Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur "Comment savoir si une femme est intéressée ou non"  avec "les nouveaux hommes", un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec "Comment aborder un groupe de filles ?" avec "Art de Séduire", le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : "L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013" du site… bon, c’est marqué dessus, donc "Seduction By Kamal"

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage "On a trop une classe digne de James Bond". Il faut bien évidemment lire "On a trop une classe digne d’un script de James Bond", ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site "Les Nouveaux Hommes", tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite "J’ai les fruits <3" (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de "l’indice auditif". Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction "un sprint en hurlant", on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit "fermée", là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant "Prends-moi toute !" (de manière générale, elles crient relativement peu "Prends-moi moitié" de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant "C’est pas possible d’être aussi con". Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects "pratiques" et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre "jambe la plus haute" et "jambe la plus longue", auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans "Ecoute, Maurice, on va juste rester amis." ou "Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène", on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

"L’amour est dans le sac" comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait "Haaaaaaaaaan" en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

"Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre !"

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Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. "Accident de voyageur", tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de "Starbucks"), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

"Maîtriser", rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies "Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi !" nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire "Art de Séduire", pas "Statistique de la Misère".  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme "Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ?" avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit "Contracter la lèpre, c’est facile." histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme "Soyez intéressant" : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font "Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme…"

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est "Non, tu es juste une merde." (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que "-fiant" était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un "cockblock" sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore "C’est une soirée entre filles", mettez-vous à hurler très fort "LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !". L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération "Un tricycle pour Michel" leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter "Looool !" à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une "mooncup", ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase "Alors, tu kiffes les tampax ?" soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la "police des décibels qui craint son orgasme" ou le "débat sur la mooncup" d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : "Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ?" Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme "je kiffe bien Gwendo", elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est "maîtrisée" donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

"L’histoire de me brûler vif & la trahison"

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de "Séduction by Kamal", qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense "C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer". Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton "ralenti". Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur "Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine" a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys "pour se détendre".

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire "Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien."

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de "300" qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

Elle s’appelait Estefania.

Je l’avais rencontrée à une soirée à l’ambassade d’Argentine, alors qu’elle osait à peine toucher à sa coupe de champagne, debout à quelque pas du piano. Elle était venue ici suite à une mission ministérielle l’invitant à faire la promotion des arts de son pays en notre belle contrée. J’étais là parce que j’avais volé une invitation sur un vieux Monsieur qui, à cette heure, gisait couvert d’hématomes au fond d’une poubelle. Elle parlait un français mâtiné du curieux accent de son pays lui donnant des airs d’étudiante gênée de chercher ses mots lorsque nous venions à parler peinture. Elle était plutôt cubisme. J’étais plutôt impressionnisme. Elle me demanda en espagnol si je ne préférerais pas continuer notre conversation dans sa langue. Je lui répondai dans son idiome si elle ne préférerait pas la poursuivre dans ma voiture.

Nous allâmes au restaurant, où nous continuâmes à échanger longuement avant que je ne me permette, en référence au piano auprès duquel je l’avais rencontrée plus tôt, d’aller en jouer un morceau d’un groupe populaire anglais qu’elle semblait apprécier sur l’instrument qui trônait dans un coin de la salle après avoir glissé quelques billets à l’artiste occupant alors le tabouret voisin pour qu’il me permette de me dégourdir librement les doigts sur les touches. Elle sourit. J’en fis autant. Je revins à la table et poursuivit avec elle notre conversation passionnée jusqu’à ce que le dernier client quitte les lieux. Alors qu’il ne restait plus que nous, elle me demanda si je préférais aller chez elle ou chez moi. Je lui répondis que je n’étais pas ce genre d’homme. Elle sourit plus encore. Un peu moins lorsque Diego, bien campé derrière elle, lui colla le chiffon imbibé de chloroforme sous le nez.

Quelques heures plus tard, derrière la cuisine du restaurant, un certain M. Guttierez me remettait mon enveloppe habituelle pour ma participation à notre petite organisation de trafic d’organe.

Alors que je comptais les billets en tirant sur mon cigare dans la petite ruelle jouxtant l’endroit, Diego me dévisagea longuement.

"Patron, c’est quoi votre truc ?
- Le champagne. Quand elles vident très lentement la coupe, c’est généralement le signe qu’elles ne boivent que peu, ce qui signifie des reins de qualité à la revente.
- Non, je veux dire… pour les femmes ? 
- Ah, ça Diego, j’ai un truc. 
- Un truc ?
- Evidemment. Et puisque je suis de bonne humeur, tant cela fait une amatrice de cubisme en moins alentour, je vais le partager avec toi.  Mon truc, c’est www.artdeseduire.com.
- Un site web ? Leurs conseils sont si bons que ça ?
- Ah non ; c’est justement ça mon truc : tant qu’il ne va pas sur ce site, tout homme peut avoir tant de la classe que ses chances avec le beau sexe. Sinon, il se transformera lentement en créature mi-homme mi-kronenbourg.
- Oh…"

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Il y eut un bref moment de silence, alors que je constatais que Guttierez, fidèle à sa réputation, avait bien mis le compte.

Diego, lui, se demanda intérieurement s’il pouvait effacer d’ici son historique internet.

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Plus que du sniper, artdeséduire.com s’approche plutôt de la délicatesse du B-52

Art de séduire fait partie de ces sites qui, une fois découverts, vous font pétiller les rétines pour quantité de raisons différentes. Ainsi, nous avions déjà parlé des fieffés larrons occupant l’endroit précédemment suite à un article comparant séducteurs façon "art de séduire" et snipers (les deux partageant un certain goût de l’observation d’autrui depuis les fougères, une vie de solitude et une certaine volonté de vider son chargeur dans son prochain). Sauf que depuis, artdeseduire.com a remis le couvert pour distiller des conseils essentiels aux mâles désœuvrés afin que, eux aussi, puissent trouver l’âme soeur. Et encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Arrêtons-nous donc sur plusieurs articles :

Vous êtes invité à une soirée et ne savez pas comment aborder une jeune fille sans faire de la combustion spontanée ? Pas de problème :

5 techniques efficaces pour faire des rencontres en soirée

Parfait, vous avez réussi à aborder la jeune fille ? Art de séduire, c’est avant tout la classe, aussi nos conseillers vont à l’essentiel :

Le meilleur opener pour immédiatement sexualiser une conversation

La bougresse vacille devant tant de charme ? Elle est bluffée par votre élégance ? Parfait ! Vous n’avez plus qu’à aller chez vous, par exemple pour jouer au Scrabble.

Comment éviter la résistance de dernière minute chez vous ?

A ce stade, les titres ont probablement déjà suffi à vous permettre de comprendre toutes les richesses que artdeséduire.com pouvait déployer. Aussi, ne tardons pas plus et allons droit au but : Messieurs, prenez des notes, Mesdemoiselles, tentez de rester calme devant l’Hiroshima de romantisme qui se profile. Amis gays, par contre, je crains que vous ne soyez déçus : artdeséduire vous a oublié,s je suis sûr que vous le regrettez déjà. Mais, allons-y.

Messieurs, la soirée bat son plein et la plèbe s’agite autour de vous, quand soudain, vous repérez la jeune fille de vos rêves. Elle est là, magnifique, un verre à la main, à regarder la ville s’endormir par les fenêtres alors que mille idées se croisent dans sa tête (que celui qui a ricané se dénonce) alors que la musique masque les conversations autour d’elle. Diable, elle est si intimidante dans sa robe de soirée : comment l’approcher ? Pas de problèmes : nos coachs ont la solution.

On va commencer par une de mes préférés, inventée par Joshua Pellicer : le drive-by. « Drive-by » se traduit plus ou moins par « à emporter », « en passant ». Ça peut être un compliment ou un neg joueur : un abordage court qui met en place une dynamique de jeu dont vous partez immédiatement sans maintenir l’interaction. Les gens vont penser à vous en votre absence, et auront des réactions très positives à votre retour.

Ça n’est pas clair, le drive-in, comme à Mac Donald, tout ça ? Alors prenons un exemple de phrase de nos experts à sortir pour aborder la douce créature :

Hey ! :) Tu m’attends une seconde ? Je reviens dans un instant. T’as le droit de penser à moi en attendant, tant que ça reste propre.

Je vous laisse assimiler tranquillement la chose. Non, je ne blague pas, c’est bien tiré du site. Oui, Même le smiley. Vous vous souvenez de la célèbre accroche "Ton père, c’est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux" (vous pouvez tout de même remplacer "étoile" par "trou noir" si vous parlez à une candidate de télé-réalité), utilisée massivement lors des soirées d’élection de Miss Tuning sur le parking de Shoppy ? Félicitations, vous venez de découvrir le niveau juste en dessous. Bravo Messieurs : nul doute que la damoiselle aura "des réactions très positives à votre retour", comme par exemple, positive à la ganja pour essayer d’oublier votre répartie moisie. Bon, techniquement, c’est du positif quand même, ils n’ont pas tort.

Mais bon : je serais malhonnête de ne pas partager les autres conseils mis à votre disposition pour faire chavirer des coeurs. Par exemple :

Une première façon de vous faire apprécier serait la reconnaissance. Il s’agit de vous souvenir d’au moins un détail sur chaque personne. Même pas son nom ! Son nom, vous avez le droit de l’oublier

Car oui : le nom de la personne que vous tentez de séduire, ce n’est finalement bien important : autant montrer directement que vous n’êtes là que comme un gros morfalou. Mise en situation.

