"Au shaker, pas à la cuillère"

Accoudé au bar de l’ambassade, le commander Bond balaie la salle du regard, feignant de ne pas suivre du regard le petit homme à barbiche bondissant d’un groupe à l’autre avec un sourire si large qu’il semblait impossible pour un homme avec une mâchoire comme la sienne. Un type étrange, ce Youri Malakov. Attaché culturel à l’ambassade de Russie de Vienne depuis 1986, aucun changement politique n’avait eu raison de lui ou de son poste, et il n’avait jamais été promu ou muté de quelque manière que ce soit en toutes ces années de service, quand tout autour de lui le personnel, lui, n’avait jamais cessé de défiler. Lorsqu’un invité lui faisait remarquer son incroyable longévité, Malakov répondait toujours que si Moscou venait à vendre ce bâtiment, il ferait partie du lot.

La boutade n’avait bien évidemment d’autre intérêt que d’éluder la question avec la bonhomie dont le personnage savait faire preuve, et dont tout agent de l’Ouest passé un jour par Vienne savait ce qu’elle cachait : Malakov était un cadre de la mafia russe bien avant un fonctionnaire de l’administration de l’ex-URSS. On disait qu’à Vienne, pas un paquet de cigarette ne s’échangeait sans qu’il ne le sache. Et ne touche sa commission, bien sûr. L’ambassade était pour lui la couverture idéale pour rencontrer étrangers et gens influents, sans pour autant avoir des responsabilités officielles qui auraient pesées sur ses occupations officieuses. Et ce soir, James avait besoin de savoir ce que Youri savait concernant une ogive ukrainienne égarée qui aurait changé de mains à Vienne. Et qu’il le veuille ou non, Youri allait lui dire. Mais déjà, il fallait reconnaître le terrain. Et attendre que la cible s’isole…

"Bonsoir. Vous m’offririez un verre ? – la femme aux longs cheveux bruns tombant sur sa robe de satin rouge, ouvre de grands yeux noisette en lançant son plus beau sourire au commander Bond
- Et probablement plus encore. Garçon, un deuxième martini. 
- Je le prendrais au shaker – dit-elle de son charmant accent roulant, les yeux pétillants – pas à la cuillère
- Une femme de goût. 
- Pour un homme de goût. Monsieur… ?
- Bond. James Bond.
- Je m’appelle Irina. Juste… Irina."

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Souriant du coin des lèvres, l’agent secret se saisit de l’une des coupes que lui tend le garçon avant de trinquer avec la belle.

"A quoi trinquons-nous, Monsieur Bond ?
- Aux échanges, Irina, aux échanges."

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Bien que la jeune femme fasse un mouvement de tête signifiant que pareil choix de toast l’intrigue, Bond se contente de rester silencieux : dans son métier, on ne parle pas pour ne rien dire. Et accessoirement, un peu de mystère n’est jamais pour déplaire à une jolie femme.

"Pssst !"

007 fronce les sourcils en entendant l’appel derrière-lui. Tentant de l’ignorer le temps qu’Irina tourne la tête pour observer la foule des invités à la recherche du serveur qui lui apportera le petit four qui lui manque tant pour accompagner le martini, le britannique finit par pivoter doucement la tête pour trouver derrière-lui un autre homme en smoking, observant la foule sans regarder James.

"Qui êtes-vous ? 
- Un agent allié. Vous n’avez rien à craindre de moi tant que vous ne m’empêchez pas d’atteindre mes objectifs. 
- Qui sont ?
- Techniquement, vous avez offert à boire à l’un d’entre eux. 
- Ecoutez Monsieur… 
- Connard. Odieux Connard. Services secrets français. Je suis ici pour enquêter sur un trafic de chanteurs québécois, une plaie pour notre pays. 
- Je ne vois pas le rapport avec Irina. 
- Monsieur, voulez-vous votre brandy au shaker ou à la cuillère ? – demande timidement le garçon de l’autre côté du bar, coupant les deux hommes
- Et ma main dans la gueule, tu la veux comment jeune freluquet ? Donne donc la bouteille – dit l’homme en saisissant la chose des mains du jeune homme – je disais donc avant que ce forban ne me coupe, qu’Irina fait partie de mes objectifs. Elle n’a rien à voir avec le trafic, mais elle est rentrée dans mes objectifs à partir du moment où elle a déboutonné sa veste en entrant. Je l’ai vue d’abord. Et puis nous savons tous les deux ce qu’il se passe à chaque fois que vous couchez avec une fille avec un accent moscovite, Monsieur Bond.  De toute manière, ça ne se discute pas.
- Et pourquoi donc ? Vous avez votre nom marqué dessus ?"

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Pointant son doigt vers Irina, se tournant pour saluer un invité, l’homme désigna le dos nu de la jeune femme, sur lequel Bond put lire, écrit à la va-vite "Propriété de O.C". Lorsqu’il se retourna, choqué, James Bond nota que son interlocuteur faisait tourner un Velleda sous son nez, humant l’odeur d’alcool qui en émanait.

"Je suis sûr qu’elle n’avait pas ça il y a 5 minutes ! Comment avez-vous fait ? – dit 007 tout en tentant de frotter l’inscription le plus discrètement possible après un doigt enduit de salive pendant qu’Irina regardait ailleurs
- Chacun ses gadgets. Et vous, c’est quoi ? Une chaussure qui fait téléphone ? 
- Bon écoutez, Monsieur Connard, moi j’ai de l’uranium à retrouver, alors je vous laisse. Quant à Irina… vous pouvez l’oubliez. Tenez, venez Irina, j’ai entendu dire qu’ils avaient une superbe collection de tableaux ici, suivez-moi."

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Et emmenant avec lui Irina, le dos encore barbouillé de marqueur et de salive, James Bond disparut au coin d’un couloir afin de poursuivre son honorable mission. Et faire chavirer le coeur d’Irina comme il l’avait fait avec tant d’autres, comme dernièrement, lors de ce terrible dossier… Skyfall.

Que s’est-il passé durant cette mission ? Une seule manière de la savoir : spoilons mes bons !

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L’une des affiches officielles du film : rien qu’à la voir, vous comprenez pourquoi ce n’est pas la plus diffusée

Le film s’ouvre alors que James Bond est en train d’avancer, l’arme au poing, dans un petit hôtel d’Istanbul. Incarné par Daniel Craig (James Bond, pas l’hôtel), il a donc comme toujours – à l’exception de quelques sourires – ce curieux petit air à base d’yeux plissés et de lèvres pincées qui donne l’impression, tout le long du film, qu’il est mi-grognon mi-pensif. Mesdemoiselles, si vous avez quelque fantasme concernant Daniel Craig et que vous souhaitez que votre compagnon lui ressemble, n’hésitez pas à lui demander "Dis-donc, tu as bien fermé à clé en partant ?" et paf, les yeux se plissent, les lèvres se pincent, et hop : Daniel Craig. C’est terrible, on dirait que ce mec a toujours oublié un truc et essaie de s’en rappeler. Mais bref ! Là n’est pas le sujet. James, fouillant l’hôtel l’arme au poing disais-je, finit par tomber sur la chambre qu’il cherche et où deux cadavres ainsi qu’un type agonisant, Bob, l’attendent. Ils sont étalés autour d’une table où gît un ordinateur portable visiblement violenté pour en arracher le disque dur, ce qui semble une fort mauvais nouvelle.

Attrapant son oreillette, James annonce

"M ! Le disque dur a été volé. Je reste sur place pour essayer d’arrêter l’hémorragie de l’agent Bob qui a l’air de douiller sévère. Il y a aussi deux morts mais n’en parlons pas, ils avaient l’air vaguement turcs.
- 007, écoutez-moi bien : vous allez me courser le voleur, et récupérer ce disque. Il contient la liste de tous les agents de l’OTAN actuellement en opération, ainsi que tous les épisodes de One Piece en HD, alors on ne peut pas se permettre de les perdre. On aurait utilisé un Mac n’empêche, le voleur aurait été bien emmerdé pour l’ouvrir. Bon bref : bougez-vous James.
- Bien Madame."

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Ni une, ni deux, James Bond sort de l’hôtel où il est récupéré en 4×4 par Eve, avant de s’élancer à la poursuite de la voiture juste devant eux – ça tombe bien – conduite par l’infâme Patrice (véridique), le voleur. On a frôlé le "Jean-Jacques", je pense. Plutôt que de demander à Eve comment elle a identifié la voiture du voleur et pourquoi elle n’est pas intervenue avant si elle l’a vu monter à bord avec le disque dur, le fier agent britannique se contente de taper sur le tableau de bord en hurlant "Plus vite !". Au travers d’Istanbul, la course-poursuite suit donc tous les poncifs du genre, avec l’éternel "Mon dieu, il coupe par le marché ! Attention, l’étal de tomates avec le type derrière qui agite les bras en criant Oulalaradime plutôt que de se planquer quand on lui fonce dessus !", qui serait devenue "Mon dieu, il coupe par cette ruelle ! Attention, des cartons, une bouche d’aération dont sort de la vapeur, et un grillage que l’on va tenter d’escalader !" s’ils avaient été à pied et à New-York par exemple. Toujours est-il qu’après diverses aventures impliquant les motards de la police locale qui ont flashé un étal de tomate à 70 kilomètres-heure en centre ville, ce qui est pourtant strictement interdit par arrêté préfectoral, et une fusillade laissant les dits agents sur le carreau, on note que James Bond est devenu une foutue brêle au tir. Mais que par contre, ça ne l’empêche pas de poursuivre Patrice à moto dans divers lieux exotiques.

