Paris, octobre 2059

Le verre de synthé-scotch claqua sur le comptoir du bar lorsque Richard Dequart le reposa sans précaution après l’avoir vidé cul-sec. Derrière le zinc, l’hôtesse lui jeta un regard légèrement méprisant avant de s’emparer de l’objet, hésitant quelques secondes lorsqu’elle aperçut le type en trench-coat lui commander d’un geste de la main hésitant de le remplir à nouveau. Sitôt qu’elle eut glissé le verre aux glaçons craquant à l’air libre sous le nez de son client, Richard s’en saisit et le vida à nouveau d’un trait.

Ancore.
- Je croit que vous aver assez bu pour ce soir, Runner.”
  

Richard releva péniblement la tête pour fixer la jeune fille de ses yeux vitreux ; en grattant le mauvais rasage descendant de sa chevelure désordonnée aux tons châtains, il se demanda l’âge que pouvait avoir la serveuse. Probablement la moitié du sien : il se sentait vieux et hors-jeu rien qu’à la regarder ; elle n’avait probablement jamais connu les émeutes de 2038, et les épidémies de 2022 devaient être d’ennuyeuses histoires de ses parents.

“J’ai dis ancore. Je payes assez d’eurocrédits pour sa. 
- Vous connaisser les règle : pas de F5 après le second sans un alcootest d’abord.”
  

Sociéter de mairde“, marmonna Richard. Il détestait l’expression “F5“, petit truc rétro supposé vouloir dire “rafréchissemment” sans qu’il comprenne bien pourquoi. Truc rentré dans le dictionnaire en 2019 en référence à des pièces de vieilles machines du XXe siècle dénommées “clavier“, ou quelque chose du genre, si ses souvenirs de l’académie étaient bons.

Richard était un Runner, un membre d’une force d’élite chargée de faire respecter les nouvelles conventions grammaticales et orthographiques. Depuis les grands combats des années 2010, la langue n’avait eu de cesse d’évoluer pour devenir plus belle, plus égalitaire ; hélas, dans l’ombre, des hommes et des femmes d’obédience fasciste continuaient de vouloir préserver les règles de l’ancien monde et prétendaient que tout cela, c’était “de la connerie“. Les Runners étaient là pour les empêcher d’agir ; formés dans une académie spéciale au tir, au combat au corps à corps et aux règles de grammaire passées et présentes pour savoir tant ce qu’ils défendaient que comprendre leur ennemi, ils pourchassaient sans relâche les membres de ces groupuscules pour les renvoyer en rééducation à Skyblog Bay, un centre de coercition grammaticale tenu par une corporation privée travaillant main dans la main avec l’Etat.

En 2041, le rouge a été remplacé par le rose, parce que "Les garçons ont le droit au bleu sur le drapeau, alors pour avoir l'égalité, il nous faut le rose, sinon c'est machiste"

Derrière les persiennes qui couvraient les vitrines du bar, Richard pouvait apercevoir sur le vieux mur en face de l’établissement des tags de ses ennemis, qui bien qu’invisibles la plupart du temps, n’avaient de cesse de couvrir la cité de règles de grammaires et de conventions orthographiques dictatoriales et passéistes. Là, sur ce mur de résidence fatigué, on pouvait lire à la lueur d’un lampadaire grésillant “Dilemme, pas dilemne !” ou “L’infinitif, c’est pas impératif !” juste au-dessous d’une inscription officielle “Afficher ici se que vous vouler” certifiée par le Ministère de le Francophonie.

Faire respecter le Francophonie était relativement complexe dans ce monde qui n’avait de cesse d’évoluer : chaque mois, l’assemblée passait de nouveaux mots et nouvelles règles pour suivre des lobbys influents ; régulièrement, de nouveaux messages tombaient sur l’I-Plant de Richard, son implant crânien de dernière génération lui permettant d’enregistrer directement dans sa mémoire les nouvelles règles à appliquer. Parfois, il se demandait comment on faisait, avant tout cet équipement. Son mentor, Matthéo rOkssOr_18 lui racontait souvent comment les choses étaient difficiles, au début, quand les gens se montraient encore tellement conservateurs qu’il fallait se battre pour appliquer la moindre nouveauté à la langue. Richard ricana en repensant à la première fois où il avait rencontré Matthéo, la légende des Runners, les yeux embués par l’émotion : c’était rOkssOr_18 qui avait abattu Bernard Pivot, l’un des leaders fascistes alors qu’il réunissait en secret des gens dans les catacombes de Paris pour donner… des dictées. Brrr.

“Poke !
- Poke.”
 

La clochette au-dessus de la porte du bar tinta lorsque le nouvel arrivant la passa, saluant la salle de la manière traditionnelle imposée par la Grande Réforme de 2030, dites “Facetweet“, du nom de la corporation ayant soutenu son passage à l’assemblée et fait rentrer “J’aime” comme nouvelle manière d’approuver un propos dans le dictionnaire. Richard observa le type aller s’asseoir sur l’un des tabourets près du zinc, faisant craquer le faux-cuir de tout le poids de son embonpoint. Derrière eux, une femme âgée qui savourait jusqu’alors son sojakawa en lisant le journal s’approcha du I-Juke pour lancer un bon vieux morceau du début du siècle, du Justin Bieber. Y’a pas à dire, les vieux morceaux étaient toujours les meilleurs. On savait faire de la musique en ce temps-là.

“Allez Runner, oublier l’alcootest, vous m’aver l’air bien nostalgique. Raconter-moi ce qui vous rends triste comme sa.”
  

Richard se retourna vers la serveuse, notant que celle-ci s’était accoudée sur le comptoir, ouvrant ainsi un formidable point de vue sur l’intérieur de son débardeur ; le Runner se concentra pour fixer ses yeux, se répétant intérieurement qu’il aurait pu être son père.

