Ce blog a eu 4 ans ce 26 juin.

En temps normal, cela serait l’occasion pour le maître des lieux de profiter d’une semaine de vacances, mais la période étant chargée, il serait scandaleux d’abandonner son poste alors que nos salles obscures regorgent de bouses en ce début d’été. Bien sûr, certains argueront du fait que des périodes chômées, il y en a déjà eu ces dernières semaines alors hein, ho, au boulot un peu, dites, mais sachez que si mon mépris était parpaing, il serait classé monument national par la République Populaire de Chine.

Bref, comme chaque année, profitons-en pour faire le point.

Déjà, oui, nous allons revenir bien vite à des articles hors-cinéma, mais que voulez-vous : avec l’arrivée des premières chaleurs, le public se rue dans les salles obscures climatisées, aussi les bouses y attendent-elles en nombre de nouvelles victimes. Il faut donc bien s’en occuper un peu, tout de même ! Vous n’imaginez tout de même pas que Man of Steel va s’en tirer comme ça ? Mais faisons plutôt le bilan de l’année écoulée.

Cette année, donc, le rythme du blog s’est ralenti – ce qui est scandaleux, j’en conviens bien volontiers- passant régulièrement à 8 – 9 jours au lieu de 7 entre deux articles. Les râleurs sont bien évidemment invités à joindre un gros chèque à leur complainte, afin de me permettre de passer plus de temps à écrire des âneries et moins à fouetter des employés en insultant leurs familles en allemand, ah mais. Cependant, donnons des chiffres : au lieu des 50 articles annuels, 46 ont été publiés, ce qui reste tout de même l’équivalent, en termes de caractères, de 8 romans complets. Enfin. Quant à l’arrivée d’une nouvelle charte, véritable serpent de mer de ce blog, si celle-ci est bien avancée, il convient d’arrêter de l’annoncer et de laisser les choses se faire à leur rythme : nul doute qu’un jour de désœuvrement, celle-ci sera achevée et viendra rayonner de mille feux devant vos petits yeux émerveillés.

En tapant "4 années", je découvre que des lecteurs sympas ont même fait un badge. Vraiment, je suis touché.

Tradition oblige, il convient aussi de parler aujourd’hui des formidables recherches menant à cet humble blog, qui ne cessent de m’étonner. Tenez, rien qu’aujourd’hui, nous avons eu :

  • Jean-Marc Ayrault (je n’en ai jamais douté)

je suis professeur d’allemand et je veux me reconvertir

  • Des gens au goût exquis

steevy boulay en slip

  • Celui qui doit taper vite vite sur son clavier avant que la dame du CDI ne l’attrape

video sexse avec sa mer l’orsque dormie dans chambre

  • Celui qui est tombé ici parce qu’il a merdé avec son datajack

shadowrun scénario

  • Arthur qui prépare son prochain spectacle

c’est l’histoire d’un canard qui leva la patte il trouva sa drôle donc il leva l’autre et la pouf il tombe

  • Un modérateur du Monde.fr qui cherche à comprendre ce qu’il se passe chez lui

comment se reproduisent les trolls

  • Celui qui se demande si ce jeu qu’on vient de lui offrir est bien un simulateur de danse contemporaine

est ce que dans call of duty ghosts il y aura des scenes violentes ou pas

  • Emile Louis qui tente de se faire passer pour Hagrid

auxerre sorcellerie

  • Et enfin, comme chaque année, le poète scatophile

être excité par les bruits de chiasse

Pour ce dernier, je pense que le malheureux est atteint de priapisme à chaque fois qu’il entend une cornemuse dans le lointain, souhaitons donc pour ses slips qu’il ne soit pas breton. Cela étant dit, il me revient pour ce post annuel de remercier celles et ceux qui n’hésitent pas à cliquer sur contacter l’auteur en haut de ce blog pour me signaler qu’il y a une faute à la troisième ligne du quatrième paragraphe, et que c’est intolérable, m’indiquer la découverte d’un site web merveilleux n’attendant qu’une bonne bâche, me dire qu’ils m’aiment fort ou plus simplement, me faire suivre une quelconque actualité sur Nicolas Cage (qui manque terriblement à nos écrans), et je dois dire que vous êtes tout de même nombreux sur ce dernier point. Je rappelle par ailleurs qu’une F.A.Q est disponible, évitant ainsi de s’embêter à écrire un mail pour demander "Mais, vous aimez des films en fait ?", ou pour savoir quelle est la procédure à suivre pour les demandes en mariage. Enfin, pour rappel, la page Facebook est ici, et le Twitter, .

Une dernière chose : la tradition veut que sur l’article célébrant l’année écoulée, je sois plus présent dans les commentaires. J’essaierai donc de m’y plier.

Pour le reste, nous nous retrouvons bientôt pour un ultime spoiler avant de repasser à d’autres sujets, avec Man of Steel si tout va bien.

Sauf le film, bien sûr.

Lecteurs, lectrices,

L’heure approche.