Le spectateur avisé notera d’ailleurs que malgré un budget de 200 millions de dollars, la grosse berline de Patrice, pourtant accidentée sur le marché (à votre avis, pourquoi il prend une moto, hein ? Suivez un peu, on en est qu’au début là !) passera plusieurs fois en arrière-plan voire carrément à 10 centimètres de la caméra. La mode des zombies doit sûrement aussi toucher les véhicules pour les faire revenir de la casse.

Seulement voilà, la course poursuite continue après divers épisodes que je vous passe sur un train, où abandonnant les motos, nos vaillants larrons décident de s’affronter avec leurs pistolets (James est blessé à l’épaule dans la bagarre), puis au corps-à-corps sur le toit du vaillant convoi. Sachez en tout cas que Patrice, en bon voleur pressé, a trouvé le temps de se fabriquer une petite chaînette au bout de laquelle pend le disque dur (qui avait une accroche à chaînette dites-donc, c’est quand même bien fait), et que les deux compères tentent d’utiliser la chose pour s’étrangler mutuellement. J’ai envie de dire : mon petit Patrice, l’artisanat est décidément bien la première entreprise de France.

Mais en dehors de ces considérations sur la main d’oeuvre actuelle dans notre beau pays, dans le même temps, Eve, elle, a poursuivi le train en voiture, et a même réussi à le doubler – mais oui – pour aller se positionner avec un fusil sur une bonne position. De là, elle prend contact avec M, qui pour rappel, est la fameuse patronne du MI-6, service d’espionnage de Grande-Bretagne et qui commande tout depuis Londres.

"M ? C’est l’agent Eve. Dites-moi, je vois James Bond en train de se battre avec le voleur du disque dur sur le toit d’un train. Je fais quoi ? Parce que là ils vont passer dans un tunnel.
- Vous pouvez tirer correctement ?
- Bof. Je risque surtout de mettre une bastos à James.
- Hmmm attendez, je réfléchis… dois-je faire confiance à l’agent qui a gagné tous ses combats au corps-à-corps depuis 50 ans, ici face à un vulgaire voleur, ou à une jeune agent en mauvaise position pour tirer qui risque surtout de cartonner mon gars en plein mouvement sur un train ? Hmmm… boh, allez, tirez pour voir ?"

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"PAN" fait le fusil.

"Eurgh !", fait James Bond

"Ho, bin boulette.", fait Eve

"Bien joué, Callaghan", fait M "Je crois que l’on va reparler de votre période d’essai".

Et bien évidemment "Skaaaaïfooooolle" chante Adèle, alors que James Bond tombe du toit du train dans une rivière en contrebas, disparaissant corps et bien. Le voleur, lui, triomphe et disparaît avec le disque dur contenant les informations de l’OTAN.

Quelques mois et un générique plus tard, nous retrouvons donc M à Londres, convoquée par Gareth Mallory, son nouveau supérieur de la commission de la sécurité nationale, qui la convoque pour faire connaissance parce qu’à ce qu’il parait qu’elle aurait paumé ces derniers temps des disques durs, des informations sensibles, des James Bond… bref, on commence sérieusement à se demander pourquoi elle ne met pas de plus gros portes-clés sur ses affaires. Cela ennuie bougrement la vieille dame, qui explique bien qu’elle a plus important à faire dans l’immédiat que d’aller papoter avec quelque responsables administratif  qui s’ennuie. Mais elle n’a guère le choix, car Mallory l’a appelée pour lui annoncer une bien mauvaise nouvelle pour leur premier entretien : avec la perte du disque dur contenant la liste des agents de l’OTAN, il a été décidé qu’il était temps pour M de prendre sa retraite. Et en attendant que son successeur soit nommé, c’est Mallory qui supervisera toutes les opérations du MI-6. M bougonne un peu en faisant des trucs de vieille dame, comme faire tomber sa monnaie ou lui montrer sa collection de timbres, mais voyant que l’homme ne semble pas réagir, elle finit par se replier dans sa voiture personnelle, où son chauffeur la ramène au MI-6 avec joie.

Sauf qu’en route, le MI-6 apprend à M par téléphone que leurs détecteurs signalent que quelqu’un a commencé à tenter de décrypter le disque dur volé il y a quelques mois (ils faisaient quoi en attendant avec ? Du yoyo ?) "Vite, pistez le signal !" s’exclame donc M avant de constater en direct que celui-ci provient… de son propre bureau ! Mais ? Comment ? Et soudain, sur son PC, M voit son écran se brouiller, puis lancer un powerpoint moisi avec des têtes de mort, des musiques au format midi, du photoshop à la truelle et le message "Méditez sur vos péchés". Plus étonnant encore, un barrage de police a été dressé autour du MI-6 et l’empêche de foncer : M s’étonne, mais guère longtemps, car soudain, devant elle, une gigantesque explosion ravage les locaux à l’étage de son bureau.

"Exploser mon bureau, passe encore. Mais m’envoyer des Powerpoints, ça, jamais !"

Le MI-6 est touché. Le pirate informatique qui vient de toucher le PC de M, ainsi que tout le QG de l’espionnage britannique vient d’ouvrir tous les robinets de gaz de l’étage du bureau de M via la sécurité centrale, et ainsi tué 6 agents dans la déflagration

"Comment est-ce possible ?" se demande M ? "Comment avons-nous pu être frappés en plein coeur ? Qui est ce pirate ? De quels péchés parle-t-il ? Pourquoi tous les hackers de films utilisent-ils des powerpoints merdiques façon chaîne de l’amitié ? Pourquoi joignent-ils forcément des musiques au format midi et comment peuvent-ils être aussi mauvais en retouche photo ? Et si la police était déjà sur place, probablement à cause de la fuite de gaz, que foutaient 6 agents à l’étage où tout se passait ? Pourquoi est-ce que je sens si fort ?"

Quantité de questions, mais nenni de réponses. Oui, je vous sens frustrés, mais hein, ho, qu’est-ce que j’y peux moi ?

Retournons plutôt du côté de la Turquie, où James est occupé à expliquer à une jeune femme locale ce qu’est la position dite de l’Union Jack. Vous vous demandez bien comment James a survécu à sa chute, hein ? Déjà qu’il avait une balle dans l’épaule, et qu’il en a mangé une en plein buffet de la part d’Eve ? Et qu’il est tombé inconscient après une chute de bien 50 mètres dans un cours d’eau ? Et bien…

Le film n’en parle pas. Non plus.

C’est vrai quoi, c’est juste tout le but de la séquence pré-générique, ainsi que le thème du générique lui-même et accessoirement le point de départ de toute l’intrigue. Autant ne pas en parler : disons juste que tout cela tient du détail.

Je sais que c’est un James Bond mais c’est… disons, curieux. Voilà voilà.

Bref : alors qu’une jeune Turque profite de la bienveillance britannique de notre héros, celui-ci décide finalement d’abandonner la pauvrette puisque la lune est belle ce soir, et part méditer sur la plage en prenant son air de Daniel Craig (les crustacés en le voyant se demandent donc eux aussi si oui ou non, il a fermé le gaz en partant), puis va faire des trucs cool comme se murger à la paillote du coin. Mais alors qu’il en est déjà à son troisième verre de Banga, notre héros voit à la télévision que le MI-6 a été attaqué et que 6 agents sont morts dans l’affaire, sans compter moult blessés. Il plisse donc un peu plus les yeux et…

… quelques jours plus tard, lorsque M rentre chez elle et enfile ses pantoufles Mufsa, quelle n’est pas sa surprise de trouver dans son salon l’agent 007, supposément mort.

"Bonsoir M.
- Ah ! Mais ? Que foutez-vous là Bond ? Vous n’êtes pas censé être vaguement mort ? 
- Oui mais non, et de toute façon, cette histoire n’intéresse personne. Je profitais juste du fait d’être officiellement ad patres pour me reposer un peu. Je l’avais bien mérité, je crois, Madame "Allez y, tirez !".
- Hoooo je vous vois venir avec vos reproches du genre "Ouiiiiii et vas-y que vous avez commandé que l’on me tire dessus, et que j’ai failli mourir, gnagnagna"… ho, ça va Bond, ne faites pas votre chochotte. C’était une balle dans la gueule strictement amicale. Du friendly fire amical, si vous voulez. Un peu comme un tacle un peu sec dans la surface de répération, vous voyez ?
- Non, Madame. Mais je tenais à vous dire que je suis revenu pour défendre le pays.
- Super. Bon écoutez Bond, vous allez être gentil et déjà reposer cet exemplaire de "Nous deux" sur la table, c’est à moi. Demain, vous vous pointerez au MI-6 et faire des tests pour vérifier que vous êtes bon pour le service malgré vos blessures. Maintenant, cassez-vous, c’est l’heure de Derrick et je vous rappelle que je suis une petite vieille.
- Bien Madame."

