« Je sens ta peur, mortel !« 

La voix désincarnée résonna dans la salle de l’antique donjon, bientôt suivie d’un rire qui parut rebondir sur tous les murs et filer entre les toiles des araignées qui nichaient là. Le visiteur trembla un peu et fit un tour sur lui-même, brandissant sa lampe de poche comme un revolver. L’espace d’un instant, une silhouette humaine apparut à la lisière du halo lorsque celui-ci balaya le vieil escalier aux marches brisées, mais lorsque l’homme tenta de braquer sa lampe vers elle, elle avait déjà disparu.

« D’autres comme toi sont déjà venus… mais ils manquaient d’ambition et vois : leurs os parsèment désormais mon château !« 

Cette fois, le rire se fit plus fort, et dans tous les recoins, que le visiteur avait pourtant soigneusement inspecté auparavant, des ossements poussiéreux apparurent sous sa lampe. Il fit un pas en arrière, et sursauta lorsqu’il se cogna dans quelque chose. Il se retourna brusquement, la lampe en avant, mais une main griffue s’en était déjà saisie. Dans l’ombre face à lui, quelqu’un se mit à sourire, et deux canines étincelèrent.

« Tu voulais me voir ? Me voilà !
- Ho ! Seigneur ! s’exclama le mortel. Vous existez !
- Tu n’y croyais pas mais tu es malgré tout venu jusqu’ici ? J’en déduis que tu n’es là que par curiosité. Je n’ai que faire des curieux. Adieu. »

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Les canines plongèrent vers l’homme, mais ce dernier agita les mains devant lui avec tant de vigueur que le vampire hésita.

« Vous faites erreur ! Je suis venu vous voir car j’ai besoin de vos sombres pouvoirs ! 
- Voilà une requête intéressante. Je t’écoute, mais fais vite.
- Mon royaume est en danger et tout est vain pour le sauver ; j’ai entendu parler de votre légende et j’ai pensé que si le Ciel ne répondait pas à mes prières, alors peut-être l’Enfer… »

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Le vampire éclata une nouvelle fois de son rire inquiétant avant de disparaître dans l’ombre. Son visiteur ne réalisa que trop tard qu’il était réapparu à son oreille pour lui chuchoter :

« J’ai moi-même été comme toi, autrefois. Bois mon sang, et tu auras tout ce que tu désires : la force de cent homme. La vitesse d’un guépard. Tu pourras te changer en chauve-souris pour survoler tes terres et….
- Hopopop, halte-là !
- Pardon ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Des chauves-souris, des guépards, dites donc, c’est un royaume que je veux sauver, pas un zoo !
- Mais enfin ! Personne ne parle comme ça au grand Dracula ! 
- Oui enfin t’es gentil, mais moi je viens ici pour avoir de vrais pouvoirs utiles, hein, comme faire redémarrer l’économie, vaincre le chômage ou trouver des gens compétents pour mon gouvernement.
- Bon, écoutez Monsieur… 
- Hollande. François.
- Moi je suis un vampire, hein, je ne suis pas Gérard Majax non plus. Je ne fais pas de miracles, même les pouvoirs des Enfers ont des limites. On va arrêter cet entretien ici si vous le voulez bien. Igor ? Igor ? »

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Le serviteur bossu apparut dans l’encadrure d’une porte.

« Maîîîître ?
- Igor, raccompagne Monsieur Hollande à son scooter.
- Bien, Maîîître… dois-je faire entrer le candidat suivant, Maîîître ?
- Oui oui, donne moi juste une seconde que je retourne me mettre en position. »

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Dracula disparut dans l’ombre et sitôt que François Hollande et Igor furent sortis, une porte s’ouvrit et un homme entra une lampe de poche à la main. Dracula toussota discrètement dans sa main et se lança théâtralement pour la 17e fois aujourd’hui :

« Je sens ta peur, mortel !« 

*

*    *

Car vous l’ignoriez peut-être, mais il fut un temps où Dracula devint Dracula pour sauver son royaume : telle est la formidable épopée contée par Dracula Untold, un film qui aurait dû rester Untold ET Unseen d’après les mauvaises langues. Alors, ragots des ténèbres ou vérité sur une grosse bouse dans laquelle, pour la première fois depuis longtemps, le vampire ne bécote pas de lycéenne attardée ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche. C’est pas mal, ça, le vampire qui fait le kakou dans une pose pensive. C’est juste dommage qu’il fasse jour. Un détail.

L’histoire commence par un pitch conté par la voix d’un enfant qui visiblement, n’a que ça à faire de débiter des âneries au lieu de faire ses devoirs. Mais que nous dit-il ce galopin ? Hé bien qu’au XVe siècle, les Turcs envahirent les terres de Transylvanie. Et qu’ils prirent 1 000 enfants pour en faire des soldats d’élite, procédé grandement aidé par l’absence complète à l’époque de réunions parents-professeurs. Parmi ces bambins se trouvait Vlad, le fils du roi de Transylvanie. Il se révéla être un guerrier si terrible qu’il faisait « reculer des armées à lui seul« , ce qui peut aussi être lié à une hygiène déplorable, que nous passerons sous silence. Bon, cela était peut-être aussi lié au fait qu’il adorait empaler ses ennemis, comme ça, pour déconner, mais tout de même. Car empaleur ou pas, figurez-vous qu’en fait, Vlad n’aspirait qu’à la paix (oui, hein, on ne dirait pas comme ça, je sais, ça sonne bizarre « paix » et « empaler » ensemble). Aussi retourna-t-il dès qu’il le put en Transylvanie pour monter sur le trône et gouverner aux côtés de sa femme bien-aimée, Mirena, et de son fils, Corky.

Car la voix off nous avoue que c’est bien Corky qui se cache derrière en terminant ce bref résumé par « Pour beaucoup de gens, Vlad allait devenir Dracula. Mais moi, je l’appelais père. » Enfin c’est soit ça, soit la voix off qui a un gros manque affectif, mais passons et allons donc voir ce qu’il se passe en ce moment même en Transylvanie (je vous laisse vous-même réécouter le morceau culte « En Trans… ylvanie« , qui nous rappelle combien ce pays est à la fois mystérieux et fourni en stations essences grâce à la magie des paroliers français modernes).

En effet, Vlad est avec ses hommes au bord d’un cours d’eau au fond des bois, et il est fort préoccupé : on vient en effet de retrouver dans celui-ci un casque turc. Ce qui est pas banal, tant d’habitude dans les cours d’eau, on retrouve plutôt des goujons voire des brochets. Quelqu’un a dû forcer sur l’appât. Et pour être tout à fait exact, la prise du jour est un casque d’éclaireur turc. Ce qui est fort mauvais signe d’après Vlad qui connait bien ce peuple au sein duquel il a grandi en tant qu’otage royal : lorsque les Turcs envoient leurs éclaireurs, c’est rarement pour vendre des cookies, ce qui est bien dommage. L’armée du sultan est donc probablement non loin derrière, et il est hors de question que la Transylvanie soit envahie à nouveau. Vlad étudie donc le casque avec attention.

« Alooors… s’il est arrivé jusqu’ici… c’est probablement qu’il a dérivé depuis le pic de la Dent Cassée, cette montagne que l’on voit d’ici et où le cours d’eau prend sa source.
- Et qui est à 150 kilomètres au bas mot.
- Ouiiii et alors, aide de camp Roudoudou ?
- Ben je sais pas. Quand on trouve une Twingo dans la Seine, elle n’a pas forcément dérivé depuis la source en Côte d’Or, non ? Donc votre casque turc, là, c’est pareil. Un Turc a pu le perdre n’importe où le long du cours d’eau. Pas forcément au pic de la Dent Cassée. C’est con, votre théorie.
- Et moi je dis que chut. Et je suis le héros. Alors pouët-pouët ! Allez mes amis ! Allons inspecter le pic de la Dent Cassée pour voir ce qu’y faisaient les éclaireurs turcs ! Rouquemoute et Victime, vous m’accompagnez !
- Rho non… je le sens mal, je ne sais pas pourquoi.
- Chut, j’insiste. Venez j’ai dit. Les autres, retournez au château ! »

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Vlad, Victime et Rouquemoute progressent donc jusqu’au pic de la Dent Cassée, et alors que le bousin est à des kilomètres, ils y arrivent promptement. Il y avait sûrement une autoroute gratuite jusque là, et sans portique écotaxe. Mais bref : sur place, ils aperçoivent une grotte d’où des chauve-souris paniquées s’échappent : il ne fait pas encore nuit, c’est donc que quelque chose les a dérangées ! C’est donc soit Bruce Wayne, soit des Turcs. Allez les petits gars, entrons dans la grotte et regardons de quoi il retourne ! Allumez les torches, sortez les épées, et en route !

Et le trio s’exécute en râlant parce que bon, pfou, ça sent mauvais cette affaire.

Et en effet, à l’intérieur, c’est un peu n’importe quoi. Déjà, parce qu’on y trouve toutes sortes d’araignées qui n’ont rien à faire en Transylvanie, ce qui n’a pas l’air de choquer nos héros, et ensuite parce qu’ils tombent nez à nez avec les cadavres des éclaireurs turcs, qui ont visiblement été machouillés par une très grosse bête (on voyait aussi des traces d’énormes griffes sur le casque retrouvé par Vlad, mais ce dernier en l’étudiant n’avait pas remarqué ce petit détail). Mieux encore, ce qui a fait ça doit visiblement bien se faire chier car ça a pris le temps de recouvrir le sol de copeaux d’os broyés exactement de la même taille ! Quoique ce soit : ça a des TOCs.

Et alors que personne ne s’y attendait (non, personne !) quelque chose sort de l’obscurité et découpe Rouquemoute, puis Victime, qui n’y étaient pas du tout prédestinés, sans que ceux-ci ne puissent réagir. Vlad lui-même ne parvient à s’en tirer qu’en courant vers la sortie de la grotte en agitant son épée comme un bâton de majorette. Et à la seconde où il atteint la sortie, il constate que la créature n’ose pas sortir au soleil. Et que le sang sur sa lame, car il l’a blessée en agitant son épée dans tous les sens, se dissout à la lumière du jour. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Il aperçoit brièvement un être humanoïde pâle à la bouche ensanglantée, mais bien vite, la chose se tapit dans l’ombre et disparaît. Vlad, après avoir changé de pantalon, peut donc revenir vers ses terres, mais d’abord, il fait un détour vers le légendaire monastère de Saint Bullshit, où il va interroger un vieux moine sur ce qui s’est passé dans la montagne.

Car comme toujours, non seulement les vieux moines savent tout, mais en plus, ils ont toujours un vieux livre enluminé avec des illustrations à faire pleurer d’envie De Vinci qui illustrent parfaitement le sujet. Ce qui signifie que 1) Un moine a trouvé le temps d’aller observer parfaitement clairement la bête du pic de la Dent Cassée pour en faire des jolis dessins, et 2) Que toutes mes années passées à étudier des vieux bouquins, on s’est foutu de moi : en fait, ils dessinaient comme des dieux à l’époque. Du coup, 3), il faudrait que je confirme cette théorie sur la sapience monastique en allant poser la question à un vieux moine « Que savez-vous des femmes toutes nues ?« . Si le mec est une encyclopédie vivante et me sort en plus un illustré, je pense qu’il faudra que j’écrive un courrier au Pape pour lui dire qu’il y a du laisser aller. Mais là n’est pas le sujet. Voyons plutôt comment les choses se passent.

« Mon père, figurez-vous qu’une créature mystérieuse hante le pic de la Dent Cassée. Au début, elle ne mangeait que des Turcs, et bon, ça arrive à tout le monde de vouloir manger un Turc, mais là, elle a mangé deux de mes hommes. J’ai pourtant vérifié : aucun des deux ne s’appelait Pita.
- Hmmm… vous voulez parler du vampire ?
- Le ?
- Le vampire. Regardez plutôt cet ouvrage complet sur le sujet : il y a très longtemps, un homme a passé un pacte avec le démon, comme vous pouvez le voir sur ce dessin.
- Oui, je reconnais même l’acteur. Précis vos dessins, dites-donc, il a posé pour vous ?.
- Hé, ho, c’est fini petite langue de pute ? N’empêche que cet homme a été trompé par le démon : certes, il a obtenu des pouvoirs surhumains, mais celui-ci l’a condamné a passer l’éternité dans cette grotte du pic. Il y est bloqué jusqu’à la fin des temps, à moins qu’un homme ne vienne prendre sa place.
- Et donc, plutôt que de proposer des pouvoirs surhumains au premier Turc venu pour être libéré, il les bute touts comme un gros con ?
- Je… heu… oui, c’est… c’est à peu près ça.
- Ecoutez, n’en parlez pas. La population a déjà assez peur des Turcs, on ne va pas en plus lui lancer des histoires de vampires. Sur ce, il est déjà 18h15 et je devrais être à la maison. Allez, salut mec ! »

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Et Vlad, après avoir courtoisement salué le moine d’un « Wesh gros« ,  retourne donc à son château, le célèbre château Dracula.

Sur place, sa cour accueille avec joie le retour du bon prince, et personne ne semble s’inquiéter de la disparition de Rouquemoute et Victime, dont tout le monde se foutait probablement. Vlad peut donc siffloter tranquillement tout en se rendant dans ses appartements pour aller faire des bisous à sa femme Mirena et saluer son fils Corky. Toute la petite famille est évidemment heureuse, pacifiste, cultivée et pour un peu, boirait de la tisane bio en militant pour Eva Joly. Mirena essaie bien de se mêler des affaires de son mari, mais brièvement : car demain, c’est Pâques, et en bon royaume chrétien, c’est jour de fête et il y a des choses à préparer. Comme les œufs, je suppose.

Bondissons donc au lendemain, alors que toute la cour est réunie dans la salle du trône pour célébrer Pâques et rappeler de manière très subtile que cela fait 10 ans que le royaume est en paix grâce au bon prince Vlad, et que tout le monde espère que cela va durer encore longtemps, parce que la paix c’est cool, la guerre c’est mal et les lapins c’est gentil (on dirait un peu un communiqué des Jeunes Socialistes, mais passons). Hélas, et alors que personne ne s’y attendait, c’est ce moment là que choisissent de vils personnages pour entrer sans prévenir parce que non, en Transylvanie, personne n’annonce les visiteurs. Tu passes le pont-levis, tu files droit jusqu’à la salle du trône et personne ne se pose de questions. 5 hommes en armes, donc, rentrent ainsi dans la salle, menés par un officier qui marche jusqu’au trône de Vlad.

« Bonjour à vous, Prince Vlad.
- Bonjour à vous visiteur, que puis-je pour vous ?
- Nous sommes ici en ambassade.
- Hé bien, tous les ambassadeurs sont les bienvenus, amis suédois, vous êtes ici chez vous.
- Hem je… heu… en fait, on n’est pas suédois.
- Ah non ?
- Non, nous sommes les Turcs.
- Roooh, vous me faites marcher. Vous êtes tous blancs ! Et le grand blond aux yeux bleus, là-bas ? Et l’autre, tout aussi blond, là, ils sont Turcs peut-être ?
- Non mais si, on est les Turcs, vraiment.
- Dites Krisprolls, pour voir ? »

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Mesdames et Messieurs : les Turcs ! Les deux blonds au fond sont tout bonnement formidables.

Mais si : ce sont bien les Turcs. Quelqu’un a juste dû oublier un léger détail au casting. Mais bon, hein, est-ce bien important ? Notre délégation plus blanche que celle d’une soirée du Ku Klux Klan fait donc dans la subtilité : les Turcs provoquent les membres de la cour, humilient les gens, et exigent le tribut annuel du sultan, ce que Vlad accepte volontiers pourvu que cela maintienne la paix. Sauf que voilà, toujours dans la provoc’ (c’est décidément très subtil, le prochaine fois, autant qu’ils envoient quelqu’un chier dans les bottes princières en chantant Tata Yoyo), au moment de partir, l’ambassadeur Turc tente une imitation de Colombo en se retournant au moment de partir pour lancer :

« Ahahaha, oui, au fait, j’allais oublier une dernière chose… maintenant que j’ai bien abusé de la situation, je me demandais : vous ne voudriez pas filer 1 000 de vos enfants au sultan ? C’est un petit peu un ordre, d’ailleurs.« 

La cour s’insurge, et Vlad fait de même : les Turcs n’étaient-ils pas supposés arrêter cette pratique ? Oui, mais non : l’ambassadeur l’informe que le sultan reforme les janissaires, les soldats d’élite turcs formés à partir d’esclaves chrétiens. Alors on me dira « Ça explique les blondinets chez les Turcs. » et je répondrai « Il vient de dire qu’il reformait à nouveau les janissaires, donc qu’il n’y en avait plus, du coup, non, les blondins chez les Turcs sortent de nulle part, mais c’est gentil d’avoir essayé.« 

Ah bah, tenez, je viens d’aller voir le casting : l’un des rôles porte le nom de « Turc aux yeux clairs » et est joué par un certain Thor Kristjansson. Et dire que je voulais caricaturer : Hollywood est décidément bien plus fort que moi.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis consterné.

Mais, passons. Car le soir venu, Vlad papote au lit avec sa femme en lisant Libération.

« Je ne donnerai pas notre fils aux Turcs. Ça commence à bien faire les conneries. Et puis qu’ils retournent chez eux, et chez eux, c’est pas en Europe si tu vois c’que j’veux dire !
- Ho oui mon Choubidou ! Montre-leur ! Mais j’y pense, Mehmet, le nouveau sultan, vous n’avez pas grandi ensemble ? C’est pas un peu ton BFF ?
- Mais si, si… maintenant que tu en parles, c’est vrai que c’est utile comme information. Rah, si seulement je l’avais eu plus tôt, j’aurais pu dire à l’ambassadeur turc d’arrêter de se comporter comme une buse et me faire respecter.
- Ce n’est pas grave si tu es un peu con mon Vladou. C’est aussi pour ça que je t’aime.
- Bon, tu sais quoi ? Demain, je vais voir Mehmet, et je lui dis qu’on n’a pas envie de lui filer nos enfants. En attendant, dormons, on dira moins d’âneries. Enfin, j’espère. »

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Et donc, dès le lendemain, notre héros se lève, se brosse les dents, mange ses tartines devant Télématin puis parcourt la distance qui le sépare de l’immense camp de Mehmet, qui s’apprête à fondre sur l’Europe, pour y trouver son vieil ami, en pleine réunion stratégique avec ses meilleurs généraux.

Pardon ? Oui, le sultan est lui aussi un bon occidental puisque vous me posez la question. Joué par un certain Dominic Cooper, il a été autobronzé jusqu’à ce que mort s’ensuive, et ressemble donc plus à une petite vieille de la Croisette qu’à un sultan turc : pour un peu, on en aurait presque envie de lui voler son sac. Toujours est-il que Mehmet invite son bon ami Vlad à le rejoindre pour siroter un café turc tout en discutant de la situation. Mehmet ouvre donc les hostilités.

« Vlad ! Heureux de te revoir, tu es un guerrier légendaire. Je vais envahir l’Europe et je serais heureux de t’avoir à mes côtés. Mais figure-toi qu’il me manque encore mille soldats, dont je ne peux me passer, les troupes manquent… et tu était censé me fournir ces 1 000 enfants pour mes janissaires.
- Oui, alors justement, à ce sujet… bon, écoute… on ne peut pas te les fournir. Enfin on ne peut… on ne veut en fait. Voilà.
- …
- Mais moi je vaux bien 1 000 hommes ! Prends-moi dans tes rangs !
- Ho, grand fou. Mais non ! Je veux tes 1 000 hommes. Et puisque tu en as proposé un de plus… pourquoi pas. »

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Et c’est à peu près tout. Non, Vlad ne propose pas de payer à la place pour engager 1 000 hommes, ou de fournir 1 000 adultes, non, Vlad est une grosse buse qui ne voit que deux alternatives : 1 000 mouflets, qui en plus, seront trop jeunes pour servir, ou lui. Alors qu’il aurait fait appel au célèbre Odius Connos, conseiller de l’ombre venu de l’ouest et paysagiste de renom, la situation eut été vite réglée.

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« Prince Vlad, j’ai deux bonnes nouvelles.
- Conseiller Connos ? Mais enfin, cela ne fait que 10 minutes que vous planchez sur la question ! Enfin, je vous écoute, quelles sont ces nouvelles ?
- La première, c’est que les Turcs sont satisfaits. Ils n’exigent plus d’enfants de nous.
- Mais, comment ? Aucun parent n’a signalé l’enlèvement de son enfant.
- C’est là la deuxième bonne nouvelle, mon prince : je viens de libérer le budget royal de plusieurs milliers de deniers : les orphelinats n’auront plus besoin de grand chose avant un bon moment. »

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Quel manque de sens pratique.

Vlad rentre donc penaud : il peut soit obéir et garantir la paix, soit refuser et accumuler des milliers de morts dans une guerre perdue d’avance. Par ailleurs, Mehmet, qui est décidément taquin pour un BFF, exige que Vlad envoie son propre fils parmi les enfants à fournir. Parce que oui, Mehmet aime bien chauffer ses alliés pour s’assurer qu’ils aient envie de se rebeller. Mais vous allez voir, ce n’est pas fini. Et c’est bien dommage, d’ailleurs.

Car résigné, Vlad accepte, malgré les supplications de sa femme. Toute la petite famille se rend donc dans un coin désert du pays (pourquoi ? Ne me demandez pas, hein, je n’y suis pour rien !) pour remettre à un ambassadeur turc le jeune Corky, qui deviendra janissaire. Ou employé de la COTOREP, on est pas encore sûr. On va supposer qu’il ne sera que le premier des mille enfants d’ailleurs, hein, et pas que les Turcs ont décidé de récupérer les marmots au un par un. Sur place, donc, malgré toutes les difficultés et cris de sa femme, Vlad remet son fils. Ce qui se passe à peu près comme ceci :

« Tenez, prenez mon fils.
- D’accord. Hahahaha.
- Vous avez rigolé, là, non.
- Oui, et je le refais. Hahahahaha !
- Bon. Okay.
- Holala, vous êtes franchement trop naze en fait, je m’attendais à plus de résistance !
- Non mais c’est bon, vous avez mon fils là, pourquoi vous me provoquez ?
- Moi, je vous provoque ? Je ne te provoque pas. Petit kiki.
- Vous venez de dire un truc, là !
- Non. Je couche avec ta mère.
- Nan mais sans déconner arrêtez ! Depuis le début du film, vous n’arrêtez pas de provoquer sans aucune raison !
- Vous exagérez.
- Et… mais merde, vous faites quoi ?
- J’urine sur votre jambe. Comme ça. J’avais envie.
- Mais ?! »

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Et après moult provocations aussi débiles qu’absurdes, Vlad fait quelque chose que vous n’attendiez pas du tout : IL SE REBELLE !

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« Chérie, je crois que les Turcs me provoquent gratuitement. – Mais non mon roudoudou, tu te fais des idées. – Tu es sûre ? Même quand ils me font des doigts pendant qu’ils me parlent en m’appelant « Dracucu » ? – Oui je… ce doit être une… une tradition ? »

C’est tellement subtilement amené. Tenez, on dirait presque le passage de Dark Vador du côté obscur selon George Lucas, c’est dire.

Vlad attrape donc l’épée de l’ambassadeur con-con, et à lui seul, le découpe lui et sa petite escorte avant de repartir avec son fils et sa petite famille parce qu’ils n’ont pas que ça à faire et qu’en plus, il y a des petits bouts partout et que c’est très sale. Ses conseillers paniquent : cela signifie que ce sera la guerre avec les Turcs ! La Transylvanie n’a aucune chance de s’en sortir, et Mehmet les fera tous payer pour cet affront ! Mais Vlad ordonne à tout le monde de repartir au château sans lui. Lui, il a autre chose à faire. Il a… UN PLAN !

Non ! Pas un plan de Vlad !

Si. Il veut aller chercher la force qui lui permettra de vaincre les Turcs et de sauver son royaume. Et pour cela, se dirige donc vers le pic de la Dent Cassée.

Qui entre temps a bien changé : désormais, pour y accéder il faut faire de l’escalade de ninja. C’est marrant, ce n’était pas le cas, dans mon souvenir, avec Rouquemoute et Victime. Ils ont dû fermer l’autoroute qui y menait entre temps. Ou remettre l’écotaxe. On ne sait jamais avec ces trucs là.

Vlad arrive ainsi dans la grotte, et il est bientôt accueilli par un humain malingre au visage monstrueux, exactement comme dans le livre des moines. J’insiste : quelle précision, ces moines. La créature sourit donc à son visiteur.

« Tu es revenu ! Personne ne revient, d’habitude.
- Personne ne s’en va non plus en même temps, hein.
- En effet. Mais dis-moi, tu ne sens pas la peur, mais l’espoir. Quel homme rampe jusqu’à son tombeau avec de l’espoir ?
- C’est que mon pays a besoin, non plus d’un héros, mais d’un monstre pour le débarrasser des Turcs. Alors j’ai besoin de votre force.« 

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Le vampire considère la chose avec attention, avant de reprendre.

« Bon ben écoute, c’est plutôt cool parce que j’attends depuis des siècles un homme de ta trempe pour lui confier mes pouvoirs et me libérer.
- Encore une fois, je ne pige pas pourquoi vous ne les avez pas donné au premier mec venu pour sortir plus vite, mais soit.
- Il suffit ! Regarde, je vais me trancher la main pour faire couler mon sang dans ce bol taillé dans un crâne.
- Dites-donc, vous êtes un peu léger niveau vaisselle. Vous avez l’immortalité et des supers pouvoirs mais même pas un bol Nesquik ?
- Ho, hé, ça va hein. Voilà le deal : si tu bois mon sang, tu deviendras un vampire. Tu auras la force de cent hommes, la vitesse du guépard, et tu commanderas aux créatures de la nuit, comme le loup, la chauve-souris ou encore le hamster. Et ce, pour 3 jours. Si au bout de ces 3 jours, tu as résisté à la soif de sang humain que tu vas ressentir, tu auras sauvé ton royaume et tu seras à nouveau humain.
- Et si je bois du sang humain entre temps ?
- Alors tu seras un vampire pour l’éternité. Et moi, je serai libre car tu auras accepté ton sort. Tu deviendras un pion dans mes plans maléfiques.
- Du coup, pourquoi vous me le dites ? Non parce que sinon, j’aurais bu du sang humain, et pouf, vous étiez libre.
- Je… ah, oui tiens. Bon, allez : bois et arrête de m’enquiquiner.
- Allez, un, deux, trois, cul sec ! »

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Et grâce à son passé d’étudiant faluchard, c’est donc sans souci que notre héros finit son bol. Le vampire en profite pour lui dire qu’il aura aussi des faiblesses comme « l’envie de sang », mais c’est tout, il oublie de lui parler du reste. Comme l’argent, la lumière du jour, hohoho… détails, hein. C’est pas comme si c’était vaguement important de dire « Au fait, à la lumière du jour, tu te transformes en torche, tu ne t’inquiètes pas, c’est normal ! Ça pique un peu sur le coup, mais après, tu pèles fort, c’est rigolo.« 

Là, ami lecteur, tu me diras « Oui mais au début du film, Vlad a vu que le vampire ne sortait pas de sa grotte et que le sang de celui-ci sur son épée brûlait au soleil dans l’entrée de la cavité ! Donc il sait pour la lumière du jour !« 

Non. Pour rappel, tout ce que Vlad sait, c’est que le vampire ne peut pas sortir de sa grotte (le vieux moine lui a dit) et ce qu’il a vu, c’est qu’il ne pouvait pas en effet s’approcher de la sortie. Et que le sang du vampire s’était volatilisé à cet endroit. Donc sa déduction logique devrait être « Hmmm, si le vampire essaie de sortir, il brûle. » et non « Hmmm, c’est la lumière du jour, sa faiblesse. » parce que sinon, il devait demander « Mais si c’est ça, pourquoi vous n’avez jamais pensé à sortir de votre grotte la nuit ? ».

Mais non : Vlad a lu le script, et c’est bien puisque sinon, il allait nous faire Jeanne d’Arc Untold malgré lui.

Toujours est-il qu’après avoir bu le sang du vampire, Vlad est un peu malade et c’est normal : pour pouvoir se transformer, il doit d’abord mourir. Là encore, un détail. Ce qu’il fait très bien, contrairement à Marion Cotillard. Sauf que comme prévu, il revient d’entre les morts, et se réveille… au beau milieu du cours d’eau qui descend du pic de la Dent Cassée ! Tiens mais au fait, comment est-il arrivé là, sachant que le pic de la Dent Cassé est à des kilomètres de là, si j’en crois les décors ? Non parce que si le vieux vampire est prisonnier de sa grotte, il n’a pas pu le traîner. Du coup on va…. hmmm… on va dire qu’il l’a lancé. Très fort. Une sorte de lancer de nain édition XL. Je me comprends.

Bref, Vlad se réveille et a un gros mal de tête (et c’est tout, bande de filous). Pffffouuu, il faut qu’il arrête de picoler du sang, il n’a plus l’âge pour ça. Bon, voyons voir ! Déjà, il est vivant, première nouvelle. Ensuite, l’anneau en argent à son doigt hérité de son père le brûle : il est en argent. Il le retire donc et décide de le porter autour du cou par-dessus ses vêtements. Et enfin… ses sens ont changé ! Il arrive désormais à voir des loups qui gambadent, des daims qui s’enfuient ou des écureuils qui rackettent un lapin à des kilomètres ! Mieux encore, il entend un bruit sourd… c’est en fait une araignée, à cent mètres de là, qui s’agite dans sa toile ! Désormais, son ouïe est surdéveloppée : péter à la cour de Transylvanie va devenir un véritable défi, mais là n’est pas le sujet.

Car Vlad entend surtout que les choses vont mal au château Dracula : dans le lointain, on tire au canon !

Ou alors, on écoute de la techno autrichienne : dans les deux cas, le peuple est en danger.

Ce sont bien les Turcs qui sont venus calmer la rébellion que le prince Vlad avait commencé. Ils ont donc envoyé 1 000 hommes et des bombardes (oui, tout ça, ils devaient camper à moins d’un kilomètre puisqu’il ne s’est pas passé plus de quelques heures depuis le massacre de l’ambassadeur venu chercher Corky et de sa garde) assiéger le château. Vlad accourt donc, et réalise un peu par hasard qu’il peut désormais aller très vite en se transformant en nuée de chauve-souris. Allez hop ! En avant !

Vlad regagne donc son château bombardé et se faufilant discrètement, rejoint sa cour. Il rassure sa femme, ses enfants et son bon peuple (qui tout le long du film, se limite aux habitants du château : la Transylvanie, c’est tout petit) et annonce : il a voulu maintenir la paix, mais les Turcs ont poussé le bouchon trop loin. A présent, ils vont payer. Et il va s’en charger personnellement ! Vlad sort donc du château sans même une arme, et s’avance droit vers l’armée turque. Celle-ci est un peu étonnée mais bon, hein, puisque le prince Vlad est là, ils vont lui péter la gueule. Tant qu’à faire.

Ils le chargent donc. 1 000 contre un mec en slip avec ses petits poings, ça paraît jouable.

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Evidemment, le héros a quand même toujours le temps de faire un discours sur la liberté à ses hommes sales et fatigués pour mener une dernière bataille.

Pas de bol pour eux, Vlad étant super fort et super rapide, il a tôt fait de soit leur faire du catch dans la gueule (si, si), soit de tuer les vilains avec leurs propres armes. En quelques minutes, Vlad tue donc à lui seul 1 000 hommes, puis histoire de rappeler qu’il n’est pas là pour déconner, il les empale tous (d’où sortent les pieux ? Mystère !). Ça vous pose son homme et ça fait passer un message plus clairement qu’une boîte de Mon chéri. Lorsque les hommes de Vlad, partis faire caca, arrivent en renfort, ils sont donc un peu surpris de voir que toute l’armée ennemie a été vaincue et embrochée. Vlad est donc clair :

« Ne posez pas de questions.
- Pas d’inquiétude : nous sommes bien trop cons.
- Excellent. Mais les Turcs ne vont pas s’arrêter là. Mehmet va apprendre que son armée a été défaite et employer les grands moyens. Nous devons envoyer mon peuple se cacher au monastère du Saint Bullshit. Dites à tout le château de se préparer.
- Non mais vraiment, vous êtes sûr que votre peuple tout entier tient dans un seul château et/ou un monastère ?
- Rah, j’ai dit pas de questions !
- Ah oui, pardon. Bon, on va se mettre en route, nous devrions y être dans 10 minutes. 
- Vous êtes sûr soldat ? Le monastère n’est pas plutôt à plus d’une journée ?
- Ben non, au début du film, dans une seule et même journée, après avoir affronté un vampire dans une grotte vous aviez trouvé le moyen d’aller à Saint Bullshit et d’en revenir avant même que tout le monde ne soit parti se coucher. Du coup, ça doit être juste à côté, non ?
- Hmmm… non. Le monastère est monté sur des savonnettes et a glissé pendant la nuit. Maintenant, il est super loin.
- Mais ?
- PAS DE QUESTIONS J’AI DIT ! »

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Et le plan de Vlad est exécuté : le peuple est rassemblée et quitte le château pour aller au monastère de Saint Bullshit, qui serait plus facile à défendre (alors qu’un château, non). En chemin, les conseillers de Vlad font grise mine, mais leur prince a tôt fait de leur remonter le moral.

« Sacrebleu, Vlad. Les Turcs contre nous… nous n’avons aucune chance.
- Pas d’inquiétude mes amis, je vais gagner cette guerre en trois jours. Tout seul. Ils n’ont qu’à venir, et paf. »

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Ce qui est assez intéressant vous en conviendrez : depuis qu’il a bu le sang du vampire, Vlad est en God_Mode pour 72h. Mais plutôt que de se dire « J’ai un temps limité, je vais profiter de ma super vitesse, force et invincibilité temporaire pour aller bourrer la gueule aux Turcs et être en paix avant la fin du compte à rebours« , il se dit plutôt que tiens, puisque j’ai un temps limité, si je le gaspillais à attendre ? Rhooo, et ce n’est pas du tout pour que Vlad se retrouve dans une situation où à la fin du compte à rebours, il doive faire un choix déchirant. Noooon. Rien à voir on vous dit.

D’ailleurs, il faut savoir que quelqu’un d’autre sait que Vlad est un vampire : à un moment, Vlad s’éloigne du groupe pour aller marcher seul dans les bois loin de toutes ces tentations de jugulaires à sucer, ou cueillir des champignons, qu’importe. Quand soudain, il aperçoit derrière lui une sorte de vieux gitan édenté.

« Va-t-en, rabouin ! Je suis le prince Vlad et je n’aime pas être suivi. 
- Maiiiiis Monseigneuuuuuur, je m’appelle Igoooor et je voudrais vous serviiiiiir, ôôô, grand vampiiiiire !
- Commence pas apprendre à utiliser correctement les voyelles. Et d’où sais-tu que je suis un vampire ?
- Les chauve-souris… elles tournent autour de vous en permanence…
- Oui, mais uniquement lors des scènes qui vont bien parce que le réalisateur l’a oublié. Mais d’où te vient cette science des vampires, sachant que l’on n’en parle que dans un vieux livre de Saint Bullshit ?
- … heu…
- Non, tu sais quoi ? Je vais arrêter de poser des questions aussi.
- Ah, bon, d’accord… mais sinon, comme vous êtes un vampire, vous devez avoir envie de boire du sang ! Ça vous dirait de boire le mien ?
- Non.
- Bon… au revoir, alors ! »

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Et Igor disparaît dans les bois.

Vlad, lui retourne au campement établi… pour la journée. Et non, aucun de ses hommes ne trouve bizarre que le prince dise « Surtout, ne nous déplaçons pas le jour, sachant que les Turcs arrivent, passons 2/3 de chaque journée à nous tourner les pouces sur place !« . C’est chouette. Bien à l’abri au fond de sa tente Quechua (les vampires adorent, les lecteurs les plus anciens de ce blog sauront sûrement de quoi je parle), Vlad peut donc attendre en paix que le jour passe. Et faire des câlins à sa femme. Avec douceur : car si Vlad, sorti de sa rivière à son réveil, brisait des rochers rien qu’en s’appuyant dessus tant il était devenu super fort, là, il arrive à serrer très fort sa femme dans ses bras, voire lui mettre le trilili dans le trouloulou sans lui péter toutes les vertèbres, oups, pardon, désolé, tu es tétraplégique mais en même temps, ça a dépoté pas vrai ? Sa force varie donc selon les scènes, c’est bon à savoir. Il n’empêche que sa femme a tôt fait de découvrir son secret : déjà, Vlad n’a plus dans le dos toutes les cicatrices de coups de fouet qu’il avait remontant à sa jeunesse chez les Turcs. Ensuite, elle aperçoit nettement qu’une fois torse nu, la bague en argent qu’il a au cou le brûle (mais comme il est con, il ne pense pas à la retirer), et enfin, elle note qu’il est bizarre, du moins plus que d’habitude, et il finit par tout lui avouer, à commencer par le fait qu’il doit surtout ne pas boire de sang humain durant trois jours s’il veut redevenir un simple mortel.

