Je vais être bref : la guerre, c’est cool.

Non pas à cause de l’imagerie hollywoodienne qui en découle, non. Certes, nombreux sont ceux qui se laissent enivrer par ces virils combats où les douilles volent au ralenti, où des visages crasseux aux dents malgré tout blanches comme le linge dans un matin d’été échangent des hurlements puissants pour instruire les autres de leur sacrifice à venir alors que les balles sifflent tout autour d’eux, mais au-delà de cette mine à mauvais films testostéronés, certains faits laissent entendre que l’aspect cool est en fait tout bonnement vrai. Ho, vous trouverez bien quelques hippies et autres babanarchistes pour tenter de vous convaincre du contraire, mais s’ils savaient, ils auraient déjà attrapé un M-16, une grenade ainsi que le premier avion pour le Vietnam afin de retourner livrer dans les rizières une guerre qui sent fort le napalm, l’agent orange (si vous ne connaissez pas, recherchez « Tang« ) et le patchouli.

Alors qu’à côté de ça, l’amour… pfou. Quel truc chiant !

Au début, je ne dis pas, c’est sûrement sympa (personnellement, je n’en sais rien, j’ai troqué mon coeur contre une boîte de cigares il y a bien longtemps) : il y a une sorte d’effet de nouveauté, de découverte, d’aventure qui démarre… et puis, tout s’estompe : ce qui faisait la fraîcheur d’hier devient le sujet des critiques d’aujourd’hui, quant à l’aventure, elle se résume désormais à raconter l’incroyable épisode de la pièce de caddie qui avait roulé sous le canapé avant de partir chez Auchan (raconté plusieurs fois à chaque fois qu’un ami passe à la maison). Aventure épique permettant d’ailleurs de réaliser au moins deux films français tant elle est rocambolesque. C’est dire.

Ainsi, ces derniers jours, c’est malgré tout l’amour qui semble au coeur des débats du bon Royaume de France. Car une importante question se pose : faut-il autoriser les péd.. les tarl… les gays à se marier entre eux ?

Sujet d’importance s’il en est, tant tout le monde a un avis dessus. Et le partage généralement avec bonheur, même si icelui dépasse rarement la taille – et la pertinence – d’un tweet. Aussi, ces derniers jours, les médias ont donc croulé sous les sujets sur le mariage gay : bon alors s’il est autorisé, est-ce que les champs Elysées vont ruisseler de sang d’agneau bouillonnant ? Et les lesbiennes alors, peuvent-elles avoir le droit de procréer ? Et surtout : qu’est-ce qu’on fait de Mylène Farmer ?

Du coup, entre les journaux, les réseaux sociaux, les émissions et autres, impossible d’échapper au débat, débat qui n’a de cesse d’agiter le petit monde politique national, de faire remuer l’assemblée, descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes et exiger un référendum parce que nom d’un petit bonhomme, il y a des choses sur lesquelles le peuple a le droit de s’exprimer ! Comme par exemple de savoir si, oui ou non, les gays ont eux aussi le droit de divorcer en se battant pour avoir la garde du chien (car une rumeur voudrait que les gays soient des cons comme les autres, mais passons) !

Rappelons que plus que d’un papa ou d’une maman, les enfants ont surtout besoin de coups de pied au cul.

Dans le même temps, et pendant que ce passionnant sujet faisait rage, la France envoyait avions, missiles et soldats bourrer la gueule de malandrins de l’autre côté de la Méditerranée. Un sujet tellement peu important que non seulement on en parle entre deux portes (entre deux interview de Frigide Barjot ou SOS Tout-Petits, vous pouvez avoir un bref point sur les chiffres de la guerre que l’Elysée communique), mais en plus, la quasi-totalité de la classe politique s’est unie dessus parce qu’il y a des choses sur lesquelles on ne peut que tous être d’accord, au point de ne même pas évoquer le sujet au parlement. Ici, pas question de débat, de référendum ou d’happening quelconque : tout le monde est d’accord.

Parce que la guerre, c’est comme ça : c’est tellement cool et évident que l’on ne voit pas comment on pourrait seulement en discuter. Alors que l’amour, bon.

Mais visiblement, ça ne choque pas grand monde, y compris chez les plus grands pacifistes autoproclamés. C’est fort.

Attention tout de même à ne pas lire ce qui n’a pas été écrit : il ne s’agit pas d’émettre un jugement sur la légitimité de ladite guerre, mais quand même, je ne sais pas vous, mais aller coller des balles sur la gueule d’autres gens, ça parait vaguement intéressant comme sujet, non ? Du genre : on pourrait au moins s’y intéresser un minimum ? Mais non : mieux vaut réfléchir à ce qu’il se passe sous les couettes plutôt que sous les bombes, c’est quand même vachement plus sain. Et sûr.

Gay, sache-le : serais-tu terroriste qu’on s’intéresserait drôlement moins à ton cas. Mais puisque tu as choisi la zigounette plutôt que la kalachnikov, préféré l’huile de massage au pain de plastic, sache que le parlement, la rue et les médias se déchireront sur ton sujet. C’est ainsi : tu représentes probablement un danger plus grand, un écart moins humain.

Vous pouvez chercher un petit moment dans vos journaux préférés : l’histoire du Mali, de son pouvoir, de ses dérives, liens financiers, groupes rebelles… vous ne trouverez pas grand chose. Par contre, un reportage de quatre pages sur un couple gay qui aurait réussi à élever un enfant sans que celui-ci ne se transforme en Landru (mon Dieu ! C’est impossible !), ça vous pourrez en trouver pléthore ! A croire que le slip est plus vendeur que le turban (j’attends avec impatience le premier groupe terroriste qui portera fièrement le slip comme couvre-chef pour attirer l’attention des médias, nul doute qu’il aura un certain panache).

