« Je sens ta peur, mortel !« 

La voix désincarnée résonna dans la salle de l’antique donjon, bientôt suivie d’un rire qui parut rebondir sur tous les murs et filer entre les toiles des araignées qui nichaient là. Le visiteur trembla un peu et fit un tour sur lui-même, brandissant sa lampe de poche comme un revolver. L’espace d’un instant, une silhouette humaine apparut à la lisière du halo lorsque celui-ci balaya le vieil escalier aux marches brisées, mais lorsque l’homme tenta de braquer sa lampe vers elle, elle avait déjà disparu.

« D’autres comme toi sont déjà venus… mais ils manquaient d’ambition et vois : leurs os parsèment désormais mon château !« 

Cette fois, le rire se fit plus fort, et dans tous les recoins, que le visiteur avait pourtant soigneusement inspecté auparavant, des ossements poussiéreux apparurent sous sa lampe. Il fit un pas en arrière, et sursauta lorsqu’il se cogna dans quelque chose. Il se retourna brusquement, la lampe en avant, mais une main griffue s’en était déjà saisie. Dans l’ombre face à lui, quelqu’un se mit à sourire, et deux canines étincelèrent.

« Tu voulais me voir ? Me voilà !
- Ho ! Seigneur ! s’exclama le mortel. Vous existez !
- Tu n’y croyais pas mais tu es malgré tout venu jusqu’ici ? J’en déduis que tu n’es là que par curiosité. Je n’ai que faire des curieux. Adieu. »

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Les canines plongèrent vers l’homme, mais ce dernier agita les mains devant lui avec tant de vigueur que le vampire hésita.

« Vous faites erreur ! Je suis venu vous voir car j’ai besoin de vos sombres pouvoirs ! 
- Voilà une requête intéressante. Je t’écoute, mais fais vite.
- Mon royaume est en danger et tout est vain pour le sauver ; j’ai entendu parler de votre légende et j’ai pensé que si le Ciel ne répondait pas à mes prières, alors peut-être l’Enfer… »

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Le vampire éclata une nouvelle fois de son rire inquiétant avant de disparaître dans l’ombre. Son visiteur ne réalisa que trop tard qu’il était réapparu à son oreille pour lui chuchoter :

« J’ai moi-même été comme toi, autrefois. Bois mon sang, et tu auras tout ce que tu désires : la force de cent homme. La vitesse d’un guépard. Tu pourras te changer en chauve-souris pour survoler tes terres et….
- Hopopop, halte-là !
- Pardon ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Des chauves-souris, des guépards, dites donc, c’est un royaume que je veux sauver, pas un zoo !
- Mais enfin ! Personne ne parle comme ça au grand Dracula ! 
- Oui enfin t’es gentil, mais moi je viens ici pour avoir de vrais pouvoirs utiles, hein, comme faire redémarrer l’économie, vaincre le chômage ou trouver des gens compétents pour mon gouvernement.
- Bon, écoutez Monsieur… 
- Hollande. François.
- Moi je suis un vampire, hein, je ne suis pas Gérard Majax non plus. Je ne fais pas de miracles, même les pouvoirs des Enfers ont des limites. On va arrêter cet entretien ici si vous le voulez bien. Igor ? Igor ? »

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Le serviteur bossu apparut dans l’encadrure d’une porte.

« Maîîîître ?
- Igor, raccompagne Monsieur Hollande à son scooter.
- Bien, Maîîître… dois-je faire entrer le candidat suivant, Maîîître ?
- Oui oui, donne moi juste une seconde que je retourne me mettre en position. »

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Dracula disparut dans l’ombre et sitôt que François Hollande et Igor furent sortis, une porte s’ouvrit et un homme entra une lampe de poche à la main. Dracula toussota discrètement dans sa main et se lança théâtralement pour la 17e fois aujourd’hui :

« Je sens ta peur, mortel !« 

*

*    *

Car vous l’ignoriez peut-être, mais il fut un temps où Dracula devint Dracula pour sauver son royaume : telle est la formidable épopée contée par Dracula Untold, un film qui aurait dû rester Untold ET Unseen d’après les mauvaises langues. Alors, ragots des ténèbres ou vérité sur une grosse bouse dans laquelle, pour la première fois depuis longtemps, le vampire ne bécote pas de lycéenne attardée ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche. C’est pas mal, ça, le vampire qui fait le kakou dans une pose pensive. C’est juste dommage qu’il fasse jour. Un détail.

L’histoire commence par un pitch conté par la voix d’un enfant qui visiblement, n’a que ça à faire de débiter des âneries au lieu de faire ses devoirs. Mais que nous dit-il ce galopin ? Hé bien qu’au XVe siècle, les Turcs envahirent les terres de Transylvanie. Et qu’ils prirent 1 000 enfants pour en faire des soldats d’élite, procédé grandement aidé par l’absence complète à l’époque de réunions parents-professeurs. Parmi ces bambins se trouvait Vlad, le fils du roi de Transylvanie. Il se révéla être un guerrier si terrible qu’il faisait « reculer des armées à lui seul« , ce qui peut aussi être lié à une hygiène déplorable, que nous passerons sous silence. Bon, cela était peut-être aussi lié au fait qu’il adorait empaler ses ennemis, comme ça, pour déconner, mais tout de même. Car empaleur ou pas, figurez-vous qu’en fait, Vlad n’aspirait qu’à la paix (oui, hein, on ne dirait pas comme ça, je sais, ça sonne bizarre « paix » et « empaler » ensemble). Aussi retourna-t-il dès qu’il le put en Transylvanie pour monter sur le trône et gouverner aux côtés de sa femme bien-aimée, Mirena, et de son fils, Corky.

Car la voix off nous avoue que c’est bien Corky qui se cache derrière en terminant ce bref résumé par « Pour beaucoup de gens, Vlad allait devenir Dracula. Mais moi, je l’appelais père. » Enfin c’est soit ça, soit la voix off qui a un gros manque affectif, mais passons et allons donc voir ce qu’il se passe en ce moment même en Transylvanie (je vous laisse vous-même réécouter le morceau culte « En Trans… ylvanie« , qui nous rappelle combien ce pays est à la fois mystérieux et fourni en stations essences grâce à la magie des paroliers français modernes).

En effet, Vlad est avec ses hommes au bord d’un cours d’eau au fond des bois, et il est fort préoccupé : on vient en effet de retrouver dans celui-ci un casque turc. Ce qui est pas banal, tant d’habitude dans les cours d’eau, on retrouve plutôt des goujons voire des brochets. Quelqu’un a dû forcer sur l’appât. Et pour être tout à fait exact, la prise du jour est un casque d’éclaireur turc. Ce qui est fort mauvais signe d’après Vlad qui connait bien ce peuple au sein duquel il a grandi en tant qu’otage royal : lorsque les Turcs envoient leurs éclaireurs, c’est rarement pour vendre des cookies, ce qui est bien dommage. L’armée du sultan est donc probablement non loin derrière, et il est hors de question que la Transylvanie soit envahie à nouveau. Vlad étudie donc le casque avec attention.

« Alooors… s’il est arrivé jusqu’ici… c’est probablement qu’il a dérivé depuis le pic de la Dent Cassée, cette montagne que l’on voit d’ici et où le cours d’eau prend sa source.
- Et qui est à 150 kilomètres au bas mot.
- Ouiiii et alors, aide de camp Roudoudou ?
- Ben je sais pas. Quand on trouve une Twingo dans la Seine, elle n’a pas forcément dérivé depuis la source en Côte d’Or, non ? Donc votre casque turc, là, c’est pareil. Un Turc a pu le perdre n’importe où le long du cours d’eau. Pas forcément au pic de la Dent Cassée. C’est con, votre théorie.
- Et moi je dis que chut. Et je suis le héros. Alors pouët-pouët ! Allez mes amis ! Allons inspecter le pic de la Dent Cassée pour voir ce qu’y faisaient les éclaireurs turcs ! Rouquemoute et Victime, vous m’accompagnez !
- Rho non… je le sens mal, je ne sais pas pourquoi.
- Chut, j’insiste. Venez j’ai dit. Les autres, retournez au château ! »

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Vlad, Victime et Rouquemoute progressent donc jusqu’au pic de la Dent Cassée, et alors que le bousin est à des kilomètres, ils y arrivent promptement. Il y avait sûrement une autoroute gratuite jusque là, et sans portique écotaxe. Mais bref : sur place, ils aperçoivent une grotte d’où des chauve-souris paniquées s’échappent : il ne fait pas encore nuit, c’est donc que quelque chose les a dérangées ! C’est donc soit Bruce Wayne, soit des Turcs. Allez les petits gars, entrons dans la grotte et regardons de quoi il retourne ! Allumez les torches, sortez les épées, et en route !

Et le trio s’exécute en râlant parce que bon, pfou, ça sent mauvais cette affaire.

Et en effet, à l’intérieur, c’est un peu n’importe quoi. Déjà, parce qu’on y trouve toutes sortes d’araignées qui n’ont rien à faire en Transylvanie, ce qui n’a pas l’air de choquer nos héros, et ensuite parce qu’ils tombent nez à nez avec les cadavres des éclaireurs turcs, qui ont visiblement été machouillés par une très grosse bête (on voyait aussi des traces d’énormes griffes sur le casque retrouvé par Vlad, mais ce dernier en l’étudiant n’avait pas remarqué ce petit détail). Mieux encore, ce qui a fait ça doit visiblement bien se faire chier car ça a pris le temps de recouvrir le sol de copeaux d’os broyés exactement de la même taille ! Quoique ce soit : ça a des TOCs.

Et alors que personne ne s’y attendait (non, personne !) quelque chose sort de l’obscurité et découpe Rouquemoute, puis Victime, qui n’y étaient pas du tout prédestinés, sans que ceux-ci ne puissent réagir. Vlad lui-même ne parvient à s’en tirer qu’en courant vers la sortie de la grotte en agitant son épée comme un bâton de majorette. Et à la seconde où il atteint la sortie, il constate que la créature n’ose pas sortir au soleil. Et que le sang sur sa lame, car il l’a blessée en agitant son épée dans tous les sens, se dissout à la lumière du jour. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Il aperçoit brièvement un être humanoïde pâle à la bouche ensanglantée, mais bien vite, la chose se tapit dans l’ombre et disparaît. Vlad, après avoir changé de pantalon, peut donc revenir vers ses terres, mais d’abord, il fait un détour vers le légendaire monastère de Saint Bullshit, où il va interroger un vieux moine sur ce qui s’est passé dans la montagne.

Car comme toujours, non seulement les vieux moines savent tout, mais en plus, ils ont toujours un vieux livre enluminé avec des illustrations à faire pleurer d’envie De Vinci qui illustrent parfaitement le sujet. Ce qui signifie que 1) Un moine a trouvé le temps d’aller observer parfaitement clairement la bête du pic de la Dent Cassée pour en faire des jolis dessins, et 2) Que toutes mes années passées à étudier des vieux bouquins, on s’est foutu de moi : en fait, ils dessinaient comme des dieux à l’époque. Du coup, 3), il faudrait que je confirme cette théorie sur la sapience monastique en allant poser la question à un vieux moine « Que savez-vous des femmes toutes nues ?« . Si le mec est une encyclopédie vivante et me sort en plus un illustré, je pense qu’il faudra que j’écrive un courrier au Pape pour lui dire qu’il y a du laisser aller. Mais là n’est pas le sujet. Voyons plutôt comment les choses se passent.

« Mon père, figurez-vous qu’une créature mystérieuse hante le pic de la Dent Cassée. Au début, elle ne mangeait que des Turcs, et bon, ça arrive à tout le monde de vouloir manger un Turc, mais là, elle a mangé deux de mes hommes. J’ai pourtant vérifié : aucun des deux ne s’appelait Pita.
- Hmmm… vous voulez parler du vampire ?
- Le ?
- Le vampire. Regardez plutôt cet ouvrage complet sur le sujet : il y a très longtemps, un homme a passé un pacte avec le démon, comme vous pouvez le voir sur ce dessin.
- Oui, je reconnais même l’acteur. Précis vos dessins, dites-donc, il a posé pour vous ?.
- Hé, ho, c’est fini petite langue de pute ? N’empêche que cet homme a été trompé par le démon : certes, il a obtenu des pouvoirs surhumains, mais celui-ci l’a condamné a passer l’éternité dans cette grotte du pic. Il y est bloqué jusqu’à la fin des temps, à moins qu’un homme ne vienne prendre sa place.
- Et donc, plutôt que de proposer des pouvoirs surhumains au premier Turc venu pour être libéré, il les bute touts comme un gros con ?
- Je… heu… oui, c’est… c’est à peu près ça.
- Ecoutez, n’en parlez pas. La population a déjà assez peur des Turcs, on ne va pas en plus lui lancer des histoires de vampires. Sur ce, il est déjà 18h15 et je devrais être à la maison. Allez, salut mec ! »

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Et Vlad, après avoir courtoisement salué le moine d’un « Wesh gros« ,  retourne donc à son château, le célèbre château Dracula.

Sur place, sa cour accueille avec joie le retour du bon prince, et personne ne semble s’inquiéter de la disparition de Rouquemoute et Victime, dont tout le monde se foutait probablement. Vlad peut donc siffloter tranquillement tout en se rendant dans ses appartements pour aller faire des bisous à sa femme Mirena et saluer son fils Corky. Toute la petite famille est évidemment heureuse, pacifiste, cultivée et pour un peu, boirait de la tisane bio en militant pour Eva Joly. Mirena essaie bien de se mêler des affaires de son mari, mais brièvement : car demain, c’est Pâques, et en bon royaume chrétien, c’est jour de fête et il y a des choses à préparer. Comme les œufs, je suppose.

Bondissons donc au lendemain, alors que toute la cour est réunie dans la salle du trône pour célébrer Pâques et rappeler de manière très subtile que cela fait 10 ans que le royaume est en paix grâce au bon prince Vlad, et que tout le monde espère que cela va durer encore longtemps, parce que la paix c’est cool, la guerre c’est mal et les lapins c’est gentil (on dirait un peu un communiqué des Jeunes Socialistes, mais passons). Hélas, et alors que personne ne s’y attendait, c’est ce moment là que choisissent de vils personnages pour entrer sans prévenir parce que non, en Transylvanie, personne n’annonce les visiteurs. Tu passes le pont-levis, tu files droit jusqu’à la salle du trône et personne ne se pose de questions. 5 hommes en armes, donc, rentrent ainsi dans la salle, menés par un officier qui marche jusqu’au trône de Vlad.

« Bonjour à vous, Prince Vlad.
- Bonjour à vous visiteur, que puis-je pour vous ?
- Nous sommes ici en ambassade.
- Hé bien, tous les ambassadeurs sont les bienvenus, amis suédois, vous êtes ici chez vous.
- Hem je… heu… en fait, on n’est pas suédois.
- Ah non ?
- Non, nous sommes les Turcs.
- Roooh, vous me faites marcher. Vous êtes tous blancs ! Et le grand blond aux yeux bleus, là-bas ? Et l’autre, tout aussi blond, là, ils sont Turcs peut-être ?
- Non mais si, on est les Turcs, vraiment.
- Dites Krisprolls, pour voir ? »

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Mesdames et Messieurs : les Turcs ! Les deux blonds au fond sont tout bonnement formidables.

Mais si : ce sont bien les Turcs. Quelqu’un a juste dû oublier un léger détail au casting. Mais bon, hein, est-ce bien important ? Notre délégation plus blanche que celle d’une soirée du Ku Klux Klan fait donc dans la subtilité : les Turcs provoquent les membres de la cour, humilient les gens, et exigent le tribut annuel du sultan, ce que Vlad accepte volontiers pourvu que cela maintienne la paix. Sauf que voilà, toujours dans la provoc’ (c’est décidément très subtil, le prochaine fois, autant qu’ils envoient quelqu’un chier dans les bottes princières en chantant Tata Yoyo), au moment de partir, l’ambassadeur Turc tente une imitation de Colombo en se retournant au moment de partir pour lancer :

« Ahahaha, oui, au fait, j’allais oublier une dernière chose… maintenant que j’ai bien abusé de la situation, je me demandais : vous ne voudriez pas filer 1 000 de vos enfants au sultan ? C’est un petit peu un ordre, d’ailleurs.« 

La cour s’insurge, et Vlad fait de même : les Turcs n’étaient-ils pas supposés arrêter cette pratique ? Oui, mais non : l’ambassadeur l’informe que le sultan reforme les janissaires, les soldats d’élite turcs formés à partir d’esclaves chrétiens. Alors on me dira « Ça explique les blondinets chez les Turcs. » et je répondrai « Il vient de dire qu’il reformait à nouveau les janissaires, donc qu’il n’y en avait plus, du coup, non, les blondins chez les Turcs sortent de nulle part, mais c’est gentil d’avoir essayé.« 

Ah bah, tenez, je viens d’aller voir le casting : l’un des rôles porte le nom de « Turc aux yeux clairs » et est joué par un certain Thor Kristjansson. Et dire que je voulais caricaturer : Hollywood est décidément bien plus fort que moi.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis consterné.

Mais, passons. Car le soir venu, Vlad papote au lit avec sa femme en lisant Libération.

« Je ne donnerai pas notre fils aux Turcs. Ça commence à bien faire les conneries. Et puis qu’ils retournent chez eux, et chez eux, c’est pas en Europe si tu vois c’que j’veux dire !
- Ho oui mon Choubidou ! Montre-leur ! Mais j’y pense, Mehmet, le nouveau sultan, vous n’avez pas grandi ensemble ? C’est pas un peu ton BFF ?
- Mais si, si… maintenant que tu en parles, c’est vrai que c’est utile comme information. Rah, si seulement je l’avais eu plus tôt, j’aurais pu dire à l’ambassadeur turc d’arrêter de se comporter comme une buse et me faire respecter.
- Ce n’est pas grave si tu es un peu con mon Vladou. C’est aussi pour ça que je t’aime.
- Bon, tu sais quoi ? Demain, je vais voir Mehmet, et je lui dis qu’on n’a pas envie de lui filer nos enfants. En attendant, dormons, on dira moins d’âneries. Enfin, j’espère. »

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Et donc, dès le lendemain, notre héros se lève, se brosse les dents, mange ses tartines devant Télématin puis parcourt la distance qui le sépare de l’immense camp de Mehmet, qui s’apprête à fondre sur l’Europe, pour y trouver son vieil ami, en pleine réunion stratégique avec ses meilleurs généraux.

Pardon ? Oui, le sultan est lui aussi un bon occidental puisque vous me posez la question. Joué par un certain Dominic Cooper, il a été autobronzé jusqu’à ce que mort s’ensuive, et ressemble donc plus à une petite vieille de la Croisette qu’à un sultan turc : pour un peu, on en aurait presque envie de lui voler son sac. Toujours est-il que Mehmet invite son bon ami Vlad à le rejoindre pour siroter un café turc tout en discutant de la situation. Mehmet ouvre donc les hostilités.