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Et en effet : le lendemain, James Bond est emmené par un assistant de M au nouveau QG du MI-6 en attendant la fin des travaux : l’ancien bunker de Churchill, sous Londres. Moins confortable, mais probablement plus sûr que l’ancien bâtiment qui non seulement a été compromis, mais accessoirement vaguement explosé. Sur place, on l’informe des derniers évènements, et on commence à lui faire faire divers exercices physiques, ainsi que des tests de tir… où la main de Bond se met à trembler ! Le bougre a effectivement perdu ses légendaires talents de tireur, et vise maintenant à peu près aussi bien que François Hollande communique. Il passe aussi un test psychologique de qualité, où il doit faire de l’association d’idée.

"Agent ?
- Tentateur.
- Femme ?
- Tentatrice ?
- Coeur ?
- Cible.
- Ridley Scott ?
- Blague.
- Jean-Vincent Placé ?
- Psy.
- Skyfall ?
- ………………………………………… DÉJÀ CLASSE ET ON EN PARLE PLUS !"

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Le psychologue, aidé de son puissant doctorat, en déduit que le commander Bond a l’air de faire un vague blocage sur le dossier Skyfall, dont personne ne nous dit quoi que ce soit de plus dans l’immédiat. Soit.

Lorsque Bond, un peu bougon (… moui, non, rien), retourne dans ses appartements, il se dit que l’enquête concernant les évènements du MI-6 a l’air au point mort. Sachant que dans le même temps, le vilain hacker responsable a posté sur Youtube, non pas une vidéo de Hannah Minx, mais bien les visages et noms de 5 agents de la liste de l’OTAN et annoncé qu’il en ferait de même chaque semaine, James Bond décide qu’il est temps de booster cette histoire, et se rouvrant sa plaie à l’épaule droite au couteau, en extraie des morceaux de la balle que Patrice lui avait mis là.

Oui hein, parce qu’au MI-6, quand on récupère un blessé par balles pour lui faire passer des tas de tests physiques, on lui laisse quand même les morceaux de projectile dans le gras histoire de rigoler pendant qu’il essaie de faire des pompes ou des tractions.

Quelle bande de déconneurs au MI-6.

James est un gros malin : il trimbale les indices dans ses épaules. Personne n’ira penser à les fouiller.

Bref : après analyse de ces vieux morceaux restés dans l’organisme de James (et qui ne les avait pas retirés pour on ne sait quelle raison, quitte à en mourir puisque les bouts de métaux et la bidoche ne font pas toujours bon ménage), le MI-6 retrouve la trace du malicieux Patrice, qui d’après les informations dont il dispose, devrait être à Shangaï dans deux jours. James, dont les tests d’aptitudes se sont révélés positifs, est donc renvoyé sur le terrain pour trouver Patounet, lui botter son cul, et accessoirement, savoir à qui il a vendu le disque dur. Avant de partir, James est donc invité à rencontrer le nouveau Q (pas de jeux de mots, merci, c’est un blog sérieux ici), qui s’avère être un petit geek énervant (tout à fait crédible) qui confie deux objets à Bond :

  • un pistolet qui ne marche que pour lui grâce à ses empreintes digitales (James devra donc toujours laisser ses empreintes sur son arme, quel astucieux gadget pour compromettre ses agents)
  • un mini GPS

Et c’est bien tout : bonne chance, 007.

Nous nous retrouvons donc à Shangaï, où James obtient le numéro du vol par lequel Patrice va arriver : sitôt le bougre repéré, notre espion préféré le suit en voiture discrètement, jusqu’à ce qu’il arrive au pied d’un immense immeuble de bureaux tout en verre, fermé à cette heure de la soirée. Mais cela ne semble pas empêcher Patrice d’y rentrer, puisqu’il le fait avec subtilité : après tout, nous ne sommes qu’au centre-ville, dans un immeuble tout en verre sans rien pour se cacher : tiens, et si je butais tous les mecs de la sécurité avec mon petit flingue pour me frayer un chemin jusqu’à là où je veux aller ? Ce que notre homme fait, mais personne ne le voit ou ne décide d’appeler la police malgré le fait que son forfait soit visible à des kilomètres à la ronde. D’ailleurs, on suppose aussi qu’il y a des caméras dans l’immeuble, vu qu’il y a déjà un paquet d’agents de sécurité, mais là encore, Patrice, en grand professionnel, y va à visage découvert des fois que. James se contente de le suivre discrètement, en se… heu, suspendant sous l’ascenseur que Patrice prend finalement (l’option B, c’était d’attendre qu’il arrive, de voir sur l’affichage où il était arrêté, et de monter par l’ascenseur voisin, mais bon, admettons, ça fait les bras), puis arrivé à l’étage où Patrice descend, le suit.

Notre méchant, lui, est déjà bien occupé : à l’étage où il s’est arrêté, il a une excellente vue sur une réunion ayant lieu dans un immeuble en face, et où un riche chinois est en train de se faire présenter une oeuvre d’art. James Bond observe donc Patrice monter tranquillement un fusil à lunette, faire un petit trou dans le verre de la façade en face de lui, y glisser son canon et… abattre sa cible.

Non, James Bond n’intervient pas. C’est tellement plus rigolo d’intervenir après, quand en plus, le meurtre risque de semer la panique et d’attirer toute la police du coin. Et que Patrice aura un gros fusil à la main. Personnellement, j’aurais tenté ma chance pendant qu’il était occupé sur son fusil Ikea à retrouver où allait cette foutue pièce, sacrebleu. A noter, détail rigolo, que la cible de Patrice, malgré la grosse bastos qu’elle se ramasse ne saigne pas. Elle meurt juste genre "Han nan, j’suis mort !". Je vous redis le budget où ça ira ? Enfin, remarquez, après le dernier Batman, tout est possible, hein.

Bref : James, une fois que Patrice a tué quelqu’un, a ‘un gros fusil et a toute son attention non plus sur son crime mais sur ce qui l’entoure, se décide à intervenir.

Ah.

S’ensuit un combat mouvementé, au cours duquel Patounet finit par voler par la fenêtre, seulement rattrapé de justesse par James qui lui hurle :

"Patrice ! Dis-moi pour qui tu bosses ! 
- …
- Allez, fais pas ta pute ! Tu peux pas le mimer au moins ?
- …
- Ecoute Pat’, je peux t’appeler Pat’ ? A Istanbul, j’ai utilisé le PC pour surfer sur http://www.poneysexeetfromagefondu.ch, alors écoute, il y a tout mon historique sur ce putain de disque et je veux le récupérer. Les agents de l’OTAN, je m’en fous."

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Mais Patrice s’en moque, et sa main glissant dans celle de James, il finit quand même par se vautrer 80 étages plus bas, chose généralement relativement douloureuse. James note alors qu’en face de lui, dans l’immeuble où le riche chinois est mort, l’assistante qui présentait l’oeuvre juste avant le drame est en train de le dévisager avec curiosité, passion ou alors juste des gros yeux de mérou. En tout cas, elle a tout vu de ce qu’il s’est passé entre James et Patrice. Et probablement qu’elle a aussi entendu pour les poneys, le sexe et le fromage fondu.

"Flûte", râle donc James, "C’était ma seule piste. Alors à moins que le mec n’ait laissé un mot avec l’adresse du QG des méchants, ça va être compliqué maintenant". Maintenant que tu en parles James, sache que tu ferais bien de fouiller sa valise. Car dedans, tu trouveras des balles, une notice en Turc avec des schémas incompréhensibles, ainsi qu’un gros jeton avec marqué VALABLE UNIQUEMENT AU CASINO DES MÉCHANTS DE MACAO.

Et hélas, c’est véridique.

"Hmmm" se dit James "Je ne sais pas pourquoi, mais tout cela m’a l’air incroyablement con.", ajoute-t-il en empochant le jeton mystérieux. Puis, il quitte les lieux, disparaissant avec toute l’audace d’un espion de la couronne britannique (comprendre : il prend l’ascenseur et la porte principale puisqu’il s’était garé devant : Patrice n’avait qu’à se retourner pour savoir qu’il était suivi, car James avait en plus la seule voiture de la rue. C’est beau).

James Bond, l’homme qui attend poliment que les gens finissent leur meurtre avant de les déranger

Quelques temps plus tard, nous retrouvons donc effectivement James sur cette nouvelle piste à Macao… en compagnie d’Eve, de retour sur le terrain. Une excellente complice, surtout vu comment elle lui a plombé la gueule la dernière fois, mais passons. Car en tout cas, au luxueux casino correspondant au jeton, le smoking est évidemment de sortie, et Eve a mis sa plus belle robe de soirée.  Se demandant comment subtilement se renseigner sur ce jeton, James décide de faire quelque chose de discret et d’audacieux : se présenter au guichet en déclarant "BONJOUR MADAME LA MARCHANDE, J’AI UN JETON, JE PEUX L’ENCAISSER ?"

