Hunger Games premier du nom m’avait été présenté par un certain nombre de personnes comme « un bon film ».

Après avoir retrouvé les coupables pour les jeter dans une arène afin qu’ils s’y entretuent pour mon bon plaisir (l’endroit s’appelle « Marseille« ), je fus donc très étonné lorsque des voix s’élevèrent pour m’annoncer que Hunger Games II : l’embrasement était « encore mieux que le premier« . Quelque chose me dit que l’insécurité n’est pas près des’arrêter dans la cité de la Bonne Mère. Mais, permettez-moi, en amont de ce spoiler, de vous rappeler, justement, les événements qui firent du premier volet un excellent motif pour s’adonner à la boisson.

Hunger Games I : 

Katniss est une jeune fille qui vit avec sa sœur Primrose dans le district 12, le Maubeuge du futur. Comme chaque année, le Capitole, capitale locale, vient chercher un garçon et une fille pour les envoyer au Battle Royale aux Hunger Games affronter les élus des 11 autres districts afin qu’ils s’y entretuent, comme ça, parce que ça fait marrer le Capitole, hihihi. Suite à divers trous scénaristiques, Katniss part donc pour les jeux accompagnée de Peeta, l’homme pain à kebab. Ensemble, ils maravent la gueule à tout le monde, là encore aidés par des ficelles grosses comme baobabs, puis pour pourrir le groove du Capitole et ne lui donner aucun vainqueur, décident de se suicider ensemble, amants maudits, tout ça. Les Hunger Games sont aussitôt arrêtés car les deux jeunes gens, qui ont fait chavirer le cœur du public, doivent être sauvés selon lui. Katniss et Peeta sortent donc vainqueurs, riches et populaires, alors que le big boss du Capitole, le président Snow, comprend lui que les Hunger Games et Katniss ont donné aux districts des envies de rébellion (ça alors !), nique le système, no future.

Et nous nous en arrêtions là, ce qui aurait été bien suffisant. Sauf que non. Toujours est-il que le spoiler, lui, est ici.

Prêts pour la suite ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : TOUT est sur le thème des flammes ; voilà qui promet !

Tout commence du côté du district 12, alors que l’hiver est là, et qu’il fait froid, là, dites.

Katniss et sa bouille permanente de jeune fille mi-contrariée, mi-étonnée sont en train de méditer en regardant l’horizon quand elle est rejointe par Gale, son petit ami. Celui-ci est un peu grognon : en effet, si Katniss lui fait des bisous et lui dit qu’elle l’aime, il n’en reste pas moins que lors des Hunger Games, pour avoir le public de son côté, Katniss a simulé une histoire d’amour avec Peeta. Du coup, hein, bon, il ne sait plus trop avec qui elle simule quoi et quand, et c’est bien embêtant. Après avoir quelque peu débattu du sujet, nos deux larrons vont chasser pour se changer les idées, l’occasion de découvrir que Katniss a été traumatisée par les Hunger Games et qu’elle en a des hallucinations (moi aussi : parfois, je revois les critiques de la presse professionnelle).

Enfin juste dans cette scène, après, plus rien, pouf.

Hé bien d’accord, je vois qu’on commence bien. Le fumet de la bouse se ferait sentir si tôt ? Ne soyons pas trop sévères.

En parlant de bouses, nos héros rentrent chez eux après la chasse, comprendre la pauvre cité minière du district 12. Et si Gale habite encore dans une demeure faite de crottin et de planches de poulailler, Katniss, elle, a une superbe demeure dans « le village des vainqueurs », voisin du coeur du district 12, et où seuls ceux ayant remporté les Hunger Games et leurs familles demeurent(comprendre : elle, Peeta et leur vieux mentor alcolo, Haymitch). Et non, Katniss ne lui propose pas de venir habiter chez elle. Elle pourrait, parce qu’après tout, les Hunger Games sont finis et donc qu’elle n’a plus rien à simuler avec Peeta, mais hihihi, c’est tellement plus rigolo de regarder Gale mourir de froid avec sa famille de prolos. On en conclura donc que Katniss est bien une gourgandine de bas-étage, mais passons.

Car de retour chez elle, Katniss est bien étonnée, puisqu’elle y trouve l’y attendant, non pas un chocolat chaud, mais le président Snow. Flûte.

« Bonjour, Katniss.
- Président Snow. Que faites-vous là en lieu et place de mon fucking chocolat chaud ?
- Il suffit. Je te propose que l’on ne se mente pas, d’accord ? Bon. Les derniers 74e Hunger Games, je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est terminé. D’ailleurs, j’ai fait exécuter le précédent producteur. Les gens des districts ont vu en toi un espoir, quelqu’un qui ne se laissait pas faire, une provocation face à mon autorité. Alors que moi, j’ai juste vu une fille avec des pommettes qui font peur, mais passons. Certains envisagent une rébellion dans les districts à cause de tout cela.
- Parce qu’en 74 ans de jeux où vous tuez des enfants, personne n’y a pensé avant ?
- Non, cette saga est trop mal écrite. C’est toi, Katniss, grâce à ton… heu… pffff… hihi… hem, pardon : ton charisme ? Qui leur a donné envie de faire n’importe quoi. Alors voilà ce que tu vas faire : je sais que ton histoire avec Peeta, c’est du pipeau à grelots. Ce qui prouve que tu es bonne actrice. Alors, comme chaque année, nous allons procéder à la tournée des vainqueurs, où les gagnants du précédent Hunger Games vont dans chaque district faire coucou. Et partout où tu iras, tu diras des choses comme « Le capitole, c’est youpi », et « La rébellion, c’est cacaboudin ».
- Et sinon ?
- Sinon, je transforme ta mère et ta sœur en descentes de lit. Et je bombarde tous tes amis, et le district 12 avec pour faire bonne mesure.
- Dit comme ça, c’est drôlement plus motivant, dites. »

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Le président Snow, satisfait de sa prestation, repart donc en laissant Katniss dépitée. Celle-ci n’a pas vraiment envie de chanter les louanges du Capitole, mais bon, c’est ça ou voir sa famille conviée à une soirée napalm & barbecue. Peu de temps après, elle est donc invitée à passer à la télévision avec Peeta pour dire au public que holala, c’est trop super d’être amoureux, et que hihihi, merci le Capitole ! Puis, c’est dans un train que l’on envoie le duo, pour aller faire le tour des districts. Ils sont accompagnés d’Effie, la déléguée du Capitole en charge de leur cas, et d’Haymitch, qui n’a strictement aucune raison de les accompagner, mais est là quand même, on va dire qu’ils l’avaient glissé dans un sac à main. Puis, la tournée commence par le district 11, dont le casting n’est pas sans rappeler les plus grandes heures du Prince de Bel-Air. Le district 11 étant un district de pauvres, c’est donc un district de gentils (contrairement aux riches, qui sont tous méchants, rappelons-le), et ses candidats de l’année précédente étaient donc parmi les gars sympas. Peeta se lance donc dans un discours cucu qui s’achève par le fait que lui et Katniss partageront leurs gains avec les familles des candidats du district 11, puis Katniss rajoute un soupçon de praliné sur le cucu, provoquant ainsi une scène étrange :

En effet, dans la foule, un vieillard sifflote et lève trois doigts en l’air, le signe de ralliement contre le Capitole. Toute la foule le suit, mais bon, pas longtemps puisque la sécurité intervient en attrapant papy et lui collant une balle dans la tête. Katniss est donc toute choquée et parvient à s’isoler avec Peeta et Haymitch pour faire le point.

« C’est affreux ! Affreuuuux ! Affreuuuuuuuuuuuuux !
- En même temps, c’est une dictature, hein, je sais pas trop à quoi tu t’attendais.
- Nan mais en plus je vous l’ai pas dit mais le président Snow est venu me voir ! Il m’a demandé de me montrer super pro-Capitole pour éviter ce genre de dérapages ! Et sinon, il tuera tout le monde au district 12 !
- Ah oui, d’accord. Et sinon, tu comptais nous le dire quand ? Parce que c’est vaguement important comme information, sachant que ça touche aussi nos familles. Mais au fait… moi aussi je suis un gagnant du dernier Hunger Games ! Moi aussi j’ai défié le Capitole ! Alors pourquoi le président est pas venu me voir pour dire la même chose ?
- Peut-être parce que personne n’en a rien à faire de toi, Peeta ?
- Ah bin oui, tiens. Ça répond à ma question. »

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Je voudrais bien dire que j’exagère, mais non. Peeta, c’est un personnage auquel personne n’adresse la parole ou presque, qui disparaît régulièrement dans certaines scènes tant sa transparence rend sa présence superfétatoire, et dont la seule mission est de générer aléatoirement des ennuis ou de la tension pour le personnage principal. S’il y a une peau de banane, il glisse dessus, s’il faut se faire discret, il marche sur le chat, s’il faut s’échanger de bons livres, il ramène du Guillaume Musso.

Toujours est-il que la petite équipe est invitée à remonter dans le train pour aller vers le district suivant. Et cette fois-ci, plus d’improvisation : Katniss comme Peeta se contentent de lire les discours écrits pour eux avec le moins d’enthousiasme possible, en expliquant que le Capitole, c’est trop super, qu’obéir, c’est cool, et que les Hunger Games, c’est choupet. La foule, peu dupe, leur hurle donc de cesser de lire leurs fiches et de dire ce qu’ils pensent vraiment. Enfin quand je dis « Ils« , là encore : ils implorent Katniss, Peeta, ils ne l’ont même pas remarqué. Ils pensaient que c’était juste un gros pain au chocolat qui parle. Mais nos héros ne voulant pas voir leurs familles finir avec la moitié de la flotte aérienne du Capitole venue se vider les entrailles sur leurs familles, ils s’en tiennent définitivement à leurs fiches. Même lorsque les foules s’agitent et se rebellent, seulement contenues par la sécurité locale.

