« Bon les gars, j’ai une super idée pour mon prochain film.« 

Un bruit de cuir accueille la nouvelle alors que tous les collaborateurs de Luc Besson s’enfoncent peu à peu dans leurs sièges. L’un d’entre eux tente même de passer sous la table, mais il est aussitôt accueilli par un « occupé ! » lancé par d’autres ayant été plus rapides que lui. Il se redresse péniblement et timidement, demande :

« C’est… qu’est-ce que c’est ? 
- Un truc qu’on n’a jamais fait !
- Un bon film ?
- Berthier : dehors ! J’en ai assez des moqueries ! »

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Luc Besson tourne dans la pièce sous le regard inquiet de ses assistants, et les sourcils froncés, finit par marteler du poing la vaste table.

« Je ne suis pas n’importe qui ! On se moque, mais hein, Léon, c’est qui ? Et Nikita ? Et le Grand Bleu ? 
- Ça a plus de 20 ans, chef. Un peu comme quand vous dites aux gens que Jean-Marie Bigard ne fait pas que des blagues de cul parce qu’il y a le sketch de la chauve-souris. Ça remonte et ça fait peu comparé au… au reste.
- Justement Lanbert ! C’est là que mon idée touche au génie ! Je vais renouer avec le grand cinéma ! Avec les sujets complexes ! Je vais consacrer mon prochain film a un sujet particulièrement difficile et profond… »

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Un grand silence flotte dans la salle, jusqu’à ce qu’enfin, Luc Besson lâche :

« L’intelligence ! »

La suite, personne ne la connait. Certains prétendent que c’est ce qui aurait provoqué cette série de mystérieuses crises de fou rire ayant conduit à la mort d’une partie des assistants de Luc Besson. D’autres se demandent encore comment des journalistes ont pu reprendre noir sur blanc le communiqué de presse disant que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau, provoquant d’autres morts par pendaisons dans le milieu scientifique. Tout ce que l’on sait, c’est que le résultat se nomme Lucy, et que oui, Luc Besson oblige, on y trouve des chinois, des courses poursuites, des messieurs qui jurent de protéger des mesdames et autres subtilités.

Alors, bouse ou précis de philosophie (ce qui dans les deux cas, fera les beaux jours de bien des forums 2.0) ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : « On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Le scénariste était à 0,7% »

Notre film débute il y a bien longtemps, ce qui est décidément très à la mode, du côté de l’Afrique ou une Australopithèque est en train de boire un coup. La voix off de Scarlett Johansson se lance alors dans le début de ce qui va être de la philosophie de collégienne fan de One Direction à savoir « Il y a ouat’mille années, on nous a donné la vie… et voyez ce que nous en avons fait ! » et s’ensuivent alors toute une série d’images d’urbanisation galopante, de pollution, de bébés animaux tristes et tout ce que vous voulez et qui aurait sa place dans un Powerpoint moralisateur de Gégé de la compta.

L’occasion de parler tout de suite de ce phénomène : tout le film, Luc Besson, qui a probablement racheté une banque d’images à pas cher, balance quasiment une fois par scène des images de la savane, de ch’tites nenfants qui naissent ou de cellules qui se divisent pour illustrer soit le discours d’un personnage, soit la situation d’un autre. Et toutes les 2 minutes, ça donne surtout envie d’envoyer à Luc Besson des images de chatons qui se noient, de castings de Télé-Réalité et bien évidemment, de diarrhées explosives.

Cela étant dit, allons dans le présent pour retrouver, à Taiwan, deux Américains occupés à discuter devant un hôtel de luxe de Taipei. L’occasion de débuter avec un dialogue particulièrement notable, dont je vais tenter de vous synthétiser la qualité.

« Salut Lucy ! C’est moi Richard ! Dis, tu voudrais pas entrer dans ce building et donner cette valise mystérieuse que j’ai à la main à un certain Monsieur Jang ?
- Non.
- Allez !
- Non.
- Steuplé !
- Non, je dois rentrer chez moi étudier.
- Tu veux vraiment pas y aller ?
- J’ai pas envie.
- Mais ce serait sympa.
- Oui, mais non.
- Allez, vas-y, steupléééé.
- Non.
- Tu me fais confiance hein ? Alors, allez !
- Non.
- Non mais vraiment, tu veux pas ?
- Non, je veux pas. »

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Vous trouvez ça chiant ? Ben ce n’est que le début, parce que ça continue longtemps. Très longtemps.

« Mais allez, steuplé Lucy, tu veux pas y aller ?
- Non merci.
- Mais vas-y ! 
- Non.
- Allez, rentre dans le building !
- Non.
- Ça me rendrait super service !
- Non, je m’en vais.
- Reste, reste ! Et va dans le building, alleeeeeeeeeez !
- Non. »

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Cet excellent dialogue particulièrement bien écrit et qui donne une scène qui ne veut pas s’arrêter est aussi l’occasion pour le spectateur de se demander pourquoi Richard embête Lucy. Car semble-t-il, Richard est un habitué du transport de mallettes suspectes, mais il est « grillé auprès de M. Jang« , raison pour laquelle il voudrait que Lucy, qu’il ne connaît que depuis une semaine, prenne sa place. Parce que oui, moi aussi, quand j’ai une mallette super louche à faire circuler, je la confie à un mec « grillé » auprès du destinataire. Du genre envoyer Jean-François Copé livrer des livres de compte à François Fillon. Complètement plausible on vous dit.

Voilà. Luc Besson, si tu me lis (et si tu sais lire), j’en profite : la prochaine fois, plutôt que de faire une scène de deux plombes où un mec pas crédible essaie de refiler une mallette à une étudiante pour un plan pourri qu’elle a refusé 269 fois, tu fais juste une scène où un mec file de la thune à une étudiante qui en a besoin pour une mission en apparence toute simple et sans danger. Ce sera moins long, moins cher et plus crédible. Mais bon, hein, c’est toi l’expert, mec.

Toujours est-il que ledit Richard, visiblement perturbé par la résistance de Lucy à ses incroyables arguments, décide de couper court à la conversation en utilisant des menottes, technique fort appréciée des connaisseurs. Sauf que le nigaud, plutôt que d’ensuite emmener Lucy jusqu’à un coffre de berline (l’enfance de l’art), se contente de la menotter à la fameuse mallette en lui expliquant que seul Monsieur Jang a la clé. Au boulot, donc, ma petite Lucy ! C’est donc vêtue de son élégante veste en léopard que Lucy se rend à la réception de l’hôtel pour demander si Monsieur Jang ne voudrait pas venir récupérer un colis de la part de Richard.

Et en effet, Monsieur Jang a bien envie de récupérer le colis.

Mais comme Monsieur Jang est lui aussi un personnage particulièrement con, plutôt que d’inviter Lucy à monter, il décide d’envoyer une équipe en bas kidnapper Lucy en plein milieu du hall de l’hôtel devant toutes les caméras et les témoins que vous pouvez imaginer, et fait abattre Richard qui suivait la scène depuis l’extérieur, ce qui, là encore, au milieu d’un quartier chic, dans une ville riche, tout contre un bâtiment de luxe fort sécurisé, est probablement une excellente idée, du moins si vous êtes du genre à vous enfoncer des pieds de chaise dans les narines.

Monsieur Jang, vous fleurez bon le champion.

Bref, Richard mort, Lucy est emmenée dans l’hôtel jusqu’à une suite de luxe où l’attend le fameux Jang, qui est occupé à tuer des gens pour bien montrer qu’il est très très méchant, houlala, grougroum. Et bien que Monsieur Jang dispose dans son équipe de gens qui parlent l’anglais, il décide plutôt, pour communiquer avec Lucy, d’appeler la réception pour qu’elle fasse la traduction. Oui, moi aussi, lorsque j’ai une discussion super illégale à tenir, j’aime le faire en utilisant un moyen non-sécurisé pouvant tout enregistrer et avec l’aide d’un tiers qui pourrait tout balancer quand j’ai le choix de faire autrement. Non vraiment, Jang, tu es un bon. Enfin, au moins il est  est clair : il souhaite que Lucy ouvre la valise car il craint qu’elle ne soit piégée ou pire, ne contienne des CD de Skrillex. Lui et sa petite équipe s’éloignent donc pendant qu’il laisse la malheureuse, un peu traumatisée, derrière un bureau avec le code (c’est le 2) pour ouvrir la fameuse mallette.

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Monsieur Jang est tellement fort que quand il bute des gens, ça lui éclabousse le visage mais pas le costume. C’est fou, quand même.

Clikiklikiklak : nenni d’explosion lorsque notre jeune héroïne ouvre le précieux conteneur.

Ce qui semble étonner Jang et ses amis, visiblement certains que le tout était piégé. Ah ? Vous voudriez donc dire qu’ils pensaient que manipuler un colis probablement explosif était beaucoup plus pratique dans la suite d’un hôtel de luxe où la police arrivera super promptement en cas de pétarade plutôt que dans un hangar tranquille à l’écart de la ville ? D’accord d’accord. Sinon, la prochaine fois, vous ne voulez pas l’ouvrir directement dans un commissariat ? Ou devant le ministère de la justice ?

Hé bien croyez moi ou non, mais la suite va prouver que même cette idée n’a pas été considérée comme si absurde que cela par l’équipe du film.

Non mais vraiment ? Qu’est-il arrivé au cinéma ?

Toujours est-il, pour en revenir à Lucy, que la valise ne contient pas de bombes, mais quatre sachets de drogue contenant d’étranges cristaux bleus. Jang n’hésite donc pas à sortir d’une pièce voisine un toxico ravagé (peuplade typique des hôtels de luxe, comme chacun sait, l’autre jour j’en avais encore un sous mon lit, on a dû gazer toute la suite des fois qu’il y en ai d’autres) pour lui faire goûter la chose : c’est de la bonne ! Le camé se met à rire comme un dément jusqu’à ce que Jang l’abatte parce qu’il… que.. ah, oui : il est méchant. La chose entendue, Jang explique à Lucy (toujours via la réception de l’hôtel) qu’il a un travail à lui proposer…

Et avant que la bougresse ne puisse décliner la bien belle offre, elle se prend une grosse mandale dans la margoulette.

Lucy se réveille donc dans la suite de l’hôtel de luxe toujours, avec un gros mal de tête, un étrange mal au cucu et son chemisier entrouvert pour que le public puisse profiter de Scarlett Johansson se promenant en soutien-gorge. Mais en baissant les yeux, plus que ses seins, c’est surtout un curieux bandage qui attire l’attention de Lucy car lui n’était pas là avant aux dernières nouvelles. Qu’est-ce qu’on lui a fait ? La réponse vient bien vite lorsque les hommes de Jang arrivent, la traînent dans la pièce voisine où justement, Jang attend, cette fois assisté de l’un de ses hommes anglophones (quelle bonne idée ! Il faudrait juste l’avoir plus tôt la prochaine fois).

« Bonjour Mademoiselle Lucy ! 
- Qui êtes-vous ? Pourquoi ai-je un gros pansement sur le bide ? 
- Hahaha, une simple petite opération chirurgicale de rien du tout ! Au début on pensait vous prendre un rein et puis pfou, on s’est rappelé que vous étiez étudiante. Quand on a ouvert, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au départ, on a cru que vous aviez un haricot magique dans le bide, mais quand on appuyait dessus, ça faisait « pouic » et ça sentait la vodka, alors avec Michel, on est allé chercher une paille et…
- Non mais au final, vous m’avez fait quoi ?
- Hein ? Ah, oui ! Non, en fait, on vous a mis dans le bidou un sachet de dope, du CPH4, parce qu’on adore donner des informations confidentielles à nos mules. C’est une drogue qui va cartonner en Europe !
- Mais je ne veux pas !
- C’est ballot, parce que Monsieur Jang veut, lui. Alors vous et trois autres candidats, chacun avec un sachet dans le buffet, vous allez rentrer dans vos pays où des agents à nous viendront récupérer le précieux bien. Et si jamais vous ne coopérez pas, nous savons où sont vos familles, alors ne déconnez pas ! »

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Et c’est ainsi que Lucy et trois autres types que les méchants sortent d’un placard reçoivent un passeport et un billet d’avion pour rentrer chez eux. Puis, on leur met un sac sur la tête et on les emmène jusqu’à l’aéroport du coin.

Je vous propose, pendant ce temps, de nous rendre à Paris pour suivre une conférence du professeur Norman, spécialiste mondial du cerveau, qui est en train de présenter sa super théorie scientifique à des étudiants, à savoir que l’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales et que s’il en avait plus… ho, vous savez quoi ? Écoutons plutôt le professeur Norman.

« L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau. Et voyez tout ce que nous avons fait avec ! Des bateaux, des avions, la conquête de l’espace, Internet, Closer… alors imaginez si nous utilisions mieux notre cerveau !
- Professeur, professeur ! 
- Oui, étudiant qui interrompt les conférences de manière complètement crédible pour poser des questions allant dans mon sens ?
- Y a-t-il des preuves de votre passionnante théorie ?
- On a pris Darwin pour un fou quand il a présenté la sienne. Nous sommes là pour bousculer les règles, pas les suivre. C’est ça, être un scientifique !
- Ah putain, moi je croyais que c’était se baser sur des faits observés. 
- Ouais ben non, rent’ chez toi.
- Merci professeur.
- Que disais-je ? Ah oui ! Tenez, prenons le dauphin ! Le dauphin dispose du meilleur sonar au monde, plus puissant que tout ce que nous avons inventé. Et pourquoi ? Parce que le dauphin utilise 20% de son cerveau ! 
- Professeur, professeur ?
- Oui, étudiant Roudoudou ?
- Si le dauphin utilise un sonar, ce n’est pas juste parce qu’il a un sonar naturel ? 
- … vous voudriez dire que ce n’est pas son cerveau qui envoie des ondes magiques ?
- Ben non.
- Okay, cassez-vous de cette salle et rendez-moi les étudiants qui me servent la soupe. Passons à la suite. Savez-vous comment les cellules traversent le temps ? Elles ont deux solutions. La première, c’est de devenir immortelles. Pour cela, elles doivent rencontrer Sean Connery puis décapiter des gens pour absorber leur pouvoir, voire potentiellement devenir Christophe Lambert. Une option complexe, j’en conviens. L’autre, c’est la reproduction : la cellule va transmettre son savoir à une autre, puis à une autre, en profitant d’un environnement favorable pour se multiplier… »

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Ho, je sens que je vous ennuie avec ma conférence du professeur Norman sur l’immortalité ou la reproduction des cellules et le cerveau à 10%. Allez, retournons voir Lucy. Mais c’est bien parce que c’est vous.

Car visiblement, entre le bureau de Monsieur Jang et l’aéroport, Lucy a été prise dans un trou spatio-temporel et s’est retrouvée, sans aucune raison, menottée à une chaise dans une cellule quelque part en Chine. Non, vous n’aurez aucune explication. Je n’exagère pas : pouf, c’est comme ça. Deux Chinois visiblement intéressées par Lucy et pas seulement intellectuellement lui tournent autour en montrant leurs muscles, mais lorsque la belle refuse de les aider à soulager leur trop plein de masculinité, l’un d’entre eux la jette au sol, la tabasse et lui défonce le bidou à coups de pied pour lui faire comprendre qu’il a un gros traumatisme vis-à-vis de l’emploi du négatif.

Ce qui confirme accessoirement que ces gens ne savent pas qu’elle est une mule sinon ils ne feraient pas ça. Ils n’ont donc vraiment aucun rapport avec Jang, un gang rival, les autorités, l’intrigue ou le film ils sont juste là, pif pouf. Une sorte de Deus Ex Monchinois.

Oui mais voilà ! En tabassant Lucy, les brigands ont crevé le paquet dans son ventre, qui libère la fameuse drogue ! Ah ! Et alors que les deux vilains quittent sa cellule, Lucy se met à convulser sur le sol… puis sur le mur ? Puis contre le PLAFOND ?! Car grâce à ladite drogue, Lucy est en train de libérer ses capacités cérébrales, comme la fameuse qui permet de dire à la gravité qu’elle est bien gentille, mais qu’elle peut repasser dimanche. Après avoir joué à Gravity toute seule dans sa cellule, Lucy reprend le contrôle d’elle-même, et habitée par une assurance nouvelle, elle retourner sur sa chaise attendre qu’un des deux vilains Chinois entre. Ce qui arrive peu après, et grâce à une subtile technique de séduction, la belle arrive non seulement à obliger le brigand à s’approcher, mais aussi à lui péter la gueule (car visiblement, la drogue lui a enseigné le kung-fu, j’ai bien vu que les cristaux avaient une petite moustache de vieux maître). Elle récupère donc ses clés et son pistolet et quitte sa cellule, aussi froide et déterminée. Enfin je crois.

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« Désolé Madame ! On ne sait pas ce que vous faites là ni pourquoi on vous retient mais on va vous taper. Faudra pas nous en vouloir, hein ! »

En chemin, elle croise un groupe de méchants qui étaient occupés à manger en rigolant dans la pièce voisine, et elle les abat donc tous froidement.

Le spectateur coquin notera qu’il y en a un qui n’est pas touché mortellement tout au fond de la pièce, loin de là, mais visiblement, il doit faire le mort jusqu’à la fin du film pour s’éviter plus d’ennuis voire quitter cette bouse. D’ailleurs, dans l’affaire, Lucy reçoit une balle dans l’épaule comme ça, pouf, et la retire avec les doigts sans problème ni douleur. Elle s’assoit donc à la table des morts et se nourrit donc pour se remettre de toutes ses émotions. Puis sort de là pour trouver deux chauffeur de taxis en train de discuter. Elle demande qui parle anglais : le premier ne répond pas et elle lui colle donc un pruneau dans la jambe, ce qui incite le second à coopérer. Et Lucy exige donc d’être amenée à l’hôpital.

Cela dit, quelqu’un aurait répondu « I speak english. Wall street english« , je pense que lui, il était bon pour la balle dans la tête direct.

Sur place, c’est de mieux en mieux pour Lucy qui découvre qu’elle entend les gens parler de très loin, et mieux encore, que soudainement elle lit le chinois à la perfection (mais toujours pas le néerlandais, ça par contre, faut pas déconner). Elle trouve donc sans aucun souci la salle de chirurgie de l’hôpital, analyse les radios accrochées au mur pour constater que le patient sur le billard ne survivra sûrement pas à l’opération (car elle a aussi soudainement un diplôme de médecine) et abat donc ce dernier pour prendre sa place et exiger des chirurgiens, non pas qu’ils lui recousent le trou béant qu’elle a dans l’épaule (hohoho, détail mes pauvres amis !) mais qu’ils lui sortent du bide la drogue qui y est encore.

« Bon ben okay, c’est cool, ça nous dérange pas que tu tues nos patients, on t’aime bien. » répond le chirurgien en chef qui n’est vraiment pas farouche et se met donc au travail pendant que la sécurité de l’hôpital est probablement occupée à jouer à Jungle Speed.

Lucy en profite pour faire deux choses urgentes.

1) Appeler sa mère en utilisant le téléphone du chirurgien. Et là encore, attention, grand dialogue.

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre… et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide… je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ma chérie ? Je t’entends mal ? Que disais-tu au sujet de la mémoire ?
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage. »

*clic*

Hé bé, voilà une maman bien compréhensive. Parce qu’en fait, ça aurait probablement dû se passer comme ça :

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre…
- Ma chérie, tu ne serais pas un tout petit peu défoncée par hasard ?
- Et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide…
- Attends chérie, je te met sur haut-parleur, il faut que ton père entende ça ! Whololo, le trip qu’elle se fait…  putain, mais tu nous appelles de Woodstock en fait ?
-  Je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ah ben ça, c’est nouveau parce que tes contrôles d’histoire aux dernières nouvelles, c’était zobi.
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage.
- Tu vas voir la caresse que tu vas prendre en rentrant, à claquer la thune que l’on t’envoie pour des études dans de la ganja ! »

*clic*

Cela fait, la suite.

2) Demander au chirurgien ce qu’est le CPH4

Et d’après les explication de ce Monsieur, il s’agit en fait d’un produit généré en quantité infime par les femmes enceintes pour donner l’énergie à leur enfant de construire leur corps. L’équivalent énergétique d’une bombe atomique pour le fœtus. Il avait ouï dire qu’un produit de synthèse était en cours d’étude, mais le retrouver ainsi sous forme de drogue dans le corps d’une Américaine visiblement un peu tarée… voilà qui le surprend. Et lui paraît un peu débile, aussi, mais passons.

L’affaire réglée, Lucy repart tranquillement de l’hôpital, pom podom podom, personne ne m’embête c’est bien normal, et s’en retourne vers le quartier général de Jang pour prendre sa revanche, équipée de deux pistolets avec silencieux que son cerveau a probablement générés seul, ainsi que de poignards. Grâce à ses nouveaux supers réflexes, tous les hommes de Jang sont donc abattus comme de petites crottes lorsqu’ils tentent de se dresser devant elle, et comme en plus, maintenant, Lucy a le pouvoir de voir à travers les murs (c’est tout à fait logique), elle les abat avant même qu’ils ne puissent la voir. Et enfin, elle va trouver Jang, qui se faisait tatouer tranquillement chez lui ; elle le cloue donc à la chaise de tatouage en lui plantant ses poignards dans les mains, puis scanne sa mémoire pour savoir où les autres mules ont été envoyées. Car elle veut récupérer toute cette maudite drogue.

Chose amusante, en scannant sa mémoire, Lucy a accès… au point de vue des hommes de Jang, pas de Jang lui-même. Ce qui est un peu incohérent, mais comme tout ce film l’est, finalement, c’est cohérent (si, si). Et lit ainsi dans la mémoire des hommes de Jang qui se trouve dans la tête de Jang sans raison valable que les mules sont parties pour Berlin, Rome et Paris.

Et cela fait…

… elle se barre.

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La super intelligence, c’est aussi de se promener avec une blouse piquée à l’hôpital sans raison et ne pas avoir changé de t-shirt juste pour avoir l’air super suspecte au premier coup d’œil.

Pardon ? Dis-donc Lucy ! Mon cerveau n’est peut-être pas aussi performant que le tiens, mais je crois me souvenir que tu avais abattu plein de gens de sang froid auparavant ! Et même tiré sur un chauffeur de taxi au motif qu’il ne parlait pas l’anglais ! Mais le mec qui t’a mis dans la mouise, risque de te poursuivre et a tué plein de vilains et buté ton pote Richard, lui par contre, c’est okay ?

Ça doit être trop intelligent pour moi.

Bon, ben très bien.

Cela fait, Lucy décide de se renseigner un petit peu sur ce qui lui arrive, et commence donc par rentrer chez elle pour retrouver sa coloc’ de Taipei. Grâce à ses nouveaux pouvoirs surhumains, Lucy est capable de détecter que « se bourrer la gueule est mauvais pour ton foie » et tape donc aussitôt une fausse ordonnance en chinois pour son amie (car oui, du coup, elle a aussi appris à utiliser Photoshop grâce à son cerveau surpuissant) tout en lui recommandant de changer de vie. Puis, quitte à utiliser un PC, elle va donc sur Doctissimo demander ce qui se passe dans son cerveau. Après 277 diagnostics de surdouance & autre zèbrerie, 87 d’hyperactivité, 18 de cancers et 2 de MSTs exotiques, elle décide de plutôt recourir à Google et tombe sur la page Facebook du professeur Norman, où entre diverses photos de lui avec son slip sur la tête, trouve un lien vers l’intégralité de ses études, qu’elle lit en quelques secondes. Puis, appelle le professeur Norman, qui lui était tranquillement à son hôtel en train de regarder le Grand Journal.

« Allô, professeur Norman ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy. 
- Lucy comment ?
- Lucy. L’équipe du film n’a pas pensé à me donner un nom de famille. D’ailleurs, au casting, il n’y a qu’un seul personnage qui a un nom complet, c’est vous dire la profondeur des personnages.
- Je vois. Que puis-je pour vous Lucy ? 
- Votre théorie sur l’utilisation du cerveau. Elle est rudimentaire, mais vraie. J’ai lu l’intégralité de vos travaux sur le sujet.
- L’intégralité ? Mais enfin… il y en a beaucoup trop ! »

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Notez que le galopin explique que personne ne pourrait lire tous ses travaux tellement il y en a. Juste comme ça mec : si tu as eu le temps d’écrire quelque chose, quelqu’un aura forcément le temps de le lire, puisqu’aux dernières nouvelles, c’est même moins long. Même si dans le cas présent, je pense que les dialogues ont été beaucoup moins longs à écrire qu’à lire tant ils sont tous ratés. Mais, reprenons le fil.

« Il y en a exactement 6796 pages professeur.
- Ho ! Comment…
- Qu’importe professeur. Sachez que j’utilise désormais mon cerveau à 28% suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse. Et que le pourcentage continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- Comment puis-je vous croire ?
- Regardez, je contrôle votre téléphone. Tous vos téléphones que je fais sonner en même temps, hop ! J’apparais sur votre télévision.
- Ha ben tiens, oui, c’est pas banal.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- Laquelle ?
- Cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme je le disais plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures pour tout vous transmettre. A bientôt professeur. »

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Et elle raccroche.

Ce que le film ne montre pas, c’est qu’elle a tenu le même dialogue à un personnage beaucoup plus crédible qui était dans la chambre d’hôtel voisine de Norman quelques minutes plus tôt. Comme je suis sympa, je vous redonne ce que ça a donné.

« Allô, professeur Connard ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy.
- Ecoutez, je ne me souviens que rarement des prénoms. Vous étiez stagiaire chez moi ? Comment vous êtes-vous échappée ? Vous voulez un CDI, c’est ça ? Donnez-moi votre adresse, je vous envoie quelqu’un. Diego ! Va chercher du chloroforme, une pelle et un grand sac poubelle ! 
- Non professeur. Je vous appelle car vous êtes un expert en absurdités. Or, je suis victime d’un truc absurde. J’ai lu tous vos spoilers, vous vous y connaissez.
- Tous mes spoilers ? Mais enfin Mademoiselle, il y en a beaucoup trop pour la santé mentale de n’importe qui ! Même ceux des Twilights ?
- Tous. Mais là n’est pas le sujet. Je vous appelle car j’utilise désormais 28% de mon cerveau suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse.
- Je n’ai rien fait et d’ailleurs, vous n’avez aucune preuve. Par contre, je suis d’accord avec vous sur un point : vous êtes complètement stone. Maintenant il faut me laisser, hein. Les appels désespérés de damoiselles qui disent être fans de ce que je fais mais avoir été droguées contre leur gré , je connais et ça s’appelle mes ex. 
- Ecoutez-moi professeur. Le pourcentage d’utilisation de mon cerveau continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- C’est ballot. Mais comment puis-je vous croire ?
- Je contrôle votre télévision. Et vos téléphones.
- Ouais, ben allez faire ça chez le voisin. C’est le professeur Norman et je l’entends glousser comme une écolière devant le Grand Journal, alors soyez sympa et faites-lui baisser le son.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- « François Hollande est-il tangible ? »
- Non, une autre : cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme le disait le professeur Norman plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : vous reproduire pour transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures.
- Okay, et moi je commande du champagne et du lubrifiant. La reproduction, tout ça.
- Professeur je… je sens comme un danger qui plane sur moi maintenant que j’ai accepté votre offre. Je crois que je vais plutôt appeler la chambre d’à côté.
- Roooh, l’autre ! »

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Lucy se prépare donc à embarquer pour un vol Taipei-Paris, mais d’abord, elle a un autre coup de fil à passer. A la brigade des stups, en France.  Et c’est le capitaine Pierre Del Rio qui prend l’appel (oui, encore un).

« Allô, capitaine Del Rio ?
- Oui ? C’est vous la fille qui appelez tous les personnages du film pour leur raconter des âneries ?
- C’est moi. Capitaine, trois mules vont arriver à Berlin, Paris et Rome. Chacun de ces passagers a dans son corps un sachet contenant une nouvelle drogue ultra-puissante. Vous devez les arrêter et me donner la drogue. J’en ai besoin.
- Heu… vous savez que ça ne se passe pas comme ça, en fait ? Que la drogue, on ne la distribue pas ?
- Ce n’est pas dans le script. Faites oui oui de la tête.
- Mmm… oui oui…
- Très bien. Je vais vous envoyer les photos des passeports des trois passagers en question, que j’ai obtenues en… heu… ah merde, c’est pas écrit… je les ai… reproduites de mémoire sous Paint ?
- On va dire ça.
- Merci. Je vous les envoie sur votre PC grâce à mes supers pouvoirs psychiques. Mes supers pouvoirs psychiques qui me permettent aussi de vous dire, depuis Taipei, et sans caméra, que vous êtes assis sur votre bureau sans prendre de notes. Alors attrapez le stylo rouge à votre gauche et notez ce que je vous dis.
- Mais comment savez-vous tout cela ?
- Deux options : soit je suis une femme surpuissante avec des pouvoirs mystérieux, soit vos collègues de bureaux un peu cons vous font une blague grossière.
- Va pour les pouvoirs mystérieux. Je vous crois sur parole et préviens aussitôt Berlin et Rome ! »

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« Chaire proffeceur Norman, je suit une fille surdouai qui voudré un conseille. J’utilises cette ordinateur parsse que je chairche commant stoquer les connéssences que j’est accumuler. Si tu a connéssence d’un objé ou qu’on peux stoqué des donnée ce seré genti. Répon moi a ptitelouloutedetaipei@caramail.fr. Bisoo. »

Le capitaine Del Rio ne se pose donc guère plus de questions que cela et lance donc l’affaire, pendant que de son côté, Lucy monte dans son avion. Mais alors qu’elle arrive au-dessus de Paris, peu avant l’atterrissage, elle est fort surprise car… elle commence soudain à se décomposer ! Elle court donc s’enfermer aux toilettes en prétextant une méga-chiasse, et découvre qu’en absorbant un peu de la drogue qui restait dans le sachet qu’on lui a retiré du bide, ça va tout de suite drôlement mieux. Cependant, elle perd tout de même conscience, et à son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, elle est droguée et attachée à un lit dans une chambre sécurisée. De la même manière, la police intercepte aux quatre coins de l’Europe les trois autres mules et… les fait envoyer en France pour leur retirer la drogue de l’estomac.

Ah ben oui. C’est vrai que ce n’est pas dangereux de voyager avec un sac dans le bide. Alors on leur fait faire encore un petit tour avec. Et que transférer un prisonnier se fait en 10 minutes. Et que tous les prisonniers sont déjà au Val-de-Grâce au moment même où Lucy arrive, soit à peine quelques heures après leur interpellation : bravo !

Non mais… bon, bref.

Sauf que Lucy se réveille. Et que cela surprend tout le monde, puisqu’on lui avait filé assez d’anesthésiant pour endormir un Jean-Pierre Castaldi. Aussi, toute la police lui tombe dessus lorsqu’elle essaie de quitter l’aéroport, et Lucy explique qu’elle aimerait parler seul à seul avec le capitaine Del Rio, et donc qu’il serait gentil de dire aux 250 agents de sécurité autour de bien vouloir la laisser en paix. Et comme la situation ne se règle pas assez vite, elle utilise ses pouvoirs surpuissants pour faire tomber tout le monde inconscient… sauf le capitaine Del Rio.

« Bon bé voilà capitaine, je vous ai donné les mules, vous allez leur retirer la drogue et me la filer.
- Non. 
- Allez, steuplé !
- D’accord. »

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Ce fabuleux argument suffit à convaincre le capitaine Del Rio, qui bien que trouvant ce qu’il vient de se passer bizarre, ne demande aucune explication à ce sujet parce que, bof, vous savez, des gens qui font tomber 250 mecs inconscients sans ciller, c’est curieux mais pas bien important. Tous deux montent donc dans la voiture du capitaine… sauf que Lucy a désormais le super pouvoir d’intercepter toutes les télécommunications ! Et utilisant ses pouvoirs mystérieux, elle parvient à détecter une conversation parmi des millions, en coréen par ailleurs : c’est Monsieur Jang ! Qui, oui, est Coréen, oui, est à Paris, oui, veut se venger, et oui, a appris que ses mules avaient toutes été prises par la police. Et qu’elles attendaient d’être opérées au Val de Grâce.

Les Coréens envoient donc tout un groupe sur place pour meuler la police et récupérer la drogue. Aussi simple que cela.

Et con, aussi. Mais est-ce que ça vous surprend encore ?

Lucy décide donc de prendre les choses en main : elle n’a jamais conduit mais prend le volant et s’avère être un pilote de génie (son cerveau lui a aussi fait passer ler permis). Elle met le gyrophare de Del Rio en marche, et en avant les enfants ! Sauf qu’en roulant à fond pour essayer de devancer les Coréens, elle attire l’attention d’autres unités de police, qui prennent la voiture de Del Rio en chasse.

« Je vais leur dire de nous lâcher, passez-moi la radio. » propose intelligemment Del Rio. « Non, j’ai une meilleure idée ! » répond Lucy histoire de bien pourrir l’affaire.

Et elle utilise donc ses pouvoirs pour provoquer un carambolage mortel entre les différentes voitures de police, le tout sur une place de marché où les véhicules hors de contrôle peuvent ainsi tuer plein d’innocents.

Sérieusement ? C’était ça ta meilleure idée ? Tu es sûre que ton cerveau fonctionne mieux qu’avant ? Non parce que non seulement Del Rio avait une solution simple, pacifique et sans risques, mais en plus, il aurait même pu dire « Continuez de nous coller aux fesses ! On va intercepter des méchants Coréens, on aura besoin d’autant de monde que possible ! » mais non. Et pourquoi ? Parce que Lucy est stupide. Aussi bien le film que le personnage, d’ailleurs.

Bref, pendant ce temps, au Val-de-Grâce, les Coréens qui doivent avoir des voitures avec des turbo-réacteurs sont arrivés avant même Lucy qui a pourtant une voiture de police, des supers pouvoirs et a intercepté le message ordonnant l’attaque. Et ils arrivent dans la salle où les mules sont retenues, tuent tous les policiers qui les surveillaient et…

Oui ? Se barrer et opérer les mules au calme ? Noooon. Vous vous souvenez de ce que j’avais dit plus haut ? Sur le fait que ces gens étaient assez cons probablement pour essayer de faire n’importe quoi en plein milieu d’un commissariat ? Hé bien c’est gagné : les Coréens décident d’opérer les trois types, sur place, bien lentement en prenant leur temps (plutôt que de les tuer et de récupérer la dope, même s’ils le font pour l’un d’entre eux sur un coup de tête mais ne poursuivent pas avec le candidat suivant), le tout entouré par les corps des policiers et après avoir vidé leurs flingues au milieu de l’hôpital.

Mais rassurez-vous, personne ne les dérange.

Bon je… je vais égorger un bébé phoque et je reviens d’accord ?

Hop.

Voilà. Donc, disais-je, ils ne sont pas dérangés, à part par Lucy qui débarque avec le capitaine Del Rio. Le chef de la petite troupe, sous-fifre de Monsieur Jang, ordonne donc à ses hommes de tuer Lucy pendant que lui se barre avec la mallette contenant les trois sachets de drogue qu’ils viennent de récupérer sur les pauvres mules.

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Chose intéressante : lorsque l’on a des supers pouvoirs, il faut quand même utiliser ses mains comme sur une tablette pour percevoir le monde. Moi aussi, quand j’essaie d’écouter deux conversations, je suis obligé de les faire glisser devant moi pour préciser sur laquelle je me concentre le plus.

« Ah ! Parfait, Lucy va tous les faire tomber inconscient ! » s’exclame le public.

« Mmmmm noooon je vais plutôt faire un mur invisible pour empêcher le chef des méchants de fuir. » répond Lucy qui confirme ainsi son statut de bulot qui parle. Car oui, plutôt que de tout régler en une seconde – ah, le problème des pouvoirs surpuissants ! – elle préfère faire du n’importe quoi. Elle fait donc son mur invisible, puis pendant que les hommes du méchant attendent en faisant du rien malgré le fait que leur chef leur ordonne de tirer, Lucy prend son temps pour leur faire dégager leurs armes, puis les fait léviter pour se frayer un chemin jusqu’au méchant en chef et récupérer la mallette.

Et devinez quoi ?

Elle ne tue personne. Ne les fait pas tomber inconscient. Et une fois partie… hé bien elle les laisse même se barrer.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ?

« Bon ben maintenant que j’ai la drogue, et que la police qui vient d’arriver n’empêche personne de sortir de l’hôpital, capitaine Del Rio, je vous fais un bisou. Cela fait, soyez bien urbain et emmenez-moi au centre de recherche où m’attend le professeur Norman dont j’ai détecté les pensées à 12 000 bornes et compris qu’il m’attendrait là et non pas à l’hôtel.« 

Ça doit être pratique, ça, de pouvoir lire les pensées de gens tellement loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Surtout quand en sortant de l’hôpital, Lucy croise la voiture de Monsieur Jang, mais là par contre, le mec a beau être limite en train de ronger sa vitre en hurlant des insanités, lui, elle ne le remarque pas. Ni ne détecte quoi que ce soit. C’est beau la magie du scénario : je vous rappelle que depuis le début, tout ne repose que sur le fait qu’à chaque fois que Lucy croise les méchants, elle fait bien attention à les ignorer/les épargner/leur donner une chance de faire une nouvelle scène d’action.

Et c’est ce qu’il se passe. Car Jang ordonne à ses hommes de suivre Lucy jusqu’au centre pour lui mouliner la margoulette. Et lui-même mènera l’assaut, car il la tuerait bien de ses mains. Le capitaine Del Rio, à l’opposé, préfère prendre ses précautions et appeler des gardiens de la paix en renfort (mais pas d’unités plus costaudes comme le GIPN, le GIGN, ou même des ninjas, ce qui est bien dommage). Cela fait, tout le monde se rend donc au centre de recherche où Lucy rencontre pour la première fois le professeur Norman, le légendaire scientifique et une équipe de sommités qu’il a réunies.

Vous ai-je d’ailleurs parlé du moment où le professeur Normal parle de Lucy l’australopithèque en disant « la première femme de l’humanité s’appelait Lucy » au lieu de « le plus ancien corps de femme retrouvé a été baptisé Lucy » ? Quand je vous dis que c’est un grand scientifique, je ne déconne pas.

« Prouvez-nous que ce dit Norman à votre sujet est vrai ! » demande un des scientifiques présents. Aussitôt, Lucy lui saute dessus, lui touche le front et a la vision d’un chauffeur sur le point de renverser une fillette. Elle explique donc :

« Vous aviez une fille, elle a été renversée quand elle avait 6 ans. Par une voiture bleue, avec un petit oiseau qui pendait au rétroviseur.
- Alors c’est très vrai, mais vous pouvez m’expliquer comment encore une fois, en scannant ma mémoire, vous n’avez pas ce que j’ai vu mais ce qu’a vu le chauffard qui n’a rien à voir avec moi ?
- … c’est… heu… magique ?
- Okay, vous m’avez convaincu. »

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C’est donc encore une fois en se vautrant lamentablement que le film se poursuit. Car Lucy explique son plan : avant de disparaître, elle veut transmettre, comme convenu, le savoir qu’elle a accumulé (parce que oui, utiliser son cerveau plus largement lui donne accès à plein de mystères qui traînaient dedans sans que l’on sache bien pourquoi). Pour ce faire, elle propose de faire un test : lui injecter toute la drogue qui reste. Elle pourra ainsi s’en servir pour monter ses capacités cérébrales jusqu’à 100% et ainsi savoir ce qu’il se passe à ce moment là. Et en même temps, elle va tenter d’utiliser ses pouvoirs pour créer un ordinateur suffisamment puissant pour contenir son savoir car elle peut désormais manipuler la matière, y compris fécale au vu de l’intrigue. Mais son plan est interrompu par de tristes nouvelles données à Del Rio par ses camarades de la maréchaussée.

