume de ville l’attend dans sa cellule en se tripotant la barbichette.

"Bonjour, Bruce Wayne.
- Que… qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
- Mon nom est Ninjabouc, comme l’indique ma pilosité faciale aléatoire. Quant à ce que je fais ici : je suis venu te voir.
- Oui non mais d’accord, mais en fait, je voulais dire "Que faites-vous là en costume de ville alors qu’il fait -22, qu’on est dans une cellule sans vitrage en pleine montagne, et que ça pèle, un peu ?"
- Oh. Joker ?
- SPOILER !
- Que ? Bon, laisse tomber. Tu veux pas plutôt que je te dise ce que je suis venu faire ici ?
- Allez tiens, si.
- Bien. On reprend. Un homme comme vous ne disparaît pas si facilement, M. Wayne. Et je sais que vous êtes ici parce que vous avez soif. Soif de justice. Vous voulez comprendre la mentalité criminelle pour lutter contre eux. Je vous ai vu vous battre dans la cour. Vous êtes doué. Je veux vous aider à utiliser ce potentiel. Je fais partie d’une organisation : la ligue des ombres. Nous ne voulons pas former des justiciers faits de chair et d’os : nous voulons créer des légendes immortelles qui sèmeront la peur dans le cœur de nos ennemis. Veux-tu en être ?
- Hmmm…
- On a des tickets restos aussi.
- Okay tope-là.
- Bien : demain, tu seras libéré. Va chercher dans les montagnes à l’est d’ici une fleur bleue fort rare qui ne pousse qu’à très haute altitude. Lorsque ce sera fait, rends-toi au sommet le plus haut que tu verras. Et tu y trouveras ce que tu cherches."

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Puis, l’étranger s’en va, l’air mystérieux, en essayant d’ignorer la demi-douzaine de gardes qui pleurent de rire dans le couloir à cause de son bouc. Et dès le lendemain, sa promesse est tenue : les geôliers de notre héros l’abandonnent en plein milieu d’une route de campagne. Pas de problème, se dit Bruce Wayne : je n’ai jamais fait d’alpinisme, mais je suis sûr qu’escalader les plus hauts sommets du Tibet, ça se fait en deux deux et sans équipement, tranquille Emile. Et en effet : non seulement entre deux plans, Bruce arrive à générer magiquement des objets sur lui (je suis mauvaise langue : il les a peut-être eu comme loot en tuant des écureuils ou des lérots, ces petites créatures ont souvent des sacoches et des chaussures neuves dans leur inventaire), mais en plus, malgré la description pourrie de Ninjabouc digne d’une aventure du Schtroumpf Bêta, il trouve la fameuse "fleur bleue", puis découvre que sur le sommet voisin, il y a un joli temple, auquel il arrive, épuisé. Quelques coups sur la porte, et celle-ci s’ouvre dans un grincement…

… révélant une déco digne d’une salle de bain de Sex & the City : le budget bougie est visiblement la première charge du bousin, ne manque que le bain moussant et les pétales de rose pour que tout soit complet. A peine est-il rentré que Ninjabouc apparaît, indiquant sur une sorte de trône un vieil asiatique.

"Bonjour Bruce, je vois que tu as trouvé la fleur bleue. Je te présente Ras’Al Ghul, notre maître à tous.
- Konnichi wa.
- Mais ? Il vient de parler japonais, là ! On était pas en Chine, voire au Tibet aux dernières nouvelles ?
- Ho, hé, hein, c’est un film pour geeks, alors tout vieux maître doit être japonais. Et puis hein, les asiatiques, bon. C’est un peu pareil tout ça.
- Rhooo !
- Bon, je propose de changer de sujet. Sache qu’ici, nous allons t’apprendre à devenir un fabuleux prédateur de criminels. Tu découvriras l’art du subterfuge, de la confusion, du combat au corps à corps… nous allons faire de toi un être invincible, invisible, mortel.
- Okay, on commence quand ?"

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La réponse intervient bien vite sous la forme d’un gros pied dans la gueule de notre héros, la première leçon étant de toujours être prêt. La seconde étant de toujours s’assurer que son adversaire a les pieds propres. Puis, l’entraînement peut commencer, et en effet, notre homme apprend à se défendre et à attaquer de toutes les manières possibles, à devenir silencieux, à semer la peur dans les rangs ennemis à l’aide de divers artifices comme de la poudre explosive ou des pochettes d’album de Stromae… et s’en tire plutôt bien au milieu des 100 ninjas locaux qui s’entraînent comme lui à devenir les meilleurs des meilleurs.

Un jour, Ninjabouc l’informe qu’il est temps de "tuer sa propre peur" ; il lui prépare donc un vieux bédo à partir de fleur bleue magique de la montagne, et lui tend en lui disant "Tiens, avec ça, tu vas planer jusqu’en Jamaïque". "Ho putain, c’est de la bonne !" s’exclame donc Bruce Wayne alors que la peur s’empare de lui et perturbe ses sens. "Et maintenant que tu es tout flappy, laisse moi te présenter l’épreuve ultime de notre temple." lui répond Ninjabouc.

L’épreuve ultime : "Retrouve mon barbier et tue-le"

Alors l’épreuve ultime du temple, pour vous la résumer, c’est une sorte de Où est Charlie chez les ninjas. Le but est simple : il faut retrouver, parmi les ninjas, et sous l’influence du bédo magique, lequel est Ninjabouc. Malgré la peur et les visions de nuées de chauves-souris, sa peur d’enfant, Bruce Wayne triomphe de l’épreuve et retrouve Ninjabouc en utilisant la ruse (il raconte une blague à Toto en anglais, et comme Ninjabouc est le seul à le parler, c’est le seul qui rigole en marmonnant "Pfff, Toto il fait caca devant sa maman !"  et se fait donc gauler. Ou alors ça ne se passe pas exactement comme ça, mais à ce stade du film, je crois qu’il valait mieux que j’enjolive tant cette oeuvre, pourtant encensée, est quand même un hymne à la daube). L’épreuve réussie, Ninjabouc propose à Bruce de devenir l’un des leaders de la ligue de l’ombre et de mener les autres ninjas sur leur prochaine mission.

"Ah bon ? Je passe directement grand chef, je suis pas bidasse d’abord ? Mais les autres ils sont pas un peu jaloux ?
- C’est un raccourci scénaristique subtil.
- J’étais d’accord jusqu’à "raccourci".
- Il suffit. Pour prouver ton allégeance, tu dois d’abord faire quelque chose : voici Chong, un gros fermier du coin. Il a tenté de voler les terres de son voisin, et nous l’avons condamné à mort car il ne faut pardonner aucun crime si on ne veut pas l’encourager. C’est à toi de l’exécuter. Tiens, prends ce sabre et décapite-le.
- Mais ? Mais je ne veux pas ! Je ne veux pas tuer les gens. Je veux les livrer à la justice.
- Pour qu’une administration incompétente les libère ? Ah !
- C’est à l’administration de les juger ! D’organiser leur procès ! Ils y ont droit ! Moi, je ne ferai que les livrer !
- …
- Oui, il y a un problème ?
- Bin je sais pas : tu serais pas en train de m’expliquer que c’est à la justice de faire la justice ?
- Si, pourquoi ?
- Bah du coup, c’est pas à la police de faire la police si on suit le même raisonnement ? "L’administration" ? Parce que pour un bon procès, il faut de bonnes preuves, une arrestation dans les règles, avec des droits, etc, non ? Sinon la justice risque très fort de relâcher les criminels pour procédure irrégulière et en fait, tu serais juste une sorte de gros boulet en collant qui plante toute les opérations judiciaires ?
- Heu je… je… je n’y avais jamais pensé… mais non, en fait je suis super fort pour faire la police parce que… si, voilà : d’après les fans, je suis un "super enquêteur". Avec des compétences inégalées dans le domaine.
- Ah oui ? Tu m’expliques où tu les as obtenues ces compétences, dans un monastère au fin fond de la montagne ? Tu as joué à Cluedo en cachette ? Vous avez fait des parties de "Qui a caché les collants de Jean-Jacques le ninja ?"
- Mais c’est dans le script ! Et puis tout le monde sait que Batman est super fort en enquêtes !
- Ah bin c’est clair que c’est chaud : le méchant a toujours une fâcheuse tendance à se faire repérer en hurlant "Haha, Batman !" même au milieu d’une foule et d’être habillé comme une chroniqueuse de Canal Plus.  Le coupable est pas trop dur à trouver, ça va, v’la les enquêtes.
- Bon allez ça suffit ! Je ne tuerai pas Chong ! Un point c’est tout ! Et puis d’abord, c’est quoi la première mission où vous voulez m’envoyer ?
- Détruire Gotham.
- Hein ?
- Oui, on s’est dit que c’était la pire ville du monde et qu’il fallait la raser à cause du crime qui la ronge.
- Tu as déjà ouvert un livre de géographie ? Répète après moi : "Tijuana". 
- Haaa mais ça suffit petite langue de pute ! Gotham est irrécupérable, alors, hop, on rase ! Et comme tu es un peu le messie là-bas, tu auras d’autant plus de facilités à y rentrer pour meuler des margoulettes.
- Jamais !
- Mais que fais-tu de la justice, hein ?
- Juste une question : dans "détruire Gotham", à quel moment vous pensez aux innocents, amis justiciers ?
- Ah heu… bon, tu sais quoi ? Si on se battait tous pour faire oublier ces dialogues lamentables ?
- Allez !"

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Tout le monde dégaine donc son arme pour régler ce conflit idéologique, mais Bruce Wayne, rusé comme un goupil, envoie une petite étincelle du côté des réserves de poudre locales, et une terrible explosion s’ensuit, puis une autre, puis une demi-douzaine d’autres, mettant Ninjabouc inconscient d’entrée de jeu, et détruisant l’intégralité de son armée de ninjas, qui attendaient tranquillement en se faisant les ongles.  Disciplinés, les enfants.

Dans la bagarre, Ras’Al Ghul se fait tuer par Bruce Wayne, mais un peu par accident. Puis, tout le monastère étant parcouru d’une immense série d’explosions (ils devaient stocker dix barils de poudre dans toutes les pièces, c’est pas possible autrement ; et dire que ces inconscients mettaient des bougies partout, c’est fou), Bruce s’enfuit, emmenant avec lui Ninjabouc inconscient (les autres ninjas, il s’en fout, ils n’avaient pas de nom). va le déposer dans un village voisin pour qu’un rebouteux local prenne soin de lui. Et lui dise bien que Bruce Wayne lui a sauvé la vie, ah mais dis.

Cela fait, Bruce se dit qu’il est temps de rentrer au pays : il appelle donc Alfred pour lui dire que ahaha, tu sais quoi vieux ? Je suis pas mort, c’était pour rire ! Allez, envoie moi un jet privé au Tibet que je puisse rentrer à la maison. Avant qu’Alfred n’envoie surtout un drone détruire la cabine téléphonique d’où l’imposteur passe l’appel, Bruce raccroche, et coup de bol, cette andouille d’Alfred l’a en fait cru sur parole et envoyé un appareil avec lui-même dedans. Sur le vol du retour, Alfred papote donc avec son jeune maître.

"Maître Bruce, quel plaisir de vous revoir.
- Oui et toi Alfred ? Ça biche ?
- Heu… oui oui. Maître Bruce, je me demandais… pourquoi revenez-vous à Gotham après toutes ces années ?
- Pour rendre la ville meilleure.
- Comme votre père ? Ho, quelle fierté ! Vous allez financer les organismes qui en ont besoin, veiller à la bonne distribution des fonds, relancer l’économie, lutter contre la pauvreté et…
- Non, je vais mettre des collants et mettre des claques à des voleurs de sac à main.
- Ah.
- Je dois devenir un exemple, une légende qui signifie que l’espoir n’est jamais mort, un symbole positif qui terrorise en même temps mes ennemis… je dois devenir la propre peur de mon enfance. Je dois devenir… un homme chauve-souris !
- Posez lentement ce verre, Maître Bruce, je crois que vous êtes complètement pété."

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Pendant ce temps, en Europe.

"James ? Jaaaames, je suis rentré !
- Maître Brice ! Ho, maître Brice ! Où étiez-vous ?
- Loin d’ici, James. Je crois que j’étais parti à la recherche de quelque chose… de moi-même, je crois. Et je me suis trouvé.
- Très bien Maître Brice. Allez-vous disparaître à nouveau ?
- Non, cette fois je reste pour de bon. Cette ville est ravagée par la pauvreté et le crime. Elle est décadente et a besoin d’espoir. C’est pourquoi je vais transformer mes peurs d’enfant en arme contre mes ennemis. Je vais devenir ce qui me terrorisait, je vais devenir…"
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Et c’est ainsi que Brice Van Der Waine, paisible habitant de Charleroi, la Gotham belge, devint ce qui l’avait terrorisé toute son enfance : un pédophile.

Depuis, les super-héros sont interdits en Belgique, et la logique de Bruce Wayne est passible de lapidation (mais avec des gayettes, Charleroi oblige).

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Bientôt, le jet privé se pose à Gotham, et Bruce retrouve le manoir familial, l’empire Wayne, toujours dirigé par les directeurs de l’époque de son père et qui va désormais entrer en bourse, les actions de Bruce, supposé mort, partant aussi pour une petite vente, Bientôt, le retour de l’enfant prodigue fait la une des journaux comme "Le Point" ou "Le Nouveau Détective", et Rachel est toute émue d’apprendre que son ami d’enfance est back in ze bizness. Puis, il va s’enfermer dans les souterrains du manoir Wayne, et commence à les aménager en base secrète pour héros en goguette, en installant lampes, tables, et posters d’Axe Cop (je soupçonne le scénariste des deux œuvres d’être le même). Puis, il va voir chez Wayne Enterprise s’il n’y aurait pas des bidules intéressants à récupérer, par exemple au département des prototypes, géré par Lucius Fox. Comme par exemple, un script qui tienne debout. Ça il a pas, mais il a quand même des trucs en réserve.

Car ce dernier a évidemment tout ce dont l’ami Bruce a besoin pour l’aventure sous la main, comme une armure souple mais résistante, une cape permettant de flotter en l’air, et autres accessoires amusants. Bruce donne des excuses plus ou moins moisies pour obtenir ce matériel militaire (comme "second amendement dans ta face, margoulin"), mais comme c’est un peu le proprio de la boîte et que Lucius ne veut pas trop d’ennuis, il obéit sans poser de questions. Et repart avec ses affaires sous le bras, ainsi qu’une voiture blindée, mais ça aussi, personne ne le remarque.

Quand on voit ce que Lucius Fox a en réserve, on se dit que les réserves de Wayne Industries doivent être dans les mêmes locaux que les vestiaires de Lady Gaga

Heureusement, aucun des 260 ingénieurs ayant bossé sur ces projets, en les voyant à la télé durant une quelconque escapade de Batman, ne s’exclamera "Hey ! C’est un prototype de chez Wayne Industries ! J’ai bossé dessus ça ne devait pas sortir des réserves et il faudrait en plus des pétrachiées de brouzouf pour les entretenir et… ho ? Attendez, je crois que je sais qui est Batman, en fait."

Et top du top, Lucius Fox confie aussi à Batman un câble rétractable ultra-fin permettant de soulever pas moins de 150 kilos !

"Oui Bruce, je précise le poids pour une seule raison : tout le long du film, on te verra utiliser le câble pour soulever des gens avec toi. Sachant qu’avec ton corps musclé et ton matos, tu dois peser environ 110 kilos au bas mot, on va donc supposer que tous les méchants de la ville ne pèsent au maximum que 40 kilos. Ils ne sont pas très denses, quoi."

Encore une fois : il suffisait d’effacer cette ligne de dialogue pour couper une incohérence. Mais non, on a bien insisté pour rajouter du mauvais au médiocre. C’est affreux. Et ça n’est toujours pas fini.

Pour sa première escapade, Batman y va doucement : il se rend chez le sergent Gordon, le policier s’étant occupé de lui le soir du meurtre de ses parents, et accessoirement un des derniers agents des forces de l’ordre non corrompus de la ville. Batman lui explique donc qu’il est nouveau en ville, mystérieux, prêt à tout pour défoncer le crime, et qu’il voudrait bien commencer par Falcone, le parrain qui tient Gotham. Que faudrait-il pour cela ?

"Bah je sais pas, moi, des preuves ?" explique Gordon, décidément bien utile. Avant que Batman ne disparaisse dans la nuit. Bin ça alors !

En se renseignant un peu, notre héros apprend qu’il va y avoir une opération de débarquement de drogue sur les quais de Gotham, et irait bien y faire un tour. Mais déjà, Alfred a de bons tuyaux pour lui.

"Maître Bruce, vos escapades nocturnes sont intéressantes, mais prenez garde à ne pas être démasqué, cela pourrait vous coûter cher.
- Pas d’inquiétude Alfred : j’ai un masque et un cancer de la gorge portatif, personne ne me reconnaîtra.
- En même temps, Batman étant apparu environ 48 heures après votre retour ultra-médiatisé, je pense que même un élève de CM1 pourrait vous démasquer. Je ne vois qu’une seule solution.
- Abattre tous les CM1 de la ville ?
- Hmmm… oui, non, pas exactement. Je pensais plutôt à vous montrer en public et jouer le playboy pour que l’on ne soupçonne pas qu’un homme comme vous soit Batman.
- Alfred, êtes-vous en train de me dire que je dois m’envoyer putes et coke comme un vulgaire joueur de l’équipe de France pour le bien de la Justice ?
- Parfaitement Maître Bruce.
- Je bénis le jour où on t’a engagé comme majordome : en avant Guingamp" !

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Et Bruce Wayne se sacrifie donc courageusement en allant se prendre des kilomètres de rail de schnouf et organisant des castings pour la future Nabila à lui tout seul, le tout en faisant le kéké dans des voitures hors de prix. Si cela l’aide à passer pour une andouille qui ne risquerait sûrement pas d’être Batman, mais plutôt éventuellement un candidat de télé réalité, cela déçoit un peu son amie Rachel, lorsqu’elle le croise lors d’une soirée avec deux damoiselles à demi-nues au bras en train de glousser. Ils échangent timidement quelques mots, mais avec tous ces gloussements, on ne s’entend plus : Bruce Wayne rentre donc chez lui. Et va enfiler son bat-slip.

Et cette fois-ci, on ne rigole plus, direction les quais pour notre super enquêteur préféré.

Et ce soir là, encore une fois, ces talents de super enquêteur vont être mis à rude épreuve car :

  • Les vilains déchargent la drogue de containers en plein milieu des quais les mieux éclairés, merci.
  • Des fois que ce soit encore trop subtil, puisque la drogue est cachée dans des peluches un lieutenant surveillant l’opération vient arracher la tête d’un ourson et brandir la came bien haut, histoire que Batman soit sûr que c’est bon, c’est bien des méchants.
  • Et si ça ne suffit pas, le lieutenant en question est aussi un flic ripou, se montrant ouvertement avec les criminels histoire de bien se cramer.
  • Ho, et vous ai-je dit qu’il était venu en partageant la même voiture que le parrain Falcone, pour encore plus de subtilité ?
  • Ah, attendez, j’ai oublié d’ajouter que Falcone assistait en personne au déchargement sans aucune autre raison que "s’exposer inutilement".

Vas-y Batman, enquête fort, je sens que ça va être compliqué.

Batman attendait encore deux minutes et les méchants se menottaient tous seuls avant de s’expédier par FedEx directement au tribunal.

Non mais sérieusement.

Je vous passe l’escalade de la consternation lors de cette scène décidément bien bancale, surtout lorsque les malandrins décident de se disperser en groupes de un lorsqu’ils sentent qu’un justicier approche, comme ça, pour voir. Curieusement, ils finissent tous avec une bat-botte dans la face. Y compris l’ami Falcone, qui plutôt que de se barrer sitôt que ça commence à sentir le roussi, décide de sortir de sa voiture sans aucune protection pour courir les prés.

Mais ?

Bon. Concentrons-nous, j’ai les yeux qui piquent déjà un peu trop là.

Quelques heures plus tard, la police retrouve sur le toit du commissariat le corps de Falcone inconscient, ligoté contre un projecteur braqué vers le ciel, et donnant l’illusion d’une silhouette de chauve-souris contre les nuages. Quelle mise en scène ! s’exclame donc le sergent Gordon. "Oui, et d’ailleurs, comment a-t-il trimbalé un gros parrain de la mafia sur son dos dans toute la ville, escaladé un immeuble ce faisant et ligoté tranquillement le bonhomme en plein sur le commissariat sans que personne ne le remarque ?" ajoute un figurant tatillon, peu avant d’être viré.

Sauf que les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu. Rachel est super contente de savoir que Falcone s’est fait attraper par un mystérieux justicier qui en plus a amené douze kilos de preuves à la police. Il va aller au trou, et pour longtemps ! Sauf que Falcone demande à voir le docteur Craine, un psychiatre qui l’a aidé à éviter le procès à beaucoup de ses hommes en plaidant la démence. Falcone espère donc qu’il va pouvoir utiliser la même ficelle pour le sortir de ce mauvais pas.

"Craine, espèce de bourricot, sortez-moi de ce trou ! Faites un rapport, dites que je suis fou, mais bougez-vous, je n’ai pas que ça à faire.
- Certes oui, mais parlez-moi sur un autre ton.
- Je te parle comme je veux, corniaud ! Je suis le parrain de cette ville. Et si tu n’obéis pas, j’ai des choses à balancer sur toi, comme toute cette drogue que mes hommes font rentrer en douce pour toi !
- Oui mais je ne travaille avec vous que parce que mon Maître le veut bien. Mon Maître qui vient bientôt en ville. Mon Maître qui n’a pas trop envie que vous balanciez que vous avez fait entrer sa drogue en ville. 
- Ah oui ? Et qu’allez-vous faire si je refuse de coopérer ?
- Ceci."

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Et le chenapan envoie un mystérieux gaz hallucinogène à Falcone, qui fait danser devant lui quantité d’illusions terrifiantes, comme le prochain budget du ministère de la culture. Pour rajouter à l’effet, Craine s’affuble d’un masque d’épouvantail, et terrorise le pauvre bougre jusqu’à ce qu’il en perde définitivement la raison.

Et, oui, il repart tranquillement, et personne ne trouve étrange le fait que le parrain se mette à hurler de terreur alors qu’il n’en faisait rien jusqu’à ce qu’il voie Craine.

Du coup, je pense qu’il se fait appeler "L’épouvantail" non pas à cause de son masque, mais probablement à cause de la poutre qui a servi à lui faire une petite spéléologie rectale lorsque les hommes du parrain ont vu qu’on s’était attaqué à leur patron.

Mais heureusement, dans le film, tout le monde se fout que l’on agresse le type le plus puissant de la ville. Ouf.

Pendant que la plupart des spectateurs raisonnables en sont à ce stade à jouer à Candy Crush Saga pour oublier, Batman lui est le seul à trouver étrange cette démence aussi soudaine qu’intense du principal suspect. Il enquête donc sur le Dr Craine, et lors d’une confrontation surprise, se retrouve en mauvaise posture lorsque le brigand lui envoie du gaz à la gueule.

Oui, parce que Batman n’est pas protégé contre les gaz. Ce qui signifie qu’il peut être repoussé par n’importe quelle blogueuse avec une bombe lacrymo dans son sac, ou éventuellement par Misou-Misou ou autre Bachar El Assad. Ah, un héros qui a pensé a tout sauf à l’arme la plus répandue dans les sacs à main de Gotham, quel talent.

Batman se met donc à halluciner et s’enfuit donc tant bien que mal, non sans avoir en plus subi un début d’immolation de la part de l’Épouvantail. C’est donc Alfred qui doit aller chercher Batman ("J’ai fini de m’amuser, viens me chercher s’il te plaît, et amène mon goûter !"), le ramener à la maison à l’arrière de la voiture, et purger le poison durant deux jours à l’aide de Lucius Fox, appelé en urgence puisque comme chacun sait, dans un film américain, un éminent scientifique est… un scientifique, ce qui signifie qu’il excelle dans toutes les sciences, et peut reprogrammer un satellite comme générer un remède miracle contre n’importe quelle menace chimique. Ce qu’il fait donc en créant, en moins de deux jours, un antidote immunisant en plus définitivement le patient contre les effets du gaz de l’Épouvantail. Balaise : avec autant de talent, je suppose que Batman vit dans un monde où le cancer et le SIDA ont été éradiqués entre le fromage et le dessert lors d’une soirée chez l’ami Fox, le tout en utilisant comme seuls ingrédients pour le vaccin un reste de gouda, un gâteau aux abricots et une fondue savoyarde.

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"Alors Lucius, c’est vous qui avez terraformé Mars pendant la nuit ?
- Bah, je m’ennuyais et il me restait de la raclette."

A son réveil, c’est l’anniversaire de Bruce. Mais il n’a guère le temps de le fêter : Rachel est passée lui déposer son cadeau et lui annoncer qu’elle voulait en savoir plus sur les activités du Dr Craine. Elle se rend donc à l’hôpital psychiatrique d’Arkham, en plein quartier chaud patate, pour essayer de comprendre ce qu’il a bien pu se passer. Batman sentant que son détecteur à embrouilles s’allume comme un soit de débat Martine Aubry – Jean-François Copé, il file mettre son costume pour aller escorter sa douce.

Et ça ne manque pas : une fois sur place, Rachel croise le Dr Craine, et voyant que la belle a des soupçons sur ce qu’il se passe ici et la soudaine folie de Falcone il décide de… bah, de lui révéler tout son plan, tant qu’à faire. Bin oui, hein ! Il l’emmène donc dans le sous-sol de l’asile, non pas pour lui faire découvrir des plaisirs aussi interdits que multiples, mais bien pour lui montrer une armée de petits chimistes en train de déverser de la schnouf dans les conduites d’eau.

"Et voilà ma petite Rachel ! Grâce à mon plan génial, l’eau de la ville est remplie de ma drogue hallucinogène ! Et maintenant que tu sais tout, tiens, prends un petit coup de gaz ultra-dosé dans la face ; non seulement tu vas halluciner grave, mais en plus après, tu vas tout simplement mourir ! Tu n’as aucune chance de t’en sortir, sauf si Batman était évidemment dans le coin et avait en plus profité de mon plan inutilement raconté à voix haute, hahaha ! 
- Je suis là, épouvantail !
- BATMAN ! Ho bin ça alors ! Comme ce film est surprenant !"

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Batman surgit donc de l’obscurité et claque tous les bandits du coin, avant de s’en prendre à l’Épouvantail et de retourner le gaz contre lui, et sous l’effet de celui-ci, le méchant avoue travailler pour… Ras’Al Ghul ! Puis, il récupère la petite Rachel en train d’halluciner complètement ("Je trouve que David Pujadas est un grand journaliste") et fonce jusqu’à la Batmobile pour déguerpir à folle allure vers la Batcave où il reste un peu d’antidote pour Rachel, qui a sombré dans l’inconscience. S’ensuit une course-poursuite durant laquelle Batman roule sur des voitures de police, en envoie à pleine vitesse contre des piles de pont, en éjecte d’autres dans le décor… sacré Batman ! Heureusement qu’il est contre le fait de tuer des gens, et plus encore, des innocents ! Mais bon, en voiture, ça compte pas je suppose. Ou alors les policiers sont tous constitués de titane de carbone.

Toujours est-il que la maréchaussée ne parvient pas à rattraper la Batmobile, et Batman peut donc ramener tranquillement chez lui la jeune Rachel inconsciente dans sa cave.

Ça m’a un peu rappelé la maison.

Ah, et oui, Batman ne sème la police qu’à environ 100 mètres du manoir Wayne. Mais personne ne se doute que c’est là que Batman pourrait se cacher : après tout, c’est la seule bâtisse à 1 kilomètre à la ronde, il n’y a sûrement aucun rapport. La police décide donc de retourner au QG jouer au tarot, ce qui est bien normal.

Je vous laisse le temps de pleurer un peu, et on reprend.

Car pendant ce temps, à la Batcave, Batman réveille Rachel pour lui expliquer la situation.

"Coucou Rachel.
- Hooo, Batman ! Vous m’avez sauvée !
- Oui. Je tenais à vous dire que votre combat d’assistante du procureur pour la justice était super. Et que je n’étais pas Bruce Wayne.
- C’est rigolo parce que vous avez la même voix dans cette scène, pourquoi vous avez coupé votre cancer de la gorge ?
- Heu je… je sais pas. Vous ai-je dit que je n’étais pas Bruce Wayne ?
- Sinon, qu’allez-vous faire de moi ?
- Vous donner les deux dernières doses d’antidote qu’il me reste. Remettez les au sergent Gordon. Une pour lui, l’autre pour la production en série. Vous ai-je dit que Bruce Wayne avait un très gros sexe ?
- Que ? Je… J’ai cru entendre…
- En attendant, je vais vous filer un sédatif et vous vous réveillerez chez vous. 
- C’est une manie de me trimbaler partout pendant que je suis inconsciente ?
- Je lis de très bons blogs."

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Et hop, la pauvre Rachel est droguée, puis laissée à Alfred pour qu’il aille la déposer chez elle. Mais la soirée ne fait que commencer ! Car c’est toujours l’anniversaire de Bruce, aussi quantité de gens sont venus squatter chez lui pour boire son champagne. Bruce tente donc de ne pas se trahir en participant à la fête, prétendant avoir été retenu en ville par quelque affaire urgente, puis se mêle à la foule des invités.

Au passage : la Batmobile. Un véhicule pas du tout identifiable au premier coup d’oeil tellement il est commun. Quelle discrétion, ce Batman.

De son côté, le sergent Gordon, occupé à fouiller l’asile d’Arkham pour essayer de comprendre ce qu’était la fusillade sur place entendue plus tôt dans la soirée, y trouve donc le Dr Craine à moitié fou, et surtout, qu’une gigantesque quantité de drogue a été déversée dans l’eau de la ville ! Gordon se tourne donc vers un chimiste de la police étudiant la chose.

"Bon sang ! Qu’est-ce que c’est que ce dawa ?
- Il semblerait que les brigands déversaient de la drogue dans les canalisations sergent.
- Mais alors on en a tous ingurgité ! Pourquoi n’est-on pas atteint ?
- Parce que… c’est dans… les canalisations ?
- Oui mais l’eau du robinet, elle vient d’où gros malin ?
- Ho. Attendez, je lis le script… ah non. Bon. Bin écoutez, je sais pas.
- Super. J’espère que Batman va vite résoudre cette affaire parce que nous là, on est un peu des grosses buses.."

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Justement : pendant ce temps, il se passe des choses du côté de chez Bruce Wayne. Comme par exemple le fait qu’une convive lui dise "Bruuuce, hooo, Bruuuce il faut que je vous présente quelqu’un, vous allez voir, il a vraiment une pilosité faciale, on dirait une dédicace de Michael J. Fox". Et en effet, dans la foule des invités, Bruce aperçoit… Ninjabouc !

"Bonsoir, Bruce.
- Ninjabouc. Que faites-vous ici ? Que voulez-vous à Gotham ? Je vous ai sauvé la vie : allez-vous en.
- Je t’avais dit que ta pitié te perdrait. Nous allons détruire Gotham. La consumer. Et cette fois-ci, nous allons réussir.
- Comment ça "cette fois-ci ?" Vous avez déjà attaqué Gotham par le passé ?"

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Et là, attention, instant révélation.

"Oui, en effet : il y a des années, nous avons tenté de la détruire économiquement. Nous avons créé de la pauvreté et donc du crime. Mais ton père a commencé à lutter, à partager les fruits de son empire… il fallait qu’il disparaisse.
- Mon Dieu ! Vous voudriez dire que…
- Oui, c’est nous qui avons t…
- VOUS ÊTES LE FMI ! Vous pourrissez autrui économiquement !
- Hein ? Ho hé, pas d’insultes, on est maléfiques, mais quand même, 
- Ah ? Bon, d’accord, mais alors expliquez-moi un truc : vous luttez pour la justice, c’est ça ?
- Oui. On est juste un peu extrémistes.
- Mais alors si vous êtes capable de manipuler l’économie, vous pouvez aussi créer des périodes florissantes où le crime diminue de lui-même, non ?
- Heu… je… on y a pas pensé, tiens.
- Du coup, vous avez créé une crise à Gotham pour engendrer du crime, et maintenant vous montez une opération géante pour éradiquer Gotham à cause du crime qui la ronge ? Et donc, vous avez claqué vos ressources pour obtenir quelque chose, et maintenant vous claquez vos ressources pour lutter contre ce quelque chose, et ce tout à fait volontairement ? Est-ce que "pompier pyromane" vous dit quelque chose ?
- Non.
- Et "gros blaireau" ? Ça vous parle, ça, "gros blaireau" ?"

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Un peu vexé, Ninjabouc en finit avec les révélations : en fait, il n’est pas que Ninjabouc, il est aussi Ras’Al Ghul. Le mec que Bruce a tué à la montagne, c’était juste une couverture. Pourrie, mais une couverture. Maintenant, Ninjabouc compte bien faire bobo à Bruce. Mais Bruce, feignant la situation sous contrôle, fait sortir ses invités sans leur dire ce qu’il se passe en leur annonçant ce qui fait fuir n’importe qui en soirée :

"Je vais chercher le Time’s Up ! On va bien rigoler !"

Aussitôt, tous les invités ayant un minimum de goût et de bon sens fuient vers leurs voitures, et bientôt, Bruce et Ninjabouc se retrouvent seuls dans le manoir Wayne. Enfin pas tout à fait : Ninjabouc est aussi venu avec des hommes. Bien vite, un combat éclate alors que les méchants mettent le feu à la demeure ancestrale, et Bruce finit par terre après s’être pris une poutre en flamme sur le museau. Ninjabouc souffle donc :

"Tu as brûlé ma demeure et tu m’as laissé pour mort. Nous sommes quittes." dit-il avant de quitter les lieux, oubliant que, petit détail, au temple, Bruce l’avait sorti des décombres et amené à un médecin, pas abandonné inconscient aux flammes. Mais bon, c’est sûrement un détail, hein, je chipote.

Notez que Bruce Wayne est coincé sous une poutre qui n’a pas brûlé. Elle est donc juste tombée, comme ça, hop. C’est beau, le sens du détail.

Ninjabouc ainsi libéré de l’affreux Batman, il peut donc s’en retourner vers Gotham, et surtout vers l’asile d’Arkham. Où aidé de quelques hommes ayant "infiltré tous les niveaux de Gotham" (il faudra me dire quand, sachant que d’après le chronologie, Bruce Wayne n’est de retour en ville que depuis deux semaines tout au plus, et que tous les ninjas qui étaient censés infiltrer Gotham sont morts dans l’explosion du temple enchanté de Ninjabouc. Il a sûrement pris des ninjas intérimaires chez Vediorbis.), il passe les barrages de police encore en place après la fusillade ayant lieu sur place plus tôt, puis ouvre toutes les cellules des criminels enfermés. Autant dire qu’aussitôt, l’île d’Arkham sombre dans la panique, alors que les rues se remplissent de méchants. Toutes les unités de police disponibles sont donc envoyées sur place et maîtrisent tant bien que mal la situation.

Rachel, elle, arrivée sur place peu avant, a remis les deux doses d’antidote au sergent Gordon, une pour lui et une pour la production en série. Sauf qu’avec ce qu’il se passe sur l’île, Gordon préfère ordonner que l’on relève tous les ponts afin que les criminels ne puissent se répandre dans Gotham. Tout le monde est donc bloqué autour de l’asile, mais les quelques unités de police arrivées en renfort avant la remontée des ponts rétablissent bien vite l’ordre. Ouf !

Sauf que, pas de bol, Ninjabouc étant dans la place, il sort son arme secrète : un prototype de bidule micro-onde géant qui vaporise toute l’eau autour de lui et peut même faire bobo à plusieurs kilomètres de distance (non parce que si ça marche juste dans un rayon de 10 mètres, ça veut dire que ça ne marche que sur les réserves d’eau que vous contrôlez déjà). Celui-ci a été volé à Wayne Industries, et devait servir à "vaporiser les réserves d’eau de l’ennemi", ce qui est particulièrement con tant il y a des armes moins chères et plus efficaces pour ça. Le but de Ninjabouc ?

"Vaporiser toute l’eau contenant le poison que l’Épouvantail déversait dans les conduites d’eau : le gaz va ainsi sortir partout dans Gotham et rendre folle la population, et la ville se déchirera d’elle-même, obligeant enfin une vraie prise de conscience contre le crime et la décadence, hahaha, HAHAHA !"

Alors, oui, c’est intéressant pépère, mais du coup, c’était plus malin de juste empoisonner l’eau : ça aurait provoqué des crises de folie un peu partout dans Gotham, sans que l’on comprenne vraiment d’où ça vienne. Ou trop tardivement. Du coup, ça aurait un peu secoué l’opinion publique. Mais là, attaquer ouvertement la ville, bin la seule chose que ça va provoquer, c’est que tout le monde va se dire "Ho ! Des terroristes !" et du coup, se moquer éperdument du crime et simplement se mobiliser contre toi.  Mais bon, hein, c’est pas grave Ninjabouc, tu es mignon.

Ninjabouc installe donc sa machine dans le seul truc qui puisse encore sortir de l’île d’Arkham sans les ponts : le métro aérien de papa Wayne ! Son plan est simple : il va ainsi pouvoir faire éclater toutes les conduites d’eau en les survolant avec le métro, puis foncer au cœur de la tour Wayne où les rails vont et où se situent les centres de contrôle de la distribution d’eau. Et là, toute la ville sera condamnée, hohohoho !

Moui. Ou alors, plan B, puisque ton bousin a une portée de plusieurs kilomètres, tu visais la tour Wayne de très loin. Et pouf. Mais là encore, je ne suis pas un génie du mal, je ne dois pas savoir.

Cela n’empêche pas le bougre de mettre son plan à exécution, et bientôt, les plaques d’égout de la ville sautent l’une après l’autre sous la pression de la vapeur empoisonnée s’échappant des conduites, et tout le monde se met à grave flipper sa mère à cause des hallucinations liées au poison (comprendre : "ils voient tout le monde avec des yeux rouges, le tout avec des effets spéciaux kitsch"). A part Rachel, qui est immunisée grâce à l’antidote, et le sergent Gordon, qui s’injecte le bousin sur le champ. Et ça tombe bien parce que qui voit-il tomber du ciel ?

"BATMAN !
- C’est moi sergent. 
- Mais attendez, il y a deux scènes, vous n’étiez pas dans votre manoir en feu ?
- Si, mais je m’en suis tiré avec l’aide d’Alfred.
- Non mais ça d’accord, mais on vous voyait avec une grosse blessure au flanc, bien profonde, l’occasion d’ailleurs pour Alfred de vous implorer de vous accrocher alors que vous déliriez à demi-conscient. Elle est où la grosse blessure ?
- Ho. Cette… blessure. Qu’on a mise en avant dans la scène précédente. Celle-là. Je… hé bieeeeen… 
- Laissez-moi deviner : encore une scène rajoutée qui ne sert à rien à part pour mieux se mettre une bonne grosse incohérence ?
- C’est ça. Bon, Gordon, allez, on se concentre : il faut arrêter le métro aérien. Ninjabouc est dedans avec la machine à micro-ondes volée à Wayne Industries. 
- Oui, mais comment l’arrêter ?
- Je m’occupe de lui. Toi, prends la Batmobile, voilà les clés, et va t’assurer que le métro ne puisse atteindre la tour Wayne. Allez, en route, et t’inquiète chaussette, j’assure chaussure !"

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Consterné par les expressions moisies de Batman, le sergent Gordon saute donc dans la Batmobile, s’y enferme, et fonce vers la tour Wayne. Pendant ce temps, Batman via diverses acrobaties rejoint le métro aérien, et un combat s’engage entre Ninjabouc et lui, le tout, je le rappelle, à 15 centimètres d’un appareil vaporisant toute l’eau autour de lui. Mystérieusement, cela ne semble pas affecter nos héros, qui ne sont pas instantanément transformés en gâteaux secs ou en sénateurs français.  Mais ça continue par contre de vaporiser l’eau sous le métro, le poison se répandant donc peu à peu en-dehors de l’île d’Arkham, dans tout Gotham.

Batman accède brièvement aux commandes du métro, mais pas assez pour freiner. Il retourne donc se battre avec Ninjabouc, et finit par lui coller un bon vieux taquet dans le museau. Il retourne donc aux commandes pour de bon. mais par terre, vaincu, Ninjabouc ricane :

"Tu es vaincu, Batman ! Il est trop tard pour freiner à présent… la tour Wayne est toute proche ! 
- Mais, qui t’a dit que je voulais freiner ?"

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Et en s’écartant, Batman montre à Ninjabouc que plus tôt, il n’a pas essayé de freiner : au contraire, il a coincé l’accélérateur à fond. Car il compte sur le commissaire Gordon pour faire sauter les piles des rails du métro aérien juste devant la tour Wayne pour faire s’écraser le métro avec Ninjabouc et sa machine encore dedans !

Bon, je sais pas vous, mais décidément, je vois mal comment on pouvait faire plus mauvais. A savoir, à choisir entre "Tenter de freiner le métro, et si ça loupe, Gordon pétera les piles du pont" ou "Empêcher le métro de freiner, anéantissant ainsi une chance de plus d’arrêter le plan du méchant, puis faire accélérer le métro pour donner encore moins de chances à Gordon de réussir sa mission dans les temps, mission qu’il doit accomplir à l’aide d’un véhicule super compliqué qu’il n’a jamais piloté.", il faut être proche du lamantin avec des chromosomes superfétatoires pour choisir le plan B.

Ninjabouc, perplexe en comprenant que le plan de Batman est quelque part entre stupide et absurde. Mais comme le sien l’était aussi, ça va.

Mais malgré ce plan incroyablement moisi (heureusement que la grande force de Batman est son "intelligence", parce que sinon, je n’ose pas imaginer), tout fonctionne, Gordon détruit ce qu’il faut dans les temps, et le métro s’écrase, Batman sautant de celui-ci en n’emportant pas Ninjabouc : s’il ne veut pas tuer qui que ce soit, il se réserve le droit "de ne pas le sauver".

Quel con ce Batman. Pour rappel, sa logique c’est "Si je te mets dans un métro dont je fais sauter les rails et que tu en meurs, je ne t’ai pas tué !". Du coup, c’est pas souvent que les terroristes doivent tuer des gens : faire s’écraser un avion ou sauter un transport, c’est pas vraiment tuer des gens, c’est juste "ne pas les sauver d’une catastrophe qu’on a peut-être vaguement provoquée".

En tout cas, Ninjabouc est mouru, la machine détruite, et la ville est sauvée.

Pardon ? Comment ça "Et tous les gens empoisonnés" ? "Et le fait qu’en plus le gaz avait commencé à se répandre sous le métro aérien alors qu’il se rapprochait de la tour Wayne, le faisant sortir de l’île d’Arkham" ? "Et en plus, Lucius Fox avait dit qu’il faudrait des semaines pour produire de l’antidote en série" ? Hé bien vous savez quoi ?

Personne n’y pense. Et les centaines de milliers de personnes empoisonnées ne le sont plus, hop, sans explication. C’est magique.

Quel talent ce Nolan, vraiment.

On retrouve donc Bruce Wayne au petit jour sur les ruines de sa masure, lorsqu’il est rejoint par sa copine Rachel, à qui il a plus ou moins fait comprendre qu’il était Batman. Elle lui fait donc un gros bisou, mais pas plus, parce qu’elle ne veut pas être vue avec Bruce Wayne le playboy ; elle attendra donc que la ville n’ait plus besoin de Batman pour que Bruce Wayne redevienne celui qu’elle a connu et qu’ils puissent se faire des bisous, des câlins, voire des orgies avec des poneys.

La nuit suivante, le sergent Gordon, promu inspecteur, a installé sur le projecteur du toit du commissariat une silhouette de chauve-souris pour ainsi joindre Batman lorsqu’il le souhaite. Batman arrive donc, amusé par ce système de communication, et tous deux ont une petite discussion :

"C’est l’escalade, Batman. Maintenant, qu’il y a un nouveau héros en ville, les bandits ont le leur. 
- Ah oui ?
- Oui, il signe même de sa carte : un joker.
- Mmm… cela sent aussi l’escalade à incohérences.
- Et vous n’avez encore rien vu, Batman ! Parce que pour beaucoup de gens, le second volet est le meilleur !"

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Prêt à affronter de nouvelles absurdités et une intrigue à base d’incohérences dans tous les sens, Batman saute donc du toit, et planant au dessus de Gotham, il file vers de nouvelles aventures et…

… FIN.

Batman n’ayant pas précisé qu’il habitait à la campagne, au départ, le commissaire mettait le signal un peu bas. Il fallu attendre le 73e braquage pour qu’il pense à monter l’angle du projo.

Diable. C’était encore plus mauvais que dans mon souvenir. Et pourtant, je n’avais déjà pas un bon souvenir.

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"Commissaire, commissaire !"

Le commissaire Gordon poussa un long soupir en voyant arriver derrière-lui le jeune policier chargé de l’avertir des pires nouvelles lorsqu’il était occupé sur le toit à attendre la venue de Batman. C’était devenu son corbeau, porteur de tous les messages qu’il aurait préféré ne jamais entendre.

"Que se passe-t-il cette fois ?
- C’est encore l’asile d’Arkham ! On a perdu le contrôle, tous les prisonniers se sont échappés et…
- Et il faut que Batman intervienne, je sais.
- Hein ? Non, comme c’est la 300e fois, on a juste fait un gâteau, dépêchez-vous, il n’en reste pas beaucoup ! Batman ne viendra pas de toute manière, non ?"

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Gordon haussa les épaules. Après tout, le jeunot avait raison : Batman ne viendrait pas. Il y a quelques semaines, il avait enfin réussi à contourner le problème des nuages : Wayne Industries avait, curieuse coïncidence, soudainement investi des millions de dollars dans un projet de régulation climatique couvrant Gotham de nuages supposés rafraîchir la cité chaque nuit. Comme toujours, il avait suffi de quelques semaines à Lucius Fox pour créer un prototype. Le projecteur avait à nouveau pu servir, même les nuits normalement sans nuages, et Batman avait recommencé à calmer les brigands.

Mais désormais, ces derniers avaient ourdi un plan encore plus génial, plus imprévisible.

En effet, ils attaquaient de jour.

Gordon caressa sa moustache en se disant que définitivement, Batman était une sacrée et inutile buse. Notant les troupes de malandrins paradant dans les rues au-dessous de lui, la police incapable de les arrêter alors que Batman refusait d’intervenir en journée, il haussa les épaules. Et se dirigea ves les escaliers pour rejoindre l’intérieur du commissariat.

Avec un peu de bol, il arriverait à temps pour avoir une part de gâteau.

"Un film à la hauteur de ses prétentions."

Voilà comment l’on me présenta Pacific Rim, alors que je savourais tranquillement mon brandy sur la terrasse quasi déserte de la fin de soirée d’une quelconque réception. Je ne me souviens pas vraiment du visage de mon interlocuteur à vrai dire. Je vois encore vaguement un bout de sa mâchoire alors que je finissais de l’enterrer un peu plus tard dans la soirée en forêt de Rambouillet, mais il faut croire que le personnage n’a pas marqué mon esprit. Son propos, par contre, si.

"Parce que c’est justement un film sans prétention et puis vous savez, c’est Guillermo del Toro, il ne faut pas tout prendre au sérieux." avait-il ajouté pendant que je faisais signe à Diego de rapprocher la voiture de l’endroit où nous étions et de laisser le coffre ouvert. "Vous ne pouvez pas critiquer un film qui vend du spectacle de faire du spectacle", s’était-il empressé de dire alors que je commençais à l’emmener vers la barrière délimitant la terrasse. Quelques secondes plus tard, alors qu’il basculait dans le vide pour terminer sa course dans l’une des plus célèbres parties de mon véhicule, je vis sa compagne apparaître sur la terrasse, essoufflée.

"J’ai cru entendre mon ami crier, l’auriez-vous vu ?
- Hélas non, vous avez dû rêver. Vous savez ce que c’est, l’alcool monte vite à la tête.
- Oui, c’est vrai. Ce champagne est un peu fort…
- Venez, allons le chercher ensemble si vous le voulez bien.
- Hihihi, vous êtes si aimable. Pour tout vous dire, on m’avait pourtant dit que vous étiez quelqu’un de tout à fait prétentieux !
- Ah, allons ! C’est tout simplement que je suis à la hauteur desdites prétentions. Et vous, pensez-vous être à la hauteur des miennes ?
- Je… je ne sais pas ? Que voulez-vous dire ?
- Hé bien c’est facile, êtes-vous un film à 200 millions de dollars que ses fans prétendent comme "sans prétention" quand bien même il a un scénario qui se prend tout à fait au sérieux, sans humour et rempli de moments que l’on voudrait dramatiques ?
- Pas que je sache ?
- Parfait. Alors nous pouvons discuter."

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Je tapotais son épaule nue pour la guider vers l’intérieur de la réception pendant que Diego éloignait tranquillement l’automobile au coffre chargée à quelques distances de là. Voyant que le champagne ne suffisait pas à achever de la faire basculer dans un état second, et ayant oublié mon GHB dans mon autre veste, je décidais donc d’utiliser une autre arme pour achever d’assommer son esprit déjà affaibli : le scénario de Pacific Rim.

Était-ce suffisant ? Est-ce parce que l’on vend du spectacle qu’il faut pour autant insulter l’intellect ? Les effets spéciaux servent l’histoire ou est-ce l’inverse ? Par corollaire, le cerveau des fans de Pacific Rim commande-t-il aux yeux ou là encore quelqu’un a-t-il chamboulé la hiérarchie locale ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : quand même le robot est sur le point de rendre son déjeuner, c’est qu’il est encore temps pour vous de faire demi-tour.

Le film s’ouvre sur diverses images accompagnant une voix off nous faisant un petit brin d’histoire, car les événements que nous allons suivre se déroulent quelques années dans le futur. L’occasion donc de faire un point sur ce qui nous a emmené aux événements du film : de nos jours, donc, la ville de San Francisco a eu une petite surprise en se levant un matin, car elle fut bien embêtée de trouver une sorte de monstre géant de plusieurs milliers de tonnes en train de faire des tractions sur le Golden Bridge. Si les habitants furent un peu grognons de prime abord en constatant que les monstres sortis de nulle part ne respectaient pas la propriété publique, ils le furent plus encore lorsque la bête, probablement excitée par l’odeur des pétards et la vue des chemises American Apparel, décida de raser la ville. Comme nous l’explique doctement la voix off, le monstre eut le temps de s’enfoncer de 50 kilomètres dans les terres en rasant tout sur son passage avant que missiles et obus ne finissent par lui malaxer la face.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’Asie de voir surgir un nouveau monstre peu versé dans l’art de l’urbanisme, et une nouvelle fois, lui péter la gueule demanda un peu de travail. Finalement, lorsqu’un autre truc du même calibre émergera des profondeurs du Pacifique avec pour ambition de s’accoupler avec les immeubles les plus proches,  des scientifiques commencèrent à se demander d’où ils pouvaient bien venir et si on allait devoir s’en coltiner d’autres, une question qu’ils auraient peut-être dû se poser plus tôt, par exemple à la première apparition, mais bon, hein, pour ce que j’en dis.

C’est ainsi que l’on baptisa cette race les "Kaiju" (prononcez Kaille-djou), et que l’on découvrit qu’elle provenait d’une étrange faille apparue au fin fond du Pacifique, menant à une dimension parallèle, rien que ça. Faille qui résista à tous les bombardements possibles et imaginables, et que rien ne put traverser pour aller explorer l’autre côté. Puisque l’on ne pouvait pas achever la guerre simplement en fermant la faille, tous les pays du monde, unis face à cette nouvelle menace, se réunirent donc pour essayer de trouver une nouvelle arme dans ce conflit. J’imagine que la conversation a dû être intéressante.

"Bon, Mesdames Messieurs, je vous félicite d’avoir su mettre vos différends de côté pour venir à cette réunion de l’ONU dont le sujet est, je vous le rappelle "Comment péter la gueule aux Kaijus".
- Notre leader peut s’en charger : il a déjà tué à lui seul 10 Kaijus !
- Okay, donc on va commencer… par… couper le micro… à la Corée du Nord… voilà. Rah, s’unir avec tous les pays, quelle idée à la con. Bon, revenons au sujet : qui a une idée pour se débarrasser de monstres géants ?
- On pourrait améliorer nos missiles ? On en fait déjà pour percer des bunkers, alors si on travaille tous à améliorer cette technologie, on pourrait bombarder ces saloperies de haut et sans risques en perçant leur carapace. Et organiser une force de réaction internationale autour du Pacifique pour se débarrasser de ces créatures avant qu’elles n’atteignent les côtes.
- Pas mal la Suisse, pas mal !
- Attendez, on a mieux !
- Oui le Japon ?
- On n’a qu’à faire des robots géants !
- Hooooo relou !
- Ooooon se calme dans la salle, on se calme et on laisse parler le Japon !
- Alors notre idée, ce serait des robots géants, et ils feraient du catch ! Comme ça, yaaaa, pif paf ! Et ils se battraient au milieu des immeubles, comme ça ça ferait des grosses explosions et plein de morts ! Et on continuerait à raser des villes, mais pas pareil !
- Bon, je connais un pays qui va rejoindre la Corée du Nord au pays du mutisme. Alors, où est ce foutu bout…
- Stop ! Vous ne nous couperez pas la parole ! De toute manière, soit vous acceptez notre plan, soit nous arrêtons de produire One Piece !
- Damn, ils nous tiennent !"

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Et c’est donc suite à cet échange – ou alors, si vous avez une meilleure explication, je suis preneur – que tous les pays du monde ont lancé le programme "Jaeger", ce qui signifie "chasseur" en teuton, programme consistant à produire des robots géants qui font du catch pour combattre les Kaijus.  Au début, on voulait ne mettre qu’un seul pilote par robot géant, mais l’interface étant reliée directement à l’esprit de l’utilisateur, souvent, ça lui faisait des trucs bizarres, du coup, pour alléger la charge, on a inventé la "dérive", système permettant à deux esprits de s’unir pour ne faire qu’un. Les Jaegers sont ainsi pilotés par deux personnes reliées ensemble, chacune représentant un hémisphère du cerveau de la machine. Le film n’aborde cependant pas cette question essentielle : comment choisit-on lequel prend quel poste, histoire de déterminer le type en charge des rêves érotiques du robot géant (les plus fameux lecteurs de Gros Boulons Magazine comme chacun sait, juste après Al Bundy).

Toujours est-il que si l’introduction nous explique que tous les pays du monde se sont unis, on constate que chaque pays produit ses robots individuellement. Ah bon, bon, d’accord. Mais il n’empêche que ça marche : les KaiJus sont tout de suite moins taquins après s’être mangés des poings de quelques mégatonnes dans le museau, et peu à peu, l’Humanité a cessé de craindre les Kaijus, alors que les pilotes de Jaegers devenaient de véritables superstars enchaînant victoire sur victoire à coups de mandales blindées dans les margoulettes.

Bref, lorsque notre film commence, les Kaijus sont retombés en troisième place au classement des plus grands prédateurs du Pacifique, juste derrière le grand requin blanc et le pêcheur japonais.

Et c’est dans une base de Jaegers que notre aventure débute, puisque nous y retrouvons Raleigh Becket et son frangin, Maurice Becket, tous deux pilotes, rois de la bagarre et suffisamment complices pour fusionner leurs esprits avec brio (et probablement qu’en mélangeant leurs souvenirs respectifs, ils peuvent reconstituer ce qu’ils ont fait les soirs de cuite : pratique). Or, il se trouve qu’une alarme vient de se déclencher : on vient de détecter un KaiJu à peine sorti de la faille et se dirigeant droit vers Anchorage, en Alaska. Nos héros ayant pour mission de défendre ce territoire, ils courent donc jusqu’à leur robot géant, le "Gipsy Danger" (ou "Danger Rabouin", ce qui sonne tout de même drôlement mieux), et s’y installent tout en échangeant des blagues sur le fait que s’ils le battent, ce sera leur 5ème victoire officielle et que ça permettra de se la péter à la cantoche.

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Je ne compte même plus le nombre de fois où le pont de San Francisco a été au centre de toutes les catastrophes du monde. Un jour, un scénariste sortira de sa cave et découvrira qu’il y a tant d’autres lieux à raser. Neuilly, par exemple.

Ne posant aucune question sur le fait que visiblement, entre le moment où un monstre sort de la faille et son arrivée à l’autre bout de l’océan Pacifique, visiblement il n’y a que 10 minutes quand bien même on voit que les bestiaux nagent assez lentement, nos héros et leur robot sont envoyés se positionner devant Anchorage. Sauf qu’ils ont repéré qu’un navire de pêche était encore en mer et sur la trajectoire de la bestiole, et malgré les ordres de leur supérieur, le marshal Pentecost, nos larrons décident de foncer secourir l’engin, parce que ce sont des têtes brûlées, tu vois, t’as vu.

Ah, oui, j’oubliais : le Pacifique est assez peu profond, puisqu’à part lors d’une séquence dans le film, les Jaegers auront toujours pied. Et pas qu’un peu, hein.

Que disais-je ? Ah oui. Les frères Becket vont à la rencontre des pêcheurs, mettent leur navire à l’abri à la seconde où le Kaiju arrivait sur eux, puis commencent à tabasser la bête qui est "le plus grand Kaiju rencontré jusqu’ici" (moi, je n’ai pas vu de différence avec les autres, mais je ne suis pas un expert), soit un Kaiju "de classe 3". Après quelques coups de poings dans la gueule, fourchettes et brûlures indiennes (ah, il faut ce qu’il faut), le monstre fait un peu moins son malin et accessoirement quelques bruits comme "Brüüülülü"), plus encore lorsque nos héros l’achèvent à coups de canon à plasma, l’une des armes équipant les bras de leur robot.

Ah tiens, vous aviez une arme à distance ? Mais vous préfériez commencer par le corps à corps ? C’est une idée. Très conne, hein, mais une idée tout de même. A une échelle plus normale, ce concept se traduirait ainsi :

"Tenez les mecs, voilà un fusil.
- Super, on va pouvoir mettre des coups de crosse avec ! Ouais !"

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Les frères Becket m’ont l’air particulièrement malins. Remarquez, ça ne choque pas leur supérieur visiblement. Ça et le fait que ça ne coûterait pas grand chose de plus d’envoyer des avions soutenir le Jaeger, mais de tout le film, sachez que l’on ne parlera plus jamais de l’armée, quand bien même on expliquait en introduction que les obus et les missiles ne faisaient pas du bien au Kaijus. C’est vrai quoi, pourquoi profiter de l’avantage du nombre et de l’opportunité d’affaiblir l’ennemi avant qu’il n’arrive au contact avec le Jaeger ? Bah, là encore, je n’y connais probablement rien : passons.

Alors que nos héros sont en train de célébrer leur victoire au-dessus de la carcasse de leur victime, ils sont fort surpris de constater que, non, la bête n’était pas vraiment morte, elle était juste super forte en mimes : celle-ci parvient en effet à se redresser et à défoncer le cockpit du Danger Rabouin pour y saisir… Maurice. Et non, je ne blague pas : le monstre super-méga-géant vient bien de faire une frappe chirurgicale lui permettant de manger un des deux pilotes sans embêter l’autre. Il doit avoir un gros score en dextérité.

Raleigh hurle donc des trucs comme "Noooon", "Pas mon frèèèèère" ou encore "Beuuuuuaaaah !" puis, aidé de son esprit surpuissant, parvient à garder le contrôle du Jaeger le temps d’achever le vilain Kaiju qui a tué son frangin. Et une fois cela fait, ramène son véhicule géant jusqu’à la côte, pour s’y échouer lamentablement.

Aussi subtil que cette introduction, le titre du film vient alors s’écraser en grosses lettres qui font du bruit sur l’écran.

5 ans plus tard, les choses ont bien changé. Le marshal Pentecost a été promu pour on ne sait quelles raisons (il sait probablement paumer ses Jaegers mieux que personne) et est désormais le chef du projet Jaeger. Sauf que la situation va mal : les Kaijus sont toujours plus puissants, et la technologie Jaeger ne suit pas. Du coup, les robots sont détruits plus vite qu’ils ne sont produits (en même temps, vous ne le produiriez pas chacun dans votre coin, m’enfin je dis ça…), et la situation commence doucement à avoir un petit fumet de caca. Une nouvelle fois, tous les pays du monde se sont donc réunis pour réfléchir à la question.

"Bon les mecs, les robots géants, ça n’a pas marché, il nous faut un autre plan.
- Des robots géants géants ?
- Eeeeeeeet… c’était la dernière intervention du Japon, hop, "mute". Quelqu’un d’autre ? Oui, les USA ?
- Assez rigolé, on a une super idée. Vous savez, gérer des envahisseurs, on s’y connait un peu. 
- Et donc ?
- Et donc, on s’est dit que les Kaijus, c’était un peu comme les Mexicains : on n’en veut pas chez nous mais ils veulent venir quand même. Alors à problème identique, solution similaire : on a qu’à construire un gros mur. 
- …
- Et comme ça, les Kaijus, ils peuvent pas passer. Ou alors au pire, on les retrouvera à bosser dans les champs avec la promesse d’obtenir des papiers, cette bande de pépitos. 
- Arrêtez, ne les écoutez pas !
- On se calme la France, qu’est-ce que vous avez ?
- Maiiiiis on a fait pareil avec la ligne Maginot, et ça n’a pas marché, vous allez voir que les Kaijus vont passer par la Belgique !
- Une réponse à ça, les USA ?
- Oui : notre plan est génial. Donc on va l’appeler pompeusement "Mur de la vie"  et si vous n’êtes pas d’accord, on arrête de produire Game of Thrones.
- Raaah ! Bon, okay !"

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C’est donc avec tristesse que les dirigeants mondiaux annoncent au marshal Pentecost que le programme Jaeger va s’arrêter, remplacé par le programme "Mur de la Vie", consistant à construire autour du Pacifique un gigantesque mur comme ça si les Kaijus arrivent et qu’ils voient le mur ils… heu… ils… ils s’arrêteront ? Ils tagueront "prout" dessus ? Oui, bon bref : le plan est super, donc merde. Pentecost est informé que le programme Jaeger sera encore financé 10 mois, le temps que le mur se finisse. Et que tous les Jaegers restants sont envoyés sur la base de Hong Kong (ce qui ne va pas être pratique en cas d’attaque du côté des USA, auquel cas il va falloir nager derrière le bestiau pour l’intercepter plutôt qu’être dans son chemin, sûrement un détail, mais rassurez-vous, les scénaristes n’y ont pas pensé).