Rappel : le Capitole cherche à donner l’impression que nos héros s’expriment de leur plein gré. Nul doute que l’idée de mettre un gros Monsieur de la sécurité juste derrière eux va tout à fait dans ce sens.

A ce stade, vous avez dû remarquer que là encore, Katniss est con comme un sabot : si elle veut sauver sa famille, le président Snow lui a demandé de jouer la comédie. Donc soit elle y met du sien en lisant les discours, soit elle ne les lit pas, mais les lire sans conviction, ça revient à faire du François Hollande : ni le Capitole, ni les districts ne sont satisfaits. Mais comme le script est rempli de grosses ficelles, les districts sont contents quand même, voire acclament carrément Katniss, pourtant en train d’ânonner un discours leur disant de la fermer. Tout cela est décidément merveilleusement crédible.

Bref. Dans le train des vainqueurs, le moral est au plus bas. Heureusement, celui-ci est équipé des fameux sas Prométhéus© qui ne s’ouvrent ou ne se ferment pas complètement, non, quand l’héroïne passe devant, ils se contentent de rester entrouverts sans aucune raison, à part de laisser voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Et Katniss peut ainsi observer dans la salle de sécurité du train des agents en train de regarder sur leurs télévisions les images des districts se révoltant l’un après l’autre.

Pendant que je cherchais une veine sur un de mes bras pour m’injecter de quoi tenir, visiblement, Katniss avait aussi commencé à s’enfiler des produits pas bien naturels. Ainsi, lors d’un repas à bord du tchou-tchou, elle se tourne vers Peeta.

« Tu penses que le président Snow va nous en vouloir ?
- D’y mettre de la mauvaise volonté ? Noooooooon, je suis sûr qu’il n’a rien remarqué. C’est pas comme s’il était venu jusqu’à chez toi en menaçant toute ta famille pour montrer à quel point il insistait.
- Ouf, tu me rassures.
- Non mais c’était ironique, hein.
- Bon bin, écoute. On a qu’à le bluffer : annonçons que l’on va se marier ! Comme ça, il ne pourra pas dire que l’on ne joue pas le jeu jusqu’au bout ! »

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Mais ? Mais ? Peeta ! Dis quelque chose !

« Excellente idée !« 

Bon, d’accord, tu es con, mais Haymitch ! Allez Haymitch, dis-lui que c’est digne d’une palourde trépanée ! Lance lui une bouteille sur le coin du nez, allez, tu es mon champion !

« C’est brillant, Katniss !« 

Je suis DÉÇU, Mimitch !

Non ! NON ! Ce n’est PAS brillant ! C’est tout l’inverse ! Regardez le script, bon sang, c’était il y a une paire de scènes seulement ! Le président Snow dit lui-même qu’il n’en a rien à faire de l’histoire d’amour entre les deux andouilles, non, lui il a insisté très lourdement pour dire que là où il fallait être crédible, c’était dans les discours aux districts ! Le vieux qui s’est pris une balle dans la tête ma petite Katniss, c’est pas parce qu’il trouvait que vous vous faisiez pas assez de bisous ou qu’il avait lu dans Closer que tu pétais au lit ! Et les foules ne scandaient pas « Câliiiin, faites vous des câliiiins ! » ! Est-ce que quelqu’un a pensé à relire l’intrigue ? A voir s’il y avait un rapport entre le film et les dialogues ? Je veux dire : Katniss, Peeta, vous pourriez vous marier, divorcer ou faire un ménage à trois avec un phoque que Snow n’en aurait rien à faire pourvu que vous disiez bien aux gens de se tenir à carreaux ! Je… je… bon, je vais chercher une deuxième seringue, en fait. Celle de mon ami vétérinaire dans un centre équestre.

Essayons tout de même de nous concentrer sur ce qu’il se passe entre les trous du scénario. Car à la fin de la tournée des vainqueurs, ceux-ci sont accueillis au Capitole, où le président Snow fait son regard à Katniss façon « Je ne suis pas content !« . On se demande bien pourquoi, tenez. Lors de la soirée qui s’ensuit, Katniss rencontre Bob, le nouveau producteur des Hunger Games. Celui-ci explique qu’il était volontaire pour ce poste parce qu’il a plein d’idées, et compte bien faire mieux que son prédécesseur (c’est assez facile : il suffit d’être vivant pour faire mieux que lui). D’ailleurs, il conseille aussi le président, l’occasion pour le petit singe qui écrit les dialogues (si quelqu’un a une meilleure explication, je suis tout ouïe) de montrer qu’il est en forme.

« Bob, les districts s’agitent de plus en plus, il y a eu des émeutes, et si c’est encore sous contrôle dans l’immédiat, tout risque de s’embraser.
- On pourrait… les réprimer encore plus ?
- Non. C’est très con. C’est parce qu’ils sont réprimés qu’ils se révoltent.
- Alors on a qu’à leur prendre le peu qu’il leur reste ? 
- Heu… c’est-à-dire ?
- INTERDISEZ LE MARCHE NOIR ! »

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Alors moi, je ne sais pas vous, mais non seulement ça ressemble à du « Réprimer encore plus« , mais paraphrasé par un lycéen de seconde, mais surtout, aux dernières nouvelles, le marché noir est interdit pas définition, c’est même pour ça qu’on l’appelle comme ça. Je suppose que dans la liste de Bob, il y aussi « Interdire le vol« , « Interdire la rébellion » et « Interdire le port de chaussettes dans les sandales« . Bob de la Palice, bonjour.

Le président trouvant malgré tout cette idée géniale, dans les jours qui suivent, il se passe des choses dans le district 12. A savoir que Katniss et Peeta, qui y étaient retournés, entendent des coups de feu : ce sont les hommes du Capitole qui viennent retourner toutes les maisons et donner une bonne leçon à toutes celles et ceux qui auraient des marchandises illégales chez eux !  Gale, le courageux petit ami de Katniss, tente bien de s’interposer au moment où ils vont lui prendre ses DVD de Glee de contrebande, mais en punition, il est attaché en place publique et fouetté jusqu’à ce que Katniss s’interpose, bientôt rejointe par Peeta et Haymitch. Des images qui ont tôt fait d’arriver aux yeux du président Snow et de Bob, qui les regardent en se caressant le menton (leurs mentons respectifs, hein, attention, je ne voudrais pas voir la Manif’ pour Tous débarquer ici).

« Bob, ces gens m’énervent. Même ma petite fille trouve Katniss formidable. Elle me dit qu’à l’école, tous les enfants essaient de lui ressembler.
- Ils se font la même coupe de cheveux ?
- Non, ils s’injectent de la guimauve dans les pommettes, on dirait du cosplay de Carla Bruni. Mais revenons à notre sujet, regardez : ses copains Peeta et Haymitch la soutiennent. Tous les vainqueurs défient mon autorité.« 

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Notons que du film, le président ne pensera jamais à une ruse simple : arrêter de faire passer Katniss à la télé, et pouf, fin du problème. Et éventuellement, diffuser des vidéos de chatons qui ronronnent.

Bin oui : trois vainqueurs sur des dizaines, et encore, qui ne sont ensemble que parce qu’ils sont du même district et se connaissent, c’est « tous les vainqueurs« .  Quelqu’un d’autre a besoin d’une analyse foireuse ?

« Bob, une idée pour régler la question, vite.
- Heu… ah… oui, j’en ai une, président !
- Je vous écoute.
- Si on refaisait des Hunger Games ? Pas seulement parce que c’est le titre du film et qu’il faut bien les caser, mais aussi parce que cette année, c’est la 75e édition !
- Eeeet ?
- Et tous les 25 ans, c’est une édition spéciale, « les jeux de l’expiation » ! On a le droit de rajouter des règles comme on veut !
- C’est débile ?
- C’est HUNGER GAMES !
- C’est vrai, et donc ?
- Cette année, on a qu’à se débarrasser des précédents vainqueurs, hop ! En les faisant s’affronter !
- Je résume : les Hunger Games sont faits pour humilier les districts, ce qui est idiot. La seule chose qui les empêche de se rebeller, et qui a été rabâchée à longueur de film dans le précédent opus, c’est l’espoir de voir leur candidat gagner, être riche et pouvoir en profiter. Donc là, votre plan, c’est de faire exactement pareil, mais en tuant les gens qui représentent l’espoir de gagner. Donc, de tuer tout le monde, gratuitement, et par pure provocation en pleine période de rébellion.
- Ouiiiiiii !
- J’achète. »

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A ce moment du film, ma voisine a pris feu.

Mais le lendemain, donc, c’est le choc dans les districts quand le président Snow annonce à la télévision que pour célébrer les 3e jeux de l’expiation, s’affronteront dans l’arène des Hunger Games des candidats tirés parmi les gagnants des précédentes éditions. Katniss n’a pas de bol : elle est la seule gagnante de sexe féminin de son district, donc automatiquement sélectionnée. Quant à Haymitch et Peeta, si le sort désigne le premier, c’est le second qui se porte volontaire pour le remplacer. Parce que ouais, il est comme ça, Peeta. Autant dire que pour le coup, lors de la petite cérémonie de sélection, tout le monde fait le signe des trois doigts levés, pour bien montrer au Capitole qu’on apprécie moyennement la plaisanterie. Et oui, je sais, un doigt aurait suffi, mais c’est un film tout public. Et puis ça fait tout de suite rébellion blasée.

Mais qu’importe, et justement, en route vers le Capitole.

Car le train y emmène Katniss et Peeta pour loger avec les autres candidats de cette année, l’occasion de découvrir qui ils sont. Et là encore, vous allez voir, c’est très bien écrit. Oui oui, comme tout le reste jusqu’ici.

En effet :

  • Chaque district a un homme et une femme à proposer, ça tombe bien !
  • Chaque duo de chaque district (sauf un, mais on y reviendra) a le même âge, quelle coïncidence !
  • Chaque duo de chaque district a exactement le même style (sauvage, intello, défoncé au crack, etc), c’est fou !
  • Chaque duo est constitué de personnes qui, des années après leur victoire, sont encore dans une éclatante forme physique, pas un ne s’est empâté, c’est magique !
  • Et tous les candidats (sauf un, donc) sont relativement jeunes ou dans la force de l’âge !

