« Un film à la hauteur de ses prétentions.« 

Voilà comment l’on me présenta Pacific Rim, alors que je savourais tranquillement mon brandy sur la terrasse quasi déserte de la fin de soirée d’une quelconque réception. Je ne me souviens pas vraiment du visage de mon interlocuteur à vrai dire. Je vois encore vaguement un bout de sa mâchoire alors que je finissais de l’enterrer un peu plus tard dans la soirée en forêt de Rambouillet, mais il faut croire que le personnage n’a pas marqué mon esprit. Son propos, par contre, si.

« Parce que c’est justement un film sans prétention et puis vous savez, c’est Guillermo del Toro, il ne faut pas tout prendre au sérieux. » avait-il ajouté pendant que je faisais signe à Diego de rapprocher la voiture de l’endroit où nous étions et de laisser le coffre ouvert. « Vous ne pouvez pas critiquer un film qui vend du spectacle de faire du spectacle« , s’était-il empressé de dire alors que je commençais à l’emmener vers la barrière délimitant la terrasse. Quelques secondes plus tard, alors qu’il basculait dans le vide pour terminer sa course dans l’une des plus célèbres parties de mon véhicule, je vis sa compagne apparaître sur la terrasse, essoufflée.

« J’ai cru entendre mon ami crier, l’auriez-vous vu ?
- Hélas non, vous avez dû rêver. Vous savez ce que c’est, l’alcool monte vite à la tête.
- Oui, c’est vrai. Ce champagne est un peu fort…
- Venez, allons le chercher ensemble si vous le voulez bien.
- Hihihi, vous êtes si aimable. Pour tout vous dire, on m’avait pourtant dit que vous étiez quelqu’un de tout à fait prétentieux !
- Ah, allons ! C’est tout simplement que je suis à la hauteur desdites prétentions. Et vous, pensez-vous être à la hauteur des miennes ?
- Je… je ne sais pas ? Que voulez-vous dire ?
- Hé bien c’est facile, êtes-vous un film à 200 millions de dollars que ses fans prétendent comme « sans prétention » quand bien même il a un scénario qui se prend tout à fait au sérieux, sans humour et rempli de moments que l’on voudrait dramatiques ?
- Pas que je sache ?
- Parfait. Alors nous pouvons discuter. »

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Je tapotais son épaule nue pour la guider vers l’intérieur de la réception pendant que Diego éloignait tranquillement l’automobile au coffre chargée à quelques distances de là. Voyant que le champagne ne suffisait pas à achever de la faire basculer dans un état second, et ayant oublié mon GHB dans mon autre veste, je décidais donc d’utiliser une autre arme pour achever d’assommer son esprit déjà affaibli : le scénario de Pacific Rim.

Était-ce suffisant ? Est-ce parce que l’on vend du spectacle qu’il faut pour autant insulter l’intellect ? Les effets spéciaux servent l’histoire ou est-ce l’inverse ? Par corollaire, le cerveau des fans de Pacific Rim commande-t-il aux yeux ou là encore quelqu’un a-t-il chamboulé la hiérarchie locale ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : quand même le robot est sur le point de rendre son déjeuner, c’est qu’il est encore temps pour vous de faire demi-tour.

Le film s’ouvre sur diverses images accompagnant une voix off nous faisant un petit brin d’histoire, car les événements que nous allons suivre se déroulent quelques années dans le futur. L’occasion donc de faire un point sur ce qui nous a emmené aux événements du film : de nos jours, donc, la ville de San Francisco a eu une petite surprise en se levant un matin, car elle fut bien embêtée de trouver une sorte de monstre géant de plusieurs milliers de tonnes en train de faire des tractions sur le Golden Bridge. Si les habitants furent un peu grognons de prime abord en constatant que les monstres sortis de nulle part ne respectaient pas la propriété publique, ils le furent plus encore lorsque la bête, probablement excitée par l’odeur des pétards et la vue des chemises American Apparel, décida de raser la ville. Comme nous l’explique doctement la voix off, le monstre eut le temps de s’enfoncer de 50 kilomètres dans les terres en rasant tout sur son passage avant que missiles et obus ne finissent par lui malaxer la face.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’Asie de voir surgir un nouveau monstre peu versé dans l’art de l’urbanisme, et une nouvelle fois, lui péter la gueule demanda un peu de travail. Finalement, lorsqu’un autre truc du même calibre émergera des profondeurs du Pacifique avec pour ambition de s’accoupler avec les immeubles les plus proches,  des scientifiques commencèrent à se demander d’où ils pouvaient bien venir et si on allait devoir s’en coltiner d’autres, une question qu’ils auraient peut-être dû se poser plus tôt, par exemple à la première apparition, mais bon, hein, pour ce que j’en dis.

C’est ainsi que l’on baptisa cette race les « Kaiju » (prononcez Kaille-djou), et que l’on découvrit qu’elle provenait d’une étrange faille apparue au fin fond du Pacifique, menant à une dimension parallèle, rien que ça. Faille qui résista à tous les bombardements possibles et imaginables, et que rien ne put traverser pour aller explorer l’autre côté. Puisque l’on ne pouvait pas achever la guerre simplement en fermant la faille, tous les pays du monde, unis face à cette nouvelle menace, se réunirent donc pour essayer de trouver une nouvelle arme dans ce conflit. J’imagine que la conversation a dû être intéressante.

« Bon, Mesdames Messieurs, je vous félicite d’avoir su mettre vos différends de côté pour venir à cette réunion de l’ONU dont le sujet est, je vous le rappelle « Comment péter la gueule aux Kaijus ».
- Notre leader peut s’en charger : il a déjà tué à lui seul 10 Kaijus !
- Okay, donc on va commencer… par… couper le micro… à la Corée du Nord… voilà. Rah, s’unir avec tous les pays, quelle idée à la con. Bon, revenons au sujet : qui a une idée pour se débarrasser de monstres géants ?
- On pourrait améliorer nos missiles ? On en fait déjà pour percer des bunkers, alors si on travaille tous à améliorer cette technologie, on pourrait bombarder ces saloperies de haut et sans risques en perçant leur carapace. Et organiser une force de réaction internationale autour du Pacifique pour se débarrasser de ces créatures avant qu’elles n’atteignent les côtes.
- Pas mal la Suisse, pas mal !
- Attendez, on a mieux !
- Oui le Japon ?
- On n’a qu’à faire des robots géants !
- Hooooo relou !
- Ooooon se calme dans la salle, on se calme et on laisse parler le Japon !
- Alors notre idée, ce serait des robots géants, et ils feraient du catch ! Comme ça, yaaaa, pif paf ! Et ils se battraient au milieu des immeubles, comme ça ça ferait des grosses explosions et plein de morts ! Et on continuerait à raser des villes, mais pas pareil !
- Bon, je connais un pays qui va rejoindre la Corée du Nord au pays du mutisme. Alors, où est ce foutu bout…
- Stop ! Vous ne nous couperez pas la parole ! De toute manière, soit vous acceptez notre plan, soit nous arrêtons de produire One Piece !
- Damn, ils nous tiennent ! »

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Et c’est donc suite à cet échange – ou alors, si vous avez une meilleure explication, je suis preneur – que tous les pays du monde ont lancé le programme « Jaeger », ce qui signifie « chasseur » en teuton, programme consistant à produire des robots géants qui font du catch pour combattre les Kaijus.  Au début, on voulait ne mettre qu’un seul pilote par robot géant, mais l’interface étant reliée directement à l’esprit de l’utilisateur, souvent, ça lui faisait des trucs bizarres, du coup, pour alléger la charge, on a inventé la « dérive », système permettant à deux esprits de s’unir pour ne faire qu’un. Les Jaegers sont ainsi pilotés par deux personnes reliées ensemble, chacune représentant un hémisphère du cerveau de la machine. Le film n’aborde cependant pas cette question essentielle : comment choisit-on lequel prend quel poste, histoire de déterminer le type en charge des rêves érotiques du robot géant (les plus fameux lecteurs de Gros Boulons Magazine comme chacun sait, juste après Al Bundy).

Toujours est-il que si l’introduction nous explique que tous les pays du monde se sont unis, on constate que chaque pays produit ses robots individuellement. Ah bon, bon, d’accord. Mais il n’empêche que ça marche : les KaiJus sont tout de suite moins taquins après s’être mangés des poings de quelques mégatonnes dans le museau, et peu à peu, l’Humanité a cessé de craindre les Kaijus, alors que les pilotes de Jaegers devenaient de véritables superstars enchaînant victoire sur victoire à coups de mandales blindées dans les margoulettes.

Bref, lorsque notre film commence, les Kaijus sont retombés en troisième place au classement des plus grands prédateurs du Pacifique, juste derrière le grand requin blanc et le pêcheur japonais.

Et c’est dans une base de Jaegers que notre aventure débute, puisque nous y retrouvons Raleigh Becket et son frangin, Maurice Becket, tous deux pilotes, rois de la bagarre et suffisamment complices pour fusionner leurs esprits avec brio (et probablement qu’en mélangeant leurs souvenirs respectifs, ils peuvent reconstituer ce qu’ils ont fait les soirs de cuite : pratique). Or, il se trouve qu’une alarme vient de se déclencher : on vient de détecter un KaiJu à peine sorti de la faille et se dirigeant droit vers Anchorage, en Alaska. Nos héros ayant pour mission de défendre ce territoire, ils courent donc jusqu’à leur robot géant, le « Gipsy Danger » (ou « Danger Rabouin », ce qui sonne tout de même drôlement mieux), et s’y installent tout en échangeant des blagues sur le fait que s’ils le battent, ce sera leur 5ème victoire officielle et que ça permettra de se la péter à la cantoche.

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Je ne compte même plus le nombre de fois où le pont de San Francisco a été au centre de toutes les catastrophes du monde. Un jour, un scénariste sortira de sa cave et découvrira qu’il y a tant d’autres lieux à raser. Neuilly, par exemple.

Ne posant aucune question sur le fait que visiblement, entre le moment où un monstre sort de la faille et son arrivée à l’autre bout de l’océan Pacifique, visiblement il n’y a que 10 minutes quand bien même on voit que les bestiaux nagent assez lentement, nos héros et leur robot sont envoyés se positionner devant Anchorage. Sauf qu’ils ont repéré qu’un navire de pêche était encore en mer et sur la trajectoire de la bestiole, et malgré les ordres de leur supérieur, le marshal Pentecost, nos larrons décident de foncer secourir l’engin, parce que ce sont des têtes brûlées, tu vois, t’as vu.

