Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

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La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

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Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

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Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

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Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

0

Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

Base de Rabaul, 1944

Debout à l’extrémité de la table centrale, le commandant Watanabe réajuste sa casquette, laissant tomber de ses cheveux ras quelques gouttes de sueur qui viennent s’écraser sur le sol en bois tropical dans un bruit moite. Assis tout autour de lui, plusieurs officiers échangent à voix basse, ponctuant leurs propos de gestes désignant telle ou telle position sur l’immense carte du Pacifique sud qui s’étale devant eux. Watanabe ne la regarde guère plus : il la connait par coeur ; les emplacements des aérodromes, les positions des troupes japonaises et américaines, les patrouilles de la marine impériale… il est même capable de voir, en fermant les yeux, tous les détails de ce petit coin corné du plan, sur lequel un officier a posé pour éviter qu’elle ne se replie la figurine en bois du porte-avion Akagi, devenue tristement inutile ailleurs sur la carte. Mais l’heure n’est pas à ce genre de considérations : Watanabe a une importante déclaration à faire.

"Messieurs, j’ai reçu il y a quelques minutes un message particulièrement important de nos services de renseignements. Comme nous le soupçonnions depuis plusieurs semaines, l’ennemi à réussi à infiltrer nos lignes. Plusieurs agents américains sont parvenus à tromper notre vigilance et à placer leurs hommes au coeur même de notre armée. D’après les informations dont je dispose, un de ces traîtres serait ici-même, dans cette pièce aujourd’hui."

Un murmure d’étonnement parcourt la salle.

"Qui oserait, sous le regard de l’Empereur, mentir ouvertement ? Qui oserait transmettre à l’ennemi les coordonnées des convois de nos vaillants soldats ? Qui oserait nous regarder dans les yeux chaque matin et nous trahir dès que nous avons le dos tourné chaque soir ? Peut-être… vous, capitaine Akimoto ?
- Bien sûr que non, mon commandant ! Ma loyauté va à l’Empereur avant tout !
- Et vous, Kenkichi, vous auriez un mot à dire ? Il parait que le soir, vous vous éloigneriez du camp sans préciser où vous allez… peut-être allez vous envoyer des informations à l’ennemi ?
- Non, mon commandant ! Je vais prier sur la dépouille de mon cousin, le lieutenant Oda. Son corps est arrivé il y a quelques jours et attend son transport vers Tokyo."
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L’officier Kenkichi déglutit bruyamment, en jetant un regard paniqué au commandant Watanabe. Celui-ci se tourne vers les fenêtres qui donnent sur l’aéroport, caressant son menton de sa main gantée. Il observe un zéro laissant derrière lui une fumée noire approcher de la piste en toussotant, alors qu’au-dessous de lui il perçoit les techniciens de la base lancer divers ordres et démarrer un camion anti-incendie. Alors que l’avion survole le tarmac à un mètre à peine du sol en continuant de ralentir, il entend le son strident de la sirène du véhicule des pompiers de la base hurler alors que ce dernier se lance à la poursuite de l’aéroplane avant même qu’il ne touche le sol, bientôt rejoint dans sa course par une ambulance.

"Messieurs, je vous crois. La question est donc toujours d’actualité : qui est le traître ?"

Watanabe, continuant de regarder par la fenêtre le spectacle de l’avion venant d’atterrir, amène la main à son holster pour en sortir son pistolet Nambu de service. Lentement, il le soupèse, le contemple, puis l’arme. Et d’un geste souple, il se retourne et le braque en direction vers l’un de ses hommes.

"Vous avez peut-être quelque chose à dire, lieutenant Super_Sasuke21 !"

La table est parcourue d’un long gémissement de stupeur.

"Allons commandant : comment pourrais-je être un traître ? Personne n’aime plus le Japon que moi ! Regardez : je lis One Piece, j’ai une Nintendo DS en import, et je joue à Zelda en japonais ! Et puis merde, je fais des efforts : j’ai mis un serre-tête avec des oreilles de chats fluo sous ma casquette d’officier ! Et j’ai fait remplacer mon sabre de service par une réplique de celui de Sephiroth : je ne passe plus les portes, mais bordel, c’est la classe. Par contre, si vous pouviez vite me disculper, ce serait sympa : il y a Naruto ce soir à la télé et j’aimerais vraiment savoir s’il va gagner."

