"Un film à la hauteur de ses prétentions."

Voilà comment l’on me présenta Pacific Rim, alors que je savourais tranquillement mon brandy sur la terrasse quasi déserte de la fin de soirée d’une quelconque réception. Je ne me souviens pas vraiment du visage de mon interlocuteur à vrai dire. Je vois encore vaguement un bout de sa mâchoire alors que je finissais de l’enterrer un peu plus tard dans la soirée en forêt de Rambouillet, mais il faut croire que le personnage n’a pas marqué mon esprit. Son propos, par contre, si.

"Parce que c’est justement un film sans prétention et puis vous savez, c’est Guillermo del Toro, il ne faut pas tout prendre au sérieux." avait-il ajouté pendant que je faisais signe à Diego de rapprocher la voiture de l’endroit où nous étions et de laisser le coffre ouvert. "Vous ne pouvez pas critiquer un film qui vend du spectacle de faire du spectacle", s’était-il empressé de dire alors que je commençais à l’emmener vers la barrière délimitant la terrasse. Quelques secondes plus tard, alors qu’il basculait dans le vide pour terminer sa course dans l’une des plus célèbres parties de mon véhicule, je vis sa compagne apparaître sur la terrasse, essoufflée.

"J’ai cru entendre mon ami crier, l’auriez-vous vu ?
- Hélas non, vous avez dû rêver. Vous savez ce que c’est, l’alcool monte vite à la tête.
- Oui, c’est vrai. Ce champagne est un peu fort…
- Venez, allons le chercher ensemble si vous le voulez bien.
- Hihihi, vous êtes si aimable. Pour tout vous dire, on m’avait pourtant dit que vous étiez quelqu’un de tout à fait prétentieux !
- Ah, allons ! C’est tout simplement que je suis à la hauteur desdites prétentions. Et vous, pensez-vous être à la hauteur des miennes ?
- Je… je ne sais pas ? Que voulez-vous dire ?
- Hé bien c’est facile, êtes-vous un film à 200 millions de dollars que ses fans prétendent comme "sans prétention" quand bien même il a un scénario qui se prend tout à fait au sérieux, sans humour et rempli de moments que l’on voudrait dramatiques ?
- Pas que je sache ?
- Parfait. Alors nous pouvons discuter."

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Je tapotais son épaule nue pour la guider vers l’intérieur de la réception pendant que Diego éloignait tranquillement l’automobile au coffre chargée à quelques distances de là. Voyant que le champagne ne suffisait pas à achever de la faire basculer dans un état second, et ayant oublié mon GHB dans mon autre veste, je décidais donc d’utiliser une autre arme pour achever d’assommer son esprit déjà affaibli : le scénario de Pacific Rim.

Était-ce suffisant ? Est-ce parce que l’on vend du spectacle qu’il faut pour autant insulter l’intellect ? Les effets spéciaux servent l’histoire ou est-ce l’inverse ? Par corollaire, le cerveau des fans de Pacific Rim commande-t-il aux yeux ou là encore quelqu’un a-t-il chamboulé la hiérarchie locale ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : quand même le robot est sur le point de rendre son déjeuner, c’est qu’il est encore temps pour vous de faire demi-tour.

Le film s’ouvre sur diverses images accompagnant une voix off nous faisant un petit brin d’histoire, car les événements que nous allons suivre se déroulent quelques années dans le futur. L’occasion donc de faire un point sur ce qui nous a emmené aux événements du film : de nos jours, donc, la ville de San Francisco a eu une petite surprise en se levant un matin, car elle fut bien embêtée de trouver une sorte de monstre géant de plusieurs milliers de tonnes en train de faire des tractions sur le Golden Bridge. Si les habitants furent un peu grognons de prime abord en constatant que les monstres sortis de nulle part ne respectaient pas la propriété publique, ils le furent plus encore lorsque la bête, probablement excitée par l’odeur des pétards et la vue des chemises American Apparel, décida de raser la ville. Comme nous l’explique doctement la voix off, le monstre eut le temps de s’enfoncer de 50 kilomètres dans les terres en rasant tout sur son passage avant que missiles et obus ne finissent par lui malaxer la face.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’Asie de voir surgir un nouveau monstre peu versé dans l’art de l’urbanisme, et une nouvelle fois, lui péter la gueule demanda un peu de travail. Finalement, lorsqu’un autre truc du même calibre émergera des profondeurs du Pacifique avec pour ambition de s’accoupler avec les immeubles les plus proches,  des scientifiques commencèrent à se demander d’où ils pouvaient bien venir et si on allait devoir s’en coltiner d’autres, une question qu’ils auraient peut-être dû se poser plus tôt, par exemple à la première apparition, mais bon, hein, pour ce que j’en dis.

C’est ainsi que l’on baptisa cette race les "Kaiju" (prononcez Kaille-djou), et que l’on découvrit qu’elle provenait d’une étrange faille apparue au fin fond du Pacifique, menant à une dimension parallèle, rien que ça. Faille qui résista à tous les bombardements possibles et imaginables, et que rien ne put traverser pour aller explorer l’autre côté. Puisque l’on ne pouvait pas achever la guerre simplement en fermant la faille, tous les pays du monde, unis face à cette nouvelle menace, se réunirent donc pour essayer de trouver une nouvelle arme dans ce conflit. J’imagine que la conversation a dû être intéressante.

"Bon, Mesdames Messieurs, je vous félicite d’avoir su mettre vos différends de côté pour venir à cette réunion de l’ONU dont le sujet est, je vous le rappelle "Comment péter la gueule aux Kaijus".
- Notre leader peut s’en charger : il a déjà tué à lui seul 10 Kaijus !
- Okay, donc on va commencer… par… couper le micro… à la Corée du Nord… voilà. Rah, s’unir avec tous les pays, quelle idée à la con. Bon, revenons au sujet : qui a une idée pour se débarrasser de monstres géants ?
- On pourrait améliorer nos missiles ? On en fait déjà pour percer des bunkers, alors si on travaille tous à améliorer cette technologie, on pourrait bombarder ces saloperies de haut et sans risques en perçant leur carapace. Et organiser une force de réaction internationale autour du Pacifique pour se débarrasser de ces créatures avant qu’elles n’atteignent les côtes.
- Pas mal la Suisse, pas mal !
- Attendez, on a mieux !
- Oui le Japon ?
- On n’a qu’à faire des robots géants !
- Hooooo relou !
- Ooooon se calme dans la salle, on se calme et on laisse parler le Japon !
- Alors notre idée, ce serait des robots géants, et ils feraient du catch ! Comme ça, yaaaa, pif paf ! Et ils se battraient au milieu des immeubles, comme ça ça ferait des grosses explosions et plein de morts ! Et on continuerait à raser des villes, mais pas pareil !
- Bon, je connais un pays qui va rejoindre la Corée du Nord au pays du mutisme. Alors, où est ce foutu bout…
- Stop ! Vous ne nous couperez pas la parole ! De toute manière, soit vous acceptez notre plan, soit nous arrêtons de produire One Piece !
- Damn, ils nous tiennent !"

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Et c’est donc suite à cet échange – ou alors, si vous avez une meilleure explication, je suis preneur – que tous les pays du monde ont lancé le programme "Jaeger", ce qui signifie "chasseur" en teuton, programme consistant à produire des robots géants qui font du catch pour combattre les Kaijus.  Au début, on voulait ne mettre qu’un seul pilote par robot géant, mais l’interface étant reliée directement à l’esprit de l’utilisateur, souvent, ça lui faisait des trucs bizarres, du coup, pour alléger la charge, on a inventé la "dérive", système permettant à deux esprits de s’unir pour ne faire qu’un. Les Jaegers sont ainsi pilotés par deux personnes reliées ensemble, chacune représentant un hémisphère du cerveau de la machine. Le film n’aborde cependant pas cette question essentielle : comment choisit-on lequel prend quel poste, histoire de déterminer le type en charge des rêves érotiques du robot géant (les plus fameux lecteurs de Gros Boulons Magazine comme chacun sait, juste après Al Bundy).

Toujours est-il que si l’introduction nous explique que tous les pays du monde se sont unis, on constate que chaque pays produit ses robots individuellement. Ah bon, bon, d’accord. Mais il n’empêche que ça marche : les KaiJus sont tout de suite moins taquins après s’être mangés des poings de quelques mégatonnes dans le museau, et peu à peu, l’Humanité a cessé de craindre les Kaijus, alors que les pilotes de Jaegers devenaient de véritables superstars enchaînant victoire sur victoire à coups de mandales blindées dans les margoulettes.

Bref, lorsque notre film commence, les Kaijus sont retombés en troisième place au classement des plus grands prédateurs du Pacifique, juste derrière le grand requin blanc et le pêcheur japonais.

Et c’est dans une base de Jaegers que notre aventure débute, puisque nous y retrouvons Raleigh Becket et son frangin, Maurice Becket, tous deux pilotes, rois de la bagarre et suffisamment complices pour fusionner leurs esprits avec brio (et probablement qu’en mélangeant leurs souvenirs respectifs, ils peuvent reconstituer ce qu’ils ont fait les soirs de cuite : pratique). Or, il se trouve qu’une alarme vient de se déclencher : on vient de détecter un KaiJu à peine sorti de la faille et se dirigeant droit vers Anchorage, en Alaska. Nos héros ayant pour mission de défendre ce territoire, ils courent donc jusqu’à leur robot géant, le "Gipsy Danger" (ou "Danger Rabouin", ce qui sonne tout de même drôlement mieux), et s’y installent tout en échangeant des blagues sur le fait que s’ils le battent, ce sera leur 5ème victoire officielle et que ça permettra de se la péter à la cantoche.

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Je ne compte même plus le nombre de fois où le pont de San Francisco a été au centre de toutes les catastrophes du monde. Un jour, un scénariste sortira de sa cave et découvrira qu’il y a tant d’autres lieux à raser. Neuilly, par exemple.

Ne posant aucune question sur le fait que visiblement, entre le moment où un monstre sort de la faille et son arrivée à l’autre bout de l’océan Pacifique, visiblement il n’y a que 10 minutes quand bien même on voit que les bestiaux nagent assez lentement, nos héros et leur robot sont envoyés se positionner devant Anchorage. Sauf qu’ils ont repéré qu’un navire de pêche était encore en mer et sur la trajectoire de la bestiole, et malgré les ordres de leur supérieur, le marshal Pentecost, nos larrons décident de foncer secourir l’engin, parce que ce sont des têtes brûlées, tu vois, t’as vu.

Ah, oui, j’oubliais : le Pacifique est assez peu profond, puisqu’à part lors d’une séquence dans le film, les Jaegers auront toujours pied. Et pas qu’un peu, hein.

Que disais-je ? Ah oui. Les frères Becket vont à la rencontre des pêcheurs, mettent leur navire à l’abri à la seconde où le Kaiju arrivait sur eux, puis commencent à tabasser la bête qui est "le plus grand Kaiju rencontré jusqu’ici" (moi, je n’ai pas vu de différence avec les autres, mais je ne suis pas un expert), soit un Kaiju "de classe 3". Après quelques coups de poings dans la gueule, fourchettes et brûlures indiennes (ah, il faut ce qu’il faut), le monstre fait un peu moins son malin et accessoirement quelques bruits comme "Brüüülülü"), plus encore lorsque nos héros l’achèvent à coups de canon à plasma, l’une des armes équipant les bras de leur robot.

Ah tiens, vous aviez une arme à distance ? Mais vous préfériez commencer par le corps à corps ? C’est une idée. Très conne, hein, mais une idée tout de même. A une échelle plus normale, ce concept se traduirait ainsi :

"Tenez les mecs, voilà un fusil.
- Super, on va pouvoir mettre des coups de crosse avec ! Ouais !"

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Les frères Becket m’ont l’air particulièrement malins. Remarquez, ça ne choque pas leur supérieur visiblement. Ça et le fait que ça ne coûterait pas grand chose de plus d’envoyer des avions soutenir le Jaeger, mais de tout le film, sachez que l’on ne parlera plus jamais de l’armée, quand bien même on expliquait en introduction que les obus et les missiles ne faisaient pas du bien au Kaijus. C’est vrai quoi, pourquoi profiter de l’avantage du nombre et de l’opportunité d’affaiblir l’ennemi avant qu’il n’arrive au contact avec le Jaeger ? Bah, là encore, je n’y connais probablement rien : passons.

Alors que nos héros sont en train de célébrer leur victoire au-dessus de la carcasse de leur victime, ils sont fort surpris de constater que, non, la bête n’était pas vraiment morte, elle était juste super forte en mimes : celle-ci parvient en effet à se redresser et à défoncer le cockpit du Danger Rabouin pour y saisir… Maurice. Et non, je ne blague pas : le monstre super-méga-géant vient bien de faire une frappe chirurgicale lui permettant de manger un des deux pilotes sans embêter l’autre. Il doit avoir un gros score en dextérité.

Raleigh hurle donc des trucs comme "Noooon", "Pas mon frèèèèère" ou encore "Beuuuuuaaaah !" puis, aidé de son esprit surpuissant, parvient à garder le contrôle du Jaeger le temps d’achever le vilain Kaiju qui a tué son frangin. Et une fois cela fait, ramène son véhicule géant jusqu’à la côte, pour s’y échouer lamentablement.

Aussi subtil que cette introduction, le titre du film vient alors s’écraser en grosses lettres qui font du bruit sur l’écran.

5 ans plus tard, les choses ont bien changé. Le marshal Pentecost a été promu pour on ne sait quelles raisons (il sait probablement paumer ses Jaegers mieux que personne) et est désormais le chef du projet Jaeger. Sauf que la situation va mal : les Kaijus sont toujours plus puissants, et la technologie Jaeger ne suit pas. Du coup, les robots sont détruits plus vite qu’ils ne sont produits (en même temps, vous ne le produiriez pas chacun dans votre coin, m’enfin je dis ça…), et la situation commence doucement à avoir un petit fumet de caca. Une nouvelle fois, tous les pays du monde se sont donc réunis pour réfléchir à la question.

"Bon les mecs, les robots géants, ça n’a pas marché, il nous faut un autre plan.
- Des robots géants géants ?
- Eeeeeeeet… c’était la dernière intervention du Japon, hop, "mute". Quelqu’un d’autre ? Oui, les USA ?
- Assez rigolé, on a une super idée. Vous savez, gérer des envahisseurs, on s’y connait un peu. 
- Et donc ?
- Et donc, on s’est dit que les Kaijus, c’était un peu comme les Mexicains : on n’en veut pas chez nous mais ils veulent venir quand même. Alors à problème identique, solution similaire : on a qu’à construire un gros mur. 
- …
- Et comme ça, les Kaijus, ils peuvent pas passer. Ou alors au pire, on les retrouvera à bosser dans les champs avec la promesse d’obtenir des papiers, cette bande de pépitos. 
- Arrêtez, ne les écoutez pas !
- On se calme la France, qu’est-ce que vous avez ?
- Maiiiiis on a fait pareil avec la ligne Maginot, et ça n’a pas marché, vous allez voir que les Kaijus vont passer par la Belgique !
- Une réponse à ça, les USA ?
- Oui : notre plan est génial. Donc on va l’appeler pompeusement "Mur de la vie"  et si vous n’êtes pas d’accord, on arrête de produire Game of Thrones.
- Raaah ! Bon, okay !"

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C’est donc avec tristesse que les dirigeants mondiaux annoncent au marshal Pentecost que le programme Jaeger va s’arrêter, remplacé par le programme "Mur de la Vie", consistant à construire autour du Pacifique un gigantesque mur comme ça si les Kaijus arrivent et qu’ils voient le mur ils… heu… ils… ils s’arrêteront ? Ils tagueront "prout" dessus ? Oui, bon bref : le plan est super, donc merde. Pentecost est informé que le programme Jaeger sera encore financé 10 mois, le temps que le mur se finisse. Et que tous les Jaegers restants sont envoyés sur la base de Hong Kong (ce qui ne va pas être pratique en cas d’attaque du côté des USA, auquel cas il va falloir nager derrière le bestiau pour l’intercepter plutôt qu’être dans son chemin, sûrement un détail, mais rassurez-vous, les scénaristes n’y ont pas pensé).

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"Les amis, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est qu’on avait pas pensé à protéger un endroit appelé "Amérique du sud" qui, à ce qu’il parait, touchait aussi le Pacifique. La bonne, c’est que le prochain programme de géographie mondial vient d’être drôlement allégé"

Le marshal obéit donc à contrecœur, mais c’est ainsi. Et le dernier frère Becket alors, que devient-il, lui ? Et bien dégoûté par la perte de son frangin, il a raccroché, tout ça, et il s’est retiré en Alaska tel un Rambo, travaillant désormais comme simple ouvrier sur le mur de protection contre les Kaijus. Les choses auraient pu se poursuivre ainsi si un jour, en passant devant un poste de télévision, Becket n’avait pas ouvert les yeux tous grands en voyant un flash info.

"Héééé oui Simone, c’est incroyable : un Kaiju vient de passer le Mur de la Vie à un endroit où il était complet, lui pourtant réputé infranchissable !
- En effet Bob, d’après les premiers éléments, il serait passé par la Belgique avant de s’enfoncer dans les Ardennes pour aller se faire des mégalopoles majeures, comme par exemple Sedan ou Charleville-Mézières. La France aurait déclaré "On vous l’avait dit, bande de cons."
- Rappelons Simone que les Ardennes ont leur propre Jaeger : Woinic, le plus grand sanglier du monde (sic).
- Tout à fait Bob, toujours est-il que visiblement dépité par la simple vue de Woinic, le Kaiju est retourné dans le Pacifique pour finalement s’attaquer à Sydney pourtant officiellement à l’abri du mur, où il a cette fois-ci été vaincu par un véritable Jaeger, ce qui prouve que le Mur de la Vie n’est pas aussi parfait que ses concepteurs voulaient bien le dire, et que le programme Jaeger a encore son intérêt malgré les lourdes pertes qu’il a connu."

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S’ensuit une interview d’un certain Hansen, pilote du Jaeger vainqueur en Australie, qui explique doctement que les Jaegers sont toujours efficaces : le problème qui a causé tant de pertes jusqu’ici selon lui, c’est simplement que les autres pilotes étaient trop nuls. Si ce propos énerve un peu notre bon Becket, celui-ci est bien vite sorti de ses pensées par l’arrivée d’un hélicoptère de l’armée dont sort le marshal Pentecost. Et comme dans tout mauvais film, celui-ci lui explique qu’il comprend qu’il ait raccroché, mais que malgré le traumatisme, il faut qu’il reprenne du service, on a besoin de lui pour sauver le monde. Car il n’y a plus beaucoup de Jaegers encore debout, et parmi eux subsiste le Danger Rabouin, qui a été rafistolé. Mais celui-ci n’a plus de pilote, et Becket est l’un des derniers au monde à savoir piloter un engin comme le Danger Rabouin, véritable antiquité par rapport aux autres Jaegers restant, plus modernes.

Allez garçon : prend ton slip et ta brosse à dent, direction Hong Kong ! C’est donc un Becket blasé qui part pour l’Asie, convaincu par Pentecost avec ce simple argument : si les Kaijus gagnent la guerre, autant mourir dans un Jaeger en se battant plutôt qu’en tant que maçon sur un mur qui visiblement n’arrête personne.

Arrivé sur la base locale, Becket a donc l’occasion de découvrir toute une galerie de personnages qui donne envie de se tirer une balle dans la bouche, là, tout de suite :

  • Mako Mori, la seule nana du film (je me demande avec qui elle va finir, tiens), qui est évidemment asiatique mais japonaise, quand bien même nous sommes en Chine, puisque le Japon, c’est quand même vachement plus geek lolilulz. Et évidemment, tout le monde parle le Japonais, Becket y compris parce qu’il est cool, lolilulz aussi. Vous ai-je dit qu’en bonne asiatique, Mako Mori était une experte en arts martiaux ? Et elle n’a pas l’air nulle en maths. Quitte à faire des clichés racistes, j’aurais préféré voir le marshal Pentecost donner ses ordres tout en piochant dans un seau de poulet KFC, mais on ne peut pas tout avoir.
  • Blaireau 1 & Blaireau 2, les deux scientifiques, qui sont bien évidemment ridicules et complètement coincés, mais qui sont géniaux quand même. Blaireau 1 est spécialisé dans l’étude des Kaijus, Blaireau 2 dans l’étude de la faille du Pacifique
  • Hansen, le pilote du Jaeger vainqueur en Australie. Il méprise tout le monde, surtout notre héros, et passe son temps à répéter des trucs comme "J’ai pas besoin de toi, pauvre tache, et je n’hésiterai pas à t’abandonner si tu me ralentis" ou "Je suis le personnage caricatural du rival arrogant qui va se faire sauver les miches par le gentil héros que je méprise". Oh, et lui il pilote son robot avec son papa, Papa Hansen.
  • Chin, Chong et Chang, des triplés chinois qui pilotent en surnombre et qui semblent avoir été conçus par un scénariste qui s’est dit "Attendez, comment on pourrait faire une allégorie des asiatiques qui sont nombreux et se ressemblent tous ?". Ils sont évidemment très secrets, ont l’air fourbe mais sont super disciplinés.
  • Boris et Tanya, deux pilotes russes visiblement pas encore au courant que l’URSS n’existe plus.
  • Éventuellement, on peut aussi dire que "Gipsy" et "Danger", associés comme ça, c’est un hommage à Christian Estrosi, mais nous ne parlerons pas ici des problèmes des robots géants pour trouver des aires d’accueil.

D’ailleurs, des fois que ce ne soit pas assez subtil, sachez que par exemple, le robot russe a une tête de vieux tank soviétique et qu’à chaque fois qu’il apparaît à l’écran, on entend les chœurs de l’armée rouge. Je n’exagère pas : à chaque fois, même si c’est pour 5 secondes. Ah non mais oui, il y a du très gros niveau.

Bref. Après s’être un peu promené dans la base et avoir regardé les Jaegers avec les yeux humides, Becket découvre le Danger Rabouin complètement retapé, et prêt à retourner au combat. Pour une ultime mission (ho bin ça alooors !), à en croire le marshal.

"Becket, sachez qu’on a un plan pour en finir avec cette guerre.
- Balancer un tir d’arme nucléaire sur la faille à chaque fois qu’un monstre en sort ?
- Non, je préfère l’histoire des robots géants et du catch.  Sachez que comme l’état-major nous a abandonnés…
- L’état-major qui vient de voir, tout comme le monde entier, que le programme Jaeger pouvait encore arrêter les Kaijus contrairement à son mur ? Il va pas nous refiler du pognon en urgence du coup ?
- Non. D’ailleurs, lui non plus nous n’en parlerons plus du film. En fait, j’ai réussi à me procurer une arme atomique au marché noir.
- Mais ? Pourquoi au marché noir ? Vous ne pouviez pas juste demander à n’importe quel pays équipé ? Les armes de ce genre, c’est pas ce qui manque !
- Parce que… heu… l’état major ne veut pas que… qu’on… enfin… mais si vous… enfin vous voyez !
- Laissez tomber. Bon, et donc, c’est quoi le plan ?
- Aller jusqu’à la faille avec des Jaegers, celle-ci restant ouverte peu après avoir laissé passer un Kaiju, et y balancer notre cadeau. Et pouf, ça pétera la faille.
- Je connais des moyens plus rapides qu’un robot géant pour envoyer une bombe d’un point A à un point B.  Enfin bon, je sens que ça ne vous intéresse pas.
- En effet. Bref, j’ai obtenu la bombe auprès d’un gros trafiquant local, Hannibal. En échange, je lui ai donné l’autorisation de piller les cadavres de Kaijus que l’on bute pour en revendre des bouts. Il est content, et moi, j’ai de quoi finir cette guerre. Vous partirez donc en mission à bord du Danger Rabouin, et vous escorterez le porteur de la bombe, l’équipe Hanson. Les autres Jaegers, le Maxi Popov et le Heavy Tang seront aussi là pour escorter le bousin."

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Becket accepte, mais note tout de même qu’il a un petit souci : il est tout seul pour piloter son robot qui se pilote à deux, ce qui pose problème.

"Pas d’inquiétude Becket. Je sais que vous êtes le dernier pilote encore en vie d’un Jaeger comme le Danger Rabouin, c’est pour ça que l’on est venu vous chercher. Mais on a aussi trouvé des partenaires potentiels.
- Et vous avez pas pensé à regarder si vous pouviez pas déjà coupler deux de ces volontaires ? Non parce que si vous les avez sélectionnés pour piloter avec moi, c’est qu’ils savent le faire, non ?
-  Ah tiens oui, on y a pas pensé. Bon, en tout cas, voici la liste.
- "Mako Mori". Et 250 personnes prénommées Jean-Jacques. Hmmm je me demande qui sera mon partenaire. Mako Mori ?
- Non, je lui ai interdit de piloter un Jaeger. 
- Oui, alors c’est très intéressant mais j’ai une soudaine envie de défier Mako Mori au karaté."

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Et en effet : après avoir défié Mako au karaté et avoir bien rigolé, Becket retourne voir le marshal.

"Bon, bin je veux que ma partenaire soit Mako Mori.
- Vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas défier un Jean-Jacques au karaté ?
- Bin c’est à dire que c’est la seule nana du film, et Hollywood n’est pas encore prêt à ce que je roule un patin à un barbu à la fin.
- Très bien, alors je lève l’interdiction que j’avais posée pour protéger Mako, et je vous propose d’aller vous entraîner à bord du Danger Rabouin."

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Ni une, ni deux, et pendant que les spectateurs commencent à se pendre, notre nouveau couple se rend au Danger Rabouin pour procéder à des essais. Sauf qu’à peine à bord, la dérive entamée, chacun rentre en contact avec l’esprit de l’autre : Becket peut probablement ainsi se souvenir de tous les hommes avec lesquels Mako a couché, mais le film n’en parle pas, probablement pour ne pas envoyer Becket sangloter sous la douche, son ego de mâle hétérosexuel blessé. Et Mako a elle accès aux souvenirs de Becket et particulièrement à la perte de son frère, dont il a senti jusqu’à la peur et la douleur lorsqu’il est mort, puisqu’ils étaient reliés à ce moment là. Une terrible blessure, Becket ne se pardonnant pas la chose.

Ah oui, et comme les chinois sont communistes, il y a de la lumière rouge sur eux quand on les voit, quand bien même tout le reste du décor est bleu. Subtil on vous dit.

Mais surtout, les choses partent quelque peu en sucette lorsque Mako est victime d’un phénomène connu chez les pilotes : elle se perd dans la dérive, et se retrouve bloquée dans un de ses souvenirs (et commence à activer les armes du robot pour se défendre, ce qui ne fait pas vraiment plaisir aux gens dans le hangar des essais). Becket utilise donc la dérive pour aller dans son souvenir et lui dire que non mais ho, tu vas te calmer, dis ?

Sauf que du coup, il voit le souvenir de la bougresse : enfant, Tokyo a été attaqué par un Kaiju. Et pour des raisons mystérieuses, la ville était entièrement vide à l’exception de Mako (… oui, hein ?) qui courait sur une avenue, une chaussure à la main, à appeler sa mère. Sauf que le Kaiju étant un petit filou, il décida d’essayer d’en faire son goûter (mais petit, hein, techniquement pour lui c’est une sorte de cacahuète qui parle japonais), jusqu’à ce que débarque un Jaeger qui lui péta la gueule et piloté par… le marshal Pentecost ! Qui fut pilote un temps ! Et perdit son coéquipier tout comme Becket, et là encore, comme lui, se retrouva à devoir faire des efforts surhumains pour contrôler sa machine en solo durant quelques minutes. Et s’il ne voulait pas que Mako pilote, c’est qu’il est son père adoptif du coup, et ne veut pas la mettre en danger.

Après avoir sorti Mako de son rêve (comprendre : lui avoir mis deux claques dans la gueule), tout rentre donc dans l’ordre. Mais tout le monde se dit que le Danger Rabouin et son équipage a un peu merdé et a risqué, en activant ses armes, de raser le hangar, et qu’on ne peut donc pas trop leur faire confiance.

A noter une formidable scène où pour désactiver les armes et éviter l’accident, la salle de contrôle appuie sur son écran pour couper les circuits, ça ne marche pas, elle appuie donc sur le gros bouton rouge conçu pour ça, ça ne marche pas, elle tente donc de débrancher la prise de courant, attends, ça vient pas…

Une scène que l’on suit avec passion et crédulité, vous l’imaginez bien. Pardon, j’ai baillé là ? Désolé.

Qu’importe. Après ces débuts quelque peu catastrophiques, Mako et Becket ne sont pas à la fête, et la tension finit par tellement monter avec les autres pilotes de la base que, oh, surprise, Becket en vient aux mains avec son rival Hansen et lui pète la gueule pour lui montrer qu’il est le gentil, et donc le plus fort. Après cet échange un peu viril, tout le monde va donc se calmer dans son coin en maugréant que meugneugneu, c’est pas avec des gens pareil qu’on va gagner la guerre (ni faire un film intéressant, mais j’ai abandonné cette idée il y a longtemps pour ma part).

Allez, assez de testostérone ! Allons plutôt voir Blaireau 1 et Blaireau 2 dans leur laboratoire. Blaireau 2 a mis au point une théorie selon laquelle l’arrivée des Kaijus devrait s’accélérer. Et que bientôt, pour la première fois, il devrait en arriver deux d’un coup. Puis le jour suivant, trois. Puis le suivant quatre, puis il en viendrait toutes les heures, puis toutes les minutes…

Bref : nous sommes évidemment à la veille de la fin du monde, sinon ça manquerait de tension, hein, les monstres géants, ça ne suffit pas, de nos jours, le spectateur est exigeant, et en-dessous d’une apocalypse complète, il quitte la salle, oui Monsieur. Il ne manquerait plus qu’une petite prophétie avec un élu et ce serait bon.

En tout cas, pendant que Blaireau 2 peaufine sa théorie, Blaireau 1 travaille lui sur les restes d’un cerveau de Kaiju, l’un des rares qu’ils ont pu isoler. Et se dit qu’il a une grande idée : tiens ? S’il "dérivait" avec un cerveau de Kaiju pour explorer leur esprit ? Bon, certes, c’est un bout de cerveau un peu abîmé, mais il y a peut-être des choses intéressantes dedans ! Ni une, ni deux, le galopin se relie à la chose et… appuie sur le bouton.

Hop ! Instantanément, son esprit se remplit d’images venues d’ailleurs : souvenirs d’avoir été un monstre géant, d’avoir vécu dans une autre dimension, d’avoir déféqué un truc d’une mégatonne (un souvenir commun à beaucoup d’architectes contemporains)… sitôt les souvenirs enregistrés, il va raconter tout ce qu’il a appris au marshal Pentecost.

"Marshal, marshal !
- Oui Blaireau 1 ?
- Ecoutez, c’est incroyable, je viens de dériver avec un bout de cerveau de Kaiju, j’ai appris des tonnes de trucs sur leur race !
- Mais encore ?
- Hé bien écoutez : je ne comprenais pas pourquoi les Kaijus avaient tous le même ADN alors qu’ils avaient tous une tête différente, mais en fait, c’est parce qu’ils sont créés artificiellement par une race vivant dans la dimension de l’autre côté de la faille !
- S’ils ont exactement le même ADN, ils ne devraient pas justement avoir la même tête, qu’ils soient artificiels ou non ?
- Heu… attendez, je relis le script…
- Bon, continuez.
- Bref, leur race veut coloniser la Terre ! Ils ont essayé de venir il y a quelques millions d’années : ce sont eux qui ont buté les dinosaures !
- …
- Mais ensuite ils ont découvert que l’atmosphère terrestre n’était pas adaptée à leur race, ils sont donc repartis.
- Ah oui, non mais je vois : ils ont d’abord massacré jusqu’au dernier dinosaure sur l’ensemble de la planète, fouillant jusqu’au moindre terrier, et juste après ils se sont dit "Ah non en fait, ici c’est nul ?"
- Attendez… le script…
- Non mais on va accélérer là en fait.
- Oui, bon, donc : notre atmosphère a changé avec la pollution : on a involontairement rendu notre planète compatible avec leur race, donc maintenant, ils veulent s’y installer. Et envoient donc les Kaijus faire de la place !
- Je vois. Vous pourriez dériver à nouveau pour en apprendre plus ?
- Pour ça, il me faudrait un cerveau plus complet.
- Alors allez à Hong Kong trouver Hannibal ; il doit en avoir au marché noir."