"Salut euh…
- Oui, salut ?
- Alban ? Maurice ? François ?
- Sylvie.
- Ahahaha, oui heu, bon je… je me disais… (raaah, bon sang, vite, il me faut un détail sur elle pour l’épater et lui montrer que je m’intéresse à elle)… ah oui, c’est toi qui a un gros cul, non ?"

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Si avec ça, son coeur ne chavire pas aussitôt, je ne sais pas ce qu’il lui faut. Mais nos larrons, eux le savent mieux que personne, car il existe une arme ultime : l’humour !

Une autre technique, que vous connaissez tous, est la création de private jokes. En combinant avec les détails que vous connaissez, cela peut être vraiment très efficace. L’humour est l’un des signes de valeur sociale les plus importantes et l’un des plus puissants aphrodisiaques.

Ah ! De l’humour, j’entends bien, mais alors quel genre de private joke, pourriez-vous illustrer ? Non parce que ce n’est pas bien clair, là, tout de suite.  Dans l’exemple suivant, l’auteur explique qu’il a par exemple appris que la jeune fille qu’il tentait de séduire avait un chien nommé "Spiff". Un nom qui en dit déjà long, mais passons sur les moqueries et observons plutôt le genre d’humour irrésistible qui est proposé. Mesdemoiselles, scotchez vos côtes, je vous transmets la blague telle quelle.

Spiff le chien, juste après avoir entendu ladite blague.

"Il va mieux Spiff ?
- Hein ? Mais on vient de se rencontrer et je suis pas rentrée chez moi, comment tu veux que je sache ?
- Je sais pas, il aurait pu avoir la courtoisie de t’appeler pour éviter que tu t’inquiètes. (pause) C’est ce que fait mon ornithorynque."
(il/elle rit).
"Je te le présenterai, c’est un type cool. Il s’entend mal avec mon rat jongleur par contre. Un peu jaloux, je crois. Etc."
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Pour rappel, en cas d’explosion inopinée votre cage thoracique sous l’impact drolatique du bon mot, le numéro à composer est le 15 (du moins si vous me lisez du pays du fromage, sinon vous risquez de crever, soyez un peu autonomes, sacrebleu).

Personnellement, j’ai ouï dire que c’est après avoir lu ce genre de blague que M. Carambar a décidé d’arrêter les siennes. Non parce que de deux choses l’une :

  • soit la jeune fille rit, auquel cas, il est temps de l’emmener derrière l’étable avec un fusil
  • soit elle fait ce que toute jeune fille raisonnable qui entend cette blague fait : elle reste impassible, quitte la pièce d’un bon pas, rentre chez elle préparer son dossier d’inscription pour le cursus d’astrophysique le plus proche, prend 8 ans pour passer un double doctorat tout en se formant à 17 sports différents puis, cela fait, elle intègre le prochain départ pour la station spatiale internationale. Une fois là-haut, loin de la Terre, elle s’enfermera dans un sas et s’autorisera un long hurlement de douleur avant d’éclater en sanglots, seule issue à un calembour aussi pourri. Elle peut aussi intégrer la Marine Nationale pour commander un sous-marin d’attaque et vaporiser votre demeure dans le feu nucléaire, mais ça, c’est juste si elle a un côté taquin.

Bien, vous êtes consternés ? Attendez un peu, et allons donc monter le niveau d’un cran, ceci n’étant qu’une mise en bouche. Mettons : la damoiselle a apprécié votre approche hardie et vous trouve irrésistiblement drôle ? Il est grand temps de lui faire comprendre que vous n’êtes pas vraiment là pour discuter avec elle, puisqu’en bon mâle, vous vous contentez de baver en marmonnant "fifille", le tout en roulant des yeux fous. Vous pensez que j’exagère ? Hohoho, naïfs que vous êtes, laissez-moi vous emmener à l’article "sexualiser une conversation" :

Aujourd’hui pour ceux qui veulent du rapide, on a décidé de partager notre technique de drague la plus efficace. Fatale.

J’imagine qu’il s’agit là d’une technique audacieuse et subtile visant à se mettre sur le fil du rasoir pour expliquer à quel moment l’intrépidité devient lourdeur, surtout en sachant qu’il s’agit d’un "opener", à savoir la première phrase que vous allez utiliser pour aborder une damoiselle, je suis curieux de savoir quelle habile stratag…

« Combien coûte ton cul ? »

Je…

Pardon ? Ai-je bien lu ? Qu’ouïs-je ? Visiblement, chez artdeséduire, on a la séduction légère et délicate : je suis sûr qu’après le fabuleux calembour précédent, les damoiselles sur ce blog se pâment devant une approche si classe. Il est vrai qu’un homme qui s’approche de vous pour vous susurrer à l’oreille "Combien coûte ton cul", ça donne tout de suite des palpitations de désir, j’en conviens (moi-même, tant de charme, cela me ferait presque regretter mon ennuyante hétérosexualité). D’ailleurs, pourquoi le susurrer quand tout le coin peut profiter de votre classe naturelle ?

Vous pouvez la jouer de manière très théâtrale, en parlant à table, en parlant au bar, suffisamment fort pour qu’on vous entende.

C’est vrai qu’il serait bête qu’une seule personne dans un rayon d’un kilomètre ne connaisse pas votre subtilité naturelle, apte à faire passer Jean-Marie Bigard pour un philosophe grec. Heureusement, chez artdeséduire.com, on est malin : après avoir bien précisé que la cible pourrait mal prendre la chose (alors là, je m’étonne !), il est expliqué qu’il faut désamorcer la situation, tel un puissant meneur de débat. Comment ? Facile !

Ce que vous devez comprendre, c’est que quelle que soit la réponse de la fille, vous devez la ramener dans votre monde, dans votre réalité C’est votre jeu, votre script qu’il va falloir dérouler. En improvisant un peu en fonction du sien, évidemment… Le but, c’est de basculer très rapidement sur la raison d’être de l’opener : créer une conversation Et l’avantage de cet opener, c’est qu’il va aider à sexualiser très vite.

Hmmm, tout cela semble terriblement maléfique, vous auriez un exemple mes bons amis ? Pas de problème, explication via un dialogue entre deux amis qui viennent de poser la question à une malheureuse qui, à cet instant précis, doit être en train de chercher sa bombe lacrymogène.

« Si on te demande ça, c’est parce qu’on a besoin d’un avis extérieur. En fait ça part d’une vanne quand on était en école. Si tu devais te faire attraper par un mec de l’école, ce serait qui ? 
- Et on a vite étendu cette question à l’univers des stars, des acteurs, des chanteurs. Surtout à Gérard Depardieu. La vraie question c’est de savoir combien tu acceptes pour coucher avec Gérard Depardieu.»

Subtil en effet, une explication complémentaire pour mettre une cerise de bon goût sur ce gâteau de classe ?

La fille va rentrer dans votre jeu. Elle est soulagée, vous ne la prenez pas complètement pour une pute. Elle va pouvoir se mêler à la conversation. 

Le port du casque est obligatoire si vous posez la question en agglomération, sauf autorisation préfectorale

Ça va, ce n’est pas complètement, juste un peu. Il n’y a donc aucun problème, qu’est-ce qu’une jeune fille pourrait trouver à redire à être prise un peu pour une pute ? Je veux dire, c’est tout de même un métier intéressant quand on y pense, trop peu de conseillers d’orientation pensent à mettre cette carrière en avant, bande de petits conservateurs, je suis très déçu.

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi je suis rassuré à l’idée de savoir que ce site ne me prend pas complètement pour un con. J’ai ouvert les yeux, et je suis sûr que vous aussi, chères lectrices. Et pas seulement pour vous les arracher à la cuiller pour arrêter de lire ce site, arrêtez. Remettez immédiatement cet ustensile dans votre pot de glace, dites-donc ! Vous vous croyez où, hein ?

Cela dit, nos amis envisagent que la fille puisse mal prendre la chose malgré tout (c’est très étonnant, j’insiste, c’est une femme nom de nom, que pourrait-elle reprocher à la chose ?), et proposent donc une astuce très efficace pour se sortir d’une bien mauvaise situation et remettre la bougresse dans le droit chemin.

Oh ça va, rien de grave… Quand tu vois ce qu’une émission comme Le Bachelor fait aux femmes… C’est cruel… Quand tu vois le dernier film pour Louis Vuitton, La fille de joie tu peux te demander si la figure de la pute n’est pas de retour après des films comme l’Apollonide et la série Maison Close. Du coup on se demandait avec mon pote blabla.

Comprendre : "Oh, ça va, je te traite comme une pute mais c’est dans les médias, alors tu vas pas non plus faire la gueule dis-donc ?"

