Comme souvent après les élections, je suis grognon.

Non pas à cause des résultats des élections – c’est mon côté beau joueur et mon amour des chansons bavaroises – mais des réactions indignées et des commentaires constructifs de tout et tout le monde, avant de recommencer comme avant. Et puisque se répéter ne semble déranger personne, en sus du dernier article post-électoral, je propose  donc un petit complément que voici.

Comme d’habitude : on clique.

Europclick

Il faut croire que ça m’amuse : c’est probablement le plus inquiétant.

Et on s’indigne, bien sûr.

Chers lecteurs,

Le patron étant occupé par diverses aventures au sud de la Loire, point d’article cette semaine.

Retour du bougre la semaine prochaine, et d’ici là, soyez sages et faites attention à ne vous brûler les rétines ni avec le soleil, ni avec un mauvais film.

Laissez ça aux professionnels.

Le juge consulte une fois encore le dossier placé devant lui, ne s’interrompant que de temps à autres pour jeter un regard distrait par-dessus ses lunettes vers le banc des accusés, avant de se replonger dans sa lecture.

Dans la salle, une sorte de curieux silence semble s’être abattu, à peine troublé par les craquements du parquet sous les pas de quelque fonctionnaire de police, ou par les échos étouffés d’une lointaine conversation se tenant de l’autre côté de la porte de la salle d’audience. Dans cette atmosphère pesante, je me contente d’observer le haut plafond du lieu où des moulures de l’Ancien Régime peinent à survivre au manque d’entretien de l’antique palais de justice. Mon attention est hélas vite détournée vers le juge, qui vient de prononcer mon nom.

"Bien, Monsieur… alors je lis ici que vous êtes accusé d’avoir agressé de multiples personnes sur leur lieu de travail, sans compter les nombreux dégâts mobiliers que votre assaut a engendré.
- En effet Monsieur le Président. Mais, sachez que c’était pour le bien de tous puisque…
- Le bien de tous ? Vous vous êtes frayé un chemin au travers des locaux d’un magazine pour adolescentes équipé d’un… attendez, je consulte le rapport de l’expert ; oui, voilà : d’un lance-flammes type Lifebuoy Mark I. Vous pourriez nous expliquer ?
- Bien sûr : je trouve la forme de ce lance-flamme plus originale que celle des autres modèles. Ça donne un petit côté casual, comme on dit.
- Je… Monsieur ! Réalisez-vous que de nombreux témoins assurent vous avoir vu vider le réservoir de votre arme sur tout ce qui s’opposait à vous, avant de brûler intégralement le studio photographique des locaux ainsi que toute l’équipe qui s’y trouvait ? Une secrétaire terrorisée a même expliqué que vous vous étiez saisi de son stylo-plume avant de le planter entre les deux yeux d’une pigiste en hurlant, je cite le rapport "La botte de Nevers !" !
- C’est que je n’avais plus d’essence, il fallait bien que je poursuive mon oeuvre avec les moyens du bord !
- Votre oeuvre ? Mais quelle oeuvre ?
- Ils faisaient des romans-photos Monsieur le Président ! DES ROMANS-PHOTOS ! Ils méritaient les flammes de la purification ! Il le fallait !"

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Le juge prend le temps de retirer ses lunettes avant de se masser les tempes en fermant les yeux. Il ne les rouvre que pour me jeter un regard noir avant de faire un signe de tête aux policiers chargés de mon escorte.

"Pour votre crime, Monsieur, je vous condamne à la pire des peines…
- La perpétuité ? Ah, je me gausse, nulle forteresse ne saurait me retenir, tant je…
- Non. Je vous condamne à bien pire : vous irez voir le dernier film de Nicolas Cage !
- Je… non ! Non ! NOOOON !"
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Alors que les fonctionnaires de police se saisissent de moi, je tente de profiter de la liberté de mes jambes pour leur apprendre une ou deux techniques de l’art de la savate ; hélas, ma futile résistance ne tient pas lorsqu’un coup de tonfa vient s’abattre sur mon crâne : je m’effondre, inconscient.

A mon réveil, il est déjà trop tard : ces sagouins ont profité de mon absence pour m’attacher solidement à un siège de cinéma, et ont placé à chacun de mes côtés un gardien de l’ordre public pour me surveiller. Là, devant moi, publicités et bandes-annonces viennent de s’achever ; je vais être condamné à regarder…

Le Dernier des Templiers !

 

L'affiche : à noter que le titre n'a rien à voir avec le sujet du film, comme de bien entendu.

Notre histoire commence dans le village de Vilach, un très joli vilache, comme le dit si bien ma femme de ménage. Là, un prêtre à l’air sévère fait mener trois donzelles vers un pont de pierre surplombant la rivière longeant le hameau. Du ton le plus autoritaire qu’il puisse trouver, il explique à nos dames ce qu’il en est : accusées de sorcellerie, voici venu pour elles le temps de se repentir ! Car si elles confessent leurs crimes, elles seront sauvées. La première, une jeunette fort niaise & apeurée, s’exclame "Je serai sauvée si je confesse tout ? Vous me laisserez la vie sauve ? Alors je confesse tout : oui, j’ai pactisé avec le démon ! Oui, je suis une sorcière ! Oui, j’achète des livres d’Eric Zemmour !" ; fort bien, dit le prêtre, encore sous le choc de cette dernière confession. Maintenant, à la suivante : qu’as-tu à avouer, donzelle ? Une femme brune explique alors qu’elle a vendu des onguents aux villageois crédules, onguents qui n’étaient en fait que des concoctions à base de saindoux, alors certes, elle est une bougresse d’arnaqueuse, mais pour sûr, pas une sorcière ! Soit, dit le prêtre. Enfin, la plus vieille du groupe, édentée et borgne, décide d’être plus directe, et invite le prêtre à aller brûler en enfer, ce que ce dernier décline, car il ne peut pas : ce soir, il a ping-pong.

Après avoir entendu ces quelques propos, l’homme d’Eglise décide de passer aux choses sérieuses : il commande aux soldats qui l’entourent de pendre les trois greluches au pont, histoire de faire une petite décoration de bon aloi. La plus jeune des accusées, celle qui avait tout confessé, s’exclame : "Comment ? Mais je croyais que je serais sauvée si je confessais tout ce dont on m’accusait ?" certes, jeune fille, mais seule ton âme sera sauvée, pas le reste, lui répond le clerc (pour ça, il faudrait déjà que les femmes aient une âme, gredin !). Et hop, nos trois larronnes sont balancées par-dessus le pont la corde au cou, et tout le monde s’émerveille de ce fabuleux ajout décoratif à l’architecture locale. Les corps des trois bougresses sont ensuite descendus dans la rivière, pour y être purifiés. Le curé explique alors la suite du plan aux soldats présents : maintenant, il faut remonter les corps, pour que grâce au livre de Salomon, ouvrage contenant toutes les bonnes recettes pour ne pas louper son exorcisme quand on a des invités possédés, il puisse définitivement tuer les sorcières et les empêcher de renaître. Mais les soldats rétorquent "Nan, c’est bon, elles sont mortes, nous, on retourne au village, salut mec".

Oui, les soldats du village trouvent tout à fait normal de laisser trois macchabées de sorcières dans la rivière où ils vont chercher l’eau qu’ils boivent et lavent leur linge. Non, parce que bon, à l’époque déjà, on sait que mettre des cadavres dans l’eau que l’on boit, c’est mal. Preuve en est, on accuse déjà les juifs de le faire (ou les lépreux, ça dépend de qui on a sous la main), et ça sert de motif pour leur péter la gueule, alors bon ; mais je digresse. Revenons à nos moutons.

Notre prêtre donc, décide de remonter les cadavres seul ; aucun villageois ne l’aide, et même le soleil, qui était encore là il y a 15 secondes, est soudainement couché, probablement que lui-même n’avait déjà plus envie de voir la suite du film. Hooo, vous la sentez, cette ambiance, d’un homme seul, la nuit,  avec des cadavres qui… non, pas cette ambiance là, fieffés nécrophiles : l’autre. Voilà. Bref, le clerc remonte le corps de la jeune ingénue, lit dans son bouquin "L’exorcisme pour les nuls" l’incantation qui va bien, et rien ne se passe. Ok. Il remonte ensuite le corps de la vieille, refait son incantation, et là, le cadavre s’anime un peu le temps de se tordre de douleur et de vomir : ah bin oui, c’était bien une sorcière. Enfin, le curé s’attaque à la dernière corde pour remonter la nana morte qui pend au bout et…

Et rien : la corde se met soudainement à le tirer vers la rivière, et il tombe dans l’eau, où en plus, une main tente de le saisir ! Ça fait peur ! Il parvient bien à se sortir de l’eau et à retourner sur le pont pour y reprendre son livre de Salomon pour incanter, mais hélas, la morte sort de l’eau en volant façon X-Men, se transforme en simili-démon et bourre sa gueule au curé. C’est ballot.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, quelque part en terre sainte, des milliers de templiers, les fameux moines-soldats (oui, c’est incompatible, comme comptable-sportif ou Ariel Wizman-drôle, mais c’est comme ça) se préparent pour la bataille ; nous sommes en 1330 et… quoi ? Oui, les templiers n’existent plus depuis 1307, je sais. Mais visiblement, ça ne choque personne. Bref, que disais-je avant que vous ne commenciez à pinailler ? Ah, oui : les templiers se préparent à bourrer la gueule aux sarrasins ; ça promet d’être sportif, puisqu’aucune des deux armées ne comporte le moindre archer ou cavalier, probablement pour des raisons budgétaires ; c’est donc évidemment un combat épique qui s’engage, avec combats chorégraphiés, ralentis, et moult passages où les templiers font des moulinets de 3 mètres avec leurs épées, décapitent 12 sarrasins ce faisant, mais où personne ne les touche (les vilains se contentent de se jeter sur leurs épées en faisant "Ouyouyouye !"). Dans la foule des combattants, nous découvrons donc Behmen, un Nicolas Cage plus chevelu que jamais, ainsi que son copain Felson, en plein étripage de mangeurs de kebabs. Ils s’en donnent à coeur joie, et comme tous les héros aux testicules surdéveloppés, ils font des blagues du genre "Moi je vais en tuer 300 avec une main dans le dos !" ; "Non, moi 600, ptdr !" ; "Mort de lol ! Celui qui en tue le plus paie son coup à l’autre !" ; ils font tout cela sous les encouragements de Gégé le curé, patron de la troupe, qui hurle qu’il faut tuer les ennemis de Dieu. Gueuler sur des soldats en pleine bataille, à 300 mètres de lui, en train de s’étriper à coups d’épées à plusieurs milliers : sans mégaphone, j’espère qu’il a des pastilles pour la gorge (mais d’autres en parlent mieux que moi).

