Hunger Games premier du nom m’avait été présenté par un certain nombre de personnes comme "un bon film".

Après avoir retrouvé les coupables pour les jeter dans une arène afin qu’ils s’y entretuent pour mon bon plaisir (l’endroit s’appelle "Marseille"), je fus donc très étonné lorsque des voix s’élevèrent pour m’annoncer que Hunger Games II : l’embrasement était "encore mieux que le premier". Quelque chose me dit que l’insécurité n’est pas près des’arrêter dans la cité de la Bonne Mère. Mais, permettez-moi, en amont de ce spoiler, de vous rappeler, justement, les événements qui firent du premier volet un excellent motif pour s’adonner à la boisson.

Hunger Games I : 

Katniss est une jeune fille qui vit avec sa sœur Primrose dans le district 12, le Maubeuge du futur. Comme chaque année, le Capitole, capitale locale, vient chercher un garçon et une fille pour les envoyer au Battle Royale aux Hunger Games affronter les élus des 11 autres districts afin qu’ils s’y entretuent, comme ça, parce que ça fait marrer le Capitole, hihihi. Suite à divers trous scénaristiques, Katniss part donc pour les jeux accompagnée de Peeta, l’homme pain à kebab. Ensemble, ils maravent la gueule à tout le monde, là encore aidés par des ficelles grosses comme baobabs, puis pour pourrir le groove du Capitole et ne lui donner aucun vainqueur, décident de se suicider ensemble, amants maudits, tout ça. Les Hunger Games sont aussitôt arrêtés car les deux jeunes gens, qui ont fait chavirer le cœur du public, doivent être sauvés selon lui. Katniss et Peeta sortent donc vainqueurs, riches et populaires, alors que le big boss du Capitole, le président Snow, comprend lui que les Hunger Games et Katniss ont donné aux districts des envies de rébellion (ça alors !), nique le système, no future.

Et nous nous en arrêtions là, ce qui aurait été bien suffisant. Sauf que non. Toujours est-il que le spoiler, lui, est ici.

Prêts pour la suite ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : TOUT est sur le thème des flammes ; voilà qui promet !

Tout commence du côté du district 12, alors que l’hiver est là, et qu’il fait froid, là, dites.

Katniss et sa bouille permanente de jeune fille mi-contrariée, mi-étonnée sont en train de méditer en regardant l’horizon quand elle est rejointe par Gale, son petit ami. Celui-ci est un peu grognon : en effet, si Katniss lui fait des bisous et lui dit qu’elle l’aime, il n’en reste pas moins que lors des Hunger Games, pour avoir le public de son côté, Katniss a simulé une histoire d’amour avec Peeta. Du coup, hein, bon, il ne sait plus trop avec qui elle simule quoi et quand, et c’est bien embêtant. Après avoir quelque peu débattu du sujet, nos deux larrons vont chasser pour se changer les idées, l’occasion de découvrir que Katniss a été traumatisée par les Hunger Games et qu’elle en a des hallucinations (moi aussi : parfois, je revois les critiques de la presse professionnelle).

Enfin juste dans cette scène, après, plus rien, pouf.

Hé bien d’accord, je vois qu’on commence bien. Le fumet de la bouse se ferait sentir si tôt ? Ne soyons pas trop sévères.

En parlant de bouses, nos héros rentrent chez eux après la chasse, comprendre la pauvre cité minière du district 12. Et si Gale habite encore dans une demeure faite de crottin et de planches de poulailler, Katniss, elle, a une superbe demeure dans "le village des vainqueurs", voisin du coeur du district 12, et où seuls ceux ayant remporté les Hunger Games et leurs familles demeurent(comprendre : elle, Peeta et leur vieux mentor alcolo, Haymitch). Et non, Katniss ne lui propose pas de venir habiter chez elle. Elle pourrait, parce qu’après tout, les Hunger Games sont finis et donc qu’elle n’a plus rien à simuler avec Peeta, mais hihihi, c’est tellement plus rigolo de regarder Gale mourir de froid avec sa famille de prolos. On en conclura donc que Katniss est bien une gourgandine de bas-étage, mais passons.

Car de retour chez elle, Katniss est bien étonnée, puisqu’elle y trouve l’y attendant, non pas un chocolat chaud, mais le président Snow. Flûte.

"Bonjour, Katniss.
- Président Snow. Que faites-vous là en lieu et place de mon fucking chocolat chaud ?
- Il suffit. Je te propose que l’on ne se mente pas, d’accord ? Bon. Les derniers 74e Hunger Games, je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est terminé. D’ailleurs, j’ai fait exécuter le précédent producteur. Les gens des districts ont vu en toi un espoir, quelqu’un qui ne se laissait pas faire, une provocation face à mon autorité. Alors que moi, j’ai juste vu une fille avec des pommettes qui font peur, mais passons. Certains envisagent une rébellion dans les districts à cause de tout cela.
- Parce qu’en 74 ans de jeux où vous tuez des enfants, personne n’y a pensé avant ?
- Non, cette saga est trop mal écrite. C’est toi, Katniss, grâce à ton… heu… pffff… hihi… hem, pardon : ton charisme ? Qui leur a donné envie de faire n’importe quoi. Alors voilà ce que tu vas faire : je sais que ton histoire avec Peeta, c’est du pipeau à grelots. Ce qui prouve que tu es bonne actrice. Alors, comme chaque année, nous allons procéder à la tournée des vainqueurs, où les gagnants du précédent Hunger Games vont dans chaque district faire coucou. Et partout où tu iras, tu diras des choses comme "Le capitole, c’est youpi", et "La rébellion, c’est cacaboudin".
- Et sinon ?
- Sinon, je transforme ta mère et ta sœur en descentes de lit. Et je bombarde tous tes amis, et le district 12 avec pour faire bonne mesure.
- Dit comme ça, c’est drôlement plus motivant, dites."

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Le président Snow, satisfait de sa prestation, repart donc en laissant Katniss dépitée. Celle-ci n’a pas vraiment envie de chanter les louanges du Capitole, mais bon, c’est ça ou voir sa famille conviée à une soirée napalm & barbecue. Peu de temps après, elle est donc invitée à passer à la télévision avec Peeta pour dire au public que holala, c’est trop super d’être amoureux, et que hihihi, merci le Capitole ! Puis, c’est dans un train que l’on envoie le duo, pour aller faire le tour des districts. Ils sont accompagnés d’Effie, la déléguée du Capitole en charge de leur cas, et d’Haymitch, qui n’a strictement aucune raison de les accompagner, mais est là quand même, on va dire qu’ils l’avaient glissé dans un sac à main. Puis, la tournée commence par le district 11, dont le casting n’est pas sans rappeler les plus grandes heures du Prince de Bel-Air. Le district 11 étant un district de pauvres, c’est donc un district de gentils (contrairement aux riches, qui sont tous méchants, rappelons-le), et ses candidats de l’année précédente étaient donc parmi les gars sympas. Peeta se lance donc dans un discours cucu qui s’achève par le fait que lui et Katniss partageront leurs gains avec les familles des candidats du district 11, puis Katniss rajoute un soupçon de praliné sur le cucu, provoquant ainsi une scène étrange :

En effet, dans la foule, un vieillard sifflote et lève trois doigts en l’air, le signe de ralliement contre le Capitole. Toute la foule le suit, mais bon, pas longtemps puisque la sécurité intervient en attrapant papy et lui collant une balle dans la tête. Katniss est donc toute choquée et parvient à s’isoler avec Peeta et Haymitch pour faire le point.

"C’est affreux ! Affreuuuux ! Affreuuuuuuuuuuuuux !
- En même temps, c’est une dictature, hein, je sais pas trop à quoi tu t’attendais.
- Nan mais en plus je vous l’ai pas dit mais le président Snow est venu me voir ! Il m’a demandé de me montrer super pro-Capitole pour éviter ce genre de dérapages ! Et sinon, il tuera tout le monde au district 12 !
- Ah oui, d’accord. Et sinon, tu comptais nous le dire quand ? Parce que c’est vaguement important comme information, sachant que ça touche aussi nos familles. Mais au fait… moi aussi je suis un gagnant du dernier Hunger Games ! Moi aussi j’ai défié le Capitole ! Alors pourquoi le président est pas venu me voir pour dire la même chose ?
- Peut-être parce que personne n’en a rien à faire de toi, Peeta ?
- Ah bin oui, tiens. Ça répond à ma question."

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Je voudrais bien dire que j’exagère, mais non. Peeta, c’est un personnage auquel personne n’adresse la parole ou presque, qui disparaît régulièrement dans certaines scènes tant sa transparence rend sa présence superfétatoire, et dont la seule mission est de générer aléatoirement des ennuis ou de la tension pour le personnage principal. S’il y a une peau de banane, il glisse dessus, s’il faut se faire discret, il marche sur le chat, s’il faut s’échanger de bons livres, il ramène du Guillaume Musso.

