Voici venir la dernière semaine avant Noël.

Voyez comme les rues sont emplies d’enfants aux joues rougies par le froid, leurs visages ronds s’arrêtant en de grands rires devant les vitrines illuminées ;  entendez ces doux chants qui montent à vos oreilles : Mozart, Bach, René la Taupe… tous les plus talentueux artistes s’invitent sur nos trottoirs. Ah, ça, oui ! Pas de doute : il est temps de presser le pas pour aller quérir les présents qui feront le bonheur des petits, mais aussi des grands.

Cependant, comme chaque année, il est bien difficile de trouver de bonnes idées pour surprendre son prochain et tirer de lui un si doux sourire lorsque, au pied du sapin, il trouvera l’inattendu, l’attentionné, l’excellent cadeau que vous lui aurez fait. Heureusement, sur ce blog, et en cette période de Noël, le maître des lieux s’en voudrait de ne pas mettre la main à la pâte pour aider les indécis à trouver leurs ultimes cadeaux. Aussi, permettez-moi de vous présenter une brève liste d’idées qui pourront, je l’espère, vous aider.

Vous avez votre bloc-notes à proximité ? Alors allons-y.

Le Chihuaha

Attention, un seul de ces deux petits animaux a appris la propreté. Concentrez-vous.

Vos amis rêvaient d’un chien ? Offrez leur un chihuahua.

Un choix judicieux, sachez-le, tant il faut savoir que le chihuahua est dans le top 10 des animaux les plus cons du globe, juste en dessous de l’huître et du présentateur télé. Minuscule et tremblotant en permanence probablement puisque la coordination de ses quatre pattes demande déjà un effort monstrueux à son cerveau, le chihuahua a l’avantage de se dissimuler facilement dans une boîte à chaussure, ce qui est fort pratique pour l’offrir. Certes, il faut penser à faire des trous pour laisser la bête respirer, mais quand bien même, il faut au moins une semaine aux heureux destinataires du cadeau pour s’apercevoir que l’animal est mort, tant d’un point de vue tant intellectuel qu’olfactif, ça ne fait pas de grande différence avec son équivalent vivant. En général, ce qui met sur la piste, c’est qu’il n’a pas déféqué sur le tapis. Notons d’ailleurs que le chihuahua est le seul animal avec le yorkshire capable de produire des étrons plus gros que son propre corps, ce qui laisse supposer que son anus est une sorte de porte des étoiles, mais là n’est pas le sujet.

Non, en offrant un chihuahua, vous avez la garantie que non seulement par la suite, vos amis n’oseront jamais critiquer vos cadeaux puisqu’ils l’auront demandé, mais que par ailleurs, quoique vous offriez derrière, vous ne pourrez jamais faire pire que ce truc. Alors n’hésitez pas : pour Noël, faites leur payer le fait qu’ils demandent à se faire offrir un chien en les condamnant à vivre en colocation avec un chihuahua.

La culotte Edward

On attend avec impatience la version Jacob, pour créer une sorte de mise en abyme slipesque.

Vous avez dans votre entourage une jeune fille qui se transforme littéralement en flaque à la simple évocation du sieur Patachon, ou qui semble même excitée à la vue d’une choucroute ? Aucun doute possible : vous avez là l’occasion en or de faire un cadeau qui fera se joindre l’utile à l’agréable. Grâce à la culotte Edward (mais si, si), non seulement la bougresse n’aura jamais été aussi proche du vampire de ses rêves, mais par ailleurs, ses parents vous remercieront d’ainsi protéger la virginité de leur fille, car on imagine bien le pauvre bougre qui, après avoir séduit la bougresse, découvrira en face de lui le regard du Edward grognon.

Logiquement, il s’effondrera, littéralement pris de convulsions, et lorsqu’il sortira du coma, se contentera d’entrer au monastère en essayant d’oublier l’horreur à laquelle il a fait face. Chaque nuit, il cauchemardera de la vision d’horreur du gros Edward chevelu qui semblait lui reprocher sa tentative d’accouplement. Un sort terrible.