 

Felson, le templier subtil & profond. Comme le reste.

Les années passent, et nous suivons nos héros qui vont de bataille en bataille, toujours victorieux, sans cesse responsables de la mort de plus de rastacouères d’infidèles, jusqu’au jour où ils assiègent une forteresse et sont les premiers à investir les lieux après avoir défoncé la porte à grands coups de bélier. Pour des raisons inconnues, la ville est remplie de fumée (mais pas de flammes), et de civils qui se ruent vers les soldats en faisant de grands gestes curieux, probablement sont ils très très cons car en général les gens se cachent plutôt chez eux qu’autre chose en cas d’invasion par des bourrins crasseux intégristes : résultat, Behmen, qui n’aime pas trop qu’on lui fonce dessus en agitant les bras très fort, empale une donzelle désarmée qui fonçait vers lui, probablement pour lui faire un bisou. Elle lui fait donc un regard triste (il lui rendrait bien, mais il est Nicolas Cage : il ne peut pas avoir d’expressions faciales) avant de mourir comme une merde. Constatant qu’il vient de tuer une civile innocente, Behmen décide d’arrêter là ; il va donc voir Gégé le curé et lui annonce tout de go que ça le fait plus marrer les croisades : il s’en va. Ainsi, avec son ami Felson, ils désertent, ce qui est très mal, car c’est une rupture de CDI post-période d’essai et cela pourrait causer un préjudice à leur employeur.

Nos deux bougres, vêtus en voyageurs et dissimulant leurs épées dans des couvertures pour ne pas être reconnus comme déserteurs et se voir inscrit au fer rouge sur le torse "Je suis une grosse tapette de lâcheur" voyagent donc discrètement et à pieds au travers de la campagne, ne croisant âme qui vive sur leur chemin. Jusqu’à un jour, où, apercevant des troupeaux sans bergers, ils tombent sur une maison de paysans isolée : comme tous les voyageurs souhaitant rester discrets, ils rentrent donc dedans en gueulant "Houuuhouuuu ya quelqu’un ?". Personne ne répond, et c’est bien normal, puisque le couple de paysans locaux est au lit, couvert de bubons, et visiblement mort : la peste est passée par là.

Alors attention amis lecteurs : quand je dis "couverts de bubons", ce n’est pas juste le bubon de pestiféré, non : là, c’est le scrofule format XXL, on a l’impression que les mecs ont des pokéballs agrafées sur la gueule. Et évidemment, ça leur donne aussi les yeux d’une couleur bizarre, façon zombies. Hooo, hé, faire un maquillage de zombies à des victimes de la peste, hmmm, je me demande si ça va servir dans ce film, houlala. Genre à faire des gros plans sur les gens supposément morts pour les voir s’animer brusquement façon morts-vivants pour faire peur. Hmmm, je m’interroge.

Ça ne rate pas, la paysanne morte ne l’était pas tant que ça ; elle attend qu’on mette son visage à 5cm d’elle pour faire "Greeuuuuu…" avant de mourir pour de bon. Ils sont chiants ces gens qui agonisent, c’est terrible ! Ils font semblant d’être morts et attendent qu’on s’approche pour crever comme des bouses en faisant peur ! Genre la paysanne en train de mourir, quand elle voit des voyageurs, elle ne se dit pas "Raaah, je vais râler un peu pour demander de l’aide". Non, à la place elle se dit "Hihihihi, je suis en train de mourir, je vais faire une blague aux prochains couillons qui frapperont à la porte de ma ferme isolée en leur râlant à la gueule quand ils viendront me renifler le nez !". Et ça tombe bien, parce qu’il y a des couillons pour tomber sur sa ferme isolée et venir lui renifler le nez. La vie est bien faite.

Nos héros constatant que les paysans pestiférés ont vraiment un sens de l’humour de provinciaux, ils foutent le feu à la maison et se barrent avec des chevaux trouvés sur place. Ça doit d’ailleurs être le seul couple de paysans pauvres à avoir des canassons façon concours d’équitation et pas de gros bourrins de trait pour tirer les charrues dans leur écurie. Ils devaient tous les deux avoir passé leur galop 4 juste avant de chopper la peste. Bref ; nos templiers continuent leur voyage, jusqu’à ce qu’ils tombent sur une cité construite tout en hauteur façon Minas Tirith, avec environ 2 millions de corbeaux volant en cercles au-dessus (oui, ça n’a pas du tout l’air suspect) ; Felson explique que ce serait une mauvaise idée de se rendre en ville : on pourrait les identifier comme déserteurs et les enfermer, mieux vaut passer son chemin. Behmen réplique cependant que leurs chevaux sont fatigués et affamés : il faut donc se rendre en ville et en prendre des biens nourris. Mais oui Behmen, c’est vrai, quoi, un cheval, à la campagne, avec des prés à perte de vue, il va sûrement crever de faim. Autant aller en trouver en ville : après tout, tout le monde sait que le cheval est un animal qui s’élève en appartement et se nourrit exclusivement de poulet au curry.

Décision est donc prise de se rendre dans la cité, où la peste fait rage ; sur leur chemin, nos héros rencontrent Eckhardt, un chevalier qui leur explique que cela fait des années que la maladie sévit, la faute à une bougresse de sorcière. Lui-même a perdu toute sa famille face à la maladie. Soit, disent nos déserteurs, avant de poursuivre leur chemin dans les ruelles boueuses du bourg. Hélas, alors qu’ils font l’acquisition de nouveaux chevaux forcément meilleurs que les leurs, puisque vivant dans une ville où ils ne peuvent pas faire 5 mètres sans rencontrer un mur et côtoyant quotidiennement des pestiférés, l’une de leurs épées choit hors de sa couverture, et révèle son pommeau de templier ; ni une, ni deux, le bon peuple écrit à la kommandantur et nos héros sont promptement arrêtés pour désertion.

 

Voilà ce qui arrive aux gens qui nous infligent ce genre de visionnages

Coup de chance : ils croisent le chemin d’un prêtre, Debelzaq, qui a entendu parler de leur arrestation, et demande à voir leurs épées : il identifie immédiatement Behmen et Felson, les deux héros de guerre, parce qu’à l’époque, c’est connu, on peut acheter à la sauvette "le petit guide de l’héraldique templière" où sont représentés tous les pommeaux des templiers d’Europe. Connaissant la valeur des deux hommes (allez savoir comment), il leur dit qu’il a quelque chose à leur proposer, et les fait emmener devant l’évêque de la cité (oui d’ailleurs, un prêtre peut confisquer leurs prisonniers à des soldats du seigneur local sans que ces derniers ne disent rien. Oui oui oui.), un vieux croulant lui même atteint par la peste au point que ses bubons donnent envie de l’appeler Grishka, et donc désormais grabataire tant il est affaibli. L’homme explique la situation à nos pinpins : la peste est due à la "sorcière noire", une très vilaine fille. Il convient donc de la faire emmener jusqu’à un monastère à quelques jours de voyage de la cité, où les moines disposent d’un exemplaire du livre de Salomon, livre dont nous parlions au début du film, et qui permettra d’exorciser la sorcière, et par là même, de faire disparaître la malédiction de la peste dont elle serait à l’origine. Behmen et Felson seraient donc bien urbains d’accepter d’escorter la prisonnière, accompagnés des deux autres volontaires, le père Debelzaq et le chevalier Eckhardt.

Mais Behmen refuse ; déjà, parce qu’il est très bête car ce faisant on va le faire enfermer, et ensuite, au motif qu’il "ne sert pas les gens qui tuent au nom de Dieu". Dixit le mec qui a embrassé la carrière de moine-soldat. C’est ce que l’on appelle "se foutre de la gueule du monde" mon petit Behmen. Felson, lui, qui a autant de personnalité qu’un haricot vert, se contente de ne rien dire et de suivre tout ce que dit son copain. Ils sont donc envoyés au cachot, cachot situé, figurez-vous, pile en face de celui de la sorcière noire, qui n’est autre qu’une jeune fille plutôt kikinoute qui fait de grands yeux innocents façon héroïne de manga. Ils constatent d’ailleurs qu’elle a visiblement été torturée, ce qui est un poil moins choupinou.

Aussi, dès le lendemain, Behmen fait appeler le père Debelzaq et lui propose d’accepter la mission d’escorte. Mais en échange, il demande à ce que la sorcière ait le droit à un "procès équitable". Debelzaq répond sèchement qu’on "ne négocie pas avec l’Eglise", avant d’accepter aussitôt. Effectivement, si on entend "céder à tout ce que l’on demande" par "ne pas négocier", ça se tient. Sinon, c’est idiot. Mais on en est plus là depuis longtemps. Le bon prêtre amène donc nos amis dans une bien belle salle, où les attend déjà le chevalier Eckhardt, afin de consulter les cartes "les plus modernes" (alors que trouver une carte à l’époque, il faut déjà se lever tôt, mais bon : c’est un film avec des sorcières et des démons, ne cherchons pas le réalisme). Behmen est cependant bien embêté : les cartes, c’est naze. Mieux vaut un guide connaissant bien la route pour les emmener au monastère ; or, personne ne se rend jamais au dit monastère ! Alors comment trouver l’oiseau rare ?

Pas de problèmes : Debelzaq connait l’homme qu’il leur faut. Comme ce film enchaîne les poncifs, c’est bien évidemment l’escroc du coin, Hagamar, qui semble tout désigné. Et ils trouvent évidemment l’homme dans une position humiliante, c’est-à-dire, au pilori, couvert des fruits pourris jetés par les passants. Behmen, qui s’est auto-proclamé chef du groupe, explique donc qu’il veut aller au monastère ; si le filou accepte de le guider, il sera libéré du pilori. Et comme il répond par la positive, notre templier donne un grand coup d’épée sur le loquet qui maintenait notre homme en place.

Oui, parce que pousser le loquet avec son doigt, ça fait moins couillu.

