Hier soir en France, c’était soirée électorale.

Pour celles et ceux qui auraient loupé ce merveilleux moment et seraient bien embêtés, pas de panique : votre serviteur a prévu le coup et vous propose une crypto-spoil graphique résumant 97% de ce qui a été dit, ainsi que, grâce à mes grands pouvoirs d’ancien des cabinets politiques (rappelons que pour une somme tout à fait respectable, ami élu, je rôde dans votre ombre et souffle mon haleine parfum cigare à votre oreille), ce qui sera dit lors des prochaines soirées électorales.

Aperçu

Cliquez donc sur l’image, mes bons !

On se retrouve donc dans cinq ans pour voir si l’on donne tort à l’Odieux Connard que je suis.

Il y a quelques temps, nous parlions céans d’une terre de légendes : la Belgique.

Il n’en fallait pas plus pour que par l’intermédiaire de quelque câble sous-marin me parviennent des missives électroniques indignées de Québecois s’indignant du fait que leur province était une fois de plus délaissée par un français arrogant. Si dans un premier temps, il convenait de faire les gros yeux à ces mécréants mettant en doute ma légendaire modestie, il finit par apparaître qu’il était parfaitement logique de parler de la Belle Province en ces lieux. En effet, ce blog traitant de nombreux sujets absurdes, il eut été bien inconvenant de ne pas évoquer la plus légendaire des provinces Outre-Atlantique, trop souvent moquée par des béotiens à l’humour douteux. Loin des préjugés, évoquons-donc cet endroit majestueux :

Le Québec

Le Québec, ou "Belle Province", est le nom d’une -justement – province canadienne célèbre pour ses velléités indépendantistes, sa gastronomie mystérieuse et ses chanteurs contestables. Véritable enclave francophone en terre hostile, encerclée à la fois par des canadiens, des états-uniens et des phoques (bien que dans certains Wall-Mart sur la frontière, il ne soit pas toujours facile de distinguer les deux dernières espèces), le Québec est tout ce qui reste de l’équivalent royaliste Français du programme Mars One : l’envoi de larrons vers une terre lointaine et hostile avec pour consigne d’y rester, nom d’une pipe.

Contrairement à la Belgique, le Québec est un endroit qui existe véritablement, comme en attestent de nombreux témoignages et exports d’humoristes. L’armée continue bien entendu de nier la chose, et fait souvent passer les dits humoristes pour des débris de ballons sonde, quand bien même il y a une différence de taille entre les deux : le ballon sonde, lui, a une petite chance de vous faire rire même par accident.

Il n’en est pas moins que les nombreuses archives dont nous disposons évoquant la Belle Province d’une manière ou d’une autre nous permettent d’apprendre bien des choses fascinantes à son sujet.

Le drapeau du Québec : blanc comme la neige, bleu comme ceux qui n’étaient pas dans leur cabane quand ça a commencé à tomber

Géographie

Située au Nord-Est du continent nord-américain, là où la nature se fait sauvage, le climat rude et la chanson mauvaise (les BB Brunes sont Québécois de cœur, je suppose), le Québec s’étale lascivement sur près de 1 667 441 kilomètres carrés, ce qui est beaucoup compte tenu du fait qu’on y trouve à peine plus de 8 millions d’habitants. A titre de comparaison, c’est 138 fois l’Île-de-France, mais avec 3 millions d’habitants en moins que l’originale. Autant vous dire que le Québecois est bien emmerdé lorsqu’il veut inviter son plus proche voisin à venir boire un coup : celui-ci a en moyenne 3 heures de route dans un sens et 3 dans l’autre. Et s’il a oublié les chips, il est feinté puisqu’il doit aller au magasin le plus proche à 4 heures de là, et ce en évitant les différents barrages routiers installés par la faune locale qui mettrait bien la main sur lesdites chips. Les orignaux, par exemple, sont parmi les plus redoutables malandrins que l’automobiliste puisse connaître, n’hésitant pas à se vautrer sur leur radiateur à pleine vitesse en faisant un bruit comme "Muuuufbrouloulougrüüüü" simplement pour arrêter leur cible. D’autres orignaux débarquent alors, tabassent l’innocent puis enterrent son cadavre dans les bois non sans avoir poussé le véhicule endommagé jusqu’à l’étang le plus proche. D’où le fait que le S.W.A.T Québécois soit constitué essentiellement de trappeurs, mais nous y reviendrons.

Cela dit, je m’égare : si le Québécois a bien du mal a réunir des gens pour une soirée mousse vu l’étendue du territoire, il n’en reste pas moins qu’outre les feux de camp, deux endroits essentiels lui permettent de fraterniser avec d’autres de sa race :

  • Québec, la capitale de la province, au nom particulièrement peu original bien qu’il s’agisse d’un palindrome phonique, notons l’effort
  • Montréal, cible prioritaire pour nos sous-marins lanceurs d’engins puisqu’abritant le festival "Juste pour Rire" ainsi qu’une filiale d’Ubisoft ayant participé au consternant Assassin’s Creed III (qui du coup, a sa place au festival "Juste pour Rire", tout se tient)

A noter que le Québec est traversé par le célèbre fleuve Saint-Laurent, dont le nom moderne remplace le plus ancien "Fleuve des Morues" (véridique). La légende raconte que c’est l’office de tourisme local, qui après le suicide de ses trois précédents directeurs, décida qu’il était peut-être temps de changer cette histoire de morues.

Le climat est lui à l’origine de la saga Game of Thrones, puisque l’hiver Québécois peut durer plusieurs années. On notera que George R. R. Martin s’est contenté de changer les noms à minima, puisque Mont-Réal devient simplement Port-Réal, que tout comme dans la ville à l’époque royale, on y trouve une "Main du Roi". L’auteur a bien tenté de s’inspirer de Québecois célèbres pour ses personnages, mais il faut bien l’avouer, il n’a jamais trouvé que faire de Robert Charlebois. Remarquez, on ne lui jette pas la pierre : personne d’autre n’y a réussi.

Histoire

Au Xe siècle, le célèbre viking Leif Ericson s’aventure loin à l’ouest, son drakkar fendant les flots jusqu’à ce que des terres inconnues se dessinent devant lui. Accostant avec son équipage sur une plage, Ericson constate un problème logistique majeur : en tant que viking, il ne dispose pas de drapeau à planter pour marquer son territoire, quant à un pipi dans le sable, c’est trop éphémère. Qu’importe : trouvant un autochtone, il lui plante sa hache dans la margoulette histoire d’en terminer avec ces formalités de plantage de trucs dans des machins, puis installe un village sur place. Rapidement cependant, les Amérindiens locaux s’avèrent très décevants :

  • Ils ne disposent pas de monastères francs, du coup, que piller ?
  • Ils ne disposent pas de bière, du coup, que s’envoyer ?
  • Ils ne disposent pas de mouton, du coup, comment s’accoupler ?

Le viking breeding nécessitant une présence importante de caprins, la colonie est donc stérile et s’éteindra rapidement. Il faudra attendre quelques siècles pour que de nouveaux aventuriers investissent cette terre mystérieuse, et cela arrivera finalement avec Jacques Cartier.

