Internet répond à toutes vos questions.

Certes, il y a toutes les fois où il répond "C’est le cancer" à la plupart des interrogations pour le plus grand bonheur des hypocondriaques ; mais tout de même, il serait bien réducteur de ne pas parler de toutes les merveilles que nous offre le web. Ainsi, qui n’a jamais pu en apprendre plus sur un sujet donné en quelques clics sur un moteur de recherche ? Découvrir des images incroyables d’un phénomène rare à l’autre bout du monde ? Ou plus généralement, vérifier si une vedette des années 80 était morte ou vivante (tant que vous n’avez pas le réponse, on parle de vedette de Schrödinger) ?

Pourtant, internet c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre bien des choses pratiques. D’où de nombreux sites, comme ausujet.com, (où nous apprenions à devenir un ninja), désormais rejoints par de plus riches encore, comme WikiHow, site qui vous apprend moult choses en moult langues.

Ce pourquoi, aujourd’hui, nous allons nous attarder sur une question tout à fait pertinente :

Comment être une fille féminine ?

marie_curie

Marie Curie, un modèle de fille féminine : elle aimait tant le gloss qu’à la fin elle brillait même dans le noir.

Et l’article qui va bien est ici.

Car en effet, dans un monde où tout le monde se bat sur la théorie du genre, oui, non, est-ce que je peux avoir des jouets Spiderman en rose ou est-ce que Game of Thrones ne serait pas un peu sexiste puisqu’on y voit pas de transgenre (si, si), on imagine bien que l’identité de mes lectrices est torturée. Aussi, et afin de les délivrer, que dis-je, les libérer, voyons donc ensemble comment faire pour enfin être une fille à qui on ne reproche rien et qui peut lire Biba aux toilettes en paix.

Oui, pour ça aussi je suis au courant.

Mais, fi de remarques, et allons donc voir de quoi il retourne !

Une fille féminine est une fille qui embrasse sa féminité de tout son cœur, sans sacrifier sa personnalité ou sa force. Elle surveille son comportement, son style et son apparence, sans jamais être égoïste ou méchante. Les autres filles la prennent pour modèle et veulent être son amie. Être féminine est un choix personnel, et personne ne devrait vous influencer pour que vous agissiez d’une façon qui vous met mal à l’aise. Cependant, si c’est l’attitude et le look que vous souhaitez adopter, vous n’aurez qu’à cultiver le bon comportement et la bonne apparence.

Notez bien que dès la première ligne, on vous explique qu’une fille féminine ne sacrifie pas sa personnalité, mais que bon, être féminine, c’est quand même faire des efforts sur – tiens donc – sa personnalité. On supposera donc, pour commencer, que la féminité débute là où la personnalité unique s’arrête. Ce qui expliquerait, Messieurs, pourquoi les filles sont des êtres si mystérieux aux yeux de bien des malandrins : elles sont plusieurs dans leur tête.

Ce qui ne fait que d’autant plus de monde pour les soirées ragots cela dit, et puis comme ça, on peut bitcher entre personnalités. C’est quand même bien fait.

Notons tout de même l’avertissement rajouté à l’arrache par un gourgandin qui a senti la moquerie arriver (alors que ce n’est pas le genre de la maison) :

Cet article est bien entendu un cliché divertissant et n’est pas à prendre au pied de la lettre.

"Mais dans le doute, on a quand même écrit une méthode numérotée en parlant de "bon comportement" et de "bonne apparence"".

Surtout que, pour rappel, on peut lire en gros en première page du site "Nous essayons d’aider chaque personne sur la planète à apprendre comment tout faire." et non "En fait, c’était pour déconner".

C’est ballot. Mais, c’était bien tenté, j’en conviens.

Commençons par "Se comporter en fille féminine."

Puisque la féminité, c’est plus qu’une simple attitude, un véritable art de vivre. Là où un être humain normal marche dans la rue, la fille féminine la traverse en flottant gracieusement, portée par une légèreté naturelle qui fait se retourner la plèbe sur son chemin. Là où quelqu’un d’autre sourirait, la fille féminine illumine son prochain en découvrant ses lèvres pulpeuses de ses dents éclatantes dans une moue mutine qui fera chavirer tous les cœurs. Et après une soirée tacos, là où d’autres risqueraient le coup de grisou s’ils venaient à fumer une cigarette trop près de la couette conjugale, la fille féminine peut secouer les draps de bon cœur : seuls des papillons multicolores en sortiront.

Cela dit, et dans ce dernier cas, si vous assistez véritablement à ce spectacle c’est soit que le gaz est hallucinogène, soit que quelqu’un élève des chenilles dans son gros intestin.

Dans les deux cas : fuyez. Vite.

Soyez gracieuse. Les filles féminines doivent se comporter comme des ladies et savoir être gracieuses en permanence. Évitez alors d’être maladroite et mal à l’aise.

C’est à peu près ce que je disais. N’oubliez donc pas : il s’agit d’être gracieuse en permanence. Non, il n’y a pas de temps mort pour vous relâcher un peu, désolé. Ce qui, je n’en doute pas, est un jeu d’enfant : la fille féminine étant par ailleurs toujours bien épilée (c’est évoqué plus loin dans l’article), n’oubliez pas de prendre des poses sensuelles tout en faisant la chose, histoire de bien être gracieuse en permanence. Il en va de même pour vos cris de douleur : travaillez-les un peu. Ils doivent sonner comme des soupirs de désir.

Et si vous pouviez être gracieuse en dormant, ce serait bien aussi.

Notez bien qu’il est aussi essentiel d’éviter d’être maladroite et mal à l’aise : deux choses que les filles non-féminines adorent faire, c’est connu. Ah, toutes celles qui se vautrent dans les escaliers pour se marrer, alors ! WikiLaPalice vous salue bien.

Ayez une super personnalité. Les filles féminines ont en générale une personnalité légère et vive. 

A opposer à "une personnalité profonde", je pense. Et si vous avez une personnalité de merde, n’oubliez pas : une fille féminine ne force pas sa personnalité : développez-en une deuxième si ce n’était pas déjà fait. Si vous ne savez pas comment faire pour vous inventer une nouvelle identité complète, je vous filerai des tuyaux : le fisc cherche encore qui est ce mystérieux "Francis Moustache" qui décroche sur mon téléphone à chaque fois qu’ils essaient de me joindre.

Les filles féminines sont aimables, douces et modestes, et constamment de bonne humeur ! Comme une princesse Disney.

Ainsi, même à l’enterrement de vos parents, votre devoir est de chanter pour attirer les oiseaux et les biches et danser avec eux au rythme des coups de patte des petits lapins.

Là encore, j’en déduis que le LSD et les gros pétards féminisent gravement. Vivement que la Manif pour Tous prône leur légalisation.

Souvenez-vous d’être gentille, et pas seulement avec vos amis ou les gens de votre groupe. Tout le monde mérite sa chance. N’excluez personne de vos jeux, cadeaux, etc. 

Ainsi, quand ce Monsieur tout nu sous son imperméable viendra vous aborder pour vous proposer d’être "gentille", n’oubliez pas d’accepter : tout le monde mérite sa chance.

Si.

Soyez romantique. On associe bien souvent les filles féminines à la romance. Lisez des romans à l’eau de rose et intéressez-vous à la poésie.

Notez bien : on ne vous dit pas de lire des livres romantiques, mais bien des romans à l’eau de rose. Il fallait donc bien sûr lire : "Lisez de la merde". C’est une coquille. On en déduira, par corollaire, que si lire des romans à l’eau de rose rend plus féminine, lire Kant rend plus couillu.

Je propose donc une grande opération "J’envoie ma bibliothèque au gouvernement".

Même vos vieux Pif devraient faire l’affaire vu d’où l’on part.

9782226240255g

Attention à ne pas envoyer des livres qui ne seraient pas compris. Commencez avec des ouvrages simples comme "Bigoudi le petit chat" ou "Martine à la montagne".

Mettez vos goûts musicaux à jour. Soyez au courant des nouveautés, des tubes du moment, etc. Être une fille féminine ne signifie pas que vous devrez écouter de la pop mielleuse en permanence : une fille féminine peut aimer la musique alternative, les comédies musicales, et le R&B. Mais vous ne pourrez pas vraiment détester la pop…

Le goût de la pop est donc sur le chromosome X, c’est prouvé. Merci, Wikihow. Maintenant, il faudrait retrouver dans quel coin du caryotype se planque le goût du dubstep, histoire de lancer une grande politique eugéniste (j’en profite pour rappeler à mes lectrices soucieuses de devenir féminines qu’à force de lectures pourries et de personnalité(s) légère(s), l’eugénisme doit pour elle signifier "Politique visant à produire des gens qui s’appellent Eugène". Si vous savez que ce n’est pas ça, vous en savez déjà trop et ne pourrez jamais être une vraie fille, je suis désolé).

Rassemblez un groupe de copines et partez en virée shopping, relookez-vous les unes-les autres, organisez des soirées pyjamas, une vente de gâteaux ou toute autre activité de filles.

Mangez de la glace, pleurez au téléphone durant des plombes, envoyez plus de SMS en une heure que l’ensemble du Togo en un an, et surtout, bitchez sur Marjorie qui a quand même pris du cul depuis qu’elle est avec Ludovic.

Il peut être difficile d’arrêter, mais jurer est vraiment l’une des pires choses que vous puissiez faire si vous essayez de développer votre féminité. Commencez par remplacer vos jurons habituels par des mots de remplacements comme ‘’punaise !’’, et vous arrêterez bientôt de jurer.

Soyez créatives ! Plutôt que de dire "Putain" ou "Punaise", vous pouvez dire "Petits lapins", "Guimauve" ou "Marc Lévy". Attention dans ce dernier cas : cela peut aussi être considéré comme un gros mot chez les gens normaux raisonnables intelligents pas aussi féminins que vous.

Vous pouvez améliorer votre vocabulaire en lisant beaucoup. Les journaux et livres de cours sont de bons débuts, mais vous apprécierez la lecture bien davantage en lisant des romans d’amour classiques écrits par des femmes, comme Charlotte Brontoë et Jane Austen.

Oui, enfin remarquez : puisque plus haut on parlait de Marc Lévy et pourquoi pas de Guillaume Musso, ça va vite devenir compliqué étant donné que je vous rappelle la sombre profondeur de leurs titres, comme Où es-tu ?, Et après.., Seras-tu là ?, ou encore La prochaine fois. Je vous laisse retrouver lequel a écrit quoi.

Et, oui, ce sont les titres véridiques.

Toujours est-il qu’une vieille légende Maya raconte qu’à chaque fois que vous passez un coup de fil à un copain pour aller en soirée, vous avez 38% de chances de citer l’intégrale de la bibliographie des deux auteurs dans la conversation sans le savoir.

J’en profite pour rappeler la sortie prochaine de leurs futurs livres :

  • Ça coupe, je te rappelle 
  • Arrives-tu bientôt ?
  • Il reste de la quiche.
  • Allô ? 

Soyez prêtes (puisque l’on parle de princesses Disney, je cite Scar pour me faire comprendre, je suis comme ça).

Pour paraître aussi normal que possible lorsque vous mangez, prenez une bouchée et comptez jusqu’à 20 dans votre tête alors que vous mâchez. N’avalez que lorsque vous arrivez à 20, puis prenez la bouchée suivante.

Apprendre à compter dans sa tête n’aura jamais été aussi salvateur pour votre voisin d’en face.

Tenez un journal. Tenir un journal intime est l’activité la plus féminine qu’il soit. Vous pourrez y noter chaque jour ce qu’il se passe dans votre vie, comme votre journée à l’école ou vos projets pour le week-end, ainsi que des détails plus intimes, comme votre béguin actuel ou vos rêves d’avenir.

Tenir un journal serait donc l’activité la plus féminine qui soit ?

Ah, tous ces soldats qui ont tenu des journaux sur le front, tous des femmelettes !

Ayez toujours des stylos et crayons mignons sous la main. De cette façon, vous pourrez facilement les prêter aux autres en cas de besoin.

Non parce qu’en plus, si vous commencez à écrire avec du matériel normal, pour qui allez-vous passer, hein ? Je suis très déçu que notre ministre de la justice, en tant que femme, ne signe pas l’essentiel de ses documents avec un stylo-nounours. Pour qui va-t-on passer, hein ? Je vous le demande.

Para239385

Angela Merkel au départ avait mis ce petit ours mignon sur ses stylos pour donner l’exemple, et puis on lui a dit que mmmff mouiiii en fait, non.

Lisez des magazines. Les magazines sont un bon moyen de vous tenir au courant de tout ce qui se passe dans le monde de la mode et à Hollywood.

Je crois qu’on avait pas assez insisté sur l’importance de lire du caca : n’oubliez pas, plus c’est mauvais, plus vous vous sentirez femme.

J’espère qu’aucune créature dénuée de chromosome Y ne vient ici, du coup, je pourrais mal le prendre.

Passons à la suite, essentielle : "S’habiller comme une fille féminine."

Comment, vous pensiez pouvoir vous fringuer comme vous l’entendiez ? Nenni, il y a des règles, que diable !

Essayez de lire davantage de magazines de mode pour apprendre quels vêtements s’associent bien. Commencez par les magazines pour ado, puis si vous le souhaitez, passez aux magazines pour adultes, comme Elle.

Très important : les magazines pour adultes, c’est la phase 2. Vous n’êtes pas encore prête pour ça, non mais ho, vous ne pensez pas être une grande personne tout de même ? Et pourquoi pas le droit de vote ? Ah mais ! Non, et puis par ailleurs, n’oublions pas que les magazines de mode regorgent de bons conseils sur comment se fringuer pour attirer tous les regards, tellement pertinents qu’aucun homme n’en achète pour pouvoir profiter des photos de filles présentées comme "superbes".

N’oubliez pas que la rédactrice de magazine de mode a cela de commun avec le capitaine de caravelle : pour eux, l’important, c’est de voir les côtes.

Portez des vêtements féminins. Le rose est la couleur féminine par excellence, mais n’ayez pas peur des noirs et des bleus, car ils peuvent aussi être très mignons. 

Alors que le blanc par exemple, c’est pour les hommes. Les robes de mariées, par exemple : on adore en mettre pour jouer au rugby.

Et puis le rose, c’est tellement passe partout.

Mais bon, mettons que vous ayez l’attitude et les vêtements : comment faire pour en finir avec votre grosse moustache que l’équipe du centenaire 1914-1918 a voulu labelliser tant elle rappelait plus d’un combattant passé ? Pas de problème, Wikihow a aussi la solution avec "Entretenir votre apparence féminine".