« Vlad ! Heureux de te revoir, tu es un guerrier légendaire. Je vais envahir l’Europe et je serais heureux de t’avoir à mes côtés. Mais figure-toi qu’il me manque encore mille soldats, dont je ne peux me passer, les troupes manquent… et tu était censé me fournir ces 1 000 enfants pour mes janissaires.
- Oui, alors justement, à ce sujet… bon, écoute… on ne peut pas te les fournir. Enfin on ne peut… on ne veut en fait. Voilà.
- …
- Mais moi je vaux bien 1 000 hommes ! Prends-moi dans tes rangs !
- Ho, grand fou. Mais non ! Je veux tes 1 000 hommes. Et puisque tu en as proposé un de plus… pourquoi pas. »

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Et c’est à peu près tout. Non, Vlad ne propose pas de payer à la place pour engager 1 000 hommes, ou de fournir 1 000 adultes, non, Vlad est une grosse buse qui ne voit que deux alternatives : 1 000 mouflets, qui en plus, seront trop jeunes pour servir, ou lui. Alors qu’il aurait fait appel au célèbre Odius Connos, conseiller de l’ombre venu de l’ouest et paysagiste de renom, la situation eut été vite réglée.

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« Prince Vlad, j’ai deux bonnes nouvelles.
- Conseiller Connos ? Mais enfin, cela ne fait que 10 minutes que vous planchez sur la question ! Enfin, je vous écoute, quelles sont ces nouvelles ?
- La première, c’est que les Turcs sont satisfaits. Ils n’exigent plus d’enfants de nous.
- Mais, comment ? Aucun parent n’a signalé l’enlèvement de son enfant.
- C’est là la deuxième bonne nouvelle, mon prince : je viens de libérer le budget royal de plusieurs milliers de deniers : les orphelinats n’auront plus besoin de grand chose avant un bon moment. »

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Quel manque de sens pratique.

Vlad rentre donc penaud : il peut soit obéir et garantir la paix, soit refuser et accumuler des milliers de morts dans une guerre perdue d’avance. Par ailleurs, Mehmet, qui est décidément taquin pour un BFF, exige que Vlad envoie son propre fils parmi les enfants à fournir. Parce que oui, Mehmet aime bien chauffer ses alliés pour s’assurer qu’ils aient envie de se rebeller. Mais vous allez voir, ce n’est pas fini. Et c’est bien dommage, d’ailleurs.

Car résigné, Vlad accepte, malgré les supplications de sa femme. Toute la petite famille se rend donc dans un coin désert du pays (pourquoi ? Ne me demandez pas, hein, je n’y suis pour rien !) pour remettre à un ambassadeur turc le jeune Corky, qui deviendra janissaire. Ou employé de la COTOREP, on est pas encore sûr. On va supposer qu’il ne sera que le premier des mille enfants d’ailleurs, hein, et pas que les Turcs ont décidé de récupérer les marmots au un par un. Sur place, donc, malgré toutes les difficultés et cris de sa femme, Vlad remet son fils. Ce qui se passe à peu près comme ceci :

« Tenez, prenez mon fils.
- D’accord. Hahahaha.
- Vous avez rigolé, là, non.
- Oui, et je le refais. Hahahahaha !
- Bon. Okay.
- Holala, vous êtes franchement trop naze en fait, je m’attendais à plus de résistance !
- Non mais c’est bon, vous avez mon fils là, pourquoi vous me provoquez ?
- Moi, je vous provoque ? Je ne te provoque pas. Petit kiki.
- Vous venez de dire un truc, là !
- Non. Je couche avec ta mère.
- Nan mais sans déconner arrêtez ! Depuis le début du film, vous n’arrêtez pas de provoquer sans aucune raison !
- Vous exagérez.
- Et… mais merde, vous faites quoi ?
- J’urine sur votre jambe. Comme ça. J’avais envie.
- Mais ?! »

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Et après moult provocations aussi débiles qu’absurdes, Vlad fait quelque chose que vous n’attendiez pas du tout : IL SE REBELLE !

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« Chérie, je crois que les Turcs me provoquent gratuitement. – Mais non mon roudoudou, tu te fais des idées. – Tu es sûre ? Même quand ils me font des doigts pendant qu’ils me parlent en m’appelant « Dracucu » ? – Oui je… ce doit être une… une tradition ? »

C’est tellement subtilement amené. Tenez, on dirait presque le passage de Dark Vador du côté obscur selon George Lucas, c’est dire.

Vlad attrape donc l’épée de l’ambassadeur con-con, et à lui seul, le découpe lui et sa petite escorte avant de repartir avec son fils et sa petite famille parce qu’ils n’ont pas que ça à faire et qu’en plus, il y a des petits bouts partout et que c’est très sale. Ses conseillers paniquent : cela signifie que ce sera la guerre avec les Turcs ! La Transylvanie n’a aucune chance de s’en sortir, et Mehmet les fera tous payer pour cet affront ! Mais Vlad ordonne à tout le monde de repartir au château sans lui. Lui, il a autre chose à faire. Il a… UN PLAN !

Non ! Pas un plan de Vlad !

Si. Il veut aller chercher la force qui lui permettra de vaincre les Turcs et de sauver son royaume. Et pour cela, se dirige donc vers le pic de la Dent Cassée.

Qui entre temps a bien changé : désormais, pour y accéder il faut faire de l’escalade de ninja. C’est marrant, ce n’était pas le cas, dans mon souvenir, avec Rouquemoute et Victime. Ils ont dû fermer l’autoroute qui y menait entre temps. Ou remettre l’écotaxe. On ne sait jamais avec ces trucs là.

Vlad arrive ainsi dans la grotte, et il est bientôt accueilli par un humain malingre au visage monstrueux, exactement comme dans le livre des moines. J’insiste : quelle précision, ces moines. La créature sourit donc à son visiteur.

« Tu es revenu ! Personne ne revient, d’habitude.
- Personne ne s’en va non plus en même temps, hein.
- En effet. Mais dis-moi, tu ne sens pas la peur, mais l’espoir. Quel homme rampe jusqu’à son tombeau avec de l’espoir ?
- C’est que mon pays a besoin, non plus d’un héros, mais d’un monstre pour le débarrasser des Turcs. Alors j’ai besoin de votre force.« 

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Le vampire considère la chose avec attention, avant de reprendre.

« Bon ben écoute, c’est plutôt cool parce que j’attends depuis des siècles un homme de ta trempe pour lui confier mes pouvoirs et me libérer.
- Encore une fois, je ne pige pas pourquoi vous ne les avez pas donné au premier mec venu pour sortir plus vite, mais soit.
- Il suffit ! Regarde, je vais me trancher la main pour faire couler mon sang dans ce bol taillé dans un crâne.
- Dites-donc, vous êtes un peu léger niveau vaisselle. Vous avez l’immortalité et des supers pouvoirs mais même pas un bol Nesquik ?
- Ho, hé, ça va hein. Voilà le deal : si tu bois mon sang, tu deviendras un vampire. Tu auras la force de cent hommes, la vitesse du guépard, et tu commanderas aux créatures de la nuit, comme le loup, la chauve-souris ou encore le hamster. Et ce, pour 3 jours. Si au bout de ces 3 jours, tu as résisté à la soif de sang humain que tu vas ressentir, tu auras sauvé ton royaume et tu seras à nouveau humain.
- Et si je bois du sang humain entre temps ?
- Alors tu seras un vampire pour l’éternité. Et moi, je serai libre car tu auras accepté ton sort. Tu deviendras un pion dans mes plans maléfiques.
- Du coup, pourquoi vous me le dites ? Non parce que sinon, j’aurais bu du sang humain, et pouf, vous étiez libre.
- Je… ah, oui tiens. Bon, allez : bois et arrête de m’enquiquiner.
- Allez, un, deux, trois, cul sec ! »

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Et grâce à son passé d’étudiant faluchard, c’est donc sans souci que notre héros finit son bol. Le vampire en profite pour lui dire qu’il aura aussi des faiblesses comme « l’envie de sang », mais c’est tout, il oublie de lui parler du reste. Comme l’argent, la lumière du jour, hohoho… détails, hein. C’est pas comme si c’était vaguement important de dire « Au fait, à la lumière du jour, tu te transformes en torche, tu ne t’inquiètes pas, c’est normal ! Ça pique un peu sur le coup, mais après, tu pèles fort, c’est rigolo.« 

Là, ami lecteur, tu me diras « Oui mais au début du film, Vlad a vu que le vampire ne sortait pas de sa grotte et que le sang de celui-ci sur son épée brûlait au soleil dans l’entrée de la cavité ! Donc il sait pour la lumière du jour !« 

Non. Pour rappel, tout ce que Vlad sait, c’est que le vampire ne peut pas sortir de sa grotte (le vieux moine lui a dit) et ce qu’il a vu, c’est qu’il ne pouvait pas en effet s’approcher de la sortie. Et que le sang du vampire s’était volatilisé à cet endroit. Donc sa déduction logique devrait être « Hmmm, si le vampire essaie de sortir, il brûle. » et non « Hmmm, c’est la lumière du jour, sa faiblesse. » parce que sinon, il devait demander « Mais si c’est ça, pourquoi vous n’avez jamais pensé à sortir de votre grotte la nuit ? ».

Mais non : Vlad a lu le script, et c’est bien puisque sinon, il allait nous faire Jeanne d’Arc Untold malgré lui.

Toujours est-il qu’après avoir bu le sang du vampire, Vlad est un peu malade et c’est normal : pour pouvoir se transformer, il doit d’abord mourir. Là encore, un détail. Ce qu’il fait très bien, contrairement à Marion Cotillard. Sauf que comme prévu, il revient d’entre les morts, et se réveille… au beau milieu du cours d’eau qui descend du pic de la Dent Cassée ! Tiens mais au fait, comment est-il arrivé là, sachant que le pic de la Dent Cassé est à des kilomètres de là, si j’en crois les décors ? Non parce que si le vieux vampire est prisonnier de sa grotte, il n’a pas pu le traîner. Du coup on va…. hmmm… on va dire qu’il l’a lancé. Très fort. Une sorte de lancer de nain édition XL. Je me comprends.

Bref, Vlad se réveille et a un gros mal de tête (et c’est tout, bande de filous). Pffffouuu, il faut qu’il arrête de picoler du sang, il n’a plus l’âge pour ça. Bon, voyons voir ! Déjà, il est vivant, première nouvelle. Ensuite, l’anneau en argent à son doigt hérité de son père le brûle : il est en argent. Il le retire donc et décide de le porter autour du cou par-dessus ses vêtements. Et enfin… ses sens ont changé ! Il arrive désormais à voir des loups qui gambadent, des daims qui s’enfuient ou des écureuils qui rackettent un lapin à des kilomètres ! Mieux encore, il entend un bruit sourd… c’est en fait une araignée, à cent mètres de là, qui s’agite dans sa toile ! Désormais, son ouïe est surdéveloppée : péter à la cour de Transylvanie va devenir un véritable défi, mais là n’est pas le sujet.

Car Vlad entend surtout que les choses vont mal au château Dracula : dans le lointain, on tire au canon !

Ou alors, on écoute de la techno autrichienne : dans les deux cas, le peuple est en danger.

Ce sont bien les Turcs qui sont venus calmer la rébellion que le prince Vlad avait commencé. Ils ont donc envoyé 1 000 hommes et des bombardes (oui, tout ça, ils devaient camper à moins d’un kilomètre puisqu’il ne s’est pas passé plus de quelques heures depuis le massacre de l’ambassadeur venu chercher Corky et de sa garde) assiéger le château. Vlad accourt donc, et réalise un peu par hasard qu’il peut désormais aller très vite en se transformant en nuée de chauve-souris. Allez hop ! En avant !

Vlad regagne donc son château bombardé et se faufilant discrètement, rejoint sa cour. Il rassure sa femme, ses enfants et son bon peuple (qui tout le long du film, se limite aux habitants du château : la Transylvanie, c’est tout petit) et annonce : il a voulu maintenir la paix, mais les Turcs ont poussé le bouchon trop loin. A présent, ils vont payer. Et il va s’en charger personnellement ! Vlad sort donc du château sans même une arme, et s’avance droit vers l’armée turque. Celle-ci est un peu étonnée mais bon, hein, puisque le prince Vlad est là, ils vont lui péter la gueule. Tant qu’à faire.

Ils le chargent donc. 1 000 contre un mec en slip avec ses petits poings, ça paraît jouable.

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Evidemment, le héros a quand même toujours le temps de faire un discours sur la liberté à ses hommes sales et fatigués pour mener une dernière bataille.

Pas de bol pour eux, Vlad étant super fort et super rapide, il a tôt fait de soit leur faire du catch dans la gueule (si, si), soit de tuer les vilains avec leurs propres armes. En quelques minutes, Vlad tue donc à lui seul 1 000 hommes, puis histoire de rappeler qu’il n’est pas là pour déconner, il les empale tous (d’où sortent les pieux ? Mystère !). Ça vous pose son homme et ça fait passer un message plus clairement qu’une boîte de Mon chéri. Lorsque les hommes de Vlad, partis faire caca, arrivent en renfort, ils sont donc un peu surpris de voir que toute l’armée ennemie a été vaincue et embrochée. Vlad est donc clair :

« Ne posez pas de questions.
- Pas d’inquiétude : nous sommes bien trop cons.
- Excellent. Mais les Turcs ne vont pas s’arrêter là. Mehmet va apprendre que son armée a été défaite et employer les grands moyens. Nous devons envoyer mon peuple se cacher au monastère du Saint Bullshit. Dites à tout le château de se préparer.
- Non mais vraiment, vous êtes sûr que votre peuple tout entier tient dans un seul château et/ou un monastère ?
- Rah, j’ai dit pas de questions !
- Ah oui, pardon. Bon, on va se mettre en route, nous devrions y être dans 10 minutes. 
- Vous êtes sûr soldat ? Le monastère n’est pas plutôt à plus d’une journée ?
- Ben non, au début du film, dans une seule et même journée, après avoir affronté un vampire dans une grotte vous aviez trouvé le moyen d’aller à Saint Bullshit et d’en revenir avant même que tout le monde ne soit parti se coucher. Du coup, ça doit être juste à côté, non ?
- Hmmm… non. Le monastère est monté sur des savonnettes et a glissé pendant la nuit. Maintenant, il est super loin.
- Mais ?
- PAS DE QUESTIONS J’AI DIT ! »

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Et le plan de Vlad est exécuté : le peuple est rassemblée et quitte le château pour aller au monastère de Saint Bullshit, qui serait plus facile à défendre (alors qu’un château, non). En chemin, les conseillers de Vlad font grise mine, mais leur prince a tôt fait de leur remonter le moral.

« Sacrebleu, Vlad. Les Turcs contre nous… nous n’avons aucune chance.
- Pas d’inquiétude mes amis, je vais gagner cette guerre en trois jours. Tout seul. Ils n’ont qu’à venir, et paf. »

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Ce qui est assez intéressant vous en conviendrez : depuis qu’il a bu le sang du vampire, Vlad est en God_Mode pour 72h. Mais plutôt que de se dire « J’ai un temps limité, je vais profiter de ma super vitesse, force et invincibilité temporaire pour aller bourrer la gueule aux Turcs et être en paix avant la fin du compte à rebours« , il se dit plutôt que tiens, puisque j’ai un temps limité, si je le gaspillais à attendre ? Rhooo, et ce n’est pas du tout pour que Vlad se retrouve dans une situation où à la fin du compte à rebours, il doive faire un choix déchirant. Noooon. Rien à voir on vous dit.

D’ailleurs, il faut savoir que quelqu’un d’autre sait que Vlad est un vampire : à un moment, Vlad s’éloigne du groupe pour aller marcher seul dans les bois loin de toutes ces tentations de jugulaires à sucer, ou cueillir des champignons, qu’importe. Quand soudain, il aperçoit derrière lui une sorte de vieux gitan édenté.

« Va-t-en, rabouin ! Je suis le prince Vlad et je n’aime pas être suivi. 
- Maiiiiis Monseigneuuuuuur, je m’appelle Igoooor et je voudrais vous serviiiiiir, ôôô, grand vampiiiiire !
- Commence pas apprendre à utiliser correctement les voyelles. Et d’où sais-tu que je suis un vampire ?
- Les chauve-souris… elles tournent autour de vous en permanence…
- Oui, mais uniquement lors des scènes qui vont bien parce que le réalisateur l’a oublié. Mais d’où te vient cette science des vampires, sachant que l’on n’en parle que dans un vieux livre de Saint Bullshit ?
- … heu…
- Non, tu sais quoi ? Je vais arrêter de poser des questions aussi.
- Ah, bon, d’accord… mais sinon, comme vous êtes un vampire, vous devez avoir envie de boire du sang ! Ça vous dirait de boire le mien ?
- Non.
- Bon… au revoir, alors ! »

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Et Igor disparaît dans les bois.

Vlad, lui retourne au campement établi… pour la journée. Et non, aucun de ses hommes ne trouve bizarre que le prince dise « Surtout, ne nous déplaçons pas le jour, sachant que les Turcs arrivent, passons 2/3 de chaque journée à nous tourner les pouces sur place !« . C’est chouette. Bien à l’abri au fond de sa tente Quechua (les vampires adorent, les lecteurs les plus anciens de ce blog sauront sûrement de quoi je parle), Vlad peut donc attendre en paix que le jour passe. Et faire des câlins à sa femme. Avec douceur : car si Vlad, sorti de sa rivière à son réveil, brisait des rochers rien qu’en s’appuyant dessus tant il était devenu super fort, là, il arrive à serrer très fort sa femme dans ses bras, voire lui mettre le trilili dans le trouloulou sans lui péter toutes les vertèbres, oups, pardon, désolé, tu es tétraplégique mais en même temps, ça a dépoté pas vrai ? Sa force varie donc selon les scènes, c’est bon à savoir. Il n’empêche que sa femme a tôt fait de découvrir son secret : déjà, Vlad n’a plus dans le dos toutes les cicatrices de coups de fouet qu’il avait remontant à sa jeunesse chez les Turcs. Ensuite, elle aperçoit nettement qu’une fois torse nu, la bague en argent qu’il a au cou le brûle (mais comme il est con, il ne pense pas à la retirer), et enfin, elle note qu’il est bizarre, du moins plus que d’habitude, et il finit par tout lui avouer, à commencer par le fait qu’il doit surtout ne pas boire de sang humain durant trois jours s’il veut redevenir un simple mortel.

Sa femme étant sympa, et lui dit que okay René, je vais t’aider.

Ce pourquoi dès le soir venu, alors que les Transylvaniens se préparent à lever le camp pour marcher sur Saint Bullshit, Mirena ordonne à tout le monde de se bouger sans prêter attention à Vlad qui serait « parti en reconnaissance« . En réalité, Vlad est en train d’attendre que le dernier rayon du soleil soit tombé pour se transformer en nuée de chauve-souris et aller courir la région. Seulement voilà : le mec qui jusqu’ici pouvait entendre une araignée jouer des claquettes à 100 mètres avec la même intensité qu’un coup de canon, ne repère pas tout le contingent d’éclaireurs turcs en armure qui était à 50 mètres du camp en train de se marrer.

Oui, le script est génial, je sais. C’est merveilleux.

D’ailleurs, les éclaireurs turcs sont très forts : alors qu’ils sont bien installés le long de la colonne des réfugiés Transylvaniens, qu’ils ont une vue formidable sur eux (les nuits sont très claires dans ce pays) et des arcs… mouais non : à la place ils préfèrent charger en hurlant.

Résultat ? C’est un massacre quand même, et bien vite, Mirena et Corky sont menacés par un vilain Turc qui a bien envie de les tuer. C’est sans compter sur l’arrivée d’une nuée de chauve-souris qui se transforme bientôt en papounet devant les yeux de bovin de Corky et qui… pousse le méchant dans le vide, puisqu’ils étaient au bord d’une falaise. Et là encore, malgré sa super ouïe, Vlad n’entend pas le méchant se rattraper à un bout de la falaise et faire des bruits comme « Pouf, argh, ouch, ça pique les doigts les cailloux, dès que je serai sauvé, j’irai tout balancer au sultan !« .