Dans quelques jours, vous serez vous aussi victimes de l’habituelle malédiction des fins d’années : alors que certains, à la montagne, constateront que l’office de tourisme de la station est encore embouteillé par des hordes de jeunes gens attablés dans la zone de Wifi gratuit prenant un air formidablement sérieux alors qu’ils seront en train de s’occuper de leur ferme sur Facebook, d’autres dans leurs foyers s’étonneront que la France vive au rythme de l’état de la poudreuse dans les différentes zones skiables lors de divers spots de "météo des neiges" diffusés sur toutes les grandes chaînes.

Pourtant, le pire restera à venir : car le 31 à minuit, partout en France, des millions de téléphones portables se mettront à vibrer ; l’internet lui-même s’encombrera de messages divers et variés, avec pour base commune des termes comme "Bonne à nez", "Beaux nénés" et autres "Banané !".

Lecteurs, lectrices, cette année encore, le grand concours des jeux de mots de merde qui feraient passer Jean Roucas pour un membre de l’Académie Française va reprendre ; en tant que gens de goût, n’hésitez pas à répondre à chacune de ces missives "Je te souhaite de crever dans ton vomi post-réveillon, infâme petit coprolithe".

 

En voilà au moins un qui ne vous emmerdera pas à minuit

Pour ma part, je m’en vais donc m’isoler dans le sud-est de la France, tant on m’a vanté les mérites de la riante cité de Grenoble, ville qui, tout de même, dispose du titre officiel de "Compagnon de la Libération" (la bourgade n’hésitait en effet pas à mettre son béret la nuit pour faire sauter des lignes de chemin de fer, égorger des sentinelles, et était bien connue pour se cacher dans les fourrés à l’approche de patrouilles allemandes), ce qui n’est pas rien. Par ailleurs, la légende raconte que le GHB mélangé à la chartreuse verrait ses effets décuplés par la magie des herbes servant dans la fabrication de ce merveilleux breuvage, ce qui évidemment, demande vérification. Par pur esprit scientifique, bien sûr.

Inutile donc d’attendre un véritable article cette semaine, et il est tout aussi superfétatoire de retenir sa respiration très fort ou de se rouler par terre, je ne cède pas aux caprices. Allez donc plutôt vous faire beaux, vous en avez bien besoin.

Quant aux grenobloises, nenni d’inquiétude, sachez que j’emmène avec moi les deux mamelles d’une saine relation avec vous :

Mon charisme de vieux loup, et bien sûr, une pelle.

A la semaine prochaine.

 

Ils seront parmi vous dès ce soir.

Inutile de paniquer : ils ne sont pas vraiment dangereux ; ils sont simplement différents. Mais pour mieux comprendre notre sujet du jour, permettez moi de vous proposer une brève mise en contexte.

En cette belle soirée du 31 décembre 2009, assis autour d’une tablée où se côtoient les visages chers à votre cœur, fussent ils familiaux ou amicaux, vous attendez patiemment ce pour quoi vous êtes venu : minuit, heure de transition entre l’année 2009 et l’année 2010. Certes, votre chaise est confortable, mais assis depuis plusieurs heures, vous ne pouvez vous empêcher de ressentir une certaine impatience malgré tout à l’idée d’en finir avec ce repas. Non pas qu’il se déroule mal, non, mais les kilos de nourriture ingurgités, les litres de champagne trop brièvement engloutis et les heures passées à regarder des hordes de nouvelles denrées atterrir tour à tour sur la table commencent tout de même à vous épuiser. Cependant, minuit approchant, vous vous accrochez tant bien que mal, et commencez à discuter d’un sujet essentiel : à la montre de qui allez-vous considérer qu’il est minuit ? Allez-vous utiliser la télévision ? L’un d’entre vous dispose t-il d’un appareil radiopiloté ? Y a t-il une application pour cela sur l’Iphone de… attendez, mais que font tous ces téléphones sur la table du repas ?

Votre inquiétude est légitime, mais cependant de courte durée : minuit sonne et on enterre l’année écoulée au son du tintement des verres et d’un morceau de Patrick Sébastien, alors que le cadavre encore chaud de l’année 2009 est jeté à la fosse pour laisser placer à la nouvelle année ; terrible enterrement et affreux baptême à la fois si l’on considère que votre soirée est animée musicalement, puisque dès lors, tout ce qui ressemble à un fond sonore immonde va y passer : Francky Vincent, Carlos, Queue-leu-leu et autres Danse des canards qui mettront l’année à venir sous le signe de la beauferie vont probablement se succéder (enfin surtout chez vous, pas chez moi).

Soudain, un silence quasi-complet tombe sur la soirée : les couverts ne font plus de bruit, les plats ont cessé leur valse incessante et les flûtes ne se rencontrent plus en tintant.

Les autistes de la Saint Sylvestre viennent de passer à l’action.