Maquillez-vous légèrement. Un petit peu de maquillage peut accentuer vos atouts et mettre en valeur votre féminité. Le gloss et le mascara sont idéaux au quotidien. Pour les fêtes et les sorties du week-end, vous pouvez aussi appliquer un petit peu de blush ou de poudre lumineuse sur vos joues et une jolie ombre à paupières d’une couleur féminine comme le rose claire ou le violet. Le fond de teint peut vous donner une peau parfaite, mais veillez à le choisir en fonction de votre couleur de peau, sinon le résultat sera peu naturel et parfois ridicule. Le correcteur permet de camoufler les boutons, l’eyeliner de faire ressortir vos yeux, mais sachez garder la main légère.

Du gloss, de la poudre lumineuse et du violet, histoire de partir "léger", j’ai du mal à imaginer ce à quoi ressemble un maquillage "chargé" pour eux. Mais non, visiblement, chez Wikihow, tant que vous êtes en-dessous de la peinture impressionniste, vous pouvez y aller.

Heureusement, bien d’autres conseils viennent compléter l’article :

Faites-vous autant d’amis que possible, n’excluez personne et ne vous comportez pas comme si vous étiez supérieure aux autres. Être une fille féminine signifie aussi être gentille, même avec les gens désagréables.

Puisque oui, votre rôle est de supporter tous les gros lourds de la Terre, et avec le sourire.

Proposer très courtoisement à quelqu’un d’aller, par exemple, se faire ouvrir les chakras de bien des manières, c’est un truc de mec. Chut. Et ne me dites pas que j’ai tort : ce ne serait pas très féminin.

Oui, c’est complètement formidable, je trouve aussi.

Une fille vraiment féminine sait qu’un sac à main est indispensable. Petit ou grand, votre sac à bain devrait contenir les basiques : chewing-gums ou pastilles à la menthe, téléphone portable, une lime à ongle, des mouchoirs, quelques produits de maquillage essentiels (mascara et gloss), une brosse à cheveux, des stylos et un carnet, et un petit miroir.

Messieurs, et Mesdames qui aimez les Mesdemoiselles, n’oubliez pas d’inspecter le sac de votre mie pour vous assurer que tout y est. Une simple absence de gloss, et qui sait : Amandine se prénomme peut-être en réalité Raoul.

Écrivez sur du joli papier rose/à fleurs. Faire de petits cœurs sur vos ‘’i’’ sera également très mignon. Si vous ne pouvez pas vous procurer ce genre de papier, contentez-vous d’avoir une jolie écriture.

Même pour vos lettres anonymes : "Tu vas crever, enculé" passe toujours mieux sur un post-it Hello Kitty. Dites-le avec des cœurs.

Ne soyez pas odieuse

Déjà, parce que c’est réservé.

Les filles féminines passent presque tout leur temps sur leur téléphone. Veillez alors à ce que le vôtre ait une jolie coque adaptée à votre style.

Les filles pauvres seront donc condamnées à se laisser pousser des testicules.

super-cute-sweet-girly-phone--large-msg-137493479807

Hurlez au monde à quel point vous avez du goût.

C’est d’ailleurs précisé plus bas :

Lorsque vous achetez un téléphone, choisissez une couleur féminine, comme du vert citron, du rose, du bleu clair, etc.

"Bonjour Monsieur le vendeur, je voudrais ce téléphone qui me plaît beaucoup. L’auriez-vous en rose ?
- Ah non, en noir seulement.
- Punaise de lapinou ! Mais il me plaît, je peux le prendre quand même ?
- Désolé Madame, il est réservé aux gens pas féminins. Par contre, j’ai cette sombre merde hors de prix en rose pour vous.
- Hmmm… je vois que vous me prenez pour une conne, mais en tant que fille, je dois rester gentille. Tant pis pour mon QI : je le prends. Bon, maintenant, où ai-je mis mon stylo Totally Spies ?"

0

Tenez, rien que ça : mon cœur bat déjà la chamade.

Si vous avez un talent ou un savoir-faire particulier, comme la danse, le dessin, le chant ou jouer d’un instrument, ne le dissimulez pas, travaillez ce talent. Montrez aux gens à quel point vous êtes douée en partageant votre art, ou en leur jouant un morceau.

Ainsi, si depuis votre plus tendre enfance, on salue votre interprétation unique de La digue du cul jouée à l’aisselle, n’hésitez pas. Aux soirées de l’ambassadeur, la plus en vue, ce sera vous.

Une fille féminine ne devrait pas avoir trop de poils sur les jambes (quelques poils sont acceptables), et devrait avoir les aisselles lisses.

"Acceptables" : si jamais vous oubliez et dépassez le niveau autorisé par WikiHow, vous êtes condamnée à mort par immersion dans la cire.

Aimez-vous. Toujours. Vous êtes parfaite dès le réveil, et tout ce que vous ajoutez ensuite est pour vous et personne d’autre.

Mais quand même : si vous êtes un peu poilue ou si vous ne mettez pas de gloss, vous êtes une sacrée merde.

Définitivement : merci, WikiHow pour tous ces bons conseils. Nul doute que mon lectorat féminin se sentira mieux après avoir accepté ces conseils aussi efficaces que pertinents. On vous attend.

Sur ce, et puisque WikiHow propose quantité d’autres articles, comme "Comment pratiquer la magie", je pense que je vais aller préparer un article "Comment invoquer Satan".

De toute manière, comment cela pourrait-il être pire ?

Mesdemoiselles, je vous laisse en débattre avec vos autres personnalités.

Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur "Comment savoir si une femme est intéressée ou non"  avec "les nouveaux hommes", un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec "Comment aborder un groupe de filles ?" avec "Art de Séduire", le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : "L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013" du site… bon, c’est marqué dessus, donc "Seduction By Kamal"

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage "On a trop une classe digne de James Bond". Il faut bien évidemment lire "On a trop une classe digne d’un script de James Bond", ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site "Les Nouveaux Hommes", tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite "J’ai les fruits <3" (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de "l’indice auditif". Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction "un sprint en hurlant", on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit "fermée", là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant "Prends-moi toute !" (de manière générale, elles crient relativement peu "Prends-moi moitié" de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant "C’est pas possible d’être aussi con". Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects "pratiques" et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre "jambe la plus haute" et "jambe la plus longue", auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans "Ecoute, Maurice, on va juste rester amis." ou "Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène", on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

"L’amour est dans le sac" comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait "Haaaaaaaaaan" en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

"Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre !"

0

Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. "Accident de voyageur", tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de "Starbucks"), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

"Maîtriser", rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies "Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi !" nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire "Art de Séduire", pas "Statistique de la Misère".  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme "Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ?" avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit "Contracter la lèpre, c’est facile." histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme "Soyez intéressant" : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font "Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme…"

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est "Non, tu es juste une merde." (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que "-fiant" était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un "cockblock" sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore "C’est une soirée entre filles", mettez-vous à hurler très fort "LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !". L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération "Un tricycle pour Michel" leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter "Looool !" à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une "mooncup", ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase "Alors, tu kiffes les tampax ?" soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la "police des décibels qui craint son orgasme" ou le "débat sur la mooncup" d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : "Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ?" Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme "je kiffe bien Gwendo", elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est "maîtrisée" donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

"L’histoire de me brûler vif & la trahison"

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de "Séduction by Kamal", qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense "C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer". Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton "ralenti". Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur "Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine" a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys "pour se détendre".

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire "Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien."

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de "300" qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

Elle s’appelait Estefania.

Je l’avais rencontrée à une soirée à l’ambassade d’Argentine, alors qu’elle osait à peine toucher à sa coupe de champagne, debout à quelque pas du piano. Elle était venue ici suite à une mission ministérielle l’invitant à faire la promotion des arts de son pays en notre belle contrée. J’étais là parce que j’avais volé une invitation sur un vieux Monsieur qui, à cette heure, gisait couvert d’hématomes au fond d’une poubelle. Elle parlait un français mâtiné du curieux accent de son pays lui donnant des airs d’étudiante gênée de chercher ses mots lorsque nous venions à parler peinture. Elle était plutôt cubisme. J’étais plutôt impressionnisme. Elle me demanda en espagnol si je ne préférerais pas continuer notre conversation dans sa langue. Je lui répondai dans son idiome si elle ne préférerait pas la poursuivre dans ma voiture.

Nous allâmes au restaurant, où nous continuâmes à échanger longuement avant que je ne me permette, en référence au piano auprès duquel je l’avais rencontrée plus tôt, d’aller en jouer un morceau d’un groupe populaire anglais qu’elle semblait apprécier sur l’instrument qui trônait dans un coin de la salle après avoir glissé quelques billets à l’artiste occupant alors le tabouret voisin pour qu’il me permette de me dégourdir librement les doigts sur les touches. Elle sourit. J’en fis autant. Je revins à la table et poursuivit avec elle notre conversation passionnée jusqu’à ce que le dernier client quitte les lieux. Alors qu’il ne restait plus que nous, elle me demanda si je préférais aller chez elle ou chez moi. Je lui répondis que je n’étais pas ce genre d’homme. Elle sourit plus encore. Un peu moins lorsque Diego, bien campé derrière elle, lui colla le chiffon imbibé de chloroforme sous le nez.

Quelques heures plus tard, derrière la cuisine du restaurant, un certain M. Guttierez me remettait mon enveloppe habituelle pour ma participation à notre petite organisation de trafic d’organe.

Alors que je comptais les billets en tirant sur mon cigare dans la petite ruelle jouxtant l’endroit, Diego me dévisagea longuement.

"Patron, c’est quoi votre truc ?
- Le champagne. Quand elles vident très lentement la coupe, c’est généralement le signe qu’elles ne boivent que peu, ce qui signifie des reins de qualité à la revente.
- Non, je veux dire… pour les femmes ? 
- Ah, ça Diego, j’ai un truc. 
- Un truc ?
- Evidemment. Et puisque je suis de bonne humeur, tant cela fait une amatrice de cubisme en moins alentour, je vais le partager avec toi.  Mon truc, c’est www.artdeseduire.com.
- Un site web ? Leurs conseils sont si bons que ça ?
- Ah non ; c’est justement ça mon truc : tant qu’il ne va pas sur ce site, tout homme peut avoir tant de la classe que ses chances avec le beau sexe. Sinon, il se transformera lentement en créature mi-homme mi-kronenbourg.
- Oh…"

0

Il y eut un bref moment de silence, alors que je constatais que Guttierez, fidèle à sa réputation, avait bien mis le compte.

Diego, lui, se demanda intérieurement s’il pouvait effacer d’ici son historique internet.

_________________________

Plus que du sniper, artdeséduire.com s’approche plutôt de la délicatesse du B-52

Art de séduire fait partie de ces sites qui, une fois découverts, vous font pétiller les rétines pour quantité de raisons différentes. Ainsi, nous avions déjà parlé des fieffés larrons occupant l’endroit précédemment suite à un article comparant séducteurs façon "art de séduire" et snipers (les deux partageant un certain goût de l’observation d’autrui depuis les fougères, une vie de solitude et une certaine volonté de vider son chargeur dans son prochain). Sauf que depuis, artdeseduire.com a remis le couvert pour distiller des conseils essentiels aux mâles désœuvrés afin que, eux aussi, puissent trouver l’âme soeur. Et encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Arrêtons-nous donc sur plusieurs articles :

Vous êtes invité à une soirée et ne savez pas comment aborder une jeune fille sans faire de la combustion spontanée ? Pas de problème :

5 techniques efficaces pour faire des rencontres en soirée

Parfait, vous avez réussi à aborder la jeune fille ? Art de séduire, c’est avant tout la classe, aussi nos conseillers vont à l’essentiel :

Le meilleur opener pour immédiatement sexualiser une conversation

La bougresse vacille devant tant de charme ? Elle est bluffée par votre élégance ? Parfait ! Vous n’avez plus qu’à aller chez vous, par exemple pour jouer au Scrabble.

Comment éviter la résistance de dernière minute chez vous ?

A ce stade, les titres ont probablement déjà suffi à vous permettre de comprendre toutes les richesses que artdeséduire.com pouvait déployer. Aussi, ne tardons pas plus et allons droit au but : Messieurs, prenez des notes, Mesdemoiselles, tentez de rester calme devant l’Hiroshima de romantisme qui se profile. Amis gays, par contre, je crains que vous ne soyez déçus : artdeséduire vous a oublié,s je suis sûr que vous le regrettez déjà. Mais, allons-y.

Messieurs, la soirée bat son plein et la plèbe s’agite autour de vous, quand soudain, vous repérez la jeune fille de vos rêves. Elle est là, magnifique, un verre à la main, à regarder la ville s’endormir par les fenêtres alors que mille idées se croisent dans sa tête (que celui qui a ricané se dénonce) alors que la musique masque les conversations autour d’elle. Diable, elle est si intimidante dans sa robe de soirée : comment l’approcher ? Pas de problèmes : nos coachs ont la solution.

On va commencer par une de mes préférés, inventée par Joshua Pellicer : le drive-by. « Drive-by » se traduit plus ou moins par « à emporter », « en passant ». Ça peut être un compliment ou un neg joueur : un abordage court qui met en place une dynamique de jeu dont vous partez immédiatement sans maintenir l’interaction. Les gens vont penser à vous en votre absence, et auront des réactions très positives à votre retour.

Ça n’est pas clair, le drive-in, comme à Mac Donald, tout ça ? Alors prenons un exemple de phrase de nos experts à sortir pour aborder la douce créature :

Hey ! :) Tu m’attends une seconde ? Je reviens dans un instant. T’as le droit de penser à moi en attendant, tant que ça reste propre.

Je vous laisse assimiler tranquillement la chose. Non, je ne blague pas, c’est bien tiré du site. Oui, Même le smiley. Vous vous souvenez de la célèbre accroche "Ton père, c’est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux" (vous pouvez tout de même remplacer "étoile" par "trou noir" si vous parlez à une candidate de télé-réalité), utilisée massivement lors des soirées d’élection de Miss Tuning sur le parking de Shoppy ? Félicitations, vous venez de découvrir le niveau juste en dessous. Bravo Messieurs : nul doute que la damoiselle aura "des réactions très positives à votre retour", comme par exemple, positive à la ganja pour essayer d’oublier votre répartie moisie. Bon, techniquement, c’est du positif quand même, ils n’ont pas tort.

Mais bon : je serais malhonnête de ne pas partager les autres conseils mis à votre disposition pour faire chavirer des coeurs. Par exemple :

Une première façon de vous faire apprécier serait la reconnaissance. Il s’agit de vous souvenir d’au moins un détail sur chaque personne. Même pas son nom ! Son nom, vous avez le droit de l’oublier

Car oui : le nom de la personne que vous tentez de séduire, ce n’est finalement bien important : autant montrer directement que vous n’êtes là que comme un gros morfalou. Mise en situation.

