« Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !« 

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

« Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors. »

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Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

« Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ? »

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La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : « The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !« 

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés « Mimics » ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est « très déçu« . Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

« Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion. »

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Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

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« Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir. »

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

« Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez… »

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Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire « ange de Verdun », qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

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« Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai ! »

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : « Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty. » mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme « Mega_Knight81″ ou « [TACOS]RoXoR » : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : « Venez me trouver quand vous vous réveillerez ! » avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

« Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit « Venez me parler à votre réveil », parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi ! »

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier « réveil », une grosse bête bleue.

« Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette ! » s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

« Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement « la marmotte ». Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final. »

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La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil « Debout les campeurs et haut les cœurs ! » qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

« Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème. »

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Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

« Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur ! »

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Vous en voulez encore ?

« Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose. »

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Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

« On a qu’à rester avec l’invasion ! » déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

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Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant « Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse ! »

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame « Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse ! » et Bill de lui répondre d’un ton blasé « Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse. » Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement « Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle » ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

« Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !« 

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

« Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie ! »

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La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

« Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !« 

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

« Quel est le fuck ? » s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

« Debout les campeurs, et haut les cœurs !« 

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

« Bah il y a bien le transpondeur ! » explique tranquillement le docteur Carter. « C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga.« 

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

« Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ? »

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Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

« Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay. »

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Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

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Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

« Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça ! »

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Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

« Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !« 

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

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On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

______________________

« Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !« 

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

« Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer.« 

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

« Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ? »

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Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

« Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ? »

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Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

« J’en suis sûr« , lui dis-je tranquillement. « Aucune boucle temporelle. » Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

« Vous avez juste une vie de merde« , conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

« Nous sommes à l’aube d’une révolution.« 

A l’ombre du hangar des prototypes d’Odieux CorP, les membres du conseils d’administration attendent patiemment, debout au milieu de l’odeur chimique qui empeste les lieux, la conclusion du discours de leur président directeur général qui semble désormais imminente. Celui-ci, trop occupé à savourer l’écho de sa propre phrase tournant entre les poutrelles du bâtiment, note à peine le balancement nerveux de certains d’entre eux indiquant qu’une certaine impatience règne chez ceux plus habitués à se réunir dans des fauteuils confortables que debout dans ces lieux peu accueillants. Enfin, il reprend.

« Une révolution pour tous, au service des citoyens de ce pays. On nous dit et répète que certaines zones ne sont plus sous le contrôle de la police ; je dis : n’abandonnons pas ! Et cette obstination, cette soif de justice, c’est ce qui fait d’Odieux CorP une société unique. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui notre dernière innovation en matière de sécurité : le DIEGO – 209 !« 

Le rideau derrière l’orateur s’ouvre enfin et dans un grand « Ooooh ! » mêlant surprise et soulagement à l’idée que le discours soit enfin terminé, se révèle un imposant bipode surmonté d’une sorte de coque sombre encadrée de deux imposants canons. Le président directeur général s’en approche, une petite télécommande à la main, et d’une simple pression d’un bouton, le monstre de métal s’anime et se dresse, pointant ses armes dans le vide face à lui.

« DIEGO-209 prêt pour patrouiller. Analyse des civils présents en cours. Analyse terminée : aucune menace détectée.
- Ne craignez rien, vous l’avez entendu ? Il ne vous fera aucun mal. Regardez-moi plutôt ce bijou : blindage triple couche, armature en titane de carbone, reconnaissance faciale, vocale et digitale, batterie de 48h, canons de 75 mm à tir rapide, module vocal anglo-saxon…
- Freeze, motherfucker.
- Module espagnol !
- Dame el chorizo.
- Module russe !
- Сталин велик.
- Module Claude François !
- Bah, il parle pas ?
- Hein ? Ah mais  ça c’est pas un module vocal, c’est un taser.
- Ho.
- Bref, tout ça pour vous dire que le DIEGO-209 est prêt à être déployé dans toutes les zones où il est grand temps de rétablir l’ordre et la loi : Seine Saint-Denis, Marseille, bureau de Patrick Balkany, nos usines sont déjà prêtes. Et nos premières unités sont en partance pour Hollywood. »

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Quelqu’un toussote dans l’assistance avant d’interroger timidement.

« Hollywood ?
- Si vous connaissez une plus grosse bande de malfrats, dites-le moi Berthier, je vous écoute.
- Mais ils n’ont rien fait de mal ?
- Et toutes ces licences, détenues pour mieux être violées à de multiples reprises, hein ? Vous voulez que je vous parle du Hobbit ? De Total Recall ? De… de Robocop ? »

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Le membre du conseil d’administration haussa les épaules.

« Je sais pas, je l’ai trouvé pas si mal, moi, Robocop.
- DIEGO-209 ACTIVE. Détection de pipeau : confirmée. Cible verrouillée.
- Mais qu’est-ce que… éteignez-le, vous voyez bien qu’il déconne votre truc !
- Ah non, hé, Berthier, c’est vous qui déconnez : retirez ce que vous venez de dire !
- JAMAIS ! Le film était plutôt beau et en plus proposait une histoire origi…
- DIEGO-209 en MODE COMBAT :  citoyens, veuillez vous écarter. »

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Le conseil d’administration se disperse comme une volée d’oiseau, laissant le pauvre Berthier seul face à la machine. Il titube un peu, défiant le monstre de métal du regard

« DERNIER AVERTISSEMENT : reconnaissez que ce film est à chier.
- Non ! En plus, dedans, il y a Gary Oldman, c’est signe de qualit-
- OUVERTURE DU FEU. »

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Et dans un enfer de détonations et de tintement de douilles, le monde du cinéma perd un homme de mauvais goût.

Notre homme a-t-il mérité pareil sort ? Robocop est-il une bonne adapt…pfff, pardon, pardon. Bref, est-ce que ce film peut être vu sans faire une dépression dans la foulée ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : et quand on a plus d’idées, on achète des licences. Je vois.

Tout commence alors qu’un présentateur télévisé fait des bruits de gorge ressemblant à du patois ardennais pour se préparer à démarrer son émission en direct. Et ce présentateur, ce n’est pas n’importe qui : c’est Maître Windu, et son émission, c’est le Maître Windu Show. Ce film commence sous les meilleurs auspices.

Mais donc, qu’est-ce que c’est, le Maître Windu Show ? Hé bien c’est une émission avec un axe vaguement ultra-conservateur dans laquelle on parle du sujet chaud  du moment : la sécurité. Puisqu’en effet, la société Omnicorp, ou OCP pour les intimes, a développé une gamme de robots fort pratiques : les ED-209, gros robots bipodes, et EM-208, humanoïdes blindés, capables d’apporter la sécurité à chacun avec une grande efficacité. Ils sont déployés partout dans le monde et font des merveilles, sauf… aux Etats-Unis, où ce vieux rascal de sénateur Dreyfus (hé oui, ça ne s’invente pas) a fait passer une loi interdisant aux robots de faire la loi parce que les robots, c’est nul, ça plante, ça fout de l’huile partout et ça te demande si tu veux installer iTunes toutes les 20 minutes.

Du coup, le crime galope au pays du hamburger, alors que Maître Windu nous montre ce qu’il en est à Téhéran où il appelle une équipe de l’émission en direct, et où l’armée a déployé ces bijoux.

Le résultat est simple : il suffit aux militaires, journalistes et autres de porter un bracelet rouge spécial, et les robots font tout pour les protéger. Ils marchent donc autour d’eux, scannent les civils à la recherche d’armes, mais… alors que la caméra à Téhéran retransmet en direct les informations au Maître Windu Show, une bande de vilains terroristes attaque ! Et bardés d’explosifs, ils sautent sur et avec les robots ! Ces derniers, diablement efficaces, se débarrassent de la plupart des vilains sans trop de bobos mais la situation est un peu moins funky quand le fils d’un des terroristes, un peu con, sort dans la rue pour attaquer un robot ED-209… avec un couteau de cuisine.

Quelques secondes plus tard, il se fait donc détruire la gueule, ce qui est bien tant il paie pour tous les autres enfants énervants des films américains (même si cet enfant n’est pas vraimeeeeent américain).

Sur le plateau du Maître Windu Show, on relativise : okay, un enfant vient de se finir en pulpe, mais déjà il était vaguement muslimisant, et puis quand même, les robots ont bien fait leur boulot. Alors pourquoi ne pas les déployer dans nos rues ?

Bonne question, mais ce sera tout pour cette émission. Allons donc du côté de Détroit, où au poste de police, l’officier Alex Murphy rentre de mission un peu énervé, son partenaire Jack Lewis venant de se manger une balle. En effet, alors que tous deux étaient en mission d’infiltration déguisés en punks à chien dans le gang de Vallon, un vilain local qui trafique plein d’armes, et qu’ils avaient enfin rencontré ledit Vallon, celui-ci a reçu un mystérieux appel téléphonique le prévenant qu’il avait en réalité affaire à des agents de la maréchaussée (ils n’avaient pas leur canette de 8-6, c’est vrai que c’était suspect). Il a donc vite mis les voiles, laissé des hommes derrière-lui pour couvrir sa fuite, et dans l’affaire, Jack Lewis s’est donc mangé un pruneau.  Damned ! Alex a donc chargé le larron dans une ambulance et est parti au poste faire son rapport auprès de sa chef, Karen Dean.

« Alors Murphy, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Je vous file un super coéquipier qui était quand même Omar dans The Wire, et vous le laissez se faire plomber ?
- A) C’est mon meilleur pote B) Il est noir C) C’est un blockbuster, vous croyez qu’il allait lui arriver quoi ?
- Bonne remarque Murphy. Mais il n’empêche : pourquoi vous en êtes vous pris au gang de Vallon seuls ? Il fallait appeler du renfort !
- Vous savez très bien qu’il y a des flics corrompus ici, si j’avais appelé, on se se serait fait balancer encore plus tôt !
- Murphy…
- Mais regardez ! Ça fait deux ans que les agents Débilou 1 & 2 travaillent sur le dossier Vallon ! Ils n’ont pas procédé à une seule interpellation, ça vous paraît pas bizarre ?
- Bon je… j’en parlerai aux affaires internes. A l’occasion. Entre deux portes. Si je retrouve leur numéro. »

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C’est vrai que le coup des mecs qui n’interpellent personne, c’est pas du tout suspect. Donc, durant deux ans, ils n’ont pas pensé une seule fois à arrêter un gars au hasard, ou même un membre du gang pour le garder quelques heures et le faire ressortir, histoire de faire semblant ? Non : ça fait deux ans que les mecs se mangent des fajitas dans leur bureau sans rien faire. C’est… brillant. Autre truc pas du tout suspect : le non-enthousiasme de la chef à réagir. Surtout quand Alex Murphy rajoute :

« En plus, les armes que Vallon vend dans les rues : d’après les premiers éléments de notre enquête, elles viennent des scellés de la police, alors hein !« 

Mais comme seule réponse, la chef répond que, bah, boh, tu sais, bon, finalement, hein, tout ça, c’est pas si grave, on verra.

Hmm… je crois que je viens d’identifier trois traîtres alors qu’on est même pas à 15 minutes de film, dites-donc. Subtil tout ça. Ou alors c’est moi qui suis super fort. On va dire ça, on en est qu’au début après tout.

Bref, cela étant dit, allons donc du côté de Washington où se tient une convention de sosies de Julien Lepers et… non ? Ah non, pardon : c’est juste Raymond Sellars, le PDG de l’OCP qui est en audition face au sénateur Dreyfus, le fameux auteur de la loi sur l’interdiction aux robots de faire la loi. Attention, dialogue :

« Est-ce qu’un robot peut avoir le droit de vie et de mort sur un humain ? Non, Monsieur Sellars !
- Ecoutez, nos robots sont super performants et le crime est descendu en flèche de 80% partout où ils ont été déployés. »

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Moi j’aurais ajouté « Et si vous voulez, comme ils sont blindés, je pense qu’on doit pouvoir les faire désarmer les gens sans les tuer assez facilement.« , mais bon, c’est toi l’expert pépère.

« J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
- Hé bien ils font…
- Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
- Hé bien… rien.
- Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain ! »

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Attendez ? J’ai bien suivi ? Les mecs utilisent comme argument « les sentiments du robot » ? Le problème, c’est pas qu’il bute des marmots, c’est qu’il ne ressente rien en le faisant ? Mais qu’est-ce que… non mais le raisonnement est complètement moisi, on peut le retourner : et si un humain bute un gosse, c’est okay ? Parce qu’il a des remords, se met à boire pour oublier, devient alcoolo, tape sa femme et son gosse et finit clodo du coup, c’est donc tranquille Emile ? Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Je vais tout de suite être clair : le pire truc de ce film, ce sont les dialogues. Surtout ceux impliquant l’OCP : quelqu’un a dû manger des pages (dans le meilleur des cas), c’est impossible autrement, puisque comme nous le verrons, ils n’ont strictement aucun sens. Vraiment.

