François ajusta son fusil, abrité derrière la portière de la voiture 17.

Au milieu des autres véhicules de police en désordre, lui et plusieurs dizaines de ses collègues scrutaient attentivement les fenêtres du lycée en ajustant carabines et pistolets, guettant le moindre mouvement. Au milieu du brouhaha des radios et talkies-walkies qui crépitaient en bruissant d’informations sur l’évolution de la situation, il peinait à se concentrer, espérant que l’on vienne bientôt prendre sa relève ; ses bras étaient douloureux, son cou tendu : voilà bien deux heures que lui et son coéquipier étaient arrivés là. Ils avaient été les premiers sur place, quelques minutes à peine après le début de l’incident. Et puis, en moins d’un quart d’heure, une dizaine d’autres voitures et fourgons vinrent s’arrêter pour vomir leur flot de renforts et commencer l’évacuation des lieux. Tout s’était passé dans un calme relatif, malgré la tension qui…

« François, voici notre homme« 

Le gardien de la paix se retourna en entendant la voix du lieutenant derrière lui ; à côté de ce dernier, un type en costume et trois-quarts avec un badge d’accès réajustait une cravate rouge en plissant les yeux en direction des fenêtres que ses collègues continuaient de braquer. Il regarda brièvement sa montre, avant de gratter une de ses tempes blanchissantes.

« François, voici Monsieur Connard, consultant. Il est là pour nous aider à régler cette situation, il connait leurs faiblesses. Faites-lui un topo.« 

Le jeune policier gonfla son poitrail, bouffi d’orgueil à l’idée d’être celui qui en savait le plus sur la situation. Prenant une grande inspiration, il fixa le consultant d’un air hardi avant de commencer son résumé.

« Tout a commencé à environ 9h05. D’après les témoignages des élèves évacués, il semblerait que Sophie Talon, 32 ans, professeur de mathématiques, soit arrivée dans l’établissement à 8h55 pour prendre sa première heure de cours en remplacement de Monsieur Geoffray, en stage. A 8h59, elle pénètre dans la salle 105 et fait rentrer sa classe de terminale « TS-2″ ; après avoir attendu que les élèves soient installés et que le silence se fasse, elle se présente à la classe en tant que « Mademoiselle Talon ». Il est environ 9h03. A 9h05, un commando armé de 6 femmes défonce la porte de sa salle à coups de rangers, avant de battre à mort l’enseignante avec ces mêmes chausses en hurlant « On dit Madame, salope ! ». L’alerte est donnée par un élève, et mon collègue et moi arrivons sur place à 9h09. De là, l’évacuation des lieux est lancée, et tout le personnel quitte l’établissement, à l’exception de la salle où le commando est retranché. Nous procédons à l’encerclement de celui-ci et à l’interrogatoire des élèves pour les premiers éléments. Jusqu’ici, elles ont refusé tout contact et ont baissé tous les stores. »

Le consultant prit une gorgée de thé dans la tasse qu’une jeune recrue venait de lui amener depuis le bâtiment administratif scolaire voisin servant de QG improvisé, contemplant son breuvage dans une moue écoeurée avant de regarder à nouveau François.

« Combien de personnes reste t-il là-dedans ?
- 15. Les 6 membres du commando, ainsi que 9 élèves. De jeunes filles, uniquement, elles ont laissé sortir les garçons. Je crois qu’elles tentent de les convertir à leur cause.
- Bon. Dites à tout le monde de se préparer et amenez-moi le matériel, je vais négocier. »
0

La même recrue qui avait amené le thé s’empressa de ramener un mégaphone, qui siffla lorsque l’homme l’alluma, provoquant un léger mouvement de tête vers le bas chez l’ensemble des fonctionnaires présents, surpris par l’arrivée impromptue de ce bruit désagréable.

« Un, deux, un, deux, test… test… est-ce qu’on m’entend ? Allô ?« 

Il y eut un long silence. François haussa épaules et sourcils, signifiant que le refus de contact des terroristes était prévisible. L’expert repris.

« Houhou, les filles, vous ne voulez pas parler ? C’est étonnant. D’habitude, vous ne faites que ça. C’est parce que vous êtes entre filles à lire Public en vous gavant de Haagen Daz ? Vous ne voulez pas vous montrer à la fenêtre parce que vous êtes dans vos pyjamas en pilou mauve ? »

Une voix résonna depuis une fenêtre entrouverte, faisant rapidement regretter le son strident du mégaphone.

« On t’entend, porc sexiste !« 

L’homme tapota sur le haut de son mégaphone, l’air satisfait.

Les négociations allaient pouvoir commencer.

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Mademoiselle Agnès, victime collatérale d'un conflit aveugle

« Mademoiselle » est un gros mot. Une atteinte aux libertés. Un instrument du sexisme moderne.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais nos amies les féministes d’Osez le Féminisme (un nom qui sent bon le courage et l’engagement ; la première proposition, « Il faut de big balls pour être féministe » ayant été rejetée lors de l’assemblée générale constituante) et des Chiennes de garde, elles, l’ont bien vite réalisé. C’est pourquoi elles ont mis sur place toute une campagne contre cette scandaleuse appellation, à commencer par un site internet résumant leurs arguments : madameoumadame.fr.

Et là, attention, on trouve de la grande qualité. Lisons donc ensemble, ce que nous y trouvons, voulez-vous ?

Donc, voici le problème, nous dit le site :

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n’appelait pas un homme célibataire « Mondamoiseau », voire « jeune puceau » ? Pas étonnant, ce type de distinction est réservé aux femmes…
En effet, en France, en 2011, les femmes et les hommes ne sont toujours pas logés à la même enseigne : civilité unique pour les hommes, double civilité pour les femmes !

Osez le féminisme et les Chiennes de garde lancent donc une campagne intitulée « Mademoiselle, la case en trop » pour rappeler que la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire. Et surtout, qu’elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société.
Cette campagne a vocation à mettre fin à cette inégalité, mais aussi à informer les femmes de leurs droits et à  mettre à leur disposition des outils pour faire changer leur civilité.