"Salut euh…
- Oui, salut ?
- Alban ? Maurice ? François ?
- Sylvie.
- Ahahaha, oui heu, bon je… je me disais… (raaah, bon sang, vite, il me faut un détail sur elle pour l’épater et lui montrer que je m’intéresse à elle)… ah oui, c’est toi qui a un gros cul, non ?"

0

Si avec ça, son coeur ne chavire pas aussitôt, je ne sais pas ce qu’il lui faut. Mais nos larrons, eux le savent mieux que personne, car il existe une arme ultime : l’humour !

Une autre technique, que vous connaissez tous, est la création de private jokes. En combinant avec les détails que vous connaissez, cela peut être vraiment très efficace. L’humour est l’un des signes de valeur sociale les plus importantes et l’un des plus puissants aphrodisiaques.

Ah ! De l’humour, j’entends bien, mais alors quel genre de private joke, pourriez-vous illustrer ? Non parce que ce n’est pas bien clair, là, tout de suite.  Dans l’exemple suivant, l’auteur explique qu’il a par exemple appris que la jeune fille qu’il tentait de séduire avait un chien nommé "Spiff". Un nom qui en dit déjà long, mais passons sur les moqueries et observons plutôt le genre d’humour irrésistible qui est proposé. Mesdemoiselles, scotchez vos côtes, je vous transmets la blague telle quelle.

Spiff le chien, juste après avoir entendu ladite blague.

"Il va mieux Spiff ?
- Hein ? Mais on vient de se rencontrer et je suis pas rentrée chez moi, comment tu veux que je sache ?
- Je sais pas, il aurait pu avoir la courtoisie de t’appeler pour éviter que tu t’inquiètes. (pause) C’est ce que fait mon ornithorynque."
(il/elle rit).
"Je te le présenterai, c’est un type cool. Il s’entend mal avec mon rat jongleur par contre. Un peu jaloux, je crois. Etc."
0

Pour rappel, en cas d’explosion inopinée votre cage thoracique sous l’impact drolatique du bon mot, le numéro à composer est le 15 (du moins si vous me lisez du pays du fromage, sinon vous risquez de crever, soyez un peu autonomes, sacrebleu).

Personnellement, j’ai ouï dire que c’est après avoir lu ce genre de blague que M. Carambar a décidé d’arrêter les siennes. Non parce que de deux choses l’une :

  • soit la jeune fille rit, auquel cas, il est temps de l’emmener derrière l’étable avec un fusil
  • soit elle fait ce que toute jeune fille raisonnable qui entend cette blague fait : elle reste impassible, quitte la pièce d’un bon pas, rentre chez elle préparer son dossier d’inscription pour le cursus d’astrophysique le plus proche, prend 8 ans pour passer un double doctorat tout en se formant à 17 sports différents puis, cela fait, elle intègre le prochain départ pour la station spatiale internationale. Une fois là-haut, loin de la Terre, elle s’enfermera dans un sas et s’autorisera un long hurlement de douleur avant d’éclater en sanglots, seule issue à un calembour aussi pourri. Elle peut aussi intégrer la Marine Nationale pour commander un sous-marin d’attaque et vaporiser votre demeure dans le feu nucléaire, mais ça, c’est juste si elle a un côté taquin.

Bien, vous êtes consternés ? Attendez un peu, et allons donc monter le niveau d’un cran, ceci n’étant qu’une mise en bouche. Mettons : la damoiselle a apprécié votre approche hardie et vous trouve irrésistiblement drôle ? Il est grand temps de lui faire comprendre que vous n’êtes pas vraiment là pour discuter avec elle, puisqu’en bon mâle, vous vous contentez de baver en marmonnant "fifille", le tout en roulant des yeux fous. Vous pensez que j’exagère ? Hohoho, naïfs que vous êtes, laissez-moi vous emmener à l’article "sexualiser une conversation" :

Aujourd’hui pour ceux qui veulent du rapide, on a décidé de partager notre technique de drague la plus efficace. Fatale.

J’imagine qu’il s’agit là d’une technique audacieuse et subtile visant à se mettre sur le fil du rasoir pour expliquer à quel moment l’intrépidité devient lourdeur, surtout en sachant qu’il s’agit d’un "opener", à savoir la première phrase que vous allez utiliser pour aborder une damoiselle, je suis curieux de savoir quelle habile stratag…

« Combien coûte ton cul ? »

Je…

Pardon ? Ai-je bien lu ? Qu’ouïs-je ? Visiblement, chez artdeséduire, on a la séduction légère et délicate : je suis sûr qu’après le fabuleux calembour précédent, les damoiselles sur ce blog se pâment devant une approche si classe. Il est vrai qu’un homme qui s’approche de vous pour vous susurrer à l’oreille "Combien coûte ton cul", ça donne tout de suite des palpitations de désir, j’en conviens (moi-même, tant de charme, cela me ferait presque regretter mon ennuyante hétérosexualité). D’ailleurs, pourquoi le susurrer quand tout le coin peut profiter de votre classe naturelle ?

Vous pouvez la jouer de manière très théâtrale, en parlant à table, en parlant au bar, suffisamment fort pour qu’on vous entende.

C’est vrai qu’il serait bête qu’une seule personne dans un rayon d’un kilomètre ne connaisse pas votre subtilité naturelle, apte à faire passer Jean-Marie Bigard pour un philosophe grec. Heureusement, chez artdeséduire.com, on est malin : après avoir bien précisé que la cible pourrait mal prendre la chose (alors là, je m’étonne !), il est expliqué qu’il faut désamorcer la situation, tel un puissant meneur de débat. Comment ? Facile !

Ce que vous devez comprendre, c’est que quelle que soit la réponse de la fille, vous devez la ramener dans votre monde, dans votre réalité C’est votre jeu, votre script qu’il va falloir dérouler. En improvisant un peu en fonction du sien, évidemment… Le but, c’est de basculer très rapidement sur la raison d’être de l’opener : créer une conversation Et l’avantage de cet opener, c’est qu’il va aider à sexualiser très vite.

Hmmm, tout cela semble terriblement maléfique, vous auriez un exemple mes bons amis ? Pas de problème, explication via un dialogue entre deux amis qui viennent de poser la question à une malheureuse qui, à cet instant précis, doit être en train de chercher sa bombe lacrymogène.

« Si on te demande ça, c’est parce qu’on a besoin d’un avis extérieur. En fait ça part d’une vanne quand on était en école. Si tu devais te faire attraper par un mec de l’école, ce serait qui ? 
- Et on a vite étendu cette question à l’univers des stars, des acteurs, des chanteurs. Surtout à Gérard Depardieu. La vraie question c’est de savoir combien tu acceptes pour coucher avec Gérard Depardieu.»

Subtil en effet, une explication complémentaire pour mettre une cerise de bon goût sur ce gâteau de classe ?

La fille va rentrer dans votre jeu. Elle est soulagée, vous ne la prenez pas complètement pour une pute. Elle va pouvoir se mêler à la conversation. 

Le port du casque est obligatoire si vous posez la question en agglomération, sauf autorisation préfectorale

Ça va, ce n’est pas complètement, juste un peu. Il n’y a donc aucun problème, qu’est-ce qu’une jeune fille pourrait trouver à redire à être prise un peu pour une pute ? Je veux dire, c’est tout de même un métier intéressant quand on y pense, trop peu de conseillers d’orientation pensent à mettre cette carrière en avant, bande de petits conservateurs, je suis très déçu.

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi je suis rassuré à l’idée de savoir que ce site ne me prend pas complètement pour un con. J’ai ouvert les yeux, et je suis sûr que vous aussi, chères lectrices. Et pas seulement pour vous les arracher à la cuiller pour arrêter de lire ce site, arrêtez. Remettez immédiatement cet ustensile dans votre pot de glace, dites-donc ! Vous vous croyez où, hein ?

Cela dit, nos amis envisagent que la fille puisse mal prendre la chose malgré tout (c’est très étonnant, j’insiste, c’est une femme nom de nom, que pourrait-elle reprocher à la chose ?), et proposent donc une astuce très efficace pour se sortir d’une bien mauvaise situation et remettre la bougresse dans le droit chemin.

Oh ça va, rien de grave… Quand tu vois ce qu’une émission comme Le Bachelor fait aux femmes… C’est cruel… Quand tu vois le dernier film pour Louis Vuitton, La fille de joie tu peux te demander si la figure de la pute n’est pas de retour après des films comme l’Apollonide et la série Maison Close. Du coup on se demandait avec mon pote blabla.

Comprendre : "Oh, ça va, je te traite comme une pute mais c’est dans les médias, alors tu vas pas non plus faire la gueule dis-donc ?"

A ce stade, il est évident que non seulement la conversation est parfaitement récupérée, mais qu’en plus, la damoiselle doit être en train de convulser au sol devant tant de bonheur. Ou alors, c’est qu’elle n’y met vraiment pas du sien, nom d’une pipe ! Heureusement que dans "artdeséduire", il y a "art" et "séduire", histoire de bien mettre en avant la notion de subtilité du concept, parce que bon, hein. D’ailleurs, divers conseils vous sont donnés pour faire durer la conversation de manière tout aussi délicate histoire de devenir le nouveau Georges Clooney local :

"Et sucer ? C’est combien pour sucer ?"
"Et embrasser ? Tu prendrais combien pour embrasser un inconnu ? "
Là vous pouvez enchaîner sur la note qu’elle se donne en bisous : «Sur une échelle de 1 à 10, tu embrasses bien comment ?». Ça vous permettra de lui proposer de vérifier sa note un peu plus tard dans la soirée… lors d’un CONTROLE SURPRISE !)
"Et escort, tu as déjà pensé à faire escort girl ? Tiens, sérieusement, on ne t’a même pas demandé ce que tu faisais de tes journées… Laisse-moi deviner… Tu es mannequin pour serre-tête… Tu as de belles oreilles…"

Des fois qu’elle n’ait pas encore bien saisi l’aspect prostitution, autant insister. N’hésitez pas à lui parler du taux de TVA applicable et autres, pour plus de passion, rrrr, grands fous. Quant au "contrôle surprise", nul doute qu’il se terminera à Fleury-Mérogis, quartier des délinquants sexuels, où notre Don Juan en herbe pourra répondre à des questions à peu près similaires lorsque Jojo "Le boucher de Montreuil" voudra lui aussi appliquer les techniques lues sur son site. Et lui aussi aime les contrôles surprises pour ses évaluations trimestrielles mais c’est un prof sympa, on a le droit de pomper. Tiens ? Hmmm, j’ai l’impression d’avoir écrit quelque chose, mais en fait non. Lire ce site me rend tout chose. Sûrement le pouvoir universel de la séduction.

Soit : mettons que vous ayez échappé tant à Jojo à la prison et que, plus incroyable encore, la damoiselle soit sous votre charme, que faire en vous rendant chez vous ?

Pas de problème, tout est prévu avec l’article "Match à domicile : comment éviter la résistance de dernière minute."

Vous êtes donc arrivés chez vous, avez ouvert la porte pour dévoiler votre domicile un sourire complice aux lèvres, et êtes allés chercher des rafraîchissements. Quels sont les pièges qui font qu’elle risque, en substance, de hurler "VITE, LA FENÊTRE !" avant de la traverser, chutant de 5 étages pour ne pas à avoir à passer plus de temps avec vous (remarquez, vu tout ce qu’elle a subi jusqu’ici, visiblement, elle est déjà morte cérébralement) ?

Même si vous êtes beau gosse, bien habillé et que votre déco d’intérieur a été refaite par le fils de Valérie Damidot et Philippe Starck, si vous puez ou si votre appartement sent mauvais, c’est fini pour vous.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la qualité du site, notez que les goûts de Valérie Damidot sont cités en exemple. Cela veut déjà en dire long. En tout cas, sage conseil pour les vieux mâles : quand la jeune damoiselle commence à se tenir la gorge entre deux calebutes sales étalés sur le clic-clac, que sa peau se rougit et que des cloques y apparaissent, c’est qu’il est bon d’aérer, espèce de petite usine à gaz moutarde. Mais bon, supposons que ça ne pue pas : comment occuper ces instants complices entre vous ? Je préfère ne pas vous copier coller les passages où l’on vous propose de déguster du Nutella et du champagne, tant chacun sait que toute personne qui fait cela voit un champenois défoncer sa porte et passer les lieux au lance-flammes parce que bon, quand même, il ne faut pas déconner, aussi intéressons-nous plutôt aux exemples de bonnes soirées à passer ensemble :

Photographie instagram d’un jour de lessive dans une résidence étudiante

L’enchaînement de sketchs courts, de vidéos comiques sur Youtube

Moui. Alors Youtube, c’est quand même un peu la spirale de l’enfer : quelqu’un va dire "Agad’, agad’ tu vas voir c’est trop marrant !". Tout ce petit monde va regarder la vidéo et ne pas se marrer, avant de dire "J’en connais une autre trop bien." et ainsi de suite durant trois plombes, jusqu’à ce que finalement, tout le monde admette ouvertement se faire chier.

Bref avec ça, au mieux votre invitée repart poliment, parce que Youtube, elle l’a aussi à la maison, au pire se pend pendant un sketch de Cyprien, Norman ou autre prénom mystérieux.

Une autre option ? Pas de souci !

Les photos de vacances

Parce que oui : il y a pire que Youtube. Vous installer devant un PC pour faire une soirée diapo, soit l’avatar des moments chiants depuis l’invention du projecteur. Vous pourrez ainsi raconter des choses chiantes à quelqu’un, lui conter des moments rigolos qui ne feront pas rire parce que la personne n’y était pas, et vous perdre vous-même dans le flot de votre récit décousu pour cause de "Attends, c’était où ça ?" "Tiens, pourquoi cette photo est sur le côté ?" ou le célèbre "Raaah, comment il s’appelait, lui ?" alors que tout le monde s’en fout puisque personne ne le connait. Connaissez-vous une seule personne qui hurle "Chouette !" lorsque vous proposez une soirée Powerpoint ? Parfait : alors gardez vos photos de vacances pour vos vieux jours. Ou allez visiter des abattoirs roumains, je ne sais pas, mais faites quelque chose.

Enfin, mettons que malgré tout, vos activités excitantes comme un tableau Excel la rendent folle : un mot de la fin, artdeséduire.com ?

Tips bonus :

Capote à portée de main parce que si vous ratez la fenêtre de tir, elle va se mettre à réfléchir, et réfléchir, c’est mal… 

Hé bien je crois que tout est dit.

Je n’ai plus rien à ajouter.