Madame la marchande, troublée par l’audace de notre héros, décide de saisir son téléphone pour murmurer quelques mots dans sa langue natale. Sitôt cela fait, deux sympathiques asiatiques arrivent donc avec une grosse mallette à la main qu’ils remettent à notre héros, en ajoutant "Merci pour votre bon travail. Voici votre paiement" (si vous avez lu cette phrase avec un accent raciste, je ne vous félicite pas, petits rabouins. Heureusement que ce n’est pas le genre de ce blog) . Et dedans, un gros paquet d’euros attendent notre héros (bin oui, Patrice était français, je vous le rappelle).

Dans le même temps, une jeune femme observe Bond depuis un des escaliers de l’endroit : il s’agit de celle qui avait assisté au meurtre à Shangaï ! Ni une, ni deux, elle se dirige droit vers Bond et d’une voix sensuelle, l’aborde.

"Bonjour Monsieur… vous me reconnaissez ? Je sais que vous n’êtes pas Patrice, à qui revient tout ce bel argent, alors dites-moi bel inconnu… qui êtes-vous ?
- Vous d’abord.
- Non vous.
- Vous, et pas l’droit d’retoucher son père.
- Diable, vous êtes doué. Et bien je suis… Séverine. 
- Et moi Bond. James Bond. 
- Et bien Monsieur Bond, sachez que vous êtes en grand danger… car les trois chinois qui nous surveillent là-bas sont en fait des agents au service de l’employeur de Patrice… et accessoirement mon amant. Et sitôt que vous allez tenter de sortir, ils vont vous bourrer la gueule. 
- J’aimerais bien voir ça.
- Ecoutez, faites donc votre gros cake, Monsieur Bond, mais sachez que si vous vous en tirez… je serais ravie de faire votre connaissance plus avant. Mon navire est au quai numéro 7 et part dans une heure pour aller retrouver la cache secrète de mon mari. Bon bin voilà. Allez moi j’y vais, bisous."

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Puis, laissant l’agent britannique, la belle s’en va… et sitôt que James fait mine de se lever du tabouret de bar qu’il occupait, martini à la main, trois locaux en costume viennent en effet l’entourer en lui faisant comprendre que dans quelques minutes, son noeud papillon devrait servir d’accessoire à coloscopie. Mais hardi ! Ils ne savent pas à qui ils s’en prennent, et il ne faut que quelques secondes pour que tous se fassent tataner la gueule, et que l’un d’entre eux, volant l’arme de Bond, ne découvre qu’il ne peut se servir de celle-ci à cause de son verrouillage digital. Une fois tous étalés ou morts (l’un d’entre eux est mangé par un dragon de Komodo qui n’avait rien à faire là, je ne me l’explique pas non plus), James sort donc du casino dans la joie et la bonne humeur, et s’en va vers le fameux quai numéro 7 où, grâce à ses talents de ninja, il se téléporte directement sous la douche de Séverine parce que la classe, ça va 5 minutes, alors autant enchaîner avec la technique de l’homme tout nu.

Certains lecteurs trouveront peut-être ça classe quand même, mais vous savez, le vrai bon goût, c’est quand après avoir joué du piano à queue en smoking, brandy posé sur l’instrument, c’est elle qui vous rejoint sous la douche. Puis trois de ses amies ayant aussi succombé, parce que vraiment, vous dépotez au piano. De toute manière, si vous ne savez pas jouer du piano, apprenez juste à jouer un morceau de Coldplay, ça suffira.

Quel gagne-petit, ce Monsieur Bond.

Mais que disais-je ? Ah oui, voilà : une fois la douche terminée, le bateau fait route vers l’île de l’amant de Madame, ancienne usine en mer qui a été totalement abandonnée après que le hacker préféré de Séverine ait piraté les alarmes pour faire croire à un accident chimique et que l’île lui soit revenue. Bond d’ailleurs, décide de se révéler aux gardes du bateau pour être fait prisonnier et emmené au maître des lieux directement et sans s’enquiquiner avec des considérations aussi ennuyantes que l’infiltration, truc inconnu des maîtres-espions. On notera au passage qu’alors qu’au moment où le bateau accoste, James est en petit pantalon et chemise (il a dû monter à bord avec sa valise), il se retrouve instantanément téléporté dans son costard sitôt qu’il met les pieds sur le quai de l’île. Là encore, bravo les amis, il y a eu un vrai travail de fond sur ce film. Le prochain coup, vous laissez tomber Adèle pour le générique, vous prenez Yvette Horner et vous vous payez un stagiaire pour suivre vaguement ce que vous faites. Surtout que Skyfall à l’accordéon, ça aurait quand même de la gueule "Skaïfooooolle, c’est la fiiiiiiin, retiens ta respiratioooon et compte jusqu’à diiiiisseuuuuh ! Seeens la terre qui bouuuuuge puis entend mon coeuuuur qui explose encooooreuuuuh".

Oui, je sais : c’est fou, lorsque l’on traduit n’importe quel tube anglo-saxon en français, il perd tout de suite un peu. Limite, on dirait un titre des BB Brunes.

Rah, il faut que j’arrête les digressions. Donc ! Observant l’endroit abandonné pendant qu’on l’escorte jusqu’au maître de l’île, 007 est bientôt séparé de Séverine, et emmené dans un vaste salle remplie d’ordinateurs au bout de laquelle apparaît bientôt le terrible hacker derrière toute cette histoire : Raoul Silva.

Tremblez. Tremblez devant Raoul.

Je comprends qu’il soit devenu méchant, en fait.

Notez que Raoul a une tête d’ex-footballeur de RDA. Charisme, charisme.

Grand, blond, germanisant, pas très beau mais chaud comme la braise avec tout ce qui a deux jambes, l’homme a tôt fait de passer délicatement sa main sur les cuisses de James, attaché à sa chaise, tout en lui expliquant qui il est. Avant, il travaillait pour M, lui aussi. Et était bien meilleur que Bond. Mais M l’a trahi, et il a donc décidé de se venger. D’ailleurs, il apprend à Bond que M lui a aussi menti, par exemple, sur ses résultats aux tests du MI-6 : en fait, il a échoué comme une grosse quiche. Elle a donc volontairement envoyé Bond, en ne le sachant pas prêt, face à Silva. Ah, la coquine !

Il lâche aussi une phrase culte :

Écartant un pan de la chemise de Bond, pour révéler son épaule droite, il dit "Aaah… fous aussi elle fous a trahi… elle fous a fait mal la kokine !" en faisant référence à la balle qu’Eve a tiré sur Bond sur ordre de M au début du film.

Ah oui ? Donc cette blessure, c’est celle d’Eve ? Mais dans ce cas, les fragments de balle retrouvés dans l’épaule… ils ne permettaient pas DU TOUT de remonter à Patrice, mais juste de dire "Ah oui, M’sieur Bond, c’est bien une balle de chez nous. C’est gentil de la ramener, on pensait qu’on l’avait paumée."

C’est complètement idiot. Encore une fois, coupez cette scène, vous économisez du budget et en plus, vous évitez une connerie. Mais non : c’est mieux de payer plus cher pour faire moins bien.

Bref : pour se détendre un peu, Silva fait détacher Bond – plusieurs gardes armés les escortent pour éviter que notre héros ne se prenne soudainement pour Will Smith – puis l’emmène à l’arrière d’un bâtiment où attend Séverine, visiblement tabassée et attachée contre un mur. "Cheu n’aime pas trop trop que l’on choue avec mes chouets, Monzieur Bonde !" explique donc le bon Silva avant d’aller déposer un verre de whisky sur la tête de la bougresse, en lui demandant de le faire tenir en équilibre. Puis, sortant deux pistolets de duel d’une boîte, il propose à Bond de jouer à un jeu autrement plus intéressant que le Taboo "Le premier qui fait tomper le ferre, il a gagné, ja ?". Notre héros préférerait s’en passer, surtout vu comment il est devenu mauvais tireur, mais bon : il n’a en fait guère le choix, à en croire les armes que les gardes pointent vers lui. Et puis, bon ce n’est qu’une femme : ce n’est pas comme si elle avait une âme.

"Bon bin okay. Attention Séverine, on se concentre" dis donc notre héros avant de tirer son coup. Hélas, il rate, mais heureusement, sans toucher la damoiselle. "Ach ! Z’est à mon tour !" avance Raoul avant de se concentrer… et de tirer dans le bide de Séverine, qui meurt sans bruit. "Le ferre est tombé : ch’ai gagné !" dit-il donc hilare. Quel personnage maléfique.

Grognon, James profite de ce moment d’euphorie de son adversaire pour lui coller une mandale, puis tabasser l’ensemble de ses gardes qui oublient de se servir de leurs armes à feu. Cela fait, et braquant son adversaire, il annonce à Raoul qu’il l’arrête.

"Ah foui foui… mais gomment vas-tu m’emmener, kanaillou ? 
- Avec mes renforts, Raoul.

