Iron Man III est, comme son nom l’indique, la suite d’Iron Man I & II.

Aussi, vous imaginez bien qu’il serait fort malvenu de ne pas vous raconter le début de l’histoire avant de vous laisser avec ce spoiler. Aussi, comme il se doit, nous allons débuter par le résumé des épisodes précédents.

Iron Man I : Tony Stark est le boss de Stark Industries, multinationale spécialisée dans l’armement. Playboy surdoué et bricoleur de génie, il est blessé lors d’une visite en Afghanistan et se retrouve avec des bouts de shrapnels près du cœur impossible à retirer, l’obligeant à se greffer un réacteur sur le torse pour maintenir tout ce bousin à distance. Si, c’est logique, chut. Il en profite pour se fabriquer une super armure alimentée par ledit réacteur et s’en sert pour faire la justice, comme par exemple bourrer la gueule du type qui lui a tendu une embuscade en Afghanistan, le numéro 2 de Stark Industries que personne n’avait vu venir depuis le premier plan du film puisqu’il était grand, costaud, avec une pilosité louche et un nom d’apocalypse biblique, donc forcément insoupçonnable. A la fin, Iron Man gagne, et c’est la fête.

Iron Man II : Le réacteur sur le torse de Tony Stark commence à contaminer son corps avec des trucs pas cool, comme par exemple des neurones. Après une heure de film à combattre des méchants en carton, Tony Stark découvre suite à une succession d’incohérences et de télescopages à faire passer Hubble pour un microscope de salon qu’il peut améliorer son réacteur en créant un nouvel élément, sauvant ainsi sa vie tout en lui permettant de rendre ses armures encore plus puissantes. Il en profite donc pour vaincre les méchants et faire des bisous à Pepper, sa secrétaire, avant de lui abandonner la direction de Stark Industries pour ne plus avoir à faire la compta, ce qui est tout à fait compréhensible. Ainsi délivré des tableaux Excel, Iron Man est content d’avoir gagné, et c’est la fête.

Vous avez tout suivi ? Vous vous demandez si Iron Man va gagner et si ce sera la fête ? Alors en route pour l’épisode III. Spoilons mes bons !

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L'affiche : pas d'explosion mais des flammes et des étincelles : l'honneur est sauf

L’affiche : pas d’explosion mais des flammes et des étincelles : l’honneur est sauf

Tout commence en décembre 1999, à Genève, alors que Tony Stark s’apprête à fêter le passage à l’an 2000 en compagnie d’un certain nombre de sommités du monde scientifiques, réunies là pour se murger au champagne en discutant génétique sur fond des tubes de l’année comme Notre Dame de Paris ou Manau. Quelle année, pfou. En tout cas, comme il se doit, l’ami Stark ne perd pas son temps avec les vieux barbons qui peuplent l’endroit : il a repéré une jeune botaniste prénommée Maya qui semble plus à même de pratiquer le tourniquet moldave que ce vieux professeur de chimie qui déambule dans un coin en bavant des morceaux de roulé au fromage. Fort bien : Stark décide de l’emmener (Maya, pas l’ami des roulés au fromage) vers sa chambre, la réception se déroulant dans un luxueux hôtel local.

Sauf que sur le chemin, une sorte de gros nerd (à l’époque, cela signifie "Joueur de Counter-Strike") tente de l’aborder malgré son garde du corps personnel, Hogan, et Stark se retrouve sur les bras avec une sorte de publicité pour le shampoing qui lui explique qu’il a un projet super génial qu’il a monté avec sa propre boîte, AIM, et qu’il aimerait bien que Stark le soutienne. Tony lui dit que bon, oui oui, tu es bien gentil, tiens, tu veux pas aller sur le toit de l’hôtel m’attendre ? J’arrive dans 5 minutes. Et sitôt que le gourgandin a disparu pour s’en aller au rendez-vous fixé par Tony, celui-ci va plutôt s’occuper de la petite Maya, avant de l’abandonner au réveil comme il se doit parce que ho, dis, tu as cru quoi petit maline ? La bougresse peut donc s’en retourner tristement à son projet phare : un bidule génétique permettant aux plantes de se régénérer lorsqu’on leur marrave la mouille, une sorte d’archnémésis pour élagueurs, quelque chose comme ça. Quant au nerd malheureux, il est probablement mort de froid sur le toit, ou pire, est retourné sur de_dust.

Faisons un bond dans le temps, par exemple pour nous rendre en décembre 2013, où nous retrouvons Tony Stark dans le sous-sol de sa villa, occupé à bricoler une nouvelle armure, la Mark 42, qui a pour capacité spéciale d’avoir des pièces toutes équipées de petits réacteurs (oui, même le masque. Ah, ça, si ça s’enclenche par accident, ça va sentir le bouc à bien des sens du terme) pour pouvoir voler dans tous les sens et ainsi rejoindre Tony où qu’il se trouve. Formidable.

Détail important, cela fait 72h que Tony n’a pas dormi. En fait, Tony n’arrive plus à dormir : depuis l’épisode des Avengers, il a des crises d’angoisse et de terribles cauchemars et se réveille la nuit en murmurant "Non… pas ce film au scénario pourri… pas le passage où Loki explique son plan incohérent… pitié… et pourquoiiii Captain America ?". Mais rassurez-vous : ça ne le gêne pas spécialement pour autant : le sommeil, c’est un truc très surfait. Et de la même manière, même si le héros nous joue le traumatisé des Avengers, du film, jamais il ne pensera à les appeler, ou ne justifiera cet oubli de quelque manière que ce soit. Un détail j’imagine.

Pendant ce temps, à Stark Corporation, société désormais dirigée par Pepper Potts, la copine de l’ami Tony, la maîtresse des lieux reçoit en rendez-vous un élégant industriel dont la tête lui dit bien quelque chose… hmmm… voyons voir…

"Bonjour Pepper. Vous vous souvenez de moi ?
- Attendez, attendez, ne me dites rien…
- Mais si, c’est moi ! Genève ! La tribu de Dana ! Le geek de la société AIM qui harcelait Tony : c’est moi, Aldr…
- STEPHANE ROUSSEAU ! Ho bon sang Monsieur Rousseau, j’adore tous vos sketchs ! Celui au ski, je me fais pipi dessus !
- Mais ? Mais enfin, pas du tout !"

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Sauf que si. Pour la peine, pour le reste du film, ce personnage sera Stéphane Rousseau. Ça vous apprendra à m’obliger à aller vérifier le casting tellement j’ai douté tout du long.  Ah mais.

Stéphane Rousseau et sa société ont donc créé un super outil permettant d’explorer le cerveau humain, et plein d’autres trucs cools. Pour les présenter, Stéphane a un outil sympa : trois petites boules qu’il balance n’importe où et qui affichent aussitôt un hologramme 3D parfait au-dessus d’elles. Ce qui me laisse supposer que le bougre doit être balaise à la pétanque, puisque qu’importe comment il lance, les bidules atterrissent toujours en parfait triangle équilatéral. Même s’il les envoie sur une table, hop, ça s’arrête au bord. C’est fort. Mieux encore, la représentation en direct du cerveau de Stéphane Rousseau est supposée montrer son activité cérébrale : et il n’en a que quand Pepper le pince, pas quand il parle.

Je trouve ça assez représentatif de ce film.

Bref : Stéphane essaie de convaincre Pepper en lui disant une fois encore que Stark Industries et AIM devraient s’allier… mais Pepper refuse, car si Stark a dit non par le passé, elle se voit mal le désavouer aujourd’hui. Stéphane est donc fort marri de ce refus et part donc bouder dans sa chambre en écoutant du Avril Lavigne.

Mais Hogan, l’ancien garde du corps de Tony désormais chef de la sécurité à Stark Industries a suivi tout cela de loin : il voit bien que Stéphane Rousseau qui se promène comme ça, c’est quand même pas très crédible, et qu’il tourne un peu trop autour de Pepper. Sans compter que Rousseau a en plus emmené son propre garde du corps, Maurice, et que sa tête ne revient pas vraiment à Hogan (non mais les préjugés : ah bravo !). Ce dernier décide donc de les suivre personnellement, puisqu’en tant que chef de la sécurité de l’un des plus grands groupes économiques mondiaux, il n’a que ça à faire de ses journées. Pepper, elle, après avoir chassé Stéphane Rousseau de ses locaux, s’en va retrouver son doux amant, Tony Stark, pour une belle soirée en amoureux. Hooo, comme tout cela est prometteur.

Sauf que rapidement, les choses tournent assez mal :

  • Déjà, Tony continue d’être obsédé par le bricolage de nouvelles armures pour lutter contre ses crises d’angoisse et occuper ses pensées, et passe donc plus de temps au sous-sol qu’avec Pepper, probablement pour échapper à la simple obligation de prononcer son prénom
  • Cela dit, pour occuper la bougresse, Tony a programmé ses armures pour agir de manière autonome. Il s’en sert donc pour distraire Pepper (je n’ai pas dit "sex-toy" bande de galopins) pendant qu’il continue de faire le zazou dans sa cave
  • Pepper n’aime pas trop ces conneries. Pire encore, dans la nuit, alors que Tony cauchemarde lors d’un des rares moments où il dort, murmurant "Noooon… pas la scène finale d’Avengers toute pourrie", Pepper le secoue pour le réveiller… et une armure déboule aussitôt pour lui péter la gueule, pensant qu’elle agresse l’ami Tony

C’est donc une Pepper grognonne qui s’en va pioncer sur le canapé, parce que bon, hein, s’il aime tant ses armures Iron Man, il n’a qu’à coucher avec, ah mais. Dis donc. Ah, cette Pepper, elle a bien raison de lui en vouloir : après tout Tony ne cauchemarde que parce qu’il a affronté une invasion extra-terrestre qui s’est finie à coups de portails dimensionnels et d’armes nucléaires où il a failli y rester, il pourrait quand même faire un effort pour fermer sa gueule quand elle pionce, merde.