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Et comme notre scientifique est un garçon consciencieux, il s’exécute. Et guidé par les conseils du marshal, trouve bien vite Hannibal en ville qui lui explique que bah non, c’est ballot, du cerveau frais, il n’en a pas. Alors à moins d’une attaque de l’ennemi, là, tout de suite, maintenant, ils sont dans la m…

"Aleeeeeeeeeeeeeeeerte !" se mettent à crier les hauts-parleurs dans tout Hong Kong et jusqu’à la base des Jaegers. Une nouvelle apparition de Kaijus vient d’être détectée… et comme Blaireau 2 l’avait prévu, cette fois, ils sont 2, le rythme s’accélère ! Et deux de classe 4, la classe qui a fait le plus de mal aux Jaegers jusqu’ici !

"Okay, ici le marshal Pentecost : à toute la base, préparez le robot géant des Hansen, le Mmm Bot (oui, j’aime les références artistiques de qualité), ainsi que le Maxi Popov et le Heavy Tang. Vous me droppez tout ce petit monde en face de Hong Kong et vous m’arrêtez les deux bestioles qui arrivent. Quant à la population locale, qu’elle fonce vers les abris les plus proches.
- Et nous ?
- Vous, Becket et Mako ? Vous restez là, vous êtes punis pour avoir merdé à l’entrainement."

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Sans entendre Becket insulter sa mère, Pentecost se rend donc à la salle de contrôle et suit sur écran ses machines être déployées dans la baie de Hong Kong. Et rapidement, en effet, deux monstres s’approchent à bonne allure. Et ont tôt fait de massacrer le Heavy Tang, qui avait pourtant 4 bras et des scies circulaires (il y avait de l’idée), puis d’en faire de même avec le Maxi Popov, permettant ainsi au stagiaire de l’équipe de réalisation ayant le bouton "lancer les choeurs de l’armée rouge" de rentrer chez lui au lieu de s’abîmer la main à taper dessus toutes les 7 secondes. Ne reste donc que le Mmm Bot piloté par un Hansen et un Papa Hansen un peu stressés, puisqu’ils ont perdu l’avantage du nombre.

Le Heavy Tang en pleine action. Action qui va durer deux minutes chrono, parce que rappelons-le, avec quatre bras et autant de scies circulaires, il fera moins bien qu’un vieux machin qui met juste des claques. Il n’avait qu’à être Américain.

Et ce n’est pas fini, car la situation empire : l’un des deux monstres fait soudain briller une étrange excroissance sur son dos et une immense onde de choc en jaillit… coupant tous les circuits électriques dans le Mmm Bot, Hong Kong & co ! Le duo Hansen est donc paralysé et à la merci de ses ennemis, aussi Papa Hansen tente quelque chose :

"Fils, ça te dirait que l’on essaie quelque chose de très con ? (véritable dialogue, hélas non ironique)
- Réaliser un film qu’on appellerait Pacific Rim ?
- Pas con à ce point, non, mais bon : je te propose de prendre les pistolets de détresse et de grimper sur le toit du robot pour tirer dans les yeux du monstre le plus proche.
- Okay !"

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Les deux loulous quittent donc le robot en carafe au milieu de la baie, et lorsque l’énorme Kaiju qui les a désactivé s’approche d’eux… ils tirent avec succès dans deux de ses – nombreux – yeux. La bête hurle donc, mais avant qu’elle ne puisse se venger en tatanant les deux pilotes à découvert, elle se mange soudain un méchant pain dans le museau : le Danger Rabouin vient d’arriver à la rescousse !

"Nous et notre moteur nucléaire sommes en analogique, pas en numérique, nos circuits fonctionnent donc encore." déclare donc Becket, avant de retourner péter la gueule au monstre marin avec l’aide de Mako. Une fois le vilain animal en mauvaise posture, nos héros vident sur lui leurs canons à plasma (encore une fois : l’arme à distance, c’est à la fin) pour être sûrs qu’il ne se relève pas. Puis, ils foncent s’occuper du deuxième monstre, déjà occupé à faire sa parade amoureuse avec les buildings les plus proches  ("Hé Madmazel, bien ou bien ? Vazy tu réponds pas, c’est passque j’suis un Kaiju ? Comment t’as pas la tolérance !").

"Aïeuuuuh !" fait donc la créature un peu bougonne lorsqu’elle se mange dans la margoulette un supertanker utilisé comme massue par le Danger Rabouin. S’ensuit donc un combat épique à coups de poings, de fulguro-poings (si), de tirages de slips et autres spécialités typiques d’un corps à corps intense. Du moins, jusqu’à ce que le Kaiju agrippe le Danger Rabouin… et ne s’envole avec lui dans les serres, tel un gigantesque vautour, parce que oui, tiens, il vole (mais était arrivé à la nage pour éviter de fâcher les Jaegers en les feintant, sympa) !

Le monstre vole si haut que bientôt, la température et l’oxygène commencent à chuter à bord, obligeant nos héros à avoir recours à leur ultime solution :

"Vite : sortons la grosse épée qui tue en un coup !"

A ce stade, permettez-moi de faire une pause dans le spoiler pour aller hurler dehors. Et peut-être tirer sur un ou deux pilotes de scooters à pots modifiés, histoire de.

Voilà.

Donc, disais-je, nos héros sortent la grosse épée qui tue en un coup, et comme son nom l’indique, avec elle, ils tuent le monstre en un coup et redescendent sur le plancher des vaches à coups de super propulseurs wish woush.

Mais oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, en fait, le robot avait ça. Ce qui aurait pu, par exemple, sauver le frère Becket. Ou sauver des immeubles entiers. Ou les deux autres Jaegers. Bref : oui, depuis le début, ils avaient l’arme ultime mais ils ne s’en servaient pas, parce que les coups de poings, c’était plus rigolo.

"Désolé frangin, j’avais le choix entre être efficace et te sauver ou faire des trucs cools. J’ai choisi."

Je commence à comprendre pourquoi l’état-major ne veut plus filer de frics à ces gens. Hmmm. Mais toujours pas pourquoi des maisons de productions financent des films pareils.

Pendant ce temps, à Hong Kong, Hannibal et ses hommes en apprenant la fin de la bataille se sont rués sur les corps des Kaijus pour les disséquer. L’occasion pour Blaireau 1 d’aller voir s’il y a du cerveau frais disponible, mais pas de bol : celui-ci a été endommagé dans la bataille (comme celui de nombre de spectateurs). Heureusement, les aliens ont eu la bonne idée de créer un Kaiju… enceinte ! Bah oui, hein, ou alors lui et son copain s’emmerdaient dans la faille en attendant leur tour et sont allés boire un coup, se sont aperçus qu’ils aimaient les mêmes choses au cinéma, puis ils se sont racontés un ou deux blagues kaijus (celle du bulgür qui rentre dans un bar et commande un shaproukz), et une chose en entraînant une autre, ils se sont retrouvés nus, couverts de sueur à tenter la position du Megazord furieux tout en…

Hem, je m’égare.

Oui, bref : un bébé Kaiju sort donc du ventre du cadavre, et après avoir mangé Hannibal lors d’une scène se voulant drôle j’imagine, mais finalement aussi hilarante qu’une circulaire sur la TVA, Blaireau 1 se retrouve avec un Kaiju mort tout frais et tout beau. Et avec le renfort de Blaireau 2, ils décident de dériver avec le cerveau de la bête. Et s’installent donc pour ce faire, avant de pousser le bouton qui va bien… hop !

Mais revenons à nos héros : de retour à la base des Jaegers, ils n’ont guère le temps de se reposer. Comme l’avait prédit Blaireau 2, les arrivées de Kaijus s’accélèrent, et il faut donc se dépêcher, car déjà, la faille s’agite au fond du Pacifique. Il faudrait donc y aller pour y déposer la bombe qui va bien. Le Danger Rabouin et le Mmm Bot sont donc rapidement retapés et préparés (Papa Hansen étant blessé, il est remplacé au pied levé par le marshal Pentecost), et envoyés au fond du Pacifique pour aller à la faille, où déjà, on détecte deux Kaijus… qui tournent curieusement autour de la faille. Car en réalité, en dérivant avec des Kaijus, Blaireaux 1 et 2 ont fait une erreur : les Kaijus ont aussi pu lire leur esprit, et communiquant entre eux grâce à leur esprit de ruche (tout joueur Tyranide les aurait prévenus), ils sont désormais au courant que l’on veut poser une bombe dans leur petite faille.

Le Mmm Bot portant la bombe et le Danger Rabouin approchent donc doucement de la faille, et sont tout de même un peu surpris lorsque soudain, ça crie dans leurs micros : Blaireau 1 et 2 viennent de rentrer à la base et ont donc foncé à la salle de contrôle prévenir tout le monde de ce qu’ils ont appris :

La faille… elle ne laissera pas passer la bombe, car elle est programmée pour ne laisser passer que ce qui a de l’ADN de Kaiju ! Il va donc falloir sauter dans la faille accroché à un Kaiju pour que le plan fonctionne !

Okay. Bon, alors plusieurs choses :

  • Vous pouvez m’expliquer ce que cette information faisait dans un bébé Kaiju n’ayant pas vu le jour ? Il avait aussi les prochains chiffres du loto ?
  • Vous avez dans votre base plein de trucs couverts d’ADN de Kaiju : vous annulez la mission, larguez une bombe  de loin avec de la bidoche de Kaiju accrochée dessus, et ça passe

Mais non. D’ailleurs, pour plus de spectacle, non content deux Kaijus veillent sur la faille… mais un troisième en sort à l’approche de nos héros : un classe 5, jamais vu, le plus gros de son espèce ! Pas de quoi faire reculer nos héros pour leur bataille finale : le Danger Rabouin sort son épée qui tue en un coup, et découpe donc un monstre de classe 4, comme son nom l’indique, en un coup. Il tente bien de porter secours au Mmm Bot, en plus mauvaise posture (mais qui vient lui aussi de se découvrir des épées qu’il n’avait pas jusqu’ici, tiens ?), mais bientôt, la voix du marshal Pentecost retentit.

"Danger Rabouin, n’approchez pas : nous avons les deux Kaijus sur nous, et ils sont de classe 4 et 5 alors ça va être compliqué. Ecoutez, quand j’étais un jeune pilote, les Jaegers étaient encore des prototypes et j’ai été irradié, je n’ai donc plus beaucoup de temps à vivre, alors autant que je me sacrifie en faisant sauter la bombe, pas vrai ? Comme ça, ça tuera les deux Kaijus… et vous, vous n’aurez plus qu’à envoyer votre Jaeger à moteur nucléaire en mode autodestruction dans la faille, avec la voie libre."

Tout le monde pleure donc très fort, et comme convenu, le Mmm Bot explose avec son chargement nucléaire, détruisant le Kaiju de classe 4, endommageant très fort le classe 5 (mais n’abîmant pas trop le Danger Rabouin juste à côté, merci), et permettant à nos héros d’achever la grosse bête avant de sauter avec sa carcasse dans la faille. Qui s’ouvre donc comme convenu pour faire passer nos héros.

Alors que se dévoile devant nos larrons l’autre dimension, qui comme toute dimension de méchants, est constituée de décors rougeoyants et d’immenses bâtiments inquiétants avec des aliens humanoïdes observant l’arrivée de ce curieux robot géant tombant du ciel, Becket commence à lancer la procédure d’autodestruction, sous les encouragements de la base, dont les communications passent sans même la moindre friture dans l’autre dimension, merci de vous inquiéter. Il en profite pour éjecter d’abord Mako histoire de la mettre en sécurité, les Jaegers disposant de compartiments pour… pour…

Hooo attendez ? Vous voudriez dire que ce petit enfoiré de marshal Pentecost s’est sacrifié avec Hansen, alors qu’il aurait pu éjecter ce dernier d’abord pour le sauver ? Sachant qu’en plus, Pentecost avait déjà piloté en solo et n’avait plus besoin du robot de toute manière, juste d’appuyer sur le gros bouton pour faire tout péter ? Oui : mais comme le script disait que de rival, Hansen était passé au statut de super gentil prêt à se sacrifier pour le héros, il est mort. Pour rien. Et lui n’était pas condamné par quoi que ce soit, si ce n’est un scénario moisi.

"Dommage que ces robots se pilotent à deux, parce que je sais pas toi, mais moi j’ai prévu de me sacrifier."

D’ailleurs, après avoir enclenché la procédure qui va bien, Becket s’éjecte aussi, et la faille qui jusqu’ici ne laissait passer que des choses "avec de l’ADN de Kaiju" laisse repasser dans l’autre sens sans aucun souci (ça devait être un portail à sens unique, j’ai vu ça dans le code de la route des dimensions parallèles), et les vilains aliens se retrouvent donc avec un robot qui tombe du ciel… et explose en rasant toute la petite base qu’ils avaient installé juste sous la faille, avant de faire s’effondrer cette dernière.

Au centre de contrôle, tout le monde est content, et on a donc le droit à la séquence finale où les deux caissons d’éjection de Mako et Becket remontent à la surface côte à côte, où tout le monde doute à un moment pour savoir si Becket a survécu ou non, mais évidemment, si, et lui et sa copilote peuvent donc se faire des bisous au milieu de l’océan, alors que la base Jaeger a envoyé à leur rescousse une douzaine d’hélicos volant en formation (pour deux clampins, à moins que ce soit pour accuser l’un des deux d’avoir un gros cul et d’avoir besoin d’un hélitreuillage multiple). Dans la salle de contrôle, on déclare donc officiellement la fin de la guerre contre les Kaijus et…

… FIN !

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"Vous y êtes allé un peu fort patron."

Le corps de la jeune femme continuait à convulser un peu sur le sol moussu de la forêt de Rambouillet, aux pieds des deux hommes. Le filet de bave s’échappant de sa bouche s’accordait parfaitement aux yeux révulsés qui étaient désormais les siens.

"D’habitude avec le GHB, ça n’agresse pas trop le cerveau, mais là… le scénario de Pacific Rim, c’était quand même un peu fort.
- Vous pensez que c’est ça ?
- Ah oui, elle s’est mise à baver en saignant du nez au passage où le héros sort l’épée magique qu’il avait en fait depuis le début du film.
- Effectivement. Patron, regardez, elle a arrêté de convulser, je crois qu’elle est inconsciente pour de bon."

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Je tapotai la bougresse du bout du pied, mais celle-ci en effet ne remuait plus.

"Bon, je l’enterre alors ? A côté de son copain ?
- Non Diego, remets-ladans le coffre. On l’emmène à la cave."
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Le serviteur saisit le corps en robe de soirée par les épaules, et tentant de ne pas trop traîner la tenue satinée sur la terre humide, la chargea à nouveau dans le coffre avec un long soupir de satisfaction.

"On peut rentrer maintenant ?
- Non Diego. Ne sens-tu pas venir tous ces gens qui vont venir défendre cette bouse en expliquant que le scénario, ce n’est pas important dans un film qui n’a pas la prétention de le mettre en avant?
- Je ne suis pas sûr.
- Ils arrivent Diego. Ils arrivent, sois-en sûr. Ils sont déjà venus et ils reviendront, toujours le même argument en bouche.
- Ho ! Mais dites patron, vous ne viendriez pas de vous auto-référencer ?"

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Je laissai paraître un sourire tout en tirant un cigare de ma poche.

"Bien sûr que si Diego." dis-je en allumant tranquillement la chose.

"Sauf que moi, j’assume tout à fait d’être prétentieux."

Il est des moments dans la vie où il faut savoir s’effacer.

Des moments simples où, chacun doit reconnaître qu’il n’est guère raisonnable de traiter d’un sujet tant autrui l’a déjà fait avec brio ; dès lors, il n’y a plus qu’à poser genou à terre et à laisser ces maîtres s’exprimer en quelques puissantes maximes, résumant en une poignée de caractères ce qui était jusqu’alors, sous votre crâne bouillonnant, un sentiment flou sur lequel vous ne parveniez pas à mettre de mots. Il n’y a pas de honte à reconnaître son infériorité, quand la supériorité d’autrui quitte le domaine de la simple impression pour rayonner sous l’astre de l’objectivité.

Aujourd’hui, je laisse donc cette introduction à quelques grands journalistes, dont le propos, j’en suis sûr, saura toucher votre coeur, tant par sa concision – rare en ces lieux – que par sa qualité.

Mesdames et Messieurs : la presse française.

20 Minutes – 5 étoiles sur 5 : On espère que la saga connaîtra d’autres épisodes tant ce premier volet est enthousiasmant.

L’Ecran Fantastique – 5 étoiles sur 5  : (…) le mariage irrésistible de "Gladiator" et du "Seigneur des Anneaux". (…) "John Carter" est ce que le space-opera nous a offert de meilleur depuis 1977 et "Star Wars" (…) [le film dévoile] une autre facette du talent incommensurable d’Andrew Stanton.

Ecran Large – 4 étoiles sur 5 : Andrew Stanton réussit son ambitieux pari, même s’il reste quelques (ndloc : hahaha) scories à évacuer.

Excessif (ndloc : tu m’étonnes) – 4 étoiles sur 5 : ["John Carter" est] souvent époustouflant en termes visuels (…) sans que l’action ne soit jamais illisible. (…) A la fois western métaphysique, oeuvre de science-fiction écolo et film politique aux jeux de pouvoirs grisants, "John Carter" évite les discours naïfs et propose une aventure où la poussière du désert se mêle aux étoiles de la galaxie.

Le Monde – 4 étoiles sur 5 : Adaptation spectaculaire du premier volume d’une série de romans écrits par Edgar Rice Burroughs, le créateur de Tarzan, "John Carter" est un film d’aventure qui mêle habilement le vieux et le neuf. (…) un récit épique, une exaltation enjouée de l’homme aventureux (…).

Libération – 4 étoiles sur 5 : "John Carter" est un film bizarre, désordonné et courageux. [...] Andrew Stanton se bâfre jusqu’à une certaine outrance, mais nous régale aussi d’une pyrotechnie graphique qui frappe par sa liberté, son déchaînement, sa quête créative intense.

Comme vous pouvez le constater, les plus grands noms de la presse sont présents ici : nul doute que le chef d’oeuvre est au coin de la rue. Permettez-moi donc, à défaut d’avoir une plume aussi resplendissante et efficace que ces gens vivant de leur art, puisque n’étant qu’humble amateur, de simplement spoiler le film pour que vous en compreniez toute la beauté.

Préparez-vous, et à présent : spoilons mes bons.

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L'affiche : après les explosions, rappelons que les singes sont aussi annonciateurs de daubes

Tout commence sur Mars, alors que la voix off nous explique que la planète n’est pas vraiment ce que l’on pense, nous et nos préjugés genre "Ouuiiii Mars, vas-y que t’es invivable !".

Invivable ? Mais non ! Il y a de l’oxygène et quelques flaques d’eau en fait, alors vous pensez ; par contre, il est vrai que c’est un peu désertique, mais c’est parce que la planète se meurt : en effet, nous explique t-on, c’est à cause de deux cités qui se font la guerre. D’un côté nous avons donc Hélium, la cité des Bleus, et de l’autre Krokoko, la cité des Rouges qui est elle montée sur pattes (oui, il n’est pas impossible que j’aie zappé l’ensemble des noms du film à l’exception d’un ou deux tant j’étais pris par l’intrigue). Ne me demandez pas en quoi cela détruit la planète, puisque les loulous se battent à l’épée et non à l’ogive nucléaire, c’est comme ça. Probablement que Mars est une planète suicidaire qui écoute du Avril Lavigne sur son lit en criant "J’vais m’tuer et ce sera bien fait pour vous !". Par contre, vous serez heureux de savoir que les deux camps qui s’affrontent sont composés d’humains avec quelques tatouages pour dire qu’ils sont trop des rabouins de Mars, rien à voir avec des Terriens, et que comme dans tous les mauvais films, tout le monde a l’air d’être habillé et armé de plastique brillant (car oui, ces braves gens vivent sur une planète balayée par les vents sablonneux, mais leurs armures sont toujours chatoyantes), spéciale dédicace à un couteau en carton avec des traits au marqueur dessus à un moment du film. Bref : la seule différence esthétique entre les deux camps est la couleur des capes et des bannières.

Vous la sentez, cette petite odeur de créativité et d’originalité ? Oui, c’est ça, elle sent comme votre vieux voisin du dessous lorsqu’on l’oublie au soleil.

Or donc : un jour, Bob le Méchant (qui aurait mieux fait d’en rester à son rôle de McNulty dans The Wire pour s’éviter le déshonneur), le chef de Krokoko, se paume avec son vaisseau volant (car les gens se déplacent et s’affrontent sur des libellules volantes de plus ou moins gros calibre, allant du monoplace au cuirassé) et tout son équipage de Rouges dans une tempête de sable parce que non, prendre de l’altitude, c’était trop intelligent (combien d’avions pris quotidiennement dans des tempêtes de sable sur Terre ? Terrible), et en sortant de celle-ci un peu plus tard à des kilomètres de leur destination, zut ! Deux vaisseaux des Bleus les attendent pour leur malaxer le museau à coups d’épée et de canon ! Malgré toutes leurs manœuvres dignes d’une Rama Yade devant la presse, les Rouges ne peuvent échapper à l’abordage, et leurs soldats reculent rapidement, croulant sous le nombre des ennemis.

Mais soudain : brouf ! Une curieuse onde de choc bleue surgit de nulle part et désintègre tout le monde sur le pont, comme ça, pouf pouf, Rouges et Bleus à l’exception de Bob. Ho ? C’est pas banal, se dit-il, mais je trouve ça dommage que ce genre de phénomène n’arrive pas plus souvent dans des lieux comme, à tout hasard, la Japan Expo ; mais il chasse vite ces pertinentes pensées avant de reculer en voyant se téléporter sur son navire des types en tenues de religieux aux crânes rasés : nous les appellerons les moines magiques.

"Nous t’avons choisi, Bob, pour te filer cette arme qui se fixe à ton poignet et peut tout détruire, contrôler, transformer en choucroute … à part nous. En plus, avec ça, tu peux faire apparaître n’importe quelle arme dans ta main, ou même un tire-bouchon pour ouvrir les bouteilles offertes avec les pizzas. Bref, on te file les pleins pouvoirs si tu acceptes de nous obéir, et en échange, tu pourras dominer la planète. Vas-y, signe en bas, juste à côté de "Et je prends un crédit pour réaliser toutes mes envies", ne va pas penser qu’on t’arnaque, hohoho, on est des moines magiques, comment veux-tu."

"Trop cool", se dit le méchant sans même sentir le petit fumet de daube émanant de cet échange. "Je vais obéir sans poser de questions, puisque bon, vous avez quand même l’air de pouvoir vous téléporter et désintégrer des gens n’importe où, alors je range ma fierté sous mon petit pagne et n’en parlons plus !"

Vous avez tout saisi ? Bien, alors sautons dans l’espace et le temps et allons voir pour d’obscures raisons ce qu’il en est sur Terre, à New York… en 1881. Car en cette fin de XIXe siècle, un homme richement vêtu se faufile dans la foule peuplant les rues battues par la pluie, tentant vainement d’échapper à un type à chapeau melon qui essaie de le suivre. Cet homme traqué, c’est John Carter (l’acteur s’appelle Taylor Kitsch : il était prédestiné pour ce film) : il parvient d’ailleurs à tromper le larron à sa poursuite en utilisant une ruse bien connue : il embrasse une nana dans la rue.

Moi non plus, je n’ai jamais compris ce principe dans les films américains, des mecs qui en tournant au coin d’une rue, ne repèrent pas leur suspect en train de rouler de grosses galoches à une passante. "Merde ! Le gars qu’on poursuivait a disparu ! Il n’y a que ce couple en train de s’embrasser dans la rue, avec le Monsieur qui est quand même un peu un sosie de notre fugitif, habillé pareil en plus. Mais la ressemblance s’arrête là : sur la photo qu’on a, il n’embrasse personne, ça ne peut donc pas être lui. Flûte, on l’a perdu !" ; d’ailleurs, jamais le type ne tombe sur une passante qui lui claque la gueule, le faisant d’autant plus repérer : la vie est bien faite (oui parce que moi, quand j’ai un contrôle du fisc, j’ai beau courir rouler un patin à la voisine, et bin ils me retrouvent quand même. Et je reçois de curieuses convocations pour "harcèlement sexuel", je dois merder quelque part).

Sitôt son poursuivant disparu, l’ami Carter rentre donc dans un bureau de télégraphe, et fait envoyer à son neveu, Ned, un message disant "Ramène ton cul STOP Vite ! STOP Schnell ! STOP RAUS, RAUS ! STOP " ; hélas, lorsque le dit Ned, jeune rouquin à l’air un peu niais, arrive en gare de New York, le majordome de son oncle l’attend sur le quai pour lui annoncer une terrible nouvelle : John Carter est mort. Le brave garçon est donc emmené à l’immense demeure du disparu encombrée d’objets ramenés de moult expéditions aventureuses, où l’attendent le notaire ainsi que les employés de maison, qui lui présentent leurs condoléances. Cela fait, Ned est invité à prendre connaissance du testament de son oncle, qui lui lègue tout, y compris sa collection de magazines cochons, ce qui étonne bien le jeune homme, puisque si son oncle et lui étaient proches quand il était enfant et qu’il lui racontait des histoires sur ses mésaventures aux quatre coins du monde, ils s’étaient perdus de vue depuis quelques années. D’après le majordome, de toute manière, tout a été étrange dans la mort de son oncle : c’est arrivé brutalement, en pleine force de l’âge, et le temps qu’il fasse venir son médecin et son notaire (oui, il savait déjà que c’était foutu), il était déjà parti pour un monde meilleur. Curieusement, il avait déjà préparé son testament malgré son jeune âge, et avait demandé – par lubie d’homme riche probablement – à être enterré dans un cercueil sans couvercle au sein d’un caveau ne s’ouvrant que de l’intérieur.

"Monsieur Ned, sans vouloir être méchant, je crois que votre oncle était complètement con"

C’est trop subtil : on ne voit pas du tout la fin du film venir, alors que nous n’en somme même pas à 10 minutes de visionnage. Fuyez ce spoiler, fous que vous êtes la suite va être très, très largement pire, frôlant parfois le niveau de n’importe quoi constant dit "Syndrome de la Planète des Singes"

Cependant, et afin de mieux comprendre comment nous en sommes arrivés à la fausse mort très mal mise en scène et pas du tout suspecte de John Carter, bondissons à nouveau dans l’espace-temps, et arrêtons nous en 1868, au fin fond de l’Amérique, lorsque John Carter, ancien capitaine de l’armée confédérée ayant perdu femme et enfant lors d’une soirée mousse un peu chargée survit difficilement en tant que chercheur d’or, racontant à qui voulait bien l’entendre qu’il était sur la piste d’une légendaire "grotte de l’araignée", qui contiendrait des pelletées d’or pour qui la découvrirait. Lors de ses voyages, il a d’ailleurs déjà trouvé un minuscule morceau d’or marqué d’un rond d’où partent 9 branches vers le bas, ce qui n’a rien à voir avec une araignée et n’y ressemble même pas, mais John est un peu con. En tout cas, cette découverte l’a encouragé à poursuivre. Y compris dans la voie du neuneu ; c’est un garçon très polyvalent : tout en cherchant sa grotte, il trouve toujours un moment chaque soir pour s’enfoncer des haricots dans le nez dans l’espoir d’être "bien plus con qu’hier, mais bien moins que demain". Vas-y champion, ce film va nous prouver que ton entrainement a payé.

Hélas ! Un beau jour, un certain colonel Powell (qui aurait mieux fait de rester dans Breaking B… oui, non plus : dans Malcolm, dans Malcolm) de l’armée des Etats-Unis finit par retrouver notre larron, et celui-ci ne se laissant pas guider gentiment, le fait assommer par ses hommes (attention : c’est le début d’une longue série de scène répétitives) le fait emmener dans ses bureaux pour lui expliquer le topo : il a lu ses états de service, et est très impressionné, il aurait bien besoin d’un homme comme lui pour tatane de l’Apache, ces fichus Peaux-Rouges faisant chier tout le voisinage comme ils savent si bien le faire : vente de grigris à la sauvette, ouverture sauvage de casinos et port de pagne non-autorisé en agglomération. Mais on ne la fait pas à John Carter, qui a de big balls, et colle donc un coup de boule sans raison à l’officier avant d’être assommé par les gardes (à nouveau). L’entretien se poursuit donc, mais cette fois, John est menotté (… mais pas attaché, comme ça, il peut remettre des coups de boule, que… ho, les gars, qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans la scène précédente ! Misère : John Carter aurait eu un fusil, ils lui auraient laissé avant de lui attacher les pieds à mon avis, mais passons), il tente donc ce coup-ci de s’échapper par une fenêtre pendant qu’on lui parle (oui, John est définitivement con ; il n’attend pas une occasion où la garde se relâcherait ou d’entendre l’offre qui lui est faite, non, il fait juste n’importe quoi), mais est récupéré et assommé à nouveau (…). La conversation reprend donc, mais cette fois, avec John de l’autre côté des barreaux de la petite prison du fort où ils s’entretiennent. Ho, et oui, hein : malgré le coup de boule, malgré la tentative d’évasion, les insultes & co, le colonel continue de penser que John ferait une excellente recrue. Ne me demandez pas pourquoi : ça n’a aucun sens.

Mais Carter n’a pas fini ! Une fois le colonel retiré, profitant du fait que le gardien de sa cellule ne connait pas la liste des ruses de merde pour s’évader dans un film ("Psssst, approche toi des barreaux que je t’assomme !") et ne se doute pas du tout que son prisonnier n’est pas du genre à coopérer (il n’y a eu aucun signe avant-coureur, non Madame), John parvient à s’évader et  voler le cheval du colonel Powell pour prendre le large (un bon héros ne vole pas un cheval : il prend celui du mec qu’il veut humilier, même s’il ne sait pas lequel c’est, ses sens de héros le guidant automatiquement vers la monture de son ennemi en la faisant clignoter dans son champ de vision) ; bien vite, quelques cavaliers le poursuivent, mais hélas, John se retrouve pris entre eux d’un côté et des indiens arrivant à contre-sens, créant une certaine confusion entre tous les camps. Aussi, promptement, des coups de feu sont échangés d’une ligne à l’autre, et le colonel Powell se ramasse une balle perdue qui le met dans un état assez piteux ; mais comme John n’est pas un filou et qu’il a une oreille qui lui permet de détecter les colonels agonisant dans son dos en pleine fusillade (C’est magique. Chhhht, concentrez-vous), il fait demi-tour et ramasse le bonhomme pour le prendre avec lui sur son cheval et aller se mettre à l’abri. Hélas, c’est sans compter les Apaches qui se lancent à leur poursuite. La chance sourit cependant à notre héros, puisqu’il aperçoit dans le lointain une grotte à flanc de falaise, et s’y engouffre promptement avec son colonel en petite forme, espérant ainsi pouvoir trouver une fortification naturelle plus ou moins pratique pour se défendre des indiens.

Tiens mais au fait, le colonel n’était-il pas suivi par toute une escouade de cavaliers au moment de la fusillade ? Les indiens ont pu se barrer à la poursuite de Carter sans souci ? Les fédérés ne les ont pas poursuivi pour calmer ces chenapans, ou simplement pour aller sauver leur colonel ? Non ? Allez, oublions : ils ont tous dû rentrer au fort pour préparer une soirée crêpes, ou un truc du genre, probablement.

15 minutes de film. 15 minutes et il y a déjà plus d’incohérences que de scènes dans ce film. Chez Disney, c’est Mickey qui relit les scripts ou quoi ? Les enfants, n’oubliez pas : ne faites jamais confiance à une souris en slip. Jamais.

Bref : alors que les indiens s’apprêtent prendre d’assaut la grotte où notre héros s’est retranché, soudain, ils lèvent les yeux au ciel et reculent, terrorisés comme des gens ayant vu le trailer des Trois Mousquetaires – 3D, avant de prendre la poudre d’escampette pour de bon ; John, intrigué, sort donc à son tour et note qu’au-dessus de la grotte où il a pénétré, un signe est gravé : une araignée (enfin un truc à 9 branches n’ayant rien à voir, mais bon, lui l’appelle comme ça, on va faire comme si de rien n’était) ! Quel gros, mais alors gros coup de bol ! Vite ; ni une, ni deux, notre héros s’enfonce dedans en laissant le colonel qui ne comprend pas ce qu’il se passe à l’entrée, et craquant une allumette pour illuminer l’endroit à la recherche de l’or dont il rêve, et en effet : il tombe dans une immense salle gravée comprenant d’étranges tables de pierre marquées du sceau de l’araignée, mais surtout, de l’or partout dans les parois ! Il est riiiiiiiche !