Toujours est-il que la petite équipe est invitée à remonter dans le train pour aller vers le district suivant. Et cette fois-ci, plus d’improvisation : Katniss comme Peeta se contentent de lire les discours écrits pour eux avec le moins d’enthousiasme possible, en expliquant que le Capitole, c’est trop super, qu’obéir, c’est cool, et que les Hunger Games, c’est choupet. La foule, peu dupe, leur hurle donc de cesser de lire leurs fiches et de dire ce qu’ils pensent vraiment. Enfin quand je dis "Ils", là encore : ils implorent Katniss, Peeta, ils ne l’ont même pas remarqué. Ils pensaient que c’était juste un gros pain au chocolat qui parle. Mais nos héros ne voulant pas voir leurs familles finir avec la moitié de la flotte aérienne du Capitole venue se vider les entrailles sur leurs familles, ils s’en tiennent définitivement à leurs fiches. Même lorsque les foules s’agitent et se rebellent, seulement contenues par la sécurité locale.

Rappel : le Capitole cherche à donner l’impression que nos héros s’expriment de leur plein gré. Nul doute que l’idée de mettre un gros Monsieur de la sécurité juste derrière eux va tout à fait dans ce sens.

A ce stade, vous avez dû remarquer que là encore, Katniss est con comme un sabot : si elle veut sauver sa famille, le président Snow lui a demandé de jouer la comédie. Donc soit elle y met du sien en lisant les discours, soit elle ne les lit pas, mais les lire sans conviction, ça revient à faire du François Hollande : ni le Capitole, ni les districts ne sont satisfaits. Mais comme le script est rempli de grosses ficelles, les districts sont contents quand même, voire acclament carrément Katniss, pourtant en train d’ânonner un discours leur disant de la fermer. Tout cela est décidément merveilleusement crédible.

Bref. Dans le train des vainqueurs, le moral est au plus bas. Heureusement, celui-ci est équipé des fameux sas Prométhéus© qui ne s’ouvrent ou ne se ferment pas complètement, non, quand l’héroïne passe devant, ils se contentent de rester entrouverts sans aucune raison, à part de laisser voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Et Katniss peut ainsi observer dans la salle de sécurité du train des agents en train de regarder sur leurs télévisions les images des districts se révoltant l’un après l’autre.

Pendant que je cherchais une veine sur un de mes bras pour m’injecter de quoi tenir, visiblement, Katniss avait aussi commencé à s’enfiler des produits pas bien naturels. Ainsi, lors d’un repas à bord du tchou-tchou, elle se tourne vers Peeta.

"Tu penses que le président Snow va nous en vouloir ?
- D’y mettre de la mauvaise volonté ? Noooooooon, je suis sûr qu’il n’a rien remarqué. C’est pas comme s’il était venu jusqu’à chez toi en menaçant toute ta famille pour montrer à quel point il insistait.
- Ouf, tu me rassures.
- Non mais c’était ironique, hein.
- Bon bin, écoute. On a qu’à le bluffer : annonçons que l’on va se marier ! Comme ça, il ne pourra pas dire que l’on ne joue pas le jeu jusqu’au bout !"

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Mais ? Mais ? Peeta ! Dis quelque chose !

"Excellente idée !"

Bon, d’accord, tu es con, mais Haymitch ! Allez Haymitch, dis-lui que c’est digne d’une palourde trépanée ! Lance lui une bouteille sur le coin du nez, allez, tu es mon champion !

"C’est brillant, Katniss !"

Je suis DÉÇU, Mimitch !

Non ! NON ! Ce n’est PAS brillant ! C’est tout l’inverse ! Regardez le script, bon sang, c’était il y a une paire de scènes seulement ! Le président Snow dit lui-même qu’il n’en a rien à faire de l’histoire d’amour entre les deux andouilles, non, lui il a insisté très lourdement pour dire que là où il fallait être crédible, c’était dans les discours aux districts ! Le vieux qui s’est pris une balle dans la tête ma petite Katniss, c’est pas parce qu’il trouvait que vous vous faisiez pas assez de bisous ou qu’il avait lu dans Closer que tu pétais au lit ! Et les foules ne scandaient pas "Câliiiin, faites vous des câliiiins !" ! Est-ce que quelqu’un a pensé à relire l’intrigue ? A voir s’il y avait un rapport entre le film et les dialogues ? Je veux dire : Katniss, Peeta, vous pourriez vous marier, divorcer ou faire un ménage à trois avec un phoque que Snow n’en aurait rien à faire pourvu que vous disiez bien aux gens de se tenir à carreaux ! Je… je… bon, je vais chercher une deuxième seringue, en fait. Celle de mon ami vétérinaire dans un centre équestre.

Essayons tout de même de nous concentrer sur ce qu’il se passe entre les trous du scénario. Car à la fin de la tournée des vainqueurs, ceux-ci sont accueillis au Capitole, où le président Snow fait son regard à Katniss façon "Je ne suis pas content !". On se demande bien pourquoi, tenez. Lors de la soirée qui s’ensuit, Katniss rencontre Bob, le nouveau producteur des Hunger Games. Celui-ci explique qu’il était volontaire pour ce poste parce qu’il a plein d’idées, et compte bien faire mieux que son prédécesseur (c’est assez facile : il suffit d’être vivant pour faire mieux que lui). D’ailleurs, il conseille aussi le président, l’occasion pour le petit singe qui écrit les dialogues (si quelqu’un a une meilleure explication, je suis tout ouïe) de montrer qu’il est en forme.

"Bob, les districts s’agitent de plus en plus, il y a eu des émeutes, et si c’est encore sous contrôle dans l’immédiat, tout risque de s’embraser.
- On pourrait… les réprimer encore plus ?
- Non. C’est très con. C’est parce qu’ils sont réprimés qu’ils se révoltent.
- Alors on a qu’à leur prendre le peu qu’il leur reste ? 
- Heu… c’est-à-dire ?
- INTERDISEZ LE MARCHE NOIR !"

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Alors moi, je ne sais pas vous, mais non seulement ça ressemble à du "Réprimer encore plus", mais paraphrasé par un lycéen de seconde, mais surtout, aux dernières nouvelles, le marché noir est interdit pas définition, c’est même pour ça qu’on l’appelle comme ça. Je suppose que dans la liste de Bob, il y aussi "Interdire le vol", "Interdire la rébellion" et "Interdire le port de chaussettes dans les sandales". Bob de la Palice, bonjour.

Le président trouvant malgré tout cette idée géniale, dans les jours qui suivent, il se passe des choses dans le district 12. A savoir que Katniss et Peeta, qui y étaient retournés, entendent des coups de feu : ce sont les hommes du Capitole qui viennent retourner toutes les maisons et donner une bonne leçon à toutes celles et ceux qui auraient des marchandises illégales chez eux !  Gale, le courageux petit ami de Katniss, tente bien de s’interposer au moment où ils vont lui prendre ses DVD de Glee de contrebande, mais en punition, il est attaché en place publique et fouetté jusqu’à ce que Katniss s’interpose, bientôt rejointe par Peeta et Haymitch. Des images qui ont tôt fait d’arriver aux yeux du président Snow et de Bob, qui les regardent en se caressant le menton (leurs mentons respectifs, hein, attention, je ne voudrais pas voir la Manif’ pour Tous débarquer ici).

"Bob, ces gens m’énervent. Même ma petite fille trouve Katniss formidable. Elle me dit qu’à l’école, tous les enfants essaient de lui ressembler.
- Ils se font la même coupe de cheveux ?
- Non, ils s’injectent de la guimauve dans les pommettes, on dirait du cosplay de Carla Bruni. Mais revenons à notre sujet, regardez : ses copains Peeta et Haymitch la soutiennent. Tous les vainqueurs défient mon autorité."

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Notons que du film, le président ne pensera jamais à une ruse simple : arrêter de faire passer Katniss à la télé, et pouf, fin du problème. Et éventuellement, diffuser des vidéos de chatons qui ronronnent.

Bin oui : trois vainqueurs sur des dizaines, et encore, qui ne sont ensemble que parce qu’ils sont du même district et se connaissent, c’est "tous les vainqueurs".  Quelqu’un d’autre a besoin d’une analyse foireuse ?

"Bob, une idée pour régler la question, vite.
- Heu… ah… oui, j’en ai une, président !
- Je vous écoute.
- Si on refaisait des Hunger Games ? Pas seulement parce que c’est le titre du film et qu’il faut bien les caser, mais aussi parce que cette année, c’est la 75e édition !
- Eeeet ?
- Et tous les 25 ans, c’est une édition spéciale, "les jeux de l’expiation" ! On a le droit de rajouter des règles comme on veut !
- C’est débile ?
- C’est HUNGER GAMES !
- C’est vrai, et donc ?
- Cette année, on a qu’à se débarrasser des précédents vainqueurs, hop ! En les faisant s’affronter !
- Je résume : les Hunger Games sont faits pour humilier les districts, ce qui est idiot. La seule chose qui les empêche de se rebeller, et qui a été rabâchée à longueur de film dans le précédent opus, c’est l’espoir de voir leur candidat gagner, être riche et pouvoir en profiter. Donc là, votre plan, c’est de faire exactement pareil, mais en tuant les gens qui représentent l’espoir de gagner. Donc, de tuer tout le monde, gratuitement, et par pure provocation en pleine période de rébellion.
- Ouiiiiiii !
- J’achète."

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A ce moment du film, ma voisine a pris feu.