D’ailleurs, tant qu’à rentabiliser l’investissement, n’oubliez pas : à chaque fois que la jeune fille en question viendra chez vous avec ses parents par la suite, ne cuisinez que du chou. Non seulement la belle y verra une allusion à son idole, mais par ailleurs, vous pourrez savourer intérieurement le triste destin auquel vous condamnez le pauvre Edward dans les heures qui suivront.

J’attends avec impatience l’édition Gandalf avec la sortie du Hobbit, intitulée "None shall pass" ou quelque chose dans le genre.

Le DVD de Prométhéus

Rappelons qu’une suite est prévue : voilà encore un Noël de prêt.

Vous avez tous un ami relou (mais si, vous le savez mais évitez simplement de lui dire par courtoisie, bande de petits filous) qui lorsqu’il apprécie un film, ne tolère aucune critique à son égard, voire le qualifie instantanément de chef d’oeuvre pour se donner des airs d’érudit. Non parce qu’il ne peut pas simplement aimer un film : il l’a forcément compris, et y a vu tellement de choses que c’en est à se demander s’il va au cinéma sous acide, ce que, cela dit, je ne peux personnellement guère condamner dans bien des cas.

Avec Prométhéus, vous êtes sûr de lui faire plaisir : 100% des scènes ratées ou incohérentes, un côté supra-pompeux et une licence considérée comme mythique pour nombre des actuels gros consommateurs de cinéma et de séries… vous ne pourriez lui faire plus beau présent. n’hésitez pas, par la suite, à passer le repas de Noël à ses côtés pour l’écouter tenter d’inventer des sparadraps au scénario en extrapolant sur "ce qu’il n’y a pas dans le film mais qu’il faut comprendre en fait, tu vois". Si vous ne l’aimez vraiment pas, contentez vous simplement de lui lister toutes les incohérences, et regardez son cerveau se liquéfier tranquillement pour aller rejoindre le jus des huîtres.

Si vous ne savez pas à qui l’offrir, contentez-vous de trouver un ami qui a les DVD de 24. S’ils trouvaient les rebondissements de cette série crédible : c’est bon, c’est un client.

Bilbo le Hobbit

Le livre qui se termine plus vite qu’un seul des films

Si la précédente idée cadeau ne vous a pas suffi et que vous voulez quelque chose qui crée des débats encore plus casse-gueule, n’hésitez pas à offrir Bilbo le Hobbit à un fan.

Pas le film, hein, il n’est disponible qu’en salle et je sais que vous ne téléchargez jamais car vous êtes d’honnêtes citoyens. Non, je vous parle du livre, celui avec marqué dessus "Maintenant au cinéma" parce que c’est le livre du film du livre, tout ça tout ça. Après l’avoir offert, de préférence à un fan, même s’il l’a déjà lu, vous avez là non seulement une occasion de lui faire plaisir, mais aussi de disserter avec lui du sens de la vie, puisque vous pourrez alors aborder avec la cible du présent des questions aussi existentielles que "Mais dis-moi, tu n’as pas l’impression que l’on se fout un peu de ta gueule à faire 3 films à partir d’un livre qui à lui seul était deux fois plus petit qu’un seule tome du Seigneur des Anneaux ?" , "Es-tu vraiment certain qu’il faille complètement adapter un livre au cinéma ? Du genre, lorsque des nains font la vaisselle sur trois lignes dans un livre, est-ce que tu n’as pas là encore l’impression qu’en faire une scène entière, c’est juste pour rallonger la sauce et te faire payer plusieurs places au lieu d’une ?" "D’ailleurs, as-tu remarqué comme, ces deux dernières années, tous les livres ont subitement tous eu besoin de deux films pour être adapté au lieu d’un ?" "Peux-tu poser cette bûche pendant que je te parle ?".

Logiquement, la soirée devrait rapidement tourner au pugilat, ce qui mettra un peu de piment dans une fête habituellement trop calme.

Ce qui sera toujours plus intéressant que le film, donc.