Watanabe n’hésite pas une seule seconde et tire une balle dans le front de l’otaku. Son corps se renverse dans sa chaise, et celle-ci bascule en arrière avant de s’arrêter brusquement à mi-chemin : la réplique du sabre de Sephiroth faisant béquille, le mort se retrouve dans une position formidablement ridicule.

"Voilà qui est mieux", s’exclame Watanabe avant de recharger, humant l’odeur exquise produite par les douilles chaudes roulant sur le sol de fragile bois exotique.

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Tiens ? La Japan Expo est en ville.

Cette semaine, la Japan Expo s’ouvre : l’occasion pour les otakus, ces fans du Japon autoproclamés, de venir hanter Paris et son métro de leur silhouettes couvertes de déguisements plus ridicules les uns que les autres (on appelle cela "le cosplay"), et de montrer à quel point ils sont capables de réduire un pays à la simple expression de ses produits commerciaux : mangas, jeux vidéos, musique de merde, figurines cochonnes et reproductions d’armes de samouraï, et même "tuning japonais" (mes yeux !)… les otakus vont donc se retrouver tous ensemble au même endroit, pour claquer des fortunes dans leur passion, et éventuellement, pour claquer tout court, comme l’espèrent certains, réunis en prière à Notre-Dame-de-la-rivière-Kwaï.

Pour ceux qui ne visualiseraient pas bien le ridicule du truc : c’est un peu comme s’il y avait un salon des Etats-Unis d’Amérique à Paris, qui se présente comme "Le salon de la culture américaine", et dans laquelle on résume ça uniquement à des trucs ultra-commerciaux : Rebecca Black à fond, déguisements de Ronald McDonald, Nicolas Cage en guest star et comme attraction principale, des centaines de Xbox en libre service. Le tout en dégustant quelques mini-burgers à 12€ pièce et en tirant à la winchester pour faire traditionnel. Et les gens qui fréquenteraient les lieux auraient en plus le bon goût de se dire "passionnés de culture américaine", genre de propos qui est un coup à se réveiller avec le spectre d’Hemingway ou de Benjamin Franklin dans son pieu.

Bref.

Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir le Japon tel qu’il est perçu par nos amis les otakus, afin de mieux comprendre leur vision de ce pays magique.

Le Japon

Le Japon, ou Nihon (日本) est un pays situé loin, très loin, quelque part à l’Est de nos contrées. Pays à la fois empli de tradition et de modernité, il est l’incarnation du rêve pour de nombreux Occidentaux perdus, tant il semble exotique, mystérieux, et accessoirement, producteur de jeux vidéos, de bandes-dessinées et de dessins animés. Le Japon est constitué de 6852 îles, ce qui est une sorte de paradis pour autistes et asociaux, qui peuvent donc s’isoler du reste du monde pour jouer tranquillement à la 221e édition de Zelda sans être dérangés par des formes de vies humaines (au pire, ils se dérangent entre eux, donc ça ne compte pas). Cependant, l’essentiel du territoire n’est constitué que de quatre îles, dont personne ne retient jamais le nom, à part bien sur les élèves de terminale un peu avant le bac, et encore, 48h. Après, ils ne se souviennent de rien (à part de Shikoku, mais uniquement parce que ça ressemble à une blague scatophile). Les habitants du Japon sont les Japonais, bien que l’on trouve aussi les termes fourmis jaunes, nains, touristes et ninjas dans le vocabulaire visant à les désigner (mais il n’est pas impossible que certaines de ces appellations soient du fait d’Edith Cresson). On compte 127 millions de Japonais sur ce territoire considérablement réduit, ce qui est moult, puisque ça représente deux fois la population française sur un territoire inférieur de moitié. A ce titre, les Japonais rigolent donc très fort et envoient des offrandes en remerciement de son humour à Marine Le Pen à chaque fois qu’elle déclare qu’il n’y a "plus de place en France". C’est en partie pour cela que ce peuple est célèbre pour sa politesse.

