"Un film à la hauteur de ses prétentions."

Voilà comment l’on me présenta Pacific Rim, alors que je savourais tranquillement mon brandy sur la terrasse quasi déserte de la fin de soirée d’une quelconque réception. Je ne me souviens pas vraiment du visage de mon interlocuteur à vrai dire. Je vois encore vaguement un bout de sa mâchoire alors que je finissais de l’enterrer un peu plus tard dans la soirée en forêt de Rambouillet, mais il faut croire que le personnage n’a pas marqué mon esprit. Son propos, par contre, si.

"Parce que c’est justement un film sans prétention et puis vous savez, c’est Guillermo del Toro, il ne faut pas tout prendre au sérieux." avait-il ajouté pendant que je faisais signe à Diego de rapprocher la voiture de l’endroit où nous étions et de laisser le coffre ouvert. "Vous ne pouvez pas critiquer un film qui vend du spectacle de faire du spectacle", s’était-il empressé de dire alors que je commençais à l’emmener vers la barrière délimitant la terrasse. Quelques secondes plus tard, alors qu’il basculait dans le vide pour terminer sa course dans l’une des plus célèbres parties de mon véhicule, je vis sa compagne apparaître sur la terrasse, essoufflée.

"J’ai cru entendre mon ami crier, l’auriez-vous vu ?
- Hélas non, vous avez dû rêver. Vous savez ce que c’est, l’alcool monte vite à la tête.
- Oui, c’est vrai. Ce champagne est un peu fort…
- Venez, allons le chercher ensemble si vous le voulez bien.
- Hihihi, vous êtes si aimable. Pour tout vous dire, on m’avait pourtant dit que vous étiez quelqu’un de tout à fait prétentieux !
- Ah, allons ! C’est tout simplement que je suis à la hauteur desdites prétentions. Et vous, pensez-vous être à la hauteur des miennes ?
- Je… je ne sais pas ? Que voulez-vous dire ?
- Hé bien c’est facile, êtes-vous un film à 200 millions de dollars que ses fans prétendent comme "sans prétention" quand bien même il a un scénario qui se prend tout à fait au sérieux, sans humour et rempli de moments que l’on voudrait dramatiques ?
- Pas que je sache ?
- Parfait. Alors nous pouvons discuter."

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Je tapotais son épaule nue pour la guider vers l’intérieur de la réception pendant que Diego éloignait tranquillement l’automobile au coffre chargée à quelques distances de là. Voyant que le champagne ne suffisait pas à achever de la faire basculer dans un état second, et ayant oublié mon GHB dans mon autre veste, je décidais donc d’utiliser une autre arme pour achever d’assommer son esprit déjà affaibli : le scénario de Pacific Rim.

Était-ce suffisant ? Est-ce parce que l’on vend du spectacle qu’il faut pour autant insulter l’intellect ? Les effets spéciaux servent l’histoire ou est-ce l’inverse ? Par corollaire, le cerveau des fans de Pacific Rim commande-t-il aux yeux ou là encore quelqu’un a-t-il chamboulé la hiérarchie locale ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : quand même le robot est sur le point de rendre son déjeuner, c’est qu’il est encore temps pour vous de faire demi-tour.

Le film s’ouvre sur diverses images accompagnant une voix off nous faisant un petit brin d’histoire, car les événements que nous allons suivre se déroulent quelques années dans le futur. L’occasion donc de faire un point sur ce qui nous a emmené aux événements du film : de nos jours, donc, la ville de San Francisco a eu une petite surprise en se levant un matin, car elle fut bien embêtée de trouver une sorte de monstre géant de plusieurs milliers de tonnes en train de faire des tractions sur le Golden Bridge. Si les habitants furent un peu grognons de prime abord en constatant que les monstres sortis de nulle part ne respectaient pas la propriété publique, ils le furent plus encore lorsque la bête, probablement excitée par l’odeur des pétards et la vue des chemises American Apparel, décida de raser la ville. Comme nous l’explique doctement la voix off, le monstre eut le temps de s’enfoncer de 50 kilomètres dans les terres en rasant tout sur son passage avant que missiles et obus ne finissent par lui malaxer la face.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’Asie de voir surgir un nouveau monstre peu versé dans l’art de l’urbanisme, et une nouvelle fois, lui péter la gueule demanda un peu de travail. Finalement, lorsqu’un autre truc du même calibre émergera des profondeurs du Pacifique avec pour ambition de s’accoupler avec les immeubles les plus proches,  des scientifiques commencèrent à se demander d’où ils pouvaient bien venir et si on allait devoir s’en coltiner d’autres, une question qu’ils auraient peut-être dû se poser plus tôt, par exemple à la première apparition, mais bon, hein, pour ce que j’en dis.

C’est ainsi que l’on baptisa cette race les "Kaiju" (prononcez Kaille-djou), et que l’on découvrit qu’elle provenait d’une étrange faille apparue au fin fond du Pacifique, menant à une dimension parallèle, rien que ça. Faille qui résista à tous les bombardements possibles et imaginables, et que rien ne put traverser pour aller explorer l’autre côté. Puisque l’on ne pouvait pas achever la guerre simplement en fermant la faille, tous les pays du monde, unis face à cette nouvelle menace, se réunirent donc pour essayer de trouver une nouvelle arme dans ce conflit. J’imagine que la conversation a dû être intéressante.

"Bon, Mesdames Messieurs, je vous félicite d’avoir su mettre vos différends de côté pour venir à cette réunion de l’ONU dont le sujet est, je vous le rappelle "Comment péter la gueule aux Kaijus".
- Notre leader peut s’en charger : il a déjà tué à lui seul 10 Kaijus !
- Okay, donc on va commencer… par… couper le micro… à la Corée du Nord… voilà. Rah, s’unir avec tous les pays, quelle idée à la con. Bon, revenons au sujet : qui a une idée pour se débarrasser de monstres géants ?
- On pourrait améliorer nos missiles ? On en fait déjà pour percer des bunkers, alors si on travaille tous à améliorer cette technologie, on pourrait bombarder ces saloperies de haut et sans risques en perçant leur carapace. Et organiser une force de réaction internationale autour du Pacifique pour se débarrasser de ces créatures avant qu’elles n’atteignent les côtes.
- Pas mal la Suisse, pas mal !
- Attendez, on a mieux !
- Oui le Japon ?
- On n’a qu’à faire des robots géants !
- Hooooo relou !
- Ooooon se calme dans la salle, on se calme et on laisse parler le Japon !
- Alors notre idée, ce serait des robots géants, et ils feraient du catch ! Comme ça, yaaaa, pif paf ! Et ils se battraient au milieu des immeubles, comme ça ça ferait des grosses explosions et plein de morts ! Et on continuerait à raser des villes, mais pas pareil !
- Bon, je connais un pays qui va rejoindre la Corée du Nord au pays du mutisme. Alors, où est ce foutu bout…
- Stop ! Vous ne nous couperez pas la parole ! De toute manière, soit vous acceptez notre plan, soit nous arrêtons de produire One Piece !
- Damn, ils nous tiennent !"

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Et c’est donc suite à cet échange – ou alors, si vous avez une meilleure explication, je suis preneur – que tous les pays du monde ont lancé le programme "Jaeger", ce qui signifie "chasseur" en teuton, programme consistant à produire des robots géants qui font du catch pour combattre les Kaijus.  Au début, on voulait ne mettre qu’un seul pilote par robot géant, mais l’interface étant reliée directement à l’esprit de l’utilisateur, souvent, ça lui faisait des trucs bizarres, du coup, pour alléger la charge, on a inventé la "dérive", système permettant à deux esprits de s’unir pour ne faire qu’un. Les Jaegers sont ainsi pilotés par deux personnes reliées ensemble, chacune représentant un hémisphère du cerveau de la machine. Le film n’aborde cependant pas cette question essentielle : comment choisit-on lequel prend quel poste, histoire de déterminer le type en charge des rêves érotiques du robot géant (les plus fameux lecteurs de Gros Boulons Magazine comme chacun sait, juste après Al Bundy).

Toujours est-il que si l’introduction nous explique que tous les pays du monde se sont unis, on constate que chaque pays produit ses robots individuellement. Ah bon, bon, d’accord. Mais il n’empêche que ça marche : les KaiJus sont tout de suite moins taquins après s’être mangés des poings de quelques mégatonnes dans le museau, et peu à peu, l’Humanité a cessé de craindre les Kaijus, alors que les pilotes de Jaegers devenaient de véritables superstars enchaînant victoire sur victoire à coups de mandales blindées dans les margoulettes.

Bref, lorsque notre film commence, les Kaijus sont retombés en troisième place au classement des plus grands prédateurs du Pacifique, juste derrière le grand requin blanc et le pêcheur japonais.

Et c’est dans une base de Jaegers que notre aventure débute, puisque nous y retrouvons Raleigh Becket et son frangin, Maurice Becket, tous deux pilotes, rois de la bagarre et suffisamment complices pour fusionner leurs esprits avec brio (et probablement qu’en mélangeant leurs souvenirs respectifs, ils peuvent reconstituer ce qu’ils ont fait les soirs de cuite : pratique). Or, il se trouve qu’une alarme vient de se déclencher : on vient de détecter un KaiJu à peine sorti de la faille et se dirigeant droit vers Anchorage, en Alaska. Nos héros ayant pour mission de défendre ce territoire, ils courent donc jusqu’à leur robot géant, le "Gipsy Danger" (ou "Danger Rabouin", ce qui sonne tout de même drôlement mieux), et s’y installent tout en échangeant des blagues sur le fait que s’ils le battent, ce sera leur 5ème victoire officielle et que ça permettra de se la péter à la cantoche.

