Il est des moments dans la vie où il faut savoir s’effacer.

Des moments simples où, chacun doit reconnaître qu’il n’est guère raisonnable de traiter d’un sujet tant autrui l’a déjà fait avec brio ; dès lors, il n’y a plus qu’à poser genou à terre et à laisser ces maîtres s’exprimer en quelques puissantes maximes, résumant en une poignée de caractères ce qui était jusqu’alors, sous votre crâne bouillonnant, un sentiment flou sur lequel vous ne parveniez pas à mettre de mots. Il n’y a pas de honte à reconnaître son infériorité, quand la supériorité d’autrui quitte le domaine de la simple impression pour rayonner sous l’astre de l’objectivité.

Aujourd’hui, je laisse donc cette introduction à quelques grands journalistes, dont le propos, j’en suis sûr, saura toucher votre coeur, tant par sa concision – rare en ces lieux – que par sa qualité.

Mesdames et Messieurs : la presse française.

20 Minutes – 5 étoiles sur 5 : On espère que la saga connaîtra d’autres épisodes tant ce premier volet est enthousiasmant.

L’Ecran Fantastique – 5 étoiles sur 5  : (…) le mariage irrésistible de « Gladiator » et du « Seigneur des Anneaux ». (…) « John Carter » est ce que le space-opera nous a offert de meilleur depuis 1977 et « Star Wars » (…) [le film dévoile] une autre facette du talent incommensurable d’Andrew Stanton.

Ecran Large – 4 étoiles sur 5 : Andrew Stanton réussit son ambitieux pari, même s’il reste quelques (ndloc : hahaha) scories à évacuer.

Excessif (ndloc : tu m’étonnes) – 4 étoiles sur 5 : ["John Carter" est] souvent époustouflant en termes visuels (…) sans que l’action ne soit jamais illisible. (…) A la fois western métaphysique, oeuvre de science-fiction écolo et film politique aux jeux de pouvoirs grisants, « John Carter » évite les discours naïfs et propose une aventure où la poussière du désert se mêle aux étoiles de la galaxie.

Le Monde – 4 étoiles sur 5 : Adaptation spectaculaire du premier volume d’une série de romans écrits par Edgar Rice Burroughs, le créateur de Tarzan, « John Carter » est un film d’aventure qui mêle habilement le vieux et le neuf. (…) un récit épique, une exaltation enjouée de l’homme aventureux (…).

Libération – 4 étoiles sur 5 : « John Carter » est un film bizarre, désordonné et courageux. [...] Andrew Stanton se bâfre jusqu’à une certaine outrance, mais nous régale aussi d’une pyrotechnie graphique qui frappe par sa liberté, son déchaînement, sa quête créative intense.

Comme vous pouvez le constater, les plus grands noms de la presse sont présents ici : nul doute que le chef d’oeuvre est au coin de la rue. Permettez-moi donc, à défaut d’avoir une plume aussi resplendissante et efficace que ces gens vivant de leur art, puisque n’étant qu’humble amateur, de simplement spoiler le film pour que vous en compreniez toute la beauté.

Préparez-vous, et à présent : spoilons mes bons.

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L'affiche : après les explosions, rappelons que les singes sont aussi annonciateurs de daubes

Tout commence sur Mars, alors que la voix off nous explique que la planète n’est pas vraiment ce que l’on pense, nous et nos préjugés genre « Ouuiiii Mars, vas-y que t’es invivable ! ».

Invivable ? Mais non ! Il y a de l’oxygène et quelques flaques d’eau en fait, alors vous pensez ; par contre, il est vrai que c’est un peu désertique, mais c’est parce que la planète se meurt : en effet, nous explique t-on, c’est à cause de deux cités qui se font la guerre. D’un côté nous avons donc Hélium, la cité des Bleus, et de l’autre Krokoko, la cité des Rouges qui est elle montée sur pattes (oui, il n’est pas impossible que j’aie zappé l’ensemble des noms du film à l’exception d’un ou deux tant j’étais pris par l’intrigue). Ne me demandez pas en quoi cela détruit la planète, puisque les loulous se battent à l’épée et non à l’ogive nucléaire, c’est comme ça. Probablement que Mars est une planète suicidaire qui écoute du Avril Lavigne sur son lit en criant « J’vais m’tuer et ce sera bien fait pour vous !« . Par contre, vous serez heureux de savoir que les deux camps qui s’affrontent sont composés d’humains avec quelques tatouages pour dire qu’ils sont trop des rabouins de Mars, rien à voir avec des Terriens, et que comme dans tous les mauvais films, tout le monde a l’air d’être habillé et armé de plastique brillant (car oui, ces braves gens vivent sur une planète balayée par les vents sablonneux, mais leurs armures sont toujours chatoyantes), spéciale dédicace à un couteau en carton avec des traits au marqueur dessus à un moment du film. Bref : la seule différence esthétique entre les deux camps est la couleur des capes et des bannières.

Vous la sentez, cette petite odeur de créativité et d’originalité ? Oui, c’est ça, elle sent comme votre vieux voisin du dessous lorsqu’on l’oublie au soleil.

Or donc : un jour, Bob le Méchant (qui aurait mieux fait d’en rester à son rôle de McNulty dans The Wire pour s’éviter le déshonneur), le chef de Krokoko, se paume avec son vaisseau volant (car les gens se déplacent et s’affrontent sur des libellules volantes de plus ou moins gros calibre, allant du monoplace au cuirassé) et tout son équipage de Rouges dans une tempête de sable parce que non, prendre de l’altitude, c’était trop intelligent (combien d’avions pris quotidiennement dans des tempêtes de sable sur Terre ? Terrible), et en sortant de celle-ci un peu plus tard à des kilomètres de leur destination, zut ! Deux vaisseaux des Bleus les attendent pour leur malaxer le museau à coups d’épée et de canon ! Malgré toutes leurs manœuvres dignes d’une Rama Yade devant la presse, les Rouges ne peuvent échapper à l’abordage, et leurs soldats reculent rapidement, croulant sous le nombre des ennemis.

Mais soudain : brouf ! Une curieuse onde de choc bleue surgit de nulle part et désintègre tout le monde sur le pont, comme ça, pouf pouf, Rouges et Bleus à l’exception de Bob. Ho ? C’est pas banal, se dit-il, mais je trouve ça dommage que ce genre de phénomène n’arrive pas plus souvent dans des lieux comme, à tout hasard, la Japan Expo ; mais il chasse vite ces pertinentes pensées avant de reculer en voyant se téléporter sur son navire des types en tenues de religieux aux crânes rasés : nous les appellerons les moines magiques.

« Nous t’avons choisi, Bob, pour te filer cette arme qui se fixe à ton poignet et peut tout détruire, contrôler, transformer en choucroute … à part nous. En plus, avec ça, tu peux faire apparaître n’importe quelle arme dans ta main, ou même un tire-bouchon pour ouvrir les bouteilles offertes avec les pizzas. Bref, on te file les pleins pouvoirs si tu acceptes de nous obéir, et en échange, tu pourras dominer la planète. Vas-y, signe en bas, juste à côté de « Et je prends un crédit pour réaliser toutes mes envies », ne va pas penser qu’on t’arnaque, hohoho, on est des moines magiques, comment veux-tu.« 

« Trop cool« , se dit le méchant sans même sentir le petit fumet de daube émanant de cet échange. « Je vais obéir sans poser de questions, puisque bon, vous avez quand même l’air de pouvoir vous téléporter et désintégrer des gens n’importe où, alors je range ma fierté sous mon petit pagne et n’en parlons plus !« 

Vous avez tout saisi ? Bien, alors sautons dans l’espace et le temps et allons voir pour d’obscures raisons ce qu’il en est sur Terre, à New York… en 1881. Car en cette fin de XIXe siècle, un homme richement vêtu se faufile dans la foule peuplant les rues battues par la pluie, tentant vainement d’échapper à un type à chapeau melon qui essaie de le suivre. Cet homme traqué, c’est John Carter (l’acteur s’appelle Taylor Kitsch : il était prédestiné pour ce film) : il parvient d’ailleurs à tromper le larron à sa poursuite en utilisant une ruse bien connue : il embrasse une nana dans la rue.

Moi non plus, je n’ai jamais compris ce principe dans les films américains, des mecs qui en tournant au coin d’une rue, ne repèrent pas leur suspect en train de rouler de grosses galoches à une passante. « Merde ! Le gars qu’on poursuivait a disparu ! Il n’y a que ce couple en train de s’embrasser dans la rue, avec le Monsieur qui est quand même un peu un sosie de notre fugitif, habillé pareil en plus. Mais la ressemblance s’arrête là : sur la photo qu’on a, il n’embrasse personne, ça ne peut donc pas être lui. Flûte, on l’a perdu ! » ; d’ailleurs, jamais le type ne tombe sur une passante qui lui claque la gueule, le faisant d’autant plus repérer : la vie est bien faite (oui parce que moi, quand j’ai un contrôle du fisc, j’ai beau courir rouler un patin à la voisine, et bin ils me retrouvent quand même. Et je reçois de curieuses convocations pour « harcèlement sexuel« , je dois merder quelque part).

Sitôt son poursuivant disparu, l’ami Carter rentre donc dans un bureau de télégraphe, et fait envoyer à son neveu, Ned, un message disant « Ramène ton cul STOP Vite ! STOP Schnell ! STOP RAUS, RAUS ! STOP  » ; hélas, lorsque le dit Ned, jeune rouquin à l’air un peu niais, arrive en gare de New York, le majordome de son oncle l’attend sur le quai pour lui annoncer une terrible nouvelle : John Carter est mort. Le brave garçon est donc emmené à l’immense demeure du disparu encombrée d’objets ramenés de moult expéditions aventureuses, où l’attendent le notaire ainsi que les employés de maison, qui lui présentent leurs condoléances. Cela fait, Ned est invité à prendre connaissance du testament de son oncle, qui lui lègue tout, y compris sa collection de magazines cochons, ce qui étonne bien le jeune homme, puisque si son oncle et lui étaient proches quand il était enfant et qu’il lui racontait des histoires sur ses mésaventures aux quatre coins du monde, ils s’étaient perdus de vue depuis quelques années. D’après le majordome, de toute manière, tout a été étrange dans la mort de son oncle : c’est arrivé brutalement, en pleine force de l’âge, et le temps qu’il fasse venir son médecin et son notaire (oui, il savait déjà que c’était foutu), il était déjà parti pour un monde meilleur. Curieusement, il avait déjà préparé son testament malgré son jeune âge, et avait demandé – par lubie d’homme riche probablement – à être enterré dans un cercueil sans couvercle au sein d’un caveau ne s’ouvrant que de l’intérieur.