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Bonjour les amis, vous me reconnaissez ? Je suis John Carter, le héros qui se fait tellement souvent assommer qu’Emile Zola avait un temps pensé que je faisais du plagiat d’un célèbre ouvrage des Rougon-Macquart.

Parfois dans la vie, on se retrouve dans des endroits sombres et humides : grotte oubliée, temple perdu ou twitter de Laure Manaudou, autant de lieux où il est bon de faire entrer un peu de lumière. C’est pourquoi j’utilise les allumettes Eternity© : non content de mesurer la taille d’un bâton d’encens pour ne pas brûler la peau douce de mes doigts, les allumettes Eternity© ne consomment pas le bois et peuvent donc brûler des heures sans que l’on doive les changer. Grâce à mes allumettes Eternity©, là où d’autres aventuriers devraient retourner faire le plein pour continuer d’explorer la cave où ils se trouvent, je peux visiter sereinement ce que je souhaite avec une seule allumette.

Attention : une allumette Eternity© dégage autant de lumière qu’un petit phare breton, et n’est donc pas conçue pour s’allumer une cigarette, pouvant ainsi provoquer des cas de cécité chez l’adulte.

Allumettes Eternity© ? Ne changez plus d’allumettes : changez de marque d’allumettes.

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Voilà, si vous pensez que j'invente : notez la quantité de lumière dégagée par une seule allumette

Voilà : le film est si mauvais donc que même une allumette n’est pas crédible, mais passons : l’exploration de l’étrange mine d’or se fait sans encombres. Enfin, ça, c’est sans compter sur un mystérieux moine magique qui se téléporte dans la salle juste derrière John, et semble étonné de le trouver là ; il fait donc apparaître, grâce à une curieuse lumière bleue, une lame dans sa main, et tente de poignarder John (nous découvrirons plus tard qu’il pouvait faire apparaître n’importe quelle arme, du rayon désintégrateur au paralysant en passant par le fusil à pompe, mais il a choisi le couteau. Ok), mais haha ! Tu ne sais pas sur qui tu es tombé, moine enchanté, tu vas prendre ta tannée ! Carter, en effet, a eu le temps de se retourner et après un bref échange de coups, parvient à tirer une balle dans le buffet du religieux d’outre-espace ; celui-ci s’effondre donc, agonisant, serrant dans sa main un petit médaillon luisant de la même lumière que celle dont était faite son arme (qui a disparu une fois qu’il a été blessé). Il murmure une curieuse incantation digne de Charmed en direction du médaillon dans son agonie, mais au même moment, John s’en saisit : une lueur azur l’entoure alors, et l’assomme littéralement.

Hmmmm.

A son réveil, John est toujours entier, mais au milieu d’un curieux désert aux plantes qu’il ne connait pas (en tout cas, ce n’est pas de la marijuana, parce que ça, il maîtrise) ; pire encore, lorsqu’il essaie de se déplacer, la gravité semble différente, et s’il choit beaucoup au début, il finit par galoper en faisant d’immenses bonds, s’élançant à vive allure au travers du désert dans une direction au hasard, amusé par la pesanteur de l’endroit (pour une fois qu’il peut être techniquement un peu moins lourd naturellement que d’habitude, autant en profiter).  Ça tombe bien (là encore, il a choisi la bonne direction, c’est heureux) : après quelques centaines de mètres, il tombe nez à nez avec une curieuse caverne contenant des centaines d’oeufs s’agitant avant d’éclore (il est arrivé pile au bon moment, ça vous étonne, hein ?) et d’où émergent de petits humanoïdes bipèdes verts disposant de quatre bras.

Oooookay, se dit John, promis, demain j’arrête de m’enfoncer des haricots dans le nez, visiblement, je suis complètement défoncé.

Mais au loin, les mêmes créatures, format adulte, sont déjà en train d’approcher, chevauchant d’imposants et laids quadrupèdes ; ce sont les Verts, la troisième faction de Mars avec les Bleus et les Rouges (non vraiment, trop d’originalité, je pleure), sauf que les Verts sont donc eux de grands humanoïdes d’environ deux mètres cinquante de haut, élancés, verdâtres de peau (d’où leur nom),avec quatre bras et un comportement… d’indiens locaux, portant pagne et fusil fatigué, diverses armes de jets et petits tomahawks et aimant très fort leur mère la terre (enfin la Mars) qui se meurt.

Si dans un premier temps, les aliens se montrent hostiles en voyant une étrange créature au-dessus de leur couveuse (d’accord, mais aussi, qu’est-ce qu’elle fout là votre couveuse ? Pourquoi ne pas la mettre dans votre village, où elle serait en sécurité, hmm ? Non, c’est sûrement trop malin, oublions, vous êtes au niveau du reste du film), ils constatent rapidement que la bestiole barbue à la peau beige semble sauter monstrueusement haut et aimeraient comprendre ce qu’il est, aussi le chef des Verts, Francis, pose donc ses armes pour s’approcher pacifiquement de John en l’amadouant, même s’il ne parle pas sa langue ; il tente de se présenter calmement, "Moi Francis, toi comment ?", et John de répondre "Je suis John Carter, de l’état de Virginie (pourquoi le préciser ? Tu aurais pas pu te contenter de "John Carter, et je suis con comme une huître" ?) Ah mais oui, attendez la suite)", donc voilà, attention, running gag du film : l’alien comprend juste "Virginie", et appelle donc le héros avec un nom de fille, hohoho, qu’est-ce que l’on se marre, la vache, allez Michel, tiens moi les côtes avant qu’elles n’explosent, vite, je sens l’hilarité secouer ma carcasse. Enfin bref : notre capitaine Carter étant définitivement un gros con, plutôt que d’essayer de causer tranquillement avec cet alien qui parle et fait des gestes lents pour essayer de communiquer sans hostilité, il se met à sauter dans tous les sens en hurlant pour chopper les armes de Francis au sol et essayer de péter la gueule à tout le monde. Finalement, et ça n’étonnera plus personne, il finit par être assommé par l’un des aliens en ayant marre de le voir s’agiter en tous sens comme un lycéen après son premier whisky-coca.

C’est consternant : jamais ce garçon ne peut suivre un dialogue en entier ou écouter ce qu’on lui dit, il faut toujours qu’il tente de maraver tout le monde. Je pense que "John", c’est en fait l’abréviation de "Jonathan" selon Mozinor.

Mais quittons John et allons voir du côté d’Hélium, cité des Bleus faite de pierre blanche et de trucs design qui chatoient façon "Coucou, on est la ville des gentils", au sein de laquelle la princesse Jennifer (son vrai nom est "Dejah Thoris", mais on va mettre Jennifer, ça correspond plus au personnage) est occupée à préparer son speech pour sa dernière découverte scientifique (car non content d’être plutôt drôlement bien foutue, c’est aussi une méga-scientifique, là encore, bravo, on n’avait jamais vu un personnage du genre dans plus de 7 000 autres films) : une nouvelle source d’énergie apte à redonner vie à la planète en faisant revenir océans, végétations et autres trucs cool comme par exemple, la malaria. Seulement voilà, ses répétitions sont dérangées par l’arrivée de son père, le roi d’Hélium et des Bleus, qui a une bien triste nouvelle : les Rouges commandés par Bob et son arme mystérieuse et surpuissante viennent de raser tous les villages qui dépendaient de la cité (toute opposition est désintégrée en quelques secondes d’un bon coup d’énergie bleue) ainsi que les derniers restes de l’armée d’Hélium encore debout : bientôt, ce sera l’assaut final, et plus personne ne sera en mesure de défendre la ville. Mais le bougre de Bob a formulé une proposition d’issue à ce conflit vieux de 1 000 ans : si on lui file la princesse en mariage, il ira la baisouiller et oubliera la cité.

Que… quoi ? Le mec fait la guerre, mais en fait, c’est juste pour attraper le cucu de Jennifer ? Je sais pas, tu pouvais pas juste l’inviter au resto, Bob ? Meetic sur Mars, il faut au moins 1 million de morts pour s’y inscrire ? Enfin tu fais comme tu le sens, Bobounet, mais à mon avis, il y avait d’autres solutions qu’un génocide pour séduire la bête. M’enfin pour ce que j’en dis.

"Nooooooooon, pas mon cucu :'(" s’exclame donc Jennifer pleine de désarroi à l’idée que Bob vienne mettre son gros canon n’importe où ; c’est pourquoi elle s’empresse de présenter sa dernière découverte, qui peut offrir une autre solution à cette histoire : sa source d’énergie. Elle a baptisé la chose "9e rayon", car c’est le nom donné à l’énergie légendaire qu’utilisaient les dieux autrefois, et qu’elle soupçonne Bob d’utiliser pour alimenter son arme, même si elle ne comprend pas comment il a pu découvrir la chose avant elle (prétentieuse, va). Donc avec ça, la cité devrait pouvoir se défendre contre Bob (oui, avec quelle armée, donc, vu qu’elle vient d’être éradiquée ?) et ses sbires. Bon, ce n’est pas tout à fait au point, mais elle pense que d’un jour à l’autre, elle va ainsi pouvoir finaliser son générateur et donner cette énergie à la ville. Sauf qu’au moment où elle dit ça, le générateur en question grille : elle ne l’a pas vu, mais un des conseillers du Roi a posé la main-dessus et a justement envoyé un coup de jus fait de la même énergie bleue dans le bousin, ce qui a grillé les circuits en niquant toute chance de faire jouer la garantie. En sortant de la salle, le conseiller va dans un coin discret changer d’apparence… il s’agit en réalité d’un moine magique ! Ces derniers peuvent donc non seulement se téléporter, détruire et tuer à volonté grâce à l’énergie bleue, mais aussi être polymorphes, c’est quand même bien pratique surtout pour les soirées orgies et les bisexuels farceurs !

Bob le méchant découvre les conditions d'inscription de Meetic - Mars

Enfin, je sens bien que vous enquiquine avec mes histoires de Jennifer, la princesse-scientifique-bonnasse, aussi allons donc plutôt voir ce qu’il advient de John.

Après ses dernières aventures, ce dernier se réveille en piteux état dans le village des Verts, au moment où l’expédition qui l’a trouvé ramène dans la petite tribu les nouveaux nés qu’ils ont récupéré. Le rituel est alors simple : les bébé, et parmi eux John, à peine mieux considéré qu’un enfant, sont tous relâchés au milieu de la foule des femmes du village qui s’arrachent les marmots pour en avoir un ; finalement, Glouglou, une femme du village un peu fébrile et au corps couvert de marques de fer rouge voit tous les enfants être pris devant elle par d’autres ; elle prend donc John, le "petit ver blanc", car nul ne sait quelle curieuse créature il est (putain les mecs, vous vivez pas sur une planète où il y a des tonnes d’humains qui se font la guerre ? Ah mais oui : ils ont des TATOUAGES du coup, impossible de faire le lien entre John et eux, ils sont tellement différents). Finalement, tous les nourrissons sont jetés au fond d’une grotte au sein de la bourgade, où les gens viennent s’occuper d’eux pour les nourrir & co collectivement.

Attendez : ai-je bien suivi ? Chaque femme du village choisit un enfant, mais en fait, c’est pour 15 secondes car après ils sont remis collectivement au fond d’une grotte pour être élevés en groupe ? C’est complètement con. Et incohérent. Merde, ça vous dirait pas de faire tenir une scène debout, comme ça, juste pour voir ? Sans incohérence, poncif moisi, télescopage véreux ou autre ?

Tel un Laurent Weil, je rappelle le budget du film : 250 millions de dollars.  Je pense qu’il y avait des gens prêts à se battre pour relire le script et souligner les incohérences  pour 0,000004% du budget, mais bon. Je digresse encore.

Une nuit, Glouglou, qui est chargée jusqu’au lendemain matin de surveiller les nouveaux nés (avec parmi eux John, donc, même s’il est attaché pour ne pas fuir, et a été dévêtu et rasé pour des raisons qui m’échappent, même s’ils lui ont filé un pagne parce que ce sont des aliens, certes, mais encartés chez Familles de France aussi ne voudraient t-il pas voir une kikounette à l’air au milieu de leurs enfants), file un curieux liquide à boire à John, qui fait que soudain, il se met à comprendre le langage des aliens et à le parler sans effort : probablement de la vodka chargée au pastis, car comme chacun sait, plus un type est bourré, plus il est persuadé de maîtriser les langues étrangères, même lorsqu’il a arrêté l’espagnol au lycée.

Ainsi paré pour comprendre la civilisation dans laquelle il a atterri, John attend que Glouglou s’en aille et découvre un nouveau de ses pouvoirs : non seulement il saute super haut, mais aussi, il est super fort ! Il va pouvoir être encore plus relou que d’habitude, chic ! Il peut donc sans souci arracher ses chaînes et fuir… jusqu’à ce qu’une sorte d’énorme chien local le repère et s’entiche de lui : une espèce de colossal cloporte à la gueule canine monté sur six pattes dodues qui malgré son air pataud, peut se déplacer à environ 500 km/heure (vraiment, au départ, le héros croit à de la téléportation) : nous l’appellerons Zip le chien. Ce sera le personnage soi-disant rigolo de l’aventure.

John tente donc d’éviter ce curieux animal qui risque d’attirer l’attention sur lui, mais ne pouvant se déplacer assez vite pour le semer, tente de l’esquiver en sautant de bâtiment en bâtiment, jusqu’à tomber sur visiblement une grosse soirée des Verts, où tout le monde s’éclate et fête l’expédition victorieuse du jour en buvant des mojitos fraise-tagada ; seulement voilà : Zip en voulant suivre John court jusque dans la salle où la troupe est réunie et aboie en direction de Carter alors qu’il observait le tout depuis une fenêtre. Cela a plusieurs conséquences :

  • les Verts pètent la gueule au chien qui a pourri leur soirée, ‘foiré, tu vas la fermer ta gueule, dis ? (si seulement les Yorkshires pouvaient subir cela)
  • John tente de sauver l’animal, il s’en fout au fond, mais dès qu’il peut distribuer des coups de boule, il est content, et là il y a un prétexte à baston
  • D’un seul coup de poing de sa super force, John tue l’un des Verts, ce qui l’étonne lui-même (mais moins que le Vert au crâne fracassé, quand même)
  • Les Verts, comme l’ensemble des spectateurs, en ont marre de ce héros qui saute partout en tabassant tout le monde pour un oui ou pour un non et parviennent à l’assommer, une fois encore.

Oui, je sais : John passe la moitié du film assommé environ, mais c’est tellement pratique pour faire des transitions, reconnaissons-le. Vous imaginez ? Comment ferait-on autrement ? On a jamais inventé mieux.

Le lendemain matin, la tribu a décidé de punir Glouglou pour ne pas avoir assez bien surveillé John alors que c’était son boulot, merde alors : elle est condamnée à recevoir une nouvelle marque de fer rouge sur la peau, avec cette remarque : "Il n’y a plus de place pour d’autres marques, Glouglou : si tu chies encore dans la colle, tu devras mourir, non mais ho" ; misère, quelle cruauté ! Enfin quand je dis cruauté : à côté de ça, John a tué un des leurs hier soir, et ils ne lui font même pas remarquer ; c’est totalement normal, on va plutôt punir la nana, c’est une femme, si elle prend un coup de fer rouge, elle saura bien pourquoi, ah mais. J’aime bien la justice chez eux : "Tu n’as pas pu arrêter seule le prisonnier à la force monstrueuse qui a besoin de 30 guerriers pour être maîtrisé ? Punition pour ta faute ! Tu as tué un des nôtres ? Boh, tu sais, c’était Gégé, il était un peu lourd en fait, tu nous as dépannés."

Bon, voyons voir; avec quoi pourrais-je tenter de me trancher la gorge pour arrêter ce visionnage ?

Allez, poursuivons : alors que notre tribu en était toute à ces considérations, soudain, de drôles de bruits se font entendre dans le ciel : un vaisseau Bleu est en train de survoler l’endroit, coursé par un vaisseau Rouge ! A son bord, Bob est à la poursuite du navire volant de la princesse Jennifer, qui a tenté de fuguer pour ne pas voir son rectum offert au seigneur des méchants ; bien vite, Bob utilise  quand même son gros canon de bras pour détruire les réacteurs ennemis, et il a tôt fait de se pointer à l’abordage de la nef ennemie, massacrant les défenses de celle-ci en deux temps trois mouvements. Hélas, la princesse est introuvable à bord… car elle est en train de tenter de s’enfuir avec un autre vaisseau, plus petit ! Mais un tir colérique de Bob a tôt fait de mettre son vaisseau en mauvaise posture, et la douce se met à choir dans le vide.

"Oui John, nous faisons partie des civilisations où l'on fait des armures pour filles décolletées avec nombril apparent. C'est culturel, tu peux pas comprendre"

"Ho, une humaine !" s’exclame John en voyant les fesses de la princesse grossir à vue d’oeil (parce qu’elles se rapprochent en tombant, hein, pas parce qu’elle a trouvé un pack de Danette) "et pas moche avec ça, quel coup de bol", manque t-il d’ajouter pour le spectateur qui n’aurait pas remarqué. Ni une, ni deux, il bondit dans les airs et s’élève si haut qu’il récupère la jeune femme et atterrit avec sans dégâts un peu plus loin. Et derrière, une fois la bougresse sur le plancher des crypto-vaches, il s’en va foutre la zone dans les vaisseaux au-dessus de l’endroit, n’hésitant pas à tabasser des servants de canon pour se servir de ce dernier et tirer dans le tas sans chercher à comprendre ; c’est vrai, autant tuer tout le monde. Tiens et puis John, à l’occas’, tu nous expliqueras où tu as appris à utiliser les armes aliens, tu seras gentil.

"Comment ?" dit la donzelle, "Quel est cet humain croisé avec une puce pour sauter si haut ? Cela dit, s’il est croisé avec une puce, cela signifie aussi que son pénis représente 25% de sa masse corporelle, ce qui veut dire que..." – mais avant que son altesse coquine puisse jeter un oeil sous le pagne de John, Bob et ses hommes font atterrir leurs vaisseaux et se lancent à l’assaut de John et sa copine. S’ils résistent un temps grâce à la force surhumaine de notre héros et les talents de fine lame de Jennifer (qui est donc princesse-bonnasse-scientifique-maître d’armes, rien que ça), ils ne doivent leur salut qu’à l’arrivée en masse des aliens Verts, finalement décidé à se joindre à la fête, qui repoussent rapidement les humains rouges à coups de fusil dans la margoulette, obligeant Bob et ses hommes à se replier.

Attendez, on parle bien de Bob et de son méga-canon désintégrateur qui peut tuer toute une tribu de débiles verdâtres en un coup ainsi que tout potentiel mec en slip tentant de lui chourave sa princesse ? Oui ? Bon : on va dire qu’il se replie parce qu’il y a "Le Destin de Lisa", et qu’il ne veut pas le manquer, ou que les tuniques bleues de Powell ont fini de préparer les crêpes et que Bob est attendu pour commencer la soirée, parce que c’est lui qui doit aller acheter le Nutella à Monoprix, hein, parce que sinon, il n’a aucune raison de le faire.

Misère. Ce que c’est nul. Scénaristes, je vous rappelle une règle essentielle : ne jamais donner un pouvoir surpuissant à un personnage, sinon, il parait logique qu’il s’en serve pour régler ses problèmes. Enfin je dis, ça, c’est pas mon métier, holala.

A noter que parmi les Rouges, il y avait dissimulé sous couvert de polymorphie un moine magique, qui observant la scène, s’est contenté de murmurer "Hmmmm… intéressaaaaaaant… je le veux vivant…" (ce qui explique en partie pourquoi Bob ne l’a pas transformé en chouquette d’entrée de jeu, même si ça ne l’empêchait pas pour autant de défoncer les Verts et récupérer sa princesse sans faire le moindre effort) ; mais il n’a rien fait de plus. Alors que, là encore, nous le verrons plus tard dans le film : les moines magiques ont le pouvoir de prendre le contrôle du corps de n’importe qui à vue. Et dire qu’on en est qu’à la première moitié de ce chef d’oeuvre.

En tout cas, la bataille a tellement enthousiasmé les Verts, qui d’habitude ne se mêlent jamais des combats entre humains Rouges et Bleus, qu’ils arrivent en masse près de John pour que Francis, leur chef, puisse s’exclamer : "Tu es très laid, mais tu es superbe : tu es désormais un Vert à part entière ! Tu combattras pour nous !" (pour fêter ça, ils lui offrent des bretelles pour tenir son slip ; non, je n’invente pas, ça fait tellement tribal).

Mais John se la joue pacifiste fatigué : "Je ne combats pour personne". Non, c’est vrai : toi, tu vois le cul d’une nana tombant du ciel du coup derrière, directement tu tues tous les gens s’opposant à elle sans te demander pourquoi ils la poursuivaient. Ce n’est pas du tout combattre pour quelqu’un hein. Noooon. Pour un cucu, peut-être, mais pour quelqu’un, non. Du tout. Quelle logique, John.

En tout cas, le soir venu, Jennifer se présente et explique qu’elle est une simple scientifique (elle ne révèle pas qu’elle est aussi une princesse, elle ne veut pas d’emmerdes), et qu’elle se demande d’où vient John. Lui tente d’expliquer que voilà, il est de l’Etat de Virginie, et qu’il ne comprend pas trop où il se trouve ; finalement, la discussion dérive sur le système solaire, et Jennifer explique que notre héros est bel et bien sur Mars, même si eux l’appellent "Parsum" (oui, apparemment, l’alcool magique qu’a bu John traduit les phrases de tous les aliens qu’importe leur race, mais pas les noms propres, c’est vraiment curieux comme truc. Ou, comment dit-on ? Ah oui : moisi). Chacun parle de son monde : pour John, ici, tout est merveilleux car il y a des vaisseaux flottant dans l’air ; pour Jennifer, la planète dont parle John semble étrange, car il parait qu’on y trouve encore des océans, et que les vaisseaux flottent dessus. Mais comment John est-il arrivé là ? Ce dernier l’explique en montrant du doigt le médaillon avec lequel il est venu, que porte désormais Francis qui l’a trouvé près de lui quand il l’a capturé.

"Ça ?" demande Jennifer. "Tu es donc un Thern ? Tu es venu comme ça sur cette planète et tu veux rentrer chez toi, c’est ça ?" ; "Ho bin oui, c’est ça", dit John au hasard. Cela semble un peu énerver Jennifer, qui s’exclame donc "Hé bien alors, allons voir au temple, tu pourras rentrer chez toi !" avant de foncer dans une direction précise, malgré les cris de Glouglou, la "responsable" de John, qui répète "Non, c’est interdit, il ne faut pas y aller si on est pas un Vert !" tout en les suivant.

Ne me demandez pas comment Jennifer connait l’emplacement exact du temple d’une tribu qu’elle n’a jamais rencontrée, c’est comme ça.

Après avoir marché un moment, la troupe arrive dans un site religieux troglodyte couvert de sculptures et d’inscriptions diverses ; là, on peut voir une sculpture représentant 5 moines magiques côte à côte, les Therns d’après ce que dit Jennifer : "Alors voilà, tu es un Thern, hein ? Mais c’est impossible ! Ils ont disparu il y a des milliers d’années, à l’époque où il y avait encore des océans sur cette planète ; ils nous ont conseillés puis sont partis. Maintenant, ils sont auprès de la Déesse, et il faut prier pour communiquer avec eux, ce sont nos protecteurs. Tu ne peux en être un ! J’en étais sûr, tu bluffes Martoni !".

John se défend donc tant bien que mal à base de "Hohoho, quiproquo, en fait, je ne suis sûrement pas un Thern : moi j’ai pas le crâne rasé", mais il finit par voir une sculpture semblable à son médaillon : on lui dit que c’est le portail de la Déesse, situé sur la dernière rivière de la planète, et qu’il permettrait d’accéder à d’autres mondes selon la légende… vite, il faut y aller si John veut trouver le chemin du retour vers la Terre !

Hmmmm, d’accord ? Autre option : John, tu es venu avec le médaillon que Francis porte désormais, mais qui n’est pas bien loin. Pourquoi n’essaies-tu pas de le récupérer plutôt que de partir à l’aventure ? Il doit sûrement pouvoir te ramener. Mais non, non : c’est trop malin. Autant se faire chier un peu par monts et par vaux.

Sur ces entrefaites, les Verts déboulent dans le temple, hurlant "Par la Déesse, c’est interdit de venir ici si on est pas un Vert 100% pure souche, sacrilège ! Y a un panonceau à l’entrée "interdit aux space-rastacouères !" Demain, vous serez condamnés à mort ! Et Glouglou, on t’avait prévenue : tu mourras avec eux !".

Sauf que le lendemain, Francis, le chef de la tribu des Verts, semble triste à l’idée de tuer tant John que Glouglou (par contre, Jennifer, il s’en tape un peu). Curieux, car logiquement, les Verts sont connus pour être sans pitié quand il s’agit de faire régner l’ordre dans la tribu… John réalise soudain pourquoi : "Bon sang, Francis, j’ai tout compris tellement je suis malin ! Glouglou : c’est ta fille, même elle ne le sait pas ! Tu ne peux la tuer, et elle est super gentille comme toi car elle est ta descendance ! Logiquement, les bébés sont élevés en tribu, mais toi, tu l’as reconnue dès que tu l’as vue" : et en effet, c’est ça. John est super fort en psychologie alien en se basant sur du rien en fait, dites-donc. Je suis bluffé. Si seulement il était aussi un peu moins con qu’un humain trépané, ce serait presque sympa. En tout cas, Francis décide d’agir : il rend son médaillon à John et le laisse ainsi que Jennifer et Glouglou se barrer en les aidant à trouver un chemin sûr jusqu’à la sortie du village. Il se dit qu’ainsi, John pourra veiller sur Glouglou, loin de la justice un peu raide des Verts (qui sont donc des indiens gentils, mais un peu de droite quand même).

Ah oui, voilà à quoi ressemblent les Verts. Autant vous le dire, ils sont super forts à la Playstation.

Sitôt cela fait, la petite troupe prend donc discrètement la route, laissant derrière elle Francis, qui va devoir affronter le jugement de sa tribu pour avoir laissé les filous s’échapper : il paiera donc le tribut du sauvetage de sa fille.

Pardon ? Que dites-vous ? Quoi "Et Bob pendant ce temps ?" ? Ah, oui, c’est vrai, vous avez raison : vous savez, Bob, qui avait détruit 90% de toute la civilisation Bleue rien que pour se marier avec Jennifer, et qui a des vaisseaux volants, une arme surpuissante, une gigantesque armée & co et qui sait où est la tribu où sa donzelle s’est enfuie ? Et bien pendant ce temps, il… ne fait rien. Voilà. Sérieusement, vous voudriez pas essayer d’écrire un truc vaguement crédible ? Je veux dire : même expliquer que Bob avait choppé la tourista et était bloqué en mode peinture sur porcelaine était plus crédible que de l’oublier. A ce moment du film, j’ai tenté de me planter une branche de lunette 3D dans la gorge, mais les bouts sont ronds. Rah.

Donc, disais-je, la troupe commence à errer dans le désert en direction de la dernière rivière de la planète (j’aurais pensé que du coup, les deux dernières villes de la planète, Hélium et Krokoko seraient à côté, mais non : ces gens ne doivent pas boire. D’ailleurs, Mars, c’est quand même sympa : une planète, deux villes. Ça laisse pas mal de place pour des barbecues.), sauf qu’en chemin, Glouglou en observant les étoiles réalise que Jennifer, qui les guide, les emmène dans la mauvaise direction : elle les emmène en fait vers Hélium, car elle veut que John donne une chance à la ville de se défendre face à Bob ! En réalisant cela, John décide de jouer le gros dur, en lui retirant sa monture et s’éloignant en mimant l’abandon dans le désert façon chien sur une aire d’autoroute "Tu m’as déçue, Jennifer". Malgré ses pleurs, il ne se retourne pas, jusqu’à ce qu’en essayant de leur courir après, la belle trébuche.

Et là, non : une fille qui trébuche dans le sable, c’est trop triste : John ne peut résister au fait de sauter vers elle pour aller à ses côtés : "Pardon, j’allais te laisser crever dans le désert, mais là, non, un bobo à la cheville, c’est trop horrible. Allez, s’il-te-plait, maintenant, dis-moi la vérité, je sens que tu as un lourd secret au fond de ton coeur".

Couverte de larmes mâtinées de mascara et de morve, la douce révèle alors la vérité : "Snuuuurfl… En fait, je suis la princesse d’Hélium, et mon père veut me marier à Bob le méchant. Or, je n’ai pas envie de vendre mon cucu pour arrêter la guerre." ; mais John est impitoyable : si elle doit sacrifier sa virginité pour sauver des vies, alors elle doit le faire en tant que membre de la famille royale. Ah mais, dis, hein, ça suffit les caprices. Ah ça, pour allumer tout le monde en combattant en décolleté, il y a du monde, mais alors dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses, on salit sa culotte de petits pets liquides. Bravo Mademoi… Madame.

Cependant bon, hein, John n’est qu’un homme, et en slip qui plus est (même s’il a des bretelles) : il succombe évidemment quand même au charme de la belle, et lui dit qu’ensemble, ils vont trouver un moyen de changer tout cela. Mais en attendant, il veut quand même aller à la rivière pour trouver le portail reliant les mondes, et comprendre comment il a pu arriver ici un peu plus clairement. Soit : il en sera fait ainsi.

Pendant ce temps, à Krokoko, la ville montée sur pattes qui se promène dans le désert pour des raisons qui m’échappent, Bob s’entretient avec l’un des moines magiques qui le conseillent, et ce dernier lui explique le plan auquel il doit se tenir : il doit épouser la princesse (merci, on le savait), qui sera bien retrouvée à un moment ou à un autre (en même temps, sachant que vous saviez où elle était, c’était pas bien compliqué d’aller la chercher, mais chhht, chhht, du calme les neurones, arrêtez, vous vous faites du mal), et ensuite, c’est là que le plan est génial… le mariage pourra permettre de faire une diversion pour qu’Hélium puisse être envahie par Krokoko, hahaha, ce plan est diabolique !

Pardon ? Le plan génial c’est "bourrons la gueule aux autres" ? Je crois qu’il dure depuis 1 000 ans, sans vouloir vous vexer les gars. D’ailleurs, vu le super canon de Bob, je vois pas trop pourquoi il y a besoin d’un mariage : il suffit d’arriver de face, de tirer un coup sur la cité, et pouf, c’est réglé.

Mais c’est sûrement trop compliqué.

Après cet intermède profondément intelligent, retournons donc sur la dernière rivière de la planète, qui, ça tombe bien, n’était quand même pas trop trop loin. Il s’agit en fait plutôt d’un fleuve qui serpente au sein d’un canyon, avec, au milieu, un énorme roc à la forme étrange : le fameux portail de la Déesse. Selon le rituel des Verts (Glouglou l’explique), les pèlerins qui veulent rencontrer la Déesse prennent une barque et s’y rendent, et en général, n’en reviennent pas.

"Tu vois, là c'est où on en est du film. Les cailloux qui restent, c'est toutes les fois où tu vas encore te faire assommer. On continue, tu es sûr ?"

En même temps, les pèlerins sont cons (eux aussi) : le canyon est tellement étroit qu’il est possible de remonter la rivière depuis le sommet de celui-ci, à pied, et arrivé au gros caillou, un pont de singe suffirait. Mais encore une fois : ce serait tellement logique qu’il ne faudrait surtout pas le faire pour ne pas perdre la moyenne d’une incohérence par scène.

Après avoir cheminé sans trop d’encombre sur une petite embarcation le long de la rivière, John, Jennifer et Glouglou arrivent donc au gros caillou, et si cette dernière tombe à genou pour prier en ne se considérant pas digne de voir le rocher de la déesse, Carter et la princesse s’en approchent. Et sitôt que John rentre au contact de la pierre, son médaillon se met à briller, et une porte s’ouvre devant eux, menant dans les profondeurs du rocher, dans une petite salle où l’énergie bleue semble pulser : le 9e rayon ! Et tout autour, une carte du système solaire avec… les instructions pour retourner sur Terre ! Sauf qu’elles contiennent des coordonnées que Jennifer ne peut déchiffrer qu’avec des documents se trouvant à Hélium (son dictionnaire français-gloubitz)… pas de souci : grâce à leur mémoire magique, nos deux héros retiennent le tout en 5 secondes, et sont prêts à repartir. Au passage, grâce aux informations laissées dans la salle, John a compris comment il était arrivé là : le médaillon qu’il a trouvé a créé un double de lui sur Mars et y a transféré son esprit… son corps est donc toujours sur Terre en même temps ! Sympa.