"Un feu d'artifice ? Je mets mon statut Facebook à jour et je regarde après"

Leurs téléphones portables viennent de bondir de la table où ils les avaient placés en attendant ce moment à leurs mains, et ils sont en train de taper message sur message à envoyer à leur répertoire, à leurs amis Facebook, à leur compte Twitter…

Oui, alors que vous vous êtes réunis pour célébrer la nouvelle année ensemble, ces hordes de dégénérés sont en train de mettre de côté la raison même de leur venue (passer un moment en bonne compagnie – si ce n’est pas le cas, pourquoi se sont ils déplacés ?) pour procéder à des envois de SMS génériques qui iront encombrer un réseau déjà bien surchargé par leurs semblables, moutons électroniques à la pointe de l’innovation technologique ; des conversations et des souhaits, il n’est plus audible autour de la table où vous vous situez que le tapotement machinal des claviers de téléphone et la respiration lourde de ces agents télégraphiques qui mettent de côté leur vie sociale réelle pour tenter de se donner l’illusion d’une vie sociale virtuelle, frétillant à chaque fois que leur téléphone vibre où émet le bruit horrible indiquant la réception d’un message.

Car oui, les SMS de bonne année sont à la courtoisie ce que les frères Bogdanov sont à l’esthétique : une aberration pure et simple.

Lorsque vous souhaitez la bonne année à quelqu’un, c’est l’équivalent d’un souhait de bonne journée : une classique formule de politesse traditionnelle, simplement étendue à une période donnée différente selon le cas. Or, chaque matin, il ne vient guère à l’esprit de qui que ce soit de souhaiter une bonne journée à tout ce que son téléphone compte de numéros : on se dit qu’on attendra de voir les gens pour leur souhaiter.

Et bien, pourquoi ne pas en faire autant pour la nouvelle année ? Pourquoi se sentir tenu par cet exercice auto-imposé consistant à faire fi de la soirée où l’on se situe pour, comme un mal élevé lambda, envoyer des messages depuis son téléphone ? Certes, on pourra tenter de s’en sortir par une pirouette sirupeuse consistant à dire que l’on envoie des messages aux gens que l’on apprécie ; oui mais là encore, si on les apprécie vraiment, on fera son possible pour les revoir rapidement, ce qui de fait, permettra de leur souhaiter une bonne année dans de bien meilleures conditions qu’au travers d’un sombre texto. Et si l’on ne peut les voir (ex : votre ami est ambassadeur de France en Thaïlande ou en prison – auquel cas pensez à lui souhaiter la Santé), une carte ou un mail feront aussi bien l’affaire et ne dérangeront en aucun cas le repas festif, puisque vous les enverrez plus tard. Raisonnement qu’il est possible de résumer au travers de la maxime "Tu vas le poser ton putain de téléphone espèce de sombre merde ? Ça peut attendre demain, jour que tu ne verras jamais se lever si tu continues."

Une excellente occasion de s'envoyer des cartes plus moches les unes que les autres

Par ailleurs, combien de ces autistes, persuadés qu’en sortant leur téléphone en plein repas pour faire abstraction des gens qui les entourent ils accomplissent un acte de politesse et de bonne éducation (ce qui fait rêver quant à leur capacité à de raisonnement), se diront "Hmmm, cette année, il faut que j’envoie un SMS original."

Et qui dit original dit "Rigolo" ; rigolo comme dans "Tiens, je viens de t’envoyer un Powerpoint trop rigolo sur le Père Noël sur ta boîte mail" : c’est obligatoirement nul. Car oui, à minuit, chaque année, le sens de l’humour de 95% de la population se déclenche dans ce que nous appellerons une orgie de mauvais goût (qui ne contraste donc guère avec le fond sonore de bien des soirées évoqué ci-dessus).

Rigolo veut donc ici dire : faire un jeu de mot de merde avec "Bonne année". Nous citerons donc : "bonne à nez", "beaux nénés", "banané"," banane hé !", etc ; vous en conviendrez, autant de messages qui sont des appels directs à une euthanasie rapide, brutale et douloureuse.

Aussi, afin d’éviter que votre soirée ne soit à partir de minuit qu’une sorte de repas gras durant lequel les convives passent leur temps à envoyer (et donc, par effet de masse, à répondre à leurs semblables) des messages depuis leurs téléphones (de plus, si l’un d’entre eux a mis du Christophe Maé en sonnerie de  réception de SMS, on franchira instantanément les frontières de la tolérance), je vous rappelle que votre table comporte divers ustensiles type couteau, fourchette, flûte ou bouteille de champagne brisée aux bords d’un rare tranchant, et qu’il convient de s’en servir pour pouvoir débuter la nouvelle année avec un geste qui permette à l’année à venir d’être meilleure que la précédente : se débarrasser de ces autistes.

Sur ces bonnes paroles, ma bonne éducation vous souhaite tout de même une bonne année 2010.

De mon côté, je vais préparer mes affaires : j’ai ouï dire que le GHB se mélangeait très bien avec le champagne. Et avec toutes ces jeunes filles occupées à surveiller leurs écrans de portable plutôt que leurs consommations ce soir à minuit, la Saint Sylvestre va décidément ne pas manquer à sa réputation de grande soirée de fête.

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