Merci, artdeséduire.com.

_________________________

Elle s’appelait Mairin.

Je l’avais rencontrée à un vernissage au Grand Palais. Elle avait ce rire discret qui, loin des exclamations ouvertement hypocrites des autres invités feignant de s’esclaffer au moindre mot des personnalités présentes, était à la fois honnête et communicatif. Elle était Irlandaise, et était en France suite à un échange Erasmus, afin d’étudier la littérature de notre beau pays. Elle avait un avis assez tranché sur bien des auteurs et, loin d’analyser chaque virgule de leurs textes, elle essayait de voir dans les livres l’expression d’une pensée cristallisée sur papier, l’écho de l’imagination d’un esprit nous ayant quitté depuis bien longtemps. Son curieux discours, presque spiritiste, avait quelque chose d’intrigant. Nous restâmes à discuter sous les hauts plafonds de l’auguste bâtiment durant un long moment, tant et si bien que ce fut finalement la sécurité qui nous demanda de sortir avec les derniers traînards.

Elle eut une exclamation plaintive en constatant que le dernier métro était parti depuis bien longtemps, et qu’elle allait devoir prendre un taxi. Je lui proposai ma voiture, et l’espace d’un instant, je crois que je vis dans son sourire un signe m’invitant à ne pas l’amener à M. Guttierez. Engoncés dans la banquette arrière à poursuivre notre conversation sous la lumière changeante des lampadaires défilant autour de notre véhicule, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivés au bas de son immeuble. Je lui souhaitai bonne nuit en feignant le désintérêt le plus total, et elle réagit en se collant à moi, me chuchotant à l’oreille que si je ne montais pas, elle se retrouverait malheureuse à lire son ouvrage de chevet, de…

Mairin eut à peine le temps de sentir le canon du Maüser s’insérer dans notre étreinte au niveau de son estomac qu’il y eut trois détonations sourdes, avant qu’elle ne glisse au sol dans un bruit mou.

Elle venait de m’avouer lire Guillaume Musso.

Il ne fallait pas exagérer non plus.

Et tant pis pour ses reins.

Communiquer avec les femmes n’est pas chose aisée.

Nombre de jeunes mâles ont tendance à approuver cette phrase, sachant qu’ils ne parviennent pas eux-mêmes à engager la conversation avec la splendide créature installée à quelques tables d’eux et qui leur jette un regard de braise, principalement parce qu’ils ne sont pas sûrs de lire dans les yeux de la demoiselle l’expression d’un puissant désir ou plus simplement un rire contenu à la vue de boutons d’acné purulents disposés au coeur d’un duvet crasseux. Il faut dire que la femme est un être profondément mystérieux, dont le système de communication semble complètement différent du nôtre, sa voix s’élevant parfois, à l’évocation de Robert Pattinson, dans des fréquences ne pouvant être entendues que par les chiens, les hamsters et les fans de Skrillex. Et je ne parle même pas des fois où elle répond "Non." quand on lui demande si elle fait la gueule, alors que son visage est tordu depuis 10 minutes dans une grimace dont chaque trait semble être issu du cadastre des fosses rougeoyantes de l’enfer. Bref : communiquer avec les femmes n’est définitivement pas simple.

Pourtant, l’Union Européenne, toujours en quête de nouvelles aventures, a décidé de lancer une grande campagne de communication à destination de ces êtres afin de leur rappeler que les carrières scientifiques n’étaient pas l’apanage des gens qui font pipi debout. Son nom ?

Science, it’s a girl thing !

Et comme les choses sont bien faites, il y a même une vidéo visant à résumer la chose, mais comme je suis grand prince, je vous propose d’en découvrir ce que je suppose être la genèse.

___________________________________________

Bruxelles, un lundi matin, 10:43

"Régis, Michel, les gars, on vient d’avoir la réponse : on a décroché le marché de l’Union Européenne pour la campagne visant à attirer plus de filles vers les carrières scientifiques. On a mis les stagiaires sur les cartes de visite de la COGIP, alors ce matin, les gars, on brainstorme. Je veux des idées, du punch, du lourd. Alors je vous écoute les champions.
- Bin, j’y connais pas grand chose en filles moi.
- Ah ?
- C’est-à-dire que je collectionne les figurines de mangas. 
- Hmm, je vois, vous avez des gris-gris repoussoirs chez vous. Bon, c’est pas grave, Michel, vous ?
- Bin heu… c’t’à dire… 
- Michel, j’ai vu des photos, vous aviez une queue de cheval dans les années 90. Alors vous êtes ce qu’on a de plus proche, remuez-vous. 
- Je… et bien les filles ça… ça porte des jupes ?
- Hmmmouiiiii, c’est pas mal, mais vous n’auriez pas plus… vous voyez ? Concret ?
- Je crois que ça met du rouge à lèvres et que ça se peint les ongles en rose. Et puis c’est petit alors ça porte parfois des talons.
- Okay, c’est bien, c’est bien, mais maintenant il faut qu’on mette un rapport avec la science, c’est le thème de la campagne.
- Moi je sais, on pourrait mettre des filles en tenue d’écolières nippones qui se frottent à d’énormes tubes à essai ! 
- En fait Régis, fermez votre gueule. Continuez Michel.
- Bin c’est-à-dire que la science c’est un truc de mec.
- D’où cette campagne Michel, mais oui vous avez pas mal cerné le sujet.
- Bon bin alors on a qu’à mettre des filles, et puis pour dire qu’il y a de la science, on met un scientifique. Mais un mec, sinon ce ne sera pas crédible.
- Je crois que l’on tient quelque chose. Les gars, on descend au studio, on commence la production direct."

___________________________________________

Vous pensez que je fabule ? Moi-même je n’en suis pas certain, mais jugez par vous même, le résultat est ici, et comme je sais que moult lecteurs surfent sur ce site sur leurs heures de bureau au lieu de relancer l’économie mondiale, spoilons un peu ce que ça donne.

Je suis d’accord avec vous, on voit bien que cette image est complètement photoshopée : on sait tous que seul un homme peut prendre la pose sans glousser

Fond bleu pastel, trois donzelles s’avancent sur fond de musique électronique en direction de la caméra ; toutes trois battent le rythme au son de leurs talons hauts, faisant onduler leur croupe d’une manière bien étrange sous leur mini-jupe, façon "Il y a de la houle, mais juste dans mes fesses, c’est très curieux" (mais que l’on se rassure, ces damoiselles ont le pied marin)

Soudain, Francis le scientifique (il a une blouse et des lunettes), qui était occupé à rechercher un truc utile à l’humanité comme par exemple une arme bactériologique contre les utilisateurs de mini-motos, lève les yeux de son microscope au son des talons s’approchant. On sent bien que ça le travaille, Francis, tout ce bordel dans son laboratoire pendant qu’il bosse. Et puis où est passé le labo, d’ailleurs, bordel, qu’est-ce que c’est que ces couleurs pastel ? Et cette musique de merde ? Non mais ho, il y a des gens qui travaillent nom d’un petit bonhomme ! Francis, bougon, chausse donc ses lunettes pour mieux observer ce qu’il se passe.

Nos trois donzelles s’arrêtent devant lui donc dans une pose digne des drôles de dames, alors que la lumière d’un projecteur révèle leur apparence, visiblement le fruit de l’union perverse de Jean-Louis David et d’une pigiste de chez Closer.

Francis prend donc son air sérieux du genre "Mais, qu’est-ce que c’est que ces connasses ?"

Et là, c’est parti.

Talon qui couine, riff de guitare, décors kitsch à base de pois roses et jeune fille qui se déhanche alors que du vernis à ongle apparaît en gros plan avant de laisser la place à du rouge à lèvres… le bathyscaphe de la caricature  s’enfonce dans les profondeurs du girly

Des ongles soigneusement tartinés tapotent une table, des microscopes étudient des produits tout roses ou tout rouges, voire carrément choupis

Des instruments scientifiques apparaissent brièvement avant de laisser place à une jeune fille qui glousse face à la caméra parce que la science, c’est trop le lol (coucou Petit Robert)

Une donzelle main sur la hanche et gilet vintage sur le dos écrit sur un tableau transparent des formules diverses au milieu d’un studio photo façon modèle de mode en pleine séance

Une fille fait un regard sensuel à la caméra (la science, c’est très excitant), une autre danse, un pinceau à poudre envoie des milliers de particules de maquillage en l’air

Les filles continuent de sauter dans tous les sens, laissant supposer qu’elles sont complètement défoncées, alors qu’apparaissent par flash des produits chimiques multicolores, d’où une certaine envie de rapprocher cause et effet et d’appeler immédiatement les stups

Les mêmes reviennent, cette fois hilares après avoir trouvé un chapeau et des grosses lunettes de soleil (ne me demandez pas le rapport ou même ce que ça foutait là) en montrant la caméra du doigt, souriantes (on sent bien que Francis, lui, s’est cassé depuis longtemps, sentant venir l’arrivée imminente de poneys)

Les produits chimiques continuent de défiler, toujours de couleur flashy, alors que les donzelles précédemment évoquées réapparaissent dans des activités sensiblement proche de ce que l’on évoquait, à savoir une sorte de crise quelque part entre l’hystérie et les convulsions épileptiques

Une maquette de molécule passe, et visiblement, ça étonne très fort une jeune fille sur fond rose dont la coiffure n’est pas sans rappeler un Paris-Brest

Ça glousse, glousse, ça envoie des bisous dans le vent, on voit des pinceaux à maquillage en gros plan, et à un moment, on voit passer l’hydrogène, ne me demandez toujours pas pourquoi, probablement qu’il était invité à la soirée pyjama du coin (l’hydrogène adore les soirées pyjamas, même si tout le monde sait qu’il pleure devant "Raison & sentiments" en mangeant de la glace)

Les filles dansent, se frottent l’une à l’autre, affichent un rose à lèvre capable de rendre aveugle tout être ayant une vague notion d’esthétique dans un rayon de deux bons kilomètres, puis agitent d’énormes lunettes mouches

Finalement, toujours sur fond rose et alors qu’elles gloussent les mains sur les hanches comme des Miss France devant Jean-Pierre Foucault, elles enfilent des lunettes de protection de laboratoire marquées "Science, it’s a girl thing" avec du rouge à lèvre figurant le premier I et…

C’est tout.

Si vous le voulez bien, résumons ensemble ce que cette vidéo nous a appris :

- Il ne faut pas amener de nanas dans des laboratoires, sinon ça glousse dans tous les sens, ça danse en agitant des conneries et ça emmerde tout le monde avec ses talons

- Le seul être que nous avons vu s’intéresser sérieusement aux sciences est un homme

- "Science, it’s a girl thing", mais finalement, les nanas semblent intéressées par à peu près tout sauf la science

A ce stade, je ne sais pas vous, mais j’ai tout de même l’impression qu’il y a un génie dans la salle, qui n’a pas hésité à courageusement mettre un peu plus de 100 000€ (c’est le coût du clip) sur la table pour hurler au monde que les femmes, c’était quand même avant tout des poufs en puissance ; j’imagine que dans la première version, l’intégralité du clip se passait dans un poulailler mais qu’au final, l’un des auteurs derrière cette perle s’est dit "Non, merde, c’est quand même insultant pour les poules, faut qu’on arrête de déconner. Vas-y, on le refait avec des nanas.". Je n’ose d’ailleurs pas non plus imaginer comment les mêmes auraient fait pour intéresser les filles aux métiers de l’armée : donzelle qui rigole en se peignant le visage façon camouflage, louloute qui débarque en talons hauts avec son famas avant de se mettre à glousser en polissant son casque, ou même, pourquoi pas, un passage formidable où l’on expliquerait aux femmes qu’elles peuvent devenir pilotes de char, ce qui rendra tous leurs créneaux infiniment plus faciles (un vieux fantasme du sexe faible).

Poule venant juste de visionner le clip

Les choses auraient pu s’en arrêter là, mais les mêmes se sont dit que, tiens, dis-donc, et si en plus, on lançait un petit camion sur les routes d’Europe pour aller de ville en ville présenter la campagne aux jeunes filles désoeuvrées (à savoir toutes celles qui ne font pas la vaisselle, donc, comme j’imagine que doit le préciser le cahier des charges de la mission), et tenter de leur proposer une carrière dans le milieu scientifique ? D’accord, mais qu’y aura t-il à bord ? Des récits de jeunes filles ayant réussi dans les sciences ? Une biographie de Marie Curie avec son petit atelier "Toi aussi mets toi du radium dans le museau" ? Non, mieux, car comme nous le dit le site :

Les jeunes filles y seront par exemple invitées à réaliser elles-mêmes un baume à lèvres, ou visiter un “ bar à oxygène ” dans lequel elles devront identifier différents arômes tels que la menthe, le chocolat ou la fraise

Parce que oui, hein, ça reste des êtres sans âme, vous n’imaginez tout de même pas que l’on va leur parler de faire décoller des fusées, sauver des gens ou de protéger l’environnement : non, on va en rester aux parfums, rouges à lèvres et autres accessoires plus ou moins liés à la mode parce que sinon, elles ne comprendraient pas. Elles resteraient là, la bouche ouverte et les yeux ternes, ce qui est très mal puisque c’est un coup à se retrouver à l’affiche de Blanche-Neige. Des gens, plein de mauvaise foi, ont cependant sous-entendu que la femme serait un être plus intelligent qu’une sorte de Paris Hilton complètement défoncée (si vous ne saviez pas ce qu’est un pléonasme, vous venez d’en lire un), et que donc, le clip serait un peu insultant. Le site n’est donc pas resté silencieux sur le sujet et, plutôt que de faire remarquer que le deuxième sexe devrait déjà être bien content qu’on le laisse rechercher le boson de Higgs ("Ho non, je veux pas, j’ai lu dans Public que ça faisait gagner de la masse et j’ai déjà un assez gros cul", aurait répondu une scientifique comme celles du clip) alors qu’il n’est déjà pas foutu de retrouver sa position sur une carte, a donc répondu aux viles critiques :

Le principe du clip est de combiner des images liées aux sciences (électronique, mathématique, chimie, physique) avec des images proches des cosmétiques et de la mode pour montrer aux jeunes filles comment la science est déjà présente dans leur vie

Oui parce qu’on l’imagine bien : si l’on avait évoqué, je ne sais pas moi, le fait que la médecine faisait partie de leur vie, elles n’auraient sûrement pas compris le rapport, et auraient commencé à suer à grosses gouttes, faisant ainsi méchamment couler leur maquillage. Il faut dire que, comme chacun sait, seul le chromosome Y permet de voir le monde réel et la science au quotidien : voitures, ordinateurs, avions, santé… à partir du moment où on ne l’a pas, on est persuadé de circuler à poney, de tapoter sur des trèfles magiques, de voler en licorne et d’être guérie par des lapins gentils qui font nif-nif avec la truffe là où ça fait bobo. D’où le clip. Enfin, en tout cas, c’est l’explication la plus crédible, je crois. D’ailleurs, ce n’est pas fini ! Car le site, toujours dans son petit texte de justification sur cette vidéo, n’hésite pas à savamment expliquer pourquoi, accessoirement, la campagne est bourrée de rose, et la réponse est limpide :

Parce que le rouge était considéré comme trop adulte

Une démarche bien légitime, puisque l’on imagine bien ce qu’il se serait passé si, à tout hasard, on avait tenté une campagne tournée entre autres vers de jeunes filles de 18 ans autrement qu’en partant sur le principe que ce n’était pas des adultes. Vous imaginez ? C’eut été les responsabiliser ou les prendre au sérieux : et honnêtement, à 18 ans, comment peut-on prendre au sérieux une femme, qui plus est avec le droit de vote ? Non, il fallait bien faire attention à leur rappeler leur place parce que sinon, ça va être le chaos, et vous verrez qu’un jour, elles demanderont l’égalité de salaire à responsabilité égale (heureusement, à l’heure actuelle, les associations prétendant les représenter sont plutôt occupées à gérer "Madame" et "Mademoiselle", ce qui devrait, Messieurs, nous laisser encore un peu de temps pour nous gaver en paix. On notera d’ailleurs, dans le même registre et sur la page principale du site, le mot "love" écrit en majuscule pour bien qu’on puisse le voir, sur fond rose, et avec de gros coeurs. On m’annoncerait que l’ensemble de la campagne a été confiée à Valérie Damidot que ça ne m’étonnerait pas.