L’équipe est donc au complet, et la véritable aventure va pouvoir commencer : c’est donc un chariot pénitentiaire, sous la forme d’une lourde cage montée sur roues, ainsi que trois cavaliers qui s’en vont vers le monastère tant convoité. Mais à peine notre groupe a t-il quitté la ville qu’ils s’aperçoivent être suivis par un mystérieux personnage chevauchant un canasson à quelques distances. Ho oui, mystérieux bougre ; mais comment savoir qui il est ? Pas de problème dit Behmen : on va lui tendre un piège, en laissant le chariot tout seul en plein milieu d’une clairière, et attendre.

 

A noter que la sorcière, malgré son emprisonnement, a toujours accès à un maquillage discret mais propret

Et en effet, le cavalier mystérieux, qui est probablement une huître ou un bulot anthropomorphe pour être aussi bête, s’approche alors doucement du chariot laissé tout seul. Non, il ne flaire pas du tout le piège, il doit subodorer que tous les gardes sont partis faire caca en même temps. Ils ont sûrement mangé un mauvais sushi ce midi.

A peine a t-il approché la cage que Behmen surgit dans son dos et le menace de son épée ; bien vite, il est rejoint par ses petits compagnons de l’escorte qui sortent des buissons alentours pour voir qui est cet inconnu qui s’intéresse à leur convoi : sitôt sa capuche ôtée, Debelzaq reconnaît Frisouille, l’enfant de choeur préféré de l’évêque (je vous laisse deviner comment il a obtenu ce statut, je ne m’abaisserai pas à cela). Celui-ci est un jeune éphèbe, à peu près de l’âge de la sorcière (ça alors ! Un garçon et une fille du même âge dans un même groupe dans un film américain ? Je me demande bien comment cela va se terminer ! Probablement vont ils monter une équipe de belote), qui en a assez de rester inactif : il veut devenir chevalier, comme son défunt père. Et l’évêque venant de mourir de la peste le matin même, le voici qui n’a plus rien qui le retient en ville ; alors s’il prouve sa valeur en accomplissant l’escorte de la sorcière, et participe à lever la peste, peut-être que les nobles du coin le feront chevalier ! Soit, dit Behmen, non sans avoir testé ses compétences en combat lors d’un bref exercice contre Felson (oui, Behmen fait sa chochotte "Prouve ta valeur, combats mon pote ! Je voudrais pas que tu me coupes mes beaux implants capillaires par accident !"). Et tout le monde se remet donc en route. Conduisant l’attelage du chariot, Debelzaq explique comment ils ont su que la sorcière était à l’origine de la peste :

  • c’est une femme (donc suspect)
  • seule (donc doublement suspect : femme sans homme, femme sans âme)
  • tous les endroits où elle est passée ont connu la peste (donc suspect, même si Eckhardt dit "Il y a eu la peste dans mon village, et pourtant, elle n’y est jamais allée" ; ho, le vil, il doute !)
  • les villageois qui l’ont aperçue ont expliqué qu’elle marmonnait dans une langue incompréhensible (elle est donc probablement étrangère, ce qui la rend incroyablement suspecte ; ça sent le renvoi en Roumanie)
  • en confession, elle a avoué que c’était elle la responsable ("Je suis une vraie petite peste, hihihi, j’ai un petit démon en fond d’écran sur mon portable !")

Bref, pour Debelzaq, il n’y a aucun doute à avoir : c’est une truie de sorcière. Mais malgré tout, il assure à Behmen qu’elle aura un procès équitable au monastère.

Au monastère ? Mais pourquoi au monastère ? Non parce que le procès, autant le faire AVANT de l’envoyer avec une escorte faire un périlleux voyage sur une route à demi-inconnue ; car si elle est innocente, ça serait ballot. D’ailleurs, tant qu’à faire un procès équitable, autant le tenir dans la ville où elle a été arrêtée, et où il y a les témoins & accusateurs qui l’ont menée au cachot… ça pourrait servir.

Mais personne n’y a pensé. Personnellement, je crois que personne ne pense tout court, mais bon.

Cependant, le voyage est bien vite arrêté avec la nuit : il faut faire étape. A cette occasion, Behmen s’en va donner de la nourriture et une couverture à la sorcière, qui lui fait ses grands yeux humides "Ho, toi, je t’aime bien Behmen, tu es gentil, pas comme les autres encul… les autres." ; Behmen prend le compliment, et s’en va faire ce que les hommes font de mieux : se coucher, lâcher un pet sonore, se tourner vers le côté et s’endormir. Pendant ce temps, c’est Eckhardt qui monte la garde et surveille la sorcière assoupie ; alors que la nuit avance, Debelzaq vient le trouver pour prendre la relève, mais une discussion s’engage d’abord : le chevalier doute de la culpabilité de la sorcière, il trouve qu’elle ressemble à feu sa fille, Mila, et ça l’attendrit un peu. En plus, il ne croit pas au procès équitable, car il imagine mal l’Eglise libérer sa seule suspecte et annoncer ça au peuple :

"Hey, le peuple, vous savez la sorcière ?
- Ouiiii ?
- Heuu… Bin en fait, on s’est trompés. La boulette quoi. Elle est innocente. Alors on l’a libérée ; là, elle est partie pour les Seychelles. Bon, continuez à crever de la peste maintenant et nous emmerdez pas."

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Aussi, il a décidé que ce soir, il libérerait la sorcière. Comme ça, hop.

 

Eckhardt, le chevalier au plan pourri

Mais ? Mais pourquoi tu as attendu que l’on vienne te relever pour prendre cette décision ? Tu pouvais pas le faire quand tout le monde pionçait, et ensuite inventer une histoire sur son évasion, pauvre andouille ? Et puis dis-donc, t’étais le premier à vouloir que la sorcière aille au monastère s’en prendre plein les trous de nez, alors pourquoi ce changement d’idée en moins de 15 secondes ? Et non, ne me dites pas "Non mais il voulait l’envoyer au monastère car c’était plus facile de la faire s’évader en chemin !" ; ah oui ? Alors pourquoi ne pas avoir empêché les deux déserteurs de se joindre à la mission en disant à l’évêque qu’il n’y en avait pas besoin ? Pourquoi ne pas avoir protesté lorsque Frisouille a voulu rejoindre la troupe ? Pourquoi avoir accepté qu’Hagamar se joigne à vous, sur demande de Behmen ? Non parce que moins vous étiez nombreux, plus c’était facile de la faire s’évader, gros naze ! Enfin…

Bref, Eckhardt s’approche de la cage, mais un poil trop : la sorcière se saisit de lui avec une force surprenante ; puis, lorsque Debelzaq essaie de l’aider, elle balance le chevalier, attrape la clé de la cage que le prêtre portait autour du cou, et accessoirement, se saisit de sa croix pour lui planter dans la main et ainsi le clouer au chariot. Classe.

Réveillés par les hurlements de l’homme d’Eglise, tout le monde se lève et se lance à la poursuite de l’évadée ; cette dernière semble s’être dirigée vers un village situé quelques centaines de mètres plus loin (ça tombe bien quand même ; c’est vrai que dresser un campement juste à côté d’un village sans y entrer, ça ne doit pas du tout rendre les villageois suspicieux). Nos héros prennent donc la décision qui s’impose pour la retrouver : se diviser en groupes de 1. Et rapidement, ils aperçoivent la fuyarde en train de cavalcader : hardi compagnons, sur leurs chevaux, ils ont tôt fait de la rattraper sur la place du village ; hélas, il s’agit d’une fille pestiférée qui lui ressemblait : zut ! Ils ont été eus !

Oui, oui, à 3h du mat’, dans un village de bouseux, il y avait une fille, incroyable coïncidence, avec la même corpulence, tenue et coupe de cheveux qui faisait son jogging. Et pestiférée en plus : comme quoi, elle ne doit pas être si malade que ça pour faire de l’exercice à de telles heures.

Enfin, bref. Il faut retrouver la vraie sorcière maintenant, où se cache t-elle ? La piste mène nos fiers guerriers vers une fosse commune sur le flanc d’une butte ; et la dite butte a été creusée de curieuse manière, allez savoir pourquoi, en sorte de petits couloirs étroits. Encore une fois, notre groupe qui s’était réuni décide de se re-diviser en groupes de 1. Mais Eckhardt entend soudainement la voix de sa fille décédée, Mila. Il se met donc à chercher l’origine de sa voix en gueulant "Mila, houuuhouuu, c’est toi ma pépéroute ?" ; car là encore, il ne trouve pas suspect le fait d’entendre la voix de sa progéniture morte l’appeler au milieu de la nuit dans une fosse commune. Non, il court plutôt comme un dératé, et finit même par apercevoir sa fille : il court donc vers elle pour l’enlacer mais…

Il s’empale sur l’épée de Frisouille, qui n’a pas compris pourquoi Eckhardt lui fonçait dessus en gueulant "Mila, ma chérie". Et non, quand Frisouille voit un de ses potes lui foncer dessus, il ne met pas sa main pour le retenir, il lui colle son épée dans la gueule. Probablement un réflexe : en entendant le chevalier l’appeler "Ma chérie", ça a dû lui rappeler de douloureuses séances particulières de catéchèse avec l’évêque. Tout le monde arrive donc sur place et découvre le mort ; Frisouille explique qu’il ne comprend pas ce qu’il s’est passé, que Eckhardt semblait ne pas le voir lui mais voir sa fille. Curieux, se disent nos garçons. Mais ils n’ont pas le temps de pousser plus avant : ils trouvent quelques mètres plus loin la sorcière, roulée en boule, en train de dire "C’est le prêtre, il me veut du mal, il fallait que je m’évade ! Je n’ai rien fait de mal !". Elle est ramenée à sa cage manu-militari, et la nuit se termine sans plus d’incidents.