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous rencontrez ceci. Et haïssez le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l'éternité

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous découvrez ceci sur le canapé. Et haïssez dès lors le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l’éternité

Tony tente bien de varier les plaisirs pour s’occuper l’esprit, et de ne pas en rester à sa collection d’armures, par exemple en s’intéressant à l’actualité : depuis peu, un mystérieux terroriste, le Mandarin, fait péter des bombes ici ou là, et envoie derrière des vidéos plus ou moins hideuses (non vraiment les mecs, il va falloir revoir votre notion de "vidéo terroriste", là on dirait plutôt le petit Kévin qui joue avec le caméscope de papa) dans lesquelles il dit qu’il va "Donner une bonne leçon à l’Amérique, nardinamouk". Iron Man aurait-il un nouvel ennemi ? Probablement, car s’ensuit une scène très intéressante où notre héros décide de contacter son vieil ami, le colonel Rhodes (possesseur d’une autre armure façon Iron Man, récupérée chez Stark et mise au service des Etats-Unis sous le nom "d’Iron Patriot"), qui est justement en charge de lutter contre le fameux terroriste. Et comme il se doit, ils décident de discuter de ce dossier top secret… dans un bar. Avec des enfants qui viennent leur réclamer des dessins à table pendant qu’ils causent. Mmmoui, quel intérêt à part montrer qu’une fois encore, on se paie une scène entière avec figurants juste pour se rajouter du n’importe quoi ? Toujours est-il qu’après avoir insisté une demi-seconde (montre en main, les dialogues sont de qualité comme toujours), Rhodes accepte de révéler à Tony ce qu’il en est du dossier "Mandarin" : rien du tout. Personne n’arrive à savoir qui il est ni ce qu’il veut, et pire encore, les bombes qu’il pose… semblent ne pas être des bombes conventionnelles : on n’en retrouve jamais le moindre fragment. Curieux.

Surtout pour tout le reste du bar, donc, qui profite de cette conversation avec bonheur, Tony étant en plus venu avec son armure garée devant l’établissement des fois que l’on ne sache pas qui épier pour apprendre des trucs. Ah non ce film est… intéressant.

De son côté, Hogan a lui réussi à suivre Maurice, l’homme de main de Rousseau, jusqu’à un curieux rendez-vous où il vient semble-t-il filer de la drogue à un clodo qui marmonne "Ouiiii Maurice, donne-moi une dose, je peux réguler, je te jure." Tiens donc ? Hogan constate que Maurice donne une étrange seringue au clodo, visiblement un ancien militaire au vu des plaques qu’il porte au cou, et sitôt que le loulou s’est injecté la substance et que Maurice s’est éloigné, le larron semble se mettre à luire puis brûler de l’intérieur…

… avant d’exploser purement et simplement, désintégrant tout et tout le monde dans un rayon de quelques mètres.

Hogan survit de peu à l’explosion, protégé par un stand de vendeur de chouchous (on sous-estime trop souvent le pouvoir protecteur des chouchous), mais constate que Maurice, lui-même un peu blessé dans l’affaire, semble lui aussi se mettre à luire de l’intérieur… mais au lieu d’exploser, ses blessures se referment, et tout son corps semble se régénérer tranquillement pendant qu’il se barre. Et accessoirement, rien ne semble lui faire obstacle : il parait incroyablement fort. "Qu’eeeesse que c’est qu’ce bordel", murmure Hogan avant de sombrer dans le coma, le chanceux, il n’aura pas à subir la suite. L’explosion est revendiquée peu de temps après par le Mandarin, décidément le roi de la déconne, tant on sent bien que faire sauter un stand de chouchous a dû déstabiliser l’Amérique. La prochaine fois, le mandarin s’en prendra sans vergogne au mobilier urbain, probablement en taguant des bancs : c’est un fou, on ne l’arrête plus.

Tony apprend lui ce qui est arrivé à son bon ami Hogan, et devient vert de rage parce que bon, là faut pas déconner : tuer des innocents, d’accord, mais abîmer mon gros copain, non. Notre héros va donc voir les médias et leur annonce : "Alors là, je ne rigole plus : Mandarin, je vais te péter la margoulette, tu vas moins faire ton malin ! Et je te défie de venir essayer de t’en prendre à moi à mon domicile du 22 rue Yves Calvi à Malibu ! J’te prends quand tu veux !".Puis, il va étudier ce que l’on sait du Mandarin et du mystérieux attentat qui a quelque peu refroidi l’ami Hogan sur son super ordinateur à la maison.

Et comme c’est un super ordinateur qui parle, écoutons plutôt le dialogue.

"Jarvis, j’ai besoin d’étudier le dernier crime du mandarin. Affiche-moi les données.
- Tout de suite Monsieur. Hop, voici une représentation holographique de la scène de crime, on peut même y voir Hogan au sol.
- Parfait Jarvis. J’espère qu’aucun spectateur ne se demandera comment on peut avoir les données pour avoir une représentation aussi précise.
- Sûrement pas Monsieur. Ils supposeront sûrement qu’il y avait des caméras sur les lieux.
- Des caméras qui arrivent à faire une représentation 3D juste après avoir survécu à une explosion qui a désintégré les gens façon Hiroshima tellement c’était puissant ? 
- Exactement Monsieur.
- Des caméras avec enregistrements qu’il suffirait de consulter, même si elles avaient été détruites, pour voir ce qu’il s’est passé et du coup découvrir que la bombe était humaine, que Maurice, le garde du corps de Stéphane Rousseau était derrière tout ça, et ainsi avoir une ligne droite vers le coupable en 15 secondes et avec des moyens traditionnels ?
- Pour sûr Monsieur.
- Non, tu sais quoi ? On va plutôt travailler sur notre scène en 3D, faire des calculs sur ce que fixaient les yeux d’Hogan pendant qu’il était au sol (et qui par miracle, ne fixent pas Maurice fuyant les lieux, alors que c’est ce qu’il s’est passé), découvrir qu’il regardait des plaques militaires ayant survécu par miracle à l’explosion quand bien même elles étaient sur le type qui a pété et devraient ressembler à une fondue savoyarde, zoomer dessus comme dans les experts et retrouver son nom.
- Bien Monsieur. Zoom sur incohérence effectué. Le nom sur les plaques est Jean-Jacques Martin.
- Parfait Jarvis. Maintenant qu’on vient de passer une scène bourrée d’effets spéciaux à étudier cette plaque, n’en parlons plus du film d’accord ? 
- Oui Monsieur.
- File-moi plutôt la température de l’explosion et dis-moi où il y a eu des pics de chaleur de ce type, hors attentats du Mandarin, ces 10 dernières années histoire de voir où l’on a expérimenté ce genre de bombe.
- Alors… 3 000 degrés, soit visiblement pas assez pour faire fondre des plaques militaires… et… oui, j’ai la trace d’une explosion de ce type dans le Tennessee il y a 6 ans, puisque j’ai des thermomètres dans tout le pays depuis des années. 
- Okay super. Voilà une piste bien relou à remonter, heureusement que je suis un personnage supérieurement intelligent."

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Et Tony se dit donc qu’il irait bien enquêter sur place. Sauf qu’au même moment, on sonne à la porte… c’est Maya, la botaniste qu’il avait rencontrée à Genève 13 ans plus tôt ! Celle-ci arrive pour dire à Tony qu’il y a urgence, il faut partir, et qu’elle a une information importante à lui donner. Mais pas ici, en sécurité, et loin de toute la presse qui encercle la villa Stark, devenue le symbole de la résistance contre le Mandarin. Pepper, qui traînait dans le coin, vient se mêler à la conversation mais avant que Maya ne puisse faire de formidables révélations, on découvre que trois hélicoptères non-identifiés approchent rapidement de la villa… et viennent de sortir des rampes lance-roquettes, probablement pour faire une petite boutade amicale à l’ami Tony. Et non, personne ne les voit venir avant. Ah bah hé, détecter des plaques militaires n’importe où, oui, ça, non.

Il y a tellement d’architecture contemporaine à passer à la roquette et le Mandarin a choisi ce bâtiment-ci. Quel manque de goût.

A peine nos héros ont-ils le temps de constater la chose que déjà, une roquette touche la villa et souffle Maya, Pepper et Tony en tous sens ; heureusement, notre héros fait appel à l’une de ses armures et l’envoie… sur Pepper pour la protéger des explosions alentours. Et lui ordonner de se servir de cette protection pour sortir Maya loin de là ; et sitôt les deux femmes hors de la structure, Tony rappelle l’armure pour l’enfiler et…

Découvrir que tous les modules offensifs de celle-ci n’ont pas été réglés et ne fonctionnent donc pas.

Bin oui : je veux dire, tu provoques le Mandarin, sorte de super terroriste mondial, et tu oublies juste de garder prêt de quoi te défendre, c’est tellement logique. Le genre de truc qu’on oublie quoi. Et puis bon : c’est pas comme si tu avais 40 armures à la cave qui n’attendaient qu’un ordre pour te prêter main forte : tu risques de mourir, ta copine aussi, bon, pas de quoi s’affoler. Autant faire… hmm… disons du rien.

Ah vous ai-je dit que le module de vol de l’armure ne fonctionnait pas non plus ? Mais si vous savez, le module qui fonctionnait depuis le début du film, et ce tellement bien que chaque élément de l’armure parvenait à voler avec ses propres petits réacteurs ? Hé bien le temps de cette scène : hop, il est en panne. C’est rigolo, on dirait de grosses ficelles scénaristiques pour justifier pourquoi notre héros ne plie pas le film en 30 secondes plutôt que d’écrire une intrigue intéressante.

Tony Stark vêtu de son armure curieusement défectueuse affronte donc les hélicos comme il le peut, par exemple en leur lançant des cailloux ou des hamsters (ah, on fait avec ce que l’on a sous la main) sur le pare-brise, et après en avoir abattu deux, se retrouve pris dans l’effondrement de sa villa bombardée et ne peut donc abattre le troisième. Par contre, lui et son armure sont entraînés avec les ruines de sa demeure au bas de la falaise où tout cela était installé, et si Tony en réchappe, il n’en perd pas moins connaissance dans la bataille, et son armure passe en mode automatique et resurgit de l’eau pour voler loin, très loin de là…

Pardon ? Non, personne n’arrête le dernier hélico (évidemment piloté par Maurice en personne) lorsqu’il repart tranquillement après ce bombardement pourquoi ? Attendez : c’est juste un bombardement du sol américain effectué depuis un petit appareil plutôt lent pile à l’endroit où tous les Etats-Unis attendaient que le Mandarin frappe : vous ne croyez quand même pas que quelqu’un va penser à envoyer un avion lui faire bobo ? Non : tout le monde rentre à la maison en paix.

J’espère que vous avez bien savouré cette scène moisie, puisque la suite s’annonce tout aussi royale.