A ce stade, il est évident que non seulement la conversation est parfaitement récupérée, mais qu’en plus, la damoiselle doit être en train de convulser au sol devant tant de bonheur. Ou alors, c’est qu’elle n’y met vraiment pas du sien, nom d’une pipe ! Heureusement que dans "artdeséduire", il y a "art" et "séduire", histoire de bien mettre en avant la notion de subtilité du concept, parce que bon, hein. D’ailleurs, divers conseils vous sont donnés pour faire durer la conversation de manière tout aussi délicate histoire de devenir le nouveau Georges Clooney local :

"Et sucer ? C’est combien pour sucer ?"
"Et embrasser ? Tu prendrais combien pour embrasser un inconnu ? "
Là vous pouvez enchaîner sur la note qu’elle se donne en bisous : «Sur une échelle de 1 à 10, tu embrasses bien comment ?». Ça vous permettra de lui proposer de vérifier sa note un peu plus tard dans la soirée… lors d’un CONTROLE SURPRISE !)
"Et escort, tu as déjà pensé à faire escort girl ? Tiens, sérieusement, on ne t’a même pas demandé ce que tu faisais de tes journées… Laisse-moi deviner… Tu es mannequin pour serre-tête… Tu as de belles oreilles…"

Des fois qu’elle n’ait pas encore bien saisi l’aspect prostitution, autant insister. N’hésitez pas à lui parler du taux de TVA applicable et autres, pour plus de passion, rrrr, grands fous. Quant au "contrôle surprise", nul doute qu’il se terminera à Fleury-Mérogis, quartier des délinquants sexuels, où notre Don Juan en herbe pourra répondre à des questions à peu près similaires lorsque Jojo "Le boucher de Montreuil" voudra lui aussi appliquer les techniques lues sur son site. Et lui aussi aime les contrôles surprises pour ses évaluations trimestrielles mais c’est un prof sympa, on a le droit de pomper. Tiens ? Hmmm, j’ai l’impression d’avoir écrit quelque chose, mais en fait non. Lire ce site me rend tout chose. Sûrement le pouvoir universel de la séduction.

Soit : mettons que vous ayez échappé tant à Jojo à la prison et que, plus incroyable encore, la damoiselle soit sous votre charme, que faire en vous rendant chez vous ?

Pas de problème, tout est prévu avec l’article "Match à domicile : comment éviter la résistance de dernière minute."

Vous êtes donc arrivés chez vous, avez ouvert la porte pour dévoiler votre domicile un sourire complice aux lèvres, et êtes allés chercher des rafraîchissements. Quels sont les pièges qui font qu’elle risque, en substance, de hurler "VITE, LA FENÊTRE !" avant de la traverser, chutant de 5 étages pour ne pas à avoir à passer plus de temps avec vous (remarquez, vu tout ce qu’elle a subi jusqu’ici, visiblement, elle est déjà morte cérébralement) ?

Même si vous êtes beau gosse, bien habillé et que votre déco d’intérieur a été refaite par le fils de Valérie Damidot et Philippe Starck, si vous puez ou si votre appartement sent mauvais, c’est fini pour vous.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la qualité du site, notez que les goûts de Valérie Damidot sont cités en exemple. Cela veut déjà en dire long. En tout cas, sage conseil pour les vieux mâles : quand la jeune damoiselle commence à se tenir la gorge entre deux calebutes sales étalés sur le clic-clac, que sa peau se rougit et que des cloques y apparaissent, c’est qu’il est bon d’aérer, espèce de petite usine à gaz moutarde. Mais bon, supposons que ça ne pue pas : comment occuper ces instants complices entre vous ? Je préfère ne pas vous copier coller les passages où l’on vous propose de déguster du Nutella et du champagne, tant chacun sait que toute personne qui fait cela voit un champenois défoncer sa porte et passer les lieux au lance-flammes parce que bon, quand même, il ne faut pas déconner, aussi intéressons-nous plutôt aux exemples de bonnes soirées à passer ensemble :

Photographie instagram d’un jour de lessive dans une résidence étudiante

L’enchaînement de sketchs courts, de vidéos comiques sur Youtube

Moui. Alors Youtube, c’est quand même un peu la spirale de l’enfer : quelqu’un va dire "Agad’, agad’ tu vas voir c’est trop marrant !". Tout ce petit monde va regarder la vidéo et ne pas se marrer, avant de dire "J’en connais une autre trop bien." et ainsi de suite durant trois plombes, jusqu’à ce que finalement, tout le monde admette ouvertement se faire chier.

Bref avec ça, au mieux votre invitée repart poliment, parce que Youtube, elle l’a aussi à la maison, au pire se pend pendant un sketch de Cyprien, Norman ou autre prénom mystérieux.

Une autre option ? Pas de souci !

Les photos de vacances

Parce que oui : il y a pire que Youtube. Vous installer devant un PC pour faire une soirée diapo, soit l’avatar des moments chiants depuis l’invention du projecteur. Vous pourrez ainsi raconter des choses chiantes à quelqu’un, lui conter des moments rigolos qui ne feront pas rire parce que la personne n’y était pas, et vous perdre vous-même dans le flot de votre récit décousu pour cause de "Attends, c’était où ça ?" "Tiens, pourquoi cette photo est sur le côté ?" ou le célèbre "Raaah, comment il s’appelait, lui ?" alors que tout le monde s’en fout puisque personne ne le connait. Connaissez-vous une seule personne qui hurle "Chouette !" lorsque vous proposez une soirée Powerpoint ? Parfait : alors gardez vos photos de vacances pour vos vieux jours. Ou allez visiter des abattoirs roumains, je ne sais pas, mais faites quelque chose.

Enfin, mettons que malgré tout, vos activités excitantes comme un tableau Excel la rendent folle : un mot de la fin, artdeséduire.com ?

Tips bonus :

Capote à portée de main parce que si vous ratez la fenêtre de tir, elle va se mettre à réfléchir, et réfléchir, c’est mal… 

Hé bien je crois que tout est dit.

Je n’ai plus rien à ajouter.

Merci, artdeséduire.com.

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Elle s’appelait Mairin.

Je l’avais rencontrée à un vernissage au Grand Palais. Elle avait ce rire discret qui, loin des exclamations ouvertement hypocrites des autres invités feignant de s’esclaffer au moindre mot des personnalités présentes, était à la fois honnête et communicatif. Elle était Irlandaise, et était en France suite à un échange Erasmus, afin d’étudier la littérature de notre beau pays. Elle avait un avis assez tranché sur bien des auteurs et, loin d’analyser chaque virgule de leurs textes, elle essayait de voir dans les livres l’expression d’une pensée cristallisée sur papier, l’écho de l’imagination d’un esprit nous ayant quitté depuis bien longtemps. Son curieux discours, presque spiritiste, avait quelque chose d’intrigant. Nous restâmes à discuter sous les hauts plafonds de l’auguste bâtiment durant un long moment, tant et si bien que ce fut finalement la sécurité qui nous demanda de sortir avec les derniers traînards.

Elle eut une exclamation plaintive en constatant que le dernier métro était parti depuis bien longtemps, et qu’elle allait devoir prendre un taxi. Je lui proposai ma voiture, et l’espace d’un instant, je crois que je vis dans son sourire un signe m’invitant à ne pas l’amener à M. Guttierez. Engoncés dans la banquette arrière à poursuivre notre conversation sous la lumière changeante des lampadaires défilant autour de notre véhicule, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivés au bas de son immeuble. Je lui souhaitai bonne nuit en feignant le désintérêt le plus total, et elle réagit en se collant à moi, me chuchotant à l’oreille que si je ne montais pas, elle se retrouverait malheureuse à lire son ouvrage de chevet, de…

Mairin eut à peine le temps de sentir le canon du Maüser s’insérer dans notre étreinte au niveau de son estomac qu’il y eut trois détonations sourdes, avant qu’elle ne glisse au sol dans un bruit mou.

Elle venait de m’avouer lire Guillaume Musso.

Il ne fallait pas exagérer non plus.

Et tant pis pour ses reins.

En cette période de nouvelle année, où résolutions et espoirs se mêlent, les questions amoureuses vont bon train.

Entre ceux qui viennent de se réinscrire à la salle de sport pour se faire un corps de rêve et tenter de faire choir l’autre sexe, quand bien même ils n’iront que trois semaines, et ceux qui froncent les sourcils très fort en se disant que cette année, ça ne rigole plus, ils vont trouver quelqu’un et rester avec jusqu’au moment où leurs cheveux s’en iront et leurs couches reviendront, il y en a pour tous les goûts.

Aussi, il parait pertinent, sur ce site, de traiter de la question ; mais attention, malheureux, pas en vous proposant un article avec quelques conseils de séduction comme on peut en trouver sur pléthore de coins du web, non ! Il s’agit d’aller chez artdeséduire.com, qui est d’un tout autre calibre que le repaire à love-coach (…) moyen. Alors évidemment, j’en entends déjà me dire "Ah oui, et en quoi est-ce différent, hein ? Ça ne prend pas avec moi, que croyez-vous !" ; mais à ceux-ci, les malandrins, que répondre si ce n’est la chose suivante : là où l’amour est habituellement représenté par Cupidon, angelot voletant, décochant habilement ses flèches pour faire fleurir dans le coeur de chacun la graine de l’amour, artdeséduire.com est plutôt du genre militaire aviné équipé d’un fusil-substitut-pénien dont l’objectif est, à défaut de faire fleurir les graines de l’amour, tenter de mettre une cartouche à tout ce qui passe.

Ma métaphore militaire vous parait grossière et exagérée ?

Las, malheureux, dans ce cas, je vous propose que nous regardions ensemble l’article suivant intitulé, je cite

"Comment Draguer comme un Sniper et toucher sa Target à chaque fois"

Je n’invente pas, vous pouvez le lire en cliquant ici. Mais, commençons plutôt !

Enfin une tenue qui fera craquer les hippies.