“Vous saver, je ne fait pas un métié facile. Des fois, je me dit que je me fait vieux, que je n’arive plus à suivre.
- LOL c’et normal, vous saver. Depuis qu’ons ont nommé Cyber-Xavière Tibéri en tant que ministresse de le Francophonie, c’est vrai qu’il y a pas mal de loi chaque semaine, sa dois être dur à suivre.
- J’aime. Les conservateurs sons d’ailleurs de plus en plus actif ; un nonbre croissant d’illuminer de leur secte considère le Bescherelle comme un livre sain ; l’autre jour, ons ont carrément tenter de posé une bonbe station Loovre-Rivaulee, au motif que la nouvelle plaque apposer après les réfexions ne serait pas conforme au nom original de l’endroits. Quel bande de passéiste !
- Oui, les mêmes qui ont refuser que l’on transforme des noms masculins en féminins et inversement afin d’obtenir la pariter dans le dictionnaire. Foutus rétrograde ! S’est pas avec des gens comme eux que nous les femmes, on aura un jour l’égaliter. 
- Je sait, vous n’imaginer pas à quel point ons considèrent les textes comme importans. L’autre jour, on en a encore choppé une dizaine qui dealé des texte d’un certain “Maître Eolas” directement au pied de la tour Eifelle. Ons osent tout.”
  

En 2059, la suppression des cours d'histoire-géographie a persuadé l'ensemble de la population que la tour Eiffel avait été érigée en hommage au groupe de musique éponyme

L’implant crânien de Richard tourna à plein régime tout du long de la conversation, analysant la prononciation et l’élocution de son interlocutrice pour confirmer qu’elle utilisait les règles officielles de le Francophonie ; c’était à ça que l’on reconnaissait les conservateurs, ces fichus terroristes : aux détails. Mais tout du long, l’hôtesse avait utilisé les règles officielles correctement : du LOL (intégré au dictionnaire en 2018), un refus des accords (considérés comme sexistes en 2015), une utilisation aléatoire de l’orthographe et de la grammaire (la chute des notes de français avait alerté en 2023 Steevy Boulay, ministre de l’éducation lors du second mandat de Jean-François Copé, et afin de redresser les notes des élèves, avait fait supprimer les cours de français permettant ainsi de satisfaire tant les bambins que les journalistes qui critiquaient les statistiques des échecs au bac français, ainsi que l’on réglait tous les problèmes d’éducation depuis 2002). Bref : cette jeune fille était une citoyenne exemplaire, véritable Molière moderne quant à sa maîtrise de la langue ; cela faisait toujours plaisir de discuter avec des gens éduqués, qui savaient utiliser correctement la nouvelle personne du pluriel, “Ons“, remplaçant avantageusement “Ils” et “Elles“, pronoms porteurs de préjugés.

Vous parler drolement bien, belle maitrise de la langue. Dite-moi: d’ou vous viens cette éducacion ?
- Ho, j’étudis un peu… je voudré ètre conservatrisse au Musée de l’Homme ET DE LA FEMME. Serveuse, s’est juste le tant de payé mes étude. 
- Beau projais. 
- Merci. Maintenent, excusé moi, je vai servir l’autre cliant.
   

Elle s’éloigna d’un pas rapide jusqu’à son voisin, prenant la commande pendant que Richard se demandait ce qu’il en aurait été de lui si le monde n’avait pas tourné ainsi. Aurait-il sacrifié autant pour son travail ? Se serait-il marié ? Aurait-il pu voir grandir une fille comme celle là, et l’aider à poursuivre ses ambitions ? Tout avait commencé avec la loi sur la libre orthographe des prénoms et le choix de ceux-ci, et ensuite, tout s’était enchaîné : fin de certains mots, apparition de nouveaux, mise en place de lois précises… parfois, il se demandait ce qu’il se serait passé si, au lieu de changer les règles pour s’adapter aux nouvelles générations qui prétendaient ne pas arriver à les apprendre, on avait amélioré l’éducation des dites générations pour qu’elles puissent apprendre au moins aussi bien que leurs ancêtres ? Il chassa brièvement cette idée de son esprit, se disant que c’était probablement comme cela que l’on devenait un vieux conservateur.

Soudain, sa vision devint rouge, et de nombreux messages d’alerte s’affichèrent sur son holo-rétine, l’informant d’un danger immédiat. Bondissant en arrière en faisant choir son tabouret dans le mouvement, Richard tira de son holster son pistolet, braquant le laser de visée vers le type obèse qui s’était assis à sa droite tout en tirant son badge de sa poche.

“Dit donc toi, le gros !
- Pardon ? Moi Moncieur ? Que… qu’aisse que j’est fait ?
- Regarde mon badge ! Runner d’Etat, division des crime ortografiques ! Allonge toi sur le saule ! 
- Mer enfin je… je venez juste…
- Tu t’ai trahi ! Passe encore ton accent, mais tu vient d’appelé la dame “Mademoiselle !” Tu c’est très bien que c’et interdis, car sexiste !”
  

Le type à l’épatant embonpoint baissa doucement les mains, observant la sueur couler sur les tempes du Runner.

Bravo Runner, pour ce coup, vous m’avez eu. Mais vous aviez raison sur un point : nous sommes de plus en plus actifs. Grammaire vaincra !

Le temps que Richard appuie sur la gâchette, le type avait déjà ouvert en grand sa veste, révélant que son large bourrelet n’était pas constitué de gras, mais de bien autre chose.

Du Tekssmeksse !

Hurla le Runner avant qu’une explosion ne le réduise, ainsi que l’intégralité du café “Le Facebar“, à l’état de chaleur et de lumière.