Mais le lendemain, donc, c’est le choc dans les districts quand le président Snow annonce à la télévision que pour célébrer les 3e jeux de l’expiation, s’affronteront dans l’arène des Hunger Games des candidats tirés parmi les gagnants des précédentes éditions. Katniss n’a pas de bol : elle est la seule gagnante de sexe féminin de son district, donc automatiquement sélectionnée. Quant à Haymitch et Peeta, si le sort désigne le premier, c’est le second qui se porte volontaire pour le remplacer. Parce que ouais, il est comme ça, Peeta. Autant dire que pour le coup, lors de la petite cérémonie de sélection, tout le monde fait le signe des trois doigts levés, pour bien montrer au Capitole qu’on apprécie moyennement la plaisanterie. Et oui, je sais, un doigt aurait suffi, mais c’est un film tout public. Et puis ça fait tout de suite rébellion blasée.

Mais qu’importe, et justement, en route vers le Capitole.

Car le train y emmène Katniss et Peeta pour loger avec les autres candidats de cette année, l’occasion de découvrir qui ils sont. Et là encore, vous allez voir, c’est très bien écrit. Oui oui, comme tout le reste jusqu’ici.

En effet :

  • Chaque district a un homme et une femme à proposer, ça tombe bien !
  • Chaque duo de chaque district (sauf un, mais on y reviendra) a le même âge, quelle coïncidence !
  • Chaque duo de chaque district a exactement le même style (sauvage, intello, défoncé au crack, etc), c’est fou !
  • Chaque duo est constitué de personnes qui, des années après leur victoire, sont encore dans une éclatante forme physique, pas un ne s’est empâté, c’est magique !
  • Et tous les candidats (sauf un, donc) sont relativement jeunes ou dans la force de l’âge !

Je vous laisse faire le calcul : sachant qu’il faut 22 éditions pour donner les 22 candidats qui vont accompagner Katniss et Peeta dans l’arène, sachant que visiblement, tout le monde est de la même génération ou presque, et qu’ils sont donc issus de saisons des Hunger Games très rapprochées, et sachant qu’il faut des candidats pour chaque district, par quel incroyable miracle statistique a-t-on pu obtenir un homme et une femme de chaque district, et mieux encore, qui se ressemblent autant  pour donner pareil casting ?

Sachant que les districts 1 et 2 ont des "candidats de carrière" qui, nous explique-t-on dans le premier opus, gagnent chaque année ou presque., il faudra me dire d’où sortent tous ces gagnants.

De là à supposer qu’ils sont tirés d’un chapeau et écrits avec les pieds… non, je n’ose y croire. Ce serait un peu gros tout de même, les gens l’auraient vu. Hein ? Dites ? C’est pas comme si c’était comme ça depuis le début du film.

Toujours est-il que faisons fi de ces éléments et présentons, comme le veut la tradition, la liste des candidats, assez semblable à celle de l’année dernière.

  • District 1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 2 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 4 : Finnick, Mamie Gâteaux
  • District 5 : Electro, Electra
  • District 6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 7 : Jean-Jacques, Johanna
  • District 8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 10 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 11 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 12 : Peeta, Katniss

Sachant que la plupart de ces candidats n’ont pas de prénom (je vous laisse vérifier au casting, c’est édifiant, c’est pourtant pas le temps que ça prend pour faire un minimum illusion), je vous laisse deviner quels sont les personnages qui vont nous intéresser. Katniss & Peeta, de toute manière, n’ont guère le choix : ils vont devoir s’y pencher, puisque comme leur a fait remarquer Haymitch, la plupart des gagnants sont partis vivre au Capitole et se connaissent donc depuis des années. Ils sont donc amis (voire ont pratiqué des backrooms ensemble) et buteront sans nul doute nos deux héros en premier. Il va donc falloir essayer de faire ami-ami, voire de se trouver "des alliés".

Je pensais que c’était une formule de style, mais en fait, non : nos héros tiennent une véritable liste en disant qui ils "acceptent ou non". Ce n’est plus une alliance, c’est une boîte de nuit.

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Vous vous souvenez que tout comme Katniss, chaque équipe a son couturier ? Bin visiblement, pour Finnick, il ne s’est pas emmerdé.

Trêve de fiel et allons donc voir sur le terrain d’entraînement où les élus se retrouvent, ce qu’il se passe. Peeta déjà, continue de jouer son rôle de personnage tellement inutile qu’il disparaît dès la première scène et ne parlera à personne, quand bien même il était chaud patate pour se trouver des alliés. Désolé mec, il fallait être Katniss. Car elle, de son côté, fait ami-ami avec Electro et Electra, du district 5. Ceux-ci sont des scientifiques très gentils qui ont gagné à leur époque par la ruse, en électrocutant les vilains avec des objets que l’on retrouve souvent dans l’arène des Hunger Games, comme par exemple des pinces crocodiles et une Fiat 500. Puis, elle va trouver Mamie-Gâteaux, la seule candidate de plus de 50 ans, qui sucre un peu les fraises et est muette. Mais gentille, elle peut servir dans l’arène. Par exemple, à faire des cookies. Elle est là avec elle son ancien élève, Finnick, jeune, musclé et très doué. Et le contact passe bien. Cela fait, Katniss va donc s’entraîner à l’arc, et impressionne tant les témoins de la scène que bientôt, tous les malheureux candidats aux Hunger Games la supplient de devenir leur meilleure amie.

Oui, c’est tellement artificiel qu’on dirait du Twilight. Mais livre pour adolescentes, triangle amoureux, héroïne charismatique quoi qu’elle fasse et actrice aux mimiques limitées, ça ne vous a pas mis sur la piste ? Bon, alors.

Le film, lui, continue pendant ce temps sur sa lancée. Vous vous souvenez du plan de Katniss, de se faire des alliés ? De tout ce qu’elle vient de faire dans la scène précédente ? Et de l’excellent résultat obtenu de manière plus ou moins contestable, mais obtenu quand même ? Et bien sitôt qu’elle apprend qu’elle n’a qu’à se pencher pour ramasser les alliés tant recherchés, elle déclare : "Je n’en veux aucun."

Ah non, hein, vraiment. Quelle cohérence, c’est un bonheur. Et ce n’est pas fini.

En tout cas, il n’y a pas que l’entraînement dans la vie, il y a aussi les festivités médiatiques : Katniss et Peeta jouent la provoc’ en ne saluant pas le président Snow lors du traditionnel défilé des candidats, font les kékés devant les juges, quant à l’ultime passage sur un plateau télé avant d’être envoyé dans l’arène… disons qu’il tourne curieusement.

Déjà, parce que Lenny Kravitz, le couturier en charge des candidats du district 12, a eu la bonne idée de donner à Katniss une robe qui change d’apparence pour prendre celle d’un Geai Moqueur, l’oiseau qui se trouve sur le pin’s de Katniss, et le symbole de la révolution. Autant dire que le président Snow apprécie moyennement qu’on vienne lui chier dans les bottes en direct. Quant à Peeta, il utilise ses pouvoirs de pain à merguez pour mettre de la sauce piquante sur une situation déjà bouillante. En effet, lors de son passage devant César, le présentateur télé local, il y va fort.

"Alors mon petit Peeta, ça te fait quoi de te retrouver ici ?
- C’est moyennement cool.
- Oui, surtout que vous deviez vous marier avec Katniss, c’est bête !
- Oui. Mais en fait, on s’est mariés en secret ! 
- Hooooooooooo !
- Oui parce que… KATNISS ATTEND UN BAYBAY !"

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Et ce coup de bluff fait aussitôt hurler tout le public, qui demande l’annulation des jeux ; en effet, ils doivent être du parti républicain américain : tuer des gens, oui, des fœtus, non. Dans la panique qui s’ensuit, Katniss et Peeta rejoignent les autres candidats sur scène et les enjoignent de tous se tenir la main, en signe d’unité contre le Capitole. Devant ce gigantesque capharnaüm, la retransmission est purement et simplement coupée, alors que le public continue de hurler qu’il faut en finir avec ces jeux,.

Parce que non, en 75 ans, pas une femme enceinte n’a été sélectionnée. Ou simplement n’a pensé à utiliser cet argument bateau pour avoir les faveurs du public. Incroyab’.

Cependant, si la stratégie a semé la zizanie, les jeux n’en sont pas annulés pour autant. Le lendemain, donc, Katniss est envoyée avec son fidèle Lenny Kravitz se préparer pour commencer les jeux. Ce dernier, comme lors du dernier opus, planque son porte-bonheur (qui est tout le contraire à en croire les événements une fois de plus, mais bon) sur elle, puis lui souhaite bon courage. Et alors que la bougresse s’installe dans l’ascenseur qui va l’amener sur le terrain des Hunger Games, elle voit la sécurité arriver et péter la gueule à Lenny parce que ho, hé, souviens-toi que tu as défié le président Snow hier avec ta robe oiseau, galopin. Mange donc des mandales, pour voir.

L’ascenseur est cependant déjà en marche, et c’est une Katniss quelque peu choquée parc ce qu’elle vient de voir qui débouche donc dans l’arène qui cette fois-ci est… tropicale.

Tout le monde n’est pas égal devant la chaleur. Bonne chance, Mamie Gâteaux !