Le lendemain, Eckhardt est enterré, et le convoi reprend la route. Behmen, qui jusqu’ici pensait que la sorcière était innocente, et qu’elle n’avait dû confesser ses pouvoirs que pour en finir avec la torture, commence à douter. C’est que, l’histoire que raconte Frisouille l’a perturbé : aurait elle pu ensorceler Eckhardt ? La sorcière voit bien que Behmen se pose des question, alors elle lui fait un petit numéro de charme, et se propose même de le "soulager". Ha, bravo. Bel exemple pour la jeunesse. Les avances n’iront cependant pas plus loin : le convoi est obligé de s’arrêter, puisqu’il vient d’arriver devant un immense ravin, le genre à faire plusieurs centaines de mètres de profondeur avec de la brume inquiétante au fond, et traversé uniquement par un vieux pont fait de cordes et de planches pourries (original, n’est-ce pas ?). Deux choses :

  • Personne ne s’étonne qu’aucune carte ne mentionne la chose. Pourtant, je serais cartographe, un ravin impossible à contourner et digne du grand canyon, je le signalerais. Mais apparemment, non. Tout le monde préfère engueuler Hagamar qui n’en a pas parlé.
  • Hagamar, justement, explique qu’il n’a plus fait la route depuis 8 ou 9 ans (c’est vous dire si la route est peu usitée : il est l’un des seuls à l’avoir prise, et voyez comme ça remonte), et qu’avant "c’était pas comme ça", c’est pour ça qu’il n’a pas évoqué ce passage compliqué pour un chariot.

Qui a écrit les dialogues ? "C’était pas comme ça avant ?" et c’est pour ça qu’il n’en a pas parlé ? Non parce que le ravin, vu sa tête, il a quelques siècles, si ce n’est plus. Alors, pourquoi cette réplique ? Auparavant, il y avait un pont en pierre ? Et puis un matin, un des deux péquins utilisant la route tous les 10 ans s’est dit "Tiens, si on virait le pont en pierre pour faire un pont merdique avec de la corde et des planches de récup’ ?" ? Non mais je vous jure. Bref, les faits sont là : il faut passer. Les hommes et les chevaux peuvent passer, mais pour le chariot, il faudra le faire passer sans les chevaux, en le poussant. La chose est ardue (le chariot est lourd et la sorcière a quand même un gros cul, elle doit manger du Nutella en cachette la coquinette), mais le chariot passe de justesse, puisque évidemment, outre les planches qui cèdent sous les pieds des gens en laissant entrevoir le gouffre, il y a le coup du "Mon Dieu, personne ne l’a vu, mais une des cordes du pont est en train de céder !" ; et elle cède, mais pile à la seconde où le chariot est arrivé de l’autre côté. Seul Frisouille a failli choir mais…

… il a été rattrapé au dernier moment par la sorcière depuis sa cage, qui, d’une seule main, l’a saisi par le poignet et l’a remonté sans une goutte de sueur, façon John Rambo. Okay. La route se poursuit quelque peu, mais tout le monde est bien fatigué après cette aventure : il est donc temps de camper. En plus, il y a un formidable brouillard, alors Hagamar commence à ne plus pouvoir guider la troupe, aussi la décision de s’arrêter est-elle sage. Mais justement : dans la nuit, c’est le dit Hagamar qui pète les plombs : équipé de son arbalète, il s’approche de la cage de la sorcière dans le but de la tuer, et ainsi d’abréger la mission pour que tout le monde puisse rentrer chez soi et que la peste s’arrête enfin, ainsi que ce film, si possible. Mais Behmen vient s’interposer, car il l’a senti venir ; les deux hommes commencent à s’expliquer, mais la sorcière, entendant qu’Hagamar voulait la tuer, se met à hurler en imitant le cri d’un loup ; et aussitôt, d’autres cris lui répondent un peu partout dans les bois : autant vous dire que la peur commence à s’emparer des coeurs et à salir les slips.

 

Attention les gars, un loup ! Bourrons lui la gueule !

Behmen ordonne à tout le monde de s’armer et de se regrouper : il faut tuer un maximum de loups.

Oui Behmen. Sinon vous avez du feu. Oh, et surtout, vous avez un chariot pénitentiaire sur lequel vous pourriez grimper. Et là, à moins que ce soit des loups bricoleurs qui se promènent toujours avec un escabeau, vous êtes tranquilles. Non, vous préférez vous battre ? Soit.

La baston s’engage donc, contre plusieurs dizaines d’animaux, qui semble t-il sont ensorcelés : lorsqu’ils s’approchent de nos héros, leur face se défigure en un curieux rictus maléfique, et ils se jettent à l’assaut. Cependant, c’est sans compter sur la coolitude de notre troupe, parmi laquelle Behmen, qui fait du wiki-wiki-wa avec son épée, entendre par là qu’il fait le classique "Je ne bouge pas, je ne tourne pas la tête, et je tue des loups derrière moi sans même regarder, genre je les vois arriver, trop facile". Mais la coolitude ne peut venir à bout de tout, car de plus en plus de loups arrivent : Behmen ordonne que la troupe se replie vers les chevaux et le chariot et commence à fuir : ça parait compliqué, mais il n’a pas d‘autres idées. Finalement, l’opération réussit, principalement grâce à un élément simple : les loups ont réussi à se saisir d’Hagamar, et se regroupent autour de lui pour le bouffer ; quand Behmen s’en aperçoit, il est trop tard pour venir à son aide. Le convoi file donc dans la nuit, désormais sans guide, et ne s’arrête qu’au petit matin.

Et là, notre templier favori, quand il n’a pas eu son Nesquik et qu’en plus il a mal dormi pour cause de course-poursuite, il est un peu grognon : il décide donc qu’Hagamar avait raison, il faut buter la sorcière afin d’en finir avec cette aventure pourrie (on est au moins d’accord là-dessus). Debelzaq et Felson s’opposent à sa tentative, pour lui montrer quelque chose d’encourageant : le monastère est en vue. Ah, oui, se dit Behmen. Je n’avais pas remarqué, c’est fou, halala, quelle coïncidence, ça tombe bien quand même, je ne l’avais pas aperçu alors qu’il était juste en face de moi à 500 mètres. Le convoi se remet donc en branle vers son ultime étape.

Hélas, sur place, personne ne répond à la porte. Ho ? Comme c’est curieux ? Vite, Frisouille, toi qui est jeune et incroyablement souple, comme le disait si souvent l’évêque, passe donc par-dessus le mur et va nous ouvrir la porte. Merci mec. Le groupe entre donc et ne rencontre âme qui vive. Debelzaq a l’explication : c’est parce que c’est l’heure des vêpres ! Tout le monde doit être à la chapelle !

Comment ? Les vêpres ? Mais… mais on est en matinée ? Les vêpres, ça s’appelle comme ça parce que ça vient de "vespera", soir ! Non mais merde, quand on ne sait pas utiliser un mot, on ne le balance pas à la cantonade, sacrebleu !

Bref : nos héros se rendent à la chapelle, et en effet, ils y trouvent les moines, mais tous morts de la peste. Et visiblement foudroyés sur place, encore en position de prière. C’est pas d’la p’tite peste, ça, les enfants ! Comme tous les pestiférés, ils ont des bubons de la taille d’un ballon de foot et les yeux noirs façon zombise. Heureusement, il n’y a plus besoin des moines : le livre de Salomon, celui tant recherché, trône tout simplement sur l’autel ! Debelzaq n’a qu’à s’en saisir et à ressortir avec ses copains pour aller commencer le rituel devant le chariot de la sorcière.

Hélas, la sorcière ne semble pas très sensible au rituel. Certes, ça ne lui fait pas plaisir, mais… mais elle commence à faire fondre sa cage ! Hé bé ? Debelzaq réalise alors le problème : il ne s’agit pas d’une sorcière. Il s’agit…

DU DEMON !

Avec un grand D, comme Dalida. Et le Démon, il reprend son apparence démoniaque, une sorte de grosse créature ailée de deux mètres avec des cornes, bref, vous voyez le genre. Et comme Debelzaq va à la bonne page du livre de Salomon intitulée "Comment mettre sa raçum au démonum", ce dernier s’enfuit en volant, tourne un peu, puis disparaît en s’engouffrant dans une porte du monastère restée entrouverte. Crotte alors.

 

Une vraie bonne incantation, ça fait du vent dans les cheveux façon l'Oréal

L’équipe décide donc d’aller chercher de l’eau bénite en quantité, et pour ça, se redivise en groupes de 1, dans un monastère remplis de mort et où le Diable en personne traîne. Heureusement, il ne leur arrive rien, et ils finissent par se regrouper avec quelques fioles d’eau dans une petite salle isolée. Là, Behmen se la joue grand prince : il propose à Frisouille de repartir, ce combat étant trop rude pour lui (en fait, il veut surtout qu’il parte tout seul dans la cour du monastère pour servir d’appât je pense). Mais ce dernier refuse, arguant qu’il est prêt à mourir pour la cause ; ni une, ni deux, Behmen réalise son rêve, et l’adoube chevalier.

Oui, enfin être adoubé par un templier déserteur, ça a à peu près autant de valeur qu’être fait roi par Huckle, le clodo qui joue de la musique en pétant près du Carrefour Market de Dax.

Cela étant dit, notre fine équipe évoque un sujet intéressant : si le Démon pouvait fuir depuis le début, pourquoi s’être laissé emmener au monastère ? Behmen a l’illumination : Eckhardt a été tué alors qu’il voulait libérer la sorcière. Hagamar, lui, a trouvé la mort en voulant l’empêcher de terminer le voyage : le Démon VOULAIT venir ici ! Il s’est laissé conduire car il venait chercher quelque chose ici, mais quoi ? Et là, c’est Debelzaq qui prend le relais : il venait chercher le précieux livre de Salomon ! En le détruisant, il se débarrasserait de l’arme la plus puissante de ses ennemis ! Ah, mais oui, tout se tient !

Sauf que non. Pourquoi le Diable aurait eu besoin d’une escorte pour se rendre au monastère, sachant qu’apparemment, il pouvait s’y rendre en volant ? Et non, il n’avait pas besoin qu’on lui montre où se trouvait la communauté de clercs : non seulement apparemment tout le monde le savait (c’était même indiqué sur des cartes), mais en plus, il a semble t-il lui même trouvé : alors que les moines n’ont jamais de visites, puisque même Hagamar n’y était allé qu’une fois en 10 ans, il a quand même réussi à leur envoyer la peste. C’est donc qu’il savait où viser. Donc, non, le plan était débile depuis le début ; là, il a juste choisi de s’amener des ennemis supplémentaires sur place. Comme ça, pour rigoler : preuve en est, il a sauvé Frisouille qui allait tomber lors de la traversée du pont pourri alors qu’il n’avait aucun intérêt à le faire, au contraire.