Un masque de Guy Fawkes

Le masque est aussi très utile pour cacher l’acné de quantité de ses porteurs

Si vous hésitez, regardez bien sur Facebook : vous avez forcément un ami qui signe n’hésite pas à militer vigoureusement dans des groupes comme "Pour ceux qui sont contre le cancer", "Tous unis contre la torture" et plus discrètement administrateur de la page "Télécharger du p0rn gratos : les bonnes adresses". E-militant qui ne fout pas un pied dans la rue parce qu’il fait froid, pas un dans les partis parce qu’ils sont tous corrompus, et pas un dans les associations parce qu’il n’a pas le temps après 18h, il combat vigoureusement l’impérialisme depuis Facebook ou Twitter, et s’offusque publiquement contre l’inaction des masses dont il ne fait évidemment pas partie, puisqu’il soutient des groupes sur internet. Censeur des censeurs, bourreau des bourreaux mais à condition de pouvoir le faire depuis chez lui entre deux épisodes de Dexter, il saura apprécier ce présent qui lui rappellera toute sa condition d’activiste 2.0. Il passera alors la soirée de Noël à vous expliquer comment il lutte contre le capitalisme grâce à ce symbole, puis s’en retournera préparer la Révolution depuis son iMac.

Bref, de grands moments en perspective.

Voilà, n’hésitez pas à en combiner plusieurs pour gâter vos petits préférés, et surtout, n’oubliez pas de prendre des photos.

C’est qu’un type en slip Edward avec un masque de Guy Fawkes, ce serait quand même bête de le manquer.

"Patron, patron !"

La porte du bureau provoqua un bruit de tous les diables en claquant contre le mur, manquant de peu de renverser un tableau de maître situé non loin ; sous le cadre malmené apparut la silhouette gracile de Ludivine, ma nouvelle secrétaire, tentant péniblement de reprendre son souffle alors qu’elle venait semble t-il de se ruer jusqu’à ce point dans une course de tous les diables en laquelle ses talons hauts ne l’avaient guère aidée. Jetant un oeil par-dessus l’écran de mon ordinateur, je lui fis comprendre d’un simple mouvement de sourcil que je n’appréciais guère d’être dérangé d’aussi bruyante manière.

"Patron, on a un problème !
- Que se passe t-il ? Encore une visite de l’inspection du travail ? Dites leur que nous n’avons jamais vu le dernier inspecteur et assurez-vous que l’accès au potager soit bien fermé.
- Ho non ! C’est bien pire Monsieur Connard ! Ce sont les stagiaires !
- Et bien, quoi, les stagiaires ?
- Elles, elles… (car oui, mes stagiaires sont par un curieux hasard de jeunes filles nubiles. C’est fou, tout de même)
- Ecoutez, je suis très occupé, alors soyez prompte !
- Elles sont devenues comme folles et ne poursuivent plus le travail ; elles exigent qu’on les laisse sortir !"

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Il y eut un long et pesant silence, durant lequel Ludivine se sentit mal à l’aise face au regard inquisiteur de son supérieur.

"Voilà autre chose. Vous avez suivi la procédure en cas de stagiaires revendicatifs ?
- Oui, les ressources humaines sont déjà en train d’utiliser le canon à eau, mais elles ne se calment pas.
- Très bien, je vois qu’il faut tout faire soi-même ici. Allez me faire chauffer un thé, et chargez mon flashball. 
- Bien Monsieur, tout de suite Monsieur."

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Alors que Ludivine s’éloignait au petit trot en direction de son bureau, je sortis du mien afin de me diriger vers la cave d’où sortaient effectivement des cris aussi stridents que nombreux. Au bout du couloir obscur qui s’enfonçait dans les entrailles de l’entreprise, de l’autre côté d’une grille aux barreaux entamés par des générations de dents encore jeunes et fringantes puisque fraîchement libres après des années d’orthodontie, des hordes de stagiaires se débattaient, hurlant alors que le canon à eau déversait des flots d’eau glaciale sur leurs corps pâles.

"C’est bon Mauricet, faites couper l’arrivée de la fontaine à eau."

Le gros type au visage suintant qui maniait la lance s’empressa se s’exécuter, non sans avoir balayé une dernière fois de son jet le mur contre lequel les stagiaires s’étaient regroupées en grognant, derrière le simili open-space ravagé qui avait été, quelques heures plus tôt, leur poste de travail. Je m’approchais donc de la grille, restant à bonne distance pour éviter une tentative de griffure au travers des barreaux ; de toute manière, Ludivine m’apporta mon flashball dans les instants qui suivirent, ainsi qu’un thé ; de tels ustensiles dans chaque main, cela vous pose son homme.