« Capitaine  ! Il y a des Coréens avec des lance-roquettes et des gros flingues qui arrivent ! 
- J’ai une idée : on va tenter de les retenir au maximum pendant que Lucy fait son expérience, quand bien même on ignore combien de temps ça va prendre.
- Super ! Et sinon, on ne pourrait pas juste dire à Lucy de tous les neutraliser comme elle l’a déjà fait à l’aéroport et ensuite reprendre le test en toute sécurité ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Roudoudou. J’étais étudiant mais je me suis fait virer, alors pour gagner ma vie, je suis devenu flic.
- Cassez-vous Roudoudou ! Vos plans intelligents n’ont rien à faire dans ce film ! Encore une fois, on ne va pas utiliser de pouvoirs surpuissants de manière utile ! A la place, on va se faire une grosse scène de fusillade sans aucune raison ! »

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Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Pendant que Lucy fait monter son pourcentage de matière grise utilisée, les policiers et les Coréens s’affrontent dans le couloir menant à la salle où Lucy est (mais dont la porte arrête toute les balles, merci, quand bien même elle est au fond du couloir) et Lucy pendant ce temps raconte des trucs comme « 1+1 ne fait pas 2 car en fait, ce n’est pas la bonne échelle, il faut être conscient du temps qui passe » bref, vous l’avez compris, plus le temps passe, plus en fait Lucy se transforme tout simplement en Jean-Claude Van Damme. Et une fois qu’elle a fini de raconter du caca, elle met bel et bien son plan à exécution, à savoir qu’elle s’assoit dans une chaise, se concentre, et transformant l’un de ses bras en enchevêtrement de tubes façon Akira, commence à absorber tout ce qu’il y a dans la pièce (à part les scientifiques) pour convertir cette matière en un gros PC surpuissant au milieu de celle-ci.

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Le professeur Norman se marre : Lucy n’a toujours pas compris que puissance cérébrale et savoir étaient deux choses différentes. Pour stocker toutes ses connaissances, elle aura donc juste besoin d’un Amiga 500.

Sauf que les Coréens, dehors, ont pris l’avantage et réussi à coller une roquette dans la porte alors que Lucy était à 99% d’utilisation de son cerveau. Monsieur Jang arrive donc, l’arme à la main, et sous les yeux médusés des scientifiques (tous les policiers dans le couloir qui étaient encore vivants il y a une seconde sont partis faire caca semble-t-il), braque Lucy. Il reste comme ça 40 bonnes secondes, sans raison là encore, jusqu’à ce que Lucy atteigne soudain 100% d’utilisation de son cerveau… et disparaisse à la seconde où Jang tire !

AH BEN CA ! C’est tellement original que je crois que je l’ai en 87 exemplaire dans mon album Panini « Poncifs qui puent & ficelles grossières.« . J’échange d’ailleurs ces vignettes contre la légendaire carte rare Ridley Scott, celle avec les bords dorés.

Mais bref.

Jang est bien embêté : il vient bêtement de fusiller une chaise vide. Il est doublement embêté quand Del Rio, qui était donc bien vivant, juste à côté de la porte qu’il était censé défendre, mais avait laissé Jang rentrer sans le déranger, fait son grand retour sans aucune explication (pourquoi commencer maintenant ?) et abat le méchant qui s’effondre dans la chaise en question. Del Rio et les scientifiques se retrouvent donc dans la pièce, un peu embêtés et sans savoir quoi faire. Il ne reste plus de Lucy que l’immense ordinateur en plein milieu, et duquel surgit… une clé USB.

Qui sitôt saisie, fait que l’ordinateur tombe en poussière : il a fait son office.

Toutes les connaissances accumulées par Lucy sont donc sur cette clé particulièrement moche (spécial dédicace à l’effet spécial pourri pour donner l’impression qu’il y a des étoiles qui bougent sur la coque), et on imagine que si Lucy était née 15 ans plus tôt, elle aurait généré une disquette 5 pouces 1/2 chatoyante, ce qui aurait quand même eu vachement plus de classe. Tout le monde se regarde donc et est bien content : elle a accompli sa mission.

Elle a légué à l’humanité la seule clé USB assez puissante pour y stocker tout le porn du monde dès qu’ils auront formaté les conneries que Lucy a laissé dessus.

Del Rio, quand même bien enquiquiné car il aurait bien voulu un autre bisou, demande à la cantonade « Ben ? Où s’qu’elle est ?« 

Et un SMS sur son téléphone lui répond :

« Je sui partou, lol. »

Alors que Del Rio réfléchit à tout ce que cela implique d’avoir une Scarlett Johansson invisible et omnisciente, surtout au sujet de ses activités habituelles sous la douche, la voix off de Lucy vient accompagner la caméra qui s’éloigne.

« On nous a donné la vie. Maintenant, vous savez quoi en faire.« 

Et…

… FIN !

Pardon ? Mais qu’est-ce que ? Mais ! Attendez, le film se finit là-dessus, paf, elle disparaît, fait la morale et c’est plié ? Oh oui, je sais ce que je vais en faire, de ma vie !

Diego, charge mon fusil dans la voiture : on va chez Luc Besson !

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Vous pensez que j’exagère sur le bullshit philosophico-prout-prout de ce film et de sa phrase finale ? Alors dites-vous que je ne vous ai pas parlé, alors que Lucy est sur sa chaise à s’approcher des 100% de capacité cérébrale, des scènes où Lucy voyage dans le temps (si), l’espace (aussi), touche le doigt de Lucy l’Australopithèque façon chapelle Sixtine, comme ça, pour déconner, et voit que l’univers n’est en fait qu’un gros ovule qui s’est fait engrosser par de la semence intersidérale (si, là aussi). Parce que oui, le cosmos aussi a sa sexualité. Il est comme ça. Des fois, il va en boîte, rencontre un inconnu et paf, big-bang à l’arrière de la Twingo.

Et vous voulez le plus beau ?

Ambitieux, « Lucy » atteint ses objectifs comme spectacle de divertissement, spectaculaire et intelligent.

Culturebox – France Télévisions

« Intelligent« , donc.

Bravo, les gars.

Je crois que ce sera le mot de la fin. Inutile d’en rajouter.

L’été est un moment merveilleux pour rattraper son retard.

Qu’il s’agisse de lectures abandonnées et reprises à l’occasion d’un jour brûlant, ou d’un bricolage toujours remis à demain enfin achevé, pour certains, c’est l’occasion de voir les blockbusters qu’ils avaient loupés. Ainsi, pour ma part, c’est à la fois l’occasion de me pencher sur les CVs de lectrices en attente, mais aussi sur les plus grandes œuvres de ces derniers mois, à commencer par l’un d’entre eux : Noah. Ou Noé, dans la langue de Molière et de Patrick Sébastien.

Puisque oui : quitte à adapter n’importe quel best seller au cinéma (non, je ne pense pas que j’irai pas voir 50 Shades of Grey, je pense que c’est au-delà de Twilight et de ce qu’un être humain peut supporter), pourquoi ne pas adapter la Bible ? Après tout, ce n’est pas plus bête qu’adapter un Marvel : des héros en pagaille, des super-pouvoirs à foison, des gens qui meurent et ressuscitent dans la foulée pour ne pas décevoir les fans, et bien sûr, des incohérences grosses comme des dinosaures.

Bref ! Il fait chaud, c’est l’été et votre ordinateur fait office de radiateur à côté de votre chaise dégoulinante de sueur, aussi soyons brefs et passons au cœur du sujet : Noah, bateau qui flotte ou étron qui coule ?

Ni une, ni deux, spoilons mes bons !

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L’affiche. Pas une seule explosion ! Voilà qui annonce un film de qualit… attendez, attendez, je crois que le titre suffit à lui seul à annoncer un déluge fécal.

Notre film commence… par un Powerpoint.

Oui, c’est rude. Si quelqu’un a une autre explication quant à cet enchaînement de diapositives digne d’une réunion de la COGIP, je veux bien qu’il m’explique. C’est donc avec une police de caractère immonde et dorée entrecoupée de brèves scènes bruitées à l’aide d’une base de sons gratuits trouvée sur internet (non vraiment, les gens qui ont vu ce film au cinéma ont dû se demander où ils étaient) que l’on rappelle au spectateur quelques étapes importantes du début des temps selon les grandes religions monothéistes.

Au commencement, il n’y avait rien, ce qui était tout de même un peu nul pour s’occuper le dimanche, qui lui-même, n’existait pas soit dit en passant. Ensuite, Dieu créa tout un tas de trucs, dont la Terre, les étoiles et la moutarde à l’ancienne. Puis, Adam et Eve, suite à un pique-nique ayant dégénéré, furent chassés du jardin d’Eden et envoyés sur Terre, comme ça, ça leur ferait les pieds. Ils eurent trois fils : Caïn, Abel et Jean-Jacques. Cain tua Abel lors d’une rixe autour d’une partie de pogs (c’était le début des temps, c’est loin tout ça), puis s’enfuit vers l’Est lointain, où il rencontra des anges déchus, qui comme ils étaient sympas lui proposèrent… de l’aider à fonder une civilisation industrielle ainsi que l’éditeur White Wolf.

Chut. On se concentre et on oublie ce que vous a dit la Madame du catéchisme. Je continue.

Donc disais-je, ne me demandez pas pourquoi mais les anges déchus avaient apparemment très envie de voir naître une civilisation industrielle, probablement à cause d’un goût prononcé pour le steam-punk qui est prétexte à tous les corsets comme chacun sait. Sauf que les cités des descendants de Caïn se multiplièrent. Ne me demandez pas comment, Caïn s’est probablement reproduit en faisant sensuellement l’amour à des ragondins, puisqu’aux dernières nouvelles, ils étaient trois frères et c’est tout et le film n’en dit rien. Bref, zoophilie ou non, les cités de Caïn disais-je, grandirent au point de couvrir toute la surface de la terre et d’en épuiser l’ensemble des ressources et en faire un vaste désert.

Ne restèrent alors plus que les descendants de Jean-Jacques pour protéger la Création…

Et le film (à la fois pré et post-apocalyptique, du coup) débute donc lorsque Noé enfant, dernier descendant de Jean-Jacques, s’apprête à passer le rituel avec son papounet pour devenir un homme. Que dites-vous ? Un seul descendant pour Jean-Jacques là où il y a eu assez de gens par générations chez Caïn pour couvrir la Terre ? Oui, je pense qu’il y en a un qui s’est gardé pour lui le secret des ragondins. Mais bref ! Le dernier des Jean-Jacques est donc avec son papa dans un coin rocailleux, lorsque Papa Noé s’enroule autour du bras une relique : la mue du serpent du jardin d’Eden. Elle se met à briller et pour achever le rituel de passage à l’âge adulte, Papa Noé doit toucher son fils avec, mais au moment où il va le faire, toute une armée accompagnée d’anges déchus (qui sont de gros golems de pierre, pour faire simple) apparaît à 20 mètres de nos héros qui, non, ne les avaient pas remarqués.

C’est ballot. Ils avaient sûrement mis des patins.

A la tête de cette vilaine armée de descendants de Caïn : Tubal (aussi appelé « Tuduku » par ses amis). Celui-ci est bien évidemment très méchant et avide, et il explique à Papa Noé que ça suffit les conneries, la Création, Dieu, tout ça… après tout, dans les villes, on meurt de faim et de soif par manque de ressources et le Créateur n’a rien fait. Tubal donne donc une grosse mandale à Papa Noé en lui expliquant qu’au nom de son peuple et de l’humanité, il prendra tout ce dont il a besoin pour survivre. Il se saisit donc de la relique du serpent du jardin d’Eden, qu’il fait sienne, puis… bute Papa Noé, histoire qu’il arrête ses sermons écolos.

Noé, qui s’est caché, voit donc son père mourir sous ses yeux des mains de Tubal.

Un début de film d’une folle originalité, donc, nous en conviendrons.

Au passage, j’en profite : Tubal explique que ce coin où vivaient les derniers descendants de Jean-Jacques a un sol riche en pierres jaunes magiques qui explosent, une ressource bien connue sur Terre, et que sa civilisation exploite. Appelons cette matière le « Broufanium », puisque « Brouf » est le bruit qu’elle fait quand on la tape et qu’elle explose, permettant ainsi de dégager chaleur et énergie. Non, moi non plus, je ne comprends pas bien ce que ça vient faire dans ce film. J’imagine qu’un scénariste s’est dit que ce serait rigolo de rajouter des trucs. Sa première idée, les sabres lasers, ayant été refusée, il s’est rabattu là-dessus. Pourquoi pas.

Cela étant dit, bondissons dans le temps et allons retrouver bien des années plus tard le jeune Noé qui est désormais devenu un Noé d’âge mûr, un Noé poilu, bref, une sorte de Russel Crowe. Celui-ci vit toujours dans les coins désolés qu’offre désormais la Terre, et fouille le sol désolé à la recherche de nourriture avec ses enfants Sem & Cham lorsque soudain tombe du ciel une goutte d’eau. Et à la seconde où celle-ci touche le sol… pousse une fleur.

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Ici, Tubal étudie le sol à la recherche de Broufanium. Rappelons que le Broufanium n’a strictement aucun intérêt dans l’histoire, c’est juste comme ça.

Noé sourcille un peu : ce n’est pas banal. Il se demande, si c’est si facile de faire pousser une fleur, si le mec de Jardiland ne l’aurait pas un peu entubé l’autre jour, mais alors qu’il en est tout à ses réflexions, un des derniers animaux de la planète, une sorte de croisement entre un chien et un tatou – pourquoi l’équipe du film a-t-elle dépensé du budget à inventer un animal sans aucune raison, je n’en sais rien – passe devant lui en couinant, blessé. Noé part donc à sa poursuite, car s’il protège la Création toute entière (seul contre tout le reste de l’humanité, rappelons-le), il doit aider les animaux, tous les animaux. Ainsi, même la mouche affamée sait que, comme le spectateur averti, si elle va voir Noé, elle trouvera du caca à volonté. C’est beau l’entraide. En tout cas la bête, qui a été blessée par une flèche, s’arrête au pied d’un rocher et notre héros va l’aider. L’animal, qui a probablement lu le script, n’essaie pas de lui arracher la main et se contente de laisser Noé le triturer avant de mourir parce que bon, c’était un peu tard. Tant pis.

« Hé, vazy bâtard, qu’esse tu fais à not’ miam ? » s’enquiert soudain un brigand derrière Noé.

Le brigand en question est venu accompagné de deux amis, et puisque la nourriture manque, il ne souhaite pas partager la proie qu’il vient de chasser avec Noé le clodo. Il décide donc de le passer à tabac, ce qui est une grosse erreur, car Noé reste avant tout Russel Crowe, qui mouline donc la gueule des margoulins avec aisance, les tuant tous sans distinction. Scène coupée au montage, l’un des brigands qui agonise pose cette question qui brûle les lèvres des spectateurs :

« Ah… Noé… tu es fort… très fort… mais dis-moi, sachant que ton père est mort et que tu vis en ermite, comment as-tu appris à te battre ?
- Je me suis entraîné avec des cailloux. Une fois, j’ai même battu un silex au catch.
- Ho… tout s’explique alors… ce n’est pas du tout incohérent.
- Hé non. Allez, meurs ! »

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Pfou ! Un animal mort, trois brigands meulés et une fleur tombée du ciel, allez, la journée a été longue : Noé décide de rentrer à la maison. Car oui, Noé a une maison. Enfin ! Nulle structure en dur : en réalité, lui et sa famille (il a aussi une femme, Naameh, comme dans la phrase « Naameh t’as fini de raconter des conneries ? » et un nouveau-né, Japhet comme dans « Japhet un autre jeu de mot pourri ou ça ira ?« ) vivent dans des tentes et errent sur la Terre désolée comme de vulgaires clodos à la rechercher d’un Monoprix devant lequel s’installer. Après avoir embrassé femme & enfants, Noé va donc se coucher histoire de se remettre des événements de la journée.

Mais dans ses songes, il a une vision.

Le sol de cendres du monde ravagé dans lequel il erre au quotidien lui colle aux pieds comme de la boue : en réalité, la cendre est devenue sang. Et alors qu’il est encore tout éberlué, voilà qu’il se retrouve sous l’eau. Le monde est recouvert d’eau, et des cadavres montent du fond tout autour de lui en poussant de grands hurlements.

Noé se réveille donc tout en sueur aux côtés de Naameh.

« Chéri ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu digères mal ton bouillon de racines ?
- Non, Naameh. J’ai eu… une vision. Un rêve… de l’eau… de l’eau partout… des gens tout autour de moi.
- Oui ça s’appelle un rêve humide mon choubidou. Moi aussi j’en fais souvent un, on est au Macumba avec tous ces gens autour de moi et soudain, il y a cet énorme videur qui me…
- Non, non, vraiment humide, genre beaucoup, beaucoup d’eau. Le créateur m’a parlé. Il m’a envoyé une vision. Il va… détruire le monde tel que nous le connaissons.
- Tu es sûr ? Peut-être qu’il voulait juste te prévenir qu’il allait pleuvoir et qu’il fallait rentrer le barbecue. »

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Mais non, Noé est sûr de son coup : Dieu est en colère et il va nettoyer la Création. Dans son rêve, il a aussi vu une montagne, et il pense que des réponses sont là-bas. Tout le monde prend donc son petit sac à dos et la famille après avoir démonté le camp part à l’aventure en suivant Noé qui doit savoir ce qu’il fait, après tout, il a eu un rêve et en a déduit des trucs sur l’avenir de l’humanité, il ne faudrait surtout pas le remettre en question, les élucubrations oniriques, c’est tout ce qu’il y a de plus crédible. Comme la fois où Noé les avait obligé à se mettre des pneus autour du cou car il avait vu en rêve que c’était le seul moyen d’invoquer Salma Hayek, halala, ils avaient passé six mois comme ça mais il avait fini par être raisonnable. La famille  traverse donc des paysages dévastés pour rappeler que la Terre est dans un sale état : forêts de souches calcinées, plaines aux étangs empoisonnés, ruines de villes, villages et d’exploitations minières… et c’est en traversant l’une d’entre elles que soudain, tout le monde entend gémir.

Une caravane de malheureux a été attaquée ici, et il y a une jeune survivante, Ila (ça a dû être dur à porter à l’école), qui a une blessure au bidou. Heureusement, Naameh connaît bien les remèdes magiques (qui lui a enseigné ? Mystère) et guérit la pauvresse avant de l’emmener. Sauf que voilà : les fripons qui avaient attaqué la caravane n’étaient pas loin, et voyant un nouveau groupe de survivants errer dans les décombres, ils passent à l’attaque. Noé, sa petite famille et la blessée qu’ils transportent cavalcadent donc dans la direction opposée, mais las ! Voilà qu’ils tombent nez-à-nez avec une sorte de frontière dessinée avec des piques et des crânes délimitant un désert encore plus calciné que le reste de la planète. Tant pis, il faut y aller !

Tout le monde s’élance donc à fond les ballons dans la zone dangereuse, quand soudain, un gros tas de pierres s’anime… un ange déchu ! Et s’il fait fuir les brigands, il n’en colle pas moins un gros pain dans la margoulette de Noé, qui tombe inconscient.

A son réveil, Noé et sa famille sont dans un ravin sans issue, et entourés d’anges déchus qui discutent de leur sort. Noé, qui malgré son gros pain de plusieurs tonnes de roches dans la tronche, a le visage impeccable puisque ce film est cohérent à tout point de vue, essaie de les raisonner.

« Anges déchus ! Nous ne vous voulons aucun mal, nous traversons juste vos terres pour nous rendre à la montagne où vit mon grand-père, Mathusalem.
- Un descendant de Mathusalem ? Voilà qui ‘est intéressant. Mais tu es un homme, et les humains nous ont trahi comme ils ont trahis le Créateur ! 
- Non mais attendez, c’est justement votre ancien boss Dieu qui nous envoie.
- Ho l’autre, le vieux bluff ! Restez ici à pourrir, tiens. »

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Et les anges abandonnent Noé et sa famille dans le trou en plein cagnard. Flûte !

Notez : les anges déchus croient moins en Dieu que la famille de Noé. Comme quoi.

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Pour bien dire qu’il est gentil, l’un des anges a tout le temps une tête de type qui vient de renverser un lapin kikinou. Là où les autres sont borgnes avec des sourcils de pierre froncés en permanence. Et des voix de méchants, bien sûr.

Abandonnés, désespérés, nos héros sont cependant surpris au beau milieu de la nuit par un ange déchu qui a une tronche de gentil comparé aux autres histoire que le spectateur comprenne bien qu’il ne va pas les transformer en kebab. Celui-ci ordonne à l’équipe de le suivre, et il les aide à s’enfuir du lieu de leur détention, avant de les guider au travers du désert de cendres. Il en profite au passage pour raconter l’histoire des anges déchus. Au commencement des temps, ils étaient faits de lumière et veillaient sur Adam et Eve, même si certains auraient pu parler de « mater comme des cochonous« . Lorsque le couple d’humains fut chassé du jardin d’Eden, certains anges désobéirent et filèrent sur Terre pour les guider, aider leur fils Caïn a monter une civilisation qui dépote, etc. Mais Dieu n’ayant guère apprécié cet abandon de poste résilia leur CDI et en plus les changea en pierre, mais ça, c’est principalement parce que ça le faisait marrer.

L’ange explique aussi, lors d’une scène ridicule de flashback, que les fils de Caïn se sont retournés contre eux quand ils n’ont plus eu besoin d’eux (ils se sont dit « Tiens, si on se lançait dans une guerre inutile contre nos alliés géants super forts juste comme ça sans explication ?« ) et ont commencé à leur tataner la face. On voit donc une armée qui couvre tout à peu près jusqu’à l’horizon (c’est très subtil, ce film est décidément fantastique à tout point de vue) courser les anges déchus, et soudain arriver le dernier allié des golems, Mathusalem, qui s’est trouvé une armure on ne sait où, et surtout, une épée de feu probablement trouvé sous une ortie. Et lorsqu’il la plante dans le sol, puisqu’il est seul contre environ 17 milliards de guerriers, une tempête de feu tue toute l’armée ennemie. C’est ça, le sol tout calciné dans le coin : c’est le champ de bataille.

C’est bête qu’avec une telle puissance, Mathusalem n’ait pas pensé à guider l’humanité plutôt qu’à se contenter de cramer des gens, comme ça, pouf, avant de retourner ne rien faire.

Mais bon, hein, c’est vrai que « Protéger la Création » se limite sûrement à tuer des gens à des moments précis.

Allez, on s’essuie les yeux et on poursuit.

En tout cas, le récit est certes fascinant, mais il n’en est pas moins qu’ainsi guidés et escortés, nos héros arrivent promptement au pied de la dernière montagne verte de la Terre, où vit Mathusalem, grand-père de Noé. Nono emmène donc son aîné Cham avec lui et tous deux grimpent sur la montagne jusqu’à arriver dans une grotte au fond de laquelle vit un vieillard encore vif : Mathusalem.

« Aaaah, ben c’est gentil de venir rendre visite à Papy ! Avec la canicule, ça fait plaisir.
- Bonjour Mathusalem. Je te présente mon fils aîné : Cham. 
- Hooo ben viens t’asseoir à côté de ton grand-Papy. Alors, qu’est-ce que tu racontes ? Ça va l’école ? Tu as une copine ? Tu t’amuses bien avec tes amis ?
- Tout le monde est mort, Papy.
- Ah oui, tiens, c’est vrai ça. Bon, sinon, qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?
- Les baies.
- Hm, c’est vrai que c’est bon, les baies ! Mais tu dois être fatigué de ton long voyage ? Laisse-moi te faire la prise de Monsieur Spock.
- La ? Mais qu’est-ce que… zzzzzzzzzzzz… »

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Et en effet : d’une simple imposition du pouce sur le front de Cham, celui-ci s’endort profondément. Autant vous dire que derrière, quand Mathusalem sert un thé à Noé pour discuter en paix, notre héros regarde le breuvage si fort qu’on l’entend presque penser « La vache ! Je suis sûr que le vieux avait du GHB sur le pouce pour faire ce coup là !« . En tout cas, Mathusalem explique à Noé qu’il sait pourquoi il vient : son propre père lui avait dit qu’un jour, cela arriverait car Dieu voudrait arrêter les humains et leurs conneries s’ils continuaient. Noé explique donc que c’est bien ce pourquoi il vient, mais qu’il n’y a plus aucune chance d’arrêter le processus : Dieu va noyer la Création.

Notons que Dieu est joueur : il a attendu que l’humanité s’anéantisse elle-même dans sa propre apocalypse pour l’anéantir à son tour. C’est vrai que c’est très utile, puisque techniquement, ça veut dire que le bougre n’intervient que lorsqu’il est déjà trop tard. Utile.

Noé n’avait cependant peut-être pas tort de se méfier du thé de Papy : Mathusalem lui explique que Dieu l’a envoyé ici pour une raison… peut-être pour trouver plus de réponses dans ses visions ? Ce pourquoi Papy a mis a peu près 35 moles de benzodiazépine dans son thé, ce qui explose les pupilles de Noé qui à nouveau, a une vision. Il se retrouve encore une fois sous l’eau, entouré de cadavres, sauf que cette fois, des animaux jaillissent d’entre eux et nagent vers la surface, où flotte un énorme navire à fond plat…

Et Noé ouvre les yeux

Il partage donc ce qu’il a vu avec Mathusalem.

« Mathusalem, Dieu va rayer l’humanité de la carte. Mais aussi sauver les animaux, qui sont tous innocents et gentils.
- Même les chats et les caniches nains ?
- Mmmgn… mmmm…. mgnnnnn… même chats et les les caniches nains. La vache, ça pique la langue rien qu’à le dire.
- Très bien. Et quel est le plan du Créateur ?
- Il veut tout effacer et tout recommencer. Il me confie une mission. Construire une arche pour sauver les animaux et ainsi recommencer le monde après le déluge.
- Une arche ? Toi ? On parle bien du mec qui a vécu toute sa vie sur une planète dévastée à gratter le sol pour sucer des cailloux et n’a donc jamais vu la mer ou le moindre bout de bois correct ?
- C’est ça.
- Ah ben, ça va être pratique alors. Si tu arrives à faire un radeau et à sauver deux chèvres, ça sera déjà bien.
- Et encore Papy, tu n’as pas vu le bateau de ma vision : on dirait une sorte de croisement entre une péniche et l’USS Yorktown CS-5. Je pense que Dieu veut se faire un revival de la bataille de Midway. »

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Pour avoir une idée : voici l’arche. Moi, j’y vois un porte avion. Pour d’autres, c’est un vieux quai. Mais en tout cas, pour personne, ce n’est un bateau crédible.

Noé retourne donc au pied de la montagne expliquer à sa famille ce qu’il en est de sa nouvelle mission (qui là encore, lui dit « Okay, très bien » sans souci), et il en profite pour emporter avec un lui cadeau de Mathusalem, à savoir une graine du jardin d’Eden, qu’il s’empresse donc de planter dans la cendre histoire de voir si comme pour les patates, ça donne un résultat intéressant. Et en effet, dès le lendemain, alors que des anges déchus les ont retrouvés et sont en train d’engueuler leur frère qui avait guidé les humains loin de leur prison du désert, là où il y avait la graine jaillit… de l’eau (juste avant qu’un ange déchu ne tabasse Noé et ne s’arrête donc net ; Dieu a un grand sens de la mise en scène hollywoodienne). Qui ruisselle sur la cendre dans toutes les directions, et de l’herbe se met à pousser, puis des arbres à toute vitesse puis l’eau s’étend dans toutes les directions en ruisseaux glougloutants  et Noé ainsi que les anges déchus se retrouvent bientôt au milieu d’une merveilleuse et verdoyante forêt.

C’est bête quand même : depuis des plombes, Mathusalem avait avec lui une graine capable de sauver toute la Création (sa mission, je le rappelle), mais il a oublié de l’utiliser. C’est ballot.

Encore une fois, scénariste, n’oublie pas la règle de base : si tu donnes à un personnage un grand pouvoir, il serait bien con de ne pas s’en servir.

Mais visiblement, on t’a filé une bien grande responsabilité, et tu as été trop con pour la porter.

En tout cas, cela suffit à convaincre les anges déchus d’aider Noé dans sa tâche, puisqu’une pareille magie ne peut être qu’acte du Créateur et non de Gérard Majax. Et comme les anges déchus, abandonnés par les hommes, regrettent leurs erreurs et veulent à nouveau servir Dieu, ils s’empressent de l’aider à monter l’arche, pusqu’il s’avère qu’ils sont tous un BTS charpenterie et que l’un d’entre eux a même fait un stage au chantier naval de Saint-Nazaire en 3e.

Il n’empêche, niveau miracles, c’est moyen : les mecs ont besoin d’une arche, Dieu leur envoie une forêt. L’arche, directement, aurait- peut-être été vaguement plus pratique, mais bon, hein. Dieu, c’est un peu la version céleste des édition Delprado. Le numéro 1, le plan de l’arche, le DVD et l’écoutille ouest, 1€, le numéro suivant est à 12€. Scandaleux.

Les années passent et la construction de l’arche, aidée par les anges déchus et le bullshit biblico-scénaristique progresse à toute allure. Les enfants ont grandi, et la réfugiée qui avait mal au ventrou, Ila, est devenue Emma Watson pour le plus grand plaisir des nerds et de Cham, qui aime courir avec elle dans la forêt pour lui faire des bisous. Mais dès que Cham, qui est un peu chaud comme la braise, envisage un passage dans lequel on se met des trucs dans les machins, Ila refuse catégoriquement.

Car Ila, qui a sûrement passé son diplôme de médecine à l’école des noisettes et fabriqué de quoi se faire passer une échographie seule à partir d’un bâton, d’un écureuil et de 15 mètres de liane, sait que depuis sa blessure au bidou elle ne pourra pas donner d’enfant. Alors, à quoi bon baisouiller si ce n’est pour se reproduire ?

Je laisse à chacun le soin de choisir une réponse parmi les plusieurs millions de possible. Ila, elle, ne trouve pas. Vous pouvez être sûr qu’au Trivial Pursuit, je ne la prendrai pas dans mon équipe. Enfin, dans tous les cas Ila va pleurer auprès de Naameh de son triste sort, et celle-ci lui dit de ne pas trop s’inquiéter, et puis que bon, Dieu a tout cela bien en main. Pour ma part, j’espère que Cham aussi parce que sinon, le garçon est parti pour avoir de sérieuses douleurs testiculaires.

Blagues grivoises mises à part, sur ces entrefaites, un oiseau apparaît au-dessus de la forêt. Puis deux. Puis douze. Puis cent cinquante mille.

« On va se faire bombarder de merdes ! » devraient hurler nos héros en rentrant immédiatement la Punto fraîchement lavée au garage, mais nenni. Les oiseaux trouvent leur chemin dans l’arche, et figurez-vous que non seulement il y a de la place pour tout le monde, mais ils ont même des couchettes. Des couchettes avec des rideaux. Non, je n’invente pas : c’est juste dramatiquement nul. J’imagine bien l’urgence qu’il y avait à aménager cela. Et comme pour les voyages en avion, Naameh a tout prévu : elle a inventé la seule décoction de la terre qui envoie des émanations qui endorment tous les animaux de la Terre sauf les humains. Les enfants de Noé passent donc près des couchettes avec de simili-encensoirs et endorment donc tous les volatiles qui vont probablement se réveiller avec de sérieuses courbatures.

Hélas, cette intervention divine à base d’oiseaux n’est pas suffisante pour nous faire quitter les sujets slipesques puisque bien vite, le second fils de Noé, Sem, vient poser des questions.

« Papa…
- Oui mon fils ?
- Papa, comment… comment on fait les bébés ?
- Tu sais comment on fait une connerie ?
- Par accident ?
- Bah voilà t’as tout compris. Allez, dégage, je bosse. »

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Mais malgré le rude langage de son père, Sem insiste un peu.

« Papa, pourquoi il n’y a que Cham qui a une meuf ?
- C’est ainsi.
- Oui mais s’il y a le déluge… alors il sera le seul à avoir une femme ! Et moi alors ?
- Si le Créateur veut que tu aies une femme, il t’en fournira une. Vois comme il nous a donné une forêt ! Vois comme il a guidé les oiseaux ! »

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Pour les commentaires sexistes, pas besoin de se forcer : le film fait tout. Oui, toi, femme, tu ne le sais pas, mais tu es en fait juste un accessoire que Dieu envoie à droite ou à gauche en fonction de ses commandes Amazon. Et donc, quand quelqu’un agit bien, en récompense, Dieu lui file une nana. Et s’il agit mal, Dieu lui en file deux.

Ou un truc du genre. Rah, je m’y perds, avec ce film.

Je ne comprends même pas comment qui que ce soit a pu lire le scénario de cette daube passé la première page. C’est fou, quand même.

Peu de temps après cette conversation, d’autres animaux arrivent, là encore, en groupe : les reptiles. Et ils vont tous à la même vitesse. Le film ne nous parlera pas du groupe d’animaux qui comprenait l’escargot, qui a dû en chier pour arriver jusqu’à l’arche, ou encore du sauvetage du manchot, qui a dû avoir quelques difficultés à rejoindre cette forêt luxuriante et quasi-tropicale. Enfin bon, hein. On va dire qu’ils ont pris un taxi. En tout cas, l’arche se remplit peu à peu, et à chaque fois, les animaux sont endormis grâce aux pouvoirs mystérieux des préparations de Naameh, qui j’insiste, font dormir jusqu’aux éléphants, mais pas les gentils humains. Soit.

Sauf qu’un jour que Sem se promène dans les bois, il tombe soudain sur un groupe armé… mené par le terrible Tubal !

Celui-ci se présente comme le roi de la région, et il estime donc que cette forêt lui appartient. Il se fait guider jusqu’au camp de Noé par Sem, et sur place, demande ce que c’est que cette curieuse place forte au milieu des bois qui devrait lui revenir de droit. Mais Noé ne l’entend pas ainsi : il se présente donc à son tour comme le descendant de Jean-Jacques de la « huitième génération » (vu qu’entre temps les humains de Caïn ont peuplé la Terre et ont eu le temps de la détruire en plus d’être en surpopulation, ils sont rapides les pépères, même les lapins doivent être jaloux ; avant le déluge, Dieu aurait juste dû envoyer la myxomatose), et informe donc Tubal que oui, il a tué son père et qu’il lui en veut un peu. Tubal se propose donc de tuer Noé et de prendre de force cette forteresse qui est en fait une arche aux dires de son constructeur, lorsque ce que Tubal prenait pour des tas de pierre s’anime : les anges déchus sont du côté de Noé !

L’armée de Tubal panique donc un peu et se replie sans même combattre. Mais Tubal jure vengeance, et qu’il reviendra prendre ce qui lui revient. Surtout quand Noé lui dit bien que le Créateur va tout raser bientôt, et que seule l’arche y survivra. Le méchant leader se retire donc dans les bois où, équipé de son masque de soudeur (si, si, ils ont osé), il commence à forger des armes et à essayer de réunir une grande armée on ne sait comment pour aller distribuer des claques aux anges déchus et s’emparer de l’arche.

Forge

Je vous laisse admirer. Ho, vous avez remarqué, aussi, la forge en dur derrière ? Sûrement fabriquée à l’aide de tout ce métal que l’on trouve dans la forêt. Mais si. Siii. Sous les feuilles. Allez !

Ah, si seulement habitait dans le coin un type disposant d’une épée de feu pouvant vaincre une armée en quelques secondes… pfou.

Les derniers animaux arrivent eux jusqu’à l’arche, même si désormais, pour cela, ils doivent traverser le camp des vilains. Du coup, une paire passe à la poêle et ne sera jamais sauvée, probablement que c’est ainsi que le film justifie l’extinction des dinosaures, ainsi que l’absence des licornes, dragons et critiques de cinéma professionnels talentueux de notre monde : Tubal les a mangés.

L’arche remplie, le déluge ne devrait plus tarder. Avant de partir, Noé tente bien de s’infiltrer dans le camp de Tubal, désormais gigantesque, pour voir s’il ne pourrait pas piquer une fille ou deux pour ses fils, mais la mission est un échec et il se replie en voyant que le camp des méchants est vraiment trop plein de méchants qui tuent et violent pour un oui ou pour un non. Devant cet échec à lui ramener de quoi soulager son adolescence bouillonnante, Sem part dans les bois infiltrer le camp à son tour. Et en s’égarant au fond d’une fosse où les gens du camp jettent leurs morts, Sem tombe bien naturellement sur une jeune fille de son âge tout à fait attirante, maquillée et tout ce que vous voulez, puisque c’est connu, les filles adorent se promener dans les fosses communes.

Autre option mon petit Sem : ils l’ont balancée là parce qu’elle contenait plus de MST que le dictionnaire médical.

Mais bon, je m’égare : trop heureux d’avoir trouvée une louloute, Sem la ramènerait bien à la maison. Il tente donc de s’évader avec elle, hélas, c’est au même moment que la pluie commence à tomber. Et donc que l’armée de Tubal sent qu’il faut se dépêcher de se mettre en route pour l’arche ! Tout le monde part donc à l’assaut, et Sem et sa donzelle, fuyant à en perdre haleine, sont soudain arrêtés par un piège que les hommes de Tubal avaient posé dans les bois. La jeune femme, le pied dans le piège, ne peut s’en tirer, et Sem ne doit son salut qu’à son père, parti à sa recherche, qui le tire de ce mauvais pas… mais abandonne la fille derrière lui.

Celle-ci meurt donc piétinée par l’armée des vilains. Ah oui ? Bon.

A peu près au même moment que ces événements, il s’est passé bien des choses ailleurs ! Car Naameh ayant entendu la douleur d’Ila qui ne peut avoir d’enfants file donc sur la montagne magique trouver Mathusalem et lui explique son souci. Mathusalem disposant de supers pouvoirs, il descend donc et au prétexte de chercher des baies au fond des bois, se met sur la route d’Ila. Et d’un simple passage de la main sur la bidou, il la rend fertile comme un champ de betteraves.

Et visiblement, chaude comme un moteur deTwingo sur autoroute car dans la foulée, Ila court sur Cham et lui arrache les vêtements pour lui faire sauvagement l’amour.