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"Les amis, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est qu’on avait pas pensé à protéger un endroit appelé "Amérique du sud" qui, à ce qu’il parait, touchait aussi le Pacifique. La bonne, c’est que le prochain programme de géographie mondial vient d’être drôlement allégé"

Le marshal obéit donc à contrecœur, mais c’est ainsi. Et le dernier frère Becket alors, que devient-il, lui ? Et bien dégoûté par la perte de son frangin, il a raccroché, tout ça, et il s’est retiré en Alaska tel un Rambo, travaillant désormais comme simple ouvrier sur le mur de protection contre les Kaijus. Les choses auraient pu se poursuivre ainsi si un jour, en passant devant un poste de télévision, Becket n’avait pas ouvert les yeux tous grands en voyant un flash info.

"Héééé oui Simone, c’est incroyable : un Kaiju vient de passer le Mur de la Vie à un endroit où il était complet, lui pourtant réputé infranchissable !
- En effet Bob, d’après les premiers éléments, il serait passé par la Belgique avant de s’enfoncer dans les Ardennes pour aller se faire des mégalopoles majeures, comme par exemple Sedan ou Charleville-Mézières. La France aurait déclaré "On vous l’avait dit, bande de cons."
- Rappelons Simone que les Ardennes ont leur propre Jaeger : Woinic, le plus grand sanglier du monde (sic).
- Tout à fait Bob, toujours est-il que visiblement dépité par la simple vue de Woinic, le Kaiju est retourné dans le Pacifique pour finalement s’attaquer à Sydney pourtant officiellement à l’abri du mur, où il a cette fois-ci été vaincu par un véritable Jaeger, ce qui prouve que le Mur de la Vie n’est pas aussi parfait que ses concepteurs voulaient bien le dire, et que le programme Jaeger a encore son intérêt malgré les lourdes pertes qu’il a connu."

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S’ensuit une interview d’un certain Hansen, pilote du Jaeger vainqueur en Australie, qui explique doctement que les Jaegers sont toujours efficaces : le problème qui a causé tant de pertes jusqu’ici selon lui, c’est simplement que les autres pilotes étaient trop nuls. Si ce propos énerve un peu notre bon Becket, celui-ci est bien vite sorti de ses pensées par l’arrivée d’un hélicoptère de l’armée dont sort le marshal Pentecost. Et comme dans tout mauvais film, celui-ci lui explique qu’il comprend qu’il ait raccroché, mais que malgré le traumatisme, il faut qu’il reprenne du service, on a besoin de lui pour sauver le monde. Car il n’y a plus beaucoup de Jaegers encore debout, et parmi eux subsiste le Danger Rabouin, qui a été rafistolé. Mais celui-ci n’a plus de pilote, et Becket est l’un des derniers au monde à savoir piloter un engin comme le Danger Rabouin, véritable antiquité par rapport aux autres Jaegers restant, plus modernes.

Allez garçon : prend ton slip et ta brosse à dent, direction Hong Kong ! C’est donc un Becket blasé qui part pour l’Asie, convaincu par Pentecost avec ce simple argument : si les Kaijus gagnent la guerre, autant mourir dans un Jaeger en se battant plutôt qu’en tant que maçon sur un mur qui visiblement n’arrête personne.

Arrivé sur la base locale, Becket a donc l’occasion de découvrir toute une galerie de personnages qui donne envie de se tirer une balle dans la bouche, là, tout de suite :

  • Mako Mori, la seule nana du film (je me demande avec qui elle va finir, tiens), qui est évidemment asiatique mais japonaise, quand bien même nous sommes en Chine, puisque le Japon, c’est quand même vachement plus geek lolilulz. Et évidemment, tout le monde parle le Japonais, Becket y compris parce qu’il est cool, lolilulz aussi. Vous ai-je dit qu’en bonne asiatique, Mako Mori était une experte en arts martiaux ? Et elle n’a pas l’air nulle en maths. Quitte à faire des clichés racistes, j’aurais préféré voir le marshal Pentecost donner ses ordres tout en piochant dans un seau de poulet KFC, mais on ne peut pas tout avoir.
  • Blaireau 1 & Blaireau 2, les deux scientifiques, qui sont bien évidemment ridicules et complètement coincés, mais qui sont géniaux quand même. Blaireau 1 est spécialisé dans l’étude des Kaijus, Blaireau 2 dans l’étude de la faille du Pacifique
  • Hansen, le pilote du Jaeger vainqueur en Australie. Il méprise tout le monde, surtout notre héros, et passe son temps à répéter des trucs comme "J’ai pas besoin de toi, pauvre tache, et je n’hésiterai pas à t’abandonner si tu me ralentis" ou "Je suis le personnage caricatural du rival arrogant qui va se faire sauver les miches par le gentil héros que je méprise". Oh, et lui il pilote son robot avec son papa, Papa Hansen.
  • Chin, Chong et Chang, des triplés chinois qui pilotent en surnombre et qui semblent avoir été conçus par un scénariste qui s’est dit "Attendez, comment on pourrait faire une allégorie des asiatiques qui sont nombreux et se ressemblent tous ?". Ils sont évidemment très secrets, ont l’air fourbe mais sont super disciplinés.
  • Boris et Tanya, deux pilotes russes visiblement pas encore au courant que l’URSS n’existe plus.
  • Éventuellement, on peut aussi dire que "Gipsy" et "Danger", associés comme ça, c’est un hommage à Christian Estrosi, mais nous ne parlerons pas ici des problèmes des robots géants pour trouver des aires d’accueil.

D’ailleurs, des fois que ce ne soit pas assez subtil, sachez que par exemple, le robot russe a une tête de vieux tank soviétique et qu’à chaque fois qu’il apparaît à l’écran, on entend les chœurs de l’armée rouge. Je n’exagère pas : à chaque fois, même si c’est pour 5 secondes. Ah non mais oui, il y a du très gros niveau.

Bref. Après s’être un peu promené dans la base et avoir regardé les Jaegers avec les yeux humides, Becket découvre le Danger Rabouin complètement retapé, et prêt à retourner au combat. Pour une ultime mission (ho bin ça alooors !), à en croire le marshal.

"Becket, sachez qu’on a un plan pour en finir avec cette guerre.
- Balancer un tir d’arme nucléaire sur la faille à chaque fois qu’un monstre en sort ?
- Non, je préfère l’histoire des robots géants et du catch.  Sachez que comme l’état-major nous a abandonnés…
- L’état-major qui vient de voir, tout comme le monde entier, que le programme Jaeger pouvait encore arrêter les Kaijus contrairement à son mur ? Il va pas nous refiler du pognon en urgence du coup ?
- Non. D’ailleurs, lui non plus nous n’en parlerons plus du film. En fait, j’ai réussi à me procurer une arme atomique au marché noir.
- Mais ? Pourquoi au marché noir ? Vous ne pouviez pas juste demander à n’importe quel pays équipé ? Les armes de ce genre, c’est pas ce qui manque !
- Parce que… heu… l’état major ne veut pas que… qu’on… enfin… mais si vous… enfin vous voyez !
- Laissez tomber. Bon, et donc, c’est quoi le plan ?
- Aller jusqu’à la faille avec des Jaegers, celle-ci restant ouverte peu après avoir laissé passer un Kaiju, et y balancer notre cadeau. Et pouf, ça pétera la faille.
- Je connais des moyens plus rapides qu’un robot géant pour envoyer une bombe d’un point A à un point B.  Enfin bon, je sens que ça ne vous intéresse pas.
- En effet. Bref, j’ai obtenu la bombe auprès d’un gros trafiquant local, Hannibal. En échange, je lui ai donné l’autorisation de piller les cadavres de Kaijus que l’on bute pour en revendre des bouts. Il est content, et moi, j’ai de quoi finir cette guerre. Vous partirez donc en mission à bord du Danger Rabouin, et vous escorterez le porteur de la bombe, l’équipe Hanson. Les autres Jaegers, le Maxi Popov et le Heavy Tang seront aussi là pour escorter le bousin."

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Becket accepte, mais note tout de même qu’il a un petit souci : il est tout seul pour piloter son robot qui se pilote à deux, ce qui pose problème.

"Pas d’inquiétude Becket. Je sais que vous êtes le dernier pilote encore en vie d’un Jaeger comme le Danger Rabouin, c’est pour ça que l’on est venu vous chercher. Mais on a aussi trouvé des partenaires potentiels.
- Et vous avez pas pensé à regarder si vous pouviez pas déjà coupler deux de ces volontaires ? Non parce que si vous les avez sélectionnés pour piloter avec moi, c’est qu’ils savent le faire, non ?
-  Ah tiens oui, on y a pas pensé. Bon, en tout cas, voici la liste.
- "Mako Mori". Et 250 personnes prénommées Jean-Jacques. Hmmm je me demande qui sera mon partenaire. Mako Mori ?
- Non, je lui ai interdit de piloter un Jaeger. 
- Oui, alors c’est très intéressant mais j’ai une soudaine envie de défier Mako Mori au karaté."

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Et en effet : après avoir défié Mako au karaté et avoir bien rigolé, Becket retourne voir le marshal.

"Bon, bin je veux que ma partenaire soit Mako Mori.
- Vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas défier un Jean-Jacques au karaté ?
- Bin c’est à dire que c’est la seule nana du film, et Hollywood n’est pas encore prêt à ce que je roule un patin à un barbu à la fin.
- Très bien, alors je lève l’interdiction que j’avais posée pour protéger Mako, et je vous propose d’aller vous entraîner à bord du Danger Rabouin."

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Ni une, ni deux, et pendant que les spectateurs commencent à se pendre, notre nouveau couple se rend au Danger Rabouin pour procéder à des essais. Sauf qu’à peine à bord, la dérive entamée, chacun rentre en contact avec l’esprit de l’autre : Becket peut probablement ainsi se souvenir de tous les hommes avec lesquels Mako a couché, mais le film n’en parle pas, probablement pour ne pas envoyer Becket sangloter sous la douche, son ego de mâle hétérosexuel blessé. Et Mako a elle accès aux souvenirs de Becket et particulièrement à la perte de son frère, dont il a senti jusqu’à la peur et la douleur lorsqu’il est mort, puisqu’ils étaient reliés à ce moment là. Une terrible blessure, Becket ne se pardonnant pas la chose.

Ah oui, et comme les chinois sont communistes, il y a de la lumière rouge sur eux quand on les voit, quand bien même tout le reste du décor est bleu. Subtil on vous dit.

Mais surtout, les choses partent quelque peu en sucette lorsque Mako est victime d’un phénomène connu chez les pilotes : elle se perd dans la dérive, et se retrouve bloquée dans un de ses souvenirs (et commence à activer les armes du robot pour se défendre, ce qui ne fait pas vraiment plaisir aux gens dans le hangar des essais). Becket utilise donc la dérive pour aller dans son souvenir et lui dire que non mais ho, tu vas te calmer, dis ?

Sauf que du coup, il voit le souvenir de la bougresse : enfant, Tokyo a été attaqué par un Kaiju. Et pour des raisons mystérieuses, la ville était entièrement vide à l’exception de Mako (… oui, hein ?) qui courait sur une avenue, une chaussure à la main, à appeler sa mère. Sauf que le Kaiju étant un petit filou, il décida d’essayer d’en faire son goûter (mais petit, hein, techniquement pour lui c’est une sorte de cacahuète qui parle japonais), jusqu’à ce que débarque un Jaeger qui lui péta la gueule et piloté par… le marshal Pentecost ! Qui fut pilote un temps ! Et perdit son coéquipier tout comme Becket, et là encore, comme lui, se retrouva à devoir faire des efforts surhumains pour contrôler sa machine en solo durant quelques minutes. Et s’il ne voulait pas que Mako pilote, c’est qu’il est son père adoptif du coup, et ne veut pas la mettre en danger.

Après avoir sorti Mako de son rêve (comprendre : lui avoir mis deux claques dans la gueule), tout rentre donc dans l’ordre. Mais tout le monde se dit que le Danger Rabouin et son équipage a un peu merdé et a risqué, en activant ses armes, de raser le hangar, et qu’on ne peut donc pas trop leur faire confiance.

A noter une formidable scène où pour désactiver les armes et éviter l’accident, la salle de contrôle appuie sur son écran pour couper les circuits, ça ne marche pas, elle appuie donc sur le gros bouton rouge conçu pour ça, ça ne marche pas, elle tente donc de débrancher la prise de courant, attends, ça vient pas…

Une scène que l’on suit avec passion et crédulité, vous l’imaginez bien. Pardon, j’ai baillé là ? Désolé.

Qu’importe. Après ces débuts quelque peu catastrophiques, Mako et Becket ne sont pas à la fête, et la tension finit par tellement monter avec les autres pilotes de la base que, oh, surprise, Becket en vient aux mains avec son rival Hansen et lui pète la gueule pour lui montrer qu’il est le gentil, et donc le plus fort. Après cet échange un peu viril, tout le monde va donc se calmer dans son coin en maugréant que meugneugneu, c’est pas avec des gens pareil qu’on va gagner la guerre (ni faire un film intéressant, mais j’ai abandonné cette idée il y a longtemps pour ma part).

Allez, assez de testostérone ! Allons plutôt voir Blaireau 1 et Blaireau 2 dans leur laboratoire. Blaireau 2 a mis au point une théorie selon laquelle l’arrivée des Kaijus devrait s’accélérer. Et que bientôt, pour la première fois, il devrait en arriver deux d’un coup. Puis le jour suivant, trois. Puis le suivant quatre, puis il en viendrait toutes les heures, puis toutes les minutes…

Bref : nous sommes évidemment à la veille de la fin du monde, sinon ça manquerait de tension, hein, les monstres géants, ça ne suffit pas, de nos jours, le spectateur est exigeant, et en-dessous d’une apocalypse complète, il quitte la salle, oui Monsieur. Il ne manquerait plus qu’une petite prophétie avec un élu et ce serait bon.

En tout cas, pendant que Blaireau 2 peaufine sa théorie, Blaireau 1 travaille lui sur les restes d’un cerveau de Kaiju, l’un des rares qu’ils ont pu isoler. Et se dit qu’il a une grande idée : tiens ? S’il "dérivait" avec un cerveau de Kaiju pour explorer leur esprit ? Bon, certes, c’est un bout de cerveau un peu abîmé, mais il y a peut-être des choses intéressantes dedans ! Ni une, ni deux, le galopin se relie à la chose et… appuie sur le bouton.

Hop ! Instantanément, son esprit se remplit d’images venues d’ailleurs : souvenirs d’avoir été un monstre géant, d’avoir vécu dans une autre dimension, d’avoir déféqué un truc d’une mégatonne (un souvenir commun à beaucoup d’architectes contemporains)… sitôt les souvenirs enregistrés, il va raconter tout ce qu’il a appris au marshal Pentecost.

"Marshal, marshal !
- Oui Blaireau 1 ?
- Ecoutez, c’est incroyable, je viens de dériver avec un bout de cerveau de Kaiju, j’ai appris des tonnes de trucs sur leur race !
- Mais encore ?
- Hé bien écoutez : je ne comprenais pas pourquoi les Kaijus avaient tous le même ADN alors qu’ils avaient tous une tête différente, mais en fait, c’est parce qu’ils sont créés artificiellement par une race vivant dans la dimension de l’autre côté de la faille !
- S’ils ont exactement le même ADN, ils ne devraient pas justement avoir la même tête, qu’ils soient artificiels ou non ?
- Heu… attendez, je relis le script…
- Bon, continuez.
- Bref, leur race veut coloniser la Terre ! Ils ont essayé de venir il y a quelques millions d’années : ce sont eux qui ont buté les dinosaures !
- …
- Mais ensuite ils ont découvert que l’atmosphère terrestre n’était pas adaptée à leur race, ils sont donc repartis.
- Ah oui, non mais je vois : ils ont d’abord massacré jusqu’au dernier dinosaure sur l’ensemble de la planète, fouillant jusqu’au moindre terrier, et juste après ils se sont dit "Ah non en fait, ici c’est nul ?"
- Attendez… le script…
- Non mais on va accélérer là en fait.
- Oui, bon, donc : notre atmosphère a changé avec la pollution : on a involontairement rendu notre planète compatible avec leur race, donc maintenant, ils veulent s’y installer. Et envoient donc les Kaijus faire de la place !
- Je vois. Vous pourriez dériver à nouveau pour en apprendre plus ?
- Pour ça, il me faudrait un cerveau plus complet.
- Alors allez à Hong Kong trouver Hannibal ; il doit en avoir au marché noir."

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Et comme notre scientifique est un garçon consciencieux, il s’exécute. Et guidé par les conseils du marshal, trouve bien vite Hannibal en ville qui lui explique que bah non, c’est ballot, du cerveau frais, il n’en a pas. Alors à moins d’une attaque de l’ennemi, là, tout de suite, maintenant, ils sont dans la m…

"Aleeeeeeeeeeeeeeeerte !" se mettent à crier les hauts-parleurs dans tout Hong Kong et jusqu’à la base des Jaegers. Une nouvelle apparition de Kaijus vient d’être détectée… et comme Blaireau 2 l’avait prévu, cette fois, ils sont 2, le rythme s’accélère ! Et deux de classe 4, la classe qui a fait le plus de mal aux Jaegers jusqu’ici !

"Okay, ici le marshal Pentecost : à toute la base, préparez le robot géant des Hansen, le Mmm Bot (oui, j’aime les références artistiques de qualité), ainsi que le Maxi Popov et le Heavy Tang. Vous me droppez tout ce petit monde en face de Hong Kong et vous m’arrêtez les deux bestioles qui arrivent. Quant à la population locale, qu’elle fonce vers les abris les plus proches.
- Et nous ?
- Vous, Becket et Mako ? Vous restez là, vous êtes punis pour avoir merdé à l’entrainement."

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Sans entendre Becket insulter sa mère, Pentecost se rend donc à la salle de contrôle et suit sur écran ses machines être déployées dans la baie de Hong Kong. Et rapidement, en effet, deux monstres s’approchent à bonne allure. Et ont tôt fait de massacrer le Heavy Tang, qui avait pourtant 4 bras et des scies circulaires (il y avait de l’idée), puis d’en faire de même avec le Maxi Popov, permettant ainsi au stagiaire de l’équipe de réalisation ayant le bouton "lancer les choeurs de l’armée rouge" de rentrer chez lui au lieu de s’abîmer la main à taper dessus toutes les 7 secondes. Ne reste donc que le Mmm Bot piloté par un Hansen et un Papa Hansen un peu stressés, puisqu’ils ont perdu l’avantage du nombre.

Le Heavy Tang en pleine action. Action qui va durer deux minutes chrono, parce que rappelons-le, avec quatre bras et autant de scies circulaires, il fera moins bien qu’un vieux machin qui met juste des claques. Il n’avait qu’à être Américain.

Et ce n’est pas fini, car la situation empire : l’un des deux monstres fait soudain briller une étrange excroissance sur son dos et une immense onde de choc en jaillit… coupant tous les circuits électriques dans le Mmm Bot, Hong Kong & co ! Le duo Hansen est donc paralysé et à la merci de ses ennemis, aussi Papa Hansen tente quelque chose :

"Fils, ça te dirait que l’on essaie quelque chose de très con ? (véritable dialogue, hélas non ironique)
- Réaliser un film qu’on appellerait Pacific Rim ?
- Pas con à ce point, non, mais bon : je te propose de prendre les pistolets de détresse et de grimper sur le toit du robot pour tirer dans les yeux du monstre le plus proche.
- Okay !"

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Les deux loulous quittent donc le robot en carafe au milieu de la baie, et lorsque l’énorme Kaiju qui les a désactivé s’approche d’eux… ils tirent avec succès dans deux de ses – nombreux – yeux. La bête hurle donc, mais avant qu’elle ne puisse se venger en tatanant les deux pilotes à découvert, elle se mange soudain un méchant pain dans le museau : le Danger Rabouin vient d’arriver à la rescousse !

"Nous et notre moteur nucléaire sommes en analogique, pas en numérique, nos circuits fonctionnent donc encore." déclare donc Becket, avant de retourner péter la gueule au monstre marin avec l’aide de Mako. Une fois le vilain animal en mauvaise posture, nos héros vident sur lui leurs canons à plasma (encore une fois : l’arme à distance, c’est à la fin) pour être sûrs qu’il ne se relève pas. Puis, ils foncent s’occuper du deuxième monstre, déjà occupé à faire sa parade amoureuse avec les buildings les plus proches  ("Hé Madmazel, bien ou bien ? Vazy tu réponds pas, c’est passque j’suis un Kaiju ? Comment t’as pas la tolérance !").

"Aïeuuuuh !" fait donc la créature un peu bougonne lorsqu’elle se mange dans la margoulette un supertanker utilisé comme massue par le Danger Rabouin. S’ensuit donc un combat épique à coups de poings, de fulguro-poings (si), de tirages de slips et autres spécialités typiques d’un corps à corps intense. Du moins, jusqu’à ce que le Kaiju agrippe le Danger Rabouin… et ne s’envole avec lui dans les serres, tel un gigantesque vautour, parce que oui, tiens, il vole (mais était arrivé à la nage pour éviter de fâcher les Jaegers en les feintant, sympa) !

Le monstre vole si haut que bientôt, la température et l’oxygène commencent à chuter à bord, obligeant nos héros à avoir recours à leur ultime solution :

"Vite : sortons la grosse épée qui tue en un coup !"

A ce stade, permettez-moi de faire une pause dans le spoiler pour aller hurler dehors. Et peut-être tirer sur un ou deux pilotes de scooters à pots modifiés, histoire de.

Voilà.

Donc, disais-je, nos héros sortent la grosse épée qui tue en un coup, et comme son nom l’indique, avec elle, ils tuent le monstre en un coup et redescendent sur le plancher des vaches à coups de super propulseurs wish woush.

Mais oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, en fait, le robot avait ça. Ce qui aurait pu, par exemple, sauver le frère Becket. Ou sauver des immeubles entiers. Ou les deux autres Jaegers. Bref : oui, depuis le début, ils avaient l’arme ultime mais ils ne s’en servaient pas, parce que les coups de poings, c’était plus rigolo.

"Désolé frangin, j’avais le choix entre être efficace et te sauver ou faire des trucs cools. J’ai choisi."

Je commence à comprendre pourquoi l’état-major ne veut plus filer de frics à ces gens. Hmmm. Mais toujours pas pourquoi des maisons de productions financent des films pareils.

Pendant ce temps, à Hong Kong, Hannibal et ses hommes en apprenant la fin de la bataille se sont rués sur les corps des Kaijus pour les disséquer. L’occasion pour Blaireau 1 d’aller voir s’il y a du cerveau frais disponible, mais pas de bol : celui-ci a été endommagé dans la bataille (comme celui de nombre de spectateurs). Heureusement, les aliens ont eu la bonne idée de créer un Kaiju… enceinte ! Bah oui, hein, ou alors lui et son copain s’emmerdaient dans la faille en attendant leur tour et sont allés boire un coup, se sont aperçus qu’ils aimaient les mêmes choses au cinéma, puis ils se sont racontés un ou deux blagues kaijus (celle du bulgür qui rentre dans un bar et commande un shaproukz), et une chose en entraînant une autre, ils se sont retrouvés nus, couverts de sueur à tenter la position du Megazord furieux tout en…

Hem, je m’égare.

Oui, bref : un bébé Kaiju sort donc du ventre du cadavre, et après avoir mangé Hannibal lors d’une scène se voulant drôle j’imagine, mais finalement aussi hilarante qu’une circulaire sur la TVA, Blaireau 1 se retrouve avec un Kaiju mort tout frais et tout beau. Et avec le renfort de Blaireau 2, ils décident de dériver avec le cerveau de la bête. Et s’installent donc pour ce faire, avant de pousser le bouton qui va bien… hop !

Mais revenons à nos héros : de retour à la base des Jaegers, ils n’ont guère le temps de se reposer. Comme l’avait prédit Blaireau 2, les arrivées de Kaijus s’accélèrent, et il faut donc se dépêcher, car déjà, la faille s’agite au fond du Pacifique. Il faudrait donc y aller pour y déposer la bombe qui va bien. Le Danger Rabouin et le Mmm Bot sont donc rapidement retapés et préparés (Papa Hansen étant blessé, il est remplacé au pied levé par le marshal Pentecost), et envoyés au fond du Pacifique pour aller à la faille, où déjà, on détecte deux Kaijus… qui tournent curieusement autour de la faille. Car en réalité, en dérivant avec des Kaijus, Blaireaux 1 et 2 ont fait une erreur : les Kaijus ont aussi pu lire leur esprit, et communiquant entre eux grâce à leur esprit de ruche (tout joueur Tyranide les aurait prévenus), ils sont désormais au courant que l’on veut poser une bombe dans leur petite faille.

Le Mmm Bot portant la bombe et le Danger Rabouin approchent donc doucement de la faille, et sont tout de même un peu surpris lorsque soudain, ça crie dans leurs micros : Blaireau 1 et 2 viennent de rentrer à la base et ont donc foncé à la salle de contrôle prévenir tout le monde de ce qu’ils ont appris :

La faille… elle ne laissera pas passer la bombe, car elle est programmée pour ne laisser passer que ce qui a de l’ADN de Kaiju ! Il va donc falloir sauter dans la faille accroché à un Kaiju pour que le plan fonctionne !

Okay. Bon, alors plusieurs choses :

  • Vous pouvez m’expliquer ce que cette information faisait dans un bébé Kaiju n’ayant pas vu le jour ? Il avait aussi les prochains chiffres du loto ?
  • Vous avez dans votre base plein de trucs couverts d’ADN de Kaiju : vous annulez la mission, larguez une bombe  de loin avec de la bidoche de Kaiju accrochée dessus, et ça passe

Mais non. D’ailleurs, pour plus de spectacle, non content deux Kaijus veillent sur la faille… mais un troisième en sort à l’approche de nos héros : un classe 5, jamais vu, le plus gros de son espèce ! Pas de quoi faire reculer nos héros pour leur bataille finale : le Danger Rabouin sort son épée qui tue en un coup, et découpe donc un monstre de classe 4, comme son nom l’indique, en un coup. Il tente bien de porter secours au Mmm Bot, en plus mauvaise posture (mais qui vient lui aussi de se découvrir des épées qu’il n’avait pas jusqu’ici, tiens ?), mais bientôt, la voix du marshal Pentecost retentit.

"Danger Rabouin, n’approchez pas : nous avons les deux Kaijus sur nous, et ils sont de classe 4 et 5 alors ça va être compliqué. Ecoutez, quand j’étais un jeune pilote, les Jaegers étaient encore des prototypes et j’ai été irradié, je n’ai donc plus beaucoup de temps à vivre, alors autant que je me sacrifie en faisant sauter la bombe, pas vrai ? Comme ça, ça tuera les deux Kaijus… et vous, vous n’aurez plus qu’à envoyer votre Jaeger à moteur nucléaire en mode autodestruction dans la faille, avec la voie libre."

Tout le monde pleure donc très fort, et comme convenu, le Mmm Bot explose avec son chargement nucléaire, détruisant le Kaiju de classe 4, endommageant très fort le classe 5 (mais n’abîmant pas trop le Danger Rabouin juste à côté, merci), et permettant à nos héros d’achever la grosse bête avant de sauter avec sa carcasse dans la faille. Qui s’ouvre donc comme convenu pour faire passer nos héros.

Alors que se dévoile devant nos larrons l’autre dimension, qui comme toute dimension de méchants, est constituée de décors rougeoyants et d’immenses bâtiments inquiétants avec des aliens humanoïdes observant l’arrivée de ce curieux robot géant tombant du ciel, Becket commence à lancer la procédure d’autodestruction, sous les encouragements de la base, dont les communications passent sans même la moindre friture dans l’autre dimension, merci de vous inquiéter. Il en profite pour éjecter d’abord Mako histoire de la mettre en sécurité, les Jaegers disposant de compartiments pour… pour…

Hooo attendez ? Vous voudriez dire que ce petit enfoiré de marshal Pentecost s’est sacrifié avec Hansen, alors qu’il aurait pu éjecter ce dernier d’abord pour le sauver ? Sachant qu’en plus, Pentecost avait déjà piloté en solo et n’avait plus besoin du robot de toute manière, juste d’appuyer sur le gros bouton pour faire tout péter ? Oui : mais comme le script disait que de rival, Hansen était passé au statut de super gentil prêt à se sacrifier pour le héros, il est mort. Pour rien. Et lui n’était pas condamné par quoi que ce soit, si ce n’est un scénario moisi.

"Dommage que ces robots se pilotent à deux, parce que je sais pas toi, mais moi j’ai prévu de me sacrifier."

D’ailleurs, après avoir enclenché la procédure qui va bien, Becket s’éjecte aussi, et la faille qui jusqu’ici ne laissait passer que des choses "avec de l’ADN de Kaiju" laisse repasser dans l’autre sens sans aucun souci (ça devait être un portail à sens unique, j’ai vu ça dans le code de la route des dimensions parallèles), et les vilains aliens se retrouvent donc avec un robot qui tombe du ciel… et explose en rasant toute la petite base qu’ils avaient installé juste sous la faille, avant de faire s’effondrer cette dernière.

Au centre de contrôle, tout le monde est content, et on a donc le droit à la séquence finale où les deux caissons d’éjection de Mako et Becket remontent à la surface côte à côte, où tout le monde doute à un moment pour savoir si Becket a survécu ou non, mais évidemment, si, et lui et sa copilote peuvent donc se faire des bisous au milieu de l’océan, alors que la base Jaeger a envoyé à leur rescousse une douzaine d’hélicos volant en formation (pour deux clampins, à moins que ce soit pour accuser l’un des deux d’avoir un gros cul et d’avoir besoin d’un hélitreuillage multiple). Dans la salle de contrôle, on déclare donc officiellement la fin de la guerre contre les Kaijus et…

… FIN !

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"Vous y êtes allé un peu fort patron."

Le corps de la jeune femme continuait à convulser un peu sur le sol moussu de la forêt de Rambouillet, aux pieds des deux hommes. Le filet de bave s’échappant de sa bouche s’accordait parfaitement aux yeux révulsés qui étaient désormais les siens.

"D’habitude avec le GHB, ça n’agresse pas trop le cerveau, mais là… le scénario de Pacific Rim, c’était quand même un peu fort.
- Vous pensez que c’est ça ?
- Ah oui, elle s’est mise à baver en saignant du nez au passage où le héros sort l’épée magique qu’il avait en fait depuis le début du film.
- Effectivement. Patron, regardez, elle a arrêté de convulser, je crois qu’elle est inconsciente pour de bon."

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Je tapotai la bougresse du bout du pied, mais celle-ci en effet ne remuait plus.

"Bon, je l’enterre alors ? A côté de son copain ?
- Non Diego, remets-ladans le coffre. On l’emmène à la cave."
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Le serviteur saisit le corps en robe de soirée par les épaules, et tentant de ne pas trop traîner la tenue satinée sur la terre humide, la chargea à nouveau dans le coffre avec un long soupir de satisfaction.

"On peut rentrer maintenant ?
- Non Diego. Ne sens-tu pas venir tous ces gens qui vont venir défendre cette bouse en expliquant que le scénario, ce n’est pas important dans un film qui n’a pas la prétention de le mettre en avant?
- Je ne suis pas sûr.
- Ils arrivent Diego. Ils arrivent, sois-en sûr. Ils sont déjà venus et ils reviendront, toujours le même argument en bouche.
- Ho ! Mais dites patron, vous ne viendriez pas de vous auto-référencer ?"

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Je laissai paraître un sourire tout en tirant un cigare de ma poche.

"Bien sûr que si Diego." dis-je en allumant tranquillement la chose.

"Sauf que moi, j’assume tout à fait d’être prétentieux."

"Cette affaire est de plus en plus étrange…"

Le commissaire tira mollement sur sa pipe en observant les objets étalés sur la table devant lui, alors que crépitait à son côté le flash de l’appareil du célèbre journaliste Loïc Laine.

"Vous n’avez pas l’ombre d’une piste commissaire ?
- Hé bien, si, en quelque sorte… nous avons trouvé dans la chambre d’hôtel du tueur de scénaristes que nous recherchons une clé USB qu’il aurait oublié dans sa fuite. Il y a une étrange vidéo dessus, j’espérais que nos profilers pourraient en tirer quelque chose, mais dans l’immédiat, ils sont perplexes.
- Ce qu’il vous faudrait, c’est un expert qui… ho, regardez, là haut !
- Est-ce un Messerschmitt ?
- Est-ce un aigle royal ?
- Non ! C’est SUPER SPOILER !"

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Les deux hommes s’écartèrent pour faire place à la silhouette volante qui passant par la fenêtre du commissariat, vint se poser entre eux, sa cape claquant au vent quand bien même aucun courant d’air ne semblait parcourir la pièce.

"Bonjour commissaire, bonjour Loïc. Alors, encore un mystère sur les bras ? 
- Super Spoiler ! Ho ça alors, on avait bien besoin de vous !
- Loïc a raison Super Spoiler, nous avons une grosse affaire sur les bras. Je… par contre je me disais juste…
- Oui commissaire ?
- Vous pourriez éviter d’avoir vos initiales sur le torse ?
- Quoi ? C’est pas chouette ? En plus je me suis emmerdé à les faire faire sous forme de petits éclairs pour faire plus héroïque. Je ne ne vois pas le problème.
- Moui. Bon, passons à notre affaire si vous le voulez bien : de mystérieux scénaristes sont retrouvés morts de honte un peu partout ces derniers temps. On pensait avoir coincé celui qui leur fait ça, mais il s’est échappé avant qu’on ne découvre sa véritable identité. Par contre, on a trouvé cette vidéo, nul doute que ça ne résistera pas à votre expertise."

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Le commissaire appuya sur une touche du petit ordinateur portable ronronnant devant eux et éteignit les lumières de la salle pour plonger leur petite équipe dans l’ambiance. Bientôt, des images apparurent sur l’écran.

- – – – -

Une mégalopole, quelque part, alors que des files de voiture sont coincées dans les embouteillages. On entend des bruits de klaxon.

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Nous avons tous peur de l’obscurité."

*bruit sourd de tambour*

Des gens allant et venant dans les rues, une ou deux personnes en train d’en venir aux mains sur un trottoir

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Et lorsqu’elle vient, nous sommes tels des enfants face à un cauchemar."

*bruit sourd de tambour*

Une gigantesque ombre commence à couvrir la ville, les gens dans les embouteillages sortent de leurs voitures pour regarder au-dessus d’eux, inquiets, alors que dans les rues, des doigts pointent quelque chose dans le ciel.

*bruit sourd de tambour, puis accélération progressive de celui-ci*

*voix off de vieil homme* "A cette exception près : nous n’avons pas de parents vers qui nous tourner pour les chasser."

Plan sur un immense vaisseau au-dessus de la mégalopole, un titanesque canon se chargeant au-dessous de celui-ci avec moult effets lumineux et sonores, avant de tirer au cœur de la cité un rayon lumineux qui désintègre littéralement les immeubles alentours. Partout en ville, les spectateurs de ce massacre s’enfuient, quittant leurs véhicules en hurlant et poursuivant avec le reste de la foule à pied. Une femme portant son enfant dans les bras s’effondre, bousculée par la foule, alors que derrière-elle le rayon lumineux destructeur se rapproche.

*bruit très sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Mais c’est aussi dans l’obscurité que se révèlent les lumières que nous ne remarquons pas le jour."

Plan sur la femme et son enfant, une main se tend vers elle. "Montez dans ce taxi si vous voulez vivre !"

WARNER BROS PRESENTE

Plan sur une salle du pentagone avec quantité de gradés autour d’une table, musique récupérée au box-office en fond

"Messieurs, ce matin à 11:17, nous avons perdu le contact avec notre plus grande cité de la côte est, nos morts se comptent par milliers et l’ennemi a cloué notre aviation au sol."

Bref plan sur des avions de chasse s’écrasant contre les défenses de l’énorme vaisseau survolant la cité.

"Nos commandos n’ont pas la puissance de feu pour venir à bout de ce monstre, et l’engin tire sur tout ce qui essaie de rentrer ou sortir de la ville. 
- Qu’allons-nous faire général ?
- Nous allons devoir compter sur un homme déjà à l’intérieur.
- Mais qui ?"

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Plan sur un homme en tenue rouge et bleue, la mâchoire serrée, regardant d’un air déterminé vers le ciel alors que les gens paniqués continuent de courir autour de lui.

"Nos satellites ont repéré un homme qui ce matin a sauvé à lui seul plusieurs centaines de personnes grâce à son taxi. 
- C’est un ancien de chez nous ?
- Non. C’est un homme nouveau."

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Une plaque de chauffeur de taxi est jetée sur la table, le visage du héros y est visible, un bonnet bleu vissé sur le crâne. On peut lire "Oui-Oui" à côté.

OUI-OUI BEGINS

*Lancement d’une musique épique avec des chœurs en latin*

Plan sur une station essence explosant.

CET ETE

Plan sur un type à demi-calciné mourant dans les bras de Oui-Oui.

"Oui-Oui… tu dois… 
- Gendarme, ne parlez pas, je vais vous emmener à l’hôpital, gardez espoir !
- Il est trop tard Oui-Oui… tu ES notre espoir… Nestor Bouboule… il a kidnappé Potiron… j’ignore pour qui il travaille…
- Accrochez-vous Gendarme !"

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*La musique continue*

TOUT

Plan sur Oui-Oui zig-zaguant à bord de son taxi entre des explosions. Oui-Oui distribuant des mandales à divers malandrins qui profitent du chaos pour essayer de s’en prendre aux honnêtes gens. Oui-Oui tendant la main à une jeune femme, les yeux larmoyants, alors qu’elle va glisser d’une corniche dans la ville dévastée.

VA

Plan sur un immeuble explosant

COMMENCER

Plan sur un carambolage sous une pluie de cendres.

Plan final sur Oui-Oui, le visage sanglant, au milieu d’une salle futuriste ressemblant fort à la passerelle d’un vaisseau. Il a l’air très en colère.

"Bonsoiiir, Oui-Oui…
- Ouiiii… bonsoir !
- Sournois. Finaud. 
- Tu es seul Oui-Oui… tu es perdu.
- Je ne suis jamais seul. J’ai mon taxi."

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Plan sur le taxi de Oui-Oui traversant l’immense cockpit derrière-lui, la scène est coupée brutalement pour laisser place à un écran noir. Dans un bruit infernal, de grosses lettres viennent s’y poser jusqu’à écrire

OUI-OUI BEGINS

http://www.ouiouibegins-lefilm.com ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – – – -

Le commissaire tira un peu plus fort sur sa pipe, comme s’il essayait de surcharger ses sens de tabac pour en chasser le dégoût qu’il venait de ressentir. Il se tourna vers le super héros à son côté.

"Alors Super Spoiler ?
- Ah non mais c’est facile : prendre n’importe quelle licence et tenter de lui donner un côté dark moisi, c’est du Christopher Nolan.
- Bon sang, vous êtes sûr ?
- Certain.
- Alors vous devez agir vite, Super Spoiler ! J’ai entendu dire que le bougre présentait le dernier film qu’il a écrit et produit, "Man of Steel", au cinéma local !
- Diantre, je dois y aller !"

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Super Spoiler étendit ses bras et s’envola en faisant tourbillonner l’air autour de lui, obligeant le commissaire et le journaliste à ses côtés à se protéger alors que tous les papiers de la pièce se mettaient à tourner autour d’eux dans la confusion la plus totale. Lorsque le dernier document eut achevé son vol, Loïc Laine leva les yeux.

"Tout de même, je me demande bien qui est Super Spoiler. Vous pensez qu’il est comme Superman et porte des lunettes le jour ?
- Ah non, il est encore plus extrême : lui, il porte carrément des lentilles de contacts."

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Et sans un mot de plus, tous deux prièrent silencieusement pour que Super Spoiler aille s’occuper de Man of Steel.

Le film est-il une énième tentative de rendre sérieux un héros qui ne l’est pas ? Comment l’incontournable question du slip de Superman a-t-elle été gérée ? Un seul dialogue a-t-il été réussi ?

Allons voir promptement : spoilons, mes bons !

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L’affiche. Pas d’explosion en vue ? Ni de cendres ? Ni de flammes ? Ah, attendez, peut-être que ce film est bien, en fait (faites semblant d’y croire, chenapans !).

Notre histoire débute sur la lointaine planète de Krypton, alors qu’une femme est occupée à pousser fort : la bougresse est en effet en train d’accoucher sous le regard ému de son mari, Jor-El, tellement content à l’idée de ne plus avoir de nuits et de changer des couches. Bientôt comme dans tout accouchement de mauvais film paraît un enfant tout propre et sans cordon ombilical qui présente tous les attributs d’un garçon (comprendre : il a une bière à la main) : Kal-El. Ce nouveau né fait la joie de ses parents, mais hélas, Krypton ne connaissant pas le congé paternité, Jor-El est bientôt rappelé à ses activités, à savoir scientifique de Krypton. Et quand je dis scientifique de Krypton, ce n’est pas pour dire qu’il est scientifique : non, c’est visiblement le seul du coin, puisque durant tout le film, qu’importe de quoi on parle : c’est Jor-El qui l’a fait. Si vous ne saviez pas dire "Mac Gyver" en kryptonien, c’est désormais chose faite.

Bref : Jor-El se rend au grand conseil de Krypton pour expliquer à celui-ci, en substance, que c’est la merde. En effet, à force de consommer toute l’énergie de la planète pour leur civilisation, nos amis kryptoniens ont rendu son noyau instable, et le bougre menace de péter d’un moment à l’autre. Jor-El supplie donc le conseil de lui confier le codex, une relique contenant tous les codes génétiques pour reproduire la civilisation de Krypton ailleurs, afin d’essayer  de la sauver. Car en effet, sur Krypton, on a oublié comment on faisait les bébés (on ne sait plus trop ce qu’il faut mettre dans quoi, on a bien fait des recherches, mais une fois Jor-El est resté coincé 6 heures dans l’oreille de sa femme, depuis on a arrêté), du coup dans le doute, on les produit en série dans des cuves. Avec le code génétique et les cuves, il est donc possible de refonder Krypton ailleurs, hop !

"Certes, Jor-El, votre sagesse est grande.  Mais sinon, on pourrait pas juste se barrer avec des vaisseaux ? Non parce qu’on est un peu une civilisation qui voyage dans l’espace quand même.
- Grand maître Obvi-Ous, il n’y a plus de temps pour ça ! Donnez-moi le codex et Krypton pourra vivre !
- D’accord mais comment ?
- Hé bien heu… par exemple en l’envoyant avec des codes génétiques ailleurs avec l’aide d’un, disons… vaisseau spatial ?
- Attendez, c’est moi où vous venez juste de… AAARGH !"

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Le pauvre Obvi-Ous est hélas arrêté en plein pointage d’incohérence par un coup de pistolet désintégrateur dans la margoulette qui l’empêche quelque peu de poursuivre sa conversation. Car ce n’est pas Jor-El qui a tiré mais un groupe de nouveaux arrivants l’air hostile, commandés par le terrible général Zod.

"Ça suffit maintenant ! Krypton n’a plus le temps pour vos discussions ! Il faut agir : donnez-moi le codex ! Jor-El, écarte-toi !
- Que veux-tu faire du codex ?
- Je vais m’en servir… pour faire renaître notre civilisation ailleurs ! 
- Alors ça, JAMAIS !
- Mais attends mec, tu viens d’expliquer que c’était exactement ton pl…"

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Pendant que les spectateurs sont encore en train de se demander comment on peut faire aussi mauvais dès les premières minutes, Jor-El bouscule Zod et tente de fuir sa troupe pour aller chercher le codex, qui est rangé dans une salle évidemment non gardée. Après s’en être saisi, Jor-El s’enfuit sur son dragon volant pendant qu’il est poursuivi par les vaisseaux des méchants. Car oui, comme lui il est gentil, il chevauche des animaux mythiques gentils pendant que les vilains ont des vaisseaux qui font bziou bziou et gruwululu. Je pense que dans la première version, il s’enfuyait sur une licorne majestueuse, mais quelqu’un s’est dit que ça allait se voir, là, quand même. Du coup, on a aussi retiré le passage où on explique qu’il vit dans un champignon gardé par un lapin soyeux. N’empêche, essayez autour de vous : allez voir quelqu’un qui n’a pas vu le film et dites-lui "Franchement, dans Man of Steel, j’adore la scène où Russel Crowe chevauche un dragon", il y a 97% de chances qu’il ait l’air terrifié et se demande ce que vous avez bien pu voir, mais si, si, c’était bien Man of Steel.

Bref : toujours est-il que Jor-El fonce à son domicile pour y retrouver sa dulcinée, qui voulant éviter que son fils finisse sa vie à peine commencée avec Krypton, a déjà trouvé une planète où envoyer son marmot : la Terre. Celle-ci a une population un peu primitive mais qui pourra prendre soin de l’enfant, même s’il sera forcément rejeté pour sa différence (sauf si par le plus grand des hasards, il venait à atterrir dans un coin de la planète où la population est aussi blanche que lui et où il peut parfaitement se fondre). Jor-El bidouille donc un truc avec le codex et son fils, colle le tout dans une fusée qui attendait chez lui (sur Krypton, la fusée sur sa rampe de lancement à domicile, c’est complètement tendance, on en trouve plein chez Ikea), programme la Terre comme destination et envoie le tout dans l’espace, trop heureux de se débarrasser de ce truc rose qui braille avec une couche contenant visiblement aussi un gros noyau instable.

Le général Zod arrive donc sur ces entrefaites, un peu bougon.

"Crotte de bique ! Mais enfin Jor-El, pourquoi as-tu fait ça, tu es con ou bien ?
- Non je… Krypton est une civilisation décadente : vois ! Nous produisons des enfants à l’aide du codex, et leur rôle dans la société est inscrit dans leurs gênes. Je ne veux plus de cette société là ! J’ai donc envoyé mon fils, seul enfant né naturellement depuis des siècles, dans l’espace avec le codex pour qu’il fasse renaître une civilisation meilleure ailleurs. Alors que toi, tu voulais le codex pour reproduire nos mêmes erreurs, encore et encore !
- Hmmm oui, alors j’entends bien, mais justement, si tout ce bordel d’eugénisme immonde est dans le codex et que tu n’es pas d’accord, pourquoi l’as-tu envoyé avec ton fils pour "faire renaître notre civilisation" ?
- Ha ? Heu… je…
- Je veux bien que tu m’expliques. 
- Oui non mais je… hahaha, si ! Attends ! Maintenant que tu n’as plus le codex, tu es feinté : tu ne peux plus reproduire l’eugénisme de Krypton ailleurs ! J’ai donc bien fait d’envoyer loin de toi mon fils et le codex. Si si, c’est bon, tout se tient. C’était juste pour t’emmerder toi, en fait.
- Hmm. Ou alors il me suffirait de trouver des porteurs de gènes issus du codex pour les reproduire. Genre des gens de Krypton, en fait. Je me demande où on va en trouver, sachant qu’on est sur Krypton, c’est chaud patate.
- … non, attends, je suis sûr que je trouver une bonne raison à pourquoi j’ai balancé mon fils dans l’espace !
- Bon, et si je te tuais, plutôt ?"

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Et ce qui fut dit fut fait, débarrassant ainsi Krypton d’un de ses plus gros blaireaux. Hélas pour le général Zod, l’aventure s’arrête là, puisque le reste des forces armées de la planète vient lui dire que tenter un coup d’état en tuant des gens, c’est très vilain bande de gredins, et que du coup, lui et ses copains méritent une grosse punition. Punition qui est la suivante : le départ loin de Krypton dans un vaisseau-prison. Oui, vous avez bien lu : pour avoir été très méchants, Zod et ses amis sont condamnés à ne pas avoir le droit de rester sur leur planète qui va péter.

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Zod vient de penser à un truc : et si il était tout simplement allé prendre le codex qui n’était pas gardé et qu’il était parti ? Ah oui, tiens, flûte.

Et on en est encore qu’au tout début du film. Impressionnant, n’est-ce pas ? Il y a du talent, et pas qu’un peu.

Et effectivement : à peine Zod et ses amis hors d’atteinte, Krypton explose, tuant ainsi une race visiblement constituée à partir de l’ADN de Christine Bravo. Profitons-en donc pour aller voir ce qu’il se passe sur Terre, quelques années plus tard.

Clark Kent est un jeune homme terriblement sombre (comprendre : il est barbu) qui gagne sa vie en tant que marin pêcheur, un rude métier où il doit affronter des ennemis aussi terribles que l’indomptable saumon, la sauvage truite, ou le génie du mal Lex Luthon. Mais un jour, alors que son navire capte le signal de détresse d’une plate-forme pétrolière en difficulté, Clark s’envole tel un aigle et fonce droit vers le brasier qu’est devenu le site de forage pour traverser les flammes sans encombres et en sortir les ouvriers à la grande surprise de ces derniers et des gardes côtes, qui voient même cet étrange homme sorti de nulle part soulever et tordre à lui seul des obstacles de plusieurs tonnes pour faire place aux évacués.

Ainsi naît la légende de Super Marin Pêcheur, the Man of Breizh.

Toujours est-il qu’après cet exploit, Clark en profite pour méditer en plongeant sous l’eau et s’assoupissant au milieu des baleines, tant, c’est connu, ces animaux adorent se promener autour des plate-formes en flammes qui explosent. Nous avons dès lors le droit à un flash-back, et comme le film va nous en coller tout un tas toutes les 10 minutes, regroupons-les un peu pour avoir le sombre, très sombre passé de Clark Kent au complet.

Clark se souvient d’un jour, quand il était enfant : ses pouvoirs s’éveillaient et il en chiait un peu pour les contrôler : son audition le surchargeait de sons, des conversations lointaines aux bruits d’horloges en passant par ce qui aurait dû rester silent but deadly, son odorat rendait la chose encore plus éprouvante, quand à sa vision à rayons X, elle lui permettait de voir au travers du chemisier de la maîtresse, ce qui déstabilise toujours un peu quand on a 6 ans. Clark ce jour là était donc parti se cacher dans un placard de l’école pour s’isoler de tout cela, mais comme heureusement, Maman Kent traînait toujours dans les couloirs de l’établissement pour Dieu sait quelles raisons, elle pouvait le calmer avec des phrases simples de maman comme "Concentre-toi sur ma voix" ou "Tu sors de là ou c’est ma main dans ta gueule, on va voir si t’as un toucher surdéveloppé".

Clark se souvient aussi du jour où sur le chemin de l’école, son bus est tombé d’un pont dans la rivière locale, ce qui n’est quand même pas de bol. Clark avait donc poussé le bus à lui seul hors de l’eau, sauvant ainsi toute sa classe et le chauffeur d’une fin atroce. Le soir même, Papa Kent l’engueula en lui expliquant que bordel, tu dois cacher tes pouvoirs, les gens prennent peur ! Et insiste en disant que, oui oui, il aurait dû laisser toute sa classe crever. Mais à part ça, il encourage Kent à faire le bien.

"Tu comprends Clark ? Faire le bien, c’est cool, mais c’est très secondaire par rapport à ce que l’on pense de toi. 
- Tu veux dire que je peux laisser les gens crever si j’ai une bonne équipe de com’ ?
- Tu viens de résumer 50 ans d’histoire de la présidence des Etats-Unis mon lapin."

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Je n’invente pas : Papa Kent explique bien qu’il aurait dû laisser sa classe crever plutôt que de leur faire une grosse peur. Je serais curieux de savoir sur quel ton ce type utilise l’expression "Il y a eu plus de peur que de mal". En tout cas, cela motive Papa Kent à emmener son fiston à la cave, non pas pour lui coller un coup de pelle, mais pour lui montrer quelque chose : le vaisseau dans lequel il l’a trouvé. "Oui fiston, maintenant que tu as flippé durant quelques années sur pourquoi tu avais des pouvoirs surnaturels, je tenais à te dire qu’en fait, tu étais un extra-terrestre et qu’on t’avait trouvé dans cette capsule un matin dans un champ. Et je suis sûr que ta capsule est extra-terrestre, car j’y ai trouvé des éléments même pas classifiés sur le tableau périodique qui va bien. Car oui, j’ai beau être un fermier, j’explique tranquillement que je fais ce genre d’analyse les doigts dans le nez. Et même si la logique voudrait qu’un bébé dans une capsule ressemble fortement à un enfant placé dans un canot de sauvetage lors d’un quelconque malheur, je vais te répéter en boucle alors que je n’ai aucun moyen de le savoir que si tes parents t’ont envoyé là, c’est qu’ils avaient un but pour toi, pas simplement qu’ils voulaient te sauver les miches. Oh, et j’ai trouvé une sorte de clé dans la navette : je te la donne."

Clark se souvient aussi d’un jour où il était sur la route avec ses parents, et où il a fait ce qu’il ne faut jamais faire quand on est un super héros : se fâcher avec ses parents adoptifs. Non parce que forcément, ils vont mourir aussitôt pour que le héros ne puisse jamais se le pardonner. Et en effet, alors que Papa Kent, qui dans les autres flashbacks expliquait que Clark devait devenir une lumière d’espoir, un véritable symbole pour l’humanité, explique soudain que son seul avenir est d’être fermier dans le Kansas (Kevin Costner doit avoir trois scènes dans le film, mais à chaque fois il se contredit par rapport à la précédente), Clark râle donc en disant "Woh, t’es pas mon père !". Il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt, une tornade apparaisse à l’horizon, et que la circulation s’arrête, les badauds fuyant leurs voitures pour s’abriter sous un pont voisin. Sauf qu’alors que tout le monde est en sécurité, Papa Kent s’exclame "Ho non ! On a oublié le chien !" (si.). Ce dernier y retourne donc, parce que bon, faudrait pas envoyer Clark qui pourrait s’en occuper sans souci et sans spécialement montrer ses pouvoirs, et comme il se doit, si le chien est libéré, Papa Kent se tord la cheville, ouyouyye, et se retrouve donc bloqué alors que la tornade arrive sur lui. Clark a donc environ 5 minutes et 2941 possibilités de sauver son père adoptif sans que les gens ne hurlent au super-héros, mais à la place, il reste à faire des bruits de gorge pendant que son père lui fait signe de ne pas l’approcher pour ne pas révéler ses pouvoirs.

"N’oublie pas, Clark : tu as de grands pouvoirs et j’ai passé mon temps à te dire que tu serais un exemple vivant pour l’humanité, mais à chaque fois que tu veux les utiliser pour faire le bien et montrer l’exemple en question, je t’engueule. Laisse moi donc crever pour préserver ton secret et soulager le spectateur de mes dialogues écrits au caca."

Et Papa Kent disparaît donc dans la tornade, probablement tué par l’une des nombreuses vaches qui y tournoient. Entre Papa Kent et Jor-El, on peut dire que notre héros n’a vraiment pas eu de bol avec ses papas. Je dis ça parce qu’ils étaient fin cons, hein, pas parce qu’ils sont morts, qu’on soit bien d’accord.

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"Allez Clark, c’est pas grave, il faut savoir réparer ses erreurs. Alors tu y retournes, tu remets tous les enfants dans le bus et tu le refous dans l’eau."

Revenons donc de nos jours, dans les régions arctiques de notre planète, alors qu’un hélicoptère se pose près d’une base militaire. A bord de celui-ci se trouve Loïs Lane, fameuse journaliste du Daily Planet, qui vient enquêter sur les recherches que font nos amis de l’armée dans le coin. Ceux-ci sont bien embêtés : crotte, une journaliste qui en plus, s’est annoncée, comment va-t-on lui cacher nos recherches super secrètes ? Je sais : expliquons-lui tout et proposons-lui de la loger sur le camp. Action Man, le chef militaire local (il s’appelle ainsi puisque dans tout le film, dès qu’il y aura un véhicule vaguement militaire, il sera dedans et sait tout piloter), dit donc à notre héroïne que l’on aurait trouvé sous la glace un énorme objet de métal vieux de plusieurs milliers d’années. Tiens donc ! Les recherches vont donc bon train, mais il faudra encore du temps pour arriver à l’objectif; En attendant, il est tard, Loïs est donc invitée à aller se coucher, même si elle est excitée et ne veut pas dormir, ça suffit maintenant, pas de caprice.

Sauf que sitôt la nuit tombée, notre curieuse sort de son logis en gloussant comme une dinde sous acides et équipée de son appareil photo magique, elle prend une photo du chantier en pleine nuit, zoome sur son appareil sur une zone d’ombre où on ne voit quasiment rien mais où elle a vu un demi-pixel suspect, et grâce à son zoom digne des experts, repère… quelqu’un qui marche ! Oui, c’est tout. Et suspect sur un chantier, pfou. J’espère qu’il n’y a pas de travaux près de chez elle, sinon elle doit être le pire stalker de toute l’histoire du BTP. Elle décide en tout cas de suivre ce type repéré aléatoirement en… en escaladant des falaises de glace ? Ah oui bon je… d’accord. Et dans la falaise se trouve une galerie où visiblement, l’homme a pénétré. Elle s’engage donc à sa suite…

Au fait, j’en profite : si vous trouvez déjà ça long, allez faire pipi maintenant, parce que c’est pas fini.

C’est fait ? Non parce qu’on ne s’arrêtera plus après, hein ? Je ne veux pas de "J’ai encore envie !" ou "Quand est-ce qu’on arrive ?". Bien, reprenons.

Notre homme, c’est Clark Kent. Après avoir été the Man of Breizh, il a un temps été cuistot dans un routier, et puis finalement, là, comme il s’ennuyait, il a décidé de retrouver, comme ça, hop, un vaisseau de la planète Krypton prisonnier sous la glace. Il a sûrement appris ça pendant son service au routier, entre deux rumeurs entendues à la CB sur les promos que ferait Germaine la goulue derrière la baraque à frites de l’aire de la Jument Verte. Toujours est-il qu’à l’entrée du vaisseau, il faut une clé de Krypton pour entrer… et ça tombe drôlement bien : Clark essaie la sienne, et découvre que la sécurité était bien naze sur Krypton, à savoir que si tu enfonces à moitié ta clé, ça active les défenses contre toi, mais si tu pousses un peu pour que ça rentre en entier, hop, les défenses te protègent. D’aaaaaccord. Et l’ordinateur de bord se met au passage à lire le contenu de la clé à savoir… un logiciel holographique ! Celui-ci fait apparaître à côté de notre héros son père, Jor-El.

"Bonjour mon fils.
- "Mon fils" ? Mais qui es-tu ?
- A ton avis ? Bon, on va la faire courte. Je suis ton père, Jor-El. Enfin un hologramme ayant sa mémoire. Et ton véritable nom, même si on a dû s’en servir deux fois avant de te coller dans une fusée pour déconner est Kal-El. Laisse-moi te raconter l’histoire de notre peuple : notre planète mère est Krypton. Celle-ci avait un noyau instable parce qu’on l’exploitait pour en tirer notre énergie. Et on faisait les bébés dans des cuves, aussi, ce qui est très mal. Nous avons envoyé des vaisseaux comme celui-ci sur des centaines de monde, pour préparer leur colonisation future. Tu trouveras donc ici les cuves à bébé en question, mais vides. Parce que tu vois, moi je voulais pas que l’on fasse des bébés génétiquement pré-programmés, je trouvais ça très malsain. Chacun devrait avoir le choix de son destin.
- Okay : je veux être pâtissier.
- Nom de… gnnn… bon, écoute, même si je viens de t’expliquer l’exact contraire, je vais te fixer un destin moi-même sans te laisser le choix : tu dois être un exemple, un héros, un prophète. Tu dois être celui qui fera que les humains se diront que les gens de Krypton, c’est de la bouboule.
- Alors on est encore plein ? Chouette !
- En fait, non. Krypton a pété. C’est même pour ça que l’on t’a envoyé ici. Pour que tu sois vivant et libre. Le dernier de notre espèce.
- Donc je peux être pâtissier.
- Heu… non. Non, non, je te disais, tu dois être une sorte de… d’ambassadeur, d’exemple pour les humains. Pour qu’ils aiment les gens de Krypton.
- Mais s’il n’y a plus de gens de Krypton ?
- En fait, si. Tu pourras les recréer grâce aux cuves à bébé. Que l’on trouve dans ce vaisseau. D’où le fait que je voulais que tu trouves ce vaisseau, je ne sais comment d’ailleurs.
- Cuves à bébé que tu ne veux pas que j’utilise parce que c’est de l’eugénisme et que ça crée des gens qui ne sont pas libres de leur destin.
- C’est ç… ah merde oui. Pourquoi je t’ai mis dans cette fusée déjà ? Rah, je sais que ça me faisait marrer sur le coup. Bon, changeons de sujet. Donc, disais-je, peu après le coup d’état échoué du général Zod, Krypton a explosé et…
- Sachant que tu as fait cette clé avant d’avoir le fin mot de l’histoire, comment sais-tu que Zod a été arrêté ? Et que Krypton a explosé sans aucun autre survivant ?
- …
- Non mais c’est pas grave tu sais, j’ai été élevé par Papa Kent, et lui aussi était un peu con et pas très cohérent, je m’y suis fait.
- Je reprends. Puisque le passé semble un sujet tendu, parlons du futur : regarde, j’ai placé dans ce vaisseau une combinaison typique de Krypton pour toi, bleue, avec une cape rouge. Et pas de slip, parce qu’on a voulu arrêter les moqueries sur le sujet pour faire un film sérieux.
- Donc à la place quelqu’un a fait un film où tout le reste est sujet à moquerie, je vois. Tiens par exemple, pourquoi, sachant qu’on a vu les tenues de Krypton au début du film, suis-je le seul à avoir comme tenue ce qui sert de sous-vêtement aux autres ? Et pourquoi le mien est-il tout coloré ? Dois-je comprendre qu’à défaut de slip terrien, tu veux que je me trimbale dans l’équivalent d’un slip de Krypton ? Et comment as-tu su qu’il fallait placer cette combinaison, pile à ma taille d’ailleurs, dans ce vaisseau parti pour la Terre il y a plusieurs milliers d’années alors que tu ne savais ni que tu aurais un fils, ni qu’il viendrait ici un jour ?
- … bouhouhouh je sais paaaaaaaaaaaaas ! Je veux que quelque chose arrête cette scène !"