Ah, oui, j’oubliais : le Pacifique est assez peu profond, puisqu’à part lors d’une séquence dans le film, les Jaegers auront toujours pied. Et pas qu’un peu, hein.

Que disais-je ? Ah oui. Les frères Becket vont à la rencontre des pêcheurs, mettent leur navire à l’abri à la seconde où le Kaiju arrivait sur eux, puis commencent à tabasser la bête qui est « le plus grand Kaiju rencontré jusqu’ici » (moi, je n’ai pas vu de différence avec les autres, mais je ne suis pas un expert), soit un Kaiju « de classe 3« . Après quelques coups de poings dans la gueule, fourchettes et brûlures indiennes (ah, il faut ce qu’il faut), le monstre fait un peu moins son malin et accessoirement quelques bruits comme « Brüüülülü« ), plus encore lorsque nos héros l’achèvent à coups de canon à plasma, l’une des armes équipant les bras de leur robot.

Ah tiens, vous aviez une arme à distance ? Mais vous préfériez commencer par le corps à corps ? C’est une idée. Très conne, hein, mais une idée tout de même. A une échelle plus normale, ce concept se traduirait ainsi :

« Tenez les mecs, voilà un fusil.
- Super, on va pouvoir mettre des coups de crosse avec ! Ouais ! »

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Les frères Becket m’ont l’air particulièrement malins. Remarquez, ça ne choque pas leur supérieur visiblement. Ça et le fait que ça ne coûterait pas grand chose de plus d’envoyer des avions soutenir le Jaeger, mais de tout le film, sachez que l’on ne parlera plus jamais de l’armée, quand bien même on expliquait en introduction que les obus et les missiles ne faisaient pas du bien au Kaijus. C’est vrai quoi, pourquoi profiter de l’avantage du nombre et de l’opportunité d’affaiblir l’ennemi avant qu’il n’arrive au contact avec le Jaeger ? Bah, là encore, je n’y connais probablement rien : passons.

Alors que nos héros sont en train de célébrer leur victoire au-dessus de la carcasse de leur victime, ils sont fort surpris de constater que, non, la bête n’était pas vraiment morte, elle était juste super forte en mimes : celle-ci parvient en effet à se redresser et à défoncer le cockpit du Danger Rabouin pour y saisir… Maurice. Et non, je ne blague pas : le monstre super-méga-géant vient bien de faire une frappe chirurgicale lui permettant de manger un des deux pilotes sans embêter l’autre. Il doit avoir un gros score en dextérité.

Raleigh hurle donc des trucs comme « Noooon« , « Pas mon frèèèèère » ou encore « Beuuuuuaaaah ! » puis, aidé de son esprit surpuissant, parvient à garder le contrôle du Jaeger le temps d’achever le vilain Kaiju qui a tué son frangin. Et une fois cela fait, ramène son véhicule géant jusqu’à la côte, pour s’y échouer lamentablement.

Aussi subtil que cette introduction, le titre du film vient alors s’écraser en grosses lettres qui font du bruit sur l’écran.

5 ans plus tard, les choses ont bien changé. Le marshal Pentecost a été promu pour on ne sait quelles raisons (il sait probablement paumer ses Jaegers mieux que personne) et est désormais le chef du projet Jaeger. Sauf que la situation va mal : les Kaijus sont toujours plus puissants, et la technologie Jaeger ne suit pas. Du coup, les robots sont détruits plus vite qu’ils ne sont produits (en même temps, vous ne le produiriez pas chacun dans votre coin, m’enfin je dis ça…), et la situation commence doucement à avoir un petit fumet de caca. Une nouvelle fois, tous les pays du monde se sont donc réunis pour réfléchir à la question.

« Bon les mecs, les robots géants, ça n’a pas marché, il nous faut un autre plan.
- Des robots géants géants ?
- Eeeeeeeet… c’était la dernière intervention du Japon, hop, « mute ». Quelqu’un d’autre ? Oui, les USA ?
- Assez rigolé, on a une super idée. Vous savez, gérer des envahisseurs, on s’y connait un peu. 
- Et donc ?
- Et donc, on s’est dit que les Kaijus, c’était un peu comme les Mexicains : on n’en veut pas chez nous mais ils veulent venir quand même. Alors à problème identique, solution similaire : on a qu’à construire un gros mur. 
- …
- Et comme ça, les Kaijus, ils peuvent pas passer. Ou alors au pire, on les retrouvera à bosser dans les champs avec la promesse d’obtenir des papiers, cette bande de pépitos. 
- Arrêtez, ne les écoutez pas !
- On se calme la France, qu’est-ce que vous avez ?
- Maiiiiis on a fait pareil avec la ligne Maginot, et ça n’a pas marché, vous allez voir que les Kaijus vont passer par la Belgique !
- Une réponse à ça, les USA ?
- Oui : notre plan est génial. Donc on va l’appeler pompeusement « Mur de la vie »  et si vous n’êtes pas d’accord, on arrête de produire Game of Thrones.
- Raaah ! Bon, okay ! »

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C’est donc avec tristesse que les dirigeants mondiaux annoncent au marshal Pentecost que le programme Jaeger va s’arrêter, remplacé par le programme « Mur de la Vie », consistant à construire autour du Pacifique un gigantesque mur comme ça si les Kaijus arrivent et qu’ils voient le mur ils… heu… ils… ils s’arrêteront ? Ils tagueront « prout » dessus ? Oui, bon bref : le plan est super, donc merde. Pentecost est informé que le programme Jaeger sera encore financé 10 mois, le temps que le mur se finisse. Et que tous les Jaegers restants sont envoyés sur la base de Hong Kong (ce qui ne va pas être pratique en cas d’attaque du côté des USA, auquel cas il va falloir nager derrière le bestiau pour l’intercepter plutôt qu’être dans son chemin, sûrement un détail, mais rassurez-vous, les scénaristes n’y ont pas pensé).

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« Les amis, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est qu’on avait pas pensé à protéger un endroit appelé « Amérique du sud » qui, à ce qu’il parait, touchait aussi le Pacifique. La bonne, c’est que le prochain programme de géographie mondial vient d’être drôlement allégé »

Le marshal obéit donc à contrecœur, mais c’est ainsi. Et le dernier frère Becket alors, que devient-il, lui ? Et bien dégoûté par la perte de son frangin, il a raccroché, tout ça, et il s’est retiré en Alaska tel un Rambo, travaillant désormais comme simple ouvrier sur le mur de protection contre les Kaijus. Les choses auraient pu se poursuivre ainsi si un jour, en passant devant un poste de télévision, Becket n’avait pas ouvert les yeux tous grands en voyant un flash info.

« Héééé oui Simone, c’est incroyable : un Kaiju vient de passer le Mur de la Vie à un endroit où il était complet, lui pourtant réputé infranchissable !
- En effet Bob, d’après les premiers éléments, il serait passé par la Belgique avant de s’enfoncer dans les Ardennes pour aller se faire des mégalopoles majeures, comme par exemple Sedan ou Charleville-Mézières. La France aurait déclaré « On vous l’avait dit, bande de cons. »
- Rappelons Simone que les Ardennes ont leur propre Jaeger : Woinic, le plus grand sanglier du monde (sic).
- Tout à fait Bob, toujours est-il que visiblement dépité par la simple vue de Woinic, le Kaiju est retourné dans le Pacifique pour finalement s’attaquer à Sydney pourtant officiellement à l’abri du mur, où il a cette fois-ci été vaincu par un véritable Jaeger, ce qui prouve que le Mur de la Vie n’est pas aussi parfait que ses concepteurs voulaient bien le dire, et que le programme Jaeger a encore son intérêt malgré les lourdes pertes qu’il a connu. »

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S’ensuit une interview d’un certain Hansen, pilote du Jaeger vainqueur en Australie, qui explique doctement que les Jaegers sont toujours efficaces : le problème qui a causé tant de pertes jusqu’ici selon lui, c’est simplement que les autres pilotes étaient trop nuls. Si ce propos énerve un peu notre bon Becket, celui-ci est bien vite sorti de ses pensées par l’arrivée d’un hélicoptère de l’armée dont sort le marshal Pentecost. Et comme dans tout mauvais film, celui-ci lui explique qu’il comprend qu’il ait raccroché, mais que malgré le traumatisme, il faut qu’il reprenne du service, on a besoin de lui pour sauver le monde. Car il n’y a plus beaucoup de Jaegers encore debout, et parmi eux subsiste le Danger Rabouin, qui a été rafistolé. Mais celui-ci n’a plus de pilote, et Becket est l’un des derniers au monde à savoir piloter un engin comme le Danger Rabouin, véritable antiquité par rapport aux autres Jaegers restant, plus modernes.

Allez garçon : prend ton slip et ta brosse à dent, direction Hong Kong ! C’est donc un Becket blasé qui part pour l’Asie, convaincu par Pentecost avec ce simple argument : si les Kaijus gagnent la guerre, autant mourir dans un Jaeger en se battant plutôt qu’en tant que maçon sur un mur qui visiblement n’arrête personne.