Décidément, niveau drogue du viol, Mathusalem en connaissant un rayon. A mon avis, il y en a un, il n’y a pas que son épée qui était enflammée et…

Ah oui, on est au ras des pâquerettes, j’en conviens. Mais je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce film passe son temps à être rythmé par des scènes où les hommes veulent de la nana et les nanas coucher avec leurs hommes (mais pour se reproduire, hein). Plus que le déluge, c’est surtout de bromure que la plupart des protagonistes ont besoin, mais passons.

En tout cas, au final, tout le monde se retrouve du côté de l’arche. Cham et Ila qui ont des sourires idiots, Naameh et Japhet dont plus personne ne se souvenait qu’il existait encore dans le film, Noé et Sem qui lui fait la gueule parce que son père n’a pas sauvé la jeune femme qu’il s’était trouvé… et toute l’armée de Tubal, au pied de l’arche, qui en prendrait bien le contrôle alors que la pluie tombe désormais à seaux. Et entre eux, les anges déchus qui ne tiennent pas à ce que l’on s’approche de l’arche. Et qui tendent entre eux des chaînes pour… pour…

Ah oui, vous ai-je parlé du fait que Noé & co travaillaient avec des outils en métal ? Ils ont même eu le temps de fabriquer des chaînes, vous voyez. C’est dire si, comme l’arche, c’était facile à faire, ils ont décidé de prendre le temps d’ouvrir une mine de fer, de le raffiner, de le forger, etc. Bravo, Noé. Décidément, pour un mec qui vivait en mangeant des racines dans un désert de cailloux, tu sais en faire, des trucs. Sûrement qu’un vieux caillou avait un long passé de forgeron et qu’il a partagé sa sagesse avec toi sous les étoiles. Les cailloux t’ont tant appris.

L’armée de Caïn se retrouve donc avec des anges déchus, géants de pierre qui tendent des chaînes entre eux pour empêcher l’ennemi de passer.  Ce qui est ballot sachant qu’ils forment juste une ligne devant l’arche : il suffit de faire le tour pour passer. Mais ça, évidemment, personne n’y pense à part les spectateurs qui hurlent de douleur devant une bouse pareille et tous les vilains se jettent comme des gros débiles sur les golems, qui leur mettent une raclée. Du moins, jusqu’à ce qu’arrive Tubal en personne, dont la civilisation a inventé l’increvable tôle ondulée dont ils se servent en guise de boucliers, et Tubal, planqué derrière cette protection, utilise du Broufanium dans un tube pour inventer… l’arme à feu ! Bien vite, les projectiles font mal aux géants de pierre, qui l’un après l’autre, reculent et s’effondrent sous les assauts des innombrables humains. Qui les tuent à la lance juste pour dire qu’en fait, ils n’avaient pas besoin du Broufanium pour les vaincre et que c’est un énième ajout ridicule de principe.

Ce faisant, les anges de pierre explosent et découvrent, heureux, qu’en mourant pour Noé, ils reprennent leur forme d’ange de lumière et montent au paradis.

Je vous la traduis : tant que les anges vivaient pour aider les autres, ils pouvaient bien crever comme des merdes, mais maintenant qu’ils tuent des humains pour Dieu, ils ont bien mérité le paradis.

Mmm. Je sens comme une morale subtile derrière tout cela. Je crois que même Al-Qaida a du mal à s’aligner, là.

Boum

On peut aussi la formuler comme ça : « Si tu exploses au milieu de tes ennemis, tu vas au paradis ». C’est rigolo, ça me rappelle un truc.

L’explosion de l’un des anges jette Tubal à terre et le blesse à la jambe, mais hardi petit, celui-ci parvient à passer les derniers anges déchus et constate que sur le bord de l’arche, il y a un échafaudage lui permettant de monter le long du navire discrètement, ce qu’il fait. Grand bien lui en prend, car au même moment, Dieu qui s’est dit qu’en fait, avec la pluie, ça allait prendre longtemps cette affaire fait jaillir du sol des geysers d’eau, puis à l’horizon, un tsunami vient tout balayer, y compris Mathusalem qui plutôt qu’aider Noé, continuait à chercher des baies et en trouve une juste avant de mourir balayé par les eaux, tout content de manger avant de mourir.

C’est vraiment, vraiment, vraiment complètement nul.

A l’intérieur de l’arche, Sem, qui avait un peu une tête de traître depuis le début du film entend un bruit bizarre : en moins d’une minute, Tubal a réussi à créer un trou assez gros pour lui au-dessus de la ligne de flottaison et se glisse dans l’arche sous les yeux de Sem. Sem qui l’accueille puisque comme il en veut à son père, les ennemis de son ennemi sont ses amis. Hop, trahison. Sans compter qu’une fois que l’arche est soulevée par les eaux (et oui, elle résiste à un tsunami sans problème, merci, on va parler de miracle) et qu’elle se met à flotter, l’ambiance à bord est un peu pourrie : on entend les hurlements à l’extérieur de derniers humains abrités au sommet de montagnes que croisent nos héros. Et Noé est inflexible : Dieu n’a pas demandé à sauver qui que ce soit, donc il ne prendra personne à bord à part sa famille.

Ila, c’est pas le moment de dire à Cham que tu aimerais le plaquer pour reprendre des études et avoir une carrière.

Pour réchauffer l’atmosphère, Noé allume un feu à l’aide de Broufanium dans la célèbre cheminée de l’arche (tout en fer, en plus, ils ont vraiment dû bien l’exploiter leur mine) et raconte à sa famille une énième fois la création du monde lors d’une séquence où l’équipe du film tente de mêler subtilement divin & évolution. Et il explique que Dieu est surpuissant et le contredire, c’est risquer, je ne sais pas moi, un déluge ? Il précise aussi que voilà, si Dieu n’a pas voulu qu’ils aient de nana en rab’ à bord et que la seule, Ila, n’est pas supposée pouvoir faire d’enfant, c’est que Dieu veut l’extinction de l’espèce.

« Ainsi, Sem, tu enterreras ton aîné Cham près de sa femme Ila. Puis, Japhet, à ton tour, tu enterreras Sem. Et tu seras le dernier homme sur Terre. 
- Et personne ne m’enterrera ? Sympa, merci. Super les copains.
- Allons, ne sois pas aigri. Pas plus que toi, Sem, je sais que tu m’en veux.
- Non, tu as juste laissé crever ma nouvelle copine.
- C’est que Dieu le voulait.
- Ah oui ? Et alors quel est le projet de Dieu pour moi ?
- Allons Sem. Nous sommes dans une arche.
- Et ?
- As-tu vu tous les animaux ?
- Oui, et ?
- Es-tu sûr ?
- Ben oui.
- Alors peux-tu me dire où l’on a rangé les tiques, la gale, les poux et les morbacs ?
- Hein ? Bé c’est vrai que maintenant que tu en parles, je ne me souviens pas de… de… attends ?
- Oui, mon fils : il fallait bien un hôte pour tous les parasites de merde. Dieu t’a choisi ! Tu en as de la chance !
- J’en ai marre ! C’est toujours sur moi que ça tombe ! C’est ça que ça gratte depuis des jours ! J’m’en fous, j’vais dans ma chambre et j’deviens bouddhiste !
- JE T’INTERDIS DE FAIRE CA ! »

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Vexé comme un pou (hoho), Sem retourne donc dans un coin de l’arche où personne n’a remarqué que Tubal attendait son heure. Le vieux guerrier bouffe des animaux discrètement (tant pis pour eux ! Adieu, la reproduction !) et les partage avec Sem pour lui faire accepter sa vision de l’humanité : tuer ou être tué. L’important c’est la survie, et l’accomplissement des choses par soi-même, pas les projets de Dieu. Et il compte bien tuer Noé qui est en travers de sa route pour rebâtir un nouveau monde avec cette idée de méchant qui est que l’être humain peut vivre sans Dieu.

Noé ne manque pas d’ennemis à bord, principalement parce qu’il est un peu con. Après ne pas avoir remarqué un type en armure blessé dans un coin de son rafiot, voilà qu’Ila vient lui apprendre qu’elle est miraculeusement enceinte ! Noé en devient tout colère au lieu de se réjouir : il sent que les supers pouvoirs de Mathusalem ont quelque chose à voir avec cela. Il se met donc à gueuler que cela s’oppose au plan de Dieu et qu’Ila risque de permettre à l’humanité de se reproduire au lieu de disparaître. Il annonce donc clairement la couleur :

  • Si l’enfant est un garçon, il vivra.
  • Si l’enfant est une fille, elle mourra puisqu’elle pourrait porter la vie et risquer de repeupler la Terre.

D’accord, donc c’est pour empêcher la présence d’une femme fertile, soit, mais sinon, mec, une femme fertile, tu n’en aurais pas justement une, enceinte, juste en face de toi ? Mais non, Noé n’y pense pas. Il a dû oublier lui-même comment il avait fait plusieurs enfants (et il devait d’ailleurs être le premier de sa lignée puisque le film explique bien que Noé est le dernier de la lignée de Jean-Jacques).  L’annonce étant cependant faite, les mois s’écoulent à bord dans la grosse ambiance que l’on peut imaginer, à jouer au rami en silence. Utilisant du bois venu d’on ne sait où, Cham et Ila bricolent un radeau pour échapper à Noé et sa colère. Mais le jour du lancement, Noé fabrique une grenade au Broufanium et la balance sur le radeau avant qu’ils n’y montent. Le frêle esquif brûle donc et emmène au fond de l’océan toutes les malles qui y étaient entreposées.

Parce que oui, ils avaient des malles tout ce qu’il y a de plus moderne. Mais après tout, quand on rate son film, on peut rater ses accessoires sans souci, n’est-ce pas ? Après l’histoire du masque de soudeur, plus rien ne m’étonne.

Radeau

Le radeau en train de brûler avec ses malles. A noter que sachant que c’était une famille de clodos, je serais curieux de savoir ce qu’il y a à dans les malles en question. Mais sinon, les spectateurs n’auraient sûrement pas compris.

Sauf que toute cette agitation déclenche l’accouchement d’Ila. Et que du coup, le film s’accélère brutalement (il était temps cela dit) : l’arche qui naviguait sans but s’échoue soudain au sommet d’une montagne, Tubal, guéri, décide avec Sem de passer à l’attaque, quant à Cham, après avoir appris qu’Ila avait accouché (en 5 minutes chrono, bravo madame ! Vous êtes une femme toboggan) de non pas une, mais de deux filles, il décide aussi d’aller tuer son père avant qu’il ne tue ses enfants. Quant à Japhet, tout le monde s’en fout, vous l’imaginez bien, puisque vous aussi.

Plutôt que de vous décrire le combat, je vous en donne les éléments : gentil + méchant + lieu quasi-désert + armes qui glissent au sol.

Du jamais vu, n’est-ce pas ? Ça valait le coup de faire presque une heure de film dans l’arche à base de dialogues chiants pour arriver à pareil sommet.

Tubal, qui se révèle être le chef de guerre le plus pourri du monde (« Hohoho, j’attends Noé dans l’ombre avec un couteau et une masse… tiens, si je lui sautais dessus pour lui faire des brûlures indiennes en fait ?« ) est tellement naze qu’il finit tué par son propre allié, Sem, qui sauve son papounet d’un bon coup de couteau. Cela étant dit, Noé est toujours un peu grognon au sujet des deux filles qu’Ila vient d’avoir, et monte donc sur le pont pour buter les bambins.

Sa femme tente bien de le raisonner d’un « Tu dis toujours que Dieu pourvoit à tous nos besoins : deux de nos fils n’ont pas de femmes et il donne à Ila deux filles !« 

Ah ouais. Bonne ambiance. Donc le plan, si je comprends bien, c’est de dire aux deux grands dadets de Sem et Japhet « Voilà vos nièces ! Vous attendez 15-16 ans histoire que ça soit pas trop sale, et vous leur faites des gosses. » Non mais on n’est pas chez Christine Boutin, ici ! Pas en famille que diable ! Ou alors, vous allez repeupler la planète avec un tel niveau de consanguinité qu’au bout d’une ou deux générations, elle ressemblera au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine. Brrrr.

Noé, en tout cas, est grognon un moment, mais en voyant les enfants, il les trouve trop kikinou et se refuse à les transformer en brochettes.

Le niveau des eaux redescend donc, et peu à peu, des terres fertiles se découvrent. Les animaux partent les repeupler (et tant pis pour ceux qui vivaient aux pôles et doivent faire la route par leurs propres moyens) en prenant soin de ne pas se bouffer entre eux avant de s’être un minimum reproduits (les lions et autres carnivores prennent donc des coupes faim durant quelques années et deviennent anorexiques pour certains, leur ouvrant ainsi une grande carrière dans la mode), la famille de Noé commence à bâtir des maisons, et Noé lui-même va vivre dans une grotte et se saoule la gueule à partir de raisin qu’il a trouvé sur une plage (endroit typique où le raison pousse comme chacun sait). Il peut donc reprendre sa vie de clodo et brailler des chansons paillardes à tue-tête du soir au matin.

Le reste de sa famille fait donc sa petite vie dans son coin. Sem finit cependant par se barrer parce que bon, c’est pas tout ça, mais lui, il est toujours un peu sur la béquille et il en veut toujours à son père. Il abandonne derrière lui la peau de serpent qu’il avait reprise à Tubal. Et quand tout le reste de la famille s’exclame « Allez Noé, reviens, tu as tenté de buter nos enfants mais on t’aime bien quand même ! » Noé revient, est accepté par les siens, reprend la fameuse peau de serpent et commence le rituel qui lui, de son temps, avait été interrompu pour confier à ses petites filles la responsabilité, un jour, de prendre soin avec leur descendance de la Création.

Et… FIN !

Attendez, c’était vraiment un film ? Ce n’était pas juste une blague ?

Noéclodo

J’ai failli oublier de vous montrer Noé le clodo dans sa grotte : là, pour vous montrer qu’il boit beaucoup, ils lui ont filé des dizaines de pichets en bois vide au lieu des traditionnelles bouteilles. C’est vrai, on imagine bien Noé se fabriquer un pichet à chaque fois avant de le balancer.

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Si je résume ce que je viens de voir, ce film conte l’histoire d’une bande d’obsédés sexuels qui de dépit et après la plus grande douche froide du monde, décide de s’enfermer avec des animaux loin de tout.

J’envoie immédiatement un mail à la légion étrangère pour plagiat.

« Dans l’affaire Hunger Games contre Divergente, je laisse la parole à la défense. »

D’un geste mou, le juge signifie à l’avocat qu’il doit se lever : celui-ci fait un clin d’œil à sa cliente avant de s’exécuter et d’aller se placer devant le banc des jurés. Il tousse dans son poing, fait quelques mouvements de bras pour dégager ses longues manches pendantes, puis débute.

« Mesdames et Messieurs les jurés, je comprends votre trouble. J’ai entendu, comme vous, les arguments du demandeur qui prétendrait que le livre Divergente ne serait qu’une pâle copie de son chef d’oeuvre, Hunger Games. Et pourtant ! Il n’en est rien ! Alors ouiii, on pourrait éventuellement mettre en parallèle le fait que les deux se déroulent dans un univers post-apocalyptique. Certes, les deux se passent aux Etats-Unis. Bon, d’accord, les deux parlent d’une société qui s’est recomposée autour de factions aux rôles bien définis. Par un heureux hasard, il y est aussi question d’ordre. Par une formidable coïncidence, dans les deux cas, il s’agit d’une héroïne. Probablement à cause de l’alignement des planètes, dans les deux cas, cette dernière se retrouve à remettre en cause l’ordre établi alors que les autorités ont les yeux sur elle. Et ouiii, par un fameux miracle statistique, les deux se retrouvent à vivre une histoire d’amour avec un type qui a un nom à la con, mais tout de même : est-ce bien suffisant pour accuser ma cliente d’avoir resucé très fort l’oeuvre d’autrui ?« 

L’ensemble du jury hochant vigoureusement la tête, l’avocat se gratte le menton, déçu : ça lui paraissait être un excellent argument. Au moins de la même qualité que les livres cités. Il détourne la tête :

« Monsieur le Président, puis-je m’entretenir avec ma cliente ?
- Mais, faites Maître Connard. »

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D’un geste, je bondis vers ma cliente qui paraît nerveuse : le jury chuchote en la regardant et l’affaire paraît bien mal engagée. Tout de même, je la questionne :

« Ecoutez, je sais que vous m’avez pris pour ma mauvaise foi, mais tout de même, là ça devient compliqué.
- Maître, au prix où je vous paie, j’espère que vous pouvez faire mieux. 
- Heureusement que votre éditeur ne vous a pas dit la même chose.
- Hein ?
- Non, rien. Bon, vous savez quoi ? Nous allons utiliser l’argument ultime. Puisque sur le contenu ça va être compliqué, on va jouer sur le contenant.« 

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Je retourne vers le jury pour mieux tirer de ma manche un ouvrage que je présente aux yeux de tous :

« Voyez ce livre ! Il s’agit de Hunger Games ! Observez-le bien !« 

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« Vous l’avez bien regardé ? Parfait, alors à présent, voyez le livre de ma cliente, il n’a strictement rien à voir ! »

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« Alors, vous voyez ! Aucun rapport !
- Maître, pourriez-vous retirer le papier blanc que vous avez collé sur la couverture ?
- Le pap… Monsieur le président ? Hoooo, tiens oui, ça alors ! Il a dû se glisser entre mes doigts par accident !
- J’insiste.
- Rhooo. »

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D’un coup de doigt, le papier tombe, révélant ainsi la couverture complète.

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Je retourne vers ma cliente d’un vif entrechat.

« Alors Maître ? Vous pensez que le jury a remarqué quelque chose ?
- Je ne sais pas trop. Là ils rigolent. 
- Quelle est la suite du plan ?
- On spoile le film. Vu comme Hunger Games était une daube, avec un peu de bol, votre adaptation sera moins débile. On peut jouer dessus.
- Je compte sur vous Maître Connard ! »

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Alors, Divergente, honteuse copie de Hunger Games ou oeuvre en soi ? L’héroïne est-elle moins stupide ? Le monde plus crédible ? Et surtout, peut-on trouver un nom plus con que « Pita » ?

Spoilons mes bons !

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L’affiche : si je vous dis que l’un des deux personnages a en fait le vertige, vous me croyez ? C’est lamentable, mais vous devriez.

Notre film commence du côté de Chicago, célèbre cité des Etats-Unis d’Amérique. Hélas, nous sommes dans un futur plus ou moins proche, et la ville n’a plus son étincelante beauté d’antan : ses buildings sont en piteux état et couverts de simili-éoliennes, et la végétation a repris ses droits sur une partie de la cité. Par ailleurs, une gigantesque enceinte fait le tour de la ville, probablement pour éloigner les Mexicains, et est couverte d’un enchevêtrement de passerelles qui monte si haut que même la grande roue du coin, à côté, fait doucement ricaner. Mais que s’est-il passé ?

La guerre, mes bons, la guerre !

Une voix off nous l’explique : une grande guerre aurait ravagé la Terre et celle-ci serait en ruine, les derniers humains s’étant regroupés et enfermés à Chicago avant de refonder la société pour que plus jamais de conflit n’éclate. Comment, me direz-vous ? C’est bien simple : en divisant le peuple en cinq castes ! Parce que les castes, c’est connu, ça apporte la paix éternelle, tout ça, si si. Chut. Arrêtez. Mais, détaillons !

Tout d’abord, il y a les Érudits : vêtus de bleu, ce sont des chercheurs, des savants, et ils s’enferment dans leurs bibliothèques pour jouer avec leurs tablettes tactiles et percer les mystères de l’univers, à moins que ce ne soit pour essayer de trouver le dernier Hot-Spot pré-apocalypse pour se connecter à Youporn. On est pas bien sûr.

Ensuite viennent les Fraternels : drapés de rouge, ils travaillent la terre et nourrissent donc la cité. La voix off se sent obligée de préciser qu’ils sont toujours souriants et sympas, parce que les gens de la terre, ils sont comme ça. La voix off n’a jamais dû assister à une manifestation d’agriculteurs ou voir les scores du Front National à la campagne.

Puis viennent les Sincères : dans leurs vêtements blancs, ils rendent la justice, puisqu’ils se passionnent pour la vérité, qu’ils balancent à autrui sans pincettes. Par exemple, quelqu’un qui balance « Moi, j’aime pas les Noirs ! » est très sincère, donc du coup, il fera un excellent homme de justice. C’est bien, ce système, dites-donc.

Ils travaillent aux côtes des Altruistes : dans leurs tenues grises, ces derniers ont en charge, de par leur absence d’intérêts personnels, des questions relatives à la gestion de la cité, pour laquelle ils prennent les décisions. Ils distribuent la nourriture aux sans-clans, qui n’étant intégrés nulle part, fouillent les poubelles. Ce qui est un peu se foutre de la gueule du monde, puisque du coup, ça veut dire qu’au lieu que les Fraternels distribuent leur propre nourriture, ils doivent d’abord la filer aux Altruistes pour qu’ensuite ces derniers puissent passer pour des mecs à la cool. Désintérêt personnel, hein ! Mais bon, il faut bien faire des images de gentils qui donnent à manger aux pauvres, sinon on ne comprendrait pas bien que ce sont les gentils.

Enfin arrivent les Audacieux : vêtus de noir, ils sont à la fois la police et l’armée, si problème il y avait. Ils sont tout fou-fous et courent dans tous les sens, mais nous y reviendrons.

Et… c’est tout.

Non, il n’y a pas de caste des techniciens. Ni des artisans. Ni des cuisiniers. Ni des artistes. Ni… bon, je ne vous fais pas la liste, mais pour résumer, les gens utilisent des voitures dans un monde sans ouvriers, travaillent sur des tablettes tactile en parfait état probablement fabriquées à partir de circuit imprimés que les Fraternels font pousser dans le lopin juste à côté des patates, quant aux médicaments, on va supposer que la grande guerre a été menée par les homéopathes et qu’en plus ils l’ont gagnée (probablement en diluant une bombe atomique dans de l’eau sucrée, ou autre arme maléfique de ces fourbes).

Le film n’a pas commencé et c’est déjà complètement branlant. J’ai envie de dire : chapeau. Je pense qu’il y a une sorte de compétition malsaine à Hollywood, et que les candidats sont sacrément doués.

Passons ou je vais finir par prendre ça pour une provocation à mon égard.

Et retrouvons notre héroïne : Béatrice Prior, 16 ans, appartenant à la caste des Altruistes puisque ses parents le sont. Et non, on ne peut pas être enfant de parents de deux castes différentes : probablement que chaque clan a sa propre parade amoureuse et que du coup, ça empêche l’accouplement inter-espèce. On se souvient ainsi de la terrible expérience de cette Érudite tombée amoureuse d’un Fraternel, qui lorsqu’elle commença sa parade (lui faire jouer un scénario des Masques de Nyarlathotep), se vit répondre celle de l’être aimé (une chanson paillarde intitulée « Motoculteur, je motoculte« ). Le résultat fut si terrible que l’on préféra oublier cette option.  Et enterrer les deux protagonistes.

Toujours est-il que Béatrice a un frère, Caleb, une maman, certes, mais aussi un papa qui est membre du conseil de la cité. La vie irait plutôt bien si Béatrice ne se sentait pas… disons, pas à sa place. Son frère Caleb fait pourtant  un Altruiste parfait : il aide tous ceux qu’il croise naturellement. Alors que Béatrice, à moins qu’on ne lui mette des coups de pied au derche, bon, elle s’en fout un peu. Ah, elle aimerait tant être une Audacieuse, ces chiens fous qui font des choses fabuleuses, comme escalader des murs, escalader des murs, ou mieux encore, escalader des murs !

Pardon ? Non, ils ne font rien d’autre. Oui, dans ce film, la définition « d’audacieux » est « qui kiffe le parkour« . Je vous le dis tout de suite parce que moi, naïvement, j’ai attendu jusqu’à la fin du film qu’ils fassent preuve d’audace, hein. Au fond, je suis un grand optimiste.

Et ça tombe bien cette histoire, parce que dans cette société, à 16 ans, les adolescents sont invités à passer un test, qui va déterminer à quelle caste ils devraient appartenir pour le restant de leur vie. Dans 95% des cas, les gens nés dans une caste y restent, mais les 5% restants se découvrent une vocation pour une autre, qui leur ressemble plus. Dans tous les cas, le test n’est qu’un indicateur : le choix final revient à l’adolescent lui-même, puisqu’à cet âge là, on fait toujours les meilleurs choix.

Autant vous dire que Béatrice est un peu stressée en se rendant à son test, puisqu’elle n’a pas trop envie de rester une Altruiste, crotte de bique, c’est nul de porter des pulls qui grattent et de causer avec les prolos. Elle veut du rêve, bon dieu ! D’ailleurs, lorsqu’elle arrive devant le centre où se déroulera le fameux test, les Altruistes sont pris à parti par un Sincère qui se fout de leur gueule, voire limite les agresse, mais personne ne fait rien : les autres Sincères, pourtant chargés de la justice, trouvent ça tout à fait normal, quant aux Altruistes, ils laissent le mec pris à parti se chier dessus, parce que vous comprenez, on veut bien être Altruiste, mais pas aider les autres.

Décidément, mon dictionnaire ne doit pas être à jour.

Qu’importe : arrivent les Audacieux, qui ont pour moyen de transport une rame de métro aérien qui ne s’arrête jamais et tourne en ville en boucle, faisant que les larrons doivent sauter pour en sortir ou y rentrer, ce qui fait plus cool (et probablement 5 morts et 10 blessés chaque mois). Tout le monde a donc des étoiles plein les yeux, parce que les Audacieux, ils sont vraiment trop cools à faire du parkour. Puis, il faut aller passer son test, ce qui est fort simple : pas de sujet de bac, de brouillon ou de raclure qui redemande cinq fois des copies doubles, non ; ici, chacun s’enferme dans un petit cabinet médical où l’attend un adulte – une Audacieuse dans le cas de Béatrice – qui lui dit de boire l’équivalent local du LSD, je suppose. Et lors de ce trip sous acide, notre héroïne doit affronter des hallucinations qui détermineront la caste où elle doit atterrir.

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« N’aie pas peur, je suis là pour vérifier que tu ne fais pas d’overdose. Et si tu reveux du crack, tu n’as qu’à me demander. »

Oui, moi aussi je trouve sympa le concept de filer de la drogue à des ados avant de leur demander de faire le choix le plus important de leur vie une fois défoncés. Combien sont-ils à avoir expliqué dans un filet de bave qu’ils avaient vu leur vocation : c’était devenir un puuuuutain de pâtissier-magicien, si si, ho putain, je suis déééfoncé, vas-y, passe passe passe le oinj’, y a du monde sur la corde à linge ? Les Erudits doivent planquer les statistiques sous la Méta-amphétamine.

Ils sont taquins, dans cette société du futur.

Bref, l’hallucination de Béatrice  se déroule ainsi : elle est dans une salle avec des miroirs, et un de ses reflets lui dit qu’elle doit choisir un objet parmi ceux qui viennent d’apparaître à côté d’elle, à savoir un couteau, un pavé de viande, et comme je n’ai pas bien vu le reste, je décide donc qu’il y aura un ukulélé, une photo dédicacée de Ben Affleck et un demi-paquet de Pépito. Notre héroïne a donc l’idée intelligente de demander « Mais pourquoi ? » mais c’est trop tard, les objets ont disparu. Et à la place, un chien vient d’apparaître… et s’apprête à croquer une petite fille qui semble être une version plus jeune de Béatrice ! « Bon sang ! » pense Béatrice « Que n’ai-je pris le paquet de Pépito, j’aurais pu lui lapider la gueule ! » mais tant pis : ni une, ni deux, elle bondit sur le teckel fou et l’arrête avant qu’il ne croque un mollet de l’enfant… et se réveille !

A côté d’elle, l’Audacieuse en charge du test qui surveillait des écrans pour voir le résultat en direct est toute en sueur : jamais personne n’avait sauté sur le chien !

Ah bon ? D’habitude, les gens en voyant le pavé de viande et la photo de Ben Affleck comprenaient directement ce qui allait se passer et réagissaient en conséquence ? Ils sont forts, quand même! Bon, enfin c’est bien gentil votre affaire, mais alors, Béatrice, qu’est-elle ?

« Je ne peux rien te dire, souffle l’audacieuse un peu paniquée. Fuis, passe par la porte de derrière, rentre chez toi et dis que le sérum t’as rendu malade, que ça n’a pas fonctionné !
- Mais enfin, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Que suis-je alors ? Une Altruiste ?
- Tu veux vraiment le savoir ? Tu es une Altruiste. Mais aussi une Érudite. Et une Audacieuse ! Tu es tout à la fois !
- C’est impossible !
- Tu ne rentres dans l’ordre des choses… tu es une Divergente !
- C’est marrant, ça sonne un peu « Manif’ pour tous », dit comme ça.
- Ça suffit ! Tu représentes un danger en n’ayant ta place dans aucune caste : tu ne dois rien dire  ! A personne !
- D’accord, mais pourrait-on reparler de la signification du teckel et de la boîte de Pépito ? »

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Nous ne saurons jamais pour ce dernier point : c’est terrible. Pourtant, ce test avait l’air tellement pratique et cohérent.

Détail rigolo : on explique à notre héroïne que ne rentrer dans aucune caste, c’est être une divergente, un danger. Il faudra donc m’expliquer d’où sortent les sans-castes qui fouillent les poubelles et attendent l’aumône des Altruistes, que l’on a le bon goût de laisser de côté et de traiter comme de la merde, parce que comme ça, nul doute qu’ils n’auront aucune envie de révolution. On pourra me dire « Ce sont peut-être des gens qui ont été rejetés par d’autres castes ? » sauf que non puisque plus tard dans le film, il sera bien expliqué que la simple idée de virer quelqu’un d’une caste est totalement absurde et n’a jamais été fait jusqu’alors. Et au début du film, on disait bien que ce n’étaient pas des criminels, juste des gens n’ayant « pas trouvé leur place« .

Donc soit les divergents se ramassent à la pelle, et le film ne tient pas, soit les sans-castes n’ont aucune raison d’exister, et le film ne tient pas.

Vous avez le choix, attention, c’est pas facile. Moi je suis allé demander la réponse à la dame qui vend les tickets à l’entrée du cinéma, mais elle a dit que je commençais à faire chier avec mes commentaires. Je vous jure, on vit dans un monde de petits malappris.

Bref : Béatrice rentre chez elle et raconte que oui, elle a été malade durant le test, tout ça, et tente d’être aussi crédible que possible, par exemple en racontant comment elle a vomi ou pourquoi il va falloir sceller les toilettes au chalumeau. Ses parents la rassurent et lui disent que demain aura lieu la cérémonie du choix. Test ou non, c’est donc à Caleb et Béatrice que revient le choix de leur caste. Papa Béa fait tout de même remarquer que Béatrice n’aurait pas dû filer du centre de test par une porte dérobée, même malade : les Érudits, en ce moment, surveillent de près les Altruistes… certains les soupçonnent même de vouloir prendre le pouvoir. Ils colporteraient des ragots comme le fait que Marcus, le chef des Altruistes, aurait battu son fils par le passé et serait donc trop vilain pour gérer la cité. Donc, prudence avec les actes et les choix.

Soit.

Le lendemain, donc, toute la cité (qui selon les plans, fait quelques centaines ou plusieurs milliers d’individus) se réunit dans l’amphithéâtre du coin pour la cérémonie du choix. Cinq vasques sont disposées, chacune avec le sigle d’un clan. Les jeunes de 16 ans ayant passé leur test la veille sont chacun appelés et doivent se couper la main pour verser une goutte de sang dans la vasque de la faction qu’ils veulent rejoindre. Les jeunes défilent, et dans 95% des cas, ils choisissent leur caste d’origine. A part un Sincère qui met son sang dans le bol des Fraternels : probablement que toute sa vie, il avait rêvé de se péter le dos, de bouffer des betteraves et de s’exprimer avec un fort accent picard ; il va enfin pouvoir accomplir son destin. Surprise, aussi : Caleb, pourtant un Altruiste évident… choisit la caste des Érudits !

Quant à Béatrice, elle hésite… et décide de rejoindre les Audacieux.

Les parents des deux marmots sont choqués, voire en pleurs : lorsque l’on quitte sa caste, on n’y revient jamais. Ils ne reverront donc plus leurs enfants ! Quelques derniers regards et, ha ! Chacun part avec sa nouvelle grande famille. Nous suivons donc Béatrice qui suit les Audacieux à l’extérieur de l’amphithéâtre, qui se mettent à courir partout et à faire du parkour sur fond de Woodkid : heureusement que notre héroïne avait la moyenne en sport, puisqu’elle peut donc suivre cette bande de débilous hyperactifs jusqu’au rail de leur fameux métro aérien pour y sauter en marche. Dans la rame, elle fait la connaissance de deux autres transfuges d’autres factions : Christina, qui débarque de chez les Sincères, et… un type de chez les Érudits. Comme les personnages secondaires masculins qui entourent l’héroïne chez les Audacieux sont tous complètement interchangeables, j’en déduis que nous venons de trouver là un nid à Jean-Jacques. Bref, il faut environ 17 secondes pour que Christina et Béatrice deviennent les meilleures amies du monde, puis, elles doivent suivre les Audacieux qui continuent de sauter partout parce qu’ils n’ont pas eu leur ritaline, par exemple en se jetant du métro aérien pour atterrir sur le toit d’un immeuble voisin. Sur place, on leur indique un grand trou dont on ne voit pas le fond dans lequel sauter pour rentrer chez les Audacieux ; Béatrice se lance, et après une chute impressionnante atterrit dans un grand filet : c’est l’entrée du QG de la faction !

Sur place, d’autres Audacieux l’accueillent et l’aident à sortir du filet en question. L’un d’entre eux, grand, beau et fort, semble être le chef et lui demande :

« Comment t’appelles-tu, petite nouvelle ?
- Bé…
- Attends, avant de me répondre, sache que comme tu as choisi une nouvelle vie, tu as aussi le droit à un nouveau nom. Mais tu dois le faire là, tout de suite, au débotté.
- Bon bin alors je m’appelle « Tris ». »

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Je vous donne tout de même le reste du dialogue, coupé au montage.

«  »Tris » de Béatrice ? Comme « Bella » de Isabella dans Twilight ? Toi aussi tu trouvais que ton nom avait trop de syllabes ?
- Hé ho, ça va, c’est la faction des Audacieux que j’ai rejoint, pas celles des langues de pute. Et puis d’abord, je pensais avoir touché le fond à vivre dans un monde où tu choisis l’orientation de toute ta vie lors d’un trip sous acide, mais me retrouver face à des mecs qui demandent en plus à des ados de 16 ans de se trouver un pseudo en 5 secondes, je t’avoue que je commence à me demander si vous n’êtes pas tous un peu cons.
- Hmmm. Je ne vois pas de quoi tu parles : laisse-moi plutôt te présenter tes nouveaux compagnons. Voici Dark_Lord.
- Salut.
- Princesse_Poney83…
- Salut.
- Et là ces 62 types s’appellent tous « Batman ». 
- Salutsalutsalutsalutsalut. »

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Bref, après avoir enchaîné autant de concepts idiots, le Monsieur grand, beau et fort se présente : il se nomme « Quatre ». Christina fait aussitôt une blague sur ce nom ridicule, mais elle se fait rabrouer. Personnellement, je pense que ce garçon a été nommé d’après les résultats de son test de QI, mais qu’importe, déjà, il divise les nouveaux en deux groupes. D’un côté partiront ceux qui sont fils et filles d’Audacieux, et d’un autre iront les transfuges. On en profite pour leur faire faire le tour du propriétaire : le QG des Audacieux se résume à une sorte de carrière souterraine installée sous d’anciens hangars et où tout le monde s’habille en cuir, kiffe les piercings et les tatouages, et écoute du Woodkid à fond (décidément, ils avaient dû se payer les droits de l’album). Soit.

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Voici donc « Quatre ». C’était chaud de faire pire que « Peeta » l’homme-kebab : ils l’ont fait. Quel talent.

Les transfuges découvrent leur dortoir : jusqu’à ce qu’ils aient terminé leur entraînement, ils vivront dans une espèce de vieux truc collectif où l’intimité n’existe pas et où on ne trouve que le minimum vital. Puis, ils sont invités à découvrir la cantoche des Audacieux, où on mange des burgers et tout, parce qu’on est jeune et cool. L’occasion pour Tris d’essayer de taper la causette avec Quatre, qui l’envoie péter en lui demandant d’où elle se croit permise de lui adresser la parole, dis-donc, biatch.

Je ne sais pas ? Parce qu’elle est « Audacieuse » ? Mais non : personne ne pense à cette réponse. Ni à aller voir ce que ça veut dire, d’ailleurs.

A la place, on a juste Christina qui intervient pour dire à Tris « Hihihi tu as parlé à ce bogosse de Quatre, huhuhu, tu es folle ! Il aurait pu te tuer ! » alors que je le rappelle, dans la scène précédente, Christina à peine arrivée vannait le Monsieur sur son prénom. Encore une fois, j’aime ce don qu’a Hollywood pour payer des scènes et dialogues qui ne servent qu’à souligner des incohérences. Qu’importe : quand tout le monde a mangé, on découvre 4 adultes qui arrivent dans la cantine, parce que oui, chez les Audacieux, tout le monde a moins de 20 ans il faut croire. Et les seuls adultes sont tous des mecs : il faudra qu’on m’explique comment ils se reproduisent. Probablement par mitose, un peu comme les cadres du Parti Socialiste, mais là n’est pas le sujet. Les vieux de la vieille expliquent donc que les nouveaux vont commencer leur entraînement sous peu pour devenir de vrais Audacieux, en route, donc.

Car en effet : on les confie aux soins d’Eric, une grosse brute un peu débile, qui leur explique les règles.

« Bonjour les nouveaux. Pour devenir des Audacieux, il va falloir passer plein de tests, physiques et mentaux, pour tester votre résistance à l’effort et à la peur et faire de vous des bêtes de guerre. Il y aura un classement, et ceux en queue de peloton… seront rejetés et deviendront des sans-clans !
- Haaaan ! Mais on nous l’a pas dit quand on a choisi la faction ! C’est dégueulasse !  Si j’avais su…
- Tu aurais choisi une autre faction ? Non ! Et puis c’est une nouvelle règle. »

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Voilà, c’est ce que je disais : tout le monde est choqué à la simple idée qu’une faction puisse rejeter des gens comme ça, hop. Et visiblement, c’est une règle qui n’avait jamais existé nulle part auparavant, d’où le choc. Donc vraiment, d’où sortent les sans-clans ? Mystère. N’empêche, j’aime bien le principe : on prend des gens, on leur fait suivre un gros entraînement militaire, et ensuite seulement on les jette comme des crottes. Nul doute que des gens humiliés, n’ayant plus rien à perdre et entraînés à jouer les commandos ne poseront aucun problème dans la nature.

Je commence à me demander si le nom original de la faction n’était pas « Les Trépanés« . Ou « Les grosses buses« , hein, je reste ouvert.