Histoire

Comme tous les otakus le savent, l’histoire du Japon se divise en deux périodes :

- Le passé

- Le maintenant

Le passé

Le Japon est peuplé dès le paléolithique, mais honnêtement, tout le monde s’en tape. En effet c’est une civilisation profondément inintéressante durant des millénaires, puisque figurez-vous qu’elle n’est pas très exotique. Heureusement, très tôt, le Japon va inventer l’honneur et le katana et combiner les deux pour créer un concept mondialement connu : le Captain Samouraï Flower.

Alors, me direz-vous, bande de mécréants "Et qu’est-ce que ça a de particulier, un samouraï ? C’est pas juste un chevalier ?" ; nenni, fripons, c’est bien plus rigolo : le samouraï est une sorte de chevalier, mais avec une épée que l’on appelle katana, ce qui change tout, et surtout un sens de l’honneur fort intéressant, puisque celui-ci est poussé si loin, qu’il est considéré que celui qui n’a pas d’honneur ne mérite pas de vivre (l’Otaku qui prend le métro déguisé en soubrette ou en personnage d’Evangélion en est un bon exemple). Il serait malvenu de ne pas illustrer mon propos, alors permettez-moi de vous citer quelques exemples : celui qui fuit à la bataille mérite la mort. Celui qui trahit sa parole mérite la mort. Celui qui manque de respect mérite la mort. Celui qui pète au lit mérite la mort (d’où une alimentation essentiellement basée sur le riz).

De fait, l’honneur a une telle place que si autrui ne vous fait pas don de la mort au combat, alors c’est à vous d’en finir. Cela a instauré une très importante tradition de suicide au sein de l’archipel, et qui, c’est regrettable, ne s’est pas assez exportée chez nos amis otakus.

Longtemps, le pays restera ainsi très refermé sur lui-même, ne communiquant que peu avec le reste du monde, en faisant une sorte d’autiste de format international (ce qui explique l’attrait de certains pour ce coin de la planète). Cependant, le Japon ne peut rester isolé trop longtemps, tant c’est un pays qui construit des maisons avec des portes en papier, ce qui protège moyennement l’intimité. Les Occidentaux vont donc entrer en contact avec l’Empire du Soleil Levant et par le biais de divers échanges, le pays va se moderniser fort rapidement : industrialisation, multiplication des armes à feu, installation de chemins de fer (qui ne servent que peu : les Japonais se déplacent essentiellement en courant les bras en arrière ou en sautant de branches en branches)…

Si l’archipel devient rapidement le fer de lance de la modernité en extrême-orient, il s’avère que des tensions naissent et croissent avec les Occidentaux, particulièrement sur la question des ressources : un excellent exemple est la question des femmes, puisque les Japonais constatent que leurs compagnes ne dépassent généralement que peu ou pas le bonnet A, ce qui provoque en eux une certaine frustration ; l’ire nippone culminera au point d’exploser un certain 7 décembre 1941, lorsque l’empereur fait bombarder Hawaï, cette île dans le même océan qu’eux où d’arrogantes jeunettes exhibent leurs formes dans des soutiens-gorges de noix de coco et pagnes de pailles à longueur d’année.

La riposte ne se fera pas attendre, et les tentatives du Japon d’amadouer son voisin américain seront de cuisants échecs : ils essaient par exemple d’inventer le cosplay, pour inviter la jeunesse étasunienne à revêtir un déguisement de Salamèche plutôt que l’uniforme de l’Air Force, mais Washington comprenant la menace ne se laissera pas faire ; les deux premières conventions de cosplay au monde se tiendront le 6 août 1945 à Hiroshima, puis le 9 août 1945 à Nagasaki. A chaque fois, les Etats-Unis les font subtilement annuler. Cependant, malgré la puissance de l’atome, une force aussi maléfique que le cosplay n’est pas totalement détruite, et passera les 50 années suivante à se régénérer : l’époque connue comme "le passé" par les Otakus prend fin avec la défaite japonaise, et une nouvelle guerre va donc commencer : celle des coeurs, avec l’arrivée du "maintenant"

On lance une mode du Japon, et voilà ce que ça donne

Le maintenant

Après 1945, le Japon comprend que la période des combattants tentant de vaincre leurs ennemis l’arme à la main est bel et bien terminée. Il décide donc de tourner l’ensemble de son industrie vers les nouvelles technologies, et procède à trois changements essentiels :