En effet, au début du XVIe siècle, les navires anglais s’ébrouent pour aller coloniser le nouveau monde. Rapidement, ils font plier les Amérindiens en les repoussant à l’aide d’armes modernes aussi mortelles que le pudding ou la gelée à la menthe, et s’installent sur ces terres riches et merveilleuses d’Amérique du nord en prétendant civiliser les sauvages. Apprenant cela, le roi de France sourcille donc un peu et décide donc qu’il est temps de passer à la phase II de la colonisation : civiliser les Anglais. Il envoie donc son meilleur homme, Jacques Cartier, gagnant du concours national de dictée des collégiens 1503, et lui ordonner d’aller au nord du nouveau monde pour installer une nouvelle colonie. Le roi en profite quand même pour lui refiler à fond de cale tout ce dont on ne veut plus en France : criminels, mendiants, et bien évidemment, hipsters (ce qui expliquera par la suite le goût des canadiens pour la chemise à carreau). La mission commence très fort puisque d’entrée de jeu, Jacques Cartier nommant la nouvelle province "Canada", il constate que les anglais lui piquent aussitôt le nom sans réfléchir. Jacques Cartier se lance donc dans une série de blagues, tentant de faire adopter aux anglais tout un tas de noms à la con sans qu’ils s’en rendent compte : certaines documents d’archives imputent ainsi à Jacques Cartier l’invention du comté du Sussex, ou encore la découverte d’Uranus (bien que le débat fasse encore rage, certains prétendant que ce dernier sujet est avant tout du domaine de la spéléologie, quand d’autres insistent sur le fait qu’en tant qu’expert en colons, Jacques Cartier restait le mieux placé pour traiter du sujet).

Même sur les gravures, Jacques Cartier n’a pas l’air super enchanté de sa découverte

Au XVIIe siècle cependant, le roi de France constate que les colonies ne pètent pas la forme : elles ne parviennent pas à croître. Son sourcil frémissant sous la puissance de sa réflexion, il réalise qu’il a alors peut-être oublié un truc pour aider la démographie locale : des femmes. Au soulagement de tous les ovidés des colonies, un navire est donc affrété pour recevoir les filles dont le royaume ne veut plus, à savoir cette fois-ci les blogueuses modes (un macaron a été caché dans la cale pour les attirer), les lectrices de Biba et les mannequins anorexiques fascinant les deux précédentes catégories n’ayant que des avantages pour les longues traversées : ça consomme très peu, on peut en stocker 4 par hamac, et en cas d’abordage, leurs hanches peuvent servir de grappins. Ne soyons pas sectaires : on trouve aussi trace d’utilisation de boulimiques, mais essentiellement comme balles traçantes pour les combats de nuit.

Par la suite, si les colonies vont enfin prospérer, les Anglais vont commencer à sentir comme une menace francophone risquant de les civiliser et de leur donner bon goût : des guerres vont donc éclater entre Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre, et après une ou deux Nouvelle-Branlée infligées à l’ennemi, le Québec finit par tomber aux mains de la perfide Albion. Un émissaire Québécois fut donc envoyé auprès du roi de France pour lui demander d’intervenir, par exemple en pétant la gueule d’à peu près tout ce qui portait une tunique rouge (les cardinaux présents à ce moment là prétendirent avoir quelque chose à faire de très important et disparurent dans de petits bruits de froufrous). Hélas, le Québec allait se perdre de lui-même lors de l’entretien auprès de son altesse le roi, dont voici à peu près l’échange :

"Bien, ami de Nouvelle-France, te voici en sécurité ! Parle librement, et dis-moi ce que tu attends du trône. J’ai fait préparer régiments, monnaie et navires pour venir à la rescousse des tiens : tu n’as qu’un mot à dire et la France s’en viendra te libérer !
- Tsé, l’rwô là, les anglais y nous causent bin des bibittes !
- Heu je… pardon ?
- Hey, s’pa si pire quand j’parle, dis ! 
- Mais… qu’est-ce que… que dites-vous ? 
- S’quoi c’t’histwôre ? Je suis tanné, c’est plate, j’pôrle mais tu panes rien ! 
- Bon, okay, je crois qu’on a un problème."

0

Et en effet : découvrant que les Québecois avaient commencé à adopter un langage étrange, le roi supposa qu’ils avaient tout simplement muté au contact des Anglais et décida de revendre pour l’équivalent actuel de 17,55€ la province de Québec en se disant qu’ils feraient plus de mal à l’ennemi dans le Canada britannique qu’à l’extérieur de celui-ci. Lors de la vente aux enchères qui eut lieu, un certain Magnéto tenta bien de remporter la contrée, mais réalisant que cela faisait peut-être trop de mutants pour un seul homme, il se retira.

Toujours est-il que bien que passée au sein du Canada, la province de Québec ne se laissa pas faire et continua de défendre la langue française, bien que tout le monde ne soit plus vraiment sûr et certain qu’il s’agisse vraiment de la langue de Molière. Au XXe siècle, Charles de Gaulle remettra 10 balles dans la machine en allant y hurler "Vive le Québec libre" avant de s’enfuir en pouffant dans sa DS. Sacré Mongénéral, quel déconneur. Les Québecois, encouragés par ce soutien, continueront donc de lutter pour leur indépendance pour les plus modérés, et pour la conquête complète du Canada pour les autres.

Population

Le Québec est peuplé essentiellement de Québécois (dont la femelle porte le nom majestueux de Québécoise), mais aussi d’autres fiers peuples, tels des Amérindiens, des Inuits ou encore la famille Dion, dont le statut est encore discuté puisque des battues sont encore réalisées régulièrement pour tenter d’éviter sa prolifération. Comme dans d’autres cas précédemment évoqués sur ce blog, l’idée d’introduire la myxomatose en son sein fait doucement son chemin, mais là n’est pas le sujet.

Le Québécois est un être rude. Dernier bastion francophone d’Amérique du nord après la chute de la Louisiane, il sait que l’ennemi est partout, que la nature ne fait pas de cadeaux, que l’hiver sera long cette année encore et qu’il va devoir pelleter cette ostie d’allée encore des semaines. La Québécoise est encore plus rude pour une raison simple : elle doit supporter le Québécois. Tout comme lui, elle doit savoir mener des expéditions jusqu’à la supérette par moins 20 pour aller chercher de quoi faire des pancakes, survivre en cas de tempête de neige, reconnaître un électeur de Jean Charest à 100 mètres, et bien évidemment, savoir distinguer un orignal d’un caribou, pour savoir quel est le gang d’animaux sauvages qui fout la zone en ville ce soir (les deux espèces se sont très bien adaptées à l’homme, tout comme d’autres espèces dans le monde, n’hésitant pas à pénétrer dans les jardins, dévorer les victuailles, et selon certains témoins, piquer des motos pour aller molester les livreurs de pizzas façon Road Rash, bien que la police de Montréal rie à l’évocation de ces ridicules allégations : tout le monde sait que ce sont les castors qui piquent des motos, les orignaux et caribous préfèrent les monospaces). Toujours est-il que le Québécois aime son pays tout comme il aime sa langue. Il s’exprime d’un ton clair et fort, et n’aime guère que l’on se moque de son accent, fierté lui permettant d’exprimer ses origines. Par ailleurs, comme la Québécoise a le même accent que le Québécois, cela ne gêne en rien la parade amoureuse dont je vous passe les détails : sachez simplement qu’il y est question de match de hockey, de calembours sur l’Ontario, et de se couvrir le corps de sirop d’érable. Et non, on y parle pas de poutine.

Vous êtes vraiment plein de préjugés, c’est affreux.

Comme on s’en doutait, l’essentiel des actifs locaux travaillent encore principalement en tant que trappeurs – voire coureurs des bois – n’hésitant pas à stranguler des ours noirs à mains nues pour revendre leur fourrure à de quelconques touristes russes

A noter qu’en cas de succès de la parade, quelques mois plus tard naît un petit québécois, d’apparence presque humaine. Si aux débuts de la colonie, on prenait grand soin de baptiser les marmots en les plongeant dans le Saint-Laurent, la chose s’est bien vite arrêtée puisque le climat provoquant des glaciations particulièrement rapides, il n’était pas rare qu’entre le moment où l’enfant était plongé dans l’eau et celui où l’on prévoyait de l’en ressortir, une couche de 10 centimètres de glace ne se forme. Il fallait alors attendre le printemps, un à deux ans plus tard avec un peu de chance, pour récupérer ce qu’il restait du bestiau. L’avantage était cependant que tous ces enfants formaient de fameuses formes et couleurs sous la glace, donnant l’impression aux patineurs d’évoluer sur un carrelage bleu-rose du meilleur goût. Par ailleurs, et puisqu’il n’était pas nécessaire de lester un marmot avec un caillou pour s’en débarrasser grâce à ce phénomène, les fonds du Saint-Laurent sont encore relativement dégagés ce qui explique la riche navigation sur celui-ci.