Ainsi va l’actuelle notion de débat : on passera plus de temps à réfléchir sur l’union d’adultes consentants que sur l’éclatage de gueules de personnes qui ne le sont guère. Ce qui ne veut pas dire qu’un sujet doit en chasser un autre, bien au contraire.

D’ailleurs, j’en profite : puisque seul ce débat sur le mariage gay semble intéresser le quidam comme le président de parti politique, parlons-en !

Je me répète, mais dans la notion de débat, il y a une notion particulièrement complexe qui est celle de « débat ». A savoir qu’il serait possible, lors de certains alignements planétaires, de discuter avec des gens qui ne partageraient pas votre avis. Si. Et pas seulement pour imposer son opinion, mais pour aussi écouter celle d’autrui ! Mais c’est vrai que ce n’est pas facile, j’en conviens. Il est toujours beaucoup plus simple de commenter à 152 une photo sur internet pour hurler son opinion avec des gens la partageant : ça donne instantanément un grand sens de la démocratie.

En même temps, je dis ça, mais si on s’attardait sur ce qu’il se passe sous ma couette, je pense que ce serait carrément La Haye qui s’en mêlerait.

Ce qui signifie par exemple arrêter la guerre de tranchée consistant à considérer l’autre camp comme un conglomérat de sombres rabouins (ouvrez Le Point ou Facebook pour vous convaincre de l’existence massive de pareils arguments, vous verrez, c’est facile, seule la charte change). Généralement en se convaincant que l’ensemble des gens contre sont de foutus conservateurs passéistes intégristes empêcheurs de tourner en rond et de droite, et bien évidemment fachos et homophobes. Si un interlocuteur émet des réserves, fussent-elles modérées ou non, face à votre opinion, cela n’en fait pas automatiquement un illustre enculé. Et la légende raconte qu’il est beaucoup plus difficile de convaincre quelqu’un en l’insultant qu’en discutant. Et de même qu’il n’y a aucune faiblesse à faire évoluer sa propre opinion, bien au contraire. Il en va de même pour ceux qui considèrent que l’ensemble des gens contre sont prêts à piétiner une institution traditionnelle et le bien des enfants simplement pour faire plaisir à une part de la population qui a choisi son orientation sexuelle alors qu’elle se démerde, sacrebleu. Là encore, ça ne fait guère avancer le schmilblik, voire pire encore, ça permet à chacun de creuser sa tranchée « Tu m’as traité de gros con obtus ? C’est toi le gros con obtus ! » (+ miroir magique + c’est toi l’chat pas l’droit d’retoucher son père et autres arguments cultes qui laissent rêveurs). Ce n’est pas parce que l’on pense que sa cause est juste qu’elle fait automatiquement de vous quelqu’un d’intelligent : nous sommes tous le gros con obtus d’en face de quelqu’un. Et ça, visiblement, ce n’est pas encore bien passé : le nombre de larrons montés sur rails qui vous expliquent que bien sûr qu’ils sont ouverts contrairement au camp d’en face puisqu’ils ont RAISON, EUX, ça devient assez déraisonnable.

Résultat : 90% des commentateurs s’enferrent à pourrir le débat, résultant dans un clivage constant sur une question où, en toute logique, débattre du bonheur d’autrui devrait se faire dans une relative bonne humeur et intelligence avec, pour objectif, c’est fou : le bonheur d’autrui.

J’en déduis donc, une fois encore, que la guerre, c’est cool.

Ou alors, il va falloir m’expliquer comment jusqu’aux pacifistes autoproclamés, personne n’estime important de parler du sujet quand, dans le même temps, ces derniers ont si peu d’estime pour l’amour qu’ils ne prennent même pas le temps d’en parler intelligemment mais l’invoquent tout de même à cor et à cri.

Et qu’il revient aux connards de sourciller.

Tout se perd.

Le mariage gay est magique.

Non pas qu’il nécessite l’intervention d’un enchanteur ou de toute autre profession magique déclarée en préfecture (ex : consultant en consulting), mais tout simplement qu’à tant déchaîner les passions, il permet de révéler des choses extraordinaires. Ainsi, si le camp pro-mariage gay défend avec vigueur l’égalité pour tous, allant souvent jusqu’à l’adoption pour tous les couples, qu’importe les chromosomes des adoptants, les anti-mariage gays n’ont eux guère envie de voir la notion de « mariage » être bousculée et de découvrir deux hommes ou deux femmes échangeant des alliances ou se considérant comme une famille. Non parce que, sait-on jamais, peut-être que si on commence à unir des gays, il pleuvra des grenouilles, les rivières deviendront sang et peut-être même que Christophe Hondelatte sortira un nouveau single. Brrr.

Or, même si les deux camps restent d’accord sur le fait que Christophe Hondelatte chante aussi bien qu’il anime, ils n’en sont pas moins en désaccord sur la question de l’union homosexuelle. Parfois, avec des nuances subtiles du type « Non mais moi je suis pas contre le mariage homosexuel vous savez, c’est juste qu’ils peuvent bien avoir les mêmes droits, mais alors il ne faut pas que ça s’appelle mariage, parce que le mariage c’est entre un homme et une femme et surtout que si un jour je me marie, je veux pas que l’on puisse penser que je suis une grosse tapette« . Les accusations d’homophobie vont bon train, mais c’est évidemment faux : l’homophobe, le vrai, ne peut être que pour le mariage gay : il faut être profondément cruel pour souhaiter à autrui de se retrouver à payer une cérémonie qui implique dans 90% des cas un DJ au nom à faire pleurer qui finira forcément, à un moment ou à un autre de la soirée, par diffuser du Patrick Sébastien en demandant à faire tourner les serviettes. Enfin, je dis ça mais je ne suis pas objectif : je préside l’association « L’égalité pour tous : supprimons le mariage et les DJ« . Mon association « Supprimons les enfants » sponsorisée par l’amicale des fabricants de parpaings pour régler la question de l’adoption est elle toujours en attente de validation des statuts. Flûte.

