Certains films ont connu moult adaptations.

Populaires dans un pays, tournés une nouvelle fois dans un autre avec de nouveaux acteurs pour faire bonne figure, qui ne se souvient pas de La Totale, devenu True Lies, film dans lequel Thierry Lhermitte avait été subtilement remplacé par Arnold Schwarzenegger (on remarque à peine la différence à l’écran) ? Ou bien encore Infernal Affairs, qui passé de Hong Kong à Hollywood, devint Les Infiltrés ? Et encore, je ne vous parle pas de toutes les versions Bollywoodienes, voire pour les plus farceurs d’entre vous, des adaptions liées à la règle 34 de l’internet. Ah, si, ne faites pas semblant.

Pourtant, il est des réalisateurs épris d’originalité qui se battent jour après jour pour réaliser des chefs d’oeuvres parfaitement inadaptables. Roland Emmerich est de ceux-là.

Mais plutôt que de vous l’expliquer, je vous propose de parler tout de suite de son dernier film, "White House Down".

Nous pourrons alors revenir sur la précédente affirmation en conclusion.

Prêts pour une nouvelle plongée dans l’univers de l’un des plus talentueux réalisateurs de son époque ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : une explosion, et en plus les gens s’y vantent de leurs trois derniers crimes. Si c’est pas de la provocation, ça.

Tout commence au pays du hamburger, et plus précisément à Washington, alors qu’à l’horizon les teintes roses et orangées annonçant l’arrivée prochaine de l’ami soleil apparaissent. Dans la chambre d’une adolescente de onze ans, un téléphone sonne l’alarme : est-il l’heure d’aller à l’école ? De se préparer à une quelconque excursion ? De commencer à se peigner pour espérer être prête 3 heures plus tard (maudits cheveux longs) ?

Non : nous sommes dans la chambre d’Emily Cale, une adolescente de 11 ans qui comme toutes les petites filles de son âge, a programmé sur son téléphone une alarme pour être informée des moindres faits et gestes du président des Etats-Unis, puisque c’est sa passion dans la vie. Et son téléphone l’informant que l’homme d’état rentre à la Maison Blanche après un fort beau discours à l’ONU, notre bougresse regarde par la fenêtre l’hélicoptère présidentiel qui comme de bien entendu, passe juste au-dessus de sa maison pour lui mettre des étoiles plein les yeux. Parce qu’à 6h du matin, toutes les petites filles de 11 ans adorent se lever par passion pour un leader politique (Emily doit avoir du sang de nord-coréenne).

Je consulte ma montre : oui, nous n’avons même pas dépassé la première minute du film, et nous sommes déjà face à l’un des clichés (ratés) les plus formidables d’Hollywood, à savoir le perso d’enfant écrit avec les pieds, comprendre :

  • Il a une tête de cible d’entraînement pour concours de taloches
  • Il s’exprime comme un adulte et ne s’intéresse qu’à des sujets liés
  • Il dit toujours la vérité (même s’il n’a aucun moyen de la connaître, soit dit en passant)
  • Il a des réactions à peu près aussi naturelles que les lèvres d’Angélina Jolie

Bref, Emily Cale est une sorte de poncif, oui, mais un poncif avec un smartphone. Et puisqu’une caricature ne suffit pas, allons donc voir ce qu’il se passe au même moment dans l’hélicoptère du président des Etats-Unis.

Car en effet, le pays est dirigé par James Sawyer, un puissant patriote dans un film qui ne l’est pas moins, ce qui signifie qu’il n’est évidemment pas un homme politique comme les autres, non, lui c’est un idéaliste qui marche dans les pas d’Abraham Lincoln et qui veut rendre ce pays toujours plus beau (mais pas en s’en prenant aux banques quand même : c’est rigolo comme l’une des plus grandes aventures de Lincoln ne semble jamais passionner ses fans, quel sale communiste ce Abe). Toujours est-il que James Sawyer est plutôt noir, et plutôt originaire d’une famille pauvre. Tellement que dans ses discours à l’ONU, il parle de l’époque où il ne mangeait pas à sa faim, et de comment sa grand-mère a réussi à convaincre un braqueur potentiel d’abandonner son sinistre projet en échange d’un repas chaud.

Pas sûr qu’elle aurait eu le droit à sa page Facebook celle-là.

En tout cas, sortez vos mouchoirs, parce que les extraits des discours de James Sawyer ressemblent fortement aux consignes de coloriage d’un album Mon Petit Poney. Je pense qu’à l’ONU, on fait sortir les diabétiques de l’assemblée avant de le laisser s’exprimer histoire que son discours sirupeux ne s’avère pas fatal aux plus fragiles d’entre eux.

Le président et son petit équipage débarquent finalement à la Maison Blanche, et les gens de son cabinet se congratulent sur la pelouse sans raison pour dire que vraiment, ils font le meilleur boulot du monde. Mouais : m’est avis qu’aucun membre de l’équipe du film n’avait jamais travaillé dans un cabinet politique, mais passons. Car au même moment, à l’autre bout de Washington, le service de nuit s’achève pour John Cale, membre de la police du Capitole et affecté à la sécurité du big boss du sénat que nous appellerons Bob principalement parce que je n’ai pas retenu son nom tant il était charismatique. Et pour bien terminer ses aventures matinales, John escorte donc son patron jusqu’au Capitole pour que lui puisse commencer sa journée, cette feignasse. Mais en chemin, ô, radieuse surprise ! Qui croise John ? Ginette, une amie qui bosse pour le vice-président en balade dans le coin ! Et celle-ci a trois choses à annoncer à notre héros :

  1. *glousse* *glousse* Je t’ai décroché un rendez-vous ce matin comme tu le voulais pour intégrer la sécurité présidentielle !
  2. *glousse* *glousse* Je t’ai obtenu un second passe pour que ta fille monomaniaque puisse t’accompagner
  3. *glousse* *glousse* Tu me dois un dîner, et probablement, un nuit de seske torride à l’arrière d’une R19

STOP ! Ginette, malheureuse, que viens-tu de faire ? Proposer de faire des choses sexuelles avec le héros ? Mais enfin, n’as-tu pas remarqué que tu étais dans un film gentil ? En te comportant ainsi, gueuse, tu oublies qu’une vraie gentille femme de film américain ne propose pas ce genre de chose. Le sexe, c’est pour les vilaines qui ne croient pas en Djizousse. Si tu voulais vraiment te comporter en gentille, tu saurais qu’une bonne copine de héros se contente de rougir quand on l’approche, de glousser quand on lui parle (okay, là-dessus, tu es pas mal), et d’appeler à l’aide avec de petits cris kikinous quand le méchant t’emmène sur son cheval en direction du Canyon de la Muerte.

Mais là du coup, tu vas juste mourir comme une crotte. Adieu, Ginette.

Cela dit, Ginette ne meurt pas tout de suite, non, soyez un peu patients galopins : pour commencer, elle s’en va suivre le vice-président vers de nouvelles folles aventures pendant que John finit officiellement son service, salue son chef Bob et s’en va chez son ex-femme chercher sa fille pour l’emmener à l’école.

Alors bon, vous allez me dire "Voilà au moins une scène qu’ils ne vont pas rater ou barder de poncifs : il suffit que le héros rentre, dise bonjour comment vas-tu yau de poêle, tout ça, et que sa fille grimpe dans la voiture, et c’est plié." Mais ce serait sous-estimer les pouvoirs scatophiles de Roland Emmerich : car à peine John est-il à la porte qu’on lui décharge au museau un nouveau poncif, parfaitement inutile : sa fille lui fait la tête parce qu’il a oublié de venir la voir au spectacle de son école.

Bon alors sérieusement les petits gars, il va falloir arrêter : caser le fait que le héros a raté le spectacle de l’école de sa fille ou le match de base-ball de son fils, ça devient vaguement lourd. Non seulement ça ne sert pas à grand chose, mais en plus, quitte à rajouter des éléments sur la vie des personnages, je ne sais pas, ils ne pourraient pas avoir d’autres activités ? Je veux dire : ce ne sont pas les loisirs qui manquent. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le spectacle ou le base-ball ? Une compet’ de judo, un course d’athlétisme ou une lecture publique de Mein Kampf, il y a le choix, sacrebleu.

En même temps, "Papa n’est pas venu à ma compet’ de curling", ça se comprendrait.

Mais ce n’est pas grave : il ne faudrait pas montrer que l’on a fait un effort d’environ 0,5 secondes sur le scénario pour ne pas hurler au spectateur qu’on le prend pour un con.

Bref : John le papa caricatural fait donc monter Emily sa fille caricaturale dans sa grosse voiture caricature, puis salue son ex-femme caricaturale avant de prendre la route (normale, elle, merci). Mais pas pour l’école, petite Emily, papa a une surprise pour toi : que dirais-tu d’aller à la Maison Blanche ?

La jeune fille est donc si heureuse de la chose et joue tellement bien qu’un instant, j’ai cru qu’elle faisait une crise d’épilepsie (ou qu’elle était Marion Cotillard), mais hélas, non. Elle se met alors à lancer aléatoirement des anecdotes historiques sur la Maison Blanche, parce que dans la vie, c’est connu, quand vous dites à quelqu’un "Tiens, si on allait au Louvre ?" il se met à parler tout seul citant Wikipédia. Encore une fois : quel talent.

J’en profite pour le signaler : Emily refuse d’appeler son père "Papa" ou "Papounet" et préfère donc "John". Quelque chose me dit que d’ici une ou deux explosions, elle aura changé d’avis, mais chut, ne spoilons pas, tout cela est tellement imprévisible, je m’en voudrais de vous gâcher le film. Toujours est-il qu’une fois sur place, John est invité à se rendre à l’entretien qu’il a obtenu, mais que petit imprévu, celui-ci se déroule avec Carol Finnerty… un ex amour de jeunesse de notre héros !

Attention, un, deux  : "HO BIN CA ALORS !"

Voilà, merci.

Carol, donc est bien surprise de retrouver John : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était au lycée, mais leur histoire s’étant mal terminée (une sombre histoire de soirée mousse ayant dégénéré), ils sont un peu en froid. Carol consulte donc le dossier de notre héros devant lui, et fait le récit de sa vie après le lycée : petits boulots divers, puis engagement dans l’armée, où le bougre a atteint le grade de sergent. Il a évidemment été décoré pour héroïsme, puisqu’il a sauvé un de ses petits camarades d’un véhicule en flammes. A noter que le script étant décidément d’une rare qualité, ce dialogue de Carol s’y glisse : "Je vois que vous avez sauvé un de vos camarades d’un blindé en feu. Pourquoi ?"

Mais je ne sais pas Carol, qu’attends-tu comme réponse ? "Nan mais c’est parce que je lui avais prêté ma Game Boy je voulais la récupérer" ? "Il était assez cuit, j’aime ma viande saignante" ? "Pardon Carol, mais es-tu un hamster avec une moumoute pour poser des questions pareilles ?" ?

Bref. L’absurde entretien se poursuit avec les états de service militaire de notre larron qui, bien que héros, n’en était pas moins… mais si, allez, vous le savez. Attention : "une tête brûlée" !

Allez, on reprend : "HO BIN CA ALORS !"

Restez vigilants, je sais pas vous, mais moi, je sens d’autres trucs caricaturaux venir. Ne me demandez pas comment je le sais : c’est l’instinct.

Toujours est-il qu’au final, Carol annonce à John que non, le président n’a pas besoin d’un psycho-ouf dans son équipe, et que donc, merci John, bonne journée, et tiens, voici mon pied au cul pour faire bonne mesure. Sitôt sorti de cette rencontre décevante mais mouvementée, John va retrouver sa fille et pour ne pas la décevoir, lui dit que hahaha hihihi, mais si, évidemment que l’entretien s’est bien passé, mais bon, tu sais, on verra, c’est pas fait, et puis bon, c’est l’administration, alors hein bon hé, ho, hein dis. Ta gueule en fait.

Sauf que sur le chemin de la sortie, un guide de la Maison Blanche, prenant le duo pour des touristes, leur propose de se joindre au groupe qu’il s’apprête à emmener en vadrouille. L’occasion idéale de faire plaisir à la petite Emily (notons que le héros, bien qu’habitant à Washington et avec une fille passionnée par le sujet, n’a jamais pensé à proposer cette visite avant, c’est vrai que c’était compliqué), en route donc ! L’occasion idéale pour Emily de montrer qu’elle est définitivement un personnage si puissamment relou que je lui attribue une note de 9,5/10 sur l’échelle de Jean-François Copé. En effet, celle-ci passe son temps à débiter des choses qu’elle a lues sur Wikipédia, comme par exemple l’emplacement des vieux-tunnels-qui-officiellement-n’existent-pas ou du bunker-top-secret-du-président.

Alors que l’ensemble des touristes un peu gavés s’apprêtent à isoler Emily dans les toilettes pour lui péter la gueule à coups de lunettes de WC, une radieuse surprise attend notre petit groupe : James Sawyer, le président des Etats-Unis en personne, débarque au milieu de la visite.

"Bonjour les amis ! Je viens de terminer à l’instant un discours sur le fait que je retirais toutes mes troupes du Moyen-Orient et qu’à la place je mettais le budget de l’armée dans l’aide au développement. Comme ce n’est pas du tout le genre de déclarations qui a des conséquences, et que je n’ai pas non plus un pays à gérer, je me suis dit que tiens, si je venais glander avec les touristes en shorts à fleurs ?"

Autant vous dire que par la grâce de cette arrivée impromptue, les sous-vêtements d’Emily découvrent instantanément l’exotisme d’un climat tropical. La bougresse en profite donc pour demander au président s’il ne voudrait pas répondre à une interview pour sa chaîne Youtube, là, tout de suite, au pied levé, et là encore, James Sawyer accepte parce qu’il a le swag. Histoire d’alimenter un peu plus, le bullshit généralisé, Emily, au lieu de poser une question comme "Ça fait quoi d’être président ?" ou "Elle est devenue quoi, Monica Lewinsky ?" lui demande ce qu’il pense de la crise actuelle au Moyen-Orient (pourquoi pas), particulièrement des conflits inter-régionaux (heu, bon, d’accord, on va dire qu’elle est très en avance) et plus particulièrement de sa position face aux dissidences chiites (en fait, non : va chier Emily).

"Ta question est très intéressante Emily. Vraiment. Ce qu’on va faire c’est que tu vas la reposer à mon garde du corps, là, derrière, et on va voir si tu esquives les clés de bras comme moi les questions."

Je ne déconne même pas, hein. C’est vraiment la question qu’elle lui pose. Ah non mais, quand je vous dis que c’est écrit avec les pieds, je n’exagère pas.

Le président lui répond donc un truc qui tient plus d’une Miss France que d’un homme d’état (ils ont dû inverser les dialogues, je suppose), avant de voir Emily lui dire "Merci président ! Au fait, mon papa va intégrer votre sécurité !". James Sawyer sourit donc tranquillement, avant de se pencher à l’oreille du papa d’Emily pour lui souffler :

"Ce n’est pas beau de mentir aux enfants."
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Ce à quoi John oublie de répondre :

"Et ce n’est pas beau d’avoir lu le script.
- Pardon ?
- Bin oui : je viens à peine de passer l’entretien, on m’a dit non il y a dix minutes. Alors vous m’expliquez comment vous pouvez savoir que je ne suis pas pris ? En plus d’avoir le temps de glander avec les touristes et de faire le kéké sur la chaîne Youtube de titeprincesse_star_81, vous avez en plus trouvé le temps d’aller vérifier aux ressources humaines les résultats de l’entretien d’embauche d’un type que vous n’avez jamais vu ?
- Heeeeeeeeeem hum hem, je… je… hooo, on m’appelle !"

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Quelle attention minutieuse portée à chaque seconde de ce film, c’est impressionnant. Et notez que la plupart du temps, ça n’apporte rien à l’histoire. Non, c’est juste pour rajouter des erreurs. Attendez que je vérifie un truc… budget du film, 150 millions de dollars et… ho ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Sony Pictures n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’avant même la préparation du tournage du film, 3 millions avaient été dépensés pour acheter le scénario de James Vanderbilt. La société de production avait déjà travaillé avec lui pour The Amazing Spider-Man.

3 millions de dollars. Pour un truc qui est déjà aussi moisi alors que le film n’a même pas commencé. A ce prix là les enfants, gardez bien vos rédactions de CP : à l’argus d’Hollywood, elles doivent bien valoir 1 ou 2 millions de dollars.

Allez, allons donc voir ailleurs si les choses se déroulent mieux. Et rendons-nous à la demeure magique de Martin Walker, patron de la sécurité présidentielle justement, qui se prépare à une nouvelle belle et grande journée. Après s’être brossé les dents et avoir fait les mots croisés de Biba pendant qu’il délivrait ses flancs de l’ennemi intérieur, Martin a donc pris le chemin du travail, mais d’abord, il a salué sa femme :

"Au revoir ma chérie, je vais au travail. Tiens, garde-moi ce pin’s drapeau américain que je porte d’habitude au col, tu veux ? Je ne veux pas le porter aujourd’hui.
- Mais ? Pourquoi ?
- Et puis tiens, laisse-moi te dire que je t’aime comme si c’était la dernière fois.
- Hein ?
- Tiens, t’ai-je dit que je ne m’étais jamais remis de la mort de notre fils, militaire mort en opération spéciale en Iran suite à un ordre du président ?
- Qu’est-ce que… Martin ? Nom d’une pipe Martin : tu serais pas en train de filer des indices gros comme des clients de Wall-Mart aux spectateurs pour leur spoiler le fait que tu es un traître ?
- Pas du tout. Par ailleurs mes indices sont très subtils.
- "Subtil" ? Ah non mais visiblement, t’as pas dû bien lire le dictionnaire, ça explique que tu en chies avec les mots croisés de Biba. 
- Bon allez, je vais au travail, hop."

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Mauvaise idée, on aurait pas dû aller voir de ce côté là en fait, c’est aussi pourri que le reste. Suivons donc l’ami Martin Walker jusqu’à la Maison Blanche, où il retrouve toute l’équipe de la sécurité présidentielle dont sa bonne amie Carol, pour leur dire que ça va encore être une bien belle journée, dis-donc. Mais surtout, et parce que ça faisait bien 45 secondes qu’on avait pas eu un truc vu et revu, on fait soudain rentrer un gâteau dans la salle : figurez-vous que Walker est à une semaine de la retraite !

Allez, tous ensemble : "Tu vas mouriiiiiir !"

Là encore, cet élément n’apporte rien, à part de quoi pleurer de douleur devant autant de nullité. Tout le monde file donc des cadeaux et des tapes dans le dos à papy Walker, en lui disant qu’il manquera à tout le monde. Tous les passants, même dans les couloirs, lui serrent la main en lui disant "Bon bin, bonne retraite hein !".

Je ne suis pas un expert, mais moi j’ai entendu dire que les pots de départ, c’était quand on partait. Non parce que sinon, v’là le reste de la semaine : "Bin t’es pas encore parti toi ? Je t’ai pas serré la main hier en te disant adieu ?". Ambiance.

Durant la petite sauterie, Martin va donc trouver Carol pour s’entretenir brièvement avec elle :

"Carol, tout est calme aujourd’hui et vous travaillez trop. Rentrez chez vous et reposez-vous.
- Mais ? Pourquoi ? 
- Parce que je vous l’ordonne.
- Mais je sais pas, ça sonne suspect. Un peu comme si… comme si vous aviez des accents de traître dans la voix.
- Vous imaginez des choses, niet niet popovitch. Alamdoulila, nardin. 
- Vous devez avoir raison, je vais rentrer chez moi."

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La belle va donc reprendre son automobile et s’en va tranquillement dans les rues de Washington, sans savoir qu’au même moment, il se passe des choses… au Capitole !

En effet, au même moment, au Capitole : "Je propose que la pizza soit désormais un légume"

Car dans les couloirs de celui-ci, un terrible vilain (roux et barbu, c’est dire s’il appelle la mort de ses vœux) rôde. Et comme c’est un vrai professionnel des actions méchantes, il a pensé à noter au bic bleu sur son bras le numéro de la salle où l’attend tout l’équipement pour mettre la zone dans le bâtiment.

C’est vrai que s’écrire dessus comme une collégienne, c’est pro. Comme ça, si la police l’attrape et qu’il n’a pas le temps de se frotter à la salive, hop, toute la maréchaussée sait dans quelle salle aller chercher les preuves de l’odieux forfait. Attendez, je relis plus haut… moui : 3 millions de dollars.

Notre sympathique loulou s’en va donc dans un local d’entretien récupérer son matériel de farceur, à savoir un bleu de travail et du matériel de nettoyage ainsi qu’accessoirement, une bombe. Combinant habilement tout cela (il enfile le chariot, cache la bombe dans le bleu de travail et … attendez, non… ah merde, j’espère qu’il a bien noté l’ordre des opérations sur son autre bras), il ressort donc grimé en technicien de surface, poussant devant lui son chariot piégé. Sitôt qu’il a placé celui-ci dans la salle de la coupole du Capitole, il ricane donc très fort et s’enfuit tel un farfadet maléfique atteint d’incontinence, alors que peu après, derrière-lui, BROUF fait la bombe.

Le bâtiment prend donc un peu cher, mais pas autant que les touristes et agents de sécurité voisins qui font de l’auto-crémation au black.

Carol, qui était en chemin pour chez elle, voit donc l’explosion et se précipite sur place pour aller vérifier que l’évacuation se déroule bien. Et en effet puisque non, Bob, le boss du capitole, n’a pas été transformé en torche humaine, et le vice-président qui était dans le coin va bien lui aussi. Bob est donc envoyé se planquer au Pentagone, pendant que le vice-président est collé dans Air Force One qui décolle aussitôt pour se mettre à l’abri à ouat’mille mètres d’altitudes, histoire que si Washington soit attaqué, tout le monde ne soit pas au même endroit, stratégie dite du "Mile High Club". Et à la Maison Blanche, l’alerte est donnée : la place est verrouillée et tous les agents de sécurité s’arment et vont se poster à toutes les fenêtres prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui a l’air suspect : homme armé non-identifié, porteur de turban, ou pire, politicien honnête (mais là, le mot "suspect" frôle l’euphémisme). Le président se retrouve lui enfermé dans le bureau ovale avec quelques conseillers ainsi que son chef de la sécurité, le temps que l’on en sache un peu plus sur ce qu’il se passe au Capitole. Ce qui veut dire que pour John et Emily, la visite touristique s’achève assez brusquement. J’ai envie de dire : remboursez nos invitations.

Surtout que l’alarme s’est déclenchée pendant qu’Emily était aux toilettes en train de réviser ses plus grands airs de cornemuse, ce qui signifie qu’elle est séparée de son papa lorsque la Maison Blanche passe en alerte rouge. Rebondissement !

Résumons :

  • Le président est en sécurité dans le bureau ovale
  • Le vice-président est en sécurité dans Air Force One
  • Le patron du Capitole est emmené au Pentagone pour être mis en sécurité et y arrive sans encombre
  • John est en sécurité avec les autres touristes dans une aile de la Maison Blanche
  • Emily est sur le trône à relâcher des papillons de leur sombre captivité

Tout devrait donc aller pour le mieux. Sauf que…

Sauf qu’un agent de la sécurité de la Maison Blanche remarque qu’un groupe d’ouvriers n’a pas entendu l’alarme. Il rentre donc pour leur dire que dites donc bande de fripons, vous n’avez pas trouvé ça suspect, la grosse sirène, les gens qui hurlent et les types armés qui passent dans des bruits de bottes ? Mais alors qu’il engueule les galopins, l’agent remarque, mais bien trop tard, que c’est un piège : ces ouvriers ont bien trop de moustaches, tant et si bien que même un orchestre mariachi ne pourrait les égaler. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : ils sont méchants (ou ils ont juste très mauvais goût, dans les deux cas, mieux vaut ouvrir le feu par principe).

Mais avant que notre homme ne commence à leur distribuer des balles dans la tête, les vilains, puisque ce sont bien eux, lui maravent la mouille et lui prennent son arme avant d’y visser un silencieux qu’ils avaient réussi à passer au nez et à la barbe de la sécurité. Dès lors, ils peuvent lancer leur plan super rusé : prendre la Maison Blanche à 12 contre 200 avec un seul pistolet.

Et évidemment, ils y arrivent sans problème.

Normal.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu’ils sont un peu aidés par la main du scénariste, puisque déjà, ils tuent tout le monde d’une seule balle, même à 20 mètres de distance, les gens meurent instantanément et sans bruit, et en plus, même leurs corps tombent telles des plumes histoire que dans la salle d’à côté on entende pas qu’il se passe un truc et que l’on puisse se faire massacrer en paix. Probablement que ce sont des gardes en mousse, d’où l’expression.

Bon, après, on pourrait aussi dire, mais ce serait chipoter, qu’il manque un truc. Mais si, un tout petite, qu’on oublie facilement, surtout, à tout hasard, dans une équipe de cinéma :

Les caméras.

Mais si, vous savez ce truc tellement basique que même Intermarché en a pour éviter les vols de yaourts aux fruits ; j’ose vaguement imaginer, mais c’est un peu audacieux, que allez, disons que la Maison Blanche en a ? Auquel cas, ça pourrirait un peu le plan, je suppose.

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Quelques minutes auparavant, dans une Maison Blanche crédible.

"Hardi les amis ! Maintenant que nous avons tué ce garde, allons donc mettre des balles dans la tête de tous les fonctionnaires de la maison !
- OUAIIIIS !
- Krshhhh… krsshhhh….
- Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Regardez chef, on dirait que ça vient du haut-parleur ! Là à côté de… ah bin de la caméra, tiens.
- Krshh… un deux, un deux… on m’entend ? Ici Gégé, du PC sécurité. Bon, ceci est un message aux petits malins qui se cachent dans la salle de projection et qui viennent de tuer notre copain Jean-Jacques : on a environ 60 gardes avec des mitrailleuses lourdes qui vous encerclent. Sachant que vous avez un pistolet pour douze et que vous venez connement de tuer votre seul otage potentiel pour lui prendre son arme, soit vous sortez pour vous prendre des coups de bottin dans la gueule, soit on rentre vous mettre des coups de bottine. 
- …
- Krsshh… oui alors en fait on me dit qu’on va juste faire entrer des grenades, histoire de gagner du temps, Bisous !"

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"Des caméras… mais enfin John, aurais-tu oublié que notre priorité à la Maison Blanche était la protection de la vie privée des citoyens ?"

Mais ouf, non : nous sommes dans un mauvais film, donc personne ne pense aux caméras, ni dans un camp, ni dans l’autre. Les méchants, très fier de leur coup annoncent donc sur la radio que la voie est libre : les renforts peuvent arriver. Car oui : des camionnettes de faux ouvriers garées sur le parking de la Maison Blanche et que personne n’avait pensé à inspecter, sortent une paire d’hommes en plus : Jean-Paul Moustache, un terrible commando ressemblant à un croisement entre Arnold Shwarzenegger et Freddy Mercury, et Maurice Ubuntu, un hacker mystérieux. Le chef du commando des méchants, joliment nommé Emile, explique donc ce qu’il convient de faire : Jean-Paul Moustache va aller sécuriser les dernières pièces pas encore prises, comme par exemple la salle où les touristes en visite ont été enfermés, pendant que Maurice va aller au centre informatique de la Maison Blanche pour y lancer un mystérieux piratage (probablement pour trouver le p0rn présidentiel). Emile de son côté a des choses à faire, comme par exemple aller sur le toit avec quelques hommes coller des balles dans la tête des derniers agents de sécurité qui s’ébattaient gaiement tel des lapins soyeux sur la pelouse présidentielle.

Du coup, ça alerte un peu l’équipe dans le bureau ovale, qui jusqu’ici, se faisait les ongles.

"Tiens Walker, vous avez vu ? On dirait un assaut.
- Maiiiiis non. Je vois pas ce qui vous fait dire ça.
- Je sais pas : le fait que depuis les fenêtres je vois mes hommes se faire abattre dans les jardins ?
- Aaaah ouaiiiis. Bon, vous savez quoi président ? On va avertir le Pentagone que ça sent le pâté et aller se cacher dans le bunker présidentiel. Allez les gars : en formation, on escorte le colis jusqu’au bunker."

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Ce qui est dit est fait, le tout, sans croiser de terroristes. Sauf qu’alors que le président ouvre le bunker présidentiel à l’aide son mot de passe secret ("LincolnRoxor"), Walker sort son arme de sa veste et abat son adjoint à la sécurité, les autres agents restants, et accessoirement les deux couillons qui montaient la garde à l’entrée du bunker.

Oui, Walker est vieux et fatigué, mais non, ça ne l’empêche pas d’abattre tranquillou 7 mecs qui avaient leur arme à la main et étaient en alerte maximale sans que ceux-ci ne réagissent. Ils avaient sûrement du lag. Le président est bien étonné, mais Walker histoire d’aider le spectateur un peu con, précise sa pensée :

"Ahaha, je suis un traître !"

En même temps, tu aurais dit que tu étais une licorne, c’est vrai que c’eut été plus surprenant. Mais le bougre poursuit donc : "Ahaha, président ! Votre politique de faire la paix avec les muslims est folie ! Et en plus, mon fils est mort en opération chez eux, et vous voudriez qu’il soit mort pour rien ? Ça ne se passera pas comme ça !"

Sauf que pendant que notre homme soliloque et que les spectateurs pleurent devant ce qui est du niveau d’un téléfilm M6, la situation a évolué dans les niveaux supérieurs de la Maison Blanche.

A savoir que dans la pièce où les touristes de la visite guidée avait été enfermés et où ils attendaient protégés par deux agents, surgit soudain… Jean-Paul Moustache !

"Mon dieu il a une MOUSTACHE !" crient donc les innocents terrorisés en se disant qu’ils ont là affaire à un hipster. Heureusement, le brigand les rassure bien vite en mitraillant la gueule de l’agent de sécurité survivant le plus proche : non, il est juste un terroriste. Tout le monde est donc rassuré. A part peut-être John Cale, qui voyant cela, se dit que c’en est trop, cette visite guidée est vraiment un scandale. Il attrape donc l’arme au sol du garde mort, se fait mitrailler (mais à partir de maintenant, les terroristes vont se mettre à tirer dans tous les sens sauf sur lui) mais parvient à s’enfuir, non sans avoir au passage mis une balle dans le bidou d’un terroriste qui passait par là, parce que plaisir d’offrir, joie de recevoir.

Armé, grognon, mais paniqué, notre héros erre donc dans les couloirs à la recherche de sa fille, qu’il suppose toujours aux toilettes en train de tester le principe des caisses de résonance sur la porcelaine. Mais après avoir constaté que la jeune fille avait dû filer, il entend des voix non loin, et se rendant sur place… aperçoit le président James Sawyer menacé par Martin Walker !

"Palsembleu" s’écrie donc notre héros, ajustant très tranquillement son arme pour abattre Walker qui ne l’a pas vu situé à 5 mètres de lui. Et tirer finalement 30 mètres au-dessus de sa tête parce que sinon, le film serait plus court. Qu’à cela ne tienne : voilà qui suffit à faire diversion, allez hop, John récupère le président et fuit avec lui dans la Maison Blanche, le tout, au passage, en tuant un autre terroriste qui passait par là et donnant une bonne patate à Emile qui lui aussi se promenait. Mais là encore, sans le tuer, ni l’emmener comme otage, non : là encore, le film doit durer.

A noter que nos héros se sont dit que tant qu’à choisir entre foncer vers le bunker présidentiel pour être en sécurité, en ayant juste sur son chemin un papy Walker déjà bien entamé, tellement que m’est avis que c’était le moment de lui jeter une pokéball dans la margoulette, et courir dans toute la Maison Blanche sans aucun abri et avec tout un commando terroriste surentraîné sur le dos, nos héros ont choisi la seconde option.

La bonne nouvelle, c’est que des ficelles si fines et légères, ça permettra potentiellement de lyncher le scénariste sitôt que Diego l’aura retrouvé.

Subtilité toujours, évidemment, nos héros décident intelligemment de s’enfuir en s’enfermant dans un ascenseur voisin. Emile attrape sa radio pour annoncer à tous ses hommes que attention, attention, le président des Etats-Unis et un type qui fait de la gonflette viennent de monter dans un ascenseur, alors que tout le monde se tienne prêt à capturer l’homme d’état et à transformer son copain en art contemporain sitôt que les portes s’ouvriront. "Oui chef !" font donc les vilains avant d’aller se mettre en position. Sauf qu’évidemment, au moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrent en arrivant à un étage… ses occupants ont disparu !

"Ça alors !" font donc les terroristes. Avant de… heu… rien.

Nan mais c’est vrai, hein. Après tout, c’est peut-être juste que le président est escorté par Garcimore, du coup autant laisser tomber.

Notez que la cage d’ascenseur est équipée de petites lucarnes au-dessus du palier de chaque étage pour permettre d’écouter les plans de l’ennemi en toute sécurité.

Donc, non : personne ne pensera qu’un ascenseur n’a que deux sorties, et que si les gentils n’ont pas pris la porte principale, ça vaut peut-être le coup d’inspecter la trappe de secours. Parce que oui, nos héros se sont bel et bien tout simplement planqués sur la cabine de l’ascenseur. Et tapent même tranquillement la discut’ sans que personne ne les entende. Ils se permettent aussi de rajouter d’inutiles incohérences (des fois que ça ne suffise pas), par exemple lorsque le président, à un moment où l’ascenseur va au dernier étage et risque donc de les écraser entre la cabine et le mécanisme, décide de coincer sa chaussure dans les rouages pour bloquer la situation et ainsi éviter un funeste destin. Hé bien figurez-vous que si ce geste sauve nos héros, juste en-dessous, la réalisation a aussi oublié que bloquer un ascenseur, bin ça bloquait un ascenseur, et du coup le mec qui montait au dernier étage finit son trajet et arrive à destination sans problème.  Même pas un décalage d’un demi-centimètre avec le palier. J’ai donc deux théories :

  • Soit ce film est réalisé par des branquignolles qui paient pour rajouter des scènes inutiles, sauf pour les incohérences
  • Soit les chaussures présidentielles sont magiques : quand on les écrase, par exemple dans des rouages, elles créent des poches spatio-temporelles ; d’où l’expression "le président n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds"

Camarade, choisis ton camp.

Mais attendez, le puits de la médiocrité est plus profond encore ! Inutile de le sonder avec un Nicolas Cage attaché à une ficelle, enfilez directement vos scaphandres, on descend. Car tout de même, à un moment, à force d’entendre deux mecs se raconter des blagues et jouer à Twister sur le toit de la cabine, un terroriste qui prenait l’ascenseur avec des missiles décide de pointer son arme vers la trappe de secours puisque ça semble vaguement suspect, tout de même. Mais avant qu’il ne puisse l’inspecter plus avant, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, et un autre de ses copains l’attend pour l’aider à décharger le chargement. Et là attention, dialogue :

"Bin ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur d’être attaqué par un ascenseur ? 
- Mais j’ai entendu des bruits suspects !
- Bah, ce sont de vieux ascenseurs, allez oublie et aide-moi à décharger."

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C’est vrai, les ascenseurs sont connus pour faire des bruits ressemblant parfaitement à des voix humaines. Moi une fois, j’ai pris un ascenseur qui imitait à la perfection Raymond Barre, c’était troublant. Et puis bon : on ne parle que d’un ascenseur où deux mecs ont disparu deux minutes avant, mais visiblement, les terroristes l’ont déjà oublié.

Non mais ce film. Ce film.

Mais vous allez me dire : "Bon, d’accord, je veux bien que les terroristes soient cons. Mais à l’extérieur de la Maison Blanche, ils font quoi ? Un Jungle Speed ?". Hé bien, comme je suis sympa, allons donc voir au Pentagone, où justement, la résistance s’organise. A savoir que Bob, le patron du sénat, s’est entouré de tout un tas de généraux et de l’amie Carol pour essayer de faire le point sur ce qu’il se passe. Le tout en ayant une vidéoconférence avec le vice-président à bord d’Air Force One. Et ça discute sec, croyez-moi. Regardons plutôt.

"Ici le vice-président. Bonjour général en chef, bonjour Bob, bonjour Carol. Alors, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’était que cette bombe au Capitole ?
- Hé bien Monsieur le vice-président, il semblerait qu’il ne s’agissait en fait que d’une diversion. 
- Une diversion ? Mais pourquoi faire ?
- Nous venons d’apprendre que la Maison Blanche avait été attaquée. Non parce qu’on a vu des mecs tirer depuis le toit sur les gens dans les jardins : ça nous a mis la puce à l’oreille. C’est qu’on est de vrais pros.
- C’est vrai que là, je suis bluffé, quel talent. Où est le président d’ailleurs ?
- Aux dernières nouvelles, Martin Walker, son chef de la sécurité, l’emmenait au bunker présidentiel. Il est donc tranquille. On ne peut juste pas le joindre puisque les communications ne passent pas dans le bunker. Nous avons fait appeler la garde nationale et encerclons désormais la Maison Blanche avec plusieurs bataillons et même quelques chars."

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Le vice-président est donc choqué par ces sombres nouvelles. Mais pas autant que l’un des conseillers du Pentagone.

"Excusez-moi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? 
- Caporal Roudoudou, consultant en consulting pour le Pentagone.
- On vous écoute Roudoudou.
- Non, je me disais : c’est con comme plan.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Bin, je ne sais pas : vous voulez vous en prendre au président des Etats-Unis, vous ne l’attaquez pas dans l’endroit le plus sécurisé dont il dispose, non ? C’est pas un hasard si tous les présidents qui ont des ennuis les ont toujours quand ils sont de sortie, hein. 
- Heu… oui, bon, mais heu… là ils avaient un super plan avec la… la bombe au Capitole. Voilà. Une diversion. Très malin.
- Rappelez-moi : le but de la diversion, c’était bien de faire passer la Maison Blanche en alerte rouge, c’est ça ?
- Oui je… c’est ça ?
- Donc en plus de l’attaquer leur cible dans l’endroit où elle est le mieux protégée, les terroristes ont en plus pris le temps de déclencher l’alarme AVANT de passer à l’action pour perdre l’effet de surprise ?  C’était ça leur super plan, crier "Coucouuuuuuu on arriiiiiiive" ?
- Ah oui. Nan mais c’est vrai qu’ils sont cons en fait.
- Ah non mais en même temps, vous aussi hein : depuis quand les communications ne passent plus avec un bunker présidentiel conçu justement pour gérer les situations de crise depuis un abri sécurisé ? 
- Heu… non mais c’est parce que moi je suis chez Free, et du coup…
- Sinon vous avez essayé de les appeler sur une ligne fixe, comme ça ? Ou au moins les terroristes, histoire de savoir ce qu’ils veulent ?
- Ah bin, non plus, tiens. Bon, écoutez caporal Roudoudou, vous savez ce qu’on va faire ? On va reprendre le cours du film en essayant de ne pas pleurer, d’accord ?
- Faites comme chez vous les gars."

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Parce que non, alors que la situation dure déjà depuis des heures, personne n’avait pensé à entrer en contact avec l’ennemi, histoire de voir s’ils avaient des revendications comme "Mort à l’Amérique", "On veut du tofu à la cantine" ou "Pitié, arrêtez le blog de Pandora.".

L’équipe du Pentagone se dit donc que ah bin tiens, c’est pas con, oui. Allez hop : ils font le numéro de la Maison Blanche (c’est le 2) et attendent de voir qui décroche au standard.

"Oui allô Martin Walker top trahison 30 minutes j’écoute ? 
- Martin ? Mais ? La Maison Blanche est remplie de terroristes ! Comment sont-ils rentrés ? Où est le président ? Pourquoi avez-vous l’air si sûr de vous ?
- Mais parce que je suis avec les terroristes ! 
- HO ! 
- Hé bin oui. 
- Mais pourquoi Walker ? Pourquoi avoir trahi le pays ?
- Le PRESIDENT a trahi le pays ! Il veut faire la paix avec l’Iran ! Mon fils est mort en opération spéciale là-bas, et je compte bien les faire payer ! Et puis accessoirement, mes hommes et moi voulons 400 millions de dollars, et un Boeing prêt à décoller à l’aéroport le plus proche !
- Mais enfin Walker, vous êtes fou ! Et même si nous acceptions, jamais vous n’arriverez vivant à l’aéroport, vous le savez !
- Carol… c’est bien vous Carol ? Je vous ai renvoyée chez vous ce matin pour ne pas avoir à vous tuer, alors ne vous mêlez pas de tout ça. Et pour le reste, sachez que si je vois un seul sniper dans un rayon de 15 kilomètres de la Maison Blanche, je bute les otages que l’on a avec nous.
- Rascal ! Donnez-nous au moins une preuve que le président est en vie.
- Heu je… hem… heu… oui heu… oui, il est en vie et on… on le tient. Voilà. Merci de nous faire confiance. Bonne journée. Bisous."

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Martin Walker n’est pas très malin : pour donner une preuve de vie du président, il suffisait de frotter très fort un sucre contre le combiné du téléphone : cela aurait ressemblé à la perfection à un discours présidentiel

Et la communication coupe. Tout le monde est donc bien embêté ! Ah, si seulement il y avait encore un espoir au sein même de la Maison Blanche…

… mais l’espoir est là. D’abord, sous la petite forme énervante d’Emily Cale qui a réussi à rester cachée un bon moment, et à filmer un bon paquet de terroristes avec son téléphone. Bon, Jean-Paul Moustache a fini par la repérer et la récupérer, mais avant, elle a quand même trouvé le temps d’envoyer toutes ses vidéos sur Youtube : le monde libre peut donc voir la tête des attaquants de la Maison Blanche ! Et surtout, commenter la vidéo Youtube avec tout le talent des utilisateurs, à savoir "Pouce vert !", "Jador ta chaine suis la mienne stp", "Moi aussi une fois, ma mamie elle a été agressée", puis un long débat sur les agressions de mamies qui après avoir dérivé sur le second amendement, termine sur les nazis. Internet, quoi.

Mais pendant que ça s’écharpe dans les commentaires, à la Maison Blanche, John et James ont réussi à sortir de l’ascenseur pour rejoindre la partie résidentielle du bâtiment, puisque James a eu une riche idée : il faut joindre l’extérieur. Mais comme toutes les communications sont bloquées en cas de crise, les téléphones normaux ne passeront pas. Il faut donc aller chercher le téléphone satellite qu’il a dans sa table de nuit !

Une seconde.

On vient pas de nous expliquer il y a exactement une scène que si, si, les communications passaient, d’ailleurs tellement bien qu’Emily Cale a même pu uploader des vidéos Youtube ?

Non vraiment, bravo.

Mais nos héros ne pouvant pas savoir qu’on est en train de se foutre de la gueule du monde par ici, eux trouvent donc bel et bien dans la table de nuit présidentielle le téléphone satellite. Et dès lors le président annonce donc…

… qu’il ne sait pas qui appeler.

Pourquoi ? Pourquoiiii ? Pitié ! Et la fin qui est encore loin ! Bon bin du coup, c’est John qui, bien qu’ayant perdu son téléphone dans les précédentes fusillades, se souvient par coeur du numéro de Ginette et décide de l’appeler. A bord d’Air Force One, donc, la bougresse prend tranquillement l’appel, et découvre que non seulement John est vivant, mais qu’en plus, il est avec le président. Elle apporte donc le téléphone au vice-président pour que James Sawyer puisse participer aux conversations ayant lieu entre Air Force One et le Pentagone. Et demande donc si on ne pourrait pas envoyer, par hasard, l’armée sauver son présidentiel fessier.

"Oui mais c’est pas possib’ président.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils ont installé des snipers et des armes lourdes sur le toit. On ne peut pas approcher. Des fois qu’ils tirent.
- C’est vrai que ça serait embêtant de la part de méchants. D’ailleurs, ils ont aussi des missiles, méfiez-vous.
- Des missiles ? Non, ils n’en ont pas d’après nos informations.
- Mais ? Sérieusement, on pourrait arrêter avec les lignes de dialogues qui puent ? Vous n’avez PAS d’informations. Vous ne saviez même pas que j’étais encore en vie, bande de blaireaux ! Et nous, on a VU les missiles, alors excusez-nous, hein. Et puis mon général, tu es gentil mais je suis un peu le chef des armées, alors si je te dis qu’il y a des missiles, je t’ordonne de le croire. Paf.
- C’est pas dans le script ça.
- Non, dans le script je me contente de ne pas insister, ce qui est bigrement stupide. D’ailleurs je… HO ! Ho non, ils arrivent !"