Au passage : Maître Windu, du Maître Windu Show, qui semble gémir « Regardez ma carrière… tueeeez-moiiiii…. »

Toujours est-il que, justement, l’OCP après s’être avouée vaincue par les arguments surpuissants du sénateur Dreyfus (faut-il être mauvais), se replie et réfléchit à comment faire pour que le marché américain accepte enfin ses robots. On propose bien une nouvelle campagne de communication, ou encore plus de graissage de pattes de sénateurs, mais ça ne suffit pas. Raymond Sellars a alors une idée : il sait comment contourner le problème ! Je vous passe la scène absurde qui s’ensuit à base de « J’ai une illumination« , toujours est-il que Raymond court dans les labos d’OCP pour trouver le docteur Norton, expert en membres cybernétiques. En effet, OCP est leader dans le domaine, tellement que Norton est même en train de montrer à un guitariste amputé des deux mains qu’à nouveau, il peut jouer finement et délicatement, comme avec ses anciens membres, à part du Julien Doré puisque même les membres cybernétiques ont du goût. Mais bon, ça suffit les conneries : Raymond est là et il veut expliquer sa grosse idée :

« Norton, je viens d’avoir l’idée du siècle !
- Arrêter la coke ?
- Non, non, mieux ! Vous savez, la loi Dreyfus ? Les américains veulent l’efficacité des robots mais la conscience des humains : j’ai la solution !
- Des drones ? C’est jamais que des robots, mais avec des humains qui prennent les décisions.
- …
- C’était pas ça votre idée ?
- Merde, non. Putain c’est même pas dans le script. Non, mon idée c’est… c’est mettre un humain dans un robot.
- Ha oui, c’est un peu con quand même. 
- Bon. Ecoutez, on va faire avec : sélectionnez-moi des candidats potentiels pour qu’on les colle dans un robot, allez hop ! »

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Et après avoir été convaincu que cela aiderait plein de gens, Norton, qui est un gros gentil, accepte. L’équipe d’OCP propose donc divers candidats, et c’est reparti pour du dialogue raté.

« Bon alors on a le sergent Bob. Amputé des bras et jambes, mais devenu obèse : il ne tiendra pas dans le robot.
- Non. Suivant. 
- Ah bon, on sait concevoir un surhomme mais pas faire une liposuccion ?
- Votre gueule, Docteur Norton, tenez-vous en au script. Suivant, disais-je?
- Là, on a l’officier Black. Il est complètement paralysé et seul un changement de corps pourrait le sauver. Par ailleurs, nos enquêtes d’opinion sur des publics tests le mettent loin devant tous les autres en terme de popularité.
- Il est parfait, on le retient. Montrez-voir le suivant ?
- Le sergent Bigballs. Ancien chef du SWAT, il a perdu ses deux jambes mais incarne toujours un idéal de virilité coolos.
- Il me plaît. Norton, votre avis ?
- Son dossier dit qu’il est instable psychologiquement. Vu ce qu’on devra faire subir au candidat, mieux vaut éviter.
- Bon, hé bien alors il faudra attendre qu’un autre pauvre type se fasse dégommer. »

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Attendez, attendez, sérieusement ? Vous avez dit il y a UNE SECONDE que l’officier Black était parfait en tous points, et que lui, il était pas amputé : il était paralysé, les membres cybernétiques ne pouvant le sauver, c’est donc en plus le seul qui a une VRAIE raison de se retrouver dans un robot. Vous avez même dit que vous le « reteniez » ? Je… oh, misère, rater ses dialogues à ce point, c’est quand même dramatique. Bon bin, retournons du côté de l’ami Murphy alors.

Alex Murphy est donc parti à l’hôpital visiter son bon ami Jack Lewis, pour lui promettre qu’il va botter le cul de Vallon et ses sbires. Oui mais voilà : ce qu’Alex ignore, c’est que les agents Débilou 1 & 2 sont déjà allés voir Vallon pour lui dire que l’incorruptible Murphy était toujours à sa poursuite, mais que si il voulait s’en débarrasser, il serait à l’hôpital aujourd’hui. Vallon a donc envoyé un homme placer une bombinette sous la voiture de Murphy, quel déconneur celui-là !

Aussi, lorsque Murphy remonte dans sa voiture…

… rien. Ah ? Bon, bon. Peut-être qu’il va le faire péter sur la route alors ? Mmmm… non, Murphy arrive chez lui sans souci. Bon, bin à l’arrêt du moteur peut-être ? Ah bin non plus.

J’ai dû louper un truc. Murphy, donc, rentre chez lui et retrouve sa charmante femme et son fils, et s’empresse de mener une vie de famille exemplaire avec eux parce que c’est un vrai héros parfait. Puis, la soirée avançant, on envoie le petit au lit, et chez les grands, on se dit qu’il serait bien temps de copuler un peu, là, comme ça, allez hop, tu te mets en slip-chaussettes s’il te plaît. Alors que nos larrons commencent à peine à se mettre en jambe avec des préliminaires comme le chameau volant ou la tornade du Bénin, voilà que l’alarme de la voiture se déclenche. Roooh. Relou. Murphy laisse donc Madame en plan et va donc tenter de couper le bousin, mais la télécommande ne marche pas, bordel de pipe. Il va donc tenter de couper tout cela manuellement, et en ouvrant la portière de la voiture…

BOUM !

Si c’était pour faire ça, pourquoi attendre aussi longtemps ? Nous ne le saurons jamais. Mais si ce n’était que ça !

Ah oui, okay. Donc les mecs se sont compliqués la vie à poser la bombe, la laisser sous la voiture des heures, attendre que Murphy soit chez lui puis, pour se marrer, ont piraté l’alarme du véhicule pour tout faire péter à ce moment là. Ça n’a strictement aucun sens, c’est génial. Madame la marchande, je vais reprendre du pop-corn au Xanax s’il vous plaît.

Résultat des courses : l’ami Murphy a été transformé en merguez. OCP repère donc son dossier et explique à sa femme que son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau, du coup, le chameau volant, il risque plutôt de rester à faire du roulis sur la piste. Ah bin oui, hein, c’est dur.

Pardon ? Oui, l’OCP, qui deux scènes plus tôt était le leader mondial de la prothèse cybernétique est en train d’expliquer que les bras ou jambes coupés, pfou, ils voient pas comment faire.

Tous les dialogues. Tous. Sans exception.

Bref, ils proposent à Madame Murphy une nouvelle procédure pour le sauver et lui donner une seconde chance. Et après une grosse hésitation, et puisqu’elle doit se décider vite, elle signe.

Murphy est donc plongé en plein rêve, persuadé que tout va bien, jusqu’au moment où il quitte ce songe merveilleux dans lequel il jouait à Twister avec Françoise Boufhal pour se retrouver dans un laboratoire, attaché à une sorte de chevalet futuriste, avec en lieu et place de Françoise le professeur Norton, qui porte quand même drôlement moins bien la blouse, marrant ça. Murphy, a moitié shooté, se demande donc ce que c’est que ce bordel.

« Gnu… où… où suis-je ? Où est ma femme ? Je me souviens que j’étais chez moi avec elle et que j’allais lui faire l’amour, et puis… le trou noir.
- Vos métaphores anales ne m’intéressent pas, Murphy. Toujours est-il que votre femme va bien, votre fils aussi et… vous aussi. Tenez : Simone, ouvrez les verrous de sa colonne et de ses bras. »

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Un bruit mécanique plus tard, Murphy peut tourner la tête et bouger les bras, et constate que dis-donc, ils sont engoncés dans une sorte de grosse armure qui ne laisse dépasser que sa main droite.

« Qu’est-ce que… libérez-moi !
- Très bien, très bien : Simone, ouvrez les verrous restants. Murphy, essayez de faire quelques pas. »

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Cliquetis, cliquetas, et hop ! Notre héros est libre de ses mouvements et confirme : il est bien bloqué dans une sorte de grosse armure qu’on refuse de lui enlever. Un peu bougon, il se met donc à courir partout pour essayer de fuir ce lieu où l’on veut le retenir, et gambade donc au travers du laboratoire futuriste, fuyant dans tous les couloirs avant de traverser un gigantesque atelier plein d’asiatiques, ce qui lui fait peur (pas seulement parce qu’il est un peu raciste) puisque ça voudrait dire que si ça se trouve, son armure est du Made in China, puis atteint l’extérieur où il découvre que non seulement il court désormais super vite, mais en plus, peut franchir le mur d’enceinte d’un seul bond. Ce qu’il fait avant de tomber… dans une rizière, au milieu des paysans, puisqu’en Chine, les usines super sensibles sont toujours installées au milieu des rizières, c’est comme ça, ça permet de manger bio à la cantoche. Norton, voyant que Murphy ne compte pas revenir, appuie donc sur le gros bouton « Dodo » et Murphy s’effondre donc lamentablement le temps que l’on vienne le récupérer.

Coup de bol, il tombe sur le dos. Sinon, j’imagine bien Norton « Allô, Raymond ? Oui, tu sais notre dernier projet ? Bah, il s’est endormi dans une rizière et s’est noyé dans 2 centimètres d’eau.  On a d’autres candidats ?« 

Bref, Murphy se réveille à nouveau dans le laboratoire de l’ami Norton, qui tente de le calmer un peu.

« Murphy, nous avons commencé du mauvais pied tous les deux… hihih, mauvais pied… 
- …
- Non mais c’est parce qu’on vous a ampu… ho et puis merde, Murphy.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
- Hé bien vous avez été victime d’une bombe, vous étiez tout brûlé, il vous manquait un œil, un bras, une jambe, 80% de votre corps était brûlé…
- Je veux me voir !
- Soit : Simone, faites sortir le gros miroir du sol. »

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Scientifiques qui me lisez, si votre laboratoire n’a pas au moins un méga-miroir dans le sol, sachez que vous êtes dans un truc de gros nazes : c’est quand même évident que tout laboratoire sérieux devrait avoir ça. Toujours est-il que Murphy se voit enfin dans sa grosse armure, et Norton commande alors le démontage de celle-ci pour montrer ce qu’il reste de lui : et visiblement, pas grand chose, puisque plus l’armure s’en va, plus il y a de vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus… que la tête de notre héros, ses poumons et sa main droite (et encore, reliée par un vieux boudin en métal, il n’y a même plus de bras).

« Haaa ! C’est affreux ! 
- Je sais Murphy et…
- Qu’avez-vous fait ?
- C’est-à-dire que vous étiez dans un sale état comme je vous l’ai dit et…
- Non, c’est pas ça ! Pourquoi avez-vous bossé comme des charlots ?
- Pardon ?
- Bon sang ! Mon corps était brûlé à 80% et comme par hasard, mon visage, lui, est impeccable ! 
- Heu… on l’a refait avec notre super technologie ?
- Vous savez refaire la peau du visage mais pas celle des bras ou des fesses ? Vous aviez la technologie pour me soigner mais ne l’avez utilisée que pour me faire une jolie tête ? En plus même le mec de Robocop 1 dans les années 80 avait l’air plus crédible ! On voit bien que je suis juste un acteur avec un costume et une cagoule !
- Hem je… attendez… je suis sûr que…
- Et l’armure ! Bon sang, vous pouviez pas juste me mettre une exo-armure, justement ? Et remplacer les membres manquants avec de la cybernétique ? C’était moins cher et moins traumatisant !
- Non, je suis sûr que… qu’il y avait une excellente raison…
- Excellente raison qui ne marchait pas pour mon corps mais qui fait que vous m’avez quand même remplacé l’œil kaput justement avec la technologie en question ?
- Je…
- Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
- Votre autre main ?
- Noooon, pas exactement.
- Ho.
- Non mais… bordel, allez : remettez-moi mon armure. Et je ne veux même pas d’explication sur pourquoi les prothèses que vous filez aux guitaristes sont maniables et silencieuses quand votre armure qui est autrement plus élaborée bouge comme un jouet pour enfants. Vous m’avez remonté avec des pièces de R19 ou bien ?
- On va s’arrêter là pour aujourd’hui Murphy, d’accord ? »

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Ce film est dramatique. Rien n’a aucun sens. Et on est encore loin d’être rendus, c’est… je n’arrive même pas à m’expliquer comment on peut rater autant de trucs.

Jeu : l’un de ces deux films a eu un budget 8 fois inférieur à l’autre et 27 ans de plus. Sauras-tu retrouver lequel a fait un minimum d’efforts pour le maquillage de cyborg ?

Toujours est-il que Murphy a le droit à une petite vidéoconférence avec sa femme pour lui dire que hihihi, il va bien, il rentre bientôt, mais que là il a encore besoin de s’adapter à son nouveau corps, tout ça, sinon il va glisser sur le parquet à la maison et ça va être le bordel. Sur ces entrefaites, il est présenté à Maddox, le patron des robots chez OCP, qui évidemment, a la psychologie d’un chou, et encore, pas un chou frais frais, et passe donc son temps à insulter Murphy en lui disant que c’est une chose, pas un humain, quand bien même on lui a expliqué l’exact contraire. Le procès pour harcèlement n’est pas loin.

Ou celui au dialoguiste, vraiment.