Passons encore une fois sur ce non-scenario, et voyons ce que fait notre troupe : elle se dirige vers le sommet du monastère, là où se situe la bibliothèque, et où les moines devaient copier le livre de Salomon (sachant que le bouquin était sur l’autel de la chapelle, ils devaient un peu en chier sans modèle, non ?). Et sur place, encore une fois, tous les porteurs de tonsures sont morts de la peste à leur poste de travail. Ce que nos héros ne voient pas, c’est qu’à l’extérieur de terribles nuées s’assemblent, et que certains corps de moines morts commencent à s’animer (hooo, on s’y attendait pas depuis le début du film, dis-donc). Ils entendent simplement une voix qui leur dit "Hahaha, vous avez parfaitement deviné mon plan : je voulais que vous m’ameniez ici afin de détruire le livre de Salomon !". Ni une, ni deux, Debelzaq commence à incanter en apercevant d’où vient la voix : le Démon est en train de ramper au plafond, entouré des moines morts-vivants qui font de même (bin oui, un film sans créatures infernales qui grimpent aux murs en rampant, c’est pas un vrai film cool) : le Diable couine un peu en entendant les mots sacrés, mais sans plus. Les moines, eux, sont devenus de vrais ninjas et se lancent dans des séries de fabuleuses pirouettes, tentant d’interrompre notre cureton dans sa lecture à haute-voix ; heureusement, Felson, Behmen et Frisouille combattent vaillamment les créatures infernales qui attaquent avec les armes du coin, c’est à dire grosso modo une équerre, deux règles et un marque-page coupant. Les morts-vivants bibliothécaires, ça fait trop peur.

 

Emmener des torches dans une bibliothèque, ça énerve les employés, forcément

Cependant, le Diable profite de la confusion pour se rendre derrière Debelzaq et lui attraper la tête pour faire un 180 degrés avec. Le manque de souplesse de l’homme d’Eglise est flagrant, puisqu’il en meurt. Y a t-il un autre homme d’Eglise dans la salle ? Oui ! Frisouille, ex-enfant de choeur (non, les moines-soldats templiers, ça ne compte pas), qui s’empare du livre et reprend là où son prédécesseur en était (avant de mourir, il avait probablement corné la page, des fois que). Le Démon, lui, s’occupe pendant ce temps : voyant que ses moines ninjas ont bien du mal et se font décapiter à la pelle, il attaque lui-même Felson et le réduit en cendres en provoquant chez lui une combustion spontanée de bon aloi. Cela énerve très fort Behmen, qui se jette sur le monstre et le cloue au mur au sens propre en lui enfonçant une dague dans chaque bras ; hélas, le vilain a encore ses ailes, au bout desquelles se trouvent de forts beaux dards, qu’il plante un peu partout dans le dos de notre héros en se débattant. Les blessures sont graves, mais le templier tient bon jusqu’à ce que Frisouille finisse le rituel ; dès lors, le Démon est purement et simplement désintégré, faisant réapparaître derrière lui que le corps de la jeune fille qu’il avait possédé jusqu’ici.

Behmen agonise donc un peu, mais il meurt heureux : déjà, parce qu’il a réussi à vaincre le Démon, ensuite, parce qu’il s’est rattrapé pour la femme qu’il avait tué le jour où il avait déserté, puisqu’il vient de sauver une jeune fille innocente des griffes du Diable. Enfin, parce que quand le Diable a quitté le corps de la donzelle, il l’a faite réapparaître, certes, mais à poil. Il peut donc se rincer l’oeil un bon coup avant de quitter définitivement le monde des mortels. Ce qu’il fait.

Au-dessus du monastère, les nuages s’écartent, la lumière filtre à nouveau, et Frisouille, seul survivant de l’escorte, enterre les trois hommes (enfin, pour Felson, il n’a plus grand chose à enterrer, ho, hein, qu’il fasse pas genre), puis décide de quitter ces lieux de mort accompagné de la jeune fille. Et évidemment, ça commence déjà à flirter, ce qu’on avait pas du tout vu venir non plus. La donzelle demande simplement à ce que Frisouille lui raconte l’histoire de ces hommes qui sont morts pour elle, et qu’elle n’a jamais connu, puisqu’elle était possédée lorsqu’elle les a côtoyés.

Et comble du bonheur : avec la fin du Malin, la peste elle-même disparaît, nous dit Frisouille en voix off. Et…

FIN.

Lorsque les lumières se rallument, l’officier de police à gauche de mon siège laisse échapper un juron en constatant que ma place est désormais vide ; ne reste de traces de mon passage qu’une paire de menottes crochetées à l’aide d’un ticket de cinéma roulé et durci dans du caramel de pop-corn, ainsi que de sombres empreintes sur les accoudoirs, là où mes larmes de douleur ont fini tout au long de ce terrible visionnage. Rajustant son uniforme, il se contente de faire signe à son collègue, assis de l’autre côté, de commencer à partir.

"Allez barrons-nous. De toute manière, je n’avais pas trop envie de l’avoir sur les bras pour la suite.
- Ah ?
- On devait l’emmener à la prison de Clairvaux. Et je sais pas pourquoi, mais faire partie d’un convoi pénitentiaire en route vers un mystérieux monastère, ça m’inspire moyennement ce soir."
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A quelques distances de là, dans le lit défait d’un petit appartement étudiant.

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"Merci pour les pop-corn caramel durant le film. Sans ça, je doute que j’aurais pu me débarrasser de mes menottes aussi aisément.
- Hihihi, c’était tellement excitant de vous aider à vous évader ! Et puis, vous êtes si habile de vos mains !
- Dis-moi quelque chose que je ne sais pas, ça me changera.
- Mon numéro de téléphone par exemple ? Hihi ! Ne crois pas que je vais te laisser filer sans ! Tu es à moi maintenant, hihihi !
- Soit : passe moi donc un stylo que je note ça, mon portable est resté dans les scellés du palais de justice.
- Tiens !
- Merci…."
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"LA BOTTE DE NEVERS !"


 

En 1314, il n’y avait pas de télévision.

Quel ennui ! Imaginez vous une époque sans Navarro ou rediffusion des Bronzés font du ski ? Un siècle sans Les 100 plus grands moments de vidéo gags ? Tenez-vous bien : il n’y avait même pas de journal de 13 heures pour qu’un sire Jean-Pierre de la Pernautière nous propose divers reportages sur tous ces sarrasins qui, non content d’occuper nos châteaux payés aux frais du petit contribuable en terre sainte, ne respectent même pas nos traditions les plus élémentaires comme l’utilisation des chiffres romains ! Ah, quelle bien triste époque. Le royaume de France était en plein marasme, et les croisades, ancêtres primitifs d‘Intervilles, n’attiraient guère plus d’attention.

Heureusement, Philippe le Bel, roi de France, eut une idée de génie pour redonner un peu de couleurs à nos contrées rongées par le désœuvrement : l’organisation d’une soirée festive populaire, avec force attractions plus formidables les unes que les autres, et en clou du spectacle, un fameux bûcher. Ça tombait plutôt bien, puisque Philippe avait dans ses prisons un certain Jacques de Molay, grand maître de l’Ordre du Temple, dont le groupuscule avait été accusé d’avoir renié le Seigneur en participant à d’immenses orgies sodomites de Paris à Jérusalem ; il est vrai qu’à se promener en cottes de mailles – une sorte de bas-résille métallique – et tabard coloré toute la journée et ce uniquement entre hommes, le doute allait vite se propager dans tout le royaume. Tant et si bien qu’il s’inscrirait dans l’histoire, la Maison du Temple de Paris étant située à l’emplacement de l’actuel quartier du Marais, devenu un véritable lieu de pèlerinage pour les gays de tous poils comme chacun sait.

Ce soir de mars 1314, Jacques fut donc amené sur un tas de bois, où il fut mis face à ses accusateurs ; grand prince, le roi lui proposa de s’exprimer une dernière fois, ce que le vieux maître fit avec brio : "Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits ! Maudits ! Vous serez tous maudits, jusqu’à la treizième génération de vos races !" ; le roi s’empressa donc de lui répondre "et moi, je te condamne, Jacques de Molay, à comparaître dans les 15 minutes devant Dieu, et ce à thermostat 8". S’ensuivirent flammes immenses, cris immondes et viande brûlée : ainsi naquit l’ancêtre de la Fête de l’Humanité.

Un seul secret ne fut pas levé : qu’advint il de la mirobolante fortune accumulée par l’Ordre des Templiers du jour de leur création jusqu’à celui de leur arrestation ? Voilà une légende qui inspira de bien beaux auteurs de films, puisque vous n’êtes pas sans savoir que l’an prochain est prévu le troisième volet de la série des "Benjamin Gates", sorte de super-aventurier-historien-archéologue façon Indiana Jones.

Ensemble, découvrons le premier épisode de cette fabuleuse trilogie (enfin, s’ils s’en arrêtent à trois), et spoilons le sauvagement et sans vergogne.

L'affiche : avec Nicolas Cage, si l'aventure a un nouveau visage, elle n'a toujours aucune expression faciale.

Car tout commence 660 ans après les évènements que je viens de vous conter, en 1974 à Washington, U.S.A. Benjamin Gates, jeune freluquet aventureux, profite d’une nuit d’orage pour se rendre dans le grenier de la maison familiale ; équipé d’une lampe torche, il balaie de son faisceau lumineux les piles de vieux objets empilés, uniquement interrompu de temps à autres par le choc sourd de la foudre tombant non loin. Après quelques hésitations, notre héros semble découvrir ce qu’il était venu discrètement chercher : la pile des vieux magazines pornos de son grand-père. Hélas, le dit propriétaire des revues précédemment évoquées surgit derrière lui, s’en empare, et marmonne un "Hmmm, tu es assez grand pour ça, maintenant ; viens, je vais tout te dire."

"Chouette !" se dit Benjamin ; "Grand-Père va enfin m’expliquer ce qu’il appelle la Toupie Javanaise !", mais non, en fait, papy a dû mal comprendre (ou bien moi), car il montre l’ouvrage que Benjamin avait tenté de prendre et qui est en fait un vieux livre sur la famille Gates, et entreprend de raconter à l’enfant le secret familial.