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Et sitôt cela dit,  et même si dire "Raoul" est définitivement terrible dans ce genre de dialogue, des hélicoptères britanniques survolent l’île du méchant : mais, comment ? "Grâce à mon mini-GPS mec, le MI-6 savait que j’étais ici !" annonce James en montrant l’objet au fond de sa poche. Raoul commente bien que ah, tiens oui, marrant ça qu’on ait oublié de te fouiller, en fait, d’ailleurs ça explique aussi comment tu as pu sortir des lunettes de soleil de ta poche quand on est sorti du bâtiment il y a dix minutes, James, il faudra d’ailleurs que tu me racontes comment tu pouvais avoir ce genre de chose dans les poches d’un smoking de soirée, mais bon. Cette séquence a été coupée au montage.

Nous, nous n’aurons jamais l’explication en tout cas, car nous revenons à Londres, où au fin fond du QG souterrain du MI-6, M vient en personne interroger le brave Raoul Silva, enfermé dans une petite cellule en verre. La discussion qui s’ensuit est fort intéressante. Ou pas du tout en fait, mais bon, en tout cas, je vous en livre la synthèse (qu’on ne me dise pas que je ne suis pas synthétique après ça).

"Alors comme ça, c’est vous M. Silva qui nous causez tant de problèmes ?
- Hahaha… ja ! 
- Mais pourquoi ?
- Et bien barze gu’il y a des années, quand fous m’afez lifré à l’ennemi barze gue che prenais drop d’iniziadives de moi-même, ch’ai passé des chours à être dorduré. Ch’ai bien tenté de me zuizider, mais en fait, comme ein con, ch’avais échangé le zyanure de ma dent contre ein kleine fraise Tagada, du coup, ça marchait moins bien. Pref : ch’ai pris cher. Et comme fous m’aviez trahi, ch’ai décidé de me vencher. Le MI-6, les agents zegrets défoilés zur Youtube, les powerpoints pourris… z’était moi ! Avec mes compétenzes de hacker RIEN n’est hors de ma portée ! Ch’ai piraté tout le MI-6 et…
- Oui mais le disque dur alors ?
- Le ? Bin oui, Che l’ai volé. Et ?
- Si vous êtes si malin, que vous avez pu pirater le réseau informatique le plus protégé de Grande-Bretagne, pourquoi vous être emmerdé à avoir recruté un mec pour voler un disque dur de manière super risquée, quitte à le perdre dans la bagarre, alors que vous pouviez pirater le PC et récupérer les données directement ?
- Hein heu Che… bin… che… che fou ai déchà parlé de mes compétenzes photoshop ? 
- Oui c’est bien ce que je pensais : vous êtes un pirate informatique qui a besoin de récupérer des informations sur un ordinateur qui n’est pas à lui, et du coup vous ne pensez pas à le pirater ? Laissez-moi deviner : quand vous voulez regarder une série sur internet, vous envoyez un mec voler les DVDs ? 
- … hem, zène zuivaaaante s’il-fous-plait ? Z’il-fous-plaiiiiiit ?"

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Et en effet : comme le veut la tradition des James Bond, le méchant est en carton. Une tradition vieille de 50 ans qu’il aurait été triste de ne pas respecter.

M en tout cas annonce à Bond qu’elle doit s’absenter : la ministre de la défense veut l’interroger quant aux derniers évènements ayant eu lieu sur le territoire et sa gestion du MI-6. Elle doit donc se rendre au ministère pour passer devant toute une commission de joyeux larrons soucieux de la questionner. En attendant, Bond est invité à aller retrouver ce sale petit geek de Q pour qu’il décrypte ce qu’il y a dans le PC de Silva plutôt que de poster des photos de chats #kikinou sur Twitter.

Et effectivement : Q, qui explique être le plus grand hacker du monde, loin devant Silva, a eu l’idée géniale de brancher l’ordinateur du grand méchant sur tout le réseau du MI-6 pour… pour… heu, rien. Et alors qu’il tente de décoder le bousin, il s’aperçoit que c’est un piège : le PC est programmé pour ouvrir automatiquement toutes les trappes et portes du MI-6 !

Quand Q utilise un ordinateur, il a beau avoir un écran devant lui et un géant derrière, il observe dans une direction où il n’y en a aucun. De là à imaginer un prompteur… rho.

Fonçant à la cellule de Silva, Bond découvre que celui-ci s’est évadé : uniquement vêtu d’un pyjama, il a donc réussi à tabasser tous les gardes armés autour de lui (Mouiii ?) et à s’engouffrer dans une trappe juste à côté de sa cellule qui, par un curieux hasard, mène directement au métro Londonien dites-donc. Métro où personne ne semble remarquer pyjaman, l’homme-pyjama, et d’ailleurs deux complices de Silva qui connaissaient déjà par magie le moment où il allait s’échapper viennent lui donner de quoi se déguiser… en policier. S’ensuit une course-poursuite effrénée avec Bond, où Silva, tel le Joker, a déjà eu le temps de poser des explosifs un peu partout on ne sait comment (ses complices ont dû se promener dans le métro avec 10 tonnes d’explosifs sans jamais se faire repérer) et fait sauter des trucs ici ou là pour gagner du temps. Il finit par ce biais à échapper à Bond après avoir fait dérailler un métro.

Cela fait, il fonce droit vers le ministère de la Défense car, là encore, c’est fou, le vrai plan de Silva… est de descendre M bien en face.

Attention, je vous récapitule le plan du Monsieur :

  • Silva vole un disque dur qu’il n’avait pas besoin de voler puisqu’il pouvait le pirater, soit sa spécialité
  • Il s’en sert pour faire un chantage qui, en fait, ne sert à rien
  • Puis il fait sauter le MI-6 pendant que M n’y est pas pour qu’on lui demande des explications en haut-lieu
  • Il pirate aussi les plans du MI-6 pour savoir comment s’évader
  • Il attend que Bond vienne le capturer, et là, tout s’accélère !
  • Alors qu’il ne peut pas être au courant, puisqu’au trou, il sait que M est convoquée au ministère de la défense, et même à quelle heure exacte
  • Il calcule par magie le moment exact où Bond et Q vont décoder son super PC et ainsi lancer la procédure d’ouverture des portes du MI-6, et accessoirement qu’ils vont tout relier sans raison au réseau central malgré le fait qu’ils se soient fait pirater par le même gars quelques semaines auparavant
  • Il échappe aux gardes locaux parce que… magie (d’ailleurs, vu la position des corps par rapport à sa cellule, il a dû les tuer par la pensée)
  • Il fait sauter des trucs qu’il n’a pas besoin de faire sauter juste pour rigoler pendant qu’il fuit histoire que tout le monde soit en alerte maximale, voire qu’on évacue tout le monde avant qu’il n’arrive
  • Il se rend au ministère, en priant pour qu’il ne soit pas gardé, en pleine alerte nationale, par plus de deux bobbies armés de pistolets à poivre.

Et vous savez quoi ?

Et bin ça marche parfaitement.

En arrivant au ministère avec ses deux complices, tous déguisés en agents de la maréchaussée, on découvre que la Grande-Bretagne, en pleine vague d’attentats, n’a déployé pour protéger toute la commission en charge de l’espionnage, la ministre et la chef du MI-6, dont le bureau a explosé il y a peu, uniquement… 6 policiers. 3 à l’entrée, 3 dans la salle d’audience. Et lorsque Silva se présente tranquillement (alors que le MI-6 a déjà l’information que le suspect est un type blond laid déguisé en policier qui se dirige vers le ministère de la Défense) et tire sans silencieux sur les 3 pinpins de l’entrée, et bien personne n’entend.

Probablement que la magie du flegme britannique s’étend aux armes.

Bref, alors que M est en train de s’expliquer devant la commission, et commence à réaliser que Mallory, a défaut d’être un supérieur chiant, est en fait plutôt un type qui la défend, voici que Silva surgit dans la salle et ouvre le feu sur tout le monde. Les policiers tombent, évidemment, et le peuple local essaie de fuir ce qui est relativement compliqué quand l’air commence à s’emplir de plomb, mais l’arrivée de James Bond permet de mettre Silva en déroute, et bientôt, M est embarquée par 007 qui l’exfiltre hors de Londres, changeant de voiture au passage pour récupérer… une vieille Aston Martin de collection, "souvenir" . Et Bond explique son plan :

  • Silva veut M.
  • Bond veut Silva.
  • Donc Bond va partir seul avec M pour que Silva vienne s’en occuper.

Oui, enfin remarque mec : pourquoi partir seul ? Pour lui faire des câlins, à M ? Non parce que jusqu’ici, monde autour ou pas, Silva est toujours venu. Alors pourquoi minimiser ses chances en n’annonçant pas "On sera à tel endroit" et faire entourer le coin de types surarmés et surcouillus (à partir de 3, ça compte comme surcouillu. Au delà de 4, on parle de Hentai) ?

Ah oui : pour la classe.