Soyons précis : l’arène est constituée d’un lac central, entouré d’une imposante jungle. Le lac est divisé en 12 segments, tous délimités par des lignes de rochers allant jusqu’à la plage entourant le lac. Et les candidats sont donc placés par paire dans un des quartiers du lac, sachant qu’au centre, là où toutes les lignes rocailleuses se rencontrent, se trouve la "corne d’abondance", structure artificielle contenant armes, équipement et rouleau de papier à foison. Autrement dit, l’endroit où tout le monde se rue en début de jeu.

Et justement : le compte à rebours commence au son de Francky Vincent (ambiance tropicale on a dit)… et les Hunger Games débutent !

Il serait temps, diront les mauvaises langues qui viennent de manger plus d’une heure de mauvais film à regarder le néant. Mais attendez d’être à la fin de ce spoiler, qu’on en reparle.

Toujours est-il que Katniss se jette donc à l’eau, rejoint les rochers les plus proches, puis court jusqu’à la corne d’abondance pour y prendre arc et flèches, et ainsi commencer à tirer sur les candidats qui la menacent, comprendre, les méchants. Puis arrive Finnick, l’un des rares candidats ayant un nom, qui annonce à Katniss qu’il va l’aider, et joint l’acte à la parole en commençant à meuler du margoulin. Peeta, lui, n’aime que moyennement l’eau (ça fait gonfler la mie) mais parvient à se défaire d’un adversaire qui l’embêtait. Après avoir récupéré Mamie Gâteaux, la mentor de Finnick, le petit quatuor file vers la jungle et s’y enfonce à la recherche d’eau fraîche, parce que le climat local est moyennement agréable, et qu’avec mémé, on est jamais trop hydraté.

Sur place, Katniss montre à 212 reprises qu’elle ne fait pas confiance à Finnick, et il faudra qu’il lui prouve 213 fois qu’il est dans son camp pour qu’elle commence à bien vouloir le croire. Parce que non, même lorsqu’atteignant le bord de l’arène, Peeta se mange un champ de force qui l’électrocute et que Finnick le sauve alors qu’il avait fait un arrêt cardiaque, Katniss ne comprend pas qu’il est dans son camp. C’est vrai que c’est pas facile, pfiou : il est tellement méchant qu’il ramène même les candidats à la vie. "Probablement pour les tuer deux fois !" doit se dire Katniss de son cerveau de mollusque paranoïaque. Nos larrons errent donc un peu dans la jungle, et Katniss tente même de voir à quelle hauteur est le plafond de l’arène en grimpant au sommet d’un arbre pour lui tirer une flèche dans la face. Et si elle touche, oui, le plafond reste relativement haut. Merci pour cette information passionnante Katniss. Et pour avoir donné ta position à tous les autres candidats. Ah, on me souffle que non, là aussi, personne n’a pensé à cet élément.

La nuit arrivant bientôt, le quatuor décide de dormir un peu. Ils sont par ailleurs soulagés en voyant arriver un colis volant, envoyé par un sponsor pour les aider : un petit robinet à planter dans les arbres pour en faire jaillir de l’eau. Nos héros peuvent donc s’hydrater un peu, et s’endormir en paix. Sauf que plusieurs événements arrivent :

  • Déjà, dans le ciel, comme le veut la tradition, on affiche les pertes de la journée : 8 candidats sont déjà morts. Ils s’appelaient tous Jean-Jacques.
  • Ensuite, vers minuit, il y a un son étrange, comme une horloge sonnant douze coups, puis un gigantesque arbre se fait foudroyer à moult reprises par un mini-orage
  • Et surtout, il y a le brouillard

Car oui : alors que Katniss veille sur ses compagnons endormis, elle note qu’un étrange brouillard approche doucement d’eux. Elle tend une main, pour voir de quoi il retourne, et se retrouve instantanément parcourue par une terrible douleur, alors que de monstrueuses cloques apparaissent sur sa main.

"Vite ! Le brouillard est empoisonné !" hurle la jeune fille "Courez ou on va tous ressembler à des Bogdanov !"

Finnick charge Mamie Gâteaux sur son dos puis cavalcade comme un fou, suivi par Katniss et Peeta. Mais le brouillard est sur leurs talons ! Sans compter que Peeta tombe comme une buse (ça aloooors !)  et n’arrive plus à marcher. Mamie Gâteaux arrive à expliquer, bien qu’elle soit muette – c’est pas facile, sachant qu’en plus il fait nuit, vas-y mémé – que Finnick doit porter Peeta plutôt qu’elle. Et pour bien se faire comprendre, elle se dirige vers le brouillard, qui l’engloutit. On entend alors tonner le canon, celui-là même qui sert à annoncer la mort d’un candidat. Adieu, Mamie Gâteaux. Au moins, tes amis n’auront plus à aller chercher des couches à la corne d’abondance. Bref : le trio, quelque peu paniqué, court donc vers la plage, le brouillard leur léchant le dos et provoquant horribles douleurs et cloques sur tout leur corps. Et puis, finalement, la petite troupe tombe dans une sorte de ravin, et bien que le brouillard les suive, il s’arrête… à quelques mètres d’eux seulement. Brusquement et nettement.

Ce brouillard est probablement le lointain descendant du nuage de Tchernobyl.

Nos larrons, mal en point, ont des difficultés à comprendre. Mais en tout cas, leur chute les a amenés devant une petite mare d’eau douce et fraîche tout à fait bienvenue. Katniss a donc l’idée d’y tremper l’une de ses mains couverte de cloques…

… qui disparaissent simplement en frottant.

Pardon ? Ce sont des cloques qui disparaissent à l’eau ? Vous savez que ça ne marche pas comme ça, en fait ?

Bon bin… toutes leurs cloques et cicatrices disparaissent à l’eau alors. Et non, elles ne se résorbent pas : elles disparaissent comme de vulgaires tatouages Malabar, je tiens à être clair sur ce fait. Enfin bref : alors que nos loulous sont heureux de se trouver en meilleur état, ils notent soudain qu’ils sont entourés de dizaines de babouins qui leur jettent des regards laissant entendre qu’ils ont vu il y a peu un reportage sur les tournantes. Katniss, craignant que Peeta ne soit pas prêt pour ce genre d’expériences aussi soudaines que multiples, commence donc à décocher toute une tripotée de flèches sur les vils animaux, aidée de Finnick, qui joue du trident. Peeta, lui, arrive évidemment à se mettre dans une situation compliquée, mais le trio est sauvé lorsque surgit des bois une Jeanne-Jacques, qui vient les aider, avant de se prendre un coup mortel. Toute la petite équipe court donc vers la plage histoire de voir si les singes sont allergiques au sable, et en effet : comme par enchantement, les singes s’arrêtent net au niveau de la plage, laissant à nos héros le temps de se remettre, et de regarder Jeanne-Jacques mourir dans leurs bras.

"C’est pas banal." se dit donc intelligemment Katniss, en tentant de comprendre pourquoi une autre candidate est venue les sauver alors qu’ils étaient dans la mouise.

Mais déjà, la troupe tente de se reposer un peu. L’occasion pour Peeta, qui depuis le début de ce film, a sérieusement resserré ses liens avec Katniss, de pêcher une huître et d’offrir la perle qu’elle contient à la belle, puisque figurez-vous que oui, l’arène des Hunger Games reproduit visiblement fidèlement le bassin d’Arcachon et son légendaire climat tropical. Cela fait, la troupe voit émerger un peu plus loin sur la plage Electro, Electra et Johanna, une bourrine du district 7 qui manie la hache, tous trois couverts… de sang.

Les deux trios se rejoignent bien vite pour former un sextuor, le plan étant de s’allier contre les candidats des districts 1 et 2, connus pour être très forts. Mais c’est aussi l’occasion pour les nouveaux arrivants d’expliquer leurs malheurs : ils viennent de se manger une pluie de sang. Et alors même qu’ils parlent, ailleurs dans la jungle, un tsunami apparaît entre les arbres et vient mourir dans le lac (oui, dans ce sens là ; un tsunamhipster, probablement, il méprise les conventions. Non, je n’ai pas vu s’il portait lunettes et moustache). Electra, qui a un peu pété une durite face à tous ces événements, parvient quand même à faire comprendre ce qu’il se passe :

L’arène est conçue comme une horloge. Et à chaque heure, il se passe quelque chose dans un quartier : brouillard empoisonné, qui s’arrête aux limites de son quartier, d’où le champ de force qui avait sauvé nos héros, débarquement massif de singes enragés, qui là encore, sont bloqués dans la jungle et ne peuvent s’aventurer sur la plage, ou encore pluie de sang, ou tsunami, une fois de plus très localisés. Il suffit donc d’éviter le mauvais secteur au mauvais moment pour éviter bien des risques inutiles.

J’en profite pour ajouter deux choses, que nos héros n’ont pas remarquées :

  • Déjà, Katniss a elle aussi une corne d’abondance : son carquois. En fonction des plans, des flèches apparaissent ou disparaissent de celui-ci, mais en tout cas, elle n’en manque jamais, même après avoir tué 463 singes. Plus fort qu’un chargeur de héros de film d’action : le carquois de Katniss.
  • Ensuite, une navette vient chercher les corps des candidats morts. Elle reste en stationnaire au-dessus du cadavre, puis descend une pince pour le remonter. Mais attention, hein, pas un truc pratique : une vieille pince de foire. Quel dommage que le film ne montre pas l’opérateur qui fait retomber 3 fois le cadavre dans un vieux bruit de viande avant de remettre 10 balles dans la machine en marmonnant "C‘est bon, j’ai compris comment faire cette fois.".
  • Ah et oui, même si c’est dans la jungle, jamais un mort ne sera sous une branche, susceptible de bloquer la pince. C’est quand même bien fait.