On présente donc ses nouvelles armes à Murphy, que nous pouvons désormais appeler Robocop, je pense. D’abord, une mitraillette qui envoie de gros pruneaux, et ensuite, un taser qui envoie 12 millions de volts, mais ça va, tu le vis bien. Cela fait, on lui propose d’aller dans un simulateur reproduisant à la perfection un exercice, avec face à lui, un robot humanoïde EM-208 qui doit affronter la même simulation. Le résultat est sans appel : défoncer 12 terroristes et libérer 3 otages prend 48 secondes pour le robot, 53 pour Robocop.

Parce que l’humain, lui, réfléchit avant chaque action.

Exactement ce que l’OCP voulait.

Du coup, que se passe-t-il lorsque Norton annonce les résultats à l’OCP ? Hé bien l’ami Raymond s’exclame « Noooon ! Il est moins performant que nos robots, c’est un produit défectueux ! Corrigez immédiatement cela, docteur Norton !« 

Dites les mecs, ça vous dirait de regarder votre propre film à un moment ? Non parce que je résume : la loi Dreyfus est contre les robots qui font la loi à cause d’arguments essentiels comme « Ça a pas de sentiments liés à ses actes« .  Vous créez donc un humain robotisé justement pour cette raison. Le résultat est sans appel : les réflexions et les sentiments sont si présents qu’on peut même observer clairement la différence à l’exercice face à un robot. Et franchement, je pense que tout le monde se tape cordialement du fait qu’il mette 5 secondes de plus pour arrêter des terroristes si ces 5 secondes sont passées à faire des trucs comme réfléchir à ses actes.

Hé bien non. Chez l’OCP et ses dialogues honteux, on a pas compris et on commande un truc absurde.

Du coup, Norton se met au boulot et modifie un peu la programmation de Robocop. Et pour la présenter, il propose à Robocop d’affronter Maddox, qui est aussi un sacré militaire, accompagné d’environ 50 EM-208, le tout à balles réelles bien sûr, histoire de foutre en l’air le maximum de pognon. Et dire que dans la scène d’avant, un simulateur suffisait. Madame la marchande ? Oui, avec les pop-corn au Xanax, je vais prendre un Miko au Lexomil. Merci, vous êtes bien urbaine.

Bref : Robocop, qui a aussi eu le droit à une modification de son armure pour qu’elle fasse noir et cool suite à d’autres enquêtes d’opinion, colle une grosse branlée aux 50 robots qui l’attaquent comme il se doit par groupes de 1. Il finit même par taser le pauvre Maddox, qui est bien surpris et sent donc très fort le grillé, la défaite, et bien sûr le caca. Dans la salle de commande, Raymond et ses amis sont ravis et pas seulement à cause de leur scatophilie galopante : comment Norton a-t-il obtenu un résultat pareil ?

« Hé bien, je suis un personnage gentil mais là, j’ai décidé qu’en situation de combat, l’armure de Robocop prendrait le dessus. C’est donc une intelligence artificielle tout simplement encore plus performante que celle de nos robots qui combat à sa place et lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions. Et sitôt le combat terminé, lorsqu’il relève sa visière, c’est à nouveau Murphy qui est aux commandes et est persuadé qu’il a tout fait lui-même.
- Mais c’est génial Norton ! Vous êtes un gentil, mais menteur, manipulateur et sans éthique ! Un robot qui fait tout avec un humain dedans juste pour l’image… je suis sûr que ce n’est pas du tout un coup à se bouffer le procès du siècle ! Vite, on le ramène à Détroit, il est temps qu’il montre ce qu’il sait faire ! »

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Et ni une, ni deux, Murphy est ramené à Détroit. Et a le droit d’aller visiter sa famille : tout le monde est un peu étonné de le voir ainsi, parce que ça va être moins pratique pour le chameau volant quand même, ils se sont un peu foutus du monde chez OCP. Mais bon, il est envie, alors c’est cool quand même.

Et puis au bout de 5 minutes, Murphy se casse, parce que oui, il rêve de revoir sa famille depuis des mois, mais en fait, bof. Et sa famille trouve ça tout à fait normal. Bin écoutez, évidemment, c’est bien naturel tout ça, allez hop, passons à la suite ! Non mais… bon. Il y en a tellement que tout relever est vraiment compliqué tant c’est navrant. Toujours est-il que Murphy part pour le commissariat où a été installé le laboratoire où il peut dormir pendant qu’on lui fait la vidange et les plaquettes de freins. Il y retrouve son coéquipier Jack Lewis, fraîchement rétabli et prêt à repartir pour la tatane. Consigne est donnée d’attendre le lendemain, où le commissariat va présenter officiellement Robocop à la population de Détroit.

Dès le lendemain, et 5 minutes avant la cérémonie de présentation, Norton travaille donc à… à…

… à faire une procédure expérimentale et dangereuse d’upload de toutes les bases de données de la police directement dans le cerveau de Murphy ? Mais ? Non mais arrêtez, vraiment ! Vous faites vraiment vos expériences 5 minutes (et je n’exagère pas : pendant qu’il joue avec son cerveau, les gens viennent leur dire « Vite, vite, le discours du maire va se terminer !« ) avant une présentation publique critique ?

Evidemment, ça ne rate pas : ça tourne mal. Toutes ces images de crimes (sans compter les Go de porn stockés sur les serveurs de la police) dans le crâne font que Murphy commence à délirer un peu, surtout lorsque les images des caméras ayant filmé l’explosion de sa propre voiture arrivent. Il les consulte en boucle sur sa super interface visuelle, et comme il fait vraiment une grosse crise, Norton décide de modifier sa chimie cérébrale jusqu’à ce qu’il ne ressente plus la moindre émotion. Ce qui fonctionne  : Murphy se calme, et sitôt mis sur pieds, il s’exprime comme un cyborg, ignorant jusqu’à son bon ami Lewis et même sa famille qui l’attendait dans un couloir voisin. C’est pas très très sympa, Robocop, à mon avis tu vas coucher sur le clic-clac cette nuit.

Sauf qu’en arrivant sur l’estrade où le maire et les officiels de la police l’attendent devant une foule en délire, Robocop se comporte encore plus étrangement.

En effet, il scanne en effet la foule, et comparant le tout avec sa base de données nouvellement téléchargée, y reconnait Zug l’éventreur, un criminel recherché pour meurtres et autres trucs peu ragoûtant, en cavale depuis 6 ans.

Et oui, le mec en cavale depuis 6 ans a décidé de se pointer à l’inauguration de Robocop.

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« Je t’arrête, Zig l’Eventreur ! Et j’espère que ton complice viendra au bal de la police ! »

N’en jetez plus, je ne vois même pas comment on peut continuer à s’enfoncer. Faisons confiance à Roboscript, qui dépasse tous les humains dans le domaine (c’est un scénariste qui a survécu à l’explosion de son stylo Bic et à demi défiguré, a été reconstitué à partir de morceaux d’Amiga 500).

Autant vous dire que Robocop fend la foule et tombe sur le coin du nez de Zug l’éventreur, lui tasant sévèrement les roudoudous avant de l’arrêter et de lui lire ses droits. Du coup, le soir même, au Maître Windu Show, c’est un peu le Eugène Saccomano Show, avec un sacré enthousiasme à base de « Holololololo, comment Robocop il a défoncéééééééééé le crimineeel ! La police doit être dééég’ ! Et le sénateur Dreyfus, bouuuuh comment il s’est trop planté : whololololooooooooo les robots, ça déchiiire !« . Etc.

Du coup dans les jours qui suivent, Robocop se voit confier un solex (avec des néons en dessous, typique des véhicules de la police, c’est connu, même un véhicule ils le ratent, ils sont forts) et va faire la justice sur sa mobylette. Grâce à la base de données de la police et les caméras situées partout en ville, il peut ainsi localiser les criminels ou leurs complices très facilement, et donc remonter les filières à coups de tasers, de main dans la gueule et d’acrobaties en moto. Et les méchants n’y résistent pas.

D’ailleurs, notez bien un truc : tout le monde est sur le cul parce que Robocop est super efficace. Mais aux dernières nouvelles, les caméras qui apparemment font de la reconnaissance faciale ainsi que la base de données de la police étaient là avant lui. Du coup, le point fort de Robocop, c’est qu’il n’y a que chez lui qu’on a installé un ordinateur qui recoupe les deux. En fait, depuis des années, la police de Détroit avait l’outil ultime mais n’avait juste pas pensé à s’en servir : on regardait les caméras OU la base de données. Alors que chacun sait que rien qu’aujourd’hui, même un vulgaire utilisateur des forums HFr sait croiser le « topic des images étonnantes » avec la « base de données des actrices pornos » pour faire son marché. Bon, ça ne fait pas baisser la criminalité, par contre l’industrie du sopalin a compris depuis longtemps que c’était une chouette idée.

On en conclura donc naturellement que la police de Détroit est un peu moins rusée que l’industrie du sopalin, mais là n’est pas le sujet.

Puisqu’un jour que Robocop sort du commissariat sur son solex étincelant, voila-t-y pas que sa femme surgit au milieu de la route.

« Alex ! Alex, c’est moi, ta femme ! Tu dois me parler.
- Circulez citoyenne ou je vous tase la gueule puis je fais des acrobaties en mobylette.
- Alex, regarde-moi ! Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait… on dirait qu’ils ont supprimé tes sentiments, et du coup, ils m’empêchent de t’approcher pour ne pas que je t’aide à les retrouver ! Alex, ton fils a besoin de toi ! Il est traumatisé par tout cela ! »

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Robocop a tous les processeurs qui tournent à fond les ballons : qu’est-ce que ces que ces carabistouilles de civile ? Il consulte donc sa base de données et observant les vidéos de l’école locale, voit en effet son fils qui a l’air assez malheureux sur celles-ci. Robocop décide donc de laisser tomber les appels de détresse en cours : il a un truc à faire, désolé mamie qui se fait tabasser ou à toi qui découvre l’ambiance chaleureuse d’une cave avec des petits camarades aussi nombreux que turgescents. Il démarre donc sous le nez de sa femme sans dire un mot, et du côté du laboratoire d’où on suit les performances de Robocop, tout le monde s’affole : le bougre est en train de voir ses sentiments revenir ! La machine ne peut vaincre l’homme qui est dedans ! Le policier d’acier se rend donc chez lui, où des souvenirs de son passé lui reviennent doucement, pendant qu’il sort de sa super mémoire tous les dossiers concernant l’attentat qui a fait de lui ce qu’il est.

Et il décide donc de reprendre l’affaire. Fuck yeah.

Pour commencer, il va voir Débilou 2, à qui il éclate le museau afin d’obtenir des informations : où se planque Vallon ? Il sait qu’il est ripou, alors parle, mécréant ! Débilou 2 explique donc qu’il ne sait pas où est Vallon mais a le numéro de téléphone de son chauffeur. Robocop laisse donc Débilou 2 partir puis utilise le numéro pour localiser le vilain, et donc probablement Vallon qui doit être avec. Puis il enfourche sa moto, allume les phares et…

Et…

On était en plein jour, non ? Robocop venait de prendre son service, nous étions en matinée… bon, bin il fait nuit. D’accord, encore une fois : grosse qualité, vraiment. Rappelons que le premier Robocop a coûté 13 millions de dollars, celui-ci, 100. Et malgré tout, il arrive à contenir infiniment plus de trucs complètement ratés : on va dans le bon sens. Enfin : Robocop part donc faire le zazou en solex, et file donc droit vers un entrepôt où le téléphone du chauffeur de Vallon a été localisé. Vallon qui reçoit justement un coup de fil qui le prévient que Robocop arrive : aux armes !

« Bon, les gars, tout le monde s’équipe et vite ! On a le nouveau flic, là, Robocop qui arrive vers nous ! Quand je pense que Débilou 1 & 2 m’avaient dit que jamais il ne remonterait jusqu’à moi… bon, écoutez, mes taupes chez la police me disent que l’armure du bonhomme résiste à tout ce qui est en dessous du 50 mm, donc tirez au gros calibre et visez la tête, puisque ses concepteurs lui ont étrangement mis une visière au lieu d’un casque complet ! Et n’ont pas pensé à couvrir sa main droite, d’ailleurs ! Ils devaient être un peu cons.
- Alors que nous, on l’est pas, hein chef ?
- Ça non ! J’ai même un super plan : on est des humains, c’est un robot…
- Oui ?
- On va donc éteindre toutes les lumières et mettre nos lunettes de vision nocturne : ce sera un peu moins pratique pour nous, mais je suis sûr que les robots ne voient pas dans le noir ! »

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… ceci n’appelle même pas de commentaire, je crois.

De toute manière, Robocop a une visière qui brille pour que ceux qui n’auraient pas la vision nocturne sachent où tirer. Sympa, vraiment.