Car si le titre vous intrigue, sachez qu’artdeséduire.com se présente comme "le plus grand site francophone sur la séduction", ce qui laisse rêver lorsque l’on constate qu’aucun nom dans le titre de l’article n’est en français. Mais comme le disait Molière "Si le français est la langue de l’amour, l’anglais est plutôt celui de la drague relou et des DJs" (les deux étant souvent associés). De toute manière, artdeséduire.com reste avant tout un site sans prétention puisqu’il propose à ses lecteurs de "faire de vous un homme meilleur, voire à faire renaître l’art perdu d’être un homme", rien que ça. Un "art perdu", donc, qu’heureusement les archéologues de ce beau site ont retrouvé sur un vieux site Aztèque, probablement entre une vieille recette de pizza à la bière et les règles officielles du concours de pets (on pourra me reprocher d’exagérer quelque peu et je le reconnais bien volontiers : les concours de pets, c’était plutôt les Mayas).

Mais assez digressé : entrons dans le vif du sujet.

Vous avez vu la Chute du Faucon Noir ? Ce film de guerre retrace le massacre qu’ont vécu les soldats de la Delta Force à Mogadiscio en Somalie en 1993.

Vous avez vu cette phrase ? Bon, et bien sachez qu’elle n’aura aucun rapport avec le reste de l’article. Et vous pourrez bien le lire en entier, vous n’en trouverez pas. Sauf bien sûr si vous considérez que la femme, cet être curieux, est en fait un gros hélicoptère à abattre. Mais je ne suis pas sûr que commencer une conversation par "J’aime beaucoup tes rotors" soit le top du top pour faire flancher la bête, passons.

Le livre qui inspire cet article est la biographie de Howard Wasdin, Sniper : Navy seals, tireur d’elite dans les forces spéciales. J’ai failli pleurer tellement ce bouquin était prenant (NdOC : et moi cet article nul) et j’y ai trouvé tellement d’analogies avec la séduction que j’ai eu envie de partager ça avec vous.

Nul doute que cette lecture doit faire chavirer les coeurs mais passons : comprenez bien, Messieurs : il y a quantité d’analogies entre l’art difficile du tireur d’élite et celui de la séduction. Si vous arrivez à en trouver d’autres que "Il y a une cible qui va passer un mauvais quart d’heure et un type persuadé d’avoir le plus gros calibre de la région", je suis preneur, puisque là, comme ça, de prime abord, je suis dubitatif. Mais nul doute que l’auteur de l’article va tout nous expliquer.

Y compris l’art difficile de la séduction en fougère.

Les tireurs d’élite ne volent pas. Certains sont héliportés, mais la plupart d’entre eux assurent leurs missions au sol. 

Ce qui est une bonne nouvelle, tant peu de jeunes mâles peuvent se faire héliporter jusqu’à leur lieu de séduction. Le prix du baril, tout ça. Et puis honnêtement, poser son hélico entre deux Twingo n’est pas toujours simple même si, je le reconnais, ça a un certain panache. De toute manière, ramener une jeune fille en véhicule volant est une chose de manière générale assez rare, à part si vous êtes extrêmement riche – auquel cas vous êtes en Belgique – ou Fantomas – auquel cas vous vous contentez de ramener votre propre fille, ce qui prouve que vous n’avez pas compris le jeu.

Sur le field. J’ai été surpris d’apprendre qu’ils bougeaient par équipe de deux. Je pensais que les francs-tireurs avançaient seuls : pas du tout !

Oui, donc encore une fois, on ne dit pas "terrain" mais "field". Pourquoi ? Est-ce parce que "terrain" est trop compliqué à écrire ? Est-ce le même phénomène que celui qui rend les chansons en anglais cool alors que bon, souvent elles sont à peu près au niveau de Jean-Louis Aubert ? Est-ce juste particulièrement con ? Que de mystères.

Ah, non en fait.

En tout cas, voilà : on apprend que les tireurs d’élites n’agissent pas seuls : soit.

De la même manière, apprentis séducteurs ou séducteurs aguerris, le wingman doit être comme un frère pour vous. Il doit assurer vos arrières et couvrir votre retraite si nécessaire. C’est lui qui viendra s’opposer si un AMOG ou une Warpig tentaient de ruiner votre mission.

Et là, attention, nous entrons dans le vif du sujet : les anglicismes, comme pour les termes "techniques", c’est pour faire expert. Sauf que comme chacun sait, plus il y a de termes de ce genre dans un discours, plus c’est signe que celui-ci est foireux. Ainsi, donc, jeune mâle, il t’est recommandé d’avoir toujours à tes côtés un "Wingman", un ailier donc, un frère de sang pour toi, le sniper d’amour, qui n’hésitera pas à se jeter devant toi pour prendre à ta place une balle, un petit four ou plus prosaïquement, une "Warpig" dans le museau. Warpig étant le délicat terme technique servant à désigner une fille dont le physique serait relativement proche du style littéraire d’artdeséduire.com.

On sent tout de suite qu’avec une telle vision de la vie, il est sûr qu’il doit y en avoir, des demoiselles qui tombent devant une telle subtilité. D’ailleurs, je suis sûr que le coeur de certaines de mes lectrices bat déjà la chamade pour l’auteur derrière cette dissertation sur les snipers. Accrochez-vous les filles.

L'"AMOG", puisque je me suis renseigné tout de même, c’est le "Alpha Male Other Guy", soit dans un anglais approximatif (non parce que s’il faut l’utiliser ET le maîtriser, ah bin non alors !), à savoir cet autre type qui attire l’attention de celle que vous voudriez conquérir. Si on en croit artdesuire.com, donc, votre ailier peut donc se jeter sur lui en hurlant "LAISSE LA FILLE TRANQUILLE !" avant de passer avec lui par-dessus le balcon sur fond de Hans Zimmer pour vous laisser le champ libre.

Notez qu’à aucun moment, le site ne parlera du "essayer d’être intéressant" pour attirer l’attention de quelqu’un. C’est vrai, quoi, quelle drôle d’idée. Je vous passe d’ailleurs l’article où l’on explique qu’il ne faut pas parler de choses trop compliquées aux femmes.

Le sniper d’amour le sait : sitôt que l’on parle d’autre chose que de macarons ou de stars qui couchent entre elles à une femme, en général, elle implose.

"Je… tu peux y aller frère d’arme je… je l’ai écoutée parler 30mn de Grey’s Anatomy à ta place… tu en aurais fait autant pour moi… je le sais…"

Au niveau du langage, les snipers de la Navy ont aussi leur code secret qui leur permet de communiquer efficacement et en silence : un nombre de doigt levé, une couleur, des pseudonymes pour aller plus vite et coopérer entre unités. Les règles d’engagement sont communes.

Ainsi, même s’ils n’ont pas été formés tous ensemble, deux SEALS se comprendront toujours car ils utilisent le même code. Il en va de même en séduction, si vous avez besoin d’un wingman improvisé !

Application séduction : Un vrai dragueur formé aux LTR, ONS et autres acronymes et abréviations Artdeseduire saura communiquer facilement avec un autre PUA rencontré en soirée. Les mêmes codes, les mêmes modes de fonctionnement pour faciliter la communication.

Si vous n’étiez pas encore consterné, logiquement, là vous devriez être en plein dedans. On imagine en effet parfaitement des mâles en soirée communiquant entre eux par codes et signes.

"Hmmm attends Jojo, regarde, ya Thomas qui nous fait des signes. 
- Ah ouais attends… il y a… trois… bombes… dans… troglodyte
- Troglodyte, t’es sûr ?
- Nan attends, c’est quoi le signe où tu montres ta bouche ?
- Manger ? Ah nan attends, avec le majeur ?
- Ouais.
- Nan c’est "cuisine".
- Putain, okay team, on commence la procédure : vous sécurisez les accès à la cuisine pour qu’aucun AMOG ou WARPIG ne passe, moi je fais une recon, ensuite je vous dis si c’est des valuable target.
- Hein ?
- Nan je disais "Je vais voir si elles sont jolies".
- Haaan, ouais."

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Au même moment, dans la cuisine.

"Cyrielle, t’as vu les gars là-bas qui se font des signes ?
- Oui, ils ont l’air un peu cons. Je crois qu’ils jouent à la guerre.
- Aaah, c’est ça, je me demandais pourquoi ils se parlaient pas alors qu’ils sont à 5 mètres les uns des autres.
- Ouais. Ho, faites semblant de rien les filles, il y a un de ces trépanés qui vient par ici, essayons de ne pas le conchier trop fort, le pauvre, la vie ne l’a pas gâté."

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Sinon, pour les curieux, sachez que LTR c’est "Long Term Relationship"(relation à long terme, bravo), ONS "One-Night Stand" (table de nuit, d’ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi dans les pays anglo-saxons, toutes ces étudiantes s’accrochaient à moi en réclamant des tables de nuit, curieux cette attirance pour le petit mobilier) et PUA "Pick-Up Artist" (voiture de beauf magicienne). Moui, c’est un peu confus.

Il manque quand même "SAC" pour "Site A Chier". D’où l’expression "Un gros SAC". Mais je m’égare.

Cependant, j’ai tendance à croire davantage à cette autre phrase de Wasdin : « Vous ne pouvez faire confiance qu’aux gens avec qui vous vous entraînez et avec qui vous combattez. ». Seuls vos potes proches seront de bons alliés en soirée. Les autres… qui sait ce qu’ils peuvent faire et dire dans votre dos ?