Arrivé sur la base locale, Becket a donc l’occasion de découvrir toute une galerie de personnages qui donne envie de se tirer une balle dans la bouche, là, tout de suite :

  • Mako Mori, la seule nana du film (je me demande avec qui elle va finir, tiens), qui est évidemment asiatique mais japonaise, quand bien même nous sommes en Chine, puisque le Japon, c’est quand même vachement plus geek lolilulz. Et évidemment, tout le monde parle le Japonais, Becket y compris parce qu’il est cool, lolilulz aussi. Vous ai-je dit qu’en bonne asiatique, Mako Mori était une experte en arts martiaux ? Et elle n’a pas l’air nulle en maths. Quitte à faire des clichés racistes, j’aurais préféré voir le marshal Pentecost donner ses ordres tout en piochant dans un seau de poulet KFC, mais on ne peut pas tout avoir.
  • Blaireau 1 & Blaireau 2, les deux scientifiques, qui sont bien évidemment ridicules et complètement coincés, mais qui sont géniaux quand même. Blaireau 1 est spécialisé dans l’étude des Kaijus, Blaireau 2 dans l’étude de la faille du Pacifique
  • Hansen, le pilote du Jaeger vainqueur en Australie. Il méprise tout le monde, surtout notre héros, et passe son temps à répéter des trucs comme « J’ai pas besoin de toi, pauvre tache, et je n’hésiterai pas à t’abandonner si tu me ralentis » ou « Je suis le personnage caricatural du rival arrogant qui va se faire sauver les miches par le gentil héros que je méprise« . Oh, et lui il pilote son robot avec son papa, Papa Hansen.
  • Chin, Chong et Chang, des triplés chinois qui pilotent en surnombre et qui semblent avoir été conçus par un scénariste qui s’est dit « Attendez, comment on pourrait faire une allégorie des asiatiques qui sont nombreux et se ressemblent tous ?« . Ils sont évidemment très secrets, ont l’air fourbe mais sont super disciplinés.
  • Boris et Tanya, deux pilotes russes visiblement pas encore au courant que l’URSS n’existe plus.
  • Éventuellement, on peut aussi dire que « Gipsy » et « Danger », associés comme ça, c’est un hommage à Christian Estrosi, mais nous ne parlerons pas ici des problèmes des robots géants pour trouver des aires d’accueil.

D’ailleurs, des fois que ce ne soit pas assez subtil, sachez que par exemple, le robot russe a une tête de vieux tank soviétique et qu’à chaque fois qu’il apparaît à l’écran, on entend les chœurs de l’armée rouge. Je n’exagère pas : à chaque fois, même si c’est pour 5 secondes. Ah non mais oui, il y a du très gros niveau.

Bref. Après s’être un peu promené dans la base et avoir regardé les Jaegers avec les yeux humides, Becket découvre le Danger Rabouin complètement retapé, et prêt à retourner au combat. Pour une ultime mission (ho bin ça alooors !), à en croire le marshal.

« Becket, sachez qu’on a un plan pour en finir avec cette guerre.
- Balancer un tir d’arme nucléaire sur la faille à chaque fois qu’un monstre en sort ?
- Non, je préfère l’histoire des robots géants et du catch.  Sachez que comme l’état-major nous a abandonnés…
- L’état-major qui vient de voir, tout comme le monde entier, que le programme Jaeger pouvait encore arrêter les Kaijus contrairement à son mur ? Il va pas nous refiler du pognon en urgence du coup ?
- Non. D’ailleurs, lui non plus nous n’en parlerons plus du film. En fait, j’ai réussi à me procurer une arme atomique au marché noir.
- Mais ? Pourquoi au marché noir ? Vous ne pouviez pas juste demander à n’importe quel pays équipé ? Les armes de ce genre, c’est pas ce qui manque !
- Parce que… heu… l’état major ne veut pas que… qu’on… enfin… mais si vous… enfin vous voyez !
- Laissez tomber. Bon, et donc, c’est quoi le plan ?
- Aller jusqu’à la faille avec des Jaegers, celle-ci restant ouverte peu après avoir laissé passer un Kaiju, et y balancer notre cadeau. Et pouf, ça pétera la faille.
- Je connais des moyens plus rapides qu’un robot géant pour envoyer une bombe d’un point A à un point B.  Enfin bon, je sens que ça ne vous intéresse pas.
- En effet. Bref, j’ai obtenu la bombe auprès d’un gros trafiquant local, Hannibal. En échange, je lui ai donné l’autorisation de piller les cadavres de Kaijus que l’on bute pour en revendre des bouts. Il est content, et moi, j’ai de quoi finir cette guerre. Vous partirez donc en mission à bord du Danger Rabouin, et vous escorterez le porteur de la bombe, l’équipe Hanson. Les autres Jaegers, le Maxi Popov et le Heavy Tang seront aussi là pour escorter le bousin. »

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Becket accepte, mais note tout de même qu’il a un petit souci : il est tout seul pour piloter son robot qui se pilote à deux, ce qui pose problème.

« Pas d’inquiétude Becket. Je sais que vous êtes le dernier pilote encore en vie d’un Jaeger comme le Danger Rabouin, c’est pour ça que l’on est venu vous chercher. Mais on a aussi trouvé des partenaires potentiels.
- Et vous avez pas pensé à regarder si vous pouviez pas déjà coupler deux de ces volontaires ? Non parce que si vous les avez sélectionnés pour piloter avec moi, c’est qu’ils savent le faire, non ?
-  Ah tiens oui, on y a pas pensé. Bon, en tout cas, voici la liste.
- « Mako Mori ». Et 250 personnes prénommées Jean-Jacques. Hmmm je me demande qui sera mon partenaire. Mako Mori ?
- Non, je lui ai interdit de piloter un Jaeger. 
- Oui, alors c’est très intéressant mais j’ai une soudaine envie de défier Mako Mori au karaté. »

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Et en effet : après avoir défié Mako au karaté et avoir bien rigolé, Becket retourne voir le marshal.

« Bon, bin je veux que ma partenaire soit Mako Mori.
- Vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas défier un Jean-Jacques au karaté ?
- Bin c’est à dire que c’est la seule nana du film, et Hollywood n’est pas encore prêt à ce que je roule un patin à un barbu à la fin.
- Très bien, alors je lève l’interdiction que j’avais posée pour protéger Mako, et je vous propose d’aller vous entraîner à bord du Danger Rabouin. »

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Ni une, ni deux, et pendant que les spectateurs commencent à se pendre, notre nouveau couple se rend au Danger Rabouin pour procéder à des essais. Sauf qu’à peine à bord, la dérive entamée, chacun rentre en contact avec l’esprit de l’autre : Becket peut probablement ainsi se souvenir de tous les hommes avec lesquels Mako a couché, mais le film n’en parle pas, probablement pour ne pas envoyer Becket sangloter sous la douche, son ego de mâle hétérosexuel blessé. Et Mako a elle accès aux souvenirs de Becket et particulièrement à la perte de son frère, dont il a senti jusqu’à la peur et la douleur lorsqu’il est mort, puisqu’ils étaient reliés à ce moment là. Une terrible blessure, Becket ne se pardonnant pas la chose.

Ah oui, et comme les chinois sont communistes, il y a de la lumière rouge sur eux quand on les voit, quand bien même tout le reste du décor est bleu. Subtil on vous dit.

Mais surtout, les choses partent quelque peu en sucette lorsque Mako est victime d’un phénomène connu chez les pilotes : elle se perd dans la dérive, et se retrouve bloquée dans un de ses souvenirs (et commence à activer les armes du robot pour se défendre, ce qui ne fait pas vraiment plaisir aux gens dans le hangar des essais). Becket utilise donc la dérive pour aller dans son souvenir et lui dire que non mais ho, tu vas te calmer, dis ?

Sauf que du coup, il voit le souvenir de la bougresse : enfant, Tokyo a été attaqué par un Kaiju. Et pour des raisons mystérieuses, la ville était entièrement vide à l’exception de Mako (… oui, hein ?) qui courait sur une avenue, une chaussure à la main, à appeler sa mère. Sauf que le Kaiju étant un petit filou, il décida d’essayer d’en faire son goûter (mais petit, hein, techniquement pour lui c’est une sorte de cacahuète qui parle japonais), jusqu’à ce que débarque un Jaeger qui lui péta la gueule et piloté par… le marshal Pentecost ! Qui fut pilote un temps ! Et perdit son coéquipier tout comme Becket, et là encore, comme lui, se retrouva à devoir faire des efforts surhumains pour contrôler sa machine en solo durant quelques minutes. Et s’il ne voulait pas que Mako pilote, c’est qu’il est son père adoptif du coup, et ne veut pas la mettre en danger.

Après avoir sorti Mako de son rêve (comprendre : lui avoir mis deux claques dans la gueule), tout rentre donc dans l’ordre. Mais tout le monde se dit que le Danger Rabouin et son équipage a un peu merdé et a risqué, en activant ses armes, de raser le hangar, et qu’on ne peut donc pas trop leur faire confiance.

A noter une formidable scène où pour désactiver les armes et éviter l’accident, la salle de contrôle appuie sur son écran pour couper les circuits, ça ne marche pas, elle appuie donc sur le gros bouton rouge conçu pour ça, ça ne marche pas, elle tente donc de débrancher la prise de courant, attends, ça vient pas…

Une scène que l’on suit avec passion et crédulité, vous l’imaginez bien. Pardon, j’ai baillé là ? Désolé.

Qu’importe. Après ces débuts quelque peu catastrophiques, Mako et Becket ne sont pas à la fête, et la tension finit par tellement monter avec les autres pilotes de la base que, oh, surprise, Becket en vient aux mains avec son rival Hansen et lui pète la gueule pour lui montrer qu’il est le gentil, et donc le plus fort. Après cet échange un peu viril, tout le monde va donc se calmer dans son coin en maugréant que meugneugneu, c’est pas avec des gens pareil qu’on va gagner la guerre (ni faire un film intéressant, mais j’ai abandonné cette idée il y a longtemps pour ma part).

Allez, assez de testostérone ! Allons plutôt voir Blaireau 1 et Blaireau 2 dans leur laboratoire. Blaireau 2 a mis au point une théorie selon laquelle l’arrivée des Kaijus devrait s’accélérer. Et que bientôt, pour la première fois, il devrait en arriver deux d’un coup. Puis le jour suivant, trois. Puis le suivant quatre, puis il en viendrait toutes les heures, puis toutes les minutes…

Bref : nous sommes évidemment à la veille de la fin du monde, sinon ça manquerait de tension, hein, les monstres géants, ça ne suffit pas, de nos jours, le spectateur est exigeant, et en-dessous d’une apocalypse complète, il quitte la salle, oui Monsieur. Il ne manquerait plus qu’une petite prophétie avec un élu et ce serait bon.

En tout cas, pendant que Blaireau 2 peaufine sa théorie, Blaireau 1 travaille lui sur les restes d’un cerveau de Kaiju, l’un des rares qu’ils ont pu isoler. Et se dit qu’il a une grande idée : tiens ? S’il « dérivait » avec un cerveau de Kaiju pour explorer leur esprit ? Bon, certes, c’est un bout de cerveau un peu abîmé, mais il y a peut-être des choses intéressantes dedans ! Ni une, ni deux, le galopin se relie à la chose et… appuie sur le bouton.