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Je ne compte même plus le nombre de fois où le pont de San Francisco a été au centre de toutes les catastrophes du monde. Un jour, un scénariste sortira de sa cave et découvrira qu’il y a tant d’autres lieux à raser. Neuilly, par exemple.

Ne posant aucune question sur le fait que visiblement, entre le moment où un monstre sort de la faille et son arrivée à l’autre bout de l’océan Pacifique, visiblement il n’y a que 10 minutes quand bien même on voit que les bestiaux nagent assez lentement, nos héros et leur robot sont envoyés se positionner devant Anchorage. Sauf qu’ils ont repéré qu’un navire de pêche était encore en mer et sur la trajectoire de la bestiole, et malgré les ordres de leur supérieur, le marshal Pentecost, nos larrons décident de foncer secourir l’engin, parce que ce sont des têtes brûlées, tu vois, t’as vu.

Ah, oui, j’oubliais : le Pacifique est assez peu profond, puisqu’à part lors d’une séquence dans le film, les Jaegers auront toujours pied. Et pas qu’un peu, hein.

Que disais-je ? Ah oui. Les frères Becket vont à la rencontre des pêcheurs, mettent leur navire à l’abri à la seconde où le Kaiju arrivait sur eux, puis commencent à tabasser la bête qui est "le plus grand Kaiju rencontré jusqu’ici" (moi, je n’ai pas vu de différence avec les autres, mais je ne suis pas un expert), soit un Kaiju "de classe 3". Après quelques coups de poings dans la gueule, fourchettes et brûlures indiennes (ah, il faut ce qu’il faut), le monstre fait un peu moins son malin et accessoirement quelques bruits comme "Brüüülülü"), plus encore lorsque nos héros l’achèvent à coups de canon à plasma, l’une des armes équipant les bras de leur robot.

Ah tiens, vous aviez une arme à distance ? Mais vous préfériez commencer par le corps à corps ? C’est une idée. Très conne, hein, mais une idée tout de même. A une échelle plus normale, ce concept se traduirait ainsi :

"Tenez les mecs, voilà un fusil.
- Super, on va pouvoir mettre des coups de crosse avec ! Ouais !"

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Les frères Becket m’ont l’air particulièrement malins. Remarquez, ça ne choque pas leur supérieur visiblement. Ça et le fait que ça ne coûterait pas grand chose de plus d’envoyer des avions soutenir le Jaeger, mais de tout le film, sachez que l’on ne parlera plus jamais de l’armée, quand bien même on expliquait en introduction que les obus et les missiles ne faisaient pas du bien au Kaijus. C’est vrai quoi, pourquoi profiter de l’avantage du nombre et de l’opportunité d’affaiblir l’ennemi avant qu’il n’arrive au contact avec le Jaeger ? Bah, là encore, je n’y connais probablement rien : passons.

Alors que nos héros sont en train de célébrer leur victoire au-dessus de la carcasse de leur victime, ils sont fort surpris de constater que, non, la bête n’était pas vraiment morte, elle était juste super forte en mimes : celle-ci parvient en effet à se redresser et à défoncer le cockpit du Danger Rabouin pour y saisir… Maurice. Et non, je ne blague pas : le monstre super-méga-géant vient bien de faire une frappe chirurgicale lui permettant de manger un des deux pilotes sans embêter l’autre. Il doit avoir un gros score en dextérité.

Raleigh hurle donc des trucs comme "Noooon", "Pas mon frèèèèère" ou encore "Beuuuuuaaaah !" puis, aidé de son esprit surpuissant, parvient à garder le contrôle du Jaeger le temps d’achever le vilain Kaiju qui a tué son frangin. Et une fois cela fait, ramène son véhicule géant jusqu’à la côte, pour s’y échouer lamentablement.

Aussi subtil que cette introduction, le titre du film vient alors s’écraser en grosses lettres qui font du bruit sur l’écran.

5 ans plus tard, les choses ont bien changé. Le marshal Pentecost a été promu pour on ne sait quelles raisons (il sait probablement paumer ses Jaegers mieux que personne) et est désormais le chef du projet Jaeger. Sauf que la situation va mal : les Kaijus sont toujours plus puissants, et la technologie Jaeger ne suit pas. Du coup, les robots sont détruits plus vite qu’ils ne sont produits (en même temps, vous ne le produiriez pas chacun dans votre coin, m’enfin je dis ça…), et la situation commence doucement à avoir un petit fumet de caca. Une nouvelle fois, tous les pays du monde se sont donc réunis pour réfléchir à la question.

"Bon les mecs, les robots géants, ça n’a pas marché, il nous faut un autre plan.
- Des robots géants géants ?
- Eeeeeeeet… c’était la dernière intervention du Japon, hop, "mute". Quelqu’un d’autre ? Oui, les USA ?
- Assez rigolé, on a une super idée. Vous savez, gérer des envahisseurs, on s’y connait un peu. 
- Et donc ?
- Et donc, on s’est dit que les Kaijus, c’était un peu comme les Mexicains : on n’en veut pas chez nous mais ils veulent venir quand même. Alors à problème identique, solution similaire : on a qu’à construire un gros mur. 
- …
- Et comme ça, les Kaijus, ils peuvent pas passer. Ou alors au pire, on les retrouvera à bosser dans les champs avec la promesse d’obtenir des papiers, cette bande de pépitos. 
- Arrêtez, ne les écoutez pas !
- On se calme la France, qu’est-ce que vous avez ?
- Maiiiiis on a fait pareil avec la ligne Maginot, et ça n’a pas marché, vous allez voir que les Kaijus vont passer par la Belgique !
- Une réponse à ça, les USA ?
- Oui : notre plan est génial. Donc on va l’appeler pompeusement "Mur de la vie"  et si vous n’êtes pas d’accord, on arrête de produire Game of Thrones.
- Raaah ! Bon, okay !"

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C’est donc avec tristesse que les dirigeants mondiaux annoncent au marshal Pentecost que le programme Jaeger va s’arrêter, remplacé par le programme "Mur de la Vie", consistant à construire autour du Pacifique un gigantesque mur comme ça si les Kaijus arrivent et qu’ils voient le mur ils… heu… ils… ils s’arrêteront ? Ils tagueront "prout" dessus ? Oui, bon bref : le plan est super, donc merde. Pentecost est informé que le programme Jaeger sera encore financé 10 mois, le temps que le mur se finisse. Et que tous les Jaegers restants sont envoyés sur la base de Hong Kong (ce qui ne va pas être pratique en cas d’attaque du côté des USA, auquel cas il va falloir nager derrière le bestiau pour l’intercepter plutôt qu’être dans son chemin, sûrement un détail, mais rassurez-vous, les scénaristes n’y ont pas pensé).

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"Les amis, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est qu’on avait pas pensé à protéger un endroit appelé "Amérique du sud" qui, à ce qu’il parait, touchait aussi le Pacifique. La bonne, c’est que le prochain programme de géographie mondial vient d’être drôlement allégé"

Le marshal obéit donc à contrecœur, mais c’est ainsi. Et le dernier frère Becket alors, que devient-il, lui ? Et bien dégoûté par la perte de son frangin, il a raccroché, tout ça, et il s’est retiré en Alaska tel un Rambo, travaillant désormais comme simple ouvrier sur le mur de protection contre les Kaijus. Les choses auraient pu se poursuivre ainsi si un jour, en passant devant un poste de télévision, Becket n’avait pas ouvert les yeux tous grands en voyant un flash info.

"Héééé oui Simone, c’est incroyable : un Kaiju vient de passer le Mur de la Vie à un endroit où il était complet, lui pourtant réputé infranchissable !
- En effet Bob, d’après les premiers éléments, il serait passé par la Belgique avant de s’enfoncer dans les Ardennes pour aller se faire des mégalopoles majeures, comme par exemple Sedan ou Charleville-Mézières. La France aurait déclaré "On vous l’avait dit, bande de cons."
- Rappelons Simone que les Ardennes ont leur propre Jaeger : Woinic, le plus grand sanglier du monde (sic).
- Tout à fait Bob, toujours est-il que visiblement dépité par la simple vue de Woinic, le Kaiju est retourné dans le Pacifique pour finalement s’attaquer à Sydney pourtant officiellement à l’abri du mur, où il a cette fois-ci été vaincu par un véritable Jaeger, ce qui prouve que le Mur de la Vie n’est pas aussi parfait que ses concepteurs voulaient bien le dire, et que le programme Jaeger a encore son intérêt malgré les lourdes pertes qu’il a connu."

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S’ensuit une interview d’un certain Hansen, pilote du Jaeger vainqueur en Australie, qui explique doctement que les Jaegers sont toujours efficaces : le problème qui a causé tant de pertes jusqu’ici selon lui, c’est simplement que les autres pilotes étaient trop nuls. Si ce propos énerve un peu notre bon Becket, celui-ci est bien vite sorti de ses pensées par l’arrivée d’un hélicoptère de l’armée dont sort le marshal Pentecost. Et comme dans tout mauvais film, celui-ci lui explique qu’il comprend qu’il ait raccroché, mais que malgré le traumatisme, il faut qu’il reprenne du service, on a besoin de lui pour sauver le monde. Car il n’y a plus beaucoup de Jaegers encore debout, et parmi eux subsiste le Danger Rabouin, qui a été rafistolé. Mais celui-ci n’a plus de pilote, et Becket est l’un des derniers au monde à savoir piloter un engin comme le Danger Rabouin, véritable antiquité par rapport aux autres Jaegers restant, plus modernes.