En soirée, c’est la guerre mon colonel. Ne faites confiance à personne à l’exception de votre frère de sang, celui qui a tout vécu à vos côté, de La Soirée Chez Max, dont vous avez encore des flashbacks la nuit impliquant beaucoup trop de gens faisant la chenille, à La Grosse Cuite du 10 septembre 2001, celle où vous aviez passé la nuit avec votre cousin de New-York à vous murger sur son lieu de travail. Vous n’aviez repris conscience qu’à 11h le lendemain, nu dans une tour de contrôle. Vous ne vous l’êtes jamais vraiment expliqué.

Marquage laser des cibles, repérage des environnements où auront lieu les missions de sauvetage : une grande partie de la réussite des opérations est liée à la capacité d’observation des snipers.

Grâce au porte-clé laser, habituellement utilisé par des gens utilisant des Powerpoints chiants (à défaut de warpig, faisons des truismes), vous pouvez désormais marquer vos cibles au laser à grand renfort de délicieuse tirade du type "J’vais m’faire la rouquine là-bas, hop" en faisant tournoyer le laser sur son front pour bien signifier à vos congénères couillons lecteurs d’artdeseduire.com qu’aucune concurrence ne sera tolérée.

Bien évidemment, évitez de le faire si la belle a un chat : c’est un coup à ce qu’elle se fasse lacérer le museau en direct.

Un groupe de lecteurs d’artdeséduire.com à l’écart du groupe durant un barbecue pour mieux marquer les donzelles au laser (au début, ils avaient voulu les marquer au fer rouge aidés du barbecue mais on leur a dit non, flûte)

De ce qu’ils retiendront visuellement dépendront les choix tactiques faits par le commandement. A eux d’estimer le nombre d’ennemis présents, à eux de voir les chemins habituellement empruntés par les forces ennemies.

"On va lui tendre une embuscade sur le chemin des toilettes".

Je crois que quelqu’un a beaucoup fantasmé sur un mauvais bouquin. Mais bon, comme c’est un site de mauvais conseils, ça se tient.

Quand ils rentrent de mission d’observation, les snipers doivent dessiner ce dont ils se souviennent sur des cahiers. Comme une sorte de débriefing. La mémoire est très importante pour eux : s’ils ne se souviennent de rien, ils ne sont d’aucune valeur pour leur pays.

Ce qui expliquerait bien des choses dans le corps enseignants, par exemple, lorsqu’inspectant le cahier de mathématiques d’un élève, ils trouvent des nichons griffonnés partout. Ce n’est pas sa faute : il dessine ce qu’il a observé (et tout ce qu’il a retenu). Ah, sniper, quel mission ingrate !

Application séduction : vous aussi, vous devez observer votre environnement pour en tirer parti. Où sont les toilettes en soirée ? Où sont assises ces filles ? Avec qui sont-elles venues ? Où sont les potentiels cockblocks ? Vous devez tout analyser et observer pour éviter les mauvaises surprises.

"Où sont les toilettes" : une mission digne d’un tireur d’élite. D’ailleurs, sans entrainement, les gens se font généralement dessus. Quant à repérer les filles : d’après mon livre "Escouade de reconnaissance : mémoire d’un scout de France", à ce qu’il parait qu’il est vachement plus difficile de draguer quelqu’un que vous n’avez pas repéré.

Exercice pratique : chez vous, essayez de draguer Pénélope Cruz. Si vous ne la repérez pas dans votre demeure, vous allez voir, vous allez trouver ça vachement plus difficile.

Sauf si vous avez appelé votre gerbille Pénélope Cruz, bien sûr, auquel cas la suite risque d’impliquer Brigitte Bardot. Et ça, personne n’en a envie. Hooo non.

Et la mémoire alors ? Votre mémoire est précieuse. Sur votre chemin vers la maîtrise des dynamiques sociales, vous allez devoir apprendre à retenir les prénoms des gens. Des filles que vous voulez séduire, parce que c’est dur de coucher avec une fille sans connaître son prénom, certes.

Mais aussi celui des mecs qui évoluent dans le cercle social de votre target. Si vous les ignorez trop, si vous ne reconnaissez pas leur présence, leur existence, ils deviendront alors de potentielles menaces. Retenez les prénoms des satellites qui gravitent autour de votre target !

Retenir les prénoms des gens ? Là encore : quel talent, artdeséduire.com.

Il est vrai que tenter de séduire une jeune fille en l’appelant Robert s’avère souvent plus compliqué qu’en utilisant le bon prénom. Quel puissant site de séduction. Mais attention ! Allons encore plus loin dans la daube !

Retenez également tout ce que vous disent les filles sur elles, ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation avec une de vos targets. C’est surtout utile à tous les dragueurs qui ont de multiples targets simultanément, notamment sur les sites de rencontre en ligne !

Comment ? Retenir ce que les gens vous disent "ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation" ?

Mais attendez les mecs, vous faites quoi d’habitude quand vous parlez à quelqu’un ? Vous êtes en état de mort cérébrale avec un peu de bave qui coule sur le côté ? Non parce qu’à ce qu’il parait que quand quelqu’un vous intéresse, vous avez des chances de vous y intéresser. M’enfin moi, je dis ça, hein, c’est du détail. J’ose penser qu’à partir du moment où le mec se dit "Hohoho, ce soir, j’ai grave une astuce pour passer pour un malin : je vais essayer de ne pas avoir un petit singe qui joue des timbales dans la tête pendant que l’on me parle", il est temps qu’il prenne ses responsabilités de sniper et aille se tirer une balle dans le bidou (pas dans la tête, puisqu’au vu de ce site, ça ne causerait visiblement pas de gros dégâts chez certains).

Quand un sniper a sa cible dans le viseur, l’abat-il ? Pas toujours. Il attend souvent des confirmations de la part de son commandement. Il peut préparer ce tir pendant des heures, et rater cette fenêtre de tir si on ne lui confirme pas l’ordre. Triste, tragique parfois. Cependant la leçon du sniper Wasdin est assez limpide : s’il rate le premier tir, il a parfois le droit à un second, mais jamais à un troisième. Rater la première occasion est presque toujours synonyme d’échec, très dur à rattraper.

Une cible qui entend un coup de feu se mettra à l’abri, cherchera la provenance et se doutera de quelque chose. Tout ce temps de préparation n’a pas le droit d’être gâché. Pour vous, snipers de l’amour, il en va de même ! La préparation de votre piège à filles peut prendre du temps, mais une fois que vous décidez de le refermer, allez-y franchement ! Ne faites pas dans la demi-mesure. Et surtout : interdiction d’hésiter !

Notez que le sniper de l’amour est si subtil dans son approche qu’il semble parler de chasse à l’éléphant. Avec ça, il est sûr de partir sur de bonnes bases.

Un sniper ne se pose pas la question de savoir si la personne qu’il va abattre est bonne ou mauvaise, si elle a des enfants ou pas. Il faut tirer. Il faut agir. (Si vous lisez le livre, vous verrez que Wasdin est loin d’être un bourrin, il se pose toutes ces questions).

Dit-il, juste avant de se réveiller aux côtés d’une mère de 8 enfants réclamant une pension.

Application séduction : C’est votre hésitation qui rendra votre target hésitante.

Certes, mais alors comment faire, ô, artdeséduire.com ?

Si vous enchaînez humour

Okay.

push-pull

Probablement une technique consistant à pousser puis tirer la cible en continu. Si vous le faites assez et qu’elle a bu du coca, elle peut se mettre à mousser : vous expliquez que c’est probablement la rage, et vous isolez avec elle sous prétexte de l’emmener à l’hôpital. Ah ouais, malin.

Enfin je crois que c’est ça, je m’y perds avec tous ces anglicismes.

kino légers 

Sûrement une technique de combat : c’est quand vous lui faites la prise de Monsieur Spock pour la rendre inconsciente.

et timebridge

Ça, c’est quand vous revenez dans le temps pour vous empêcher de lire des sites aussi pourris.

[...] vous ne devez pas hésiter pour le numclose et le kissclose ! Vos balles doivent être tirées et non rester dans la chambre!

Je ne sais pas ce que c’est mais en tout cas, je constate juste une certaine subtilité dans l’allégorie des couilles. Bravo Monsieur, mais vu vos techniques, je pense que vous dormez sur une armurerie.

Hé, ho, moi aussi je peux jouer : "Soirée Marc Dorcel, allégorie"

« Un certain nombre de mes camarades, ceux que je prenais pour des chevaux de course, étaient de vrais pleurnichards. Ils avaient probablement été à la première place durant la plus grande partie de leur vie. Maintenant qu’ils goûtaient à une épreuve façon BUD/S (son école hardcore), ils n’étaient pas capables d’y faire face. »

J’ai beaucoup aimé la philosophie de ce passage parce que je m’y suis identifié. Premier au lycée, puis dernier en prépa (ahah la claque, de grands moments). Meilleur en drague pendant mes études à Grenoble avec Eros, mais on ne valait pas grand-chose à Paris au début.

Il est vrai que ça ne doit pas être facile, tant chacun sait que la contrairement à la grenobloise, la parisienne a deux têtes et quatre bras (et, oui, les deux têtes font la gueule, voilà… alors… mon quota de préjugés… hop).