Bon bin, comme ils sont dans le noir et avec une visibilité réduite malgré leurs accessoires et que Robocop se moque vaguement de la luminosité, il leur colle une branlée comme il se doit, et tue Vallon dans l’affaire, qui n’était pas chaud-chaud pour se rendre de toute manière. Il en profite pour analyser l’arme que portait Vallon avec son super scanner : il y a dessus… les empreintes de Débilou 1 & 2 qui prouvent que ce sont bien eux qui faisaient sortir des armes des scellés de la police ! Robocop repart donc vers le commissariat sur son fidèle destrier et va y trouver son copain Jack Lewis, tout heureux de voir que Murphy a retrouvé ses sentiments et donc, son humanité.

« Viens voir, ça va être intéressant !« 

Ils vont donc dans le bureau de Débilou 1 & 2, comme toujours occupés à manger des fajitas et diffuse pour les humilier sur tous les canaux publics les preuves qu’il a contre eux comme… que… ho… non… la conversation enregistrée de Vallon et Débilou 1 & 2 parlant de tuer Murphy peu avant l’explosion de sa voiture ? C’était une caméra d’un lieu public, et les deux flics ripoux depuis des années n’ont pas pensé à, par exemple, chercher ce genre de données pour s’en débarrasser ? Sachant qu’ils avaient dit plus tôt dans le film que si, justement, c’est exactement ce qu’ils faisaient ? Bon, vous en voulez encore ?

Alors accrochez-vous, c’est pas fini.

Après avoir arrêté les deux bougres en direct et leur avoir tasé la gueule, il se rend dans le bureau de Karen, sa chef, et la menace elle aussi de son arme en lui expliquant : il a remonté le numéro de téléphone qui a prévenu Vallon. C’est le sien. C’est donc pour ça qu’elle ne faisait – très discrètement – rien contre Débilou 1 & 2 ou les vols de scellés : elle était avec eux !

Et puis là, pouf.

C’est parti pour encore plus de non-sens : soudain Norton se dit que c’est super dangereux tout ça, que Robocop risque de la tuer pendant qu’il diffuse toujours en direct ce qu’il voit, et donc, il appuie sur le bouton « Dodo » de Robocop.

Mais arrêtez, arrêteeez ! Ça n’a aucun sens ! Pourquoi il l’aurait tuée sachant qu’elle avait été moins impliquée que Débilou 1 & 2 qu’il a juste tasés ? Hein ? Il était en train de l’arrêter en direct !

On est plus à ça près. Robocop est donc transporté jusqu’à son laboratoire pour se reposer un peu, pendant qu’au Maître Windu Show, c’est la grosse folie : Robocop a résolu sa propre tentative de meurtre et découvert des gens corrompus chez les agents de la maréchaussée… ce qui ne serait jamais arrivé à des robots ! Tout ça est excellent pour les partisans du déploiement des robots sur le territoire !

Chez OCP, on fait donc une petite réunion : cette semaine, les nouvelles ont été bonnes : depuis l’arrivée de Robocop, le sénat s’est complètement retourné et a voté pour virer la loi Dreyfus. OCP va donc pouvoir déployer ses machines sur tout le territoire ! Et puis quand même, cette histoire de Robocop qui prouve que les humains sont moins fiables que les machines… non, vraiment, c’est super. Même s’il a agi de son propre chef. Du coup, il y a ce dialogue merveilleux :

« C’est un héros. Et vous savez ce qui est plus grand qu’un héros ?
- … (NDlOC : un super héros?)
- Un héros… MOOOOOORT ! Maddox : allez tuer Robocop ! Je mets au courant Norton. Et dites à Mme Murphy de venir ici, on lui dira qu’il est mort lors d’une crise parce que c’était un prototype. »

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POURQUOI ? POURQUOI ? ARRÊTEZ CE FILM, JE VEUX DESCENDRE ! TOUS les événements prouvent que Robocop va clairement dans votre sens ! Vous faites super attention à votre image ? Tout le monde l’adore ! Il agit de son propre chef ? C’est pour mieux montrer qu’il surpasse les humains et donc ça vous sert ! Arrêteeeez, écoutez-vous parler, vos dialogues n’ont aucun sens !

Il n’empêche que Madame Murphy, elle, reçoit un appel de OCP où l’ami Raymond l’invite à lui rendre visite avec son fils et lui annonce le décès d’Alex Murphy, alias Robocop, disant qu’il est mort, comme ça, pouf,  c’est vraiment trop ballot, maintenant t’es gentille et tu dégages. Pendant ce temps, au laboratoire de Robocop, deux militaires sont là pour tuer Murphy. Mais ? C’était pas à Maddox de le faire ? Bon, on va dire qu’ils bossent pour Maddox qui leur a dit de très discrètement, menacer tout le monde avec des fusils d’assauts en attendant qu’il arrive, comme ça, ce sera super discret. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur : j’essaie de sauver le film, là, mais j’ai du mal même en extrapolant.

Heureusement pour Robocop, Norton, qui n’a guère apprécié le plan de l’OCP, décide de sauver notre héros d’acier : il le réveille donc pour qu’il colle sa branlée aux deux militaires, puis l’informe que l’OCP veut le tuer. Il n’en faut pas plus à Robocop pour partir en mission au QG local histoire de tataner Raymond Sellars, le PDG qui a commandité l’affaire. Et non, il ne demande pas de preuves : on le réveille, on lui dit « Tue ces gens, là, ils sont méchants et ensuite va tuer le mec là-bas » : il le fait. Il est bien brave ce Robocop. Voilà voilà.

A l’OCP, l’alarme est donc sonnée : Robocop est vivant et arrive ! On déploie donc les ED-209 pour qu’ils l’empêchent d’entrer, mais bon, Robocop étant fort, rapide, et accessoirement le héros, il s’en débarrasse bien vite et se fraie un chemin dans les hauteurs du bâtiment. Il est en plus appuyé par un véhicule du SWAT mené par Jack Lewis venu aider son coéquipier. Et qui plutôt que de dire « Les mecs, c’est la police, on prend le contrôle du bâtiment, coupez la sécurité » décide plutôt de se battre contre l’OCP avec sa kikounette et son couteau. Pourquoi, sachant que tu as l’autorité pour ne pas avoir à le faire ? Trop de pourquoi depuis le début de ce film. Passons au comment.

Comment nos héros progressent-ils donc ? Au fusil. Vont-ils vite ? Plutôt, oui. Ça se passe bien ? Pas forcément, surtout lorsque surgit Maddox (que Robocop avait croisé sur la route en fonçant vers l’OCP, mais visiblement, le bougre a trouvé le temps de revenir, de passer devant Robocop sans se faire voir, d’aller se changer pour mettre son armure et de revenir l’attendre sur son chemin ou alors, il s’est téléporté parce que ce film est écrit avec un étron comme stylo – j’ai été clair, le bic a défiguré le premier scénariste, suivez un peu). Parce que voyez vous, l’ami Maddox porte l’un des fameux bracelets rouges qui font que les robots le protègent… et donc que la programmation de Robocop l’empêche de lui tirer dessus !

Maddox sait que Robocop est là : il a entendu « LA BASE DE DONNEES DES VIRUS A BIEN ETE MISE A JOUR » venant de derrière un poteau

C’est ballot.

Heureusement, Jack Lewis arrive et d’un pruneau bien placé, tue Maddox. Mais se fait plomber en retour par les méchants. Robocop se penche donc sur lui après avoir tué le dernier malandrin.

« Ta blessure n’est pas mortelle. Une ambulance est en route.
- Pourquoi… ai-je encore pris une balle ?
- A) Tu es mon meilleur pote B) Tu es noir C) C’est un blockbuster, tu croyais que…
- Oui mais deux fois le même poncif, faut en vouloir pour le faire dans un seul film. Et puis, ta gueule en fait, continue sans moi. »

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Robocop arrive donc au sommet de la tour de l’OCP où se trouve un héliport, et où attendent quelques gardes, Raymond Sellars, et en otage, la famille Murphy.

« Tu n’aurais jamais dû venir ici, Robocop ! Je t’ai créé, je peux te détruire !
- Raymond Sellars, vous allez me suivre, mort ou vif !
- Meuheuheu, regardez, regarde ! J’ai un bracelet rouge moi aussi, tu ne peux rien me faire ! Quel dommage que mes gardes n’en aient pas eu ou même mes propres robots entre eux ! Maintenant que j’y pense c’est… mmm… non, c’est sans importance. »

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S’ensuit le discours habituel du méchant qui explique qu’il va gagner, que tout est fini, etc. Sauf que Murphy n’étant pas complètement machine, sa part d’humanité et donc de jeune ado rebelle dans le vent lui permet de surmonter la programmation et il parvient à tirer sur le pauvre Raymond – c’est étonnant – et donc à sauver sa famille. Raymond a le temps de lui tirer dessus avec un pistolet rikiki en s’effondrant, et si jusqu’ici Robocop a survécu a une pluie d’obus, le tout petit pistolet l’envoie direct au sol. Robocop est-il mort ? Ce film est-il une blague ?

Evidemment que non (en tout cas, pour la première question) ! Sauvé par Norton, et son armure réparée et revue pour être grise et ornée du logo de la police de Détroit, il est déjà prêt à reprendre du service : tremble, crime !

Et pendant ce temps, au Maître Windu Show, on râle : suite à ces événements, le gouvernement américain vient à nouveau de refuser le déploiement de robots sur son territoire : tant pis pour les profits de l’OCP ! Pardon ? Cette décision ne devrait avoir aucun rapport avec les derniers événements, puisqu’aucun robot n’a merdé aux dernières nouvelles, au contraire ? Allez, une incohérence de plus pour la route !

C’est donc sur le visage d’un Maître Windu grognon que tout vire au noir (je t’ai vu ricaner, au fond) et…

… FIN !

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« Où… où suis-je ?« 

Berthier ouvre péniblement les yeux, aveuglé par la lumière des néons au-dessus de lui. Bientôt, il voit se pencher sur lui le visage bienveillant du PDG d’Odieux CorP, un cigare en bouche.

« De retour dans le monde des vivants Berthier ?
- Vous ? Mais… c’est impossible, je suis mort !
- Hahaha, si vous parlez de cette histoire avec le DIEGO-209, c’est oublié. 
- Mais où est-il ? Il faut l’arrêter !
- Bof, ça c’est fait tout seul. On l’a envoyé à Hollwood comme prévu, il y avait trop de mauvais goût : il est tombé à court de munitions, au bout d’à peine deux minutes. 
- Ho et… mais attendez, je ne sens pas mon corps !
- C’est normal. Vous étiez dans un état lamentable quand nous vous avons récupéré. Heureusement, le gouvernement français nous a proposé un partenariat pour créer un policier… parfait. Avec leur financement et nos connaissances, vous donner une seconde chance a été un jeu d’enfant. »

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Berthier roule ses yeux dans toutes les directions, essayant de voir ce qu’il est advenu de son corps. Notant son inquiétude, le PDG le rassure aussitôt.

« Vous êtes une sacrée machine de guerre, Berthier : armure en plastique recyclable, armature en fer forgé, Bi-bop intégré, connexion Minitel illimitée, vous allez montrer ce que c’est que le savoir faire français !
- Mais… je… je ne peux pas affronter le crime avec…
- Le crime ? Mais non regardez : vous avez une petite imprimante sur le torse qui vous permet d’imprimer des PV. Vous avez accès à la base de donnée de tous les parcmètres, et regardez, le truc rigolo : si je bouge ma main très vite devant vous…
- FLASH
- … et voilà !
- Je… est-ce que mon œil droit vient de vous flasher ?
- Radar intégré ! Vous êtes désormais l’outil ultime de la loi et de l’ordre en France, vous êtes… »

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Il laisse, comme à son habitude, la phrase tourner pour mieux la savourer, puis la conclut :

« …MUNICIPAL ROBOCOP« 

Et Berthier s’évanouit dans un long gémissement se mêlant à la sonnerie de son Bi-Bop.

Iron Man III est, comme son nom l’indique, la suite d’Iron Man I & II.

Aussi, vous imaginez bien qu’il serait fort malvenu de ne pas vous raconter le début de l’histoire avant de vous laisser avec ce spoiler. Aussi, comme il se doit, nous allons débuter par le résumé des épisodes précédents.

Iron Man I : Tony Stark est le boss de Stark Industries, multinationale spécialisée dans l’armement. Playboy surdoué et bricoleur de génie, il est blessé lors d’une visite en Afghanistan et se retrouve avec des bouts de shrapnels près du cœur impossible à retirer, l’obligeant à se greffer un réacteur sur le torse pour maintenir tout ce bousin à distance. Si, c’est logique, chut. Il en profite pour se fabriquer une super armure alimentée par ledit réacteur et s’en sert pour faire la justice, comme par exemple bourrer la gueule du type qui lui a tendu une embuscade en Afghanistan, le numéro 2 de Stark Industries que personne n’avait vu venir depuis le premier plan du film puisqu’il était grand, costaud, avec une pilosité louche et un nom d’apocalypse biblique, donc forcément insoupçonnable. A la fin, Iron Man gagne, et c’est la fête.