Oui, c’est drôlement bien fait. Et subtil. Je sais.

Toujours est-il qu’après ce bref incident, les réfugiés et Vlad parviennent jusqu’au monastère de Saint Bullshit, niché en haut d’une falaise surplombant un défilé, et tout le monde s’y enferme pour prendre un peu de repos. Hélas pour Vlad, au petit matin, tout le monde va et vient dans le monastère, sauf lui qui est bloqué par la lumière du jour. A part dans une scène où il est au milieu de l’armurerie du monastère (typique !) et où il glande sous une fenêtre en prenant des poses cool sans que personne ne remarque que ha bah tiens, c’est joli pour la photo mais là, on voit clairement le soleil lui tomber pile dessus, il ne devrait pas un peu cramer, le garçon ?

Mais non. Hohoho, encore un très léger oubli on vous dit.

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En même temps, c’est tellement bien réalisé. Par exemple, là, dans cette scène, il fait nuit. Si. Vraiment. Sans même parler de la lumière, vous aussi vous notez ce gros objet céleste très lumineux au fond ? Voilà. Sûrement la lune.

Bref, à un moment, alors qu’il déambule dans les ombres, Vlad se fait repérer par un moine qui se met à le suivre. Il comprend alors que Vlad fait tout pour rester à l’ombre : c’est soit qu’il a chaud, soit que c’est un vampire ! Aussitôt, le moine choisit l’option la plus crédible, et alors que Vlad est dans la forge du monastère, le moine débarque… avec une épée en argent à la main !

Car oui, les épées en argent, c’est un peu comme les sandales : tout moine en a de base dans son inventaire.

Mais bref, notre moine est donc furieux :

« Prince Vlad ! Vous êtes devenu un vampire, laissez-moi vous tuer !
- Hmmm… non, pour voir ?
- Allez !
- Non.
- Bon, en tout cas, vous n’avez pas encore bu de sang humain, car sinon, vous seriez aussi sensibles aux signes religieux, mais tout de même : si vous êtes un monstre, je dois vous tuer !
- Essaie pour voir ! »

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Comprenant qu’il va se faire botter le cul s’il y va en duel, le moine hésite, et finalement utilise son épée… pour déchirer la toile tirée au-dessus de la forge ! Le soleil pénètre donc dans celle-ci, et Vlad se prend un rayon en plein visage et commence donc à se décomposer de la tête, un peu comme certaines vieilles actrices qui finissent dans Vivement Dimanche. Tous les passants qui étaient dans la cour du monastère se mettent donc à hurler au monstre, et balancent des torches dans la forge en espérant que Vlad la créature des ténèbres va mourir. Mirena, qui comprend que cela sent le pâté (elle est drôlement rusée), se tourne vers une des nourrices de son fils Corky.

« Vous là ! Emmenez Corky dans une chambre et empêchez-le de regarder par la moindre fenêtre !« 

Ce que la servante interprète aussitôt comme « Emmenons Corky en haut d’un escalier puis laissons-le regarder depuis une rambarde : de haut, il verra mieux ce qu’il ne doit surtout pas voir. »

Je suis fatigué. Si fatigué.

Bref, Vlad finit par se trouver un coin d’ombre pour s’abriter et se recomposer, et il parvient même à échapper à l’incendie de la forge, car la fumée créée par celui-ci génère une véritable zone d’ombre sur le monastère. Vlad sort donc dans la cour faire un peu la loi.

« Non mais dites-donc ! Ça va pas d’essayer de me brûler la gueule ?
- Bé oui mais vous êtes un monstre, un peu !
- Oui, j’en suis devenu un pour vous sauver les miches ! Alors vous devriez me dire merci !
- Hmmmmmouaiiiis. 
- Bon, écoutez : je bourre la gueule des Turcs et on en reparle après, d’accord ? »

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Soit. Tout le monde est d’accord : d’abord, les Turcs, ensuite, les créatures de Satan. Intéressante liste des priorité : les Grecs qui me lisent approuveront.

Mais justement, et chez les Turcs ? Hé bien, l’éclaireur qui s’était accroché à un bout de falaise après avoir affronté Vlad est venu faire son rapport. Il a donc raconté que l’ennemi se planquait au monastère de Saint Bullshit, et surtout, que Vlad déployait des pouvoirs mystérieux qui effrayaient tout le monde. Mehmet a donc la solution à cela :

Une armée de… de soldats aveugles ?

Comment dire ? Ça ne règle pas le problème, en fait ? C’est un peu comme dire « Hmmm, ils utilisent des bombes : envoyons des sourds, ils n’auront pas peur du bruit. » Oui, mais ils prendront quand même des bombes sur la gueule, en fait. Enfin bon, qui attend encore quelque chose du film à ce stade ? Mehmet, réunit donc 100 000 hommes car s’il ne pouvait « pas se passer de 1 000 enfants » d’après ses dires plus tôt dans le film, visiblement, il trouve quand même encore aisément 100 000 hommes sous un caillou.

Vous pensez qu’il ne peut pas faire plus con ? Ho, comme vous êtes optimiste !

Mehmet envoie son armée attaquer le monastère sans armes de siège. Ou bélier. Ou vague échelle. Mais c’est normal, et vous savez pourquoi ? Parce que Mehmet, non content de franchir la distance campement – château de Dracula – monastère de Saint Bullshit en 1 heure là où une petite colonne de réfugiés avait mis deux jours, attaque en plus… par le défilé.

Mais si, vous savez, le défilé. C’est à dire l’endroit certes sous le monastère perché 300 mètres plus haut, mais qui ne mène pas au monastère. Grosso modo, les mecs viennent juste pique-niquer, quoi.

C’est formidable. Formidable.

Mais la nuit est en train de tomber – les jours & nuits ont des durées variables dans ce film, on dirait du Nolan – et Vlad est chaud-patate pour se battre. Après tout, c’est sa dernière nuit en tant que vampire ! Bon, on notera aussi qu’il n’a plus jamais senti le besoin de boire du sang depuis deux nuits, juste vaguement la première, mais hein, bon. Et donc, cette nuit, il va raser l’armée de Mehmet, voire, comme on disait en ce temps là, lui Mehmet sa misère.

Chhhhht. Vous n’avez rien lu. Vous avez rêvé ce calembour. Oubliez et passons à la suite.

Vlad a une arme secrète : les chauve-souris. Depuis le monastère, il les appelle depuis tous les coins du pays, jusqu’à ce que des centaines de milliers se mettent à tournoyer (et déféquer) autour de Saint Bullshit. Puis, il les contrôle et fait prendre à l’essaim différentes formes : une main, un poing, un gros doigt, une pantoufle… et finit par envoyer le vol de créatures de la nuit au-dessus des Turcs. Il oblige les chauve-souris à voler en formation « poing géant », puis abat celui-ci sur l’armée ennemie, qui est donc en partie désintégrée par ce poing céleste !

Parce que visiblement, dans Dracula Untold, les chauve-souris, à partir du moment où elles volent en dessinant un poing géant, ont les propriétés d’un poing géant. Et non pas celles de chauve-souris de 20 grammes qui volent juste très très vite vers le bas. Certes en nombre, mais pas grimpées les unes sur les autres pour peser plus lourd. On va donc en rester là-dessus : le pouvoir de Vlad sur les chauve-souris est sûrement très impressionnant au Pictionnary, mais contre une armée de Turcs, logiquement, ça reste moyen. Mais le script dit, encore une fois, que si, c’est super. Vlad massacre donc toute l’armée ennemie avec ses chauve-souris qui créent des impacts de plusieurs mégatonnes (le tout, sans se blesser), avant de voler lui-même, sous forme de ces volatiles, se jeter sur le général ennemi pour lui…

« Mais ! Vous n’êtes pas Mehmet ! 
- Ah non, moi c’est Sven.
- Sven ?
- C’est Turc, cherchez pas. »

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Après avoir tué un énième Turc-Suédois, Vlad est donc bien embêté ! Où est Mehmet ? Pire encore, une fois de plus, il n’avait pas entendu tout un contingent d’éclaireurs ennemis approcher le monastère et le prendre d’assaut pendant qu’il était parti (décidément, je ne sais pas si ce sont les éclaireurs qui sont très forts ou Vlad qui est très nul, mais j’avoue qu’une hypothèse me paraît plus crédible que l’autre). Ceux-ci passent donc au fil de l’épée tout ce qui leur passe sous la main, et kidnappent Corky. Vlad a beau voler à toute allure pour venir à son secours, lorsqu’il arrive, son vrai souci est que sa femme, bousculée dans la bataille, tombe de la plus haute tour du monastère… droit vers le défilé ! Une chute de 300 mètres au bas mot !

Vlad saute donc à sa poursuite, mais hélas, même en prenant la forme de chauve-souris, il n’arrive pas à tomber plus vite qu’elle pour la rattraper. Ne me demandez pas pourquoi. peut-être qu’il n’a pas pensé à battre des ailes ? Et sinon, vu que la chute dure deux plombes, appeler les 12 000 000 chauve-souris qui viennent de latter les Turcs pour qu’elles fassent encore une main géante, mais sous ta femme, non ?

Non.

« AÏE ! » fait donc Mirena en touchant le sol.

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« Survivre à une chute de 300 mètres ? Ah nan mais attends même nous on ne l’a pas ce pouvoir ! Tu ne voudrais pas plutôt envoyer ta femme combattre les Turcs ? »

Non, pas « Sproutch !« , j’ai bien dit « Aîe !« . Mirena, qui vient de faire une chute de 300 mètres, est impeccable. Elle est dans une jolie robe blanche avec même pas une trace de sang, un bout de fracture ouverte ou quoi que ce soit : elle est juste allongée sur les cailloux avec de grands yeux tristes. Et elle a le temps de causer, en plus, parce que bon, hein, sa chute-qui-ne-fait-pas-de-traces était mortelle, mais pas trop. Elle peut donc agoniser en paix, Vlad penché sur elle.

« Vlad…
- Oui mon amour, je suis là.
- Vlad…
- Accroche-toi ma chérie. Tu vas rentrer au pays. J’entends les hélicos !
- Vlad… suce mon sang.
- Que… hein ?
- Vlad… notre fils est en danger… Mehmet encore vivant… et le soleil va se lever. Tu vas perdre tes pouvoirs. Bois mon sang, et deviens un vampire pour sauver notre fils ! Sacrifie-toi pour lui et ton pays.
- Mon dieu.. Mirena… non !
- Ah ben hé. Qui c’est le gros tocard qui a passé trois jours à fuir au lieu d’aller bourrer Mehmet qui devait vivre à 200 mètres pour être toujours si près avec toute son armée ? Maintenant, tu n’as plus le temps et tu chiales. Hé ben tant pis. Allez, bois mon sang. Fais-le pour notre famille. Et aussi pour que je puisse quitter ce film tout pourri.
- Bon… si je dois le faire ! »

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Et donc, évidemment, Vlad ne devient pas le célèbre Dracula simplement parce qu’il aimait empaler des gens, non : il devient un vampire par amour et parce qu’il est plein de valeurs. Il plonge donc ses crocs dans le cou de Mirena, ce qui la tue, contrairement à une chute de 300 mètres et à de gros cailloux, donc. Et il devient ainsi un vampire pour l’éternité. Pendant ce temps, dans sa grotte au fin fond de la montagne, le vieux vampire est content : Vlad a cédé et bu du sang avant la fin des trois nuits. Il est donc… liiiiibre ! Liiiiiibre ! Il va pouvoir… pouvoir… hmmmm, sans argent ni diplômes il va… bon. Il n’y avait jamais pensé. Il aurait dû continuer cette licence de lettres modernes par correspondance. Enfin.

Mais revenons à Vlad. Grognon, il retourne au monastère où visiblement, les Turcs n’ont jamais appris comment tuer des gens, puisque 85% du monastère est à l’agonie. C’est magique : il y a des dizaines de moines, de réfugiés, de membres de la cour, tous assis contre un mur avec la main sur le bide, qui respirent doucement. Des blessures aussi pourries sur autant de gens, je retire ce que j’ai dit : les Turcs sont très forts. Ils savent exactement où taper pour planter autrui sans les tuer. Si ça se trouve, en fait, c’était des Turcs sympas qui leur ont tous retiré l’appendicite. Vraiment, le cœur sur la main.

Vlad, qui est décidément complètement con, se dit qu’encore une fois, aller bourrer la gueule à Mehmet ne suffira pas. Il décide donc de proposer à tous les survivants de boire son sang, et les transforme tous en vampire, les sauvant ainsi de la mort. Puis, tous ensemble, ils s’envolent et fondent sur le camp de Mehmet, ne laissant aucune chance à la pauvre armée. Et là, les vampires se gorgent tous de sang humain. Vlad, lui, arrive droit dans la tente de Mehmet, où son fils est prisonnier.

Car oui, alors qu’il vole et est le prédateur ultime, à aucun moment, il n’a juste pensé à retrouver l’éclaireur qui avait kidnappé son fils. Éclaireur qui a donc réussi à regagner plus vite à pied le campement de Mehmet que les vampires en volant.

Bouhouhou… la fin ! Pitié !

Heureusement, elle approche. Mehmet, qui avait en fait un Master en Affaires Parabanales est parfaitement au courant des vampires et de leurs faiblesses : il a donc couvert le sol de sa tente de l’argent des tributs récoltés au quatre coins de l’empire. Toutes ces pièces d’argent… Vlad est affaibli ! Mehmet peut donc se battre contre lui et avoir le dessus, et je vous passe tous les poncifs de la scène, mais alors que Vlad est au sol, affaibli (mais pas trop brûlé par l’argent, ça va, merci) et Mehmet armé au-dessus de ce dernier en train de lui raconter sa vie et de sa carte de fidélité chez Cool 1 Bronz’, Vlad se dit qu’il ne peut pas décemment perdre après toutes ces aventures. Il se reprend donc et bute Mehmet, hop, comme ça, allez, un coup et ça ira bien.

Il libère donc son fils et sort de la tente pour marcher au milieu des corps de feu l’armée turque, mais soudain, tous ses potes vampires l’encerclent.

« Nous avons tué tous les humains… à part ton fils ! Allez, donne-le nous !« 

Pourquoi ? Parce qu’ils sont cons, peut-être ? Je n’ai pas d’autre explication.

Vlad refuse donc, tue l’importun qui a osé émmetre cette demande en lui plantant une lance improvisée en pieu dans le cœur avant de hisser son cadavre empalé comme exemple pour les autres. Ceux-ci hésitent, et sur ces entrefaites arrive un des moines du monastère, qui lui aussi, a dû utiliser le même télé-transporteur que l’éclaireur qui était arrivé plus vite que les vampires au camp de Mehmet pour pouvoir être là. Il repousse de sa croix les vampires, qui ayant bu du sang humain, ne supportent plus sa vue. Et propose à Vlad d’emmener son fils : il deviendra prince de Transylvanie et vivra sa vie loin de son monstre de père. Résigné, Vlad accepte… puis sitôt son fils en sécurité, Vlad utilise un nouveau super pouvoir : les nuages noirs qui depuis l’aube, accompagnaient sans raison les vampires le temps qu’ils bourrent Mehmet, sont soudain dispersés et tous les vampires se mettent à brûler à la lueur du soleil révélé.

Vlad brûle quand même de manière coolos, parce que c’est un badass, là où les autres brûlent comme des crottes sèches.

Ainsi, son existence de monstre s’achève, et son fils monte sur le trône. Il fait effacer toute trace de son père et de son terrible sacrifice et… F…

Non !

Car Igor le gitan, lui, après le suicide de Vlad et de ses vampires, est entré dans le camp de Mehmet. Il a reconnu le corps carbonisé de Vlad parmi tous (le seul vampire assez bête pour se promener avec une bagouze en argent, ça se repère), et a versé de son sang dans sa bouche. Vlad s’est donc régénéré… et le revoilà !

Nous le retrouvons donc de nos jours, se promenant un soir, en costume, en ville. Il aperçoit alors soudain quelqu’un qu’il connaît bien dans la foule ! Mirena ! Mais comment ? Il va donc la voir et découvre en elle une femme qui est non seulement le sosie de feu Mirena, mais aussi plus ou moins son homonyme, et qui en plus aime les mêmes poèmes ! Vlad lui marmonne donc qu’ils sont tous deux des âmes ayant traversé le temps et amenées à se retrouver, et ainsi séduite par ce discours de psychopathe, la Néo-Mirena le suit pour aller prendre un café, puis probablement, un after sur une peau de bête avec tétraplégie à la clé après la célèbre position de la roulotte transylvanienne.

Hélas pour eux, aucun des deux n’a repéré dans la foule Tywin Lannister le vieux vampire, qui depuis qu’il a été libéré de sa grotte, s’est refait une beauté, a passé ses diplômes, est devenu professeur de français en ZEP et les prend en filature en marmonnant « Le jeu va pouvoir commencer... » en référence au pion que Vlad devait être pour lui, souvenez-vous.

C’est donc sur cette phrase débile, puisque l’on évite de marmonner ses plans à proximité de vampires ayant une super ouïe quand on est pas une grosse buse, que le film se conclut et…

… FIN !

Bon ? Je crois que ça aurait définitivement pu rester Untold, en fait.

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Je te comprends, Mehmet. Moi aussi j’ai fait une tête un peu comme ça tout le long du film.

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« Oui, bonjour Monsieur Dracula, si vous pouviez vous montrer parce que mon royaume est en danger et…« 

Dracula sortit de l’ombre, en effet, mais sans flotter ou jaillir des ténèbres. Non, un peu fatigué, le seigneur des ténèbres se gratta les fesses et traîna les pieds jusqu’à son visiteur.

« Bon écoutez, j’ai déjà eu l’autre larron tout à l’heure, on va arrêter. Moi j’essaie de trouver des volontaires pour devenir vampires en CDI, alors vous vous démerdez avec le chômage, tout ça, moi, j’ai aucun pouvoir utile pour vos trucs !
- Ne le prenez pas comme ça Monsieur Dracula ! Je suis d’accord, l’autre Monsieur vous a vraiment manqué de respect, c’est intolérable. Mais rassurez-vous : je sais exactement ce dont j’ai besoin. Vos pouvoirs sont parfaits.
- Ah oui ?
- Oui ! Les pouvoirs d’hypnose, là, c’est super. Vraiment. J’ai juste besoin de savoir : est-ce que ça marche sur les juges et les vieilles dames ?
- Oui pourq… « 

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Dracula s’arrêta net et contempla la fausse moustache de son visiteur avant de soupirer.

« Monsieur Sarkozy, ça fait quatre fois aujourd’hui. »

Et tout le château résonna du son des talonnettes qui s’enfuyaient.

Voilà, c’est fini.

La saga Twilight au cinéma vient de s’achever avec la sortie de l’ultime volume, Révélation – 2ème partie, et nul doute que bien des jeunes gens pleurent déjà la fin de pareille épopée de qualité.  Je le ferais bien moi-même, mais toutes mes larmes ayant déjà servi durant la projection de ce film, et pas seulement à cause de l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait, je vous propose de passer, petits impatients, directement à notre sujet pour souligner une dernière fois toute la magie de cette série.