Le bon côté, c'est qu'en 2059, tout le monde trouve les blagues sur le 21 décembre 2012 absolument nulles.

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Louise bondit en hurlant dans le lit, apposant ses mains partout sur elle-même pour s’assurer qu’elle était bien réveillée ; la sensation de la sueur sur sa peau coulant entre ses doigts lui confirma que tout cela n’était qu’un mauvais rêve.

Grmmmbllll…. c’que c’est ?” – dit une voix pâteuse à côté d’elle.

Elle hésita quelques instants, cherchant à se rappeler les détails de son rêve.

“Je… j’ai rêvé que la langue française était régie par des lobbys plus ou moins idiots qui demandaient des modifications de la loi pour un oui ou pour un non. Hoooo, si tu savais, c’était affreux ! 
- Hmmmm…. pffff… du genre ?
- Et bien par exemple, les féministes avaient demandé à ce que l’on féminise des accords, ou des mots en pagaille pourvu de donner l’impression de faire avancer la cause… c’était bizarre.”
  

Son voisin se redressa dans le lit.

“Louise allons : les féministes ne sont pas si bêtes ; je veux dire : même en féminisant les accords, du genre en utilisant la règle du “l’adjectif s’accorde avec le dernier nom dans une suite, et pas automatiquement le masculin s’il n’y a pas uniquement des termes féminins”, ce serait complètement idiot : il resterait le “Ils” et le “Elles” : 999 filles et 1 garçon font “Ils”. Alors à moins qu’elles décident de demander à ce qu’on applique cette règle en comptant les participants pour dire si il y a une majorité de “Ils” ou de “Elles” et en cas d’impossibilité de le déterminer, du genre ils sont un nombre égal ou inconnu, utiliser un nouveau pronom “Ons”, ce serait un combat non seulement inintéressant mais parfaitement stupide puisque ne changeant rien.
- Oui, mais dans mon rêve, pour elles, c’était la langue française qui était sexiste.
- Allons, te dis-je ! Si c’était vrai, et si une langue influençait vraiment les gens, alors les féministes en question ne pourraient pas exister, puisqu’elles parleraient le français expliquant que quiconque parle français a une vision des choses machiste ! Leur simple existence serait donc la preuve de l’absurdité de leurs arguments. Allez, calme-toi.
- Oui… tu as raison…
- Maintenant, en parlant d’égalité hommes-femmes, je ne me souviens pas avoir entendu ces dames hurler sur le fait que les hommes ne peuvent pas avoir autant d’orgasmes qu’elle, alors hop, au boulot mademoiselle.”
  

Louise fit brièvement la moue avant de disparaître sous les draps.

M’allumant un cigare, je me félicitais de ne pas être féministe : si je l’étais, je n’ose pas imaginer à quel point je deviendrais fou si des gens prétendant l’être sortaient ce genre d’énormité.

 

Février est un mois gnan-gnan.

C’est comme ça, que voulez-vous : avec la Saint Valentin, vous avez pu constater que bien avant la semaine dernière, tout le monde vous ennuyait avec de sombres histoires de cadeaux, de bisous et autres fleurs. Rien à voir avec le commerce, comme toujours. Par ailleurs, comme si un malheur sirupeux n’arrivait jamais seul, voici que c’est aussi la saison des Enfoirés, qui comme chaque année, reviennent se battre et lutter contre la pauvreté avec toute leur “générosité” (terme générique dont j’ignore la signification tant on le met à toutes les sauces sitôt que l’on parle d’artistes). Générosité qui s’arrête dès qu’il faut prendre plus de 5 minutes pour composer une chanson soi-même : nous avons donc pour la saison 2011 une énième reprise, tant de la musique que des paroles, avec seulement quelques phrases de changées, parce que sinon c’est trop fatigant. A noter aussi que, comme à chaque fois, on trouve parmi les Enfoirés de fabuleux personnages, comme Michèle Laroque, qui vous demande de filer votre pognon pour aider les plus pauvres, mais qui jusqu’en 2010, était en exil fiscal à Las Vegas, parce que donner du fric pour aider les autres, d’accord, mais à condition que ce soit justement le fric d’autrui.

Bref ; en ce mois rose et sucré, laissez-moi faire preuve d’un peu de parité, et me tourner vers nos amies les femmes pour leur proposer de traiter un sujet qui jusqu’ici, n’avait été vu que d’un point de vue masculin : la séduction.

Car les conseils de drague sur internet ne sont pas l’apanage des mâles velus ; moult sites proposent à ces dames de comprendre ces créatures à la fois mystérieuses et peu discrètes que sont les hommes. D’où viennent ils ? Que veulent ils ? Pourquoi s’acharnent ils toujours à pisser debout et à en mettre partout plutôt que de s’asseoir ? Et il y a l’embarras du choix ! Aussi, permettez-moi de vous proposer ce jour un pot pourri de quelques articles trouvés de-ci de-là sur la vaste toile, qui vous donneront, mesdemoiselles, car vous êtes nombreuses à fréquenter ces lieux, les clés pour que les possesseurs de chromosomes Y vous tombent dans les bras. Au moins ça, oui. Hmmm. Mais commençons plutôt.

 

L'homme : subtil, délicat, complexe, léger... un vrai mystère.

Tout d’abord, intéressons-nous à “Comment séduire un homme“, fabuleux site qui affiche ainsi d’entrée de jeu le thème central qui est le sien.

Et le site est prévoyant ; en effet, avant de séduire un homme, comment en trouver un de bien ? Excellente question, à laquelle est fournie une toute aussi formidable réponse.

Du coup, comment trouver un mec bien? Sachez qu’il y a des signes qui ne trompent pas. Le mec bien a des qualités bien particulières et il y a des endroits où on a plus de chances de le rencontrer que d’autres.