"Monsieur Ned, sans vouloir être méchant, je crois que votre oncle était complètement con"

C’est trop subtil : on ne voit pas du tout la fin du film venir, alors que nous n’en somme même pas à 10 minutes de visionnage. Fuyez ce spoiler, fous que vous êtes la suite va être très, très largement pire, frôlant parfois le niveau de n’importe quoi constant dit « Syndrome de la Planète des Singes« 

Cependant, et afin de mieux comprendre comment nous en sommes arrivés à la fausse mort très mal mise en scène et pas du tout suspecte de John Carter, bondissons à nouveau dans l’espace-temps, et arrêtons nous en 1868, au fin fond de l’Amérique, lorsque John Carter, ancien capitaine de l’armée confédérée ayant perdu femme et enfant lors d’une soirée mousse un peu chargée survit difficilement en tant que chercheur d’or, racontant à qui voulait bien l’entendre qu’il était sur la piste d’une légendaire « grotte de l’araignée« , qui contiendrait des pelletées d’or pour qui la découvrirait. Lors de ses voyages, il a d’ailleurs déjà trouvé un minuscule morceau d’or marqué d’un rond d’où partent 9 branches vers le bas, ce qui n’a rien à voir avec une araignée et n’y ressemble même pas, mais John est un peu con. En tout cas, cette découverte l’a encouragé à poursuivre. Y compris dans la voie du neuneu ; c’est un garçon très polyvalent : tout en cherchant sa grotte, il trouve toujours un moment chaque soir pour s’enfoncer des haricots dans le nez dans l’espoir d’être « bien plus con qu’hier, mais bien moins que demain« . Vas-y champion, ce film va nous prouver que ton entrainement a payé.

Hélas ! Un beau jour, un certain colonel Powell (qui aurait mieux fait de rester dans Breaking B… oui, non plus : dans Malcolm, dans Malcolm) de l’armée des Etats-Unis finit par retrouver notre larron, et celui-ci ne se laissant pas guider gentiment, le fait assommer par ses hommes (attention : c’est le début d’une longue série de scène répétitives) le fait emmener dans ses bureaux pour lui expliquer le topo : il a lu ses états de service, et est très impressionné, il aurait bien besoin d’un homme comme lui pour tatane de l’Apache, ces fichus Peaux-Rouges faisant chier tout le voisinage comme ils savent si bien le faire : vente de grigris à la sauvette, ouverture sauvage de casinos et port de pagne non-autorisé en agglomération. Mais on ne la fait pas à John Carter, qui a de big balls, et colle donc un coup de boule sans raison à l’officier avant d’être assommé par les gardes (à nouveau). L’entretien se poursuit donc, mais cette fois, John est menotté (… mais pas attaché, comme ça, il peut remettre des coups de boule, que… ho, les gars, qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans la scène précédente ! Misère : John Carter aurait eu un fusil, ils lui auraient laissé avant de lui attacher les pieds à mon avis, mais passons), il tente donc ce coup-ci de s’échapper par une fenêtre pendant qu’on lui parle (oui, John est définitivement con ; il n’attend pas une occasion où la garde se relâcherait ou d’entendre l’offre qui lui est faite, non, il fait juste n’importe quoi), mais est récupéré et assommé à nouveau (…). La conversation reprend donc, mais cette fois, avec John de l’autre côté des barreaux de la petite prison du fort où ils s’entretiennent. Ho, et oui, hein : malgré le coup de boule, malgré la tentative d’évasion, les insultes & co, le colonel continue de penser que John ferait une excellente recrue. Ne me demandez pas pourquoi : ça n’a aucun sens.

Mais Carter n’a pas fini ! Une fois le colonel retiré, profitant du fait que le gardien de sa cellule ne connait pas la liste des ruses de merde pour s’évader dans un film (« Psssst, approche toi des barreaux que je t’assomme !« ) et ne se doute pas du tout que son prisonnier n’est pas du genre à coopérer (il n’y a eu aucun signe avant-coureur, non Madame), John parvient à s’évader et  voler le cheval du colonel Powell pour prendre le large (un bon héros ne vole pas un cheval : il prend celui du mec qu’il veut humilier, même s’il ne sait pas lequel c’est, ses sens de héros le guidant automatiquement vers la monture de son ennemi en la faisant clignoter dans son champ de vision) ; bien vite, quelques cavaliers le poursuivent, mais hélas, John se retrouve pris entre eux d’un côté et des indiens arrivant à contre-sens, créant une certaine confusion entre tous les camps. Aussi, promptement, des coups de feu sont échangés d’une ligne à l’autre, et le colonel Powell se ramasse une balle perdue qui le met dans un état assez piteux ; mais comme John n’est pas un filou et qu’il a une oreille qui lui permet de détecter les colonels agonisant dans son dos en pleine fusillade (C’est magique. Chhhht, concentrez-vous), il fait demi-tour et ramasse le bonhomme pour le prendre avec lui sur son cheval et aller se mettre à l’abri. Hélas, c’est sans compter les Apaches qui se lancent à leur poursuite. La chance sourit cependant à notre héros, puisqu’il aperçoit dans le lointain une grotte à flanc de falaise, et s’y engouffre promptement avec son colonel en petite forme, espérant ainsi pouvoir trouver une fortification naturelle plus ou moins pratique pour se défendre des indiens.

Tiens mais au fait, le colonel n’était-il pas suivi par toute une escouade de cavaliers au moment de la fusillade ? Les indiens ont pu se barrer à la poursuite de Carter sans souci ? Les fédérés ne les ont pas poursuivi pour calmer ces chenapans, ou simplement pour aller sauver leur colonel ? Non ? Allez, oublions : ils ont tous dû rentrer au fort pour préparer une soirée crêpes, ou un truc du genre, probablement.

15 minutes de film. 15 minutes et il y a déjà plus d’incohérences que de scènes dans ce film. Chez Disney, c’est Mickey qui relit les scripts ou quoi ? Les enfants, n’oubliez pas : ne faites jamais confiance à une souris en slip. Jamais.

Bref : alors que les indiens s’apprêtent prendre d’assaut la grotte où notre héros s’est retranché, soudain, ils lèvent les yeux au ciel et reculent, terrorisés comme des gens ayant vu le trailer des Trois Mousquetaires – 3D, avant de prendre la poudre d’escampette pour de bon ; John, intrigué, sort donc à son tour et note qu’au-dessus de la grotte où il a pénétré, un signe est gravé : une araignée (enfin un truc à 9 branches n’ayant rien à voir, mais bon, lui l’appelle comme ça, on va faire comme si de rien n’était) ! Quel gros, mais alors gros coup de bol ! Vite ; ni une, ni deux, notre héros s’enfonce dedans en laissant le colonel qui ne comprend pas ce qu’il se passe à l’entrée, et craquant une allumette pour illuminer l’endroit à la recherche de l’or dont il rêve, et en effet : il tombe dans une immense salle gravée comprenant d’étranges tables de pierre marquées du sceau de l’araignée, mais surtout, de l’or partout dans les parois ! Il est riiiiiiiche !

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Bonjour les amis, vous me reconnaissez ? Je suis John Carter, le héros qui se fait tellement souvent assommer qu’Emile Zola avait un temps pensé que je faisais du plagiat d’un célèbre ouvrage des Rougon-Macquart.

Parfois dans la vie, on se retrouve dans des endroits sombres et humides : grotte oubliée, temple perdu ou twitter de Laure Manaudou, autant de lieux où il est bon de faire entrer un peu de lumière. C’est pourquoi j’utilise les allumettes Eternity© : non content de mesurer la taille d’un bâton d’encens pour ne pas brûler la peau douce de mes doigts, les allumettes Eternity© ne consomment pas le bois et peuvent donc brûler des heures sans que l’on doive les changer. Grâce à mes allumettes Eternity©, là où d’autres aventuriers devraient retourner faire le plein pour continuer d’explorer la cave où ils se trouvent, je peux visiter sereinement ce que je souhaite avec une seule allumette.

Attention : une allumette Eternity© dégage autant de lumière qu’un petit phare breton, et n’est donc pas conçue pour s’allumer une cigarette, pouvant ainsi provoquer des cas de cécité chez l’adulte.

Allumettes Eternity© ? Ne changez plus d’allumettes : changez de marque d’allumettes.

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Voilà, si vous pensez que j'invente : notez la quantité de lumière dégagée par une seule allumette

Voilà : le film est si mauvais donc que même une allumette n’est pas crédible, mais passons : l’exploration de l’étrange mine d’or se fait sans encombres. Enfin, ça, c’est sans compter sur un mystérieux moine magique qui se téléporte dans la salle juste derrière John, et semble étonné de le trouver là ; il fait donc apparaître, grâce à une curieuse lumière bleue, une lame dans sa main, et tente de poignarder John (nous découvrirons plus tard qu’il pouvait faire apparaître n’importe quelle arme, du rayon désintégrateur au paralysant en passant par le fusil à pompe, mais il a choisi le couteau. Ok), mais haha ! Tu ne sais pas sur qui tu es tombé, moine enchanté, tu vas prendre ta tannée ! Carter, en effet, a eu le temps de se retourner et après un bref échange de coups, parvient à tirer une balle dans le buffet du religieux d’outre-espace ; celui-ci s’effondre donc, agonisant, serrant dans sa main un petit médaillon luisant de la même lumière que celle dont était faite son arme (qui a disparu une fois qu’il a été blessé). Il murmure une curieuse incantation digne de Charmed en direction du médaillon dans son agonie, mais au même moment, John s’en saisit : une lueur azur l’entoure alors, et l’assomme littéralement.

Hmmmm.

A son réveil, John est toujours entier, mais au milieu d’un curieux désert aux plantes qu’il ne connait pas (en tout cas, ce n’est pas de la marijuana, parce que ça, il maîtrise) ; pire encore, lorsqu’il essaie de se déplacer, la gravité semble différente, et s’il choit beaucoup au début, il finit par galoper en faisant d’immenses bonds, s’élançant à vive allure au travers du désert dans une direction au hasard, amusé par la pesanteur de l’endroit (pour une fois qu’il peut être techniquement un peu moins lourd naturellement que d’habitude, autant en profiter).  Ça tombe bien (là encore, il a choisi la bonne direction, c’est heureux) : après quelques centaines de mètres, il tombe nez à nez avec une curieuse caverne contenant des centaines d’oeufs s’agitant avant d’éclore (il est arrivé pile au bon moment, ça vous étonne, hein ?) et d’où émergent de petits humanoïdes bipèdes verts disposant de quatre bras.

Oooookay, se dit John, promis, demain j’arrête de m’enfoncer des haricots dans le nez, visiblement, je suis complètement défoncé.