Je vous laisse faire le calcul : sachant qu’il faut 22 éditions pour donner les 22 candidats qui vont accompagner Katniss et Peeta dans l’arène, sachant que visiblement, tout le monde est de la même génération ou presque, et qu’ils sont donc issus de saisons des Hunger Games très rapprochées, et sachant qu’il faut des candidats pour chaque district, par quel incroyable miracle statistique a-t-on pu obtenir un homme et une femme de chaque district, et mieux encore, qui se ressemblent autant  pour donner pareil casting ?

Sachant que les districts 1 et 2 ont des « candidats de carrière » qui, nous explique-t-on dans le premier opus, gagnent chaque année ou presque., il faudra me dire d’où sortent tous ces gagnants.

De là à supposer qu’ils sont tirés d’un chapeau et écrits avec les pieds… non, je n’ose y croire. Ce serait un peu gros tout de même, les gens l’auraient vu. Hein ? Dites ? C’est pas comme si c’était comme ça depuis le début du film.

Toujours est-il que faisons fi de ces éléments et présentons, comme le veut la tradition, la liste des candidats, assez semblable à celle de l’année dernière.

  • District 1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 2 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 4 : Finnick, Mamie Gâteaux
  • District 5 : Electro, Electra
  • District 6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 7 : Jean-Jacques, Johanna
  • District 8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 10 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 11 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 12 : Peeta, Katniss

Sachant que la plupart de ces candidats n’ont pas de prénom (je vous laisse vérifier au casting, c’est édifiant, c’est pourtant pas le temps que ça prend pour faire un minimum illusion), je vous laisse deviner quels sont les personnages qui vont nous intéresser. Katniss & Peeta, de toute manière, n’ont guère le choix : ils vont devoir s’y pencher, puisque comme leur a fait remarquer Haymitch, la plupart des gagnants sont partis vivre au Capitole et se connaissent donc depuis des années. Ils sont donc amis (voire ont pratiqué des backrooms ensemble) et buteront sans nul doute nos deux héros en premier. Il va donc falloir essayer de faire ami-ami, voire de se trouver « des alliés ».

Je pensais que c’était une formule de style, mais en fait, non : nos héros tiennent une véritable liste en disant qui ils « acceptent ou non ». Ce n’est plus une alliance, c’est une boîte de nuit.

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Vous vous souvenez que tout comme Katniss, chaque équipe a son couturier ? Bin visiblement, pour Finnick, il ne s’est pas emmerdé.

Trêve de fiel et allons donc voir sur le terrain d’entraînement où les élus se retrouvent, ce qu’il se passe. Peeta déjà, continue de jouer son rôle de personnage tellement inutile qu’il disparaît dès la première scène et ne parlera à personne, quand bien même il était chaud patate pour se trouver des alliés. Désolé mec, il fallait être Katniss. Car elle, de son côté, fait ami-ami avec Electro et Electra, du district 5. Ceux-ci sont des scientifiques très gentils qui ont gagné à leur époque par la ruse, en électrocutant les vilains avec des objets que l’on retrouve souvent dans l’arène des Hunger Games, comme par exemple des pinces crocodiles et une Fiat 500. Puis, elle va trouver Mamie-Gâteaux, la seule candidate de plus de 50 ans, qui sucre un peu les fraises et est muette. Mais gentille, elle peut servir dans l’arène. Par exemple, à faire des cookies. Elle est là avec elle son ancien élève, Finnick, jeune, musclé et très doué. Et le contact passe bien. Cela fait, Katniss va donc s’entraîner à l’arc, et impressionne tant les témoins de la scène que bientôt, tous les malheureux candidats aux Hunger Games la supplient de devenir leur meilleure amie.

Oui, c’est tellement artificiel qu’on dirait du Twilight. Mais livre pour adolescentes, triangle amoureux, héroïne charismatique quoi qu’elle fasse et actrice aux mimiques limitées, ça ne vous a pas mis sur la piste ? Bon, alors.

Le film, lui, continue pendant ce temps sur sa lancée. Vous vous souvenez du plan de Katniss, de se faire des alliés ? De tout ce qu’elle vient de faire dans la scène précédente ? Et de l’excellent résultat obtenu de manière plus ou moins contestable, mais obtenu quand même ? Et bien sitôt qu’elle apprend qu’elle n’a qu’à se pencher pour ramasser les alliés tant recherchés, elle déclare : « Je n’en veux aucun. »

Ah non, hein, vraiment. Quelle cohérence, c’est un bonheur. Et ce n’est pas fini.

En tout cas, il n’y a pas que l’entraînement dans la vie, il y a aussi les festivités médiatiques : Katniss et Peeta jouent la provoc’ en ne saluant pas le président Snow lors du traditionnel défilé des candidats, font les kékés devant les juges, quant à l’ultime passage sur un plateau télé avant d’être envoyé dans l’arène… disons qu’il tourne curieusement.

Déjà, parce que Lenny Kravitz, le couturier en charge des candidats du district 12, a eu la bonne idée de donner à Katniss une robe qui change d’apparence pour prendre celle d’un Geai Moqueur, l’oiseau qui se trouve sur le pin’s de Katniss, et le symbole de la révolution. Autant dire que le président Snow apprécie moyennement qu’on vienne lui chier dans les bottes en direct. Quant à Peeta, il utilise ses pouvoirs de pain à merguez pour mettre de la sauce piquante sur une situation déjà bouillante. En effet, lors de son passage devant César, le présentateur télé local, il y va fort.

« Alors mon petit Peeta, ça te fait quoi de te retrouver ici ?
- C’est moyennement cool.
- Oui, surtout que vous deviez vous marier avec Katniss, c’est bête !
- Oui. Mais en fait, on s’est mariés en secret ! 
- Hooooooooooo !
- Oui parce que… KATNISS ATTEND UN BAYBAY ! »

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Et ce coup de bluff fait aussitôt hurler tout le public, qui demande l’annulation des jeux ; en effet, ils doivent être du parti républicain américain : tuer des gens, oui, des fœtus, non. Dans la panique qui s’ensuit, Katniss et Peeta rejoignent les autres candidats sur scène et les enjoignent de tous se tenir la main, en signe d’unité contre le Capitole. Devant ce gigantesque capharnaüm, la retransmission est purement et simplement coupée, alors que le public continue de hurler qu’il faut en finir avec ces jeux,.

Parce que non, en 75 ans, pas une femme enceinte n’a été sélectionnée. Ou simplement n’a pensé à utiliser cet argument bateau pour avoir les faveurs du public. Incroyab’.

Cependant, si la stratégie a semé la zizanie, les jeux n’en sont pas annulés pour autant. Le lendemain, donc, Katniss est envoyée avec son fidèle Lenny Kravitz se préparer pour commencer les jeux. Ce dernier, comme lors du dernier opus, planque son porte-bonheur (qui est tout le contraire à en croire les événements une fois de plus, mais bon) sur elle, puis lui souhaite bon courage. Et alors que la bougresse s’installe dans l’ascenseur qui va l’amener sur le terrain des Hunger Games, elle voit la sécurité arriver et péter la gueule à Lenny parce que ho, hé, souviens-toi que tu as défié le président Snow hier avec ta robe oiseau, galopin. Mange donc des mandales, pour voir.

L’ascenseur est cependant déjà en marche, et c’est une Katniss quelque peu choquée parc ce qu’elle vient de voir qui débouche donc dans l’arène qui cette fois-ci est… tropicale.

Tout le monde n’est pas égal devant la chaleur. Bonne chance, Mamie Gâteaux !

Soyons précis : l’arène est constituée d’un lac central, entouré d’une imposante jungle. Le lac est divisé en 12 segments, tous délimités par des lignes de rochers allant jusqu’à la plage entourant le lac. Et les candidats sont donc placés par paire dans un des quartiers du lac, sachant qu’au centre, là où toutes les lignes rocailleuses se rencontrent, se trouve la « corne d’abondance », structure artificielle contenant armes, équipement et rouleau de papier à foison. Autrement dit, l’endroit où tout le monde se rue en début de jeu.

Et justement : le compte à rebours commence au son de Francky Vincent (ambiance tropicale on a dit)… et les Hunger Games débutent !

Il serait temps, diront les mauvaises langues qui viennent de manger plus d’une heure de mauvais film à regarder le néant. Mais attendez d’être à la fin de ce spoiler, qu’on en reparle.

Toujours est-il que Katniss se jette donc à l’eau, rejoint les rochers les plus proches, puis court jusqu’à la corne d’abondance pour y prendre arc et flèches, et ainsi commencer à tirer sur les candidats qui la menacent, comprendre, les méchants. Puis arrive Finnick, l’un des rares candidats ayant un nom, qui annonce à Katniss qu’il va l’aider, et joint l’acte à la parole en commençant à meuler du margoulin. Peeta, lui, n’aime que moyennement l’eau (ça fait gonfler la mie) mais parvient à se défaire d’un adversaire qui l’embêtait. Après avoir récupéré Mamie Gâteaux, la mentor de Finnick, le petit quatuor file vers la jungle et s’y enfonce à la recherche d’eau fraîche, parce que le climat local est moyennement agréable, et qu’avec mémé, on est jamais trop hydraté.