En effet, revenons à Tony : lorsqu’il reprend connaissance, c’est uniquement parce que l’alarme de manque d’énergie de son armure vient de s’allumer. Mais si, le manque d’énergie. Vous savez bien. Oui, dans les films précédents l’armure était alimentée par le gros réacteur bleuâtre que Tony Stark porte à la poitrine, mais visiblement dans celui-ci, elles se mettent à fonctionner sur piles LR6. Bon, mettons, j’ai dû louper un truc. Comme toutes ces affiches des films où l’on voyait bien le gros réacteur, même au travers de l’armure pour bien montrer ce qui l’alimentait. Thème qui était au cœur (jeu de mot) des deux précédents volets d’ailleurs, mais c’est probablement un peu subtil pour des professionnels, j’imagine.

Passons.

A court de batteries, donc, Tony Stark s’écrase au milieu du Tennessee, son ordinateur de bord, Jarvis, lui indiquant qu’il l’a automatiquement emmené ici puisque c’était le dernier endroit qu’il avait étudié (une réaction parfaitement logique, chacun en conviendra, heureusement que notre héros n’était pas vulcanologue). Ignorant le fait que dans les précédents films, avec des armures moins élaborées, Tony faisait Malibu – Kaboul aller-retour sans s’inquiéter du moindre problème d’autonomie de vol, notre héros jure donc qu’il est bien embêté car le voilà avec une armure en rade au milieu de nulle part. Tant pis : notre loulou traîne donc son corps de métal jusqu’à la station service la plus proche – mais curieusement déserte – et y emprunte un téléphone pour laisser un message sur le répondeur intégré à toutes les armures Iron Man :

"Pepper, si tu as ce message, et je suis sûr que tu l’auras contre toute logique, je voulais juste te dire que j’étais triste. Mais vivant. Je règle tout ça et je reviens, salut."

Oui. L’autre option c’était de te rappeler que tu étais le patron multimilliardaire d’un groupe surpuissant, et d’appeler un hélicoptère pour venir te chercher/te filer des batteries pour ton armure. Mais bon, hein, c’est pas comme si tout ce film reposait uniquement sur la négation complète de 100% de son propre concept. Soit : le message arrive en tout cas à Pepper, puisqu’elle trouve sur le sol près des ruines de la villa un casque d’une autre armure d’Iron Man, et l’enfilant, obtient le message de Tony.

Casque d’Iron Man qui n’a pas pu atterrir là, puisque toutes les armures étaient à la cave, et que la cave est encore fermée et a échappé au bombardement. M’enfin bon, hein.

De son côté, Tony se traîne donc jusqu’à la ville du Tennessee où il avait prévu de venir enquêter, personne ne remarquant Tony Stark, célébrité mondiale, traînant son armure derrière-lui le long des routes jusqu’à ce que sitôt arrivé à la bordure du petit bourg, il trouve un petit atelier visiblement désert où se cacher le temps de procéder à quelques réparations sur son armure. Et donc, sitôt installé dans l’endroit, il commence à s’atteler à son labeur.

"Ah, si seulement j'avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure..."

"Ah, si seulement j’avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure… rah, je n’arrive pas à me concentrer avec toute cette lumière entre mes tétons !"

"Halte-là !" dit soudain une voix qui comme dans tout film où quelqu’un entre dans une remise déserte, appartient soit à un vieux, soit à une jolie fermière célibataire, soit à un enfant avec une tête à parpaing (une sorte de tête à claque de niveau supérieur). Et pas de bol pour tout le monde : c’est la troisième option.

Apparaît donc Richie, jeune garçon armé d’un patator, qui a tôt fait de reconnaître le sauveur du monde Iron Man (présumé mort dixit le journal tout neuf que Richie se trimbalait sous le bras sans raison aucune au beau milieu de la nuit), et d’accepter de l’aider en lui fournissant le peu de matériel qui lui manque pour réparer son armure. Et comme il se doit, avec un ressort avec de la mousse à raser, notre héros a tôt fait de réparer son bidule… mais le tout manque encore d’énergie : il va falloir brancher le tout sur secteur et faire sans en attendant ! Pour passer le temps, Tony Stark décide donc de demander à Richie de l’emmener sur les lieux de l’explosion qui a eu lieu en ville 6 ans plus tôt. Et a tué 6 personnes. Et ni une, ni deux, le marmot emmène notre héros incognito dans un petit bâtiment en ruine ou autour d’un cratère on aperçoit encore contre les murs les silhouettes carbonisées de 5 victimes.

"C’est donc ici.
- Quelle qualité dans les dialogues M. Stark ! Vous vous attendez à ce que je vous réponde : "Non, ça c’est l’autre bâtiment en ruine avec les silhouettes de gens morts que l’on montre aux touristes, le vrai est là-bas" ?
- Tiens t’en aux dialogues, petit con.
- Okay… alors attendez… ah, voilà ! Oui, c’est ici M. Stark ! En ville, les gens disent que les silhouettes sur les murs représentent les âmes des gens montés au paradis. Et que s’il n’y en a que 5 c’est parce que le 6e, le kamikaze, n’avait pas d’âme. Je… attendez, c’est vraiment ça le dialogue ? Ils veulent faire croire que les gens sont assez cons pour ne pas comprendre que le kamikaze, s’il n’est pas contre un mur, c’est parce que c’est le petit cratère au milieu ?
- Bon, allez, on enchaîne, on enchaîne."
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Après un certain nombre de répliques à se tirer une balle dans la bouche, Tony apprend que le kamikaze qui a provoqué cette fameuse explosion était un militaire du coin, et que sa mère, traumatisée, traîne toujours au bar du coin pour noyer ses soucis dans l’alcool. Curieux, Tony décide donc d’aller la rencontrer, et se rendant sur place pour trouver la donzelle, découvre que celle-ci, non content d’être là, a aussi avec elle le dossier militaire de son fils ! Ho bin ça alors !

Là vous vous dites "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !", mais hohoho, mauvaises langues, non.

Car en fait, le même jour, la maman du kamikaze a eu un coup de fil lui disant de venir ici avec le dossier militaire de son fils… mais qui a bien pu passer le coup de fil, se demande Tony Stark ? Maurice ! Et son amie Mauricette, elle aussi au service d’AIM ! Et tous deux débarquent dans le café en tabassant ou mitraillant tout ce qui passe dans le but de récupérer le dossier et de capturer Tony. Subtilement, bien sûr.

Pourquoi sont-ils venus ce jour là récupérer le dossier et pas 6 ans auparavant ? Et comment ont-ils sur pour Tony ?

Là, vous pouvez y aller : "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !". Il suffisait juste d’attendre un peu. Vous ne croyez tout de même pas qu’un rebondissement allait être crédible ?

S’engage donc une course-poursuite au travers de toute la ville, durant laquelle Tony constate que Maurice comme Mauricette sont plus forts que des êtres humains normaux, et semblent régénérer leurs corps à chaque fois qu’ils subissent quelque blessure. Si notre héros parvient à tuer Mauricette à l’aide d’une explosion suffisamment grosse pour l’empêcher de régénérer son mascara, Maurice n’est que temporairement mis hors-de-combat dans l’histoire. Tony en profite donc pour emprunter la voiture avec laquelle les méchants sont venus, puis décide de mettre les voiles loin de là le temps de se mettre les idées au clair. Pendant ce temps, il demande à Richie de rester en ville et de veiller sur son armure le temps qu’elle se charge. Ho, et de fermer sa gueule aussi, pour changer. S’il te plaît Richie.

Au fait, et Pepper de son côté ? Elle s’en tire ? Faisons bref : après l’attaque de la villa, plutôt que d’aller s’abriter, elle aussi, au sein de Stark Industries et son énorme service de sécurité, elle préfère jouer la fille de l’air avec Maya, qui lui explique ce qu’elle venait révéler à Tony : Maya est botaniste et pense que son patron travaille pour le Mandarin. Et qui est son patron ? Stéphane Rousseau ! Une nouvelle choquante pour Pepper, plus encore lorsque s’arrêtant dans un quelconque coin avec Maya, ledit Stéphane débarque en personne pour kidnapper Pepper… et dire à Maya que c’est très vilain d’avoir tenté d’avertir Tony Stark. Maya rétorque que Stéphane comme lui savent qu’ils ont besoin de Tony Stark, et que plutôt que de le capturer, elle voulait le convaincre de se joindre à la cause. Tout le monde hausse les épaules et les choses s’en arrêtent donc là, avec une Pepper en bien mauvaise situation. C’est bon, on a fait le point ? Quelqu’un a prêté le moindre intérêt à ce qu’il vient de se passer ? Moi non plus. Alors retournons à notre héros.

De son côté, Tony a découvert dans le dossier militaire du kamikaze du Tennessee, écrit en gros au marqueur pour que personne ne puisse le rater "AIM" (si vous pensiez toujours n’avoir pas été pris pour un con par ce film jusqu’ici, c’est chose faite, même les accessoiristes s’y mettent), et comprend donc que la société en question a peut-être un lien avec tout ce bazar. Hmmm, que tu es fort, Tony. Heureusement que les indices sont écrits en gros dans les dossiers pour faciliter le travail des gentils. Tony décide donc, en croisant un quelconque concours médiatisé de miss camping au fin fond du pays, non pas de se changer les idées en faisant voler des bikinis en écoutant du Bach (un hobby de gentlemen), mais plutôt de détourner un système de retransmission local pour pirater le système de la société AIM et étudier leurs archives.

Et ça tombe bien, AIM garde dans ses archives bien accessible et dans le premier dossier qui passe des vidéos montrant ses expériences où l’on peut voir des militaires américains mutilés, parmi lesquels Maurice et Mauricette, invités à essayer un nouveau produit devant leur donner le pouvoir de se régénérer. Et pour des raisons mystérieuses, lorsque le corps se régénère avec cette drogue, il devient super chaud et les membres repoussent sous la forme de…

… poussées de lave.

Par contre, ça ne provoque pas de poussée de bon goût : dites non aux carreaux. Où qu’ils soient.

Non, je ne déconne pas. Ne me demandez pas le rapport avec la choucroute, mais par exemple pif pouf, les manchots ont des mains en lave qui leur poussent, avant de refroidir et de devenir parfaitement humaines. Et ensuite, les gens sous cette drogue peuvent à volonté faire chauffer des parties de leur corps ce qui, j’imagine, donnera quantité d’idées à mon lectorat canaillou, mais il suffit les fripons. Car toujours est-il que certains soldats acceptent fort mal ladite drogue, et que leurs corps chauffent, chauffent, tel le pauvre Jean-Jacques plus tôt dans le film… et explosent comme de véritables bombes. On aperçoit par ailleurs sur les vidéos Stéphane Rousseau, dirigeant lui-même les opérations.