A force de duckfaces, il ne faut pas s’étonner de ne pas être prise au sérieux Mesdemoiselles, ça vous apprendra.

C’est pourquoi je me permets aujourd’hui de proposer à l’Union Européenne les thèmes des prochaines campagnes visant à augmenter la proportion de filles dans des milieux très masculins :

"Computer, my Best Friend Forever"

Avec une campagne où l’on voit de jeunes filles jouer aux Sims, déplacer des Pets Shops sur un Ipad ou se frotter langoureusement à des joueurs de WoW

"Politic : it’s a bitch thing !"

Où l’on met en avant de jeunes donzelles gloussant à l’assemblée ou faisant les magasins au lieu de siéger au parlement. Rachida Dati s’est déjà proposée.

"Légion Etrangère, une aventure au poil !"

Axée autour de la non-épilation au sein du corps des sapeurs, on y verra des damoiselles follement s’amuser en se passant tour à tour une imposante moustache, une barbe, et essayer un képi blanc pour compléter leur tenue d’été

Franchement, si avec ces idées là on arrive pas à faire plus sérieux que cette campagne, je ne sais plus quoi faire.

Merci, l’Union Européenne : il était grand temps que quelqu’un rappelle leur place à nos amies les femmes.

J’ai toujours aimé les analyses fines et pertinentes.

Si c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne lis jamais Le Figaro, c’est aussi celle qui me pousse à admirer la horde de nouveaux experts qui envahissent nos médias pour faire part d’explications poussées sur le fonctionnement de notre société : sexologues autoproclamés dont les connaissances se basent sur leur vision de la dernière soirée mousse chez Michou, psychosociologues dont les propos ressemblent plus à une oeuvre de tautologie qu’à une interprétation pertinente de comportements modernes, ou autres mots en -logue qui signifient qu’un amateur se déclare expert du jour au lendemain et que sa tribune est vérité (exemple : "un blogue"), autant de choses qui me font rêver.

Aussi, lorsqu’en ce beau dimanche, je suis tombé sur l’interview d’un certain Gilles D’Ambra, psychologue vantant les mérites de son dernier livre (qui date un peu, mais je m’étonne que personne n’y ai réagi) permettant de mieux comprendre les hommes, je m’attendais là encore à quelque chose de haut niveau. "Nenni", me glisseraient de facétieux lecteurs amateurs de pinaillages ; "Un psychologue, c’est quelqu’un avec une vraie formation, une vraie expérience et un diplôme : il s’agit d’une profession réglementée, contrairement à celles que vous citiez ci-dessus ; voilà qui est gage de sérieux et qui donnera sûrement lieu à une analyse pertinente, vil pessimiste".

Et en effet : le bon Gilles s’empresse de montrer dans son propos de qualité chez Doctissimo que ce n’est pas un rigolo à l’analyse facile. Ho que non.

Réponse : "Parce qu'ils fuient les greluches qui lisent ce genre de trucs"

Je vous propose donc de lire ensemble ce fabuleux monument de psychologie qui fera date ; Sigmund, accroche toi à ta coke.

Pourquoi les hommes sont lâches en amour ? C’est la question à laquelle répond le psychologue Gilles d’Ambra dans son livre.

Notez que nous commençons très fort : directement, il ne s’agit pas de parler des hommes lâches en amour, ou de cas précis, non ; il s’agit de tous les mettre dans le même sac. L’homme est un lâche dès qu’il s’agit de relations sentimentales : il se cache, se fait porter pâle, et parfois même s’enfuit en Amérique du sud pour y devenir éleveur de chevaux dans la pampa afin d’échapper à Lola, la correspondante bavaroise qui venait de lui confesser son amour. Si l’on suit l’analyse de Gilles, qui je le rappelle, traite de TOUS les hommes sans distinction, les gays doivent avoir de gros soucis et être une sorte de communauté d’autistes qui refusent de se fréquenter par peur mutuelle. Diantre.

Mais son ouvrage est surtout un guide pour aider les femmes à comprendre ces messieurs, pour construire un couple solide, basé sur le partage. Doctissimo l’a interrogé sur les recettes pour comprendre le sexe opposé.

Ah. Soit, soit : il ne s’agir donc ici que de traiter du cas des hommes hétérosexuels, pour que les femmes puissent enfin comprendre et dompter ces créatures mystérieuses : pourquoi rechignent-ils à faire les boutiques avec elles en gloussant ? Qu’est-ce qui les fascine dans les soirées foot et bières ? Et pourquoi n’aèrent-ils pas après leur traditionnel concours de pets post-choucroute ? Autant de questions que le sieur d’Ambra doit aborder, du moins, je le suppose, s’il s’agit de tout révéler sur le sexe fort aux membres du sexe faible (on appelle ça de la trahison mon petit Gillou ; passer des informations à l’ennemi, c’est très mal, tu es bon pour le peloton, Mata Hari). Une occasion pour les lectrices de ce blog, interdites de lecture lors d’un article précédent, de se venger céans en s’emplissant les mirettes d’informations pertinentes obtenues directement auprès d’un professionnel.

Attention mesdemoiselles : première question.

Doctissimo : Vous affirmez que les hommes sont lâches en amour. Est-ce vraiment la règle ?

Gilles d’Ambra : Vous savez, le courage des hommes, c’est un mythe, les femmes sont bien plus courageuses. Les hommes sont courageux quand il s’agit d’aller chasser le mammouth ou de faire la guerre, et parce qu’ils sont bourrés de testostérone et en groupe. Mais dès qu’il s’agit d’amour, ils deviennent lâches. Prenez l’exemple de la rupture : lorsqu’ils n’aiment plus, ils vont se taire et attendre que leur compagne s’en rende compte

Voilà : première règle à connaître, tous les hommes sont identiques. Tous. Sans exception ; en fait, c’en est à se demander à quoi nous servent nos psychologues, et pourquoi ils ont besoin de s’entretenir individuellement avec leurs patients, puisqu’en réalité, quand on en a vu un, on les a tous vu. Je rappelle que le charmant garçon qui fait cette analyse est un professionnel du secteur, hein. Non, je sais, on ne le dirait pas comme ça, mais si, si. Il a peut-être même une clientèle : brrrr.

Mais revenons au sujet : les hommes sont courageux dès qu’il s’agit de guerre ; ils ne fuient jamais, n’ont jamais peur, et pour peu qu’ils soient en groupe, ils partent même coller des grenades dans des nids de mitrailleuse en rigolant (vous ne pouvez pas comprendre ça les filles : c’est comme le concours de celui qui pisse le plus haut, c’est une sorte de private joke, mais directement située sur le chromosome Y). A l’inverse, aucun mâle ne plaque jamais sa nana ; il se contente soudainement de devenir muet ; du genre vous lui demandez où il a rangé le saucisson, et là, le bougre se contente de ne rien dire, alors qu’il y a deux minutes, il causait encore nonchalamment de son amour pour la charcuterie : point de maladie mystérieuse là-dessous , il a tout simplement perdu l’usage de la parole. Le signe ultime comme quoi il compte rompre (et si vous ne rompez pas dans les deux semaines, sa langue se nécrose et tombe).

Non, jamais un homme ne plaque sa nana. Ça ne s’est jamais vu : il ne peut pas. Il laisse l’autre faire et se tait. Si l’une d’entre vous prétend que ça lui est pourtant déjà arrivé, c’est que c’est une menteuse. En même temps, quelle femme ne l’est pas ? 

Le Mime Marceau a passé des années à tenter d'expliquer à sa nana qu'il voulait la plaquer

Par contre, en suivant ce raisonnement pas du tout caricatural, mesdemoiselles, n’hésitez pas : pour pimenter un peu vos aventures nocturnes, criez lui  "Prends-moi comme tu prendrais un nid de mitrailleuse !" ; et là, vous le verrez motivé comme jamais vous sauter dessus avec le visage noirci au charbon. Par contre, assurez-vous de ne pas avoir de grenades dans la maison : il pourrait mal l’interpréter.

Doctissimo : Mais l’homme a tout de même changé depuis l’aube de l’humanité ? 

Gilles d’Ambra : Pas tant que ça.

Wongo wongo. Homme pas trop changer : toujours mettre slip en fourrure avant de trouver femelle de la tribu des Poux Fhiasses pour venir réchauffer homme dans grotte. Faire parade amoureuse : proposer "Toi vouloir dernier verre de sang de mammouth ?", puis glisser poudre magique du chaman qui fait dormir dedans ; enfin, ramener femelle en traînant par les cheveux jusqu’à grotte, avant accouplement sur peau d’ours. Wongo.

Autre possibilité : "Depuis l’aube de l’humanité, il y a toujours des types qui font des analyses de daube, ça n’a pas trop changé". Auquel cas, j’approuve.

D’ailleurs il y a plus de gènes communs entre un homme et un singe qu’entre un homme et une femme.

C’est pour ça que Wongo parfois être turgescent au zoo. Singe mieux que femme : est très tendre quand il épouille et suffisamment évolué pour pas porter Wayfarer. Zoophilie très tentante.

On peut voir des similitudes entre les types d’hommes et les races de singes.

Bien que cette phrase soit probablement approuvée par une certaine frange de l’extrême-droite (oui je parle de frange, mais comme j’ai parlé de Wayfarers avant, l’enchaînement est parfaitement logique), notez que ce genre de propos serait considéré comme honteux si le mot "homme" était remplacé par "femme". Mais comme ce n’est pas le cas, le type a même le droit à une interview sur Doctissimo et à de la publicité pour son livre.

Par exemple :

L’orang-outan : il vit seul, il râle dès qu’on lui demande quelque chose, il n’aime pas sortir. A réserver aux femmes indépendantes qui n’ont pas besoin de trop d’affectif

Bref, vous pouvez aisément le remplacer par un petit jouet en plastique fonctionnant à pile. Encore une fois, on aurait inversé le tout et écrit "Elle vit seule, elle râle dès qu’on lui demande quelque chose et n’aime pas sortir. A réserver aux hommes indépendants qui ont juste besoin d’un plan cul régulier ou d’une ménagère", on aurait hurlé. Mais là, non.

Le gorille : issu d’une famille nombreuse, il est très social et agréable à vivre. C’est un bon vivant. Pour celles qui recherchent une relation stable et familiale 

Parfois aussi, il vous défonce la gueule parce que vous avez fait tomber la banane qu’il convoitait. Il est comme ça, le gorille. Un peu taquin, mais avec de grosses mains (et souvent dans la margoulette). Mais il vous aime, hein.

Le chimpanzé : il vit beaucoup avec ses amis et il est susceptible et individualiste. Pour les femmes éprises de liberté.

Il manque à cette liste "le ouistiti : il est tout petit, il a l’air un peu con mais il vous fait marrer", "le paresseux : il n’en branle pas une, mais au moins, vous êtes sûre de le retrouver là où vous l’avez laissé" ou encore "le nasique : il a un grand nez, mais on sait toutes ce que ça veut dire, hihihihi". Quel dommage que notre fin analyste s’en soit arrêté ici dans ses métaphores animales.

C'est vrai que le gorille a l'air sociable, en fait

Doctissimo : Hommes et Femmes seraient donc restés identiques depuis la nuit des temps ? 

Gilles d’Ambra : Non, bien sûr que non. Aujourd’hui, les femmes sont heureusement pour elles plus autonomes, elles n’ont plus besoin des hommes pour faire leur vie.  Et les mâles ont donc totalement perdu leurs repères. Ils ne savent plus comment aborder les femmes, et en deviennent souvent encore plus lâches.

On ne sent pas du tout le fait que le type compte vendre son livre à des femmes : "Hahaha, bien sûr que non : les femmes ont super évolué, ce sont des êtres formidables. Par contre, les hommes sont restés de gros cons, eux ils ne pigent toujours rien à rien. A part moi bien sûr, c’est même pour ça que j’ai écrit un livre dans lequel je vous explique tout."

Mais effectivement, l’homme a perdu tous ses repères dans le monde moderne ; il ne sait plus comment s’y prendre avec les femmes. Alors des fois, il en a marre, il laisse tout tomber, et il tente de l’attraper dans un Sofitel. Mais là encore, ça prête à controverse : comment un être aussi lâche qu’un homme aurait-il pu aborder une femme ? Logiquement, il aurait dû s’enfermer dans la salle de bain en hurlant "Allez-vous en vilaine femelle, vous me faites peur, j’en perds tous mes repères, hiiiiii, ne vous approchez pas de la porte où je pleure !".

Doctissimo : Pensez-vous que dans un couple, une femme peut réussir à faire changer un homme ? 

Gilles d’Ambra : On ne peut pas changer la nature profonde de quelqu’un comme ça. Lorsqu’une femme se met avec un homme en se disant "avec moi, ça va être différent", cela se termine toujours mal. Quand vous achetez des chaussures, vous les prenez à votre pointure, même si après elles vont se faire à votre pied ! Avec un homme, c’est pareil ! Il faut prendre la bonne pointure !