Iron Man II : Le réacteur sur le torse de Tony Stark commence à contaminer son corps avec des trucs pas cool, comme par exemple des neurones. Après une heure de film à combattre des méchants en carton, Tony Stark découvre suite à une succession d’incohérences et de télescopages à faire passer Hubble pour un microscope de salon qu’il peut améliorer son réacteur en créant un nouvel élément, sauvant ainsi sa vie tout en lui permettant de rendre ses armures encore plus puissantes. Il en profite donc pour vaincre les méchants et faire des bisous à Pepper, sa secrétaire, avant de lui abandonner la direction de Stark Industries pour ne plus avoir à faire la compta, ce qui est tout à fait compréhensible. Ainsi délivré des tableaux Excel, Iron Man est content d’avoir gagné, et c’est la fête.

Vous avez tout suivi ? Vous vous demandez si Iron Man va gagner et si ce sera la fête ? Alors en route pour l’épisode III. Spoilons mes bons !

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L'affiche : pas d'explosion mais des flammes et des étincelles : l'honneur est sauf

L’affiche : pas d’explosion mais des flammes et des étincelles : l’honneur est sauf

Tout commence en décembre 1999, à Genève, alors que Tony Stark s’apprête à fêter le passage à l’an 2000 en compagnie d’un certain nombre de sommités du monde scientifiques, réunies là pour se murger au champagne en discutant génétique sur fond des tubes de l’année comme Notre Dame de Paris ou Manau. Quelle année, pfou. En tout cas, comme il se doit, l’ami Stark ne perd pas son temps avec les vieux barbons qui peuplent l’endroit : il a repéré une jeune botaniste prénommée Maya qui semble plus à même de pratiquer le tourniquet moldave que ce vieux professeur de chimie qui déambule dans un coin en bavant des morceaux de roulé au fromage. Fort bien : Stark décide de l’emmener (Maya, pas l’ami des roulés au fromage) vers sa chambre, la réception se déroulant dans un luxueux hôtel local.

Sauf que sur le chemin, une sorte de gros nerd (à l’époque, cela signifie « Joueur de Counter-Strike« ) tente de l’aborder malgré son garde du corps personnel, Hogan, et Stark se retrouve sur les bras avec une sorte de publicité pour le shampoing qui lui explique qu’il a un projet super génial qu’il a monté avec sa propre boîte, AIM, et qu’il aimerait bien que Stark le soutienne. Tony lui dit que bon, oui oui, tu es bien gentil, tiens, tu veux pas aller sur le toit de l’hôtel m’attendre ? J’arrive dans 5 minutes. Et sitôt que le gourgandin a disparu pour s’en aller au rendez-vous fixé par Tony, celui-ci va plutôt s’occuper de la petite Maya, avant de l’abandonner au réveil comme il se doit parce que ho, dis, tu as cru quoi petit maline ? La bougresse peut donc s’en retourner tristement à son projet phare : un bidule génétique permettant aux plantes de se régénérer lorsqu’on leur marrave la mouille, une sorte d’archnémésis pour élagueurs, quelque chose comme ça. Quant au nerd malheureux, il est probablement mort de froid sur le toit, ou pire, est retourné sur de_dust.

Faisons un bond dans le temps, par exemple pour nous rendre en décembre 2013, où nous retrouvons Tony Stark dans le sous-sol de sa villa, occupé à bricoler une nouvelle armure, la Mark 42, qui a pour capacité spéciale d’avoir des pièces toutes équipées de petits réacteurs (oui, même le masque. Ah, ça, si ça s’enclenche par accident, ça va sentir le bouc à bien des sens du terme) pour pouvoir voler dans tous les sens et ainsi rejoindre Tony où qu’il se trouve. Formidable.

Détail important, cela fait 72h que Tony n’a pas dormi. En fait, Tony n’arrive plus à dormir : depuis l’épisode des Avengers, il a des crises d’angoisse et de terribles cauchemars et se réveille la nuit en murmurant « Non… pas ce film au scénario pourri… pas le passage où Loki explique son plan incohérent… pitié… et pourquoiiii Captain America ?« . Mais rassurez-vous : ça ne le gêne pas spécialement pour autant : le sommeil, c’est un truc très surfait. Et de la même manière, même si le héros nous joue le traumatisé des Avengers, du film, jamais il ne pensera à les appeler, ou ne justifiera cet oubli de quelque manière que ce soit. Un détail j’imagine.

Pendant ce temps, à Stark Corporation, société désormais dirigée par Pepper Potts, la copine de l’ami Tony, la maîtresse des lieux reçoit en rendez-vous un élégant industriel dont la tête lui dit bien quelque chose… hmmm… voyons voir…

« Bonjour Pepper. Vous vous souvenez de moi ?
- Attendez, attendez, ne me dites rien…
- Mais si, c’est moi ! Genève ! La tribu de Dana ! Le geek de la société AIM qui harcelait Tony : c’est moi, Aldr…
- STEPHANE ROUSSEAU ! Ho bon sang Monsieur Rousseau, j’adore tous vos sketchs ! Celui au ski, je me fais pipi dessus !
- Mais ? Mais enfin, pas du tout ! »

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Sauf que si. Pour la peine, pour le reste du film, ce personnage sera Stéphane Rousseau. Ça vous apprendra à m’obliger à aller vérifier le casting tellement j’ai douté tout du long.  Ah mais.

Stéphane Rousseau et sa société ont donc créé un super outil permettant d’explorer le cerveau humain, et plein d’autres trucs cools. Pour les présenter, Stéphane a un outil sympa : trois petites boules qu’il balance n’importe où et qui affichent aussitôt un hologramme 3D parfait au-dessus d’elles. Ce qui me laisse supposer que le bougre doit être balaise à la pétanque, puisque qu’importe comment il lance, les bidules atterrissent toujours en parfait triangle équilatéral. Même s’il les envoie sur une table, hop, ça s’arrête au bord. C’est fort. Mieux encore, la représentation en direct du cerveau de Stéphane Rousseau est supposée montrer son activité cérébrale : et il n’en a que quand Pepper le pince, pas quand il parle.

Je trouve ça assez représentatif de ce film.

Bref : Stéphane essaie de convaincre Pepper en lui disant une fois encore que Stark Industries et AIM devraient s’allier… mais Pepper refuse, car si Stark a dit non par le passé, elle se voit mal le désavouer aujourd’hui. Stéphane est donc fort marri de ce refus et part donc bouder dans sa chambre en écoutant du Avril Lavigne.

Mais Hogan, l’ancien garde du corps de Tony désormais chef de la sécurité à Stark Industries a suivi tout cela de loin : il voit bien que Stéphane Rousseau qui se promène comme ça, c’est quand même pas très crédible, et qu’il tourne un peu trop autour de Pepper. Sans compter que Rousseau a en plus emmené son propre garde du corps, Maurice, et que sa tête ne revient pas vraiment à Hogan (non mais les préjugés : ah bravo !). Ce dernier décide donc de les suivre personnellement, puisqu’en tant que chef de la sécurité de l’un des plus grands groupes économiques mondiaux, il n’a que ça à faire de ses journées. Pepper, elle, après avoir chassé Stéphane Rousseau de ses locaux, s’en va retrouver son doux amant, Tony Stark, pour une belle soirée en amoureux. Hooo, comme tout cela est prometteur.

Sauf que rapidement, les choses tournent assez mal :

  • Déjà, Tony continue d’être obsédé par le bricolage de nouvelles armures pour lutter contre ses crises d’angoisse et occuper ses pensées, et passe donc plus de temps au sous-sol qu’avec Pepper, probablement pour échapper à la simple obligation de prononcer son prénom
  • Cela dit, pour occuper la bougresse, Tony a programmé ses armures pour agir de manière autonome. Il s’en sert donc pour distraire Pepper (je n’ai pas dit « sex-toy » bande de galopins) pendant qu’il continue de faire le zazou dans sa cave
  • Pepper n’aime pas trop ces conneries. Pire encore, dans la nuit, alors que Tony cauchemarde lors d’un des rares moments où il dort, murmurant « Noooon… pas la scène finale d’Avengers toute pourrie« , Pepper le secoue pour le réveiller… et une armure déboule aussitôt pour lui péter la gueule, pensant qu’elle agresse l’ami Tony

C’est donc une Pepper grognonne qui s’en va pioncer sur le canapé, parce que bon, hein, s’il aime tant ses armures Iron Man, il n’a qu’à coucher avec, ah mais. Dis donc. Ah, cette Pepper, elle a bien raison de lui en vouloir : après tout Tony ne cauchemarde que parce qu’il a affronté une invasion extra-terrestre qui s’est finie à coups de portails dimensionnels et d’armes nucléaires où il a failli y rester, il pourrait quand même faire un effort pour fermer sa gueule quand elle pionce, merde.

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous rencontrez ceci. Et haïssez le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l'éternité

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous découvrez ceci sur le canapé. Et haïssez dès lors le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l’éternité

Tony tente bien de varier les plaisirs pour s’occuper l’esprit, et de ne pas en rester à sa collection d’armures, par exemple en s’intéressant à l’actualité : depuis peu, un mystérieux terroriste, le Mandarin, fait péter des bombes ici ou là, et envoie derrière des vidéos plus ou moins hideuses (non vraiment les mecs, il va falloir revoir votre notion de « vidéo terroriste« , là on dirait plutôt le petit Kévin qui joue avec le caméscope de papa) dans lesquelles il dit qu’il va « Donner une bonne leçon à l’Amérique, nardinamouk« . Iron Man aurait-il un nouvel ennemi ? Probablement, car s’ensuit une scène très intéressante où notre héros décide de contacter son vieil ami, le colonel Rhodes (possesseur d’une autre armure façon Iron Man, récupérée chez Stark et mise au service des Etats-Unis sous le nom « d’Iron Patriot« ), qui est justement en charge de lutter contre le fameux terroriste. Et comme il se doit, ils décident de discuter de ce dossier top secret… dans un bar. Avec des enfants qui viennent leur réclamer des dessins à table pendant qu’ils causent. Mmmoui, quel intérêt à part montrer qu’une fois encore, on se paie une scène entière avec figurants juste pour se rajouter du n’importe quoi ? Toujours est-il qu’après avoir insisté une demi-seconde (montre en main, les dialogues sont de qualité comme toujours), Rhodes accepte de révéler à Tony ce qu’il en est du dossier « Mandarin » : rien du tout. Personne n’arrive à savoir qui il est ni ce qu’il veut, et pire encore, les bombes qu’il pose… semblent ne pas être des bombes conventionnelles : on n’en retrouve jamais le moindre fragment. Curieux.

Surtout pour tout le reste du bar, donc, qui profite de cette conversation avec bonheur, Tony étant en plus venu avec son armure garée devant l’établissement des fois que l’on ne sache pas qui épier pour apprendre des trucs. Ah non ce film est… intéressant.

De son côté, Hogan a lui réussi à suivre Maurice, l’homme de main de Rousseau, jusqu’à un curieux rendez-vous où il vient semble-t-il filer de la drogue à un clodo qui marmonne « Ouiiii Maurice, donne-moi une dose, je peux réguler, je te jure. » Tiens donc ? Hogan constate que Maurice donne une étrange seringue au clodo, visiblement un ancien militaire au vu des plaques qu’il porte au cou, et sitôt que le loulou s’est injecté la substance et que Maurice s’est éloigné, le larron semble se mettre à luire puis brûler de l’intérieur…

… avant d’exploser purement et simplement, désintégrant tout et tout le monde dans un rayon de quelques mètres.

Hogan survit de peu à l’explosion, protégé par un stand de vendeur de chouchous (on sous-estime trop souvent le pouvoir protecteur des chouchous), mais constate que Maurice, lui-même un peu blessé dans l’affaire, semble lui aussi se mettre à luire de l’intérieur… mais au lieu d’exploser, ses blessures se referment, et tout son corps semble se régénérer tranquillement pendant qu’il se barre. Et accessoirement, rien ne semble lui faire obstacle : il parait incroyablement fort. « Qu’eeeesse que c’est qu’ce bordel », murmure Hogan avant de sombrer dans le coma, le chanceux, il n’aura pas à subir la suite. L’explosion est revendiquée peu de temps après par le Mandarin, décidément le roi de la déconne, tant on sent bien que faire sauter un stand de chouchous a dû déstabiliser l’Amérique. La prochaine fois, le mandarin s’en prendra sans vergogne au mobilier urbain, probablement en taguant des bancs : c’est un fou, on ne l’arrête plus.

Tony apprend lui ce qui est arrivé à son bon ami Hogan, et devient vert de rage parce que bon, là faut pas déconner : tuer des innocents, d’accord, mais abîmer mon gros copain, non. Notre héros va donc voir les médias et leur annonce : « Alors là, je ne rigole plus : Mandarin, je vais te péter la margoulette, tu vas moins faire ton malin ! Et je te défie de venir essayer de t’en prendre à moi à mon domicile du 22 rue Yves Calvi à Malibu ! J’te prends quand tu veux !« .Puis, il va étudier ce que l’on sait du Mandarin et du mystérieux attentat qui a quelque peu refroidi l’ami Hogan sur son super ordinateur à la maison.