Mais au loin, les mêmes créatures, format adulte, sont déjà en train d’approcher, chevauchant d’imposants et laids quadrupèdes ; ce sont les Verts, la troisième faction de Mars avec les Bleus et les Rouges (non vraiment, trop d’originalité, je pleure), sauf que les Verts sont donc eux de grands humanoïdes d’environ deux mètres cinquante de haut, élancés, verdâtres de peau (d’où leur nom),avec quatre bras et un comportement… d’indiens locaux, portant pagne et fusil fatigué, diverses armes de jets et petits tomahawks et aimant très fort leur mère la terre (enfin la Mars) qui se meurt.

Si dans un premier temps, les aliens se montrent hostiles en voyant une étrange créature au-dessus de leur couveuse (d’accord, mais aussi, qu’est-ce qu’elle fout là votre couveuse ? Pourquoi ne pas la mettre dans votre village, où elle serait en sécurité, hmm ? Non, c’est sûrement trop malin, oublions, vous êtes au niveau du reste du film), ils constatent rapidement que la bestiole barbue à la peau beige semble sauter monstrueusement haut et aimeraient comprendre ce qu’il est, aussi le chef des Verts, Francis, pose donc ses armes pour s’approcher pacifiquement de John en l’amadouant, même s’il ne parle pas sa langue ; il tente de se présenter calmement, « Moi Francis, toi comment ?« , et John de répondre « Je suis John Carter, de l’état de Virginie (pourquoi le préciser ? Tu aurais pas pu te contenter de « John Carter, et je suis con comme une huître » ?) Ah mais oui, attendez la suite) », donc voilà, attention, running gag du film : l’alien comprend juste « Virginie« , et appelle donc le héros avec un nom de fille, hohoho, qu’est-ce que l’on se marre, la vache, allez Michel, tiens moi les côtes avant qu’elles n’explosent, vite, je sens l’hilarité secouer ma carcasse. Enfin bref : notre capitaine Carter étant définitivement un gros con, plutôt que d’essayer de causer tranquillement avec cet alien qui parle et fait des gestes lents pour essayer de communiquer sans hostilité, il se met à sauter dans tous les sens en hurlant pour chopper les armes de Francis au sol et essayer de péter la gueule à tout le monde. Finalement, et ça n’étonnera plus personne, il finit par être assommé par l’un des aliens en ayant marre de le voir s’agiter en tous sens comme un lycéen après son premier whisky-coca.

C’est consternant : jamais ce garçon ne peut suivre un dialogue en entier ou écouter ce qu’on lui dit, il faut toujours qu’il tente de maraver tout le monde. Je pense que « John », c’est en fait l’abréviation de « Jonathan » selon Mozinor.

Mais quittons John et allons voir du côté d’Hélium, cité des Bleus faite de pierre blanche et de trucs design qui chatoient façon « Coucou, on est la ville des gentils« , au sein de laquelle la princesse Jennifer (son vrai nom est « Dejah Thoris« , mais on va mettre Jennifer, ça correspond plus au personnage) est occupée à préparer son speech pour sa dernière découverte scientifique (car non content d’être plutôt drôlement bien foutue, c’est aussi une méga-scientifique, là encore, bravo, on n’avait jamais vu un personnage du genre dans plus de 7 000 autres films) : une nouvelle source d’énergie apte à redonner vie à la planète en faisant revenir océans, végétations et autres trucs cool comme par exemple, la malaria. Seulement voilà, ses répétitions sont dérangées par l’arrivée de son père, le roi d’Hélium et des Bleus, qui a une bien triste nouvelle : les Rouges commandés par Bob et son arme mystérieuse et surpuissante viennent de raser tous les villages qui dépendaient de la cité (toute opposition est désintégrée en quelques secondes d’un bon coup d’énergie bleue) ainsi que les derniers restes de l’armée d’Hélium encore debout : bientôt, ce sera l’assaut final, et plus personne ne sera en mesure de défendre la ville. Mais le bougre de Bob a formulé une proposition d’issue à ce conflit vieux de 1 000 ans : si on lui file la princesse en mariage, il ira la baisouiller et oubliera la cité.

Que… quoi ? Le mec fait la guerre, mais en fait, c’est juste pour attraper le cucu de Jennifer ? Je sais pas, tu pouvais pas juste l’inviter au resto, Bob ? Meetic sur Mars, il faut au moins 1 million de morts pour s’y inscrire ? Enfin tu fais comme tu le sens, Bobounet, mais à mon avis, il y avait d’autres solutions qu’un génocide pour séduire la bête. M’enfin pour ce que j’en dis.

« Nooooooooon, pas mon cucu :'( » s’exclame donc Jennifer pleine de désarroi à l’idée que Bob vienne mettre son gros canon n’importe où ; c’est pourquoi elle s’empresse de présenter sa dernière découverte, qui peut offrir une autre solution à cette histoire : sa source d’énergie. Elle a baptisé la chose « 9e rayon« , car c’est le nom donné à l’énergie légendaire qu’utilisaient les dieux autrefois, et qu’elle soupçonne Bob d’utiliser pour alimenter son arme, même si elle ne comprend pas comment il a pu découvrir la chose avant elle (prétentieuse, va). Donc avec ça, la cité devrait pouvoir se défendre contre Bob (oui, avec quelle armée, donc, vu qu’elle vient d’être éradiquée ?) et ses sbires. Bon, ce n’est pas tout à fait au point, mais elle pense que d’un jour à l’autre, elle va ainsi pouvoir finaliser son générateur et donner cette énergie à la ville. Sauf qu’au moment où elle dit ça, le générateur en question grille : elle ne l’a pas vu, mais un des conseillers du Roi a posé la main-dessus et a justement envoyé un coup de jus fait de la même énergie bleue dans le bousin, ce qui a grillé les circuits en niquant toute chance de faire jouer la garantie. En sortant de la salle, le conseiller va dans un coin discret changer d’apparence… il s’agit en réalité d’un moine magique ! Ces derniers peuvent donc non seulement se téléporter, détruire et tuer à volonté grâce à l’énergie bleue, mais aussi être polymorphes, c’est quand même bien pratique surtout pour les soirées orgies et les bisexuels farceurs !

Bob le méchant découvre les conditions d'inscription de Meetic - Mars

Enfin, je sens bien que vous enquiquine avec mes histoires de Jennifer, la princesse-scientifique-bonnasse, aussi allons donc plutôt voir ce qu’il advient de John.

Après ses dernières aventures, ce dernier se réveille en piteux état dans le village des Verts, au moment où l’expédition qui l’a trouvé ramène dans la petite tribu les nouveaux nés qu’ils ont récupéré. Le rituel est alors simple : les bébé, et parmi eux John, à peine mieux considéré qu’un enfant, sont tous relâchés au milieu de la foule des femmes du village qui s’arrachent les marmots pour en avoir un ; finalement, Glouglou, une femme du village un peu fébrile et au corps couvert de marques de fer rouge voit tous les enfants être pris devant elle par d’autres ; elle prend donc John, le « petit ver blanc« , car nul ne sait quelle curieuse créature il est (putain les mecs, vous vivez pas sur une planète où il y a des tonnes d’humains qui se font la guerre ? Ah mais oui : ils ont des TATOUAGES du coup, impossible de faire le lien entre John et eux, ils sont tellement différents). Finalement, tous les nourrissons sont jetés au fond d’une grotte au sein de la bourgade, où les gens viennent s’occuper d’eux pour les nourrir & co collectivement.

Attendez : ai-je bien suivi ? Chaque femme du village choisit un enfant, mais en fait, c’est pour 15 secondes car après ils sont remis collectivement au fond d’une grotte pour être élevés en groupe ? C’est complètement con. Et incohérent. Merde, ça vous dirait pas de faire tenir une scène debout, comme ça, juste pour voir ? Sans incohérence, poncif moisi, télescopage véreux ou autre ?

Tel un Laurent Weil, je rappelle le budget du film : 250 millions de dollars.  Je pense qu’il y avait des gens prêts à se battre pour relire le script et souligner les incohérences  pour 0,000004% du budget, mais bon. Je digresse encore.

Une nuit, Glouglou, qui est chargée jusqu’au lendemain matin de surveiller les nouveaux nés (avec parmi eux John, donc, même s’il est attaché pour ne pas fuir, et a été dévêtu et rasé pour des raisons qui m’échappent, même s’ils lui ont filé un pagne parce que ce sont des aliens, certes, mais encartés chez Familles de France aussi ne voudraient t-il pas voir une kikounette à l’air au milieu de leurs enfants), file un curieux liquide à boire à John, qui fait que soudain, il se met à comprendre le langage des aliens et à le parler sans effort : probablement de la vodka chargée au pastis, car comme chacun sait, plus un type est bourré, plus il est persuadé de maîtriser les langues étrangères, même lorsqu’il a arrêté l’espagnol au lycée.

Ainsi paré pour comprendre la civilisation dans laquelle il a atterri, John attend que Glouglou s’en aille et découvre un nouveau de ses pouvoirs : non seulement il saute super haut, mais aussi, il est super fort ! Il va pouvoir être encore plus relou que d’habitude, chic ! Il peut donc sans souci arracher ses chaînes et fuir… jusqu’à ce qu’une sorte d’énorme chien local le repère et s’entiche de lui : une espèce de colossal cloporte à la gueule canine monté sur six pattes dodues qui malgré son air pataud, peut se déplacer à environ 500 km/heure (vraiment, au départ, le héros croit à de la téléportation) : nous l’appellerons Zip le chien. Ce sera le personnage soi-disant rigolo de l’aventure.

John tente donc d’éviter ce curieux animal qui risque d’attirer l’attention sur lui, mais ne pouvant se déplacer assez vite pour le semer, tente de l’esquiver en sautant de bâtiment en bâtiment, jusqu’à tomber sur visiblement une grosse soirée des Verts, où tout le monde s’éclate et fête l’expédition victorieuse du jour en buvant des mojitos fraise-tagada ; seulement voilà : Zip en voulant suivre John court jusque dans la salle où la troupe est réunie et aboie en direction de Carter alors qu’il observait le tout depuis une fenêtre. Cela a plusieurs conséquences :

  • les Verts pètent la gueule au chien qui a pourri leur soirée, ‘foiré, tu vas la fermer ta gueule, dis ? (si seulement les Yorkshires pouvaient subir cela)
  • John tente de sauver l’animal, il s’en fout au fond, mais dès qu’il peut distribuer des coups de boule, il est content, et là il y a un prétexte à baston
  • D’un seul coup de poing de sa super force, John tue l’un des Verts, ce qui l’étonne lui-même (mais moins que le Vert au crâne fracassé, quand même)
  • Les Verts, comme l’ensemble des spectateurs, en ont marre de ce héros qui saute partout en tabassant tout le monde pour un oui ou pour un non et parviennent à l’assommer, une fois encore.