Sa femme étant sympa, et lui dit que okay René, je vais t’aider.

Ce pourquoi dès le soir venu, alors que les Transylvaniens se préparent à lever le camp pour marcher sur Saint Bullshit, Mirena ordonne à tout le monde de se bouger sans prêter attention à Vlad qui serait « parti en reconnaissance« . En réalité, Vlad est en train d’attendre que le dernier rayon du soleil soit tombé pour se transformer en nuée de chauve-souris et aller courir la région. Seulement voilà : le mec qui jusqu’ici pouvait entendre une araignée jouer des claquettes à 100 mètres avec la même intensité qu’un coup de canon, ne repère pas tout le contingent d’éclaireurs turcs en armure qui était à 50 mètres du camp en train de se marrer.

Oui, le script est génial, je sais. C’est merveilleux.

D’ailleurs, les éclaireurs turcs sont très forts : alors qu’ils sont bien installés le long de la colonne des réfugiés Transylvaniens, qu’ils ont une vue formidable sur eux (les nuits sont très claires dans ce pays) et des arcs… mouais non : à la place ils préfèrent charger en hurlant.

Résultat ? C’est un massacre quand même, et bien vite, Mirena et Corky sont menacés par un vilain Turc qui a bien envie de les tuer. C’est sans compter sur l’arrivée d’une nuée de chauve-souris qui se transforme bientôt en papounet devant les yeux de bovin de Corky et qui… pousse le méchant dans le vide, puisqu’ils étaient au bord d’une falaise. Et là encore, malgré sa super ouïe, Vlad n’entend pas le méchant se rattraper à un bout de la falaise et faire des bruits comme « Pouf, argh, ouch, ça pique les doigts les cailloux, dès que je serai sauvé, j’irai tout balancer au sultan !« .

Oui, c’est drôlement bien fait. Et subtil. Je sais.

Toujours est-il qu’après ce bref incident, les réfugiés et Vlad parviennent jusqu’au monastère de Saint Bullshit, niché en haut d’une falaise surplombant un défilé, et tout le monde s’y enferme pour prendre un peu de repos. Hélas pour Vlad, au petit matin, tout le monde va et vient dans le monastère, sauf lui qui est bloqué par la lumière du jour. A part dans une scène où il est au milieu de l’armurerie du monastère (typique !) et où il glande sous une fenêtre en prenant des poses cool sans que personne ne remarque que ha bah tiens, c’est joli pour la photo mais là, on voit clairement le soleil lui tomber pile dessus, il ne devrait pas un peu cramer, le garçon ?

Mais non. Hohoho, encore un très léger oubli on vous dit.

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En même temps, c’est tellement bien réalisé. Par exemple, là, dans cette scène, il fait nuit. Si. Vraiment. Sans même parler de la lumière, vous aussi vous notez ce gros objet céleste très lumineux au fond ? Voilà. Sûrement la lune.

Bref, à un moment, alors qu’il déambule dans les ombres, Vlad se fait repérer par un moine qui se met à le suivre. Il comprend alors que Vlad fait tout pour rester à l’ombre : c’est soit qu’il a chaud, soit que c’est un vampire ! Aussitôt, le moine choisit l’option la plus crédible, et alors que Vlad est dans la forge du monastère, le moine débarque… avec une épée en argent à la main !

Car oui, les épées en argent, c’est un peu comme les sandales : tout moine en a de base dans son inventaire.

Mais bref, notre moine est donc furieux :

« Prince Vlad ! Vous êtes devenu un vampire, laissez-moi vous tuer !
- Hmmm… non, pour voir ?
- Allez !
- Non.
- Bon, en tout cas, vous n’avez pas encore bu de sang humain, car sinon, vous seriez aussi sensibles aux signes religieux, mais tout de même : si vous êtes un monstre, je dois vous tuer !
- Essaie pour voir ! »

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Comprenant qu’il va se faire botter le cul s’il y va en duel, le moine hésite, et finalement utilise son épée… pour déchirer la toile tirée au-dessus de la forge ! Le soleil pénètre donc dans celle-ci, et Vlad se prend un rayon en plein visage et commence donc à se décomposer de la tête, un peu comme certaines vieilles actrices qui finissent dans Vivement Dimanche. Tous les passants qui étaient dans la cour du monastère se mettent donc à hurler au monstre, et balancent des torches dans la forge en espérant que Vlad la créature des ténèbres va mourir. Mirena, qui comprend que cela sent le pâté (elle est drôlement rusée), se tourne vers une des nourrices de son fils Corky.

« Vous là ! Emmenez Corky dans une chambre et empêchez-le de regarder par la moindre fenêtre !« 

Ce que la servante interprète aussitôt comme « Emmenons Corky en haut d’un escalier puis laissons-le regarder depuis une rambarde : de haut, il verra mieux ce qu’il ne doit surtout pas voir. »

Je suis fatigué. Si fatigué.

Bref, Vlad finit par se trouver un coin d’ombre pour s’abriter et se recomposer, et il parvient même à échapper à l’incendie de la forge, car la fumée créée par celui-ci génère une véritable zone d’ombre sur le monastère. Vlad sort donc dans la cour faire un peu la loi.

« Non mais dites-donc ! Ça va pas d’essayer de me brûler la gueule ?
- Bé oui mais vous êtes un monstre, un peu !
- Oui, j’en suis devenu un pour vous sauver les miches ! Alors vous devriez me dire merci !
- Hmmmmmouaiiiis. 
- Bon, écoutez : je bourre la gueule des Turcs et on en reparle après, d’accord ? »

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Soit. Tout le monde est d’accord : d’abord, les Turcs, ensuite, les créatures de Satan. Intéressante liste des priorité : les Grecs qui me lisent approuveront.

Mais justement, et chez les Turcs ? Hé bien, l’éclaireur qui s’était accroché à un bout de falaise après avoir affronté Vlad est venu faire son rapport. Il a donc raconté que l’ennemi se planquait au monastère de Saint Bullshit, et surtout, que Vlad déployait des pouvoirs mystérieux qui effrayaient tout le monde. Mehmet a donc la solution à cela :

Une armée de… de soldats aveugles ?

Comment dire ? Ça ne règle pas le problème, en fait ? C’est un peu comme dire « Hmmm, ils utilisent des bombes : envoyons des sourds, ils n’auront pas peur du bruit. » Oui, mais ils prendront quand même des bombes sur la gueule, en fait. Enfin bon, qui attend encore quelque chose du film à ce stade ? Mehmet, réunit donc 100 000 hommes car s’il ne pouvait « pas se passer de 1 000 enfants » d’après ses dires plus tôt dans le film, visiblement, il trouve quand même encore aisément 100 000 hommes sous un caillou.

Vous pensez qu’il ne peut pas faire plus con ? Ho, comme vous êtes optimiste !

Mehmet envoie son armée attaquer le monastère sans armes de siège. Ou bélier. Ou vague échelle. Mais c’est normal, et vous savez pourquoi ? Parce que Mehmet, non content de franchir la distance campement – château de Dracula – monastère de Saint Bullshit en 1 heure là où une petite colonne de réfugiés avait mis deux jours, attaque en plus… par le défilé.

Mais si, vous savez, le défilé. C’est à dire l’endroit certes sous le monastère perché 300 mètres plus haut, mais qui ne mène pas au monastère. Grosso modo, les mecs viennent juste pique-niquer, quoi.

C’est formidable. Formidable.

Mais la nuit est en train de tomber – les jours & nuits ont des durées variables dans ce film, on dirait du Nolan – et Vlad est chaud-patate pour se battre. Après tout, c’est sa dernière nuit en tant que vampire ! Bon, on notera aussi qu’il n’a plus jamais senti le besoin de boire du sang depuis deux nuits, juste vaguement la première, mais hein, bon. Et donc, cette nuit, il va raser l’armée de Mehmet, voire, comme on disait en ce temps là, lui Mehmet sa misère.

Chhhhht. Vous n’avez rien lu. Vous avez rêvé ce calembour. Oubliez et passons à la suite.

Vlad a une arme secrète : les chauve-souris. Depuis le monastère, il les appelle depuis tous les coins du pays, jusqu’à ce que des centaines de milliers se mettent à tournoyer (et déféquer) autour de Saint Bullshit. Puis, il les contrôle et fait prendre à l’essaim différentes formes : une main, un poing, un gros doigt, une pantoufle… et finit par envoyer le vol de créatures de la nuit au-dessus des Turcs. Il oblige les chauve-souris à voler en formation « poing géant », puis abat celui-ci sur l’armée ennemie, qui est donc en partie désintégrée par ce poing céleste !

Parce que visiblement, dans Dracula Untold, les chauve-souris, à partir du moment où elles volent en dessinant un poing géant, ont les propriétés d’un poing géant. Et non pas celles de chauve-souris de 20 grammes qui volent juste très très vite vers le bas. Certes en nombre, mais pas grimpées les unes sur les autres pour peser plus lourd. On va donc en rester là-dessus : le pouvoir de Vlad sur les chauve-souris est sûrement très impressionnant au Pictionnary, mais contre une armée de Turcs, logiquement, ça reste moyen. Mais le script dit, encore une fois, que si, c’est super. Vlad massacre donc toute l’armée ennemie avec ses chauve-souris qui créent des impacts de plusieurs mégatonnes (le tout, sans se blesser), avant de voler lui-même, sous forme de ces volatiles, se jeter sur le général ennemi pour lui…

« Mais ! Vous n’êtes pas Mehmet ! 
- Ah non, moi c’est Sven.
- Sven ?
- C’est Turc, cherchez pas. »

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Après avoir tué un énième Turc-Suédois, Vlad est donc bien embêté ! Où est Mehmet ? Pire encore, une fois de plus, il n’avait pas entendu tout un contingent d’éclaireurs ennemis approcher le monastère et le prendre d’assaut pendant qu’il était parti (décidément, je ne sais pas si ce sont les éclaireurs qui sont très forts ou Vlad qui est très nul, mais j’avoue qu’une hypothèse me paraît plus crédible que l’autre). Ceux-ci passent donc au fil de l’épée tout ce qui leur passe sous la main, et kidnappent Corky. Vlad a beau voler à toute allure pour venir à son secours, lorsqu’il arrive, son vrai souci est que sa femme, bousculée dans la bataille, tombe de la plus haute tour du monastère… droit vers le défilé ! Une chute de 300 mètres au bas mot !

Vlad saute donc à sa poursuite, mais hélas, même en prenant la forme de chauve-souris, il n’arrive pas à tomber plus vite qu’elle pour la rattraper. Ne me demandez pas pourquoi. peut-être qu’il n’a pas pensé à battre des ailes ? Et sinon, vu que la chute dure deux plombes, appeler les 12 000 000 chauve-souris qui viennent de latter les Turcs pour qu’elles fassent encore une main géante, mais sous ta femme, non ?

Non.

« AÏE ! » fait donc Mirena en touchant le sol.

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« Survivre à une chute de 300 mètres ? Ah nan mais attends même nous on ne l’a pas ce pouvoir ! Tu ne voudrais pas plutôt envoyer ta femme combattre les Turcs ? »

Non, pas « Sproutch !« , j’ai bien dit « Aîe !« . Mirena, qui vient de faire une chute de 300 mètres, est impeccable. Elle est dans une jolie robe blanche avec même pas une trace de sang, un bout de fracture ouverte ou quoi que ce soit : elle est juste allongée sur les cailloux avec de grands yeux tristes. Et elle a le temps de causer, en plus, parce que bon, hein, sa chute-qui-ne-fait-pas-de-traces était mortelle, mais pas trop. Elle peut donc agoniser en paix, Vlad penché sur elle.

« Vlad…
- Oui mon amour, je suis là.
- Vlad…
- Accroche-toi ma chérie. Tu vas rentrer au pays. J’entends les hélicos !
- Vlad… suce mon sang.
- Que… hein ?
- Vlad… notre fils est en danger… Mehmet encore vivant… et le soleil va se lever. Tu vas perdre tes pouvoirs. Bois mon sang, et deviens un vampire pour sauver notre fils ! Sacrifie-toi pour lui et ton pays.
- Mon dieu.. Mirena… non !
- Ah ben hé. Qui c’est le gros tocard qui a passé trois jours à fuir au lieu d’aller bourrer Mehmet qui devait vivre à 200 mètres pour être toujours si près avec toute son armée ? Maintenant, tu n’as plus le temps et tu chiales. Hé ben tant pis. Allez, bois mon sang. Fais-le pour notre famille. Et aussi pour que je puisse quitter ce film tout pourri.
- Bon… si je dois le faire ! »

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Et donc, évidemment, Vlad ne devient pas le célèbre Dracula simplement parce qu’il aimait empaler des gens, non : il devient un vampire par amour et parce qu’il est plein de valeurs. Il plonge donc ses crocs dans le cou de Mirena, ce qui la tue, contrairement à une chute de 300 mètres et à de gros cailloux, donc. Et il devient ainsi un vampire pour l’éternité. Pendant ce temps, dans sa grotte au fin fond de la montagne, le vieux vampire est content : Vlad a cédé et bu du sang avant la fin des trois nuits. Il est donc… liiiiibre ! Liiiiiibre ! Il va pouvoir… pouvoir… hmmmm, sans argent ni diplômes il va… bon. Il n’y avait jamais pensé. Il aurait dû continuer cette licence de lettres modernes par correspondance. Enfin.

Mais revenons à Vlad. Grognon, il retourne au monastère où visiblement, les Turcs n’ont jamais appris comment tuer des gens, puisque 85% du monastère est à l’agonie. C’est magique : il y a des dizaines de moines, de réfugiés, de membres de la cour, tous assis contre un mur avec la main sur le bide, qui respirent doucement. Des blessures aussi pourries sur autant de gens, je retire ce que j’ai dit : les Turcs sont très forts. Ils savent exactement où taper pour planter autrui sans les tuer. Si ça se trouve, en fait, c’était des Turcs sympas qui leur ont tous retiré l’appendicite. Vraiment, le cœur sur la main.

Vlad, qui est décidément complètement con, se dit qu’encore une fois, aller bourrer la gueule à Mehmet ne suffira pas. Il décide donc de proposer à tous les survivants de boire son sang, et les transforme tous en vampire, les sauvant ainsi de la mort. Puis, tous ensemble, ils s’envolent et fondent sur le camp de Mehmet, ne laissant aucune chance à la pauvre armée. Et là, les vampires se gorgent tous de sang humain. Vlad, lui, arrive droit dans la tente de Mehmet, où son fils est prisonnier.

Car oui, alors qu’il vole et est le prédateur ultime, à aucun moment, il n’a juste pensé à retrouver l’éclaireur qui avait kidnappé son fils. Éclaireur qui a donc réussi à regagner plus vite à pied le campement de Mehmet que les vampires en volant.

Bouhouhou… la fin ! Pitié !

Heureusement, elle approche. Mehmet, qui avait en fait un Master en Affaires Parabanales est parfaitement au courant des vampires et de leurs faiblesses : il a donc couvert le sol de sa tente de l’argent des tributs récoltés au quatre coins de l’empire. Toutes ces pièces d’argent… Vlad est affaibli ! Mehmet peut donc se battre contre lui et avoir le dessus, et je vous passe tous les poncifs de la scène, mais alors que Vlad est au sol, affaibli (mais pas trop brûlé par l’argent, ça va, merci) et Mehmet armé au-dessus de ce dernier en train de lui raconter sa vie et de sa carte de fidélité chez Cool 1 Bronz’, Vlad se dit qu’il ne peut pas décemment perdre après toutes ces aventures. Il se reprend donc et bute Mehmet, hop, comme ça, allez, un coup et ça ira bien.

Il libère donc son fils et sort de la tente pour marcher au milieu des corps de feu l’armée turque, mais soudain, tous ses potes vampires l’encerclent.

« Nous avons tué tous les humains… à part ton fils ! Allez, donne-le nous !« 

Pourquoi ? Parce qu’ils sont cons, peut-être ? Je n’ai pas d’autre explication.

Vlad refuse donc, tue l’importun qui a osé émmetre cette demande en lui plantant une lance improvisée en pieu dans le cœur avant de hisser son cadavre empalé comme exemple pour les autres. Ceux-ci hésitent, et sur ces entrefaites arrive un des moines du monastère, qui lui aussi, a dû utiliser le même télé-transporteur que l’éclaireur qui était arrivé plus vite que les vampires au camp de Mehmet pour pouvoir être là. Il repousse de sa croix les vampires, qui ayant bu du sang humain, ne supportent plus sa vue. Et propose à Vlad d’emmener son fils : il deviendra prince de Transylvanie et vivra sa vie loin de son monstre de père. Résigné, Vlad accepte… puis sitôt son fils en sécurité, Vlad utilise un nouveau super pouvoir : les nuages noirs qui depuis l’aube, accompagnaient sans raison les vampires le temps qu’ils bourrent Mehmet, sont soudain dispersés et tous les vampires se mettent à brûler à la lueur du soleil révélé.

Vlad brûle quand même de manière coolos, parce que c’est un badass, là où les autres brûlent comme des crottes sèches.

Ainsi, son existence de monstre s’achève, et son fils monte sur le trône. Il fait effacer toute trace de son père et de son terrible sacrifice et… F…

Non !

Car Igor le gitan, lui, après le suicide de Vlad et de ses vampires, est entré dans le camp de Mehmet. Il a reconnu le corps carbonisé de Vlad parmi tous (le seul vampire assez bête pour se promener avec une bagouze en argent, ça se repère), et a versé de son sang dans sa bouche. Vlad s’est donc régénéré… et le revoilà !

Nous le retrouvons donc de nos jours, se promenant un soir, en costume, en ville. Il aperçoit alors soudain quelqu’un qu’il connaît bien dans la foule ! Mirena ! Mais comment ? Il va donc la voir et découvre en elle une femme qui est non seulement le sosie de feu Mirena, mais aussi plus ou moins son homonyme, et qui en plus aime les mêmes poèmes ! Vlad lui marmonne donc qu’ils sont tous deux des âmes ayant traversé le temps et amenées à se retrouver, et ainsi séduite par ce discours de psychopathe, la Néo-Mirena le suit pour aller prendre un café, puis probablement, un after sur une peau de bête avec tétraplégie à la clé après la célèbre position de la roulotte transylvanienne.

Hélas pour eux, aucun des deux n’a repéré dans la foule Tywin Lannister le vieux vampire, qui depuis qu’il a été libéré de sa grotte, s’est refait une beauté, a passé ses diplômes, est devenu professeur de français en ZEP et les prend en filature en marmonnant « Le jeu va pouvoir commencer... » en référence au pion que Vlad devait être pour lui, souvenez-vous.

C’est donc sur cette phrase débile, puisque l’on évite de marmonner ses plans à proximité de vampires ayant une super ouïe quand on est pas une grosse buse, que le film se conclut et…

… FIN !

Bon ? Je crois que ça aurait définitivement pu rester Untold, en fait.

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Je te comprends, Mehmet. Moi aussi j’ai fait une tête un peu comme ça tout le long du film.

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« Oui, bonjour Monsieur Dracula, si vous pouviez vous montrer parce que mon royaume est en danger et…« 

Dracula sortit de l’ombre, en effet, mais sans flotter ou jaillir des ténèbres. Non, un peu fatigué, le seigneur des ténèbres se gratta les fesses et traîna les pieds jusqu’à son visiteur.

« Bon écoutez, j’ai déjà eu l’autre larron tout à l’heure, on va arrêter. Moi j’essaie de trouver des volontaires pour devenir vampires en CDI, alors vous vous démerdez avec le chômage, tout ça, moi, j’ai aucun pouvoir utile pour vos trucs !
- Ne le prenez pas comme ça Monsieur Dracula ! Je suis d’accord, l’autre Monsieur vous a vraiment manqué de respect, c’est intolérable. Mais rassurez-vous : je sais exactement ce dont j’ai besoin. Vos pouvoirs sont parfaits.
- Ah oui ?
- Oui ! Les pouvoirs d’hypnose, là, c’est super. Vraiment. J’ai juste besoin de savoir : est-ce que ça marche sur les juges et les vieilles dames ?
- Oui pourq… « 

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Dracula s’arrêta net et contempla la fausse moustache de son visiteur avant de soupirer.

« Monsieur Sarkozy, ça fait quatre fois aujourd’hui. »

Et tout le château résonna du son des talonnettes qui s’enfuyaient.

« Bon les gars, j’ai une super idée pour mon prochain film.« 

Un bruit de cuir accueille la nouvelle alors que tous les collaborateurs de Luc Besson s’enfoncent peu à peu dans leurs sièges. L’un d’entre eux tente même de passer sous la table, mais il est aussitôt accueilli par un « occupé ! » lancé par d’autres ayant été plus rapides que lui. Il se redresse péniblement et timidement, demande :

« C’est… qu’est-ce que c’est ? 
- Un truc qu’on n’a jamais fait !
- Un bon film ?
- Berthier : dehors ! J’en ai assez des moqueries ! »

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Luc Besson tourne dans la pièce sous le regard inquiet de ses assistants, et les sourcils froncés, finit par marteler du poing la vaste table.

« Je ne suis pas n’importe qui ! On se moque, mais hein, Léon, c’est qui ? Et Nikita ? Et le Grand Bleu ? 
- Ça a plus de 20 ans, chef. Un peu comme quand vous dites aux gens que Jean-Marie Bigard ne fait pas que des blagues de cul parce qu’il y a le sketch de la chauve-souris. Ça remonte et ça fait peu comparé au… au reste.
- Justement Lanbert ! C’est là que mon idée touche au génie ! Je vais renouer avec le grand cinéma ! Avec les sujets complexes ! Je vais consacrer mon prochain film a un sujet particulièrement difficile et profond… »

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Un grand silence flotte dans la salle, jusqu’à ce qu’enfin, Luc Besson lâche :

« L’intelligence ! »

La suite, personne ne la connait. Certains prétendent que c’est ce qui aurait provoqué cette série de mystérieuses crises de fou rire ayant conduit à la mort d’une partie des assistants de Luc Besson. D’autres se demandent encore comment des journalistes ont pu reprendre noir sur blanc le communiqué de presse disant que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau, provoquant d’autres morts par pendaisons dans le milieu scientifique. Tout ce que l’on sait, c’est que le résultat se nomme Lucy, et que oui, Luc Besson oblige, on y trouve des chinois, des courses poursuites, des messieurs qui jurent de protéger des mesdames et autres subtilités.

Alors, bouse ou précis de philosophie (ce qui dans les deux cas, fera les beaux jours de bien des forums 2.0) ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : « On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Le scénariste était à 0,7% »

Notre film débute il y a bien longtemps, ce qui est décidément très à la mode, du côté de l’Afrique ou une Australopithèque est en train de boire un coup. La voix off de Scarlett Johansson se lance alors dans le début de ce qui va être de la philosophie de collégienne fan de One Direction à savoir « Il y a ouat’mille années, on nous a donné la vie… et voyez ce que nous en avons fait ! » et s’ensuivent alors toute une série d’images d’urbanisation galopante, de pollution, de bébés animaux tristes et tout ce que vous voulez et qui aurait sa place dans un Powerpoint moralisateur de Gégé de la compta.

L’occasion de parler tout de suite de ce phénomène : tout le film, Luc Besson, qui a probablement racheté une banque d’images à pas cher, balance quasiment une fois par scène des images de la savane, de ch’tites nenfants qui naissent ou de cellules qui se divisent pour illustrer soit le discours d’un personnage, soit la situation d’un autre. Et toutes les 2 minutes, ça donne surtout envie d’envoyer à Luc Besson des images de chatons qui se noient, de castings de Télé-Réalité et bien évidemment, de diarrhées explosives.

Cela étant dit, allons dans le présent pour retrouver, à Taiwan, deux Américains occupés à discuter devant un hôtel de luxe de Taipei. L’occasion de débuter avec un dialogue particulièrement notable, dont je vais tenter de vous synthétiser la qualité.

« Salut Lucy ! C’est moi Richard ! Dis, tu voudrais pas entrer dans ce building et donner cette valise mystérieuse que j’ai à la main à un certain Monsieur Jang ?
- Non.
- Allez !
- Non.
- Steuplé !
- Non, je dois rentrer chez moi étudier.
- Tu veux vraiment pas y aller ?
- J’ai pas envie.
- Mais ce serait sympa.
- Oui, mais non.
- Allez, vas-y, steupléééé.
- Non.
- Tu me fais confiance hein ? Alors, allez !
- Non.
- Non mais vraiment, tu veux pas ?
- Non, je veux pas. »

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Vous trouvez ça chiant ? Ben ce n’est que le début, parce que ça continue longtemps. Très longtemps.

« Mais allez, steuplé Lucy, tu veux pas y aller ?
- Non merci.
- Mais vas-y ! 
- Non.
- Allez, rentre dans le building !
- Non.
- Ça me rendrait super service !
- Non, je m’en vais.
- Reste, reste ! Et va dans le building, alleeeeeeeeeez !
- Non. »

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Cet excellent dialogue particulièrement bien écrit et qui donne une scène qui ne veut pas s’arrêter est aussi l’occasion pour le spectateur de se demander pourquoi Richard embête Lucy. Car semble-t-il, Richard est un habitué du transport de mallettes suspectes, mais il est « grillé auprès de M. Jang« , raison pour laquelle il voudrait que Lucy, qu’il ne connaît que depuis une semaine, prenne sa place. Parce que oui, moi aussi, quand j’ai une mallette super louche à faire circuler, je la confie à un mec « grillé » auprès du destinataire. Du genre envoyer Jean-François Copé livrer des livres de compte à François Fillon. Complètement plausible on vous dit.

Voilà. Luc Besson, si tu me lis (et si tu sais lire), j’en profite : la prochaine fois, plutôt que de faire une scène de deux plombes où un mec pas crédible essaie de refiler une mallette à une étudiante pour un plan pourri qu’elle a refusé 269 fois, tu fais juste une scène où un mec file de la thune à une étudiante qui en a besoin pour une mission en apparence toute simple et sans danger. Ce sera moins long, moins cher et plus crédible. Mais bon, hein, c’est toi l’expert, mec.

Toujours est-il que ledit Richard, visiblement perturbé par la résistance de Lucy à ses incroyables arguments, décide de couper court à la conversation en utilisant des menottes, technique fort appréciée des connaisseurs. Sauf que le nigaud, plutôt que d’ensuite emmener Lucy jusqu’à un coffre de berline (l’enfance de l’art), se contente de la menotter à la fameuse mallette en lui expliquant que seul Monsieur Jang a la clé. Au boulot, donc, ma petite Lucy ! C’est donc vêtue de son élégante veste en léopard que Lucy se rend à la réception de l’hôtel pour demander si Monsieur Jang ne voudrait pas venir récupérer un colis de la part de Richard.

Et en effet, Monsieur Jang a bien envie de récupérer le colis.

Mais comme Monsieur Jang est lui aussi un personnage particulièrement con, plutôt que d’inviter Lucy à monter, il décide d’envoyer une équipe en bas kidnapper Lucy en plein milieu du hall de l’hôtel devant toutes les caméras et les témoins que vous pouvez imaginer, et fait abattre Richard qui suivait la scène depuis l’extérieur, ce qui, là encore, au milieu d’un quartier chic, dans une ville riche, tout contre un bâtiment de luxe fort sécurisé, est probablement une excellente idée, du moins si vous êtes du genre à vous enfoncer des pieds de chaise dans les narines.

Monsieur Jang, vous fleurez bon le champion.

Bref, Richard mort, Lucy est emmenée dans l’hôtel jusqu’à une suite de luxe où l’attend le fameux Jang, qui est occupé à tuer des gens pour bien montrer qu’il est très très méchant, houlala, grougroum. Et bien que Monsieur Jang dispose dans son équipe de gens qui parlent l’anglais, il décide plutôt, pour communiquer avec Lucy, d’appeler la réception pour qu’elle fasse la traduction. Oui, moi aussi, lorsque j’ai une discussion super illégale à tenir, j’aime le faire en utilisant un moyen non-sécurisé pouvant tout enregistrer et avec l’aide d’un tiers qui pourrait tout balancer quand j’ai le choix de faire autrement. Non vraiment, Jang, tu es un bon. Enfin, au moins il est  est clair : il souhaite que Lucy ouvre la valise car il craint qu’elle ne soit piégée ou pire, ne contienne des CD de Skrillex. Lui et sa petite équipe s’éloignent donc pendant qu’il laisse la malheureuse, un peu traumatisée, derrière un bureau avec le code (c’est le 2) pour ouvrir la fameuse mallette.

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Monsieur Jang est tellement fort que quand il bute des gens, ça lui éclabousse le visage mais pas le costume. C’est fou, quand même.

Clikiklikiklak : nenni d’explosion lorsque notre jeune héroïne ouvre le précieux conteneur.

Ce qui semble étonner Jang et ses amis, visiblement certains que le tout était piégé. Ah ? Vous voudriez donc dire qu’ils pensaient que manipuler un colis probablement explosif était beaucoup plus pratique dans la suite d’un hôtel de luxe où la police arrivera super promptement en cas de pétarade plutôt que dans un hangar tranquille à l’écart de la ville ? D’accord d’accord. Sinon, la prochaine fois, vous ne voulez pas l’ouvrir directement dans un commissariat ? Ou devant le ministère de la justice ?

Hé bien croyez moi ou non, mais la suite va prouver que même cette idée n’a pas été considérée comme si absurde que cela par l’équipe du film.

Non mais vraiment ? Qu’est-il arrivé au cinéma ?

Toujours est-il, pour en revenir à Lucy, que la valise ne contient pas de bombes, mais quatre sachets de drogue contenant d’étranges cristaux bleus. Jang n’hésite donc pas à sortir d’une pièce voisine un toxico ravagé (peuplade typique des hôtels de luxe, comme chacun sait, l’autre jour j’en avais encore un sous mon lit, on a dû gazer toute la suite des fois qu’il y en ai d’autres) pour lui faire goûter la chose : c’est de la bonne ! Le camé se met à rire comme un dément jusqu’à ce que Jang l’abatte parce qu’il… que.. ah, oui : il est méchant. La chose entendue, Jang explique à Lucy (toujours via la réception de l’hôtel) qu’il a un travail à lui proposer…

Et avant que la bougresse ne puisse décliner la bien belle offre, elle se prend une grosse mandale dans la margoulette.

Lucy se réveille donc dans la suite de l’hôtel de luxe toujours, avec un gros mal de tête, un étrange mal au cucu et son chemisier entrouvert pour que le public puisse profiter de Scarlett Johansson se promenant en soutien-gorge. Mais en baissant les yeux, plus que ses seins, c’est surtout un curieux bandage qui attire l’attention de Lucy car lui n’était pas là avant aux dernières nouvelles. Qu’est-ce qu’on lui a fait ? La réponse vient bien vite lorsque les hommes de Jang arrivent, la traînent dans la pièce voisine où justement, Jang attend, cette fois assisté de l’un de ses hommes anglophones (quelle bonne idée ! Il faudrait juste l’avoir plus tôt la prochaine fois).

« Bonjour Mademoiselle Lucy ! 
- Qui êtes-vous ? Pourquoi ai-je un gros pansement sur le bide ? 
- Hahaha, une simple petite opération chirurgicale de rien du tout ! Au début on pensait vous prendre un rein et puis pfou, on s’est rappelé que vous étiez étudiante. Quand on a ouvert, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au départ, on a cru que vous aviez un haricot magique dans le bide, mais quand on appuyait dessus, ça faisait « pouic » et ça sentait la vodka, alors avec Michel, on est allé chercher une paille et…
- Non mais au final, vous m’avez fait quoi ?
- Hein ? Ah, oui ! Non, en fait, on vous a mis dans le bidou un sachet de dope, du CPH4, parce qu’on adore donner des informations confidentielles à nos mules. C’est une drogue qui va cartonner en Europe !
- Mais je ne veux pas !
- C’est ballot, parce que Monsieur Jang veut, lui. Alors vous et trois autres candidats, chacun avec un sachet dans le buffet, vous allez rentrer dans vos pays où des agents à nous viendront récupérer le précieux bien. Et si jamais vous ne coopérez pas, nous savons où sont vos familles, alors ne déconnez pas ! »

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Et c’est ainsi que Lucy et trois autres types que les méchants sortent d’un placard reçoivent un passeport et un billet d’avion pour rentrer chez eux. Puis, on leur met un sac sur la tête et on les emmène jusqu’à l’aéroport du coin.

Je vous propose, pendant ce temps, de nous rendre à Paris pour suivre une conférence du professeur Norman, spécialiste mondial du cerveau, qui est en train de présenter sa super théorie scientifique à des étudiants, à savoir que l’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales et que s’il en avait plus… ho, vous savez quoi ? Écoutons plutôt le professeur Norman.

« L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau. Et voyez tout ce que nous avons fait avec ! Des bateaux, des avions, la conquête de l’espace, Internet, Closer… alors imaginez si nous utilisions mieux notre cerveau !
- Professeur, professeur ! 
- Oui, étudiant qui interrompt les conférences de manière complètement crédible pour poser des questions allant dans mon sens ?
- Y a-t-il des preuves de votre passionnante théorie ?
- On a pris Darwin pour un fou quand il a présenté la sienne. Nous sommes là pour bousculer les règles, pas les suivre. C’est ça, être un scientifique !
- Ah putain, moi je croyais que c’était se baser sur des faits observés. 
- Ouais ben non, rent’ chez toi.
- Merci professeur.
- Que disais-je ? Ah oui ! Tenez, prenons le dauphin ! Le dauphin dispose du meilleur sonar au monde, plus puissant que tout ce que nous avons inventé. Et pourquoi ? Parce que le dauphin utilise 20% de son cerveau ! 
- Professeur, professeur ?
- Oui, étudiant Roudoudou ?
- Si le dauphin utilise un sonar, ce n’est pas juste parce qu’il a un sonar naturel ? 
- … vous voudriez dire que ce n’est pas son cerveau qui envoie des ondes magiques ?
- Ben non.
- Okay, cassez-vous de cette salle et rendez-moi les étudiants qui me servent la soupe. Passons à la suite. Savez-vous comment les cellules traversent le temps ? Elles ont deux solutions. La première, c’est de devenir immortelles. Pour cela, elles doivent rencontrer Sean Connery puis décapiter des gens pour absorber leur pouvoir, voire potentiellement devenir Christophe Lambert. Une option complexe, j’en conviens. L’autre, c’est la reproduction : la cellule va transmettre son savoir à une autre, puis à une autre, en profitant d’un environnement favorable pour se multiplier… »

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Ho, je sens que je vous ennuie avec ma conférence du professeur Norman sur l’immortalité ou la reproduction des cellules et le cerveau à 10%. Allez, retournons voir Lucy. Mais c’est bien parce que c’est vous.

Car visiblement, entre le bureau de Monsieur Jang et l’aéroport, Lucy a été prise dans un trou spatio-temporel et s’est retrouvée, sans aucune raison, menottée à une chaise dans une cellule quelque part en Chine. Non, vous n’aurez aucune explication. Je n’exagère pas : pouf, c’est comme ça. Deux Chinois visiblement intéressées par Lucy et pas seulement intellectuellement lui tournent autour en montrant leurs muscles, mais lorsque la belle refuse de les aider à soulager leur trop plein de masculinité, l’un d’entre eux la jette au sol, la tabasse et lui défonce le bidou à coups de pied pour lui faire comprendre qu’il a un gros traumatisme vis-à-vis de l’emploi du négatif.

Ce qui confirme accessoirement que ces gens ne savent pas qu’elle est une mule sinon ils ne feraient pas ça. Ils n’ont donc vraiment aucun rapport avec Jang, un gang rival, les autorités, l’intrigue ou le film ils sont juste là, pif pouf. Une sorte de Deus Ex Monchinois.

Oui mais voilà ! En tabassant Lucy, les brigands ont crevé le paquet dans son ventre, qui libère la fameuse drogue ! Ah ! Et alors que les deux vilains quittent sa cellule, Lucy se met à convulser sur le sol… puis sur le mur ? Puis contre le PLAFOND ?! Car grâce à ladite drogue, Lucy est en train de libérer ses capacités cérébrales, comme la fameuse qui permet de dire à la gravité qu’elle est bien gentille, mais qu’elle peut repasser dimanche. Après avoir joué à Gravity toute seule dans sa cellule, Lucy reprend le contrôle d’elle-même, et habitée par une assurance nouvelle, elle retourner sur sa chaise attendre qu’un des deux vilains Chinois entre. Ce qui arrive peu après, et grâce à une subtile technique de séduction, la belle arrive non seulement à obliger le brigand à s’approcher, mais aussi à lui péter la gueule (car visiblement, la drogue lui a enseigné le kung-fu, j’ai bien vu que les cristaux avaient une petite moustache de vieux maître). Elle récupère donc ses clés et son pistolet et quitte sa cellule, aussi froide et déterminée. Enfin je crois.