Allez garçon : prend ton slip et ta brosse à dent, direction Hong Kong ! C’est donc un Becket blasé qui part pour l’Asie, convaincu par Pentecost avec ce simple argument : si les Kaijus gagnent la guerre, autant mourir dans un Jaeger en se battant plutôt qu’en tant que maçon sur un mur qui visiblement n’arrête personne.

Arrivé sur la base locale, Becket a donc l’occasion de découvrir toute une galerie de personnages qui donne envie de se tirer une balle dans la bouche, là, tout de suite :

  • Mako Mori, la seule nana du film (je me demande avec qui elle va finir, tiens), qui est évidemment asiatique mais japonaise, quand bien même nous sommes en Chine, puisque le Japon, c’est quand même vachement plus geek lolilulz. Et évidemment, tout le monde parle le Japonais, Becket y compris parce qu’il est cool, lolilulz aussi. Vous ai-je dit qu’en bonne asiatique, Mako Mori était une experte en arts martiaux ? Et elle n’a pas l’air nulle en maths. Quitte à faire des clichés racistes, j’aurais préféré voir le marshal Pentecost donner ses ordres tout en piochant dans un seau de poulet KFC, mais on ne peut pas tout avoir.
  • Blaireau 1 & Blaireau 2, les deux scientifiques, qui sont bien évidemment ridicules et complètement coincés, mais qui sont géniaux quand même. Blaireau 1 est spécialisé dans l’étude des Kaijus, Blaireau 2 dans l’étude de la faille du Pacifique
  • Hansen, le pilote du Jaeger vainqueur en Australie. Il méprise tout le monde, surtout notre héros, et passe son temps à répéter des trucs comme "J’ai pas besoin de toi, pauvre tache, et je n’hésiterai pas à t’abandonner si tu me ralentis" ou "Je suis le personnage caricatural du rival arrogant qui va se faire sauver les miches par le gentil héros que je méprise". Oh, et lui il pilote son robot avec son papa, Papa Hansen.
  • Chin, Chong et Chang, des triplés chinois qui pilotent en surnombre et qui semblent avoir été conçus par un scénariste qui s’est dit "Attendez, comment on pourrait faire une allégorie des asiatiques qui sont nombreux et se ressemblent tous ?". Ils sont évidemment très secrets, ont l’air fourbe mais sont super disciplinés.
  • Boris et Tanya, deux pilotes russes visiblement pas encore au courant que l’URSS n’existe plus.
  • Éventuellement, on peut aussi dire que "Gipsy" et "Danger", associés comme ça, c’est un hommage à Christian Estrosi, mais nous ne parlerons pas ici des problèmes des robots géants pour trouver des aires d’accueil.

D’ailleurs, des fois que ce ne soit pas assez subtil, sachez que par exemple, le robot russe a une tête de vieux tank soviétique et qu’à chaque fois qu’il apparaît à l’écran, on entend les chœurs de l’armée rouge. Je n’exagère pas : à chaque fois, même si c’est pour 5 secondes. Ah non mais oui, il y a du très gros niveau.

Bref. Après s’être un peu promené dans la base et avoir regardé les Jaegers avec les yeux humides, Becket découvre le Danger Rabouin complètement retapé, et prêt à retourner au combat. Pour une ultime mission (ho bin ça alooors !), à en croire le marshal.

"Becket, sachez qu’on a un plan pour en finir avec cette guerre.
- Balancer un tir d’arme nucléaire sur la faille à chaque fois qu’un monstre en sort ?
- Non, je préfère l’histoire des robots géants et du catch.  Sachez que comme l’état-major nous a abandonnés…
- L’état-major qui vient de voir, tout comme le monde entier, que le programme Jaeger pouvait encore arrêter les Kaijus contrairement à son mur ? Il va pas nous refiler du pognon en urgence du coup ?
- Non. D’ailleurs, lui non plus nous n’en parlerons plus du film. En fait, j’ai réussi à me procurer une arme atomique au marché noir.
- Mais ? Pourquoi au marché noir ? Vous ne pouviez pas juste demander à n’importe quel pays équipé ? Les armes de ce genre, c’est pas ce qui manque !
- Parce que… heu… l’état major ne veut pas que… qu’on… enfin… mais si vous… enfin vous voyez !
- Laissez tomber. Bon, et donc, c’est quoi le plan ?
- Aller jusqu’à la faille avec des Jaegers, celle-ci restant ouverte peu après avoir laissé passer un Kaiju, et y balancer notre cadeau. Et pouf, ça pétera la faille.
- Je connais des moyens plus rapides qu’un robot géant pour envoyer une bombe d’un point A à un point B.  Enfin bon, je sens que ça ne vous intéresse pas.
- En effet. Bref, j’ai obtenu la bombe auprès d’un gros trafiquant local, Hannibal. En échange, je lui ai donné l’autorisation de piller les cadavres de Kaijus que l’on bute pour en revendre des bouts. Il est content, et moi, j’ai de quoi finir cette guerre. Vous partirez donc en mission à bord du Danger Rabouin, et vous escorterez le porteur de la bombe, l’équipe Hanson. Les autres Jaegers, le Maxi Popov et le Heavy Tang seront aussi là pour escorter le bousin."

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Becket accepte, mais note tout de même qu’il a un petit souci : il est tout seul pour piloter son robot qui se pilote à deux, ce qui pose problème.

"Pas d’inquiétude Becket. Je sais que vous êtes le dernier pilote encore en vie d’un Jaeger comme le Danger Rabouin, c’est pour ça que l’on est venu vous chercher. Mais on a aussi trouvé des partenaires potentiels.
- Et vous avez pas pensé à regarder si vous pouviez pas déjà coupler deux de ces volontaires ? Non parce que si vous les avez sélectionnés pour piloter avec moi, c’est qu’ils savent le faire, non ?
-  Ah tiens oui, on y a pas pensé. Bon, en tout cas, voici la liste.
- "Mako Mori". Et 250 personnes prénommées Jean-Jacques. Hmmm je me demande qui sera mon partenaire. Mako Mori ?
- Non, je lui ai interdit de piloter un Jaeger. 
- Oui, alors c’est très intéressant mais j’ai une soudaine envie de défier Mako Mori au karaté."

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Et en effet : après avoir défié Mako au karaté et avoir bien rigolé, Becket retourne voir le marshal.

"Bon, bin je veux que ma partenaire soit Mako Mori.
- Vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas défier un Jean-Jacques au karaté ?
- Bin c’est à dire que c’est la seule nana du film, et Hollywood n’est pas encore prêt à ce que je roule un patin à un barbu à la fin.
- Très bien, alors je lève l’interdiction que j’avais posée pour protéger Mako, et je vous propose d’aller vous entraîner à bord du Danger Rabouin."

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Ni une, ni deux, et pendant que les spectateurs commencent à se pendre, notre nouveau couple se rend au Danger Rabouin pour procéder à des essais. Sauf qu’à peine à bord, la dérive entamée, chacun rentre en contact avec l’esprit de l’autre : Becket peut probablement ainsi se souvenir de tous les hommes avec lesquels Mako a couché, mais le film n’en parle pas, probablement pour ne pas envoyer Becket sangloter sous la douche, son ego de mâle hétérosexuel blessé. Et Mako a elle accès aux souvenirs de Becket et particulièrement à la perte de son frère, dont il a senti jusqu’à la peur et la douleur lorsqu’il est mort, puisqu’ils étaient reliés à ce moment là. Une terrible blessure, Becket ne se pardonnant pas la chose.

Ah oui, et comme les chinois sont communistes, il y a de la lumière rouge sur eux quand on les voit, quand bien même tout le reste du décor est bleu. Subtil on vous dit.

Mais surtout, les choses partent quelque peu en sucette lorsque Mako est victime d’un phénomène connu chez les pilotes : elle se perd dans la dérive, et se retrouve bloquée dans un de ses souvenirs (et commence à activer les armes du robot pour se défendre, ce qui ne fait pas vraiment plaisir aux gens dans le hangar des essais). Becket utilise donc la dérive pour aller dans son souvenir et lui dire que non mais ho, tu vas te calmer, dis ?

Sauf que du coup, il voit le souvenir de la bougresse : enfant, Tokyo a été attaqué par un Kaiju. Et pour des raisons mystérieuses, la ville était entièrement vide à l’exception de Mako (… oui, hein ?) qui courait sur une avenue, une chaussure à la main, à appeler sa mère. Sauf que le Kaiju étant un petit filou, il décida d’essayer d’en faire son goûter (mais petit, hein, techniquement pour lui c’est une sorte de cacahuète qui parle japonais), jusqu’à ce que débarque un Jaeger qui lui péta la gueule et piloté par… le marshal Pentecost ! Qui fut pilote un temps ! Et perdit son coéquipier tout comme Becket, et là encore, comme lui, se retrouva à devoir faire des efforts surhumains pour contrôler sa machine en solo durant quelques minutes. Et s’il ne voulait pas que Mako pilote, c’est qu’il est son père adoptif du coup, et ne veut pas la mettre en danger.

Après avoir sorti Mako de son rêve (comprendre : lui avoir mis deux claques dans la gueule), tout rentre donc dans l’ordre. Mais tout le monde se dit que le Danger Rabouin et son équipage a un peu merdé et a risqué, en activant ses armes, de raser le hangar, et qu’on ne peut donc pas trop leur faire confiance.