Ok, donc je retiens : John s’étant réveillé sur Mars avec le médaillon à la main, cela signifie qu’à chaque fois que le médaillon est utilisé, il crée un double et se téléporte avec ; hé bé, ça doit être vite le bordel quand on fait des allers-retours, mais je… ah… gnn… pardon. Une soudaine envie de pleurer tellement c’est nul. Psychologiquement, ce film est très dur à regarder.

Enfin en tout cas, soudain, des tirs retentissent à l’extérieur du rocher ; vite, il faut ressortir ! C’est Glouglou qui fait parler son fusil, puisque tout autour du ravin, un bon millier de créatures comme elle, des Verts, sont apparus, sauf que eux semblent appartenir à une tribu sauvage qui attaque tout et tout le monde. Ce qui explique sûrement les disparitions de pèlerins dans le coin ; en réalité, nos héros ne peuvent le savoir, mais c’est un moine magique qui a averti cette tribu que notre petite troupe arrivait, et a recommandé de capturer la princesse et de buter les autres.

Nos larrons ressortent donc du ravin aussi vite que possible (en remontant toute la rivière en sens inverse à la rame pour revenir à l’entrée du canyon récupérer leur montures – le tout sans que leurs agresseurs bordant les hauteurs de l’endroit ne parviennent à les toucher une seule fois de leurs armes durant tout le trajet, pourtant fort long, ou à les devancer à l’entrée de la rivière alors que eux ont des montures) pour tenter de prendre la fuite ; mais hélas, la tribu, qui dispose elle aussi de diverses bestioles à chevaucher, gagne doucement sur eux. John, sentant la fin proche, serre très fort la main de Jennifer, puis saute en l’air pour atterrir un peu en arrière en hurlant le célèbre "Fuyez, je vais essayer de vous donner un peu de temps !" et "Au fait, pourquoi on a pas pensé à utiliser nos fusils pour en tuer un maximum avant qu’ils ne soient sur nous ?".

Sauf que là, attention, je résume : d’un coup d’un seul, John et Zip le chien (qui les suit depuis le début) se retrouvent seuls face à près de 1 000 ennemis, soit près de 4 000 bras armés vu le nombre de membres des bestiaux… et ils sautent tous en même temps sur John.

Mais ce dernier est si fort qu’il les explose tous un par un (notons que la force de John varie beaucoup dans ce film : par exemple, il peut détruire un crâne d’Alien avec deux doigts ou arracher ses chaînes sans souci, par contre, quand Jennifer lui tire sur le bras, il ne peut lutter contre son emprise : soit elle est super baraquée, soit c’est nul, camarade : choisis ton camp), sans jamais s’épuiser, hein, c’est tellement facile : tout le monde se jette sur sa lame sans poser de question, et Zip aide à en tuer quelques uns qui traînaient (curieusement d’ailleurs, John est le seul être de la planète à avoir un animal aussi rapide que Zip, ce qui est fort curieux, parce qu’un truc si gros et allant si vite, j’aurais imaginé que ce serait la base des transports et/ou utilisé en sacrées meutes pour attaquer autrui, mais visiblement, non, c’est beau). Et évidemment, pile au moment où il va crouler sous le nombre (enfin, il en a quand même bien déjà tué 200 ou 300 seul : visiblement, c’était ni trop dur, ni trop fatigant), des tirs provenant du ciel dispersent la tribu des agresseurs, les obligeant à se replier : un immense vaisseau Bleu est sorti du ciel !

Glouglou et Jennifer tentent donc de revenir vers John, et voient le vaisseau atterrir au milieu de tout ce petit monde, débarquant son commandant : le papounet de Jennifer ! Celui-ci serre sa fille dans ses bras ("Mais bordel, tu vas finir par le cacher ton nombril, oui ? T’as plus 16 ans, merde !"), mais c’est pour mieux l’informer d’une curieuse nouvelle : Bob le méchant est venu se livrer sans combattre à Hélium, expliquant qu’il voulait ainsi montrer sa bonne foi dans sa volonté d’épouser Jennifer pour fonder une dynastie porteuse de paix entre les deux nations.  Dans tous les cas, John est récupéré assommé (oui, encoooore) de sous les 3 tonnes d’aliens qu’il a découpé, embarqué dans le vaisseau avec Jennifer (mais pas Glouglou, qui reste à l’écart), et tout le monde s’envole vers l’infini et au-delà.

Ah oui, dans les accessoires du Monsieur, là, en fait, il y a un fusil. Du film, il ne pensera jamais à s'en servir, même quand des ennemis le poursuivront et qu'il pourra tirer depuis sa monture

A son réveil, notre brigand de capitaine Carter est dans une sorte de riche chambre encombrée de nombreuses bannières rouges et de gardes : d’un regard par la fenêtre, il peut voir qu’il est à Krokoko, cité mobile des vilains Rouges. Il constate d’ailleurs alors qu’il a de nouvelles fringues, mais toujours plus ou moins en forme de slip à bretelles (le pantalon est un concept étrange sur Mars). Curieux.

Cela étant dit, il ne peut s’interroger plus avant sur les passions slipesques des habitants de cette planète, car un général des Bleus qui était à bord du vaisseau qui l’a amené ici lui rend visite. Les préparatifs du mariage vont bon train, tout va pour le mieux et… et il tend discrètement son épée à John pour lui demander de le prendre en otage. Comme quoi, quand ce n’est pas John qui tabasse tout le monde dès le réveil, ce sont les gens qui lui demandent de le faire. Du coup, notre héros ne peut résister à faire sa spécialité : il attrape le bonhomme et commence à péter la gueule à tout le monde (… vous êtes encore là ? Moi, mon esprit est en train de courir nu dans les champs fleuris de mon imagination, personnellement, j’ai abandonné depuis longtemps le suivi de l’intrigue) avant de bondir de bâtiment en bâtiment jusqu’à arriver à une haute tour que lui indique le général Bleu : les appartements de la princesse.

Là, le général s’éclipse pour laisser Jennifer, en splendide robe traditionnelle (comprendre : un peu de tissu sur les roudoudous et un gros pagne), et John exprimer leurs sentiments ; la donzelle explique que ooooh, John, je dois épouser Bob, mais c’est par obligation, car sinon, c’est pour toi que ma culotte palpite (classe, bravo). Je t’en supplie mon aimé, j’ai fini par déchiffrer les codes que l’on a trouvés ensemble pour retourner sur Terre, ne me demande pas quand et comment vu que l’on est jamais repassés par Hélium où il y avait ce dont j’avais besoin et que là en plus j’ai un mariage à préparer, mais voilà : il suffit de dire "Tralala, la Terre, me voilà", et tu y seras. Pars, mon aimé ! John commence à réciter mais… ah. Au moment où il va prononcer la dernière syllabe, Bob le Méchant entre dans la chambrée, et demande à sa fiancée si elle est prête pour la cérémonie. Et il demande aussi si elle était seule, car il l’entendait parler.

Et là, attention, Actor’s Studio : elle se retourne trèèèèèès lentement en disant "Seule ? Heuuuuuuuu…. biiiiiiiiiiiiiin…." et voyant qu’il n’y a plus personne derrière elle – elle suppose que John a prononcé la dernière syllabe et est donc retourné sur Terre (sauf que si on suit la théorie du médaillon, il devrait rester un corps puisque ça ne téléporte que le médaillon tout en réalisant une copie du voyageur à destination, mais elle l’a déjà oublié, c’est pas comme si elle était un peu scientifi… ah, si. Non, elle est juste aussi bête que John). Elle fait donc un soliloque des plus mauvais à base de "Hoooo ouiiiiiiii je suis seuuuuuuuuuuuuuuleuuuuuuuuuuuuh…. bouhouhou". Ok, donc après les effets spéciaux, non seulement il n’y avait plus de budget pour le scénario, mais aussi pour les acteurs. Je vois.

La bougresse sort donc de la chambre avec son futur mari, expliquant que désormais, elle est prête pour la cérémonie.

Mais haha ! C’est sans compter sur John, qui ne s’est pas téléporté ; il a juste bondi pour se planquer dans un coin du plafond quand la princesse lui a tourné le dos à l’entrée de Bob, afin de se planquer dans un coin. Maintenant que tout le monde est parti, il descend donc tranquillement de sa cachette, et s’apprête à suivre tranquillement le futur couple pour voir si ce mariage ne cache pas une ruse, quand soudain, il tombe nez à nez avec une servante, qui change d’apparence devant lui… un moine magique polymorphe ! Le bougre, d’un coup de sa montre magique, tire un rayon qui paralyse John et… non.

L’assomme.

Nan mais sérieusement ? Sérieusement ? Mais John, t’as pas envie de mettre un casque à force de te faire assommer ? Non parce que tu gagnerais vachement de temps. Enfin, continuons dans le festival du navrant.

John, s'il te plaît, enfile ça.

A son énième réveil depuis le début du film, Carter  se retrouve donc à l’arrière d’un véhicule façon limousine locale, assis en face du moine magique qui l’a assommé. Il lui péterait bien la gueule directe, mais il s’aperçoit que de curieuses runes brillent sur son corps de terrien égaré : il ne semble pas maître de ses mouvements : il est sous le contrôle de son ennemi. Ce dernier commence à l’interroger :

"Alors, tu es le capitaine John Carter ? J’ai appris que tu venais de la Terre, c’est cool comme coin. Tu es américain non ? De Virginie, j’ai cru comprendre ? Un bien bel Etat, même si je ne le connais pas encore très bien. Bon, assez fait le kakou : comme tu es là, je vais t’expliquer ; tu vois mec, je suis un Thern, un être immortel (même si tu as buté un de nos potes sur Terre avec un vulgaire flingue, mais chut) qui a vu le début de cette planète et en verra la fin. Comme sur toutes les planètes où on va, il se passe la même chose : une guerre civile éclate à un moment, et du coup, la planète se meurt. Enfin ça, c’est le scénariste qui le dit, parce qu’en fait, les deux n’ont vraiment aucun rapport puisqu’il n’y a que deux petites villes pour toute une planète, pas une trace de pollution et que des gens qui se battent à l’épée, arme qui consomme peu d’énergie et détruit peu l’environnement aux dernières nouvelles, même en tapant sur des arbres. Bref, tu dois sûrement ne rien en avoir à foutre, mais le même scénariste a écrit que je devais t’expliquer tout mon plan, comme dans tous les mauvais films depuis bientôt 50 ans : alors voilà, nous on veut que la planète meure, car nous sommes des profiteurs. Oui, on profiterait plus longtemps des richesses de la planète si elle était vivante, mais on est juste trop cons, ne me demande pas pourquoi non plus, sinon on a pas le cul sorti des shürbs, comme on dit sur Tarantos-12. Or, la princesse Jennifer, qui n’a que ça à foutre de ses journées, a découvert le 9e rayon, une énergie trop bien qu’on utilise nous même et qui pourrait sauver la planète. Donc, pour l’en empêcher, on veut la tuer. Mais plutôt que de nous téléporter/polymorpher et de la désintégrer tranquillement et sans risque, on a trouvé plus intelligent de monter un plan de merde que des gens regardent depuis plus d’une heure et demie de film dans lequel on la marie de force à Bob le méchant, qui est assez bête pour nous obéir,  afin qu’il la tue durant la nuit de noces. Oui, on est un peu des moines décadents qui lisent Twilight : on trouve ça trop dark de tuer quelqu’un durant sa nuit de noces. Du coup, autant en organiser une rien que pour le meurtre. Et durant la même nuit, et alors que grâce au mariage, Bob serait déjà désormais le maître des Bleus et des Rouges, on va l’aider à amener la cité de Krokoko sous les murs d’Hélium pour que la ville soit prise en une nuit grâce à l’effet de surprise. Car oui, on pense aussi que non, jamais les gardes d’Hélium ne vont repérer une cité de plusieurs milliers de personnes pesant des millions de tonnes se déplaçant sur des pattes géantes à 2km heure venant se coller sous leurs murs. Ainsi, Bob, notre instrument, deviendra le maître des Bleus et des Rouges, et nous dominerons la planète, même si on aurait déjà pu le faire en tuant leurs leaders et se polymorphant en eux pour dicter nos ordres, hohoho ! Voilà voilà. Mais évidemment, si je te raconte tout ça, c’est parce que je… heu… bon. Ho et puis merde, je rends mon tablier, ce script sent comme un discours de Claude Guéant."

Durant cette petite causette, le moine farceur a emmené notre héros avec lui pour se promener en ville, histoire de maximiser ses chances d’évasion, des fois que. Et évidemment, ça ne rate pas : au moment où notre héros s’apprête à être embarqué à bord d’un petit vaisseau volant pour être emmené on ne sait où, Zip le chien, qui a pour propriété de "retrouver quelqu’un n’importe où", un peu comme un pervers lambda, sort de nulle part comme un mauvais rebondissement et arrive à plusieurs centaines de kilomètres heures, défonce le moine qui ne s’attendait pas à ça, et libère John, qui peut donc aussitôt prendre les commandes du vaisseau pour fuir ; après des débuts chaotiques avec l’appareil (comprendre une séquence supposément drôle de 7 secondes où le héros dérive en maugréant sur la bécane aérienne), notre capitaine Carter a tôt fait de la dresser tel un mustang sous la lune ronde ; il devient donc instantanément un pilote de qualité divine sans aucune raison, et sème sans souci les rares poursuivants armés lancés derrière lui en allant voler sous les pattes géantes qui permettent à la cité de Krokoko de se mouvoir, provoquant divers crash, et calculant des sauts de fou pour atterrir sur les appareils de ses poursuivants pour les maraver. Une fois cela fait, notre loulou fuit dans une direction aléatoire où, coup de bol, il se trouve que Glouglou a la gentillesse de l’attendre. Et même d’abattre d’un bon coup de fusil son dernier poursuivant. Vraiment, tout est super bien calé dans ce film.

Qui a dit "télescopage minable" ? Sortez s’il vous plaît, c’est vraiment manquer de respect à une si belle oeuvre.

Voilà, maintenant que nous sommes entre amateurs de films de qualité pleins d’idées originales, poursuivons : John est bien embêté : il irait bien libérer la princesse, mais il lui faudrait au moins une armée ! Parce que non, la kidnapper en deux bonds à vitesse de fou, ou envoyer Zip le chien qui va à moult à l’heure la ramener comme un vulgaire bâton (elle n’est guère plus épaisse), ce serait trop facile. Donc il va plutôt tenter de monter une armée capable de battre une autre armée expérimentée après 1 000 années de guerre,  menée par un mec avec un brassard magique capable de désintégrer, et ça tombe bien, une armée entière.

C’est vrai, ça me parait être la meilleure solution.

"Ok les Verts : j'ai tué l'un des vôtres, fui votre jugement, aidé deux autres condamnés à partir, provoqué la chute de votre chef bien aimé mais vous allez être gentil et me suivre pour aller attaquer avec votre seule tribu la plus grosse armée de la planète, okay ?"

John explique donc qu’il a besoin des Verts pour bourrer la gueule aux Rouges maintenant que les Bleus sont affaiblis et sur le point d’être submergés par un assaut surprise des Rouges, justement. Il se rend donc promptement grâce à son vaisseau volant fraîchement volé jusque chez les Verts pour demander leur aide, mais c’est oublier qu’ils avaient été condamnés à mort chez eux, et qu’ils n’avaient pu fuir qu’avec l’aide du petit chef Francis (… encore une décision intelligente, John) ! Or, suite à cela, ce dernier a été dégradé comme un vulgaire Sylvain Mirouf dans 1ère Compagnie, et le nouveau chef est Têtaklak, un grand type grognon qui ne pense qu’à être violent avec tout et tout le monde. Aussi, lorsque John arrive et découvre que Têtaklak a remplacé Francis, le nouveau chef des Verts bête et méchant…

Allez, devinez, attention :

A) … lui propose une choucroute, puis un concours de pets sous la lune

B) … tombe amoureux de lui, et lui arrache ses bretelles à slip en l’embrassant langoureusement, avant de lui masser le dos de ses 4 bras puissants

C) … s’est pendu. Lui aussi regardait le film jusqu’ici.

D) … l’assomme, parce que c’est à peu près ce qui arrive à la fin de chaque scène.

C’est bon ? Vous avez trouvé ?

Bravo, même si la C était tentante, la réponse était bien D.

A son réveil (combien de paragraphes de ce spoiler commencent ainsi ?), Carter est donc au fond d’une cellule, en compagnie de Francis, désormais prisonnier des siens pour son crime de complice dans l’évasion de Jennifer, Glouglou et John plus tôt dans le film. Une nuit se passe donc, et le lendemain, tous les deux sont envoyés par Têtaklak dans l’arène-dont-personne-ne-pourrait-sortir-vivant-tant-c’est-chaud-sa-race. et bien vite, et pour éviter que John ne puisse s’en sortir facilement, il est enchaîné à un fort gros caillou, avant que deux "singes blancs" (oui, ce nom là est traduit par le breuvage qu’a bu John, alors que les Therns, par exemple, qui désigne aussi une espèce : non. C’est magique) ne soient lâchés, immenses gorilles albinos à l’air grognon qui visiblement, ne mangent pas que des feuilles de bananier au petit déjeuner. John, qui a donc une super force à géométrie aléatoire, ne parvient pas à briser sa chaîne ; en même temps, plutôt que d’essayer de briser l’endroit où elle s’accroche à lui, il tire sur 9 mètres de métal rattachés à un rocher pour voir si ça pète, mais bon : on est plus à ça près. D’ailleurs finalement, non : ce n’est pas la vieille chaîne visiblement rouillée qui lâche…

… mais le rocher (… bouhouhou) dont il brise un monstrueux morceau qu’il fait tourner au bout de la chaîne pour tabasser un singe tel un Joey Starr de Mars, avant de parvenir à obtenir une épée suite à une intervention sympathique de Glouglou, descendue dans l’arène pour l’occasion (non, elle n’était pas emprisonnée, elle était dans le public, alors que je croyais qu’elle aussi était condamnée à mort, non ? J’ai dû rêver), et jouer à "explore un singe vivant", un jeu pratiqué uniquement par les John Carter armés d’épées et les zoophiles.

Têtaklak, plus grognon encore qu’il ne l’était, hurle donc que c’est un scandale, et voit John le défier pour prendre la tête du clan ; le vieux guerrier Vert ne fait évidemment pas le poids face à notre héros qui, en un seul saut, le décapite tranquillement. La foule en délire de l’arène, composée de toute la tribu des Verts acclame donc son nouveau héros, et comme il se doit, il suffit à notre loulou de hurler un bon discours (oui, tout le monde l’entend, il doit aussi avoir une super voix) à base de "Battons nous pour la liberté", "Mourrons debout" et "Mettons fin à la guerre en déclarant la guerre à tout le monde !", ce qui n’aurait pas déplu à Georges W. Bush de par sa pertinence, mais soit.

Bon, le poncif du grand discours avant la bataille finale, c’est aussi fait. On peut donc y aller.

L’armée des Verts s’élance donc sur diverses montures au travers du désert martien, fonçant vers la cité de Krokoko, montant à bord sans problème (elle est pas montée sur des pattes géantes ?!), et ne rencontrant que peu de résistance ; car une fois une sentinelle capturée interrogée, celle-ci explique la terrible vérité : Bob, Jennifer et toute l’armée sont déjà à Hélium !

Je… attendez, mais si je me souviens bien : le plan c’est bien d’amener la cité de Krokoko sous les murs d’Hélium, non ? Donc il suffit juste de traverser la ville et c’est bon, vous y êtes à Hélium vu que la cité mobile doit être en position, vous pouvez même éventuellement tomber sur l’armée des Rouges attendant de donner l’assaut et vous battre avec dans la joie et l’allégresse, permettant ainsi non seulement d’utiliser l’avantage de la surprise, mais aussi de donner l’alerte à Hélium ! Mais heu… non. Nos héros vont plutôt juste dire "Hooooo….", et John ajouter "Bon bin, on va tirer des vaisseaux volants et aller sauver la princesse à Hélium alors !" ; mais comme il se trouve que les Verts n’aiment pas voler, il doit partir seul. Caca.

Pour rappel, Krokoko, la cité qui doit approcher discrètement Hélium, c'est ça.

Au même moment, donc, dans la plus haute tour d’Hélium, Bob, Jennifer & tout plein de VIPs sont en train de participer au mariage qui mettra fin à la guerre. Comme les choses sont bien faites, tout ressemble quand même beaucoup à un mariage terrestre (d’ailleurs, la monogamie est aussi évidemment de mise, hein) et pile au moment où nos deux loulous s’apprêtent à être déclarés mari et femme, un petit vaisseau volant brise l’immense verrière sous laquelle ils se trouvent, et un homme en slip à bretelles en surgit : John Carter ! Il hurle "Ce mariage est un pièèèèèège ! Krokoko est sous les murs d’Hélium, mais personne ne l’a remarquée tant une ville-forteresse sur pattes, c’est discret ! Défendez-vous, Hélium !" ; et de tous les fourreaux, des lames surgissent aussitôt, les deux camps reprenant leur guerre civile en pleine salle des mariages. V’là l’ambiance.

Bien vite, le combat éclate entre Bob et John, l’assistance se contentant de pousser des "Hoooo !" et des "Haaa !" en échangeant vaguement quelques coups entre Rouges et Bleus, d’ailleurs on notera que le grand méchant, qui grâce à son brassard, peut faire apparaître l’arme de son choix, génère une épée. Pas un flingue, un canon, une épée plus longue que son adversaire et plus vive ou même un tir d’énergie désintégratrice dans la gueule, non : une épée minable. J’ai déjà dit que c’était méchamment nul ? Bon bin, je le redis : c’est nul. On se croirait dans Green Lantern : "Hey mec, tu peux créer n’importe quelle arme ! Que choisis-tu, la seule limite est ton imagina… une… une épée ? Je… Ok, j’avais pas pensé à l’imagination limitée comme problème. Je vois je vois."

Mais rapidement, le duel tourne malgré tout en défaveur de John (? Il avait pas une super force ? Ah mais oui c’est vrai : elle varie toute les deux minutes parce que tout cela est écrit avec les pieds.). Notre héros se retrouve en conséquence bloqué sous la lame de Bob le méchant, et celui-ci lève donc lentement son arme en hurlant "Ahahaha, j’ai gagné, je vais te tuer, mais d’abord, je vais te raconter ma vie, puisque chacun sait que je ne serais interrompu qu’au dernier moment, comme dans tout truc vu et revu ! Regarde par exemple, pile au moment où je veux abattre ma lame après avoir fait la causette, il va forcément se passer quelq…" et paf : pétant encore un peu plus la verrière, voici venir les Verts dans des vaisseaux volants (il leur a donc fallu 2 minutes montre en main pour changer d’avis, trouver des vaisseaux, les capturer, apprendre à voler et arriver sur place. Ok.) ! Une gigantesque bataille s’entame donc, les Verts nettoyant tout et tout le monde de leurs quatre bras en s’amusant comme des petits fous (enfin, ils défendent surtout Hélium ; encore une fois, depuis le début, John et ses alliés ne se sont jamais intéressés aux politiques d’Hélium et de Krokoko ; si ça se trouve, Krokoko est une république fière et libre, et Hélium un empire esclavagiste de gros bâtards, mais j’insiste : il a suffi du cul d’une princesse suspendu dans les airs pour que notre héros choisisse son camp. A ce niveau là, c’est même plus être influençable, c’est être une otarie) ; et John a donc pu reprendre le dessus dans le duel l’opposant à Bob, mais alors qu’il le tient enfin en respect, le brigand rouge dit "Très bien, je vais tout te dire, John Carter : ce qu’il se passe ici, c’est que…"

Soudain, alors qu’il s’apprêtait à tout révéler du plan des Therns, de l’énergie bleue se forme autour de lui et… l’écrase littéralement, le tuant quelque peu, tant sans le crâne, on est tout de suite moins bavard (elle est sympa cette arme : un moine l’aurait utilisé sur Jennifer au lieu de monter leur plan merdique, c’était bon aussi et sans ennuis, mais bon, hein). Et la même énergie se dirige vers John, commençant à le recouvrir ! Et pile au moment où elle allait le couvrir totalement et l’écraser, voici le Canis Ex Machina : Zip le chien jaillit de nulle part encore et mord un Vert dans la foule, qui regardait John en caressant un curieux bracelet bleu : il s’avère être le moine magique en chef qui avait capturé John pour raconter tout son plan et filé son arme à Bob au début du film, polymorphé en Vert ! Hélas, quand tout le monde saute sur lui pour le tabasser, le bougre parvient à s’enfuir après diverses aventures, utilisant son médaillon téléporteur pour ce faire.

La bataille est donc achevée : victoire, Hélium est libre !

Au fait, il n’y avait pas une cité surarmée au pied des murs ? Avec toute une armée, quand Hélium n’en avait plus, toutes ses troupes ayant été désintégrées par Bob durant la dernière offensive ? Si, si, mais ils se rendent parce qu’on a tué leur chef. Non, il n’y a pas de sous-chef : c’est une cité remplie de gens qui se disent "Bon, allez, on se rend sans faire d’histoire : ce sera moins chiant à gérer que de gagner la guerre en 2 minutes en prenant Hélium d’assaut à 50 000 contre 12."

Tout le monde se demande donc ce que l’on va bien pouvoir faire maintenant que tout est fini : la guerre de 1 000 ans, tout ça, bon. On va aussi oublier les moines magiques : c’est pas comme s’ils pouvaient revenir, ou être déjà là polymorphés prêts à agir. Mais tenez, allez : finissons bien la soirée, il y avait des bouteilles au frais et une pièce montée ; tant qu’à faire, marions John et Jennifer, maintenant qu’elle est libre, son fiancé ayant eu le crâne écrasé par une énergie étrange ! Grâce à la magie des mauvais montages, tous les corps étalés partout et le sang versé quelques minutes plus tôt disparaissent comme par enchantement, et on peut donc voir Carter prendre pour épouse une martienne ; ensuite, lui et sa douce s’éclipsent pour sa nuit de noces.

Je sais pas vous, mais moi j'ai pas vu directement la différence entre la tenue de mariage et l'armure de guerrière.

Et ça tombe bien : durant la nuit de noces, plutôt que d’apprendre les positions terriennes les plus célèbres à Jennifer, John nous fait le coup du mec qui n’arrive pas à dormir (on t’a pas demandé de le faire pour ta nuit de noces, hein), et médite sur le balcon façon philosophe maudit. Il décide soudain que ce balcon n’est pas assez haut pour ce qu’il veut faire, et abandonne donc sa femme quelques instants, le temps de monter au sommet de la tour où il se trouve pour balancer son médaillon : il n’a aucune envie de rentrer sur Terre, sa vie est ici ; mais en redescendant, un garde l’aborde, et Zip le chien qui accompagnait notre héros se met à grogner (mais n’a pas le temps d’agir, malgré le fait qu’il aille à 300 kilomètres heure. Hein ? Non je… non. Que voulez vous dire de plus ? Tout est raté dans ce film. Chaque scène semble avoir été conçue pour organiser un génocide de vos neurones, chhhht, la fin approche. Mais rassurez-vous, les incohérences ne sont pas finies.), et le garde prend soudain sa vraie apparence : il s’agit d’un moine polymorphé (toujours rien le chien ? Non ?), qui envoie une bonne décharge d’énergie à John… le tuant.

Le bougre se réveille donc un peu paniqué dans son ancien corps sur Terre, avec quelques crampes : il est toujours au fond de sa grotte, avec des filons d’or visible partout, mais plus de médaillon pour repartir sur Mars ! Il pleure donc à chaudes larmes, tout en jetant un bref coup d’oeil à l’endroit où se trouvait le colonel Powell avant que son esprit ne se retrouve sur Mars : il n’y a plus qu’un squelette moustachu. Hmmm, il a dû se passer quelques mois, voire un peu plus. Quelques mois durant lesquels aucun de ses hommes ne l’a cherché, c’est sympa.

Notre héros a donc ainsi fait sa richesse, comme peut le lire Ned qui arrive donc sur la fin du journal de son oncle contant cette incroyable aventure sur Mars et le récit de sa vie : grâce à cette mine d’or contenant des tonnes et des tonnes du précieux métal ; puis, riche, il a organisé des fouilles aux quatre coins du monde à la recherche d’autres Therns comme celui qu’il avait tué sur Terre (qui lui n’a pas laissé de squelette. Hmmm. Encore un oubli au montage, mais je laisse ce genre de remarque à d’autres) ou d’un de leurs médaillons, d’où sa maison encombrée d’objets issus de multiples aventures, et a fini par en récupérer un au bout de 10 années de labeur. Il s’est donc fait construire un mausolée ne s’ouvrant que de l’intérieur avec un cercueil ouvert pour que son corps terrestre puisse reposer en paix, et a simulé sa mort pour pouvoir y être enfermé à l’abri, et se réveiller en cas de problème s’il était tué sur Mars, et il a besoin que ce corps soit protégé car s’il meurt ici, il mourra aussi sur la planète rouge (moi j’aurai été un Thern, en sachant ça de base, plutôt que de buter John sur Mars, je l’aurais directement liquidé sur Terre, là où son corps sans défense reposait, en plein dans une grotte utilisée par les Therns et connue d’eux, donc trop facile à trouver, puisqu’un peu leur maison de campagne en Amérique, mais bon). Il précise une dernière chose : "Ned, toi seul peux accéder à ma dépouille ; tu dois me protéger ! Car pendant que tu lis ce journal, si ça se trouve, les Therns sont déjà en train de violer mon petit corps encore chaud ! Toutes ces années, ils m’ont suivi, je le sais ! J’en ai encore semé un l’autre jour en allant t’envoyer mon ultime télégramme !"

"Mon Dieu, mon oncle a conçu un titanesque plan de merde !"

Oui, parce que bon : se faire enterrer chez soi là où on pouvait te trouver n’était pas très malin John : je doute qu’une porte arrête des êtres pouvant se téléporter et désintégrer des trucs à volonté. Mais ça va bien avec le reste du film.

Ned file donc dans le cimetière de la riche demeure de son oncle, et martèle la porte du mausolée en hurlant "Ouiiii mon oncle, je te protégerai ! Faut juste que je trouve comment on ouvre cette porte pour être sûr…" ; le bougre cherche donc, et finit par trouver sur l’inscription "Inter-Mundis" ornant le monument qu’en poussant les lettres N-E-D (… ah putain, oui, dur à trouver), la porte s’ouvre.

Ce que Ned ne peut pas voir, c’est que pendant ce temps, derrière lui, un homme à chapeau melon a surgi : celui qui suivait son oncle dans les rues de New York au début du film, qui s’avère être un Thern, faisant apparaître un couteau dans sa main (non, je ne commenterai pas cette énième arme de merde). Seulement au moment où le bougre s’apprête à planquer le jeune rouquin, il est abattu dans le dos… par John Carter, encore dans son costume mortuaire ! Celui-ci s’empresse de récupérer le médaillon de téléportation du mort, et d’expliquer à Ned la vérité : tout ça, c’était une méga-ruse. Il savait qu’un Thern viendrait le tuer à la première occasion (ils ont eu 10 ans pour le faire, pourquoi ne l’ont-ils pas fait, sachant qu’en plus sur Terre, nenni de super saut ou de super force pour l’ami Carter ?! Stop ! Stoooop !), a simulé sa mort grâce à un venin particulier, et a donc utilisé Ned comme appât menant à lui pour obliger un Thern à sortir de son trou et lui dépouiller son médaillon, car en réalité, il n’en avait jamais trouvé aucun !

John s’enferme donc dans son mausolée en souriant, laissant son jeune neveu balbutiant derrière lui, au côté du cadavre d’un type en chapeau melon qu’il aura probablement bien du mal à expliquer et qui l’enverra se faire de nouveaux amis en prison, puis Carter se couche dans son cercueil, le médaillon nouvellement acquis contre sa poitrine en murmurant "Tralala, Mars, me voilà !" et POUF ! Une lumière bleue le télép…

FIN

J’espère qu’en arrivant avec 10 ans de retard, il a retrouvé sa princesse ayant fait son deuil avec un nouveau mari, 5 gosses, et les seins en guise de protège-genoux.

En tout cas, moi j’ai fait le deuil d’une partie de ma santé mentale.

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Bien, bien bien.