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« Désolé Madame ! On ne sait pas ce que vous faites là ni pourquoi on vous retient mais on va vous taper. Faudra pas nous en vouloir, hein ! »

En chemin, elle croise un groupe de méchants qui étaient occupés à manger en rigolant dans la pièce voisine, et elle les abat donc tous froidement.

Le spectateur coquin notera qu’il y en a un qui n’est pas touché mortellement tout au fond de la pièce, loin de là, mais visiblement, il doit faire le mort jusqu’à la fin du film pour s’éviter plus d’ennuis voire quitter cette bouse. D’ailleurs, dans l’affaire, Lucy reçoit une balle dans l’épaule comme ça, pouf, et la retire avec les doigts sans problème ni douleur. Elle s’assoit donc à la table des morts et se nourrit donc pour se remettre de toutes ses émotions. Puis sort de là pour trouver deux chauffeur de taxis en train de discuter. Elle demande qui parle anglais : le premier ne répond pas et elle lui colle donc un pruneau dans la jambe, ce qui incite le second à coopérer. Et Lucy exige donc d’être amenée à l’hôpital.

Cela dit, quelqu’un aurait répondu « I speak english. Wall street english« , je pense que lui, il était bon pour la balle dans la tête direct.

Sur place, c’est de mieux en mieux pour Lucy qui découvre qu’elle entend les gens parler de très loin, et mieux encore, que soudainement elle lit le chinois à la perfection (mais toujours pas le néerlandais, ça par contre, faut pas déconner). Elle trouve donc sans aucun souci la salle de chirurgie de l’hôpital, analyse les radios accrochées au mur pour constater que le patient sur le billard ne survivra sûrement pas à l’opération (car elle a aussi soudainement un diplôme de médecine) et abat donc ce dernier pour prendre sa place et exiger des chirurgiens, non pas qu’ils lui recousent le trou béant qu’elle a dans l’épaule (hohoho, détail mes pauvres amis !) mais qu’ils lui sortent du bide la drogue qui y est encore.

« Bon ben okay, c’est cool, ça nous dérange pas que tu tues nos patients, on t’aime bien. » répond le chirurgien en chef qui n’est vraiment pas farouche et se met donc au travail pendant que la sécurité de l’hôpital est probablement occupée à jouer à Jungle Speed.

Lucy en profite pour faire deux choses urgentes.

1) Appeler sa mère en utilisant le téléphone du chirurgien. Et là encore, attention, grand dialogue.

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre… et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide… je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ma chérie ? Je t’entends mal ? Que disais-tu au sujet de la mémoire ?
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage. »

*clic*

Hé bé, voilà une maman bien compréhensive. Parce qu’en fait, ça aurait probablement dû se passer comme ça :

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre…
- Ma chérie, tu ne serais pas un tout petit peu défoncée par hasard ?
- Et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide…
- Attends chérie, je te met sur haut-parleur, il faut que ton père entende ça ! Whololo, le trip qu’elle se fait…  putain, mais tu nous appelles de Woodstock en fait ?
-  Je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ah ben ça, c’est nouveau parce que tes contrôles d’histoire aux dernières nouvelles, c’était zobi.
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage.
- Tu vas voir la caresse que tu vas prendre en rentrant, à claquer la thune que l’on t’envoie pour des études dans de la ganja ! »

*clic*

Cela fait, la suite.

2) Demander au chirurgien ce qu’est le CPH4

Et d’après les explication de ce Monsieur, il s’agit en fait d’un produit généré en quantité infime par les femmes enceintes pour donner l’énergie à leur enfant de construire leur corps. L’équivalent énergétique d’une bombe atomique pour le fœtus. Il avait ouï dire qu’un produit de synthèse était en cours d’étude, mais le retrouver ainsi sous forme de drogue dans le corps d’une Américaine visiblement un peu tarée… voilà qui le surprend. Et lui paraît un peu débile, aussi, mais passons.

L’affaire réglée, Lucy repart tranquillement de l’hôpital, pom podom podom, personne ne m’embête c’est bien normal, et s’en retourne vers le quartier général de Jang pour prendre sa revanche, équipée de deux pistolets avec silencieux que son cerveau a probablement générés seul, ainsi que de poignards. Grâce à ses nouveaux supers réflexes, tous les hommes de Jang sont donc abattus comme de petites crottes lorsqu’ils tentent de se dresser devant elle, et comme en plus, maintenant, Lucy a le pouvoir de voir à travers les murs (c’est tout à fait logique), elle les abat avant même qu’ils ne puissent la voir. Et enfin, elle va trouver Jang, qui se faisait tatouer tranquillement chez lui ; elle le cloue donc à la chaise de tatouage en lui plantant ses poignards dans les mains, puis scanne sa mémoire pour savoir où les autres mules ont été envoyées. Car elle veut récupérer toute cette maudite drogue.

Chose amusante, en scannant sa mémoire, Lucy a accès… au point de vue des hommes de Jang, pas de Jang lui-même. Ce qui est un peu incohérent, mais comme tout ce film l’est, finalement, c’est cohérent (si, si). Et lit ainsi dans la mémoire des hommes de Jang qui se trouve dans la tête de Jang sans raison valable que les mules sont parties pour Berlin, Rome et Paris.

Et cela fait…

… elle se barre.

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La super intelligence, c’est aussi de se promener avec une blouse piquée à l’hôpital sans raison et ne pas avoir changé de t-shirt juste pour avoir l’air super suspecte au premier coup d’œil.

Pardon ? Dis-donc Lucy ! Mon cerveau n’est peut-être pas aussi performant que le tiens, mais je crois me souvenir que tu avais abattu plein de gens de sang froid auparavant ! Et même tiré sur un chauffeur de taxi au motif qu’il ne parlait pas l’anglais ! Mais le mec qui t’a mis dans la mouise, risque de te poursuivre et a tué plein de vilains et buté ton pote Richard, lui par contre, c’est okay ?

Ça doit être trop intelligent pour moi.

Bon, ben très bien.

Cela fait, Lucy décide de se renseigner un petit peu sur ce qui lui arrive, et commence donc par rentrer chez elle pour retrouver sa coloc’ de Taipei. Grâce à ses nouveaux pouvoirs surhumains, Lucy est capable de détecter que « se bourrer la gueule est mauvais pour ton foie » et tape donc aussitôt une fausse ordonnance en chinois pour son amie (car oui, du coup, elle a aussi appris à utiliser Photoshop grâce à son cerveau surpuissant) tout en lui recommandant de changer de vie. Puis, quitte à utiliser un PC, elle va donc sur Doctissimo demander ce qui se passe dans son cerveau. Après 277 diagnostics de surdouance & autre zèbrerie, 87 d’hyperactivité, 18 de cancers et 2 de MSTs exotiques, elle décide de plutôt recourir à Google et tombe sur la page Facebook du professeur Norman, où entre diverses photos de lui avec son slip sur la tête, trouve un lien vers l’intégralité de ses études, qu’elle lit en quelques secondes. Puis, appelle le professeur Norman, qui lui était tranquillement à son hôtel en train de regarder le Grand Journal.

« Allô, professeur Norman ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy. 
- Lucy comment ?
- Lucy. L’équipe du film n’a pas pensé à me donner un nom de famille. D’ailleurs, au casting, il n’y a qu’un seul personnage qui a un nom complet, c’est vous dire la profondeur des personnages.
- Je vois. Que puis-je pour vous Lucy ? 
- Votre théorie sur l’utilisation du cerveau. Elle est rudimentaire, mais vraie. J’ai lu l’intégralité de vos travaux sur le sujet.
- L’intégralité ? Mais enfin… il y en a beaucoup trop ! »

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Notez que le galopin explique que personne ne pourrait lire tous ses travaux tellement il y en a. Juste comme ça mec : si tu as eu le temps d’écrire quelque chose, quelqu’un aura forcément le temps de le lire, puisqu’aux dernières nouvelles, c’est même moins long. Même si dans le cas présent, je pense que les dialogues ont été beaucoup moins longs à écrire qu’à lire tant ils sont tous ratés. Mais, reprenons le fil.

« Il y en a exactement 6796 pages professeur.
- Ho ! Comment…
- Qu’importe professeur. Sachez que j’utilise désormais mon cerveau à 28% suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse. Et que le pourcentage continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- Comment puis-je vous croire ?
- Regardez, je contrôle votre téléphone. Tous vos téléphones que je fais sonner en même temps, hop ! J’apparais sur votre télévision.
- Ha ben tiens, oui, c’est pas banal.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- Laquelle ?
- Cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme je le disais plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures pour tout vous transmettre. A bientôt professeur. »

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Et elle raccroche.

Ce que le film ne montre pas, c’est qu’elle a tenu le même dialogue à un personnage beaucoup plus crédible qui était dans la chambre d’hôtel voisine de Norman quelques minutes plus tôt. Comme je suis sympa, je vous redonne ce que ça a donné.

« Allô, professeur Connard ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy.
- Ecoutez, je ne me souviens que rarement des prénoms. Vous étiez stagiaire chez moi ? Comment vous êtes-vous échappée ? Vous voulez un CDI, c’est ça ? Donnez-moi votre adresse, je vous envoie quelqu’un. Diego ! Va chercher du chloroforme, une pelle et un grand sac poubelle ! 
- Non professeur. Je vous appelle car vous êtes un expert en absurdités. Or, je suis victime d’un truc absurde. J’ai lu tous vos spoilers, vous vous y connaissez.
- Tous mes spoilers ? Mais enfin Mademoiselle, il y en a beaucoup trop pour la santé mentale de n’importe qui ! Même ceux des Twilights ?
- Tous. Mais là n’est pas le sujet. Je vous appelle car j’utilise désormais 28% de mon cerveau suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse.
- Je n’ai rien fait et d’ailleurs, vous n’avez aucune preuve. Par contre, je suis d’accord avec vous sur un point : vous êtes complètement stone. Maintenant il faut me laisser, hein. Les appels désespérés de damoiselles qui disent être fans de ce que je fais mais avoir été droguées contre leur gré , je connais et ça s’appelle mes ex. 
- Ecoutez-moi professeur. Le pourcentage d’utilisation de mon cerveau continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- C’est ballot. Mais comment puis-je vous croire ?
- Je contrôle votre télévision. Et vos téléphones.
- Ouais, ben allez faire ça chez le voisin. C’est le professeur Norman et je l’entends glousser comme une écolière devant le Grand Journal, alors soyez sympa et faites-lui baisser le son.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- « François Hollande est-il tangible ? »
- Non, une autre : cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme le disait le professeur Norman plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : vous reproduire pour transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures.
- Okay, et moi je commande du champagne et du lubrifiant. La reproduction, tout ça.
- Professeur je… je sens comme un danger qui plane sur moi maintenant que j’ai accepté votre offre. Je crois que je vais plutôt appeler la chambre d’à côté.
- Roooh, l’autre ! »

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Lucy se prépare donc à embarquer pour un vol Taipei-Paris, mais d’abord, elle a un autre coup de fil à passer. A la brigade des stups, en France.  Et c’est le capitaine Pierre Del Rio qui prend l’appel (oui, encore un).

« Allô, capitaine Del Rio ?
- Oui ? C’est vous la fille qui appelez tous les personnages du film pour leur raconter des âneries ?
- C’est moi. Capitaine, trois mules vont arriver à Berlin, Paris et Rome. Chacun de ces passagers a dans son corps un sachet contenant une nouvelle drogue ultra-puissante. Vous devez les arrêter et me donner la drogue. J’en ai besoin.
- Heu… vous savez que ça ne se passe pas comme ça, en fait ? Que la drogue, on ne la distribue pas ?
- Ce n’est pas dans le script. Faites oui oui de la tête.
- Mmm… oui oui…
- Très bien. Je vais vous envoyer les photos des passeports des trois passagers en question, que j’ai obtenues en… heu… ah merde, c’est pas écrit… je les ai… reproduites de mémoire sous Paint ?
- On va dire ça.
- Merci. Je vous les envoie sur votre PC grâce à mes supers pouvoirs psychiques. Mes supers pouvoirs psychiques qui me permettent aussi de vous dire, depuis Taipei, et sans caméra, que vous êtes assis sur votre bureau sans prendre de notes. Alors attrapez le stylo rouge à votre gauche et notez ce que je vous dis.
- Mais comment savez-vous tout cela ?
- Deux options : soit je suis une femme surpuissante avec des pouvoirs mystérieux, soit vos collègues de bureaux un peu cons vous font une blague grossière.
- Va pour les pouvoirs mystérieux. Je vous crois sur parole et préviens aussitôt Berlin et Rome ! »

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« Chaire proffeceur Norman, je suit une fille surdouai qui voudré un conseille. J’utilises cette ordinateur parsse que je chairche commant stoquer les connéssences que j’est accumuler. Si tu a connéssence d’un objé ou qu’on peux stoqué des donnée ce seré genti. Répon moi a ptitelouloutedetaipei@caramail.fr. Bisoo. »

Le capitaine Del Rio ne se pose donc guère plus de questions que cela et lance donc l’affaire, pendant que de son côté, Lucy monte dans son avion. Mais alors qu’elle arrive au-dessus de Paris, peu avant l’atterrissage, elle est fort surprise car… elle commence soudain à se décomposer ! Elle court donc s’enfermer aux toilettes en prétextant une méga-chiasse, et découvre qu’en absorbant un peu de la drogue qui restait dans le sachet qu’on lui a retiré du bide, ça va tout de suite drôlement mieux. Cependant, elle perd tout de même conscience, et à son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, elle est droguée et attachée à un lit dans une chambre sécurisée. De la même manière, la police intercepte aux quatre coins de l’Europe les trois autres mules et… les fait envoyer en France pour leur retirer la drogue de l’estomac.

Ah ben oui. C’est vrai que ce n’est pas dangereux de voyager avec un sac dans le bide. Alors on leur fait faire encore un petit tour avec. Et que transférer un prisonnier se fait en 10 minutes. Et que tous les prisonniers sont déjà au Val-de-Grâce au moment même où Lucy arrive, soit à peine quelques heures après leur interpellation : bravo !

Non mais… bon, bref.

Sauf que Lucy se réveille. Et que cela surprend tout le monde, puisqu’on lui avait filé assez d’anesthésiant pour endormir un Jean-Pierre Castaldi. Aussi, toute la police lui tombe dessus lorsqu’elle essaie de quitter l’aéroport, et Lucy explique qu’elle aimerait parler seul à seul avec le capitaine Del Rio, et donc qu’il serait gentil de dire aux 250 agents de sécurité autour de bien vouloir la laisser en paix. Et comme la situation ne se règle pas assez vite, elle utilise ses pouvoirs surpuissants pour faire tomber tout le monde inconscient… sauf le capitaine Del Rio.

« Bon bé voilà capitaine, je vous ai donné les mules, vous allez leur retirer la drogue et me la filer.
- Non. 
- Allez, steuplé !
- D’accord. »

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Ce fabuleux argument suffit à convaincre le capitaine Del Rio, qui bien que trouvant ce qu’il vient de se passer bizarre, ne demande aucune explication à ce sujet parce que, bof, vous savez, des gens qui font tomber 250 mecs inconscients sans ciller, c’est curieux mais pas bien important. Tous deux montent donc dans la voiture du capitaine… sauf que Lucy a désormais le super pouvoir d’intercepter toutes les télécommunications ! Et utilisant ses pouvoirs mystérieux, elle parvient à détecter une conversation parmi des millions, en coréen par ailleurs : c’est Monsieur Jang ! Qui, oui, est Coréen, oui, est à Paris, oui, veut se venger, et oui, a appris que ses mules avaient toutes été prises par la police. Et qu’elles attendaient d’être opérées au Val de Grâce.

Les Coréens envoient donc tout un groupe sur place pour meuler la police et récupérer la drogue. Aussi simple que cela.

Et con, aussi. Mais est-ce que ça vous surprend encore ?

Lucy décide donc de prendre les choses en main : elle n’a jamais conduit mais prend le volant et s’avère être un pilote de génie (son cerveau lui a aussi fait passer ler permis). Elle met le gyrophare de Del Rio en marche, et en avant les enfants ! Sauf qu’en roulant à fond pour essayer de devancer les Coréens, elle attire l’attention d’autres unités de police, qui prennent la voiture de Del Rio en chasse.

« Je vais leur dire de nous lâcher, passez-moi la radio. » propose intelligemment Del Rio. « Non, j’ai une meilleure idée ! » répond Lucy histoire de bien pourrir l’affaire.

Et elle utilise donc ses pouvoirs pour provoquer un carambolage mortel entre les différentes voitures de police, le tout sur une place de marché où les véhicules hors de contrôle peuvent ainsi tuer plein d’innocents.

Sérieusement ? C’était ça ta meilleure idée ? Tu es sûre que ton cerveau fonctionne mieux qu’avant ? Non parce que non seulement Del Rio avait une solution simple, pacifique et sans risques, mais en plus, il aurait même pu dire « Continuez de nous coller aux fesses ! On va intercepter des méchants Coréens, on aura besoin d’autant de monde que possible ! » mais non. Et pourquoi ? Parce que Lucy est stupide. Aussi bien le film que le personnage, d’ailleurs.

Bref, pendant ce temps, au Val-de-Grâce, les Coréens qui doivent avoir des voitures avec des turbo-réacteurs sont arrivés avant même Lucy qui a pourtant une voiture de police, des supers pouvoirs et a intercepté le message ordonnant l’attaque. Et ils arrivent dans la salle où les mules sont retenues, tuent tous les policiers qui les surveillaient et…

Oui ? Se barrer et opérer les mules au calme ? Noooon. Vous vous souvenez de ce que j’avais dit plus haut ? Sur le fait que ces gens étaient assez cons probablement pour essayer de faire n’importe quoi en plein milieu d’un commissariat ? Hé bien c’est gagné : les Coréens décident d’opérer les trois types, sur place, bien lentement en prenant leur temps (plutôt que de les tuer et de récupérer la dope, même s’ils le font pour l’un d’entre eux sur un coup de tête mais ne poursuivent pas avec le candidat suivant), le tout entouré par les corps des policiers et après avoir vidé leurs flingues au milieu de l’hôpital.

Mais rassurez-vous, personne ne les dérange.

Bon je… je vais égorger un bébé phoque et je reviens d’accord ?

Hop.

Voilà. Donc, disais-je, ils ne sont pas dérangés, à part par Lucy qui débarque avec le capitaine Del Rio. Le chef de la petite troupe, sous-fifre de Monsieur Jang, ordonne donc à ses hommes de tuer Lucy pendant que lui se barre avec la mallette contenant les trois sachets de drogue qu’ils viennent de récupérer sur les pauvres mules.

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Chose intéressante : lorsque l’on a des supers pouvoirs, il faut quand même utiliser ses mains comme sur une tablette pour percevoir le monde. Moi aussi, quand j’essaie d’écouter deux conversations, je suis obligé de les faire glisser devant moi pour préciser sur laquelle je me concentre le plus.

« Ah ! Parfait, Lucy va tous les faire tomber inconscient ! » s’exclame le public.

« Mmmmm noooon je vais plutôt faire un mur invisible pour empêcher le chef des méchants de fuir. » répond Lucy qui confirme ainsi son statut de bulot qui parle. Car oui, plutôt que de tout régler en une seconde – ah, le problème des pouvoirs surpuissants ! – elle préfère faire du n’importe quoi. Elle fait donc son mur invisible, puis pendant que les hommes du méchant attendent en faisant du rien malgré le fait que leur chef leur ordonne de tirer, Lucy prend son temps pour leur faire dégager leurs armes, puis les fait léviter pour se frayer un chemin jusqu’au méchant en chef et récupérer la mallette.

Et devinez quoi ?

Elle ne tue personne. Ne les fait pas tomber inconscient. Et une fois partie… hé bien elle les laisse même se barrer.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ?

« Bon ben maintenant que j’ai la drogue, et que la police qui vient d’arriver n’empêche personne de sortir de l’hôpital, capitaine Del Rio, je vous fais un bisou. Cela fait, soyez bien urbain et emmenez-moi au centre de recherche où m’attend le professeur Norman dont j’ai détecté les pensées à 12 000 bornes et compris qu’il m’attendrait là et non pas à l’hôtel.« 

Ça doit être pratique, ça, de pouvoir lire les pensées de gens tellement loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Surtout quand en sortant de l’hôpital, Lucy croise la voiture de Monsieur Jang, mais là par contre, le mec a beau être limite en train de ronger sa vitre en hurlant des insanités, lui, elle ne le remarque pas. Ni ne détecte quoi que ce soit. C’est beau la magie du scénario : je vous rappelle que depuis le début, tout ne repose que sur le fait qu’à chaque fois que Lucy croise les méchants, elle fait bien attention à les ignorer/les épargner/leur donner une chance de faire une nouvelle scène d’action.

Et c’est ce qu’il se passe. Car Jang ordonne à ses hommes de suivre Lucy jusqu’au centre pour lui mouliner la margoulette. Et lui-même mènera l’assaut, car il la tuerait bien de ses mains. Le capitaine Del Rio, à l’opposé, préfère prendre ses précautions et appeler des gardiens de la paix en renfort (mais pas d’unités plus costaudes comme le GIPN, le GIGN, ou même des ninjas, ce qui est bien dommage). Cela fait, tout le monde se rend donc au centre de recherche où Lucy rencontre pour la première fois le professeur Norman, le légendaire scientifique et une équipe de sommités qu’il a réunies.

Vous ai-je d’ailleurs parlé du moment où le professeur Normal parle de Lucy l’australopithèque en disant « la première femme de l’humanité s’appelait Lucy » au lieu de « le plus ancien corps de femme retrouvé a été baptisé Lucy » ? Quand je vous dis que c’est un grand scientifique, je ne déconne pas.

« Prouvez-nous que ce dit Norman à votre sujet est vrai ! » demande un des scientifiques présents. Aussitôt, Lucy lui saute dessus, lui touche le front et a la vision d’un chauffeur sur le point de renverser une fillette. Elle explique donc :

« Vous aviez une fille, elle a été renversée quand elle avait 6 ans. Par une voiture bleue, avec un petit oiseau qui pendait au rétroviseur.
- Alors c’est très vrai, mais vous pouvez m’expliquer comment encore une fois, en scannant ma mémoire, vous n’avez pas ce que j’ai vu mais ce qu’a vu le chauffard qui n’a rien à voir avec moi ?
- … c’est… heu… magique ?
- Okay, vous m’avez convaincu. »

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C’est donc encore une fois en se vautrant lamentablement que le film se poursuit. Car Lucy explique son plan : avant de disparaître, elle veut transmettre, comme convenu, le savoir qu’elle a accumulé (parce que oui, utiliser son cerveau plus largement lui donne accès à plein de mystères qui traînaient dedans sans que l’on sache bien pourquoi). Pour ce faire, elle propose de faire un test : lui injecter toute la drogue qui reste. Elle pourra ainsi s’en servir pour monter ses capacités cérébrales jusqu’à 100% et ainsi savoir ce qu’il se passe à ce moment là. Et en même temps, elle va tenter d’utiliser ses pouvoirs pour créer un ordinateur suffisamment puissant pour contenir son savoir car elle peut désormais manipuler la matière, y compris fécale au vu de l’intrigue. Mais son plan est interrompu par de tristes nouvelles données à Del Rio par ses camarades de la maréchaussée.

« Capitaine  ! Il y a des Coréens avec des lance-roquettes et des gros flingues qui arrivent ! 
- J’ai une idée : on va tenter de les retenir au maximum pendant que Lucy fait son expérience, quand bien même on ignore combien de temps ça va prendre.
- Super ! Et sinon, on ne pourrait pas juste dire à Lucy de tous les neutraliser comme elle l’a déjà fait à l’aéroport et ensuite reprendre le test en toute sécurité ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Roudoudou. J’étais étudiant mais je me suis fait virer, alors pour gagner ma vie, je suis devenu flic.
- Cassez-vous Roudoudou ! Vos plans intelligents n’ont rien à faire dans ce film ! Encore une fois, on ne va pas utiliser de pouvoirs surpuissants de manière utile ! A la place, on va se faire une grosse scène de fusillade sans aucune raison ! »

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Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Pendant que Lucy fait monter son pourcentage de matière grise utilisée, les policiers et les Coréens s’affrontent dans le couloir menant à la salle où Lucy est (mais dont la porte arrête toute les balles, merci, quand bien même elle est au fond du couloir) et Lucy pendant ce temps raconte des trucs comme « 1+1 ne fait pas 2 car en fait, ce n’est pas la bonne échelle, il faut être conscient du temps qui passe » bref, vous l’avez compris, plus le temps passe, plus en fait Lucy se transforme tout simplement en Jean-Claude Van Damme. Et une fois qu’elle a fini de raconter du caca, elle met bel et bien son plan à exécution, à savoir qu’elle s’assoit dans une chaise, se concentre, et transformant l’un de ses bras en enchevêtrement de tubes façon Akira, commence à absorber tout ce qu’il y a dans la pièce (à part les scientifiques) pour convertir cette matière en un gros PC surpuissant au milieu de celle-ci.

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Le professeur Norman se marre : Lucy n’a toujours pas compris que puissance cérébrale et savoir étaient deux choses différentes. Pour stocker toutes ses connaissances, elle aura donc juste besoin d’un Amiga 500.

Sauf que les Coréens, dehors, ont pris l’avantage et réussi à coller une roquette dans la porte alors que Lucy était à 99% d’utilisation de son cerveau. Monsieur Jang arrive donc, l’arme à la main, et sous les yeux médusés des scientifiques (tous les policiers dans le couloir qui étaient encore vivants il y a une seconde sont partis faire caca semble-t-il), braque Lucy. Il reste comme ça 40 bonnes secondes, sans raison là encore, jusqu’à ce que Lucy atteigne soudain 100% d’utilisation de son cerveau… et disparaisse à la seconde où Jang tire !

AH BEN CA ! C’est tellement original que je crois que je l’ai en 87 exemplaire dans mon album Panini « Poncifs qui puent & ficelles grossières.« . J’échange d’ailleurs ces vignettes contre la légendaire carte rare Ridley Scott, celle avec les bords dorés.

Mais bref.

Jang est bien embêté : il vient bêtement de fusiller une chaise vide. Il est doublement embêté quand Del Rio, qui était donc bien vivant, juste à côté de la porte qu’il était censé défendre, mais avait laissé Jang rentrer sans le déranger, fait son grand retour sans aucune explication (pourquoi commencer maintenant ?) et abat le méchant qui s’effondre dans la chaise en question. Del Rio et les scientifiques se retrouvent donc dans la pièce, un peu embêtés et sans savoir quoi faire. Il ne reste plus de Lucy que l’immense ordinateur en plein milieu, et duquel surgit… une clé USB.

Qui sitôt saisie, fait que l’ordinateur tombe en poussière : il a fait son office.

Toutes les connaissances accumulées par Lucy sont donc sur cette clé particulièrement moche (spécial dédicace à l’effet spécial pourri pour donner l’impression qu’il y a des étoiles qui bougent sur la coque), et on imagine que si Lucy était née 15 ans plus tôt, elle aurait généré une disquette 5 pouces 1/2 chatoyante, ce qui aurait quand même eu vachement plus de classe. Tout le monde se regarde donc et est bien content : elle a accompli sa mission.

Elle a légué à l’humanité la seule clé USB assez puissante pour y stocker tout le porn du monde dès qu’ils auront formaté les conneries que Lucy a laissé dessus.

Del Rio, quand même bien enquiquiné car il aurait bien voulu un autre bisou, demande à la cantonade « Ben ? Où s’qu’elle est ?« 

Et un SMS sur son téléphone lui répond :

« Je sui partou, lol. »

Alors que Del Rio réfléchit à tout ce que cela implique d’avoir une Scarlett Johansson invisible et omnisciente, surtout au sujet de ses activités habituelles sous la douche, la voix off de Lucy vient accompagner la caméra qui s’éloigne.

« On nous a donné la vie. Maintenant, vous savez quoi en faire.« 

Et…

… FIN !

Pardon ? Mais qu’est-ce que ? Mais ! Attendez, le film se finit là-dessus, paf, elle disparaît, fait la morale et c’est plié ? Oh oui, je sais ce que je vais en faire, de ma vie !

Diego, charge mon fusil dans la voiture : on va chez Luc Besson !

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Vous pensez que j’exagère sur le bullshit philosophico-prout-prout de ce film et de sa phrase finale ? Alors dites-vous que je ne vous ai pas parlé, alors que Lucy est sur sa chaise à s’approcher des 100% de capacité cérébrale, des scènes où Lucy voyage dans le temps (si), l’espace (aussi), touche le doigt de Lucy l’Australopithèque façon chapelle Sixtine, comme ça, pour déconner, et voit que l’univers n’est en fait qu’un gros ovule qui s’est fait engrosser par de la semence intersidérale (si, là aussi). Parce que oui, le cosmos aussi a sa sexualité. Il est comme ça. Des fois, il va en boîte, rencontre un inconnu et paf, big-bang à l’arrière de la Twingo.

Et vous voulez le plus beau ?

Ambitieux, « Lucy » atteint ses objectifs comme spectacle de divertissement, spectaculaire et intelligent.

Culturebox – France Télévisions

« Intelligent« , donc.

Bravo, les gars.

Je crois que ce sera le mot de la fin. Inutile d’en rajouter.

L’été est un moment merveilleux pour rattraper son retard.

Qu’il s’agisse de lectures abandonnées et reprises à l’occasion d’un jour brûlant, ou d’un bricolage toujours remis à demain enfin achevé, pour certains, c’est l’occasion de voir les blockbusters qu’ils avaient loupés. Ainsi, pour ma part, c’est à la fois l’occasion de me pencher sur les CVs de lectrices en attente, mais aussi sur les plus grandes œuvres de ces derniers mois, à commencer par l’un d’entre eux : Noah. Ou Noé, dans la langue de Molière et de Patrick Sébastien.

Puisque oui : quitte à adapter n’importe quel best seller au cinéma (non, je ne pense pas que j’irai pas voir 50 Shades of Grey, je pense que c’est au-delà de Twilight et de ce qu’un être humain peut supporter), pourquoi ne pas adapter la Bible ? Après tout, ce n’est pas plus bête qu’adapter un Marvel : des héros en pagaille, des super-pouvoirs à foison, des gens qui meurent et ressuscitent dans la foulée pour ne pas décevoir les fans, et bien sûr, des incohérences grosses comme des dinosaures.

Bref ! Il fait chaud, c’est l’été et votre ordinateur fait office de radiateur à côté de votre chaise dégoulinante de sueur, aussi soyons brefs et passons au cœur du sujet : Noah, bateau qui flotte ou étron qui coule ?

Ni une, ni deux, spoilons mes bons !

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L’affiche. Pas une seule explosion ! Voilà qui annonce un film de qualit… attendez, attendez, je crois que le titre suffit à lui seul à annoncer un déluge fécal.

Notre film commence… par un Powerpoint.

Oui, c’est rude. Si quelqu’un a une autre explication quant à cet enchaînement de diapositives digne d’une réunion de la COGIP, je veux bien qu’il m’explique. C’est donc avec une police de caractère immonde et dorée entrecoupée de brèves scènes bruitées à l’aide d’une base de sons gratuits trouvée sur internet (non vraiment, les gens qui ont vu ce film au cinéma ont dû se demander où ils étaient) que l’on rappelle au spectateur quelques étapes importantes du début des temps selon les grandes religions monothéistes.

Au commencement, il n’y avait rien, ce qui était tout de même un peu nul pour s’occuper le dimanche, qui lui-même, n’existait pas soit dit en passant. Ensuite, Dieu créa tout un tas de trucs, dont la Terre, les étoiles et la moutarde à l’ancienne. Puis, Adam et Eve, suite à un pique-nique ayant dégénéré, furent chassés du jardin d’Eden et envoyés sur Terre, comme ça, ça leur ferait les pieds. Ils eurent trois fils : Caïn, Abel et Jean-Jacques. Cain tua Abel lors d’une rixe autour d’une partie de pogs (c’était le début des temps, c’est loin tout ça), puis s’enfuit vers l’Est lointain, où il rencontra des anges déchus, qui comme ils étaient sympas lui proposèrent… de l’aider à fonder une civilisation industrielle ainsi que l’éditeur White Wolf.

Chut. On se concentre et on oublie ce que vous a dit la Madame du catéchisme. Je continue.

Donc disais-je, ne me demandez pas pourquoi mais les anges déchus avaient apparemment très envie de voir naître une civilisation industrielle, probablement à cause d’un goût prononcé pour le steam-punk qui est prétexte à tous les corsets comme chacun sait. Sauf que les cités des descendants de Caïn se multiplièrent. Ne me demandez pas comment, Caïn s’est probablement reproduit en faisant sensuellement l’amour à des ragondins, puisqu’aux dernières nouvelles, ils étaient trois frères et c’est tout et le film n’en dit rien. Bref, zoophilie ou non, les cités de Caïn disais-je, grandirent au point de couvrir toute la surface de la terre et d’en épuiser l’ensemble des ressources et en faire un vaste désert.

Ne restèrent alors plus que les descendants de Jean-Jacques pour protéger la Création…

Et le film (à la fois pré et post-apocalyptique, du coup) débute donc lorsque Noé enfant, dernier descendant de Jean-Jacques, s’apprête à passer le rituel avec son papounet pour devenir un homme. Que dites-vous ? Un seul descendant pour Jean-Jacques là où il y a eu assez de gens par générations chez Caïn pour couvrir la Terre ? Oui, je pense qu’il y en a un qui s’est gardé pour lui le secret des ragondins. Mais bref ! Le dernier des Jean-Jacques est donc avec son papa dans un coin rocailleux, lorsque Papa Noé s’enroule autour du bras une relique : la mue du serpent du jardin d’Eden. Elle se met à briller et pour achever le rituel de passage à l’âge adulte, Papa Noé doit toucher son fils avec, mais au moment où il va le faire, toute une armée accompagnée d’anges déchus (qui sont de gros golems de pierre, pour faire simple) apparaît à 20 mètres de nos héros qui, non, ne les avaient pas remarqués.

C’est ballot. Ils avaient sûrement mis des patins.

A la tête de cette vilaine armée de descendants de Caïn : Tubal (aussi appelé « Tuduku » par ses amis). Celui-ci est bien évidemment très méchant et avide, et il explique à Papa Noé que ça suffit les conneries, la Création, Dieu, tout ça… après tout, dans les villes, on meurt de faim et de soif par manque de ressources et le Créateur n’a rien fait. Tubal donne donc une grosse mandale à Papa Noé en lui expliquant qu’au nom de son peuple et de l’humanité, il prendra tout ce dont il a besoin pour survivre. Il se saisit donc de la relique du serpent du jardin d’Eden, qu’il fait sienne, puis… bute Papa Noé, histoire qu’il arrête ses sermons écolos.

Noé, qui s’est caché, voit donc son père mourir sous ses yeux des mains de Tubal.

Un début de film d’une folle originalité, donc, nous en conviendrons.

Au passage, j’en profite : Tubal explique que ce coin où vivaient les derniers descendants de Jean-Jacques a un sol riche en pierres jaunes magiques qui explosent, une ressource bien connue sur Terre, et que sa civilisation exploite. Appelons cette matière le « Broufanium », puisque « Brouf » est le bruit qu’elle fait quand on la tape et qu’elle explose, permettant ainsi de dégager chaleur et énergie. Non, moi non plus, je ne comprends pas bien ce que ça vient faire dans ce film. J’imagine qu’un scénariste s’est dit que ce serait rigolo de rajouter des trucs. Sa première idée, les sabres lasers, ayant été refusée, il s’est rabattu là-dessus. Pourquoi pas.

Cela étant dit, bondissons dans le temps et allons retrouver bien des années plus tard le jeune Noé qui est désormais devenu un Noé d’âge mûr, un Noé poilu, bref, une sorte de Russel Crowe. Celui-ci vit toujours dans les coins désolés qu’offre désormais la Terre, et fouille le sol désolé à la recherche de nourriture avec ses enfants Sem & Cham lorsque soudain tombe du ciel une goutte d’eau. Et à la seconde où celle-ci touche le sol… pousse une fleur.

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Ici, Tubal étudie le sol à la recherche de Broufanium. Rappelons que le Broufanium n’a strictement aucun intérêt dans l’histoire, c’est juste comme ça.

Noé sourcille un peu : ce n’est pas banal. Il se demande, si c’est si facile de faire pousser une fleur, si le mec de Jardiland ne l’aurait pas un peu entubé l’autre jour, mais alors qu’il en est tout à ses réflexions, un des derniers animaux de la planète, une sorte de croisement entre un chien et un tatou – pourquoi l’équipe du film a-t-elle dépensé du budget à inventer un animal sans aucune raison, je n’en sais rien – passe devant lui en couinant, blessé. Noé part donc à sa poursuite, car s’il protège la Création toute entière (seul contre tout le reste de l’humanité, rappelons-le), il doit aider les animaux, tous les animaux. Ainsi, même la mouche affamée sait que, comme le spectateur averti, si elle va voir Noé, elle trouvera du caca à volonté. C’est beau l’entraide. En tout cas la bête, qui a été blessée par une flèche, s’arrête au pied d’un rocher et notre héros va l’aider. L’animal, qui a probablement lu le script, n’essaie pas de lui arracher la main et se contente de laisser Noé le triturer avant de mourir parce que bon, c’était un peu tard. Tant pis.