En 1832, un ancêtre de la famille Gates, cocher de son état, conduit à toute allure son attelage dans les rues de Washington ; à bord de celui-ci, son vieux maître, dernier signataire de la déclaration d’indépendance de 1776 encore en vie, est mourant et souhaite révéler un secret au président des Etats-Unis avant de s’éteindre. Hélas, le président n’est pas là. Que faire, se dit notre futur macchabée ? Bon, si je ne peux pas révéler le secret au président, je vais le révéler à mon cocher, car c’est le numéro 2 sur la liste des gens importants à qui révéler un secret d’importance mondiale (oui, papy devait sucrer les fraises, car entre le président et un pauvre prolo, il y aurait quelques échelons intermédiaires. Si son cocher était parti uriner, nul doute qu’il eut révélé sa lourde confidence à un clochard ivre passant par là). Et, quel est donc ce secret ? Non, parce que je vous sens intrigué mes bons lecteurs, et je vous comprends.

Au travers des siècles, un trésor est passé de mains en mains : grecs, égyptiens, romains… tous les pillages du monde accumulés en un seul butin et perdu durant des siècles avant de réapparaître au moyen-âge, lorsque quelques chevaliers en croisade trouvèrent le pactole sous le temple de Salomon ; et plutôt que de claquer tout cet or en schnouf et filles faciles, ils décidèrent qu'"un seul homme ne pouvait pas posséder autant d’or". Aussi, ils jurèrent de protéger le trésor et prirent le nom de templiers (historiens, fuyez, fous que vous êtes !) ; par la suite, ils devinrent les francs-maçons (comme ça, pif-pouf, parce que l’ancien nom ne les faisait plus marrer, probablement) et décidèrent d’évacuer le trésor loin de l’Europe où il n’était plus en sécurité. Aussi le firent ils conduire vers le Nouveau Monde dans le plus grand secret ; hélas, la guerre d’indépendance eut lieu,et il fallu le cacher des britanniques en goguette qui auraient bien voulu s’en emparer pour se payer du pudding à foison… en conséquence de quoi les franc-maçons le mirent en lieu sûr, et ne laissèrent que de complexes indices ici ou là pour que retrouver le trésor ne soit pas une partie de plaisir.

Et un soir de 1832, un franc-maçon confia donc ce secret à un pauvre cocher, lui donnant un bout de papier sur lequel était inscrit le seul indice en sa possession pour retrouver le trésor "Le secret repose avec Charlotte".

Charlotte, la première piste de Benjamin

Voilà. Bon, Benjamin est fasciné par cette histoire ; c’est dommage qu’il ne dise pas "Papy, ils sont trop cons en fait les francs-templiers ou templiers-maçons : s’ils voulaient juste que le trésor ne finisse pas entre les mains d’un seul homme, pourquoi n’en ont ils pas juste fait bénéficier l’humanité d’une manière ou d’une autre, genre don à de bonnes œuvres  ? C’eut été plus malin et plus généreux de leur part ! Nan parce que du coup ils passent des siècles et des fortunes à se débrouiller pour que personne ne mette jamais la main sur le magot ; si c’était vraiment leur objectif, pourquoi ont ils laissé des indices ? Et pourquoi ne l’ont ils pas tout simplement balancé au fond de l’océan, s’ils voulaient vraiment que personne ne le trouve ? Sans compter que priver l’humanité de milliers d’objets d’art et de précieuses reliques juste pour le plaisir, c’est d’une perversité sans nom.". Non, à la place, Benjamin dit "Ouaaah trop cool ! Moi aussi je veux devenir un chevalier protecteur du trésor !" Pas de problèmes : papy Gates le fait s’agenouiller, et au nom de sa famille, dépositaire du secret du trésor des templiers, l’adoube chevalier Gates/Templier/Franc-maçon.

Désormais, c’est à Benjamin de protéger le trésor de la cupidité des hommes.

Retrouvons donc notre héros quelques années plus tard où, suite à quelques malheurs de la vie et de la puberté, il est devenu Nicolas Cage, ce qui n’est quand même pas de bol (ça reste le cauchemar de quantité d’adolescents). Cependant, cela ne l’a pas empêché de poursuivre la quête de la famille Gates : trouver le trésor des templiers. Et pour cela, il s’est entouré de toute une équipe payée aux frais de Ian, son excellent et richissime ami qui se fait le mécène de ses recherches. Car oui, pour protéger le trésor d’éventuels pillards, Benjy s’est mis en tête de le rechercher pour mieux le protéger. Oui, mais s’il est si bien caché ne serait il pas plus simple de le laisser là où il est et de ne pas partager les indices avec n’importe qui ? Non ? Bon, bon, je ne dis plus rien, soit. Bref, notre équipée se rend dans l’Arctique où elle est à la recherche d’un navire, le "Charlotte", puisqu’après avoir couché avec toutes les Charlotte d’Amérique, fussent elles serveuses de drive-in, médecins ou labradors, Benjamin s’est dit que c’était peut-être le nom d’un bateau. Dixit Riley, le jeune scientifique/informaticien/géologue de l’équipe, ce vieux navire aurait été pris par l’une des célèbres tempêtes Arctiques, qui capturent des bateaux (oui, ce sont des tempêtes pirates, on les reconnait facilement à leur bandeau sur l’œil) avant de les ramener vers le Nord et de les enfermer sous douze tonnes de neige et de glace. Hé bé, ça rigole pas.

En tout cas, équipée des dernières technologies, la petite poignée d’aventuriers du sire Gates finit par localiser l’épave qui se situe à quelques mètres sous les chenilles des engins de la fière troupe. En quelques heures et coups de pelles, voici paraître la splendide épave d’un fameux voilier parfaitement conservé, la Charlotte ; aussitôt que cela est possible, l’ami Gates, Ian, Riley et quelques hommes se décident à pénétrer dans ce splendide vestige du passé. Que contient le bateau ? Rien, si ce n’est quelques squelettes de marins et quantité de barils de poudre à canon pas du tout humide (la neige et la glace sont deux choses connues pour être particulièrement sèches), mais aucune trace du moindre trésor, ce qui semble beaucoup décevoir tout le monde (sauf Benjy). Et pourtant, en fouillant un baril de poudre encore tenu par les restes du capitaine du navire (l’équipage s’étant visiblement fait prendre au piège de son propre bord), Benjamin trouve un vieux paquet contenant une fabuleuse pipe en écume de mer superbement sculptée en forme de petit château fort (le genre de pipe qui vous fait briller en société). Et sur le tuyau de celle-ci, il remarque au premier coup d’œil un détail : celui-ci est beaucoup trop finement ouvragé pour être honnête ! Ni une, ni deux, il s’entaille, fait couler son sang sur l’objet puis le roule comme un petit rouleau d’impression sur un papier et… apparait en lettres de sang une énigme ! Il est très fort ce Monsieur Gates : il découvre un splendide objet, en quinze secondes il comprend qu’il faut le dégueulasser à coups d’hémoglobine pour s’en servir d’imprimerie portative. Quel esprit de déduction hors du commun.

L’énigme cependant n’est pas facile, puisqu’elle parle de secret, de serment, de fer… mais Benjamin est là encore décidément trop fort : en faisant des associations d’idées dignes d’un trip sous LSD, il détermine le sens de l’énigme et sa solution : le prochain indice est une carte située au verso de la déclaration d’indépendance de 1776. Ah, oui, comme ça, en 5 minutes au fond d’une cale d’un navire bloqué dans l’Arctique ? Décidément, c’est de plus en plus fort.

Benjamin cherchant le shit qu'il planque dans la reliure de son exemplaire de "L'Histoire des Templiers pour les Nuls"

Ian et Benjamin dissertent donc sur le sujet, car aussi improbable cette déduction peut-être, elle leur semble aussitôt être la vérité : il leur faudrait donc pouvoir consulter la déclaration d’indépendance. Hmmm, comment faire… On pourrait demander gentiment ? Non, les gens du musée vont évidemment refuser. C’est vrai quoi, deux mecs dont un spécialiste de l’histoire et un mécène avec assez de thunes pour financer le musée/corrompre les conservateurs et disposant en sus d’une pipe mystérieuse d’importance historique comprenant un message relatif à la déclaration d’indépendance n’ont aucune chance de pouvoir consulter le dit document rien que 5 minutes juste pour vérifier s’il n’y aurait pas un bond titanesque à faire dans l’histoire, bond qui ferait une publicité incroyable au musée en question.

Ils se disent donc que c’est impossible. Bravo les aventuriers : traverser l’Arctique à la rechercher d’un bateau légendaire, oui, braver l’administration, non. En conséquence de quoi, Ian révèle son terrible secret : par le passé, il a organisé quantité de cambriolages et actions illégales, aussi se propose t il de voler la déclaration d’indépendance pour la consulter.

C’est vrai qu’il est beaucoup plus simple d’organiser le cambriolage du siècle que de demander gentiment arguments historiques et financiers à l’appui.

Benjamin refuse, car il est un patriote qui aime son pays et son patrimoine ; Ian lui répond que si c’est ainsi, il n’a plus besoin de lui et s’en va donc lui mettre une balle dans la tête. Ah oui, il est fourbe, Ian, en fait ; que voulez-vous, il est joué par Sean Bean, l’interprète de Boromir dans le Seigneur des Anneaux : quand il n’est pas occupé à essayer de piquer l’anneau unique à des hobbits, il tente de voler des trésors nationaux au peuple américain. Heureusement, aidé d’une torche, Benjamin organise une diversion en mettant le feu à la poudre à canon répandue au sol (je vous disais qu’elle était bien sèche ; même au sol sur une couche de neige, elle brûle à la perfection) ; Ian est obligé de s’enfuir avec ses hommes, et seul Riley, le jeune scientifique, reste fidèle à Benjamin. Ces deux derniers n’ayant pu s’enfuir, ils arrivent à se cacher dans un recoin du bateau qui les protège lorsque la sainte-barbe explose finalement réduisant le reste du navire en miettes. Ian et le reste de l’expédition s’enfuient donc à bord de leurs véhicules, abandonnant les restes de la Charlotte ainsi que Benjamin et Riley qu’ils croient morts.

C’est ignorer la règle cinématographique numéro 29 : "si ya pas de corps, ya pas de mort".