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Et la communication coupe net, car, en effet, deux terroristes occupés à fouiller la Maison Blanche sont en train d’arriver dans la partie résidentielle probablement à la recherche de sous-vêtements à revendre sur e-bay à de jeunes fans comme Emily Cale. Hélas pour eux, ils ne savent pas qu’ils sont soumis à la règle ultime des films d’action, à savoir que si jusqu’ici, ils avaient pu neutraliser toute la sécurité locale grâce à leurs pouvoirs de tireurs divins, désormais, sitôt qu’ils tirent sur des personnages qui portent un nom, ils n’ont aucune chance de les toucher. Une fusillade d’engage donc, au cours de laquelle le président parvient à neutraliser l’un des terroristes à coups de baskets dans la gueule (il a eu le temps de changer de chaussures et de citer la marque des nouvelles, subtil), quant à l’autre ennemi, il prend divers coups de la part de John, avant que là encore, le président ne s’en occupe à coup de mitraillette. Quels hommes.

Calmez vos petits cœurs qui battent la chamade et reprenons.

Une fois la zone sécurisé, nos deux loulous vont dans la cuisine et tentent à nouveau de joindre l’extérieur, mais n’apprennent pas grand chose de plus. Non, par contre, puisqu’il y a une télévision dans la cuisine justement, nos larrons peuvent voir que la Maison Blanche est encerclée non seulement par la garde nationale, mais aussi par la presse (ce qui n’inclut pas Fox News, c’est un blog sérieux ici). Presse qui vient de découvrir les images prises à l’intérieur de la Maison Blanche par Emily, et les diffuse en écrivant non seulement le nom d’Emily Cale, mais aussi en y ajoutant son portrait, histoire que les terroristes sachent bien qui les a balancés et demande une grosse balle dans la tête. Bien bien bien.

Le Pentagone, en voyant les images, décide donc d’essayer d’identifier les membres du commando. Et les terroristes, de leur côté, découvrent les images uniquement parce qu’ils se sont rendus du côté de la cuisine de la partie résidentielle de la Maison Blanche à la recherche de deux de leurs hommes qui ne répondaient plus. Parce que non, ils n’avaient pas pensé à allumer une télévision de leur côté, ou alors juste pour regarder Plus Belle la Vie. Martin Walker, qui mène la petite équipe, râle donc en voyant que des images ont filtré, et surtout, se demande bien par où le président et John ont bien pu filer.

Sachant qu’il n’y a qu’une seule issue. Et que l’autre, c’est un monte-charge.

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"Regardez John, on voit votre fille à la télévision !
- Rah, comment ça s’appelait ce truc de journaliste déjà ? La protection des srouces… des soruces… ah, je sais pu !"

Une fois encore, donc, personne ne pense à y jeter un œil. Du moins, jusqu’à ce que les deux loulous fassent du bruit ("HOLALAL JE GLIIIIISSE") et soient donc obligés de se dépêcher un peu, puisque l’on vient les chercher. Mais rapides comme le guépard, et aidés par les trous du scénario, ils parviennent à échapper aux méchants et à atteindre les sous-sols de la Maison Blanche d’où partent des tunnels, dont un mène à l’extérieur. Tunnel que non, personne ne pensera à utiliser pour rentrer discrètement dans la place, hein, vous l’imaginez bien. De tout le film, ça ne sera même jamais évoqué.

De toute manière, alors que John ordonne au président de fuir par là pendant que lui-même va retourner tenter de retrouver sa fille, nos héros sont bien embêtés : Maurice le méchant hacker du commando, qui est aussi un expert en explosifs, a pensé à piéger le coin. Donc à moins d’avoir un démineur ou un chat à disposition, tout le monde est bloqué. Voilà qui est bien triste : mais ce qui l’est plus encore, c’est que les vilains ont retrouvé la trace des gentils et foncent donc vers les sous-sols pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette joyeuse escapade. Ni une, ni deux, nos héros s’engouffrent donc dans un second tunnel, qui mène cette fois… au garage présidentiel !

Bon, sur le chemin, on leur tire dessus dans des couloirs tout étroits, mais encore une fois : même en tirant en rafale dans un passage de 1 mètre de large, les méchants les ratent. C’est fou. Je pense que ce sont des balles venant du consortium La Poste : tu as beau les envoyer encore et encore, elles s’égarent à chaque fois.

Un peu essoufflés, nos fiers gaillards hésitent entre la R19 et la limousine blindée présidentielle, et après une longue réflexion, décident intelligemment (soulignons-le) de prendre la seconde. Ils peuvent donc ainsi tenter de fuir sous le feu ennemi, ce qu’ils font, défonçant la porte du garage pour aller rouler gaiement dans les jardins de la Maison Blanche. La presse et les gens autour sont donc ravis de voir leur président faire le kéké sur le gazon à toute allure, mais bien vite, dans la voiture, on réalise qu’il y a un problème : impossible de fuir, les grilles de la Maison Blanche sont fermées, et tout est renforcé au titane de carbone, rendant compliqué de les défoncer !

La situation empire lorsque sortant du garage présidentiel, deux 4×4 d’escorte surgissent et que du toit ouvrant jaillissent des mitrailleuses lourdes manipulées par les méchants. Qui ouvrent donc le feu sur la voiture blindée qu’ils pourchassent en tournant en rond dans les jardins.

De là, plusieurs choses :

  • Visiblement, la foule tout autour de la Maison sait que ce n’est qu’un film, puisqu’elle ne s’écarte même pas de cette fusillade généralisée à 30 mètres d’elle.
  • Il n’y a pas une seule balle perdue d’ailleurs, merci. Toute s’écrasent bêtement sur la voiture présidentielle, mais sans percer, ça va.
  • Et surtout, top du top : les 3 000 militaires qui encerclent la zone et qui voient le président dans sa limousine se faire tirer dessus par les méchants restent sans bouger, des fois qu’ils puissent être utiles, faudrait pas déconner. Ils ont des trucs plus importants à faire, comme se curer le nez par exemple.

Le président a donc à un moment une brève révélation : tiens, et si j’appelais à l’aide ? Il envoie donc un texto au Pentagone "G cho o Q, ouvré la clotur ;)". Le Pentagone fait donc signe à la garde nationale encerclant la résidence présidentielle : que l’on fasse avancer un char pour qu’il fasse un trou dans la clôture ! Et permette donc à la limousine présidentielle de filer.

"Vroum vroum", fait donc le petit char en passant sur la grille. "Ho, bé hé non alors !" répondent les terroristes sur le toit, en sortant leur lance-missile. "Boum", fait donc le petit char et "Terrorists : win" fait la voix off dans la tête des joueurs de Counter-Strike (pensez à en parler à un psy quand même à l’occasion). C’est donc embêtant, puisque l’épave du char bloque justement le trou qu’il a fait dans la clôture… retour à la case départ, donc.

Sauf que le président se souvient que sous la banquette arrière de la limousine présidentielle, sous les sachets de schnouf, il y a… un lance-roquette !

Si, si. Et même une édition deluxe, puisque celui-ci est tout métallisé et proche de l’outil tuning.

Le président des Etats-Unis empoigne donc l’arme, se met à la fenêtre de la limousine (qui jusqu’ici était mitraillée par ses poursuivants, mais soudainement, les balles s’arrêtent juste le temps qu’il sorte, elles sont sympas quand même) et fait sauter le portail de la Maison Blanche pour sortir en paix. "A nous la liberté !" s’exclament donc les joyeux lurons, des arcs-en-ciel dans les yeux,  en fonçant vers la liberté.

Mais alors qu’ils s’apprêtent à fuir, voici qu’apparaît, sur le balcon de la Maison Blanche, Jean-Paul Moustache qui pointe une arme sur une otage : Emily !

"Mais heuuuuu !" râlent donc nos gais compagnons pendant que le public scande "Tire ! Tire ! Tire !" S’ils fuient, elle meurt. S elle meurt, le film devient un peu moins pénible : elle doit donc vivre et ils doivent abandonner l’idée de filer. John et James se retrouvent donc, tels de vulgaires Vin Diesel, à faire les zazous autour de la Maison Blanche en se demandant pourquoi la garde nationale, qui vient pourtant de se faire attaquer au missile, continue de manger des sandouiches en faisant coucou plutôt que de faire, je sais pas moi, un truc ? Leur véhicule présidentiel, probablement lui-même fatigué par autant d’événements navrants, décide donc de faire une embardée et de finir dans la piscine locale.

Ressortant un peu humides de l’affaire, nos deux héros se retrouvent donc en piètre état face à Emile et l’un de ses hommes qui ricanent parce qu’ils pensent avoir gagné, ce qui est bien bête sachant que le film est loin d’être fini. Vexé, John sort donc une grenade qu’il avait piquée à un méchant plus tôt, et comme les grenades, ça résiste bien à l’eau, si, si, il l’envoie dans le museau du méchant. Et profite de la diversion pour fuir avec James dans un cabanon voisin. Les méchants, à leur tour vexés (ça peut durer un moment) font donc sauter ledit cabanon, sans savoir que nos héros ont déjà trouvé refuge dans les souterrains locaux. Et que grâce à ceux-ci, ils peuvent rejoindre la Maison Blanche en paix.

Dans l’affaire, le président a quand même été un peu blessé, John et James font donc une pause premier soin, comme de vulgaires joueurs de Baldur’s Gate qui tentent de pioncer en plein donjon.

Laissons donc nos couillons héros et allons voir au Pentagone si on a un peu avancé sur un plan de sortie de crise.

En effet, Carol a fait venir la femme de Martin Walker au Pentagone pour qu’elle raconte tout ce qu’elle sait : en fait, Martin Walker a une tumeur au cerveau et n’a plus que trois mois à vivre. Il se moque donc relativement de sa survie, ce qui complique les choses. Mais Carol a plus d’un tour dans son sac : elle demande à Madame Walker d’appeler son mari pour lui dire d’arrêter les conneries et de rentrer maintenant, merde, il est tard. Mais si la tentative est intéressante, ce n’en est pas moins un échec car Martin répond à sa femme que tout ce qu’il fait, il le fait pour la mémoire de leur fils. Sa compagne lui dit donc "Alors fait tout ce qu’il faut." sous le regard accusateur de Carol, qui s’empresse de hurler "Martin, si vous continuez, votre femme passera le restant de sa vie dans une prison fédérale !" mais ça ne l’influence que peu.

Passe-moi le combiné Carol, laisse faire les pros :

"Si tu continues, ta femme on l’envoie à Guantanamo où elle subira tellement de waterboarding que mon vieux, tu auras pour veuve Bob l’éponge"

Mais Carol ne voulant pas me passer le combiné, elle se contente donc de dire que crotte de bique, ils ont été bien feintés. Et va plutôt faire le point avec le général en chef du coin et le vice-président, toujours en train de passer un appel Skype depuis Air Force One.

"Bon, cette histoire de président qui tire des roquettes, moi je pense que c’est bon pour sa réélection, ça fait couillu quand même.
- Monsieur le Vice Président, concentrons-nous, l’heure est grave. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation comme celle-ci : nous ignorons où est le président, ou même s’il est encore vivant après ses aventures dans les jardins de tout à l’heure. Dans tous les cas, il est prisonnier de l’ennemi. Il va donc falloir prêter serment. Vous allez être le nouveau président."

Ni une, ni deux, Air Force One disposant toujours d’un kit complet de serment présidentiel, à savoir une copie de la constitution, une Bible, un cheeseburger et un rail de coke (dans l’ordre, vous saluez la constitution, puis vous posez la main sur le hamburger en récitant votre petit speech sur les valeurs de l’Amérique, puis vous fêtez ça avec le rail de coke que vous prenez en roulant l’une des pages de la Bible, c’est très codifié), le vice-président devient donc président. Nous l’appellerons donc président II.

"Félicitations Monsieur le président II, vous êtes désormais président. Alors, on vous écoute, quels sont vos ordres.
- Déjà, je veux savoir qui sont les terroristes qui nous attaquent. On a vu leurs visages à la télé grâce à la vidéo de la petite Emily Cale, alors, ça donne quoi l’identification ?
- Hé bien figurez-vous que ce sont tous les terroristes les plus recherchés du pays, tous plus ou moins activistes d’extrême-droite !
- Les bâtards. Carol, je vois que vous faites une drôle de tête, quelque chose à dire ?
- Non mais en fait j’ai tout le temps une drôle de tête : non, je me disais que je venais de piger. En fait, tous ces gens : ils étaient sur la liste des terroristes recherchés… et c’est pour ça que Martin Walker les a choisis ! Parce qu’il savait qu’ils étaient dangereux et talentueux ! Et surtout, prêts à s’en prendre au plus grand symbole de notre pays ! Regardez, il y a Emile, un ancien de la CIA au Pakistan que nous avons abandonné à l’ennemi pour sauver nos fesses sur une histoire politique. Maurice Ubuntu le hacker, qui travaillait aussi pour nous mais qui a fondu un plomb. Jean-Paul Moustache, un type qui n’aime pas trop les gens de couleur. Et bien d’autres encore ! 
- Bon sang Carol : vous voulez dire que Walker a recruté tous les plus grands ennemis que nous ayons ?
- Oui ! Il avait la liste et s’en est servi… de liste de courses si je puis dire !
- Alors dans ce cas, j’ai une question : comment il les a trouvés ?
- Hein ?
- Bah, je sais pas : ce sont les plus grands ennemis de l’Amérique. Donc on les recherche un peu. 
- Oui ?
- Parce qu’on sait pas où ils sont. Sinon ils seraient déjà au trou. Alors c’est bien gentil d’avoir la liste, mais d’où ils sortent ? il les a tous traqué personnellement en-dehors de ses heures de bureau ?
- Ah ? Ah bin oui tiens. C’est con en fait.
- Je ne vous le fais pas dire. Bon, vous savez quoi ? On va changer de sujet : Carol, général, je vous ordonne de reprendre la Maison Blanche coûte que coûte."

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Le Pentagone ordonne donc à ses meilleurs commandos, les Delta Force, d’aller gagner leur ration d’avoine en libérant le palais présidentiel. Et le patron dudit commando explique sur la radio que hinhin, on va trop les feinter les méchants : ça fait des années qu’on prépare un plan super secret qu’on a même pas partagé avec la sécurité présidentielle justement pour ce genre de situation.

Chuck Norris approuve ce plan : il avait le même.

Ah oui ? Dites m’en plus, vous m’intéressez.

"Hé bin ça consiste à arriver en hélicoptère." D’accord, et ensuite ?

"Bah c’est tout. Et puis en plus, en approchant du côté de la porte principale." Ah mais c’est super. Je comprends que vous n’en ayez pas parlé en fait : c’est juste que vous vouliez pas vous faire virer en annonçant un plan aussi pourri. Non ? Bon.

Le Pentagone signale cependant que si ce plan est absolument génial et que personne n’y avait pensé, il n’en reste pas moins un problème : le toit de la Maison Blanche est toujours couvert de méchants armés avec de quoi dégommer des hélicos, justement.

"Non mais on a prévu le coup : on va voler en rase-mottes dans les rues. Comme ça ils nous verront pas venir.
- Okay, mais une fois arrivé vers la Maison Blanche, vous serez tout nus du coup ?
- Ah oui.
- Vous voulez pas plutôt qu’on utilise, je sais pas moi, un avion ou un drone pour balancer une cacahuète de super haut sur le toit pour libérer la place ?"

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Non, je déconne : le Pentagone n’a pas non plus pensé à ça. C’est connu, l’armée américaine déteste avoir recours à des forces aériennes.

Revenons donc à nos commandos, qui volent dans les rues de Washington à fond les rotors, jusqu’à ce que… un radar les flashe. A ce stade, je ne sais même plus comment vous l’annoncer : oui, la contre-attaque des gentils va échouer non pas parce qu’elle est nulle, mais parce qu’en fait, ils se font flasher par un radar comme une vulgaire Twingo en pente. Car Maurice Ubuntu a pris le temps de pirater tous les radars de Washington, mais si, pour détecter d’éventuels hélicoptères qui voleraient en rase-mottes.

Bon. Donc il peut prévenir ses copains sur le toit, qui attendent donc l’ennemi de pied ferme, voilà voilà.

Mais Maurice n’a pas fini de nous surprendre, puisqu’il a fini de pirater le système de sécurité local, et ricane donc : il a enfin accès à tous les codes du NORAD, le système de défense américain. Farceur comme pas deux, il décide donc de lancer la prochaine phase du plan terroriste, à savoir lancer un gros missile sol-air depuis une base américaine… sur Air Force One !

Et comme à bord, on a oublié que l’appareil avait des contre-mesures, on se contente de voler en ligne droite en faisant "Aaaaah, bah non alors !", et idem pour les avions de de l’escorte. Boum, fait donc Air Force One, avant d’aller s’écraser un peu plus loin. Le vice-président et Ginette, condamnée à mort plus tôt dans le film pour avoir parlé de seske bien qu’étant une femme, meurent donc comme des bouses.

Cela fait, Maurice se dit qu’avec l’arrivée prochaine de commandos, il va quand même mettre les voiles. Il se rend donc aux souterrains de la Maison Blanche, et plus précisément au tunnel qu’il avait piégé.

Et se tue avec ses propres explosifs, sans aucune raison.

Bon. Bin super, merci d’être venu, hein.

On continue ? Non parce que ce n’est pas fini, hélas. Mais je comprendrais si vous vouliez vous arrêter là tant c’est nul.

Donc, le commando des Delta Force arrive avec ses hélicoptères face à la Maison Blanche, bien à découvert et, ô, surprise, les ennemis sur le toit ouvrent le feu à l’arme lourde et au missile, abattant les trois appareils sans trop de soucis. Une séquence fascinante, vous l’imaginez bien.

John, qui a entendu la cavalerie arriver, a bien surgi sur le toit pour essayer de nettoyer les défenses pour faciliter l’arrivée des renforts, mais ça n’a que moyennement bien marché, puisque le dernier appareil a été abattu avant qu’il ne vienne à bout des filous. Le tout, je le rappelle, toujours sous les yeux de moult bataillons de la garde nationale situés à 50 mètres de là, désormais occupés à jouer au rami, j’imagine. Faudrait voir à pas aider, hein, pfou.

Et encore, je vous passe le moment où l’un  des hélicoptères, bien que risquant à tout moment de se faire descendre, décide de dire "Tiens ? Si je faisais du surplace devant le balcon de la Maison Blanche pour voir comment vont les otages par un bout de fenêtre ? C’est pas comme si c’était le genre d’informations qu’on pouvait avoir de loin avec des jumelles sans trop prendre de risques." Non, vraiment. Tout est raté. Tout. Même pour faire voler un hélicoptère d’un point A à un point B, ils arrivent à coller une incohérence.

Bref, après ce catastrophique épisode aéroporté, les terroristes ont quand même perdu un bon paquet de leurs troupes sur le toit. Emile est donc un peu colère, et sait désormais que John est toujours quelque part, et visiblement toujours prêt à passer à l’action avec ses gros muscles huilés. Il a donc bien envie de courir les couloirs pour le retrouver et lui claquer le museau. Mais alors qu’il se promène à la recherche de son ennemi juré, Emile tombe dans un trou du scénario : ça alors, qu’y a-t-il par terre ? Mais ? Tiens, on dirait que John en filant a paumé deux passes pour la Maison Blanche derrière-lui. Passes qui sont impeccables malgré les douze explosions et le passage dans une piscine que l’ami John a connu il y a peu. L’un est au nom de John Cale, d’accord… et l’autre au nom d’Emily Cale : "Ahahah, sa fille fait partie des otages ! " s’exclame donc Emile. "On va rigoler, ça va être la grosse déconne."

Repartons du côté du Pentagone (oui je sais, ce film est complexe à suivre, concentrez-vous) où ça continue de causer sec entre Carol, le général en chef et désormais Bob, le patron du Capitole.

"Bob, écoutez : on est sans nouvelle du président des Etats-Unis, et son remplaçant vient de s’écraser avec Air Force One. Il va falloir prêter serment. 
- Okay, faites péter la coke, la Bible et tout le tatouin.
- C’est parti Bob, on vous écoute pour le serment.
- Je jure d’être gentil et de citer Jésus dans mes discours. 
- Paaarfait. Vous êtes maintenant président des Etats-Unis. Donc pour la seconde fois de la journée, on va générer de nouveaux codes de tir nucléaires et vous les confier. 
- Merci. Maintenant je… heu… je dois appeler ma… ma femme. Voilà. Laissez-moi seul."

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Le nouveau président s’isole donc de manière pas suspecte du tout, dans un endroit entièrement vitré où on peut en plus voir qu’il n’appelle personne et se contente d’utiliser son téléphone de manière mystérieuse, peut-être pour mettre "Je suit présidan lol" en statut Facebook. Sitôt cela fait, il va s’adresser à ses troupes :

"Les amis, on a déjà perdu deux présidents aujourd’hui. Je ne compte pas être le troisième.
- Le ministère du budget nous dit de toute façon que ça commence à bien faire les conneries. Si ça continue, il faudra tellement diviser l’enveloppe des obsèques nationales entre tous les présidents morts que la cérémonie se passera à Mac Donald.
- Je comprends. On va donc arrêter les frais : appelez l’Air Force. On va bombarder la Maison Blanche, tant pis pour les otages. Je viens de me souvenir qu’on avait des avions.
- Mais Monsieur le président ! Le premier acte de votre mandat serait donc de tuer des américains innocents ?
- Il faut bien en finir avec ces pitreries ma petite Carol. La Maison Blanche est perdue, et ils ont déjà piraté ses systèmes pour envoyer un missile abattre Air Force One. Alors hopopop, on siffle la fin de la récré."

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Trois avions sont donc invités à décoller pour balancer suffisamment d’explosifs et de napalm sur la demeure présidentielle qu’il n’en reste que des ruines de la taille d’un cachou. Evidemment, personne ne pense à l’idée que les terroristes, pas cons, ont peut-être eu l’idée de profiter du bunker présidentiel pour être certain de ne pas être emmerdés.

Mais non en fait, parce que comme c’est bien fait, les méchants n’y ont pas non plus pensé.

"Allez c’est bon, je me casse de ce film"

C’est vrai, quoi : quand on a des otages et que le seul objectif est de rester en sécurité le temps d’obtenir ce que l’on veut, qu’est-ce qu’il vaut mieux : s’enfermer dans un bunker ou tenir avec une poignée d’homme un vaste bâtiment où en plus un mystérieux John Cale distribue des claques aux gardes isolés ? C’est chaud.

Bref, les avions sont en route.

Du coup, à la Maison Blanche, on est pas au courant de tout cela et c’est bien dommage. On en est donc encore à chasser le John Cale. Mais les choses deviennent un peu plus faciles maintenant qu’ils ont identifié sa fille : Emile emmène celle-ci dans le bureau ovale, avec son copain Martin Walker et un troisième terroriste, et ils utilisent donc les haut-parleurs de la Maison Blanche pour expliquer la situation.

"Ouhouuuu Jooooohn Cale ! Pour info, nous tenons ta fille, et si tu ne te rends pas avec le président dans les dix prochaines secondes, je mets une balle dans la tête de ta fille.
- Ouiiiiii ! font les spectateurs qui prient secrètement pour que cela arrive depuis le début du film
- Non !" fait le président des Etats-Unis en surgissant de nulle part.

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Emile et Martin sont donc bien contents : ils ont enfin le président. Et John ? Heu… hé bien en fait, ils n’y pensent plus. Non non, là encore, je n’invente pas. Ils le laissent donc courir à son gré dans la Maison Blanche. Le président est donc emmené jusqu’au bureau ovale, où Walker peut lui expliquer son plan.

"Martin ! Bon sang, vous êtes fou, vous aviez juré de protéger le président des Etats-Unis.
- En effet président. Mais je vais bientôt mourir, et rejoindre mon fils, tué en mission secrète en Iran. Mais vous, espèce de traître, vous voulez la paix avec l’Iran maintenant ? Ça ne se passera pas comme ça ! Je le répète encore une fois, pour ceux qui n’auraient pas compris !
- Et vous, d’où sortez vous l’argent pour payer toute cette opération ? Ce sont les lobbies de l’armement, c’est ça ? Parce que je veux la paix, ils veulent la guerre !
- Il est trop tard pour cela, président. Maintenant, tenez : j’ai ici avec moi la mallette nucléaire. Elle ne se déverrouille qu’avec vos empreintes : alors ouvrez-là.
- Jamais ! De toute manière, et vous le savez, les codes nucléaires sont changés sitôt que le président est menacé par l’ennemi. Cela ne vous servirait à rien.
- Hinhinhin… ne vous inquiétez pas de ça, président. Ouvrez-là."

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Dans un coin, le terroriste anonyme qui surveille la scène est quand même bien étonné : lui, il était d’accord pour prendre d’assaut la Maison Blanche. Mais pas pour déclencher un truc grave ! Ah bon, pourquoi ? Tu pensais qu’on attaquait la Maison Blanche juste pour déconner ?

Qu’importe : le président refuse, Walker insiste, il refuse encore, Walker menace la petite Emily Cale qui dit qu’elle est prête à mourir dans la paix dans le monde au lieu de se chier dessus comme il se doit, jusqu’à ce que les alarmes de la Maison Blanche retentissent : il y a un incendie ! En regardant les caméras (car oui, ils viennent enfin d’y penser ; comme quoi, Maurice le hacker avait pensé à pirater tous les radars de Washington des fois qu’il surprenne un hélico volant en rase-motte et à les relier à une alarme, mais pas à faire pareil avec les caméras de la Maison Blanche pour y retrouver d’éventuels fuyards ou poches de résistance, c’est ballot), ils constatent que c’est John qui est en train de mettre le feu !

Non : le bouton "alarme incendie", c’était trop compliqué. Le feu, c’est mieux. Surtout quand on est bardé de grenades et autres explosifs, tu as raison John.

Jean-Paul Moustache et Emile filent donc promptement trouver le brigand, mais ils se font bien évidemment tuer l’un après l’autre lors de duels héroïques où on s’échange coups de poings & co, parce que juste se prendre une balle au coin d’un mur, ça fait tout de suite moins glorieux. Tout cela créant un certain bazar au sein du fameux bâtiment, le président en profite pour essayer d’arrêter Walker, qui visiblement, a mystérieusement reçu les nouveaux codes nucléaires directement sur son vieux bipeur (parce qu’avec Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous). La bagarre ne tourne hélas pas vraiment à l’avantage du chef d’état, puisque dans l’affaire, il se ramasse un pruneau dans le bidou. Et s’effondre les yeux clos.

Emily est donc très triste. Et voudrait bien arrêter ce gredin de Walker qui est en train de programmer l’envoi d’un missile intercontinental sur toutes les grandes cités d’Iran. Mais évidemment, quelques secondes avant qu’il n’appuie sur le gros bouton rouge…

… surgit John, qui a récupéré une voiture (il a eu le temps de passer au garage, d’en sortir, de faire le tour du jardin et d’arriver en environ 7 secondes, bravo), a défoncé le mur du bureau ovale, et mitraille sauvagement le vilain Martin Walker, qui rend l’âme. Averti par un coup de fil de Carol que la Maison Blanche va se transformer en pruneau tout sec d’un instant à l’autre, il fait donc évacuer tous les otages aussi vite que possible, et se sent bien bête en tombant sur le président par terre, visiblement mort.

Sauf que haha, non : la balle qu’il a pris a été arrêtée par la montre d’Abraham Lincoln qu’il portait toujours sur lui en vrai patriote. C’est beau.

Et accessoirement, Lincoln devait porter des montres de 115 kilos pour arrêter net des balles modernes. Probablement un truc à base d’uranium : si la balle ne te tue pas, ce sera le cancer.

Mais dans les cieux, il se passe des choses : à savoir que trois avions armés jusqu’aux dents arrivent à folle allure pour raser la Maison. Et que personne n’est au courant du fait que ça y est, les méchants sont vaincus. Ils volent donc bien évidemment et sans aucune raison, eux aussi en rase-mottes, et soudain, voient au milieu de la foule des civils en train de galoper dans le gazon pour fuir la Maison Blanche, la grosse tête à claques d’Emily Cale.

Qui agite le drapeau américain.

"Nom de dieu regardez ça les gars !" hurle donc le chef d’escadrille qui même en volant à Mach 2, a tout à fait le temps de voir ce genre de choses en détails au sol "Je ne sais pas vous, mais moi, je ne tire pas" ajoute-t-il, avant que lui et ses avions ne désobéissent et quittent donc la zone sans avoir largué la moindre bombinette.

Je vous la refais ?

"Les gars, il faut qu’on aille larguer des bombes sur une zone où il y a des otages. Allez, on y va." et une fois sur place : "Attendez, on arrête tout : j’étais d’accord pour tuer des otages, mais alors pas des otages ET un drapeau américain !"

Si vous pouviez bombarder mon cinéma pour m’achever, vous seriez bien urbains.

"Tu peux mourir pour ton drapeau, mais ton drapeau ne mourra pas pour toi."

La Maison Blanche sauvée, les otages aussi, la garde nationale pénètre enfin sur la pelouse, suivie par la presse qui qualifie l’amie Emily de termes aussi cucus que "la nouvelle petite héroïne de l’Amérique".  Et bientôt, l’hélicoptère présidentiel se pose pour révéler Bob, Carol et son copain général, venus reprendre possession des lieux. Sauf que le président Sawyer ne se montre pas : John, en entendant le récit de ce qu’il s’était passé dans le bureau ovale, a une petite idée de qui est vraiment derrière tout ça, et pour résoudre ce mystère, il demande à ce que le président reste caché encore quelques instants en se faisant passer pour mort. John va donc à la rencontre de l’équipage de l’hélicoptère.

"Bonjour John ! C’est moi, Bob, ton patron, tu sais, parce qu’à l’origine, tu bosses pour la police du Capitole.
- Bonjour Monsieur.
- Je suis président maintenant, c’est pas cool ça ? A part si le président Sawyer a survécu bien sûr.
- Non, il est mouru.
- Ah, c’est trop bête, je vais devoir rester président des Etats-Unis… bon et bien c’est pas tout ça mais il va falloir passer le balai par ici maintenant.
- Attendez ! Regardez ce que j’ai trouvé sur le corps de Martin Walker : un bipeur. Ou un tam-tam. Enfin un truc. Contenant les nouveaux codes de la valise nucléaire. VOS codes, puisque vous êtes l’actuel président. Vous pourriez expliquer, sachant que vous êtes le seul à les avoir, comment ils sont arrivés là ? Et sachant qu’avec Martin Walker, vous êtes l’un des derniers dinosaures au monde à utiliser un bipeur ?"

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Et là, comme dans tout mauvais film, Bob lâche la phrase qui revient à hurler "C’EST MOI J’AVOUE TOUT" :

"Vous n’avez aucune preuve !"

Ce qui est une remarque très intéressante sachant que John vient de montrer qu’il avait dans la main le bipeur de Walker, avec donc le numéro d’où provenait les codes nucléaires. Et en passant un coup de fil rapide, c’est bel et bien le téléphone de Bob qui sonne. Il jure donc vengeance pendant que Carol et son copain général lui passent les menottes, puis le président Sawyer, qui était caché, surgit (mais les figurants sont tellement au niveau du film que même ceux qui sont censés être la presse filment tout sauf le président qui vient de revenir d’entre les morts : à la place, ils filment la pelouse, et hélas, là encore, je n’exagère pas).

"Hahaha, non, je n’étais pas mort ! Je faisais juste semblant pour aider John à piéger Bob !
- Président ?
- Oui Carol ?
- Quel rapport entre le fait de vous faire passer pour mort et le fait que John amène les preuves que c’était Bob le traître ?
- Ah bin oui, aucun, tiens. John ?
- Je ne sais pas non plus. D’ailleurs, même si on a aucune preuve ou aucun nom, on va dire qu’en fait, c’était bel et bien le lobby de l’armement qui était derrière tout ça pour se faire toujours plus d’argent !"

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Ah bin alors tout s’explique, attendez que je résume : le lobby de l’armement, pour atteindre l’objectif "faire plus d’argent", a donc :

  • Engagé le président du sénat américain
  • Pour qu’il recrute le chef de la sécurité de la Maison Blanche qui ça tombe bien n’avait plus rien à perdre et perdu un fils
  • Pour qu’il recrute un commando de mecs recherchés, mais que c’est pas grave, en fait il suffit de les appeler pour qu’ils viennent
  • Pour qu’ils posent une bombe au Capitole
  • Pour mettre la Maison Blanche en alerte rouge
  • Pour qu’ils puissent attaquer la place avec encore moins de chances que la normale
  • Pour qu’ils capturent le président Sawyer
  • Pour que le vice-président soit nommé président
  • Pour qu’ils puissent ainsi abattre Air Force One avec un missile piraté
  • Pour que Bob devienne président
  • Pour qu’il puisse filer les codes nucléaires à Walker afin qu’il vitrifie l’Iran, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’objectif original
  • Et que Bob fasse disparaître toutes les preuves en détruisant la Maison Blanche par un bombardement

Et que comme ça, Sawyer arrête de prôner la paix dans le monde et que donc ils puissent continuer à vendre des armes.

Je rappelle que les autres options, un peu plus compliquées j’en conviens étaient :

  • Graisser la patte de parlementaires, comme un vulgaire lobby contre la musique pas chère

Ou, s’ils voulaient vraiment mettre le bazar en Iran :

  • Acheter une ogive nucléaire à 12 roubles à Youri Popovitch, sous-marinier en vacances chez sa tatie de Volgograd, et la mettre dans la gueule de Téhéran (éventuellement en signant "Bisous, la CIA"  s’ils voulaient une guerre nucléaire).

Ignorant le fait que l’ensemble de ce film est un ratage complet, nos héros montent donc dans l’hélicoptère présidentiel, et James Sawyer, après avoir appris que son plan de super paix mondiale était accepté par tout le monde, demande au pilote de faire le tour des plus beaux monuments de Washington, parce que fuck yeah, c’est un vrai patriote et…

… FIN !

Pour rappel : 150 millions de dollars, dont 3 de scénario.

Je vous laisser aller chercher vos rédactions de CP.

"Attends John ! J’ai pas pigé… c’était vraiment ça le plan des méchants ? Tu déconnes ?"

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Vous avez bien suivi le film ? Maintenant, essayons de reproduire ce film chez nous. Bande-annonce (j’aime bien faire des bandes-annonces, il me faudrait un budget) :

Plan sur l’Elysée et le président marchant dans les couloirs en croisant divers conseillers.

Voix off : tout avait commencé comme n’importe quelle autre journée.

"Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour, bonjour.
- Bonjour Monsieur le Président !"
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Plan sur une salle de briefing.

Voix off : personne ne pouvait seulement s’imaginer que l’ennemi frapperait là où l’on s’y attendait le moins.

"Messieurs, encore une belle journée qui s’annonce sur l’Elysée. L’aigle est au nid, aucune alerte particulière. On applique les consignes habituelles et tout devrait bien se passer. 
- Oui chef."
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Plan sur le palais du Luxembourg qui explose, des touristes hurlant en s’enfuyant dans les jardins. Plan sur le chef de la sécurité présidentielle qui entend la détonation depuis les jardins de l’Elysée.

"Qu’est-ce que c’était  ?
- Cette odeur de gâteaux secs qui brûlent… d’urine rance portée par le vent… mon dieu, ils viennent de faire sauter le palais du Luxembourg ! Code rouge, code rouge, l’Elysée est verrouillé !"
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Plan sur des hommes armés abattant les gardes républicains un par un dans les couloirs.

Voix off : car cette fois-ci, on s’est enfermé avec l’ennemi.

"Pan ! 
- Aaaaah !
- Pan ! 
- Aaaargh !
- Pan !
- Aaaah… mais putain pourquoi est-ce qu’on a juste des épées pour se défendre ? Hein !
- Pan !
- Raaaauuurgh !"
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Plan sur un homme couvert de suie avec un pistolet à la main, l’air grognon dans les toilettes.

Voix off : l’ennemi a commis une seule erreur. Cette erreur, c’est notre espoir. Et il se nomme… Jean Calle !

Plan sur le même homme face au président dans son bureau.

"Président, je suis venu vous sortir de là.
- Mais ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jean Calle, ex-policier municipal. Si ces terroristes n’ont pas payé le parcmètre, je les défonce. 
- Comment êtes-vous arrivés jusqu’ici ?
- On était là pour les journées du patrimoine. Et puis ma fille Emilie adore le parti socialiste. 
- Ah, une vraie patriote !
- En fait ça la fait surtout rigoler."
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Plan sur la limousine présidentielle prise dans une course-poursuite dans la cour de l’Elysée, ce qui revient à faire une course poursuite, mais uniquement en faisant des manœuvres de créneau.

"Président, il y a un lance-roquette à l’arrière, attrapez-le !
- Je ne sais pas m’en servir ! J’ai déjà du mal à critiquer Angela Merkel en public, alors tirer une roquette, pfou !
- Bon sang président, j’ignore qui est derrière tout ça, mais il y a un traître dans votre équipe.
- Sûrement une motion rebelle, je parie que c’est un coup de Martine Aubry."

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Plan sur l’état-major, les ministres tout autour du général en chef, essayant de comprendre ce qu’il se passe en liaison téléphonique avec le président et son sauveur.

"Que dites-vous Jean ? Un traître parmi nous ?
- Oui. Nous pensons que l’un d’entre vous n’est pas vraiment socialiste.
- Ahahahaha !
- Bon, je reformule : l’un d’entre vous est encore moins socialiste que les autres.
- C’est une accusation très grave Calle ! D’ailleurs je… mais ? Où est passé Manuel ?"

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Plan sur le chef de la sécurité présidentielle caché derrière une commode Louis XV pendant qu’on lui tire dessus.

"Le président est en train de s’enfuir, rattrapez-le bande d’incapables ! On vient de tirer la languette du flan, je répète, on vient de tirer la languette du flan !"

Plan sur un sous-marin au large de Brest, les trappes à missiles s’ouvrant lentement. A bord, l’équipage panique complètement alors qu’il a perdu le contrôle.

Voix off : mais cette fois-ci, ils ont attaqué le mauvais pays. 

"Commandant, ils ont piraté l’un de nos missiles ! Ils vont tirer ! Plus rien ne répond !
- Espérons qu’ils ne soient pas au courant de notre meilleur défense : la qualité de notre matériel."

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Plan sur le missile qui décolle, s’élève d’une dizaine de mètres en l’air, pétarade un peu puis retombe en mer dans un vieux plouf.

voix off : ELYSEE PAR TERRE

http://www.elysee-par-terre-le-film.com

Du coup, même si je pense qu’il y a du potentiel : non, vraiment, il y a des films que l’on ne peut vraiment pas transcrire chez nous.

Quelle grande perte.

"Hooo, c’est splendide !"

Elizabeth ajuste sa pèlerine d’un geste mal assuré, tentant tant bien que mal de lui trouver une quelconque position où elle l’aiderait à lutter contre le froid ambiant. Hélas, rien n’y fait : l’hiver continue à pénétrer au travers de ses vêtements, alors que le vent, lui, en profite pour rabattre ses longs cheveux bruns sur son visage. De ses doigts délicats, elle les écarte pour mieux jouir du spectacle qui s’offre à elle. A perte de vue, en contrebas, la campagne est blanche : blottis sous des arbres couverts de neige et de givre, quelques animaux se réchauffent les uns contre les autres en faisant fi des deux promeneurs avançant dans la forêt. Au loin, on entend le son si curieux du bois qui craque, gonflé par le gel.

"Oui, Elizabeth, c’est splendide en effet. J’aime la campagne en hiver, profiter du silence, voir la nature paisible, savoir que la neige cache les tombes fraichement creus… hem, voilà, la neige, tout ça quoi.
- J’ai su que vous étiez un homme de goût dès l’instant où je vous ai vu à cette exposition…
- Vous dites ça uniquement parce que c’était vous que je regardais à cet instant précis, petite présomptueuse.
- Hooo Odieux, hihi !"

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La jeune femme se blottit d’autant plus dans sa pèlerine qu’à présent, elle aimerait pouvoir y dissimuler ses joues rougissantes, ou simplement pouvoir accuser les affres de la saison d’ainsi être les seules responsables de la brutale prise de couleurs de son visage. Elle sautille quelque peu en marchant, tant pour décoller la neige de sous ses bottes que pour se réchauffer un peu plus. Sentant la chose, son compagnon de pérégrination lui fait signe de venir se coller à lui pour partager sa chaleur corporelle. Cette fois, elle laisse ses cheveux retomber sur ses joues en pouffant un peu dans une ultime tentative de dissimuler son trouble.

"Elizabeth, vous semblez agitée.
- Je… c’est que… Odieux, est-ce que vous croyez à l’amour véritable ?
- Comme l’amour du mauvais cinéma ?
- Non… comme l’amour… Cupidon, vous savez ? L’Amour, quoi. 
- Aaaaaaaah… non, mais d’accord, oui je vois.
- Parce que je voulais vous demander, ces derniers temps je repensais à vous et moi et je voudrais aller à une nouvelle ét…
- Non Elizabeth. Attendez.
- Pardon ?
- Je vous arrête pour un motif simple : vous êtes en train de dire de la daube.
- Odieux ?! Mais ?
- Tenez, passez-moi ce bâton que je vous explique ça avec un schéma. Vous allez voir, en fait, c’est très simple."

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S’exécutant, la jeune femme fit quelque peu la moue pendant que l’homme à ses côtés, d’une longue branche à peine plus courte qu’un bâton de marche, commença à tracer des signes dans la neige qu’elle ne reconnut pas de suite.

Elle sentait que ça allait mal se passer.

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Toute personne saine d’esprit ayant déjà connu les capacités fécales d’un bambin peut lui souhaiter bien des choses, sauf en plus d’avoir des ailes

A l’approche de la Saint Valentin, comme chaque année, chacun y va de son couplet sur le fait que les bisous, on peut s’en faire toute l’année, que tout ça, c’est rien qu’une fête commerciale, mais mine de rien, il se trouve toujours un clampin pour en parler, particulièrement dans le monde merveilleux de vacuité intellectuelle que constituent les réseaux sociaux. Or, sur ce blog, vous le savez, la vacuité intellectuelle, c’est un peu une passion. Aussi, il convient de traiter à l’approche de ces jours maudits emplis d’une imagerie niaise  à base d’enfants volants tirant des petits coeurs sur les gens, que l’on vous ment.

Oui, on vous ment.

Car si l’Amour est incarné par Cupidon, Cupidon, lui, n’existe pas.

Je pourrais m’en arrêter à cette simple formulation, mais cela serait un procédé quelque peu cavalier : je vois d’ici mes lecteurs s’insurger en me demandant des explications, renverser les tables et les chaises en brandissant le poing, puis, comme ils me lisent au bureau, se faire engueuler par leur patron qui leur demande ce que c’est que ce bordel. Non parce que hé, hein, va falloir se calmer là quand même. Bref ! Aujourd’hui, donc, nous allons prouver scientifiquement que Cupidon n’existe pas. Et que si c’était le cas, on serait bien dans la merde.

Suivez un peu, et ramassez-moi tout le bordel que vous avez mis au paragraphe précédent.

Cupidon est, pour rappel, l’enfant de Mars et de Vénus, respectivement dieu de la guerre et déesse de la beauté. Or, à défaut d’accoucher d’une belle guerre, les deux ont produit une bien étrange créature : le dieu de l’amour. Jupiter, qui était quand même un peu un expert en emmerdes, sentit tout de suite que cette histoire fleurait les embruns de pâté, et demanda donc à ce que l’on se débarrasse de Cupidon, par exemple en le mettant dans un sac et en lui tapant très fort la gueule avec des objets contondants de type massue, marteau ou Christian Jacob. Cependant, Vénus ayant fait un peu sa chochotte, elle décida de cacher le marmot, qui par la suite devint Cupidon. Bon, dans l’histoire originale, Cupidon devient un beau jeune homme, se blesse comme un con en nettoyant son arme (mais si, quel gros busard vous pouvez le dire) et tombe donc amoureux de Psyché, mais suite à toute une histoire, il finit par la fuir jusqu’à ce qu’elle le rattrape quand même, la bougresse, (alors qu’elle ne vole pas elle, bravo la gestion des trois dimensions Cupidon, décidément) et du coup… ils se marient.