Que disais-je ? Oui : qui dit débat sur un quelconque sujet de société dit souvent interventions absurdes. Or, cette semaine, nous avons été gâtés : trois groupes ont décidé d’unir leurs forces pour ruiner à peu près tout ce qui aurait pu ressembler à de la réflexion ou de l’intelligence. Mesdames et Messieurs, merci d’applaudir :

  • L’institut Civitas, sympathique groupe de catholiques intégristes qui n’a évidemment rien contre les gays (comme toutes les personnes contre le mariage gays), mais bon, hein, ho, c’est pas bien naturel tout ça
  • Le FEMEN, joyeux groupe de féministes dont la spécialité est de réaliser des opérations de protestation seins nus, même si les participantes sont bien trop jeunes : ce n’est qu’en vieillissant que l’on peut se servir de sa poitrine comme arme contondante
  • Les Anonymous, des pirates justiciers dopés au Biactol

Il n’y a pas de raison que les homosexuels n’aient pas le droit de faire la chenille avec beau-papa bourré : ça suffit les privilèges

Car pour ceux qui n’auraient pas la chance d’habiter le royaume de France ou qui auraient passé la dernière semaine dans un bureau de vote à Nice, voici un résumé des épisodes précédents :

Dimanche dernier, jour du Seigneur, l’institut Civitas et d’autres organismes trop vite oubliés ont décidé d’organiser une manifestation visant à protester contre le mariage gay, abomination contre-nature. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont donc allés battre le pavé, mais pas que : car alors que la petite troupe marchait au son de divers slogans du type « Un papa, une maman pour tous les enfants » (les enfants qui vivent par exemple dans des foyers suite à divers malheurs sont bien plus heureux avec des éducateurs qu’avec deux papas ou deux mamans, c’est connu) et autres joyeusetés lorsque soudain, au milieu de la foule, un petit groupe d’infiltrés proches de Sam Fisher s’est révélé : les FEMEN !

Les féministes, toujours sur le front pour lutter pour plus d’égalité (du genre la sous-représentation dans les manuels de mathématiques, même si, si demain on inversait la représentation, on hurlerait au sexisme en disant que les manuels dépeignent des femmes qui ont toujours des problèmes pour compter toutes seules), avaient en effet réussi à entrer dans la foule sous la forme d’un petit groupe déguisé en nonnes. Mais telles certaines de mes fans à ma simple vue, il ne leur fallut pas plus d’une seconde pour faire tomber le haut et exhiber leur poitrine au tout venant.  Mais les bougresses avaient elles quelques douces inscriptions comme « Fuck god« , « Fuck church » et autres joyeusetés. Comble du bon goût, ces dames avaient par ailleurs fait le choix heureux de s’équiper de petits extincteurs peints en blanc (ce que certains ont pris par erreur pour des bombes lacrymogène semble-t-il) marqués « Sperm » (oui, c’est léger), et dont le contenu a servi à oindre la foule les environnant au son de divers cris impliquant le fait de couvrir les gens de « Sainte Semence« .

Vaguement titillés par les déguisements de nonnes mêlés aux seins nus, des divers « Fuck god » et surtout à force de se prendre de l’extincteur dans le museau, des manifestants sont devenus grognons (collégien, si tu ne connais pas le sens du mot « euphémisme », demande à tes parents – même gays – de t’aider à le chercher dans le dictionnaire)

Si.

Et ils leur ont donc pété la gueule jusqu’à ce que la police s’en mêle, mâtinant le tout de « Pute« , « Salope » et autres termes des plus joyeux.

En conséquence de quoi, il y a eu indignation générale sur le fait de tabasser de jeunes femmes et de les insulter (c’est bien normal), avec même une proposition pour interdire Civitas suite à ces violences. Le tout suivi de près par, je l’ai découvert ce jour, un piratage du site de Civitas par les Anonymous. Celui-ci est donc désormais parfaitement inaccessible, et après avoir été félicités par FEMEN pour leur action, les Anonymous ont aussi reçu une vague de soutien sur Twitter.

Voilà.

Je…

Je crois que c’est à ce moment là qu’il faut quand même le dire :

Dans cette affaire, il faut croire que tout le monde a été complètement con.

Et pas qu’un peu, plutôt du genre « Tiens, si je m’enfonçais une pied de chaise dans une narine pour voir ce que ça fait ?« 

Ce petit moment où les deux camps font des trucs tellement absurdes que vous n’avez envie de soutenir aucun des deux

Je ne vais pas m’étendre sur Civitas : je crois qu’il vous suffit de taper leur nom dans Google pour avoir plusieurs centaines d’articles expliquant pourquoi la violence c’est mal et condamnable, ce que personne ne remet en cause. Mais FEMEN et Anonymous par contre, eux, visiblement, ont le droit aux applaudissements pour s’être opposés à ces gens violents. Et pour avoir défendu l’égalité pour tous. Or s’il y a un truc rigolo chez les défenseurs 2.0 de « l’égalité pour tous« , c’est qu’ils ont dû oublier de lire rapidement « égalité » et « pour tous » ; remarquez, ça laisse quand même le L apostrophe, c’est quand même déjà pas mal en soi (mais c’est vrai que c’est déjà un peu long à lire). Mais je m’explique.

L’égalité, c’est proposer un traitement égal. Pour tous, ça veut dire pour tout le monde. Je sais, c’est pas simple-simple, mais si, j’vous jure.

Par exemple, dire aux couples gays qu’ils ont autant le droit de s’unir que les couples hétéros, et ce, via un mariage en bonne et due forme. Sauf que l’égalité pour tous, ça veut aussi dire que l’on se montre égal sur d’autres droits, du genre, et à tout hasard, la liberté d’expression : le principe de celle-ci est que tout le monde a le droit de donner son avis, même si ce n’est pas le vôtre. C’est même le raisonnement invoqué par les FEMEN pour justifier leur action : comme quoi, c’est rigolo la géométrie variable de cette notion.

