L’été est une saison merveilleuse.

Non pas à cause du soleil radieux éblouissant les touristes lézardant aux terrasses des cafés ou des cris joyeux des fêtards profitant de chaque minute de présence de l’astre céleste pour aller s’ébrouer sur les plages, mais bien parce que qui dit été dit généralement vacances, et qui dit vacances dit automatiquement avalanche de publications honteuses au sein des magazines féminins.

Même si, comme de bien entendu, j’exagère un peu : des publications honteuses dans les magazines féminins, cela tient quelque peu de la lapalissade constante, mais passons.

Ainsi, l’autre jour, alors que je me trouvais invité à un brunch au sein d’une famille d’ancienne noblesse, j’ai eu la joie de trouver sur la table du balcon du château familial un sympathique exemplaire du Figaro – Madame traînant là après avoir été abandonné par l’une des maîtresses de la résidence ; m’étant saisi de l’objet alors que je me trouvais seul dans l’endroit, je pus ainsi découvrir sous mes yeux émerveillés ces petits trésors qui font la joie du quotidien, à savoir, les légendaires tests de l’été ; le Figaro étant déjà d’une qualité rare, vous imaginez bien à quel point les tests de son édition Madame peuvent tout simplement subjuguer les esprits les plus torturés. Ainsi, je ne résiste pas à la tentation de vous indiquer trois exemples des belles choses que vous pouvez-y trouver, à savoir :

Quelle reine de la plage êtes-vous ?

Quel sera le love scénario de votre été ?

Quelle "Holiday addict êtes-vous ?

Si l’on pourra regretter l’utilisation massive et superfétatoire de termes anglo-saxons au sein d’un magazine qui se fait le chantre du drapeau tricolore, chacun sera libre de savourer l’absence complète de protestations féministes vis-à-vis de ce type de publications qui réduisent les donzelles en vacances à des glandouilleuses en manque d’hommes et d’attention, avec d’habiles questionnaires où l’on trouve jusqu’à 5 placements de produits par question (si vous n’avez pas envie d’Iphone, d’Ipod ou de vêtements de marque, passez votre chemin) ; on supposera donc que c’est l’ajout du "Madame" dans le titre qui en fait forcément un papier éminemment respectable et sans connotation sexiste.

Après pareilles lectures, vous imaginez bien que j’étais quelque peu perplexe, aussi fermé-je le magazine pour lui rendre l’utilisation que je comptais lui donner à l’origine – la seule véritablement utile – et le roulai donc pour former une sarbacane et ainsi tirer une fléchette soporifique sur Lucie, l’une des filles de mes hôtes qui venait d’arriver sur le balcon et qui s’effondra ainsi en ronflant contre la rambarde après avoir été touchée à la jugulaire. Afin de pouvoir reprendre en paix mes réflexions, je la poussai donc par-dessus la barrière sculptée, la faisant choir dans un buisson du jardin français en contrebas où j’aurais tout loisir de la récupérer plus tard, puis repris le fil de mes pensées.

Car il ne serait pas dit que ce blog ne donnerait pas à ces damoiselles un peu de détente pour cet été, et afin de m’inscrire dans la droite lignée de ces publications estivales puisque cela semble obligatoire à l’heure actuelle, permettez-moi de vous proposer aujourd’hui, Mesdemoiselles (ah bin oui, ho, il y a deux ans c’était pour ces Messieurs) un test s’inspirant de ceux-ci dessus, mais se rapprochant plus de la réalité pour donner un résultat plus précis aux candidates qui, dans la joie et l’allégresse, se plieront à l’exercice pour en apprendre plus sur elles en s’amusant (rien que ça).

Femme attendant que la marée monte pour en finir après avoir réalisé qu’elle aimait les tests du Figaro – Madame

Alors Mesdemoiselles, à vous de jouer. Mesdames aussi, hein, vous y avez droit.

Test : quelle femme des sables êtes-vous ?

Alors, vacancière tranquille ou séductrice en chasse ? Sûre de vous ou pas encore prête à vous exhiber en maillot ? Vite, répondez à ces quelques questions et découvrez qui vous êtes vraiment, hihihihi !

1 – Vous arrivez à la plage, diable, que de monde sur celle-ci ! Il va vous falloir trouver un endroit où vous installer au milieu de la plèbe. Quel est pour vous le meilleur emplacement ?

A) A proximité de ce charmant petit groupe de surfeurs qui exhibent fièrement leurs torses musclés, leurs longs cheveux blonds battus par le vent salé et leurs tatouages tribaux qui ne sont pas sans rappeler les dessins de votre neveu.  Hmmm, cet été, c’est boyfriends à volonté ! (et peut-être MST, mais les magazines féminins abordent généralement peu cette tragédie estivale)

B) Tout contre le poste des surveillants de la plage, qui eux seuls pourront vous protéger contre toutes les menaces locales : brigands en calebute de bain, malandrins jouant au freesbee ou même hommes des sables (un problème que l’on évoque que trop peu, combien de vendeurs de chouchous abattus par des tirs de blaster chaque été ?)

C) Dans l’eau. Vous n’êtes pas venue là pour rien.

D) Bien en vue, et dos à un endroit par lequel il serait facile de venir vous assommer avant de traîner votre corps.

E) Ce garçon pâle et solitaire sur la plage vous semble tout à fait attirant ; vous disposez habilement votre serviette à côté de lui, espérant qu’il vous remarquera entre deux pages de Naruto. Vous espérez trouver le courage de lui adresser la parole, et vous imaginez que toutes les autres filles de la plage sont comme vous ; ah, si seulement il savait que vous le désirez toutes comme un gros pot de Häagen-Dazs aux noisettes

2 – Le soleil réchauffant le sable au point qu’il devient possible d’y faire quelque chose d’intéressant, comme par exemple y enterrer un enfant 20 minutes (pas plus sinon vous ratez la cuisson), il est donc temps de vous changer. Quel maillot de bain est le vôtre ?

A) Quelque chose qui rappelle à chacun que vous êtes au top du hype : votre bikini David Guetta fera bien l’affaire ; hop ! Une petite duckface sous vos lunettes-mouches, un coup d’Instagram, et tous vos amis Facebook peuvent instantanément jalouser votre tenue de vacances (ou faire suivre aux ornithologues les plus pervers)

B) Le maillot de bain officiel Dark Knight Rises, une pièce et intégralement en kevlar.

C) Un maillot de ?

D) Vous avez patienté toute l’année pour enfin le sortir, mais enfin, vous en avez l’occasion : votre bikini marqué "J’aime l’Odieux Connard" que vous remplissez tout à fait convenablement va faire fureur.

E) Le même que celui de Nami dans One Piece ; vous espérez seulement qu’un connaisseur saura l’identifier et se révélera ainsi à vous : voici un fort beau moyen d’attirer des gens de goût !

3 – La serviette posée sur le sable, vous déposez votre sac d’une demi-tonne (vous êtes une femme, ne me la faites pas) à son côté ; quels merveilleux objets sortez-vous de cette corne d’abondance ?

A) Closer, Public, et bien évidemment Le Figaro – Madame. Vous vous demandez si avec tout ça vous ne pourriez pas avoir votre Bac Littéraire par équivalence, tout de même.

B) Un téléphone portable, une bombe lacrymogène et de la crème solaire conçue par Haroun Tazieff lui-même

C) Pas besoin de sac.

D) Une version imprimée de ce blog, des lettres enflammées, et bien évidemment, un papier prêt à signer expliquant qu’en cas de décès ou de disparition inexpliquée, vous léguez tous vos biens à l’auteur de ce site

E) Des figurines en résine de personnages de manga pour décorer votre serviette, une énorme réplique de fusil façon substitut pénien pour prendre des poses sensuelles sur la plage (et que vous léchez régulièrement sans raison apparente), et bien évidemment une console de jeu portable avec laquelle vous envoyez des messages pour tenter de contacter d’autres joueurs potentiels à proximité

Le test "Quel homme des sables êtes-vous ?" n’était pas vraiment axé sur le même principe.

4 – Parmi vos affaires, vous avez probablement un peu de lecture pour tenter de passer pour une érudite sur le sable alors que tout le monde sait que vous ronflez avec des cahiers de sudoku sur la tête, mais en supposant que l’on fasse semblant de rien; quelle est votre lecture de l’été?

A) Le dernier Margaux Motin. Vous avez deux mois pour le lire, vous pensez pouvoir y arriver s’il n’y a pas trop de bulles dans les cases. Elle vous fait presque autant rire que Jean-Marie Bigard à dire "Poil" et "Trou" 7 fois par page. En même temps, vous pensez que Gilles de la Tourette est un humoriste, donc bon.

B) La presse régionale, qui ne manque pas de vous régaler de détails sur le dernier corps retrouvé découpé dans un ruisseau voisin.

C) Un vieux prospectus trouvé entre deux eaux. On est pas là pour ça, merde.

D) Ce blog.

E) L’intégrale d’Evangélion. Ho, et puis Love Hina aussi, hihihi, c’est tellement rigolo, vous vous sentez comme l’une des jeunes filles de cette série : à forte poitrine et amatrice de geeks maladroits

5 – La température est tellement montée que vous avez loupé la cuisson du marmot que vous aviez enterré. Flûte, il va vous falloir tout recommencer, mais ha ! Vous avez bien mérité un peu de repos, allez donc vous baigner ! Mais comment donc ?

A) Vous tentez de faire la planche, puisque nager est un peu compliqué pour vous, la chose impliquant de synchroniser plusieurs de ses membres à la fois ; vous espérez secrètement que les courants vous porteront vers les surfeurs mignons, et qu’ils vous laisseront dériver dans leur sillage comme une algue à mèches blondes.

B) Vous prenez soin de vous mouiller le nombril durant un bon quart d’heure avant d’avancer dans l’eau jusqu’aux chevilles : il ne faudrait pas risquer une hydrocution. Avec un peu de chance, vous serez entièrement dans l’eau avant la tombée de la nuit.

C) La question est plutôt "Quand allez-vous sortir de l’eau ?"

D) C’est drôlement moins rigolo quand on est pas attachée à un gros caillou au fond d’un sac.

E) Mon dieu, que ce maillot de bain est contraignant pour nager, vite, retirons-le !

6 – Alors que vous gambadiez follement au milieu de familles jouant – mal comme il se doit – au volley, vous avez cru sentir quelque chose vous frôler sous l’eau, de quoi s’agit-il ?

A) Un dauphin ! C’est forcément un dauphin ! Ho, j’ai toujours voulu nager avec les dauphins, c’est trotrobô comme animal, c’est mon rêve depuis toute petite ! Ça et être Miss France.

B) Vous hurlez et tentez de fuir : certes, vous n’aviez de l’eau que jusqu’aux chevilles, mais quoi que ce soit, c’était probablement un truc carnivore surpuissant et hideux. Les requins, par exemple, sont très connus pour attaquer dans quinze centimètres d’eau.

C) Un pneu, c’est évident.

D) Le corps d’une mère de famille que vous avez noyée suite à sa bruyante conversation téléphonique à côté de votre serviette (elle respectait le vieil adage "Plus tu appelles loin, plus tu parles fort")

E) Vous espérez secrètement que ce soit l’un de ces timides garçons de la plage venus vous frôler : vous adorez leur côté pervers. Bon, et puis de toute manière, quoi que ce soit, vous êtes déjà un peu excitée.

7 – Alors que vous sortez de l’eau, exhibant votre corps de rêve (vous pouvez aussi exhiber le corps de quelqu’un d’autre devant vous si le vôtre ne suffit pas à attirer l’attention), vous êtes surprise par le cri typique d’un curieux habitant des plages estivales : le vendeurdechouchouquiveutmeschouchous.

A) Vous en prenez douze paquets, puis allez vous installer à l’ombre pour mater sur votre lecteur DVD portable une quelconque comédie avec Franck Dubosc qui vous fait rire aux éclats.

B) #harcèlementdeplage

C) Vous retournez dans l’eau et plongez façon u-boot surpris par la marine britannique. Vous imitez d’ailleurs très bien la sirène de l’engin au moment de plonger, c’est impressionnant.

D) Vous sortez votre portefeuille en exhibant largement les dizaines de billets emplissant celui-ci pour faire l’acquisition d’un sachet.

E) Vous le regardez avec vos grands yeux humides, vous régalant de sa silhouette malingre : vous adorez ces jeunes gens qui donnent de leur personne en travaillant l’été. Vous lisez la gentillesse dans son regard et déjà, manquez de peu de l’embrasser.

Ah, nager avec les dauphins… un rêve principalement réalisé par les requins qui, ne l’oublions pas, chassent parfois en compagnie de ces gros collabos des mers. Quel bel exemple !

8 – Quelques minutes après cet incident, et alors que vous tentiez de peaufiner votre bronzage, voici qu’une silhouette vous cache le soleil ; ouvrant les yeux, vous découvrez un jeune homme grand, beau et qui a réussi à caler un exemplaire de Proust dans son slip de bain. Son merveilleux sourire semble en dire long sur le fait qu’il souhaite sympathiser avec vous.

A) Ah, oui, Proust… Proust, ça vous dit quelque chose, ce ne serait pas une sorte de sous-Guillaume Musso ?

B) Un livre entier ? Mais alors il cache peut-être aussi une arme ! Vous paniquez complètement et lui lancez du sable dans les yeux avant de vous enfuir en courant tel un renard du désert

C) On ne vous la fait pas : vous l’ignorez superbement.

D) Levant un sourcil, vous lui demandez courtoisement combien de grands auteurs sont passés par son slip. Perturbé par la question, le jeune homme tente vaguement de bredouiller quelque chose, mais la panique est si intense que bientôt, un imposant coprolithe vient charger le slip de bain déjà bien malmené.

E) Vous adorez les intellectuels. Vous adorez les gens qui aiment lire. Vous l’adorez déjà. Privé de son support brutalement arraché, Proust tombe lamentablement dans le sable.

9 – Après une folle journée passée à la plage, le ciel a fini par prendre des tons orangés et quantité de gens sont rentrés chez eux pour regarder l’épisode du jour de Joséphine Ange Gardien. Le soleil s’enfonçant dans les flots sur l’horizon, la nuit gagne peu à peu du terrain.

A) Chic ! Il va sûrement y avoir de petits feux de camp où vous allez pouvoir croiser de sympathiques étudiants équipés de guitares ou mieux, de djembes ! Le whisky-coca va couler à flots et au son des vagues s’écrasant sur la plage, vous écouterez les yeux plein de larmes le même type jouer pour la 37e fois Jeux interdits.

B) Bon sang ! Il est temps de rentrer : vous vous ruez vers le taxi le plus proche et hurlez au chauffeur de vous conduire jusqu’à votre hôtel après lui avoir fait verrouiller les portières. Les rues ne sont pas sûres, à 22h à Monaco.

C) Bain de minuit, me voilà.

D) Vous observez les étoiles filantes, faisant le voeu qu’une pelle vienne vous trouver et vous emmener vers un monde merveilleux où les rivières sont de brandy et les champs de cigares.

E) Vous y cherchez des cosplayers pour passer une soirée détendue, hélas en vain, puisque la police a l’autorisation de tirer à vue sur ces êtres en agglomération pour empêcher leur reproduction.

10 – La nuit est bien avancée, et alors que la lune se reflète paisiblement sur les flots, il va être temps d’aller se coucher… certes, mais où ? 

A) La question n’est pas pertinente : vous ne vous couchez jamais, un peu comme les chevaux (et donc les licornes, ce qui vous rend littéralement hystérique quand vous le racontez) ; non, la vraie question est "avec qui ?". Ou avec quoi, hein, la vie est une aventure.

B) Dans votre hôtel, enfermée à double tour, volets fermés et seulement après avoir appelé vos parents comme vous le faites chaque jour.

C) Un rocher à demi-immergé fera bien l’affaire

D) Un coffre de voiture serait le bienvenu, vous aimez l’aventure et les surprises.

E) Vous suivez dans la rue le premier garçon avec un t-shirt Anonymous en espérant que ce rebelle moderne vous aidera en vous ouvrant sa porte. Vous n’hésiterez pas à l’informer que vous dormez nue et avez des problèmes de somnambulisme pour le motiver.