"Stagiaires, qui est votre chef ?"

Il y eut un long grognement, alors que de la masse des corps agglutinés et détrempés sortait une créature aux longs cheveux bruns qui lui collaient au visage, se dirigeant vers la grille en jetant un regard noir aux cadres de l’autre côté des barreaux. J’en profitais pour prendre une gorgée de thé.

"C’est moi. Je m’appelle Ch…
- Tatata ! Tu n’as pas de nom, vile créature ! Ni nom, ni âme, ni même salaire, il ne faut pas déconner. Vous autres stagiaires êtes comme les schtroumpfs : vous n’avez pas de noms humains. Tu seras donc "Stagiaire Chef"" pour les besoins de cette négociation."
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La bougresse ouvrit la bouche en signe d’indignation, mais fut coupée par l’une de ses comparses derrière elle.

"C’est dégueulasse ! Laissez-nous sortir !
- Tais-toi, Stagiaire Renfrognée, ou je te martèle le museau au flashball. Bon, alors, pourquoi tout ce charivari les filles ? 
- Il faut nous laisser sortir ! – Reprit Stagiaire Chef en rabattant une masse de cheveux humides derrière elle
- Pourquoi aujourd’hui ?"

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Un murmure parcourut les jeunes filles accolées au mur, alors qu’elles hésitaient.

"Parce que… parce qu’on a un truc à faire. C’est important. – avoua en rougissant la représentante du groupe
- Et c’est ça qui vous met dans des états pareils ? Ce doit être… ce doit être…"

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Sur le mur, j’aperçus soudain un calendrier à demi-humidifié sur lequel apparaissait un curieux personnage choucrouté ; en dessous de lui, la date du 16 novembre avait été entourée en rouge, et je crus même deviner des coeurs dessinés autour de l’endroit. Je compris alors l’ampleur de la tragédie qui paralysait mes fières troupes.

"Diantre ! Vous… vous êtes dans cet état parce que c’est aujourd’hui que sort Twilight 4 !"

Il y eut un rugissement de plaisir suivi de hurlements hystériques alors que toutes les donzelles se mettaient à nouveau en branle, s’agitant en tous sens en criant ici le nom d’Edward, là celui de Jacob. L’une d’entre elles cria le mien avec la même euphorie, mais c’était bien normal : tout bon patron met toujours une taupe chez les stagiaires. Je fis signe à Mauricet de remettre un coup de canon à eau dans le tas, ce qui calma aussitôt les ardeurs de la petite troupe, et révéla, une fois encore, que cette arme était à la fois un merveilleux outil anti-émeute et un incroyable atout pour les amateurs de t-shirts mouillés.

"Je vais vous calmer, moi, viles gourgandines ; mais comme je suis bon, je ne vais pas me contenter de vous passer à la gégène jusqu’à ce que vous retourniez au travail, non : je vais profiter de l’évènement pour faire le tour des goodies de la licence…
- Moi, j’aimais la licence avant qu’elle ne soit populaire.
- … qui sont sortis ces dernier temps, et qui vont me permettre d’acheter votre obéissance inconditionnelle à vil prix. Et je ne parle pas des livres, hein.
- Moi, j’ai lu les livres avant qu’ils ne soient connus."

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Sur un signe de son supérieur, Mauricet renvoya une giclée d’eau sur la stagiaire qui osait ainsi interrompre son généreux employeur, et la jeune fille s’effondra en reculant, ses immondes et énormes lunettes tombant au sol dans la confusion.