De retour au pays, Benjamin et son copain Riley vont voir le FBI pour les avertir que miséricorde, de vilains brigands s’apprêtent à voler la déclaration d’indépendance ! Bien qu’ils puissent donner le nom de Ian ainsi que rajouter "accessoirement, il a essayé de nous tuer il y a quelques jours, il suffit juste d’envoyer une voiture chez lui et vous le trouverez en train de préparer son affaire entouré de quantité de terroristes dont j’ai aussi les noms car il les avait engagés comme hommes de main sur mon expédition", ils ne le font pas car ils sont un peu cons. Conséquence de quoi, le FBI ne les croit pas et les met dehors.

Ils font donc une deuxième tentative directement au musée visé par les méchants, en demandant à voir la conservatrice en chef, le professeur Abigail Chase qui est évidemment une bombasse blonde. Là, ils tentent de la convaincre du risque encouru par la déclaration en utilisant un argument simple : "Bon, on pense que la déclaration d’indépendance est en danger et risque d’être volée. Par contre, si vous nous laissez la consulter, on pourra vous dire si elle l’est vraiment ou non". Ah, parce que ça va changer quelque chose de la consulter peut-être ? Et puis c’est d’un crédible : "Bonjour, je viens vous prévenir que des gens vont voler la Joconde, mais si vous me laissez 30 secondes avec elle, je pourrai vous dire si c’est vrai ou pas". Étrangement, la scientifique refuse, puisqu’il semblerait que Benjamin Gates soit plus doué pour résoudre les énigmes en quelques secondes que pour avoir un raisonnement cohérent dans la vie de tous les jours. On est passé très près du "Professeur, je crois que des méchants veulent vous violer ; mais si vous me laissez palper vos roploplos, je pourrai vous dire si c’est ou non du pipeau.".

Convaincre les gens sans expressions faciales, c'est assez ardu

Dépité, Benjy et Riley s’en vont donc rôder dans le musée et observent la déclaration au travers de sa vitre blindée d’exposition ; ils se permettent une petite séance à base de "Ouah, c’est le plus beau et le plus important document de toute l’histoire de l’humanité" et "Les Etats-Unis sont vraiment le plus grand pays du monde". Soudain, cependant, les choses dégénèrent lorsque Benjamin continue de sombrer dans l’incohérence la plus totale, puisque se souvenant que les signataires de la déclaration d’indépendance avaient bravé la loi pour faire ce qui leur semblait être juste, il se dit qu’il est de son devoir de voler le document pour l’étudier et le protéger.

Un petit résumé peut-être ? Benjamin Gates veut découvrir un trésor caché pour mieux le protéger. Trésor caché par des gens qui voulaient que personne ne le découvre, mais qui ont quand même laissé des indices pour ce faire. Benjamin étant le seul à avoir le dernier indice existant, on pourrait supposer qu’en le détruisant, le trésor serait vraiment bien protégé dans sa cachette mais non, ce couillon insiste pour le rechercher, et ce en emmenant avec lui toute une bande de criminels, soit l’opposé exact de ce qu’il est censé faire. Bon, revenons à cette histoire de trésor : il veut le découvrir, et pour ça, il a besoin de la déclaration d’indépendance américaine, mais personne ne veut lui prêter. Son pote criminel se propose de la voler pour lui. Il refuse. Et puis finalement, il se dit qu’il va la voler, mais sans son pote criminel. Et là encore, pour quel motif : "Pour la protéger !". Autre solution, gros blaireau, aider à déjouer le cambriolage (puisque toi tu sais qu’il va avoir lieu), et ainsi prouver que tu avais raison depuis le début, ce qui devrait te rendre particulièrement crédible, et te permettre d’accéder à la constitution tout en la protégeant vraiment. Mais non.

C’est un principe que l’on retrouve dans quantité de films et de livres, comme par exemple, le très navrant Harry Potter, que des milliers de fans défendent pourtant : "Harry, la pierre philosophale est incroyablement bien cachée et bien gardée ! Comment ? La voler avant que le méchant ne s’en empare ? C’est un plan génial !"

Je vous la refais.

"Que dis-tu Jean-Jacques ? Des gens vont braquer la banque super bien gardée vendredi à 13h ? J’ai une idée, braquons là d’abord comme ça ils n’auront plus rien à voler et ils seront bien feintés !". Quel plan trop malin.

Bon, passons sur les toutes les œuvres basées sur ce fabuleux concept qui ne tient pourtant pas plus de quatre secondes pour qui lit cette précédente phrase à haute voix, et revenons-en à Benjamin Gates. Ce dernier a en effet prévu de préparer son cambriolage en utilisant tous les documents de la bibliothèque du Congrès, puisque d’abord, on y trouve tous les plans et systèmes de sécurité des musées américains accessibles au public (ha ?), on peut y discuter pépère (ho ?) et aucun lecteur ne s’inquiète de vous entendre expliquer comment vous aller réaliser le cambriolage du siècle (hu ?). C’est drôlement bien fait quand même.

Et ce qui est aussi drôlement bien fait, c’est qu’un gala va se tenir prochainement au musée, et que la sécurité sera tournée prioritairement vers les invités et non vers les œuvres. Une occasion unique pour agir ! Coup de bol supplémentaire, tous les câbles informatiques et de sécurité du musée sont accessibles depuis les sous-sols ouverts à tous vents, et Riley le joyeux informaticien peut ainsi aller s’y connecter pour prendre le contrôle des caméras de sécurité. Caméras qui sont par ailleurs équipées de micros (décidément) qui en plus, suppriment les bruits parasites et ne conservent en haute définition que les conversations intéressantes ! Vous n’entendez pas les deux techniciens juste en dessous de la caméra en train de parler du score de l’équipe de France, par contre vous avez l’intégralité de la conversation de la conservatrice à l’autre bout de la salle en train de marmonner "Halala, dire que la principale faille de sécurité est blablabla et qu’il ne faudrait surtout pas que quelqu’un blablabla et blublublu". On se croirait dans un épisode des Experts (un de ceux où les caméras sont tellement modernes qu’en zoomant depuis l’une d’entre elles située sur les quais de New-York, on peut observer les bigorneaux s’accoupler à Brest).

Billy le Bigorneau, arrêté dans la saison 5 des Experts Manhattan pour viol de moule avec actes de barbarie

En tout cas, pour pouvoir opérer plus facilement, Benjamin et Riley utilisent un discret laser pour rendre fou un détecteur de chaleur dans la vitrine blindée de la déclaration, afin que celle-ci soit renvoyée en salle de conservation pour être réparée et s’assurer que le document n’a rien.

De son côté, Ian prépare lui aussi son cambriolage, sauf que lui prévoit de le faire en utilisant plus de C4 et moins de bisous.

Le soir du gala, Benjamin infiltre donc la soirée et arrive à s’éclipser discrètement pour se rendre en salle de conservation ; là, il vole la constitution juste sous le nez de son vieux copain Ian, et arrive à s’enfuir. Hélas, à peine a t il mis un pied dehors que le professeur Chase le poursuit en robe de soirée, car elle trouve son attitude étrange et veut savoir ce qu’il mijote. C’est sans compter sur le commando de Ian qui, suite à un fabuleux quiproquo (ils pensent qu’elle est dans le coup et qu’elle a la déclaration avec elle), la kidnappe ; il faudra une course poursuite en vans pourris entre les deux équipes de voleurs pour que finalement Abigail soit récupérée et finisse à l’arrière du véhicule de Nicolas Cage, un véritable cauchemar pour toute femme qui se respecte.

Au musée, la police finit par arriver, puisque l’on s’est aperçu que la déclaration avait été dérobée, et que bon, c’était tout de même bien embêtant cette histoire. C’est donc l’agent Sadusky qui est mis sur le coup pour tenter de résoudre l’enquête : ni une ni deux, il consulte les vidéos de sécurité et constate la présence de Benjamin Gates à la soirée alors qu’il n’était pas invité. Bon, par contre, lui quand il consulte les caméras, celles-ci ne comportent plus de micros. Ils ont dû changer de modèle entre les deux.

Benjamin doit lui se débrouiller pour récupérer chez son père de vieilles lettres de Benjamin Franklin, car il a deviné encore une fois en partant d’un bon gros shoot de coke qu’il en avait besoin pour décoder ce qu’il y avait au dos de la constitution. Il avait bien des copies numérisées de ces lettres chez lui, mais bon, la police doit déjà y être ; mieux vaut donc qu’il aille chez son père pour consulter les originaux. Hélas, ce dernier en a fait don récemment au Franklin Institute. C’est embêtant, mais Benjy décide de mettre ce petit passage chez son père à profit pour consulter le verso de la déclaration…hmmm… voyons voir… tiens, la chaleur des respirations et des corps qui s’échauffent semble faire apparaître des séries de chiffres ? Hmmm… Allez, un coup de sèche-cheveux, et tout apparait, il n’y a plus qu’à noter ! En parlant de noter, depuis 2 siècles, personne n’avait respiré à côté de la déclaration ? Ce qui aurait ainsi provoqué l’apparition des fameux chiffres et révélé la chose ? Et puis avant qu’elle ne finisse dans un musée, jamais elle ne fut exposée à de la chaleur, même bien naturelle ? Non ? Allez, on va dire que non.

D’ailleurs, pourquoi ces andouilles de francs-templiers-maçons ont ils mis leur carte au dos de la déclaration ? "Pour être sûrs que jamais elle ne soit perdue !" selon Ben ; ils devaient être sacrément bordéliques quand même pour en arriver là. Sans compter que mettre un document ultra-secret au dos d’un document ultra-célèbre… Cela dit, c’est pas con. Je paume tout le temps mes listes de courses ; je crois que je vais les mettre au dos de la Déclaration des Droits de l’Homme.