Les femmes et les hommes ont, aujourd’hui, en France, un traitement différencié de leur civilité ! Les hommes sont appelés toute leur vie «monsieur». À l’inverse, les femmes sont «mademoiselle», puis «madame». Et le passage de l’un à l’autre ne dépend ni de leur âge, ni de leur statut professionnel, mais bien de leur statut marital. «Mademoiselle» a donc un caractère intrusif, que «monsieur» ou «madame», plus neutre, n’ont pas. 

Il est vrai que voilà une injustice qu’il est grand temps de combattre. Certes, certains seraient tentés de dire qu’il s’agit là d’un combat gadget, mais ce seraient de bien mauvaises langues : c’est très important. Encore cet après-midi, j’ai appelé une jeune fille Mademoiselle, et elle s’est empressée de se tirer une balle à sanglier dans la bouche pour en finir avec cette vie scandaleuse dans laquelle elle était rabaissée. Imaginez-vous le choc que j’ai subi : j’ai dû attendre 5 minutes de plus à la caisse qu’ils la remplacent. Inconcevable.

Surtout que le combat a l’air aussi sérieux que ses arguments : s’il est vrai qu’il n’y a aucune case « Mondamoiseau » sur les formulaires administratifs, il est normal qu’on y trouve pas « jeune puceau » ; ou alors , il va falloir me trouver le formulaire où l’on peut trouver « jeune pucelle » dans les cases à cocher, puisqu’il est affirmé ici que c’est un traitement réservé aux femmes (en dehors de l’industrie du porno et des formulaires de recrutement des troupes de Jeanne d’Arc) ; commencer une campagne par un argument foireux dès la première ligne est souvent le signe d’un site de qualité. Poursuivons donc notre exploration, puisque diverses rubriques s’ouvrent à nous, chacune argumentant sur les raisons pour lesquelles « Mademoiselle » n’a pas lieu d’être. Je vous les donne de suite :

- Ce n’est pas flatteur

- Ce n’est pas tendance

- Ce n’est pas marrant

- Ce n’est pas obligatoire

- Ce n’est pas une fatalité

et même une rubrique « Nom de jeune fille« 

Autant de chapitres de votre nouveau site de chevet qui vous permettront, mesdemoiselles mesdames d’enfin lutter contre ces gros sexistes qui ne vous appellent pas Madame à tout bout de champ, mais Mademoiselle comme de vulgaires petits sagouins sans éducation. Les rustres. Et pour bien comprendre pourquoi ce site est une sorte de gigantesque n’importe quoi, nous allons commencer par un petit tour dans la rubrique « ce n’est pas obligatoire« , qui débute ainsi :

Contrairement à l’idée reçue, l’emploi des termes « Madame » et « Mademoiselle » ne repose sur aucune disposition législative ou réglementaire. Il résulte exclusivement de l’usage et ne constitue pas un élément de l’état civil. Aucun document ne peut donc être réclamé à une femme qui souhaite qu’on utilise à son endroit l’appellation « Madame ».

En plus, c’est écrit en gras, pour que tout le monde comprenne bien ; vous avez donc tous lu ? « Mademoiselle » ou « Madame », c’est de l’usage, ça n’a aucune valeur légale (non, vous ne pouvez pas faire un procès à un mec qui vous appelle « Mademoiselle » au lieu de « Madame » pour gagner du pognon, mais s’il est vieux et riche, vous pouvez toujours l’épouser, en plus, tout le monde vous appellera Madame par coutume si j’en crois ce qui est dit ici). Vous pouvez donc être mariée et vous faire appeler « Mademoiselle » dans les formulaires administratifs, ou être célibataire et vous faire appeler « Madame » si le coeur vous en dit. Bref, vous avez le choix et êtes libres de la chose. Retenez bien que c’est votre droit et que c’est ici intelligemment mis en avant, et allons voir le reste du site.

Tenez, la rubrique « Ce n’est pas flatteur » par exemple.

Une distinction bien anodine en apparence

La distinction madame / mademoiselle parait en apparence bien anodine. On va encore dire que les féministes chipotent…

Non, ce n’est pas le genre de la maison. Ne vous inquiétez pas. Ici, on est bien plus rabouin.

Certaines femmes apprécient en effet de se faire appeler « mademoiselle » : c’est flatteur, ça renvoie l’image de la jeune femme jolie, fraiche, séduisante, et peuvent considérer que c’est une marque de politesse et de galanterie de la part de leur interlocuteur. 

En effet ; les filles, vous pouvez avez le droit de penser ça. Mais comme nous allons le voir, d’après nos amies de la liberté, si vous le faites, c’est que vous êtes stupide, non mais :

En vérité, qu’y a t-il de poli à nous intimer l’ordre de dévoiler notre vie privée ? 

Voilà ; l’argument est beau : les filles, vous avez le droit de penser que c’est flatteur, mais si vous le faites, vous faites le jeu du sexisme, parce que ce faisant, vous « dévoilez votre vie privée« . Et ça, c’est vraiment dégueulasse, petites dévergondées ! Vous n’avez pas honte ? Ce n’est pas à Madame Bruni que ça arriverait !

Tiens ? Mais que lisait-on en gras ailleurs sur ce site ? Mais oui : que chacun pouvait se faire appeler comme il voulait, donc du coup, on peut être une mademoiselle mariée, ou une madame célibataire ; et encore, je ne parle pas des PACS ! Bref, en disant « mademoiselle« , vous ne révélez rien du tout. Et c’est le site lui-même qui le dit en citant la loi, tout en affirmant le contraire en se basant sur du rien 50 mètres plus loin.

Haaa… entre baser mon raisonnement sur la loi ou sur le néant absolu cité ici… j’hésite… hmmm… rah, c’est dur. En tout cas, ça commence fort.

Cela voudrait dire qu’une femme n’ a de vrai statut dans la société que parce qu’elle est mariée  ? Et toutes les femmes qui ne seraient pas mariées – célibataires, pacsées, en union libre, homosexuelles…- ne seraient pas des vraies femmes ?