Langue

Le québécois est assez semblable au français, bien que l’on y retrouve des spécificités intéressantes : ainsi, tout comme les schtroumpfs, les Québécois ont un mot faisant office de nom commun, d’adjectif, de verbe auxiliaire, de verbe tout court et d’à peu près tout ce que vous voulez : "Criss"

Exemple : "Criss ! C’te criss de tabarnac veut pas bouger ! Ostie de criss, faut que j’crisse de lô ! J’crisse tout et criss, je crisse !"

Si les linguistes continuent de se pencher sur la question, l’équivalent Québécois du grand schtroumpf n’a toujours pas été trouvé. Pour la salsepareille par contre, ce ne sont pas les pistes qui manquent.

Le Québécois se moque des Français qui "font du shopping avec leur bande d’amis" puisque lui "magasine avec son gang". Il rit ouvertement de ces panneaux "stop" puisque lui a des panneaux "arrêt". Il ne va pas voir "The Dark Knight" au cinéma, il va voir "Le Chevalier Noir". Bon, ça reste pourri, mais tout de même.

De manière générale, le Québécois se moque des Français qui utilisent des mots anglophones. Puis, il retourne dire qu’il trouve des gens hot ou que quelque chose est cute. En général, le Québécois et le Français finissent par être d’accord principalement lorsqu’ils visitent un même Skyblog. Les ennemis communs, ça soude.

Culture

La culture québécoise se veut noble, grande et rayonnante pour repousser ces impies d’anglophones. Hélas pour elle, elle est surtout connue pour Garou ou Lara Fabian, deux des principales raisons qui font que du côté de Paris, on commence sérieusement à se dire qu’il va falloir remonter le mur de l’Atlantique histoire d’éviter d’autres débarquement de ce genre.

On reconnait l’artiste québécois non pas à son accent mais à sa capacité à mimer tous les plus mauvais défauts des artistes français, à savoir utiliser le terme "généreux" dans toutes les situations sauf la bonne, à essayer de pousser le plus fort possible pour chanter, ce que certains appellent "le syndrome de Jéricho" (ou "syndrome du caca", c’est selon), mais il faut tout de même lui reconnaître de grandes qualités : ainsi, il porte souvent des noms rigolos, comme mon nouvel idole, Jean Rabouin, dont le seul patronyme fait rêver les foules.

Le Québec est pourtant le berceau de cinéastes, peintres, sculpteurs, poètes et quantité d’autres, mais à force de jurer en utilisant des mots à base de sacrements, Dieu a semble-t-il puni la Belle Province en leur refilant une terrible malédiction : seuls leurs chanteurs s’exporteraient. Lorsque vous parlez de cela à un Québécois, il vous répond en général qu’il "s’en pogne" mais sitôt la porte de sa cabane refermée, vous pouvez entendre de lourds sanglots : il a honte. Il sait ce qu’il inflige au monde.  Lorsque le Québécois a vraiment trop honte, il sait alors qu’il est temps pour lui d’abandonner toute vie saine et réflexion : il se retire alors dans une équipe de hockey, sorte d’arène sur glace, où il vivra péniblement ses derniers jours en tant que gladiateur jusqu’à ce que, à la suite d’une énième baston, il parte dans les limbes (puisque non baptisté à cause du Saint Laurent qui gèle, raaah, bon sang, vous ne suivez rien !).

Un concert de Lynda Lemay.

F.A.Q

Quelle est la devise du Québec ?

"Je me souviens". Et histoire de passer pour un peuple sérieux, les mêmes ont oublié pourquoi ils avaient choisi cette devise, sujette de tous les débats. C’est ce qu’on appelle la classe.

Je suis jeune et je travaille dans l’informatique, tout le monde me dit d’aller travailler au Québec, pourquoi ?

Parce que l’informatique là-bas a quelque chose à la fois de plus simple et de plus majestueux grâce à la puissance de leur équivalent local du schtroumpf. Ainsi, l’essentiel des informations dont vous avez besoin sur un ordinateur local sont par exemple forcément rangées dans : C:/Criss/Criss/Criss/Criss.txt . Je ne vous parle pas des spécificités du langage type "If Criss" "Then Ostie", c’est un peu complexe, mais sachez en tout cas que jusqu’ici, cela a été leur meilleure protection contre le piratage.

Le plus gros produit d’export du Québec serait donc les chanteurs ?

Non, on a par exemple pas évoqué Marcel Béliveau, qui popularisa l’un des trucs les moins drôles de l’humanité : les caméras cachées. Si celles-ci firent les beaux jours des proctologues qui n’hésitaient pas à imiter le fameux personnage tout en cachant leur caméra dans les endroits les plus inattendus, il n’en faudra pas moins que quelqu’un paie. Oh oui, paie.

Les Québécois sont-ils une menace ?

Oui, mais bon. Nous avons créé cette arme contre les Anglais, et maintenant, ils nous envoient leurs produits locaux, se retournant ainsi contre nous : le Québec, c’est un peu notre Skynet, il nous faut assumer. Il faudra envoyer quelqu’un dans le passé s’occuper de Jacques Cartier. Et de la poutine. Surtout de la poutine.

Qu’est-ce que vous avez contre Assassin’s Creed III d’abord ?

Ah non, mais rien. J’ai toujours rêvé d’un Pocahontas 3D.

Votre histoire de Game of Thrones, je suis sûr que c’est des conneries.

Ah oui ? Vous ai-je parlé de la ville de Fermont, au-delà du 53e parallèle, qui est protégée des dangers du nord par une immense structure appelée "Le mur" ?

You know nothing, John Snow.

"Errare humanum est"

Ainsi parlait Sénèque qui, contemplant les flammes s’élevant au-dessus de Rome, se demanda pourquoi il n’avait pas été un peu plus strict avec Néron du temps où il était son précepteur, tant une ou deux bonnes taloches dans la gueule auraient peut-être calmé l’empereur grognon. Hélas, s’il était trop tard pour gifler ledit Néron sans finir en brochette pour la prochaine soirée barbecue de la garde prétorienne, il était encore temps de le reconnaître : il s’était planté quelque part, à un moment ou à un autre.

Il en va donc de même pour ma part, puisque je dois reconnaître qu’en débutant mon précédent article sur le fait que la guerre était "cool", je me suis terriblement trompé. J’ai failli. Car les évènements m’ont donné tort : la guerre n’a rien de "cool".

Non, en fait, j’aurais dû dire "La guerre, c’est choupi"

Car en effet, toi lecteur qui n’a pas la chance de résider dans les frontières du Royaume de France, peut-être as-tu échappé à la polémique qui a fait son chemin ce début de semaine par chez nous, à savoir, celle née de cette terrible photo :

Attention : c’est parti, concentrez-vous et cherchez un motif pour votre indignation quotidienne

Car en effet, vous pouvez le constater : le militaire ci-dessus, en opération au Mali, porte un foulard avec un imprimé tête de mort.

Un imprimé tête de mort.

Oui.