En tout cas, l’entraînement commence : course, lancer de couteau, tir au fusil (ce sont probablement les Fraternels qui font là encore pousser armes et munitions sur un arbre à Smith & Wesson), arts martiaux… soyons clairs, Tris a du mal, puisqu’elle est un peu gentille et pas assez offensive. Mais comme elle veut absolument devenir une vraie Audacieuse, elle s’entraîne plus que les autres, et de la queue du classement, elle remonte doucement. Quatre en plus vient l’aider lors de séances où il la tripote pour « guider ses mouvements » (le procès pour harcèlement sexuel n’est pas loin) et passe son temps à lui chuchoter de bons conseils comme « Utilise ta vitesse« , « Ne baisse pas ta garde » ou « Bois ce verre, je te jure, je n’ai rien mis dedans, hahaha, mais non, c’est du sucre, hem. »

Eric, lui, se révèle être un vilain petit chef tyrannique, qui martyrise les recrues et passe son temps à leur dire qu’elles doivent fermer leur gueule, obéir quoiqu’on leur dise, et ne pas réfléchir.

Attendez, encore une fois, quelle est la caractéristique principale pour recruter dans cette faction ? L’adoss… l’uda…. l’auda… ah, je ne sais plus. Ce n’était sûrement pas très important. Mais ça voulait sûrement dire « Gens qui aiment fermer leur gueule et rester à leur place« .

Non mais ?

Après des plombes d’entraînement et de scènes où Quatre fait glisser ses mains sur les courbes de Tris sous divers prétextes, nos héros sont invités à passer le test final des épreuves physiques : une grande opération de guérilla dans les ruines de Chicago où chaque équipe doit aller piquer son drapeau à l’autre. Eric est le capitaine d’une équipe, et Quatre de l’autre. Soit dit en passant, on a appris que Quatre avait été le premier à tous les exercices durant sa formation, et que les Audacieux l’avaient voulu plusieurs fois comme chef mais qu’il avait refusé, probablement puisque trop cool. Alors que Quatre réunit son groupe dans un coin et commence à discuter d’un plan, Tris… se barre ?

Hé, tu le dis si on te fait chier, hein.

Qu’importe : comme ils sont proches de la grande roue du coin, elle décide d’aller y faire un tour.

Et Quatre l’y rejoint.

Il faudra donc me dire ce que font les autres pendant ce temps : le chef s’est barré en plein milieu du plan du coup ils ont sorti leur jeu des 7 familles ? Toujours est-il que Tris entreprend d’escalader la grande roue pour « repérer l’équipe ennemie ». Quatre commence donc à la suivre, mais ralentit pour avouer à mi-chemin qu’il a beau être über-audacieux, il a une grande peur : il a le vertige.

Je retourne en parler à la Madame de l’entrée du cinéma et je reviens, j’aimerais avoir son avis sur la question.

Non parce que je reformule : le champion de la faction des mecs qui font du parkour, sautent d’immeuble en immeuble, font les zazous sur le métro aérien et ont pour mission de protéger l’immense enceinte couverte de passerelles branlantes qui entoure Chicago a le vertige.

Et personne ne l’avait remarqué.

Mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiiii ? La prochaine fois, on découvre que le chef des Érudits est analphabète et fait semble de lire L’âne Trotro en prenant un air concentré à chaque fois que l’on rentre dans son bureau ? Mais qu’est-ce que vous fumez avant d’écrire ? Non parce que à part du pétard chargé aux métaux lourds, je ne vois pas bien pour arriver à des résultats aussi lamentables. Essayons de nous concentrer sur la suite.

Tris escalade donc la grande roue et une fois au sommet, seule avec Quatre qui se révèle faible et kikinou sous sa carapace de gros dur, elle repère l’ennemi, planqué dans un vieux clocher. Ni une, ni deux, nos loulous équipés « d’armes à seringues neurologiques simulant la douleur d’une blessure par-balles » (le paint-ball ou l’airsoft, c’était trop cher, et en cas de seringue dans l’œil, on va supposer qu’il repousse) vont donc péter la gueule aux margoulins, et comme il se doit, l’équipe de Tris sort victorieuse de l’affrontement. Pour fêter ça, les Audacieux ont prévu une petite cérémonie de fin des épreuves physiques, consistant en un gigantesque tour en tyrolienne (non, ne cherchez pas) au travers de tout Chicago et où le candidat risque de mourir tous les deux mètres et d’en chier pour freiner.

On espère donc que Quatre n’est jamais passé par là, sinon arrivé à destination, il devait avoir un petit fumet. « Cette odeur chaude et nauséabonde ? C’est heu… la tyrolienne. Les… les freins ont chauffé. Voilà voilà. »

J’en déduis donc que dans son cas, la cérémonie était « en Tyrolien », et on se contentait de chanter en Allemand tout en sautant sur des chaises. Et seulement raisonnablement haut.

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Audacieux.

Les épreuves physiques terminées, les novices Audacieux commencent à participer à la vie de la cité. Ainsi, alors que Tris participe au déchargement de sacs de nourriture pour ravitailler le QG de sa faction, quelqu’un lui envoie de la lumière dans la gueule à coups de miroir depuis un coin sombre. Intriguée, et un peu bougonne parce que c’est chiant quand même, notre héroïne va donc sur place et découvre… sa mère ! Qui est heureuse de la revoir et lui dit que « Attention Béatrice, je sais que tu me mens sur ce qu’il s’est vraiment passé à ton test. Méfie-toi des épreuves qui arrivent chez les Audacieux : ils vont rentrer dans ta tête, et il y a des choses qu’ils ne doivent pas découvrir !« 

Ne t’inquiète pas Maman : s’ils arrivent à rentrer là-dedans, le contact direct avec le néant absolu devrait vite les calmer.

Avant que Tris ne puisse demander à sa mère d’où elle connait la suite des épreuves des Audacieux, cette dernière disparaît tel un ninja, woush woush. Ho, j’en profite pour le préciser : dans un moment de doute durant l’entraînement, Tris et ses copains ont décidé de se faire tatouer (parce que les tatoos, ça règle tout) et alors qu’il n’y a que des modèles tribaux ou presque de disponibles, évidemment, Tris trouve le seul truc avec trois oiseaux kikinous qui portent des fleurs dans le bec à se faire imprimer sur la clavicule. Et sa tatoueuse n’est autre que l’Audacieuse qui lui avait fait passer le test qui lui répète des conseils du même acabit à savoir : « Tu n’aurais pas dû te planquer chez les Audacieux, ils vont te découvrir ! Personne ne doit savoir que tu es divergente. Ici, les gens comme toi, ils les tuent.« 

Okay.

En tout cas, les tests mentaux débutent peu après tout cela, et Tris est invitée à passer les siens avec Quatre (ça alors !). Le test est simple : dans un petit cabinet, on lui injecte un gros coup de drogue qui la fait halluciner (c’est varié, vraiment), et elle doit dès lors combattre ses peurs. Quatre, lui, verra sur un écran ce qui se passera dans son crâne. Et dans le futur, c’est tellement bien que l’écran en question fait même ses propres montages, et propose ainsi différents plans de caméra. Intéressant. Mais pour le coup, tourner des pornos fétichistes est aussi devenu beaucoup plus rapide et moins coûteux. Enfin ça, ce sont les Érudits qui le disent. Enfin qui disent l’avoir lu. Ou le tenir d’un mec qui aurait lu… oui, bon bref, c’est magique, pouf.

Après s’être pris un bon coup de seringue, Tris se retrouve donc face à ses peurs : dans un champ près de la frontière de Chicago, l’herbe autour d’elle prend feu. Puis, des corbeaux jaillissent et viennent lui maraver la gueule. Pire encore, quand elle tente de fuir, elle se retrouve à patauger dans un marais. Cependant, elle finit par se répéter très fort « Rien de tout cela n’est réel ! » et hop, ça l’aide à fuir tout ce bordel. Sa dernière hallucination est un bocal dans lequel elle est enfermée et qui se remplit d’eau : consciente que ce n’est pas réel, elle brise la vitre sans effort et s’en sort…

… pour mieux se réveiller.

Et visiblement, le résultat ne plaît guère à Quatre : elle a réussi à vaincre ses peurs en 3 minutes du premier coup, quand les autres en mettent 20. C’est un nouveau record ! Et un record un peu suspect, d’après Quatre. Tout comme certains Jean-Jacques, qui commencent à se dire qu’elle a peut-être grugé. Et à chaque fois que le test est répété, les résultats sont peu ou prou les mêmes : Quatre finit donc par lui poser la question de savoir quels ont été les résultats à son test pour choisir sa faction. Et il semble très au courant du fait qu’elle ment… bref, tout cela sent un peu le pâté.

Paniquée, elle décide d’aller faire un tour chez les Érudits pour voir son frère avec qui elle veut partager son trouble.

Vous dites ?

C’était pas interdit d’aller voir les gens des autres factions, raison pour laquelle ses parents pleuraient et… non ?

Bon, on va dire que ça non plus, ce n’était pas important.

Sérieusement, il y a quoi qui tient rien que dans les concepts de base du film ? Même les trucs posés dans le pitch sont zappés au bout de quinze secondes !

Bref, au sein du radieux immeuble des Érudits (où tout est propre et blanc : la caste des femmes de ménage doit se cacher chez eux), Caleb papote un peu avec elle avec plaisir, mais lui explique qu’il a rejoint le point de vue des Érudits : les Altruistes ne devraient pas diriger la ville. Les Érudits seraient meilleurs pour cela. Tris est un peu déçue d’entendre son frère raconter ce genre de truc, et alors qu’elle va quitter le bâtiment, deux Érudits essaient de l’arrêter en y mettant un peu de force : elle commence à se battre avec eux quand soudain surgit Jeanine (c’est son vrai nom, ce film était un appeau pour ce blog), la patronne des Érudits, qui fait cesser ce trouble et invite Tris à venir papoter avec elle.

Bon, mais ils voulaient quoi les deux types qui l’ont agressée, en fait ? On ne saura pas. C’était peut-être pour déconner.

Allez, on va dire que c’était une mise en scène de Jeanine pour l’emmener dans son bureau, parce que juste demander poliment, elle n’y avait pas pensé.

Okay, donc je confirme : le champion des Audacieux a le vertige, et la chef des Érudits est une huître avec une moumoute.

Formidable, formidable.

L’entretien entre Jeanine et Tris est bref : Jeanine veut juste lui mettre une petite pression amicale pour bien lui dire que « J’espère que tu es bien une Audacieuse loyale à ta cité, et que tu tuerais père et mère pour le bien de tous« . Sooooit  ? Bon, je ne cherche plus : toujours est-il que Jeanine la fait raccompagner par son chauffeur (un chauffeur Érudit, donc ? Le mec s’est fait arnaquer à un moment) chez les Audacieux. Sauf que sur place, trois hommes cagoulés l’attendent au détour d’un couloir et menacent de la balancer dans l’un des ravins qui parcourent la carrière souterraine !

Quel dommage que tous ces gens habitent dans un site en ruines super dangereux, alors que la ville est recouverte d’immeubles que personne n’a jamais pensé à remettre en état, soit dit en passant.

Bref, notre héroïne est sur le point de faire le grand saut quand arrive Quatre qui distribue des coups de tatane à qui ramène sa fraise. Dans l’affaire, l’un des assaillants a perdu sa cagoule : c’est Jean-Jacques ! Je ne sais plus lequel, mais un Jean-Jacques jaloux des résultats de Tris qui voulait du coup l’éliminer pour éviter de se faire jeter du clan ! Quatre, plutôt que de prévenir les autorités (surtout que rappelons-le : le QG des Audacieux est aussi le QG de la police), préfère emmener Tris qui est un peu choquée dans sa chambre à lui (bien joué petit malin, tu peux le dire : tu as payé les trois hommes cagoulés, va !), et la glisse dans son lit.

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jean-Jacques la cagoule et ses amis que personne ne cherchera plus à identifier du film, quand bien même ils ont tenté de tuer l’héroïne. Leurs cagoules doivent être enchantées.

Mais comme c’est un gentleman, lui dort par terre. Ah mais oui. Il est comme ça le garçon.

Et non, personne au dortoir-sans-intimité ne remarque que tiens, Tris a disparu et que dis-donc, elle sort de la chambre du chef au petit matin. Du coup, personne ne gueule au piston non plus : c’est donc bien. C’est vrai que c’est tellement peu intéressant comme information dans une compétition où on joue sa vie (une compétition où on joue sa vie ? Dit comme ça, ça me rappelle un autre film… hmm, mais lequel ?).

S’ensuit la révélation que tout le monde attendait (mais si !) : Quatre a compris depuis longtemps que Tris était divergente. Mais comme rapidement, tous deux se mettent à se rouler des patins, mais pas plus parce qu’il ne faut « pas aller trop vite » (encore une fois, vous qui avez un jour couché le premier soir, sachez qu’Hollywood condamne fermement votre attitude de dépravée), la confiance règne. Et Tris demande aussi à Quatre « Au fait, c’est quoi le tatouage que l’on voit tout le temps dépasser de ton T-shirt ? Il signifie quoi ? »

Oui, parce que Tris fait aussi partie de ces gens qui sont persuadés que les tatouages ont tous une signification profonde. Pas juste que des gens peuvent trouver ça joli. Non parce que sinon, j’en connais qui vont en chier pour expliquer philosophiquement leur dauphin à la cheville. La prochaine fois, elle tentera « Alors, ton piercing sur le nez, c’est par rapport à Kant ou Platon ?« .

En tout cas, c’est un excellent prétexte pour que Quatre se mette torse-nu et révèle son affreux tatouage couvrant tout son dos, et probablement fait par un surfer mal inspiré. Au milieu de sigles tribaux grossiers, on retrouve donc les sigles des cinq castes, et Quatre explique : « C’est parce que je veux être plus qu’un Audacieux : je veux être Érudit, Altruiste, Fraternel, Sincère et... »

A ce stade, tout le monde a compris que Quatre était un divergent. Un divergent tellement intelligent qu’il a eu la bonne idée de se le tatouer en énorme dans le dos.

Juste une seconde : quelqu’un a vu passer le pétard aux métaux lourds ? J’en aurais bien besoin, là. Merci.

Il n’y a que Tris qui ne fait pas le rapprochement et se contente de baver un peu en faisant des bruits comme « Gnuuu... ». Qu’elle est brillante.

Mais assez de moqueries : Tris finit par partager ses doutes sur ce que les Érudits préparent. Et Quatre, qui a expliqué que sa spécialité était « le renseignement », lui répond qu’effectivement, les Érudits semblent préparer un truc. Ça fait plusieurs fois qu’ils viennent traîner au QG des Audacieux et qu’ils trafiquent du matériel informatique et un sérum qui rend les gens « plus réceptifs à la suggestion ». Intéressant.

Et ça ne vous dirait pas d’en parler, je sais pas moi : aux Sincères, la justice ? Aux Altruistes, le pouvoir politique ? Non ? Non, vous avez raison : peut-être qu’en fait ils veulent juste monter une LAN pour se faire du Counter-Strike. Et le sérum, c’est pour les mauvais joueurs. C’est complètement crédible : surtout ne dites rien !

Visiblement désintéressés de la question, nos héros décident de reprendre la phase 2 de l’entrainement de Tris, à savoir lutter contre les peurs. Car bientôt arrive le grand examen final, celui qui fera d’elle une Audacieuse à part entière : affronter ses peurs avec tout un jury qui regarde sur les écrans ce qu’il se passe dans sa tête. Quatre a alors une idée géniale :

« Tris, j’ai pensé à un truc. Tu sais, je t’ai déjà vue affronter tes peurs sur écran. Et j’ai vu que tu les affrontais comme une divergente, à savoir que tu t’en moques en te disant qu’elles n’existent pas, parce que non, personne d’autre n’a jamais pensé à le faire, et non comme une Audacieuse, c’est à dire en les affrontant. C’est pourquoi j’ai pensé à un truc. On va t’entraîner à agir comme une Audacieuse.
- Excellente idée !
- Et pour ça on va utiliser ce petit appareil qui va relier nos pensées : nous serons dans la même hallucination et nous l’affronterons ensemble. Je te guiderai.
- Génial !
- C’est donc parti, allons-y : explorons mes peurs.
- Que… quoi ? Mais attends, c’est complètement con ton affaire ! A quoi ça sert que je m’entraîne sur TES peurs sachant que je vais affronter les miennes le jour J ? Les corbeaux, le champ en feu, le marais, la boîte pleine d’eau, tout ça ? Ça me sert à rien ton truc ; tu vas m’entraîner à un exam que je ne vais pas passer, gros débilou ! »

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Mais non : en fait, Tris se contente de trouver l’idée géniale, et perd donc un moment du film à explorer les peurs de Quatre dans une hallucination commune. C’est-à-dire affronter le vertige, la claustrophobie, le meurtre d’innocents et enfin, le père de Quatre qui le battait étant enfant… et n’est autre que Marcus, le chef des Altruistes ! Quatre peurs : d’où son nom « Quatre », ce qui souligne à quel point tout ce film semble être une succession d’idées pourries tirées d’un chapeau. Une fois que Tris a appris à combattre ces peurs qui ne lui serviront à rien, le jour J, elle est envoyée dans une grande salle où entourée d’Audacieux et d’Érudits (qui n’ont pourtant rien à faire là, mais ça ne choque personne), elle se retrouve donc à affronter ses peurs, sur lesquelles elle n’a pas révisé à cause du plan foireux de Quatre. Mais comme le script est de son côté, si si, en fait, grâce à l’entraînement de son amant qui n’avait pourtant rien à voir avec la choucroute, elle utilise le feu dans le champ pour éloigner les corbeaux qui l’attaquent, puis elle se retrouve dans la boîte pleine d’eau dont elle bouche l’arrivée avec son blouson, et enfin, elle doit affronter deux peurs nouvelles : celle de se faire violer par Quatre (elle lui explose les roudoudous), et celle de devoir tuer sa famille (elle fait feu sans hésiter avec un gros flingue). Du coup, à son réveil, tout le monde l’applaudit très fort, y compris Jeanine l’Érudite qui, j’insiste, n’a aucune raison ni droit d’être là, sauf pour appuyer qu’elle est méchante et surveille l’héroïne. A noter qu’elle n’a pas eu à affronter la peur du scénario de merde : ça, c’est son quotidien.

L’affaire conclue, tous les Audacieux qui ont réussi le test sont… sont…

Oui ? Que dites-vous ? « Et les fameux qui étaient en bas du classement ? » Ah bin eux, on en parle plus en fait. Un détail.

Ah si, vous vous souvenez Jean-Jacques-la-cagoule ? Celui qui avait agressé Tris ? Hé bien il est reparu juste le temps de s’excuser, expliquant qu’il était comme « sous contrôle » (je me demande bien par qui aloooors) mais Tris ne l’a pas cru, et du coup, humilié et pas vraiment bien placé dans le classement, il a décidé de tenter l’option suicide. Ou on l’a suicidé, mais dans tous les cas : tout le monde s’en fout. Pauvre Jean-Jacques-la-cagoule !

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J’allais oublier de vous montrer le tatouage très discret que s’est fait Quatre, qui cherche avant tout à ne pas se faire repérer. Chapeau l’artiste !

Après avoir célébré leur entrée officielle chez les Audacieux, tout le monde, y compris les anciens, est invité à se faire injecter « un dispositif tout neuf de géolocalisation », ce qui est donc fait à la chaîne. Puis, la troupe s’en va pioncer, parce que la journée a été longue.

Mais peu avant l’aube, Tris est réveillée par Christina à côté d’elle, qui a l’air… en transe. Tout comme tous ses camarades en fait. Tous s’habillent et vont chercher des armes sans dire un mot, et se mettent en ligne pour traverser le QG en ordre, silencieux. Tris décide de faire de même le temps de comprendre ce qu’il se passe, et ça tombe bien puisqu’au milieu des rangs, les Audacieux adultes et Eric, qui sont tous bêtes et méchants, dévoilent leur plan à haute-voix :

« Alors ! Tu es sûr qu’ils ne nous entendent pas ?
- Techniquement ils nous voient et nous entendent, hohoho, mais leur cerveau ne peut rien faire, ahaha ! Le sérum et le petit processeur que nous leur avons injecté en fait des marionnettes sous notre contrôle, tout ça grâce à notre salle informatique cachée derrière cette porte ! 
- Excellent : nous allons enfin pouvoir aider les Érudits à défoncer des relous d’Altruistes ! Mais, ce sérum, a-t-il des faiblesses ?
- Hé bien il ne marche pas sur les divergents… si seulement on en avait un sous la main ! »

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A ce moment, par un heureux hasard, jaillit Bob-le-divergent, un type qui se met à courir dans les rangs en criant : « Houhou les copains ! Pourquoi vous êtes tous hypnotisés ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi je suis tout seul à être conscient ? Héhooo ! ». Les méchants lui collent donc une balle dans la tête pour bien montrer qu’ils ne rigolent pas avec les divergents, ah mais dis-donc ! Tris fait donc semblant de rien et rejoint planquée au milieu de ses camarades le métro aérien. Où elle repère Quatre ! Elle s’avance donc parmi ses camarades en transe pour aller voir si son copain est dans le même état auquel cas elle pourrait peut-être profiter de sa faiblesse face à la suggestion pour lui demander des trucs coquins ou lui faire des blagues comme lui dessiner un kiki au Velleda sur le front. Mais pas de bol pour elle : c’est aussi un divergent (et elle ne le réalise que maintenant), qui lui prend discrètement la main pour lui dire que oui oui, je suis bien conscient, chut. Elle range donc son Velleda discretos.

Ainsi, tout leur régiment de fripons est relâché sur le quartier où vivent les Altruistes, que l’on regroupe de force, en abattant ceux qui résistent.

Alors vous me direz que ça doit un peu énerver les Sincères, qui sont là pour faire la justice, mais non : ce sont un peu les Poufsouffle du coin, tout le monde s’en fout, y compris le script.

Bref. Durant l’affaire, Tris et Quatre arrivent à foncer à la maison de Papa et Maman Béa et la trouvent vide. Auraient-ils trouvé le moyen de filer, les larrons ? Sauf qu’en route, nos héros croisent Eric qui ricane très fort en les arrêtant « Alors Quatre ? On fait moins le malin maintenant qu’on est hypnotisé comme une bouse ? Espèce de gros naze ! » mais hélas, Quatre se trahit quand Eric lui raconte une blague de Toto (celle de Toto qui a une fuite d’eau dans un monde post-apocalyptique où il n’y a pas de plombier). Damnation ! Malgré une brève tentative de résistance de Tris et lui, durant laquelle Tris se prend un pruneau dans le bras, ils sont bien vite arrêtés et emmenés voir la chef du coup d’Etat en cours qui, allez savoir pourquoi, passait par là : Jeanine, donc. Celle-ci est contente de trouver deux divergents en vie : elle va emmener Quatre pour faire des expériences dessus. Quant à Tris, qui est déjà entamée, elle peut bien aller mourir. Elle commande donc à ses hommes d’aller l’exécuter dans un coin.

C’est donc emmenée par le peloton d’exécution le plus lent du monde que Tris s’en va, et alors qu’ils la mettent en joue (leeeeeeeeeeeeeenteeeemeeeeeeeeeent, ils n’ont pas fait autant de chichis pour Bob-le-divergent), des coups de feu éclatent et tuent ses bourreaux : c’est maman Béa qui surgit d’un buisson, une arme à la main !

Heureusement que les centaines de soldats qui encombraient le secteur il y a encore une scène sont tous partis fumer une clope au même moment et n’ont rien entendu, hein.

Maman Béa fait donc une grosse confession : « Avant d’être une Altruiste, j’étais une Audacieuse ! C’est pour ça que je suis mi-Altruiste, mi-Yamakazi ! Maintenant, ramasse une arme et fuyons !« . Ce qui est dit est donc fait, et le duo mère-fille essaie de filer vers les rues les plus proches, mais croise en chemin un véhicule transportant quelques soldats qui se lancent à leur poursuite. Équipées de leurs armes contenant environ 17 000 cartouches par chargeur, elles tuent un certain nombre d’assaillant, dont un Jean-Jacques en transe, ce qui choque un peu Tris quand bien même dans la salle personne n’avait jamais éprouvé la moindre compassion pour ce personnage au charisme proche de la feuille de calque. Mais dans la bagarre, Maman Béa se ramasse un pruneau et meurt en ordonnant à sa fille de rejoindre son père qui doit se cacher dans un quartier pas loin avec d’autres réfugiés.

Tris s’enfuit donc malgré les Audacieux qui lui tirent dessus. Mais pas trop, hein : par exemple, ils mitraillent les murs de la ruelle où Tris se planque quand ils ne la voient pas, et quand elle sort pour courir en ligne droite au milieu de ladite ruelle, ils ne tirent plus. Ils sont vraiment sympas, en fait.

En parlant de trucs sympas, Tris arrive dans le coin où son père est supposé se planquer. Poursuivie, elle rentre donc dans la première porte qui passe et… ho bin ça alors, c’est là que son père et tous les survivants se cachaient ! C’est tout petit Chicago, tout de même. Je crois que même Arcis-sur-Aube est un peu plus grand. Enfin bref, sur place il y a donc Papa Béa, des réfugiés, Marcus, le chef de la faction, et même Caleb, son frère, qui a quitté les rangs des Érudits sitôt qu’il a compris qu’ils allaient prendre le pouvoir sans pincettes. Tout ce petit monde réfléchit donc : mais comment arrêter les Audacieux complètement drogués ?

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« Quelle chance ma fille que les méchants aient débité tout leur plan à haute voix pendant que tu passais pas là ! »

Tris sait : la base des Audacieux. Il y a là-bas le centre informatique d’où ils contrôlent les pauvres bougres. Et elle sait même comment y rentrer sans se faire repérer. Et non, son plan n’implique même pas une fausse moustache.

Accompagnée de son père, Caleb, Marcus et d’une paire d’autres types ayant encore moins d’intérêt que les précédemment cités, elle file donc au métro aérien, qui, oui, continue de tourner en boucle, saute dedans avec ses compagnons d’aventure, et les emmène au fameux toit d’où on peut sauter dans l’entrée du QG où elle était arrivée le premier jour.

Que non, personne ne garde, évidemment.

C’est pas comme s’il y avait un coup d’état en cours. J’ai vu des parties de Junta mieux encadrées.

En avançant, elle tombe tout de même sur un Jean-Jacques, qui n’a rien d’hypnotisé et coopère de son plein gré avec les Érudits. Il se fait donc péter la gueule et indique où se trouve la salle informatique qui sert de salle de commandement. Nos héros y foncent, et apercevant trois gardes qui défendent la place, plutôt que de s’organiser, Papa Béa fonce dans le tas en faisant des bruits comme « Yayayaya !« . Il fait donc une diversion aussi spectaculaire que débile, puis meurt plombé par ses adversaires peu avant qu’eux-même ne se fassent descendre. J’aime beaucoup ces personnages qui meurent juste parce qu’ils s’ennuyaient. En même temps, je peux les comprendre.

Qu’importe. La salle de contrôle ouverte, Tris s’y engouffre seule pendant que ses camarades montent la garde dehors, prête à combattre tout le… le…

Mais j’y pense, elle ne s’était pas prise une balle dans le bras un peu plus tôt ? Ça va maintenant, tout va bien ? D’accord. J’ai dû rêver. Ou regarder un autre film pendant ce temps.

Bref, elle arrive dans la salle de contrôle et là, découvre Quatre assis, les yeux dans le vague, à ses côtés Jeanine qui ricane car oui, elle le contrôle lui aussi à présent ! En effet, pendant que nos héros fonçaient au QG des Audacieux, elle a réussi à terminer ce qu’elle faisait chez les Altruistes, à prendre sa bagnole, à revenir plus vite qu’un métro aérien qui ne marque jamais d’arrêt, à rentrer dans la base, gagner la salle de contrôle, refermer la porte blindée de celle-ci, puis rechercher un sérum de contrôle des divergents qu’elle a aussi mis au point dans la foulée avant de l’administrer. Et parce qu’il lui restait du temps, je crois bien qu’elle a préparé du cake aux fruits.

En parlant de cake tout chaud, Quatre se voit ordonné par Jeanine de tuer Tris ! Holala, comme c’est cruel ! Heureusement, se battant divinement bien grâce à sa guérison miraculeuse du bras, Tris non seulement se défend mais lui répète en boucle « C’est moi ! Arrête ! Mais si, tu sais, moi ! C’est parce que je suis habillée que tu ne me reconnais pas ?« . Finalement, voyant que ça ne marche guère, elle ramasse un pistolet et plutôt que de tuer Quatre, le braque sur son propre front en lui hurlant de tirer et accessoirement, qu’elle l’aime. Ce qui arrête net Quatre.

Parce que oui, Quatre était chaud bouillant pour la tuer, mais pas si elle fait tout le travail en lui lançant des niaiseries.

Misère.

Quatre sort de sa transe et aidé de Tris, ils défoncent bien vite tous les agents de sécurité du centre de contrôle jusqu’à ce qu’il ne reste guère plus que Jeanine, qui refuse de coopérer. Un petit coup de son propre sérum dans la gueule plus tard, Quatre, qui n’a jamais vu comment fonctionnait l’espèce de logiciel qui permet de contrôler le cerveau des gens sous sérum mais sait parfaitement le faire quand même lui ordonne d’arrêter le coup d’Etat puis d’effacer tout le programme qui permettait de contrôler les pauvres gens. Elle appuie donc sur retour arrière puis lance un Format C: et aussitôt, tous les Audacieux qui entouraient les Altruistes se réveillent et se demandent ce qu’ils font là. En effaçant le programme, Jeanine elle-même sort de sa transe… et pleure donc de rage en voyant ses précieux efforts (pourris) réduits à néants.

Hélas, il faut partir : les Audacieux qui participaient au coup de plein gré retournent vers la base pour voir ce qu’il s’y passe, aussi nos héros filent donc tous bondir dans le métro aérien, toujours en pleine course, avant de s’éloigner à toute allure de Chicago (car oui, soudain, le métro a des rails qui vont en direction de l’enceinte autour de la ville, allons bon). Et…

Oui ? Oui, ils viennent d’arrêter le coup d’état oui. Et oui, plutôt que d’aller expliquer ce qu’il s’est passé pour rétablir la paix et faire que les Audacieux réveillés de leur hypnose les aident à se débarrasser des corrompus, ils se barrent en laissant tout en plan, comme ça, les Érudits et les Audacieux corrompus pourront continuer tranquillement leurs affaires et continuer de filer des ordres aux Audacieux innocents. En un mot comme en cent : jusqu’à la fin, ils auront fait n’importe quoi.

C’est donc sur cette ultime incohérence que s’achève notre histoire et…

… FIN !

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« Maintenant que nous avons sauvé la ville, barrons-nous en laissant les méchants en paix, histoire que la situation pourrisse suffisamment pour nous permettre de faire un 2 ! »

_______________________________

« Bon alors Maître, c’était plutôt un bon film, non ?
- …
- Maître ?
- … »

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Elle me regarde en levant un sourcil jusqu’à ce que le président la fasse sursauter.

« Maître Connard, levez-vous ! Que demandez-vous pour votre cliente ?« 

Je réfléchis un long moment, pendant que du bout des lèvres, elle répète encore et encore « L’acquittement !« 

Je prends une grande inspiration, et au nom de la défense, déclare :

« Mais, la peine de mort Monsieur le président !« 

« Et toi, tu ferais quoi si tu avais une machine à voyager dans le temps ? »

Mon voisin se tortille sur sa chaise en faisant des bruits de gorge, les yeux levés vers le lustre qui éclaire notre soirée. A deux reprises, il ouvre la bouche prêt à donner sa réponse, mais ce n’est qu’à la troisième fois qu’il se lance enfin :

« Moi, j’irais neutraliser Hitler pour empêcher la seconde guerre mondiale !« 

Tout autour de la table, chacun hoche lentement la tête, du moins, jusqu’à ce que quelqu’un soupire suffisamment bruyamment pour que tout le monde comprenne que la réponse ne l’a guère convaincu. La maîtresse de maison fait doucement tourner le vin dans son verre tout en se tournant vers l’impoli qui a osé critiquer sa si juste réponse.

« Odieux, Odieux… vous n’êtes pas d’accord ?
- C’est-à-dire que pas exactement. Pourrais-je avoir à nouveau un peu de vin moi aussi ?
- Ah, répondez d’abord, votre avis nous intéresse ! »

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Mon voisin, vexé, lève son menton vers moi tout en ponctuant son geste d’un « Parce que vous avez une meilleure idée peut-être ?« . Devant son ton des plus inconvenants, je regarde ostensiblement ma fourchette puis sa gorge découverte, l’obligeant à instinctivement baisser sa tête en comprenant mon intention. Je m’éclaircis la voix :

« En effet. Déjà, parce qu’aller neutraliser le führer, c’est un peu classique, et puis Alerte Rouge l’a déjà fait. Quitte à neutraliser quelqu’un entré dans l’histoire à grands coups de massacres, pourquoi ne pas neutraliser  Pinochet, Mao, Franco, M.Pokora ou Kim-Il Sung ?  Et puis pourquoi forcément s’intéresser au XXe siècle quand l’Histoire s’ouvre à vous ? Si vous voulez jouer les bons samaritains, je ne sais pas moi : allez gifler Hernan Cortès, achetez un poney à Attila pour l’occuper ou planquez dans la première Bible imprimée par Gutenberg des passages tirés d’Okapi ou des BDs de Pochep.« 

Un silence gênant s’installe, alors que je sens qu’une autre question flotte dans l’air : heureusement, la maîtresse de maison décide une fois de plus d’intervenir :

« Certes, mais vous Monsieur Connard… que feriez-vous ?
- Moi ? Ho, c’est bien simple : j’irais péter la gueule à Pline le Jeune. 
- Pline le… mais pourquoi ?
- Parce que ce garçon a passé sa vie a écrire des courriers à tout le monde et pour tout. Et comme en plus il était content de lui, il a même publié ses travaux pour qu’aucune génération ne lui échappe. Et vous savez quoi ? Ça a marché.  Parce que du coup, étant une source écrite prolifique d’une époque passée, tout le monde s’est mis à se baser sur ce qu’il racontait. 
- Oui mais… je ne vois pas le problème, cher Odieux !
- Le problème, ma chère, c’est justement ce qu’il racontait : si l’on retrace sa carrière, tout le monde essaie de se débarrasser de lui. L’empereur Trajan parvient même à le faire nommer à l’autre bout de l’empire, mais là encore, Pline lui écrit, jour après jour, pour lui demander, ce qu’il doit faire au sujet de son médecin. Puis de la femme de son médecin. Puis des enfants de son médecin. C’est véridique. Et de manière générale, il fait ça pour tout ce qu’il doit faire, à tout sujet et en faisant ça en vingt courriers parce qu’il était beaucoup trop nul pour être soit clair, soit prendre une décision même très simple. C’est quand même le premier mec de l’histoire dont même l’empereur parvient à faire sentir dans ses réponses qu’il lui casse méchamment les roudoudous avec ses courriers.
- Ce qui n’explique toujours pas pourquoi…
- Pourquoi je veux lui péter la gueule ? Mais enfin ma chère, c’est pourtant évident ! »
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Je laisse la phrase flotter un moment au-dessus des convives.

« Parce que c’est l’inventeur du spam ! »

Il y a un soupir horrifié, alors que chacun pense à sa boîte qui déborde de courriers de mystérieux emmerdeurs. Quelqu’un dans la pièce s’exclame :

« Son nom me dit quelque chose, oui ! Bon sang, il n’y a pas une histoire avec Pompéi en plus ? Il n’y était pas ?
- Pompéi, le film ?
- La catastrophe.
- C’est ce que je viens de dire.
- Je ne comprends pas… »

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Je soupire à nouveau. Puis, je me résigne à leur expliquer de quoi il retourne : si l’on compte le nombre de victimes, peut-on considérer que le film Pompéi est-une plus grande catastrophe que la sinistre fin de la ville en question ? Sachant que l’éruption a duré plusieurs jours, est-ce une bonne nouvelle de savoir que le film ne fait qu’1h44 ? Et enfin : mais qu’allait faire Jon Snow dans cette galère ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : « No Warning. No escape. » Un peu comme une salle de cinéma pour qui n’a pas été averti de ce qu’il allait voir.

Notre film commence… bien.

En effet, tout débute par une citation de Pline le Jeune, qui comme nous l’avons vu plus haut, est déjà une calamité en soi, et ne peut donc annoncer que des choses qui, au mieux feront pleurer, au pire rendront fou. On voit alors furtivement en gros plans différentes parties du corps d’un momifié de Pompéi et… nous retournons un peu en arrière dans le temps.

Nous sommes en 69 de notre ère, et sur l’île de Bretagne, un peuple de cavaliers celtes a décidé de se rebeller, probablement pour faire des trucs de celtes comme écumer les bars à Guinness, jouer de la cornemuse après 22 heures ou taguer les temples romains avec des pochoirs-leprechauns. C’en est trop pour les Romains qui sont fatigués de ces incivilités : ils décident donc de leur péter la gueule. Et y vont avec entrain. Quelques temps plus tard, un enfant du peuple des cavaliers en question est donc tranquillement en train de glandouiller sous sa tente quand, ouvrant celle-ci, il découvre que ah bah tiens, toute l’armée romaine est dans le camp en train de distribuer des coups de pilum à tout ce qui passe.

Ce qui est choquant. Mais pas autant que la vraie information à retenir : visiblement, en 69 de notre ère, la Quechua était vachement mieux insonorisée puisqu’à moins de passer la tête dehors, on ne remarquait qu’à peine un massacre à coups d’épées. C’était mieux avant.

Toujours est-il que notre marmot voit sa famille se faire massacrer sous ses yeux, les légions du légat Jack Bowus ne faisant pas dans la dentelle. Hommes, femmes, enfants, cochons d’Inde, tout le monde y passe et notre petit héros qui répond au nom de « Milo » ne doit sa survie qu’à son incroyable capacité à faire le mort, ce qui le rend à un âge précoce bien supérieur à Marion Cotillard. Sitôt les Romains partis, l’enfant rampe pour s’extirper du charnier où on l’a jeté, mais visiblement, ce n’est pas sa semaine : il est aussitôt capturé par des filous qui passaient par là et réduit en esclavage. Ça devait être un lundi.

Qu’adviendra-t-il de Milo le celte ? vous demandez-vous, tremblant. Pas de panique, bons lecteurs : j’y viens.

Allons voir 10 ans plus tard, à Londinium, alors que la ville est balayée par la pluie (forcément), qui nous rappelle une fois encore qu’en 2014, avec 100 millions de dollars de budget, on sait faire un volcan qui explose mais toujours pas une averse puisque l’on distingue assez nettement dans l’eau qui s’abat les mouvements du tuyau d’arrosage qui s’agite au-dessus.  Qu’importe : dans l’arène de la ville, un marchand d’esclaves s’interroge quant aux gladiateurs qu’il va emmener prochainement à Pompéi, prospère cité d’Italie, et pour l’instant, il est déçu, voire carrément bougon. En effet, devant lui, les combats sont vite réglés : trois Thraces mettent leur raclée à tout ce que l’on envoie en face d’eux. Du moins, jusqu’à ce qu’apparaisse Milo.