Sur place, Katniss montre à 212 reprises qu’elle ne fait pas confiance à Finnick, et il faudra qu’il lui prouve 213 fois qu’il est dans son camp pour qu’elle commence à bien vouloir le croire. Parce que non, même lorsqu’atteignant le bord de l’arène, Peeta se mange un champ de force qui l’électrocute et que Finnick le sauve alors qu’il avait fait un arrêt cardiaque, Katniss ne comprend pas qu’il est dans son camp. C’est vrai que c’est pas facile, pfiou : il est tellement méchant qu’il ramène même les candidats à la vie. « Probablement pour les tuer deux fois ! » doit se dire Katniss de son cerveau de mollusque paranoïaque. Nos larrons errent donc un peu dans la jungle, et Katniss tente même de voir à quelle hauteur est le plafond de l’arène en grimpant au sommet d’un arbre pour lui tirer une flèche dans la face. Et si elle touche, oui, le plafond reste relativement haut. Merci pour cette information passionnante Katniss. Et pour avoir donné ta position à tous les autres candidats. Ah, on me souffle que non, là aussi, personne n’a pensé à cet élément.

La nuit arrivant bientôt, le quatuor décide de dormir un peu. Ils sont par ailleurs soulagés en voyant arriver un colis volant, envoyé par un sponsor pour les aider : un petit robinet à planter dans les arbres pour en faire jaillir de l’eau. Nos héros peuvent donc s’hydrater un peu, et s’endormir en paix. Sauf que plusieurs événements arrivent :

  • Déjà, dans le ciel, comme le veut la tradition, on affiche les pertes de la journée : 8 candidats sont déjà morts. Ils s’appelaient tous Jean-Jacques.
  • Ensuite, vers minuit, il y a un son étrange, comme une horloge sonnant douze coups, puis un gigantesque arbre se fait foudroyer à moult reprises par un mini-orage
  • Et surtout, il y a le brouillard

Car oui : alors que Katniss veille sur ses compagnons endormis, elle note qu’un étrange brouillard approche doucement d’eux. Elle tend une main, pour voir de quoi il retourne, et se retrouve instantanément parcourue par une terrible douleur, alors que de monstrueuses cloques apparaissent sur sa main.

« Vite ! Le brouillard est empoisonné ! » hurle la jeune fille « Courez ou on va tous ressembler à des Bogdanov !« 

Finnick charge Mamie Gâteaux sur son dos puis cavalcade comme un fou, suivi par Katniss et Peeta. Mais le brouillard est sur leurs talons ! Sans compter que Peeta tombe comme une buse (ça aloooors !)  et n’arrive plus à marcher. Mamie Gâteaux arrive à expliquer, bien qu’elle soit muette – c’est pas facile, sachant qu’en plus il fait nuit, vas-y mémé – que Finnick doit porter Peeta plutôt qu’elle. Et pour bien se faire comprendre, elle se dirige vers le brouillard, qui l’engloutit. On entend alors tonner le canon, celui-là même qui sert à annoncer la mort d’un candidat. Adieu, Mamie Gâteaux. Au moins, tes amis n’auront plus à aller chercher des couches à la corne d’abondance. Bref : le trio, quelque peu paniqué, court donc vers la plage, le brouillard leur léchant le dos et provoquant horribles douleurs et cloques sur tout leur corps. Et puis, finalement, la petite troupe tombe dans une sorte de ravin, et bien que le brouillard les suive, il s’arrête… à quelques mètres d’eux seulement. Brusquement et nettement.

Ce brouillard est probablement le lointain descendant du nuage de Tchernobyl.

Nos larrons, mal en point, ont des difficultés à comprendre. Mais en tout cas, leur chute les a amenés devant une petite mare d’eau douce et fraîche tout à fait bienvenue. Katniss a donc l’idée d’y tremper l’une de ses mains couverte de cloques…

… qui disparaissent simplement en frottant.

Pardon ? Ce sont des cloques qui disparaissent à l’eau ? Vous savez que ça ne marche pas comme ça, en fait ?

Bon bin… toutes leurs cloques et cicatrices disparaissent à l’eau alors. Et non, elles ne se résorbent pas : elles disparaissent comme de vulgaires tatouages Malabar, je tiens à être clair sur ce fait. Enfin bref : alors que nos loulous sont heureux de se trouver en meilleur état, ils notent soudain qu’ils sont entourés de dizaines de babouins qui leur jettent des regards laissant entendre qu’ils ont vu il y a peu un reportage sur les tournantes. Katniss, craignant que Peeta ne soit pas prêt pour ce genre d’expériences aussi soudaines que multiples, commence donc à décocher toute une tripotée de flèches sur les vils animaux, aidée de Finnick, qui joue du trident. Peeta, lui, arrive évidemment à se mettre dans une situation compliquée, mais le trio est sauvé lorsque surgit des bois une Jeanne-Jacques, qui vient les aider, avant de se prendre un coup mortel. Toute la petite équipe court donc vers la plage histoire de voir si les singes sont allergiques au sable, et en effet : comme par enchantement, les singes s’arrêtent net au niveau de la plage, laissant à nos héros le temps de se remettre, et de regarder Jeanne-Jacques mourir dans leurs bras.

« C’est pas banal. » se dit donc intelligemment Katniss, en tentant de comprendre pourquoi une autre candidate est venue les sauver alors qu’ils étaient dans la mouise.

Mais déjà, la troupe tente de se reposer un peu. L’occasion pour Peeta, qui depuis le début de ce film, a sérieusement resserré ses liens avec Katniss, de pêcher une huître et d’offrir la perle qu’elle contient à la belle, puisque figurez-vous que oui, l’arène des Hunger Games reproduit visiblement fidèlement le bassin d’Arcachon et son légendaire climat tropical. Cela fait, la troupe voit émerger un peu plus loin sur la plage Electro, Electra et Johanna, une bourrine du district 7 qui manie la hache, tous trois couverts… de sang.

Les deux trios se rejoignent bien vite pour former un sextuor, le plan étant de s’allier contre les candidats des districts 1 et 2, connus pour être très forts. Mais c’est aussi l’occasion pour les nouveaux arrivants d’expliquer leurs malheurs : ils viennent de se manger une pluie de sang. Et alors même qu’ils parlent, ailleurs dans la jungle, un tsunami apparaît entre les arbres et vient mourir dans le lac (oui, dans ce sens là ; un tsunamhipster, probablement, il méprise les conventions. Non, je n’ai pas vu s’il portait lunettes et moustache). Electra, qui a un peu pété une durite face à tous ces événements, parvient quand même à faire comprendre ce qu’il se passe :

L’arène est conçue comme une horloge. Et à chaque heure, il se passe quelque chose dans un quartier : brouillard empoisonné, qui s’arrête aux limites de son quartier, d’où le champ de force qui avait sauvé nos héros, débarquement massif de singes enragés, qui là encore, sont bloqués dans la jungle et ne peuvent s’aventurer sur la plage, ou encore pluie de sang, ou tsunami, une fois de plus très localisés. Il suffit donc d’éviter le mauvais secteur au mauvais moment pour éviter bien des risques inutiles.

J’en profite pour ajouter deux choses, que nos héros n’ont pas remarquées :

  • Déjà, Katniss a elle aussi une corne d’abondance : son carquois. En fonction des plans, des flèches apparaissent ou disparaissent de celui-ci, mais en tout cas, elle n’en manque jamais, même après avoir tué 463 singes. Plus fort qu’un chargeur de héros de film d’action : le carquois de Katniss.
  • Ensuite, une navette vient chercher les corps des candidats morts. Elle reste en stationnaire au-dessus du cadavre, puis descend une pince pour le remonter. Mais attention, hein, pas un truc pratique : une vieille pince de foire. Quel dommage que le film ne montre pas l’opérateur qui fait retomber 3 fois le cadavre dans un vieux bruit de viande avant de remettre 10 balles dans la machine en marmonnant « C‘est bon, j’ai compris comment faire cette fois.« .
  • Ah et oui, même si c’est dans la jungle, jamais un mort ne sera sous une branche, susceptible de bloquer la pince. C’est quand même bien fait.

Sauf que la production, elle, a moyennement apprécié que Katniss et ses amis comprennent le concept de l’arène : en représailles, Bob ordonne depuis sa salle de contrôle une séance de tournez-manège en accéléré de la corne d’abondance et des rochers délimitant les quartiers, pour faire perdre tout repère à nos héros. Si cela tombe plutôt bien, puisque cela arrive au moment où des méchants les attaquaient (et ont tué Electra dans l’affaire) et les oblige à se replier, Katniss manque de peu de mourir, parce que des lignes entières de rochers tournant à pleine vitesse dans la margoulette quand on se retrouve dans l’eau, ça peut faire bobo.

Mais non, elle s’en tire, merci pour elle.

Nos héros sont un peu déboussolés, plus encore lorsque soudain, dans les bois, ils entendent la voix de Primrose, la sœur de Katniss, appelant à l’aide. On passe donc de la confusion à la consternation lorsque Katniss, qui sait pourtant bien que sa sœur n’est pas invitée aux Hunger Games, se rue dans les bois en hurlant « Houhouuu Primrooooose où es-tuuu ?« . Et en effet, c’était un piège : il s’agit cette fois-ci d’un essaim de geais moqueurs qui imitent la voix de la jeune fille pour mieux foutre la zone comme les gros lascars à plumes qu’ils sont. Après s’être pris plumes et déjections dans la face, Katniss revient donc des bois vers la plage, en espérant que personne ne fasse remarquer que sa réaction était aussi idiote qu’absurde.

Heureusement, il y a toujours quelqu’un pour changer de sujet : Electro explique qu’il a justement un plan.

« Bon alors, c’est simple. Vous avez remarqué ? Nos ennemis ne se montrent pas sur la plage. » lance-t-il parce que je sais pas vous, mais moi, j’ai justement remarqué l’exact contraire il y a 5 minutes lorsque les mecs ont débarqué pour buter sa copine Electra. Mais c’est pas grave, il y a juste un vrai problème avec les dialogues de ce film. Entre autres. « Donc, si nous retournons dans la jungle, ils viendront sur la plage pour profiter de notre absence. Sauf que nous, on sera montés jusqu’à l’arbre qui se fait foudroyer tous les soirs à minuit. Et qu’on aura déroulé derrière nous ces 2 kilomètres de câble électrique que j’ai dans la main sans vraiment que cela s’explique. Et du coup, la foudre remontera le long du câble, touchera le lac, et tuera tous ceux qui seront dans l’eau à ce moment là ainsi que tous ceux qui se reposeront sur le sable humide. Donc voilà. Protégez-moi jusqu’à minuit, et on y va !« 

Electro a visiblement un vrai problème avec ses lunettes, puisqu’il n’a pas vu le même film que nous.