Il n’en fallait pas plus pour que le web s’agite, Twitter en fer de lance, puisque comme il neigeait un peu moins, on ne savait plus trop de quoi parler dessus. Aussi, l’indignation (le terme "indignation" est très à la mode : ça permet à la fois de se poser en victime outrée et en défenseur de la justice et du bon goût en un seul mot) a fait son chemin, et l’un après l’autre, de courageux militants du web se sont sentis dans l’obligation de hurler au scandale et de demander à l’état-major de réagir pour que soit sanctionné l’individu dont le choix d’imprimé sur le foulard le faisait ressembler à "Ghost", personnage portant un passe-montagne à l’imprimé proche et tiré du jeu vidéo "ultra violent" Call of Duty. Pour ceux qui penseraient qu’il s’agit là de pipeau : l’un des nombreux articles ayant relayé le scandale est accessible en cliquant ici. Oui, j’en ai un pris un court, j’ai pensé à vous, je suis comme ça. Je n’aime pas, les gens qui font des gros pavés, tsss.

Bref : l’état-major des armées a dû reculer sous la pression d’un odieux esclandre selon lequel un militaire envoyé en mission pour coller des pruneaux dans des terroristes avait sur lui, tenez-vous bien, un symbole rappelant la mort que l’on avait déjà vu – curieuse coïncidence ! – dans un jeu vidéo dans lequel on incarne un militaire envoyé en mission pour coller des pruneaux dans des terroristes. Et encore, les critiques ont été raisonnables : elles n’ont pas fait remarquer que le vil soldat avait poussé le vice jusqu’à porter un treillis – comme dans les jeux vidéos – et même à, et là, accrochez-vous bien, avoir une arme.

J’espère qu’il n’a tiré sur personne en plus, il aggraverait son cas.

Heureusement, nombreux ont été celles et ceux à tenter de désamorcer la polémique en affirmant que le militaire ne faisait que "se protéger du sable", ce qui est un argumentaire pertinent, tant en fait qu’il le porte pour se protéger sur sable, du soleil ou même fumer la pipe ne change pas grand chose, le vrai problème étant que visiblement, il y a des gens à qui on a pas dû bien expliquer en quoi consistait la guerre.

Cependant, il ne serait pas dit que mon lectorat resterait constitué de violents personnages prêts à approuver le premier motif guerrier posé sur un militaire. Aussi, aujourd’hui, je vous propose donc de vous instruire un peu en apprenant la définition de La Guerre, celle-là même qui a permis à nos amis commentateurs à quel point il convenait de s’indigner (et donc probablement tirée de Cucupédia, l’encyclopédie en ligne rédigée par des gens qui sentent le caramel toute l’année).

Mais assez tergiversé : instruisez-vous !

Encore un autre héros de jeu vidéo que des hordes de militaires copient : ah, les salauds !

La Guerre

La guerre est une activité traditionnelle au même titre que le chant, la danse ou les blagues sur Michel Denisot, pratiquée par l’Homme depuis la nuit des temps pour mettre fin à certains désaccords entre différents groupes humains. Qu’il s’agisse de s’emparer de ressources indispensables au bon fonctionnement de l’un des groupes comme d’eau pour survivre, de pétrole pour faire tourner son économie ou de femmes pour récurer ses slips, voire plus prosaïquement d’étendre son territoire, la guerre peut varier en durée et ampleur en fonction de nombreux critères.

La guerre implique toujours au moins deux entités distinctes, bien que les camps en présence puissent être plus nombreux, comme ce fut le cas lors de la guerre de 7 ans, les deux guerres mondiales, ou la guerre de succession pour le trône de Robert Barathéon. Mais bon, comme pour tout conflit qui se respecte, tout s’arrête lorsque l’hiver vient.

Définition

On distingue deux grands types de conflits

La guerre qui ne passe pas à la télé

Généralement située dans des pays difficiles à localiser sur une carte, la guerre qui ne passe pas à la télé est généralement violente, avec son lot de réfugiés, de charniers et autres villes en flammes. Si l’internaute moyen est farouchement pacifiste, il ne s’intéresse guère aux conflits qui ne passent pas à la télé, puisqu’ils ne sont pas très choquants, du coup.

La guerre qui passe à la télé

Sujet de toutes les passions, la guerre qui passe à la télé se doit d’être propre : décalquer le museau de son prochain à la 12.7, d’accord, mais alors pas entre le fromage et le dessert. Non parce que sinon, ça coupe l’appétit, et là, le CSA croulera sous les courriers scandalisés puisque tuer des gens, c’est bien normal pourvu que ça n’empêche pas de reprendre du Danette. Bombarder à l’uranium enrichi, oui, diffuser un type avec un foulard à tête de mort, non.

Histoire 

Plusieurs grands conflits émaillent l’histoire de l’humanité, passons-en revue les principaux.

- La guerre du feu

A l’origine déclarée par Grülk Peau-d’élan à Maurice Caribou-Furieux, elle commence lorsque le second refuse de prêter du feu à Grülk qui en réclame pourtant instamment, probablement pour se faire un petit joint. Afin de signifier son courroux, Grülk s’en va donc déclarer le début du conflit à son ennemi en déféquant devant sa grotte une chose si abominable que la tribu aura de quoi faire des peintures rupestres durant 6 mois sans trop s’inquiéter. Ce combat de sauvageons en peaux de bêtes aux hurlements gutturaux marquera durablement l’histoire de l’humanité, même si d’après la description des protagonistes et de leurs pratiques, certains historiens débattent encore pour savoir s’il faut la situer en – 700 000 en Anatolie ou 2007 au Québec.

- La guerre de Troie (telle qu’expliquée par un élève du lycée Maurice Chevalier de Melun)

Tu vois, c’est Ménélas il est chez lui, là, tif-taf, ya c’gros bâtard de Pâris qui vient pécho sa meuf Hélène. Trop vener’, le gros il appelle tous les zincous et avec sa flotte qu’a grave le swag, il va le pécho dans son ter-ter à Troie tu vois. Là les mecs ils font ouaiiiis vas-y et tout, comment tu salopes ma plage avec tes galères casse-toi, alors Ménélas il fait appel à Ulysse, que c’est un putain de furet tu vois. Le mec, il fait hé les gros, v’la un cadeau, il fait un gros bout de shit en bois il cache tout le monde dedans, quand les p’tits ils viennent chercher le morceau, ils l’emmènent direct à l’appart’ de Pâris là les mecs ils sortent, vlan ils les défoncent, la grosse volée, tchaaaa là mon frère, putain, c’est Brad Pitt quoi gros. A la fin le mec il pisse le sang et tout alors y brûlent sa cave et les gros y rentrent faire la teuf. Mais Ulysse après son GPS il est grave cutté parce que la baston, il met des plombes à rentrer chez lui, putain quand il revient à Ithaque, mais c’est le Bachelor à la maison quoi, tous les gros ils font la queue pour essayer de pécho sa meuf. Paf, y re-marave. Après je sais pu, le DVD il a téplan.

- La guerre de cent ans

S’étendant sur 116 ans, et ne portant ce nom que parce que les professeurs d’histoire-géo aiment ainsi vérifier que le cours a bien été appris nom d’une pipe, ce conflit implique deux des principaux fléaux de l’humanité : la peste noire et la femme. Si à l’époque la moindre soirée un peu arrosée à la taverne permettait de se réveiller avec l’un des deux, seuls 50% des malheureux pouvaient bénéficier d’une mort rapide. Le conflit s’arrêtera heureusement en 1453 lorsque le roi de France imposera à chaque paroisse la mise en place d’un cuisinier formé et dispensé d’impôt, le "franc-cuisinier". La bonne nourriture devenant abondante sur le territoire, les Anglais sont obligés de se replier puisque ne la supportant pas et abandonnent donc les derniers territoires occupés pour se replier sur leur île d’origine.

A l’époque, coiffeur n’était pas une profession très rentable

- Les guerres napoléoniennes

Longtemps, on accusa la guerre d’être ourdie dans l’ombre par les marchands d’armes soucieux de faire monter leur chiffre d’affaire via le sang des masses prolétaires envoyées s’entretuer. Les guerres napoléoniennes prouvèrent que cela était faux, puisqu’elles furent principalement organisées par les marchands de chapeaux pour écouler leurs stocks les plus improbables. Les plus hideux, cependant, furent tout de même une fois encore envoyés à l’Angleterre qui, dans son bon goût habituel, décida d’en équiper les gardes royaux.