Hop ! Instantanément, son esprit se remplit d’images venues d’ailleurs : souvenirs d’avoir été un monstre géant, d’avoir vécu dans une autre dimension, d’avoir déféqué un truc d’une mégatonne (un souvenir commun à beaucoup d’architectes contemporains)… sitôt les souvenirs enregistrés, il va raconter tout ce qu’il a appris au marshal Pentecost.

« Marshal, marshal !
- Oui Blaireau 1 ?
- Ecoutez, c’est incroyable, je viens de dériver avec un bout de cerveau de Kaiju, j’ai appris des tonnes de trucs sur leur race !
- Mais encore ?
- Hé bien écoutez : je ne comprenais pas pourquoi les Kaijus avaient tous le même ADN alors qu’ils avaient tous une tête différente, mais en fait, c’est parce qu’ils sont créés artificiellement par une race vivant dans la dimension de l’autre côté de la faille !
- S’ils ont exactement le même ADN, ils ne devraient pas justement avoir la même tête, qu’ils soient artificiels ou non ?
- Heu… attendez, je relis le script…
- Bon, continuez.
- Bref, leur race veut coloniser la Terre ! Ils ont essayé de venir il y a quelques millions d’années : ce sont eux qui ont buté les dinosaures !
- …
- Mais ensuite ils ont découvert que l’atmosphère terrestre n’était pas adaptée à leur race, ils sont donc repartis.
- Ah oui, non mais je vois : ils ont d’abord massacré jusqu’au dernier dinosaure sur l’ensemble de la planète, fouillant jusqu’au moindre terrier, et juste après ils se sont dit « Ah non en fait, ici c’est nul ? »
- Attendez… le script…
- Non mais on va accélérer là en fait.
- Oui, bon, donc : notre atmosphère a changé avec la pollution : on a involontairement rendu notre planète compatible avec leur race, donc maintenant, ils veulent s’y installer. Et envoient donc les Kaijus faire de la place !
- Je vois. Vous pourriez dériver à nouveau pour en apprendre plus ?
- Pour ça, il me faudrait un cerveau plus complet.
- Alors allez à Hong Kong trouver Hannibal ; il doit en avoir au marché noir. »

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Et comme notre scientifique est un garçon consciencieux, il s’exécute. Et guidé par les conseils du marshal, trouve bien vite Hannibal en ville qui lui explique que bah non, c’est ballot, du cerveau frais, il n’en a pas. Alors à moins d’une attaque de l’ennemi, là, tout de suite, maintenant, ils sont dans la m…

« Aleeeeeeeeeeeeeeeerte ! » se mettent à crier les hauts-parleurs dans tout Hong Kong et jusqu’à la base des Jaegers. Une nouvelle apparition de Kaijus vient d’être détectée… et comme Blaireau 2 l’avait prévu, cette fois, ils sont 2, le rythme s’accélère ! Et deux de classe 4, la classe qui a fait le plus de mal aux Jaegers jusqu’ici !

« Okay, ici le marshal Pentecost : à toute la base, préparez le robot géant des Hansen, le Mmm Bot (oui, j’aime les références artistiques de qualité), ainsi que le Maxi Popov et le Heavy Tang. Vous me droppez tout ce petit monde en face de Hong Kong et vous m’arrêtez les deux bestioles qui arrivent. Quant à la population locale, qu’elle fonce vers les abris les plus proches.
- Et nous ?
- Vous, Becket et Mako ? Vous restez là, vous êtes punis pour avoir merdé à l’entrainement. »

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Sans entendre Becket insulter sa mère, Pentecost se rend donc à la salle de contrôle et suit sur écran ses machines être déployées dans la baie de Hong Kong. Et rapidement, en effet, deux monstres s’approchent à bonne allure. Et ont tôt fait de massacrer le Heavy Tang, qui avait pourtant 4 bras et des scies circulaires (il y avait de l’idée), puis d’en faire de même avec le Maxi Popov, permettant ainsi au stagiaire de l’équipe de réalisation ayant le bouton « lancer les choeurs de l’armée rouge » de rentrer chez lui au lieu de s’abîmer la main à taper dessus toutes les 7 secondes. Ne reste donc que le Mmm Bot piloté par un Hansen et un Papa Hansen un peu stressés, puisqu’ils ont perdu l’avantage du nombre.

Le Heavy Tang en pleine action. Action qui va durer deux minutes chrono, parce que rappelons-le, avec quatre bras et autant de scies circulaires, il fera moins bien qu’un vieux machin qui met juste des claques. Il n’avait qu’à être Américain.

Et ce n’est pas fini, car la situation empire : l’un des deux monstres fait soudain briller une étrange excroissance sur son dos et une immense onde de choc en jaillit… coupant tous les circuits électriques dans le Mmm Bot, Hong Kong & co ! Le duo Hansen est donc paralysé et à la merci de ses ennemis, aussi Papa Hansen tente quelque chose :

« Fils, ça te dirait que l’on essaie quelque chose de très con ? (véritable dialogue, hélas non ironique)
- Réaliser un film qu’on appellerait Pacific Rim ?
- Pas con à ce point, non, mais bon : je te propose de prendre les pistolets de détresse et de grimper sur le toit du robot pour tirer dans les yeux du monstre le plus proche.
- Okay ! »

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Les deux loulous quittent donc le robot en carafe au milieu de la baie, et lorsque l’énorme Kaiju qui les a désactivé s’approche d’eux… ils tirent avec succès dans deux de ses – nombreux – yeux. La bête hurle donc, mais avant qu’elle ne puisse se venger en tatanant les deux pilotes à découvert, elle se mange soudain un méchant pain dans le museau : le Danger Rabouin vient d’arriver à la rescousse !

« Nous et notre moteur nucléaire sommes en analogique, pas en numérique, nos circuits fonctionnent donc encore. » déclare donc Becket, avant de retourner péter la gueule au monstre marin avec l’aide de Mako. Une fois le vilain animal en mauvaise posture, nos héros vident sur lui leurs canons à plasma (encore une fois : l’arme à distance, c’est à la fin) pour être sûrs qu’il ne se relève pas. Puis, ils foncent s’occuper du deuxième monstre, déjà occupé à faire sa parade amoureuse avec les buildings les plus proches  (« Hé Madmazel, bien ou bien ? Vazy tu réponds pas, c’est passque j’suis un Kaiju ? Comment t’as pas la tolérance !« ).

« Aïeuuuuh ! » fait donc la créature un peu bougonne lorsqu’elle se mange dans la margoulette un supertanker utilisé comme massue par le Danger Rabouin. S’ensuit donc un combat épique à coups de poings, de fulguro-poings (si), de tirages de slips et autres spécialités typiques d’un corps à corps intense. Du moins, jusqu’à ce que le Kaiju agrippe le Danger Rabouin… et ne s’envole avec lui dans les serres, tel un gigantesque vautour, parce que oui, tiens, il vole (mais était arrivé à la nage pour éviter de fâcher les Jaegers en les feintant, sympa) !

Le monstre vole si haut que bientôt, la température et l’oxygène commencent à chuter à bord, obligeant nos héros à avoir recours à leur ultime solution :

« Vite : sortons la grosse épée qui tue en un coup !« 

A ce stade, permettez-moi de faire une pause dans le spoiler pour aller hurler dehors. Et peut-être tirer sur un ou deux pilotes de scooters à pots modifiés, histoire de.

Voilà.

Donc, disais-je, nos héros sortent la grosse épée qui tue en un coup, et comme son nom l’indique, avec elle, ils tuent le monstre en un coup et redescendent sur le plancher des vaches à coups de super propulseurs wish woush.

Mais oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, en fait, le robot avait ça. Ce qui aurait pu, par exemple, sauver le frère Becket. Ou sauver des immeubles entiers. Ou les deux autres Jaegers. Bref : oui, depuis le début, ils avaient l’arme ultime mais ils ne s’en servaient pas, parce que les coups de poings, c’était plus rigolo.

« Désolé frangin, j’avais le choix entre être efficace et te sauver ou faire des trucs cools. J’ai choisi. »

Je commence à comprendre pourquoi l’état-major ne veut plus filer de frics à ces gens. Hmmm. Mais toujours pas pourquoi des maisons de productions financent des films pareils.

Pendant ce temps, à Hong Kong, Hannibal et ses hommes en apprenant la fin de la bataille se sont rués sur les corps des Kaijus pour les disséquer. L’occasion pour Blaireau 1 d’aller voir s’il y a du cerveau frais disponible, mais pas de bol : celui-ci a été endommagé dans la bataille (comme celui de nombre de spectateurs). Heureusement, les aliens ont eu la bonne idée de créer un Kaiju… enceinte ! Bah oui, hein, ou alors lui et son copain s’emmerdaient dans la faille en attendant leur tour et sont allés boire un coup, se sont aperçus qu’ils aimaient les mêmes choses au cinéma, puis ils se sont racontés un ou deux blagues kaijus (celle du bulgür qui rentre dans un bar et commande un shaproukz), et une chose en entraînant une autre, ils se sont retrouvés nus, couverts de sueur à tenter la position du Megazord furieux tout en…

Hem, je m’égare.

Oui, bref : un bébé Kaiju sort donc du ventre du cadavre, et après avoir mangé Hannibal lors d’une scène se voulant drôle j’imagine, mais finalement aussi hilarante qu’une circulaire sur la TVA, Blaireau 1 se retrouve avec un Kaiju mort tout frais et tout beau. Et avec le renfort de Blaireau 2, ils décident de dériver avec le cerveau de la bête. Et s’installent donc pour ce faire, avant de pousser le bouton qui va bien… hop !