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Et ça tombe bien, parce qu’au même moment, Loïs Lane a poussé un grand cri ailleurs dans le vaisseau : tombée sur les défenses intérieures de celui-ci en suivant Clark, elle a été blessée. L’ami Kent fonce donc la trouver, et la rassurant sur ses attentions, lui cautérise sa blessure à l’aide de ses yeux lasers, à la grande surprise – et douleur – de la belle. Puis, Clark va la déposer à bonne distance du vaisseau, et décolle purement et simplement avec celui-ci sous le regard effaré des militaires alentours, avant d’aller le cacher à quelques centaines de kilomètres de là, dans un autre coin glacé, mais moins connu (Maubeuge). Puis il retourne chez Maman Kent lui annoncer la bonne nouvelle : il sait enfin qui il est, et d’où il vient. Et là encore, dans la série des dialogues de qualité, Maman Kent lui dit "C’est formidable" mais ne lui demande aucun détail : après tout, ce n’est jamais que le plus grand mystère de sa vie, alors on s’en fout un peu, hein, allez Clark, va faire ton lit petit galopin.

Loïs Lane retourne donc au Daily Planet avec un article intitulé "Commant j’ai rencontrer un alien qu’il été trop bô lulz". Le directeur du journal refuse purement et simplement de l’imprimer, à moins bien sûr de le faire sur papier rose, double et absorbant, pour donner de la lecture à tous les cucus du monde, qui comme chacun sait, se passionnent pour l’ufologie depuis que des rumeurs de sondes les préoccupent régulièrement. Loïs décide donc de se lancer à la poursuite de ce mystérieux alien à apparence humaine, et fouillant à la recherche de mystérieux incidents par le passé commis par un homme aux pouvoirs incroyables malgré son apparence humaine, remonte la piste jusqu’à un certain Clark Kent. Et finit par rencontrer celui-ci dans sa ferme du Kansas, l’homme s’étant rasé et changé depuis leur dernière rencontre, puisque maintenant qu’il connait ses origines, il n’a plus raison d’arborer une barbe et des vêtements sales pour faire type torturé. Subtil. Vraiment.

"Clark Kent ! C’est donc vous, le mystérieux sauveur alien à l’apparence humaine qui m’avez aidé dans ce vaisseau enfoui !
- Vous êtes une curieuse, Miss Lane. En effet, vous connaissez mon secret. 
- Mais pourquoi le garder secret ? Le monde aimerait vous connaître !
- Mon père me disait toujours "Garde tes pouvoirs secrets, et laisse les gens crever."
- Votre père m’avait l’air d’être un sacré numéro.
- En même temps il est mort tué par une vache volante.
- Sinon, je vous aime bien, là, rasé, comme ça.  C’est sexy.
- Merci.
- Mais du coup, je me demandais : sachant qu’au début du film on vous voyait avec une barbe qui résistait jusqu’à un incendie de plate-forme pétrolière, vous les coupez avec quoi vos poils ? Rasoir ionique ? Et puis là, votre peau blindée qui arrête tout, du coup on ne peut pas vous vacciner, c’est ça ? Donc votre plus gros ennemi, c’est finalement un cochon d’inde avec la rage ou une majorette porteuse du tétanos, si je comprends bien ?
- Hem héééé bien Miss Lane je crains que nous ne devions nous séparer je suis très occupé, tout ça. Par contre, ne révélez jamais mon identité, je vous fais confiance, je veux vivre en paix. Bisous."

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Pour rappel, Zack Snyder, le réalisateur, voulait faire "Wolverine" mais le projet lui est passé sous le nez. Ça ne se sent pas du tout.

C’est donc un peu dépitée que Loïs Lane retourne au Daily Planet : elle a le scoop du siècle… mais ne peut rien en écrire. Tout aurait pu s’arrêter là si, quelques temps  plus tard, un étrange phénomène ne s’était pas manifesté : le monde entier a repéré un vaisseau extra-terrestre se dirigeant vers la Terre : celui à bord duquel Zod avait été chassé ! Et alors qu’il s’approche, soudain, partout dans le monde, l’électricité se coupe et sur tous les écrans (qui n’ont plus de jus, donc, c’est fort), apparaissent des messages écrits dans la langue du pays (car oui, Zod connait les zones géographiques qui vont bien, leurs langues et les écrit toutes sans jamais avoir eu de contact avec la Terre par le passé), ce qui me laisse perplexe : Zod utilise-t-il les langues officielles ou celles des aires géographiques ? Ecrit-il en catalan ou se fait-il insulter en envoyant du castillan à Barcelone ? Parle-t-il seulement Breton ? Et surtout, en quelle langue s’adresse-t-il aux Belges ? Toujours est-il que son message est "Vous n’êtes pas seul", répété en boucle un temps, avant qu’il ne prenne la parole, son visage masqué et à demi-brouillé, pour menacer la Terre.

"Terriens, levez les yeux et tremblez, car je suis le général Zod.
- Hihihihihi !
- ZoD. Avec un D, comme Denis.
- Aaaaaah… oooh…
- Oui, bon : je suis venu chercher quelqu’un sur votre planète. Il se nomme Kal’El. Il se cache parmi vous, sous une apparence humaine, mais il n’en est rien. Donnez-le moi, et il ne vous sera fait aucun mal."

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Aussitôt, les médias s’emballent donc, et quelqu’un a la bonne idée de balancer à la télé que "Vous savez, je suis très content d’être interviewé, mais si vous voulez en savoir plus sur les aliens parmi nous, demandez à Loïs Lane, elle a fait une enquête l’autre jour, on a refusé de publier son article, mais elle a l’air de savoir qui est ce fameux Kal’El."  Aussitôt, Action Man, qui était auparavant chef de la sécurité sur un chantier archéologique au pôle nord est désormais officier dans le FBI (oui oui, et non non, pas d’explication), et envoie toutes ses troupes à la poursuite de cette mystérieuse Loïs Lane.

Heureusement qu’il n’y avait qu’une seule personne dans le monde entier qui prétendait savoir des choses sur les aliens, et que c’était Loïs Lane. Non parce que dans notre bas monde, le FBI se retrouverait avec une liste de 15 à 16 000 noms au bas mot, et finirait persuadé que le Kal’El en question est petit, gris, et a une passion secrète pour faire du Spirograph dans les champs à en croire les "témoins".

Bref : Loïs Lane est bien vite arrêtée par le FBI, et Clark, lui, décide de se rendre pour ne pas mettre l’humanité en danger. Il se rend donc bien naturellement… sur la base où Loïs Lane est retenue prisonnière, l’information étant probablement disponible sur Mappy. Et se constitue prisonnier.

Ce qui serait pertinent si c’était l’humanité qui avait demandé à Kal’El de se rendre. Parce que là, depuis l’espace, Zod doit juste se dire "Mais ? Je lui demande de se rendre à moi et il se rend à eux ! Pfou, il a l’air de sévèrement tenir de son père, lui.". Et en effet : Clark, vêtu en Superman, est donc menotté et mis dans une salle d’interrogatoire le temps de papoter deux minutes avec Loïs Lane pour lui demander si ça va, bien ou bien, puis rendez-vous est pris avec un vaisseau de transport envoyé par Zod pour récupérer le colis, quelque part en plein désert. L’armée organise donc un petit site avec des banderoles "Bienvenue" et du Banga, avant de se mettre en position des fois que les aliens, peu intéressés par le Banga, ne soient hostiles. Mais ce serait ballot quand même : tout le monde aime le Banga.

La réponse arrive bien vite lorsqu’un petit vaisseau se présente devant le camp militaire et débarque quelques humanoïdes en armures noires, qui s’approchent de Superman.

"Kal’El, tu as bien fait de te rendre. Allez viens, on t’embarque. Et puis on va aussi emmener Loïs Lane.
- Pardon ? Mais pourquoi ?
- Et bien parce qu’elle sait qui est Kal’El, non ?
- Sachant que je suis déjà là et que je me rends ? Elle va servir à quoi ? Danser en tutu pour divertir l’équipage ?
- Ah tiens, oui, c’est vrai. Bon, allez hop, j’imagine que ça doit être écrit dans le script pour une bonne raison : montez Madame Lane, on va dans l’espace."

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Et ni une, ni deux, sous les yeux de l’armée, les hommes de Zod embarquent tant Superman que Loïs Lane, avant de repartir vers leur vaisseau resté en orbite. Sur place, on donne un casque à Loïs, afin qu’elle puisse survivre dans l’atmosphère de Krypton que le vaisseau reproduit. Alors que Superman, lui, après avoir discrètement filé la clé que son papa avait mis dans son vaisseau étant enfant à la journaliste à côté de lui probablement pourque l’on ne la trouve pas sur lui, ce qui se tient d’autant plus qu’il n’a pas de poches, encaisse moyennement ce changement d’atmosphère : en respirant l’air local, il devient tout faible, crache du sang et… s’évanouit. Heureusement, comme la technologie de Krypton est bien faite, elle permet à Zod de rentrer dans les rêves de Superman pour parler avec lui et sonder un peu son esprit au passage. Chouette.

"Bonjour, Kal’El, fils de Jor-El. Je suis le général Zod.
- Hihihi !
- Mrgngngn. Avec un D, bon sang de bois !
- Hihi… oh. Bon. Hé bien alors bonjour général.
- Bien, sache que j’étais un vieil ami de ton père. Moi, le militaire, lui, le scientifique. Nous voulions tous deux sauver Krypton, seules nos méthodes s’opposaient. Alors je l’ai tué.
- Ça me donne super envie de coopérer. Mais j’y pense, comment avez-vous survécu à l’explosion de Krypton ?
- Hé bien pour nous punir d’avoir tué des gens et tenté de renverser le gouvernement, moi et mes hommes avons été envoyés dans un vaisseau prison, cryogénisés, mais avec un système pour nous libérer en cas d’explosion de Krypton. Et évidemment, avec aucun garde pour veiller sur nous. 
- Donc on vous a puni en vous donnant tout pour être les seuls à survivre. Ça me rassure sur mon père : en fait, le souci était planétaire. Qu’importe : comment m’avez-vous retrouvé ?
- Hé bien, je te cherchais… je savais que ton père t’aurait sûrement envoyé sur l’une des nombreuses planètes où nous avions un vaisseau d’exploration enfoui sur place. J’ai donc visité quantité d’autres planètes, y compris celles où nous avions des avants postes, mais sans le ravitaillement de Krypton, les kryptoniens sur place étaient tous morts. J’ai donc récupéré armes, matériel et même un vaisseau de terraformation.
- Que des gens avaient à un avant-poste mais dont ils n’ont pas pensé à se servir, préférant mourir comme des cons ?
- C’est ça.
- Pfou, ce film s’arrête bientôt ? Parce qu’on enchaîne là quand même.
- Non. Bref, tout ça pour te dire que lorsque tu as activé le vaisseau caché sur la Terre, nous avons reçu son signal… et sommes venus à toi. Maintenant, il faut que tu nous donnes le codex, que ton père avait caché dans la navette avec toi. Pour que nous fassions revivre Krypton. Ah oui, et je sais que je n’ai aucun intérêt à te le dire, mais pour ce faire, je compte terraformer la Terre en nouvelle Krypton, et donc tuer tous ses habitants. Voilà.
- Non, monstre !
- Tu te trompes ! C’est la seule solution pour sauver notre civilisation !
- Ou alors, plan B, je vous file le codex et vous allez fonder Krypton sur l’une des nombreuses planètes que nous espérions terraformer un jour où nous avions des avants-postes "où il n’y a plus que mort", et qui n’attendent donc que ça comme tu viens de l’expliquer. Du coup, vous n’avez pas à faire de génocide, vous ne prenez pas de risque, et en plus vous êtes dans un coin tranquille.
- Chut : on s’en tient au script. 
- D’accord : "Nooooooooooooooooon !" "

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"Attendez, je pense à un truc… on a envoyé des tonnes de vaisseaux d’exploration chacun avec des cuves à bébé pour fonder des colonies… mais alors on doit pas avoir qu’un seul codex, sinon ça veut dire que notre système était conçu pour ne pouvoir nous reproduire que sur une seule planète à la fois, v’la les colonies ! Donc il doit y avoir plein d’autres codex, en fait !"

Superman est donc mis en cellule, incapable de s’échapper à cause de l’atmosphère locale qui l’affaiblit. Loïs Lane, elle, a trouvé dans sa propre cellule… un endroit où insérer la clé que Superman lui a filé (dans le mur de la cellule, hein, qu’on se comprenne bien). C’est vrai que c’est tellement logique de mettre ça dans une cellule. Bref : elle enclenche le bousin dans le bitonio, et hop : un hologramme de Jor-El apparaît devant elle. Celui-ci lui explique qu’il a conçu ce vaisseau (je vous l’ai dit : c’était le seul scientifique de la planète), et peut donc interagir avec sans souci, connaissant tous ses systèmes. Première chose qu’il fait : changer l’atmosphère à bord pour la rendre semblable à celle de la Terre. Seconde chose : il aide Loïs à s’échapper, ouvrant les portes devant elle et les fermant sur ses poursuivants (qui se contentent de courir sans utiliser leurs armes, quand bien même Loïs elle les ramasse, s’en sert et tire comme une déesse), puis lui chuchote à l’oreille comment se débarrasser des méchants. Enfin, il la colle dans une capsule de survie et l’éjecte vers la Terre pour qu’elle aille retrouver les siens. Capsule un peu endommagée dans la bagarre, mais nous y reviendrons.

Car l’hologramme de Jor-El vient aussi réveiller son fils dans sa cellule.

"Fils, tu es à nouveau super fort, car j’ai changé l’atmosphère de ce vaisseau. J’ai aidé Loïs Lane à fuir, et je lui ai dit comment vaincre Zod et ses hommes.
- Merci père ! Tu pourrais me le dire aussi ? Non parce que ça pourrait servir, là, en fait.
- Non.
- Bon, dans ce cas je vais juste péter la gueule à tout le monde puisque je suis super fort, et pas eux puisqu’ils ont leurs casques et n’ont pas respiré l’air terrien.
- Non plus : Loïs Lane est en danger, sa capsule de survie est endommagée, vole vite au travers de l’espace pour la sauver !
- Je peux voler dans l’espace ?
- Oui.
- Donc en fait, je n’ai pas besoin d’atmosphère, c’est ça ? Ni de respirer, puisque d’ailleurs, au début du film, je méditais au milieu des baleines. Donc comment ça se fait que je puisse être affaibli par la composition de l’air dans ce vaisseau, puisque techniquement, je n’ai pas besoin de respirer ?
- … oooooh, je crois que Loïs Lane est vraiment en danger, va vite !"

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Laissant tomber cette énième scène absolument navrante, Clark brise donc une paroi du vaisseau alien d’un seul coup de poing (tu fais ça sur tout le vaisseau et la Terre est sauvée, mais je dis ça, bon) puis file au travers de l’espace à la poursuite de Loïs, ne la rattrapant qu’à quelques mètres du sol alors qu’elle allait se crasher bien évidemment dans le Kansas, et tout près de la ferme Kent, comme il se doit. Non vraiment, Christopher Nolan, bravo : cette histoire est terriblement bien écrite.

Un peu bougons d’avoir perdu leurs prisonniers, Zod et ses hommes décident donc d’accélérer la manœuvre en se rendant directement à, justement, la ferme Kent puisqu’ils ont lu dans l’esprit de Superman qu’il avait grandi là, afin d’y trouver le codex dans la capsule dans laquelle le bambin était arrivé sur Terre. Sur place, ils tombent donc sur Maman Kent, qui leur explique bien que dis-donc, oooh, vous vous croyez où là ? Vous allez tout saloper avec vos gros godillots, mettez des patins ! Mais cela n’intimide guère les soldats de l’espace qui décident, en voyant que la bougresse ne veut pas parler, de stranguler la dame jusqu’à ce qu’elle regarde… en direction de la grange où est cachée la capsule. Zod comprend donc, et demande à l’un de ses sbires d’y aller.

En un seul bond, ledit sbire pénètre dans la grange, traverse le plancher volontairement et atterrit pile devant le vaisseau de bébé Kal’El. Parce que oui, à partir du regard d’une vielle dame en direction d’une grange, il a compris qu’elle indiquait "Si si, là, dans la grange, sous la paille, en-dessous de la trappe secrète, au fond à gauche du bâtiment, et si tu ne veux pas te vautrer, il y a une zone d’atterrissage de 1 mètre carré à côté du vaisseau qui irait pile poil si jamais tu comptais y aller en un seul superbond". Pitié, on ne pouvait pas juste faire une scène avec moins d’effets spéciaux et donc moins chère et plus cohérente où les méchants vont dans la grange et trouvent tout simplement la trappe ? C’est consternant de nullité. Il y a une sorte d’acharnement mystérieux mais fascinant.

Toujours est-il qu’alors que les méchants s’étonnent de ne pas trouver le codex dans la capsule, Superman surgit soudain de nulle part et commence à distribuer dans mandales, projetant l’un de ses ennemis jusqu’à la ville voisine où le combat va se poursuivre pour plus d’effets spéciaux. Informée que des aliens se battent dans le coin, l’armée américaine décide donc d’envoyer plusieurs avions ainsi que des rangers et hélicoptères pour calmer tout ce petit monde. Et évidemment, ni les missiles, ni les projectiles antichars ne font la moindre égratignure aux habitants de Krypton, ce qui est très frustrant. Ces dernier décident donc de sauter sur les avions pour les détruire, chose qui arrive dans 97% des films de super héros.

Ah oui, parce que oui, j’allais oublier : à partir de ce moment du film, alors que Zod et ses hommes se battaient jusqu’ici exclusivement au fusil désintégrateur, plus jamais ils n’utiliseront leurs armes. Mais si, vous savez, ces armes qui tuaient des kryptoniens comme les gens du conseil en un seul coup au début du film ? Hé bien elles disparaissent. Et Zod va passer son temps à se dire "Crotte, comment tuer Superman ? Peut-être qu’en lui faisant des brûlures indiennes ou en lui pinçant les tétons…".

Toujours est-il que donc, les kryptoniens tatanent les avions en deux temps trois mouvements, mais que les hélicoptères (commandés par Action Man, qui après Action Man archéologue et Action Man FBI est devenu Action Man armée de terre, visiblement, on avait plus de budget pour des acteurs) poursuivent eux leur chemin des fois que ce qui n’a pas eu le moindre bobo après une roquette dans le museau soit plus sensible aux balles de petit calibre. Je vous la fais courte, et ça va vous étonner, accrochez-vous à vos bretelles : ils perdent aussi la bataille.

Finalement, lassé de ces bêtises, Zod finit par se replier, non sans avoir eu un peu de dommages au casque en se battant avec Superman, et constatant donc que dans l’atmosphère humaine, il était soudain plus fort, pouvait voler, avait une vision rayons X et pouvait tirer des lasers. Une information intéressante, mais pas aussi intéressante que celle qu’il obtient lorsqu’il retourne à son vaisseau mère.

"Général Zod, général Zod !
- Oui, personnage secondaire sans intérêt ?
- Je viens de découvrir où était le codex.
- Ah ! 
- En fait, Jor-El n’a pas mis le codex dans la fusée avec son fils… non, il a utilisé une machine qu’il avait chez lui par le plus grand des hasards pour inscrire toutes les informations du codex dans les cellules de son fils. Superman est donc le codex.
- D’accord. Est-ce qu’il a besoin d’être vivant pour qu’on récupère les informations ?
- Non.
- Ah, un instant, j’ai cru que les cellules mouraient au décès de quelqu’un. Bon bin… allons tuer Superman alors ! Mais déjà, commençons à lancer la terraformation de la Terre, ils seront bien emmerdés. Enfin la kryptoformation. Enfin je me comprends."

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Et puis finalement, on introduisit la myxomatose chez les kryptoniens, et la Terre fut sauvée.

Sur Terre, donc, on est bien embêté puisque l’on voit soudain le vaisseau ennemi se couper en deux, une partie allant d’un côté de la Terre et l’autre du côté opposé, et comme par hasard, pile-poil au-dessus de Métropolis (on a pas assez de zones désertes sur Terre, c’est bête). De chaque côté de la Terre, les deux vaisseaux tirent donc un laser qui se rejoint au niveau du noyau de celle-ci, et commencent à pomper, provoquant à chaque coup de pompe un changement de la gravité dans la zone directe autour des vaisseaux (quand la pompe est en haut, tout s’envole, quand la pompe est en bas, tout est écrasé – sauf les gens, curieusement, qui courent juste au milieu pour faire plus spectaculaire, probablement que la gravité n’affecte pas les humains. Voilà, c’est connu). Et à chaque coup de pompe, c’est une zone un peu plus large qui est touchée. De son côté, Zod se rend au vaisseau d’exploration que Clark avait trouvé au début du film, et essaie de le ramener vers Metropolis histoire de… pardon ? D’accord : il essaie de ramener le vaisseau vers Métropolis. "Comme c’est ce vaisseau qui contient les cuves à bébés, et alors qu’il était en sécurité, ramenons-le en pleine zone de combat histoire que si on le perde, on condamne tout espoir de notre civilisation".

Franchement ? Ce film est un empilement d’incohérences avec de la matière fécale pour cimenter le tout.

Histoire de bien le souligner, un militaire dans un quelconque QG, assistant au spectacle s’exclame "Mon Dieu… ils tentent de transformer la Terre en nouvelle Krypton !"

Sachant que tu n’as jamais entendu parler de Krypton, tu es très fort mon garçon. Mais par rapport au reste, je crois que l’on pourrait presque te pardonner.

Allez, on essaie de finir ? Superman surgit, va se battre avec le vaisseau de terraformation situé au-dessus de l’océan pendant que les humains tentent de détruire celui au-dessus de Métropolis. Loïs Lane est elle allée trouvée Action Man (qui est désormais officier dans l’armée de l’air, tiens !) et lui a expliqué comment en finir avec les méchants, comme Jor-El le lui a enseigné  : il faut percuter leur vaisseau, à savoir celui au-dessus de Métropolis et dans lequel se trouvent les hommes de Zod, avec la capsule de bébé Kal-El activée avec la clé que Jor-El avait donnée à son fils. Mais si, vous savez, la clé que Loïs avait laissée dans sa cellule dans le vaisseau ennemi pour faire apparaître Jor-El et s’évader. Et bien pouf : elle est réapparue dans sa main. En même temps, qui se préoccupe encore de ce genre de choses ? En tout cas, un avion gros porteur est affrété avec Action Man pour le piloter et Loïs Lane pour pousser de petits cris à l’arrière.

Au final, abrégeons 20 minutes de scènes d’action :

  • Superman tatane le vaisseau de terraformation au-dessus de l’océan, youpi.
  • Les avions humains n’arrivent pas à égratigner le vaisseau au-dessus de Métropolis, par contre s’écrasent tous en faisant plein de jolies explosions.
  • Le spectateur se demande pourquoi Zod veut changer l’atmosphère de cette planète, puisqu’il a constaté lui-même qu’elle donnait des tas de supers pouvoirs cools à ceux de sa race. Il lance une opération risquée pour le plaisir d’être plus faible ? D’accord. Soit.
  • Superman revient à Métropolis en quelques secondes : il en chiait pour rattraper la capsule de survie de Loïs Lane dans l’atmosphère plus tôt dans le film, par contre faire le tour de la Terre, c’est vite vu.
  • Suite à diverses aventures pleines de poncifs, seul reste l’avion gros porteur à Métropolis pour vaincre les méchants, qui est endommagé et Action Man décide donc de l’écraser, avec la capsule chargée de Kal-El à bord, directement sur la coque de l’ennemi, provoquant une sorte de mini trou noir qui absorbe tous les méchants (et seulement les méchants) avant de se refermer de lui-même, comme ça, il est poli, il ne veut pas emmerder les gens. Il a même amené des chips au paprika pour s’excuser du dérangement.
  • Loïs Lane tombe elle de l’avion au dernier moment sans le faire exprès, oups, sauvée par le script. En même temps, elle n’avait rien à faire à bord, mais bon.

Superman vole donc rattraper Loïs, et comme chacun sait, en termes de lois de la physique, non seulement Superman vole si vite qu’il devrait avoir la gueule pleine d’insectes écrasés, mais en plus, stopper net la chute de quelqu’un à pareille vitesse, ça revient à couper Loïs en trois. Espérons que Superman garde le meilleur morceau.

Bref : curieusement, Loïs n’est pas coupée en trois et survit, et Superman peut donc aller calmer ce gros farceur de général Zod puisque ses hommes ayant disparu dans le trou noir, il est le dernier ennemi debout. Après avoir endommagé et écrasé son vaisseau d’exploration pour que jamais Zod ne puisse faire renaître Krypton, le prix à payer pour sauver l’humanité, ils se retrouvent donc tous deux au milieu de Métropolis. Zod décide donc qu’il est temps de lancer le grand combat final, et respirant à plein poumons (dont il n’a pas besoin comme tous les habitants de Krypton, donc) l’air de la Terre qui donne des supers pouvoirs (celui qu’il voulait éradiquer, pour rappel pour le remplacer par de l’air qui le rendait donc moins puissant par définition), il se lance dans un combat contre Superman.

Si on constate à cette occasion que Métropolis doit avoir l’équivalent de 60 fois New York en termes de gratte-ciels, tous de bureaux d’ailleurs, on note surtout qu’une bonne partie de la ville avait l’air de se moquer éperdument qu’un vaisseau alien au-dessus d’un autre quartier soit en train de la détruire : on peut voir des lumières, de l’activité dans les rues, bref, tout le monde s’en fout façon "Encore une invasion alien ? Roooh, mon métro va être retardé, y en a marre !". Nos deux larrons s’envoient donc un paquet de claques et traversent quantité d’immeubles en faisant des explosions pour un oui ou pour un non, jusqu’à ce que, finalement, tout se termine lorsque Superman fait une prise de catch à Zod, et que celui-ci menace : soit Superman le tue, soit il utilisera ses yeux lasers pour tuer une famille d’humains qui passait par là, comme ça, hop.

Le choix est vite fait : Superman fait donc un 180 degrés avec la tête de Zod, histoire de, et laisse son corps sans vie retomber alors qu’il hurle lui-même : il vient de tuer le dernier survivant de Krypton autre que lui et est donc désormais seul : qui va s’occuper des incohérences maintenant, si tous les kryptoniens sont morts ?

Loïs Lane, qui a dû se téléporter pour franchir les kilomètres la séparant de cet endroit, assiste donc à la scène, bouleversée… et lui fait un câlin. Làààà. Ça va mieux. Allez, un bisou magique et va acheter une glace, d’accord ?

Quelques temps plus tard, nous retrouvons l’armée américaine bien embêtée : elle essaie de trouver la cachette de Superman, mais à chaque fois celui-ci leur renvoie leurs drones en pièces détachées. Superman va en personne trouver un général pour lui expliquer la situation.

"J’aide l’humanité, ne me poursuivez pas.
- Okay, mais qu’est-ce qui nous dit qu’un jour tu ne vas pas te retourner contre nous ?
- J’ai grandi dans le Kansas. Je suis un vrai américain.
- Aaaah. Alors c’est pour ça que tu utilises tes supers pouvoirs pour lutter contre le vol de sacs à main à Metropolis plutôt que de t’occuper des dictatures dans le monde ?
- C’est ça.
- Bon bin cool alors. Big up gros !"

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Superman s’éloigne alors en s’envolant dans le lointain. Et quelques temps plus tard à Métropolis, Loïs Lane sourit : un nouveau journaliste vient d’arriver ; personne ne le reconnait car il a des lunettes, mais il s’agit bien de Kal’El, alias Clark Kent. On supposera qu’avec son double diplôme de fermier/marin-pêcheur, décrocher ce job a été d’une simplicité enfantine. C’est donc désormais reporter au Daily Planet que Clark Kent vit parmi les humains, espérant fricoter avec Loïs Lane, et faire la justice à chaque fois qu’il y en aura besoin dans son costume de Superman.

Et… FIN !

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Et à la fin du film, l’armée cherche à savoir qui est Superman. Après être allée chercher chez les Kent le vaisseau dans lequel il est arrivé, je le rappelle. Maison Kent remplie pour ceux qui n’auraient pas compris de photos de Clark sans lunettes. Et avoir interrogé Loïs Lane.

Miséricorde.

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"Ah, Super Spoiler !"

Le commissaire serra la main du justicier lorsque celui-ci se posa dans son bureau, fermant la fenêtre derrière-lui.

"Grosse journée Super ?
- Grosse daube surtout.
- Je vois. Bon, si j’ai utilisé le spoil signal, c’est qu’on a une nouvelle affaire sur les bras. Un fou menace des producteurs en leur envoyant des bandes-annonces anonymes. Je compte sur vous et vos pouvoirs.
- Allez-y commissaire."

- – – – -

Fondu au noir, une petite fille dans un champ verdoyant sous un ciel bleu éclatant. Elle rit.

*Chœurs masculins*

VOUS CONNAISSIEZ L’HISTOIRE

La même petite fille sur un chemin de campagne, regardant autour d’elle des paysages splendides

"Allez les amis, à l’aventure !" s’exclame-t-elle

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans un champs

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans une clairière

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle sur une montagne

"On peut y arriver les amis ! Ce n’est plus très loin !" dit-elle aux animaux derrière-elle alors que la neige et le vent hurlant lui rabattent les cheveux sur le visage

*Chœurs masculins*

DÉCOUVREZ LA LÉGENDE

La petite fille, épuisée, levant les yeux face à une grange, diverses runes inscrites sur le fronton.

Plan sur la petite fille qui commence à chanter tristement au milieu des animaux. Sa voix résonne alors que la bande-annonce continue.

La petite fille courant sous la pluie, un seau de lait à la main

La petite fille avec une fourche, peinant à soulever la paille

La petite fille encerclée par des musaraignes

DE MARTINE

Divers plans épiques à la queue-leu-leu impliquant Martine, un paysage, un travelling et éventuellement des musaraignes la poursuivant.

Fondu au noir et une écriture à la plume s’agite sur une page  jaunie.

MARTINE A LA FERME – EPISODE I

http://www.latrilogiemartine ou retrouvez-nous sur Facebook.

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Super Spoiler serra le poing en regardant l’écran, le commissaire plissant les yeux pour mieux tenter de lire sur son visage le sentiment qui le parcourait.

"Bon sang commissaire…
- Que se passe-t-il ? Vous savez qui c’est ?
- Evidemment. Faire des trilogies à partir de rien, rajouter des travelling pour un oui ou pour un non parce qu’il n’a rien à raconter de son film… 
- Attendez ! Vous voulez dire… mais c’est impossible !
- Si. Seul lui serait capable de faire trois films avec un livre de 12 pages.
- Mais… Super Spoiler, vous savez très bien qu’il n’a pas pu faire le coup, puisque"

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La porte du bureau s’ouvrit en claquant, un jeune policier essoufflé roulant des yeux ronds en dévisageant les deux personnes face à lui.

"On vient d’avoir un message urgent de l’asile d’Arkham…"

Il reprit son souffle.

"Peter Jackson vient de s’évader !"

Le temps que le commissaire se retourne, les papiers volaient déjà partout autour de lui, les battants de sa fenêtre claquant contre le mur. Il pointa un œil inquiet vers le ciel, sa pipe à la main.

"Bonne chance, Super Spoiler."

"Vous pouvez vraiment m’aider à prendre en photo Tom Cruise ?"

Caché dans un buisson près de la luxueuse propriété de l’acteur, le paparazzi se tourna vers l’homme assis un peu en arrière, occupé à lire son journal, une flasque de brandy à son côté. Il se retourna à peine pour répondre au photographe.

"Evidemment. Vu mes tarifs, vous vous doutez bien que ce que je vous vends est sûr.
- Non mais je ne comprends pas. Les copains m’ont dit que ça marchait presque à chaque coup. C’est quoi votre truc ?"

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Dérangé dans ma lecture par l’incessant babillage du professionnel de l’image, je me décidais à plier mon hebdomadaire en grommelant pour me mettre au travail. Il y a des gens tellement impatients.

"L’homme sage ne poursuit pas le guépard : il le fait venir à lui.
- Quel rapport avec le guépard ?
- C’est une image. Nous n’allons pas tenter de surprendre Tom Cruise, nous allons le faire venir à nous. Tenez, passez moi ma mallette."
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Le photographe s’exécuta et fit glisser vers moi mon porte-documents, dont je tirai bien vite un tas de feuilles mal reliées glissées dans un sachet hermétique habituellement utilisé pour transporter les preuves d’un quelconque crime.

"Qu’est-ce que c’est ?
- Un appeau à Tom Cruise. Lui seul peut sentir son fumet subtil. Nous allons le déposer dans la pelouse juste devant le buisson, et préparez-vous : la bête viendra bien vite le chercher. 
- Vous déconnez ? Comment ça fonctionne ?
- J’ai trouvé un vieil asile en Amérique centrale où d’anciens nègres de Tom Clancy tentent de reposer leurs âmes torturées. Un peu de peyotl dans leur café avec la complicité des infirmiers, quelques mots clés susurrés à leur oreille pendant leur transe, et ils pondent de la bouse contenant les éléments de votre choix. Par exemple, là pour du Tom Cruise, j’ai utilisé les choses auxquelles il ne résiste pas, qu’importe la qualité merdique du script : "agent d’état", "moto", "identité mystérieuse", "encore de la moto", "descente en rappel", "trucs qui volent" et "escalade". Presque 70% de sa filmographie vous ne croyez quand même pas que ce soit une coïncidence ?
- Je suis sûr que vous vous foutez de moi."

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Le photographe roula des yeux lorsque j’ouvris d’un vif coup de couteau le sachet hermétique et que je jetais quelques mètres devant nous le tas de feuillets. Il y eut un bref moment de silence durant lequel le photographe, dubitatif, laissa son regard aller de ma personne aux feuillets s’agitant sous la brise dans la pelouse, puis enfin, il y eut un bruit de porte que l’on ouvrait. Puis une voix grommela doucement depuis la résidence face à nous :

"Snif… snif snif… cette odeur… oui… ça sent les lunettes d’aviateur.. la vidange de mobylette… le suspense pourri et le scénario moisi… ouiiii… c’est pour MOI !"

Et sous les yeux ébahis du photographe qui eut besoin de quelques secondes pour se remettre du choc et commencer à mitrailler à l’aide de son appareil, Tom Cruise galopa droit vers le script d’Oblivion.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : notez la tentative difficile malheureuse de donner l'air pensif au héros

L’affiche : notez la tentative malheureuse de donner l’air pensif au héros

Notre film débute quelque part dans une rue de New York, alors que Jack Harper, un fier larron au sourire ultra bright regarde amoureusement une fille. Tout cela serait à peu près correct si le tout n’était pas tourné avec un filtre instagram accompagné de la voix off de notre héros qui nous dit qu’il fait toujours ce rêve étrange… non, pas celui où il chevauche un poney avec Kirsten Prout : celui-là, là, à l’écran. Il est à New York avec cette fille, mais il est incapable de se souvenir de son prénom (personnellement, je ne vois rien d’anormal là-dedans). Pourtant, il a l’impression que ce rêve est plus qu’un simple rêve, mais carrément un souvenir… mais c’est bien évidemment impossible puisque la ville de New York a disparu bien avant sa naissance. Ah, c’est pas banal.

Quittons ce rêve, puisque Jack se réveille en sueur dans son lit : il n’est pas à New York, et en effet, nous sommes dans le futur, en 2077 pour être exact. Notre héros habite au sommet d’une "tour", structure fragile installée au sommet d’une montagne ressemblant à un loft très luxueux monté sur pilotis façon publicité EDF. Il a à ses côtés Vika, coéquipière et compagne, car toujours en voix off, notre loulou nous explique ce qu’il s’est passé depuis nos jours jusqu’aux siens.

En 2017, une race alien sobrement nommée "les chacals" est venue attaquer la Terre. Pour ce faire, elle a d’abord fait sauter la Lune, probablement avec un très gros pétard, provoquant diverses catastrophes sur Terre, comme des tremblements de terre, des tsunamis et une nouvelle chanson d’Indochine intitulée "A qui je vais demander moi maintenant ?". Et alors que les survivants en étaient encore à se demander ce que c’était que ce bordel, dérivant sur les flots déchaînés avec leurs bouées canard et les oreilles saignantes, les chacals ont fini le travail en envoyant leurs troupes de choc mitrailler ce qui restait. Sauf que l’humanité, un brin taquine, a dit que bon bin si c’est ça, paf, riposte nucléaire. Ça a tellement bien fonctionné que les chacals ont été vaincus, mais que la Terre est devenue complètement irradiée. Les survivants sont donc partis fonder une colonie sur Titan, le satellite de Saturne, où la vie est chouette à ce qu’il parait puisqu’on y capte pas Jean-Marc Morandini. Et ils ont laissé en orbite de la Terre le Tétraèdre, ou "Tet", gigantesque station spatiale qui est là pour superviser le transfert des ressources exploitables de la Terre vers Titan. Car la science a évolué avec le destin de l’humanité (les gens, pas le journal qui n’a fait de son côté que faire évoluer la recette de cuisson de la merguez à sa fête éponyme) et désormais, d’énormes centrales aspirent l’eau des océans et la transforment en énergie. Energie qui est donc renvoyée ensuite vers Titan.

Et là, vous vous demandez "Ah oui, et comment donc ?". Et heu… bin non, personne ne se pose la question. Probablement que les usines envoient le tout sous forme de piles LR6 par Chronopost. J’espère qu’ils ont des prix sur les timbres.

Notre Jack Harper de héros fait donc partie des troupes laissées derrière elle par l’humanité pour s’assurer que les usines de production d’énergie tournent bien. Sa mission ? Il doit réparer les drones qui empêchent les restes en déroute de l’armée des chacals de s’en prendre aux dites usines. Le matin, il prend donc son petit vaisseau volant pendant que Vika s’occupe des communications, du radar et du café, et s’en va  en sifflotant retaper les machines qui ont eu des accidents durant la nuit dans le secteur 49, dont il a la responsabilité.

Oui, en gros c’est l’histoire d’un mec de chez Carglass en 2077. Fascinant.

Pour plus de sécurité, notre héros a eu la mémoire effacée pour ne pas qu’il puisse donner d’informations utiles à l’ennemi si jamais il était capturé. Ses souvenirs actuels remontent donc à 5 ans, soit le début de son actuelle mission. Et dans deux semaines, on viendra le relever, pendant que lui et Vika partiront pour le Tet, dernière étape avant de s’en aller couler des jours heureux sur Titan.

Vous avez tout suivi ? La Terre envahie puis radioactive, le Tet, Carglass et le rêve curieux qu’on ne voit pas venir à 70 kilomètres comme étant un vrai souvenir ? Alors en route.

Comme chaque matin, Jack se réveille aux côtés de Vika. Alors que la douce jeune femme s’étire tel un félin dans sa nuisette de satin, laissant l’air d’un beau nouveau jour sur Terre lui gonfler les poumons telle une nymphe s’éveillant sur l’Olympe, Jack est déjà en train de se préparer (comprendre : se gratter les fesses, pisser aux trois quart à côté des toilettes en sifflotant, prendre un café en riant grassement et lâcher un pet tonitruant avant de sortir ; du rêve, quoi) et file bientôt vers son appareil pendant que Vika va s’installer au poste de communication de la tour. Et c’est donc parti : Vika fait l’inventaire des drones ayant eu des problèmes techniques durant la nuit, pendant que notre héros file vers le plus proche pour lui mettre des coups de clés à molette.

J’en profite : si nos héros ne travaillent que le jour, c’est pour plusieurs raisons :

  • La nuit, les chacals sont de sortie, c’est donc plutôt dangereux
  • Le jour, on voit quand même drôlement mieux et puis c’est plus choupinou
  • Et surtout, le Tet n’est du bon côté de la Terre qu’aux heures du jour, en dehors de cela, les communications avec lui ne passent plus

Jack, donc, à bord de son petit appareil à réaction, file joyeusement dans les cieux et prend un malin plaisir à voler au milieu d’un orage dès la première scène, alors que l’on découvrir par la suite qu’il n’était pas obligé, son appareil pouvant aussi bien voler au-dessus qu’en-dessous. Mais bon, histoire de bien montrer qu’il est un peu con, il y va, se mange un éclair, et son appareil n’étant pas conçu pour (bin non), il en perd le contrôle durant un moment avant évidemment de tout récupérer à la dernière seconde en ricanant parce que hohoho, quel casse-cou je fais tu vois t’as vu wesh. Puis, ayant localisé le drone 166 qui a visiblement été abattu durant la nuit, il se pose sur le site du crash de l’engin, pile au milieu d’un ancien stade pour découvrir le bousin inactif au milieu des restes de la pelouse locale. L’occasion pour notre héros de dire qu’il adore le football américain, yeah. Et de mimer un match entier quand bien même il est en pleine zone hostile. Et radioactive.

Vika, obligée de suivre les mimes consternantes de son compagnon sur le terrain. On comprend qu'elle fasse la gueule.

Vika, complètement blasée à force de suivre sur écrans les actions lamentablement stupides de son binôme.

D’ailleurs, sachez-le : Vika comme Jack passeront tout le film où qu’ils soient à se promener sans aucune protection, parce que bon, la Terre a été évacuée à cause des radiations, mais c’est sûrement pas bien dangereux, pas vrai ? Sûrement un détail un peu subtil. C’est donc vêtu d’une petite tenue de pilote et d’une casquette de base-ball que notre héros s’approche du drone, encore entouré des cadavres de chacals, mais ne prête aucune attention au fait que les chacals ressemblent furieusement juste à des humains avec un casque, voire à un mauvais cosplay (pléonasme) : ça ne l’intéresse pas. Il va donc voir la machine, et commence ses réparations sur place, puisqu’elle n’a quasiment rien : il suffit de changer le joint de culasse et elle redécolle. Parce que oui, l’engin a été  "abattu" mais alors il n’y a pas un impact de balle dessus, toutes les pièces sont impeccables, et les chacals ne se sont pas dits "Tiens, on va la démonter pour récupérer des pièces dessus", non : ils ont tout laissé en état pour que, comme chaque jour depuis plus de 60 ans, un mec vienne réparer la machine et qu’elle puisse retourner les tuer.

Sympas les mecs. Vraiment. Ils veulent sûrement maintenir de l’emploi. Tant dans l’entretien des drones que les pompes funèbres pour chacals.

Notre héros repart en sifflotant pour se diriger vers le second drone abattu dans la nuit, qu’il est "impossible de localiser précisément puisqu’il n’émet plus de signal". Oui et puis, faudrait pas consulter les  derniers enregistrements du drone pour voir où il s’est crashé à peu près Vika, c’est pas comme si c’était ton boulot, tiens. Jack décide donc de sortir l’accessoire inévitable de tout film avec Tom Cruise : une moto, qui traînait dans le coffre de son engin volant. Ni une, ni deux, il file donc à folle allure au travers des plaines dévastées de notre planète, et guidé par le pouvoir enchanté de son pif, parvient à retrouver le signal du drone, provenant des restes d’une bibliothèque dont seul un bout du toit dépasse encore un peu du sol. Notre filou gare donc son solex du futur et descend en rappel (encore une fois film, Tom Cruise, tout ça) via l’ouverture béante pour voir où est passé son copain le drone. Ouhouuuuuu copain ? Tu es où ? Allez, viens voir papa que je te sorte de ce film.

Accompagné de son fidèle fusil, parce qu’il sent bien que ça sent le piège à andouilles dans ce coin obscur bourré de livres, Jack ne réalise que trop tard qu’il n’y a aucun drone là : seulement sa balise de détresse ! Il a été attiré ici par les chacals ! Et en effet, bientôt, les lueurs orangées des visières des casques de ses ennemis apparaissent autour de lui, ainsi que les curieux cris de ces derniers, ressemblant à des bruits de talkie-walkie en fin de batterie. Jack ouvre donc le feu, mais bien vite et suite à diverses aventures, bien que l’ennemi n’ouvre curieusement pas le feu sur lui, il doit se replier et manque de peu de se faire capturer, seulement sauvé par l’intervention télescopée du drone qu’il a réparé un peu plus tôt qui, passant par là (alors qu’on nous a expliqué que justement, aucun signal ne passait, il l’a probablement retrouvé à l’odeur), en profite pour sulfater du chacal. Jack remonte donc à la surface… pour réaliser qu’on lui a tiré sa moto pendant ce temps. Bande de voleurs de poules !

Juste comme ça : il faudra m’expliquer comment les chacals ont pu voler la moto du Monsieur, sachant qu’ils ne sont pas supposés être à la surface  de jour, qu’un drone était visiblement en train de survoler le coin prêt à les sulfater, qu’il n’y avait aucun endroit pour planquer le véhicule à des kilomètres à la ronde, l’accès à la bibliothèque étant en plein milieu de nulle part, et surtout, encore une fois, ce que foutait Vika puisqu’il y avait une caméra sur la moto, et que depuis le début du film, elle suit la progression sur le terrain de notre héros grâce à d’autres caméras visiblement placées tous les deux mètres sur l’ensemble de la planète. D’ailleurs, on a entrevu durant la scène que Vika avait une parfaite vue de ce qu’il se passait à la surface, et que s’il y avait eu vol de mobylette, elle aurait tout vu.

Mais, là, non. Elle devait probablement lire Public.

Bref, il y a plus d’incohérences dans cette scène que de raisons pour les vilains de tirer la mopette. C’est quand même malheureux. Mais, passons parce que tout cela ne fait que commencer, comme trop souvent.

Le soir, en rentrant à la tour du secteur 49 , Jack retrouve Vika et lui ramène un truc cool : des fleurs qu’il a eu le temps de cueillir sur le chemin. Aussitôt la jeune femme panique en lui disant "Mais ça va pas espèce de blaireau ? C’est super radioactif, allez hop !" et elle fonce dehors en petite robe (après tout, elle ne vient que de dire que la radioactivité lui faisait très peur, pourquoi s’embêter ?) pour balancer le bouquet par dessus le balcon de la tour. Et explique à son compagnon que bon, certes, elle est un peu à cheval sur le règlement, mais bon, ils sont à deux semaines de la fin de la mission, c’est pas le moment de faire des conneries.  Jack grommelle un peu, et tente bien de dire à Vika que dans la vie, le règlement ne fait pas tout, tu vois, et puis bon, d’ailleurs, toi aussi tu as pas des rêves bizarres d’avant ton formatage de mémoire, dis ? Mais Vika se contente de dire que dis donc, ho, hé, tu vas pas commencer à emmerder le monde Jack hein ! Allez viens, on va se baigner tout nu pour oublier ça puisque notre tour située sur une planète radioactive (j’insiste) a été intelligemment équipée d’une piscine géante (… véridique). Plif plouf, vont donc faire nos larrons en gazouillant, hihihihihi huhuhuhuhu huuuuuuu (vous noterez comme je retransmets bien toute la force du gloussement idiot, c’est un don).

Sauf que c’est bien gentil tout ça, mais la nuit venue, un terrible bruit réveille nos deux filous alors qu’ils avaient fini par retrouver le chemin de leur lit : avant que Jack ne dise "C’est pas moi !", une gigantesque explosion illumine l’horizon ! En effet, les chacals ont visiblement réussi à se frayer un chemin jusqu’à une centrale à énergie et l’on fait péter en utilisant, d’après le rapport des scanners, une batterie volée sur un drone abattu, et qui peut servir de bombe monstrueuse une fois en de mauvaises mains. Faisant l’inventaire des drones endommagés puis réparés dont la batterie avait disparu, Jack et Vika en comptent dix : les chacals ont tout un arsenal sous la main !

Sinon, juste comme ça : sachant que les centrales à eau de mer sont intelligemment placées en mer avec des drones tournant autour jour et nuit, ils ont fait comment les chacals pour s’y rendre ? Ils ont fait du kayak avec la bombe sur le dos pendant que les drones étaient partis faire un pique-nique ? Visiblement, oui, car personne ne se pose la question. J’espère qu’ils l’ont déclaré, leur kayak, parce que sinon ça va très mal se passer mes petits amis.

Vous ai-je parlé de la tour dont la hauteur varie en fonction des scènes ? Des fois elle est à 10 mètres du sol, des fois elle est en plein ciel… c’est magique.

Le lendemain, sitôt le Tet du bon côté de la Terre, Vika fait donc son rapport au QG, où son unique interlocutrice est Sally, une femme très souriante avec des phrases plus ou moins louches du genre "Dites-moi Vika, formez-vous toujours une bonne équipe avec Jack ?" (La réponse "Non, c’est une grosse tanche" n’est jamais prononcée) mais dans l’ensemble, Sally est surtout grognonne d’apprendre qu’une centrale a été détruite durant la nuit, et explique donc que c’est la responsabilité de Vika et Jack, en tant que techniciens sur la zone 49, de défendre ces structures.

Oui, c’est vrai Sally. Ou alors celle des drones qui ont disparu du film le temps de cet événement. Mais si tu veux, on peut aussi parler de l’intelligente stratégie qui est la vôtre consistant à envoyer, pour rappel, un technicien en slip en zone radioactive peuplée d’ennemis, avec même pas un binôme pour le couvrir pendant qu’il injecte sa résine dans les trous plus petits qu’une pièce de deux euros. Non ? Tu n’as pas envie Sally ? Comme je te comprends. Passons donc à la suite.

Car la vie ne s’arrête pas avec la perte d’une usine : il faut protéger les autres, et donc continuer à réparer les drones. Jack redouble donc d’efforts pour réparer un drone qui est au "garage" de la tour, et auquel il manque des pièces alors qu’il serait bienvenu en renfort, et de temps à autres, lorsque Vika est occupée, Jack profite justement de sa solitude dans ledit garage pour lire un livre qu’il a piqué dans la bibliothèque l’autre jour en affrontant les chacals. Il n’en lit qu’un seul paragraphe, qui dit en substance qu’il faut bien mourir pour quelque chose, fut-ce face à l’ennemi, mais il trouve ça cool, la lecture des livres d’avant l’apocalypse. Il préfère ne pas en parler à Vika pour autant, sinon elle est encore foutue de tout passer par-dessus la balustrade de la tour. Ah oui, c’est une manie chez elle. Du coup j’ai espéré tout le film que Jack trouve un enfant ou même un Justin Bieber, mais non, même pas. Déception.

Mais il n’en faut pas moins repartir sur le terrain : après ces quelques réflexions, nous retrouvons donc Jack aux commandes de son petit vaisseau, alors qu’il se passe un truc étrange… on détecte un signal curieux sur le terrain : les chacals sont en train d’émettre ! Le signal est crypté et indéchiffrable dans l’immédiat, et surtout… orienté vers l’espace.

"Mais enfin, ça n’a aucun sens ! " s’écrient en choeur nos héros.

Oui, c’est vrai ça ! Pourquoi les chacals enverraient-ils des signaux dans l’espace ? Rappelez-moi d’où ils venaient, déjà ? Ah oui, l’espace. Non, effectivement, "ça n’a aucun sens" les enfants. Sinon, vous voudriez pas plutôt utiliser cette phrase pour tout ce qui s’est passé depuis le début du film, non ?

Qu’importe : la source du signal est repérée et Jack s’y rend, évidemment seul (on envoie jamais de drones pour le couvrir : pourquoi faire ?), et arrive sur la pointe de l’Empire State Building, dépassant encore du sol (les tremblements de Terre et les tsunamis n’ont pas rigolé : ils sont carrément venus avec leurs sacs de terreau pour remonter le niveau du sol de plusieurs centaines de mètres, ils sont comme ça, ils doivent avoir une sacrée ardoise chez Jardiland). Toujours est-il que donc, sur place, Jack a de brefs flashs où il se voit là, avec la fille de son rêve, passant un bon moment. Il hausse les épaules en se disant que ce n’est pas très important et pénètre prudemment dans l’endroit pour découvrir un vieux téléphone satellite branché à l’antenne locale et émettant l’étrange signal en boucle : il l’étudie plus en détail, le transmet à Vika puis le coupe. Sitôt analysé, Vika se met à hurler dans l’interphone :

"Seigneur ! J’ai décrypté le message : il s’agit de coordonnées…
- Quelles sont-elles Vika ?
- Un endroit en plein secteur 1-7… mais il n’y a rien là-bas ! Pourquoi envoyer des coordonnées d’un secteur désert loin de nos défenses dans l’espace quand on est une race alien ?
- Je ne sais pas Vika.  C’est tellement mystérieux. Avec qui peut-on communiquer dans l’espace et indiquer les coordonnées d’un endroit calme ?
- Un vaiss…
- Un poney, tu as raison ! C’est sûrement les coordonnées d’un pâturage pour poneys.
- Bon, tu sais quoi Jack ? En fait on va dire qu’on ne comprend pas de quoi il peut bien s’agir et tu vas aller enquêter.
- Okay."

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Jack remonte donc aussitôt dans son vaisseau et longe la zone interdite à la frontière de son secteur, à savoir la zone vraiment radioactive qui… heu… est… comment vous dire ? Elle est délimitée par une grosse frontière qui apparaît en réalité augmentée sur le cockpit du vaisseau de notre héros. Et les personnages de bien préciser que d’un côté, c’est radioactif mais ça va, mais sitôt que l’on traverse d’un mètre la frontière, on meurt. Vous vous souvenez de toutes les blagues sur le nuage de Tchernobyl ? Hé bien ils en ont visiblement fait un film. Chapeau.

Mais puisque l’on peut encore faire plus mauvais, et alors que l’on vient de dire aux héros que les chacals venaient pour la première fois depuis des années de communiquer avec l’espace et qu’il fallait enquêter sur cet événement hors-du-commun, celui-ci… j’ai mal rien que de l’écrire, tenez. Jack vole dans un canyon où les communications ne passent plus jusqu’à une sorte de clairière cachée où la nature est restée verdoyante et où il a construit une cabane. Cabane construite sur son temps de travail sans que Vika ne le réalise jamais ("Tiens, tu as encore disparu des écrans 5 heures d’affilée. Sinon ça va?"), et remplie de reliques d’avant la guerre, type livres & vinyles… y compris un frigo (allez savoir comment il s’est trimbalé ça, mais il l’a fait). Jack décide donc que plutôt que d’enquêter sur l’événement historique en train de se dérouler en plein dans son secteur et pouvant mettre en péril ce qui reste de l’humanité, il va plutôt aller s’écouter un petit morceau de musique, taper la discute avec une truite (là encore, véridique), s’habiller avec une chemise à carreau et une casquette de beauf (authentique aussi, n’en jetez plus) et… se faire une sieste.

Voilà. Sinon, le mec qui a écrit ça, il va bien ? Je dis ça juste comme ça, hein. La prochaine fois, nous découvrirons James Bond qui au lieu d’aller désamorcer une bombe du S.P.E.C.T.R.E, va plutôt se faire des tac-o-tac en se buvant une 8-6. Quel héros, ce Jack.

Quelques heures plus tard, donc, Jack sort de sa sieste éveillé par un grand bruit : un vaisseau vient de pénétrer dans l’atmosphère, visiblement en sale état, et file donc droit vers le sol en direction des coordonnées envoyées vers l’espace plus tôt !

Sauver le monde ou mettre une chemise contestable : Jack a choisi

"Un vaisseau !" s’exclame notre héros bien étonné, puisqu’il attendait plutôt un poney. "Il faut que j’aille voir ça !" ; Jack range donc sa chemise à carreaux et sa casquette dans sa cabane et file donc à bord de son fier vaisseau pour quitter la charmante vallée dont il a fait son refuge secret, reprenant ainsi les communications avec Vika.

"Jack ! Tu avais disparu depuis des heures, que s’est-il passé ?
- Rien.
- D’accord. Non parce que je suis restée des heures à me demander où tu étais alors que te suivre sur les écrans est ma mission, tu as raison, ce n’est sûrement pas un sujet qui m’intéresse. En tout cas, je viens de voir qu’un vaisseau était entré dans notre atmosphère ! 
- J’ai vu ça : je vais aller inspecter le site d’atterrissage de près.
- Non ! Sally vient de m’informer depuis le Tet que les drones y vont et qu’il n’y a rien d’intéressant à voir là-bas.
- C’est fou comme ça ne sonne pas suspect du tout.
- Oui hein ?
- Bon bin je vais aller voir quand même.
- Jack, non !"

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Notre technicien s’en va donc droit vers le site vers lequel le vaisseau a filé, et note que celui-ci ne s’est pas posé : il s’est écrasé ! Plus intéressant encore (plus intéressant que "soudain, il fait nuit alors qu’on était en plein après-midi jusqu’ici"), il s’agit visiblement d’un vaisseau humain d’avant la guerre si Jack se fie à l’apparence de la bête, et on peut encore lire "L’Odyssée" écrit sur la coque. Il atterrit malgré les consignes de Sally et les cris désespérés de Vika qui lui ordonne de rentrer, et commence à inspecter le site pour découvrir… que des caissons ont tenu le choc lors du crash, et qu’ils contiennent chacun un humain en sommeil ! Et surtout parmi l’un d’eux il y a…

Attention, je suis sûr que vous n’avez pas deviné ce rebondissement depuis la première scène du film.

… la fille de son rêve, de son souvenir ! En train de dormir, là, dans sa petite caisse (quand je dis "caisse" je pense "caisson", pas "litière", hein, que l’on soit clairs). Jack est bien étonné, puisqu’il aimerait bien savoir d’où sort ce vaisseau et pourquoi les chacals l’ont amené là, mais il est bien vite interrompu par l’arrivée des drones de sécurité sur place qui observent la scène quelques instants avant de commencer à sulfater tous les caissons en vue. Jack est très étonné, car les drones sont supposés être les amis des humains, et il ne parvient qu’à sauver le caisson contenant sa copine onirique en se plaçant devant pour que les machines ne tirent pas et repartent en sifflotant vers d’autres activités.

Jack, l’étonnement passé, décide qu’il serait de bon ton de ramener le caisson en question jusqu’à la tour 49 pour pouvoir y réveiller son occupante et mettre celle-ci hors d’atteinte des chacals jusqu’au matin où il conviendra de prévenir le Tet de cette étonnante découverte. Cela tombe fort bien : la queue de son vaisseau est pile poil de la bonne taille pour que l’on y accroche un sarcophage de ce type, c’est quand même bien fait ! Et voler avec ne pose aucun souci. Hopopop, donc, retour avec le butin jusqu’à la maison. "Coucou Vika, j’ai ramené une fille ! Noooon, pas le balcoooon !"

Arrivé sur place, Jack constate que Vika fait un peu la gueule, puisqu’encore une fois, ce gros corniaud n’a pas respecté les consignes, mettant ainsi en péril leur mission à deux semaines de sa fin. Qu’importe, il est temps de réveiller la jeune femme endormie. En poussant deux boutons, le caisson s’ouvre et la donzelle sort de sa stase, et il faut donc bien vite l’emmener à l’infirmerie tant elle est un peu secouée par la manœuvre.

Mais, durant l’événement, elle a tout de même le temps de regarder Jack et Vika avec étonnement et de murmurer "Jack…" faiblement.

Ce qui surprend notre héros.

Tellement qu’il n’en parlera plus du film.

Allons justement voir à l’infirmerie ce qu’il s’y passe, car la jeune femme ayant pleinement repris conscience et commençant à demander ce qu’elle fout là, nos héros décident donc de tout lui expliquer.

"Comment vous appelez-vous ?
- Julia Popovitch.
- Okay Julia, on va t’expliquer. Ton vaisseau date d’avant la guerre, ce qui veut dire que tu dors depuis 60 ans au moins. Tu t’es écrasée ici avec ton engin spatial et es la seule survivante de ton équipage. Nous sommes en 2077 et la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire pour repousser l’invasion d’une bande d’aliens, les chacals. Le coin étant pourri de radiations, tout le monde s’est barré vers Titan fonder une colonie pendant que nous, nous restons ici à obéir à notre station, le Tet, pour s’assurer de la collecte des dernières ress…
- Pfffrrrrt.
- Vous avez ri.
- Non. Pffrt.
- Si, vous venez de le refaire, là.
- Bon, un peu.
- Okay, bonne soirée."

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Pardon ? Je veux dire : ça ne vous intéresse pas de savoir pourquoi elle rigole, pourquoi elle semble connaître Jack alors qu’elle vient d’une époque où il n’était même pas né, ou encore quels sont ses derniers souvenirs, voire ce qu’elle fout dans les rêves de notre héros ?

Non. A la place, Vika et Jack vont se coucher, après un ultime échange.

"Tu sais Vika, des fois je rêve de cette fille la nuit.
- Ça explique deux trois choses avec les draps. Mais bon, je dis ça mais moi aussi j’en rêve des fois.
- Ah. Bon, n’en parlons plus non plus, ces informations ne sont pas du tout intéressantes.
- Okay."

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A ce stade, j’avais installé des petits cotons sous mes yeux pour absorber mes larmes de dépit.

La nuit se passe donc, même si au petit matin, avant que Vika ne se réveille, Jack va trouver Julia. Qui lui explique qu’elle voudrait récupérer la boîte noire de son vaisseau afin de savoir ce qu’il a bien pu se passer. Notre héros trouve l’idée raisonnable, et avant que Vika ne se réveille, ils vont tous deux prendre le petit engin volant de Jack pour filer sur le site du crash où, déjà, des pièces ont disparu. Jack précise donc qu’il faut faire attention, car les chacals sortant la nuit, ils pourraient tomber sur eux.

C’est vrai. En même temps, quand vous étiez dans la tour, nous étions au petit matin avec le soleil levant. Mais visiblement, il est parti se recoucher, c’est magique.

Nos héros explorent donc le site plongé dans la nuit pour des raisons qui prouvent qu’écrire l’heure approximative de chaque scène dans la marge du script pour ne pas se planter n’a pas été fait, puisque ça prenait au moins 1 minute 30 sur un coin de table. Et bien vite, Julia trouve la boîte noire ! Joie ! Allégresse ! Hélas, les chacals n’ont pas perdu une miette de la scène et encerclent bien vite nos loulous. Jack tente bien de résister, mais il se fait rapidement péter la gueule par ses assaillants ! Dans un dernier geste, il utilise simplement via une télécommande l’autopilote de son véhicule volant pour le renvoyer à la tour et éviter que l’ennemi ne s’en empare. Vika, qui a assisté à toute la scène, est choquée par les événements… mais refuse d’annoncer au Tet ce qu’il s’est passé durant la nuit, préférant faire confiance à l’instinct de Jack (malheureuse !). Elle se contente de dire qu’il a disparu ce matin en partant en mission, et qu’il serait de bon ton d’envoyer un drone à sa recherche, ce que le Sally accepte.