Et comme c’est un super ordinateur qui parle, écoutons plutôt le dialogue.

« Jarvis, j’ai besoin d’étudier le dernier crime du mandarin. Affiche-moi les données.
- Tout de suite Monsieur. Hop, voici une représentation holographique de la scène de crime, on peut même y voir Hogan au sol.
- Parfait Jarvis. J’espère qu’aucun spectateur ne se demandera comment on peut avoir les données pour avoir une représentation aussi précise.
- Sûrement pas Monsieur. Ils supposeront sûrement qu’il y avait des caméras sur les lieux.
- Des caméras qui arrivent à faire une représentation 3D juste après avoir survécu à une explosion qui a désintégré les gens façon Hiroshima tellement c’était puissant ? 
- Exactement Monsieur.
- Des caméras avec enregistrements qu’il suffirait de consulter, même si elles avaient été détruites, pour voir ce qu’il s’est passé et du coup découvrir que la bombe était humaine, que Maurice, le garde du corps de Stéphane Rousseau était derrière tout ça, et ainsi avoir une ligne droite vers le coupable en 15 secondes et avec des moyens traditionnels ?
- Pour sûr Monsieur.
- Non, tu sais quoi ? On va plutôt travailler sur notre scène en 3D, faire des calculs sur ce que fixaient les yeux d’Hogan pendant qu’il était au sol (et qui par miracle, ne fixent pas Maurice fuyant les lieux, alors que c’est ce qu’il s’est passé), découvrir qu’il regardait des plaques militaires ayant survécu par miracle à l’explosion quand bien même elles étaient sur le type qui a pété et devraient ressembler à une fondue savoyarde, zoomer dessus comme dans les experts et retrouver son nom.
- Bien Monsieur. Zoom sur incohérence effectué. Le nom sur les plaques est Jean-Jacques Martin.
- Parfait Jarvis. Maintenant qu’on vient de passer une scène bourrée d’effets spéciaux à étudier cette plaque, n’en parlons plus du film d’accord ? 
- Oui Monsieur.
- File-moi plutôt la température de l’explosion et dis-moi où il y a eu des pics de chaleur de ce type, hors attentats du Mandarin, ces 10 dernières années histoire de voir où l’on a expérimenté ce genre de bombe.
- Alors… 3 000 degrés, soit visiblement pas assez pour faire fondre des plaques militaires… et… oui, j’ai la trace d’une explosion de ce type dans le Tennessee il y a 6 ans, puisque j’ai des thermomètres dans tout le pays depuis des années. 
- Okay super. Voilà une piste bien relou à remonter, heureusement que je suis un personnage supérieurement intelligent. »

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Et Tony se dit donc qu’il irait bien enquêter sur place. Sauf qu’au même moment, on sonne à la porte… c’est Maya, la botaniste qu’il avait rencontrée à Genève 13 ans plus tôt ! Celle-ci arrive pour dire à Tony qu’il y a urgence, il faut partir, et qu’elle a une information importante à lui donner. Mais pas ici, en sécurité, et loin de toute la presse qui encercle la villa Stark, devenue le symbole de la résistance contre le Mandarin. Pepper, qui traînait dans le coin, vient se mêler à la conversation mais avant que Maya ne puisse faire de formidables révélations, on découvre que trois hélicoptères non-identifiés approchent rapidement de la villa… et viennent de sortir des rampes lance-roquettes, probablement pour faire une petite boutade amicale à l’ami Tony. Et non, personne ne les voit venir avant. Ah bah hé, détecter des plaques militaires n’importe où, oui, ça, non.

Il y a tellement d’architecture contemporaine à passer à la roquette et le Mandarin a choisi ce bâtiment-ci. Quel manque de goût.

A peine nos héros ont-ils le temps de constater la chose que déjà, une roquette touche la villa et souffle Maya, Pepper et Tony en tous sens ; heureusement, notre héros fait appel à l’une de ses armures et l’envoie… sur Pepper pour la protéger des explosions alentours. Et lui ordonner de se servir de cette protection pour sortir Maya loin de là ; et sitôt les deux femmes hors de la structure, Tony rappelle l’armure pour l’enfiler et…

Découvrir que tous les modules offensifs de celle-ci n’ont pas été réglés et ne fonctionnent donc pas.

Bin oui : je veux dire, tu provoques le Mandarin, sorte de super terroriste mondial, et tu oublies juste de garder prêt de quoi te défendre, c’est tellement logique. Le genre de truc qu’on oublie quoi. Et puis bon : c’est pas comme si tu avais 40 armures à la cave qui n’attendaient qu’un ordre pour te prêter main forte : tu risques de mourir, ta copine aussi, bon, pas de quoi s’affoler. Autant faire… hmm… disons du rien.

Ah vous ai-je dit que le module de vol de l’armure ne fonctionnait pas non plus ? Mais si vous savez, le module qui fonctionnait depuis le début du film, et ce tellement bien que chaque élément de l’armure parvenait à voler avec ses propres petits réacteurs ? Hé bien le temps de cette scène : hop, il est en panne. C’est rigolo, on dirait de grosses ficelles scénaristiques pour justifier pourquoi notre héros ne plie pas le film en 30 secondes plutôt que d’écrire une intrigue intéressante.

Tony Stark vêtu de son armure curieusement défectueuse affronte donc les hélicos comme il le peut, par exemple en leur lançant des cailloux ou des hamsters (ah, on fait avec ce que l’on a sous la main) sur le pare-brise, et après en avoir abattu deux, se retrouve pris dans l’effondrement de sa villa bombardée et ne peut donc abattre le troisième. Par contre, lui et son armure sont entraînés avec les ruines de sa demeure au bas de la falaise où tout cela était installé, et si Tony en réchappe, il n’en perd pas moins connaissance dans la bataille, et son armure passe en mode automatique et resurgit de l’eau pour voler loin, très loin de là…

Pardon ? Non, personne n’arrête le dernier hélico (évidemment piloté par Maurice en personne) lorsqu’il repart tranquillement après ce bombardement pourquoi ? Attendez : c’est juste un bombardement du sol américain effectué depuis un petit appareil plutôt lent pile à l’endroit où tous les Etats-Unis attendaient que le Mandarin frappe : vous ne croyez quand même pas que quelqu’un va penser à envoyer un avion lui faire bobo ? Non : tout le monde rentre à la maison en paix.

J’espère que vous avez bien savouré cette scène moisie, puisque la suite s’annonce tout aussi royale.

En effet, revenons à Tony : lorsqu’il reprend connaissance, c’est uniquement parce que l’alarme de manque d’énergie de son armure vient de s’allumer. Mais si, le manque d’énergie. Vous savez bien. Oui, dans les films précédents l’armure était alimentée par le gros réacteur bleuâtre que Tony Stark porte à la poitrine, mais visiblement dans celui-ci, elles se mettent à fonctionner sur piles LR6. Bon, mettons, j’ai dû louper un truc. Comme toutes ces affiches des films où l’on voyait bien le gros réacteur, même au travers de l’armure pour bien montrer ce qui l’alimentait. Thème qui était au cœur (jeu de mot) des deux précédents volets d’ailleurs, mais c’est probablement un peu subtil pour des professionnels, j’imagine.

Passons.

A court de batteries, donc, Tony Stark s’écrase au milieu du Tennessee, son ordinateur de bord, Jarvis, lui indiquant qu’il l’a automatiquement emmené ici puisque c’était le dernier endroit qu’il avait étudié (une réaction parfaitement logique, chacun en conviendra, heureusement que notre héros n’était pas vulcanologue). Ignorant le fait que dans les précédents films, avec des armures moins élaborées, Tony faisait Malibu – Kaboul aller-retour sans s’inquiéter du moindre problème d’autonomie de vol, notre héros jure donc qu’il est bien embêté car le voilà avec une armure en rade au milieu de nulle part. Tant pis : notre loulou traîne donc son corps de métal jusqu’à la station service la plus proche – mais curieusement déserte – et y emprunte un téléphone pour laisser un message sur le répondeur intégré à toutes les armures Iron Man :

« Pepper, si tu as ce message, et je suis sûr que tu l’auras contre toute logique, je voulais juste te dire que j’étais triste. Mais vivant. Je règle tout ça et je reviens, salut.« 

Oui. L’autre option c’était de te rappeler que tu étais le patron multimilliardaire d’un groupe surpuissant, et d’appeler un hélicoptère pour venir te chercher/te filer des batteries pour ton armure. Mais bon, hein, c’est pas comme si tout ce film reposait uniquement sur la négation complète de 100% de son propre concept. Soit : le message arrive en tout cas à Pepper, puisqu’elle trouve sur le sol près des ruines de la villa un casque d’une autre armure d’Iron Man, et l’enfilant, obtient le message de Tony.

Casque d’Iron Man qui n’a pas pu atterrir là, puisque toutes les armures étaient à la cave, et que la cave est encore fermée et a échappé au bombardement. M’enfin bon, hein.

De son côté, Tony se traîne donc jusqu’à la ville du Tennessee où il avait prévu de venir enquêter, personne ne remarquant Tony Stark, célébrité mondiale, traînant son armure derrière-lui le long des routes jusqu’à ce que sitôt arrivé à la bordure du petit bourg, il trouve un petit atelier visiblement désert où se cacher le temps de procéder à quelques réparations sur son armure. Et donc, sitôt installé dans l’endroit, il commence à s’atteler à son labeur.

"Ah, si seulement j'avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure..."

« Ah, si seulement j’avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure… rah, je n’arrive pas à me concentrer avec toute cette lumière entre mes tétons ! »

« Halte-là ! » dit soudain une voix qui comme dans tout film où quelqu’un entre dans une remise déserte, appartient soit à un vieux, soit à une jolie fermière célibataire, soit à un enfant avec une tête à parpaing (une sorte de tête à claque de niveau supérieur). Et pas de bol pour tout le monde : c’est la troisième option.

Apparaît donc Richie, jeune garçon armé d’un patator, qui a tôt fait de reconnaître le sauveur du monde Iron Man (présumé mort dixit le journal tout neuf que Richie se trimbalait sous le bras sans raison aucune au beau milieu de la nuit), et d’accepter de l’aider en lui fournissant le peu de matériel qui lui manque pour réparer son armure. Et comme il se doit, avec un ressort avec de la mousse à raser, notre héros a tôt fait de réparer son bidule… mais le tout manque encore d’énergie : il va falloir brancher le tout sur secteur et faire sans en attendant ! Pour passer le temps, Tony Stark décide donc de demander à Richie de l’emmener sur les lieux de l’explosion qui a eu lieu en ville 6 ans plus tôt. Et a tué 6 personnes. Et ni une, ni deux, le marmot emmène notre héros incognito dans un petit bâtiment en ruine ou autour d’un cratère on aperçoit encore contre les murs les silhouettes carbonisées de 5 victimes.

« C’est donc ici.
- Quelle qualité dans les dialogues M. Stark ! Vous vous attendez à ce que je vous réponde : « Non, ça c’est l’autre bâtiment en ruine avec les silhouettes de gens morts que l’on montre aux touristes, le vrai est là-bas » ?
- Tiens t’en aux dialogues, petit con.
- Okay… alors attendez… ah, voilà ! Oui, c’est ici M. Stark ! En ville, les gens disent que les silhouettes sur les murs représentent les âmes des gens montés au paradis. Et que s’il n’y en a que 5 c’est parce que le 6e, le kamikaze, n’avait pas d’âme. Je… attendez, c’est vraiment ça le dialogue ? Ils veulent faire croire que les gens sont assez cons pour ne pas comprendre que le kamikaze, s’il n’est pas contre un mur, c’est parce que c’est le petit cratère au milieu ?
- Bon, allez, on enchaîne, on enchaîne. »
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Après un certain nombre de répliques à se tirer une balle dans la bouche, Tony apprend que le kamikaze qui a provoqué cette fameuse explosion était un militaire du coin, et que sa mère, traumatisée, traîne toujours au bar du coin pour noyer ses soucis dans l’alcool. Curieux, Tony décide donc d’aller la rencontrer, et se rendant sur place pour trouver la donzelle, découvre que celle-ci, non content d’être là, a aussi avec elle le dossier militaire de son fils ! Ho bin ça alors !

Là vous vous dites « Nan mais c’est complètement télescopé ce film !« , mais hohoho, mauvaises langues, non.

Car en fait, le même jour, la maman du kamikaze a eu un coup de fil lui disant de venir ici avec le dossier militaire de son fils… mais qui a bien pu passer le coup de fil, se demande Tony Stark ? Maurice ! Et son amie Mauricette, elle aussi au service d’AIM ! Et tous deux débarquent dans le café en tabassant ou mitraillant tout ce qui passe dans le but de récupérer le dossier et de capturer Tony. Subtilement, bien sûr.