A noter une formidable scène où pour désactiver les armes et éviter l’accident, la salle de contrôle appuie sur son écran pour couper les circuits, ça ne marche pas, elle appuie donc sur le gros bouton rouge conçu pour ça, ça ne marche pas, elle tente donc de débrancher la prise de courant, attends, ça vient pas…

Une scène que l’on suit avec passion et crédulité, vous l’imaginez bien. Pardon, j’ai baillé là ? Désolé.

Qu’importe. Après ces débuts quelque peu catastrophiques, Mako et Becket ne sont pas à la fête, et la tension finit par tellement monter avec les autres pilotes de la base que, oh, surprise, Becket en vient aux mains avec son rival Hansen et lui pète la gueule pour lui montrer qu’il est le gentil, et donc le plus fort. Après cet échange un peu viril, tout le monde va donc se calmer dans son coin en maugréant que meugneugneu, c’est pas avec des gens pareil qu’on va gagner la guerre (ni faire un film intéressant, mais j’ai abandonné cette idée il y a longtemps pour ma part).

Allez, assez de testostérone ! Allons plutôt voir Blaireau 1 et Blaireau 2 dans leur laboratoire. Blaireau 2 a mis au point une théorie selon laquelle l’arrivée des Kaijus devrait s’accélérer. Et que bientôt, pour la première fois, il devrait en arriver deux d’un coup. Puis le jour suivant, trois. Puis le suivant quatre, puis il en viendrait toutes les heures, puis toutes les minutes…

Bref : nous sommes évidemment à la veille de la fin du monde, sinon ça manquerait de tension, hein, les monstres géants, ça ne suffit pas, de nos jours, le spectateur est exigeant, et en-dessous d’une apocalypse complète, il quitte la salle, oui Monsieur. Il ne manquerait plus qu’une petite prophétie avec un élu et ce serait bon.

En tout cas, pendant que Blaireau 2 peaufine sa théorie, Blaireau 1 travaille lui sur les restes d’un cerveau de Kaiju, l’un des rares qu’ils ont pu isoler. Et se dit qu’il a une grande idée : tiens ? S’il "dérivait" avec un cerveau de Kaiju pour explorer leur esprit ? Bon, certes, c’est un bout de cerveau un peu abîmé, mais il y a peut-être des choses intéressantes dedans ! Ni une, ni deux, le galopin se relie à la chose et… appuie sur le bouton.

Hop ! Instantanément, son esprit se remplit d’images venues d’ailleurs : souvenirs d’avoir été un monstre géant, d’avoir vécu dans une autre dimension, d’avoir déféqué un truc d’une mégatonne (un souvenir commun à beaucoup d’architectes contemporains)… sitôt les souvenirs enregistrés, il va raconter tout ce qu’il a appris au marshal Pentecost.

"Marshal, marshal !
- Oui Blaireau 1 ?
- Ecoutez, c’est incroyable, je viens de dériver avec un bout de cerveau de Kaiju, j’ai appris des tonnes de trucs sur leur race !
- Mais encore ?
- Hé bien écoutez : je ne comprenais pas pourquoi les Kaijus avaient tous le même ADN alors qu’ils avaient tous une tête différente, mais en fait, c’est parce qu’ils sont créés artificiellement par une race vivant dans la dimension de l’autre côté de la faille !
- S’ils ont exactement le même ADN, ils ne devraient pas justement avoir la même tête, qu’ils soient artificiels ou non ?
- Heu… attendez, je relis le script…
- Bon, continuez.
- Bref, leur race veut coloniser la Terre ! Ils ont essayé de venir il y a quelques millions d’années : ce sont eux qui ont buté les dinosaures !
- …
- Mais ensuite ils ont découvert que l’atmosphère terrestre n’était pas adaptée à leur race, ils sont donc repartis.
- Ah oui, non mais je vois : ils ont d’abord massacré jusqu’au dernier dinosaure sur l’ensemble de la planète, fouillant jusqu’au moindre terrier, et juste après ils se sont dit "Ah non en fait, ici c’est nul ?"
- Attendez… le script…
- Non mais on va accélérer là en fait.
- Oui, bon, donc : notre atmosphère a changé avec la pollution : on a involontairement rendu notre planète compatible avec leur race, donc maintenant, ils veulent s’y installer. Et envoient donc les Kaijus faire de la place !
- Je vois. Vous pourriez dériver à nouveau pour en apprendre plus ?
- Pour ça, il me faudrait un cerveau plus complet.
- Alors allez à Hong Kong trouver Hannibal ; il doit en avoir au marché noir."

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Et comme notre scientifique est un garçon consciencieux, il s’exécute. Et guidé par les conseils du marshal, trouve bien vite Hannibal en ville qui lui explique que bah non, c’est ballot, du cerveau frais, il n’en a pas. Alors à moins d’une attaque de l’ennemi, là, tout de suite, maintenant, ils sont dans la m…

"Aleeeeeeeeeeeeeeeerte !" se mettent à crier les hauts-parleurs dans tout Hong Kong et jusqu’à la base des Jaegers. Une nouvelle apparition de Kaijus vient d’être détectée… et comme Blaireau 2 l’avait prévu, cette fois, ils sont 2, le rythme s’accélère ! Et deux de classe 4, la classe qui a fait le plus de mal aux Jaegers jusqu’ici !

"Okay, ici le marshal Pentecost : à toute la base, préparez le robot géant des Hansen, le Mmm Bot (oui, j’aime les références artistiques de qualité), ainsi que le Maxi Popov et le Heavy Tang. Vous me droppez tout ce petit monde en face de Hong Kong et vous m’arrêtez les deux bestioles qui arrivent. Quant à la population locale, qu’elle fonce vers les abris les plus proches.
- Et nous ?
- Vous, Becket et Mako ? Vous restez là, vous êtes punis pour avoir merdé à l’entrainement."

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Sans entendre Becket insulter sa mère, Pentecost se rend donc à la salle de contrôle et suit sur écran ses machines être déployées dans la baie de Hong Kong. Et rapidement, en effet, deux monstres s’approchent à bonne allure. Et ont tôt fait de massacrer le Heavy Tang, qui avait pourtant 4 bras et des scies circulaires (il y avait de l’idée), puis d’en faire de même avec le Maxi Popov, permettant ainsi au stagiaire de l’équipe de réalisation ayant le bouton "lancer les choeurs de l’armée rouge" de rentrer chez lui au lieu de s’abîmer la main à taper dessus toutes les 7 secondes. Ne reste donc que le Mmm Bot piloté par un Hansen et un Papa Hansen un peu stressés, puisqu’ils ont perdu l’avantage du nombre.

Le Heavy Tang en pleine action. Action qui va durer deux minutes chrono, parce que rappelons-le, avec quatre bras et autant de scies circulaires, il fera moins bien qu’un vieux machin qui met juste des claques. Il n’avait qu’à être Américain.

Et ce n’est pas fini, car la situation empire : l’un des deux monstres fait soudain briller une étrange excroissance sur son dos et une immense onde de choc en jaillit… coupant tous les circuits électriques dans le Mmm Bot, Hong Kong & co ! Le duo Hansen est donc paralysé et à la merci de ses ennemis, aussi Papa Hansen tente quelque chose :

"Fils, ça te dirait que l’on essaie quelque chose de très con ? (véritable dialogue, hélas non ironique)
- Réaliser un film qu’on appellerait Pacific Rim ?
- Pas con à ce point, non, mais bon : je te propose de prendre les pistolets de détresse et de grimper sur le toit du robot pour tirer dans les yeux du monstre le plus proche.
- Okay !"

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Les deux loulous quittent donc le robot en carafe au milieu de la baie, et lorsque l’énorme Kaiju qui les a désactivé s’approche d’eux… ils tirent avec succès dans deux de ses – nombreux – yeux. La bête hurle donc, mais avant qu’elle ne puisse se venger en tatanant les deux pilotes à découvert, elle se mange soudain un méchant pain dans le museau : le Danger Rabouin vient d’arriver à la rescousse !

"Nous et notre moteur nucléaire sommes en analogique, pas en numérique, nos circuits fonctionnent donc encore." déclare donc Becket, avant de retourner péter la gueule au monstre marin avec l’aide de Mako. Une fois le vilain animal en mauvaise posture, nos héros vident sur lui leurs canons à plasma (encore une fois : l’arme à distance, c’est à la fin) pour être sûrs qu’il ne se relève pas. Puis, ils foncent s’occuper du deuxième monstre, déjà occupé à faire sa parade amoureuse avec les buildings les plus proches  ("Hé Madmazel, bien ou bien ? Vazy tu réponds pas, c’est passque j’suis un Kaiju ? Comment t’as pas la tolérance !").

"Aïeuuuuh !" fait donc la créature un peu bougonne lorsqu’elle se mange dans la margoulette un supertanker utilisé comme massue par le Danger Rabouin. S’ensuit donc un combat épique à coups de poings, de fulguro-poings (si), de tirages de slips et autres spécialités typiques d’un corps à corps intense. Du moins, jusqu’à ce que le Kaiju agrippe le Danger Rabouin… et ne s’envole avec lui dans les serres, tel un gigantesque vautour, parce que oui, tiens, il vole (mais était arrivé à la nage pour éviter de fâcher les Jaegers en les feintant, sympa) !

Le monstre vole si haut que bientôt, la température et l’oxygène commencent à chuter à bord, obligeant nos héros à avoir recours à leur ultime solution :

"Vite : sortons la grosse épée qui tue en un coup !"

A ce stade, permettez-moi de faire une pause dans le spoiler pour aller hurler dehors. Et peut-être tirer sur un ou deux pilotes de scooters à pots modifiés, histoire de.