11 – Alors que vous vous apprêtiez à aller vous coucher, voici qu’un mâle voisin de l’endroit où vous comptiez dormir se présente à votre porte souriant une rose entre les dents ; se retenant de hurler parce que ce couillon a oublié de retirer les épines, il semble prêt à se livrer à vous. Certes, mais que faites-vous ?

A) Vous poussez un petit cri qui n’est pas sans rappeler celui de la belette prise dans les phares d’un poids lourds

B) Comment a t-il fait pour vous suivre jusqu’à l’hôtel ? C’est forcément un psychopathe, vous vous demandez même si vous ne l’avez pas vu dans "Faites entrer l’accusé". Vous appelez la police en leur demandant d’envoyer le RAID, efficace contre les intrus nocturnes.

C) Vous ne vous rendrez pas sans vous battre !

D) Vous entrouvrez la porte et lui demandez s’il a aimé Prométhéus. S’il répond oui, vous la refermez sur ses vertèbres.

E) Avant de lui ouvrir la porte, vous lui demandez au travers de celle-ci s’il est un honnête homme au coeur pur. Et accessoirement, s’il a réussi à tuer Diablo en mode hardcore. Si oui, vous arrachez les verrous pour lui ouvrir plus vite.

Il y a donc vraiment des gens pour regarder cette émission. C’est, disons… curieux.

12 – Cela dit, mettons que le garnement soit à votre goût, quelle arme utilisez-vous pour parvenir à vos fins ?

A) Votre personnalité : vous êtes un vrai petit ange le jour et un diable la nuit ; du moins, c’est ce qui s’est affiché quand vous avez envoyé PERSO au 83838, ce qui vous a donné envie de vous faire tatouer un petit démon sur la cheville. A l’hôpital par contre, eux ont plutôt dit que vous étiez morte cérébralement, mais bon, vous faites plutôt confiance aux numéros de téléphones surtaxés.

B) La menace de votre bombe à poivre : s’il ne se barre pas tout de suite, vous faites fondre son visage dans la minute au point que derrière, il pourra animer Temps X

C) Vous ondulez votre corps luisant, jouant avec les éclatants reflets de la lumière sur celui-ci pour littéralement l’aveugler.

D) Votre verre sans surveillance : vous êtes pragmatique.

E) Votre titanesque poitrine, que vous avez vainement tenté de contenir dans une tenue d’écolière nippone pour d’obscures raisons. Vous lui parlez aussi de la fois où vous vous êtes battue avec deux autres amies lors d’une bataille de polochons en sous-vêtements et qu’il faisait chaud, si chaud…

13 – Encouragé par votre ouverture d’esprit, le filou n’hésite pas à entamer la conversation et pour détendre l’atmosphère et passer pour un homme d’esprit, vous livre un fort bon calembour (une blague à Toto, ce que vous préférez) :

A) Vous gloussez

B) Vous gloussez

C) Vous bavez

D) Vous gloussez (mais vous vous en voulez)

E) Vous gloussez

14 – Ah ! Les choses s’enchaînent, et la nuit s’achève doucement comme vous le souhaitiez… au petit matin, comment vous réveillez-vous ?

A) Techniquement, c’est un peu compliqué : vous ne vous réveillez en fait pas vraiment : étant donné l’état général de vos neurones, il n’y a pas vraiment de différences entre le moment où vous dormez ou non

B) Seule, puisque vous avez refusé tout contact avec l’extérieur, mais vous êtes sûre que quelqu’un vous attend encore de l’autre côté de la porte de votre chambre, et par sécurité, demandez donc à une amie de passer vous chercher.

C) Dans une pokéball. Et merde.

D) Dans un coffre de voiture. Vous êtes heureuse et glapissez un peu jusqu’à ce que quelqu’un tape sur votre conteneur en vous demandant de la fermer. Vous approchez secrètement l’extase.

E) Vierge et pure, car finalement, non, vraiment, vous n’avez pas pu coucher avec l’homme ayant eu le courage de vous aborder : vous préférez tellement les hommes timides, avec un bouc et qui fréquentent la Japan Expo

15 – Bientôt arrive le jour du départ, et après avoir refermé votre quatrième valise alors que vous n’étiez partie que trois jours, il est temps de faire le bilan de l’opération : que retenez-vous de vos vacances ?

A) Rien. D’ailleurs, dans votre vie, vous n’avez jamais retenu grand chose maintenant que vous y pensez.

B) Qu’avoir une bombe à poivre et des amis c’est important, mais qu’une kalashnikov ne serait pas de trop.

C) Que franchement, les dresseurs pokémons, c’est carrément lourd en fait.

D) Que comme on dit chez Jardiland : "Le bonheur, c’est simple comme un coup de pelle"

E) Que finalement, vous auriez dû ouvrir les yeux : pourquoi partir chercher l’amour sur les plages quand finalement il pouvait aussi être chez ce garçon si gentil et toujours à votre écoute dans votre ville natale et qui depuis des années est pour vous votre meilleur ami gay. Vous devez passer à un nouveau stade avec lui.

Attention tout de même à ne pas vous laisser emporter par l’esprit des vacances et à utiliser une pelle de plage : au bon ouvrier les bons outils

Résultats :

Vous avez un maximum de A, vous êtes une truie des sables

Quelque part entre la méduse et Paris Hilton, bien que certains associent régulièrement les deux espèces, la plage est un peu pour vous une sorte de lieu idéal pour votre parade nuptiale ; tout comme la tortue de mer peut faire des milliers de kilomètres pour trouver l’endroit où elle ira pondre, vous revenez éternellement à Saint-Tropez dans l’espoir d’y rencontrer l’amour de votre vie qui, probablement, ne sera pas chercheur au CERN. Votre espèce, bien que nombreuse sur la plage, est souvent considérée comme nuisible par les gens de goût faisant de vous une sorte de cousine éloignée de l’algue verte bretonne. Vous avez donc toutes les chances d’effectivement, trouver pertinents les tests du Figaro – Madame, félicitations.

Vous avez un maximum de B, vous êtes complètement névrosée

Morte de peur 80% du temps, terrorisée les 20% restant, vous faites partie de cette frange de la population qui a un temps permis aux opérateurs téléphoniques de se payer des piscines de diamant, puisqu’obligeant tout votre entourage à envoyer un nombre incalculable de SMS au moindre déplacement pour signifier qu’il était bien arrivé à destination. Si vos proches ont réussi à vous dissuader d’arrêter de leur demander de vous avertir quand ils réussissaient à aller des toilettes à la salle de bain sans se faire agresser/violer/dépouiller, vous n’en restez pas moins complètement obsédée par l’insécurité, faisant de vous un phare dans la nuit pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une créature hostile. La plage et les vacances sont pour vous le lieu de tous les dangers : vous êtes loin de chez vous et ne connaissez pas les parcs à violeurs qu’il faut éviter passé 17 heures. Finalement, vous auriez mieux fait de rester chez vous et d’économiser votre argent pour la construction d’un bunker.

Vous avez un maximum de C, vous êtes Magicarpe

Pokémon de type eau, vous n’évoluez qu’à partir du niveau 20 en Léviator, faisant que vous passez la plupart du temps immergée à pleurer sur le fait que vous êtes l’un des êtres les plus pourris du jeu. Vous haïssez les gens hantant les plages, puisque ceux-ci vous jettent régulièrement des pokéballs sur la gueule pour un oui ou pour un non, et n’êtes donc pas vraiment une amoureuse des vacances d’été. Vivement le niveau 20, en fait.

Vous avez un maximum de D, vous devriez m’envoyer un CV

Que voulez-vous que je vous dise d’autre ? C’est évident.

Vous avez un maximum de E, vous êtes un mec qui fait discrètement des tests féminins

Pris la main dans le sac ! Fieffé gredin, vous avez choisi toutes les réponses impliquant qu’une créature à la plastique toute droite sortie d’un quelconque manga se jette sur vous en partageant vos passions coupables pour diverses activités réprouvées par Mireille Dumas. Non, hélas, la fille qui sera séduite par votre côté mystérieux simplement parce que vous portez un t-shirt avec une blague geek incompréhensible pour le commun des mortels n’existe pas. Vous devrez donc dans l’immédiat en rester à vos mariages sur des MMO, en attendant que vous arrêtiez de faire des tests féminins en ligne, espèce de galopin. Ah, et oui : vous allez rester le meilleur ami gay, ne croyez pas aux miracles.

Je vous y prendrais, moi.

Le harcèlement de rue est d’actualité.

Suite à diverses aventures, voici que vient sur le tapis de notre fiévreux quotidien un phénomène curieux et pourtant répandu, à savoir les filles et femmes ayant à rencontrer sur leurs chemins des individus qui, à défaut de faire preuve de poésie, n’hésitent pas à audacieusement lancer quelques remarques aux passantes pour leur proposer, entre autres, de venir partager quelques instants de convivialité avec eux dans un style qui n’est pas sans rappeler la légèreté d’un Patrick Sébastien.  En effet, une jeune flamande a réalisé un film traitant de la question, montrant ce à quoi elle avait à faire lorsqu’elle se promenait dans la rue, où quantité de personnages fleurant bon le doctorat en physique nucléaire lui lançaient des propos que l’on pourrait audacieusement qualifier de "peu subtils" (ma maîtrise des euphémismes est sans limite).

Bon remarquez, après, c’est un peu le problème avec les flamands : dans leur langue barbare, même lorsqu’ils vous lancent un salut cordial, le son sortant de leur bouche ressemble à une menace sataniste, mais là n’est pas le sujet.

Non, le sujet est que du coup, un débat s’est créé, et même si Libération se demande encore pourquoi l’assemblée ne s’en est pas encore emparée (voyons voir, on parle bien de l’assemblée qui siffle les ministres en jupe ? Attention, gros travail de journalisme pour trouver la réponse), déjà, quantité de personnes échangent via divers réseaux, dont Twitter (certains appellent ça "un débat" mais là encore, en 140 caractères, c’est conceptuel), pour expliquer qu’il y a quand même des mâles avec de sales attitudes dans les rues, et qu’il serait bon de les calmer à grands coups d’amendes dans la gueule (en cachant par exemple un tout petit policier dans tous les sacs à main, allez savoir ; et encore, parce que vu le sac à main moyen d’une donzelle, le pauvre mourrait étouffé et on ne retrouverait jamais son corps).

La couronne britannique a déjà commencé ses expérimentations génétiques pour créer un Pocket Cop

Alors, Mesdames, Mesdemoiselles, ne jetez pas l’opprobre sur les mâles ; car nous n’avons rien à voir avec tout cela : le mâle est grand, fier et modeste avant tout. Lorsque le mâle se lève, tous les animaux de la forêt le saluent et le respectent, et même le soleil hésite à trop attarder ses rayons sur lui tant sa beauté l’aveugle ; le mâle n’est pas un malotru, et à l’approche d’une femelle, il se montre courtois et lui parle, la rassure, apprend à la connaître. Le mâle écoute en plissant les yeux, comme ça, en faisant "hmmm" et "ho" de temps à autres pour faire croire que vraiment, ça l’intéresse, alors que bon, hein ? Le mâle ne force rien et attend quelque peu que, naturellement, l’opportunité d’aller manger au restaurant se fasse, que des mains se frôlent, que des regards se croisent et que bientôt naisse l’étincelle tant attendue ; il ramènera alors la douce chez lui, lui dira quelques mots doux à l’oreille qui la feront rougir tendrement, puis ils iront tous deux trouver la chambrée pour que, l’espace d’une nuit, tout ne soit plus que caresses et volupté. Finalement, elle lui dira qu’elle l’aime alors que le vent d’été passant par la fenêtre ouverte sur le ciel nocturne rafraîchira leurs corps nus, et il réagira comme il se doit en l’étouffant avec l’oreiller avant de la coincer dans la benne à recyclables en bas du bâtiment parce que, hein, merde, ça va bien 5 minutes les conneries.

Non, Mesdemoiselles, non, Mesdames ! Nous vous en conjurons, ne nous confondez pas avec ces galopins traînant ici ou là et se contentant d’invectiver la passante, car nous n’avons rien à voir pour une simple et bonne raison :

Ce sont des bots.

Je m’explique : lancer des messages grossiers à tous les passants, en masse, et d’une manière qui laisse penser que personne ne serait assez stupide pour y céder, c’est là l’oeuvre non d’hommes mais bien de vulgaires robots : bien plus que du harcèlement, c’est ce qu’il convient d’appeler du "spam de rue" (respect, amitié, spam de rue comme le chantait Akhenaton). Et tout comme pour ces derniers, même si 999 personnes sur 1 000 envoient paître les malandrins, il y a forcément quelqu’un d’assez andouille pour céder, et donc encourager les larrons à poursuivre (et même à se reproduire pour ennuyer la prochaine génération de passantes). Et c’est bien là le vrai problème, car la fautive (et il y en a forcément une) permet d’encourager les bots à reprendre leur dur labeur en se disant que ça finit par marcher, leur truc.

On peut donc légitimement se poser la question : qui est cette personne ? S’enfonce-t-elle des tournevis dans les narines pour être suffisamment stupide pour céder aux sirènes des street bots (à ne pas confondre avec les Back Street Bots, un groupe de musique redondant) ? A t-elle seulement conscience d’être à peu près aussi éveillée qu’un pruneau ?

"Psssst ! Pssssst ! Hey, Mam’zelle ! Z’êtes bien jolie !
- Huhuhuhu uiiiiiiiiiiiiii merci, hihihi !
- Ça te dirait de me filer ton 06, qu’après on aille faire, tif, taf, tu vois ?
- Holala, uiiiiii, mon rêve ! Tiens beau prince, mon numéro est griffoné sur ce bulletin d’abonnement à Closer !
- Ah ? Heu… je… bon bin, ouesh, à plus ma gazelle. Mazette, quelle conne !"

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De là, et avec un peu de chance, la bougresse aura décroché une formidable soirée romantique avec coca-kebab en entrée et clic-clac couvert de pétales de roses en dessert, le tout sur fond de Booba. Shakespeare serait probablement mort de jalousie en lisant le récit de si parfaite soirée. A moins que ça n’inspire le prochain livre de Stephenie Meyer, bien sûr.

Mais que l’on se mette bien d’accord : il n’y a ici nul homme ni mâle dans cette conversation, simplement un être qui n’existe en fait même pas en tant que tel et profite de la faiblesse d’une créature suffisamment stupide pour damner l’ensemble de ses semblables moins idiots pour des générations. Paranoïaques comme vous l’êtes, lecteurs, je sais que vous vous êtes un jour demandés si vous n’étiez pas les seuls êtres conscients, et que finalement, les autres ne faisaient que peupler votre petite histoire. Et bien, ma foi, vous n’aviez pas tout à fait tort : les street bots sont exactement cela, à savoir de simples programmes – en jogging – dans la matrice, ce qui les rend incapables de faire preuve de la moindre initiative en dehors de leur programmation, qui les pousse, elle, à suivre un schéma prédéfini. Même dans leur apparence et attitude.

"Ca va Néo ? Bien ou bien ? Viens là, on va t’poucrave !"

En effet : tout d’abord, il faut savoir que bien que basées sur des modèles d’humains bipèdes, les streets bots sont le plus souvent immobiles, mais généralement dans une position qui prouve qu’ils ne sont même pas foutus de s’adapter à leur environnement. Par exemple, lorsque le street bot est sur un banc, il n’est pas assis sur le banc (pourtant fait pour) mais sur le dossier, tant cela lui donne une stature plus grande et lui permet non seulement de dominer le reste de sa meute mais aussi de voir venir ses victimes potentielles de plus loin. Vestimentairement parlant, il peut y avoir de tout, mais on notera tout de même que généralement, l’absence de goût est visible de loin (la plus belle combinaison étant bien évidemment le jogging-chaussettes remontées-casquette-dans-le-mauvais-sens-parce-que-c’est-programmé-comme-ça qui est un peu au street bot ce que le smoking est à James Bond), même si l’on peut aussi généralement rajouter une certaine capacité à cracher par terre en boucle puisque, puisque nous avons affaire à des robots, il s’agit bien là de leur système de refroidissement à eau.