Désormais simplement surnommé « Le Celte », Milo a bien grandi et a pris des abdominaux pour le plus grand bonheur des spectatrices hétérosexuelles, des spectateurs homosexuels et des sociétés de nettoyage de fauteuils de salles obscures.

Et il sait diablement bien combattre, puisque sans perdre sa coolitude,  il colle une ratatouille aux trois Thraces, et avant que qui que ce soit ne puisse faire le moindre calembour, il jette son épée et repart vers les tunnels sous l’arène sans dire un mot parce qu’il est comme ça, mystérieux et classou, mais ouais. Le marchand d’esclave, bluffé par cette attitude qui n’est pas sans rappeler les plus grandes heures de la série Le Rebelle décide donc bien évidemment qu’il l’emmènera à Pompéi, sinon, le film eut été un peu plus compliqué. Puisque nous sommes encore chauds, accélérons encore un peu le temps et allons du côté de Pompéi où la longue colonne des esclaves destinés aux arènes s’avance sur une route de terre humide, alors qu’à côté d’elle, un chariot progresse lentement.

Soudain, c’est le drame : une roue du chariot se prend un nid de ptérodactyle (une sorte de gros nid de poule, c’est du langage technique), et l’un des deux chevaux de l’attelage se vautre comme une bouse. Et reste au sol à hennir comme un vulgaire joueur de foot.

Visiblement, le cocher n’en a pas grand chose à faire, puisqu’à la place, c’est une jeune et riche Romaine qui descend du chariot pour s’inquiéter de ce qu’il se passe, et elle est bien embêtée en voyant le fier animal couché sur le sol, souffrant. Heureusement, parmi les esclaves qui passent à côté, Milo, qui s’exprime avec un doublage quelque part entre Conan et Rocky, se propose d’aider pourvu qu’on le détache. « Ho bin oui, super idée ! » dit donc la patricienne qui demande à ce qu’on laisse cet homme s’approcher de son animal. Avec un peu d’insistance, les gardes de la caravane acceptent.

Milo se penche donc sur le cheval et aussitôt…

… lui pète la nuque.

Ah bon. Mais dis-donc Milo, tu ne voulais pas étudier un peu la blessure avant, non ? Au moins la regarder ? Direct le pétage de tête ? Hop ? Nerveux, le garçon. Puisqu’il n’y a plus grand chose à faire de plus, et même si l’on peut désormais jouer à Twiter avec la tête du fier animal comme aiguille, notre homme est aussitôt ramené parmi les esclaves et continue de marcher vers Pompéi. Derrière lui, la jeune femme qui répond au doux nom de Cassia, le suit du regard alors qu’il s’éloigne, le tout, évidemment, la bouche entrouverte, parce que nous sommes en 2014, et si tu sais fermer la bouche, c’est que tu serais bien mauvaise actrice, vilaine lectrice. Maintenant, tu sais à quoi tient ta carrière. Il n’empêche que Mireille, l’esclave de Cassia, vient se mettre à ses côtés :

« Maîtresse ! Je crois que ce petit rabouin vient de nous feinter d’un cheval.
- Mrngx.
- Maîtresse ? Est-ce moi où vous matez un peu ses muscles qui roulent avec souplesse sous sa divine peau alors que des gouttes de sueur perlent entre ses omoplates de Jon Snow ?
- Hein ? Ho non, hohoho, que vas-tu croire là, hihihi. Non, je me disais « Quel garçon charmant de nous avoir aidé ! » »

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Pardon ? Tu veux que je te rappelle ce qu’il vient de faire ? Si ça se trouve, ton cheval, il s’était juste un peu foulé et dans 10 minutes il repartait, hein. Mais, allez : peut-être aimes-tu tout simplement les gens qui pratiquent l’euthanasie sur tout ce qui leur passe sous la main. Il faudra juste que tu fasses bien attention à ne pas te fouler la cheville à côté de lui. Mais je m’égare.

Car heureusement, le chariot de Cassia avait un cheval de secours rangé avec le triangle et le gilet fluorescent : elle peut donc reprendre la route en paix et gagner Pompéi, sa ville natale qu’elle vient retrouver après une année passée à Rome. Sauf que sur place, c’est la fête du vin et les rues sont donc encombrées : Cassia propose donc de poursuivre à pied, et trouve l’idée encore plus excitantes quand le cocher, la voyant descendre lui crie « N’y allez pas, madame ! Les rues sont pleines de mendiants et d’ivrognes ! » : il faut croire que la bougresse est émoustillée à la seule idée de rencontrer un de ces grands romantiques qui errent dans les rues un cubi de vin de table à la main. Entre ça et les gens qui pètent la tête aux chevaux, je pense que Cassia a des goûts contestables, mais en même temps, si ce n’était pas le cas, elle ne serait pas dans ce film. Tout se tient.

Passons : quelle surprise, à la villa familiale lorsque paraît sur le pas de la porte la fille chérie de la famille de retour de la cité éternelle ! Son père, Papa Cassia, riche marchand, la prend dans ses bras trop heureux de la revoir, et sa mère, Trinitia, vient bientôt se joindre à ces heureuses retrouvailles. Cependant, tout le monde est étonné de la revoir si tôt : est-ce que quelque chose se serait mal passé à Rome ? Et a-t-elle rencontré un homme sur place parce que bon, hein, faudrait pas perdre l’essentiel de vue : elle n’est pas là pour se tourner les pouces. Non et non, répond Cassia aux deux questions avant d’aller aux écuries retrouver son cheval préféré, Chwal. Celui-ci est en pleine forme puisque l’esclave en charge des écuries en a pris grand soin en l’absence de sa maîtresse : il se propose même de le sortir dans la soirée pour aller lui dégourdir les pattes. Cassia accepte, car elle veut que son cheval puisse profiter des verts pâturages autour de la cité et être au mieux de sa forme afin qu’à son tour, elle puisse le chevaucher les cheveux au vent et sentir la brise lui caresser le visage tout en pleurant des paillettes de bonheur. Quel personnage profond, cette Cassia !

Le soir-même, donc, l’esclave en question sort le cheval pour qu’il aille faire sa promenade, mais alors que dans la nuit, il approche un point d’eau, celui-ci se met à bouillir étrangement et le cheval, effrayé par ce mystérieux phénomène désarçonne son cavalier avant de s’enfuir. Le pauvre esclave râle donc que hé ho, enfoiré de Chwal, reviens ! Mais derrière-lui, c’est trop tard : la terre s’ouvre en deux et bien vite, notre pauvre serviteur disparaît dans le sol qui s’ouvre sous ses pieds. Ho ! Ça alors !

Ailleurs en ville, Milo est lui emmené aux prisons des arènes, où il peut déguster un savoureux brouet à la cantoche locale. Sauf que soudain, des gros Messieurs musclés viennent l’embêter :

« Hé, le Celte !
- Miam mium miom…
- Hé ! Réponds quand on te parle !
- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Mon ami là, est Thrace. Et tu as tué son frère dans l’arène sur l’île de Bretagne.
- Ah oui c’est embêtant mais on m’a bien dit de ne jamais laisser de Thraces derrière m…
- Tu arrêtes tout de suite les jeux de mots de merde ou je dis « You know nothing, Jon Sn ».
- Nan nan nan c’est super lourd, tout le monde me la fait, c’est interdit, je veux pas l’entendre de ce film, hop.
- Ah, hé, nous aussi on peut faire des calembours prévisibles.
- Très bien. Puisque c’est comme ça, je propose que l’on fasse la bagarre. »

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Et donc, c’est la bagarre. Milo parvient à se débarrasser de ses assaillants temporairement grâce à ses petits poings vifs, du moins, jusqu’à ce que les surveillants du coin débarquent et calment tout le monde. Le marchand d’esclaves, qui visiblement, était juste à côté, débarque donc pour faire la morale à ses hommes comme quoi, holalala, c’est vilain de laisser des émeutes éclater : les gladiateurs doivent se taper dans l’arène, en-dehors, ça abîme juste la marchandise. Si seulement il trouvait le con qui organise des combats entre ses propres esclaves puis les enferme dans la même pièce pour voir s’ils vont s’en vouloir ! Mais bon, hein, je dis ça, mais je ne suis pas un expert : je n’ai jamais eu d’esclaves. Seulement des stagiaires. Et tout le monde sait que ça n’a rien à voir : l’esclave, lui, a une chance d’avoir une vie meilleure s’il s’enfuit.

Si je n’avais pas mis de photo des abdominaux, nul doute que j’aurais eu des plaintes en commentaires. C’est chose faite, un peu d’attention à présent.

Qu’importe. Milo est donc mis en cellule avec un autre gladiateur, un grand guerrier à la peau d’ébène qui l’accueille fraternellement :

« J’avais parié deux rations de vin sur ton Thrace d’adversaire, le Celte. J’ai perdu à cause de toi.
- …
- Tu veux jouer les durs ? Très bien. Pour ma part, je m’appelle Atticus. Je suis le champion de tous les esclaves que tu vois ici. Et aux prochains jeux, j’aurai le droit à un duel : si je le gagne, je serai libre. Et toi, comment t’appelles-tu ?
- Nous allons nous entretuer dans l’arène. Je ne donne pas mon nom à ceux avec qui vont tenter de me tuer. »
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Mais Milo n’a pas son détecteur de poncifs avec lui, sinon il saurait, car ça ne manque évidemment pas : dès son premier entraînement, le Thrace, grognon après sa baston avec Milo, tente de l’assassiner lâchement, mais Atticus lui sauve la vie. Du coup, à l’occasion d’une scène parfaitement inutile où ça parle des dieux et de leurs projets, Milo révèle son nom : ah bon ? Alors vous n’allez plus vous entretuer ? Vous avez changé de carrière et vous ouvrez une pâtisserie ? J’ai loupé un truc.

Ou le scénariste, allez savoir.

Mais retournons donc du côté de Cassia, qui vit sa vie de jeune fille aisée de l’an 79 : s’acheter de belles robes, des bijoux ou faire du lèche vitrine au marché aux esclaves (la vitrine n’ayant pas été inventée, on attrapait alors toutes sortes de de maladies mais c’est une autre histoire), autant de loisirs qui occupent notre louloute jusqu’à ce qu’elle aperçoive au petit matin son cheval arriver seul à la villa. Non, elle ne s’inquiète pas de savoir où est l’esclave qui était dessus, aussitôt oublié. Et non, aucun villageois n’est venu gueuler au matin que « Tiens, au fait, mon champ a été englouti dans la terre cette nuit. » Je veux bien que la population soit habituée aux tremblements de terre, mais des pans entiers de terrain qui disparaissent, bon, j’imagine que ça doit vaguement les titiller. Ou alors, ce ne sont que des villageois super riches qui ne sont pas à quelques hectares prêt et qui roulent en tracteur tuning (ils ont collé des ailerons sur leurs bœufs)

Qu’importe, Cassia a déjà la tête ailleurs, puisqu’elle a repéré depuis son balcon un camp romain qui s’installe aux portes de la ville (parce que oui : en arrivant à Pompéi, la bougresse pouvait se rendre à la ville à pied, mais soudainement, la domus est posée à l’écart de la cité, sur un flanc de la montagne, allez hop, soyons fous) : tiens ? Mais qu’est-ce ? Heureusement, Papa Cassia a la réponse :

« C’est un sénateur de Rome qui vient ici pour me parler des investissements impériaux dans la ville. »

Visiblement, ça n’intéresse pas Cassia plus que ça, puisqu’elle ne demande même pas le nom du Monsieur et se contente de se barrer. Mais puisque je sens mon lectorat autrement plus impliqué que Cassia, allons donc voir en ville qui est ce sénateur qui débarque : mais… c’est Jack Bowus ! Désormais monté en grade ! Celui-ci est bien étonné alors qu’il traverse le marché de la ville, il note que tous les citoyens… lui tournent le dos. Ah oui ? Comme ça, hop ? Bon. Jack Bowus va donc rencontrer Papa Cassia, et après quelques politesses, l’interroge quand même :

« Au fait, Papa Cassia, j’ai noté un événement étrange dans votre belle cité.
- Ah oui ?
- Oui, figurez-vous que lors de mon passage sur le marché, tous les citoyens m’ont tourné le dos. 
- Vous exagérez je suppose.
- Vous ai-je parlé de celui qui m’a montré son cul avant d’entonner la Carioca ?
- Heeeeem je… non, ce n’est rien, allons : c’est simplement un tout petit groupe d’opposants, une minorité qui n’aime guère Rome… mais rien qui ne nous empêche de bâtir, ensemble, une nouvelle Pompéi ! »

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C’est vrai que c’est crédible : un tout petit groupe d’opposants. Quelle coïncidence que celui-ci ait représenté 100% des gens croisés par le sénateur Bowus ! Quel maître du pipeau, ce Papa Cassia, on dirait du Jean-François Copé. Heureusement, ce dernier (Papa Cassia, pas Jean-François Copé) a plus d’un tour dans son sac et a prévu, pour adoucir les esprits, une grande réception le soir-même dans sa demeure où on célébrera la fête du vin autour de libations conséquentes. Le sénateur Bowus se joint bien volontiers à la fête, et en profite pour découvrir la maquette géante du nouveau Pompéi que Papa Cassia a à lui présenter. Parce que déjà à l’époque, tout le monde adorait faire des présentations avec des maquettes géantes. On a frôlé de peu le passage où il sort ses diapos Powerpoint en marbre.

« Voilà, sénateur Bowus ! Le nouveau Pompéi ! J’ai tout dessiné moi-même avant d’en faire des maquettes parce que je suis marchand bi-classé architecte et passionné de modélisme : il nous faut une arène géante, un port plus grand, un nouveau temple et bien évidemment, des statues un peu partout pour faire choupinet.
- Mmm… c’est intéressant, fier patricien, mais voyez-vous, l’empereur ne souhaite plus investir dans des villes de province. 
- Ho… je vois.
- Mais si ça vous intéresse, je peux investir à sa place !
- Pardon ? Mais ? Ce serait formidable ! »

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Ah oui ? Le sénateur Bowus a donc un salaire qui lui permet de reconstruire une ville entière, monuments inclus ? Vous l’avez confondu avec le sénateur Balkanus, je suppose. Papa Cassia en tout cas, qui n’est pas au courant des trous du scénario, tombe donc dedans mais s’étonne lorsque l’homme déclare « Buvons à notre futur accord : que votre fille nous apporte du vin ! » D’où il sait que j’ai une fille, l’autre se dit Papa Cassia ? Voilà qui est super suspect ! Mais moins que d’avoir des ressources illimitées de pognon, il faut croire. Ces gens ont vraiment une capacité à s’étonner à géométrie variable.

Jack Bowus essaie de ne pas trop rigoler en voyant les maquettes en allumettes de Papa Cassia.

Au fait : où est Cassia, puisque nous en parlons ? Hé bien ailleurs dans la villa, à sentir la température monter alors que l’on a fait venir des gladiateurs pour servir de gigolos d’un soir pour les riches invitées. Parmi eux, évidemment : Milo. Trinitia, sa maman, est toute émue car elle surprend sa fille à regarder amoureusement la gladiateur. Parce que oui, ça la fait trop rêver : « Hihihi, ma fille est amoureuse d’un esclave, c’est trop choupi !« . Pour essayer de convertir la chose selon les standards du monde moderne, c’est un peu comme si votre fille revenue d’Erasmus prétendait n’y avoir rencontré personne, mais que vous la surpreniez à regarder Scrappy le chien avec désir. Logiquement, vous êtes censés avoir moult réactions, mais le verbe « se réjouir » n’est pas sur la liste.

En tout cas, on vient chercher Cassia en lui disant d’apporter du vin au mystérieux sénateur invité à la villa : elle s’exécute, mais en arrivant sur le balcon où il l’attend, elle sursaute :

« Sénateur Bowus !« 

Parce que non, elle n’avait toujours pas pensé à demander qui était le sénateur en visite, sachant que pourtant, elle en connait un dont elle ne prononce pas vraiment le nom avec amour. Oui, hein ? Papa Cassia est tout surpris : ils se connaissent ? Ça alors ! Il voudrait bien en savoir plus, mais Bowus explique qu’il aimerait bien avoir une conversation privée avec sa fille. Soucieux de ne pas froisser son invité, le géniteur de notre Romaine à la bouche entrouverte bat donc en retraite et laisse nos deux amis ensemble :

« Cassia, ma douce Cassia, comme je suis heureux de te revoir.
- Sénateur Bowus, je vous ai déjà dit que je n’étais pas une de ces filles qui vous tournent autour à Rome : vous ne m’intéressez pas.
- Douce Cassia, tu dis cela, mais d’une manière ou d’une autre, bientôt mienne et… ho, mais qu’est-ce que ? La terre tremble ! »

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Et en effet : un petit tremblement de terre surprend nos amis. Mais rien de grave : dans la région, les gens sont habitués. C’est dommage, car pendant ce temps, dans le cratère du Vésuve voisin, un peu de lave a commencé à faire blub-blub. Elle reste dans son coin, mais tout de même. Cela dit, si les humains semblent peu s’étonner de pareil événement, il n’en va pas de même de Chwal le cheval qui dans l’écurie, a pris peur et est parvenu à se détacher (c’est un escape artist) et commence à mettre la zone dans son coin en tapant sur les murs et en chantant très fort du Zaz. Cassia apprend cela et vite, fonce trouver Milo qui attendait son tour pour savoir quelle vieille habitante de Pompéi il honorerait ce soir. Notre jeune héroïne l’amène devant la porte de l’écurie et lui tient à peu près ce langage :

« Celte ! Tu parles aux chevaux ! Tu m’as aidé sur la route : maintenant, un autre cheval me pose problème, il est apeuré et agressif dans l’écurie, va, tu sais ce que tu dois faire !« 

Ah bon, il « parle aux chevaux » ? On a pas dû voir les mêmes scènes. Et non, elle ne lui dit pas « Calme mon cheval ! » : elle lui dit juste d’y aller et de s’occuper du bousin, sans autre consigne.

Vu comment il t’a aidé sur la route et la clarté de tes indications, il va rentrer et lui péter la nuque à ton canasson à mon avis. Mais c’est vrai qu’après, il sera bien calmé.

Milo entre donc dans l’écurie, referme la porte derrière lui et s’approche du cheval pour lui poser les mains de chaque côté de la tête (alleeeeeez !) mais… se contente d’apaiser et de rassurer l’animal avant de grimper dessus (hoooo…). Cassia, en entendant plus rien, décide donc d’aller voir à l’intérieur de l’écurie de quoi il retourne et tombe nez à nez avec Milo perché sur son cheval !  Celui-ci commence à lui raconter sa vie, comment il est le dernier d’un peuple de cavaliers, comment il avait une tente Quechua édition de luxe, comment le sénateur Bowus qu’il a aperçu ce soir a massacré sa famille, et comment il est vénèr’. Pendant toute cette conversation, on entend un garde derrière la porte qui braille : « Ouuuhouuuu Madame Cassia ? Vous allez bien ? Je ne vous entends plus ! Il y a bien ces judas juste devant moi pour regarder si ça va mais je ne sais pas comment les ouvrir ? Ouhouuu, Madaaaame !« .

Mais vraiment, hein. Alors qu’il doit bien s’écouler de longues minutes où Milo a douze fois le temps de lui trancher la gorge.

Je… bon ?

D’ailleurs finalement, Cassia, toute émue par l’histoire de notre héros décide de grimper avec lui : allez, filons loin de cette villa ! Et claquant les portes de l’écurie en bondissant au-dehors grimpés sur Chwal, tous deux s’échappent dans la nuit tels des Zorros sous acide et commencent à galoper sur les pentes du Vésuve. Mais, Jack Bowus ne s’en laisse pas compter : un vulgaire Celte ne va pas lui voler sa promise ! Il envoie donc un détachement de cavaliers poursuivre nos héros, et ces derniers finissent par s’arrêter sur les flancs du volcan. Cassia tapote le dos de Milo :

« Je vais descendre ici ! Je vais les retarder, leur dire que cette fuite, c’était mon idée, c’est la vérité ! Toi, prends le cheval et fuis !
- Non, j’assumerai les conséquences de mes actes : sinon, ils te le feront payer ! »

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Ah, d’accord. Du coup, quel était donc le plan, bonnes gens ? Fuir, oui, mais en fait non, mais en fait je crois qu’il y a du rab de fruits de mer, on y retourne ? J’avoue ne pas saisir. Ou alors, c’est juste que cette scène n’a aucun sens.

J’hésite, j’hésite. Ce film est d’une telle qualité.

Cassia et Milo se rendent donc aux hommes de Bowus qui s’avance, triomphant :

« Hé bien, voici mes fugitifs ! Que pensais-tu faire avec cette belle Romaine, esclave ? Tu mérites un châtiment : la mort ! 
- Sénateur, arrêteeeez ! 
- Oui Cassia ? Que veux-tu, douce créature de mes nuits ? Que j’épargne ce pourceau ? Et… qu’aurais-je en échange ?
- Vous… vous me faites chanter ?
- Tout à fait. 
- Si vous l’épargnez vous aurez ma… heu… gratitude ?
- Hé bien voilà ! Je l’épargne ! »

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Pardon ? Tu es un super méchant, et tu troques la vie du héros contre… un mot gentil ?

« Et si tu me dis que j’ai une jolie cape, je me lance dans l’humanitaire »

Que… tu es un gros panda en fait ? Tu veux juste des gros câlins, c’est ça ? Qu’on te gratouille le ventre ? Ah, bravo le méchant ! Quel gros naze. Toujours est-il qu’il se tourne vers Milo :

« Esclave, tu dois être puni, tu le sais. Mais cette Romaine, pour des raisons que je préfère ignorer, tient à ce que tu restes en vie. Tu as le choix : soit tu prends 15 coups de fouets, soit on fait une chorale qui chante en canon « You know noth-
- Je vais prendre le fouet. C’est bien, le fouet. »

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Et ainsi, Milo reçoit donc quinze coups de fouet avant d’être rebalancé comme une grosse daube dans sa cellule d’arène où il bougonne pendant qu’Atticus le soigne (et désinfecte ses plaies à l’alcool parce qu’il maîtrise le concept comme tout le monde à l’époque, tout ça) et tous deux discutent du fait que si le sénateur Bowus est sur la route de Milo, c’est que le destin veut qu’il venge sa famille. Milo en profite pour avertir Atticus : les Romains lui ont promis la liberté après un dernier combat ? Qu’il se méfie d’eux.

Ça tombe bien, puisque dès le lendemain, pour célébrer la fête du vin toujours, on organise des jeux dans l’arène. Et à la grande surprise d’Atticus… on annule son combat en duel contre Milo qui devait clore les jeux et lui permettre de gagner la liberté ! Le sénateur Bowus souhaitant se débarrasser de Milo, il a ordonné qu’il combatte dans l’arène dès le début des jeux et y meure. Atticus est donc envoyé avec lui parce que… heu… mais si… vous savez ? Le truc, là, la bonne raison, tout ça ! Non ? Bon, bref, ils se retrouvent tous deux envoyés avec d’autres dans l’arène et se retrouvent enchaînés à une espèce de décor celtique (à ne pas confondre avec la panique du même nom, rangez-moi immédiatement cet album de Manau) au milieu de l’endroit, alors que d’autres gladiateurs, bien plus nombreux et déguisés en soldats romains, entrent pour venir les massacrer.

En effet, pour célébrer la venue du sénateur Bowus, on propose d’ouvrir les jeux par une reconstitution de sa fière victoire sur les cavaliers celtes (oui, le Monsieur n’a qu’une seule victoire à son actif il faut croire, et ça tombe bien, c’est celle sur le peuple de Milo). Bowus est donc aux premières loges, avec à ses côtés Cassia, Papa Cassia et Trinitia pour ouvrir les festivités, et se réjouit de voir Milo devoir mourir dans l’arène.

Sauf qu’évidemment, rien ne se passe comme prévu : tous les gladiateurs se font massacrer par ceux jouant les romains, sauf bien sûr Milo et Atticus, qui leur mettent la raclée de leur vie en retour juste équipés d’un slip et d’une demi-épée. D’ailleurs, vous vous souveniez qu’ils étaient enchaînés ? Et bien en fait, jamais les chaînes ne les arrêtent. C’était quand même pas compliqué pour la réalisation : il suffisait d’attacher un acteur à une chaîne. C’est tout, et c’était bon. Et bien même ça, ils ont payé un supplément pour le rater : la chaîne est tellement longue que sa seule présence dans le film est justifiée par le fait que Milo vole un cheval à un type de l’arène, puis fait tout le tour de ladite arène, sa chaîne au pied, qui ainsi tendue renverse les derniers faux soldats romains sur son chemin (et non, ils ne se relèvent pas, ça les tue net il faut croire).  Expliquez-moi donc l’intérêt d’enchaîner un gladiateur si la chaîne est suffisamment longue pour qu’il puisse aller partout dans l’arène ? Je veux dire : à part pour caser une incohérence et une scène d’action qui fleure bon l’étron chaud ?  Au passage, Milo attrape même l’aigle impérial de la bannière des faux romains et la brise sous les acclamations du public, parce que oui, à Pompéi, on aime pas Rome. Ah bon, c’est un peu le OM-PSG de l’époque ? Et quand bien même : depuis quand le public est-il censé se réjouir de voir un barbare péter le symbole de son empire ?

Là encore : je n’ai pas bien saisi. J’étais trop occupé à pousser les pieds de l’historien qui s’était pendu devant moi et qui me gênaient pour voir l’écran.

A la fin du combat, Atticus est colère, car on lui a volé son combat qui aurait dû le rendre libre, quant à Milo, il se saisit d’un pilum au sol… et le jette droit vers Jack Bowus !

Mais quelqu’un s’interpose et arrête le projectile d’un coup d’épée parce que oui, c’est probablement un ninja :

Severus, le bras droit de Bowus, qui avait participé au massacre du peuple de Milo.

La montagne, probablement elle-même consternée par cette scène, fait alors trembler le sol et ça panique un peu dans l’arène tant la secousse est plus forte que d’habitude : Bowus a tôt fait de calmer tout le monde grâce au mégaphone intégré dans sa gorge qui fait que quand il parle, tout le monde l’entend, même par-dessus les hurlements, et il annonce que c’est un signe : Vulcain veut que le héros de l’arène, Milo (ah bon, tu n’as pas remarqué qu’il y avait encore Atticus ?) se batte en combat singulier contre le champion de Rome, Severus !

Certes ? Pourquoi pas ? Et le public, lui, il revient direct applaudir comme si de rien n’était ? D’accord. Je vous la refais :

« Haaaa ! Le sol tremble si fort que même nous habitués, trouvons ça terrifiant ! On va tous mouriiiiiiiiiir !
- Oui, mais il va y avoir un DUEL !
- Hooooooooooooooooooooooooo ! Attendez, on revient ! Pousse toi de ma place, enfoiré ! »

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Intéressant.

Le duel s’engage donc et Milo est en mauvaise posture, quand cette fois-ci, la terre se remet à trembler, et pour de bon : une partie de l’arène s’effondre et des fissures dignes de 2012 s’ouvrent dans le sol (mais si, vous savez, les fissures qui tapent toujours là où est le héros et le suivent quoiqu’il fasse) et engloutissent Milo et Severus, les amenant dans les sous-sols où ils se relèvent péniblement.

« Severus… tu vas mourir…
- Milo, tu as eu de la chance, j’allais te porter le coup final… tu dois être protégé de Juno Curitis ou Juno Sospita… ou peut-être Juno Nossing ?
- Juno Nossing ?
- Juno Nossing, John Sn…
- AH PUTAIN ! »

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Avant que Severus ne puisse finir sa phrase, Milo lui colle une ou deux patates, puis ouvre les cellules des gladiateurs puisque plus on est de fous, plus on rit. Severus s’enfuit donc puisqu’à 1 contre 20 monsieur musclés dans des caves, il sent comme de vagues faits divers lui revenir à l’esprit. Prendre la tangente paraît donc fort raisonnable pour le bougre.

La scène des chaînes : en plus, ils en ont mis plein pour bien montrer que logiquement, elles sont censées s’arrêter à quelques mètres du monument celte.

Jack Bowus, lui, depuis la loge VIP a passé ses ordres :

  • Déjà, il a demandé Cassia en mariage parce que les jeux de l’arène, c’est un peu comme faire sa demande au stade : plus romantique, tu meurs
  • Il a expliqué à ses parents que si elle ou eux refusaient, il raconterait à Rome que ce sont de sales traîtres et ils mourraient. Ah oui, proposition sérieuse, donc.
  • Et pour mettre Cassia en sécurité maintenant que la terre tremble et que c’est le souk, il a demandé qu’elle soit ramenée à sa villa et enfermée jusqu’à ce qu’il revienne

Sauf qu’avec le dernier tremblement de terre, la loge VIP s’est effondrée peu après le départ de Cassia, et a à-demi écrasé Trinitia. Quant à Papa Cassia, lui s’est dit, après toutes ses menaces, que pendant que le sénateur Bowus était inconscient après s’être pris un caillou sur la tête, il pouvait le tuer. Mais évidemment, puisque plus de poncifs, ça devient compliqué : le larron ouvre les yeux soudainement au dernier instant et retourne le canif de Papa Cassia contre lui. Ce dernier en meurt donc.

Mais déjà, il y a plus urgent :  la montagne vient d’exploser et commence à cracher du feu, tout le monde essaie donc de filer vers le port où les galères devraient permettre de trouver la sécurité au large. Jusque là : ça se tient, puisque ce sont les parties du script qui n’ont pas été écrites par l’équipe du film. Profitez-en donc : c’est logique. Jack Bowus essaie donc lui aussi de gagner les galères pour mettre les voiles (hohoho).

Hélas, de la montagne tombent de véritables roches enflammées qui commencent à ravager les maisons, le port et les gueules des passants, puisque la montagne, elle est comme ça, elle est plutôt favorable à la lapidation. Et comme elle n’aime pas trop les méchants, le marchand d’esclaves qui était le cruel propriétaire de Milo et qui est parvenu à s’acheter une place sur une galère en abandonnant des innocents, voit bien évidemment un gros caillou venir couler le navire. Ah non mais le Vésuve, c’est  le Simo Häyhä des parties de Touché-Coulé. 

Et non, Simo Häyhä n’était pas un champion historique de Touché-Coulé, mécréants.

Passons, car du côté de l’arène, Milo et Atticus ressortent du sous-sol pour découvrir les tribunes désertes et le ciel en feu : voilà qui n’est pas banal. Ils entendent aussi gémir : c’est Trinitia (oui, aucune autre personne dans l’arène ne gémit, ils sont sympas quand même) qui appelle Milo pour l’implorer d’aller sauver sa fille, enfermée dans sa villa à flanc de montagne, évidemment. Milo et Atticus se divisent donc en deux groupes de un : Atticus ira au port en faisant plein d’actions héroïques sur son passage pour bien souligner que c’est un gentil, pendant que Milo ira sauver Cassia et rejoindra Atticus sur les quais une fois qu’il aura libéré la princesse qui aimait les chevaux de sa pris… attendez, attendez, non ? Personne n’a utilisé des éléments aussi pourris quand même ?

Seigneur : une princesse, de la lave, des boules de feu, une prison, un héros moustachu, l’Italie : je pense que Jack Bowus va devenir Jack Bowser sous peu.  Vivement Pompéi II – Super Milo Kart.

Allez, allez : finissons cette daube, puisqu’il le faut : Atticus galope donc follement au travers des rues de Pompéi, et malgré les rochers qui explosent de partout, s’arrête pour sauver une petite fille qui est tombée, ramasser un vieux, ou chercher un chat dans un arbre. Il est sympa, ce Atticus quand même. Sauf qu’une fois au port, alors que toute la foule se presse sur les quais et que les navires se dépêchent de se barrer, les tremblements de terre provoquent un tsunami : voyant une grosse vague arriver droit sur lui, Atticus file en sens inverse, et alors qu’il franchit les remparts entre le port et la ville, une vague arrive en portant avec elle une galère bien mal en point, et figurez-vous que la galère, en s’enfonçant pile-poil dans les portes de la ville…

… fait un barrage parfait.

Vous avez le droit de pleurer tellement c’est nul. Allez-y, laissez-vous allez. Voilà, voilààà.

On a bien évidemment le droit à un plan où on voit nettement Atticus s’arrêter de courir sitôt la galère bloquée dans la porte, parce que oui, il a deviné ce qui allait se passer, que la galère allait tenir, et que la vague du tsunami était exactement de la taille des remparts, il peut donc se poser cinq minutes et attendre Milo.

Misère. J’espère qu’aucun archéologue ne lit ce spoil.

Milo, de son côté, se rend à la villa pour sauver la belle : il y a bien Mireille qui voudrait les accompagner, mais comme il n’y a plus de place pour elle dans le scénario, hop, une fissure s’ouvre pile sous ses pieds (j’insiste : la montagne vise bien) et avale notre esclave. Désolé Mireille. Nos héros retournent donc tous les deux vers la cité, où la situation a empiré : une pluie de cendre a commencé à tomber.

Mais pas sur tous les plans.

Et du coup, pas sur tous les gens.

En chemin, et parce que le réalisateur avait la flemme, une pluie de petits cailloux tombe et tue TOUS les habitants, sauf les personnages principaux. Voilà, en 5 secondes, c’est plié : nos loulous sont les seuls à penser à se planquer sous une porte cochère. Puis, notre couple rejoint Atticus en poussant de grands cris :

« Atticus, non ! Ho non, il est mort : regarde, il est déjà tout couvert de cendres et de suie !
- …
- Ho. Attends, non, il va bien en fait. Désolé mec, méprise. »

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Sur ce plan, on constate ainsi parfaitement qu’il y a une pluie de cendres et de… de… zut, quelqu’un a encore oublié, c’est bête !

Atticus, Cassia et ce gros raciste de Milo se demandent donc comment fuir la ville, à présent ? Une seule solution : des chevaux ! Rah, si seulement quelqu’un avait pensé à en prendre à la villa, hein ? Ou si seulement on était dans l’antiquité et que des chevaux, hé bien il y en avait près des chariots, des postes, des points de passage, des gardes… mais pas de problème : il y en a aux arènes, ils doivent encore y être ! Ni une, ni deux, tout le monde retourne donc sur place, l’occasion pour Cassia d’aller voir le corps de ses parents, et où non seulement le corps de papa bouge un peu (c’était vendredi, il était 16h47 et ils n’avaient plus le temps de refaire la scène, j’imagine), mais où on constate que la cendre, visiblement, tombe uniquement en gros morceaux façon cotillons, et uniquement sur les joues des gens.

Moi aussi, à ce moment là dans le cinéma, je sentais l’asphyxie me gagner.

Sauf que Milo et Atticus, partis chercher des chevaux, découvrent que les Romains sont là et les ont déjà pris ! Parce que oui, les Romains avaient un camp et plein de chevaux, mais eux aussi vont se fournir aux arènes, sans raison.  Sur place, Jack Bowus a fait atteler un chariot avec quatre chevaux (et non, ses hommes ne gueulent pas qu’il pourrait en laisser pour les autres, même en pleine apocalypse, ils n’ont pas une ligne de dialogue pour dire qu’ils n’ont pas envie de rester là à mourir comme des cons et qu’en plus un chariot, c’est super pas pratique vu la situation) et s’enfuit  après avoir capturé Cassia qui pleurait sur le corps de ses parents. Milo et Atticus arrivent trop tard, non sans avoir tué jusqu’au dernier soldat romain anonyme sur leur route : Bowus s’enfuit, et laisse derrière lui Severus, qui doit lui aussi, avoir envie de mourir, pour les retarder. Milo et Atticus se divisent à nouveau en groupes de un : Milo ira sauver sa belle, et Atticus s’occupera de Severus.

Milo utilise donc son sort de 5e niveau « Apparition du Chwal majestueux » et se retrouve donc à poursuivre dans les rues de Pompéi l’ami Jack Bowus, le tout monté sur Chwal, qui ne devrait pourtant pas être là. Incohérences toujours, sachez aussi qu’alors que les rues étaient toutes bourrées de gens, tous morts il y a quelques scènes de cela justement pour être restés au beau milieu de la rue, les dames de service sont passées et ont viré tous les cadavres des rues (c’est l’effet Frankenstein : les villes vides, c’est plus facile à gérer). Idem, il n’y a pas un gravats ou nid de poule : Bowus file au milieu de Pompéi avec son chariot et Cassia attachée à l’arrière, le tout comme sur une autoroute (française, l’autoroute, parce que belge, il faisait 50 mètres et il pétait ses suspensions). Derrière lui, Milo et son cheval galopent tant qu’ils le peuvent, et alors qu’autour d’eux les projectiles fusent, ils traversent sans ciller les nuages ardents des explosions produites par les chutes de cailloux. Ah et évidemment, ils n’ont aucun problème pour respirer non plus. Et non, ils n’ont même pas l’air un peu noircis, tout va bien : ce n’est jamais qu’un petit volcan de rien du tout.

Bref, on dirait une course poursuite… dans un studio et sur fond vert ?

Roooh, qui a dit ça ?

Finalement, et alors que Cassia se découvre une passion pour le crochetage de ses propres chaînes, activité aisée sans véritables outils, derrière un chariot qui roule à fond le tout en pleine éruption volcanique, Bowus finit par perdre le contrôle du véhicule et se vautre. Milo bondit donc, et s’ensuit l’habituel combinaison duel/lieu désert/mon arme glisse au sol/raaah coup de poing/ha, je peux presque l’attraper suivie de la mort de Bowus, vaincu par Milo, qui peut donc libérer Cassia et partir au triple galop loin de la ville.

Surtout que le volcan vient vraiment de se fâcher et qu’une nuée ardente en descend des flancs droit vers la ville.

Nos héros sont-ils sauvés ? Quel suspens !

Atticus, lui, se bat contre Severus mais ne parvient à tuer son adversaire qu’après avoir été lui-même mortellement blessé : voyant la nuée arriver sur lui, il se lève et ouvre grand les bras pour accueillir la mort en homme libre, parce que c’est beau. Tellement beau que moi, ce que je regardais, c’était le sol de l’arène qui s’était magiquement reconstitué alors qu’il s’était effondré en partie quelques scènes plus tôt. Je ne dois pas être assez poète.

Milo et Cassia, eux, voyant ce qui leur arrive sur le cucu, arrêtent soudain leur cheval parce que… qu’ils… que… bon, bref.

« Continue sans moi Cassia ! Le cheval n’ira pas assez vite avec nous deux dessus !
- Non, je reste avec toi ! Je ne pourrai pas vivre sans toi ! »

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Ah, hé bien la revoilà la pluie de cendres !