Mais revenons à nos héros : de retour à la base des Jaegers, ils n’ont guère le temps de se reposer. Comme l’avait prédit Blaireau 2, les arrivées de Kaijus s’accélèrent, et il faut donc se dépêcher, car déjà, la faille s’agite au fond du Pacifique. Il faudrait donc y aller pour y déposer la bombe qui va bien. Le Danger Rabouin et le Mmm Bot sont donc rapidement retapés et préparés (Papa Hansen étant blessé, il est remplacé au pied levé par le marshal Pentecost), et envoyés au fond du Pacifique pour aller à la faille, où déjà, on détecte deux Kaijus… qui tournent curieusement autour de la faille. Car en réalité, en dérivant avec des Kaijus, Blaireaux 1 et 2 ont fait une erreur : les Kaijus ont aussi pu lire leur esprit, et communiquant entre eux grâce à leur esprit de ruche (tout joueur Tyranide les aurait prévenus), ils sont désormais au courant que l’on veut poser une bombe dans leur petite faille.

Le Mmm Bot portant la bombe et le Danger Rabouin approchent donc doucement de la faille, et sont tout de même un peu surpris lorsque soudain, ça crie dans leurs micros : Blaireau 1 et 2 viennent de rentrer à la base et ont donc foncé à la salle de contrôle prévenir tout le monde de ce qu’ils ont appris :

La faille… elle ne laissera pas passer la bombe, car elle est programmée pour ne laisser passer que ce qui a de l’ADN de Kaiju ! Il va donc falloir sauter dans la faille accroché à un Kaiju pour que le plan fonctionne !

Okay. Bon, alors plusieurs choses :

  • Vous pouvez m’expliquer ce que cette information faisait dans un bébé Kaiju n’ayant pas vu le jour ? Il avait aussi les prochains chiffres du loto ?
  • Vous avez dans votre base plein de trucs couverts d’ADN de Kaiju : vous annulez la mission, larguez une bombe  de loin avec de la bidoche de Kaiju accrochée dessus, et ça passe

Mais non. D’ailleurs, pour plus de spectacle, non content deux Kaijus veillent sur la faille… mais un troisième en sort à l’approche de nos héros : un classe 5, jamais vu, le plus gros de son espèce ! Pas de quoi faire reculer nos héros pour leur bataille finale : le Danger Rabouin sort son épée qui tue en un coup, et découpe donc un monstre de classe 4, comme son nom l’indique, en un coup. Il tente bien de porter secours au Mmm Bot, en plus mauvaise posture (mais qui vient lui aussi de se découvrir des épées qu’il n’avait pas jusqu’ici, tiens ?), mais bientôt, la voix du marshal Pentecost retentit.

« Danger Rabouin, n’approchez pas : nous avons les deux Kaijus sur nous, et ils sont de classe 4 et 5 alors ça va être compliqué. Ecoutez, quand j’étais un jeune pilote, les Jaegers étaient encore des prototypes et j’ai été irradié, je n’ai donc plus beaucoup de temps à vivre, alors autant que je me sacrifie en faisant sauter la bombe, pas vrai ? Comme ça, ça tuera les deux Kaijus… et vous, vous n’aurez plus qu’à envoyer votre Jaeger à moteur nucléaire en mode autodestruction dans la faille, avec la voie libre. »

Tout le monde pleure donc très fort, et comme convenu, le Mmm Bot explose avec son chargement nucléaire, détruisant le Kaiju de classe 4, endommageant très fort le classe 5 (mais n’abîmant pas trop le Danger Rabouin juste à côté, merci), et permettant à nos héros d’achever la grosse bête avant de sauter avec sa carcasse dans la faille. Qui s’ouvre donc comme convenu pour faire passer nos héros.

Alors que se dévoile devant nos larrons l’autre dimension, qui comme toute dimension de méchants, est constituée de décors rougeoyants et d’immenses bâtiments inquiétants avec des aliens humanoïdes observant l’arrivée de ce curieux robot géant tombant du ciel, Becket commence à lancer la procédure d’autodestruction, sous les encouragements de la base, dont les communications passent sans même la moindre friture dans l’autre dimension, merci de vous inquiéter. Il en profite pour éjecter d’abord Mako histoire de la mettre en sécurité, les Jaegers disposant de compartiments pour… pour…

Hooo attendez ? Vous voudriez dire que ce petit enfoiré de marshal Pentecost s’est sacrifié avec Hansen, alors qu’il aurait pu éjecter ce dernier d’abord pour le sauver ? Sachant qu’en plus, Pentecost avait déjà piloté en solo et n’avait plus besoin du robot de toute manière, juste d’appuyer sur le gros bouton pour faire tout péter ? Oui : mais comme le script disait que de rival, Hansen était passé au statut de super gentil prêt à se sacrifier pour le héros, il est mort. Pour rien. Et lui n’était pas condamné par quoi que ce soit, si ce n’est un scénario moisi.

« Dommage que ces robots se pilotent à deux, parce que je sais pas toi, mais moi j’ai prévu de me sacrifier. »

D’ailleurs, après avoir enclenché la procédure qui va bien, Becket s’éjecte aussi, et la faille qui jusqu’ici ne laissait passer que des choses « avec de l’ADN de Kaiju » laisse repasser dans l’autre sens sans aucun souci (ça devait être un portail à sens unique, j’ai vu ça dans le code de la route des dimensions parallèles), et les vilains aliens se retrouvent donc avec un robot qui tombe du ciel… et explose en rasant toute la petite base qu’ils avaient installé juste sous la faille, avant de faire s’effondrer cette dernière.

Au centre de contrôle, tout le monde est content, et on a donc le droit à la séquence finale où les deux caissons d’éjection de Mako et Becket remontent à la surface côte à côte, où tout le monde doute à un moment pour savoir si Becket a survécu ou non, mais évidemment, si, et lui et sa copilote peuvent donc se faire des bisous au milieu de l’océan, alors que la base Jaeger a envoyé à leur rescousse une douzaine d’hélicos volant en formation (pour deux clampins, à moins que ce soit pour accuser l’un des deux d’avoir un gros cul et d’avoir besoin d’un hélitreuillage multiple). Dans la salle de contrôle, on déclare donc officiellement la fin de la guerre contre les Kaijus et…

… FIN !

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« Vous y êtes allé un peu fort patron.« 

Le corps de la jeune femme continuait à convulser un peu sur le sol moussu de la forêt de Rambouillet, aux pieds des deux hommes. Le filet de bave s’échappant de sa bouche s’accordait parfaitement aux yeux révulsés qui étaient désormais les siens.

« D’habitude avec le GHB, ça n’agresse pas trop le cerveau, mais là… le scénario de Pacific Rim, c’était quand même un peu fort.
- Vous pensez que c’est ça ?
- Ah oui, elle s’est mise à baver en saignant du nez au passage où le héros sort l’épée magique qu’il avait en fait depuis le début du film.
- Effectivement. Patron, regardez, elle a arrêté de convulser, je crois qu’elle est inconsciente pour de bon. »

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Je tapotai la bougresse du bout du pied, mais celle-ci en effet ne remuait plus.

« Bon, je l’enterre alors ? A côté de son copain ?
- Non Diego, remets-ladans le coffre. On l’emmène à la cave. »
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Le serviteur saisit le corps en robe de soirée par les épaules, et tentant de ne pas trop traîner la tenue satinée sur la terre humide, la chargea à nouveau dans le coffre avec un long soupir de satisfaction.

« On peut rentrer maintenant ?
- Non Diego. Ne sens-tu pas venir tous ces gens qui vont venir défendre cette bouse en expliquant que le scénario, ce n’est pas important dans un film qui n’a pas la prétention de le mettre en avant?
- Je ne suis pas sûr.
- Ils arrivent Diego. Ils arrivent, sois-en sûr. Ils sont déjà venus et ils reviendront, toujours le même argument en bouche.
- Ho ! Mais dites patron, vous ne viendriez pas de vous auto-référencer ? »

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Je laissai paraître un sourire tout en tirant un cigare de ma poche.

« Bien sûr que si Diego. » dis-je en allumant tranquillement la chose.

« Sauf que moi, j’assume tout à fait d’être prétentieux. »

Base de Rabaul, 1944

Debout à l’extrémité de la table centrale, le commandant Watanabe réajuste sa casquette, laissant tomber de ses cheveux ras quelques gouttes de sueur qui viennent s’écraser sur le sol en bois tropical dans un bruit moite. Assis tout autour de lui, plusieurs officiers échangent à voix basse, ponctuant leurs propos de gestes désignant telle ou telle position sur l’immense carte du Pacifique sud qui s’étale devant eux. Watanabe ne la regarde guère plus : il la connait par coeur ; les emplacements des aérodromes, les positions des troupes japonaises et américaines, les patrouilles de la marine impériale… il est même capable de voir, en fermant les yeux, tous les détails de ce petit coin corné du plan, sur lequel un officier a posé pour éviter qu’elle ne se replie la figurine en bois du porte-avion Akagi, devenue tristement inutile ailleurs sur la carte. Mais l’heure n’est pas à ce genre de considérations : Watanabe a une importante déclaration à faire.

« Messieurs, j’ai reçu il y a quelques minutes un message particulièrement important de nos services de renseignements. Comme nous le soupçonnions depuis plusieurs semaines, l’ennemi à réussi à infiltrer nos lignes. Plusieurs agents américains sont parvenus à tromper notre vigilance et à placer leurs hommes au coeur même de notre armée. D’après les informations dont je dispose, un de ces traîtres serait ici-même, dans cette pièce aujourd’hui.« 

Un murmure d’étonnement parcourt la salle.

« Qui oserait, sous le regard de l’Empereur, mentir ouvertement ? Qui oserait transmettre à l’ennemi les coordonnées des convois de nos vaillants soldats ? Qui oserait nous regarder dans les yeux chaque matin et nous trahir dès que nous avons le dos tourné chaque soir ? Peut-être… vous, capitaine Akimoto ?
- Bien sûr que non, mon commandant ! Ma loyauté va à l’Empereur avant tout !
- Et vous, Kenkichi, vous auriez un mot à dire ? Il parait que le soir, vous vous éloigneriez du camp sans préciser où vous allez… peut-être allez vous envoyer des informations à l’ennemi ?
- Non, mon commandant ! Je vais prier sur la dépouille de mon cousin, le lieutenant Oda. Son corps est arrivé il y a quelques jours et attend son transport vers Tokyo. »
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L’officier Kenkichi déglutit bruyamment, en jetant un regard paniqué au commandant Watanabe. Celui-ci se tourne vers les fenêtres qui donnent sur l’aéroport, caressant son menton de sa main gantée. Il observe un zéro laissant derrière lui une fumée noire approcher de la piste en toussotant, alors qu’au-dessous de lui il perçoit les techniciens de la base lancer divers ordres et démarrer un camion anti-incendie. Alors que l’avion survole le tarmac à un mètre à peine du sol en continuant de ralentir, il entend le son strident de la sirène du véhicule des pompiers de la base hurler alors que ce dernier se lance à la poursuite de l’aéroplane avant même qu’il ne touche le sol, bientôt rejoint dans sa course par une ambulance.