De son côté, Jack se réveille attaché à une chaise au milieu de l’obscurité. Il entend alors une voix grave s’adresser à lui.

"Bonjour, Jack.
- Qui êtes-vous ? Laissez-moi partir enfoirés de chacals !
- As-tu déjà vu un chacal de près, Jack ? 
- Hmmm attendez que je réfléchisse… 
- Laisse, je vais plutôt te montrer."

Et sort alors de l’obscurité… un humain (ça non plus, vous ne l’avez pas vu venir).

"Voilà, Jack. Voilà qui nous sommes…
- Vous êtes… vous êtes…
- Oui, des h…
- VOUS ÊTES MORGAN FREEMAN AVEC UNE TENUE DE NINJA !
- Oui ! Heu, attends,  non bougre de con ! Nous sommes surtout des humains !
- Mouais, vous êtes quand même vaguement noi…
- Hohohoh houlala ça dérape."

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La lumière s’allume dans la salle et bientôt, Jack constate qu’il est entouré non pas d’aliens, mais d’humains. Alors depuis toutes ces années, on lui aurait menti ?

"Oui, Jack, on t’a menti. 
- C’est immonde ! Cela dit, je me pose une question.
- Oui ? Je t’écoute Jack.
- Pourquoi alors à chaque fois que je vous croisais vous gardiez vos casques à la con et vos déformateurs de voix à part pour me convaincre de vous tirer dessus alors qu’il suffisait de me montrer votre tête pour que je réalise toute la supercherie?
- Ho. Oui. Bonne remarque.
- Alors ?
- Hem… ho, tu as vu Jack ? Je suis Morgan Freeman avec une tenue de ninja !
- CA ALORS !"

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Et je me suis abstenu de parler des lunettes de soudeur ou de sa cape piquée dans un Grandeur Nature

D’ailleurs, à partir de ce moment là, plus jamais les chacals ne mettront leur casque du film. Comme quoi, c’était bien juste pour se faire plomber par Jack.

Mais comme si tout cela n’était déjà pas suffisamment naze en soi, Jack ne demande aucune explication et Morgan ne lui en donne de toute manière aucune non plus. Il se contente de lui dire que voilà, ils ont réussi à désactiver un drone et à le capturer, et qu’ils lui ont collé dans le ventre les 10 batteries de drones volées, reconverties en bombes, soit de quoi faire péter plusieurs fois de Tétraèdre. Ils aimeraient donc que Jack reprogramme l’engin puisqu’il est le seul à savoir le faire pour l’envoyer dans l’espace rentrer au Tet. Mais Jack refuse parce que sur le Tétraèdre, il y a plein d’humains en attente de transit pour Titan, et que tuer des gens c’est mal.

Morgan, plutôt que d’expliquer tout ce qu’il sait à Jack pour le convaincre, lui amène plutôt Julia en lui expliquant que s’il n’obéit pas, il demandera à son bras droit, Jaime Lannister (qui doit avoir une sacrée grosse dette à payer pour jouer dans ce film), de tirer une balle dans la tête de la gourgandine voir si cette zone est mortelle chez la femme (par exemple, il a été observé par le passé que la blogueuse mode était insensible aux balles dans la tête, mais qu’il était tout de même possible de leur faire très mal en poignardant des posters de Ryan Gosling ou en mangeant le dernier macaron). Jack grogne quand soudain, une alarme retentit : des drones du Tet sont en approche !

En effet, au-dessus du souterrain où Jack est retenu prisonnier, un drone a utilisé son scanner et malgré les 10 mètres de roche entre lui et la surface, a réussi à détecter… son ADN. La vache, ils sont forts ces drones. Même si 5 minutes plus tard, le même drone n’arrivera pas à détecter un ennemi caché derrière un caillou de 3 centimètres. C’est fou.

Bref, le drone décide de passer à l’attaque de la base des chacals, mais ces derniers montrent à Jack comment ils combattent ces engins : ils attirent leur attention, puis tirent dans un petit clapet derrière le drone qui n’est pas protégé et qui est la partie la plus sensible de l’appareil. Raison de plus pour ne pas la blinder, j’imagine. En deux temps trois mouvements, le drone est donc abattu. Morgan peut donc enchaîner.

"Ah, quelle chance quand même que ces drones volants se mettent à 1 mètre du sol pour attaquer plutôt que de nous canarder depuis le ciel. Tu as donc vu notre tactique de guerre, très efficace ! Ensuite, nous récupérons la pile d’énergie sur le drone et nous le laissons en état pour que tu puisses le réparer et qu’il recommence à nous tuer dès le lendemain. D’ailleurs, sur celui que nous venons d’abattre, tu noteras que l’on est même pas allé désactiver sa balise de détresse qui appelle du renfort. Mais comme le scénariste aussi l’a oubliée, ça va. Un peu comme les deux milliards de caméras que Vika avait au début du film pour tout voir, alors que maintenant on en parle même plus.
- Je… bon, écoutez c’est confondant de nullité. On pourrait pas parler d’autre chose ? Genre pourquoi vous avez fait s’écraser l’Odyssée sur Terre ?
- Ah, si, c’était pour récupérer un mini-réacteur de la NASA dessus afin de parachever notre bombe pour le Tétraèdre.
- Okay… donc, vous me parliez de reprogrammer un drone à ce sujet d’ailleurs. Non ?
- Ho non, tu sais quoi ? Ça aussi on ne va plus en parler. Enfin pas de suite. C’est pas comme si j’étais à deux doigts de faire buter ta copine il y a 5 minutes pour que tu le fasses tellement c’était urgent.
- Alors je fais quoi ?
- Hé bien je te rends sans raison tes armes, ta copine, et même cette très intéressante boîte noire que personne n’a encore écoutée. Je te rends aussi ta moto qu’on t’a tirée en début de film, et je te propose de partir découvrir la vérité.
- Vous ne pourriez pas me la dire directement plutôt ?
- Hahahaha hohohoho… non. Comme dans tous les films pourris, je préfère rester mystérieux quand bien même parler pourrait tous nous sauver la vie. Commence donc par aller dans la zone soit disant radioactive, là tu trouveras la vérité.
- Mais ? Elle couvre presque la totalité de la surface du globe ! Vous pourriez pas être plus précis ?
- Non. Allez, salut mec."

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Sans poser de questions, et il vaudrait mieux pour lui, Jack file donc jusqu’à la partie encore visible de l’Empire State Building (qui n’est pas dans la zone radioactive) et se sert de l’antenne locale pour demander à Vika de lui envoyer son vaisseau volant pour qu’il vienne le chercher avec Julia. En attendant l’appareil, nos deux héros font le tour du coin, et Jack a encore des flashbacks de lui et Julia, avant la guerre, passant du temps ensemble à cet endroit. Il décide donc d’interroger la belle sur ce que c’est que ce bordel, ha, dis.

Celle-ci accepte enfin de parler et lui explique que oui, elle le connait, lui, Jack Harper. Et que oui, ils sont allés ensemble ici, au sommet de l’Empire State Building quand tout était encore calme et heureux, et que c’est là que Jack l’a demandée en mariage. Et tous les souvenirs de ce jour reviennent à notre héros, qui sait qu’elle dit la vérité. Mais Jack n’est pas au bout de ses surprises : Julia lui annonce que Jack était astronaute et qu’en 2017, lui et elle avaient été envoyées en mission pour explorer Titan. Sauf qu’en chemin, la NASA a repéré un gros tétraèdre extra-terrestre approchant de la Terre, et le vaisseau a été envoyé à sa rencontre. Jack et Vika (oui, elle aussi était là) ont donc été sortis de leur sommeil en caisson pour aller voir de quoi il retournait (ne me demandez pas comment Julia a pu voir tout ça puisque, justement, elle pionçait dans sa caisse, tout est lamentable)… et qu’après elle s’est réveillée dans la tour 49. Jack ému par tout cela fait donc un gros câlin à celle qui est en fait sa femme, même s’il ne pige pas bien comment il peut avoir connu l’avant-guerre, qui était il y a plus de 60 ans, et ne constate que trop tard qu’il n’a pas entendu arriver son appareil volant.

Après tout, ce n’est qu’une sorte d’avion à réaction : un truc qui approche silencieusement, c’est connu. Non, ce film n’arrête jamais.

Vika, par la caméra de l’appareil, voit donc l’étreinte des deux loulous et en pleure de jalousie. Aussi, lorsque Jack et Julia reviennent à la base, elle ne leur ouvre pas la porte du petit loft perché, et fait la gueule de l’autre côté en disant "De toute façon j’ai toujours su que tu préférais cette fille qu’on avait dans nos rêves, j’en ai marre, pour la peine je dis au Tet que tu as désobéi et qu’il reste une survivante du crash de l’Odyssée ! Na !".

Mal lui en prend car dans le garage de la tour, le Tet donne l’ordre au drone en rade de se réveiller (oui, il lui manquait des pièces, ce qui justifiait sa présence là, mais pif pouf, il les a à nouveau, à part son blindage)… et de tuer tous les gens du coin. Vika est donc très étonnée de voir le drone surgir de la cave en grognant et… lui sulfater la margoulette.

Hé oui.

Jack et Julia sont donc eux aussi bien étonnés de voir leur amie se faire désintégrer le museau sous leurs yeux, et ne doivent eux-mêmes leur salut qu’à l’intervention de Julia utilisant les armes de l’aéronef de notre héros pour se débarrasser de l’assaillant mécanique. Avant de partir, puisque des renforts vont sûrement bientôt arriver, Jack se rend au poste de communication de feu Vika pour y voir apparaître le visage de Sally.

En plus, Julia a l'air tellement aimable... on a follement envie de l'aider.

Julia a le syndrome de l’actrice moderne de Blockbuster : elle fait toujours la même tête. Quel talent.

"Bonjour Jack, je suis Sally : on ne s’est jamais vus puisque quand je communique avec Vika, tu es occupé sur le terrain. C’était pour te dire que toute cette histoire de drone pulvérisant Vika n’est qu’un gros malentendu : viens me rejoindre sur le Tétraèdre avec la survivante de l’Odyssée, nous aimerions vraiment faire sa connaissance ici. On prendra un verre et ce sera sympa comme tout. Le champomy est au frais, viens vite !"

Mais Jack n’est pas homme à se faire rabouiner si aisément : il préfère donc fuir avec Julia à bord de leur petit appareil volant. Pas de chance pour lui : d’autres drones arrivent et se lancent à la poursuite de l’appareil lors d’une séquence qui fait woush, wuiiiiz, vroum et tacatacata. Au final, Jack parvient à se débarrasser des trois poursuivants, même du drone du trio qui met des coups de pare-choc (là encore, je ne rigole pas : on avait pas dû expliquer à celui-là à quoi servaient ses mitrailleuses). Mais son appareil sévèrement endommagé, il s’écrase dans le désert du côté de la zone super-radioactive. Et le dernier drone qu’il a vaincu s’écrase non loin.

Jack rampe donc hors de l’épave avec Julia, pour mieux aller voir ce qu’il reste du drone ennemi. Mais à peine a-t-il commencé à courir les dunes qu’il aperçoit un autre appareil volant comme le sien arrivant : un autre technicien est en train de s’apprêter à remettre en route ledit drone !

Comment est-il arrivé aussi vite ? Et surtout, pourquoi rentre-t-il tranquillement dans la zone über-radioactive alors que c’est supposé être über-interdit, justement ? Hop, ça aussi, à la trappe, allez zoup. Rien n’a de sens, c’est génial.

Toujours est-il que voyant le technicien s’approcher du drone, Jack fonce droit vers lui en lui hurlant de ne rien en faire, tant il semblerait que les choses soient plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Mais en abordant ainsi le personnage, celui-ci se retourne, l’arme à la main et se révèle être…

Un autre Jack Harper !

"Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?" s’exclament donc les deux hommes, mais le temps presse, car le technicien a eu le temps de changer une pièce (comme toujours, c’était la seule chose qui posait problème) sur le drone endommagé, et celui-ci se rallume. Jack de la zone 49 saute donc sur Jack de la zone 52 (c’est marqué sur son uniforme) et lui pète donc la gueule en profitant de son trouble en voyant Julia (il a aussi les mêmes souvenirs semble-t-il) pour aller à nouveau désactiver le drone avant que ça ne tourne au carnage. Il y arrive, mais dans la bataille, un coup de feu est parti et a bien évidemment touché Julia en plein bidou. Jack est bien embêté, parce que les filles mortes c’est quand même vachement moins intéressant : il attache donc comme il le peut son clone assommé, met sa copine dans un coin d’ombre, et s’empare du véhicule du technicien qu’il vient de rosser pour aller chercher de quoi soigner ce bobo.

A noter que l’on découvre que les drones comme les véhicules obéissant à la voix, il suffit à Jack de dire qu’il n’est pas Jack – 49 mais Jack – 52 et ça marche. Mais jamais notre héros ne pensera à user de la même ruse sur les drones qui le recherchent, c’est ballot.

Jack file donc à la tour 52 et y découvre… une autre Vika. Bon, il se dit que tant qu’à faire, hein, autant en profiter aussi lui fait-il un petit bisou. Faudrait pas avoir fait tout ce chemin sans rentabiliser un peu. D’ailleurs, Vika, qui je le répète, voit tout ce que les caméras voient, particulièrement celles du véhicule volant de Jack, n’a rien vu du Jack – 52 se faisant péter la gueuler par un Jack – 49 quand bien même c’est arrivé pile devant les caméras de l’engin.

Bon sang, mais… c’est volontaire ou bien ?

Toujours est-il que Jack récupère une trousse médicale dans la tour et repart trouver Julia dans la zone interdite. Sur place, il constate que son clone a disparu (et s’est barré : il était juste à côté de Julia, la femme qui hante ses rêves, et venait de découvrir qu’il avait un clone, mais ne lui a pas demandé la moindre explication. Pourquoi faire ?) et que Julia est encore en pleine forme puisque les balles dans le bidou, c’est très surfait. Un coup de bombe froide et d’éponge magique et on en parle plus ! Sitôt la jeune femme soignée, Jack l’emmène dans sa petite clairière magique où il a sa cabane pour reconquérir son coeur dans cet écrin de verdure, et aussi philosopher un peu. Ne suis-je qu’un clone de celui que tu as aimé, Julia ? Ces souvenirs sont-ils vrais ou peut-on considérer que ne les ayant pas véritablement vécus, ils ne sont qu’une illusion de mon esprit ? Pourtant, mon amour est réel et…

"Oui c’est bon, moi tout ce que je vois c’est qu’avec des clones de toi, je vais pouvoir me faire une sacrée orgie."

Quel esprit pratique, cette Julia. Mais l’heure n’est pas à la déconne : après quelques câlins pour la forme, notre héros explique que quoi qu’il y ait à l’intérieur du Tet, cela l’a manipulé. Cloné. Et employé à participer à l’extermination de l’humanité. Il veut donc retourner voir les chacals pour les aider à achever cette histoire de bombinette. Julia lui dit qu’elle va l’accompagner, ah mais, et tous deux retournent donc au QG des chacals où attendent toujours Morgan Freeman et Jaime Lannister. Ces derniers les accueillent avec de grands sourires.

"Bon retour parmi nous, Jack Harper. A toi aussi, Julia Popovitch… enfin, Julia Harper.
- Bon sang Morgan Freeman, vous aviez raison ! J’ai découvert la vérité ! Vous avez bien fait de ne rien me dire et de me laisser partir avec Julia et la boîte noire de l’Odyssée qu’on a toujours pas écoutée d’ailleurs ! Vous saviez que j’allais retourner à l’Empire State Building alors que vous m’aviez donné des informations qui n’avaient rien à voir, vous saviez que je n’allais pas entendre mon appareil volant à réaction approcher pendant que je serais en train de faire un câlin à Julia, et que cela rendrait jalouse Vika, que vous n’avez pourtant jamais vue. Vous saviez que du coup, Vika avertirait le Tet provoquant ainsi une course poursuite où je réchapperais de la mort avec Julia en m’écrasant à côté d’un drone dans une zone où alors que c’est interdit, un clone de moi viendrait réparer ledit drone, et donc que là et seulement là, je pourrais réaliser la vérité.
- Hem je… heu… oui, je … j’avais bien évidemment prévu tout ça. Puisque c’était… complètement prévisible… bien sûr. 
- C’est vraiment épatant. Alors que vous auriez juste pu me dire la vérité et me proposer d’aller visiter une autre tour comme la mienne pour me prouver votre récit tout en provoquant en bonus un chaos général chez les serviteurs du Tet qui découvriraient alors leur condition et ne manqueraient pas d’en informer les autres tours. Vous êtes vraiment fort Morgan Freeman.
- Hahaha je… oui. Hem, bref, si on changeait de sujet et que je te racontais plutôt la VRAIE histoire et pas celle qu’on t’a apprise ? 
- Mais vas-y pépère fais toi plaiz'"

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J'aime bien le concept du mec qui porte des lunettes de soudeur dans le noir.

Père Castor 2077

Et donc Morgan de raconter qu’en 2017, il y a 60 ans de cela alors qu’il était encore un tout jeune soldat, il a vu le Tet arriver en orbite de la Terre. Puis faire exploser la Lune. Et enfin, des vaisseaux arrivèrent pour débarquer, non pas des drones (ce qui aurait été intelligent) mais des milliers de clones de Jack Harper, le célèbre astronaute de la mission Odyssée qui avait dû tomber aux mains de l’ennemi d’une manière ou d’une autre ! Et le massacre fut complet puisqu’en plus, Tom Cruise étant une cible très petite, ça n’aidait pas à riposter.  Donc non, l’humanité n’a pas gagné la guerre. La planète n’est d’ailleurs même pas radioactive (personne n’a jamais pensé à demander un compteur pour voir les zones dangereuses ou non pour se promener sans combinaison), et les tours qui génèrent de l’énergie sont en fait là pour alimenter le Tet, qui assèche ainsi les planètes l’une après l’autre. Morgan Freeman n’explique pas comment les milliers de clones de Jack Harper ont pu détruire les restes de l’humanité en 2017, puisque bon, déjà ils ont dû se poser des questions en réalisant qu’ils étaient les clones des uns des autres, et ensuite Jack Harper ne combattait les chacals que parce qu’il ignorait qu’ils étaient humains. Or à l’époque, je doute que tous les réfugiés humains aient eu des gros casques idiots pour se faire passer pour des chacals. Allez hop, encore un truc d’évacué.

Ce film est incroyable.

Morgan explique enfin que jusqu’ici, ils n’avaient jamais pu convaincre un Jack de s’allier à eux. Mais qu’un jour, en voyant Jack -49 ramasser un livre tombé à terre pour le lire, ils ont compris qu’il était gentil (Morgan cite même le passage précis que Jack a lu au début du film, quand bien même il n’a aucun moyen de le savoir, c’est magique).

D’ailleurs, tant qu’à savoir que Jack savait lire, moi plutôt que d’essayer de l’approcher pour lui parler et de me prendre ses drones et des balles dans le museau, j’aurais plutôt laissé des messages écrits pour lui où on lui expliquait tout en lui disant "Va voir une autre tour si tu me crois pas" sur des sites où il suffisait de l’attirer (avec une balise de détresse de drone, comme ils avaient su le faire pour lui tendre un piège). Comme ça, pas de risque. Mais c’est sûrement ma fourberie naturelle qui parle. Après, je ne sais pas, ils auraient pu être taquins : je m’étonne que les drones vandalisés n’aient pas été retrouvés avec des messages écrits sur la coque comme "Prout" ou "Celui qui lit ça est un clone". Ces chacals manquent terriblement de créativité.

Achevant son récit, Morgan explique qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour que Jack – 49 puisse voir ses souvenirs remonter en lui : faire tomber l’Odyssée sur Terre pour que sa femme Julia revienne et lui secoue un peu les souvenirs. Un plan très intéressant, si Morgan n’avait pas expliqué plus tôt dans le film qu’il avait amené l’Odyssée sur Terre pour une autre raison, à savoir récupérer une pièce dessus pour finir sa bombe destinée pour le Tet. Et qu’accessoirement, il ne pouvait pas prévoir que Jack viendrait sur place (ça lui était interdit) et n’arriverait à sauver qu’un seul sarcophage, et pile poil le bon en plus. Qui a dit téléphoné ?

Sans compter que Julia, on peut la féliciter : souvenez-vous qu’à son réveil dans la tour 49, alors qu’elle avait Jack en face d’elle et aucun moyen de savoir qu’il n’était qu’un simple clone, jamais elle n’a tenté de dire à Vika et lui la vérité. C’est vraiment d’une nullité crasse.

Rappelez-moi quel passage était réussi dans ce film, déjà ? Non parce que là en est quand même en train de découvrir que même les mauvaises scènes étaient encore plus nulles et incohérentes que prévu.

Bref, qu’importe : Jack connait la vérité, Morgan est content, et il y a de quoi envoyer la bombe sur le Tet. Sauf que… sauf que le Tet lui n’a pas abandonné la partie et a envoyé des drones chercher Jack et ses amis ! Et ils les ont découverts ! Les chacals sont bien ennuyés d’ainsi voir leur base être compromise au moment où ils allaient enfin pouvoir débuter leur grand plan pour faire sauter le Tet, et la bataille s’engage donc. Pif paf pouf, des anonymes meurent, des drones sont mis hors de combat, et alors que leurs balles désintègrent habituellement l’ennemi, lorsqu’elles touchent Morgan Freeman, elles se contentent de lui faire de petits bobos. Quant au drone reprogrammé qui devait porter la bombe jusqu’en orbite… il a été endommagé et ne peut plus servir à grand chose. Il faut donc changer de plan.

Oui, et les trois drones que vous venez d’endommager et qui étaient réparés avec du chewing gum au début du film (là encore, tristement véridique), non ? Non. Nos héros décident donc que quelqu’un va plutôt devoir prendre le véhicule volant local et aller jusqu’en orbite porter la bombe en personne. Mais Sally ne va-t-elle pas se douter de quelque chose ?

"Non" explique Jack "Sally voulait que je lui apporte Julia… je vais le faire. Et apporter la bombe avec." Ho oui, sacrifions nous mon amour, ce sera tellement plus dramatique que de prendre 5 minutes à réparer l’un des drones qu’on a sous la main. Ou d’envoyer l’appareil en pilote automatique, puisqu’on nous a bien montré qu’il y en avait un, apporter le petit cadeau à maman.

Raaah.

Soit : le plan est donc de rendormir Julia dans son caisson, de mettre la bombe dedans, d’accrocher le tout à l’aéronef et de quitter l’atmosphère sans problème avec cet attelage branlant qui…

Oh tiens mais au fait, attendez : d’où il sort le sarcophage ? Ils ont tous été détruits, et celui de Julia est resté à la tour 49, non ? Et bien si, mais pouf : un sarcophage marqué "Odyssée" avec le nom de Julia Popovitch apparaît au milieu de la base des chacals ! Formidable. Julia s’allonge donc dedans, et Jack lui souhaite de faire de beaux rêves de leur folle idylle avant de refermer le capot… et d’endormir la donzelle avec la bombe à ses côtés. Puis, il grimpe dans son véhicule et file vers les cieux pour sa dernière mission.

Et non, pas de soucis de turbulences en quittant la Terre, de quoi me parlez-vous ? Son petit engin n’a aucun problème pour faire ça.

Cependant, le trajet est long et Jack n’a pas la radio : il a cependant à son côté la boîte noire de l’Odyssée, qu’il n’a toujours pas écoutée quand bien même elle devait expliquer pas mal de trucs, et qu’il a emmenée avec lui pour que l’humanité ne puisse jamais connaître la vérité (ou bien juste parce qu’il est juste très con). Et appuyant sur play pour entendre les dernières communications de la navette… flashback.

Nous sommes en 2017. L’Odyssée, fier vaisseau international qui devait aller faire une mission sur Titan est dévié de sa trajectoire pour aller inspecter un énorme tétraèdre extra-terrestre se dirigeant vers la Terre. A bord, l’ambiance est bonne, mais sage : seuls les deux pilotes sont éveillés, à savoir le commandant Jack Harper et son second, Vika. Derrière eux, les autres membres d’équipage dorment dans leurs caissons puisque l’on a estimé qu’un premier contact avec une civilisation alien ne valait pas le coup de les réveiller. Depuis la Terre, nos héros communiquent avec la Nasa et leur contact au sol : Sally. Celle-ci leur donne des consignes sur leur trajectoire et ce que l’on attend d’eux, à savoir approcher doucement l’objet inconnu. Sauf qu’arrivés à une certaine distance, le vaisseau ennemi commence à attirer le leur, et même avec les moteurs à fond, il parait impossible de s’en sortir ! Jack décide donc que s’il est impossible de fuir, il faut au moins sauver ses compagnons en sommeil : il décroche donc l’arrière du vaisseau qui est "programmé pour retourner dans l’orbite de la Terre". Ce qu’il fait, abandonnant ainsi sa femme.

Et son plan fonctionne parce que oui, la partie principale du vaisseau avec les moteurs à fond n’arrive pas à échapper à l’attraction de l’objet alien, par contre la partie envoyée à la dérive regagne la Terre tranquillement, sans puissance. D’accord.

Donc oui, le plan de Jack était très con, mais il marche quand même. Mais s’il savait que ça allait marcher, dans ce cas il aurait pu aussi bien se planquer avec Vika dans cette partie retournant vers la Terre, hein, puisqu’il y avait la place pour et même leurs caissons personnels. Mais autant rajouter des incohérences au sein même des incohérences, des fois que.

Jack, réalisant avec effroi que son lui originel était déjà con comme un bulot

Et des incohérences dans les incohérences des incohérences (ah bin oui, il y a du talent) puisque la boîte noire, pourtant récupérée dans la partie arrière de l’Odyssée lorsqu’elle s’est crashée sur Terre, contient aussi les conversations qui ont eu lieu dans l’avant du vaisseau une fois détaché ! Magnifique. Et c’est vraiment juste pour se planter puisque cela n’apprend rien : on voit juste qu’une porte s’est ouverte au sein du tétraèdre, avalant le vaisseau et… c’est tout.

Le tétraèdre a donc simplement cloné ses deux prisonniers pour s’en faire une armée de serviteurs, puis a pris, pour les tromper, l’apparence de Sally dans ses communications avec eux pour avoir une forme familière à leurs esprits. Fort bien. Quel dommage qu’en envahissant la Terre, tu n’aies pas pensé, gros machin, à capturer d’autres humains pour pouvoir varier tes clones. Du genre, ceux qui étaient dans les caissons de l’Odyssée lorsqu’il s’est crashé, les ramener à bord plutôt que de les faire mitrailler par tes drones, non ? Mais est-on encore à ça près ?

Revenons en 2077 alors que l’enregistrement de la boîte noire terminée, Jack et son vaisseau pénètrent à bord du tétraèdre, trop curieux de voir Julia pour lui refuser l’entrée. Comme quoi, encore une fois : il aime les survivants mais n’en fait pas. Allez, finissons cette bouse : notre héros est escorté avec son appareil jusqu’au cœur du vaisseau ennemi, où l’attend juste une sorte de gros tétraèdre volant avec une sorte d’œil rouge, qui ricane très fort :

"Hohoho, Jack, tu es fini. Tu as découvert mes mensonges, mais tu vas mourir et renaître, une fois encore, sans savoir que tu es mon esclave.
- Sauf que j’ai amené une surprise !"

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Et Jack ouvre le caisson et en surgit…

"Morgan Freeman avec une tenue de ninja ?!" s’exclame bien surpris le tétraèdre.

"Oui, je voulais être là quand tu mourrais vilaine bête. Julia est en sécurité sur Terre. Maintenant, on a une bombe avec nous qu’aucun de tes détecteurs, qui jusqu’ici voyaient tout, n’a réussi à détecter ! Alors, attention, c’est parti : bombinette go !"

Et dans un grand flash, Jack et les millions de clones de Vika et lui qu’il voit flotter dans des cuves autour d’eux, Morgan Freeman, la tenue de ninja et le tétraèdre disparaissent emmenés par la fabuleuse explosion de leur bombe. Aussitôt, sur Terre, tous les drones tombent en panne, quand bien même le film avait expliqué clairement que les drones pouvaient fonctionner sans le Tet, c’est même pour cela que c’étaient eux qui étaient actifs contre les chacals la nuit, alors que le Tet était de l’autre côté de la Terre et que les communications étaient coupées. Mais allons-y ! Et encore une autre incohérence pour la route ? Allez, c’est cadeau : Julia se réveille dans son caisson au milieu de l’écrin de verdure où Jack avait une cabane…  et comprend que Jack a préféré ne pas la faire sauter avec le tétraèdre et l’a laissée là. Certes, mais sachant que déjà que les chacals n’étaient pas censés avoir le caisson de Julia dans leur base, et que Morgan Freeman l’a déjà utilisé pour aller mourir avec Jack dans leur mission suicide, d’où sort ce deuxième caisson ? Là encore, mystère !

Le tétraèdre kaput, Julia sauvée, la vie peut suivre son cours…

Et quelques années plus tard, nous découvrons que Julia avait visiblement eu l’occasion de tomber enceinte de Jack, puisqu’elle a désormais une petite fille. Elle jardine paisiblement dans son petit coin de verdure, quand soudain, elle voit arriver des gens : impossible, sa cachette est secrète (ah oui ? Et qui t’a déposée ici alors, puisque Jack était parti aussi vite que possible pour sa mission suicide ?) ! Ce sont en fait les chacals, menés par Jaime Lannister, qui ont une petite surprise pour elle… ils ont retrouvé le clone numéro 52 ! Celui avec qui Jack s’était battu !

Toute contente de pouvoir arrêter de faire abstinence, notre Julia sourit naïvement à l’idée de tout ce qu’elle va pouvoir faire avec lui et…

FIN

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Quelques heures plus tard, devant une autre résidence.

"C’est génial votre truc ! Et ça marche à tous les coups ?
- Ah non. Ça dépend quand même des cibles. Il faut qu’elle ait des goûts un peu spécifiques, sinon c’est le bordel.
- Comment ça ? 
- Ici nous allons avoir le problème. C’est un peu comme lâcher un lapereau dans un champ avec des loups : ça n’empêche pas un aigle de se pointer et de partir avec la bête, parce que le lapereau est un mets très générique chez ces animaux. 
- Vous pourriez préciser ?
- Vous allez voir tout de suite."

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Une nouvelle fois, je tirai de ma mallette un sachet contenant des feuilles raturées, et après avoir ouvert la chose pour en extraire le contenu du bout des doigts, je jetai la chose loin devant nous.

"C’est quoi les mots clés cette fois ? 
- "Bouse", "Pognon" et "Problèmes capillaires". J’ai pas mieux."

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Une fenêtre s’ouvrit en face de nous, et un visage aux narines retroussées fit un large sourire alors que nous parfaisions notre camouflage.

"Cette odeur… ouiiiiii…. ouiiiii…  je la reconnais… c’est pour MOIIIIII !"

La silhouette bondit au-dehors sous le crépitement de l’appareil photo de mon voisin, mais alors qu’elle s’élançait, il y eut un cri terrible et une forme beige et blanche sortit d’un autre fourré non loin pour se saisir du script moisi qui patientait à même le sol et s’enfuir en hurlant  "NOOON ! A MOIII !"

Et sous mes yeux émerveillés d’expert en bouse, je vis Bruce Willis s’éloigner vigoureusement avec sa prise sous les yeux tristes de Nicolas Cage.

"Votre badge Monsieur."

Le journaliste accrocha timidement le petit objet plastifié à sa veste, notant l’imposante mention "Visiteur" sur celui-ci au point de couvrir à demi la photo qu’il venait de fournir. Il releva brutalement les yeux lorsque la sirène stridente de la grille de sécurité du couloir face à lui résonna, l’agent de sécurité de faction laissant passer un homme en blouse qui vint lui serrer la main un sourire bienveillant aux lèvres.

"Pile à l’heure, pile à l’heure ! Vous avez de quoi prendre des notes ? Bien. Suivez-moi !"

Le médecin n’avait même pas pris le temps de le laisser répondre, filant à nouveau vers le couloir qu’il venait de quitter en invitant le journaliste à le suivre. L’endroit était sordide : des néons jetaient une lueur verdâtre sur un carrelage fatigué, alors que la faible lumière parvenant de l’extérieur jetait sur le sol l’ombre inquiétante des barreaux obstruant chaque fenêtre. Le journaliste déglutit en entendant les cris au bout du couloir.

"Ne paniquez pas, ils ont un peu bruyants, mais ah ! Inoffensifs ! Les plus agités sont dans un autre quartier.
- Vous avez souvent des pensionnaires qui vous posent problème ?
- Certaines crises de manque peuvent être violentes, mais en général, nos auxiliaires gèrent bien la situation."

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Une porte trembla à côté d’eux, alors que le corps lourd d’un homme de l’autre côté venait de se jeter contre. Si elle n’avait pas été plusieurs fois renforcée et capitonnée, le journaliste était sûr qu’elle aurait cédé. Le médecin, visiblement habitué à ce genre d’excès, s’approcha de la porte pour ouvrir le judas qui l’ornait.

"Il faut vous calmer Monsieur Stevens !
- Docteur ! Docteeeeeeuuuuuuuuur, gémit la voix de l’autre côté, juste une ! Juste une, s’il-vous-plait !
- Monsieur Stevens, vous savez très bien pourquoi vous êtes là.
- Juste une licence ! Allez, une petite… même une vieille ! Une gratuite ! Une que vous n’aimez pas, je la prends, je vous en supplie !
- Ça suffit, calmez-vous ou je fais appeler l’infirmier.
- Non, non, nooon ! Je suis calme. Je suis très calme. Très très calme docteur."

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Le médecin s’éloigna de la porte sous le regard étonné du visiteur, qui avait suivi le bref échange sans même le prendre en note. Il était trop surpris par la réalité qu’il découvrait derrière l’image qu’il se faisait de l’honnête établissement.

"Vous savez, ici à la Société Protectrice des Scénaristes, ce genre de scène, c’est le quotidien. Tenez, Monsieur Stevens, on l’a recueilli il y a trois semaines, on l’a trouvé abandonné sur un trottoir par ses maîtres à Hollywood… triste histoire trop commune !
- Qu’est-ce qu’il a ? Pourquoi est-il si agressif ?
- On passe des années à les abreuve de licences, d’adaptations… ils deviennent complètement accro. Au bout d’un moment, ça leur a tellement pourri le crâne que leurs maîtres les abandonnent. On essaie bien de leur trouver un studio d’adoption, mais ça demande du temps pour les réadapter.
- Comment vous y prenez-vous ?"

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Feignant de ne pas voir le journaliste noircir son calepin de ses réponses, le médecin s’approcha d’une autre porte, vitrée cette fois-ci, derrière laquelle un homme aux cheveux épars et aux gestes nerveux roulait des yeux fous en regardant un médecin, assis en face de lui, occupé à l’interroger.

"Ici nous faisons un atelier pour les réhabituer à réfléchir seuls. Là par exemple, nous notons leurs propos souvent incohérents sur une feuille, puis nous leur soumettons en leur faisant croire que c’est une licence à adapter. C’est une sorte de placebo, au bout de quelques mois nous avons de très bons résultats et certains peuvent se réinsérer dans la société.
- Et pour les autres ?
- Nous en parlerons en fin de visite. D’ailleurs je…"
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Il y eut un cri terrible en provenance de l’atelier qu’ils observaient lorsque le patient se rua sur le médecin en hurlant "C’est PAS une licence ! J’en veux une vraie MAINTENANT !" ; deux imposants infirmiers sortirent d’une porte dérobée pour s’interposer, traînant le patient en hurlant loin de la salle. Une fois encore, le journaliste déglutit bruyamment, tant et si bien que son interlocuteur l’entendit.

"Vous savez, c’est un long chemin qu’ils doivent faire, il est normal qu’ils trébuchent parfois.
- Tout de même je… je ne m’attendais pas à ça. Heureusement que vous avez de la sécurité pour les surveiller, je crois que je ne serais pas rassuré sinon.
- Ah, ça ! Nous manquons encore de sécurité pourtant : téléphones portables qui circulent dans les cellules pour appeler des réalisateurs, échanges de licences en cachette, tenez, on en intercepte parfois de drôles !"
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Le praticien tira de sa poche un papier chiffonné et couvert de traces laissant supposer qu’il avait été dissimulé dans un endroit peu ragoûtant.

"Lisez-moi ça !
- Hansel & Gretel chasseurs de sorcières… mais… je… c’est nul ? 
- A qui le dites-vous ! Ils en sont arrivés à un tel niveau de nullité qu’ils parviennent à écrire des films n’ayant aucun rapport avec la licence qu’ils utilisent. Là, leur histoire : quel intérêt qu’il s’agisse de Hansel & Gretel ou bien de deux autres pinpins ? Aucun ! Mais ils sont accros à la licence, c’est affreux !"

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Le journaliste sentit son repas du matin lui remonter : pouvait-on être assez idiot pour aller chercher une licence sans aucune raison pour faire un film qui n’avait rien à voir ? Était-on tombé aussi bas ?

Pour le savoir : spoilons, mes bons !

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L’affiche : "Chasseurs", "3D", autant de signes qui ne trompent pas quant à la bouse.

Tout commence dans une tranquille chaumière, alors qu’un couple de paysans est en train de discuter d’un sujet grave : Madame a décidé qu’il était temps d’emmener les enfants dans la forêt puisqu’ils font du bruit pendant Plus Belle la Vie. Monsieur n’est pas trop d’accord, mais préférant éviter un conflit qui dégénérera en "Je fais la gueule au lit mais si tu me poses la question, je te dirai qu’il n’y a pas de problème, bonne nuit", il finit par céder. Papa va donc réveiller ses deux beaux enfants, Hansel & Gretel, qui ne trouvent pas du tout suspect que leur père leur annonce en pleine nuit qu’il est temps d’aller se promener dans les bois. C’est bien normal.

Evidemment, après les avoir emmenés au coeur de la forêt, le géniteur relâche sa progéniture "Allez on joue à cache-cache, comptez jusqu’à 37 puissance 12", puis s’en va, les abandonnant à leur triste sort pendant qu’ils tentent de calculer combien cela fait. "Papa !" crie Hansel en comprenant qu’entubage il y a eu, "Papa !" reprend Gretel alors que le désespoir les gagne dans l’obscurité. Finalement, lorsqu’ils ont fini d’espérer le retour de leur père, et que leurs cris se sont plutôt rapprochés de "Gros bâtard !", les marmots décident d’avancer au hasard dans la forêt.

Chemin faisant, les marmots tombent sur une demeure pas du tout suspecte : celle-ci n’est faite que de pain d’épice et de sucreries, ce qui a tôt fait d’endormir leur méfiance tant n’importe quel enfant (et certaines blogueuses) mis en face d’une demeure constituée en partie de fraises Tagada a une forte tendance à se ruer dessus dans une charge digne de Braveheart sans chercher l’embuscade. Hélas pour eux, à peine ont-ils commencé leur festin que la porte de la demeure s’ouvre, révélant une horrible sorcière qui les capture aussitôt.

Et on comprend la sorcière : non mais franchement, quand on a pas de quoi se payer des parpaings et que l’on fait construire en pain d’épice, vous croyez vraiment que ça fait plaisir de voir des morveux venir boulotter votre misérable bicoque qui en plus, a les murs qui gonflent dès qu’il pleut réduisant de moitié la surface au sol ? Quelle bande de rascals, ces enfants !

Bref : Hansel & Gretel capturés, la sorcière utilise Gretel comme esclave pendant qu’elle gave Hansel de sucreries dans l’espoir de le boulotter plus tard, puisque le cannibalisme est tout de même un hobby plus sympa que la belote. Mais profitant d’un moment d’inattention de la bougresse, nos deux héros ont tôt fait de se révolter et de la coller dans un four, avant de cruellement regarder la vieille dame se transformer en charbon. A noter que dans la bagarre, nos loulous ont remarqué quelque chose : les sorts que lançait la mémé n’avaient aucun effet sur eux… étrange !

Mais allez, voilà pour la séquence d’introduction : passons et lançons le générique !

Les années passent alors à toute allure, et nous découvrons alors via diverses coupures de presse que nos héros, loin de s’en être arrêtés à l’incinération d’une seule sorcière, ont décidé d’en faire leur métier en conséquence de quoi ils ont occis de la friponne plus que de raison, fournissant suffisamment de cendres pour tous les jardinets de l’Europe de l’Est à eux seuls. Finalement devenus adultes et célèbres, nous pouvons donc laisser le film véritablement commencer avec la fin du générique.

Rendons-nous donc dans la bonne bourgade de Boubourg, où la population locale est très excitée par un évènement très intéressant : le shérif local, Berringer, s’apprête à brûler une sorcière sur la place du marché. Le peuple est donc très excité et agite fourches et torches à foison, tout en écoutant le discours de l’homme de loi expliquant de quoi il retourne.

"Bon peuple de Boubourg, regardez bien cette femme : c’est une sorcière !
- Buuuuuurn !
- Oui mes amis ! Nous allons la châtier comme il se doit et…
- Attendez !Vous avez remarqué la moustache du shérif ? Je n’avais jamais fait attention, mais ça et le fait qu’il parle avec une voix horripilante, je ne sais pas pourquoi mais je pense qu’il pue le traître qui va mourir.
- Ah oui tiens ! C’est vrai Michel, t’as raison, non mais quelle idée aussi de porter la moustache dans un film comme celui-ci ?
- J’te jure, y en a qui doutent de rien.
- Hé ho, ça va aller tous les deux ? Vous me le dites si je vous fais chier ! Allez le peuple, on se concentre. Je disais donc, c’est une sorcière, et nous allons la…"

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Mais alors que le shérif s’apprête à en remettre une couche sur le côté allume-barbecue follement décadent des sorcières, celui-ci est interrompu une fois encore, mais cette fois par l’arrivée d’un canon de revolver contre son crâne : Hansel & Gretel sont dans la place ! Ils sont grands, ils sont beaux, ils sont tout de cuir vêtus et évidemment, Gretel porte l’indispensable décolleté de toutes les combattantes de mauvais films. Cela dit, ce débarquement impromptu et quelque peu cavalier a tôt fait d’exciter les hommes du shérif (non, pas comme ça), qui n’aiment pas trop que l’on braque ainsi leur patron. Heureusement, Gretel prend la parole pour calmer tout le monde.

"Pas de panique, peuple de Boubourg ! Nous sommes Hansel & Gretel, les fameux chasseurs de sorcières, et nous pouvons vous certifier que cette femme n’est pas une sorcière ! 
- C’est à dire qu’elle est rousse, sans famille et a l’air vaguement mystérieuse quand même.
- J’suis d’accord avec Michel.
- Ho, je te sens taquin peuple de Boubourg ! Mais vois : cette sorcière n’a pas les dents pourries, la peau dégoûtante ou les cheveux sales comme les sorcières ! (authentique : ce sont les "signes distinctifs" selon nos héros) 
- S’cusez-moi, mais en fait là vous venez de faire la description de tous les figurants puisque l’on est censés être des bouseux du cru, alors il faut tous nous brûler, c’est ça ?
- Ouais, parce que du coup, le fait que ce soit la seule avec les dents brossées, la gueule propre et les cheveux qui flottent dans le vent du soir, c’est quand même d’autant plus suspect.
- Raaaah, écoutez-moi, je suis Gretel de Hansel & Gretel quand même ! Puisqu’on vous dit que les sorcières ont naturellement une apparence de méchantes, arrêtez de gueuler !
- Aaaaah ouais okay. Nan, si elles ont naturellement la gueule de travers, d’accord. Heureusement qu’elles sont connues pour ne pas savoir faire de la magie et changer d’apparence alors ?
- Sérieusement Hans et Greta, pourquoi on devrait croire vos conneries ?
- Parce que nous sommes deux allemands en manteaux de cuir qui vous disent qu’ils poursuivent des gens aux nez crochus qui font le sabbat pour les mettre dans des fours. 
- …
- Ah ouais. C’est vrai que dit comme ça, j’ai tout de suite envie de collaborer."

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Attention : dans cette image, retrouve la seule personne condamnée à mort. Un indice chez vous : Tom Selleck.

Après avoir dissipé le terrible malentendu avec le peuple de Boubourg, nos deux héros libèrent donc la jeune femme menacée de faire du cosplay extrême de Jeanne d’Arc en insistant bien sur le fait qu’une sorcière ne pourrait dissimuler son apparence, et que la belle rousse – prénommée Gertrude – est donc innocente. C’est bien noté. le shérif, furieux de cette interruption, apprend que les deux chasseurs ont été recrutés par le maire de Boubourg, car depuis des mois, des enfants se font enlever en ville et le shérif n’est jusqu’ici parvenu à aucun résultat. Berringer, blessé par cette interruption, tente bien de faire un esclandre mais dans l’affaire, Gretel lui pète le nez parce qu’elle est comme ça, mais ouais. J’en profite pour glisser qu’Hansel, pendant ce temps, et tout le long du film ne fera qu’une chose : prendre la pose avec son fusil sur l’épaule, ce qui ne tirera jamais d’un figurant un "Je suis derrière vous bougre de con, arrêtez de faire ça !" ou même du cerveau d’Hansel le fait qu’en combat, il dégaine deux fois moins vite en jouant le poseur, mais passons.

Nos héros décident donc de commencer leur enquête pour savoir ce qu’il est advenu des enfants kidnappés, et plutôt que de se renseigner sur les disparitions (détail), décident donc de se rendre dans une forêt voisine pour tabasser une sorcière au hasard. C’est ce qu’on appelle avoir le sens de la justice ou du pogrom. Bref : nos deux héros ont tôt fait de trouver une demeure de sorcière et d’y rentrer à coups de botte pour menacer l’hideuse maîtresse des lieux. Chose amusante : on constate qu’Hansel & Gretel, malgré le fait qu’ils chassent les sorcières depuis leur enfance ont toujours un modus operandi digne des plus grands, à savoir :

  • Etape 1 : on entre en faisant plein de bruit (il ne faudrait pas avoir l’avantage)
  • Etape 2 : on regarde la sorcière la bouche en coeur en faisant "Ho !" (non parce qu’ils n’en ont jamais vu, alors à chaque fois ils sont étonnés)
  • Etape 3 : la sorcière profite de la surprenante surprise des deux blaireaux pour essayer de se barrer
  • Etape 4 : nos héros tirent partout, sauf sur la sorcière (leur compétence au tir varie beaucoup selon les séquences du film)
  • Etape 5 : s’ensuit une course-poursuite (durant laquelle Hansel finit toujours accroché à quelque chose ou quelqu’un)
  • Etape 6 : puis arrive une baston au corps à corps pleine de poncifs ("Aïe le coup de poing", "Mon arme a glissé au sol !", "Je rampe vers elle, raaah")
  • Etape 7 : et pour finir, arrestation de la sorcière par un quelconque coup de bol

Mais à part ça, ce sont de vrais pros.

Bref, après avoir arrêté la sorcière et l’avoir passée à tabac, nos héros reviennent en ville pour annoncer la nouvelle : bon, la sorcière ne savait rien. D’ailleurs, elle ne savait tellement rien qu’elle avait chez elle un curieux document parlant de la "lune rouge", un phénomène qui n’arrive qu’une fois par génération et fort sacré pour les sorcières maléfiques, et qui va bien évidemment arriver dans trois jours. Evidemment, vous vous doutez bien que cela n’aura strictement rien à voir avec le coeur de l’intrigue. Non parce que si c’était le cas, ça voudrait dire que la sorcière avait plein d’informations, voire savait tout en fait. Et donc que nos héros racontent n’importe quoi.

Et ça, ce serait complètement incohérent : ça ne risque donc pas d’arriver, pas vrai, ouf. Hein? Hein ?

De son côté, le shérif Berringer, probablement guidé par sa moustache maléfique, a décidé qu’il n’allait pas se faire doubler par Hansel & Gretel : il a donc recruté un petit groupe de pisteurs du coin en leur proposant d’aller, dès cette nuit, inspecter la forêt à la recherche des enfants disparus (on notera donc qu’il n’a jamais eu cette idée avant, quitte à en plus le faire de jour). Les hommes insistent bien en disant que rooooh, quand même, la nuit chez les sorcières, c’est très con comme idée. Le shérif insiste donc en disant "Oui, c’est très con, mais j’ai du pognon" : les larrons décident donc que c’est une excellente soirée pour mourir et se mettent en route. A noter qu’ils sont tous plus ou moins laids et/ou possesseurs d’une pilosité faciale aléatoire.

Et évidemment, ça ne rate pas : une fois au coeur des bois, la petite troupe fait étape et allume un feu pour se sustenter, lorsque surgit soudain de l’obscurité une ravissante femme.

"Bonsoir, étrangers, que faites-vous si tard au milieu de ces dangereux bois ?
- On attend que le script annonce notre mort. 
- Et là il vous dit quoi ?
- Là il nous dit de ne surtout pas nous méfier ou braquer la femme super mystérieuse vêtue de noir qui vient d’apparaître en pleine nuit au milieu d’un territoire réputé pour ses sorcières. D’ailleurs sitôt que vous nous attaquerez, on jettera tous nos armes sans raison pour ne surtout pas se défendre.
- Ah oui. Quand même.
- Oui, hein ? 
- Allez, faisons vite, j’ai honte rien que d’être dans ce film, je crois que je préférerais animer une foire au boudin."

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Et en effet, la bougresse n’est pas simplement une belle damoiselle, puisque ses traits se déforment rapidement pour révéler… une sorcière !

Ah bin ça ! Des sorcières qui peuvent changer d’apparence, c’est vraiment fou.

Toujours est-il que la gourgandine a tôt fait de bourrer la gueule de tous les pisteurs de diverses manières (alors dans ce film, sachez que les gens meurent tout de même essentiellement par décapitation/explosion de tête ; un curieux fétichisme), n’en laissant qu’un survivre pour revenir jusqu’à Boubourg et annoncer à la taverne du coin, où Hansel & Gretel ont décidé de passer la soirée, que la sorcière des bois les conchie d’une force, mais alors (en substance, hein, c’est un spoiler) ! A noter que nos héros ont rencontré dans l’endroit un jeune homme qui les idolâtre, Ben, et se rêve chasseur de sorcières lui aussi. J’en profite pour signaler que l’homme qui a transmis le message a littéralement explosé à la fin de son propos, tant les sorcières aiment donner un côté coloré à leurs annonces. C’est leur côté blogueuses.

La nuit étant désormais tombée depuis un moment, nos héros décident d’aller se coucher (un mec vient juste d’exploser, pas de quoi s’agiter quoi), et la pauvre Gretel se réveille après avoir rêvé de sa mère : c’est rigolo, à chaque fois qu’on lui parle de sorcières, elle rêve d’elle. Je me demande bien ce que cela veut dire, hmmm. Des fois que le spectateur n’ait pas bien compris, elle s’interroge aussi à voix haute : "Hansel, ne t’es-tu jamais demandé pourquoi nous étions immunisés aux sorts des vilaines sorcières ?" mais son frère se contentant de lui répondre "Ta gueule, je dors" avant de se tourner sur le côté, laisser ses sphincters se relâcher puis se rendormir, elle ne creuse pas plus la question.

Le lendemain matin donc, il est temps de reprendre la chasse à la sorcière ; Hansel se rend donc au marché local pour acheter un peu d’équipement où il recroise Gertrude, la rousse damoiselle qu’il avait sauvé d’un mercredi des cendres anticipé. Celle-ci l’approche donc malgré le terrible côté dark de notre héros, en faisant des bruits comme "glousse, glousse" ou "huhuhuhu". La discussion s’engage vite avec la pintade, et malgré le spam intensif de Gertrude à base de "Toutes les sorcières ne sont pas méchantes", "Y en a des bien" et "Tu sais tu pourrais tomber amoureux d’une sorcière, genre à tout hasard une rousse, tout ça *CLIN D’OEIL*", le bougre ne remarque rien de suspect dans la conversation. Bravo, heureusement que tu chasses les sorcières mec, ton détecteur a l’air performant.

Après le stade "J’ai tout le temps mon arme sur l’épaule pour avoir l’air cool", il y a le stade "On dirait que je fais un câlin à mon arme"

Mais justement : Hansel sent soudain une grande faiblesse l’étreindre ; non pas qu’il réalise enfin le niveau du scénario et des dialogues, mais simplement qu’il fait du diabète puisqu’ayant été gavé de sucreries par une sorcière petit, de temps à autres, ce n’est pas la grande forme (il utilise la même excuses pour justifier ses caries et son haleine de chacal mort). Il s’injecte donc son insuline sous les yeux de Gertrude, qui lui dit pouvoir l’aider car elle connait bien cette maladie mais… Hansel s’en fout.

Il est bien cet Hansel, en fait. Il tombe sur une sorcière qui a plein d’infos, ça ne l’intéresse pas et il revient en ville en disant qu’il n’a rien trouvé, une nana l’aborde en lui disant grossièrement qu’elle aussi, elle chevauche son balai la nuit, il ne comprend pas, et enfin quand on lui dit qu’on peut le guérir de sa petite faiblesse, il s’en moque aussi.

Enfin un personnage avec lequel s’identifier : moi aussi, j’ai le plus grand mépris pour ce qu’il se passe sur l’écran.

Bref : sur ces entrefaites, Hansel se sépare de Gertrude malgré le petit plan drague qu’elle a tenté sur lui, et s’en va dans les bois avec sa soeur pour tenter d’attraper une autre sorcière. Et ça tombe bien, car au fond des bois, la sorcière Muriel (celle qui avait tué les pisteurs et pouvait prendre l’apparence d’une nana pas trop moche) et ses deux complices, A & B, discutent tranquillement alors que les enfants kidnappés les regardent, inquiets, dans des cages tout autour d’elles. Muriel a en effet trouvé un moyen d’immuniser de manière définitive les sorcières au feu grâce à une potion qu’il faut réaliser le soir de la lune rouge ! Et elle a déjà invité toutes les sorcières à venir partager le breuvage, hohoho…

… hoho ? Oui donc, je confirme : la sorcière il y a quelques scènes "qui ne savait rien" savait donc tout. Misère, c’est d’un nul.

En tout cas, après ce petit échange, B a décidé d’aller se promener dans les bois en plein jour parce que… heu, rien. Et soudain, elle entend un enfant crier qu’il est perdu ! Vite, elle fonce dans cette direction pour aller croquer un bout du marmot, lorsque soudain, elle réalise qu’il ne s’agit que d’un mannequin à côté d’un tourne-disque : c’est un piège !

Mais heureusement, un piège nul (ouf, j’ai eu peur) car nos héros emploient leur méthode habituelle consistant à faire n’importe quoi pour tout faire échouer (ça valait le coup de faire un piège) avant de se lancer dans une course poursuite absurde avec la sorcière, jusqu’à la capturer sur un coup de bol (non sans qu’Hansel ne se soit retrouvé accroché au balais de la fuyarde, etc, vous avez saisi). La bougresse est donc ramenée en ville pour interrogatoire, et c’est donc parti pour une séance de coups d’annuaires dans le museau au fin fond d’une cellule locale.

Et puisque l’on a décidé que le personnage d’Hansel n’aurait pas le droit à une ligne de dialogue cohérente, c’est parti :

"Parle sorcière, ou je te rabote le groin !
- Non ! 
- Tiens ! *Hansel lui caresse le visage poing fermé*
- Ah ! Ouïe ! Très bien, très bien, je parle : le soir de la lune rouge, le sang de douze lunes sera versé, nous y ajouterons un ingrédient qui…
- Bah ! Elle n’a rien à nous apprendre, elle est inutile."

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Et il se dirige vers la porte. Je n’invente rien : pile au moment où la prisonnière se met à table, Hansel déclare qu’en fait, ça ne l’intéresse pas. Mais ? MAIS ? C’est impossible, ce film a été uniquement basé sur des paris pris un soir de cuite ? Expliquez-moi ?

En tout cas, Gretel, contrairement à son blaireau de frère, comprend que la sorcière est en train de balancer des informations exploitables : elle a parlé du sang de 12 lunes a versé, et 11 enfants ont été kidnappés, tous nés un mois différent, et 6 garçons et 5 filles. Il faut donc aller trouver la seule petite fille née en avril de Boubourg, vite, elle est en danger ! Nos héros, après avoir consulté le registre local, sont donc prêts à s’élancer quand soudain dans le ciel de la ville, Muriel la sorcière et son acolyte A paraissent sur leurs balais… et commencent à jeter des boules de feu sur les demeures du cru ! Les toits s’embrasent, l’ambiance aussi, et Hansel & Gretel décident de se disperser en groupes de un, le chasseur filant chercher la petite fille en danger pendant que la chasseuse restera ici à défendre la cellule de B, que Muriel ne manquera pas de venir chercher.

Faisons la brève : les figurants courent partout en ignorant complètement les sorcières qui se baladent dans les rues en marchant en souriant, le shérif et ses hommes sont partis faire caca, quant aux habitants qui défendent leurs maisons, à chaque fois qu’ils voient une sorcière, plutôt que de tirer, ils font "Ho !" en attendant gentiment de se faire latter. C’est… excusez-moi, je baillais. C’est répétitif. En parlant de répétitif, vous ai-je parlé d’Hansel, qui se bat avec une sorcière n’importe comment avant de finir accroché à son balai pendant qu’elle s’enfuit ? Original, ça aussi. Gretel, elle, participe à l’illogisme général consacré à sa manière, par exemple en attendant gentiment que la sorcière se pointe, faisant "Ho !" la bouche en coeur en la voyant, lui laissant 12 fois le temps de l’attaquer, puis tirant à côté de sa cible 40 fois à bout portant.

Remarquez, c’est vrai que quelque part, le film a sa propre logique : chaque scène d’action suit le même rituel.

Bref : Mumu la sorcière tombe sur le chou de Gretel, avant de lui raconter son plan (tant qu’à être là, hein, on a bien deux minutes !), à savoir que le dernier ingrédient pour sa super potion permettant d’ignifuger les sorcières… c’est elle ! Ho bin ça ! Mais avant qu’elle ne puisse en dire plus, Gretel parvient à s’échapper, et s’effondre finalement dans les rues de Boubourg pour n’être dissimulée aux yeux des sorcières patrouillant la ville que grâce à l’intervention de Ben, leur fan number one. Déçues, les sorcières décident donc de se barrer de là, emmenant la prisonnière B avec elles pour qu’elle retrouve sa place au coeur de la forêt. Précisons que dans l’assaut, elles ont été aidées d’un troll, un énorme humanoïde qui a emporté la petite fille que les enchanteresses étaient venues chercher, avant de repartir à pied, pépère, sans que personne ne l’ennuie.

Sinon, tous les mecs du shérif que l’on voyait armés au début, j’insiste mais ils étaient où ? Ah oui, partis, caca, tout ça.

"Regarde Gretel on dirait le script ! J’ai comme l’impression que mon amour propre vient de partir avec mon cachet pour ce film"

Le lendemain, donc, Gretel se réveille dans un chiche logis de la cité, alors que le jeune Ben est occupé à la nettoyer de toute la suie due aux incendies qu’elle a sur le corps, s’attardant un peu pour lui tripatouiller les roploplos. Après lui avoir fait les gros yeux et rappelé que ce n’est pas parce qu’on s’endort n’importe où dans un état second que l’on est consentante, Gretel discute avec lui des derniers évènements : les incendies ont causé de nombreux morts, les sorcières ont kidnappé une petite fille et libéré leur prisonnière, Hansel a disparu à la poursuite d’une des vilaines, et en gros, le moral des troupes est bas à Boubourg. Gretel papote donc un peu avec Ben, rajoutant une cerise pourrie sur le gâteau de daube, en expliquant par exemple que "Chasseur de sorcières est un métier qu’on ne choisit pas". Ah oui donc uniquement parce que tu as échappé à une sorcière petite, tu étais OBLIGEE de devenir une chasseuse. Impossible de devenir comptable ou consultante en consulting. Tiens, c’est pareil, j’ai un ami qui un jour a failli se faire écraser sur un passage piéton. Depuis, il tabasse toutes les voitures qu’il croise : il est obligé, comprenez-vous ?

Toujours est-il qu’entre deux dialogues pourris, Gretel tombe sur une des nombreuses coupures de presse sur les sorcières que Ben garde chez lui en espérant un jour faire carrière dans la chasse à la jeteuse de sorts, et quand bien même sur la coupure se trouve un dessin qui ne ressemble à rien, avec une femme blonde parfaitement inexpressive, Gretel reconnait instantanément sa mère, qui était pourtant brune et n’avait pas du tout la même tronche.

Ne me demandez pas pourquoi ils se sont embêtés : il suffisait de faire un peu de coloriage au dessin pour le rendre plus crédible, ou même de rajouter un signe distinctif à la mère du genre un grain de beauté fait au Velleda juste pour expliquer comment Gretel pouvait la reconnaître sur un dessin aussi pourri soit-il, et c’était bon.

Mais non : c’eut été ne pas se foutre du spectateur, et ça, jamais ma bonne dame ! A 50 millions de dollars de budget, ça coûte cher, un feutre.

Toujours est-il que l’article explique que la mère de Gretel était en fait une sorcière selon les habitants de Boubourg, et que même si elle n’a jamais avoué, on lui a brûlé la tronche pour lui apprendre, à cette gourgandine. Cela commence donc à éveiller de vagues soupçons chez Gretel mais… hmmm… vagues alors, hein. Ne perdons pas le spectateur en route Déjà, elle doit partir chercher Hansel : elle file donc vers les bois pour utiliser la meilleure méthode qui soit, à savoir, courir dans une direction aléatoire en hurlant "Hanseeeeeel ?". Hélas pour elle, la seule chose sur laquelle elle tombe est non pas une randonnée nudiste, ce qui aurait pu rendre les choses intéressantes, mais la troupe du shérif, qui lui tend une embuscade et la malmène au motif qu’ils accusent Gretel d’avoir provoqué l’invasion de sorcière de la nuit précédente.

Ah oui : la nuit où les hommes du shérif avaient disparu du script. J’aime bien ce petit côté "Appuyons bien fort sur nos ratages".

