Ce blog a eu 4 ans ce 26 juin.

En temps normal, cela serait l’occasion pour le maître des lieux de profiter d’une semaine de vacances, mais la période étant chargée, il serait scandaleux d’abandonner son poste alors que nos salles obscures regorgent de bouses en ce début d’été. Bien sûr, certains argueront du fait que des périodes chômées, il y en a déjà eu ces dernières semaines alors hein, ho, au boulot un peu, dites, mais sachez que si mon mépris était parpaing, il serait classé monument national par la République Populaire de Chine.

Bref, comme chaque année, profitons-en pour faire le point.

Déjà, oui, nous allons revenir bien vite à des articles hors-cinéma, mais que voulez-vous : avec l’arrivée des premières chaleurs, le public se rue dans les salles obscures climatisées, aussi les bouses y attendent-elles en nombre de nouvelles victimes. Il faut donc bien s’en occuper un peu, tout de même ! Vous n’imaginez tout de même pas que Man of Steel va s’en tirer comme ça ? Mais faisons plutôt le bilan de l’année écoulée.

Cette année, donc, le rythme du blog s’est ralenti – ce qui est scandaleux, j’en conviens bien volontiers- passant régulièrement à 8 – 9 jours au lieu de 7 entre deux articles. Les râleurs sont bien évidemment invités à joindre un gros chèque à leur complainte, afin de me permettre de passer plus de temps à écrire des âneries et moins à fouetter des employés en insultant leurs familles en allemand, ah mais. Cependant, donnons des chiffres : au lieu des 50 articles annuels, 46 ont été publiés, ce qui reste tout de même l’équivalent, en termes de caractères, de 8 romans complets. Enfin. Quant à l’arrivée d’une nouvelle charte, véritable serpent de mer de ce blog, si celle-ci est bien avancée, il convient d’arrêter de l’annoncer et de laisser les choses se faire à leur rythme : nul doute qu’un jour de désœuvrement, celle-ci sera achevée et viendra rayonner de mille feux devant vos petits yeux émerveillés.

En tapant "4 années", je découvre que des lecteurs sympas ont même fait un badge. Vraiment, je suis touché.

Tradition oblige, il convient aussi de parler aujourd’hui des formidables recherches menant à cet humble blog, qui ne cessent de m’étonner. Tenez, rien qu’aujourd’hui, nous avons eu :

  • Jean-Marc Ayrault (je n’en ai jamais douté)

je suis professeur d’allemand et je veux me reconvertir

  • Des gens au goût exquis

steevy boulay en slip

  • Celui qui doit taper vite vite sur son clavier avant que la dame du CDI ne l’attrape

video sexse avec sa mer l’orsque dormie dans chambre

  • Celui qui est tombé ici parce qu’il a merdé avec son datajack

shadowrun scénario

  • Arthur qui prépare son prochain spectacle

c’est l’histoire d’un canard qui leva la patte il trouva sa drôle donc il leva l’autre et la pouf il tombe

  • Un modérateur du Monde.fr qui cherche à comprendre ce qu’il se passe chez lui

comment se reproduisent les trolls

  • Celui qui se demande si ce jeu qu’on vient de lui offrir est bien un simulateur de danse contemporaine