Evidemment, pour ceux qui auraient raté le début :

- Le spoiler du premier volet est ici

- Le spoiler du second volet est

- Le spoiler du troisième volet est céans

- Le spoiler du quatrième volet – 1ère partie est deçà

Au passage, vous trouverez sur le lien ci-dessus menant à la 1ère partie un bref résumé des différents épisodes de la saga si vous n’avez pas envie de déguster des pages de spoilers. Cependant, et afin d’être raccord, permettez-moi de faire un bref rappel de ce que fut la partie 1, puisque le film dont nous allons traiter aujourd’hui commence directement à la suite

Twilight  4 – Révélation première partie :

Edward et Bella décident de se marier. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, les vampires ne brillent plus au soleil une scène sur deux, cela permettant à nos tourtereaux de partir en lune de miel au Brésil sans se faire arrêter pour contrefaçon de boule à facettes. Sur place, copulation il y a et, pif pouf : Bella tombe enceinte. Elle rentre donc au pays, mais l’on constate que l’enfant dans ses entrailles se nourrit de sa force vitale. Après avoir passé deux plombes à se demander ce que pouvait bien manger un bébé vampire, et qui éviterait au marmot de continuer à boulotter sa mère de l’intérieur, c’est finalement le loup-garou du coin, Jacob, qui trouve : « du sang« . Pendant que les spectateurs se suicident un par un d’une balle dans la bouche pour échapper à cette intrigue pourrie, Bella accouche, meurt un peu durant l’évènement, et Edward la vampirise donc.

Et nous nous en étions arrêtés là. Passons à la suite, voulez-vous (raah, mais si, bien sûr que vous voulez) ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : lisez bien ce qui est écrit en haut de l’image concernant le « final épique », et quand vous aurez fini le spoiler, revenez voir cette affiche. On se retrouve au procès pour publicité mensongère.

Tout commence là où le précédent film se terminait, à savoir, alors que Bella, fraîchement vampirisée, ouvre ses nouveaux yeux rouges sur le monde qui l’entoure en revenant d’entre les morts.

La douce demoiselle est bien surprise car tout lui semble différent avec ses nouveaux sens de vampires, incroyablement plus développés que ceux des humains. Elle peut donc voir le détail d’une lettre mal imprimée sur un livre entrouvert à l’autre bout de la pièce, sentir l’odeur magique de la forêt entourant la maison des Cullen où elle vient de s’éveiller, entendre un sanglier se soulager dans les fourrés à deux kilomètres de là, bref, c’est super. L’occasion aussi pour elle de réaliser qu’en fait, depuis le début, Edward devait avoir le détail de chacun de ses problèmes de peau à chaque fois qu’il la regardait, mais bon.

D’ailleurs, en parlant de sens surdéveloppés, permettez que pour poser le décor, je vous parle brièvement des effets sonores et visuels, car c’est important pour l’ambiance.

  • Déjà, les effets spéciaux sont les mêmes que ceux des précédents films : le problème n’est pas qu’ils soient mauvais, le vrai souci est qu’ils sont ridicules
  • Comme dans le précédent volume, quelqu’un a oublié que ce film traitait de vampires (un détail), et nos héros peuvent donc se promener au soleil sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ils sont censés « briller de manière surnaturelle au soleil« , mais même sous un ciel bleu à midi, on constate qu’il n’en est rien. Combien de personnes sur le plateau pour oublier ce détail ? Non parce que c’en est un, pas vrai ? Hein ? Hé ? Ho.
  • Finis, les bruits de déglutition dans toutes les scènes ! L’équipe a dû virer le stagiaire qui trouvait rigolo de rajouter ça au milieu des dialogues. On pourrait penser qu’il y a du mieux, mais rassurez-vous : non. A la place, chaque mouvement, chaque geste du film est ponctué par un effet sonore issu des pires oeuvres de kung-fu des années 60. Bella pose sa main sur Edward ? « WOUSH ! » ; elle manque de peu de faire mal à quelqu’un « PEUH ! » ; et si jamais elle ouvre un livre ? « FROUSH« .
  • Ensuite, la musique : c’est insupportable. Personnellement, je n’y prête que rarement attention, mais ici CHAQUE scène du film est ponctuée d’un vieux fond adapté au public, à savoir de préférence du piano et une chanteuse qui ne chante pas mais se contente de marmonner parce que ça fait torturé genre « Iwannalovehumgnunumngumyouforevergnumhumhuhum« . On dirait un peu une chorale d’autistes, en fait. Ou Carla Bruni.

En tout cas, voilà, maintenant que vous êtes dans l’ambiance, poursuivons.

Car Edward, justement, est aux côtés de Bella qui s’éveille, heureux de voir sa sympathique épouse et mère de ses enfants revenir du royaume des morts sous la forme d’une immortelle. Bon, il est un peu déçu quand même parce qu’officiellement, la transformation en vampire est supposée transformer la victime en « créature désirable pour qu’elle attire plus aisément ses proies« , mais là pour le coup, pas d’bol, c’est resté Kristen Stewart. Remarquez, ça se tient puisqu’il est prévu que ses proies soient des animaux. Mais ne commençons pas à digresser, sinon ça va être le bordel et ça, vous n’aimez pas, petits fascistes. Je vous connais.

Qu’importe : Bella, après avoir fait un gros câlin avec plein d’effets sonores mystérieux à son bel amant (« FROUSH WOUSH PEUH PEUH« ), découvre que déjà, elle est super forte maintenant et ça c’est trop cool, hihihihi. Mais bon, hein, c’est pas tout ça de déconner : Edward, où est ma fille ? Où est Renesmée ? Va-t-elle bien ? A-t-elle survécu à son nom moisi ?

« Oui ma chérie, Renesmée va bien. Mais comme tu es une vampire maintenant, il va falloir que tu apprennes à dominer ta soif avant de la voir, sinon, tu risques d’en faire ton quatre heures. Alors, huhu, ce serait rigolo puisque techniquement ta fille te bouffait de l’intérieur quand elle en avait l’occasion, donc si tu la manges à ton tour, ce serait un peu le cycle de la vie et on pourrait tous chanter le thème du Roi Lion, mais bon, non. Viens avec moi Bella : je vais t’apprendre à chasser des animaux pour te nourrir. »

Soit, dit Bella, avant de suivre son époux dans les bois voisins, utilisant leur nouvelle super-vitesse (insérez ici les effets spéciaux qui font pleurer de ridicule) pour galoper à folle allure. A noter que Bella part chasser en petite robe cintrée façon « Je vais en boîte » et Edward en chemise blanche et sans même un bavoir, parce que se barbouiller de sang, c’est tellement plus rigolo.

Au même moment, chez les Cullen.

« Ho non, les relous ! Ils sont encore partis chasser en tenue de soirée ! Mais quelle bande de cons !
- Du calme  Esmée, que se passe-t-il ?
- On voit bien que c’est pas toi qui t’occupe du linge, Carlisle ! Tu crois que ça me fait marrer de passer l’éternité à frotter des traces de sang pour récupérer des chemises blanches ? Et puis je te parle pas des traces de boudins dans les slips !
- Quelqu’un m’a appelé ?
- J’ai dit « Boudin dans les slips », Jacob, pas « Boudin en slip ! »
- Auuuu temps pour moi. »

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Revenons à nos héros : alors qu’ils gambadent joyeusement dans les bois, nos fameux loulous finissent par repérer une cible potentielle : une biche en train de brouter tranquillement. Le pauvre animal ne sait pas ce qui l’attend ! Car déjà, Bella  s’approche de la bête le plus discrètement possible, jusqu’à ce que… ses super sens détectent une autre cible plus alléchante non loin : un type est en train de faire de l’escalade au milieu des bois ! Hmmm, ce sang humain tout chaud… Bella a du mal à se contrôler, et abandonnant la pauvre biche, se met à foncer droit dans la direction de l’humain égaré pour aller en faire son goûter !

« Non ! » lui dit Edward en lui courant après « Tu dois te contrôler : il ne faut pas manger des humains ! C’est plein de gras et de pesticides, c’est dégueulasse, on ne sait même pas où ça a traîné !« 

Bella hésite au moins, pfou, quatre secondes et se contente de répondre « Ah oui, ok. » et pouf, c’est bon, c’est fini, plus jamais elle n’aura envie de manger des gens. Edward glisse donc une remarque sur « l’incroyable self-control » de sa femme, qui pour ma part, me parait surtout être un truc complètement écrit avec les pieds. Je vous la refais juste par principe :

« HO MON DIEU JE SUIS COMPLETEMENT HORS DE CONTROLE
- Non ! Être hors de contrôle, c’est mal.
- Ah oui, tiens, hop, ayé, j’ai fini ma crise. »

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Pas de doute, c’est fin nul : c’est bien un Twilight.

Du coup, Bella retourne du côté de sa première cible, la biche, mais comme tout ce film est beaucoup trop cucu pour que notre héroïne fasse la peau à un animal kikinou, c’est finalement un méchant puma qui passait par là (c’est incroyable le nombre de trucs dangereux qui rôdent dans cette forêt, et où, pourtant, toute la population locale semble aimer se promener – comme Bella dans les précédents films – pour un oui ou pour un non) qui se ramasse Bella dans la face. Pauvre bête, personne ne mérite un tel sort. A part, Edward bien sûr. Bref : après être instantanément morte de honte, la bête devient le premier repas vampirique de Bella.

Une fois repue, Bella insiste : maintenant, elle veut voir sa fille. Soit : les époux vampiriques retournent donc à la demeure Cullen, où bien évidemment, tous les vampires niais de la famille attendent. Je dis bien « niais » parce que je vous rappelle que dans Twilight, il n’y a que deux camps : les niais et les méchants. C’est facile : soit tous les gens adorent Bella, et font instantanément des tas de trucs niais comme passer son temps à lui préparer des surprises (ils n’ont rien d’autre dans la vie), soit ils n’aiment pas Bella, auquel cas, ce sont des méchants, car il faut être profondément maléfique pour ne pas la trouver géniale, évidemment.

Bon bin, j’ai trouvé mon camp.

« Ce sera notre petit secret ma petite Renesmée tu es d’accord ? Tu ne dois jamais dire à tes parents pour ce que l’on fait avec le scotch »

La famille de vampires niais s’écarte donc devant Bella, lâchant des « Bella, tu es splendide« , « Bienvenue dans la famille ! » ou encore « Edward, dis-moi : sur les vampires, ce sont les canines qui sont censées pousser, non ? Pas les incisives ? Tu es sûr que c’est bien toi qui l’a mordue, et non un cochon d’inde ?« . Puis, ils révèlent enfin derrière eux Jacob aux côtés d’un immonde bébé en 3d qui a une tête donnant envie de le gifler avec un parpaing : Renesmée.

Evidemment, la maman fond instantanément devant le marmot, qui dispose en plus d’un incroyable pouvoir, comme tous les vampires : le sien, c’est qu’en touchant quelqu’un, elle peut partager des pensées ou des souvenirs. Bon, comme c’est encore un bébé, elle ne peut partager que des pensées comme « Miam« , « Dodo » ou « Caca« , mais c’est quand même déjà 50% de plus que son père, mine de rien. En tout cas, autre phénomène mystérieux : Renesmée est aussi grande qu’un bébé de 8-9 mois pour un enfant qui ne devrait avoir que quelques heures, tout cela semble donc fort peu banal. Il faudra donc étudier le phénomène, principalement pour savoir quelles fringues acheter pour la bête.

Seulement voilà, les choses étranges ne s’arrêtent pas là : de son côté, Jacob semble réagir curieusement autour de l’enfant. Il se montre très protecteur, trop peut-être, veut tout le temps le toucher… au point que Bella commence à trouver tout cela vaguement suspect. Et que tous les vampires de la maison ricanent, comme s’ils savaient quelque chose. La conversation finit donc par s’engager sur le sujet :

« Jacob ! Dis donc slip-man, c’est quoi le souci avec ma fille ?
- C’est que je… hem je… et bieeeen tu vois Bella, dans la vie, il arrive que les loups-garous comme moi heu…
- Pissent sur leur territoire ? 
- Moui. M’enfin non, là c’est pas exactement… enfin je…
- Jacob !
- Okay : je me suis imprégné de ta fille.
- Pardon ? 
- Tu sais, c’est comme cela que l’on dit chez les loups, parfois, papa loup invite maman loup au restaurant, puis après un bon repas, si papa loup a envie d’aimer très fort maman loup, il lui propose de venir prendre un dernier caf…
- Tu t’es imprégné de ma fille ? Genre tu t’es frotté contre et tu t’en es imbibé comme une grosse éponge ? Hein petit salopard ? 
- Non je…
- Espèce de vieux pédophile ! Tu es tombé amoureux d’un BEBE ? Moche et en 3D en plus ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce rouleau de chatterton dans ta main ? Et pourquoi il y en a enroulé tout autour de ma fille ? 
- Bien bien bien, écoute Bella, encaisse déjà la nouvelle, je t’expliquerai un peu plus tard le pourquoi du scotch, je te sens un peu tendue là »

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Disons-le : Bella est un peu grognon de savoir que pour d’obscures raisons, son vieil ami et loup-garou Jacob est tombé amoureux d’un bébé. Elle hésite un temps à appeler la maréchaussée pour que Jacob aille s’imprégner un peu des douches de Fleur-Mérogis, mais finalement, elle décide de s’occuper de plus important : faire du rien et profiter de sa nouvelle vie de vampire. Elle achètera plus tard un collier qui envoie du 220 pour son loup-garou préféré, ça le calmera.

En tout cas, les Cullen ont tout prévu de leur côté pour que Bella profite plutôt de sa nouvelle vie : les vampires niais ont en effet préparé une autre surprise à Bella puisqu’ils ont aménagé une maison au fond des bois pour que… et bien pour qu’Edward et Bella puissent baisouiller en paix. Hélas, je n’invente rien : c’est consternant. Et pas seulement parce que la maison en question, pourtant pas spécialement petite et de style ancien, n’a jamais été évoquée dans les précédents volumes, hein, comprenez-moi bien. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe :

« Salut Bella, bienvenue dans la famille !
- Ecoutez, merci, c’est sup…
- Par contre casse-toi de la maison. Toi et ton pote, vous allez au milieu des bois, on veut pas de vous ici.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Il y a trois couples qui habitent dans votre baraque, et Edward a déjà une chambre ! C’est quoi le souci, vous ne baisouillez jamais ?
- Non : on a plutôt décidé de passer l’éternité à jouer au Jungle Speed. Maintenant, barre-toi. »

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Nous n’en sommes qu’au début du film, et pourtant, je n’ai déjà plus beaucoup de larmes à verser.

En tout cas, Bella et Edward vont au fond des bois et font ce qu’ils ont à y faire (je vous laisse à vos pensées grivoises). Mais les réjouissances sont de courte durée, et pas seulement à cause d’Edward-gâchette-facile, car un matin qu’ils passent à la demeure Cullen, Bella note que son vieux téléphone portable sonne et affiche « Papounet » sur l’écran.

Comment cela se fait-ce ? Carlisle explique donc ce qu’il en est : depuis que Bella a disparu des écrans radar, son père Charlie appelle deux fois par jour sur son portable. Il ajoute qu’au bout d’un moment, il faudra bien lui dire que sa fille est morte. Et Bella ne pourra bien évidemment plus jamais le revoir, car il ne faut pas révéler aux mortels que les vampires existent (par contre, quand Edward l’a expliqué à une lycéenne de 16 ans, tout le monde trouvait ça parfaitement normal, mais comme ce n’est jamais que le thème des 4 films précédents, je comprends que ce détail ait pu leur échapper). Par ailleurs, il faudra aussi bientôt que les Cullen abandonnent les lieux et quittent la région : avec la mort annoncée de Bella, cela risque d’attirer un peu d’attention sur eux.

Mais, complètement Carlisle. Je suis sûr qu’annoncer au shérif local que sa fille est morte juste après avoir épousé quelqu’un de votre curieuse famille qui vit au milieu des bois, et disparaître dans la foulée n’éveillera pas DU TOUT ses soupçons. Et comme tout agent des forces de l’ordre, il ne sera pas du tout intéressé par le fait d’enquêter sur la disparition de sa propre fille, et ne fera pas tout pour que les suspects soient retrouvés.

Je pense que Carlisle est la preuve que l’on peut vampiriser quelqu’un APRES sa mort cérébrale. Ça reste un légume, mais un légume mort-vivant.

Carlisle, un peu avant qu’un vampire ne lui offre une nouvelle vie

Sauf que Jacob n’est pas d’accord. Pas parce que c’est complètement con, non, il l’est aussi, donc ça ne pose pas de problèmes. Non, lui il ne veut pas que Bella et les Cullen quittent la région… car sinon cela signifie qu’il sera séparé de Renesmée, son amour pour la vie (Marc Dutroux a dit sensiblement la même chose à son procès). Il a donc un plan : si les Cullen veulent fuir le coin pour éviter d’éveiller les soupçons de Charlie Swan, il suffirait de le mettre au courant de l’existence du surnaturel… comme ça, il accepterait la situation telle qu’elle est, et hop, plus besoin de se barrer.

Oui parce que par exemple, les amis de Bella au lycée – qui l’adulaient tous sans raison – eux, on s’en fout. D’ailleurs, sachez qu’ils n’apparaîtront même pas dans le film et ne seront pas évoqués, car comme chacun sait, en cas de disparition d’une personne, son entourage ne s’y intéresse pas du tout. Pas besoin de penser à eux, donc.

D’ailleurs, même la mère de Bella ne sera pas évoquée. Un autre détail sans intérêt.

Je vais reprendre un peu de coke : je reviens.

Jacob, donc, prend donc son solex et se rend chez Papa Swan pour lui dire que Bella est de retour à Forks (officiellement, souvenez-vous, elle était censée être tombée au malade au Brésil durant sa lune de miel et y être hospitalisée, ce qui expliquait son absence et préparait la future annonce de sa mort), qu’elle va bien, mais qu’elle a « changé » depuis qu’elle est revenue du Brésil.

« Changée ? Mais changée comment ?
- Je ne peux pas vous le dire Charlie.
- Je… non, attends, Bella a changé depuis qu’elle est revenue du Brésil tu dis ? D’accord, je comprends. C’est devenu un homme, c’est ça ? Mais comment je dois l’appeler alors ? Bello ? Belninho ? « 

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Bon, se dit Jacob, ça va être compliqué cette histoire. Pour mieux faire comprendre le message à Charlie, Jacob décide de « d’abord lui montrer quelque chose » et pour cela il doit… se déshabiller.

« Ecoute Jacob, je sais à quoi ressemble une kikoute figure-toi, j’ai compris le message, alors remets ton slip et emmène-moi voir Bella.
- Raaah mais non ! Regardez plutôt. »

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Et hop, une fois dévêtu pour le plaisir des damoiselles de la salle, Jacob se transforme en loup géant, ce qui étonne tout de même un peu papa Swan. « Ça alors, tu as raison ! Tu peux te transformer en chien de Mickey ! » s’exclame-t-il « Maintenant, si ça te fait pas trop chier, emmène-moi voir ma fille, ou mon fils, enfin l’autre, quoi« . Jacob prend donc les devants et va déjà avertir les Cullen : Charlie Swan sait pour le surnaturel, plus besoin de fuir. Mieux, il vient voir Bella dans 10 minutes, alors préparez-vous les d’jeun’z. Autant vous le dire : ça râle un peu chez les Cullen, ça traîne les pieds, mais puisqu’il faut le faire… autant préparer Bella pour que Charlie ne se rende compte de rien. Après tout, il est désormais au courant pour les loups-garous, pas la peine de tout lui dire sur les vampires dans l’immédiat.