Mais le tabassage de jeune fille tourne court, puisque non loin de là, une créature entend les cris de la jeune fille : le troll qui a kidnappé la petite fille ! Celui-ci, occupé à danser avec des musaraignes ou je ne sais quelle autre activité typique des amis de la forêt, approche de l’origine des sons et découvre Gretel en train de se faire botter les fesses : avant que tout ne vire à la tournante moustachue, il rentre donc dans une rage terrible et sort en hurlant de sa cachette pour violenter du margoulin ; de manière très étonnante, il tue donc tous les hommes du shérif, puis le shérif lui-même, ce qu’on ne voyait pas du tout depuis le premier plan du film après le générique centré sur sa moustache. Cela fait, le troll emmène la jeune femme inconsciente et mal en point jusqu’à une petite source où il la soigne, la fait boire et lui explique en grognant qu’il se nomme Edouard et qu’il l’a aidée car "Il est au service des sorcières." Puis il l’abandonne là, la laissant libre de tenter de retrouver son chemin.

Ah non mais je ne vois toujours pas venir le seul rebondissement du film dites-donc. Je me demande bien ce que c’est.

Sauf qu’Hansel n’est pas du tout dans la direction supposée : lors de la course-poursuite où il a fini, comme toujours accroché au balai d’une sorcière fuyarde, il a terminé dans un arbre, et évidemment, qui le trouve en plein milieu des bois ? Gertrude, la gentille rousse ! Voyant notre héros mal en point et blessé, elle l’aide donc en l’emmenant jusqu’à un étang dont l’eau guérit les blessures. Vous aussi vous avez noté comme tout manque de la moindre once de créativité ?

"Bon les mecs, faut qu’on fasse deux scènes différentes, nos héros sont séparés.
- Heu… on dirait que Hansel se bat avec une sorcière et s’accroche à son balai quand elle fuit ? Et que Gretel fait "Ho !" en voyant un ennemi ?
- Mmmoui… quelqu’un d’autre ?
- On pourrait faire la même scène en double. Du genre Gretel est sauvée par un troll qui l’emmène se soigner avec de l’eau magique, et Hansel fait pareil.
- Deux trolls ?
- Ah non, merde.
- Si on remplaçait le second troll par une rouquemoute ?
- Bien joué Berthier ! On reste dans le ton ! Sortez les caméras, on est prêts ! Quel puissant brainstorming mes amis !"

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Avantage tout de même à Hansel : lui a la chance de pouvoir se baigner nu avec sa nouvelle copine, qui bien vite, lui fait des bisous avant de lui indiquer le chemin pour rentrer à Boubourg puisque la nuit va tomber. Evidemment, à aucun moment Hansel ne lui dit "Attends attends, comment ça je rentre seul ? Aux dernières nouvelles, tu habites Boubourg, alors pourquoi resterais-tu seule au coeur des bois hantés par les sorcières la nuit ?". Mais là encore, cela ne choque pas notre héros, qui repart donc en sifflotant.

Vous avez déjà entendu le son typique d’un suicide de tympan ? Moi, oui, à cet instant exact.

Mais hélas, notre héros se perd quelque peu… et finit par tomber sur une énième maison au milieu des bois (ho bin ça !) où il décide de passer la nuit pour avoir un abri. Mais à peine rentré, il tombe nez-à-nez non pas avec une sorcière à qui botter le groin, mais avec sa propre soeur ! Mieux encore, en visitant la maison, nos héros découvrent… qu’il s’agit de celle de leur enfance ! MAIS QUELLE COÏNCIDENCE !

Oui : jusqu’ici, ils ne se rappelaient pas qu’ils avaient passé toutes leurs jeunes années à côté de Boubourg. Détail. Sérieusement ?

Accessoirement, ils trouvent aussi, sous le plancher de la demeure… un antre de sorcière ! Vide depuis des années, semble-t-il. Hansel s’exclame donc "Ça alors, on a grandi à côté d’une antre de sorcière !" puisque définitivement, chacun de ses dialogues semble avoir été écrit par un marcassin sous acides. Gretel s’apprête à lui expliquer qu’il est quand même drôlement con, quand soudain, la porte de la demeure s’ouvre en battant : Mumu la sorcière les a retrouvés !

Mumu ou la preuve que tout ce que racontaient les héros depuis le début était de la daube.

Comment ? On en sait rien. On pourrait bien supposer que c’était grâce au pouvoir de sa magie, mais comme dans le même temps, lorsqu’elle a attaqué la ville, elle avait été incapable de localiser Gretel lorsqu’elle s’était enfuie, on va juste supposer que c’est nul. Une supputation audacieuse, j’en conviens. Mais oui, je suis comme ça.

Toujours est-il que Muriel, en bonne méchante pourrie, commence par révéler son plan :

"Haaaa, Gretel ! Cela faisait des années que j’étais à ta recherche… tu n’étais qu’une enfant à la dernière lune rouge ! Car le dernier élément pour ma potion d’immunité au feu est le coeur d’une sorcière blanche, une sorcière gentille. Or, la plus puissante d’entre elles était… TA MERE !
- Ta mère toi-même !
- Tais-toi Hansel ! Elle essaie d’expliquer le scénario aux deux derniers qui n’auraient pas compris.
- Oui, bon, je disais : votre mère, Ariana ! Maiiiiiis… je ne pouvais pas vaincre votre mère, elle était trop forte… alors j’ai fait courir la rumeur à Boubourg qu’elle était une sorcière, et comme les sorcières blanches n’ont pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs contre les humains, ils sont venus la brûler sans qu’elle puisse se défendre, hohohoho ! Mais elle avait compris que je voulais un coeur de sorcière blanche… et si ça ne pouvait être le sien, alors ce serait le tien, Gretel ! Mais elle avait pensé à vous abandonner dans les bois avant l’arrivée des paysans et… vous avez disparu… jusqu’à aujourd’hui ! Maintenant, tu es à m…
- Pardon Madame Mumu, mais je peux poser une question ?
- Heu, bien sûr mon petit Hansel.
- Pourquoi ma mère ne s’est pas juste planquée avec nous dans sa batcave, là, son antre sous la maison que même nous en vivant là nous ne connaissions pas ?
- Heu… je…
- Ou même tout simplement : pourquoi ne s’est-elle pas planquée dans les bois avec nous ? Et hop, c’était plié.
- Haaan, ouais. Pas con.
- Oui. C’en est presque gênant.
- Bon, vous savez quoi ? Et si on se battait ?
- Vendu !"

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Le combat éclate donc, et rapidement, Mumu a le dessus : elle poignarde Hansel, le faisant choir au travers du plancher dans l’antre de maman, puis met Gretel hors de combat avant de l’emmener loin de là. Quel instant tragique.

Tragique comme dans "ce film est une tragédie". Mais non, pas comme ça : l’autre.

Quelques heures plus tard, à son réveil, Hansel après s’être demandé ce qu’il avait foutu hier soir pour avoir aussi mal à la tête est déjà très étonné de ne pas être au paradis des héros moisis, mais voici qu’en plus découvre en face de lui Gertrude… qui a complètement refermé sa plaie pourtant mortelle ! Hansel comprend donc la vérité :

"Gertrude ! Tu es… UNE SORCIERE ! Comme 100% des personnages féminins de ce film, HO BIN ÇA ALORS !"

Notre héros a donc le droit à une explication sur le fait qu’il y a des méchantes sorcières et des gentilles, et qu’elle fait carrément partie du clan des Bisounours, des sorcières cucus qui aiment les flash-mob du Parti Socialiste. Elle ajoute qu’elle peut aider Hansel à retrouver sa soeur car elle a trouvé dans l’antre (là encore, d’ailleurs, ne me demandez pas comment elle aussi a su qu’il fallait venir ici) un objet très puissant : le grimoire de Jean-Jacques le sorcier des temps anciens ! Un artefact très puissant, qui attendait là depuis des années, car évidemment, Mumu n’avait pas pensé, après avoir buté la plus puissante des sorcières blanches, à aller voir s’il n’y aurait pas du loot dans son antre comme on dit dans les forums les plus maudits du net.

Formidable.

Gertrude explique donc que grâce au grimoire, il est possible de faire des choses rigolotes, comme par exemple invoquer Patax ou enchanter des armes pour qu’elles passent toutes les défenses des sorcières : parfait, se dit Hansel, non parce que j’ai un peu toute une armurerie à bénir. Allez hop les amis : ce soir, c’est la lune rouge, alors Gertrude et Ben l’apprenti-chasseur, vous m’accompagnez, nous allons libérer Gretel et stopper ce terrible rituel ! Ni une, ni deux, la petite troupe se met en branle et à la nuit tombée, va poser des pièges tout autour de l’endroit où les sorcières ont prévu de se réunir, avant de laisser Ben sur place pour tirer sur les fuyardes qui tenteraient d’échapper au futur massacre, pendant que Hansel et Gertrude approchent de la petite plate-forme rocheuse non loin où les vilaines sorcières sont en train de se réunir. Et où Mumu est en train de haranguer les dizaines de sorcières déjà sur place.

"Sorcières ! Mes soeurs ! Ce soir, nous sacrifierons douze enfants, et prendrons le coeur à Gretel, la sorcière blanche puisque fille de sorcière blanche, pour compléter une potion qui, sous la lune rouge, nous immunisera au feu pour toujours, hahaha HAHAHA !
- Mais pas aux décapitations ?
- Non.
- Ni aux fusils ?
- Non plus.
- Ni aux lames ?
- Encore moins. Idem pour la noyade.
- Okay donc si je résume : nous serons immunisées aux flammes, soit simplement aux bûchers, à savoir la seule arme que l’on emploie contre nous uniquement lorsque l’on est déjà prisonnière de l’ennemi.
- Voilà.
- Et à votre avis, que se passera-t-il lorsqu’ils verront que l’on ne brûle pas ?
- Et bien je… ils nous décapiteront ? Fusilleront ? Poignarderont ? Noieront ? Buteront, quoi ?
- Donc ?
- Okay : sorcières ! Mes soeurs ! Je suis fière de vous convier à cette grande soirée de la lune rouge, où nous allons pouvoir boire une potion QUI NE SERT STRICTEMENT A RIEN A PART PEUT-ÊTRE A POUVOIR CUISINER DES TARTES AUX POMMES SANS SE BRÛLER !"

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C’est si enthousiasmant. Quel film.

Bien, justement, finissons-en : Hansel et Gertrude se placent chacun d’un côté de la plate-forme rocheuse, Gertrude ayant avec elle une mitrailleuse lourde bénie (mais si), alors qu’Hansel a fait bénir son gros fusil aussi. Il se pointe donc au milieu de la réunion, son arme sur l’épaule comme à son habitude, et annonce qu’il vient libérer sa soeur. Les sorcières rient très fort, annonçant que leurs sortilèges les protègent des balles, mais font vite moins les cakes lorsque le plomb commence à voler et à les tuer sans grand souci : on sent que le désarroi monte d’un cran. Un mouvement de panique gagne donc la petite communauté, alors que Gertrude fait cracher la sulfateuse pour transformer la zone en Omaha Beach du pauvre. Les sorcières tombent une à une, y compris la pauvre A, bientôt rejointe par B. Les fuyardes sont elles prises dans les pièges à l’extérieur, et finalement ne reste guère plus que Mumu (ça alors !) qui tente de s’en prendre à Gretel alors que la lune rouge, bien haute dans le ciel, débute.

Un objectif audacieux digne d’un sabbat de sorcières.

Edouard le troll, qui a l’air de bien aimer la petite Gretel, s’interpose pour la sauver et la libérer des liens qui la retiennent prisonnière, mais sitôt cela fait, Mumu, colérique, lui envoie un sort qui le fait choir de la plate-forme loin en contrebas. Gretel est bouleversée par la perte de ce personnage nommé Edouard, symbole de tant de mauvais films, et profitant du fait que Mumu, comprenant que ça sent le pâté, mette les voiles, elle descend le plus vite possible rejoindre le troll en contrebas.

A noter que durant ces 30 secondes, on voit que la lune rouge s’arrête.

Hé bé, il fallait être rapide.

Mieux encore, il fait soudainement jour alors que nous étions au coeur de la nuit : intéressant ! Mais ne nous en arrêtons pas là dans le ridicule : sitôt arrivée auprès du troll, Gretel constate que ce bougre d’Edouard a l’air d’avoir le coeur qui ne bat plus : pas de problème, sortant de sa poche un taser (Si, si ! D’ailleurs que faisait-il avec elle alors qu’elle était prisonnière deux minutes auparavant, mystère !), elle s’en sert pour relancer le coeur de la bête, et ainsi la sauver.

Oui. Vous avez bien lu : l’héroïne invente le défibrillateur.

Pendant ce temps, et alors que vos neurones meurent un par un, Hansel est parti à la poursuite de Mumu, mais pour une fois, n’a pas réussi à s’accrocher à son balai. La méchante sorcière ne tombe pas dans un piège, elle, et se fait simplement abattre comme un vulgaire B-17 au-dessus de Berlin par la DCA locale, ici incarnée par Ben et un gros fusil. Se traînant dans les bois, blessée elle a le temps d’atteindre avant qu’Hansel ne la rattrape… la maison en pain d’épice de leur enfance !

C’est fou comme le monde est petit.

Et c’est fou comme le temps passe : il fait à nouveau terriblement sombre, et pas seulement à cause de la forêt, alors qu’il faisait grand jour il y a là encore 15 secondes ! Breeeeef.

Celle-ci, bien qu’abandonnée depuis des années, est encore debout. Mais Mumu attend de pied ferme : pour commencer son embuscade vengeresse, elle tue Gertrude, la laissant agoniser dans les bras d’Hansel façon "Accroche-toi Gertrude, j’entends les hélicoptères !" "Raaah, non, arrête Hansel, je sais que j’suis foutu je… je voulais te dire… je… je t’…a… raaaaarrrrgh". C’est donc un Hansel grognon et nourri aux dialogues vus et revus qui s’avance dans la maison de pain d’épice pour aller en finir avec la bougresse, et est bientôt rejoint par Gretel pendant que Ben est occupé… à faire du rien. Bien bien bien. Les deux chasseurs se battent donc face à la vilaine sorcière jusqu’à ce que finalement, respectant minutieusement le poncif dit du "Grand combat final dans un endroit abandonné avec les armes qui glissent au sol, les gens qui rampent et le combat à mains nues.". Finalement, et c’est le seul moment de gloire du film, nos héros décident d’utiliser la seule arme qui en vaille la peine pour en finir avec une fille un peu collante :

Une PELLE

Après quelques coups, Mumu la ramène un peu moins, et une fois décapitée, on peut même dire qu’elle fait preuve d’un certain mu(mu)tisme (pardon). Hansel & Gretel, malgré les épreuves, sortent donc vainqueurs et ont donc en plus massacré un nombre improbable de sorcières en une seule fois. On peut donc dire qu’ils sont définitivement les meilleurs chasseurs de sorcières ! Et donc, en selle, Gretel, car voici venir la F…

Non ! Une ultime séquence nous présente désormais Hansel, Gretel, Ben et Edouard le troll formant désormais une équipe de choc pour traquer les sorcières, et voyageant désormais dans des contrées exotiques pour toutes les tabasser jusqu’à la dernière et alors que les spectateurs prient pour être libérés de cette bouse infâme…

… FIN !

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"Et bien, merci docteur je… je n’imaginais pas la SPS comme cela.
- Je vous en prie, il faut que les gens sachent quel fléau frappe Hollywood. Je vous souhaite une bonne journée.
- Attendez, vous aviez parlé de me dire ce que vous faisiez des scénaristes irrécupérables en fin de visite !
- Ah, oui, excusez-moi !"

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A sa grande surprise, le scientifique lui fit signe de se diriger non pas vers l’intérieur des locaux, mais vers le parking. Là, collé contre le bâtiment, un camion-benne était en train d’être chargé de quantité d’hommes et de femmes parcourus de tics nerveux, hurlant de-ci de-là des propos incohérents sous le regard d’un employé s’assurant que le compte y était bien.

"Voilà, dit le médecin, nous les emmenons simplement dans un endroit très loin, une ferme où ils peuvent s’ébattre en paix.
- Je pourrai aller les voir ?
- Allons, allons ! C’est un endroit très loin, si loin qu’on ne peut même pas leur écrire.
- Vous vous foutez de moi ?
- Pas du tout mon cher, pas du tout.
- Mais qu’est-ce qu’ils font dans cette ferme alors ?
- Et bien… je préfère ne pas vous en parler. Tout ne mérite pas d’être dit."

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Le médecin agita la main pour saluer le conducteur de la benne, qui après l’avoir verrouillée, remonta dans sa cabine. Il agita à son tour sa casquette pour retourner son salut au cadre de santé de la SPSH, puis, il tourna la clé.

Et Ridley Scott emmena ses futurs scénaristes jusqu’à ses studios.

"Ça n’a pas l’air d’aller patron ?"

Diego fronça un sourcil, notant la boîte de cigare encore pleine à cette heure avancée de la soirée, son employeur étant là, enfoncé dans son fauteuil près du feu de cheminée. Il nota que celui-ci se contentait simplement, de temps à autres, de jeter un peu de petit bois dans l’âtre, alimentant les flammes jetant une lueur orangée et tremblante alentour.

"Je me fais vieux Diego. Je n’ai plus les bonnes références, je crois qu’il faut que je fasse autre chose. De la peinture, peut-être ?
- Allons, il ne faut pas vous laisser aller comme ça… vous ne voulez pas que je fasse monter une stagiaire ?
- Non. Je veux rester seul à contempler l’âtre reflétant mon âme se consumant dans les affres du web. Va, Diego. J’ai besoin d’être seul."

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Le serviteur hésita, ne pouvant accepter de voir son employeur dans pareil état. Mais après des années de bons et loyaux services, il commençait à connaître le bougre.

"Bien, alors je me retire Monsieur. Vous ne voulez rien d’autre ?
- Non, je veux du temps pour m’assagir. Quitter mes vices.
- Vous voulez dire que vous résisterez désormais aux tentations ?
- Parfaitement.
- Alors ça ne vous dérange pas si je pose ce DVD sur ce guéridon par exemple.
- Pas du tout. Du tout. Rien, pas un picotement. Je… hem, quoi comme DVD ? Par pure curiosité bien sûr.
-  The Darkest Hour.
- Le… le film que j’avais raté ?
- Celui-là même.
- Je… non, ça ne me fait strictement… je… rien… du tout.
- Voulez-vous que je vous lise le pitch ? Il y est question d’envahisseurs et de jeunes américains benêts. 
- Gnnnn…. gnnnnn…. je…. dois… résister…
- Saviez-vous que ce film est si mauvais qu’il y a une erreur de cohérence rien qu’entre le pitch officiel et le film ? D’ailleurs il parait que…
- DONNE-MOI ÇA !"

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Diego eut juste le temps d’esquiver la sombre silhouette de son maître, se saisissant de l’objet avant de le faire tourner sous son oeil brillant de cruauté tout en ricanant. Puis, son rire se fit plus guttural et d’un pas assuré, il disparut en direction du salon.

L’humble employé se demanda si, quand même, il ne venait pas de faire une connerie.

Car : The Darkest Hour est-il si mauvais que cela ? Après tout, certaines critiques furent tout à fait positives. Aussi, il convient de vérifier de quoi il retourne : spoilons mes bons !

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L’affiche : des explosions ET de la désintégration ? Monsieur l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Tout commence quelque part au-dessus de notre bonne vieille Terre, au sein d’un avion russe pour être précis. A bord, Sean et Bean, deux américains à l’humour digne d’un épisode de Samantha Oups, et aux têtes qui semblent appeler les balles à sanglier, sont occupés à se chamailler avec les hôtesses parce qu’ils refusent d’éteindre leurs téléphones portables avant d’atterrir, pour la simple et bonne raison que… hé bien qu’ils sont trop cools. Tiens, j’ai écrit cools ? Curieux. Qu’importe ! L’hôtesse la plus proche leur fait quand même les gros yeux, jusqu’à ce que soudain, toute l’électricité de l’avion lâche : c’est la panique à bord. Du moins, un temps seulement, car bien vite la lumière est rétablie, le commandant de bord rappelant aux passagers que les avions russes n’ont pas besoin d’électricité : ils sont entièrement conçus à partir d’anciennes pièces de Trabant et peuvent donc continuer de voler, même avec une aile sur deux. L’évènement ayant calmé nos deux héros, l’avion peut donc atterrir en paix.

En plein jour d’ailleurs, alors que la scène se déroulait en pleine nuit. Oui, je sais, maintenant cela arrive dans la plupart des films. C’est beau, ce vaste naufrage d’Hollywood, mais, passons.

Nos deux héros arrivent sur la terre bénie de Lénine, Khrouchtchev et autres Gérard Depardieu pour échanger diverses stupidités, et rouler des mécaniques auprès des autochtones, et nous apprenons d’ailleurs le métier de nos deux génies : ils ont conçu une application smartphone pour le tourisme haut de gamme et sont à Moscou pour y obtenir les sous de quelques gros investisseurs. Et pour le détail, sachez que Sean incarne donc l’archétype du "Je suis cool, mais pas aussi intelligent que mon ami Ben, si seulement je pouvais arrêter de le décevoir et prendre ma vie en main" et Ben le meilleur ami du héros. Et tu sais ce que ça veut dire Ben ! Hmmm, il ne manquerait plus qu’un méchant avec un bouc, une moustache ou même une coupe de cheveux discutable et…

Ho !

Alors que nos héros rentrent dans l’immeuble où ils ont rendez-vous ce jour là, ils découvrent que la réunion avec les investisseurs pour leur projet a été commencée… et pénétrant dans la salle de réunion, ils y trouvent Skyler, un ancien associé qui les a doublé, fait cavalier seul et vend leur idée pour son seul profit !

Pour information, Skyler a un bouc, une moustache ET une coupe de cheveux discutable. Et en plus, il est européen. Ouch.

Je devrais faire une sorte de bingo des poncifs pour s’occuper devant un film. Attendez, je me note ça quelque part. Voilà. Nous disions ?

Ah, oui: dépités, nos héros décident d’aller faire ce qu’il y a de plus raisonnable : se saouler parce que bon sang, le milieu des applications touristiques a l’air d’être drôlement compliqué en fait, mieux vaut laisser ça aux grandes personnes. Entre deux rails de vodka et quelques verres de coke (non non, nous sommes en Russie ne l’oubliez pas), nos héros rencontrent donc deux jeunes filles : Natalie, une fille cool, et sa meilleure amie Anne, une bimbo blonde (là encore, jeu : devine qui va mourir). A noter que tous sont américains, et tous, bien que jeunes, riches, branchés et passionnés de téléphonie sont équipés de vieilles bouses de 1999. Il en va de même pour Anne, qui bien que photographe professionnelle, se prend en photo à bout de bras en faisant des duckfaces (véridique) avec un appareil d’un autre âge (mais numérique quand même). L’accessoiriste avait dû fuir le tournage, ils n’ont dû trouver que celui de Louis la Brocante pour le remplacer au pied levé. Toujours est-il qu’au sein de la même boîte de nuit où ils ont trouvé refuge traîne aussi le méchant Skyler, mais tout le monde reste à bonne distance histoire de ne pas en venir aux mains.

Mais pendant ce temps, à l’extérieur, un curieux orage comme celui qu’avait traversé l’avion peu avant de perdre le courant au début du film semble se former au-dessus de la ville… et pour respecter la tradition et bien, celui-ci se rapprochant de Moscou, il coupe le jus dans toute la ville, plongeant la boîte dans l’obscurité en plein milieu d’un bon vieux Patrick Sébastien. Dur. Comment on va savoir ce qu’il faut faire tourner maintenant, hein ?

Après que 7 personnes ont imité le bruit du fantôme, comme dans n’importe quel lieu comportant des lourds dont on éteint les lumières (un outil pratique pour détecter les lourds), notre petite troupe sort de l’endroit avec le reste des convives pour descendre dans la rue comme une bonne partie des moscovites, constatant au passage que toutes les batteries des téléphones ont lâché. Nos héros s’étonnent doublement en voyant au-dessus d’eux d’étranges aurores boréales orangées s’agiter en silence avant de laisser choir de petites boules orangées vers le sol. D’ailleurs, l’une d’entre elles se pose au milieu de la foule, qui effrayée, s’écarte promptement.

C’est sans compter sur la police locale, qui n’aime pas trop les atterrissages non autorisés de boules orangées et semi-translucides sur des places interdites au stationnement : l’un des agents des forces de l’ordre essaie donc de s’approcher pour étudier scientifiquement le phénomène à l’aide de la technique élaborée dite du "Et si j’appuie là, est-ce que ça fait pouitch ?"

Mais en fait non : ça fait plutôt proutch.

"Attendez les amis, j’ai déjà vu ça dans Harry Potter 7, c’est probablement un message du ministère de la magie"

Sitôt le truc en contact avec le fier fonctionnaire, celui-ci est instantanément désintégré. Et évidemment, aussitôt, d’autres boules arrivent en renfort pour courser les humains qui s’enfuient, les désintégrant tour à tour. On constate au passage que les boules perçoivent les humains comme des sources de chaleur ou d’énergie, qu’elles chassent goulûment.  Une sorte de gros Pac-Man, quoi.

Nos héros, entre deux hurlements, courent donc avec une partie de la foule vers l’abri de la boîte de nuit qu’ils venaient de quitter (et où même sans électricité, il y a toujours une lumière correcte, c’est fou) et tentent bien de fermer derrière eux, mais les boules poussent fort ladite porte, si fort que Sean, le petit jeunot blond et Youri, le gros videur de 280 kilos de muscles sont propulsés en arrière sur au moins, pfou, deux mètres. Sean se relève donc aussitôt, alors que Youri est… mort ? Tué par la chute. Ah. Bon. On va dire que Youri était très malade alors. Ou alors il a lu le script, ce qui expliquerait l’horreur visible sur son visage.

En tout cas, l’un des serveurs, dans la tradition de son pays, balance un cocktail molotov dans la gueule de l’un des envahisseurs, ce qui a l’air de moyennement lui plaire, mais nos héros s’en soucient peu : dans l’immédiat, ils cavalent. Comme il se doit, Skyler prouve qu’il est très méchant en abandonnant sa copine d’un soir au détour d’un couloir, l’enfermant avec une boule orangée pour mieux s’échapper ; mais plutôt que de réconforter la belle, lui proposer un resto, un dernier café puis une soirée Twister pour parler de tout ça, l’envahisseur se contente de lui désintégrer la gueule, faisant ainsi preuve d’un certain manque de savoir vivre : comme le savent tous les gentlemen, on ne désintègre pas le premier soir. Tsss.

Nos héros cavalcadent donc au milieu de la foule, et bien évidemment, ils sont les seuls à s’en tirer, Skyler compris, en allant se cacher dans la réserve de la boîte de nuit, probablement histoire de faucher une ou deux bouteilles avant de mourir. Sauf que visiblement, même si les aliens ont une vue particulièrement élaborée, ils n’ont pas pensé à regarder de ce côté là : la petite troupe peut donc s’isoler… et entendre que peu à peu, les sons de bataille déclinent au-dessus d’eux. Le temps se met donc à passer, et l’on voit les cartons et bouteilles de la réserve descendre, Skyler s’engueuler avec tous les autres parce qu’il est méchant (l’avais-je dit ?), et les réserves continuer de s’épuiser jusqu’à ce qu’enfin, une fois vides, quelqu’un s’interroge :

"Depuis combien de temps sommes-nous là-dedans ?"

Ho, bin sachant que vous avez vidé les réserves d’une boîte de luxe à vous 5, ça doit bien faire 1 mois et qu…

"27 heures." répond Skyler

Hein ?! Non mais attendez, vous buvez 20 bouteilles de l’heure ? Bouffez 60 boîtes d’olives chacun, que vous avez vidé tous les cartons ? Bon sang, et avec tout ça, vous n’êtes même pas enfermé avec des toilettes à disposition ? Je… vous cherchez à mourir d’une diarrhée collective ? Remarquez, pas sûr que les aliens viennent vous chercher si vous barbotez là-dedans, c’est vrai. Un habile stratagème, j’en conviens.

Toujours est-il que c’est donc avec un gros mal de bide que la troupe décide de ressortir de sa cachette, puisque l’on entend désormais plus rien. Certes, la progression est prudente, car l’ennemi semble capable de devenir plus ou moins invisible, mais la destination elle est décidée : l’ambassade américaine. Bon, Skyler a bien proposé une ambassade européenne, parce que c’est plus près, mais on lui a dit de la fermer, parce que l’Europe, c’est quand même pas un truc très sérieux. C’est donc après avoir trouvé quelques sacs à dos qui attendaient là (?) et fouillé 17 secondes le bar pour emporter quelques bouteilles (mais aucun objet utile, merci de poser la question) que nos héros partent à l’aventure, à l’extérieur de la boîte de nuit.

Dehors, Moscou est déserte. Les avenues sont emplies de voitures abandonnées, et les rues couvertes de la cendre qui reste des habitants du coin. Ici ou là, une paire de kalachnikov abandonnées laisse deviner que des gens se sont défendus avec un résultat, disons, relativement moyen. Attention cependant, car malgré ce spectacle de désolation, nos héros progressent sur les grands boulevards à découvert, hurlent en tombant de leurs talons pour les filles (véridique), et en s’interpellant pour les garçons. Ce qui donne :

"Là ! Regardez ?
- QUOI BEN ? JE NE VOIS RIEN !
- MAIS SI LA, LE BRUIT QUI VIENT DE LA BAS !
- J’ENTENDS RIEN ! PEUT-ETRE PARCE QU’ON HURLE ?
- APPROCHONS-NOUS DISCRÈTEMENT EN L’ANNONÇANT A HAUTE VOIX !
- D’accord !"

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Mais enfin ? Bon, bref ; le bruit en question est vite identifié : c’est une mamie qui a survécu et est en train de murer ses fenêtres. Nos héros s’approchent d’elle trop heureux de voir une survivante et lui demandent leur chemin, aidés de Skyler qui est le seul de l’équipe à parler le russe, mais écoutons plutôt.

"Skyler, demande lui où est la rue Popovski !
- *en russe* Madame, où est la rue Popovski s’il vous plait ?
- *en russe* C’est vous les bougres de cons qui hurlez au milieu des rues ? Vous avez pas envie de mourir un peu ?
- *en russe* J’ai un bouc et une moustache, vous croyez sérieusement que je vais arriver jusqu’au générique ? Alors autant pourrir les autres, ha !
- Que dit-elle Skyler ?
- Heu… elle dit qu’elle a très peur.
- *en russe* C’est malin, mais vous voulez pas plutôt que je vous prête un rasoir ?
- *en russe* Mamie, tu es une femme rusée, mais ce bouc, je le porte comme mon père, qui lui-même le tenait de son père, et même si aucun n’a jamais atteint la fin d’un film, c’est comme ça.
- Skyler ! Alors, cette rue ?
- Roh, les relous. Bon, elle dit que c’est tout droit.
- Alors on peut à nouveau parler très fort ? OKAY LET’S GO !"
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Hélas, malgré ces riches indications, nos héros se perdent encore. Sacrebleu ! Sans GPS et véritable carte, ils se demandent donc où ils pourraient en avoir une. Raaah, bon sang, où serait-ce possible d’en trouver ? Je n’arrive pas à me concentrer avec tous ces véhicules portières ouvertes autour de nous aux vide-poches remplis de papiers ! Tant pis… si seulement nous étions dans une ville vaguement touristique, peut-être pourrions nous trouver des boutiques de souvenirs ou offices de tourisme qui en ont… si seulement je n’étais pas un professionnel du tourisme, et si seulement nous n’étions pas sur la place Rouge, peut-être que je saur… OH SI, JE SAIS ! IL NOUS FAUT UNE VOITURE DE POLICE !

Je… ah oui. C’est une idée remarquez. Une mauvaise, absurde, incohérente et écrite avec les pieds, mais une idée me dit mon dictionnaire.

Mais ce n’est pas fini ! Car trouvant une voiture de police abandonnée sur la place, Sean et Ben foncent pendant que les autres vont se cacher, et rentrent donc dans le véhicule pour y prendre un… pied de biche !

Oui oui. Et vous savez pour quoi faire ?

Pour ouvrir la voiture !

Si.

Sean, occupé à chercher de quel côté on rentre dans une voiture

Parce que figurez-vous qu’ils ont deviné que la police russe rangeait toujours ses cartes dans son coffre (comme ça, quand ils en ont besoin, c’est pratique), et qu’ils ont oublié que tant qu’à être dans la voiture, plutôt que refermer les portières (ils l’ont fait, j’insiste sur l’illogisme complet de toute cette scène), il suffisait soit de rester dedans et d’atteindre ledit coffre, soit d’appuyer sur le gros bouton avec un signe de coffre ouvert visible sur le tableau de bord. Raaah… en tout cas, après cette série d’incohérences, nos héros pas peu fiers fouillent le véhicule et peuvent rajouter à leur inventaire une carte plus précise (en russe, mais bon), et des fusées éclairantes, que nos larrons préfèrent aux armes juste à côté. Chacun son truc. Non parce que même si elles ne servent à rien contre les envahisseurs farceurs qui ont visiblement disparu, dans un monde post-apocalyptique, ça peut servir. Maintenant, on a compris que vous étiez idiots les gars : ce serait juste gentil d’arrêter de le prouver. Je pense que si l’on écrivait un jour une biographique de Jar-Jar Binks, on y trouverait la plupart des scènes de ce film.

Sauf que pendant leur petite fouille, Kiki, un chien errant s’est approché, les a dépassé sans même tenter l’accouplement sur une jambe, et a aboyé un peu plus loin… avant d’être brutalement désintégré (c’est rare dans un film, mais c’eut été un chiot ou un chaton, c’est lui qui désintégrait l’autre par le pouvoir du kawaii) par un alien qui attendait là, immobile ! Un bruit de pet liquide plus tard (les boîtes d’olives et la vodka en intraveineuse font effet), nos héros se planquent donc paniqués derrière la voiture de police, hurlant à leurs amis d’aller se cacher dans un bâtiment voisin. L’alien s’approche donc lentement du véhicule, et Sean et Ben, eux, n’échappent à la mort que grâce à une ruse qui avait échappé à tous les moscovites : il suffisait de se cacher sous la voiture, et hop, les aliens ne les voient plus. L’envahisseur inspecte donc l’endroit sans trouver de cibles, et s’en va donc en sifflotant probablement pour désintégrer d’autres chiens un peu plus loin.

Bien bien bien, c’est très intéressant ma foi. Sinon, quand est-ce que ça arrête d’être nul ?

Une fois l’alien parti, l’équipe finit donc par se regrouper dans un centre commercial voisin, où Skyler se met évidemment à paniquer, comme quoi ça ne sert à rien, le monde entier a dû tomber, on va tous mourir, d’ailleurs, il y a une grosse épave d’avion à côté d’eux, bref, rien n’échappe aux envahisseurs. Mais Sean, en héros qui a enfin l’opportunité de révéler ses talents de meneur, explique qu’il faut garder espoir et surtout, utiliser ce que l’on sait : l’ennemi semble faire réagir les sources d’électricité. Quand il a foncé sur la voiture de police, toutes ses ampoules se sont allumées. Donc, en sortant la nuit, il devrait facile de voir, de très loin, si des aliens invisibles squattent, puisque les lumières à côté d’eux seront allumées ! Soit ! En sus, il propose de porter des ampoules sur soir, pour savoir si l’ennemi est proche : c’est un peu leur épée de Bilbo, le côté cosplay en moins.

Ça tombe bien, nos héros décident de passer la soirée dans le centre commercial à attendre qu’il fasse vraiment noir pour sortir, et en profitent pour prendre des vêtements plus pratiques que ceux qu’ils portaient en boîte. Sauf que pendant qu’ils se changent, les ampoules qu’ils portent désormais en pendentifs s’allument : l’ennemi approche ! Ni une ni deux, tout le monde se planque… sauf Sean qui lui décide de rester dans la vitrine du magasin où il était à se faire passer pour un mannequin, immobile. Et figurez-vous que ça marche !

Ce qui permet à Sean d’en déduire que… allez, jouons :

A)  les aliens sont cons comme des ânes morts

B) les aliens ne perçoivent pas les mouvements

C) les aliens ont une vision basée sur la détection des ondes électromagnétiques, or, la vitrine a bloqué celles-ci, le rendant invisible !

D) il a eu un gros coup de moule

Et non, ce n’était pas la réponse A, puisque Sean est incapable de faire cette déduction en étant au même niveau qu’eux, et bien la C, qu’il sort comme ça, de nulle part; et qui s’avère évidemment parfaitement exacte. Non parce que : comment sais-tu pour la vision électromagnétique  bougre de con, puisque toi tu ne regardes pas le film et n’a donc pas vu qu’elle voyaient les humains en orange et le reste du monde en gris ?

Ah mais oui, ça me revient : tout s’explique dans le fait que ce film est un gros coprolithe.

D’ailleurs, vous vous souvenez des avenues de jour, désertes et silencieuses ? Et bien parlons-en : sitôt que nos héros ont échappé à la patrouille de bouboules, ils décident de foncer – il fait suffisamment noir à présent – pour atteindre l’ambassade, à moins de 2 kilomètres. Et depuis que Sean a dit que dans le noir, voir les aliens seraient plus simple, et bien toutes les avenues résonnent du bruit des alarmes de voitures dès que les aliens passent à côté d’elles ! C’est quand même bien fait. Probablement qu’ils jouaient à la crapette en journée.

Arrivés à l’ambassade (instantanément ou presque, probablement que Sean, est en fait Gérard Majax et dispose de toute une panoplie de sorts de téléportation), la troupe constate que comme le reste de la ville, celle-ci a été ravagée par les créatures de l’espace. A l’intérieur, des restes d’équipement de soldats, douilles & co permettent d’imaginer ce que fut la bataille, et Skyler s’empresse de ramasser un fusil d’assaut sous le regard courroucé de ses amis, parce que les armes c’est pour les méchants, et que les gentils ne comptent que sur le pouvoir de l’amour pour se défendre, ainsi qu’un certain piston de la part du script. Sean explique qu’à défaut de trouver de l’aide, il faut grimper sur le toit de l’ambassade "pour connaître le meilleur trajet".

D’accord, mais, comme ça, question : "le trajet pour où ?". Non parce que vous êtes arrivés au seul endroit que vous vouliez atteindre alors… non ? Non, cette question n’intéresse aucun membre de l’équipe ? Très bien. Probablement un détail : après tout, vous allez juste risquer votre vie pour ça.

Et dire qu’il y a 20 minutes encore, nos héros se promenaient comme ça durant des heures dans Moscou sans rencontrer le moindre problème ou bruit. C’est fou comme l’intrigue change, comme ça, pouf

Mais Skyler, qui a décidément envie de se donner toutes les chances, déclare cependant que lui ne grimpera nulle part : non pas qu’il ait lui aussi constaté que le propos de Sean n’avait aucune logique, non : il n’a juste pas envie. Il se sépare donc en groupe de 1 et attend à la porte de l’ambassade que… heu… rien. C’est quand même incroyable les efforts qui ont été déployés pour faire de ce film une sorte d’étron flottant à niveau constant.

De leur côté, nos 4 autres loulous fouillent l’endroit et tombent, pile au moment où leurs fusées éclairantes improvisées en torches rendent l’âme, sur… des lampes à huile ! Car figurez-vous que peu avant de mourir, les derniers résistants de l’ambassade sont descendus dans les souterrains du coin, sont tombés sur des lampes à huiles chargées, mais oui, ont remonté le tout, réussi à contacter par radio des villes d’Europe ou moins de 10 survivants répondaient ici ou là, rédigé un rapport complet sur tout cela dans un cahier, rangé le tout, laissé la radio (qui marche mystérieusement), et sont allés mourir pour ne pas déranger.

Vraiment : sympas les gars. La prochaine fois mettez aussi des bières au frais, ce sera tip top.

En tout cas, sur la radio, nos héros captent un message en russe diffusé en boucle. "Si seulement on savait le traduire !" s’exclament-ils, "Ah mais au fait, il y a Tyler à la porte de l’ambassade ! Non attendez, j’ai mieux : oublions jusqu’à l’existence de son personnage le temps qu’il lui arrive une merde !". Et ce qui est dit est fait : nos héros s’interrogent sur qui pourrait traduire le russe (… soupir) en se plaignant. A noter d’ailleurs que plus le temps passe, plus on sent que, et là, vous allez être surpris, Natalie se rapproche de ce leader de Sean. Rrrrr.

Mais qu’importe, nos héros décident de grimper sur le toit pour observer la ville et constatent que les aliens s’en prennent à tout ce qui est électrique… et creusent donc pour s’en prendre aux câbles. Sauf que soudain, des coups de feu résonnent dans les rues un peu plus loin ! C’est Skyler qui a décidé de… repartir. Tout seul. En pleine rue. En tirant au hasard.

Ah ouais. Rappelez-moi : Skyler c’est bien le lâche ? Le lâche qui part tout seul alors qu’il était à l’abri ?

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Quelques temps plus tôt, à Hollywood.

"Et moi je te parie que j’écris tout un scénar avec ce fusain que j’ai trouvé par terre!
- Hahaha, pari tenu !
- Attends, je commence… mon fusain est sombre… je vais appeler ça… l’heure… la plus… sombre… rah, ça coule quand j’écris.
- Heu John… nan mais… en fait en le regardant là, je suis pas sûr que ce soit un fusain"

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Découvrant ainsi que Skyler est en train de filer, nos héros se rappellent soudain que, ha tiens, comme le dit Ben, "Il pourrait nous aider à traduire le message ! Il a des notions de russe !". Oui Ben, des notions : tellement qu’il le parle couramment depuis le début du film. Ah, que serait un film sans des dialogues rajoutés expressément pour ne rien apporter, à part des incohérences ? Peut-être un bon film, allez savoir. Mais c’est déjà bien de vous rappeler qu’il connait le russe, oui, pfou. Vous auriez eu cette idée il y a 20 minutes, vous n’aviez qu’à descendre un escalier pour lui parler.

Mais Skyler étant évidemment une andouille, il a décidé que ho bin en fait, il ne va plus faire attention aux lumières qui s’allument pour savoir où sont les aliens. Il va plutôt se promener en faisant du rien. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention d’un alien qui était occupé à mâchouiller un Claude François, célèbre objet conducteur d’électricité dont les aliens raffolent. Sean et Ben, partis à sa poursuite, arrivent trop tard : le pauvre est déjà coursé par l’alien entre deux rangées de voitures !

Bin je ne sais pas : dites-lui de se cacher dessous ? Ça vous a sauvé. Non ?

Non : nos héros se contentent de lui hurler "Cours, peut-être que les aliens sont mauvais en athlétisme", ce qui ne suffit pas : l’alien, vexé par ce commentaire qui lui rappelle ses mauvaises notes de sport à l’université galactique de Xlurb-21 en Schlurfball, se saisit donc de Skyler, le désintégrant sur le champ.

Ça alors, le type moustachu, à bouc, à coupe de cheveux louche, méchant, lâche et européen est mort ! Attendez : je vais payer un mime pour jouer la surprise à côté de moi pendant que je continue de rédiger cet article.

Retournant à l’ambassade sans que l’alien ayant mangé leur ami ne s’intéresse à eux, Sean et Ben (qui me font penser à Ben et Nuts à chaque fois que j’écris leurs noms, c’est affreux, cela dit eux aussi sont visiblement à base de noix) annoncent à leurs copines que bon bin, pour Skyler, c’est grillé (hohoho). Quel choc ! Si je m’attendais à ça. D’ailleurs Anne se lance alors dans un jeu d’actrice absolument immonde à base de "Ho mon dieu non je me tiens la tête en la secouant, je suis tellement bouleversée par cette nouvelle". Mais sa panique est de courte durée, car bientôt, l’espoir renaît : nos héros aperçoivent là-bas, dehors, un immeuble avec un dernier appartement allumé, et une silhouette humaine s’y déplaçant. N’ayant rien de mieux à faire, Sean invite ses amis à le suivre là-bas, afin de savoir comment quelqu’un, ici, peut encore avoir de l’électricité et vivre sans être inquiété.

Alors qu’il faisait nuit noire, et que l’immeuble avait l’air d’être à 50 mètres, il fait grand jour lorsque la troupe arrive à proximité. Heureusement, Sean explique ce phénomène par un "Dépêchez-vous, le soleil se lève !". Oui, et puis vite visiblement, pfou, c’est décidément très dur à gérer tout ça. En tout cas, filant dans l’immeuble à bon rythme, la troupe est heureuse de tomber au détour d’un couloir sur d’autres humains : Sergueï un vieux russe à moitié fou qui a transformé son appartement en forteresse barrée de fer, et Vika une fille ayant survécu par miracle s’étant réfugiée chez lui, attirée elle aussi par la lumière.

Une ville abandonnée… un truc apocalyptique… un groupe de survivant apercevant de nuit la lumière d’un immeuble et y découvrant un vieil excentrique ainsi qu’une fille survivant dans un appartement barré de fer avec des caddies plein le couloir…

Dans quel autre film ai-je déjà vu ça ? Bon, je ne m’en souviens pas, mais je me connais, en général ma mémoire me revient environ 28 jours plus tard.

En tout cas, Sergueï explique ce qu’il a compris : les aliens sont constitués d’énergie, ce qui explique qu’ils soient invisibles. Et en transformant son appartement via divers bricolage en grosse cage de Faraday, il l’a ainsi rendu indétectable et impénétrable pour les envahisseurs. Ce qui, vous l’avez compris, signifie que depuis le début, toutes les voitures que l’on a vu remplies de cendres, ce n’était pas possible puisque les bestiaux n’ont pas pu y entrer ou même les approcher si l’on en croit Sergueï. Mais si on s’arrête à des détails, aussi ! En tout cas, rassurez-vous : personne ne pensera à utiliser une cage de faraday ambulante pour se déplacer, ouf. C’est pas comme si on venait de leur dire comment survivre à coup sûr.

Vous pensez que je mens quand je dis que la réalisation a poussé le vice jusqu’à montrer des voitures impeccables remplies de cendres pour bien montrer que les aliens ont largement violé des cages de Faraday ? Savourez.

Attendez, il faut que j’aille rejeter quelques pièces à mon mime pour qu’il feigne l’intérêt pour ce film. Hmmm. Voilà.

De leur côté, nos loulous tendent la radio qu’ils ont trouvé à Vika pour qu’elle traduise le message diffusé en boucle : la marine russe est encore debout ! Un sous-marin nucléaire attend les survivants sur la rivière, au nord de Moscou, et expliquent qu’ils partiront demain matin. Ils expliquent aussi que d’autres sous-marins d’autres nationalités ont la même mission ailleurs dans le monde. Sergueï confirme : un sous-marin russe ! Une énorme cage de Faraday sous-marine ! La cachette ultime face aux envahisseurs ! Sans compter que s’ils l’approchent, étant donné l’état de la marine locale : paf, tétanos direct ! Parfait : le temps pour les filles de rassembler de la nourriture dans les autres appartements de l’immeuble pendant que les hommes jouent avec un gros canon bricolé par Sergueï (hmm…. je me demande ce qu’en dirait lecinemaestpolitique… ou juste Freud) supposé tuer les aliens par micro-ondes, et c’est parti !

Enfin ça le serait si tout se passait bien. Parce qu’évidemment, non : il y a encore trop de personnages à ce stade du film. Alors que les filles rassemblaient des pots de glace à la pistache en gloussant sur le fait que Sean, il est quand même trôbô, un alien a un kilomètre de là aperçoit, au travers des murs et des vitres, nos donzelles en train de faire leurs courses. Hein ? Comment ça on nous a expliqué plus tôt que les aliens ne pouvaient pas voir au travers des vitres, et que les murs bloquaient aussi leur vision dans tous les autres plans depuis le début du film ? Détail, détail : regardons plutôt la scène suivante, où l’ennemi a foncé à toute allure pour aller chasser les donzelles et les obliger à se replier. Car en rentrant dans l’appartement, évidemment, elles ne le ferment pas bien la porte derrière elles, ce qui résulte dans l’entrée de l’alien dans la cage, puis en la désintégration de Sergueï et Anne (ne faites pas les surpris, elle ne comptait pas coucher avec le héros, comment pouvait-elle espérer avoir ses chances ?)  dans la foulée pendant que tout le monde fuit par une fenêtre en emportant l’arme de Sergueï avec eux. Vika, elle, a réussi à filer de son côté, et rejoint les autres en bas pour découvrir que Sergueï incarne désormais une nouvelle forme de litière écologique pour son chat qui, pour sûr, se fera un plaisir de rendre hommage à son vieux maître en couvrant ses restes de gros colombins.

Mais alors que la créature qui a tué le vieil homme course nos valeureux larrons, voici qu’une étrange troupe s’interpose entre eux et la bête : des… comment vous décrire ça ? Disons, le casting de Mad Max. Mais avec des têtes de héros de l’Union Soviétique. Appelons-les "Mad Marx". Ceux-ci laissent l’ennemi d’outre espace venir à eux, puis le canardent, le passent au feu, et le finissent et la roquette lorsqu’il semble un peu perturbé par tout cela : sans le tuer, cela le blesse, et il s’enfuit donc dans de petits cris confus vers des cieux moins plombés, non sans laisser derrière lui une sorte de… griffe ? Ah bon. Bien bien. Là encore, sachez que dans la scène précédent, Sergueï a expliqué que les aliens étaient constitués d’énergie pure, ce pourquoi son arme fonctionnait sur eux. Depuis quand l’énergie pure a des griffes ?

Encore un qui doit être convaincu que s’il ouvre une pile LR6, il trouvera un pokémon.

Bref : ramenés au QG des Mad Marx, qui sont bien évidemment tous parfaitement anglophones (en fait, à part la petite vieille de tout à l’heure, sachez que tout le monde l’est dans ce film), la situation est vite expliquée : eux sont ici pour se battre. Les histoires de sous-marin, ils s’en moquent, ils n’abandonneront pas Moscou, ainsi que les femmes et les enfants à leurs côtés. Mais c’est sans compter sur l’arme secrète de Sean, qui aimerait bien leur aide pour atteindre le sous-marin qui est encore loin : le discours sur l’amour et l’amitié et le fait que quand on est gentil, on s’entraide, alors gros Popov, tu vas abandonner tes concepts ringards comme "gnagnagna femmes et gnignigni enfants" pour me suivre, m’obéir et m’aduler, d’accord ?

Et en effet : le chef des Mad Marx approuve, et décide de lâcher leur planque à l’ennemi, laissant probablement leurs familles se faire désintégrer la gueule, juste parce qu’un petit con lui a dit que ce serait pas cool de pas l’aider. Ce film est… je… je crois qu’il est temps que l’on m’amène mon sac à chatons. Enfin bref : pour débuter ce périlleux voyage, l’équipe propose de passer par le métro, endroit passablement peu visité par l’ennemi comparé aux rues. C’est marrant, parce que moi au début du film, j’ai quand même vu des gens courir en hurlant des heures dans les rues sans rencontrer d’ennemis. Mais, bon, je comprends : je suis un peu lourd à faire références toutes les deux minutes aux évènements antérieurs : c’est pas comme si l’on était censé suivre une suite d’évènements liés les uns aux autres, ouf. Toujours est-il que si le métro permet de progresser vite et bien, il finit tout de même par se trouver un vilain pour squatter l’endroit en lieu et place des habituels chanteurs de Bamba vous réclamant de la monnaie. Si tout le monde arrive à l’éviter, Vika, elle, se retrouve suite à un léger retard en mauvaise posture, chose que Ben ne peut tolérer. Heureusement, puisqu’équipé du fusil à micro-ondes de Sergueï, il va pouvoir ajuster le méchant alien et lui bourrer la gu…

Ah non tiens. En fait,  il le jette au sol et décide de courir droit vers Vika, et ce complètement à découvert pour… pour… pour rien.

Rappel : Ben est le membre le plus intelligent du groupe.

Qu’importe : s"il parvient à ainsi pousser Vika vers un abri sûr, le pauvre Ben est attrapé par le vil ennemi, qui a soudain de petites mains (mais si, allez hop ! On change d’ennemis en cours de film, on est plus à ça près !) pour lui attraper les jambes et faire durer le moment où il le traîne jusqu’à lui avant de le désintégrer, comme l’y destinait son rôle de pote du héros.

La main d’un méchant : jusqu’ici, ils ne s’en servaient jamais et n’en avaient d’ailleurs pas, mais à partir d’ici, ils n’utiliseront plus que ce curieux appendice qui ne désintègre pas. Ah oui, quand même.

Sean qui évidemment, est un héros choqué, mais visiblement, personne ne sait jouer le choc autrement dans ce film qu’en gonflant les joues. Aussi Sean se transforme donc temporairement en hamster, puis toute l’équipe peut reprendre son chemin sans que l’alien ayant tué Ben ne se décide à les poursuivre, probablement parce que le réalisateur lui a dit de ne pas le faire. Ah, ces aliens, au début du film ils tuaient les humains par paquet de 200, maintenant, un seul et ensuite ils ne font plus rien. C’est si beau. Ce qui permet donc à l’équipe de poursuivre dans les tunnels du métro pour finalement arriver sur la rivière locale et se jeter à bord d’un bateau qui attendait là, déserté : ne reste plus qu’à le laisser dériver en se planquant dans la cale en suivant le courant jusqu’à ce qu’il porte tout le monde jusqu’au sous-marin, plus bas sur la rivière. Le bateau a d’ailleurs le bon goût de ne pas s’échouer, probablement doué d’une conscience propre qui l’incite à tout faire pour quitter ce film.

A l’intérieur, c’est évidemment la séquence émotion sur Ben, qui était le meilleur d’entre nous, tout ça. Et laisse donc augurer bien des choses sur ce que doit être le pire, alors, vu que Ben semblait à peine plus futé qu’un lombric. Et pas un lombric premier de la classe, hein.

Mais tout ne s’arrête pas là, ce serait trop simple ! Arrivés à 100 mètres du sous-marin, le bateau est renversé par un terrible coup du sort : une berge s’effondre sur lui, car les aliens continuent de forer le sol à la recherche de minéraux pour se nourrir, suppose-t-on (mais comme c’est le héros qui le suppose, cela devient aussitôt vérité). Le naufrage a donc lieu, et lorsque les têtes font surface, il manque un des Mad Marx à l’appel, ainsi que… Natalie ! Drame : Sean vient de perdre sa nouvelle copine, et seule fille mignonne survivante du film (Vika n’a pas l’âge légal). C’est intolérable ! Tout le monde nage donc jusqu’au sous-marin qui est tout près, et la discussion s’engage avec le commandant du bord.

"Salut les kids, je suis le commandant Marco Ramius, bienvenue à bord : allez, on met les voiles !
- Non, on ne peut pas ! Mon amie Natalie a disparu par là-bas *indique une direction générale sur le fleuve* il faut aller la chercher !
- Oui et puis quelques milliards de personnes aussi ont disparu, alors on va p’têtre pas non plus risquer notre dernier sous-marin pour ça ?
- Si parce que Natalie, c’est ma copine, et j’invoque le pouvoir de l’amour et de l’amitié qui sont plus important que tout, surtout dans les pires moments.
- Vendu si tu fermes ta gueule."
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Et en effet : le commandant accepte de décaler le départ de son sous-marin pour la retrouver, ce qui tombe bien, car un demi-kilomètre à l’intérieur de Moscou, une lumière vient de paraître au-dessus des toits : une fusée de détresse.

"C’est Natalie !" s’exclame heureux comme tout le brave Sean.

Oui, ou alors c’est une fusée de détresse, Natalie est un poil moins brillante. Non parce que comme en plus elle vient d’être tirée dans la direction opposée à celle que tu indiquais et où votre bateau avait chaviré, cela signifierait que Natalie a survécu à la noyade, est sortie de l’eau sans s’occuper du sous-marin voisin ni de toi qui l’appelait, aurait escaladé des berges bétonnées lisses sans problème, couru au travers de ruines et d’aliens hostiles, réussi à non seulement refaire sa distance avec le sous-marin, mais en plus à y ajouter 500 mètres dans une direction opposée, puis, seulement, elle aurait décidé de tirer une fusée de détresse. En fait, Natalie, c’est Gandalf.

Ça vous parait improbable ?

Et bien peut-être, mais comme il a dit "C’est Natalie" et qu’il est le héros, ça devient aussitôt vrai, et tout le monde accepte sans sourciller.

Aussi les Mad Marx décident d’accompagner notre héros, non sans d’abord charger et dupliquer – mais si ! – le fusil à micro-ondes que Sergueï avait mis des jours à construire. On va donc supposer que c’est, allez, 16 heures plus tard que nos héros décident d’aller la chercher : sympa. Mais non, rassurez-vous : la gestion du temps est tellement lamentable qu’il ne s’est en fait écoulé que moins de deux minutes, la petite équipée peut donc partir rassurée pour aller botter du cul d’outre-espace et sauver du cucu d’outre-Atlantique.

La troupe, guidée non pas tant par la fusée que par l’instinct magique de Sean qui sait pister sa copine dans un vieux complexe industriel sans avoir bien vu d’où était parti son signal de détresse (probablement que Natalie sent très fort), parvient promptement à localiser la jeune fille, abritée dans un ancien trolley à l’arrêt. Sauf que voilà : un bestiau attend déjà sur place… et fonce sur nos héros ! Mais pas de bol pour la pauvre créature : celui-ci teste son arme, et le fusil à micro-ondes permet d’abaisser les défenses de ces êtres qui deviennent alors vulnérables aux bon vieux plombs. On découvre alors le visage de ces créatures : de petites têtes de mort volantes. Vous vous attendiez à des poneys ? On est pas dans des lasagnes ici, enfin, soyons sérieux.

Si vous aussi, vous vous demandez comment un être constitué d’énergie peut soudain devenir une tête de mort volante, levez la main ? Merci.

Bref : Sean, après avoir cartouché l’animal et laissé ses amis s’occuper des autres qui arrivent, s’en va trouver sa belle dans son trolley abandonné, mais avant de pouvoir lui faire un gros câlin, un autre méchant vient les surprendre (il venait juste se rincer l’oeil en profitant de son invisibilité, mais il a été capté quand il a fait réagir l’autoradio par erreur en lançant le thème de Ghost). Aucun tour de potier mais quelques coups de fusil à micro-ondes plus tard, le bougre faisait moins son malin, ses défenses abaissées, et ne restait plus qu’un projectile pour le tuer : la griffe que son confrère avait perdu lors de son combat contre les Mad Marx, que Sean lui lance !

Pouf, il la prend sur le coin du museau, et alors que la griffe n’est même pas pointue ou lancée fort, ne me demandez pas pourquoi : ça le tue. Probablement qu’il a trop honte.

Misère, il suffisait alors de leur balancer des cailloux ? Mais… c’est nul ! C’est… oooooh seigneur mais comment peut-on rater un film à ce point ?

Une douce musique de piano pose alors l’ambiance, probablement parce que le réalisateur a oublié qu’il filmait un groupe de gens ayant vu plusieurs millions de morts à Moscou, au milieu d’un coin pourri entouré d’aliens hostiles, mais passons : c’est romantique, point. Ils peuvent donc retourner au sous-marin sans encombres, car qui dit musique au piano dit que l’ennemi n’a plus le droit de venir briser l’ambiance. Là, les Mad Marx expliquent qu’eux vont rester ici : c’est là, leur combat.  Haaaa… heureusement qu’il y a eu cette séquence alors parce que sinon, je rappelle qu’à leur première arrivée au sous-marin, ils ne se sont pas fait prier pour grimper dedans. Comme quoi, le combat de toute une vie change vite en 10 minutes.

Sean et Natalie peuvent donc enfin se faire des bisous, et avec l’aide d’un marin, Natalie fait remarcher son téléphone via les récepteurs du sous-marin, et reçoit alors un message de sa mère  "BB c maman t ok ? Moi oci LOL" , mais le message n’explique cependant pas, elle, comment elle a pu avoir un téléphone qui marche vu que c’est déjà un miracle pour Natalie. Probablement qu’elle a sa propre parabole de sous-marin nucléaire soviétique avec elle.

"7 milliards de morts et c’est belle-maman qui survit. Quelle journée de merde"

Tout se termine sur une ultime transmission radio : partout dans le monde, la résistance d’organise, et bientôt, ça va meuler sévère de l’envahisseur.

Souriant, Sean se penche donc sur une carte, et probablement avant que le commandant ne lui demande pour qui il se prend et qu’il ne finisse tabassé par toute une bande de marin d’ex-URSS, il propose de passer à l’action et…

… FIN !

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"Alors, ça va mieux patron ?"

Diego observa son patron, de retour dans son fauteuil, à profiter de la chaleur de l’âtre.

"Hmmm.
- Vous… vous êtes revenu dans votre fauteuil, comme tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas."

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Le serviteur fit un bref pas en arrière en notant l’oeil courroucé se tournant dans sa direction.  Il toussota, cachant le frisson qui lui parcourut son échine comme il le pouvait.

"Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, j’ai besoin de plaisirs simple comme alimenter mon foyer. Va, laisse-moi seul Diego."

Interloqué, le valet disparut sans un bruit, se demandant s’il avait réussi sa mission et si son maître avait retrouvé son envie de haïr son prochain. Il haussa les épaules, presque déçu, s’interrogeant sur le plaisir que pouvait bien trouver son supérieur à nourrir le feu.

Il ne put entendre, au travers de l’épaisse porte derrière laquelle son employeur se reposait, le bruit d’un sac que l’on fouillait, le son d’un miaulement léger et mignon tournant sous les plafonds, puis le cri typique d’un chaton fendant l’air tiède avant de finir au feu pour rejoindre le DVD d’une abominable daube.

"Ça va drôlement mieux", me dis-je.

"Lieutenant Ripley, venez vite !"

Au son des appels impatients de l’ingénieur dans les micros de sa combinaison, l’officier se précipite en direction du signal de son compagnon, situé quelques mètres en contrebas dans la vallée rocailleuse où son équipage mène actuellement des explorations. Dans ce paysage désertique violemment balayé par des vents au relief fait d’immenses roches aux arêtes coupantes, la troupe du Nostromo déambule détecteur en main à la recherche de l’origine du mystérieux message les ayant menés jusqu’ici.