Sauf que la production, elle, a moyennement apprécié que Katniss et ses amis comprennent le concept de l’arène : en représailles, Bob ordonne depuis sa salle de contrôle une séance de tournez-manège en accéléré de la corne d’abondance et des rochers délimitant les quartiers, pour faire perdre tout repère à nos héros. Si cela tombe plutôt bien, puisque cela arrive au moment où des méchants les attaquaient (et ont tué Electra dans l’affaire) et les oblige à se replier, Katniss manque de peu de mourir, parce que des lignes entières de rochers tournant à pleine vitesse dans la margoulette quand on se retrouve dans l’eau, ça peut faire bobo.

Mais non, elle s’en tire, merci pour elle.

Nos héros sont un peu déboussolés, plus encore lorsque soudain, dans les bois, ils entendent la voix de Primrose, la sœur de Katniss, appelant à l’aide. On passe donc de la confusion à la consternation lorsque Katniss, qui sait pourtant bien que sa sœur n’est pas invitée aux Hunger Games, se rue dans les bois en hurlant "Houhouuu Primrooooose où es-tuuu ?". Et en effet, c’était un piège : il s’agit cette fois-ci d’un essaim de geais moqueurs qui imitent la voix de la jeune fille pour mieux foutre la zone comme les gros lascars à plumes qu’ils sont. Après s’être pris plumes et déjections dans la face, Katniss revient donc des bois vers la plage, en espérant que personne ne fasse remarquer que sa réaction était aussi idiote qu’absurde.

Heureusement, il y a toujours quelqu’un pour changer de sujet : Electro explique qu’il a justement un plan.

"Bon alors, c’est simple. Vous avez remarqué ? Nos ennemis ne se montrent pas sur la plage." lance-t-il parce que je sais pas vous, mais moi, j’ai justement remarqué l’exact contraire il y a 5 minutes lorsque les mecs ont débarqué pour buter sa copine Electra. Mais c’est pas grave, il y a juste un vrai problème avec les dialogues de ce film. Entre autres. "Donc, si nous retournons dans la jungle, ils viendront sur la plage pour profiter de notre absence. Sauf que nous, on sera montés jusqu’à l’arbre qui se fait foudroyer tous les soirs à minuit. Et qu’on aura déroulé derrière nous ces 2 kilomètres de câble électrique que j’ai dans la main sans vraiment que cela s’explique. Et du coup, la foudre remontera le long du câble, touchera le lac, et tuera tous ceux qui seront dans l’eau à ce moment là ainsi que tous ceux qui se reposeront sur le sable humide. Donc voilà. Protégez-moi jusqu’à minuit, et on y va !"

Electro a visiblement un vrai problème avec ses lunettes, puisqu’il n’a pas vu le même film que nous.

Le plan validé, la petite troupe attend donc patiemment la nuit. Et lorsque celle-ci survient, se met en route direction l’arbre à foudre, pour préparer la chose. Et sitôt arrivés au sommet, Electro sourit bêtement.

"Parfait. Maintenant, on a plus qu’à dérouler le câble !"

Pardon ? Vous voudriez dire que vous vous êtes tapés tout le chemin sans dérouler le câble, et que vous allez donc envoyer une équipe refaire l’aller-retour en prenant bien plus de risques ? Oui ?

A ce moment là, j’ai regardé les cendres de ma voisine qui avait brûlé un peu plus tôt dans le film, et je suis certain d’y avoir vu une braise reprendre.

Toujours est-il que Katniss est envoyée avec Johanna dérouler le câble, pendant qu’Electro l’accroche à l’arbre. Sauf qu’en route… ils sont attaqués ! Ho bin ça alors ! Johanna parvient à attirer les ennemis loin de Katniss avec diverses ruses allant du pourri au consternant (par exemple, faire passer Katniss pour morte, c’est compliqué dans un jeu où il y a un coup de canon pour annoncer quand les gens meurent VRAIMENT), et laisse donc Katniss se débrouiller mais… hélas, les méchants ont coupé le câble !

Katniss remonte donc à l’arbre, alors que minuit approche, et trouve, surprise, Electro kaput. Celui-ci s’est visiblement électrocuté avec un champ de force, l’arbre étant situé en bord d’arène. Mais il avait bricolé une curieuse lance à laquelle il avait relié le câble de l’arbre… étrange. Quant à Peeta et Finnick, ils ont disparu, et on entend des bruits de combat non loin. Et puis finalement, Katniss voit Finnick revenir et alors qu’elle hésite à tirer sur sa tronche, elle comprend qu’il y a mieux à faire. Et ce qu’Electro a voulu réaliser. Oui, tout devient clair.

Elle prend le câble, le relie à une flèche, et au moment où la foudre tombe, tire vers le plafond de l’arène (alors qu’elle avait un champ de force  du bord d’arène identique à 3 mètres, rappelons-le). Aidée par le mauvais script, la flèche monte sans encombre jusqu’au plafond, tout en déroulant ouat’mille mètres de câble derrière elle (ce qui est connu, ne pèse rien). La foudre frappe alors le dôme d’énergie au-dessus de l’arène en remontant le long du câble et…

… le dôme d’énergie s’arrête net, et apparaît alors le véritable plafond de l’arène, qui commence à se fissurer et à tomber.

Pendant ce temps, dans la salle de contrôle de l’arène, le président Snow, venu voir comment tout se déroulait, est furieux : il n’y a plus d’énergie dans le dôme des Hunger Games ! Katniss a brisé son jouet !

En même temps, notons que c’est une arène qui génère des éclairs qu’elle ne supporte pas elle-même. C’est beau quand même, on sent les professionnels. En tout cas, la jeune fille, elle, étendue au sol, épuisée et un peu commotionnée suite à tout cela, regarde donc le dôme se détruire peu à peu (et oui, tous les morceaux l’esquivent, ils sont comme ça), avant qu’une navette ne vienne la chercher avec sa petite pince de foire (et sans la faire tomber comme une bouse, donc). Katniss perd conscience, et à son réveil, est à bord de la navette, allongée dans une simili-infirmerie aux côtés d’Electro, qui n’est finalement pas si mort que ça. Elle se lève donc et entend venir d’un compartiment voisin des voix. Notre héroïne entre donc, et se retrouve nez à nez…

… avec Haymitch, Finnick et Bob, le vilain producteur, en pleine conversation amicale !

Ceux-ci lui expliquent donc les choses :

"Tout va bien ! Tu es sortie. Tout était prévu, nous sommes de mèche depuis le début : nous ne pouvions pas te prévenir de notre plan, car le Capitole écoutait, mais nous avons tout organisé pour te faire sortir de là ! La moitié des candidats était au courant, c’est pour ça qu’ils coopéraient avec toi, voire se sont sacrifiés pour toi ! Tu es le symbole de notre révolution, il fallait te tirer de là. Maintenant, nous partons rejoindre les autres rebelles !"

Vous pensiez que le film était mauvais ? Allez-y, installez-vous tranquillement. Tenez, je vais me servir un brandy. Vous en voulez ? Non ? C’est dommage, il est excellent, mais je comprends, vous êtes méfiants. Non, si je vous demande de vous asseoir confortablement à cet instant du film, c’est parce que nous sommes au dénouement, et découvrons, formidable rebondissement, que Bob, conseiller du président et producteur des Hunger Games, est en fait dans le camp des rebelles. Et qu’il avait tout prévu pour tirer Katniss de là. D’où les autres candidats qui essayaient de l’aider, ou Electro qui voulait briser le dôme tout comme elle, simplement pour permettre une évasion et non poursuivre le jeu.

Vous avez tout saisi ? Alors on va reprendre.

Hunger Games II : l’embrasement, c’est donc l’histoire de Bob, qui envoie Katniss aux Hungers Games pour mieux l’en faire sortir.

Voilà. C’est tout. Les mecs pouvaient partir avec elle rejoindre les rebelles dès la première scène du film et ainsi passer à l’intrigue de Hunger Games III, mais vous venez de vous manger 2h26 de rien, puisqu’en fait les rebelles organisent tout seuls un plan qui ne sert strictement à rien. Non, ils n’utilisent même pas le nouveau passage de Katniss aux Hunger Games pour quoi que ce soit, non. Vraiment : ils font ça uniquement pour qu’il y ait une intrigue. Ça pique ? Vous voulez que je vous dise le dernier film où j’ai vu cette ficelle du "Enfermons nous-même un copain pour mieux organiser son évasion sans autre raison que de le sortir de là ? C’était Les Trois Mousquetaires 3D.

"Tu sais Katniss, tout ce que tu viens de vivre ? Bin en fait, c’était pour rire."

Alors, maintenant, redites moi que ce film est "encore mieux que le premier" ? Voilààà.