Tout cela est bien étrange, se dit Tony Stark. Serait-il possible qu’AIM soit derrière tout cela ? Et donc derrière le Mandarin, qui revendique ces curieuses explosions ? Pourquoi est-ce que le méchant est toujours un type que les gentils connaissent déjà ? Ni une, ni deux, il appelle Richie qui le met en communication avec son armure toujours en charge, mais où désormais, Jarvis le bon ordinateur de bord est de retour. Et après une rapide enquête facilitée par les trous du scénario, hop hop hop Jarvis localise d’où le Mandarin envoie ses vidéos, à savoir… Miami.

Ho. Même pas une planque crédible ? Hmmm, non, je dois être trop exigeant.

Le Mandarin justement n’est pas resté inactif : il a encore envoyé une vidéo à l’Amérique, non pas où il danse  en tutu sur du Taylor Swift (je sais, vous êtes déçus), mais cette fois-ci dans laquelle il a kidnappé un responsable de banque et menaçait de le tuer en direct sur toutes les télévisions du monde si le président américain ne l’appelait pas immédiatement. Et bien que le président ait découvert, surpris, que la Mandarin avait réussi à rentrer un numéro où le joindre dans son propre portable (non, ça n’étonne pas grand monde de savoir que le terroriste a réussi à avoir accès au téléphone présidentiel) et ait aussitôt appelé ledit numéro… le Mandarin s’est contenté de ricaner et d’exécuter son otage en direct.

Pourquoi ? Pourquoi montrer en direct au monde entier que l’on n’a aucune parole ? Pourquoi se décrédibiliser ainsi ?

Heu…

Ah bin pour rien en fait. Là encore, cette séquence ne servait à rien, à part à rajouter du n’importe quoi au chaos général.

Iron Patriot a lui bien été envoyé à l’endroit où le numéro de téléphone du Mandarin a permis de remonter, mais pas de chance pour lui, non seulement le Mandarin n’était pas sur place… mais il s’est avéré que c’était un piège, et qu’il a été capturé avec son armure, l’un des méchants soldats modifiés d’AIM présent sur place en embuscade ayant utilisé ses supers pouvoirs de chauffage ambulant pour taper au bon endroit et désactiver en partie son armure. Pas d’bol.

Ne reste donc que Tony Stark pour sauver le monde. Qui se dit "Hmmm voyons voir… je ne sais pas qu’Iron Patriot est prisonnier, d’ailleurs bien que ce dernier passe tout le film à utiliser son armure pour téléphoner, il ne pensera justement jamais à appeler qui que ce soit à l’aide ou prévenir de ce qu’il se passe quand bien même on voit que le système est fonctionnel, mais comme j’ai lu le scénario, je sais que ça ne sert à rien d’essayer de le joindre. J’ai toujours mes 40 armures prêtes à servir dans la cave de ma villa, mais je vais pleurer que je n’ai aucun modèle disponible sous la main au prétexte que le dernier que j’ai utilisé est en charge chez Richie. Je ne vais pas non plus appeler un quelconque officiel, voire un de mes potes Avengers pour essayer d’intervenir : non, vous savez ce que je vais faire ? Je vais me bricoler un patator et un gant de cuisine customisé en taser et avec ça, je vais prendre d’assaut la villa du terroriste le mieux protégé au monde."

Je ne blague pas. C’est bien armé d’un patator et d’un gant de cuisine customisé en taser que notre héros se présente donc à l’entrée de la villa de Miami où le Mandarin doit se cacher, et s’infiltre donc discrètement en nettoyant la moitié de la sécurité locale sans avoir le moindre problème grâce à ses super gadgets. Il finit donc par arriver jusqu’à la chambre principale où il rencontre… le Mandarin.

A savoir un vieux en pyjama qui fait des blagues, sent le caca (véridique aussi), et se boit des bières en se payant des prostituées.

C’est donc ça, l’ennemi de l’Amérique ? Tony Stark lui met une ou deux torgnoles et lui demande quelques explications : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est le rapport entre lui et AIM ? Aucun problème : le Mandarin lui explique qu’il n’est qu’un acteur à qui on a payé un peu de chirurgie esthétique pour lui faire une nouvelle tête et tourner dans des vidéos où il se présente comme le Mandarin, terrible terroriste menaçant l’Amérique. Il travaille avec AIM, et son patron est Stéphane Rousseau. Pourquoi ? Il ne sait pas tout du plan, mais il sait que Stéphane Rousseau se sert de cette figure du Mandarin pour rester dans l’ombre… et avoir un bouc émissaire pour justifier les étranges explosions qui arrivent aux quatre coins du pays. Et que son plan a une suite, qu’elle implique le président des Etats-Unis en personne, et que tout cela se passera à bord d’un bateau sur un quai de Miami.

Le Mandarin explique aussi que "Ahahah, tout ça, c’est que du cinéma, ou alors on m’a menti", et Tony Stark le croit sur parole : c’est vrai quoi, dans la dernière vidéo, le Mandarin n’a fait que tuer quelqu’un en direct tout en poussant le spectacle jusqu’à pirater jusqu’au téléphone du président Américain. Alors oui, c’est complètement crédible. Ça se confond tellement avec un clip MTV.

Mais le film n’en parlera plus : il vaut mieux, je crois.

Hmmm… je vais reprendre du brandy. Voilà : retournons à nos souffrances.

Sauf que Tony Stark n’a pas le temps – ni l’idée – d’appeler qui que ce soit pour partager ces informations : il a tôt fait d’être dérangé par Maurice et d’autres larrons d’AIM, qui lui cassent la margoulette et le font prisonnier. Tristesse. Et c’est là que les choses commencent à devenir sales.

Déjà, dans une autre pièce de la villa, le pauvre Iron Patriot est prisonnier. Mais refuse de quitter son armure : c’est donc lors d’une séquence ridicule où Stéphane Rousseau transforme son bras en lave et crache des flammes(…si, si) sur le pauvre colonel Rhodes qu’enfin, l’armure en surchauffe s’ouvre et laisse échapper le malheureux, qui est lui aussi mis aux fers manu militari. Et à sa place monte dans son armure… Maurice, le bras droit de Stéphane Rousseau. Qui décolle donc bien vite pour une destination inconnue.

Les méchants comptent sur le fait qu'en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage ouvert. Et ça va marcher.

Les méchants comptent sur le fait qu’en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage couvert. Et ça va marcher.

De son côté, Tony voit aussi Stéphane Rousseau venir le narguer en lui expliquant qu’il a fait prisonnier Pepper, et qu’il veut se venger de l’humiliation faite 13 ans auparavant, lorsqu’à Genève, Tony Stark l’avait snobé (ah, ça, on a son petit ego) : il a donc kidnappé Pepper et… lui a injecté sa super drogue ! Donc soit Pepper va survivre et sera une vilaine mutante… soit son corps va rejeter le produit et elle va exploser. Mais dans l’immédiat, elle va juste souffrir, hohoho, je suis maléfique !

Ho oui Stéphane. D’ailleurs, si même ton dernier modèle de drogue est expérimental et tue presque une fois sur deux, tu peux m’expliquer pourquoi tu te l’es injecté puisque tu peux cracher du feu et transformer des bouts de ton petit corps en lave ? Oui, c’est bien ce que je me disais : toi aussi tu es con à sucer des cailloux.

Stéphane explique aussi qu’il est tellement méchant que tiens, hop, il tue Maya sa gentille assistante (sans raison, allez), et que lorsque Stark sera désespéré  il se servira de son intellect supérieur (on ne rit pas) pour qu’il l’aide à améliorer sa formule. Et en attendant, hé bien… l’ami Rousseau explique plus en détails son plan : oui, le Mandarin est une marionnette, un acteur. Oui, il lui fait revendiquer des explosions produites par certains de ses hommes, de manière volontaire ou non, histoire de couvrir des accidents d’un côté et de terroriser le pays de l’autre. Et que grâce à la partie finale de son plan, il va faire du président des Etats-Unis une autre marionnette .. et ainsi il contrôlera à la fois le Mandarin ET le président des Etats-Unis ! Le terrorisme et l’anti-terrorisme ! L’offre et la demande ! Hahahahaha HAHAHAHAHA

Oui mais pourquoi Stéphane ?

Hein ? Non parce que c’est cool, mais puisque tu es déjà multimilliardaire et que tu peux tirer plein de ficelles depuis les ombres, pourquoi ce plan pourri à part risquer tout ce que tu as ? Dis-moi ? Hmmm ? Ah oui, j’y suis : parce que tu es un méchant de film écrit avec de la sauce piquante sur un carton à pizza un soir de cuite, et qu’à ce titre, tu as donc la profondeur du carton sur lequel tu es né. Bien bien. Et comme tout méchant pourri, après avoir révélé son plan, l’ami Rousseau s’en va pour rejoindre le bateau où doit se dérouler la fin de soirée.

Je… hmf. Combien de temps pour écrire ce film ? Moins que cet article, je suppose.

Sauf qu’un moment plus tard, Tony Stark sourit en découvrant l’heure : son armure doit avoir fini de se charger. Et comme elle est conçue pour voler jusqu’à lui… ça ne rate pas : alors qu’il est prisonnier dans la cave de la ville du Mandarin, son armure débarque et se greffe sur lui, lui permettant non seulement de se libérer, mais aussi de coller une branlée à tout ce qui bouge dans la villa Mandarin. Le colonel Rhodes, privé d’armure, a lui aussi réussi à s’échapper malgré tout et rejoint son copain Iron Man pour le prévenir qu’Iron Patriot contient désormais… Maurice le méchant ! Vite, il faut prévenir le président des Etats-Unis !

Mais comme par un curieux hasard du scénario, Tony Stark n’a que le numéro du vice-président (le Mandarin a accès au téléphone présidentiel, mais pas Tony Stark le-sauveur-du-monde, encore une fois tout le film repose sur d’inexplicables lacunes), c’est celui-ci qu’il appelle pour lui dire qu’il faut mettre le président en sécurité et tenir Iron Patriot à distance. Le vice-président reçoit bien le message, raccroche et… ne donne pas l’alerte. Car on découvre que sa fille est unijambiste, et donc qu’il est en fait l’allié de Stéphane Rousseau, qui a probablement obtenu sa loyauté en échange d’une nouvelle gambette pour sa marmotte !

Oui, je sais, c’est mauvais, mais à ce stade, qui attend encore quoi que ce soit de ce film ?