Là encore, c’est sympa : des féministes expliquant que quelqu’un qui se fait appeler « Mademoiselle » (ce qui est sa liberté) plutôt que « Madame » serait une sous-personne, une citoyenne de seconde zone. Là encore, qui a déclaré ça ? Tiens, personne… personne à part… ho ! Laurence Waki, participante à la campagne et auteure du livre Madame ou mademoiselle ? dont la couverture ci-dessous met bien en évidence le « Madame, c’est une femme, Mademoiselle, c’est un truc pas fini« . Combattre un raisonnement que l’on a soi-même mis en place en prenant des airs outrés, ça me rappelle un peu nos amis les pompiers pyromanes. Et les blaireaux ici. Mais je dis ça parce que le blaireau est un animal majestueux, hein, aucun rapport avec une insulte. Non, sinon j’aurais dit « Mademoiselle ».

Madame, c'est sérieux, Mademoiselle, c'est pas fini et écrit façon pouffiasse : bravo, c'est subtil. Heureusement que c'est une femme qui l'a écrit.

Bref, vous, femmes qui aimez vous faire appeler « Mademoiselle », vous êtes de vilaines collabos du régime machiste, et si les féministes vous attrapent, elles vous tondront (mais en vous emmenant papoter chez le coiffeur : ça reste des nanas avant tout). Et si vous en doutez, je cite :

L’usage de la civilité « mademoiselle » n’est rien moins qu’une marque de sexisme, un sexisme diffus, accepté… un sexisme ordinaire ! 

Contrairement aux hommes, vous avez le choix entre deux appellations, sans aucune implication légale (souvenez-vous du passage en gras ; raaah, je vous avais dit de le retenir !) mais si vous ne faites pas le même choix que certaines féministes, vous serez une salope de machiste et elles lanceront une campagne avec site internet pour vous retirer ce choix parce que ce n’est pas le même qu’elles. Qu’ils sont bêtes, tous ces gens qui ont le choix mais qui ne font pas le même que le nôtre ! Quelle bande de crypto-anarchistes !

Relevons au passage le paradoxe : être appelée « mademoiselle » rassure sur le fait d’être soit jeune et jolie, alors qu’être appelé « madame » ferait se sentir vieille et moche… Cela en dit long sur la représentation du mariage….

Moi je relève plutôt le raccourci foireux. Mais bisous quand même.

Le terme « demoiselle » vient du Moyen-Age et signifie jeune fille noble, puis à partir du XVIIIème siècle jeune fille vierge, non mariée. Faudrait-il informer le moindre homme qui se trouverait dans un rayon de 10 kilomètres à la ronde de ce qu’on est une « demoiselle », peut-être plus vierge certes, mais du moins célibataire, disponible, en un mot « draguable ». Alors à vos clignotants ! En revanche, pas de possibilité de repérer les hommes célibataires…

Oui, parce qu’encore une fois, une Mademoiselle mariée se faisant appeler ainsi, ou tout simplement, une Mademoiselle pacsée, ça n’existe pas. Si jamais ça arrive, un trou béant vers l’enfer s’ouvre et des démons tirent par les jambes la bougresse jusqu’au fin fond d’un lac de lave en éclatant d’un rire diabolique. C’est soit ça, soit quelqu’un est en train de raconter n’importe quoi. Ho, et non : ce n’est pas moi (je précise parce qu’il y a peut-être des gens qui ont trouvé le site pertinent qui me lisent : il faut les aider un peu).

Au passage, puisque « Mademoiselle » aujourd’hui n’a plus de valeur juridique, et qu’il peut indiquer une jeune fille mariée ou non, l’argument ne tient pas. Non, c’est juste un « Ouais alors à la base c’est classe, mais comme au XVIIIe siècle, ça servait à désigner une jeune fille célibataire, il faut l’interdire parce que c’est insultant« . Oui ma louloute (« ma louloute« , ça va ? C’est moins méprisant que « mademoiselle » ?), et tu sais d’où vient le mot « tête » ? D’une insulte : testa, en latin, désignant une cruche ou un vieux pot. Vite ! Interdisons le mot « tête », qui est méprisant ! Et là, depuis son origine, pas juste « Au début non, mais à un moment si, mais maintenant non, donc interdisons-le !« .

Et puis,  c’est tout de même difficile de gagner en crédibilité dans notre vie professionnelle, quand on est appelée  « mademoiselle ». Bizarrement, on appelle systématiquement une femme « Madame » quand elle est plutôt en responsabilités. Et mademoiselle, est plutôt attribuée aux « jeunes premières » ou moins expérimentées dans son domaine et revêt un caractère souvent condescendant.

C’est tellement vrai et systématique qu’on se souvient qu’en cette époque pas du tout sexiste qu’était le début du XXe siècle, une certaine Coco Chanel se faisait appeler « Mademoiselle« . Et il est vrai qu’elle n’a jamais eu de responsabilités ou réussi quoique ce soit. L’honneur est sauf.

Alors aujourd’hui, pensez-vous : c’est tout simplement impossible.

Sinon, pour perdre en crédibilité, je crois que vous avez trouvé un moyen efficace avec cette belle campagne. C’est assez balaise, je le concède.

Si l’on veut résumer, la civilité Mademoiselle perpétue la domination masculine : une femme est ainsi désignée dans sa valeur d’objet, objet « sexuel » ou « ventre porteur », obligatoirement en attente d’un homme pour « accéder à la vraie vie ». C’est pour cela qu’il est important d’être appelée « madame », ça ne fait pas de toute femme une femme mariée, une femme vieille ou moche, dont la vie serait toute tracée ou pour l’essentiel derrière elle mais ça en fait une femme libre. Tout simplement…

Voilà voilà. A part ça, nos amies féministes sont là pour combattre les préjugés. Lectrices, vous qui n’êtes pas choquées de vous faire appeler « Mademoiselle« , ou pire, qui préférez, sachez que vous êtes de simples objets sexuels en attente d’être engrossées. Et en demandant à ne plus avoir la liberté de vous faire appeler Mademoiselle, vous serez plus libre. C’est heu… complètement con beau.

Enfin, allons jusqu’au bout du concept pour prouver son absurdité. Donc, je résume (moi aussi, sauf que moi je ne mets pas de mots en gras): il y aurait des gens qui auraient des préjugés sur l’appellation « Mademoiselle » ; il faut donc, pour combattre ces idées, supprimer le mot. Plus de mot, plus de problème ! C’est vrai que c’est une manière intéressante de régler les problèmes sociaux.