Des signes qui ne trompent pas“. C’est du sûr à 100% les filles, alors suivez bien, surtout qu’on ne trouve pas le mec bien partout, attention, il a des endroits bien particuliers où traîner. En général, le mec bien défèque aux quatre coins de son territoire pour bien marquer que ce n’est que pour lui et ses congénères. Attention donc à ne pas marcher avec vos sandalettes dans l’un des coprolithes laissés par ces charmants garçons. Mais comment reconnaître le bougre au premier coup d’oeil ?

Le mec bien fait attention à lui. Il a une belle peau: pas d’UV à outrance (signe distinctif d’un homme superficiel) ni de boutons infectés (signe distinctif d’un homme négligé) et encore moins le teint pale (signe distinctif d’un pseudo artiste torturé)

Attention donc : le mec bien n’a rien à voir avec le fait d’être bien. Il a forcément un rayonnement de sa bonté sur son physique. Méfiance donc : si ses cheveux ne sont pas blonds et qu’il n’a pas un cheval sous lui, c’est probablement un fourbe. Et s’il a une rougeur sur la peau, c’est forcément un sinistre enculé. Parfois, le matin, le mec bien a un bouton de fièvre, et il ne peut que constater qu’aujourd’hui, il sera un connard. Et je ne vous parle pas des lépreux.

Tout comme ses ongles. Il ne se les ronge pas (signe distinctif des hommes stressés) et ils sont toujours propres.

L’homme bien n’est pas stressé, et ne travaille pas dans un milieu où il se salit les mains. L’homme bien travaille dans un bureau. Les ouvriers, ça reste quand même de potentiels suppôts de Lénine : autant les éviter comme la peste. Et puis bon, ils sont rarement riches : vous n’allez quand même pas coucher avec un pauvre !

Il n’a pas la pupille dilatée (signe distinctif d”un fan de substances illicites) et n”a pas de cernes (signe distinctif d”un accroc aux jeux vidéos)

Le mec bien n’a pas de cernes, il ne travaille donc jamais tard. Le mec bien est un branleur.

Le mec bien se cache partout. Il ne se fait pas remarquer donc les filles ne le voient pas forcement. Il est vrai que les filles fantasment davantage sur un bad boy ou un beau gosse.

Hé ho ! En début d’article, on nous vendait qu’il se cachait dans des endroits bien particuliers ; c’est quoi ce revirement, là, hop ? On nous aurait menti ? Il serait donc partout ? A noter que le mec bien ne fait pas fantasmer les filles. Allons donc jusqu’au bout du raisonnement : le mec bien, gentil et attentionné, il finit “meilleur pote“, et il écoute Micheline pleurer que Brandon est un con 5 fois par mois, tout en sachant que cette dernière restera avec “pour ne pas être toute seule“, et que si jamais Brandon la plaque pour Sylvie, celle avec les gros seins, elle viendra pleurer chez le mec bien qu’elle en a marre des salauds et qu’elle veut un type bien, avant d’aller entamer dès le lendemain une relation avec Gunthar, le vigile serbe psychotique du Franprix.

Justement, le site a aussi prévu le coup : Quels sont les bad boys à éviter ? 3 exemples !

 

Les Bad Boys : un gage constant de qualité

Non parce qu’il y a des bad boys fréquentables. Comme celui en photo pour illustrer l’article, le bien nommé Robert Patachon, alias Edward, le vampire dark-mais-kikinou-qui-boit-pas-de-sang-humain-et-qui-brille-au-soleil. Il est assez clair qu’il n’y a pas grand-chose à en craindre. A part ses sourcils, peut-être. Bref, quels sont les trois types de galopins à éviter, mesdemoiselles ?

Au début de votre relation, vous avez eu la surprise de constater qu’il vous avait menti sur certains « petits » points. Il avait des excuses plus ou moins convaincantes et vous avez laissé passer. Aujourd’hui, les mensonges sont de plus en plus gros et les excuses deviennent de moins en moins crédibles, si ce n’est inexistantes

Il faudrait donc éviter les menteurs ? Vous voulez dire, les mecs à qui, un jour vous demanderez “Mon choubidou, qu’est-ce que tu as regardé chez moi en premier ? Qu’est-ce que tu as préféré ?” et qui vous répondront “Tes yeux mon amour. Et j’ai beaucoup aimé ton sens de l’humour“.

Hé bin, ça va faire un sacré tri dans l’humanité.

La bonne réponse étant “Tes loches” suivi de “Quand tu as enfin arrêté de causer“. Ingénues que vous êtes. Mais donc, second bad boy à éviter ?

Le séducteur n’a qu’une chose en tête: entrer en contact ou être contacté par la gent féminine. C’est une obsession chez lui, il aime plaire, il sent que cela lui donne de l’importance. Il a comme un radar: dès qu’il voit ou qu’il sent qu’une fille lui plait un peu, il ne peut s’empêcher d’essayer de la faire craquer. Forcement, il en veut toujours plus et, un jour, il finit par vous tromper.

Le séducteur serait donc à éviter, tant il a l’habitude de foncer sur tout ce qui est vaguement féminin : en soirée, il bondit sur vos amies. En vacances, il passe son temps à offrir des verres au bar. A la montagne, il poursuit les chèvres en poussant des râles de jouissance ; en un mot comme en cent, il n’est pas sortable. A noter qu’il peut essayer de vous tromper discrètement, en vous pipotant un peu.

Il va également créer une espèce de  routine comme allonger sa journée de travail. Et quand il rentrera, il vous donnera plein de détails sur ce qui se serait passé au travail, ou pas. Un homme qui n’a rien à se reprocher ne s’amuse pas à raconter des choses très précises.