Ho, et puis alors, du coup, si Bob était aux commandes, pourquoi faire une arène aussi impitoyable ? Et si Katniss avait trébuché et s’était mangé le brouillard ? Ou pris un singe ? Ou un rocher dans la gueule quand Bob, pourtant dans son camp, faisait tourner le cœur de l’arène et ses cailloux à toute allure ? Ou tout simplement, qu’un autre candidat l’avait tuée, puisque je le rappelle, c’est le but des Hunger Games et que vous l’aviez enfermée là-dedans ? C’eut été ballot : "Bon les gars, vous savez mon super plan ? Bin j’ai tué Katniss. Je sais plus très bien pourquoi, en fait, mais sur le coup, ça avait l’air super."

Idem, Finnick, qui était donc au courant du plan depuis le début, ne semble rien avoir à redire sur le fait que du coup, ils aient sacrifié, parfaitement gratuitement, son mentor Mamie Gâteaux qui n’avait rien demandé si ce n’est qu’elle était dans leur camp. A ce stade, ce ne sont plus des incohérences, c’est tout simplement un festival de balles dans le pied. Et à une telle cadence de tir, je ne suis même pas sûr que ce soit autorisé par la convention de Genève.

Quant au fait de ne pas prévenir Katniss du plan, visiblement, ils avaient largement la possibilité de le faire puisque même Lenny Kravitz arrivait à trouver du temps pour causer tranquillement avec la belle, voire lui faire passer son porte-bonheur en loucedé.  Un message aurait été vaguement plus intéressant qu’un pin’s. Par exemple, pour éviter que Katniss, sans instructions dans un jeu où il faut tuer ou être tuée, ne flèche la gueule aux candidats supposés l’aider. Un détail.

Résultat des courses : tout le monde présente le "plan" (sic) comme un grand succès, même si Peeta a lui été récupéré par le Capitole et est désormais otage là-bas. Katniss est donc en colère (mais juste à cause de ça, elle n’a rien à redire au plan stupide) jusqu’à ce que quelqu’un ait l’excellente idée de lui administrer un bon gros sédatif. Et fois-ci, lorsqu’elle se réveille, elle n’est plus dans une navette, mais dans une véritable salle, avec à ses côtés Gale, son copain. Qui lui annonce que la mère et la sœur de Katniss ont pu être sauvées, mais que le Capitole a fait bombarder le district 12, qui n’existe plus (bonne chance pour vous maintenir sans ressources minières les copains du Capitole !).

"Et où sommes-nous en ce moment ?" demande alors Katniss.

Dans le district 13. Officiellement entièrement détruit il y a 75 ans mais qui résiste encore face au Capitole. Et maintenant qu’ils ont Katniss, il est temps de lancer la révolution ! Et…

… FIN !

___________________________________

Voilà voilà.

Ho, et pour rappel : Les Trois Mousquetaires 3D, ce n’était qu’une scène du film qui reposait sur le plan absurde du "Je te mets quelque part pour mieux t’en sortir sans raison".

Là, j’insiste, ce sont les 2h26 de film qui  se basent uniquement là-dessus.

Ce qui signifie que oui, même l’intrigue des Trois Mousquetaires 3D était plus soignée que celle de Hunger Games : l’embrasement.

Et là, tout est dit.

J’ai, depuis quelques temps, la joie d’observer autour de moi de plus en plus de supporters du mouvement Anonymous.

Anonymes comme leur nom l’indique, masqués et indignés (comme à peu près 97% des gens pour un oui ou pour un non en ce moment), ces derniers n’hésitent pas à se constituer en force libre de l’internet, allant et venant de site en site dans leurs frêles esquifs numériques, attaquant le puissant, volant le riche et débusquant le criminel pour faire régner un ordre plus juste sur les mers agitées de l’internet. Brigands extraordinaires, de ceux qui suscitent l’admiration des masses de par leur capacité à faire les coups les plus audacieux avec panache tels Arsène Lupin, Robin Hood ou Patrick Balkany, ils disparaissent dans les limbes de l’internet après leur forfait sans demander leur reste, laissant garçons et filles rêver un jour de les rejoindre pour, à leur tour, lutter contre l’oppression 2.0  à grands coups de clics dans la gueule.

Pas de nom, pas de visage : à l’image du sous-commandant Marcos, la pipe en moins (c’est bien dommage, car comme le disait ma bonne amie Carla "La pipe, ça vous pose son homme"), ils n’agissent pas pour se mettre en avant, mais bien uniquement pour faire avancer la cause "hacktiviste". En voilà, un noble combat mes amis !

Pourtant, allez savoir pourquoi : ce mouvement ressemble curieusement à un vaste foutage de gueule.

Lecteurs, lectrices, je sais que vous êtes nombreuses et nombreux à soutenir la cause de ces valeureux combattants du net ; peut-être même, allez savoir, que certains d’entre vous ont la joie d’en faire partie, et n’hésitent pas à participer à quelques audacieux piratages visant à freiner les tentatives du Grand Capital de contrôler internet pour y freiner le partage de la culture, comme l’expliquaient, il y a peu, divers créateurs de web-vidéos réunis pour s’insurger contre ACTA, un projet de loi tout pourri pour internet (comme quantité de projets de loi sur le sujet, ce qui est assez mystérieux, à croire que c’est au concours de la loi qui ressemblera le plus à une copie de droit de Jean Sarkozy). Mais pourtant, il n’en demeure pas moins qu’il y a un truc à peu près aussi cohérent qu’un scénario de Luc Besson là-dessous

"Zyva bâtard, on défend la liberté d'expression, et si t'es pas d'accord, on va te bouillave ta gueule"

Ainsi, si un groupe de types se réunit, en Hongrie par exemple, pour faire justice soi-même, on appelle ça "une milice" et on parle de "grave dérive". Si aux Etats-Unis, des types décident de patrouiller dans leur quartier pour "faire régner leurs droits", on parle là encore de "milice" et de "grave dérive" (on peut aussi utiliser d’autres éléments de langage du genre "bruit des bottes", "heures les plus sombres de notre histoire", etc). Maintenant, si un groupe de types patrouille sur internet en décidant de faire la justice soi-même, on parle d'"hacktivistes" et de "combattants de la liberté". Parce que sur internet, ça va, y a pas mort d’homme, merde, c’est normal tout ça, vous savez. Et puis les pirates, d’abord, ce sont tous des gens gentils. Depuis quand il faudrait essayer de jouer dans les règles et de respecter les droits de tout le monde ? Hein ? C’est pour les faibles, ça !

Pirater, c’est plus cool ! Et puis tiens, on va porter des masques sortis de V comme Vendetta (même si on jurera que c’est pour l’origine historique dudit masque), parce que c’est justement un film cool de rebelle cool avec Natalie Portman cool. Il y a 10 ans, Anonymous aurait sûrement utilisé des savonnettes comme masques, parce que la vraie rébellion était incarnée par Fight Club. Mais pour le coup, avoir des manifestations sponsorisées par Monsavon, c’eut été un peu plus compliqué pour niquer le système.

Alors, on me dira "Non mais ho, c’est quoi ces préjugés de merde ? Anonymous ils luttent contre les méchants ! Ils ont même dénoncé des pédophiles !"

Ah, mais ouais : les pédophiles, comme ça touche les enfants, c’est le boulot des bons citoyens de s’en occuper, surtout pas des forces de l’ordre malheureux ! D’ailleurs, si on a inventé les procédures de police, c’est juste pour emmerder le bon peuple. Du coup, Anonymous a eu l’idée géniale de s’attaquer à un réseau informatique de pédophiles et de balancer tous les identifiants, histoire de :

  1.  Les livrer à la vindicte populaire, parce qu’ils ne méritaient pas mieux façon "Moi, je suis contre la peine de mort, à part pour les violeurs et les pédophiles"
  2. Faire que tout flic occupé à surveiller le réseau pour attraper ce beau monde à ce moment là a eu la joie de se voir fiché comme pédophile
  3. Faire que tout pédophile qui traînait dans le coin a eu l’opportunité de voir qu’il était repéré par des amateurs, et a donc pu se barrer et prendre les mesures qui s’imposaient

Et donc, de faire échouer à peu près toute tentative de faire un truc efficace. Les bougres s’en sont donc non seulement vantés, mais en plus, ont été applaudis pour ça par leurs supporters.

"Bravo les gars, ce que vous venez de faire, ça revenait à peu près à repérer une réunion de criminels dans une grange et à rentrer dedans en tirant en l’air pour disperser tout le monde. Encore une mission réussie."

Idem, l’une des actions phares de nos amis d’Anonymous fut une bataille rangée contre les scientologues, suite à une sombre histoire de retrait d’internet d’une vidéo de Tom Cruise (alors que moi, je suis prêt à payer pour que l’on fasse pareil avec ses films), sur laquelle les scientologues avaient les droits, et qui avait été publiée sans leur autorisation (ils demandaient donc son retrait des sites l’ayant publié). Du coup, la guerre a été déclarée, et les Anonymous n’ont pas hésite à s’opposer aux scientologues en faisant par exemple planter leurs sites. A l’occasion, ils firent aussi le coup contre le Vatican, parce que là encore, ils n’étaient pas d’accord avec eux. Ah, les enfoirés !