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Flashback historique

Munich, 1921

« Aaach… j’en ai assez de l’antisémitisme ! 
- Oui, c’est terrible Adolf, je sais. Les juifs sont victimes de beaucoup d’idées préconçues. Mais nous allons lutter.
- Lutter contre les préjugés ? Non ! Il faut éradiquer les juifs ! Plus de juifs, plus d’antisémitisme !
- Je… mais le problème, c’est plutôt les préjugés, non ? 
- Non, non, c’est génial ! Vite, j’ai un plan pour rendre le monde plus tolérant ! Je vais monter un Reich d’amour ! »

0

Fin du flashback historique

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"Et che ne tolérerai pas non plus l'homophobie ! Ja ?"

Bon allez, je crois que nous avons déjà fait le plus gros de cet argumentaire absurde. Allons plutôt voir la page « Ce n’est pas tendance« .

Notez : comme on s’adresse à des donzelles, on leur parle de « tendances ». Ce qui signifie que si c’était la mode, au même titre que les Wayfarer ou les chemises à carreaux, alors il n’y aurait aucun souci sur la question. Diable ? Vous voudriez dire que les revendications évoluent en fonction des modes ? Qu’il en va de même de la place de la femme dans la société que de celle des pantalons slim ?

Ça expliquerait le curieux silence de nos amies sur la question des jeunes filles qui s’appellent entre elles « Bitch » ou « Biatch » : c’est à la mode, et c’est vrai que c’est un terme pas du tout connoté. Petit rappel : les filles, vous pouvez donc vous appeler entre vous « Ma grosse bitch« , mais pas « Mademoiselle« , parce que Mademoiselle, c’est sous entendre que vous êtes une pute à matelots. Et ça, ce n’est vraiment pas très correct. Vous devriez avoir honte.

D’ailleurs, autre curiosité : parler de « tendances », c’est reconnaître qu’un terme évolue dans le temps. Et donc, se baser, comme ce fut fait précédemment, sur une évolution partant du XVIIIe siècle pour appuyer son argumentaire du XXIe, ça revient à dire « Oui ça évolue dans le temps, mais en fait, c’est figé dans le temps« . Ce qui est, comment dire… enfin… disons que même Steevy n’a pas ce genre d’argumentaire.

Autre argument de qualité : Comment fait-on ailleurs ?

Et ailleurs ?

La distinction madame/mademoiselle n’existe pas ou bien est tombée en désuétude dans beaucoup de pays (Allemagne, PortugalDanemark…). Au Québec, ce terme témoigne d’une pensée si archaïque qu’appeler une femme « mademoiselle » est très très mal perçu.

Il est vrai que cela parlera à chacun : si un autre coin, comme par exemple le Québec (prendre le pays qui a produit Garou et Céline Dion comme référence, c’est assez révélateur), utilise le terme de manière péjorative, alors nous devons faire de même. Donc en se basant sur le même argument, on peut aussi se rappeler que dans le reste du monde, « Madame » est le terme qui signifie « patronne de maison close » ; pas sûr que ce soit le truc le plus élégant qui soit.

Vraiment, arriver sur un même site à mettre en avant autant d’éléments visant à se décrédibiliser, c’est de l’art. On dirait un site de campagne de Ségolène Royal.

Autre argument : « ce n’est pas marrant« . Non, parce que, ça le serait, il n’y aurait aucun souci. Du coup, j’imagine que les membres des Chiennes de Garde et d’Osez le féminisme adorent les blagues sexistes ; après tout, si l’aspect « rigolade » est un argument en soi, alors ça ne doit pas poser de problèmes.

Cette rubrique est, d’ailleurs, une mine de réflexion, puisque constituée de copiés/collés tirés du site Vie de Meuf, qui tout comme son homologue fécal, est en fait juste une compilation d’anecdotes d’internautes invérifiables. C’est vrai que du coup, c’est un moyen béton d’appuyer son avis que de citer des trucs sortis de nulle part. Je vais créer « Vie de Personne Tout à Fait Objective« , avec plein d’anecdotes du genre « L’autre jour, l’Odieux Connard m’a sauvée d’un tigre enragé à Borneo – Elsa21 #VDPTAFO » , « Avant j’étais pauvre et laid. Puis, j’ai connu l’Odieux Connard, qui m’a bidouillé un petit business en ligne pour que je survive. Je suis toujours laid, mais ça va mieux. Mark Z #VDPTAFO » ; « L’Odieux Connard t’aide à trouver l’amour, l’argent, la richesse, fait revenir l’être aimé puis lui pète la gueule pour lui apprendre à partir sans autorisation. Marabou N’Golo #VDPTAFO« .

Mais assez digressé ; contemplons un florilège issu de notre beau site féministe :

Premier témoignage, et donc, j’imagine, le plus frappant.

Ce matin, au marché, le vendeur de fruits et légumes m’a alternativement appelée « ma puce », « ma chérie », puis « mademoiselle », avec tutoiement. Quand je lui ai dit que c’était « madame », il est passé au vouvoiement et a arrêté les petits surnoms. En fait, quand on pense que vous n’êtes pas mariée, le respect, c’est secondaire. #viedemeuf

ThB

Pas mal : « ma puce« , ça passe, « ma chérie« , aucun souci, le tutoiement aussi, mais mademoiselle, ah, ça non, espèce d’enfoiré ! Et c’est là dessus que notre héroïne a réagi. Si ma boulangère m’appelle « ma puce« , elle mâchera ses molaires et le bout de ma chaussure droite avant d’avoir fini d’articuler « mon chéri« .

J’ai quarante ans et je ne suis pas mariée. Alors suis-je « Mademoiselle » ou « Madame » ?