Pourquoi sont-ils venus ce jour là récupérer le dossier et pas 6 ans auparavant ? Et comment ont-ils sur pour Tony ?

Là, vous pouvez y aller : « Nan mais c’est complètement télescopé ce film !« . Il suffisait juste d’attendre un peu. Vous ne croyez tout de même pas qu’un rebondissement allait être crédible ?

S’engage donc une course-poursuite au travers de toute la ville, durant laquelle Tony constate que Maurice comme Mauricette sont plus forts que des êtres humains normaux, et semblent régénérer leurs corps à chaque fois qu’ils subissent quelque blessure. Si notre héros parvient à tuer Mauricette à l’aide d’une explosion suffisamment grosse pour l’empêcher de régénérer son mascara, Maurice n’est que temporairement mis hors-de-combat dans l’histoire. Tony en profite donc pour emprunter la voiture avec laquelle les méchants sont venus, puis décide de mettre les voiles loin de là le temps de se mettre les idées au clair. Pendant ce temps, il demande à Richie de rester en ville et de veiller sur son armure le temps qu’elle se charge. Ho, et de fermer sa gueule aussi, pour changer. S’il te plaît Richie.

Au fait, et Pepper de son côté ? Elle s’en tire ? Faisons bref : après l’attaque de la villa, plutôt que d’aller s’abriter, elle aussi, au sein de Stark Industries et son énorme service de sécurité, elle préfère jouer la fille de l’air avec Maya, qui lui explique ce qu’elle venait révéler à Tony : Maya est botaniste et pense que son patron travaille pour le Mandarin. Et qui est son patron ? Stéphane Rousseau ! Une nouvelle choquante pour Pepper, plus encore lorsque s’arrêtant dans un quelconque coin avec Maya, ledit Stéphane débarque en personne pour kidnapper Pepper… et dire à Maya que c’est très vilain d’avoir tenté d’avertir Tony Stark. Maya rétorque que Stéphane comme lui savent qu’ils ont besoin de Tony Stark, et que plutôt que de le capturer, elle voulait le convaincre de se joindre à la cause. Tout le monde hausse les épaules et les choses s’en arrêtent donc là, avec une Pepper en bien mauvaise situation. C’est bon, on a fait le point ? Quelqu’un a prêté le moindre intérêt à ce qu’il vient de se passer ? Moi non plus. Alors retournons à notre héros.

De son côté, Tony a découvert dans le dossier militaire du kamikaze du Tennessee, écrit en gros au marqueur pour que personne ne puisse le rater « AIM » (si vous pensiez toujours n’avoir pas été pris pour un con par ce film jusqu’ici, c’est chose faite, même les accessoiristes s’y mettent), et comprend donc que la société en question a peut-être un lien avec tout ce bazar. Hmmm, que tu es fort, Tony. Heureusement que les indices sont écrits en gros dans les dossiers pour faciliter le travail des gentils. Tony décide donc, en croisant un quelconque concours médiatisé de miss camping au fin fond du pays, non pas de se changer les idées en faisant voler des bikinis en écoutant du Bach (un hobby de gentlemen), mais plutôt de détourner un système de retransmission local pour pirater le système de la société AIM et étudier leurs archives.

Et ça tombe bien, AIM garde dans ses archives bien accessible et dans le premier dossier qui passe des vidéos montrant ses expériences où l’on peut voir des militaires américains mutilés, parmi lesquels Maurice et Mauricette, invités à essayer un nouveau produit devant leur donner le pouvoir de se régénérer. Et pour des raisons mystérieuses, lorsque le corps se régénère avec cette drogue, il devient super chaud et les membres repoussent sous la forme de…

… poussées de lave.

Par contre, ça ne provoque pas de poussée de bon goût : dites non aux carreaux. Où qu’ils soient.

Non, je ne déconne pas. Ne me demandez pas le rapport avec la choucroute, mais par exemple pif pouf, les manchots ont des mains en lave qui leur poussent, avant de refroidir et de devenir parfaitement humaines. Et ensuite, les gens sous cette drogue peuvent à volonté faire chauffer des parties de leur corps ce qui, j’imagine, donnera quantité d’idées à mon lectorat canaillou, mais il suffit les fripons. Car toujours est-il que certains soldats acceptent fort mal ladite drogue, et que leurs corps chauffent, chauffent, tel le pauvre Jean-Jacques plus tôt dans le film… et explosent comme de véritables bombes. On aperçoit par ailleurs sur les vidéos Stéphane Rousseau, dirigeant lui-même les opérations.

Tout cela est bien étrange, se dit Tony Stark. Serait-il possible qu’AIM soit derrière tout cela ? Et donc derrière le Mandarin, qui revendique ces curieuses explosions ? Pourquoi est-ce que le méchant est toujours un type que les gentils connaissent déjà ? Ni une, ni deux, il appelle Richie qui le met en communication avec son armure toujours en charge, mais où désormais, Jarvis le bon ordinateur de bord est de retour. Et après une rapide enquête facilitée par les trous du scénario, hop hop hop Jarvis localise d’où le Mandarin envoie ses vidéos, à savoir… Miami.

Ho. Même pas une planque crédible ? Hmmm, non, je dois être trop exigeant.

Le Mandarin justement n’est pas resté inactif : il a encore envoyé une vidéo à l’Amérique, non pas où il danse  en tutu sur du Taylor Swift (je sais, vous êtes déçus), mais cette fois-ci dans laquelle il a kidnappé un responsable de banque et menaçait de le tuer en direct sur toutes les télévisions du monde si le président américain ne l’appelait pas immédiatement. Et bien que le président ait découvert, surpris, que la Mandarin avait réussi à rentrer un numéro où le joindre dans son propre portable (non, ça n’étonne pas grand monde de savoir que le terroriste a réussi à avoir accès au téléphone présidentiel) et ait aussitôt appelé ledit numéro… le Mandarin s’est contenté de ricaner et d’exécuter son otage en direct.

Pourquoi ? Pourquoi montrer en direct au monde entier que l’on n’a aucune parole ? Pourquoi se décrédibiliser ainsi ?

Heu…

Ah bin pour rien en fait. Là encore, cette séquence ne servait à rien, à part à rajouter du n’importe quoi au chaos général.

Iron Patriot a lui bien été envoyé à l’endroit où le numéro de téléphone du Mandarin a permis de remonter, mais pas de chance pour lui, non seulement le Mandarin n’était pas sur place… mais il s’est avéré que c’était un piège, et qu’il a été capturé avec son armure, l’un des méchants soldats modifiés d’AIM présent sur place en embuscade ayant utilisé ses supers pouvoirs de chauffage ambulant pour taper au bon endroit et désactiver en partie son armure. Pas d’bol.

Ne reste donc que Tony Stark pour sauver le monde. Qui se dit « Hmmm voyons voir… je ne sais pas qu’Iron Patriot est prisonnier, d’ailleurs bien que ce dernier passe tout le film à utiliser son armure pour téléphoner, il ne pensera justement jamais à appeler qui que ce soit à l’aide ou prévenir de ce qu’il se passe quand bien même on voit que le système est fonctionnel, mais comme j’ai lu le scénario, je sais que ça ne sert à rien d’essayer de le joindre. J’ai toujours mes 40 armures prêtes à servir dans la cave de ma villa, mais je vais pleurer que je n’ai aucun modèle disponible sous la main au prétexte que le dernier que j’ai utilisé est en charge chez Richie. Je ne vais pas non plus appeler un quelconque officiel, voire un de mes potes Avengers pour essayer d’intervenir : non, vous savez ce que je vais faire ? Je vais me bricoler un patator et un gant de cuisine customisé en taser et avec ça, je vais prendre d’assaut la villa du terroriste le mieux protégé au monde.« 

Je ne blague pas. C’est bien armé d’un patator et d’un gant de cuisine customisé en taser que notre héros se présente donc à l’entrée de la villa de Miami où le Mandarin doit se cacher, et s’infiltre donc discrètement en nettoyant la moitié de la sécurité locale sans avoir le moindre problème grâce à ses super gadgets. Il finit donc par arriver jusqu’à la chambre principale où il rencontre… le Mandarin.

A savoir un vieux en pyjama qui fait des blagues, sent le caca (véridique aussi), et se boit des bières en se payant des prostituées.

C’est donc ça, l’ennemi de l’Amérique ? Tony Stark lui met une ou deux torgnoles et lui demande quelques explications : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est le rapport entre lui et AIM ? Aucun problème : le Mandarin lui explique qu’il n’est qu’un acteur à qui on a payé un peu de chirurgie esthétique pour lui faire une nouvelle tête et tourner dans des vidéos où il se présente comme le Mandarin, terrible terroriste menaçant l’Amérique. Il travaille avec AIM, et son patron est Stéphane Rousseau. Pourquoi ? Il ne sait pas tout du plan, mais il sait que Stéphane Rousseau se sert de cette figure du Mandarin pour rester dans l’ombre… et avoir un bouc émissaire pour justifier les étranges explosions qui arrivent aux quatre coins du pays. Et que son plan a une suite, qu’elle implique le président des Etats-Unis en personne, et que tout cela se passera à bord d’un bateau sur un quai de Miami.

Le Mandarin explique aussi que « Ahahah, tout ça, c’est que du cinéma, ou alors on m’a menti« , et Tony Stark le croit sur parole : c’est vrai quoi, dans la dernière vidéo, le Mandarin n’a fait que tuer quelqu’un en direct tout en poussant le spectacle jusqu’à pirater jusqu’au téléphone du président Américain. Alors oui, c’est complètement crédible. Ça se confond tellement avec un clip MTV.

Mais le film n’en parlera plus : il vaut mieux, je crois.

Hmmm… je vais reprendre du brandy. Voilà : retournons à nos souffrances.

Sauf que Tony Stark n’a pas le temps – ni l’idée – d’appeler qui que ce soit pour partager ces informations : il a tôt fait d’être dérangé par Maurice et d’autres larrons d’AIM, qui lui cassent la margoulette et le font prisonnier. Tristesse. Et c’est là que les choses commencent à devenir sales.

Déjà, dans une autre pièce de la villa, le pauvre Iron Patriot est prisonnier. Mais refuse de quitter son armure : c’est donc lors d’une séquence ridicule où Stéphane Rousseau transforme son bras en lave et crache des flammes(…si, si) sur le pauvre colonel Rhodes qu’enfin, l’armure en surchauffe s’ouvre et laisse échapper le malheureux, qui est lui aussi mis aux fers manu militari. Et à sa place monte dans son armure… Maurice, le bras droit de Stéphane Rousseau. Qui décolle donc bien vite pour une destination inconnue.

Les méchants comptent sur le fait qu'en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage ouvert. Et ça va marcher.

Les méchants comptent sur le fait qu’en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage couvert. Et ça va marcher.

De son côté, Tony voit aussi Stéphane Rousseau venir le narguer en lui expliquant qu’il a fait prisonnier Pepper, et qu’il veut se venger de l’humiliation faite 13 ans auparavant, lorsqu’à Genève, Tony Stark l’avait snobé (ah, ça, on a son petit ego) : il a donc kidnappé Pepper et… lui a injecté sa super drogue ! Donc soit Pepper va survivre et sera une vilaine mutante… soit son corps va rejeter le produit et elle va exploser. Mais dans l’immédiat, elle va juste souffrir, hohoho, je suis maléfique !

Ho oui Stéphane. D’ailleurs, si même ton dernier modèle de drogue est expérimental et tue presque une fois sur deux, tu peux m’expliquer pourquoi tu te l’es injecté puisque tu peux cracher du feu et transformer des bouts de ton petit corps en lave ? Oui, c’est bien ce que je me disais : toi aussi tu es con à sucer des cailloux.

Stéphane explique aussi qu’il est tellement méchant que tiens, hop, il tue Maya sa gentille assistante (sans raison, allez), et que lorsque Stark sera désespéré  il se servira de son intellect supérieur (on ne rit pas) pour qu’il l’aide à améliorer sa formule. Et en attendant, hé bien… l’ami Rousseau explique plus en détails son plan : oui, le Mandarin est une marionnette, un acteur. Oui, il lui fait revendiquer des explosions produites par certains de ses hommes, de manière volontaire ou non, histoire de couvrir des accidents d’un côté et de terroriser le pays de l’autre. Et que grâce à la partie finale de son plan, il va faire du président des Etats-Unis une autre marionnette .. et ainsi il contrôlera à la fois le Mandarin ET le président des Etats-Unis ! Le terrorisme et l’anti-terrorisme ! L’offre et la demande ! Hahahahaha HAHAHAHAHA

Oui mais pourquoi Stéphane ?

Hein ? Non parce que c’est cool, mais puisque tu es déjà multimilliardaire et que tu peux tirer plein de ficelles depuis les ombres, pourquoi ce plan pourri à part risquer tout ce que tu as ? Dis-moi ? Hmmm ? Ah oui, j’y suis : parce que tu es un méchant de film écrit avec de la sauce piquante sur un carton à pizza un soir de cuite, et qu’à ce titre, tu as donc la profondeur du carton sur lequel tu es né. Bien bien. Et comme tout méchant pourri, après avoir révélé son plan, l’ami Rousseau s’en va pour rejoindre le bateau où doit se dérouler la fin de soirée.