Avant de partir, Bond fait passer un message à Q : s’il pouvait laisser une trace infime permettant de remonter jusqu’à son Aston Martin pour que Silva le prenne en chasse sans se douter que James les attend.. ce serait sympa. Soit, dit le jeune homme, avant de retourner jouer à Farmville et liker le statut de son copain se terminant par "On verra qui osera copier ça sur son mur !".

En tout cas, après avoir roulé plusieurs heures, Bond emmène M en Ecosse… pour aller s’abriter dans le manoir au milieu de nulle part où il a grandi jusqu’à ce que ses parents soient tués dans d’obscures circonstances : la résidence Skyfall que l’on pourrait traduire en Français par "La Creuse".

Le manoir est vieux, croulant même. Heureusement, sur place les attend Kincade, le fidèle garde-chasse de la famille Bond, dont on ne sent pas DU TOUT que le personnage a été intégralement créé pour être joué par Sean Connery à l’origine, mais qu’il a fallu trouver quelqu’un d’autre finalement. Lui aussi est vieux, mais pas encore trop croulant, puisque capable de se servir d’un fusil de chasse pour tirer le lapin, le daim ou le terroriste en fonction des besoins. Une sorte de couteau-suisse, mais barbu et avec un béret à carreaux.

Raaah, mais si bon sang, regardez : on peut lire sur son visage qu’il fait l’inventaire de ce qu’il a fait en sortant de chez lui pour se souvenir genre "Mrrf…moui la porte… hmmmrfff le chat….hmmmm"

Le plan de Bond est donc simple (oui, aujourd’hui, on explique bien les plans point par point) :

  • On attend que Silva se pointe
  • Jusqu’ici, à chaque fois qu’il l’a fait, il avait des hommes avec lui, donc on constate qu’on est en infériorité numérique
  • On se demande pourquoi on s’est volontairement mis dans la merde
  • On bourre la gueule à tout le monde
  • Yay

Par ailleurs, pour réaliser ce plan audacieux, nos héros réalisent qu’ils n’ont en tout et pour tout qu’un pistolet et deux fusils de chasse, ce qui est un peu léger pour arrêter tout un commando surarmé comme Silva risque d’en envoyer. Bon, dans le doute, la fine équipe se dit qu’ils vont aussi mettre des cartouches ici ou là avec des clous et vis pour faire des mines antipersonnel, mais je vous passe les détails dignes d’un épisode de Mac Gyver. En tout cas, sitôt que tout a été installé, et après une longue attente à veiller sur la lande brumeuse entourant le manoir Bond, voici qu’un soir, des hommes en arme apparaissent au loin. Soit ce sont des chasseurs, soit ce sont des hommes de Silva, mais comme le vent ne porte vers le manoir aucune odeur de Villageoise, tout le monde penche pour la seconde option.

Autant vous le dire : les pauvres vilains se font rapidement matraquer le museau. Entre la vieille Aston Martin, qui provenant d’un précédent film, a encore des mitrailleuses, les pièges (qui sont si efficaces que parfois les mecs s’envolent quand ils sont touchés en méprisant la gravité) et tout simplement les coups de fusil de chasse, ils se prennent tous des raclées. Ce n’est que lorsque la deuxième vague arrive que James se dit que tout cela commence à sentir le pâté : Silva est certes présent en personne, mais à bord d’un hélicoptère militaire avec une très grosse mitrailleuse qui a tôt fait de transformer la maison en art contemporain.

Pas de souci : la maison a aussi un vieux passage secret qui permet de s’enfuir vers la lande voisine loin du manoir. James dispose donc des bouteilles de gaz pour tout faire sauter pendant que M et Kincade filent par le souterrain, et lui ne part à leur suite que bien après, une fois qu’il a fini de poser son piège absolument diabolique. Heureusement que l’hélico qui a mitraillé toute la maison n’a pas touché les bouteilles dis-donc, c’est quand même du bol, parce que sinon, on te retrouvait dispersé sur toute l’Ecosse mon garçon.

Autant vous le dire : c’est finalement Silva qui est bien surpris lorsque toute la maison lui pète au nez. Par contre, autant ça abat l’hélico qui la survolait, autant le bon Raoul, qui était juste à côté des fenêtres à jouer avec des grenades, s’en tire sans la moindre blessure.

Ah, sacrées explosions sélectives. C’est de la discrimination cette histoire.

Heureusement, en détournant son regard du manoir en flammes, qu’aperçoit notre bon Raoul Silva ? Une lampe de poche, au loin, dans la lande ! Qui semble s’éloigner !

Mais qui peut-être assez con pour allumer une lampe en pleine nuit et l’agiter dans tous les sens alors qu’il essaie de fuir discrètement des gens surarmés ? Et bien, c’est évidemment  Kincade et M (elle n’est que chef du MI-6, la subtilité d’une lampe de poche qui fait de la lumière lui échappe), qui tentent de cavalcader vers une vieille chapelle. Ricanant, Silva se lance à leur poursuite, épaulé par ses deux derniers hommes. Sauf que la terreur des sociétés de sécurité, le cauchemar des RH, Bond,  surgit derrière eux et a tôt fait d’en tataner un, puis de se battre avec l’autre jusqu’à tomber avec lui sous la glace d’un lac local.

Après avoir vu Bond disparaître "lors de cet incident dont personne n’aurait pu sortir vivant", Silva reprend sa poursuite et finit par arriver à la vieille chapelle aux côtés de laquelle se trouvent les tombes de la famille Bond. Et pénétrant dans l’édifice religieux, il tombe nez à nez avec Kincade et M… et découvre que la vieille dame a été gravement blessée lors des mitraillages de son hélicoptère, et n’en a plus pour longtemps.

Soucieux de la tuer, et sachant qu’il n’a survécu que pour ça, Silva lui propose un super plan : "Vas-y, je mets ma tête à côte de la tienne, mon flingue sur ta tempe, comme ça, la balle nous tuera tous les deux en même temps, d’accord ? On mourra ensemble et ce sera super ! Non ?"

Mais non. M grogne encore un peu, fait à nouveau tomber sa monnaie ou demande à voir tous les timbres disponibles au guichet, et ne doit son salut qu’à l’arrivée impromptue de Bond, qui finit au couteau le vilain Silva, parce qu’à l’ancienne, c’est mieux. Comme ça, hop.

Mais hélas, il est trop tard pour M, qui a déjà perdu trop de sang : mémé lâche donc quelques dernières phrases comme "Protégez le pays", "Prenez soin de vous" ou "Je vais enfin rencontrer Horst Tappert", puis s’éteint dans la chapelle Bond, remplissant une dernière fois sa couche.

Après un terrible fondu au noir, nous retrouvons donc, quelques temps plus tard, James Bond sur le toit du MI-6, observant l’horizon l’air pensif (mimez-lle chez vous, je vous l’ai dit, c’est facile). Il est cependant rappelé à ses obligations par Eve, qui a définitivement quitté le terrain pour devenir la secrétaire du nouveau patron de l’espionnage. Son nom entier étant "Eve Monneypenny", soit le nom de la secrétaire de M dans les premiers James Bond ! Ho bin ça alors, on l’avait pas vu venir, dites !  Quant à M… adieu mémé, bonjour Mallory ! Et là encore, même son bureau rappelle les premiers James Bond.

Tenez, regardez : c’est lui Mallory. Non, pas la poutre : l’autre.

Et donc, alors que James découvre cette nouvelle fine équipe, il est convoqué, car déjà, un nouveau dossier marqué "007" attend sur le bureau de M…

Le monde est sauvé, les méchants vaincus, la suite annoncée, on peut donc le dire :

FIN !

Hé bien merci Monsieur Bond. Quel talent.

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"Hoooo, James… vous êtes si séduisant je… "

Isolés dans le couloir où quelques anciens tableaux venus de Russie veillaient paisiblement sur eux, James Bond et Irina resserrèrent leur étreinte. Sentant la respiration de la jeune femme s’accélérer alors que l’étreinte se faisait plus forte, 007 savait que comme tant d’autres, ce soir, elle serait sienne. Au loin, le tintement des coups et flûtes ainsi que le brouhaha des conversations lui rappelait qu’à quelques mètres d’eux, dans cette même aile de l’ambassade, la soirée battait son plein. Il s’avança pour l’embrasser tendrement, lorsque soudain, la jeune femme tourna la tête.

"Vous entendez James ?
- Que… non… non Irina. Il n’y a rien. Reprenons. 
- Si ! Ho, je veux aller voir !"

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Repoussant l’agent britannique, la jeune femme se mit à courir en direction du coin du couloir pour rejoindre la soirée. Marchant d’un bon pas à sa poursuite, et notant que malgré ses appels, la jeune femme ne répondait pas, 007 la suivit jusqu’au grand salon où il la vit s’arrêter net.

Là, l’agent français qui l’avait ennuyé plus tôt était en train de jouer du piano, son verre posé sur l’instrument, les yeux fermés alors qu’il massacrait de son abominable accent une chanson de pop anglaise qui lui disait bien quelque chose. Quelque chose à propos d’un scientifique, ou qu’importe.