Voilà.

Donc, disais-je, nos héros sortent la grosse épée qui tue en un coup, et comme son nom l’indique, avec elle, ils tuent le monstre en un coup et redescendent sur le plancher des vaches à coups de super propulseurs wish woush.

Mais oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, en fait, le robot avait ça. Ce qui aurait pu, par exemple, sauver le frère Becket. Ou sauver des immeubles entiers. Ou les deux autres Jaegers. Bref : oui, depuis le début, ils avaient l’arme ultime mais ils ne s’en servaient pas, parce que les coups de poings, c’était plus rigolo.

"Désolé frangin, j’avais le choix entre être efficace et te sauver ou faire des trucs cools. J’ai choisi."

Je commence à comprendre pourquoi l’état-major ne veut plus filer de frics à ces gens. Hmmm. Mais toujours pas pourquoi des maisons de productions financent des films pareils.

Pendant ce temps, à Hong Kong, Hannibal et ses hommes en apprenant la fin de la bataille se sont rués sur les corps des Kaijus pour les disséquer. L’occasion pour Blaireau 1 d’aller voir s’il y a du cerveau frais disponible, mais pas de bol : celui-ci a été endommagé dans la bataille (comme celui de nombre de spectateurs). Heureusement, les aliens ont eu la bonne idée de créer un Kaiju… enceinte ! Bah oui, hein, ou alors lui et son copain s’emmerdaient dans la faille en attendant leur tour et sont allés boire un coup, se sont aperçus qu’ils aimaient les mêmes choses au cinéma, puis ils se sont racontés un ou deux blagues kaijus (celle du bulgür qui rentre dans un bar et commande un shaproukz), et une chose en entraînant une autre, ils se sont retrouvés nus, couverts de sueur à tenter la position du Megazord furieux tout en…

Hem, je m’égare.

Oui, bref : un bébé Kaiju sort donc du ventre du cadavre, et après avoir mangé Hannibal lors d’une scène se voulant drôle j’imagine, mais finalement aussi hilarante qu’une circulaire sur la TVA, Blaireau 1 se retrouve avec un Kaiju mort tout frais et tout beau. Et avec le renfort de Blaireau 2, ils décident de dériver avec le cerveau de la bête. Et s’installent donc pour ce faire, avant de pousser le bouton qui va bien… hop !

Mais revenons à nos héros : de retour à la base des Jaegers, ils n’ont guère le temps de se reposer. Comme l’avait prédit Blaireau 2, les arrivées de Kaijus s’accélèrent, et il faut donc se dépêcher, car déjà, la faille s’agite au fond du Pacifique. Il faudrait donc y aller pour y déposer la bombe qui va bien. Le Danger Rabouin et le Mmm Bot sont donc rapidement retapés et préparés (Papa Hansen étant blessé, il est remplacé au pied levé par le marshal Pentecost), et envoyés au fond du Pacifique pour aller à la faille, où déjà, on détecte deux Kaijus… qui tournent curieusement autour de la faille. Car en réalité, en dérivant avec des Kaijus, Blaireaux 1 et 2 ont fait une erreur : les Kaijus ont aussi pu lire leur esprit, et communiquant entre eux grâce à leur esprit de ruche (tout joueur Tyranide les aurait prévenus), ils sont désormais au courant que l’on veut poser une bombe dans leur petite faille.

Le Mmm Bot portant la bombe et le Danger Rabouin approchent donc doucement de la faille, et sont tout de même un peu surpris lorsque soudain, ça crie dans leurs micros : Blaireau 1 et 2 viennent de rentrer à la base et ont donc foncé à la salle de contrôle prévenir tout le monde de ce qu’ils ont appris :

La faille… elle ne laissera pas passer la bombe, car elle est programmée pour ne laisser passer que ce qui a de l’ADN de Kaiju ! Il va donc falloir sauter dans la faille accroché à un Kaiju pour que le plan fonctionne !

Okay. Bon, alors plusieurs choses :

  • Vous pouvez m’expliquer ce que cette information faisait dans un bébé Kaiju n’ayant pas vu le jour ? Il avait aussi les prochains chiffres du loto ?
  • Vous avez dans votre base plein de trucs couverts d’ADN de Kaiju : vous annulez la mission, larguez une bombe  de loin avec de la bidoche de Kaiju accrochée dessus, et ça passe

Mais non. D’ailleurs, pour plus de spectacle, non content deux Kaijus veillent sur la faille… mais un troisième en sort à l’approche de nos héros : un classe 5, jamais vu, le plus gros de son espèce ! Pas de quoi faire reculer nos héros pour leur bataille finale : le Danger Rabouin sort son épée qui tue en un coup, et découpe donc un monstre de classe 4, comme son nom l’indique, en un coup. Il tente bien de porter secours au Mmm Bot, en plus mauvaise posture (mais qui vient lui aussi de se découvrir des épées qu’il n’avait pas jusqu’ici, tiens ?), mais bientôt, la voix du marshal Pentecost retentit.

"Danger Rabouin, n’approchez pas : nous avons les deux Kaijus sur nous, et ils sont de classe 4 et 5 alors ça va être compliqué. Ecoutez, quand j’étais un jeune pilote, les Jaegers étaient encore des prototypes et j’ai été irradié, je n’ai donc plus beaucoup de temps à vivre, alors autant que je me sacrifie en faisant sauter la bombe, pas vrai ? Comme ça, ça tuera les deux Kaijus… et vous, vous n’aurez plus qu’à envoyer votre Jaeger à moteur nucléaire en mode autodestruction dans la faille, avec la voie libre."

Tout le monde pleure donc très fort, et comme convenu, le Mmm Bot explose avec son chargement nucléaire, détruisant le Kaiju de classe 4, endommageant très fort le classe 5 (mais n’abîmant pas trop le Danger Rabouin juste à côté, merci), et permettant à nos héros d’achever la grosse bête avant de sauter avec sa carcasse dans la faille. Qui s’ouvre donc comme convenu pour faire passer nos héros.

Alors que se dévoile devant nos larrons l’autre dimension, qui comme toute dimension de méchants, est constituée de décors rougeoyants et d’immenses bâtiments inquiétants avec des aliens humanoïdes observant l’arrivée de ce curieux robot géant tombant du ciel, Becket commence à lancer la procédure d’autodestruction, sous les encouragements de la base, dont les communications passent sans même la moindre friture dans l’autre dimension, merci de vous inquiéter. Il en profite pour éjecter d’abord Mako histoire de la mettre en sécurité, les Jaegers disposant de compartiments pour… pour…

Hooo attendez ? Vous voudriez dire que ce petit enfoiré de marshal Pentecost s’est sacrifié avec Hansen, alors qu’il aurait pu éjecter ce dernier d’abord pour le sauver ? Sachant qu’en plus, Pentecost avait déjà piloté en solo et n’avait plus besoin du robot de toute manière, juste d’appuyer sur le gros bouton pour faire tout péter ? Oui : mais comme le script disait que de rival, Hansen était passé au statut de super gentil prêt à se sacrifier pour le héros, il est mort. Pour rien. Et lui n’était pas condamné par quoi que ce soit, si ce n’est un scénario moisi.

"Dommage que ces robots se pilotent à deux, parce que je sais pas toi, mais moi j’ai prévu de me sacrifier."

D’ailleurs, après avoir enclenché la procédure qui va bien, Becket s’éjecte aussi, et la faille qui jusqu’ici ne laissait passer que des choses "avec de l’ADN de Kaiju" laisse repasser dans l’autre sens sans aucun souci (ça devait être un portail à sens unique, j’ai vu ça dans le code de la route des dimensions parallèles), et les vilains aliens se retrouvent donc avec un robot qui tombe du ciel… et explose en rasant toute la petite base qu’ils avaient installé juste sous la faille, avant de faire s’effondrer cette dernière.

Au centre de contrôle, tout le monde est content, et on a donc le droit à la séquence finale où les deux caissons d’éjection de Mako et Becket remontent à la surface côte à côte, où tout le monde doute à un moment pour savoir si Becket a survécu ou non, mais évidemment, si, et lui et sa copilote peuvent donc se faire des bisous au milieu de l’océan, alors que la base Jaeger a envoyé à leur rescousse une douzaine d’hélicos volant en formation (pour deux clampins, à moins que ce soit pour accuser l’un des deux d’avoir un gros cul et d’avoir besoin d’un hélitreuillage multiple). Dans la salle de contrôle, on déclare donc officiellement la fin de la guerre contre les Kaijus et…

… FIN !

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"Vous y êtes allé un peu fort patron."

Le corps de la jeune femme continuait à convulser un peu sur le sol moussu de la forêt de Rambouillet, aux pieds des deux hommes. Le filet de bave s’échappant de sa bouche s’accordait parfaitement aux yeux révulsés qui étaient désormais les siens.

"D’habitude avec le GHB, ça n’agresse pas trop le cerveau, mais là… le scénario de Pacific Rim, c’était quand même un peu fort.
- Vous pensez que c’est ça ?
- Ah oui, elle s’est mise à baver en saignant du nez au passage où le héros sort l’épée magique qu’il avait en fait depuis le début du film.
- Effectivement. Patron, regardez, elle a arrêté de convulser, je crois qu’elle est inconsciente pour de bon."

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Je tapotai la bougresse du bout du pied, mais celle-ci en effet ne remuait plus.