Notez la dernière phrase : un mâle innocent ne peut être précis. Il a beau essayer, il y a un champ de force qui l’en empêche ; s’il raconte une anecdote précise, c’est qu’il vous trompe. Par exemple, s’il vous explique que quand il était gamin, il avait un teckel prénommé Schnaps, c’est incroyablement suspect : ce petit enfoiré s’amuse à vous raconter des choses précises ! Il y a forcément baleine sous gravier ; était-ce un teckel ou bien une top-model suédoise ? S’appelait-elle vraiment Schnaps ? Avait-elle réellement uriné contre la balançoire du jardin ? Autant de question qui en disent long : une histoire trop précise est une histoire suspecte. Un homme est forcément grossier en toutes choses.

Contrairement à cette analyse, qui est très subtile.

Heureusement, dernier conseil pour vous mesdemoiselles, et dernier bad boy à éviter comme un rabouin dans le métro :

Le dealer ment sur ses journées de travail et sur la manière dont il règle ses factures. A part si vous êtes du même monde que lui, il ne vous avouera pas facilement ses activités. Il en va de même avec tous ceux qui ont des activités dangereuses et illégales (impliquant armes, prostitution etc.)

Le dealer. Oui, les filles, il faut éviter les dealers et les gens qui trempent dans des activités illégales, puisque curieusement, la relation devient vite compliquée, surtout lorsque Pedro vous demande si, par amour, vous ne voudriez pas prendre l’avion pour aller voir ses cousins colombiens en vacances à Londres, le tout en vous collant 600 grammes d’une mystérieuse poudre blanche dans le rectum.

Ça peut vous paraître une lapalissade, mais tout le monde ne lit pas “Comment séduire un homme” ; sinon, Florence Cassez se serait méfiée de ce mystérieux vendeur de voitures mexicain qui roulait en véhicules de luxe et disposait d’une formidable villa qui la nuit, résonnait de curieuses voix en provenance de la cave (un peu comme chez moi, en fait). Maintenant, vous voilà prévenues, mesdemoiselles.

 

Ah, si Florence avait lu "Comment séduire un homme" !

Alors évidemment, si jamais vous vous étiez déjà mise en couple avec un fameux dealer, et qu’un soir, après vous avoir avoué sa flamme, il avait ajouté “et si tu tentes de me plaquer, je te balance au fond de la Seine avec des chaussures en béton“, “Comment séduire un homme”, qui est décidément un site bien prévoyant, vous propose 5 façons pour larguer son mec par SMS. Classe.

La manière la plus pratique de mettre un terme à une relation – surtout si elle fut de courte durée – c’est d’envoyer un texto.

Le texto, arme ultime : ainsi, on peut en quelques lignes, faire passer un message simple comme “Jean-Jacques, tu es une merde ;-) ” ou “Boris, c’est fini entre nous, lolilol xptdr“. Le site n’explique pas comment, par la suite, réagir aux textos vengeurs ou demandant des explications plus poussées que des mâles pourraient envoyer. Ah si : il explique qu’il faut éteindre son portable.

Et donc, ça arrête les textos ? Je… heu… hem. Bon, on va faire comme si on avait rien lu.

A noter que dans les exemples de SMS types, visiblement, il y a obligation de faire des rimes ; bordel, plaquer son mec par texto, c’est déjà pas bien glorieux, mais alors en faisant du slam, c’est pire : on doit avoir l’impression de se faire jeter par Grand Corps Malade. Exemple :

J’eu aimé un homme autrefois mais depuis de l”eau a coulé sous les ponts

et je vais devoir lui faire part de ma désillusion.

Désolée mais l’envie de continuer à marcher à tes cotés

me manque désormais.

Bonne route.

Formidable SMS, qui permettra en sus de montrer à votre désormais ex que non seulement vous ne voulez plus de lui, mais visiblement vous avez aussi décidé de rejeter le passé antérieur en même temps. Si c’était un SMS pour plaquer Maître Capello ou Bertrand Renard, c’est donc doublement cruel. Sans-coeur !

Mais le SMS n’est pas seulement un outil de rupture, non, c’est désormais l’instrument culte de toute une génération (les filles ne niez pas : on sait que vous dragouillez par SMS, et pire encore, que vous relisez 20 fois chaque texto pour en faire 30 interprétations différentes – “Han il a dit “bises” et pas “bisous” !“); il suffit pour s’en convaincre d’aller voir le site girls.fr, que vous aviez déjà découvert au travers d’un formidable roman photo ; cette fois-ci, figurez-vous que le diable de site prodigue aussi de formidables conseils pour que nos jeunes damoiselles arrivent à trouver l’homme qu’il leur faut, même en terrain difficile.

 

Je vous ai dit qu'il y avait un nouveau roman photo chez girls.fr ?

En effet, comment draguer en classe ? Il existe une méthode simple qui…

Attendez, attendez, on est en train d’apprendre à nos chères têtes blondes à dragouiller en cours plutôt qu’à écouter fidèlement les exploits de nos ancêtres les gaulois ? Voyons voir ça…

La meilleure technique de drague en cours est celle du texto.

Ho bordel. Avec en plus une petite illustration sur “Comment cacher son portable discretos derrière son agenda relevé pour que le prof, il puisse pas voir, hihihi“. Bon, je ne sais pas ce qui est le plus ennuyeux : qu’un site s’adressant aux adolescents leur recommande de ne rien branler en cours, ou qu’il ne soit pas foutu de savoir que les adolescents sont beaucoup trop bêtes pour être capables de se servir d’un téléphone discrètement en classe. On retrouve pêle-mêle :

- la méthode “huhu, j’ai mis le vibreur BZZZZZ y a que BZZZZZ moi BZZZZ qui BZZZZZ l’entend, BZZZZZ”, méthode qui ne laisse que deux solutions à l’enseignant : soit un élève a un téléphone sur lui en vibreur, soit une élève est en train de prendre bien du plaisir avec son ami Yucki le petit canard. Attention : l’un et l’autre ne sont pas fondamentalement incompatibles.