Amis de l’eau et de l’immobilité bien que relativement bruyant, il est donc souvent facile de confondre le street bot avec un phoque, même si, à la différence de ce dernier, personne ne vient tabasser le premier à coup de pioche – c’est bien dommage – pour lui voler ce qu’il porte – et là on comprend bien pourquoi.

Il en va de même avec leur vocable, qui, comme il se doit, n’est en fait composé que de bribes de phrases que leur programme va chercher dans un vieux fichier Excel pour assembler et spammer la gueuse égarée trop près de leur repaire. C’est assez simple.

D’abord, il y a l’accroche : basée sur les techniques les plus efficaces en milieu hostile, elle est constituée de bruits divers qui, en temps normal, serviraient à appeler Kiki le chien incontinent pour lui dire qu’il va faire sa promenade. Par exemple :

  • Psssst !
  • Ho, ho !
  • *sifflement*
  • Hey, hey !

Cela fait, il convient au bot d’essayer de mieux cibler sa victime en utilisant des termes qui signifient qu’il compte bien s’adresser à une damoiselle et non au tchétchène de 120 kilos qui se promène derrière. Ainsi, il peut ajouter :

  • Mam’zelle !
  • Toi !
  • La pute !
  • Salope !

Alors oui, c’est assez grossier mais il faut croire qu’en réalité, il ne s’agit pas tant de machisme robotisé qu’une forme de Tourette qui laisserait supposer qu’il s’agit là d’un virus se transmettant par l’échange de casquettes. De manière générale, la jeune fille ne se retourne pas, surtout lors de l’utilisation des deux dernières appellations (sauf bien sûr si elles sont équipées d’un UZI)

De là, une petite phrase romantique pour travailler le terrain et les choses sérieuses vont pouvoir commencer :

  • Hé, t’es bonne !
  • Vazy gazelle comment t’es mignonne
  • Ton père, il a volé toutes les étoiles du… heu… Novotel ? Et il les a …heu… mises… dans… ton cul ? C’est ça ?
  • Comment tu m’as allumé !

A noter que la dernière phrase reste symptomatique, puisqu’à en croire les bots, ils sont à peu près tout le temps allumé par tout et tout le monde, ce qui laisse supposer qu’ils sont atteints d’une forme étrange de satyriasis ou de priapisme qui fait qu’ils sont excités en permanence ou presque. Par exemple, si une fille porte une jupe, ça les allume, si une autre sort devant eux à Monoprix, ça les allume, si quelqu’un éternue, ça les allume et si Dora demande où est Babouche, ça les allume (mais là, grave). Ce qui, quelque part, explique le jogging qui est la tenue la plus simple à retirer et changer une fois qu’elle a été souillée par accident ("Désolé les gars, déjà Babouche, mais quand elle a demandé à Chipeur d’arrêter de chiper, je tenais plus") avant d’apporter le tout, penaud, à maman pour la lessive.

Vazy on voit son nombril, comment elle allume trop !

Enfin, donc, le brigand ayant ainsi accroché sa victime peut donc lui proposer d’accomplir son but ultime : procéder à un acte plutôt sexuel avec tact et délicatesse

  • Bon, on baise ?
  • C’est bon, t’as vu comment tu t’habilles ? J’vais t’donner c’que tu veux !
  • Susmab’
  • T’as déjà vu Taxi ? Tu veux le voir ?

Dans le dernier cas, attention tout de même, on a vraiment affaire à un pervers particulièrement dangereux. Méfiance, donc, Mesdemoiselles.

Du coup, si vous voulez programmer votre propre street-bot-relou, vous n’avez donc qu’à combiner des bouts de phrases parmi les exemples précédents. Ce n’est pas bien compliqué et assez facile à faire : si des bots y arrivent, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes. Ou alors, il va falloir commencer à vous poser de sérieuses questions. Attention quand même à ne pas trop vous moquer des bots devant eux, auquel cas ils pourraient devenir potentiellement agressif et se déplacer sur quelques mètres depuis leur point d’embuscade pour tenter quelque chose ; mais que l’on se rassure, ils y retourneront vite car en dehors de leur meute, ils sont très vite perdu : d’où le téléphone avec un truc qui fait "Kresshhh ouéoué" (ils parlent de "musique") qu’ils ont toujours à la main et qui leur permet de s’identifier auprès des leurs et de retrouver leur meute au son si jamais ils se sont trop éloignés et qu’ils ne veulent pas se retrouver isolés au risque de faire une connerie comme, par exemple, prendre une carte de bibliothèque (découvrir le fait que le monde n’est pas constitué uniquement que de 50 bribes de phrases à recombiner aléatoirement pourrait les tuer).

Alors, faut-il une loi sur le harcèlement de rue, quand, finalement, tout cela n’est jamais qu’une transposition du spam à la vie réelle ? Du coup, ne pourrait-on pas aussi la transposer à d’autres domaines autre que sexuel, pour des cas comme, par exemple, lorsque l’on est abordé 10 fois par jour par des gens qui vous suivent sur 50 mètres pour vous réclamer du pognon pour aider les enfants d’Asie et vous traitent de tous les noms si vous leur expliquez que si, si, les enfants vous adorez ça mais bien cuit avec des fayots ? Est-ce qu’à partir du moment où quelqu’un a quelque chose à vous vendre, on quitte le domaine du harcèlement pour entrer dans celui du commerce ? Dans le cas contraire, cela signifie t-il que si toutes les racailles disaient au lieu de "J’te paie un verre et puis, bon, tu vois ?" un sympathique "Tu m’achètes un verre et puis, bon, tu vois ?" de bon aloi, ils seraient considérés comme d’honnêtes commerciaux et non comme d’affreux pervers ? Le gouvernement va t-il enfin m’autoriser à transporter dans le métro ma canardière à chenapan pour enfin faire déguerpir ces accordéonistes sous acide traînant du côté du métro ?

Autant de questions qui, dans l’immédiat restent sans réponses à mon plus grand désarroi (et à celui de ma canardière), et me laissent supposer qu’il n’y a qu’une seule solution :

Lle t-shirt captcha

Une question imprimée sur votre vêtementà laquelle n’importe qui doit vous répondre avant de vous adresser la parole, du genre "Qui a écrit le deuxième sexe ?" ou "Quelle est la masse atomique de l’hydrogène ?" si vous êtes particulièrement snob et qui envoie du 220 à l’interlocuteur qui ne sait pas, ce qui vous rendrait inaccessible aux bots qui vous proposent par exemple de financer une pétition contre l’esclavagisme des enfants, ou même aux enfants eux-même qui, de toute manière, n’ont jamais rien d’intéressant à dire (c’est vrai, en avez-vous déjà entendu un seul dire "Je veux une taloche dans la gueule" ?  Alors même si tout ce qu’ils font veut plus ou moins dire ça, non, ils ne le disent jamais directement, et n’expriment donc rien d’intéressant, je suis formel), tout cela restera encore flou un bon moment. 

Alors, avant de trancher ces simples questions, et face au fait que les trottoirs sont devenus les plus grandes boîtes à spam du monde, je vous le demande : selon la loi de l’offre et de la demande, Mesdemoiselles, merci de retrouver l’unique d’entre vous sur 1000 qui accepte le genre de plans foireux des anti-Georges Abitbol de nos rues, et de la trainer devant les 999 autres pour qu’elles puissent la tabasser dans la joie et l’allégresse et faire baisser la demande de ce genre de plans.

C’est un problème à régler entre créatures sans âmes.

Pour ma part, je vais déjà me préparer ma cravate captcha pour le jour où enfin, on comprendra qu’à même maux, même remèdes : "Quel est le meilleur acteur du monde ?

Et si on me répond "Robert Pattinson", ce n’est plus un bot, c’est un blue screen of death.

L’esprit est une chose particulièrement complexe.

Comprendre son mal-être, savoir interpréter ses rêves, ouvrir les yeux sur les blessures depuis trop longtemps inconscientes pour mieux les panser… autant de choses qui nécessitent souvent un accompagnement. Cela dit, la chose a un coût, et la voie de la guérison n’est donc pas toujours accessible à chacun ; c’est pourquoi, plutôt que de s’ennuyer à faire tourner les guéridons pour savoir ce que Freud aurait dit de ce mystérieux rêve que vous avez fait hier – oui, celui avec Staline qui vous offrait un bouquet de kebabs mais que vous ne pouviez savourer à cause de Florent Pagny que vous deviez emmener à la gare – il vous est proposé, cette semaine, enfin un système d’auto-analyse freudien afin que vous puissiez aisément trouver la paix en votre for intérieur. Nul doute que le sieur Freud en personne saura trouver des réponses comme lui seul en avait le secret, expliquant ainsi pourquoi, encore aujourd’hui, certains y voient une formidable référence. Un homme admirable et très ouvert comme on n’en fait hélas plus.

Aussi, laissons de côté les longs discours et cliquez donc par ici pour aujourd’hui.

Enfin un moyen simple de sonder votre esprit avec un personnage célèbre pour son talent unique.

Si après ça, vous trouvez que le bon docteur n’a toujours pas expliqué vos problèmes fondamentaux, alors il va être difficile de pouvoir vous aider plus.

Ah, si : pour votre rêve avec Florent Pagny, cela signifie surtout qu’il va vraiment falloir changer vos goûts musicaux, vous avez atteint un seuil critique.

De rien.

"Plus haut, Diego, plus haut !"

Le pauvre serviteur, engoncé dans sa blouse à double rangée de boutons, réajusta péniblement ses gants en caoutchouc avant de pousser un peu plus fort la manette commandant la poussée hydraulique. Là, en haut du laboratoire, les portes du toit achevaient lentement de s’ouvrir sur un ciel noir alors que la plate-forme montée sur un bras articulé continuait de s’élever dans un bruit sourd. Essuyant les gouttes de pluie tombant par l’ouverture sur ses lunettes de soudeur, il se tourna finalement vers son maître.

"Êtes vous-sûr Monsieur ? Nous risquons beaucoup en…
- Depuis quand as-tu un avis ? As-tu oublié qui t’a sorti de ton pays pour te fournir un emploi ? Allons, plus haut ! Nous avons besoin de la foudre !"
0

Au loin, le tonnerre gronda, donnant l’impression qu’une immense boule destructrice roulait là-haut, quelque part, au-dessus des nuages, dans un vacarme infernal. Diego observa attentivement son employeur, guettant le moment où celui-ci lui donnerait le signal d’abaisser la manette devant permettre de rendre la vie à la chose tout en haut de la plate-forme, actuellement inerte et battue par la pluie, attendant son heure.

Et puis soudain, il y eut un flash suivi d’un bruit assourdissant, si fort que plusieurs éprouvettes situées à proximité éclatèrent ; Diego fut lui-même projeté au sol, entraînant avec lui la manette qu’il devait activer ; levant les yeux, il lui parut alors que la foudre n’était pas seulement tombée sur la petite plate-forme dépassant du laboratoire : un véritable pont électrique s’était formé entre les cieux et celle-ci, comme si l’éclair était incapable de se retirer après avoir frappé sa cible ; dans une sorte de grésillement ressemblant au vrombissement d’un million d’abeilles, celui-ci se débattait en envoyant tant de puissance sur sa cible que plusieurs voyants situés sur le bras articulés explosèrent ; dans la folie de ces instants, Diego fut persuadé qu’il pouvait entendre distinctement son maître rire à gorge déployée d’une manière parfaitement diabolique alors que sa "science" s’opérait.

Finalement, le bras articulé s’effondra brusquement, et tout s’arrêta en un instant : l’éclair disparut, le bourdonnement s’arrêta, et la plate-forme fila vers le sol à folle allure avant que les systèmes de sécurités pneumatiques ne l’amortissent. Diego nota que l’obscurité s’était faite dans le laboratoire ; en se relevant doucement, il écarta le rideau occultant situé derrière lui pour constater par la fenêtre que tout le quartier semblait dans la même situation. Il se retourna brusquement lorsqu’il entendit son maître marcher d’un bon pas vers la cible foudroyée, son rire n’étant plus désormais qu’une sorte de ricanement nerveux, presque un hoquet. Il vit alors l’homme s’approcher de la bâche située sur la plate-forme pour la soulever, avant de s’exclamer :

"Elle est vivante… VIVANTE !"

Et Diego ne put qu’approuver :

Là, sous la couche de tissu roussie, la petite Box avait à nouveau sa diode passée en vert. Son maître était de retour sur internet : il allait pouvoir faire des trucs passionnants comme regarder des vidéos à la con, lire des blogs aux articles trop longs ou même regarder le Grand Journal.

C’est d’ailleurs sur ce dernier point qu’il s’aperçut qu’il y avait un problème : la box semblait retransmettre des émissions venues d’un monde parallèle.

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Car en effet, hier soir, il y avait Tristane Banon au Grand Journal. Non pas que sur ce blog, on s’intéresse à l’affaire DSK, mais plutôt que l’on aime la méta-affaire, entendre par là tout ce qu’il y a autour de parfaitement absurde et que curieusement, personne ne commente jamais. Alors que pourtant, c’est plutôt surpuissant. C’en est d’ailleurs à se demander si, depuis 4 mois, la plupart des intervenants n’ont pas recours à des produits dopants ou à Nadine Morano un coach mauvaise foi, tant le niveau reste parfaitement surpuissant.

Par exemple, donc, personne n’a réagi au fait que Tristane Banon vienne, accompagnée de son avocat, parler au Grand Journal d’une tentative de viol. Pas même les associations féministes.

"Tout de suite, le viol de la semaine. Et ensuite Ariane nous montrera une vidéo rigolote piquée sur Youtube avec un chien qui pète"

Je ne sais pas moi, pourtant, c’est vaguement curieux : aller dans une émission de divertissement (ce n’est pas moi qui le dit : c’est la rubrique à laquelle est classée l’émission sur la page de Canal +) pour people ayant quelque chose à vendre (un livre, un spectacle, une campagne électorale) parler de comment on a failli se faire violer quelque part entre une pub pour de la lessive et une blague d’Ariane Massenet, ce n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler le top du top du sérieux. Surtout quand c’est pour au final se faire dégager parce que c’est l’heure du "Daily Mouloud".

"Bonjour Tristane, racontez-nous votre affaire, ça nous intéresse, regardez, on va tous prendre un air grave pour dire qu’on rigole pas.
- D’accord, alors je vais vous expliqu…
- Oui c’est très intéressant, mais en fait, on va vous diffuser des images de Dominique Strauss-Khan sur écran géant avec vous en gros plan en médaillon. Attention : ce n’est pas du tout pour voir si vous allez pleurer pour faire de l’audience, c’est juste que vous êtes très jolie en médaillon.
- Certes mais je…
- Super, maintenant, Jean-Michel Aphatie va analyser l’interview de DSK, parce que bon, en fait, vous on s’en tape, c’est lui qui nous intéresse.
- Oui, maintenant, je vais raconter ma version : c’est moi la gentille et lui le méchant.
- Ah, ça c’est de l’information ! Allez, on passe au Daily Mouloud !"
0

Voilà. On parle de viol comme du dernier spectacle d’Arthur, le tout en rajoutant un peu de pathos histoire de, et là, vous n’entendez plus une seule association féministe, pourtant véhémentes la veille, lorsque DSK était à TF1. Comme quoi, si le viol est un sujet trop sérieux pour qu’on en rigole, il suffit de le passer dans une émission de divertissement pour que l’on s’en moque : bravo mesdames. A l’heure où vous faites tourner une pétition pour refuser la "banalisation du viol", et où vous vous insurgez contre les "remarques machistes", on attend toujours votre réaction quand, pendant que la damoiselle était sur le plateau, le "Daily Mouloud" posait la question "Alors, Claire Chazal, elle est bonne ?" .

Là encore, inexplicablement, aucune voix nulle part pour souligner l’aspect totalement absurde de la chose. Et mon ami Google ne me renvoie lui non plus aucune remarque sur le sujet : tout le monde a trouvé ça parfaitement normal. Ou alors, tout le monde prend bien soin de ne pas regarder le Daily Mouloud, ce qui me paraîtrait bien plus raisonnable.