Quelques minutes plus tard, Irina, gloussante, quittait l’endroit au bras de l’agent étranger. Bond resta silencieux quelques instants, la mâchoire serrée et la main sur son Walther PPK. Sortant sur les marches de l’ambassade, il vit la jeune femme s’approcher d’une Peugeot, véhicule obligatoire chez les services secrets français pour redresser l’économie nationale.

"Laissez tomber Irina", cria James, ragaillardi, depuis la porte de l’ambassade en direction du couple en bas des marches "J’ai mon Aston Martin qui nous attend, prenez une vraie voiture."

La jeune femme se retourna, et contempla le sourire victorieux du britannique. Elle se contenta de lui répondre :

"Mais enfin, James, vous savez bien que le coffre ne sera jamais assez grand !"

Puis, se tournant à nouveau vers le capot arrière du véhicule que le français venait d’ouvrir, elle grimpa sans hésiter.

La dernière chose que James aperçut, lorsque le coffre se referma, fut trois autres jeunes filles qui attendaient déjà à l’intérieur d’icelui, gloussant quelque chose au sujet de Coldplay et du piano.

James sentit un certain désarroi l’envahir.

En soirée, on finit toujours par en croiser un.

L’oeil agile ne le détecte point de suite, tant il semble n’exister qu’aux confins de notre champ de vision ; sa simple existence parait nécessiter de formidables efforts pour que les personnes autour de lui finissent par le remarquer. Il est si insignifiant pour la plupart des gens que s’il apparaissait dans un roman, l’auteur ne prendrait même soin d’en parler ; tout au mieux, il dirait "Ah si, dans un coin, il y avait un mec qui jouait sur son téléphone, mais personne n’a retenu son prénom, alors revenons à l’intrigue : Paul avait décidé de dire à Cynthia qu’il l’aimait si fort qu’il avait envie de lui faire des enfants sur le capot de la R19 dans laquelle il avait eu un accident 6 mois auparavant" (tout le monde aura reconnu dans ce passage l’inimitable style de Marc Levy, mais passons) ; ainsi, il est possible que dans l’histoire de la littérature, des milliers de romans aient intégré ce personnage sans qu’aucun lecteur ne le sache : dans La Bête Humaine, il est peut-être sur un quai de gare à envoyer des Tweets sans qu’Émile Zola ne daigne en parler ; dans Tristan et Iseult, il discute probablement de la fin de la saison 02 de Dexter avec le Morholt (qui adore aussi Glee, qu’il regarde entre deux coups d’épieu empoisonné dans la gueule des passants) avant que celui-ci n’aille tatane Tristan, mais la légende ne l’a pas retenu. Enfin, il doit sûrement être dans le Da Vinci Code à prendre des photos du Louvre avec son Iphone, mais tout le monde s’en moque (du livre aussi remarquez, mais là n’est pas le sujet).

Cet être, c’est le Mi-Geek (qui est mi-geek, mi-raisin – attendez, qui vient d’écrire ça ? Qu’il se dénonce !), un individu hurlant être geek sans l’être.

Fléau des temps modernes, le Mi-Geek apparaît en nombre croissant dans nos sociétés occidentales, au même titre que les nouveaux produits Star Wars ou les infections urinaires. Tout comme le Migou est légendaire dans Tintin, faisant cordialement chier la moitié du Tibet à aller kidnapper des gens, courir la montagne pour faire peur aux alpinistes et déféquer devant la porte des monastères bouddhistes (d’où l’expression "couler un bonze" – bon ça suffit maintenant, hein, M. Ruquier, allez vous-en) pour jouer de bons tours aux pauvres moines se promenant en tongues, le Mi-Geek est un être de légende qui apparaît ici ou là pour ennuyer le bon peuple. Parfaitement invisible de prime abord tout comme son cousin des montagnes et appartenant presque au statut de légende à la réalité contestée ("Attends, on était pas que huit à la soirée chez Thomas ? Neuf tu dis ? Je vois pas du tout qui c’était le neuvième. Attends je recompte… naaan, on était que huit, je t’assure, tu as dû mal compter. Ah si, à un moment, j’ai cru voir une ombre dans la cuisine qui tapotait sur je ne sais quoi. J’ai sûrement rêvé."), le Mi-Geek fait partie de ces gens au physique passe-partout que l’on ne remarque jamais ; pourraient-ils braquer une banque que l’on ne saurait les décrire : plutôt grands, mais pas trop, pas gros mais pas maigres non plus… le visage de Monsieur Tout-le-monde… bref : vous avez compris le principe : nul ne sait reconnaître le Mi-Geek dans la foule des passants.

Sauf que sous cette carapace de banalité, ces créatures insidieuses ont développé une stratégie visant à les distinguer de la masse afin de briller en société : s’auto-définir comme étant quelque chose qu’ils ne sont pas, et faire tout leur possible pour le crier à la face du monde pour enfin avoir quelque chose à dire. Et pas de bol pour l’humanité, le choix est tombé sur un phénomène des plus ennuyeux : les geeks.

Ok, et donc, il y en a pour se réclamer de ça ?

Pourtant, le geek n’a rien de très glamour (souvenez-vous) : la police en trouve parfois en faisant des descentes dans des caves, persuadée que l’odeur faisandée qui émane du sous-sol d’un tranquille bâtiment résidentiel provient d’un discret laboratoire de drogue, mais nenni ! Au milieu des émanations de pets et des posters Anonymous, aux premières lueurs des lampes de la maréchaussée, on peut les apercevoir se disperser et chercher des zones d’ombre en sifflant et crachant comme des félins effarouchés qui auraient un peu abusé du kebab. Cependant, la police finit généralement par tirer dans le tas sans chercher à comprendre ce que sont ces êtres, ne laissant le temps à ces derniers que d’agoniser dans une mare de sang en choisissant leurs derniers mots (en général, une citation de Star Trek ou de Game of Thrones, geekerie oblige).

Malgré tout cela, le Mi-Geek continue de voir dans l’appellation "Geek" une sorte de label chic qui permet de se définir en société comme ayant une caractéristique vous faisant sortir de la masse des anonymes. En général, le bougre ne lie à cette appellation que le goût des nouvelles technologies et autres gadgets liés, s’auto-persuadant tant bien que mal que si si, grave que j’suis un geek, hahaha, tu sais pas quoi ? L’autre jour, j’ai joué deux heures à Angry Birds, j’suis trop accro à mon phone, un vrai geek ! Et puis bon : ça fait tellement bien d’appartenir à un groupe, au même titre qu’une gamine de 14 ans se disant "gothique" parce qu’elle porte souvent un t-shirt noir et aime Tim Burton.

Pourtant en soirée, comme je l’évoquais plus haut, le Mi-Geek est souvent discret de prime abord ; tout d’abord parce qu’il ne sort pas naturellement de la masse par son charisme ravageur, mais aussi parce qu’il passe tellement de temps sur son téléphone qu’au bout d’un moment, les gens ne se souviennent même plus qu’il est là.

Hélas, tel le sous-marin germanique se tenant invisible à l’écart du convoi de joyeux marins britanniques s’enivrant au son des vagues de l’Atlantique nord roulant contre la coque, le Mi-Geek finit toujours par trouver une occasion de passer à l’assaut pour plomber l’ambiance : qu’il s’agisse d’une âme charitable lui adressant la parole, d’un cercle mal fermé laissant une place où s’insérer ou tout simplement d’un malheureux isolé passant dans sa proximité immédiate (pire encore, si c’est un autre Mi-Geek, la comparaison avec le u-boot se poursuit puisqu’il se mettent à chasser en meute), il saura exploiter toute faille. Dès lors, il ouvre grand la bouche et en sort quantité de torpilles verbales qui viennent percuter les esprits honnêtes, faisant flamber les sujets intelligents et sombrer le niveau ambiant des conversations. En un mot, il s’empresse d’étaler sous votre nez ce qu’il qualifie comme étant sa "geekitude", à savoir ses gadgets, applications et autres pouvant lui permettre de vous expliquer que halala, quel geek (et de préférence "quel geek avec du meilleur matos que tous les présents, mais je ne dis pas du tout ça pour faire un concours de kiki avec ce que je peux !")

Alors, Mi-Geek, même si tu n’as pas forcément conscience d’entre être un ("Ah non, moi pas du tout : j’ai un petit côté geek, voilà tout, je ne suis pas concerné !"), comment t’expliquer que ta seule présence semble être une incitation à la relance de l’industrie du napalm ? Comment te faire comprendre que si l’on inventait une dynamo à mépris, tu nous permettrais de résoudre la crise énergétique mondiale ?

Disons-le simplement : Mi-Geek, tu es complètement con.

"Ho j'ai des lunettes et un Iphone : je ris de ma propre geekitude, holala !"