"Bon, je l’enterre alors ? A côté de son copain ?
- Non Diego, remets-ladans le coffre. On l’emmène à la cave."
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Le serviteur saisit le corps en robe de soirée par les épaules, et tentant de ne pas trop traîner la tenue satinée sur la terre humide, la chargea à nouveau dans le coffre avec un long soupir de satisfaction.

"On peut rentrer maintenant ?
- Non Diego. Ne sens-tu pas venir tous ces gens qui vont venir défendre cette bouse en expliquant que le scénario, ce n’est pas important dans un film qui n’a pas la prétention de le mettre en avant?
- Je ne suis pas sûr.
- Ils arrivent Diego. Ils arrivent, sois-en sûr. Ils sont déjà venus et ils reviendront, toujours le même argument en bouche.
- Ho ! Mais dites patron, vous ne viendriez pas de vous auto-référencer ?"

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Je laissai paraître un sourire tout en tirant un cigare de ma poche.

"Bien sûr que si Diego." dis-je en allumant tranquillement la chose.

"Sauf que moi, j’assume tout à fait d’être prétentieux."

Ah, vous êtes là ? Vous tombez bien. Afin de nous purifier de toute la mauvaise foi qui règne en ces lieux, je vous propose aujourd’hui un peu de catéchisme. Allons, allons ! Ne soupirez pas ainsi ; ne pouvons nous pas découvrir ensemble quelques passages de la vie de Jésus notre sauveur, qui est mort sur la croix pour le Salut de nos âmes ? Il n’y a pas de discussion qui tienne : ouvrez votre évangile selon Saint Marc (5,9). Qu’y lisons nous ?

A peine Jésus était il descendu de la barque qu’il fut interpellé par un homme possédé par des esprits impurs, qui demandèrent au travers de la bouche de leur véhicule ce que leur voulait le fils du Seigneur. Jésus dit alors "Quel est ton nom ?" et les esprits répondirent "Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux" ; Jésus répondit "Comme les mauvais films ?" "En effet, comme le film éponyme" dirent les voix.

Comment ? Vous ne connaissez pas le film "Légion" ? Voilà qui nous empêche de poursuivre plus loin notre catéchèse du jour ; je vais donc me voir dans l’obligation de vous spoiler tout le film à la place : je sais que ça vous ennuie, mais allons-y.

L'affiche : les anges sont des spécialistes du maniement des pistolets mitrailleurs, c'est connu

Le film s’ouvre sur des paysages désertiques, où l’on entend la voix off de l’héroïne expliquer que lorsqu’elle était enfant, sa mère lui parlait d’une prophétie (Oh, une prophétie ! Ce film commence très fort quant à son originalité!) selon laquelle un jour, Dieu se lasserait des erreurs des hommes et plongerait la Terre dans les ténèbres pour punir l’humanité.

Mais passons au véritable commencement : par une nuit pluvieuse de 23 décembre, un ange atterrit discrètement dans une rue déserte de Los Angeles. Que vient il donc faire ? Et bien pour commencer, pratiquer un rituel étrange : il se coupe les ailes tout seul comme un grand, et se libère d’une sorte d’imposant collier qu’il portait (probablement son bracelet électronique divin, qui envoie des SMS à Dieu quand il n’est pas à la maison à l’heure). Et surtout, une fois cela fait, il se rend promptement au petit entrepôt coréen juste en face de la ruelle où il se trouve, qui contient visiblement toute une armurerie militaire tout ce qu’il y a de plus moderne, avec même des couloirs qui brillent bourrés de rateliers d’armes. Oui, les entrepôts clandestins coréens sont particulièrement bien foutus : ce sont des gens très méticuleux. Notre ange commence donc cependant par trouver l’infirmerie locale et s’y recoud les plaies laissées par ses ailes façon Rambo, histoire de bien montrer qu’il est couillu. Puis, il fait ses courses et embarque tout ce qu’il trouve : fusils mitrailleurs, mitraillettes, lance-roquettes (vous en conviendrez, ça commence très fort, j’en trépignais sur mon siège)… tout y passe. Il récupère même sur un vigile un fabuleux costume : il a dû tomber sur le seul asiatique d’1,90m de tout Los Angeles.

Seulement voilà : une fois qu’il a rempli deux grands sacs d’une quantité improbable d’artillerie, il doit sortir de l’entrepôt. Comment ? En passant par la porte, comme un vulgaire mortel ? Aha, ça, jamais.

L’ange déchu tire donc une roquette dans la porte de l’entrepôt (sans raison aucune, c’est fabuleux) qui explose en laissant derrière elle un magnifique trou enflammé en forme de croix. Splendide je… qui a écrit ça ? Bon, en tout cas, c’est pas de bol, ça attire l’attention d’une voiture de police qui passait juste devant à ce moment là, et dont les occupants viennent expliquer qu’il est interdit de dessiner des croix à la roquette dans toute la communauté de communes de Los Angeles, nom d’une pipe. Toujours dans la subtilité, le divin visiteur attrape l’un des deux agents de la maréchaussée et le prend en otage sous les yeux effarés de son collègue. Collègue qui soudain, se met à s’agiter de manière étrange : il fait le bruit de votre oncle Francis effectuant un bain de bouche en secouant la tête, et lorsqu’il s’arrête, il a changé : ses yeux sont désormais noirs et ses dents pointues. Il s’exprime avec une voix un peu louche et demande à l’ange preneur d’otage pourquoi il a désobéi. S’ensuit un brève échange de tirs dans lequel les deux agents de police, tant celui pris en otage que celui possédé trouvent la mort. C’est triste.

Ne nous attardons pas sur la pluvieuse Los Angeles et allons plutôt nous sécher dans le désert de Mojave, où une petite station essence  perdue du nom de "Paradise Falls" (subtil là encore, n’est-ce pas ?) abrite une fabuleuse population en ce beau 24 décembre. Permettez-moi de vous les présenter :

  • Charlie, une serveuse enceinte et un peu paumée qui ne sait pas quoi faire de son futur gosse. Elle pense le mettre dans un congélateur le temps de trouver une idée.
  • Jeep, qui comme son nom l’indique, est mécano (arrêtez, n’en jetez plus !) ; mais il a aussi le cœur plein d’amour et aide tout le monde. Il s’inquiète beaucoup de Charlie et l’aime très fort même s’il n’est pas le père de son gosse et qu’ils ne sont qu’amis.
  • Bob, le père de Jeep, le patron blasé de la station service
  • Percy, le cuistot local, mutilé de guerre (il a un crochet à la place d’une main), un peu gros et un peu black
  • Kyle, le deuxième black du film, qui a atterri dans la station en se paumant sur la route. C’est une mini-racaille (il a une capuche et un flingue mais il est kikinou).
  • Papa & Maman Anderson, un couple de riches américains dont la bagnole est tombée en rade à proximité et qui attendent que Jeep la répare. A noter que Sandra est jouée par Kate Walsh, déjà vue dans "Grey’s Anatomy", ce qui ne peut rien augurer de bon.
  • Audrey Anderson, la fille des précédent, qui s’habille en mini-jupe et débardeur de poupouffe gâtée ce qui choque sa maman. Malgré son style vestimentaire et son langage riche en référence sexuelles, elle cache aussi un cœur gros comme ça. Mais elle ne le cache pas derrière beaucoup de tissu, pour sûr.

Ça en fait des personnages hein ? Attendez, je vous la refais : deux blacks, une famille qui n’a rien à faire là, deux vieux baroudeurs qui ont leur vie derrière eux et deux jeunes gens plein d’amour et d’avenir (dont une femme enceinte et un garçon qui aime très fort la dite femme enceinte). Voilà, maintenant vous pouvez commencer à prendre les paris sur qui va survivre ou non à l’apocalypse.

Les portes, ce truc de ringard

Dans tous les cas, alors que tout ce beau monde discute dans la petite station perdue, un phénomène étrange se produit : d’abord, la télévision ne capte plus rien. Si ce n’est la mire d’urgence affichant "Ceci n’est pas un exercice" ; puis, c’est au tour de la radio de ne plus produire qu’un sifflement aigu. Enfin, le téléphone fixe lâche (déjà que le portable ne passait pas), bref, en un mot comme en cent, les communications sont coupées. Mais dans cet isolement, un nouveau visiteur arrive : Gladys la grand-mère en déambulateur. Gladys est très gentille, elle dit bonjour à tout le monde et est très polie. Elle rassure même Maman Anderson lorsque celle-ci lui demande ce qu’il se passe dehors, si elle a des nouvelles sur les raisons de ces coupures de communications, en lui disant que "Tout sera bientôt fini" ; quelle sibylline réponse.

Mais c’est lorsque Charlie vient la servir que les choses prennent une étrange tournure : d’abord, elle affirme que son fils à venir va brûler vite fait bien fait. Et quand la cantonade s’étonne de ces propos quelques peu déplacés, Gladys affirme que les mamans des présents auraient troqué de l’argent contre des relations sexuelles avec la moitié de la population de la côte Ouest. C’en est trop pour Papa Anderson qui vient lui demander des excuses : sa mère ne faisait pas ça contre de l’argent. Grossière erreur, car Gladys transforme son dentier en véritable dents de requin et s’attaque à sa jugulaire avant de commencer à littéralement grimper au plafond en poussant des grognements sinistres. Malgré le fait que le cuistot black lui ai explosé le cou et la gueule à coups de poêle à frire, elle continue de menacer Charlie, et c’est finalement Kyle qui l’abat avec son flingue personnel (qu’il a toujours coincé dans le slip qui lui sert de holster).

Je ne vous le cache pas, l’attaque de la grand-mère possédée (disponible dans la bande-annonce), ça vous laisse son homme dubitatif.