J’aime quand, les commentateurs et commentatrices de la veille, qui réclamaient "la justice égale pour tous" et la fin du "mépris" font bien attention à ne pas appliquer le même traitement pour cette émission que celui de la veille sur TF1, surtout que là, ils ont ouvertement fait caca sur la cause de ces dames. Bravo les enfants : quelle pertinence.

A cet instant de mon propos, j’en soupçonne un ou deux de supposer que je défends la cause de notre blonde amie, faisant les gros yeux aux vilains qui rigolent des viols, parce que flûte, c’est pas rigolo. Ce serait bien mal me connaître jeunes gens, car justement, durant l’émission, il y a aussi eu du très, très gros niveau sans que personne ne réagisse, puisque là encore, ça semblait parfaitement normal à tout le monde sans raison apparente.

Puisque tout comme notre gros Dominou, par exemple, Tristane a expliqué avoir, je cite, "perdu sa légèreté" depuis les faits en 2003 (ce qui ne signifie pas seulement manger trop de granolas, hein), avant d’ajouter, un peu plus tard, toujours au sujet de sa tentative de viol :

J’en ai parlé une fois, à tort, d’une façon beaucoup trop légère chez Ardisson. (…) J’étais là pour faire la blonde qui parle de politique et c’est seulement 2 ou 3 minutes avant l’antenne qu’on m’a prévenue qu’on allait parler de Dominique Strauss-Kahn

Comme quoi, on peut perdre toute sa légèreté et rester légère. Et surtout, on constatera le formidable raisonnement : "Nan mais si j’en ai parlé avec légèreté, c’est parce qu’on m’avait pas prévenue à l’avance que j’allais en parler". Bin oui, parce que les traumatismes, faut être prévenu en amont, pour se souvenir de faire la gueule et avoir le temps de se frotter les yeux avec un oignon. Sinon, on se fend la poire autour de la table. Je rappelle que sur le plateau du Grand Journal, il y a pourtant du monde autour de la table, mais personne n’a relevé cette formidable incohérence. Surtout lâchée quelques minutes après avoir dit "DSK est un mauvais acteur : on voit bien que tout était préparé à l’avance !". Comme quoi, la préparation est un droit pour certain et une faute pour d’autres. Vilain Dominique. En plus, c’est nul, tout le monde est de son côté, c’est connu.

Samantha avait elle aussi perdu toute légèreté

Pourquoi par principe, le doute profite à l’accusé et pas à la victime? 

S’est interrogée Tristane. Là encore, personne n’a relevé en soulignant que le doute, en général, on l’applique plutôt à l’accusé puisque c’est lui qui risque quelque chose. Mais bon, on en était plus à ça près.

Cependant, ce soir là, un autre phénomène paranormal s’est produit : Jean-Michel Aphatie a décidé de faire le comparatif ultime : retrouver les propos en commun entre DSK s’excusant et Clinton s’excusant lors de l’affaire Lewinsky, pour trouver 14s en commun dans leurs deux discours puisque, incroyable, les deux s’excusent, y compris devant leurs femmes. Troublant. Mais, soyons fous, pourquoi pas ; sauf que derrière, le même journaliste se plaint que DSK n’a pas donné assez de "détails", la veille, lors de son interview.

C’est beau : un journaliste fait le parallèle avec l’affaire Lewinsky, où, pour rappel, toute la presse française se foutait allègrement des Etats-Unis en disant "Halala, les gros nazes, ils veulent tous les détails, alors que bon, les détails ne regardent pas le public !" ; hop, aujourd’hui, finies les leçons d’éthiques, on dit "Raaah, l’enfoiré, il nous a pas dit ce qu’il avait fait !". Mais oui, évidemment, c’est tellement important de savoir qui s’est imbriqué comment ! On imagine bien, un dimanche soir à 20h15, quelqu’un expliquer à une audience historique "Et bien ma chère Claire, je vais tout vous expliquer : j’ai attrapé la petite par la tête, et je lui ai chatouillé la glotte avec ma teub", moment d’une légèreté (perdue) telle qu’il devrait trouver sans soucis sa place dans un spectacle de Jean-Marie Bigard.

Les détails, il n’y a aucune raison que DSK les donne : après tout, s’il dit que c’était une relation consentie, ce qu’il se passe entre gens consentants n’a pas à être sur la place publique. Donc s’il veut être un peu cohérent, la seule version détaillée qu’il doit donner, ça doit être pour les enquêteurs. Et quand bien même, de toute manière : qu’est-ce que la presse ou le public ferait de ces "détails", comme ils sont appelés ? Encore une fois, la question "viol ou non" est relayée au second plan, remplacée par du "des détails sur le sexe !". Et là non plus, tiens, je n’ai entendu personne hurler au scandale.

Surtout que derrière, on a le droit à toute une série de questions plus ou moins innocentes du genre "Roooh, il est resté très vague l’enfoiré, il parle de "faute morale", mais il ne dit pas ce que c’est !" ; ouais, et juste après, il s’excuse auprès de sa femme. Attention, Jean-Mimi, je vais t’aider, puisque c’est vrai que le vilain Dominou n’a pas fait un gros dessin pour expliquer le lien de cause à effet : il a trompé sa femme, il n’est pas très fier. N’hésite pas à me rappeler si tu as d’autres questions pertinentes de ce genre, puisqu’apparemment, malgré la foule des intervenants/chroniqueurs sur votre plateau, il n’y en a encore pas assez pour trouver la solution d’une énigme qui n’aurait même pas sa place chez le Professeur Layton.

Oui mais voilà : c’est tellement mieux de dire "Holala, il ne raconte pas, c’est quand même bizarre !". Ouais.

Heureusement, en matière d’interrogations à deux sous, le magazine Elle n’était pas en reste, puisqu’il avait demandé à plusieurs féministes de donner les questions qu’elles auraient voulues voir posées au bon Dominique. Curieusement, ce sont à 97% des questions qui partent du postulat "Il est coupable", ce qui est particulièrement subtil. Parmi tout ce petit monde, il y avait d’ailleurs mon association préférée, le fameux "Collectif féministe contre le viol" (le pire ennemi de l’Association pour les viols collectifs et sa célèbre présidence tournante)  On commence donc avec Clémentine Autain.

« Pourquoi vous êtes-vous excusé auprès du FMI ? Si vous n’êtes pas coupable de quoi que ce soit, de quoi vous excusez-vous ? »

Le truc trop subtil : "Si vous n’êtes pas coupable, pourquoi vous excuser ? Hein ? HEIN ?" ; parce que non, c’est un fait : il n’avait pas du tout à s’excuser d’avoir, par exemple, créé une vieille crise à la tête du FMI, et donné une bien mauvaise image de directeur général. Mais oui Clémentine ! Vous avez raison : seuls les coupables s’excusent. J’imagine que vous-même, quand vous bousculez quelqu’un dans la rue sans le faire exprès, vous lui dites "Va te faire enculer", et surtout pas "Excusez-moi", car vous n’êtes pas coupable et voulez bien le signaler. Vous avez raison.

On attend toujours les réactions des féministes sur cette personne donnant une image déplorable de la femme

D’ailleurs, du coup, c’est très beau : d’un côté, on a ce discours, et de l’autre : Tristane Banon qui explique que DSK ne s’est pas excusé auprès d’elle ou de Nafissatou Diallo : oui mais les enfants, visiblement, excuses = coupable, alors il va peut-être pas se suicider comme ça. Là encore, il va falloir vous mettre d’accord.

Au tour d’Audrey Pulvar

« Ce rapport était-il tarifé ? Si non, vous soutenez avoir eu un rapport sexuel (oral) avec une inconnue, en moins de 10 minutes, non tarifé sans la moindre contrainte ? »

Si j’étais DSK, je répondrais juste "Connaissez-vous Jean-Edouard et Loana ?"

Allez, Rokhaya Diallo, que je ne connaissais pas jusqu’alors, participe à son tour

« Comment vivez-vous le fait que la crédibilité de Nafissatou Diallo ait été mise en cause très rapidement et qu’elle ait payé d’avoir menti par le passé, alors que vous n’avez de votre côté pas fait l’objet d’enquête similaire? Comment vivez-vous ce traitement de faveur alors que vous étiez accusé? »

C’est vrai que c’est bizarre. Il n’y a eu une enquête que d’un seul côté, et il n’y en a eu aucune sur DSK. D’ailleurs, il n’a même jamais été arrêté ou interrogé. Et aucune précédente affaire de tentative de viol n’est ressortie. Et non, Tristane Banon n’existe pas.

Les derniers mots iront bien sûr au collectif "Osez le féminisme", ici représenté par son porte-parole, Thalia Breton dans Le Nouvel Observateur :

Ça montre bien que les violences faites aux femmes sont traitées comme un fait-divers, un feuilleton médiatique, mais pas comme un fait de société. Les violences faites aux femmes sont minorées

Effectivement : à tel point qu’on en parle dans des émissions de variétés entre deux chroniques pour amuser la galerie et dans lesquelles on se fout allègrement de votre gueule. Mais que là, on ne vous entend surtout pas vous exprimer, hein, attention : faudrait pas avoir des revendications trop constantes.

Ho, et non, je ne vais pas parler de la prestation de notre ami le joyeux DSK lundi soir : d’autres s’en sont déjà chargés bien avant moi, n’allons pas rejoindre ces fameux analystes pour le coup. Que l’on ne pense pas que je prenne parti pour le bougre pour autant : vu les fréquentations de ce garçon, je crois que nous n’avons définitivement pas les mêmes valeurs (à vous de retrouver si je parle de Martine Aubry ou non). Je voulais surtout souligner les réactions et non-réactions absurdes autour de l’affaire.

Personnellement, j’attends la suite avec impatience. Un truc du genre "Nafissatou vient témoigner dans D&Co", qui sera salué par les associations féministes, tant une femme battue qui en reçoit une violée, ça fait avancer la cause.

Sophie n’existe pas.

En fait, paradoxalement, si : elle est tangible. Mais c’est à peu près tout. Elle n’est pas laide, sans être particulièrement belle, une sorte de Madame Tout-le-monde qui passe inaperçue dans la plupart des cas ; quelque part, Sophie aurait pu sombrer dans l’illégalité et s’y faire une place, tant il est presque impossible de se souvenir d’elle après son passage : cependant, elle n’a jamais pu s’y résoudre. Ou plutôt n’y a t-elle jamais pensé.

Sophie n’est ni bonne, ni mauvaise : elle se décrit comme franche et détestant l’hypocrisie, défonçant les portes ouvertes de son puissant bélier de lapalissades, avec une bonne foi et une candeur ravissantes qui tendent à pencher vers une véritable méthode Coué. Bien sûr qu’elle bave sur le dos d’autrui, mais jamais beaucoup. Et puis, uniquement sur ceux qui l’ont mérité. Elle aime bien Scène de Ménage sur M6. Ca lui rappelle Chouchou et Loulou, là, le truc sur la 2, avec Alexandre Dujardin. Elle ne s’intéresse pas à la politique, et réagit plutôt aux faits divers ; elle adore les détails, mais n’aime pas quand ils montrent des morts ou des gens faméliques au 20h, parce qu’elle mange devant la télévision et que ça lui coupe l’appétit.

En fait, vous pourriez remplacer Sophie par Valérie ou par Laure, ce serait la même chose. Ce sont de purs fruits de notre société, dont le seul but dans la vie est de ne surtout, surtout pas sortir du lot. D’être normaux. De suivre les conventions. D’être en couple, d’avoir une maison, une barrière blanche, deux enfants qui s’appelleraient Théo et Zoé, et pourquoi pas un Chien.

Vous ne vous êtes jamais demandé si vous n’étiez pas le seul être conscient du coin ? Que tous les autres n’étaient que des personnages inconscients peuplant votre vie pour lui donner un semblant de réalisme ? Sophie et consorts ont choisi leur voie : si Shakespeare voyait le monde comme une scène, de fait il aurait là pléthore de figurants ne demandant qu’à être oubliables à merci.

To bitch or not to bitch, that is the question, hein, dites.

Alors bon sang de bois, pourquoi cette truie sans personnalité continue t-elle de la ramener sur comment vous devriez mener votre vie ?

Notre société comporte en son sein une mystérieuse brigade de gens particulièrement ennuyeux qui ne perdent pas une opportunité de vous expliquer que vous faites de mauvais choix, ou mieux, que vous avez un problème. Par exemple, le grand hobby de Sophie va être d’aller trouver ses copines célibataires pour leur demander pourquoi elles sont seules, et leur donner quelques bon conseils pour réussir, comme elle, à avoir un couple incroyablement chiant dans lequel le plus grand moment d’excitation qui soit est quand Monsieur pète sur le sofa avant de demander si on baise, parce que bon, on est vendredi, et que le vendredi soir, logiquement, ça copule.

Aussi, magie d’internet, on peut donc trouver quantité de conseils de Sophie et consorts traînant de-ci de-là visant à expliquer à leurs semblables (mais pas trop) comment faire pour rejoindre la secte des gens qui ont une vie de merde.

Aujourd’hui, donc, nous nous arrêterons sur un bel article crypto-rebelle de "elle raconte" portant le titre plein de folie de "Célibataire… et alors ?" ; puisque chacun sait que "célibataire" est un gros mot chez Sophie & co (que diraient les gens s’ils savaient ! Vite, il faut retrouver quelqu’un ou je serai la risée de Brenda et Gertrude ! Je dois me marier et avoir des enfants avant elles !) ; aussi, découvrons ensemble ce que signifie "célibataire" par opposition à "couple" chez nos amies du coin.

Après plusieurs années en couple et de concubinage, vous voici de retour sur "le marché". Fini les soirées en amoureux devant un bon film, les sorties romantiques à deux, les textos fougueux (enfin au début en tout cas)..

Voilà : votre couple a déjà intérêt à avoir duré plusieurs années, hein, parce que sinon c’est tout pourri, mais bon : on constate surtout que c’est la fin d’activités passionnantes comme "les soirées en amoureux devant un bon film" ; parce que comme chacun sait, les gens amoureux adorent se faire des soirées cinéma, afin de se prouver leur amour. "Je t’aime mon choubidou – moi aussi mon amour, maintenant ta gueule, j’adore ce passage". Comme premier exemple à citer, il y en avait peut-être d’autres, mais on fait avec ce que l’on peut. Passons.

En attendant de retrouver chaussure à votre pied (quitte à devoir mettre une semelle…), un conseil : profitez!!

Conseil typique de Sophie : retrouvez quelqu’un, quitte à ce qu’il ne vous aille pas. Mesdemoiselles, on s’en tape que vous soyez heureuses ou pas, hein, l’important, c’est que vous ayez un couple qui tient à peu près la route, et de préférence rapidement. Parce que merde, vivre seule, c’est vraiment trop la honte, quoi ! Vous imaginez ? Devoir réussir à ne reposer que sur vous-même, prendre un peu confiance en vous, ne pas dépendre d’autrui… non, quelle situation merdique. Ce serait proprement intolérable.

J’en profite pour rappeler que si un mec écrivait "Les filles, il vous faut retrouver un mec… quitte à vous forcer un peu !", on le qualifierait d’enfoiré de machiste et on ouvrirait la cage d’Isabelle Alonso, non sans l’avoir précédemment titillée avec des tasers pour l’exciter et nourrie uniquement de yaourts durant plusieurs semaines. Mais là, comme c’est un truc de filles, hihihi, c’est "tellement vrai".

Heureusement, l’article nous propose de découvrir toutes les choses bien qu’une célibataire peut faire, contrairement à lorsqu’elle est en couple, et effectivement, c’est tout de même assez révélateur :

1/ Vous allez avoir un "chez-vous". Un petit nid douillet que vous aurez patiemment aménagé pour vous y sentir le mieux possible. Il n’aimait pas vos tentures ? Vous allez enfin pouvoir en remettre !

En effet : si vous habitez avec un mec, c’était forcément "Chez lui" et pas "Chez vous" : manquerait plus qu’une femelle se croie chez elle. Par ailleurs, c’est forcément le mâle qui choisit la déco : si une damoiselle essaie ne serait-ce que d’accrocher un cadre au mur, elle se prend aussitôt une chaise sur la gueule dans un hurlement guttural, et doit promptement s’excuser et ne surtout pas essayer d’aménager un petit chez soi. Non, ça, c’est pour les célibataires. A partir du moment où on a un mec, il faut fermer sa gueule, car le son de la voix d’une femme est sur une fréquence qui énerve naturellement le mâle.