- La première guerre mondiale

Si l’on en croit les téléfilms de France 2 et les bédés de Tardi, la première guerre mondiale est constituée à 70% de déserteurs anarcho-pacifistes et à 20% de tirailleurs sénégalais (non, la France n’avait aucune autre colonie dont on mérite de parler), le reste étant constituée de sous-officiers fascistes, d’officiers fanatiques et de généraux bourgeois. A ce qu’il parait qu’il y avait des motifs au conflit, mais on en parle pas trop parce que ce n’est pas très très intéressant.

- La seconde guerre mondiale

Si l’on en croit les téléfilms de France 2 (mais si, encore !) et les bédés de… d’à peu près tout le monde, la seconde guerre mondiale est constituée à 80% de résistants communistes actifs dès 1940 (ah ?), à 10% de juifs et le reste étant constitué de collabos, de nazis et de figurants qui font du vélo en fumant la pipe. Comme tout internaute le sait, il aurait bien évidemment été résistant en ce temps là, et ce d’entrée de jeu. Ah, ça, jamais il n’aurait donné un juif contre du topinambour, ça non ! Il n’est pas comme ça, lui, il fait primer la dignité hum… attendez et contre un iPad ? Hmm. Raaah. Merde, bon. Ecoute Shlomo : j’ai besoin d’un plus gros écran pour jouer à Angry Birds si je veux battre mes scores, alors fait un effort aussi.

- La guerre froide

En 1945, les Etats-Unis ont besoin de montrer leur puissance à l’URSS pour leur signifier qu’un conflit ouvert ne les mènerait à rien. Il est donc décidé d’utiliser l’arme atomique sur deux cibles stratégiques : la première Japan Expo, organisée le 6 août 1945 à Hiroshima, puis la seconde, le 9 août, réalisée par les survivants irradiés de la première (mais on ne voit pas trop la différence). S’ensuit donc une période que l’on appelle guerre froide, durant laquelle bien que la tension soit palpable, personne n’engage le conflit directement de peur de se manger une ogive dans le museau. On note bien quelques évènements marquants, comme la crise de Cuba, la guerre du Vietnam ou l’invasion de l’Afghanistan, mais chacun sait que ce n’était plus la peine de s’intéresser à ces coins du monde par la suite, puisqu’ils ne passaient plus à la télé. On y reviendra qu’avec une nouvelle ère…

La guerre moderne

Si l’on en croit la capacité du premier quidam moderne à se formaliser pour un foulard à tête de mort sur un militaire, c’est que la guerre a bien évolué depuis l’époque où l’on se collait des coups de hache en pierre dans le bidou pour rigoler. Et en effet : comment se passe un conflit moderne selon ces gens ? Observons.

Le pré-conflit

Avant tout conflit, il y a un motif de conflit. Celui-ci peut varier, mais dans le cas, les choses se passent à peu près ainsi : d’abord, des gens très méchants (plus ils sont différents, mieux c’est) font quelque chose de vil à l’autre bout du monde, de si vil que même TF1 en parle entre deux reportages sur la neige qui tombe en hiver. Cela force l’ONU à s’en mêler, qui fait alors ce qu’elle fait de mieux : envoyer un courrier au chef des méchants (dont elle a l’adresse, c’est l’ONU quand même). Le courrier ressemble en général à cela :

Cher chef des méchants,

Suite à notre assemblée générale du 10 janvier, nous avons constaté que non seulement vous aviez détruit 5 sites protégés par l’UNESCO à la dynamite, rasé trois villes et brûlé deux ethnies, mais en plus vous n’avez pas payé votre cotisation de cette année. Or, je vous rappelle que le mini-bar ne se remplit pas tout seul. Vous êtes donc prié de régler votre cotisation avant le 02 février ou nous devrons prendre de sévères mesures.

Cordialement,

L’ONU

Si malgré ce terrible avertissement, les méchants ne coopèrent pas, l’ONU prend donc de terribles décisions comme annoncé, à savoir, cette fois elle envoie un courrier EN RECOMMANDE

Cher chef des méchants,

Nous constatons à regrets que non seulement vous n’avez pas tenu compte de notre premier courrier, mais qu’en plus, vous venez de faire fusiller tous les opposants politiques de votre pays. J’en déduis donc que soit vous n’avez pas reçu notre courrier, soit nous n’avons pas été assez fermes. J’espère que ce recommandé vous fera revenir dans le droit chemin, puisque nous aurons l’accusé de réception. Mais oui. Aha, on fait moins les malins ! 

Cordialement,

L’ONU

En général, et si malgré tous ces puissants avertissements (si vous pensez à une exagération, relisez les décisions de l’ONU avant l’invasion de l’Afghanistan), on ne répond pas, l’ONU décide de prendre une ultime décision : elle radiera les méchants de la liste des invités à la prochaine soirée mousse. De là, un pays peut décider d’intervenir, comme par exemple, la France au Mali. Auquel cas, l’ONU mettra un mot dans son carnet de liaison pour dire qu’elle a l’autorisation de ses parents pour faire la guerre.

Nous entrons donc dans le coeur du conflit.

Il est bien évidemment possible de rajouter un timbre rigolo sur l’enveloppe pour détendre l’atmosphère

Le conflit en lui-même

Suivant l’opinion des utilisateurs de Twitter et de Facebook, la guerre tente de minimiser la violence. Elle consiste donc tout d’abord en un premier envoi de drônes (rebaptisés "Cupidon", les précédents "Terminator" et "Bourtaggle" ayant été considérés comme trop agressifs) pour reconnaître le terrain, mais sans violer la vie privée des gens du cru : le survol ne se fait qu’entre 8h et 20h et jamais au-dessus des agglomérations, sauf autorisation préfectorale. Les cibles potentielles sont repérées grâce à une habile tactique : des tracts en papier biodégradable pour ne pas abîmer la nature sont largués, lestés par une pièce de 1€ (d’où le fait de les larguer hors-agglomération pour ne blesser personne), avec un questionnaire indiquant "Êtes-vous un vilain terroriste ? Oui/Non – biffez la mention inutile" conçu par les meilleurs experts en guerre psychologique (anciennement pédagogues auprès de l’éducation nationale), le tract est à retourner avec une enveloppe à Palais de l’Elysée – Etat Major du Président, 55 du Faubourg Saint Honoré, 750008 Paris. La pièce de 1€ sert à trouver un photomaton local pour joindre une photo afin que l’armée sache qui aller trouver.

Une fois les terroristes ainsi recensés, l’armée de Terre est invitée à intervenir.

Chevauchant des chars peints en rose puisque les tenues de camouflage ne sont pas sans rappeler les personnages de jeux vidéos violents, et c’est quand même scandaleux, les militaires sont chargés de se rendre à l’adresse que le terroriste a bien voulu leur retourner. Sur place, et accompagnés d’un psychologue de la fonction publique, ils demanderont au terroriste pourquoi il est méchant et lui proposeront un stage de réinsertion en horticulture. Mais attention ! C’est la guerre tout de même : si jamais le terroriste a changé d’avis et refuse de se rendre, l’armée fera alors preuve de tout son savoir faire et le poursuivra où qu’il se terre pour se jeter sur lui et le câliner jusqu’à ce qu’il devienne gentil. Une licorne sera alors dessinée au pastel sur son front pour le récompenser et signaler aux autres militaires sur place qu’il est désormais un gentil.