Planter les sites d’autrui au nom du "combat contre la censure" et la "liberté d’expression", c’est vraiment beau. Chapeau, les Anonymous (et pourtant, je n’ai pas vraiment d’amitié pour les scientologues).

Avant V comme Vendetta, on était Anonymous avec d'autres films cultes

Evidemment, l’une des techniques de défense du groupe consiste à dire "C’est pas nous, c’est des gens qui se revendiquent de nous", ce qui est très pratique lorsque l’on est pas structuré. Parfois, un Anonymous ajoute "C’est un mec de chez nous qui a joué les loups solitaires", mais on lui tape derrière la tête très vite en faisant les gros yeux parce que merde, si on distribue des techniques de piratage aux gens et après qu’ils s’en servent, c’est pas notre faute. Cela permet aussi de faire des revendications à géométrie variable, afin de s’assurer le soutien constant du public.

Par exemple, l’an dernier Anonymous s’en est supposément pris au Playstation Network. Ce qui a donné la stratégie de communication suivante :

"PSN : Ho non ! On a planté ! Et quelqu’un a eu accès aux informations privées des joueurs !
Anonymous : Hahaha, ça vous apprendre à récupérer des données utilisateurs sans autorisation ! Pour la peine, nous avons volé les données de vos utilisateurs sans autorisation !
PSN : Heu… attendez, mais c’est con ? 
Anonymous : Oui bon, on a fait pareil que vous mais en pire puisque personne ne peut savoir ce qu’on fait de ce qu’on a récupéré, sauf que nous, on l’a fait parce que… heu… on est gentils ?
PSN : Okay. Bon, le public, c’est Anonymous qui a tout planté le système.
Le public : BOUUUUUUUUUH ! Nos jeux ! BOUUUUUH Anonymous !
Anonymous : Ho merde, on va être impopulaires ! Ho ho ho, non mais en fait, on va dire que c’est pas nous, qu’on a rien à voir avec tout ça, parce qu’on a pas d’organisation et que ça doit être quelqu’un utilisant notre nom. Voilà. Allez, reprenons et répétez après nous : nous sommes les gentils."

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Et quelques mois plus tard…

"PSN : Bon, on a trouvé un des piratins qui nous a attaqué, on va lui faire un procès. 
Anonymous : BOUUUUUUUUH !
PSN : Je croyais que vous n’aviez rien à voir avec ça ? Vous n’auriez pas dit ça JUSTE pour continuer d’avoir la sympathie du public alors que vous avez fait n’importe quoi, par hasard ?
Anonymous : PAS DU TOUT ! Pour la peine, et au nom de la liberté d’expression et au nom du refus de la censure, on va planter vos sites. Ca vous apprendra à ne pas être d’accord avec nous."

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Et malgré tout, ces milliers de gens de par le monde continuent de mettre un beau masque de Guy Fawkes persuadés qu’il s’agit là du symbole de la liberté libre et pure, quand bien même c’est en fait un peu l’opposé de ce principe. C’est beau.

Evidemment, on me rétorquera qu’Anonymous n’a pas hésité à se mobiliser à plusieurs reprises pour lutter contre des choses aussi vilaines qu’Hadopi ou la fermeture de Mégaupload au nom du partage de la culture (piratage de moult sites, dont l’Elysée), en participant à la mise en place d’une vaste mobilisation contre ces scandales honteux. Ce qui reste d’ailleurs l’un des grands mystères d’internet : si un projet de loi pourri est proposé pour limiter le téléchargement illégal, on se dresse et on s’insurge au nom de la libre circulation de la culture, par contre, quand il s’agit de la libre circulation des gens ou des richesses, on s’en branle un peu. On s’insurge contre ce qu’on peut, merde.

Héroïque, comme dans "J'ai cliqué sur un lien sur Twitter, tremble monde libre"

Alors, vraiment, si vous aussi, vous aimez le principe d’empêcher l’expression de ceux qui ne sont pas d’accord avec vous et de censurer les censeurs car la loi du talion a toujours été une réponse de qualité, et si en sus, vous pensez que c’est aux citoyens de faire la justice en tant que juge et partie, alors je vous en prie, n’hésitez pas à vous sentir fiers et rebelles comme une lycéenne avec Che Guevara sur son sac parce que c’est "la révolution" en affichant votre soutien aux Anonymous et leurs doctrines de qualité. Surtout que c’est grave à la mode.

Sinon, pour les autres, vous pouvez m’aider à participer à mon grand projet "Passons pour les sauveurs du monde à peu de frais", en demandant à HBO de distribuer la prochaine saison de Game of Thrones uniquement sur des galettes de riz qui seront balancées dans les zones de grande famine.

Allez savoir pourquoi, mais je parie que soudainement, les Anonymous sentiront le vent de la justice gonfler leurs voiles, et qu’ils mobiliseront tout le net s’il le faut pour que l’on nourrisse ces pauvres jusqu’à ce qu’enfin, ils arrêtent de manger les galettes gravées pour qu’elles puissent être récupérées et lues en paix.

Ah, le combat pour la justice et la liberté. C’est simple comme la défense de ses petits intérêts, en fait.

"Odieux…"

Elle fait langoureusement trainer la dernière syllabe de mon prénom. Ses grands yeux pétillent sous sa chevelure en bataille, et elle passe délicatement son doigt sur ses lèvres glossées, alors qu’elle tortille les draps défaits d’une manière assurée de sa main libre.

"Oui Zahia ?"

Elle mordille sa lèvre inférieure et écarte une mèche venue se poser sur l’une de ses pommettes. Doucement, elle penche la tête sur le côté droit, attendant simplement que le bruit de la sirène passant dans la rue en contrebas s’estompe.

"Tu sais je… J’aime beaucoup ta manière de me tirer vers le haut
- Ça demande pas mal d’entrainement, c’est vrai, mais j’en suis aussi assez fier. Ce ne sont pas tes copains de l’équipe de France qui t’apprendront ce genre de choses, c’est certain ; les gestes techniques, ce n’est pas vraiment leur truc.
- Non, je voulais dire, socialement.
- Ah."
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Je lève mes yeux quelques instants de l’excellent article sur le dernier rapport de la cour des comptes pour mimer un semblant d’attention à son égard, puis me replonge dans ma lecture.

"C’est bien."

La jeune fille parait déçue de ma réponse ; elle se laisse choir sur le flanc avant de rouler sur le dos et  me fixe de son visage désormais à l’envers du mien.

"Tu ne voudrais pas m’emmener avec toi encore une fois ? Tu sais, dans un de ces endroits où…
- Raaah… Passe moi ma veste, veux-tu ? Et va enfiler quelque chose, tu me fais froid."

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La meilleure raison d'aller à un vernissage

La formulation est maladroite, mais le résultat est là : elle va quérir mon vêtement qu’elle m’avait oté quelques heures plus tôt avant de le jeter sur une chaise qui se serait bien passée de ce poids mal équilibré. Me le tendant, elle s’assoit à côté de moi sur le lit et me regarde fouiller les poches intérieures. J’en sors deux cartons où il est inscrit en lettres d’or "L’Art de Demain".

"Tiens, une galerie d’art, ça te tente ? Il y a un vernissage d’Art Contemporain.
- Je ne sais pas… C’est quoi ? Et puis pourquoi tu parles avec des majuscules pour art et contemporain ?
- Tu vas vite comprendre. Tu sais jouer à Taboo ? Tu sais, le jeu avec les mots interdits et le pouic-pouic.
- Oh oui, hihihi, moi aussi j’appelle ça le pouic-pouic. J’aime bien.
- Alors habille toi correctement, on y va."
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Une demi-heure plus tard, nous passions la porte de l’étroite galerie parisienne, bien que je constatais une fois encore que Zahia et moi avions un profond désaccord sur la notion de "correctement".

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Ah, les vernissages ! Quel bon peuple s’y rassemble ; ici voici François. François fait partie des officiels, un groupe fort peu nombreux mais venu se montrer et profiter de l’occasion pour prononcer quelques discours sur leur attachement à l’art ; en présence de mécènes, mieux vaut être bien vu. Et puis, si ça peut ramener les voix de quelques bobos et permettre de justifier les subventions accordées à l’artiste exposé ce soir, alors c’est parfait. Là-bas, c’est Eric. Tu le connais Eric ma petite Zahia, c’est un client à toi. Eric est justement un mécène, il a pas mal d’argent et il n’hésite pas à donner quelques deniers pour se faire un peu de com’ en finançant ce genre d’expositions. Sans compter qu’il peut en déduire une partie de ses impôts : rien n’est gratuit.

"Si, moi je le suis pour toi, et toi seul" me susurre Zahia en s’agrippant à mon coude.

Tiens, regarde plutôt par ici ; là, c’est Adeline. Oui, elle a un beau manteau de fourrure, je sais, mais regarde : elle fourre discrètement des petits fours dans ses poches. C’est une pique-assiette, il y en a souvent aux vernissages ; on les reconnait facilement : ils sont parmi les mieux habillés, sont présents à tous les arrivages d’œuvres et se positionnent toujours près du buffet, attendant fébrilement la dernière syllabe du dernier discours pour se saisir d’une bonne coupe de champagne. Et là-bas, le monsieur en pleine discussion avec ce petit groupe de personnes qui s’esclaffent bruyamment à chacun de ses mauvais bons mots, c’est Staifaño, l’artiste. Viens, allons regarder ses œuvres.