"Je m’en fous, j’étais déjà mouillée.
- Sûrement l’effet Robert Pattison, Stagiaire Hipster ! Et maintenant, il suffit : étudions tous ces merveilleux produits qui iront bientôt décorer votre open-space en cave close pourvu que vous me foutiez la paix ! En route !"
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Chaque nouveau film Twilight est en effet l’occasion d’une invasion de nouveaux produits dérivés, tous plus, disons, "curieux" les uns que les autres. Or, comme chacun sait, calmer des fans de Twilight est toujours un moment difficile : les bougres sont diablement retords, et il faut mille et une ruse pour parvenir à les pacifier sans avoir recours directement à une arme à feu (ce qui est parfois mal vu, allez savoir pourquoi, alors que bon, sérieusement, se servait-elle vraiment de cette rotule ?) le temps de les faire patienter avant de les envoyer voir le film.

Du coup, en attendant le spoiler, jetons nous aussi un oeil chez les experts du cru, par exemple, par ici.

Pour commencer, quoi de mieux qu’un poster ?

Cet outil étonnant qui décore à merveille les chambres d’ados et finit par pendre lamentablement après avoir été percé mille fois de punaises pour tenter de le coller au mur n’a pas fini de se vendre, à l’instar de tout ce qui est moche et que les gens considèrent comme de la déco (comme par exemple, l’émission D&CO, dont vous ne voudriez même pas de poster, alors qu’il se trouve carrément des gens pour leur confier leur maison).

Ainsi, nul doute que votre amie fan de la saga tombera folle amoureuse de vous lorsque vous lui offrirez ce splendide poster "Edward pose une pèche"

Voilà qui explique avec quoi notre fripon colle sa choucroute capillaire

Disponible à moins de 8€, ce formidable atout de décoration intérieure fera la joie des petits et des grands, qui s’amuseront follement de l’originalité de la chose, tant l’imagerie habituelle n’aborde que généralement peu les questions gastriques des morts-vivants. Votre ado fan de Twilight sera heureuse de s’endormir chaque soir sous le regard bienveillant – quoique visiblement constipé – d’Edward, son amour secret (mais affiché au mur), aussi, il serait bien inconvenant de lui refuser pareil présent.

Cependant, il est fort probable que la fan s’exclame "Ah ! Voici que mes amies se moquent de moi à l’école, car je ne puis rivaliser avec elles sur place afin de montrer que c’est moi la plus grande fan de la saga de Stephenie Meyer ; vite ! Que l’on convoque le portefeuille familial ! Il me faut un nouveau produit dérivé auquel elles ne s’attendent pas !" (j’exagère peut-être un peu ; la VO devrait plutôt ressembler à "P’paaaaa, M’maaaaan, alleeeeeeeeeeeez Cindy en a uuuuuuuuuuuuuuuun ! De toute façon, vous m’aimez pas ! Je vais dans ma chambre, et pis après, je vais me tuer je s’rai morte et ce s’ra bien fait car vous serez triste ! Bouhouhouhou !")

Soit ! Le poster d’un vampire en inconfortable position ne suffit pas ? Il y a évidemment bien mieux à disposition !

Le t-shirt Esme, par exemple. Oui, c’est le nom d’un personnage, pas un toussotement ; mais dans ce film connu pour ses bruits de gorge, de langue et autres sons corporels divers, rien d’étonnant. Voici donc la bête :

Quand le bon goût rencontre le merchandising, ça donne ça

Fabuleux, n’est-ce pas ? Conçu par les plus grands experts en conjonctivite, ce fabuleux présent rendra la fan de Twilight heureuse (oui, curieusement, il n’existe pas pour les hommes : c’est étonnant), et ce pour moins de 13€! La damoiselle portant pareil atour pourra ainsi se vanter auprès de ses amies d’assumer parfaitement son amour de ce personnage central de la saga, et rendre ses comparses folles de jalousie en leur montrant qu’elle n’a pas choisi le classique "Edward" ou "Bella". Et pourra provoquer des geysers de sang dans les canaux lacrymaux d’autrui à volonté, ce qui est quand même un grand pouvoir.

Attention cependant : n’oubliez pas que si vous avez de la poitrine, mesdemoiselles, vous déformerez la pauvre Esmée, qui du coup se retrouvera avec une tête plus proche de celle de Grichka Bogdanov que d’Elizabeth Reaser. Terrible destin que de ne pouvoir porter pareil chef d’oeuvre.