Dévalant la pente à toute allure pour se ruer vers son collègue, le lieutenant Ripley finit par tomber, au détour d’un pan de roche, sur ledit Parker, immobile, ouvrant de grands yeux ronds en direction d’un cratère à demi-dissimulé par d’immenses rochers au point d’en être invisible de là où le lieutenant se tenait précédemment. Alors que les autres membres du Nostromo accourent autour de l’ingénieur, celui-ci pointe un doigt vers la structure métallique occupant le centre du cratère, murmurant doucement ce qu’il vient de lire sur la coque sévèrement endommagée de ce qui s’avère être un vaisseau spatial.

"L’USCSS Odieux Connard…
- C’est impossible ! Ce vaisseau est porté disparu depuis des dizaines d’années, vous pensez que c’est son signal de détresse que nous aurions capté ? Allons voir."
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Descendant en direction de l’épave de l’appareil, les membres du Nostromo sentent les gagner à la fois excitation et inquiétude, à l’approche de ce tombeau spatial. Finalement, en arrivant à quelques mètres du vaisseau, un cri résonne dans les radios de l’équipage.

"Là, regardez, tout le long de la coque, sur le flanc droit ! Des impacts ! Qu’est-ce qui a bien pu causer des dégâts pareils ? 
- On dirait… – s’étonne Ripley en s’approchant et posant deux doigts sur l’un des endroits endommagés de l’appareil avant de les frotter l’un contre l’autre – Oui… on dirait… de la merde.
- Pardon ?
- Ce sont des traces de tir de canon à incohérence, ou peut-être de torpilles à antimatière grise… nous devons entrer. Le message provient de l’intérieur de cette épave !"

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Posant son gant contre un panneau sur le bord de l’appareil, Ripley provoque l’ouverture d’un sas menant aux obscures entrailles de l’épave ; bientôt, elle et ses compagnons s’engagent dans le corridor, balayant de leurs lampes de poche les plafonds d’où pendent câbles dénudés et tubes divers, alors qu’autour d’eux, partout se dévoilent des cabines désertes où trônent encore les restes de la vie qui avait parcouru ces couloirs : vêtements, bottes, objets du quotidien…

"Mais où sont les corps bon sang ?" – murmure Parker , s’abritant derrière Ripley, jusqu’à ce qu’enfin, cette dernière réponde.

"Là."

Pointant sa lampe vers l’issue du couloir où parait une salle plus large emplie d’écrans de commandes alignés autour d’un siège au cuir abîmé, Ripley fait apparaître dans le faisceau lumineux des dizaines de squelettes entassés les uns sur les autres, provoquant un gémissement d’effroi généralisé dans les micros des combinaisons de l’équipage du Nostromo.

"Quelque chose les a tués et… les a regroupés ici !" marmonne Parker en tremblotant.

Finalement, rentrant dans la salle, Ripley s’approche doucement du siège au centre de celle-ci, et tendant une main tremblante vers le dossier de celui-ci, le fait pivoter d’un coup sec, révélant son contenu : un squelette en costume à cravate rouge, un cigare à demi-consumé encore coincé entre ses phalanges, et un verre d’alcool brun posé sur un accoudoir sous son autre main. Si elle n’avait pas su que cela était impossible, Ripley aurait juré que le tas d’os souriait. Tout le monde sursauta lorsqu’un squelette, visiblement accroupi contre le fauteuil en question là où autrefois l’homme en cravate rouge lui faisait face, s’écrasa au sol suite à cette rotation du siège. Dans un coin de la salle, un écran clignota.

"…. krsshh… USCSS Odieux Connard…krssh… gravement endommagé…. fuyez…fuyez…
- Regardez Ripley ! Le type sur l’écran, il a la même cravate, ce devait être le capitaine ! 
- krsssh… ce film… krsshhh…. est une merde.
- Moi je ne comprends pas pourquoi il fait krsshhh avec la bouche, il est con ?
- Votre gueule Parker, j’essaie d’écouter.
- … Prométhéus… grosse daube… vaisseau a subi trop de dommages… visionnage trop douloureux…
- Hein ?
- krsshhh… Ridley Scott a déclaré… "vouloir faire mieux qu’Avatar"… bon sang, Avatar… krsshhh… considérer ce film comme un gage de qualité… krsshh… aurait dû se méfier… trop tard…
- Regardez la lueur dans ses yeux, ce qu’il a vu a dû être affreux !
- krshhh… fuyez… krshhh… et si vous doutez… krsshhh… spoilons mes bons !"

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Prêts pour la preuve que lorsque l’on est un réalisateur qui trouve qu’il serait super génial d’adapter le Monopoly en film, il serait peut-être temps d’arrêter ? Alors en route !

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L’affiche : contrairement à ce qu’elle laisse supposer, ce film n’est pas vraiment pour les grosses têtes.

Notre histoire commence quelque part sur une planète que nous appellerons la Terre, à une époque où tout est encore fier et sauvage : les vallées sont faites de roche nue où rien ne pousse sous le soleil, l’eau s’écoule en immenses et sauvages cascades, et en-dehors du grondement des flots, aucun cri, aucune parole, aucune chanson paillarde ou aucun son provenant d’une quelconque vie ne se fait entendre.

Du moins, c’est le cas jusqu’à ce qu’une immense soucoupe volante (il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce truc au design follement original) se décide à survoler l’endroit pétant un peu l’ambiance, et déposant sur place une silhouette encapuchonnée avant de repartir promptement, parce qu’après 17h, c’est super difficile de circuler sur le spatio-périph’, alors on se dépêche les enfants. Cela dit, pour l’énergumène resté sur place, les choses sont moins rigolotes : quittant sa pèlerine en tissu pourri (visiblement, son espèce fait des vaisseaux spatiaux aux formes plus ou moins ridicules, mais tricote toujours ses vêtements à la main à partir de matériaux grossiers), il nous révèle son apparence : celle d’un humanoïde massif, très costaud, la peau d’un blanc parfait, au crâne glabre et aux traits larges et nobles. Sitôt que ses copains sont partis, il profite de la solitude pour se mettre en slip (ah bravo, ça fait 5 minutes que tes potes sont hors de vue et c’est déjà la fête), puis saisissant un petit récipient à côté de lui, il en avale le contenu et commence à se sentir fort mal.

Oui, moi aussi j’ai pensé au départ qu’il se suicidait parce qu’il n’y avait rien à faire sur cette planète – même en slip, c’est dire – mais en réalité, c’est plus sérieux que ça.

Ce qu’il a absorbé est en train de le désintégrer purement et simplement, et il souffre le martyre en se roulant par terre, finissant dans la cascade voisine. Pourquoi ? Et bien parce qu’on constate que le but de l’opération est de disperser ses cellules et son ADN pour ensemencer cette planète et y créer la vie ! Bon, il aurait aussi pu y déposer des cellules d’une manière un peu moins débile que le suicide rituel, mais c’était un peu trop malin. Mais niveau trucs malins, ne vous attendez pas à grand chose.

Faisons un bond dans le temps, voulez-vous ?

Hop ! Nous sommes en 2089, et tout ce qui vit sur Terre n’a pas conscience d’être la descendance directe d’un alien humanoïde au teint de porcelaine (à part les gothiques, bien sûr). Quelque part sur une île d’Ecosse, des archéologues sont en plein travail de fouille d’une grotte préhistorique, avec à leur tête le docteur Elisabeth Shaw ainsi que son plus ou moins copain, Holloway, qui n’a pas eu le droit à un prénom comme la plupart des personnages du film car cela demandait un travail d’écriture trop important. Mais alors qu’ils sont occupés à farfouiller ici ou là, soudain, ils font une découverte bouleversante : une peinture rupestre peu banale ! Car, en effet, plutôt que d’écrire "Prout" ou "Gromulk a un tout petit silex", un petit sagouin des temps anciens a préféré dessiner un humanoïde indiquant cinq boules au-dessus de sa tête. Et visiblement, la chose parle à nos héros, puisqu’ils semblent bouleversés. Hmmmm…

Vite, sautons encore dans le temps pour mieux comprendre !

Re-hop ! Et nous retrouvons 3 ans plus tard un vaisseau scientifique en pleine promenade dans l’espace : le Prométheus, engin ultramoderne emmenant 17 personnes, même si au final nous n’en connaîtrons pas la moitié. A bord, tout le monde est tranquillement en train de pioncer dans son caisson cryogénique, à l’exception d’un androïde d’apparence parfaitement humaine, David. Celui-ci s’occupe depuis les deux années que dure le voyage en regardant The Voice Lawrence d’Arabie, jouant au basket tout en faisant du vélo pour montrer qu’il est super fort, ou étudiant toutes les langues anciennes de la Terre histoire de pouvoir briller en société en sortant des insultes en araméen. Accessoirement, il profite aussi du sommeil de ses compagnons d’infortune, non pas pour les tripoter, mais observer leurs rêves via un casque relié aux modules cryogéniques (ne me demandez pas l’intérêt, c’est comme ça). Il peut ainsi constater que le Docteur Shaw a des songes dans lesquels elle se souvient de son papa qui lui disait "Niveau religion, tu crois ce que tu veux, j’m’en tape cordialement". David, contrairement au spectateur lambda, semble trouver cela fascinant, mais finit par quitter le casque malgré tout, loupant le rêve suivant où le Docteur Shaw fait découvrir l’amour à un troupeau de ruminants. Tout va bien, du moins, jusqu’à ce que soudain, une terrible secousse ne remue tout l’endroit !

Un choc ? Un astéroïde ayant frôlé l’engin ? Une rave party dans la salle du réacteur ? Non !

"Nous arrivons à proximité de notre destination" annonce l’ordinateur de bord.

Ah bon ? Quand on arrive à destination, tout se met à trembler ? Ça ne suffisait pas la voix de l’ordinateur de bord ? Bon, ne cherchons pas, on aura qu’à dire qu’avant de partir, un farceur a collé un téléphone portable de 6 mètres sur 20 en mode vibreur sous la coque. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur, parce que sincèrement, je pense qu’il n’y en a pas. Mais bon, on fera sans.

Pour fêter l’arrivée, David est invité à procéder au réveil des passagers, et la toute première tirée du sommeil est une certaine Meredith Vickers, chef du bord, qui pour fêter sa sortie de son long sommeil commence par… faire des pompes. Oh. Okay. D’ailleurs, si on assiste à cette scène, c’est uniquement parce que David peut observer la blonde jeune femme ainsi se faire suer au travers d’une porte entrouverte. Et sachant que les portes du vaisseau sont en fait des sas qui font "Fouisch !", il va falloir m’expliquer à quoi servent des sas qui restent entrouverts tout seuls, à part pour ce genre de scène n’ayant strictement aucun sens. En tout cas, peu à peu, les passagers sortent de leur sommeil, et commencent donc par aller se restaurer histoire de reprendre des forces (à part Meredith, donc, puisqu’elle peut commencer par faire des pompes après 2 ans sans manger), et on note d’ailleurs que c’est le grand luxe à bord : plateaux qui tournent, rations à volonté et surtout, d’énormes quantités d’alcool qui permettent à Holloway de passer son temps à être complètement cuit (c’est vrai : avoir des gars bourrés pour des missions super sensibles, c’est bien : s’ils sont pris par l’ennemi, ils prennent feu automatiquement grâce à l’alcool qui les imbibe avant de parler). Sans compter le fait qu’il est autorisé de fumer à bord pour avoir l’air cool, comme le fait par exemple Janek, le pilote (malgré les panneaux "Caution : explosive !" disposés un peu partout par l’équipe ayant réalisé les décors pour faire vaisseau sérieux).

Holloway d’ailleurs, entre deux rots alcoolisés, tente de faire connaissance avec certains membres du bord en se présentant à eux, comme par exemple, Bubu le biologiste et Gégé le géologue. Ce dernier envoie d’ailleurs paître le pauvre archéologue, lui expliquant qu’il n’est pas ici pour se faire des amis, mais plutôt des testicules en or (le slip en diamant reste l’apanage des gens sérieux). Ah. Soit, dit Holloway, retournant picoler dans un autre coin du vaisseau, sans remarquer que tiens, comment ça se fait que je fasse connaissance avec des gens à bord, alors que bon, on est supposés être montés dans le vaisseau ensemble, voire s’être préparés au voyage en groupe avant ? Rassurez-vous, niveau nombre d’incohérences à la minute, on a pas fini : la preuve, la suite.

Voici Gégé le géologue. Notez qu’il est roux, et donc foutu d’avance.

Donc, tout l’équipage est convoqué en salle de briefing afin de commencer à se remettre au boulot après deux ans à pioncer, et à défaut de powerpoint avec des gifs animés dans tous les coins comme il se doit avec ce genre de support navrant, c’est un enregistrement holographique qui est diffusé à la troupe. On voit alors apparaître, au milieu d’un luxueux bureau, la silhouette d’un homme particulièrement âgé, qui se lance dans un fameux soliloque.

"Bonjour les amis, je suis Charles Weyland, le type qui a financé votre mission. Comme vous le remarquez, je suis très très vieux, genre plus de 100 ans, mais le réalisateur a malgré tout choisi de me faire jouer par un acteur particulièrement jeune et complètement surmaquillé, histoire que ce film coûte plus cher et sonne encore plus faux : avec un tel sens de la logique, ce mec aurait pris Jeanne Moreau pour jouer Hermione dans Harry Potter, mais passons. Je tenais simplement à vous dire que cette vidéo ne servait à rien, puisqu’en fait, je compte laisser la parole aux deux archéologues du bord et chefs de mission, les docteurs Holloway et Shaw. Ah, si pardon, j’allais oublier : à l’heure qu’il est je dois être mort, hohoho, et je tenais à dire sans raison aucune que l’androïde avec vous, David, est pour moi mon SEUL ENFANT *clin d’oeil* et je ne dis pas ça au cas où j’en aurais un AUTRE A BORD *clin d’oeil* bon allez, coupez moi cet enregistrement, tout cela est beaucoup trop ridicule. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je fous dans ce film."

Sitôt l’hologramme coupé, Holloway et Shaw se lèvent pour prendre la parole à leur tour car on apprend que l’équipage n’est même pas au courant de la mission qu’il doit accomplir. Pardon ? Mais alors ils ont été recrutés comment ? "Salut, on va vous envoyer dans l’espace, et après deux ans de sommeil loin des vôtres, promis, on vous dit pourquoi" ? C’est bien, comme concept. On sent le truc réfléchi Mais revenons-en au briefing, donc, qui aurait eu plus de sens AVANT de monter dans la navette qu’à 10mn d’en descendre, et n’aurait rien changé à part virer une incohérence, mais pour ce que j’en dis, passons.

"Bon heu… bonjour, on va vous expliquer le topo : nous sommes archéologues, et nous avons trouvé dans différents endroits du monde, chez différentes civilisations d’époques différentes n’ayant jamais été en contact les unes avec les autres, des bas-reliefs, peintures et autres montrant toujours la même chose : un humanoïde désignant 5 planètes toujours alignées de la même manière. Or, il n’existe qu’un endroit dans l’univers connu – et qui plus est, découvert que récemment ! – ayant cet alignement : un ensemble de planètes avec un joli soleil… et l’une d’entre elles, Trouloulou-42 ayant de fortes chances d’accueillir la vie ! Donc on suppose que ces oeuvres sont des invitations à venir rencontrer ceux que nous avons appelé les "ingénieurs" et qui pourraient nous avoir créés… nous. Voilà, donc on va tenter de percer un secret peut-être aux origines de la vie sur Terre ! Et tout ça financé par le gentil M. Weyland, c’est cool non ?"

Vous avez bien suivi ? Donc, des civilisations humaines différentes ont réussi à reproduire un schéma planétaire n’appartenant qu’à un seul endroit dans tout l’univers connu alors qu’elles même ne le connaissaient pas, on en déduit donc que c’est une invitation. Je pose plusieurs questions, comme ça, au hasard :

  • Comment les civilisations en question ont-elles pu faire une reproduction si précise pour qu’on ne la confonde par avec un autre système ? Les aliens venaient régulièrement leur rendre visite pour faire des bas-reliefs "imitation d’époque" (pour ne pas jurer avec la déco) avec leurs outils futuristes ? Ah les aliens, on les connait : on les laisse 5 minutes et on les retrouve sur le Champ de Mars à vendre des contrefaçons à la sauvette !
  • Vous n’avez pas pensé que, puisque vous n’avez pas découvert tout l’univers, si ça se trouve, ce schéma renvoie justement à un autre système inconnu à l’heure actuelle ?
  • Du coup, pourquoi ne pas avoir envoyé un satellite en reconnaissance, déjà, avant d’aller dans l’espace ?
  • Mieux encore, puisque vous avez des androïdes, pourquoi ne pas avoir envoyé que ça ? Ca coûte moins cher en oxygène, en nourriture et boisson, ça bosse au lieu de dormir deux ans et ça ne demande pas de salaire. Un peu comme les stagiaires ou les sans-papiers au sous-sol de mes bureaux.
  • Pourquoi ce film passe son temps à se vautrer alors qu’on en est qu’au début ?

Heureusement, dans la salle, quelqu’un tente bien une question : c’est Bubu le biologiste !

"S’cusez moi… vous voudriez dire que vous ignorez 3 siècles de Darwinisme ? Qu’on aurait été créés par de mystérieux aliens ? L’évolution, tout ça… non ?"

Et là, attention, réponse de Shaw, notre héroïne qui sait tout et argumente avec brio :

"Oui. Parce que c’est ce que j’ai choisi de croire."

Croyez-le ou pas : ça cloue le bec à notre biologiste. Faut dire que c’est tellement bien argumenté, c’est beau. Moi je crois qu’il faut gifler Ridley Scott, c’est ce que j’ai choisi de croire. J’ai bon ?

Cela étant dit, tout le monde se disperse, et Vickers fait signe à Holloway et Shaw pour qu’ils la suivent jusqu’à sa cabine : elle aimerait leur parler en privé. Après avoir accepté et suivi la chef de bord, les deux archéologues pénètrent dans le quartier privé de la damoiselle, qui s’avère être diablement luxueux. David, qui a accompagné les humains jusque là, se lance alors dans un exposé pas du tout sorti de nulle part "Oui, c’est très luxueux. D’ailleurs vous ai-je dit, alors que je n’ai pas de raison de le faire, que ce quartier du vaisseau était entièrement autonome et détachable ? Il produit son propre oxygène, sa propre nourriture… bref, c’est un canot de sauvetage".  Je sais pas vous, mais moi, quand le commandant du navire vit dans le canot de sauvetage, j’ai moyennement confiance. Il y a même sur place, à la grande surprise de Shaw, un Medifuck-3000; une sorte de sarcophage de verre automatisé capable de faire n’importe quelle opération chirurgicale (on peut faire des super blagues avec, comme bourrer la gueule d’un copain et le coller dedans pour lui greffer des prothèses mammaires, on se marre trop avec Medifuck-3000) ou autre à disposition dans l’une des pièces des quartiers de Vickers. La classe.

Fort heureusement, vous noterez que seules les donzelles pas trop mal foutues se sont vu affecter un uniforme moulant. Subtil non ?

En tout cas, la jeune femme les prend à part et leur explique ce qu’elle voulait leur dire :

"Vos ingénieurs, là, ils sont sympas et tout, mais je vous préviens, interdiction de rentrer en contact avec eux. Je sais que toute cette expédition a été montée uniquement dans ce but, mais ne me demandez pas pourquoi, je suis contre sans raison, ça faisait bien trente secondes qu’on avait pas tenu un dialogue juste pour tirer une balle dans le pied de l’intrigue alors voilà, c’est fait, reprenons."

Pardon ? Que vient-il de se passer ? Je… ok. Toujours est-il que nonobstant ces discussions sans intérêt, le Prométhéus poursuit lui sa course, et s’engage désormais dans l’atmosphère de Trouloulou-42, piloté avec Brio par Janek, alors que bientôt se dévoile le paysage local : des roches, encore et encore, de la terre stérile, et du minerai en abondance. Tout parait désert – nenni de vie sur cette planète, tout cela serait un échec ? – jusqu’à ce que soudain, la troupe repère des lignes droites dans le sol : des créations artificielles ! Ces lignes mènent jusqu’à un dôme rocheux, et l’équipage décide qu’il serait bon de se poser à quelques centaines de mètres dudit dôme, afin de lancer une expédition sur cette première découverte. En quelques minutes, l’imposant vaisseau scientifique a tôt fait de se poser à l’endroit voulu, et ce avec grâce s’il-vous-plait ; voilà, l’humanité vient peut-être d’atterrir sur la planète de ses créateurs. Tatatsoin, fait l’orchestre qui accompagne toujours ce genre de moments, car nul équipage sérieux ne saurait se déplacer sans son orchestre philarmonique.

Aussitôt, chez les scientifiques, c’est la grosse excitation : tout le monde veut aller visiter le fameux dôme, et saute dans sa combinaison magique pour se préparer à une sortie ; Janek râle, précisant que la nuit tombera dans 6 heures, et qu’il serait plus sage d’attendre le lendemain matin, mais sentant bien que s’il ne les laisse pas sortir, ils vont être tout excités et pisser un peu partout dans le vaisseau, il laisse partir une petite troupe de galopins vers l’objectif, en leur demandant de faire vite (un scientifique lance évidemment à un soldat les accompagnant "Ah non, pas d’armes !" car comme chacun sait, cette phrase vue et revue est incroyablement à sa place lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec une civilisation inconnue – d’ailleurs, l’arme la plus répandue à bord est le lance-flammes, ce qui est à la fois peu pratique et un peu con. Et les gars aiment bien tirer avec toutes les 5 secondes sans raison en l’air, juste pour faire de la lumière. Okay, ce n’est donc pas un orchestre philarmonique qu’ils ont emmené, c’est l’équipe pyrotechnique de Rammstein). Ni une, ni deux, tout le monde saute dans un gros véhicule blindé ainsi que deux buggys (pourquoi tout le monde ne monte t-il pas dans le blindé ? Mystère), et file quelques centaines de mètres plus loin vers la curieuse structure rocheuse. Avant même d’être arrivés au pied de celle-ci, les détecteurs s’affolent : le bidule est creux – comme le scénario. Intéressant !

Lorsqu’enfin, tout le monde est au bas du dôme, la petite équipe descend des véhicules, le reste de l’équipage suivant l’épopée depuis le vaisseau grâce aux caméras et micros des combinaisons de chacun. Très vite, les choses se mettent à bien avancer, puisqu’après avoir trouvé une entrée vers une galerie s’enfonçant dans l’endroit Gégé le géologue sort de sa poche des drones utilisant des lasers pour filer dans toutes les directions et faire un plan extrêmement précis de l’endroit (heureusement que personne n’a emmené de chat, autant de lasers sur les murs, l’animal péterait une crise de frénésie). Pratique ! A bord du Prométhéus, on voit donc doucement se dessiner sur un hologramme le schéma des galeries, ce que l’on surveille avec attention.

Première découverte : pour de mystérieuses raisons, l’air est respirable dans cet endroit, pourtant ouvert sur l’extérieur sans aucune séparation. On ne saura jamais pourquoi, on supposera que c’est magique, schazam ; nos scientifiques, en bon professionnels, décident donc de tous retirer leurs casques, afin de s’assurer d’avoir le moins de protection possible et de s’exposer à tout ce qui doit traîner comme saloperie sur cette planète et que leur organisme ne saurait combattre (le rhume de Trouloulou 42 est légendaire). Accessoirement, l’un des dialoguistes a jugé opportun d’ajouter gratuitement dans le propos d’un personnage qu’il faisait – 27 degrés dans l’endroit, mais visiblement, même sans casque, personne ne fait remarquer qu’il fait un peu froid et qu’il vaudrait mieux rester couvert, mais allez, poursuivons : la fin de cette daube est encore loin.

L’équipe s’enfonce donc un moment dans une galerie jusqu’à ce que David fasse une découverte qu’il ne partage pas avec le groupe : il tombe sur un petit panneau dans le mur, qu’il parvient à déchiffrer grâce à sa logique issue de l’étude des langues anciennes : c’est un système d’enregistrement holographique. Mais plutôt que de prévenir qui que ce soit, il appuie directement dessus, provoquant un immense flash lumineux dans les couloirs : ceux-ci s’animent alors des fantômes holographiques de la dernière activité connue de l’endroit, à savoir, non pas une soirée mousse, mais d’immenses humanoïdes en armure fuyant visiblement quelque chose. Autant le dire : il y a quelques combinaisons qui se font souiller dans des bruits liquides à cette vue quelque peu surprenante chez nos héros ; Shaw, elle, part à la poursuite du groupe des fuyards holographiques, assistant à la fin de l’enregistrement lorsque le groupe de créatures passe une porte qui se referme derrière eux, abandonnant l’un des leurs à la traîne, s’effondrant au pied de l’endroit lorsque l’ouverture se clôt devant lui.

David vient de repérer un bouton sur lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’appuyer au hasard ; vite, hardi petit !

L’hologramme s’arrête… et les scientifiques se retrouvent donc nez-à-nez avec le cadavre du traînard, toujours allongé devant la porte qu’il n’avait pu passer. Décapité, les premières études indiquant qu’il est mort depuis près… de 2 000 ans. L’enthousiasme est général suite à cette découverte d’un être d’un autre monde, à part pour Gégé et Bubu, qui ont un peu flippé, et ont sérieusement besoin d’aller changer leurs combinaisons : avec l’autorisation de Shaw, ils décident de retourner au Prométhéus (sachez que dans ce film, on ne sait jamais vraiment qui commande : des fois, tout le monde se tourne vers Vickers, parfois Janek, parfois Shaw… visiblement, c’est un équipage à présidence tournante, une sorte de Space-Bruxelles).

Holloway lui a repéré des signes au-dessus de la porte, et demande à David de les traduire. Pour la deuxième fois, David, plutôt que d’obéir, décide d’ouvrir la porte sans aucune sécurité et sans déchiffrer ce qui est inscrit parce que, hein, bon, vous savez, c’est très secondaire tout ça, et puis si ça se trouve, il est inscrit "Celui qui lit ça est un con". Bref, à la surprise générale, la porte devant nos héros se soulève donc dans un bruit sourd, dévoilant… une étrange salle. Celle-ci a au plafond une voûte présentant une fresque qui s’efface lorsque nos héros y entrent ("Ah bin merde, on aurait peut-être pas du respirer à proximité, garder les casques aurait été intelligent, quel dommage qu’on soit cons ! Mais ne les remettons pas pour autant : il y a peut-être d’autres fresques à bousiller en bons archéologues que l’on est."), mais surtout, présente une immense sculpture de visage humain, au crâne chauve et aux traits nobles ! Curieux. Celle-ci est entourée de dizaines et dizaines d’amphores, que David commence  à étudier, sans là encore faire partager sa découverte : les amphores semblent "suer". Dans le doute, il en embarque une, ce que personne ne voit, puisque bon, ça ne fait jamais qu’un mètre de haut, ça ne doit pas se remarquer.

Et en effet.

Le reste de l’équipe se concentre de son côté sur une découverte toute différente : la tête du cadavre trouvé devant la porte est encore là (la porte a décapité le Monsieur sans abîmer la tête et en faisant une coupure nette : ça devait être une porte Black & Decker) ! Elle n’a rien d’humain, puisque de forme allongée avec un vieux morceau de trompe à l’avant, et la troupe décide de l’emmener pour étude, particulièrement lorsque Janek annonce sur les micros qu’une tempête de silice approche, avec foudre & co, et des vents à 200 kilomètres heures. Tout le monde ressort donc en courant, récupère les véhicules, et Shaw, plutôt que de mettre sa tête d’alien dans le blindé, la transporte sur un buggy, ce qui fait qu’elle se vautre au sol au moment de rentrer dans le Prométhéus : malin ! Elle part à sa poursuite, malgré la tempête qui les a rattrapés (car elle était évidemment juste derrière eux pour plus de spectacle), voit son casque fouetté par des copeaux de minéraux divers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’Holloway puis de David, partis la récupérer dehors. Tout le monde après ces aventures peut donc remonter en paix à bord pour étudier les découvertes du jour.

Tout d’abord, la tête d’alien, donc ! La bougresse est emmenée en salle d’étude, et rapidement, il apparaît que ce n’est pas une tête, mais un casque ! Et sitôt ouvert, on voit paraître à l’intérieur un visage bien humain mais surdimensionné au teint blanc et aux traits larges, comme au début du film (ou sur la tête sculptée qui ornait la salle où ils l’ont trouvée, donc), en parfait état (2 000 ans sans se décomposer ou même avoir l’air un peu moins en forme, bravo). Shaw a alors une superbe idée : "Hey ! On a notre bidule qui permet au système nerveux de croire qu’il est encore vivant : on va ressusciter sa tête, pour voir !" et effectivement, elle plaque contre l’une de ses oreilles une sorte de baladeur qui diffuse en boucle des phrases prononçant "Hey ! Ostie, t’es mort ? Hey ! T’es mort ? Dis ?" avec un accent québécois, le tout en boucle, ce qui rendrait fou même un mort. La tête a donc tôt fait d’ouvrir les yeux et de grimacer parce que merde, c’est insupportable, mais se contente de commencer à enfler (un peu comme quand un individu normal écoute du Céline Dion), l’obligeant à être mise en isolation avant de faire sproutch. Bon… bin on va en rester à l’analyse de son ADN alors, parce que pour le coup, maintenant, l'"ingénieur" ressemble plus à un flan aux fruits qu’à une tête.

David de son côté, est allé s’enfermer dans un coin du vaisseau que personne n’a remarqué (pourtant, c’est pas grand !) : une chambre à part où il s’entretient avec un caisson cryogénique qui lui donne des ordres et qu’il appelle "Monsieur" (parce qu’il y a quelqu’un dedans, pas parce qu’il a envie d’appeler ainsi un caisson ; même s’il appelle parfois la bouilloire "coquine", mais les androïdes ont de curieuses pratiques sexuelles). Saurez-vous deviner qui est ce mystérieux passager clandestin ? Toujours est-il que Vickers semble aussi au courant de sa présence à bord, et que la personne dans le caisson semble donner les ordres (Holala, je me demande bien qui c’est sachant qu’on ne nous a parlé que d’un seul autre personnage qui ne soit pas officiellement lié à l’équipage et qui fait partie des seuls à avoir un nom et prénom !), particulièrement le fait qu’il faut "poursuivre les efforts dans les recherches". Hmmm, ce doit être Monsieur de La Palisse là-dedans, en fait.

L’androïde retourne donc à sa cabine, où il a ramené sa grosse amphore sans que personne ne lui pose la moindre question, ou même ne remarque la chose ; après l’avoir laissée au frigo pour la boire fraîche, il se décide à l’ouvrir pour voir ce qu’elle contient : des tubes en verre abritant une curieuse substance noire, la même que l’on a vu notre ami tout blanc absorber au début du film pour se décomposer et créer la vie. David en prend donc une, l’ouvre sans précaution parce que c’est pour les nuls, et sort une goutte de cet étrange liquide  noir pour la poser sur son doigt, où elle semble prendre la forme d’un granulé. Cela fait, il va trouver Holloway, encore occupé à se bourrer la gueule (là encore, sans que personne ne dise rien), et lui colle le tout dans son verre, qu’il boit sans s’en rendre compte, parce que hihihi, tiens, si je collais un truc sans même l’étudier dans un verre des humains du bord ? Ce qui prouve bien qu’il faut toujours surveiller son verre sur ce blog, diable, ce film a au moins ce mérite, même si à un moment, j’avais très envie de me droguer pour passer cette épreuve cinématographique. A noter qu’Holloway, comme tout l’équipage, traite David comme de la merde au motif que c’est un androïde, et que Weyland a bien dit qu’il le considérait comme un fils. Insulter gratuitement le fils de son patron pour un oui ou un non : une excellente idée, là encore, tellement logique. Ce film enchaîne les non-sens.

Au passage, sachez ceci : lorsque nos héros sont retournés au Prométhéus, on leur a demandé où étaient ces deux pétochards de Gégé et Bubu, et les scientifiques se sont donc étonnés qu’ils ne soient pas rentrés sachant qu’ils étaient partis avant. La réponse a été bien vite trouvée grâce aux systèmes de communication : ces deux andouilles se sont perdues dans le dôme en cherchant la sortie. Oui, vous avez bien lu : Gégé, responsable des drones de reconnaissance – et donc de guidage – et Bubu n’ont pas réussi à trouver la sortie en marchant et malgré tous leurs outils, sachant qu’ils étaient en plus en communication constante avec le Prométhéus ayant un plan des galeries et leur position en permanence, quand dans le même temps, le reste de l’équipe qui est sorti en courant et paniqué parce qu’une tempête arrivait droit sur eux a trouvé du premier coup sans rien demander à personne. C’est tellement cohérent.

"Mais comment ces deux cons ont-ils fait pour se perdre alors que tous les plans montrent qu’on est venu en ligne droite ?"

Il a donc été convenu que nos deux champions resteraient dans le dôme pour la nuit (ce qui les a enchantés), le temps que la tempête passe et que le jour se lève. Nos deux loulous ont donc décidé, plutôt que de ne pas bouger (et sachant qu’ils avaient eu la pétoche), de se balader dans tous les sens dans les galeries alentours en chantonnant. C’est logique. Ils finissent d’ailleurs par arriver devant une nouvelle porte, où quantité d’autres corps d’extraterrestres comme celui trouvé plus tôt attendent : ils se sont entassés devant l’entrée comme s’ils fuyaient quelque chose (l’élection de François Hollande, probablement, cette porte doit mener vers la Suisse), et certains d’entre eux ont des trous dans le crâne, le bide, bref, rien de joyeux.

Janek, qui suit tout ça sur les écrans en écoutant les communications des deux loulous, décide que cette découverte ne vaut ni la peine d’informer les archéologues de cette pêche miraculeuse, ni même le moindre commentaire ou la moindre réaction. D’ailleurs, il faudra m’expliquer, sachant qu’on avait clairement entendu que la tempête "allait provoquer des perturbations et couper les communications", pourquoi alors qu’elle dure encore, on capte parfaitement les aventures de nos deux larrons. Au passage, les senseurs repèrent une forme de vie immobile à l’extrémité d’une galerie, qui finit par disparaître au bout d’un moment. Cela fait encore plus péter de trouille le géologue et le biologiste bloqués sur place, mais curieusement, ils en déduisent qu’il leur faut encore plus courir dans les couloirs dans tous les sens à l’aveuglette les bras en l’air. Janek trouve d’ailleurs tout cela tellement anodin, le charnier extra-terrestre, la forme de vie inconnue, et ses deux gars isolés pour la nuit, qu’il décide de ne demander à personne de monter la garde et de plutôt aller baisouiller Vickers. Il aurait regardé Derrick qu’il n’aurait pas réagi autrement.

On est au-delà de la nullité là. Très au-delà.

Toujours est-il qu’à l’autre bout du vaisseau, Holloway toujours cuit s’en va trouver la petite Shaw, pour lui dire qu’il lui montrerait bien la position du moulin étrusque, même si Shaw tente de casser l’ambiance en ramenant sur le tapis le fait qu’elle est malheureuse d’étudier l’origine de la vie quand elle est elle-même stérile, et annonce sa grande découverte à Holloway : l’ADN de l’alien… c’est le même que celui des humains !

D’accord. Le même. Et donc, pourquoi ne sont-ils pas humains alors ?

Et surtout, s’ils sont à l’origine de la vie sur Terre, il n’y a pas que des humains, alors quoi : le mérou, l’éléphant et le hamster descendant eux-aussi dudit alien, ils ont eux aussi le même ADN que l’humain ? Bon, écoutez : baisouillez et arrêter de dire des conneries, qu’on en termine plus vite avec ce film, merci. Ce que nos héros font, car se soumettant comme toute personne raisonnable à mon charisme qui lui ne l’est pas.

Mais revenons au dôme ! Car maintenant que tout le monde fait dodo à bord du Prométhéus, Bubu et Gégé peuvent donc déambuler en paix dans les galeries désertes, en allant dans les coins qui font trop peur, soit l’exact opposé de ce qu’ils déclaraient vouloir faire quelques instants plus tôt. Par exemple, et fort logiquement, en allant passer la nuit dans la salle où ils avaient refusé d’entrer, celle avec les amphores, la sculpture de tête géante, etc. Là encore, tout cela est très logique. Sauf que sur place, un curieux liquide noir suinte de toutes les amphores, qui ont visiblement réagi à l’entrée d’être vivants trop cons pour respirer dans leur casque plutôt que dans l’air ambiant, créant de véritables mares sur le sol, et dans l’une de ces flaques… du mouvement ! Ah !

Sauf que notre biologiste, jusqu’ici pétochard, a soudainement envie d’étudier la faune qui vit dans les mares de liquide noir dans des coins avec des extra-terrestres morts en tous sens, massacrés par on ne sait quoi (… oui, hein ?), et s’approche donc de l’endroit d’où provenait le mouvement pour noter qu’une sorte d’étrange serpent semble traîner dans le coin. Il approche donc son doigt en faisant "Petit petit petit !" (véridique), et insiste même quand le bestiau se met à siffler et à présenter d’inquiétantes dents (chhht, chhhht, laissez, ça ne dénote pas avec le reste), jusqu’à ce que finalement, la bête saute sur son bras, s’enroulant autour avec tant de force que même avec l’aide de Gégé pour tenter de le libérer, le bras de Bubu est pété sous la force de l’animal. Le géologue tente bien une solution de secours pour sauver son ami, en sortant un couteau de sa ceinture pour décapiter la bête, mais jaillit alors un jet d’acide qui ravage le casque de l’ami des roches et cailloux, le faisant choir, sans protection et tête la première, à son tour dans le liquide noir qui s’accroche à son visage et commence à le ravager. Bubu, lui, le bras en vrac et paniquant à raison, voit la tête de l’animal décapité repousser, et ce dernier entrer dans sa combinaison (comme ça, hop, sans préliminaires ou même restau pour faire connaissance) avant de rôder dans son casque… et de le tuer. D’accord.

Pour la petite histoire, concernant le "D’où sortait cette merde, sachant que le liquide noir dans les amphores semblait jusqu’ici désintégrer les êtres vivants, et pas générer des serpents géants aléatoirement", on peut supposer soit qu’il s’agit de lombrics, qu’on avait entraperçus dans la salle quelques heures auparavant (les mêmes que sur Terre, quelle coïncidence ! Que foutaient-ils là ?), qui ont affreusement muté dans le liquide noir en quelques heures au lieu de se décomposer, se transformant en serpents géants tueurs à petites dents au sang acide et se régénérant à volonté en quelques secondes sans aucune raison, soit que quelqu’un a juste écrit cette scène en barbouillant une page blanche d’une autre matière noire que l’on retrouve souvent dans les cabinets après des soirées fajitas. Au choix. Vous avez toujours envie de poursuivre ?

Le lendemain matin, à bord du Prométhéus, tout le monde se lève dans la joie et la bonne humeur.

A part peut-être Holloway, qui a une sacrée gueule de bois et les yeux un peu rouges à force de picoler à la villageoise toute la journée ; mais en observant de près tout ça dans le miroir, il note, l’espace d’un instant, une sorte de tout petit trait noir dans le blanc de son oeil (berk, je sais) qui semble avoir pris la fuite lorsqu’il a voulu voir ça avec une meilleure lumière. Bien que pas en super forme, et supposant probablement que c’est encore Shaw qui a défaut d’accueillir la vie en son sein, a dû y entretenir quelques MSTs,  il va se préparer et enfiler sa combinaison pour l’expédition du matin, afin d’aller récupérer Bubu et Gégé dans le dôme. A noter que :

  • Personne n’a remarqué qu’ils étaient morts (alors que toutes les combinaisons suivent le rythme cardiaque de leur occupant et envoient ces informations au Prométhéus)
  • Personne n’a pensé à inspecter ce que voyaient leurs caméras
  • Personne n’a pensé à observer les enregistrements de la nuit pour savoir ce qu’il leur était arrivé

Mais sinon oui, tout le monde est particulièrement stupide, là-dessus, aucune inquiétude. D’ailleurs, sachez que du film, plus personne n’évoquera jamais la forme de vie immobile qui était apparue un temps sur les écrans, et d’ailleurs, les mêmes détecteurs de vie n’auront jamais repéré ce qui a tué nos deux loulous sans que ça n’inquiète personne. Soyez prudents, puisqu’à partir de maintenant, beaucoup d’éléments vont, comme ça, sortir du film comme si on les avait introduits dans le scénario avant de les oublier et ce sans se relire. Prêts ? On poursuit.

"Ridley, c’était quoi alors la forme de vie qui se manifestait toutes les deux heures ? T’avais des moufles en plus de ton blouson pour écrire l’intrigue ?"

A nouveau donc, les véhicules s’élancent vers le dôme et vomissent leur contingent de scientifiques en direction de la salle des amphores, où Gégé et Bubu étaient supposés être "aux dernières nouvelles" dixit Janek, sachant qu’il faudra me dire d’où proviennent les dites nouvelles si personne n’a regardé les enregistrements de la nuit, et sachant que Janek était justement parti baisouiller avant que les deux larrons ne se dirigent vers la salle en question. Bref.

David part seul de son côté (encore) sans que personne ne trouve rien à y redire, et parvient à passer une nouvelle porte, restée fermée jusqu’alors (pas celle avec tous les cadavres d’aliens devant : celle-ci, plus personne ne semble s’en soucier, on en parlera plus non plus du film, hoplà, disparition !), et l’ouvre, accédant à une salle cette fois ouvragée, avec des sarcophages et un siège devant un tableau de commande. En déchiffrant les boutons (qui sont des boutons sympas : quand on appuie dessus, ils sont tout mous et font un son rigolo, comme les jouets pour enfants, et surtout, permettent à quelqu’un n’y connaissant rien mais étudiant les langues de pouvoir les déchiffrer, ça tombe bien alors !), l’androïde parvient à activer une nouvelle séquence holographique (toujours pas de soirée mousse alien, c’est très décevant), où il voit des humanoïdes géants cette fois-ci s’enfermer dans les sarcophages (un seul est encore vivant depuis le temps), après avoir étudié une carte des étoiles, et plus particulièrement… la position de la Terre ! Après avoir observé la chose, David active bien naturellement ses pouvoirs de téléportation (l’une des caractéristiques des films de Ridley Scott), et rejoint le reste du groupe à l’autre bout des galeries, comme ça, hop.

Arrivés dans la salle des amphores et du visage sculpté, Shaw & co ont deux soucis : tout d’abord, ils constatent qu’Holloway est malade, et que son état empire de minute en minute : son visage noircit, semble se décomposer par endroits, bref, il ne va pas bien. Et dans le même temps, une autre partie de l’équipe tombe sur le corps de Bubu (mais pas de Gégé, qui n’intéresse visiblement personne), et constatent que ce qui l’a tué est encore planqué dans son corps : jaillissant de sa bouche, l’espèce de serpent qui l’a massacré jaillit et agresse une autre donzelle ! En conséquence de quoi elle…

… disparait du scénario. D’après le casting, elle s’appelait Imora, et n’apparaîtra plus passé cette séquence sans qu’elle soit morte pour autant. Okay, bravo. J’imagine bien l’actrice à qui on dit :

"Voilà, tu peux partir !
- Mais ? Mon personnage était encore vivant, pourquoi ? Il lui arrive quoi ?
- Ho, la relou avec ses détails ! Casse-toi, c’est un film à 130 millions ici, c’est sérieux, on est occupés !"

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Tout le monde se replie à folle allure vers les véhicules et retourne vers le Prométhéus pour y soigner Holloway, mais malgré les ordres de Janek, parti en expédition avec la troupe sans motif particulier, la rampe du vaisseau ne s’abaisse pas à leur arrivée, faisant perdre un temps précieux pour soigner le malade. Ce n’est qu’après avoir lourdement insisté par radio que la chose s’ouvre, mais… l’entrée est cette fois-ci gardée par Meredith Vickers, armée d’un fidèle lance-flammes (encore une fois, quelle arme pratique) ! Qui explique qu’elle refuse de contaminer le vaisseau avec l’infection inconnue d’Holloway. Alors bon, certes, le vaisseau a un secteur de quarantaine, mais merde, si on commence à utiliser le secteur de quarantaine pour mettre des gens en quarantaine, ce serait presque cohérent et on perdrait l’esprit du film, alors Holloway doit rester à l’extérieur ! Shaw a beau supplier de les laisser entrer, finalement, c’est Holloway lui-même qui conclut les choses : il a trop mal, sait qu’il est condamné, et s’avance vers Vickers en la suppliant de tirer, ce qu’elle fait ; le passage brutal du statut d’archéologue à celui de merguez étant dur à encaisser, le brave scientifique meurt, bouleversant l’équipage (personne n’évoquera plus cet incident mineur, re-disparition !), au point que Shaw en finit inconsciente.

A son réveil, la bougresse commence, comme à tous ses réveils, par se demander ce qu’elle a foutu hier soir. Mais elle constate  vite qu’elle est à l’infirmerie, avec David penché au-dessus d’elle, lui expliquant qu’elle va bien, à part sur un point : elle est enceinte. "C’est pas banal", se dit l’archéologue, puisque stérile aux dernières nouvelles : la maladie d’Holloway aurait-elle rendu ses coucouilles magiques ?

Visiblement, plus que prévu, car David ajoute qu’elle est enceinte de trois mois, et l’embryon n’est pas humain. Ne me demandez pas comment David est capable de donner la maturité de gestation d’un embryon d’une race inconnue, je pense qu’il n’en sait rien non plus, mais sachant que notre héroïne n’a joué à touche-pipi que la nuit précédente, tout le monde en déduit que le bestiau dans son bidou grandit bien vite. Elle veut se le faire enlever, mais David lui explique gentiment qu’ils verront ça sur Terre, et que par sécurité, ils vont la remettre en stase cryogénique. Pour la calmer, il lui file un bon gros antidouleur, ce qui la fait s’évanouir aussitôt.

A son nouveau réveil (deux fois en si peu de temps, on dirait John Carter), Shaw n’a plus envie de rigoler : entourée par deux scientifiques qui veulent la préparer à une remise en stase, elle les bouscule pour s’enfuir, et grâce au pouvoir navrant de ce film, nous n’entendront plus jamais parler de ces deux personnages non plus, qui ne partent pas à sa poursuite ou quoi que ce soit : ils disparaissent juste, pif pouf. C’est lourd hein ? Alors imaginez quand on est devant.

Elizabeth erre donc dans les couloirs en petite tenue, courant jusqu’aux quartiers de Vickers pour foncer vers le Medifuck-3000 et lui demander une opération.

"Ce système n’est conçu que pour un patient mâle", lui répond la machine, un brin sexiste, oubliant d’ajouter "Sachant qu’au prix du bousin, je pourrais aussi être configuré pour une femelle, mais tout cela est juste un prétexte pourri pour rajouter du trash dans ce film en empêchant de faire une opération propre." ; grognon, Shaw décide donc de programmer la machine pour une autre intervention proche histoire de quand même se faire retirer ce qu’elle a dans le bide : elle programme "Oui je suis un mâle, ta gueule, blessure au bas ventre en profondeur, corps étranger à retirer".

Par contre, si c’est un homme qui est enceinte, le Medifuck-3000 assure

Sachant que la bécane vient de te dire qu’elle était configurée pour un mâle, vu comment tu présentes le truc ma grande, elle risque de te retirer les ovaires et de te recoudre le trilili, mais ouf, ça va ! La machine a un système de "diagnostic automatique", qui démarre pendant que déjà, ça s’agite dans le ventre de notre héroïne ! Elle attrape donc plein d’antidouleurs et s’en colle une bonne dose (ce qui ne l’endort pas, contrairement à la scène précédente, même quand elle en reprend un deuxième dans les secondes qui suivent, puis un troisième un peu plus loin : c’est devenu une junkie, je suppose). Le bousin diagnostique donc la blessure (mais ne remarque pas que c’est une femme, c’est rassurant, on sent l’outil efficace), et commence son opération sans anesthésie (… c’est censé être un truc de chirurgie autonome, on m’explique là ? Ah oui : "Plus de trash !"), ouvrant le bidou pour en retirer, via une petite pince façon machine à gagner des peluches sur les fêtes foraines (heureusement que c’est pas pour retirer une balle, sinon, la machine a pas le matos pour), un splendide…

"Félicitations Madame, c’est un poulpe. Medifuck-3000 vous souhaite une excellente journée"

Elizabeth est un peu surprise et emmerdée à la fois, parce qu’elle n’avait pas pensé à un nom pour un poulpe, mais dans le doute, elle va l’appeler Théo ou Enzo, ça fera l’affaire ; sitôt que la machine lui a collé des agrafes pour refermer son ventre, elle repart tranquillement, refermant le tout en mode "stérilisation" pour tenter de tuer le poulpe qui gigote en piaillant parce que sa maman l’abandonne, l’ingrate. Puis, défoncée aux antidouleurs et un peu traumatisée par ce qui vient de lui arriver, elle erre dans le vaisseau, jusqu’à ouvrir par mégarde une porte qu’elle n’avait jamais poussée… celle du caisson cryogénique donnant des ordres à David ! Et dans cette salle, une partie de l’équipage (des militaires, David et Vickers) semble en train de réveiller d’un long sommeil une personne que notre héroïne reconnait aussitôt : Charles Weyland, le riche et vieux patron de la société qui a payé l’expédition ! Hooo, bin ça alors ! C’était lui le passager clandestin ! Que fait-il à bord ?

Et bien, voyant débarquer dans la salle où il se trouve l’archéologue qui l’avait elle-même convaincu de monter une expédition pour Trouloulou-42, mais complètement stone, en sous-vêtements et des agrafes plein le bidou, le puissant PDG se dit qu’il serait temps de reprendre les choses en main et d’expliquer la vérité à Shaw, aussi défoncée soit-elle : il est venu incognito à bord parce qu’il est si vieux qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre, et que donc, il a supposé que ceux qui avaient créé l’humanité étaient aussi capables d’allonger sa durée de vie, aussi ce voyage est-il son dernier espoir pour éviter la mort. Accessoirement, et ça n’est qu’un détail sans intérêt, Meredith Vickers est sa fille, mais tout le monde s’en fout, même l’intrigue, ça a juste été rajouté là pour sonner encore plus cliché, ça aussi ça sera oublié dès la scène suivante. Shaw lui dit donc que c’est débile : non pas parce qu’il aurait pu rester tranquillement cryogénisé sur Terre, envoyer une expédition d’androïdes moins coûteuse et plus efficace, et attendre tranquilou qu’on lui ramène de quoi le sauver sans prendre de risques, mais simplement parce que tous les "ingénieurs" de cette planète sont morts.

Oui, c’est un peu comme dans la série Stargate ; après avoir exploré 50 m², elle en tire des conclusions pour toute la planète. Ah, on sent la scientifique de qualité.

Mais pendant que cette petite conversation a lieu, il se passe quelque chose d’étrange à l’extérieur : d’après les senseurs de sa combinaison, Gégé le géologue, pourtant disparu aux dernières nouvelles, se trouverait… juste sous la rampe du vaisseau. Personne ne regarde ce que disent ses caméras ou son état de santé avant d’ouvrir la porte, et c’est ainsi qu’en abaissant l’accès à la nef spatiale, deux membres d’équipage se retrouvent nez-à-nez… avec le cadavre de Gégé, dans une curieuse position de contorsionniste russe, et arrivé jusqu’ici sans aucune raison. Que… comment, se disent-ils ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment est-il arrivé jusque là ? Ne me dites pas que dans un film avec autant d’ambitions, on a pas collé un truc aussi pourri que…

… un zombie.

Car oui : la gueule à moitié décomposée et déformée par les effets du curieux liquide noir suintant des amphores, Gégé s’est transformé en zombie, et commence à attaquer ses congénères en grognant ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore les zombies, presque autant que payer mes impôts. On en trouve tellement à toutes les sauces à l’heure actuelle, que c’est un peu devenu le plancher de toute absence de créativité : "Tiens, si on collait des zombies ?" ; d’ailleurs, ça doit être un zombie particulièrement malin, puisque sinon, alors qu’il se promenait, expliquez-moi pourquoi l’équipage n’est jamais parvenu à localiser la combinaison ou à voir ce que voyaient ses caméras, sachant que celle-ci est impeccable, seul son casque ayant été endommagé ? C’est un zombie qui s’est dit "Pffff, et si je coupais tout mon matos de localisation et que je le rallumais au pied du vaisseau pour faire une blague, hihihi, on va trop rigoler quand je vais leur manger le cerveau !" ? Non mais merde, ça ne vous dirait pas de faire un petit effort, genre 5 minutes, histoire que ce film ressemble à autre chose qu’à une vaste blague hors de prix ?

Car oui, les zombies adorent se cacher pour mieux surprendre. Charlie est leur idole.

L’équipage lui, se défend comme il peut, utilisant pour ce faire non seulement les lance-flammes du coin, mais aussi des pistolets à impulsion qui visiblement, ne font rien à la bête. Si cela peut vous rassurer, là encore, de tout le film, aucune arme à impulsion ne fera de mal à qui que ce soit, mais nous en reparlerons dans quelques paragraphes. En attendant, le corps putréfié de Gégé ainsi que ses intentions cannibales finissent sous les roues du véhicules blindé occupant la soute du Promethéus, le tout marié à divers tirs de napalm pour bien faire comprendre au chenapan que ça suffit les conneries, dis-donc, tu es mort et tu le restes, sacrebleu de bloody chipolata.

Là encore, plus personne ne parlera de cet incident, puisque ça n’avait pas grande importance : après tout, on voit des zombies dans tellement de jeux et séries que un de plus, un de moins, même si c’est à bord de son propre vaisseau, on a vite fait d’oublier. Encore une fois, merci, Ridley Scott.

Revenons donc à M. Weyland, David, Shaw et Vickers en pleine conversation, car l’androïde a une révélation à faire : non, tous les "ingénieurs" ne sont pas morts : il en reste au moins un, en stase dans un sarcophage. Et lui pourrait peut-être aider M. Weyland à prolonger sa vie, tout en répondant aux questions de Shaw, si elle a encore la force de retourner dans le dôme, malgré toutes ces horreurs. Soit, dit-elle : je veux savoir, je veux des réponses à mes questions, comme par exemple, s’ils font trois mètres de haut, où trouvent-ils des slips à leur taille ? Après tous ces sacrifices : autant ne pas être venus jusqu’ici pour rien. Ni une, ni deux, toute l’équipe se prépare donc à partir en mission, et un système externe d’assistance à la marche est fixé à Weyland, afin qu’il puisse accompagner la troupe. On lui fixe aussi trois poches à urine ainsi qu’un brumisateur, mais ça, le film ne le montre pas, ce qui est bien dommage. Puis, une fois encore, tout le monde retourne vers le dôme.

Sur place, David guide la troupe jusqu’à la salle qu’il a trouvé, celle où il a vu les hologrammes entrer dans des sarcophages, et tout devient clair pour Shaw en écoutant les explications de l’androïde, ainsi qu’en se souvenant de quelques conversations avec Janek, le pilote du Prométhéus, qui avait des théories sur cet endroit maudit : en réalité, il s’agit d’un centre de production d’armes, à savoir, cette matière noire (sachant qu’on a vu aucun laboratoire ou machine, ils produisaient ça comment ? En y pensant très fort ?), et cela s’est retourné contre eux (comment là encore ? Vous ne le saurez jamais, le réalisateur a supposé que ça ne vous intéressait pas, même si c’est un peu le coeur de l’intrigue, encore un truc évacué du scénario, pouf). Ils se sont donc enfermés ici, dans ce qui est en réalité la salle de pilotage d’un vaisseau enterré, se mettant en stase dans des sarcophages en attendant d’accomplir leur mission, à savoir, si on en croit les enregistrements holographiques… se rendre sur Terre pour ainsi y détruire toute vie ! Cette planète n’est donc pas celle des ingénieurs : il s’agit juste d’une usine d’armes de destruction massive !

D’accord Saddam. Mais alors :

  • Pourquoi les survivants du massacre d’il y a 2 000 ans se sont-ils enfermé dans des sarcophages, sachant que cette salle est la salle de pilotage, et qu’ils pouvaient accomplir leur mission plutôt que de rester immobiles à pioncer pour attendre du rien ? La suite le confirmera : ils pouvaient décoller quand ils le voulaient.
  • Pourquoi les dessins sur Terre indiquaient-ils cette planète ? Je veux dire : les "ingénieurs" se seraient rendus plusieurs fois sur Terre, se tapant tout le trajet pour indiquer à diverses civilisations primitives l’emplacement de leur usine à armes de destruction massive destinées à leur bourrer la gueule ? Zut, c’est la base du scénario : même ça ne tient pas debout
  • Et d’ailleurs, comment les humains ont-ils fait pour tomber du premier coup, comme ça, hop, pif pouf, sur le vaisseau qui, justement, avait pour objectif de raser la Terre, sachant qu’ils n’avaient aucun plan indiquant ce point précis sur la planète ?

Réponse : aucune. Je crois que j’ai trouvé Ghost Rider plus crédible que ce film. C’est dire.

Toujours est-il que nos héros se retrouvent face au sarcophage contenant le dernier extra-terrestre vivant du coin (oui, vous vous souvenez la créature qui a tué Bubu par exemple ? Elle aussi a disparu du scénario, elle ne rôde plus dans les couloirs du dôme ni rien, pouf, virée elle aussi, c’est formidable), et décident donc de le réveiller, David entamant la manœuvre après avoir déchiffré les inscriptions du sarcophage. Bientôt, le conteneur s’ouvre, et un immense humanoïde blanc en sort, sans armure, ses yeux sombres sous ses larges arcades d’albâtre observant les humains curieusement. Shaw lui hurle de lui expliquer le sens de la vie (ah oui, rien que ça), et accessoirement pourquoi ils ont créé la vie sur Terre avant de maintenant vouloir la détruire, pendant que Weyland ordonne à David de demander, dans sa langue (car il la parle parfaitement, bien que ne l’ayant jamais entendue clairement), s’il peut l’aider à vivre plus longtemps. L’alien réfléchit un moment, puis finalement, se décide à…

… péter la gueule à tout le monde.

Ok, je suis de ton côté mec.

Les hommes accompagnant Weyland ouvrent le feu avec leur fusil à impulsion, visant toutes les parties vitales de cet ennemi avançant lentement et en ligne droite, comme par exemple, le pied droit ou par-dessus l’épaule gauche (ils ne pensent pas à viser la tête), et visiblement, comme toutes les armes à impulsion, ça ne fait rien à personne, le Monsieur peut donc continuer tranquillement de malaxer des museaux à coups de poings. Il tue en conséquence les gardes, arrache la tête du pauvre David, dont le crâne, encore "vivant", se retrouve au sol, puis s’occupe du vieux Weyland, qui meurt comme un con au milieu de ses poches à urine, ce qui est bien mérité vu son plan pourri à base de "Tiens, si j’accompagnais l’expédition super dangereuse et mal montée plutôt que d’attendre à la maison dans un caisson bien frais". Seul Shaw, puisque c’est l’héroïne et que c’est l’une des rares à avoir un nom et un prénom, parvient à s’enfuir, tentant de regagner le Prométhéus à pied.

L’alien lui, après avoir fait le ménage, se dit que tiens, si j’allais sur Terre, comme le voulait ma mission ? Surtout que j’irais bien visiter le Languedoc-Roussillon, il parait que c’est sympa. Alors hop, il s’installe dans le siège à côté des sarcophages, appuie sur quelques boutons, et tout un système de pilotage sort du sol pour s’installer devant lui, ainsi qu’une armure venant se déposer sur lui, façon Goldorak (le petit tour sur son siège en moins). Il programme donc sa destination, et comme les batteries ne sont pas mortes depuis 2 000 ans, parce qu’il avait bien pensé à éteindre les phares, hop ! Son vaisseau commence à chauffer, ce qui prouve bien que se mettre en stase ne servait à rien : il était prêt à partir mais avait décidé de faire la sieste 2 petits millénaires.

A l’extérieur, Shaw, qui tente de se ruer vers le Prométhéus aussi vite qu’elle le peut malgré son bide agrafé suite à son opération douloureuse intervenue quelques scènes plus tôt, voit le sol s’agiter sous ses pieds : il s’ouvre pour laisser passer le vaisseau au décollage ! Sacrebleu ! Elle appelle donc le vaisseau scientifique en urgence pour lui dire "Attention ! Il y avait un vaisseau alien là-dessous, et il va aller sur Terre pour balancer la matière noire dégueulasse qui détruit tout, c’est pire que les algues vertes sa merde ! S’il y arrive, notre planète sera détruite, et nous n’aurons plus nulle part où aller ! Vous devez l’arrêter !"

Janek pèse le pour et le contre : arrêter le vaisseau alien qui commence à décoller, sachant que le Prométhéus n’est pas armé, ça revient à se sacrifier en s’écrasant contre. A l’inverse, perdre la Terre, ça signifie devoir recréer la race humaine en s’accouplant avec Vickers, restée à bord, et plutôt pas moche… hmmm, c’est tentant, mais bon, hein, Janek étant noir et à moustache (et n’étant pas Will Smith ou capitaine de la police), il sait que dans un blockbuster, il est condamné à mourir ; il propose donc le plan suivant :

  • Il va éjecter les quartiers de Vickers, qui ont de quoi tenir sur la planète de manière autonome pour encore au moins deux ans, avec oxygène, nourriture, boisson et Medifuck-3000 (ne l’oublions pas)
  • Il va éjecter Vickers (elle pourrait aller dans ses quartiers pour être éjectée en toute sécurité, mais comme elle est bête comme l’intrigue, elle décide de se faire éjecter à part et après ses quartiers)
  • Il va s’écraser contre le vaisseau au décollage, et activer son moteur à ion-popopop-woush-woush-trop-de-la-bombe qui créera une grosse explosion apte à faire bobo à coup sûr

Vickers râle mais accepte le plan, filant vers un module d’éjection, alors que dans le même temps, ses quartiers sont envoyés vers le sol, amortissant la chute avec leurs propulseurs intégrés (vous ne le voyiez pas venir, hein, que le fait que ses quartiers soient un "canot de sauvetage" allait servir, pas vrai ? Après tout ça a été introduit teeeeellement naturellement et subtilement dans le film !). Le Prométhéus, lui, accomplit sa dernière mission, explosant contre la nef alien à une centaine de mètres d’altitude qui, d’ailleurs, a la forme d’un donuts qu’on aurait croqué. Et qui du coup, pour encore plus de spectacle, s’écrase vers le sol non pas comme une bouse mais… en commençant à rouler bien en équilibre ! Et comme vous l’aurez deviné, pile dans la direction de Shaw, toujours en train de galoper malgré ses blessures, et de Vickers, qui par un incroyable hasard, a atterri à côté d’elle.