est ce que dans call of duty ghosts il y aura des scenes violentes ou pas

  • Emile Louis qui tente de se faire passer pour Hagrid

auxerre sorcellerie

  • Et enfin, comme chaque année, le poète scatophile

être excité par les bruits de chiasse

Pour ce dernier, je pense que le malheureux est atteint de priapisme à chaque fois qu’il entend une cornemuse dans le lointain, souhaitons donc pour ses slips qu’il ne soit pas breton. Cela étant dit, il me revient pour ce post annuel de remercier celles et ceux qui n’hésitent pas à cliquer sur contacter l’auteur en haut de ce blog pour me signaler qu’il y a une faute à la troisième ligne du quatrième paragraphe, et que c’est intolérable, m’indiquer la découverte d’un site web merveilleux n’attendant qu’une bonne bâche, me dire qu’ils m’aiment fort ou plus simplement, me faire suivre une quelconque actualité sur Nicolas Cage (qui manque terriblement à nos écrans), et je dois dire que vous êtes tout de même nombreux sur ce dernier point. Je rappelle par ailleurs qu’une F.A.Q est disponible, évitant ainsi de s’embêter à écrire un mail pour demander "Mais, vous aimez des films en fait ?", ou pour savoir quelle est la procédure à suivre pour les demandes en mariage. Enfin, pour rappel, la page Facebook est ici, et le Twitter, .

Une dernière chose : la tradition veut que sur l’article célébrant l’année écoulée, je sois plus présent dans les commentaires. J’essaierai donc de m’y plier.

Pour le reste, nous nous retrouvons bientôt pour un ultime spoiler avant de repasser à d’autres sujets, avec Man of Steel si tout va bien.

Sauf le film, bien sûr.

Ce blog a eu 3 ans ce 26 juin.

Si vous n’en avez pas grand chose à faire, fieffés fripons, sachez que ce n’en est pas moins pour le maître des lieux une excellente occasion pour se laisser aller quelques jours ; il ne faudra donc guère vous attendre à un article avant la semaine prochaine parce que bon, hein, ho, ça va,  on a bien le droit de glandouiller pour son anniversaire tout de même ! En fait, c’est même vous qui devriez travailler pour le coup, m’envoyant divers présents tels des boîtes de cigares exotiques, des tonneaux de brandy ou des caisses de cravates (un accessoire qui s’use très vite sitôt que l’on apprend à s’en servir pour stranguler autrui lors des soirées où des gens proposent de jouer au Time’s Up), ou pour les moins aisés, en surchargeant mon auguste boîte mail de messages débordant d’amour, de réalisations graphiques à ma gloire, ou même de CVs de candidates pour ma cave. Enfin, je vous connais, petits ingrats, et je vous pardonne par avance, car ma mansuétude est grande.

Bref, faisons le point.

Cette année, le rythme n’a guère ralenti, se maintenant à 1 article par semaine comme le veut désormais la tradition, ce qui est plutôt pratique car permettant à l’auteur de tapoter quelques âneries avant de s’en retourner à d’autres activités, comme par exemple, la chasse à courre sur blogueuses mode, ce qui prend plus de temps qu’on ne le croit tant il faut entraîner ses chiens à bien rabattre la bête sans tenter de dévorer ses poches pleines de macarons dans l’affaire. Vous n’imaginez pas, mais passons. Oui, disais-je : ce rythme d’écriture a permis à ce blog d’atteindre un total de 200 articles, ce qui, lorsque l’on connait la longueur moyenne de l’un d’entre eux, laisse supposer qu’il vaut mieux aller chercher un opticien comme sponsor avant de se lancer dans l’exploration des archives.

Par ailleurs, et à titre informatif, ce blog risque de se draper d’une nouvelle charte après trois ans de bons et loyaux services de celle-ci, ne vous étonnez donc pas si vous venez à tomber prochainement au milieu d’un joyeux bazar qui durera probablement seulement quelques minutes (du moins,  faut-il l’espérer), c’est normal. Vous pourrez donc derrière lancer des "Hooo !" et des "Haaa !" en découvrant la nouvelle version une fois que celle-ci aura vu le jour, un peu comme les candidats de D&Co lorsqu’ils découvrent leur nouveau salon (avec un petit effet spécial de paillettes pour la transition), un peu avant de pleurer. Probablement parce que les choix esthétique de Valérie Damidot font réagir les canaux lacrymaux plus que le bon goût, mais là n’est pas le sujet.

3 ans, c’est par exemple la durée de vie moyenne du hamster. Vous ne pourrez pas dire que vous ne vous instruisez pas avec ce blog, ah mais.