Alors que le corps de mamie est encore chaud, Kyle propose d’emmener la famille Anderson à l’hôpital le plus proche (à une centaine de bornes) pour que Papa Anderson puisse y subir la greffe de moitié de cou dont il aurait besoin pour survivre. Seulement voilà, en route, l’apocalypse se déchaine : un titanesque nuage de mouches arrive à contre-sens et s’explose sur la voiture, rentre par les aérations, etc… poussant finalement tout le monde à faire demi-tour (oui, les mouches empêchent d’avancer mais pas de manœuvrer tranquillement pour repartir en sens inverse). De retour à la station, Kyle et les Anderson (dont Papa toujours en sale état malgré un bandage de fortune) expliquent qu’un milliard de mouches viennent de s’exploser sur leur pare-brise et qu’ils n’ont pas pu aller plus loin. On sent que ces gens n’ont jamais pris l’autoroute A4 en été.

D’ailleurs, les mouches qui arrivaient en nuage se contentent de voler au-dessus de la station sans même s’arrêter, et on en parlera plus du film. Tiens ? Kyle et les Anderson ne profitent d’ailleurs pas que le nuage soit passé pour tenter d’aller à l’hôpital ? Non ? Ah bon, bon.

Le nuage de mouches qu'on ne reverra pas. Probablement des mouches intérimaires.

En attendant, il y a toujours un cadavre de vieille qui attend qu’on s’occupe de lui ; qu’en faire ? Tout le monde est en train d’en discuter quand soudain, qu’arrive t-il à l’horizon ? Une voiture de police dites donc ! (Ah ? Elle n’a pas croisé le nuage de mouches en chemin ? Il a disparu donc ?) Et qu’en sort il ? Notre ange avec son air patibulaire, sa grosse voix et ses cheveux ras (qui a une attitude de couillu telle qu’on suppose qu’il a entre 3 et 5 testicules au bas mot). Il a tôt fait de calmer la population locale en leur montrant qu’il est non seulement super fort (il désarme Bob en deux temps trois mouvements) mais surtout qu’il est de leur côté et qu’il sait ce qu’il passe dehors.

"Alors, que se passe t-il ?"

Excellente question Bob, je me demande comment notre ange – qui s’est présenté comme étant "Michael" – va s’expliquer. Facile, il répond qu’il ne peut pas expliquer, il faut d’abord se barricader. Oui, ça y est, on connait le sexe des anges : ce sont bien des mâles ; non seulement leur attitude le prouve, mais en plus, ils ne sont pas foutus de faire deux choses en même temps, comme par exemple bouger des meubles tout en expliquant ce qu’il se passe.

A la nuit tombée, tout le monde espère que le cerveau monotâche de Michaël va réussir à expliquer ce qu’il se passe. Mais c’est sans compter sur le fait qu’il les avertit que l’ennemi est proche : il faut monter sur le toit pour accueillir les prochains "visiteurs". Et rapidement, c’est un camion de glace toute mélodie hurlante qui arrive et se gare devant la station. En sort le conducteur dans sa belle tenue, qui s’avère avoir de vilains yeux, de vilaines dents et surtout une vilaine, trèèèès vilaine mâchoire. Michaël ordonne de ne pas tirer, puis dès que notre vilain glacier commencer à courir vers le toit, il fait ouvrir le feu à tous les présents pour l’abattre.

Oui Michaël : l’autre solution, c’est que pendant qu’il était tout immobile à crier et à faire des trucs bizarres, tu pouvais l’abattre d’une balle ; ça s’appelle "économiser des munitions". Enfin, il ne faut pas trop en demander d’un mec qui est incapable d’ouvrir la porte d’un entrepôt sans lance-roquette.

D’ailleurs, en parlant de munitions, il va en falloir puisque quelques secondes à peines après que la dernière douille aie fini de rouler par terre, des deux côtés de la route qui passe devant la station, des centaines de véhicules pleins de possédés (on les reconnait à leurs mouvements de têtes louches et à leurs bruyants gargarismes) arrivent. C’est donc parti pour un peu d’action : tout le monde ouvre le feu sur les voitures, les gens qui en descendent, et il en vient des paquets entiers. Mais en marchant, hein, ils ne courent pas :  ils veulent juste qu’on leur tire dessus. Qu’ils sont cons.

Le possédé moyen. Quelle terreur, l'armée divine.

Cependant ils sont nombreux : tant et si bien que quelques possédés arrivent même à entrer et à… à kidnapper Papa Anderson. Heu ? Oh, les mecs, vous étiez pas venus pour bourrer la gueule à tout le monde ? Pas pour faire un kidnapping pourri ? Allons. En tout cas, peu après, l’attaque s’arrête. C’est fini ? On peut se concentrer un peu ? Bon, alors viens par là Michael, et dis nous ce qu’il se passe.

"Ouais alors heu… bin Dieu il en a marre des hommes. Il a perdu la foi.
- Ho. C’est ballot.
- Ouais et heu… la dernière fois il a envoyé le déluge. Là il a envoyé des anges pour exterminer l’humanité. Les mecs dehors, ce sont juste des humains possédés par des anges.
- Ah il est bizarre Dieu. Nan parce qu’un déluge, on aurait eu plus de mal à l’arrêter que des possédés qui marchent juste devant nos fusils. Et sinon, vous, vous êtes ?
- Un archange, un général des armées divines. Ma mission était de tuer le fils de votre serveuse, là, Charlie. Mais en fait, moi la foi, je l’ai encore, pas comme Dieu, alors je suis venu la protéger car son fils à naître est le sauveur de l’Humanité.
- Un général ? Attendez, vous êtes trop con pour faire deux trucs à la fois, vos tactiques sont nulles et votre discrétion lamentable et vous êtes général ?
- Les voies du Seigneur sont impénétrables.
- Contrairement à d’autres, l’Eglise aime à le prouver. Et donc, comme vous avez la foi, vous avez tout plaqué pour nous aider.
- Voilà."
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Fantastique. Bon, là je vous résume les dialogues, parce que croyez le ou non (ayez foi en moi), il y en a quantité : toutes les deux scènes, il y en a une qui se résume à peu près à "Deux personnages se retrouvent isolés dans un coin de la station et décident de faire de la philo de comptoir en lâchant quelques larmes" du genre "Mon père me disait qu’il fallait faire de belles choses dans sa vie, pour en être fier" ou "J’ai foi en toi copain, même si je ne l’ai plus en Dieu". A noter aussi les commentaires fantastiques de quelques personnages :

"Des anges qui nous attaquent ? Ahah, balivernes, je ne crois pas en ces choses là !"

Bizarrement, si j’étais attaqué par des mecs qui courent au plafond, qui peuvent instantanément changer la couleur de leurs yeux ou transformer toutes leurs dents en canines, j’aurais l’esprit un poil plus ouvert je pense. Oh, tiens, et pourquoi ils ne prennent pas directement possession des gens à l’intérieur de la station ?

"Parce qu’ils ne peuvent posséder que les esprits faibles, comme Christian Clavier ou Daniela Lumbroso", explique Michael sans rire.

Je crois qu’il n’a pas du bien regarder la qualité des esprits en face de lui. Enfin bon. Dans tous les cas, la vie dans ce petit bunker au milieu du désert s’organise, puisqu’il va falloir survivre à quantité d’attaques jusqu’à ce que le fils de Charlie naisse. Michaël envoie donc aussitôt les deux blacks servir de vigie sur le toit. Après tout, c’est connu, ils n’ont pas d’âme. Dans tous les cas, ils constatent dans le lointain que des orages pas bien naturels semblent s’abattre sur tout le pays.

Ah, ouais pas con le coup des orages. Tiens Dieu, pourquoi tu mets pas directement ta foudre sur la gueule de Charlie ? Ça irait pas plus vite ? Non, toujours pas ? Décidément, tes voies sont bétonnées. Ou celles du scénariste.

Après quelques heures, la relève arrive sur le toit de la station : la nuit a été calme. Bob et Michaël prennent donc la suite, et le premier a tôt fait de s’endormir.

Pendant ce temps, dans la station…

Dans le petit matin qui se lève, Maman Anderson se dit qu’elle boirait bien un petit kawa et…

"Maman Anderson !"

Tiens ? Mais ne serait-ce pas la voix de mon mari kidnappé hier par des simili-zombis que j’entends dehors ?

"Maman Anderson !"

Mais si, celui qui était mortellement blessé ! Il aurait donc miraculeusement survécu, échappé à ses kidnappeurs, couru sur 100 kilomètres, réalisé lui-même sa greffe de cou suite au décès de tous les médecins dans l’apocalypse, serait reviendu dans la foulée et dans le petit matin se serait dit qu’il n’aurait rien de mieux à faire que susurrer mon nom depuis l’extérieur du bâtiment ? Tout cela me parait follement crédible : allons voir sans prévenir personne.

Nos héros attendent le scénariste ainsi que le dialoguiste de pied ferme

Et que découvre Maman Anderson en regardant par une fenêtre ? Son mari, crucifié à l’envers et couvert de cloques bizarres. Elle décide donc d’essayer de débarricader l’entrée pour voler à son secours. Sa fille tente bien de s’interposer, mais une bonne gifle la calme ; quant au cuistot local qui arrive pour essayer de la retenir, il n’y arrive pas : c’est vrai, il ne fait que 100 kilos et est un ancien militaire, alors comment pourrait il bien faire pour arriver à retenir une greluche de 55 kilos au mieux ? Bref : Maman Anderson fonce vers son mari, mais au dernier moment, ce dernier explose littéralement en une espèce d’acide plutôt corrosif, et elle ne doit son salut qu’à notre bon cuistot black qui s’est mis devant elle pour prendre l’acide à sa place. Il en meurt donc un peu.