« Messieurs, je vous crois. La question est donc toujours d’actualité : qui est le traître ?« 

Watanabe, continuant de regarder par la fenêtre le spectacle de l’avion venant d’atterrir, amène la main à son holster pour en sortir son pistolet Nambu de service. Lentement, il le soupèse, le contemple, puis l’arme. Et d’un geste souple, il se retourne et le braque en direction vers l’un de ses hommes.

« Vous avez peut-être quelque chose à dire, lieutenant Super_Sasuke21 !« 

La table est parcourue d’un long gémissement de stupeur.

« Allons commandant : comment pourrais-je être un traître ? Personne n’aime plus le Japon que moi ! Regardez : je lis One Piece, j’ai une Nintendo DS en import, et je joue à Zelda en japonais ! Et puis merde, je fais des efforts : j’ai mis un serre-tête avec des oreilles de chats fluo sous ma casquette d’officier ! Et j’ai fait remplacer mon sabre de service par une réplique de celui de Sephiroth : je ne passe plus les portes, mais bordel, c’est la classe. Par contre, si vous pouviez vite me disculper, ce serait sympa : il y a Naruto ce soir à la télé et j’aimerais vraiment savoir s’il va gagner. »

Watanabe n’hésite pas une seule seconde et tire une balle dans le front de l’otaku. Son corps se renverse dans sa chaise, et celle-ci bascule en arrière avant de s’arrêter brusquement à mi-chemin : la réplique du sabre de Sephiroth faisant béquille, le mort se retrouve dans une position formidablement ridicule.

« Voilà qui est mieux« , s’exclame Watanabe avant de recharger, humant l’odeur exquise produite par les douilles chaudes roulant sur le sol de fragile bois exotique.

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Tiens ? La Japan Expo est en ville.

Cette semaine, la Japan Expo s’ouvre : l’occasion pour les otakus, ces fans du Japon autoproclamés, de venir hanter Paris et son métro de leur silhouettes couvertes de déguisements plus ridicules les uns que les autres (on appelle cela « le cosplay« ), et de montrer à quel point ils sont capables de réduire un pays à la simple expression de ses produits commerciaux : mangas, jeux vidéos, musique de merde, figurines cochonnes et reproductions d’armes de samouraï, et même « tuning japonais » (mes yeux !)… les otakus vont donc se retrouver tous ensemble au même endroit, pour claquer des fortunes dans leur passion, et éventuellement, pour claquer tout court, comme l’espèrent certains, réunis en prière à Notre-Dame-de-la-rivière-Kwaï.

Pour ceux qui ne visualiseraient pas bien le ridicule du truc : c’est un peu comme s’il y avait un salon des Etats-Unis d’Amérique à Paris, qui se présente comme « Le salon de la culture américaine« , et dans laquelle on résume ça uniquement à des trucs ultra-commerciaux : Rebecca Black à fond, déguisements de Ronald McDonald, Nicolas Cage en guest star et comme attraction principale, des centaines de Xbox en libre service. Le tout en dégustant quelques mini-burgers à 12€ pièce et en tirant à la winchester pour faire traditionnel. Et les gens qui fréquenteraient les lieux auraient en plus le bon goût de se dire « passionnés de culture américaine« , genre de propos qui est un coup à se réveiller avec le spectre d’Hemingway ou de Benjamin Franklin dans son pieu.

Bref.

Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir le Japon tel qu’il est perçu par nos amis les otakus, afin de mieux comprendre leur vision de ce pays magique.

Le Japon

Le Japon, ou Nihon (日本) est un pays situé loin, très loin, quelque part à l’Est de nos contrées. Pays à la fois empli de tradition et de modernité, il est l’incarnation du rêve pour de nombreux Occidentaux perdus, tant il semble exotique, mystérieux, et accessoirement, producteur de jeux vidéos, de bandes-dessinées et de dessins animés. Le Japon est constitué de 6852 îles, ce qui est une sorte de paradis pour autistes et asociaux, qui peuvent donc s’isoler du reste du monde pour jouer tranquillement à la 221e édition de Zelda sans être dérangés par des formes de vies humaines (au pire, ils se dérangent entre eux, donc ça ne compte pas). Cependant, l’essentiel du territoire n’est constitué que de quatre îles, dont personne ne retient jamais le nom, à part bien sur les élèves de terminale un peu avant le bac, et encore, 48h. Après, ils ne se souviennent de rien (à part de Shikoku, mais uniquement parce que ça ressemble à une blague scatophile). Les habitants du Japon sont les Japonais, bien que l’on trouve aussi les termes fourmis jaunes, nains, touristes et ninjas dans le vocabulaire visant à les désigner (mais il n’est pas impossible que certaines de ces appellations soient du fait d’Edith Cresson). On compte 127 millions de Japonais sur ce territoire considérablement réduit, ce qui est moult, puisque ça représente deux fois la population française sur un territoire inférieur de moitié. A ce titre, les Japonais rigolent donc très fort et envoient des offrandes en remerciement de son humour à Marine Le Pen à chaque fois qu’elle déclare qu’il n’y a « plus de place en France« . C’est en partie pour cela que ce peuple est célèbre pour sa politesse.

Histoire

Comme tous les otakus le savent, l’histoire du Japon se divise en deux périodes :

- Le passé

- Le maintenant

Le passé

Le Japon est peuplé dès le paléolithique, mais honnêtement, tout le monde s’en tape. En effet c’est une civilisation profondément inintéressante durant des millénaires, puisque figurez-vous qu’elle n’est pas très exotique. Heureusement, très tôt, le Japon va inventer l’honneur et le katana et combiner les deux pour créer un concept mondialement connu : le Captain Samouraï Flower.

Alors, me direz-vous, bande de mécréants « Et qu’est-ce que ça a de particulier, un samouraï ? C’est pas juste un chevalier ? » ; nenni, fripons, c’est bien plus rigolo : le samouraï est une sorte de chevalier, mais avec une épée que l’on appelle katana, ce qui change tout, et surtout un sens de l’honneur fort intéressant, puisque celui-ci est poussé si loin, qu’il est considéré que celui qui n’a pas d’honneur ne mérite pas de vivre (l’Otaku qui prend le métro déguisé en soubrette ou en personnage d’Evangélion en est un bon exemple). Il serait malvenu de ne pas illustrer mon propos, alors permettez-moi de vous citer quelques exemples : celui qui fuit à la bataille mérite la mort. Celui qui trahit sa parole mérite la mort. Celui qui manque de respect mérite la mort. Celui qui pète au lit mérite la mort (d’où une alimentation essentiellement basée sur le riz).

De fait, l’honneur a une telle place que si autrui ne vous fait pas don de la mort au combat, alors c’est à vous d’en finir. Cela a instauré une très importante tradition de suicide au sein de l’archipel, et qui, c’est regrettable, ne s’est pas assez exportée chez nos amis otakus.

Longtemps, le pays restera ainsi très refermé sur lui-même, ne communiquant que peu avec le reste du monde, en faisant une sorte d’autiste de format international (ce qui explique l’attrait de certains pour ce coin de la planète). Cependant, le Japon ne peut rester isolé trop longtemps, tant c’est un pays qui construit des maisons avec des portes en papier, ce qui protège moyennement l’intimité. Les Occidentaux vont donc entrer en contact avec l’Empire du Soleil Levant et par le biais de divers échanges, le pays va se moderniser fort rapidement : industrialisation, multiplication des armes à feu, installation de chemins de fer (qui ne servent que peu : les Japonais se déplacent essentiellement en courant les bras en arrière ou en sautant de branches en branches)…

Si l’archipel devient rapidement le fer de lance de la modernité en extrême-orient, il s’avère que des tensions naissent et croissent avec les Occidentaux, particulièrement sur la question des ressources : un excellent exemple est la question des femmes, puisque les Japonais constatent que leurs compagnes ne dépassent généralement que peu ou pas le bonnet A, ce qui provoque en eux une certaine frustration ; l’ire nippone culminera au point d’exploser un certain 7 décembre 1941, lorsque l’empereur fait bombarder Hawaï, cette île dans le même océan qu’eux où d’arrogantes jeunettes exhibent leurs formes dans des soutiens-gorges de noix de coco et pagnes de pailles à longueur d’année.

La riposte ne se fera pas attendre, et les tentatives du Japon d’amadouer son voisin américain seront de cuisants échecs : ils essaient par exemple d’inventer le cosplay, pour inviter la jeunesse étasunienne à revêtir un déguisement de Salamèche plutôt que l’uniforme de l’Air Force, mais Washington comprenant la menace ne se laissera pas faire ; les deux premières conventions de cosplay au monde se tiendront le 6 août 1945 à Hiroshima, puis le 9 août 1945 à Nagasaki. A chaque fois, les Etats-Unis les font subtilement annuler. Cependant, malgré la puissance de l’atome, une force aussi maléfique que le cosplay n’est pas totalement détruite, et passera les 50 années suivante à se régénérer : l’époque connue comme « le passé » par les Otakus prend fin avec la défaite japonaise, et une nouvelle guerre va donc commencer : celle des coeurs, avec l’arrivée du « maintenant« 

On lance une mode du Japon, et voilà ce que ça donne

Le maintenant

Après 1945, le Japon comprend que la période des combattants tentant de vaincre leurs ennemis l’arme à la main est bel et bien terminée. Il décide donc de tourner l’ensemble de son industrie vers les nouvelles technologies, et procède à trois changements essentiels :

- Il fait remplacer les katanas par des claviers

- Il réoriente les élèves en CAP Samouraï vers un BTS dessin industriel

- Il supprime la notion d’honneur et la remplace par celle de kitsch

Rapidement, le pays voit des dizaines de nouveaux emplois se créer, tant dans l’industrie que dans le dessin ; les technologies de pointes se développent à vitesse grand V, alors que les mangas et dessins-animés se multiplient. C’est une occasion inespérée pour l’empire de développer sa propagande, que les otakus avalent à longueur de journée. En effet, si l’on en croit les mangas, le Japonais mesure entre 1,70m et 2,30m, est à la fois fin et musculeux, et dispose d’yeux environ 7 fois plus grands que ceux du reste du monde. Son visage est sans défauts, et il se termine en son sommet par une chevelure constituée de pics plus ou moins mous. Lorsque le Japonais se bat, il utilise des épées pesant entre un et huit quintaux, pour une longueur pouvant aller jusqu’à sept mètres, qu’il agite d’une main et sans effort s’il-vous-plaît. La Japonaise, elle, se caractérise surtout par des couleurs de cheveux approximatives allant du bleu au rose en passant par le vert, la mélanine nippone étant visiblement psychédélique ; on peut aussi noter son décolleté, suffisamment grand pour pouvoir y ranger l’épée du Japonais mâle, et éventuellement, garer une ou deux motos sans trop de soucis.