C’est affligeant.

Si vous comptez que ce vaisseau était supposé contenir 17 membres d’équipage, + 1 clandestin, qu’il y a environ 6 morts et deux donzelles larguées sur la planète et que seuls les trois pilotes ont accepté de se sacrifier, calculez combien il reste de membres d’équipage à bord qui vont mourir dans l’explosion sans qu’on leur demande leur avis ou propose de s’éjecter

Les deux femmes foncent donc tant bien que mal, jusqu’à ce que Vickers, militaire entraînée, ne parvienne pas à s’écarter de la route du donut géant et se fasse sproutcher (c’est un verbe), quand Shaw, archéologue traumatisée et sortant d’une opération chirurgicale un peu compliquée esquive le tout comme un ninja majestueux. Voilà voilà. Cela fait, et apercevant le module autonome largué du Prométhéus au sol, elle se décide à s’y rendre pour enfin trouver un peu de repos après toute ces aventures, et un peu dépitée car le dit module permet de survivre deux ans, mais pas de repartir sur Terre ! Bah, un petit bain à bulles en lisant Space-Closer et le moral reviendra.

Sauf qu’à peine à bord, plusieurs choses sont étranges : déjà, les écrans affichent n’importe quoi, les lumières clignotent, le mobilier est en vrac… pour un module qui a utilisé ses propulseurs pour se poser en douceur, ça ressemble plutôt à de la mise en scène de mauvaise série B ! Ho, mais attendez : nous sommes un peu en-dessous de la mauvaise série B, au temps pour moi. Et surtout, ensuite, des bruits étranges se font entendre, hmmm… attrapant une hache à incendie qui traînait par là, la bougresse se rend donc vers la source de tout ce ramdam : la salle où se trouve le Medifuck-3000. Et en collant les yeux à la vitre, comme dans tout mauvais film, elle ne voit rien et il y a un silence pesant jusqu’à ce que soudain, un tentacule martèle brutalement le verre ! Deux ans avec un truc à tentacules comme coloc, ça sent le hentai à plein nez cette affaire.

Et dans le même temps, la tête décapitée de David, encore vivante dans le vaisseau alien, parvient à activer la radio pour prévenir Elizabeth : "Attention pépette, le grand monsieur tout blanc a pas aimé qu’on lui bousille son vaisseau, il vient donc en faire de même avec ta margoulette." ; et effectivement : débarquant du sas menant vers l’extérieur (dites-donc, non seulement il est arrivé vite pour un mec dont le vaisseau vient de s’écraser, mais en plus, il n’a pas de casque ! Pourtant, lui et les siens vivaient dans une atmosphère au sein du dôme en reproduisant une semblable à la Terre, d’où le fait que l’on pouvait y retirer son casque : alors comment a t-il fait pour aller de son vaisseau au module de sauvetage sans suffoquer à l’extérieur ? Téléportation, là encore ?  Soit), voici venir le dernier "ingénieur" !

Toujours est-il qu’Elizabeth Shaw ne pouvant lutter contre cet humanoïde de plus de trois mètres de haut, elle parvient juste à ouvrir la porte menant à la pièce de son nouveau colocataire à tentacules, et visiblement, le film était à court de budget, puisqu’apparait alors une immense bestiole aux appendices gluants tout droit sortie des plus mauvaises heures des téléfilms des années 80, qui s’empresse de faire des bisous à l’intrus. Ne me demandez pas comment, en à peine quelques heures et sans aucune nourriture, la bête est passée de petit poulpe à méga-bestiau (elle transforme peut-être l’air ambiant en gras, un peu comme Jean-Marie Bigard), là aussi, c’est comme ça. Shaw, elle, décide de laisser les deux trucs d’outre-espace se démerder, et fuit donc hors du module autonome, jusqu’à ce qu’à nouveau, David la joigne sur la radio.

"Elizabeth… je sais qu’on a pas toujours été d’accord… surtout quand je m’amusais à appuyer sur tous les boutons que je trouvais sans explication, que je partais seul en expédition et gardait mes trouvailles pour moi alors que les partager avec vous autres scientifiques ne m’aurait pas empêché d’atteindre l’objectif d’aider M. Weyland et aurait même au contraire permis d’avancer plus intelligemment, ou encore que j’empoisonnais votre copain avec une substance alien dont j’ignorais tout juste comme ça, pour voir, et mettant en danger toute la mission et sans aucun motif valable dans tout ce scénario sans aucun sens, mais je veux vous aider. Vous vous rappelez aussi quand je vous ai faite tomber enceinte d’un alien pour me marrer ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé !
- Bon écoute fais péter, parce que soit je fais confiance à une tête d’androïde qui fonctionne toute seule, soit j’ai un plan à trois avec un humanoïde géant et un poulpe avec qui toute relation sexuelle tiendrait curieusement de l’inceste, alors balance.
- Eeeet bien je crois que j’ai compris comment se pilotaient ces vaisseaux. Si vous me le demandez, on peut retourner sur Terre. Et pas forcément avec ce vaisseau. Car je viens de découvrir que cette planète en comprenait beaucoup d’autres.
- Tu veux dire que cette planète comporte plein de vaisseaux qui n’ont jamais prêté assistance/détruit celui dans lequel les armes de destruction massive s’étaient retournées contre leurs créateurs ? Et qui attendent juste là à rien faire ?
- C’est ça.
- Et tu veux aussi dire que tu viens de faire cette découverte sans rien faire, puisqu’aux dernières nouvelles, tu es juste une tête décapitée au sol ? T’as fait comment, c’était écrit sur le plancher "Propriété de la patrouille de France, les autres vaisseaux sont à 50 mètres à droite ?"
- Je…. vous voulez vraiment que je justifie ou on termine ce film ?
- J’arrive."

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Bondissant dans un buggy qui était resté hors du Prométhéus avant sa mission kamikaze, Shaw se rend donc jusqu’au vaisseau alien crashé, atteint sans encombre la passerelle de commandes, puis en extrait le corps et la tête de David. Celui-ci la félicite de son choix, et lui dit que ça va être trop chouette de retourner sur Terre. Mais Elizabeth le coupe, du moins, façon de parler parce que c’est déjà fait, puis fixe l’horizon en prenant une pose cool :

"Non, David. Nous ne retournons pas sur Terre. Ces êtres nous ont créés, et maintenant, ils veulent nous détruire. Pourquoi ? Je dois savoir. Il doit y avoir les coordonnées de leur planète mère dans les vaisseaux : allons-y. J’ai le droit de leur poser des questions."

"Comment pourrais-je finir le film avec une décision encore plus absurde que tout ce qu’il vient de se passer, hmmm…"

Oui, tu as le droit. Mais vu l’accueil qu’ils t’ont fait jusqu’ici, tu risques juste de te faire tataner pour rien ma grande, et ainsi empêcher l’humanité de connaître le danger qui la menace, sachant qu’en retournant sur Terre avec un vaisseau alien, tu pourrais à la fois informer l’humanité de tes incroyables découvertes, aider la Terre à se préparer à une éventuelle attaque, et si tu en as envie, préparer une nouvelle expédition mieux préparée pour aller sur la planète mère des "ingénieurs" leur poser des questions. Là, tu fais juste de la daube, en fait.

Avant de partir, donc, Elizabeth laisse un enregistrement qui sonne comme un avertissement : cette planète est dangereuse, le mal y rôde. Puis, David et elle se rendent à un vaisseau voisin (là encore, localisé par magie, comme ça, hop ), et font décoller celui-ci vers les étoiles, pour que Shaw puisse accomplir la mission la plus débile de l’univers.

Et…

Non, pas fin, puisque Ridley Scott, comme dans le très mauvais Robin des Bois, joue la carte du "Maintenant que j’ai raconté n’importe quoi, raccrochons les wagons pour dire que c’est un préquel", et on découvre donc, au sein du module de survie autonome resté sur la planète, que l’énorme bête tentaculaire a non seulement vaincu l’humanoïde géant, mais a pondu dedans avant de mourir, sorte de version géante des face-huggers de la série Alien, et donc, comme il se doit… le ventre du pauvre ingénieur mort s’ouvre et en sort un xénomorphe, du moins, une version très proche de celle qui, quelques années plus tard, ira emmerder une certaine Ripley à bord de son joli vaisseau ! Sauf qu’ici on dirait un enfant de 9 ans à qui on aurait mis une tête de dauphin peinte en noir sur la tête, vraiment, je pense que le budget a eu de sérieux soucis. Voilà, c’est bon, on a casé de quoi dire que ce film avait un rapport avec Alien, et qu’on a pas payé la licence pour rien ? Alors…

FIN !

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Ripley essuya une larme sanglante sur sa joue, marmonnant quelques injures alors que certains de ses compagnons autour d’elle convulsaient au sol, leur esprit balayé par la vacuité complète du scénario. Parker, qui s’était lui tout simplement évanoui dès le passage où deux scientifiques soi-disant terrorisés décidaient de passer la nuit dans le pire coin du dôme, se releva péniblement en tentant de se reprendre.

"Mais… tout ça ne nous dit pas ce qu’il s’est passé ici, à bord de l’USCSS Odieux Connard ! Qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage ? Pourquoi les corps ont-ils été ainsi empilés les uns sur les autres sur le pont principal ?
- La vidéo n’est pas finie, Parker, il va peut-être nous le dire.
- krsshh… film a causé trop de dégâts… impossible de repartir… vais m’occuper du chargement…
- Le chargement ? Que transportait ce vaisseau ?
- Attendez… à en croire les registres, il transportait une délégation d’étudiantes interplanétaires. Mais alors que… 
- krshhh… j’ai ouvert la cryo-soute… j’ai deux mois de brandy et de cigares…krshh…  une bonne playlist… si vous trouvez ce message… fuyez… et laissez moi en paix… krsshh… je… je crois qu’elles sont réveillés… elles arrivent !"

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La vidéo se coupa, et Ripley observa à nouveau les corps empilés les uns sur les autres.

Cette fois-ci, elle était sûre que le squelette dans le fauteuil était en train de sourire.

Le nuage à l’odeur méphitique apparut devant Joël, qui recula d’un pas en s’étonnant tant de ce phénomène physique peu banal que de la silhouette qui apparut bientôt lorsque les dernières volutes se dissipèrent, aspirées par la bruyante ventilation du centre commercial.

L’homme qui venait de surgir au milieu de ces effluves de soufre était grand, vêtu d’un impeccable costume sombre agrémenté d’une double boutonnière argentée du meilleur goût, et doté d’un visage que Joël aurait aisément qualifié de "vieux beau" s’il n’était pas encore sous le coup de la surprise ; l’individu passa lentement la main sur ses cheveux grisonnants gominés avant d’agiter de l’autre une petite canne décorée d’une tête de bouc en direction de son interlocuteur.

"Bonjour Joël, je crois que tu sais déjà qui je suis !" – ses yeux luisirent légèrement l’espace d’un instant, telles deux braises sur lesquelles on aurait soufflé.

Joël hésita quelques secondes avant d’oser timidement :

"Garcimore ?"

Les épaules du nouvel arrivant s’affaissèrent légèrement dans un long soupir, avant qu’il ne se reprenne en observant autour de lui où il venait d’apparaître ; Joël crut lire une certaine déception lorsque l’individu constata qu’il était au rayon frais d’une grande surface. Faisant fi de cet élément, il se tourna à nouveau vers son interlocuteur, s’appuyant sur sa canne comme pour reprendre de la hauteur.

"Non Joël, je suis le Diable enfin. Tu sais, odeur de soufre, flammes dans les yeux, tout ça. Ça te dit quelque chose, hmmmm ?
- Heu… oui, oui je vois assez bien, mais pourquoi êtes-vous là ? 
- Ha ha ! Maiiiis, tu devrais le savoir ! Ne viens-tu pas de penser "Je vendrais bien mon âme pour avoir le courage de parler à cette jeune fille, là-bas" ? – le Démon fit basculer sa canne par-dessus son épaule, désignant derrière lui sans même tourner la tête une jeune femme en débardeur un peu plus loin en train de déchiffrer l’étiquette d’un paquet de compotes 
- Nan mais c’était une formule de style Monsieur Satan, vous savez, non parce que je ne veux pas vraiment vendre mon âme, j’ai vu les films où en fait c’est un vieux piège à con. Et puis d’ailleurs, vous vous manifestez à chaque fois que quelqu’un pense cela ?
- Non Joël je… écoute mon garçon, pour toi c’est spécial. C’est juste que là je viens de voir Ghost Rider, un film avec un de mes agents dedans, et je me disais "C’est pas mal cette idée de mettre un esprit vengeur enflammé dans l’enveloppe d’un mortel ayant vendu son âme, le tourmentant et prenant son corps à la nuit tombée pour répandre le chaos sur sa monture de feu !" ; donc là, comme j’ai entendu ton appel, je me suis dit…"
 

Joël regarda un instant son interlocuteur en sourcillant.

"Ecoutez Monsieur Satan, je sais que vous vous êtes déplacé et tout, mais vous savez, ça va pas marcher votre truc.
- Comment ça ? Vends-moi ton âme et tu vas voir ! Je te donnerai le courage de mille hommes pour séduire cette donzelle ! Mieux, je peux même la rendre folle de toi, en faire ton esclave ! Elle sera tienne si tu le…
- Je ne parle pas de ça : votre histoire de Rider, là, elle pue. Dans les films, ouais, le mec qui vend son âme il fait toujours un métier comme aventurier, cascadeur ou un truc du genre ; mais dans le monde réel, statistiquement, vous risquez plutôt de tomber sur des gens banals à faire pleurer. "
 

Le Diable réfléchit un instant.

"Ah ? Heu… je n’y avais pas pensé. Tu fais quoi comme métier ?
- Je suis comptable. Vous m’imaginez en Rider ? Un mec qui aurait pour arme une calculatrice enflammée ? Avec comme super pouvoir la possibilité de détruire la TVA sur l’essentiel des produits de grande consommation ? Super.
- Moui je… je… ho, je crois qu’une caissière vient de dire qu’elle vendrait bien son âme pour une heure de pause, peut-être que…
- Nan mais attendez, et elle ? Elle aura un tapis roulant enflammé ? Ce sera un Rider capable de lire n’importe quel code-barre avec son regard de feu ? Ça pue votre truc. Cherchez votre inspiration ailleurs mon vieux, dans le monde réel, vous aurez juste des possibilités pourries. Maintenant laissez-moi choisir mes mousses au chocolat en paix."
 

Satan tapota de sa canne sur le sol, l’air contrarié, avant d’avoir une illumination : Ghost Rider 2 venait de sortir ! Et s’il allait le voir, si ça se trouve, il trouverait une autre idée dedans permettant de surmonter ce petit souci : ni une, ni deux, il y eut un léger "Pschouf", et la ventilation du centre commercial entreprit à nouveau de disperser les effluves de soufre encombrant le rayon frais là où quelques secondes auparavant, le maître des enfers s’était dressé.

Allons jeter un oeil à ce film : spoilons mes bons !

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L'affiche : on comprend tout de suite que ça va parler d'une créature infernale

Notre odyssée débute lorsque, quelque part en Europe de l’Est (le spectateur avisé aura reconnu la Roumanie), un motard se promène gaiement sur les routes du pays, zigzaguant en bord de ravin. Cependant, nenni de Rider : il s’agit ici d’un curé baroudeur relativement noir mais aussi plutôt aviné qui s’en va fièrement sur sa monture mécanique en direction d’un monastère fort mystérieux.

Oui, fort mystérieux bonnes gens : en effet, celui-ci est tenu, non seulement par des moines, mais aussi par toute une tripotée de gardes, ce qui est déjà plus suspect ; par ailleurs, l’endroit grouille de caméras de vidéo-surveillance pointées un peu partout, reliées à un centre de sécurité ultra-moderne. Je ne sais pas ce que l’Eglise utilise comme nouveau modèle de tronc pour engranger tant de pognon de ses paroissiens, mais m’est avis qu’ils ont récupéré le modèle qui a servi à la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Mais passons : notre curé, prénommé Moreau, sitôt arrivé dans l’endroit sur sa moto s’en va discuter avec l’abbé du coin venu l’accueillir, Bénedict, qui lui explique que "Oui, Moreau, nous avons l’enfant ! Il est en sécurité ici, avec sa mère. Dans quelques jours, ce sera le solstice d’hiver… passé cette date, il ne risquera plus rien, même si je doute que cette vieille prophétie sur le solstice soit véridique, hohoho !" (un enfant, une prophétie, un élu : c’est bon, on a les bases d’une bonne soupe au navet). Moreau, lui, ne semble pas du même avis : "Mais palsembleu, arrêtez ! L’enfant ne sera en sécurité qu’au sanctuaire, et uniquement s’il est sous la protection du Rider, il faut agir !" ; Bénedict lui, insiste "Tatata, sottises, ici, c’est la grosse sécurité mec, on dépote un peu, maintenant, tu te tais ou je fronce les sourcils.".

Seulement voilà : si Bénedict connait sa règle (les amateurs de bons mots religieux seront servis), il connait beaucoup moins celle d’Hollywood qui dit, je cite :

"Quiconque dit que sa planque est inviolable la verra violée dans les 10 minutes"

Si cela explique pourquoi Paris Hilton se promène toujours sur elle avec un magnétophone répétant en boucle "Je suis inviolable", cela n’est pas sans conséquence pour notre fieffé monastère ! Car évidemment, la chose ne manque pas : à peine la phrase de Bénédict finie, des coups de feu résonnent partout dans la forteresse religieuse : des types habillés en forces spéciales débarquent de nulle part et mitraillent à tout va, enfonçant la porte principale du lieu à grands coups de véhicule-bélier, descendant des toits en rappel, courant un peu partout… sans que personne ne puisse les arrêter.

Non, non, oubliez toutes les caméras de sécurité de la scène précédente : en fait, elles ne servaient à rien et n’ont pas pu voir arriver 200 mecs surarmés sur un bâtiment fortifié isolé. Il en va bien évidemment de même des gardes, qui étaient probablement occupés à disserter sur l’influence de Descartes sur le cubisme et les mouvements picturaux déstructurants. Du coup, les bougres n’ont pas vu arriver par la seule route menant au lieu, pourtant situé en haut d’un pic, tous les véhicules contenant les malandrins venus leur donner l’assaut. Oui, même ceux qui sont passés par la porte principale, ils ne les ont pas vus arriver : c’est fort. Pour le reste, les bougres sont aussi doués pour le combat que l’observation : ils se contentent de courir partout en hurlant avant de danser la gigue en mourant sitôt qu’un des vilains a décidé de tirer sur eux.

Moreau, lui, n’a qu’une idée en tête : aller protéger le fameux enfant dont il avait parlé plus tôt, et après avoir abandonné Bénedict (sympa mec !), il s’enfonce donc aussi vite qu’il le peut dans les entrailles du vieux bâtiment ; au détour d’un couloir, après avoir castagné plusieurs assaillants à coups de poing (oui, les mecs défoncent toute la sécurité suréquipée de l’endroit sans une perte, mais ils ne peuvent rien contre un curé qui pue la villageoise distribuant des tatanes), il croise donc une jeune femme avec un ado de 13 ans : Nadya et son fils, Danny, l’heureux élu de la prophétie.

Mais en voyant le prêtre arriver droit sur eux, la donzelle emmène son marmot aussi vite qu’elle le peut loin de lui, et ouvre même le feu en  direction du malheureux prêtre avec son petit pistolet personnel pour éviter qu’il n’approche (je soupçonne surtout Nadya d’être un peu raciste, nous verrons qu’en fait elle est surtout un peu con-con) ; puis, empruntant on ne sait quel tunnel, elle parvient à rejoindre un véhicule et à s’enfuir avec ; Moreau remonte alors vers la cour principale du monastère afin d’y récupérer sa moto et de s’élancer à la poursuite de la bougresse et de son marmot, et le spectateur avisé notera que tiens, c’est magique, vous vous souvenez des 200 mecs qui prenaient la place d’assaut il y a 2 minutes ? Et bien ils ont tous disparu, il n’y a même plus de coups de feu, rien. D’ailleurs, on n’aperçoit pas de cadavres : c’est fou. Tout le monde a dû partir boire un verre, probablement.

Ou alors, c’est juste un problème de script, mais non, je n’ose y penser.

En tout cas, Moreau et sa mobylette s’en vont à la poursuite de Nadya, mais c’est sans compter sur un nouveau personnage qui fait son apparition : Carrigan. Ce simili-bellâtre qui a commandé l’assaut sur le monastère est un gros méchant qui a tué tous les religieux de l’endroit, bien que désarmés (il est très très cruel). Et comme il a aperçu Nadya puis Moreau fuir l’endroit, il part lui-même avec l’un de ses hommes vers un véhicule avant de coller au train des fuyards, mitraillant Moreau juste devant lui.

Je vous passe les détails, mais la moto de Moreau se prend une vilaine balle et il en perd le contrôle, puis se fait éjecter en direction du ravin le plus proche ; mais comme c’est un curé-ninja, il tire (tout en tombant et au ralenti s’il-vous-plait) sur la voiture de Carrigan pour crever ses pneus, empêchant le véhicule de poursuivre Nadya plus avant. Enfin, il choit comme une merde, mais est sauvé par des branchages car le film a encore besoin de lui : la nature est bien faite.

L'accès au monastère : c'est vrai que c'est difficile de voir une voiture bélier arriver discrètement par là, je comprends la surprise des gardes

Voilà pour la petite séquence d’introduction ; mais je vous sens impatients : allons donc retrouver notre héros préféré.

Vous le connaissez probablement déjà : il s’agit de Johnny Blaze, célèbre cascadeur incarné par le sieur Nicolas Cage, qui la nuit se transforme en esprit vengeur, le "Rider". Si vous ne le connaissiez pas encore, ça tombe bien, le film vous rappelle comment il en est arrivé là grâce à un rapide résumé, et là, attention.

"Salut les kids. Moi, c’est Johnny Blaze. Avant, j’étais cascadeur, je faisais des acrobaties en mobylette, c’était trop super. Mais un jour, mon papa a attrapé le cancer, ce qui a un peu cassé l’ambiance, vous voyez ? Le Diable est donc venu me trouver et il m’a proposé de guérir papounet en échange de mon âme. Comme je ne m’en servais pas trop, j’ai dit oui, surtout qu’en cadeau pour tout engagement pour l’éternité, il y avait un smartphone gratuit.

Hélas, c’était un piège ! Si mon père fut guéri, c’était sans tenir compte du fait qu’il était un peu con (et qu’en plus, c’était héréditaire) : pour fêter sa guérison, papounet a décidé de faire une grosse cascade et s’est tué ce faisant ; le Diable a donc bien rigolé en disant "Tu vois, j’ai guéri ton papa, et tu l’as perdu quand même, maintenant, ton âme est à moi, hohohoho !" ; sur le coup, j’ai cru que c’était juste une coïncidence, mais quand j’ai reçu le smartphone gratuit, j’ai compris : c’était un Windows Phone. Le Diable m’avait donc roulé, en fait ! Vas-y, c’est pas sympa.

Satan a alors décidé de faire de moi son instrument : il a placé en moi un esprit vengeur (il a dit "qu’il y avait de la place pour deux !" ce faisant, mais j’ai pas compris), le Rider. Pour vous la faire bref, la nuit, je me transforme en lui, et ma tête laisse place à un simple crâne éternellement en flammes (mais qui ne brûle pas mes fringues, c’est choupi), ce qui ruine pas mal la plupart de mes plans dragues. Seulement voilà, si je servais le Démon, j’ai fini par m’échapper de son influence ! Et j’ai décidé d’utiliser le Rider pour faire la justice moi-même, comme par exemple, en appliquant la peine de mort aux gens que je croise et que je considère comme méchants, parce que vous savez, les tribunaux, les avocats, les enquêtes, ça ne sert à rien. Bref, je disais ? Ah oui :

Mais ces derniers temps, le Rider m’échappe ! Au nom de la justice, il tue tous ceux ayant commis un crime, qu’importe sa nature : un mensonge innocent, une tricherie, un téléchargement illégal (ndloc : véridique, le film cite cet argument), tout est prétexte à son courroux ! 

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INTERLUDE

Au même moment, chez l’un de mes lecteurs.

Thomas regarda la molette de sa souris, à demi-fondue après avoir dû l’utiliser de longues minutes pour retrouver un vieil article. Il avait beau suivre ce blog depuis quelques temps, il se demandait parfois si ce ne serait pas plus malin d’afficher juste quelques lignes de chaque article sur chaque page avec le bouton "lire la suite", comme cela se faisait ailleurs, plutôt que de bombarder de pavés son écran. Alors qu’il était tout à ses réflexions, il aperçut un petit encadré s’afficher au bas de son écran

"Téléchargement de La_soupe_aux_choux_TrueFrench_DVDRIP_[VengoZqu4d].avi achevé"

Le jeune garçon eut un sourire en cliquant sur l’icone, fier de son forfait : il allait enfin pouvoir regarder à nouveau la séquence des prou…

La fenêtre explosa dans un bruit d’apocalypse alors qu’une moto en flammes, moteur hurlant, s’écrasait sur le sol de la chambre au son de ses suspensions grinçantes ; le parquet prit feu à son tour là où la roue avait touché les lieux, détruisant au passage quelques objets traînant dans la chambre du piratin : t-shirt froissé, boîte de jeu à demi-éventrée, chaussettes roulées en boule… Thomas n’eut pas le temps de passer de la surprise à la peur en voyant le crâne enflammé remplaçant la tête de son assaillant que déjà, une chaîne de moto chauffée à blanc par la fournaise émanant du personnage s’abattait sur lui.

"COUPABLE !" s’écria le crâne du motard en grinçant. "ON NE TÉLÉCHARGE PAS LA SOUPE AUX CHOUX IMPUNÉMENT !" ajouta t-il, avant d’essorer sa poignée d’accélérateur pour s’enfuir par la fenêtre sur son destrier mécanique en entendant la maman de Thomas montant les escaliers pour savoir ce que c’était ce bazar dans la chambre de son fils, et que si c’était encore sa musique de sauvageon, il allait voir son argent de poche réduit de 5€.

Le Rider venait encore de faire son devoir. La Terre était un endroit plus sûr ; mais déjà, le crime l’attendait, ailleurs : quelqu’un n’avait pas payé son parcmètre quelque part au Mans.

Le Mal était partout.

FIN DE L’INTERLUDE

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 Aussi, j’ai dû fuir jusqu’en Europe de l’Est (ndloc :véridique, encore une fois), parce que quitte à tuer des gens, autant que ce soit des Roumains, c’est moins grave. Oh, au fait, vous vous souvenez de ma copine du dernier film ? Et bien pas moi : elle demandait un cachet trop élevé, alors on va juste ne pas en parler, d’accord ? Allez, reprenons le déroulement du film."

Voilà : Johnny est donc en ce moment, et ça tombe bien, en Roumanie, ce qui est quand même une sacrée coïncidence, car il aurait été au Bhoutan, ça aurait posé quelques problèmes avec cette histoire de prophétie, mais non, ouf. Et justement : alors que Johnny est dans un entrepôt isolé du pays à méditer sur l’avenir qui l’attend, un homme se présente à sa porte : Moreau. Grâce à ses supers pouvoirs intitulés "J’ai accès au script", il l’a trouvé sans problème, et lui explique la situation : "Salut Johnny, je me présente, je suis un type qui pue l’alcool et qui sort de nulle part. Tiens, voilà une photo en noir et blanc d’un enfant, car ici, chez les Roumains, on a pas inventé la couleur. Tu vas retrouver ce gosse sans que je te dise pourquoi et me l’amener. Oui, je te dis ça car je sais que tu es le Rider, et tu pourras sentir où est cet enfant car il a l’odeur du Diable. Et si tu le fais : moi et mon ordre, on exorcisera le Rider et tu seras liiiiiibre !"

Personnellement, je serais Johnny, je me serais vaguement demandé comment ce mec a pu me trouver, comment il peut savoir que le Rider, c’est moi & co, mais Johnny, non. Il dit juste "Okay !" : vous m’étonnez qu’après il se retrouve à signer des pactes avec le premier couillon venu. J’espère qu’il n’a pas internet.

De : NMagou@africa-online.com

A : BlazeJojo666@AOL.com

Objet : Aide-moi !

"Bonjour Johnny, je suis Amaury N’Magou ! Mon père, le vénérable Mougou N’Magou est mort dans un accident de balancelle ; il a cependant laissé à la National Bank of Bamako un compte contenant 9.008.00 dollars ! Mais je ne peux l’encaisser sans garant ! S’il-te-plaît, Johnny, viens à mon aide et tu auras 20% de la somme. P.S : peux tu m’avancer 2 000 dollars sur la somme que nous allons toucher ?"

Non vraiment : internet est une place trop dangereuse pour Johnny.

"Moreau, tu n'as pas été suivi jusqu'ici ?" - "Nan nan, ou alors le mec était balaise."

En attendant, où sont Nadya et Danny (notez la subtile proximité entre les deux noms pour ne pas perdre le spectateur) pendant ce temps, hmm ? Et bien figurez-vous qu’ils se planquent dans une ville du coin, où Nadya dragouille de potentiels maris infidèles pendant que son fils leur fait les poches histoire d’obtenir de quoi subvenir à leurs besoins ; nous apprenons ce faisant qu’ils sont gitans, obtenant ainsi la combo Roumain-gitan-voleur du premier coup. On attend avec impatience le banquier juif, le coiffeur homosexuel et le mauvais Nicolas Cage. Ho ? Attendez !

En tout cas, sitôt leur dernier forfait accompli, la mère et son fils décident de quitter la ville où ils opéraient pour prendre la route afin d’éviter les ennuis ; hélas, ils ne remarquent pas qu’ils sont suivis par deux énormes 4×4 noirs mystérieux (et pourtant, il fait grand jour et curieusement, Nadya et Danny compris, ce sont les trois seuls véhicules de la ville à circuler), et ce visiblement durant plusieurs heures, puisque dans le plan suivant, il fait nuit noire (ou alors… ou alors c’est juste un autre problème de script ? Ah bin oui, mais nous verrons que la chose se répétera encore et encore) ; mais c’est vrai que c’est pas facile de repérer deux 4×4 dans son rétro quand, de tout le film, il n’y aura jamais la moindre trace de circulation (à l’exception d’une voiture rouge au début, dans la course poursuite qu’il y a eu entre Moreau, Carrigan et Nadya et que le prêtre a failli se manger sur sa moto pour être exact, mais sinon, pas une seule).

Carrigan, donc, le chef des malandrins, décide de passer à l’action : je vous rappelle que son objectif est de récupérer Danny. Que faire ? Continuer de suivre le véhicule de Nadya et profiter d’un arrêt pipi-essence pour agir, en profitant du fait que visiblement, elle n’est pas foutue de regarder dans son rétro ? Lui intimer de s’arrêter en lui collant un flingue sous le nez ? Non. Carrigan est beaucoup plus intelligent que ça : il fait nuit noire, ils sont lancés à pleine vitesse, il va donc…

… percuter la bagnole de Nadya pour l’envoyer voler.

Dis-moi galopin, quelle partie du plan tu n’as pas compris dans "récupérer l’enfant" ? C’est le passage où on t’a expliqué que sous forme de pulpe, il était vaguement moins utile ? Et sinon, pourquoi as-tu attendu la nuit ? Pour être sûr d’éventuellement louper un obstacle/un virage/perdre l’épave dans un ravin durant la manœuvre d’attaque ? Les routes de ce film sont désertes, tu ne risquais rien, alors pourquoi ?

Bref : suite à diverses manœuvres routières plus ou moins aventureuses, la voiture de Nadya finit en bord de route, puis les deux véhicules des malandrins s’arrêtent à son niveau, et en sortent toute une série de chenapans armés de diverses armes de plus ou moins gros calibre. Parmi eux, donc, Carrigan, leur chef ; Nadya s’exclame donc "Halala, donc ! Carrigan ! Mon ex ! Je te hais, tu es vilain ! Tu n’auras jamais mon fils, en plus, il n’est même pas de toi, alors hein, ho, touche-z’y-pas gros bâtard !" (elle manque d’éducation, j’en conviens). Oui, le méchant est l’ex de la gentille : ça n’aura aucun intérêt dans l’histoire, mais ça rend les choses encore moins crédibles. Bien pensé.

Enfin, revenons à notre sujet : Carrigan est donc en train de menacer Nadya, en demandant à ses hommes de se saisir de Danny, quand soudain, un gros bruit de pétarade se fait entendre : qu’est-ce ? La police ? L’armée ? Une soirée flammenküche qui aurait dégénéré ? Non ! C’est une moto infernale qui arrive en sautant depuis on ne sait quel invisible tremplin, et faite de métal en fusion et de flammes ; sur son assise, on trouve un homme vêtu en motard, mais au crâne nu et flamboyant : le Rider !

Oui : Johnny, qui luttait depuis des mois pour garder le contrôle la nuit et ne plus devenir le Rider, l’a laissé prendre le dessus pour pouvoir partir à la recherche de l’enfant qui sent "comme le Diable" (il contrôle très mal ses sphincters). Le voici donc pour sa première scène d’action du film où, pour faire le spectacle, il prend des poses cools. Et évidemment, les méchants restent immobiles à le regarder faire ses trucs de kéké sans même poser de questions, parce que vous comprenez, un squelette en flammes motard, c’est tellement banal. D’ailleurs, même quand celui-ci commence à les tuer un par un, parfois en se contentant de les regarder droit dans les yeux durant de longues minutes, personne ne tire, ils font juste "Ah bin ça alors !" ; misère, ce que c’est nul.

Carrigan, lui, est lassé par cette scène sans fin, et décide donc de passer à l’action en demandant à ses hommes de tirer, ce qu’ils font  – enfin – sans hésiter ; mais ah ! Voilà que le Rider résiste aux balles ! Ni une, ni deux, Carrigan va donc dans son coffre chercher son lance-grenades, et envoie une cacahuète à la créature de l’enfer, qui est donc projetée en arrière avant d’exploser lamentablement : le Rider est vaincu ! Les méchants, pas peu fiers d’être débarrassés de cette bestiole bizarre, embarquent donc Danny et fuient promptement, laissant Nadya sur place, histoire qu’elle puisse leur attirer plein d’emmerdes, comme par exemple mettre la police ou on ne sait qui à leurs trousses. Faudrait pas voir à se débarrasser de l’unique gêneuse et témoin du coin, fraîche et disponible pour leurs balles ou tout autre plan plus ou moins vil.

Non, ne cherchez pas. Cht. Dites à vos neurones de se calmer, ils se font du mal, et tout cela va aller crescendo.

Quelques heures plus tard, Johnny Blaze se réveille dans un hôpital roumain, où une charmante infirmière vient lui expliquer que la police veut lui parler ; le pauvre cascadeur, étonné, se rappelle soudain de ce que le Rider a fait la nuit-même en possédant son corps : comment a t-il survécu ? Visiblement, l’esprit vengeur est plus fort qu’il ne le pensait, puisque tout ce qu’il reste comme trace de sa branlée de la veille est une cicatrice sur son torse : ça va, ça aurait pu être pire ; mais comme ça pique encore un peu, et que Johnny n’a pas trop envie d’expliquer à la police que "Vous comprenez Monsieur l’agent, je sais qu’on m’a retrouvé au milieu de voitures en feu criblées de balles, de cadavres à demi-brûlés & co, mais je peux tout vous expliquer : tout a commencé quand le Diable m’a proposé un smartphone, et…", il se lève tranquillement, récupère ses affaires qui traînaient juste à côté de lui, se sert en anti-douleurs dans la pharmacie en libre service de sa chambre d’hôpital (il y en a toujours une, c’est connu), puis s’en va tranquillement puisque la police qui voulait lui parler et l’avait retrouvé sur le site d’un massacre vaguement intéressant ne surveille pas la porte de la chambre, ni quoi que ce soit en fait.

Oui, je sais, ça fait mal, mais ne viens-je pas de dire de calmer vos neurones ? Si vous tentez de réfléchir aussi, hein ! Vers la fin du film, vous aurez l’impression que votre cerveau a perdu 15% de sa masse, vous verrez.

Pour la petite histoire, voilà à quoi ressemblent Nadya et Danny. Comment ? Etaient-ils dans une discothèque au moment de la photo ? Non non, ça c'est le début du film quand ils sont dans le monastère attaqués. Sûrement l'abbaye perdue de Saint Funky-Groove

En sortant de l’hôpital, Johnny croise dans les couloirs la petite Nadya, qui n’a rien à faire là mais a dû se dire "Tiens, si je me mettais dans un endroit où la police risque de me trouver et de m’interroger des heures sur le massacre d’un monastère bourré de caméras où l’on pouvait me voir sur toutes les bandes, et sur le massacre de la nuit dernière si jamais le motard bizarre qu’ils ont retrouvé sur place se mettait à parler ? Oh oui, ce serait tellement intelligent !", et se décide donc à la suivre ; celle-ci n’apprécie guère la manoeuvre et finit par l’attendre l’arme à la main sur le parking (désert) de l’hôpital en lui demandant qui il est, car elle reconnait sa tenue, même si cette fois-ci sa tête n’est pas un crâne en flamme, mais bien pire finalement, et celui-ci se contente d’un "Salut, petite, je veux retrouver ton fils et je tue des gens en me transformant en démon, donc je vois pas pourquoi tu ne me ferais pas confiance en me racontant ta vie avec tous les détails et en m’aidant à retrouver ton morveux sans que je te détaille ce que je compte en faire" ; autant vous dire que la bougresse est aussitôt convaincue (… hein ? Non, je n’ai rien dit, ça se passe de commentaire). Nos deux loulous désormais en équipe se dirigent donc vers…

Nan vraiment, là c’est dur, j’ai l’impression que ça ne s’arrête jamais.

… Ils se dirigent vers une dépanneuse sur laquelle trône la moto de Nicolas Cage. Oui : la police a retrouvé sa moto, l’a chargée sur une dépanneuse, et l’a amenée à l’hôpital pour des raisons que l’on ignore totalement, avant de laisser le tout en plan sur le parking. Voilà voilà. Ho, petit détail pour ceux qui se poseraient la question : quand Johnny n’est pas sous sa forme de Rider, c’est une moto normale ; elle ne change que lorsqu’il se transforme. Donc non, la police n’a pas ramené une moto démoniaque hurlant aux gardiens de la paix d’aller sucer des biroutes en enfer tout le long du trajet. Enfin bon : dans tous les cas, Johnny et Nadya partent donc en vadrouille ensemble à bord du beau véhicule jaune, et emmenant ainsi la monture de notre héros avec eux. Ce n’est pas du tout télescopé.

Nadya raconte alors son histoire, qui est tout à fait passionnante : dans sa jeunesse, elle a fait des bêtises (comme par exemple télécharger Miss Détective) et est donc allée en prison ; là-bas, elle a rencontré Carrigan, avec qui elle a eu une liaison, mais uniquement parce qu’il trafiquait des armes et du matériel permettant potentiellement de s’évader. Mais une fois dehors, le vil fourgueur d’armes lui a proposé un braquage qui a mal tourné : Nadya s’est retrouvée mortellement touchée lorsque la situation a mal tourné, et le Diable lui est apparu : il lui a proposé de la soigner… mais en échange, elle devrait porter un enfant… son enfant ! Et voilà que Satan veut récupérer ce qui est à lui, et a donc payé Carrigan pour la retrouver et se saisir du marmot !

Mais avant que Johnny ne pose la question "Oui d’accord, mais alors Satan, c’est un bon coup ?", allons plutôt voir ce qu’il se passe du côté de Carrigan. Car celui-ci s’est arrêté dans un coin désert pour appeler son boss, le Diable, même s’il ignore que c’est lui (ce dernier se fait appeler Jean-Jacques) et lui expliquer que oui, ça y est, il a l’enfant, mais que il va falloir payer plus cher pour le récupérer : en effet, il n’était pas prévu dans le contrat d’affronter des motards-squelettes-enflammés (peu de contrats le prévoient, c’est vrai, la maman de Thomas n’a découvert que trop tard que son assurance ne couvrait pas les dégâts commis par les démons mécanisés en agglomération, elle devra donc payer le changement de la fenêtre de son fils ainsi que du parquet à ses frais). Le Diable est donc très intéressé par la nouvelle de la présence du Rider dans les parages, et demande à parler à Danny. Sitôt qu’il l’a au téléphone, il lui chuchote des trucs à l’oreille dans une langue curieuse (sûrement des trucs cochons, vieux pédophile), et l’enfant semble entrer en transe avant de hurler puis de s’évanouir ; lorsque Carrigan reprend la ligne pour demander ce que c’est que ce bordel, Jean-Jacques lui explique que "Tu vois, ce garçon est comme un ordinateur : je viens de couper l’accès du Rider à celui-ci. Il ne pourra plus le retrouver". Soit, disent les méchants : mais j’espère que c’est pas un Mac alors, parce que si le gamin commence à nous gaver avec les conditions d’utilisation de Itunes, on le balance. Enfin, ils reprennent la route.

A noter : durant les heures qui vont suivre, Danny tentera brièvement de s’évader à la nuit tombée en sautant depuis l’arrière du véhicule vers l’avant de celui-ci pour tourner brutalement le volant du 4×4 qui l’emmène, lui, Carrigan et quelques uns de ses hommes. Oui, malgré plusieurs gorilles, dont un qui tient le volant, personne ne parvient à arrêter un merdeux de 13 ans gros comme une allumette. Mieux encore, on peut apercevoir le chauffeur parvenir à reprendre le contrôle du véhicule et à repartir droit avant que… que mystérieusement dans le plan suivant, le véhicule ne soit curieusement en train de partir sur le côté en faisant 40 tonneaux. A part un homme de Carrigan, tout le monde s’en tire sans bobos, parce que vous savez, les tonneaux, bon… Danny parvient même à fuir sur quelques mètres sans la moindre égratignure (il avait remis sa ceinture, tout s’explique), mais est arrêté par un obstacle terrible : des GALETS HUMIDES ! Ce qui le fait glisser et se briser la cheville en hurlant.

Je résume :

- Tonneaux en 4×4 à pleine vitesse = tranquille Emile

- Galets humides = éternité de douleur

Après avoir récupéré un nouveau véhicule dans une séance qui se veut "lolilol", Carrigan, sa troupe et son prisonniers repartent à bord d’un van hippie emprunté à des touristes allemands. Voilà, c’est drôle : riez un bon coup, on reprend dès que vous avez fini de vous remettre de ce grand moment d’humour digne du cinéma français.

GHOST RIDER PUNIT LES VILAINS GALETS HUMIDES QUI GLISSENT !

Revenons à Johnny et Nadya qui roulent paisiblement, mais désormais sans guidage, puisque notre héros ne "sent plus" soudainement Danny, et sait que c’est parce que quelqu’un lui a bloqué l’accès (ou lui a appris la propreté, allez savoir) ; notre héroïne, elle, s’exclame donc "Nan mais t’inquiète chaussette, je connais un pote de Carrigan, un gros trafiquant, il nous dira où il est" : ni une, ni deux, nos larrons se rendent donc jusqu’à une sorte de club de combats illégaux, et dans les coulisses, Johnny tombe alors que la nuit est tombée sur Popov, le fameux trafiquant. Il a tôt fait de le faire parler grâce à une chose simple : le Rider, profitant de la lune désormais haute et du fait que l’endroit respire la corruption et le crime, se bat à l’intérieur de Johnny pour prendre le contrôle. De temps à autre, l’oeil de Johnny se transforme en crâne, ou sa mâchoire, bref : c’est pas bien naturel et ça fait très peur. Ou alors, ce sont juste ses cheveux qui font peur, mais c’est un autre sujet : Popov avoue donc bien volontiers : "Oui, je sais où est Carrigan, il a rendez-vous dans une carrière pas loin d’ici pour acheter tout un tas d’armes ce soir, ça tombe bien quand même, non ? Mais je doute que vous arriviez à temps !" : c’est sans compter sur Johnny, qui part chercher sa moto à l’arrière de la dépanneuse, et fonce vers la fameuse carrière (dont il connait l’emplacement précis grâce à heu… rien).

Et là, attention, scène abominable : environ une minute de Nicolas Cage en gros plan qui fait le psychopathe sur sa moto avec le Rider qui se bat pour prendre le contrôle. Et finit d’ailleurs par le faire, mais à voir, vraiment, ça fait super peur. Actor’s studio.

A la carrière, donc, que se passe t-il ? Et bien déjà, pour ne pas poser de problèmes, le film a à nouveau "oublié" que deux scènes plus tôt, Carrigan circulait désormais en van hippie (d’ailleurs visiblement, il a même trouvé un coin pour se changer, mais passons), et on le retrouve donc attendant Papav (le pote de Popov), pour lui acheter… des lance-missiles à têtes chercheuses ! A peine le deal conclu, un bruit de pétarade typique se fait entendre… tous les hommes tant de Carrigan que de Papav se mettent donc en position pour se préparer à tataner l’intrus, quand soudain, ils découvrent celui-ci débarquant dans toute sa splendeur : le Rider sur sa moto de feu ! Connaissant déjà l’animal, Carrigan réagit promptement et lui décoche donc un missile, mais cela ne suffit pas à l’arrêter ! Pas plus que les autres projectiles du genre qui le touchent : donc oui, le Rider encaisse très mal les grenades, mais les missiles, trucs vaguement 10 fois plus gros, ça par contre ça ne lui fait quasiment rien, merci.

Non, il n’y a aucune explication. S’il est possible de faire de l’encre à partir de matières fécales, je puis vous confirmer que ce scénario a été rédigé au stylo-plume.

Après avoir ainsi montré sa grande résistance aux missiles, roquettes et autres projectiles de gros calibre, le Rider entreprend donc de tuer à peu près tout et tout le monde, permettant ainsi de découvrir qu’à l’instar du film Commando, avec Arnold Schwarzenegger, il y a un petit problème avec les figurants, au point que notre héros se retrouve à tuer plusieurs fois le même personnage (spectateurs, regardez particulièrement le jeune homme avec une capuche qui se fait tuer deux fois dans deux plans successifs de deux manières différentes), mais cela n’a guère d’importance ; non, afin de profiter pleinement de la bataille, le Rider se décide à abandonner sa moto pour grimper sur l’énorme excavatrice qui domine la carrière, et comme pour sa moto, il la transforme en… excavatrice du démon. Qui va donc super vite, fait des flammes, etc. Autant vous le dire : avec ça, il éclate à peu près tout et tout le monde dans quantité de gerbes d’étincelles ; Nadya, elle, qui a suivi le Rider profite du chaos ambiant pour aller, à l’écart de la carrière, récupérer son fils qui attendait sagement ligoté dans un coin. Cela fait, elle file, laissant le massacre se finir.

A noter que Carrigan, lui, évidemment, affronte le Rider en personne, mais que sans aucune raison, ce dernier plutôt que de le transformer en cendres comme il le fait toujours, l’envoie juste paître sous un gros caillou où il agonise longuement. C’est important de le préciser : on sent que le personnage va resservir lui aussi et qu’il faut donc le garder en bon état. Cela fait : tout le monde reprend la route, loin de tous ces mécréants.

Le lendemain, donc, après de longues heures à rouler, nous retrouvons Nadya, Danny et Johnny dans un restoroute, où Danny regarde envieux les autres familles présentes, car on sent bien ce qui lui manque : un papa gentil pour lui tapoter la tête d’un air satisfait, comme dans toute bonne famille qui se respecte. Johnny, qui ne connait pas le marmot depuis plus de 10mn tente de jouer ce rôle, ce à quoi le fils du Diable (puisque bon, quand même, c’est son statut et que ça explique pas mal pourquoi papa n’a jamais été un père de famille exemplaire) répond que "Ouais Johnny, t’es plus cool que tous les autres mecs avec qui maman est sortie !" (hé bé, ça devait pas voler bien haut) ; notre héros apprécie le compliment comme il se doit, et lorsqu’ils reprennent la route, toujours au volant de leur dépanneuse transportant le destrier de Johnny, c’est Nadya qui conduit, alors que le cascadeur et le marmot sont sur la plate-forme à l’arrière à discuter entre hommes du genre "Dis Johnny, pourquoi j’ai des poils qui poussent ?". La conversation porte beaucoup sur le Rider et l’effet que cela fait à Johnny de le devenir, puisque le jeune homme trouve cela, là encore, "trop cool". Cependant, le marmot soulève plusieurs questions intéressantes lors d’un dialogue que je n’invente hélas pas (mais que la production a refusé que je complète curieusement, voici l’original avec mes ajouts encore barrés) :

"Mais alors Johnny, pourquoi ta moto prend feu quand tu deviens le Rider ?
- Hé bien parce que tout ce que monte le Rider prend feu : une voiture, une moto, une excavatrice… c’est comme ça.
- Ah ouais, mais alors si tu montes en avion ? Ou sur un chameau par exemple ?
- Hmmmm, je ne sais pas. Je devrais peut-être grimper sur ta mère pour voir.
- Et quand tu veux faire pipi sous forme de Rider, il se passe quoi ?
- Et bien là, je fais pipi, un vrai lance-flammes ! (là, image à l’appui, on voit à l’écran le Rider urinant du feu)
- Hihihi, tu es trop drôle John, t’es trop cool ! Enfin si tu fais jaillir des flammes de ton zob, évite de faire un facial-napalm à maman quand même."
  

C’est un peu grivois, j’en conviens, mais allez savoir pourquoi, j’avais l’impression que ça remonterait au moins un peu le niveau du film. Mais laissons de côté ces quelques propos car voici qu’un autre véhicule arrive sur la route déserte derrière nos héros : chevauchant sa moto, c’est Moreau ! Mais au fait, sa moto elle n’était pas au fond d’un rav… bon, on va dire qu’il peut générer des motos à volonté que c’est son pouvoir caché. Allez. Bref : Moreau dit "Youpi les amis, je suis content de vous avoir retrouvé : bon et Nadya, je sais qu’avant tu me tirais dessus car tu refusais mon aide, mais c’est fini, on est tous dans la même équipe !"

Vous pensez que je rigole ? Mécréants : voyez où nous en sommes !

Pardon ?

Au début du film, Nadya vidait donc des chargeurs entiers vers Moreau pour "refuser son aide" ? Merde, j’espère qu’il n’y a pas trop de gens qui lui proposent de l’aider à porter ses courses, sinon, bonjour les coups de fusil à pompe dans les gencives. Hystérique ? Maiiiiis non. La preuve : tout le monde rigole de cette mésaventure, Moreau en premier, avant de dire "Venez les amis, je vous guide jusqu’au Sanctuaire où mon ordre pourra protéger l’enfant et exorciser le Rider ! Tu seras libre, Johnny, tu as tenu parole et ramené Danny !"

Et justement, alors, le sanctuaire, où est-ce ? Et bien il s’agit d’une sorte d’immense village troglodyte que les puristes sauront situer en Cappadoce, qui prouve qu’en une journée de route, nos héros ont dû rouler en moyenne à 250km/h en dépanneuse ou en avoir une qui vole pour traverser le Bosphore, et donc, l’endroit pour le coup abrite un ordre de moines fort discret qui semble avoir pour tradition de s’écrire plein de trucs sur la peau, comme de vulgaires écolières en fleur. Et le chef de cette ordre, le plus sage de tous les moines, celui qui a tant et tant vécu que son visage même est recouvert d’écritures est…

Vous êtes bien assis ? Allez, redressez-vous. Le dos droit, allez, on vous l’a déjà dit ! C’est bon ?

C’est…

Christophe "Hin hin hin" Lambert

Quel ordre terrible ! Être commandé par pareil énergumène ! En tout cas, Nicolas Cage et Christophe Lambert dans le même film, m’est avis qu’aux oscars, ils ne sauront à qui le décerner. Quelle bataille de titans, mais bref : Danny et Nadya sont emmenés par les moines pour être mis en sécurité,  alors que Johnny et Moreau partent d’un autre côté pour aller exorciser le Rider du corps de notre héros, lui permettant de retrouver une vie normale. C’est alors qu’une discussion pas banale va naître : "Mais au fait Moreau, c’est quoi, le Rider ?"

C’est vrai qu’il serait peut-être temps de t’en inquiéter, mais bon.

Moreau explique alors ce qu’il en est : le Rider est en fait un ange qui a été autrefois envoyé sur Terre pour répandre la justice. Mais hélas, il a été capturé par les forces de Satan (comment ? Je suis curieux quand même, ils ont fait un gros piège à ours ?) et corrompu en l’obligeant à regarder toute la bassesse de l’humanité (c’est-à-dire une bonne partie de la saison I de Sex & the City, ce qui ferait craquer n’importe qui) ; il est donc alors devenu fou et s’est mis à punir tout et tout le monde. Satan s’est servi de lui comme agent car il avait quand même le pouvoir de botter bien des culs, ce qui était bien pratique. Bon, allez assez causé, que l’exorcisme commence :

Le prêtre noir, qui prétend adorer le vin mais le boit au goulot (nan mais sacrilège), oblige donc notre héros à se confesser avant de communier avec lui puis de l’envoyer dans une pièce à part où l’exorcisme doit avoir lieu. Moreau dit juste "On se boira ce bon vieux vin – en désignant une vieille bouteille – sitôt tout cela fini, d’accord ?" : ah, ne JAMAIS dire ça dans un film américain mec, ça revient à dire "Quand tout sera fini, j’irai retrouver ma fiancée", c’est un coup à mourir, mais passons. Sitôt Johnny entré dans la salle, une lourde pierre roule derrière lui (oui, les villages troglodytes ancestraux ont longtemps eu des portes automatiques, tous les archéologues le savent), et le bougre se retrouve tout bonnement enfermé. C’est alors qu’il sent un truc remuer en lui : l’exorcisme commence !

Mais pendant ce temps, quid des méchants, hein ? Je vous le demande ! Revenons à la carrière où notre Rider s’était déchaîné à coups d’excavatrice plus tôt : quantité de secouristes et de pompiers opèrent sur place, éteignant les restes des incendies occupant encore l’endroit, et récupérant les rares survivants. Cependant, alors que tout ce petit monde est occupé, personne ne voit arriver un homme en costume sur les lieux : Jean-Jacques, alias le Diable en personne ! Et qui trouve t-il sous son gros caillou en train d’agoniser ? Carrigan, visiblement encore vivant, mais que personne n’aide alors que les secouristes passent tranquillement en marchant à un mètre de lui. Nan mais sérieusement les enfants ? Bref ; le Diable, lui, vient le voir et lui dit "Carrigan mon lapin, tu ne m’as pas bien servi ! Tu devais me ramener l’enfant !", ce à quoi l’autre répond "Nan mais en fait, là, je suis occupé, je meurs. Aaargh… couic". Et il ne bluffe pas : il meurt sous ses yeux, il l’avait juste attendu pour ce faire, ce qui est vraiment sympa, notons-le, et pas du tout télescopé.

"Scrogneugneu", dit le Diable, avant d’ajouter "Nan mais t’es en CDI mec, attends, tu te barres pas sans préavis en prétextant que tu es mort, là, ho, dis !" : et en touchant le corps encore chaud d’un doigt, celui-ci semble soudain se réveiller de manière désagréable avant de se recroqueviller sous son gros caillou, pour mieux ressortir de sous celui-ci, désormais affublé d’une nouvelle forme. Carrigan a en effet quitté le monde des vivants et est désormais une créature ni morte, ni vivante, mais surtout, il est devenu blond à cheveux longs. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, en tout cas, voilà : il a aussi les traits un peu tirés, mais en-dehors de ça, il se porte bien. Le Diable lui explique alors sa nouvelle condition : il est désormais une créature à son service, qui doit toujours terminer son contrat, et ramener Danny à lui. Il a d’ailleurs désormais des pouvoirs magiques :

  1. Où qu’il aille, il y a une sorte de zone d’ombre autour de lui qui donne l’impression aux gens quand il approche que, soudain, il fait nuit noire
  2. Il fait pourrir tout ce qu’il touche. Ce qui laisse supposer qu’il a eu accès au scénario.

Le bougre teste donc aussitôt son pouvoir sur un secouriste isolé, qui d’un simple contact, se transforme en momie sur place ; notre méchant n’a plus qu’à voler son véhicule pour partir à la poursuite de Danny. Bonne route, Carrigan ! J’espère qu’en chemin tu te poseras la question "Mais attends, à quoi ça sert un pouvoir de putréfaction au toucher sur un squelette immortel en flammes ?" ou "Ça alors, pourquoi mes fringues ne pourrissent pas alors ? Pourtant, pourrir mon slip, ça me connait en temps normal, c’est fou", hein. Mais je dis ça…

Le méchant pourri qui obtient le pouvoir pourri du pourri : c'est vraiment recherché

Bon, pendant que vous en êtes encore à vous demander comment Carrigan peut savoir dans quelle direction sont partis les gentils, retrouvons Johnny qui a été exorcisé pendant ce temps. Oui, il lui a suffit de rester allongé au milieu de la pièce où il était enfermé pour que le Rider le quitte. Je suis un peu déçu, il n’y a même pas eu de passage où le héros vomit partout en hurlant des insanités, ce n’est plus ce que c’était. Trop heureux d’être ainsi libéré, Johnny sort donc de l’endroit (la porte automatique se rouvre, elle détecte automatiquement quand un mec a été exorcisé ou non, c’est sympa), et las ! Notre cascadeur préféré découvre que les moines de Christophe Lambert sont de petits enfoirés ! Ils ont attendus que le Rider quitte l’ami Blaze pour capturer tout le monde, et expliquer leur plan : il est impossible de protéger Danny. Le Diable le veut pour le solstice d’hiver, soit le soir même, mais quand bien même il ne serait pas repris par le Démon d’ici là, même une fois cette date dépassée, il resterait un danger selon les religieux : il faut donc le tuer, purement et simplement.

Nos héros sont donc retenus par des moines, pendant qu’une poignée d’entre eux part dehors pour se mettre en cercle autour d’un billot où Danny est invité à placer son frêle petit cou, alors que Christophe Lambert sort son épée sacrée pour procéder à l’exécution, tant les décapitations, il maîtrise depuis Highlander.

Mais pile au moment (ça vous surprend, hein ?) où il s’apprêtait à exécuter le marmot, Christophe se rend compte qu’il fait nuit noire. Ho ? Et autour de lui, il voit ses frères disparaître un par un, emportés par les ténèbres : comment ? Qu’est-ce ? What the fuck ? Rapidement, Totophe comprend lorsqu’il se retrouve lui même attaqué par une créature qui fait pourrir ses mains lorsqu’il tente de lui faire du kung-fu dans la gueule : Carrigan !

Oui, Carrigan a une ambulance encore plus magique que la dépanneuse de nos héros : il a réussi à les rejoindre en moins d’une journée, puisqu’il fait encore grand jour ! On en déduira donc que celle-ci, en plus d’elle aussi voler au-dessus du détroit du Bosphore, devait circuler à une vitesse moyenne de 350 km/h. Je ne sais pas ce qu’ils ont comme véhicules d’urgence en Roumanie, mais j’ai l’impression qu’on nous cache quelque chose.

En tout cas, voilà : Carrigan tue le Frère Lambert et s’enfuit en emportant Danny (ne me demandez pas comment il fait pour qu’il ne pourrisse pas lorsqu’il le touche) avec lui. Lorsque Johnny, Moreau et Nadya arrivent donc enfin dehors pour voir ce qu’il s’est passé, ils ne découvrent donc que quelques momies recroquevillées portant encore des robes de bure pourries. Hmmmm… tout cela est bien mystérieux.

Ho, et sinon, les autres prêtres ? Ceux que l’on voyait un peu partout lorsque nos héros ont découvert l’endroit ? Ceux-là mêmes qui pour certains, retenaient nos héros pendant que l’exécution avait lieu, ils font quoi ? Ah bin rien, là encore : ils ont tous disparu, pfouit. Comme les assaillants du début du film dans le monastère.

Ça devient redondant quand même, ces disparitions de masse.

En tout cas, alors que Nadya pense que tout est perdu, Moreau explique qu’il connait le plan de Satan, parce que… il a lu une prophétie sur le sujet. Voilà. Ne demandez pas d’où elle sortait : c’était une prophétie. Et donc, le prêtre à la peau sombre explique :

Satan a un souci : il ne peut apparaître sur Terre qu’en empruntant des corps humains. Or, ses pouvoirs sont si puissants qu’ils peinent à être contenus dans une enveloppe charnelle classique, et ils finissent par ravager celle-ci ; Satan a donc décidé d’avoir un fils, Danny (il n’a pas dû choisir le prénom, c’est pas lui qui porte la culotte), en utilisant une mère porteuse, Nadya. Cet enfant a en lui tous les pouvoirs du Diable, et son corps est conçu pour résister aux dégâts normalement causés par ces derniers. Bref ! Si Satan a voulu kidnapper Danny, c’est parce qu’au solstice d’hiver de l’année de ses 13 ans – soit aujourd’hui même ! – il pourra se transférer dans son corps, et ainsi être désormais libre d’utiliser tous ses pouvoirs sur Terre sans limite ! Et il dominera le mooooonde !

Pourquoi il faut toujours que les gens sauvent le monde ? Ils ne pourraient pas faire plus petit ? Rah.

Bon cela dit, cela soulève plusieurs questions :

  • Pourquoi le Diable n’y a t-il pas pensé plus tôt dans l’Histoire ?
  • Au fait, pourquoi ne se contente-il pas de changer de corps plus souvent ?
  • Et à part pour le côté "juste à temps !", pourquoi le bougre n’a t-il pas tenté de récupérer son fils plus tôt que 2 jours avant la date limite de consommation ? Il voulait juste maximiser ses chances d’échec ?

Encore une fois, aucune réponse logique. Mais bon : sinon Moreau, tu ne saurais pas où le rituel de transfert va se passer à tout hasard ? Mais si, répond le bougre, bien sûr : dans l’endroit le plus éloigné qui soit du Paradis… une nécropole antique en Turquie elle aussi (c’est bien fait). Mon ami Claude G, ministre de l’intérieur d’une petite république, qui regardait le film avec moi, m’a d’ailleurs glissé à l’oreille à ce moment là "Ah, je savais bien que la Turquie était l’endroit le plus éloigné qui soit de notre Seigneur !", mais il est un peu taquin en ce moment.  Bref, allons justement voir ce qu’il se passe chez Satan.