Savoir que dans l’histoire même de Cupidon, dieu de l’Amour, le mariage n’intervient pas tant que dure le bonheur, et fait son entrée uniquement pour couper les ailes du bonhomme, c’est assez ironique. Mais passons ! Car cette partie-là de la mythologie est surtout restée aux oubliettes : plus que le jeune homme marié, on a retenu l’enfant à l’arc. Alors soit !

Car que sait-on de Cupidon ?

- Qu’il vole

- Qu’il porte une culotte à la propreté contestable

- Qu’il dispose d’un arc en frêne et de flèches en or

- Que le 14 février il est censé aider les couples à faire brûler la flamme

Aussi, mettons : le 14 février, Cupidon est supposé se promener de par le monde, son arc à la main, pour mieux s’arrêter au-dessus des rues et des demeures, décochant ses traits enchantés pour que chacun trouve son âme soeur, ou que ceux déjà en couple puissent continuer à l’être encore longtemps plutôt que de se faire larguer par texto. Alors calculons !

  • La Terre compte 7 milliards d’habitants. Un peu plus, puisque chaque jour, les rangs de notre espèce grossissent, mais pour faciliter le travail de notre angelot préféré, nous considérerons que nous sommes très exactement 7 milliards le 14 février.
  • Parmi ces 7 milliards d’habitants, on peut considérer qu’il y a 2 milliards d’enfants. Or les enfants ne tombent pas amoureux comme les adultes : eux, il leur suffit d’un échange de BNs à la récré, et c’est parti, ils sont tellement à fond qu’ils vont faire des trucs aussi extrêmes que prêter leurs crayons de couleur, aider l’autre à ne pas tomber du toboggan ou tenir les mains de la maîtresse pendant que l’autre la tabasse. Ah, c’est beau l’enfance.
  • On peut donc considérer qu’il reste 5 milliards de personnes. Mais nous allons encore en retirer 1 milliard arbitrairement pour soulager le travail de notre archer angélique en virant les personnes qui sont incapables de ressentir ses flèches : gens chiants, personnes plongées dans un état second médicalement, personnes dans un état second dans la journée (les gens qui regardent plus de 2 powerpoints par jour, par exemple), les acteurs de "Plus Belle la Vie", puisque sinon, ils pourraient ressentir leur propre amour propre et partiraient donc en hurlant, et enfin moi-même pour des raisons connues de mes lecteurs
  • Cela nous laisse 4 milliards de personnes, dont il faut encore déduire :
  • Les utilisateurs de World of Warcraft, soit 11 millions, parce que merde, Cupidon va pas gâcher de munitions sur des gens qui n’auront pas le temps d’avoir une vie sociale, ya instance là
  • Les gens qui aiment Franck Dubosc, soit 2 personnes, parce qu’à ce niveau, c’est que leur notion même d’amour et d’appréciation est complètement schlass
  • Donc en déduisant 11 000 002 personnes de nos 4 milliards, nous arrivons à un total de 3 988 999 998 personnes qui ne demandent qu’à se faire flécher la gueuler.

Bien ! Maintenant que cela est arrêté, mettons : le 14 février dure 24 heures. Je ne prends pas en compte le décalage horaire : Cupidon est à l’heure de Rome. Donc il va nous faire le boulot, cette feignasse, et sans gruger, ah mais ! Recalculons :

Cupidon va donc devoir toucher, en 24 heures, 3 988 999 998 personnes

Soit, de l’heure, 166 208 333. Et que je vous entende pas gruger, bande de petits rascals : non, il ne divise pas par deux puisqu’il s’occupe de couples. C’est une flèche par personne, c’est la règle.

Soit, de la minute, 2 770 139 personnes à toucher

Soit, de la seconde, 46 169 personnes. Ce qui vous donne à peu près la population de Châteauroux, par exemple. J’en entends qui ricanent : si, même à Châteauroux, on a besoin de Cupidon. Ou d’alcool. Attendez, c’est lequel des deux qui rend heureux à tous les coups ?

Le 14 février, Twitter est rempli de commentaires de gens qui disent ne rien avoir à faire de la Saint Valentin mais en parlent en boucle. Les 364 autres jours, remplacez "Saint Valentin" par "Grand Journal"

Cupidon a donc du boulot. Ce qui expliquerait par ailleurs pourquoi vous n’avez pas forcément trouvé l’âme soeur : vous n’êtes peut-être pas exactement en haut de la pile. Avec un peu de bol, il n’y a qu’un milliard, un milliard cinq de personnes devant vous. Une paille, arrêtez de vous plaindre.

Enfin, c’est toujours moins à attendre que pour une carte grise à la préfecture, mais je m’égare : une chose est sûre, Cupidon ne bosse pas dans l’administration française. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’au sein de celle-ci on passe plus d’une seconde sur votre cas, rassurez-vous : certains éléments du personnage ont été bien assimilés. Mais je m’égare encore, deux fois en si peu de temps, enfin, cela reste bien normal lorsque l’on parle de mythologie comme le disait Nisos (ce paragraphe inutile vaut 900 points au club des professeur de grec ancien, si vous me lisez les gars et que vous n’êtes pas encore tous morts de vieillesse) . Bref.

Maintenant, mettons : les cibles de Cupidon sont, par un incroyable coup de bol, toujours en moyenne à un mètre l’une de l’autre. D’ailleurs, si elles sont à moins, c’est que soit elles n’ont déjà plus besoin de Cupidon parce que t’inquiète, je gère Suzette, soit qu’elles sont dans le métro, ce qui est certes relativement proche d’une relation sexuelle d’un point de vue frottements et échanges de miasmes, mais ne compte malgré tout pas. Nous considérerons que Cupidon ne dispose pas de grenades, et n’utilise que ses flèches même dans des lieux bondés comme ceux-là. Tout compris, entre les passages où il doit chercher une bonne position de tir, un angle de vue dégagé & co, on considérera toujours qu’il n’y a que ce fameux mètre. Voyez comme je suis conciliant.

Prenons en compte deux autres éléments :

  • Une flèche d’arc peut filer jusqu’à 300 kilomètres heure si bien décochée depuis un tireur immobile
  • Cupidon et sa grosse tête joufflue ne sont pas vraiment aérodynamiques

Vous avez tout bien pris en compte ? Alors c’est parti : bonne Saint Valentin.

D’abord, Cupidon va commencer à se déplacer à 135 fois la vitesse du son. Qu’importe d’où il partira : l’onde de choc sera suffisamment grande pour raser le bled où il se trouvera (Rome, probablement), vaporisant la plupart des habitants et rendant sourd les autres sur plusieurs kilomètres. Il ne fera d’ailleurs par bon se trouver sur sa trajectoire, puisqu’il ne laissera derrière lui que mort et désolation, ainsi qu’une curieuse odeur de brûlé. De toute manière, Cupidon n’en saura rien : vu le nombre de G qu’il se sera pris dans le museau à l’accélération, il sera déjà aveugle et sourd, ce qui expliquerait non seulement sa représentation aux yeux bandés sur plusieurs tableaux (voyez que j’ai raison), mais en plus cela expliquerait pourquoi vous avez toujours l’impression que tout va de travers en amour (encore une fois, tout se tient). Non parce que tirer à l’arc en étant aveugle c’est déjà pas facile, mais tout en faisant péter le mur du son et sans les oreilles, ça devient compliqué.

Mais rassurez-vous : Cupidon va aussi se sentir relativement mal : n’étant pas spécialement profilé pour sa mission, ses grosses joues vont rapidement prendre feu alors que ses yeux vont se dessécher  et si son slip était encore propre à ce stade, il devrait se remplir de tout son tube digestif avant de prendre feu, le fumet qui en résultera lui donnant un certain panache, j’en conviens (les aviateurs amateurs de calembours feront leur marché dans cette phrase).  Incapable de s’arrêter sur sa lancée, il faudra espérer qu’il trouve un moyen de ne pas ralentir s’il veut accomplir sa mission puisque ses ailes se seront sûrement arrachées dès l’accélération, emportant sa colonne vertébrale avec (là encore : le tir à l’arc se complique) et quelques autres morceaux choisis. Finalement, s’il parvient par son statut divin à échapper à la désintégration totale, et que ses doigts flétris par la combustion parviennent à sortir de son carquois ses flèches d’or n’ayant pas fondu grâce à la magie les habitant, il ne lui restera plus qu’à tirer. Easy.

Or, puisqu’il ne pourra plus s’arrêter, et que quand bien même, il devrait assurer un temps de verrouillage de la cible inférieur aux ordinateurs des avions de chasses actuel avant de tirer sa flèche et quitter l’endroit sans même prendre le temps de voir si elle touche, si jamais le projectile n’explosait pas purement et simplement, non content de toucher la personne avec qui vous étiez en train de prendre un dîner romantique, elle va lui décalquer la tête contre la table, envoyer les morceaux sur tous les convives alentours (si le choc ne provoque tout simplement pas une déflagration rasant la salle), probablement vous traverser aussi en ne laissant derrière vous que des restes qui permettront à la TNT de créer un nouveau jeu télévisé autour du principe de l’identification de votre corps, puis elle devrait traverser tour à tour – grâce à sa pointe faite d’un alliage importé droit de l’Olympe mais quand même avec de l’uranium dedans histoire de tenir le choc, donc quand bien même vous auriez survécu, Cupidon vous aurait refilé un cancer, sympa) le sol du bâtiment, le sous-sol, les fondations, commencer à creuser la terre et éventuellement s’arrêter en fumant et sifflant au bout d’un long, long moment.  Moment critique, puisque si la flèche provoque l’amour chez tout ce qu’elle touche et qu’elle pénètre la Terre, cela risque encore de créer des trucs cucus, du genre des chansons de Yannick Noah. Et ça, ça reste probablement la pire conséquence de tout.

Bref.

Une fois la personne avec qui vous mangiez en paix décapitée, votre personne désintégrée, l’endroit criblé de tirs ayant réduit les convives à néant et une forte odeur de chair brûlée s’élevant au-dessus des ruines de votre paisible cité, Cupidon, son petit corps d’enfant noirci et démembré aux lambeaux de chair pendants se posera sur les restes de l’aéroport de Rome dans une tempête de flammes et créera à l’impact avec le sol une onde de choc qui devrait non seulement piquer un peu le bambin, mais dégager l’équivalent énergétique de plusieurs fois Hiroshima. Il est même probable que, pour la déconne, la réaction sismique qui suivrait réveille l’activité volcanique locale et permette aux italiens encore vivants de savourer les joies simples de leur ancêtre Pline l’Ancien (et je ne parle pas de celle d’avoir un neveu con comme Pline le Jeune).

Pour rappel, la bombe larguée sur Hiroshima s’appelait "Little Boy". M’enfin j’dis ça, hein.

Cela fait, nous pouvons donc en tirer plusieurs conclusions :

  • Cupidon, c’est vraiment une super idée, ça donne vraiment envie de passer une bonne Saint Valentin avec lui, quelle belle illustration
  • En fait, il est statistiquement plus probable que ce soit des ninjas qui s’occupent de manier les flèches d’or plutôt que Cupidon, mais ça évidemment, ce n’est pas vendeur alors personne n’en parle, racistes
  • Enfin, statistiquement toujours, même en supposant que chaque année, Satan achète l’âme de 1% de la chrétienté, il aurait toujours plus de crédibilité scientifique dans la possibilité d’accomplir sa mission que la simple existence de Cupidon

Donc, scientifiquement, vous avez moins de chance de rencontrer l’Amour tel que la mythologie nous le décrit que de passer un pacte avec le Diable, ce qui est prouvé très simplement par l’existence pure et simple des conditions d’utilisation d’iTunes.

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"Voilà pourquoi je ne mange pas de ce pain-là ma petite Elizabeth."

Dis-je en achevant de tracer mes schémas dans la neige fraîche avant d’agiter la baguette de bois dans ma main pour fouetter l’air glacial qui nous entourait. Elizabeth fit une moue dubitative en observant les schémas sur le sol, particulièrement en s’arrêtant sur celui où j’avais dessiné des gens en toge tapant un petit sac à l’aide d’un Christian Jacob. Probablement peu convaincue par mes talents de caricaturiste, elle soupira longuement, envoyant de blanches volutes s’envoler loin de ses lèvres rouges.

"Oui mais… tout de même, moi j’y crois, à l’Amour ! 
- Sacrebleu, qu’est-ce que je viens d’expliquer ? C’est bien la peine que je me décarcasse.
- Ca n’a strictement rien à voir ! Une flèche peut nous toucher n’importe quand, ce que je voulais dire, c’est au sujet de vous et moi, parce que… d’ailleurs juste à l’instant, j’ai… je grois… je gru… jgnr…"

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Elizabeth tourna de l’oeil avant de s’effondrer dans la neige avec une délicatesse qui imposait le respect. Dans son cou, l’embout rougeoyant de la fléchette-seringue dépassait de sa chevelure. Souriant, je fis un signe à Diego, vêtu en ninja dans un arbre voisin, son fusil à air comprimé encore sur l’épaule. Le bon serviteur me rendit mon salut et descendit promptement me rejoindre pour m’aider à charger la jeune femme sur un traîneau, charme de la saison. Cela fait, Diego sembla hésiter quelque peu au sujet de quelque chose.

"Hé bien Diego ?
- C’est que… patron je… voilà, les vacances d’hiver arrivent et…
- Certes ?
- Bin je me disais… cela fait 4 ans que je n’ai pas pris de vacances alors je… jre… rgn…"

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Diego s’effondra à son tour dans la neige, une autre fléchette-seringue plantée dans le cou au travers de la cagoule de son costume oriental. Souriant une fois de plus, je fis un signe de la main à l’autre ninja que j’avais engagé pour suivre le premier, puisqu’on n’est jamais trop sûr. Et encore une fois, la prudence avait payé. Ignorant les grosses gouttes de sueur perlant sous la tenue du tireur que je pouvais voir d’ici, alors qu’il devait se demander si quelqu’un avait été missionné pour l’endormir lui aussi, je contemplais le corps d’Elizabeth étalé sur le traineau, ronflant paisiblement.

"Ah, Cupidon. Qu’importe s’il y a une force qui décoche les tirs, pourvu que je désigne les cibles."

Puis, sifflotant, je repartis profiter des joies simples de l’hiver.

"Mesdames et Messieurs, veuillez enfiler vos lunettes. Bonne séance à vous."

L’hôtesse devant le large écran agita la main en direction de deux spectateurs occupés à discuter au fond de la salle, les enjoignant une nouvelle fois de suivre la procédure, avant de s’éloigner en direction de l’une des sorties de la salle. Diego, assis lui quelques rangs devant, grogna un peu en constatant que les imposantes montures lui couvraient à présent non seulement les yeux mais aussi les oreilles, une sorte de casque audio paraissant intégré à l’attirail de visionnage.

"Je ne savais pas que le film était en 3D.
- Mais, il ne l’est pas mon bon Diego. Toi qui n’avais pas vu l’épisode I des Expendables, tu dois être un peu surpris.
- Pardon Monsieur ? Je… et bien non, pardonnez-moi je ne vois pas l’intérêt de ces montures s’il n’y a pas de 3D. Et puis je vois tout bizarre avec !
- Ne t’inquiète pas Diego, je vais tout t’expliquer."

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Retirant les imposantes lunettes identiques à celles de mon voisin, je m’empressais d’indiquer à Diego la petite inscription sur l’une des branches de celles-ci, où l’on pouvait lire "Expendables Goggles".

"Vois-tu mon bon, ces lunettes ont été spécifiquement conçues pour permettre de visionner ce film précis dans de bonnes conditions. Regarde-moi parler par exemple, que vois-tu ?
- Hmmm… j’ai l’impression que vous avez la bouche inclinée à 45 degrés et la peau luisante, c’est bizarre.
- Non, c’est justement fait exprès petit forban ! Vois : ces verres redressent automatiquement les bouches, et permettent ainsi de regarder un film avec Sylvester Stallone sans avoir l’impression qu’il parle toujours avec le faciès en diagonale. Et appliquent automatiquement un effet photoshop pour cacher les acteurs vieillissants.
- Ah oui, effectivement. Mais, le casque en plus des lunettes, c’est pour quoi ?"
- Retire les et écoute bien."

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Diego, obéissant, m’observa toussoter poliment les lunettes à la main avant que je ne me lance :

"Diego, tes putains de lunettes de merde tu vas les remettre sur ton nez avant que je ne te les foute dans le cul, sale petit bâtard"

Le pauvre garçon resta immobile quelques instants, les yeux écarquillés, avant de commencer à bafouiller une réponse

"Mais vous m’avez dit de…
- Oui Diego, justement. Remets tes lunettes, et écoute bien, je vais reprononcer exactement la même phrase."

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S’exécutant, le bougre se tourna vers moi en faisant fi du fait qu’il voyait désormais ma bouche penchée de 45 degrés. Il s’étonna de voir que le mouvement de mes lèvres ne correspondait pas à ce qu’il entendait sortir du casque filtrant le son sur ses oreilles, puisqu’il put simplement percevoir :

"Diego, vous seriez bien urbain de rechausser vos lunettes."

Une moue d’intense réflexion déforma le visage du pauvre serviteur, s’étonnant de la situation. Retirant à nouveau ses lunettes, j’anticipai sa question.

"Comme tu peux le constater mon bon, ce casque filtre automatiquement le langage de charretier des films d’action pourris pour le rendre plus proche du langage du reste de l’humanité. C’est un outil fort pratique. Maintenant, remets tes lunettes, ça commence : tu ne voudrais quand même pas avoir l’impression de regarder pareil chef d’oeuvre dans de mauvaises conditions, n’est-ce pas ?
- Ho, non Monsieur."

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Et Diego rechaussa ses lunettes, prêt à découvrir l’un des plus beaux films de l’été.

Y a t-il vraiment besoin de pareil matériel pour visionner ce film ? Y a t-il une vie après gouverneur de Californie ? Autant de questions auxquelles il convient de répondre, alors : spoilons mes bons !

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L’affiche : avec autant de stéroïdes au mètre carré, on aurait pu penser à une publicité pour le tour de France, mais non. Je sais, c’est trompeur.

Notre histoire débute au Népal, dans une province oubliée du monde au nom parfaitement imprononçable ("Eva Joly", ou quelque chose du genre). Au fin fond d’une forteresse gardée par des centaines de militaires, l’officier tyrannique semblant visiblement commander la base est occupé à tabasser un détenu au visage dissimulé sous un sac de toile, lui demandant gentiment s’il ne voudrait pas parler pour donner son identité, une information, ou pourquoi pas, une blague à Toto. La chose pourrait durer un petit moment si, au même moment, à l’extérieur, il ne se passait pas des choses mystérieuses (un terme rare dans ce genre de film, vous l’imaginez bien)

En effet, trois véhicules blindés viennent d’apparaître à l’horizon, pilotés par une bande de mercenaires vêtus de noir : les Expendables !

Alors pour rappel jeunes gens, les Expendables sont une unité constituée des créatures aux plus gros testicules de l’univers (loin devant l’éléphant, le diplodocus ou Jeanne Moreau). On retrouve donc à leur tête le charismatique Barney Ross, capable d’imposer le respect par la simple exhibition de son hideuse moustache, Lee Christmas, un spécialiste du lancer de couteaux, Gunnar Jensen, un être venu de Suède disposant d’une mâchoire à faire pâlir un tractopelle, Toll Road, qui est juste gros, et Billy the Kid, le plus jeune membre de l’unité et gros niais souriant sniper attitré de celle-ci. On pourra tout de même noter pour les préjugés raciaux qu’il y a parmi eux Yin Yang, un asiatique qui pratique donc forcément les arts martiaux, et Hale Caesar, le black qui a donc forcément une arme plus grosse que les autres.

Ho, et ne vous embêtez pas à retenir les noms : retenez juste celui du chef, les autres auront finalement assez peu d’intérêt, un peu comme le film, donc (il y a une certaine constance au moins, on pourra saluer cela).

Bref : les véhicules des Expendables couverts de dizaines d’inscriptions supposément drôles, (comme "toc toc" sur le bélier) mais faisant plutôt passer tout ça pour un convoi d’amateurs de tuning, foncent à toutes blindes (calembour, merci), et défoncent sans problème les portes de la forteresse (ainsi que les obstacles antichars qu’il y avait devant celle-ci, qu’il suffit de vaguement toucher pour qu’ils s’envolent en tous sens : probablement des obstacles en polystyrène pour bloquer des… heu… des chatons. Petits. Et pas trop féroces alors) avant de s’y engouffrer, mitraillant à tout va depuis le toit de leurs véhicules à l’aide de grosses mitrailleuses. Comme il se doit, les soldats ennemis se contentent de ne pas tirer ou alors complètement à côté, puisque comment des figurants pourraient-ils tuer des personnages, hein, je vous le demande, alors qu’en retour, pour chaque balle tirée par un membre de l’unité, il y a 7 morts et un mur qui explose au minimum. Par ailleurs, selon la tradition des films modernes, quand un mec se prend une balle, il ne tombe pas : d’abord, il fait une sorte de petite danse façon Balunga avant de se vautrer. Quel siècle étrange que le nôtre.

En tout cas, le convoi de nos héros circule à bonne allure dans l’endroit, et bientôt, les Expendables défoncent des murs, des portes, des gueules et  grimpent même sur les toits allez savoir comment avec leurs voitures, et finissent pas descendre des véhicules pour se préparer à aller botter des culs à l’ancienne. Ce qui serait fort intéressant, si déjà, le film ne nous régalait pas d’un grand moment : Barney et Lee se retrouvent au sommet de la forteresse, et constatent qu’un hélicoptère est venu soutenir leurs ennemis pendant qu’eux donnaient l’assaut sur le fort. Comment l’abattre, se demandent-ils ?

Alors là, vous vous dites : "Je ne sais pas : en utilisant l’énorme mitrailleuse située sur les véhicules dont vous venez de descendre et évoquée deux paragraphes plus haut ?". Petits naïfs.

Et bien non : nos héros ont par le plus grand des hasards avec eux une moto, et décident donc de la démarrer pour l’envoyer sauter sur un tremplin, l’hélicoptère ennemi ayant le bon goût de venir se mettre a) au niveau du toit b) devant le tremplin c) juste à distance de saut de la moto d) moto qui ne se vautre pas alors qu’il n’y a personne dessus durant la manoeuvre. En conséquence de quoi, l’appareil volant et le deux roues entrent en collision, provoquant un certain chaos ainsi qu’un gros besoin de constat amiable. Cela fait, nos deux larrons vont rejoindre le reste de l’unité dans les couloirs de la forteresse pour foncer vers la salle d’interrogatoire au coeur de celle-ci.

Regardez bien : le véhicule capable d’abattre l’hélicoptère est tellement près que nos héros se cachent derrière. Mais malgré tout, non, ils vont plutôt lui lancer une moto. C’est tout à fait normal.

Après avoir massacré 241 gardes qui n’avaient aucune chance dans les couloirs du coin, nos mercenaires préférés déboulent donc là où ils le voulaient et cartouchent sauvagement le patron de la base et ses sbires, avant de s’atteler à leur mission : libérer le prisonnier. Sauf qu’en enlevant le sac sur la tête de celui-ci, nos loulous semblent fort surpris : déjà, il est très moche, et ensuite, il ne s’agit pas de l’homme qu’ils étaient venus chercher, mais de Trench, alias Schwarzi, le chef d’une autre unité de mercenaires concurrente ! Mais que fait-il là le galopin, hein ? Dis-donc ! Tu vas répondre oui ?

"La même chose que vous, tas de gros bâtards", explique donc posément notre homme : il est venu sauver le prisonnier que les Expendables voulaient, à savoir un millionnaire chinois qui s’avère en fait être retenu juste quelques mètres plus loin. Mais comme c’est une grosse quiche, il a  échoué et s’est fait capturer. Un peu déçu d’avoir besoin d’aide, il se laisse détacher puis, ils libèrent donc leur cible, et Barney s’inquiète tout de même : il faut se barrer de cet endroit, Trench a t-il un moyen de s’enfuir ?

"Ouais, pas de souci les gros nazes, mes hommes m’attendent à l’extérieur ! Tirez-vous de votre côté, moi du mien ! Et je vous en dois une…"

Oui, vous avez bien lu : le mec avait toute une division de mercenaires à ses ordres d’après ses dires, mais ces derniers étaient occupés à l’extérieur à jouer de la guitare en mangeant des chips en attendant qu’il se fasse tabasser à mort. Quel beau travail d’équipe. Et sinon, vu que ça n’a pas l’air de l’inquiéter, à quel moment il pensait qu’il aurait été de bon ton qu’ils interviennent, ses petits gars ? Au moment où le méchant dirigeant la base allait proposer une partie de Time’s Up pour se détendre ?

Enfin, passons : Trench fuit donc de son côté quand, dans le même temps, les Expendables se barrent du leur, d’abord en fuyant la forteresse en tyrolienne (… ho. Ah oui, d’accord) en emmenant le prisonnier sauvé avec eux, avant de se diviser en deux groupes : Barney et Lee vont chercher l’avion, pendant que les autres fuient vers la rivière pour y trouver un hors-bord et s’engouffrer dedans. Entre temps, Billy the Kid et son fusil sniper interviennent ici ou là pour faire exploser le crâne de quelques gardes lancés à leur poursuite, mais dans l’immédiat, tout va bien : malgré les véhicules nautiques lancés derrière les hommes sur la rivière, les soldats locaux n’ont aucune chance, ne parvenant même pas à toucher le bateau ennemi situé à 10 mètres d’eux et allant en ligne droite quand eux tombent par paquets de douze à chaque tir.

On notera d’ailleurs que certains figurants meurent plusieurs fois, ce qui doit être très frustrant et douloureux à la fois, ou que des véhicules qui venaient d’exploser réapparaissent aléatoirement, mais bon, hein, comme chacun sait, le spectateur lambda s’en fout : à cet instant, son cerveau est déjà mort cliniquement.

En tout cas, après avoir fui en hors-bord un moment, les Expendables sur la rivière se lassent de cette scène de course-poursuite et quittent donc le bateau pour sauter sur des jetskis (Ah ?!) et rejoindre l’hydravion de l’équipe, piloté par Barney, qui vient de se poser sur la rivière un peu plus loin. Après avoir rejoint celui-ci, tout le monde décolle donc, les gardes locaux, malgré leur batterie anti-aérienne placée à 20 mètres de là et pile dans l’axe de l’appareil, ne parvenant pas à le toucher une fois encore : si vous vous demandiez ce que cela aurait donné si Amadou et Mariam avaient fait l’armée, c’est chose faite.

Soit.

Tiens sinon, juste comme ça : pourquoi avoir utilisé un hors-bord pour fuir puisque visiblement, c’était pour finir à jetski ? Vous ne pouviez pas directement enfourcher ces petits véhicules ? Ho, et puis tiens, en fait, allons jusqu’au bout : pourquoi avoir utilisé des jetskis quand c’était pour finir en avion ? Après tout, vous ne vous seriez pas divisés en deux groupes, vous alliez tous à l’avion avec Barney (l’appareil étant visiblement juste à côté, bien planqué et prêt à décoller magiquement vu qu’il n’a fallu que quelques secondes au chef de l’équipe pour arriver en volant au-dessus de la course-poursuite sur la rivière) et hop, c’était plié, et ce en toute sécurité.

Mais c’est vrai que du coup, c’était un poil plus intelligent : il ne faudrait pas trop se fouler.

Quelques heures plus tard, donc, au-dessus de la Chine, l’avion des Expendables décide de libérer le millionnaire qu’ils ont sauvé, et comme leur appareil n’a pas l’autorisation de se poser, ils procèdent à un largage en parachute du bonhomme au-dessus de son pays natal accompagné de l’ami Yin Yang pour le ramener jusqu’en ville. Profitez-en : c’est la dernière fois que vous verrez Yin Yang du film, qui a bien compris que vu le bousin, mieux valait sauter en route.

Hale est en train de se dire qu’il aurait peut-être dû suivre Yin Yang. Maintenant, il va devoir assurer les quotas tout seul.

Bref : de retour aux Etats-Unis, les Expendables s’en vont se prendre une cuite pour fêter la victoire dans un bar du coin, où Billy the Kid fait signe à Barney qu’il aimerait lui parler. Tous deux sortent donc à l’extérieur pour un petit moment de confidence :

  • Billy en a assez de cette vie de guerre, il veut prendre sa retraite dans un mois

Le spectateur fait "Hooo !" car comme chacun sait, tout personnage à un mois de la retraite a de fortes chances de mourir.

  • Billy décide qu’il est grand temps, là, tout de suite, de parler de sa fiancée qu’il aime, une petite infirmière française

Le spectateur fait "Haaa !" car comme chacun sait, tout personnage qui parle de sa fiancée a de fortes chances de mourir. Et si en plus il est à un mois de la retraite, il est bon pour remourir (si, si).

Cela étant dit, Barney accepte la décision du jeune homme, lui disant qu’il a bien raison de vouloir profiter de la vie (il a intérêt, puisque vu ce qu’il vient de dire, il lui reste moins d’un mois), puis tous deux se séparent car il est 21h10 et le chef des Expendables a bien envie de rentrer chez lui pioncer avec son nounours.

Ce qu’il fait, donc, sauf que un chez lui, il n’en a pas vraiment malgré tout le pognon qu’il gagne en mission (il claque tout en tatouages moches je suppose) : à la place, il va faire dodo dans l’avion de l’équipe, qui est aussi son foyer (c’est une sorte de flying gitan : si les poules ne volent pas, c’est juste pour lui échapper). Mais sur place, il constate qu’il n’est pas seul et que quelqu’un l’attendait dans l’appareil pour lui parler quelque peu : Brice Woullous !

Woullous est un agent de la CIA qui dans le précédent film, était à l’origine de la mission réalisée par les Expendables. Et comme celle-ci ne s’était pas exactement passée comme prévu (Barney et ses copains avaient tout fait péter en vomissant de la testostérone dans tous les sens et qu’il a donc fallu passer la serpillière après), Woullous explique que Babar a une dette envers lui : il lui propose donc une mission toute simple pour rembourser ce qu’il doit, à savoir, aller en Albanie retrouver l’épave d’un avion chinois venant de s’écraser pour y récupérer une petite boite au contenu devant rester inconnu de la troupe. Et pour s’assurer que tout se passe bien, une femme de la CIA devra accompagner l’équipe (ce qui fait gueuler Barney, qui n’aime pas trop les femmes, ces créatures sans pastèques dans le slip) : une certaine Maggie. Woullous indique une heure et un lieu de rendez-vous pour aller la rencontrer avant de partir en mission.

Chevauchant sa grosse moto, Barney s’y rend donc et a donc l’opportunité de découvrir sa nouvelle copine : une asiatique passionnée de moto (ça tombe bien quand même) qui explique qu’elle aussi, elle peut botter des culs sur demande, alors tout se passera bien, pas besoin de la surveiller. Barney lui dit donc "Bien, alors rendez-vous demain matin à 5h", puis ils se séparent.

Je me demande à quel moment l’un des deux a fini par réaliser qu’ils avaient oublié de se donner un lieu de rendez-vous, mais passons.

Le lendemain, donc, nous retrouvons nos larrons au sein de l’avion des Expendables, survolant l’Albanie. Au sein de celui-ci, Maggie reste mystérieuse, ne parlant à personne. Sauf, incroyable coïncidence, à Billy pour lui dire "Hey, toi, le plus jeune de l’équipe, tu ne voudrais pas me raconter ta vie avec tous les détails, comme ça, sans aucune raison, alors que je me branle cordialement de tous les autres membres de l’unité ?" même pas étonné par ce dialogue pourri, ledit Billy (qui est funky) enchaîne donc comme il se doit en racontant qu’autrefois, il était sniper en Afghanistan, et qu’il en a trop chié lorsqu’il a vu ses camarades tomber. Mais ce qui l’a carrément trop dégoûté, c’est son chien Kiki s’est pris une balle (véridique : les copains, on s’en fout, le chien, non). Il a donc quitté l’armée… avant de rejoindre des mercenaires ultra-violents que sont les Expendables (quelle logique imparable).

Bien bien bien, passons à la suite, voulez-vous ? Parce que moi, là, l’histoire de Kiki le chien, ça me laisse sceptique, allez savoir pourquoi.

Arrivés en Albanie, nos héros progressent donc au coeur d’un bois joli (ce qui n’empêche pas Lee d’appeler sa copine aux Etats-Unis, car comme chacun sait, il y a du réseau, ça passe niquel, et en plus, aucun décalage horaire : c’est beau), jusqu’à ce que Barney décide d’envoyer Billy en reconnaissance : celui-ci a tôt fait de retrouver les restes de l’avion chinois, et bientôt, tout le monde découvre donc l’épave distordue de l’appareil, les cadavres de l’équipage à son côté, morts suite à leurs blessures dans le crash. Pour plus de sécurité, Barney demande donc à Billy d’aller se poster sur une colline voisine avec son fusil de sniper pour couvrir la zone, pendant que les autres Expendables montent la garde (comprendre : rester à découvert en regardant méchamment les alentours, quand bien même ils pourraient faire la même chose depuis un abri, des fois que ; par contre, si un lapin gentil passe devant eux, il aura tellement peur de leurs regards de psychopathes qu’il se transformera instantanément en petite flaque poilue. Impressionnant).

Exclusif : une photo d’un Expendable à couvert. Un phénomène extrêmement rare

A l’intérieur de l’épave, donc (ne me demandez d’ailleurs pas pourquoi les Chinois n’ont eux, envoyé personne la sécuriser quand bien même ils ont forcément dû être au courant du crash avant la CIA, ils doivent n’avoir rien à faire de leur propre avion au contenu sensible), le petit boitier à récupérer est rapidement localisé et emporté par Maggie, piratant la sécurité pourrie encore active supposée empêcher le vol de la chose (un code qui change toute les 120 secondes et qui fait tout péter en cas d’erreur : bref, le truc trop pratique). Que contient la boite ? De l’argent ? Des informations ? Une figurine exclusive de Naruto ? Mystère ! Mais là n’est pas le sujet : il est grand temps de se barrer maintenant que la mission est accomplie.

Sauf que… en quittant l’épave, Barney constate que Billy ne répond plus sur la radio : comme c’est étonnant !

Ni une, ni deux, lui et ses copains partent à la recherche du galopin, et découvrent au détour d’un fourré celui-ci aux mains de tout un groupe de brigands vêtus de cuir noir, et arborant tous au cou un formidable tatouage de bouc satanique pour bien faire comprendre qu’ils sont méchants. Visiblement, ils ont déjà un peu tabassé le pauvre sniper, et le gardent désormais comme otage. Leur chef s’avance donc vers le petit groupe des Expendables, et on découvre que de fieffé mécréant n’est autre que… Jean-Claude Van Damme ! Dont le nom dans ce film est… "Vilain".

Je ne l’invente pas, c’est authentique : le vilain s’appelle Vilain. L’un des types ayant travaillé sur ce film a dû lire ce blog, je ne vois pas d’autre explication à un choix aussi pourri.

Bref, Vilain le vilain présente la situation en quelques mots : "Posez vos armes et donnez nous la boite, sinon, on bourre la gueule de vote copain. Et pas de geste brusque, je suis super aware."

Après une brève mais intense réflexion, nos héros attendent donc la dernière seconde pour finalement coopérer et poser leur matériel militaire. Puis, Lee jette le boitier tant convoité aux pieds des méchants, ce qui donne un dialogue d’anthologie :

"Hééééé naaaan ! Tu le lances pas, tu m’le donnes ! Alors ramasse-le !
- Non. Toi, ramasse-le.
- Non, toi. J’suis pas ta bonne.
- Maîtreeeeesse y veut pas ramaaaassseeeeeeeer ! Pour la peine, je vais tuer ton pote, na !
- Bon, ok, je ramasse. Tiens, je le mets dans ta main."

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Voilà voilà : les mecs sont à deux doigts de s’entretuer parce que l’un des méchants a décidé, sans raison aucune, qu’il était trop fatigué pour se baisser et voulait juste potentiellement faire dégénérer la situation. Ah oui, d’accord. Accessoirement, Barney, lui, ne demande à aucun moment, même après avoir donné la boite aux brigands, qu’ils relâchent leur otage, ce qui serait pourtant logique pour 99% de la population mondiale ayant compris le concept "d’otage". Mais lui, non. Vilain, lui, fait venir un hélicoptère pour s’en aller, et voyant que visiblement, Billy n’a pas l’air d’intéresser grand monde, avant de monter dans celui-ci avec ses hommes… le tue.

Allez, vous êtes surpris, hein ?

Hoooo ! S’écrient les gentils, fonçant sur Billy dès que possible alors que l’hélicoptère de Vilain s’élève au-dessus d’eux. Hélas pour le pauvre jeune homme, sa mort est proche – ce qui n’était pas du tout prévisible, rappelons-le : il n’a que quelques secondes pour pleurer et donner à Barney l’ultime lettre qu’il voulait envoyer à sa fiancée. Puis, cela fait, il meurt comme un caca. A un mois de la retraite, donc, pour bien rappeler le niveau de poncifs dans lequel nous évoluons.

Nos héros, attristés par cette perte, décident donc d’enterrer le jeune homme sur place sous un vieux tas de cailloux, tant le ramener au pays serait trop d’honneur pour ce petit merdeux, probablement. Puis, en guise d’éloge funèbre, Barney lit devant toute l’équipe l’ultime lettre que le garçon avait écrite à sa fiancée, ce qui est décidément bien le signe qu’il est aussi à deux doigts de pisser sur sa tombe en cailloux vu le respect qu’il semble montrer à son égard. Mais là encore, personne ne le fait remarquer dans le film : au contraire, tout le monde semble trouver tout cela très émouvant.

Attention : afin d’éviter que vos neurones ne se meurent complètement, entraînons-les un peu en retenant bien cette photographie, elle resservira à la fin du film

Mais allez ! Billy ne doit pas être mort pour rien ! Alors Maggie, qu’y a t-il dans cette foutue boîte pour laquelle il est parti rejoindre Kiki le chien au paradis des animaux débilets (car oui, c’est là que vont les Expendables morts, au même titre que les lamantins ou les fans de Sucker Punch) ? Et bien la bougresse passe très vite à table : la boite contient des plans… ceux d’une mine russe contenant 5 tonnes de plutonium datant de la guerre froide ! Il ne faut surtout pas que ces ressources tombent entre de mauvaises mains, sinon, cela pourrait servir à… je ne sais pas, fabriquer une cabane en plutonium par exemple ! Soit, dit Barney : alors on va y aller, arrêter ce trafic de plutonium, et tabasser Vilain le vilain, ah mais ! Tous dans l’avion !

Suivant le signal du boitier (car oui, il en émet un), nos joyeux amis volent donc jusqu’en Russie et, au bout d’un moment, perdent le signal : "Parce qu’ils sont sous terre !", hurle Maggie. Oui : ou alors parce qu’ils ont fini par se demander s’ils ne devraient pas désactiver le mouchard du bidule, va savoir. Mais comme c’est l’une des gentilles qui le dit : elle a forcément raison, c’est bien ça : ils sont sous terre.

Et en effet, Vilain vient d’arriver dans la fameuse mine, où des centaines de gardes attendent, surveillant quelques dizaines seulement de mineurs (on dirait un documentaire sur l’Afrique du Sud, c’est sympa, tiens). Ces derniers, qui curieusement, creusent à la main (les pioches, c’est trop cher), meurent littéralement d’épuisement dans leur labeur, ou se font abattre par les hommes de Vilain lorsqu’ils se plaignent. Visiblement, Vilain savait déjà que cette mine contenait du plutonium, mais ne savait où creuser : maintenant qu’il a les plans… il demande à ce que les travaux accélèrent ! Et pour ce faire, ordonne que l’on trouve des ouvriers supplémentaires. Tous les hommes des villages du coin ayant déjà été recrutés, il ordonne à ce que l’on ramène immédiatement en sus les femmes et les enfants, histoire que tout le monde y mette un peu du sien, sacrebleu. Soit : il en sera ainsi, lui disent ses hommes.

Mais au même moment, ailleurs dans le pays, les Expendables posent leur avion dans les collines du coin, ce qui visiblement, est très facile, quand bien même leur appareil volant est plutôt massif : probablement qu’un sentier de chèvres et un terrier de lapin suffisent à la procédure, je dois être un peu ignare. Toujours est-il que débarquant dans une ferme idéalement abandonnée, et comprenant par un incroyable hasard des véhicules militaires pourrissant n’ayant besoin que de deux coups de clé à molette et d’un coup d’éponge pour retrouver leur forme d’antan (ce doit être l’équivalent des footballeurs chez les voitures), les Expendables décident d’aller jeter un oeil dans un village du coin pour en savoir plus sur la région et pourquoi pas trouver la base de Vilain.

Ni une, ni deux, la petite troupe se rend donc en début de soirée en camion jusqu’à un petit bled où un autre véhicule militaire garé devant une auberge attire leur attention : tiens, et si c’était un véhicule du gang de trafiquants de plutonium de Vilain ? Allons donc jeter un oeil à l’intérieur de l’endroit !

En même temps, un accessoiriste un peu zélé ayant fait installer au-dessus de l’auberge un panneau avec le bouc satanique servant de symbole aux hommes de Vilain, il n’y avait pas vraiment besoin du camion pour comprendre. Mais, curieusement, aucun des personnages ne semble remarquer ce détail.

Enfin, dans tous les cas, nos héros rentrent donc dans l’endroit, et abordés de manière un peu virile par les brigands du coin jusqu’alors occupés à se saouler et à profiter du charme de filles de petit vertu, ils sont obligés de se battre et d’étaler tout le monde au sol à grands coups de high-kick, low-kick et autres Hadoken. Il n’y a donc plus, à présent, qu’à faire parler les filous pour obtenir d’eux qu’ils indiquent l’endroit d’où ils venaient : aucun problème puisque Maggie dispose sur elle de matériel de torture avec force scalpels, ce qui fait rien rire notre équipe parce que la torture, c’est rigolo (alors que parler de la mort de Kiki, le chien de Billy, ça c’était dur). D’accord. Et ce sont les gentils moralistes, donc. Ce doit être mes Expendables Goggles qui ont dû merdouiller, je pense.

Une fois informés de l’endroit où se situe la mine de Vilain, les Expendables décident déjà, sans aucune raison, de se rendre dans une base militaire désaffectée voisine pour y passer la nuit. Ah ? Mais… et la ferme où vous aviez atterri ? Non ? Bon, okay, okay, j’imagine que vous avez vos raisons, genre faire du tourisme… enfin : dans tous les cas, Barney et ses hommes arrivent donc dans un endroit bien étrange, puisque non seulement, il y fait à nouveau jour (je vous assure, le nombre de film où l’on retrouve ce problème pourtant assez grossier, c’est un peu lassant pour faire un euphémisme), mais surtout, s’y trouve un gigantesque décor de New York, avec plusieurs rues et bâtiments fidèlement reproduits : comment ? Et bien c’est simple, explique Maggie : à l’époque de la guerre froide, ces bases servaient à entraîner les soldats à envahir l’Amérique. On y reproduisait donc des blocs de villes des Etats-Unis pour rendre l’exercice plus réaliste.

C’est très intéressant, dit Barney, mais pour moi, c’est l’heure de mettre mon petit pyjama, donc ta bouche s’il te plait : dormons ici.

Et en effet, après avoir trouvé une reproduction de restaurant italien, nos larrons s’y installent, et après une soirée passée à faire profiter Maggie de l’humour Expendables (elle manque de peu de mourir d’asphyxie au quatrième concours de pets), tout le monde s’endort donc paisiblement…. ou presque.

Car Barney, lui, est resté éveillé à fumer un cigare en rêvassant, et voit bientôt Maggie venir vers lui pour lui faire un terrible numéro de drague, qui s’achève lorsqu’elle réalise que ce vieux paternaliste de Babar la traite comme une petite fille dont il ne voudrait pas s’occuper. Pourquoi donc ? Parce que le bougre dit qu’il a perdu tellement de gens qu’il aimait… il ne veut plus perdre de proche. Alors c’est un solitaire, un rebelle, un homme qui observe la mort s’approcher droit dans les yeux et qui…

A noter que dans leur reproduction fidèle de New York, les russes n’ont pas oublié… les lampes à pétrole. D’accord.