J’en profite, amis lecteurs, pour parler un peu de vous, en citant tout comme l’an dernier quelques-uns des pervers mots-clés que vous avez tapé dans les moteurs de recherche pour atterrir ici, et qui ne cessent de m’émerveiller. Parfois, je me pose de sérieuses questions sur la nécessité d’instaurer un permis de circuler sur internet. Tenez, rien qu’aujourd’hui, nous avons eu :

  • Le type qui déclare sa flamme à Google, parce que c’est une sacrée coquine

tu es comme la musique pour moi. je suis devenu accro, t’as voix m’a envouté et porté comme une note de musique qui venait d’être jouée. je me suis 

  • Le trépané qui tente d’écrire avec des lunettes 3D ((fanfaron, si tu me lis, regarde : mon mépris est si grand qu’il sort de l’écran, ton voeu est exaucé !)

j ai une tèlephision avec l apllication 3d et les luneete je veux un film 3d pour que je puise voir lles choses sortirte de l ecran

  • Le garnement qui n’a pas fait ses devoirs, et c’est très mal

transformer cette phrase au style direct : qui avait mis ce carton la , sur son lit ? peut-etre qu’un autre gars de la chiffre avait décidé de s’installer ici , sous 

  • La damoiselle qui a compris le seul intérêt d’un jeu bien connu

se masturber avec un totem de jungle speed

  • Le psychopathe qui a des problèmes tout à fait contemporains (Philippe le Bel approuve cette recherche)

comment buter les connard de templier

  • La cinéphile qui ne se rend pas compte que sa recherche va lui renvoyer plus de pornos qu’autre chose

comment s’appelle le film ou une fille recoit une pluie d or

  • Et enfin, pour terminer, le poète scatophile

la vie d’un etron me calme comme le bruit de la mere

Chhhhht. Ça se passe de commentaire. Savourez (si je puis dire), tout simplement.

Et tant qu’à parler d’exploits de certains sur internet, j’en profite comme chaque année pour remercier les courageux qui n’hésitent pas à envoyer par mail les coquilles qu’ils ont repérées dans les articles publiés ici, voire à me signaler que j’ai confondu un T-1000 avec un T-800, ce qui est proprement scandaleux même s’il parait que le fait qu’un homme ne soit pas un expert en modèles de robots du futur est plutôt bon signe pour sa vie sexuelle, mais ne nous engageons pas sur des sentiers qui pourraient nous renvoyer à des requêtes de moteurs de recherche précédemment évoquées. Non, tant qu’à parler de mails, je rappelle aussi qu’il y a une F.A.Q pour vous éviter bien des efforts quant à savoir si je prends des notes au cinéma ou pour savoir quelle procédure suivre pour une demande en mariage, et qu’il y a toujours possibilité pour le reste de passer par la rubrique contact. Par ailleurs, la page Facebook est toujours ici, et le Twitter de toujours , même si je n’ai toujours pas compris si les propos concernant mon manque de bavardise sur ces supports tenaient de la critique ou du compliment. Dans le doute, je choisirai le second. Pour tout le reste, les commentaires sont là ; à noter que comme le veut une fois encore la tradition, j’essaierai d’être plus présent dans ceux de ce post. Ce sera moins festif qu’une soirée brandy, mais on fait ce que l’on peut les enfants.

Voilà !

Et à la semaine prochaine pour une reprise du rythme habituel du blog, et probablement un peu de mauvaise foi (attention, un discret euphémisme se cache dans cette phrase, saurez-vous le retrouver ?).

Comme chaque année à la même saison, voici revenir notre bon ami, le baccalauréat.