Nous nous plaçons devant une pièce intitulée "Révolution", une simple boîte de conserve nue dans laquelle est plantée une fourchette. A côté de nous, un couple de Bobo Sapiens est en pleine parade amoureuse, rituel dans lequel le passage par un lieu culturel est obligatoire afin de s’assurer du goût et de l’étendue des connaissances du conjoint. Ils dissertent donc avec vigueur : qu’a voulu représenter l’artiste ? L’industrie moderne se mordant la queue ? L’outil du consommateur s’en prenant au conteneur de la consommation ? La transformation d’un même métal en deux outils s’unissant dans une même œuvre ?

"Mais, c’est tout pourr…" je dépose promptement dans la bouche de Zahia un petit four saisi à la volée sur un plateau passant à ma portée.

"Ne dis rien. C’est une partie de Taboo t’ai-je dis ; la plus grande de toute la création, celle de l’Art Contemporain."

Permettez-moi, chers lecteurs, d’éclairer votre lanterne ainsi que celle de Zahia : ce qu’il y a de fabuleux dans l’Art Contemporain, c’est que certes comme en tous domaines, il y a du bon & du mauvais. Mais la magie de la chose réside dans le fait qu’en dehors des critères subjectifs d’appréciations de l’art, il y a de sacrées merdes objectives, qui n’existent que grâce à une seule règle : le Super Taboo.

Taboo, édition avec pouic-pouic et plateau design

Le Super Taboo, c’est ce principe des mots interdits en la matière : ni merde, ni daube, ni foutage de gueule… bref, aucune allusion à une quelconque déception face à une œuvre. Car la perversion de cet art est de faire passer le déçu pour un béotien. Car celui qui trouve une pièce d’art avant-gardiste merdique est forcément un conservateur et un ignorant qui ne comprend rien à l’art ! Aussi, chacun a pris pour habitude de faire semblant de trouver des choses à l’œuvre pour se donner quelque consistance et éviter de passer pour un profane. Et comme tout le monde le fait, chacun a l’impression d’être le seul à trouver une toile ou une sculpture absolument pourrie. Alors pour éviter l’humiliation, on fait semblant de trouver cela fascinant de manière encore plus poussée. Ainsi se lance le cercle vicieux : plus les autres font semblant d’y piger quelque chose, plus l’on fait semblant soi-même, ce qui encourage les autres, etc.

Et quiconque brise la règle du jeu et s’exclame qu’il a devant lui ce qui ressemble diablement à un étron gras et fumant aura perdu. Il sera donc conspué.

Tu as compris Zahia ? Tous ces gens font semblant de peur de passer pour des truffons. Parce qu’objectivement, c’est nul par exemple ce que fait Staifaño. Viens, je vais te montrer comment on le prouve. Regarde, fais comme moi : plisse les yeux en regardant ce… ce truc, là. Les cinq playmobils peints en vert sur un socle. La vache, ça pique les yeux tellement c’est nul. Bon, essaie de ne pas pleurer et fais les mêmes bruits que moi Zahia "Hmmm… ho… fabuleux…" oui, c’est pas mal, mais fais le un peu moins langoureux, on est plus à l’hôtel là. Tu vas voir, ça va attirer le…

"Je vois que vous regardez Global, l’une des pièces maîtresses de mon exposition. Figurez-vous qu’elle représente mon esprit face à l’actuelle mondialisation, la torture du créateur qui…"

Staifaño s’est approché de nous et commence à nous expliquer son œuvre. Or, ma chère Zahia, pendant que notre hôte nous récite son discours force de vente digne d’un vendeur Nespresso, constate : il passe plus de temps à justifier sa création que nous n’en passons à la contempler. Quand tu passes plus de temps à justifier ton travail qu’à ce que les gens puissent en profiter, c’est clairement que tu te fous du monde. En art comme en toutes choses. Maintenant, tu vas voir, il va arriver au couplet habituel.

"… évidemment, bien que cette oeuvre soit disponible à l’acquisition si jamais vous veniez à vouloir conserver avec vous sa force artistique, vous le pourriez, mais il faut bien comprendre que je suis un artiste véritable, qui ne crée par pour l’argent mais bien pour l’Art avec un grand A qui…"

Tu comprends Zahia, le monsieur nous explique qu’il ne fait pas les choses pour l’argent. Un concept qui t’es assez étranger, mais soit, il te faudra l’assimiler un de ces quatre. Il est comme tous ces comédiens qui t’expliquent que tu vois, ils ont décidé de jouer dans L’attaque du serpent-méduse mangeur de roudoudous parce qu’ils sont tombés amoureux du personnage ou du script dès la première lecture. Que l’argent, ça ne les intéresse pas ; d’ailleurs, ils ne s’en servent pas, ils n’ont même pas besoin de manger et sont même trop purs pour faire caca. Aussi, Staifaño va quand même me dire que bon, je pourrais lui filer 7 000€ pour son "œuvre" de manière très symbolique. C’est une vieille ruse de sioux : plus c’est cher, mieux c’est : après tout, si quelque chose est cher, c’est qu’il a de la valeur, pas vrai ? Alors 5 playmobils peints en vert à 7 000€, c’est forcément que ça a une sacrée valeur artistique. Sauf que non. Sans compter que quand bien même je l’aurais chez moi, je me retrouverais juste à jouer à Super Taboo à la maison "Oui, j’invite mes copains et je leur montre mon œuvre qui ne me convainc même pas moi-même, mais qui me permet de me faire passer pour un type assez cultivé pour connaître la signification cachée de ce truc et assez riche pour payer 5 playmobils à 1 400€ pièce.". Et le premier qui dit que c’est nul passera pour le barbare arriéré de service. Oh, attends une seconde, je crois que Staifaño a fini son petit discours. T’ai-je dit que son vrai nom était Stéphane Petitbedon ? Bon, il me regarde bizarrement, il doit vouloir quelque chose.

"Vous la prenez alors ?
- Votre … heu… "Global", là ? 7 000€ c’est ça ?
- Oui, c’est ça. Je ne prends pas les chèques par contre.
- Ca tombe bien : puisque vous ne créez pas pour de l’argent, je vous propose de ne pas vous filer de fric pour ne pas vous insulter. Ca vous va ? Et j’embarque les 5 playmobils. Il me faudra juste le manuel justificatif avec parce que sinon je crois que même moi je vais manquer de pipeau pour expliquer pareil truc devant mes invités."

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Pauvres personnages de plastique malmenés par la folie des hommes

Quelques minutes plus tard, Zahia et moi étions poliment raccompagnés à la porte de la galerie pour avoir perdu la partie en ne faisant pas assez bien semblant de s’extasier sur du rien vendu avec force arguments pseudo-artistiques. Nous décidâmes donc d’un commun accord de rentrer à l’hôtel.

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"Et donc ma chère, c’est ainsi qu’un mec supposément artiste a profité de la loi de 1951 sur le 1% culturel des bâtiments publics pour vendre à une médiathèque un canoë kayak suspendu à un malheureux mécanisme qui tourne sur lui-même aux heures d’ouverture et de fermeture. Et ce pour le prix d’un prolétaire payé au SMIC 8 heures par jour à rester dans un canoë simple à pagayer une fois le matin et une fois le soir durant 5 ans, charges comprises.
- Comme c’est fascinant ! Tu en sais des choses mon Odieux !"

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Elle glousse ; j’en profite pour écraser la fin de mon cigare sur la table de nuit de la suite.

"D’ailleurs, le mec qui a vendu le canoë a fait encore plus fort : pour justifier son travail, il y a carrément un DVD où il explique pourquoi un canoë. C’est absolument fabuleux. On vit une époque formidable, quand même, tu ne trouves pas ?"
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Elle ne glousse plus et se contente de me regarder fixement. Je dirais presque amoureusement si…

"Tu sais, j’aime le monde dans lequel tu vis. J’ai envie qu’il y ai plus que du sexe entre nous, je veux m’installer avec t…"

Elle s’interrompt brusquement lorsque la bombe fumigène lui explose au visage ; quelques dizaines de secondes plus tard, lorsque la fumée commence à se dissiper, elle constate entre deux toussotements qu’elle est parfaitement seule dans la luxueuse suite de l’hôtel ; il n’y a plus aucune trace de son visiteur, qui a disparu corps et biens. La suite de l’histoire n’est pas bien claire ; certains disent que c’est lorsque le système anti-incendie alerté par la fumée s’est mis à cracher toute l’eau qu’il pouvait sur elle qu’elle s’est mise à pleurer. D’autres, lorsqu’elle s’est aperçu qu’en sus de mes affaires, j’étais aussi parti avec le fric de ses dernières passes ainsi qu’un lot de photos d’elle et de son ami Franck.

Demain, la presse serait bien nourrie.

Adieu, Zahia.

PS : ce billet est un fabuleux prétexte pour mettre à jour mes liens avec quelques personnes qui savent tenir crayon & pinceau. Oh, et si des lecteurs reconnaissaient l’une des œuvres évoquées (et non illustrée) ci-dessus, ils auraient toute ma considération pour les 6 minutes suivant la lecture de leur commentaire dénonciateur.

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