Oui mais alors, en fait, on s’en fout. Allons directement au lendemain matin, voir s’il se passe quelque chose de plus intéressant dans ce film tout pourri.

Et en effet : alors que le soleil peine à se lever, les Expendables qui prenaient le café sans monter la garde, en grands professionnels pourtant au fin fond du territoire ennemi (… franchement, ça demandait quoi de dire "Il y a une sentinelle" juste pour ne pas faire trop débile ?), voient débouler droit sur eux des centaines d’hommes : les forces de Vilain les ont retrouvés grâce à… heu… non, rien en fait. Ils ont juste fait pouf pouf on est là Vite, il faut sortir !

En sous-nombre, puisqu’à seulement 5 contre 790, nos malheureux Expendables n’arrivent seulement qu’à tuer 545 des assaillants avant de tomber à court de munitions (et sans avoir subi une seule perte, vous l’imaginez, puisque les balles vont à peu près partout sauf vers les gentils, je pense qu’elles sont repoussées par la seule vue de leurs faces botoxées). Par ailleurs, les méchants, eux, n’ont pas hésité à carrément ramener… un tank ! La situation est perdue, ils vont tous mourir comme de petites m…

Tacatacatac boum boum, font des balles venant de nulle part en tuant en quelques secondes l’ensemble des ennemis restant, avant que le char, lui, n’explose littéralement.

Comment ? Que s’est-il passé ? D’où venaient ces tirs salvateurs ?

La réponse parait bien vite lorsque, émergeant de la fumée des combats, une silhouette bien connue se révèle : c’est Chuck Norris ! Grâce à ses talents surhumains, il a tué à lui seul tout ce qui restait de l’ennemi, avant de faire sauter le char on ne sait comment puisqu’il n’avait qu’un fusil d’assaut, mais passons : le véhicule blindé a dû simplement mourir de peur au point d’imploser après avoir réalisé quel ennemi il venait de se faire.

Alors là, lecteur, vous vous dites "Ho bin ils vont sûrement expliquer ce qu’il faisait là, et comment il s’est retrouvé au bon endroit au bon moment pour sauver les héros !"

Et bien non. Et personne ne posera la question : Barney entame juste la conversation avec le bonhomme pour révéler qu’ils sont de vieux amis, et que Chuck est un mercenaire qui travaille désormais seul. Ah oui, d’accord, mais, comment t’es tu retrouvé là, dans ce coin perdu, au bon moment, sur une base déserte où nos héros n’avaient d’ailleurs aucune raison d’aller ?

Bin on sait pas. Et on s’en tape. Hmmm, d’accord.

Bref : Barney propose à Chuck de le rejoindre dans le combat contre Vilain, mais le bougre de surhomme lui répond que non, il est un solitaire. Il n’aidera pas les Expendables, mais peut par contre leur dire où trouver de l’aide : au petit village non loin de Saint-Joigny-sur-Plutonium, où il y aurait des gens détestant autant la troupe de Vilain qu’eux. Fort bien, dit Barney avant de souhaiter bonne chance à son vieil ami qui s’éloigne. Maggie, rentre le nom du bled dans le GPS au lieu de pleurer sur l’intrigue, on y va.

Voilà, c’est Chuck Norris, donc pas la peine de s’embêter à justifier sa présence, pas vrai ? C’est un peu comme les zombies : tant qu’on le file aux geeks, ils sont contents.

Quelques heures plus tard, donc, nos héros débarquent donc en camion dans un village désert de prime abord, du moins jusqu’à ce que surgissent des maisons des femmes armées de fusil, tirant fort mal (ce qui fait rire les Expendables parce qu’elles ne parvienne pas à les toucher puisqu’elles visent mal en bonnes femmes qu’elles sont, mais sérieusement, vous me rappelez qui a réussi à bien viser depuis le début du film à part vous, même face à des soldats professionnels ?), mais s’avèrent toutes crypto-anglophones (elles parlent façon "Popov moumouchki toi suivre moi dans église niut kokov"), et réalisant qu’elles n’ont pas affaire à des hommes de Vilain, acceptent de recevoir les Américains pour leur expliquer leur situation :

Au début Vilain est venu au village expliquer qu’il cherchait des mineurs, et que ce serait bien payé ; sauf que finalement, il s’est avéré que la chose relevait plus de l’esclavage qu’autre chose. Il est donc revenu pour emporter cette fois-ci tous les hommes des villages du coin et les mettre au travail, et voilà que maintenant, il a ordonné d’emmener toutes les femmes et tous les enfants. Mais par un curieux trou dans le script, finalement, ils n’ont jamais emmené les femmes puisque la preuve : elles sont là à leur expliquer. Comme quoi, bon, les hommes de Vilain doivent s’être syndiqués et avoir entamé une grève.

Les femmes de Saint-Joigny-sur-Plutonium implorent donc nos héros : pitié, défendez-nous contre les vilains qui vont revenir pour prendre nos enfants ! Barney leur répond hélas que bah, non, il s’en moque de toute cette histoire : il compte bien arrêter Vilain, mais il a autre chose à faire que de protéger les populations locales, nom d’une pipe. Les supplications des donzelles ne permettent pas de faire chavirer le coeur de pierre du chef du commando, et malgré le fait qu’elles insistent lourdement, ce n’est que lorsque Barney réalise qu’en les sauvant, il pourrait peut-être passer pour le héros local et organiser une petite orgie avec ces dames que les pastèques au fond de son slip lui murmurent "Baaaarneyyyyy… sauuuuuuuve les meuuuuufs… fais-le pour nouuuuuuuuuuuuuus…" ; et comme ses big balls sont le vrai centre de décision de son être, il finit donc par accepter.

Autant vous le dire, quand dans les heures qui suivent un camion d’hommes de Vilain débarque au village pour emmener les enfants (je vous l’ai dit qu’il y avait un trou dans le script : ils ont oublié les ordres concernant les femmes, j’insiste. Tiens, sinon Vilain : si tu étais si pressé de creuser, vu ton armée de mercenaires, je suis sûr que tu aurais pu en mettre quelques-uns au boulot, ou alors payer des renforts de main d’oeuvre, va savoir), ils n’ont pas le temps de réaliser ce qu’il se passe qu’ils se font transformer en pulpe sanglante par nos vaillants héros. Pas d’bol.

Cela fait, les femmes du village agitent leurs petits mouchoirs pour remercier les sauveurs de leurs enfants, alors que ceux-ci décident d’enfin passer à la suite : aller tabasser le pauvre Vilain dans sa mine (il y a plusieurs sens à cette phrase, tous sont valables). Après avoir opéré une mission de reconnaissance, et constatant que l’endroit est bien gardé (enfin pas plus que tout ce que nos héros ont massacré avant), Barney a une idée pour entrer simplement dans l’endroit :

S’écraser dedans avec son avion.

Je…

Ho, misère. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Qui a bien pu écrire ça ? Sérieusement ? Et bien visiblement, oui, puisque nos héros mettent leur plan à exécution : arrivant avec leur zinc (au passage, je critique rarement les effets spéciaux, mais là, franchement, l’incrustation dans l’image est tout simplement affreuse et digne d’un téléfilm M6), ils mitraillent donc tous les gardes à l’entrée de la mine, puis font rentrer l’appareil dans celle-ci, brisant ses deux ailes sur l’entrée du passage souterrain.

Incroyable coup de bol : la mine est en ligne droite parfaite, assez large pour un gros hydravion, et n’a que peu de relief au sol ; du coup, la petite troupe débarque sans même une égratignure au coeur de l’endroit, massacrant allègrement les gardes restants avant de libérer les mineurs opprimés sous leurs applaudissements. Ne reste plus qu’à trouver Vilain pour lui péter sa gueule, puisque bon, hein, ça va, on est pas venu pour rigoler !

Oui. Sauf que ce dernier a eu le temps de fuir l’endroit, avec cinq camions contenant chacun une tonne de plutonium chacun ! Et en partant, il a eu la bonne idée de bourrer l’entrée de la mine d’explosifs, bouchant ainsi celle-ci derrière lui et empêchant ainsi nos vaillants héros de partir à sa poursuite ! Ah, le fourbe ! Il les condamne à rester sous terre, tels des taupes psychotiques !

Toi aussi, retrouve le nom et l’intérêt de ce personnage dans le film. Attention, ce n’est pas facile !

Tout le monde reste donc bloqué à grommeler dans l’endroit, jusqu’à ce que soudain, un grand bruit se fasse entendre et qu’une machine de forage ne pénètre la couche de gravats à l’entrée de la mine : c’est… Trench ! Encore une fois, ne me demandez pas pourquoi il est tout seul alors qu’il est censé commander à une troupe de mercenaires, mais voilà : aidé de Brice Woullous, qui lui a indiqué l’endroit, il est venu libérer nos héros afin de rembourser la dette qu’il avait contractée au début du film auprès de Barney Ross et de ses hommes. Il permet donc à tout ce petit monde de regagner la liberté, et emmène les Expendables jusqu’à Woullous, descendu lui-même sur le terrain pour tenter de récupérer le plutonium volé par Vilain. Tous ensemble, donc, ils sautent donc dans un hélicoptère de la CIA pour devancer le convoi de camions de Vilain qui se rend à l’aéroport du coin. Sitôt cela fait, l’appareil se pose et toute la troupe en sort, arme à la main, prête à arroser les camions des méchants.

Et là encore, mystère : Vilain, qui les voit sur la route, ne bouge pas d’un poil. Du genre "Ah, tiens, des gens qui braquent mes fragiles camions avec des armes de guerre, tiens, si j’allais droit vers eux sans même essayer de forcer le barrage ? Peut-être veulent ils juste me faire des bisous ?" ; et ce n’est que lorsque soudain, les gentils ouvrent le feu qu’il commence à penser à, je ne sais pas moi, sortir de la route principale pour les éviter en jurant "Crotte de bique, ils me veulent du mal !". Cela fait, et parce qu’il est pressé, il défonce donc avec son convoi les verrières de l’aéroport et descend avec quelques-uns de ses hommes (qui se transformeront en une bonne centaine dans le plan suivant) dans l’aéroport pour freiner les gentils qui lui en veulent, pendant que le plutonium, lui, part pour être chargé dans un hangar un peu plus loin où un avion attend spécialement cette cargaison peu banale.

C’est donc là la grande scène d’action du film : Woullous, Trench et Barney Ross débarquent ensemble face à la troupe de Vilain, et commencent à dézinguer sévère tout ce qui passe, bientôt rejoints par l’ami Chuck Norris qui, là encore, a dû deviner qu’on avait besoin de lui à l’aéroport. Les hommes de Vilain ne font pas un pli, se contentant de tomber face aux balles des trois hommes ignorant la notion de "se mettre à couvert", certains figurants ayant le bon goût encore une fois de mourir plusieurs fois, comme dans les films à petit budget. Woullous et Trench finissent d’ailleurs, pour plus de spectacle, par monter dans une Smart qui passait par là pour rouler dans tout l’aéroport en massacrant allègrement les présents : bref, on rigole bien.

Ou on regarde sa montre, ça dépend, puisqu’au bout d’un moment, les scènes où les gentils avancent juste en ligne droite mâtinées de plans sur des gens qui dansent la tektonik en se prenant des cacahuètes, ça n’est pas très intéressant, même pour un film d’action.

Vilain, lui, a fini par déguerpir avec sa garde rapprochée pour aller en direction du hangar où se charge le plutonium, alors que son bras droit, lui, s’en va vers un autre pour prendre un hélicoptère (je n’ai pas non plus bien saisi pourquoi, mais après réflexion : en fait, il n’a aucune raison de le faire). A noter que malgré l’ordre de Vilain de lancer les moteurs de l’avion pour partir immédiatement, dans la scène suivante, celui-ci n’a pas bougé d’un iota, ses hommes continuant de courir partout sans faire quoi que ce soit de constructif. Cela permet donc d’un côté à Lee Christmas d’aller tabasser le bras droit de Vilain, finissant par le décapiter à l’aide du rotor de son hélicoptère (que le mec avait démarré alors qu’il se trouvait encore dans le hangar, peut-être voulait-il juste aller assez haut pour changer une ampoule au plafond), quand Barney, lui, va plutôt à la poursuite de Vilain et massacre aisément tous ses hommes près de l’avion. Il peut donc le poursuivre jusqu’à un coin désert du fameux hangar (étonnant, non, le duel final dans le coin désert ? Je vous sens surpris), où les deux hommes se battent avec joie, allégresse, et remarques couillues.

La grande scène du film : pour le savoir, il suffit de cumuler le cachet de ces trois acteurs, et vous devriez obtenir le PIB du Rwanda.

Par contre, autant Van Damme semble encore capable de faire des acrobaties, autant on sent que Stallone fatigue : du coup, le spectateur attentif pourra remarquer que lors des gros plans chaotiques entre les deux hommes, on aperçoit un troisième type qui se bat. Tiens ? Mais qui est-ce, vous direz-vous ? Un autre personnage venu aider Barney ? Et bien non : c’est la doublure de Stallone. Sauf que non seulement elle ne ressemble pas, mais en plus, quelqu’un a oublié de lui coller la moustache hideuse de Barney Ross, du coup, on a aucune chance de confondre. C’est intéressant.

Faire un film d’action à gros budget et rater les scènes d’action, c’est un concept.

Bref : au terme d’un duel un peu longuet, entrecoupé de dialogues plus ou moins idiots sur "Qui est le loup, qui est le mouton ?" ou "Il s’appelait comment, déjà, ce petit jeune de ton équipe que j’ai tué, hein Barney ? Hohohoho, je suis trop vilain, car je suis Vilain le vilain !", Barney finit par tataner le vil méchant, l’empalant sur la lame dont il s’était lui-même servi pour tuer Billy. Et ce faisant, il lui murmure, justement, le nom de ce dernier pour bien lui dire qui il était venu venger. Vilain s’effondre donc au sol, mort. Et pour faire bonne mesure, hop, Barney lui découpe la tête histoire de pouvoir ramener une preuve à Brice Woullous que sa mission est accomplie (une photo où indiquer la position du corps ne suffisait pas. Probablement que Barney a toujours sa scie sur lui).

Lorsqu’il revient inspecter ce qu’il en est du reste de l’aéroport, Babar constate que la bataille est terminée : tous les méchants sont morts, et aucun gentil n’a ne serait-ce qu’une égratignure. Trench et Woullous sont occupés à bien rire tous les deux de cette belle aventure à base de grosses cartouches dans la gueule, alors que Chuck Norris les rejoint en annonçant qu’il en a assez d’être un mercenaire solitaire, qu’il veut rentrer au pays et travailler à nouveau en équipe. Maggie, elle, hésite un peu : elle aimerait tant rester avec Barney mais… la CIA l’appelle. Elle espère juste que tous deux pourront bientôt se revoir, et bouleversée par cette séparation, elle monte dans l’hélicoptère qui l’emmène loin d’ici, alors que Barney reste au sol à la saluer, la remerciant d’avoir assuré le quota asiatique après le départ de Yin Yang au début de cette belle aventure.

Pendant ce temps là, en France, une certaine Sophie trouve une boîte à chaussures devant sa porte : un peu étonnée, elle ne découvre nenni d’étron dedans comme le voudrait la tradition, mais des milliers et des milliers de dollars accompagnés de la dernière lettre de Billy the Kid, et avec celle-ci, une ultime photo de lui au milieu des bois, fusil à la main et regard vers le lointain, dans la tenue qu’il portait le jour de sa mort… soit celle que je vous ai demandé de retenir durant ce spoil ! Souvenez-vous ! Retournez-voir, vous y verrez même un bout de train d’atterrissage de l’avion chinois écrasé.

Ce qui signifie donc qu’un Expendables pervers s’amusait à faire des photos façon blogueuse en pleine mission en Albanie, et qu’il y en avait même un assez con pour prendre la pose en terrain hostile. Ne manque plus qu’un coup d’Instagam.

Et de l’autre côté du monde, à bord d’un vieil avion russe récupéré sur l’aéroport où Vilain a trouvé la mort, les Expendables chantent et trinquent à la victoire et à la mémoire de leur ami : encore une fois, les big balls ont triomphé sur les méchants. Et comme le veut la tradition, tout se termine dans une blague beauf qui déclenche l’hilarité générale, et alors que chacun profite de l’ambiance magique de cette troupe victorieuse, l’avion des Expendables dont s’échappe déjà les effluves d’un nouveau concours de pets s’éloigne vers l’horizon et…

FIN

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Apportant brandy et verre sur un plateau, Diego s’étonna de trouver son employeur enfoncé dans le fauteuil de son bureau, les Expendables Goggles encore vissées sur lui. Hésitant à faire un commentaire, le serviteur se contenta d’aller décharger ce qu’il transportait sur le guéridon voisin de son employeur, et tenta de voir ce qu’il pouvait bien tenter de faire. Curieusement, il était visiblement en train de regarder la télévision, activité inhabituelle chez lui.

"Monsieur a trouvé une rediffusion du premier volet des Expendables ?"

"Hmmm ?" interrogé-je en soulevant le casque couvrant l’une de mes oreilles afin de mieux entendre ce que venait de me dire le brave garçon.

"Je disais, vous regardez les Expendables, que vous portez les lunettes du film ?

- Ah, ça ? Nenni mécréant ! J’ai surtout trouvé une nouvelle utilité à ce formidable appareil. Figure-toi qu’il y a une autre personne sur laquelle les fonctionnalités de ces lunettes s’appliquent à merveille."

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Diego fronça les sourcils, tentant de comprendre de quoi il retournait, puis observa avec attention le téléviseur : sur celui-ci, une chaîne d’information était sélectionnée, et devant un micro tendu, une femme semblait expliquer doctement des concepts qui paraissaient tout simplement absurdes à l’humble serviteur.

Tout en bas de l’écran, un petit bandeau indiquait "Nadine Morano"

"Ho." lâcha Diego tant en signe de compréhension que d’approbation : son maître, lui, avait bien repositionné le casque audio des lunettes sur les oreilles, et semblait savourer le fait que l’appareil fonctionne à merveille en pareille circonstance.

Silencieusement, le brave employé salua la sagacité de son supérieur.

La nuit était encore jeune.

Par la fenêtre aux volets grands ouverts, les nuages gris et bas avaient achevé de dissimuler les étoiles, formant une immense couche molle qui tout en cachant la voute céleste, reflétait les lumières orangées de la ville. Un léger courant d’air sortait du radiateur, faisant trembler les figurines d’origami qui encombraient les étagères du petit studio étudiant. Ça et là, d’anciennes affiches de concerts depuis longtemps terminés couvraient les murs aux couleurs dégradées, et parfois, sous le pli d’un recoin de corné, on pouvait voir paraître un trou dissimulé à la va-vite par ce camouflage de papier glacé.

La tête profondément enfoncée dans l’oreiller, Charlène détourna les yeux de ce curieux ciel orangé pour observer l’affiche qui lui faisait face ; sur celle-ci, le héros d’un quelconque film semblait l’observer de ses petits yeux ronds depuis l’abri d’une imposante capuche ; se tournant sur sa gauche, elle sentit le corps de son compagnon se gonflant à chaque inspiration ; le simple fait de voir par la fenêtre le ciel hivernal lui avait donné froid : aussi vite qu’elle le put, elle se glissa jusqu’à lui et se colla à sa peau dont émanait une douce chaleur. Elle eut un petit rire en s’accolant à ce curieux chauffage, et murmura à l’oreille de celui qu’elle soupçonnait de ne pas dormir.

"Cette nuit était… extraordinaire.
- Hmm ? Je sais.
- Je voulais te dire que… je… je t’aime.
- Hmmm…
- Cela fait quatre ans que nous sommes ensemble, et tu vois, ce soir, j’ai l’impression que tu as encore trouvé quelque chose de nouveau à me révéler… une facette de ta personnalité. Une part de toi qui m’était inconnue. C’est peut-être parce que je suis un peu pompette, mais, hihihi !
- Hmm hmm.
- Je… vraiment… je… je t’aime Loïc."

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Le dit Loïc poussa une profonde inspiration ; il se tourna, la regarda dans les yeux, et constata qu’elle disait la vérité : elle l’aimait. Malgré l’obscurité, elle nota un curieux rictus sur son visage ; il avait l’air de rire sans produire le moindre son. Elle suivit son regard en voyant que celui-ci se déplaçait, et constata qu’il se portait sur l’affiche qu’elle avait précédemment observée. On pouvait y lire :

"Mission Impossible – Protocole Fantôme"

Quel mystère recelait cette affiche ? Pourquoi Loïc semblait-il s’amuser ? Et si Charlène secouait les draps, là, maintenant, allait-elle comprendre le sens de l’expression "silent but deadly" ? Autant de questions auxquelles il convient de répondre ; spoilons mes bons !

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L'affiche : et pas d'idées, non plus, visiblement. Ou alors trop, mais uniquement des mauvaises

Notre histoire commence par une grise journée, quelque part du côté de la gare centrale de Budapest, au pays du paprika.

Sur le toit d’un bâtiment qui n’avait rien demandé, un bellâtre surgit, débouchant d’une cage d’escalier dans laquelle se trouve moult galopins à sa poursuite, visiblement soucieux de l’abattre (probablement pour d’excellentes raisons, comme par exemple sa coupe de cheveux) ; mais ce n’est pas un problème pour notre jeune fripon que nous appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition de ce blog (vous en déduisez donc naturellement que l’importance du Monsieur pour la suite sera limitée, et vous avez raison). Dans tous les sens, entre lui et ses poursuivants, ça tire, ça râle, mais comme il se doit dans ce genre de film, même lorsqu’il court en ligne droite deux mètres devant ses ennemis, ces derniers vident leurs chargeurs en le ratant comme de grosses tanches selon le règle dite de "James Bond" ainsi énoncée : "Un personnage anonyme n’a que peu de chance de toucher ou même érafler un personnage ayant un nom, et plus il y a de personnages sans nom au même endroit, moins ils ont de chance de réussir quoique ce soit". Cela étant dit, notre loulou finit par sauter du toit où il se trouvait pour filer en contrebas, s’aidant dans cette manœuvre d’un fameux gadget : une capsule qui une fois jetée au sol, se transforme en gigantesque matelas pour amortir sa chute. Je ne vous cache pas que je veux la même chose dans ma garçonnière, mais passons sur les raisons qui motivent chez moi cette soudaine et déraisonnable envie d’achats (probablement l’approche de Noël).

Après avoir semé les méchants qui voulaient le transformer en pulpe, Jean-Jacques se rend dans une petite ruelle où une blondinette l’attend ; mais à peine a t-il aperçu la donzelle que son téléphone fait "Bidibip !" pour lui annoncer qu’il a un SMS : il regarde donc son appareil et, ce faisant, détourne son attention de la damoiselle, ce qui est une grosse erreur tant l’on connait la fourberie naturelle de ces êtres. En effet, celle-ci sort promptement un pistolet et lui envoie trois balles dans le museau, ce qui est tout de même moyennement sympa. Cela fait, elle vient le prendre dans ses bras alors qu’il choit, pour lui faire un câlin tout en lui mettant quatre autres pruneaux dans le bidou. Oui, cette action n’a aucun intérêt pour elle, à part celui de frotter tout son ADN contre sa victime et de prendre le risque de voir le mourant tenter une dernière action, genre plantage de couteau, mais on va dire qu’elle fait ça parce qu’elle est secrètement excitée par les gens qui agonisent longuement (Valérie Giscard d’Estaing doit être une sorte de grand fantasme pour elle ; agoniser depuis 1981 tout en jouant de l’accordéon, c’est quand même balaise).

Une fois cela fait, la damoiselle se relève, récupère sur sa victime une sacoche, et s’en va du bon pas de celle qui vient de faire du bon travail (ou qui a des soldes à faire, c’est selon). A côté du mort, on aperçoit alors son téléphone avec le dernier message qu’il venait de recevoir : un MMS (si, si) avec une photo de la blondinette marquée en gros "ASSASSIN" ; visiblement, le message est arrivé trop tard. Et, oui, la nana, bien que n’ayant pas pu ignorer l’appareil avec sa photo en gros, a décidé de le laisser sur place, histoire que tout le monde puisse se lancer à sa poursuite.

Ça commence fort.

Mais ne nous attardons pas sur cette jeune fille aux moeurs douteuses et au professionnalisme consternant, et allons plutôt du côté de Moscou, quelques temps plus tard. Par une belle nuit, nous voici au coeur d’une prison de la capitale russe, où l’on peut entrapercevoir dans une chambrée endormie un prisonnier tuant l’ennui en faisant ricocher un gros caillou contre un mur ; le genre de bruit un peu lourd qui risque de réveille tous ses camarades avec un furieuse envie de lui bourrer la gueule (enfin, uniquement dans le meilleur des cas), mais je dis ça, c’est pour éviter une fin de nuitée douloureuse à ce gourgandin des plus naïfs. Bref ; pendant ce temps, à l’extérieur, deux agents du groupe Mission Impossible, travaillant pour la CIA, sont à pied d’oeuvre : il s’agit d’un côté de Benji Dunn, informaticien surdoué qui depuis une camionnette, vient de pirater toute la sécurité de la prison, et de l’autre de Jane Carter, donzelle relativement poumonnée qui attend patiemment dans les souterrains de l’endroit le moment où elle devra récupérer le prisonnier qu’ils sont venus chercher.

Dès que tout le monde est en position, Benji commence à ouvrir des portes de cellules un peu partout dans le pénitencier, et une émeute démarre bien vite ; finalement, le verrou de la chambrée du détenu amateur de ricochets minéraux s’ouvre, et nous découvrons dans la lumière le visage de celui-ci : il s’agit bien évidemment d’Ethan Hunt, le chef surdoué (J’en ai vu un pouffer ! Oui ! Je t’ai vu, au fond, galopiot ! Tu viendras me voir à la fin de l’article !) du groupe Mission Impossible ! Et comme toujours, il fait n’importe quoi (une spécialité chez lui), en commençant par refuser de s’évader malgré le plan établi (peut-être aime t-il le confort douillet des prisons d’ex-URSS). Car oui, il a mieux à faire : faisant signe à Benji via les caméras de l’endroit, il lui ordonne d’ouvrir des portes pour se frayer un chemin dans l’émeute jusqu’à une cellule où il a un pote à récupérer, un Russe bedonnant prénommé Bogdan. Sûrement son petit gros porte bonheur (le mien est ministre du travail).

Passons sur les détails consternants de cette épopée, mais malgré ce changement de plan comme ça, pouf pouf, juste pour rigoler, l’arrivée d’unités anti-émeutes (qui se font tataner malgré leur tenue par un Tom Cruise nain seulement équipé d’un marcel crasseux et d’un pantalon qui sent l’urine) et les hordes de prisonniers déchaînés se promenant de-ci de-là, Ethan et son pote Bogdan finissent arriver jusqu’au point d’extraction, une petite salle de la prison sous laquelle se trouve l’agent Carter embusquée dans son souterrain. En deux coups de gadgets magiques, elle a tôt fait de faire s’effondrer le sol de l’endroit, permettant aux deux filous de s’enfuir, allant rejoindre la camionnette de l’ami Benji avant de prendre le grand large.

Dans ce film aussi on met les femmes dans des caves : il marque des points auprès de moi

Et là, générique. Spectateur, sache que c’est probablement le générique le plus idiot du monde, puisqu’on y voit – sur fond du célèbre thème de Mission Impossible –  des gros plans sur les scènes à venir du film. Comme ça, vous savez déjà ce qu’il va se passer lors de scènes "phares" ; je regarde ma montre : 10mn, et j’ai déjà la fin du film. Bravo.

Allez, assez bavé : revenons à nos moutons. Dans la camionnette, tout le monde est trop content de cette évasion réussie, mais s’étonne quand même "Dis-donc Hunt, c’est moi ou tu as failli foutre tout le plan en l’air juste parce que tu as eu envie sur le coup de sortir un pote, comme ça, pouf, sur un coup de tête et sans prévenir personne ?" ; Ethan n’hésite donc pas à répondre "Nan c’est pas toi, c’est juste que je suis un gros con". Ou alors, ça je l’ai peut-être fantasmé, je ne suis plus sûr. Ah, c’est pas évident.

Bogdan, de son côté, ne se plaint pas : on l’a sorti alors qu’il ne demandait rien à personne, et en plus il est entouré d’agents secrets américains visiblement complètement trépanés puisqu’ils s’appellent par leurs vrais noms et sont à visage découvert ; il s’étonne juste de découvrir qu’Ethan s’appelle Ethan et est natif du pays du hamburger et de JJ Abrams, alors que lui pensait qu’il s’appelait Sergeï et était natif du pays de T.A.T.U et de Vladimir Poutine (car oui, Ethan parle tellement bien le russe qu’il n’a aucun accent, et maîtrise parfaitement le jargon des prisons moscovites au point que personne ne s’est jamais douté qu’il pourrait être vaguement étranger, quel homme). Oui, la Russie a des spécialités curieuses. Qu’importe : Bogdan est gentiment confié à une autre équipe pour pouvoir fuir les autorités du coin, et le trio Hunt – Carter – Dunn poursuit sa route paisiblement, continuant de discuter de sujets divers & variés. A commencer par la raison de cette évasion : Ethan, qui semble t-il était en prison pour avoir un peu merdé lors d’une précédente aventure, se demande bien pourquoi on est venu le sortir de là, et la réponse tombe bien vite : la CIA a un gros souci. Pour mieux saisir la chose, Carter explique donc plus en détails ce qu’il s’est passé à Budapest quelques temps plus tôt lors de la scène d’ouverture du film. Suivez bien.

A Budapest, Benji, Carter et Jean-Jacques, le simili-remplacement de Ethan quand celui-ci est occupé dans des douches de prisons moscovites, devaient intercepter un "courrier" transportant des documents sensibles en gare de la capitale hongroise (Ethan pense que l’on parle de la recette de la pálinka de prunes, activement recherchée par la CIA comme arme de destruction massive, suite au célèbre attentat dit de "L’implosion des latrines du Pentagone"  de 1997) . Pour ce faire, Jean-Jacques portait d’ailleurs une superbe lentille de contact contenant un micro-ordinateur, lui permettant de trouver dans une foule la cible transportant les documents uniquement à partir d’une vieille photo de permis de conduire : pratique. Sitôt que sur sa rétine est apparue en surimpression un petit cadre rouge autour d’un Monsieur avec marqué "Vas-y Jean-Jacques, choppe-le, c’est lui le rabouin !" (les lentilles de contact ne sont pas connues pour leur éducation, c’est consternant), le bougre d’agent s’est lancé à sa poursuite, lui a envoyé un peu de sédatif et lui a tiré son sac comme un vulgaire voleur de poules. C’est alors qu’il a constaté qu’il n’était pas seul sur le coup : d’autres agents impossibles à identifier se sont lancés à sa poursuite, tentant de l’abattre parce que merde, il ne serait pas dit que quelqu’un volerait au coeur de la Hongrie la recette de la pálinka de prunes.

La suite, vous la connaissez : Jean-Jacques parvient à fuir, se rend dans une ruelle et là, il rencontre son destin. Enfin pour être exact : il aperçoit la blonde arrivant en face de lui, et sa lentille l’identifie, lui envoyant ainsi un message sur son téléphone pour le prévenir.

Question : pourquoi 10mn avant, dans la gare, la lentille donnait toutes les informations directement sur la rétine, et là se sent-elle obligée d’envoyer des SMS sur le portable de l’agent du genre "Attention, lol ;)", histoire de bien détourner son attention ? Et puis quand bien même : c’est quoi ce concept ? J’imagine le pauvre mec qui fait une planque avec ce genre de matériel et qui du coup, dès qu’il voit passer un agent ennemi, se retrouve à faire BIDIBIDIBIIIIIIIIP pour bien se faire repérer. Bref.

Donc, disais-je avant de m’interrompre, Jean-Jacques se fait abattre comme le gros nase qu’il est, mais là, attention, passage obligé : à peine son assassin a t-il disparu au coin de la ruelle, emportant la précieuse sacoche à documents, que Benji et Jane débarquent en courant, PILE à la seconde où la nana a tourné au bout de la rue, PILE en venant des seules directions où ils ne pouvaient pas la croiser, et EVIDEMMENT sans même regarder alentour s’il n’y aurait pas la nana affichée en gros sur le téléphone portable du mort pas loin (car techniquement, il leur suffit de faire 3 mètres et d’avancer au coin du passage pour la voir, surtout qu’elle s’enfuit en marchant, formidable). Quant à Jean-Jacques, il n’est pas mort-mort, il est juste mort-mourant : Jane a le temps de le prendre dans ses bras, simplement pour le voir pleurer et l’entendre dire "Jane, je t’aimeuuuuuaaaarghhhhh…".

Oui enfin, tu dis ça, mais en moins de deux minutes, tu t’es laissé choir dans les bras de deux damoiselles différentes, petit trainé.

En tout cas, ce moment est tellement caricatural qu’il déchire la trame de l’espace-temps et nous renvoie dans la camionnette de Mission Impossible dans le présent, où Jane jure qu’elle se vengera de cette radasse blonde d’assassin, dont elle a obtenu le nom : il s’agit de Sabine Moreau, vilaine française connue pour être l’un des meilleurs tueurs si ce n’est le meilleur au monde (ah bah putain, une professionnelle qui se frotte à ses victimes avant de laisser en évidence un téléphone avec sa photo en gros, si c’est la meilleure, ça fait rêver quant au niveau des autres ; ils font quoi, ils laissent un bon de passage La Poste "Je suis passé vous tuer aujourd’hui mais vous n’étiez pas là : merci de venir me retrouver à l’entrepôt désert demain soir pour obtenir une mort rapide. Je vous laisse mes coordonnées pour m’appeler si vous ne trouvez pas, c’est derrière le Quick." ).

Mesdames et messieurs : la plus grande tueuse du monde d'après le film. Ca fait très très peur.

Ethan s’interroge cependant : c’est si rude que ça pour les intestins, la pálinka ? Mais Jane le coupe : en fait, les documents dans la sacoche volée, loin de traiter d’alcool de prunes, étaient tout simplement… les codes de lancement nucléaires russes. Car oui, ils se promènent dans la nature, c’est assez courant, et sans que les Russes ne s’en inquiètent, parce que bon, hein, c’est pas comme si c’était important. C’est comme ça à Moscou "Hoooo Mikhaïl, tu as encore paumé le post-it avec les codes de lancements nucléaires, on va encore risquer une guerre, pffff, là on est vendredi soir, mais lundi matin faudra qu’on les cherche, hein".

L’équipe a cependant déjà des ordres quant à la suite : elle emmène donc Ethan à une cabine téléphonique d’une banlieue pourrie de Moscou, où en composant un certain numéro, surgit non pas la voix sensuelle d’une opératrice téléphonique visiblement soucieuse de raconter des cochoncetés, mais un gros écran avec une voix préenregistrée qui dicte la mission qui attend notre héros.

"Bonjour Ethan. Comme vous le savez, nous vous avons fait sortir de prison pour un but précis : nous avons une mission pour vous, si toutefois, vous l’acceptez (enfin ça serait un peu chafouin de pas la faire alors qu’on vous a sorti de taule, allez, faites pas votre pute). Vous devez vous rendre au Kremlin afin d’obtenir des informations dans les archives de celui-ci sur les potentiels méchants qui pourraient en vouloir aux codes ; pour ce faire, vous serez déguisé en général Kokov, le seul général nain de l’armée rouge, parce que merde, vous êtes Tom Cruise : même avec un masque, ce serait compliqué de vous faire passer pour Tony Parker. Par ailleurs, je vous informe que vous avez moins de 5 heures pour faire cette mission, et que votre équipe sera constituée des deux cons qui vous ont accompagné jusqu’ici. Voilà voilà… je crois que j’ai tout dit… Simone, je suis arrivé en bas de mon texte, comment on coupe l’enregistreur ? Ici ? Bon, heu, hem, ce message s’autodétruira dans 5 secondes, au fait.

P.S : Oui, je sais, vous allez dire "Putain, mais ça sert à quoi d’installer un truc hors de prix discrètement dans une cabine de banlieue moscovite en prenant moult risques, surtout pour qu’il ne serve qu’une fois et qu’on l’autodétruise, quand on aurait pu filer le briefing à vos deux compagnons qui de toute manière, vont faire la mission avec vous, ce qui nous aurait évité de perdre le temps de vous amener jusqu’à cette cabine, sachant qu’on a déjà peu de temps pour agir", mais je vous emmerde, Hunt, vous m’entendez ? Mon mépris est un obélisque dressé sur la plate-bande de votre irrévérence ; en un mot, je vous conchie. Rah, comment ça se coupe ce bidule, est-ce que c’est ce bouton l – CLIC - "

Car oui, à la CIA, quand on veut obtenir des informations du Kremlin, on envoie des mecs en infiltration : ce n’est pas comme s’il existait des fonctionnaires corruptibles en Russie, non mais ho. En tout cas, après avoir partagé les informations du briefing avec son équipe, Ethan et ses deux compagnons se préparent à passer à l’action ; aussi je vous propose de retrouver nos loulous quelques heures plus tard, au Kremlin, une fois que tout le monde est prêt.

Ethan et Benji, déguisés en officiers russes, entrent dans le célèbre bâtiment par la grande porte, où personne ne les passe aux rayons X ou même au détecteur de métaux malgré leurs énormes valises fort peu crédibles, et où un spécialiste de la sécurité qui les aborde ne remarque même pas leur curieux accent américain, une fois encore. Puisque oui : Benji aussi parle le russe comme un dieu, ses heures passées derrière un écran à programmer lui ayant sûrement appris à effacer toute trace de son accent. Passons ; l’équipe parvient à s’infiltrer jusque dans les sous-sols de la célèbre bâtisse, et atteint le couloir des archives, qui est hélas gardé par un malheureux soldat ; que faire ? L’endormir ? Le baratiner ? Se débarrasser d’un soldat isolé, c’est vraiment trop dur pour des mecs de Mission Impossible ; aussi nos héros ont tout prévu : ils ont un écran de toile déployable PILE de la taille du couloir visé (sachant qu’ils n’ont eu que quelques heures pour se préparer, c’est quand même bien foutu ; dire que chez Confo, des fois, faut trois semaines pour avoir la bonne vis, moi je dis respect), avec derrière celui-ci, un projecteur qui envoie sur l’écran une image du couloir vide, calculée en fonction de la perspective depuis laquelle regarde le garde pour qu’il ne s’aperçoive de rien et ait juste l’impression d’observer le couloir désert : de la haute technologie les enfants. Ainsi, nos héros peuvent avancer derrière l’écran en restant parfaitement invisibles (il leur suffit juste de faire avancer le dit écran en même temps), jusqu’à la porte du couloir menant aux archives. Et coup de bol (une fois encore, et ce n’est pas fini) figurez-vous que le digicode et l’ouverture de la porte blindée des archives du Kremlin ne font aucun bruit ! Pas un "Bip !" ou un "Clac !" ; non : dans le plus pur respect de la tradition des bibliothèques, ils ne produisent pas le moindre son. C’est beau.

Seulement voilà : alors qu’Ethan fouille les archives, il réalise que les documents qu’on l’a envoyé chercher sont… des casiers vides. Il n’y a rien là-dedans, que du vent ! Qu’est-ce que cela signifie ?

La réponse vient vite lorsque, sur leur fréquence radio, les agents de Mission Impossible entendent quelqu’un s’exclamer "Ok chef : maintenant qu’on s’est bien infiltrés, j’ai posé la bombe, allez, je fais tout sauter !" : tout cela est un piège, on les a attiré là-dedans pour les faire passer pour des terroristes ! Nos héros décident donc de fuir à toutes jambes, se dispersant dans le bâtiment avant de galoper vers l’extérieur ; ce faisant, Ethan croise un homme habillé en civil et transportant une énoooooorme sacoche qui marche paisiblement dans les couloirs, mais n’y prête guère attention, soucieux de filer promptement dans l’immédiat.

Oui, dans ce film, toutes les sacoches et objets de cuir du même genre sont des objets vaguement maléfiques. Comme le dirait Marine Le Pen "Encore un coup des Marocains".

Meuheuheuheu hohohohoho HINHINHINHINHIN... hem je... hmmm... je suis juste une sacoche d'accord ? Je ne viens pas du tout d'avoir un rire maléfique. Vous avez rêvé.

En tout cas, je vous passe les détails et les ruses de goupil qu’emploie l’ami Hunt, mais il finit par sortir du bâtiment, rejoignant la Place Rouge où il retourne son uniforme militaire pour faire apparaître en-dessous une tenue de paisible touriste… sauf que sitôt sur la place, il aperçoit à nouveau l’homme à l’énorme sacoche de tout à l’heure, et s’étonne que quelqu’un d’autre ait filé du bâtiment aussi vite que lui (surtout que toi tu courais, lui non, explique-moi comment il est sorti avant toi ?) ; il constate d’ailleurs que dans sa sacoche, il semblerait qu’il transporte quelque chose de louche, mais alors qu’il s’approche pour essayer de tirer tout cela au clair, quelque chose de peu banal arrive :

Le Kremlin explose.

Comme ça, broum, la moitié du bâtiment part en fumée, et une partie de la Place Rouge saute à son tour, empêchant le pauvre Ethan de rattraper sa cible : il est purement et simplement soufflé par l’explosion. Il se prend donc dans le nez un bon vieux fondu au noir alors qu’il sombre dans l’inconscience… (quel suspens insoutenable)

A son réveil, Ethan est dans un hôpital ; visiblement, il n’a pas eu de trop gros bobos mais… il est solidement menotté à son brancard. Que… comment ? Pourquoi ? La police l’a-t-elle trouvé ? Est-il au fond d’un donjon belge ? Ces interrogations ne durent guère pour notre homme, puisque rapidement lui apparaît un certain Anatoly Sidirov, agent du FSB, l’ex-KGB, qui a bien envie de lui poser quelques questions. En effet, on a retrouvé sur Hunt une veste réversible servant de déguisement d’officier russe, et en écoutant ce qu’avait enregistré le micro qu’il portait sur lui, ils ont entendu le fameux message pirate "Attention chef, je vais faire sauter la bombe !". Aussi, la conclusion est simple : Ethan est accusé d’avoir participé à un attentat ayant tué moult personnes et rasé une partie de la Place Rouge, Kremlin compris. Flûte, zut, cacaboudin comme on dit.

Mais attendez, hoooo, les Russes, là, vous vous croyez où ? Vous pensez sérieusement arrêter Tom Cruise avec une paire de menottes et un sermon sur le fait que faire sauter les gens, c’est mal ? Vous parlez à un scientologue, là, pas à un type régi par les lois de la raison, malheureux !

Aussi, ni une, ni deux, Ethan a tôt fait de se débarrasser de ces banales étreintes et s’enfuit de l’hôpital via moult acrobaties, avant de récupérer de quoi se fringuer sur divers trucs passant à portée (la vie est bien faite : tout ce dont il a besoin l’attend dans la rue et sans surveillance ; aaaah, Moscou !), et volant même un téléphone tel un racaillou malin afin de joindre son agence pour que l’on vienne le récupérer. Et le soir venu, ce qui est dit est fait : une imposante voiture vient le chercher à un coin de rue.

Sauf qu’à l’arrière de celle-ci, ce ne sont pas de simples agents qui sont là, mais le ministre de la justice américain lui-même, Bob Jevaimourir, accompagné de son analyste en chef, William Brandt. Ensemble, ils expliquent à Hunt que la situation sent méchamment le caca : les Russes n’aiment pas trop que des américains se déguisent et fassent sauter des bombes par chez eux ; roooh, quand même. Ils sont un peu soupe au lait, hein ! Ça va, c’est pas comme si on avait fait sauter Versailles ou le Futuroscope, hoooo. Tsss.

Conséquence de quoi, le Président a déclaré le "Protocole Fantôme" : l’agence Mission Impossible est dissoute, et l’ensemble de ses éléments est considéré comme ayant agi de leur propre chef. Ainsi, pour calmer les Russes, le ministre de la justice a reçu comme ordre de ramener Ethan au pays pour le juger pour terrorisme, et ainsi le punir d’avoir fait sauter le Kremlin.