Sur ces entrefaits, Bob descend du toit et s’en veut à mort "Si je ne m’étais pas endormi, tout cela ne serait pas arrivé !". C’est vrai par exemple, tu aurais pu remarquer la troupe de possédés transportant un type gémissant sur leur dos et fabriquant une croix avec des éléments de ton jardin avant de tranquillement la dresser et d’y accrocher la victime toujours râlante.

Si tout ce bordel ne t’a pas réveillé, c’est que tu devais bien dormir. Mais la vraie question est : comment Michaël,  archange bien éveillé qui était avec toi sur le toit, lui a t il bien pu louper que et d’une tu t’étais endormi, et de deux tout ce bordel à dix mètres de lui ? On ne le saura pas, puisque ce n’est pas prévu dans le scenario.

En tout cas, pour punir Maman Anderson d’avoir été si bête, on l’attache à une chaise, ce qui réveille tous ses instincts de bondage. La journée s’achève calmement, les possédés ne montrant pas le bout de leur nez, sûrement trop content de leur Papa Anderson "booby trapped". Ils regrettent juste ne pas en avoir un autre pour recommencer avec une boule puante, probablement. La nuit venue, alors qu’Audrey et Kyle montent la garde sur le toit, ils assistent à un étrange spectacle : une famille visiblement paniquée s’arrête en urgence pour remettre du jus dans leur véhicule ; elle est hélas rapidement rattrapée par des possédés qui les encerclent.

Ni une ni deux, Kyle, voyant le ch’tite n’enfant blond de la famille en danger, descend du toit et massacre tout ce qui a des yeux noirs et des dents pointues (quelques gothiques non possédés qui passaient par là en feront les frais) ; il finit par récupérer le gosse (il n’a pas pu sauver les parents) et… ha merde, le gosse était possédé, c’était un leurre tout pourri. On ne l’a pas vu venir ; de toute manière, tu aurais dû t’en douter Kyle : par sécurité, un gamin blond avec une coupe au bol, toujours lui carrer une balle dans la tête. Audrey tente bien de le sauver mais échoue, et c’est Michaël qui doit venir la sauver à son tour (mais il est trop tard pour Kyle la racaille). Dans la confusion, le gamin possédé a même réussi à rentrer dans la station et à tenter de tuer Charlie, mais une rafale de mitraillette alors qu’il tentait un salto entre deux tables a tôt fait de le réduire au silence.

Par contre, ça a tellement fichu les chocottes à Charlie qu’elle en accouche sur le champ ; et quand je dis sur le champ, ce n’est pas "elle commence à accoucher", c’est "en deux minutes l’affaire est pliée" ; chères mamans, vous qui me lisez, enfin vos mensonges sont balayés : l’accouchement, c’est super rapide, relativement indolore et même dans des conditions d’hygiène post-apocalyptique, ça se passe comme dans un rêve.

Sitôt le divin enfant sorti (nous sommes le 25 décembre, subtil jusqu’au bout !), les possédés pourtant venus en nombre pour encercler le bâtiment n’attaquent plus : ils ne peuvent pas approcher le Sauveur. Seul le peut un ange, ce pourquoi Michael avait été envoyé en premier lieu avant qu’il ne se décide à changer de camp. Aussi, c’est son pote Gabriel qui est envoyé : on entend les trompettes célestes peu avant qu’il n’arrive.

Des ânes et des gros boeufs : tout le monde est là selon la tradition

Maman Anderson ayant réussi à se défaire de ses liens, elle propose bien de donner l’enfant à l’archange Gabriel quand il arrivera (apparemment, dans "Ils viennent éradiquer l’humanité", elle n’a pas compris le verbe), mais son plan est vite compromis par l’arrivée du dit ange qui n’a pas dans l’idée de négocier. Michael a juste le temps de tuer Maman Anderson pour récupérer le bébé avant que Gaby ne s’en empare. Le bébé n’a beau avoir que 6 minutes au compteur, il supporte très bien le fait de voler de main en main comme un ballon de rugby, merci.

Mais au fait, à quoi ça ressemble, un ange Gabriel ?

Prenez un Gabriel. Mettez lui un pantalon moulant, une armure façon post-apocalyptique, le tout en noir et greffez lui une énoooorme paire d’ailes sombres métallisées qui ont l’avantage d’être blindées, de couper, et de permettre de voler (tout de même). Et pour 1€ de plus, tu as la climatisation. D’ailleurs, en parlant de gadgets, je voudrais vous parler de l’arme de Gabriel : la masse multi-fonction Gaby©.

Qu’est-ce ? C’est une masse d’arme mais alors, avec foultitude d’options plus magnifiques les unes que les autres ; Gaby appuie sur un bouton ? Des pointes supplémentaires en sortent ! Un autre ? Elle se met à tournoyer follement ! Encore un ? Une pointe télescopique en jaillit ! Et celui-ci ? La masse peut alors décapsuler des bières ! Et encore, je ne vous parle pas de sa fonction vibrante, du rasoir intégré (avec tondeuse pour les pattes), et de l’épilateur… C’est une sorte d’I-Masse : il y a une application pour tout. Et donc Maryse, combien pour cette masse multi-fonction Gaby© ? Combien dites-vous ? Seulement ? J’en prendrais deux.

Mais revenons à notre bon Gabriel : sitôt arrivé, sitôt il pète sa gueule à Bob avec sa belle arme. Puis, il se tourne vers Michael (qui se propose de faire diversion pendant que Jeep, Charlie, Audrey et le bébé s’enfuient en voiture, les possédés ne pouvant plus les approcher avec le gamin) qui tente bien de l’émouvoir avec un discours cucu, mais ça ne prend pas : baston il va donc y avoir, et baston il y a. Gabriel prend vite l’avantage, tant Michael n’a plus ni ailes ni masse multi-fonction Gaby©. D’ailleurs, c’est l’option pointe-télescopique intégrée qui a raison de notre valeureux héros, qui meurt… ho non ! Les gentils vont ils tous mourir ?

Saint Pierre Bellemare, dealer de masses

Probable, car Bob lui, bien que blessé, a réussi à ouvrir le gaz à fond, et lorsque Gabriel s’approche, allume son briquet. Le résultat est intéressant. Adieu, Bob.

Il ne reste donc plus des gentils qu’une voiture qui file dans la nuit quand… soudain, l’ange Gabriel atterrit sur son pare-brise visiblement assez en colère. Comment faire pour s’en débarrasser ? Ni les essuies-glace ni le lave-vitre ne paraissent suffisamment puissant pour repousser le divin soldat, et finalement, Jeep a une idée : il va rouler à fond à fond à fond.

Jeep ? Tu remarques que tu es dans une bagnole ou personne n’a de ceinture, surtout pas le bébé âgé de 15 minutes ? Et que le seul type qui a une chance de s’en sortir, c’est le mec qui est accroché à l’extérieur avec des ailes pour se barrer ?

Notre héros tente tout de même sa chance, avec sa stratégie intitulée "Tiens, si je tentais une sortie de route à 220 km/h pour voir" aussi appelée "stratégie d’Ayrton Senna". Le résultat est intéressant, puisqu’il enchaîne une demi-douzaines de tonneaux et sombre dans l’inconscience sous le choc. Oui, au moins l’inconscience, pfou.

A son réveil, il s’extraie en deux minutes de la bagnole, sous les encouragements de Charlie. Malgré son accouchement d’il y a vingt minutes, elle n’a pas perdu sa souplesse de gymnaste russe et s’est sortie du véhicule accidenté sans une égratignure. Idem pour son bébé (c’est marrant, j’aurais juré qu’un bébé non attaché à 220 à l’heure se transformait instantanément en comète), qui au pire doit avoir une fontanelle marquée, et puis n’en parlons plus. Audrey par contre, a été tuée sur le coup. Nos deux derniers héros (enfin presque trois) sont ils saufs ? Non car hélas, l’ange Gabriel n’est pas mort, et il revient pour finir le travail. Il s’apprête à tuer tout ce petit monde quand…

… du ciel surgit Michaël qui a retrouvé ses ailes et son épée de général des armées angéliques, et qui a tôt fait de désarmer Gaby le polisson. Lorsque celui-ci demande de l’achever, il répond qu’il a trop de compassion pour le faire. Même s’il sait que Gaby "n’en aurait sûrement pas autant pour lui".

Ah oui, tu m’étonnes, il t’a buté il y a quinze minutes, alors ça devrait être plus qu’une supposition mon vieux Michael. Ou alors tu as une mémoire disons… limitée ? Sélective ?

Sur ces entrefaits, Michael explique à nos tourtereaux que voilà, par leur résistance et leur foi l’un en l’autre, ils ont redonné la foi en l’Homme à Dieu ; la guerre est donc terminée, tous les anges retournent au ciel. Et nos héros s’en vont en direction d’un petit village de tentes et de ruines où des survivants ont trouvé refuge, et d’où ils vont pouvoir reconstruire la civilisation. En voix off, l’héroïne reparle de la prophétie dont lui parlait sa mère quand elle était petite. La même phrase en début et fin de film, tout se termine comme ça avait commencé : avec originalité.

FIN

Si Dieu voit ce film, je comprendrais tout à fait qu’il décide de nous exterminer. Moi aussi après tout cela je n’ai plus foi en l’Homme.

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