Cela dit, il est vrai que Valérie Damidot a été une femme battue. Remarquez, vu comment elle décore, moi aussi je… hmmm, non rien, rien.

2/ Vous allez avoir le rythme de vie que vous voulez ! Envie de rentrer d’une soirée à 2h du matin sans prévenir qui que ce soit ? Pas de problème ! Vous voulez vous coucher à 20h si vous en avez envie, faites-le, il n’y a plus personne à attendre.

Envie de vous coucher tôt ? C’est interdit quand on est avec Monsieur ! C’est lui qui décide à quelle heure tout le monde va au lit, ce qu’on y fait, et dans quel ordre (non parce que des fois, il y en a qui inversent un peu tout et ça devient vite le bordel). Par ailleurs, le fait d’avoir votre propre vie est aussi particulièrement mal vu, puisque ça supputerait que vous prenez des initiatives, ce qui est très mal.

Mieux vaut donc "attendre" le retour de l’être aimé chez soi, et de préférence, en faisant chauffer la popote. Parce que, hein, c’est pas comme si vous aviez un travail.

3/ Il vous reprochait de trop laisser trainer vos affaires ? Désormais, même si vous étiez loin d’être une bordélique, vous n’êtes plus obligée de ranger le moindre vêtement laissé par hasard sur un bout de canapé.

Car non, la femme ne peut pas être bordélique : le rangement est dans ses gènes. Des équipes de scientifiques n’ont pas hésité à faire des tests, en observant à l’abri derrière une vitre sans tain ce qu’il se passe lorsqu’une femme est lâchée dans une pièce contenant divers objets connus pour faire réagir les doubles chromosomes X : naturellement, elle va rabaisser la lunette des WC (même si elle ne s’en sert pas), ramasse les slips sales, repasse les chemises et passe la serpillière. Alors que dans le même cas, le mâle lâché dans le même milieu hostile va pisser deux mètres à côté de la cuvette, humer les slips pour voir s’il peut les remettre, s’asseoir sur la chemise pour l’aplatir un peu et se mettre la serpillière sur la tête avant de chanter l’intégrale des cantiques de l’OM.

Définitivement, le gène du bordel est sur le chromosome Y. Mais comme la femme est là pour ranger, il faut quand même reconnaître que la nature est bien faite.

Ah bah il peut vous reprocher de laisser traîner un pull

4/ Vous allez pouvoir discuter avec votre meilleure amie tout au long de la nuit si ça vous chante sans avoir peur de gêner votre copain (ex).

Votre "besta", pour rappel, puisque les femmes sont obligées d’avoir une hiérarchie de leurs amies avec une place unique pour une amie désignée par le titre honorifique de "meilleure", celle à qui il faut ab-so-lu-ment raconter toute sa vie (et celle des autres) en détails. Mais par contre, il ne faut pas oublier que votre meilleure amie n’est peut-être pas une grosse pintade, contrairement à vous, et que si vous lui envoyez toute la nuit des "Ma bestouye, sava ? Hihihi ! :)", vous risquez de recevoir en retour "Tu me réveilles encore une fois, je t’explose le museau. T’es peut-être célibataire mais moi la nuit je dors parce que j’ai un métier et une vie, je n’ai plus 14 ans. Maintenant, étouffe-toi avec ton oreiller s’il te plaît ;)".

5/ Vous vous cassiez la tête pour trouver LE cadeau d’anniversaire ou de Noël pour lui faire plaisir ? Plus besoin de courir les magasins ou d’organiser des weekend surprises qui tombent à l’eau. OUF !

Oui parce que, c’est un fait relativement méconnu, mais en cas de célibat, vous perdez aussi tous vos amis. Vous devenez seule au monde, et vous vous inventez juste un ami imaginaire que vous appellerez Wilson pour passer le temps et lui raconter plein de chose la nuit pendant qu’il essaie de pioncer (il finira d’ailleurs lui aussi par vous quitter). Ho, et non, les femmes n’ont pas de parents à qui faire des présents en dehors de leur copain, car comme chacun sait, lorsqu’une famille voit naître une fille au lieu d’un garçon désiré, la bougresse est déposée sur un radeau et envoyée sur le fleuve le plus proche en attendant d’être recueillie par un magasin Pimkie pour lui faire son éducation.

La vie est décidément impitoyable.

6/ Ses potes venaient au moins une fois par semaine jouer à la console ou regarder un satané match de foot. Vous êtes enfin libérées de ceux que vous qualifiez comme "parasites" !

Ah, les ordures ! Cet enfoiré invitait des potes que vous n’aimiez pas… quel dommage que vous n’ayez jamais appris à vous servir d’une poignée de porte ! Sinon, vous auriez pu aller squatter chez vos copines pour regarder des films en bouffant de la glace dans votre pyjama en  pilou. Mais, ah ! A la place, il vous faut supporter ces parasites. Ce n’est pas comme si vous aviez votre avis à donner, ou que vous puissiez vous aussi inviter des gens.

Vous êtes une femme : votre rôle dans ces moments là est de servir de table basse et de ne pas faire tomber le saladier de chips d’un malheureux coup de cul, sinon ça va très mal se finir.

7/ Fini les déjeuners de famille à rallonge. Le neveu de 4 ans qui hurle mais que tout le monde trouve A.DO.RAAABLE, la nièce de 6 ans qui ne connait pas le mot "bonjour". Plus de questions "A quand un petit bébé?" ou "Tu t’occupes mal de mon fils, regarde comme il est pale !"

Décidément, ne pas savoir utiliser une poignée de porte est toujours un handicap relativement nase : sans l’aval de monsieur et de sa famille, impossible de s’enfuir ! Si seulement vous saviez dire "A 14h, on décolle, ta famille me lourde". Par ailleurs, sachez qu’il existe des solutions simples à vos problèmes :

- Pour les neveux, il suffit d’une bonne bouteille d’éther et d’un peu de coton, nul doute que vous passerez un moment de calme lorsque les marmots seront en train de voir leurs neurones se désintégrer à petit feu en ronflant (la dose que vous avez mise était peut-être un peu forte, mais la tête qu’ils ont faite en reniflant valait le coup, ils ne sont plus à 5 points de QI près de toute manière)

- Pour belle-maman, répondez lui dans l’ordre "Je m’occupe déjà d’un gros bébé, dès qu’il aura coupé le cordon, j’y penserai" puis "Dis donc radasse, j’suis ni sa bonne, ni ta gouvernante" ; nul doute que vous passerez beaucoup moins de temps à table dans sa famille.

A noter que les gens comme Sophie sont capable d’écrire ce genre de choses, mais sont les premiers à ennuyer tout le monde à table en disant "Hihihi, à quand le bébé ?" ou "Huhuhu, c’est pour quand le mariage ?" . En effet, ce sont deux étapes obligatoires dans le monde des gens à la vie pré-calculée. D’ailleurs, si mesdemoiselles, vous répondez "Je ne veux pas d’enfants", on vous répondra "Tu n’aimes pas les enfants ?" ; auquel cas, n’oubliez pas de renchérir : "Quand vas-tu héberger une famille de roumains ?" , et lorsque l’on vous dira "Bah, non, j’ai pas envie !", continuez d’un "Pourquoi, tu as quelque chose contre les roumains ?"

Les gens qui ont une vie programmée à l’avance s’étonnent toujours de trouver des gens qui n’ont pas décidé de vivre entre des bornes pour les 70 prochaines années. Ce n’est pas "normal".

8/ Il détestait vos sous-vêtements Petit Bateau alors que vous, vous vous trouviez trop sexy dedans. Vous allez enfin pouvoir vous faire plaisir !

Encore une fois, notons : si Monsieur n’aime pas, il ne faut pas. La femme célibataire a le droit de prendre des décisions. La femme en couple, non : elle se contente de baisser les yeux et d’obéir, avant d’aller faire les carreaux avec sa peau de chamois. C’est bien normal.

J’insiste, mais tout cela est formidablement beau : un homme eut écrit cela, de sombres nuées empliraient le ciel, et bientôt, le tonnerre du féminisme se ferait entendre. Mais là, comme c’est une nana, aucun souci : après tout, comment pourrait-on accuser une demoiselle de tenir des propos rabaissant ses semblables ? Je ne sais pas, ce serait comme un homme féministe, ce serait tout bonnement ridicule. Heureusement que tout cela est impossible, ouf.

Pourquoi aller chez Ikea quand vous avez tout ce qu'il vous faut à disposition ? Et tellement plus classe.

9/ Vous mouriez d’envie de faire un piercing sur la langue mais lui trouvait ça "vulgaire"…surtout vis à vis de beau papa et belle maman. Plus besoin de jouer la petite fille modèle.

C’est vrai, votre but dans la vie est avant tout de faire plaisir à monsieur et à ses parents. Il ne faudrait pas que vous essayiez de faire des choses qui vous plaisent mais qui puissent être désapprouvées, malheureuses. Je tiens à le préciser, si vous doutiez encore une fois de ma théorie, voici qui est fait : on ne parle pas des parents de la damoiselle dans le propos, car elle n’en a tout simplement pas. Élevée chez Pimkie on vous dit.

On dirait un épisode de "Rémi sans famille", mais coaché par une sorte de Vitalis Hilton, dirais-je, et dans lequel Joli-Coeur serait plus une grosse pintade qu’un petit singe.

Mais je m’égare.

10/ Vous allez voir qui vous voulez : mecs, filles, vous êtes libre. Envie d’être seule avec un mec ? Plus de comptes à rendre !

Et vous pouvez même faire autre chose avec que jouer à la marelle ou raconter des blagues à Toto, ce que l’auteur semble mystérieusement avoir oublié dans le passage qui s’ensuit :

Alors, ça ne vous donne pas envie ? Et si vous me dites "Mais..qui me prendra dans ses bras le soir avant de m’endormir ?" ou "Avec qui je retrouverai une vie sexuelle aussi riche ?"

J’ai bien une réponse, mais elle est très égocentrique.

 je ne dirai qu’une chose : tout vient à point à qui sait attendre. Si ce n’était pas lui, c’en est un autre.

Parce qu’encore une fois, votre seul but dans la vie mesdemoiselles, c’est d’attendre qu’un homme vienne faire tout ce qui a été indiqué ci-dessus : vous prendre chez lui sans que ce soit chez vous, imposer sa loi, vous faire fermer votre grande bouche et vous trimbaler partout avec lui en vous demandant de rendre des comptes si vous faites ou dites quoi que ce soit.

Bref, à avoir une belle vie de merde (enfin vous, hein, moi ça me va tout à fait de vous avoir comme table basse).

Mais dans le monde magique des figurants du monde réel, ce qui est important, ce n’est pas de faire des choses qui vous plaisent : c’est d’être à tout prix avec quelqu’un parce que c’est ça qui est "normal", juste avant le bébé et le chien, et que la réussite de sa vie se calcule à l’aune de sa banalité.

En fait, la prochaine fois que vous croiserez Sophie en soirée, soyez-sympa ; quand elle vous sortira ses énormités sur le modèle social à suivre, pensez à lui présenter vos amies les pinces crocodiles et votre batterie de R19 :

Pour une fois dans sa vie, il lui arrivera quelque chose d’étonnant.

Ça y est : les vacances scolaires sont là.

Alors que les coffres se remplissent peu à peu de valises, tentes et autres canots gonflables, les écoliers profitent enfin d’un repos bien mérité après une dure année de labeur. Si les boîtes de nuit ouvrent leurs portes aux jeunes disposant d’un baccalauréat flambant neuf soucieux de le fêter (ils ne découvriront que dans deux mois que ce sont les seules portes qui s’ouvriront jamais grâce à leur diplôme de fin de lycée), elles ne sont que l’avant-goût d’un été qui s’annonce plein de surprises.

Pourtant, comme chaque année à la même époque, c’est aussi la saison des abandons : des propriétaires peu scrupuleux profitent de leur départ en vacances pour attacher leurs animaux de compagnie devenus trop encombrants aux arbres des aires d’autoroutes, brisant des milliers de petits coeurs : Scrappy le labrador regarde la Peugeot 404 de son maître s’éloigner, sans réaliser que c’est la dernière fois qu’il a l’occasion de humer les effluves de friteuse de son vieux pot d’échappement pétaradant ; Bobby le Saint-Bernard, trop occupé à renifler ce nouvel arbre auquel il est désormais lié, ne voit pas la famille Margot s’éloigner de lui, le petit Théo agitant une main dans un signe d’adieu tout en larmoyant, l’autre bras fermement tenu par son père, alors qu’il quitte son ami de toujours pour regagner contre son gré le parking voisin ; et Pitchoune, ô, joyeuse Pitchoune ! Qui donc a bien pu coller cette petite femelle yorkshire dans le sanibroyeur de l’aire de la Jument Verte ? Nul ne le sait.

Oui : cette année encore, des milliers seront abandonnés par ceux qui autrefois leur avaient ouvert les portes de leurs maisons ; chiens courageux, chats paresseux, furets joueurs ou hippopotames berserks : autant de sympathiques animaux de compagnie qui sentiront peser sur eux la solitude lorsque la nuit tombera. Mais il ne convient pas de parler de ceux-ci, non : le vrai drame, cette année, c’est encore tous ceux qui abandonneront leurs compagnes infidèles quelque part en forêt sur la route des vacances. Et pas besoin de les attacher à un arbre en plus : le sens de l’orientation d’une femme moderne suffit à là paumer des semaines entières, même au milieu du parc Monceau. Pratique.

Pour plus d'originalité, vous pouvez abandonner votre chien sur une aire avec jardin japonais

Cependant, afin d’éviter cette terrible situation, je vous propose aujourd’hui, messieurs (filez mesdemoiselles, ce n’est pas pour vous, vous allez vous faire du mal), de suivre les conseils de Men’s Health (le magazine du bien-être masculin que nous avions déjà étudié ici), afin de vous assurer que vous n’ayez pas à abandonner madame ; pour ce faire, je vous propose donc de vous arrêter sur plusieurs articles essentiels :

- 6 façons d’empêcher son infidélité, et ainsi ne pas avoir à abandonner votre mie, ou alors, il vous faudra un autre prétexte

- 7 signaux d’alertes pour juger de sa fidélité, des fois que le premier article n’ait pas suffi

- 4 conseils pour contrôler sa colère, pour gérer la situation si un des signaux d’alertes précédemment évoqués est passé au rouge

Oui, ils ont obligation de tout numéroter ; le magazine a dû être fondé par une sorte de comptable sous stéroïdes. Brrr. Mais ne tergiversons pas et passons aux premiers conseils pour éviter que madame n’aille courir le damoiseau ; je cite : "Voici les facteurs d’infidélité les plus fréquents et les meilleurs moyens de lui ôter l’envie de vous tromper." 

La génétique 
La science est formelle ! Il existe bien un gène de l’infidélité. Les chercheurs de l’hôpital universitaire Saint-Thomas à Londres affirment même qu’une femme vous trompe à 44 % pour des raisons génétiques.

Merde alors, l’infidélité est génétique ! Comme la délinquance alors ? Nous l’ignorons, mais donc, la femme est contrôlée à 44% par ses gènes (et à 30% par les livres de Guillaume Musso) ; elle peut être tranquille dans son salon à se faire un Scrabble, soudain, elle entend un gène lui crier de sa petite voix fluette "Qu’eeeeest-ce que tu fous ? Tu joues au Scrabble avec Jérôme, alors que dehors, il y a tant de beaux éphèbes qui t’attendent ? Pense à ces torses ruisselants, à ces muscles puissants couverts de sueur et de saindoux, à ces mentons piquants qui… je… ho, attends ! Regarde là, tu peux faire "Bichon" en 6 lettres, dont une compte triple !" (la femme peut faire deux choses en même temps, rappelons-le).  Mais alors, si c’est un gène, vite, Men’s Health, que faire ? Dois-je faire mordre ma femme par une araignée radioactive pour modifier son ADN ? Puis-je ramener une araignée de Fukushima en cabine ? Et quand bien même, comment savoir si la mutation ne va pas plutôt filer un cucu velu à ma dulcinée ?