« Hé, vazy bâtard, qu’esse tu fais à not’ miam ? » s’enquiert soudain un brigand derrière Noé.

Le brigand en question est venu accompagné de deux amis, et puisque la nourriture manque, il ne souhaite pas partager la proie qu’il vient de chasser avec Noé le clodo. Il décide donc de le passer à tabac, ce qui est une grosse erreur, car Noé reste avant tout Russel Crowe, qui mouline donc la gueule des margoulins avec aisance, les tuant tous sans distinction. Scène coupée au montage, l’un des brigands qui agonise pose cette question qui brûle les lèvres des spectateurs :

« Ah… Noé… tu es fort… très fort… mais dis-moi, sachant que ton père est mort et que tu vis en ermite, comment as-tu appris à te battre ?
- Je me suis entraîné avec des cailloux. Une fois, j’ai même battu un silex au catch.
- Ho… tout s’explique alors… ce n’est pas du tout incohérent.
- Hé non. Allez, meurs ! »

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Pfou ! Un animal mort, trois brigands meulés et une fleur tombée du ciel, allez, la journée a été longue : Noé décide de rentrer à la maison. Car oui, Noé a une maison. Enfin ! Nulle structure en dur : en réalité, lui et sa famille (il a aussi une femme, Naameh, comme dans la phrase « Naameh t’as fini de raconter des conneries ? » et un nouveau-né, Japhet comme dans « Japhet un autre jeu de mot pourri ou ça ira ?« ) vivent dans des tentes et errent sur la Terre désolée comme de vulgaires clodos à la rechercher d’un Monoprix devant lequel s’installer. Après avoir embrassé femme & enfants, Noé va donc se coucher histoire de se remettre des événements de la journée.

Mais dans ses songes, il a une vision.

Le sol de cendres du monde ravagé dans lequel il erre au quotidien lui colle aux pieds comme de la boue : en réalité, la cendre est devenue sang. Et alors qu’il est encore tout éberlué, voilà qu’il se retrouve sous l’eau. Le monde est recouvert d’eau, et des cadavres montent du fond tout autour de lui en poussant de grands hurlements.

Noé se réveille donc tout en sueur aux côtés de Naameh.

« Chéri ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu digères mal ton bouillon de racines ?
- Non, Naameh. J’ai eu… une vision. Un rêve… de l’eau… de l’eau partout… des gens tout autour de moi.
- Oui ça s’appelle un rêve humide mon choubidou. Moi aussi j’en fais souvent un, on est au Macumba avec tous ces gens autour de moi et soudain, il y a cet énorme videur qui me…
- Non, non, vraiment humide, genre beaucoup, beaucoup d’eau. Le créateur m’a parlé. Il m’a envoyé une vision. Il va… détruire le monde tel que nous le connaissons.
- Tu es sûr ? Peut-être qu’il voulait juste te prévenir qu’il allait pleuvoir et qu’il fallait rentrer le barbecue. »

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Mais non, Noé est sûr de son coup : Dieu est en colère et il va nettoyer la Création. Dans son rêve, il a aussi vu une montagne, et il pense que des réponses sont là-bas. Tout le monde prend donc son petit sac à dos et la famille après avoir démonté le camp part à l’aventure en suivant Noé qui doit savoir ce qu’il fait, après tout, il a eu un rêve et en a déduit des trucs sur l’avenir de l’humanité, il ne faudrait surtout pas le remettre en question, les élucubrations oniriques, c’est tout ce qu’il y a de plus crédible. Comme la fois où Noé les avait obligé à se mettre des pneus autour du cou car il avait vu en rêve que c’était le seul moyen d’invoquer Salma Hayek, halala, ils avaient passé six mois comme ça mais il avait fini par être raisonnable. La famille  traverse donc des paysages dévastés pour rappeler que la Terre est dans un sale état : forêts de souches calcinées, plaines aux étangs empoisonnés, ruines de villes, villages et d’exploitations minières… et c’est en traversant l’une d’entre elles que soudain, tout le monde entend gémir.

Une caravane de malheureux a été attaquée ici, et il y a une jeune survivante, Ila (ça a dû être dur à porter à l’école), qui a une blessure au bidou. Heureusement, Naameh connaît bien les remèdes magiques (qui lui a enseigné ? Mystère) et guérit la pauvresse avant de l’emmener. Sauf que voilà : les fripons qui avaient attaqué la caravane n’étaient pas loin, et voyant un nouveau groupe de survivants errer dans les décombres, ils passent à l’attaque. Noé, sa petite famille et la blessée qu’ils transportent cavalcadent donc dans la direction opposée, mais las ! Voilà qu’ils tombent nez-à-nez avec une sorte de frontière dessinée avec des piques et des crânes délimitant un désert encore plus calciné que le reste de la planète. Tant pis, il faut y aller !

Tout le monde s’élance donc à fond les ballons dans la zone dangereuse, quand soudain, un gros tas de pierres s’anime… un ange déchu ! Et s’il fait fuir les brigands, il n’en colle pas moins un gros pain dans la margoulette de Noé, qui tombe inconscient.

A son réveil, Noé et sa famille sont dans un ravin sans issue, et entourés d’anges déchus qui discutent de leur sort. Noé, qui malgré son gros pain de plusieurs tonnes de roches dans la tronche, a le visage impeccable puisque ce film est cohérent à tout point de vue, essaie de les raisonner.

« Anges déchus ! Nous ne vous voulons aucun mal, nous traversons juste vos terres pour nous rendre à la montagne où vit mon grand-père, Mathusalem.
- Un descendant de Mathusalem ? Voilà qui ‘est intéressant. Mais tu es un homme, et les humains nous ont trahi comme ils ont trahis le Créateur ! 
- Non mais attendez, c’est justement votre ancien boss Dieu qui nous envoie.
- Ho l’autre, le vieux bluff ! Restez ici à pourrir, tiens. »

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Et les anges abandonnent Noé et sa famille dans le trou en plein cagnard. Flûte !

Notez : les anges déchus croient moins en Dieu que la famille de Noé. Comme quoi.

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Pour bien dire qu’il est gentil, l’un des anges a tout le temps une tête de type qui vient de renverser un lapin kikinou. Là où les autres sont borgnes avec des sourcils de pierre froncés en permanence. Et des voix de méchants, bien sûr.

Abandonnés, désespérés, nos héros sont cependant surpris au beau milieu de la nuit par un ange déchu qui a une tronche de gentil comparé aux autres histoire que le spectateur comprenne bien qu’il ne va pas les transformer en kebab. Celui-ci ordonne à l’équipe de le suivre, et il les aide à s’enfuir du lieu de leur détention, avant de les guider au travers du désert de cendres. Il en profite au passage pour raconter l’histoire des anges déchus. Au commencement des temps, ils étaient faits de lumière et veillaient sur Adam et Eve, même si certains auraient pu parler de « mater comme des cochonous« . Lorsque le couple d’humains fut chassé du jardin d’Eden, certains anges désobéirent et filèrent sur Terre pour les guider, aider leur fils Caïn a monter une civilisation qui dépote, etc. Mais Dieu n’ayant guère apprécié cet abandon de poste résilia leur CDI et en plus les changea en pierre, mais ça, c’est principalement parce que ça le faisait marrer.

L’ange explique aussi, lors d’une scène ridicule de flashback, que les fils de Caïn se sont retournés contre eux quand ils n’ont plus eu besoin d’eux (ils se sont dit « Tiens, si on se lançait dans une guerre inutile contre nos alliés géants super forts juste comme ça sans explication ?« ) et ont commencé à leur tataner la face. On voit donc une armée qui couvre tout à peu près jusqu’à l’horizon (c’est très subtil, ce film est décidément fantastique à tout point de vue) courser les anges déchus, et soudain arriver le dernier allié des golems, Mathusalem, qui s’est trouvé une armure on ne sait où, et surtout, une épée de feu probablement trouvé sous une ortie. Et lorsqu’il la plante dans le sol, puisqu’il est seul contre environ 17 milliards de guerriers, une tempête de feu tue toute l’armée ennemie. C’est ça, le sol tout calciné dans le coin : c’est le champ de bataille.

C’est bête qu’avec une telle puissance, Mathusalem n’ait pas pensé à guider l’humanité plutôt qu’à se contenter de cramer des gens, comme ça, pouf, avant de retourner ne rien faire.

Mais bon, hein, c’est vrai que « Protéger la Création » se limite sûrement à tuer des gens à des moments précis.

Allez, on s’essuie les yeux et on poursuit.

En tout cas, le récit est certes fascinant, mais il n’en est pas moins qu’ainsi guidés et escortés, nos héros arrivent promptement au pied de la dernière montagne verte de la Terre, où vit Mathusalem, grand-père de Noé. Nono emmène donc son aîné Cham avec lui et tous deux grimpent sur la montagne jusqu’à arriver dans une grotte au fond de laquelle vit un vieillard encore vif : Mathusalem.

« Aaaah, ben c’est gentil de venir rendre visite à Papy ! Avec la canicule, ça fait plaisir.
- Bonjour Mathusalem. Je te présente mon fils aîné : Cham. 
- Hooo ben viens t’asseoir à côté de ton grand-Papy. Alors, qu’est-ce que tu racontes ? Ça va l’école ? Tu as une copine ? Tu t’amuses bien avec tes amis ?
- Tout le monde est mort, Papy.
- Ah oui, tiens, c’est vrai ça. Bon, sinon, qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?
- Les baies.
- Hm, c’est vrai que c’est bon, les baies ! Mais tu dois être fatigué de ton long voyage ? Laisse-moi te faire la prise de Monsieur Spock.
- La ? Mais qu’est-ce que… zzzzzzzzzzzz… »

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Et en effet : d’une simple imposition du pouce sur le front de Cham, celui-ci s’endort profondément. Autant vous dire que derrière, quand Mathusalem sert un thé à Noé pour discuter en paix, notre héros regarde le breuvage si fort qu’on l’entend presque penser « La vache ! Je suis sûr que le vieux avait du GHB sur le pouce pour faire ce coup là !« . En tout cas, Mathusalem explique à Noé qu’il sait pourquoi il vient : son propre père lui avait dit qu’un jour, cela arriverait car Dieu voudrait arrêter les humains et leurs conneries s’ils continuaient. Noé explique donc que c’est bien ce pourquoi il vient, mais qu’il n’y a plus aucune chance d’arrêter le processus : Dieu va noyer la Création.

Notons que Dieu est joueur : il a attendu que l’humanité s’anéantisse elle-même dans sa propre apocalypse pour l’anéantir à son tour. C’est vrai que c’est très utile, puisque techniquement, ça veut dire que le bougre n’intervient que lorsqu’il est déjà trop tard. Utile.

Noé n’avait cependant peut-être pas tort de se méfier du thé de Papy : Mathusalem lui explique que Dieu l’a envoyé ici pour une raison… peut-être pour trouver plus de réponses dans ses visions ? Ce pourquoi Papy a mis a peu près 35 moles de benzodiazépine dans son thé, ce qui explose les pupilles de Noé qui à nouveau, a une vision. Il se retrouve encore une fois sous l’eau, entouré de cadavres, sauf que cette fois, des animaux jaillissent d’entre eux et nagent vers la surface, où flotte un énorme navire à fond plat…

Et Noé ouvre les yeux

Il partage donc ce qu’il a vu avec Mathusalem.

« Mathusalem, Dieu va rayer l’humanité de la carte. Mais aussi sauver les animaux, qui sont tous innocents et gentils.
- Même les chats et les caniches nains ?
- Mmmgn… mmmm…. mgnnnnn… même chats et les les caniches nains. La vache, ça pique la langue rien qu’à le dire.
- Très bien. Et quel est le plan du Créateur ?
- Il veut tout effacer et tout recommencer. Il me confie une mission. Construire une arche pour sauver les animaux et ainsi recommencer le monde après le déluge.
- Une arche ? Toi ? On parle bien du mec qui a vécu toute sa vie sur une planète dévastée à gratter le sol pour sucer des cailloux et n’a donc jamais vu la mer ou le moindre bout de bois correct ?
- C’est ça.
- Ah ben, ça va être pratique alors. Si tu arrives à faire un radeau et à sauver deux chèvres, ça sera déjà bien.
- Et encore Papy, tu n’as pas vu le bateau de ma vision : on dirait une sorte de croisement entre une péniche et l’USS Yorktown CS-5. Je pense que Dieu veut se faire un revival de la bataille de Midway. »

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Pour avoir une idée : voici l’arche. Moi, j’y vois un porte avion. Pour d’autres, c’est un vieux quai. Mais en tout cas, pour personne, ce n’est un bateau crédible.

Noé retourne donc au pied de la montagne expliquer à sa famille ce qu’il en est de sa nouvelle mission (qui là encore, lui dit « Okay, très bien » sans souci), et il en profite pour emporter avec un lui cadeau de Mathusalem, à savoir une graine du jardin d’Eden, qu’il s’empresse donc de planter dans la cendre histoire de voir si comme pour les patates, ça donne un résultat intéressant. Et en effet, dès le lendemain, alors que des anges déchus les ont retrouvés et sont en train d’engueuler leur frère qui avait guidé les humains loin de leur prison du désert, là où il y avait la graine jaillit… de l’eau (juste avant qu’un ange déchu ne tabasse Noé et ne s’arrête donc net ; Dieu a un grand sens de la mise en scène hollywoodienne). Qui ruisselle sur la cendre dans toutes les directions, et de l’herbe se met à pousser, puis des arbres à toute vitesse puis l’eau s’étend dans toutes les directions en ruisseaux glougloutants  et Noé ainsi que les anges déchus se retrouvent bientôt au milieu d’une merveilleuse et verdoyante forêt.

C’est bête quand même : depuis des plombes, Mathusalem avait avec lui une graine capable de sauver toute la Création (sa mission, je le rappelle), mais il a oublié de l’utiliser. C’est ballot.

Encore une fois, scénariste, n’oublie pas la règle de base : si tu donnes à un personnage un grand pouvoir, il serait bien con de ne pas s’en servir.

Mais visiblement, on t’a filé une bien grande responsabilité, et tu as été trop con pour la porter.

En tout cas, cela suffit à convaincre les anges déchus d’aider Noé dans sa tâche, puisqu’une pareille magie ne peut être qu’acte du Créateur et non de Gérard Majax. Et comme les anges déchus, abandonnés par les hommes, regrettent leurs erreurs et veulent à nouveau servir Dieu, ils s’empressent de l’aider à monter l’arche, pusqu’il s’avère qu’ils sont tous un BTS charpenterie et que l’un d’entre eux a même fait un stage au chantier naval de Saint-Nazaire en 3e.

Il n’empêche, niveau miracles, c’est moyen : les mecs ont besoin d’une arche, Dieu leur envoie une forêt. L’arche, directement, aurait- peut-être été vaguement plus pratique, mais bon, hein. Dieu, c’est un peu la version céleste des édition Delprado. Le numéro 1, le plan de l’arche, le DVD et l’écoutille ouest, 1€, le numéro suivant est à 12€. Scandaleux.

Les années passent et la construction de l’arche, aidée par les anges déchus et le bullshit biblico-scénaristique progresse à toute allure. Les enfants ont grandi, et la réfugiée qui avait mal au ventrou, Ila, est devenue Emma Watson pour le plus grand plaisir des nerds et de Cham, qui aime courir avec elle dans la forêt pour lui faire des bisous. Mais dès que Cham, qui est un peu chaud comme la braise, envisage un passage dans lequel on se met des trucs dans les machins, Ila refuse catégoriquement.

Car Ila, qui a sûrement passé son diplôme de médecine à l’école des noisettes et fabriqué de quoi se faire passer une échographie seule à partir d’un bâton, d’un écureuil et de 15 mètres de liane, sait que depuis sa blessure au bidou elle ne pourra pas donner d’enfant. Alors, à quoi bon baisouiller si ce n’est pour se reproduire ?

Je laisse à chacun le soin de choisir une réponse parmi les plusieurs millions de possible. Ila, elle, ne trouve pas. Vous pouvez être sûr qu’au Trivial Pursuit, je ne la prendrai pas dans mon équipe. Enfin, dans tous les cas Ila va pleurer auprès de Naameh de son triste sort, et celle-ci lui dit de ne pas trop s’inquiéter, et puis que bon, Dieu a tout cela bien en main. Pour ma part, j’espère que Cham aussi parce que sinon, le garçon est parti pour avoir de sérieuses douleurs testiculaires.

Blagues grivoises mises à part, sur ces entrefaites, un oiseau apparaît au-dessus de la forêt. Puis deux. Puis douze. Puis cent cinquante mille.

« On va se faire bombarder de merdes ! » devraient hurler nos héros en rentrant immédiatement la Punto fraîchement lavée au garage, mais nenni. Les oiseaux trouvent leur chemin dans l’arche, et figurez-vous que non seulement il y a de la place pour tout le monde, mais ils ont même des couchettes. Des couchettes avec des rideaux. Non, je n’invente pas : c’est juste dramatiquement nul. J’imagine bien l’urgence qu’il y avait à aménager cela. Et comme pour les voyages en avion, Naameh a tout prévu : elle a inventé la seule décoction de la terre qui envoie des émanations qui endorment tous les animaux de la Terre sauf les humains. Les enfants de Noé passent donc près des couchettes avec de simili-encensoirs et endorment donc tous les volatiles qui vont probablement se réveiller avec de sérieuses courbatures.

Hélas, cette intervention divine à base d’oiseaux n’est pas suffisante pour nous faire quitter les sujets slipesques puisque bien vite, le second fils de Noé, Sem, vient poser des questions.

« Papa…
- Oui mon fils ?
- Papa, comment… comment on fait les bébés ?
- Tu sais comment on fait une connerie ?
- Par accident ?
- Bah voilà t’as tout compris. Allez, dégage, je bosse. »

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Mais malgré le rude langage de son père, Sem insiste un peu.

« Papa, pourquoi il n’y a que Cham qui a une meuf ?
- C’est ainsi.
- Oui mais s’il y a le déluge… alors il sera le seul à avoir une femme ! Et moi alors ?
- Si le Créateur veut que tu aies une femme, il t’en fournira une. Vois comme il nous a donné une forêt ! Vois comme il a guidé les oiseaux ! »

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Pour les commentaires sexistes, pas besoin de se forcer : le film fait tout. Oui, toi, femme, tu ne le sais pas, mais tu es en fait juste un accessoire que Dieu envoie à droite ou à gauche en fonction de ses commandes Amazon. Et donc, quand quelqu’un agit bien, en récompense, Dieu lui file une nana. Et s’il agit mal, Dieu lui en file deux.

Ou un truc du genre. Rah, je m’y perds, avec ce film.

Je ne comprends même pas comment qui que ce soit a pu lire le scénario de cette daube passé la première page. C’est fou, quand même.

Peu de temps après cette conversation, d’autres animaux arrivent, là encore, en groupe : les reptiles. Et ils vont tous à la même vitesse. Le film ne nous parlera pas du groupe d’animaux qui comprenait l’escargot, qui a dû en chier pour arriver jusqu’à l’arche, ou encore du sauvetage du manchot, qui a dû avoir quelques difficultés à rejoindre cette forêt luxuriante et quasi-tropicale. Enfin bon, hein. On va dire qu’ils ont pris un taxi. En tout cas, l’arche se remplit peu à peu, et à chaque fois, les animaux sont endormis grâce aux pouvoirs mystérieux des préparations de Naameh, qui j’insiste, font dormir jusqu’aux éléphants, mais pas les gentils humains. Soit.

Sauf qu’un jour que Sem se promène dans les bois, il tombe soudain sur un groupe armé… mené par le terrible Tubal !

Celui-ci se présente comme le roi de la région, et il estime donc que cette forêt lui appartient. Il se fait guider jusqu’au camp de Noé par Sem, et sur place, demande ce que c’est que cette curieuse place forte au milieu des bois qui devrait lui revenir de droit. Mais Noé ne l’entend pas ainsi : il se présente donc à son tour comme le descendant de Jean-Jacques de la « huitième génération » (vu qu’entre temps les humains de Caïn ont peuplé la Terre et ont eu le temps de la détruire en plus d’être en surpopulation, ils sont rapides les pépères, même les lapins doivent être jaloux ; avant le déluge, Dieu aurait juste dû envoyer la myxomatose), et informe donc Tubal que oui, il a tué son père et qu’il lui en veut un peu. Tubal se propose donc de tuer Noé et de prendre de force cette forteresse qui est en fait une arche aux dires de son constructeur, lorsque ce que Tubal prenait pour des tas de pierre s’anime : les anges déchus sont du côté de Noé !

L’armée de Tubal panique donc un peu et se replie sans même combattre. Mais Tubal jure vengeance, et qu’il reviendra prendre ce qui lui revient. Surtout quand Noé lui dit bien que le Créateur va tout raser bientôt, et que seule l’arche y survivra. Le méchant leader se retire donc dans les bois où, équipé de son masque de soudeur (si, si, ils ont osé), il commence à forger des armes et à essayer de réunir une grande armée on ne sait comment pour aller distribuer des claques aux anges déchus et s’emparer de l’arche.

Forge

Je vous laisse admirer. Ho, vous avez remarqué, aussi, la forge en dur derrière ? Sûrement fabriquée à l’aide de tout ce métal que l’on trouve dans la forêt. Mais si. Siii. Sous les feuilles. Allez !

Ah, si seulement habitait dans le coin un type disposant d’une épée de feu pouvant vaincre une armée en quelques secondes… pfou.

Les derniers animaux arrivent eux jusqu’à l’arche, même si désormais, pour cela, ils doivent traverser le camp des vilains. Du coup, une paire passe à la poêle et ne sera jamais sauvée, probablement que c’est ainsi que le film justifie l’extinction des dinosaures, ainsi que l’absence des licornes, dragons et critiques de cinéma professionnels talentueux de notre monde : Tubal les a mangés.

L’arche remplie, le déluge ne devrait plus tarder. Avant de partir, Noé tente bien de s’infiltrer dans le camp de Tubal, désormais gigantesque, pour voir s’il ne pourrait pas piquer une fille ou deux pour ses fils, mais la mission est un échec et il se replie en voyant que le camp des méchants est vraiment trop plein de méchants qui tuent et violent pour un oui ou pour un non. Devant cet échec à lui ramener de quoi soulager son adolescence bouillonnante, Sem part dans les bois infiltrer le camp à son tour. Et en s’égarant au fond d’une fosse où les gens du camp jettent leurs morts, Sem tombe bien naturellement sur une jeune fille de son âge tout à fait attirante, maquillée et tout ce que vous voulez, puisque c’est connu, les filles adorent se promener dans les fosses communes.

Autre option mon petit Sem : ils l’ont balancée là parce qu’elle contenait plus de MST que le dictionnaire médical.

Mais bon, je m’égare : trop heureux d’avoir trouvée une louloute, Sem la ramènerait bien à la maison. Il tente donc de s’évader avec elle, hélas, c’est au même moment que la pluie commence à tomber. Et donc que l’armée de Tubal sent qu’il faut se dépêcher de se mettre en route pour l’arche ! Tout le monde part donc à l’assaut, et Sem et sa donzelle, fuyant à en perdre haleine, sont soudain arrêtés par un piège que les hommes de Tubal avaient posé dans les bois. La jeune femme, le pied dans le piège, ne peut s’en tirer, et Sem ne doit son salut qu’à son père, parti à sa recherche, qui le tire de ce mauvais pas… mais abandonne la fille derrière lui.

Celle-ci meurt donc piétinée par l’armée des vilains. Ah oui ? Bon.

A peu près au même moment que ces événements, il s’est passé bien des choses ailleurs ! Car Naameh ayant entendu la douleur d’Ila qui ne peut avoir d’enfants file donc sur la montagne magique trouver Mathusalem et lui explique son souci. Mathusalem disposant de supers pouvoirs, il descend donc et au prétexte de chercher des baies au fond des bois, se met sur la route d’Ila. Et d’un simple passage de la main sur la bidou, il la rend fertile comme un champ de betteraves.

Et visiblement, chaude comme un moteur deTwingo sur autoroute car dans la foulée, Ila court sur Cham et lui arrache les vêtements pour lui faire sauvagement l’amour.

Décidément, niveau drogue du viol, Mathusalem en connaissant un rayon. A mon avis, il y en a un, il n’y a pas que son épée qui était enflammée et…

Ah oui, on est au ras des pâquerettes, j’en conviens. Mais je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce film passe son temps à être rythmé par des scènes où les hommes veulent de la nana et les nanas coucher avec leurs hommes (mais pour se reproduire, hein). Plus que le déluge, c’est surtout de bromure que la plupart des protagonistes ont besoin, mais passons.

En tout cas, au final, tout le monde se retrouve du côté de l’arche. Cham et Ila qui ont des sourires idiots, Naameh et Japhet dont plus personne ne se souvenait qu’il existait encore dans le film, Noé et Sem qui lui fait la gueule parce que son père n’a pas sauvé la jeune femme qu’il s’était trouvé… et toute l’armée de Tubal, au pied de l’arche, qui en prendrait bien le contrôle alors que la pluie tombe désormais à seaux. Et entre eux, les anges déchus qui ne tiennent pas à ce que l’on s’approche de l’arche. Et qui tendent entre eux des chaînes pour… pour…

Ah oui, vous ai-je parlé du fait que Noé & co travaillaient avec des outils en métal ? Ils ont même eu le temps de fabriquer des chaînes, vous voyez. C’est dire si, comme l’arche, c’était facile à faire, ils ont décidé de prendre le temps d’ouvrir une mine de fer, de le raffiner, de le forger, etc. Bravo, Noé. Décidément, pour un mec qui vivait en mangeant des racines dans un désert de cailloux, tu sais en faire, des trucs. Sûrement qu’un vieux caillou avait un long passé de forgeron et qu’il a partagé sa sagesse avec toi sous les étoiles. Les cailloux t’ont tant appris.

L’armée de Caïn se retrouve donc avec des anges déchus, géants de pierre qui tendent des chaînes entre eux pour empêcher l’ennemi de passer.  Ce qui est ballot sachant qu’ils forment juste une ligne devant l’arche : il suffit de faire le tour pour passer. Mais ça, évidemment, personne n’y pense à part les spectateurs qui hurlent de douleur devant une bouse pareille et tous les vilains se jettent comme des gros débiles sur les golems, qui leur mettent une raclée. Du moins, jusqu’à ce qu’arrive Tubal en personne, dont la civilisation a inventé l’increvable tôle ondulée dont ils se servent en guise de boucliers, et Tubal, planqué derrière cette protection, utilise du Broufanium dans un tube pour inventer… l’arme à feu ! Bien vite, les projectiles font mal aux géants de pierre, qui l’un après l’autre, reculent et s’effondrent sous les assauts des innombrables humains. Qui les tuent à la lance juste pour dire qu’en fait, ils n’avaient pas besoin du Broufanium pour les vaincre et que c’est un énième ajout ridicule de principe.

Ce faisant, les anges de pierre explosent et découvrent, heureux, qu’en mourant pour Noé, ils reprennent leur forme d’ange de lumière et montent au paradis.

Je vous la traduis : tant que les anges vivaient pour aider les autres, ils pouvaient bien crever comme des merdes, mais maintenant qu’ils tuent des humains pour Dieu, ils ont bien mérité le paradis.

Mmm. Je sens comme une morale subtile derrière tout cela. Je crois que même Al-Qaida a du mal à s’aligner, là.

Boum

On peut aussi la formuler comme ça : « Si tu exploses au milieu de tes ennemis, tu vas au paradis ». C’est rigolo, ça me rappelle un truc.

L’explosion de l’un des anges jette Tubal à terre et le blesse à la jambe, mais hardi petit, celui-ci parvient à passer les derniers anges déchus et constate que sur le bord de l’arche, il y a un échafaudage lui permettant de monter le long du navire discrètement, ce qu’il fait. Grand bien lui en prend, car au même moment, Dieu qui s’est dit qu’en fait, avec la pluie, ça allait prendre longtemps cette affaire fait jaillir du sol des geysers d’eau, puis à l’horizon, un tsunami vient tout balayer, y compris Mathusalem qui plutôt qu’aider Noé, continuait à chercher des baies et en trouve une juste avant de mourir balayé par les eaux, tout content de manger avant de mourir.

C’est vraiment, vraiment, vraiment complètement nul.

A l’intérieur de l’arche, Sem, qui avait un peu une tête de traître depuis le début du film entend un bruit bizarre : en moins d’une minute, Tubal a réussi à créer un trou assez gros pour lui au-dessus de la ligne de flottaison et se glisse dans l’arche sous les yeux de Sem. Sem qui l’accueille puisque comme il en veut à son père, les ennemis de son ennemi sont ses amis. Hop, trahison. Sans compter qu’une fois que l’arche est soulevée par les eaux (et oui, elle résiste à un tsunami sans problème, merci, on va parler de miracle) et qu’elle se met à flotter, l’ambiance à bord est un peu pourrie : on entend les hurlements à l’extérieur de derniers humains abrités au sommet de montagnes que croisent nos héros. Et Noé est inflexible : Dieu n’a pas demandé à sauver qui que ce soit, donc il ne prendra personne à bord à part sa famille.

Ila, c’est pas le moment de dire à Cham que tu aimerais le plaquer pour reprendre des études et avoir une carrière.

Pour réchauffer l’atmosphère, Noé allume un feu à l’aide de Broufanium dans la célèbre cheminée de l’arche (tout en fer, en plus, ils ont vraiment dû bien l’exploiter leur mine) et raconte à sa famille une énième fois la création du monde lors d’une séquence où l’équipe du film tente de mêler subtilement divin & évolution. Et il explique que Dieu est surpuissant et le contredire, c’est risquer, je ne sais pas moi, un déluge ? Il précise aussi que voilà, si Dieu n’a pas voulu qu’ils aient de nana en rab’ à bord et que la seule, Ila, n’est pas supposée pouvoir faire d’enfant, c’est que Dieu veut l’extinction de l’espèce.

« Ainsi, Sem, tu enterreras ton aîné Cham près de sa femme Ila. Puis, Japhet, à ton tour, tu enterreras Sem. Et tu seras le dernier homme sur Terre. 
- Et personne ne m’enterrera ? Sympa, merci. Super les copains.
- Allons, ne sois pas aigri. Pas plus que toi, Sem, je sais que tu m’en veux.
- Non, tu as juste laissé crever ma nouvelle copine.
- C’est que Dieu le voulait.
- Ah oui ? Et alors quel est le projet de Dieu pour moi ?
- Allons Sem. Nous sommes dans une arche.
- Et ?
- As-tu vu tous les animaux ?
- Oui, et ?
- Es-tu sûr ?
- Ben oui.
- Alors peux-tu me dire où l’on a rangé les tiques, la gale, les poux et les morbacs ?
- Hein ? Bé c’est vrai que maintenant que tu en parles, je ne me souviens pas de… de… attends ?
- Oui, mon fils : il fallait bien un hôte pour tous les parasites de merde. Dieu t’a choisi ! Tu en as de la chance !
- J’en ai marre ! C’est toujours sur moi que ça tombe ! C’est ça que ça gratte depuis des jours ! J’m’en fous, j’vais dans ma chambre et j’deviens bouddhiste !
- JE T’INTERDIS DE FAIRE CA ! »

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Vexé comme un pou (hoho), Sem retourne donc dans un coin de l’arche où personne n’a remarqué que Tubal attendait son heure. Le vieux guerrier bouffe des animaux discrètement (tant pis pour eux ! Adieu, la reproduction !) et les partage avec Sem pour lui faire accepter sa vision de l’humanité : tuer ou être tué. L’important c’est la survie, et l’accomplissement des choses par soi-même, pas les projets de Dieu. Et il compte bien tuer Noé qui est en travers de sa route pour rebâtir un nouveau monde avec cette idée de méchant qui est que l’être humain peut vivre sans Dieu.

Noé ne manque pas d’ennemis à bord, principalement parce qu’il est un peu con. Après ne pas avoir remarqué un type en armure blessé dans un coin de son rafiot, voilà qu’Ila vient lui apprendre qu’elle est miraculeusement enceinte ! Noé en devient tout colère au lieu de se réjouir : il sent que les supers pouvoirs de Mathusalem ont quelque chose à voir avec cela. Il se met donc à gueuler que cela s’oppose au plan de Dieu et qu’Ila risque de permettre à l’humanité de se reproduire au lieu de disparaître. Il annonce donc clairement la couleur :

  • Si l’enfant est un garçon, il vivra.
  • Si l’enfant est une fille, elle mourra puisqu’elle pourrait porter la vie et risquer de repeupler la Terre.

D’accord, donc c’est pour empêcher la présence d’une femme fertile, soit, mais sinon, mec, une femme fertile, tu n’en aurais pas justement une, enceinte, juste en face de toi ? Mais non, Noé n’y pense pas. Il a dû oublier lui-même comment il avait fait plusieurs enfants (et il devait d’ailleurs être le premier de sa lignée puisque le film explique bien que Noé est le dernier de la lignée de Jean-Jacques).  L’annonce étant cependant faite, les mois s’écoulent à bord dans la grosse ambiance que l’on peut imaginer, à jouer au rami en silence. Utilisant du bois venu d’on ne sait où, Cham et Ila bricolent un radeau pour échapper à Noé et sa colère. Mais le jour du lancement, Noé fabrique une grenade au Broufanium et la balance sur le radeau avant qu’ils n’y montent. Le frêle esquif brûle donc et emmène au fond de l’océan toutes les malles qui y étaient entreposées.

Parce que oui, ils avaient des malles tout ce qu’il y a de plus moderne. Mais après tout, quand on rate son film, on peut rater ses accessoires sans souci, n’est-ce pas ? Après l’histoire du masque de soudeur, plus rien ne m’étonne.

Radeau

Le radeau en train de brûler avec ses malles. A noter que sachant que c’était une famille de clodos, je serais curieux de savoir ce qu’il y a à dans les malles en question. Mais sinon, les spectateurs n’auraient sûrement pas compris.

Sauf que toute cette agitation déclenche l’accouchement d’Ila. Et que du coup, le film s’accélère brutalement (il était temps cela dit) : l’arche qui naviguait sans but s’échoue soudain au sommet d’une montagne, Tubal, guéri, décide avec Sem de passer à l’attaque, quant à Cham, après avoir appris qu’Ila avait accouché (en 5 minutes chrono, bravo madame ! Vous êtes une femme toboggan) de non pas une, mais de deux filles, il décide aussi d’aller tuer son père avant qu’il ne tue ses enfants. Quant à Japhet, tout le monde s’en fout, vous l’imaginez bien, puisque vous aussi.

Plutôt que de vous décrire le combat, je vous en donne les éléments : gentil + méchant + lieu quasi-désert + armes qui glissent au sol.

Du jamais vu, n’est-ce pas ? Ça valait le coup de faire presque une heure de film dans l’arche à base de dialogues chiants pour arriver à pareil sommet.

Tubal, qui se révèle être le chef de guerre le plus pourri du monde (« Hohoho, j’attends Noé dans l’ombre avec un couteau et une masse… tiens, si je lui sautais dessus pour lui faire des brûlures indiennes en fait ?« ) est tellement naze qu’il finit tué par son propre allié, Sem, qui sauve son papounet d’un bon coup de couteau. Cela étant dit, Noé est toujours un peu grognon au sujet des deux filles qu’Ila vient d’avoir, et monte donc sur le pont pour buter les bambins.

Sa femme tente bien de le raisonner d’un « Tu dis toujours que Dieu pourvoit à tous nos besoins : deux de nos fils n’ont pas de femmes et il donne à Ila deux filles !« 

Ah ouais. Bonne ambiance. Donc le plan, si je comprends bien, c’est de dire aux deux grands dadets de Sem et Japhet « Voilà vos nièces ! Vous attendez 15-16 ans histoire que ça soit pas trop sale, et vous leur faites des gosses. » Non mais on n’est pas chez Christine Boutin, ici ! Pas en famille que diable ! Ou alors, vous allez repeupler la planète avec un tel niveau de consanguinité qu’au bout d’une ou deux générations, elle ressemblera au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine. Brrrr.

Noé, en tout cas, est grognon un moment, mais en voyant les enfants, il les trouve trop kikinou et se refuse à les transformer en brochettes.

Le niveau des eaux redescend donc, et peu à peu, des terres fertiles se découvrent. Les animaux partent les repeupler (et tant pis pour ceux qui vivaient aux pôles et doivent faire la route par leurs propres moyens) en prenant soin de ne pas se bouffer entre eux avant de s’être un minimum reproduits (les lions et autres carnivores prennent donc des coupes faim durant quelques années et deviennent anorexiques pour certains, leur ouvrant ainsi une grande carrière dans la mode), la famille de Noé commence à bâtir des maisons, et Noé lui-même va vivre dans une grotte et se saoule la gueule à partir de raisin qu’il a trouvé sur une plage (endroit typique où le raison pousse comme chacun sait). Il peut donc reprendre sa vie de clodo et brailler des chansons paillardes à tue-tête du soir au matin.

