S’il y a bien un phénomène qui m’intrigue, c’est bien celui de la série Harry Potter, de J.K.Rowling (ouais, tant qu’à lancer un blog, autant attirer des âmes innocentes à grand coup de sujets ultra-populaires). Et comme il se doit, critiquons.

Pour celles et ceux qui auraient échappé aux aventures du plus magique de tous les adolescents boutonneux, je vous résume l’intrigue : Harry Potter, jeune orphelin, apprend un beau jour que hop, vas-y qu’en fait c’est un sorcier. Du coup, re-hop, il entre dans une école pour magiciens, c’est trop l’aventure. Sauf que le grand méchant qui a tué ses parents, Lord Voldemort (oui, il aurait pu s’appeler Jean-Jacques Petitefleur, mais non), veut le retrouver pour lui mettre sa misère, et plus si affinités.

Un type tout blanc et sans nez qui poursuit des enfants, ça ne vous rappelle rien ?

Un type tout blanc et sans nez qui poursuit des enfants, ça ne vous rappelle rien ?

Quelle aventure mes amis ! Tout au long des 7 ouvrages que compte la série, le trublion à lunettes va aller d’aventure en aventure, chaque ouvrage représentant une année scolaire. Du coup, le bonhomme vieillit tout autant. Les fans ajouteront qu’en plus, du coup, plus on avance dans la série, plus le style évolue, et devient de plus en plus adulte et sombre.  D’où les hordes d’adultes jeunes et moins jeunes qui lisent la bête ?

Et pourtant, bonnes gens. Quelle série ! En effet, Harry Potter est l’archétype du héros à qui on a envie de mettre des coups de chaises, tant il est navrant. Il faut dire qu’il est un peu con, le garçon. Tiens, je sais pas moi : dans chaque épisode, le méchant est toujours le même : Lord Voldemort  (n’insistez pas, il ne s’appellera pas Jean-Jacques, vraiment). Rappelons par ailleurs, que de l’aveu même de l’auteur, ce gros méchant est en fait une allégorie des nazis, faisant de la série le premier ouvrage qui atteint le point Godwin dès le premier épisode. C’est sûr que si le vilain avait été un poil plus subtil, ou pire, qu’il y eut plusieurs ennemis, c’eut été plus compliqué à comprendre. Mais là, non, on a dit juste un grand méchant, pour pas perdre le lecteur. Un peu comme les indices pas du tout cachés tout au long du livre : si jamais quelque chose est écrit, c’est forcément utile. Genre notre héros lit un article dans "The Magic Figaro" sur "Comment repousser un ours en rut avec un arrosoir et un paquet de fraises Tagada", paf 300 pages plus loin, v’la l’ours en rut qui déboule au moment où Harry (oui, je l’appelle par son prénom, on est intimes) faisait provision de fraises Tagada alors qu’il revenait d’arroser ses radis. Incroyable on vous dit.

Mais surtout, bon sang, pour un univers censé être de plus en plus adulte en évoluant avec l’âge du héros, quelle déception ! Non, jamais Harry Potter, bien qu’adolescent en chaleur, n’utilisera de sort de "Biactolum" sur ses points noirs. Jamais il ne fera de "Potion d’infravision à travers les fringues", et jamais un apprenti-magicien moche n’utilisera ses pouvoirs de polymorphe pour assouvir ses besoins hormonaux. Dans Harry Potter, on se contente de se faire des bisous, des câlins, le tout dans une ambiance qui ferait pâlir de plaisir Nadine de Rothschild. Mais où sont passés nos adolescents délurés ? A quand "Harry Potter et la chambre de la beuh" ? "Harry Potter et les reliques du repas de la veille" ? "Harry Potter et le Prince du Tuning" ? Ou encore le célèbre "Harry Potter et le Ghetto Blaster" ? Non, Harry Potter n’est définitivement pas un ado comme les autres. Et tous les personnages suivent la même voie. Ha si, Lord Voldemort n’hésite pas à faire du solex sans casque, mais bon, lui, il est méchant, donc il a le droit.

Enfin, surtout, Harry Potter, c’est quand même un univers où pour jeter un sort il suffit d’agiter sa baguette en braillant un mot en latin ou dans une quelconque langue plus très fraiche. Par exemple, si les méchants sont méchants, c’est parce qu’ils utilisent le sort qui tue instantanément, intitulé "Avada Kedavra". C’est pas très clair. Je vais donc m’appuyer sur un exemple concret.

Lord Voldemort sort du "Große Kanaille", une boîte de nuit à la mode chez les nazis (cf ci-dessus) située à proximité de Vesoul. Il est 3:00 du matin, la soirée a été riche en évènements et en bonbons roses, bref, il n’est pas frais. Et au moment où il se dirige vers son balai, il aperçoit un type bedonnant en train de se soulager contre sa monture. Lord Voldemort s’en va le sermonner, le ton monte, hop, Grand Méchant sort sa baguette magique, gueule "Avada Kedavra" et hop, voilà l’urineur malapris foudroyé instantanément. Lord Voldemort enfourche son balai et s’en va comme un prince. Il n’ira pas bien loin, puisqu’il sera flashé à la jumelle à hauteur de Charmoille par la gendarmerie nationale, et finira sa nuit en cellule de dégrisement (à Azkaban).

Trembles, Voldemort !

Tremble, Voldemort !

Bon, maintenant, vous imaginez les batailles qu’il peut y avoir entre mages, à grands coups de baguettes, d’incantations et tout le tatouin. Et bien, malgré le fait que tout se passe dans les années 90, à aucun moment, personne ne pense à prendre un flingue. Je sais pas moi, vous êtes, tenez, Harry Potter. Ce soir, vous avez prévu d’aller manger à McDo avec vos potes de classe. Mais bon, vous savez que là, dehors, il y a un peu un ouf’ de la baguette qui vous cherche pour vous refroidir. Vous emportez donc votre .44 Magnum (un mec qui peut se fournir en potions et baguettes magique doit quand même pouvoir se trouver ça). Et quand le terrible Voldemort se montre, et que comme tout bon méchant, il commence par jubiler en vous racontant sa vie (et sa garde à vue à la gendarmerie de Chamoille), vous n’avez qu’à vous saisir de votre arme. Là, il devrait commencer à dire "Avada…" et  logiquement, avant qu’il aie le temps de finir de prononcer la seconde syllabe, vous avez eu le temps de tirer deux ou trois fois. En plus, ça devrait pas mal le déconcentrer.  Vous avez déjà essayé de réviser vos déclinaisons latines en vous faisant tirer dessus ? C’est pas facile.

Vraiment, disons le tout net : si un jour, vous êtes projetés suite à une expérience ratée du Cern visant à observer le boson de Higgs, dans le monde magique de Harry Potter, trouvez une armurerie : vous partirez avec un avantage non-négligeable.

Harry Potter, c’est un peu ça : le style est excellent pour les d’jeun’z et les n’enfants , mais c’est pas avec ça que vous allez pouvoir être surpris niveau intrigue ou ton.

Vous me direz "Ho, vous dites ça (oui, vous me vouvoyez, c’est la moindre des choses), mais bon, comment vous êtes aussi calé sur le sujet ?" ; bah, en fait, je ne l’ai lu que pour parvenir à mes fins quand je souhaite aborder une jeune ingénue.

Merci, bonsoir.