Fidel Castro lui-même cachait ses discours au verso de la tapisserie de Bayeux

Bon en attendant, maintenant qu’ils ont de mystérieuses séries de chiffres, qu’en faire ? Et bien se rendre au Franklin Institute afin d’y consulter les fameuses lettres de Benjamin Franklin : en utilisant les chiffres comme des repères indiquant certaines lettres à noter dans le texte et en réassemblant dans l’ordre le tout, un nouvel indice devrait apparaître ! Sauf qu’il est difficile de se pointer dans un musée lorsque l’on est recherché par le FBI… aussi, nos héros recrutent un petit écolier à la peau d’ébène pour faire des allers retours dans le musée en lui indiquant ce qu’il doit trouver dans les lettres de l’ami Franklin ; le petit s’exécute, sauf que figurez vous que Ian, ce gros méchant, a lui aussi compris qu’il y avait besoin de ces fameuses lettres pour décoder le message ! Et en se rendant au musée, il repère facilement le jeune enfant (noir et donc forcément suspect) qui semble prendre des notes devant les vitrines des célèbres écrits. "Comment ?" se dit il, "Un afro-américain scolarisé ? Voilà qui est bien étrange !" ; il comprend aussitôt que ce dernier doit être un agent de l’équipe Gates (lui aussi il a de fabuleux pouvoirs de déduction pas du tout télescopés) et se décide à aller à sa rencontre pour le corrompre à coups de billets (ou le menacer de l’expulser dans un champ de coton, je ne me souviens plus très bien) ; que lui faisaient ils noter ? Le gamin explique, et propose même de vendre à Ian le tout dernier message qu’il avait noté, qui constitue la toute fin de l’énigme. Les gentils n’en avaient pas besoin : ils sont tellement forts qu’ils avaient déjà deviné le dernier mot de l’énigme et s’étaient barré en abandonnant le ch’tit noir. Ian se retrouve donc avec environ 1/60e de l’énigme à la main, ce qui est avouons-le, peu.

Cependant, ça ne l’empêche de le guider vers Liberty Bell, à l’Independance Hall, pile là où effectivement le message complet guidait nos héros. Comme quoi, pourquoi se faire chier à avoir une énigme complète quand un seul mot suffit ? En tout cas, l’énigme complète est un poil plus précise malgré tout, puisqu’elle indique le toit du fameux bâtiment où, en fouillant un peu, Benjamin trouve une brique marquée du sceau des franc-maçons ; en la retirant, il trouve à l’intérieur une paire de lunettes 3D conçues par Benjamin Franklin pour regarder Avatar sans se soucier du scénario (Benjamin Franklin adorait les effets spéciaux en tous genres, la foudre entre autres). Il est hélas interrompu par l’arrivée de Ian et de ses hommes, et doit s’enfuir en laissant de côté la jolie Chase et le geek Riley. Mais finalement, l’aventure tourne mal : Benjamin est arrêté par le FBI qui avait repéré sa voiture, et ses deux amis se font chiper la déclaration d’indépendance par Ian et ses gorilles.

Résumons : Benjamin est prisonnier du FBI, mais il a les lunettes nécessaires à la suite de l’histoire. Ian est libre et a la déclaration d’indépendance mais pas les lunettes 3D.  Aussi, un compromis est rapidement trouvé par le terrible criminel : il appelle le FBI et explique qu’il veut voir son copain Ben le lendemain matin sur l’Intrepid, un musée-porte-avion stationné à New-York. Il précise accessoirement que s’il voit un seul agent du FBI tourner autour du sire Gates, il se torchera avec la déclaration d’indépendance non sans avoir mangé deux chorizos entier en amont. Le saligaud. Le lendemain pourtant, tout le navire grouille tant de touristes obèses que d’agents spéciaux ; évidemment, ils ont aussi eu l’idée géniale de mettre un micro à Benjamin et de taper la causette avec, ce qui fait que notre héros donne l’impression de causer tout seul, le genre de truc qui ne met pas du tout la puce à l’oreille des méchants. Un coup à se retrouver avec une déclaration couverte de caca, ce n’est pas très raisonnable. Pourtant, les brigands arrivent tout de même à s’emparer de Benjy en lui proposant discrètement de sauter à l’eau ; dès lors, un groupe de plongeurs le récupère et via un petit véhicule sous-marin, l’emmène loin de toute l’agitation fédérale.

Ian dispose du top du top de la technologie fécale

Une fois à l’abri, Ian retrouve son bon ami et lui propose de lui rendre tant la déclaration d’indépendance que la pipe en écume de mer (c’était lui qui l’avait aussi, il trouvait ça définitivement trop cool) en échange des fameuses lunettes 3D et de son aide pour trouver le trésor. Histoire de s’assurer la coopération de notre bonhomme, Ian a fait kidnapper son père, Chase et Riley et menace de les transformer en boîtes à trous pour tests de QI spécial militaire ("Voici des balles de différents calibres, il faut les mettre dans le trou correspondant. A toi de jouer mon petit.") si jamais notre héros s’avisait de faire le malin. Aidés du verso de la déclaration (oui parce que TOUT est au dos du même document, ils sont vraiment formidablement prudents ces templiers) et des lunettes multicolores, nos deux larrons ont vite fait de découvrir le dernier indice : il faut se rendre à Trinity Church, à l’angle de Broadway et de Wall Street et y trouver la tombe d’un franc-maçon cachant en réalité un passage secret menant sous l’église. On trouve dans ce passage quantités de torches prêtes à l’emploi (pour des templiers, ils étaient bien hospitaliers – ha, l’humour d’historien !), ainsi qu’un vieil escalier de bois à moitié vermoulu s’enfonçant dans les ténèbres d’un immense puits souterrain. Oui, tout est resté secret malgré les hordes d’ouvriers nécessaires à une telle construction allant et venant dans l’église, et qui en plus, pouvaient eux aussi parler du travail qu’ils avaient accompli.  Ils étaient sûrement très disciplinés.

Tout au fond du puit, la fine équipe tombe donc nez-à-nez avec un cul-de-sac ; nom d’une pipe ! Le trésor ! Il n’est plus là… Il y a simplement une vieille lanterne accrochée au plafond. Ian sent que Benjamin bluffe lorsqu’il dit que le trésor a disparu ; il menace donc de remonter sans les gentils via un petit ascenseur à poulies, seul moyen de se mouvoir verticalement depuis que l’escalier s’est effondré à cause du temps (oui, les francs-maçons avaient aussi prévu ça et fait installer de petits ascenseurs) si ces derniers n’avouent pas la vérité. Et ça marche : ils disent qu’en fait la salle comporte un indice : la lanterne, qui fait référence à un célèbre passage de la guerre d’indépendance dans la ville de Boston. Les méchants se contentent donc de dire "Merci !" avant de se barrer en abandonnant nos bons amis au fond de leur trou. Crotte de bique, faits comme des rats ! Ils meurent donc tous de faim et de soif, non sans avoir profité d’être trois mâles en rut autour d’une historienne blonde et sans défense en sachant que personne ne les retrouverait jamais.

Trois hommes, une femme, des torches et un cul-de-sac, tellement de possibilités

Vous êtes encore là ? Bon, d’accord, ce n’est pas vrai ; quelqu’un a voulu que ça se passe autrement et que Benjamin Gates explore d’autres cavités que celles du professeur Abigail Chase : en fait, les gentils ont bluffé : il n’y a rien à Boston, c’était pour se débarrasser de Ian et le faire partir. Le cul-de-sac n’en est pas un, il y a en fait sur l’un des murs un énooooooooooorme signe franc-maçon (qu’aucun vilain n’avait remarqué) couplé à un tiiiiiiiiitanesque bouton (là aussi qui avait échappé à toute investigation des vils brigands) dans lequel est découpé la forme de la pipe en écume de mer, que Ian leur a connement laissé : en emboîtant tout ça, la paroi bascule et mène à une nouvelle salle de plusieurs centaines de mètres carrés contenant…

… le trésor des templiers ! Statues égyptiennes en or, sarcophages précieux, étendards immémoriaux, parchemins de la bibliothèque d’Alexandrie… tout y est. Y compris une sortie de secours, qui ramène dans l’église (oui, car non contents d’avoir prévu des tonnes de choses, les franc-maçons avaient aussi prévu que leur premier escalier s’effondrerait, que les ascenseurs à poulies seraient inaccessibles et qu’il faudrait un troisième moyen de sortir, fabuleux). Une fois à l’air libre, Benjamin appelle donc l’agent Sadusky pour lui signaler sa découverte ; ce dernier rapplique à toute allure, et arbore fièrement une monstrueuse bague ornée d’un sceau franc-maçon (c’est marrant, je les croyais plus discrets). Il fait comprendre à Benjy qu’il connaissait déjà la légende du trésor, et qu’il travaillait à le protéger. Il félicite donc notre aventurier de sa fabuleuse découverte (Heu… non. Non, les francs-maçons voulaient le cacher, pas le découvrir. C’est même sur ce principe que tout le film tourne, non ? Alors pourquoi tu… ha, zut, j’avais dit que je me tairais). Cependant, Benjamin n’en a pas moins volé la déclaration d’indépendance, et doit donc aller en prison. Sûr ? Évidemment que non : il propose simplement à Sadusky d’arrêter Ian à sa place, en lui indiquant l’endroit où il se rend à Boston, et où il n’y a plus qu’à tendre une embuscade, chose qui marche à merveille.

Mais on ne fait pas de procès aux Etats-Unis ? Vous savez, ces passages rigolos dans un tribunal durant lequel les gens expliquent que "D’accord, Ian est un gros con, mais un gros con riche qui a de quoi se payer un avocat avec suffisamment de QI pour rappeler que le vrai voleur, c’est Benjamin Gates, et qu’il y a même des vidéos qui le prouvent, alors bon, autant son client peut se prendre une grosse amende pour avoir pénétré par effraction dans un musée, autant il n’a rien volé, lui, au moins.". Et bien apparemment : non.

Puisque Benjamin est désormais riche et célèbre, tout comme son pote Riley. On les découvre d’ailleurs tous deux en train de discuter du fait que Ben a été trop con, puisqu’il a refusé d’être dédommagé à hauteur de 10% de la valeur du trésor : "C’était trop". Trésor qui a été dispersé entre différents musées mondiaux. Notre Gates national explique que cependant, il a quand même eu en compensation une meuf, c’est-à-dire le professeur Chase qui est follement amoureuse et qui glousse comme une dinde quand elle entend dire qu’elle est un lot de consolation. Ca la rend follement heureuse.

Tant et si bien qu’une fois Riley parti, elle donne une carte à Benjamin. "Une carte qui mène à quoi ?"

"Hihihihi" répond t-elle en se mettant à courir avec un air semi-lubrique mais surtout idiot vers sa chambre. Et donc…

FIN

Le mot de la fin revient à grand-père Gates : "Souviens toi de la toupie javanaise !"

Oui alors en fait, je comprends mieux la passion de nos ancêtres pour le bûcher maintenant. Merci Benjamin Gates, tu m’as ouvert les yeux.

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