- la méthode “hihi, je vais relever mon livre discrètement pour envoyer des textos de derrière“, méthode qui suppute qu’il existe un seul élève au monde qui ait besoin de poser son livre sur sa table de manière parfaitement verticale pour travailler et non pour planquer un truc louche.

- la méthode “héhé, je vais mettre le téléphone sur mes genoux, trop la feinte”, méthode qui s’arrête sitôt qu’on entend le cliquetis du clavier ou le bruit du gros doigt plein de gras de l’adolescente contre son écran tactile, ou simplement que l’on constate qu’elle regarde incroyablement discrètement sous sa table en permanence.

Je rappelle aux enseignants la méthode brevetée : attendre que l’élève range discrètement son portable dans sa pochette/chaussette à votre approche (les adolescents trouvent cela à la mode, profitez-en) et dire “Je suppose que c’est votre gomme dans cette pochette ?” ; l’élève étant fondamentalement bête et mauvais menteur, il répondra “Heuuu oui, c’est ma gomme“. Dès lors, vous n’avez plus qu’à vous en saisir en vous exclamant “une si grosse gomme doit formidablement rebondir contre les murs !“. Ne vous reste plus qu’à savourer le cri de terreur du marmot, suivi de ses sourds sanglots qui compléteront à merveille le bruit de plastique explosant contre le mur où vous avez accroché cette si belle carte de l’Union Européenne. En cas d’élève rebelle, n’hésitez pas à vous défendre en invoquant le fait que vous étiez persuadé que c’était une gomme, puisqu’il vous l’avait dit. Et que vous ne pensiez pas qu’en sus d’amener du matériel interdit dans l’enceinte de l’établissement, ce brave élève oserait vous mentir. Vous pouvez dès lors vous poser en victime, en enseignant brisé à la confiance trahie. Avec un bon jeu d’acteur, vous pourrez même obtenir un congé pour vous en remettre.

Mais revenons à nos moutons : la drague. Puisque girls.fr vous propose des conseils pour séduire dans un autre lieu original : le cinéma.

Draguer au cinéma ?
Le cinéma est un lieu propice au rapprochement. C’est sans doute le contexte le plus adapté pour un premier baiser… à condition de déjà connaître son partenaire ! Comment faire alors ? C’est simple : avant que le film ne soit commencé, achète un pot de pop-corn salé et va t’asseoir à côté de ta cible. Croques-en un, et exclame-toi : « Beurk, je me suis trompée, ils sont salés! », tout en lui tendant ton pot : « Tu les veux ? Moi je n’aime pas quand ils sont salés… »

Excellent conseil. Même si c’est un coup à se prendre une balle dans la tête. Et ce n’est que justice. Par ailleurs, n’hésitez pas à choisir un film propice à l’emmerdement maximum : pour séduire, mieux vaut que l’autre ne vous réponde pas “ta gueule, j’écoute” lorsque vous lui susurrerez que vous l’aimez depuis toujours. La plupart des films français feront l’affaire, mais ceux impliquant Romain Duris sont d’autant plus recommandés.

 

Parce que parfois, "Chuuuut !" ne suffit pas

Mais girls.fr dispose de bien d’autres articles de qualité comme comment draguer un mec ? Et je ne résiste pas à l’envie de vous citer ce passage :

Parle par négations !
La suggestion ne concerne pas seulement le physique, cela vaut aussi pour ce que tu dis. Une petite technique, c’est de parler en utilisant la forme négative. Au lieu de lui dire : « Tu me plais », dis-lui « Je ne suis pas insensible à tes charmes. » Plutôt que « Tu veux boire un verre ce soir ? », dis-lui « Sache que je ne suis pas opposée à boire un verre avec toi… » Tu fais ainsi le premier pas, tout en lui donnant l’impression que c’est lui qui est en train de te conquérir.

Ça promet d’être compliqué.

“Bonjour mademoiselle, comment vous…
- Je ne vous salue pas.
- Je… ha. Il y a un problème ?
- Il n’y a pas de problème.
- Bon, alors ça va. Je me présente, je m’appelle Kevin, et vous ?
- Je ne m’appelle pas Jacqueline.”
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Etc. Espérons que jamais ce site ne tombe entre de mauvaises mains.

“B’soir mad’moiselle, ça vous dirait une petite partie de jambes en l’air avec mes douzes potes et moi dans la cave de mon immeuble ?
- Non !
- Vas-y, comment tu nous chauffes avec tes négations ! Aaah, je l’ai toujours dit, elles disent non mais elles pensent oui ! Merci, girls.fr !
- Mais, mais au viol bordel !”

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Rassurez-vous, dans la série “Comment maquer votre adolescente avec un psychopathe“, girls.fr continue de faire très fort avec son test “ton mec est-il un manipulateur ?” ; une petite liste de question est proposée à la lectrice, et si elle répond “oui” à 16 interrogations sur 20, alors elle doit “se méfier“. En dessous , c’est tout bon, inutile d’avoir le moindre doute, la confiance est de mise. Même à 15 questions positives sur 20.

Misère.

Heureusement, d’autres sites relèvent le niveau, comme aufeminin.com et sa section pour les d’jeun’z, teemix. Ainsi, on trouve divers conseils pour que ces damoiselles attirent l’attention de nos jeunes éphèbes

La bonne attitude ?
Fais-toi remarquer grâce à de petits détails. Va dans votre café fétiche avec un bouquin (si possible que tu es vraiment en train de lire !), porte des boucles d’oreilles rigolotes ou un sac aux couleurs de ton groupe préféré…

Objectif ? Donner au garçon-de-tes-rêves un prétexte pour débuter la conversation. Tu es une fille qui a des passions (= tu es donc passionnante).