Mais le ministre n’est pas comme ça : c’est un vrai, un tatoué, un baroudeur qui connait bien Ethan et croit en lui, qui a tellement donné pour son pays : il lui propose de le laisser quitter la voiture en faisant comme s’il s’était échappé, d’aller retrouver Benji et Jane, et de poursuivre le boulot de Mission Impossible pour retrouver qui est derrière toute cette sombre histoire de coup monté. D’ailleurs, à ce sujet, Ethan a bien une petite idée : il fait un dessin en 15s sur sa main pour représenter le visage du mec louche qui était sorti du Kremlin en même temps que lui, et le montre à Brandt, l’analyste qui évidemment, connait tout du CV d’un mec dessiné à la va-vite sur une main suante dans une voiture en mouvement par un type l’ayant entraperçu moins de 20s dans sa vie : il s’agit de Kurt Hendricks, un génie au QI de 190 (rien que ça), professeur de physique, ancien des forces spéciales et fanatique de la guerre nucléaire (chacun ses hobbies). Et attention, quelle est la logique du Monsieur et de son gros QI (puisque je doute que tout ça ait été écrit par un mec aussi intelligent) ?

"Hiroshima, Nagasaki… ces villes sont réapparues sur les cendres du feu nucléaire ; aujourd’hui, elles sont des symboles de paix"

Jusque là, d’accord.

"Donc, pour la paix dans le monde, il faut le feu nucléaire dans le monde".

Ok, donc on retrouve le principe de "guerre pour la paix" (Souvenez-vous, en 2003, c’était à l’ONU, maintenant c’est dans Mission Impossible : que de chemin parcouru !), et un concept intéressant, le : "Si on apprend de nos erreurs, alors refaisons-en une qu’on a déjà faite" : bravo, on applaudit ce formidable génie qui a probablement un QI de 190, mais uniquement si on le calcule en années chien, ou un truc du genre.

Pour Hendricks, ceci est un symbole de paix ; je préfère ne pas savoir comment il fait la bise.

Nos héros sont donc tout à ces discussions quand soudain, patatras ! Voici que le FSB, qui suivait la voiture du ministre depuis un moment, décide d’ouvrir le feu sur celle-ci à l’arme de guerre (pas au petit pistolet, plutôt à la grosse sulfateuse) ; en quelques secondes, le chauffeur meurt, le ministre meurt, et la voiture fait une embardée vers la rivière la plus proche, s’enfonçant dans les eaux glacées avec Brandt et Hunt encore vivants à son bord ; problème supplémentaire : la dizaine d’hommes du FSB qui ont eu le véhicule continuent de tirer dans l’eau comme des bourrins pour s’assurer que personne ne sorte vivant de cette histoire. Mais bon : comme vous l’imaginez, pas de quoi impressionner Ethan, qui avec son nouveau compagnon d’infortune, parvient à fuir l’endroit à la nage au nez et à la barbe des brigands d’ex-URSS.

Juste comme ça, en passant : c’est normal que le FSB tire sur des ministres américains (et les tue) sans que ça ne fasse un scandale ? Surtout en plein milieu de la circulation, devant des centaines de témoins, sans compter l’acharnement au-dessus de l’épave dans la rivière pour bien montrer que leur but était de tuer et surtout pas d’arrêter des gens pour les interroger ? Ça ne crée pas une vague petite tension, un truc ? Non. On n’en parlera plus du reste du film : tout le monde semble s’en taper. C’est bien normal, tenez, on imagine bien ce qu’il a du se passer à Washington.

Washington, Maison Blanche – 15:04

"Monsieur le Président, Monsieur le Président !
- Oui Simone ?
- Votre ministre de la justice ! Vous ne devinerez jamais ce qu’il lui est arrivé !
- Bob Jevaimourir ? Merde, trop de suspens, viiiite, dites-moi tout.
- Hé bin figurez-vous qu’on a des centaines de témoins qui confirment que le FSB russe a mitraillé sa bagnole, qu’il a pris une balle dans la tête ce faisant, et qu’en plus ces rascals ont mitraillé la rivière où son véhicule avait fini pour être sûr que personne n’en sorte. C’est plus qu’un assassinat, c’est une déclaration de guerre. 
- Allons Simone, calmez-vous : passez moi mon téléphone. Le rouge, oui, voilà. Merci mon chou. Ah, c’est bon, ça sonne.
- Aлло ?
- Oui bonjour Popov, c’est le président des United States de l’Amérique, dis-donc, j’ai perdu un porte-clé chez toi l’autre jour, tu l’aurais pas trouvé ?
- что ?
- J’avais mis un ministre de la justice au bout pour pas le paumer. Ça te dit quelque chose ?
- Si c’эst gros con dэ Bob Jэvaimourir, nous avoir tuэ lui avэc grossэ ballэ dans la tэtэ. Grossэ rigoladэ. Ho ho.
- Ok, je voulais juste confirmer. Non mais c’est pas grave, c’est qu’un ministre, c’est pas comme si ça avait de l’importance.
- Da, chэz nous on dit "Noэl au ministэrэ, Pâquэs au cimэtiэrэ". Viэux provэrbэ Stalinэ.
- Oui, vous avez de l’humour en Russie. C’est ce que j’aime chez vous. Ça et la vodka en intraveineuse.
- Ho ho, da, on dit aussi "A Noэl tu blaguэs, à Pâquэs t’эs au goulag". Autrэ provэrbe Stalinэ.
- Qu’est-ce qu’on se marre chez vous. Allez, ne parlons plus de cet incident : de toute manière, mon ministre avait un côté chien fou ; il avait bien besoin… d’un peu de plomb dans le crâne !
- …
- C’est une joke, I’m pulling your leg vieux coquin.
- … moi compris. ЛoЛ.
- Héhé, ouais, bon c’est pas tout ça mais je te laisse. Salut mec, hein ! Et bisous à la momie de Lénine ! Voyez Simone : j’ai réglé la crise, n’en parlons plus et allez me chercher un café."

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Voilà voilà. Revenons donc à Moscou, où Brandt et Hunt finissent par semer le FSB pour aller trouver refuge à la gare, dans un vieux wagon aménagé à l’intérieur en QG high-tech Mission Impossible. Wagon attaché à un train qu’ils ne contrôlent pas, hein, comme ça, ils se font promener leur QG sans pouvoir savoir où ils vont, ou mieux, s’ils se font repérer par les Russes, le wagon peut être livré directement à un endroit précis pour que l’ennemi puisse tout récupérer (enfin à part si le wagon est confié à la SNCF, auquel cas personne ne risque de le revoir avant longtemps). C’est vraiment une belle idée de merde, mais bon, c’est pas comme si je m’attendais à un truc logique dans ce film.

Nos deux loulous retrouvent donc sur place Benji et Jane, et comprennent la situation : désormais, à part ce QG moisi, ils n’ont plus aucune planque, aucun soutien, aucun satellite pour les aider… bref, ils sont abandonnés. Je veux dire : ce n’est pas comme si, parmi eux, il y avait un analyste de la CIA, ex-bras droit du ministre de la justice, non concerné par le protocole fantôme puisque n’appartenant pas à Mission Impossible, capable d’appeler Washington pour leur expliquer la situation et obtenir du soutien en racontant tout ce qu’il sait tant sur l’assassinat du ministre que sur ce que Ethan a raconté sur le coup monté de Kurt Hendricks qui a mis Mission Impossible dans la mouise. Non, vraiment, comment vont-ils faire ? Bin tiens : en fait, ils vont juste pleurer sur leur sort et écouter la mission que leur a donné le ministre juste avant de mourir sur ce que savait la CIA.

Après avoir branché une clé USB, l’équipe voit donc s’afficher sur l’écran géant du wagon (il fallait au moins ça) toute une vidéo, comprenant un portrait du "génie" Kurt Hendricks, ainsi que des éléments intéressants : en fait, Kurt aurait infiltré le Kremlin pour y voler la mallette nucléaire présidentielle, et aurait piégé tant les lieux que Mission Impossible pour faire diversion, occuper les services russes, et faire que dans ce chaos, le FSB mette des jours à réaliser que la valise avait été volée. Maintenant, il ne lui manque que les codes… et pour ça, il va se rendre à Dubaï pour les acheter à Sabine Moreau, la vilaine française !

Je sais que je suis chiant, mais comme ça, à la volée :

  • Comment Hendricks a-t-il fait pour avoir accès aux fréquences/briefings de Mission Impossible et ainsi les piéger ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour entrer au Kremlin armé, bien que vêtu en civil, lui, aller jusqu’aux quartiers présidentiels, y trouver la mallette (rarement éloignée du président, du coup), y abattre tous les services de sécurité la protégeant sans que personne ne le remarque (ou que l’on parle de tentative d’assassinat sur le président), repartir en marchant pépère et malgré tout sortir de l’endroit avant Ethan ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour poser un nombre improbable de bombes partout dans le Kremlin et sous la Place Rouge sans que personne ne le remarque à un moment ou à un autre ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour se promener avec la mallette nucléaire russe sans que ces derniers ne la cherchent d’entrée de jeu, puisque c’est vaguement important, ou mieux, consultent son signal pour s’apercevoir qu’elle se promenait, avant de le retrouver et de lui péter toutes les dents à coups de marteau ?

Réponse : rien.

Vous savez, c’est un peu comme Dumbledore dans Harry Potter : "Oui bon d’accord, tout cela était techniquement impossible à faire ou prévoir, mais bon : c’est un génie". C’est un peu comme "c’est magique", sauf que pour Dumbledore, ça passait encore. Et non, le fait que leur ennemi ait accès aux fréquences et données de leur agence ne semble pas inquiéter plus que ça nos héros, qui décident d’oublier aussitôt ce détail, hop. Comme tout cela est merveilleux.

Cette image n'a rien à voir avec le passage du film que j'évoque, mais elle illustre à merveille le concept de "Mission Impossible : Proctologue Fantôme", alors hop.

Passons sur ces consternants évènements, et allons directement à Dubaï, où notre équipe a décidé d’opérer pour piéger tant Hendricks que Moreau. Au passage, ils ont appris un élément important : Hendricks ne va pas faire le déplacement lui-même jusqu’à Dubaï, il est malin : il va rester caché avec la valise nucléaire ; à la place, il va envoyer son employé préféré, Francis, pour faire le sale boulot. Ce dernier retrouvera Sabine dans une suite d’un hôtel situé dans le Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, rappelons-le, avec ses 828 mètres. Bon et sinon : si la CIA savait tout ça, pourquoi ne fait-elle rien ? Elle n’est pas censée savoir que Mission Impossible existe encore et va tenter quelque chose ; allez : on va dire que tout le monde avait posé ses RTT le même jour au Pentagone, c’est encore l’explication la plus crédible. Enfin, accrochez-vous car le plus triste est à venir : Ethan a un plan pour agir.

Attention, concentrez-vous, les limites du raisonnable vont être franchies assez allégrement : au 118e et 119e étages se trouvent deux séries de suites d’hôtel. Sachant que Sabine doit recevoir son acheteur de codes nucléaires dans l’une de celles du 118e, le plan consiste à effacer tous les numéros du 119e et à réécrire "118e", puis à prendre le contrôle des ascenseurs et caméras de l’immeuble, pour que Sabine arrive sans encombre au 118e, et envoyer ses acheteurs au 119e, en leur faisant croire que c’était bien le 118e. L’équipe se divisera alors en deux groupes :

  • Jane se fera passer pour Sabine, et accueillera Francis dans la fausse suite du 119e camouflée en 118e pour lui vendre de faux codes nucléaires dans une valise avec GPS afin de le pister jusqu’à son chef
  • Ethan se fera passer pour Francis et ira acheter les vrais codes à Sabine.
  • Benji de son côté, après avoir géré les ascenseurs, ira déguisé en groom d’une chambre à l’autre, afin de récupérer les diamants que Francis donnera en paiement à Jane pour les faux codes, puis les amènera à Ethan afin qu’il puisse acheter les codes nucléaires véritables à Sabine
  • Brandt lira Pif Gadget dans sa chambre

Ok, vous avez tout suivi ?

Bon bin voilà mon plan à moi : on sait dans quelle suite ils sont ? On les laisse rentrer et on les attend à la porte.

Je sais, c’est trop compliqué, c’était dur d’y penser.

Et hop : on récupère ainsi les codes nucléaires, une assassin mondialement recherchée, le bras droit du mec qu’on veut trouver ainsi qu’en bonus, des diamants pour acheter plein de matos maintenant qu’il n’y a plus la CIA derrière Mission Impossible.

Mais bon, hein, c’est vrai que l’autre plan a l’air techniquement plus cool.

Surtout quand en plus, nos héros découvrent à mi-chemin que pour obtenir l’accès aux ascenseurs de la tour, il va falloir envoyer Ethan à l’extérieur escalader 11 étages pour infiltrer la salle où se trouve les serveurs de l’endroit et y poser un relais. De plus, ils apprennent que Francis n’est pas venu seul : il a emmené avec lui Leonid, un type qui a aidé à concevoir le système nucléaire russe, et qui peut soi-disant ainsi en authentifier les codes de lancement (le pauvre n’est pas volontaire : Francis et Hendricks retiennent sa famille en otage). Cela signifie donc qu’il va être impossible de filer de faux codes à Francis : il faudra lui donner les vrais après les avoir achetés à Sabine, et le suivre jusqu’à son chef avant qu’il ne s’en serve ! Quel bordel ! Et comme il faut les diamants pour acheter les vrais codes… cela signifie qu’il va falloir tout faire en même temps ! Sans compter qu’en plus (les merdes n’arrêtent pas de s’accumuler), les masques qui étaient prévus pour se déguiser en Sabine & Francis sont inutilisables, la machine les fabriquant ayant merdouillé, il faudra donc y aller sans masque et prier pour que ces gens ne se soient jamais vus, même en photo. Enfin, une tempête de sable approche de la ville mais "ça ne devrait rien changer" (bin voyons, on ne le voit pas du tout venir). Ça fait tellement de problèmes techniques qui s’accumulent en boucle qu’à un moment, j’ai cru que je regardais Armaggedon.

Vous voulez vraiment pas plutôt utiliser mon plan qui ne demande comme matériel qu’un pistolet et des sourcils froncés ? Non ? C’est vous qui voyez.

Dans une séquence parfaitement inutile, donc, Ethan Hunt commence donc par se lancer dans l’escalade de la gigantesque tour afin d’aller poser son relais sur les serveurs ; enfin je suis mauvaise langue : ça permet de voir plein d’incohérences. Comme par exemple, le fait que personne ne remarque, sur un immeuble gigantesque entièrement vitré, un mec escaladant 11 étages (probablement 11 étages vides en pleine journée), avant de les redescendre en rappel sur une lance à incendie après avoir explosé une vitre de la salle des serveurs (oui, à part ça, il pose le relais sans soucis, merci). Ho, et d’ailleurs, petit passage intéressant : Tom Cruise a des gants d’escalade high-tech qui adhèrent à toutes les surfaces pour cette mission ; l’un des deux tombe en panne, et une fois arrivé à destination, il balance l’autre (il est comme ça : après tout, c’est pas comme s’il était à court de matériel et de pognon et qu’il fallait faire gaffe à conserver ses instruments de travail) ; mais après être descendu en rappel jusque dans la suite de l’hôtel d’où il était parti, pouf ! De nouveaux gants, plus classiques, sont apparus sur ses mains jusqu’alors nues. Ok les mecs, tout n’est donc pas si mal barré : vous avez un magicien dans l’équipe.

Mais alors que tout le monde fait fi de ce n’importe quoi et se prépare à tendre le piège tant à Sabine qu’à Francis, Jane a trouvé une solution pour l’histoire des codes nucléaires : Brandt, qui se fait passer pour Léonid, va porter une lentille avec micro-ordinateur exactement comme celle que portait Jean-Jacques au début du film, et pendant qu’il sera avec Sabine et demandera à voir les codes, il clignera deux fois des yeux pour prendre des photos des documents sans les acheter puisque n’ayant pas les diamants ; ils seront alors automatiquement imprimés dans une valise dans la suite où Jane discutera avec Francis ; ainsi, elle pourra lui donner les codes en question et obtenir les diamants que Benji en groom viendra récupérer pour les porter à Ethan qui pourra ainsi définitivement acheter les vrais codes et qui… zzz…

Bien, c’est un peu chiant en fait : voyons voir comment tout se passe en pratique.

D’abord, Sabine arrive en premier à l’hôtel, entourée de gardes du corps qui n’ont pas de noms : je vous laisse donc deviner ce qui va leur arriver. Elle va dans sa suite, et accueille chaleureusement (elle a un décolleté titanesque) Ethan et Brandt, se faisant passer pour Francis et Leonid (et venant sans armes, c’est dans les conditions de la rencontre). Coup de bol : Brandt n’a pas de soucis avec sa grosse lentille magique, parce que sinon, en clignant des yeux, il risque surtout de prendre des photos de décolleté géant, ce qui ferait tache puisque le tout se retrouverait imprimé automatiquement dans une valise un étage plus haut. Je ne dis pas que ça ne plairait pas aux vrais Francis et Leonid, comme documents à acheter à coups de diamants, mais bon : ils ont promis à papa Hendricks qu’ils achèteraient des codes nucléaires et pas des photos de roploplos.

Ensuite, Jane a elle aussi sorti le décolleté de la mort, qu’elle ne quittera plus avant la fin du film ; elle accueille encore plus chaleureusement (la puberté lui a donné un avantage sur Sabine) Francis et Leonid, et commence à gagner du temps en racontant n’importe quoi, histoire que l’autre équipe photographie et imprime les codes pendant ce temps.

La séquence de l'escalade : pour Tom Cruise, qui est tout petit, techniquement, tout ça est proportionnellement encore plus impressionnant

Benji, lui, lit le Pif Gadget qui revenait de droit à Brandt dans le plan original.

Sabine, elle, veut voir les diamants avant de donner les codes à nos héros ; elle menace de tuer nos deux larrons s’ils ne coopèrent pas, mais Ethan sort le bluff le plus pourri du monde : "On est couverts par des dizaines de snipers, si vous nous tuez, tout le monde meurt". Sabine s’exclame donc "Holala, bon bin alors je vous montre les codes, tenez". La bonne réponse était "On est au 118e étage, il n’y a pas une tour en face assez grande pour avoir une vue sur cette suite, du coup, je pense que non seulement vous bluffez, mais qu’en plus vous êtes complètement con.", mais ha, cette réplique n’a jamais trouvé son chemin dans le script. Sabine se contentera donc de jouer la surprise et le dépit avec talent ou alors seulement de mal jouer mais bon, elle a forcément un bon niveau pour être dans des films pareils, ça n’a sûrement rien à voir avec le fait d’être la petite fille du patron de Pathé et la petite nièce de celui de Gaumont. Les codes arrivent donc devant nos héros, et Brandt les scanne via sa lentille (alors oui, hein, quand elle prend des photos, c’est qualité professionnelle, on dirait que c’est un fichier fraîchement imprimé en haute résolution et pas une vieille photo de document tenu à bout de bras).

De son côté, Jane reçoit dans sa valise magique les copies des codes fraîchement imprimés : elle les montre donc à son tour à Francis et Léonid, et ce dernier certifie que ce sont les bons ; les bougres paient en diamants et s’en vont. Sitôt dehors, Francis fait une action complètement débile (c’est vrai, je me disais que ça manquait dans ce film, tiens, pfou, merci hein) : il affirme à Léonid que maintenant qu’il a les codes, il n’a plus besoin de lui, et l’abat donc peu après avoir quitté la suite, au coeur de l’hôtel.

Quel intérêt à part prendre le risque de se mettre toute la sécurité de l’hôtel/du pays à dos, alors que tu pouvais le buter plus tard et en paix, puisqu’il te suivait docilement car tu tenais sa famille à ta merci ? Et puis qui te dit, sachant qu’il était là contre sa volonté, qu’il a certifié de bons codes ? Moi j’aurais attendu de lancer les premiers missiles pour être sûr que je n’avais plus besoin de ce garçon, mais bon, on ne se refait pas.

De son côté, Benji se réveille, récupère les diamants auprès de Jane et va les porter à la suite de Sabine pour qu’Ethan puisse payer les codes (même si je trouve un intérêt limité à cette action, allez, pourquoi pas). Sauf qu’à ce moment précis, Sabine remarque que Brandt a une lentille qui prend des photos : cela pue l’embrouille, elle ordonne donc à ses gardes de tuer tout le monde, avant de s’enfuir ; comme prévu, ces messieurs n’ayant même pas un prénom, et malgré leur surnombre et leurs armes, ils se font botter les fesses par Brandt et Ethan.

Benji, lui, a foncé auprès de son ordinateur pour tenter de ralentir le départ de Francis, histoire qu’il reste dans le coin le temps que l’équipe ait neutralisé Sabine et puisse s’occuper de le suivre. Ça devait être facile en ayant le contrôle des ascenseurs ! Il suffit de les bloquer le temps que… que…

Ouais, non : Benji trouve plus intelligent et crédible de faire planter l’ascenseur 20 fois d’affilée à 20 étages différents, ce qui ne parait pas du tout suspect. Pourquoi pas, après tout, on est déjà conscient du niveau moyen de l’équipe : plus rien ne me surprend.

Sabine, elle, finit par de curieux hasards par se retrouver à l’étage 119 (c’est connu, quand on veut fuir, on se contente de grimper d’un étage dans un immeuble avant d’aller errer aléatoirement dans les suites du cru, vraiment, quelle professionnelle jusqu’au bout), et tombe donc sur Jane, qui la reconnait et meurt d’envie de venger feu Jean-Jacques ; un combat de filles s’engage : on se griffe, on se tire les cheveux, on crie très fort en se tapant sur les mains, et finalement Sabine, qui devait à l’origine être capturée vivante, finit par passer par la fenêtre et fait donc une chute vaguement mortelle. Tout le monde fait en conséquence les gros yeux à Jane, sans prendre en compte le fait qu’elle n’a pas vraiment eu le choix.

Ethan, lui, parvient à foncer pour essayer de prendre en filature Francis, qui n’a rien remarqué, mais sent soudain des mains sur ses épaules : le FSB ! L’agent Sidirov l’a retrouvé ! Mais encore une fois, plutôt que de chuchoter "Les mecs, arrêtez-moi si vous voulez, mais le mec devant moi a vos codes nucléaires : fouillez-le pour voir ; si j’ai tort, je suis à vous, si j’ai raison, vous m’emmenez quand même, mais comme ça vous commencerez à comprendre qu’on est dans le même camp", décide plutôt de leur péter la gueule, ce qui attire l’attention de Francis, qui entreprend de se cavalcader.

Sitôt que les hommes du FSB sont par terre à pleurer parce qu’ils saignent du nez, Ethan fonce à la poursuite de Francis. Les deux larrons se coursent à pied, mais sont surpris par la tempête de sable (je vous avais dit qu’elle arriverait) ; on découvre alors que Francis est décidément une sorte de prodige d’incohérence, puisque malgré le fait qu’il ait un pistolet (ah oui, au fait, sachant qu’il devait venir au rendez-vous désarmé, comment se fait-il qu’il avait quand même un pétard ? Il voulait tout faire échouer ?), il ne s’en sert qu’une fois que la tempête est sur lui et que la visibilité est proche de zéro, et de préférence au moment où Ethan est dans une position où tirer sur lui est compliqué ; c’est quoi son but ? Prouver que ce film est plus proche d’Intervilles qu’autre chose ? Allez, lâchez la vachette.

Après avoir bien couru, nos héros finissent par trouver des voitures ; malgré la tempête, ils conduisent divinement bien, et c’est finalement Ethan qui prend le dessus en profitant d’une occasion pour foncer à contresens dans le véhicule de son ennemi après s’en être éjecté. Ce qui ne sert à rien, puisque malgré cette collision frontale à plus de 100 kilomètres/heure de chaque côté, qui a envoyé le véhicule de Francis faire des tonneaux, ce dernier a, en moins de 4 secondes (soit le temps qu’Ethan se relève de sa cascade hors de son véhicule), réussi à se remettre du choc, à sortir du véhicule, à refermer la portière derrière lui (c’est important, ça, on pourrait lui voler son épave), à courir 30 bons mètres comme si de rien n’était (dans un sens où il aurait dû croiser Ethan, mais on est plus à ça près) et à s’accrocher à un camion qui passait devant lui pour s’enfuir.

Ethan ne peut qu’assister à cette scène proprement consternante, mais histoire d’enfoncer le clou, Francis porte les mains à son visage et… retire ce qui était en fait un masque : il s’agit en réalité d’Hendricks lui-même ! Qui tient à souligner que tous les trucs précédemment faits, c’était lui et son QI de 190 ! Et oui, sinon, il adore prendre plein de risques en personne plutôt que d’envoyer des hommes de main.

On aurait suivi mon plan, c’était le jackpot en fait. Mais on ne m’écoute jamais. Je crois que je vais me faire une coupe au bol avec mèche, porter des t-shirts noirs avec des slogans ridicules et devenir emo.

Ethan lui aussi est plein de désarroi en regardant la silhouette d’Hendricks sur son camion s’éloigner dans la tempête… quel dommage. C’est pas comme si Hendricks venait de s’enfuir avec à la main une mallette contenant un système de pistage par GPS qui avait permis à Ethan de le pourchasser dans la tempête, et qui du coup permettrait de le suivre sans aucun souci. Ah non, hein, c’est pas du tout comme ça. Pfoulala.

Pour ceux qui penseraient que j'invente, voici une belle image de la scène où Ethan piste Hendricks dans la tempête grâce au GPS. 2 minutes plus tard, tout le monde fera comme si ce mouchard n'avait jamais existé.

Malgré cet échec, le temps continue de passer, et la tempête de sable s’achève, laissant derrière elle une ville toute propre (c’est une tempête autonettoyante). Par contre, chez Mission Impossible, on s’est planqué dans une vieille remise à l’abandon, et on râle que la mission est un échec, en continuant de baver sur Jane, non pas à cause de son décolleté cette fois, mais bien du fait qu’elle a tué Sabine qui avait sûrement plein d’infos, et que tout est de sa faute (c’est bien, ça : toujours tout mettre sur le dos des nanas, j’approuve).

Ethan, lui, explique que rien n’est perdu : il a peut-être un contact qui peut tout arranger ; il part donc le voir. Et pendant son absence, Brandt révèle à Jane et Benji qu’il n’est pas qu’un simple analyste : en fait, c’est un ex-agent de terrain, mais il y a fort longtemps, il était en mission en Croatie pour escorter sans qu’ils le sachent Ethan et sa femme en lune de miel (ça sentait le voyeurisme) ; sauf qu’il a échoué et que des tueurs serbes ont eu la femme de notre héros, et ont rendu son cadavre en morceaux à qui de droit. Ethan est devenu tout colérique, et a donc retrouvé les 6 Serbes derrière tout cela pour les tuer. Ce faisant, il a agi sans autorisation, et l’agence ne pouvait le couvrir ; il a donc fini en prison (mais à Moscou, allez savoir pourquoi). En tout cas, après cet échec, Brandt a été tellement dégoûté qu’il est devenu tout dépressif et a quitté le terrain. Du coup, ça lui fait bizarre de bosser avec Ethan, qui ne sait pas qu’il était celui qui a échoué à protéger sa femme. C’est trop triste.

Revenons à Ethan : lui, de son côté, à recontacté Bogdan. Mais si ! Bogdan, le type qu’il libérait sur un coup de tête au début du film, et alors qu’il n’avait aucune raison de le faire ; et bien en fait, si : il avait lu le script et savait qu’après presque 2h de film, il en aurait besoin. Car oui : Bogdan a un cousin vendeur d’armes, et par le plus grand des hasards, celui-ci a été en contact avec Kurt Hendricks ; tout cela est tellement merveilleux que je pense qu’ils ont fait écrire le scénario par une licorne ou quelque chose du genre.

En fait, figurez-vous que maintenant que le grand méchant a la mallette et les codes, il a besoin d’un satellite surpuissant pour envoyer son ordre (oui, apparemment, de base, la valise russe n’est pas reliée à un satellite mais à un modem 56Ko ; moi, je sais pas, je pensais que la valise était configurée pour communiquer avec un satellite automatiquement. En fait, c’est peut-être même pour ça qu’il s’agit d’une valise, parce que c’est pour pouvoir l’utiliser n’importe où, non ? Non.), et le cousin de Bogdan a justement servi d’intermédiaire pour que Kurt trouve son bonheur : un magnat des médias indiens Brij Nath, milliardaire et playboy, a justement le satellite qui irait bien de disponible.

Le scénario était déjà bien nase, mais nous allons voir que via ce rebondissement qui ne tient debout à aucun moment, les choses vont pouvoir encore empirer. Ho, mais si elles peuvent. Toujours.

Tiens, vous ai-je dit comment Ethan parvenait à convaincre le vendeur d’armes de tout lui raconter ? Non ? Alors attendez :

"Vendeur d’arme, tu dois m’aider ! Une guerre entre Russie et USA couve : vous devez m’aider !
- Je m’en tape, ça fait mes affaires ; je vends des armes, pas des sucettes
- Oui mais en fait, la guerre sera nucléaire
- Mais alors je ne vendrai plus d’armes ! ZUT ! MOI QUI PENSAIS QU’ON ALLAIT SE BATTRE A COUPS DE COUTEAUX ET DE SCOUBIDOUS, ROHLALA, BAH JE VAIS T’AIDER ALORS ET TE DIRE TOUT CE QUE JE SAIS SUR UN TYPE QUE J’AI AIDE A TROUVER DU MATOS POUR DECLENCHER UNE GUERRE NUCLEAIRE, JUSTEMENT.
- Tu as aidé un mec à trouver du matos pour tuer ton business ? Ce serait pas un peu débile ?
- Hoooo hééé, dis pépère, ça va le sarcasme, hein tu veux que je te rappelle tout ce que tu as fait dans le film jusqu’ici ?
- Pardon Monsieur."

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Je confirme : si une licorne a rédigé le scénario, les dialogues ont été confié à un blaireau : Mission Impossible – Protocole Fantôme, le premier film intégralement écrit par les animaux magiques de la forêt de Rambouillet.

Bref : pour stopper la guerre nucléaire, il n’y a plus qu’un seul moyen : foncer en Inde pour aller dans la résidence du milliardaire possédant le satellite et utiliser le serveur géant qu’il y a chez lui pour communiquer avec le satellite et le désactiver. Ça tombe bien, par un nouveau heureux et original hasard, il se trouve que ce jour là, Brij Nath a décidé d’organiser chez lui une gigantesque réception. Vraiment, non, c’est du jamais vu. Jamais le mec n’ouvre la porte de sa villa en slip et peignoir pour dire qu’il a la gueule de bois et que personne ne doit rentrer : c’est toujours une soirée portes ouvertes.

Nos loulous foncent donc sur place aussi vite qu’ils le peuvent grâce à un avion fourni par le vendeur d’armes, et se griment en riches invités pour accéder à la fête. Sur place, d’un côté, Benji et Brandt vont pirater le serveur géant (je vous passe toutes les aventures que cela implique, mais oui : il y a évidemment quelqu’un qui passe par un conduit d’aération par lequel peuvent passer des rhinocéros, avant de sauter vers son objectif en ne s’arrêtant, suspendu en l’air les bras écartés, qu’à 3cm de sa cible), mais comme pour désactiver le satellite, il faut un code (et que pirater, c’est mal), Jane est envoyée séduire le playboy milliardaire pour lui extirper la fameuse clé numérique (le fait qu’elle soit jeune et pas moche étant encore une fois un avantage non négligeable qui tombe à pic). La technique de séduction subtile fonctionne plutôt bien ("Hihihi vous êtes trop drôle Monsieur Nath, je me fais pipi dessus de rire, hihihi, allez viens gros, on va dans ta chambre"), et la douce parvient à obtenir les codes assez rapidement une fois seule avec le Monsieur, habilement aidée de quelques taloches dans la gueule (j’utilisais la même méthode quand j’étais prof pour obtenir des réponses ; au bout de 10 taloches, on finit par l’avoir, cette foutue date de la conférence de Yalta).

Jeu : retrouve sur cette photo qui a les plus gros talons

Ho, et oui : le milliardaire connait par coeur les codes des satellites de communication de sa société. Ah.

Sauf que l’information arrive trop tard à Benji : à peine a t-il commencé à taper la clé que le serveur commence à lâcher de partout ; Hendricks a trouvé la parade ! Le bougre s’est rendu dans les locaux d’une chaîne de communication du magnat et a utilisé les serveurs locaux pour rentrer en contact avec le satellite en le piratant et lui ordonner de ne plus obéir au serveur principal, justement pour éviter une désactivation comme le souhaitait Mission Impossible.

Attendez les choupinous : vous voulez dire qu’il suffisait d’aller dans n’importe quel endroit visiblement mal gardé (Hendricks et Francis n’ont croisé qu’un garde en tout et pour tout) appartenant aux chaînes télés gérées pour surpasser même le serveur principal géant qui demande moult acrobaties et un code ultra-secret pour être piraté ? Misère, si ce n’était que ça, j’aurais été Mission Impossible, je me serais rendu à France 3 Region – Midi Pyrénées et j’aurais uploadé Itunes sur le satellite ; avec ça, les mecs auraient pleuré.

"Bon alors… code de lancement 1-7-3-4-6-2-B. Activation. Communication avec le satellite.
- Bonjour. Une mise à jour des conditions d’utilisation est disponible, merci de la lire.
- Gnagnagna, accepter.
- Vous avez validé, merci d’utiliser Itunes. Une mise à jour Itunes est disponible, voulez-vous l’utiliser ? 
- Raaah, mais non !
- Itunes n’est plus à jour. Vous ne pouvez plus utiliser ce satellite.
- Bon, ok : j’accepte de mettre à jour.
- Vous avez accepté de mettre à jour. Merci de lire les nouvelles conditions d’utilisation. 
- Putain, mais oui ! Oui ! Valider ! Accepter ! 
- Avez-vous un certificat Apple pour utiliser ce satellite ? Merci de créer un nouveau compte pour…
- Bouhouhou, je voulais le feu nucléaire, moi, on souffre moins longtemps !"

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Je reconnais que c’est un peu extrême, et j’entends déjà les droits-de-l’hommistes hurler à la barbarie, à la cruauté, mais bon : parfois, aux grands maux les grands remèdes.

En tout cas, Hendricks a enfin les mains libres : utilisant la mallette nucléaire avec les codes qui vont bien et le satellite fonctionnel, il envoie à un sous-marin russe un ordre de tir : les bougres, persuadés que l’ordre vient de Moscou (qui n’a toujours pas remarqué le vol de la mallette et appelé à la prudence en conséquence chez ses sous-marins lanceurs) envoient donc la purée vers San Francisco, lançant une belle ogive filant à folle allure vers la cité des hippies histoire de débuter la guerre nucléaire. Seulement voilà : Mission Impossible l’a mauvaise, et n’a pas vraiment apprécié de voir sa superbe tentative sur le serveur central du milliardaire échouer : ils localisent donc d’où viennent les signaux envoyés au satellite, et s’aperçoivent que bon sang, ça provient de juste à côté ! Encore une fois, quelle coïncidence ! Vite, fonçons bourrer la mouille des méchants !

En quelques minutes, les agents sont sur place, et les brigands amateurs de nucléaire se divisent en deux groupes de 1 : Hendricks file d’un côté avec la valise nucléaire, pendant que son bras droit, Francis, tente de saboter les serveurs de la station de télévision pour les empêcher de communiquer avec le satellite pour annuler le tir. Attention, quand je dis saboter : il ne coupe pas les fils, ne met pas des coups de tatane dans les puces, non : il débranche. Il est gentil. Gentil comme dans "il est gentil Steevy", hein. Parce que sinon, il est méchant. Comme dans "Quel méchant yorkshire !" ; ça fait trop peur. Du côté de la station de télé, tout est assez vite réglé : Francis a beau faire le zazou, il finit par se prendre un gros pruneau dans le front de la part de Benji, ce qui le rend tout de suite moins grognon ; toute l’équipe peut donc s’atteler à remettre les serveurs en lignes, en attendant que la mallette soit récupérée et que l’ordre d’annulation de tir parvienne.

Ethan, justement, de son côté, finit dans un endroit original : un parking automatique de luxe, où les voitures montent et descendent sur des plates-formes ; de fait, lui et Hendricks peuvent donc se tataner en paix, et le vieux offre d’ailleurs une furieuse résistance ; comme toujours, les armes à feu finissent par tomber/être perdues, afin de respecter cet autre dogme américain :

"A la fin, il doit y avoir un duel entre le Grand Gentil et le Grand Méchant dans un lieu désert, de préférence au corps-à-corps, ou en utilisant des éléments du décor. La cavalerie ne doit arriver que dans les 10 secondes qui suivent la fin du combat."

Le combat dure, dure, tant et si bien qu’Ethan finit par avoir une jambe bien entamée et boîte sérieusement ; papy Kurt, lui aussi un peu fatigué par ce duel, constate qu’il ne reste plus que 40s avant l’explosion de l’ogive nucléaire sur les États-Unis. Étant tous les deux sur une plate-forme montant loin au-dessus du vide que constitue le puits central du parking par lequel les voitures montent et descendent, Hendricks se dit "Hahaha, je n’ai qu’à jeter la valise dans le vide, comme ça, le temps que ce gros neuneu de Hunt aille la récupérer en boitant 30 mètres plus bas, il sera trop tard !" ; sauf que pour aller jusqu’au bout du concept (rappelons son fameux QI de 190), il…

Non.

Il se jette dans le vide avec.

Que ? Pourquoi ? Quelle utilité ? Pourquoi faciliter la tâche au héros ? Au mieux, tu balances la mallette et voilà : tu continues de violenter le pauvre Ethan, qui est ainsi trop occupé pour courir après la valise. Mais non : en te tuant tout seul, tu lui facilites la tâche ; remarquez, moi aussi à la fin du film, je crois que je commençais à devenir sérieusement dépressif.

"Flotte russe, flotte russe, préparez tir sur Roubaix. Roubaix. Non : Roubaix, avec un R. Je... si, ça existe. Comment ça personne ne fera la différence entre avant le tir et après ? Bon, Tirez sur San Francisco."

Ethan, pour suivre son arch-némésis dans les profondeurs de la non-réflexion, décide de lui aussi plonger vers la valise pour la récupérer… mais comment faire, car tout cela est bien haut ? Et bien aucun problème : il prend l’une des voitures du parking, qui est ouverte et n’a pas besoin de sécurité pour démarrer (formidable), et saute avec la voiture vers la val…

Oui, hein, c’est pas comme s’il ne fallait pas la détruire, la valise. Foncer dessus en voiture pour la protéger, c’est malin.  Moi aussi, régulièrement, j’essaie de sauver des chatons en passant dessus avec mes pneus : merci Tom Cruise, tu m’as tant appris. Bref : la voiture plonge dans le puits central, s’écrase à côté de la mallette et du corps d’Hendricks agonisant, et par la magie de l’airbag, sauve notre héros. Poli, le véhicule a la courtoisie de retomber, malgré l’espace limité, loin de l’objet tant convoité par notre agent secret préféré pour ne pas l’écraser.

Sortant du véhicule en rampant, car un héros qui finit le film en pleine forme, ça ne fait pas sérieux, Ethan se dirige droit vers son objectif, et ouvrant la mallette s’acharne sur le bouton "annulation", le faisant marcher à la dernière seconde : le missile se contente donc d’érafler le toit d’un building, avant de s’écraser dans la baie locale dans un gros plouf.

Le monde est sauvé, et comme le veut la règle énoncée plus haut : la cavalerie (ici incarnée par le FSB) pénètre le parking où notre héros souffre glorieusement au même moment, et comprend qu’il cherchait à empêcher une guerre nucléaire. Hendricks, lui, a agonisé le temps de voir son plan échouer avant de mourir, comme il se doit ; le FSB est donc content, récupère la valise et propose même à Hunt d’être déposé à l’hôpital pour soigner sa gambette folle. Au passage, l’agent Sidirov s’exclame "Mais au fait, Hunt, on a toujours été sur votre piste grâce à des indices et coups de fil… vous vouliez qu’on vous suive pour que l’on comprenne la vérité en fait, c’est ça ?" ; et Hunt de répondre "Héhéhé… et oui, c’est comme ça que vous avez pu me retrouver : parce que je le voulais !"

Ah, mais oui c’est évident : c’était une idée géniale. Tiens, la preuve, tellement qu’à chaque fois que tu as croisé le FSB que tu avais donc toi-même invité, tu leur as pété la gueule et n’as eu que des emmerdes : souviens-toi, à Dubaï, tu leur as refait la margoulette à coups de mandales sous peine d’être arrêté, te faisant ainsi repérer aux yeux d’Hendricks (alors déguisé en Francis) et lui permettant de prendre la poudre d’escampette alors que tu voulais le suivre. Non vraiment : Ethan Hunt, tu es à l’intelligence humaine ce que le Skyblog est à l’Académie Française.

Bref : plus tard, nous retrouvons notre héros à San Francisco justement, sirotant une bière avec un vieil ami ; après lui avoir raconté ses dernières aventures, il reçoit à sa table Brandt, Benji et Jane à qui il propose une nouvelle mission. Seul Brandt refuse, et attendant que les deux autres soient partis, explique à Hunt que voilà : il ne peut pas travailler avec lui car… il est celui qui a échoué à protéger sa femme. Il ne peut plus garder ce lourd secret plus longtemps.

"Hohoho", répond Hunt, "Mais non : ma femme n’est jamais morte, tout cela était une mise en scène pour la faire disparaître et la protéger". Brandt est donc tout content "Génial ! Grâce à toi, j’ai abandonné ma carrière, suis devenu dépressif et je cauchemarde toutes les nuits depuis des années, c’est vraiment trop sympa !"  ; heureux d’être mis dans la confidence, et touché par cet élan de confiance, Brandt décide donc que Hunt, qui a pourtant ainsi fait de sa vie un enfer, est un mec génial et qu’il a trop envie de bosser avec : il accepte donc la mission, et part donc rejoindre Benji et Jane.

Sur cette ultime incohérence, Ethan se lève, lance le briefing, et dans la brume montante de ce début de nuit sur la baie, disparaît, prêt à servir à nouveau son pays et le prochain ministre de la justice qui pourra crever sans qu’on s’en soucie. Et donc…

FIN

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"Charlène ! Charlène !"

La jeune fille s’éveilla en sursaut en entendant les cris provenant de la porte du minuscule studio de son ami ; elle se frotta les yeux quelques secondes, s’assurant que ce n’était pas une vision : Loïc était là, debout, à demi-nu, la bouche sanglante et le visage contusionné ; il semblait avoir été sauvagement battu, mais comment ? Il était à côté d’elle quand elle s’était endormie, elle l’aurait entendu s’il avait été agressé ici ! Et il n’avait aucune raison de ressortir avant le petit matin, alors il n’aurait pas non plus pu sortir et se faire malmener une fois dehors ; tout cela n’avait aucun sens. Elle resta là, hagarde, à le regarder debout dans toute l’étendue de sa misère physique.

"Charlène, tu vas bien ?
- Oui Loïc mais, que… toi ? Que s’est-il passé ?
- Tu… tu n’as rien remarqué ?
- Quoi ?
- Mais enfin ! Quand nous sommes sortis de boîte tout à l’heure ! Quand je suis retourné chercher mon portable, que j’avais oublié : il y a un mec bizarre qui a surgi d’une ruelle et qui m’a tabassé à coups de batte de base-ball ; il a dit des trucs bizarres, genre que son arme s’appelait "petite souris", parce qu’à "chaque fois qu’elle part, elle ramène des dents" ; il m’a tabassé tant qu’il pouvait et ensuite, un peu avant que je m’évanouisse, il a dit "Votre damoiselle est fort bien faite, petit Amphitryon ! Ce soir, elle sera mon Alcmène." Ça veut dire quoi ? Il s’est passé quoi ? Tu n’as pas remarqué que j’avais disparu ?"
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Charlène recula, à demi-terrorisée.

"Mais je… non ! Tu es parti à peine 5 minutes ! Tu es revenu vers moi, tu as dit que tu avais retrouvé ton portable ! Tu… tu m’as ramenée chez toi, même que tu as dit que tu avais un peu trop bu, et que c’est pour ça que tu avais dû ressortir ton portefeuille pour trouver ton adresse. Ensuite, on est montés et…"

Charlène fit un curieux bruit en déglutissant. Au moins aussi curieux que celui que fit Loïc en manquant de peu d’avaler une de ses dents qui, après un long numéro d’équilibriste, avait enfin fini par tomber.

Quelque part, dans une ruelle non loin, un homme réajusta une cravate d’un rouge éclatant à l’arrière d’une berline.