Le reste de sa famille fait donc sa petite vie dans son coin. Sem finit cependant par se barrer parce que bon, c’est pas tout ça, mais lui, il est toujours un peu sur la béquille et il en veut toujours à son père. Il abandonne derrière lui la peau de serpent qu’il avait reprise à Tubal. Et quand tout le reste de la famille s’exclame « Allez Noé, reviens, tu as tenté de buter nos enfants mais on t’aime bien quand même ! » Noé revient, est accepté par les siens, reprend la fameuse peau de serpent et commence le rituel qui lui, de son temps, avait été interrompu pour confier à ses petites filles la responsabilité, un jour, de prendre soin avec leur descendance de la Création.

Et… FIN !

Attendez, c’était vraiment un film ? Ce n’était pas juste une blague ?

Noéclodo

J’ai failli oublier de vous montrer Noé le clodo dans sa grotte : là, pour vous montrer qu’il boit beaucoup, ils lui ont filé des dizaines de pichets en bois vide au lieu des traditionnelles bouteilles. C’est vrai, on imagine bien Noé se fabriquer un pichet à chaque fois avant de le balancer.

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Si je résume ce que je viens de voir, ce film conte l’histoire d’une bande d’obsédés sexuels qui de dépit et après la plus grande douche froide du monde, décide de s’enfermer avec des animaux loin de tout.

J’envoie immédiatement un mail à la légion étrangère pour plagiat.

Il existe bien des manières de rater un film.

La première est bien évidemment d’y faire tourner Nicolas Cage une veille de date limite pour rendre sa feuille d’impôt. Mais il en existe bien d’autres, qui ont déjà été expliquées sur ce blog. Or, l’art de la pédagogie étant celui de la répétition, revenons sur une règle simple, dite règle de l’Odieux Connard, à savoir que pour rater un film, il existe trois éléments incroyablement compliqués à gérer qui à moins d’y prêter une attention particulière, sont une garantie certaine de ratage. Il s’agit :

  • de Dieu
  • de la grosse magie/des übers pouvoirs
  • des voyages dans le temps

On pourrait croire que ce n’est pas si compliqué que ça, sauf qu’en fait, à partir du moment où vous avez soit des pouvoirs tellement puissants qu’ils peuvent régler tous les problèmes, soit la capacité de les régler avant même qu’ils n’arrivent, le film n’a que peu de chance de durer. Sauf si A) il est incroyablement bien maîtrisé et écrit ou B) c’est une merde assumée, faire un truc cohérent, c’est fatiguant et tout le monde s’en fout.

Et puisque nous parlons généralement d’Hollywood, je vous laisse donc deviner de la solution qui l’emporte.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le prochain X-Men parlerait de gens avec des übers-pouvoirs voyageant dans le temps, vous imaginez bien que j’ai eu des étoiles dans les yeux, principalement lorsque j’ai tenté de me poncer les rétines. Aussi, je vous propose de ne pas en dire plus : alors, X-Men : Days of future past, brillante réussite ou blockbuster au script tenant à peu près autant debout que le professeur Xavier ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des robots volants, des éclairs et des gens tout bleu, M. l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Notre film s’ouvre quelque part dans le futur, et plus précisément du côté de la riante bourgade de New York. Hélas, celle-ci est justement un poil moins riante qu’on ne pourrait le penser de prime abord, voire fait carrément la gueule : en effet, elle est diablement en ruines. C’est donc au milieu des immeubles éventrés et des rues transformées en champ de bataille de cet univers désespéré où les Starbucks ont disparu (les hipsters sont donc probablement morts de désespoir) que nous découvrons de braves gens un peu grognons qui circulent au sein d’un gigantesque camp de prisonniers futuriste (comprendre : les barbelés sont des barbelés laser qui chatoient. J’en connais qui doivent avoir une grosse facture EDF). La voix off d’un certain professeur Xavier nous explique donc de quoi il retourne : dans le futur, les humains sont en guerre ouverte avec les mutants. Ces derniers sont pourchassés et enfermés, tout comme les humains qui essaient de les aider, parce que dans le futur, on aime pas trop ces mutants qui volent le pain des braves humains et restent chez eux à rien branler en profitant du RSA, ma bonne dame.

Heureusement, telle une flamme dans la nuit (ou la lumière de votre portable sous la couette, j’adapte mes figures de style à mon jeune public), la résistance existe encore. Allons donc la voir !

C’est donc du côté de Moscou, car on voyage dans ce film, que nous retrouvons dans les souterrains une équipe de mutants qui… fait des trucs de mutants ? Bon, on ne sait pas bien ce qu’ils font là, mais ils ont l’air très préoccupés. Cela dit, il serait probablement bon de les présenter, voici donc leur équipe :

  • Shadowcat – pouvoir : peut traverser les murs
  • Iceberg – pouvoir : peut faire de la glace
  • Solar – pouvoir : peut faire du feu et du rap
  • Joe l’Indien – pouvoir : peut détecter les méchants qui approchent et ouvrir des casinos
  • Portal Girl – pouvoir : peut créer des portails pour téléporter des gens
  • Doudou Bishop – pouvoir : peut absorber l’énergie des autres, ce qui confirme qu’il est bien un n… un mutant, un mutant (je m’adapte aussi aux résultats électoraux)

Et justement : alors que nos larrons sont très occupés à faire du rien, voici que Joe l’Indien détecte l’approche imminente de gros vilains. Et ses pouvoirs ne le trompent pas car à la surface, des vaisseaux en forme de morceaux de Toblerone (une stratégie habile pour appâter l’ennemi : dans le futur, les blogueuses mode mutantes ne font pas 20 minutes) survolent le coin et larguent des humanoïdes plutôt robotiques qui s’empressent de commencer à creuser en transformant leurs bras en foreuses pour tenter d’aller péter la gueule aux margoulins souterrains.

Toute l’équipe des mutants se prépare donc à recevoir les vilains robots, pendant que Shadowcat et Doudou Bishop vont s’enfermer dans un coin tranquille. Non pas pour s’amuser une dernière fois avant de recevoir une sonde anale robotique, mais pour bien moins rigolo, car Shadowcat se contente d’obliger Doudou Bishop à s’allonger puis en plaçant ses mains de chaque côté de ses tempes… a l’air de le shampouiner. Soit, pourquoi pas.

Pendant ce temps, les autres mutants se battent comme des petits fous pour retenir les vilains robots. Mais soyons clairs : leurs pouvoirs ne leur font quasiment rien. Ho, il y a bien Portal Girl qui par accident, coupe le bras d’un robot en lui refermant un portail sur la gueule, mais non, elle ne pense pas à du coup ouvrir et fermer des portails sur les bestiaux pour les couper en deux vite fait bien fait. A la place, elle préfère faire des trucs vachement plus efficaces comme téléporter ses copains dans tous les sens pour qu’ils donnent des coups de couteaux ou de poing (si si) aux bestioles blindées, qui du coup rigolent un peu d’une stratégie aussi pourrie. Tu m’étonnes que la résistance perde vu les busards.

Bon, remarquez, il y a bien les pouvoirs des mutants, mais les robots s’adaptent à chaque pouvoir : ils transforment leur blindage en flammes pour attaquer Iceberg, en glace pour tabasser Solar (Ah ? Mais justement, s’ils se transformaient en feu pour affronter la glace, c’est pas justement parce que ça donnait l’avantage au feu ? On va dire qu’on a rien vu) ou en couverture portant la petite vérole pour laminer Joe l’Indien. Résultat : la plupart des mutants sont tués. Et au moment où les vilains arrivent pour claquer la margoulette de Shadowcat et Doudou Bishop…

Ces derniers disparaissent !

Pourquoi donc ? Comment donc ? La réponse se trouve en Chine (je vous avais prévenus), alors qu’un avion mystérieux survole le coin pour aller se poser dans un vieux temple dans les montagnes. En descendent des têtes connues : Wolverine, Tornade, Magneto et le professeur Xavier, qui a profité du futur pour investir dans une chaise volante puisque les roues, c’est has-been. Le spectateur aura évidemment envie de demander « Mais attendez les petits gars, on est dans le futur, alors pourquoi personne dans l’équipe ne semble avoir vieilli ? » mais la réponse tient là encore dans la chaise magique du professeur Xavier, qui a probablement pour carburant le budget maquillage du film. Tant pis.

Toujours est-il que la petite équipe menée par Magneto et Xavier, vieux ennemis désormais alliés pour leur survie, retrouve dans le temple l’équipe de Shadowcat,  qui explique ce qu’ils foutent là (et accessoirement pourquoi son équipe que l’on a vue se faire découper dans la scène précédente est vivante).

« Xavier ! Magnéto ! Et toute la fine équipe, c’est bon de vous revoir !
- Mmm… Shadowcat, c’est un plaisir partagé. Nous avons eu du mal à vous retrouver. Comment avez-vous survécu à toute cette guerre ?
- Hé bien professeur, c’est tout simple : figurez-vous que j’utilise mon pouvoir de mutante qui me permet de renvoyer la conscience de quelqu’un dans le passé pour habiter son corps plus jeune et…
- Shadowcat, ton pouvoir, ce n’est pas de traverser les murs ?
- Si pourq… ah merde, oui.
- Oui hein ? Bon, tu sais quoi ? On va dire qu’on a rien vu et que c’est parfaitement logique. Reprends ton explication sur comment ce pouvoir que tu n’as aucune raison d’avoir te sert à échapper aux méchants.
- Alors, oui, disais-je : à chaque fois que Joe l’Indien sent que l’ennemi nous a trouvé et arrive, je m’enferme avec Doudou Bishop et je renvoie son esprit dans le passé, quelques jours auparavant. Là, il peut prévenir l’équipe que notre cachette va être découverte, et il modifie donc le futur. Du coup, ce futur disparaît… puisque nous sommes déjà partis avant même que l’assaut ne commence ! Ça marche aussi après un mauvais restaurant remarquez : je peux renvoyer quelqu’un dans le passé dire que c’est dégueulasse avant même qu’il ne chope une gastro. 
- C’est surpuissant Shadowcat ! C’est justement pour cela que nous sommes venus te chercher : nous voulons modifier le passé pour faire disparaître ce futur. 
- Ho ! »

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En même temps, vu la mode dans le futur, moi aussi je voudrais effacer ce monde.

Excellent plan, professeur Xavier. Maintenant que la plupart des mutants se sont fait bourrer la gueule, c’est en effet assez pertinent de se souvenir que, tiens, en fait on avait moyen de voyager dans le temps et de sauver tout le monde depuis un bail, hihihi, oups, désolé les gars. Toujours est-il que c’est l’occasion pour le professeur de nous expliquer à partir de quand tout a commencé à partir en sucette. En effet, par le passé, un industriel de génie nommé Bolivar Trask (Trask, Stark, vous voyez le subtil rapport ?) atteint de nanisme est devenu célèbre en proposant plein de plans d’armes pour contrer les mutants, et en leur faisant plein d’expériences sur la gueule (comme tester du rouge à lèvres), aussi. Jusqu’à un beau jour de 1973 où aux accords de Paris consacrés à la fin de la guerre du Vietnam, Mystic, la mutante transformiste a décidé de buter Monsieur Trask. Et si elle a réussi, elle s’est aussi faite capturer. Et les industries Trask ont donc étudié son ADN pour le filer à leurs nouvelles machines, les sentinelles, des robots qui grâce à cela pourraient se transformer pour s’adapter à toutes les situations (ceux qui dans le futur, font donc régner la terreur et deviennent glace ou feu, comme ça, pif pouf).

Le professeur Xavier, qui n’est pas la moitié d’un con, s’exclame donc : « Il faut donc retourner dans le passé empêcher Mystic de tuer Trask ! Parce que c’est aussi son premier meurtre… elle qui était si gentille, on pourrait la sauver d’une vie de crime !« 

C’est donc ici que commence le bullshit spatio-temporel : le vrai souci du voyage dans le temps au cinéma, c’est qu’il permet de régler toutes les situations en un clin d’œil. Ainsi, si Xavier n’était pas une grosse buse, il pourrait dire « On a qu’à retourner dans le temps sauver Mystic avant même qu’elle ne fasse sa crise d’ado/neutraliser Trask avant même qu’il ne décide de devenir scientifique, et à la place l’orienter vers un cursus de boulanger-pâtissier/arrêter Hitler, comme ça en plus on peut sauver tes parents mon petit Magnéto/empêcher Ridley Scott de faire carrière/les honnêtes gens d’aller voir ce film » ou autre, mais non. Et personne ne dit rien d’ailleurs, parce que personne n’a trop d’idées : le voyage dans le temps, c’est tellement surfait. Xavier peut donc continuer sur sa logique moisie, mais déjà, se renseigne un peu auprès de Shadowcat pour savoir si elle pourrait renvoyer quelqu’un dans le temps loin en arrière. Certes, lui répond la bougresse, mais il faudrait quelqu’un avec un esprit super puissant et résistant, parce que déjà que sur une petite distance, c’est compliqué à faire, renvoyer quelqu’un 50 ans en arrière, ça sera vraiment une expérience compliquée. Alors, qui envoyer ?

Wolverine prend donc la parole :

« Le voyage risque d’endommager l’esprit ? Et si… si on envoyait quelqu’un avec un esprit capable de se régénérer ?« 

Superbe idée, Wolverine. Sauf que c’est pas ton pouvoir : toi, tu peux guérir des impacts de balles et des brûlures indiennes, pas des blessures de l’esprit. D’ailleurs c’est rigolo parce que justement, tu as eu deux films sur ton nom où on expliquait que si ton corps guérissait, ton esprit lui était loin d’en faire de même, même que c’est pour ça que tu étais amnésique, galopin.

Un détail (qui fait deux films), un détail.

« Top moumoute« , répond Xavier « On t’envoie dans le temps alors puisqu’on a personne de plus qualifié.« .

Parfaitement mon petit Xavier : ah, si seulement on avait sous la main un mutant dont le pouvoir serait d’avoir un esprit surpuissant, tellement que dans les films précédents où il apparaissait, quand on détruisait son corps son esprit parvenait à survivre et à se recomposer. Un mutant qui en plus serait capable d’influencer les gens, ce qui est super pratique pour aller tenter d’empêcher des trucs dans le passé.

Oui, si seulement on avait ça, professeur Xavier.

Mais vous avez raison : envoyons plutôt le type qui n’a aucun rapport avec la choucroute et qui a pour seule qualité d’être le préféré du public. C’est pas mal.

Miséricorde.

Mais rassurez-vous, niveau trucs nuls, on ne s’en arrête pas là, puisque Magnéto et Xavier commencent à briefer Wolverine sur sa mission :

« Wolverine, nous allons te renvoyer en 1973, tu pourras ainsi arrêter Mystic ET Dalida, ce qui n’est pas rien. Pour ce faire, tu devras me trouver, moi, Xavier, à l’époque où j’étais jeune et désespéré. Tu devras être patient avec moi, me convaincre de te suivre…
- Je ne peux pas juste péter la gueule à Mystic ?
- Que… heu… non. Il va te falloir la convaincre d’être gentille. Et puis tiens t’en au script qui dit que soudainement, ton personnage violent et impulsif devient instantanément un grand partisan de la diplomatie.
- Soit. Donc je résume : je vous trouve, je vous dis de m’aider, vous trouvez Mystic avec vos grands pouvoirs et on va lui dire que tuer c’est mal, et pouf, elle s’arrête.
- C’est en effet mon plan génial. 
- Vous savez que si vous me renvoyez 10 ans de plus en arrière, je peux parler à Mystic tranquillou sans avoir à la chercher ni à m’emmerder à vous convaincre vous, puisqu’elle est encore jeune, gentille et vit chez vous ?
- … bon, Wolverine, tu fais chier. Alors tu suis mon plan. Bien, donc, une fois que tu m’auras trouvé, tu devras aller chercher Magnéto, à une époque où lui et moi sommes de terribles ennemis, pour le convaincre de m’aider à parler à Mystic.
- Donc attendez : je dois convaincre DEUX relous pour aller eux-même en convertir une seule à la gentillesse ?
- Oui, et à une époque où nous nous haïssons !
- Et me renvoyer à l’époque où vous êtes potes, non ?
- WOLVERINE CA SUFFIT ! Le script bordel ! Tu trouves mon plan génial, personne ne pose de question, et comme ça on a pas à avouer que celui-ci n’est qu’un prétexte pour que ça dure le temps d’un film au lieu de se régler en 5 minutes en buvant un café ! »

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C’est donc sur cet incroyable plan (qui est aussi le pitch, mais visiblement, personne ne l’a remarqué avant de tourner le film en entier) que Wolverine va s’allonger sur un autel au sein du temple chinois, Shadowcat se plaçant derrière lui pour lui expliquer comment ça va se passer : il faut qu’il pense à des trucs paisibles, comme par exemple à des fans de Garou en train de se faire stranguler, pour ne pas briser le pont qui va s’établir entre son corps actuel et son corps d’autrefois. Et ensuite, tout devrait rouler. Pendant ce temps, les mutants défendront le temple, le temps que Wolverine change le passé.

Parce que oui, si Wolverine veut passer 20 minutes dans le passé, il faut que Shadowcat utilise son pouvoir sur lui durant 20 minutes aussi. Et non, rien ne bouge ou ne change dans le futur, qu’importe ce que fait Wolverine dans le passé, jusqu’au moment où le script dira « Ayéééé c’est bon, le futur est changé« . Visiblement, personne n’a entendu parler de l’effet papillon par ici, ce qui rend ce pouvoir aussi incohérent que débile (et comme c’est le prétexte du film, je vous laisse deviner la suite). Quelque chose me dit que le futur ne sera changé qu’au dernier moment de la dernière seconde d’un assaut des méchants sur le temple chinois. Au hasard. Mais en attendant, rien ne bouge : les vilains n’ont pas encore repéré le temple, Shadowcat peut donc commencer à se concentrer sur Wolverine, qui ferme les yeux…

… et les rouvre dans une chambre.

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« Qu’eeeeesse que j’ai fait hier soir… « 

Les rideaux sont moches, la musique contestable et le matelas sur lequel il est allongé est rempli d’eau : aucun doute, il est bien de retour en 1973. Bon, il se réveille avec une fille sous le bras et pas vraiment de souvenir de comment elle a bien pu atterrir là, mais bon, hein, à qui cela n’est-il jamais arrivé, je vous le demande (je veux dire, à part aux joueurs de Magic) ? Le fripon se prépare donc à filer en douce (là aussi, un classique), mais est interrompu par de fieffés brigands qui veulent l’empêcher de passer, puisque la fille serait, figurez-vous, la fille du boss d’un gang local. Quelques coups de poing dans la gueule plus tard, Wolverine repart donc tranquillement profiter du New York de 1973. A noter que lors de la bagarre, Wolverine a constaté qu’il était à une époque où il n’avait pas encore ses griffes en métal, mais ses vieilles griffes en os. Soit.

Pendant ce temps, à Washington, l’industriel Bolivar Trask est en train de passer devant la commission du sénat pour proposer une solution au problème mutant (ah bon ? Dans les autres films, les gens n’avaient l’air que moyennement au courant, mais bon) : des robots volants qui détectent automatiquement les mutants et les butent.

Ah ben oui, oui, pourquoi pas.

L’argumentaire de Trask est le suivant : les USA viennent de perdre la guerre du Vietnam, où ils manquaient diablement d’équipement adapté, ils seraient donc bien bêtes de ne pas lui acheter ses équipements über-méga-dernier cri et perdre ainsi la guerre contre les mutants. Le sénat, cependant, refuse d’entendre parler de cette histoire, et aucun sénateur ne pense seulement à dire « Ah bon, mais alors tu avais des über-armes et tu n’as pas pensé à nous les vendre plus tôt alors qu’on était en pleine guerre, mec ? C’est fou ! Et puis ils sont chouettes tes robots, tu sais, on ne pourrait pas les acheter pour taper autre chose que des mutants, comme des communistes par exemple, qui sont une autre forme de mutation ?« 

Mais non : au sénat américain, lorsqu’on achète une arme, c’est pour une cible. On sait très bien que les balles, c’est un truc très complexe et pas vraiment polyvalent.

Allez, on continue malgré tous les trous du scénario ! Nous n’en sommes qu’au début !

Retrouvons donc Wolverine, qui se rend au manoir Xavier pour y trouver l’école de surdoués abandonnée. Ho ? Mais comment donc ? Accident ? Erreur ? Réforme de la carte scolaire ? Tout cela est bien mystérieux. Le brigand frappe donc à la porte pour voir s’il n’y aurait pas âme qui vive et celle-ci est ouverte par le jeune Mc Coy, aussi connu sous le nom de « Fauve » (l’animal sauvage, pas le mauvais groupe), et qui lui explique que non, il n’y a pas de professeur ici, Xavier ou non. Wolverine insiste une fois, deux fois, puis lui colle la porte dans la gueule histoire de faire comprendre qu’il aimerait passer. Après s’être un peu bagarré avec ledit Fauve, Wolverine constate que le bruit a attiré quelqu’un : le professeur Xavier. Et chose impressionnante : celui-ci marche ! Alors qu’il devrait être en petit fauteuil. Voilà qui n’est pas banal (venant de la part de mecs qui voyagent dans le temps, cela dit, bon).

La conversation s’engage donc promptement, Wolverine expliquant qu’il vient du futur, ce qui est peu crédible mais que le professeur peut confirmer en lisant son esprit.

Sauf que le professeur explique qu’il a perdu ses pouvoirs. Parce que oui, Xavier l’a en plus renvoyé à une époque où il était inutile ! N’est-ce pas merveilleux ? Car à l’époque, Mc Coy a développé un sérum à partir de l’ADN de Mystic permettant de reconstituer la moelle épinière du professeur… mais la chose neutralise ses pouvoirs en même temps ! Sans compter que le prof se défonce comme un petit fou avec, parce qu’il est super malheureux depuis que Mystic est partie, et que ça tape plus fort que du LSD, rastafari, yeah man. Et en plus, avec la guerre du Vietnam, beaucoup de ses élèves et professeurs ont été appelés… d’où le fait que l’école soit fermée et quasi-abandonnée.

Bref, Xavier nous fait sa petite dépression. Quel dommage qu’aucun mutant ne s’appelle Xanax.

Qu’importe : allons voir pendant ce temps ce qu’il se passe du côté de Mystic.

Car la bougresse est à l’autre bout du monde, et plus précisément, justement, au Vietnam où des recrues ont été mises en isolement puisque l’on s’est aperçu qu’elles étaient vaguement mutantes (celle avec des piquots sur la gueule, par exemple, je me demande combien de temps ils ont mis pour se dire que, tiens, c’était pas top normal cette affaire). On leur fait donc des prises de sang, jusqu’à ce qu’arrive un militaire pas vraiment sympathique : un certain commandant Stryker (dont la taille, la tête et la corpulence varient à chaque film), qui explique qu’il est missionné par les industries Trask pour venir chercher les mutants et leur faire subir plein de trucs moyennement rigolos, comme des prélèvements douloureux, des exercices physiques épuisants, et la lecture intégrale du script.

Mystic, qui n’est pas trop d’accord avec tout cela, prend donc l’apparence d’un officier pour infiltrer le site où sont retenus les pauvres hères, puis marave la margoulette de tous les malandrins sur son passage. Les mutants en profitent pour l’aider : l’un a des pouvoirs de crapaud-hypno et fait s’évanouir des gardes, un autre a la langue du crapaud-tout-court et peut donc désarmer des vilains, et un dernier a l’incroyable pouvoir de refiler la chiasse à tout ce qui se dresse devant lui, ce qui est tout bonnement terrifiant. Cela fait, le bourreau des slips et ses amis suivent Mystic jusqu’à l’aérodrome militaire voisin où ils s’embarquent à bord d’un avion qui décolle aussitôt et les emmène loin de Stryker & co.

A noter qu’aucune explication n’est fournie sur d’où sort cet avion ni pourquoi il emmène les mutants loin du camp militaire sans que personne ne pose de question. Ou pourquoi Stryker, qui se réveille et voit l’avion décoller, ne pense pas à dire à un membre de la base « Au fait, cet avion contient des évadés dangereux, ce serait sympa de s’en préoccuper. »

Mais non : ce serait logique. Et au vu de ce que nous avons suivi jusqu’ici, vous avez bien compris que ce n’était pas le fort de ce film.

Revenons donc du côté de l’école de surdoués du professeur Xavier, où Wolverine continue d’essayer de convaincre le professeur que ce serait sympa de l’aider.

« Donc, mon petit Wolverine, mettons que vous veniez bien du futur, d’où je vous aurais envoyé, soit. Mais que voulez-vous de moi ?
- Hé bien dans le futur, les mutants se font tataner par des robots appelés « sentinelles ». Ces robots ont été développés par Trask Industries en utilisant le sang de Mystic, capturée en assassinant Monsieur Trask lors des accords de Paris. Accords qui arrivent bientôt. Donc il faudrait empêcher que ça arrive.
- Donc, ce que vous voulez, c’est empêcher que Trask soit tué par Mystic, c’est ça ?
- C’est ça.
- Bon hé bien j’en suis alors. Mais uniquement parce que c’est ma sœur adoptive et que je veux la sauver. Direction Paris, donc ?
- Non, pas encore. D’abord, il nous faut un autre allié de choix. Un certain… Magnéto !
- Pardon ?
- Oui. Pour des raisons qui m’échappent, il y aurait besoin de vous deux pour convaincre Mystic d’arrêter les conneries. Mais je pense que c’est juste une vieille ruse scénaristique, personnellement.
- Sauf que Magnéto va être difficile à ramener parmi nous : il est enfermé au centième sous-sol du Pentagone, dans une structure spéciale sans aucun métal. Parce qu’en fait, c’est lui qui a tué Kennedy.
- C’est très intéressant professeur. Mais voilà qui nous complique la tâche… heureusement, je pense connaître quelqu’un qui peut nous aider à effectuer cette mission ultra-risquée ! »
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Un des mutants libérés par Mystic. Non vraiment, je me demande comment il a pu aller jusqu’au Vietnam avant que l’armée ne remarque quelque chose.

Comme, disons, un type qui aurait le pouvoir de manipuler l’esprit des gens et pourrait donc aller chercher Magnéto sans aucun risque ni tirer une seule balle ? Un type qui en plus aimerait ce plan puisqu’il est partisan de la non-violence ? Un type qui aurait le choix entre utiliser ses pouvoirs pour ce plan, et ainsi pouvoir aller sauver sa sœur adoptive qu’il pleure depuis des années et tous les mutants d’un avenir abominable, ou danser le Charleston ?

Non : là encore, cette idée n’a pas traversé l’esprit de nos héros selon la bonne vieille règle de comment rater un film évoquée plus haut: « A partir du moment où l’on donne des pouvoirs surpuissants à des personnages, il y a de fortes chances qu’ils aient envie de les utiliser« . Mais non, pas dans X-Men. Dans X-Men, on voyage dans le temps pour retourner se mettre dans la situation la plus pourrie possible, et on n’utilise ses pouvoirs mentaux surpuissants uniquement pour obtenir des ragots à revendre à Closer.

Quel talent.

Bref : Wolverine emmène Xavier et Mac Coy jusqu’au foyer d’une famille tranquille où il sait que vit celui qui deviendra plus tard un fameux mutant, à savoir Vif-Argent, le mutant qui peut se déplacer à la vitesse de l’éclair. Celui-ci est un ado rebelle qui dans le plan de nos amis, n’est séduit que par la perspective d’aller faire le zazou au coeur même du Pentagone. Tout le monde met donc au point un plan fameux :

  • Mc Coy pourrira les caméras du Pentagone grâce à un super gadget
  • Vif-Argent ira chercher Magnéto au sous-sol
  • Le professeur Xavier et ses non-pouvoirs feront du rien
  • Wolverine escortera le professeur Xavier

Autre moyen incroyable de protéger le professeur Xavier : ne pas l’emmener. Enfin, je dis ça, mais bon, hein, c’est vrai que c’est pas évident. Il est probablement plus en sécurité au cœur de la cible à attaquer que chez lui à manger une tarte aux fraises.

Le plan – pourri – se déroule plutôt bien : Vif-Argent se déplace si vite que c’est comme si le temps était arrêté pour lui, autrement dit, personne ne le voit et il parvient sans encombres jusqu’à la cellule de Magnéto, dont il brise le verre en faisant des vibrations fort rapides avec ses mains (j’espère pour lui que ses pouvoirs ne se sont pas révélés à lui durant une session d’onanisme, auquel cas les urgences locales ont dû être fascinées par ce cas de combustion spontanée de kikounette), puis attrape Magnéto et utilise sa super vitesse pour le sortir du sous-sol sans problème.

Bon, il y a bien la sécurité qui comprend que quelque chose se passe à un moment, mais là encore, Vif-Argent neutralise tout le monde sans le moindre effort.

Conclusion du professeur Xavier : « Merci Vif-Argent ! Tu as franchi toutes les défenses du bâtiment le mieux protégé au monde, neutralisé la sécurité sans souci, libéré Magnéto en quelques secondes et le tout, sans tirer un seul coup de feu ni perdre le sourire. Tu sais quoi ? Maintenant tu n’as qu’à te casser, moi et mes copains on va continuer le film sans toi, c’est pas comme si ton pouvoir pouvait nous être utile.« 

Attendez, je crois avoir compris comment fonctionnait le film depuis le début :

  1. Un problème apparaît
  2. Quelqu’un a un pouvoir pour résoudre le problème facilement
  3. Le professeur Xavier débarque et propose de faire n’importe quoi à la place.
  4. Retour à l’étape 1

Heureusement que le professeur Xavier est censé être un homme d’une intelligence supérieure, sinon, qu’est-ce que ce serait ? Non parce qu’à titre personnel, mon plan aurait été :

  1. On emmène Vif-Argent puisqu’il peut gérer 95% des situations problématiques
  2. Le jour J, juste avant l’attentat quand Mystic se dévoile pour tirer, Vif-Argent arrête le temps, empêche la mort de Trask et embarque la bougresse
  3. Vif-Argent emmène Mystic dans un entrepôt désaffecté de Charleville-Mézières où l’attend le reste de l’équipe avec un bottin et une rallonge électrique
  4. Diplomatie.
  5. Vif-Argent va chercher de quoi fêter la victoire
  6. Le lendemain, la mairie de Charleville-Mézières découvre pèle-mêle dans un entrepôt désaffecté près de deux tonnes de cotillons, l’intégrale de Patrick Sébastien, près de 770 bouteilles de tequila vides, une flasque de brandy, 17 restes de cigares, Salma Hayek nue et un guide complet intitulé « Faire la chenille pour les nuls« .

Hélas, mon plan n’ayant pas été retenu par les scénaristes, c’est donc celui du professeur Xavier qui est mis en branle.

Ainsi, tout le monde saute dans le jet privé du professeur, où Magnéto et lui s’engueulent un peu sur les voies qu’ils ont décidé de suivre, à savoir vivre avec les humains ou les combattre. Magnéto explique aussi qu’il n’a pas tué Kennedy, au contraire, il a essayé de le sauver puisque c’était en fait… un mutant (son pouvoir devait être de rester au-dessus de 50% dans les sondages, ce qui nous confirme que de notre côté, notre président est « normal » : promesse tenue) ! Peu de temps après cette révélation pas vraiment utile, la fine équipe arrive à Paris, où c’est la grosse fête à l’occasion des accords sur le Vietnam. Un dignitaire du pays du nước mắm est d’ailleurs tellement occupé à faire la teuf qu’il se laisse séduire par une jolie blonde qui se révèle bien évidemment être Mystic, ce qui est ballot. Qui s’étant rendue chez Trask plus tôt, a appris qu’il serait à Paris(elle s’est rendue chez lui et a trouvé son placard super secret où il cache ses dossiers les plus sensibles sur une étagère transparente pour que l’on puisse bien voir là où il y a marqué « TOP SECRET » ou non, c’est sympa). Le lendemain, donc, c’est habilement déguisée en vietnamien que celle-ci se rend à la conférence

Et à cette occasion, Monsieur Trask est effectivement là.

Puisque figurez-vous que pour de mystérieuses raisons, le bougre donne une conférence aux dignitaires des deux camps pour leur présenter son projet Sentinelle, rejeté par le congrès américain. Car c’est connu : lors des accords de paix, on adore proposer une conférence à un vendeur d’armes privé. Non, vraiment, les scénaristes se sont fait plaisir : le film ne repose que sur des scènes qui n’ont pas lieu d’être.

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« Bonjour Messieurs, c’est bien ici la conférence de paix ? Je suis le vendeur d’armes qui n’a aucun rapport avec la choucroute, je me suis dit que des diplomates adoreraient me voir. »

Toujours est-il que lors de cette scène absurde, l’ami Trask sort de sa poche un petit appareil que tous les experts identifieront comme le truc qui fait pouic que vous trouvez dans les boîtes de Taboo. Mais loin de s’en servir pour tenter de lancer une grande partie de ni oui ni non ni blanc ni noir ni Igor ni Grishka (la partie n’en est que plus excitante), il explique à l’assemblée qu’il s’agit là d’un détecteur de mutants. Ne me demandez pas comment le bidule détecte l’ADN mutant sans passer par une prise de sang (Trask a probablement découvert que tous les mutants avaient, par exemple, une légère odeur de Monchéri), mais toujours est-il qu’alors qu’il le brandit pour expliquer que tous ses robots sentinelles en sont équipés pour ne mitrailler la gueule que de ce qui n’est pas un humain « classique » (espérons que ses robots soient okay sur le nanisme), un bruit se fait soudain entendre :

« POUIC ! »

Tout le monde se regarde, l’air un peu gêné, puisque bon, pouiquer comme ça, là, au pied levé, c’est tout de même un peu cavalier.

« POUIC ! » refait l’appareil.

Trask sourcille donc et commence à braquer le bidule en direction des présents, jusqu’à un certain dignitaire vietnamien. Et là :

« POUIC POUIC POUIC ! »

A pouiquer comme ça, il n’y a plus aucun doute : soit le type s’appelle Igor-Grishka Niwininonniblaninwar, soit c’est un mutant qui se fout de la gueule du monde.

L’option un étant vite écartée, Trask prêche l’option deux et ordonne à la sécurité de se saisir de ce vilain dignitaire vietnamien, ce qui est très con et dangereux, puisqu’aux dernières nouvelles, les vietnamiens n’ont pas déclaré la guerre aux mutants, et le type pourrait très bien ne pas être conscient d’en être un. Donc qu’un industriel privé américain décrète soudain, en pleine conférence de paix « Arrêtez ce vietnamien, son ADN ne me revient pas ! » c’est complètement con, voire vaguement raciste.

Mais là encore, le script s’en moque et tout le monde autour de la table trouve cette scène parfaitement normale et approuve Trask. Sur ces entrefaits histoire de sauver l’affaire, Mystic décide de quitter son déguisement et de reprendre son apparence de Schtroumpf Punk (que vous avez tous connus dans le célèbre album de Peyo Les Schtroumpfs et la canette de 8-6 enchantée) pour commencer à distribuer des coups de tatane au tout venant. Ce qu’elle réussit brillamment, avant de s’emparer du pistolet d’un type de la sécurité (qui n’avait pas pensé à s’en servir) pour essayer de tuer l’ami Trask.

Mais alors qu’elle s’apprête à le plomber, voici que débarquent…

Magnéto, Xavier, Wolverine et Mc Coy !

Car oui, c’est une conférence de paix suivie mondialement, mais nos bons amis ont pu y rentrer sans souci, quand bien même Xavier n’a plus le moindre pouvoir pour influencer les gens. Probablement qu’il a utilisé la carte de fidélité de son coiffeur pour bluffer les gardes. Aussitôt, les événements s’enchaînent. Tout d’abord, Xavier essaie de convaincre Mystic de redevenir gentille, parce qu’être méchante, c’est mal, mais ce discours digne d’un épisode de Naruto ne suffit pas à retourner la belle (en même temps, elle a joué dans Hunger Games et sait donc bien que ce n’est pas parce que quelque chose est mauvais que ça ne va pas rapporter). Wolverine, lui, aperçoit dans la pièce le commandant Stryker, et aussitôt, cela fait remonter en lui tous les souvenirs de l’époque (pas encore arrivée, mais le Wolverine du futur le sait) où Stryker a fait des expériences sur lui pour lui filer des griffes en adamantium. Cela brouille ses pensées et aussitôt, le pont entre le Wolverine du futur et son corps présent est un peu abîmé.

Pendant ce temps, dans le futur, Wolverine est donc tout agité et risque donc de sortir de sa transe le reliant au passé, ce qui surprend tout le monde.