Sujet passionnant pour des centaines de journalistes qui meubleront leurs journaux de corrections des sujets de philosophie, ou de micros-trottoirs  à la sortie d’un quelconque lycée parisien afin de savoir si Bianca a ressenti du stress avant l’épreuve, à quelle heure Kévin est sorti, et ce que Gudule pense de ce qu’il fallait répondre, c’est accessoirement l’un des grands moments de la vie du petit Français scolarisé, qui par cette épreuve, en finit avec une bonne partie de son parcours scolaire, et peut donc commencer à s’adonner à d’autres activités, comme par exemple, s’inscrire à la fac pour y sécher les cours ou se planter un tournevis dans l’oreille pour enfin pouvoir devenir suppléant de Nadine Morano.

La chose n’étant cependant peut-être pas évidente pour les passants et passantes sur ce blog venant de par-delà les mers, permettez-moi de vous présenter ce qu’est la chose que l’on nomme "baccalauréat" plus en détails, particulièrement sa place dans le parcours scolaire du jeune fripon étudiant en France.

Lorsque le petit Français naît, tout le monde est content : sa famille est couverte de présents, moult courriers partent pour informer le monde de l’arrivée de Théo/Léo/Enzo/Matthéo parmi nous, et les fabricants de jouets moches se tapent dans les mains hilares ; bref, le pays va bien. Cependant, rapidement, les parents du petit Français réalisent que ce dernier est un peu lourd : il braille en permanence, consomme deux fois son poids en lait, et semble capable de transformer sa chambre fleurie en cloaque du 7e cercle de l’enfer par le seul pouvoir de ses méphitiques déjections. Aussi, vers ses 3 ans, l’enfant est envoyé à l’école maternelle pour tenter de le civiliser un peu, voire de le laisser user de son bavard rectum en d’autres lieux.

D’une durée de 3 ans, l’école maternelle vise à apprendre au petit Français la vie en communauté : grâce à un système de "rituels" matinaux, on permet à l’enfant d’apprendre à apprendre : s’organiser, écouter, éviter de péter la gueule à ses petits camarades à l’aide d’un boudin en pâte à sel pour lui chourer ses BN, autant de compétences qui viendront se mêler à quelques bases comme par exemple, savoir reconnaître son prénom à l’écrit, faire un peu de sport, ou plus prosaïquement, réaliser un collier pour la fête des mères si lourd qu’il permettra de lester sa génitrice le jour où il y aura besoin de toucher l’héritage.

en Afrique, on a pas de pâte à sel, mais on a des idées

Sitôt cela fait, généralement en 3 ans, l’enfant est envoyé vers un nouveau lieu enchanteur : l’école primaire. D’une durée de 5 ans, c’est à cette période que le marmot apprend à lire, écrire, compter, retenir une leçon ou un poème, reconnaître son pays sur une carte et délimiter ses frontières afin de savoir où s’arrête le doux royaume qui est le sien, et où commencent les terres des étrangers qui, avouons-le, sont quand même une sacrée bande de judéo-muslimo-maçons (ne biffez rien, c’est une combinaison gagnante). Il découvre aussi les filles, mais uniquement parce que c’est rigolo de leur tirer les couettes pendant qu’elles jouent à l’élastique.

Vers ses 11 ans, donc, le petit Français subit la plus grande déception de sa vie : alors qu’il attend avec impatience qu’un grand monsieur barbu vienne le trouver le jour de son anniversaire pour lui annoncer qu’il est un sorcier et qu’il va l’emmener dans une nouvelle école pour apprendre la magie (ce qui arrivera, mais uniquement par le biais d’un pédophile lettré), on lui annonce que sa nouvelle école s’appelle plus probablement Jules Ferry que Poudlard ou Beaubâton, et qu’à défaut d’y apprendre la magie, il y apprendra plutôt à reconnaître un triangle isocèle, ce qui est un peu moins impressionnant qu’une boule de feu, mais peut quand même servir de sort de sommeil de zone. Mais surtout, le pré-adolescent découvre un phénomène étrange : les filles se mettent à faire une tête de plus que lui (temporairement, qu’il se rassure, il pourra à nouveau les battre comme plâtre prochainement), et de mystérieuses choses leur arrivent, qui font que notre marmot a de moins en moins envie de leur tirer les couettes, et de plus en plus envie de savoir ce qu’il se passe sous leurs pulls ; d’ailleurs, cette simple idée provoque chez cet être de curieux phénomènes qui feront râler maman au moment de laver ses slips, mais passons. Car après 4 ans de ce traitement, le petit Français s’apprête à passer sa première grande épreuve : le brevet des collèges, sorte de gros contrôle se rapprochant plus de la blague que de l’examen.