La question se pose chaque jour. Même l’administration me demande de choisir. C’est usant.
Je suis Madame car je suis majeure. Point. La question ne devrait pas exister.
#viedemeuf
Madame S

Putain, c’est vrai, avoir le choix c’est trop dur à vivre, surtout quand en plus on a la réponse. Comme le disait mon ami Jean-Luc « Les choix sont souvent difficile ; parfois, j’aimerais passer ma vie sur un rail. »

Mon ex : « oui, je t’appelle Mademoiselle même si tu trouves ça ringard. Parce que tant que tu n’as pas eu d’enfant, tu n’es pas vraiment une femme »

Oui, ce n’est plus que mon ex… ouf !
#viedemeuf
NO

Ah bin oui, là, clairement, le problème c’est le « Mademoiselle« , et pas le Monsieur. Je comprends mieux. Merci, Vie de Meuf, tu es tellement pertinent. En plus, c’est absurde : chacun sait que pour devenir une femme, il faut coucher avec un blogueur autosatisfait.

A l’occasion de mon mariage, j’ai gardé mon nom de naissance comme nom d’usage. Au travail, un collègue m’a interrogée sur mon mari en l’appelant monsieur « mon nom » ; visiblement, il ne pouvait imaginer qu’une femme, lorsqu’elle se marie, n’abandonne pas son identité. #viedemeuf
Sophie

Ou alors il a pensé que vous portiez le même nom sans chercher à savoir qui a donné son nom à qui, puisque le mari peut prendre le nom de sa femme. #viedelobotomisée. Bon, puis soyons positif : il a essayé de connaître ton nom. Personnellement, je n’ai pas compris l’intérêt de cette pratique.

Alors, Madame ou Mademoiselle ? Attention, il y a un piège

Allez, rassurez-vous les filles : tout cela n’est pas une fatalité. Vite, la rubrique éponyme !

Marre d’être appelée mademoiselle et par son nom de « jeune fille » ?

Vous avez le droit d’être appelée madame quel que soit votre âge ou votre situation personnelle. Vous avez le droit de refuser de parler de « nom de jeune fille » pour votre seul vrai nom. Personne ne peut vous l’imposer.

L’administration persiste à privilégier Mademoiselle, quand elle s’adresse à une femme qui n’est pas mariée, malgré les deux circulaires et nombreuses réponses des ministres aux questions de parlementaires.

Ici, le site a tout à fait raison : vous avez ce droit. C’est comme ça. Et oui, l’administration utilise par défaut « Mademoiselle » pour les femmes non mariées. Jusqu’ici, il fallait donc écrire à l’organisme concerné pour lui dire de mettre « Madame » si vous préfériez la chose, qu’importe votre situation, et particulièrement si vous n’avez que ça à foutre.

Heureusement, comme ce n’est pas une fatalité, le site propose un « kit » sous la forme d’un courrier tout prêt pour enfin en finir avec cela ! Et comme le veut la politique du site, il s’agit d’un courrier visant à demander à l’administration d’arrêter de vous appeler Mademoiselle, avec argumentaire sur l’historique du terme à la clé, sur le fait que c’est sexiste, etc, et que le prochain qui vous appelle comme ça, vous allez lui éclater la gueule contre le lavabo.

Bref : cela revient à écrire à l’administration en disant « Tout le monde doit être appelé Madame, et non Mademoiselle, sale sexiste« . Oui, et donc, l’appellation par défaut deviendra « Madame« . Et celles qui voudront se faire appeler « Mademoiselle » devront écrire à nouveau pour réclamer ce droit qui est le leur… bref : le problème restera là, il aura juste été inversé dans sa manifestation. Et l’administration qui aura été sensibilisée par les courriers de madameoumadame se dira « Tiens, en voilà une qui veut se faire appeler Mademoiselle : quelle petite traînée !« , chose que personne ne se disait jusqu’à l’apparition de ce site ; bravo : c’est avec ce discours que le féminisme avance.

Et nul doute que naîtra dans quelques années un site « mademoiselleoumademoiselle« , dans lequel des militantes rappelleront que non, on a pas envie de porter un nom allant à l’origine aux femmes mariées passant sous l’autorité d’un homme et servant à désigner les patronnes de maisons à filles de joie, que c’est indécent, dégradant et que c’est avoir « une drôle d’image du célibat« . Et elles proposeront même des kits militants pour revenir au terme automatique « Mademoiselle« .

Pour le reste, je vous laisse vous-même explorer ce fabuleux site, qui je le rappelle, part du dogme suivant : bien que choisir son appellation civile soit un droit pour les femmes, puisque les deux associations n’aiment pas l’appellation « Mademoiselle« , elles veulent tout simplement supprimer cette petite liberté pour imposer leur choix à toutes, au nom du fait de devenir une « femme libre« .

Alors non, je ne dirai pas que c’est un combat « gadget« .

Je dirais juste que c’est complètement con.

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L’après-midi était bien avancée lorsque la dernière des 9 otages courut depuis le bâtiment désert d’où elle venait d’être relâchée jusqu’aux policiers venant la récupérer dans la cours du lycée.

Cela avait demandé beaucoup d’efforts : les négociations avaient été beaucoup plus compliquées qu’avec les autres terroristes. Là où il était possible en d’autres circonstances de récupérer un otage en échange de quelques pizzas, il avait ici fallu proposer des macarons pour récupérer deux jeunes filles. Nenni d’hélicoptère avec pilote : une Mini Cooper avec un plein garée dans la cour avait suffi à obtenir trois autres otages. L’expert connaissait son métier : il obtint la libération de trois autres filles en donnant sa promesse qu’il y aurait une nouvelle saison de Grey’s Anatomy à la rentrée, mais dut négocier un peu plus dur contre la dernière. Ce fut lorsqu’il menaça de tremper un sac Vuitton dans du goudron que les portes du lycée s’ouvrirent à la volée, laissant paraître la dernière otage.

« Maintenant, il faut encore qu’on aille les cueillir. Elles sont bien barricadées. Si on entre, ce sera une boucherie.« 

François manifestait vivement son inquiétude ; il voulait que cette histoire se finisse vite, mais sans perdre de copains dans un assaut. Dans l’immédiat, les terroristes étaient bien retranchées et pourvues en macarons : cela ressemblait diablement à une impasse. Peut-être que si ce soi-disant consultant ne les avait pas ravitaillées, elles se seraient déjà rendues.