Bon, je vais supposer qu’il s’agissait de fautes de frappe dans les critiques de la presse évoquées en introduction ; permettez-moi donc de corriger les quelques oublis, erreurs et autres coquilles qui s’étaient glissées pour tenter de rétablir ce qu’auraient dû être les avis de nos fiers journalistes dans un monde à peu près cohérent (donc pas celui de John Carter).

20 Minutes – 0 étoiles sur 5 : On se demande si la saga connaîtra d’autres épisodes, tant à ce niveau là, il va falloir demander son interdiction par la convention de Genève.

L’Ecran Fantastique – 0 étoiles sur 5  : (…) le mariage irrésistible de "Mon Curé chez les nudistes" et de "Les Pompiers 2 : change de trou, ça fume". (…) "John Carter" est l’une des pires horreurs que l’humanité ait connues depuis la fin de la guerre du Vietnam et l’utilisation massive du napalm" (…) [le film dévoile] que quitte à griller 250 millions de dollars, Disney aurait mieux fait de les mettre dans la dette grecque

Rectum Large – 4 étrons sur 5 : Andrew Stanton réussit son ambitieux pari, de brûler les cornées de toute une salle par le simple pouvoir de sa nullité crasse.

Excessif  – 0 étoiles sur 5 : ["John Carter" est] souvent époustouflant en termes d’incohérences (…) sans que l’action ne soit jamais lisible. (…) A la fois western raté, oeuvre de science-fiction échouée et film à en faire blanchir vos cheveux de désespoir, "John Carter", plus que naïf, propose une aventure où le désert scénaristique côtoie la galaxie des poncifs.

Le Monde – 0 étoiles sur 5 : "John Carter" est une merde. 

Libération – 0 étoiles sur 5 : Encore un échec du mandat de Nicolas Sarkozy.

Et bien voilà. C’est quand même plus cohérent comme ça. Inutile de me remercier, amis journalistes :

Je ne fais que mon travail.

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, le pétrole, le nucléaire, et toutes ces autres choses appartiennent au passé."

Devant le parterre à demi-endormi de journalistes, militants écologistes et simples curieux venus écouter sa conférence, le professeur Landret entame le bref discours qu’il a prévu de longue date. Sous la chaleur écrasante des spots illuminant la tribune, il peine à tenir sans trembler le papier sur lequel il a écrit les quelques lignes qu’il a prévu de prononcer. Il n’a jamais été un homme de lettres ou de contact ; à cette heure, il préférerait, quelque part, être à l’abri du regard d’autrui dans son laboratoire de recherche, un lieu devenu familier, presque intime avec les années. Il s’éclaircit la voix d’un léger toussotement, puis reprend son propos.

"Nous savons que les énergies renouvelables, ou du moins, les systèmes présentés comme tels, posent aujourd’hui divers problèmes : certains accusent les éoliennes de défigurer le paysage et de produire un bruit gênant, d’autres le solaire de nécessiter des installations trop importantes pour être efficaces, et je vous passe, bien sûr, les questions autour de l’impact des barrages hydroélectriques sur la faune d’eau douce."

Landret laisse flotter ces mots dans l’air pesant de l’endroit, ayant pour seule réponse un lointain son de reniflement couvrant brièvement le bruit de la climatisation tournant à plein régime. Il se décide donc à aller droit au but.

"J’ai l’honneur, aujourd’hui, de présenter au monde ma dernière invention : une source d’énergie propre, inépuisable, et particulièrement silencieuse. Mais, voyez plutôt !"

Se tournant vers l’immense drap disposé derrière lui, le professeur tire sur une cordelette et bientôt apparaît sous la fine protection de tissu lentement soulevée par un treuil automatique une large turbine reliée à une sorte de boîte en bois. Un compteur fixé à la machinerie tournant en silence indique en large lettres vertes étalées sur un écran à cristaux liquides une production d’approximativement 1200 Mégawatts, soit à peine moins qu’un réacteur nucléaire.

Dans la salle, un soupir d’étonnement généralisé s’est fait entendre, et à l’ennui vaguement teinté de curiosité l’on voit succéder une véritable hystérie ; les voix se bousculent, s’entrechoquent et se confondent en milliers de questions, chacun souhaitant savoir comment fonctionne la mystérieuse machine, et déjà, les carnets de notes commencent à se couvrir de gribouillis, les journalistes s’empressant de commencer leurs articles. Le professeur Landret lève alors les mains vers la foule en signe d’apaisement, et le calme revient peu à peu dans la salle, où l’on aperçoit, à perte de vue, les mains levées de celles et ceux souhaitant connaître les arcanes de la machine. Le vieux scientifique pointe alors un doigt vers une main levée, et un journaliste à l’embonpoint évident se lève avant de poser la question qui brûle toutes les lèvres :

"Comment cela fonctionne t-il ?"

Landret, fier de son succès, se dirige alors lentement vers son pupitre, et y pose les deux mains d’un air assuré.

"Voyez-vous", dit-il d’une voix posée, "C’est assez simple : l’objet boisé que vous voyez derrière moi est un cercueil ; dans celui-ci, on peut trouver Alexandre Dumas, à qui je diffuse de manière continue le film Les Trois Mousquetaires – 3D ; la chose est si mauvaise et dénature tant et si bien son oeuvre qu’il se tourne et retourne à une vitesse formidable ; je l’ai donc, tout naturellement, relié à une turbine, transformant ainsi le pauvre hère en ressources capable d’assurer l’avenir de l’humanité. Et comme le film est en boucle, il y en a pour plusieurs siècles."

Un autre journaliste se leva dans le fond de la salle : "Professeur, utiliser un mort comme source d’énergie : est-ce bien éthique ?"

Landret lui jeta un regard noir : "Et utiliser un mort comme source de pognon ?"

Le journaliste hésita quelques secondes. "Bin ça dépend : le film, il respecte l’oeuvre ou pas ?"

Un long silence s’installa dans la salle, durant lesquelles les deux hommes ne se quittèrent pas des yeux. Finalement, le professeur reprit.

"Dedans, Athos est un ninja".

On entendit des centaines de hurlements de douleur, alors que l’information violait chaque neurone de l’auditoire dans une orgie de misère intellectuelle.

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L'affiche : honnêtement, ça ne vous fait pas rêver bande de canaillous ?

Tout commence donc à Venise, au début du XVIIe siècle, alors que la fière cité des Doges est plongée dans l’obscurité de la nuit. Ici et là, sans que l’on sache trop pourquoi, moult feux d’artifices explosent : ce doit être jour de fête, ou alors juste que pour certains, Venise + ère moderne = carnaval toute l’année. Mais ne nous intéressons point à ces menus détails, et allons droit vers le feu de l’action ; quelque part, à proximité d’un canal, un sympathique garde est en train de surveiller une porte, protégeant ainsi la demeure de ses maîtres. Soudain, sa puissante oreille de garde surentraîné perçoit un léger "blub-blub" à la surface de l’eau ; détournant son regard perçant du vide abyssal qu’il mirait jusqu’alors, il observe et note que quelques bulles viennent d’apparaître à la surface : d’où cela peut-il provenir ? Copulation de gardons ? Visite du petit Grégory ? Soulagement gastrique de truite (car la truite est un poisson qui aime la choucroute, comme chacun sait, avec tout ce que cela implique) ? Nenni : venant de l’onde obscure, une lame part et vient saisir le malheureux pour l’amener à lui dans un grand plouf sonore.

Luigi et Jean-Mario, ses deux acolytes qui passaient par là, entendant leur ami choir, s’empressent d’aller sur les lieux pour constater que de l’eau sort l’assassin de feu leur compagnon : un… ninja ! Mais ? Les deux pauvres Italiens, à demi-aveuglés par ce mauvais cosplay, sont forts surpris (sans compter qu’ils savent très bien que ce n’est pas la période de la Japan Expo), aussi ne peuvent ils pas réagir à temps, lorsque le vil oriental sort de son dos deux arbalètes dépliables (sorties de petits tubes histoire de ne pas les mouiller dans l’eau, c’est un ninja organisé) avec lesquelles il transperce les malheureux de ses carreaux. Sitôt cette exécution effectuée, l’homme retire son masque et parait alors son visage : il s’agit d’Athos, le célèbre mousquetaire. Oui, Athos le mousquetaire-ninja, ce film commence très fort, préparez-vous. D’ailleurs, sort alors de l’ombre proche une damoiselle en grande tenue qui embrasse aussitôt le nouveau venu : Milady de Winter, complice de notre héros dans le forfait qu’il s’apprête à accomplir. Après lui avoir refilé ses miasmes en lui tripatouillant la glotte de sa langue, elle lui annonce que ça y est, elle a obtenu la clé qu’ils étaient venus chercher. On se demande donc pourquoi Athos s’est fait chier à faire le ninja mouillé, puisque visiblement, madame a déjà tout fait. Ah oui, ça me revient : pour faire cool. Nous verrons que dans ce film, être cool est la seconde priorité des intervenants, juste après être stupide.

Pendant ce temps, ailleurs en ville, un homme est perché sur les toits, la cape au vent, observant l’horizon d’un air pensif (probablement qu’en réalité il a juste René la taupe en tête) ; sortant un petit crucifix de son col, il s’empresse d’adresser un prière au Seigneur ("Seigneur, vas-y, fais pas ta pute"), avant de tourner son regard vers une gondole passant en contrebas, où un noble local tente de séduire une donzelle ("Coquine, vas-y, fais pas ta pute"), bien que celle-ci se montre réticente. Tel un Batman de l’ère moderne (à ne pas confondre avec l’ère contemporaine si vous ne voulez pas vous faire tabasser par une hordes d’historiens armés de livres ‘Emmanuel Le Roy-Ladurie), il bondit donc vers la barque afin d’y atterrir dans un bruit de tout les diables avant de s’attaquer à ses occupants ; en quelques secondes et sans suer la moindre goutte, il tatane le maigre équipage et obtient même du petit noble qu’il lui confie une clé qu’il portait au cou. Après avoir jeté l’homme au sang-bleu à l’eau, il se décide donc à en profiter pour draguer la jeune fille restée seule à bord : après tout, autant ne pas se déplacer pour rien. Ah, mais.

Enfin, Porthos, lui, a été fait prisonnier par un autre noble du coin ; enchaîné dans un quelconque donjon, et encadré par deux gardes, il voit donc arriver le patron de ses geôliers, qui s’exclame "Hohoho, Porthos, vilain mousquetaire ! Te voilà bien attrapé petit espion, que vas-tu faire, maintenant ?". Le colosse français répond simplement que tout cela fait partie de son plan : il s’est livré volontairement ; sitôt cela dit, il tire sur ses chaînes en point d’en desceller les pierres auxquelles elles étaient reliées, et s’en sert comme arme pour castagner les gardes, puis enchaîner à son tour le noble local. Sa prestation terminée, il lui vole la clé et s’en va bien gentiment poursuivre son aventure. Oui, sinon, vous avez bien lu : le plan de Porthos reposait à 98% sur le fait qu’on l’attache à des pierres mal scellées. Misère.

Athos, Porthos, Aramis et Milady se retrouvent donc tous les quatre dans un palais du coin, et se mettent à expliquer à haute voix leur mission : "Ça y est, nous avons récupéré les trois clés de la cache secrète de Léonard de Vinci, qui abrite les documents des machines secrètes du maître que nous sommes venus chercher pour la France ! Vite ouvrons tout ça et filons !" ; ni une, ni deux, les trois loulous se dirigent vers trois grosses serrures au sol (moi aussi, j’indique l’emplacement de mes caches secrètes avec trois grosses serrures dorées bien visibles marquées "SECRET" des fois que) et y enfoncent les clés ; celles-ci, une fois enclenchées, se mettent à se soulever, pivoter, activer des rouages, bref, faire tout un tas de merdouilles qui prouvent que Léonard faisait plus dans le tuning que dans l’efficacité, avant de faire apparaître un passage s’enfonçant dans les profondeurs de Venise. Nos quatre galopins y entrent donc.

Accessoirement, ce passage nous prouve aussi que si Léonard savait confectionner des serrures formidables, il n’était pas contre pas foutu de savoir à qui en confier les clés. Il aurait inventé la carte bleue qu’il en aurait aussitôt filé son code à un certain "Docteur Djou Djou N’Gomma" lui expliquant qu’il en avait besoin pour débloquer l’argent de son père, mort dans un accident d’avion en laissant 1,2 millions de dollars derrière lui sur un compte bloqué. Quelle andouille ce Léonard.

Revenons au sujet, tout de même. Donc, dans le passage, ha ! Il n’y a qu’un long couloir avec aux murs, des dizaines de têtes sculptées bouche ouverte qui se font face, ce qui intrigue vaguement nos héros (qui n’ont pas besoin d’allumer la moindre lampe : Léonard avait, semble t-il, installé un système d’allumage automatique de torche relativement ridicule) ; serait-ce un piège ? Athos jette un objet dans le couloir pour vérifier, et lorsque celui-ci touche le sol, il enfonce par son poids une dalle à pression qui déclenche alors des dizaines d’arquebuses glissées derrière les têtes sculptées sur les murs de chaque côté de la dalle, transformant ainsi tout potentiel visiteur en pulpe sanglante. "Cacaboudin", s’exclament nos mousquetaires (vocabulaire d’époque typique) ! Comment passer, sachant que l’on vient de découvrir qu’il suffisait de faire pression sur une dalle avec un objet quelconque pour enclencher le piège et ainsi le désamorcer ? Nos gros débiles de mousquetaires commencent donc à réfléchir à la question, alors même qu’ils ont déjà la solution. Ne me demandez pas pourquoi. Mais finalement, c’est Milady qui se décide à agir afin de montrer qu’elle est bien plus bête que les trois autres réunis :

Elle décide de passer dans le couloir en courant.

Fan de Milady à Mogadiscio : "Je vais déminer cette voie de chemin de fer en courant très vite dessus !"

Oui, vous avez bien lu : ils savent comment désamorcer le piège en tout sécurité, sans aucune raison valable, décident d’oublier qu’ils le savent, et le plan de la géniale Milady se résume à dire "Vous inquiétez pas : je vais courir comme sur un string un jour de soldes, et feinter les balles qui ne sont pas aussi rapides que moi !". Et figurez-vous que ça marche : notre donzelle est plus rapide que les projectiles des armes à feu (malgré le fait qu’elle court en tenue de soirée du XVIIe siècle, le genre de truc qui ferait pourtant pleurer un parachutiste), ce qui impressionne fortement les mousquetaires, qui constatent par ailleurs qu’ils ont bien fait de prendre Milla Jovovich : de profil, les balles ne risquent pas de toucher grand chose. Ils auraient eu Jane Birkin, elle pouvait passer en marchant. Mais je m’égare.

Arrivée au bout du couloir, toutes les dalles ont été activées, et donc, toutes les arquebuses ont tiré ; on notera d’ailleurs que les arquebuses étaient situées face à face, faisant ainsi qu’à chaque tir, les balles explosaient la tête sculptée d’en face ; c’en est à se demander pourquoi Léonard s’était emmerdé à sculpter tout ça, à part pour signaler le piège et se rajouter un travail fou. Non vraiment : Léonard kiffait méchamment les trucs surchargés si l’on en croit ce film. Nul doute qu’il aurait apprécié Guy Carlier. Bref. Les mousquetaires, en tout cas, s’engagent donc dans le couloir à la suite de Milady, et arrivent donc dans une pièce emplie de parchemins contenant plans, textes et informations uniques de l’ami De Vinci, traitant de choses plus ou moins révolutionnaires (l’aviation, l’astrophysique, le flan aux fruits). Ils commencent donc à fouiller les lieux à la recherche d’un document particulier (personnellement, plutôt que de sélectionner, j’aurais chargé ma besace et fait le tri à la maison, mais non : nos mousquetaires préfèrent faire leur petit marché sur place, ce qui, nous le verrons par la suite, est encore plus con que l’on ne pourrait déjà le penser).

En surface, un groupe de gardes arrive pendant ce temps : un des nobles qui avait été agressé a fait venir des hommes d’armes afin d’empêcher les français de voler les secrets du génie italien ; il interroge alors le capitaine des soldats afin de savoir si les espions ne risquent pas de s’échapper, et l’officier le rassure : non, il le sait, la cachette de De Vinci n’a aucune autre sortie que l’entrée devant laquelle ils sont.

Car oui, visiblement, même le soldat du coin a visité la crypte secrète. Sachant que trois nobles locaux en avaient la clé, ça se tient : mais dites moi, justement les mecs,  puisque vous pouviez avoir accès à cet endroit quand vous vouliez, et que visiblement, des gens y étaient déjà allés, pourquoi personne n’avait pensé à utiliser les plans de Léonard pour s’enrichir ? Surtout que visiblement, ça contient des trucs tellement géniaux que même les espions étrangers les veulent. Je ne sais pas, moi, je ferais partie d’une riche cité marchande, moi et deux autres gars aurions des clés pour accéder à un lieu contenant de quoi nous faire monstrueusement du pognon, je pense que j’aurais tôt fait de trouver un arrangement (ou de faire stranguler les deux autres pinpins pour récupérer leurs clés avant qu’ils n’aient la même idée) histoire d’aller visiter l’endroit et de pouvoir enfin m’acheter des slips en diamant avec les bénéfices (si quelqu’un vous dit que ce n’est pas confortable, demandez-lui s’il en a déjà essayé : vous verrez, ce sont toujours ceux qui n’y connaissent rien qui la ramènent). Là, non : les mecs ont les clés mais se disent que non, des trucs qui pourraient révolutionner le monde, la science et leurs portefeuilles, ce n’est franchement pas intéressant. Autant se contenter de juste le faire visiter à des gardes pour qu’ils s’exclament "C’est joli ici !". Passons.

Les mousquetaires voient donc arriver derrière eux dans le couloir aux pièges désormais désamorcés par le gros cul de Milady des dizaines de soldats en colère ; ils les retardent donc à coups de mousquet pendant que la lady continue de fouiller l’endroit à la recherche du plan qu’ils sont venus chercher (et oui, à chaque fois qu’elle trouve un document hors de prix qui n’est pas celui qu’elle cherche, elle le repose plutôt que de le garder : bravo ! C’est vrai que Milady n’est pas le genre de personnage qui se ferait un plaisir de revendre ce genre de documents à tous les princes d’Europe, ça ne l’intéresse pas) ; les mousquetaires annoncent par ailleurs que vu le nombre de leurs ennemis, ils vont passer au plan B pour s’échapper, et fixent des explosifs sur le plafond de la pièce où ils sont. Aussi, lorsque finalement, ils trouvent le document qu’ils sont venus chercher (des plans de bateaux volants, encore un truc qui n’aurait pas du tout servi à la noblesse marchande vénitienne, hein ?), ils font sauter le plafond, faisant ainsi que l’eau des canaux s’engouffre et permet à nos héros de sortir par le trou ainsi creusé, alors que les eaux dévalant dans la crypte de Léonard emportent et désorganisent les soldats qui les attaquaient dans le couloir attenant.

Nos quatre héros se retrouvent donc à nager à l’extérieur entre les maisons de Venise, riant à gorge déployée car ils viennent de réussir leur mission, et très intelligemment, de détruire un immense patrimoine intellectuel et scientifique, en prenant bien soin de sauver le minimum de documents puisqu’ils refusaient d’en emporter plus que prévu alors que tout le monde y aurait été gagnant. On applaudit bien fort nos andouilles.

Pour fêter ce qui est considéré par les scénaristes comme un brillant succès ("Chef ! Je vous ai rapporté le livre que vous m’aviez demandé, par contre, j’ai fait brûler la bibliothèque d’Alexandrie en passant ; j’ai bien mérité une promotion, non ?"), la petite troupe se réunit dans un coin discret pour trinquer à son exploit. Hélas, Milady, qui répétait jusqu’alors mourir d’amour pour Athos, se tourne vers lui d’un air désolé pour lui annoncer qu’elle doit le trahir. Comment ? S’exclame notre moustachu ; Me trahir ? Et la tête se met subitement à lui tourner, ainsi qu’à ses camarades : la bougresse a mis de la drogue dans leurs verres ; zut, ils n’auraient peut-être pas dû faire confiance à une créature à la fois femme et anglaise, deux défauts majeurs, particulièrement pour le gentilhomme français du XVIIe siècle, mais bon. Remarquez, aujourd’hui encore, hein : une femme qui mange de la saucisse au petit-déjeuner est déjà en soi un être profondément maléfique.

Nos trois hommes s’effondrent donc, incapables de se mouvoir correctement : ils se mettent à battre des pieds en l’air, à vainement agiter leurs bras, et à peu de choses près, ressemblent furieusement à des danseurs de tektonik (même leurs pantalons créent le doute chez le spectateur). Milady s’empare alors des plans du bateau volant, et d’une pièce voisine surgit… le Duc de Buckingham (il était caché dans la cuisine, entre le sauciflard et les surgelés ? Quelle classe)  ! L’ennemi juré des mousquetaires, un fourbe d’anglais (pléonasme, je sais), qui vient narguer nos loulous et récupérer les plans de la damoiselle. Il déclare donc : "Hahaha, je suis trop maléfique, je voulais ces plans. Grâce à vous, je les ai : bravo ! Bon par contre, je suis particulièrement con, puisque je prends un risque inutile en venant ici, car outre le fait que même drogué vous auriez pu me coller un coup de pistolet chanceux, il ne me sert à rien d’être ici à part à vous indiquer qui est désormais en possession des plans de l’aéronef. J’ajoute que bien que vous soyez les meilleurs hommes de mon ennemi, le roi de France, et que je pourrais vous tuer, là, tout de suite, histoire d’être tranquille, surtout en sachant que je viens connement de vous révéler que j’étais celui qui vous avait volé, je ne vais rien faire. Hmmmm, je suis content d’avoir voyagé 3 semaines jusqu’à Venise juste pour faire du rien et vous permettre de me pourchasser ! Bisous."

Notez la petite boucle d'oreille pour dire que le Duc est trop cool. J'ai dit cool, ne lisez pas autre chose

Mon Dieu, c’est vraiment trop maléfique ! Les trois mousquetaires parviendront-ils à se venger ? Arrêteront-ils la drogue ? Iront-ils en désintox avec le scénariste ? Faisons un fondu au noir et laissons une année s’écouler…

Et effectivement ; une année plus tard, nous voici en France, dans la belle campagne du royaume du jeune Louis XIII, où un freluquet s’entraîne à l’escrime avec son père : il s’agit de D’Artagnan, éphèbe gascon, qui apprend de son ex-mousquetaire de géniteur comment tataner les ennemis du pays (ce qui comprend bien évidemment les bourguignons comme chacun sait) ; celui-ci, avant de lui dire "Ça y est, mon fils, tu sais tout de l’escrime", lui apprend tout de même une dernière botte, consistant à embrocher un adversaire disposant de deux lames. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ça servira. Passons ; Papa D’Artagnan a d’autres dialogues débiles à sortir à son fils, histoire de varier les plaisirs, comme par exemple : "N’oublie jamais, mon fils, quelle est la première arme du mousquetaire ! – Oui, père, je sais ; son épée, l’arme traditionnelle du mousquetaire ! – Non, mon fils : son coeur" ; oui, d’accord, sinon la réponse "Le mousquet" pouvait aussi être acceptée : on a même marqué ça dans le nom pour être sûr que tout le monde comprenne, mais visiblement, c’était encore un peu trop dur. Soit ; D’Artagnan fils veut donc partir à Paris pour entrer chez les mousquetaires, la prestigieuse garde d’élite du roi ; pour ce faire, sa mère lui confie un vieux cheval à demi-lépreux pour l’emmener : Sarah Jessica Parker Bouton d’Or.

Alors qu’il fait route vers la capitale, notre jeune héros s’arrête cependant dans une bonne auberge afin de claquer le peu d’argent que sa mère lui a confié en chopines de bières, poulets crus et filles de joie (du moins, je le suppose) ; mais alors qu’il descend de sa monture, des hommes attablés à l’extérieur et vêtus d’un curieux uniforme rouge et noir se moquent de son cheval, ce qui, à l’époque, est l’équivalent d’une insulte moderne concernant les moeurs de votre maman. Mordieu, s’exclame D’Artagnan, il n’en sera point ainsi ! Il va donc demander au capitaine de la troupe, un borgne à l’air peu aimable, s’il ne voudrait pas s’excuser auprès de son canasson ; l’officier refuse, et se voit en conséquence défié par le jeune gascon, qui tire son épée afin de régler la question : bravo fier mousquetaire ! Défier tous les types en uniforme qui passent pour un oui ou pour un non est sûrement le meilleur moyen de rentrer dans un corps d’élite de l’armée ! Enfin : le capitaine, Rochefort de son nom, sort son pistolet et plombe le bras de son freluquet d’adversaire plutôt que de s’ennuyer à tirer son épée, car comme tous les Rochefort, il fait à sa guise. C’est fourbe, certes, mais au moins, le morveux la ramène un peu moins. Mais encore un peu quand même : le vil officier sort donc sa lame pour l’achever au sol, lorsqu’évidemment, à la dernière seconde, un carrosse passe, duquel une voix féminine demande à ce que l’on épargne le mignon galopin : il s’agit de Milady de Winter, qui se rend à Paris pour voir le cardinal de Richelieu sous l’escorte du capitaine de sa garde, Rochefort ! D’Artagnan est donc sauf, alors que tant sa sauveuse que ses gardes s’en vont pour la capitale. Soit : il attend un peu et reprend la route derrière.

Lorsque D’Artagnan arrive à Paris (je… non, ne parlons pas de Paris au XVIIe siècle selon ce film), il s’en va donc poser son cheval dans une ruelle marchande, lorsque soudain, qui aperçoit-il, là-bas, dans la foule ? Le capitaine Rochefort ! Vite, il est encore temps d’aller lui redemander réparation, et de se reprendre une balle dans l’autre bras ! Le gascon se lance donc à la poursuite de son ennemi en fendant la foule, mais ce faisant, bouscule un type qui se renverse son alcool sur la chemise : Athos ! Lui aussi demande réparation au jeune effronté, et lui donne rendez-vous à Saint-Germain, à midi, pour lui apprendre la politesse. Soit, dit D’Artagnan, avant de repartir en courant. Mais sans aucune raison, il traverse soudainement une échoppe de tailleur qui n’était pas sur la rue (oui, il s’amuse à rallonger le chemin qu’il prend quand il fait une poursuite, je crois qu’il est assez con pour devenir lui aussi mousquetaire), et bouscule cette fois Porthos, qui essayait de nouvelles tenues. Hop, ils s’engueulent, et donc, nouveau duel : Saint-Germain, à une heure. D’Artagnan reprend sa poursuite, mais s’aperçoit qu’il a perdu Rochefort dans l’affaire (ça t’apprendre à courir dans des boutiques n’ayant aucun rapport avec l’histoire) ; il retourne donc à son cheval, mais ho ! Un employé municipal est en train de lui coller une amende pour gros caca sur la chaussée (véridique), et il y a donc nouveau conflit ; ça tombe bien, il s’agit d’Aramis (Paris fait environ 75m²), un nouveau duel est donc lancé : Saint-Germain, à 2h.

Oui, Saint-Germain, à l’époque, c’est un peu le parking de Shoppy, tout le monde s’y donne rendez-vous pour la baston.

Pendant ce temps au palais royal, Milady de Winter vient d’arriver pour son entretien avec le cardinal de Richelieu. D’ailleurs, en parlant de palais, on notera que celui-ci, situé dans un splendide écrin de verdure au coeur de Paris, a l’apparence du Louvre à l’extérieur (jusqu’ici, ça se tiendrait presque), mais de Versailles à l’intérieur, ce qui pose vaguement problème, entre autres puisque l’on peut donc y apercevoir la galerie des glaces, qui rappelons-le, n’existe pas encore et n’a par ailleurs rien à faire là, mais bon. Ne chipotons pas : c’est un film avec des mousquetaires ninjas et des bateaux volants, on ne va pas non plus trop en demander. Bref, que disais-je ? Ah, oui : le cardinal de Richelieu reçoit Milady dans son bureau, car oui, il aime bien recevoir ses espions en public, histoire que tout le monde sache bien qui est à sa solde. Ajoutons à cela le fait que son lieu de travail est formidablement classe : il y a au sol une immense carte de l’Europe, sur laquelle le cardinal aime à placer des figurines représentant les différentes armées de tous les pays (il s’en sert probablement pour jouer à Warhammer en cachette, il cache le livre d’armée des Elfes Noirs dans le tiroir de droite de son bureau) afin de mieux visualiser les forces dont chacun dispose. Ainsi, n’importe quel livreur de donuts peut, rien qu’en livrant le cardinal, découvrir tous les secrets militaires de la France. Quel formidable génie. Rappelez-moi : quel personnage, jusqu’ici, a réussi à simplement ne pas être idiot ? Ah, oui, c’est ça : aucun.

Revenons sur l’entretien en soi entre le cardinal et son espionne : Milady informe Richelieu que Buckingham a construit "la machine", et qu’il va ainsi prendre un fameux avantage militaire. D’ailleurs, le Duc sera bientôt en France pour venir discuter de paix au nom de son père le Roi Jacques avec le Roi Louis XIII. Mais bon : chacun sait que le vrai pouvoir est aux mains du cardinal, car Louis est jeune et un peu niais : dans le film, c’est une sorte de queer seulement intéressé par la mode qui ne comprend rien à rien et se contente de se demander de quelle couleur doit être son prochain slip. Le cardinal se lasse d’ailleurs de le servir, tant il le trouve stupide.

Mais allons voir D’Artagnan : celui-ci se rend donc à midi à Saint-Germain afin d’y rencontrer son adversaire ; ça tombe bien, l’endroit n’est constitué que d’une place et de 6 maisons, ce qui permet de s’y retrouver facilement (en même temps, c’est proportionnel à la taille de Paris dans les scènes précédentes), et rapidement, le gascon voit arriver son premier adversaire, Athos, accompagné de ses deux témoins pour le duel, Porthos et Aramis : D’Artagnan réalise donc qu’il a défié les trois mousquetaires, les trois vaillants héros qu’il adule et qu’il souhaite rejoindre dans le corps d’élite du roi, ce qui lui fait durcir les tétons sous son blanc chemisier ; mais voilà qui ne l’empêche pas pour autant de vouloir se battre, par ailleurs, jusqu’à ce que soudain débarquent de nulle part  des dizaines d’hommes portant les armes du cardinal de Richelieu, et commandés par Rochefort : ne me demandez pas comment ils ont deviné qu’ils étaient là, il doit y avoir une sorte d’Elisabeth Tessier au cabinet du cardinal. Rapidement, ils encerclent les trois mousquetaires et D’Artagnan, les sommant de déposer les armes au motif qu’ils… attendez, non, ils n’ont aucun motif en fait. Ils viennent juste faire une petite scène d’action inutile. Pour vous la faire brève, nos quatre héros sont des rois de l’épée, et donc, ils ont tôt fait de défaire tous les soldats qui s’opposaient à eux, les assommant, blessant ou tuant selon la situation. Rochefort, lui, ne reste pas sur place et se contente de s’enfuir sans demander son reste.

Attention : dans cette scène, les mousquetaires du Roi affrontent les mousquetaires du cardinal ; comptez le nombre de mousquets visibles

Au milieu de la bataille, alors que le quartier est parfaitement désert, surgit de nulle part une donzelle en grande tenue et à l’air innocent (ahaha, tu ne trompes personne : tu es une femme !), portant à la main un panier de fleurs fraîchement arrangées : cette image était tellement consternante sur l’échelle du Cucu-la-Praline que plusieurs lapins qui vivaient à proximité du cinéma ont soudainement été victimes d’une diarrhée d’arcs-en-cielaussi soudaine que brutale ; la choses a d’ailleurs été fatale à plusieurs lagomorphes, tant les arcs-en-ciel, ça pique un peu pour sortir. Et donc, au milieu de ce chaos, D’Artagnan apercevant la donzelle se décide à combattre tout en contant fleurette à la jeune fille, prénommée Constance, à base de "Mademoiselle, bien ou bien ? Z’êtes bonne !" ; mais la damoiselle est aussi farouche que péteuse, et fait donc remarquer à notre héros que s’il est doué pour manier l’épée, il l’est moins pour manier l’esprit. Venant de la part de la seule habitante du quartier qui visiblement, a été assez bête pour se pointer en plein milieu d’une bataille géante dont l’écho des échanges de coups d’épée devait être perceptible dans toutes les rues attenantes, j’aurais tendance à dire qu’il y en a qui ne devraient pas trop la ramener, mais bon. D’Artagnan non plus ne le note pas (il n’est lui même pas étonné de trouver une nana transportant des fleurs en plein milieu de la baston générale, ce qui est pourtant peu banal avouons-le), ce qui prouve bien qu’ils sont faits pour s’entendre.