Oui, je sais : John passe la moitié du film assommé environ, mais c’est tellement pratique pour faire des transitions, reconnaissons-le. Vous imaginez ? Comment ferait-on autrement ? On a jamais inventé mieux.

Le lendemain matin, la tribu a décidé de punir Glouglou pour ne pas avoir assez bien surveillé John alors que c’était son boulot, merde alors : elle est condamnée à recevoir une nouvelle marque de fer rouge sur la peau, avec cette remarque : « Il n’y a plus de place pour d’autres marques, Glouglou : si tu chies encore dans la colle, tu devras mourir, non mais ho » ; misère, quelle cruauté ! Enfin quand je dis cruauté : à côté de ça, John a tué un des leurs hier soir, et ils ne lui font même pas remarquer ; c’est totalement normal, on va plutôt punir la nana, c’est une femme, si elle prend un coup de fer rouge, elle saura bien pourquoi, ah mais. J’aime bien la justice chez eux : « Tu n’as pas pu arrêter seule le prisonnier à la force monstrueuse qui a besoin de 30 guerriers pour être maîtrisé ? Punition pour ta faute ! Tu as tué un des nôtres ? Boh, tu sais, c’était Gégé, il était un peu lourd en fait, tu nous as dépannés.« 

Bon, voyons voir; avec quoi pourrais-je tenter de me trancher la gorge pour arrêter ce visionnage ?

Allez, poursuivons : alors que notre tribu en était toute à ces considérations, soudain, de drôles de bruits se font entendre dans le ciel : un vaisseau Bleu est en train de survoler l’endroit, coursé par un vaisseau Rouge ! A son bord, Bob est à la poursuite du navire volant de la princesse Jennifer, qui a tenté de fuguer pour ne pas voir son rectum offert au seigneur des méchants ; bien vite, Bob utilise  quand même son gros canon de bras pour détruire les réacteurs ennemis, et il a tôt fait de se pointer à l’abordage de la nef ennemie, massacrant les défenses de celle-ci en deux temps trois mouvements. Hélas, la princesse est introuvable à bord… car elle est en train de tenter de s’enfuir avec un autre vaisseau, plus petit ! Mais un tir colérique de Bob a tôt fait de mettre son vaisseau en mauvaise posture, et la douce se met à choir dans le vide.

"Oui John, nous faisons partie des civilisations où l'on fait des armures pour filles décolletées avec nombril apparent. C'est culturel, tu peux pas comprendre"

« Ho, une humaine ! » s’exclame John en voyant les fesses de la princesse grossir à vue d’oeil (parce qu’elles se rapprochent en tombant, hein, pas parce qu’elle a trouvé un pack de Danette) « et pas moche avec ça, quel coup de bol« , manque t-il d’ajouter pour le spectateur qui n’aurait pas remarqué. Ni une, ni deux, il bondit dans les airs et s’élève si haut qu’il récupère la jeune femme et atterrit avec sans dégâts un peu plus loin. Et derrière, une fois la bougresse sur le plancher des crypto-vaches, il s’en va foutre la zone dans les vaisseaux au-dessus de l’endroit, n’hésitant pas à tabasser des servants de canon pour se servir de ce dernier et tirer dans le tas sans chercher à comprendre ; c’est vrai, autant tuer tout le monde. Tiens et puis John, à l’occas’, tu nous expliqueras où tu as appris à utiliser les armes aliens, tu seras gentil.

« Comment ? » dit la donzelle, « Quel est cet humain croisé avec une puce pour sauter si haut ? Cela dit, s’il est croisé avec une puce, cela signifie aussi que son pénis représente 25% de sa masse corporelle, ce qui veut dire que... » – mais avant que son altesse coquine puisse jeter un oeil sous le pagne de John, Bob et ses hommes font atterrir leurs vaisseaux et se lancent à l’assaut de John et sa copine. S’ils résistent un temps grâce à la force surhumaine de notre héros et les talents de fine lame de Jennifer (qui est donc princesse-bonnasse-scientifique-maître d’armes, rien que ça), ils ne doivent leur salut qu’à l’arrivée en masse des aliens Verts, finalement décidé à se joindre à la fête, qui repoussent rapidement les humains rouges à coups de fusil dans la margoulette, obligeant Bob et ses hommes à se replier.

Attendez, on parle bien de Bob et de son méga-canon désintégrateur qui peut tuer toute une tribu de débiles verdâtres en un coup ainsi que tout potentiel mec en slip tentant de lui chourave sa princesse ? Oui ? Bon : on va dire qu’il se replie parce qu’il y a « Le Destin de Lisa« , et qu’il ne veut pas le manquer, ou que les tuniques bleues de Powell ont fini de préparer les crêpes et que Bob est attendu pour commencer la soirée, parce que c’est lui qui doit aller acheter le Nutella à Monoprix, hein, parce que sinon, il n’a aucune raison de le faire.

Misère. Ce que c’est nul. Scénaristes, je vous rappelle une règle essentielle : ne jamais donner un pouvoir surpuissant à un personnage, sinon, il parait logique qu’il s’en serve pour régler ses problèmes. Enfin je dis, ça, c’est pas mon métier, holala.

A noter que parmi les Rouges, il y avait dissimulé sous couvert de polymorphie un moine magique, qui observant la scène, s’est contenté de murmurer « Hmmmm… intéressaaaaaaant… je le veux vivant… » (ce qui explique en partie pourquoi Bob ne l’a pas transformé en chouquette d’entrée de jeu, même si ça ne l’empêchait pas pour autant de défoncer les Verts et récupérer sa princesse sans faire le moindre effort) ; mais il n’a rien fait de plus. Alors que, là encore, nous le verrons plus tard dans le film : les moines magiques ont le pouvoir de prendre le contrôle du corps de n’importe qui à vue. Et dire qu’on en est qu’à la première moitié de ce chef d’oeuvre.

En tout cas, la bataille a tellement enthousiasmé les Verts, qui d’habitude ne se mêlent jamais des combats entre humains Rouges et Bleus, qu’ils arrivent en masse près de John pour que Francis, leur chef, puisse s’exclamer : « Tu es très laid, mais tu es superbe : tu es désormais un Vert à part entière ! Tu combattras pour nous ! » (pour fêter ça, ils lui offrent des bretelles pour tenir son slip ; non, je n’invente pas, ça fait tellement tribal).

Mais John se la joue pacifiste fatigué : « Je ne combats pour personne« . Non, c’est vrai : toi, tu vois le cul d’une nana tombant du ciel du coup derrière, directement tu tues tous les gens s’opposant à elle sans te demander pourquoi ils la poursuivaient. Ce n’est pas du tout combattre pour quelqu’un hein. Noooon. Pour un cucu, peut-être, mais pour quelqu’un, non. Du tout. Quelle logique, John.

En tout cas, le soir venu, Jennifer se présente et explique qu’elle est une simple scientifique (elle ne révèle pas qu’elle est aussi une princesse, elle ne veut pas d’emmerdes), et qu’elle se demande d’où vient John. Lui tente d’expliquer que voilà, il est de l’Etat de Virginie, et qu’il ne comprend pas trop où il se trouve ; finalement, la discussion dérive sur le système solaire, et Jennifer explique que notre héros est bel et bien sur Mars, même si eux l’appellent « Parsum » (oui, apparemment, l’alcool magique qu’a bu John traduit les phrases de tous les aliens qu’importe leur race, mais pas les noms propres, c’est vraiment curieux comme truc. Ou, comment dit-on ? Ah oui : moisi). Chacun parle de son monde : pour John, ici, tout est merveilleux car il y a des vaisseaux flottant dans l’air ; pour Jennifer, la planète dont parle John semble étrange, car il parait qu’on y trouve encore des océans, et que les vaisseaux flottent dessus. Mais comment John est-il arrivé là ? Ce dernier l’explique en montrant du doigt le médaillon avec lequel il est venu, que porte désormais Francis qui l’a trouvé près de lui quand il l’a capturé.

« Ça ? » demande Jennifer. « Tu es donc un Thern ? Tu es venu comme ça sur cette planète et tu veux rentrer chez toi, c’est ça ? » ; « Ho bin oui, c’est ça« , dit John au hasard. Cela semble un peu énerver Jennifer, qui s’exclame donc « Hé bien alors, allons voir au temple, tu pourras rentrer chez toi ! » avant de foncer dans une direction précise, malgré les cris de Glouglou, la « responsable » de John, qui répète « Non, c’est interdit, il ne faut pas y aller si on est pas un Vert ! » tout en les suivant.

Ne me demandez pas comment Jennifer connait l’emplacement exact du temple d’une tribu qu’elle n’a jamais rencontrée, c’est comme ça.

Après avoir marché un moment, la troupe arrive dans un site religieux troglodyte couvert de sculptures et d’inscriptions diverses ; là, on peut voir une sculpture représentant 5 moines magiques côte à côte, les Therns d’après ce que dit Jennifer : « Alors voilà, tu es un Thern, hein ? Mais c’est impossible ! Ils ont disparu il y a des milliers d’années, à l’époque où il y avait encore des océans sur cette planète ; ils nous ont conseillés puis sont partis. Maintenant, ils sont auprès de la Déesse, et il faut prier pour communiquer avec eux, ce sont nos protecteurs. Tu ne peux en être un ! J’en étais sûr, tu bluffes Martoni !« .

John se défend donc tant bien que mal à base de « Hohoho, quiproquo, en fait, je ne suis sûrement pas un Thern : moi j’ai pas le crâne rasé« , mais il finit par voir une sculpture semblable à son médaillon : on lui dit que c’est le portail de la Déesse, situé sur la dernière rivière de la planète, et qu’il permettrait d’accéder à d’autres mondes selon la légende… vite, il faut y aller si John veut trouver le chemin du retour vers la Terre !

Hmmmm, d’accord ? Autre option : John, tu es venu avec le médaillon que Francis porte désormais, mais qui n’est pas bien loin. Pourquoi n’essaies-tu pas de le récupérer plutôt que de partir à l’aventure ? Il doit sûrement pouvoir te ramener. Mais non, non : c’est trop malin. Autant se faire chier un peu par monts et par vaux.

Sur ces entrefaites, les Verts déboulent dans le temple, hurlant « Par la Déesse, c’est interdit de venir ici si on est pas un Vert 100% pure souche, sacrilège ! Y a un panonceau à l’entrée « interdit aux space-rastacouères ! » Demain, vous serez condamnés à mort ! Et Glouglou, on t’avait prévenue : tu mourras avec eux !« .