Ce qui est intéressant, j’insiste, puisqu’encore une fois, cela nous rappelle que les voyages dans le temps, aucun scénariste n’arrive à les gérer correctement. Ce n’est pourtant pas compliqué : soit le type renvoyé dans le passé influence celui-ci, et crée donc un futur alternatif (auquel cas, ce n’est pas très utile pour les gens du futur tout pourri, qui sont bloqués dans le leur), soit le type renvoyé, par ses actes dans le passé influence le futur original, auquel cas, chacune de ses actions dans le passé est instantanément répercutée sur le futur original. Et donc, cette scène ne devrait pas exister puisque le futur devrait déjà avoir été changé d’une manière ou d’une autre. Ou à minima, Xavier et Magnéto avoir en direct des souvenirs de ce qu’il s’est passé ce jour là, et donc de pourquoi Wolverine est agité. Et encore, là, c’est en étant super gentil et en supposant que les actions de Wolverine, pourtant majeures, n’ont rien changé d’autre.

Bref, encore une fois : même en essayant de même des sparadraps sur les trous, c’est une scène qui ne sert à rien, si ce n’est à montrer un gros loupé du scénario. Hop.

Enfin je dis ça, mais pour rappel, voici ce qu’en dit Filmactu

Faire aller et venir ses X-Men dans le temps n’était pas chose facile. Loin de s’y casser les dents, Bryan Singer en profite pour livrer, plus qu’un énième film de super-héros, une véritable oeuvre de science-fiction.

L’avis de Metro

Voyages dans le temps fluides et savamment orchestrés [...] un spectacle de grande envergure, intelligent et ambitieux.

Et celui de ma stagiaire

Vous êtes sûr que dans ma convention, il est écrit que je peux servir de porte-gobelet quand je suis en débardeur ?

J’aime beaucoup les gens qui prennent les plus gros ratés pour les présenter comme les plus grandes qualités du film. Encore une fois, les professionnels ont du talent. A l’occasion, sinon, ce serait sympa de faire votre boulot. Mais bon, je dis ça comme ça, vous faites comme vous voulez.

Revenons donc dans le passé, où la situation n’a de cesse de dégénérer. Alors que par terre, Trask fait « POUIC POUIC » avec tous ces mutants autour de lui, Magnéto décide d’employer les grands moyens pour régler la situation : il récupère le pistolet avec lequel Mystic comptait tuer Trask, et menace la bougresse en lui disant que puisque c’est son ADN à elle qui amène à la naissance des sentinelles, il va la buter et hop, ce sera bien comme tout. Mystic, qui n’est que moyennement d’accord, se met donc à cavalcader vers une fenêtre pendant que Mc Coy essaie de calmer Magnéto. Mais le filou a le temps de tirer !

Heureusement, Mystic a déjà brisé la fenêtre de la pièce où se tenait la réunion, et tombe donc déjà vers la place, quelques mètres plus bas, où la presse du monde entier attend. La balle devrait l’éviter… sauf que Magnéto, tout en se battant avec Mc Coy, parvient à courber la trajectoire du projectile… qui touche Mystic à la jambe !

Oui, sans voir à l’extérieur. Mais c’est un détail : depuis quand faut-il voir sa cible pour guider ses balles et faire quelque chose d’aussi simple que toucher quelqu’un tombant à pleine vitesse depuis l’étage d’une ambassade ?

Sacré Magnéto, va. Lui aussi développe de nouveaux pouvoirs, semble-t-il. Il faudra le présenter à Shadowcat, la fille qui traverse les murs, et puis pouf, fait voyager les esprits dans le temps parce que hein, hé, ho, hein, bon.

Mais qu’importe, nous n’en sommes plus à cela près.

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Et puisque tout le monde se posait la question : oui, Omar est bien victime du syndrome du Grand Journal qu’il partage avec son ami Mouloud, à savoir qu’on l’annonce dans un blockbuster et en fait il a un troisième rôle dans deux scènes avec une demi-ligne de dialogue. Je suis désolé. Et non, il ne rit même pas.

Car alors que blessée, Mystic s’écrase comme une bouse bleue sur les pavés de la place voisine, toute la presse braque ses caméras sur cette mutante à l’apparence mystérieuse, qui vient d’apparaître alors qu’on a entendu des coups de feu. Diable, mais que se passe-t-il ? Mystic tente bien de fuir, mais Magneto s’est déjà lancé à sa poursuite : il voudrait bien l’achever, mais Mc Coy, qui essaie toujours de lui péter la gueule sous son apparence du Fauve (ça commence à bien faire, tous ces gens bleus, on se croirait dans Avatar), le déconcentre un peu et Mystic finit donc pas profiter du bordel général (à noter que la sécurité locale ne remue pas un orteil, faudrait pas déranger) pour mettre les voiles sous l’apparence d’un vieux qui boîte (elle génère même une canne à partir de rien, elle aussi est de plus en plus forte).

Magnéto, qui a réussi à se débarrasser du Fauve, est donc bien embêté : ah, comment diable pourrait-il retrouver une changeforme dans la foule ? Si seulement celle-ci avait un objet métallique sur elle, comme disons, une balle dans la jambe pour la repérer… bon, allez, tant pis : il va plutôt se barrer. Et là encore, sans être embêté. Hop. Idem pour Wolverine (qui a retrouvé ses esprits) et Xavier, qui après avoir récupéré Mc Coy, quittent donc les lieux tranquille pépère sans que personne ne les embête.

Une seconde, je vais chercher ma coke en intraveineuse et je reviens.

Voilà, on peut continuer.

Donc, disais-je, tout le monde repart tranquillement pendant que la sécurité et la police française sont occupées à lire du Proust en fumant la pipe près de la cheminée. Mais toute la presse, elle, parle par contre de l’affaire, et c’est ainsi que le président des Etats-Unis en personne, Richard Nixon, est bien étonné de tout ce bazar. Et par un heureux hasard, a déjà l’ami Bolivar Trask dans son bureau au milieu de tous ses conseillers, qui lui explique que hahaha, il le savait, ça devait arriver ! Et dire que le congrès a rejeté son projet Sentinelle… autant dire qu’aussitôt, le président en personne valide le projet, lui accorde tout le pognon nécessaire, et en plus, lui propose de lui filer l’ADN de Mystic, retrouvé sur le pavé à Paris par la police française, là où elle était tombée, blessée !

Oui parce qu’en 1973, c’est connu, la police française relevait l’ADN et mieux encore, le distribuait à qui de droit sur simple demande.

Non, vraiment : stop.

Allez, dégageons d’ici pour aller voir si ailleurs, le film tiendrait un peu mieux debout. Ce qui est une subtile transition puisqu’à New York, de retour au manoir Xavier, le professeur sent que son sérum arrête de faire effet et ses jambes le lâchent pendant que ses pouvoirs lui reviennent. Mc Coy lui prépare aussitôt une nouvelle dose de sérum, mais pour la première fois du film, Xavier prend une décision intelligente : il refuse de se l’injecter. Ses pouvoirs pouvant potentiellement sauver le monde, il choisit d’abandonner ses jambes pour redevenir télépathe, et retourne donc dans son célèbre fauteuil roulant (qui, poussé par Vif-Argent, pourrait faire de lui une bête à Super Mario Kart mais là n’est pas le sujet). Avec lequel il se rend jusqu’au Cerebro, sa machine montée maison mais top-design quand même lui permettant de décupler ses pouvoirs et de pouvoir entrer en contact avec tous les esprits de la planète et de les pénétrer avec aisance. Wolverine est tout fou, il sait que ça va enfin permettre de faire avancer le script.

« Professeur, c’est formidable ! Avec ça, vous allez pouvoir sans bouger de chez vous influencer Bolivar Trask et lui faire aimer les mutants. Comme ça, plus de sentinelles, plus de danger et pas une goutte de sang versée !
- Hein ? Mais non Wolverine, enfin ! A la place, je vais plutôt me servir de la machine pour retrouver Mystic et ensuite faire du rien et laisser Bolivar Trask tenter de nous exterminer avec ses sentinelles ! »

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Okay. Je retire ce que j’ai dit sur la décision intelligente du professeur Xavier un peu plus haut, il reste égal à lui-même.

Toujours est-il qu’en utilisant le Cerebro, Xavier a un peu perdu l’habitude et perd le contrôle avant même d’arriver à quoi que ce soit. Il se met donc à couiner que ses pouvoirs sont nuls, qu’il n’arrive à rien en faire, que de toute manière il est naze et qu’il va retourner dans sa chambre se faire des couettes et écouter Kyo en écrivant des poèmes sur son agenda Hello Kitty. Wolverine, qui essaie de ne pas lui dire qu’il devrait en effet se faire des couettes tant qu’il le peut encore, se lance dans un grand discours sur le fait que rhooo, mais non professeur, vous n’êtes pas une crotte, enfin pas une si grosse, enfin… bon bref, allons allons. Et l’invite à lire son esprit, pour voir toutes les bonnes choses qu’il réussira justement à faire dans le futur. Xavier, curieux, s’exécute donc.

Si au départ, Xavier ne voit que toutes les souffrances du pauvre petit Wolverine (« Mon dieu, tu as eu DEUX films pourris à ton nom ?« ), il finit par découvrir un futur où durant un temps, son école aide moult jeunes mutants. Puis, ses pouvoirs font un truc fort mystérieux : puisqu’il explore l’esprit de Wolverine, lui-même relié avec le futur grâce aux pouvoirs de Shadowcat, Xavier parvient à projeter son esprit dans le futur et ainsi… à rentrer en contact avec l’esprit de son lui-même du futur, qui se tient juste à côté de Wolverine ! La conversation est donc fameuse :

« Hooo ! Moi-même du futur !
- Salut, moi-même du passé. J’ai tant de choses à te dire.
- J’aimerais surtout savoir pourquoi je vais devenir tout chauve. Bon, ça tombe bien qu’on discute, puisque comme tu es moi-même du futur, tu dois avoir tous mes souvenirs, et ainsi savoir à partir d’ici quels sont les erreurs que je dois éviter et choix que je dois faire pour résoudre tout ce vaste bordel.
- Oui mais non, puisque là encore, le script n’a pas prévu cette éventualité. Tu ne veux pas plutôt un discours cucu la praline sur l’espoir et l’avenir ?
- C’est complètement con.
- Je te rappelle que je suis toi.
- Ha ben oui, c’est vrai, du coup, ça se tient.
- Parfait : bon alors, sache que tu dois avoir confiance en toi, que l’avenir te réserve plein de bonnes choses et qu’investir dans la région de Fukushima n’est pas une riche idée.
- Okay merci. Bon, je retourne dans le présent… enfin mon présent, le passé quoi.
- Ça marche. Et ne t’inquiète pas : maintenant que l’on a découvert que l’on pouvait communiquer entre passé et futur via Wolverine, je propose de ne plus le faire du film, des fois que ça puisse être utile.
- Je me reconnais bien là, hohoho.
- Huhuhu.
- Allez, j’me casse. »

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Le jeune Xavier retourne donc dans son présent, et sourit à Wolverine : maintenant qu’il a confiance en lui, il peut utiliser ses pouvoirs plus sereinement, et donc retenter d’utiliser le Cerebro. Grâce à celui-ci, non seulement il retrouve Mystic, en train de se balader dans un aéroport à l’autre bout du monde, mais en plus il utilise ses pouvoirs pour prendre possession de gens et ainsi parler à Mystic (d’habitude, il ne se servait du Cerebro que pour faire des blagues, comme faire chanter du Patrick Sébastien aux réunions de l’Académie Française). Il apparaît même sous forme d’illusion pour là encore, tenter de la remettre sur le droit chemin. Wolverine tente bien quelque chose :

« Mais professeur, pourquoi vous ne l’arrêtez pas directement, elle, en rentrant dans sa tête ?
- Parce qu’elle ne me laisse pas rentrer ! »

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Ah ben oui, tiens. Parce que c’est connu : d’habitude, pour forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne ferait pas autrement via la manipulation mentale, les gens se laissent faire bien volontiers. « Je vous en prie, allez-y professeur, obligez-moi à faire ce que je ne veux pas faire volontairement. » Non mais sérieusement ?

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« Je vais me concentrer très fort et grâce au Cerebro, je pourrai influencer les gens, mais uniquement s’ils sont déjà d’accord avec moi ! »

Du coup, et c’est fou, comme Mystic ne veut pas laisser Xavier l’obliger à faire l’inverse de ce qu’elle souhaite, Xavier repart broucouille. Tout au plus a-t-il, en prenant possession des pinpins du coin, réussi à trouver la destination de l’avion que Mystic allait prendre, qui n’est autre que Washington. En effet, afin de célébrer le lancement du projet Sentinelle, une grande conférence de presse y est donnée. Nul doute que c’est là que Mystic tentera à nouveau de tuer Trask !

Sauf que pendant ce temps, à l’autre bout du pays, un train transporte les sentinelles vers Washington justement pour la cérémonie, puisque 8 prototypes sont déjà prêts. Ces versions de 1973 bien éloignées de leurs cousins du futur sont armées de mitrailleuses, disposent de réacteurs d’avions pour voler, et ont toutes le fameux pouic-pouic à mutants de Trask intégrés pour détecter leurs cibles. D’ailleurs, histoire de se vautrer encore un peu, Trask a bien expliqué que ces robots sont conçus à 100% sans le moindre métal, justement pour pouvoir combattre des gens comme Magnéto !

On supposera donc que les mitrailleuses sont en bois, le réacteur d’avion en papier de riz et les circuits imprimés en bambou.

J’ai clairement l’impression que ce film se complaît à se foutre de ma gueule.

D’ailleurs, et quand bien même, quel plan génial, ami Trask ! Toute ton armée faite d’une autre matière que celle que Magnéto peut manipuler, excellente idée ! Ça a dû te coûter, quoi, quelques milliards au bas mot ? Et sinon, tu as pensé qu’un autre mutant pourrait, au hasard, avoir lui le pouvoir de manipuler cette matière là et donc poser exactement le même problème ? Non ?

C’est ballot.

Bref : alors que le train trimbale les prototypes, justement, Magnéto qui passait par là décide de démonter des rails, non pas devant le train pour le faire dérailler et ainsi détruire les prototypes, mais derrière pour les récupérer, en dépiauter l’acier, et envoyer le tout sous forme de fils fins comme des câbles dans les sentinelles… pour en prendre le contrôle.

Parce que oui, là encore, Magnéto (qui était au-dehors du train) est capable de diriger le métal dans les wagons, où il n’a pourtant aucun angle de vue, de placer les câbles sur 8 robots avec une précision de chirurgien là encore sans les voir, et en plus de savoir exactement où placer quoi pour les pirater sans avoir les plans ou la moindre connaissance du sujet.

Où diantre est ce bouton pour doubler ma dose de coke ? Ah, voilà.

Au même moment (enfin plus ou moins, je me comprends), dans le futur où rien n’a bougé, donc, Doudou Bishop et ses amis voient soudain arriver au loin les sentinelles ! Il va y avoir un affrontement farouche, voir une baston, et potentiellement une branlée. Il faut donc les retenir le temps que Wolverine achève sa mission dans le passé, même si ça n’a strictement aucun sens, allez, on s’en fout ! Tiens mais au fait, au début du film, on nous expliquait pas qu’à la moindre attaque de sentinelle, il suffisait d’aller dans le passé prévenir l’équipe de changer de planque avant que ça ne parte en cacahuète pour sauver la situation ? Alors on me dira « Oui, mais là, Shadowcat est occupée avec Wolverine qui ignore tout de ce qu’il se passe dans le futur !« 

C’est vrai.

Ah, si seulement il y avait dans le futur un personnage super intelligent et télépathe qui avait découvert deux scènes avant qu’il pouvait, au travers de Wolverine, communiquer avec le passé, et ainsi informer son lui-même de l’époque que la planque de Chine ne serait pas assez sûre…

Vraiment : les mecs nous ont expliqué cette stratégie au début du film comme ça, hop. Et au moment de l’appliquer, ils préfèrent faire du rien.

Mais comme ça, au moins, il y a une scène de bataille épique. Que l’on avait pas du tout vu venir.

Dans le passé, donc en attendant, Nixon débute une conférence de presse dans la cour de la Maison Blanche devant un gros drapeau américain marqué du sigle des industries Trask (c’est connu, tous les présidents adorent se montrer en public devant un drapeau vendu à un groupe extérieur, qui n’a jamais vu le drapeau américain couvert de sponsors après tout ?). Xavier, Wolverine et Mc Coy cherchent donc dans la foule à identifier où se planque Mystic, et Xavier finit par la trouver, habilement déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Sauf qu’avant que celle-ci ne puisse agir correctement, ou que les mutants ne puissent l’intercepter (qui a eu l’idée de virer Vif-Argent, déjà ?) un phénomène étrange surprend tout le monde :

  • D’abord, les 8 sentinelles présentées au public s’activent seules… et commencent à tirer sur la sécurité
  • Ensuite, un stade de baseball volant (si, si) survole la capitale, avec Magnéto en son centre, qui lévite avec lui

C’est en effet peu banal, tant d’habitude les stades sont connus pour être plutôt ras des pâquerettes de bien des manières.

Le plan de Magnéto est pourtant simple : il oblige tout le monde à reculer grâce aux sentinelles sous son contrôle (ah, les prototypes piratés… un truc jamais vu chez Marvel), et force ainsi le président à se planquer dans son bunker sous la Maison Blanche. Mystic arrive à se glisser dans la suite présidentielle, pendant qu’à la surface, Magnéto écrase le stade autour de la Maison Blanche… formant ainsi une énorme enceinte autour de celle-ci ! La police est donc bloquée dehors, alors que les sentinelles les empêchent d’approcher. Wolverine et Mc Coy tentent bien d’empêcher le bougre d’accomplir ses noirs desseins, mais les deux sont mis hors de combat, Wolverine étant plus précisément transpercé de morceaux d’armature de béton du stade par Magnéto, avant que celui-ci ne le propulse au fond du fleuve le plus proche. Où il se noie donc (mais sa capacité à se régénérer lui permet aussi de se remettre de la noyade, hop). Et est donc indisponible pour un moment !

Dans le futur, on constate donc que Wolverine doit avoir un souci puisqu’il semble se noyer. C’est donc un peu la panique : car d’un côté, les sentinelles approchent toujours malgré la résistance des mutants pour protéger leur cachette chinoise, et de l’autre Wolverine est hors-de-combat.

Hmmm… attendez, si je comprends bien, la mission de Wolverine vient de s’achever, non ? Pas comme prévu, mais c’est fini, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi le futur ne change-t-il pas ?

Hé bien parce que selon le film, Wolverine ou pas, il faut désormais attendre (dans le futur) que les gens du passé arrêtent Magnéto & co. Donc accrochez-vous, puisque cela signifie aussi, que si le temps se déroule de la même manière dans le présent et le passé, et qu’il faut attendre que les gens du passé agissent pour influencer le futur (au lieu que tout se répercute instantanément), cela signifie que pour que les gens 50 ans dans le futur soient enfin sauvés, il va falloir attendre… 50 ans.

Non, sans rire les enfants : arrêtez avec les voyages dans le temps. Quand on ne sait pas gérer, on ne fait pas.

Bref : dans le passé, donc, Magnéto débarrassé de Mc Coy et Wolverine est enfin tranquille. Il reste bien Xavier, coincé sous des morceaux de stade, mais ce dernier ne peut rien contre Magnéto, le bougre ayant retrouvé avant de venir son casque moche lui permettant de résister aux pouvoirs mentaux du professeur (ah bon ? Mais plus tôt dans le film, on a expliqué qu’avec Mystic, il suffisait de « ne pas vouloir laisser le professeur rentrer dans sa tête » pour qu’il ne puisse rien faire, non ? Donc soit le casque ne sert à rien, soit quelqu’un a sorti un gros baratin pour empêcher le film de se terminer plus vite. Ah, suspens…). Magnéto décide donc d’utiliser ses grands pouvoirs de mutant magnétique pour orienter toutes les caméras qui restaient encore dans le jardin de la Maison Blanche vers lui, puis utilise ses talents surnaturels pour tirer le bunker présidentiel hors de terre et l’ouvrir comme une boîte de conserve. A l’intérieur, il y trouve donc Trask (qui a son bidule qui fait POUIIIIIC en boucle dans sa veste, ce qui lui donne un certain charisme, reconnaissons-le), le président Nixon, et il ne sait pas encore, mais Mystic, toujours déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Magnéto triomphe donc :

« Hahaha, président Nixon ! Pour avoir lancé le programme Sentinelle d’éradication des mutants, je vais vous tuer devant le monde entier, vous et vos copains !
- Pardon ? Mais Monsieur Magnéto, il y a erreur !
- Comment donc ?
- Hé bien, je veux dire, vous venez de faire léviter un bâtiment entier, de pirater les sentinelles, de créer une diversion, de nous enfermer avec le stade volant, d’attendre que je sois dans le bunker présidentiel suite à cet assaut pour mieux m’en sortir de force, et tout et tout…
- Certes, et ?
- Et c’est que, si vous vouliez me tuer devant toutes les caméras, il vous suffisait d’ordonner à une sentinelle de me tuer. Ça prenait deux secondes, c’était sans risques et en plus ça décrédibilisait à jamais ce programme contre les mutants. Vous gagniez sur tous les fronts et pouviez faire le kéké en montrant comment il ne fallait pas faire chier les mutants.
- …
- Oui ?
- Je me sens… comment dire… comme un vulgaire professeur Xavier.
- Ho. Allons, tout de même. N’exagérez pas : c’était certes un plan de merde inutile visant à faire durer le film avec plein de spectacle sans aucun sens, mais vous au moins, personne ne prétend que votre personnage est un génie. Allez, faisons câlin et oublions ce gros malentendu. »

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Magnéto, réalisant que l’ensemble de son plan ne servait qu’en fait à faire monter le budget du film pour des raisons absolument incohérentes. Notez la confusion et le mépris pour le scénariste sous le casque.

Sauf que Magnéto est là pour tuer le président, pas pour lui faire des câlins, merdum. Et exige donc qu’il sorte de ce qu’il reste du bunker pour mourir au grand jour. Ce qu’il fait.

Mais pas de bol, en réalité, il s’agit là de Mystic ! Qui a sur elle un pistolet en plastique avec des balles du même acabit, et s’en sert donc pour blesser Magneto et ainsi l’empêcher de faire du mal au président et sa suite. Mystic, qui a pris sa vraie apparence pour bien montrer devant toutes les caméras que les mutants pouvaient être gentils, parce qu’en fait, elle est cool, enlève donc son casque à Magnéto, et Xavier peut ainsi entrer dans son esprit et l’obliger à arrêter les sentinelles et calmer tout son bordel (mais pas à le rendre gentil, faut quand même pas déconner).

Magnéto ainsi neutralisé, Mystic se tourne vers Trask, son arme à nouveau prête à faire feu. Elle hésite un moment, pendant que Xavier tient un énième discours cucu, et finalement, ne tire pas.

Les journaux titreront dès le lendemain : « Une mutante sauve le président, donc les mutants sont cools« .

Sauf Le Point qui titre « Mutants – les nouveaux Franc-Maçons ?« , bien évidemment.

Pendant ce temps, donc, dans le futur, c’est la merdouille : les mutants se font tatane, alors que le passé n’a pas encore magiquement modifié le futur. La porte de la salle où se cachent les mutants va-t-elle tenir suffisamment longtemps ? Ah, si seulement (oui, encore) il y avait dans l’équipe quelqu’un capable de faire des portails pour téléporter l’équipe en sécurité ou à l’inverse, en mettre un sur la porte histoire que toute tentative de l’enfoncer s’achève par une réapparition sur la lune (au hasard, sinon ailleurs, je ne suis pas regardant). Ou quelqu’un capable de déclencher une tornade juste devant. Ou…

Ah mais oui, non : il n’y a que des grosses buses, au temps pour moi.

Bref, comme vous l’imaginez, les sentinelles tuent tout et tout le monde jusqu’à la porte, commencent à enfoncer celle-ci, et à la seconde où elles vont tuer le professeur Xavier…

… c’est exactement à la même seconde que Mystic sauve le président dans le passé, et que le film décide que ça y est, pif pouf, le script s’active et le futur est modifié !

Non vraiment : on ne s’y attendait pas. Tout s’arrête donc et disparaît.

Wolverine quitte donc le passé pour se réveiller dans le futur. Il ne le sait pas, mais peu après ces événements, Mystic est aussi venue le sauver de la rivière puisque par la magie du pipeau, elle savait exactement où Wolverine avait coulé alors qu’elle était dans le bunker présidentiel quand c’est arrivé. C’est donc déguisée en officier qu’elle a envoyé une vedette de police le repêcher et le sortir de la mouise métallique et sous-marine dans laquelle il était.

Mais bref, donc : Wolverine est bien vivant et dans le futur. Sauf qu’ici, plus de New York en ruines : il est à l’école des surdoués du professeur Xavier, qui est en parfait état. Mieux encore : tous ceux qui étaient morts durant la guerre avec les sentinelles sont à nouveau vivants et bien vivants ! La guerre n’a jamais existé grâce à tout cela… et seul Wolverine se souvient donc de l’univers original. D’ailleurs, même son amour de jeunesse, Jean, est à nouveau vivante puisque quitte à sauver le monde des pires horreurs, visiblement, Wolverine a même réussi à empêcher X-Men 3 d’arriver (moi aussi, j’ai envie de vivre dans un monde où ce film n’a jamais existé).

Tout le monde est donc heureux, et croisant le professeur Xavier dans l’école, ce dernier s’étonne de voir Wolverine ici : il a un cours d’histoire à donner aux plus jeunes. Wolverine explique donc que là, il revient d’un futur alternatif, donc que c’est lui qui aurait bien besoin d’un cours d’histoire sur ces 50 dernières années.  Tout est donc bien qui finit bien et…

… FIN !

Je rappelle que nombre de fans parlent du « meilleur de la série« .

Dès lors, que penser des autres ?

Ma santé mentale vacille.

_________________________

Oh, et oui, il y a bien une scène post-générique, comme le veut la grande mode. On y voit, dans l’antiquité un albinos mystérieux faire le kakou en montant des pyramides en manipulant par son esprit des assemblages de bloc de granit qui volent dans les airs.

J’en ai donc naturellement aisément déduit la seule explication logique à ce teaser :

La prochaine licence adaptée au cinéma, c’est Tétris.

« Dans l’affaire Hunger Games contre Divergente, je laisse la parole à la défense. »

D’un geste mou, le juge signifie à l’avocat qu’il doit se lever : celui-ci fait un clin d’œil à sa cliente avant de s’exécuter et d’aller se placer devant le banc des jurés. Il tousse dans son poing, fait quelques mouvements de bras pour dégager ses longues manches pendantes, puis débute.

« Mesdames et Messieurs les jurés, je comprends votre trouble. J’ai entendu, comme vous, les arguments du demandeur qui prétendrait que le livre Divergente ne serait qu’une pâle copie de son chef d’oeuvre, Hunger Games. Et pourtant ! Il n’en est rien ! Alors ouiii, on pourrait éventuellement mettre en parallèle le fait que les deux se déroulent dans un univers post-apocalyptique. Certes, les deux se passent aux Etats-Unis. Bon, d’accord, les deux parlent d’une société qui s’est recomposée autour de factions aux rôles bien définis. Par un heureux hasard, il y est aussi question d’ordre. Par une formidable coïncidence, dans les deux cas, il s’agit d’une héroïne. Probablement à cause de l’alignement des planètes, dans les deux cas, cette dernière se retrouve à remettre en cause l’ordre établi alors que les autorités ont les yeux sur elle. Et ouiii, par un fameux miracle statistique, les deux se retrouvent à vivre une histoire d’amour avec un type qui a un nom à la con, mais tout de même : est-ce bien suffisant pour accuser ma cliente d’avoir resucé très fort l’oeuvre d’autrui ?« 

L’ensemble du jury hochant vigoureusement la tête, l’avocat se gratte le menton, déçu : ça lui paraissait être un excellent argument. Au moins de la même qualité que les livres cités. Il détourne la tête :

« Monsieur le Président, puis-je m’entretenir avec ma cliente ?
- Mais, faites Maître Connard. »

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D’un geste, je bondis vers ma cliente qui paraît nerveuse : le jury chuchote en la regardant et l’affaire paraît bien mal engagée. Tout de même, je la questionne :

« Ecoutez, je sais que vous m’avez pris pour ma mauvaise foi, mais tout de même, là ça devient compliqué.
- Maître, au prix où je vous paie, j’espère que vous pouvez faire mieux. 
- Heureusement que votre éditeur ne vous a pas dit la même chose.
- Hein ?
- Non, rien. Bon, vous savez quoi ? Nous allons utiliser l’argument ultime. Puisque sur le contenu ça va être compliqué, on va jouer sur le contenant.« 

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Je retourne vers le jury pour mieux tirer de ma manche un ouvrage que je présente aux yeux de tous :

« Voyez ce livre ! Il s’agit de Hunger Games ! Observez-le bien !« 

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« Vous l’avez bien regardé ? Parfait, alors à présent, voyez le livre de ma cliente, il n’a strictement rien à voir ! »

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« Alors, vous voyez ! Aucun rapport !
- Maître, pourriez-vous retirer le papier blanc que vous avez collé sur la couverture ?
- Le pap… Monsieur le président ? Hoooo, tiens oui, ça alors ! Il a dû se glisser entre mes doigts par accident !
- J’insiste.
- Rhooo. »

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D’un coup de doigt, le papier tombe, révélant ainsi la couverture complète.

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Je retourne vers ma cliente d’un vif entrechat.

« Alors Maître ? Vous pensez que le jury a remarqué quelque chose ?
- Je ne sais pas trop. Là ils rigolent. 
- Quelle est la suite du plan ?
- On spoile le film. Vu comme Hunger Games était une daube, avec un peu de bol, votre adaptation sera moins débile. On peut jouer dessus.
- Je compte sur vous Maître Connard ! »

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Alors, Divergente, honteuse copie de Hunger Games ou oeuvre en soi ? L’héroïne est-elle moins stupide ? Le monde plus crédible ? Et surtout, peut-on trouver un nom plus con que « Pita » ?

Spoilons mes bons !

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L’affiche : si je vous dis que l’un des deux personnages a en fait le vertige, vous me croyez ? C’est lamentable, mais vous devriez.

Notre film commence du côté de Chicago, célèbre cité des Etats-Unis d’Amérique. Hélas, nous sommes dans un futur plus ou moins proche, et la ville n’a plus son étincelante beauté d’antan : ses buildings sont en piteux état et couverts de simili-éoliennes, et la végétation a repris ses droits sur une partie de la cité. Par ailleurs, une gigantesque enceinte fait le tour de la ville, probablement pour éloigner les Mexicains, et est couverte d’un enchevêtrement de passerelles qui monte si haut que même la grande roue du coin, à côté, fait doucement ricaner. Mais que s’est-il passé ?

La guerre, mes bons, la guerre !

Une voix off nous l’explique : une grande guerre aurait ravagé la Terre et celle-ci serait en ruine, les derniers humains s’étant regroupés et enfermés à Chicago avant de refonder la société pour que plus jamais de conflit n’éclate. Comment, me direz-vous ? C’est bien simple : en divisant le peuple en cinq castes ! Parce que les castes, c’est connu, ça apporte la paix éternelle, tout ça, si si. Chut. Arrêtez. Mais, détaillons !

Tout d’abord, il y a les Érudits : vêtus de bleu, ce sont des chercheurs, des savants, et ils s’enferment dans leurs bibliothèques pour jouer avec leurs tablettes tactiles et percer les mystères de l’univers, à moins que ce ne soit pour essayer de trouver le dernier Hot-Spot pré-apocalypse pour se connecter à Youporn. On est pas bien sûr.

Ensuite viennent les Fraternels : drapés de rouge, ils travaillent la terre et nourrissent donc la cité. La voix off se sent obligée de préciser qu’ils sont toujours souriants et sympas, parce que les gens de la terre, ils sont comme ça. La voix off n’a jamais dû assister à une manifestation d’agriculteurs ou voir les scores du Front National à la campagne.

Puis viennent les Sincères : dans leurs vêtements blancs, ils rendent la justice, puisqu’ils se passionnent pour la vérité, qu’ils balancent à autrui sans pincettes. Par exemple, quelqu’un qui balance « Moi, j’aime pas les Noirs ! » est très sincère, donc du coup, il fera un excellent homme de justice. C’est bien, ce système, dites-donc.

Ils travaillent aux côtes des Altruistes : dans leurs tenues grises, ces derniers ont en charge, de par leur absence d’intérêts personnels, des questions relatives à la gestion de la cité, pour laquelle ils prennent les décisions. Ils distribuent la nourriture aux sans-clans, qui n’étant intégrés nulle part, fouillent les poubelles. Ce qui est un peu se foutre de la gueule du monde, puisque du coup, ça veut dire qu’au lieu que les Fraternels distribuent leur propre nourriture, ils doivent d’abord la filer aux Altruistes pour qu’ensuite ces derniers puissent passer pour des mecs à la cool. Désintérêt personnel, hein ! Mais bon, il faut bien faire des images de gentils qui donnent à manger aux pauvres, sinon on ne comprendrait pas bien que ce sont les gentils.

Enfin arrivent les Audacieux : vêtus de noir, ils sont à la fois la police et l’armée, si problème il y avait. Ils sont tout fou-fous et courent dans tous les sens, mais nous y reviendrons.

Et… c’est tout.

Non, il n’y a pas de caste des techniciens. Ni des artisans. Ni des cuisiniers. Ni des artistes. Ni… bon, je ne vous fais pas la liste, mais pour résumer, les gens utilisent des voitures dans un monde sans ouvriers, travaillent sur des tablettes tactile en parfait état probablement fabriquées à partir de circuit imprimés que les Fraternels font pousser dans le lopin juste à côté des patates, quant aux médicaments, on va supposer que la grande guerre a été menée par les homéopathes et qu’en plus ils l’ont gagnée (probablement en diluant une bombe atomique dans de l’eau sucrée, ou autre arme maléfique de ces fourbes).

Le film n’a pas commencé et c’est déjà complètement branlant. J’ai envie de dire : chapeau. Je pense qu’il y a une sorte de compétition malsaine à Hollywood, et que les candidats sont sacrément doués.

Passons ou je vais finir par prendre ça pour une provocation à mon égard.

Et retrouvons notre héroïne : Béatrice Prior, 16 ans, appartenant à la caste des Altruistes puisque ses parents le sont. Et non, on ne peut pas être enfant de parents de deux castes différentes : probablement que chaque clan a sa propre parade amoureuse et que du coup, ça empêche l’accouplement inter-espèce. On se souvient ainsi de la terrible expérience de cette Érudite tombée amoureuse d’un Fraternel, qui lorsqu’elle commença sa parade (lui faire jouer un scénario des Masques de Nyarlathotep), se vit répondre celle de l’être aimé (une chanson paillarde intitulée « Motoculteur, je motoculte« ). Le résultat fut si terrible que l’on préféra oublier cette option.  Et enterrer les deux protagonistes.

Toujours est-il que Béatrice a un frère, Caleb, une maman, certes, mais aussi un papa qui est membre du conseil de la cité. La vie irait plutôt bien si Béatrice ne se sentait pas… disons, pas à sa place. Son frère Caleb fait pourtant  un Altruiste parfait : il aide tous ceux qu’il croise naturellement. Alors que Béatrice, à moins qu’on ne lui mette des coups de pied au derche, bon, elle s’en fout un peu. Ah, elle aimerait tant être une Audacieuse, ces chiens fous qui font des choses fabuleuses, comme escalader des murs, escalader des murs, ou mieux encore, escalader des murs !

Pardon ? Non, ils ne font rien d’autre. Oui, dans ce film, la définition « d’audacieux » est « qui kiffe le parkour« . Je vous le dis tout de suite parce que moi, naïvement, j’ai attendu jusqu’à la fin du film qu’ils fassent preuve d’audace, hein. Au fond, je suis un grand optimiste.

Et ça tombe bien cette histoire, parce que dans cette société, à 16 ans, les adolescents sont invités à passer un test, qui va déterminer à quelle caste ils devraient appartenir pour le restant de leur vie. Dans 95% des cas, les gens nés dans une caste y restent, mais les 5% restants se découvrent une vocation pour une autre, qui leur ressemble plus. Dans tous les cas, le test n’est qu’un indicateur : le choix final revient à l’adolescent lui-même, puisqu’à cet âge là, on fait toujours les meilleurs choix.

Autant vous dire que Béatrice est un peu stressée en se rendant à son test, puisqu’elle n’a pas trop envie de rester une Altruiste, crotte de bique, c’est nul de porter des pulls qui grattent et de causer avec les prolos. Elle veut du rêve, bon dieu ! D’ailleurs, lorsqu’elle arrive devant le centre où se déroulera le fameux test, les Altruistes sont pris à parti par un Sincère qui se fout de leur gueule, voire limite les agresse, mais personne ne fait rien : les autres Sincères, pourtant chargés de la justice, trouvent ça tout à fait normal, quant aux Altruistes, ils laissent le mec pris à parti se chier dessus, parce que vous comprenez, on veut bien être Altruiste, mais pas aider les autres.

Décidément, mon dictionnaire ne doit pas être à jour.