Les Cullen sortent donc de leur poche une paire de lentilles pile à la couleur des yeux de Bella pour cacher leur nouvelle couleur surnaturelle (ne me demandez pas comment ils pouvaient avoir ça sous la main), et lui font un bref entrainement pour… apprendre à ne pas se déplacer à une vitesse vampirique, mais plutôt à une vitesse humaine.

Pardon ? Attendez, depuis le début du film, elle se déplaçait à vitesse humaine, sauf durant le passage où elle chassait et là, soudainement, elle ne sait plus le faire ?

Et bien oui : il lui faut quelques minutes d’entrainement pour être capable de se déplacer à vitesse normale pour ne pas effrayer papounet lorsqu’il arrivera. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Hmmm, attendez je… non, c’est bon, j’ai ma réponse : ce film est juste un gros coprolithe. Ah, je suis tête en l’air, parfois.

Donc, lorsque Papa Swan arrive chez les Cullen, grâce au charisme surnaturel de sa moustache, il exige qu’on l’emmène voir sa fille sur le champ, ce qui est fait. Notre homme trouve donc Bella l’attendant paisiblement dans un canapé, et est donc follement heureux de retrouver sa fille qu’il pensait disparue (comprendre : il sourit durant 3 secondes, au moins). Ils papotent donc quelque peu : dis-donc ma chérie, ils sont sympa tes nouveaux pectoraux de mec. Pardon, tu n’as pas changé de sexe ? Ah ? Mais ta mâchoire carrée alors ? Ho. Je… dis-donc, sinon, c’était quoi le message que Jacob voulait me donner ? Toi aussi tu peux te changer en animal ? En cochon d’inde je parie ! Si tu le fais devant moi, je te file une graine de tournesol. Nan, c’est pas ça ? Ah. Mais alors en quoi as-tu changé ? De quoi est-ce que tout le monde me parle ?

Et là, réponse de Bella :

« Je te le dirai plus tard, fais-moi confiance. »

Et évidemment, Charlie n’en parlera plus du film, puisqu’après tout, il n’en va que de la vie de sa fille, rien de très intéressant. Idem lorsque quelques minutes plus tard, Edward rentre avec Renesmée dans les bras pour lui présenter sa petite fille : il ne demande d’explication ni sur ce nom de merde, ni sur pourquoi sa fille, qui n’a pourtant disparu que depuis quelques semaines, a déjà accouché et que son enfant a déjà bien deux ans en apparence.

Et bin, avec un Shérif aussi vif d’esprit, le crime doit prospérer à Forks.

Et justement : maintenant que la question est réglée, les Cullen aussi peuvent couler des jours prospères dans la petite ville. Bella et Edward élèvent Renesmée avec joie, mais aussi quelques inquiétudes, car l’enfant grandit bien vite… ce qui signifie aussi qu’il vieillit plus vite que la normale ! Combien de temps vivra-t-il ? Est-il mortel, d’ailleurs ? Dans le doute, les heureux parents tentent de passer le maximum de temps avec leur progéniture pour s’assurer que tout aille bien pour elle. Et qu’en cas de mortalité, ils auront bien rentabilisé l’investissement, ah mais.

Cependant, un jour d’hiver que Bella se promène dans la forêt locale, elle décide de jouer avec sa fille à attraper des flocons de neige. Or, sans aucune raison ni justification, Renesmée se met à voler dans les airs (et ça n’étonne personne) pour attraper les flocons. Pouvoir qui ne sera plus non plus évoqué du film, d’ailleurs, tant c’est finalement peu important. Car la vraie information du moment, c’est que Tanya, une vampire qui passait par là (vous notez vous aussi comme TOUT LE MONDE passe son temps dans ces foutus bois ?) aperçoit Renesmée voler… et s’enfuit avant même que Bella ne lui adresse la parole. Tiens ? Mais pourquoi donc ? Seulement parce que Renesmée a une grosse tête à claques, et qu’une grosse tête à claques volante, ça fait très très peur ?

Notez que le shérif n’a pas non plus remarqué que sa fille avait désormais une température proche de 0. Quel enquêteur.

La réponse tombe quelques semaines plus tard alors qu’Alice, la vampire de la famille Cullen qui peut voir l’avenir (ce qui du coup devrait vaguement aider à savoir si Renesmée est mortelle ou non, mais personne ne pense à lui demander, d’ailleurs, elle-même n’y pense pas) a soudain une vision pendant que tout le monde papotait paisiblement dans la demeure Cullen. Comme il se doit, et puisque c’est une vision d’horreur, elle arrive forcément quand Alice transporte un vase de fleurs, pour pouvoir les faire tomber au sol et rajouter à l’intensité dramatique.

C’est vrai qu’elle aurait eu une boîte à pizza ou du sopalin à la main, ça faisait tout de suite moins théâtral.

Mais en tout cas, quelle vision a eu la bougresse ? Et bien c’est simple : elle voit de la neige qui tombe, et les Volturi qui attaquent les Cullen lors d’une grande bataille… ho ? « Mais comme il neige dans ma vision, cela n’arrivera pas avant les prochaines neiges… » et tout le monde en déduit donc que ce sera pour l’hiver prochain. Malin les gars. C’est vrai que le 15 août, ça paraissait moins probable.

« Soit, mais pourquoi les Volturi voudraient nous bourrer la gueule ? » s’interroge Bella

Et bien je ne sais pas, ça ne fait jamais que depuis le début de la saga que l’on sait que les Volturi sont particulièrement cons et tentent de vous tuer pour un oui ou pour un non, alors c’est vrai ça, pourquoi ? Hein ? Dis donc !

Il y a pourtant une excellente raison derrière tout cela : en effet, Tanya, après avoir vu Renesmée jouer à l’écureuil volant dans les bois, a supposé qu’il s’agissait d’une petite fille vampirisée. Or ! Il est interdit de transformer des enfants en vampire : en bonne collabo, elle a donc foncé voir les Volturi en Italie (ils n’ont pas le téléphone ni la poste, probablement) afin de dénoncer la chose et de toucher des tickets de rationnement pour des poches de sang. Sur place, elle est donc accueillie par Maurice Volturi, le chef des méchants, qui lui demande quel bon vent l’amène. Et en apprenant qu’un crime a été commis, il utilise son pouvoir spécial personnel : pouvoir lire dans les souvenirs des gens en les touchant. Il lit donc l’esprit de Tanya, et y voit donc bien un enfant volant avec sa maman vampire… bref, tout concorde.

Retenez bien le pouvoir de Maurice , ça servira pour la suite.

En tout cas, Maurice prend donc une décision : les Cullen ont commis un crime grave et doivent mourir. Ah bin c’est original, ça tiens.

De leur côté, les Cullen ont d’ailleurs deviné ce que les Volturi pouvaient bien leur reprocher pour qu’Alice ait pareille vision de mort : ils expliquent donc à Bella qu’en effet, ils ont dû apprendre par Tanya pour Renesmée rejouant les plus mauvaises scènes de Smallville (qui a dit « toutes » ?) et la prendre pour un vampire. Or, pourquoi est-il interdit de transformer des enfants en vampire ? Et bien tout simplement car, auparavant, certains vampires l’ont fait. Or, à chaque fois, les enfants, incapables de se contrôler, tuaient tout et tout le monde, ce qui était très moyen pour rester discret. Et puis surtout, devoir se taper des marmots hyperactifs pour l’éternité, brrr. Du coup, c’est désormais interdit, et si quelqu’un s’y risque, non seulement l’enfant est tué, mais aussi son créateur, les potes de son créateur, le clan de son créateur et l’inspecteur des impôts de son créateur.

Par contre, vampiriser une lycéenne débile de 16 ans, c’est déjà beaucoup plus responsable, pas vrai Edward ?

En tout cas, voilà pour la situation. La question est donc : que faire ? Se battre contre les Volturi ? Non, ils sont trop forts. Alors dans ce cas, prouver son innocence, en expliquant qu’il y a erreur : Renesmée a certes un nom criminel, mais n’est en rien un mortel vampirisé mais une créature mi-humaine mi-vampire ? Hmmm oui… mais comment ?

C’est vrai que ce n’est pas facile : sachant que vous êtes de bonne foi et que vous avez un enfant avec un coeur qui bat, comment expliquer la vérité à Maurice Volturi, qui, on l’a vu dans la scène précédente, peut voir dans votre esprit la vérité ?  Roooh. Zut, que faire… aller le voir et ainsi le laisser sonder son esprit, histoire de tout régler en 15 secondes ? Lui amener Renesmée en disant « Elle a le coeur qui bat, c’est ballot hein » ?

Non.

Comme toujours, les Cullen ont un bien meilleur plan : « On va trouver des témoins« .

De ? Pardon ? Qu’est-ce que… vous allez faire quoi ?

« Oui, allons aux quatre coin du monde et ramenons des amis pour témoigner que Renesmée est bien un enfant vivant !« 

Hein ? Mais bordel, je… même un pneu de Super 5 aurait trouvé un meilleur plan que « Hey les mecs, allons chercher des témoins qui n’ont rien vu et ne connaissent même pas Renesmée pour leur demander de témoigner de quelque chose qu’ils ignorent en face d’un mec qui n’en a pas besoin puisqu’il lui suffit de lire dans l’esprit des suspects pour avoir la vérité !« 

Voilà : ça, c’est le coeur de l’intrigue du film. Si vous avez encore des larmes de désespoir, c’est le moment de vous en servir tant tout, oui, tout est absolument nul d’un bout à l’autre.

Mais soit. Car en tout cas, dès le lendemain, Alice et son mari, Jasper (un vampire dont le seul pouvoir est de pouvoir utiliser ses mains comme fer à friser et uniquement sur lui-même) ont filé à l’anglaise en laissant derrière eux un message comme quoi ils partent chercher de l’aide. Carlisle, en bon chef de famille intelligent, considère donc « Qu’ils ont fui pour éviter l’affrontement avec les Cullen« .

Nan mais mec, sinon, tu as appris à lire en plusieurs siècles ?

Bella, de son côté, lit le message et note qu’il a été rédigé au dos de la première page du Marchand de Venise, de Shakespeare. Elle en déduit donc que…

… rien.

Si vous vous demandiez encore pourquoi Edward, dont le pouvoir est de lire les pensée, n’avait jamais réussi à le faire sur Bella, vous avez votre réponse : elle ne pense pas. Non parce que là, même le pneu de Super 5 évoqué plus haut est en train de hurler devant tant de bêtise crasse. Et ne me demandez pas pourquoi je vais au cinéma avec un pneu : il y a bien des gens qui y vont avec des fans de Stephenie Meyer, alors pourquoi pas un pneu, hein ? Racistes.

En tout cas, le clan Cullen décide de se diviser pour aller aux 4 coins du monde chercher des témoins, à savoir, des vieux amis de Carlisle pour qu’ils puissent donc ne servir à rien. Mais comme ils sont aussi cons que les autres personnages, tous acceptent de venir chez les Cullen pour que le jour où les Volturi se pointent, ils puissent… non, ils soient là quoi. Peut-être agiteront-ils des petits drapeaux et lanceront des cotillons, enfin on leur trouvera une utilité. Car tous sont d’accord : « On ne vient pas pour se battre, on a aucune chance face aux Volturi : on vient témoigner, c’est tout. ». Témoigner de ? Aha, c’est vrai : rien.

Mademoiselle ? Oui, je vais reprendre des pop-corn à la schnouf. Merci bien, vous êtes bien urbaine.

Que disais-je ? Ah oui : un à un, les témoins sont tous rassemblés : un clochard mystérieux (véridique), des irlandais caricaturaux, un bourrin de service, des amazones (!)  dont le pouvoir est de pouvoir manipuler l’esprit d’autrui (un pouvoir intéressant, mais dont personne ne pensera jamais à se servir), etc. Et tous, pour être convaincus du bien fondé de la cause Cullen, acceptent que Renesmée les touche pour qu’elle partage ses souvenirs avec eux et puisse leur montrer qu’elle est mi-humaine. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle touche quelqu’un, celui-ci se met à hurler comme un dératé « OUAAAH JE SUIS CONVAINCU, CET ENFANT EST INCROYAB’« 

Quand on voit la tronche des témoins, on est pas sûr qu’ils puissent jouer en la faveur de qui que ce soit.

Je serais un vampire, je me méfierais quand même : sachant qu’on parle ouvertement de vampires pouvant manipuler l’esprit, qu’est-ce qui leur dit que Renesmée ne leur implante pas de faux souvenirs tel un Léonardo Di Caprio d’1 mètre 20 (soit 20 centimètres de moins que le vrai, tout de même) pour les convaincre ?

Mais ouf : personne ne se pose la question. Là encore.

Et alors que les Cullen continuent de rassembler des « témoins » (ha non mais je suis malade rien qu’à écrire un truc aussi absurde), deux nouveaux invités se présentent devant le manoir Cullen (ils ont traversé tout le territoire des loups-garous en sautant d’arbre en arbre pour arriver jusque là sans se faire mordre les fesses, suggestion que je faisais dans le spoiler précédent quand les Cullen ne pensaient pas à en faire autant lorsqu’ils voulaient sortir de leur demeure encerclée mais bon, hein, honnêtement : pouvez-vous me rappeler la dernière fois où les Cullen ont pensé à un truc pertinent ? Sur l’ensemble de la saga ?) : il s’agit de Popov et Popov, deux vampires aux accents de l’Est qui expliquent la situation :

« Salut les Cullen ! Nous sommes Popov et Popov, deux vampires ennemis jurés des Volturi. On ne vient pas témoigner, on vient pour se battre même si vous avez expliqué le contraire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment nous sommes au courant. On s’est dit que ce serait bien de se joindre à vous, comme ça, quand les Volturi arriveront, je suis sûr que ça jouera drôlement en votre faveur d’avoir à vos côtés des gens qu’ils cherchent à tuer depuis des plombes et ouvertement belliqueux« .

Les Cullen réfléchissent, houlà, 6 bonnes secondes et déclarent donc « Ok super, je suis sûr que ça nous aidera à trouver une solution pacifique sans envenimer nos relations avec les Volturi« .

A ce moment du film, il a fallu l’intervention de deux vigiles pour que j’arrête de m’imbiber d’essence pour mettre fin au supplice de cette daube infâme. Je vous en prie : essayez de réussir un dialogue, au moins, allez. Même pas une scène : juste un tout petit dialogue. Pour voir.

Allons donc voir si les Volturi, réputés pour leur subtilité et leur intelligence, s’en tirent mieux durant ce temps : mais sans surprise… non.

Je sais, ça ne vous étonne guère, mais bon. Car figurez-vous que le plan des Volturi consiste à… chasser les potentiels témoins des Cullen ? Que… quoi ? Mais ? Puisqu’ils n’ont rien vu ! Comment pouvez-vous savoir qu’ils risquent de témoigner ? Comment pouvez-vous même les identifier puisqu’ils n’étaient pas là au moment de la grossesse de Bella ? Et puis quand bien même : s’ils savaient quelque chose, il suffirait à Maurice de consulter leur esprit, et hop, il saurait !

Mais là, non. On peut donc voir les Volturi pourchasser des types au hasard et leur casser la gueule sans qu’eux-même puissent expliquer pourquoi.

Bref, tout cela dure un long, très long moment, durant lequel, plus que le film, c’est votre vie que vous voyez défiler.

Mais bon, au bout d’un long moment, il finit par se passer un truc : alors que Bella et Edward sont isolés dans leur maison au fond des bois plutôt que de rester groupés au manoir Cullen (c’est vrai, il y a juste des gens qui cherchent pour les tuer, autant s’isoler pour baisouiller, c’est prioritaire), Bella a, et là, accrochez-vous : une idée.

Si.

J’vous jure.

Attrapant le message qu’Alice et Jasper avaient laissé derrière eux, elle réfléchit « Le Marchand de Venise… pourquoi avoir écrit son message sur une page de ce livre plutôt que sur n’importe quel papier qui traînait ? Si j’allais voir le livre…« . Et en consultant l’ouvrage, que trouve-t-elle ? Mais ! Un autre message disant « Bella, va à Seattle voir mon ami The Bunk, et détruit ce papier ensuite. Comme tu es la seule dont personne ne peut lire l’esprit (… oui, chhht), je ne peux confier cette mission qu’à toi pour garder le secret loin des Volturi« .

Okay, se dit Bella, pas de souci. Dès le lendemain, au prétexte d’aller déposer Renesmée chez Charlie Swan pour la journée (le bougre ne pose toujours aucune question sur le fait que sa petite fille ait l’apparence d’un enfant de 7 ans au bout de 3 mois), elle continue la route jusqu’à Seattle (et ça tombe bien : ce jour là, il pleut, elle ne brillera pas au soleil – mais de toute manière, personne n’y aurait pensé sur le tournage) et va retrouver dans un restaurant son contact, un certain The Bunk (passer de The Wire à Twilight, c’est quand même moche).

Papa Swan a eu le bon réflexe : demander ce que c’était que ce bordel sur Doctissimo (cliquez pour agrandir)

« Hmmmm hmmm. Bonjour Bella.
- Bonjour M’sieur Bunk.
- Mon client, Jasper, qui est d’ailleurs client des services de mon organisme depuis plus de 50 ans et qui, malgré tout n’a jamais vieilli et n’éveille pas du tout mes soupçons, m’a fait une commande : je vous la remets. Voici des faux papiers et de quoi quitter le pays pour un certain Jacob Slip et une certaine Renesmée Cullen, même si ne me demandez pas comment, j’ai une photo actuelle de Renesmée que je n’ai jamais vue alors qu’elle change d’apparence toutes les semaines donc même Jasper n’aurait pu m’en fournir une quand il est venu me voir.
- Merci. Mais… pour deux ? C’est tout.
- Hmmmm hmmm.
- Bon et bien… Merci Monsieur Bunk. »

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Bella comprend donc l’affreuse vérité : Alice a vu le futur… mais un futur n’impliquant ni elle, ni Edward. Elle a donc commandé des papiers pour sauver les deux seuls ayant une chance : Jacob et Renesmée. L’enfant vivra… mais sans ses parents. Snif. Que dira le collectif « Un papa, une maman » ? Renesmée sera-t-elle adoptée par un couple gay ? Christine Boutin devra-t-elle intervenir ?

Nous n’en saurons rien. Retournons plutôt nous occuper de notre héroïne.

Puis, de Bella.

Désespérée, Bella, donc, rentre à Forks pour affronter son destin (mais tranquillement : n’oublions pas que des mois se sont écoulés et que les Volturi, plutôt que d’attaquer, se baladent juste aux quatre coins du monde pour tabasser des témoins qui n’ont rien vu pour ne surtout pas qu’ils témoignent de rien le jour J). Et accessoirement, elle s’entraîne à maîtriser son propre pouvoir de vampire : elle est immunisée aux pouvoirs des autres vampires, et peut même projeter sa protection sur quelqu’un d’autre ! Pratique !

En tout cas, Bella en est maintenant convaincue : les Volturi ignoreront la vérité. Ils viennent pour tuer tout le monde, et pas pour rendre véritablement la justice. Et qu’en plus, ils viennent aussi capturer les vampires aux pouvoirs qu’ils n’ont pas encore dans leur album Panini, comme Alice par exemple (ce qui explique sa « fuite »), pour qu’elle les serve. Mais alors, que faire ?

Et bien les « témoins » déjà présents décident que, bah, tant qu’à faire, ils se battront.

Ah. Okay, et bien écoutez, voilà qui fera plaisir à Popov et Popov, je n’en doute pas.