Du coup, censurer Civitas est probablement l’action la plus stupide qui soit : on applaudit bien fort les Anonymous qui comme toujours ont réussi à marquer contre leur camp en censurant un site au nom de la liberté, et en refusant des droits au nom de l’égalité. Ce qui a d’autres conséquences rigolotes : par exemple, dans un débat, c’est bien de savoir ce sur quoi l’argumentaire des gens qui ne sont pas d’accord avec vous repose. Ça permet de débattre, et ce qui est bien avec le débat, c’est que non seulement c’est une base de la démocratie, mais en plus, ça vous permet de faire grandir votre cause en allant convaincre des gens. En utilisant un truc il est vrai pas simple : le raisonnement.

A partir du moment où vous commencez à censurer, non seulement vous allez empêcher le débat, et donc d’expliquer en quoi untel a tort ou raison, mais en plus, cela permet à Civitas de se poser en victime.

Et donc de se radicaliser (s’il y en avait besoin).

Ce qui les renforce.

C’est beau.

Je pense qu’il y a des mecs qui doivent tremper leurs tartines dans des acides chaque matin pour arriver à ce genre de contresens. Ou alors, ils mangent à la même cantine que Ridley Scott.

Quant au FEMEN je… bon sang. Non seulement il applaudit des deux mains l’acte des Anonymous (« Merci de radicaliser nos adversaires pour qu’ils fassent preuve d’encore moins d’ouverture d’esprit et puissent passer pour des victimes après nous avoir tabassé ! Et merci d’empêcher l’accès à leurs argumentaires pour qu’on ne les démonte pas !« ) mais il va falloir m’expliquer : c’était quoi le but de l’action à l’origine. Faire de la com’ ? D’accord, mais pour dire quoi ? Il y avait un argumentaire derrière ? Non parce que j’ai cherché et je tombe sur ça :

Pourquoi Femen, un mouvement féministe, se mobilise-t-il pour le mariage pour tous ?

En tant que féministes, nous considérons que nous devons avoir un avis sur tout, pas seulement sur les sujets qui ne concernent que les femmes. Sur la mondialisation, sur le réchauffement climatique, sur tout.

D’accord, je suis votre raisonnement. Allez, on essaie de le tenir sur plus d’une ligne ?

Vous annonciez vous-même vouloir symboliquement«attaquer» la manifestation de Civitas…

Bien sûr, nous voulons attaquer les catholiques intégristes. Le mariage gay est une affaire laïque et on ne comprend pas pourquoi ils s’en mêlent

C’est un échec. Résumons : les féministes peuvent s’occuper de tout, mais les catholiques, non. C’est connu : les croyants ne peuvent pas penser à autre chose qu’à leurs croyances. S’ils tentent de le faire, le sol s’ouvre et ils tombent directement dans le 3e cercle de l’enfer. Comme ça, pouf pouf. Sinon, encore une fois, je rappelle, vous défendiez quoi, déjà, chez Femen ? « L’égalité » ? Quel drôle de concept.

Bref.

Je vous passe aussi les articles où l’on peut lire « Ils criaient « pute », « salope », j’étais choquée« . dixit des gens qui avaient écrit « J’encule Dieu » ou « J’encule l’Eglise » sur eux. Je propose que l’on remette Civitas et le FEMEN ensemble sur une scène du Zénith, je suis sûr que ce sera une excellente occasion de faire une Tourette Battle. Quant au fait d’arroser des gens à l’extincteur en leur hurlant « C’est du sperme !« , non seulement je pense que même Jean-Marie Bigard aurait réussi à faire plus léger, mais en plus je ne vois pas bien le message. A part « Houhouuuu ça vous dérange pas si on vous énerve un peu, là, comme ça, pour voir ? Il se passe quoi si je vous vide un extincteur dessus ?« .

Non parce que si je suis la logique des ardents défenseurs de l’égalité qui ont le courage de militer sur Twitter et Facebook (bravo les enfants), j’imagine que si demain, à l’occasion d’une prochaine manifestation pro-mariage gay avec des gens de FEMEN, des militants de Civitas se pointent au milieu du défilé, se foutent à poil et arrosent la foule à l’extincteur en gueulant « C’est du sperme ! On vous encule ! » et que curieusement, ça dégénère, on demandera la dissolution de FEMEN ? Anonymous bloquera leur site, et on dira que c’est bien fait pour les féministes et que Civitas a eu bien raison ?

Une des campagnes soutenues par nos amis Anonymous. Oui, hein ?

C’est vrai que ça serait égalitaire. Mais curieusement, allez savoir pourquoi, je pense qu’on hurlerait plutôt aux « méthodes ignobles et grossières de quelques extrémistes venus faire de la provocation« . Ce n’est pas du tout comme si ça s’était déjà vu en plus, pfou. Mais bon, tant que ce sont des extrémistes de son camp, ça va, c’est cool. C’est pas comme s’il fallait se montrer intelligent, juste ou que sais-je pour garder un minimum de crédit.

Par ailleurs, puisque le FEMEN semblait agir pour défendre le mariage gay, permettez-moi de poser une autre question bête : pensez-vous qu’une seule personne, en France ou dans le monde, après cette action a décidé de passer en faveur du mariage gay ? « Ho mon dieu, elles arrosent les gens à demi à poil en hurlant des grossièretés ! Leur argumentaire a balayé mes préjugés et m’a convaincu ! » ? Non parce qu’à mon avis, le seul truc qui a dû passer, c’est que des catholiques en faveur du mariage gay (si, il y en a, mais c’est vrai que c’est plus rigolo de mettre tout le monde dans le même panier quand on « lutte pour plus de tolérance« ) ont dû trouver fort intéressant d’apprendre que fuck god et fuck church, et peut-être se braquer un peu, voire décider d’arrêter de militer à côté d’andouilles comme le FEMEN. Donc, au mieux, le résultat est nul (ce n’est même pas une action de communication qui cherchait à mettre en valeur un quelconque argumentaire), au pire, ça a fait reculer la cause.