Le plan validé, la petite troupe attend donc patiemment la nuit. Et lorsque celle-ci survient, se met en route direction l’arbre à foudre, pour préparer la chose. Et sitôt arrivés au sommet, Electro sourit bêtement.

« Parfait. Maintenant, on a plus qu’à dérouler le câble !« 

Pardon ? Vous voudriez dire que vous vous êtes tapés tout le chemin sans dérouler le câble, et que vous allez donc envoyer une équipe refaire l’aller-retour en prenant bien plus de risques ? Oui ?

A ce moment là, j’ai regardé les cendres de ma voisine qui avait brûlé un peu plus tôt dans le film, et je suis certain d’y avoir vu une braise reprendre.

Toujours est-il que Katniss est envoyée avec Johanna dérouler le câble, pendant qu’Electro l’accroche à l’arbre. Sauf qu’en route… ils sont attaqués ! Ho bin ça alors ! Johanna parvient à attirer les ennemis loin de Katniss avec diverses ruses allant du pourri au consternant (par exemple, faire passer Katniss pour morte, c’est compliqué dans un jeu où il y a un coup de canon pour annoncer quand les gens meurent VRAIMENT), et laisse donc Katniss se débrouiller mais… hélas, les méchants ont coupé le câble !

Katniss remonte donc à l’arbre, alors que minuit approche, et trouve, surprise, Electro kaput. Celui-ci s’est visiblement électrocuté avec un champ de force, l’arbre étant situé en bord d’arène. Mais il avait bricolé une curieuse lance à laquelle il avait relié le câble de l’arbre… étrange. Quant à Peeta et Finnick, ils ont disparu, et on entend des bruits de combat non loin. Et puis finalement, Katniss voit Finnick revenir et alors qu’elle hésite à tirer sur sa tronche, elle comprend qu’il y a mieux à faire. Et ce qu’Electro a voulu réaliser. Oui, tout devient clair.

Elle prend le câble, le relie à une flèche, et au moment où la foudre tombe, tire vers le plafond de l’arène (alors qu’elle avait un champ de force  du bord d’arène identique à 3 mètres, rappelons-le). Aidée par le mauvais script, la flèche monte sans encombre jusqu’au plafond, tout en déroulant ouat’mille mètres de câble derrière elle (ce qui est connu, ne pèse rien). La foudre frappe alors le dôme d’énergie au-dessus de l’arène en remontant le long du câble et…

… le dôme d’énergie s’arrête net, et apparaît alors le véritable plafond de l’arène, qui commence à se fissurer et à tomber.

Pendant ce temps, dans la salle de contrôle de l’arène, le président Snow, venu voir comment tout se déroulait, est furieux : il n’y a plus d’énergie dans le dôme des Hunger Games ! Katniss a brisé son jouet !

En même temps, notons que c’est une arène qui génère des éclairs qu’elle ne supporte pas elle-même. C’est beau quand même, on sent les professionnels. En tout cas, la jeune fille, elle, étendue au sol, épuisée et un peu commotionnée suite à tout cela, regarde donc le dôme se détruire peu à peu (et oui, tous les morceaux l’esquivent, ils sont comme ça), avant qu’une navette ne vienne la chercher avec sa petite pince de foire (et sans la faire tomber comme une bouse, donc). Katniss perd conscience, et à son réveil, est à bord de la navette, allongée dans une simili-infirmerie aux côtés d’Electro, qui n’est finalement pas si mort que ça. Elle se lève donc et entend venir d’un compartiment voisin des voix. Notre héroïne entre donc, et se retrouve nez à nez…

… avec Haymitch, Finnick et Bob, le vilain producteur, en pleine conversation amicale !

Ceux-ci lui expliquent donc les choses :

« Tout va bien ! Tu es sortie. Tout était prévu, nous sommes de mèche depuis le début : nous ne pouvions pas te prévenir de notre plan, car le Capitole écoutait, mais nous avons tout organisé pour te faire sortir de là ! La moitié des candidats était au courant, c’est pour ça qu’ils coopéraient avec toi, voire se sont sacrifiés pour toi ! Tu es le symbole de notre révolution, il fallait te tirer de là. Maintenant, nous partons rejoindre les autres rebelles !« 

Vous pensiez que le film était mauvais ? Allez-y, installez-vous tranquillement. Tenez, je vais me servir un brandy. Vous en voulez ? Non ? C’est dommage, il est excellent, mais je comprends, vous êtes méfiants. Non, si je vous demande de vous asseoir confortablement à cet instant du film, c’est parce que nous sommes au dénouement, et découvrons, formidable rebondissement, que Bob, conseiller du président et producteur des Hunger Games, est en fait dans le camp des rebelles. Et qu’il avait tout prévu pour tirer Katniss de là. D’où les autres candidats qui essayaient de l’aider, ou Electro qui voulait briser le dôme tout comme elle, simplement pour permettre une évasion et non poursuivre le jeu.

Vous avez tout saisi ? Alors on va reprendre.

Hunger Games II : l’embrasement, c’est donc l’histoire de Bob, qui envoie Katniss aux Hungers Games pour mieux l’en faire sortir.

Voilà. C’est tout. Les mecs pouvaient partir avec elle rejoindre les rebelles dès la première scène du film et ainsi passer à l’intrigue de Hunger Games III, mais vous venez de vous manger 2h26 de rien, puisqu’en fait les rebelles organisent tout seuls un plan qui ne sert strictement à rien. Non, ils n’utilisent même pas le nouveau passage de Katniss aux Hunger Games pour quoi que ce soit, non. Vraiment : ils font ça uniquement pour qu’il y ait une intrigue. Ça pique ? Vous voulez que je vous dise le dernier film où j’ai vu cette ficelle du « Enfermons nous-même un copain pour mieux organiser son évasion sans autre raison que de le sortir de là ? C’était Les Trois Mousquetaires 3D.

« Tu sais Katniss, tout ce que tu viens de vivre ? Bin en fait, c’était pour rire. »

Alors, maintenant, redites moi que ce film est « encore mieux que le premier » ? Voilààà.

Ho, et puis alors, du coup, si Bob était aux commandes, pourquoi faire une arène aussi impitoyable ? Et si Katniss avait trébuché et s’était mangé le brouillard ? Ou pris un singe ? Ou un rocher dans la gueule quand Bob, pourtant dans son camp, faisait tourner le cœur de l’arène et ses cailloux à toute allure ? Ou tout simplement, qu’un autre candidat l’avait tuée, puisque je le rappelle, c’est le but des Hunger Games et que vous l’aviez enfermée là-dedans ? C’eut été ballot : « Bon les gars, vous savez mon super plan ? Bin j’ai tué Katniss. Je sais plus très bien pourquoi, en fait, mais sur le coup, ça avait l’air super. »

Idem, Finnick, qui était donc au courant du plan depuis le début, ne semble rien avoir à redire sur le fait que du coup, ils aient sacrifié, parfaitement gratuitement, son mentor Mamie Gâteaux qui n’avait rien demandé si ce n’est qu’elle était dans leur camp. A ce stade, ce ne sont plus des incohérences, c’est tout simplement un festival de balles dans le pied. Et à une telle cadence de tir, je ne suis même pas sûr que ce soit autorisé par la convention de Genève.

Quant au fait de ne pas prévenir Katniss du plan, visiblement, ils avaient largement la possibilité de le faire puisque même Lenny Kravitz arrivait à trouver du temps pour causer tranquillement avec la belle, voire lui faire passer son porte-bonheur en loucedé.  Un message aurait été vaguement plus intéressant qu’un pin’s. Par exemple, pour éviter que Katniss, sans instructions dans un jeu où il faut tuer ou être tuée, ne flèche la gueule aux candidats supposés l’aider. Un détail.

Résultat des courses : tout le monde présente le « plan » (sic) comme un grand succès, même si Peeta a lui été récupéré par le Capitole et est désormais otage là-bas. Katniss est donc en colère (mais juste à cause de ça, elle n’a rien à redire au plan stupide) jusqu’à ce que quelqu’un ait l’excellente idée de lui administrer un bon gros sédatif. Et fois-ci, lorsqu’elle se réveille, elle n’est plus dans une navette, mais dans une véritable salle, avec à ses côtés Gale, son copain. Qui lui annonce que la mère et la sœur de Katniss ont pu être sauvées, mais que le Capitole a fait bombarder le district 12, qui n’existe plus (bonne chance pour vous maintenir sans ressources minières les copains du Capitole !).

« Et où sommes-nous en ce moment ? » demande alors Katniss.

Dans le district 13. Officiellement entièrement détruit il y a 75 ans mais qui résiste encore face au Capitole. Et maintenant qu’ils ont Katniss, il est temps de lancer la révolution ! Et…

… FIN !

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Voilà voilà.

Ho, et pour rappel : Les Trois Mousquetaires 3D, ce n’était qu’une scène du film qui reposait sur le plan absurde du « Je te mets quelque part pour mieux t’en sortir sans raison« .

Là, j’insiste, ce sont les 2h26 de film qui  se basent uniquement là-dessus.

Ce qui signifie que oui, même l’intrigue des Trois Mousquetaires 3D était plus soignée que celle de Hunger Games : l’embrasement.

Et là, tout est dit.

« Hooo, c’est splendide !« 

Elizabeth ajuste sa pèlerine d’un geste mal assuré, tentant tant bien que mal de lui trouver une quelconque position où elle l’aiderait à lutter contre le froid ambiant. Hélas, rien n’y fait : l’hiver continue à pénétrer au travers de ses vêtements, alors que le vent, lui, en profite pour rabattre ses longs cheveux bruns sur son visage. De ses doigts délicats, elle les écarte pour mieux jouir du spectacle qui s’offre à elle. A perte de vue, en contrebas, la campagne est blanche : blottis sous des arbres couverts de neige et de givre, quelques animaux se réchauffent les uns contre les autres en faisant fi des deux promeneurs avançant dans la forêt. Au loin, on entend le son si curieux du bois qui craque, gonflé par le gel.