Une fois celui-ci validé, il peut donc poursuivre son chemin et se rendre…

Au lycée. D’une durée de 3 ans, celui-ci propose aux élèves de plus ou moins se spécialiser, même si leur intérêt du moment est toujours de savoir ce qu’il se passe dans les vêtements des damoiselles, de fumer des pétards, et de se saouler à la vodka-Red Bull parce que la vodka toute seule, ça pique et c’est pas bon, alors il faut mettre du goût bonbon dedans. Après avoir choisi une simili-spécialisation, l’élève doit donc se présenter en salle d’examen pour y passer, au mois de juin, l’épreuve du baccalauréat.

Mais alors, qu’est-ce donc, le baccalauréat ?

Pour beaucoup, le baccalauréat, c’est un peu l’annonce de la fin de la scolarité "classique", l’épreuve qui sanctionne la réussite du lycée et permet d’enfin sortir de celui-ci pour se rendre à la fac, et commencer à étudier le sujet que l’on préfère, comme par exemple, la philosophie, afin de pouvoir occuper son temps une fois au chômage ou mettre des statuts pédants sur Facebook. Et c’est surtout un diplôme, ce qui donne l’occasion de recevoir une bonne accolade en famille, puis d’aller courir nu autour d’un barbecue fait de cours d’histoire-géographie (ce qui est très mal comme chacun sait, puisque si lorsque l’on dit "Je ne crois pas aux fées", l’une d’entre elles meurt, lorsque l’on déclare "L’histoire-géo ça ne sert à rien", un nouveau Steevy Boulay naît). Toute proposition de réforme dudit diplôme, désormais obtenu par plus de 73% de la population, fait donc descendre dans la rue des hordes de lycéen, parfois syndiqués (qui a rigolé ?) qui hurlent que l’on "dévalorise leur diplôme", que cela va "affecter la qualité de celui-ci", quand d’autres voix leur répondent qu’il faut "revoir le niveau du bac, qui n’a de cesse de baisser" ou à l’inverse "qu’il faut organiser des cérémonies de remises de médailles pour les jeunes lauréats", comme cela se fait dans certaines communes.

Bref, en un mot comme en cent : en France, le baccalauréat est une institution, et gare à celui qui osera toucher à ce précieux sésame !

Sauf que, si nous voulions être plus honnêtes, nous pourrions reformuler la chose ainsi : "le bac est un étron fumant fait papier".

Un élève trichant en tentant de faire celui qui ne regarde pas l’ordinateur qu’il a subtilement placé dans un endroit discret

Journalistes faisant jusqu’à 10 reportages par jour sur le sujet, lycéens défendant la valeur de la chose ou personnes soucieuses de la valeur tant éducative que symbolique du bac, merci de bien vouloir brûler pour l’éternité dans les flammes d’un four à pizza (l’Enfer a un peu trop de panache pour vous).

Et pour argumenter quelque peu mon propos, permettez-moi de citer le site du ministère de l’éducation lui-même, qui nous dit ceci :

Le baccalauréat  sanctionne la fin des études secondaires et ouvre l’accès à l’enseignement supérieur. Il est le premier grade universitaire.

 Et…

C’est tout. Vous pouvez circuler.