- Il fait remplacer les katanas par des claviers

- Il réoriente les élèves en CAP Samouraï vers un BTS dessin industriel

- Il supprime la notion d’honneur et la remplace par celle de kitsch

Rapidement, le pays voit des dizaines de nouveaux emplois se créer, tant dans l’industrie que dans le dessin ; les technologies de pointes se développent à vitesse grand V, alors que les mangas et dessins-animés se multiplient. C’est une occasion inespérée pour l’empire de développer sa propagande, que les otakus avalent à longueur de journée. En effet, si l’on en croit les mangas, le Japonais mesure entre 1,70m et 2,30m, est à la fois fin et musculeux, et dispose d’yeux environ 7 fois plus grands que ceux du reste du monde. Son visage est sans défauts, et il se termine en son sommet par une chevelure constituée de pics plus ou moins mous. Lorsque le Japonais se bat, il utilise des épées pesant entre un et huit quintaux, pour une longueur pouvant aller jusqu’à sept mètres, qu’il agite d’une main et sans effort s’il-vous-plaît. La Japonaise, elle, se caractérise surtout par des couleurs de cheveux approximatives allant du bleu au rose en passant par le vert, la mélanine nippone étant visiblement psychédélique ; on peut aussi noter son décolleté, suffisamment grand pour pouvoir y ranger l’épée du Japonais mâle, et éventuellement, garer une ou deux motos sans trop de soucis.

Déferlant partout dans le monde, cette propagande hypnotise et paralyse la jeunesse occidentale, qui reste collée à sa télévision à regarder Sangoku mettre 5 épisodes à coller un coup de poing à Vegeta. Dans le même temps, et afin de s’assurer de ralentir le développement occidental, le pays crée quantité de consoles de salon et de jeux vidéo pour occuper les esprits.

A la fin du XXe siècle, le Japon renforce son offensive mondiale en créant la J-Pop, qui est à la musique ce que l’épilepsie est à la danse. Au début du XXIe siècle, donc, l’archipel est une référence culturelle d’ampleur mondiale, dont les productions ont bercé toute la jeunesse d’une génération. L’otaku vous jurera cependant que sa passion pour le Japon est bien plus vaste que cela : la preuve, il a un set de faux katanas dans sa chambre.

Politique

Le Japon est une monarchie constitutionnelle, actuellement dirigée par l’empereur Akihito. Celui-ci est considéré traditionnellement comme une divinité en soi, au même titre que les Pokémons. Dans le Pokédex, on peut donc le retrouver au numéro 111 (chiffre célèbre pour les divinités bénéfiques), juste en-dessous de Smogogo. Contrairement aux autres Pokémons, il n’est pas possible de le trouver dans les hautes herbes, et il faut d’abord avoir combattu toute la Diète puis avoir obtenu le badge du palais impérial pour l’obtenir.

Chaque année, de nombreux dresseurs tentent de capturer le numéro 111, mais sont abattus par la sécurité du palais alors qu’ils le lapident de pokéballs

A noter que le Japon pratique la peine de mort, ce qui est là encore un point culturel tragiquement absent de la Japan Expo.

Géographie

Le Japon s’étend sur près de 3 000 kilomètres, mais principalement d’îles plus ou moins montagneuses et volcaniques, ce qui est moyennement pratique pour vivre à 127 millions. Heureusement, fort ingénieux, le bon peuple nippon a su s’installer dans les plaines et littoraux qui permettent de profiter de la mer et de ses bienfaits : là, le Japon et l’environnement ne font qu’un ; les courants amènent sur les côtes les rejets industriels venus de Chine, les rejets chimiques issus de Taïwan, les restes de sous-marins d’ex-URSS sabordés à Vladivostok, et parfois, des morceaux de missiles nord-coréens, que ce pays de joyeux farceurs balance régulièrement au-dessus de l’archipel. Oui, le Japon a su s’entourer de ce que la planète a fait de mieux.