"A la maison Diego.
- Tout s’est bien passé Monsieur ?
- Oui : les masques en latex sont vraiment des inventions formidables, les étudiantes n’y voient que du feu, même cette petite filoute de Charlène qui m’échappait depuis si longtemps à surveiller son verre en permanence."
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Il y eut un bref silence.

"Je crois que Mission Impossible contenait quelques bonnes idées, en fait."

L’homme se gratte la barbe en regardant le numéro griffonné dans un coin de son agenda.

Sa main tremble un peu en se dirigeant vers son téléphone, et les quelques instants avant qu’il ne finisse par se saisir du combiné lui paraissent infiniment longs. Doit-il le faire ? Certes, il en a envie mais… est-ce bien raisonnable ? Ce matin encore, toute son équipe lui a soufflé que l’on allait droit vers une catastrophe. Qu’il y avait des portes qu’il ne valait mieux pas pousser, au risque de commencer un long chemin sans retour. Que ce soir, il ferait mieux de se reposer et de n’appeler personne, au risque de faire quelque chose d’absurde.

Contemplant le téléphone dans sa main, l’homme hésite l’espace de quelques secondes ; et s’ils avaient raison ? Et s’il allait faire quelque chose qu’il allait regretter ? Sa main, elle, comme animée d’une vie propre a pourtant déjà commencé à composer le numéro, et bientôt, le son strident signalant que le téléphone sonne chez son interlocuteur se fait entendre sur la ligne ; allez, il peut encore raccrocher ! Il peut se reprendre, ne p…

"Allô ?"
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La voix est jeune, claire, sûre d’elle ; elle a même un petit quelque chose de séduisant. Trop tard pour faire demi-tour, autant se lancer.

"Allô c’est… hem… Steven Spielberg. Je… Je suis bien chez Jeffrey Jacob Abrams ?
- Lui-même ! Que puis-je pour vous Monsieur Spielberg ? 
- Et bien je… écoutez, voilà : j’aimerais faire un film un peu à l’ancienne… une sorte de pèlerinage vers mes débuts… 
- Hmmm, je vois, je vois, ça pourrait être sympa en effet, vous avez déjà une idée ?
- Oui, alors ça s’appellerait Super 8…
- Je n’ai pas vu les 7 premiers.
- Pardon ?
- Je disais que je n’avais pas vu les 7 premiers.
- Je… bon, oublions. Alors l’histoire…
- Dites moi tout !
- Et bien ça pourrait être des enfants… des enfants avec une caméra qui…
- Ho oui ! C’est génial ça : et il pourrait y avoir des explosions ! Du genre… oui, un vaisseau qui s’écrase ! Ou non non, attendez, mieux : un train !
- C’est que je…
- Oui, et le train il ferait KA-BOOM et ensuite WROUSH et là BAAAAAM parce que ça fait PRSCHOUUUUUUUF
- Je… Monsieur Abrams… Monsieur Abrams, écoutez-moi, je pensais plus à quelque chose comme E.T… et…
- Ho ouais, un alien, et il tuerait les gens en faisant SHLAAAA et VLAAAAM et puis alors KRSCHHHHHH
- Non je… je voyais plus de… de poésie… de sentiments…
- Ah, mais vous avez frappé à la bonne porte : Armaggedon, Cloverfield, Mission Impossible 3… vous ne pouviez pas trouver mieux.
- Bon heu… alors on se voit bientôt pour parler de tout ça, hein…
- Oui c’est ça ! J’ai déjà plein d’idées, genre une grosse bataille finale avec l’armée qui tire dans tous les sens et BAM, VROUF ! Et…
- Ho, dites, il est tard, allez je raccroche, on se voit bientôt, bisous."

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Steven raccrocha le téléphone en se prenant la tête dans les mains. Ça y est, il venait de faire une connerie.

Autant la spoiler, mes bons.

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L'Affiche : j'ai une photo un peu pareille chez moi, de deux gamins sur l'A5 quelques secondes avant de se prendre un poids lourd

Le film s’ouvre sur une scène fort triste : en 1979, dans une petite bourgade américaine enneigée, on enterre une ouvrière qui a subi un terrible accident du travail, du genre de ceux qui vous font passer de l’état d’humain joyeux à celui de pulpe sanguinolente en quelques secondes ; la famille et les amis de la défunte sont donc quelque peu abattus, et beaucoup discutent à voix basse de l’avenir du fils de la maison, Joe Lamb encore jeune, et n’ayant plus que son policier de père, Jackson, pour l’élever. Ce dernier faisant passer son travail avant tout, certains craignent que l’enfant ne reçoive pas une bonne vraie éducation américaine, du genre de celle que l’on voit dans "7 à la maison" (mais si, souvenez-vous, la série dans laquelle la mère est une nazie qui fouille dans les affaires de ses enfants pour voir s’ils n’auraient pas des capotes sur eux, ce qui serait pécher). Ces réflexions sont cependant interrompues par l’arrivée de Louis Dainard, un beauf du coin, qui semble ne pas être le bienvenu sur place, particulièrement aux yeux de Jackson Lamb qui s’empresse de l’envoyer paître. Ni une, ni deux, notre bon flic le bouscule même jusqu’à sa voiture afin de l’emmener au poste de police, car il semble avoir moult choses à lui reprocher. Lesquelles ? Mystère. Joe ne peut donc que regarder son père s’éloigner le jour de l’enterrement de sa propre mère, et reste seul à contempler la seule chose qui lui reste d’elle : un petit pendentif contenant une photo de sa génitrice. C’est vraiment trop émouvant.

Faisons s’écouler 4 mois, histoire que tout le monde sèche ses larmes, et retrouvons Joe à la sortie de l’école avec son pote Charles Kaznyk, le petit gros du coin, tous deux eux-mêmes en compagnie du jeune Carey, un fripon blondinet qui ne sort jamais sans son appareil dentaire de combat. Tous trois discutent du fait que Charles est en train de tourner un film de zombies (quel thème original : ce mec aurait pu avoir un blog), et qu’il a trouvé une nouvelle nana pour le film, qui en plus, a une voiture à disposition ce qui est pratique pour aller tourner à tel ou tel endroit : Alice Dainard. La seule évocation de son nom provoque chez notre jeune héros une réaction aussi enthousiaste que turgescente, aussi attend t-il avec impatience la prochaine scène que Charles ira tourner pour repaître ses chastes yeux du radieux postérieur visage de la belle Alice. Rendez-vous est donc pris le soir même pour aller tourner une scène nocturne.

Mais à l’heure du repas, lorsque Joe rentre chez lui, il est invité par son policier de papa à aller partager un moment entre père et fils au restaurant : ce dernier veut l’obliger à aller passer ses vacances dans un camp sportif histoire de l’éloigner de ses amis ; en effet, le vil bougon n’aime pas trop savoir que son fils passe ses journées à se grimer en monstre et à tourner des films à la con en compagnies de petits gros ; heureusement que nous sommes en 1979, car 30 ans plus tard, je n’imagine pas ce qu’aurait dit Jackson en voyant son fils partir pour la Japan Expo. Mais passons ; vers minuit, bien après que père et fils soient rentrés à la maison, Joe reçoit un message sur son talkie-walkie "C’est Charles : sors vite de chez toi, Alice vient nous chercher ! Allez, schnell !" ; aussi vite que ses courtes pattes l’y autorisent, notre bon ado s’empresse de filer discrètement de la maison pour aller retrouver l’équipe de tournage qui comprend, en sus de lui-même et de son ami en surpoids, le petit Carey (dont nous avons déjà parlé), Preston, un…heu… je crois qu’ils ont réussi l’exploit de créer un personnage qui ne mérite même pas une description, et enfin Martin, un grand dadais qui sert de héros au film que la troupe tourne.

Alors qu’ils patientent tous, une voiture se gare : au volant de celle-ci, nous retrouvons donc Alice Dainard, comme prévu, qui vient chercher la fine équipe ; mais sitôt qu’elle aperçoit Joe, elle se met à couiner (et encore, comme toutes les filles, elle peut produire des sons plus intéressants encore si c’est Bill Kaulitz qu’elle aperçoit) : non seulement leurs deux familles ne s’aiment pas, mais en plus, c’est le fils du flic du coin ; or, comme elle conduit sans permis, elle ne veut point finir dénoncée dans une cellule sentant l’urine en compagnie de Boris "L’étrangleur" Bolchoï. Le bonhomme Lamb a tôt fait de jurer qu’il ne dira rien à son père et n’écrira pas à la Kommandantur pour collaborer avec les forces d’occupation, et le problème est réglé (oui, comme ça, hop) : tous en voiture ! Direction ? Un bâtiment désaffecté longeant la voie ferrée où il faudra tourner une scène dans laquelle le personnage de Martin fera ses adieux au personnage d’Alice ("Oui Alice, tu dois être toute nue pour cette scène. Mais si, c’est un film d’aventure, que vas tu t’imaginer, ho ho ho. Comment ça tu refuses ? C’est toi le réalisateur ou moi ? Alors à poil, truie !"). Soit : après avoir un peu roulé, nos larrons arrivent dans un coin de campagne à quelque distance de la paisible bourgade endormie, et commencent à y installer leur matériel. Rapidement, et alors qu’ils répètent, ils s’aperçoivent que leur nouvelle héroïne joue incroyablement bien, au point d’en pleurer (ça me fait pareil devant les films avec Franck Dubosc).

Mais alors que les caméras s’apprêtent à être bien installées et les répétitions bouclées, nos héros remarquent quelque chose : un train est sur le point de passer juste devant l’édifice où ils travaillent, et ce serait donc excellent d’avoir la scène des adieux alors qu’un train défile derrière les héros : vite, faites tourner les bobines, on y va !

Alors jusqu’ici lecteur, vous me direz que "Dites donc, il ne se passe pas grand chose de fascinant dans ce film, non ?" et je le reconnais bien volontiers : ce n’est pas la panacée. Mais rassurez-vous : là, tout de suite, quelqu’un va ouvrir la cage dans laquelle le J.J Abrams a été enfermé et obligé de regarder des films de Jean-Luc Godard durant trois semaines. Ça va être à lui de jouer pour nous montrer à quel point son talent est grand. Vos neurones sont en vacances ? Vous êtes prêts ? Alors allons-y : déchaînez les enfers !

Donc. Le train passe juste derrière nos héros, la scène se tourne, lorsque soudain, Joe entend une voiture faire de curieux bruits (comme "vroum", mais Joe entend tout malgré le fait qu’un train de marchandise passe à un mètre de lui) : en effet, un pick-up est en train d’arriver… en sens inverse sur les rails ! Et alors là, attention, car tout d’abord, lorsque le véhicule rencontre la locomotive, cela produit une formidable explosion qui, non contente de totalement désintégrer le pick-up, est assez puissante pour complètement soulever la malheureuse locomotive (pardon ?) ; et quand je dis soulever, ce n’est pas d’un mètre ou deux, hein : la pauvre machine s’envole littéralement vers les cieux. Paniqués par ce spectacle, les enfants abandonnent tout leur matériel sur la terrasse du bâtiment où ils tournaient, et commencent à courir en tous sens en poussant de petits cris.

Voilà : ça, c'est juste l'impact locomotive - pick-up. Quelqu'un essaie de compenser quelque chose avec ses explosions.

Là, tous les wagons se mettent à dérailler, puis, visiblement aidés par la fée Clochette ("Vas-y petit wagon, pense à quelque chose d’heureux… oui, une soirée pyjama par exemple !"), à s’envoler plusieurs dizaines de mètres en l’air pour atterrir un peu partout en explosant (ils transportaient donc tous des munitions semble t-il), parce que c’est trop cool. Protégés par le pouvoir magique du "Les enfants ne peuvent pas mourir", nos jeunes freluquets ne sont touchés par aucun wagon, aucun souffle, aucun shrapnel… ce sont des explosions parfaitement sécurisées. Contrairement au train qui, nous l’apprendront plus tard, appartient à l’armée, et doit être complètement monté sur suspensions latinos pour décoller aussi haut au moindre choc. Un des wagons volants transperce même le bâtiment où les enfants tournaient, avant d’exploser (Mais bon sang, c’est fini, oui ?) et de tout faire sauter, ne laissant qu’un malheureux cratère et quelques débris derrière lui ; on aperçoit même la malheureuse voiture d’Alice, située juste à côté, se ramasser une poutre dans la roue arrière gauche et ouvrir son coffre pour exprimer tant sa surprise que son désarroi devant un tel spectacle.

Pendant ce temps, ça continue d’exploser (et le convoi ne ralentit pas : les wagons continuent tous d’arriver à 300 km/h en nombre improbable avant de s’envoler ; il y en a même un qui réussit un salto : ce n’est plus un train, c’est une farandole de gymnastes russes), et les marmots continuent de courir en hurlant : Joe voit même une caisse marquée "explosives" atterrir juste devant lui, à moitié éventrée avec des bombes qui en sortent, mais heureusement, en s’éloignant de deux mètres, il survit (les bombes américaines ne tuent que sur un rayon de 3 centimètres : c’est ça, la précision chirurgicale). Et finalement, enfin, oui, enfin, après cet improbable et consternant spectacle, le carambolage géant s’arrête enfin et le silence retombe (c’est pas trop tôt, hein, c’est pas comme si ça faisait 10 minutes qu’on voyait un wagon exploser dans différentes poses)…

Mais pas pour longtemps : soudain, un bruit de métal défoncé se fait entendre en provenance d’un des fourgons ferroviaires renversés, suivi d’autres sons relativement peu identifiables : quelque chose vient de défoncer la porte qui le retenait prisonnier, envoyant celle-ci, pourtant lourde et blindée, plusieurs dizaines de mètres en l’air là encore (ce film doit se passer sur une planète avec une gravité différente de la nôtre), mais Joe, qui était pourtant juste devant à regarder, s’en désintéresse vite (je ne rigole pas : il regarde un peu et il se barre, mais même pas l’air paniqué : non, c’est simplement qu’il a autre chose à faire, tout cela est tellement commun) pour s’en aller errer dans les ruines à la recherche de ses amis ; il cherche donc, passe à côté de la voiture d’Alice, qui effectivement, est dans un sale état et ne pourra guère plus rouler avec des débris à la place de l’une de ses roues arrières, mais bon. Rapidement, il retrouve cependant toute sa petite troupe qui est plutôt en bon état (visiblement, les explosions envoyaient juste de la suie), et commence à farfouiller les décombres pour tomber sur de curieux petits cubes blancs, échappés de caisses, traînant en nombre par terre. Comme ça a l’air rigolo, Joe en ramasse un et le fourre dans sa poche : j’espère que c’est un truc radioactif.

Chacun commence donc à se remettre de ses émotions aussi vite qu’il le peut, mais le traumatisme est tout de même présent. Jusqu’à ce que Joe rappelle un élément, lorsque quelqu’un parle "d’accident" : ce n’en était pas un ; il y avait un pick-up sur la voie. Et, comme il en parle, qu’aperçoit la belle équipe au même moment ? La moitié du véhicule, bien coupé en deux, attendant patiemment sur le côté des rails défoncés. Et à bord, le conducteur est encore vivant bien que blessé, et surprise : il s’agit du Dr Woodward, le professeur de biologie des enfants ! D’ailleurs, l’un d’entre eux ajoute même : "Oui, le professeur Woodward, celui qui m’a confisqué un jeu avant de le mettre DANS LE CONTAINER QU’IL LOUE SUR LE PARKING DE L’ECOLE, CLIN D’OEIL!". Hmmm, je pense que ce container va servir plus tard dans le film, allez savoir pourquoi. Moi aussi, j’adore indiquer où se trouve le tiroir à slip des gens que je trouve agonisants.

Attendez, reprenons la scène depuis le début : le mec est arrivé à contresens du train avec sa voiture, et l’a percuté de face, et de plein fouet, alors que tous deux étaient à fond, tant et si bien que ça a produit une énoooorme explosion, qui en a engendré ensuite moult autres (et je ne parle pas de la locomotive qui s’est envolée), sans compter des cascades de wagons qui feraient pleurer les mecs du Cirque du Soleil. Mais ho ! Son pick-up, tel un transformer, a eu la bonne idée de se couper en deux (même en percutant les gens de face ; la partie gauche de la bagnole, plus lâche que la droite, a dû essayer de se barrer avant l’impact), de ne pas ressentir les effets de l’explosion et du choc, d’éviter tout le reste de l’accident et de se poser tranquillement dans un coin, tout en protégeant son conducteur (qui a morflé, mais pas trop) sans même un airbag.

Je ne sais pas ce que c’est comme bagnole, mais je veux la même : à moi, la joie de remonter l’A20 à contresens sans risques (enfin pour moi du moins) !

Bref : le DrWoodward a encore à la main une curieuse carte indiquant le trajet du convoi au travers des Etats-Unis. Parce que non, les papiers, ça ne brûle pas non plus dans les explosions apocalyptiques. Et lorsqu’il revient enfin à lui, reconnaissant avec peine les enfants, il se contente de leur dire qu’ils ont intérêt à se barrer et à ne jamais parler de ça, sinon "ils" vont les tuer, eux et leur famille. "Ils", mais qui ça ? De qui parlez-vous professeur ? De ces dizaines de types qui arrivent en hurlant avec des lampes de poche maintenant que vous venez de les mentionner ? Dites, vous n’auriez pas préféré évoquer, je ne sais pas moi, une centaine de jeunes filles en bikini seulement armées de polochons ? Vous n’êtes vraiment pas constructif. En tout cas, les enfants, eux, fuient, voyant de loin que ce sont des militaires qui sont en train d’approcher des restes du convoi.

Ho, et non : inutile de me demander d’où sortent les militaires, sachant que nous sommes en pleine campagne, qu’on ne voyait pas l’ombre d’une escorte et qu’il n’y a pas eu un bruit de moteur, même lointain, depuis un moment. Ils ont juste fait pouf pouf. Probablement une armée de ninjas.

Nos larrons commencent donc à fuir et à se rediriger en hurlant vers leur voiture, et là, vous me direz "Leur voiture ? Celle qui à qui il manque une roue arrière et qui vient de se prendre un convoi d’explosifs sur le coin du nez ?" : et je vous répondrai : celle-là même. Mais visiblement, un garagiste solitaire a dû passer par là, et ayant 5 minutes à perdre, non seulement il a changé la roue manquante, mais il a viré les débris, refait la carrosserie, fermé le coffre, nettoyé le capot, et probablement passé la peau de chamois : nos loulous peuvent donc s’enfuir sans raison aucune dans une bagnole en parfait état. Au nez et à la barbe des militaires, qui ne leur hurlent même pas de s’arrêter ou quoi que ce soit (ils les regardent juste s’éloigner en fronçant les sourcils, ce sont de vrais professionnels. Et non, ils ne lanceront aucune recherche sur une voiture jaune pisse fuyant les lieux de l’explosion de l’un de leurs convois ; je sais pas, moi, ça m’aurait un peu intrigué quand même, enfin), la petite troupe file donc regagner sa bourgade. Et chacun jure de ne jamais parler de ce qu’il s’est passé cette nuit. Y compris du passage où ils ont demandé à Alice de se mettre à poil pour cette scène où "Un zombie dépanneur venait réparer la photocopieuse". Bref.

Olivier, garagiste-carrossier-ninja chez Carglass

Le lendemain, Charles et Joe se rendent dans un magasin de vidéo tenu par un jeune hippie afin de lui présenter leur caméra, qu’ils ont récupéré sur les lieux de l’accident avant de s’enfuir, et qui semble ne plus bien fonctionner. Celui-ci les informe que s’il peut récupérer le film à l’intérieur pour le faire développer, il ne peut rien faire pour la caméra, dont la lentille est fendue, un remplacement coûtant aussi cher qu’une nouvelle. Encore une fois : elle est forte cette caméra, elle était quand même placée dans un bâtiment qui a explosé suite à l’impact d’un wagon entier de munitions de l’armée, et ça lui a juste "fendu la lentille". Misère, elle devait être faite de la même matière qu’un certain pick-up, dites ?

Joe, lui, se moque un peu plus du problème que Charles ; son but est plutôt et avant tout de revoir la petite Alice, qui fait un peu de résistance après les évènements de la veille, préférant tout oublier. Lui forçant un peu la main ("Elles disent non mais elles pensent oui"), Joe débarque chez elle à l’improviste pour commencer à lui parler et lui demander de revenir participer au tournage du film, mais finalement, son Louis Dainard de père débarque et explique qu’il ne veut pas que le "fils du flic" tourne autour de chez lui, et encore moins de sa fille. Par pur esprit rebelle, elle qui refusait de tourner à nouveau avec la bande de joyeux copains décide donc de dire prout à son père, et accepte de recommencer à voir la troupe des loupiots pour poursuivre la réalisation de leur film foireux. Attendez, je résume :

"Non Joe, j’ai pris une décision, je ne reviendrai pas dessus !
- Mais s’il te pl…
- Non ! Va t-en !
- Bonjour ma chérie : tu as raison et je te soutiens dans ton choix.
- Vite ! Je change d’avis ! Pfiou, un peu plus et j’étais d’accord avec mon père."
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Quelle fine vision de la psychologie adolescente. Je serais Louis, j’aurais vite compris comment parler à ma fille, me remémorant le désormais célèbre syndrome de Jar-Jar Binks : "Chérie, fais bien attention à ne pas mettre la table et à lancer une lessive", "Chérie, ne passe pas le balai", ou encore "Chérie, je t’interdis d’aller me louer des pornos et de me servir de table basse". Mais je digresse, une fois encore ; reprenons donc le fil des évènements : nos héros se retrouvent tous dans un petit restaurants afin de discuter de ce qu’il s’est passé dans la nuit tout en se gavant de milkshake et en se lançant des blagues consternantes, ce qui donne l’impression d’être au milieu d’un anniversaire chez Mc Donald, mais sans la possibilité d’aller chercher son fusil de chasse dans le coffre de sa voiture pour refroidir de bruyants marmots. Evidemment, les deux plus intelligents du groupe sont Joe et Alice, la première commençant à faire les yeux doux au second.

Mais pendant ce temps, les adultes, eux, ont commencé à s’intéresser à cette histoire : l’armée de l’air (puisque c’est elle, ça explique les wagons volants j’imagine) s’occupe elle-même des débris de son convoi, pendant que Jackson Lamb va s’informer sur place de ce qu’est ce bazar, en tant que représentant des forces de l’ordre de sa petite bourgade. Sur place, on a tôt fait de lui dire "Hahaha, non, rassurez-vous, on ne transportait rien de dangereux, hohoho". C’est vrai : un convoi qui transportait des munitions, et où on en voit encore partout… c’est tellement peu dangereux lorsqu’il perd une partie de sa cargaison. Jackson, cependant, soupçonne qu’on lui "cache quelque chose" (mon Dieu, quel sens de l’observation !) et en parle à son shérif de patron, qui évidemment, a lui aussi des répliques de film de 1979 à base de "Mais non, ne nous intéressons surtout pas à ce genre d’histoires, allez plutôt à la pêche, vous êtes fatigué, Jackson, quel Shérif raisonnable s’intéresserait à l’évènement le plus marquant de cette ville de ces 80 dernières années ?". Ce qui n’empêche pas Papa Lamb de continuer à vouloir se mêler de cette sombre histoire : c’est bien le père du héros.

Mais le shérif n’aurait pas dû être aussi naïf (et bedonnant, ce qui dans ce genre de film, pardonne rarement aux adultes) : le soir même, il se rend à la station service du coin pour y remplir son véhicule de patrouille, et s’étonne d’apercevoir nombre de chiens courant de-ci de-là dans les rues, comme fuyant quelque chose. Mais alors qu’il est en train de s’atteler à ravitailler sa voiture, "quelque chose" l’attaque soudain ; quelque chose de plusieurs tonnes, éclatant en partie sa voiture et lui, avant de disparaître : le petit commis de la station service n’a rien vu ou entendu : il lisait avec son baladeur, seulement séparé de la scène du crime par une vitrine. Non, même les vibrations d’un truc gigantesque s’accouplant avec un véhicule de la maréchaussée locale ne l’ont pas tiré de ses rêveries. Il n’arrive donc que trop t… ah, non, attendez : le truc qui a agressé le shérif est encore sur place, et visiblement, c’est très gros et vilain : le jeune homme a beau tenter de s’enfuir en hurlant, il est vite rattrapé et lui aussi, emmené par la bête, probablement pour servir de biscuit apéro boutonneux (une sorte de petit bretzel, mais avec du pus en guise de sel).

Le lendemain, sans shérif, il ne reste plus à la ville que son adjoint, Jackson, pour enregistrer de curieuses plaintes : les chiens semblent tous avoir disparu ; un concessionnaire explique que quelqu’un lui a volé tous ses moteurs dans la nuit, ce qui est impossible sans treuil ou autre, un type explique qu’on lui a tiré son générateur… et personne ne sait comment le voleur a pu réussir son coup. Moi, je sais : vu que le voleur fait plusieurs tonnes et quelques mètres de haut, sans compter que tous les animaux se mettent à réagir bizarrement à son approche, il faut être une sacrée ville de gros cons pour ne rien avoir vu, surtout vu le temps qu’il a dû passer à démonter des moteurs au milieu d’une concession bien à découvert à proximité d’habitations, ce qui en sus, doit faire un peu de bruit. Mais non, rien.

Quelque chose vole des moteurs : sûrement des gitans.

Toute la journée et pour résoudre ce mystère mystérieux (les vols et disparitions, hein, pas le fait que les habitants soient lobotomisés), Jackson et ses hommes enregistrent donc les plaintes et observent l’armée qui va et vient depuis le site de l’accident de train. Mais personne n’arrive à expliquer ce que ces derniers peuvent bien cacher à la population. Or, le temps passe, et de plus en plus d’objets ou de gens se mettent à disparaître. Un habitant se plaint même que "le sol en dessous de son garage commence à s’affaisser" (là encore, c’est casé tellement subtilement : tiens, une plainte qui n’a rien à faire avec les services de la police ? Je me demande si elle ne va pas servir elle aussi par la suite ! ) ; mais une nouvelle donnée importante parvient à Jackson : il arrive à apprendre sur quelle fréquence radio communiquent les hommes de l’armée de l’air. Aussi, grâce au matériel du commissariat, il se met à les écouter pour savoir ce qu’ils mijotent. Malin ! Et la chose porte rapidement ses fruits, puisqu’il entend ainsi les militaires parler d’une opération "Canard Farouche" (le nom original ne me revient pas, mais de toute manière, il ne l’était pas, original). Jackson se rend donc à l’ancienne maison du Dr Woodward, que des militaires sont en train de fouiller (mais ça ne l’intrigue pas plus que ça, alors qu’il sait que l’homme a disparu sans laisser de trace et que c’est la seule disparition qui semble intéresser les militaires), pour y rencontrer le colonel Nelec, le patron du détachement de l’Air Force, afin de lui demander des explications. Et histoire d’être sûr qu’on ne lui cache rien, il tente le bluff en disant "Bien, si vous ne m’en dites pas plus, je parlerai de l’opération Canard Farouche à nos mes amis de Washington" ; le colonel a donc tôt fait de changer de couleur (bien qu’il reste majoritairement kaki), et propose à notre bon policier de passer le voir le soir même au camp que l’armée s’est aménagée à proximité de la ville. Et là, il lui expliquera tout. En passant, Jackson finit par résoudre, du moins en partie, le problème de la disparition des chiens : ils sembleraient que ceux-ci fuient la ville pour se réfugier dans d’autres villes du coin, comme s’ils fuyaient quelque chose. Notre flic y voit l’instinct des animaux qui se manifeste. Moi, j’y vois surtout qu’il ne parle pas des chats, ces connards devant n’avoir rien à faire du danger, trop imbus d’eux-même, et trop paresseux pour faire plus de 30 mètres sans gueuler comme des putois pour qu’on leur ouvre leur boîte de Sheba.

Bon, je vous passe les détails sur le reste de l’intrigue cucu : Alice aime secrètement mais pas trop Joe, Joe aime secrètement mais pas trop Alice, Charlie est jaloux mais compense en aimant très fort un sachet de potatoes, et Jackson & Louis interviennent de temps à autres pour dire à leur progéniture respective de ne pas fréquenter l’autre famille, parce que ce sont des vilains. Deux familles ennemies, un amour interdit, j’ai déjà vu ça chez Shakesp… Twilight. Non, Twilight, j’allais dire une connerie. Si allez, juste pour vos yeux : il y a un passage où notre shérif adjoint préféré s’engueule avec son fils car il passe trop de temps avec ses amis idiots et sa copine interdite, et si la scène n’est pas intéressante, elle a au moins cela de bien qu’on s’aperçoit que par la fenêtre, c’est le même décor que dans la première scène du film, et que nous sommes donc en hiver avec des arbres couverts de neige (alors que tout le film se passe en été). Encore une fois, il ne s’agit pas d’un oubli, puisqu’il est quand même facile de se rappeler qu’il n’y a qu’une seule scène qui se passe en hiver, celle de l’enterrement, mais bien d’un "Les gens ne verront pas, ça va passer, puis comme ça on économisera sur un décor". Quand on a 50 millions de dollars de budget, on peut se le permettre. Surtout quand à côté, on fait exploser des trains dans tous les sens durant 10mn.

En tout cas, voilà : Jackson et son fils sont fâchés ; du coup, pendant que le premier va retrouver le colonel Nelec dans sa base pour discuter un peu, le second va au cimetière pleurer sur la tombe de sa mère. Or, figurez-vous qu’il y reste jusqu’à ce que la nuit tombe (les enfants adorent les cimetières la nuit), et entend soudain du bruit en provenance d’une remise proche ; sûrement un nécrophile en goguette. Il peut cependant voir au travers des fenêtres, de là où il est, la lumière qui s’agite en tous sens, de la terre être projetée, et entend des bruits inhumains. Notre héros décide donc de se barrer de cet endroit fort bruyant, mais en prenant bien soin de ne surtout avertir personne de sa découverte. C’est vrai quoi : ça a tellement peu d’intérêt comme information, à l’heure où toute la ville se demande ce qu’il se passe en son sein. Quel jeune garçon intelligent, ce Joe.

Pendant ce temps, Jackson arrive au petit aérodrome transformé en base militaire à côté de la ville pour y rencontrer son nouveau pote colonel ; sauf qu’à peine est-il arrivé qu’il découvre que c’est un piège : l’armée se contente de l’arrêter et de l’emprisonner, car il gêne un peu leurs affaires. Soit ; et Nelec, lui, qu’a t-il dans son agenda à la même heure ? Et bien lui et son assistant, le sergent Blackamoustache (je vous laisse d’ores et déjà deviner son destin) sont en train d’interroger le Dr Woodward, cloué dans un lit d’hôpital, afin d’obtenir de lui des informations sur comment il a su où le convoi militaire allait passer (une bonne question), et qui d’autre était ou est au courant de ce qu’il transportait (des munitions chargées dans des wagons à suspensions latinos, juste à côté de technologie extra-terrestre et d’un prisonnier alien ; moi aussi, quand je transporte un truc secret, fragile et pouvant révolutionner la technologie, je le range au milieu d’explosifs) ; mais comme le bougre de trublion refuse de coopérer, le colonel demande à Blackamoustache de le tuer (il faut savoir que le Dr Woodward est noir : on évite ainsi les accusations de racisme en faisant que c’en soit un autre qui le tue, c’est très bien pensé dites donc), ce qu’il fait en lui injectant un produit mortel : de la salive de Bogdanov. Le bon Docteur convulse donc un peu avant de s’éteindre.

Mais, la même nuit, Alice se rend chez Joe pour taper à la fenêtre de sa chambre et discuter avec lui (enfin pour commencer : on te voit venir, coquine !) : les deux papotent de leurs parents respectifs, du fait que tous les deux n’ont qu’un papa incompréhensif et pas de gentille maman… quand soudain, le cube que notre héros avait récupéré sur les lieux de l’accident commence à bouger seul… il vibre… puis soudain, part à toute allure, traversant un mur de la maison, pour aller se coller au château d’eau de la ville, quelques centaines de mètres plus loin. Curieux. Mais encore une fois, notre héros s’en désintéresse dans la minute qui suit : c’est tellement banal. Je… ? Enfin ? Ça ne t’intrigue pas plus que ça ? Alice, elle, repart (elle aussi porte aussi peu d’intérêt à ce genre de phénomènes que le héros : leur QI de crustacé commun les rapproche), et en rentrant chez elle, tombe sur son père un peu bourré qui n’apprécie guère de la voir rentrer et sortir de la maison en douce et à pas d’heure ; une conversation assez agitée commence donc, qui se termine en diable de gueulante, poussant la jeune fille à fuir son logis sur son petit vélo. Son père part à sa poursuite en voiture, mais étant dans un état qui ne lui permet pas d’avoir de bons réflexes, il rentre dans une voiture en stationnement. Un peu sonné, il aperçoit alors dans son rétroviseur sa fille être kidnappée par un monstre géant sorti de nulle part : autant vous le dire, ça lui fait bizarre. Il jure donc que ça commence à bien faire, les monstres de l’espace qui viennent chez nous pour voler nos enfants et nos allocs, puis s’évanouit.

Ah, ces aliens autrichiens qui kidnappent les petites filles, c'est terrible

Mais nos héros, eux, n’en savent rien : Joe, le lendemain matin, ne remarquant guère que son père a disparu tout comme sa quasi-petite copine accompagne gentiment son pote Charles au magasin de vidéo pour y récupérer la bande du film qu’ils avaient laissé à développer. Et une fois de retour à la maison, ils découvrent donc la scène qu’ils avaient tournée, suivie du crash du train "dont on ne voit presque rien à cause de toute la fumée". Ah ? Quelle fumée ? Il n’y en avait pas au moment du carambolage. Ni avant, ni pendant, ni après en fait. Disons que ta caméra fait elle-même des montages, alors, mon petit Charles. D’ailleurs, figurez-vous que malgré toute cette fumée imaginaire, la bougresse a filmé le fameux wagon que Joe avait vu remuer avant de se barrer juste parce que ça ne l’intéressait pas. Et sur pellicule, on peut donc voir ce qui en est sorti : une sorte de grosse bestiole de trois – quatre mètres de haut, avec pas mal de bras musclés, qui s’est rapidement barrée. Soit, il faut donc…

… Ho ? Mais quel est ce bruit ? Les sirènes d’alerte de la ville sont en train de se mettre à sonner : l’armée vient de déclencher une opération d’évacuation générale de la bourgade ! Au motif qu’il y aurait un feu approchant de la ville… feu que l’armée crée elle-même avec des lance-flammes pour faire illusion (mais ça, les gens l’ignorent), la bougresse ! Et si certains partent avec leurs propres véhicules jusqu’à un camp de réfugiés dressé par l’armée pour l’occasion, les enfants, comme d’autres, sont emmenés dans des bus spéciaux. Tout irait à peu près bien si arrivé sur place dans une espèce de vaste hangar, Joe ne tombait pas sur Louis Dainard, qui, délirant sur une civière, assure au petit Lamb qu’il a vu Alice se faire kidnapper par un monstre de l’espace. Hmmm, c’est ennuyeux : les monstres de l’espace sont souvent tatillons sur les rançons ; pire encore, et si elle développait un syndrome de Stockholm ? Hein ? Vous y pensez à ça ? Joe oui  : c’est pour ça qu’il veut aller la chercher ; il ne voudrait pas que sa quasi-copine le remplace par un truc d’outre-galaxie ("Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, hein ? C’est parce qu’il a 4 bras, c’est ça ? C’est dégueulasse !")

Vite, il faut agir ! Joe réunit donc sa troupe de copains, dont les seules têtes sont des motifs de violence parentale, et demande qui est volontaire pour retourner discrètement en ville pour essayer de retrouver Alice. Tous le sont, sauf Preston, qui est lâche (ou plus intelligent que nos héros, puisque lui a dû comprendre que quand toute une armée poursuit un monstre pour l’attraper, ce n’est pas la peine d’essayer de faire mieux qu’elle avec une troupe de trou du culs en pleine puberté). Or, pour retourner en ville il faut une voiture… hmmm, Charles a une idée : le mec du magasin de vidéo a une automobile pile comme il faut ; et il se trouve qu’en plus, ce dernier kiffe grave le boule de la soeur de notre petit gros : en demandant à cette dernière de servir d’intermédiaire, il obtient donc de celui-ci qu’il ramène sa fière équipe en ville. En route, donc, car non, aucun militaire ne surveille le camp ou la route menant à la ville, pas plus que les abords ! C’est pas comme s’il y avait une opération en cours, plus ou moins secrète et dangereuse, hein. Joe décide qu’il faut se rendre à l’école : il se dit que si le Dr Woodward avait des informations sur le monstre, il avait sûrement dû les cacher dans le container qu’il loue sur le parking de l’école. Et il pense que les militaires n’ont pas dû penser à le fouiller (c’est vrai que c’est discret pourtant, un container sur un parking, avec toute la population du coin, enfants compris, sachant à qui il appartient). Comme vous vous en doutez, puisque l’idée vient du héros, aussi stupide peut-elle être, elle sera forcément vraie. Mais bon.

Jackson, de son côté, parvient à s’évader de sa cellule sur la base de l’armée grâce à une stratégie sobrement intitulée "J’ai envie de faire pipi, ouvre-moi la porte" ; les militaires n’étant pas formés à ce genre de situation, ils sont rapidement mis à mal par la puissance virile du shérif-adjoint déchaîné, qui se déguise même en militaire en se servant sur l’un des gardes, avant de voler une jeep et de s’enfuir non sans avoir créé une diversion en tirant quelques balles dans un camion-citerne. Ah, et non : les militaires ne cherchent même pas d’où les tirs ont pu venir. Ils supposent sûrement que le camion a décidé de se suicider. Bref, le plus fort de tous les papas parvient donc aux abords de la ville, mais constate donc que celle-ci est en train d’être évacuée ; voyant tous les camions militaires et les véhicules d’évacuation civile quitter la ville vers la campagne, il décide de les suivre pour retrouver ses enfants. Mais en chemin, il ne fera que les croiser sans les reconnaître, puisque eux sont en sens inverse dans la voiture du mec du magasin de vidéo.

Petit détail : s’ils se croisent sans se reconnaître, ils se croisent aussi sans que nos héros ne se disent "Attention, une jeep de l’armée ! Elle ne va pas apprécier de nous voir foncer vers la ville devenue zone interdite !" ; non, à la place, ils s’en foutent. D’ailleurs, le convoi que Papa Lamb a suivi pour trouver la direction du camp lui aussi a disparu en chemin, semble t-il, puisque bon : sinon, tous les véhicules militaires que l’on voyait se seraient sûrement fait un plaisir d’arrêter nos loulous en pleine escapade.

En tout cas, revenons à nos ados en goguette : à peine arrivés à l’école, ils trouvent effectivement sur le parking un container dans lequel se trouvent des tonnes de films vidéos, ainsi que des cassettes audio et des notes de recherches dur Dr Woodward. Quel bel endroit pour les ranger ! Dans un truc vaguement humide, que même des enfants peuvent forcer, et dans lequel il range aussi les jouets qu’il confisque, histoire que des ados aient d’excellentes raisons d’essayer d’ouvrir le truc de force et puissent tomber sur ses recherches top secrètes volées au gouvernement du même coup. C’était vraiment un sacré génie. Non mais ce film. Bravo J.J Abrams. Je rappelle que ce film a été encensé par une bonne partie de la critique.

Avant son container, Le Dr Woodward cachait ses recherches dans ce coffre situé au milieu d'une garderie

Nos loulous s’emparent donc de tout ce qu’ils trouvent, et foncent dans l’école pour visionner tout ça grâce à un projecteur qui trainait, ainsi qu’ à des lecteurs de cassette : du premier coup, ils tombent sur une vidéo (et enclenchent une cassette au hasard encore, qui en plus, est pile calée pour les images qu’ils sont en train de regarder), où l’on peut voir Woodward et d’autres scientifiques faire des tests sur un vaisseau alien écrasé dans un laboratoire. Celui-ci se serait écrasé sur Terre en 1958, et l’alien le pilotant serait venu chercher de l’aide auprès des humains parce qu’il soupçonnait que ça vienne du joint de culasse. Mais eux l’ont retenu prisonnier pour l’étudier, ce qui l’a rendu un peu bougon, sans compter que son vaisseau fonctionne avec une curieuse technologie : des tonnes de cubes blancs qui, une fois assemblés, changent d’apparence pour se transformer en éléments de nef spatiale. Des Lego polymorphes, quoi. Au passage, le professeur donne quelques informations sur la bête : c’est une espèce essentiellement souterraine, qui communique ses pensées via un contact physique. Et le professeur a eu l’honneur de communiquer avec (ils ont bu un verre, puis un autre, et de fil en aiguille, il y a eu un.. heu.. contact) ; il a donc vu ce qu’elle pensait (elle est effrayée et veut juste partir), et elle a vu ce qu’il pensait (que tous les humains n’étaient pas des enfoirés et qu’il adorait porter des bas résille sous sa blouse). Après cela, l’armée l’a renvoyé, car il voulait trop aider la bête, et depuis, il n’a eu de cesse de vouloir la libérer. D’où son plan de jeter sa bagnole contre un train.

Oui, parce que juste saboter les rails, c’était déjà trop malin pour lui. Le pick-up magique avec lui dedans était déjà une idée plus crédible.

Bon, je ne demanderai pas comment le professeur a pu se barrer avec tout son matos de recherches, ou comment cela se faisait qu’il y avait toujours un cameraman pour le filmer en gros plan plutôt que de s’intéresser aux recherches, je crois qu’aucune réponse ne viendra. En tout cas, l’armée, elle, probablement aidée par d’un détecteur a incohérence a repéré ce que les enfants étaient en train de faire et investi l’école pour les en sortir et récupérer le matériel de recherches du Dr Woodward, qu’ils voulaient depuis si longtemps (en même temps, suffisait de venir le chopper dans l’école où il travaillait très officiellement depuis son renvoi de l’armée pour lui demander de rendre ce avec quoi il était parti, si vous le saviez plutôt que de vous dire "Zut, nos recherches top secrètes sont dans la nature : attendons qu’un alien ne s’évade pour commencer à les chercher"). Sitôt qu’ils ont arrêté ces petits fauteurs de trouble, (Nelec et Blackamoustache en personne supervisent l’arrestation, ils n’ont sûrement que ça à faire en ce moment), ils les fouillent, et là encore, pour une raison que je ne saisis pas bien, Blackamoustache s’empare du pendentif maternel que Joe garde toujours sur lui. Pas parce qu’ils leur retirent leurs affaires, hein : non, ils lui prennent juste ça, à lui. Comment ? C’est juste pour dire que les méchants sont maléfiques ? Mais non. Enfin. Qu’allez-vous penser là ?

Nos adolescents préférés sont donc embarqués dans un bus de l’armée pour être emmenés jusqu’à un point d’évacuation. Encore une fois, Nelec et Blackamoustache sont du voyage, à croire qu’ils ont nommé le caporal Roudoudou pour gérer tout le reste de leur opération secrète et que pendant ce temps, ils peuvent s’occuper d’escorter un petit gros et ses potes vers un coin de campagne où se promener. D’ailleurs, bien qu’un alien en colère de plusieurs tonnes rode dans la nature, aucune escorte n’a été prévue. Ah. Sinon, vous êtes l’armée de l’air : il parait qu’avec un hélicoptère, on va plus vite, que c’est plus efficace, et qu’en plus, ça évite de se faire attaquer sur la route. Ho, et éventuellement, ça peut même servir à voir un alien de loin : surtout, ne vous en servez pas.

Et donc, sur une route de campagne déjà bien loin de la ville, l’alien (ne me demandez pas ce qu’il fout là au milieu de nulle part) attaque le bus de nos héros et le fait se renverser sur le côté ; rapidement, le peu de soldats à bord se fait cordialement arracher la tronche dans une série de hurlements plus ou moins horribles, et alors que nos adolescents favoris parviennent à s’échapper du bus en passant par une vitre brisée, l’alien, lui, rentre à l’intérieur pour tuer Blackamoustache (c’était ton destin) ainsi que le colonel Nelec, qui lui se fait passablement déchiqueter dans des gerbes de sang (parce qu’évidemment, les balles ne font pas grand chose à la bête, comme dans tous les films).