Qu’importe : arrivent les Audacieux, qui ont pour moyen de transport une rame de métro aérien qui ne s’arrête jamais et tourne en ville en boucle, faisant que les larrons doivent sauter pour en sortir ou y rentrer, ce qui fait plus cool (et probablement 5 morts et 10 blessés chaque mois). Tout le monde a donc des étoiles plein les yeux, parce que les Audacieux, ils sont vraiment trop cools à faire du parkour. Puis, il faut aller passer son test, ce qui est fort simple : pas de sujet de bac, de brouillon ou de raclure qui redemande cinq fois des copies doubles, non ; ici, chacun s’enferme dans un petit cabinet médical où l’attend un adulte – une Audacieuse dans le cas de Béatrice – qui lui dit de boire l’équivalent local du LSD, je suppose. Et lors de ce trip sous acide, notre héroïne doit affronter des hallucinations qui détermineront la caste où elle doit atterrir.

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« N’aie pas peur, je suis là pour vérifier que tu ne fais pas d’overdose. Et si tu reveux du crack, tu n’as qu’à me demander. »

Oui, moi aussi je trouve sympa le concept de filer de la drogue à des ados avant de leur demander de faire le choix le plus important de leur vie une fois défoncés. Combien sont-ils à avoir expliqué dans un filet de bave qu’ils avaient vu leur vocation : c’était devenir un puuuuutain de pâtissier-magicien, si si, ho putain, je suis déééfoncé, vas-y, passe passe passe le oinj’, y a du monde sur la corde à linge ? Les Erudits doivent planquer les statistiques sous la Méta-amphétamine.

Ils sont taquins, dans cette société du futur.

Bref, l’hallucination de Béatrice  se déroule ainsi : elle est dans une salle avec des miroirs, et un de ses reflets lui dit qu’elle doit choisir un objet parmi ceux qui viennent d’apparaître à côté d’elle, à savoir un couteau, un pavé de viande, et comme je n’ai pas bien vu le reste, je décide donc qu’il y aura un ukulélé, une photo dédicacée de Ben Affleck et un demi-paquet de Pépito. Notre héroïne a donc l’idée intelligente de demander « Mais pourquoi ? » mais c’est trop tard, les objets ont disparu. Et à la place, un chien vient d’apparaître… et s’apprête à croquer une petite fille qui semble être une version plus jeune de Béatrice ! « Bon sang ! » pense Béatrice « Que n’ai-je pris le paquet de Pépito, j’aurais pu lui lapider la gueule ! » mais tant pis : ni une, ni deux, elle bondit sur le teckel fou et l’arrête avant qu’il ne croque un mollet de l’enfant… et se réveille !

A côté d’elle, l’Audacieuse en charge du test qui surveillait des écrans pour voir le résultat en direct est toute en sueur : jamais personne n’avait sauté sur le chien !

Ah bon ? D’habitude, les gens en voyant le pavé de viande et la photo de Ben Affleck comprenaient directement ce qui allait se passer et réagissaient en conséquence ? Ils sont forts, quand même! Bon, enfin c’est bien gentil votre affaire, mais alors, Béatrice, qu’est-elle ?

« Je ne peux rien te dire, souffle l’audacieuse un peu paniquée. Fuis, passe par la porte de derrière, rentre chez toi et dis que le sérum t’as rendu malade, que ça n’a pas fonctionné !
- Mais enfin, pourquoi ? Que se passe-t-il ? Que suis-je alors ? Une Altruiste ?
- Tu veux vraiment le savoir ? Tu es une Altruiste. Mais aussi une Érudite. Et une Audacieuse ! Tu es tout à la fois !
- C’est impossible !
- Tu ne rentres dans l’ordre des choses… tu es une Divergente !
- C’est marrant, ça sonne un peu « Manif’ pour tous », dit comme ça.
- Ça suffit ! Tu représentes un danger en n’ayant ta place dans aucune caste : tu ne dois rien dire  ! A personne !
- D’accord, mais pourrait-on reparler de la signification du teckel et de la boîte de Pépito ? »

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Nous ne saurons jamais pour ce dernier point : c’est terrible. Pourtant, ce test avait l’air tellement pratique et cohérent.

Détail rigolo : on explique à notre héroïne que ne rentrer dans aucune caste, c’est être une divergente, un danger. Il faudra donc m’expliquer d’où sortent les sans-castes qui fouillent les poubelles et attendent l’aumône des Altruistes, que l’on a le bon goût de laisser de côté et de traiter comme de la merde, parce que comme ça, nul doute qu’ils n’auront aucune envie de révolution. On pourra me dire « Ce sont peut-être des gens qui ont été rejetés par d’autres castes ? » sauf que non puisque plus tard dans le film, il sera bien expliqué que la simple idée de virer quelqu’un d’une caste est totalement absurde et n’a jamais été fait jusqu’alors. Et au début du film, on disait bien que ce n’étaient pas des criminels, juste des gens n’ayant « pas trouvé leur place« .

Donc soit les divergents se ramassent à la pelle, et le film ne tient pas, soit les sans-castes n’ont aucune raison d’exister, et le film ne tient pas.

Vous avez le choix, attention, c’est pas facile. Moi je suis allé demander la réponse à la dame qui vend les tickets à l’entrée du cinéma, mais elle a dit que je commençais à faire chier avec mes commentaires. Je vous jure, on vit dans un monde de petits malappris.

Bref : Béatrice rentre chez elle et raconte que oui, elle a été malade durant le test, tout ça, et tente d’être aussi crédible que possible, par exemple en racontant comment elle a vomi ou pourquoi il va falloir sceller les toilettes au chalumeau. Ses parents la rassurent et lui disent que demain aura lieu la cérémonie du choix. Test ou non, c’est donc à Caleb et Béatrice que revient le choix de leur caste. Papa Béa fait tout de même remarquer que Béatrice n’aurait pas dû filer du centre de test par une porte dérobée, même malade : les Érudits, en ce moment, surveillent de près les Altruistes… certains les soupçonnent même de vouloir prendre le pouvoir. Ils colporteraient des ragots comme le fait que Marcus, le chef des Altruistes, aurait battu son fils par le passé et serait donc trop vilain pour gérer la cité. Donc, prudence avec les actes et les choix.

Soit.

Le lendemain, donc, toute la cité (qui selon les plans, fait quelques centaines ou plusieurs milliers d’individus) se réunit dans l’amphithéâtre du coin pour la cérémonie du choix. Cinq vasques sont disposées, chacune avec le sigle d’un clan. Les jeunes de 16 ans ayant passé leur test la veille sont chacun appelés et doivent se couper la main pour verser une goutte de sang dans la vasque de la faction qu’ils veulent rejoindre. Les jeunes défilent, et dans 95% des cas, ils choisissent leur caste d’origine. A part un Sincère qui met son sang dans le bol des Fraternels : probablement que toute sa vie, il avait rêvé de se péter le dos, de bouffer des betteraves et de s’exprimer avec un fort accent picard ; il va enfin pouvoir accomplir son destin. Surprise, aussi : Caleb, pourtant un Altruiste évident… choisit la caste des Érudits !

Quant à Béatrice, elle hésite… et décide de rejoindre les Audacieux.

Les parents des deux marmots sont choqués, voire en pleurs : lorsque l’on quitte sa caste, on n’y revient jamais. Ils ne reverront donc plus leurs enfants ! Quelques derniers regards et, ha ! Chacun part avec sa nouvelle grande famille. Nous suivons donc Béatrice qui suit les Audacieux à l’extérieur de l’amphithéâtre, qui se mettent à courir partout et à faire du parkour sur fond de Woodkid : heureusement que notre héroïne avait la moyenne en sport, puisqu’elle peut donc suivre cette bande de débilous hyperactifs jusqu’au rail de leur fameux métro aérien pour y sauter en marche. Dans la rame, elle fait la connaissance de deux autres transfuges d’autres factions : Christina, qui débarque de chez les Sincères, et… un type de chez les Érudits. Comme les personnages secondaires masculins qui entourent l’héroïne chez les Audacieux sont tous complètement interchangeables, j’en déduis que nous venons de trouver là un nid à Jean-Jacques. Bref, il faut environ 17 secondes pour que Christina et Béatrice deviennent les meilleures amies du monde, puis, elles doivent suivre les Audacieux qui continuent de sauter partout parce qu’ils n’ont pas eu leur ritaline, par exemple en se jetant du métro aérien pour atterrir sur le toit d’un immeuble voisin. Sur place, on leur indique un grand trou dont on ne voit pas le fond dans lequel sauter pour rentrer chez les Audacieux ; Béatrice se lance, et après une chute impressionnante atterrit dans un grand filet : c’est l’entrée du QG de la faction !

Sur place, d’autres Audacieux l’accueillent et l’aident à sortir du filet en question. L’un d’entre eux, grand, beau et fort, semble être le chef et lui demande :

« Comment t’appelles-tu, petite nouvelle ?
- Bé…
- Attends, avant de me répondre, sache que comme tu as choisi une nouvelle vie, tu as aussi le droit à un nouveau nom. Mais tu dois le faire là, tout de suite, au débotté.
- Bon bin alors je m’appelle « Tris ». »

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Je vous donne tout de même le reste du dialogue, coupé au montage.

«  »Tris » de Béatrice ? Comme « Bella » de Isabella dans Twilight ? Toi aussi tu trouvais que ton nom avait trop de syllabes ?
- Hé ho, ça va, c’est la faction des Audacieux que j’ai rejoint, pas celles des langues de pute. Et puis d’abord, je pensais avoir touché le fond à vivre dans un monde où tu choisis l’orientation de toute ta vie lors d’un trip sous acide, mais me retrouver face à des mecs qui demandent en plus à des ados de 16 ans de se trouver un pseudo en 5 secondes, je t’avoue que je commence à me demander si vous n’êtes pas tous un peu cons.
- Hmmm. Je ne vois pas de quoi tu parles : laisse-moi plutôt te présenter tes nouveaux compagnons. Voici Dark_Lord.
- Salut.
- Princesse_Poney83…
- Salut.
- Et là ces 62 types s’appellent tous « Batman ». 
- Salutsalutsalutsalutsalut. »

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Bref, après avoir enchaîné autant de concepts idiots, le Monsieur grand, beau et fort se présente : il se nomme « Quatre ». Christina fait aussitôt une blague sur ce nom ridicule, mais elle se fait rabrouer. Personnellement, je pense que ce garçon a été nommé d’après les résultats de son test de QI, mais qu’importe, déjà, il divise les nouveaux en deux groupes. D’un côté partiront ceux qui sont fils et filles d’Audacieux, et d’un autre iront les transfuges. On en profite pour leur faire faire le tour du propriétaire : le QG des Audacieux se résume à une sorte de carrière souterraine installée sous d’anciens hangars et où tout le monde s’habille en cuir, kiffe les piercings et les tatouages, et écoute du Woodkid à fond (décidément, ils avaient dû se payer les droits de l’album). Soit.

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Voici donc « Quatre ». C’était chaud de faire pire que « Peeta » l’homme-kebab : ils l’ont fait. Quel talent.

Les transfuges découvrent leur dortoir : jusqu’à ce qu’ils aient terminé leur entraînement, ils vivront dans une espèce de vieux truc collectif où l’intimité n’existe pas et où on ne trouve que le minimum vital. Puis, ils sont invités à découvrir la cantoche des Audacieux, où on mange des burgers et tout, parce qu’on est jeune et cool. L’occasion pour Tris d’essayer de taper la causette avec Quatre, qui l’envoie péter en lui demandant d’où elle se croit permise de lui adresser la parole, dis-donc, biatch.

Je ne sais pas ? Parce qu’elle est « Audacieuse » ? Mais non : personne ne pense à cette réponse. Ni à aller voir ce que ça veut dire, d’ailleurs.

A la place, on a juste Christina qui intervient pour dire à Tris « Hihihi tu as parlé à ce bogosse de Quatre, huhuhu, tu es folle ! Il aurait pu te tuer ! » alors que je le rappelle, dans la scène précédente, Christina à peine arrivée vannait le Monsieur sur son prénom. Encore une fois, j’aime ce don qu’a Hollywood pour payer des scènes et dialogues qui ne servent qu’à souligner des incohérences. Qu’importe : quand tout le monde a mangé, on découvre 4 adultes qui arrivent dans la cantine, parce que oui, chez les Audacieux, tout le monde a moins de 20 ans il faut croire. Et les seuls adultes sont tous des mecs : il faudra qu’on m’explique comment ils se reproduisent. Probablement par mitose, un peu comme les cadres du Parti Socialiste, mais là n’est pas le sujet. Les vieux de la vieille expliquent donc que les nouveaux vont commencer leur entraînement sous peu pour devenir de vrais Audacieux, en route, donc.

Car en effet : on les confie aux soins d’Eric, une grosse brute un peu débile, qui leur explique les règles.

« Bonjour les nouveaux. Pour devenir des Audacieux, il va falloir passer plein de tests, physiques et mentaux, pour tester votre résistance à l’effort et à la peur et faire de vous des bêtes de guerre. Il y aura un classement, et ceux en queue de peloton… seront rejetés et deviendront des sans-clans !
- Haaaan ! Mais on nous l’a pas dit quand on a choisi la faction ! C’est dégueulasse !  Si j’avais su…
- Tu aurais choisi une autre faction ? Non ! Et puis c’est une nouvelle règle. »

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Voilà, c’est ce que je disais : tout le monde est choqué à la simple idée qu’une faction puisse rejeter des gens comme ça, hop. Et visiblement, c’est une règle qui n’avait jamais existé nulle part auparavant, d’où le choc. Donc vraiment, d’où sortent les sans-clans ? Mystère. N’empêche, j’aime bien le principe : on prend des gens, on leur fait suivre un gros entraînement militaire, et ensuite seulement on les jette comme des crottes. Nul doute que des gens humiliés, n’ayant plus rien à perdre et entraînés à jouer les commandos ne poseront aucun problème dans la nature.

Je commence à me demander si le nom original de la faction n’était pas « Les Trépanés« . Ou « Les grosses buses« , hein, je reste ouvert.

En tout cas, l’entraînement commence : course, lancer de couteau, tir au fusil (ce sont probablement les Fraternels qui font là encore pousser armes et munitions sur un arbre à Smith & Wesson), arts martiaux… soyons clairs, Tris a du mal, puisqu’elle est un peu gentille et pas assez offensive. Mais comme elle veut absolument devenir une vraie Audacieuse, elle s’entraîne plus que les autres, et de la queue du classement, elle remonte doucement. Quatre en plus vient l’aider lors de séances où il la tripote pour « guider ses mouvements » (le procès pour harcèlement sexuel n’est pas loin) et passe son temps à lui chuchoter de bons conseils comme « Utilise ta vitesse« , « Ne baisse pas ta garde » ou « Bois ce verre, je te jure, je n’ai rien mis dedans, hahaha, mais non, c’est du sucre, hem. »

Eric, lui, se révèle être un vilain petit chef tyrannique, qui martyrise les recrues et passe son temps à leur dire qu’elles doivent fermer leur gueule, obéir quoiqu’on leur dise, et ne pas réfléchir.

Attendez, encore une fois, quelle est la caractéristique principale pour recruter dans cette faction ? L’adoss… l’uda…. l’auda… ah, je ne sais plus. Ce n’était sûrement pas très important. Mais ça voulait sûrement dire « Gens qui aiment fermer leur gueule et rester à leur place« .

Non mais ?

Après des plombes d’entraînement et de scènes où Quatre fait glisser ses mains sur les courbes de Tris sous divers prétextes, nos héros sont invités à passer le test final des épreuves physiques : une grande opération de guérilla dans les ruines de Chicago où chaque équipe doit aller piquer son drapeau à l’autre. Eric est le capitaine d’une équipe, et Quatre de l’autre. Soit dit en passant, on a appris que Quatre avait été le premier à tous les exercices durant sa formation, et que les Audacieux l’avaient voulu plusieurs fois comme chef mais qu’il avait refusé, probablement puisque trop cool. Alors que Quatre réunit son groupe dans un coin et commence à discuter d’un plan, Tris… se barre ?

Hé, tu le dis si on te fait chier, hein.

Qu’importe : comme ils sont proches de la grande roue du coin, elle décide d’aller y faire un tour.

Et Quatre l’y rejoint.

Il faudra donc me dire ce que font les autres pendant ce temps : le chef s’est barré en plein milieu du plan du coup ils ont sorti leur jeu des 7 familles ? Toujours est-il que Tris entreprend d’escalader la grande roue pour « repérer l’équipe ennemie ». Quatre commence donc à la suivre, mais ralentit pour avouer à mi-chemin qu’il a beau être über-audacieux, il a une grande peur : il a le vertige.

Je retourne en parler à la Madame de l’entrée du cinéma et je reviens, j’aimerais avoir son avis sur la question.

Non parce que je reformule : le champion de la faction des mecs qui font du parkour, sautent d’immeuble en immeuble, font les zazous sur le métro aérien et ont pour mission de protéger l’immense enceinte couverte de passerelles branlantes qui entoure Chicago a le vertige.

Et personne ne l’avait remarqué.

Mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiiii ? La prochaine fois, on découvre que le chef des Érudits est analphabète et fait semble de lire L’âne Trotro en prenant un air concentré à chaque fois que l’on rentre dans son bureau ? Mais qu’est-ce que vous fumez avant d’écrire ? Non parce que à part du pétard chargé aux métaux lourds, je ne vois pas bien pour arriver à des résultats aussi lamentables. Essayons de nous concentrer sur la suite.

Tris escalade donc la grande roue et une fois au sommet, seule avec Quatre qui se révèle faible et kikinou sous sa carapace de gros dur, elle repère l’ennemi, planqué dans un vieux clocher. Ni une, ni deux, nos loulous équipés « d’armes à seringues neurologiques simulant la douleur d’une blessure par-balles » (le paint-ball ou l’airsoft, c’était trop cher, et en cas de seringue dans l’œil, on va supposer qu’il repousse) vont donc péter la gueule aux margoulins, et comme il se doit, l’équipe de Tris sort victorieuse de l’affrontement. Pour fêter ça, les Audacieux ont prévu une petite cérémonie de fin des épreuves physiques, consistant en un gigantesque tour en tyrolienne (non, ne cherchez pas) au travers de tout Chicago et où le candidat risque de mourir tous les deux mètres et d’en chier pour freiner.

On espère donc que Quatre n’est jamais passé par là, sinon arrivé à destination, il devait avoir un petit fumet. « Cette odeur chaude et nauséabonde ? C’est heu… la tyrolienne. Les… les freins ont chauffé. Voilà voilà. »

J’en déduis donc que dans son cas, la cérémonie était « en Tyrolien », et on se contentait de chanter en Allemand tout en sautant sur des chaises. Et seulement raisonnablement haut.

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Audacieux.

Les épreuves physiques terminées, les novices Audacieux commencent à participer à la vie de la cité. Ainsi, alors que Tris participe au déchargement de sacs de nourriture pour ravitailler le QG de sa faction, quelqu’un lui envoie de la lumière dans la gueule à coups de miroir depuis un coin sombre. Intriguée, et un peu bougonne parce que c’est chiant quand même, notre héroïne va donc sur place et découvre… sa mère ! Qui est heureuse de la revoir et lui dit que « Attention Béatrice, je sais que tu me mens sur ce qu’il s’est vraiment passé à ton test. Méfie-toi des épreuves qui arrivent chez les Audacieux : ils vont rentrer dans ta tête, et il y a des choses qu’ils ne doivent pas découvrir !« 

Ne t’inquiète pas Maman : s’ils arrivent à rentrer là-dedans, le contact direct avec le néant absolu devrait vite les calmer.

Avant que Tris ne puisse demander à sa mère d’où elle connait la suite des épreuves des Audacieux, cette dernière disparaît tel un ninja, woush woush. Ho, j’en profite pour le préciser : dans un moment de doute durant l’entraînement, Tris et ses copains ont décidé de se faire tatouer (parce que les tatoos, ça règle tout) et alors qu’il n’y a que des modèles tribaux ou presque de disponibles, évidemment, Tris trouve le seul truc avec trois oiseaux kikinous qui portent des fleurs dans le bec à se faire imprimer sur la clavicule. Et sa tatoueuse n’est autre que l’Audacieuse qui lui avait fait passer le test qui lui répète des conseils du même acabit à savoir : « Tu n’aurais pas dû te planquer chez les Audacieux, ils vont te découvrir ! Personne ne doit savoir que tu es divergente. Ici, les gens comme toi, ils les tuent.« 

Okay.

En tout cas, les tests mentaux débutent peu après tout cela, et Tris est invitée à passer les siens avec Quatre (ça alors !). Le test est simple : dans un petit cabinet, on lui injecte un gros coup de drogue qui la fait halluciner (c’est varié, vraiment), et elle doit dès lors combattre ses peurs. Quatre, lui, verra sur un écran ce qui se passera dans son crâne. Et dans le futur, c’est tellement bien que l’écran en question fait même ses propres montages, et propose ainsi différents plans de caméra. Intéressant. Mais pour le coup, tourner des pornos fétichistes est aussi devenu beaucoup plus rapide et moins coûteux. Enfin ça, ce sont les Érudits qui le disent. Enfin qui disent l’avoir lu. Ou le tenir d’un mec qui aurait lu… oui, bon bref, c’est magique, pouf.

Après s’être pris un bon coup de seringue, Tris se retrouve donc face à ses peurs : dans un champ près de la frontière de Chicago, l’herbe autour d’elle prend feu. Puis, des corbeaux jaillissent et viennent lui maraver la gueule. Pire encore, quand elle tente de fuir, elle se retrouve à patauger dans un marais. Cependant, elle finit par se répéter très fort « Rien de tout cela n’est réel ! » et hop, ça l’aide à fuir tout ce bordel. Sa dernière hallucination est un bocal dans lequel elle est enfermée et qui se remplit d’eau : consciente que ce n’est pas réel, elle brise la vitre sans effort et s’en sort…

… pour mieux se réveiller.

Et visiblement, le résultat ne plaît guère à Quatre : elle a réussi à vaincre ses peurs en 3 minutes du premier coup, quand les autres en mettent 20. C’est un nouveau record ! Et un record un peu suspect, d’après Quatre. Tout comme certains Jean-Jacques, qui commencent à se dire qu’elle a peut-être grugé. Et à chaque fois que le test est répété, les résultats sont peu ou prou les mêmes : Quatre finit donc par lui poser la question de savoir quels ont été les résultats à son test pour choisir sa faction. Et il semble très au courant du fait qu’elle ment… bref, tout cela sent un peu le pâté.

Paniquée, elle décide d’aller faire un tour chez les Érudits pour voir son frère avec qui elle veut partager son trouble.

Vous dites ?

C’était pas interdit d’aller voir les gens des autres factions, raison pour laquelle ses parents pleuraient et… non ?

Bon, on va dire que ça non plus, ce n’était pas important.

Sérieusement, il y a quoi qui tient rien que dans les concepts de base du film ? Même les trucs posés dans le pitch sont zappés au bout de quinze secondes !

Bref, au sein du radieux immeuble des Érudits (où tout est propre et blanc : la caste des femmes de ménage doit se cacher chez eux), Caleb papote un peu avec elle avec plaisir, mais lui explique qu’il a rejoint le point de vue des Érudits : les Altruistes ne devraient pas diriger la ville. Les Érudits seraient meilleurs pour cela. Tris est un peu déçue d’entendre son frère raconter ce genre de truc, et alors qu’elle va quitter le bâtiment, deux Érudits essaient de l’arrêter en y mettant un peu de force : elle commence à se battre avec eux quand soudain surgit Jeanine (c’est son vrai nom, ce film était un appeau pour ce blog), la patronne des Érudits, qui fait cesser ce trouble et invite Tris à venir papoter avec elle.

Bon, mais ils voulaient quoi les deux types qui l’ont agressée, en fait ? On ne saura pas. C’était peut-être pour déconner.

Allez, on va dire que c’était une mise en scène de Jeanine pour l’emmener dans son bureau, parce que juste demander poliment, elle n’y avait pas pensé.

Okay, donc je confirme : le champion des Audacieux a le vertige, et la chef des Érudits est une huître avec une moumoute.

Formidable, formidable.

L’entretien entre Jeanine et Tris est bref : Jeanine veut juste lui mettre une petite pression amicale pour bien lui dire que « J’espère que tu es bien une Audacieuse loyale à ta cité, et que tu tuerais père et mère pour le bien de tous« . Sooooit  ? Bon, je ne cherche plus : toujours est-il que Jeanine la fait raccompagner par son chauffeur (un chauffeur Érudit, donc ? Le mec s’est fait arnaquer à un moment) chez les Audacieux. Sauf que sur place, trois hommes cagoulés l’attendent au détour d’un couloir et menacent de la balancer dans l’un des ravins qui parcourent la carrière souterraine !

Quel dommage que tous ces gens habitent dans un site en ruines super dangereux, alors que la ville est recouverte d’immeubles que personne n’a jamais pensé à remettre en état, soit dit en passant.

Bref, notre héroïne est sur le point de faire le grand saut quand arrive Quatre qui distribue des coups de tatane à qui ramène sa fraise. Dans l’affaire, l’un des assaillants a perdu sa cagoule : c’est Jean-Jacques ! Je ne sais plus lequel, mais un Jean-Jacques jaloux des résultats de Tris qui voulait du coup l’éliminer pour éviter de se faire jeter du clan ! Quatre, plutôt que de prévenir les autorités (surtout que rappelons-le : le QG des Audacieux est aussi le QG de la police), préfère emmener Tris qui est un peu choquée dans sa chambre à lui (bien joué petit malin, tu peux le dire : tu as payé les trois hommes cagoulés, va !), et la glisse dans son lit.

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jean-Jacques la cagoule et ses amis que personne ne cherchera plus à identifier du film, quand bien même ils ont tenté de tuer l’héroïne. Leurs cagoules doivent être enchantées.

Mais comme c’est un gentleman, lui dort par terre. Ah mais oui. Il est comme ça le garçon.

Et non, personne au dortoir-sans-intimité ne remarque que tiens, Tris a disparu et que dis-donc, elle sort de la chambre du chef au petit matin. Du coup, personne ne gueule au piston non plus : c’est donc bien. C’est vrai que c’est tellement peu intéressant comme information dans une compétition où on joue sa vie (une compétition où on joue sa vie ? Dit comme ça, ça me rappelle un autre film… hmm, mais lequel ?).

S’ensuit la révélation que tout le monde attendait (mais si !) : Quatre a compris depuis longtemps que Tris était divergente. Mais comme rapidement, tous deux se mettent à se rouler des patins, mais pas plus parce qu’il ne faut « pas aller trop vite » (encore une fois, vous qui avez un jour couché le premier soir, sachez qu’Hollywood condamne fermement votre attitude de dépravée), la confiance règne. Et Tris demande aussi à Quatre « Au fait, c’est quoi le tatouage que l’on voit tout le temps dépasser de ton T-shirt ? Il signifie quoi ? »

Oui, parce que Tris fait aussi partie de ces gens qui sont persuadés que les tatouages ont tous une signification profonde. Pas juste que des gens peuvent trouver ça joli. Non parce que sinon, j’en connais qui vont en chier pour expliquer philosophiquement leur dauphin à la cheville. La prochaine fois, elle tentera « Alors, ton piercing sur le nez, c’est par rapport à Kant ou Platon ?« .

En tout cas, c’est un excellent prétexte pour que Quatre se mette torse-nu et révèle son affreux tatouage couvrant tout son dos, et probablement fait par un surfer mal inspiré. Au milieu de sigles tribaux grossiers, on retrouve donc les sigles des cinq castes, et Quatre explique : « C’est parce que je veux être plus qu’un Audacieux : je veux être Érudit, Altruiste, Fraternel, Sincère et... »

A ce stade, tout le monde a compris que Quatre était un divergent. Un divergent tellement intelligent qu’il a eu la bonne idée de se le tatouer en énorme dans le dos.

Juste une seconde : quelqu’un a vu passer le pétard aux métaux lourds ? J’en aurais bien besoin, là. Merci.

Il n’y a que Tris qui ne fait pas le rapprochement et se contente de baver un peu en faisant des bruits comme « Gnuuu... ». Qu’elle est brillante.

Mais assez de moqueries : Tris finit par partager ses doutes sur ce que les Érudits préparent. Et Quatre, qui a expliqué que sa spécialité était « le renseignement », lui répond qu’effectivement, les Érudits semblent préparer un truc. Ça fait plusieurs fois qu’ils viennent traîner au QG des Audacieux et qu’ils trafiquent du matériel informatique et un sérum qui rend les gens « plus réceptifs à la suggestion ». Intéressant.

Et ça ne vous dirait pas d’en parler, je sais pas moi : aux Sincères, la justice ? Aux Altruistes, le pouvoir politique ? Non ? Non, vous avez raison : peut-être qu’en fait ils veulent juste monter une LAN pour se faire du Counter-Strike. Et le sérum, c’est pour les mauvais joueurs. C’est complètement crédible : surtout ne dites rien !

Visiblement désintéressés de la question, nos héros décident de reprendre la phase 2 de l’entrainement de Tris, à savoir lutter contre les peurs. Car bientôt arrive le grand examen final, celui qui fera d’elle une Audacieuse à part entière : affronter ses peurs avec tout un jury qui regarde sur les écrans ce qu’il se passe dans sa tête. Quatre a alors une idée géniale :

« Tris, j’ai pensé à un truc. Tu sais, je t’ai déjà vue affronter tes peurs sur écran. Et j’ai vu que tu les affrontais comme une divergente, à savoir que tu t’en moques en te disant qu’elles n’existent pas, parce que non, personne d’autre n’a jamais pensé à le faire, et non comme une Audacieuse, c’est à dire en les affrontant. C’est pourquoi j’ai pensé à un truc. On va t’entraîner à agir comme une Audacieuse.
- Excellente idée !
- Et pour ça on va utiliser ce petit appareil qui va relier nos pensées : nous serons dans la même hallucination et nous l’affronterons ensemble. Je te guiderai.
- Génial !
- C’est donc parti, allons-y : explorons mes peurs.
- Que… quoi ? Mais attends, c’est complètement con ton affaire ! A quoi ça sert que je m’entraîne sur TES peurs sachant que je vais affronter les miennes le jour J ? Les corbeaux, le champ en feu, le marais, la boîte pleine d’eau, tout ça ? Ça me sert à rien ton truc ; tu vas m’entraîner à un exam que je ne vais pas passer, gros débilou ! »

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Mais non : en fait, Tris se contente de trouver l’idée géniale, et perd donc un moment du film à explorer les peurs de Quatre dans une hallucination commune. C’est-à-dire affronter le vertige, la claustrophobie, le meurtre d’innocents et enfin, le père de Quatre qui le battait étant enfant… et n’est autre que Marcus, le chef des Altruistes ! Quatre peurs : d’où son nom « Quatre », ce qui souligne à quel point tout ce film semble être une succession d’idées pourries tirées d’un chapeau. Une fois que Tris a appris à combattre ces peurs qui ne lui serviront à rien, le jour J, elle est envoyée dans une grande salle où entourée d’Audacieux et d’Érudits (qui n’ont pourtant rien à faire là, mais ça ne choque personne), elle se retrouve donc à affronter ses peurs, sur lesquelles elle n’a pas révisé à cause du plan foireux de Quatre. Mais comme le script est de son côté, si si, en fait, grâce à l’entraînement de son amant qui n’avait pourtant rien à voir avec la choucroute, elle utilise le feu dans le champ pour éloigner les corbeaux qui l’attaquent, puis elle se retrouve dans la boîte pleine d’eau dont elle bouche l’arrivée avec son blouson, et enfin, elle doit affronter deux peurs nouvelles : celle de se faire violer par Quatre (elle lui explose les roudoudous), et celle de devoir tuer sa famille (elle fait feu sans hésiter avec un gros flingue). Du coup, à son réveil, tout le monde l’applaudit très fort, y compris Jeanine l’Érudite qui, j’insiste, n’a aucune raison ni droit d’être là, sauf pour appuyer qu’elle est méchante et surveille l’héroïne. A noter qu’elle n’a pas eu à affronter la peur du scénario de merde : ça, c’est son quotidien.

L’affaire conclue, tous les Audacieux qui ont réussi le test sont… sont…

Oui ? Que dites-vous ? « Et les fameux qui étaient en bas du classement ? » Ah bin eux, on en parle plus en fait. Un détail.

Ah si, vous vous souvenez Jean-Jacques-la-cagoule ? Celui qui avait agressé Tris ? Hé bien il est reparu juste le temps de s’excuser, expliquant qu’il était comme « sous contrôle » (je me demande bien par qui aloooors) mais Tris ne l’a pas cru, et du coup, humilié et pas vraiment bien placé dans le classement, il a décidé de tenter l’option suicide. Ou on l’a suicidé, mais dans tous les cas : tout le monde s’en fout. Pauvre Jean-Jacques-la-cagoule !

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J’allais oublier de vous montrer le tatouage très discret que s’est fait Quatre, qui cherche avant tout à ne pas se faire repérer. Chapeau l’artiste !

Après avoir célébré leur entrée officielle chez les Audacieux, tout le monde, y compris les anciens, est invité à se faire injecter « un dispositif tout neuf de géolocalisation », ce qui est donc fait à la chaîne. Puis, la troupe s’en va pioncer, parce que la journée a été longue.

Mais peu avant l’aube, Tris est réveillée par Christina à côté d’elle, qui a l’air… en transe. Tout comme tous ses camarades en fait. Tous s’habillent et vont chercher des armes sans dire un mot, et se mettent en ligne pour traverser le QG en ordre, silencieux. Tris décide de faire de même le temps de comprendre ce qu’il se passe, et ça tombe bien puisqu’au milieu des rangs, les Audacieux adultes et Eric, qui sont tous bêtes et méchants, dévoilent leur plan à haute-voix :

« Alors ! Tu es sûr qu’ils ne nous entendent pas ?
- Techniquement ils nous voient et nous entendent, hohoho, mais leur cerveau ne peut rien faire, ahaha ! Le sérum et le petit processeur que nous leur avons injecté en fait des marionnettes sous notre contrôle, tout ça grâce à notre salle informatique cachée derrière cette porte ! 
- Excellent : nous allons enfin pouvoir aider les Érudits à défoncer des relous d’Altruistes ! Mais, ce sérum, a-t-il des faiblesses ?
- Hé bien il ne marche pas sur les divergents… si seulement on en avait un sous la main ! »

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A ce moment, par un heureux hasard, jaillit Bob-le-divergent, un type qui se met à courir dans les rangs en criant : « Houhou les copains ! Pourquoi vous êtes tous hypnotisés ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi je suis tout seul à être conscient ? Héhooo ! ». Les méchants lui collent donc une balle dans la tête pour bien montrer qu’ils ne rigolent pas avec les divergents, ah mais dis-donc ! Tris fait donc semblant de rien et rejoint planquée au milieu de ses camarades le métro aérien. Où elle repère Quatre ! Elle s’avance donc parmi ses camarades en transe pour aller voir si son copain est dans le même état auquel cas elle pourrait peut-être profiter de sa faiblesse face à la suggestion pour lui demander des trucs coquins ou lui faire des blagues comme lui dessiner un kiki au Velleda sur le front. Mais pas de bol pour elle : c’est aussi un divergent (et elle ne le réalise que maintenant), qui lui prend discrètement la main pour lui dire que oui oui, je suis bien conscient, chut. Elle range donc son Velleda discretos.

Ainsi, tout leur régiment de fripons est relâché sur le quartier où vivent les Altruistes, que l’on regroupe de force, en abattant ceux qui résistent.

Alors vous me direz que ça doit un peu énerver les Sincères, qui sont là pour faire la justice, mais non : ce sont un peu les Poufsouffle du coin, tout le monde s’en fout, y compris le script.

Bref. Durant l’affaire, Tris et Quatre arrivent à foncer à la maison de Papa et Maman Béa et la trouvent vide. Auraient-ils trouvé le moyen de filer, les larrons ? Sauf qu’en route, nos héros croisent Eric qui ricane très fort en les arrêtant « Alors Quatre ? On fait moins le malin maintenant qu’on est hypnotisé comme une bouse ? Espèce de gros naze ! » mais hélas, Quatre se trahit quand Eric lui raconte une blague de Toto (celle de Toto qui a une fuite d’eau dans un monde post-apocalyptique où il n’y a pas de plombier). Damnation ! Malgré une brève tentative de résistance de Tris et lui, durant laquelle Tris se prend un pruneau dans le bras, ils sont bien vite arrêtés et emmenés voir la chef du coup d’Etat en cours qui, allez savoir pourquoi, passait par là : Jeanine, donc. Celle-ci est contente de trouver deux divergents en vie : elle va emmener Quatre pour faire des expériences dessus. Quant à Tris, qui est déjà entamée, elle peut bien aller mourir. Elle commande donc à ses hommes d’aller l’exécuter dans un coin.

C’est donc emmenée par le peloton d’exécution le plus lent du monde que Tris s’en va, et alors qu’ils la mettent en joue (leeeeeeeeeeeeeenteeeemeeeeeeeeeent, ils n’ont pas fait autant de chichis pour Bob-le-divergent), des coups de feu éclatent et tuent ses bourreaux : c’est maman Béa qui surgit d’un buisson, une arme à la main !