Mais dans tous les cas, ça a permis à chacun de se radicaliser, de mettre un bon coup de cutter à la notion d’égalité pour tous, de liberté d’expression, et même de débat démocratique (sans même parler de la notion de classe).

Alors, vraiment, Civitas, FEMEN, Anonymous : bravo. Grâce à vous, le débat pour lequel vous prétendez vous battre a reculé, et le niveau général est encore descendu un poil plus bas. En tout cas, vous pouvez au moins vous réconcilier sur un point : vous êtes tous « Pour l’égalité des droits pour tous, sauf pour les gens qui n’ont pas les mêmes préférences que moi« .

Chapeau.

Et du coup, moi, je suis comme un con ; je voulais faire un « Ho, le beau site » sur Civitas, en montrant qu’ils s’étaient indignés sur le mariage gay avant même son arrivée en France, mais qu’ils n’ont pas réagi aux gens qui se sont mariés avec leur chien parce que « Un labrador okay, mais un gay, non« , mais du coup j’en ai été privé. Bande de rabouins.

Il faudra donc que j’attende la prochaine manifestation de l’Alliance Vita sur les animaux, oui, les homosexuels, non intitulée : « Un papa – un teckel » pour enfin pouvoir constater toute la hauteur du débat.

Rah, bravo, je suis impatient maintenant.

Hooo, non. Ça y est, c’est aujourd’hui.

Sur nombre de blogs, dans quantité de réseaux sociaux, chacun y va de sa petite blague : « Haha, je préfère les 364 jours de l’homme ! » ou « Tu feras la vaisselle demain chérie !« , alors que dans le petit monde politique, chacun parle d’égalité, de parité, et d’autres avancées majeures de nos sociétés démocratiques.

Ce 8 mars, c’est la Journée de la Femme.

Heureusement, l’Eglise, qui n’est pas la dernière pour la déconne, s’est débrouillée pour que cette année, le 8 mars soit aussi la date de Mardi Gras : autant vous dire qu’aujourd’hui, ce sont les anorexiques qui vont en chier, mais passons.

Que disais-je ? Ah, oui : la journée de la femme, longue succession de calembours machistes et de réclamations féministes qui s’affrontent de l’aube au crépuscule ou jusqu’à ce que Twitter plante ; et pourtant, c’est tout de même une sacrée date que celle-ci : surtout que d’après l’ONU, ce serait le 100e anniversaire de la mise en avant des femmes le 8 mars, et cette année le thème serait en sus « L’égalité d’accès à l’éducation, de formation et de la science et la technologie: vers un travail décent pour les femmes ».  Un thème particulièrement percutant, surtout quand l’on constate le niveau du site de la journée de la femme, qui laisse en effet supputer que certaines n’ont eu le droit ni à un minimum d’éducation, ni à une basique formation sur les nouvelles technologies. Cela dit, je suis mauvaise langue : même avec un doctorat en informatique, je ne suis pas sûr que Valérie Damidot soit capable de faire quelque chose de bon goût, par exemple, mais nous sortons du contexte ici étudié.

 

Souvenez-vous la dernière fois que Ségolène Royal a voulu s'intéresser à internet

Bref, aujourd’hui, c’est un peu la grosse fête, puisque si je résume, nous célébrons la Journée de la Femme, le 100e anniversaire de cette folle aventure, et par-dessus tout, Mardi Gras (si vous souhaitez ne rien rater, et festoyer le tout d’un coup d’un seul, habillez-vous comme Marine Le Pen : vous célébrerez ainsi les femmes, les déguisements, le gras et bien évidemment les idées vieilles d’un siècle). Mais en dehors de cela, au cours de cette belle journée, qu’est-ce qui est mis en avant pour lutter contre les inégalités hommes-femmes ?

Je vous enjoins à lire la prose du bon Ban Ki-Moon, secrétaire général aux Nations Unies, qui explique les choses à mettre en avant aujourd’hui lorsque l’on viendra vous demander ce que sont les grands thèmes de cette journée. Et parmi les questions de l’accès à la technologie de nos amies dénuées de chromosomes Y, ou de leur rapport à la science, le sympathique Ban veut que l’on rapproche les femmes de :

La téléphonie mobile et Internet, par exemple

Mais enfin ! Ban, mon petit Ban, conçois tu vraiment qu’il faille rapprocher femmes et téléphonie mobile ? Es-tu conscient, galopin, que 78% des heures de forfait mondiales sont utilisées par des midinettes se racontant leurs dernières aventures lycéennes, ou analysant avec joies des milliers de textos (« Jennifer, Brian a mis « kiss », au lieu de « biz », tu crois qu’il est amoureux de moi ? ») ? Les femmes sont un fléau encore plus grand depuis que l’on leur a donné accès à la téléphonie mobile ; déjà que naturellement, elles sont capables, telles les abeilles, de faire circuler une information entre elles à une vitesse laissant supposer qu’elles ont un esprit de ruche et fonctionnent par essaim (enfin ça, c’est plus au moment des soldes), les nouvelles technologies ont encore accéléré cet abominable processus. Quant à internet… Ban ! Mais nom d’une pipe ! Lis-tu des blogs, parfois ? Ne te souviens-tu pas de ta petite camarade, Sung-Yu, à Séoul ? Mais si, souviens-toi, celle qui racontait très fort toute sa vie en cours de mathématiques ; bon, tu la visualises bien ? Maintenant, imagine qu’on lui refile un mégaphone ; voilà, c’est ça donner accès aux femmes à internet : c’est courir le risque qu’elles n’ouvrent un blog ou ne se créent un compte sur des réseaux sociaux.