Sauf que le lendemain, Francis, le chef de la tribu des Verts, semble triste à l’idée de tuer tant John que Glouglou (par contre, Jennifer, il s’en tape un peu). Curieux, car logiquement, les Verts sont connus pour être sans pitié quand il s’agit de faire régner l’ordre dans la tribu… John réalise soudain pourquoi : « Bon sang, Francis, j’ai tout compris tellement je suis malin ! Glouglou : c’est ta fille, même elle ne le sait pas ! Tu ne peux la tuer, et elle est super gentille comme toi car elle est ta descendance ! Logiquement, les bébés sont élevés en tribu, mais toi, tu l’as reconnue dès que tu l’as vue » : et en effet, c’est ça. John est super fort en psychologie alien en se basant sur du rien en fait, dites-donc. Je suis bluffé. Si seulement il était aussi un peu moins con qu’un humain trépané, ce serait presque sympa. En tout cas, Francis décide d’agir : il rend son médaillon à John et le laisse ainsi que Jennifer et Glouglou se barrer en les aidant à trouver un chemin sûr jusqu’à la sortie du village. Il se dit qu’ainsi, John pourra veiller sur Glouglou, loin de la justice un peu raide des Verts (qui sont donc des indiens gentils, mais un peu de droite quand même).

Ah oui, voilà à quoi ressemblent les Verts. Autant vous le dire, ils sont super forts à la Playstation.

Sitôt cela fait, la petite troupe prend donc discrètement la route, laissant derrière elle Francis, qui va devoir affronter le jugement de sa tribu pour avoir laissé les filous s’échapper : il paiera donc le tribut du sauvetage de sa fille.

Pardon ? Que dites-vous ? Quoi « Et Bob pendant ce temps ? » ? Ah, oui, c’est vrai, vous avez raison : vous savez, Bob, qui avait détruit 90% de toute la civilisation Bleue rien que pour se marier avec Jennifer, et qui a des vaisseaux volants, une arme surpuissante, une gigantesque armée & co et qui sait où est la tribu où sa donzelle s’est enfuie ? Et bien pendant ce temps, il… ne fait rien. Voilà. Sérieusement, vous voudriez pas essayer d’écrire un truc vaguement crédible ? Je veux dire : même expliquer que Bob avait choppé la tourista et était bloqué en mode peinture sur porcelaine était plus crédible que de l’oublier. A ce moment du film, j’ai tenté de me planter une branche de lunette 3D dans la gorge, mais les bouts sont ronds. Rah.

Donc, disais-je, la troupe commence à errer dans le désert en direction de la dernière rivière de la planète (j’aurais pensé que du coup, les deux dernières villes de la planète, Hélium et Krokoko seraient à côté, mais non : ces gens ne doivent pas boire. D’ailleurs, Mars, c’est quand même sympa : une planète, deux villes. Ça laisse pas mal de place pour des barbecues.), sauf qu’en chemin, Glouglou en observant les étoiles réalise que Jennifer, qui les guide, les emmène dans la mauvaise direction : elle les emmène en fait vers Hélium, car elle veut que John donne une chance à la ville de se défendre face à Bob ! En réalisant cela, John décide de jouer le gros dur, en lui retirant sa monture et s’éloignant en mimant l’abandon dans le désert façon chien sur une aire d’autoroute « Tu m’as déçue, Jennifer« . Malgré ses pleurs, il ne se retourne pas, jusqu’à ce qu’en essayant de leur courir après, la belle trébuche.

Et là, non : une fille qui trébuche dans le sable, c’est trop triste : John ne peut résister au fait de sauter vers elle pour aller à ses côtés : « Pardon, j’allais te laisser crever dans le désert, mais là, non, un bobo à la cheville, c’est trop horrible. Allez, s’il-te-plait, maintenant, dis-moi la vérité, je sens que tu as un lourd secret au fond de ton coeur« .

Couverte de larmes mâtinées de mascara et de morve, la douce révèle alors la vérité : « Snuuuurfl… En fait, je suis la princesse d’Hélium, et mon père veut me marier à Bob le méchant. Or, je n’ai pas envie de vendre mon cucu pour arrêter la guerre. » ; mais John est impitoyable : si elle doit sacrifier sa virginité pour sauver des vies, alors elle doit le faire en tant que membre de la famille royale. Ah mais, dis, hein, ça suffit les caprices. Ah ça, pour allumer tout le monde en combattant en décolleté, il y a du monde, mais alors dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses, on salit sa culotte de petits pets liquides. Bravo Mademoi… Madame.

Cependant bon, hein, John n’est qu’un homme, et en slip qui plus est (même s’il a des bretelles) : il succombe évidemment quand même au charme de la belle, et lui dit qu’ensemble, ils vont trouver un moyen de changer tout cela. Mais en attendant, il veut quand même aller à la rivière pour trouver le portail reliant les mondes, et comprendre comment il a pu arriver ici un peu plus clairement. Soit : il en sera fait ainsi.

Pendant ce temps, à Krokoko, la ville montée sur pattes qui se promène dans le désert pour des raisons qui m’échappent, Bob s’entretient avec l’un des moines magiques qui le conseillent, et ce dernier lui explique le plan auquel il doit se tenir : il doit épouser la princesse (merci, on le savait), qui sera bien retrouvée à un moment ou à un autre (en même temps, sachant que vous saviez où elle était, c’était pas bien compliqué d’aller la chercher, mais chhht, chhht, du calme les neurones, arrêtez, vous vous faites du mal), et ensuite, c’est là que le plan est génial… le mariage pourra permettre de faire une diversion pour qu’Hélium puisse être envahie par Krokoko, hahaha, ce plan est diabolique !

Pardon ? Le plan génial c’est « bourrons la gueule aux autres » ? Je crois qu’il dure depuis 1 000 ans, sans vouloir vous vexer les gars. D’ailleurs, vu le super canon de Bob, je vois pas trop pourquoi il y a besoin d’un mariage : il suffit d’arriver de face, de tirer un coup sur la cité, et pouf, c’est réglé.

Mais c’est sûrement trop compliqué.

Après cet intermède profondément intelligent, retournons donc sur la dernière rivière de la planète, qui, ça tombe bien, n’était quand même pas trop trop loin. Il s’agit en fait plutôt d’un fleuve qui serpente au sein d’un canyon, avec, au milieu, un énorme roc à la forme étrange : le fameux portail de la Déesse. Selon le rituel des Verts (Glouglou l’explique), les pèlerins qui veulent rencontrer la Déesse prennent une barque et s’y rendent, et en général, n’en reviennent pas.

"Tu vois, là c'est où on en est du film. Les cailloux qui restent, c'est toutes les fois où tu vas encore te faire assommer. On continue, tu es sûr ?"

En même temps, les pèlerins sont cons (eux aussi) : le canyon est tellement étroit qu’il est possible de remonter la rivière depuis le sommet de celui-ci, à pied, et arrivé au gros caillou, un pont de singe suffirait. Mais encore une fois : ce serait tellement logique qu’il ne faudrait surtout pas le faire pour ne pas perdre la moyenne d’une incohérence par scène.

Après avoir cheminé sans trop d’encombre sur une petite embarcation le long de la rivière, John, Jennifer et Glouglou arrivent donc au gros caillou, et si cette dernière tombe à genou pour prier en ne se considérant pas digne de voir le rocher de la déesse, Carter et la princesse s’en approchent. Et sitôt que John rentre au contact de la pierre, son médaillon se met à briller, et une porte s’ouvre devant eux, menant dans les profondeurs du rocher, dans une petite salle où l’énergie bleue semble pulser : le 9e rayon ! Et tout autour, une carte du système solaire avec… les instructions pour retourner sur Terre ! Sauf qu’elles contiennent des coordonnées que Jennifer ne peut déchiffrer qu’avec des documents se trouvant à Hélium (son dictionnaire français-gloubitz)… pas de souci : grâce à leur mémoire magique, nos deux héros retiennent le tout en 5 secondes, et sont prêts à repartir. Au passage, grâce aux informations laissées dans la salle, John a compris comment il était arrivé là : le médaillon qu’il a trouvé a créé un double de lui sur Mars et y a transféré son esprit… son corps est donc toujours sur Terre en même temps ! Sympa.

Ok, donc je retiens : John s’étant réveillé sur Mars avec le médaillon à la main, cela signifie qu’à chaque fois que le médaillon est utilisé, il crée un double et se téléporte avec ; hé bé, ça doit être vite le bordel quand on fait des allers-retours, mais je… ah… gnn… pardon. Une soudaine envie de pleurer tellement c’est nul. Psychologiquement, ce film est très dur à regarder.

Enfin en tout cas, soudain, des tirs retentissent à l’extérieur du rocher ; vite, il faut ressortir ! C’est Glouglou qui fait parler son fusil, puisque tout autour du ravin, un bon millier de créatures comme elle, des Verts, sont apparus, sauf que eux semblent appartenir à une tribu sauvage qui attaque tout et tout le monde. Ce qui explique sûrement les disparitions de pèlerins dans le coin ; en réalité, nos héros ne peuvent le savoir, mais c’est un moine magique qui a averti cette tribu que notre petite troupe arrivait, et a recommandé de capturer la princesse et de buter les autres.

Nos larrons ressortent donc du ravin aussi vite que possible (en remontant toute la rivière en sens inverse à la rame pour revenir à l’entrée du canyon récupérer leur montures – le tout sans que leurs agresseurs bordant les hauteurs de l’endroit ne parviennent à les toucher une seule fois de leurs armes durant tout le trajet, pourtant fort long, ou à les devancer à l’entrée de la rivière alors que eux ont des montures) pour tenter de prendre la fuite ; mais hélas, la tribu, qui dispose elle aussi de diverses bestioles à chevaucher, gagne doucement sur eux. John, sentant la fin proche, serre très fort la main de Jennifer, puis saute en l’air pour atterrir un peu en arrière en hurlant le célèbre « Fuyez, je vais essayer de vous donner un peu de temps ! » et « Au fait, pourquoi on a pas pensé à utiliser nos fusils pour en tuer un maximum avant qu’ils ne soient sur nous ? ».

Sauf que là, attention, je résume : d’un coup d’un seul, John et Zip le chien (qui les suit depuis le début) se retrouvent seuls face à près de 1 000 ennemis, soit près de 4 000 bras armés vu le nombre de membres des bestiaux… et ils sautent tous en même temps sur John.