Je crois qu’à ce moment là du film, je me demandais si un jour, on enseignerait ce film dans les écoles de cinéma à la catégorie "ratages", en expliquant qu’une histoire enfantine cucu avec une romance navrante entre des marmots, ce n’était pas pour les adultes, et que les gens qui se font déchiqueter par des monstres de l’espace, ce n’était pas pour les enfants : en mélangeant les deux, on était donc sûr de décevoir les deux publics. Mais au moins, voilà : quelqu’un a essayé. Bref, que disais-je ?

Ah oui : nos héros restent un moment planqués dans la campagne à attendre que l’alien finisse par arrêter de s’acharner sur le bus et s’en aille, ce qu’il finit par faire au grand soulagement de la petite troupe. Puis, ils finissent par voir arriver une voiture : celle de leur pote du magasin de vidéo. Curieusement, il arrive dans le sens inverse de celui du bus (donc, comme s’il venait de la campagne pour se rendre en ville, alors qu’il était DÉJÀ en ville ; heu…), a visiblement encore esquivé toutes les patrouilles de l’armée, savait sur quelle route se rendre et savait aussi que les enfants auraient besoin d’un véhicule, en plus, déjà orienté vers la ville. Il est fort. Ou alors, c’est un des deus ex machina les plus pourris de l’histoire.

Le Colonel Nelec est un vrai adulte : quand il ment, il croise les doigts dans son dos

En tout cas, retour en ville pour la fine équipe (qui visiblement, a toujours envie d’en découdre avec un alien qui semble tuer tout le monde sans soucis, y compris des adultes armés et entraînés. D’accord : je pense que ces enfants sont soit très cons, soit complètement dépressifs), qui découvre alors que la situation est critique : l’armée est en ville avec chars (c’était pas l’armée de l’air ?) et tout le matériel. Le plan génial de Nelec pour capturer l’alien était donc le suivant : faire évacuer la ville pour mieux pouvoir s’y promener avec les blindés & co pour capturer la bête après y avoir placé des appâts pour l’attirer, c’est à dire, les caisses de "cubes" dont l’alien a besoin pour refaire son vaisseau… hmmmm… je relis… hmmm oui, j’ai bien lu : ils ont un appât mais ils le posent au milieu d’une zone habitée pour avoir un maximum de problèmes, devoir faire évacuer toute une population et accessoirement perdre en mobilité. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurais posé l’appât dans un petit coin de campagne sympa avec une bonne ligne de vue dégagée. Enfin encore une fois : je ne suis pas militaire, je ne dois pas comprendre la subtilité qu’il y a à se coller tous les handicaps possibles. Je pense qu’ils ont le même stratège que dans Avatar.

En tout cas, la ville est parcourue d’explosions en tous genres (je vous avais dit que J.J Abrams était lâché), puisque tanks, lances roquettes et mitrailleuses "se mettent à tirer seuls, tout est hors de contrôle !" dixit un militaire hurlant dans sa radio. Ok, donc on va prendre l’exemple dans un char, véhicule qui a un canon à un coup, pour que tout le monde saisisse bien la situation.

"Nos armes sont hors de contrôle !
- En effet, le canon tire tout seul.
- Remettez un obus dedans pour voir ?
- C’est f… ah, bah voilà, ça l’a refait.
- Remettez en un autre ?
- Je ch… oups, tenez, encore un coup ! Ho ! Pardon madame, hein, on voulait pas vraiment vous exploser la tronche ! Désolé !
- Essayez encore ?
- Rhooo, on vient de faire sauter ce charmant pavillon ! C’est vraiment trop ballot !
- Préparez un autre obus, histoire de ?"

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Voilà voilà : toutes les armes sont hors de contrôle, mais les mecs continuent quand même de les charger en boucle. Je dirais bien que cette séquence ne servait à rien à part à cramer le budget effets spéciaux encore un peu plus, mais je serais mau… ah, mais au temps pour moi, je le suis : cette séquence est juste là pour que M. Abrams fasse exploser des trucs. Y compris son propre scénario. Bravo.

En tout cas, les enfants, eux, font semblant de rien et se contentent de courir au milieu des obus et des balles, sans que personne ne leur hurle de se mettre à l’abri ou ne les pousse à couvert : les soldats se contentent de passer à côté en courant sans rien dire.  Au final, une explosion finit tout de même par faire un peu bobo au jeune Martin, et Charles est donc désigné pour rester avec lui et en prendre soin. Pendant ce temps, Carey et Joe vont aller là où notre petit héros pense que l’alien se cache : dans la remise près du cimetière (mais si, vous savez, celle où il avait vu et entendu plein de trucs bizarres mais avait décidé de n’en parler à personne) ! Après tout, si c’est une espèce souterraine, peut-être est-ce l’un des points d’entrée vers sa tanière ; serrant fort dans sa petite main le pendentif de sa maman (qu’il avait fini par récupérer sur le cadavre de Blackamoustache après l’attaque du bus), notre loulou et son copain arrivent donc sur place et, en effet, constatent qu’il y a une entrée vers un tunnel digne du Vietcong là-dessous. Allez, hop : ni une, ni deux, en avant, sus à ce vilain communiste !

Et effectivement, la bête a créé moult tunnels… qui tous, donnent au même endroit : une grande salle dans laquelle l’alien a réuni tout ce qu’il a attrapé à la surface pour essayer de se faire une machine avec : les moteurs sont combinés les uns avec les autres, des conduits sont réalisés de bric et de broc… bref. Mais surtout, il y a des humains ! Suspendus tête en bas depuis le plafond, et inconscients comme il se doit, ils attendent avec impatience que deux morveux viennent leur sauver la vie. Et parmi eux, il y a bien entendu… Alice. Qui a du bol, parce que bon, hein, nos héros s’aperçoivent aussi d’un truc : il y a d’autres humains, mais plutôt en morceau et à demi-mâchouillés un peu partout. Quelle créature barbare : elle n’utilise même pas de couverts, c’est un monde, ça !

Mais Joe a pendant ce temps une superbe idée de stratégie : Carey va utiliser les énormes réserves de pétards qu’il a dans son sac à dos et s’en servir pour attirer l’attention de la bestiole ; sitôt cela fait, il devra courir, et vite, pendant qu’il se fera courser par un truc ultra-violent et anthropophage. Pendant ce temps, et passant par un autre tunnel, Joe arrivera discrètement et libérera les humains survivants pour fuir, passant ainsi pour le héros libérateur pendant que son pote servira juste d’appât aux chances de survie limitées. Carey étant un peu con, il accepte le plan.

Et évidemment, ça marche à merveille, puisque l’alien se met à courir dans le tunnel d’où lui parviennent les bruits des pétards, et Joe a le temps de libérer Alice, le shérif et une habitante qui n’avait rien demandé à personne, tous trois les derniers survivants du bestiau. Sitôt au sol, ils reprennent connaissance et commencent à courir pour se sortir de là. Parce que oui : on peut passer plusieurs jours tête en bas, en être inconscient, et galoper comme un cabri sitôt remis dans le bon sens. Essayez chez vous.

"Ah oui, en fait, j'aurais indiqué cette remise aux autorités sitôt que j'avais vu des trucs bizarres dedans, j'aurais évité bien des morts inutiles"

Donc, tout le monde galope follement dans les couloirs, et d’intersection en intersection, on finirait même par s’y perdre ; la fine équipe retombe finlament sur Carey, et hélas, sur son poursuivant visiblement fort mécontent que l’on essaie de lui voler son goûter. On le comprend. Une course poursuite débute donc, mais la bête étant bien plus rapide que nos galopins, elle a tôt fait de se saisir des deux adultes et de les balancer derrière elle avant de partir courser les enfants qui eux, continuent de fuir. Sauf que finalement, tout le monde débouche sur un cul-de-sac. Hmmm… que faire ? Que… qu’est-ce qu’un enfant de cinéma américain a avec lui comme arme quoi qu’il arrive ? Moi je sais :

Pléthore de discours cucus.

Celui de notre héros va donc tenir en deux phrases : "Moi aussi, il m’est arrivé de mauvaises choses" et "Mais on peut continuer de vivre". La bête attrape donc Joe pour communiquer avec lui, et, voyant que son coeur est pur (enfin, tant qu’on ne parle pas de ce qu’il compte faire à la petite Alice), décide de lui aussi devenir gentil. Je ne déconne pas : l’alien a été vaincu par deux phrases que l’on doit pouvoir trouver écrites en rose fluo dans des agendas de collégiennes. Et pour signifier qu’il devient gentil, je… comment vous l’annoncer… asseyez-vous.

Voilà, vous savez, l’extra-terrestre ? Bon, il a des yeux. Des yeux plissés, méchants, sans pupille… le truc de gros vilain, donc. Et bien figurez-vous que sitôt qu’il a décidé de comprendre l’amour, l’amitié et la gentillesse, il s’avère que cette apparence de ses yeux est en fait juste une paupière de protection, et qu’en-dessous il a… des yeux tout rond, tout beaux, avec une grande pupille dilatée façon chat de Shrek. On entend limite le "Hoooooooo" ému des enfants. Mais hélas interrompu par le bruit d’un moteur qui démarre.

En effet, l’espèce de machine chaotique que l’alien a conçu semble se mettre à fonctionner, et bientôt, là, dehors, tous les objets métalliques de la ville commencent à s’envoler : battants de boîtes aux lettres, puis boîtes de munitions, s’ensuivent les fusils des soldats, qui se contentent de regarder, ébahis, et enfin, même, certaines voitures. Tout cela semble se diriger vers le château d’eau et s’accumuler dessus comme sur une sorte d’aimant géant.

Moi, personnellement, j’aurais balancé une grenade. Elle serait allée droit au but sans se forcer.

Et puis soudain, ce sont tous les conteneurs contenant les petits cubes blancs extra-terrestres, qui avaient été amenés là pour servir d’appât, qui s’ouvrent et foncent en volant vers le château d’eau ; les gens sont obligés de se jeter à terre pour les éviter, ce qui donne un plan très intéressant dans lequel les enfants se jettent au sol à un endroit où il reste du verre fraîchement brisé suite à une cascade précédemment jouée : heureusement qu’à Hollywood, le verre est en sucre, sinon les marmots auraient eu l’air moins mignons en se relevant la gueule lacérée. Dommage.

Sur ces entrefaites, Papa Lamb arrive, puisqu’il avait appris que son fils était en ville par Preston, le gamin de la bande qui était resté au camp de réfugié. Il a emmené avec lui Papa Dainard, et ensemble, sur le trajet, ils sont devenus amis, car le reproche que Lamb faisait à ce dernier était simple : il buvait, et le jour où sa femme a eu un accident à l’usine, c’est parce que Louis était trop bourré pour tenir son poste et qu’elle avait dû prendre sa place. Mais là, ça y est, maintenant, il a compris : Louis aussi est malheureux de ce qui est arrivé, et ils pourraient tous les deux être amis, et leurs enfants copuler ensemble comme jamais il n’y eut copulation.

A gauche, l'alien méchant, à droite, l'alien choupinet. Tout est dit.

Tous, ensemble, ils se retrouvent, se pardonnent, s’aiment (et c’est beau), et regardent en direction du château d’eau où les cubes commencent à former des parties de vaisseau spatial…  de moins en moins d’objets semblent attirés sur le château d’eau (mais toujours pas l’appareil dentaire pourtant bien métallique de Carey : c’est dommage, j’aurais voulu le voir hurler de douleur), jusqu’à ce qu’enfin, un dernier soit appelé : le pendentif de maman Lamb que Joe a toujours avec lui ; ce dernier comprend que l’alien veut ce beau symbole pour partir, ou un truc du genre, et Joe le laisse filer vers le château d’eau (autre théorie : le visiteur voulait juste le faire chier, et c’est un fameux rabouin de l’espace), et sitôt que cette dernière pièce a touché ce grand puzzle, le château se compresse et explose, et le vaisseau spatial qui a achevé de se former dessus, et dans lequel l’alien a pris place, finit par décoller sous le regard attendri de tout le monde ; on entend alors les violons pendant que l’engin s’élève vers le ciel sous le regard ému de la population, et avant qu’on ne puisse voir la scène ou les chasseurs de l’armée de l’air ne l’abattent pour éviter qu’il ne retourne chez lui chercher du renfort…

FIN

Paradoxalement, à la fin du film, ils diffusent le mini-film complet de Charles & co sur le thème des zombies, et en fait, c’est probablement mieux réalisé et tenu que le film lui-même.

Chapeau.

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A peine le téléphone avait-il été raccroché qu’à nouveau, il se mit à sonner ; Steven sentit une goutte de sueur perler sur sa tempe, alors que sa main s’arrêtait au-dessus du combiné, hésitant à décrocher. Le devait-il ? Enfin, il était un adulte, rejeter ses responsabilités était hors de propos ; après avoir pris une grande inspiration, il décrocha le téléphone d’un geste souple.

"Allô ?
- Oui, c’est encore Jiji ; je voulais te dire : ton projet, il est génial. Mais si tu veux, on pourrait aussi commencer à bosser sur d’autres, parce que j’adore ton travail, mec ! Je pensais par exemple à Hook, on pourrait faire une suite, avec Peter Pan qui est kidnappé par le gouvernement pour…
- Ecoutez Monsieur Abrams, il ne faut p…
- Non, attendez, j’ai mieux, j’ai mieux ! On pourrait faire la Liste de Schindler 2, sauf qu’au moment où les juifs sont mis dans le train, celui-ci est percuté par un half-track qui…"

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J.J Abrams, pris par son discours, n’entendit qu’à peine le bruit du combiné que l’on lâchait, suivi du son caractéristique d’un Steven Spielberg cavalcadant en pantoufle pour fuir son salon en hurlant.

Le pauvre homme l’avait appris à ses dépens : il y a des portes qu’il vaut mieux ne jamais pousser.

3:17

Les chiffres flottent dans la pénombre, à quelques mètres de mon lit. La bouche pâteuse et l’oeil embué, je tente de reprendre mes esprits et de chasser les quelques songes encore présents pour me concentrer sur mon ouïe. Quelque chose m’a réveillé, mais quoi ? J’aurais juré… Non, j’ai dû me tromper. Allez, on se rendort.

"… petit train..."

Ah ! Qu’est-ce que c’était ? On aurait dit l’écho étouffé de festivités ! D’où cela pouvait il bien provenir ? Je tendais l’oreille.

"… Serpentin, de bois et de ferraille…"

Par les bajoues d’Arlette Chabot ! On dirait que ça vient de la cave ! Vite, ma robe de chambre, si ça se trouve, c’est la fille que j’y ai mis la semaine dernière qui tente un truc pour appeler à l’aide. Ou alors, un cambrioleur maladroit ; dans tous les cas, une lampée de brandy et un maüser m’aideront à aller éclaircir ce mystère. C’est donc avec mille précautions et une arme chargée que j’approchais de la porte menant à mon hypogée domestique, notant la lueur étrange et rosâtre qui filtrait au travers du seuil.

"… Train de la mort, mais que fais-tu ?…"

Que se passait-il là dedans ? Quels mécréants avaient investi mon cellier ? Etait-ce une rave party improvisée ? Une réunion de squatteurs en quête d’un abri à l’approche du froid hivernal ? Ou bien, qui sait, une bacchanale d’étudiantes n’attendant que ma personne pour pouvoir véritablement commencer l’orgie tant attendue ? Poussant la porte du canon de mon arme, je vis alors…

Les Rita Mitsouko.

Au moment où j’appuyais sur la gâchette et que je sentais mon arme tressauter dans ma main, je me réveillais hurlant, en sueur, une expression mêlant surprise et terreur sur le visage ; presque aussitôt, je basculais vers un sentiment d’apaisement en constatant que tout cela n’avait été qu’un mauvais rêve. Dans un long soupir, je me détendais donc à nouveau, jetant un coup d’oeil furtif à ma table de nuit où un curieux objet attira cependant mon attention ; un papier à l’apparence de parchemin froissé avait été déposé à proximité de mon radio-réveil ; on pouvait y lire : "Ca fait un moment qu’on s’est pas fait un ciné ; tu trouveras ci-joint un ticket pour la séance de 18h demain. Bisous, Satan. P.S : Désolé pour les Rita Mitsouko dans ton sous-sol, je pensais que ça te ferait marrer"

Hmm. Demain, avant 18h, il faudrait que je pense à nettoyer ma cave.

 

L'affiche : c'est du vol ! Le train n'est pas nucléaire et ne transporte rien qui le soit, le film dure 95 minutes et non 100, et le train fait 5 000 tonnes, pas 10 000. Publicité mensongère !

Ainsi donc, je suis donc allé voir Unstoppable, formidable épopée ferroviaire qui, sachez-le, est une création de l’ami Tony Scott. Un nom qui devrait éveiller chez certains d’entre vous (au moins) un fabuleux souvenir : Top Gun. J’ose supputer qu’à la base, il a voulu tenter le même film, mais avec des trains ; et puis quelqu’un a dû lui dire que ça allait être moins palpitant : du dog fight sur rail, c’était tout de même plus compliqué ("Maverick, attention, il y a une locomotive dans tes six heures ! Décroche ! Nom de dieu, vite, manoeuvre évasive !"). Et puis faire l’amour sur Take my breath away vêtu d’un gilet fluo de cheminot, ça a quand même un poil moins de classe.

Unstoppable, c’est donc l’histoire d’un train sans conducteur ni freins qui trimballe moult produits toxiques, et que personne ne semble pouvoir arrêter. Personne ? Non ! Un chauffeur et un chef de train vont tout faire pour tenter de sauver une ville de la terrible tragédie qui la guette ; y arriveront ils ? Spoilons !

Notre histoire commence, et c’est original, lorsque l’aube se lève sur une paisible gare américaine, où moult trains attendent que l’on vienne s’occuper d’eux et les faire voyager aux quatre coins du continent. Cela tombe bien, puisque dans une chaumière pouilleuse, un homme en slip kangourou ostensiblement souillé s’éveille : Will Colson, pauvre bougre qui squatte chez son frère et n’a visiblement pas la vie dont il rêve. Ce matin, il a rendez-vous pour une belle journée de labeur, car en effet, Will est chef de train dans une compagnie locale. Mais avant de se rendre au travail, notre héros (qui est jeune et beau, comme de bien entendu) s’en va espionner une femelle blonde qui emmène son enfant à l’école : sa meuf, comme on dit dans les caves des immeubles bien fréquentés. Visiblement, ils sont brouillés puisque Will se contente de l’observer de loin depuis son énorme pickup (idéal pour les séquences où l’on veut être discret), et lorsqu’il tente de l’appeler, cette dernière ne répond pas. Bref, en un mot comme en cent : Will a la loose.

Mais avoir la loose n’empêche pas d’aller travailler : aujourd’hui, l’ami Colson est en équipe avec un chauffeur de locomotive qui a roulé sa bosse : Frank Barnes, un des anciens de la boîte, qui est curieux d’aller travailler avec un petit jeune. Lui et ses autres amis vieux passent leur temps à geindre autour d’une table dans leurs vapeurs urinaires que les jeunes, c’est nul, parce que comme ils coûtent moins cher, on vire les vieux pour en engager. D’ailleurs, le cas de Will est un peu particulier : toute sa famille travaille dans la même compagnie et appartient au syndicat local, autant vous dire que son recrutement sent le piston pour les vieux barbons.

Pour vous résumer simplement la chose, Will est perçu comme le Jean Sarkozy local. C’est assez sale.

Pendant ce temps, dans la gare, un autre homme s’active : Dewey. Il est petit, gros, et visiblement pas très malin (afin de le faire comprendre subtilement au spectateur, on le représente comme un fainéant qui passe son temps à manger et à râler lorsqu’on lui demande de faire son travail), et aujourd’hui il a une mission : bouger des rails le train numéro 777 pour le mettre sur une voie de garage.

Oui, je sais, 777. Comme dans 666, mais pas trop non plus pour ne pas que ça se voie. Chut maintenant, concentrez vous vils lecteurs au lieu de faire des remarques désobligeantes. Vous allez me faire perdre le fil.

Donc je disais… oui, Dewey a pour mission de bouger le train des rails ; pour information, le train fait près de 800 mètres de long, comporte moult produits chimiques dangereux, et gène actuellement là où il se situe. Aussi, lorsque le chef de gare braille sur la radio "Alors Dewey, tu vas le bouger ton gras ? Vire moi ce train de là où il est!", ce dernier s’exécute péniblement, assisté en cela par son pote Jean-Jacques. Au moment de démarrer le train, ce dernier signale à Dewey que "Attention gros, les freins à air, ceux qui se déclenchent pour freiner automatiquement le train en cas de problème, ne sont pas branchés : laisse moi 30 secondes et je te règle ça, surtout ne démarre pas"

 

Moi je dis ça, je dis rien.

Hélas, Dewey, allez savoir pourquoi, est passé en 30s du mode "Je traine comme un gros porc" à celui de "Je vais faire mon travail très vite afin de satisfaire mon supérieur" ; aussi, il dit à Jean-Jacques "Pas la peine, c’est juste pour le mettre sur une voie de garage". Et il démarre le train. Sauf que voilà : l’aiguillage sur la voie de garage a été mal fait, et il faut que quelqu’un aille abaisser le levier manuellement pour régler la question. Sur sa radio, Jean-Jacques dit à Dewey "Je vais le faire, freine 30 secondes, surtout, ne descend pas de la cabine pour le faire toi-même". Hélas, non seulement Dewey est soumis au syndrome de Jar-Jar Binks (que mes lecteurs assidus connaissent à la perfection), mais en sus, j’insiste, lui qui était incroyablement fainéant, petit et gros déclare "Haha, non, pour faire mon travail encore plus vite et satisfaire mon chef, je vais descendre de ma cabine, courir comme un sportif alors que je déteste ça, qu’il fait froid et que je pourrais rester le cul sur mon siège au chaud, activer le levier de l’aiguillage, courir après mon train, le rattraper, remonter dans la cabine et ainsi avoir la satisfaction du devoir accompli".

Hélas, tout ne se passe pas comme prévu : notre bonhomme descend de sa cabine, court jusqu’à l’aiguillage, baisse la manette (mais apparemment, ça ne fait rien puisque le train continue tout droit ; pourquoi ? On ne le saura jamais), court après son train pour le rattraper, sans savoir qu’à l’intérieur de la locomotive, une manette s’est activée toute seule (c’est très commun ; chaque gare dispose d’ailleurs d’un exorciste pour ce genre de situation, mais aujourd’hui, il était en RTT à Pornic), et le convoi se met donc à accélérer doucement ; juste assez pour que notre petit gros ne puisse pas courir assez vite pour regagner sa cabine, en fait.

Alors évidemment, vous allez me dire : "en plein milieu d’une gare de triage, un train qui part à 10 à l’heure tout seul, tu dois avoir 30 cheminots prêts à intervenir s’ils sont témoins de la situation". Et vous avez raison ; sauf que là, que font ils les cheminots ?

Ils applaudissent.

Oui, vous m’avez bien lu : ils voient un train partir seul, avec plein de wagons marqués "produits toxiques" en gros, et que font ils ? Ils gueulent "Bien joué, Dewey !" en rigolant et en tapant dans leurs mains. Entre Jar-Jar Dewey, l’employé fainéant qui fait soudainement du zèle, la locomotive possédée qui abaisse ses manettes toutes seules et les cheminots idiots, voilà un film qui commence très fort. Et de manière très cohérente, comme toujours.

Mais revenons-en à Will et Frank : de leur côté, leur mission du jour s’avère passionnante : ils doivent prendre la locomotive 1206 et se rendre dans une usine pour aller y chercher moult wagons avant de revenir. C’est le moment d’en apprendre plus sur nos deux héros, puisque Will reçoit un coup de fil de son frère qui l’informe qu’aujourd’hui va avoir lieu l’audience pour voir si "l’injonction de 30 jours" va être reportée ou non ; vous l’avez compris : Will n’a plus le droit d’approcher sa meuf et son fils, ce qui l’empêche de copuler mais je ne précise pas avec lequel des deux. Qu’a t-il fait ? Hmmm… je me demande si nous le saurons. Frank, lui, s’aperçoit qu’il a oublié l’anniversaire d’une de ses deux filles : il tente bien de se rattraper, mais la jeune effrontée lui fait la gueule et refuse de prendre ses appels : ha, voilà deux hommes préoccupés par leurs familles respectives (ou plutôt par leurs jouvencelles : les femmes, quels nids à emmerdes) ! Dans tous les cas, ils se retrouvent ensemble dans la cabine de la 1206, et on découvre surtout qu’ils sont unis par un terrible secret : ils doivent utiliser un dentifrice à base de plutonium pour avoir des dents aussi brillantes. Mais passons.

De son côté, Connie Hooper, la patronne de la gare de triage, arrive au travail avec moult gâteaux pour accueillir des enfants en excursion scolaire venus visiter les lieux. Hélas, à peine est-elle arrivée que Dewey déboule en lui disant que haha, heu, bon, hem, figurez-vous que, hihi, j’ai disons, paumé un train. Le 777. Alors Connie, elle râle un peu parce que bon, raaah, c’est gros un train quand même, merde alors, ça se perd pas comme ça. Elle donne donc l’ordre à Dewey et Jean-Jacques de prendre une sorte de voiture montée sur le rail, de rattraper le train, de monter à bord et de l’arrêter. Et plus vite que ça. Dans le même temps, et pour plus de sécurité, elle appelle Ned, un soudeur qui n’avait rien demandé, et lui ordonne de se rendre en urgence en voiture à aiguillage sur le chemin du train pour l’envoyer sur une voie de garage.

 

Les filles de Frank travaillant chez Hooters, elles avaient sûrement de quoi arrêter n'importe quel train.

De tout le film, TOUS les aiguillages seront changés par ordinateur, à distance, parce que bon, c’est le XXIe siècle quand même. Mais allez savoir pourquoi, celui-là, il faut encore le changer à la main. Et il n’y a aucun employé pour le faire, elle doit appeler un soudeur à 10 bornes de là en urgence. C’est tout à fait logique. Elle fait comment d’habitude quand elle en a besoin ? Elle y envoie des mecs en hélicoptère ? Allez, fermons les yeux, là encore.

Tiens mais au fait, que devient notre excursion scolaire, celle dont nous parlions tout à l’heure ? Et bien figurez-vous que celle-ci se déroule en train : une petite locomotive et deux vieux wagons rénovés emmènent les enfants vers la gare de triage ; évidemment, tous les archétypes sont là : les enfants sont espiègles, mais répètent tous en choeur et en souriant ce que l’animatrice du voyage leur apprend ; ils sont souriants, ont des rires cristallins et disposent tous de têtes qui donnent envie de leur tirer des balles à sanglier sur chaque joue. Dans tous les cas, ces putassières innocentes créatures ignorent que sur la même voie que leur train, arrive à contresens le convoi 777 qui lui est à pleine vitesse. A la gare de triage, Connie joint le conducteur en urgence sur sa radio pour l’informer qu’il doit immédiatement trouver une voie de garage, puisque sinon, les enfants et lui risquent de se prendre 800 mètres de train sur le coin de la gueule, ce qui pourrait s’avérer potentiellement douloureux.

Pendant ce temps, la locomotive 1206 est en manoeuvre ; loin de toute cette agitation, Frank et Will font connaissance et parlent de leurs familles ; on sent bien que le jeune Colson cache son érection lorsque le vieux chauffeur lui apprend que ses deux filles de 18 et 19 ans paient leurs études en travaillant comme serveuses chez Hooters, célèbre chaîne américaine qui comme son nom l’indique, n’engage pas trop de damoiselles trop plates et aime les uniformes moulant. Et bien loin de ces considérations, nous retrouvons Ned, le soudeur solitaire, qui attend patiemment à son aiguillage. Hélas pour lui, aucun train ne vient ; il croise juste le véhicule de Dewey et Jean-Jacques, et comprend l’affreuse vérité : il est arrivé trop tard pour l’aiguillage, ce qui signifie que le 777 doit aller drôlement vite pour qu’il puisse l’avoir raté ! Aussitôt, il appelle Connie à la gare de triage pour l’informer que son gros train de 800 mètres, non seulement il n’y a personne à bord, mais en plus, il avance à fond les ballons, bien plus rapidement que prévu. Accessoirement, bien que Dewey et Jean-Jacques parviennent à rattraper le train, ils n’arrivent pas à monter à bord et abandonnent la poursuite. Le 777 continue donc sa folle aventure. Sacré lui.

Et effectivement, le bougre va vite, puisqu’au détour d’un virage, le convoi de nos amis scolaires voit un gros train rouge lui arriver droit dans la face ; heureusement, c’est pile au bon aiguillage que la chose arrive, aussi l’équipée d’écoliers est elle bifurquée juste au bon moment, et évite ainsi de 3 centimètres le choc avec la locomotive folle. Oui, c’est un film américain : jamais personne ne fait les choses dans les temps ; tout arrive toujours piiiiiile au dernier instant. En même temps, les enfants ne pouvant pas mourir dans ce genre de film, tout comme les animaux, on était pas trop inquiet pour eux.

En tout cas, Connie est rassurée : les enfants sont en sécurité sur la voie de garage maintenant. Par contre, elle commence à lâcher quelques flatulences un peu liquides lorsqu’elle apprend que son supérieur, Jean-Bob, gros et vil, a eu vent (aucun rapport avec les émanations précédemment citées) du train fou : elle se fait donc passer un savon. Par un curieux hasard (encore un), il se trouve qu’elle a avec elle un inspecteur fédéral en charge de la sécurité du rail, venu dans le cadre de l’excursion scolaire, et qui, figurez-vous, connait parfaitement les propriétés des produits toxiques transportés par le train ; pour synthétiser un peu la chose, sachez que ceux-ci, en cas de gros choc, feront non seulement boum, mais brûleront fort, longtemps, et en plus en envoyant des trucs toxiques un peu partout ; c’est assez ennuyeux. Ca ressemblerait à peu à une crémation d’un frère Bogdanov.

Pour Connie, la meilleure solution est la suivante : faire dérailler le train tant qu’il traverse la campagne, et éviter qu’il n’atteigne les agglomérations où il pourrait faire trop de dégâts, car tout au bout de la ligne se situe un viaduc qui effectue un virage juste au-dessus de réservoirs d’essence, et un train arrivant trop vite tomberait et provoquerait une grosse, grosse explosion. Surtout s’il transporte en sus du vilain produit toxique. Mais Connie, son avis, tout le monde s’en tape, car étant femelle et basanée, elle appartient à deux minorités à la fois. Et non, double négation ne fait pas forcément un positif, vous l’avez pensé, je le sais.

Dans le même temps, la presse a eu vent de l’affaire ; un hélicoptère suit donc le train fou, et petits schémas à l’appui, présente en direct son trajet au travers du pays, expliquant qu’en cas de crash, ce sera "la plus grande catastrophe de l’histoire de la Pennsylvanie" (probablement juste après une histoire de poules volées et de l’incendie de la grange du vieux Mc Andrew) ; la journaliste se sent par ailleurs obligée d’ajouter "le train 777 que certains ont déjà surnommé le "triple sept"" : oui, en même temps, c’est son nom, ça a pas dû trop vous fatiguer de le trouver celui-là. Donc bon. La police a commencé, de son côté, à bloquer tous les passages à niveau, mais c’est sans compter sur la presse qui décide d’arriver sur l’un de ces passages pour garer son camion pile là où il ne faut pas ; et sans compter aussi sur un type qui roule en réglant sa radio et qui ne regarde pas devant lui. Et sans compter sur un camion de transport de chevaux qui…

Oui, moi aussi toutes ces coïncidences, ça finit par me lasser.

 

1 million de tonnes cette fois ! Non mais stop ! Ce n'est plus un train, c'est un substitut pénien !

Enfin : en tout cas, le type qui règle son autoradio percute le camion de la presse, camion qui va empaffer celui qui transporte les chevaux, dont la remorque se retrouve bien évidemment envoyée sur la voie. Attention, je le disais plus haut, nous sommes dans un film américain, sachant que les enfants ne peuvent pas y mourir, pensez vous que des chevaux puissent ? Evidemment que non : ils traînent, ils renâclent, ils paniquent et se cabrent sur les voies malgré les efforts de leurs propriétaires pour les en retirer, évidemment pile au moment où le 777 arrive mais… à une demi-seconde du choc, les animaux s’écartent finalement et c’est une remorque vide que le train percute de plein fouet, poursuivant ainsi sa course folle. Je sais, c’est incroyablement surprenant. Je vous ai senti contractés jusqu’à la fin de ce paragraphe ; voilà, détendez-vous. Et mettez votre dos droit, vous êtes mal assis. Ah, mais.

Bon, c’est pas tout ça, mais je sens que vous vous demandez ce qu’il advient du convoi 1206 ? Et bien sachez que nos deux galopins sont arrivés à destination et accrochent les wagons qu’ils sont venus chercher ; hélas, cette grosse andouille de Will passe son temps à passer des coups de fil perso en cachette pour savoir ce qu’il en est de l’audience qui doit déterminer ou non s’il a le droit d’approcher sa femme. La réponse lui parvient rapidement : c’est un échec, il n’a toujours pas le droit d’aller la voir. L’esprit embrouillé, il ne fait pas attention et accroche 5 wagons de trop à sa locomotive : quelle erreur ! Dans la cabine, Frank lui fait remarquer, et la réponse de Will fuse "Haaan mais c’est ta faute, tu fais chier, tu me déconcentres, tu m’aimes pas parce que je suis un jeune et que j’ai la prostate qui marche, sale enfoiré de vieux". Autant vous le dire : ça jette un froid. A noter ce héros très mature qui, merdant parce qu’il passe des coups de fil perso, accuse son coéquipier qui n’a rien fait de mal faire son boulot. A tel point qu’il ajoute d’ailleurs "et je ferai un rapport sur toi !". Ok : Will Colson est con, c’est confirmé.

A quelques kilomètres de là, la compagnie ferroviaire a décidé sur ordre de Jean-Bob de lancer une opération pour stopper le train 777 : ils vont envoyer une locomotive à la même vitesse juste devant le convoi, la faire ralentir jusqu’à ce qu’elle touche le train, et freiner. Dans le même temps, un hélicoptère tentera de profiter de la chute de la vitesse pour hélitreuiller un marine (comme dans "Marines", les soldats, pas comme dans "Marine Le Pen" ; ce qui ne veut pas dire que cette dernière ne pourrait pas arrêter un train, attention ; juste on la déposerait pas au même endroit pour ce faire) pour tenter de monter en cabine et d’enclencher les freins. La tentative est faite sous les yeux de tous les hélicoptères de la presse, qui évidemment, se mettent tous à des endroits où ils font chier toutes les manoeuvres de l’appareil qui tente de larguer le pauvre soldat. Je ne vous cache pas qu’à ce moment là, l’observateur attentif note deux choses :

  • ça fait même pas une heure que le film a commencé, ils ne peuvent donc pas décemment arrêter le train maintenant
  • le conducteur de la locomotive chargée de freiner le convoi ainsi que le marine ne sont pas joué par des acteurs connus, ils ne peuvent donc pas avoir un rôle déterminant au vu de leur cachet

Aussi, la tentative se passe donc assez lamentablement, puisque la locomotive arrive bien à se placer devant le convoi et à le ralentir, mais donnant un coup de frein un peu brusque, elle déséquilibre le pauvre marine qui avait réussi à atteindre le toit du train, qui se pète donc lamentablement la gueule en hurlant "Adrieeeenne !" contre le pare brise de la motrice comme un vulgaire moucheron sur l’A6 un 15 août. Heureusement, toujours attaché à son hélicoptère, il est remonté dans les airs inconscient. La locomotive chargée de freiner le bousin, elle, finit par dérailler et aller exploser comme une daube un peu plus loin. Le chauffeur est tué sur le coup, parce que bon, hein, on le redit : il ne touchait pas un cachet assez important pour avoir la moindre chance.

 

Il suffisait de larguer le bon gars. Lui, les trains, il maîtrise.

C’est pas en France qu’on aurait ce genre de problème ; nous déjà, pour avoir un train qui roule, faut avoir du bol. Alors un train fou ; on t’aurait héliporté deux mecs de SUD-Rail ou des cheminots de Force Ouvrière, le train il se serait vite arrêté, il aurait pris sa carte et il aurait refusé de bouger tant qu’on lui aurait pas promis la retraite à 40 ans. Nan, un film avec des trains qui roulent, j’appelle ça de la fiction. Qu’est ce que je disais avant cette digression moi ?

Oui : la tentative a échoué, certes, mais pendant ce temps là, nos vaillants héros de la 1206 sont informés, alors qu’ils sont sur le chemin du retour, qu’arrive en face d’eux le train 777 lancé à pleine vitesse sans conducteur : crotte alors ! A bord, on commence à se poser de sérieuses questions comme "Dis, tu penses que quand on voit sa vie défiler avant de mourir, on peut sauter des chapitres comme sur les DVD?" ou "Attends, attends, je mets à jour mon FB" ; et puis finalement, ordre est reçu : le convoi 1206 est invité à être dévié sur une voie de garage. Hélas, étant trop grand (un con a accroché 5 wagons de trop dessus), il faudra aller à une autre voie, plus grande, mais plus loin, pour s’y garer. Le risque de se ramasser le 777 en contresens en est donc d’autant plus grand.

Heureusement, les autorités ont de leur côté une idée extraordinaire pour arrêter la locomotive : couper son arrivée d’essence ; pour ça, il y a un petit bouton sur le côté du véhicule, qui, une fois pressé, devrait arrêter la bête. Or, le dit bouton est monté pile sur les réservoirs d’essence. Et bien, devinez quelle est l’idée de la police ?

Ils mettent en place une ligne de tireur avec des fusils d’assauts pour arroser le réservoir en espérant toucher le bouton.

Et tout le monde trouve ça normal. C’est vrai que vouloir éviter l’explosion d’un train, ça commence par tirer sur ses réservoirs à essence avec des armes de guerre. Ce film est… heu… hmmm je cherche le mot. Ah, oui : "différent". Voilà. Comme Corky.

Bref : nos vaillants gardiens de la paix mitraillent le train mais hélas, ne parviennent pas à toucher le fameux bouton pour stopper la bête. Par on ne sait quel miracle, ils ne font pas non plus exploser les réservoirs, sur lesquels les balles ricochent. Je sais pas en quoi ils sont leurs réservoirs de train, mais va falloir penser à en équiper l’armée très vite. Le train se contente donc de poursuivre son chemin, en continuant de percuter tout ce qu’il y a sur les voies (au passage, on y trouve même une voiture en panne, que personne ne pense à pousser et qu’à la place, tout le monde essaie de démarrer sur place. C’est fou).

Hélas, le train 1206 et le 777 continuent de se rapprocher dangereusement l’un de l’autre, puisque tout a échoué jusqu’ici ! Aussi, Will et Frank sont relativement heureux lorsqu’ils découvrent enfin l’aiguillage qui va les emmener sur la voie de garage tant attendue ! C’est sans compter que c’est évidemment au même moment (ah, ça vous surprend hein !) que déboule le 777 ; là encore, les deux convois se frôlent, et seuls les tous derniers wagons (ceux en trop, ça tombe bien) se prennent 5 000 tonnes dans le nez, et sont donc un peu moins vaillants. Heureusement, le reste du train reste stable, et personne ne déraille. Will et Frank sont sauvés d’une mort certaine.

Mais vont ils en rester là ? Car dans son rétro, Frank a noté que l’arrière du train 777 était dans une position permettant d’y greffer une locomotive : en amenant la 1206 à la même vitesse juste derrière le train, il serait donc possible de l’attacher et de freiner tout le convoi ! Ni une, ni deux, Frank et Will (ce dernier hésite 10 secondes, puis se rappelant que, formidable coïncidence, sa femme, sa fille et son frère habitent la ville où le convoi risque de faire un malheur, se décide à suivre son copain black) montent donc dans la locomotive de queue et partent à la poursuite d…

 

"Hmmm, si seulement Dieu faisait apparaître une locomotive pile là où on en a besoin"

Hééé… une locomotive de queue ? Attendez, d’où elle sort ? La queue du convoi s’est pas déjà prise le 777 dans la gueule il y a 5 minutes ? Et il n’y avait que des wagons ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? En plus personne n’en a parlé depuis le début du film, et au départ, nos héros ne sont partis qu’avec une seule loco ! A force de fermer les yeux sur tant de choses, je vais finir par pioncer moi.

Nos héros partent donc à la poursuite du convoi 777 ; or, Jean-Bob a décidé de passer à une nouvelle étape pour arrêter le convoi : le faire dérailler. Il a donc envoyé une équipe d’ingénieurs placer des dérailleurs sur les rails à proximité d’une agglomération que la police fait évacuer ; certes, ça coûtera cher à la compagnie, ça fera du dégât aux fleurs, aux arbres, aux renards et aux prostituées des bois alentours, mais au moins, ça ne pétera pas dans une grande ville. Sur sa radio, Frank entend cette décision et explique le problème : un train de 5 000 tonnes lancé à 70 miles à l’heure ne déraillera pas. Il le sait : il est chauffeur de train, il a de l’expérience.

Ah ouais, de l’expérience ? T’as déjà fait dérailler beaucoup de trains dans ta vie mon garçon ? Si c’est le cas, tu t’es planté de métier, où alors tu coûtes une fortune à ta compagnie. L’équipe d’ingénieurs, elle, qui est payée pour calculer ce genre de choses toute l’année, affirme le contraire. Elle est sûre que ça marchera. Jean-Bob ordonne donc à Frank et Will d’arrêter la poursuite, tant il ne veut pas que le 777 déraille et que les couillons dans la 1206 derrière subissent le même sort ; il prévient : s’ils n’obéissent pas, il les virera. C’est là que le terrible secret de Frank éclate : il a déjà reçu son préavis comme quoi il était viré. Il n’est plus qu’à 3 semaines de la pré-retraite.

Ah, le baroudeur à 3 semaines de la retraite qui tente une dernière action héroïque. Comme c’est original. Le tout en faisant équipe avec un petit jeune. Hmmm… décidément, ce film est un trou noir à poncifs.

C’est donc sur ces entrefaits, à quelques minutes de finir éventuellement carbonisés dans un feu chimique que nos deux compères se décident à… parler de leurs problèmes de coeur. Oui oui oui. Le tout en souriant et en rigolant, bien sûr. C’est tout à fait le moment. Frank, par exemple, raconte qu’il a perdu sa femme d’un cancer il y a 4 ans, et qu’il n’a plus que ses filles qu’il aime très fort. Il les appelle d’ailleurs pour leur dire "Tout va bien les filles, papa va bien, il ne va pas mourir comme une merde, je voulais juste vous dire que je vous aimais" et derrière il envoie un SMS "et je trouve que vous remplissez bien vos t-shirts de chez Hooters, papa est fier de vous ;-)". Au tour de Will de conter son soucis : il est marié et a un fils ; hélas, il y a quelques semaines, en rentrant du boulot, il a surpris sa femme QUI TAPAIT UN SMS (véridique) ! Ça l’a rendu fou ; il a supputé qu’elle envoyait ça à son amant ; alors il l’a un peu cognée. Ensuite, l’amant supposé en question, c’était un flic ; il est donc allé le voir pour le menacer avec un flingue. Et bizarrement, du coup, sa femme lui fait la gueule et la justice lui interdit de l’approcher. Je retire ce que j’ai dit : Will n’est pas un con : c’est un gros con, nuance.

A noter qu’il avoue qu’en fait, sa femme envoyait un SMS à sa soeur. Mais qu’il ne pouvait pas deviner, bordel. Okay, un très gros con, donc.

 

"Envoie : BATTUE au 83838 et reçois l'heure de ta prochaine torgnole !"

Frank, en vieux baroudeur tant du rail que de l’amour, lui explique que le coeur d’une femme peut toujours être reconquis: qu’il doit l’appeler. Will lui dit que ça fait bien 2 semaines qu’il l’appelle tous les jours mais qu’elle ne répond jamais et ne rappelle pas. Frank lui donne donc ce précieux conseil : "appelle la".

Frank, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans "je l’appelle depuis deux semaines mais elle ne répond jamais et ne rappelle pas" ?