Dramatique. Mais je mets ça sur le compte de ta méconnaissance du sujet, sinon, jamais tu n’aurais écrit :

L’accès à ces outils, ainsi qu’à l’éducation et à la formation, peut aider les femmes à rompre le cycle de la pauvreté, à lutter contre l’injustice et à exercer leurs droits.

Donne accès à ta fille de 15 ans à la téléphonie mobile, tu vas voir, le cycle de la pauvreté, si ça t’en sort, galopin. Que puis-je faire, Ban, si ce n’est t’inviter à ne pas brider ton regard (et là, je pouffe), sur la société moderne ?

Bref.

Mais je serais de bien mauvaise foi (et ce n’est pas mon genre) si je ne m’intéressais pas à la conclusion du secrétaire général :

La création, cette année, de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme (ONU-Femmes) est la preuve que nous sommes résolus à concrétiser nos aspirations. Ce n’est qu’en garantissant aux femmes la participation à part entière et à part égale à tous les domaines de la vie publique et privée que nous pouvons espérer bâtir la société viable, pacifique et juste que promet la Charte des Nations Unies.

Nous avions déjà abordé, sur ce blog, la question de l’ONU-Femmes ; abordons donc, aujourd’hui, un autre grand thème porté aux nues en ce jour, et brièvement évoqué dans les précédentes lignes sous la forme de « participation à part entière et à part égale à tous les domaines de la vie publique et privée » : la parité.

 

Internet ET le téléphone ? Les filles s'éclatent trop en centre d'appels

Puisque tout de même, voilà bien une avancée qui n’est que peu contestée : face à un déséquilibre de fait dans notre société (inégale répartition hommes/femmes dans les entreprises, institutions, etc), nous avons mis en place des lois favorisant le rapport 1 homme pour 1 femme. Ce qui en soi, paraît logique. A part en Afghanistan, mais c’est juste parce que l’on entend que trop peu Isabelle Alonso se plaindre qu’un bidasse sur deux ne soit pas une bidasse, et que les mâles font rien qu’à garder tous les FAMAS pour eux. Salauds.

Mais la parité, en cette belle journée de la femme, représente pourtant la plus belle incarnation du sexisme, qui, d’après mon dictionnaire, est « la discrimination basée sur le genre« . Ainsi, à compétences égales, on considère que c’est votre entrejambe qui fait la différence ; c’est ce qu’on appelle la classe, bien que je laisse ce sujet d’érudition à mon bon ami Georges Abitbol. Si, ayant le choix entre deux personnes, vous en favorisez une en vous basant sur sa couleur de peau, c’est de la discrimination, et c’est très mal. Si vous le faites en vous basant sur sa religion, c’est tout autant de la discrimination, et c’est tout aussi mal. Mais si vous le faites sur le sexe, c’est toujours de la discrimination, certes, mais c’est très bien. C’est youpi, même.

Ainsi donc, mesdemoiselles, on vous explique avec force discours que pour obtenir l’égalité de traitement avec les hommes, vous devriez exiger d’être traitées comme des femmes avant tout. Et d’être recrutée pour vos seins, et non pour vos connaissances ; pour ma part, c’est précisément ce que je fais lorsque je choisis mes secrétaires, et curieusement je ne passe pas pour un formidable féministe : je crois qu’on me discrimine. Il faudra que j’enquête.

La parité crée ainsi d’improbables situations, particulièrement lors d’élections : la loi obligeant l’alternance un homme/une femme, on se retrouve avec des candidatures où, parfois, certains candidats (mâles, s’entend, puisque comme bien des domaines, la politique est majoritairement masculine) se retrouvent bien incapables de concourir puisqu’ils n’avaient pas de femmes voulant se présenter avec eux. A l’inverse, mettons que deux femmes décident de se présenter, parce qu’elles ont les compétences, l’envie, la motivation, les idées… non, interdit. Elles DOIVENT trouver un homme, et l’une d’entre elles doit dégager, parce que merde, des femmes qui se présenteraient sans un homme pour les cornaquer, ce serait proprement scandaleux. Merci, la parité. De la même manière, si un groupe de femmes compétentes se présente à une élection de liste, et qu’elles n’ont que des mâles incompétents (je ne veux pas entendre que c’est un pléonasme, petites succubes) pour les assister, et bien qu’importe : elles ont obligation de les prendre et de les mettre en avant au nom de leur chromosome Y, et non de leurs aptitudes. Si la représentation citoyenne est avant tout question de sexe, alors Berlusconi est le plus grand démocrate d’Europe.

Imaginons la situation suivante, et là, attention, regardez bien sur votre carte d’identité si vous êtes un monsieur ou une madame, c’est important :

Vous souhaitez vous présenter aux élections cantonales qui approchent (si, si, je vous jure) ; fiers défenseurs des citoyens, vous vous dressez fièrement et vous présentez sans plus attendre pour être candidat : votre programme est formidable, mais il vous manque un suppléant, obligatoire pour l’élection. Or, deux personnes sont prêtes à partir à l’aventure avec vous :

1 – Si vous êtes une femme, ces deux personnes sont : Marie Curie et Steevy du loft

2 – Si vous êtes un homme, ces deux personnes sont : Benjamin Franklin et Loana

Et bien vous avez l’obligation de virer le premier, au motif qu’il est du même sexe que vous : c’est vrai quoi, deux personnes du même sexe sur une affiche, ça ferait jaser. Heureusement, grâce à la loi sur la parité visant à mieux représenter les citoyens, vous aurez la joie, mesdemoiselles, de faire campagne avec quelqu’un qui pense que Clémenceau a toujours été un porte-avions, et pour vous messieurs, vous disposerez d’un formidable range-tracts. A n’en point douter, vos citoyens se sentiront mieux défendus par quelqu’un du même sexe qu’eux : c’est vrai, quoi, merde : quelle femme pourrait se sentir représentée par Benjamin Franklin ? Ayant un kiki, il ne peut donc pas raisonnablement avoir les mêmes aspirations sociales, ce serait aberrant.