« Oui, Elizabeth, c’est splendide en effet. J’aime la campagne en hiver, profiter du silence, voir la nature paisible, savoir que la neige cache les tombes fraichement creus… hem, voilà, la neige, tout ça quoi.
- J’ai su que vous étiez un homme de goût dès l’instant où je vous ai vu à cette exposition…
- Vous dites ça uniquement parce que c’était vous que je regardais à cet instant précis, petite présomptueuse.
- Hooo Odieux, hihi ! »

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La jeune femme se blottit d’autant plus dans sa pèlerine qu’à présent, elle aimerait pouvoir y dissimuler ses joues rougissantes, ou simplement pouvoir accuser les affres de la saison d’ainsi être les seules responsables de la brutale prise de couleurs de son visage. Elle sautille quelque peu en marchant, tant pour décoller la neige de sous ses bottes que pour se réchauffer un peu plus. Sentant la chose, son compagnon de pérégrination lui fait signe de venir se coller à lui pour partager sa chaleur corporelle. Cette fois, elle laisse ses cheveux retomber sur ses joues en pouffant un peu dans une ultime tentative de dissimuler son trouble.

« Elizabeth, vous semblez agitée.
- Je… c’est que… Odieux, est-ce que vous croyez à l’amour véritable ?
- Comme l’amour du mauvais cinéma ?
- Non… comme l’amour… Cupidon, vous savez ? L’Amour, quoi. 
- Aaaaaaaah… non, mais d’accord, oui je vois.
- Parce que je voulais vous demander, ces derniers temps je repensais à vous et moi et je voudrais aller à une nouvelle ét…
- Non Elizabeth. Attendez.
- Pardon ?
- Je vous arrête pour un motif simple : vous êtes en train de dire de la daube.
- Odieux ?! Mais ?
- Tenez, passez-moi ce bâton que je vous explique ça avec un schéma. Vous allez voir, en fait, c’est très simple. »

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S’exécutant, la jeune femme fit quelque peu la moue pendant que l’homme à ses côtés, d’une longue branche à peine plus courte qu’un bâton de marche, commença à tracer des signes dans la neige qu’elle ne reconnut pas de suite.

Elle sentait que ça allait mal se passer.

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Toute personne saine d’esprit ayant déjà connu les capacités fécales d’un bambin peut lui souhaiter bien des choses, sauf en plus d’avoir des ailes

A l’approche de la Saint Valentin, comme chaque année, chacun y va de son couplet sur le fait que les bisous, on peut s’en faire toute l’année, que tout ça, c’est rien qu’une fête commerciale, mais mine de rien, il se trouve toujours un clampin pour en parler, particulièrement dans le monde merveilleux de vacuité intellectuelle que constituent les réseaux sociaux. Or, sur ce blog, vous le savez, la vacuité intellectuelle, c’est un peu une passion. Aussi, il convient de traiter à l’approche de ces jours maudits emplis d’une imagerie niaise  à base d’enfants volants tirant des petits coeurs sur les gens, que l’on vous ment.

Oui, on vous ment.

Car si l’Amour est incarné par Cupidon, Cupidon, lui, n’existe pas.

Je pourrais m’en arrêter à cette simple formulation, mais cela serait un procédé quelque peu cavalier : je vois d’ici mes lecteurs s’insurger en me demandant des explications, renverser les tables et les chaises en brandissant le poing, puis, comme ils me lisent au bureau, se faire engueuler par leur patron qui leur demande ce que c’est que ce bordel. Non parce que hé, hein, va falloir se calmer là quand même. Bref ! Aujourd’hui, donc, nous allons prouver scientifiquement que Cupidon n’existe pas. Et que si c’était le cas, on serait bien dans la merde.

Suivez un peu, et ramassez-moi tout le bordel que vous avez mis au paragraphe précédent.

Cupidon est, pour rappel, l’enfant de Mars et de Vénus, respectivement dieu de la guerre et déesse de la beauté. Or, à défaut d’accoucher d’une belle guerre, les deux ont produit une bien étrange créature : le dieu de l’amour. Jupiter, qui était quand même un peu un expert en emmerdes, sentit tout de suite que cette histoire fleurait les embruns de pâté, et demanda donc à ce que l’on se débarrasse de Cupidon, par exemple en le mettant dans un sac et en lui tapant très fort la gueule avec des objets contondants de type massue, marteau ou Christian Jacob. Cependant, Vénus ayant fait un peu sa chochotte, elle décida de cacher le marmot, qui par la suite devint Cupidon. Bon, dans l’histoire originale, Cupidon devient un beau jeune homme, se blesse comme un con en nettoyant son arme (mais si, quel gros busard vous pouvez le dire) et tombe donc amoureux de Psyché, mais suite à toute une histoire, il finit par la fuir jusqu’à ce qu’elle le rattrape quand même, la bougresse, (alors qu’elle ne vole pas elle, bravo la gestion des trois dimensions Cupidon, décidément) et du coup… ils se marient.

Savoir que dans l’histoire même de Cupidon, dieu de l’Amour, le mariage n’intervient pas tant que dure le bonheur, et fait son entrée uniquement pour couper les ailes du bonhomme, c’est assez ironique. Mais passons ! Car cette partie-là de la mythologie est surtout restée aux oubliettes : plus que le jeune homme marié, on a retenu l’enfant à l’arc. Alors soit !

Car que sait-on de Cupidon ?

- Qu’il vole

- Qu’il porte une culotte à la propreté contestable

- Qu’il dispose d’un arc en frêne et de flèches en or

- Que le 14 février il est censé aider les couples à faire brûler la flamme

Aussi, mettons : le 14 février, Cupidon est supposé se promener de par le monde, son arc à la main, pour mieux s’arrêter au-dessus des rues et des demeures, décochant ses traits enchantés pour que chacun trouve son âme soeur, ou que ceux déjà en couple puissent continuer à l’être encore longtemps plutôt que de se faire larguer par texto. Alors calculons !

  • La Terre compte 7 milliards d’habitants. Un peu plus, puisque chaque jour, les rangs de notre espèce grossissent, mais pour faciliter le travail de notre angelot préféré, nous considérerons que nous sommes très exactement 7 milliards le 14 février.
  • Parmi ces 7 milliards d’habitants, on peut considérer qu’il y a 2 milliards d’enfants. Or les enfants ne tombent pas amoureux comme les adultes : eux, il leur suffit d’un échange de BNs à la récré, et c’est parti, ils sont tellement à fond qu’ils vont faire des trucs aussi extrêmes que prêter leurs crayons de couleur, aider l’autre à ne pas tomber du toboggan ou tenir les mains de la maîtresse pendant que l’autre la tabasse. Ah, c’est beau l’enfance.
  • On peut donc considérer qu’il reste 5 milliards de personnes. Mais nous allons encore en retirer 1 milliard arbitrairement pour soulager le travail de notre archer angélique en virant les personnes qui sont incapables de ressentir ses flèches : gens chiants, personnes plongées dans un état second médicalement, personnes dans un état second dans la journée (les gens qui regardent plus de 2 powerpoints par jour, par exemple), les acteurs de « Plus Belle la Vie », puisque sinon, ils pourraient ressentir leur propre amour propre et partiraient donc en hurlant, et enfin moi-même pour des raisons connues de mes lecteurs
  • Cela nous laisse 4 milliards de personnes, dont il faut encore déduire :
  • Les utilisateurs de World of Warcraft, soit 11 millions, parce que merde, Cupidon va pas gâcher de munitions sur des gens qui n’auront pas le temps d’avoir une vie sociale, ya instance là
  • Les gens qui aiment Franck Dubosc, soit 2 personnes, parce qu’à ce niveau, c’est que leur notion même d’amour et d’appréciation est complètement schlass
  • Donc en déduisant 11 000 002 personnes de nos 4 milliards, nous arrivons à un total de 3 988 999 998 personnes qui ne demandent qu’à se faire flécher la gueuler.

Bien ! Maintenant que cela est arrêté, mettons : le 14 février dure 24 heures. Je ne prends pas en compte le décalage horaire : Cupidon est à l’heure de Rome. Donc il va nous faire le boulot, cette feignasse, et sans gruger, ah mais ! Recalculons :

Cupidon va donc devoir toucher, en 24 heures, 3 988 999 998 personnes

Soit, de l’heure, 166 208 333. Et que je vous entende pas gruger, bande de petits rascals : non, il ne divise pas par deux puisqu’il s’occupe de couples. C’est une flèche par personne, c’est la règle.

Soit, de la minute, 2 770 139 personnes à toucher

Soit, de la seconde, 46 169 personnes. Ce qui vous donne à peu près la population de Châteauroux, par exemple. J’en entends qui ricanent : si, même à Châteauroux, on a besoin de Cupidon. Ou d’alcool. Attendez, c’est lequel des deux qui rend heureux à tous les coups ?

Le 14 février, Twitter est rempli de commentaires de gens qui disent ne rien avoir à faire de la Saint Valentin mais en parlent en boucle. Les 364 autres jours, remplacez « Saint Valentin » par « Grand Journal »

Cupidon a donc du boulot. Ce qui expliquerait par ailleurs pourquoi vous n’avez pas forcément trouvé l’âme soeur : vous n’êtes peut-être pas exactement en haut de la pile. Avec un peu de bol, il n’y a qu’un milliard, un milliard cinq de personnes devant vous. Une paille, arrêtez de vous plaindre.