Mais ce dernier est si fort qu’il les explose tous un par un (notons que la force de John varie beaucoup dans ce film : par exemple, il peut détruire un crâne d’Alien avec deux doigts ou arracher ses chaînes sans souci, par contre, quand Jennifer lui tire sur le bras, il ne peut lutter contre son emprise : soit elle est super baraquée, soit c’est nul, camarade : choisis ton camp), sans jamais s’épuiser, hein, c’est tellement facile : tout le monde se jette sur sa lame sans poser de question, et Zip aide à en tuer quelques uns qui traînaient (curieusement d’ailleurs, John est le seul être de la planète à avoir un animal aussi rapide que Zip, ce qui est fort curieux, parce qu’un truc si gros et allant si vite, j’aurais imaginé que ce serait la base des transports et/ou utilisé en sacrées meutes pour attaquer autrui, mais visiblement, non, c’est beau). Et évidemment, pile au moment où il va crouler sous le nombre (enfin, il en a quand même bien déjà tué 200 ou 300 seul : visiblement, c’était ni trop dur, ni trop fatigant), des tirs provenant du ciel dispersent la tribu des agresseurs, les obligeant à se replier : un immense vaisseau Bleu est sorti du ciel !

Glouglou et Jennifer tentent donc de revenir vers John, et voient le vaisseau atterrir au milieu de tout ce petit monde, débarquant son commandant : le papounet de Jennifer ! Celui-ci serre sa fille dans ses bras (« Mais bordel, tu vas finir par le cacher ton nombril, oui ? T’as plus 16 ans, merde !« ), mais c’est pour mieux l’informer d’une curieuse nouvelle : Bob le méchant est venu se livrer sans combattre à Hélium, expliquant qu’il voulait ainsi montrer sa bonne foi dans sa volonté d’épouser Jennifer pour fonder une dynastie porteuse de paix entre les deux nations.  Dans tous les cas, John est récupéré assommé (oui, encoooore) de sous les 3 tonnes d’aliens qu’il a découpé, embarqué dans le vaisseau avec Jennifer (mais pas Glouglou, qui reste à l’écart), et tout le monde s’envole vers l’infini et au-delà.

Ah oui, dans les accessoires du Monsieur, là, en fait, il y a un fusil. Du film, il ne pensera jamais à s'en servir, même quand des ennemis le poursuivront et qu'il pourra tirer depuis sa monture

A son réveil, notre brigand de capitaine Carter est dans une sorte de riche chambre encombrée de nombreuses bannières rouges et de gardes : d’un regard par la fenêtre, il peut voir qu’il est à Krokoko, cité mobile des vilains Rouges. Il constate d’ailleurs alors qu’il a de nouvelles fringues, mais toujours plus ou moins en forme de slip à bretelles (le pantalon est un concept étrange sur Mars). Curieux.

Cela étant dit, il ne peut s’interroger plus avant sur les passions slipesques des habitants de cette planète, car un général des Bleus qui était à bord du vaisseau qui l’a amené ici lui rend visite. Les préparatifs du mariage vont bon train, tout va pour le mieux et… et il tend discrètement son épée à John pour lui demander de le prendre en otage. Comme quoi, quand ce n’est pas John qui tabasse tout le monde dès le réveil, ce sont les gens qui lui demandent de le faire. Du coup, notre héros ne peut résister à faire sa spécialité : il attrape le bonhomme et commence à péter la gueule à tout le monde (… vous êtes encore là ? Moi, mon esprit est en train de courir nu dans les champs fleuris de mon imagination, personnellement, j’ai abandonné depuis longtemps le suivi de l’intrigue) avant de bondir de bâtiment en bâtiment jusqu’à arriver à une haute tour que lui indique le général Bleu : les appartements de la princesse.

Là, le général s’éclipse pour laisser Jennifer, en splendide robe traditionnelle (comprendre : un peu de tissu sur les roudoudous et un gros pagne), et John exprimer leurs sentiments ; la donzelle explique que ooooh, John, je dois épouser Bob, mais c’est par obligation, car sinon, c’est pour toi que ma culotte palpite (classe, bravo). Je t’en supplie mon aimé, j’ai fini par déchiffrer les codes que l’on a trouvés ensemble pour retourner sur Terre, ne me demande pas quand et comment vu que l’on est jamais repassés par Hélium où il y avait ce dont j’avais besoin et que là en plus j’ai un mariage à préparer, mais voilà : il suffit de dire « Tralala, la Terre, me voilà« , et tu y seras. Pars, mon aimé ! John commence à réciter mais… ah. Au moment où il va prononcer la dernière syllabe, Bob le Méchant entre dans la chambrée, et demande à sa fiancée si elle est prête pour la cérémonie. Et il demande aussi si elle était seule, car il l’entendait parler.

Et là, attention, Actor’s Studio : elle se retourne trèèèèèès lentement en disant « Seule ? Heuuuuuuuu…. biiiiiiiiiiiiiin…. » et voyant qu’il n’y a plus personne derrière elle – elle suppose que John a prononcé la dernière syllabe et est donc retourné sur Terre (sauf que si on suit la théorie du médaillon, il devrait rester un corps puisque ça ne téléporte que le médaillon tout en réalisant une copie du voyageur à destination, mais elle l’a déjà oublié, c’est pas comme si elle était un peu scientifi… ah, si. Non, elle est juste aussi bête que John). Elle fait donc un soliloque des plus mauvais à base de « Hoooo ouiiiiiiii je suis seuuuuuuuuuuuuuuleuuuuuuuuuuuuh…. bouhouhou« . Ok, donc après les effets spéciaux, non seulement il n’y avait plus de budget pour le scénario, mais aussi pour les acteurs. Je vois.

La bougresse sort donc de la chambre avec son futur mari, expliquant que désormais, elle est prête pour la cérémonie.

Mais haha ! C’est sans compter sur John, qui ne s’est pas téléporté ; il a juste bondi pour se planquer dans un coin du plafond quand la princesse lui a tourné le dos à l’entrée de Bob, afin de se planquer dans un coin. Maintenant que tout le monde est parti, il descend donc tranquillement de sa cachette, et s’apprête à suivre tranquillement le futur couple pour voir si ce mariage ne cache pas une ruse, quand soudain, il tombe nez à nez avec une servante, qui change d’apparence devant lui… un moine magique polymorphe ! Le bougre, d’un coup de sa montre magique, tire un rayon qui paralyse John et… non.

L’assomme.

Nan mais sérieusement ? Sérieusement ? Mais John, t’as pas envie de mettre un casque à force de te faire assommer ? Non parce que tu gagnerais vachement de temps. Enfin, continuons dans le festival du navrant.

John, s'il te plaît, enfile ça.

A son énième réveil depuis le début du film, Carter  se retrouve donc à l’arrière d’un véhicule façon limousine locale, assis en face du moine magique qui l’a assommé. Il lui péterait bien la gueule directe, mais il s’aperçoit que de curieuses runes brillent sur son corps de terrien égaré : il ne semble pas maître de ses mouvements : il est sous le contrôle de son ennemi. Ce dernier commence à l’interroger :

« Alors, tu es le capitaine John Carter ? J’ai appris que tu venais de la Terre, c’est cool comme coin. Tu es américain non ? De Virginie, j’ai cru comprendre ? Un bien bel Etat, même si je ne le connais pas encore très bien. Bon, assez fait le kakou : comme tu es là, je vais t’expliquer ; tu vois mec, je suis un Thern, un être immortel (même si tu as buté un de nos potes sur Terre avec un vulgaire flingue, mais chut) qui a vu le début de cette planète et en verra la fin. Comme sur toutes les planètes où on va, il se passe la même chose : une guerre civile éclate à un moment, et du coup, la planète se meurt. Enfin ça, c’est le scénariste qui le dit, parce qu’en fait, les deux n’ont vraiment aucun rapport puisqu’il n’y a que deux petites villes pour toute une planète, pas une trace de pollution et que des gens qui se battent à l’épée, arme qui consomme peu d’énergie et détruit peu l’environnement aux dernières nouvelles, même en tapant sur des arbres. Bref, tu dois sûrement ne rien en avoir à foutre, mais le même scénariste a écrit que je devais t’expliquer tout mon plan, comme dans tous les mauvais films depuis bientôt 50 ans : alors voilà, nous on veut que la planète meure, car nous sommes des profiteurs. Oui, on profiterait plus longtemps des richesses de la planète si elle était vivante, mais on est juste trop cons, ne me demande pas pourquoi non plus, sinon on a pas le cul sorti des shürbs, comme on dit sur Tarantos-12. Or, la princesse Jennifer, qui n’a que ça à foutre de ses journées, a découvert le 9e rayon, une énergie trop bien qu’on utilise nous même et qui pourrait sauver la planète. Donc, pour l’en empêcher, on veut la tuer. Mais plutôt que de nous téléporter/polymorpher et de la désintégrer tranquillement et sans risque, on a trouvé plus intelligent de monter un plan de merde que des gens regardent depuis plus d’une heure et demie de film dans lequel on la marie de force à Bob le méchant, qui est assez bête pour nous obéir,  afin qu’il la tue durant la nuit de noces. Oui, on est un peu des moines décadents qui lisent Twilight : on trouve ça trop dark de tuer quelqu’un durant sa nuit de noces. Du coup, autant en organiser une rien que pour le meurtre. Et durant la même nuit, et alors que grâce au mariage, Bob serait déjà désormais le maître des Bleus et des Rouges, on va l’aider à amener la cité de Krokoko sous les murs d’Hélium pour que la ville soit prise en une nuit grâce à l’effet de surprise. Car oui, on pense aussi que non, jamais les gardes d’Hélium ne vont repérer une cité de plusieurs milliers de personnes pesant des millions de tonnes se déplaçant sur des pattes géantes à 2km heure venant se coller sous leurs murs. Ainsi, Bob, notre instrument, deviendra le maître des Bleus et des Rouges, et nous dominerons la planète, même si on aurait déjà pu le faire en tuant leurs leaders et se polymorphant en eux pour dicter nos ordres, hohoho ! Voilà voilà. Mais évidemment, si je te raconte tout ça, c’est parce que je… heu… bon. Ho et puis merde, je rends mon tablier, ce script sent comme un discours de Claude Guéant. »

Durant cette petite causette, le moine farceur a emmené notre héros avec lui pour se promener en ville, histoire de maximiser ses chances d’évasion, des fois que. Et évidemment, ça ne rate pas : au moment où notre héros s’apprête à être embarqué à bord d’un petit vaisseau volant pour être emmené on ne sait où, Zip le chien, qui a pour propriété de « retrouver quelqu’un n’importe où« , un peu comme un pervers lambda, sort de nulle part comme un mauvais rebondissement et arrive à plusieurs centaines de kilomètres heures, défonce le moine qui ne s’attendait pas à ça, et libère John, qui peut donc aussitôt prendre les commandes du vaisseau pour fuir ; après des débuts chaotiques avec l’appareil (comprendre une séquence supposément drôle de 7 secondes où le héros dérive en maugréant sur la bécane aérienne), notre capitaine Carter a tôt fait de la dresser tel un mustang sous la lune ronde ; il devient donc instantanément un pilote de qualité divine sans aucune raison, et sème sans souci les rares poursuivants armés lancés derrière lui en allant voler sous les pattes géantes qui permettent à la cité de Krokoko de se mouvoir, provoquant divers crash, et calculant des sauts de fou pour atterrir sur les appareils de ses poursuivants pour les maraver. Une fois cela fait, notre loulou fuit dans une direction aléatoire où, coup de bol, il se trouve que Glouglou a la gentillesse de l’attendre. Et même d’abattre d’un bon coup de fusil son dernier poursuivant. Vraiment, tout est super bien calé dans ce film.