Acceptant leur destin, nos amants maudits chassent donc Chwal d’un geste pour lui donner une chance, et alors que la nuée arrivent droit vers eux, Milo se penche vers son aimée :

« J’ai une dernière chose à te dire : je le sais à présent, je t’aime !« 

Ils s’embrassent donc tendrement, et Cassia écarte ses lèvres seulement pour mieux les approcher de l’oreille de son amant :

« Moi aussi j’ai quelque chose à te dire. » dit-elle alors que la nuée mortelle n’est plus qu’à quelques mètres d’eux. Elle articule alors très lentement, tout contre lui, ces derniers mots :

« You know nothing, Jon Snow.« 

« SAAAAAAAAAAAAAAALOOOOOOOOOOOOOOOOOO- »  répond Milo avant que la nuée ne les prenne tous les deux et qu’ils disparaissent dans les cendres et les flammes qui dévalent sur l’Italie antique.

Nous redécouvrons alors ce que nous apercevions au début du film : la vision d’humains momifiés par l’éruption, et plus exactement, celle de nos deux amants figés pour l’éternité dans leur dernière étreinte.

Et avant que l’on ne puisse se moquer de l’expression de haine viscérale de Milo…

… FIN !

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« Tout cela ne répond pas à ma question : était-il à Pompéi ?« 

Occupé à simuler la nuée ardente arrivant sur le couple maudit à l’aide de la moussaka du dessert et d’une paire de spéculos, je décide au vu du peu d’enthousiasme des autres convives de me rasseoir en prenant l’air serein que l’on me connait.  J’interroge :

« Qui ?
- Ben, Pline le Jeune ! Vous nous assommez depuis deux plombes avec votre film, là, mais Pline le Jeune, dans l’Histoire, il était vraiment à Pompéi ? »
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Je jauge mon interlocuteur dont le ton ne me plait guère, en me demandant à quel moment il va subir une trachéotomie au spéculos aussi approximative que foudroyante. Mais sentant remonter en moi la lointaine époque où je dissipais l’ignorance d’élèves confiés à mes soins par des parents naïfs, je décide d’agir : respoilons, mes bons !

BONUS

Le spoiler HISTORIQUE ! Professeurs de latin et d’histoire qui me lisez, merci de mettre vos cours à jour si vous n’enseigniez pas cette anecdote.

Nous sommes par un bel après-midi de l’an 79, à Misène, petite ville d’Italie située à l’extrémité de la baie au pied du Vésuve, et d’où l’on peut clairement voir Pompéi. Ce jour là, à la plage, c’est la grosse ambiance : figurez-vous qu’entre les vendeurs de chouchous et la parade amoureuse des maîtres nageurs, on vient d’apercevoir, au loin, la montagne appelée Vésuve exploser, ce qui n’est pas banal. Une fumée noire emplit le ciel et celui-ci paraît de feu ; on aperçoit les galères quitter la ville à folle allure, mais c’est sans compter sur…

… la PLINE TEAM !

Pline le Jeune est en effet en vacances chez son oncle, Pline l’Ancien, probablement parce que ses parents, Pline l’Âge Mûr et Plinette La Bien Conservée sont à la Bourboule à se faire masser par des Gaulois pour oublier ce qu’ils ont mis au monde suite à une bacchanale où quelqu’un avait ramené des vins d’Hispanie. Tout Misène s’immobilise en voyant apparaître sur les quais de la ville la paire de Pline ambulante : vont-ils arrêter le volcan d’un regard ? Ouvrir la mer en deux pour offrir un passage sûr aux réfugiés ? Ou bien combiner des galères pour former Mégazord ? Non : Pline l’Ancien a plus simple. Il se tourne vers son neveu et s’exclame :

« Vite, Pline le Jeune : j’ai un navire rapide, et un de mes amis vient de m’appeler à l’aide, nous devons aller aider ces pauvres gens ! Et approcher cet étrange phénomène vulcanique !« 

Pline le Jeune observe son oncle, et alors que les vents agités par la sombre tempête font battre sa toge contre ses cuisses musclées, Pline le Jeune n’hésite pas et répond :

« Non, j’ai du travail.« 

Ce n’est pas une blague : Pline le jeune a vraiment répondu ça, c’est lui-même qui le dit. Mais non, il n’avait pas peur, hein, rien à voir avec tous ces bruits liquides que le volcan a couvert et cette toge que même l’esclave blanchisseuse n’a jamais pu récupérer tant celle-ci ressemblait désormais à une sorte de Saint-Suaire de Maître Ki-Adi Mundi. Pline le Jeune explique donc très sérieusement que oui, il avait un truc vachement plus important à faire que d’aller sauver des gens en difficultés tout en étudiant un phénomène inconnu : probablement faire son cahier de vacances.

Pline l’Ancien part donc seul sur son fier navire, pendant que Pline le Jeune écrira un récit à sa propre gloire (qu’il enverra en plus à Tacite ensuite, parce que spam ! Fuck yeah.)

« Quel héros, ce Pline l’Ancien ! » me direz-vous.

Sauf que moyennement : le bougre franchit la mer déchaînée, échappe au déluge de pierre qui tombe du volcan, atteint la domus de son ami qui l’avait appelé à l’aide, le rassure ainsi que ceux de son foyer, puis repart vers les navires pour voir s’ils peuvent repartir et… meurt, comme ça, pouf.

Pline le Jeune dira « C’était les fumées !« 

L’Histoire dira « Oui enfin aucun de ses potes n’a eu le moindre problème : ça ressemble à un infarctus. » et retiendra donc que Pline l’Ancien a défié le Vésuve sans ciller, mais est mort d’avoir repris du cake aux olives une fois de trop.

Ce qui explique que si bien des prénoms romains nous sont parvenus, vous savez désormais pourquoi « Pline », curieusement, on a préféré l’oublier.

Inutile de me remercier : allez donc briller en société !

Et si vous inventez une machine à voyager dans le temps : appelez-moi.

« Comment ? Toujours pas de nouvel article en ligne ? Qu’est-ce que c’est que ce scandale ?« 

Du calme, marauds et gourgandines : baissez vos fourches, soufflez vos torches : le maître des lieux est tout simplement par monts et par vaux, vous pouvez donc continuer de râler aux portes de son manoir, ce n’est pas encore aujourd’hui que vous aurez raison de lui. Mais dans sa grande bonté et sa légendaire modestie, celle-là même qui le pousse à rédiger des articles à la troisième personne du singulier, il ne vous abandonne pas. Ou plutôt, non : en ce 19 novembre, d’autres ont décidé de prendre le relais. Puisqu’en effet : il s’agit de la journée mondiale des toilettes.

L’occasion de partager avec vous plusieurs éléments majeurs :

  • Oui, il existe bien une organisation mondiale des toilettes, la World Toilet Organisation. Hé si.
  • Par conséquent, il y a des gens qui ont leur carte de visite. En soirée, et entre deux coupes de champagne, glissée à une jolie dame en lui susurrant à l’oreille « ça vous en bouche un coin ?« , vous devenez instantanément une sorte d’über-James Bond
  • Vous ai-je dit que le patron de ladite organisation s’appelait « Docteur Babar » ? Carte de visite toujours, à ce stade, je pense que la sienne a des bords dorés et ne se trouve que dans des paquets de Yu-Gi-Oh.
  • Pire encore, ces chenapans n’ont pas posé leur journée le 2 janvier, pourtant « journée mondiale sans pantalon » (véridique) ce qui aurait permis de créer certaines intéressantes synergies, mais le 19 novembre, éclipsant ainsi la journée mondiale de prévention des abus envers les enfants. Ce qui prouve qu’au hit-parade des choses sortant aléatoirement de votre corps, l’enfant vient de passer derrière l’étron. Il y a une certaine logique là-dessous.
  • Mais foin d’ironie, nos fiers artificiers nous en arrosent ici suffisamment. Aussi, pourquoi le 19 novembre ? Et malgré toutes les recherches, une seule explication en ressort : le 19 novembre est l’anniversaire du 19 novembre 1942, qui fut le jour du début de la grande-offensive de l’armée rouge sur Stalingrad. Intelligemment appelée « Opération Uranus« .

Si quelqu’un a une meilleure explication, je suis preneur.

Ici, une capture d’écran d’une opération soutenue par la WTO . Je vous laisse juger (et constater que ces garnements ont volé mon Fifty Shades of Brown)

Dans tous les cas, cela nous apprend surtout deux choses :

  1. L’ONU finance visiblement un véritable nid à amoureux de l’ironie grasse et personne ne s’en est encore rendue compte
  2. J’ai visiblement un dossier de subvention à monter

Sur ces bonnes paroles, je retourne courir le monde et reviens prochainement écrire des choses autrement plus sérieuses, ah mais.

Fêtez bien ça, tout de même.

Pour comprendre le spoiler qui suit, il convient de rappeler les précédentes aventures de Thor.

En effet, celui-ci, fort popul… fort présent au cinéma, est déjà apparu non pas dans un, mais dans deux films ! Rien de moins. Et comme les choses sont bien faites, les deux ont été spoilés. Cela dit, je vous connais bande de gros fainéants, aussi vais-je me contenter de vous donner des résumés des épisodes précédents. Terrible, ça.

Allons-y donc :

Thor I : Asgard, planète des… Asgardiens. Une race bienveillante, bien qu’un peu con-con, qui protège 9 mondes, dont la Terre. Thor, fils du roi Odin, est un gros prétentieux digne d’un épisode de Sweet 16 (« Haaan, tu m’as offert un drakkar mais il est pas de la couleur que je voulais, je te haiiis pôpa !« ). Son père, pour lui apprendre la vie, l’envoie donc sur Terre sous la forme d’un simple humain. Et Thor ne pourra revenir que lorsqu’il s’en sera montré digne, ce qui lui permettra aussi de pouvoir à nouveau soulever son marteau magique. Au même moment, Loki, frère de Thor débarque en disant « Hahaha, je vais trouver une ruse pour me débarrasser de Thor !« . Ce qui est consternant, puisqu’en fait, c’est déjà fait. Pendant que les spectateurs se demandent qui a confié l’écriture du scénario à une classe de SEGPA, Loki envoie plein de monstres combattre Thor, qui peut donc prouver sa valeur, récupérer son marteau, et donc revenir sur Asgard. Oui, Loki aurait mis des pantoufles et fait des mots croisés aux toilettes, il gagnait, mais comme il avait un plan, il a perdu. Thor revient de son exil plus humble, plus posé, mais aussi plus amoureux de Jane Foster, une humaine qui lit un peu trop Science & Vie.

Avengers : La Terre dispose d’une organisation la protégeant de plein de trucs : le S.H.I.E.L.D commandé par un type qui combat tous les dangers, fut-ce des serpents dans l’avion. Celle-ci décide d’unir tout ce qui porte cape & collants pour lutter contre le mal, et réunit ainsi Captain America, Thor, Iron Man, Hulk, Scarlett Johansson et toute l’équipe de Robin des Bois, la comédie musicale. Ça tombe bien puisque Loki est de retour avec un plan encore meilleur : aider des aliens à conquérir la Terre. Le patriotisme de Captain America, le courage de Thor, le génie d’Iron Man, la force de Hulk, la combinaison moulante de Scarlett Johansson et bien évidemment les prestations scéniques de M  Pokora ont tôt fait de le mettre en déroute, non sans que le public n’ait remarqué que chaque étape du plan de Loki était en fait un gros condensé d’absurdités et d’incohérences. Les aliens vaincus, Thor peut retourner sur Asgard.

Prêt pour un nouveau volume des aventures du dieu de la foudre ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : c’est bon, on a des projectiles en feu qui tombent du ciel, tout va bien. Et je reste un grand fan de Thor, le dieu au marteau en plastique mou.

Tout commence, non pas de nos jours, mais au commencement de l’univers, alors qu’une voix off nous explique comment tout cela s’est passé mais avec des connaissances scientifiques dignes d’un frère Bogdanoff. En effet, à en croire notre narrateur, au commencent, il n’y avait que les ténèbres, ce qui était chouette pour les moches, mais rendait la plupart des événements sportifs assez chaotiques. Mais des ténèbres naquirent (ne me demandez pas comment, je ne sais pas comment les ténèbres se reproduisent, probablement qu’elles se sont juste réveillées pompettes un matin sans savoir ce qu’elles avaient fait la veille, et hop) les elfes noirs, des créatures quelque part entre Legolas, Mouss Diouf et Eric Zemmour. Tout allait pour le mieux pour eux, jusqu’à ce que la lumière apparaisse dans l’univers, et qu’elle n’engendre elle aussi de nouvelles races, comme par exemple, les Asgardiens (les habitants d’Asgard pour ceux qui n’auraient pas suivi). Sauf que Malekith, le chef des elfes noirs, trouva que la lumière, tout ça, c’était un peu nul. Il se décida donc à utiliser l’Éther, une force mystérieuse, pour annihiler toute lumière et botter le cucul de toutes les gentilles races. Ah non mais Malekith, il est comme ça, il faut pas trop le chauffer.

Sauf que pas de bol pour Malekith : alors qu’il avait réussi à stocker l’Éther dans une sorte de gros monolithe qu’il gardait au chaud sur Choupi IV, leur planète mère, voilà-t-y pas que les Asgardiens menés par Bor, père d’Odin, débarquèrent pour meuler de l’elfe avant qu’il ne puisse mettre son plan à exécution ! Malgré l’ardeur au combat des elfes noirs et leurs super combattants, les Grügrü (il suffit qu’un elfe noir brise une pierre magique dans sa main et pouf, il se transforme en Grügrü, un gros elfe bodybuildé, c’est assez étonnant, je dois l’admettre), tous se font matraquer la margoulette et Malekith est obligé de s’enfuir avec le dernier vaisseau contenant les ultimes membres de sa race ainsi que son livre d’armée (comprenne qui pourra).

Sur Choupi IV, c’est la grosse fête, on a gagné, ouaiiiiis, sortez l’hydromel et les cookies ! Bor, qui a de son côté mis la main sur l’Éther, est bien embêté : ce truc est impossible à détruire tant il est puissant. Voilà qui est frustrant ! Il se tourne donc vers son bras droit, Bob.

« Bob, mon bon, je suis bien embêté, parce que l’Éther est imp…
- Oui, oui, on sait.
- Bon, tant mieux. Du coup je me disais : « si on l’enterrait dans un coin super secret ?
- Ce serait pas plus malin de le mettre dans notre gros coffre-fort super gardé ?
- Non. Va l’enterrer, te dis-je.
- Bon bin okay, hein, c’est vous l’chef chef. »

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Guidé par son instinct de fox terrier, Bob va donc enterrer l’Éther comme on le lui a demandé. Mais guidé par son intelligence, elle aussi de fox terrier, il n’a pas dû tout comprendre parce que du coup il enterre que dalle et se contente de cacher le tout dans une quelconque grotte, parce que c’est moins fatiguant (mais d’après la voix off, il a très bien fait son travail, elle ne doit pas regarder le même film que moi). C’est bon, les elfes, l’Éther, les fox terriers, vous êtes prêts pour la suite ?

Alors bondissons dans le temps, hop.

De nos jours, sur Asgard, la planète kitsch qui ressemble à une pub Dior sous-budgétée, Loki, dieu de la rabouinerie, est escorté par des gardes jusqu’à la salle du trône où l’attend son père, Odin. Et le roi des dieux est un peu bougon, parce que bon, Loki a fait n’importe quoi dans Thor I, puis dans Avengers, et en plus la ramène encore alors que vu la qualité des films, hein, bon. Aussi, il est temps qu’il soit puni : il est ainsi condamné à la prison histoire de réfléchir à ce qu’il a fait, ce sacripant. Loki fait son petit caprice façon « J’m’en fous t’es pas mon pèèèère ! » ou « Et pis d’abord t’as toujours préféré Thor alors qu’il est con comme une porte, bouhouhou !« . Mais pas de chichi : au trou le galopin. Là-bas, il aura tout le loisir d’y pleurer sur son lit, d’écouter du Kyo voire de se faire un piercing au nombril. Quel rebelle.

Et Thor dans tout ça ? Et bien ce dernier est occupé sur l’un des 9 mondes sur lesquels veille Asgard (ce qui fait peu à l’échelle de l’univers, vous en conviendrez) à mouliner des méchants à coups de marteau magique. Les méchants du cru sont bien vite vaincus et leurs prisonniers emmenés sur Asgard. Thor peut donc rentrer à la maison pour entendre son père lui dire qu’il est trop super et qu’un jour, il fera un excellent roi, pas comme cette petite pute de Loki. Mais Odin a beau être borgne, il n’en est pas aveugle pour autant :

« Au fait mon petit Totor… 
- Papa, j’aime pas quand tu m’appelles comme ça, ça fait con.
- Oui hé bien justement, puisque… non attends, j’allais être un peu direct. Ecoute Totor, tu es grand, tu as de la barbe et un marteau magique maintenant. Ça serait bien que tu penses à… tu vois ?
- A passer le bac ?
- Moui… non. En fait, je pensais plutôt à te trouver une petite copine ! Parce qu’on est chez les vikings, l’homosexualité est punie de mort chez nous, alors qu’on soit clairs tout de suite, hein. Si tu as un truc à me dire, c’est maintenant.
- Mais heu !
- En attendant, je note que la petite Sif te tourne autour… elle ne te plaît pas ? Ou est-ce que tu penses encore à cette vile humaine de Jane Foster ?
- Mais je l’aime bien, Jane Foster…
- Mais enfin mon p’tit Totor ! C’est Nathalie Portman, c’est tellement 2005 de triper dessus ! En plus c’est une humaine, c’est comme les hamsters : on s’y attache vite mais ça vit pas longtemps. Alors oublie ses bajoues et va voir Sif.
- Grmblblblbl…. »

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Thor est donc bougon, mais amoureux quand même. Il va donc en discuter avec Heimdall, le gardien (et viking black) du Bifrost qui peut voir tout l’univers, mais celui-ci a beau répéter « Vous m’emmerdez, Thor, j’essaie de bosser là« , Thor s’accroche. Thor continue. Thor est relou. Thor emmerde son monde, bref, Thor chie (voilà, c’était le point « jeu de mot pourri » que vous guettiez honteusement, on peut passer à la suite).

Séquence émotion : Odin explique à Thor comment on fait les bébés. « Alors tu vois, le papa mets son drakkar dans le monastère franc de la maman, et ensuite… »

Pendant que nos deux larrons papotent, allons plutôt voir sur Terre ce qu’il se passe.

Car Jane Foster va bien, merci pour elle. Thor n’étant plus revenu la voir depuis les événements du premier film, soit deux ans, elle a décidé de recommencer à draguer (depuis deux ans qu’elle se réserve en bonne gentille héroïne, m’est avis qu’elle frôle quotidiennement la combustion spontanée), et est donc en plein rencard à Londres avec un des acteurs de The IT Crowd. Pendant que celui-ci lui parle de sujets comme le rien ou encore le néant, il sent bien que la belle n’est pas très concentrée et soupire encore à son ex viking de l’espace. Mais c’est alors qu’au beau milieu du rendez-vous débarque justement Darcy, l’assistante de Jane, avec un mystérieux appareil à la main : elle vient de détecter des signaux étranges, les mêmes que ceux ayant été captés juste avant la première apparition de Thor ! Allez Jane, il faut bouger : ton vœu de chasteté touche à sa fin !

Pas une minute à perdre : Jane laisse donc son rencard en plan pour filer avec son assistante droit vers l’origine des signaux, à savoir une vieille usine londonienne (mais où des gens stockent encore des camions tout neuf, ne me demandez pas pourquoi), où des enfants  ont eux aussi senti qu’il y avait un truc bizarre. En effet, sur place, des containers de plusieurs tonnes se sont mystérieusement empilés, probablement lors d’une partie de Jenga galactique, mais ce n’est pas tout ! Un camion s’est aussi mis à flotter en l’air, et désormais, même les enfants peuvent le pousser en tous sens sans rencontrer aucune résistance. Jane se dit qu’avec ça, elle pourrait enfin réussir un créneau, mais le clou du spectacle est bien mieux encore :

Il s’agit…d’une porte dimensionnelle !

Invisible, mais bien présente, il suffit d’y jeter un objet pour qu’il disparaisse et réapparaisse via une autre porte située ailleurs dans la bâtisse. Bon, des fois, ça ne réapparaît pas, mais bon, c’est rigolo quand même.

« Haaan, je vais y jeter les clés de la bagnole ! » s’exclame donc Richard, l’assistant de l’assistante de Jane, et accessoirement Jar Jar Binks de location.

Evidemment, donc, les clés ne reparaissent pas. Qu’est-ce qu’on se marre. J’ai dû demander à mes voisines de me tenir les côtes tellement je riais. Ensuite, je leur ai demandé de tirer très fort en espérant mourir, mais ça n’a pas marché. Il faudra que je ruse plus fort la prochaine fois.

Bref. Jane, elle, décide de se séparer du reste du groupe pour explorer la bâtisse à la recherche d’autres portails. Mais ce faisant, évidemment, elle en passe un par accident… et se retrouve au fin fond d’une grotte, avec à côté d’elle, ho bin ça alors, un gros monolithe ! Et en s’approchant, elle voit un liquide écarlate s’agiter en son sein (le sein du monolithe, hein, soyons raisonnables) : l’Éther ! Sauf que sitôt qu’elle est assez proche, le liquide jaillit et fond sur elle en tentant de l’envahir…

… et Jane se réveille dans un coin de l’usine désaffectée, se disant que ouf, tout cela n’était qu’un mauvais rêve ! Elle sort donc du bâtiment, et est très étonnée de trouver celui-ci cerné par la police : Darcy lui explique que c’est parce que tout le monde la cherche, Jane a en effet disparu pas moins de 5 heures ! Darcy, après avoir téléphoné pour annuler l’Alerte Enlèvement et le plan épervier, note alors d’autres choses étranges :

  • D’abord, la pluie londonienne qui s’abat en ce moment même semble ne pas tomber sur Jane, ni dans un cercle de 3 mètres autour d’elle, ce qui est peu banal, j’en conviens.
  • Ensuite, tombe soudain du ciel un mec tout blond à cape rouge et marteau magique : THOR !

Il pleut vraiment n’importe quoi de nos jours. Des retrouvailles émues sont cependant de mise.

« Thor ! Ho, Thor, pourquoi ne reviens-tu que maintenant ? Tu m’as tellement manqué ! Je pensais à toi à chaque fois que j’écoutais Sabine Paturel, tu sais « T’es pas d’accord, t’as Thor, c’est tant pis, mois je mords ! »
- Heu… certes ? Ecoute, j’étais en mission pour pacifier les 9 royaumes sur lesquels Asgard veille, ça me prenait du temps. Mais t’inquiète, j’ai demandé à Heimdall de veiller sur toi.
- Ecoute Thor, c’est gentil, mais savoir qu’un gros black me regarde quand je suis sous ma douche ou que je fais caca, c’est moyennement romantique en fait. Mais d’ailleurs, pourquoi être revenu aujourd’hui spécialement ?
- Heimdall t’avait perdu. Tu as disparu l’espace de quelques heures, ce qui est impossible, tant rien ne peut se soustraire à son regard ! 
- Non mais c’est bon, c’est géré. J’ai traversé un portail magique, me suis retrouvée face à un gros caillou, et ensuite j’ai été attaquée par une sorte de liquide fan de hentai. Mais ça va.
- Non attends… je sens qu’il y a un problème. »

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Et oui, il y en a bien un : car non seulement la pluie ne tombe pas sur notre amie, mais en plus, lorsqu’un policier vient la voir en lui demandant ce que c’est que ce bordel de disparaître sans prévenir et d’affoler tout le monde, et ce que fait ici un cosplayeur peu talentueux, celui-ci lui touche le bras… et un éclair écarlate propulse le bougre 10 mètres en arrière !

« C’est pas banal. » s’exclame donc Thor qui bien que peu au fait de l’anatomie humaine, est relativement au courant qu’on y trouve peu de bobine de Tesla.  « Bon, on va étudier ça : Heimdall, active le Bifrost !« . Et dans un formidable spectacle son et lumière, Thor et Jane disparaissent instantanément à la surprise générale, pour mieux aller atterrir… sur Asgard !

Mais allons voir ce qu’il se passe ailleurs dans l’univers.

Car au fin fond d’un champ d’astéroïdes, un vaisseau qui était resté en sommeil depuis plusieurs millénaires se rallume doucement et réveille ses occupants : Malekith et les derniers elfes noirs ! Aussitôt, ces derniers semblent être au courant de tout le script. On va donc supposer que leur vaisseau les a mis au courant, probablement de sa douce voix digne d’un épisode d’Ulysse 31.

« Zzzz…
- Maître Malekith, mes senseurs détectent l’Éther. Celui-ci vient d’être activé par la présence de quelqu’un.
- Zzz… hein ? Ordinateur ! Dis-m’en plus !
- Il semblerait que l’Éther se soit abrité dans un hôte humain. Nom : Foster. Prénom : Jane. Race : humaine. Profession : docteur en astrophysique.
- Sacrebleu. Ordinateur, réveille tout l’équipage, nous allons la chercher. Dis-moi où elle se trouve.
- Mes senseurs détectent sa présence sur Asgard. Ainsi que sur plusieurs DVD de la trilogie Star Wars. Maître Malékith, puis-je vous proposer de lui bouyave la tête ?
- C’est exactement mon plan, ordinateur. Vite ! Cap sur Asgard ! »

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5 000 ans de sommeil et même pas un brossage de dents. Pas besoin de vous armer les mecs, ça devrait être vite plié.

Et le vaisseau, qui dispose d’un système de camouflage lui permettant de devenir invisible, file donc vers la planète de ses ennemis jurés. Mais à son bord, Malekith a déjà un plan. Ho non, pas un plan, on sait tous que c’est toujours pourri ! Bon, allez, je ne suis pas chien : laissons-lui une chance. On vous écoute les enfants.

« Hmm… ce qui serait bien, ce serait d’affaiblir les défenses d’Asgard. Ah bin tiens, je sais comment. Michel ! Ho, Michel !
- Maître ?
- Michel mon petit, je sais que ton activité de comptable au sein du vaisseau te pèse un peu, que dirais-tu de lâcher Excel pour un peu d’aventure, hein ?
- Ho oui Maître !
- Bon alors voilà le plan : on va te déposer sur un des mondes sur lesquels veille Asgard. Tu y fous un peu la zone, ils viennent te chercher, tu te rends. Là, ils te mettent au trou. 
- Heu… oui ?
- C’est là que mon plan est génial ! Nous allons cacher sur toi une pierre magique qui te permettra de te transformer en Grügrü et d’ainsi semer le chaos au cœur même de leur forteresse !
- Je… je sais pas, c’est un film tous publics… « dissimuler un caillou enchanté dans mon cul » ne fait pas vraiment partie des choses tolérées, non ?
- T’inquiète Michel, j’y ai pensé, on va pas faire comme dans les autres films de prison. Regarde, d’abord, je vais te planter cette dague dans le bidou.
- Mais AÏEUH !
- Puis cacher le caillou dans la plaie, hop. Maintenant, va Michel, va semer le désordre car sous forme de Grügrü, aucun arme d’Asgard ne peut te faire de mal !
- Hein ? Mais dans l’intro du film, on voyait clairement des Grügrü se faire démonter, non ?
- Ha ? Heu… hohoho… hem, Michel, mon petit, on va oublier : allez, va te faire capturer puis semer le chaos sur Asgard !

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Revenons à Asgard, donc. Où Jane a été emmenée par Thor dans une salle où moult médecins locaux analysent ce qu’il se passe dans son corps. Asgard découvre ainsi, entre deux restes de burritos, un étrange liquide : l’Éther ! Celui-ci est à l’origine des mystérieux phénomènes autour de Jane, et tente de protéger son hôte. D’où le fait que ça balance des éclairs quand on la touche (sauf quand Thor lui fait des bisous, l’Éther est vraiment sympa) ! Par contre, mauvaise nouvelle : ça pompe aussi son énergie vitale. Du coup, bah, elle va mourir. C’est ballot.

Odin, qui a appris que son fils avait ramené sur Asgard une humaine shootée à l’éther, débarque avec une pelle et un sac poubelle dans la salle, mais comprenant qu’il s’agit de l’Éther avec un grand E, lâche tout son matériel et décide de raconter l’histoire de l’Éther à son fils et sa copine. Il conclut celle-ci à peu près ainsi :

« Et c’est ainsi que mon père, Bor, colla une branlée aux elfes noirs et récupéra l’Éther pour le planquer, mais visiblement, pas bien. Fin.
- Mais alors, il n’y a pas le risque que les elfes noirs reviennent ?
- Meuh non. Ils sont tous morts.
- Mais on a jamais retrouvé leur chef, ni son vaisseau, ni son état-major, ni une partie de ses hommes, non ?
- Oui, mais hohoho, aucun rapport. Ils ont sûrement refait leur vie en Amérique du sud et sont morts d’une overdose de coke dans leur hacienda.
- Ah bon, bin okay alors. »

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Le plan est donc le suivant : glander sur Asgard, et attendre que quelqu’un trouve un remède miracle pour sauver la petite Jane. Sauf qu’après quelques temps à aller causer avec ce qu’elle espère être sa belle famille, Jane voit les événements prendre une étrange tournure. Finies les vacances !

Tout d’abord, du côté des prisons. En effet, Michel l’elfe noir, qui s’était habilement camouflé dans une armure complète pour ne pas que l’on découvre que non, tous les elfes noirs n’avaient pas disparus, s’est fait capturer et enfermer. Non, personne n’a pensé à lui retirer son armure ou à le fouiller. Du coup, Michel se dit que cette histoire de caillou planqué dans une plaie, bah ça servait à rien. Bon, tant pis : il prend son caillou magique, l’écrase dans sa main, et instantanément, se transforme en Grügrü ! Ses compagnons de cellule qui pensaient avoir l’avantage dans les douches sont bien embêtés.

Michel le Grügrü pète donc la barrière enchantée qui l’empêche de sortir de sa cellule, éclate les gardes, puis libère les autres prisonniers, sauf Loki, qui a quand même une tête d’Asgardien (il peut en changer à volonté, mais n’y pense pas, chapeau Loki).  C’est donc la grosse émeute de prisonniers qui démarre !

Toute la forteresse d’Asgard résonne donc du son des alarmes, et les gardes se précipitent vers les prisons pour tenter de rétablir un peu l’ordre, hein, ho, c’est quoi ce bordel, vous allez vous calmer tout de suite, ça suffit ! Sauf qu’au même moment, Heimdall, qui était occupé à mater toutes les baignoires de l’univers, entend soudain un son étrange à côté du Bifrost : sortant de celui-ci, ses supers yeux détectent un énorme vaisseau avançant en mode furtif : les elfes noirs !

Ni une, ni deux, il saute du pont menant au Bifrost vers le vaisseau… et l’endommage à coups… de poignard !

Si. Il poignarde le vaisseau.

Mais dans le dos, alors il a des bonus je suppose.

Le vaisseau devient donc visible, et lâche donc alors une nuée de vaisseaux plus petits qui se mettent à semer la zone dans Asgard ! Odin comprend donc que l’émeute des prisons n’est pas une coïncidence. Et voyant que c’est un vaisseau elfe noir qui attaque, il comprend qu’ils viennent pour l’Éther. Il demande donc à Jane de suivre sa femme, Frigga, pour aller se cacher dans une salle en haut du palais. Pendant ce temps, lui va aller calmer les prisonniers en personne (c’est vrai, autant aller là où c’est le moins dangereux, bien joué mec). Quant au vaisseaux qui attaquent, il ordonne que l’on sorte les chasseurs (des petits bateaux volants kikinous avec des mitrailleuses) et les batteries de DCA. Mais bon, ils ne touchent pas grand chose, il faut bien le reconnaître. Visiblement, visée et hydromel ne font pas bon ménage, sacrés Asgardiens !

Michel le Grügrü fait lui tranquillement son chemin dans le palais, dont il pète promptement les défenses. permettant à l’un des petits vaisseaux elfes noirs de rentrer. Et quand je dis rentrer, c’est rentrer hein : il défonce l’entrée, les colonnes de la salle du trône et s’arrête dedans mais va bien, merci. Et alors que la garde du palais se met en position pour accueillir d’éventuels envahisseurs, en jaillit… Malekith !

« Bonjour les gueux !« 

« Haaan l’autre il utilise un fusil ! Comment c’est d’la triche ! »

Et coup de bol pour Malekith : les Asgardiens sont aussi cons que prévu. A savoir qu’alors que les elfes, qui ont pourtant pioncé durant plusieurs millénaires, attaquent au fusil laser et à la grenade, les Asgardiens, qui leur avaient déjà collé une pile par le passé et ont en plus logiquement plusieurs milliers d’années d’avance technologique… ripostent à l’épée et au bouclier. La prochaine fois, je suppose qu’ils leur tendront une embuscade avec de la mie de pain.

Ho. Tiens, je vais utiliser le chloroforme sur moi-même voir si ça me permet de passer cette scène.

En tout cas, autant vous dire que les Asgardiens se prennent une branlée. Malekith a même des grenades qui font de petits trous noirs temporaires, permettant de faire bobo aux gardes, mais aussi de détruire le trône d’Odin, histoire de se la raconter un peu. Cela fait, Malekith se fraye un chemin jusqu’à l’une des plus hautes salles du palais d’Asgard, où son pif magique lui a permis de détecter que se planquait une fille pleine d’Éther. En tout cas, je suppose que c’est son pif magique, parce que sinon il n’y a aucune explication. Que l’on ne vienne pas me dire que je suis de mauvaise foi : j’essaie de sauver le film comme je peux, voyez ? Tsss.

Mais sur place, surprise : Frigga, une épée à la main (raah, mais mets lui un coup de blaster et n’en parlons plus !) protège Jane. Il faut donc que Malekith demande à Michel (qui l’a rejoint) d’aller distribuer des mandales pour que la bougresse se calme un peu et laisse libre champs à Malekith pour approche de Jane… qui à sa grande surprise, disparaît :  ce n’était qu’un hologramme !

Ah oui ? Alors expliquez-moi comment il a été guidé jusqu’à cet hologramme, puisque lui, c’est l’Éther qui le guidait ? Bon bon bon. Je veux bien essayer de sauver le film en inventant des trucs, mais si même là on s’auto-pourrit, ça va devenir compliqué quand même. Je vais reprendre un peu de chloroforme, tenez, hop.

Toujours est-il qu’un peu bougon, Malekith et son copain Michel, se tournent donc vers Frigga « Mais enfin, tu es bête ou bien ? S’il y avait une salle super secrète où cacher la fille pour que même mon nez magique ne la sente pas et la confonde avec un vulgaire hologramme, pourquoi tu t’es pas planquée avec, hein ? Allez, meurs, tiens. »

Et crac, donc : au revoir Frigga.

Thor, qui arrive sur ces entrefaites, est donc très grognon : en bon dieu des éclairs, il en envoie un gros sur Malekith, lui arrachant la moitié du museau. Malekith se replie donc en urgence aidé par Michel, et regagne son vaisseau mère sans encombre, probablement récupéré par un autre vaisseau plus petit, ou un simple trou dans le script, allez savoir. Cela fait, le vaisseau-mère redevient invisible… et c’est tout.

Non, pas de « Trouvez-moi ce vaisseau et abattez-le !« , pas de tirs de DCA massifs sur l’appareil pendant qu’il disparaissait (voire avant, mais là, je suis ambitieux), pas de recherches… non, tout ça, c’est nul.

On va plutôt aller se boire une mousse.

Non non : je ne rigole pas, les mecs viennent de se faire massacrer, savent que le vaisseau ennemi n’est pas reparti (alors qu’ils n’ont aucun moyen de le savoir, mais passons, ils le savent) et que les elfes noirs peuvent surgir à tout instant, mais ils laissent tomber pour le moment. A la place, ils organisent de grandes funérailles pour Frigga et les guerriers tombés, et une grande foule se masse pour rendre un dernier hommage à tout ce petit monde.

Personnellement, j’aurais été un vaisseau elfe noir venu là pour tout détruire, je serais sorti trente secondes de mon invisibilité pour tirer dans le tas, mais il faut le reconnaître : je suis joueur.

Bref, les funérailles se passent, et enfin, Thor se décide à aller voir son papounet pour discuter de la suite des hostilités, puisqu’il convient de venger maman Frigga. Odin, en vieux sage, a cependant déjà tout prévu. Et attention, ça parle grosse stratégies. Encore une fois : pourquoi est-ce que dans aucun film, aucun personnage ne semble pouvoir monter un plan crédible ? Je vous laisse constater par vous-même la chose, en plus des incohérences :

« Père, père ! Malekith a tué mère, il doit payer !
- Totor mon lapin, il faut te calmer. Si les elfes noirs reviennent, on va leur botter le cul cette fois-ci, et pour de bon.
- On va enfin penser à utiliser des fusils et mitrailleuses ? Technologies que l’on maîtrise vu qu’il y en a sur nos vaisseaux ?
- Non, faut pas déconner, on doit rester une peuplade kitschounette. On va juste les attendre, mais cette fois-ci, tous nos guerriers sont prêts. 10 000 lances contre une poignée d’elfes noirs.  Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau ! Même Heimdall ne le peut !
- On parle bien du Heimdall qui peut tellement bien le voir que tout à l’heure, il l’a attaqué au poignard ?
- Heu oui heu… hé bien… il… roh, m’emmerde pas Totor. C’est comme ça, voilà, il peut plus, pouf, comme ça ça nous empêche de terminer le film en 2 minutes chrono. Bref, disais-je : « Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau ! »
- Oui, si seulement nous avions accès à un de leurs vaisseaux pour étudier un peu comment ça fonctionne… 
- Monchieur Odinch ?
- Une seconde Thor. Oui Beatriz ? Pourquoi nous dérangez-vous ?
- Oui, ch’était pour vous demandèche… qu’èche que che fais avec lé vaisseau elfe noir crashé dans la salle dou trône ? Jé pache lé balai quand même ?
- Mais je ne sais pas moi, raaahlala ! Le petit personnel ! Bon, on en était où mon p’tit Totor ?
- On disait qu’on était dég’ de pas avoir accès à un de leur vaisseaux pour étudier leur technologie.
- Ah oui, c’est ça. »

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Mais pendant que certains spectateurs essaient d’invoquer le dieu de la foudre dans la salle pour qu’il les libère de leur supplice d’un éclair salvateur, voici que le ton monte entre les deux Asgardiens.

En parlant d’éclair : ça, c’est Malekith après s’être mangé la foudre de Thor dans la gueule. Notez que sa couleur de peau varie en fonction des scènes, de tout blanc à bien rose. Sachez qu’il en ira de même avec ses yeux. Encore une fois : combien de millions au budget, rappelez-moi ?