Sa position sur une zone particulièrement instable, non seulement à cause de ses voisins taquins, mais aussi à cause de plaques tectoniques, en fait un pays vivant continuellement sous la menace d’un tremblement de terre, d’un tsunami ou d’un nouveau tube d’Aiko Kayo (et après ils s’étonnent de se prendre des catastrophes naturelles, j’ai quand même un petit peu envie de dire qu’ils cherchent). Si l’on dit qu’avant un tremblement de Terre, les éléphants pleurent, dans le cas du Japon, ce sont plutôt les otakus qui couinent sur Facebook. Non pas à cause du bilan, non, mais parce qu’ils ont très peur d’avoir perdu l’auteur de "Romance à Tokutomi High School", et qu’ils veulent savoir si Ryo va finalement sortir avec Sakura.

La capitale du pays est Akihabara, le quartier des jeux vidéos selon les fans. Et certains vieux ronchons expliquent que ce serait Tokyo au sens large. Pour les deux du fond qui voudraient briller en société, l’ancienne capitale est Kyoto : c’est facile, c’est Tokyo en verlan. Ce qui ne veut pas dire que la ville a été fondée par des mecs en jogging qui crachent par terre, attention les enfants.

Démographie

Un simple schéma suffira pour parler de la population japonaise.

"Geishas" est compris dans la catégorie "Consultants", merci de votre compréhension

Et pour répondre à votre question, oui, les ninjas cotisent à l’URSSAF locale.

Sciences et technologies

Si le Japon est le fer de lance de la recherche dans de nombreux domaines, il en est deux qui sont caractéristiques du pays : la robotique et les baleines.

Les Japonais sont passionnés par les robots : ils en font pour tout : l’industrie, l’assistance, les loisirs… et tentent chaque année d’améliorer leurs technologies dans ce domaine, en mettant au point des androïdes capables de jouer d’un instrument ou de se déplacer comme des humains. Contrairement à leurs voisins américains, leur objectif à long terme n’est pas de créer des T-1000 pour les envoyer dans le passé, mais plutôt de se créer des robots géants, la prochaine étape après le 4×4 : impossible à garer, doté d’équipement inutiles en ville et au quotidien, polluant… ce qui n’empêche pas tout le monde d’en vouloir un pour briller à côté des voisins. C’est vrai qu’aller au travail en robot ou de retrouver une contravention collée sur le cockpit de son bidule pourtant situé à 15 mètres du sol, ça a son charme. Ne me demandez pas pourquoi ça les passionne, c’est comme ça. On avait bien la ligne Maginot, eux aussi auront leur truc inutile (même si on sait bien que le véritable rêve de tout Japonais qui se respecte est de combattre un monstre géant avec son robot au coeur de Tokyo, histoire de passer pour le mâle alpha nippon).

Autre passion de nos amis du soleil levant, les baleines. Bien que de mauvaises langues affirment qu’ils les pêchent pour les manger, les Japonais se défendent en arguant qu’ils ont besoin des baleines pour faire avancer la recherche. Car oui, la baleine a visiblement des secrets technologiques qu’elle refuse de partager avec nous autres humains, la truie. Les Japonais ne font donc que ce qu’il convient de faire dans ces cas là : ils harponnent l’animal, le tractent jusqu’au pont du navire de recherche, puis lui pètent copieusement la gueule en hurlant "Tu vas nous les filer, oui, les plans du moteur à antimatière, dis ? On sait bien que tu nous prends pour des truffons !" ; la pauvre baleine a beau expliquer que bon sang, elle passe son temps à bouffer du plancton, ça ne prend pas : les Japonais sont obligés de finir de la passer à tabac, avant d’aller en chercher une autre, dans l’espoir qu’elle se montre plus coopérative que la précédente.

Ou alors, ils nous prennent pour des cons. Mais ce n’est bien sûr qu’une hypothèse.

Culture

Si l’on en croit le programme de la Japan Expo, le Japon a une culture particulièrement limitée, qui tient en environ 6 grands points, puisque je préfère faire fi de leur exposition de "tuning japonais". Miséricorde ; j’espère qu’il y aura une diffusion de Fast & Furious : Tokyo Drift pour illustrer ce pan majeur typique de la culture nippone. Mais allons plutôt voir ce que sont ces 6 points :