Car en effet, à bord d’Air Force One, où Iron Patriot a réussi à monter, personne ne se demande pourquoi ce dernier se promène partout de manière louche sans parler ni relever son masque. Et c’est bien normal, car Maurice se contente de prendre son temps avant de préparer son coup. Et lorsqu’il estime que tout le monde est assez détendu… il commence à tuer tout le monde à bord, voire fait des trous dans la coque de l’avion pour que les passagers aillent s’adonner au freefall de l’extrême. Il est comme ça, ce gros taquin de Maurice.

Tony Stark lui est bien embêté : il aimerait prêter assistance tant au président qu’à Pepper, probablement prisonnière sur le bateau où Stéphane Rousseau s’est rendu, mais ne pouvant être aux deux endroits à la fois, il a décidé de couper la poire en deux : il va aider sa copine, et a envoyé son armure péter la gueule au faux Iron Patriot à bord d’Air Force One. Sauf qu’à sa grande surprise, à bord, nenni d’Iron Patriot : ne reste que Maurice, sans l’armure, s’apprêtant à sauter en parachute et refusant de dire ce qu’il a fait du président. Tant pis : Iron Man lui pète la mouille par principe, puis va sauver de la chute libre les différents passagers qui avaient été éjectés de l’appareil. Les autres, il les laisse probablement crever, mais le film n’en pipe mot. Et comme chacun sait : si le film n’en parle pas, ça n’existe pas.

Après cette mission couronnée de succès, l’armure est hélas percutée par un camion, et ce qui ne faisait rien à la bête dans le premier film ici la démonte complètement : elle ne revient donc pas à Tony (pourquoi, sachant que tous les éléments peuvent se mouvoir individuellement ? Mystère), et celui-ci se retrouve donc un peu en slip pour aller sauver Pepper, son ami Rhodes étant lui aussi privé de son armure d’Iron Patriot.

Le bateau de nos héros arrive donc après des heures de voyage (ou alors la nuit est tombée comme par enchantement, allez savoir : c’est devenu si commun) jusqu’à un immense navire marchand à quai sur lequel semble régner une intense activité. Là encore, hors de question d’appeler à l’aide, nos deux loulous ont un meilleur plan :

"Hey, si on tentait de libérer le président qui doit être ici et Pepper à deux, avec un pistolet chacun ? Même qu’on ferait de l’infiltration et qu’on essaierait d’affronter des surhommes qui résistent aux balles vu qu’ils sont limite mutants ?
- Excellente idée Tony, ce film n’était pas assez vaseux : c’est clair que faire une opération commando de nuit avec un type qui a un réacteur qui fait de la lumière comme un énorme projecteur sur le torse, ça va être discret.
- Complètement : et tu sais quoi ? Je ne vais même pas tenter de le dissimuler, parce que je crois qu’on pourrait encore se foutre un peu de la gueule du public ! D’ailleurs, tu as remarqué comme tout le monde a oublié l’utilité de ce réacteur depuis le début du film ? Qu’est-ce qu’on se marre !
- Claro ! Allez, c’est parti mon Tony."

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Et en effet : c’est donc lors d’une consternante scène d’infiltration nocturne avec un homme-décoration de Noël (ça tombe bien, c’est la saison) que nos héros approchent du navire des méchants, et notent que le président des Etats-Unis est bien là… enfermé dans l’armure d’Iron Patriot : c’est comme ça que Maurice l’a sorti d’Air Force One ! Stéphane Rousseau prévoit, au nom du mandarin, de le faire brûler avec son armure à minuit (soit le jour de Noël, puisque nous sommes le 24 décembre donc), ce qui sera une grande victoire pour le Mandarin, et donc l’occasion pour le vice-président de devenir président sous les acclamations d’un peuple en colère contre le Mandarin… et donc pour Stéphane Rousseau d’avoir enfin un type sous son contrôle dans le bureau ovale.

Mais pas de bol pour nos héros : ils se font repérer (quelle surprise !). Crotte, que faire ?

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse, non ? Non.

Encerclés, mitraillés, désespérés, il semble que tout soit perdu lorsqu’enfin, Tony utilise son téléphone pour lancer l’opération "Mégateuf". A savoir que dans les ruines de sa villa que des équipes de déblaiement dégagent, le sous-sol, épargné par le bombardement, s’ouvre soudainement et en sortent… toutes les armures de notre héros, qui partent en volant pour le rejoindre en quelques secondes seulement !

Oui oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, Tony Stark pouvait appeler toutes ses armures, n’importe quand, mais il ne l’a jamais fait malgré les 268 fois où même en appeler une seule lui aurait sauvé la mise. D’ailleurs, on s’est tapé près d’une heure de film sur Iron Man sans armure qui pleure… c’est donc d’autant plus intéressant. Evidemment, les mauvaises langues diront "Ouiiii mais peut-être que le sous-sol n’était pas accessible jusqu’ici à cause des ruines qui couvraient la sortie" et je réponds que ça tombe bien : pour s’assurer qu’aucun spectateur ne puisse trouver cette excuse au film, l’équipe a même créé spécialement une armure "Spéciale lourdes-charges/déblaiement" qui n’apparaît que trois secondes dans le film, soit juste pour gaspiller de l’argent et faire un gros doigt à la dernière personne au fond de la salle qui pensait que quelque chose tenait encore debout.

Bref : Tony demande à ses armures de tabasser tous ses ennemis, et en récupère une pour lui-même pour se joindre à la fête. Stéphane Rousseau, qui était occupé à siroter une pina colada en attendant l’heure de son triomphe, grommelle donc en constatant que l’on est en train de saccager ses réjouissances, et sort donc se battre en utilisant ses pouvoirs de surhomme et de centrale vapeur humaine pour affronter Iron Man : grâce à ses mains de feu, il transperce l’acier comme du beurre, et on a donc le droit à des scènes où le bougre brise armure sur armure dans lesquelles Tony Stark tente de trouver refuge, avec des passages rigolos mal montés du genre

"Tiens Iron Man, je te tranche la jambe !"

Et hop, dans le plan suivant, Iron Man a toujours ses deux jambes. Et non, il n’a pas éjecté sa jambe d’armure pour préserver sa gambette de chair : on voit que tout est encore impeccable. Même ça, c’est raté.

Bref : échange de patates (car oui, ses armures permettant de voler et de tirer, jamais Tony ne pense à se servir de ces options pour latter le vilain de loin d’où il ne peut rien faire) et de blagounettes, certes, mais il y a quand même des gens à libérer. Le président est sauvé par le colonel Rhodes, qui le détache avant de récupérer l’armure d’Iron Patriot pour l’emmener loin de la bataille, en sécurité, pendant que Pepper, elle, qui avait réussi à se libérer se vautre comme une vieille bouse dans un brasier local. Evidemment, si elle est vivante, c’est que son corps a accepté la drogue, et elle se régénère donc sous les yeux un peu choqués de Tony, avant de venir l’aider à coller une tannée au pauvre Stéphane Rousseau, qui cette fois-ci, perd le combat pour de bon, puisque les armures d’Iron Man ne pouvant rien contre lui, nos héros décident de commander à une armure se venir se greffer sur lui contre son gré, avant de passer en mode auto-destruction. Mais si, vous savez, ils lui greffent l’armure qui s’était mangée un camion plus tôt ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas à la disposition de Tony. Elle s’est réparée toute seule ? Elle a trouvé un Renault Assistance pas loin ? Bref : elle est là et saute sur Stéphane Rousseau.

Ce qui suffit à en terminer avec le méchant.

A noter d’ailleurs que visiblement, la drogue transforme aussi en ninja : Pepper est devenue super balaise en combat alors qu’elle n’y connaissait rien, mais ni elle ni Tony ne semblent s’en étonner. D’accord d’accord. De toute manière, le film arrive sur sa fin : encore un truc pour tomber un peu plus bas ? Bien sûr !

"Hooo Tony, tu m’as sauvé la vie !
- Je sais Pepper. Et je vais aussi te sauver de cette curieuse drogue, tu vas voir.
- Merci Tony. Tu es le meilleur : grâce à tes 40 armures, tu as pu me venir en aide, en finir avec Stéphane Rousseau, sauver le président des Etats-Unis et probablement des millions de gens.
- Tu as raison Pepper. Du coup tu sais quoi ? Jarvis : programme l’auto-destruction de toutes mes armures !"

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Pour ceux qui pensent que j'exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d'une villa

Pour ceux qui pensent que j’exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d’une villa

Pardon ? Attends : on t’explique tes armures ont sauvé plein de gens DONC tu les détruis toutes ? Mais ? Mais ? Merde, heureusement que tu n’as pas trouvé un sérum contre le cancer alors ! Allez, bouclons, parce que là ce n’est plus possible : sans raison aucune, les armures se mettent donc à exploser l’une après l’autre dans le ciel en faisant… un feu d’artifice pour Noël. A ce stade, une de mes voisines a eu une telle diarrhée d’arcs-en-ciel que son siège s’est mis à ressembler à une création de Valérie Damidot. Tony et Pepper se font donc des bisous, et nous découvrons donc la suite des événements, à savoir que le complot est révélé au monde, et donc que le vice-président et le Mandarin sont arrêtés manu militari, Richie le garçon relou reçoit en récompense de son aide à Iron Man plein de cadeaux cools comme un patator conçu par Tony Stark lui-même (je pense qu’il aurait juste préféré du pognon, mec), Hogan sort du coma, Pepper est guérie et la vilaine drogue sortie de son corps, quant à Tony, il décide qu’il en a assez d’être Iron Man grâce à ses gadgets, et choisit donc de ne pas s’en arrêter qu’aux armures, et demande donc à une équipe médicale de lui retirer du corps les shrapnels qui l’obligeaient à se promener avec un réacteur sur le torse. Mais si, vous savez, les shrapnels impossibles à retirer comme on vous l’expliquait depuis deux films : en fait il suffisait de 5 minutes sur une table d’opération, et pif pouf, c’était réglé.

Toutes ces incohérences terminées, alors qu’autour de moi des gens mangeaient leurs fauteuils en hurlant "Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn", on découvre alors Tony Stark sur les ruines de sa villa déclarant que débarrassé de tout ce bazar, et se préparant à écrire une nouvelle page de sa vie,  il n’en reste pas moins celui qu’il a toujours été : IRON MAN.

Et… FIN !

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C’est à peu près à ce moment là que moi aussi j’ai eu envie de me fabriquer une armure pour aller faire la justice. Comme par exemple bombarder Hollywood.