Je… hmf. Combien de temps pour écrire ce film ? Moins que cet article, je suppose.

Sauf qu’un moment plus tard, Tony Stark sourit en découvrant l’heure : son armure doit avoir fini de se charger. Et comme elle est conçue pour voler jusqu’à lui… ça ne rate pas : alors qu’il est prisonnier dans la cave de la ville du Mandarin, son armure débarque et se greffe sur lui, lui permettant non seulement de se libérer, mais aussi de coller une branlée à tout ce qui bouge dans la villa Mandarin. Le colonel Rhodes, privé d’armure, a lui aussi réussi à s’échapper malgré tout et rejoint son copain Iron Man pour le prévenir qu’Iron Patriot contient désormais… Maurice le méchant ! Vite, il faut prévenir le président des Etats-Unis !

Mais comme par un curieux hasard du scénario, Tony Stark n’a que le numéro du vice-président (le Mandarin a accès au téléphone présidentiel, mais pas Tony Stark le-sauveur-du-monde, encore une fois tout le film repose sur d’inexplicables lacunes), c’est celui-ci qu’il appelle pour lui dire qu’il faut mettre le président en sécurité et tenir Iron Patriot à distance. Le vice-président reçoit bien le message, raccroche et… ne donne pas l’alerte. Car on découvre que sa fille est unijambiste, et donc qu’il est en fait l’allié de Stéphane Rousseau, qui a probablement obtenu sa loyauté en échange d’une nouvelle gambette pour sa marmotte !

Oui, je sais, c’est mauvais, mais à ce stade, qui attend encore quoi que ce soit de ce film ?

Car en effet, à bord d’Air Force One, où Iron Patriot a réussi à monter, personne ne se demande pourquoi ce dernier se promène partout de manière louche sans parler ni relever son masque. Et c’est bien normal, car Maurice se contente de prendre son temps avant de préparer son coup. Et lorsqu’il estime que tout le monde est assez détendu… il commence à tuer tout le monde à bord, voire fait des trous dans la coque de l’avion pour que les passagers aillent s’adonner au freefall de l’extrême. Il est comme ça, ce gros taquin de Maurice.

Tony Stark lui est bien embêté : il aimerait prêter assistance tant au président qu’à Pepper, probablement prisonnière sur le bateau où Stéphane Rousseau s’est rendu, mais ne pouvant être aux deux endroits à la fois, il a décidé de couper la poire en deux : il va aider sa copine, et a envoyé son armure péter la gueule au faux Iron Patriot à bord d’Air Force One. Sauf qu’à sa grande surprise, à bord, nenni d’Iron Patriot : ne reste que Maurice, sans l’armure, s’apprêtant à sauter en parachute et refusant de dire ce qu’il a fait du président. Tant pis : Iron Man lui pète la mouille par principe, puis va sauver de la chute libre les différents passagers qui avaient été éjectés de l’appareil. Les autres, il les laisse probablement crever, mais le film n’en pipe mot. Et comme chacun sait : si le film n’en parle pas, ça n’existe pas.

Après cette mission couronnée de succès, l’armure est hélas percutée par un camion, et ce qui ne faisait rien à la bête dans le premier film ici la démonte complètement : elle ne revient donc pas à Tony (pourquoi, sachant que tous les éléments peuvent se mouvoir individuellement ? Mystère), et celui-ci se retrouve donc un peu en slip pour aller sauver Pepper, son ami Rhodes étant lui aussi privé de son armure d’Iron Patriot.

Le bateau de nos héros arrive donc après des heures de voyage (ou alors la nuit est tombée comme par enchantement, allez savoir : c’est devenu si commun) jusqu’à un immense navire marchand à quai sur lequel semble régner une intense activité. Là encore, hors de question d’appeler à l’aide, nos deux loulous ont un meilleur plan :

« Hey, si on tentait de libérer le président qui doit être ici et Pepper à deux, avec un pistolet chacun ? Même qu’on ferait de l’infiltration et qu’on essaierait d’affronter des surhommes qui résistent aux balles vu qu’ils sont limite mutants ?
- Excellente idée Tony, ce film n’était pas assez vaseux : c’est clair que faire une opération commando de nuit avec un type qui a un réacteur qui fait de la lumière comme un énorme projecteur sur le torse, ça va être discret.
- Complètement : et tu sais quoi ? Je ne vais même pas tenter de le dissimuler, parce que je crois qu’on pourrait encore se foutre un peu de la gueule du public ! D’ailleurs, tu as remarqué comme tout le monde a oublié l’utilité de ce réacteur depuis le début du film ? Qu’est-ce qu’on se marre !
- Claro ! Allez, c’est parti mon Tony. »

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Et en effet : c’est donc lors d’une consternante scène d’infiltration nocturne avec un homme-décoration de Noël (ça tombe bien, c’est la saison) que nos héros approchent du navire des méchants, et notent que le président des Etats-Unis est bien là… enfermé dans l’armure d’Iron Patriot : c’est comme ça que Maurice l’a sorti d’Air Force One ! Stéphane Rousseau prévoit, au nom du mandarin, de le faire brûler avec son armure à minuit (soit le jour de Noël, puisque nous sommes le 24 décembre donc), ce qui sera une grande victoire pour le Mandarin, et donc l’occasion pour le vice-président de devenir président sous les acclamations d’un peuple en colère contre le Mandarin… et donc pour Stéphane Rousseau d’avoir enfin un type sous son contrôle dans le bureau ovale.

Mais pas de bol pour nos héros : ils se font repérer (quelle surprise !). Crotte, que faire ?

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse, non ? Non.

Encerclés, mitraillés, désespérés, il semble que tout soit perdu lorsqu’enfin, Tony utilise son téléphone pour lancer l’opération « Mégateuf« . A savoir que dans les ruines de sa villa que des équipes de déblaiement dégagent, le sous-sol, épargné par le bombardement, s’ouvre soudainement et en sortent… toutes les armures de notre héros, qui partent en volant pour le rejoindre en quelques secondes seulement !

Oui oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, Tony Stark pouvait appeler toutes ses armures, n’importe quand, mais il ne l’a jamais fait malgré les 268 fois où même en appeler une seule lui aurait sauvé la mise. D’ailleurs, on s’est tapé près d’une heure de film sur Iron Man sans armure qui pleure… c’est donc d’autant plus intéressant. Evidemment, les mauvaises langues diront « Ouiiii mais peut-être que le sous-sol n’était pas accessible jusqu’ici à cause des ruines qui couvraient la sortie » et je réponds que ça tombe bien : pour s’assurer qu’aucun spectateur ne puisse trouver cette excuse au film, l’équipe a même créé spécialement une armure « Spéciale lourdes-charges/déblaiement » qui n’apparaît que trois secondes dans le film, soit juste pour gaspiller de l’argent et faire un gros doigt à la dernière personne au fond de la salle qui pensait que quelque chose tenait encore debout.

Bref : Tony demande à ses armures de tabasser tous ses ennemis, et en récupère une pour lui-même pour se joindre à la fête. Stéphane Rousseau, qui était occupé à siroter une pina colada en attendant l’heure de son triomphe, grommelle donc en constatant que l’on est en train de saccager ses réjouissances, et sort donc se battre en utilisant ses pouvoirs de surhomme et de centrale vapeur humaine pour affronter Iron Man : grâce à ses mains de feu, il transperce l’acier comme du beurre, et on a donc le droit à des scènes où le bougre brise armure sur armure dans lesquelles Tony Stark tente de trouver refuge, avec des passages rigolos mal montés du genre

« Tiens Iron Man, je te tranche la jambe !« 

Et hop, dans le plan suivant, Iron Man a toujours ses deux jambes. Et non, il n’a pas éjecté sa jambe d’armure pour préserver sa gambette de chair : on voit que tout est encore impeccable. Même ça, c’est raté.

Bref : échange de patates (car oui, ses armures permettant de voler et de tirer, jamais Tony ne pense à se servir de ces options pour latter le vilain de loin d’où il ne peut rien faire) et de blagounettes, certes, mais il y a quand même des gens à libérer. Le président est sauvé par le colonel Rhodes, qui le détache avant de récupérer l’armure d’Iron Patriot pour l’emmener loin de la bataille, en sécurité, pendant que Pepper, elle, qui avait réussi à se libérer se vautre comme une vieille bouse dans un brasier local. Evidemment, si elle est vivante, c’est que son corps a accepté la drogue, et elle se régénère donc sous les yeux un peu choqués de Tony, avant de venir l’aider à coller une tannée au pauvre Stéphane Rousseau, qui cette fois-ci, perd le combat pour de bon, puisque les armures d’Iron Man ne pouvant rien contre lui, nos héros décident de commander à une armure se venir se greffer sur lui contre son gré, avant de passer en mode auto-destruction. Mais si, vous savez, ils lui greffent l’armure qui s’était mangée un camion plus tôt ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas à la disposition de Tony. Elle s’est réparée toute seule ? Elle a trouvé un Renault Assistance pas loin ? Bref : elle est là et saute sur Stéphane Rousseau.

Ce qui suffit à en terminer avec le méchant.

A noter d’ailleurs que visiblement, la drogue transforme aussi en ninja : Pepper est devenue super balaise en combat alors qu’elle n’y connaissait rien, mais ni elle ni Tony ne semblent s’en étonner. D’accord d’accord. De toute manière, le film arrive sur sa fin : encore un truc pour tomber un peu plus bas ? Bien sûr !

« Hooo Tony, tu m’as sauvé la vie !
- Je sais Pepper. Et je vais aussi te sauver de cette curieuse drogue, tu vas voir.
- Merci Tony. Tu es le meilleur : grâce à tes 40 armures, tu as pu me venir en aide, en finir avec Stéphane Rousseau, sauver le président des Etats-Unis et probablement des millions de gens.
- Tu as raison Pepper. Du coup tu sais quoi ? Jarvis : programme l’auto-destruction de toutes mes armures ! »

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Pour ceux qui pensent que j'exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d'une villa

Pour ceux qui pensent que j’exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d’une villa

Pardon ? Attends : on t’explique tes armures ont sauvé plein de gens DONC tu les détruis toutes ? Mais ? Mais ? Merde, heureusement que tu n’as pas trouvé un sérum contre le cancer alors ! Allez, bouclons, parce que là ce n’est plus possible : sans raison aucune, les armures se mettent donc à exploser l’une après l’autre dans le ciel en faisant… un feu d’artifice pour Noël. A ce stade, une de mes voisines a eu une telle diarrhée d’arcs-en-ciel que son siège s’est mis à ressembler à une création de Valérie Damidot. Tony et Pepper se font donc des bisous, et nous découvrons donc la suite des événements, à savoir que le complot est révélé au monde, et donc que le vice-président et le Mandarin sont arrêtés manu militari, Richie le garçon relou reçoit en récompense de son aide à Iron Man plein de cadeaux cools comme un patator conçu par Tony Stark lui-même (je pense qu’il aurait juste préféré du pognon, mec), Hogan sort du coma, Pepper est guérie et la vilaine drogue sortie de son corps, quant à Tony, il décide qu’il en a assez d’être Iron Man grâce à ses gadgets, et choisit donc de ne pas s’en arrêter qu’aux armures, et demande donc à une équipe médicale de lui retirer du corps les shrapnels qui l’obligeaient à se promener avec un réacteur sur le torse. Mais si, vous savez, les shrapnels impossibles à retirer comme on vous l’expliquait depuis deux films : en fait il suffisait de 5 minutes sur une table d’opération, et pif pouf, c’était réglé.

Toutes ces incohérences terminées, alors qu’autour de moi des gens mangeaient leurs fauteuils en hurlant « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn », on découvre alors Tony Stark sur les ruines de sa villa déclarant que débarrassé de tout ce bazar, et se préparant à écrire une nouvelle page de sa vie,  il n’en reste pas moins celui qu’il a toujours été : IRON MAN.

Et… FIN !

______________________

C’est à peu près à ce moment là que moi aussi j’ai eu envie de me fabriquer une armure pour aller faire la justice. Comme par exemple bombarder Hollywood.

Mais nous sommes en France : il me faudra, en plus des quelques mois pour monter l’engin, en rajouter environ 7 pour faire immatriculer le tout à la préfecture sous peine d’amende, 2 ans de débat à l’assemblée pour savoir si je peux afficher mon numéro de département sur la plaque d’immatriculation du bousin, trois interventions d’Arnaud Montebourg pour que je remplace le coeur énergétique par une batterie de 205 pour soutenir l’économie locale et éventuellement virer le Jarvis local pour installer un minitel, et je pense que lorsque j’aurai enfin obtenu l’autorisation du préfet pour survoler les agglomérations après 22 heures, mes ennemis seront morts de vieillesse.

Il y a vraiment des ennemis bien plus terrifiants que n’importe quel super méchant.

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