Christophe Lambert et son ordre n'ont pas compris le principe de la galette au four

Car le Diable est déjà à la nécropole, bientôt rejoint par Carrigan qui lui livre Danny tel une sorte de FedEx du kidnapping ; le seigneur des enfers commence donc à expliquer à l’enfant que voilà voilà mon lapin, tu es bien gentil, mais je vais devoir me servir de toi comme enveloppe corporelle. J’ai d’ailleurs d’ores et déjà mis tous mes pouvoirs en toi pour gagner du temps, parce que tu comprends, quand j’utilise un corps qui n’est pas fait sur-mesure, comme celui que j’utilise actuellement, il se détruit car mes pouvoirs sont trop puissants pour lui et ravagent cette enveloppe dès que je m’en sers.

"D’accord grosse tanche, mais alors explique moi comment le Rider ou encore ton pote Carrigan-Cul-Pourri peuvent utiliser leurs pouvoirs sans souci : ne sont-ce pas des humains avec des pouvoirs infernaux ? Tu te foutrais pas de ma gueule ?", aurais dû dire Danny, mais comme il est un peu con, il reste sur place béat.

Satan, pour s’assurer qu’il ne file pas avant la cérémonie de transfert qui doit avoir lieu le soir même, plante donc une seringue dans le marmot pour le faire pioncer. Oui, sinon mec : la dernière fois, il t’avait suffi de lui chuchoter des trucs à l’oreille par téléphone pour lui faire perdre connaissance : je te trouve un peu léger pour le maître des enfers, hein, mais bon.

Mais pendant ce temps, Johnny, Moreau et Nadya sont eux aussi arrivés sur place ! Après avoir vidé une cache d’arme dont disposait l’ordre des moines du sieur Lambert (ne me demandez pas ce qu’ils foutaient avec ça), ils se sont donc rendus jusqu’à l’endroit où doit avoir lieu le rituel et, caché à quelque distance de là, observent de leurs jumelles la valse des voitures délivrant leurs flots d’invités : Nadya explique "Mon Dieu, regardez ! Ce sont tous les satanistes du coin : hommes politiques, vedettes, personnages influents… ils sont tous là !" ; ah ? Il n’y a pas d’ouvrier ou de paysan sataniste ? Le Diable mangerait-il au Fouquet’s ? Et puis surtout : une telle concentration de personnalités en vue, c’est un coup à se retrouver avec Gala publiant des photos volées "Exclusif : Justin Bieber sacrifie des chèvres au Démon ! Et à l’intérieur, notre dossier spécial : Jean-François Copé dessine des pentacles avec le sang des jeunes adhérents UMP !". En tout cas, tous ces gens ne sont pas seuls : les forces spéciales qui avaient attaqué le monastère au tout début du film montent la garde sur place : ce sont des humains au service de Satan ! Enfin bon : dans tous les cas, notre fine équipe attend que la nuit tombe, car c’est aux heures les plus sombres que le rituel va débuter et que tous les invités vont se placer dans un vieil amphithéâtre vêtus de robes noires pour chanter des choses interdites ("Baby Baby Baby oh…") alors que sur la scène devant eux, le Diable et Danny, visiblement en transe , marmonnent en choeur pendant que le transfert s’apprête à débuter.

Sinon les gentils : pourquoi vous n’avez pas essayé d’agir avant, genre au début de la nuit, avant que Danny ne soit au coeur de tout le dispositif ? Hmmm ? Enfin moi, je dis ça…

Bref, Moreau s’exclame donc "C’est le moment", et la Gentil-Team passe à l’action : Nadya sort un énorme fusil à lunette et on découvre que c’est une déesse chez les tireurs d’élite (… elle qui ratait Moreau à un mètre dans un couloir au début quand elle lui tirait dessus dans le monastère, bon), puisqu’avec son arme silencieuse, elle tue un par un tous les gardes qui ne remarquent rien (non, ils n’utilisent même pas de radio entre eux du genre "C’est marrant ça fait 25mn qu’on a plus de nouvelles de l’équipe sur le flanc nord" et patrouillent par groupes de un) car ce ne sont que des forces d’élite, ils ne peuvent rien contre un cascadeur concon, un prêtre aviné et une voleuse de poules. D’ailleurs, Johnny et Moreau éclatent tranquillement et sans grand souci les quelques gardes restant encore sur leur passage, avant d’arriver juste derrière l’amphithéâtre. Le plan est donc le suivant : Johnny doit foncer sur la scène et récupérer Danny, pendant que Moreau fait diversion dans les tribunes avec subtilité en entrant en hurlant et en vidant des pistolets mitrailleurs dans la foule. Sitôt la chose décidée, elle est donc entamée, et autant vous le dire : les petits choristes en cape noire sont vachement moins concentrés sitôt qu’ils se font mitrailler la face.

Le rituel est donc stoppé, et Satan sort groggy de sa transe ; Johnny approche donc pour lui coller un bon vieux pain des familles dans le museau (normal), avant de courir vers Danny qui émerge lui aussi pour tenter de le sortir de là ; mais à peine a t-il avancé vers lui qu’une sorte de champ de force l’arrête : Danny a activé sa protection automatique contre les blaireaux.

Oui, le gamin de 13 ans se débrouille mieux avec ses pouvoirs dont il ignore tout que Satan lui-même qui se fait tatane la face par un vulgaire Nicolas Cage. Ma foi, tout cela parait bien cohérent, une fois encore.

Vous êtes encore là vous ? Non parce que moi-même, je me demande ce que je fais là.

Quelqu'un vient de raconter une blague belge au Rider, mais elle avait l'air un peu complexe

Enfin, nous approchons de la fin, alors poursuivons : le Diable n’a guère apprécié de se prendre une mandale aussi, en se relevant, plutôt que de tuer Johnny, il se contente de l’envoyer voler au bas de la scène (mais enfin ? Pourquoi tu ne le tues pas dir… ah oui, pardon, on est plus à ça près, c’est vrai). Pendant ce temps, Moreau, qui vidait ses chargeurs contenant visiblement chacun environ 2 millions de balles (ça fait dix minutes qu’il tire sans recharger), est arrêté net par Carrigan qui le fait pourrir sur place, notre prêtre préféré en mourant donc sans avoir le temps de riposter avec ses propres pouvoirs magiques, comme par exemple en faisant apparaître une moto neuve sur la gueule de son adversaire (souvenez-vous : c’est son pouvoir). Étonnant non ? C’est pas comme s’il avait dit "Quand tout ça sera fini…" quelques scènes avant, et donc, qu’il était sûr de mourir. Ça lui apprendra à être caricatural, à ce malandrin.

Sitôt l’homme d’église tué, Carrigan saute sur Johnny et… ho ! Celui-ci ne pourrit pas ! Mais comment ? Un pouvoir spécial ? Une protection divine ?

Hmmm… non. En fait, non. C’est juste un autre oubli, encore… plus tôt dans le film, Carrigan s’apercevait qu’il ne pouvait même plus manger, tant chaque aliment qu’il saisissait pourrissait car son pouvoir était incontrôlable, mais maintenant, non, c’est bon, ça roule, merci. Moi j’ai quand même surtout envie de dire qu’avec tout son botox et ses cheveux en nylon, le bougre ne risque pas de faire pourrir Nicolas Cage.

Revenons à notre situation : Johnny est entre les mains de Carrigan, et Satan attend avec impatience de le voir pourrir ; mais soudain, alors que tout le monde se demande ce qu’ils attendent, Danny se lève et dit "Satan, mon père, j’ai tous tes pouvoirs ? Dans ce cas, je vais aider Johnny !" ; là vous vous dites "Ah, cool, il va tirer des boules de feu dans tous les sens et tuer tous les vilains et ainsi libérer notre héros" ? Et bien non : il s’approche de lui… et lui remet le Rider en lui !

Trop sympa "Tu sais, l’exorcisme que tu venais de réussir et grâce auquel tu allais enfin pouvoir reprendre ta vie ? Et bien je n’en ai rien à foutre alors que j’avais d’autres solutions moins puputes pour toi et plus efficaces". Johnny, oubliant à son tour ce énième trou du scénario, est donc super content et en profite pour se transformer aussitôt en squelette enflammé, tuant tous les adorateurs du Démon alentour ; en voyant cela, le maître des enfers décide donc de prendre la fuite, accompagné en cela par Carrigan. Accessoirement, il parvient à re-kidnapper Danny dans la confusion, ne me demandez pas comment, et s’enfuit avec ses hommes vers un convoi de leurs véhicules qui les attendait pour s’échapper de toute urgence, avant de prendre la route. Mais hélas pour eux, le Rider n’a pas dit son dernier mot, et c’est donc sous un soleil brûlant que…

Je… Attendez… je regarde bien la scène. Essayons de procéder dans l’ordre.

  • Bon déjà, le Diable a kidnappé Danny on ne sait comment alors qu’il le surpasse visiblement on ne sait pourquoi : d’accord
  • C’est sympa ce convoi militaire qui l’attendait avec moult de ses gardes à bord. Dites-moi, les soldats en question, ils faisaient quoi pendant que Moreau vidait des millions de balles sur l’endroit qu’ils étaient censés protéger ? Ah oui, rien. De là à dire qu’ils sortent de nulle part, il n’y a qu’un pas que je franchis en dansant le tango
  • Dites-moi, il ne faisait pas nuit il y a très exactement un plan ? Pourquoi il fait grand jour dans le suivant ? Je…
  • Ho, et le Rider, il n’est pas censé ne sortir que la nuit ? Vous m’expliquez comment il peut se balader sous le soleil ?

A ce moment du film, j’ai quitté mes lunettes 3D (car oui, c’était encore un de ces films en 3D où finalement, il n’y a pas vraiment de 3D et c’est juste tout sombre) pour vérifier si ça ne venait pas de là, mais hélas, non.

Je suis las. Mais las. Et pourtant, ce n’est pas fini : le Rider poursuit les fuyards sur sa moto, éclatant la moitié du convoi, puis finit par grimper sur un des camions de transport de troupes pour le transformer en camion de l’enfer et ainsi défoncer tous les autres véhicules sur son passage. Carrigan tente bien d’agir pour stopper tout cela, mais hélas, comme prévu, il constate que ses pouvoirs ne fonctionnent pas sur le Rider, ce qui confirme que le Diable lui a fourgué le pouvoir le plus inutile du monde, puisqu’il devait bien savoir (et c’était assez évident) que le Rider devait être le seul ennemi du coin immunisé contre la chose ; alors sachant que c’était lui la cible à abattre, c’était d’autant plus con ; même un pistolet à eau eut été plus efficace contre un squelette en feu.

Finalement, le Rider s’avance jusqu’à la voiture de Satan contenant Danny et, comme il se doit, la défonce et l’envoie faire 48 tonneaux d’affilée dans la poussière du bord de route.

Hmmm, comme plan pour sauver Danny, ça me parait un peu pourri, mais bon. Je dis ça, hein, encore une fois, c’est comme ça.

"Un peu pourri", comme dans "C'est l'histoire d'un ange déchu squelette flamboyant qui a deux passions : la justice et le solex". Faire deux films sur ce pitch, c'est quand même pas mal

Un homme couvert de sang commence alors à sortir du véhicule : c’est le Diable, à qui l’accident n’a pas fait du bien, son enveloppe humaine ayant pris relativement cher ; le Rider s’approchant n’hésite pas une seule seconde : en deux coups de cuiller à pot, il le renvoie en enfer pour un petit moment. Quel hooooomme ! Et c’est sans compter qu’ensuite, il extrait doucement Danny du véhicule, évanoui, en le portant dans ses bras façon Bodyguard, ce qui est probablement un hommage discret à Whitney Houston. Nadya, qui suivait le convoi d’un peu plus loin, approche donc et constate l’horrible vérité : son fils est mort !

Non, sérieusement ? Et de quoi je vous prie ? Malgré ses 48 tonneaux il n’a pas UNE égratignure ! Il est mort de quoi ? Le Diable avait mis la clim’ à fond et il a choppé un gros rhume et en est mort ? Il avait trop de cholestérol ? Mais enfin !

Le Rider lit donc toute la tristesse dans les petits yeux de Nadya, et une chose incroyable se produit : ses flammes… deviennent bleues (oui, comme à Super Mariokart quand on fait des dérapages), car c’est l’ange qu’il était autrefois qui se manifeste, et en touchant délicatement l’enfant (il  lui colle un gros doigt dans la narine), le marmot est ressuscité et peut désormais profiter pleinement des joies de la vie sur Terre avec à sa disposition l’intégralité des pouvoirs de Satan !

Tout le monde est heureux, et on peut alors apercevoir le Rider reprenant la route, mais désormais auréolé de flammes azurées, plus ange que démon, prêt à rendre la justice véritable désormais, mais toujours sans procès, parce que merde.

Et… FIN

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"Pschouf !"

L’homme toussota en se demandant d’où ce nuage pouvait sortir, reculant en tentant d’en identifier la source ; il se frotta les yeux en grognant, imaginant qu’il s’agissait là d’une quelconque farce que l’on lui faisait, bien qu’il se demandât de quelle manière un fumigène aurait bien pu atterrir dans la pièce où il se trouvait, pourtant fermée. Alors qu’il s’apprêtait à se boucher le nez après avoir perçu l’odeur émanant de ce curieux phénomène, il laissa échapper un cri de surprise en apercevant une silhouette en costume là où quelques secondes auparavant il n’y avait rien. L’inconnu qui venait d’apparaître prit alors la parole :

"Bonsoir. Je crois que tu sais déjà qui je suis.
- Ou… oui ! Oui ! Je sais ce que je viens de penser je… je me disais "je vendrais mon âme pour obtenir l’opulence", et vous voilà : le Diable !"
  

Satan afficha un sourire satisfait.

"Ecoute-moi : je vais te proposer un pacte. Je vais te donner l’opulence, et tu me donneras ton âme ! 
- Oui ! Oui, j’accepte ! J’accepte ! Je veux… la richesse ! Je veux être vu, je veux des affiches de moi partout, je veux que les portes s’ouvrent devant moi, que les invitations s’accumulent !
- Soit ! Tu l’auras. Mais avant, je dois te prévenir… je viens de voir un film qui m’a donné une idée : dis-moi, me servirais-tu ?
- Volontiers ! Si vous m’accordez ce que je vous ai demandé, avec plaisir, ô mon noir Seigneur !
- Bien : je vais t’accorder un pouvoir pour me servir. Un pouvoir surnaturel d’une puissance incommensurable : le pouvoir de la putréfaction. Le désires-tu ?
- Ouiiii, Seigneur, ouiii !"
 

Le Diable n’était pas sûr que son nouveau serviteur ait tout compris, mais qu’importe, un pacte était un pacte : une feuille se matérialisa dans sa main, et il invita son "client" à s’entailler la main sur l’une des cornes du bouc ornant sa canne, avant d’appliquer sa blessure en bas du document. Sitôt que le sang fut entré en contact avec le papier, un courant d’air nauséabond emplit la pièce en tournoyant autour du désormais sans-âme, lui conférant une force nouvelle.

"Voilà. Désormais, tout ce que tu toucheras deviendra pourri !"

Dit le Diable en contemplant le visage satisfait de son serf.

"Ouiiii, mon maaaaître"

Répondit Kad Merad.

Quelle invention du diable.

Un immense portique, constitué d’hideuses figures de carton aux tons sombres et aux traits hasardeux, situé juste devant l’un des points de contrôle pré-entrée en salle du cinéma ; au-dessous d’icelui, un employé consciencieux se saisit de chacun des tickets qui lui sont tendus avant de les déchirer avec soin, indiquant ce faisant la salle dans laquelle chaque spectateur est invité à se rendre.

Et sur cette bougresse de construction branlante, on peut lire en grandes lettres pourpres "Twilight 4", aux côtés d’imposantes flèches invitant les personnes souhaitant voir le film à se rendre, obligatoirement, à cet endroit précis.

Qui es-tu, esprit pervers à l’origine de pareille création ? Pourquoi veux-tu obliger les pauvres spectateurs à se dénoncer quant au film qu’ils vont voir ? Est-ce une stratégie pour m’empêcher de baratiner les gens que je croise au cinéma en leur affirmant que je vais voir le dernier film tchèque lion d’or au festival de Venise alors qu’en fait je vais voir Ghost Rider ? Comment vivre dans un monde où les enfants peuvent s’exclamer "Regarde maman, des gens qui vont voir Twilight", en pointant vers nous autres, amoureux des daubes, de honteux doigts accusateurs, alors que les mères de famille responsables en seule réponse leur cacherons les yeux de leurs douces mains en susurrant "Ne les regarde pas ma chérie, ce sont des monstres !" ? N’y a t-il plus moyen de vivre ses perversions en paix ? Je veux dire, à part avec une fausse moustache ?

Bref, ne nous égarons pas plus sur les sentiers caillouteux de pareilles réflexions, et parlons plutôt du sujet du jour : Twilight 4 – Révélation 1ère partie.

Etant un hôte consciencieux, je ne laisserai donc bien évidemment pas mes lecteurs les moins érudits dans l’ignorance, et me permets donc de vous résumer les trois premiers films histoire que personne ne soit perdu. Ce qui donne :

Twilight I – Fascination :

Bella, une fille qui n’a pas de muscles pour fermer la bouche, rencontre au lycée une choucroute sous laquelle se trouve un garçon : Edward. Comme il est trop mystérieux, ils vont causer au milieu des bois (un thème redondant de la saga : les gens passent leur vie dans les bois), et le jeune homme révèle qu’il est un vampire, et que dans le monde de Twilight, les vampires brillent à la lumière du jour comme des diamants. C’est trop choupinou, ils sortent donc ensemble, mais un jour, méchant vampire I, II et III débarquent et veulent tuer Bella parce que ça les fait marrer. La famille d’Edward, les Cullen (d’autres vampires, donc), vient donc en aide à la jeune fille et leur bourre la gueule. Edward et Bella peuvent se faire des bisous en paix. Fin. Pour plus de détails, le spoiler est ici.

Twilight II – Tentation :

Bella et Edward sont heureux, mais suite au précédent épisode, Edward se dit que c’est dangereux pour Bella de traîner avec des vampires. Il décide donc, pour son bien, de s’éloigner d’elle, et part donc en Europe. Bella en est trop dépressive, pleure sur son lit et mange de la glace devant Friends à longueur de journée, jusqu’à ce qu’elle découvre qu’Edward lui apparaît furtivement sous forme d’illusion à chaque fois qu’elle est en danger. Pour le voir tant qu’elle peut, elle se met donc en danger en faisant un truc trop extrême : du solex sans casque. Ce faisant, elle se rapproche de Jacob, un ami indien bodybuildé qui aime courir en slip dans les bois (toujours les bois, vous dis-je) et qui s’avère être un loup-garou. Suite à un quiproquo, Edward pense que Bella est morte dans un accident de solex, et songe à se suicider ; Bella le rejoint donc en Italie pour l’empêcher de faire le con : ils se font des bisous. Fin. Accessoirement, le spoiler est .

Twilight III – Hésitation :

Méchant vampire III, qui avait survécu à la purge des épisodes précédents, revient pour enquiquiner les gentils : il vampirise plein de gens pour se créer une armée et aller taper sur Edward, Bella et leurs amis. Les gentils ont vent de la chose, et les loups-garous s’allient avec les vampires de la famille d’Edward, leurs ennemis jurés, le temps de protéger Bella puisque cette rabouine a un amoureux dans chaque camp. Les méchants se font malaxer la trogne, (dans les bois, étonnant non ?) et Edward et Bella peuvent donc se faire des bisous. Dans la foulée, Edward demande Bella en mariage. Fin. Sinon, le spoiler est céans.

Bien, vous avez tout suivi ? Edward, Bella, les bisous, la choucroute, c’est bon ? Alors en route pour l’épisode IV première partie : spoilons mes bons !

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L'affiche : le concours des plus gros sourcils est lancé ; tremble, Emmanuel Chain !

Le film s’ouvre donc sur la végétation luxuriante des alentours de Forks, la petite bourgade où se situe notre récit ; nous voici bercés par la voix de Bella, qui nous explique que la fin de l’enfance n’arrive pas à un âge précis, car tout cela est bien plus compliqué ; un discours qui d’entrée de jeu, séduira la spectatrice de 13 ans qui se sent à la fois adulte mais incomprise par les vieux qui la considèrent encore comme une adolescente. Continuant à tenter de mettre en émoi ce public dès les premières minutes, le film enchaîne donc avec Jacob, l’indien musclé, qui est tranquillement chez lui lorsqu’il reçoit du courrier ; plissant les yeux très fort en lisant la missive qui lui est adressée, le bougre s’empresse de faire quelque chose de bien normal : il retire son t-shirt en prenant un air fort mécontent et s’en va à demi-nu et sous la pluie courir dans les bois proche de sa maison.

C’est bien normal, vous dis-je : moi aussi, l’autre jour j’ai reçu ma taxe d’habitation, alors du coup, hop, direct en slip et vas-y que je gambade vers les bois les plus proches en prenant l’air grognon (l’air grognon se marie à merveille au slip ; par contre, la combinaison des deux s’accommode bien mal de la présence d’agents de la brigade des moeurs sur votre chemin, sachez-le, ces derniers ne semblent guère à la page en matière de sociologie comportementale face à un pli du facteur).

En attendant, quel est donc ce mystérieux courrier qui met notre indien préféré dans un tel état ? Et bien c’est simple : il s’agit d’une invitation au mariage d’Edward Cullen et de Bella Swan, et comme chacun sait, notre homme étant vaguement amoureux de la jeune fille à l’expression qui n’est pas sans rappeler un sandwich au fromage, on comprend son courroux.

Mais d’autres personnes reçoivent aussi le courrier, à commencer par Papa Swan, le fameux shérif de Forks, qui n’aime guère savoir que sa petite fille va se marier à à peine 18 ans ; son ex-femme, Maman Swan, recevant l’invitation se met elle simplement à glousser et à marcher en trémoussant ses fesses d’une manière fort naturelle qui laisse à penser que mentalement, elle et sa fille en sont à peu près au même stade. Mais justement : et Bella dans tout ça ?

Et bien la jeune fille assiste aux préparatifs du mariage chez les Cullen, dans leur immense résidence au milieu des bois, dont, je le rappelle, toutes les faces sont constituées intégralement de baies vitrées (ce qui est fort pratique quand on est un vampire qui cherche à se faire discret) ; les choses avancent bien, car sachez-le : la noce est demain ! Bella est donc invitée à aller se coucher tôt pour ne pas avoir l’air complètement crevée le grand jour ; cela dit, si elle apprenait à fermer la bouche (elle a eu trois films pour le faire, pourtant), ça aiderait, mais bon. La douce se rend donc chez elle, et on notera dans sa chambre, sur sa table de nuit, ce qui doit être la plus horrible peinture de chien de l’histoire, confirmant que la jeune fille a à peu près autant de goût que du tofu ; mais alors qu’elle contemple son lit sans raison, l’oeil vitreux, elle est surprise par Edward, qui grâce à ses supers-pouvoirs de pervers mort-vivant, a pu rentrer dans sa chambre promptement et silencieusement. Après quelques échanges niaiseux, Edward annonce à Bella qu’il doit lui confesser quelque chose… Mais quoi, vite, dis-nous tout bougre de brigand !

Soit : Edward explique que peu de temps après que Carlisle Cullen l’ait vampirisé au début du XXe siècle, il a décidé de ne pas suivre la voie de suceur de sang animal, traditionnelle chez les gentils Cullen, pour essayer de voir ce que ça faisait d’être un vampire prédateur buvant du sang humain. Il s’est donc essayé à la chose, et a tué plein de gens, mais "uniquement des gens mauvais", car Edward disposant du pouvoir de lecture dans les pensées (seules celles de Bella lui échappent, probablement car son cerveau est déjà cliniquement mort), il peut déterminer en deux minutes si quelqu’un est un potentiel galopin. Ce n’est qu’après quelques année d’errance qu’il est revenu chez les Cullen sucer des écureuils plutôt que des malandrins (mais uniquement de méchants écureuils, hein, du genre ceux qui rackettent des noisettes).

"Je suis un psychopathe qui tue les gens que j'estime mauvais, huhuhu" - "Uiiiii c'est très bien choubidou, hihihi"

"Est-ce que ça change ton opinion de moi ?" demande Edward, l’air penaud, à sa chère et tendre

"Mais non, pas du tout : tu n’as tué que des gens qui méritaient de mourir", lui répond en souriant sa belle avant de l’embrasser. Ah, douce Bella : tu es sage et juste, il y a des gens qui méritent de mourir, et Edward avait bien raison de tuer son prochain en faisant justice lui-même, déterminant qui est bon ou mauvais selon ses propres critères. D’accord, bien bien bien, je vais faire celui qui ne voit pas du tout le message derrière tout cela.

Sur ces entrefaites, Edward s’en va, appelé par ses frères vampires qui veulent lui faire un enterrement de vie de garçon (il va probablement être déguisé en bite géante et vendre des capotes devant la mairie de Forks, ou autre variante du meilleur goût de ce genre de tradition, mais le film ne le précise pas). Bella, de son côté si vous vous posiez la question, n’a juste le droit à rien : les filles, ça reste à la maison quand ça n’a pas son copain pour sortir, ah mais. Du coup, Bella, qui a visiblement une hygiène déplorable, se couche toute habillée. Ah ? Curieux.

Perturbée par cette manière de dormir peu commune, Bella a donc un curieux songe : elle rêve d’un mariage durant lequel tout le monde meurt, ce qui est assez moyen, puisque cela signifie qu’il n’y aura plus personne pour faire la chenille au vin d’honneur ; mais heureusement, bien vite, elle ouvre les yeux et s’en trouve aussitôt rassurée car elle découvre que ça y est, le grand jour est arrivé ! Elle va se marier à l’homme de sa vie (ou de sa non-vie, ça dépend des versions) ; ni une, ni deux, elle va trouver ses copines vampirettes à la maison Cullen pour l’aider à se maquiller, se coiffer et autres trucs que ces dames font en gloussant. Dans le même temps, les invités arrivent sur place et découvrent la résidence, sans savoir que celle-ci héberge des vampires. Papa Swan réagit juste en voyant la collection de chapeaux de diplômés, se demandant ce que ça peut bien être ; moi, j’aurais plutôt réagi sur le fait qu’il n’y avait aucun lit dans toute la maison, mais bon, ce n’est pas moi le superflic.

Accessoirement, simple détail technique : le mariage se passe juste à côté de la maison Cullen (donc, dans les bois, nan mais ils ont vraiment un problème avec la forêt dans cette saga), d’accord, mais surtout, en plein jour.

Mais dites-moi : Twilight, c’est pas une histoire de vampires ? Ça ne pose aucun problème ? Non : aucun vampire ne se met à briller comme une andouille, faisant hurler tous les invités, mystérieusement, ils ont tous mis leur mode "Guirlande de Noël" sur off. On pourra me rétorquer que c’est parce qu’il fait gris et que le soleil est caché derrière les nuages, ce qui est d’ailleurs la même raison pour laquelle Edward & co pouvaient aller au lycée sans risque, mais dites-moi : sachant que la date du mariage a été fixée des mois à l’avance, comment nos loulous ont-ils fait pour prédire que ce jour là, il ferait un ciel gris parfait, sans une seule éclaircie ou même un vague micro-trou dans les nuages ? Ils ont vampirisé Sophie Davant ? Ils pouvaient pas, par sécurité, choisir de le faire une fin d’après-midi en hiver, ou trouver un concept pourri de mariage nocturne ? Non : ce sont juste de gros débilous, mais l’auteur fixe la météo pour s’accommoder de leur bêtise crasse (bien que dans le film, on puisse voir clairement qu’il fait grand soleil, mais chhht, chtttt, du calme, sinon on arrivera jamais au bout de ce navet).

Revenons donc au mariage bourré de vampires se tenant en plein jour, et passons vite : Edward et Bella se disent oui, et enchaînent avec le plus mauvais baiser de l’histoire du cinéma (je crois qu’à un moment, il lui suce la joue et le menton en même temps en esquivant la bouche, ce mec pourrait nettoyer un aquarium en moins de deux avec une bouche pareille) ; tout le monde est donc très content, surtout Bella, parce qu’une fille de 18 ans qui épouse un mec en ayant plus de 90, c’est souvent à l’avantage de la première. La fête commence donc, et tout le monde y va de son petit discours sur le fait que l’amour, c’est trop beau, et autres propos que je vous passe, pendant que les coupes de champagne descendent plus ou moins vite selon les invités.

Voici 4 vampires au mariage. S'ils ne brillent pas sous une lumière pareille, il va falloir me dire quand ça arrive

Seul un drame se joue brièvement : des vampires invités par les Cullen s’insurgent, car le père de Jacob ainsi que l’un de ses fils sont présents, et ils n’aiment pas trop les voir là. Non pas parce qu’ils sont indiens, mais surtout parce qu’ils sentent leur nature de loup-garou (ils puent le chien mouillé) ; Jacob lui-même n’est cependant pas là, probablement en train de bouder dans sa niche, mais c’est sans compter sur Edward, qui à un moment de la soirée, annonce à Bella qu’il a une surprise pour elle : en fait, si, Jacob est venu !

Mais comme il boude un peu, il n’a pas assisté au mariage, et plutôt que de se pointer à la fête et de saluer tout le monde il… il… ho misère : il l’attend dans les bois (que ceux qui ne l’avaient pas vu venir lèvent la main ; c’est fait ? Tranchez là, ça vous apprendre à ne pas suivre) ; bref : Edward y accompagne donc sa douce pour qu’elle puisse échanger quelques mots avec son vieil ami indien qui lui manque quand même un peu : le bougre est en effet en train d’attendre près d’un arbre, après avoir fait le voyage depuis le nord du Canada où il était parti râler (c’est l’équivalent de sa chambre pour un loup-garou) sous sa forme de loup pour la voir ; à noter qu’il est en chemise et pantalon ; dis-moi mec, tu les transportes comment tes fringues quand tu es sous forme animale ? Car d’ailleurs, oui, autre mystère de ce film : à chaque fois que Jacob et ses potes se transforment (ce qu’ils font assez souvent), ils craquent tous leurs vêtements ; mais dès qu’ils prennent forme humaine : hop ! Ils ont au moins un slip, histoire de ne pas exhiber leur trilili au tout venant ; on en déduira que les loups-garous ont ce pouvoir spécial qui leur permet de générer des calebutes à volonté : c’est tout de même assez surpuissant. J’espère que Monsieur Dim va payer des mecs avec des balles en argent pour s’occuper de ces forbans qui ruinent son marché ; mais que disais-je, au fait ?

Ah oui : Bella retrouve donc dans les bois le jeune Jacob pour lui dire qu’il lui manque, et la conversation est assez banale, jusqu’à ce que pour diverses raisons, ils en viennent à parler de la lune de miel, durant laquelle Bella explique qu’elle compte bien coucher avec Edward ; Jacob s’insurge donc aussitôt ! Qu’est-ce que cette que ces histoires de gens qui couchent ensemble durant leur lune de miel ? On ne va pas là-bas juste pour jouer aux échecs avec son âme soeur ? On lui en avait jamais parlé, merde ! Il fait donc un caca-nerveux (encore), se retransforme en loup (encore) et file bouder (encore). Probablement une fois encore au nord du Canada, ce qui ne manquera pas de lasser les fermiers du cru, qui doivent en avoir marre de voir leurs plantations ravagées par des loups-garous adolescents hystériques.

Bref ; après ces évènements, Bella et Edward retournent à la petite fête, où on les bombarde de riz jusqu’à ce qu’ils montent en voiture pour leur grand départ en voyage de noces ; dans la nuit tombée depuis longtemps, la berline conduite par le vampire aux sourcils en mousse file donc vers sa destination : un aéroport où attend un jet privé (oui, oui, rien que ça : je confirme, mademoiselle a épousé un vieux riche), qui s’envole ensuite pour Rio de Janeiro.

Il faudra cependant m’expliquer un truc : ils font USA – Brésil en combien de temps ? Puisque visiblement, en arrivant, il fait encore nuit noire, ce qui là encore, arrange bien les affaires de tout le monde, sinon Edward se serait mis à briller comme une boule à facettes, et il aurait probablement été lapidé à coups de tongs par des brésiliens effarouchés par pareille démonstration surnaturelle.

En tout cas, Rio n’est qu’une étape du périple, apprend Bella : en fait, Carlisle, le "père" d’Edward leur a réservé une résidence de luxe sur une île au large où ils vont pouvoir passer des vacances de rêve ; ho, chouette alors ! Seulement, à peine Bella a t-elle mis le pied dans la résidence qu’elle note qu’Edward louche bizarrement vers le lit ; toute cette histoire sentant la copulation à plein nez, elle se décide à faire ce que toute femme fait quand l’excitation vient à monter :

Elle lui demande de se barrer pour aller se brosser les dents.

Que… comment ? Oui ? Je n’invente pas : Edward, visiblement chaud comme la braise (ou est-ce pour faire romantique et cool, mais je préfère ma version), se décide à aller refroidir son popotin déjà plutôt peu chaud puisque vaguement mort en allant se baigner tout nu à l’extérieur ; Bella, elle, en profite pour se brosser les dents (son haleine de blaireau en décomposition semblait pourtant convenir à Edward quand il l’embrassait jusqu’à présent ; et puis bon, je le comprends: à ouvrir la bouche toute la journée, ça doit être bien aéré là-dedans), puis elle… allez, on se concentre… elle va s’épiler les jambes.

"Mais dis donc Bella, c'est un poil que je vois, là ?" - "Crotte de bique ! Jamais il ne voudra d'une femme aux épaules aussi velues !"

Oui ? C’est indispensable ? Tu trouves ça romantique les 30mn dans la salle de bain à te tirer sur les poils ? Auquel cas, si tu voulais absolument le faire, tu savais que tu allais partir pour ta nuit de noce, mais n’avais pas pris tes précautions en amont ? Ou alors tu es super velue et tes jambes se sont transformées en moon boots rien que durant le voyage en avion ? Il va falloir m’expliquer ; enfin voilà pour la séquence pré-coucherie. Une fois cela fait, Bella s’effondre à moitié, car flûte, elle va faire l’amour, elle ne sait pas si elle sera à la hauteur, mais allez, soyons fous : elle se met aussi à poil et s’en va se baigner avec Edward dans l’océan : sous la lune, Bellouana et Jean-Edward s’apprêtent donc à commencer des trucs dans l’onde claire (même si la scène est difficilement compréhensible, tant de loin, le torse de Robert Pattinson et celui de Kristen Stewart se ressemblent). Puis, Edward amène sa douce jusqu’à couche conjugale, et commence son office (oui, il y a une scène de sexe, Famille de France, ferme les yeux !), y allant si fort que sa puissance surhumaine lui fait éclater les montants du lit et le cul de Bella façon Verdun.

Je fais une pause ami lecteur. Je fais une pause parce que je vous connais, bande de gredins, comme à chaque article sur le sujet, j’ai le droit à un commentaire ou un mail à base de "Edward est mort : donc son coeur ne bat pas… donc comment peut-il avoir une érection s’il n’y a pas de sang qui circule, LOL !"

Lecteur, pour te répondre simplement, si on applique la même logique à tout : son coeur ne bat pas, donc il ne peut pas irriguer ses organes, donc il ne devrait ni parler, ni bouger, ni même penser (même si sur ce dernier point, effectivement, il ne se passe rien). Sauf qu’il gambade en racontant des âneries depuis trois films, et que jusqu’ici, ça ne vous a pas choqué, bande de petits hypocrites ; on voit bien que vous ne vous arrêtez que sur les trililis, les trouloulous et toutes les implications qui vont avec, bande de petits pervers. Alors à la question "Mais comment fait-il ?", débrouillez-vous, imagine-vous un truc si ça vous choque trop, genre un implant digne d’il Cavaliere, ou le fait qu’il s’égorge une poule-noire sur le bas ventre en hurlant "Par le pouvoir de la nécromancie, dresse-toi kiki !",  ou je ne sais quel histoire à base de rigor mortis, mais en tout cas : c’est un fait. Passons donc à la suite.

Cela étant dit, passons au lendemain, où Bella se réveille seule dans l’immense lit, un sourire béat aux lèvres ; c’était formidable (et oui, c’était sa première fois, et non, malgré tout, elle n’a pas du saigner, sinon Edward serait devenu berserk et lui aurait arraché la tête avec les dents en voyant ça ; encore une fois, c’est magique). Cependant, Edward n’est pas du même avis, non pas parce qu’il a tiré un siècle de munitions d’un coup, et qu’il lui en faudra sûrement autant pour recommencer, mais surtout parce que sa force surhumaine a couvert sa désormais femme de bleus ; Bella lui explique que ce n’est pas grave, que c’était super quand même, mais lui n’est pas de cet avis : il ne veut pas faire de mal à sa compagne aussi propose t-il de ne plus baisouiller.

Ho ? Dis ?

Edward, je veux pas te faire un dessin, mais si tu lui fais des bobos quand tu viens butiner la petite fleur de maman abeille, tu n’as qu’à changer de position, hein, madame sur le dessus par exemple et on en parle plus. Ou une autre position, hein, du genre la chaloupe ardennaise ou le houla-hoop à piston infernal, que sais-je ? Mais non : Edward, c’est soit on la fait à l’ancienne, soit rien du tout : bravo.

Rah, je me rends compte que je devrais être conseiller conjugal pour vampires ; je crois que j’ai loupé ma carrière. Attendez, attendez, je digresse encore, vite, revenons à ce fameux film.

Bella est donc quelque peu désappointée de cette décision car, sachant qu’on lui a promis de bientôt faire d’elle une vampire, elle se voit mal passer l’éternité sans un petit coup de sexe de derrière les fagots ici ou là. Elle tente donc de convaincre son doux époux de revenir sur sa décision, mais celui-ci se montre quelque peu obtu ; durant les deux semaines qui suivent, donc, finalement, nos deux larrons se retrouvent à… jouer aux échecs (je n’invente toujours pas). Ça valait le coup d’avoir une île privée ; cela dit, il faut noter un truc : même en plein jour, avec cette fois le ciel dégagé bien cadré dans tous les plans, sur une plage et avec le soleil qui tape, Edward ne brille toujours pas ; c’est quand même ballot de faire un film sur des vampires dont c’est la première faiblesse et l’oublier tout du long, mais passons. Bella tente bien quelques stratégies pour faire craquer son mari, mais toute rate : le déshabillé coquin (elle a oublié de mettre de la poitrine dedans, ça marche moins bien), les regards langoureux (mais bovins), les câlins par surprise (sauf qu’il esquive avec une vitesse surnaturelle)… Edward a du mal à résister, mais y parvient tout de même, bien que, bon, honnêtement mec, tu aurais rempli le frigo de fayots et d’oignons, tu aurais obtenu un tel tue l’amour sur pattes que tu aurais encore plus de facilité à tenir, puisque du coup tu aurais eu l’impression d’avoir épousé une cornemuse, mais passons. Tout le monde n’a pas ma fourberie.

Qu'est-ce qu'on s'éclate en lune de miel !

Le temps passe, en tout cas, et un soir, las, Edward finit par craquer à nouveau, et c’est reparti pour un tour ; le lendemain, en se levant, Bella est à nouveau seule dans son lit, et s’en allant à la cuisine pour petit-déjeuner, elle tombe nez-à-nez avec un mot "Je suis parti chasser, je serai revenu avant que tu ne te réveilles".

C’est ce qu’on appelle le mot le plus con du monde, puisque si la nana tombe dessus, c’est justement qu’elle est réveillée, donc que le mot est foiré. Quand je vous disais que le cerveau de ce mec était définitivement mort depuis un bail.

En tout cas, Bella va se faire chauffer du poulet (je crois que cette scène m’a confirmé à quel point ce film était passionnant : il y avait vraiment besoin de deux parties tellement il y a de choses à raconter !), mais alors qu’elle commence à le déguster, voici qu’elle se sent mal et qu’elle s’en va gerber ; Edward arrivant au même moment, il s’étonne de trouver sa douce en train de rouler des patins à la cuvette des WCs, mais avant qu’il ne devienne jaloux de celle-ci, qui le bat tant en pâleur qu’en goût et QI, Bella se relève et annonce soudain qu’elle vient de réaliser quelque chose : elle n’a pas eu ses ragnagnas depuis un petit moment… Serait-ce que…

"Bloub", fait le ventre de Bella.

"Bloub" ? S’exclame le couple en choeur ? Qu’est-ce que cela signifie ? Edward réfléchit très fort et parvient à 4 solutions :

  • Bella est ventriloque et fait parler son bidou, mais ce qu’elle raconte ce faisant n’est pas bien compréhensible
  • Bella a l’appendicite
  • Bella est enceinte
  • Bon sang, c’est les tacos ; je savais que j’aurais pas dû les acheter à ce type à l’air louche ; Bella, mon amour, je vais fermer la porte, je te laisse rejouer les plus grandes scènes de l’exorciste sur le trône

Edward tombe donc en état de choc, constatant que c’est probablement la réponse 3 ; mais comment ? Comment a t-elle pu tomber enceinte ? Les vampires peuvent se reproduire ? Edward ne le savait pas, il pensait que ce truc mystérieux qui sortait de son corps lorsqu’il était soudain très content avec Bella, c’était du Yop, ou un truc du genre ! Bon sang, un siècle passé à redoubler le lycée pour rien ! Si seulement il avait écouté en biologie ! Voilà que des millions de spermatozoïdes avec de petits crocs se sont lancés à l’assaut de sa femme, que va t-il faire ?

Bella, voyant Edward les yeux dans le vague (quel homme de la situation, chapeau mec, quelle maturité à presque un siècle d’âge), se décide donc à prendre les devants : appeler Carlisle, il est vampire et médecin, il devrait savoir quoi faire ! Ce dernier confirme à Bella : soit elle est enceinte, soit ce sont les tacos, mais dans les deux cas, il recommande de rentrer au pays au plus vite. Edward reprenant ses esprits, lui, demande plutôt conseil à… la bonne.

Là encore, je ne rigole pas. Ce livre s’est vendu en plus.

Car oui, il y a une bonne, qui fait partie d’une tribu locale qui déteste les vampires (Edward le sait, il a donc décidé de l’engager comme bonne, c’est tellement logique), et qui en sait un peu sur leur sujet ; la dame va donc toucher le ventre de Bella, et elle confirme : elle est enceinte. De là, Bella annonce vouloir garder l’enfant, fut-il vampirique, alors qu’Edward, lui, n’en veut pas ; décision est prise de rentrer en urgence au pays, probablement pour faire un lavement à l’eau bénite à Bella, et si ça ne marche pas, trouver un très gros cintre ou un crucifix de poche.

Quelques temps plus tard, au pays, retrouvons Jacob, l’indien qui passe son temps à se plaindre ; cette fois-ci, il est à la plage avec sa "meute" de potes loups-garous, et explique qu’il est sûr qu’Edward va vampiriser Bella pendant la lune de miel, comme le jeune couple l’avait prévu, et donc il se demande quelle excuse ils vont filer à sa famille pour qu’elle ne revienne jamais les voir : tombée d’une falaise ? Accident de voiture ? Cancer de la bouche ouverte ? Dévorée par des canetons sauvages l’ayant confondue avec un flan aux fruits ? Il ajoute aussi qu’il conchie les gens amoureux, qui sont faibles et se laissent embobiner, et que les filles, c’est nul, etc. Bref : Jacob a le niveau de réflexion d’une petite fille de 5 ans ; on dirait une discussion sur le partage des BNs à la récré à l’école maternelle Christian Clavier de Melun. En tout cas, peu de temps après, il apprend une chose qui va dans le sens de ce qu’il pense : Bella n’est pas rentrée de lune de miel ; officiellement, Edward aurait dit qu’elle avait attrapé un virus. Notre jeune loup est donc fort mécontent, puisqu’il détecte là-dedans une excuse pourrie, comme il l’avait prédit, pour couvrir sa vampirisation. Il se rend donc chez les Cullen pour leur expliquer sa façon de penser, et, pourquoi pas, insulter leurs mères.

Sauf qu’arrivé sur place il tombe non seulement sur Bella, visiblement toujours humaine, et surtout avec un ventre énorme ! La famille Cullen lui apprend qu’elle est rentrée de voyage il y deux semaines dans le plus grand secret, et qu’elle est enceinte d’Edward, avec visiblement, un cas de bébé se développant très vite. Et accessoirement, l’affaiblissant beaucoup pour grandir à ce rythme : la bougresse a le teint maladif et les joues creusées par pareille épopée. Cela énerve fortement Jacob, qui ne supporte de voir son amie dans un tel état ; un grand débat se lance alors entre ceux qui veulent "garder le bébé" et ceux qui veulent "se débarrasser du foëtus" (qui a ce stade, n’en est plus un depuis longtemps, mais visiblement, tous les Cullen, le médecin compris, sont des quiches en biologie basique, c’est affreux). Evidemment, c’est le camp "pro-vie" qui l’emporte, vous le devinez, et on ne sent d’ailleurs pas du tout le message de l’auteur derrière, une fois encore.

Un autre problème est soulevé : en gardant l’enfant, Bella met sa vie en jeu ("Mais la vie de l’enfant est plus importante que tout"), ce faisant, il n’est pas sûr qu’elle tienne jusqu’à l’accouchement… or, Bella veut être vampirisée après l’accouchement, et pas avant. Et d’après Carlisle, il sera sûrement trop tard pour faire quoi que ce soit lors de l’accouchement, le pouvoir de transformation des vampires ayant lui-même des limites, presque autant que leur réflexion, c’est dire ! Zut, flûte, cacaboudin, comme le disait Pline le Jeune (qui était un galopin des plus grossiers, comme chacun sait) !

Jacob fait donc ce qu’il fait de mieux : devant cette situation, il part bouder (ça ne fera jamais que trois fois depuis le début du film, et en fait, dans chaque scène où il était), et court rejoindre sa meute sous forme de loup, pour une séquence "animaux qui parlent" digne de Disney : il apprend la situation à ses comparses, expliquant qu’on ne peut pas laisser vivre un monstre aussi inhumain qu’un bâtard humain-vampire sur le point de naître. Ses compagnons loups-garous lui répondent donc "Ok, dans ce cas, on va aller bourrer la gueule au bébé, qui est dans Bella, tu noteras bien, ce qui complique les frappes chirurgicales". Jacob n’étant pas d’accord avec le fait de tabasser Bella, il se fâche donc (merde, c’était quoi ton plan mec ? Tu comptais mettre une lacrymogène dans la culotte de Bella pour faire sortir le bébé comme un vieux renard afin de le tuer en l’épargnant elle ?), il boude donc à nouveau (…) courant cette fois retrouver les Cullen dans leur maison au milieu des bois pour leur expliquer que "Attention, les loups-garous veulent tuer le bébé et Bella en passant, il faut faire attention ! Je ne les laisserai pas faire !" ; mais ouais mec ! Et juste comme ça : qui a prévenu les loups-garous ? Tu serais resté bien sage, tout le monde irait bien ; elle a raison Bella d’avoir hésité entre Jacob & Edward : ils sont tous les deux aussi cons. C’est un peu comme hésiter entre une huître et une moule, mais je m’égare.

La situation devient donc la suivante : les Cullen ainsi que Jacob restent à garder la résidence des vampires toute la journée, pendant que Bella y attend d’accoucher. Et tout autour, dans les bois, la petite meute de loups-garous attend son heure pour attaquer, confrontée à un problème simple : dans l’immédiat, les vampires sont en léger surnombre. La tension est donc palpable.

Passons sur les heures passant dans la maison, avec Edward regardant l’état de sa copine se dégrader en permanence, et que personne ne semble capable d’arrêter. Tout le monde se pose la question : "Mais pourquoi le bébé se nourrit de sa vie à elle ? Que peut bien vouloir manger un bébé vampire ? Si on pouvait lui donner directement, il arrêterait de pomper Bella" ; ce sont des vampires qui s’interrogent, je le rappelle. Hmmm voyons voir les mecs, quel est votre régime alimentaire ? Ah, c’est trop dur. Le ridicule ne tuant pas, mais entamant bien quand même (c’est peut-être ça qui tue Bella, remarquez ?), Edward cherche donc des réponses sur… Yahoo (le placement de produit n’a aucune limite). Oui oui. Encore une fois, vous avez bien lu. Je ne m’étonne plus de rien pour ma part ; on ne sait jamais, des fois que la réponse apparaisse sous le moteur de recherche en indiquant vanhelsing.skyblog.com.

Internet, c'est rude (cliquez pour agrandir)

Autre passage culte : Bella, soucieuse de son avenir proche, décide d’appeler son père pour lui dire qu’elle l’aime ; elle attrape donc un téléphone et obtient son géniteur, qui est donc persuadé qu’elle est actuellement au Brésil ; Bella lui sort alors l’excuse la plus minable du monde : "Papa, en fait, je peux pas rentrer, je vais mieux, mais tu peux pas venir me voir, d’ailleurs si tu prends un avion, sache que je ne serai pas là car en fait je pars dans un hôpital spécialisé en Suisse. Mais sinon, ça va bien, merci." ; oui parce que c’est connu, les gens qui vont bien vont à l’autre bout du monde se faire soigner ("Tout va bien mais il faut prendre des mesures d’urgence" : on dirait du François Baroin, ce qui n’est pas peu dire), et si son père est prêt à prendre un avion pour le Brésil, il ne pense pas à proposer la même chose pour la Suisse : c’est connu, ce pays n’a pas d’avions ou même d’aéroports.  Tout ce discours ressemble à celui bien connu du "Mais non Jeannine, Porky le cochon d’inde n’est pas mort : il est juste parti dans une ferme très loin où il va très bien mais où tu ne peux pas aller le voir". Et le plus beau ? Ça marche. A ce moment, dans la salle, je strangulais un chiot pour me passer les nerfs. Ou était-ce une adolescente ? Je ne sais plus, mais en tout cas ça a un peu jappé avant de mourir.

Sinon, comme ça, détail technique : Bella, ton père il fait quoi ? Policier ? Est-ce que tu penses qu’il va remarquer que c’est le numéro de M. Cullen qui s’affiche quand tu appelles, puisque tu utilises le fixe de la maison ? Avec un indicatif signifiant que tu lui téléphones depuis Forks, et non depuis le Brésil ? Non parce que moi, je dis ça, mais bon, c’est juste au hasard.

Accessoirement, régulièrement, Carlisle Cullen examine Bella, grâce à son cabinet médical à l’intérieur de sa résidence. Cabinet qui donc, est évidemment ouvert sur une immense baie vitrée donnant sur les bois, permettant à tout le monde d’en profiter. Puisque je le rappelle : la maison est supposée être encerclée par des loups-garous qui, du coup, doivent se taper des vues formidables sur Bella montrant où en est son ouverture de col à M. Cullen ; il y en a un ou deux qui ont dû aller se laver les yeux dans la rivière après coup, m’est avis ; c’est ce qu’on appelle "se rincer l’oeil".

D’ailleurs, en parlant de bébé, la situation continue d’empirer : le petit galopin grandit au point qu’il en brise deux côtés à Bella (qui pourtant, continue de se balader comme si de rien n’était. : j’espère qu’elle sera dans les Expandables 2), et l’affaiblit encore et toujours. D’après Carlisle, le bébé est si fort qu’il esquive les ultrasons des échographies et reste complètement furtif (cette petite est enceinte d’un sous-marin russe si vous voulez mon avis). Mais alors que tout le monde est résigné à voir Bella mourir, Edward compris, qui explique qu’il est prêt à mourir de la main de Jacob si cela arrive pour ne pas avoir à vivre cette souffrance, voilà que Carlisle a une idée incroyable :

"Et si on essayait de filer du sang pour que le bébé s’en nourrisse ?"

Ah oui, excellente idée les mecs. 45 mn pour la trouver : heureusement que vous êtes des vampires les gars ; vous pensiez que ça mangeait quoi un bébé vampire ? Des artichauts ? De la mimolette ?

Bref : on amène du sang à boire à Bella, dans un petite gobelet avec paille, pour que ça aille directement nourrir le rejeton ; et en deux minutes chrono, pif-pouf, la bougresse se sent mieux : ah bin en fait, il suffisait de cela pour que tout aille mieux ! Cependant, et puisque le n’importe quoi n’est pas fini, maintenant que l’on sait comment calmer le bébé, tout le monde trouve désormais le fait que la jeune fille soit enceinte tout à fait formidable, et chacun, au lieu de demander qu’on purge l’intérieur de Bella au lance-flammes, réfléchit plutôt au bébé, son nom, son avenir, etc. Bella explique, en se reposant, qu’elle va mieux mais a cependant un peu froid : Jacob se propose donc de se coller contre elle, ce qu’Edward accepte parfaitement, sans même être jaloux, parce que c’est tellement normal, son pire ennemi se frottant contre sa copine au motif de la réchauffer.

Sinon, mec, il y a un truc qu’on appelle la couverture ; c’est assez moderne, ça tient chaud, et ça ne se transforme pas forcément en loup-garou pour partir bouder toutes les 5 mn. Mais tout le monde ne connait pas, j’en conviens, c’est un peu trop récent.

D’ailleurs en parlant de loups : que font les loups-garous qui encerclent la maison depuis maintenant trois plombes ? Et bien rien, pour être exact. Ne voulant pas attaquer un ennemi en surnombre, ils se contentent d’observer, invisibles ; l’idée de tirer un bon coup de fusil dans les baies vitrées pour en finir avec Bella et le gosse ne leur vient pas à l’esprit (c’est bête) ; sinon, pour isoler la bougresse, il suffit aussi d’appeler son papa, dont vous avez le numéro, en expliquant que sa fille est enceinte et au pays, retenue par ces enfoirés de Cullen, qui l’ont battue au point qu’elle en a deux côtes pétées : il va sûrement débarquer en vitesse et, soit fiche la zone en créant une énorme diversion suffisante pour agir, soit la sortir de là et donc empêcher les vampires de pouvoir la protéger correctement.

Mais ce ne sont que des idées ; c’est bien de ne rien faire, aussi, hein. C’est un bon plan.

Finalement, ce sont les vampires qui se décident à passer à l’action : le sang commence à manquer dans la maison, et de fait, Bella recommence à voir son état se dégrader à toute allure ; Carlisle et deux autres vampires décident donc de tenter une percée vers la ville pour aller se ravitailler en poches de sang ; ce faisant, ils courent donc aussi vite que possible, se tatanent avec deux loups qui tentent de les intercepter, et risquant presque de perdre l’un des leurs, parviennent à passer les lignes ennemies.

Voilà qui résume l'action des loups-garous durant tout le film : du rien

Ok, donc les deux camps sont aussi bêtes l’un que l’autre, mais ça, on le savait :

  • Dans tous les films, Edward s’amuse à se promener en forêt en sautant d’arbre en arbre grâce à ses pouvoirs de mort-vivant ; les loups ne grimpant pas aux arbres, pourquoi ne faites vous pas pareil pour passer en paix ?
  • Sinon, vous appeliez un humain de vos connaissances que les loups n’auraient pas osé toucher, et plutôt de votre côté (genre le père de Jacob, au hasard), et vous lui demandiez de vous emmener en voiture au motif que ça pouvait sauver une vie.

Deux plans trop élaborés pour nos quiches mortes-vivantes qui tentent plutôt le "On va courir comme des gros nases et espérer que ça passe". Et ça fonctionne, en plus, c’est peut-être ça le plus navrant.

Nos loups-garous sont un peu dégoûtés d’avoir échoué à arrêter trois macchabées fonçant droit sur eux, et on les comprend ; ils se disent donc "Bon sang ! Que va t-on faire maintenant ? Trois vampires ont quitté la maison, parmi les plus forts, ce qui veut dire qu’il ne reste là-dedans qu’une poignée de loulous en infériorité numérique qu’on peut bourrer facilement… faisons… faisons… allez continuons de ne rien faire". D’accord, bon, moi je laisse tomber.

D’ailleurs, c’est justement le moment que choisit Bella pour commencer à se sentir fort mal, puisqu’elle voudrait bien accoucher mais le marmot étant déjà fort costaud, il ne parvient pas à sortir par la la voie habituelle (moi je pense surtout que c’est parce qu’il a hérité des neurones de ses parents, et que du coup, il ne trouve pas la sortie) ; Edward et Jacob, complètement paniqués, décident donc de pratiquer une césarienne à vif à la barbare en l’absence de médecin, et réussissent sans que Edward, à nouveau, ne devienne fou en voyant les litres de sang que perd sa douce et tendre ; elle commence donc à méchamment mourir, mais tout n’est pas perdu : une vampirisation d’urgence est possible ! Edward sort donc une seringue contenant son "venin"  (on a fait comme les cobras pour l’extraire ? On l’a fait couiner sur le bord d’un verre canines dehors ?) pour l’injecter à sa femme plus très vivante, et la mord aussi un peu partout pour mettre une deuxième dose. Le bébé, lui, qui s’avère être une fille, est emmené couvert de sang dans une salle à côté par une vampirette Cullen qui, là non plus, ne réagit pas à tant d’hémoglobine (dire que les mêmes devenaient fous pour une coupure au doigt dans les films précédents, c’est beau les retournements de concepts). Ho, j’en profite : cette petite fille s’appelle… Renesmée. Non, je n’invente pas. Renesmée. Bella un peu avant l’accouchement avait proposé ce prénom si c’était une fille, expliquant que c’était un jeu entre les prénoms des mamans respectives d’elle et Edward, Renée et Esmée.

Je vois le genre, une vraie maman moderne : "Je vais donner un prénom orthographié n’importe comment et ne ressemblant à rien à mon enfant pour que ce soit original ! Et si je trouve pas, ce sera Léa ou Téa". C’est beau.

Cependant, pour en revenir à Bella, il semblerait que la damoiselle n’ait point survécu à ses blessures, et qu’il soit trop tard pour le venin de vampire… elle meurt donc sur la table d’accouchement du cabinet de M. Cullen.  Jacob en est tout bouleversé, et s’en va dehors pleurer la perte de son amoureuse secrète (mais pas trop quand même, ça se voyait un peu).  Les loups qui observaient la scène en jouant au Trivial Pursuit (bin oui, sinon, pourquoi n’auraient-ils pas déjà attaqué ?) comprennent dès lors la situation : Bella a accouché, mais est morte ; c’est le moment parfait pour attaquer la maison !

Que… pourquoi ? Bon. On va dire que mieux vaut tard que jamais, hein. Allez, hop : tous foncent vers la demeure Cullen afin d’y croquer du vampire, fut-ce du vampire bébé.

Quelques instants avant cette funeste charge, sachez que Jacob est retourné dans la maison car il pense savoir comment passer sa colère : il voulait tuer Edward, mais non ; mieux vaut le laisser pleurer éternellement son amour perdu. Par contre, le bébé, lui, est bien responsable de la mort de Bella : il va le tuer, ce vilain monstre. Sauf qu’à peine a t-il mis un pied dans la pièce où une vampire s’occupe de l’enfant, le nouveau-né déjà bien éveillé le regarde et…

Jacob en tombe amoureux.

Encore une fois, oui, c’est dans le film : il s’en "imprègne", comme il dit, et tombe donc amoureux d’un nouveau-né, faisant de lui une sorte d’über-pédophile, un Marc Dutroux-Garou, enfin bref, un truc peu reluisant. Surtout que vu le prénom de la gamine, ça donne pas vraiment envie de l’aimer, mais bon. En tout cas, si je comprends bien, il va falloir qu’il appelle Edward et Bella beau-papa et belle-maman. Tout cela me parait bien mystérieux.

"Désolé Mademoiselle, j'aime mes femmes comme j'aime mes oeufs : fraîchement cueillis au cul de la poule"

En attendant, dehors, les loups eux ont commencé à attaquer ; mais pas de bol, il se trouve comme ils ont trop traîné (étonnant !), Carlisle et ses deux comparses vampires reviennent d’en ville au même moment, et les vampires sont à nouveau en surnombre pour défendre la demeure sylvestre qui est leur refuge ; les loups s’écrasent donc sur les défenses des buveurs de sang, mais soudain, ils aperçoivent Jacob sortant de la maison, et découvrent grâce à leur sixième sens que celui-ci est "impregné" par le nouveau-né ; or, les loups-garous n’ont pas le droit de s’en prendre aux leurs, ou à ceux protégés par un loup impregné ; ils abandonnent donc tout, comme ça, hop, pif-pouf. Hmm hmm. C’est donc un rebondissement, je le note. Et sinon, quand Jacob protégeait Bella, comme il le faisait depuis le début du film, non ? Ça vous dérangeait pas d’essayer d’attaquer là, c’est fou ! Mais la personne qui a écrit ça, elle vit encore ? Sa propre incohérence ne l’a pas fait disparaître de notre réalité ?

D’ailleurs, coup de bol encore : dans le film précédent, les loups affrontaient des vampires super balaises gorgés de sang humain, et les tuaient en deux coups de cuiller à pot ; là, ils ont beau s’acharner à douze sur des vampires suceurs de lapins qui crèvent la dalle après un long siège, ils ne déchirent même pas un seul de leurs vêtements ; encore une fois, j’insiste : c’est pas banal. Ou alors, écrit avec les pieds, allez savoir.

Les métamorphes repartis, tout le monde s’en va vers la salle d’accouchement où Bella est dans un sale état ; ils s’apprêtent à pleurer sa mort et préparent leur deuil jusqu’à ce que soudain, ho ! Ses cheveux reprennent couleur et volume (les pouvoirs vampiriques comprennent le shampoing magique), sa peau devient pâle et parfaite (fond de teint enchanté), ses côtes et organes se réparent (chirurgie féerique), et ça lui rajoute même du rouge à lèvre et des faux cils (c’est vraiment fabuleux quand même)  et nous avons donc un gros plan sur ses paupières closes…

Qui s’ouvrent soudain sur deux yeux rouges vampiriques !

Et…

FIN

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A la fin du film, il faut noter que moi aussi mes paupières étaient plus ou moins closes.

Et en dessous, l’oeil était aussi méchamment rouge.

Comme quoi, c’est vraiment un film qui sait toucher son public.

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