Par contre, parents attentifs qui rechignez, n’oubliez pas : avec un tel t-shirt, vous protégez la virginité de votre fille au moins jusqu’à ses 18 ans. Soyez pragmatiques : c’est moins cher que le couvent et c’est votre enfant qui le réclame, alors pourquoi se priver de pareille garantie de chasteté ?

Economies toujours, à vous les joies de ne pas avoir à financer les alliances pour le mariage de vos enfants, car voici venir le modèle Twilight !

Notez les inscriptions "Lamb" (agneau) et "Lion" (je vous laisse deviner) qui permettent de définir une relation de soumission officialisée dans le couple, c'est beau

Si les légendes nordiques disent que les nains étaient de fameux artisans, on en déduira à la beauté de pareils anneaux que les vikings auraient supposés en les voyant qu’ils étaient l’oeuvre de Golgoths gros comme des montagnes et travaillant à la moufle. Avec un si bel anneau à votre doigt, gravé "Lamb" ou "Lion" selon que ce soit vous ou non le patron dans cette relation (il est bon de rappeler à votre esclave sexuel son statut toute la journée et ce à chaque fois qu’il aura sa main dans son champ de vision), vous pourrez briller en société ; attention cependant, il a été observé que dans certaines situations, la personne à qui est destinée le deuxième anneau ne semble pas en vouloir, le qualifiant sous le terme technique de "sombre merde", et disparaissant dans un nuage de fumée à chaque fois que l’on tente de lui passer la bague au doigt (chose que je fais moi-même, sauf qu’en général, la fumée en question contient du zyklon, histoire d’atténuer au maximum les chances de poursuite).

Pour moins de 20€, vous pourrez ainsi permettre à deux âmes de s’unir pour l’éternité autour d’un cadeau à la fois symbolique et original, qui peut aussi servir de marqueur pour une éventuelle rafle un peu plus tard.  D’ailleurs, si jamais l’une des victimes s’exclamait "Ah non, il est moche cet anneau, je n’en veux pas !", n’hésitez pas à changer votre fusil d’épaule et à proposer une autre bague d’un goût exquis :

La bague de fiançailles officielle de Bella !

Une autre manière de dire "Je n'ai aucun goût" à sa moitié

A près de 33€, voici qui encombrera la main de votre douce et tendre à l’aide de près d’un kilo de.. de… matière non identifiée ; évidemment, les plus filous me diront "Ah, mais attendez, j’ai mon honneur, jamais je n’achèterais pareille horreur en signe de mon amour", mais c’est bien là la preuve qu’ils n’ont aucun sens pratique ; souvenez-vous, dans Twilight, Edward, le vampire lobotomisé a recours a bien des méthodes absurdes, comme par exemple :

- Saboter le véhicule de sa douce pour l’empêcher d’aller voir ses amis

- Lui expliquer qu’elle ne doit plus voir sa famille, que la seule chose qui importe, c’est lui

- Lui défoncer la gueule au motif que "c’est pour son bien " (mais si, souvenez-vous, il y a une scène dans laquelle un vampire Cullen fonce sur Bella par soif de sang, et pour la mettre à l’abri, Edward lui met son poing dans la margoulette histoire de l’envoyer voler 5 mètres plus loin, "à l’abri")

- Venir se planquer dans la chambre de sa pas-encore-copine la nuit pour la regarder dormir un air de psychopathe sur le visage

Dans la vraie vie des vrais gens, la damoiselle ainsi courtisée ferait promptement appel à la maréchaussée pour s’occuper du malotru, et ni une, ni deux, Edward se retrouverait tabassé à coups de bottin dans une cellule qui sent l’urine jusqu’à ce qu’enfin Monsieur le juge l’informe que s’il approche encore à moins de 500 mètres de Bella, on retrouvera son corps meurtri sous les roues d’un car de CRS.