Là, nous sommes tous d’accord : on ne peut pas changer un homme ; le faire devenir fidèle, lui faire arrêter la bière, lui apprendre à baisser la lunette des WC ou à arrêter de secouer les draps en hurlant "La vache, celui là il fouette" lors que son transit se fait difficile… autant de choses auxquelles il faut renoncer d’entrée de jeu.

Doctissimo : Et selon vous, quelle est la clé d’un couple qui fonctionne ?

Gilles d’Ambra : Il n’y a pas de recette miracle. Mais il faut avant tout de la réciprocité. C’est la stratégie gagnante à terme. Le but est de ne pas essayer de battre l’autre, mais de jouer le jeu de la relation à deux, de respecter l’autre, et de ne pas jouer au plus malin : la franchise est essentielle.

Attendez, on la refait :

"Question : Selon-vous, quelle est la clé d’une relation ?

Réponse : Jouer le jeu de la relation."

Aaaaah, ouais, pas con. D’autres conseils, sinon ? "Pour vivre heureux, vivez contents" ? "Soyez francs pour dire la vérité" ? "Trop de whisky, caca kaki"? Nom d’une pipe, ce n’est plus un psychologue, c’est Monsieur de la Palice sous ecstasy. La suite, vite, je me meurs, je veux en apprendre plus sur moi, pauvre mâle.

Avec ce livre, vous pouvez vous aussi devenir un fin analyste moderne

Doctissimo : Vous parlez de franchise, mais vous conseillez de ne pas tout dire.

Gilles d’Ambra : Il faut être honnête, ne pas raconter d’histoires, mais ça ne signifie pas se lâcher et exprimer tout ce qui nous passe par la tête ! Il ne faut pas tout dire, mais il faut jouer franc jeu.

Quel caméléon, cette fois on dirait du Jean-François Copé tellement c’est empli de bonne foi : "La franchise, c’est bien, mais il faut bien faire attention à ne pas tout dire". Le terme "mensonge par omission" est donc officiellement placé dans les instruments servant la franchise : bravo, c’est du grand art. Ma mauvaise foi et moi avons envie de vous adouber chevalier du pipeau.

Un exemple, peut-être, histoire d’aller jusqu’au bout du concept ?

Prenez l’infidélité par exemple. A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple. Car entretenir une deuxième relation, mentir, cela va à l’encontre justement de la franchise et de la réciprocité. Mais un "dérapage" ponctuel, un "accident" est possible et ne doit pas forcément remettre en cause la relation ni d’un côté ni de l’autre. 

"A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple." ; après les lapalissades, les euphémismes : quelle maîtrise des figures de style, je pleure des larmes de sang tant la jalousie fait battre mon petit coeur de mâle arriéré.

En tout cas, c’est un excellent exemple de confiance dans un couple : les filles, faites bien attention à ne pas dire à votre partenaire que vous copulez avec Pedro, le chilien du 5e qui fait la sécurité à l’entrée du Macumba ; c’est ça, la franchise.

Je rappelle que ce livre est un recueil de conseils pour aider ces dames à mieux comprendre et garder leurs hommes : si avec ça, elles ne finissent pas toutes à la rue avec un tabouret dans l’oeil, c’est à n’y plus rien comprendre. Mais il est vrai que je n’ai aucun diplôme de psychologie, tout cela doit m’échapper. Trop subtil, sûrement.

Doctissimo : Et comment faire pour garder son homme ?

Odieux Connard : Ne surtout pas lire ce livre

Gilles d’Ambra : Pour que la relation dure longtemps, il faut arrêter de la vivre comme si elle était un bien de consommation jetable ! Car aujourd’hui de nombreux couples vivent leur relation uniquement dans l’immédiat sans projeter plus loin que la semaine suivante. L’amour, c’est le désir de l’autre, la tendresse, mais c’est aussi partager et construire des choses ensemble, lancer des projets. C’est s’engager réellement, même si ce n’est pas forcément pour la vie.

"Pour que la relation dure longtemps, il faut qu’elle soit durable" suivi de "Pour vivre à deux, il faut vivre ensemble". Cet homme a un don ; on ne parle même plus de talent à ce niveau-là.  Je crois que je vais faire un don à Notre-Dame-du-Nawak pour qu’ils fassent faire un vitrail à son effigie. Et les pèlerins en manque d’analyses de qualité s’y rendront en masse pour s’agenouiller devant cet avatar de verre qui les contemplera de son piédestal drapé dans ses certitudes.

Il n’empêche que je suis de mauvaise foi : maintenant, j’en sais plus sur moi, dans ma condition de pauvre homme. Merci de ta subtile analyse, Gilles d’Ambra. Que l’on peut retrouver dans "Pourquoi les hommes sont lâches, Petit traité de psychologie masculine à l’usage des femmes qui aiment encore les hommes", ouvrage qui pour moins de 20€, vous permettra de devenir une véritable experte en psychologie masculine. Je suis sûr que vous vous demandez déjà pourquoi il ne se trouve pas dans votre bibliothèque.

Cependant… attendez, attendez, si je relis cette histoire… au tout début, ce fin expert nous disait qu’un homme ne pouvait plaquer une femme, ou pire, lui parler. Mais alors, qui suis-je, que suis-je pour virer au matin des filles de mon lit en marmonnant "Vous êtes gentilles mais maintenant, cassez-vous si vous ne voulez pas ramasser un coup de pelle" ?

J’en suis tout chamboulé : je crois qu’il me faut un psy.

Et je crois que je sais déjà à qui m’adresser. Quelle puissance décidément.

Bonjour chers lecteurs.

Aujourd’hui, je reçois une lettre de la jeune Coline, qui habite l’Allier. Permettez-moi de vous la lire :

"Bonjour cher Odieux,

Je vous écris car je suis dans une détresse terrible : non pas seulement parce que j’habite l’Allier, mais aussi car ma vie est aussi vide qu’un journal télévisé de David Pujadas. En effet, malgré mon doctorat en physique nucléaire et un poste au CNRS, j’ai l’impression qu’il manque quelque chose à ma vie. Je me pose de nombreuses questions, réfléchis longuement le soir en pensant à vous nue sur ma terrasse, mes pieds froids réchauffés par la pierre encore tiède d’une chaude journée ; mais hélas, je ne puis sentir la chaleur véritable, celle de votre présence à mes côtés, et je reste donc longuement à sangloter, mes yeux rougis tournés vers les pâles lueurs émanant de la voûte céleste en espérant que vous daignerez enfin tourner votre regard vers moi. D’ailleurs je…"

Attendez, je saute quelques lignes. Tsss, ces pipelettes alors. Voyons voir… blablabla grande maison… blablabla coeur torturé… blablabla 95D… Ah, voilà.

"… goulûment. Aussi, je voulais vous demander : voudriez-vous m’épouser ? Et sinon, vous sauriez pas comment faire pour devenir une blogueuse mode ? Ce n’est pas pour moi, c’est pour une amie. Moi j’ai du goût et des seins : deux choses incompatibles avec ce milieu.

Bien cordialement,

Coline"

Chère Coline, permettez-moi de commencer par répondre à votre seconde question :

Comment devenir une blogueuse mode ?

Devenir une blogueuse mode, c’est facile : un peu de bonne volonté, un look, un speech et un blog, et ensuite vous êtes partie vers le succès. Une petite trépanation pourrait vous aider aussi, mais tentons de faire sans : c’est tout le défi.

Mode : théorie visant à expliquer que le moche est beau aujourd'hui mais ne le sera plus demain, aussi faut-il en acheter plein maintenant

Le look

Pour devenir une blogueuse mode, le secret réside avant tout dans l’apparence : si vous n’êtes pas capable de faire croire aux autres blogueuses que vous avez autant de mauvais goût qu’elles, elles risquent de se douter de quelque chose et de vous rejeter. Dès lors, vous n’entrerez pas dans la communauté voulue, sentirez l’opprobre s’abattre sur vous et lorsque vous voudrez retourner dans le monde des humains, vous serez rejetée pour avoir tenté d’intégrer la Confrérie des Pintades (organisation regroupant les blogueuses-mode sous forme d’association loi 1901, réunion dans les catacombes de Paris pour comploter le premier mardi de chaque mois, vous ne pouvez pas vous perdre, il suffit de suivre les gloussements et les cris hystériques parce que quelqu’un a trouvé un string à paillettes à 32€ seulement pour vous y rendre). Ni tout à fait blogueuse-mode ni tout à fait humaine, vous sombrerez dans la dépression et vous suiciderez en tentant d’ingurgiter le contenu de deux flacons de vernis à ongle Gemey-Maybelline.

Je rappelle pour la petite histoire que les blogueuses mode (ou apprenties) qui se suicident vont en Enfer (il n’y a pas de limbes dans leur monde, quelqu’un d’inexistant ne peut pas exister dans le néant, pour des raisons mathématiques évidentes), un endroit froid et aseptisé où n’y a rien à acheter et où il est interdit de pousser des cris de truie qu’on égorge. Certains appellent ça une bibliothèque aussi, mais bon, ne nous étendons pas.

Bref, première étape : le "look" ; n’oubliez pas le principe : porter des trucs hideux (la blogueuse mode elle-même en est consciente, puisque 5 ans après avoir porté un truc "mode", elle reconnait elle-même "Haaan comment j’ai pu porter ça : c’est moooooche… mais c’était la mode à l’époque" : faux, c’est juste que la bougresse met 5 ans à réaliser des trucs basiques). On va donc aller voir ce que nous proposent des expertes pour se vêtir cet été et être la Daphné Bürki de la plage. Allons de haut en bas :

1 – Une frange

Nul ne sait qui a inventé la frange qui descend le plus bas possible (de préférence qui gratte les sourcils), mais tout ce que l’on sait, c’est que ça donne l’air particulièrement bête. Bien que l’on puisse lui trouver une certaine utilité (durant la première guerre mondiale, les premiers prototypes de casques étaient constitués d’une coupe de cheveux hideuse et de résine durcie), elle n’en reste pas moins une manière évidente de signifier à son prochain que l’on est capable de faire les mauvais choix chaque jour que Dieu fait, et en répétant la dite erreur chaque matin avec son peigne. Ce qui est bien avec ça, c’est qu’en plus, en cas de situation vaguement décoiffante (coup de vent soudain, tour en décapotable, explosion nucléaire et autres choses communes), tout le monde pourra constater une formidable différence de bronzage entre votre front et votre visage, un peu comme si vous aviez passé la journée avec une chaussette sur la tête. Afin de camoufler cette immondice, vous devrez donc porter une frange, et un cercle vicieux débutera dont vous ne sortirez plus jamais (si vos cheveux ponctuent la fin de lecture de cette phrase d’un rire diabolique, faites attention et sévissez : couchez avec un allemand et obtenez une coupe gratuite qui vous débarrassera de ces impolis).

2 – Des Wayfarers

Recommandées par les experts, adopté par les blogueuses comme par les hipsters paumés, les Wayfarer, qui existent en version verre blanc ou fumé sont l’équivalent chez les opticiens d’un 4×4 : c’est gros, c’est laid, ça prend sept fois la place que ça devrait et ça coûte un rein (dans l’exemple présent, 144€ pour des lunettes qui en valent environ 14 fois moins et qui existaient déjà il y a bien trop longtemps). A vrai dire, tout comme pour la frange (mais nous verrons que les deux vont de pair), on ne saisit pas bien l’utilisation de lunettes si énormes que l’on pourrait cacher une famille de roumains derrière chaque verre, à part peut-être pour camoufler, là encore, quelque chose que l’on ne voudrait pas voir découvert (bouton de fièvre, griffure, parachutiste anglais, missile cubain).

D’ailleurs, je me permets de rappeler à tout le monde la loi : le port de frange et de lunettes de soleil est interdit puisque avec ça, à part un bout de nez et votre bouche, il ne reste plus grand chose de votre visage (à peine plus qu’une burqa) ; or, comme chacun sait "nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue visant à dissimuler son visage". Je rappelle la sanction : "contravention de deuxième classe, punie d’une amende d’un montant maximal de 150 euros, à laquelle peut s’ajouter ou se substituer l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté."

Hmmm un stage de citoyenneté pour port de la frange + wayfarer : je crois que je vais voter UMP en 2012.

Bien, voilà pour le visage : ajoutez à cela des boucles d’oreilles et un maquillage voyant (c’est important : la mode, c’est avant tout être vu), et c’est un bon début.

Kim, du skyblog "Corée, Cora et Choré"

3 – Le petit haut qui va bien

Nous parlions de plage, il nous faut donc évoquer le bikini : aucun problème avec ce modèle qui vous est proposé par les mêmes champions : je vous rappelle le principe, et la photo l’illustre bien, une vraie blogueuse mode évite au maximum d’avoir des seins (c’est vulgaire) ; comme pour les mannequins, plus vous ressemblez à un cintre, mieux c’est. Mais malgré tout, il faut vous couvrir : grâce à ce modèle, vous êtes donc parée : pour 37€, vous pourrez donc avoir l’impression d’avoir pour brassière un bout de nappe coupé dans un restauroute, avec encore cette odeur de vin rouge renversé et l’impression d’avoir sur vous une sorte de souvenir du général de Gaulle.

4 – Le petit bas qui va mal

"Discret et beau" selon les amies de la mode, le short Iro vous permettra de couvrir votre fessier avec ce qui ressemble au calebute improvisé d’un clochard peintre de rue (d’où les taches de peinture dessus), faisant ainsi de tous vos compagnons de plage de gros jaloux qui se demanderont dans quelle ruelle obscure vous êtes allée dépouiller un pauvre SDF. "Nenni", leur répondrez vous en éclatant d’un rire cristallin : "Il ne m’a coûté que 147€, trois fois rien !". Les gens risquent alors de rire très fort à leur tour ou de vomir avec autant de puissance, on est pas bien sûr : mais rassurez-vous, sur votre short, ça ne se verra pas. Vous pouvez même le mettre en ayant une petite gastro : ses tons bruns vous couvrent ! C’est trop chic !

5 – Thong-Tong

Et ces petits pieds vernis, allez-vous vraiment les poser dans le sable chaud ? Risquer de vous brûler ? Pardieu, non ! Une bonne paire de tongs et vous voici prête ! Que nous propose t-on cette fois ? Des tongs-coeurs ; voilà qui est formidable : notez comme votre assortiment va bien se marier dans les tons kitschs ; vous ne pouviez rêver mieux. Et comme la mode ne se fout jamais de vous, mais dites moi, combien coûtent ces deux bouts de caoutchoucs ? 4€ ? 5€, allez ? Non : 23€. Pour ce prix là, on va supposer que le coeur sur les tongs appartient en fait à un petit Malaisien qui a été vendu par sa famille à des trafiquants d’organes : l’avantage, c’est que vous n’aurez plus à sortir de l’eau pour faire "splotch-splotch" avec les pieds : génial, hihihihi !