A la fin de la bataille, les quatre héros sortent vainqueurs et indemnes, alors que la garde du cardinal est complètement en déroute : depuis les fenêtres du quartier, tous les habitants les acclament, car allez savoir pourquoi, ils ont deviné qu’il s’agissait des trois mousquetaires, dont la photo ne circule pourtant pas vraiment dans Voici et Public à l’époque, bien qu’ils soient quatre et qu’aucun d’entre eux ne porte un uniforme de mousquetaire. Ils sont forts à Saint-Germain. Je n’aimerais pas jouer à Qui-est-ce ? contre eux.

Cette aventure permet à D’Artagnan de fraterniser avec les trois larrons, qui l’emmènent dans leur maison, où l’on vit entre hommes en se nourrissant de chips, de bière et en discutant de Kant et de Spinoza tout en effectuant d’audacieux concours de pets. Ils ont sur place un serviteur gras et benêt, Planchet, qui s’occupe des courses et de la gestion de la maison au quotidien. C’est dans ce lieu oublié des femmes et du savon que notre jeune gascon découvre que les mousquetaires ne sont plus les héros qu’il imaginait : depuis la trahison de Milady et l’échec de la mission de Venise, ils ne croient plus en rien. En même temps, faire confiance à une femme : quelle idée les gars, vous ne pouvez vous en vouloir qu’à vous même.

Cependant, rapidement, nos larrons sont convoqués au palais royal afin de répondre des évènements du jour : en effet, le cardinal a appris que des mousquetaires du roi s’étaient battus avec les hommes de sa garde, et il demande au jeune Louis XIII de punir les coupables. Nos trois mousquetaires et D’Artagnan se rendent donc au Louvre afin d’y rencontrer le roi et le cardinal. Seulement voilà : le roi est bête, et donc, quand il apprend que 4 de ses hommes sont si forts qu’ils ont pu se débarrasser aisément de 40 de ceux du cardinal, il est si fier que plutôt que de les punir, il propose de les récompenser, ce qui fait enrager le cardinal. En même temps mec, tu serais autre chose qu’une grosse andouille, tu rappellerais que dans l’affaire, il y a eu des morts, et donc des veuves et des orphelins, et hop, le roi serait obligé de sévir, et méchamment, s’il ne voulait pas que se répande dans le royaume l’idée que le roi couvrait des meurtriers, ou pire, les récompensait pour s’amuser de la chose. Mais non : il reste juste à faire "Raaah, sacrés mousquetaires ! Je les aurai un jour, oui, je les aurai !". Consternant : je rappelle qu’il est supposé être un génial politicien. On dirait du Nadine Morano tant c’est mauvais.

Durant ce grand moment, la reine vient honorer de sa présence tout ce petit monde, et alors qu’elle déclame des platitudes, on voit paraître derrière elle ses servantes ; D’Artagnan aperçoit alors parmi elles… Constance ! La bougresse de Saint-Germain qui n’avait rien à faire là était donc en réalité une membre de la suite de la reine (qui avait donc encore moins de choses à faire là, c’est formidable). Saperlipopette, c’est pas banal ! Paris et sa région sont décidément bien petites !

Après cet entretien, le cardinal de Richelieu s’en va, humilié par la décision du roi de récompenser ceux qui ont tué ses hommes. Il grogne, râle, geint, se roule par terre et devient tout rouge et accessoirement, décide d’en finir avec cette situation : le pouvoir doit lui revenir à lui, et pas à ce jeune roi incompétent. Pour ce faire, il faudrait que le pays entre en guerre, et qu’ainsi, le peuple se tourne vers lui plutôt que vers le souverain peu expérimenté. Mais comment déclencher une guerre ? Hmmm, sachant qu’il y a des négociations au sujet de la paix avec l’Angleterre qui doivent arriver sous peu, puisque le Duc de Buckingham va venir à Paris, voici une belle occasion qui se profile ! J’imagine que le cardinal va comploter pour faire échouer les négociations et ainsi aller tout naturellement vers la guerre et… ha ? Non, non, excusez-moi : j’ai fantasmé sur un plan simple et efficace ; le cardinal fait plutôt venir Milady et lui explique son plan : elle va aller voler le collier que la reine a eu en cadeau de mariage du roi, et déposer dans le bureau de celle-ci de fausses lettres d’amour du Duc de Buckingham dans lesquelles il dit avoir reçu de la reine le collier. Milady ira alors cacher le collier à Londres, et ainsi, lorsque le roi voudra savoir si les lettres sont vraies, il lui suffira de voir que le collier a disparu, et qu’il est désormais à Londres ! Il sera ainsi en colère et déclarera la guerre à l’Angleterre, et tout le monde acclamera le cardinal comme chef pour mener le pays à la bataille ! Quel plan merdique diabolique ! Soit : Milady va donc s’exécuter.

Le lendemain, donc, tout le palais royal est en alerte, et tous les mousquetaires (y compris D’Artagnan, qui a été intégré au corps d’élite, comme ça, pouf, car il a pour seul mérite d’avoir tué des agents de l’état dans l’exercice de leurs fonctions) et gardes du roi sont alignés dans la cour pour attendre le Duc de Buckingham ; seulement voilà, celui-ci est en retard… et il s’avère qu’alors que chacun attend un carrosse, en réalité, c’est du ciel que vient le noble anglais, lorsque parait au-dessus du palais un formidable bateau volant, coque de navire classique attachée sous un ballon d’air ! Larguant ses amarres, il descend vers le sol jusqu’à se poser. On notera d’ailleurs que si les soldats qui menacent de se prendre une ancre remuent un peu pour l’esquiver, tous les autres présents ne remuent même pas une oreille ou ne tournent même pas la tête : un bateau volant, c’est tellement commun ! En tout cas, après avoir défoncé les pavés du Louvre à coups d’ancre de marine en s’amarrant, le Duc de Buckingham descend de son navire et insulte courtoisement le roi de France en public  en lui expliquant qu’il s’habille comme un ringard ; évidemment, personne ne réagit, puisque là encore, un diplomate qui insulte d’entrée de jeu le suzerain du royaume, c’est bien normal. Il s’en va ensuite discuter avec le cardinal de Richelieu, puisque nous découvrons que c’est lui qui va effectuer toutes les négociations seul et en l’absence du roi. Heu…. ha ? Cardinal, vous voulez dire que vous dirigez de manière autonome les négociations de paix mais que vous ne voyez pas comment vous servir de cette occasion pour entrer en guerre ? La vieillesse, c’est vraiment moche.

Sinon, au passage, je résume la situation : le Duc de Buckingham se comporte au palais comme un gros con, et insulte tout le monde, y compris et surtout le roi devant témoins. Dans le même temps, le cardinal monte un complot pour que le roi se sente insulté par le Duc de Buckingham, car il a besoin de cela comme prétexte pour entrer en guerre. Mais non, jamais le cardinal ne pensera à utiliser les vraies insultes du Duc, à la place, il préférera continuer sa machination pourrie. Voilà voilà. Je vous laisse seuls juges.

Ça fait quand même deux occasions pour le cardinal (les négociations et les insultes) d’obtenir ce qu’il veut de manière directe, simple et légale, mais non. Non mais sérieusement ? Il a envie de se donner des handicaps ? Il se trouve trop bon ?

Dans le même temps, donc Milady est passée à l’action : perchée sur le toit du Louvre, elle compte bien aller accomplir sa mission en infiltrant les appartements de la reine ; tel un petit Tom Cruise, elle se laisse donc descendre via un filin accroché à sa tenue commando (si…) jusqu’à une fenêtre donnant sur le bureau de l’épouse du jeune suzerain, et a tôt fait de crocheter la serrure pour pénétrer sur place ; elle dépose alors promptement des documents qu’elle a réalisés elle-même supposés être écrits de la main du Duc de Buckingham. Cependant, une fois cela fait, elle doit encore voler le collier de la reine… qui est caché dans un passage secret, qu’elle connait parfaitement, puisqu’espionne formidable de son état. Seulement voilà, comme à l’époque, on avait pas encore inventé les lasers dans tous les sens pour empêcher les cambrioleurs d’agir comme dans tout bon film de monte-en-l’air, nos scénaristes se sont dit "Et si on remplaçait les lasers par des fils ?" ; et ce qui fut dit – probablement avec de la schnouf plein les naseaux – fut fait : lorsque Milady arrive en vue du collier de la reine, elle fait apparaître en soufflant sur de la poudre pour créer une légère fumée, une série de fils de fer si fins et coupants qu’ils tranchent un ruban en une dizaine de morceaux rien qu’en le lançant en l’air et sont en temps normal parfaitement invisibles.

C’est là qu’il va falloir m’expliquer un truc : sachant que les fils prennent toute la largeur de la pièce, comment fait la reine quand elle veut prendre son collier ? Elle passe avec sa grosse cisaille et met du scotch sur les câbles derrière ? Elle a dressé des hamsters pour aller chercher le collier et le reposer ? Ne cherchons pas à savoir : c’est complètement con.

"Avec une bonne dizaine de hamsters, tu peux tout faire", comme le disait Hamtaro

Heureusement, Milady l’est aussi : tout comme pour le piège de De Vinci, plutôt que d’avancer prudemment en coupant les fils, elle utilise la même technique dite du "Banzaï !"  et fait donc juste un plongeon au ralenti entre les câbles, se faufilant ainsi en un seul saut ridicule entre toutes les défenses improbables de l’endroit. Elle arrive donc jusqu’au collier et s’en empare, par contre, nous n’avons pas le droit à la scène dans laquelle elle tente de repartir en faisant un autre saut consternant : on ne voudrait pas qu’un spectateur se brise les côtes en riant ce faisant. Ou se brise lui même les côtes pour tenter d’achever le supplice qu’est ce film. Entre Ninjathos et Miladyamakazi, ça devient un peu dur de suivre sans penser sérieusement à la mort. Ce film est sûrement orienté vers les gothiques.

Cela fait, Milady s’en va trouver le cardinal : elle va repartir vers Londres avec le Duc de Buckingham, qu’elle a séduit, afin de déposer le collier chez lui dans la tour de Londres. Cependant, soucieuse de ne pas avoir d’ennuis au cas où elle soit prise, elle demande à ce que le cardinal lui signe un papier de sa main dans lequel il serait dit "Le porteur de ce message a fait ce qu’il a fait sur mon ordre". Hahaha, c’est ridicule, c’est tellement flou, qui accepterait de signer un tel truc, ce serait comme mettre sa signature au bas d’un contrat blanc sans savoir ce qu’il va… "J’accepte", dit donc le cardinal, qui a bien envie que ses agents secrets se promènent avec sur eux des preuves comme quoi ils bossent pour lui. Comment ? Non mais ce film. Ce film. Une huître pourrait manipuler le cardinal tellement il est idiot. Et c’est censé être l’un des génies de cette histoire. Je… je sens de grosses larmes monter en moi. Franchement, Milady a dû être tellement contente de tomber sur un crétin pareil que, comme dirait Ned Stark, "Winter is coming" (attention : ce calembour nécessite une connaissance de Game of Thrones de niveau 1 et une maîtrise de l’anglais de niveau 2).

De son côté, le roi, lui, est devenu sans que l’on sache pourquoi super copain avec D’Artagnan, qu’il ne connait pourtant ni d’Eve, ni d’Adam. Ensemble, ils dissertent donc sur un sujet bien particulier : les filles, ces êtres mystérieux. Le roi explique par de subtiles hyperboles qu’il ne parvient pas à s’assurer de l’amour de la reine, et qu’il a les mains – entre autres -moites en sa présence. D’Artagnan lui répond donc qu’il doit être lui-même avec la reine, que c’est comme ça que l’amour naîtra comme une fleur radieuse. Ou alors qu’il doit l’enfermer dans la cave et la violer avec barbarie, et ce avec l’ensemble de sa garde. Je ne me souviens plus bien de ce passage, je crois que j’étais en train de dormir.

Mais, las ! A peine le Duc de Buckingham reparti pour Londres avec Milady dans son bateau volant, le roi, qui prenait à peine confiance en lui pour aller séduire la reine, tombe sur les fausses lettres que Milady avait cachées dans le bureau de celle-ci : il craint qu’elle ne soit, en fait, amoureuse du Duc de Buckingham, ce rascal d’anglais ! Vite : il va se confier au cardinal, qui lui explique avoir une solution simple ; dans les lettres, il est dit que la reine a fait cadeau au Duc, en gage de son amour, du collier qu’elle avait reçu pour son mariage. Il suffit donc, pour s’assurer de la véracité de ces échanges et sentiments, d’organiser un bal et de demander à la reine d’y porter ces bijoux : si elle vient avec, tout va bien. Sinon… ce sera la honte, et donc, la guerre ! Le roi approuve cette stratégie.

Encore une fois, le cardinal se met lui-même des bâtons dans les roues : il pourrait aussi dire au roi "Ok, on va tout de suite aller voir dans les appartements de la reine s’il y a le collier, ça va être vite vu, et s’il n’y a rien, on la tabasse à coups de chaussettes remplies de sable, et on abandonne son corps dans un terrain vague près de Nogent". Mais non : il ne faudrait surtout pas être intelligent/efficace/logique : n’oublions pas que le spectateur est avant tout une variante de Meles meles, mustélidé plus connu sous le nom de Blaireau.

La reine, ayant découvert que son collier a disparu, comprend que le cardinal est derrière tout cela, et cherche à manipuler le roi ; après être allée voir l’homme d’église (qui, pour information, lorsqu’il s’ennuie, combat ses propres gardes à l’épée pour s’entraîner : moi qui pensais que les cardinaux n’étaient pas vraiment de fins bretteurs, puisque n’ayant pas le droit de porter les armes, je suis fort étonné, mais bon, ça aussi, ça doit faire cool), elle a lu dans ses yeux qu’en effet, il était bien à l’origine du complot, et s’effondre : tout est perdu ! Tout ! Comme une blogueuse sans macarons, elle se met alors à sangloter, jusqu’à ce qu’une solution lui apparaisse : il y a bien des hommes qui pourraient lui venir en aide : les mousquetaires ! Eux sauraient aller récupérer le collier à temps et ainsi déjouer l’odieux complot ! Vite, Constance, ma chérie, va trouver ces braves hommes vivant en colocation dans un recoin quelconque de Paris ; suit les effluves de houblon et de méthane et tu trouveras leur repaire !

A la nuit tombée, Constance parait donc à la porte de nos fiers héros, demandant à s’entretenir avec eux. Pas de problèmes : D’Artagnan la fait rentrer, probablement dans l’espoir de la faire boire, mais avant qu’il n’ait eu le temps de mettre du GHB dans son verre, celle-ci se met à proposer une mission à la troupe : sauver la reine en récupérant son collier chez le Duc de Buckingham. Il faut quelques minutes de réflexion aux mousquetaires pour se décider, mais c’est finalement Constance qui, en roulant un gros patin à D’Artagnan, le convainc d’obéir. Ni une ni deux, la troupe se prépare donc à aller en Angleterre récupérer les bijoux de la reine de France, mais c’est alors qu’une voix bien connue retentit à la fenêtre : le capitaine Rochefort, de la garde du cardinal, est là avec ses hommes pour arrêter les mousquetaires et les empêcher d’accomplir leur mission, car le cardinal se doute qu’ils pourraient tenter, une fois encore, de sauver la France et la maison royale ! Rochefort est un homme aussi fort que les autres protagonistes de ce film : il n’a quasiment pas emmené d’hommes armés de mousquets, ce qui est bien dommage, surtout quand on va affronter des loulous qui gagnent à l’épée à 1 contre 10 sans se fatiguer, en sachant que parer une balle est bien plus difficile que de parer une épée, mais bon. Par ailleurs, pour faire sortir les mousquetaires de leur repaire, il leur explique que s’ils ne s’exécutent pas, il mettra le feu au bâtiment, ses hommes disposant de nombreuses torches prêtes à servir. Capitaine, c’est pas pour vous ennuyer, mais bon : si vous commencez à mettre le feu à une maison en bois et torchis de l’époque, vous risquez de brûler un tiers de Paris : ça me parait, disons, curieux comme méthode. Curieux, c’est ma manière à moi de rester poli, hein, je précise. Enfin bon.

Il est de toute manière interrompu par Planchet, le serviteur de la maison, qui parait à la fenêtre de la demeure pour vider un pot de chambre bien rempli sur le porte-parole de Rochefort, un officier fort mécontent d’être ainsi humilié ; la chose est en fait une diversion que certains seraient tentés de qualifier d’habile, puisqu’elle permet aux portes de l’écurie attenante de s’ouvrir à la volée pour qu’en sortent à toute allure les habitants de la maison, qui partent au triple galop en bousculant les soldats dans l’étroite rue faisant face à la demeure. Non, personne n’est blessé, pas un coup d’épée ne part, les hallebardiers ne pensent même pas à pointer leurs armes vers les chevaux, et mieux encore, les rares mousquets ouvrant le feu ne touchent pas : pourtant, des cavaliers prenant toute la rue en largeur, ça paraissait difficile à rater. Et bien si, ils le font. Je pense que la garde du roi est constituée en grande partie d’handicapés mentaux et moteurs pour des histoires de subventions. Ou un truc du genre.

Quelques temps plus tard, bien après cette nuit chaotique, nous retrouvons nos héros à Calais ; on découvre que dans leur fuite, ils ont emmené avec eux Constance (Quel intérêt ?) et Planchet (Sachant qu’il servait de diversion avec un pot de chambre dans la maison quelques secondes avant que tout le monde ne puisse fuir par l’écurie, il va falloir m’expliquer comment il s’y est pris pour échapper aux hommes du cardinal et rattraper ses employeurs), et surtout, que le cardinal de Richelieu a fait boucler les ports pour que personne n’embarque vers l’Angleterre sans autorisation. Sur place, d’ailleurs, l’officier du cardinal qui avait été humilié par Planchet à coup d’urine sur la tronche et quelques hommes guettent les allées et venues, attendant les mousquetaires. La question qu’il faut se poser est donc "Sachant que les héros sont partis au triple galop vers Calais avant tout le monde, comment se fait-il que a) le courrier contenant l’ordre du cardinal de boucler le port soit arrivé avant eux b) les hommes du cardinal, partis comme le courrier après eux, soient arrivés avant eux?". Personnellement, j’attends encore la réponse. J’imagine que le cardinal a envoyé un SMS à la capitainerie de Calais "C booclé lol :)" puis a envoyé ses hommes par train jusque là-bas. Enfin. Dans tous les cas, Constance propose de se déguiser en mousquetaire pour attirer les hommes du cardinal loin du port ; pendant ce temps, les vrais hommes du roi pourront grimper à bord d’un navire et appareiller, afin de gagner l’Angleterre tranquillement.

Heureusement, c'est une jolie fille qui lui demande de sauver la France. C'eut été Igor & Grichka, le royaume pouvait crever la gueule ouverte

Pendant ce temps, en Angleterre, nous découvrons que Milady a acquis les faveurs du Duc de Buckingham comme il se doit, celui-ci ne pouvant guère s’empêcher de la couvrir de baisers. La damoiselle, cependant, n’a pas perdu l’esprit : elle indique à son noble amant qu’elle sait que les mousquetaires vont bientôt venir faire un sale coup au château du Duc, et qu’il faut être sur ses gardes. Elle ajoute qu’heureusement, elle connait leurs habitudes :

  • Ils envoient en général Athos par le fleuve, car c’est un excellent nageur
  • Aramis par les toits, car c’est le plus agile
  • Porthos en guise de leurre frontal, sa force pouvant le dégager des chaînes de ses geôliers et affronter toutes les menaces

Mais au même moment, les mousquetaires, au fond de la cale de leur navire, disent que justement : Milady est dans le camp d’en face, et que pour avoir travaillé avec eux, elle connait leurs habitudes : il faut donc faire… exactement l’inverse !

Ah ? Du genre :

  • Porthos dans le fleuve, pour qu’il se noie et qu’on le retrouve échoué comme un gros éléphant de mer alcoolique ?
  • Athos par les toits, pour qu’il glisse et finisse ninja-tétraplégique ?
  • Aramis en frontal, pour qu’il ne puisse pas se dégager de ses chaines et finisse humilié dans les douches d’une quelconque prison anglaise ?

Non. Ils ont un plan, et un bien meilleur, surtout en sachant qu’ils sont désormais plus nombreux que trois… ils vont donc agir dès le lendemain.

Et justement : lorsque le jour se lève sur Londres, Milady décide de mettre les voiles ; elle explique au Duc qu’elle n’a pas peur des mousquetaires, non, hein, c’est pas son genre, et cette curieuse odeur dans l’air n’a rien à voir avec la terreur qui s’empare, d’elle, c’est juste les saucisses du petit déjeuner qui passent mal, et qu’en fait, si elle veut partir, c’est parce qu’elle ne veut pas voir Athos mourir. Elle ajoute avec une subtilité rare que "Ho, et les mousquetaires tenteront sûrement de vous feinter en vous racontant des histoires comme quoi je participe à un complot dans lequel je vous manipule, mais surtout, ne les croyez pas", ce qui mettrait la puce à l’oreille de n’importe qui ; bravo Milady, vous êtes décidément trop forte en matière d’intrigues. Et sitôt cela dit, elle monte dans un carrosse et demande à quitter Londres le plus vite possible. Buckingham, lui, dans le doute, fait doubler toutes les garnisons du coin histoire de calmer tout ce qui parlerait vaguement français et chercherait à faire le malin dans son secteur.

Arrivés à Londres, les mousquetaires eux commencent à mettre leur plan à exécution en se débarrassant discrètement d’un garde (qui fait partie d’une patrouille qui n’entend pas leur copain se faire stranguler à un mètre d’eux) qui passait par là afin de proposer sa défroque à D’Artagnan qui, ainsi grimé, va pouvoir infiltrer le château du Duc et farfouiller dans le trésor pour y retrouver le collier de la reine, car nul doute que Milady a caché son butin là afin de s’assurer que nul ne puisse douter de la culpabilité du Duc. Le gascon passe donc aisément les gardes, mais sitôt dans la place forte, comprendre, l’endroit où il y a le plus de gardes et où son déguisement lui sera le plus utile il… le retire. comme ça, hop, probablement au prétexte que ça lui tient chaud et que ça lui fait des auréoles sous les aisselles : ainsi, il est très vite intercepté par les gardes locaux, qui s’étonnent de trouver un mec qui se promène en chemisette en plein milieu de leur ronde, ce que l’on peut comprendre à moins d’être garde dans un quelconque Sofitel.

D’Artagnan est donc mené au Duc de Buckingham dans les bureaux personnels de ce dernier, où il peut voir que le bougre d’anglais a déjà mis sur la table toute une panoplie d’instruments de torture divers (pinces, fers, clous ou DVDs de Twilight) afin de se préparer à obtenir du jeune français qu’il avoue le plan que lui et ses compères ont mis sur pied. Sauf qu’au lieu de s’uriner dessus le visage couvert de larmes et de morve, le fripon s’exclame "Hahaha, quelle heure est-il M. Le Duc ? 14h ? Alors regardez par la fenêtre !" ; et en effet, à la seconde près, on voit paraître derrière une vitre du bureau le bateau volant de Buckingham avec à son bord les trois mousquetaires qui commencent à arroser l’endroit de coups divers, allant du lance-flammes à manivelle (un outil fort utile sur un bateau volant afin de contrer d’éventuelles attaques de pigeons) au canon à répétition en passant par la bonne vieille bombe des familles. Tout de même, ils sont forts ces mousquetaires : il s’est passé quoi entre le moment où D’Artagnan a infiltré dans l’endroit aidé de ses copains et son arrivée dans le bureau du Duc ? 10, 15 minutes ? Ce qui signifie que pendant ce temps, les trois mousquetaires sont repartis, sont allés jusqu’au quai d’amarrage du bateau volant, ont défoncé toutes les garnisons pourtant doublées qui gardaient le véhicule, ont appris à le manier, sont devenus de tels experts dans la question qu’ils n’ont besoin que d’être trois au lieu de tout un équipage pour manoeuvrer l’engin, ont volé jusqu’à la forteresse, positionné leur bidule jusqu’à la fenêtre qui allait bien, et le tout, sans qu’aucun des 600 gardes du coin ne donne l’alerte. C’est assez impressionnant je dois dire, surtout pour arriver pile à l’heure, sachant que 10s  de retard auraient suffi à retrouver D’Artagnan fraîchement castré à la brique avouant d’une splendide voix enfantine l’intégralité du plan de ses amis. C’eut été ennuyeux. Heureusement, tout s’est bien goupillé.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : les mousquetaires arrosent tant et si bien le bureau du Duc de projectiles qu’ils tuent à peu près tout ce qui s’y trouve, à l’exception du Duc (c’est ballot, quand bien même on voit une énorme explosion ravager tout l’endroit) et de D’Artagnan, qui visiblement, esquive les shrapnels, flammes et balles de ses compagnons aspergeant l’endroit à l’aveuglette : personnellement, j’aurais commencé à me demander s’ils n’essayaient pas aussi de me tuer avec un plan aussi nul.

Cela étant fait, nos héros repartent donc victor…

Heu… attendez : le plan c’était "D’Artagnan rentre dans la forteresse puis on vole le bateau volant pour l’en sortir" ? Que… quel intérêt ? Il n’aurait pas fallu qu’il récupère un objet, une information avant de sortir ? Non ? Vous vouliez juste rigoler ? J’avais un plan encore meilleur pour vous : "D’Artagnan fait la grasse mat’ et nous aussi, comme ça, personne n’a à s’évader de la forteresse". Le lecteur taquin me dira sûrement "Mais, peut-être qu’ils voulaient juste que D’Artagnan fasse diversion pendant qu’ils volaient l’aéronef ?" , mais même pas puisque l’engin en question était situé hors du château, que D’Artagnan n’a en aucun cas empêché les gardes de continuer à patrouiller normalement et que les trois mousquetaires n’ont visiblement eu aucun mal à s’en emparer sans l’aide de qui que ce soit, fut-ce de D’Artagnan. Non, ils se sont juste rajoutés une étape complètement inutile dont le seul objectif était de montrer des explosions.

C’est marrant, je ne me souviens pas de ce passage, pourtant dans le livre. Pourtant, c’est le premier truc affiché au générique "D’après l’oeuvre d’Alexandre Dumas". ma mémoire doit me jouer des tours.

Comme tous les personnages, le Duc est idiot et trouve donc rigolo qu'on lui bombarde la gueule. Normal.

A bord, les héros se donnent donc de grandes tapes dans le dos à base de "Qu’est-ce qu’on lui a mis au Duc !" ; mais finalement, la vérité tombe : "Certes, mais avec tout ça, on a toujours pas le collier, on est un peu niais en fait !". Ah oui, tiens, c’est vrai se dit Athos. Heureusement, il a aussi la réponse à cette question "Je connais Milady : elle n’aura pas laissé le collier sur place en sachant que l’on était à sa poursuite et que l’on comptait le récupérer au château ; elle a donc dû le confier à la seule personne en qui elle ait confiance : elle-même !". Et en effet, pendant ce temps, dans la campagne anglaise, un carrosse file promptement : à son bord, Milady savoure le fait qu’elle porte elle-même le plus précieux collier du royaume de France ! Sauf que soudainement, la voiture s’arrête au milieu de nulle part, et la bougresse entend de curieux bruits sur le toit… elle regarde sort donc la tête à la fenêtre pour demander au cocher de quoi il retourne… et découvre que celui-ci n’est autre que Planchet, le domestique des mousquetaires ! Et celui-ci vient d’harnacher le véhicule à d’immenses câbles largués par l’aéronef volé de nos héros ! Ceux-ci se mettent donc à remonter le véhicule jusqu’à la cale (qui s’ouvre en plus, c’est formidable : Léonard de Vinci avait même pensé à mettre sur ses plans une cale ouvrante avec treuil géant pour faire monter des carrosses en plein vol, c’est quand même bien fait), où ils peuvent ainsi faire Milady prisonnière, et récupérer sur elle le collier. Ainsi qu’en bonus, la lettre du cardinal disant "Le porteur de cette lettre a fait ce qu’il a fait sur mon ordre", lettre qui permet par exemple à son possesseur de déféquer sur la voie publique avec une certaine classe. Mais revenons au sujet.

Comment ? "Bin vous voyez, c’est pour ça qu’ils ont fait leur plan pourri à la tour de Londres : ils avaient besoin du bateau volant pour capturer Milady !", dis-tu, fieffé lecteur, qui, décidément, a envie de me contredire ? Avant que je n’envoie mon ami Danko dit "Brise-phalanges", s’occuper de toi, pense à ceci : bon déjà, encore une fois, leur plan avec D’Artagnan s’infiltrant dans la forteresse pour ne rien y faire ne servait à rien, mais surtout, sachant qu’ils avaient un homme de confiance aux commandes du carrosse de Milady, il suffisait juste de l’attendre à pied tranquillement en un point X ou Y pour repartir tout aussi tranquillement avec elle et le collier sans provoquer le moindre accident diplomatique avec Buckingham du genre "On te lance des bombes à la gueule pour se marrer" ou "Tiens, on te vole ton bateau", particulièrement en période de négociations de paix. Le risque était alors proche de 0, et l’efficacité de 100%, alors que le plan de nos héros inversait plutôt les statistiques. Si ce sont les agents d’élite du roi, je n’imagine pas comment sont les autres. "Tiens Maurice, le roi nous a demandé d’aller acheter du pain : allons le payer en volant la bourse du roi d’Angleterre après l’avoir tabassé au nom du roi de France, je suis sûr que ce sera particulièrement intelligent".

Mais revenons à bord du navire volant de nos héros, qui fait désormais route vers la France poussé par le souffle puissant d’Eole ; alors qu’ils survolent la Manche, Athos décide d’avoir une petite explication avec Milady : elle a trahi les mousquetaires, le roi, la France, mais surtout, son petit coeur meurtri. De fait, il est de son devoir de l’éliminer : l’amenant au bord du bastingage, il la braque alors de son pistolet, mais réalise qu’il l’aime encore et ne pourra tirer avec son pistolet (je précise). Milady, comprenant ce dilemme, et regrettant sa méchanceté passée, décide alors de lui faciliter la tâche en se jetant par-dessus bord : basculant en arrière afin de trouver la mort par elle-même, elle choit en direction de la mer, avant de disparaître dans les flots agités qui l’attendent plusieurs centaines de mètres plus bas. C’en est fini de la bougresse, et à bord, tout le monde est quelque peu choqué des évènements, mais la discipline reprend le dessus, et l’on reprend rapidement la route vers Paris.

Hélas, tout n’est pas si simple : alors que la nef survole les verdoyantes campagnes situées au nord de la capitale, de curieuses lumières paraissent dans les nuages : il s’agit d’un autre bateau volant, ouvrant le feu sur celui de nos héros ! Car oui : des cieux descend alors un immense galion, bien plus grand que le frêle esquif de nos héros, frappé aux armes du cardinal de Richelieu (comment a t-il su que les mousquetaires étaient en bateau volant ? Et comment le message a t-il pu arriver avant eux, qui se déplacent en volant ? Mystère : Elisabeth Tessier, deuxième round !) ! Discret et de bon goût, le véhicule a en guise de figure de proue une immense représentation de la grande faucheuse, ce qui est très classe, à laquelle est ligotée… Constance, la copine de D’Artagnan ! Ho non, c’est vrai qu’elle avait servi de diversion pour quitter Calais, elle est donc entre les mains des hommes de Richelieu ! Crottouille, comment la tirer de ce mauvais pas, se dit notre gascon préféré ?

Mais il n’a point le temps de réfléchir que le navire ennemi cesse le feu, et s’approche de celui de nos fiers mousquetaires pour négocier ; Rochefort, qui commande l’appareil du cardinal, propose à Athos & co la chose suivante : ils rendent leur collier aux hommes du cardinal, et en échange, ils acceptent de leur rendre la fille. Ho, et accessoirement, ils ne les transforment pas en couscous à coups de canon.