Heureusement que les centaines de soldats qui encombraient le secteur il y a encore une scène sont tous partis fumer une clope au même moment et n’ont rien entendu, hein.

Maman Béa fait donc une grosse confession : « Avant d’être une Altruiste, j’étais une Audacieuse ! C’est pour ça que je suis mi-Altruiste, mi-Yamakazi ! Maintenant, ramasse une arme et fuyons !« . Ce qui est dit est donc fait, et le duo mère-fille essaie de filer vers les rues les plus proches, mais croise en chemin un véhicule transportant quelques soldats qui se lancent à leur poursuite. Équipées de leurs armes contenant environ 17 000 cartouches par chargeur, elles tuent un certain nombre d’assaillant, dont un Jean-Jacques en transe, ce qui choque un peu Tris quand bien même dans la salle personne n’avait jamais éprouvé la moindre compassion pour ce personnage au charisme proche de la feuille de calque. Mais dans la bagarre, Maman Béa se ramasse un pruneau et meurt en ordonnant à sa fille de rejoindre son père qui doit se cacher dans un quartier pas loin avec d’autres réfugiés.

Tris s’enfuit donc malgré les Audacieux qui lui tirent dessus. Mais pas trop, hein : par exemple, ils mitraillent les murs de la ruelle où Tris se planque quand ils ne la voient pas, et quand elle sort pour courir en ligne droite au milieu de ladite ruelle, ils ne tirent plus. Ils sont vraiment sympas, en fait.

En parlant de trucs sympas, Tris arrive dans le coin où son père est supposé se planquer. Poursuivie, elle rentre donc dans la première porte qui passe et… ho bin ça alors, c’est là que son père et tous les survivants se cachaient ! C’est tout petit Chicago, tout de même. Je crois que même Arcis-sur-Aube est un peu plus grand. Enfin bref, sur place il y a donc Papa Béa, des réfugiés, Marcus, le chef de la faction, et même Caleb, son frère, qui a quitté les rangs des Érudits sitôt qu’il a compris qu’ils allaient prendre le pouvoir sans pincettes. Tout ce petit monde réfléchit donc : mais comment arrêter les Audacieux complètement drogués ?

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« Quelle chance ma fille que les méchants aient débité tout leur plan à haute voix pendant que tu passais pas là ! »

Tris sait : la base des Audacieux. Il y a là-bas le centre informatique d’où ils contrôlent les pauvres bougres. Et elle sait même comment y rentrer sans se faire repérer. Et non, son plan n’implique même pas une fausse moustache.

Accompagnée de son père, Caleb, Marcus et d’une paire d’autres types ayant encore moins d’intérêt que les précédemment cités, elle file donc au métro aérien, qui, oui, continue de tourner en boucle, saute dedans avec ses compagnons d’aventure, et les emmène au fameux toit d’où on peut sauter dans l’entrée du QG où elle était arrivée le premier jour.

Que non, personne ne garde, évidemment.

C’est pas comme s’il y avait un coup d’état en cours. J’ai vu des parties de Junta mieux encadrées.

En avançant, elle tombe tout de même sur un Jean-Jacques, qui n’a rien d’hypnotisé et coopère de son plein gré avec les Érudits. Il se fait donc péter la gueule et indique où se trouve la salle informatique qui sert de salle de commandement. Nos héros y foncent, et apercevant trois gardes qui défendent la place, plutôt que de s’organiser, Papa Béa fonce dans le tas en faisant des bruits comme « Yayayaya !« . Il fait donc une diversion aussi spectaculaire que débile, puis meurt plombé par ses adversaires peu avant qu’eux-même ne se fassent descendre. J’aime beaucoup ces personnages qui meurent juste parce qu’ils s’ennuyaient. En même temps, je peux les comprendre.

Qu’importe. La salle de contrôle ouverte, Tris s’y engouffre seule pendant que ses camarades montent la garde dehors, prête à combattre tout le… le…

Mais j’y pense, elle ne s’était pas prise une balle dans le bras un peu plus tôt ? Ça va maintenant, tout va bien ? D’accord. J’ai dû rêver. Ou regarder un autre film pendant ce temps.

Bref, elle arrive dans la salle de contrôle et là, découvre Quatre assis, les yeux dans le vague, à ses côtés Jeanine qui ricane car oui, elle le contrôle lui aussi à présent ! En effet, pendant que nos héros fonçaient au QG des Audacieux, elle a réussi à terminer ce qu’elle faisait chez les Altruistes, à prendre sa bagnole, à revenir plus vite qu’un métro aérien qui ne marque jamais d’arrêt, à rentrer dans la base, gagner la salle de contrôle, refermer la porte blindée de celle-ci, puis rechercher un sérum de contrôle des divergents qu’elle a aussi mis au point dans la foulée avant de l’administrer. Et parce qu’il lui restait du temps, je crois bien qu’elle a préparé du cake aux fruits.

En parlant de cake tout chaud, Quatre se voit ordonné par Jeanine de tuer Tris ! Holala, comme c’est cruel ! Heureusement, se battant divinement bien grâce à sa guérison miraculeuse du bras, Tris non seulement se défend mais lui répète en boucle « C’est moi ! Arrête ! Mais si, tu sais, moi ! C’est parce que je suis habillée que tu ne me reconnais pas ?« . Finalement, voyant que ça ne marche guère, elle ramasse un pistolet et plutôt que de tuer Quatre, le braque sur son propre front en lui hurlant de tirer et accessoirement, qu’elle l’aime. Ce qui arrête net Quatre.

Parce que oui, Quatre était chaud bouillant pour la tuer, mais pas si elle fait tout le travail en lui lançant des niaiseries.

Misère.

Quatre sort de sa transe et aidé de Tris, ils défoncent bien vite tous les agents de sécurité du centre de contrôle jusqu’à ce qu’il ne reste guère plus que Jeanine, qui refuse de coopérer. Un petit coup de son propre sérum dans la gueule plus tard, Quatre, qui n’a jamais vu comment fonctionnait l’espèce de logiciel qui permet de contrôler le cerveau des gens sous sérum mais sait parfaitement le faire quand même lui ordonne d’arrêter le coup d’Etat puis d’effacer tout le programme qui permettait de contrôler les pauvres gens. Elle appuie donc sur retour arrière puis lance un Format C: et aussitôt, tous les Audacieux qui entouraient les Altruistes se réveillent et se demandent ce qu’ils font là. En effaçant le programme, Jeanine elle-même sort de sa transe… et pleure donc de rage en voyant ses précieux efforts (pourris) réduits à néants.

Hélas, il faut partir : les Audacieux qui participaient au coup de plein gré retournent vers la base pour voir ce qu’il s’y passe, aussi nos héros filent donc tous bondir dans le métro aérien, toujours en pleine course, avant de s’éloigner à toute allure de Chicago (car oui, soudain, le métro a des rails qui vont en direction de l’enceinte autour de la ville, allons bon). Et…

Oui ? Oui, ils viennent d’arrêter le coup d’état oui. Et oui, plutôt que d’aller expliquer ce qu’il s’est passé pour rétablir la paix et faire que les Audacieux réveillés de leur hypnose les aident à se débarrasser des corrompus, ils se barrent en laissant tout en plan, comme ça, les Érudits et les Audacieux corrompus pourront continuer tranquillement leurs affaires et continuer de filer des ordres aux Audacieux innocents. En un mot comme en cent : jusqu’à la fin, ils auront fait n’importe quoi.

C’est donc sur cette ultime incohérence que s’achève notre histoire et…

… FIN !

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« Maintenant que nous avons sauvé la ville, barrons-nous en laissant les méchants en paix, histoire que la situation pourrisse suffisamment pour nous permettre de faire un 2 ! »

_______________________________

« Bon alors Maître, c’était plutôt un bon film, non ?
- …
- Maître ?
- … »

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Elle me regarde en levant un sourcil jusqu’à ce que le président la fasse sursauter.

« Maître Connard, levez-vous ! Que demandez-vous pour votre cliente ?« 

Je réfléchis un long moment, pendant que du bout des lèvres, elle répète encore et encore « L’acquittement !« 

Je prends une grande inspiration, et au nom de la défense, déclare :

« Mais, la peine de mort Monsieur le président !« 

Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un « sang-mêlé » (oui, même le terme de « demi-dieu », puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le « camp des sang-mêlés » et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme « Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?« . Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

« Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir ! » s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme « Naooooon, Thaliaaaa !« , « Hooo c’est trop triiiiiste ! » ou « Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !« .

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

« Zut« , se dit Percy. « Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds. » utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

« Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters. »

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

« S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?« 

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots « trilogie du samedi » vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

« C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !« 

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

« RON ! » s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

« Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF ! »

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Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! « Mais par qui donc ? » se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

« Par Luke ! » s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

« Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- « Ce film sera nul à chier jusqu’au bout » ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit. »

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme « Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé » ou « Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va. » Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

« Intéressant. » se dit Percy. Avant d’ajouter « Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! « Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal. » Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !« .  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

« Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie ! » 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

« Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?. »

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

« Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit ! »

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme « Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde », le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

« Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas. » Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de « normalité » grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la « mer des monstres« , plus connue chez les humains comme « le triangle des Bermudes » (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

« Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique ! »

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

« Cacaboudin ! » s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! « Double cacaboudin !« , ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  « Sûrement des alliés de Luke« , constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  « Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu ! » complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

« Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !« . Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

« M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée « La Misou-Misou »
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien ! »

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Après « Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent », retrouvez Hermès dans « Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin ». Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit « Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe. »  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! « Rhooo, le chouchou ! » grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du « Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques » puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

« Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était ! »

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

« Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha ! »

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux « [FILS2RMS]Pr0uT_23 » qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! « Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ? »

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme « Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho ! », Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

« Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants ! » s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

« Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même. »

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

« Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION. »

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

« Tyson, tu es vraiment une grosse merde« , aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage « attachant ». Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : « Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies« ) en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

« Hooo, bin c’est pas banal ! » se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

« Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur. »

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

« Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser ! »

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

« Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème ! »
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est « Circéland » (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : « Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer! »

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire « Houhouuuu Polyphèèèèèème ! » avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient « un gros trou » – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

« Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf. »

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

« Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas ! ». Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier « Vas-y Percy, t’es le meilleur« , le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est « Gnééé, gna brille !« 

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

« Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord. »

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de « Tu es mon frère, je t’aime », « C’est bon d’avoir quelqu’un », « Le pouvoir de l’amitié est le plus fort » et autre « Je t’apprécie même si tu es un peu con« . Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

« Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki. »

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme « Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie ! » jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme « C’était une belle aventure« , « Je vais mourir » ou « Milla Jovovich » (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme « Uuurgaaargl » et meurt.

« Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait« , se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à « Action ou Vérité« …

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur « Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras ! » Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

« Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl. »

0

Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

________________________________________________

Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

« Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.«  »

Je crois que nous n’avons pas la même notion de « privilégier le scénario« .

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.

La parité, c’est important.

Non, c’est vrai : ici, il y a peu, nous distribuions de bons conseils grâce au désormais célèbre site « Art de Séduire » afin d’aider les lecteurs malheureux à trouver l’âme sœur à l’aide d’accroches aussi élégantes que « Combien coûte ton cul ?« . Si personne n’aura ici le moindre doute quant à la surpuissante efficacité de cette technique (je salue ici tous ceux qui ont gagné +6 en charisme grâce à l’audacieuse stratégie), j’imagine bien que mon lectorat féminin a pu en prendre ombrage.

Par jalousie je suppose, quoi d’autre ?

Aussi, lectrices, il ne saurait être question de ne pas vous faire profiter à votre tour de fameux conseils afin de mieux comprendre l’homme, cette créature à la fois mystérieuse, fascinante et plutôt velue (hors boys band). C’est pourquoi nous traiterons aujourd’hui d’un ouvrage trop méconnu et vous étant destiné, Mesdemoiselles (Mesdemoiselles hétérosexuelles, je précise : les autres, à l’heure qu’il est, vous devez cuver votre champagne pour célébrer votre nouveau droit de faire tourner les serviettes avec votre dulcinée) :

Ce que veulent les hommes

On aurait pu s’en arrêter à la couverture, en fait

Ce fantastique ouvrage écrit par « trois célibataires » (ne vous demandez pas pourquoi) explique sans rire dès sa couverture vouloir « briser l’omerta pour nous révéler ce que les hommes ont dans la tête et dans le cœur« . Une omerta, donc, qui après s’être faite tataner la margoulette par cet ouvrage du courage, révélera tous les secrets pour que vous, viles femmes, n’ayez plus à relire 5 fois le SMS que vous venez de recevoir pour savoir si « :) » cache en fait une discrète révélation sentimentale.

C’est ça. Faites semblant que c’est pas vous.

Mais plutôt que d’étudier tout le livre, allons donc en voir la synthèse sur le fameux site « Heureuse en amour » (si, si) où une rédactrice a pris grand soin d’en tirer la substantifique moelle avant de conclure :

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

C’est vous dire si la qualité est au rendez-vous, puisque notre experte a été toute chamboulée de ces révélations et va donc désormais suivre les bons conseils de l’ouvrage. En attendant, enfilez votre scaphandre à médiocrité,  il est temps de plonger dans l’abysse.

A quoi pense un homme?Quand un homme rencontre une femme qui lui plait, il la place tout de suite dans une de ces catégories:
-femme avec qui il pourrait avoir une relation sérieuse.
-femme avec laquelle il n’aura qu’une passade.
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En effet : le mâle n’a pas d’amies, de relation de boulot voire de connaissances. Lorsqu’il rencontre une femme qui lui plait, la première chose qu’il se dit c’est « Palsembleu, comment diable vais-je culbuter la gourgandine ? » suivi de « Et où vais-je l’enterrer après coup ?« .

Si la réponse à la première question est souvent floue, celle à la seconde est généralement « Dans la forêt de Rambouillet« . Bien qu’il soit aussi tout à fait possible de répondre cela aux deux questions, mais nous entrons alors dans un domaine qui ne sera pas du goût de tous les promeneurs.

Bref. Et puisque ce chapitre s’intitule « à quoi pense un homme« , sinon ?

Ah bah rien. Soit.

Faisons fi de cet oubli et passons donc à la suite : « Dix principes à retenir sur un homme« , et prenons-en quelques-uns au hasard.

Principe n°4: Les hommes ont tendance à profiter des femmes qui les laissent faire. Un homme profitera d’une femme qui dit oui à tout mais il ne restera pas avec elle.

Ou alors, c’est simplement que quand les gens ont la personnalité d’une endive, 99% de la population reste rarement avec, le dernier 1% étant principalement composé de descendants de Léguman. Surtout quand les gens disent vraiment oui à tout en fait.

« On se fait un ciné ce soir ?
- Ouiiiiii ! Hihihi !
- Okay, on se fait un petit film d’action alors ?
- Ho ouiiii, hihihi ! »-
Tu veux aller voir quoi ?
- Ouiiiiii ! 
- Hein ?
- Ouiiiii ! »
0

Ce type de conversation s’achève généralement avec la question « Veux-tu un parpaing dans la gueule ? » mais là n’est pas le sujet.

Principe n°5: En matière de sexe, les hommes croient à la règle du deux poids, deux mesures.Un homme n’envisage pas une relation sérieuse avec une femme qui couche avec lui trop vite. Il n’aura plus envie de la connaître si elle se donne facilement à lui.

Lectrice, toi qui a un jour eu une relation sérieuse avec un homme avec qui tu avais osé folâtrer le premier soir, sache que ton concubin était en fait un espion alien ou quelque chose du genre (les tentacules auraient dû te mettre sur la voie). Car c’est connu, pour une relation sérieuse, Mesdemoiselles, vous n’avez rien d’autre à proposer que votre cucu (je rappelle que ces conseils sont certifiés conformes par le site « Heureuse en amour » et sa rédactrice convaincue dixit elle-même). Sitôt que vous l’avez partagé avec un mâle, celui-ci se dresse fièrement sur le lit, éclate d’un rire diabolique puis hurle vers les cieux, le torse gonflé par la fierté « Je l’ai euuuu ! » ; l’homme bondit alors vers la fenêtre la plus proche tel un predator ayant un nouveau crâne à la ceinture et disparaît dans la nuit.

Ou se vautre puisque vous habitiez au 5e, et la police se demandera des jours durant pourquoi le mort avait ce sourire béat, bien qu’un rapprochement avec son absence de slip puisse être faite par les enquêteurs les plus hardis.

Bref, les filles, n’oubliez pas : il n’y a qu’une chose à connaître chez vous, et ce n’est pas vraiment votre personnalité. Et Heureuse en amour approuve ce message, c’est pas beau ça ?

Homme en vue subjective

Principe n°7:Les hommes sont naturellement enclins à coucher avec de nombreuses femmes. Ce n’est pas dans la nature de l’homme d’être fidèle. Quand il aime une femme il doit s’efforcer de refréner ses pulsions pour ne pas la perdre.

Le mot « naturellement » est lâché : « C’est pas ma faute, c’est la nature qui l’a voulu« . Messieurs, retenez bien cette phrase : avec elle, vous pourrez tromper quantité d’écologistes et d’amoureuses de la culture bio en toute impunité. Et si vous êtes vraiment joueur, vous pourrez même faire passer votre soumission à Dame Nature comme un acte militant. Quand bien même Dame Nature s’appellait Cynthia, avait 18 ans aux dernières nouvelles, et vous soumet drôlement moins depuis qu’elle sert d’engrais à un joli bosquet. Encore un geste écolo : vous êtes forts alors.

Principe n°8:Les hommes ont du mal à interpréter le discours des femmes. Si une femme veux discuter avec un homme, elle doit aller à l’essentiel pour lui faire saisir le message.

En effet : l’homme est un peu con. Ou alors, c’est juste qu’il regarde vos seins pendant que vous parlez, et puis le match va commencer. Rappelez-moi qui a écrit ce livre ? Ah, oui : trois célibataires. Je me demande bien pourquoi.

Du coup, il est temps, je crois, de passer à la suite : La première rencontre. Non parce que ça se travaille : comment faire bonne impression ? Comment rayonner au coeur de la soirée alors que ses yeux se perdront dans les vôtres ? Mais si, c’était vos yeux. Rhoo, allez quoi. Bon, bref : comment ?

Quand il la rencontre, un homme ne se projette pas dans une relation sérieuse avec:

Une femme trop timide.
Une femme trop directe et franche.
Une femme qui parle de sexe ouvertement.
Une femme facile.
Une femme saoule.

Il serait donc de bon ton que notre femme se contente de glousser et rougisse à la moindre évocation de la chose, puisque nom d’une pipe, femme, vous devez êtres de gentilles oies blanches. Pas d’alcool, pas de sexe, et de préférence ne pas fuir ou aller de l’avant : il faut attendre d’être cueillie tel un brin de muguet attendant patiemment dans la rosée du matin que Maurice le jardinier aviné vienne lui arracher la tronche en complimentant ses grosses clochettes de son haleine au saucisson.

Oui, vous avez le droit de soupirer de bonheur rien qu’à cette vision quasi-onirique. Allez-y, j’attends avant de poursuivre l’article. 

C’est bon ? Fort bien : reprenons.

Que doit faire une femme quand un homme qui lui plait l’aborde?

L’accueillir avec joie.

Pensez à toujours vous munir d’un collier de fleurs exotiques à placer autour du cou du mâle pour bien lui faire comprendre qu’ici, tu es le bienvenu, homme blanc. Toi avoir amené verroterie ? 

Et que doit-elle faire si un homme qui ne lui plait pas l’aborde?

Reconnaître l’effort qu’il lui a fallu pour venir la voir.

Voilà. Donc même si un gros relou vient vous emmerder, Mesdemoiselles, merci de lui remettre un bon point pour le féliciter. Et au bout de dix bons points, vous pouvez éventuellement lui remettre une photographie dédicacée de Patrick Sébastien.

Après, pas sûr que le message passe : si en plus il est content, n’hésitez pas à sortir le pistolet à clous.

Et puisque je vous sens enthousiastes, continuons dans la série de la classe et de l’élégance :

Comment obtenir le numéro d’un homme à la fin d’une conversation?
Lui donner son numéro. (NDLOC : le vôtre, pas le sien, sinon ça devient vite problématique)
Lui demander son numéro (s’il hésite à le donner, il n’est pas intéressé).

0

N’oubliez pas les filles : d’abord vous donnez votre numéro. Et ensuite, éventuellement, c’est à lui de décider s’il vous le donne ou non.  Et non, vous ne pouvez pas juste lui demander, sinon vous prenez aussitôt feu. Oui, le problème de la combustion spontanée est situé sur le chromosome X. Alors comme en plus vous en avez deux, ça prend d’autant plus vite, c’est une sorte d’allume-barbecue biologique. Ah, c’est pas facile, mais bon, hein, vous allez pas commencer à gueuler en plus. Je suis sûr que ça peut vous servir dans plein de situations.

Bon, mettons. Mesdemoiselles, vous arrivez à la fin du rendez-vous en un seul morceau, et mieux encore, vous pensez que ce mâle en vaut peut-être la peine. Que faire ? Va-t-il vous appeler ? Devez-vous l’appeler ? En tout cas, quoiqu’il arrive, la conversation téléphonique finit par arriver (non parce qu’il n’existe aucun autre moyen de communication au XXIe siècle démerdez-vous).

Que doit faire une femme au cours du premier appel?
Ne pas être trop bavarde
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Règle numéro 1 : Ta gueule. Règle numéro 2 : Pense très fort à la règle numéro 1, mais en silence alors.

L’exemple à suivre

Manquerait plus qu’elle apprécie de discuter avec Monsieur, nan mais ho ! Elle se croit où ? On t’appelle pour que tu ramènes tes fesses, pas pour que tu racontes ta vie ! On t’a déjà dit qu’on en avait rien à faire du reste, alors tu vas pas commencer à nous le seriner, dis !

Le rendez-vous est arrêté ? Mesdemoiselles, vous avez attendu patiemment qu’il vienne vous trouver en soirée et maintenant il vous propose une sortie en tête à tête, comme par exemple une invitation à la fête annuelle du plus gros mangeur de saucisses ? En route pour encore plus de romantisme !

Ce qu’une femme doit dire lors du premier rendez-vous
Elle ne doit pas critiquer le lieu de rendez-vous choisi par l’homme (s’il lui demande avant, elle peut l’aider à choisir pour qu’il connaisse ses préférences).
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L’homme a choisi. L’homme ne commet pas d’erreur. L’homme ne rit pas de ses bêtises. Dis-donc, tu veux qu’on reparle de la règle numéro 1 ?

Elle ne doit pas être trop bavarde.

Hé bin la revoilà la règle numéro 1. On l’avait déjà oubliée.

Elle doit éviter les sujets trop sérieux ou graves.

En effet, l’homme n’est pas là pour parler politique, religion, science ou je ne sais quel autre sujet chiant : femme, on attend de toi que tu parles d’arcs-en-ciel, de lapins, de poneys et éventuellement, mais uniquement si vous sentez que ça se passera bien, de licornes. On espère pour vous que vous n’avez d’ailleurs pas fait d’études, non parce que sinon, ça fait un peu prétentieuse. Si vous pouviez baver un peu en roulant des yeux pendant le repas, ce serait nickel.

Sinon, c’est moi où cette partie s’appelait « ce qu’une femme doit dire » mais ne comprend que des choses à éviter ? Sûrement un problème de maîtrise des négations. Non parce que non, ça veut un peu dire oui, quand même, hein ? Non ? C’est bien ce que je dis.

Ce qu’une femme doit faire lors du premier rendez-vous
Elle doit laisser l’homme payer l’addition (si les dépenses se poursuivent plus tard elle peut proposer de participer aux frais.
Mais elle ne doit pas inviter l’homme chez elle après le rendez-vous car ils risquent d’aller trop vite et de tout gâcher.

Encore une fois, rien le premier soir où il s’en ira en éclatant d’un rire diabolique, fenêtre, chute, slip. Souvenez-vous. Pour le reste, tout cela ressemble méchamment à un guide écrit par Tata Louisette au XIXe siècle. Vous en voulez la preuve ? Mettons encore : le repas se passe bien, et vous avez adoré cette soirée au concours du plus gros mangeur de saucisses ; que faire à présent ? Écoutons Tata Lo… nos trois célibataires de choc expliquer de quoi il retourne :

Contrairement à la femme qui se projette très vite l’homme reste réaliste et sait rapidement si la relation peut devenir sérieuse ou non.

Compris bande de rêveuses ? Vous êtes complètement à côté de la plaque : le réalisme est livré par UPS une semaine après les coucouilles lors de la gestation, permettant au mâle de pouvoir analyser sereinement la relation alors que vous, créatures de l’enfer, vous en êtes encore à vous rouler par terre en gloussant à l’idée de faire des bébés.

L’homme étant grand prince (évidemment, que croyez-vous ?), il laisse cependant filtrer des signes pour dire s’il veut du sérieux ou non. Prenons ceux qui signifient que son intérêt pour la femelle est limité : quels sont-ils ?

Il ne la sort pas régulièrement

Nous ne parlons ici ni de sa kikoute (allons, bande de forbans) ni de son cocker, mais bien de sa dulcinée. Car la femme, il faut la sortir et c’est toute une histoire : et vas-y que je gratte à la porte, et que je grogne parce qu’il n’y a plus de macarons dans ma gamelle, et que je rentre avec les pattes pleines de boue et de vernis pour en foutre partout… non. Il faut régulièrement l’emmener faire le tour du quartier marquer son territoire sinon c’est le souk à la maison.

Merci, Heureuse en amour. Merci, Ce que pensent les hommes. D’autres indices pour savoir si un homme n’est pas sérieux ?

Il disparaît sans prévenir et elle n’entend plus parler de lui.

Il est vrai qu’en général, quand il disparaît c’est qu’il n’est que moyennement intéressé (au bout de 20 ans qu’il est parti chercher des clopes par exemple, vous pouvez tout à fait commencer à vous interroger). Bien sûr, il se peut aussi qu’il s’agisse d’un ninja, auquel cas c’est parfaitement normal qu’il disparaisse de temps à autres, mais dans ce cas il est facile de le distinguer d’un mâle lambda, par exemple à cause de son goût prononcé pour les collants. Pensez à verrouiller le tiroir où vous rangez les vôtres sinon il va encore s’en faire une cagoule avant de lancer des shurikens sur la Twingo du voisin. Ces ninjas sont vraiment intenables.

Ces petites attentions qui le rend dingue d’elle!
Elle lui montre qu’elle s’intéresse à sa vie.
Elle le soutient et l’encourage en toutes circonstances.
Elle lui fait des compliments sur son apparence et sa manière d’être.
Elle lui offre des petits cadeaux de temps en temps.
Elle lui fait à manger ou livrer un repas de temps en temps.
Elle s’occupe autrement quand il n’est pas disponible.
Elle n’essaie pas d’aller trop  vite et ne le force pas à s’engager.

Bref, soyez sa mère.

Non mais en même temps, vous vous doutiez que c’était un ninja quand vous l’avez rencontré la première fois, non ? Le fait qu’il soit faible en groupe de 500 mais super fort en groupe de 1 ? Sa capacité à jeter des boules de phosphore devant lui pour un oui ou pour un non ? Tout de même ?

Mais assez ! Passons à la partie qui, si j’en crois ce texte, fera rougir les friponnes qui me lisent : le sexe.

Si. Là aussi, ils ont des conseils.

Une femme doit-elle coucher le premier soir?
Si elle veut du sérieux, NON.Il va la prendre pour une femme facile, pensera qu’elle agit ainsi avec tous les hommes et n’arrivera plus à se projeter dans une relation sérieuse avec elle. Il est conseillé d’attendre au moins le 5ème rendez-vous avant de céder aux avances d’un homme.

Avant le 5e rendez-vous, vous êtes une vilaine coquine. J’aime toute la précision de ce genre de conseil : pensez à compter le nombre de rendez-vous. Ne le faites pas quand vous en avez envie, ce serait mal : vérifiez votre agenda, téléphonez à votre meilleure amie, regarde votre horoscope, appelez Orly et si la tour de contrôle vous donne son feu vert : couchez.

Sinon, rentrez chez vous et regardez Derrick.

Quelle genre de femme attire un homme physiquement?
Une femme sexy, à l’aise dans sa tête et dans son corps.

Il est vrai que pour le sexe, ça aide d’être sexy. Et il parait que pour vivre, il faut être vivant (sauf si vous êtes une liche ou Grégory Lemarchal, auquel cas vous sortez plus de disques mort que vivant).

Du grand art.

Passons les conseils sur l’art de copuler avec son prochain : je vous laisse libre d’y trouver votre bonheur. Non : le mieux, c’est la partie « Après l’amour » dans laquelle on trouve des morceaux de bravoure. Après l’amour, donc ?

Il tient à elle un minimum pour rester et s’endormir à ses côtés. (si un homme s’endort après l’amour il est impossible de l’en empêcher, c’est physique)

Voilà. Alors sachez-le : l’homme fonctionne d’une manière bien étrange. Après l’amour, satisfait, son organisme profite de ses derniers râles pour envoyer toute l’énergie restante dans son corps vers son rectum ; il relâche alors dans l’atmosphère son énergie sous forme vaporeuse dans un ultime mais néanmoins tonitruant pet, se tourne sur le côté, puis s’endort. RIEN ne peut l’en empêcher. C’est physique on vous dit. 

Alors c’est ballot, surtout que dans le passage juste avant, on nous disait que l’homme aimait « faire l’amour dans des lieux insolites.« . Du coup ça doit être un peu le bordel cette affaire, on doit retrouver des mecs endormis partout. 

« Hé bien Berthier, merci d’être venu à cette réunion. Je vous raccompagne à l’ascenseur ?
– Volontiers.
– Parfait, tenez il arr… MAIS ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Que fout ce type tout nu à roupiller dans la cabine ?
– Je crois que c’est Mauricet Monsieur, de la compta. Il n’y peut rien : il a une relation au travail.
– Non mais ça commence à bien faire ! L’autre jour j’ai retrouvé Martinot en train de pioncer dans un conduit d’aération ! Et Francis dans le bac à verre !
– Ah non mais Francis, on est d’accord, il est fou. M’enfin bon, je pense qu’il se dit que c’est correct, surtout depuis la fois où vous…
– JE M’ÉTAIS JUSTE ENDORMI AVEC CETTE CHÈVRE DANS LES BRAS D’ACCORD ? CA N’A AUCUN RAPPORT ET IL N’Y A AUCUNE PREUVE ! »
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Heureusement, le site n’hésite pas à enfoncer le clou. Quid si le mec n’a pas envie de rester là ?

Il ne tient pas à elle et trouvera la force de se rhabiller pour reprendre sa liberté.

Il « trouvera la force de se rhabiller« . L’homme va ramper sur le sol en serrant très fort fesses et dents, se tortillant comme un gros vers en essayant d’enfiler ses chaussettes sans laisser s’échapper le peu d’énergie qu’il lui reste. Puis, il rampera à demi-nu dans les couloirs avoisinant jusqu’à regagner la rue où, avec un peu de chance, il parviendra à héler un taxi. 

C’est terrible. On dirait qu’on nous parle d’un baleineau échoué.

Mais, il n’y a pas que le sexe dans la vie : comment se comporter pour garder ce brillant mâle que vous avez su conquérir ? Par exemple, lorsqu’il revient d’une soirée avec vos amis ? Mais si, vous savez déjà ce qu’il faut faire. Souvenez-vous : 

Une femme ne devrait pas trop questionner un homme quand il rentre d’une soirée avec ses potes car cela gâche le plaisir qu’il a de la retrouver.

Règle numéro 1 : le retour.

« Bonsoir chérie !
- Bonsoir mon choubidou.Tu as passé une bonne soirée avec tes amis ?
- NAN MAIS HO ! TU TE CROIS OU ? CA TE REGARDE ? De toute façon j’en ai marre tu t’intéresses toujours à ma vie, c’est dégueulasse, maintenant je n’ai plus de plaisir à te retrouver, je retourne boire des bières avec les copains ! »

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Encore une fois : écrit par trois célibataires. Hmmmm. Mais pourquoi donc ?

Quand vous retrouvez ceci à la maison, c’est qu’il est temps d’en partir

Le match de foot à la télé. 

Ne jamais déranger un homme pendant son match! Si une femme annule ses projets pour que son homme regarde son match, il aura une haute estime d’elle. Un homme aime que sa petite amie regarde un match avec lui, mais en silence!

Si elle pouvait aussi décapsuler les bières, ce serait cool. A noter qu’elle doit le faire en silence : la femme ne peut pas commenter le football. Elle n’en comprend pas les règles. A ce qu’il paraît que si l’on répète trois fois la règle du hors-jeu à une femme en moins de 5 minutes, sa tête explose.
Non mais genre. Bientôt, elles vont aussi croire qu’elles peuvent jouer au foot. Pfff.

Et donc, l’auteur de cette synthèse a trouvé ces commentaires pertinents. Intéressant : je serais curieux de savoir ce qu’elle ne trouve pas pertinent, du coup.

Les sorties en couple
Un homme n’aime pas être invité par sa femme à des sorties en couple car il doit faire attention à ses faits et gestes et se sent jugé par les amis de celle-ci.
Il fait l’effort de venir pour faire plaisir mais il aime que ça en finisse au plus vite.
Un homme se sent plus détendu et lui même quand il organise des sorties en couple avec ses amis.
Une femme doit se montrer indépendante et ne pas chercher constamment l’attention de son homme pendant une sortie.

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Mesdemoiselles, vos amis sont relous : merci de libérer Monsieur de ces derniers. Par contre, ses amis à lui sont forcément cools : merci de fermer votre gueule (ça alors ! Cette règle numéro 1 est décidément bien utile) quand ses amis sont là pour qu’il puisse pleinement en profiter. Et faites péter les crackers, ça fait faim, là.

Les présentations officielles
Une femme doit tout faire pour s’entendre avec la mère de son homme car il déteste avoir à choisir entre les deux femmes qu’il porte dans son coeur.

Plus haut je disais « Soyez sa mère« , grossière erreur : « Soyez le bras droit de sa mère » serait plus exact. 

Attendez, comment pourrait-on être encore plus rétrograde ? Ah, je sais :

Le mythe de la femme au foyer
Bien qu’un homme aime une femme forte et indépendante il reste accroché au mythe de la femme au foyer.
Il aime:
qu’elle prenne soin de son intérieur.
qu’elle l’aide à s’habiller.
qu’elle lui fasse à manger.
C’est à travers ces petits gestes qu’il se rend compte de l’amour qu’elle lui porte.

« Forte et indépendante« , comprendre « Suffisamment forte pour porter le bac à linge et suffisamment indépendante pour se barrer quand les copains sont là« . En effet, ça se tient, il manquait juste deux-trois mots.

Et, oui, l’amour se mesure à la fréquence à laquelle vous passez l’aspirateur. Rrrrr, passion.

L’érotisme, allégorie.

Allez, passons en revue la suite et accélérons : il y aurait trop à dire.

Une femme ne doit pas entamer une discussion sérieuse quand un homme n’est pas disponible.

Elle doit attendre sur le bas côté et éventuellement lui envoyer des SMS pour lui signaler qu’elle a quelque chose à lui dire. Par exemple, attendre qu’il ait fini sa partie de PES avant de lui annoncer que vous êtes enceinte. Il y a des priorités.

Quand un homme et une femme vivent ensemble, ça les rend plus proches.

Et quand on met deux biscuits l’un à côté de l’autre, ils sont l’un à côté de l’autre. La vache, on peut dire qu’ils ont « brisé une omerta » nos bons auteurs. Vite, remettez-les tabous, c’est trop d’un coup !

Horrible vérité n°1: Les hommes se servent des femmes pour coucher car ils détestent être en manque.

Alors que les femmes font du tricot et on en parle plus.

Horrible vérité n°2: Les hommes trompent les femmes qu’ils aiment par besoin de variété sexuelle.

Oui, c’est automatique. Ah mais on a déjà essayé d’enfermer un mec pour voir ce qu’il se passait et commet il variait les plaisirs : au bout de 3 semaines sans nouveauté, son corps se met à développer d’étranges pouvoirs de téléportation pour aller courir la gueuse « par besoin« .  L’armée s’en servirait à l’heure actuelle, mais pour l’instant, les résultats sont encore aléatoires : la plupart des sujets tests ont été retrouvés au zoo.

Horrible vérité n°5: Les hommes n’ont aucune inclination naturelle pour le mariage.

Alors que les femmes, si : saviez-vous que lors de l’accouchement, le plus difficile à faire sortir après une petite fille était la robe et le bouquet allant de pair ? 

Conclusion: le désir sexuel est à la source de tout acte masculin!

Sans oublier le football, la bière et bien évidemment sa maman.

Voilà. Je vous remets la conclusion de la damoiselle qui a étudié ce livre pour Heureuse en amour ?

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

Et le plus beau ? 

C’est que ce livre a trouvé un éditeur et est vendu en échange de vrai argent pour vous aider, vous, les femmes.

Remarquez, il y a une vraie réflexion derrière ce bouquin : je suis encore en train de chercher qui on prend le plus pour un con.

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