Mais nous sommes en France : il me faudra, en plus des quelques mois pour monter l’engin, en rajouter environ 7 pour faire immatriculer le tout à la préfecture sous peine d’amende, 2 ans de débat à l’assemblée pour savoir si je peux afficher mon numéro de département sur la plaque d’immatriculation du bousin, trois interventions d’Arnaud Montebourg pour que je remplace le coeur énergétique par une batterie de 205 pour soutenir l’économie locale et éventuellement virer le Jarvis local pour installer un minitel, et je pense que lorsque j’aurai enfin obtenu l’autorisation du préfet pour survoler les agglomérations après 22 heures, mes ennemis seront morts de vieillesse.

Il y a vraiment des ennemis bien plus terrifiants que n’importe quel super méchant.

Tony Stark n’a pas eu une vie facile : multimilliardaire, beau, fort, intelligent au point qu’à l’âge de 5 ans il construisait déjà des avions de chasse avec seulement soixante trombones et une barre d’uranium enrichi, il est à la fois l’héritier de l’empire d’armement Stark Industries et de Mac Gyver. Ses parents, morts dans un terrible accident de voiture suite à un problème de plaquettes de freins non détecté au contrôle technique, n’ont jamais pu voir comment leur fils est devenu un homme respecté, un gestionnaire avisé, et un playboy mondialement connu grâce à des films avec moult effets spéciaux, particulièrement Iron Man I.

Dans Iron Man I, le film que je ne vais pas longuement résumer parce que le titre de cet article indique que ce ne sera pas le cas (et que mes titres sont très autoritaires, ce sont un peu les Heinrich Himmler de la typographie, je vous raconterai peut-être un jour ce qu’ils ont fait de mes fonts Comic sans MS), Tony Stark jouait de malchance (à partir d’ici, attention aux spoilers tout de même) : alors qu’il vendait des missiles d’un gabarit qui provoquerait des bouffées de chaleur et de jalousie à notre président, il fut soudain kidnappé par des talibans, parce que personne ne lui avait dit que s’il voulait vendre des armes, il fallait le faire à Washington devant les messieurs avec de l’argent, pas à Peshawar devant des ploucs. Dans l’affaire, Tony fut gravement blessé par Moussa, le petit taliban qui avait confondu le flashball spécial neutralisation douce et le lance-roquette de tonton Abdallah. Il se retrouva donc avec des vieux bouts de shrapnels dérivant dans son frêle petit corps, et ce fut un autre prisonnier des talibans, le docteur Mamadou qui dut lui greffer une batterie de super 5 sur le cœur pour que les électrodes en éloignent les petits bouts métalliques.

Les talibans voulant forcer Tony à leur fabriquer un missile de classe Penian Substitute, ils lui filèrent un fer à souder, des clous, un poster de Françoise Hardy et 6 litres d’huile de castor, et le bougre déjoua la surveillance des gardes pour se fabriquer à la place un mini-réacteur à énergie pour remplacer la batterie Renault, ainsi qu’une armure de guerre top moumoute. Grâce à cette dernière, il s’évadera et retournera au pays de la liberté où il décidera d’arrêter de vendre des armes, de se faire une nouvelle armure plus moderne et de devenir justicier. Il en profitera pour casser la gueule au gros vilain du film qui avait payé les talibans pour le kidnapper, son vice-président qui voulait se débarrasser de lui pour reprendre les rênes de Stark Industries et qui en plus voulait aussi se faire une grosse armure sur le modèle de celle de Tony pour devenir un super méchant.

Bon, j’eus été Tony Stark, du fond de ma grotte talibane, j’aurais plutôt bricolé une radio ou un truc envoyant un signal quelconque pour que l’on vienne me sauver ; mais bon, je suis très lâche. Et les gardes talibans très cons : ils ne savent pas distinguer un mec fabriquant un missile d’un autre se fabriquant un chatoyant réacteur et une armure géante. Alors qu’une radio, c’est déjà plus discret. Sans compter que de retour au pays, j’aurais plutôt essayé de me faire retirer mes restes de schrapnels par une vraie équipe de chirurgiens dans une clinique hors de prix, le résultat étant probablement plus sérieux que celui obtenu par un médecin du travail armé d’une pince à épiler dans une grotte Afghane. Bon, je n’insiste pas, je vois bien que vous froncez les sourcils. Sachez bien que vous ne m’impressionnez pas, bande de jean-foutres.

Mais alors, quelles aventures va connaître notre formidable héros maintenant qu’il est Iron Man, le héros blindé d’alcool le jour et de métal la nuit ? Je vous propose de le découvrir avec Iron Man II. Spoilons donc un peu.

Lorsqu’il y a une explosion dès l’affiche, c’est très mauvais signe

Le film démarre dans la lointaine Russie, patrie de Vladimir Poutine & d’Anna Semenovitch, deux personnages fabuleux parmi lesquels un seul est le bienvenu dans les toilettes tchétchènes. Mais si je commence par une digression, nous voici bien mal partis ; allons donc plutôt dans un petit appartement miteux d’une célèbre métropole venue du froid, dans lequel un vieil homme est en train de mourir de maladie au milieu des papiers peints moisis et des meubles à demi-effondrés que son fils entretient tant bien que mal. Alors qu’il sent l’ombre glacée de la mort se pencher sur lui, l’ancêtre parvient à glisser quelques derniers mots à sa progéniture, concernant la famille Stark.

Car en effet, par le passé, comme l’indiquent les nombreux schémas éparpillés un peu partout, il avait collaboré avec Howard Stark pour créer de nombreuses fabuleuses inventions ; mais aujourd’hui il s’éteint dans la pauvreté la plus totale. Son fils, que j’appellerais Boris, reprend donc le flambeau et commence à travailler sur un mystérieux projet. A la télévision, il a cependant  pu observer la conférence de presse qui achevait le précédent opus de la série : Tony Stark révélant au monde libre qu’il n’était nul autre qu’Iron Man, le justicier 100% alu.

Tiens justement, que fait Tony Stark pendant que notre russe construit d’étranges appareils ? Et bien jeunes gens, il se la donne : il vient inaugurer la Stark Expo, sorte de mini-ville où l’on expose euh… euh… oui, je ne sais même pas ce qu’ils y exposent, on ne le voit pas, ils n’en parlent pas… bon bref, il vient inaugurer la Stark Expo dans sa belle armure d’Iron Man, le tout sous les hurlements de milliers de fans venus approcher le héros d’acier. C’est donc une formidable fête populaire qui se dévoile à nous, sorte de concours Lépine géant ; mais voilà, Tony Stark achève bien vite son discours d’inauguration, lance une vidéo de son vieux père parlant des espoirs qu’il mettait dans l’avenir, et s’éclipse pour aller se faire une petite prise de sang car oui, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer :

Tony Stark est malade.

Oui, des années à coucher avec des top-modèles aux origines plus ou moins douteuses lui ont collé tellement de MSTs dans les veines qu’on le surnomme "Tony chaude-p…. ah ? Attendez, non, je fais erreur, on me dit qu’en fait Tony a un petit soucis avec son réacteur pectoral et ses cartouches de palladium, qui contaminent peu à peu son sang ; le palladium, c’est un peu l’amiante des riches. Or, comme Tony ne survit que grâce à son fabuleux réacteur, il est donc dépendant du palladium pour vivre ; et si celui-ci le tue doucement… par la malepeste, notre héros est condamné. Non, c’est impossible, quelle tension d’entrée de jeu ; va t-il survivre à ce film ?

Ajoutez à cela que le destin s’acharne : une jeune femme lui remet au sortir de l’exposition une convocation lui demandant de se présenter le lendemain matin au congrès des Etats-Unis d’Amérique afin de répondre à quelques questions sur sa formidable armure, que certains considèrent comme une menace pour la sécurité publique.

Le lendemain matin, c’est donc dans une salle remplie de curieux et de journalistes que notre héros prend place ; sous le feu des questions du sénateur Bob (qui est gros, fourbe et bête), il voit rapidement un autre interrogateur apparaître : Justin Hammer, président de Hammer Industries, le nouveau fournisseur de l’armée américaine depuis que Stark a arrêté la production d’armes. Rapidement, les arguments sont mis sur la table : un peu partout dans le monde, les vilains pays terroristes essaient de produire des armures semblables à celle de Iron Man, il faut donc que l’ami Stark donne ses plans pour que l’armée américaine puisse être équipée et prête à répondre à toute menace hostile de ce genre ; Tony Stark répond que voilà, personne n’aura d’armure comme lui avant des années, et que donc dans l’immédiat, son armure est celle d’Iron Man, et qu’Iron Man, c’est lui, donc peau d’zob bande de communistes, jamais vous n’aurez ma propriété privée. Il en profite pour faire quelques blagues qui humilient le pauvre Justin Hammer, qui a tout du vilain qui a réussi grâce à sa fourberie mais qui regrette de ne pas être aussi beau , fort et intelligent que Tony Stark. Bref, il est l’une de ces caricatures de méchants dont tous les plans échouent, et qui sautent sur leurs chapeaux à pieds-joints en s’écriant "Caramba, encore raté !" à chaque nouvel échec de leurs supers plans.

La coupe de cheveux & les lunettes suffisent à tout savoir de ce méchant tout nul.

De retour dans sa villa de Malibu, le bon Tony s’aperçoit que son intoxication au palladium est de plus en plus importante, sans compter que son réacteur consomme les cartouches de plus en plus vite. Tragique destin ! Il décide donc d’accepter cette fin si proche, et démissionne de son poste de président de Stark Industries pour y faire nommer Potts, son assistante. Il recrute donc une nouvelle donzelle pour la remplacer, et oh ? mais tiens, s’il engageait cette jeune fille qui vient d’entrer dans son bureau pour faire signer les papiers de transfert de Stark Industries ? Elle est belle, drôle, intelligente, juriste, ex-top modèle, championne d’arts martiaux, parle 15 langues vivantes plus moult mortes, le tout couramment, de quoi donner le tournis à Heinrich Schliemann. Et la donzelle se prénomme "Natasha".

Tony Stark a beau avoir un QI de 368, il ne voit rien de louche du tout dans ce CV (à commencer par le nom de prostituée de Léningrad tout en haut). C’est vrai qu’un curriculum long comme le bras parfait en tout domaine, ça n’a rien d’étrange ; et puis en plus, les gens avec des noms à consonance communiste ne sont jamais des espions dans les films américains. Jamais, j’insiste. Et là Tony Stark, arrives-tu à trouver la figure de style dans ce paragraphe ? Attention, elle est subtile. Zut, je viens de la refaire.