Pourquoi ? Pourquoi les mecs ? Pourquoi négociez-vous ? Vous êtes les méchants, vous avez une puissance de feu largement supérieure, un navire entier avec des tonnes de soldats à la manoeuvre alors qu’en face ils ne sont que 5 pour s’occuper de tout, et surtout, ce sont vos ennemis jurés : si vous cartonnez le bateau des mousquetaires, non seulement vous les tuez, et faites ainsi grand plaisir au cardinal (Rochefort serait-il opposé au fait d’avoir une promotion ?), mais en plus, le collier de la reine a peu de chances de survivre au crash, et quand bien même, il sera perdu au milieu de nulle part. Au pire, il sera retrouvé bien après le début de la guerre, et le cardinal pourra ainsi dire "Vous voyez, on a retrouvé le collier de la reine dans l’appareil écrasé d’Athos et ses copains ; entre ça et le fait qu’ils soient allés agresser gratuitement le Duc de Buckingham en pleine période de négociations de paix, je crois pouvoir affirmer qu’il s’agissait de vils rascals cherchant à déstabiliser le royaume. Le fait d’en avoir débarrassé la France fait de moi un héros luttant pour la paix", et hop, il asseyait encore un peu plus sa légitimité de protecteur du royaume face au roi qui, lui, était non seulement le chef de ces hommes mais aussi celui qui les avait fait récompenser après avoir assassiné tout un tas de gens à Saint-Germain.

Mais non. A la place, ils négocient inutilement ; en tout cas, après un petit couplet d’Athos sur le fait qu’on ne peut pas laisser une femme en danger, les deux navires se rangent côte à côte, et sont ainsi échangés D’Artagnan, amenant le collier de la reine avec lui, contre Constance, qui va ainsi dans le navire de nos héros. Au passage, il faudra m’expliquer comment les aéromarins (oui, j’aime les néologismes) ont réussi à délier Constance de leur proue en plein milieu du ciel. Mais allez, on va être sympa et passer là-dessus. Ce sera déjà ça, tant, jusqu’ici, l’histoire ressemble déjà beaucoup à une sorte de barbouille fécale sans aucune logique.

En tout cas, sitôt D’Artagnan à bord du navire des hommes du cardinal, ceux-ci récupèrent le collier et commencent à s’éloigner de l’embarcation volante des mousquetaires ; et déclarent alors que "Hohoho, on a menti : en fait, on va tuer tes potes quand même !", et hop, nos larrons ouvrent le feu sur le frêle esquif, ce qui est déjà plus intelligent que l’inutile négociation précédente ; mais c’est sans compter sur la ruse de nos héros, qui n’hésitent pas à plonger vers un nuage d’orage à proximité, qui a eu la gentillesse d’apparaître alors qu’il n’était pas là dans le plan précédent ; le navire des vilains s’enfonce donc lui aussi dans l’endroit, ouvrant toujours le feu sur sa cible (qui malgré tous les dégâts qu’elle prend, continue de parfaitement voler, merci), mais est bien vite secoué par les vents tumultueux qui l’entourent ; l’équipage panique, les mousquetaires ne sont plus visibles, et pire encore, D’Artagnan profite de la confusion pour tenter de récupérer le collier, mais se retrouve bien vite poursuivi par Rochefort lui-même, qui comme tous les méchants, lorsqu’il a D’Artagnan à la merci de ses pistolets, préfère lui faire la causette ("Je vais te tuer ! Oui ! Là  ! Maintenant ! Je compte jusqu’à trois… un… deux… attends, je vais continuer de te causer encore deux plombes")  jusqu’à ce qu’une secousse le déstabilise et que son adversaire puisse ainsi en profiter pour filer.

Le capitaine de Rochefort est tellement méchant qu'il tient son épée sur le côté, comme un gangsta East Coast

Au sortir du noir nuage d’orage (qui va donc à nouveau disparaître comme il était venu, il a joué son rôle, merci mec), les hommes de Richelieu constatent alors que tel un fieffé baron rouge, le bougre de navire ennemi a profité des moments précédents pour habilement manoeuvrer (alors qu’encore une fois, ils sont une poignée à bord pour manoeuvrer un navire à demi-détruit) et se placer derrière les vilains ; haha, les rôles sont inversés : à eux de tirer sur leurs ennemis ! D’ailleurs, ils sont tellement en colère que, non seulement encore une fois ils s’en foutent totalement de la sécurité de D’Artagnan en tirant sur le navire où il se trouve (de toute manière, encore une fois, il va miraculeusement tout esquiver), mais en plus, ils écrasent leur nef sur celle de l’ennemi (oui…) pour l’aborder sauvagement. Hardi ! Rapidement, sur le pont du navire du cardinal, la bataille fait donc rage, les mousquetaires mousquettant tout ce qui passe à portée puisqu’étant vaguement colères. Mais après pareil carambolage, le navire du cardinal est tout de même bien entamé, et les deux vaisseaux filent donc vers le sol, ce qui tombe bien, puisqu’ils arrivent droit sur Paris (ils auraient été au-dessus de Maubeuge, c’eut perdu un peu de panache).

Au bout de quelques instants, le galion volant du cardinal s’écrase donc sur Notre Dame, au grand dam du touriste japonais moyen, et Rochefort ainsi que D’Artagnan se retrouvent à se battre, non plus seulement à bord du navire, mais aussi sur les toits de la cathédrale ; les coups pleuvent, mais, ha ! Voici que le capitaine Rochefort s’avère dominer le gascon à l’épée… et finit, traître qu’il est, par même sortir une seconde lame pour s’aider ! Mais c’est sans compter la botte spécialement conçue pour cette situation que Papa D’Artagnan avait apprise à son fils au début du film, et qui donc, permet à notre jeune héros de trifouiller la bidoche du fier capitaine du fer froid de son arme. Il l’achève donc d’un "Je vous avais bien dit de présenter vos excuses à Bouton d’Or", et tout est fini (mais pas le film, ce qui donne envie de pleurer) Cela étant fait, D’Artagnan peut donc récupérer en paix le collier de la reine, et aller retrouver ses autres amis dans l’épave du navire qui attend sur le toit de l’édifice religieux en fumant.

Finalement, nos héros font donc redécoller leur vaisseau, celui qu’ils ont volé à Buckingham donc, car non, malgré le fait qu’il ait été bombardé, écrasé contre un galion volant puis sur une cathédrale, il peut encore servir. Certes, il vit ses dernières heures, mais tout de même : c’est du bel ouvrage. Ainsi, alors que le bal va commencer au palais royal, et que Louis XIII attend de voir si la reine va porter le fameux collier pour savoir s’il doit la faire tabasser ou non, il voit surgir un bateau volant en flammes qui s’écrase à quelques mètres de l’orchestre qui s’accordait. Pour information : c’est tellement banal, vous dis-je, que les musiciens ne regardent même pas la chose, trop occupés à s’accorder, et qu’aucun soldat ne réagit. Les gens, en fait, regardent à peine. A croire que même les figurants sont blasés du niveau du film. Pas autant que vous et moi, mais quand même.

Les mousquetaires sortent donc de l’épave, et les seuls soldats du coin qui réagissent s’avèrent être les hommes du cardinal, qui a ordonné de les empêcher de rentrer au palais afin qu’ils ne puissent pas ramener le collier tant recherché. Le roi lui-même s’étonne de cette curieuse arrivée (mais pas du fait que ça n’étonne que lui alors que le pinpin de base semble s’en moquer), et vient s’enquérir de la source de tout ce charivari. Le cardinal, lui-même approche afin de s’informer un peu de ce qu’il va se dire, et est tout étonné : Athos & co se la jouent sympa, puisqu’ils inventent, sans aucune raison, une histoire pour couvrir le cardinal : "Bon, sire, en fait, on vous a rapporté le vaisseau volant que vous vouliez parce que vous étiez jaloux du Duc de Buckingham, et en chemin, on a tué un espion de l’ennemi : Rochefort ! D’ailleurs, c’est même le cardinal qui nous a ordonné tout cela, preuve en est, regardez, on a une lettre de lui qui dit qu’on a fait ce qu’on a fait sur son ordre !" ; le roi demande au cardinal si tout cela est vrai, tout heureux d’apprendre cela, et ce dernier, gêné, confirme :  "Oui, mon bon roi, j’ai effectivement envoyé les mousquetaires se débarrasser d’un espion et vous rapporter un navire volant, puisque vous en vouliez un, hohoho !"

Non, le roi n’est pas choqué de voir que le bâtiment porte encore le drapeau anglais ce qui est un monstrueux incident diplomatique, et l’histoire est superbement crédible : ce n’est pas comme si le suzerain du royaume allait apprendre dans les 10 prochaines minutes que le cardinal avait menti au roi sur le fait que le royaume n’avait aucun bateau volant, un énorme aux armes de la maison Richelieu étant écrasé à cette heure sur Notre Dame. Du coup, l’histoire du "Vous vouliez un bateau volant, il m’a fallu envoyer des hommes en prendre un aux anglais" ne tient pas une seule seconde.

Mousquetaires, mousquetaires, expliquez-moi pourquoi vous couvrez le cardinal, alors que vous savez qu’il a tenté de renverser le roi, et que vous avez une preuve de plusieurs tonnes sur Notre Dame qui prouve qu’il se fout de la gueule d’un peu tout le royaume. Sans compter la lettre que vous avez prise à Milady et le collier que vous avez récupéré. Alors, pourquoi le couvrir et ainsi mettre tout le pays dans la merde ? Ah oui : parce que c’est cool. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?

La reine, donc, arrive depuis le palais et s’approche du roi, avec à son cou, son collier (sachant que les mousquetaires sont là et n’ont pas eu le temps de lui remettre, comment l’objet est-il arrivé là ? Téléportation ? Tiens, et d’ailleurs, Constance, qui était avec les mousquetaires, comment fait-elle, elle aussi pour rejoindre la suite de la reine ? Même chemin ? Ne cherchons pas), ce qui rassure le roi, qui s’en va donc danser avec elle pour ouvrir le bal comme dans les plus grands moments de La Boum, alors que le cardinal continue de maugréer, et qu’en fond, tel un feu d’artifice, le ballon d’air du vaisseau volant écrasé dans les jardins royaux commence à prendre feu sans, qu’encore une fois, qui que ce soit prête attention à ce truc à la fois extraordinaire et dangereux.

Constance et D’Artagnan se font de gros bisous, les trois mousquetaires, eux, moins, puisque Familles de France les regarde, puis ils se réunissent tous à la sortie du palais royal, sortent leurs lames et les posant les unes sur les autres, pointées vers le ciel, s’exclament : "Un pour tous, et tous pour un !" Et donc…

"Bravo les amis, grâce à vous, le cardinal sévit toujours et vous l'avez couvert, Notre Dame a pris cher, le monde a perdu des trésors de De Vinci et vous avez provoqué l'Angleterre pour qu'elle rentre en guerre, soit pile le plan de Richelieu que vous deviez empêcher : chapeau les mecs"

FI…

Attendez, non ! J’allais oublier le principal ! Il y a une scène derrière !

Nous voici à bord d’un bateau, alors que quelqu’un ouvre péniblement les yeux… c’est Milady, sauvée des eaux, encore trempée jusqu’aux os qui se réveille sur le pont d’un navire : le Duc de Buckingham vient de la recueillir à bord de son vaisseau de guerre personnel (pas flottant, cette fois). C’est vrai qu’on ne voyait pas du tout venir qu’elle allait survivre. Le noble anglais lui explique qu’elle a survécu car des pêcheurs l’ont recueillie, et qu’elle est désormais en sécurité à bord. Car lui et l’immense flotte anglaise font désormais route vers la France pour se venger de l’humiliation que les mousquetaires lui ont imposée (je vous l’avais dit que ça déclencherait une guerre), et l’on découvre que l’armada anglaise est tant maritime qu’aérienne : des dizaines de vaisseaux volants arrivent !

A noter qu’il faudra m’expliquer comment Milady a survécu, sachant que réunir une petite armada comme celle-ci, ça doit prendre quelques jours au moins, et que les pêcheurs qui l’ont recueillie, ils sont sympas, mais qu’est-ce qu’ils ont fichu pour qu’elle se réveille encore trempée comme à peine sortie de l’eau à bord du navire du Duc ? Ils la traînaient derrière leur bateau inconsciente dans un filet à l’eau pour la garder au frais jusqu’à ce qu’ils la refourguent, toute morue qu’elle est ? Et le Duc, là, s’il avait toute une armée de bateaux volants : pourquoi n’en a t-il lancé aucun à la poursuite de son propre navire ?

Je… Mon Dieu… ils arrivent à rajouter des scènes de 30s à la fin pour continuer de se mutiler le pied à coups d’incohérences. Vite, allez, allez…

FIN

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La salle était vide depuis longtemps, et par terre, de petites boules de papiers chiffonnées témoignaient de l’intense activité des journalistes qui l’avaient occupée quelques heures plus tôt. Assis sur le bord de l’estrade, le professeur Landret réfléchissait. Alors, c’était ça, révolutionner le monde ? Inventer une nouvelle source d’énergie et le révéler au public pour le plus grand bien de l’humanité ? Toute sa vie, il avait pensé qu’il se sentirait… différent. Changé. Qu’il aurait l’impression d’avoir accompli quelque chose ; mais il n’en était rien. Quelque part, il était presque déçu.

Un mouvement dans un coin de la salle le tira de ses rêveries. Un type avec une tête de fouine rangeait un ordinateur portable et une carte de presse, visiblement venant à peine d’achever un document qu’il tapait ; croisant le regard du scientifique, il l’interpella :

"Professeur, une dernière question… vous dites que votre source d’énergie est l’avenir de l’humanité mais… il n’y a pour l’instant qu’un seul réacteur ; a t-on des ressources pour en produire d’autres ?"

Landret réfléchit un instant. Il s’étonna que la question n’ait pas été posée plus tôt. Il se gratta le menton, et sortit de sa veste les plans froissés d’un autre réacteur, qu’il tendit au journaliste ; ce dernier les saisit avant de les observer longuement. Puis, il roula des yeux, et fixa le professeur d’un air choqué, alors que le plan s’échappait de ses mains.

"Vous… vous n’avez pas le droit de faire ça !"

Le professeur eut un petit rire nerveux, tout en se dirigeant vers le papier qui venait de tomber. Il jeta un coup d’oeil au journaliste, puis à son plan.

Oui, en combinant le cercueil de Bram Stoker, une turbine et des DVD de Dracula, le dernier spectacle de Kamel Ouali, il pouvait probablement obtenir une production énergétique au moins deux fois supérieure.

L’avenir paraissait lumineux pour les vivants.

Bon, j’avais prévu un autre article à la base.

J’étais heureux, j’étais joie, j’étais bonheur, je me roulais gaiement dans l’herbe humide dès potron-minet, parfaitement inconscient de ce qui allait arriver. J’étais innocent ou presque, je riais en sentant la fraîcheur de la rosée caresser ma peau alors que moi et ma pelle encore pleine de terre retournée riions de nos aventures de la veille. Et puis, il a fallu que je regarde La Planète des Singes : Origines.  Miséricorde, que n’avais-je pas fait ?

Alors vraiment, il serait criminel de ne pas spoiler cet étron dans lequel, je le rappelle, aucun singe n’a joué : en effet, n’importe quel primate aurait refusé le rôle ou serait mort de honte en lisant le script. Sur ces bonnes paroles : spoilons, mes bons !

L'affiche : il y a des explosions dans le fond, vous connaissez la règle !

Tout commence quelque part dans une forêt magique pleine de joyeux chimpanzés en goguette : leurs journées sont bien occupées par leurs occupations habituelles : s’épouiller, se toucher les testicules et jouer avec leur caca (le singe n’est pas sans rappeler certaines personnes âgées). Soudain, alors qu’ils sont concentrés sur ces belles activités, une bande de noirs primates (Claude Guéant, laissez mon compte WordPress tranquille) chasseurs africains sort des fourrés et commence à cavalcader derrière les fiers animaux ; rapidement, les singes sont rabattus vers des pièges et l’un après l’autre, tombent dans les mains de leurs poursuivants. Allez savoir pourquoi : finalement, les valeureux chasseurs ne repartent qu’avec un singe et laissent tous les autres se barrer ; c’est vrai, je les comprends, j’ai moi-même des potes marins pêcheurs qui lorsqu’ils lancent leurs filets font bien attention à ne ramener qu’un thon au port, histoire de s’assurer qu’ils ne gagnent pas trop d’argent. Les singes, visiblement bien cons, plutôt que de se barrer dans la forêt loin du raffut des camionnettes qui s’éloignent, se mettent à poursuivre les véhicules, probablement pour faire un dernier adieu à leur ami sur le départ façon Léonardo Di Caprio dans Titanic. Ne cherchez pas : ce n’est que le début.

Retrouvons le primate en question quelque temps plus tard dans les locaux de Gen-Sys à San Francisco, une société de recherches génétiques qui comprend un programme sur la maladie d’Alzheimer. En effet, le bougre de bestiau velu, qui s’avère être une femelle (appelons-la Loana), a reçu une dose d’un virus fait maison qui doit permettre de réparer les cellules défectueuses du cerveau. Il n’y a que deux effets secondaires : cela semble rendre les animaux particulièrement intelligents, et leur donne aussi les yeux verts, ce qui leur permet de se faire passer pour des singes irlandais ou de pouvoir infiltrer des soirées mousses lors de la Saint Patrick. Loana, donc, prouve par son intelligence que la recherche semble avoir abouti ; en effet, elle réussi avec brio le seul test d’intelligence du coin, c’est-à-dire, un exercice d’empilage de rondelles, plus connu sous le nom de "Test de Lucas".

Le chef du projet, le jeune et fringuant professeur Will Rodman, est donc tout fou et s’empresse d’aller gambader dans le bureau de son chef de service, Steve Jacobs. Il annonce à ce dernier que son virus contre Alzheimer est prêt pour passer à la phase de tests sur des humains ; le truc est si performant qu’il a rendu Loana intelligente, c’est dire. Steve fait sa chochotte à base de "Hmmmm, je sais paaaaas, j’hésiiiiite", et finalement après s’être fait longuement supplier, accepte de présenter la chose au conseil d’administration pour qu’il autorise à commencer le recrutement de cobayes humains. Mais au même moment, un drame se joue en coulisse : Loana est devenue super agressive ; c’est con, car le conseil d’administration demande à voir le singe surdoué. Et du coup, lorsque sa cellule est ouverte, la bougresse commence à agresser tous les scientifiques du coin qui n’ont pris aucune précaution (alors que ça fait 5 ans qu’ils bossent avec des singes) ; détail important : le singe semble inarrêtable et TOUTES les vitres de sécurité qui passent à portée sont traversées par la bête qui les éclate sans soucis, sans se faire mal, et sans ralentir. Durant tout le film, il y a un paquet de vitres qui vont subir le même sort consternant. Nous verrons que selon qui agresse qui, le verre est plus ou moins résistant, mais passons. Bref : l’animal, très en forme, saccage tout le laboratoire, traverse tout le service de recherches, emprunte les bons couloirs, défonce la gueule des passants (personne n’intervient), insulte des mères, fait des doigts, arrive dans le hall principal (oui, je sais, il est fort), puis défonce la vitre de la salle de conférence où était le conseil d’administration (comme par hasard ! Plutôt que de filer vers l’extérieur), gâchant un peu la démonstration powerpoint de notre héros, particulièrement lorsqu’ENFIN un garde de la sécurité vide son arme dans la femelle, ce qui achève brutalement le programme de recherche. J’ai envie de dire : quel con ce singe.

Bref : Steve Jacobs est un peu colère et explique que c’en est fini de ces recherches (c’est vrai : vous étiez à 1mm de révolutionner la science, autant tout arrêter et ne surtout pas rentabiliser les millions investis en essayant juste de comprendre le problème d’agressivité : il y a quelqu’un d’autre ici qui a besoin d’un boost cérébral). Will retourne dépité dans le laboratoire ravagé et tombe sur Franklin, son assistant, qui tient dans ses bras un bébé singe : si Loana a été agressive, c’est en réalité qu’elle venait d’accoucher, et que son instinct protecteur s’était mis à parler puisqu’on venait de lui retirer son enfant. Et là c’est très fort : Will est surpris de la nouvelle : il ne savait pas que la femelle était enceinte !

Qu’ouïs-je ? Tu n’avais jamais remarqué qu’elle était enceinte ? Alors que tu bossais dessus ? Pareil, l’accouchement, tout ça, personne n’a trouvé judicieux d’en parler ? Vous étudiez le comportement mais les niveaux hormonaux ne vous intéressent pas ? Ho, et puis ! Ca veut dire que le virus n’a rendu personne agressif, en fait, ça te dirait pas d’en parler à ton chef genre "Hep, au fait : c’est bon, tout est prêt, on peut devenir riches", nan ? Même pas l’évoquer comme ça, entre deux portes ? Je dis ça pour vous aider, hein, mais non : ils ne le feront pas. Mais qui a pu écrire un truc aussi absurde ? Un singe ? Un lombric ? Un caillou (il faut savoir que le caillou adore écrire des scenarii en cachette) ? Et nous n’avons pas encore dépassé les 10mn de film, c’est beau tout de même !

Le programme étant arrêté, il ne devrait plus y avoir de cobayes ; mais Will décide de prendre le bébé sous son aile et de le ramener chez lui, dans la sympathique maison où il vit avec son père, malade d’Alzheimer. Il est comme ça Willou, il est trop sympa, il se dit qu’ainsi, il pourra changer deux fois plus de couches. Papa Will est bien touché et oublie régulièrement des choses ou n’arrive plus à effectuer certaines activités, comme par exemple jouer du piano ou mettre un slip. Notre bon scientifique présente donc le nouveau résident qu’il nomme : César.

L'oreillette, ça donne tout de suite l'air plus sérieux et Dieu sait que ce film en a besoin

En vrai papa, Will se relève lorsqu’il entend le singe pleurer la nuit, et plutôt que lui péter la gueule comme un vulgaire Joey Starr, il l’emmène dans la salle de bain et balance l’eau chaude non pas pour le noyer (je vous entends dire "Hoooooo…" au fond ! Il n’a pas appelé le singe Grégory !) mais pour reconstituer l’ambiance d’une chaude forêt équatoriale. Heu, mec : il n’a JAMAIS connu la forêt équatoriale, en fait. Donc c’est un peu con ton truc, mais passons. Notre héros prend donc bien soin du bestiau. Le lendemain matin, alors que l’animal n’a même pas deux jours, il voit un biberon et a déjà le réflexe de le chopper pour le téter : il est très fort ; ce qui fait penser à Will qu’il est temps de regarder ses yeux : ils sont verts, signe que l’animal a bénéficié du traitement dans le ventre de sa mère. Je tiens à appuyer ce point : ils ne savaient pas que la mère était enceinte. Je rappelle que ce sont des scientifiques experts du domaine, bravo les mecs.

Trois ans plus tard, on a le droit à des séquences inutiles montrant que l’animal est non seulement intelligent mais super agile (il se promène dans la maison comme dans la jungle et fait des acrobaties dignes d’un yamakazi), et accessoirement a appris le langage des signes pour communiquer avec son maître. Tout le monde est heureux et s’émerveille des progrès du bambin, qui réussit à merveille le test de Lucas. Au passage, c’est aussi une bête aux échecs (attendez, que… quoi, quel est le rapport ? Il passe en 2s d’un exercice bateau à un jeu avec règles et pièces complexes sans compter les stratégies & co. La notion de subtilité ne fait définitivement pas partie de ce film). Voilààà. La prochaine fois, n’hésite pas à continuer sur la même voie : "Il connait les formes et les couleurs. Ah, et oui, j’allais oublier : il a un doctorat de physique quantique".

Seulement, dans le même temps, l’état de Papa Will s’est sérieusement dégradé (de plus en plus de slips disparaissent) : son fils chéri n’hésite donc pas à aller voler au laboratoire des échantillons du virus qui traînaient sans surveillance pour aller les ranger dans le frigo à côté des bières. Il en injecte un peu à papounet, qui dès le lendemain, plutôt que de faire de bulles de morve, se remet à jouer fort bien du piano et est à nouveau pleinement conscient de son environnement. Mais le même jour, César le singe farceur a décidé de jouer au con : depuis la fenêtre de sa chambre, il a vu des enfants faire du vélo dans la rue, et a donc filé chez le voisin pour essayer d’en tirer un. Enfoiré, va ! Tu comprends les échecs mais pas la propriété privée, petit chacal ? Curieusement, lorsque le voisin en colère lui tombe dessus, le singe qui il y a 10mn faisait des acrobaties de fou n’arrive pas à sauter une barrière d’un mètre de haut avec en plus des prises dessus. Ne cherchez pas à comprendre.

César étant un peu blessé suite à cette altercation, Will, après avoir calmé le voisin et expliqué que son animal voulait juste jouer, l’emmène au zoo. Incroyable coïncidence la vétérinaire n’est pas un gros boudin suant le gras, mais un canon prénommé Caroline. Et figurez-vous que notre gentil singe n’a pas seulement repéré qu’elle était mignonne (il fait le signe "grosses loches" en langage des signes), mais en plus, explique dans sa langue que Will doit inviter Caroline au restaurant . Je ne déconne pas : le singe connait les principes sociaux de la drague humaine et maîtrise parfaitement le concept de restaurant alors qu’il vit planqué dans un grenier aménagé, ce film est incroyable. On ne le voit pas bien à l’écran mais César dit à Will de ne pas oublier le GHB et les capotes et de bien réviser sa position de la toupie moldave. A ce moment là déjà, je bavais une sorte de mousse mêlant bile, salive et sang.

Will et Caroline commencent donc à se fréquenter grâce à leur singe-meetic, et il est décidé qu’il est temps d’emmener papa et le singe en forêt (probablement pour les perdre mais je m’avance un peu) ; ils vont donc de l’autre côté du Golden Gate Bridge, où mystérieusement, il y a une immeeeeeeeeeeeeeense forêt (Google Earth lui a l’air moins convaincu) avec des arbres gigantesques, sortes de substituts péniens sylvestres. Dès qu’il arrive, César devient tout fou et s’en va gambader dans les bois, ce qui fait paniquer ses maîtres (qu’ils sont cons : ne l’ont ils pas emmené pour ça ? Mais enfin, merde ! Allez, je demande juste UNE scène qui se tient ! C’est pas grand chose !).  Mais tout se passe bien quand même.

Les années passent, et l’animal revient régulièrement dans ce parc, où nous le voyons grandir : 5 ans plus tard, ses maîtres lui ont même appris à porter un sweat et un jean, parce que bon, hein, c’est un singe ado, et il doit donc être habillé en racaille en conséquence (comme tous les ados, il fait des caprices, plus d’une fois il a pourri ses couches jusqu’à ce que Will lui achète des Nike). Mais un évènement terrible survient un jour à l’ombre des hauts arbres du parc : la famille Rodman croise un couple promenant un chien en laisse. Et comme César a lui-même une laisse lorsqu’il se promène avec ses maîtres, il le prend mal et constate qu’on le traite comme un animal malgré ce que peuvent dire Will et Caroline. Hooo, et au fait : comme il est intelligent, l’animal est devenu bipède ! Complètement ! C’est incroyable (qui a dit impossible ?) : le virus a aussi modifié son ossature et ses muscles ? Non, mais bon : le spectateur moyen étant un peu con, qui dit singe malin dit singe debout. Voilà, comme ça, personne n’est perdu. C’est très nul, oui, mais avouez : ça vous aide à suivre tellement c’est complexe, non ?

Le singe, après cet évènement, se met à poser des questions philosophiques (oui, oui), du genre "Qui suis-je ?" "Ou vais-je ?" "Est-ce que j’ai fermé le gaz ?" "Et ma main dans ta gueule ?" ; pour répondre à ces questions, Will l’emmène en voiture devant le bâtiment de Gen-Sys et lui explique que sa mère lui a donné la vie là, qu’elle est morte, et que sa vraie place est dans la maison Rodman. Il aborde pas mal de sujets complexes du genre les tests médicaux, la génétique, les expérimentations mais encore une fois, César comprend tout. Paradoxalement, la seule personne qui a l’air d’en chier pour suivre, c’est Caroline. Ami sexiste, si tu me lis, tire-s-en les conclusions qui s’imposent.

De retour chez lui, et comprenant que Caroline est un peu neuneu, Will décide de lui expliquer plus longuement les raisons pour lesquelles il élève César, ses recherches, etc. Il précise dans son exposé "Lorsque j’ai adopté ce singe, j’ignorais que le traitement que j’avais donné à sa mère lui avait été transmis". Ho, oui grand scientifique ! Des transmissions de virus de la mère à l’enfant, comme c’est surprenant ! Je crois que c’est au programme de 5e en biologie. Pourquoi ce dialogue, pourquoi cette scène qui ne sert à rien à part à mettre bien en avant cette belle incohérence ?

En tout cas, Will remarque aussi que son père semble à nouveau montrer des symptômes d’Alzheimer (il trouve que Nicolas Cage joue bien, est persuadé que Nicolas Sarkozy est un excellent président et regarde le 13h de Jean-Pierre Pernaut – un signe qui ne trompe pas). Il faut donc un nouveau virus plus puissant. Lors d’une crise, il sort même de chez lui à moitié à poil pour aller se poser dans la voiture de son voisin dont la porte était restée ouverte avec les clés sur le contact, allez savoir pourquoi. Papy merdouille un peu en voulant faire un créneau et commence à ravager le véhicule : le voisin en colère vient le sortir de l’habitable et lui fait des gros yeux en lui mettant des coups de doigt sut le buste ; César voyant cela, décide de venir lui maraver sa mouille. Ça tatane sec sous les yeux des habitants du quartier, qui appellent la fourrière de nos amis les animaux pour l’embarquer.

La fourrière, ce lieu qui accueille tous les animaux un peu connards comme par exemple, les chats

Comme il se doit, la fourrière est tenue par trois personnes : un gros avec un bouc (vil), un couard et un Drago Malefoy (mais si.) ; quel endroit maléfique ! Sitôt César arrivé, il est mis dans une sorte de salle sous verrière avec un arbre à singes, de jolis décors, des jeux, etc. Et l’équipe locale assure que la bête sera bien traitée et se plaira dans ce nouvel environnement en attendant que Will obtienne le droit de le récupérer. Comme tout cela semble sympathique ! Tout cet espace pour notre gentil singe, hooo ! Quel décor idyllique ! Je tiens à préciser qu’on ne voit dans la salle où César se trouve qu’une cage vide façon zoo. Rien de bien suspect, donc. Pendant ce temps, Will fait bien attention à ne pas dire au revoir à son singe super intelligent et se barre discrètement pendant qu’il a le dos tourné pour aller remplir les papiers de la fourrière. Pourquoi fait-il un truc aussi débile alors que son singe comprenait tout jusqu’ici ? Il n’y aucune raison, à part que ça arrange bien le scénariste que César se sente trahi et abandonné. C’est vraiment bien fait. On sent que ce sont des professionnels du cinéma et pas trois étudiants avec un stylo bic et du papier à cigarette.

Une fois la famille Rodman repartie, la terrible réalité de la fourrière se révèle : une petite porte s’ouvre dans la verrière où César se trouve et d’où une voix l’appelle : celle de Drago. Lorsque le singe y rentre pour voir ce qu’on lui veut, le piège se referme sur lui : en réalité, derrière la salle deux dizaines de cages contenant chacune un primate attendent, et notre bon animal se retrouve enfermé dans l’une d’entre elles au milieu d’autres animaux beaucoup plus sauvages. Non, depuis la verrière, on entendait pas les bestiaux crier. Ils étaient probablement en train de pouffer genre "Huhuhu, il sait pas qu’en fait le dôme c’est juste pour faire sympa, hihihihi".

Will, lui, retourne chez Gen-Sys (oui, comme ça, soudain, hop, pif pouf ça le prend) pour expliquer à Steve Jacobs qu’il a avancé ses recherches chez lui et que le produit fonctionne (oui, jusqu’ici, depuis 8 ans, rien n’a changé, merci, tout ça, on le savait déjà, mais visiblement Steve et Will avaient oublié que c’était déjà dans leurs conclusions). Steve refuse pourtant de remettre du pognon dans ces rercherches, jusqu’à ce que notre héros lui annonce que "le produit rend plus intelligent", ce que là encore, on savait déjà ! Curieusement, donc, et malgré ce déballage de rien, le père Jacobs s’exclame "Quoi ? Mais c’est super ! Vite, je te file tout le pognon que tu veux ainsi que ton ancienne équipe pour que tu relances le programme".

Je vous la résume :

"Salut Steve, je n’ai rien de neuf ! 
- Moi non plus, et je ne te donnerai pas de pognon.
- Tiens, je te file une information qui n’est pas neuve non plus et que tu avais déjà !
- Comment ? Mais c’est super : tiens, voilà des millions de brouzoufs !"