Ou alors, autre théorie : c’est juste que si à Grenoble vous les connaissiez déjà, il vous a fallu un peu de temps pour repérer les coins à ploucs à Paris les enfants. Il faut dire que ce n’est pas toujours simple : trouver la frange de la population qui trouve séduisant l’allégorie du sniper qui doit tirer ses cartouches (sic), ça demande pas mal d’efforts, ou au moins une place à un spectacle de Franck Dubosc.

Tout est une simple question d’échelle et d’exigences. Etes-vous assez exigeant envers vous-même ? Est-ce que vous avez tendance à vous contenter du peu que vous faites ? Vous contentez-vous d’être le meilleur parmi des types moyens ? Ou essayez-vous toujours de repousser les limites ? A la fin, Wasdin apprend qu’il n’est pas Dieu. Il apprend l’humilité à la dure, découpé par les balles (ce n’est pas un spoiler, je vous rassure, il l’annonce dès le début du bouquin). De la même manière, même si vous devenez le meilleur en séduction, vous serez rappelé à l’ordre. Vous ne pourrez pas accumuler les campagnes victorieuses sans vous faire d’ennemi ou d’ennemie. Les femmes ont la rancune tenace en amour… Et qui sait, un jour vous tomberez probablement sur une adversaire plus coriace qui comptera plus que vos frères d’armes !

En conclusion, je vous souhaite de goûter à l’hygiène de vie du sniper. Un livre vraiment intéressant, que je vous laisse découvrir !

Et bien, merci mon brave : grâce à vous, nombre de gens vont pouvoir se lancer dans des "campagnes victorieuses" : on se souvient tous de la célèbre "campagne du Macuma", de "l’offensive du parking de Lidl" du printemps 2011, ou encore la désormais "Bataille pour miss camping" de 2012.

Merci, artdeséduire.com. Vraiment, grâce à cet article, je suis sûr que quantité de lecteurs (satisfaits, au vu des commentaires du site, brrr) vont trouver l’amour après avoir passé des heures à attendre la bête déguisés en fougères. Et que quantité de lectrices sont d’ores et déjà en train de prier secrètement pour être dans la ligne de mire de pareils artistes.

Heureusement, chez artdeséduire.com, on sait comment bien terminer un article pour qu’il y ait lâchage de com’, avec une bien belle ouverture :

"Pouvez-vous nous conseiller des films ou des livres qui n’ont rien à voir avec la séduction, mais qui vous ont bien motivé pour le game (NdOC : le jeu de la séduction, tout ça, tu vois ?)?"

Okay, je commence :

Mein Kampf.

"Odieux…"

Elle fait langoureusement trainer la dernière syllabe de mon prénom. Ses grands yeux pétillent sous sa chevelure en bataille, et elle passe délicatement son doigt sur ses lèvres glossées, alors qu’elle tortille les draps défaits d’une manière assurée de sa main libre.

"Oui Zahia ?"

Elle mordille sa lèvre inférieure et écarte une mèche venue se poser sur l’une de ses pommettes. Doucement, elle penche la tête sur le côté droit, attendant simplement que le bruit de la sirène passant dans la rue en contrebas s’estompe.

"Tu sais je… J’aime beaucoup ta manière de me tirer vers le haut
- Ça demande pas mal d’entrainement, c’est vrai, mais j’en suis aussi assez fier. Ce ne sont pas tes copains de l’équipe de France qui t’apprendront ce genre de choses, c’est certain ; les gestes techniques, ce n’est pas vraiment leur truc.
- Non, je voulais dire, socialement.
- Ah."
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Je lève mes yeux quelques instants de l’excellent article sur le dernier rapport de la cour des comptes pour mimer un semblant d’attention à son égard, puis me replonge dans ma lecture.

"C’est bien."

La jeune fille parait déçue de ma réponse ; elle se laisse choir sur le flanc avant de rouler sur le dos et  me fixe de son visage désormais à l’envers du mien.

"Tu ne voudrais pas m’emmener avec toi encore une fois ? Tu sais, dans un de ces endroits où…
- Raaah… Passe moi ma veste, veux-tu ? Et va enfiler quelque chose, tu me fais froid."

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La meilleure raison d'aller à un vernissage

La formulation est maladroite, mais le résultat est là : elle va quérir mon vêtement qu’elle m’avait oté quelques heures plus tôt avant de le jeter sur une chaise qui se serait bien passée de ce poids mal équilibré. Me le tendant, elle s’assoit à côté de moi sur le lit et me regarde fouiller les poches intérieures. J’en sors deux cartons où il est inscrit en lettres d’or "L’Art de Demain".

"Tiens, une galerie d’art, ça te tente ? Il y a un vernissage d’Art Contemporain.
- Je ne sais pas… C’est quoi ? Et puis pourquoi tu parles avec des majuscules pour art et contemporain ?
- Tu vas vite comprendre. Tu sais jouer à Taboo ? Tu sais, le jeu avec les mots interdits et le pouic-pouic.
- Oh oui, hihihi, moi aussi j’appelle ça le pouic-pouic. J’aime bien.
- Alors habille toi correctement, on y va."
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Une demi-heure plus tard, nous passions la porte de l’étroite galerie parisienne, bien que je constatais une fois encore que Zahia et moi avions un profond désaccord sur la notion de "correctement".

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Ah, les vernissages ! Quel bon peuple s’y rassemble ; ici voici François. François fait partie des officiels, un groupe fort peu nombreux mais venu se montrer et profiter de l’occasion pour prononcer quelques discours sur leur attachement à l’art ; en présence de mécènes, mieux vaut être bien vu. Et puis, si ça peut ramener les voix de quelques bobos et permettre de justifier les subventions accordées à l’artiste exposé ce soir, alors c’est parfait. Là-bas, c’est Eric. Tu le connais Eric ma petite Zahia, c’est un client à toi. Eric est justement un mécène, il a pas mal d’argent et il n’hésite pas à donner quelques deniers pour se faire un peu de com’ en finançant ce genre d’expositions. Sans compter qu’il peut en déduire une partie de ses impôts : rien n’est gratuit.

"Si, moi je le suis pour toi, et toi seul" me susurre Zahia en s’agrippant à mon coude.

Tiens, regarde plutôt par ici ; là, c’est Adeline. Oui, elle a un beau manteau de fourrure, je sais, mais regarde : elle fourre discrètement des petits fours dans ses poches. C’est une pique-assiette, il y en a souvent aux vernissages ; on les reconnait facilement : ils sont parmi les mieux habillés, sont présents à tous les arrivages d’œuvres et se positionnent toujours près du buffet, attendant fébrilement la dernière syllabe du dernier discours pour se saisir d’une bonne coupe de champagne. Et là-bas, le monsieur en pleine discussion avec ce petit groupe de personnes qui s’esclaffent bruyamment à chacun de ses mauvais bons mots, c’est Staifaño, l’artiste. Viens, allons regarder ses œuvres.

Nous nous plaçons devant une pièce intitulée "Révolution", une simple boîte de conserve nue dans laquelle est plantée une fourchette. A côté de nous, un couple de Bobo Sapiens est en pleine parade amoureuse, rituel dans lequel le passage par un lieu culturel est obligatoire afin de s’assurer du goût et de l’étendue des connaissances du conjoint. Ils dissertent donc avec vigueur : qu’a voulu représenter l’artiste ? L’industrie moderne se mordant la queue ? L’outil du consommateur s’en prenant au conteneur de la consommation ? La transformation d’un même métal en deux outils s’unissant dans une même œuvre ?

"Mais, c’est tout pourr…" je dépose promptement dans la bouche de Zahia un petit four saisi à la volée sur un plateau passant à ma portée.

"Ne dis rien. C’est une partie de Taboo t’ai-je dis ; la plus grande de toute la création, celle de l’Art Contemporain."

Permettez-moi, chers lecteurs, d’éclairer votre lanterne ainsi que celle de Zahia : ce qu’il y a de fabuleux dans l’Art Contemporain, c’est que certes comme en tous domaines, il y a du bon & du mauvais. Mais la magie de la chose réside dans le fait qu’en dehors des critères subjectifs d’appréciations de l’art, il y a de sacrées merdes objectives, qui n’existent que grâce à une seule règle : le Super Taboo.

Taboo, édition avec pouic-pouic et plateau design

Le Super Taboo, c’est ce principe des mots interdits en la matière : ni merde, ni daube, ni foutage de gueule… bref, aucune allusion à une quelconque déception face à une œuvre. Car la perversion de cet art est de faire passer le déçu pour un béotien. Car celui qui trouve une pièce d’art avant-gardiste merdique est forcément un conservateur et un ignorant qui ne comprend rien à l’art ! Aussi, chacun a pris pour habitude de faire semblant de trouver des choses à l’œuvre pour se donner quelque consistance et éviter de passer pour un profane. Et comme tout le monde le fait, chacun a l’impression d’être le seul à trouver une toile ou une sculpture absolument pourrie. Alors pour éviter l’humiliation, on fait semblant de trouver cela fascinant de manière encore plus poussée. Ainsi se lance le cercle vicieux : plus les autres font semblant d’y piger quelque chose, plus l’on fait semblant soi-même, ce qui encourage les autres, etc.

Et quiconque brise la règle du jeu et s’exclame qu’il a devant lui ce qui ressemble diablement à un étron gras et fumant aura perdu. Il sera donc conspué.