Attention : les militaires feront bien attention à ne porter aucun vêtement ou sigle ouvertement hostile : les foulards à tête de mort seront retirés, le sigle de l’armée de terre et son épée sera idéalement remplacé par une main levant le pouce en signe d’amitié, les noms de bataille inscrits sur le côté des chars type "Valmy" ou "Stonne"  effacés pour y inscrire "Joli poney" ou "Jument joyeuse". Quant aux armes, le débat n’a pas encore été ouvert, mais puisqu’une tête de mort est déjà de trop, j’ose supposer qu’une réflexion est déjà en cours pour remplacer le tout par un sac de riz.

Le conflit durera ainsi jusqu’à ce que tous les terroristes se soient rendus et aient accepté la bonne parole. Une photo dédicacée d’Anne-Elisabeth Lemoine pourra éventuellement leur être remise pour les féliciter s’ils ont été particulièrement sympa. L’armée sera alors appelée à se retirer, de préférence en faisant tracter ses chars par des animaux pour le respect de l’environnement.

Et la victoire sera totale, le tout sans choquer le bon citoyen qui, sur internet, s’insurge d’un bout de tissu avec une tête de mort en plein milieu d’une guerre qui le choque terriblement.

F.A.Q

Je n’ai pas bien compris la différence entre la guerre et les free-hugs ?

Un seul des deux est pratiqué par des fonctionnaires.

Je rêve de devenir officier dans l’armée, quelle compétences me faut-il ?

Une peau douce comme la soie, un sourire éclatant comme le soleil, de grands bras pour faire des câlins, et un corps qui accepte facilement les anti-dépresseurs. Les mêmes choses que pour être prof, quoi.

Vous exagérez : il s’agissait juste de rappeler qu’un militaire n’a pas à confondre guerre et jeux vidéos

C’est vrai que ça doit pas être simple pour lui au cul du char quand on lui tire dessus. Heureusement que les commentateurs de Facebook sont là pour lui expliquer la différence.

D’accord, mais et la force de frappe nucléaire dans tout ça ?

Je suis sûr que si quelques milliers de commentaires idiots ont fait plier un état major, si on écrit tous en même temps, on doit pouvoir demander une frappe préventive sur les studios de Plus Belle la Vie.

Mettons que les terroristes refusent de se dénoncer : que faire ?

Jusqu’à il y a peu, on remplaçait tous les services postaux locaux par La Poste. Au bout de deux mois, ils se rendaient tous en hurlant pourvu qu’on arrête le supplice. Mais la convention de Genève s’en est mêlée : on a plus le droit.

Et en cas de conflit avec une armée régulière ?

Concours de câlins. Vu notre cheptel de blogueuses : on reprend l’Europe quand on veut les enfants.

Voilà.

Donc je ne sais pas vous, mais pour moi, soit ces gens prennent cette définition pour argent comptant, soit ils sont complètement cons.

Oh, attendez, je crois que je viens de trouver.

Raymond a des nuits somme toute assez classiques.

Il ne ronfle que peu, produit à peine un léger sifflement lorsqu’il se tourne dans les draps, se lève parfois pour aller aux toilettes troubler le silence nocturne d’un délicat bruit de ruisseau et jure ses grands dieux que c’est la dernière fois qu’il dort chez Lulu-les-petits-pieds, et que ça finira par lui attirer des ennuis. Bref, c’est un type comme les autres. Seulement voilà, à la différence de vous et moi (surtout vous, j’insiste), lorsque le jour se lève et que Batman va se coucher, c’est lui qui prend la relève pour aller veiller sur vous, citoyens.

Raymond n’est ni militaire, ni policier, il est bien mieux que ça : Raymond est ministre.

A peine l’astre céleste a t il caressé de ses rayons le doux visage du républicain endormi que ce dernier bondit, fait rouler ses muscles et d’un pas leste s’empresse, tel Clark Kent, de se rendre à la cabine téléphonique la plus proche pour y enfiler son costume de travail : une formidable écharpe tricolore.

Debout sur les toits de Paris, son écharpe battue par le vent lui claque sur les flancs alors qu’il n’entend qu’à peine la voix lointaine de Lulu qui lui crie "Mets au moins un slip !". Raymond est prêt, la France est en sécurité.

Rentre chez toi, sale immigré de Krypton !

Alors évidemment, vous le sous-estimez, petits béotiens : "Et il a même pas de cape !" ; "Et pis il connait même pas Spiderman !" et l’inévitable "Où qu’ils sont ses supers pouvoirs ?" ; mais diable, il en a ! Rien que quand il était député… tenez, vous par exemple, pouvez-vous dormir sur votre lieu de travail sans que votre chef ne vienne vous caresser le visage à coups de parpaings ? Raymond, oui. Pouvez-vous brailler comme un écolier colérique debout sur votre siège sitôt que l’un de vos collègues avance une proposition qui vous déplait ? Raymond, oui.  Pouvez-vous lire le journal de Mickey ou envoyer des sms au vu et au su de tout le monde sans que quelqu’un vous fasse remarquer que vous n’êtes pas payé pour ça  et que vous mériteriez un bon coup de pied au cul ? Raymond, oui. Et pouvez vous remplir 7 poches à urine en une seule journée ? Raymond non plus. Par contre Michel, oui. mais Michel est sénateur, c’est différent. Enfin, je m’égare, mais la réalité est là : Raymond peut faire des choses proprement impossibles pour vos petites personnes : il est un héros, un surhomme, tout simplement.

Prenons à tout hasard une situation classique : deux braqueurs de banque, Jean-François et Danko, sont aux prises avec la police. Ils échangent quelques tirs et se replient dans un vieil entrepôt où ils se croient en sécurité. Superman ira t-il les en sortir au mépris des balles ? Batman s’infiltrera t-il dans les lieux afin de ligoter les brigands ? Raymond, lui, observant la scène depuis iTélé se contente de s’exclamer "Saperlipopette !" avant de se diriger vers ce qui est un peu sa batcave : le Palais Bourbon.

Raymond est très porté sur le sujet de la sécurité ; il aime savoir qu’il participe à la protection de ces concitoyens en proposant des lois si terribles qu’elles décourageront les plus vils terroristes de passer à l’acte. Aussi, il soumet à ses petits camarades un super projet de loi  : et si on alourdissait les peines pour les gens qui tuent des porteurs de l’autorité publique ? Et pour ce faire, on ajouterait qu’on retirerait leur nationalité française à tous les brigands qui le feraient quand même ; français ou voyou, il faudrait choisir, nom d’une pipe en bois (Raymonde jure comme pas deux).

On ne déconne pas avec Raymond : d’après le dernier sondage Ifop-Le Figaro, il est considéré à 33,5% comme un homme d’action, 47,8% des français ont confiance en ses décisions, et 52,2% pensent qu’il s’agit en fait d’un plat de céleri-rémoulade avec une cravate.

Mais, la logique de Raymond est-elle crédible ? Essayons une étude de cas selon celle-ci.

Retrouvons nos deux braqueurs, Jean-François et Danko, quelques jours plus tôt en train de préparer leur plan. Soit. L’un d’entre eux se dit "Tiens, si on braquait une banque, jeudi, ce serait sympa non ? On pourrait s’enfuir en tirant sur des gens et s’acheter plein de Pringles paprika après, ce serait cool." ; l’autre lui répond "Moi je veux bien, sauf si, on sait jamais, c’est illégal, et pire que tout, que la peine soit lourde !"

Bon, jusque là, ça ressemble à toute conversation normale chez des criminels, rien d’anormal, notre Raymond a toute sa logique pour lui, vous en conviendrez.

Cette loi aurait par exemple pu éviter à Mesrine de... ah ? Ah bin non, il était français de naissance. Rien, en fait.