Il y a quand même des livres avec lesquels on ne rencontre personne

Mais oui, tout à fait ! Excellent conseil ! Attention en effet à bien choisir le livre que vous allez prendre, histoire de savoir de quoi il parle ; le coup classique est de se saisir à la volée d’un ouvrage de la bibliothèque familiale et de se retrouver bien embêtée ; cependant, cela n’empêche pas les rencontres :

“Salut, je peux m’asseoir là ?
- Oui, hihihi (vous êtes une fille qui lit Teemix, vous devez glousser)
- J’ai vu que tu lisais le même bouquin que moi. Il te plaît ?
- Heu… oui, je… j’aime bien le personnage central. Ses réactions, son point de vue, tout ça.
- Oui, moi aussi, il a un côté attachant. Je ne connais pas beaucoup de filles qui pensent comme toi.”
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De là, la conversation s’engage doucement, les premiers échanges se font, on rit, on rêve, on parle de longues heures… Ah, vous avez bien fait votre choix avant de partir ! Ce “Mein Kampf” a l’air d’être un livre sympa pour être lu par un garçon si mignon!

Mais, tout cela parait bien loin de vous, et je vous comprends : à l’heure qu’il est, vous me lisez sur un ordinateur ou un quelconque support numérique et vous vous interrogez légitimement : depuis votre terminal, comment séduire, là, tout de suite ? Pas d’inquiétudes mesdemoiselles, tout est prévu : elleraconte.com vous propose 9 trucs pour draguer via le net !

Conseil N°4 :
Personne ne vous interdira de chasser plusieurs lapins à la fois, au contraire multipliez vos chances, en revanche, n’hésitez pas à vous noter toutes les infos sur chaque profils. Car rien de plus désolant de se mêler les pinceaux ou de plus se souvenir dès le lendemain. (ex : Thomas aime les voitures et le rnb, mais déteste l’hypocrisie…)

Ah oui, prenez des notes, parce que je ne sais pas qui est ce Thomas, mais il m’a tout l’air d’être un personnage fondamentalement complexe ; les voitures, le rnb… ah, que de songes érotiques vous attendent à l’idée de le retrouver à bord de sa 206 tunée ! Par ailleurs, n’oubliez pas mesdemoiselles : une personne qui se définit, comme 98% des candidats de télé-réalité par “je déteste l’hypocrisie” est une personne qui n’a aucune existence tangible. Non parce que ce poncif, mine de rien, revient à se définir comme “détestant se faire attaquer au lance-flamme” ou “ne pas aimer se faire traiter de porc borgne dans le dos“. On appelle ça une lapalissade. Pour le coup, je pense qu’il y a moyen de se passer de notes pour Thomas. En fait, je pense qu’il y a même moyen de se passer de Thomas.

Conseil N°8 :
Ne bluffer pas votre futur conquête par une fausse photo d’une top modèle. Mettez une vraie photo de vous.

C’est vrai. Vous devriez avoir honte de faire ça les filles, c’est quand même scandaleux, et le respect de l’autre ? Laissez-moi vous copier/coller ma dernière conversation avec une jeune fille qui avait essayé de me faire le coup.

“Puce74 – Tu me trouv joli sur mon avatar ?
Odin_Connor – Pour une fille de 16 ans, tu me parais un peu vieille.
Puce74 – …
Odin_Connor – Tu me fais surtout penser à Anna Semenovitch. Je pense que tu bluffes.
Puce74 – k lol c pas ma vrai foto. Atta je la met.
Odin_Connor – Hmmm.
Puce 74 – Tu aime pas ?
Odin_Connor – Si, tu es splendide. Dis donc, tu fais plus que 16 ans, mais pas de partout, c’est rigolo
Puce74 – *smiley lol qui clignote*
Puce74 – C’ ta vrai photo toi ossi ?
Odin_Connor – Bien sûr que c’est ma vraie photo.
Puce74 – On s’est déjà vus ?
Odin_Connor – Oui, je passe à la télé des fois. Je fais une pub dans laquelle John Malkovitch essaie de me tirer mes capsules de kawa. Là sur l’avatar, c’est une photo prise par un pote pendant que je bois mon café.
Puce74 – Jon ki ?
Odin_Connor – Un mec qui connait Justin Bieber. Sinon, tu aimes le café ? Je t’invite à en prendre un. Tu vas voir, j’ai toujours un super sucre en poudre sur moi. Une fois dans ton café, tu verras, tu vas adorer.”
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La liste des conseils est encore longue et nous pourrions continuer des heures ; mais je vous laisse découvrir la suite seules, mesdemoiselles.

Comme quoi, on pourra dire que les sites de conseils de drague pour les hommes sont ridicules et sexistes.

Mais finalement, il semblerait que les femmes aient enfin réussi à atteindre la parité, au moins dans ce domaine.

Bravo, mesdames.

 

Il pleut.

Une de ces pluies froides d’hiver qui glace jusqu’au travers des vêtements, chutant en une titanesque constellation de gouttes molles depuis un ciel d’un gris invariable ; de l’aube au crépuscule, jamais le soleil n’est paru. Le temps s’écoule différemment lorsque qu’il n’y a aucun disque lumineux pour parcourir l’azur ; il semble comme suspendu, patientant jusqu’à la délivrance du crépuscule, promesse d’un lendemain que chacun espère meilleur.