Tu as compris Zahia ? Tous ces gens font semblant de peur de passer pour des truffons. Parce qu’objectivement, c’est nul par exemple ce que fait Staifaño. Viens, je vais te montrer comment on le prouve. Regarde, fais comme moi : plisse les yeux en regardant ce… ce truc, là. Les cinq playmobils peints en vert sur un socle. La vache, ça pique les yeux tellement c’est nul. Bon, essaie de ne pas pleurer et fais les mêmes bruits que moi Zahia "Hmmm… ho… fabuleux…" oui, c’est pas mal, mais fais le un peu moins langoureux, on est plus à l’hôtel là. Tu vas voir, ça va attirer le…

"Je vois que vous regardez Global, l’une des pièces maîtresses de mon exposition. Figurez-vous qu’elle représente mon esprit face à l’actuelle mondialisation, la torture du créateur qui…"

Staifaño s’est approché de nous et commence à nous expliquer son œuvre. Or, ma chère Zahia, pendant que notre hôte nous récite son discours force de vente digne d’un vendeur Nespresso, constate : il passe plus de temps à justifier sa création que nous n’en passons à la contempler. Quand tu passes plus de temps à justifier ton travail qu’à ce que les gens puissent en profiter, c’est clairement que tu te fous du monde. En art comme en toutes choses. Maintenant, tu vas voir, il va arriver au couplet habituel.

"… évidemment, bien que cette oeuvre soit disponible à l’acquisition si jamais vous veniez à vouloir conserver avec vous sa force artistique, vous le pourriez, mais il faut bien comprendre que je suis un artiste véritable, qui ne crée par pour l’argent mais bien pour l’Art avec un grand A qui…"

Tu comprends Zahia, le monsieur nous explique qu’il ne fait pas les choses pour l’argent. Un concept qui t’es assez étranger, mais soit, il te faudra l’assimiler un de ces quatre. Il est comme tous ces comédiens qui t’expliquent que tu vois, ils ont décidé de jouer dans L’attaque du serpent-méduse mangeur de roudoudous parce qu’ils sont tombés amoureux du personnage ou du script dès la première lecture. Que l’argent, ça ne les intéresse pas ; d’ailleurs, ils ne s’en servent pas, ils n’ont même pas besoin de manger et sont même trop purs pour faire caca. Aussi, Staifaño va quand même me dire que bon, je pourrais lui filer 7 000€ pour son "œuvre" de manière très symbolique. C’est une vieille ruse de sioux : plus c’est cher, mieux c’est : après tout, si quelque chose est cher, c’est qu’il a de la valeur, pas vrai ? Alors 5 playmobils peints en vert à 7 000€, c’est forcément que ça a une sacrée valeur artistique. Sauf que non. Sans compter que quand bien même je l’aurais chez moi, je me retrouverais juste à jouer à Super Taboo à la maison "Oui, j’invite mes copains et je leur montre mon œuvre qui ne me convainc même pas moi-même, mais qui me permet de me faire passer pour un type assez cultivé pour connaître la signification cachée de ce truc et assez riche pour payer 5 playmobils à 1 400€ pièce.". Et le premier qui dit que c’est nul passera pour le barbare arriéré de service. Oh, attends une seconde, je crois que Staifaño a fini son petit discours. T’ai-je dit que son vrai nom était Stéphane Petitbedon ? Bon, il me regarde bizarrement, il doit vouloir quelque chose.

"Vous la prenez alors ?
- Votre … heu… "Global", là ? 7 000€ c’est ça ?
- Oui, c’est ça. Je ne prends pas les chèques par contre.
- Ca tombe bien : puisque vous ne créez pas pour de l’argent, je vous propose de ne pas vous filer de fric pour ne pas vous insulter. Ca vous va ? Et j’embarque les 5 playmobils. Il me faudra juste le manuel justificatif avec parce que sinon je crois que même moi je vais manquer de pipeau pour expliquer pareil truc devant mes invités."

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Pauvres personnages de plastique malmenés par la folie des hommes

Quelques minutes plus tard, Zahia et moi étions poliment raccompagnés à la porte de la galerie pour avoir perdu la partie en ne faisant pas assez bien semblant de s’extasier sur du rien vendu avec force arguments pseudo-artistiques. Nous décidâmes donc d’un commun accord de rentrer à l’hôtel.

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"Et donc ma chère, c’est ainsi qu’un mec supposément artiste a profité de la loi de 1951 sur le 1% culturel des bâtiments publics pour vendre à une médiathèque un canoë kayak suspendu à un malheureux mécanisme qui tourne sur lui-même aux heures d’ouverture et de fermeture. Et ce pour le prix d’un prolétaire payé au SMIC 8 heures par jour à rester dans un canoë simple à pagayer une fois le matin et une fois le soir durant 5 ans, charges comprises.
- Comme c’est fascinant ! Tu en sais des choses mon Odieux !"

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Elle glousse ; j’en profite pour écraser la fin de mon cigare sur la table de nuit de la suite.

"D’ailleurs, le mec qui a vendu le canoë a fait encore plus fort : pour justifier son travail, il y a carrément un DVD où il explique pourquoi un canoë. C’est absolument fabuleux. On vit une époque formidable, quand même, tu ne trouves pas ?"
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Elle ne glousse plus et se contente de me regarder fixement. Je dirais presque amoureusement si…

"Tu sais, j’aime le monde dans lequel tu vis. J’ai envie qu’il y ai plus que du sexe entre nous, je veux m’installer avec t…"

Elle s’interrompt brusquement lorsque la bombe fumigène lui explose au visage ; quelques dizaines de secondes plus tard, lorsque la fumée commence à se dissiper, elle constate entre deux toussotements qu’elle est parfaitement seule dans la luxueuse suite de l’hôtel ; il n’y a plus aucune trace de son visiteur, qui a disparu corps et biens. La suite de l’histoire n’est pas bien claire ; certains disent que c’est lorsque le système anti-incendie alerté par la fumée s’est mis à cracher toute l’eau qu’il pouvait sur elle qu’elle s’est mise à pleurer. D’autres, lorsqu’elle s’est aperçu qu’en sus de mes affaires, j’étais aussi parti avec le fric de ses dernières passes ainsi qu’un lot de photos d’elle et de son ami Franck.

Demain, la presse serait bien nourrie.

Adieu, Zahia.

PS : ce billet est un fabuleux prétexte pour mettre à jour mes liens avec quelques personnes qui savent tenir crayon & pinceau. Oh, et si des lecteurs reconnaissaient l’une des œuvres évoquées (et non illustrée) ci-dessus, ils auraient toute ma considération pour les 6 minutes suivant la lecture de leur commentaire dénonciateur.

Les planches du parquet craquent doucement sous les pas des visiteurs. Ici ou là, ces derniers s’attardent sur quelques œuvres et tentent de déchiffrer les cartels usés d’un petit musée de province. Là-bas, un couple de visiteurs chuchote, assis sur un banc en regardant un Watteau. Plus loin, un père de famille déambule entre quelques bustes, en jetant des coups d’œils inquiets à ses trois enfants. Un peu plus loin, sa femme prend quelques notes sur un calepin en contemplant une sculpture d’un artiste local de l’Ancien Régime. Si ce n’est les pas et quelques chuchotis, le silence n’est brisé que par quelques brèves quintes de toux dans la pièce voisine.

Pourtant, de tous les maîtres exposés dans cette pièce, aucun n’a jamais eu le talent de fournir spectacle aussi merveilleux que celui qui allait arriver quelques instants plus tard. En effet, alors que je m’apprêtais à me diriger vers une autre pièce, un lourd bruit se fit entendre, qui attira l’attention de toutes les personnes présentes en cet instant. Une sorte de bruit sourd et puissant ressemblant à celui que produisent des taureaux galopant un jour de feria. Ne cédant pas à la panique je tendais l’oreille en quête de tout indice pouvant m’aider à analyser la chose en approche : or, entendant des bruits de talons hauts, je me souvins que les taureaux ne portaient que peu ce genre de chausses (ce qui ne veut pas dire que d’autres bovidés ne le font pas ; pensez à à Loana). Et quelle ne fut pas ma surprise de voir débouler devant moi la plus fantastique des troupes :

Derrière une jeune femme à l’air strict et au tailleur impeccable, qui tentait de suivre son chemin sans coincer ses talons noirs entre deux planches usées, une horde bigarée suivait l’oeil torve, en affichant ouvertement un air ennuyé. On pouvait y trouver des foulards, des fichus, des bérets, des bandanas et autres fioritures reposant sur des coupes de cheveux visiblement aléatoires. Les vêtements s’unissaient à ce joyeux chaos, laissant entrevoir des robes usées, jupes déchirées et autres t-shirts et débardeurs froissés, ainsi qu’un nombre certain de vestes visiblement issues de l’ex-RDA.  Là, une cousine probablement éloignée de ma cravate avait dû subir les derniers outrages avant d’être  accrochée en un noeud largement desserré à un cou boutonneux, rappelant ainsi à toutes les cravates du monde le châtiment qui attend celles qui n’obéissent pas.

Ces gens ne venaient pas faire la manche, non, les malheureux : c’étaient des étudiants en arts.