Déferlant partout dans le monde, cette propagande hypnotise et paralyse la jeunesse occidentale, qui reste collée à sa télévision à regarder Sangoku mettre 5 épisodes à coller un coup de poing à Vegeta. Dans le même temps, et afin de s’assurer de ralentir le développement occidental, le pays crée quantité de consoles de salon et de jeux vidéo pour occuper les esprits.

A la fin du XXe siècle, le Japon renforce son offensive mondiale en créant la J-Pop, qui est à la musique ce que l’épilepsie est à la danse. Au début du XXIe siècle, donc, l’archipel est une référence culturelle d’ampleur mondiale, dont les productions ont bercé toute la jeunesse d’une génération. L’otaku vous jurera cependant que sa passion pour le Japon est bien plus vaste que cela : la preuve, il a un set de faux katanas dans sa chambre.

Politique

Le Japon est une monarchie constitutionnelle, actuellement dirigée par l’empereur Akihito. Celui-ci est considéré traditionnellement comme une divinité en soi, au même titre que les Pokémons. Dans le Pokédex, on peut donc le retrouver au numéro 111 (chiffre célèbre pour les divinités bénéfiques), juste en-dessous de Smogogo. Contrairement aux autres Pokémons, il n’est pas possible de le trouver dans les hautes herbes, et il faut d’abord avoir combattu toute la Diète puis avoir obtenu le badge du palais impérial pour l’obtenir.

Chaque année, de nombreux dresseurs tentent de capturer le numéro 111, mais sont abattus par la sécurité du palais alors qu’ils le lapident de pokéballs

A noter que le Japon pratique la peine de mort, ce qui est là encore un point culturel tragiquement absent de la Japan Expo.

Géographie

Le Japon s’étend sur près de 3 000 kilomètres, mais principalement d’îles plus ou moins montagneuses et volcaniques, ce qui est moyennement pratique pour vivre à 127 millions. Heureusement, fort ingénieux, le bon peuple nippon a su s’installer dans les plaines et littoraux qui permettent de profiter de la mer et de ses bienfaits : là, le Japon et l’environnement ne font qu’un ; les courants amènent sur les côtes les rejets industriels venus de Chine, les rejets chimiques issus de Taïwan, les restes de sous-marins d’ex-URSS sabordés à Vladivostok, et parfois, des morceaux de missiles nord-coréens, que ce pays de joyeux farceurs balance régulièrement au-dessus de l’archipel. Oui, le Japon a su s’entourer de ce que la planète a fait de mieux.

Sa position sur une zone particulièrement instable, non seulement à cause de ses voisins taquins, mais aussi à cause de plaques tectoniques, en fait un pays vivant continuellement sous la menace d’un tremblement de terre, d’un tsunami ou d’un nouveau tube d’Aiko Kayo (et après ils s’étonnent de se prendre des catastrophes naturelles, j’ai quand même un petit peu envie de dire qu’ils cherchent). Si l’on dit qu’avant un tremblement de Terre, les éléphants pleurent, dans le cas du Japon, ce sont plutôt les otakus qui couinent sur Facebook. Non pas à cause du bilan, non, mais parce qu’ils ont très peur d’avoir perdu l’auteur de « Romance à Tokutomi High School« , et qu’ils veulent savoir si Ryo va finalement sortir avec Sakura.

La capitale du pays est Akihabara, le quartier des jeux vidéos selon les fans. Et certains vieux ronchons expliquent que ce serait Tokyo au sens large. Pour les deux du fond qui voudraient briller en société, l’ancienne capitale est Kyoto : c’est facile, c’est Tokyo en verlan. Ce qui ne veut pas dire que la ville a été fondée par des mecs en jogging qui crachent par terre, attention les enfants.

Démographie

Un simple schéma suffira pour parler de la population japonaise.

« Geishas » est compris dans la catégorie « Consultants », merci de votre compréhension

Et pour répondre à votre question, oui, les ninjas cotisent à l’URSSAF locale.

Sciences et technologies

Si le Japon est le fer de lance de la recherche dans de nombreux domaines, il en est deux qui sont caractéristiques du pays : la robotique et les baleines.

Les Japonais sont passionnés par les robots : ils en font pour tout : l’industrie, l’assistance, les loisirs… et tentent chaque année d’améliorer leurs technologies dans ce domaine, en mettant au point des androïdes capables de jouer d’un instrument ou de se déplacer comme des humains. Contrairement à leurs voisins américains, leur objectif à long terme n’est pas de créer des T-1000 pour les envoyer dans le passé, mais plutôt de se créer des robots géants, la prochaine étape après le 4×4 : impossible à garer, doté d’équipement inutiles en ville et au quotidien, polluant… ce qui n’empêche pas tout le monde d’en vouloir un pour briller à côté des voisins. C’est vrai qu’aller au travail en robot ou de retrouver une contravention collée sur le cockpit de son bidule pourtant situé à 15 mètres du sol, ça a son charme. Ne me demandez pas pourquoi ça les passionne, c’est comme ça. On avait bien la ligne Maginot, eux aussi auront leur truc inutile (même si on sait bien que le véritable rêve de tout Japonais qui se respecte est de combattre un monstre géant avec son robot au coeur de Tokyo, histoire de passer pour le mâle alpha nippon).

Autre passion de nos amis du soleil levant, les baleines. Bien que de mauvaises langues affirment qu’ils les pêchent pour les manger, les Japonais se défendent en arguant qu’ils ont besoin des baleines pour faire avancer la recherche. Car oui, la baleine a visiblement des secrets technologiques qu’elle refuse de partager avec nous autres humains, la truie. Les Japonais ne font donc que ce qu’il convient de faire dans ces cas là : ils harponnent l’animal, le tractent jusqu’au pont du navire de recherche, puis lui pètent copieusement la gueule en hurlant « Tu vas nous les filer, oui, les plans du moteur à antimatière, dis ? On sait bien que tu nous prends pour des truffons ! » ; la pauvre baleine a beau expliquer que bon sang, elle passe son temps à bouffer du plancton, ça ne prend pas : les Japonais sont obligés de finir de la passer à tabac, avant d’aller en chercher une autre, dans l’espoir qu’elle se montre plus coopérative que la précédente.

Ou alors, ils nous prennent pour des cons. Mais ce n’est bien sûr qu’une hypothèse.

Culture

Si l’on en croit le programme de la Japan Expo, le Japon a une culture particulièrement limitée, qui tient en environ 6 grands points, puisque je préfère faire fi de leur exposition de « tuning japonais« . Miséricorde ; j’espère qu’il y aura une diffusion de Fast & Furious : Tokyo Drift pour illustrer ce pan majeur typique de la culture nippone. Mais allons plutôt voir ce que sont ces 6 points :

Le Manga

Le manga est le nom donné à la BD venue du pays du soleil levant. En général, le sens de lecture japonais est, tout comme le bon sens, contraire au nôtre. Un manga peut raconter quantité de choses, mais on en retrouve plusieurs grandes catégories, telles que l’une des plus populaires chez nous, le shonen, manga destiné aux adolescent qui raconte comment un héros va bastonner tout ce qui l’entoure pour atteindre son objectif. La structure d’un bon shonen se résume ainsi : le héros a un ennemi. Il se bat contre, mais en chie. Heureusement, après d’interminables heures de parlotte et de coups échangés, le héros se déchaîne tant et si bien qu’il utilise une nouvelle technique de combat qui transforme son adversaire en sushi. Il va donc continuer son aventure jusqu’à croiser un nouvel adversaire, contre qui même sa nouvelle technique ne suffira pas. Après des heures de parlotte et de coups échangés, le héros se déchaînera tant et si bien qu’il utilisera une nouvelle technique de combat qui transformera son adversaire en boulette de riz. Etc. A noter que le héros de shonen n’abandonne jamais, contrairement au lecteur raisonnable ou à Lionel Jospin, ce qui permet de créer des séries de 70 tomes ou plus, qui demandent le PIB du Togo pour pouvoir être achetées en une fois.

Le shonen est à opposer au shojo, manga plus orienté vers les adolescentes où l’on ne se tape pas dessus, et qui décrit le plus souvent des amourettes lycéennes. Les styles de dessins vont avec : là où dans le shonen, les demoiselles ont une  poitrine qui laisse supposer qu’elles ont leur propre champ de gravité, dans les shojo, les garçons sont très grands, très fins, très effeminés et surtout très romantiques. Jamais ils ne s’exclament « Ce soir, Chidori, je m’occupe de toi, et tu vas enfin comprendre ce que signifient « tremblement de terre » et « tsunami » ma coquine« , ce qui m’emplit bien sûr de désarroi.

Animés

Les animés sont les versions sur écran des mangas. Pour des raisons qui rendraient fous la plupart des gens raisonnables, les animés semblent, malgré leur support qui, comme son nom l’indique, devrait être constamment en mouvement, prendre un temps fou à dérouler la moindre action. Du coup, ça avance parfois encore plus lentement que les pages d’un manga, ce qui est paradoxal. Les héros d’animés sont par ailleurs profondément débiles et monomaniaques, et auraient probablement leur place dans un épisode de Corky. Ce qui rend d’autant plus intéressant le fait que nombre d’otakus se déguisent en eux à l’occasion de la Japan Expo. Les animés sont aussi la preuve que la propagande nippone tourne à plein régime : d’après ce que l’on peut voir sur les écrans, le Japonais qui combat a le temps, entre deux tatanes, de réfléchir à douze trucs, de penser aux dix derniers coups et de les expliquer plus ou moins scientifiquement, et aime raconter sa vie. Il n’hésite par ailleurs pas à avoir des flash-backs en boucle sur ce que son pote Michou lui a raconté il y a 10 minutes.