Bon, en tout cas, il est temps pour Tony Stark de profiter de ses derniers jours sur Terre ; où aller ? Visiter un amour de jeunesse ? En pèlerinage sur la tombe de ses parents ? Faire la tournée des copains ? Non : il va plutôt aller à Monaco, parce que c’est trop cool, et qu’on y trouve des voitures qui vont vavavoum. Ennuyé par la réception mondaine à laquelle il a été convié, le bon Tony a tôt fait d’aller sur le circuit de courses à quelques mètres de là pour en chasser un des pilotes de sa propre écurie afin de prendre sa place : Monsieur s’ennuie et a besoin d’adrénaline, une petite participation inopinée à un Grand Prix lui fera le plus grand bien. C’est aussi ce que je fais lorsque je m’ennuie, mais après deux gardes à vue pour "carjacking", j’avoue m’être quelque peu relâché sur ce hobby.

Hélas, c’est sans compter sur Boris le communiste qui a décidé de profiter de cette belle journée pour se déguiser en technicien de circuit ; comme il a lu le script du film, il a su que Tony Stark allait prendre la place d’un des pilotes de son écurie sur un coup de tête à quelques secondes du départ, et a donc préparé tout son plan en conséquence. Oui parce que sinon, il était impossible de deviner que notre héros allait faire ça, vu que lui-même ne l’avait pas prévu. Bon, et c’est quoi son plan d’ailleurs à notre Boris ? Et bien, il consiste à se rendre sur la piste de course et à se mettre torse nu pour faire hurler les filles du public tout en exhibant fièrement ses bretelles digne d’Iron Man, alimentées par un petit réacteur semblable à celui de l’ami Stark ; notre pendard dispose de plus d’une arme bien mystérieuse : il a une sorte de fouet à énergie qui produit de forts beaux éclairs dans chaque main et fait des figures d’écolières en cours de gymnastiques avec. Ainsi, quelques participants à la course qui passaient à sa portée voient leurs véhicules être purement et simplement mis en pièces par ces fantastiques armes. Notez que la police française, malgré le fait que l’homme soit torse-nu et en train de tenter de tuer des gens, n’intervient en aucune manière ; pourtant, une simple lacrymogène l’aurait déjà mis à mal, voire un coup de flashball ou de taser, éventuellement, une bonne balle de 9mm aurait pu stopper net les passions meurtrière de l’exhibitionniste malandrin. Mais non, le policier français préfère faire "Rohlalala, houuuu, dis-donc, pfouuu, attends on va rédiger un PV tu vas voir, attentat à la pudeur et port d’arme illégal, il va douiller". Merci amis fonctionnaires.

Avec cette tenue, même la police municipale peut vous maîtriser en quelques secondes

Tony Stark qui pilotait tranquillement son véhicule voit brusquement le temps s’arrêter dans un bruit de diapositive :

"Je roule de jour sur une voie prioritaire. Un piéton armé de fouets énergétiques se tient sur la chaussée."

A) Je ralentis.

B) J’utilise mon avertisseur sonore

C) Je contrôle mes rétroviseurs et je le dépasse après avoir enclenché mes clignoteurs gauche

D) Je prends un air étonné

Tony Stark choisit la réponse D et voit sa voiture être coupée en deux ; grâce à d’habiles techniques, il parvient cependant à s’extraire de son véhicule à temps, et à gagner suffisamment de temps pour que son garde du corps et Pepper Potts débarquent sur le circuit avec leur voiture de ville, roulent sur Boris (ce qui ne le tue pas, même coincé entre une voiture et un mur il se bat encore : il doit avoir de sacré abdos), et c’est finalement Tony qui voit ses deux amis lui remettre sa valise contenant son armure, qui doit s’équiper pour finir de casser la margoulette, à l’hystérique russe non sans mal. Une fois cela fait, deux CRS viennent récupérer le malfrat bien mal en point pour le mettre en prison. C’est gentil d’arriver maintenant les gars.

Une fois au trou, Boris reçoit une visite de Tony et bien que n’ayant pas dit un mot jusqu’alors, il se décide enfin à parler : il voulait faire du mal à Iron Man pour que les gens réalisent qu’il n’était pas immortel, tout ça, et donc que de plus en plus de gens s’attaquent à lui jusqu’à le faire choir. Oui alors Boris, si tu veux, il y avait plus simple : Tony Stark passe 95% de son temps hors de son armure ; il suffisait d’envoyer Mourad, ce fantastique tireur d’élite qui a su me débarrasser de mon ex femme avec panache, et pouf, plus de Tony Stark. Sinon, tu pouvais aussi le faire toi-même, c’eut coûté moins cher et été plus efficace que ton numéro de gymnaste chinoise sur le circuit de Monaco. En plus, il est tout pourri ton discours sur "Ahah, je ne voulais pas te tuer, juste te faire saigner" parce qu’on t’a bien vu il y a 5 minutes essayer de le tuer & co, c’est juste parce que l’ami Stark a utilisé moult esquives de ninja qu’il est encore vivant. Alors "Non non, je ne t’ai pas loupé, j’ai fait exprès de te rater, c’est différent", c’est nul comme excuse. Tu es tout simplement mauvais, hors de ma vue.

Boris explique aussi que s’il veut du mal à Tony, c’est parce que son père, qui travaillait avec Howard Stark, a été arnaqué & ruiné par ce dernier qui a profité de tous les bénéfices de ses recherches. Boris vient donc se venger de cette famille de voleurs de poules. Cette nouvelle perturbe un peu Tony, mais pas longtemps non plus. Son soviétique ennemi est rapidement jeté dans une sombre prison française, terrible punition s’il en est quand on connait les lieux ; Rachida Dati aurait bien affirmé le contraire comme à son habitude, mais elle n’était pas disponible pour le film, elle siégeait à Strasbourg. Non, je déconne hein. A Strasbourg, vous avez quand même plus de chances de croiser Iron Man que Rachida Da… ah, mais bon sang, est-ce que je vais arriver à me concentrer un peu sur mon sujet ?

Boris est donc en prison à ruminer sa vengeance : quand soudain un plan d’évasion impliquant un sosie, une pomme de terre, du C4 et quelques gardiens corrompus lui permet rapidement de retrouver la liberté sans même qu’il demande quoi que ce soit : c’est Justin Hammer, le fripon jaloux de Tony Stark qui l’a fait sortir pour profiter de ses immenses connaissances et lui proposer de se venger d’Iron Man une bonne fois pour toute. En tout cas, Justin invite pour commencer Boris dans sa principale usine et lui demande s’il ne voudrait pas rendre commercialisable ses prototypes encore très imparfaits d’armures de combat afin de les présenter à la Stark Expo et devancer notre gentil Tony sur son propre terrain; notre méchant accepte et se met aussitôt au travail.

En France, Boris a eu le temps de passer au Marais s’acheter des lunettes top glamour

A noter que si notre homme était si génial que cela, il faudrait aussi qu’il m’explique pourquoi il n’avait d’ores et déjà pas fait fortune avec ses inventions et ainsi payé des soins corrects à son père malade. Non parce que c’est gentil  de venir d’ex-URSS pour le venger, mais le sauver était aussi une idée à considérer. Enfin, moi je dis ça…

De son côté, Tony Stark profite de ce qu’il lui reste de vie en se murgeant la gueule en faisant de grosses teufs comme un vulgaire auditeur de Fun Radio ; hélas, un soir qu’il est particulièrement en forme pour enchaîner les conneries en s’imbibant de champomy, son vieil ami le colonel William Rhodes vient lui dire que bon, hein, ça suffit les conneries Iron Man, tu te donnes en spectacle, j’ai honte de toi. Mais comme le bon Tony se montre peu réceptif à ses arguments, Rhodes se rend dans sa cave (dont il a le code pour les jours où il s’ennuie), s’empare d’une des armures d’un modèle plus ancien, et retourne pleinement équipé dire à Tony que s’il n’arrête pas les conneries de suite, il lui éclate sa gueule.

Hélas, malgré cette phrase choc, Tony refuse, le combat commence, et au final, c’est la villa de Malibu qui finit avec la gueule amochée ; pour nos deux guerriers, c’est un ex-aequo ; léger avantage à Rhodes qui part avec l’armure qu’il a pris et va la livrer à l’armée américaine pour être améliorée. Sans compter que Rhodes, lui, n’a pas transformé son logis en champs de ruines dans l’affaire. Pensez toujours à vous battre chez autrui, c’est important. Et ne venez pas me contredire avec Sun Tsu, il n’avait aucune idée de ce que signifie "casser son écran plasma dans la confusion".

Tony Stark de son côté est bien embêté ; non seulement il a la gueule de bois, mais en plus on lui a volé une de ses armures. Boh, tant pis se dit il, de toute manière, je vais bientôt crever : au vu de ses prises de sang, il n’en a plus que pour quelques jours. C’est clair qu’elle a l’air de te faire souffrir ta maladie : tu pètes la forme, tu fais des teufs d’enfer tu te bats… nan, on le sent bien que tu as une maladie mortelle qui progresse de jour en jour et qui te condamne à ne pas voir la semaine qui vient. Pour un mourant, ça a l’air d’aller bien ; c’est une maladie qui commence à faire du mal quand en fait ?

Mais ne commence pas à broyer du noir petit Tony, car voici venir Nick Fury, le … heu… le chef de l’association des gentils super héros, ou un truc du genre, le SHIELD. Et devine ce qu’il vient t’annoncer ? Que non seulement il sait ce que tu as comme maladie, mais en plus il a un sérum qui en fait disparaître tous les symptômes en quelques secondes (efficace, d’ailleurs le seul symptôme c’est une sorte de tatouage géant de circuit imprimé). Et devine l’autre nouvelle ? Figure toi que tu sais, ta nouvelle assistance, Natasha ? Et bien en fait, c’est un des agents spéciaux de Nick Fury. Ahah, tu ne t’attendais pas à apprendre qu’en fait c’était une espionne, pas vrai Tony ? C’est vrai qu’on ne l’a pas vu venir. Bon, en tout cas, Nick Fury (même mon chien mériterait un meilleur nom) propose à Tony une issue à la crise : il lui donne un peu de sérum contre sa maladie, et en échange, Tony travaille dur à trouver une véritable solution alternative au palladium pour son réacteur pectoral. Ah oui, c’est bien comme marché ça "Tiens Tony, je te donne 100 balles, et en échange, je te donne un mars". Je ne sais pas quelles études a fait Nick Fury, mais HEC me parait hors de propos.