Enfin, c’est toujours moins à attendre que pour une carte grise à la préfecture, mais je m’égare : une chose est sûre, Cupidon ne bosse pas dans l’administration française. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’au sein de celle-ci on passe plus d’une seconde sur votre cas, rassurez-vous : certains éléments du personnage ont été bien assimilés. Mais je m’égare encore, deux fois en si peu de temps, enfin, cela reste bien normal lorsque l’on parle de mythologie comme le disait Nisos (ce paragraphe inutile vaut 900 points au club des professeur de grec ancien, si vous me lisez les gars et que vous n’êtes pas encore tous morts de vieillesse) . Bref.

Maintenant, mettons : les cibles de Cupidon sont, par un incroyable coup de bol, toujours en moyenne à un mètre l’une de l’autre. D’ailleurs, si elles sont à moins, c’est que soit elles n’ont déjà plus besoin de Cupidon parce que t’inquiète, je gère Suzette, soit qu’elles sont dans le métro, ce qui est certes relativement proche d’une relation sexuelle d’un point de vue frottements et échanges de miasmes, mais ne compte malgré tout pas. Nous considérerons que Cupidon ne dispose pas de grenades, et n’utilise que ses flèches même dans des lieux bondés comme ceux-là. Tout compris, entre les passages où il doit chercher une bonne position de tir, un angle de vue dégagé & co, on considérera toujours qu’il n’y a que ce fameux mètre. Voyez comme je suis conciliant.

Prenons en compte deux autres éléments :

  • Une flèche d’arc peut filer jusqu’à 300 kilomètres heure si bien décochée depuis un tireur immobile
  • Cupidon et sa grosse tête joufflue ne sont pas vraiment aérodynamiques

Vous avez tout bien pris en compte ? Alors c’est parti : bonne Saint Valentin.

D’abord, Cupidon va commencer à se déplacer à 135 fois la vitesse du son. Qu’importe d’où il partira : l’onde de choc sera suffisamment grande pour raser le bled où il se trouvera (Rome, probablement), vaporisant la plupart des habitants et rendant sourd les autres sur plusieurs kilomètres. Il ne fera d’ailleurs par bon se trouver sur sa trajectoire, puisqu’il ne laissera derrière lui que mort et désolation, ainsi qu’une curieuse odeur de brûlé. De toute manière, Cupidon n’en saura rien : vu le nombre de G qu’il se sera pris dans le museau à l’accélération, il sera déjà aveugle et sourd, ce qui expliquerait non seulement sa représentation aux yeux bandés sur plusieurs tableaux (voyez que j’ai raison), mais en plus cela expliquerait pourquoi vous avez toujours l’impression que tout va de travers en amour (encore une fois, tout se tient). Non parce que tirer à l’arc en étant aveugle c’est déjà pas facile, mais tout en faisant péter le mur du son et sans les oreilles, ça devient compliqué.

Mais rassurez-vous : Cupidon va aussi se sentir relativement mal : n’étant pas spécialement profilé pour sa mission, ses grosses joues vont rapidement prendre feu alors que ses yeux vont se dessécher  et si son slip était encore propre à ce stade, il devrait se remplir de tout son tube digestif avant de prendre feu, le fumet qui en résultera lui donnant un certain panache, j’en conviens (les aviateurs amateurs de calembours feront leur marché dans cette phrase).  Incapable de s’arrêter sur sa lancée, il faudra espérer qu’il trouve un moyen de ne pas ralentir s’il veut accomplir sa mission puisque ses ailes se seront sûrement arrachées dès l’accélération, emportant sa colonne vertébrale avec (là encore : le tir à l’arc se complique) et quelques autres morceaux choisis. Finalement, s’il parvient par son statut divin à échapper à la désintégration totale, et que ses doigts flétris par la combustion parviennent à sortir de son carquois ses flèches d’or n’ayant pas fondu grâce à la magie les habitant, il ne lui restera plus qu’à tirer. Easy.

Or, puisqu’il ne pourra plus s’arrêter, et que quand bien même, il devrait assurer un temps de verrouillage de la cible inférieur aux ordinateurs des avions de chasses actuel avant de tirer sa flèche et quitter l’endroit sans même prendre le temps de voir si elle touche, si jamais le projectile n’explosait pas purement et simplement, non content de toucher la personne avec qui vous étiez en train de prendre un dîner romantique, elle va lui décalquer la tête contre la table, envoyer les morceaux sur tous les convives alentours (si le choc ne provoque tout simplement pas une déflagration rasant la salle), probablement vous traverser aussi en ne laissant derrière vous que des restes qui permettront à la TNT de créer un nouveau jeu télévisé autour du principe de l’identification de votre corps, puis elle devrait traverser tour à tour – grâce à sa pointe faite d’un alliage importé droit de l’Olympe mais quand même avec de l’uranium dedans histoire de tenir le choc, donc quand bien même vous auriez survécu, Cupidon vous aurait refilé un cancer, sympa) le sol du bâtiment, le sous-sol, les fondations, commencer à creuser la terre et éventuellement s’arrêter en fumant et sifflant au bout d’un long, long moment.  Moment critique, puisque si la flèche provoque l’amour chez tout ce qu’elle touche et qu’elle pénètre la Terre, cela risque encore de créer des trucs cucus, du genre des chansons de Yannick Noah. Et ça, ça reste probablement la pire conséquence de tout.

Bref.

Une fois la personne avec qui vous mangiez en paix décapitée, votre personne désintégrée, l’endroit criblé de tirs ayant réduit les convives à néant et une forte odeur de chair brûlée s’élevant au-dessus des ruines de votre paisible cité, Cupidon, son petit corps d’enfant noirci et démembré aux lambeaux de chair pendants se posera sur les restes de l’aéroport de Rome dans une tempête de flammes et créera à l’impact avec le sol une onde de choc qui devrait non seulement piquer un peu le bambin, mais dégager l’équivalent énergétique de plusieurs fois Hiroshima. Il est même probable que, pour la déconne, la réaction sismique qui suivrait réveille l’activité volcanique locale et permette aux italiens encore vivants de savourer les joies simples de leur ancêtre Pline l’Ancien (et je ne parle pas de celle d’avoir un neveu con comme Pline le Jeune).

Pour rappel, la bombe larguée sur Hiroshima s’appelait « Little Boy ». M’enfin j’dis ça, hein.

Cela fait, nous pouvons donc en tirer plusieurs conclusions :

  • Cupidon, c’est vraiment une super idée, ça donne vraiment envie de passer une bonne Saint Valentin avec lui, quelle belle illustration
  • En fait, il est statistiquement plus probable que ce soit des ninjas qui s’occupent de manier les flèches d’or plutôt que Cupidon, mais ça évidemment, ce n’est pas vendeur alors personne n’en parle, racistes
  • Enfin, statistiquement toujours, même en supposant que chaque année, Satan achète l’âme de 1% de la chrétienté, il aurait toujours plus de crédibilité scientifique dans la possibilité d’accomplir sa mission que la simple existence de Cupidon

Donc, scientifiquement, vous avez moins de chance de rencontrer l’Amour tel que la mythologie nous le décrit que de passer un pacte avec le Diable, ce qui est prouvé très simplement par l’existence pure et simple des conditions d’utilisation d’iTunes.

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« Voilà pourquoi je ne mange pas de ce pain-là ma petite Elizabeth.« 

Dis-je en achevant de tracer mes schémas dans la neige fraîche avant d’agiter la baguette de bois dans ma main pour fouetter l’air glacial qui nous entourait. Elizabeth fit une moue dubitative en observant les schémas sur le sol, particulièrement en s’arrêtant sur celui où j’avais dessiné des gens en toge tapant un petit sac à l’aide d’un Christian Jacob. Probablement peu convaincue par mes talents de caricaturiste, elle soupira longuement, envoyant de blanches volutes s’envoler loin de ses lèvres rouges.

« Oui mais… tout de même, moi j’y crois, à l’Amour ! 
- Sacrebleu, qu’est-ce que je viens d’expliquer ? C’est bien la peine que je me décarcasse.
- Ca n’a strictement rien à voir ! Une flèche peut nous toucher n’importe quand, ce que je voulais dire, c’est au sujet de vous et moi, parce que… d’ailleurs juste à l’instant, j’ai… je grois… je gru… jgnr… »

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Elizabeth tourna de l’oeil avant de s’effondrer dans la neige avec une délicatesse qui imposait le respect. Dans son cou, l’embout rougeoyant de la fléchette-seringue dépassait de sa chevelure. Souriant, je fis un signe à Diego, vêtu en ninja dans un arbre voisin, son fusil à air comprimé encore sur l’épaule. Le bon serviteur me rendit mon salut et descendit promptement me rejoindre pour m’aider à charger la jeune femme sur un traîneau, charme de la saison. Cela fait, Diego sembla hésiter quelque peu au sujet de quelque chose.

« Hé bien Diego ?
- C’est que… patron je… voilà, les vacances d’hiver arrivent et…
- Certes ?
- Bin je me disais… cela fait 4 ans que je n’ai pas pris de vacances alors je… jre… rgn… »

0

Diego s’effondra à son tour dans la neige, une autre fléchette-seringue plantée dans le cou au travers de la cagoule de son costume oriental. Souriant une fois de plus, je fis un signe de la main à l’autre ninja que j’avais engagé pour suivre le premier, puisqu’on n’est jamais trop sûr. Et encore une fois, la prudence avait payé. Ignorant les grosses gouttes de sueur perlant sous la tenue du tireur que je pouvais voir d’ici, alors qu’il devait se demander si quelqu’un avait été missionné pour l’endormir lui aussi, je contemplais le corps d’Elizabeth étalé sur le traineau, ronflant paisiblement.

« Ah, Cupidon. Qu’importe s’il y a une force qui décoche les tirs, pourvu que je désigne les cibles.« 

Puis, sifflotant, je repartis profiter des joies simples de l’hiver.