Non, amis des débats pourris pouvant douter plusieurs semaines, un simple apprentissage de la lecture vous l’aurait appris:  le baccalauréat n’a pas une "valeur" dont tout le monde parle le temps de quelques débats, hurlant à la baisse future ou présente de celle-ci, en fait, il n’en a tout simplement pas du tout. Et c’est le ministère de l’éducation qui le dit, pourtant guère connu pour s’en prendre à lui-même. Le baccalauréat ne confère aucune compétence, aucune reconnaissance de savoirs particuliers, il est tout simplement un papier officiel reconnaissant que… rien.

"Mais siiiii, il reconnait au moins que vous maîtrisez les programmes enseignés au lycée !", me dira t-on.

Mais même pas, puisqu’il est possible de passer le diplôme sans même passer par le lycée. Et donc de passer l’examen sans maîtriser les savoirs allant avec. Vous pourriez remplacer toutes les épreuves par un concours de strangulation de chats, ça aurait exactement la même "valeur", à savoir, aucune, les instructions officielles actuelles s’assurant avec sévérité que l’on fasse bien attention à ne reconnaître aucune compétence avec le bac. Ainsi, et je suis désolé de révéler la chose au triste monde n’ayant pas connu les entrailles maudites de l’éducation nationale, il faut savoir que :

  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on fixe les résultats avant de le soumettre aux étudiants : un discret courrier aux établissements demande généralement quelques semaines avant l’examen de se débrouiller pour arriver au minimum à tel pourcentage de réussite, parce que ça fera tellement plaisir à Monsieur et Madame Michu de voir leur fils diplômé
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où, lorsqu’un enseignant en corrigeant n’atteint pas une certaine moyenne dans ses copies, on lui explique que c’est lui le nul, pas ceux qu’il a corrigé, et qu’il doit donc se débrouiller pour inventer des points imaginaires jusqu’à atteindre un certain seuil
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ne demande pas obligatoirement à des élèves de savoir vaguement lire et écrire le français : ils peuvent être de formidables astroquiches, on considère que c’est normal (l’élève lui-même se révolte souvent contre les conventions orthographiques et grammaticales, à base de "Vazy c’et bon on conpran c’que j’dit lache la fère !")
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ajoute tellement de points aux élèves pour un oui ou pour un non qu’il y a chaque année des lauréats obtenant une moyenne supérieure à 20, ce qui est techniquement intéressant quand on se présente officiellement comme un diplôme sérieux

Dernier point essentiel donc, puisque le bac ne reconnait aucune compétence particulière, avoir le bac signifie tout simplement que… l’on a le bac.

La chose est si dramatique qu’elle en est admise dans le subconscient collectif : demandez à un employeur pourquoi il a besoin d’une personne avec le bac (autre qu’une filière professionnelle) puisque ce diplôme est généralement requis plutôt que d’une avec le brevet des collèges, dans la plupart des cas, elle s’avérera bien incapable de répondre, puisqu’incapable de pouvoir désigner une compétence particulière qui ne serait présente que dans le programme du lycée et dont il aurait bien besoin.

"T1 G loopé le bak franC Chaipa pourkoa ! La raje !"

Bon alors mettons, il sanctionne la fin des études secondaires avec du rien saupoudré d’un poil de non-sens, mais alors, au moins, c’est le premier grade universitaire, non ?

Et bien même pas : car si la chose était avérée, on pourrait donc supposer qu’il s’agisse là d’un diplôme certifiant que son possesseur est prêt à suivre des cours à l’université, mais non ; car pour ceux qui ne le sauraient pas depuis quelques années maintenant, nombreuses sont les facultés, dans certaines filières, à commencer l’année… par des cours de français, tant on est pas sûr qu’un possesseur du premier grade universitaire de France maîtrise un minimum la langue du pays. Assez symbolique.

Pour la petite histoire, sachez que certaines facultés ont eu la joie d’en revenir à la distinction entre "et" et "est" dans leurs cours, certains bacheliers ne sachant pas la faire.

Et pas par étourderie, non. Vraiment.

Bref : en fait, le bac ne valide rien, ne prépare à rien, et a une a une valeur très exactement nulle.