Le Manga

Le manga est le nom donné à la BD venue du pays du soleil levant. En général, le sens de lecture japonais est, tout comme le bon sens, contraire au nôtre. Un manga peut raconter quantité de choses, mais on en retrouve plusieurs grandes catégories, telles que l’une des plus populaires chez nous, le shonen, manga destiné aux adolescent qui raconte comment un héros va bastonner tout ce qui l’entoure pour atteindre son objectif. La structure d’un bon shonen se résume ainsi : le héros a un ennemi. Il se bat contre, mais en chie. Heureusement, après d’interminables heures de parlotte et de coups échangés, le héros se déchaîne tant et si bien qu’il utilise une nouvelle technique de combat qui transforme son adversaire en sushi. Il va donc continuer son aventure jusqu’à croiser un nouvel adversaire, contre qui même sa nouvelle technique ne suffira pas. Après des heures de parlotte et de coups échangés, le héros se déchaînera tant et si bien qu’il utilisera une nouvelle technique de combat qui transformera son adversaire en boulette de riz. Etc. A noter que le héros de shonen n’abandonne jamais, contrairement au lecteur raisonnable ou à Lionel Jospin, ce qui permet de créer des séries de 70 tomes ou plus, qui demandent le PIB du Togo pour pouvoir être achetées en une fois.

Le shonen est à opposer au shojo, manga plus orienté vers les adolescentes où l’on ne se tape pas dessus, et qui décrit le plus souvent des amourettes lycéennes. Les styles de dessins vont avec : là où dans le shonen, les demoiselles ont une  poitrine qui laisse supposer qu’elles ont leur propre champ de gravité, dans les shojo, les garçons sont très grands, très fins, très effeminés et surtout très romantiques. Jamais ils ne s’exclament "Ce soir, Chidori, je m’occupe de toi, et tu vas enfin comprendre ce que signifient "tremblement de terre" et "tsunami" ma coquine", ce qui m’emplit bien sûr de désarroi.

Animés

Les animés sont les versions sur écran des mangas. Pour des raisons qui rendraient fous la plupart des gens raisonnables, les animés semblent, malgré leur support qui, comme son nom l’indique, devrait être constamment en mouvement, prendre un temps fou à dérouler la moindre action. Du coup, ça avance parfois encore plus lentement que les pages d’un manga, ce qui est paradoxal. Les héros d’animés sont par ailleurs profondément débiles et monomaniaques, et auraient probablement leur place dans un épisode de Corky. Ce qui rend d’autant plus intéressant le fait que nombre d’otakus se déguisent en eux à l’occasion de la Japan Expo. Les animés sont aussi la preuve que la propagande nippone tourne à plein régime : d’après ce que l’on peut voir sur les écrans, le Japonais qui combat a le temps, entre deux tatanes, de réfléchir à douze trucs, de penser aux dix derniers coups et de les expliquer plus ou moins scientifiquement, et aime raconter sa vie. Il n’hésite par ailleurs pas à avoir des flash-backs en boucle sur ce que son pote Michou lui a raconté il y a 10 minutes.

Hentai

Le hentai est le manga/anime erotico-porno japonais. On le distingue essentiellement des versions européennes pour une bonne raison : quand la secrétaire a un problème de photocopieuse, ce n’est pas le réparateur qui vient s’en occuper, mais plutôt des tentacules. A force de vivre sur une île, de coupables passions avec des fruits de mer ont dû se développer, tant il semble que les tentacules aient de place dans ces oeuvres : un problème de tuyauterie ? Mon dieu, un tentacule avec un BTS ! Besoin de cours particuliers ? Un tentacule avec son CAPES débarque ! Et je ne parle pas de tous les tentacules qui occupent des postes importants dans l’administration japonaise.

Parfois, l’otaku aimerait bien avoir des tentacules.

Particulièrement parce qu’avec, il serait super fort à Mariokart.

Monsieur Cthulhu, amateur de Hentai

Jeux vidéos

Il serait impossible de faire une liste fidèle et exhaustive de ce que l’archipel a produit, mais nous retiendrons essentiellement quelques exemples symboliques tels que Mario Bros, Zelda (ou les aventures d’un mec qui se fait piquer sa meuf à chaque épisode, m’est avis qu’elle n’est pas contre), Street Fighter (l’otaku est très fort en baston, mais uniquement en faisant croix croix carré) ou Dead or Alive, un jeu où mystérieusement, il n’y a quasiment que des combattantes qui poussent de petits cris en se tirant les cheveux. Le tout en bikini, bien sûr.