Hentai

Le hentai est le manga/anime erotico-porno japonais. On le distingue essentiellement des versions européennes pour une bonne raison : quand la secrétaire a un problème de photocopieuse, ce n’est pas le réparateur qui vient s’en occuper, mais plutôt des tentacules. A force de vivre sur une île, de coupables passions avec des fruits de mer ont dû se développer, tant il semble que les tentacules aient de place dans ces oeuvres : un problème de tuyauterie ? Mon dieu, un tentacule avec un BTS ! Besoin de cours particuliers ? Un tentacule avec son CAPES débarque ! Et je ne parle pas de tous les tentacules qui occupent des postes importants dans l’administration japonaise.

Parfois, l’otaku aimerait bien avoir des tentacules.

Particulièrement parce qu’avec, il serait super fort à Mariokart.

Monsieur Cthulhu, amateur de Hentai

Jeux vidéos

Il serait impossible de faire une liste fidèle et exhaustive de ce que l’archipel a produit, mais nous retiendrons essentiellement quelques exemples symboliques tels que Mario Bros, Zelda (ou les aventures d’un mec qui se fait piquer sa meuf à chaque épisode, m’est avis qu’elle n’est pas contre), Street Fighter (l’otaku est très fort en baston, mais uniquement en faisant croix croix carré) ou Dead or Alive, un jeu où mystérieusement, il n’y a quasiment que des combattantes qui poussent de petits cris en se tirant les cheveux. Le tout en bikini, bien sûr.

Figurines à la con

Pour éviter que les Occidentaux ne continuent de se reproduire, l’industrie nippone a créé le tue l’amour ultime : la statuette/figurine représentant un personnage d’un univers fictif. Grâce à elle, tout le monde peut, en un clin d’oeil dans votre tanière, constater que votre vie mérite d’être achevée dans la minute. Sa vision fait en général fuir les gentlemen et hurler de terreur les gentes dames. Car oui : certains ne se contentent pas des mangas Bleach, des animés Bleach, des jeux vidéos Bleach, ils ont aussi besoin d’avoir des figurines chez eux, ce qui revient à peu près à avoir les goûts de Valérie Damidot en matière d’esthétique et de décoration.

Par un curieux hasard, les personnages féminins ainsi représentés ont souvent des positions plus ou moins suggestives (ce qui n’a bien sûr, rien à voir avec le public visé, qui par ailleurs, entrera dans un cercle vicieux : plus il a ce genre de figurines, plus il a de chance de transformer son nid en repoussoir exemplaire). Lors de mes pérégrinations pour écrire cet article, j’ai ainsi découvert une statuette livrée avec sa « chantilly à lui mettre sur le visage » et sa « fraise amovible à rentrer et sortir de la bouche« . J’ai envie de dire : très classe.

Pour un exemple d’otaku passionné de statuettes du genre, je ne peux que vous envoyer vers ce fabuleux blog qui résume bien l’ampleur du problème. Pauvre homme.

Mesdames et Messieurs, la Culture nippone

Cosplay

Le Cosplay est l’art d’avoir l’air le plus bête possible en un minimum de temps. Cela consiste à s’habiller en personnage de manga, animé ou jeu vidéo avant d’aller trouver un photographe pour immortaliser sa bêtise. En période de Japan Expo, les cosplayeurs prennent le métro directement déguisés, hurlant au monde qu’il est grand temps de les abattre pour les empêcher de souffrir. En général, le seul intérêt du cosplay est la recherche du panel de boudins qui se sont mis en tenue sexy, ou de gringalets habillés en combattant barbare. Si le ridicule ne tue pas, le cosplay mérite la mort.

Musique de merde

Rebecca Black est probablement une sorte de Mozart moderne comparée aux pontes de la J-Pop.

C’est dur, je sais, c’est inimaginable, mais dites vous que rien qu’en tapant « J-Pop » dans tout moteur de recherche qui se respecte, il y a de fortes chance que votre ordinateur se mettre à vomir de la bile par ses enceintes et à faire des 180 degrés avec son écran tout en affichant des images infernales ; on peut le comprendre, quand par exemple, on tombe sur ça. Personnellement, j’ai convulsé un petit moment en mettant du sang partout avant de réussir à arrêter ce qui ressemble fort à une diarrhée musicale (et encore, je cherche pourquoi j’emploie le terme de musical). Pour des raisons inconnues, le concept a touché d’autres principes, comme le J-Punk (brrrr), fournissant ainsi quantité de matière à une autre invention japonaise : le karaoké, ou le truc qui n’a été conçu que pour que les gens se ridiculisent. Et après ça, ne le dites pas que ce pays ne cherche pas à plonger le monde dans les ténèbres.

Langue

Le japonais est une langue qui se traduit à l’écrit par trois alphabets : les kanjis (les fameux signes qui désignent des mots), les hiraganas (qui permettent de préciser certains trucs tels que la prononciation d’un kanji inconnu au bataillon) et les katakanas (qui désignent les mots étrangers). Cependant, ce dernier alphabet est bien moins sérieux que les deux premiers, puisqu’il sert à écrire les mots aussi mal prononcés que le font les Japonais qui n’ont pas pris anglais seconde langue.

Ainsi, si vous cherchez dans un dictionnaire de katakanas un mot étranger, il vous faut penser japonais : virer les « R » de vos phrases, remplacez les par des « L », puis, insérez des « U » de manière aléatoire partout, même dans les mots où il y en a déjà et où il n’y a plus de place.

Ainsi, un « Bus » devient « Busu » ; une voiture de police devient une « Pouliss-karu » et le « Brésil » devient « Roberto no Captain Tsubasa » (mais attention, là, il y avait un piège).

Ainsi, le japonais est une langue qui parait plus effrayante qu’elle ne l’est ; elle comporte ses propres règles, comme par exemple dans l’utilisation de suffixes pour montrer le respect porté à autrui : -Sama pour signifier la déférence envers plus respectable que vous, -San pour le respect simple, et -kun pour quelque chose de petit et/ou mignon. Par exemple, vous direz « Odieux-Sama« , « Jean-Jacques-San » et « Nicolas Sarkozy-Kun« , en faisant bien attention de retirer toute notion de mignon dans ce dernier cas.

Dernière chose, le seul alphabet japonais commun à l’otaku comme au touriste japonais est celui du « Ooooh ! » ; on ne retrouve dans celui-ci que trois mots : « Ooooh ! » (l’étonnement), « Sugoi » (super, bien, joie, youpi) et « Kawaï » (mignon). De là, de multiples combinaison sont possibles : vous êtes étonné par un tour de magie ? « Ooooh, sugoi ! » ; ou vous offre un chiot kikinou ? « Je l’emmène à la rivière Sugoi, kawaï !« , etc. Rien qu’avec ça, vous pouvez bluffer n’importe quel otaku qui se respecte.

Car en effet, l’otaku aime placer du japonais dans toutes ses phrases pour expliquer qu’il connait parfaitement le pays et sa langue. Ainsi, même lorsqu’il n’en a pas besoin, il fera étalage de son savoir ; si par exemple il est allé au Japon et a mangé un bol de riz, il vous expliquera s’être tapé un bon gros bol de « 米 », et se fera une joie de vous préciser que c’est du riz, mais uniquement si vous demandez, car pour lui, tout cela semble tellement évident, hohoho. Ne lui faites pas plaisir : ne lui demandez rien, exclamez-vous « Hoooo, sugoi !« , puis éclatez-lui l’une de ses figurines en résine sur le coin de la gueule. Ça lui apprendra.

Alors évidemment, certains termineront en me disant que je suis caricatural dans cette présentation. Mais qui de moi ou de la Japan Expo l’est plus ?

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Deux soldats entrèrent pour déloger le corps de la chaise restée en équilibre, et le traînèrent avec difficulté vers l’extérieur de la pièce. Watanabe ne regarda qu’à peine la scène, regardant plutôt vers la fenêtre pour observer le reste des zéros qui rejoignaient la base dans un fameux vrombissement.

« Bravo mon commandant ! Nous allons pouvoir surprendre ces maudits américains maintenant que nous avons eu leur espion !« 

Kenkichi avait lâché la phrase d’un ton enjoué, agitant de son bras la baguette en bois qui servait à déplacer les pions et figurines sur la carte. Il fut donc surpris quand Watanabe regarda à nouveau dans sa direction tout en levant l’arme qu’il venait de recharger avant de lui tirer une balle dans le torse. Il tituba lourdement contre le mur, le visage toujours déformé par une expression de stupéfaction, avant de s’affaler contre celui-ci en laissant choir sa baguette dans un son qui sembla curieusement plus fort que celui de la détonation.

« Pour… pourquoi, Watanabe ?
- Parce que c’est vous le traître, Kenkichi. C’est vous qui informez les américains. Je vous ai fait suivre la nuit dernière, et nous avons tout entendu de votre petit entretien. Quant à l’excuse du recueillement sur le corps de votre cousin, elle eut été intéressante si le corps du lieutenant Oda n’était pas déjà en route pour Tokyo depuis bientôt deux jours. 
- Je… non… je reconnais… mais… pourquoi avoir… avoir tué Super_Sasuke21 ? Si vous saviez… pourquoi ? »
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Watanabe s’accroupit à côté de l’officier qui, bien que désormais assis sur le sol, continuait de glisser en laissant une traînée rougeâtre sur le mur blanc.

« Parce que c’était un otaku. Un mec qui pense que c’est aimer le Japon que de s’agglutiner à la Japan Expo déguisé en Naruto, réduisant notre Culture à son expression la plus lamentable. Il ne méritait donc que cela de la part d’un Japonais respectueux de sa patrie.« 

Kenkichi eut un curieux regard.

« Vous… vous avez raison, mon commandant.« 

Puis il acheva de glisser, et tout fut terminé.

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