A part dans l’imaginaire collectif, ce qui, traduit autrement, signifie que l’on fait stresser des marmots durant des semaines, pourrit le journal télévisé (quoique, en général, il n’y a pas besoin du bac pour le coup pour que le niveau y soit pas), oblige des lycéennes à s’asseoir dans des couloirs en lisant leurs "fiches" (comme déjà évoqué ici, chez la lycéenne, cela signifie "Mon cours écrit en plus petit et avec du fluo") en jurant devant tous les passants qu’elles n’arriveront jamais à savoir tout ça, pour très exactement du vent. A part faire tourner quelques boites de bachotage, ce qui certes encourage l’économie, mais probablement moins que le budget investi dans l’organisation des épreuves, et qui s’avère en général assez conséquent, même si au final, tant que l’on n’aura pas donné une télécommande à chaque enseignant surveillant l’épreuve permettant de faire tirer un satellite en orbite pour qu’il envoie un coup de canon à ions sur l’Iphone discrètement caché sous sa table de Jean-Kévin, on ne mettra jamais assez dans la lutte contre la triche.

Ou à la limite, juste un intérimaire Tchétchène avec une batte à la porte de chaque salle. Je suis sûr que ça marcherait bien.

Rappelons d’ailleurs, en parlant de triche, qu’il est soigneusement rappelé aux surveillants de l’épreuve qu’à part s’ils surprennent Eudes-François avec les réponses tatouées sur son dos parce qu’il avait trouvé l’idée trop géniale après avoir regardé Prison Break (il a donc désormais la liste des verbes irréguliers quelque part au-dessus de son rectum), ou autre preuve formelle qui ne nécessite pas un épisode entier des Experts pour confirmer ce que le surveillant prétend avoir vu, il vaut mieux pour eux dire qu’ils n’ont rien vu. Sinon s’enclenche toute une procédure particulièrement lourde qui s’achève généralement par un procès intenté par les parents dudit Eudes-François qui ne peuvent imaginer que leur Choubidou puisse avoir triché (la preuve, les réponses étaient dans son dos, ce qui prouve qu’il était de bonne foi ou alors juste particulièrement con, mais les lois de l’ADN poussent ses géniteurs à supposer qu’il s’agit de la première solution quand ils sont eux-mêmes victimes de la seconde), et finissent donc généralement par gagner. A moins, bien sûr, que le canon à ions en orbite n’ait raté l’Iphone du brigand et n’ait transformé le vil tricheur en pulpe sanglante, auquel cas, tout va bien. Mieux, même dirais-je.

On pourrait donc résumer la chose ainsi : le baccalauréat en France est une chose si mauvaise que le diplôme a non seulement une valeur nulle, mais qu’en plus l’épreuve en elle-même frise le ridicule.

Aussi, si je voulais conclure (ça m’arrive, parfois), je dirais :

Bon courage à vous, lecteurs et lectrices, qui allez supporter les insupportables babillages à venir sur le baccalauréat à la télévision, à la radio et dans les journaux : soyez forts.

Bon courage à vous, enseignants et enseignantes, qui allez surveiller et corriger des copies qui vous feront saigner des yeux, mais sur lesquelles il faudra inventer des points pour simuler la réussite intellectuelle auprès d’une huître anthropomorphe

Et surtout, bon courage à vous, lycéens et lycéennes, qui allez réviser, perdre du temps, stresser et perdre plusieurs heures à user encre et papier pour un résultat parfaitement inutile.

Un indice tout de même sur le sujet de philosophie qui ne tombera pas encore cette année :

"Sachant que ce diplôme ne sert à rien à part jouer avec les nerfs des candidats qui ignorent pourquoi ils le passent, expliquez pourquoi on n’affecte pas le budget d’icelui à d’autres urgences éducatives, comme par exemple la castration chimique des collégiens ?"

Vous avez 4 heures.

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