 

"Ah non madame, vous n'avez pas le droit de vous présenter avec votre amie. Steevy sera un choix bien plus pertinent pour la société française"

L’égalité républicaine (ce truc tellement ridicule qu’il est gravé sur le fronton de chaque mairie), pourrait laisser supposer que l’on considère les gens comme des citoyens, et non comme des propriétaires de chromosomes X ou Y en plus ou moins grand nombre ; mais comme le disait un haut responsable politique, un jour que nous dissertions ensemble autour d’une table branlante dans une arrière salle enfumée, alors que je l’interrogeais sur la parité et sa capacité à instaurer des quotas de représentation de sexe, quand la chose est interdite pour la couleur de peau ou la religion : « Tu sais, Odieux : on peut fermer les yeux sur la couleur de peau, la religion, les opinions de quelqu’un… mais on ne peut jamais fermer les yeux sur son sexe.« 

Probablement un type qui fait l’amour lumières allumées.

Et c’est bien là toute la beauté de la journée de la femme : au motif qu’il faut que ces dames obtiennent l’égalité parfaite, on commence par les considérer avant tout comme des femmes, et ensuite seulement comme des citoyens comme les autres.

Ça doit être ça, ce que l’on appelle des « citoyens de seconde zone« .

Manquerait plus qu’on leur file internet ; elles pourraient, je ne sais pas moi, finir sur ce blog : ce serait une preuve définitive de leur mauvais goût.

 

 

 

 

 

Le monde va mal.

Crise financière, tremblements de terre, glissements de terrains, famine, maladie, neige en hiver, massacres, situation en Côte d’Ivoire, Francis Huster, incertitude en Tunisie… la litanie des malheurs s’abattant sur notre monde ne saurait s’arrêter à ces quelques exemples, mais il serait vain de vouloir se montrer exhaustif dans l’inventaire du malheur mondial. Régulièrement, nous rencontrons des amis au grand coeur qui n’hésitent pas à dire lorsque sont abordés les tracas de nos contrées « Ne nous plaignons pas : c’est pire ailleurs !« , car comme chacun sait, à partir du moment où il y a plus malheureux que soi, il ne faut surtout rien faire.

Heureusement, au coeur de ce chaos mondial, un fier étendard rallie les différentes nations vers un objectif commun de paix et de développement à l’échelle planétaire ; ce drapeau est d’azur et on y trouve de blanches figures représentant notre bonne planète entourée de rameaux d’oliviers. Votre expertise héraldique ne saurait vous tromper : il s’agit en effet de l’Organisation des Nations Unies, ou ONU.

Et devant la ruine de notre monde, face au spectacle des braises de l’insurrection rallumant les feux d’hier pour mieux alimenter les incendies de demain, la fière organisation a décidé de frapper du poing sur la table, de mettre fin à cette intolérable situation.

En effet, depuis le 1er janvier 2011, l’ONU a mis en place un nouvel organisme : l’ONU – Femmes.

 

Une candidate potentielle pour représenter les Femmes à l'ONU

Ah.

Bon, j’entends d’ici les esprits chagrins qui n’hésiteront pas à dire que vu la situation mondiale ces derniers temps, la création d’un tel organisme avec un budget de 500 millions de dollars, ce n’était peut-être pas la priorité.

Malandrins ! Oubliez-vous que nous sommes en janvier ? C’est la période des soldes. Et vu comment se comportent les détentrices d’un double chromosome X dès la vision d’un chemisier à moins 50%, il va bien falloir un demi-milliard pour financer les compagnies de casques bleus que l’on va devoir envoyer chez H&M, Jennyfer et autres Camaieu afin d’éviter de nombreux massacres (chaque année au mois de février, on retrouve de discrets charniers dans des cabines d’essayage isolées, dernière demeure de celles qui n’ont pas réussi à vaincre lors de la bataille pour le sac à main à moins 66% imitation vintage). Mais je suis mauvaise langue : comme nous l’indique le site de l’ONU – Femmes, il y a des raisons bien plus profondes derrière cette création, comme nous l’indique la FAQ

L’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes — ou ONU Femmes — a été créée par les États Membres pour que l’ONU puisse aider plus facilement ceux-ci à accélérer les progrès en vue de réaliser leurs objectifs en matière d’égalité des sexes

Et c’est connu, pour favoriser la progression de l’égalité entre les sexes, rien de mieux que d’expliquer aux damoiselles que l’ONU ne peut pas s’occuper des hommes et des femmes de la même manière : autant créer un organisme particulier pour ces dames. Si l’on avait décidé de créer l’ONU – Noirs, tout le monde aurait gueulé à la discrimination raciste. Si l’on avait créé l’ONU – Protestants, tout le monde aurait crié à la discrimination religieuse. Si l’on avait créé l’ONU – Nains, tout le monde aurait pleuré à la discrimination physique, avant de proposer un certain Nicolas S. à sa tête. Mais on a créé l’ONU – Femmes, alors on a applaudi.