6 – Pas de sac sans sac

Enfin, pour la plage, inutile d’emmener votre sac à main préféré : un simple sac un peu large et solide vous permettra de transporter vos affaires de bain et quelques suppléments. Qu’avons-nous cette fois ? Un… sac orange ! Plus petit qu’un sac Carrefour, n’ayant même pas un petit dessin dessus contrairement à ce dernier et n’étant pas échangeable une fois usé, celui-ci vous est proposé au prix exclusif de 20€ ! Soit seulement 40 fois le prix du sac de grande surface précédemment évoqué : ça vaut le coup. Accessoirement, je suis mauvaise langue : ce sac peut servir à plein de choses, comme par exemple, à régurgiter vos macarons de midi (zut, je ne vous ai pas parlé du régime alimentaire, tant pis) : ton sur ton, vous pouvez le remplir incognito.

Mais passons plutôt à la suite.

En cas de plage nudiste, tout est à recommencer

Le speech

La vraie blogueuse-mode a son propre langage : elle s’en sert pour communiquer secrètement avec ses amies de la Confrérie des Pintades. Mélange de gloussements plus ou moins graves ou aigus, il repose sur plusieurs éléments essentiels :

1 – Les onomatopées 

Connues aussi sous le terme d'"International Stupid Chick Language", les onomatopées représentent une bonne part du langage de la blogueuse : elle glousse "Huhuhuhu !", elle rit "Hihihihi !", elle s’étonne "Hoooo !", elle est surprise "Hiiiiii !", contente "Hiiiiiii !", excitée "Hiiiiii !", apeurée "Hiiiiiii !", ou face à un livre de Spinoza "Heuuu ?". Si vous souhaitez les rejoindre, il est indispensable de les maîtriser un tant soit peu. Avec ça, vous pouvez déjà communiquer un minimum avec moult créatures de l’espèce. Entraînez-vous devant un miroir s’il le faut : si même votre reflet a l’air dépité, c’est que vous êtes sur la bonne voie.

2 – L’inegliche

Le français, c’est nul. L’anglais, c’est cool. Pas d’hésitation : remplacez le maximum de mots dans vos phrases par des termes anglais : si vous voulez quelque chose, cela devient un "must-have". Vous n’allez pas acheter des trucs mais "faire du shopping". On ne dit pas "Dragueur" mais "Serial lover". Enfin, il ne faut pas oublier que vos amies sont désormais classées entre vos "Friends", vos "Best Friends", votre "Best Friend Forever" et le cercle proche de copines que vous appelez vos "bitches" parce que vous êtes trop folles, vous faites fi des conventions, vous utilisez des gros mots pour vous appeler quoi. Incroyab’.

Par contre, méfiez-vous : si des ninjas en tenues verdâtres et sentant vaguement l’urine tentent de venir vous tuer, c’est normal ; ce sont les membres de l’Académie Française en colère. S’ils s’approchent trop, brandissez un exemplaire de Twilight en hurlant "C’est de la littérature !" ; ça devrait les faire fuir.

3 – L’insoumss… l’insossm.. l’insoms… le pas-respect des conventions

Vous devez déclarer en permanence que non, vous n’êtes pas une pintade, que la mode, ce n’est pas du tout une histoire de gens qui essaient de vous refourguer des fringues hideuses en vous expliquant que non, elles ne sont pas hideuses, elles sont juste conceptuelles (un peu comme l’art moderne), mais une histoire de tripes. Non, vous ne suivez pas les magazines ! Certes, vous les achetez, les lisez, en discutez, mais vous êtes contre parce qu’ils veulent vous imposer un style alors que vous êtes libre. Au final, vous achetez quand même ce que l’on vous a recommandé, mais vous avez CHOISI de le faire, ce qui n’est pas du tout pareil, it isn’t the same, tu vois.

Vous justifiez votre goût pour les fringues par le fait que c’est ainsi que vous vous exprimez (parce que avec la bouche, ça doit être trop dur), que vous dites qui vous êtes. Et si quelqu’un vous fait remarquer que le "qui vous êtes" semble varier tous les ans avec la mode, utilisez vos pouvoirs féminins de mauvaise foi. Puis, enfermez vous dans votre chambre avec un pot de crème glacée et un DVD de Titanic ; ça devrait suffire à faire disparaître cette incohérence de votre esprit.

4 – Time is money

Parler pognon est essentiel :

Qui a acheté le truc le moins cher ? Qui a fait la meilleure affaire ? Et surtout, qui porte les trucs les plus dispendieux sur soi ? Parce que c’est connu : plus c’est inabordable mieux c’est. Si vous partez à l’étranger, ignorez les ruines grecques, conchiez le patrimoine inca et précipitez-vous vers les marchands ambulants : vos récits sur comment vous avez négocié un petit pull Dior à un certain Mouloud feront votre gloire parmi vos semblables ; ça appuiera votre côté femme insoumise évoqué plus haut, puisque vous êtes dure en affaire et obtenez ce que vous voulez : inflexible qu’on vous dit.

Une fois que vous avez le look et le speech, si vos amis ne vous balancent pas dans le Cher pour en finir avec vos souffrances (ils n’auront pas besoin de vous lester : vos lunettes vous entraîneront vers le fond), vous n’aurez plus qu’à ouvrir un blog.

Uglee, blogueuse mode influente vous donne des conseils pour être aussi sublime qu'elle

Le blog

Comme dans tout bon blog, n’oubliez pas : parlez de vous. C’est une tribune sur internet : de quoi pourriez-vous bien traiter d’autre ? Pour ce faire, n’hésitez pas : faites-vous modèle. Prenez-vous en photo : pas une fois, pas deux, des dizaines de fois. Il faut que l’on vous voie, que l’on sache qui vous êtes, et que les gens vous complimentent. Pour passer pour une blogueuse-mode parfaite, plusieurs règles sont à respecter :

- Mettez des pubs. Bon sang, vous imaginez un magazine féminin sans pubs ? Et bien un blog de mode, c’est pareil.

- Prenez des poses naturelles comme si vous étiez Francis Huster : vous devez être mauvaise sur la moindre photo et louper votre effet

- Regarder ailleurs sur les photos, genre pensive, est recommandé. Dans le même temps, faites semblant de ne pas faire exprès du tout de mettre en avant votre dernier sac hors-de-prix. Encore une fois, si vous ne savez pas faire, pensez Francis Huster. Vous pouvez aussi prendre l’air complètement drogué. J’imagine qu’avoir l’air de s’être fait 5 rails de coke en 3 minutes, ça fait modèle plus crédible.

- Mettez le maximum d’accessoires sur vous : 21 bracelets, 9 bagues, 4 colliers : vous êtes une sorte de rappeur US, vous devez montrer ce que vous avez, nom d’une pipe. N’est-ce pas d’ailleurs le but de votre blog, vous montrer avec vos prises de guerre ?

- Ah, mettez des coeurs. C’est bien, les coeurs. Ou d’autres trucs cucus, hein, l’important, c’est l’idée.

- La bouche en cul de poule ("duckface" on a dit bon sang !) est autorisée ; cela signifie "7 foto c 1 D-lir avec ma besta Katy lol"

- Faites plein de clins d’oeils à vos copines blogueuses genre "Trop sympa ta tenue Choupi13 !"

- Ensuite, faites courir le bruit comme quoi Choupi13 a pris du cul et devrait arrêter la Danette (vous êtes une femme, n’oubliez pas de le montrer)

- Faites des reportages en prenant de temps à autres des trucs en photo qui ne soient pas vous (mais dans ce cas, essayez de faire des trucs artistiques, genre effet de flou ou appareil pas droit, mais là encore, échouez) : dans cette situation, ne mettez pas ou peu de textes : ce serait quand même bête d’écrire quelque chose d’intéressant, même par erreur. Du coup, ne lésinez pas sur les termes qui vous décrédibilisent "Trop choupi", "Trop mignon", "mdr" ou "Rama Yade"

Et avec ça, vous devriez être parée : votre blog mis en ligne, vous serez rapidement reconnue par la communauté des blogueuses mode, avec qui vous pourrez vous rencontrer pour échanger conseils, histoires, anecdotes, gloussements, et bien sûr, rumeurs sur les coutures de pantalon de Choupi13 qui auraient craqué lors de la dernière IRL à Paris.

A vous la gloire, la fortune, les contrats et probablement le suicide au vernis.

Si vous en doutez, je vous laisse taper "blog mode" sous google, et farfouiller un peu.

Ho, et Coline, pour votre première question : je passe vous voir pour en parler prochainement. J’aimerais juste savoir : avez-vous un jardin ?

Damien a un gros mal de tête.

L’oeil entrouvert et l’esprit embrumé, il tente péniblement de se redresser dans son petit canapé qu’il a à demi couvert de bave, et laisse échapper un bâillement sonore qu’il fait taire promptement, tant le moindre son semble se transformer en fanfare dans la caverne qui lui sert désormais de crâne.  Les sourcils froncés, il essaie tant bien que mal de rassembler les bribes de son esprit pour espérer se souvenir de sa soirée. D’ailleurs, que fait ce magnum de champagne vide encore dans sa main ? Nonobstant ce  menu détail, Damien parvient à se lever et dépose le cadavre de bouteille à ses pieds. Dans l’immédiat, il ferait bien de faire l’inventaire de son appartement.

Rien de grave semble t-il : certes, le salon ressemble à un lendemain de bataille contre les Huns, et en effet, quelqu’un a coincé un CD de Francky Vincent dans le lecteur de la chaîne d’une curieuse manière, provoquant ainsi un claquement constant, alors que l’appareil tente de se refermer sur l’obstacle avant de s’ouvrir à nouveau pour mieux réessayer. Damien a un vague flash durant lequel il se revoit dansant fiévreusement sur "Tu veux mon zizi", mais ne saurait situer précisément l’évènement. Dans tous les cas, les choses semblent moins graves que prévues : pas de gros dégâts matériels en vue. En passant devant ses toilettes, Damien constate qu’un invité de la veille a dessiné une astucieuse décoration façon militaire sur tous les bords de la cuvette, ce qui… diantre… d’un reniflement, le propriétaire des lieux constate qu’il ne s’agit en rien d’un élément d’agrément ; cette cuvette repeinte façon camouflage mêlant avec goût tons bruns et kakis n’est en fait que le produit d’un repas de fête mélangé avec moult alcools. Damien se sent faible un instant en réalisant ce qu’il vient de voir, puis se dirige vers sa chambre.

Poussant la porte, il constate alors ce qu’il craignait : cette année encore, il n’y a personne dans son lit en ce 1er janvier.

Cette année encore, il est célibataire.

 

Oui, moi aussi mon nouvel an s'est bien passé. Merci de demander.

Alors cette année encore, il inscrira dans ses bonnes résolutions (Damien a besoin d’être le 1er janvier pour prendre des décisions, c’est dire la force de sa volonté) : "Ne plus être seul". Et à nouveau, il espérera ne pas échouer comme l’année passée, pensant longuement à ce curieux besoin né d’un mélange d’instinct et de pression sociale, alors qu’il essaiera de nettoyer son tapis sur lequel lui et ses amis auront joué au Pictionnary-vomi durant le réveillon.

Pauvre Damien.

Heureusement,  pour passer une excellente année 2011, laissez-moi vous indiquer un site qui ne saurait rester inconnu pour qui cherche l’âme soeur : "Comment draguer une fille". Oui, ce site s’adresse aux mâles, mais je connais mes lectrices, elles vont quand même lire l’article. Je vous vois venir mesdemoiselles. Votre curiosité vous perdra. Quant à mes lecteurs qui préfèrent les viriles bourrades, vous me voyez désolé de ne pas pouvoir vous aider plus avant ; je m’en voudrais d’encourager une pratique condamnée par le pape. C’est comme ça.

Alors certains d’entre vous me diront "Raaah, le coup des conseils de drague, vous nous l’avez déjà fait avec Men’s Health !", et je vous dirai que oui : mais et d’une, souvenez-vous que ces conseils n’étaient peut-être pas les plus audacieux que l’on puisse trouver, et de deux, je vous conchie. Non, car cette fois, nous allons nous arrêter sur un coach en séduction, un vrai, le genre à vendre livres et services. Alors ce n’est pas rien tout de même ; nous atteignons le stade professionnel ! Allez, ne traînons plus : ni une, ni deux, allons voir :

Comment draguer une fille ?

En voilà une vraie question ! Comment faire ? Peut on vaincre sa timidité ? Que se passe t il si on se fait repérer en tentant de draguer ? Est-ce vrai que les femelles coupent les testicules des mâles ayant échoué la parade amoureuse pour s’en faire des macarons ? Autant de mystères bientôt levés, puisque sur ce site, nous allons trouver, comme nous l’indique la rubrique "à propos" :

• Des « stratégies » qui ont fait leurs preuves et qui vous permettront de draguer les plus belles filles.
• Des conseils pour améliorer votre vie personnelle. Comment acquérir et approfondir votre confiance en vous, votre estime, votre valeur sociale, etc.
• Des techniques pour améliorer vos performances sexuelles avec les femmes.
• Et bien pus…

Rien que ça, "et bien pus…", jeunes gens ; voyez le monde qui s’ouvre à vous ! Et tout cela écrit par Alex, un "séducteur invétéré". Non, pas invertébré, non. En tout cas, invétéré, vous êtes sûr ? Le genre qui a roulé sa bosse aux quatre coins du monde et a fait chavirer tous les coeurs, de celui de Maria, cette bolivienne au teint halé rencontrée sur la route de Cochabamba alors qu’elle y transportait du café obtenu de ses douces mains, jusqu’à Fleur de Lotus, une belle vietnamienne qui se serait donnée sur le pont tanguant d’une jonque traversant paisiblement la baie d’Along ? Presque.

J’ai fait mes premiers pas dans l’univers de la séduction en 2005 et aujourd’hui, je me suis donné pour objectif de guider les hommes qui aspirent à devenir un grand séducteur comme moi ou qui souhaitent « affiner » les techniques qu’ils ont acquises.

Comment ça "2005" ? Ça fait 5 ans qu’on a découvert le sexe opposé alors ça y est, on est un "grand séducteur" ? Ca va être quoi comme conseils, petit jeunot ? "Attirez là avec des choco-BNs derrière le toboggan et échangez lui 3 cartes pokémons contre un bisou" ? Attendez, "grand séducteur", c’est pas comme la légion d’honneur, hein, c’est pas un titre qu’on obtient en 5 minutes sur un coin de table ! Sean Connery, Georges Clooney, Francis Huster, regardez qui tente de vous égaler ! Insurgez-vous, car cet homme se prétend votre égal. Mais soit, faisons fi de cette auto-proclamation, et allons voir la suite.