Qui a dit « télescopage minable » ? Sortez s’il vous plaît, c’est vraiment manquer de respect à une si belle oeuvre.

Voilà, maintenant que nous sommes entre amateurs de films de qualité pleins d’idées originales, poursuivons : John est bien embêté : il irait bien libérer la princesse, mais il lui faudrait au moins une armée ! Parce que non, la kidnapper en deux bonds à vitesse de fou, ou envoyer Zip le chien qui va à moult à l’heure la ramener comme un vulgaire bâton (elle n’est guère plus épaisse), ce serait trop facile. Donc il va plutôt tenter de monter une armée capable de battre une autre armée expérimentée après 1 000 années de guerre,  menée par un mec avec un brassard magique capable de désintégrer, et ça tombe bien, une armée entière.

C’est vrai, ça me parait être la meilleure solution.

"Ok les Verts : j'ai tué l'un des vôtres, fui votre jugement, aidé deux autres condamnés à partir, provoqué la chute de votre chef bien aimé mais vous allez être gentil et me suivre pour aller attaquer avec votre seule tribu la plus grosse armée de la planète, okay ?"

John explique donc qu’il a besoin des Verts pour bourrer la gueule aux Rouges maintenant que les Bleus sont affaiblis et sur le point d’être submergés par un assaut surprise des Rouges, justement. Il se rend donc promptement grâce à son vaisseau volant fraîchement volé jusque chez les Verts pour demander leur aide, mais c’est oublier qu’ils avaient été condamnés à mort chez eux, et qu’ils n’avaient pu fuir qu’avec l’aide du petit chef Francis (… encore une décision intelligente, John) ! Or, suite à cela, ce dernier a été dégradé comme un vulgaire Sylvain Mirouf dans 1ère Compagnie, et le nouveau chef est Têtaklak, un grand type grognon qui ne pense qu’à être violent avec tout et tout le monde. Aussi, lorsque John arrive et découvre que Têtaklak a remplacé Francis, le nouveau chef des Verts bête et méchant…

Allez, devinez, attention :

A) … lui propose une choucroute, puis un concours de pets sous la lune

B) … tombe amoureux de lui, et lui arrache ses bretelles à slip en l’embrassant langoureusement, avant de lui masser le dos de ses 4 bras puissants

C) … s’est pendu. Lui aussi regardait le film jusqu’ici.

D) … l’assomme, parce que c’est à peu près ce qui arrive à la fin de chaque scène.

C’est bon ? Vous avez trouvé ?

Bravo, même si la C était tentante, la réponse était bien D.

A son réveil (combien de paragraphes de ce spoiler commencent ainsi ?), Carter est donc au fond d’une cellule, en compagnie de Francis, désormais prisonnier des siens pour son crime de complice dans l’évasion de Jennifer, Glouglou et John plus tôt dans le film. Une nuit se passe donc, et le lendemain, tous les deux sont envoyés par Têtaklak dans l’arène-dont-personne-ne-pourrait-sortir-vivant-tant-c’est-chaud-sa-race. et bien vite, et pour éviter que John ne puisse s’en sortir facilement, il est enchaîné à un fort gros caillou, avant que deux « singes blancs » (oui, ce nom là est traduit par le breuvage qu’a bu John, alors que les Therns, par exemple, qui désigne aussi une espèce : non. C’est magique) ne soient lâchés, immenses gorilles albinos à l’air grognon qui visiblement, ne mangent pas que des feuilles de bananier au petit déjeuner. John, qui a donc une super force à géométrie aléatoire, ne parvient pas à briser sa chaîne ; en même temps, plutôt que d’essayer de briser l’endroit où elle s’accroche à lui, il tire sur 9 mètres de métal rattachés à un rocher pour voir si ça pète, mais bon : on est plus à ça près. D’ailleurs finalement, non : ce n’est pas la vieille chaîne visiblement rouillée qui lâche…

… mais le rocher (… bouhouhou) dont il brise un monstrueux morceau qu’il fait tourner au bout de la chaîne pour tabasser un singe tel un Joey Starr de Mars, avant de parvenir à obtenir une épée suite à une intervention sympathique de Glouglou, descendue dans l’arène pour l’occasion (non, elle n’était pas emprisonnée, elle était dans le public, alors que je croyais qu’elle aussi était condamnée à mort, non ? J’ai dû rêver), et jouer à « explore un singe vivant« , un jeu pratiqué uniquement par les John Carter armés d’épées et les zoophiles.

Têtaklak, plus grognon encore qu’il ne l’était, hurle donc que c’est un scandale, et voit John le défier pour prendre la tête du clan ; le vieux guerrier Vert ne fait évidemment pas le poids face à notre héros qui, en un seul saut, le décapite tranquillement. La foule en délire de l’arène, composée de toute la tribu des Verts acclame donc son nouveau héros, et comme il se doit, il suffit à notre loulou de hurler un bon discours (oui, tout le monde l’entend, il doit aussi avoir une super voix) à base de « Battons nous pour la liberté« , « Mourrons debout » et « Mettons fin à la guerre en déclarant la guerre à tout le monde !« , ce qui n’aurait pas déplu à Georges W. Bush de par sa pertinence, mais soit.

Bon, le poncif du grand discours avant la bataille finale, c’est aussi fait. On peut donc y aller.

L’armée des Verts s’élance donc sur diverses montures au travers du désert martien, fonçant vers la cité de Krokoko, montant à bord sans problème (elle est pas montée sur des pattes géantes ?!), et ne rencontrant que peu de résistance ; car une fois une sentinelle capturée interrogée, celle-ci explique la terrible vérité : Bob, Jennifer et toute l’armée sont déjà à Hélium !

Je… attendez, mais si je me souviens bien : le plan c’est bien d’amener la cité de Krokoko sous les murs d’Hélium, non ? Donc il suffit juste de traverser la ville et c’est bon, vous y êtes à Hélium vu que la cité mobile doit être en position, vous pouvez même éventuellement tomber sur l’armée des Rouges attendant de donner l’assaut et vous battre avec dans la joie et l’allégresse, permettant ainsi non seulement d’utiliser l’avantage de la surprise, mais aussi de donner l’alerte à Hélium ! Mais heu… non. Nos héros vont plutôt juste dire « Hooooo….« , et John ajouter « Bon bin, on va tirer des vaisseaux volants et aller sauver la princesse à Hélium alors ! » ; mais comme il se trouve que les Verts n’aiment pas voler, il doit partir seul. Caca.

Pour rappel, Krokoko, la cité qui doit approcher discrètement Hélium, c'est ça.

Au même moment, donc, dans la plus haute tour d’Hélium, Bob, Jennifer & tout plein de VIPs sont en train de participer au mariage qui mettra fin à la guerre. Comme les choses sont bien faites, tout ressemble quand même beaucoup à un mariage terrestre (d’ailleurs, la monogamie est aussi évidemment de mise, hein) et pile au moment où nos deux loulous s’apprêtent à être déclarés mari et femme, un petit vaisseau volant brise l’immense verrière sous laquelle ils se trouvent, et un homme en slip à bretelles en surgit : John Carter ! Il hurle « Ce mariage est un pièèèèèège ! Krokoko est sous les murs d’Hélium, mais personne ne l’a remarquée tant une ville-forteresse sur pattes, c’est discret ! Défendez-vous, Hélium ! » ; et de tous les fourreaux, des lames surgissent aussitôt, les deux camps reprenant leur guerre civile en pleine salle des mariages. V’là l’ambiance.

Bien vite, le combat éclate entre Bob et John, l’assistance se contentant de pousser des « Hoooo ! » et des « Haaa ! » en échangeant vaguement quelques coups entre Rouges et Bleus, d’ailleurs on notera que le grand méchant, qui grâce à son brassard, peut faire apparaître l’arme de son choix, génère une épée. Pas un flingue, un canon, une épée plus longue que son adversaire et plus vive ou même un tir d’énergie désintégratrice dans la gueule, non : une épée minable. J’ai déjà dit que c’était méchamment nul ? Bon bin, je le redis : c’est nul. On se croirait dans Green Lantern : « Hey mec, tu peux créer n’importe quelle arme ! Que choisis-tu, la seule limite est ton imagina… une… une épée ? Je… Ok, j’avais pas pensé à l’imagination limitée comme problème. Je vois je vois.« 

Mais rapidement, le duel tourne malgré tout en défaveur de John (? Il avait pas une super force ? Ah mais oui c’est vrai : elle varie toute les deux minutes parce que tout cela est écrit avec les pieds.). Notre héros se retrouve en conséquence bloqué sous la lame de Bob le méchant, et celui-ci lève donc lentement son arme en hurlant « Ahahaha, j’ai gagné, je vais te tuer, mais d’abord, je vais te raconter ma vie, puisque chacun sait que je ne serais interrompu qu’au dernier moment, comme dans tout truc vu et revu ! Regarde par exemple, pile au moment où je veux abattre ma lame après avoir fait la causette, il va forcément se passer quelq… » et paf : pétant encore un peu plus la verrière, voici venir les Verts dans des vaisseaux volants (il leur a donc fallu 2 minutes montre en main pour changer d’avis, trouver des vaisseaux, les capturer, apprendre à voler et arriver sur place. Ok.) ! Une gigantesque bataille s’entame donc, les Verts nettoyant tout et tout le monde de leurs quatre bras en s’amusant comme des petits fous (enfin, ils défendent surtout Hélium ; encore une fois, depuis le début, John et ses alliés ne se sont jamais intéressés aux politiques d’Hélium et de Krokoko ; si ça se trouve, Krokoko est une république fière et libre, et Hélium un empire esclavagiste de gros bâtards, mais j’insiste : il a suffi du cul d’une princesse suspendu dans les airs pour que notre héros choisisse son camp. A ce niveau là, c’est même plus être influençable, c’est être une otarie) ; et John a donc pu reprendre le dessus dans le duel l’opposant à Bob, mais alors qu’il le tient enfin en respect, le brigand rouge dit « Très bien, je vais tout te dire, John Carter : ce qu’il se passe ici, c’est que…« 

Soudain, alors qu’il s’apprêtait à tout révéler du plan des Therns, de l’énergie bleue se forme autour de lui et… l’écrase littéralement, le tuant quelque peu, tant sans le crâne, on est tout de suite moins bavard (elle est sympa cette arme : un moine l’aurait utilisé sur Jennifer au lieu de monter leur plan merdique, c’était bon aussi et sans ennuis, mais bon, hein). Et la même énergie se dirige vers John, commençant à le recouvrir ! Et pile au moment où elle allait le couvrir totalement et l’écraser, voici le Canis Ex Machina : Zip le chien jaillit de nulle part encore et mord un Vert dans la foule, qui regardait John en caressant un curieux bracelet bleu : il s’avère être le moine magique en chef qui avait capturé John pour raconter tout son plan et filé son arme à Bob au début du film, polymorphé en Vert ! Hélas, quand tout le monde saute sur lui pour le tabasser, le bougre parvient à s’enfuir après diverses aventures, utilisant son médaillon téléporteur pour ce faire.