En juillet dernier, d’ailleurs, on était déjà fou de joie à l’annonce de ce nouvel organisme (qui n’est pas si nouveau : il regroupe en réalité quatre anciennes structures qui ont eu le droit à un coup de peinture avant d’être fusionnées), preuve en est le discours de Mme Tiina Intelmann, ambassadeur estonienne, qui s’est sentie obligée de préciser :

« ONU Femmes, à travers le contrôle à l’échelle du système de ses activités et des rapports de son secrétaire général adjoint, devra être une entité responsable dont les résultats seront examinés scrupuleusement »

Parce que c’est vrai qu’à la base, certains pensaient que ça allait être une entité irresponsable et incontrôlée, qui allait claquer toute sa thune en macarons et louboutins. Très en forme, la bougresse a bien évidemment poursuivi :

le mandat d’« ONU Femmes » prévoit clairement la féminisation des postes de décision au sein même de l’Organisation

Puisque c’est connu, pour gérer ONU – Femmes, il faut des femmes. Et pour gérer des problèmes entre hommes, des hommes. Non, l’égalité des sexes ne peut pas être un combat mené par un homme, c’est comme ça. S’il y en a un qui essaie, son chromosome Y se dissout en libérant du cyanure dans son organisme et il meurt en quelques minutes. Et non, faire de la discrimination positive, ce n’est pas faire de la discrimination, bande d’esprits chagrins. Si vous refusez un homme pour prendre une femme, ce qu’il faut voir, c’est que vous avez pris une femme, et c’est bien. Si vous refusez une femme et que vous prenez un homme, ce qu’il faut voir, c’est que vous avez refusé une femme, et c’est mal. C’est comme ça. Il est important de rappeler aux femmes qu’on ne les recrute pas sur leurs compétences, mais sur leur sexe. C’est ça, l’égalité.

 

Casque bleu s'assurant que les femmes restent bien à l'écart des hommes, pour plus d'égalité

Bien que cela n’apparaisse pas dans le compte-rendu de cette conférence, la même aurait d’ailleurs ajouté :

« Et sur la porte de nos bureaux de New York, on mettra « interdit aux garçons ! », hi hi hi ! D’ailleurs, on pense faire venir Isabelle Alonso régulièrement pour donner des conférences, et on a déjà demandé à Pénélope Bagieu de nous refaire notre logo : s’il y a un drapeau bleu pour les garçons, on veut un drapeau rose pour les filles ! Mdr !« 

A partir de ce mois-ci, donc, Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et désormais responsable de ONU-Femmes, pourra réunir régulièrement son conseil de décision afin de lancer la grande lutte pour l’égalité des sexes, mais la salle de réunion étant toujours squattée par ces cochons de mâles, elle devra utiliser une solution alternative, comme organiser des soirées pyjama autour d’un DVD de Bridget Jones et, bien évidemment, d’un pot de Häagens-Dazs. Si les deux tiers des présentes ne parviennent pas à une décision, Mme Bachelet pourra utiliser l’article 49-3 de l’organisme :

« En cas de désaccord entre les participantes, et si une majorité constituée à minima des deux tiers des voix n’a pas pu se constituer, une bataille de polochons déterminera le camp qui l’emporte. Si la réserve de polochons de l’ONU est épuisée, ce sera un combat de catch dans la boue équipée du bikini réglementaire qui permettra de connaitre l’issue du débat.« 

Ce bel exemple de démocratie devrait donc ravir les oreilles de toutes les femmes en difficulté dans le monde, qui sauront désormais que l’ONU, l’UNICEF et l’UNESCO, ce n’est pas pour elles, non, qu’elles, elles doivent s’adresser à l’ONU – Femmes si elles veulent quelque chose. Heureusement, le budget évoqué précédemment pourrait évoluer par la suite pour couvrir les besoins grandissants de l’organisation, car comme le conclue la conférence de presse annonçant la création de cet organisme :

Les États Membres ont reconnu qu’au moins 500 millions de dollars seront nécessaires pour répondre aux besoins initiaux d’« ONU Femmes ».

Et par ce « au moins », on comprend qu’il faudra plus. Car comme en témoigne Silvio B., détenteur d’un siège à l’ONU, « il faudra sûrement plus, surtout si l’on prend en compte le budget SMS et appels entre copines« . D’après les premières informations de ce mois de janvier, et afin d’estimer les besoins de l’organisation pour le budget 2012, Michelle Bachelet aurait déjà hérité d’un téléphone de fonction avec forfait bloqué NRJ mobile pour éviter tout débordement.

 

La première ébauche du drapeau ONU - Femmes

Rassurez-vous donc, mesdemoiselles, ce nouvel organisme travaillera donc véritablement à s’assurer que partout dans le monde, les femmes soient respectées. C’est pourquoi l’Iran n’a pas eu le droit d’y siéger, tant la situation des femmes est catastrophique dans le pays. L’Arabie Saoudite, elle, par contre, a eu une place de choix, puisque chacun sait que ce pays est à la pointe des innovations en matière d’égalité des sexes : les femmes n’ont pas le droit d’y conduire une voiture (tout le monde sait qu’elles en chient sur les créneaux), ou même de prendre de décisions sans l’accord de leur mari (par exemple, si l’une d’entre elles prend une balle durant un match de foot, et que son mari veut voir la fin de la rencontre, elle a intérêt à prier pour que les arrêts de jeu ne durent pas trop, puisqu’il faut l’accord du chef de famille pour avoir accès à des soins médicaux). Rassurez-vous, ce n’est pas uniquement pour ce modèle en avance d’un temps sur le reste du monde que l’Arabie Saoudite a eu le droit à un siège, mais aussi – et surtout – parce que le pays a donné quelques sous à l’organisme pour l’encourager (profitant du fait que les femmes sont vénales et ne sauraient refuser, comme chacun sait), et a donc profité d’une place en tant que « donateur« . Alors si vous croyez qu’une organisation va faire les gros yeux à l’un des pays qui la finance, mesdemoiselles, vous vous voilez la face (femme, voile, Arabie Saoud… non ? Hoo, allez.)

Bref, sympathiques lectrices, soyez heureuses : le monde applaudit en ce mois de janvier la naissance de cet organisme qui est là pour s’occuper de vous et de votre considération comme étant l’égal des hommes. Mais bien évidemment dans des structures à part de ces derniers, car chacun sait que la mixité est l’ennemie de l’égalité.

Heureusement qu’il y a des blogs comme celui-ci pour lutter contre les préjugés sur les femmes, pas vrai ? Vous pouvez retourner lire Closer ou Public, maintenant, les filles.

 

 

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