Pas de panique, la réponse est là :

La solution : Elle réside heureusement dans le problème : le sexe. « Les quantités élevées d’ocytocine qui inondent son cerveau pendant une relation sexuelle sont en quelque sorte l’antidote à cette malencontreuse hérédité, explique Terry Burnham, chercheur en génétique. Cela inhibe l’activité des chromosomes qui ont été identifiés comme porteurs du gène de l’infidélité. » Attention quand même : selon une étude publiée dans la revue Biological Psychology, vos ébats doivent durer plus de cinq minutes pour que l’ocytocine fasse cet effet.

Ho. Ho, je vois, il faut donc copuler, souvent et longtemps, pour feinter la génétique : c’est vrai que du coup, votre copine a moins de chances de vous tromper si vous l’enfermez dans la chambre toute la journée. A noter que vous avez désormais une nouvelle réplique culte pour draguer :

"Bonjour mademoiselle, quelle belle soirée n’est-ce pas ? Dites moi, je me disais… vous ne voudriez pas que j’inonde votre cerveau d’ocytocine, là, comme ça, au pied levé, hop ?"

Si avec ça vous ne passez pas pour un gentleman, inquiétez-vous.

Le calendrier Il est déjà coupable de ses sautes d’humeur et de ces nuits que vous passez sur le canapé parce qu’elle est outrageusement irritable : son cycle menstruel peut également être responsable de ses envies de papillonner. Tout cela viendrait de l’évolution, selon les chercheurs de l’institut Kinsey de l’Indiana. Les hauts et les bas hormonaux qui vont avec son cycle menstruel réveillent un instinct primitif qui stimule son désir et son excitation tout en la poussant à rechercher des partenaires d’un soir. C’est entre le dixième et le dix-huitième jour de son cycle, lorsque ses niveaux d’estradiol sont au plus haut que ses instincts de prédatrice risquent de s’éveiller. Pour vous aider dans vos calculs : le cycle commence le premier jour des règles. 

Le calendrier, responsable ? Celui de La Poste, le moche avec des chatons ? Le facteur, j’en étais sûr ! Mais attendez, vous voudriez dire qu’encore une fois, tout le corps de la femelle n’est qu’un appel constant à l’infidélité ? Qu’il est conçu pour aller gambader vers d’autres herbages, tel le mouton joyeux dans les pâtures ? Mais bon sang, quelle solution puis-je…

Bionic Woman, ou l'histoire d'une femme modifiée par des scientifiques pour arrêter de courir le jouvenceau (on lui coupe les jambes)

La solution : Faites-la transpirer. Des chercheurs de l’université Jagiellonian de Cracovie, en Pologne, ont découvert que les taux d’estradiol chutaient dès lors qu’une femme faisait du sport deux fois par semaine. Sinon, gardez un oeil sur le calendrier et profitez de cette période pour transpirer… au lit.

Hein ? Le sexe, encore ? Ce serait donc la solution à tous les problèmes du monde ? Merci Men’s Health : je sens que grâce à ça, je vais pouvoir régler plein de trucs : infidélité, mauvaise humeur, problèmes de couples, note médiocre en classe, faim dans le monde.… Merci ! Mais dites m’en plus, quels sont les autres causes de l’infidélité ?

La reconnaissance Ou plutôt le manque de reconnaissance et de gratifications. Vous l’avez déjà vue partir à la recherche d’une paire de chaussures comme une lionne en quête de nourriture ? C’est en réalité à la recherche d’une gratification qu’elle est partie. Or, si elle en manque de votre part (bref, si vous ne lui montrez jamais qu’elle compte pour vous), il y a de fortes chances qu’elle aille chercher de la valorisation ailleurs. 

Vous êtes sûre qu’on parle des femmes là ? Non parce que la petite créature en manque d’affection qui va donner de l’amour à des pantoufles, en général, on l’appelle plutôt "Rex" que "Chérie". Mais bon, faisons confiance : nous traitons ici d’un magazine moderne, qui sait comment il faut traiter les femmes pour faire de ses lecteurs des gentlemen appréciés pour leur élégance, leur classe et leur bon goût. Hein ? Ho, dites ? Allez ? Sans rire ? Vous déconniez, là, non ?

C’est ainsi que 80 % des femmes ont justifié leur infidélité lors d’une étude de l’université du Maryland. « Elles avaient une aventure pour compenser une relation dans laquelle elles ne se sentaient ni écoutées ni valorisées », explique Michael Farell, auteur de l’étude. 

Oui, mais 100% des femmes étant de mauvaise foi d’après une étude du Odioso Cabrón Institute de Grenade, j’en déduis que l’excuse "Je ne me sentais pas écoutée : je lui avais demandé de ramener du chocolat aux noisettes, et il m’a ramené du chocolat au lait : du coup, j’étais obligé de prendre le TGV pour aller faire l’amour à Ramón, vous comprenez" est un peu pourrie.  Heureusement, Men’s Health a la solution pour qu’une femme se sente valorisée et appréciée à sa juste valeur :

La solution : Si vous n’avez pas été complètement à la hauteur récemment, rattrapez le coup avec ce truc tout simple : le cerveau peut assimiler 600 mots par minute mais le débit moyen est de 150 mots. Et quand le cerveau est en dessous de la courbe, il s’égare. Pour garder toute son attention, interrompez-la pour la paraphraser toutes les 30 secondes. Fastidieux, certes, mais elle aura vraiment l’impression d’être écoutée !

Donc je résume : pour qu’une femme se sente appréciée, il faut lui parler comme à un gros légume. Et de préférence, "l’interrompre pour la paraphraser toutes les 30 secondes" :

"Doudou, devine ce qui m’est arrivé au bureau aujourd’hui ! 
- Dis-moi tout mon amour.
- J’étais au local photocopieuse, quand soudain…
- Hmmm tu veux parler de la pièce où il y a l’appareil qui duplique des documents.
- … heu, oui, quand soudain, Benoît entre avec du café sur sa chemise
- Benoît passe le seuil du local de l’appareil qui duplique des documents avec une substance psychoactive étalée sur son haut ? Ça alors ! 
- Dis- moi, tu me prendrais pas pour une andouille ?
- Si je te prends pour une spécialité charcutière à base d’intestin de porc ? Bien sûr que non ma chérie, continue de me parler de… de… heu… hein ? Tu disais ?"

La photocopieuse, centre de toutes les intrigues érotiques qui se respectent

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Ah oui, là c’est certain, elle va se sentir écoutée et mise en valeur. Un peu comme le psy que vous payez une fortune à dire "Hmmm hmmm" pendant qu’il dessine des kikis sur son bloc-notes. Quel beau métier (attention, j’exagère : certains dessinent aussi des voitures).  Néanmoins, enchaînons tout de même sur le point suivant.

La promiscuité Comme pour les salaires, les hommes sont toujours en tête quand il s’agit de mettre des coups de canif dans le contrat. Mais l’écart diminue peu à peu. Ainsi, 52 % des infidèles sont des hommes (voir encadré), ce qui nous laisse quand même avec 48 % d’infidèles à talons hauts… et pas mal de doutes. C’est la culpabilité qui serait responsable de cette différence. Mais la culpabilité n’a qu’un temps : elle diminue à mesure que votre chérie se rapproche de votre futur concurrent au travers d’une activité commune. 

Attention, donc, votre copine risque de vous tromper si jamais elle fréquente des gens. Particulièrement si elle a une activité commune avec eux, comme, à tout hasard, baisouiller. Comment enrayer ce fléau ?

La solution : Elle veut prendre des cours de tango ? Lancez-vous sur la piste avant qu’elle ne se fasse embarquer par un autre.

Excellente solution : ne la laissez jamais seule. Suivez la en permanence. Elle veut faire du tango ? Faites du tango. Elle veut faire de la couture ? Faites de la couture. Elle veut faire caca ? Devancez -la (puis éclatez d’un rire diabolique ponctué de bruits d’eaux depuis l’autre côté de la porte).

Et si jamais elle commence à comprendre que vous ne la suivez partout que parce que vous n’avez aucune confiance en elle, utilisez la stratégie dite du couple fusionnel : "Mais c’est parce que nous devons tout faire à deux mon choubidou". Frottez vous un oignon contre les yeux si vous manquez de persuasion.

La cybertentation Ça commence par un chat innocent sur un forum de jardiniers amateurs et ça finit au lit.

Alors, oui, là, en effet, c’est un vrai problème international : les vortex spatio-temporels sur les chats de Jardiland. Vous discutez tranquillement de la meilleure pelle avec une assistante commerciale, et paf, vous vous retrouvez dans un hôtel avec une jeune fille désapée devant vous. Non, il n’y a pas de phases intermédiaires.  Je connais un mec, il était tranquille en train de causer du prix des graines de bégonias, et paf, il s’est retrouvé tout nu dans une chambre de Sofitel. Une histoire terrible.

Eh oui, Internet est devenu le plus grand pourvoyeur de relations adultérines depuis l’invention du téléphone portable. L’anonymat du forum facilite le passage au chat, et peu à peu les discussions ne tournent plus autour de la greffe du pêcher, mais autour du péché de chair. Sans parler des forums carrément dédiés au sexe. Lors d’une étude sur le sujet réalisée à l’université de Floride, il s’est avéré que les deux tiers des femmes qui s’y rendaient finissaient par rencontrer leur correspondant et que 89 % couchaient avec lui.

Encore une fois, on remercie les scientifiques qui sont arrivés à la conclusion que les gens qui se rendaient sur les forums de sexe, venaient s’occuper de sexe. Je sais, ce n’est pas toujours évident (par exemple les utilisateurs des forums hardware.fr ne parlent pas toujours carte graphique, surtout dans le topic images, hein bande de coquinous), mais il fallait bien une université entière pour réaliser qu’il y avait un rapport plus ou moins direct entre le sujet d’un site et le sujet que les gens y trouvaient.

La solution : Bain chaud et caféine. Les taux de cortisol (l’hormone du stress qui attaque la libido) baissent de moitié après 8 minutes dans la baignoire. Et selon les chercheurs de l’université du Michigan, les couples qui boivent 2 à 4 cafés par jour ont 50 % de chances en plus de faire l’amour plus de 7 fois par mois. Sans oublier que les buveurs de café auraient 73 % de problèmes d’érection en moins que les autres. Ce soir, expresso et bain moussant !

Petit rappel : si vous vivez dans une série américaine, vous avez l'obligation d'entourer le bain de dizaines de bougies

J’ai essayé et je vous le recommande : une fois plongée dans un liquide plus ou moins caféiné (attention quand même : remplir une baignoire de Nespresso coûte un peu cher), et de préférence lestée avec les cailloux, la damoiselle un peu stressée  (elle se débat beaucoup au début, mais il faut être ferme) finit par se calmer. Au bout de 8 minutes, quand vous la sortez de l’eau avec un treuil, elle est même parfaitement détendue, et ne dit plus non à rien. Simple et efficace. Merci pour tous ces conseils ! Mais je me permets quand même de faire le point :

Résumons ; pour que votre copine ne vous trompe pas, selon Men’s Health, il faut :

  • L’empêcher de sortir et la surveiller en permanence
  • Lui faire l’amour. Tout le temps.
  • Lui couper tous moyens de communications avec l’extérieur
  • Si rien de tout ça ne marche, la plonger 8 minutes dans l’eau

Vous avez tout saisi ? Vous commencez à vous demander si Wolfgang Priklopil avait un abonnement à ce magazine ? Moi aussiBien, alors passons à la suite : "Voici une liste de 7 attitudes qui vous permettront de juger sa fidélité."

- Indice : Elle se met en colère quand vous la soupçonnez. 
- Verdict : Non coupable 
"C’est typique du symptôme dit de la méprise d’Othello", selon le psychologue Perry Buffington. "Plus elle clame son innocence, plus elle s’indigne de ne pas être crue." Et n’allez pas croire que cette colère est destinée à vous leurrer. "Les femmes réagissent de façon plus émotionnelle que les hommes quand elles disent la vérité", affirme le docteur Buffington. "Si elle mentait, elle essayerait plutôt de vous embrouiller en utilisant ses armes de séduction."

La femme est incapable de simuler, c’est connu : c’est une sorte de Francis Huster constant. Ainsi, si elle se met à parler très fort en faisant les gros yeux en vous disant "Non, je ne te trompe pas" , vous pouvez la croire sur parole. Et laisser sortir ce monsieur tout nu du placard, celui qui n’est en fait qu’un ami qui passait par là et qui a soudain perdu tous ses vêtements, et qui était donc en train d’en chercher de nouveaux dans la penderie quand vous l’avez surpris. Non, si elle avait voulu vous mentir, elle vous aurait montré ses seins en mettant sa bouche en cul de poule (un peu comme un avatar Facebook, en fait). Ah, une femme qui joue la comédie : ça se saurait.

- Indice : Elle parle dans son sommeil. 
- Verdict : Coupable 
Pour le psychisme, avoir une aventure est une importante source de stress qui a besoin d’être évacué. Des psychologues britanniques ont repéré certains symptômes liés au "stress de l’infidèle" : problèmes de mémoire, fragilité des gencives et troubles du sommeil – notamment somnanbulisme et somnoliquie (parler en dormant). Méfiez-vous donc si votre dulcinée se met soudainement à avoir des nuits agitées alors qu’aucune source de stress visible ne semble l’affecter dans la journée.

Dans son sommeil, elle vient de marmonner "Non, maman, je ne veux pas de chocolat" ? La truie pourpre ! Réveillez-là, puis assommez là avec une latte du sommier. Attendez qu’elle reprenne ses esprits, giflez-là, puis assommez-là à nouveau. C’est un aveu qu’elle se tape Maurice, le cuisinier du restauroute. Idem si elle a une nuit agitée après avoir mangé une monstrueuse choucroute : c’est forcément qu’elle couche avec tout un régiment de parachutistes quand vous n’êtes pas là. Diable, ce site est une véritable révélation ; je commence à me dire que les jeunes filles avisées devraient dormir avec une chaussette roulée dans la bouche si elles veulent éviter les ennuis, pour peu qu’elles fréquentent la couche d’un lecteur de ce beau magazine (ce qui en soit, mérite déjà un châtiment).

- Indice : Elle n’est plus très câline. 
- Verdict : Non coupable 
Contrairement aux idées reçues, elle ne s’éloignera pas forcément de vous s’il y a un autre homme dans sa vie. "Au contraire, elle risque même de devenir plus attentionnée", selon le docteur John D Moore. "Elle utilisera le mot "amour" bien plus souvent et sera sexuellement plus en demande."

Non, non, ce n’est en rien un signe. Même à deux jours de vous plaquer pour Jean-Kévin, elle sera toujours aussi passionnée : une femme ne ressent pas la culpabilité, l’amour-propre ou même la douleur. Elles n’ont pas d’âme : comment voulez-vous, hein ? A l’inverse, si elle devient trop câline, pétez lui la gueule sans ménagement.

- Indice : Elle fouille VOS poches. 
- Verdict : Coupable 
"T’étais où, t’as vu qui, t’as fait quoi"… ça vous parle ? Méfiance. Les femmes infidèles deviennent souvent soupçonneuses, car elles projettes sur vous leur propre culpabilité. Le topo étant : "si je suis capable de lui faire ça, alors il peut le faire aussi". D’ailleurs, 67% des infidèles pensent avoir été trompés eux-mêmes.

J’aime beaucoup le "VOS" en majuscules : c’est sûr que si elle fouille ses poches, c’est un peu moins suspect. En tout cas, sans vouloir chipoter, une damoiselle qui fouille vos poches, qu’elle vous trompe ou non n’est pas la question ; mettons qu’une fille vous fasse les poches station Châtelet : vous hurlez "Ah, coquine, tu me trompes !" ? Ou vous avez autre chose à faire ? Et bien voilà. A partir du moment ou quelqu’un fouille vos poches, c’est qu’il est grand temps d’en finir. La dernière qui a fouillé mes poches, par exemple, a trouvé les clés de ma cave. Il m’a fallu agir.