« Erreur, jeune homme : grâce aux régimes, la femelle est habituée à de longs jeûnesMais pas d’inquiétude : on va régler ça proprement et sans bavures. Donnez-moi votre talkie-walkie, vous allez voir.« 

Le type s’approcha du lycée, et porta à nouveau le mégaphone à ses lèvres. Il articula avec lenteur et mauvais jeu, tel un Francis Huster :

« Ho ! Ca alors ! Il y a Margaux Motin dans la cour !« 

6 têtes apparurent aussitôt à la fenêtre de la salle de classe, se bousculant et criant en cherchant du regard la célèbre blogueuse.

L’expert attrapa le talkie-walkie que François lui avait prêté.

« Dites aux snipers que c’est bon. »

Ce week-end, vous étiez appelés au don.

C’est vrai, on a tous envie d’agir : quand on voit ces regards suppliants, quand on  parle de ces indispensables greffes qui semblent ne jamais arriver, quand on constate de visu ces handicaps lourds, ces graves dégénérescences… on a tous envie de décrocher notre téléphone pour faire quelque chose.

Ce week-end, c’était possible, ce week-end…

C’était Miss France.

Ah, s’il est bien un week-end dans l’année où, mesdemoiselles, bien plus que pour la journée de la femme, vous êtes bien représentées, c’est bien celui-là. Et cette année, petites gâtées, vous n’avez non pas eu une, mais bien deux miss pour défendre votre sexe et porter haut les couleurs de la féminité dans les médias ! Non, arrêtez de pleurer, je comprends votre joie, mais là vous faites couler votre mascara, c’est immonde. Allez, reprenez-vous les filles.

Lecteurs, lectrices, n’étant moi-même qu’un homme dont la galanterie s’efface lorsque les ambassadrices de l’élégance française s’expriment, permettez-moi aujourd’hui de vous rendre un fier service : transcrire par écrit les premières interviews respectives de nos deux Miss, afin que vous puissiez boire leurs paroles. Vous auriez pu aller voir vous-même les vidéos, mais je vous connais sacripants : vous surfez sur le web au boulot, et vous ne pouvez pas mettre le son trop fort. Alors, inutile de me remercier, et retrouvez ci-après les propos de nos élues en version tapuscrite, comme on dit.

 

Si on pose cette couronne sur votre tête, c'est que vous venez officiellement de toucher le fond

Commençons avec Miss France

Il s’agit de Laury Thilleman, 19 ans, 1m79 (ce qui lui permet de manger sur la tête de la plupart d’entre vous, un atout formidable), et accessoirement Miss Bretagne, célèbre région de France connue pour ses terroristes adeptes des attentats à la crêpe. Selon les lois d’internet, comme toujours, nombreux seront les mâles à crier au boudin et à jurer que jamais ils n’approcheraient tel bestiau, avant de s’en retourner se reproduire avec un rouleau de sopalin non sans avoir auparavant passé deux niveaux sur World of Warcraft. A noter qu’en bonne ambassadrice de la France qu’on aime, notre damoiselle est diplômée d’un « bachelor en management« . Oui, moi aussi, ça me laisse songeur. N’oubliez jamais les enfants : plus il y a de mots anglais dans un intitulé français, plus ça sent le vol de poules. Que dire d’autre ? Sa biographie officielle nous annonce qu’elle est « naturelle, spontanée, dynamique« . Effectivement. Ils auraient dit « Socialement, c’est une sorte de chacal barbu« , j’aurais été étonné aussi. Il ne manque que « généreux« , et on fait le Puissance 4 des poncifs. Allez, je ne vous fais pas patienter plus avant : en route !

Ho, éventuellement, je rajouterai peut-être un ou deux propos personnels en rouge. Mais juste pour faciliter votre compréhension d’un éventuel jargon technique de Miss, hein, rien de trop surchargé. Sur ce, sus à la retranscription de cette vidéo !

L’interview est réalisée en duplex, Claire Chazal dans les locaux de TF1 où elle a établi son nid, et Laury Thilleman dans un grand hôtel parisien où elle a passé la nuit. Naturelle et spontanée comme nous l’avons vu plus haut, Laury pose très simplement dans un fauteuil doré la couronne posée sur le crâne et l’écharpe bien ajustée. Son sourire (lui aussi naturel et spontané) n’est pas sans rappeler Francis Huster.

Claire Chazal : Merci beaucoup d’être avec nous Laury Thilleman

Laury Thilleman : … Bonjour (NdOC : elle met du temps à répondre, apparemment, il y a une liaison un peu lente. J’ai pas dit que c’était forcément la technique qu’il fallait remettre en cause, attention)

CC : Alors on a vu votre émotion, heu, hier soir au moment du heu, couronnement, d’abord comment s’est passée cette première matinée, pas trop fatiguant ? (NdOC : demande lui plutôt ce qu’elle a fait cette nuit, cette coquinette !)

LT : Non, c’est vrai queee j’ai peu dormi (NdOC : Ah ! Je l’savais ! Ah ça a dû y aller la toupie javanaise !) mais heu, l’excitation (NdOC : Tu m’étonnes…) fait queee, que j’étais très en forme ce matin heu, de bonne heure, on a commencé avec, avec des séances photos et c’était très plaisant de, de se retrouver heu… voilà sous… sous les objectifs, heu… ça s’est très bien passé.

CC : Alors est-ce que c’est important pour vous Laury que ce soit la Bretagne qui soit couronnée ? (NdOC : Nan mais Claire Chazal, quoi. Et cette femme est sélectionnée régulièrement pour interviewer le président. Tu crois qu’elle va te répondre quoi ? « Non, les bretons, c’est trop des cons, en fait, moi je suis de Maubeuge » ?)

LT : Bah bien sûr, j’suis vraiment très fière de ma région et (NdOC : Tu mens ! Tu n’as pas défilé avec une bigouden, jeune effrontée !)… et d’la représenter après 49 ans sans avoir été heu… heu… ouais bin représentée par, par une Miss France (NdOC : Mais comment la Bretagne n’a t-elle pas sombré sans cela ?) et, c’est un honneur pour moi et… et j’remercie vraiment toutes les personnes tous les bretons qui… qui m’ont soutenue mais également toutes leees… tous les, tous les français qui ont été présents heu, lors de ce couronnement. (NdOC : Mais pas tous les français qui ont voté pour toi ! Raaah, truie pourpre ! C’est comme ça que tu me remercies pour mes votes ! La prochaine fois, je donnerai au Téléthon, tiens, et tu seras bien attrapée.)