Là, ça tombe bien, puisque Danko est passé à la Fnac ce midi, et paf, figurez vous qu’il a acheté un code pénal dites donc. Un gros Dalloz (pléonasme ? Amis juristes…) tout neuf. Alors il se dit que ça tombe bien, on va pouvoir regarder dedans. Alors Danko et Jean-François ouvrent tous deux l’ouvrage et, tournant précautionneusement les pages neuves, ils arrivent à la page voulue. "Crotte alors, c’est illégal de braquer des banques et de tuer des gens !" dit Jean-François. "Oh oui, c’est trop dommage, tiens, à la place on pourrait reprendre des études et monter une start-up qui fabriquerait des couverts en plastique à l’effigie du pape pour les piques-niques de scouts ?" propose Danko.

La logique de Raymond tient toujours : tous les criminels se disent que si c’est illégal, on ne le fait pas, parce que ce n’est pas bien, et que ce qui n’est pas bien, c’est mal. Sauf si…

"… la peine est suffisamment légère pour qu’on puisse se la permettre !" crie de joie Jean-François : en effet, tuer des gens est puni de  – seulement – 30 ans de réclusion criminelle. Et ça, c’est connu, tous les criminels peuvent se le permettre, puisque leur espérance de vie est d’environ 750 ans, la plupart d’entre eux ayant en effet été mordus par des christophes lamberts et sont devenus des Highlanders. Danko est bien d’accord : 30 ans de réclusion criminelle, ils peuvent se le permettre ; par contre, une peine plus lourde, houlala, ils ne pourraient pas, hein, là ils diraient "Bon bin non jeudi on va plutôt faire du point de croix".

C’est peut-être là que la logique de Raymond commence – vaguement, hein – à vaciller. Connait il beaucoup de gens qui "Peuvent se permettre" 30 ans au trou ? Non car j’insiste : lorsque l’on veut alourdir une peine, c’est qu’on la trouvait trop légère et pas assez dissuasive. 30 ans de prisons, il y a des gens que ça ne dissuade pas ? Si c’est le cas, qu’est-ce qui pourrait bien les dissuader alors ?

"Retirer la nationalité aux naturalisés !" ; les larmes salées de Danko roulent sur ses grosses joues roses  à la lecture de cette ligne ; pour bien distinguer Français de souche et Français de bouture (je vous invite à acheter mon livre "France & jardinage : la culture du melon", aux éditions du Front Editorial) , nous partirons donc de l’indiscutable théorie suivante : Jean-François est français de naissance et d’origine indiscutable, puisque son père était Clovis et sa mère Georges Clémenceau, alors que Danko est français par naturalisation et d’origine discutée, puisque son père était Lénine et sa mère Boris Eltsine. Danko pleure car autant il n’avait pas peur de 30 ans de prison, autant ça, ça le paralyse vraiment : plus de droit de vote, plus de passeport français pour aller draguer à Montréal, besoin d’un visa pour aller faire du tourisme à Limoges ou Melun… non, vraiment, c’est insupportable. Ça, ça le dissuade. Jeudi, il ira donc s’inscrire au Pôle Emploi plutôt que de tirer sur les forces de l’ordre. L’alourdissement de la peine marche donc bel et bien, un crime vient d’être évité, la sécurité de la France, assurée.

En sus de la déchéance, les condamnés recevront un maillot de l'équipe de France 2010. Terrible.

C’est donc ça la logique de Raymond : en rajoutant la déchéance de nationalité à la peine déjà encourue, ça devrait freiner les gens qui, avant, ne l’étaient pas par la perspective de passer la moitié de leur vie en prison. Diantre, mais dans quel monde vit Raymond ?

Tiens, mais j’y pense, et Jean-François ? Pourquoi on alourdit juste la peine pour les étrangers naturalisés ? Une peine moins lourde, ça veut dire que c’est moins grave si c’est un français "de souche" qui en tue un autre ? Parce que ça reste entre gens de bonne compagnie ? Et puis si la peine était trop légère pour dissuader un étranger naturalisé, au point qu’on l’alourdit, ne l’est elle donc toujours pas pour un français de souche ?

Je vous l’avais dit que Raymond avait des supers pouvoirs ; même moi, je n’arrive pas à suivre son raisonnement. En tout cas, je vais prévenir ma copine Carla (une naturalisée française) qu’il ne faut surtout plus qu’elle touche aux dépositaires de l’autorité publiques, fussent ils petits par la taille ou grands par la fonction.

Qui sait, peut être que la prochaine loi sera d’alourdir les peines envers les gens qui en tuent d’autres en tirant avec des armes non fabriquées en France ? Ça serait pas mal dans le plan de relance.

Enfin, ça devient compliqué tout de même. Heureusement que Raymond n’existe pas, tout le monde se moquerait de nous.


Au travers de l’Histoire, la France s’est battue pour se dresser face aux menaces extérieures et subsister indépendante, fière et droite.

Il faut dire que de tous temps, on a voulu nous envahir : romains, francs, anglais, espagnols, sarrasins, teutons… combien d’armées, fussent elles chaussées d’acier ou de cuir, équipées de lances ou de fusils, ont voulu faire plier notre nation sous le joug d’une autorité infâme et dégradante ? Aux heures les plus sombres de notre pays, alors que l’ennemi semblait disposer de nos terres comme si elles étaient siennes, des hommes et des femmes ont su se lever. Au cœur de la tempête, ils ont compris que les vents déchainés ne devaient pas faire plier le drapeau, mais bien au contraire, le faire claquer comme jamais ; le son du pavillon tricolore battu par les embruns résonne dans le cœur des justes comme le mot "espoir".

Moquez-vous, trublions ! Outragez le drapeau (ou un autre, pour les lecteurs étrangers), baissez les yeux face au regard intraitable de Marianne, riez des frontons de nos mairies, mais sachez-le : cela ne durera pas, car en notre pays, des citoyens continuent de lutter face aux envahisseurs.

Brice Hortefeux est l’un de ceux-là. Car grâce à sa dernière proposition sur… attendez…

Pourquoi riez-vous, sales crypto-gauchistes ? Furoncles staliniens, ne réalisez vous pas ce qu’il vient de se passer ? Comment vous êtes désormais mieux protégées des ennemis de notre pays ? Prenons un peu de recul, voulez-vous ? Voilà. Là, c’est bien. Posez-vous maintenant la véritable question :

Pourquoi la France a t-elle si souvent été menacée d’invasion ?

Bonne question, hein ? Que venait chercher l’ennemi chez nous ?

Des terres ? Que nenni ! De l’argent ? Allons donc, si c’était le cas, ils auraient plutôt envahi Monaco (ce qui est faisable avec 6 SDFs, 3 pistolets factices, 4 gourdes de rosé et une super 5)

Non ; la réponse est en train de faire ses courses chez Yves Rocher : nos femmes.

Les sirènes ont très tôt appris à éviter les vikings, à leur grand désarroi

Souvenez-vous des vikings, terreurs du royaume ! Traversant les mers, remontant nos fleuves, ils débarquaient, mettaient à feu et à sang un couvent, et ne s’enfuyaient qu’après s’être assuré que de la mère supérieure aux novices, toutes avaient eu droit à un peu d’action dans l’ennui de leur vie religieuse. Bientôt, dans toutes les paroisses, le nom de viking devint le synonyme de plaisirs interdits ; ces visages carrés, ces barbes fournies, ces bottes tambourinant les planchers, couvertes de rouille et de sel de mer… on dit que la simple évocation de ce nom provoquait, chez les bonnes sœurs, des soupirs sulfureux qui faisaient rougir jusqu’au plus innocent des enfants de chœur. Évidemment, l’Histoire dans son immensité a fusionné cette période avec les deux qui suivirent ; tout d’abord, celle dite de "La Déchaussée aux moines", durant laquelle les équipages nordiques, attristés de découvrir qu’ils avaient déjà souillé tout ce que le royaume comptait de chaste religieuse, s’en prirent de dépit aux chastes religieux. Après des semaines de mer, lorsque l’on débarquait et que l’on avait plus de nonnes à se mettre sous la main, n’importe quel moine à la tonsure douce et soignée faisait l’affaire. Et lorsqu’enfin le dernier frère fut laissé pour mort, nu comme un vers sur la table du grand réfectoire de l’abbaye de Landévennec après avoir connu les caresses de tout un équipage velu et teigneux, on vit s’ouvrir la troisième et dernière période des invasions vikings, celle dite du "Fléau des caprins", qui, je vous en fais la synthèse, a impliqué quantité de bêlements de bonheur dans tout le royaume.