La bataille est donc achevée : victoire, Hélium est libre !

Au fait, il n’y avait pas une cité surarmée au pied des murs ? Avec toute une armée, quand Hélium n’en avait plus, toutes ses troupes ayant été désintégrées par Bob durant la dernière offensive ? Si, si, mais ils se rendent parce qu’on a tué leur chef. Non, il n’y a pas de sous-chef : c’est une cité remplie de gens qui se disent « Bon, allez, on se rend sans faire d’histoire : ce sera moins chiant à gérer que de gagner la guerre en 2 minutes en prenant Hélium d’assaut à 50 000 contre 12.« 

Tout le monde se demande donc ce que l’on va bien pouvoir faire maintenant que tout est fini : la guerre de 1 000 ans, tout ça, bon. On va aussi oublier les moines magiques : c’est pas comme s’ils pouvaient revenir, ou être déjà là polymorphés prêts à agir. Mais tenez, allez : finissons bien la soirée, il y avait des bouteilles au frais et une pièce montée ; tant qu’à faire, marions John et Jennifer, maintenant qu’elle est libre, son fiancé ayant eu le crâne écrasé par une énergie étrange ! Grâce à la magie des mauvais montages, tous les corps étalés partout et le sang versé quelques minutes plus tôt disparaissent comme par enchantement, et on peut donc voir Carter prendre pour épouse une martienne ; ensuite, lui et sa douce s’éclipsent pour sa nuit de noces.

Je sais pas vous, mais moi j'ai pas vu directement la différence entre la tenue de mariage et l'armure de guerrière.

Et ça tombe bien : durant la nuit de noces, plutôt que d’apprendre les positions terriennes les plus célèbres à Jennifer, John nous fait le coup du mec qui n’arrive pas à dormir (on t’a pas demandé de le faire pour ta nuit de noces, hein), et médite sur le balcon façon philosophe maudit. Il décide soudain que ce balcon n’est pas assez haut pour ce qu’il veut faire, et abandonne donc sa femme quelques instants, le temps de monter au sommet de la tour où il se trouve pour balancer son médaillon : il n’a aucune envie de rentrer sur Terre, sa vie est ici ; mais en redescendant, un garde l’aborde, et Zip le chien qui accompagnait notre héros se met à grogner (mais n’a pas le temps d’agir, malgré le fait qu’il aille à 300 kilomètres heure. Hein ? Non je… non. Que voulez vous dire de plus ? Tout est raté dans ce film. Chaque scène semble avoir été conçue pour organiser un génocide de vos neurones, chhhht, la fin approche. Mais rassurez-vous, les incohérences ne sont pas finies.), et le garde prend soudain sa vraie apparence : il s’agit d’un moine polymorphé (toujours rien le chien ? Non ?), qui envoie une bonne décharge d’énergie à John… le tuant.

Le bougre se réveille donc un peu paniqué dans son ancien corps sur Terre, avec quelques crampes : il est toujours au fond de sa grotte, avec des filons d’or visible partout, mais plus de médaillon pour repartir sur Mars ! Il pleure donc à chaudes larmes, tout en jetant un bref coup d’oeil à l’endroit où se trouvait le colonel Powell avant que son esprit ne se retrouve sur Mars : il n’y a plus qu’un squelette moustachu. Hmmm, il a dû se passer quelques mois, voire un peu plus. Quelques mois durant lesquels aucun de ses hommes ne l’a cherché, c’est sympa.

Notre héros a donc ainsi fait sa richesse, comme peut le lire Ned qui arrive donc sur la fin du journal de son oncle contant cette incroyable aventure sur Mars et le récit de sa vie : grâce à cette mine d’or contenant des tonnes et des tonnes du précieux métal ; puis, riche, il a organisé des fouilles aux quatre coins du monde à la recherche d’autres Therns comme celui qu’il avait tué sur Terre (qui lui n’a pas laissé de squelette. Hmmm. Encore un oubli au montage, mais je laisse ce genre de remarque à d’autres) ou d’un de leurs médaillons, d’où sa maison encombrée d’objets issus de multiples aventures, et a fini par en récupérer un au bout de 10 années de labeur. Il s’est donc fait construire un mausolée ne s’ouvrant que de l’intérieur avec un cercueil ouvert pour que son corps terrestre puisse reposer en paix, et a simulé sa mort pour pouvoir y être enfermé à l’abri, et se réveiller en cas de problème s’il était tué sur Mars, et il a besoin que ce corps soit protégé car s’il meurt ici, il mourra aussi sur la planète rouge (moi j’aurai été un Thern, en sachant ça de base, plutôt que de buter John sur Mars, je l’aurais directement liquidé sur Terre, là où son corps sans défense reposait, en plein dans une grotte utilisée par les Therns et connue d’eux, donc trop facile à trouver, puisqu’un peu leur maison de campagne en Amérique, mais bon). Il précise une dernière chose : « Ned, toi seul peux accéder à ma dépouille ; tu dois me protéger ! Car pendant que tu lis ce journal, si ça se trouve, les Therns sont déjà en train de violer mon petit corps encore chaud ! Toutes ces années, ils m’ont suivi, je le sais ! J’en ai encore semé un l’autre jour en allant t’envoyer mon ultime télégramme !« 

"Mon Dieu, mon oncle a conçu un titanesque plan de merde !"

Oui, parce que bon : se faire enterrer chez soi là où on pouvait te trouver n’était pas très malin John : je doute qu’une porte arrête des êtres pouvant se téléporter et désintégrer des trucs à volonté. Mais ça va bien avec le reste du film.

Ned file donc dans le cimetière de la riche demeure de son oncle, et martèle la porte du mausolée en hurlant « Ouiiii mon oncle, je te protégerai ! Faut juste que je trouve comment on ouvre cette porte pour être sûr… » ; le bougre cherche donc, et finit par trouver sur l’inscription « Inter-Mundis » ornant le monument qu’en poussant les lettres N-E-D (… ah putain, oui, dur à trouver), la porte s’ouvre.

Ce que Ned ne peut pas voir, c’est que pendant ce temps, derrière lui, un homme à chapeau melon a surgi : celui qui suivait son oncle dans les rues de New York au début du film, qui s’avère être un Thern, faisant apparaître un couteau dans sa main (non, je ne commenterai pas cette énième arme de merde). Seulement au moment où le bougre s’apprête à planquer le jeune rouquin, il est abattu dans le dos… par John Carter, encore dans son costume mortuaire ! Celui-ci s’empresse de récupérer le médaillon de téléportation du mort, et d’expliquer à Ned la vérité : tout ça, c’était une méga-ruse. Il savait qu’un Thern viendrait le tuer à la première occasion (ils ont eu 10 ans pour le faire, pourquoi ne l’ont-ils pas fait, sachant qu’en plus sur Terre, nenni de super saut ou de super force pour l’ami Carter ?! Stop ! Stoooop !), a simulé sa mort grâce à un venin particulier, et a donc utilisé Ned comme appât menant à lui pour obliger un Thern à sortir de son trou et lui dépouiller son médaillon, car en réalité, il n’en avait jamais trouvé aucun !

John s’enferme donc dans son mausolée en souriant, laissant son jeune neveu balbutiant derrière lui, au côté du cadavre d’un type en chapeau melon qu’il aura probablement bien du mal à expliquer et qui l’enverra se faire de nouveaux amis en prison, puis Carter se couche dans son cercueil, le médaillon nouvellement acquis contre sa poitrine en murmurant « Tralala, Mars, me voilà ! » et POUF ! Une lumière bleue le télép…

FIN

J’espère qu’en arrivant avec 10 ans de retard, il a retrouvé sa princesse ayant fait son deuil avec un nouveau mari, 5 gosses, et les seins en guise de protège-genoux.

En tout cas, moi j’ai fait le deuil d’une partie de ma santé mentale.

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Bien, bien bien.

Bon, je vais supposer qu’il s’agissait de fautes de frappe dans les critiques de la presse évoquées en introduction ; permettez-moi donc de corriger les quelques oublis, erreurs et autres coquilles qui s’étaient glissées pour tenter de rétablir ce qu’auraient dû être les avis de nos fiers journalistes dans un monde à peu près cohérent (donc pas celui de John Carter).

20 Minutes – 0 étoiles sur 5 : On se demande si la saga connaîtra d’autres épisodes, tant à ce niveau là, il va falloir demander son interdiction par la convention de Genève.

L’Ecran Fantastique – 0 étoiles sur 5  : (…) le mariage irrésistible de « Mon Curé chez les nudistes » et de « Les Pompiers 2 : change de trou, ça fume« . (…) « John Carter » est l’une des pires horreurs que l’humanité ait connues depuis la fin de la guerre du Vietnam et l’utilisation massive du napalm » (…) [le film dévoile] que quitte à griller 250 millions de dollars, Disney aurait mieux fait de les mettre dans la dette grecque

Rectum Large – 4 étrons sur 5 : Andrew Stanton réussit son ambitieux pari, de brûler les cornées de toute une salle par le simple pouvoir de sa nullité crasse.

Excessif  – 0 étoiles sur 5 : ["John Carter" est] souvent époustouflant en termes d’incohérences (…) sans que l’action ne soit jamais lisible. (…) A la fois western raté, oeuvre de science-fiction échouée et film à en faire blanchir vos cheveux de désespoir, « John Carter », plus que naïf, propose une aventure où le désert scénaristique côtoie la galaxie des poncifs.

Le Monde – 0 étoiles sur 5 : « John Carter » est une merde. 

Libération – 0 étoiles sur 5 : Encore un échec du mandat de Nicolas Sarkozy.

Et bien voilà. C’est quand même plus cohérent comme ça. Inutile de me remercier, amis journalistes :

Je ne fais que mon travail.