Mais du coup, vous voulez pas vous organiser pour vous battre ? Trouver une tactique, chercher des renforts ? Non ? Non.

En tout cas, le temps lui, ne s’arrête pas et bientôt, l’hiver revient et Noël avec : les premières neiges sont déjà arrivées depuis un bail, mais curieusement, personne ne semble s’en inquiéter (alors qu’Alice avait bien annoncé que l’ennemi viendrait avec la neige), et Bella et Edward continuent par exemple de se préoccuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, fêter Noël avec Papa Swan. Chacun ses priorités, hein.

Et non, ni lui, ni sa nouvelle femme ne posent toujours de questions, visiblement, les évènements surnaturels qui les entourent ne les intéressent pas plus que ça. En même temps, je les comprends : l’intérêt n’a jamais été guère stimulé dans cette saga.

Cependant, un beau jour, et sans que personne ne puisse l’expliquer, les Cullen déclarent que « Ah ! Les Volturi attaqueront demain » : là encore, pas besoin de justification, c’est comme ça. Probablement que leur baromètre à blaireaux vient de passer dans le rouge. L’occasion parfaite de faire un grand feu pour passer la dernière soirée avant la bataille à échanger sur les combats passés, celui de demain, et à évoquer des anecdotes sur la cruauté des Volturi ou sur le passé de légume de Carlisle.

Après avoir bien emmerdé tout l’auditoire avec leurs histoires de vétérans et regardé Carlisle baver durant des heures (il bave à intervalles régulier, ce qui en fait une formidable horloge atomique) les vampires voient finalement le jour se lever. Et avec lui, arriver l’heure fatidique de la bataille.

Comme toujours dans Twilight, après avoir expliqué que la situation n’était pas à leur avantage, les Cullen ont décidé de se positionner tous en ligne dans une clairière, histoire de bien se prendre une raclée. Comme quoi, des siècles de bataille et 3 films à se tataner avec le tout venant, ça n’apprend pas grand chose.

Et bientôt, sortant des bois en face d’eux, nos héros voient paraître un large groupe portant cape de crypto-gothique lycéen : les Volturi et toute une petite armée ! Sauf que contrairement à ce que nos héros avaient prévu, les Volturi exigent d’abord quelques explications avant de malaxer des gueules. Ah ? Ainsi, Maurice Volturi lui-même s’avance, demandant à ce qu’Edward vienne lui révéler ses souvenirs pour que la vérité soit enfin connue. Ce qu’Edward fait, malgré une tentative ratée de Bella de l’immuniser aux pouvoirs du vampire (… mais POURQUOI a-t-elle seulement essayé, à part pour risquer d’envenimer la situation sans raison ?! Pourquoi a-t-on payé des effets spéciaux pour rajouter une scène incohérente ?). Ainsi, Maurice peut découvrir la vérité :

  • Renesmée n’est pas un enfant vampirisé, c’est l’enfant d’une humaine et d’un vampire
  • Renesmée a même un coeur qui bat dites-donc !
  • Renesmée vieillit… et ne pose donc pas le problème des enfants vampirisés, qui eux, sont bloqués à un stade où ils sont à la fois puissants et capricieux
  • Il n’y a donc là aucun crime !
  • Enfin si, elle a quand même le nez de son père, et ça, ça mérite bien La Haye.
  • Les méchants engueulent donc Tanya pour leur avoir « menti », oubliant qu’elle était de bonne foi puisque Maurice avait lu son esprit, mais bon, hein, détail puisque ça revient à traiter Maurice leur chef de menteur. Pas de quoi fouetter un chat.

A noter que Maurice est super étonné (il ponctue toutes ses phrases de petits cris ridicules, c’est affligeant tant c’est mal joué), parce qu’un enfant né d’un vampire avec une humaine, en plusieurs millénaires, il n’avait jamais vu ça. Ah ? Vous voulez dire qu’alors qu’on a des vampires bourrés d’hormones, genre Edward qui en est à draguer des lycéennes, personne n’avait pensé à ça avant ?

Hé bé non.

Je sais pas vous, mais moi, je n’ai jamais été si heureux de savoir que la fin du film approchait.

En tout cas, et comme on est plus à ça près, Maurice se lance dans un petit discours : « Très bien, j’ai vu la vérité ! Il n’y a là nul crime. Cependant, nous vivons à une époque où les humains ont créé des armes capables de nous tuer aisément – c’est d’ailleurs pour ça que dans tous les films précédents, personne n’a jamais pensé à utiliser un flingue, nous sommes juste beaucoup trop cons – il nous faut donc être plus discrets que jamais. Or, cet être surnaturel… il risque d’attirer l’attention sur nous ! Il faut donc le tuer ! Et puis on a pas fait la route pour rien, hein, merde, ho.« 

C’est vrai ça Maurice : vous n’êtes jamais qu’une tripotée de vampires vieux de plusieurs millénaires, cacher des humains pas vraiment humains aux yeux de la société, ça, vous ne savez pas faire, et vous ne pensez même pas que c’est possible.

Notez le sbire de Maurice qui se gratte discrètement en arrière-plan. Classe.

Sérieusement les mecs ?

Heureusement, alors que tout va dégénérer, et comme par hasard, sortent des bois Jasper et Alice, qui se sont dits que ce serait quand même bête de rater l’habituelle scène de fin de film au milieu des bois. Alice vient en effet certifier à Maurice qu’il lui suffit de lire dans son esprit pour voir ce qu’elle a vu dans l’avenir, et donc être sûr que Renesmée ne fera jamais de mal à qui que ce soit. Et que donc, il peut être rassuré.

Maurice pose donc sa main sur Alice, et lisant son esprit… se contente de sourire (il doit surtout consulter les souvenirs où elle joue à la toupie japonaise avec Jasper), et Alice finit donc par se reculer en comprenant « Quoi que l’on dise, qu’importe les preuves, vous êtes venus pour  tous nous tuer ! Et bien soit ! » et hop, elle enchaîne avec un grand coup de tatane dans le Monsieur.

C’est donc parti pour 20 minutes d’hostilités, avec la grande bataille finale de la saga.

Je vous la fais courte : plein de gens meurent. Des Cullen, des Volturi, des loups venus participer à la baston… et on notera d’ailleurs que comme dans Bioman, les Volturi, bien qu’en surnombre, font bien attention à ne pas profiter de la chose et gardent des réserves en regardant leurs troupes tomber. Renesmée, elle, fuit sur le dos de Jacob sous forme de loup loin de la bataille. Durant ces 20 minutes, on peut aussi constater qu’outre le fait que les Volturi soient débiles, on note que devenir vampire a appris le kung-fu à Bella, que des types aux pouvoirs surpuissants n’en font rien (un type a une brume qui paralyse, il la fait sur une zone de 12 centimètres cube, un autre peut contrôler l’eau, la terre, le feu et l’air et se contente d’ouvrir une faille au hasard dans le sol, l’amazone qui manipule les esprits ne se dit pas que tiens, si elle le faisait sur le chef des méchants, ce serait vaguement pratique, non : c’est juste nul d’un bout à l’autre).

Finalement, et suite à un combat épique, Maurice Volturi finit par se tataner avec Edward et Bella, et après avoir utilisé sa femme comme projectile (véridique), Edward voit finalement la victoire lui revenir lorsqu’il décapite le vil vilain, et…

… rien.

A ce moment là, la salle a éclaté de rire, fans comme types avec une arme dans la bouche (les vigiles ont dû revenir une seconde fois m’empêcher de faire une ânerie, mais qui serait toujours moins grosse que ce film ; ils ont aussi eu la gentillesse d’essuyer mes larmes de sang), car figurez-vous que… cette scène n’a jamais existé.

Et si.

La bataille finale de la saga, tout ça, non. C’était juste pour occuper 20 minutes de films et justifier que le film mérite deux parties. Car en fait, nous revenons au moment où Maurice lit dans l’esprit d’Alice, et ce qu’il a vu, c’est ce qu’il se passerait s’il décidait quand même de lancer la bataille. Maurice décide donc que mourir n’étant pas son plan du jour, mieux vaut déclarer « Bien, nous ne nous battons pas aujourd’hui. Il ne s’est rien passé d’intéressant jusqu’ici dans ce film, faisons que cela reste ainsi. Mais tout de même ! J’aimerais une preuve que Renesmée ne nous posera pas de problèmes à l’avenir !« .

Donc tu demandes une preuve qui ne peut pas exister, mec. C’est un peu con, mais plutôt cohérent avec le reste de cette oeuvre, ma foi. Mais figure-toi que la vie est bien faite, car émergeant de la lisière de la forêt, apparaissent deux larrons en pagne qui approchent d’un pas bien lent, parce que bon, c’est pas comme si la super-vitesse vampirique, ça servait à quelque chose. Qui sont-ils ?

« Je suis Oumpapa« , dit le premier « Et voici ma tante Gertrude qui n’a rien à faire là, je sais même pas pourquoi elle me suit, je crois qu’elle s’est attachée. Alice et Jasper m’on ramené ici du Brésil où ils sont venus me chercher, mais ne me demandez pas pourquoi je me pointe 10 minutes après eux alors que nous sommes supposés être arrivés ensemble, je ne le sais pas moi-même. Et je suis votre preuve car moi, je n’ai jamais tué qui que ce soit ou été pris par les humains. Voilà.« 

« Passionnant » s’exclame donc sincèrement Maurice Volturi « Et bien je suis convaincu par cette preuve vivante : Renesmée ne posera jamais problème, on peut se barrer.« 

Attendez, je vous la refais :

« Monsieur, pouvez-vous nous prouver que vous n’êtes pas dangereux ?
- Non, mais voici Bob. Bob, explique au Monsieur.
- Bonjour Monsieur le juge. Je n’ai rien à voir avec la choucroute, mais je n’ai rien fait.
- Ho ? Et bien parfait alors : cela prouve tout. Vous êtes libres. »

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Qu… QUOI ?

Tout ça pour ÇA ?

Bouhou…bouhouhou…

Pour ceux qui douteraient : la scène finale. Il fait grand jour, impossible de faire plus et… ho, bah personne ne brille. Du boulot de pro.

En tout cas, les Volturi ne se posent pas la question, et activant leur vitesse vampirique, disparaissent dans les bois heureux d’avoir passé un an à tabasser des gens sans aucune raison pour au final s’apercevoir qu’ils avaient fait le déplacement jusqu’à ce trou de Forks pour rien.

Les Cullen peuvent donc rentrer à la maison fêter le fait qu’il ne se soit rien passé du film autour d’un bon chocolat chaud, laissant derrière eux Popov et Popov, déçus d’avoir raté la bataille finale. Alice, dans un coin de la maison, a soudain une vision : elle voit que, plus tard, Renesmée sortira avec ce grand dadet de Jacob. Et que comme leur a appris Oumpapa le brésilien, il n’y a pas à s’inquiéter : les enfants de vampire et d’humains arrêtent de vieillir à 7 ans, et sont alors immortels. L’avenir n’attend donc plus qu’eux, même si on évoque guère le fait que Jacob n’est pas immortel, lui, et finira donc comme un vieux chien incontinent qui se fait engueuler lorsqu’il souille le tapis du salon. Probablement même qu’Edward l’emmènera se faire piquer.

Puis, la scène finale se révèle à nous : en plein milieu d’un champs de fleurs, Bella et Edward, dont évidemment aucun des deux ne brille malgré le fait qu’il n’y ait pas le moindre nuage, se regardent amoureusement. Soudain, en se concentrant très fort, Bella arrive à partager tous ses souvenirs depuis le début de la saga avec Edward, faisant qu’ainsi, elle n’a désormais plus aucun secret pour lui.

« Mais, comment as-tu fait ça ? – s’exclame Edward – Ton pouvoir vampirique c’est de faire des boucliers, pas la télépathie, tu voudrais dire qu’on va finir la sage sur une autre grosse incohérence balancée comme ça, gratuitement et sans le moindre intérêt ?
- C’est ça. »

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Et alors que la dernière page du livre de Stephenie Meyer apparait à l’écran, on peut apercevoir en surimpression le mot « forever« , un doux fondu au noir s’installe et…

FIN !

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Voilà. J’ai presque envie de dire que si j’avais été paresseux, j’aurais pu synthétiser quelque peu le spoiler.

Twilight  4 – Révélation deuxième partie :

Edward et Bella s’aiment. A un moment, il y a un quiproquo avec les Volturi, mais tout se règle sans qu’il ne se passe rien et tout le monde est heureux.

Fin.

Ça valait quand même bien un deuxième film.

Le juge consulte une fois encore le dossier placé devant lui, ne s’interrompant que de temps à autres pour jeter un regard distrait par-dessus ses lunettes vers le banc des accusés, avant de se replonger dans sa lecture.

Dans la salle, une sorte de curieux silence semble s’être abattu, à peine troublé par les craquements du parquet sous les pas de quelque fonctionnaire de police, ou par les échos étouffés d’une lointaine conversation se tenant de l’autre côté de la porte de la salle d’audience. Dans cette atmosphère pesante, je me contente d’observer le haut plafond du lieu où des moulures de l’Ancien Régime peinent à survivre au manque d’entretien de l’antique palais de justice. Mon attention est hélas vite détournée vers le juge, qui vient de prononcer mon nom.

« Bien, Monsieur… alors je lis ici que vous êtes accusé d’avoir agressé de multiples personnes sur leur lieu de travail, sans compter les nombreux dégâts mobiliers que votre assaut a engendré.
- En effet Monsieur le Président. Mais, sachez que c’était pour le bien de tous puisque…
- Le bien de tous ? Vous vous êtes frayé un chemin au travers des locaux d’un magazine pour adolescentes équipé d’un… attendez, je consulte le rapport de l’expert ; oui, voilà : d’un lance-flammes type Lifebuoy Mark I. Vous pourriez nous expliquer ?
- Bien sûr : je trouve la forme de ce lance-flamme plus originale que celle des autres modèles. Ça donne un petit côté casual, comme on dit.
- Je… Monsieur ! Réalisez-vous que de nombreux témoins assurent vous avoir vu vider le réservoir de votre arme sur tout ce qui s’opposait à vous, avant de brûler intégralement le studio photographique des locaux ainsi que toute l’équipe qui s’y trouvait ? Une secrétaire terrorisée a même expliqué que vous vous étiez saisi de son stylo-plume avant de le planter entre les deux yeux d’une pigiste en hurlant, je cite le rapport « La botte de Nevers ! » !
- C’est que je n’avais plus d’essence, il fallait bien que je poursuive mon oeuvre avec les moyens du bord !
- Votre oeuvre ? Mais quelle oeuvre ?
- Ils faisaient des romans-photos Monsieur le Président ! DES ROMANS-PHOTOS ! Ils méritaient les flammes de la purification ! Il le fallait ! »

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Le juge prend le temps de retirer ses lunettes avant de se masser les tempes en fermant les yeux. Il ne les rouvre que pour me jeter un regard noir avant de faire un signe de tête aux policiers chargés de mon escorte.

« Pour votre crime, Monsieur, je vous condamne à la pire des peines…
- La perpétuité ? Ah, je me gausse, nulle forteresse ne saurait me retenir, tant je…
- Non. Je vous condamne à bien pire : vous irez voir le dernier film de Nicolas Cage !
- Je… non ! Non ! NOOOON ! »
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Alors que les fonctionnaires de police se saisissent de moi, je tente de profiter de la liberté de mes jambes pour leur apprendre une ou deux techniques de l’art de la savate ; hélas, ma futile résistance ne tient pas lorsqu’un coup de tonfa vient s’abattre sur mon crâne : je m’effondre, inconscient.

A mon réveil, il est déjà trop tard : ces sagouins ont profité de mon absence pour m’attacher solidement à un siège de cinéma, et ont placé à chacun de mes côtés un gardien de l’ordre public pour me surveiller. Là, devant moi, publicités et bandes-annonces viennent de s’achever ; je vais être condamné à regarder…

Le Dernier des Templiers !

 

L'affiche : à noter que le titre n'a rien à voir avec le sujet du film, comme de bien entendu.

Notre histoire commence dans le village de Vilach, un très joli vilache, comme le dit si bien ma femme de ménage. Là, un prêtre à l’air sévère fait mener trois donzelles vers un pont de pierre surplombant la rivière longeant le hameau. Du ton le plus autoritaire qu’il puisse trouver, il explique à nos dames ce qu’il en est : accusées de sorcellerie, voici venu pour elles le temps de se repentir ! Car si elles confessent leurs crimes, elles seront sauvées. La première, une jeunette fort niaise & apeurée, s’exclame « Je serai sauvée si je confesse tout ? Vous me laisserez la vie sauve ? Alors je confesse tout : oui, j’ai pactisé avec le démon ! Oui, je suis une sorcière ! Oui, j’achète des livres d’Eric Zemmour ! » ; fort bien, dit le prêtre, encore sous le choc de cette dernière confession. Maintenant, à la suivante : qu’as-tu à avouer, donzelle ? Une femme brune explique alors qu’elle a vendu des onguents aux villageois crédules, onguents qui n’étaient en fait que des concoctions à base de saindoux, alors certes, elle est une bougresse d’arnaqueuse, mais pour sûr, pas une sorcière ! Soit, dit le prêtre. Enfin, la plus vieille du groupe, édentée et borgne, décide d’être plus directe, et invite le prêtre à aller brûler en enfer, ce que ce dernier décline, car il ne peut pas : ce soir, il a ping-pong.

Après avoir entendu ces quelques propos, l’homme d’Eglise décide de passer aux choses sérieuses : il commande aux soldats qui l’entourent de pendre les trois greluches au pont, histoire de faire une petite décoration de bon aloi. La plus jeune des accusées, celle qui avait tout confessé, s’exclame : « Comment ? Mais je croyais que je serais sauvée si je confessais tout ce dont on m’accusait ? » certes, jeune fille, mais seule ton âme sera sauvée, pas le reste, lui répond le clerc (pour ça, il faudrait déjà que les femmes aient une âme, gredin !). Et hop, nos trois larronnes sont balancées par-dessus le pont la corde au cou, et tout le monde s’émerveille de ce fabuleux ajout décoratif à l’architecture locale. Les corps des trois bougresses sont ensuite descendus dans la rivière, pour y être purifiés. Le curé explique alors la suite du plan aux soldats présents : maintenant, il faut remonter les corps, pour que grâce au livre de Salomon, ouvrage contenant toutes les bonnes recettes pour ne pas louper son exorcisme quand on a des invités possédés, il puisse définitivement tuer les sorcières et les empêcher de renaître. Mais les soldats rétorquent « Nan, c’est bon, elles sont mortes, nous, on retourne au village, salut mec« .

Oui, les soldats du village trouvent tout à fait normal de laisser trois macchabées de sorcières dans la rivière où ils vont chercher l’eau qu’ils boivent et lavent leur linge. Non, parce que bon, à l’époque déjà, on sait que mettre des cadavres dans l’eau que l’on boit, c’est mal. Preuve en est, on accuse déjà les juifs de le faire (ou les lépreux, ça dépend de qui on a sous la main), et ça sert de motif pour leur péter la gueule, alors bon ; mais je digresse. Revenons à nos moutons.