Et si elle dort maquillée, dois-je me méfier ?

- Indice : Elle se transforme en fée du logis. 
- Verdict : Coupable 
Elle se met soudain à repasser vos chemises avec amour ? Il y a des chances qu’elle le fasse en repensant à un 5 à 7 torride. La majorité des femmes qui trompent se transforment miraculeusement en parfaites maîtresses de maison. D’autre part, si elle a soudain la dent dure contre un ami ou un collègue, soyez vigilant : critiquer son amant est la deuxième façon de noyer le poisson.

Elle a changé ? Elle ne laisse plus traîner ses slips avec leurs grosses traces de pneus ? Elle a enfin trié les papiers de ses impôts ? Elle change de t-shirt plus d’une fois par semaine ? C’est qu’elle vous trompe. Non, personne ne peut essayer d’être propre : c’est trop suspect. D’ailleurs, notez qu’une femme qui repasse, d’après nos experts locaux, c’est particulièrement louche : bon sang, la France est un nid de terroristes ! Même votre maman vous trompe ! Et par ailleurs, toujours d’après la prose de notre référence masculine, si votre douce s’exclame "Bernard est un con : il m’a encore insultée ce matin", c’est qu’elle est secrètement amoureuse de lui, de son bide à bière et de son crâne pelé.  Non, Bernard ne peut pas décemment être un con. Surtout si c’est une femme qui le dit : comment quelqu’un ne disposant pas d’un chromosome Y pourrait avoir raison ? Je vous le demande.

- Indice : Ses jupes ont raccourci. 
- Verdict : Non coupable 
Si votre belle devient de plus en plus sexy, remerciez-la plutôt : tout cet étalage de charmes, c’est pour vous et personne d’autre. "Quand une femme trompe son conjoint, elle a tendance à porter des vêtements plus sobres, particulièrement devant lui", affirme le docteur Buffington. Si elle ressort les cols roulés, c’est mauvais signe…

Elle va au travail avec des jupes de plus en plus courtes ? Elle met de moins en moins de culottes ? La dernière fois qu’elle avait un entretien avec son chef de service, elle a mis 3h à se préparer pour finir par sortir avec une tenue qui n’était pas sans rappeler les plus grandes heures de l’Amicale des Amies de Frank Ribéry ? Rien à signaler, continuez à lire votre journal.

Par contre, si elle sort son col roulé au prétexte futile que "Mais Doudou, il fait moins 20", vous pouvez commencer à balancer ses affaires dans la neige.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis dubitatif. Je sais, je ne devrais pas, mais allez savoir pourquoi, j’ai comme l’impression qu’on se fout de ma gueule. Passons.

- Indice : Elle travaille tard. 
- Verdict : Coupable 
Commencez à vous inquiéter si elle a une belle promotion. Certes elle passe sûrement ses heures sup au bureau et pas dans la chambre à coucher de son boss, mais une étude de l’université de Washington a prouvé que les femmes qui gagnent plus de 4000 euros par mois étaient 2 fois plus susceptibles de passer par la case adultère que les autres.

La femme ne peut pas travailler tard :  si elle le fait, c’est qu’elle vous trompe. Elle ne peut pas être médecin et avoir des urgences, avocate et travailler ses dossiers, ou même infirmière et avoir des gardes (c’est connu : toutes les infirmières sont en fait des infirmiers), non : c’est forcément qu’elle couchaille avec l’ennemi. D’ailleurs, une femme qui gagne trop d’argent est évidemment une coquine : c’est même pour ça qu’on les enfle sur les salaires en les amputant de 20 à 30% par rapport à un homme : pour les aider à rester fidèles. Oui, mesdemoiselles, on fait ça pour vous. Ca nous brise le coeur, vous savez. Tout ça, c’est votre faute.

A ce compte là, j'en connais une qui doit être super-hot

Bref ! Si avec tout ça, vous détectez que malgré tous vos efforts, votre douce amie s’en va tout de même s’enamourer d’autrui, il ne vous reste plus qu’à contrôler votre colère pour ne pas commettre un crime sale et ainsi vous retrouver en prison (ça, c’est pour les débutants). Non, il faut d’abord apprendre à vous maîtriser ; et là encore, Men’s Health va vous aider avec 4 conseils pour contrôler sa colère.

1/ La meilleure façon de contrôler ses émotions est de se donner du temps. Adoptez le bon vieux truc qui consiste à compter jusqu’à 10. Efficacité prouvée.

Par exemple, mettons : elle est en train de vous expliquer que ce n’est pas sa faute si votre Mégane tuning est abîmée alors qu’elle la ramène de Carrefour ; et bien pendant qu’elle vous explique ce qu’il s’est passé, une sombre histoire de type refusant une priorité, surtout, ne l’écoutez pas et comptez jusqu’à 10. Quand vous aurez fini, puisque vous ne l’aurez pas écoutée, persuadé que c’est sa faute, vous lui coincerez la tête dans la portière, et ce sera bien fait. Que cela ne vous empêche pas de compter à nouveau jusqu’à 10.

2/ En situation de confrontation, utilisez votre corps : le simple fait de tourner le dos ou de regarder ailleurs peut aider votre cerveau à faire redescendre la pression.

Attention à ne pas confondre "utilisez votre corps" et "utilisez vos poings". La différence est subtile, certes, mais notable. Reprenons l’exemple précédent : votre compagne essaie de vous parler de quelque chose de difficile, et vous regarde droit dans les yeux : tournez le dos. Et si elle tente de vous faire face, tournez encore ; si vous disposez d’une chaise de bureau, vous pouvez aussi tourner très vite vous-même pour la déstabiliser. Par ailleurs, magie du tournis, vous découvrirez que 87% des hommes occupés à gerber après avoir trop tourné sur eux-mêmes ne pensent plus vraiment à s’énerver.

3/ Ne vous emportez pas entre 4 et 6 heures du matin (quand vous sortez de boîte, quoi). Votre corps sécrète alors un maximum d’hormones, dont l’adrénocorticotropine, qui limite vos capacités à garder le contrôle.

Il faut le savoir : il y a des heures pour s’énerver, c’est à dire, après six heures ou avant quatre heures du matin. Entre les deux, c’est tout bonnement indécent. Men’s Health vous prodigue donc cet excellent conseil : "Pour éviter de vous mettre en colère, évitez de vous emporter". D’accord : merci les gars, hein. Sinon, c’est qui le mec qui vous écrit ce genre de tirades ? Non parce que Monsieur de La Palisse est mort, alors j’aimerais bien savoir si vous avez un type avec une planche ouija qui communique avec lui pour rédiger ce genre de trucs. Ça m’intéresse.

4/ Sortez. Une étude publiée dans le Journal of Psychiatry & Neuroscience révèle que l’exposition à la lumière et les exercices aérobie peuvent booster notre taux de sérotonine, le neurotransmetteur du bien-être.

Quand vous êtes énervé, sortez faire des pompes au soleil : cela vous évitera de passer vos nerfs sur l’infidèle qui partage votre vie. Par contre, s’il fait moche, ou pire, si vous vous appelez Edward et que votre peau se transforme en publicité pour Email Diamant au soleil, contentez-vous de lui refaire le museau.

Alors, je sais, tout cela parait compliqué à assimiler de prime abord, pour vous messieurs, et un peu pour vous aussi, mesdemoiselles, qui savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour passer pour une sainte : vous habiller comme une coquine, laisser traîner vos affaires sales partout et vous énerver dès que l’on vous pose une question.

Par contre, ce que j’apprécie moyennement, les filles, c’est justement que vous ayez lu cet article alors qu’il était précisé qu’il s’adressait aux hommes. Je n’aime pas trop cette intrusion, cette attitude, ce … ce…

Raaah. Je vais compter jusqu’à 10.

Février est un mois gnan-gnan.

C’est comme ça, que voulez-vous : avec la Saint Valentin, vous avez pu constater que bien avant la semaine dernière, tout le monde vous ennuyait avec de sombres histoires de cadeaux, de bisous et autres fleurs. Rien à voir avec le commerce, comme toujours. Par ailleurs, comme si un malheur sirupeux n’arrivait jamais seul, voici que c’est aussi la saison des Enfoirés, qui comme chaque année, reviennent se battre et lutter contre la pauvreté avec toute leur "générosité" (terme générique dont j’ignore la signification tant on le met à toutes les sauces sitôt que l’on parle d’artistes). Générosité qui s’arrête dès qu’il faut prendre plus de 5 minutes pour composer une chanson soi-même : nous avons donc pour la saison 2011 une énième reprise, tant de la musique que des paroles, avec seulement quelques phrases de changées, parce que sinon c’est trop fatigant. A noter aussi que, comme à chaque fois, on trouve parmi les Enfoirés de fabuleux personnages, comme Michèle Laroque, qui vous demande de filer votre pognon pour aider les plus pauvres, mais qui jusqu’en 2010, était en exil fiscal à Las Vegas, parce que donner du fric pour aider les autres, d’accord, mais à condition que ce soit justement le fric d’autrui.

Bref ; en ce mois rose et sucré, laissez-moi faire preuve d’un peu de parité, et me tourner vers nos amies les femmes pour leur proposer de traiter un sujet qui jusqu’ici, n’avait été vu que d’un point de vue masculin : la séduction.

Car les conseils de drague sur internet ne sont pas l’apanage des mâles velus ; moult sites proposent à ces dames de comprendre ces créatures à la fois mystérieuses et peu discrètes que sont les hommes. D’où viennent ils ? Que veulent ils ? Pourquoi s’acharnent ils toujours à pisser debout et à en mettre partout plutôt que de s’asseoir ? Et il y a l’embarras du choix ! Aussi, permettez-moi de vous proposer ce jour un pot pourri de quelques articles trouvés de-ci de-là sur la vaste toile, qui vous donneront, mesdemoiselles, car vous êtes nombreuses à fréquenter ces lieux, les clés pour que les possesseurs de chromosomes Y vous tombent dans les bras. Au moins ça, oui. Hmmm. Mais commençons plutôt.

 

L'homme : subtil, délicat, complexe, léger... un vrai mystère.

Tout d’abord, intéressons-nous à "Comment séduire un homme", fabuleux site qui affiche ainsi d’entrée de jeu le thème central qui est le sien.

Et le site est prévoyant ; en effet, avant de séduire un homme, comment en trouver un de bien ? Excellente question, à laquelle est fournie une toute aussi formidable réponse.

Du coup, comment trouver un mec bien? Sachez qu’il y a des signes qui ne trompent pas. Le mec bien a des qualités bien particulières et il y a des endroits où on a plus de chances de le rencontrer que d’autres.

"Des signes qui ne trompent pas". C’est du sûr à 100% les filles, alors suivez bien, surtout qu’on ne trouve pas le mec bien partout, attention, il a des endroits bien particuliers où traîner. En général, le mec bien défèque aux quatre coins de son territoire pour bien marquer que ce n’est que pour lui et ses congénères. Attention donc à ne pas marcher avec vos sandalettes dans l’un des coprolithes laissés par ces charmants garçons. Mais comment reconnaître le bougre au premier coup d’oeil ?

Le mec bien fait attention à lui. Il a une belle peau: pas d’UV à outrance (signe distinctif d’un homme superficiel) ni de boutons infectés (signe distinctif d’un homme négligé) et encore moins le teint pale (signe distinctif d’un pseudo artiste torturé)

Attention donc : le mec bien n’a rien à voir avec le fait d’être bien. Il a forcément un rayonnement de sa bonté sur son physique. Méfiance donc : si ses cheveux ne sont pas blonds et qu’il n’a pas un cheval sous lui, c’est probablement un fourbe. Et s’il a une rougeur sur la peau, c’est forcément un sinistre enculé. Parfois, le matin, le mec bien a un bouton de fièvre, et il ne peut que constater qu’aujourd’hui, il sera un connard. Et je ne vous parle pas des lépreux.

Tout comme ses ongles. Il ne se les ronge pas (signe distinctif des hommes stressés) et ils sont toujours propres.

L’homme bien n’est pas stressé, et ne travaille pas dans un milieu où il se salit les mains. L’homme bien travaille dans un bureau. Les ouvriers, ça reste quand même de potentiels suppôts de Lénine : autant les éviter comme la peste. Et puis bon, ils sont rarement riches : vous n’allez quand même pas coucher avec un pauvre !

Il n’a pas la pupille dilatée (signe distinctif d"un fan de substances illicites) et n"a pas de cernes (signe distinctif d"un accroc aux jeux vidéos)

Le mec bien n’a pas de cernes, il ne travaille donc jamais tard. Le mec bien est un branleur.

Le mec bien se cache partout. Il ne se fait pas remarquer donc les filles ne le voient pas forcement. Il est vrai que les filles fantasment davantage sur un bad boy ou un beau gosse.

Hé ho ! En début d’article, on nous vendait qu’il se cachait dans des endroits bien particuliers ; c’est quoi ce revirement, là, hop ? On nous aurait menti ? Il serait donc partout ? A noter que le mec bien ne fait pas fantasmer les filles. Allons donc jusqu’au bout du raisonnement : le mec bien, gentil et attentionné, il finit "meilleur pote", et il écoute Micheline pleurer que Brandon est un con 5 fois par mois, tout en sachant que cette dernière restera avec "pour ne pas être toute seule", et que si jamais Brandon la plaque pour Sylvie, celle avec les gros seins, elle viendra pleurer chez le mec bien qu’elle en a marre des salauds et qu’elle veut un type bien, avant d’aller entamer dès le lendemain une relation avec Gunthar, le vigile serbe psychotique du Franprix.

Justement, le site a aussi prévu le coup : Quels sont les bad boys à éviter ? 3 exemples !

 

Les Bad Boys : un gage constant de qualité

Non parce qu’il y a des bad boys fréquentables. Comme celui en photo pour illustrer l’article, le bien nommé Robert Patachon, alias Edward, le vampire dark-mais-kikinou-qui-boit-pas-de-sang-humain-et-qui-brille-au-soleil. Il est assez clair qu’il n’y a pas grand-chose à en craindre. A part ses sourcils, peut-être. Bref, quels sont les trois types de galopins à éviter, mesdemoiselles ?

Au début de votre relation, vous avez eu la surprise de constater qu’il vous avait menti sur certains « petits » points. Il avait des excuses plus ou moins convaincantes et vous avez laissé passer. Aujourd’hui, les mensonges sont de plus en plus gros et les excuses deviennent de moins en moins crédibles, si ce n’est inexistantes

Il faudrait donc éviter les menteurs ? Vous voulez dire, les mecs à qui, un jour vous demanderez "Mon choubidou, qu’est-ce que tu as regardé chez moi en premier ? Qu’est-ce que tu as préféré ?" et qui vous répondront "Tes yeux mon amour. Et j’ai beaucoup aimé ton sens de l’humour".

Hé bin, ça va faire un sacré tri dans l’humanité.

La bonne réponse étant "Tes loches" suivi de "Quand tu as enfin arrêté de causer". Ingénues que vous êtes. Mais donc, second bad boy à éviter ?

Le séducteur n’a qu’une chose en tête: entrer en contact ou être contacté par la gent féminine. C’est une obsession chez lui, il aime plaire, il sent que cela lui donne de l’importance. Il a comme un radar: dès qu’il voit ou qu’il sent qu’une fille lui plait un peu, il ne peut s’empêcher d’essayer de la faire craquer. Forcement, il en veut toujours plus et, un jour, il finit par vous tromper.

Le séducteur serait donc à éviter, tant il a l’habitude de foncer sur tout ce qui est vaguement féminin : en soirée, il bondit sur vos amies. En vacances, il passe son temps à offrir des verres au bar. A la montagne, il poursuit les chèvres en poussant des râles de jouissance ; en un mot comme en cent, il n’est pas sortable. A noter qu’il peut essayer de vous tromper discrètement, en vous pipotant un peu.

Il va également créer une espèce de  routine comme allonger sa journée de travail. Et quand il rentrera, il vous donnera plein de détails sur ce qui se serait passé au travail, ou pas. Un homme qui n’a rien à se reprocher ne s’amuse pas à raconter des choses très précises.