Mais pas dans Twilight. Dans Twilight, la donzelle fait juste "Ho, tu es tellement formidable, Edward !" ; alors pensez à tout ce que vous pourrez faire avec un pareil ustensile que la bague-officielle-symbole-d’amour : vous lui défoncez sa twingo parce qu’elle veut voir ses amis ? "Non mais en fait, je fais ça parce que je t’aime, comme dans Twilight : tiens, je te donne cette bague en guise de mon amour". Vous la menottez au radiateur pour l’empêcher d’appeler sa famille (ou le GIGN, sait-on jamais) ? La même chose ! Vous passerez aussitôt du statut de preneur d’otage à celui d’amour parfait, par la magie du syndrome de Twilight, qui bat quand même Stockholm à plates coutures. Evidemment, cette technique s’applique donc aussi aux deux autres situations précédemment évoquées, du genre si vous lui brisez la mâchoire contre la porcelaine des WC parce qu’elle a parlé à quelqu’un d’autre que vous sans autorisation, ou si vous êtes surpris tout nu dans sa chambre à 3h du matin alors qu’elle n’est pas vraiment consentante.

"Je suis pas une ordure, je fais juste comme dans Twilight" permet donc de faire gober n’importe quoi aux fans, et pour ça, nous pouvons remercier quotidiennement Stephenie Meyer pour l’ensemble de son oeuvre. Merci, Madame.

Tout est d’ailleurs prévu : si votre douce a été trop malmenée, aucun soucis ! Quoi de mieux que des vampires pour empêcher le sang de couler des plaies ouvertes ? Voici donc… les pansements Twilight !

Les pansements Twilight, c'est trop dark

A vous, les joies de porter sur votre corps meurtri les objets publicitaires que voici, qui vous permettront de dire que même dans les instants les plus douloureux, toutes vos pensées vont vers cet univers sombre et sensuel à base de vampires niais, de loups-garous niais, et de niaises-niaises (mais qui hésitent sur l’équipe de niais à rejoindre, tant il est vrai que le choix est difficile).

C’est un peu moins classe que des pansements "Le silence des agneaux", mais bon, on fait avec ce que l’on peut. Par ailleurs, cela permet de faire de bien beaux calembours, puisque toutes les pensées des aficionados sont tournées vers l’objet, et non, vers la blessure :

"Ho Seigneur ! Vous m’avez tranché la jugulaire ! A moi, à l’ai…
- Attendez, je vais vous mettre un pansement Twilight.
- Ça alors ! Un pansement Twilight, je ne pensais même pas que ça existait !
- Si si ; allez, choisissez, vous préférez lequel ?
- Je vais prendre celui qui… qui… je… je ne me sens pas… aaah…aaaargh."

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Simple et efficace.

Cela dit, vous vous moquez, mais vous savez, les blessures sont courantes entre fans de Twilight ; c’est un univers relativement violent, avec ses propres conflits, avec d’un côté les amoureuses de Jacob, et de l’autre celles d’Edward, chaque camp défendant son champion devant l’autre, quitte parfois à en venir aux mains (même si ça reste du combat d’écolière, comprendre par là "se taper très très vite sur les mains en poussant de petits cris").

C’est pourquoi, comme dans tous conflits, l’armement se développe en conséquence, et voici qu’afin de semer le trouble jusque derrière les lignes ennemies, les spécialistes ont développé un sac réversible permettant de se faire passer pour un fan de Jacob ou d’Edward selon les situations (par contre il ne permet pas de passer pour un fan de Kant, c’est quand même bien dommage). Voyez plutôt :

D'un côté, c'est laid...

Le génie militaire n’a donc aucune limite, quel audace que ce camouflage ; on attend avec impatience les opérations de propagande, visant à crier en pleine réunion chez l’ennemi "Edward est un con" ou "Jacob, dans ta réserve ou on va te filer des couvertures avec la variole !" ; une méthode plus simple consiste à remplir le sac d’explosif et à se faire sauter au milieu d’une permanence supportant l’un ou l’autre des camps (comprendre un salon de coiffure pour le premier et un salon de toilettage pour le second).