CC : Alors on a entendu tout à l’heure que vous disiez « c’est une belle année qui m’attend », qu’est-ce que vous voulez faire de cette couronne, dans l’immédiat ? (NdOC : « Mais, la balancer, parce que ça me gratte trop la tête en fait »)

LT : Dans l’immédiat, déjà donc heuuu…. voilà rendre aux gens c’qui… ‘fin…c’qui… c’qui m’ont, c’qui m’ont donné c’est-à-dire heu… me… me rendre Miss France me rendre ambassadr… ambassadrice et heu… bon après, dans la suite, bien sûr, j’espère, j’espère me servir de cette couronne pour… pour faire passer des messages (NdOC : C’est une couronne, c’est pas un téléphone, hein) et heu… et… et me présenter dans je sais pas, des associations p’têtre qui m’tiennent à coeur donc j’ai j’ai quelques idées déjà en tête (NdOC : profites en bien. Non, je dis ça comme ça, aucun sous-entendu, pourquoi ?) heu… on verra par la suite heu comment ça va s’passer.

"Si Miss France utilise l'influence de sa couronne magique pour me demander de partir, je le ferai"

CC : Voilà en tout cas mettre un peu entre parenthèses vos études, sans doute ?

LT : … pardon ? (NdOC : Mais si ! Le truc que t’es OFFICIELLEMENT *clin d’oeil* supposée faire *clin d’oeil appuyé*)

CC : Vous mettrez donc forcément un peu entre parenthèses vos études ? (NdOC : Fais lui un clin d’oeil ! Vas y Claire !)

LT : Oui, forcément, donc j’en ai parlé déjà avec heu, avec l’administration heu, avant de partir heu pour l’concours, yyy z’étaient vraiment enchantés deee… bin de de c’qui m’arrivait (NdOC : Oui, j’imagine leur tête en fait. J’imagine même les explosions de rires à la seconde où tu as fermé la porte du secrétariat, jeune ingénue) et heu forcément donc cette année heu je vais mettre entre parenthèses heu, mon année heu, déjà entamée et puis heu… pour la reprendre heu… de plus belle heu… l’année prochaine ? Hi hi !

CC : Voilà donc vous voulez exercer une fonction dans le management sans doute ? (NdOC : Non, en fait, elle veut être docteur en physique nucléaire. Mais elle a passé un « bachelor en management » par erreur)

LT : Heu, alors j’envisage heu plus de travailler plutôt dans la communication et l’audiovisuel (NdOC : Chut, vous entendez ? Si, tendez l’oreille, ce cri de goret qui dit « JE VEUX TRAVAILLER A LA TELE ! JE VEUX ETRE CELEBRE !« ) mais heu les études que je suis actuellement me heu me serviront certainement pour heu, pour cette vocation (NdOC : attends, ça sert à quelque chose, un Bachelor en Management, à part à caler une table ?) là, hi hi, mais également mon titre de Miss France heu… m’apportera beaucoup j’pense pour heu, pour c’que j’veux… c’que j’envisage de faire plus tard (NdOC : « LA TELE, HIIIIIIIII ! »)

CC : En tout cas on vous souhaite une… bonne chance, une très belle année de Miss France 2011, merci beaucoup, Laury Thilleman, d’avoir été avec nous, et bon courage pour la fin de cette journée qui va être aussi très chargée (NdOC : en schnouf) on le suppose

LT : Merci beaucouuup !

Décidément, quelle ambassadrice ! Je suis sous le charme.

Mais ne nous attardons pas plus, et arrêtons nous sur le cas, je cite, « historique » de notre seconde représentante hexagonale : Miss Nationale, un titre qui, vous en conviendrez, sent la borne kilométrique, les panneaux de la DDE et les aires de poids lourds où quelques routiers urinent en rang le long de quelques frêles arbres jouvenceaux.

Et notre damoiselle se prénomme Barbara Morel, a 21 printemps et mesure 1,75m. Jusque là, rien d’incroyable me direz-vous, mais dixit sa biographie officielle, la bougresse est en 2e année « technique de commercialisation » (ce qui permet de devenir chef du rayon slips chez Auchan, tout de même). Loin de tous les clichés sexistes, « elle adore le shoping, le lèche-vitrine et la presse féminine. » ; d’accord. Inutile que je commente, je crois. Par ailleurs, elle est « passionnée par les films d’animation comme Avatar« . Ho nom d’une pipe, je crois qu’on tient une gagnante là les enfants. Je… que… que dire d’autre ? « Sa couleur, le blanc, symbole de pureté et d’innocence. » Hoooo ! Hoooo ! Arrêtez ! N’en jetez plus ! Dans tous les cas, sachez qu’elle représente la Provence, le pays des cigales, de la lavande, et de Taxi.

Petite précision : pour distinguer Miss France de Miss Nationale, c’est facile : Miss Nationale dispose d’une croix de Lorraine sur l’écharpe (véridique), symbole de la résistance face au concours Miss France tombé aux mains d’Endémol (véridique aussi). Bref, Barbara Morel ne le sait pas, mais elle vient de rejoindre les F.F.I du réseau « Chapeaux moches et France libre« . Durant ses premières heures de Miss, elle devrait apprendre à faire sauter une ligne de chemins de fer, à poignarder une sentinelle ou un videur de chez TF1, ou même à envoyer des messages radios comme « J’aime les poneys et les arc-en-ciel » (ça reste une Miss, hein), à Londres.

 

Un partisan de Geneviève de Fontenay s'apprête à faire sauter la ligne Paris-Sedan pour empêcher Miss France d'aller y inaugurer le festival du plus gros mangeur de saucisses. Un geste terrible.

Allez, hop, à l’interview mes bons !