Pour distinguer aisément un punk à chien dun étudiant en arts, fiez vous au chien, cest une valeur sûre
Pour distinguer aisément un punk à chien d’un étudiant en arts, fiez vous au chien, c’est une valeur sûre

Le couple assis devant le Watteau serra les rangs, tremblant à l’idée que ce groupe qui sentait bon le shampooing pour dreadlocks et la beuh cultivée en cave puisse venir à leur proximité. Le père de famille attrapa rapidement la main de sa femme et regroupa ses enfants avant de partir d’un pas leste vers la porte la plus proche. Heureusement pour eux, le groupe se contenta de passer rapidement, prenant la direction d’une salle voisine. A la traine, un jeune arborant un t-shirt du Che et un treillis brodé d’écussons anarchistes envoyait des SMS depuis son Iphone. Curieux, je décidais donc de suivre ce cirque ambulant, et traversant le musée, arrivait à une petite salle de conférence où attendait d’autres élèves du même acabit que ceux décrits ci-dessus. Et je déteste les descriptions redondante, alors il faudra faire avec. De-ci de-là, quelques personnes plus âgées en tenue de ville discutaient en s’éventant avec des prospectus aux couleurs vives. Et devant tout ce petit monde, ce qui devait être une conférencière tripotait son ordinateur portable en testant son vidéoprojecteur. Apercevant sur une table à proximité un tas de prospectus aux couleurs de ceux servant d’éventails dans la salle, je m’en saisis et découvris ainsi qu’il s’agissait d’une conférence d’une heure sur Picasso, ses influences et autres merveilleuses aventures. Le tout offert par le musée à ses visiteurs. Ayant une heure à tuer, autant le faire avec classe , sans compter que mon karma devait avoir pris cher après GI Joe et qu’il convenait donc de me rattraper; je m’en allais donc m’asseoir dans le fond de la salle et trouvait un siège un tant soit peu confortable, mais hélas situé juste derrière le groupe que j’avais suivi. Si en sortant de là, je ne faisais pas exploser les truffes des chiens anti-drogue rien qu’avec l’odeur de ma chemise, c’eut bien été le diable.

La conférencière jeta un coup d’œil nerveux à sa montre, puis à la salle, et tapotant son micro, lança les hostilités. Elle retraça brièvement l’enfance de Picasso, le fait qu’il avait deux sœurs, tout ça, et commença à afficher ses œuvres sur l’immense écran derrière elle. Comble du bonheur, grâce à son super pointeur laser, elle pouvait désigner en direct sur son powerpoint ce qu’elle était en train de dire, créant ainsi l’occasion d’effectuer un immense karaoké, mais foutrement chiant. En effet, il semblerait que de nos jours, faire un powerpoint soit la quintessence de la classe et du professionnalisme. Et le lire comme une collégienne lisant ses fiches, un rite religieux au protocole immuable. Bref, nous voilà partis, et dans la plus grande tradition, l’objectivité rentre en scène :

"Ce qui est intéressant, c’est que Picasso n’a fait que des chefs d’oeuvres"

Le premier qui trouve ça moche est un roturier inculte.
Le premier qui trouve ça moche est un roturier inculte.

Ha. Picasso, vous voyez, il n’était pas humain. Il ne pouvait pas faire une sombre merde. Des fois il essayait et tout, et là, une force venue d’outre espace prenait le contrôle de son bras, et vlan, chef d’œuvre. Même à l’âge de 4 ans, impossible de faire un collage sans que celui-ci soit génial. De la même manière, Picasso n’avait pas besoin de manger, non, il n’avait donc pas besoin de travailler pour ; il ne travaillait que pour l’art pur. Il ne pouvait pas se dire non plus "Tiens, va p’têtre falloir que j’enchaine quelques œuvres, là, histoire de me payer un écran plat et un putain de Dolby Surround pour regarder Pearl Harbor (oui, Picasso avait des goûts de merde en matière de cinéma)". Incroyable, ce garçon.

Aussi, lorsque l’on voit sa série de collages, en particulier les "guitares", on pourrait quand même s’interroger.  On pourrait aussi le faire en pensant à cet évènement moins célèbre, lorsqu’un commanditaire lui demanda une sculpture du buste de se femme, et qu’il souda deux passoires ensembles et déclara son œuvre achevée. Je vous laisse imaginer la réaction du client.  D’ailleurs, libre à chacun d’aimer ou pas. On trouve ça génial ou non. Mais nenni pour notre conférencière, qui suit la première règle pour nombre de spécialistes de l’art, et paradoxalement, la plus opposée au concept d’art lui-même : une œuvre reconnue par les spécialistes comme superbe ne peut être dépréciée par qui que ce soit, ou alors, c’est un cuistre qui n’a pas compris.

Ce concept marche pour tout. On vous a jamais fait le coup pour un film ?

"La trilogie Matrix, j’ai pas aimé
- Quoi ? Ouais, c’est parce que t’as pas compris !
- Heu… Enfin, si, je crois, mais non, j’aime pas. Voilà.
- Ouais, t’as pas compris. Parce que c’est génial comme film."
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Bref, l’ayatollah de l’art moyen, vous ne pouvez pas être en désaccord avec lui. Si c’est le cas, c’est que vous êtes trop bête pour comprendre que c’est objectivement génial. Et donc, dans le cas présent, notre conférencière en est. Elle a étudié Picasso, elle l’a compris, elle le connait, maintenant elle est tellement pote avec lui qu’ils vont boire des godets ensemble, et que même une fois, Picasso il lui a mis du GHB dans son verre, alors merde, vous allez pas lui dire des choses contraires à ce qu’elle connait sur Picasso quand même. Et surtout pas que vous n’aimez pas, ça non.

Tenez, elle connait tellement bien Picasso qu’elle décide d’analyser une de ses œuvres. Non, surtout pas, malheureuse ! L’analyse d’œuvre fut créée par Satan pour contenter les professeurs de français !

Souvenez-vous, lors de votre bac français : des figures de style, il y en avait partout ; aucune virgule n’était là pour ponctuer le récit, pour permettre une lecture propre d’une phrase. Non, le moindre point était une référence à l’enfance de l’auteur, au champ lexical de la misère, un rappel à la symétrie du récit mettant ainsi en avant par un jeu de figures le personnage principal. Et tout cela, évidemment, de manière tout à fait objective. L’idée que l’auteur aie casé un seul point ou une virgule avant de partir aux toilettes, ou bien parce que ça faisait joli, ça, non, c’est aberrant. On en a pas idée. On ne peut même plus dire qu'"un vélo traverse la rue" sans que ce soit une personnalisation du vélo car on utilise un verbe d’action avec un objet, et on en fait ainsi un personnage à part entière du récit. Oui, ça ou  le fait que dire "une personne sur un vélo traverse la rue", c’était juste plus chiant à lire et à écrire. Mais bon.

Bref revenons à notre conférencière, qui agite dès lors frénétiquement son pointeur laser sur un Picasso de sa période bleue.  Elle présente alors chaque point du tableau dans un schéma général connu d’elle seule :

"Là, on voit bien un triangle. Et si vous regardez bien ici, on en voit un autre. Et si j’observe ces trois points, c’est à dire l’oeil d’un personnage, la bouche de celui-ci et l’oreille de celui là, on voit bien que ces trois points forment un autre triangle, encore ! Ce tableau est en fait rempli de triangles invisibles qui…"

J’hésite. Devant moi, un étudiant a fini par s’endormir sur sa table et ronfle doucement en bavant sur ses notes et quelques gribouillages. Il gribouille bien, soit dit en passant. Peut-être que dans quelques années, quelqu’un analysera ses gribouilles et dira que l’effet mouillé lié à la bave était voulu par l’artiste pour exploser les lignes de son dessin et ainsi l’épurer. Mais ce n’est pas le sujet : moi, j’hésite à intervenir pour expliquer à une conférencière expérimentée que trois points non alignés formant toujours un triangle, comme le savent des élèves de primaire, son analyse de cuisine (pourtant à la base de son explication) vaut pour tout, y compris et surtout ce qui n’a rien à voir (Mon dieu ! Paris, Volgograd et Bamako forment un triangle, c’est sûrement fait exprès ! Peut-être même un complot extraterrestre !),. La géométrie basique ruinerait le principe même de sa réflexion. Surtout quand elle commence à affirmer (elle ne suppose pas : c’est une professionnelle) que tous ces triangles sont une référence voulue de Picasso au triangle qu’il formait enfant avec ses deux sœurs. Sigmund Freud, si tu nous écoutes.

Mais ? Mais laissez mes soeurs tranquilles !

Mais ? Mais laissez mes soeurs tranquilles !

Elle continue ainsi longuement et décide de passer à la phase deux : en reliant deux points, on obtient une ligne. (je n’en puis plus de révélations). Elle désigne ainsi des points de manière plus ou moins pertinente sur l’œuvre pour expliquer que le tableau, en fait, recèle ainsi des centaines de lignes invisibles, cachées volontairement par l’auteur. Oui, ou alors, s’il avait voulu l’éviter, il se serait contenté de rendre feuille blanche. Remarquez, je suis sûr qu’elle aurait trouvé ça génial.

La conférence finit par toucher à sa fin, et dans les rangs estudiantins, c’est le soulagement : un long soupir se fait entendre, et les affaires, déjà rangées depuis longtemps, sont bien vite saisies et emmenées par des hordes pressées d’aller fumer leur clope dehors. Je descend à mon tour en direction de la porte quand je note que quelques personnes sont en train de remercier la conférencière pour la pertinence et l’intérêt de ses propos.

Et dire que jusqu’alors je pensais qu’on pouvait apprécier une œuvre pour ce qu’elle était sans tenter de la disséquer. Cette femme m’a ouvert les yeux. Il va falloir que je la remercie en lui offrant, je sais pas moi, une équerre ?

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