Au fil des siècles, toutes les invasions visèrent ce même objectif : nos greluches ; les anglais en ayant surtout des moches, ils tentèrent à moult reprises de s’emparer des nôtres, brûlant les moins coopératives. Les teutons, malmenés des centenaires durant par d’imposantes marâtres en costume tyrolien aux tresses blondes et aux bras gros comme des troncs de la Forêt Noire, tentèrent régulièrement de se déplacer de par chez nous pour trouver des compagnes plus coopératives. Les portugais, enfin, pour des raisons que je ne développe pas, firent 7 tentatives méconnues de débarquement sur La Baule afin d’envahir le pays, mais échouèrent à chaque fois suite à des problèmes d’hydrodynamisme de leurs soldats.

Voilà qui explique au moins deux guerres mondiales

Disons le tout net : si la France est le pays de l’amour, c’est parce que nos femmes font rêver le monde, au point que certains matins il a encore rêvé d’elles et que ses draps s’en souviennent.

Attention lectrices : ça ne veut pas dire que je vous estime pour autant, hein. Juste qu’en plus de tous vos défauts (futilité, goût pour les dinderies, amour des enfants), vous êtes la cause de bien des invasions (vous êtes un peu nos Sabines, et je parle plus de celles de Tite-Live que de Paturel), et donc responsables de tant et tant de morts ! Comment pouvez-vous vivre avec le poids de ces péchés, en plus de l’originel ? Non vraiment, vous faites chier quoi, merde.

Bon, que disais-je ? Ah oui, Brice Hortefeux.

Brice Hortefeux l’a bien compris ; face à la force de nos armées (j’en entends qui pouffent au fond, ça suffit), l’ennemi a saisi qu’il valait mieux passer nos frontières individu par individu pour se saisir de nos femmes plutôt que de nous affronter de front ; ça pourrait encore aller si ces petits goinfres se contentaient d’une, mais vous les connaissez, les bicots melons bougnouls rastacouères étrangers, hein, ils en prennent tant qu’ils peuvent.

Le mot est lâché : ils sont polygames. Parce que quand t’as une épouse, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes.

Brice s’est donc mis très en colère (certaines mauvaises langues disent "tout rouge", mais je ne mange pas de ce pain là moi, je respecte mes ministres), et a déclaré que désormais, nos amis polygames pouvaient trembler, puisque l’on pourrait les déchoir de leur nationalité française si jamais ils se mettaient en ménage, de fait (pas forcément besoin d’un mariage), avec plusieurs femmes.

On ne rigole plus ; la polygamie est donc mise au même niveau que le terrorisme ou la haute-trahison. Ceinture d’explosifs ou ceinture de chasteté, même combat.

Prenons par exemple Jean-Jacques. Jean-Jacques a 17 ans lorsqu’il rencontre Géraldine, une jeune bourguignonne à la silhouette gracile entretenue par des années de pratique quotidienne de la danse classique. Après deux ans de relation, ils s’installent ensemble à Nevers, leur rêve, où Jean-Jacques travaille comme assistant administratif dans une entreprise produisant des crayons de papier. Un jour, il y croise Raphaëlle, une petite stagiaire aux ressources humaines tout ce qu’il y a de plus sympathique qui se passionne pour l’équitation, le cyclisme et la vie de  Boutros Boutros Ghali. De jour en jour, il sent bien que Raphaëlle l’attire ; il aime toujours Géraldine (tant qu’elle ne grossit pas en tout cas, restons pragmatiques), et pourtant, au fond de lui, quelque chose semble réagir à la présence de la nouvelle venue (ce n’est pas à prendre au sens littéral, hein). Un soir, se sentant coupable, il va confesser ses sentiments pour Raphaëlle à Géraldine (oui désolé les filles, c’est une fiction, hein, dedans il y a un homme honnête mais j’aurais aussi bien pu mettre une manticore, Pégase ou Arthur disant quelque chose de drôle). Cette dernière le prend assez mal, puis essaie de comprendre la situation. Elle demande à rencontrer la jeune fille, et comprend à son tour pourquoi son mari est tombé sous son charme ; je vous passe les détails, mais 4 ans plus tard, Raphaëlle emménage avec Géraldine et Jean-Jacques. Ils sont heureux, la vie est belle et le soleil brille sur Nevers (je vais vraiment loin dans la fiction, là).

Jusqu’au jour où une rangers du GIPN défonce la porte d’entrée de Jean-Jacques à 6h du matin et va le tirer du lit où il dormait du sommeil du juste entre ses deux compagnes ; après avoir reçu quelques coups de matraque pour avoir résisté (il criait "Laissez moi enfiler un slip !" en s’enfuyant vers la buanderie), il est promptement jugé, passe quelques jours en prison où il découvre une nouvelle forme des joies des partenaires multiples auprès de Slözt, son compagnon de cellule bodybuildé, puis est déchu de sa nationalité française. Il est donc menotté et envoyé par charter vers un pays célèbre pour n’exister qu’en théorie : la Belgique.

Alors que la polyandrie, pas de problèmes.

Maintenant, reprenons la même histoire, sauf que cette fois, Jean-Jacques ne confie rien à Géraldine et préfère "rester tard le soir au bureau pour traiter des dossiers", le dossier en question mesurant environ 1,68 pour 59 kilos, et remplissant fièrement ses bonnets B. Géraldine finit par sentir que quelque chose ne va plus dans son couple, et n’arrivant pas à faire parler Jean-Jacques, elle sombre peu à peu dans la dépression au point de commencer à louer des DVDs de Joséphine Ange-Gardien pour oublier le monde qui l’entoure. Raphaëlle, de son côté, pleure régulièrement que Jean-Jacques est un lâche qui jure qu’il va se séparer de Géraldine alors qu’il n’en fait rien, elle se sent manipulée et n’est pas heureuse dans cette vie. Elle finira donc logiquement par ouvrir un skyblog tant elle sera au fond du trou.

4 ans plus tard, Jean-Jacques a donc deux compagnes, toutes les deux malheureuses, mais lorsqu’il croise le GIPN, on le salue cordialement et on l’appelle "tombeur" (alors que chacun sait que si Jean-Jacques s’appelait Jeannine, elle se ferait appeler "salope").

Voilà donc la différence fondamentale entre la polygamie et l’adultère : dans le premier cas, tout le monde est supposément d’accord, ce qui est moins malheureux, que dans le deuxième cas, où il y a mensonges et tromperie. Il a donc été convenu fort logiquement que les coupables de polygamie étaient de sombres enfoirés, quand les coupables d’adultères étaient de braves citoyens.

La morale de cette histoire est donc la suivante : messieurs, pour le respect de ces dames, ne les épousez pas : trompez les.

Ah, et dire que parmi ces expressions françaises intraduisibles de la par le monde, comme "coup d’état" ou "rendez-vous", il y a :

"Ménage à trois"

La francophonie vient d’en prendre un sacré coup.

P.S : Message pour Carlita ; cette histoire, c’est vraiment trop dommage, complique tes projets d’emménager chez moi. En tout cas, tu peux quand même passer à la maison ce soir, j’ai les accessoires pour le "tourniquet slave" dont je t’ai parlé. Diego te raccompagnera discrètement Faubourg Saint Honoré avant 6h, comme toujours. Astique tes pommettes ma louloute.
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 6 141 autres abonnés