 

Plus on est jeune, plus c'est facile : au début, un simple BN suffit à séduire. A la fin, il faut des repas et des voyages. Pfff.

En effet, nous découvrons qu’Alex s’est découvert un don pour le coaching en séduction après être venu au secours d’un ami longtemps en couple et fraîchement largué, qui lui avait déclaré, je cite :  « Alex, j’ai été avec ma blonde trop longtemps et maintenant j’ai pu l’tour pentoute. Peux-tu me montrer comment draguer une fille ? »

"J’ai pu l’tour pentoute".

Aucune allusion sexuelle là-dessous, ni aucune référence au célèbre magazine de charme de la Belle Province Pent Houte, magazine présentant des caribous dans des positions lascives souvent couverts de sirop d’érable, notre homme était tout simplement hors-jeu quant au jeu de la séduction et de l’amour courtois (si tant est que s’exclamer "J’l’y toasterai bien l’ostie, tsé !" soit considéré comme courtois). Mais soyons honnêtes jeunes gens : peut-on vraiment faire confiance à des québécois pour nous conseiller en quoi que ce soit ? Ces rustres nous ont tout de même envoyé Céline Dion, Garou et Stéphane Rousseau. Si ça ne tenait qu’à moi, nous ferions un blocus sur la province, et on marquerait d’une feuille d’érable jaune brodée à l’anorak tous les fieffés brigands qui utiliseraient "caliss" dans leur vocabulaire. Mais allez savoir pourquoi, on ne veut pas me laisser les commandes. Irresponsables droits-de-l’hommistes.

Mais c’est assez : revenons plutôt vers le coeur de notre sujet, et cliquons sur la page d’accueil, pour mieux découvrir la colonne de droite, où l’on peut lire :

« Inscrivez-vous à la newsletter et apprenez comment aborder et séduire des filles top canons »
Même si vous n’êtes ni beau, ni riche, ni populaire…

Vous êtes sur le point de découvrir:
- Les 7 erreurs mortelles qui anéantissent toutes vos chances.
– Comment vaincre votre peur de l’approche.
- Comment démarrer une conversation avec une femme.
– Et en cadeau, vous recevrez GRATUITEMENT votre copie du livre : Le Manifeste Du Séducteur.

Car oui, pour les gens beaux, riches et populaires, nul besoin de séduction : tout le monde sait que la femme, cette fourbe créature, succombe à tout ce qui est riche et beau, puisque naturellement vénale. Si vous en doutez, creusez un piège à ours et recouvrez le de branchages : au centre du dispositif, placez de manière bien visible un billet de 500€ et quelques macarons Ladurée. Absentez vous pour aller regarder un match de foot ou une rediffusion de Fantomas, puis revenez quelques heures plus tard : au fond du trou gît une femelle, le billet encore à la main.

Attention, dans certains cas, c’est un clodo appâté par la faim et l’argent facile qui s’est laissé prendre. Rebouchez alors le trou en prenant bien soin de le laisser au fond, vous l’aiderez ainsi à passer l’hiver au chaud. Où en étais-je ? Ah, oui.

Vous allez ainsi découvrir "comment démarrer une conversation avec une femme", puisque figurez-vous que la femme ne répond pas lorsqu’on lui dit "bonjour", elle a son propre langage, inconnu des pauvres mécréants que vous êtes. Il se pourrait même qu’elle utilise des ultrasons, mais n’en disons pas plus et ne spoilons pas : plusieurs articles sont ici à notre disposition :

Sans nous arrêter sur tous les articles (ah, le plaisir de la découverte !), je me permets de vous citer ce fabuleux passage  issu de "Comment draguer une fille dans la rue" :

Nous autres séducteurs, nous devons nous distinguer par notre classe ! Souvenez-vous-en.

Si je résume, draguer dans la rue c’est aborder la fille, prendre son numéro, discuter avec elle de façon spontanée en glissant de temps à autre des remarques suggestives voire même des allusions sexuelles si vous sentez qu’elle est réceptive. Avec un peu de chance, vous obtiendrez un rendez-vous pour passer des moments intimes.

Voilà qui devrait vous mettre sur la piste de la notion de classe locale. Selon ce concept, Jean-Marie Bigard est une sorte de fameux gentilhomme connu pour son bon goût et sa capacité à séduire sans jamais tomber dans la vulgarité. Le Georges Abitbol français, pour le dire en deux mots.

 

Le romantisme à l'état pur

Mais ne soyons pas chiches en propos, et aujourd’hui, essayons de voir comment séduire en boîte de nuit ; en effet, la discothèque est un lieu mystérieux, empli de personnages plus étranges les uns que les autres. Certains murmurent qu’il s’agirait d’un monde parallèle, particulièrement lorsqu’ils constatent le prix des consommations, qui est probablement calculé en roubles, et non en euros.  Pourtant, sur notre planète, nous en trouvons des milliers (des discothèques, pas des roubles). C’est un lieu idéal pour séduire : en effet, puisque la musique est forte, on ne s’entend pas parler. Et puisqu’on entend pas les conversations, il est difficile de juger du niveau consternant de celles-ci. Ainsi, nul besoin de faire un effort quant à ses propos : un morceau de David Guetta viendra s’assurer que personne ne puisse constater votre proximité intellectuelle avec les bulots. Parfait.

Mais alors, que nous conseille Alex ?

"1ère étape : choisir la boîte de nuit"

Parmi les trois types de boîtes de nuit proposés, outre la "branchée" et la "spécialisée", nous trouvons "la ringarde" (allez savoir à partir de quand une boîte est ringarde, la mode étant par définition éphémère et n’étant donc constituée que de future ringardise), et là, je cite :

"Là, vous ne trouverez sûrement pas une canon aux formes généreuses. Attendez-vous plutôt à des filles très simples, nostalgiques d’une période où la discothèque a connu ses heures de gloire. Ces femmes continuent de fréquenter ces endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs."

Des "filles simples", "nostalgiques", qui "continuent de fréquenter des endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs" : vu la manière dont on en parle, c’est à recommander aux adeptes de Darkiss : tout cela ressemble fort à la définition de fantômes ou de quelconques morts-vivants. "Mon Dieu, vous avez entendu ? Il parait que la nuit, on entend des bruits provenant du vieux Macumba ! A ce qu’il parait que les esprits tourmentés des filles moches attendant le prochain slow continuent de les hanter ! C’est abominable !". Bref, outre les boîtes de nuit branchées et les spécialisées, il n’existe que des boîtes pour moches (car oui, la fille simple est moche, c’est comme ça, alors que les "canons" sont souvent complexes. Coucou Loana !) dans lesquelles on ne peut s’aventurer qu’équipé d’un pieu et d’eau bénite.  Ça fait super peur. Heureusement, Alex ne s’en arrête pas là.

"L’entrée"

"Emmener avec vous une jolie « pivot », c’est-à-dire une ravissante fille (il peut s’agir d’une amie proche ou pourquoi pas une cousine). He oui, en boîte de nuit, la rivalité entre demoiselles atteint son paroxysme. Aussi, avec une jolie fille à vos bras, vous ne manquerez pas de faire des envieux auprès de la gent masculine et vous attirerez l’attention de la gent féminine. De temps en temps, dansez avec elle, sans trop vous coller. Cela devrait suffire à aiguiser la curiosité et à intriguer les filles."

Vous cherchez une jolie fille ? Venez avec une jolie fille. Comment ? Un paradoxe ? Mais non, bande de galopins. La première, vous la payez, hop. Son seul rôle consiste à attiser la curiosité des demoiselles de la boîte de nuit qui, selon cette théorie, seront forcément toutes intriguées (puisque forcément, elles regarderont toutes dans votre direction ; au Québec, les boîtes de nuit doivent faire 7 mètres carrés). Alors évidemment, les plus priapiques d’entre vous me diront "Attendez, on a la jolie fille, pourquoi s’emmerder à aller en boîte pour en trouver une moins bien si notre seul but est la coucherie ?" ; et je vous répondrai "En effet. Utilisez un gros caillou sur la première, et le tour est joué". Mais ça, les gros cailloux, Alex, il n’en parle jamais. On sent bien que c’est un débutant ; tenez, il n’indique même pas qu’il faut toujours avoir une pelle avec soi ! Bleu-bite !

"Devenez la vedette"

Comment devenir une vedette ? Facile mes bons, voyez plutôt :

"Dans un premier temps, ne parlez qu’à de belles filles. Vous confirmerez votre réputation de gagnant. Cependant, ne perdez pas de vue qu’un bon séducteur est loin d’être élitiste. Après quelques heures passées dans la boîte, commencez à aborder des filles beaucoup moins canon. Cela vous permettra de passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert."

Je rappelle que le site expliquait plus haut que le séducteur devait se distinguer par sa classe. Je décide donc de baptiser cette stratégie "La tactique du Bernard Kouchner", qui consiste à évoluer dans les hautes-sphères avant de se tourner vers le tiers-monde. Pour les plus audacieux, il est même possible d’apporter un sac de riz à un boudin afin de bien "passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert". Avec une stratégie pareille, nul doute que vous pourrez aller causer du droit d’ingérence avec une jeune ingénue en fin de soirée. A aucun moment, bien sûr, l’auteur ne prend en compte le fait que la femelle soit capable de se dire "Ce gros con aborde toutes les nanas une par une en commençant par les plus jolies ; je suis sûr qu’il s’est déjà fait jeter plusieurs fois avant de venir me parler, je ne suis pas sa roue de secours : ce soir, il dormira sur la béquille".

C’est rude, une femelle.

D’où le sac de riz pour vous faire pardonner. Bernard Kouchner all over the place, comme on dit au Canada.

 

Bernard déchainé sur le Saturday Night Fever

On retrouve d’ailleurs plus bas :

"Ne criez pas quand vous parlez, car cela fait vulgaire. Un séducteur se doit d’être classe sans être snob."

Ne pas crier en boîte de nuit ? Mais alors on parle comment ? Langage des signes ? Signaux lumineux ? Chiffon au chloroforme dans le pif d’entrée de jeu ? C’est ambitieux. Remarquez, rester classe après les étapes précédentes aussi est ambitieux. La suite l’est tout autant :

Choisissez vos boissons. Ne prenez ni les boissons les moins chères ni celles hors de prix. Dans le premier cas, vous risquerez d’être étiqueté comme un fauché alors que dans le second vous passerez pour un frimeur. Choisissez enfin une boisson qui fait virile.

Une boisson qui fait viril ? Il y a deux types d’hommes dans la vie : ceux qui ont besoin d’une boisson pour faire viril, et les autres. Pour les premiers, je ne saurais que trop recommander un "cocktail de couilles" (vous pouvez le demander discrètement auprès des barmans compétents en demandant un "Big Balls on the rocks"). Pour les seconds, n’oubliez pas de commander un jus de fruit. Certes, elle ne verra pas en vous un aventurier, mais lorsque vous serez sobre et elle ronde comme une queue de pelle à l’arrière de votre Super 5, persuadée que vous la raccompagnez chez elle, vous ne regretterez pas votre choix.

D’autres conseils ? Oui !

Ne vous curez pas le nez ni les oreilles, ne grattez pas vos parties génitales, éternuez dans vos mains.

Merci de ces précieux conseils. On pourrait y ajouter "Ne lui pétez pas au nez", "Faites vos besoins aux toilettes", "Ne reniflez pas votre doigt après avoir gratté votre postérieur".  Toute personne qui aurait vraiment eu besoin des précédents conseils devrait d’ores et déjà penser à abandonner toute ambition de drague et se tourner vers le point de croix ou une carrière dans le clergé.

A noter aussi, une petite liste des différents types de femelles que l’on peut rencontrer en boîte, et particulièrement celui-ci :

- Celles qui, comme vous, viennent en boîte pour draguer et finir la soirée dans les bras d’un homme. Pour elles, chaque jour est une occasion de ramener un homme dans leur lit. Le romantisme, elles ne connaissent pas.

Splendide résumé : elles sont comme vous, braves hommes, et ne cherchent qu’à ramener quelqu’un pour la nuit. Ce qui fait de ces messieurs des "romantiques" (on l’est avant ou après le passage où on parle aux moches pour faire "sympa" ?), et des femmes, des salopes. Voilà voilà.

Alors évidemment, je pourrais continuer jusqu’au bout de l’article, et découvrir avec vous comment "isoler" une fille (personnellement, j’ai confié un doberman à un berger pour qu’il l’élève, depuis, je n’ai plus de soucis pour isoler mes cibles loin du troupeau), mais je vais plutôt aller droit au but : des bons conseils comme ça, et bien d’autres encore jeunes gens, vous pourrez les trouver dans ce formidable livre :

Armes de séduction massive : l’art de conquérir les femmes

 

Si vos yeux survivent à cette overdose de kitsch, vous pourrez peut être l’ouvrir et le lire

"Moins cher qu’un livre d’école", pour reprendre l’un des arguments de vente, vous aurez entre les mains une "une méthode extrêmement puissante", limite turgescente, pour soumettre à votre volonté toutes les femmes que vous croiserez.  Par ailleurs, sachez que "Ce guide est le résultat de plusieurs années de recherche et d’étude sur le terrain. J’ai observé le comportement des femmes pour savoir comment elles réagissent face à diverse situations. C’est donc dire que vous saurez exactement quoi dire et quoi faire dans n’importe quelle situation!", car oui, il y a eu des recherches et des études de terrain : on a enfermé des femmes dans des labyrinthes pour voir en combien de temps elles trouvaient un fromage ou une paire de louboutins, camouflé des scientifiques dans des parfumeries, salles d’aquagym, Yves Rocher et autres lieux fréquentés quasiment exclusivement par des femelles pour voir leurs réactions face à moult situations diverses et variées. Et de ces observations faites par des doctorants est né cet ouvrage, véritable manuel des Castors Juniors que ces messieurs devraient toujours avoir sur eux pour réussir à conquérir toutes celles qu’ils voudront.

Prochainement, je vous parlerai d’autres ouvrages :

  • Séduire une fille : comment bien choisir mes outils chez Jardiland ?
  • Les femmes & l’amour : le guide des meilleurs avocats spécialisés en divorces
  • Trouver l’amour dans la Légion : l’encyclopédie des chèvres
  • Comment concilier amour & voyages ? Tous les conseils d’Emile Louis

 

Si avec tout ça, Damien et autres, vous passez encore l’année 2011 seuls, je ne peux plus rien pour vous.

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 6 330 autres abonnés