« Alors c’est ça, père ? Votre plan, c’est d’attendre ?
- Bin en même temps, s’ils reviennent, on a de quoi les démonter. Et sans l’Éther, ils ne peuvent pas faire grand chose. Alors oui.
- Mais ils ont tué maman !
- Oui, j’ai remarqué. Pas de pieds froids dans le lit cette nuit, j’ai tout de suite vu la différence.
- Moi, j’ai un plan.
- Allons Totor, tu sais bien que tu es con.
- Mais si, écoutez : je prends Jane avec moi puisque c’est elle qu’ils veulent !
- Oui.
- Ensuite je vais sur une planète super loin !
- Oui.
- Là ils arrivent pour la chercher !
- Oui.
- Et là… on se bat !
- Attends, je résume : ton plan, c’est plutôt que de les attendre chez nous avec 10 000 hommes, aller les attendre en terrain hostile avec toi tout seul ? Comme ça ils n’auront que toi à tuer pour avoir l’Éther ?
- C’est ça ! Alors ? Alors ? C’est oui ?
- … mais qu’est-ce que j’ai fait au bon moi pour mériter une buse pareille ? »

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Odin explique donc à Thor qu’il ne suivra pas son plan, trop risqué (stupide se dit donc ainsi en asgardien, très bien, je le note), et que Thor a pour ordre de rester sur Asgard pour attendre l’assaut des elfes. Mais vous connaissez le héros moyen : si vous lui interdisez quelque chose, il le fait dans les dix minutes. Du coup, Thor va trouver tous ses amis, à savoir la brigade des Jean-Jacques + Sif & Heimdall et leur explique son plan. Tous le trouvent super, ce qui expliquent pourquoi ils sont ses amis : je pense qu’ils se sont rencontrés à la COTOREP viking. Heimdall insiste à nouveau sur le fait qu’il ne peut pas voir le vaisseau elfe noir, histoire de bien réappuyer une incohérence, et qu’il ne peut pas donner accès à la troupe au Bifrost sans l’accord d’Odin. Il leur faut donc trouver une autre issue. Pas de problème : les Jean-Jacques vont faire diversion pendant que Thor va chercher la seule personne qui puisse l’aider à quitter Asgard : Loki ! Car celui-ci connait tous les passages super secrets. Rapidement, les deux concluent une trêve.

« Bon, Loki, je sais que tu vas me trahir.
- C’est bien.
- Mais je te propose d’aller buter ceux qui ont tué maman. Tu en es ?
- Ça roule. »

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C’est ce que j’appelle une affaire rondement menée.

S’ensuit une séquence durant laquelle Loki hurle au spectateur « Je peux changer d’apparence quand je veux, houhouuuu tu as vu ? » histoire que l’on comprenne subtilement que, hmmm, ça pourrait resservir par la suite. Notez-le, hein. Puis, tous deux, aidés par l’habile diversion des Jean-Jacques & co, vont gagner le vaisseau elfe noir crashé dans la salle du trône (ils s’en souviennent soudainement, heureusement que Beatriz n’a pas balayé). Qui, non, n’a aucun problème pour redécoller, surtout en sachant que Thor le pilote sans problème aucun alors que c’est la première fois de la vie qu’il y fout les pieds. On dirait du Independance Day, autant vous dire que ça fleure bon la quaité (mais si, souvenez-vous de Will Smith déclarant qu’il peut piloter une soucoupe « Parce qu’il en a déjà vu une en action » ; j’ai déjà vu un Airbus A 380 et pourtant je ne recommande pas qu’on me le confie). S’ensuit une course poursuite entre Thor et les chasseurs ridicules d’Asgard, et après diverses pirouettes, Thor s’éjecte avec Loki et parvient à récupérer un petit chasseur, pile du bon diamètre pour entrer dans le passage secret au fin fond d’une montagne d’Asgard que connaissait Loki.

Passage qui mène, c’est fou cette énième coïncidence, sur Choupi IV, planète d’origine des elfes noirs où il n’y a plus que cendres. Tant de chance, c’est… moui, nul en fait. Passons à la suite.

Thor, qui a emmené Jane avec eux comme prévu, propose donc à son frère un plan pour tendre une embuscade aux elfes noirs lorsqu’ils arriveront à leur poursuite.

« Alors en fait, mon plan, tu vas voir, c’est super.
- Je n’en doute pas.
- Alors en fait, quand ils arrivent, tu fais semblant de me trahir et de leur donner la fille.
- Ça m’échappe un peu, mais, vas-y, continue.
- Hé bien là, on les surprend, et on les attaque au corps à corps ! Ahahaha, ils seront bien feintés !
- Serais-tu en train de m’expliquer, alors que ta spécialité ce sont les éclairs et le lancer de marteau, et moi la magie, que nous devrions renoncer à les attaquer à distance, notre force, et par surprise, le tout en mettant Jane en danger juste parce que… heu… rien ?
- EXACTEMENT !
- Et tu te souviens qu’ils ont avec eux Michel, alias Bourpif Malin ? Qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas trop affronter au corps à corps vu qu’il est subitement devenu invincible alors que c’était pas le cas dans l’intro ?
- OUI !
- Bon bin écoute, on fait comme t’as dit. Vraiment. C’est super. Et quelqu’un a écrit cette scène. Je suis bluffé. »

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Et le plan est donc mis en route sitôt le premier elfe noir en vue. Et comme convenu, nos héros simulent de se chamailler, puis de donner la fille, puis comment à mettre des mandales aux margoulins, hop.

D’ailleurs, plan pourri oblige, celui-ci tourne mal étonnamment mal : Michel le Grügrü prend vite l’avantage sur les Asgardiens, permettant à Malekith de s’emparer de Jane. La bonne nouvelle, c’est qu’il fait sortir l’Éther d’elle puis la repose au sol. La mauvaise, c’est que lui-même absorbe l’Éther et devient donc surpuissant. Cela fait, il regagne son vaisseau en laissant Michel s’occuper de Thor et Loki, puis s’en va. Le combat se poursuit donc sur la surface de la planète jusqu’à ce que Loki parvienne à détourner l’attention du vilain (« Hey ! Savais-tu que Darcy était jouée par Kat Dennings ?« ) le temps que Thor lui colle sur le museau l’une des fameuses grenades à trou noir des elfes. Du coup, invincible ou pas, il meurt quand même en faisant un bruit comme wouuuuiiiishprouuuufruleuleuleuleublork. Thor peut donc se précipiter vers Loki qui a été mortellement blessé dans l’affaire pour lancer une séquence d’une rare originalité.

« Loki !
- Thor…
- Loki, accroche-toi ! J’vais te ramener au pays !
- Non, Thor… c’est trop tard pour moi…
- Dis pas de conneries, on va te rafistoler ! »

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Etc.

Sauf que Loki meurt, effectivement. Et Thor abandonne donc son cadavre. Puisque oui, Thor a oublié que Loki était un vieux renard rusé et que du coup, feinter la mort pour ne pas avoir à retourner dans sa prison sur Asgard paraît être une bonne tactique. Personnellement, j’aurais été Thor (mais je ne fus qu’Odieux), j’aurais pris le temps d’être à la fois sûr & taquin. Par exemple, en me disant que bon, quitte à avoir perdu Loki, seule personne à connaître les passages pour aller d’une planète à l’autre sans le Bifrost, autant prendre le temps de l’enterrer. Comme ça, si en plus il n’était pas mort et feintait juste, il aurait été bien embêté. « Arrête de me mettre de la terre sur la gueule, c’est bon, okay, je faisais semblant, mais ne m’enterre pas vivant d’accord ?« 

Mais non : à la place, Thor fait des bisous à Jane, puis va se promener avec elle, au pif, sur la planète. Bon plan aussi, remarque.

« Juste comme ça : tu voudrais pas arrêter de faire des plans ? On serait plus efficace sans. »

Et ça tombe bien, parce qu’en se promenant au pif, qui reste la plus grande ressource de nos héros, ceux-ci rentrent dans une grotte au hasard… où Jane a du réseau téléphonique ! Elle ne doit pas être chez SFR. Elle peut donc aussitôt retourner envoyer des MMS à toutes ses copines avec des photos des pectoraux de Thor et des commentaires comme « Sisi tavu <3 :3 :3 :3« . En plus (parce que non, ça ne suffisait pas !) par terre se trouvent quantité d’objets terriens… comme une certaine paire de clés de voiture : c’est le portail qui mène à l’usine désaffectée de Londres ! Allez, un, deux, trois : HO BIN CA ALORS, QUELLE CHANCE !

Voyons voir, où ai-je mis mon brandy. Voilà. Ma coke ? Voilà. Bon, allez, on s’accroche.

Nos héros franchissent donc le portail, les clés à la main, et se retrouvent donc à Londres avec une voiture à disposition. Ils foncent aussitôt chez Darcy et Richard, principalement parce que ce sont les seuls pinpins que Jane connaisse. Sur place se trouve aussi Erik Solveig, célèbre scientifique avec lequel tout ce petit monde a travaillé par le passé, et expert en astrophysique. L’occasion de faire le point, car Erik a trouvé, probablement sous le paillasson, toutes les clés de l’intrigue (pouffez moins fort s’il vous plait, ça va finir par s’entendre) :

  • Les portails qui se forment un peu partout, c’est à cause de « l’alignement », un phénomène qui n’arrive que tous les 5 000 ans
  • L’espace d’un moment, tout va être perturbé : des mondes vont communiquer entre eux, et même la gravité risque de partir en sucette
  • Ça tombe bien, les mondes en question sont les 9 mondes protégés des Asgardiens
  • Et évidemment, c’est le seul moment où il serait possible d’utiliser l’Éther pour détruire tous les mondes des races de la lumière d’un coup

Heureusement, Erik, à qui il restait un peu de temps après toutes ces découvertes, a aussi bricolé à partir de piquets de tente Quechua, d’ampèremètres volés dans un collège de Moulins et de piles LR6 des piquets capables en théorie de pourrir d’éventuelles anomalies. Ou d’en déclencher, c’est selon.

Hooo et puis ça tombe bien aussi, parce que malgré tout ça, il a AUSSI fait un autre truc, à savoir calculer l’endroit où il faudrait être pour être pile poil dans l’alignement… et ça tombe bien, c’est AUSSI à Londres ! Non vraiment, que de coups de bol ! Le seul moteur de l’intrigue depuis un moment maintenant : c’est beau, autant de talent. En tout cas, pas une minute à perdre : il faut aller installer les piquets magiques sur le site de la convergence pour éviter que tout cela ne dégénère !

Sauf que… à peine nos héros ont-ils placé lesdits piquets qu’arrive du ciel le vaisseau de Malekith ! Les londoniens sont donc un peu effrayés, surtout lorsqu’ils constatent que l’engin ne prend même pas la peine de rouler à gauche. Ces aliens ne respectent décidément rien ! L’appareil s’arrête au bord de la Tamise, pile au point de convergence, et commence à larguer Malekith et son armée. Vite, il faut les arrêter !

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Pendant ce temps, sur Asgard.

« Tiens ?
- Oui, Heimdall ?
- Les elfes noirs viennent de débarquer sur Terre. Ils sont au point de convergence des mondes et vont tous nous éradiquer.
- Ah.
- Odin… je me disais… c’est pas le moment où on devrait envoyer notre armée ?
- Mmmm… si. Mais on va plutôt rien faire.
- Je… puis-je demander pourquoi, ô Odin ? Parce que nous avons les moyens de téléporter une armée entière, là, tout de suite. Et de gagner à coup sûr.
- Oui mais le film s’appelle « Thor », pas « Asgard saves the day ». Déjà dans le premier volet, on ne foutait rien. Et je ne parle même pas des Avengers. On est juste un décor mec. Laid, le décor, soit dit en passant.
- Bon. Bin je me contente de regarder alors.
- Voilà. »

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Sur Terre, donc, c’est une sorte de grande séance de Portal qui commence lorsque Thor arrive marteau à la main : on se bat, on traverse un portail, on ressort par un autre, puis on en traverse un nouveau… bref, du spectacle à vil prix mes bons amis. Thor peut donc affronter ses ennemis jurés dans quantités de situations rocambolesques, pendant que le spectateur attentif constate que le film a le syndrôme des Avengers, à savoir : il faut moins de 17 secondes pour vider une ville. Passés les premiers plans où l’on voit quelques civils courir, la capitale est aussitôt entièrement déserte, on peut donc s’y maraver sans problème.  Ho, il y a bien l’armée anglaise qui envoie deux avions,  histoire de dire qu’elle n’apprécie que moyennement les invasions aliens, mais les bougres passent un portail par accident, traversent douze dimensions… bref. Ils se font un épisode de Sliders à peu de frais, le professeur Arturo en moins.

Jane, elle, utilise les piquets de son copain Erik pour créer des anomalies qui téléportent des escouades d’elfes noirs entières vers des mondes hostiles. Courses poursuites, mitraillages, blagounettes (bin oui)… tout y passe. Jusqu’à ce que Malekith tente évidemment de déchaîner l’Éther au moment opportun, et que se croyant invincible, il sous-estime les anomalies créées par les piquets de l’ami Erik, qui permettent de générer des portails et donc de téléporter un objet, par exemple droit dans sa face. Ce qui est donc fait. Le dernier piquet est enfoncé par Thor dans le bonhomme directement à coups de marteaux, histoire de bien faire comprendre qu’il n’est pas content, et qu’il est pour l’ouverture des magasins de bricolage le dimanche.

Malekith vaincu, l’armée elfe noire en déroute, leur vaisseau se met mystérieux à imploser (non, ne cherchez pas pourquoi), et donc tout le monde peut se faire des bisous. Victoire ! L’alignement des mondes passe, les anomalies se résorbent, bref, tout va pour le mieux.

Oui, le vaisseau percute le sol. Exprès. Et alors qu’il peut voler. Là encore, ne demandez pas pourquoi : les elfes aiment juste pourrir leur propre matériel, comme ça, pour voir.

De retour sur Asgard, Thor est donc reçu par Odin qui le félicite.

« Bien joué, Thor. Tu leur as mis leur misère, aux elfes noirs.
- Merci père.
- Et puis les neufs mondes t’ont vu te battre pour eux : je pense que tu ferais un excellent roi.
- Non, père. Vous êtes meilleur que moi. Je préfère continuer à me battre contre les méchants. Ça demande pas trop de réflexion, ça me va. Et puis comme ça je peux retourner sur Terre faire des bisous à Jane Foster.
- Alors parfait ! Continue comme ça, c’est super. Allez, maintenant, va, je suis fier de toi ! »

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Thor s’en va donc, et alors qu’il tourne le dos, il ne voit pas… qu’Odin change d’apparence : ce n’est pas lui, c’était Loki ! Qui a survécu et remplacé papa !

« Ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas venu en aide à Thor sur Terre« , dira le lecteur capricieux « Oui, c’est vrai : après tout, si Malekith réussissait, Loki mourrait avec les autres, il n’avait donc aucune raison d’aider, pas vrai ?« 

Ah bin oui tiens. Tout est donc bien nul, je suis rassuré.

Et sur ce rebondissement digne d’une cave à Roquefort…

… FIN !

Ah si, il y a évidemment une séquence post-générique (encore une fois : je déteste ça) : où l’on voit « le collectionneur« , alias « Benicio Del Toro a besoin de payer ses impôts« , personnage au charisme de palourde, recevoir chez lui les Asgardiens qui lui demandent de bien vouloir garder l’ether, désormais stocké dans une pierre, chez lui.  Le garçon accepte, puis sitôt ses invités partis, ricane « Mouhohohoho, encore 5 pierres de l’infini et j’aurai la grosse wiiiin !« 

RE-FIN, et évacuation de gens morts de désespoir dans la salle.

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Ce qui est scandaleux, c’est que ça doit pas être compliqué de faire un bon film avec un dieu de la foudre.

Je veux dire, par exemple : regardez Raiden, dans Mortal Kombat il… heu… attendez.

Ho.

Au temps pour moi.

« Vous pouvez vraiment m’aider à prendre en photo Tom Cruise ?« 

Caché dans un buisson près de la luxueuse propriété de l’acteur, le paparazzi se tourna vers l’homme assis un peu en arrière, occupé à lire son journal, une flasque de brandy à son côté. Il se retourna à peine pour répondre au photographe.

« Evidemment. Vu mes tarifs, vous vous doutez bien que ce que je vous vends est sûr.
- Non mais je ne comprends pas. Les copains m’ont dit que ça marchait presque à chaque coup. C’est quoi votre truc ? »

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Dérangé dans ma lecture par l’incessant babillage du professionnel de l’image, je me décidais à plier mon hebdomadaire en grommelant pour me mettre au travail. Il y a des gens tellement impatients.

« L’homme sage ne poursuit pas le guépard : il le fait venir à lui.
- Quel rapport avec le guépard ?
- C’est une image. Nous n’allons pas tenter de surprendre Tom Cruise, nous allons le faire venir à nous. Tenez, passez moi ma mallette. »
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Le photographe s’exécuta et fit glisser vers moi mon porte-documents, dont je tirai bien vite un tas de feuilles mal reliées glissées dans un sachet hermétique habituellement utilisé pour transporter les preuves d’un quelconque crime.

« Qu’est-ce que c’est ?
- Un appeau à Tom Cruise. Lui seul peut sentir son fumet subtil. Nous allons le déposer dans la pelouse juste devant le buisson, et préparez-vous : la bête viendra bien vite le chercher. 
- Vous déconnez ? Comment ça fonctionne ?
- J’ai trouvé un vieil asile en Amérique centrale où d’anciens nègres de Tom Clancy tentent de reposer leurs âmes torturées. Un peu de peyotl dans leur café avec la complicité des infirmiers, quelques mots clés susurrés à leur oreille pendant leur transe, et ils pondent de la bouse contenant les éléments de votre choix. Par exemple, là pour du Tom Cruise, j’ai utilisé les choses auxquelles il ne résiste pas, qu’importe la qualité merdique du script : « agent d’état », « moto », « identité mystérieuse », « encore de la moto », « descente en rappel », « trucs qui volent » et « escalade ». Presque 70% de sa filmographie vous ne croyez quand même pas que ce soit une coïncidence ?
- Je suis sûr que vous vous foutez de moi. »

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Le photographe roula des yeux lorsque j’ouvris d’un vif coup de couteau le sachet hermétique et que je jetais quelques mètres devant nous le tas de feuillets. Il y eut un bref moment de silence durant lequel le photographe, dubitatif, laissa son regard aller de ma personne aux feuillets s’agitant sous la brise dans la pelouse, puis enfin, il y eut un bruit de porte que l’on ouvrait. Puis une voix grommela doucement depuis la résidence face à nous :

« Snif… snif snif… cette odeur… oui… ça sent les lunettes d’aviateur.. la vidange de mobylette… le suspense pourri et le scénario moisi… ouiiii… c’est pour MOI !« 

Et sous les yeux ébahis du photographe qui eut besoin de quelques secondes pour se remettre du choc et commencer à mitrailler à l’aide de son appareil, Tom Cruise galopa droit vers le script d’Oblivion.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : notez la tentative difficile malheureuse de donner l'air pensif au héros

L’affiche : notez la tentative malheureuse de donner l’air pensif au héros

Notre film débute quelque part dans une rue de New York, alors que Jack Harper, un fier larron au sourire ultra bright regarde amoureusement une fille. Tout cela serait à peu près correct si le tout n’était pas tourné avec un filtre instagram accompagné de la voix off de notre héros qui nous dit qu’il fait toujours ce rêve étrange… non, pas celui où il chevauche un poney avec Kirsten Prout : celui-là, là, à l’écran. Il est à New York avec cette fille, mais il est incapable de se souvenir de son prénom (personnellement, je ne vois rien d’anormal là-dedans). Pourtant, il a l’impression que ce rêve est plus qu’un simple rêve, mais carrément un souvenir… mais c’est bien évidemment impossible puisque la ville de New York a disparu bien avant sa naissance. Ah, c’est pas banal.

Quittons ce rêve, puisque Jack se réveille en sueur dans son lit : il n’est pas à New York, et en effet, nous sommes dans le futur, en 2077 pour être exact. Notre héros habite au sommet d’une « tour », structure fragile installée au sommet d’une montagne ressemblant à un loft très luxueux monté sur pilotis façon publicité EDF. Il a à ses côtés Vika, coéquipière et compagne, car toujours en voix off, notre loulou nous explique ce qu’il s’est passé depuis nos jours jusqu’aux siens.

En 2017, une race alien sobrement nommée « les chacals » est venue attaquer la Terre. Pour ce faire, elle a d’abord fait sauter la Lune, probablement avec un très gros pétard, provoquant diverses catastrophes sur Terre, comme des tremblements de terre, des tsunamis et une nouvelle chanson d’Indochine intitulée « A qui je vais demander moi maintenant ? ». Et alors que les survivants en étaient encore à se demander ce que c’était que ce bordel, dérivant sur les flots déchaînés avec leurs bouées canard et les oreilles saignantes, les chacals ont fini le travail en envoyant leurs troupes de choc mitrailler ce qui restait. Sauf que l’humanité, un brin taquine, a dit que bon bin si c’est ça, paf, riposte nucléaire. Ça a tellement bien fonctionné que les chacals ont été vaincus, mais que la Terre est devenue complètement irradiée. Les survivants sont donc partis fonder une colonie sur Titan, le satellite de Saturne, où la vie est chouette à ce qu’il parait puisqu’on y capte pas Jean-Marc Morandini. Et ils ont laissé en orbite de la Terre le Tétraèdre, ou « Tet », gigantesque station spatiale qui est là pour superviser le transfert des ressources exploitables de la Terre vers Titan. Car la science a évolué avec le destin de l’humanité (les gens, pas le journal qui n’a fait de son côté que faire évoluer la recette de cuisson de la merguez à sa fête éponyme) et désormais, d’énormes centrales aspirent l’eau des océans et la transforment en énergie. Energie qui est donc renvoyée ensuite vers Titan.

Et là, vous vous demandez « Ah oui, et comment donc ?« . Et heu… bin non, personne ne se pose la question. Probablement que les usines envoient le tout sous forme de piles LR6 par Chronopost. J’espère qu’ils ont des prix sur les timbres.

Notre Jack Harper de héros fait donc partie des troupes laissées derrière elle par l’humanité pour s’assurer que les usines de production d’énergie tournent bien. Sa mission ? Il doit réparer les drones qui empêchent les restes en déroute de l’armée des chacals de s’en prendre aux dites usines. Le matin, il prend donc son petit vaisseau volant pendant que Vika s’occupe des communications, du radar et du café, et s’en va  en sifflotant retaper les machines qui ont eu des accidents durant la nuit dans le secteur 49, dont il a la responsabilité.

Oui, en gros c’est l’histoire d’un mec de chez Carglass en 2077. Fascinant.

Pour plus de sécurité, notre héros a eu la mémoire effacée pour ne pas qu’il puisse donner d’informations utiles à l’ennemi si jamais il était capturé. Ses souvenirs actuels remontent donc à 5 ans, soit le début de son actuelle mission. Et dans deux semaines, on viendra le relever, pendant que lui et Vika partiront pour le Tet, dernière étape avant de s’en aller couler des jours heureux sur Titan.

Vous avez tout suivi ? La Terre envahie puis radioactive, le Tet, Carglass et le rêve curieux qu’on ne voit pas venir à 70 kilomètres comme étant un vrai souvenir ? Alors en route.

Comme chaque matin, Jack se réveille aux côtés de Vika. Alors que la douce jeune femme s’étire tel un félin dans sa nuisette de satin, laissant l’air d’un beau nouveau jour sur Terre lui gonfler les poumons telle une nymphe s’éveillant sur l’Olympe, Jack est déjà en train de se préparer (comprendre : se gratter les fesses, pisser aux trois quart à côté des toilettes en sifflotant, prendre un café en riant grassement et lâcher un pet tonitruant avant de sortir ; du rêve, quoi) et file bientôt vers son appareil pendant que Vika va s’installer au poste de communication de la tour. Et c’est donc parti : Vika fait l’inventaire des drones ayant eu des problèmes techniques durant la nuit, pendant que notre héros file vers le plus proche pour lui mettre des coups de clés à molette.

J’en profite : si nos héros ne travaillent que le jour, c’est pour plusieurs raisons :

  • La nuit, les chacals sont de sortie, c’est donc plutôt dangereux
  • Le jour, on voit quand même drôlement mieux et puis c’est plus choupinou
  • Et surtout, le Tet n’est du bon côté de la Terre qu’aux heures du jour, en dehors de cela, les communications avec lui ne passent plus

Jack, donc, à bord de son petit appareil à réaction, file joyeusement dans les cieux et prend un malin plaisir à voler au milieu d’un orage dès la première scène, alors que l’on découvrir par la suite qu’il n’était pas obligé, son appareil pouvant aussi bien voler au-dessus qu’en-dessous. Mais bon, histoire de bien montrer qu’il est un peu con, il y va, se mange un éclair, et son appareil n’étant pas conçu pour (bin non), il en perd le contrôle durant un moment avant évidemment de tout récupérer à la dernière seconde en ricanant parce que hohoho, quel casse-cou je fais tu vois t’as vu wesh. Puis, ayant localisé le drone 166 qui a visiblement été abattu durant la nuit, il se pose sur le site du crash de l’engin, pile au milieu d’un ancien stade pour découvrir le bousin inactif au milieu des restes de la pelouse locale. L’occasion pour notre héros de dire qu’il adore le football américain, yeah. Et de mimer un match entier quand bien même il est en pleine zone hostile. Et radioactive.

Vika, obligée de suivre les mimes consternantes de son compagnon sur le terrain. On comprend qu'elle fasse la gueule.

Vika, complètement blasée à force de suivre sur écrans les actions lamentablement stupides de son binôme.

D’ailleurs, sachez-le : Vika comme Jack passeront tout le film où qu’ils soient à se promener sans aucune protection, parce que bon, la Terre a été évacuée à cause des radiations, mais c’est sûrement pas bien dangereux, pas vrai ? Sûrement un détail un peu subtil. C’est donc vêtu d’une petite tenue de pilote et d’une casquette de base-ball que notre héros s’approche du drone, encore entouré des cadavres de chacals, mais ne prête aucune attention au fait que les chacals ressemblent furieusement juste à des humains avec un casque, voire à un mauvais cosplay (pléonasme) : ça ne l’intéresse pas. Il va donc voir la machine, et commence ses réparations sur place, puisqu’elle n’a quasiment rien : il suffit de changer le joint de culasse et elle redécolle. Parce que oui, l’engin a été  « abattu » mais alors il n’y a pas un impact de balle dessus, toutes les pièces sont impeccables, et les chacals ne se sont pas dits « Tiens, on va la démonter pour récupérer des pièces dessus« , non : ils ont tout laissé en état pour que, comme chaque jour depuis plus de 60 ans, un mec vienne réparer la machine et qu’elle puisse retourner les tuer.

Sympas les mecs. Vraiment. Ils veulent sûrement maintenir de l’emploi. Tant dans l’entretien des drones que les pompes funèbres pour chacals.

Notre héros repart en sifflotant pour se diriger vers le second drone abattu dans la nuit, qu’il est « impossible de localiser précisément puisqu’il n’émet plus de signal ». Oui et puis, faudrait pas consulter les  derniers enregistrements du drone pour voir où il s’est crashé à peu près Vika, c’est pas comme si c’était ton boulot, tiens. Jack décide donc de sortir l’accessoire inévitable de tout film avec Tom Cruise : une moto, qui traînait dans le coffre de son engin volant. Ni une, ni deux, il file donc à folle allure au travers des plaines dévastées de notre planète, et guidé par le pouvoir enchanté de son pif, parvient à retrouver le signal du drone, provenant des restes d’une bibliothèque dont seul un bout du toit dépasse encore un peu du sol. Notre filou gare donc son solex du futur et descend en rappel (encore une fois film, Tom Cruise, tout ça) via l’ouverture béante pour voir où est passé son copain le drone. Ouhouuuuuu copain ? Tu es où ? Allez, viens voir papa que je te sorte de ce film.

Accompagné de son fidèle fusil, parce qu’il sent bien que ça sent le piège à andouilles dans ce coin obscur bourré de livres, Jack ne réalise que trop tard qu’il n’y a aucun drone là : seulement sa balise de détresse ! Il a été attiré ici par les chacals ! Et en effet, bientôt, les lueurs orangées des visières des casques de ses ennemis apparaissent autour de lui, ainsi que les curieux cris de ces derniers, ressemblant à des bruits de talkie-walkie en fin de batterie. Jack ouvre donc le feu, mais bien vite et suite à diverses aventures, bien que l’ennemi n’ouvre curieusement pas le feu sur lui, il doit se replier et manque de peu de se faire capturer, seulement sauvé par l’intervention télescopée du drone qu’il a réparé un peu plus tôt qui, passant par là (alors qu’on nous a expliqué que justement, aucun signal ne passait, il l’a probablement retrouvé à l’odeur), en profite pour sulfater du chacal. Jack remonte donc à la surface… pour réaliser qu’on lui a tiré sa moto pendant ce temps. Bande de voleurs de poules !

Juste comme ça : il faudra m’expliquer comment les chacals ont pu voler la moto du Monsieur, sachant qu’ils ne sont pas supposés être à la surface  de jour, qu’un drone était visiblement en train de survoler le coin prêt à les sulfater, qu’il n’y avait aucun endroit pour planquer le véhicule à des kilomètres à la ronde, l’accès à la bibliothèque étant en plein milieu de nulle part, et surtout, encore une fois, ce que foutait Vika puisqu’il y avait une caméra sur la moto, et que depuis le début du film, elle suit la progression sur le terrain de notre héros grâce à d’autres caméras visiblement placées tous les deux mètres sur l’ensemble de la planète. D’ailleurs, on a entrevu durant la scène que Vika avait une parfaite vue de ce qu’il se passait à la surface, et que s’il y avait eu vol de mobylette, elle aurait tout vu.

Mais, là, non. Elle devait probablement lire Public.

Bref, il y a plus d’incohérences dans cette scène que de raisons pour les vilains de tirer la mopette. C’est quand même malheureux. Mais, passons parce que tout cela ne fait que commencer, comme trop souvent.

Le soir, en rentrant à la tour du secteur 49 , Jack retrouve Vika et lui ramène un truc cool : des fleurs qu’il a eu le temps de cueillir sur le chemin. Aussitôt la jeune femme panique en lui disant « Mais ça va pas espèce de blaireau ? C’est super radioactif, allez hop ! » et elle fonce dehors en petite robe (après tout, elle ne vient que de dire que la radioactivité lui faisait très peur, pourquoi s’embêter ?) pour balancer le bouquet par dessus le balcon de la tour. Et explique à son compagnon que bon, certes, elle est un peu à cheval sur le règlement, mais bon, ils sont à deux semaines de la fin de la mission, c’est pas le moment de faire des conneries.  Jack grommelle un peu, et tente bien de dire à Vika que dans la vie, le règlement ne fait pas tout, tu vois, et puis bon, d’ailleurs, toi aussi tu as pas des rêves bizarres d’avant ton formatage de mémoire, dis ? Mais Vika se contente de dire que dis donc, ho, hé, tu vas pas commencer à emmerder le monde Jack hein ! Allez viens, on va se baigner tout nu pour oublier ça puisque notre tour située sur une planète radioactive (j’insiste) a été intelligemment équipée d’une piscine géante (… véridique). Plif plouf, vont donc faire nos larrons en gazouillant, hihihihihi huhuhuhuhu huuuuuuu (vous noterez comme je retransmets bien toute la force du gloussement idiot, c’est un don).

Sauf que c’est bien gentil tout ça, mais la nuit venue, un terrible bruit réveille nos deux filous alors qu’ils avaient fini par retrouver le chemin de leur lit : avant que Jack ne dise « C’est pas moi !« , une gigantesque explosion illumine l’horizon ! En effet, les chacals ont visiblement réussi à se frayer un chemin jusqu’à une centrale à énergie et l’on fait péter en utilisant, d’après le rapport des scanners, une batterie volée sur un drone abattu, et qui peut servir de bombe monstrueuse une fois en de mauvaises mains. Faisant l’inventaire des drones endommagés puis réparés dont la batterie avait disparu, Jack et Vika en comptent dix : les chacals ont tout un arsenal sous la main !

Sinon, juste comme ça : sachant que les centrales à eau de mer sont intelligemment placées en mer avec des drones tournant autour jour et nuit, ils ont fait comment les chacals pour s’y rendre ? Ils ont fait du kayak avec la bombe sur le dos pendant que les drones étaient partis faire un pique-nique ? Visiblement, oui, car personne ne se pose la question. J’espère qu’ils l’ont déclaré, leur kayak, parce que sinon ça va très mal se passer mes petits amis.

Vous ai-je parlé de la tour dont la hauteur varie en fonction des scènes ? Des fois elle est à 10 mètres du sol, des fois elle est en plein ciel… c’est magique.

Le lendemain, sitôt le Tet du bon côté de la Terre, Vika fait donc son rapport au QG, où son unique interlocutrice est Sally, une femme très souriante avec des phrases plus ou moins louches du genre « Dites-moi Vika, formez-vous toujours une bonne équipe avec Jack ? » (La réponse « Non, c’est une grosse tanche » n’est jamais prononcée) mais dans l’ensemble, Sally est surtout grognonne d’apprendre qu’une centrale a été détruite durant la nuit, et explique donc que c’est la responsabilité de Vika et Jack, en tant que techniciens sur la zone 49, de défendre ces structures.

Oui, c’est vrai Sally. Ou alors celle des drones qui ont disparu du film le temps de cet événement. Mais si tu veux, on peut aussi parler de l’intelligente stratégie qui est la vôtre consistant à envoyer, pour rappel, un technicien en slip en zone radioactive peuplée d’ennemis, avec même pas un binôme pour le couvrir pendant qu’il injecte sa résine dans les trous plus petits qu’une pièce de deux euros. Non ? Tu n’as pas envie Sally ? Comme je te comprends. Passons donc à la suite.

Car la vie ne s’arrête pas avec la perte d’une usine : il faut protéger les autres, et donc continuer à réparer les drones. Jack redouble donc d’efforts pour réparer un drone qui est au « garage » de la tour, et auquel il manque des pièces alors qu’il serait bienvenu en renfort, et de temps à autres, lorsque Vika est occupée, Jack profite justement de sa solitude dans ledit garage pour lire un livre qu’il a piqué dans la bibliothèque l’autre jour en affrontant les chacals. Il n’en lit qu’un seul paragraphe, qui dit en substance qu’il faut bien mourir pour quelque chose, fut-ce face à l’ennemi, mais il trouve ça cool, la lecture des livres d’avant l’apocalypse. Il préfère ne pas en parler à Vika pour autant, sinon elle est encore foutue de tout passer par-dessus la balustrade de la tour. Ah oui, c’est une manie chez elle. Du coup j’ai espéré tout le film que Jack trouve un enfant ou même un Justin Bieber, mais non, même pas. Déception.

Mais il n’en faut pas moins repartir sur le terrain : après ces quelques réflexions, nous retrouvons donc Jack aux commandes de son petit vaisseau, alors qu’il se passe un truc étrange… on détecte un signal curieux sur le terrain : les chacals sont en train d’émettre ! Le signal est crypté et indéchiffrable dans l’immédiat, et surtout… orienté vers l’espace.

« Mais enfin, ça n’a aucun sens !  » s’écrient en choeur nos héros.

Oui, c’est vrai ça ! Pourquoi les chacals enverraient-ils des signaux dans l’espace ? Rappelez-moi d’où ils venaient, déjà ? Ah oui, l’espace. Non, effectivement, « ça n’a aucun sens » les enfants. Sinon, vous voudriez pas plutôt utiliser cette phrase pour tout ce qui s’est passé depuis le début du film, non ?

Qu’importe : la source du signal est repérée et Jack s’y rend, évidemment seul (on envoie jamais de drones pour le couvrir : pourquoi faire ?), et arrive sur la pointe de l’Empire State Building, dépassant encore du sol (les tremblements de Terre et les tsunamis n’ont pas rigolé : ils sont carrément venus avec leurs sacs de terreau pour remonter le niveau du sol de plusieurs centaines de mètres, ils sont comme ça, ils doivent avoir une sacrée ardoise chez Jardiland). Toujours est-il que donc, sur place, Jack a de brefs flashs où il se voit là, avec la fille de son rêve, passant un bon moment. Il hausse les épaules en se disant que ce n’est pas très important et pénètre prudemment dans l’endroit pour découvrir un vieux téléphone satellite branché à l’antenne locale et émettant l’étrange signal en boucle : il l’étudie plus en détail, le transmet à Vika puis le coupe. Sitôt analysé, Vika se met à hurler dans l’interphone :

« Seigneur ! J’ai décrypté le message : il s’agit de coordonnées…
- Quelles sont-elles Vika ?
- Un endroit en plein secteur 1-7… mais il n’y a rien là-bas ! Pourquoi envoyer des coordonnées d’un secteur désert loin de nos défenses dans l’espace quand on est une race alien ?
- Je ne sais pas Vika.  C’est tellement mystérieux. Avec qui peut-on communiquer dans l’espace et indiquer les coordonnées d’un endroit calme ?
- Un vaiss…
- Un poney, tu as raison ! C’est sûrement les coordonnées d’un pâturage pour poneys.
- Bon, tu sais quoi Jack ? En fait on va dire qu’on ne comprend pas de quoi il peut bien s’agir et tu vas aller enquêter.
- Okay. »

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Jack remonte donc aussitôt dans son vaisseau et longe la zone interdite à la frontière de son secteur, à savoir la zone vraiment radioactive qui… heu… est… comment vous dire ? Elle est délimitée par une grosse frontière qui apparaît en réalité augmentée sur le cockpit du vaisseau de notre héros. Et les personnages de bien préciser que d’un côté, c’est radioactif mais ça va, mais sitôt que l’on traverse d’un mètre la frontière, on meurt. Vous vous souvenez de toutes les blagues sur le nuage de Tchernobyl ? Hé bien ils en ont visiblement fait un film. Chapeau.

Mais puisque l’on peut encore faire plus mauvais, et alors que l’on vient de dire aux héros que les chacals venaient pour la première fois depuis des années de communiquer avec l’espace et qu’il fallait enquêter sur cet événement hors-du-commun, celui-ci… j’ai mal rien que de l’écrire, tenez. Jack vole dans un canyon où les communications ne passent plus jusqu’à une sorte de clairière cachée où la nature est restée verdoyante et où il a construit une cabane. Cabane construite sur son temps de travail sans que Vika ne le réalise jamais (« Tiens, tu as encore disparu des écrans 5 heures d’affilée. Sinon ça va?« ), et remplie de reliques d’avant la guerre, type livres & vinyles… y compris un frigo (allez savoir comment il s’est trimbalé ça, mais il l’a fait). Jack décide donc que plutôt que d’enquêter sur l’événement historique en train de se dérouler en plein dans son secteur et pouvant mettre en péril ce qui reste de l’humanité, il va plutôt aller s’écouter un petit morceau de musique, taper la discute avec une truite (là encore, véridique), s’habiller avec une chemise à carreau et une casquette de beauf (authentique aussi, n’en jetez plus) et… se faire une sieste.

Voilà. Sinon, le mec qui a écrit ça, il va bien ? Je dis ça juste comme ça, hein. La prochaine fois, nous découvrirons James Bond qui au lieu d’aller désamorcer une bombe du S.P.E.C.T.R.E, va plutôt se faire des tac-o-tac en se buvant une 8-6. Quel héros, ce Jack.

Quelques heures plus tard, donc, Jack sort de sa sieste éveillé par un grand bruit : un vaisseau vient de pénétrer dans l’atmosphère, visiblement en sale état, et file donc droit vers le sol en direction des coordonnées envoyées vers l’espace plus tôt !