« Le risque zéro n’existe pas »

Quelle risible maxime. Bien sûr qu’il existe ; seulement voilà : nous sommes entourés d’incompétents bien incapables de nous permettre de l’atteindre. Ces mêmes incompétents qui se cachent derrière cette phrase dès lors qu’il arrive un malheur dans leur domaine d’intervention. Un avion s’écrase ? « Le risque zéro n’existe pas ! » diront en cœur les responsables de compagnies aériennes. Une femme tombe enceinte malgré quantité de précautions ? « Le risque zéro n’existe pas ! » s’exclamera le gynécologue. Johnny sort un nouvel album ? « Le risque zéro n’existe pas« , pleureront les mélomanes.

Alors, oui, la triste réalité est là, ouvrez les yeux, mécréants : il y a TOUJOURS un responsable à vos malheurs. Enfin, surtout depuis quelques temps. Permettez que je développe.

Tenez, prenons par exemple Théo. Ah, mignon bambin que Théo ! Regardez comme sa bouille est ronde et attendrissante ; on a envie de lui tirer sur la joue en le qualifiant de chenapan un sourire aux lèvres. Théo est un petit garçon plein de vie, et il aime à jouer au ballon avec ses petits camarades dans le cour de l’école. Seulement voilà : alors que son équipe menait 21 à 17 puisque c’était le gros Edmond dans les buts d’en face, il rate un habile passement de jambes visant à feinter la défense adverse, trébuche et tombe sur le sol goudronné de l’école Mireille Mathieu de Nevers ; bilan : deux genoux écorchés et quelques larmes cachées derrière une manche de blouson. C’est donc la faute à… à… ?

L'enfant, cette créature insupportable qui se dédouane de tous ses crimes comme un vulgaire nazi à Nuremberg

Oui, à ce salopard d’instituteur qui ne surveillait pas assez bien la cour, et n’a pas empêché le petit Théo de transformer ses deux genoux en répliques de photographies aériennes de Volgograd en 1942. M. Berthol sera donc trainé en justice par les parents qui accuseront ce dernier de manquement à tous ses devoirs, parce que merde, c’était sa responsabilité de s’assurer que Chouchou ne se blesse pas. Alors qu’importe la manière d’empêcher 90 gamins de courir, jouer ou tomber : qu’il aille en tôle s’il ne peut même pas protéger ses élèves de la gravité. M. Berthol découvrira ainsi les douches de Fleury-Mérogis où il s’apercevra avec étonnement que les gardiens ont eux aussi la surveillance un peu laxiste, particulièrement quand il aura la joie de voir son fondement exploré par quelques scatophiles pédérastes amateurs de magazines de spéléologie. A son tour donc d’attaquer la prison s’il le souhaite, car tel est le jeu.

Et si nous parlions de Louis ? Louis, ce jeune homme rêveur qui fut émerveillé dès l’instant où il chaussa ses lunettes 3D pour visionner la dernière production de James Cameron. Oui, il se laissa emporter par les effets spéciaux et l’histoire merveilleuse qui était racontée. Oui, il vibra lorsqu’il vit les forêts de Pandora s’illuminer sous les pas de ses habitants, et il pleura lorsqu’il découvrit avec effroi les plans que la corporation minière préparait aux bons autochtones. Lorsqu’il sortit du cinéma, Louis réalisa que son monde était gris, loin de la douce ambiance bleutée de Pandora, et sombra dans une profonde dépression qui eut quelques échos au sein de la presse étasunienne. Le problème est donc que…que…

Que James Cameron fasse des films trop prenants, en effet. Ce malandrin mériterait un bon procès afin qu’il comprenne qu’il ne doit plus faire que des productions à gros budget mais petit scenario afin d’éviter que le spectateur ne rentre dans son histoire et ne risque ainsi un choc traumatique en sortant des salles obscures pour retrouver les sombres lumières de la réalité, où son esprit découvrirait avec effroi que loin d’être un être bleu & élancé aux traits félins, il ressemble plus à un Michel Blanc qu’à un Na’Vi.

Arrêtons nous sur un dernier exemple, celui de Simon. Il est jeune, timide, un peu malmené par quelques camarades de classe plus costaud que lui certains soirs, mais il s’avère qu’il arrive à surmonter ses difficultés malgré tout et reste un élève attentif, sérieux, aux résultats tout à fait corrects qui prend soin de sa petite sœur le mardi soir lorsque maman ne peut pas venir la chercher. Aussi, lorsqu’il déboule un beau matin dans son lycée armé d’un fusil à canon scié et qu’il transforme Joanna, sa voisine de littérature anglaises en une mare de rognons sanguinolents mâtinée de plomb, quelle n’est pas la surprise de ses autres camarades qui tentent de s’enfuir sous le feu nourri du bon Simon. Et surtout, comment Simon a t-il pu se procurer un… un…

Adolescent tentant de comprendre dans quel sens il faut plaquer une arme contre sa tempe

Un exemplaire de Grand Theft Auto/ Un CD de Métal / Une édition collector de Donjons & Dragons (biffez la/les mentions inutiles) qui a corrompu son âme de pauvre innocent et l’a transformé en machine à s’attaquer aux innocents, dixit quelques journalistes en quêtes de réponses, qui prennent des heures à disserter sur sa dernière note de blog intitulée « J’en ai marre qu’on se foute de ma gueule, demain ça va chier« . Aussi, le monde libre s’interroge sur la nécessité d’interdire les jeux vidéos violents/le métal/les rôlistes (non, pas le jeu de rôle : les rôlistes).

A cet instant de notre récit, ami lecteur, toi qui est un être éclairé qui sait lire au travers de mes effluves de mauvaise foi, tu as habilement déduit trois théories des cas précédents, et je t’en félicite :

- Théo est une fiente, comme nombre d’enfants ; s’il s’est vautré comme un attaquant italien plongeant à la vue d’un joueur adverse en poussant des cris de pucelle, c’est bien son problème. S’il ne veut pas se blesser en jouant au foot, il n’a qu’à le regarder à la télé. Aussi, ses parents protecteurs qui pensent qu’il faut trainer en justice tout ce qui présente un danger pour Théo (un instituteur qui n’a pas le regard collé sur leur enfant, un directeur d’école qui autorise les lois de Newton au sein de son établissement ou un maire qui n’a pas fait installer des tapis en mousse dans toute la cour du complexe scolaire) méritent non pas à leur tour d’être trainé en justice, mais tout simplement une pendaison en bonne et due forme suivie d’une lapidation des corps à l’endroit même où leur enfant a chu.

- Louis est à l’humanité  ce que l’Ipad est à la technologie : un surplus sans intérêt. Si le pauvre garçon ne sait plus apprécier les plaisirs simples de la vie (mesurer ses amis en utilisant Nicolas Sarkozy comme échelle, faire des rallyes de 4×4 au milieu de ruches d’apiculteurs au bord de la faillite, engager une partie de cache-cache en sous-marin d’attaque nucléaire face à des marins pêcheurs, etc) et se trouve démuni lorsqu’il voit des images de synthèses par paquet de douze, jaloux de ne pas être quelque chose qui n’existe pas, dès lors la meilleure solution reste de lui offrir un abonnement à euthanasie magazine, « le magazine dont l’abonnement ne dure jamais bien longtemps ! » dixit l’encart publicitaire. Par ailleurs, le fait qu’il trouve « prenant » un monde avec moult effets trois dimensions mais dont les habitants sont aussi malins et cohérents que des hamster sous ecstasy laisse déjà supposer que même sans avoir vu le film, il avait déjà l’esprit léger le brigand.

Après 30 opération, Hubert ressemble enfin à un Na'Vi. C'est dans ces moments là que Pandora nous manque : pour nous en débarasser.

- Simon est un adolescent : il a donc différents problèmes : des boutons, du pus qui sort de différents orifices sans qu’il ne puisse l’expliquer, une hygiène corporelle d’un autre âge et une curiosité malsaine pour les histoires de kikoutes. Aussi, lorsque ses parents s’étonneront de son geste meurtrier, peut-être quelqu’un pourra t-il leur demander ce qu’ils foutaient avec un adolescent ET un fusil à canon scié à la maison (car oui, on a le droit qu’à un seul des deux. Moi j’ai fait mon choix), et s’ils ne se sont pas demandés s’il n’y avait pas une petite incompatibilité entre les deux. Heureusement, il y a les jeux vidéos, de rôles, les musiques diverses & émissions idiotes à accuser pour se dédouaner, ouf ! Et quand bien même : si quelqu’un prétend un jour obéir aux lois d’un jeu vidéo, le problème n’est pas le jeu vidéo mais bien la psyché du quelqu’un. J’en profite pour saluer les joueurs de World of Warcraft qui me lisent, et qui espèrent secrètement qu’un jour ils pourront rencontrer une elfe de la nuit à gros seins, comme leur mage de niveau 54 qui roxe grave.

Hélas messieurs, il n’existe qu’un seul domaine dans lequel le risque zéro existe et c’est bien celui-là. Ce qui est rassurant, car personne ne souhaite que vous vous reproduisez pour le bien de l’humanité.

J’en conviens, mes modestes écrits ici n’ont que peu d’originalité : bien avant moi, Victor Hugo soulignant le même problème écrivait d’un certain Gavroche que ce dernier, tombé par terre, se permettait d’accuser Voltaire, et le nez dans le ruisseau, vociférait contre Rousseau.

En ces temps bienheureux, on trouvait encore quelque tireur royaliste pour agrémenter ce dernier couplet de légitimes grammes de plomb dans le cervelet du jeune apache assis sur les pavés parisiens, répandant ainsi dans les rues de la capitale le semblant de matière rosâtre qui était supposé servir d’outil de réflexion à celles et ceux qui voulaient encore et toujours trouver des responsables extérieurs à leurs maux.

Un monde où l’on conçoit Monsieur Berthol, James Cameron ou Marylin Manson comme responsables du fil de nos destins est bien triste et ne rend guère hommage aux moires d’antan.

Ces jours heureux de 1832 où le plomb volait bas pour qui accusait autrui des aléas de la vie me manquent.

Remarquez, les balles aussi.

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