Figurines à la con

Pour éviter que les Occidentaux ne continuent de se reproduire, l’industrie nippone a créé le tue l’amour ultime : la statuette/figurine représentant un personnage d’un univers fictif. Grâce à elle, tout le monde peut, en un clin d’oeil dans votre tanière, constater que votre vie mérite d’être achevée dans la minute. Sa vision fait en général fuir les gentlemen et hurler de terreur les gentes dames. Car oui : certains ne se contentent pas des mangas Bleach, des animés Bleach, des jeux vidéos Bleach, ils ont aussi besoin d’avoir des figurines chez eux, ce qui revient à peu près à avoir les goûts de Valérie Damidot en matière d’esthétique et de décoration.

Par un curieux hasard, les personnages féminins ainsi représentés ont souvent des positions plus ou moins suggestives (ce qui n’a bien sûr, rien à voir avec le public visé, qui par ailleurs, entrera dans un cercle vicieux : plus il a ce genre de figurines, plus il a de chance de transformer son nid en repoussoir exemplaire). Lors de mes pérégrinations pour écrire cet article, j’ai ainsi découvert une statuette livrée avec sa "chantilly à lui mettre sur le visage" et sa "fraise amovible à rentrer et sortir de la bouche". J’ai envie de dire : très classe.

Pour un exemple d’otaku passionné de statuettes du genre, je ne peux que vous envoyer vers ce fabuleux blog qui résume bien l’ampleur du problème. Pauvre homme.

Mesdames et Messieurs, la Culture nippone

Cosplay

Le Cosplay est l’art d’avoir l’air le plus bête possible en un minimum de temps. Cela consiste à s’habiller en personnage de manga, animé ou jeu vidéo avant d’aller trouver un photographe pour immortaliser sa bêtise. En période de Japan Expo, les cosplayeurs prennent le métro directement déguisés, hurlant au monde qu’il est grand temps de les abattre pour les empêcher de souffrir. En général, le seul intérêt du cosplay est la recherche du panel de boudins qui se sont mis en tenue sexy, ou de gringalets habillés en combattant barbare. Si le ridicule ne tue pas, le cosplay mérite la mort.

Musique de merde

Rebecca Black est probablement une sorte de Mozart moderne comparée aux pontes de la J-Pop.

C’est dur, je sais, c’est inimaginable, mais dites vous que rien qu’en tapant "J-Pop" dans tout moteur de recherche qui se respecte, il y a de fortes chance que votre ordinateur se mettre à vomir de la bile par ses enceintes et à faire des 180 degrés avec son écran tout en affichant des images infernales ; on peut le comprendre, quand par exemple, on tombe sur ça. Personnellement, j’ai convulsé un petit moment en mettant du sang partout avant de réussir à arrêter ce qui ressemble fort à une diarrhée musicale (et encore, je cherche pourquoi j’emploie le terme de musical). Pour des raisons inconnues, le concept a touché d’autres principes, comme le J-Punk (brrrr), fournissant ainsi quantité de matière à une autre invention japonaise : le karaoké, ou le truc qui n’a été conçu que pour que les gens se ridiculisent. Et après ça, ne le dites pas que ce pays ne cherche pas à plonger le monde dans les ténèbres.

Langue

Le japonais est une langue qui se traduit à l’écrit par trois alphabets : les kanjis (les fameux signes qui désignent des mots), les hiraganas (qui permettent de préciser certains trucs tels que la prononciation d’un kanji inconnu au bataillon) et les katakanas (qui désignent les mots étrangers). Cependant, ce dernier alphabet est bien moins sérieux que les deux premiers, puisqu’il sert à écrire les mots aussi mal prononcés que le font les Japonais qui n’ont pas pris anglais seconde langue.

Ainsi, si vous cherchez dans un dictionnaire de katakanas un mot étranger, il vous faut penser japonais : virer les "R" de vos phrases, remplacez les par des "L", puis, insérez des "U" de manière aléatoire partout, même dans les mots où il y en a déjà et où il n’y a plus de place.

Ainsi, un "Bus" devient "Busu" ; une voiture de police devient une "Pouliss-karu" et le "Brésil" devient "Roberto no Captain Tsubasa" (mais attention, là, il y avait un piège).