Sauver le monde ou mettre une chemise contestable : Jack a choisi

« Un vaisseau ! » s’exclame notre héros bien étonné, puisqu’il attendait plutôt un poney. « Il faut que j’aille voir ça ! » ; Jack range donc sa chemise à carreaux et sa casquette dans sa cabane et file donc à bord de son fier vaisseau pour quitter la charmante vallée dont il a fait son refuge secret, reprenant ainsi les communications avec Vika.

« Jack ! Tu avais disparu depuis des heures, que s’est-il passé ?
- Rien.
- D’accord. Non parce que je suis restée des heures à me demander où tu étais alors que te suivre sur les écrans est ma mission, tu as raison, ce n’est sûrement pas un sujet qui m’intéresse. En tout cas, je viens de voir qu’un vaisseau était entré dans notre atmosphère ! 
- J’ai vu ça : je vais aller inspecter le site d’atterrissage de près.
- Non ! Sally vient de m’informer depuis le Tet que les drones y vont et qu’il n’y a rien d’intéressant à voir là-bas.
- C’est fou comme ça ne sonne pas suspect du tout.
- Oui hein ?
- Bon bin je vais aller voir quand même.
- Jack, non ! »

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Notre technicien s’en va donc droit vers le site vers lequel le vaisseau a filé, et note que celui-ci ne s’est pas posé : il s’est écrasé ! Plus intéressant encore (plus intéressant que « soudain, il fait nuit alors qu’on était en plein après-midi jusqu’ici« ), il s’agit visiblement d’un vaisseau humain d’avant la guerre si Jack se fie à l’apparence de la bête, et on peut encore lire « L’Odyssée » écrit sur la coque. Il atterrit malgré les consignes de Sally et les cris désespérés de Vika qui lui ordonne de rentrer, et commence à inspecter le site pour découvrir… que des caissons ont tenu le choc lors du crash, et qu’ils contiennent chacun un humain en sommeil ! Et surtout parmi l’un d’eux il y a…

Attention, je suis sûr que vous n’avez pas deviné ce rebondissement depuis la première scène du film.

… la fille de son rêve, de son souvenir ! En train de dormir, là, dans sa petite caisse (quand je dis « caisse » je pense « caisson », pas « litière », hein, que l’on soit clairs). Jack est bien étonné, puisqu’il aimerait bien savoir d’où sort ce vaisseau et pourquoi les chacals l’ont amené là, mais il est bien vite interrompu par l’arrivée des drones de sécurité sur place qui observent la scène quelques instants avant de commencer à sulfater tous les caissons en vue. Jack est très étonné, car les drones sont supposés être les amis des humains, et il ne parvient qu’à sauver le caisson contenant sa copine onirique en se plaçant devant pour que les machines ne tirent pas et repartent en sifflotant vers d’autres activités.

Jack, l’étonnement passé, décide qu’il serait de bon ton de ramener le caisson en question jusqu’à la tour 49 pour pouvoir y réveiller son occupante et mettre celle-ci hors d’atteinte des chacals jusqu’au matin où il conviendra de prévenir le Tet de cette étonnante découverte. Cela tombe fort bien : la queue de son vaisseau est pile poil de la bonne taille pour que l’on y accroche un sarcophage de ce type, c’est quand même bien fait ! Et voler avec ne pose aucun souci. Hopopop, donc, retour avec le butin jusqu’à la maison. « Coucou Vika, j’ai ramené une fille ! Noooon, pas le balcoooon !« 

Arrivé sur place, Jack constate que Vika fait un peu la gueule, puisqu’encore une fois, ce gros corniaud n’a pas respecté les consignes, mettant ainsi en péril leur mission à deux semaines de sa fin. Qu’importe, il est temps de réveiller la jeune femme endormie. En poussant deux boutons, le caisson s’ouvre et la donzelle sort de sa stase, et il faut donc bien vite l’emmener à l’infirmerie tant elle est un peu secouée par la manœuvre.

Mais, durant l’événement, elle a tout de même le temps de regarder Jack et Vika avec étonnement et de murmurer « Jack… » faiblement.

Ce qui surprend notre héros.

Tellement qu’il n’en parlera plus du film.

Allons justement voir à l’infirmerie ce qu’il s’y passe, car la jeune femme ayant pleinement repris conscience et commençant à demander ce qu’elle fout là, nos héros décident donc de tout lui expliquer.

« Comment vous appelez-vous ?
- Julia Popovitch.
- Okay Julia, on va t’expliquer. Ton vaisseau date d’avant la guerre, ce qui veut dire que tu dors depuis 60 ans au moins. Tu t’es écrasée ici avec ton engin spatial et es la seule survivante de ton équipage. Nous sommes en 2077 et la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire pour repousser l’invasion d’une bande d’aliens, les chacals. Le coin étant pourri de radiations, tout le monde s’est barré vers Titan fonder une colonie pendant que nous, nous restons ici à obéir à notre station, le Tet, pour s’assurer de la collecte des dernières ress…
- Pfffrrrrt.
- Vous avez ri.
- Non. Pffrt.
- Si, vous venez de le refaire, là.
- Bon, un peu.
- Okay, bonne soirée. »

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Pardon ? Je veux dire : ça ne vous intéresse pas de savoir pourquoi elle rigole, pourquoi elle semble connaître Jack alors qu’elle vient d’une époque où il n’était même pas né, ou encore quels sont ses derniers souvenirs, voire ce qu’elle fout dans les rêves de notre héros ?

Non. A la place, Vika et Jack vont se coucher, après un ultime échange.

« Tu sais Vika, des fois je rêve de cette fille la nuit.
- Ça explique deux trois choses avec les draps. Mais bon, je dis ça mais moi aussi j’en rêve des fois.
- Ah. Bon, n’en parlons plus non plus, ces informations ne sont pas du tout intéressantes.
- Okay. »

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A ce stade, j’avais installé des petits cotons sous mes yeux pour absorber mes larmes de dépit.

La nuit se passe donc, même si au petit matin, avant que Vika ne se réveille, Jack va trouver Julia. Qui lui explique qu’elle voudrait récupérer la boîte noire de son vaisseau afin de savoir ce qu’il a bien pu se passer. Notre héros trouve l’idée raisonnable, et avant que Vika ne se réveille, ils vont tous deux prendre le petit engin volant de Jack pour filer sur le site du crash où, déjà, des pièces ont disparu. Jack précise donc qu’il faut faire attention, car les chacals sortant la nuit, ils pourraient tomber sur eux.

C’est vrai. En même temps, quand vous étiez dans la tour, nous étions au petit matin avec le soleil levant. Mais visiblement, il est parti se recoucher, c’est magique.

Nos héros explorent donc le site plongé dans la nuit pour des raisons qui prouvent qu’écrire l’heure approximative de chaque scène dans la marge du script pour ne pas se planter n’a pas été fait, puisque ça prenait au moins 1 minute 30 sur un coin de table. Et bien vite, Julia trouve la boîte noire ! Joie ! Allégresse ! Hélas, les chacals n’ont pas perdu une miette de la scène et encerclent bien vite nos loulous. Jack tente bien de résister, mais il se fait rapidement péter la gueule par ses assaillants ! Dans un dernier geste, il utilise simplement via une télécommande l’autopilote de son véhicule volant pour le renvoyer à la tour et éviter que l’ennemi ne s’en empare. Vika, qui a assisté à toute la scène, est choquée par les événements… mais refuse d’annoncer au Tet ce qu’il s’est passé durant la nuit, préférant faire confiance à l’instinct de Jack (malheureuse !). Elle se contente de dire qu’il a disparu ce matin en partant en mission, et qu’il serait de bon ton d’envoyer un drone à sa recherche, ce que le Sally accepte.

De son côté, Jack se réveille attaché à une chaise au milieu de l’obscurité. Il entend alors une voix grave s’adresser à lui.

« Bonjour, Jack.
- Qui êtes-vous ? Laissez-moi partir enfoirés de chacals !
- As-tu déjà vu un chacal de près, Jack ? 
- Hmmm attendez que je réfléchisse… 
- Laisse, je vais plutôt te montrer. »

Et sort alors de l’obscurité… un humain (ça non plus, vous ne l’avez pas vu venir).

« Voilà, Jack. Voilà qui nous sommes…
- Vous êtes… vous êtes…
- Oui, des h…
- VOUS ÊTES MORGAN FREEMAN AVEC UNE TENUE DE NINJA !
- Oui ! Heu, attends,  non bougre de con ! Nous sommes surtout des humains !
- Mouais, vous êtes quand même vaguement noi…
- Hohohoh houlala ça dérape. »

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La lumière s’allume dans la salle et bientôt, Jack constate qu’il est entouré non pas d’aliens, mais d’humains. Alors depuis toutes ces années, on lui aurait menti ?

« Oui, Jack, on t’a menti. 
- C’est immonde ! Cela dit, je me pose une question.
- Oui ? Je t’écoute Jack.
- Pourquoi alors à chaque fois que je vous croisais vous gardiez vos casques à la con et vos déformateurs de voix à part pour me convaincre de vous tirer dessus alors qu’il suffisait de me montrer votre tête pour que je réalise toute la supercherie?
- Ho. Oui. Bonne remarque.
- Alors ?
- Hem… ho, tu as vu Jack ? Je suis Morgan Freeman avec une tenue de ninja !
- CA ALORS ! »

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Et je me suis abstenu de parler des lunettes de soudeur ou de sa cape piquée dans un Grandeur Nature

D’ailleurs, à partir de ce moment là, plus jamais les chacals ne mettront leur casque du film. Comme quoi, c’était bien juste pour se faire plomber par Jack.

Mais comme si tout cela n’était déjà pas suffisamment naze en soi, Jack ne demande aucune explication et Morgan ne lui en donne de toute manière aucune non plus. Il se contente de lui dire que voilà, ils ont réussi à désactiver un drone et à le capturer, et qu’ils lui ont collé dans le ventre les 10 batteries de drones volées, reconverties en bombes, soit de quoi faire péter plusieurs fois de Tétraèdre. Ils aimeraient donc que Jack reprogramme l’engin puisqu’il est le seul à savoir le faire pour l’envoyer dans l’espace rentrer au Tet. Mais Jack refuse parce que sur le Tétraèdre, il y a plein d’humains en attente de transit pour Titan, et que tuer des gens c’est mal.

Morgan, plutôt que d’expliquer tout ce qu’il sait à Jack pour le convaincre, lui amène plutôt Julia en lui expliquant que s’il n’obéit pas, il demandera à son bras droit, Jaime Lannister (qui doit avoir une sacrée grosse dette à payer pour jouer dans ce film), de tirer une balle dans la tête de la gourgandine voir si cette zone est mortelle chez la femme (par exemple, il a été observé par le passé que la blogueuse mode était insensible aux balles dans la tête, mais qu’il était tout de même possible de leur faire très mal en poignardant des posters de Ryan Gosling ou en mangeant le dernier macaron). Jack grogne quand soudain, une alarme retentit : des drones du Tet sont en approche !

En effet, au-dessus du souterrain où Jack est retenu prisonnier, un drone a utilisé son scanner et malgré les 10 mètres de roche entre lui et la surface, a réussi à détecter… son ADN. La vache, ils sont forts ces drones. Même si 5 minutes plus tard, le même drone n’arrivera pas à détecter un ennemi caché derrière un caillou de 3 centimètres. C’est fou.

Bref, le drone décide de passer à l’attaque de la base des chacals, mais ces derniers montrent à Jack comment ils combattent ces engins : ils attirent leur attention, puis tirent dans un petit clapet derrière le drone qui n’est pas protégé et qui est la partie la plus sensible de l’appareil. Raison de plus pour ne pas la blinder, j’imagine. En deux temps trois mouvements, le drone est donc abattu. Morgan peut donc enchaîner.

« Ah, quelle chance quand même que ces drones volants se mettent à 1 mètre du sol pour attaquer plutôt que de nous canarder depuis le ciel. Tu as donc vu notre tactique de guerre, très efficace ! Ensuite, nous récupérons la pile d’énergie sur le drone et nous le laissons en état pour que tu puisses le réparer et qu’il recommence à nous tuer dès le lendemain. D’ailleurs, sur celui que nous venons d’abattre, tu noteras que l’on est même pas allé désactiver sa balise de détresse qui appelle du renfort. Mais comme le scénariste aussi l’a oubliée, ça va. Un peu comme les deux milliards de caméras que Vika avait au début du film pour tout voir, alors que maintenant on en parle même plus.
- Je… bon, écoutez c’est confondant de nullité. On pourrait pas parler d’autre chose ? Genre pourquoi vous avez fait s’écraser l’Odyssée sur Terre ?
- Ah, si, c’était pour récupérer un mini-réacteur de la NASA dessus afin de parachever notre bombe pour le Tétraèdre.
- Okay… donc, vous me parliez de reprogrammer un drone à ce sujet d’ailleurs. Non ?
- Ho non, tu sais quoi ? Ça aussi on ne va plus en parler. Enfin pas de suite. C’est pas comme si j’étais à deux doigts de faire buter ta copine il y a 5 minutes pour que tu le fasses tellement c’était urgent.
- Alors je fais quoi ?
- Hé bien je te rends sans raison tes armes, ta copine, et même cette très intéressante boîte noire que personne n’a encore écoutée. Je te rends aussi ta moto qu’on t’a tirée en début de film, et je te propose de partir découvrir la vérité.
- Vous ne pourriez pas me la dire directement plutôt ?
- Hahahaha hohohoho… non. Comme dans tous les films pourris, je préfère rester mystérieux quand bien même parler pourrait tous nous sauver la vie. Commence donc par aller dans la zone soit disant radioactive, là tu trouveras la vérité.
- Mais ? Elle couvre presque la totalité de la surface du globe ! Vous pourriez pas être plus précis ?
- Non. Allez, salut mec. »

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Sans poser de questions, et il vaudrait mieux pour lui, Jack file donc jusqu’à la partie encore visible de l’Empire State Building (qui n’est pas dans la zone radioactive) et se sert de l’antenne locale pour demander à Vika de lui envoyer son vaisseau volant pour qu’il vienne le chercher avec Julia. En attendant l’appareil, nos deux héros font le tour du coin, et Jack a encore des flashbacks de lui et Julia, avant la guerre, passant du temps ensemble à cet endroit. Il décide donc d’interroger la belle sur ce que c’est que ce bordel, ha, dis.

Celle-ci accepte enfin de parler et lui explique que oui, elle le connait, lui, Jack Harper. Et que oui, ils sont allés ensemble ici, au sommet de l’Empire State Building quand tout était encore calme et heureux, et que c’est là que Jack l’a demandée en mariage. Et tous les souvenirs de ce jour reviennent à notre héros, qui sait qu’elle dit la vérité. Mais Jack n’est pas au bout de ses surprises : Julia lui annonce que Jack était astronaute et qu’en 2017, lui et elle avaient été envoyées en mission pour explorer Titan. Sauf qu’en chemin, la NASA a repéré un gros tétraèdre extra-terrestre approchant de la Terre, et le vaisseau a été envoyé à sa rencontre. Jack et Vika (oui, elle aussi était là) ont donc été sortis de leur sommeil en caisson pour aller voir de quoi il retournait (ne me demandez pas comment Julia a pu voir tout ça puisque, justement, elle pionçait dans sa caisse, tout est lamentable)… et qu’après elle s’est réveillée dans la tour 49. Jack ému par tout cela fait donc un gros câlin à celle qui est en fait sa femme, même s’il ne pige pas bien comment il peut avoir connu l’avant-guerre, qui était il y a plus de 60 ans, et ne constate que trop tard qu’il n’a pas entendu arriver son appareil volant.

Après tout, ce n’est qu’une sorte d’avion à réaction : un truc qui approche silencieusement, c’est connu. Non, ce film n’arrête jamais.

Vika, par la caméra de l’appareil, voit donc l’étreinte des deux loulous et en pleure de jalousie. Aussi, lorsque Jack et Julia reviennent à la base, elle ne leur ouvre pas la porte du petit loft perché, et fait la gueule de l’autre côté en disant « De toute façon j’ai toujours su que tu préférais cette fille qu’on avait dans nos rêves, j’en ai marre, pour la peine je dis au Tet que tu as désobéi et qu’il reste une survivante du crash de l’Odyssée ! Na !« .

Mal lui en prend car dans le garage de la tour, le Tet donne l’ordre au drone en rade de se réveiller (oui, il lui manquait des pièces, ce qui justifiait sa présence là, mais pif pouf, il les a à nouveau, à part son blindage)… et de tuer tous les gens du coin. Vika est donc très étonnée de voir le drone surgir de la cave en grognant et… lui sulfater la margoulette.

Hé oui.

Jack et Julia sont donc eux aussi bien étonnés de voir leur amie se faire désintégrer le museau sous leurs yeux, et ne doivent eux-mêmes leur salut qu’à l’intervention de Julia utilisant les armes de l’aéronef de notre héros pour se débarrasser de l’assaillant mécanique. Avant de partir, puisque des renforts vont sûrement bientôt arriver, Jack se rend au poste de communication de feu Vika pour y voir apparaître le visage de Sally.

En plus, Julia a l'air tellement aimable... on a follement envie de l'aider.

Julia a le syndrome de l’actrice moderne de Blockbuster : elle fait toujours la même tête. Quel talent.

« Bonjour Jack, je suis Sally : on ne s’est jamais vus puisque quand je communique avec Vika, tu es occupé sur le terrain. C’était pour te dire que toute cette histoire de drone pulvérisant Vika n’est qu’un gros malentendu : viens me rejoindre sur le Tétraèdre avec la survivante de l’Odyssée, nous aimerions vraiment faire sa connaissance ici. On prendra un verre et ce sera sympa comme tout. Le champomy est au frais, viens vite !« 

Mais Jack n’est pas homme à se faire rabouiner si aisément : il préfère donc fuir avec Julia à bord de leur petit appareil volant. Pas de chance pour lui : d’autres drones arrivent et se lancent à la poursuite de l’appareil lors d’une séquence qui fait woush, wuiiiiz, vroum et tacatacata. Au final, Jack parvient à se débarrasser des trois poursuivants, même du drone du trio qui met des coups de pare-choc (là encore, je ne rigole pas : on avait pas dû expliquer à celui-là à quoi servaient ses mitrailleuses). Mais son appareil sévèrement endommagé, il s’écrase dans le désert du côté de la zone super-radioactive. Et le dernier drone qu’il a vaincu s’écrase non loin.

Jack rampe donc hors de l’épave avec Julia, pour mieux aller voir ce qu’il reste du drone ennemi. Mais à peine a-t-il commencé à courir les dunes qu’il aperçoit un autre appareil volant comme le sien arrivant : un autre technicien est en train de s’apprêter à remettre en route ledit drone !

Comment est-il arrivé aussi vite ? Et surtout, pourquoi rentre-t-il tranquillement dans la zone über-radioactive alors que c’est supposé être über-interdit, justement ? Hop, ça aussi, à la trappe, allez zoup. Rien n’a de sens, c’est génial.

Toujours est-il que voyant le technicien s’approcher du drone, Jack fonce droit vers lui en lui hurlant de ne rien en faire, tant il semblerait que les choses soient plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Mais en abordant ainsi le personnage, celui-ci se retourne, l’arme à la main et se révèle être…

Un autre Jack Harper !

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? » s’exclament donc les deux hommes, mais le temps presse, car le technicien a eu le temps de changer une pièce (comme toujours, c’était la seule chose qui posait problème) sur le drone endommagé, et celui-ci se rallume. Jack de la zone 49 saute donc sur Jack de la zone 52 (c’est marqué sur son uniforme) et lui pète donc la gueule en profitant de son trouble en voyant Julia (il a aussi les mêmes souvenirs semble-t-il) pour aller à nouveau désactiver le drone avant que ça ne tourne au carnage. Il y arrive, mais dans la bataille, un coup de feu est parti et a bien évidemment touché Julia en plein bidou. Jack est bien embêté, parce que les filles mortes c’est quand même vachement moins intéressant : il attache donc comme il le peut son clone assommé, met sa copine dans un coin d’ombre, et s’empare du véhicule du technicien qu’il vient de rosser pour aller chercher de quoi soigner ce bobo.

A noter que l’on découvre que les drones comme les véhicules obéissant à la voix, il suffit à Jack de dire qu’il n’est pas Jack – 49 mais Jack – 52 et ça marche. Mais jamais notre héros ne pensera à user de la même ruse sur les drones qui le recherchent, c’est ballot.

Jack file donc à la tour 52 et y découvre… une autre Vika. Bon, il se dit que tant qu’à faire, hein, autant en profiter aussi lui fait-il un petit bisou. Faudrait pas avoir fait tout ce chemin sans rentabiliser un peu. D’ailleurs, Vika, qui je le répète, voit tout ce que les caméras voient, particulièrement celles du véhicule volant de Jack, n’a rien vu du Jack – 52 se faisant péter la gueuler par un Jack – 49 quand bien même c’est arrivé pile devant les caméras de l’engin.

Bon sang, mais… c’est volontaire ou bien ?

Toujours est-il que Jack récupère une trousse médicale dans la tour et repart trouver Julia dans la zone interdite. Sur place, il constate que son clone a disparu (et s’est barré : il était juste à côté de Julia, la femme qui hante ses rêves, et venait de découvrir qu’il avait un clone, mais ne lui a pas demandé la moindre explication. Pourquoi faire ?) et que Julia est encore en pleine forme puisque les balles dans le bidou, c’est très surfait. Un coup de bombe froide et d’éponge magique et on en parle plus ! Sitôt la jeune femme soignée, Jack l’emmène dans sa petite clairière magique où il a sa cabane pour reconquérir son coeur dans cet écrin de verdure, et aussi philosopher un peu. Ne suis-je qu’un clone de celui que tu as aimé, Julia ? Ces souvenirs sont-ils vrais ou peut-on considérer que ne les ayant pas véritablement vécus, ils ne sont qu’une illusion de mon esprit ? Pourtant, mon amour est réel et…

« Oui c’est bon, moi tout ce que je vois c’est qu’avec des clones de toi, je vais pouvoir me faire une sacrée orgie.« 

Quel esprit pratique, cette Julia. Mais l’heure n’est pas à la déconne : après quelques câlins pour la forme, notre héros explique que quoi qu’il y ait à l’intérieur du Tet, cela l’a manipulé. Cloné. Et employé à participer à l’extermination de l’humanité. Il veut donc retourner voir les chacals pour les aider à achever cette histoire de bombinette. Julia lui dit qu’elle va l’accompagner, ah mais, et tous deux retournent donc au QG des chacals où attendent toujours Morgan Freeman et Jaime Lannister. Ces derniers les accueillent avec de grands sourires.

« Bon retour parmi nous, Jack Harper. A toi aussi, Julia Popovitch… enfin, Julia Harper.
- Bon sang Morgan Freeman, vous aviez raison ! J’ai découvert la vérité ! Vous avez bien fait de ne rien me dire et de me laisser partir avec Julia et la boîte noire de l’Odyssée qu’on a toujours pas écoutée d’ailleurs ! Vous saviez que j’allais retourner à l’Empire State Building alors que vous m’aviez donné des informations qui n’avaient rien à voir, vous saviez que je n’allais pas entendre mon appareil volant à réaction approcher pendant que je serais en train de faire un câlin à Julia, et que cela rendrait jalouse Vika, que vous n’avez pourtant jamais vue. Vous saviez que du coup, Vika avertirait le Tet provoquant ainsi une course poursuite où je réchapperais de la mort avec Julia en m’écrasant à côté d’un drone dans une zone où alors que c’est interdit, un clone de moi viendrait réparer ledit drone, et donc que là et seulement là, je pourrais réaliser la vérité.
- Hem je… heu… oui, je … j’avais bien évidemment prévu tout ça. Puisque c’était… complètement prévisible… bien sûr. 
- C’est vraiment épatant. Alors que vous auriez juste pu me dire la vérité et me proposer d’aller visiter une autre tour comme la mienne pour me prouver votre récit tout en provoquant en bonus un chaos général chez les serviteurs du Tet qui découvriraient alors leur condition et ne manqueraient pas d’en informer les autres tours. Vous êtes vraiment fort Morgan Freeman.
- Hahaha je… oui. Hem, bref, si on changeait de sujet et que je te racontais plutôt la VRAIE histoire et pas celle qu’on t’a apprise ? 
- Mais vas-y pépère fais toi plaiz' »

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J'aime bien le concept du mec qui porte des lunettes de soudeur dans le noir.

Père Castor 2077

Et donc Morgan de raconter qu’en 2017, il y a 60 ans de cela alors qu’il était encore un tout jeune soldat, il a vu le Tet arriver en orbite de la Terre. Puis faire exploser la Lune. Et enfin, des vaisseaux arrivèrent pour débarquer, non pas des drones (ce qui aurait été intelligent) mais des milliers de clones de Jack Harper, le célèbre astronaute de la mission Odyssée qui avait dû tomber aux mains de l’ennemi d’une manière ou d’une autre ! Et le massacre fut complet puisqu’en plus, Tom Cruise étant une cible très petite, ça n’aidait pas à riposter.  Donc non, l’humanité n’a pas gagné la guerre. La planète n’est d’ailleurs même pas radioactive (personne n’a jamais pensé à demander un compteur pour voir les zones dangereuses ou non pour se promener sans combinaison), et les tours qui génèrent de l’énergie sont en fait là pour alimenter le Tet, qui assèche ainsi les planètes l’une après l’autre. Morgan Freeman n’explique pas comment les milliers de clones de Jack Harper ont pu détruire les restes de l’humanité en 2017, puisque bon, déjà ils ont dû se poser des questions en réalisant qu’ils étaient les clones des uns des autres, et ensuite Jack Harper ne combattait les chacals que parce qu’il ignorait qu’ils étaient humains. Or à l’époque, je doute que tous les réfugiés humains aient eu des gros casques idiots pour se faire passer pour des chacals. Allez hop, encore un truc d’évacué.

Ce film est incroyable.

Morgan explique enfin que jusqu’ici, ils n’avaient jamais pu convaincre un Jack de s’allier à eux. Mais qu’un jour, en voyant Jack -49 ramasser un livre tombé à terre pour le lire, ils ont compris qu’il était gentil (Morgan cite même le passage précis que Jack a lu au début du film, quand bien même il n’a aucun moyen de le savoir, c’est magique).

D’ailleurs, tant qu’à savoir que Jack savait lire, moi plutôt que d’essayer de l’approcher pour lui parler et de me prendre ses drones et des balles dans le museau, j’aurais plutôt laissé des messages écrits pour lui où on lui expliquait tout en lui disant « Va voir une autre tour si tu me crois pas » sur des sites où il suffisait de l’attirer (avec une balise de détresse de drone, comme ils avaient su le faire pour lui tendre un piège). Comme ça, pas de risque. Mais c’est sûrement ma fourberie naturelle qui parle. Après, je ne sais pas, ils auraient pu être taquins : je m’étonne que les drones vandalisés n’aient pas été retrouvés avec des messages écrits sur la coque comme « Prout » ou « Celui qui lit ça est un clone« . Ces chacals manquent terriblement de créativité.

Achevant son récit, Morgan explique qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour que Jack – 49 puisse voir ses souvenirs remonter en lui : faire tomber l’Odyssée sur Terre pour que sa femme Julia revienne et lui secoue un peu les souvenirs. Un plan très intéressant, si Morgan n’avait pas expliqué plus tôt dans le film qu’il avait amené l’Odyssée sur Terre pour une autre raison, à savoir récupérer une pièce dessus pour finir sa bombe destinée pour le Tet. Et qu’accessoirement, il ne pouvait pas prévoir que Jack viendrait sur place (ça lui était interdit) et n’arriverait à sauver qu’un seul sarcophage, et pile poil le bon en plus. Qui a dit téléphoné ?

Sans compter que Julia, on peut la féliciter : souvenez-vous qu’à son réveil dans la tour 49, alors qu’elle avait Jack en face d’elle et aucun moyen de savoir qu’il n’était qu’un simple clone, jamais elle n’a tenté de dire à Vika et lui la vérité. C’est vraiment d’une nullité crasse.

Rappelez-moi quel passage était réussi dans ce film, déjà ? Non parce que là en est quand même en train de découvrir que même les mauvaises scènes étaient encore plus nulles et incohérentes que prévu.

Bref, qu’importe : Jack connait la vérité, Morgan est content, et il y a de quoi envoyer la bombe sur le Tet. Sauf que… sauf que le Tet lui n’a pas abandonné la partie et a envoyé des drones chercher Jack et ses amis ! Et ils les ont découverts ! Les chacals sont bien ennuyés d’ainsi voir leur base être compromise au moment où ils allaient enfin pouvoir débuter leur grand plan pour faire sauter le Tet, et la bataille s’engage donc. Pif paf pouf, des anonymes meurent, des drones sont mis hors de combat, et alors que leurs balles désintègrent habituellement l’ennemi, lorsqu’elles touchent Morgan Freeman, elles se contentent de lui faire de petits bobos. Quant au drone reprogrammé qui devait porter la bombe jusqu’en orbite… il a été endommagé et ne peut plus servir à grand chose. Il faut donc changer de plan.

Oui, et les trois drones que vous venez d’endommager et qui étaient réparés avec du chewing gum au début du film (là encore, tristement véridique), non ? Non. Nos héros décident donc que quelqu’un va plutôt devoir prendre le véhicule volant local et aller jusqu’en orbite porter la bombe en personne. Mais Sally ne va-t-elle pas se douter de quelque chose ?

« Non » explique Jack « Sally voulait que je lui apporte Julia… je vais le faire. Et apporter la bombe avec. » Ho oui, sacrifions nous mon amour, ce sera tellement plus dramatique que de prendre 5 minutes à réparer l’un des drones qu’on a sous la main. Ou d’envoyer l’appareil en pilote automatique, puisqu’on nous a bien montré qu’il y en avait un, apporter le petit cadeau à maman.

Raaah.

Soit : le plan est donc de rendormir Julia dans son caisson, de mettre la bombe dedans, d’accrocher le tout à l’aéronef et de quitter l’atmosphère sans problème avec cet attelage branlant qui…

Oh tiens mais au fait, attendez : d’où il sort le sarcophage ? Ils ont tous été détruits, et celui de Julia est resté à la tour 49, non ? Et bien si, mais pouf : un sarcophage marqué « Odyssée » avec le nom de Julia Popovitch apparaît au milieu de la base des chacals ! Formidable. Julia s’allonge donc dedans, et Jack lui souhaite de faire de beaux rêves de leur folle idylle avant de refermer le capot… et d’endormir la donzelle avec la bombe à ses côtés. Puis, il grimpe dans son véhicule et file vers les cieux pour sa dernière mission.

Et non, pas de soucis de turbulences en quittant la Terre, de quoi me parlez-vous ? Son petit engin n’a aucun problème pour faire ça.

Cependant, le trajet est long et Jack n’a pas la radio : il a cependant à son côté la boîte noire de l’Odyssée, qu’il n’a toujours pas écoutée quand bien même elle devait expliquer pas mal de trucs, et qu’il a emmenée avec lui pour que l’humanité ne puisse jamais connaître la vérité (ou bien juste parce qu’il est juste très con). Et appuyant sur play pour entendre les dernières communications de la navette… flashback.

Nous sommes en 2017. L’Odyssée, fier vaisseau international qui devait aller faire une mission sur Titan est dévié de sa trajectoire pour aller inspecter un énorme tétraèdre extra-terrestre se dirigeant vers la Terre. A bord, l’ambiance est bonne, mais sage : seuls les deux pilotes sont éveillés, à savoir le commandant Jack Harper et son second, Vika. Derrière eux, les autres membres d’équipage dorment dans leurs caissons puisque l’on a estimé qu’un premier contact avec une civilisation alien ne valait pas le coup de les réveiller. Depuis la Terre, nos héros communiquent avec la Nasa et leur contact au sol : Sally. Celle-ci leur donne des consignes sur leur trajectoire et ce que l’on attend d’eux, à savoir approcher doucement l’objet inconnu. Sauf qu’arrivés à une certaine distance, le vaisseau ennemi commence à attirer le leur, et même avec les moteurs à fond, il parait impossible de s’en sortir ! Jack décide donc que s’il est impossible de fuir, il faut au moins sauver ses compagnons en sommeil : il décroche donc l’arrière du vaisseau qui est « programmé pour retourner dans l’orbite de la Terre« . Ce qu’il fait, abandonnant ainsi sa femme.

Et son plan fonctionne parce que oui, la partie principale du vaisseau avec les moteurs à fond n’arrive pas à échapper à l’attraction de l’objet alien, par contre la partie envoyée à la dérive regagne la Terre tranquillement, sans puissance. D’accord.

Donc oui, le plan de Jack était très con, mais il marche quand même. Mais s’il savait que ça allait marcher, dans ce cas il aurait pu aussi bien se planquer avec Vika dans cette partie retournant vers la Terre, hein, puisqu’il y avait la place pour et même leurs caissons personnels. Mais autant rajouter des incohérences au sein même des incohérences, des fois que.

Jack, réalisant avec effroi que son lui originel était déjà con comme un bulot

Et des incohérences dans les incohérences des incohérences (ah bin oui, il y a du talent) puisque la boîte noire, pourtant récupérée dans la partie arrière de l’Odyssée lorsqu’elle s’est crashée sur Terre, contient aussi les conversations qui ont eu lieu dans l’avant du vaisseau une fois détaché ! Magnifique. Et c’est vraiment juste pour se planter puisque cela n’apprend rien : on voit juste qu’une porte s’est ouverte au sein du tétraèdre, avalant le vaisseau et… c’est tout.

Le tétraèdre a donc simplement cloné ses deux prisonniers pour s’en faire une armée de serviteurs, puis a pris, pour les tromper, l’apparence de Sally dans ses communications avec eux pour avoir une forme familière à leurs esprits. Fort bien. Quel dommage qu’en envahissant la Terre, tu n’aies pas pensé, gros machin, à capturer d’autres humains pour pouvoir varier tes clones. Du genre, ceux qui étaient dans les caissons de l’Odyssée lorsqu’il s’est crashé, les ramener à bord plutôt que de les faire mitrailler par tes drones, non ? Mais est-on encore à ça près ?

Revenons en 2077 alors que l’enregistrement de la boîte noire terminée, Jack et son vaisseau pénètrent à bord du tétraèdre, trop curieux de voir Julia pour lui refuser l’entrée. Comme quoi, encore une fois : il aime les survivants mais n’en fait pas. Allez, finissons cette bouse : notre héros est escorté avec son appareil jusqu’au cœur du vaisseau ennemi, où l’attend juste une sorte de gros tétraèdre volant avec une sorte d’œil rouge, qui ricane très fort :

« Hohoho, Jack, tu es fini. Tu as découvert mes mensonges, mais tu vas mourir et renaître, une fois encore, sans savoir que tu es mon esclave.
- Sauf que j’ai amené une surprise ! »

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Et Jack ouvre le caisson et en surgit…

« Morgan Freeman avec une tenue de ninja ?! » s’exclame bien surpris le tétraèdre.

« Oui, je voulais être là quand tu mourrais vilaine bête. Julia est en sécurité sur Terre. Maintenant, on a une bombe avec nous qu’aucun de tes détecteurs, qui jusqu’ici voyaient tout, n’a réussi à détecter ! Alors, attention, c’est parti : bombinette go ! »

Et dans un grand flash, Jack et les millions de clones de Vika et lui qu’il voit flotter dans des cuves autour d’eux, Morgan Freeman, la tenue de ninja et le tétraèdre disparaissent emmenés par la fabuleuse explosion de leur bombe. Aussitôt, sur Terre, tous les drones tombent en panne, quand bien même le film avait expliqué clairement que les drones pouvaient fonctionner sans le Tet, c’est même pour cela que c’étaient eux qui étaient actifs contre les chacals la nuit, alors que le Tet était de l’autre côté de la Terre et que les communications étaient coupées. Mais allons-y ! Et encore une autre incohérence pour la route ? Allez, c’est cadeau : Julia se réveille dans son caisson au milieu de l’écrin de verdure où Jack avait une cabane…  et comprend que Jack a préféré ne pas la faire sauter avec le tétraèdre et l’a laissée là. Certes, mais sachant que déjà que les chacals n’étaient pas censés avoir le caisson de Julia dans leur base, et que Morgan Freeman l’a déjà utilisé pour aller mourir avec Jack dans leur mission suicide, d’où sort ce deuxième caisson ? Là encore, mystère !

Le tétraèdre kaput, Julia sauvée, la vie peut suivre son cours…

Et quelques années plus tard, nous découvrons que Julia avait visiblement eu l’occasion de tomber enceinte de Jack, puisqu’elle a désormais une petite fille. Elle jardine paisiblement dans son petit coin de verdure, quand soudain, elle voit arriver des gens : impossible, sa cachette est secrète (ah oui ? Et qui t’a déposée ici alors, puisque Jack était parti aussi vite que possible pour sa mission suicide ?) ! Ce sont en fait les chacals, menés par Jaime Lannister, qui ont une petite surprise pour elle… ils ont retrouvé le clone numéro 52 ! Celui avec qui Jack s’était battu !

Toute contente de pouvoir arrêter de faire abstinence, notre Julia sourit naïvement à l’idée de tout ce qu’elle va pouvoir faire avec lui et…

FIN

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Quelques heures plus tard, devant une autre résidence.

« C’est génial votre truc ! Et ça marche à tous les coups ?
- Ah non. Ça dépend quand même des cibles. Il faut qu’elle ait des goûts un peu spécifiques, sinon c’est le bordel.
- Comment ça ? 
- Ici nous allons avoir le problème. C’est un peu comme lâcher un lapereau dans un champ avec des loups : ça n’empêche pas un aigle de se pointer et de partir avec la bête, parce que le lapereau est un mets très générique chez ces animaux. 
- Vous pourriez préciser ?
- Vous allez voir tout de suite. »

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Une nouvelle fois, je tirai de ma mallette un sachet contenant des feuilles raturées, et après avoir ouvert la chose pour en extraire le contenu du bout des doigts, je jetai la chose loin devant nous.

« C’est quoi les mots clés cette fois ? 
- « Bouse », « Pognon » et « Problèmes capillaires ». J’ai pas mieux. »

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Une fenêtre s’ouvrit en face de nous, et un visage aux narines retroussées fit un large sourire alors que nous parfaisions notre camouflage.

« Cette odeur… ouiiiiii…. ouiiiii…  je la reconnais… c’est pour MOIIIIII !« 

La silhouette bondit au-dehors sous le crépitement de l’appareil photo de mon voisin, mais alors qu’elle s’élançait, il y eut un cri terrible et une forme beige et blanche sortit d’un autre fourré non loin pour se saisir du script moisi qui patientait à même le sol et s’enfuir en hurlant  « NOOON ! A MOIII !« 

Et sous mes yeux émerveillés d’expert en bouse, je vis Bruce Willis s’éloigner vigoureusement avec sa prise sous les yeux tristes de Nicolas Cage.

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