Notre prêtre donc, décide de remonter les cadavres seul ; aucun villageois ne l’aide, et même le soleil, qui était encore là il y a 15 secondes, est soudainement couché, probablement que lui-même n’avait déjà plus envie de voir la suite du film. Hooo, vous la sentez, cette ambiance, d’un homme seul, la nuit,  avec des cadavres qui… non, pas cette ambiance là, fieffés nécrophiles : l’autre. Voilà. Bref, le clerc remonte le corps de la jeune ingénue, lit dans son bouquin « L’exorcisme pour les nuls » l’incantation qui va bien, et rien ne se passe. Ok. Il remonte ensuite le corps de la vieille, refait son incantation, et là, le cadavre s’anime un peu le temps de se tordre de douleur et de vomir : ah bin oui, c’était bien une sorcière. Enfin, le curé s’attaque à la dernière corde pour remonter la nana morte qui pend au bout et…

Et rien : la corde se met soudainement à le tirer vers la rivière, et il tombe dans l’eau, où en plus, une main tente de le saisir ! Ça fait peur ! Il parvient bien à se sortir de l’eau et à retourner sur le pont pour y reprendre son livre de Salomon pour incanter, mais hélas, la morte sort de l’eau en volant façon X-Men, se transforme en simili-démon et bourre sa gueule au curé. C’est ballot.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de là, quelque part en terre sainte, des milliers de templiers, les fameux moines-soldats (oui, c’est incompatible, comme comptable-sportif ou Ariel Wizman-drôle, mais c’est comme ça) se préparent pour la bataille ; nous sommes en 1330 et… quoi ? Oui, les templiers n’existent plus depuis 1307, je sais. Mais visiblement, ça ne choque personne. Bref, que disais-je avant que vous ne commenciez à pinailler ? Ah, oui : les templiers se préparent à bourrer la gueule aux sarrasins ; ça promet d’être sportif, puisqu’aucune des deux armées ne comporte le moindre archer ou cavalier, probablement pour des raisons budgétaires ; c’est donc évidemment un combat épique qui s’engage, avec combats chorégraphiés, ralentis, et moult passages où les templiers font des moulinets de 3 mètres avec leurs épées, décapitent 12 sarrasins ce faisant, mais où personne ne les touche (les vilains se contentent de se jeter sur leurs épées en faisant « Ouyouyouye !« ). Dans la foule des combattants, nous découvrons donc Behmen, un Nicolas Cage plus chevelu que jamais, ainsi que son copain Felson, en plein étripage de mangeurs de kebabs. Ils s’en donnent à coeur joie, et comme tous les héros aux testicules surdéveloppés, ils font des blagues du genre « Moi je vais en tuer 300 avec une main dans le dos ! » ; « Non, moi 600, ptdr ! » ; « Mort de lol ! Celui qui en tue le plus paie son coup à l’autre ! » ; ils font tout cela sous les encouragements de Gégé le curé, patron de la troupe, qui hurle qu’il faut tuer les ennemis de Dieu. Gueuler sur des soldats en pleine bataille, à 300 mètres de lui, en train de s’étriper à coups d’épées à plusieurs milliers : sans mégaphone, j’espère qu’il a des pastilles pour la gorge (mais d’autres en parlent mieux que moi).

 

Felson, le templier subtil & profond. Comme le reste.

Les années passent, et nous suivons nos héros qui vont de bataille en bataille, toujours victorieux, sans cesse responsables de la mort de plus de rastacouères d’infidèles, jusqu’au jour où ils assiègent une forteresse et sont les premiers à investir les lieux après avoir défoncé la porte à grands coups de bélier. Pour des raisons inconnues, la ville est remplie de fumée (mais pas de flammes), et de civils qui se ruent vers les soldats en faisant de grands gestes curieux, probablement sont ils très très cons car en général les gens se cachent plutôt chez eux qu’autre chose en cas d’invasion par des bourrins crasseux intégristes : résultat, Behmen, qui n’aime pas trop qu’on lui fonce dessus en agitant les bras très fort, empale une donzelle désarmée qui fonçait vers lui, probablement pour lui faire un bisou. Elle lui fait donc un regard triste (il lui rendrait bien, mais il est Nicolas Cage : il ne peut pas avoir d’expressions faciales) avant de mourir comme une merde. Constatant qu’il vient de tuer une civile innocente, Behmen décide d’arrêter là ; il va donc voir Gégé le curé et lui annonce tout de go que ça le fait plus marrer les croisades : il s’en va. Ainsi, avec son ami Felson, ils désertent, ce qui est très mal, car c’est une rupture de CDI post-période d’essai et cela pourrait causer un préjudice à leur employeur.

Nos deux bougres, vêtus en voyageurs et dissimulant leurs épées dans des couvertures pour ne pas être reconnus comme déserteurs et se voir inscrit au fer rouge sur le torse « Je suis une grosse tapette de lâcheur » voyagent donc discrètement et à pieds au travers de la campagne, ne croisant âme qui vive sur leur chemin. Jusqu’à un jour, où, apercevant des troupeaux sans bergers, ils tombent sur une maison de paysans isolée : comme tous les voyageurs souhaitant rester discrets, ils rentrent donc dedans en gueulant « Houuuhouuuu ya quelqu’un ? ». Personne ne répond, et c’est bien normal, puisque le couple de paysans locaux est au lit, couvert de bubons, et visiblement mort : la peste est passée par là.

Alors attention amis lecteurs : quand je dis « couverts de bubons« , ce n’est pas juste le bubon de pestiféré, non : là, c’est le scrofule format XXL, on a l’impression que les mecs ont des pokéballs agrafées sur la gueule. Et évidemment, ça leur donne aussi les yeux d’une couleur bizarre, façon zombies. Hooo, hé, faire un maquillage de zombies à des victimes de la peste, hmmm, je me demande si ça va servir dans ce film, houlala. Genre à faire des gros plans sur les gens supposément morts pour les voir s’animer brusquement façon morts-vivants pour faire peur. Hmmm, je m’interroge.

Ça ne rate pas, la paysanne morte ne l’était pas tant que ça ; elle attend qu’on mette son visage à 5cm d’elle pour faire « Greeuuuuu… » avant de mourir pour de bon. Ils sont chiants ces gens qui agonisent, c’est terrible ! Ils font semblant d’être morts et attendent qu’on s’approche pour crever comme des bouses en faisant peur ! Genre la paysanne en train de mourir, quand elle voit des voyageurs, elle ne se dit pas « Raaah, je vais râler un peu pour demander de l’aide« . Non, à la place elle se dit « Hihihihi, je suis en train de mourir, je vais faire une blague aux prochains couillons qui frapperont à la porte de ma ferme isolée en leur râlant à la gueule quand ils viendront me renifler le nez !« . Et ça tombe bien, parce qu’il y a des couillons pour tomber sur sa ferme isolée et venir lui renifler le nez. La vie est bien faite.

Nos héros constatant que les paysans pestiférés ont vraiment un sens de l’humour de provinciaux, ils foutent le feu à la maison et se barrent avec des chevaux trouvés sur place. Ça doit d’ailleurs être le seul couple de paysans pauvres à avoir des canassons façon concours d’équitation et pas de gros bourrins de trait pour tirer les charrues dans leur écurie. Ils devaient tous les deux avoir passé leur galop 4 juste avant de chopper la peste. Bref ; nos templiers continuent leur voyage, jusqu’à ce qu’ils tombent sur une cité construite tout en hauteur façon Minas Tirith, avec environ 2 millions de corbeaux volant en cercles au-dessus (oui, ça n’a pas du tout l’air suspect) ; Felson explique que ce serait une mauvaise idée de se rendre en ville : on pourrait les identifier comme déserteurs et les enfermer, mieux vaut passer son chemin. Behmen réplique cependant que leurs chevaux sont fatigués et affamés : il faut donc se rendre en ville et en prendre des biens nourris. Mais oui Behmen, c’est vrai, quoi, un cheval, à la campagne, avec des prés à perte de vue, il va sûrement crever de faim. Autant aller en trouver en ville : après tout, tout le monde sait que le cheval est un animal qui s’élève en appartement et se nourrit exclusivement de poulet au curry.

Décision est donc prise de se rendre dans la cité, où la peste fait rage ; sur leur chemin, nos héros rencontrent Eckhardt, un chevalier qui leur explique que cela fait des années que la maladie sévit, la faute à une bougresse de sorcière. Lui-même a perdu toute sa famille face à la maladie. Soit, disent nos déserteurs, avant de poursuivre leur chemin dans les ruelles boueuses du bourg. Hélas, alors qu’ils font l’acquisition de nouveaux chevaux forcément meilleurs que les leurs, puisque vivant dans une ville où ils ne peuvent pas faire 5 mètres sans rencontrer un mur et côtoyant quotidiennement des pestiférés, l’une de leurs épées choit hors de sa couverture, et révèle son pommeau de templier ; ni une, ni deux, le bon peuple écrit à la kommandantur et nos héros sont promptement arrêtés pour désertion.

 

Voilà ce qui arrive aux gens qui nous infligent ce genre de visionnages

Coup de chance : ils croisent le chemin d’un prêtre, Debelzaq, qui a entendu parler de leur arrestation, et demande à voir leurs épées : il identifie immédiatement Behmen et Felson, les deux héros de guerre, parce qu’à l’époque, c’est connu, on peut acheter à la sauvette « le petit guide de l’héraldique templière » où sont représentés tous les pommeaux des templiers d’Europe. Connaissant la valeur des deux hommes (allez savoir comment), il leur dit qu’il a quelque chose à leur proposer, et les fait emmener devant l’évêque de la cité (oui d’ailleurs, un prêtre peut confisquer leurs prisonniers à des soldats du seigneur local sans que ces derniers ne disent rien. Oui oui oui.), un vieux croulant lui même atteint par la peste au point que ses bubons donnent envie de l’appeler Grishka, et donc désormais grabataire tant il est affaibli. L’homme explique la situation à nos pinpins : la peste est due à la « sorcière noire« , une très vilaine fille. Il convient donc de la faire emmener jusqu’à un monastère à quelques jours de voyage de la cité, où les moines disposent d’un exemplaire du livre de Salomon, livre dont nous parlions au début du film, et qui permettra d’exorciser la sorcière, et par là même, de faire disparaître la malédiction de la peste dont elle serait à l’origine. Behmen et Felson seraient donc bien urbains d’accepter d’escorter la prisonnière, accompagnés des deux autres volontaires, le père Debelzaq et le chevalier Eckhardt.

Mais Behmen refuse ; déjà, parce qu’il est très bête car ce faisant on va le faire enfermer, et ensuite, au motif qu’il « ne sert pas les gens qui tuent au nom de Dieu« . Dixit le mec qui a embrassé la carrière de moine-soldat. C’est ce que l’on appelle « se foutre de la gueule du monde » mon petit Behmen. Felson, lui, qui a autant de personnalité qu’un haricot vert, se contente de ne rien dire et de suivre tout ce que dit son copain. Ils sont donc envoyés au cachot, cachot situé, figurez-vous, pile en face de celui de la sorcière noire, qui n’est autre qu’une jeune fille plutôt kikinoute qui fait de grands yeux innocents façon héroïne de manga. Ils constatent d’ailleurs qu’elle a visiblement été torturée, ce qui est un poil moins choupinou.

Aussi, dès le lendemain, Behmen fait appeler le père Debelzaq et lui propose d’accepter la mission d’escorte. Mais en échange, il demande à ce que la sorcière ait le droit à un « procès équitable« . Debelzaq répond sèchement qu’on « ne négocie pas avec l’Eglise« , avant d’accepter aussitôt. Effectivement, si on entend « céder à tout ce que l’on demande » par « ne pas négocier« , ça se tient. Sinon, c’est idiot. Mais on en est plus là depuis longtemps. Le bon prêtre amène donc nos amis dans une bien belle salle, où les attend déjà le chevalier Eckhardt, afin de consulter les cartes « les plus modernes » (alors que trouver une carte à l’époque, il faut déjà se lever tôt, mais bon : c’est un film avec des sorcières et des démons, ne cherchons pas le réalisme). Behmen est cependant bien embêté : les cartes, c’est naze. Mieux vaut un guide connaissant bien la route pour les emmener au monastère ; or, personne ne se rend jamais au dit monastère ! Alors comment trouver l’oiseau rare ?

Pas de problèmes : Debelzaq connait l’homme qu’il leur faut. Comme ce film enchaîne les poncifs, c’est bien évidemment l’escroc du coin, Hagamar, qui semble tout désigné. Et ils trouvent évidemment l’homme dans une position humiliante, c’est-à-dire, au pilori, couvert des fruits pourris jetés par les passants. Behmen, qui s’est auto-proclamé chef du groupe, explique donc qu’il veut aller au monastère ; si le filou accepte de le guider, il sera libéré du pilori. Et comme il répond par la positive, notre templier donne un grand coup d’épée sur le loquet qui maintenait notre homme en place.

Oui, parce que pousser le loquet avec son doigt, ça fait moins couillu.

L’équipe est donc au complet, et la véritable aventure va pouvoir commencer : c’est donc un chariot pénitentiaire, sous la forme d’une lourde cage montée sur roues, ainsi que trois cavaliers qui s’en vont vers le monastère tant convoité. Mais à peine notre groupe a t-il quitté la ville qu’ils s’aperçoivent être suivis par un mystérieux personnage chevauchant un canasson à quelques distances. Ho oui, mystérieux bougre ; mais comment savoir qui il est ? Pas de problème dit Behmen : on va lui tendre un piège, en laissant le chariot tout seul en plein milieu d’une clairière, et attendre.

 

A noter que la sorcière, malgré son emprisonnement, a toujours accès à un maquillage discret mais propret

Et en effet, le cavalier mystérieux, qui est probablement une huître ou un bulot anthropomorphe pour être aussi bête, s’approche alors doucement du chariot laissé tout seul. Non, il ne flaire pas du tout le piège, il doit subodorer que tous les gardes sont partis faire caca en même temps. Ils ont sûrement mangé un mauvais sushi ce midi.

A peine a t-il approché la cage que Behmen surgit dans son dos et le menace de son épée ; bien vite, il est rejoint par ses petits compagnons de l’escorte qui sortent des buissons alentours pour voir qui est cet inconnu qui s’intéresse à leur convoi : sitôt sa capuche ôtée, Debelzaq reconnaît Frisouille, l’enfant de choeur préféré de l’évêque (je vous laisse deviner comment il a obtenu ce statut, je ne m’abaisserai pas à cela). Celui-ci est un jeune éphèbe, à peu près de l’âge de la sorcière (ça alors ! Un garçon et une fille du même âge dans un même groupe dans un film américain ? Je me demande bien comment cela va se terminer ! Probablement vont ils monter une équipe de belote), qui en a assez de rester inactif : il veut devenir chevalier, comme son défunt père. Et l’évêque venant de mourir de la peste le matin même, le voici qui n’a plus rien qui le retient en ville ; alors s’il prouve sa valeur en accomplissant l’escorte de la sorcière, et participe à lever la peste, peut-être que les nobles du coin le feront chevalier ! Soit, dit Behmen, non sans avoir testé ses compétences en combat lors d’un bref exercice contre Felson (oui, Behmen fait sa chochotte « Prouve ta valeur, combats mon pote ! Je voudrais pas que tu me coupes mes beaux implants capillaires par accident !« ). Et tout le monde se remet donc en route. Conduisant l’attelage du chariot, Debelzaq explique comment ils ont su que la sorcière était à l’origine de la peste :

  • c’est une femme (donc suspect)
  • seule (donc doublement suspect : femme sans homme, femme sans âme)
  • tous les endroits où elle est passée ont connu la peste (donc suspect, même si Eckhardt dit « Il y a eu la peste dans mon village, et pourtant, elle n’y est jamais allée » ; ho, le vil, il doute !)
  • les villageois qui l’ont aperçue ont expliqué qu’elle marmonnait dans une langue incompréhensible (elle est donc probablement étrangère, ce qui la rend incroyablement suspecte ; ça sent le renvoi en Roumanie)
  • en confession, elle a avoué que c’était elle la responsable (« Je suis une vraie petite peste, hihihi, j’ai un petit démon en fond d’écran sur mon portable !« )

Bref, pour Debelzaq, il n’y a aucun doute à avoir : c’est une truie de sorcière. Mais malgré tout, il assure à Behmen qu’elle aura un procès équitable au monastère.

Au monastère ? Mais pourquoi au monastère ? Non parce que le procès, autant le faire AVANT de l’envoyer avec une escorte faire un périlleux voyage sur une route à demi-inconnue ; car si elle est innocente, ça serait ballot. D’ailleurs, tant qu’à faire un procès équitable, autant le tenir dans la ville où elle a été arrêtée, et où il y a les témoins & accusateurs qui l’ont menée au cachot… ça pourrait servir.

Mais personne n’y a pensé. Personnellement, je crois que personne ne pense tout court, mais bon.

Cependant, le voyage est bien vite arrêté avec la nuit : il faut faire étape. A cette occasion, Behmen s’en va donner de la nourriture et une couverture à la sorcière, qui lui fait ses grands yeux humides « Ho, toi, je t’aime bien Behmen, tu es gentil, pas comme les autres encul… les autres. » ; Behmen prend le compliment, et s’en va faire ce que les hommes font de mieux : se coucher, lâcher un pet sonore, se tourner vers le côté et s’endormir. Pendant ce temps, c’est Eckhardt qui monte la garde et surveille la sorcière assoupie ; alors que la nuit avance, Debelzaq vient le trouver pour prendre la relève, mais une discussion s’engage d’abord : le chevalier doute de la culpabilité de la sorcière, il trouve qu’elle ressemble à feu sa fille, Mila, et ça l’attendrit un peu. En plus, il ne croit pas au procès équitable, car il imagine mal l’Eglise libérer sa seule suspecte et annoncer ça au peuple :

« Hey, le peuple, vous savez la sorcière ?
- Ouiiii ?
- Heuu… Bin en fait, on s’est trompés. La boulette quoi. Elle est innocente. Alors on l’a libérée ; là, elle est partie pour les Seychelles. Bon, continuez à crever de la peste maintenant et nous emmerdez pas. »

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Aussi, il a décidé que ce soir, il libérerait la sorcière. Comme ça, hop.

 

Eckhardt, le chevalier au plan pourri

Mais ? Mais pourquoi tu as attendu que l’on vienne te relever pour prendre cette décision ? Tu pouvais pas le faire quand tout le monde pionçait, et ensuite inventer une histoire sur son évasion, pauvre andouille ? Et puis dis-donc, t’étais le premier à vouloir que la sorcière aille au monastère s’en prendre plein les trous de nez, alors pourquoi ce changement d’idée en moins de 15 secondes ? Et non, ne me dites pas « Non mais il voulait l’envoyer au monastère car c’était plus facile de la faire s’évader en chemin ! » ; ah oui ? Alors pourquoi ne pas avoir empêché les deux déserteurs de se joindre à la mission en disant à l’évêque qu’il n’y en avait pas besoin ? Pourquoi ne pas avoir protesté lorsque Frisouille a voulu rejoindre la troupe ? Pourquoi avoir accepté qu’Hagamar se joigne à vous, sur demande de Behmen ? Non parce que moins vous étiez nombreux, plus c’était facile de la faire s’évader, gros naze ! Enfin…

Bref, Eckhardt s’approche de la cage, mais un poil trop : la sorcière se saisit de lui avec une force surprenante ; puis, lorsque Debelzaq essaie de l’aider, elle balance le chevalier, attrape la clé de la cage que le prêtre portait autour du cou, et accessoirement, se saisit de sa croix pour lui planter dans la main et ainsi le clouer au chariot. Classe.