Ainsi, le japonais est une langue qui parait plus effrayante qu’elle ne l’est ; elle comporte ses propres règles, comme par exemple dans l’utilisation de suffixes pour montrer le respect porté à autrui : -Sama pour signifier la déférence envers plus respectable que vous, -San pour le respect simple, et -kun pour quelque chose de petit et/ou mignon. Par exemple, vous direz "Odieux-Sama", "Jean-Jacques-San" et "Nicolas Sarkozy-Kun", en faisant bien attention de retirer toute notion de mignon dans ce dernier cas.

Dernière chose, le seul alphabet japonais commun à l’otaku comme au touriste japonais est celui du "Ooooh !" ; on ne retrouve dans celui-ci que trois mots : "Ooooh !" (l’étonnement), "Sugoi" (super, bien, joie, youpi) et "Kawaï" (mignon). De là, de multiples combinaison sont possibles : vous êtes étonné par un tour de magie ? "Ooooh, sugoi !" ; ou vous offre un chiot kikinou ? "Je l’emmène à la rivière Sugoi, kawaï !", etc. Rien qu’avec ça, vous pouvez bluffer n’importe quel otaku qui se respecte.

Car en effet, l’otaku aime placer du japonais dans toutes ses phrases pour expliquer qu’il connait parfaitement le pays et sa langue. Ainsi, même lorsqu’il n’en a pas besoin, il fera étalage de son savoir ; si par exemple il est allé au Japon et a mangé un bol de riz, il vous expliquera s’être tapé un bon gros bol de "米", et se fera une joie de vous préciser que c’est du riz, mais uniquement si vous demandez, car pour lui, tout cela semble tellement évident, hohoho. Ne lui faites pas plaisir : ne lui demandez rien, exclamez-vous "Hoooo, sugoi !", puis éclatez-lui l’une de ses figurines en résine sur le coin de la gueule. Ça lui apprendra.

Alors évidemment, certains termineront en me disant que je suis caricatural dans cette présentation. Mais qui de moi ou de la Japan Expo l’est plus ?

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Deux soldats entrèrent pour déloger le corps de la chaise restée en équilibre, et le traînèrent avec difficulté vers l’extérieur de la pièce. Watanabe ne regarda qu’à peine la scène, regardant plutôt vers la fenêtre pour observer le reste des zéros qui rejoignaient la base dans un fameux vrombissement.

"Bravo mon commandant ! Nous allons pouvoir surprendre ces maudits américains maintenant que nous avons eu leur espion !"

Kenkichi avait lâché la phrase d’un ton enjoué, agitant de son bras la baguette en bois qui servait à déplacer les pions et figurines sur la carte. Il fut donc surpris quand Watanabe regarda à nouveau dans sa direction tout en levant l’arme qu’il venait de recharger avant de lui tirer une balle dans le torse. Il tituba lourdement contre le mur, le visage toujours déformé par une expression de stupéfaction, avant de s’affaler contre celui-ci en laissant choir sa baguette dans un son qui sembla curieusement plus fort que celui de la détonation.

"Pour… pourquoi, Watanabe ?
- Parce que c’est vous le traître, Kenkichi. C’est vous qui informez les américains. Je vous ai fait suivre la nuit dernière, et nous avons tout entendu de votre petit entretien. Quant à l’excuse du recueillement sur le corps de votre cousin, elle eut été intéressante si le corps du lieutenant Oda n’était pas déjà en route pour Tokyo depuis bientôt deux jours. 
- Je… non… je reconnais… mais… pourquoi avoir… avoir tué Super_Sasuke21 ? Si vous saviez… pourquoi ?"
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Watanabe s’accroupit à côté de l’officier qui, bien que désormais assis sur le sol, continuait de glisser en laissant une traînée rougeâtre sur le mur blanc.

"Parce que c’était un otaku. Un mec qui pense que c’est aimer le Japon que de s’agglutiner à la Japan Expo déguisé en Naruto, réduisant notre Culture à son expression la plus lamentable. Il ne méritait donc que cela de la part d’un Japonais respectueux de sa patrie."

Kenkichi eut un curieux regard.

"Vous… vous avez raison, mon commandant."

Puis il acheva de glisser, et tout fut terminé.

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