L’interview est menée de fronts par moult mains tenant tout autant de micros ; au vu du plan de la caméra, on ne sait pas s’il y a des gens au bout des dites mimines, mais je soupçonne personnellement qu’il ne s’agisse que de membres tranchés agités par une Geneviève de Fontenay ventriloque pour faire croire que des gens s’intéressent à son élection. Au milieu de tout ce capharnaüm, Barbara répond bien volontiers aux questions, qu’hélas, on entend pas toujours (on n’entend que les réponses, posées en fond sonore de divers plans successifs, et uniquement certaines questions). Je tenterai de remplacer les questions manquantes en les devinant moi-même à partir des réponses pour ne pas trop vous perdre.

Question manquante : Il parait que vous vous êtes défoncée au LSD juste après votre couronnement, c’est vrai ?

Barbara Morel : Je suis très loin de la terre, là. Je, je crois que j’vous ai tous quittés, hi hi hi !

Question manquante : Pourquoi vous être présentée au casting de Miss Nationale, et non pas à celui de « Oui-Oui va aux putes » ?

BM : C’est un choix de coeur que j’ai fait donc heu, j’ai suivi ma déléguée régionale (NdOC : Quand on suit bêtement les gens, on appelle pas ça un choix, mais une volonté d’animal laineux), qui a suivi Mme de Fontenay et heu… je crois au destin donc heu… je me suis pas posé de questions (NdOC : Noooon ?) et heu… je… Fontenay, c’est quand même aussi une identité, c’est un symbole… et pour moi donc j’ai préféré le fond à la forme. (NdOC : le fond… à la forme… on parle bien d’un concours de beauté, là ?)

Journaliste (Ou Mme de Fontenay ventriloque) : Quelle image vous, voulez-vous donner de Miss Nationale ?

BM : Je… je bé… je pense que si… je… j’ai été élue c’est pour ce que je suis, passque je suis restée moi, du début à la fin, chuis quelqu’un de très simple (NdOC : Nooooon, allez, arrête, tu me fais marcher ! ), de très naturel. Je voudrais montrer à toutes les jeunes filles quiii… qui rêvent de… de princesses de… de féérie de… pour leur montrer que bin ça… ça peut arriver à tout le monde (NdOC : Tu es devenue une princesse ? Tu trouves vraiment que Geneviève ressemble à une fée ? Tu aurais envie de la voir nue avec de petites ailes dans le dos ? Tu as déjà pensé à appeler SOS Cannabis ?). Je suis une fille (NdOC : Ho !), vraiment, heu, de… des plus quelconque, j’veux dire j’fais pas partie des plus jolies filles de de, de mon, de mon IUT (NdOC : et tu as remporté le concours de Miss Nationale ? Tu n’es donc pas la plus belle fille de la nation ? Lapidons-là !), je… mais j’ai été élue donc heu, ce, ce rêve est accessible vraiment à toutes les jeunes filles. (NdOC : Tu te rends compte que toutes les jeunes filles ne rêvent pas d’inaugurer la foire au boudin de Dunkerque ? Parce que v’la le conte de fée, bon)

Attention ! Passage interview Geneviève de Fontenay (il y a du montage !)

J(OMdFv) : Est-ce que vous vous êtes assurée qu’il n’y avait pas de photos sexy sur le web de Barbara Morel ? (NdOC : Comprendre « Avez-vous tapé « Barbara Morel buttsex with drunken panda » sur Google ? »)

Geneviève de Fontenay : Non, non, sûrement pas, elle a pas des photos sexy (NdOC : Alors là, c’est quand même dégueulasse de dire ça ! Et pourquoi elle pourrait pas en avoir, d’abord ? La traiter de boudin, comme ça, au pied levé, c’est honteux !). Pas l’genre de la famille (NdOC : Ah non mais Geneviève, on peut poser nue sans ses parents en fait, ce n’est pas considéré comme une activité familiale) et tout, c’est une fille très bien, avec des parents qui… qui est entourée par tous les notables de la région et tout (NdOC : Oui, je l’ai vue une fois dans « Gros bourrage à la photocopieuse du Conseil Régional« , un truc génial sur Youpor… heu, hem), non… J’ai aucun soucis… j’ai aucun, aucun soucis.

J(OMdFv) : Si vous aviez un conseil à donner, pour l’année qui s’ouvre, à donner à Barbara ?

GdF : Et bien qu’elle soit digne dans toutes circonstances, qu’elle ne fasse justement pas, qu’elle n’ait pas des attitudes quiii… soient contraires à l’image, à cette belle image…

Allez, revenons à notre Miss, je sens que vous êtes impatients.

Question manquante : Franchement, avoir le titre de Miss Nationale, ça vous donne pas envie de vous pendre ? Vous n’avez aucun amour propre ? Vous avez déjà pensé à l’euthanasie ?

BM : Je sais que ça va être difficile pour moi passsqueeee que Mme de Fontenay fait justement un concours heu… indépendant, donc je sais que ça va attiser beaucoup de curiosité (NdOC : Tu aimerais bien, mais non, même pas.), maintenant… heu, avec la force de Mme de Fontenay, je pense que j’ai pas de problèmes à me faire, je sais qu’elle sera là pour me protéger. (NdOC : Elle prendrait même une balle pour toi avant de chanter le thème de Bodyguard sur les genoux s’il le fallait, tu sais).

Que dire, si ce n’est qu’avec de telles Miss, la France est bien représentée ? Mesdemoiselles, les représentantes féminines du pays font honneur à votre double chromosome X. M’est avis qu’encore deux ou trois déclarations de ces deux là et on vous retire à toutes le droit de vote, parce que bon, faut pas déconner quand même.

 

Femme apprenant qui sont ses ambassadrices

Heureusement, rassurez-vous, ce week-end, il y a une autre ambassadrice de la France qui a fait honneur au beau sexe. Une sacrée Miss aussi. La première Dame de France pour être exact, qui comme chacun sait, ne surjoue jamais quoi que ce soit. Aussi, dernièrement, en visite en Inde dans une usine de production de matériel spatial, elle n’a pas hésité à montrer, grâce à ses habituelles réflexions enthousiastes, que la femme était un être décidément fort profond  :

Je cite : « Les satellites, on dirait des objets« 

Bon allez, ça suffit les conneries, les filles, allez chercher vos cartes d’électrices et foutez les au feu : au vu de vos représentantes, je crois qu’on peut définitivement dire que vous n’êtes pas fiables.

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