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Merci les mecs. En attendant, il faut de nouveaux cobayes ; un cheptel de quelques singes est donc amené au labo, et il faut sélectionner lequel sera choisi pour voir son intelligence boostée : ils prennent donc Koba, un singe avec la gueule à moitié lacérée, borgne, violent et qui en plus est celui qui collabore le moins. Je… mais pourquoi ? Pourquoi ? Y a t-il une seule raison valable à part que si ce n’était pas le cas, ça aurait fait une scène qui se tenait debout ? Non ! C’est le concours du plus mauvais film, allons jusqu’au bout ! Koba le singe street-fighter est donc emmené en salle de soins pour qu’on lui injecte une version plus puissante du virus, désormais sous forme de… gaz ? Plait-il ? En tout cas, durant la manoeuvre, Koba met un coup de tatane dans un tuyau plastique pas sécurisé (je rappelle que c’est un laboratoire high-tech) ce qui contamine Franklin, l’assistant de Will, qui se retrouve à respirer un peu de gaz contenant le virus qui s’est échappé. Va t-il en devenir plus intelligent et quitter le film? Mystère !

Retournons voir ce qu’il advient de César, qui dans sa cellule, se retrouve à bouffer des trucs dégoûtants ; comme Drago est méchant avec lui et se moque de sa personne, il lui balance la mélasse nutritive qui lui sert de repas dans la face ; ce brigand de Malefoy court donc chercher une lance à eau pour lui arroser la gueule façon asile/prison, puis fait remarquer que c’est bien que le singe porte des vêtements, car ça risque de créer des conflits avec ses petits camarades, ce qui sera bien fait pour sa mouille. Quel méchant diabolique, houuu ! S’ensuit une scène formidable qui prouve que les mecs ont voulu aller jusqu’au bout du mauvais : tous les singes ont le droit de sortir de leur cellule pour se rendre dans le dôme-verrière pour la récréation façon Prison Break. Là, sitôt le petit nouveau qu’est César entré, un silence consternant se fait : tous les singes le regardent façon mauvaise série pénitentiaire : les gros qui font de la muscu, les petits à l’air menaçant, les vieux sages au milieu des groupes qui observent, les chefs qui se font épouiller l’air pédant etc. Ne manque que les tatouages nazis.

Ah, au fait : vous vous souvenez de la cage vide au milieu du dôme dont je vous parlais au début ? En fait, c’est la cage du gorille. Mais alors où était-il lorsque César est arrivé ? A Ibiza ? Parti faire les courses ? Non, on ne sait juste pas. C’est beau.

L’un d’entre eux en tout cas, un chef de bande, vient justement tourner autour de César sous les yeux de ses petits camarades, et lui arrache ses fringues avant de s’énerver : une baston commence donc entre les deux, et les gardiens interviennent en conséquence en calmant les deux loulous à coups de seringues de sédatifs. Je fais pareil chez moi quand mes maîtresses se chamaillent dans la cave. Ces chipies alors.

Dans le laboratoire Gen-Sys, Koba, lui, fait des progrès extrêmement rapides puisqu’en quelques heures, il a appris à lire et à écrire tout seul, alors qu’aucun livre ne lui a été soumis : il arrive donc à écrire le nom du Dr Jacobs sur un écran tactile sous les yeux de ce dernier, ce qui l’épate (moi aussi, apprendre l’alphabet sans le voir, c’est balaise). Alors que 10mn avant il dessinait… des fleurs et des bananes. Hmmm oui ? Et quand je parle de fleurs, je parle de pâquerettes, le genre de fleurs que le singe n’a jamais vues (de son oeil unique) ! C’est formidable. Franklin, lui, alors qu’il est en train de bosser avec Will, constate qu’il commence à éternuer du sang, comme tout cela est bien normal ; il s’empresse donc de ne surtout pas en parler aux dizaines de médecins autour de lui et de faire comme si de rien n’était. C’est vrai ; respirer un virus expérimental et balancer du sang par tous ses orifices, pas de quoi s’inquiéter. Heureusement que tu es un scientifique, Franklin.  Hélas pour toi tu es gros : je pense que tu vas mourir. Will, lui, profite du fait que Franklin se soit absenté pour piquer des cartouches de gaz du virus pour essayer de soigner son père avec.

César et Papy font vite ami-ami : c'est la Confréfrie des Couches

Retournons à la case prison : César à son réveil est dans sa cellule, et note qu’il a en face de lui un orang-outan. Allez savoir pourquoi : ce dernier sait déjà que notre singe parle le langage des signes, et comme lui aussi, ex-vedette de cirque, le cause, ils tapent gentiment la discut’ sur le fait que les humains sont méchants et qu’ils n’aiment guère les singes trop malins. Peu de temps après, il a le droit à une visite de Will, qui ne peut le libérer : bien que comprenant tout, il ne saisit pas que ce dernier ne peut pas le sortir aussi facilement de tôle (mais à côté de ça, il comprend des trucs sur les expérimentations génétiques de Gen-Sys : la scène de la visite, encore une fois, ne sert à rien si ce n’est à mettre en avant ce genre d’incohérences, c’est définitivement du grand art. Mais nous verrons que le film va aller encore plus loin dans le concept du "Le public est un con"). César n’en est donc que plus énervé contre ces enfoirés d’humains qui le traitent mal.

Drago, lui, continue de montrer que les méchants sont forcément bêtes : il emmène un soir des potes à lui boire des bières au milieu des cages. Je… ho. Mouais. Voilà ; en tout cas, un de ses potes va narguer César, et ce dernier en profite pour l’empoigner et lui tirer son couteau-suisse. Quand je vous dis que c’est de la caricature de film de prison, je n’exagère pas. Tel un Mc Gyver, en combinant le bâton, un couteau et deux morceaux de tissu, il parvient à ouvrir le loquet à l’extérieur de sa cellule. Échappant à la surveillance des gardes, il se rend à la cage du gorille, pour lui ouvrir et en faire son pote. Ils se font même des petits signes de tête à base de "maintenant, on est grave des copains". Le gorille a beau courir dans tout le dôme en gueulant comme un porc, personne ne l’entend. Alors que bon, de nuit, c’est pas trop les bruits environnants qui doivent couvrir ses hurlements, mais passons.

Maintenant qu’il a ce gros bras, notre héros va sortir le caïd qui l’avait agressé de sa cage, pour lui aussi, l’emmener vers le dôme. Là, avec son pote gorille, il l’oblige à se soumettre à lui et à respecter son autorité de chef-singe. Tous les singes peuvent ainsi voir que le pouvoir a changé de main dans la prison fourrière.

Là, lecteurs attentifs, vous me direz : "Dites donc, c’est pas pour dire, mais comment les autres singes peuvent voir la scène ? Ils sont dans leurs cages, à l’extérieur du dôme, quelque part dans un couloir sombre, comme on l’a vu tout à l’heure dans le film, puisque jusqu’ici, aucune cage n’était visible dans la verrière, à part celle du gorille ! C’est même pour ça qu’au départ, Will et César ne s’étaient pas méfiés en arrivant à la fourrière."

Et bien si ; toutes les cages, pour arranger l’histoire, se retrouvent avec vue sur le dôme afin de bien voir la scène, ce qui signifie que l’équipe du film n’a pas hésité à dire "Tiens, et si on modifiait le décor pour arranger nos affaires ? De toute manière, les spectateurs sont de gros cons, pourquoi s’emmerder à faire un film cohérent ? Les décors à géométrie variable, c’est tellement mieux !". Là, donc, on ne parle pas d’oubli ou d’erreur, mais bien de foutage de gueule volontaire : c’est tout de même assez ultime.

Will, chez lui, se prépare à injecter le nouveau virus à son père pour le soigner, mais le vieux corniaud, qui jusqu’ici était gâteux, devient soudain juste assez conscient pour empêcher son fils de le soigner : père et fils s’endorment donc main dans la main, et au réveil, il n’y a plus que le fils : papa est allé explorer l’autre-monde. Adieu, papy.

Notre héros retourne donc chez Gen-Sys pour voir où en sont les recherches (papa vient de mourir : il n’a que ça à foutre), et constate deux choses : d’abord, Franklin, son assistant, n’est pas là. Ensuite, Steve Jacobs a autorisé les recherches sur moult cobayes au lieu de juste Koba, pour faire du pognon. Un grand moment de cette scène est lorsque Will, qui pour faire comprendre qu’il est contre cette dérive de la science et que les animaux sont nos amis, alors pas plus d’un cobaye à la fois, décide d’attraper un chariot qui passait par là sur lequel était posé un singe inconscient sans que l’on sache pourquoi pour le pousser sur 5 mètres avant de le lâcher, j’imagine que c’est pour s’occuper les mains pendant qu’il tape la discussion avec le Dr Jacobs. Probablement qu’il voulait arrêter de fumer : c’était les chariots à singe ou la trompette.

Quelques mois plus tôt, sur le tournage

"… et là, tu discutes avec ton collègue, et en tournant au coin du mur, tu choppes le caddie à singe et tu te balades avec comme si de rien n’était avant de le lâcher un peu plus loin. Surtout, tu ne regardes pas le caddie et tu causes avec ton pote !
- Heu, je… je vois pas bien là !
- Rooooh, allez, fais pas ta pute, j’ai parié avec Michou qu’on pouvait caser ça dans le film sans que personne le remarque ! Fais-moi gagner 20 dollars ! J’en ai perdu 50 quand j’ai parié qu’on ne pourrait pas modifier le décor du dôme, c’était trop gros, ça passerait jamais !
- Bon, va pour le caddie à singe. Mais c’est bien parce que c’est toi !
- Ok, c’est parti : scène 38 : "Will pousse un caddie", on tourne !"

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Will décide de démissionner puisque le programme lui échappe, au prétexte minable que, je cite : "On ne sait pas ce qu’il en est, il ne faut pas faire plus de tests". Bah, v’là le scientifique. Et sinon mon poussin, tu faisais quoi jusqu’ici ? Ah oui : toi tu volais des échantillons pour les tester sur ton père. C’est tellement plus responsable.

Attendez, pause ! Ce spoiler est fort long. Si vous avez besoin de faire pipi, c’est maintenant, hein. En attendant, et si on jouait à "Où est Franklin" ? Je vous rappelle le jeu : Franklin est un scientifique d’industrie de pointe qui a sniffé un virus mal connu, et depuis, se met à propulser du sang par tous ses orifices. Attention, question : que fait-il ?

A) Il va à l’hôpital

B) Il va chez Gen-Sys, les créateurs du virus

C) Il pose des RTT et se regarde une saison entière de Gossip Girl

D) Il va au domicile de Will durant les heures de travail, s’étonne de ne pas l’y trouver bien qu’il ait respiré un gaz rendant plus intelligent, décide de courir dans le jardin du voisin sans raison, et lorsque celui s’étonne de trouver un gros sur sa pelouse, lui crache du sang à la gueule avant de repartir chez lui.

Attention, c’est pas facile … suspens… et c’est la réponse D ! Quel homme ce Franklin ! Assez joué. Passons à la suite.

Où est Franklin ? Indice : il est gros et crache du sang ; à vous de jouer les enfants !

Et le Dr Rodman, où est-il justement ? Et bien parti à la fourrière où il tente de corrompre les responsables pour sortir César ; seul souci : si la manoeuvre réussit, c’est César, désormais vénér’ après les humains et promu chef des singes qui refuse de se barrer. Will repart donc un peu déçu… mais César, lui, continue ses plans maléfiques : par exemple, il vole des cookies aux gardes pour les donner aux singes et ainsi montrer qu’il est un bon chef. Il a même une discussion philosophique avec son pote l’orang-outan savant durant laquelle ils discutent du fait que les autres singes sont stupides, et qu’ils doivent tous agir ensemble pour être forts ; histoire d’illustrer son propos, notre pote le singe montre la chose avec des branchettes de bois : une seule est facile à briser, un groupe est bien plus dur.

Oui, c’est un singe qui kiffe les métaphores. En secret dans sa cage, il écrit un bouquin avec de la morve. Ce qui n’est pas sans rappeler BHL.

A un moment, il observe même un garde qui utilise un code pour entrer et sortir du dôme ; à son tour, César apprend le code en le voyant tapé et s’en sert la nuit même lorsqu’il quitte sa cage pour accéder à la verrière. Je rappelle que quelques scènes plus tôt, il n’a pas eu besoin dudit code pour se rendre au même endroit et y libérer son pote le gorille avant d’imposer sa suprématie sur le singe caïd local. En attendant, il ouvre une fenêtre de la verrière (pardon ? Vous voulez dire que depuis le début il savait comment s’échapper mais ne l’a pas fait alors qu’il ne rêvait que de ça ? Booon…). Il n’empêche que le bougre quitte la fourrière pour se rendre tel un ninja jusqu’à chez Will (il a sûrement Google Map pour retrouver la maison) où il trouve le nouveau virus sous sa forme de cartouches de gaz (ça tombe bien, ça arrange ses affaires : il aurait fallu faire des intraveineuses, il y aurait eu du singe en overdose au mètre carré, la vie est bien faite). Il retourne derrière très discrètement à la fourrière (en sautant sur des bagnoles sans raison pour déclencher les alarmes, probablement qu’il a envie de se prendre un coup de fusil par un américain n’aimant guère les voleurs), et balance les cartouches de gaz façon grenades fumigènes en les faisant rouler le long du couloir des cages des singes pour tous leur refiler le virus. Le lendemain matin, donc, on se retrouve avec des primates avec des yeux façon leprechauns. César s’assure en personne qu’ils ont bien tous été contaminés.

Ce qui donne un passage intéressant lorsque le patron de la fourrière passe devant le dôme et constate que tous les singes sont devenus bipèdes (là encore, ne me demandez pas pourquoi) et sont tous en train d’écouter religieusement César qui leur fait un petit discours du genre "Aujourd’hui, nous contrôlons la litière à caca, demain, le monde, et non, il n’y a pas d’étape intermédiaire". Lorsqu’il aperçoit le responsable humain qui l’observe, le chef singe ordonne la dispersion de ses troupes, qui partent en tous sens en sifflotant les mains dans les poches. Rien de suspect, donc.

Deuxième pause et la deuxième partie de notre jeu "Où est Franklin". Attention, c’est reparti : que fait-il ?

A) Il est au Macumba de Nervers et il a emballé une brésilienne caliente

B) Il a décidé d’entreprendre des études de philosophie et lit l’intégrale de Kant

C) Il fait des sudokus aux toilettes

D) Il est mort !

Attention attention, celui là, il est pas facile. Concentrez-vous… bon… ok, c’est encore la réponse D : sa concierge le retrouve mouru visiblement ayant éternué du sang jusqu’à être tout sec. Je rappelle que même mourant, il n’a pas eu l’idée d’appeler un médecin. Ou de l’aide, en fait. Vraiment, bravo.

Retour à la fourrière : alors que tous les singes regagnent leurs cellules après la promenade, Drago aperçoit César resté seul dans le dôme ; équipé de sa matraque électrique, et couvert par une fenêtre par un autre employé équipé du fusil à seringues de sédatifs, il se rend sur place et commence à tataner sa gueule au vilain primate. Sauf que la bataille dure, puisque César se défend, et finit même par désarmer son adversaire (l’autre employé, lui, se tripote visiblement puisqu’il n’intervient pas). Aussi, lorsque Drago lui lance "T’es un gros con de singe, pas vrai ?", César répond : "Noooon !" IL PARLE (*insérer ici des choeurs angéliques*) ! Je résume, le virus qui est censé juste rendre plus intelligent, non content de modifier l’ossature des singes et les muscles qui vont avec fait aussi pousser des cordes vocales sans compter qu’il modifie la langue, le palais, la dentition, les lèvres… bref. Et ils apprennent aussi instantanément à causer ! Mais ça, il n’y a que les spectateurs qui le remarquent, les scientifiques plus tard diront juste "Ouah, ils sont devenus tellement intelligents qu’ils parlent et marchent sur deux pattes". Seigneur. On donne vraiment son diplôme de biologie à n’importe qui de nos jours.

Après avoir assommé Drago, César le traîne jusqu’à une cellule vide, toujours sans que l’autre employé, pourtant armé, n’intervienne. Sympa. Autre employé qui, justement, ayant laissé l’insurrection commencer sans bouger, se retrouve avec des tonnes de singes en colère sur les bras qui le choppent et le tabassent. Seul l’intervention de César le sauve, puisqu’il calme les singes et le fait enfermer dans une cellule. Drago, lui, parvient à sortir de la sienne et à récupérer sa matraque électrique pour menacer notre chef singe avec ; mais lorsque ce dernier voit cela, il choppe la lance à eau qui traînait au sol pour lui arroser la gueule avec ; hors : eau + électricité = Drago mort. C’est donc la première victime de la guerre de César.

S’ensuit un grand moment : les singes, désormais libres, foncent dans le dôme, escaladent l’arbre central et passent par… attendez… que… comment ? Ils… ils passent au travers des vitres de la verrière ? Vous voulez dire qu’encore une fois : tous les singes pouvaient se barrer comme ils le voulaient mais ne l’ont pas fait ? Bon, et puis quand bien même, encore une fois, et alors que César sait comment ouvrir les vitres, les singes préfèrent les péter, ça fait tellement plus fou-fou, hihihihihi. Accessoirement, d’une vingtaine de singes (on peut compter les cages et il n’y a qu’un singe par cellule) dans la fourrière, la horde qui s’en échappe fait bien ses 50 individus. Menés par César et son Google Map, ils se rendent vers Gen-Sys, où ils pètent toutes les vitres (c’est pas possible, c’est leur passion), d’ailleurs, sans jamais se blesser soit dit en passant ; ils font des chutes vertigineuses mais visiblement, le singe est un animal qui emmerde la gravité et, ho, oui, j’allais oublier : ils attaquent toutes les caméras de sécurité pour perturber les gardes : oui, ils sont intelligents et ont appris tout seuls, en 2h, ce que c’était comme bidule, ce que ça faisait, et l’intérêt de les détruire. J’ai mal à la tête. J’ai un peu honte de regarder ce film, aussi. Enfin bon : directement et sans la connaître encore une fois, les singes foncent sur la zone de détention des cobayes de Gen-Sys et libèrent Koba et les autres singes intelligents. Visiblement, ils étaient aussi fort nombreux, puisqu’ils commencent à former une immense horde.

L’évasion massive à la fourrière, elle, est vite découverte, et Will, en se rendant sur place, découvre les cartouches de gaz vides du virus, et comprend donc que les singes sont désormais intelligents ; mieux encore, il apprend du garde qui a été enfermé dans une cellule que César parle à présent. Rien que ça.

Il n'y avait plus de budget pour un vrai sabre laser

Steve Jacobs, lui, arrive en premier au boulot comme tous les matins. Etant un peu con, il ne remarque pas de l’extérieur le demi-million de vitres brisées, les voitures rentrées en collision devant le bâtiment, etc : les singes ont rangé leur bordel et remplacé les vitres avant qu’il n’arrive. Mieux, tous les agents du personnel que l’on voyait quelques minutes plus tôt ont disparu et il n’y a aucun signe de vie autour du bâtiment de Gen-Sys pourtant situé en plein centre-ville ; lorsqu’il arrive dans le hall central, le Dr Jacobs constate que les singes sont une bonne centaine et tous le regardent depuis les étages supérieurs sans faire un bruit : oui oui, les bougres ont juste eu envie de faire une blague et ont réussi à prendre d’assaut tout un bâtiment en foutant un bordel monstre sans que personne autour ne le remarque. Et ils attendaient silencieusement le prochain pinpin qui allait entrer en pouffant dans leurs barbes à base de "Pffffff vas-y, Michel, trop lol, on va trop lui faire peur, hihihihi, dis à Emile de fermer sa gueule il va nous pourrir notre plan, pffffff !". Oui, les singes s’expriment comme des pouffiasses. Mais bon, là, au moins, les singes sont sur la bonne pente.

Les primates sautent donc soudain et par dizaines sur Jacob, qui parvient malgré tout à s’enfuir, et aussi par les vitres de l’immeuble pour aller semer le chaos en ville. Pourquoi attendaient-ils patiemment Steve pour faire ça ? On ne sait pas. Peut-être ont-ils juste envie de déconner. En tout cas, une partie d’entre eux fonce libérer les singes du zoo du coin, et pour ce faire, envoient un gorille défoncer la grille qui cède sous son poids (on va donc dire que c’est un très, très, très gros gorille avec un cul assez lourd pour faire céder le genre de grilles qui arrêtent une voiture). Puis, les singes arrachent les barreaux sans difficultés (ce sont des grilles Ikea ?) et, grâce à leurs bouts pointus, s’en font des lances : rien que ça.

Tiens, juste comme ça : les singes du zoo sont donc aussi intelligents que les autres ? Pourtant, ils n’ont jamais sniffé le gaz qui va bien que je sache… non, vraiment, ce film a été superbement travaillé jusqu’au bout.

A plusieurs reprises, on voit des singes qui grimpent sur tous les bâtiments qui passent, et lorsqu’ils arrivent au sommet, se retrouvent en possession de leurs fameuses lances improvisées, alors qu’ils ne les avaient pas durant leur grimpette : c’est beau. Il y a du talent au mètre carré. Quand je vous dis que même un singe n’aurait pas voulu participer à ce film si on lui avait demandé. Ils ratent TOUTES leurs scènes, sans exception ! C’est incroyable, c’est un concours.

Mais ce n’est pas fini. Dans la course au plus gros étron, la première place  est rude à obtenir ! Dans la scène suivante, après avoir encore traversé des immeubles en passant par les fenêtres sans difficulté, les singes atterrissent sur une avenue couverte de papiers et de journaux qui volent en tous sens (c’est comme ça qu’on reconnait une ville plongée dans le chaos, hein : en cas de papier volant, couchez-vous, c’est un signe de l’apocalypse) ; vous me direz "rien d’extraordinaire", mais si : Deux voitures de police foncent sur les animaux pour leur rétamer la gueule ; c’est alors que l’orang-outan attrape une plaque d’égout (oui, il sait que c’est amovible) et s’en sert de… freesbee ! Mais oui. Ce qui atterrit dans le pare-brise d’une voiture, heureusement sans le traverser, ce qui prouve que face à une vitre un gros con de singe est plus puissant qu’une plaque en fonte lancée contre une voiture arrivant à pleine vitesse à contre-sens. Bravo. Je ne vous parle pas du carambolage que ça donne, ni du gorille qui jette un lampadaire façon tronc écossais sur l’autre bagnole (le lampadaire était sûrement aussi bien fixé que les barres de la grille du zoo). Voilà. Je vous laisse rêver.

Pendant ce temps, sur le Golden Gate Bridge, toutes les voitures sont prises dans un embouteillage pour cause de gros culs velus de singes qui bloquent la circulation. Il faut savoir deux choses : un, le Golden Gate Bridge est un pont à sens unique (Ah ?), deux, alors qu’il fait un soleil radieux sur la ville, le pont est plongé dans un brouillard londonien terrible histoire de dire "attention, les gens vont être surpris en voyant des singes sortir de la brume".  Et en effet, les singes commencent à s’attaquer aux bagnoles, faisant fuir les conducteurs apeurés. Caroline, la copine de Will, qui est en voiture avec lui à des kilomètres de là déclare soudain que les singes sont sur le pont. Comment le sait-elle, comment les voit-elle, on ne sait pas, à mon avis, elle a appris le plan des singes en couchant avec : Willy, si tu m’entends, sors la tondeuse, c’est le moment de jouer au coiffeur. Collabo !

En tout cas, sur le pont, les singes prennent le contrôle du coin, et pour de mystérieuses raisons, l’embouteillage ne prend qu’une partie de l’édifice et la dernière bagnole arrivée dans ce bazar est un bus qui s’est mis en travers. Pourquoi ? Comment ? Je… je ne sais pas je… je veux dormir. Je veux être tout seul dans un coin et… et oublier tout ça… oui, avec de la morphine… je… oui… oublier… cette merde…

La police arrive donc avec des dizaines de véhicules et d’agents des forces spéciales, et décide que les voitures civiles c’est bon pour les singes, donc eux se mettent d’un côté du fameux bus qui gêne la circulation et les singes de l’autre. Et au milieu, le brouillard épais qui va bien pour qu’aucun camp ne puisse voir l’autre. Grâce à leur voiture qui voyage dans le temps, Will et Caroline arrivent à temps sur le pont pour essayer de rentrer en contact avec César (oui, ils ont quand même fait près de 10km en quelques secondes depuis le moment où Caroline, située à l’autre bout de la baie, s’est exclamée "Les singes sont sur le pont !").

Le virus a rendu les singes plus intelligents, mais c'est pas pour autant qu'ils ne sont pas moins branleurs

Dialogues cultes : un flic, en plein milieu de hordes de civils en train de courir en hurlant à côté de Will s’exclame "Tous les civils sont évacués !" (Aaaah ? Quel sens de l’observation ma foi curieux ?) ; et lorsque la police envoie une dizaine de cavaliers avec des matraques pour calmer les singes, notre héros déclare "Ils vont tous les massacrer", comprendre : les singes vont prendre cher. Oui enfin mon lapin, ils chargent à la matraque, mais si tu veux, ils peuvent sortir le 9mm, hein. Deux policiers à pied veulent empêcher Will de s’avancer plus sur le pont, mais heureusement, Caroline fait une diversion, ce qui lui permet de passer. En même temps, avec plusieurs centaines de civils courant partout en hurlant et dans tous les sens, je ne suis pas sûr qu’il y avait besoin d’une diversion, mais bon. On dira que comme ça, Caroline aura servi à quelque chose d’autre qu’être le seul quota féminin du film.

Pendant ce temps, le brouillard varie selon les plans : quand c’est l’hélico de la police qui observe le pont, la brume est juste en haut des arches et le reste clair et visible, quand ce sont les piétons, c’est l’inverse. Les singes, ignorant ces effets spéciaux mal calés foncent en avant sur le pont et arrivent au niveau du bus mal garé. Devinant que pas loin derrière celui-ci (alors qu’ils ne les voient pas avec le brouillard), il doit y avoir la police qui les attend, plusieurs gorilles renversent le véhicule et le poussent pour s’en faire un couvert. On découvre donc au passage que tous les gorilles de la région ont dû respirer du gaz, puisqu’au lieu de se tripoter les testicules en mangeant des bananes, ils participent à l’insurrection et au montage de barricades. D’accord d’accord.

Après avoir rapproché le bus du barrage de la police, les singes s’arrêtent et se regroupent à l’abri derrière : ils attendant que leur leader arrive pour donner l’assaut. Ce qui est fait lorsque César sort de la brume… en chevauchant un destrier volé à la police ! Pendant que ses troupes attaquaient le pont, notre bon singe passait son galop 4. Il est sympa, il adore l’équitation et ne rate jamais un épisode de Grand Galop.

Et quel assaut, quelle bataille ! Aucune balle ne touche les singes, d’ailleurs les flics tirent peu ou pas, et dès qu’un primate les touche, même en leur faisant un croche-pied, une fois à terre, les humains ne se relèvent ni ne tirent plus. Heureusement, enfin, quelqu’un se décide à péter du macaque : l’hélicoptère de la police se pointe avec à son bord une mitrailleuse et Steve Jacobs (que fait-il là ?) qui guide les forces de l’ordre en leur désignant le chef. Je vous rappelle, soit dit en passant, que Steve n’a jamais vu César de sa vie, mais ce n’est pas grave, il sait. La mitrailleuse tonne donc, et les singes s’effondrent et commencent à se mettre à couvert derrière les véhicules de police désorganisés. Petit détail : tous les flics qui avaient été mis à terre sans raison dans la scène précédente ont disparu de l’écran : ils avaient sûrement fini leur service.

Bref : César a l’idée géniale d’aller chercher des énormes chaînes qui traînaient là (normal, d’ailleurs, il sait déjà où chercher ; sûrement un reste de soirée SM policière) puis les jette sur le type qui mitraille à la portière de l’hélico, ce qui le calme sérieusement ; le copilote commence donc à plomber avec son pistolet les singes qui viennent de faire bobo à ses passagers, mais c’est sans compter sur le pote gorille de César qui fait un bond gigantesque jusqu’à l’hélicoptère (tout en se faisant tirer dessus, il encaisse bien et ça le chatouille à peine), ce qui lui permet d’envoyer valser l’hélico. Lequel s’écrase donc à moitié sur le bord du pont, et César se précipite pour retirer de l’épave son pote gorille agonisant. Pour information : poids moyen d’un chimpanzé : 50kg, celui d’un gorille, 200kg (et encore, d’un gorille normal, pas d’un super dense qui défonce des grilles de zoo avec son cul mieux qu’une bagnole) ; en plus il le fait en partie avec une seule main. S’ensuit la fameuse scène cucu de l’agonie (avec évidemment les petits toussotements et la main tremblante du mourant qui serre celle de son ami) genre "Adieu Bob, t’étais un frère – Dis à ma guenon que… que… les bananes… elles sont pour les études des enfants…" puis, le valeureux et surpuissant grand singe s’effondre. César, qui vient d’inventer la religion (ça va aussi avec l’intelligence), ferme donc tendrement les yeux du défunt parce que sinon il ne pourra jamais aller au paradis des gorilles kamikazes où l’attendent moult vierges.

"Attendez, la fin du film approche et je n'ai toujours rien fait !"

Soudain, une voix sort de l’épave de l’hélicoptère écrasé ainsi qu’une main ensanglantée "Aidez-moi !" : c’est Steve Jacobs qui ne veut pas mourir là ; il veut éviter de choir du pont et de l’épave ; cette grosse andouille ne semble pas réaliser qu’il est entouré non seulement de singes mais aussi de harnais auxquels il pourrait s’accrocher pour se sécuriser plutôt que de tenir d’une main le bord de l’hélicoptère tout en tendant l’autre pour appeler à l’aide. Il est définitivement très con. César, attristé par la mort du gorille, refuse d’aider l’humain qu’il abandonne à son sort, et c’est finalement Koba, le singe borgne et psychopathe qui le tue, en, accrochez-vous, éjectant l’hélicoptère du pont du bout du pied ! Deux orteils contre un véhicule de plus d’une tonne, et l’animal ne sue même pas une petite goutte ce faisant. Steve Jacobs choit avec l’épave dans un cri terrible, allant rejoindre les eaux froides de la baie de San Francisco, c’est trop triste.

Will, lui, qui pendant ce temps jouait à la Game Boy (alors qu’il était sur place), se lance à la poursuite des singes qui continuent d’avancer vers l’extrémité du pont, et emprunte même pour ce faire une voiture de police ; comme il se doit, que trouve t-on juste à la sortie du pont ? De la forêt équatoriale dans laquelle les singes peuvent s’ébattre librement ! Normal. Abandonnant son véhicule, Will arrive sur place et tombe nez-à-nez avec César, et commence à lui dire "Je suis désolé, j’ai merdé, on oublie tout, rentre à la maison, je t’aime !" (au fait, depuis qu’il s’est rebellé, César a grandi : là, il doit bien faire son mètre 80 et est donc plus grand que son ancien maître, alors que je rappelle qu’un chimpanzé mesure environ 1,20m, mais quand on fait un film intitulé "La Planète des Singes", qu’est-ce que voulez qu’on lise au moins une fiche wikipédia ? On a pas que ça à foutre). Mais le primate lui susurre à l’oreille "César est à la maison". Soit ; Will le laissera donc vivre avec les siens, les singes doivent vivre libres. César, lui, se contente de grimper au plus haut arbre de la forêt (ça tombe bien, il était juste à côté), et depuis sa vigie, observe San Francisco, au loin. C’est tellement cool. Et…

FIN

Ho, j’allais oublier : non, après le générique, on ne voit pas l’armée passer ce bois de vilains primates rebelles au napalm (ce qui règlerait la question en deux minutes), par contre, on a le droit à une séquence où le voisin de Will, contaminé par le virus via Franklin, s’en va au travail, et figurez-vous qu’il est pilote de ligne ; ainsi, il va contaminer le m…

Le… le rien ? Gros Franklin n’avait contaminé personne jusqu’ici, il lui fallait tousser du sang sur les gens pour les contaminer ; du coup, un simple masque, et hop ! Immunisé ! Comme quoi, même la petit séquence post-générique, ils la loupent. J’ai envie de dire : chapeau.

Une belle performance que ce film. Si les singes n’avaient pas encore de motif pour en finir avec l’humanité, nous venons de le leur donner.

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