Sous le porche d’un magasin proposant divers produits supposés eux aussi suspendre le temps cette fois sur le derme de la gent féminine,vous regardez votre montre pour la dixième fois en deux minutes. Oui, vos amis sont en retard, comme toujours. Lorsqu’ils donnent un rendez-vous, on pourrait légitimement supposer qu’ils ont choisi une heure qui leur convenait, mais il n’en est rien. Un signe de ponctualité chez eux serait une trahison de tout ce qu’ils sont depuis bien des années. Leur manque de respect pour Chronos et son domaine mériterait presque de figurer sur leur passeport à la rubrique “signes distinctifs“, mais l’administration  – elle aussi très douée en matière de gestion du temps – s’y refuse obstinément depuis des années, malgré vos courriers répétés.

Fiche 1 : en arrivant à l'heure, par exemple

Et puis, finalement, au travers du rideau aqueux, vous les avez aperçus se dirigeant à grands pas vers vous, regroupés sous quelques parapluies peinant à conserver leur forme sous le vent. Quelques saluts, une bise ici, une virile poignée de main là… les formalités peuvent commencer : ça va ? Oui et toi ? Bin oui, oui. Quoi de neuf ? Rien et toi ? Rien. Ha (en effet, il semblerait qu’il n’arrive rien aux gens. Jamais. Mais ils aiment quand même le demander, des fois que.). Et sinon, on mange où ?

Les avis s’échangent, certains veulent ceci, d’autres cela, d’autres votent contre telle ou telle idée parce qu’ils en ont mangé cette semaine… et puis il y a ceux qui font les flans, qui n’ont pas d’avis ; on a beau leur demander “Non, non, choisissez” répondent ils en agitant la main d’un vigoureux signe de désistement. Et les autres choisissent, innocemment ; une fois leur choix arrêté et le restaurant choisi, celui qui avait laissé les autres décider de la destination attend d’être assis et d’avoir commandé pour se plaindre : c’est pas super ici. Et puis le service et pas top. Puis la déco, j’aime pas trop trop. En plus j’étais venu une fois, et la se…

J’étais là. Je me suis levé, j’ai pris ma chaise et je lui ai abattu sur la gueule. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je ne compte plus les coups répétés avec ce fabuleux assemblage de menuiserie qui me permet de transformer la tête de l’importun en une sorte de pulpe mêlée d’os fragmentés dont plus aucun son ne sort, si ce n’est celui que produit la rencontre entre le bois de pin de mon siège et la sorte de masse glaireuse qui se dresse là où était autrefois son visage.

Une fois cela fait, je me rassois sur mon écarlate assise avec la satisfaction du devoir accompli et fait remarquer que tout de même, il est vrai que le service est relativement lent ici.

Attention à bien choisir votre chaise : ici, les pieds sont trop fins pour une bonne prise en main.

Oui, en toute circonstance, les abstentionnistes me font chier.

Non pas rapport à une quelconque leçon sur qui s’est battu pour quoi, ou quelle importance a ceci ou cela : je n’ai pas une tête à enseigner l’Histoire ou l’éducation civique de toute manière.

C’est juste que, comme le savent les lecteurs de ce blog, j’aime ce qui est cohérent est ordonné d’où mon goût pour le IIIe Reich. Aussi, lorsque l’on demande à quelqu’un de s’exprimer et qu’il refuse de le faire et préfère laisser les autres choisir, il ne faut pas derrière qu’il se plaigne des décisions d’autrui. Comme le disait Pline le Jeune en constatant une forte abstention sur le forum un jour de Jeux “Qui ne se prononce pas ferme sa gueule“.

Alors évidemment, c’est ici que certains me diront “Ha oui ? Et si aucun choix ne me convient, hein, dis, gros malin ?“. Je leur répondrai que je n’aime pas trop qu’on me tutoie comme ça, au pied levé, et qu’accessoirement, dans ce cas il faut le dire. C’est pour ça qu’on a inventé le vote blanc. Certes, il n’est pas comptabilisé (ce serait bien qu’il le soit, mais c’est un autre débat qui avait déjà eu lieu il y a quelques temps dans les commentaires, et qui reprendra sûrement dans ceux de cet article), mais il est tout de même plus utile sur deux points :

  • Vous vous êtes exprimés pour dire qu’il n’y avait que des choix de merde. Vous pourrez donc par la suite librement dire “Vous avez choisi de la merde” sans risquer de vous prendre quelque objet contondant sur l’arête nasale.
  • Vous pouvez mettre ce que vous voulez dans l’enveloppe : un petit mot gentil, la couverture d’un livre des frères Bogdanoff, un doigt de la femme du dépouilleur (il faut alors bien calculer son coup)… en plus, ça vous fera quelque chose à raconter quand on vous dira “Quoi de neuf“, la prochaine fois. Attention cependant à ne pas glisser de cartes Pokémons, la carte Rondoudou (numéro 39) peut ainsi être considérée comme une voix pour certains candidats dans quelques cas.

Je sais qu'il est tentant, mais prudence.

Pour rappel, voter ne prend qu’entre 5 et 10 minutes, soit approximativement :

  • une vidéo pas drôle sur youtube
  • une douche
  • un gros caca
  • un passage à la machine à café
  • la préparation complète d’un pain d’épice perdu
  • l’écriture d’un scenario (source : Luc Besson)
  • la lecture de cet article

Bref, puisqu’il n’est pas ici question des personnes qui comptent aller voter (pour ou contre quelqu’un, c’est vous qui voyez), je résume : si vous avez envie de vous plaindre, soyez un peu cohérent : plaignez vous aussi quand on vous le demande.

Pour ma part, c’est une photo dédicacée de Jean Roucas que je glisserai dans l’enveloppe. Autant vous dire que j’assisterai au dépouillement.

Bon week-end les enfants.

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