Notez la dernière phrase : un mâle innocent ne peut être précis. Il a beau essayer, il y a un champ de force qui l’en empêche ; s’il raconte une anecdote précise, c’est qu’il vous trompe. Par exemple, s’il vous explique que quand il était gamin, il avait un teckel prénommé Schnaps, c’est incroyablement suspect : ce petit enfoiré s’amuse à vous raconter des choses précises ! Il y a forcément baleine sous gravier ; était-ce un teckel ou bien une top-model suédoise ? S’appelait-elle vraiment Schnaps ? Avait-elle réellement uriné contre la balançoire du jardin ? Autant de question qui en disent long : une histoire trop précise est une histoire suspecte. Un homme est forcément grossier en toutes choses.

Contrairement à cette analyse, qui est très subtile.

Heureusement, dernier conseil pour vous mesdemoiselles, et dernier bad boy à éviter comme un rabouin dans le métro :

Le dealer ment sur ses journées de travail et sur la manière dont il règle ses factures. A part si vous êtes du même monde que lui, il ne vous avouera pas facilement ses activités. Il en va de même avec tous ceux qui ont des activités dangereuses et illégales (impliquant armes, prostitution etc.)

Le dealer. Oui, les filles, il faut éviter les dealers et les gens qui trempent dans des activités illégales, puisque curieusement, la relation devient vite compliquée, surtout lorsque Pedro vous demande si, par amour, vous ne voudriez pas prendre l’avion pour aller voir ses cousins colombiens en vacances à Londres, le tout en vous collant 600 grammes d’une mystérieuse poudre blanche dans le rectum.

Ça peut vous paraître une lapalissade, mais tout le monde ne lit pas "Comment séduire un homme" ; sinon, Florence Cassez se serait méfiée de ce mystérieux vendeur de voitures mexicain qui roulait en véhicules de luxe et disposait d’une formidable villa qui la nuit, résonnait de curieuses voix en provenance de la cave (un peu comme chez moi, en fait). Maintenant, vous voilà prévenues, mesdemoiselles.

 

Ah, si Florence avait lu "Comment séduire un homme" !

Alors évidemment, si jamais vous vous étiez déjà mise en couple avec un fameux dealer, et qu’un soir, après vous avoir avoué sa flamme, il avait ajouté "et si tu tentes de me plaquer, je te balance au fond de la Seine avec des chaussures en béton", "Comment séduire un homme", qui est décidément un site bien prévoyant, vous propose 5 façons pour larguer son mec par SMS. Classe.

La manière la plus pratique de mettre un terme à une relation – surtout si elle fut de courte durée – c’est d’envoyer un texto.

Le texto, arme ultime : ainsi, on peut en quelques lignes, faire passer un message simple comme "Jean-Jacques, tu es une merde ;-)" ou "Boris, c’est fini entre nous, lolilol xptdr". Le site n’explique pas comment, par la suite, réagir aux textos vengeurs ou demandant des explications plus poussées que des mâles pourraient envoyer. Ah si : il explique qu’il faut éteindre son portable.

Et donc, ça arrête les textos ? Je… heu… hem. Bon, on va faire comme si on avait rien lu.

A noter que dans les exemples de SMS types, visiblement, il y a obligation de faire des rimes ; bordel, plaquer son mec par texto, c’est déjà pas bien glorieux, mais alors en faisant du slam, c’est pire : on doit avoir l’impression de se faire jeter par Grand Corps Malade. Exemple :

J’eu aimé un homme autrefois mais depuis de l"eau a coulé sous les ponts

et je vais devoir lui faire part de ma désillusion.

Désolée mais l’envie de continuer à marcher à tes cotés

me manque désormais.

Bonne route.

Formidable SMS, qui permettra en sus de montrer à votre désormais ex que non seulement vous ne voulez plus de lui, mais visiblement vous avez aussi décidé de rejeter le passé antérieur en même temps. Si c’était un SMS pour plaquer Maître Capello ou Bertrand Renard, c’est donc doublement cruel. Sans-coeur !

Mais le SMS n’est pas seulement un outil de rupture, non, c’est désormais l’instrument culte de toute une génération (les filles ne niez pas : on sait que vous dragouillez par SMS, et pire encore, que vous relisez 20 fois chaque texto pour en faire 30 interprétations différentes – "Han il a dit "bises" et pas "bisous" !"); il suffit pour s’en convaincre d’aller voir le site girls.fr, que vous aviez déjà découvert au travers d’un formidable roman photo ; cette fois-ci, figurez-vous que le diable de site prodigue aussi de formidables conseils pour que nos jeunes damoiselles arrivent à trouver l’homme qu’il leur faut, même en terrain difficile.

 

Je vous ai dit qu'il y avait un nouveau roman photo chez girls.fr ?

En effet, comment draguer en classe ? Il existe une méthode simple qui…

Attendez, attendez, on est en train d’apprendre à nos chères têtes blondes à dragouiller en cours plutôt qu’à écouter fidèlement les exploits de nos ancêtres les gaulois ? Voyons voir ça…

La meilleure technique de drague en cours est celle du texto.

Ho bordel. Avec en plus une petite illustration sur "Comment cacher son portable discretos derrière son agenda relevé pour que le prof, il puisse pas voir, hihihi". Bon, je ne sais pas ce qui est le plus ennuyeux : qu’un site s’adressant aux adolescents leur recommande de ne rien branler en cours, ou qu’il ne soit pas foutu de savoir que les adolescents sont beaucoup trop bêtes pour être capables de se servir d’un téléphone discrètement en classe. On retrouve pêle-mêle :

- la méthode "huhu, j’ai mis le vibreur BZZZZZ y a que BZZZZZ moi BZZZZ qui BZZZZZ l’entend, BZZZZZ", méthode qui ne laisse que deux solutions à l’enseignant : soit un élève a un téléphone sur lui en vibreur, soit une élève est en train de prendre bien du plaisir avec son ami Yucki le petit canard. Attention : l’un et l’autre ne sont pas fondamentalement incompatibles.

- la méthode "hihi, je vais relever mon livre discrètement pour envoyer des textos de derrière", méthode qui suppute qu’il existe un seul élève au monde qui ait besoin de poser son livre sur sa table de manière parfaitement verticale pour travailler et non pour planquer un truc louche.

- la méthode "héhé, je vais mettre le téléphone sur mes genoux, trop la feinte", méthode qui s’arrête sitôt qu’on entend le cliquetis du clavier ou le bruit du gros doigt plein de gras de l’adolescente contre son écran tactile, ou simplement que l’on constate qu’elle regarde incroyablement discrètement sous sa table en permanence.

Je rappelle aux enseignants la méthode brevetée : attendre que l’élève range discrètement son portable dans sa pochette/chaussette à votre approche (les adolescents trouvent cela à la mode, profitez-en) et dire "Je suppose que c’est votre gomme dans cette pochette ?" ; l’élève étant fondamentalement bête et mauvais menteur, il répondra "Heuuu oui, c’est ma gomme". Dès lors, vous n’avez plus qu’à vous en saisir en vous exclamant "une si grosse gomme doit formidablement rebondir contre les murs !". Ne vous reste plus qu’à savourer le cri de terreur du marmot, suivi de ses sourds sanglots qui compléteront à merveille le bruit de plastique explosant contre le mur où vous avez accroché cette si belle carte de l’Union Européenne. En cas d’élève rebelle, n’hésitez pas à vous défendre en invoquant le fait que vous étiez persuadé que c’était une gomme, puisqu’il vous l’avait dit. Et que vous ne pensiez pas qu’en sus d’amener du matériel interdit dans l’enceinte de l’établissement, ce brave élève oserait vous mentir. Vous pouvez dès lors vous poser en victime, en enseignant brisé à la confiance trahie. Avec un bon jeu d’acteur, vous pourrez même obtenir un congé pour vous en remettre.

Mais revenons à nos moutons : la drague. Puisque girls.fr vous propose des conseils pour séduire dans un autre lieu original : le cinéma.

Draguer au cinéma ?
Le cinéma est un lieu propice au rapprochement. C’est sans doute le contexte le plus adapté pour un premier baiser… à condition de déjà connaître son partenaire ! Comment faire alors ? C’est simple : avant que le film ne soit commencé, achète un pot de pop-corn salé et va t’asseoir à côté de ta cible. Croques-en un, et exclame-toi : « Beurk, je me suis trompée, ils sont salés! », tout en lui tendant ton pot : « Tu les veux ? Moi je n’aime pas quand ils sont salés… »

Excellent conseil. Même si c’est un coup à se prendre une balle dans la tête. Et ce n’est que justice. Par ailleurs, n’hésitez pas à choisir un film propice à l’emmerdement maximum : pour séduire, mieux vaut que l’autre ne vous réponde pas "ta gueule, j’écoute" lorsque vous lui susurrerez que vous l’aimez depuis toujours. La plupart des films français feront l’affaire, mais ceux impliquant Romain Duris sont d’autant plus recommandés.

 

Parce que parfois, "Chuuuut !" ne suffit pas

Mais girls.fr dispose de bien d’autres articles de qualité comme comment draguer un mec ? Et je ne résiste pas à l’envie de vous citer ce passage :

Parle par négations !
La suggestion ne concerne pas seulement le physique, cela vaut aussi pour ce que tu dis. Une petite technique, c’est de parler en utilisant la forme négative. Au lieu de lui dire : « Tu me plais », dis-lui « Je ne suis pas insensible à tes charmes. » Plutôt que « Tu veux boire un verre ce soir ? », dis-lui « Sache que je ne suis pas opposée à boire un verre avec toi… » Tu fais ainsi le premier pas, tout en lui donnant l’impression que c’est lui qui est en train de te conquérir.

Ça promet d’être compliqué.

"Bonjour mademoiselle, comment vous…
- Je ne vous salue pas.
- Je… ha. Il y a un problème ?
- Il n’y a pas de problème.
- Bon, alors ça va. Je me présente, je m’appelle Kevin, et vous ?
- Je ne m’appelle pas Jacqueline."
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Etc. Espérons que jamais ce site ne tombe entre de mauvaises mains.

"B’soir mad’moiselle, ça vous dirait une petite partie de jambes en l’air avec mes douzes potes et moi dans la cave de mon immeuble ?
- Non !
- Vas-y, comment tu nous chauffes avec tes négations ! Aaah, je l’ai toujours dit, elles disent non mais elles pensent oui ! Merci, girls.fr !
- Mais, mais au viol bordel !"

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Rassurez-vous, dans la série "Comment maquer votre adolescente avec un psychopathe", girls.fr continue de faire très fort avec son test "ton mec est-il un manipulateur ?" ; une petite liste de question est proposée à la lectrice, et si elle répond "oui" à 16 interrogations sur 20, alors elle doit "se méfier". En dessous , c’est tout bon, inutile d’avoir le moindre doute, la confiance est de mise. Même à 15 questions positives sur 20.

Misère.

Heureusement, d’autres sites relèvent le niveau, comme aufeminin.com et sa section pour les d’jeun’z, teemix. Ainsi, on trouve divers conseils pour que ces damoiselles attirent l’attention de nos jeunes éphèbes

La bonne attitude ?
Fais-toi remarquer grâce à de petits détails. Va dans votre café fétiche avec un bouquin (si possible que tu es vraiment en train de lire !), porte des boucles d’oreilles rigolotes ou un sac aux couleurs de ton groupe préféré…

Objectif ? Donner au garçon-de-tes-rêves un prétexte pour débuter la conversation. Tu es une fille qui a des passions (= tu es donc passionnante).

Il y a quand même des livres avec lesquels on ne rencontre personne

Mais oui, tout à fait ! Excellent conseil ! Attention en effet à bien choisir le livre que vous allez prendre, histoire de savoir de quoi il parle ; le coup classique est de se saisir à la volée d’un ouvrage de la bibliothèque familiale et de se retrouver bien embêtée ; cependant, cela n’empêche pas les rencontres :

"Salut, je peux m’asseoir là ?
- Oui, hihihi (vous êtes une fille qui lit Teemix, vous devez glousser)
- J’ai vu que tu lisais le même bouquin que moi. Il te plaît ?
- Heu… oui, je… j’aime bien le personnage central. Ses réactions, son point de vue, tout ça.
- Oui, moi aussi, il a un côté attachant. Je ne connais pas beaucoup de filles qui pensent comme toi."
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De là, la conversation s’engage doucement, les premiers échanges se font, on rit, on rêve, on parle de longues heures… Ah, vous avez bien fait votre choix avant de partir ! Ce "Mein Kampf" a l’air d’être un livre sympa pour être lu par un garçon si mignon!

Mais, tout cela parait bien loin de vous, et je vous comprends : à l’heure qu’il est, vous me lisez sur un ordinateur ou un quelconque support numérique et vous vous interrogez légitimement : depuis votre terminal, comment séduire, là, tout de suite ? Pas d’inquiétudes mesdemoiselles, tout est prévu : elleraconte.com vous propose 9 trucs pour draguer via le net !

Conseil N°4 :
Personne ne vous interdira de chasser plusieurs lapins à la fois, au contraire multipliez vos chances, en revanche, n’hésitez pas à vous noter toutes les infos sur chaque profils. Car rien de plus désolant de se mêler les pinceaux ou de plus se souvenir dès le lendemain. (ex : Thomas aime les voitures et le rnb, mais déteste l’hypocrisie…)

Ah oui, prenez des notes, parce que je ne sais pas qui est ce Thomas, mais il m’a tout l’air d’être un personnage fondamentalement complexe ; les voitures, le rnb… ah, que de songes érotiques vous attendent à l’idée de le retrouver à bord de sa 206 tunée ! Par ailleurs, n’oubliez pas mesdemoiselles : une personne qui se définit, comme 98% des candidats de télé-réalité par "je déteste l’hypocrisie" est une personne qui n’a aucune existence tangible. Non parce que ce poncif, mine de rien, revient à se définir comme "détestant se faire attaquer au lance-flamme" ou "ne pas aimer se faire traiter de porc borgne dans le dos". On appelle ça une lapalissade. Pour le coup, je pense qu’il y a moyen de se passer de notes pour Thomas. En fait, je pense qu’il y a même moyen de se passer de Thomas.

Conseil N°8 :
Ne bluffer pas votre futur conquête par une fausse photo d’une top modèle. Mettez une vraie photo de vous.

C’est vrai. Vous devriez avoir honte de faire ça les filles, c’est quand même scandaleux, et le respect de l’autre ? Laissez-moi vous copier/coller ma dernière conversation avec une jeune fille qui avait essayé de me faire le coup.

"Puce74 – Tu me trouv joli sur mon avatar ?
Odin_Connor – Pour une fille de 16 ans, tu me parais un peu vieille.
Puce74 – …
Odin_Connor – Tu me fais surtout penser à Anna Semenovitch. Je pense que tu bluffes.
Puce74 – k lol c pas ma vrai foto. Atta je la met.
Odin_Connor – Hmmm.
Puce 74 – Tu aime pas ?
Odin_Connor – Si, tu es splendide. Dis donc, tu fais plus que 16 ans, mais pas de partout, c’est rigolo
Puce74 – *smiley lol qui clignote*
Puce74 – C’ ta vrai photo toi ossi ?
Odin_Connor – Bien sûr que c’est ma vraie photo.
Puce74 – On s’est déjà vus ?
Odin_Connor – Oui, je passe à la télé des fois. Je fais une pub dans laquelle John Malkovitch essaie de me tirer mes capsules de kawa. Là sur l’avatar, c’est une photo prise par un pote pendant que je bois mon café.
Puce74 – Jon ki ?
Odin_Connor – Un mec qui connait Justin Bieber. Sinon, tu aimes le café ? Je t’invite à en prendre un. Tu vas voir, j’ai toujours un super sucre en poudre sur moi. Une fois dans ton café, tu verras, tu vas adorer."
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La liste des conseils est encore longue et nous pourrions continuer des heures ; mais je vous laisse découvrir la suite seules, mesdemoiselles.

Comme quoi, on pourra dire que les sites de conseils de drague pour les hommes sont ridicules et sexistes.

Mais finalement, il semblerait que les femmes aient enfin réussi à atteindre la parité, au moins dans ce domaine.

Bravo, mesdames.

 

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