Avant de partir, Nick Fury parle aussi un peu de  papa Stark à Tony, et lui donne même des documents sur lui à étudier, des fois que ça serve (hmmm je pense que ça va servir). Il explique aussi qu’Howard Stark n’a jamais arnaqué le père de Boris : c’est surtout ce dernier qui a merdé et a tenté de faire un peu d’espionnage et a donc été renvoyé en URSS. Oui, ou alors Nick, j’ai aussi une autre théorie : Howard Stark était Mac Carthyste et s’est fait un malin plaisir d’exploiter un "rouge" avant de le renvoyer au paradis des travailleurs.  Peut-être même que lui et ses amis brûlaient des croix en flamme dans les pelouses d’autres communistes supposés. Mais bon, elle est bien aussi ton analyse Nick. Mais garde là pour toi s’il te plaît.

Samuel L. Jackson à l’annonce du nom de son personnage

Tony se met donc au travail, et regarde en boucle les travaux de son père. Parmi ceux-ci, il trouve des vidéos où il réalise que son père était plus sympathique qu’il ne le pensait ; il constate aussi que son père aime répéter des phrases toutes les 15 secondes comme "Tony si un jour tu regardes ce film, sache que la clé de l’avenir est dans cette ville ! – dit il en montrant une maquette – dans cette ville ! Je répète Tony, si un jour tu as besoin, la solution est LA ! LA ! Regarde bordel, LA ! Tiens, je vais faire des clins d’œil en même temps pour être sûr que tu comprennes !"

Mais Tony ne comprend pas, car tout cela est trop subtil, malgré son intelligence hors-norme. Il se demande où son père aurait pu glisser quelques travaux qui lui seraient utiles dans sa quête d’une solution au palladium… Ce n’est qu’après de longues heures de visionnage qu’il commence à se dire que hmmm, dis-donc, peut-être que mon père a caché quelque chose dans cette maquette de ville ? Ni une ni deux, notre héros va récupérer la maquette (qui malgré les années, a gentiment attendu dans un bureau que l’on vienne s’occuper d’elle), et en l’analysant avec son super ordinateur à scanner laser, il découvre qu’en ne gardant que certains éléments de la maquette et en les remettant dans une nouvelle perspective que ceux-ci forment en réalité un nouvel élément encore inexistant dans le tableau de Mendeleïev.

Mais oui, c’est logique ; Howard Stark s’est dit un matin "Tiens, si je faisais un film des fois que je meure dans un accident de voiture dans lequel j’annonce à mon gosse que j’ai caché les plans d’un élément révolutionnaire dans une pauvre maquette, des fois que ça lui serve dans 30 ans ?" ; va savoir comment il a découvert l’élément en question sachant que ce n’est pas du tout son métier, et quand bien même, pourquoi il ne l’a pas exploité et commercialisé (ou du moins breveté) parce que bon, là par contre c’est exactement son métier ; il ne faut pas chercher. Et figurez-vous que mieux encore, l’élément en question est pile poil ce dont son fils a besoin ! Car évidemment, Howard Stark avait non seulement prévu que son fils se prendrait une roquette en Afghanistant qui l’obligerait à avoir un réacteur collé au thorax, mais en plus avait d’ores et déjà deviné que ce réacteur au palladium poserait des problèmes à son organisme et qu’il aurait un jour besoin d’un nouvel élément pour rectifier le problème. Du coup, il a inventé cet élément à l’avance. Quel homme. Oh, et évidemment, il prévoyait aussi que son fils disposerait d’un ordinateur à scanner laser gneugneugneu ultra-moderne qui pourrait parfaitement décoder les plans de sa maquette. Formidable, quel visionnaire. Sinon papa Stark, t’as pas les numéros des 12 prochains euromillions ?

A ce moment du récit, je n’étonne plus personne en annonçant que Tony Stark n’a besoin que d’un marteau et de trois gouttières pour créer un accélérateur de particules en quelques heures, lui permettant de générer le nouvel élément dont il avait besoin ; aussitôt celui-ci produit, il l’insère dans son petit réacteur et… oh ! miracle ! Non seulement ça marche, mais en plus, c’est encore plus puissant qu’avant ! Ça tombe bien quand même.

Ne demandez pas à Papa Stark combien de temps il lui a fallu pour planquer une formule dans une maquette en carton quand il aurait juste pu planquer un papier.

Au même moment, à la Stark Expo, des milliers de gens se pressent pour découvrir la nouvelle révolution de l’armement annoncée par Justin Hammer. Oui, apparemment, c’est tout à fait naturel d’avoir de la musique, une scène et de faire des pas de danse "cools" pour venir présenter sa nouvelle arme de guerre.  Bon. Tiens, d’ailleurs, les industries Starks n’étaient elles pas censées ne plus produire d’armes ? Mais elles acceptent quand même les vendeurs d’armes qui les détestent en une de leurs "shows" sur leur propre territoire ? Décidément. Bon, ne nous attardons pas, c’est quoi la petite révolution de Hammer Industries ? Deux choses :

- Des armures de guerre à la Iron Man, en nombre et pilotées par des drones, le tout programmé par Boris (qui prétend qu’elles ne sont pas encore capable de combattre, mais qu’elles seront bonnes pour parader à la Stark Expo dans l’immédiat) ; bref, l’idéal pour les guerres futures.

- Le colonel Rhodes et l’armure qu’il a soufflé à Iron Man, repeinte en noir avec des kilos d’armes supplémentaires greffées par-dessus fournies par Hammer Industries là encore. Un nouveau héros, quoi, mais fonctionnaire cette fois.

Hélas, les festivités sont de courte durée pour Hammer, puisqu’Iron Man vient demander ce que c’est que ce bordel et toutes ces armures. La réponse vient hélas bien plus vite que prévu : Boris le communiste a menti : les armures sont parfaitement aptes à combattre, et pilotées par lui-même derrière son petit ordinateur bien caché dans un laboratoire de Hammer Industries. Il a même réussi à pirater l’armure de Rhodes pour la contrôler, et envoie donc tous les drones commencer à raser la Stark Expo et/ou tenter de tuer Iron Man.

Hammer est évidemment un peu paniqué par tout ce bordel ; ça lui fait de la mauvaise publicité de présenter des drones qui attaquent le public de l’exposition. Aussi, plutôt que d’envoyer tous les agents de sécurité du site où se cache Boris pour lui casser sa gueule (puisqu’il sait où il se cache : c’est lui même qui lui a proposé la planque), il demande à Jean-Jacques l’informaticien qui passait par là de tenter de reprendre le contrôle des drones. C’est évidemment un échec cuisant. Et je vais vous surprendre, je sais, mais il en va de même avec la tentative de meurtre des drones sur Iron Man : ils échouent tous, tués tant par Tony et son armure alimentée par son nouveau cœur fort puissant que par Rhodes et la sienne dont il a réussi à reprendre le contrôle. Oui d’ailleurs, je vous passe la scène où Natasha la coquinette en tenue moulante va tenter de stopper Boris chez Hammer Industries, et massacre tous les agents de sécurité (comme quoi, il y en avait pléthore de disponibles) à grands coups de prises & poses racoleuses. Évidemment, aucun agent de sécurité n’a l’idée idiote de lui tirer dessus. Non, à la place, tous essaient de voir qui est le plus fort au judo entre elle et eux.

Au secours, ce film est affreusement nul.

Cette pose de combat ridicule me rappelle Twilight. C’est dire.

Mais ça ne s’arrête pas là : figurez-vous que Boris a réussi à s’enfuir avec une armure de combat qu’il s’était spécialement conçue, avec à nouveau des fouets énergétiques & co (cet homme doit aimer le cuir ; autant de fouets, ce n’est pas normal), et il se rend donc à la Stark Expo pour en finir avec son ennemi juré. Hélas, c’est bien dommage, il perd (ah, mais quel con : il avait lu le script au début du film, il aurait du savoir qu’il était le méchant et ne pouvait donc pas gagner). A noter qu’il vient une fois encore essayer de tuer Tony Stark, tout comme il a essayé de le faire avec ses drones quelques minutes auparavant ; ce n’est pourtant pas le mec qui au début du film expliquait qu’il voulait juste "faire saigner" Iron Man ? Ma théorie était donc la bonne : il racontait juste n’importe quoi car il était trop nul pour réussir à le tuer. Théorie confirmée par le fait que Boris est mauvais perdant : il dispose sur lui d’un bouton qui lance l’auto-destruction de toutes les épaves de drones disséminées ça et là dans la Stark Expo après avoir été vaincus par Iron Man ; ce dernier se lance donc à toute vitesse vers la position de Pepper Potts, sa copine, afin de la sauver du cataclysme.

Oui, il a le temps, car évidemment c’est une de ces fameuses auto-destruction qui font "ATTENTION, AUTO-DESTRUCTION", suivi de gros "bip-bip" pour bien informer le héros du temps qu’il a pour agir, pas le truc bien instantané et fourbe qui prend par surprise. Les kamikazes, eux, on compris ça depuis 70 ans, du Japon à l’Afghanistan, les scénaristes toujours pas. Bon accessoirement les dizaines de civils à côté d’autres drones prêts à exploser, Tony s’en tape cordialement, lui va juste sauver Potts. Et pour une bonne raison : ils n’ont pas le même petit derrière, les autres prolétaires ; aussi, une fois qu’il a sauvé la présidente de Stark Industries, il la dépose romantiquement sur un toit, la bisoute, l’entend dire qu’elle démissionne, lui avoue qu’il était mourant et que c’est pour ça qu’il faisait n’importe quoi, et reprend la présidence de sa boîte et ses responsabilités. Oui tout ça en quelques secondes, il enchaîne, le budget pour clore le film était serré.

Pour terminer, il est décoré par les Etats-Unis ainsi que son ami Rhodes,  et ce par le sénateur Bob histoire qu’il l’humilie un peu et lui montre qui est le vrai héros de la vraie Amérique des vrais américains, celle qui lutte contre les anciens communistes revanchards qui se plaignent qu’on les exploite.

Et… FIN.

Pour conclure, je citerais une jeune fille dont j’ai lu l’avis sur le sujet : "Robert Downey Jr contre Mickey Rourke : Iron Man II, mieux qu’un orgasme".

Mademoiselle, si votre plaisir sexuel se limite à si peu, vous devez régulièrement confondre "jouir" et "péter".

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