Réveillés par les hurlements de l’homme d’Eglise, tout le monde se lève et se lance à la poursuite de l’évadée ; cette dernière semble s’être dirigée vers un village situé quelques centaines de mètres plus loin (ça tombe bien quand même ; c’est vrai que dresser un campement juste à côté d’un village sans y entrer, ça ne doit pas du tout rendre les villageois suspicieux). Nos héros prennent donc la décision qui s’impose pour la retrouver : se diviser en groupes de 1. Et rapidement, ils aperçoivent la fuyarde en train de cavalcader : hardi compagnons, sur leurs chevaux, ils ont tôt fait de la rattraper sur la place du village ; hélas, il s’agit d’une fille pestiférée qui lui ressemblait : zut ! Ils ont été eus !

Oui, oui, à 3h du mat’, dans un village de bouseux, il y avait une fille, incroyable coïncidence, avec la même corpulence, tenue et coupe de cheveux qui faisait son jogging. Et pestiférée en plus : comme quoi, elle ne doit pas être si malade que ça pour faire de l’exercice à de telles heures.

Enfin, bref. Il faut retrouver la vraie sorcière maintenant, où se cache t-elle ? La piste mène nos fiers guerriers vers une fosse commune sur le flanc d’une butte ; et la dite butte a été creusée de curieuse manière, allez savoir pourquoi, en sorte de petits couloirs étroits. Encore une fois, notre groupe qui s’était réuni décide de se re-diviser en groupes de 1. Mais Eckhardt entend soudainement la voix de sa fille décédée, Mila. Il se met donc à chercher l’origine de sa voix en gueulant « Mila, houuuhouuu, c’est toi ma pépéroute ? » ; car là encore, il ne trouve pas suspect le fait d’entendre la voix de sa progéniture morte l’appeler au milieu de la nuit dans une fosse commune. Non, il court plutôt comme un dératé, et finit même par apercevoir sa fille : il court donc vers elle pour l’enlacer mais…

Il s’empale sur l’épée de Frisouille, qui n’a pas compris pourquoi Eckhardt lui fonçait dessus en gueulant « Mila, ma chérie« . Et non, quand Frisouille voit un de ses potes lui foncer dessus, il ne met pas sa main pour le retenir, il lui colle son épée dans la gueule. Probablement un réflexe : en entendant le chevalier l’appeler « Ma chérie« , ça a dû lui rappeler de douloureuses séances particulières de catéchèse avec l’évêque. Tout le monde arrive donc sur place et découvre le mort ; Frisouille explique qu’il ne comprend pas ce qu’il s’est passé, que Eckhardt semblait ne pas le voir lui mais voir sa fille. Curieux, se disent nos garçons. Mais ils n’ont pas le temps de pousser plus avant : ils trouvent quelques mètres plus loin la sorcière, roulée en boule, en train de dire « C’est le prêtre, il me veut du mal, il fallait que je m’évade ! Je n’ai rien fait de mal !« . Elle est ramenée à sa cage manu-militari, et la nuit se termine sans plus d’incidents.

Le lendemain, Eckhardt est enterré, et le convoi reprend la route. Behmen, qui jusqu’ici pensait que la sorcière était innocente, et qu’elle n’avait dû confesser ses pouvoirs que pour en finir avec la torture, commence à douter. C’est que, l’histoire que raconte Frisouille l’a perturbé : aurait elle pu ensorceler Eckhardt ? La sorcière voit bien que Behmen se pose des question, alors elle lui fait un petit numéro de charme, et se propose même de le « soulager« . Ha, bravo. Bel exemple pour la jeunesse. Les avances n’iront cependant pas plus loin : le convoi est obligé de s’arrêter, puisqu’il vient d’arriver devant un immense ravin, le genre à faire plusieurs centaines de mètres de profondeur avec de la brume inquiétante au fond, et traversé uniquement par un vieux pont fait de cordes et de planches pourries (original, n’est-ce pas ?). Deux choses :

  • Personne ne s’étonne qu’aucune carte ne mentionne la chose. Pourtant, je serais cartographe, un ravin impossible à contourner et digne du grand canyon, je le signalerais. Mais apparemment, non. Tout le monde préfère engueuler Hagamar qui n’en a pas parlé.
  • Hagamar, justement, explique qu’il n’a plus fait la route depuis 8 ou 9 ans (c’est vous dire si la route est peu usitée : il est l’un des seuls à l’avoir prise, et voyez comme ça remonte), et qu’avant « c’était pas comme ça« , c’est pour ça qu’il n’a pas évoqué ce passage compliqué pour un chariot.

Qui a écrit les dialogues ? « C’était pas comme ça avant ? » et c’est pour ça qu’il n’en a pas parlé ? Non parce que le ravin, vu sa tête, il a quelques siècles, si ce n’est plus. Alors, pourquoi cette réplique ? Auparavant, il y avait un pont en pierre ? Et puis un matin, un des deux péquins utilisant la route tous les 10 ans s’est dit « Tiens, si on virait le pont en pierre pour faire un pont merdique avec de la corde et des planches de récup’ ? » ? Non mais je vous jure. Bref, les faits sont là : il faut passer. Les hommes et les chevaux peuvent passer, mais pour le chariot, il faudra le faire passer sans les chevaux, en le poussant. La chose est ardue (le chariot est lourd et la sorcière a quand même un gros cul, elle doit manger du Nutella en cachette la coquinette), mais le chariot passe de justesse, puisque évidemment, outre les planches qui cèdent sous les pieds des gens en laissant entrevoir le gouffre, il y a le coup du « Mon Dieu, personne ne l’a vu, mais une des cordes du pont est en train de céder ! » ; et elle cède, mais pile à la seconde où le chariot est arrivé de l’autre côté. Seul Frisouille a failli choir mais…

… il a été rattrapé au dernier moment par la sorcière depuis sa cage, qui, d’une seule main, l’a saisi par le poignet et l’a remonté sans une goutte de sueur, façon John Rambo. Okay. La route se poursuit quelque peu, mais tout le monde est bien fatigué après cette aventure : il est donc temps de camper. En plus, il y a un formidable brouillard, alors Hagamar commence à ne plus pouvoir guider la troupe, aussi la décision de s’arrêter est-elle sage. Mais justement : dans la nuit, c’est le dit Hagamar qui pète les plombs : équipé de son arbalète, il s’approche de la cage de la sorcière dans le but de la tuer, et ainsi d’abréger la mission pour que tout le monde puisse rentrer chez soi et que la peste s’arrête enfin, ainsi que ce film, si possible. Mais Behmen vient s’interposer, car il l’a senti venir ; les deux hommes commencent à s’expliquer, mais la sorcière, entendant qu’Hagamar voulait la tuer, se met à hurler en imitant le cri d’un loup ; et aussitôt, d’autres cris lui répondent un peu partout dans les bois : autant vous dire que la peur commence à s’emparer des coeurs et à salir les slips.

 

Attention les gars, un loup ! Bourrons lui la gueule !

Behmen ordonne à tout le monde de s’armer et de se regrouper : il faut tuer un maximum de loups.

Oui Behmen. Sinon vous avez du feu. Oh, et surtout, vous avez un chariot pénitentiaire sur lequel vous pourriez grimper. Et là, à moins que ce soit des loups bricoleurs qui se promènent toujours avec un escabeau, vous êtes tranquilles. Non, vous préférez vous battre ? Soit.

La baston s’engage donc, contre plusieurs dizaines d’animaux, qui semble t-il sont ensorcelés : lorsqu’ils s’approchent de nos héros, leur face se défigure en un curieux rictus maléfique, et ils se jettent à l’assaut. Cependant, c’est sans compter sur la coolitude de notre troupe, parmi laquelle Behmen, qui fait du wiki-wiki-wa avec son épée, entendre par là qu’il fait le classique « Je ne bouge pas, je ne tourne pas la tête, et je tue des loups derrière moi sans même regarder, genre je les vois arriver, trop facile« . Mais la coolitude ne peut venir à bout de tout, car de plus en plus de loups arrivent : Behmen ordonne que la troupe se replie vers les chevaux et le chariot et commence à fuir : ça parait compliqué, mais il n’a pas d‘autres idées. Finalement, l’opération réussit, principalement grâce à un élément simple : les loups ont réussi à se saisir d’Hagamar, et se regroupent autour de lui pour le bouffer ; quand Behmen s’en aperçoit, il est trop tard pour venir à son aide. Le convoi file donc dans la nuit, désormais sans guide, et ne s’arrête qu’au petit matin.

Et là, notre templier favori, quand il n’a pas eu son Nesquik et qu’en plus il a mal dormi pour cause de course-poursuite, il est un peu grognon : il décide donc qu’Hagamar avait raison, il faut buter la sorcière afin d’en finir avec cette aventure pourrie (on est au moins d’accord là-dessus). Debelzaq et Felson s’opposent à sa tentative, pour lui montrer quelque chose d’encourageant : le monastère est en vue. Ah, oui, se dit Behmen. Je n’avais pas remarqué, c’est fou, halala, quelle coïncidence, ça tombe bien quand même, je ne l’avais pas aperçu alors qu’il était juste en face de moi à 500 mètres. Le convoi se remet donc en branle vers son ultime étape.

Hélas, sur place, personne ne répond à la porte. Ho ? Comme c’est curieux ? Vite, Frisouille, toi qui est jeune et incroyablement souple, comme le disait si souvent l’évêque, passe donc par-dessus le mur et va nous ouvrir la porte. Merci mec. Le groupe entre donc et ne rencontre âme qui vive. Debelzaq a l’explication : c’est parce que c’est l’heure des vêpres ! Tout le monde doit être à la chapelle !

Comment ? Les vêpres ? Mais… mais on est en matinée ? Les vêpres, ça s’appelle comme ça parce que ça vient de « vespera« , soir ! Non mais merde, quand on ne sait pas utiliser un mot, on ne le balance pas à la cantonade, sacrebleu !

Bref : nos héros se rendent à la chapelle, et en effet, ils y trouvent les moines, mais tous morts de la peste. Et visiblement foudroyés sur place, encore en position de prière. C’est pas d’la p’tite peste, ça, les enfants ! Comme tous les pestiférés, ils ont des bubons de la taille d’un ballon de foot et les yeux noirs façon zombise. Heureusement, il n’y a plus besoin des moines : le livre de Salomon, celui tant recherché, trône tout simplement sur l’autel ! Debelzaq n’a qu’à s’en saisir et à ressortir avec ses copains pour aller commencer le rituel devant le chariot de la sorcière.

Hélas, la sorcière ne semble pas très sensible au rituel. Certes, ça ne lui fait pas plaisir, mais… mais elle commence à faire fondre sa cage ! Hé bé ? Debelzaq réalise alors le problème : il ne s’agit pas d’une sorcière. Il s’agit…

DU DEMON !

Avec un grand D, comme Dalida. Et le Démon, il reprend son apparence démoniaque, une sorte de grosse créature ailée de deux mètres avec des cornes, bref, vous voyez le genre. Et comme Debelzaq va à la bonne page du livre de Salomon intitulée « Comment mettre sa raçum au démonum« , ce dernier s’enfuit en volant, tourne un peu, puis disparaît en s’engouffrant dans une porte du monastère restée entrouverte. Crotte alors.

 

Une vraie bonne incantation, ça fait du vent dans les cheveux façon l'Oréal

L’équipe décide donc d’aller chercher de l’eau bénite en quantité, et pour ça, se redivise en groupes de 1, dans un monastère remplis de mort et où le Diable en personne traîne. Heureusement, il ne leur arrive rien, et ils finissent par se regrouper avec quelques fioles d’eau dans une petite salle isolée. Là, Behmen se la joue grand prince : il propose à Frisouille de repartir, ce combat étant trop rude pour lui (en fait, il veut surtout qu’il parte tout seul dans la cour du monastère pour servir d’appât je pense). Mais ce dernier refuse, arguant qu’il est prêt à mourir pour la cause ; ni une, ni deux, Behmen réalise son rêve, et l’adoube chevalier.

Oui, enfin être adoubé par un templier déserteur, ça a à peu près autant de valeur qu’être fait roi par Huckle, le clodo qui joue de la musique en pétant près du Carrefour Market de Dax.

Cela étant dit, notre fine équipe évoque un sujet intéressant : si le Démon pouvait fuir depuis le début, pourquoi s’être laissé emmener au monastère ? Behmen a l’illumination : Eckhardt a été tué alors qu’il voulait libérer la sorcière. Hagamar, lui, a trouvé la mort en voulant l’empêcher de terminer le voyage : le Démon VOULAIT venir ici ! Il s’est laissé conduire car il venait chercher quelque chose ici, mais quoi ? Et là, c’est Debelzaq qui prend le relais : il venait chercher le précieux livre de Salomon ! En le détruisant, il se débarrasserait de l’arme la plus puissante de ses ennemis ! Ah, mais oui, tout se tient !

Sauf que non. Pourquoi le Diable aurait eu besoin d’une escorte pour se rendre au monastère, sachant qu’apparemment, il pouvait s’y rendre en volant ? Et non, il n’avait pas besoin qu’on lui montre où se trouvait la communauté de clercs : non seulement apparemment tout le monde le savait (c’était même indiqué sur des cartes), mais en plus, il a semble t-il lui même trouvé : alors que les moines n’ont jamais de visites, puisque même Hagamar n’y était allé qu’une fois en 10 ans, il a quand même réussi à leur envoyer la peste. C’est donc qu’il savait où viser. Donc, non, le plan était débile depuis le début ; là, il a juste choisi de s’amener des ennemis supplémentaires sur place. Comme ça, pour rigoler : preuve en est, il a sauvé Frisouille qui allait tomber lors de la traversée du pont pourri alors qu’il n’avait aucun intérêt à le faire, au contraire.

Passons encore une fois sur ce non-scenario, et voyons ce que fait notre troupe : elle se dirige vers le sommet du monastère, là où se situe la bibliothèque, et où les moines devaient copier le livre de Salomon (sachant que le bouquin était sur l’autel de la chapelle, ils devaient un peu en chier sans modèle, non ?). Et sur place, encore une fois, tous les porteurs de tonsures sont morts de la peste à leur poste de travail. Ce que nos héros ne voient pas, c’est qu’à l’extérieur de terribles nuées s’assemblent, et que certains corps de moines morts commencent à s’animer (hooo, on s’y attendait pas depuis le début du film, dis-donc). Ils entendent simplement une voix qui leur dit « Hahaha, vous avez parfaitement deviné mon plan : je voulais que vous m’ameniez ici afin de détruire le livre de Salomon !« . Ni une, ni deux, Debelzaq commence à incanter en apercevant d’où vient la voix : le Démon est en train de ramper au plafond, entouré des moines morts-vivants qui font de même (bin oui, un film sans créatures infernales qui grimpent aux murs en rampant, c’est pas un vrai film cool) : le Diable couine un peu en entendant les mots sacrés, mais sans plus. Les moines, eux, sont devenus de vrais ninjas et se lancent dans des séries de fabuleuses pirouettes, tentant d’interrompre notre cureton dans sa lecture à haute-voix ; heureusement, Felson, Behmen et Frisouille combattent vaillamment les créatures infernales qui attaquent avec les armes du coin, c’est à dire grosso modo une équerre, deux règles et un marque-page coupant. Les morts-vivants bibliothécaires, ça fait trop peur.

 

Emmener des torches dans une bibliothèque, ça énerve les employés, forcément

Cependant, le Diable profite de la confusion pour se rendre derrière Debelzaq et lui attraper la tête pour faire un 180 degrés avec. Le manque de souplesse de l’homme d’Eglise est flagrant, puisqu’il en meurt. Y a t-il un autre homme d’Eglise dans la salle ? Oui ! Frisouille, ex-enfant de choeur (non, les moines-soldats templiers, ça ne compte pas), qui s’empare du livre et reprend là où son prédécesseur en était (avant de mourir, il avait probablement corné la page, des fois que). Le Démon, lui, s’occupe pendant ce temps : voyant que ses moines ninjas ont bien du mal et se font décapiter à la pelle, il attaque lui-même Felson et le réduit en cendres en provoquant chez lui une combustion spontanée de bon aloi. Cela énerve très fort Behmen, qui se jette sur le monstre et le cloue au mur au sens propre en lui enfonçant une dague dans chaque bras ; hélas, le vilain a encore ses ailes, au bout desquelles se trouvent de forts beaux dards, qu’il plante un peu partout dans le dos de notre héros en se débattant. Les blessures sont graves, mais le templier tient bon jusqu’à ce que Frisouille finisse le rituel ; dès lors, le Démon est purement et simplement désintégré, faisant réapparaître derrière lui que le corps de la jeune fille qu’il avait possédé jusqu’ici.

Behmen agonise donc un peu, mais il meurt heureux : déjà, parce qu’il a réussi à vaincre le Démon, ensuite, parce qu’il s’est rattrapé pour la femme qu’il avait tué le jour où il avait déserté, puisqu’il vient de sauver une jeune fille innocente des griffes du Diable. Enfin, parce que quand le Diable a quitté le corps de la donzelle, il l’a faite réapparaître, certes, mais à poil. Il peut donc se rincer l’oeil un bon coup avant de quitter définitivement le monde des mortels. Ce qu’il fait.

Au-dessus du monastère, les nuages s’écartent, la lumière filtre à nouveau, et Frisouille, seul survivant de l’escorte, enterre les trois hommes (enfin, pour Felson, il n’a plus grand chose à enterrer, ho, hein, qu’il fasse pas genre), puis décide de quitter ces lieux de mort accompagné de la jeune fille. Et évidemment, ça commence déjà à flirter, ce qu’on avait pas du tout vu venir non plus. La donzelle demande simplement à ce que Frisouille lui raconte l’histoire de ces hommes qui sont morts pour elle, et qu’elle n’a jamais connu, puisqu’elle était possédée lorsqu’elle les a côtoyés.

Et comble du bonheur : avec la fin du Malin, la peste elle-même disparaît, nous dit Frisouille en voix off. Et…

FIN.

Lorsque les lumières se rallument, l’officier de police à gauche de mon siège laisse échapper un juron en constatant que ma place est désormais vide ; ne reste de traces de mon passage qu’une paire de menottes crochetées à l’aide d’un ticket de cinéma roulé et durci dans du caramel de pop-corn, ainsi que de sombres empreintes sur les accoudoirs, là où mes larmes de douleur ont fini tout au long de ce terrible visionnage. Rajustant son uniforme, il se contente de faire signe à son collègue, assis de l’autre côté, de commencer à partir.

« Allez barrons-nous. De toute manière, je n’avais pas trop envie de l’avoir sur les bras pour la suite.
- Ah ?
- On devait l’emmener à la prison de Clairvaux. Et je sais pas pourquoi, mais faire partie d’un convoi pénitentiaire en route vers un mystérieux monastère, ça m’inspire moyennement ce soir. »
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A quelques distances de là, dans le lit défait d’un petit appartement étudiant.

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« Merci pour les pop-corn caramel durant le film. Sans ça, je doute que j’aurais pu me débarrasser de mes menottes aussi aisément.
- Hihihi, c’était tellement excitant de vous aider à vous évader ! Et puis, vous êtes si habile de vos mains !
- Dis-moi quelque chose que je ne sais pas, ça me changera.
- Mon numéro de téléphone par exemple ? Hihi ! Ne crois pas que je vais te laisser filer sans ! Tu es à moi maintenant, hihihi !
- Soit : passe moi donc un stylo que je note ça, mon portable est resté dans les scellés du palais de justice.
- Tiens !
- Merci…. »
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« LA BOTTE DE NEVERS ! »


 

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