Tout cela est bien affreux ; heureusement, parfois, les trêves existent, et c’est donc l’occasion de se retrouver autour d’un bon goûter. Nous avions déjà vu un modèle de "lunch-box" dans un précédent article, mais voici qu’un nouveau est désormais disponible : après "Pourquoi veux-tu tellement perdre ton âme" écrit sur la boîte à BN, voici…

"You're not the first monster I've met", écrit en gros sur là où l'on cache ses barquettes à la fraise, c'est tellement adapté

A l’heure du goûter, qui va pouvoir impressionner son monde, une fois encore, avec en plus, le thermos intégré ? La fan qui recevra pareil présent risque d’en pleurer d’en bonheur, tant la chose est superbe, avec ses loups, nobles animaux s’il en est, représentés ici ou là aux côtés de divers acteurs du film (mais toujours pas Kirsten Prout, qui manque vraiment à la saga depuis son passage éclair et serait sûrement la reine des cours de récré).

Evidemment, si jamais quelqu’un agitait pareil chose sous votre nez, la bonne réplique serait "You’re not the first shitty thing I’ve met", mais il est fort probable que la chose passe loin au-dessus de l’esprit de votre victime, qui ne comprend pas grand chose à l’anglais de manière générale. Mais que cela ne vous empêche pas de faire le calembour pour autant, hein.

Bref : en un mot comme en cent, avec tout cela, vous voici parés ; à défaut de trouver une place dans la prochaine séance pour vous émerveiller devant le dernier Twilight (en deux parties, comme Harry Potter, mais c’est juste pour respecter le livre, hein, rien à voir avec une histoire de pognon, petits blasés), vous pourrez patienter – ou faire patienter les fans de votre connaissance –  à l’aide de ces fabuleux objets qui, tout de même, devraient apparaître en photo dans le dictionnaire juste en-dessous du mot "qualité".

Pour ma part, je crois qu’en attendant de spoiler la bête, ce qui devrait arriver prochainement, je vais déjà essayer de tenir en m’achetant une discrète paire de chaussettes. C’est dur d’être accro aux bonnes choses.

_______________________________________________

Ludivine entra dans le bureau sur la pointe des pieds, contrastant terriblement avec sa précédente entrée dans l’endroit suite aux évènements de la matinée ; elle se dirigea jusqu’au poste de son patron, et y récupéra la tasse de thé désormais vide avant de s’éclipser par l’endroit où elle était venue, prenant grand soin de mêler aussi bien qu’elle le pouvait vitesse et silence dans son pas. Alors qu’elle s’apprêtait à refermer la porte derrière elle d’un mouvement souple qui fit virevolter sa jupe de fonction, elle entendit qu’on s’adressait à elle depuis l’intérieur.

"Les stagiaires sont au travail ?
- Oui Monsieur Connard. On leur a distribué les objets pour les faire patienter, elles se sont remises à leurs postes. Elles se sont un peu battues pour le poster, mais les pansements ont permis que tout cela se termine relativement bien.
- Parfait.
- Ho, et pour la stagiaire qui nous a averti du début d’émeute en envoyant une lettre de dénonciation, que dois-je faire ?
- Récompensez-là en tickets restaurants.
- Oui mais les autres risquent de comprendre que c’est une agent à vous s’ils me voient lui remettre 30 tickets sans raison, et ils connaîtront son identité.
- Ah, ce serait bien malheureux, j’ai encore besoin d’elle. Faites la venir dans mon bureau.
- C’est-à-dire que… laquelle est-ce ?"

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Ludivine attendit paisiblement les instructions, s’étonnant du soudain silence de son employeur qui sourit de toutes ses dents.

Quelques instants plus tard, la secrétaire se présentait devant la grille de l’open-space souterrain, observant les jeunes filles couvertes d’immondes pansements noirâtres travailler un sourire aux lèvres. Elle hésita à lire le petit mot qu’on lui avait demandé de prononcer, et toussota quelque peu avant de se lancer…

"Stagiaire… heu..."

Il y eut une brève hésitation, et puis elle enchaîna aussi vite qu’elle put

"Stagiaire 95F, vous êtes demandée dans le bureau de Monsieur Connard !"

Une jeune fille aux courbes l’ayant empêché de porter un certain t-shirt se leva et commença à se diriger vers Ludivine. Du fond de la salle, on entendit un vague grognement :

"Moi aussi, je suis passé dans le bureau, et bien avant elle !"

Et Stagiaire Hipster se remit au travail, se souvenant en rougissant de comment elle avait obtenu cet emploi.

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