Bon enfin. Revenons à l’action, parce que là, bon : le déraillement a échoué, le train fou a écrasé les dérailleurs sous son poids sans bouger, la 1206 rattrape la 777 et parvient finalement à s’accrocher à l’arrière du convoi ; hélas, nos héros sont arrivés un peu vite, et ça a crevé le dernier wagon qui contenait, à vue de nez, des Miel Pops. La visibilité est donc quasiment nulle durant de longues minutes ; c’est donc sous une pluie de céréales que l’ami Will sorti de la cabine essaie de verrouiller l’accrochage entre la locomotive et le wagon à coups de pieds ; certes, il y arrive, mais le système se referme sur son pied.

Rassurez-vous, pas de pied arraché : il a juste un trou qui le fait boiter. Ce qui lui donne un petit côté héroïque puisque, les hélicoptères de la presse sont tous braqués sur le convoi, et filment donc en direct les exploits de nos héros ; à noter que la presse dispose visiblement de photos du jour même pour identifier les personnes à bord du train, puisque sur les portraits nos pinpins ont la même tenue & le même rasage que le jour même. Formidable. Chez Hooters comme chez Darcy, la femme de Will, tout le monde a les yeux braqués sur les exploits de nos larrons et encourage ses connaissances respectives à sauver la ville en bout de rail.

Will retourne donc dans l’habitacle de la locomotive, et regarde son ami Frank tenter de ralentir le convoi ; hélas, le frein ne suffit pas : Frank demande donc à Will de s’occuper de la loco pendant qu’il va actionner lui même, en grimpant sur le train, les freins manuels de chaque wagon de la 777 grâce à de grosses manivelles situées derrière chaque tender. Il arrive ainsi à ralentir suffisamment le convoi pour passer le viaduc où le train risquait de tomber sur des réservoirs d’essence en pleine ville et…

… attendez, attendez, il suffisait de faire ça pour ralentir le train ou l’arrêter avant qu’il ne prenne de la vitesse ? Mais alors Dewey, après avoir raté son rattrapage de locomotive au début du film, pourquoi n’a t-il pas commencé à grimper sur l’un des wagons des 800 mètres de convoi qui défilaient devant lui au petit trot pour ralentir le tout et retourner à la loco ? Ou son pote Jean-Jacques, qui était lui-même le long du convoi ?! Mais ? Mais enfin !

Bon. Je ne dis plus rien, tiens. Toujours est il que le convoi est ralenti, mais que, comme  il reste 15 minutes de film, il faut bien qu’il arrive encore une ou deux merdes avant le terminus. Ce sont donc les freins de la 1206 qui vont lâcher, et le convoi reprend de la vitesse ; heureusement, Ned, le soudeur que vous aviez tous oublié, arrive à fond les ballons avec une escorte de police, et vient se placer avec son pickup près de la 1206 ; il fait signe à Will de quitter l’habitacle et de sauter à l’arrière de sa voiture : malgré le fait que Will se soit fait happer un pied entre deux trucs de plusieurs tonnes quelques minutes plus tôt, il saute comme un cabri et atterrit pile comme il faut, le tout en se faisant un poil mal au bras tout de même, histoire de.

 

Man VS Miel Pops

Ned n’a donc plus qu’à accélérer (pendant que derrière lui, son escorte de police, qui continue à le suivre sans raison apparente puisque bon, il ne doit pas y avoir beaucoup de circulation le long d’une voie ferrée, fait des carambolages parce qu’il restait un peu de budget à écouler) pour amener Will au niveau de la locomotive folle, et ce dernier, malgré donc son pied pourri et son bras fraîchement laminé, parvient à sauter ET à agripper le motrice : il n’a donc aucun problème pour atteindre la cabine et arrêter le train pendant que Frank, sur le toit du train toujours, crie victoire (heureusement que ce n’est pas un train avec lignes à haute-tension).

Le convoi fou finit donc par s’arrêter et nos héros sont accueillis comme tels par les sauveteurs ainsi que par leurs familles (oui parce que malgré le risque de méga-explosion+ incendie toxique, ils étaient restés à proximité des voies), et Connie, la chef de la gare de triage, qu’ils n’avaient jusqu’alors eu que sur la radio, vient les féliciter en leur faisant des bisous.

Tout le monde rit, la compagnie propose à Frank de garder son emploi au lieu de lui mettre un coup de pied au cul, Will sur ses petites béquilles s’en va embrasser sa femme qui a été séduite par sa conduite et recommence sa vie paisible et…

FIN

Il ne manque, à la fin du film, que la séquence où Will rentre chez lui.

"Aaaah, qu’il fait bon d’être chez soi !
- Oui, je ne te le fais pas d…
- Attends. Dis donc grognasse, à qui tu envoies un SMS là ? Hein ? Je pars 3 semaines et tu recommences à trainer partout ? Sale garce !
- Mais non, j’avertis ma soeur que  tu es un hér…
- PRENDS MES BEQUILLES DANS TA GUEULE !"
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Et non : ce n’est pas parce qu’on a arrêté un train qu’on a arrêté d’être un très gros con.

Certaines choses sont unstoppables.

Dommage, Darcy.

 

Dans la vie, on ne peut pas tout faire.

Tenez, Beethoven par exemple ; il était certes fort en musique, mais fin nul pour écouter sa femme. L’amiral Nelson lui, pouvait commander une flotte comme personne, mais en duel, il ne valait pas tripette, surtout s’il n’y avait personne pour pousser sa chaise. Quant à Steevy Boulay, il… heu… attendez, il savait faire un truc Steevy Boulay de son vivant ? Moui, non, mauvais exemple.

Ce que je voulais vous expliquer, c’est que Sylvester Stallone, par exemple, est probablement très fort pour soulever de la fonte ou parler en décrivant une diagonale parfaite avec sa bouche, ce qui est tout de même assez peu banal. Par contre, il ne faut pas lui confier un stylo, sinon il fait n’importe quoi : il ne sait pas dessiner, il a du mal à écrire, quant à signer un contrat, il a quand même accepté celui de Taxi 3, alors non, définitivement, il ne faut pas lui donner le moindre bic.

C’est pourquoi lorsque j’ai appris qu’il avait réalisé et écrit un film (même s’il en a commis d’autres) prénommé The Expendables, et à la vue du casting, je vous avoue que j’ai cru qu’il s’agissait d’un signe annonciateur de la fin des temps. Mais non, c’était bien mieux : c’était l’annonce d’un nanar.

Ne dissertons pas plus avant : spoilons !

L’Affiche : quand le casting prend plus de place que le reste, inquiétez-vous

Notre histoire débute une nuit, au large de la Somalie, à bord d’un cargo où se déroulent de tragiques évènements : de vils pirates ont pris le contrôle du navire et ont décidé de tourner un lipdub de Robert Charlebois en plein milieu de la cale grande ouverte du navire (probablement pour profiter de la douce lumière des étoiles, ce sont sûrement des pirates romantiques). Ils amènent donc un petit paquet de marins pris en otages (tout clip a besoin de figurants), les placent devant la caméra, et commencent donc, au lieu de danser, à débiter un navrant discours "Attention, hein, on est des piwates fous nous, hein, appawemment, vous avez toujouws pas compwis qu’il fallait nous payer la wançon qu’on a demandé, pouw la peine, on va exécuter un otage, attention, je compte jusqu’à twois, un, deux, deux et demi, deux twois-quawt, deux sept-huitièmes…"

Mais dans le même temps, un zodiaque a discrètement approché le cargo des filous ; attention, quand je dis discrètement, c’est : avec le moteur à fond et un gros et inutile projecteur fixé à l’avant du frêle esquif, probablement afin de se faire repérer par d’éventuels pirates sourds (c’est important de ne pas faire de discriminations sur le handicap).  Heureusement, les pirates n’ont placé aucun garde, car comme chacun sait, ils n’en ont pas besoin : personne ne vient jamais ennuyer des pirates somaliens preneurs d’otages,  surtout pas des commandos surarmés.

Les pirates sont donc forts surpris : alors qu’ils en étaient à "deux neuf cent tweize millièmes, bientôt twois" et s’apprêtaient à tirer une balle dans la tête d’un otage, ils se trouvent soudain couverts de petits boutons rouges dus, non pas à une maladie vénérienne, mais à diverses visées lasers braquées sur eux : le commando des Expendables, de fameux mercenaires, a abordé le navire et les menace depuis l’ouverture de l’immense cale ! Ah, c’est trop bête, si seulement on avait pas laissé la cale ouverte ! Leur clip ne sera jamais achevé, adieu la gloire et les millions de vues sur Youtube. Le chef des pirates, Eudes-Mamadou, explique alors que bon, c’est simple, il a des otages, donc si les commandos veulent lui faire du mal, il n’hésitera pas à faire de la pulpe de civil, ce qui est proprement dégoûtant comme chacun sait, puisque ça part très mal à la machine. De son côté, Barney Ross, le patron du commando ultra-musclé , décide tel un vulgaire Jack Lang de se prendre pour un spécialiste des solutions face à la piraterie, et explique qu’il a avec lui 3 millions de dollars, à prendre ou à laisser (c’est un peu le Arthur des mercenaires), pour la libération des otages.  Eudes-Mamadou n’est pas d’accord : il veut 5 millions.  3 millions, c’est nul. Et lui aussi, c’est à prendre ou à laisser. Ou alors, il veut parler au banquier.

Soit. Mais c’est sans compter sur Gunnar, un gigantesque commando peu subtil qui considère que deux mecs mimant Arthur, c’est déjà deux de trop, et décide en conséquence de désobéir aux ordres pour faire parler la poudre : ni une, ni deux, d’un bon coup de fusil, il coupe Eudes-Mamadou en deux ; la fusillade commence donc, et personne ne prend soin d’épauler son arme, tout le monde tirant au jugé parce que bon, quel besoin de faire attention à l’endroit où l’on vise quand il y a des otages en jeu ? Les balles sont heureusement très intelligentes, et évitent les marins prisonniers d’elles même, car elles sont toutes équipées d’un petit GPS "Tom-Tom Hostage Rescuer" qui leur indique les trajectoires à ne pas prendre pour éviter la cervelle des marins. Nos fiers commandos en profitent d’ailleurs pour inonder la cale de fumigènes et descendent dedans en rappel (c’est important de descendre s’exposer quand on était tranquille à couvert, décidément, ce sont de vrais pros) pour finir le travail.

Barney Ross a vraiment une tête de négociateur

Sauf que là, c’est François-Abubackar, le bras droit de feu Eudes-Mamadou qui arrête les hostilités, en braquant son arme sur un otage ; il réexplique simplement la situation : "Bon, les gars, on a des otages, wegawdez , les gens, là, par tewwe !  Des otages ! C’est pas compliqué quand même, mewde ! Alors si vous faites encore les zazous, on les twansforme en gwuyère.". Heureusement, François-Abubackar n’a aucune mémoire, sinon il se souviendrait que Eudes-Mamadou a dit la même chose 30 secondes avant et est mort comme une merde. Ça ne rate pas : lui aussi est abattu comme un vulgaire étron. Les menaces, c’est bien, mais ça n’impressionne pas The Expendables et leurs monstrueuses testiballs (plus gros que des testicules et que des big balls, ce sont les testiballs). Ça, et le fait qu’aucun pirate n’a jamais pensé à mettre ses menaces à exécution pour les calmer définitivement et transformer leur testiballs en graines de tournesols en abattant un otage pour leur montrer à quel point ils étaient bêtes. Mais revenons à l’action, je sais bien qu’il n’y a que ça qui vous intéresse, petits filous.

Du haut de la cale, Gunnar (oui, il était descendu dans la cale mais il est revenu instantanément en haut de celle-ci on ne sait comment; l’explication la plus crédible restant que son slip s’est pris dans un boulon durant la descente, et que son élastique a fini par le faire remonter) menace de pendre un pirate neutralisé, comme ça, pour rigoler. "Non !" crie Barney, mais le mercenaire refuse de lui obéir : Ross envoie donc Yin Yang, le petit asiatique de l’équipe, lui casser la gueule pour le calmer. Une fois cela fait, il le fait mettre aux arrêts en lui expliquant que chez les Expendables, c’est pas comme ça qu’on agit. Oui, ce sont des mercenaires bodybuildés mais plein de morale, et qui ont fait leur catéchisme. C’est comme ça.

De retour au pays du hamburger, des décisions sont prises : Barney annonce à Gunnar qu’il est licencié, pour avoir un peu trop le goût du sang (les mercenaires étant plutôt des gens posés voyez-vous). Le géant blond pleure donc à chaudes larmes, suppliant de ne pas le renvoyer chercher du travail en tant que mercenaire intérimaire chez Vediorbis, mais rien n’y fait : il est renvoyé. Penaud, le nouveau chômeur s’en va, réfléchissant à la possibilité de faire appel devant les prudhommes.

Pendant ce temps, Lee Christmas, un membre du commando expert en lancer de couteaux et en corps-à-corps musclés & chorégraphiés, retourne lui chez sa petite amie afin de la couvrir de cadeaux ; étrangement, elle ne lui parle qu’à la porte de chez elle (vous ne voyez rien venir, hein amis lecteurs ?) et refuse de le laisser rentrer (ho, vous ne devinerez jamais le prochain rebondissement), jetant en sus de petits coups d’œil nerveux vers l’intérieur (vous ne vous doutez de rien, vous allez voir, c’est super original). Soudain, une voix masculine retentit "Chérie, qui est-ce ? Il y a un problème ?" : je vous l’annonce car vous n’en revenez toujours pas d’une telle trouvaille scénaristique, et je vous comprends : la copine de Lee le trompe et il y a un autre homme chez elle ! La voix provient en effet d’un type en calebute qui se promène en se grattant l’entrejambe tout en jetant des regards mauvais à notre bon Christmas (messieurs, pour votre information, n’essayez jamais de jeter des regards méchants en calebute ; même en plissant les yeux très fort, votre charisme n’est pas à son sommet. Mettez au moins un pantalon). Tel Ulysse revenant de la guerre de Troie et trouvant son palais d’Ithaque envahi de prétendants, Sylvester Stallone,  Homère moderne, fait subir mille tourments à son héros en le privant de véritables retrouvailles avec son aimée. Mon cœur saignait devant cette touchante scène, et des larmes roulèrent sur mes joues en voyant Lee partir sans un mot vers sa moto, abandonnant cette traitresse femelle derrière lui.

D’habitude, Lee Christmas gère plus simplement ses problèmes de couple

Pendant ce temps, loin de la glorieuse Amérique, rendons nous sur l’île de Vilena, ce qui signifie comme chacun sait "L’île des vilains" en espagnol. Pour vous décrire brièvement cette île, imaginez un truc verdoyant, avec au milieu un immense bidonville au cœur duquel trône un sympathique palais présidentiel ; voilà, c’est l’île de Vilena. Et une nuit, dans les souterrains du palais où se trouvent les prisons, nous retrouvons trois pauvres hispaniques menacés par des gardes menés par Garza, le général dictateur de l’île. Celui-ci les accuse d’avoir volé le fruit des terres du pays pour s’enrichir (non, il ne parle pas de buritos). Il fait donc sa grosse voix et les menace de son pistolet en leur faisant la morale, jusqu’à ce qu’un mystérieux américain en costard débarque, lui parle comme de la merde, et lui explique que s’il veut être un général respecté, il doit exécuter ces opposants. Garza tue donc les trois pauvres péquins. C’est tragique, mais pas autant que le fait que ce gros blaireau aurait surtout dû répondre "Pour être respecté, je dois abattre les gens qui me manquent de respect ? Alors adieu, idiot d’américain qui ne connait pas la courtoisie à mon égard". Et pan. Mais non. Tsss…

Après tant d’horreur et de bêtise, revenons plutôt aux states, retrouver le QG des Expendables : le bar/garage/salon de tatouage de Tool, un mercenaire de l’unité qui s’est retiré. Lee Christmas, qui vient donc d’apprendre que sa nana lui préférait un autre, vient y trainer pour maugréer un peu sur la vie qui est injuste avec lui ; il est tellement perturbé qu’il en rate un concours de lancer de couteaux l’opposant à Tool, ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors : ça va mal dans le petit cœur fragile qui bat derrière ses gros pectoraux. C’est terrible !

Cependant, un appel téléphonique arrive à point nommé : on propose à Barney un rendez-vous dans une chapelle pour y rencontrer quelqu’un qui aurait une mission pour eux. L’homme, nous l’appellerons Brice Woullous afin de protéger son anonymat, a aussi convoqué le chef de l’unité mercenaire concurrente des Expendables, nous l’appellerons lui Chouarzi. Brice explique la mission : il veut qu’un commando se rende sur l’île de Vilena et abatte le vilain général Garza. Chouarzi refuse la mission, expliquant que l’île est trop bien gardée avec une petite armée de 200 soldats, et que bon, il est gouverneur de Californie, il n’a pas le temps de s’occuper de ça, ni de tourner dans des films à gros budget pour se faire un peu de pub. Barney, lui, veut d’abord aller en reconnaissance sur l’île avant d’accepter ou non le travail. Il prépare donc un petit voyage avec comme seul compagnon, Christmas (on sent bien qu’il compte profiter de son nouveau célibat pour lui faire virer sa cuti).

Ah, j’en profite pour faire une pause "d’ambiance". Dans un film normal, le dialogue ressemblerait à ça :

"Bonjour messieurs.
- Bonjour.
- J’ai une mission pour vous.
- On vous écoute.
- Il s’agit d’aller tuer le général Garza, sur l’île de Vilena. Vous connaissez ? Bon ; pour cette mission, mes employeurs sont prêts à payer 5 millions de dollars. Mais attention ! Si vous empochez l’argent et ne réalisez pas la mission… cela se passera très mal. Est-ce bien compris ?
- Oui.
- Alors bonne journée messieurs."

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Sauf que c’est un film avec des testiballs, deux melons par slip même dans les dialogues, ce qui donne :

"Bonjour bande d’enculés.
- T’es qui fils de pute ?
- J’ai une putain de mission pour vous les chiens de guerre, et c’est pas pour les trous du cul.
- Balance ta merde.
- J’veux que vous pétiez sa gueule à ce fils de pute de général Garza, sur la putain d’île de Vilena. Vous connaissez tas de chiures ? Bon ; pour cette mission merdique, mes employeurs sont prêts à raquer 5 millions de dollars. Mais j’vous préviens: Si vous essayez de m’enculer, je vous retrouverai et je vous éclaterai vos petites gueules de macaques. C’est vu ?
- Comme le cul de ta mère.
- Alors allez vous faire enculer."

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Ah, la poésie d’un film d’action américain ! J’ai toujours aimé le goût des traducteurs français pour varier les traductions de "fuck", "fucking" et autres "fucker". Mais revenons à la fabuleuse histoire qui se déroule sous nos yeux.

Le niveau des conversations atteint vite celui des cucurbitacées (qui sont connus pour leur grossièreté)

Barney et Lee se rendent donc avec leur superbe hydravion (camouflé en appareil d’un groupe écologiste) sur l’île de Vilena, où ils sont habilement déguisés en ornithologues (superbe couverture ; ornithologues spécialistes des oiseaux des salles de sport alors au vu de leurs bras). Ils ont donc rendez-vous dans un bar avec leur contact, Sandra, sorte d’Adrienne locale, qui est évidemment une latino pas trop moche. Celle-ci leur raconte sa vie, et explique à nos héros qu’elle n’a pas de famille car sa mère est morte et elle a "…heu… perdu…" son père.

Attention, c’est le moment de notre grand jeu "Comment deviner qui est le père de Sandra ?" en sachant que :

- Elle est latino

- Il n’y a qu’un seul latino mâle sur l’île qui porte un nom, les autres étant des figurants

- Il s’agit du général Garza

A toi de jouer ami lecteur, choisis ta réponse ; le père de Sandra est selon toi :

1) Diego Maradonna 2) Pancho Villa 3) Le général Garza 4) Christian Estrosi

Note ta réponse sur un bout de papier, la réponse se trouve plus bas dans ce texte ; bonne chance !

Sandra, en attendant, fais visiter l’île à nos deux héros "Ici, c’est un bidonville, là aussi, et puis là c’est le marché au pneus, etc", qui découvrent à quoi ressemble un pays dont le PIB annuel est de 77$ et 52 cents. Mais ils ont plutôt envie, eux, d’aller inspecter le palais présidentiel… le plus simple serait de l’observer depuis les collines avoisinantes (où en plus, personne n’entendra Sandra crier lorsque les hormones de Lee crieront famine)! Direction la campagne, donc. A noter qu’en chemin, ils croisent un convoi de militaires forts brutaux avec la population locale, qui semblent obéir à un blanc bien américain, mais aussi bien mystérieux, l’homme qui donnait des ordres au général Garza au début du film… hmmm…

A noter qu’un blanc qui donne des ordres à des soldats issus de la population locale pour taper sur les civils  de la dite population (et vu la taille de l’île, tout le monde doit pas mal se connaitre), ça ressemble très fort à un petit guide du "Comment se faire tuer par un soulèvement populaire".

En tout cas, cela n’empêche pas nos héros, après avoir discrètement pris en photo ce mystérieux individu, de poursuivre leur route vers la petite campagne de Vilena. Mais au coin d’un bois, un camion de l’armée les surprend en train d’observer le palais présidentiel, et vient menacer tout le monde de finir au poste pour subir un bon toucher rectal ; c’est sans compter qu’ils font l’erreur de leur vie  (outre menacer  d’intrusion le rectum d’autrui): ils malmènent Sandra, en expliquant que son statut de fille du général Garza ne la protège pas !

Bravo, vous avez gagné, c’était bien la fille du général Garza ; ah, mes lecteurs sont décidément très forts. Les autres, par contre, ceux qui ont répondu à côté : je suis inquiet pour vous.

Le spectacle de cette jeune fille malmenée met cependant Barney en colère : il se fâche tout rouge, sort son pistolet, et commence à dézinguer les vilains soldats à tout va. Lee, à ses côtés, massacre tout le monde à coups de couteaux volants d’une rare précision (je crois qu’il remonte la pente, sa copine le hante moins, il vise mieux). A eux deux, ils massacrent environ 25 soldats (alors que le camion n’en contenait que 12, ils doivent se reproduire par mitose) et se décident à s’enfuir vers leur hydravion pour prendre le large de toute urgence, maintenant que leur couverture est grillée. Des camions de militaires se lancent aussitôt à leur poursuite, ainsi que la voiture du mystérieux américain, qui se dit que partir en costard de ville et avec deux pauvres gardes du corps, à la poursuite de mecs armés et surentrainés qui viennent de tuer un peloton militaire à deux en et ce en trois minutes, est l’idée du siècle. C’est donc parti pour la séquence de course poursuite où la voiture des gentils roule superbement bien, alors que les méchants écrasent charrettes de paysans et étals de fruits sur leur passage. Une fois arrivés à l’hydravion, Lee et Barney décollent à toute allure, sous le feu de leurs poursuivants. Sandra, elle, a refusé de les accompagner, ne voulant pas abandonner son pays. Un peu grognon, Barney décide cependant de revenir vers l’île en volant, histoire de mitrailler les vilains depuis le ciel pour leur apprendre la vie (le tout en faisant un bruit de stuka en piqué, comme dans 97% des films impliquant un avion en descente), avant de les arroser avec l’essence des réservoirs de l’appareil et d’y mettre le feu à coups de pistolet de détresse (était-ce bien nécessaire ?).

Lee met le feu à l’essence depuis le nez de l’av… hé, c’est pas censé se passer au-dessus de la mer ? Quel est donc ce curieux décor ?

Voilà, bilan de l’affaire : 41 morts. A deux, et sans avoir tout leur équipement de commando, nos deux héros viennent donc si vous comptez bien de tuer environ 20% de l’armée de l’île. Voilà voilà. Et encore, parce qu’ils ont été pris au dépourvu. Et bin elle va être facile cette mission les enfants ! Chouarzi est vraiment une chochotte d’avoir refusé, tiens.

De retour au pays, Ross explique donc à son équipe qu’après investigation, l’affaire ne sent pas très bon. L’américain que lui et Lee ont photographié sur place est en fait James Monroe, ex-agent de la CIA, qui a aidé Garza à prendre le pouvoir et se partage avec lui les bénéfices de la production de cocaïne de l’île. Il en déduit que Brice Woullous, qui leur proposait la mission, travaille pour la CIA, et veut utiliser des mercenaires pour nettoyer tout ce bazar. Et qu’une fois cela fait, l’agence les tuera eux, pour éviter que l’histoire  de cet ex-agent ne se répande. Le bon Barney conclue donc son exposé en disant qu’il pense refuser la mission. Les Expendables sont d’accord, cela est donc transmis à Woullous.

Sur Vilena justement, James Monroe consulte lui la vidéo-surveillance du port, et voit ainsi le visage des gens qui ont attaqué l’île : il s’interroge sur comment les gardes ont pu croire qu’ils étaient de simples ornithologues (moi aussi je me posais la question, en fait), et se demande bien qui ils sont cependant. Ça tombe bien puisque figurez vous que Gunnar, l’ex-Expendable grognon s’est téléporté sur l’île pour donner des infos à Monroe sur ces étranges assaillants. Comment a t il su qui était Monroe et qu’il cherchait des informations sur nos deux loulous, avant même qu’il ne le dise lui-même ? James avait il tweeté "Je suis à Vilena et je viens de me faire attaquer par Sylvester Stallone et Jason Statham #bourragedegueule" ? Mystère. Dans tous les cas, il est reçu dans le bureau de l’ex-agent de la CIA, le tout… son fusil à pompe fétiche à la main ? Réponse d’un des gardes présents à ce sujet : "Il a refusé de le donner."

Oui, ça marche comme ça dans la vie : il suffit de se pointer quelque part avec une mitrailleuse lourde, et lorsqu’une jeune fille vous demande si vous voulez la poser au vestiaire, vous répondez non. Dès lors, libre à vous de vous promener avec où bon vous semble. Aaaah, d’accord. Ne bougez pas, il faut que j’aille à la banque. Je reviens.

Gunnar explique qu’il sait qui sont les deux hommes qui ont semé la pagaille sur l’île, et qu’il les vend car il a un compte à régler avec les Expendables. Il montre sur place qu’il est un peu foufou, en cassant la gueule aux gardes du corps de Monroe, juste pour le plaisir, et en les menaçant de son fusil à pompe ("Ho non, t’avais promis que si on te laissait ton fusil à pompe, tu t’en servirais pas pour menacer des gens ! Je savais pas qu’on pouvait s’en servir pour ça, si j’avais su, j’aurais insisté pour que tu le donnes !").

Revenons justement du côté de nos mercenaires. Lee s’en va essayer de rediscuter avec sa copine, et chevauche donc sa moto jusqu’à chez elle où il la découvre seule et malheureuse puisque… battue ! C’en est trop, il va montrer à l’homme-calebute qui c’est le patron, nom d’une tranche de gouda. Direction le terrain de basket ou le brigand est en train de jouer en short (il est allergique aux pantalons je pense) au jeu susnommé avec ses amis. Je vous résume la chose : discussion houleuse, gros mots, le vilain est vraiment bête et méchant, et se fait copieusement casser la gueule, ainsi que tous ses potes, par Christmas. Ce dernier finit en le menaçant avec son couteau, expliquant que la prochaine fois, il lui couperait toute trace de masculinité. Hooo, ça c’est vilain. De retour vers sa copine, qui a tout vu, il lui dit "Voilà, tu voulais savoir quel métier je faisais et pourquoi je te le disais pas ? Maintenant tu sais", le tout en indiquant la bande d’idiots qui se meurt de douleur à terre.

Personnellement, avec ça comme indication, je n’aurais rien pigé : tu es un gangster ? Un assassin ? Un boxeur ? Un policier fou ? Juste un gros con ?

Tool dessine des kikis dans le dos de ses copains pendant qu’ils sont pensifs. Quel déconneur.

Qu’importe, c’est le moment sentimental ; il en va donc de même entre Tool et Ross, qui se retrouvent au QG de la bande pour évoquer le bon vieux temps. Tool raconte pourquoi il s’est retiré du service actif : lors d’une mission, il a vu une femme prête à se jeter d’un pont, et il ne l’a pas sauvée. Il pense donc avoir perdu son âme ce jour là.

Oui, alors qu’en tuant des gens contre du fric, il ne pensait pas que son âme risquait quoi que ce soit visiblement. Tool, avec un T comme Trépané, semble t il.

Sur Vilena, pendant ce temps, nous retrouvons Monroe qui passe son temps à traiter le général Garza comme de la merde devant ses hommes (à quoi ça sert de placer un pantin local si c’est pour hurler "c’est un pantin" soi même juste à côté ?) ; Garza se rebelle vaguement avec des "Caramba, arrêtez dé mal mé parler devant tout le monde, yé souis tout gêné !", mais sans plus. Il est bien décidé à montrer qu’il n’a aucune autorité, visiblement, pas même sur les gringos. Monroe souligne d’ailleurs qu’il est grand temps d’arrêter les frais et de mettre au trou la plus grande opposante au régime de Garza : sa propre fille, Sandra (ils n’avaient pas pensé à le faire avant) ! Puisque l’ex-agent la soupçonne d’avoir aidé les mercenaires qui ont semé le chaos, ce en quoi il n’a pas tort. Des soldats retournent donc l’île, et finissent par se saisir d’elle, avant de l’amener au pied du palais présidentiel. Depuis son balcon, papa Garza peut donc voir sa fille se faire tabasser par les 3-4 blancs au service de Monroe, et ce, devant toute son armée. Encore une fois, à quoi bon placer un général fantoche à la tête d’une dictature si c’est pour passer son temps à l’humilier en public pour bien montrer à quel point il n’a aucune autorité et sert juste de décoration d’intérieur ? Je me répète, mais c’est un peu la base de l’histoire, et c’est complétement incohérent.

S’ensuit une petite séquence où Monroe et ses hommes s’en vont torturer dans les cellules présidentielles la jeune Sandra, pour obtenir d’elle plus d’informations sur les mercenaires ; là encore, papa Garza grogne, mais ne fait rien malgré ses 200 (enfin désormais 159) soldats contre 3-4 américains équipés de simples pistolets.

Au Etats-Unis, pendant ce temps, Ross repense à sa conversation avec Tool… et si lui aussi, il perdait son âme en ne sauvant pas Sandra ? Il a beau avoir refusé le job sur Vilena, il pense qu’il est de son devoir d’y retourner gratuitement pour l’aider (sinon, tu acceptes, la mission de Woullous, comme ça tu fais le même job et tu touches 5 millions, vu que dans ta théorie, la CIA ne veut pas te tuer parce que tu encaisses ses 5 millions, mais parce que tu en sais trop sur l’île de Vilena si tu décides d’y mettre la pagaille, donc dans les deux cas, ça revient au même, sauf que dans le second en plus tu es payé). Il prend donc sa voiture pour se rendre à l’aéroport, mais l’asiatique de la bande, Yin Yang, insiste lourdement pour l’accompagner, puisqu’il ne veut pas abandonner un copain, même partant en mission bénévole…

… mais c’est le moment que choisit Gunnar et des hommes de Monroe  qui attendaient en embuscade pour se lancer à leur poursuite et essayer de les tuer (un sniper, ça coûtait moins cher que 6 voitures et c’était plus efficace)! Ah, le traître ! Il y a donc à nouveau une course poursuite, durant laquelle tout le monde vide 12 chargeurs d’armes diverses (moi aussi quand je sors de chez moi, j’ai toujours 12 chargeurs sur moi) ; Gunnar, à moitié fou, tue lui-même les hommes de Monroe qui essaient de le doubler dans la course derrière Ross & Yang. Tout se finit d’ailleurs entre lui et les deux gentils Expendables dans un hangar désert (original), où il finit abattu par Barney alors qu’il allait tuer Yin. Baignant dans son sang, Gunnar confesse le nom de celui qui l’a envoyé : Monroe. Hooo, décidément, il y en a un qui cherche les ennuis, à Vilena. Il ne faudra pas qu’il s’étonne s’il se réveille un matin avec un canon de fusil à pompe dans le rectum.

Le Awful Automatic Penian Substitue -12", alias AA-12

Nos héros finissent donc par arriver à l’aéroport où les attend leur hydravion ; ils y retrouvent les trois autres membres de l’équipe : Lee, Blackos et Chouchou. Allez savoir comment ils sont arrivés là-bas avant nos deux loulous qui eux, sont partis en 1er et ont donc été par conséquent poursuivi par les méchants, en tout cas, ils l’ont fait. Durant le vol vers Vilena, Blackos montre à Chouchou son énorme fusil, le AA-12, le plus gros fusil des Iounaïted Staÿtes. Celui-ci est capable de massacrer à peu près tout et n’importe quoi, ce qui en fait un outil fort utile pour tirer sur des hommes, des véhicules, des bâtiments, des avions, des astéroïdes, Amel Bent… bref, c’est l’arme ultime. Quelle joie de l’avoir avec soi !

Arrivés sur l’île, notre commando passe en mode ninja et approche discrètement le palais présidentiel pour le couvrir de charges explosives. Vu le nombre qu’ils en ont, et alors qu’ils n’ont même pas un sac à dos, apparemment, ils sont capables d’en générer à partir du néant, tel de facétieux Sylvain Mirouf. A noter que les gardes qui passent à côté des charges ne les remarquent même pas, alors qu’elles sont à hauteur d’homme. Hé bé. Yin Yang lui profite de son infiltration pour ouvrir des vannes de réserves d’essence afin de déverser le liquide dans une tranchée qui traverse tout le camp en zigzaguant. Oui oui, vous m’avez bien lu : Yin Yang a eu tout son temps pour creuser une tranchée géante que personne n’a remarquée, laquelle est remplie d’essence, ce que personne ne sent ou même ne repère en pataugeant dedans lors de tours de garde. Même des castors auraient trouvé le truc suspect ; mais des militaires supposément entrainés avec au moins des yeux et/ou un nez, non.

De son côté, le général Garza, à force de regarder Michou organiser des soirées bleues, décide à son tour de faire le malin : il organise une soirée nationaliste multicolore, où tous ses soldats ont le visage peint aux couleurs du drapeau de Vilena. C’est décidé, il va faire vibrer leur fibre patriotique, et virer une bonne fois pour toute Monroe de l’île, afin d’être enfin le chef unique et incontesté de Vilena et rétablir son autorité. Il fait donc convoquer l’ex-agent de la CIA au palais, et l’informe qu’il compte le renvoyer au pays, non sans lui avoir payé la part du marché de la cocaïne qui lui revient (Garza est un dictateur-narcotrafiquant honnête). Il ajoute qu’il exige que Monroe fasse relâcher sa fille.

Oui alors général Garza, pour votre information, votre fille est retenue par VOS gardes dans VOTRE palais. Vous n’avez pas besoin de demander l’autorisation à Monroe pour leur donner des ordres. Surtout le jour où vous lancez votre grande fête nationaliste pour montrer votre autorité.

Bon, enfin : Monroe ordonne alors aux gardes du palais d’aller chercher Sandra dans sa cellule pour la libérer (les gardes obéissent donc, une fois encore, à l’ex-agent de la CIA ; cons comme ils sont, je serais Monroe, je me serais autoproclamé dictateur de l’île sans passer par la case "Garza le pantin"). La chose est donc engagée.

Mais dans les souterrains du palais, c’est un peu la fête : deux gardes se sont dit "Tiens, si on violait Sandra ? Après tout : ce n’est que la fille du dictateur de l’île, qui est aussi notre chef, et qui exécute les gens qui lui déplaisent d’une balle dans la nuque : je suis sûr que le viol de sa fille ne le dérangera pas. On lui bande les yeux par précaution, mais les 12 autres gardes nous ont bien vu et nous balanceront sans hésiter pour éviter le peloton. Allez, zip !" ; sauf qu’au moment où les gardes s’apprêtent à passer à l’action, ils se font trucider par Barney, qui arrive évidemment à pic. Il a eu la localisation précise de la cellule de Sandra sur mappy, probablement, pour arriver si vite et du premier coup dans la bonne geôle.  Après l’avoir sauvée, Barney la libère mais…

… les autres gardes déboulent ! Ho non ! Ainsi que les gardes du corps de l’agent de la CIA ! Tout ce petit monde venait chercher Sandra pour la libérer de sa cellule, mais en voyant qu’elle s’évade avec un mercenaire, ils font un peu la tête , emmènent Sandra au palais et capturent Ross. Ils ont beau le tabasser un peu pour l’interroger, ce dernier rappelle qu’il a des melons dans le slip et qu’à ce titre, à chaque question, il répond un truc comme "ta mère" ou "j’aime ton coiffeur". C’est trop lol. Mais avant qu’il ne soit exécuté, Barney voit heureusement arriver ses amis qui massacrent environ 150 gardes (ce qui fait que techniquement, il devrait en rester 9 en tout et pour tout sur l’île, si mes calculs sont bons) ; à noter que la plupart des soldats se contentent de courir devant les balles en criant ou mieux, lâchent leurs kalachnikov pour foncer se battre au couteau, parce que bon, hein, autant ne pas profiter de ses armes les plus efficaces pour mieux se faire massacrer. Blackos à lui seul se contente de rester debout dans les couloirs en avançant et en hurlant, et tous les soldats de Vilena qui passent se font littéralement hacher menu et n’essaient même pas de se mettre à couvert ou de tirer. Non, ils veulent finir en steak tartare, juste parce que c’est rigolo. Je les comprends moi aussi, c’est mon rêve.

Nos héros progressent de manière ultra-groupée afin qu’une seule rafale suffise à tous les tuer. Heureusement que les gardes n’ont pas d’armes à feu.

Seul un méchant arrive à s’enfuir : le bras droit de Monroe, celui qui avait tabassé Ross pour le faire parler avant d’être dérangé par l’arrivée de renforts.

Nos héros partent donc à sa poursuite, mais alors qu’ils arrivent à la sortie des souterrains accueillant les prisonniers, ils s’aperçoivent que la sortie est encore gardée par environ 50 – 100 gardes (oui, on a plus de soldats qu’il n’y en avait à la base sur l’île, je sais ; mais souvenez vous, ils se reproduisent par mitose, arrêtez de dire que ce film c’est n’importe quoi, mauvaises langues). Je vous résume donc la situation : nos héros viennent de tuer 70% des soldats de l’île à eux seuls, sont isolés dans un souterrain assiégé par des soldats en pleine alerte rouge, et l’ex-agent de la CIA vient d’apprendre qu’il allait devoir quitter l’île encore plus vite qu’il ne le pensait, puisque non seulement Garza le vire, mais il ne veut pas rester dans le coin en présences des Expendables.

C’est donc ce moment précis que choisit Garza pour faire … un discours.

Heu ? En plein milieu d’une guerre sur ton île ? Sachant que les pertes des Expendables, s’élèvent à 0% et que toi, tu as perdu plus de gardes que tu n’en avais à la base, et que l’ennemi est à 20 mètres de ton balcon présidentiel ? Et bien oui ! Il a même droit à l’un des projecteurs de la base militaire braqué sur lui pour faire plus spectaculaire ! Il commence donc son speech que je résume en "Dehors les gringos !" , et qui se termine bien vite par Monroe qui lui tire une balle dans le dos car c’est un très mauvais perdant. Le général tombe donc du balcon comme une fiente, et s’écrase au sol. Mystérieusement, cela ne choque pas ses soldats, qui ne se disent pas "Qui a tiré ? Il vient de tuer notre chef : allons trouver l’assassin !" et se contentent de rester sur place en bavant et en faisant des bruits bizarres genre "Gheuuuu banaaaaane…". La moyenne du QI local est de 43, je pense.

Depuis leur souterrain aux pieds du palais présidentiel, nos héros observent la scène et jurent comme des charretiers devant ce qu’il se passe. Ils feraient bien exploser le palais pour faire diversion (d’ailleurs, il y avait tellement de diversions possibles, je n’ai pas compris pourquoi ils ont voulu s’ennuyer à prendre moult risques pour piéger le seul bâtiment constitué d’autres choses que de tôles de l’île, et supra-gardé de surcroit), mais Sandra est encore à l’intérieur, retenue par Monroe ; lorsqu’ils aperçoivent ce dernier sortir, la belle avec lui en otage, ils n’ont plus d’hésitation : ils font exploser tout le palais. Cela perturbe les soldats qui assiégeaient le souterrain, qui se retournent en faisant "¡ Qué pasa ? !" : tragique erreur, puisque cette seconde inattention est suffisante pour que nos fiers américains les massacrent tous en sortant de leur trou, mitraillant partout, et mettant le feu au pétrole répandu dans sa tranchée par Yin Yang tout à l’heure (la rivière de pétrole que personne n’a remarquée, vous savez ?). Je vous passe le fait que chaque héros tire environ 2 600 balles par chargeur, fasse apparaitre des armes, grenades et munitions comme ça, pif pouf, alors qu’ils n’ont que quelques pauvres poches sur leurs tenues et pas même un sac je le rappelle, mais dans tous les cas, jamais ils ne manquent d’outil et s’amusent fortement (Blackos, particulièrement, dont les balles font même exploser… les bunkers. Hem.), profitant du fait que là encore, les gardes ne tirent jamais et se contentent de courir partout un couteau à la main. Ça fait un peu débile léger psychopathe. Ça devait être un critère de recrutement pour intégrer cette armée.

Monroe, lui, a repéré un hélicoptère bien utile pour s’enfuir mais… la tranchée de pétrole enflammée le sépare de l’appareil ! Pas de problèmes : son bras droit saisit une porte qui passait par là et la pose en guise de pont ; une fois les flammes traversées, Monroe… heu ? Se téléporte  lui aussi ?! Mais c’est une manie dans ce film ! Attendez, dans le plan suivant, il est à nouveau du mauvais côté des flammes ? Mais alors il vient de franchir quoi avec sa passerelle de fortune ? La rivière enchantée ? La fosse septique, dont des flammes s’échappent tant la nourriture principale sur l’île est constituée de tacos pimentés ? On l’ignore, mais dans tous les cas, Monroe se met alors à courir partout dans le camp sans but précis pendant que les Expendables massacrent tout sur leur passage, et que Christmas tue des dizaines de soldats au couteau dans des chorégraphies dignes de Kamel Ouali.

Monroe fuyant le palais présidentiel qui, curieusement n’est éclairé qu’avec des cierges. Hmmm.

Finalement, Monroe est rattrapé par Barney, qui le menace de son arme ; mais c’est sans compter sur ce dernier qui dispose d’une otage de choix : Sandra. Il se lance alors dans la classique diatribe du "On est identiques toi et moi, Ross !", mais il oublie un point essentiel  : les Expendables, les otages, ils n’en ont rien à foutre : ils ont des balles guidées par Tom-Tom. L’ex-agent de la CIA trouve donc la mort tant sous les balles de Barney que par la lame de Christmas qui arrivait derrière lui ; avec tant de corps étrangers dans le bidou, il est donc définitivement mort.

Le lendemain, c’est la fête sur Vilena ! Le peuple est libre ! Certes, il n’y a plus de palais présidentiel, plus de chef, plus de gouvernement et plus d’armée ou de police, mais tout va bien ! Ajoutez à cela que vu la taille de Vilena, les 200 à 300 soldats morts, ça doit être une hécatombe chez les jeunes hommes de l’île, tout le monde a dû perdre un fils ou un frère sous les balles de ces gros cons d’Expendables : quelle joie !  Ces derniers ont d’ailleurs fait sauter tous les entrepôts présidentiels, sans raison aucune ; vous savez, ces trucs qui devaient contenir des médicaments, de la nourriture, etc. Sandra est heureuse, et on sent bien qu’elle aime bien Barney, mais lui n’est pas comme ça : il lui donne un peu d’argent pour l’aider à reprendre une vie normale et reconstruire Vilena, et s’en va avec ses copains dans son superbe hydravion, car il est avant tout un baroudeur solitaire.

De retour au pays, tout le monde fait la fête dans le bar de Tool, même Gunnar, qui a survécu à ses blessures et réalisé qu’être méchant lui réussissait très mal.  C’est beau ; Lee de son côté, est donc à nouveau avec sa copine, se la joue même slammeur en faisant un simili-poème sur Tool (troooop cool) avant de bien montrer qui est le roi aux concours de lancer de couteaux. C’est donc la folle ambiance et…

FIN, donc !

Je me demande si à la fin du film, Brice Woullous les fait tous massacrer car au final, ils ont fait à Vilena exactement la mission qu’ils ont refusé, mais gratuitement ? Ça leur ferait les pieds à ces gros blaireaux. Il faudrait que je demande au mec qui a écrit le film si ça arri…

Non !

Lâchez ce Bic , Monsieur Stallone !

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