Trop loin des êtres humains approchables sans envie directe de les gifler (cette catégorie ne comprend donc pas Arthur ou Cauet par exemple), et trop distant des geeks de par ton inaptitude totale à avoir une véritable maîtrise du domaine que tu prétends connaître, tu n’es finalement qu’un technophile ; ce ne serait pas un problème en soi si tu acceptais de reconnaître cette appellation sans tenter de la transformer en "geek", parce que technophile, ça fait mouton-consommateur-high-tech et surtout, ce n’est ni anglais, ni à la mode. Mi-Geek, tu nous emmerdes avec ton iPhone sorti pour un oui ou pour un non, ton Mac "tellement fin qu’il tient dans une enveloppe" (et il faut te trouver une enveloppe de suite pour le prouver) alors que je sais pas toi, mais moi, je trimbale rarement mon matériel dans des enveloppes (surtout que comme le disait Antoine Lavoisier "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. A part ce que l’on met sous pli chez la Poste, des fois, ça fait juste pouf", même si l’Histoire n’a pas retenu la citation entière), et nous n’en avons strictement rien à faire de savoir que tu as plus de followers que de follow, ce qui prouverait que tu es "influent" (on cherche encore en quoi) et que tu as une bonne gestion des hashtag pour faire le buzz. De la même manière, non, regarder des séries dans ton lit n’est pas un prétexte à dire "Quel geek je fais, huhu". Ou alors, on peut aussi commencer à dire "Une fois, j’ai pris la voiture. Quel pilote de course je fais, huhu !", ce qui, tu en conviendras, est un peu con.

Mi-Geek, si tu avais existé du temps de Moïse, tu peux être sûr que Dieu t’aurais introduit au palais de Pharaon pour faire choir une nouvelle plaie sur l’Egypte ; en effet, quelle civilisation pourrait résister à des hordes d’experts autoproclamés d’un domaine qu’ils ne maîtrisent pas ? Le Mi-Geek, c’est un peu comme Christine Boutin qui se déclarerait Love-Coach : on est sûr qu’elle le pense, mais on n’a pas encore bien compris pourquoi et on préfère éviter ses conseils. Mi-Geek, l’étalage de ton discours creux drapé d’atours supposément techniques permet à chacun de comprendre en un coup d’oeil à quel point tu n’y connais strictement rien et vis simplement au milieu de tes illusions. Mots en "-ing" en permanence parce que toi tu ne tweetes pas, tu fais du micro-blogging, propos anglais pour un oui ou pour un non comme ces jeunes garnements qui sortent d’école de commerce (pardon : de Management School) mais même pas foutus d’arriver à vendre leur propre formation, préjugés présentés comme des vérités générales façon "Pardon ? Tu ne travailles pas sur Mac ? Mais comment fais-tu, lol !" parce qu’à force de vouloir te convaincre qu’avec ça tu faisais sérieux comme à la télé, tu as fini par en attendre autant des autres… autant de signes qui permettent à chacun de savoir que oui, tu es un Mi-Geek qui suit une mode absolument consternante consistant à prendre pour chic ce qui ne l’est pas (comme la plupart des modes, en fait), et que tu dois donc être bien malgré toi une sorte d’enveloppe vide errant sur deux pattes se réclamant de n’importe quoi.

A titre de comparaison, tu serais un peu comme un type qui se proclamerait "un peu mécano, grease monkey tu vois" parce qu’il adore aller au salon de l’auto, même s’il n’y pige rien à la mécanique mais qui tente de caser "joint de culasse" le plus possible pour faire expert à chaque fois qu’il croise quelqu’un, bien qu’infoutu de simplement trouver seul où se trouve le boîter à liquide lave-glace sur sa voiture. En fait, simplement un type qui aurait envie de s’inventer des qualités pour mieux parler de sa voiture neuve.

En deux mots, un beauf, qui comme tous les beaufs, suit la mode pour mieux se mettre en avant.

Vous comprenez cette blague ? Et bien non, ça ne fait pas de vous un geek pour autant. Flûte alors.

Evidemment, tout cela pourrait rester sans conséquence : le Mi-Geek serait finalement simplement un personnage des plus ennuyeux (qu’importe son sexe) tentant de se définir au travers d’un terme qu’il ne comprend pas lui-même. Mais hélas, la chose est bien plus affreuse : ils incarnent désormais un fléau pour les sociétés modernes, puisque leur passion pour les gadgets technologiques et la passivité des gens à ne pas les renvoyer à leur incompétence crasse leur permet de faire carrière dans les métiers du web, au grand dam des gens un peu doués qui y travaillent et voient ainsi des pelletées de gros nuls être déversées dans leur domaine sous les acclamations de la hiérarchie des braves travailleurs, persuadée qu’elle vient de recruter des cadors d’internet (après tout : ils utilisent des mots en "-ing" et ont un Mac, ils sont forcément sérieux pour le vieux décideur lambda). Certains domaines encore jeunes, et où il est encore difficile de distinguer le bon grain de l’ivraie (et Corky d’Einstein) pour le mécréant sont donc envahis de ces enfants du démon, comme par exemple :

- "Community manager" : ce qui est bien avec le web, c’est que la génération qui a grandi – ou presque – avec l’outil n’est pas encore la plus âgée, et donc les décideurs qui pensent encore minitel et bebop peuvent se faire baratiner par le premier type venu qui leur dit "Je maîtrise twitter, j’ai au moins 217 followers" ; du coup, entre la personne vraiment apte à animer une communauté, et celle qui rédige des tweets à base de "@porco_banana Regarde ce que je viens de trouver : une vidéo avec un chat arc-en-ciel qui fait "nian nian" ! C’est lol #cat #fun" – posté le 07 mars 2012 , c’est un peu comme mettre dans la même catégorie de journalistes Joseph Pulitzer et Ariane Massenet : la simple existence de la seconde donne des envie de balles dans la bouche au premier (mais pas forcément pour sa bouche à lui, hein, attention)

- "Expert web-marketing" : grâce à sa puissant maîtrise du web, le Mi-Geek en web-marketing peut donner d’astucieux conseil à ses employeurs : "Faudrait faire de la pub sur internet et sur les socials networks", pour au final, se retrouver à taper plein d’enthousiasme des newsletter bourrées de fautes qu’il enverra à ses clients en oubliant de cocher la case "correspondant caché", puisqu’il était occupé au même moment à lire une news sur "Comment Foursquare va équiper l’armée américaine" sur un site sérieux du genre Lepost.fr (c’est communautaire, c’est social, c’est web2.0, c’est donc génial).

- "Consultant Social Web" : ses conseils sont si merveilleux qu’il faut les payer pour qu’il les prodigue ; parmi les experts de ce genre, je me permets de vous citer quelques conseils et explications véridiques (j’insiste) entendus de la bouche de Mi-Geeks :

  • "Il vous faut votre propre réseau social : on ne peut pas créer de groupes privés sur Facebook" (on sent l’expert)
  • "Des ordinateurs pour faire du tableur ? Des iMac, ce sont les plus performants. 1 500€ pièce, avec un pour chacun de vos gars, ça fait 20." (si vous voulez la fin de l’histoire : les mecs ont acheté parce que le responsable des acquisitions informatiques était aussi un Mi-Geek)
  • "Ahaha, mais enfin ! Twitter n’a aucun rapport avec des statuts ! Le créateur affirme le contraire sur la page officielle, mais il se trompe" (c’est vrai : quel petit prétentieux ce créateur de Twitter de prétendre savoir pourquoi et comment il l’a créé, intolérable)

- "Blogueur indépendant" : chômeur, ça le faisait moyennement sur un CV, le Mi-Geek finit donc en général par ouvrir un blog pour expliquer qu’il gère trop le internet, et qu’accessoirement, il adore prendre des photos de son chat, "Link", avec son smartphone et aidé de l’ami Instagram. De fait, il est "indépendant" car personne n’a jamais voulu le payer pour de la pub, mais ça fait beaucoup plus classe que "Mec pas lu" (ce qui n’est pourtant pas un mal en soi : tout le monde commence par ça, mais le Mi-Geek ne supporte pas l’idée de ne pas être adulé pour son génie dès la première semaine). D’ailleurs, il parle souvent de "blogosphère" aux gens n’ayant pas de blog pour donner l’impression qu’il appartient à un tout, tel un chaman défoncé à la ganja expliquant qu’il est l’ami des arbres et des écureuils puisqu’il appartient à la planète.

Le Mi-Geek, c’est un peu cet écuyer encombrant et un peu con que les chevaliers pouvaient autrefois prendre sous leur aile : il est gentil mais on ne peut lui confier que des tâches de base puisqu’il n’est pas très doué, et personne ne lui parle quand on est entre hommes de guerre parce que l’on sait que ça reste avant tout une grosse tanche, mais sitôt ledit écuyer devant ses potes vachers qui n’y connaissent rien à l’armée et à la guerre, il fait le kéké en disant "Ahaha, oui, c’est une épée dernier modèle que je porte là… regarde, regarde, le pommeau, il est super ouvragé, t’as vu ? Moi, homme de guerre ? Ouiiii un peu, oui, j’ai un p’tit côté… enfin p’tit… ouais, chuis trop un homme de guerre en fait, huhu".

Alors non : les geeks, ce n’est pas chic.

Vouloir leur ressembler et devenir un ersatz de ces créatures peu ragoûtantes, c’est déjà faire preuve à la fois d’un goût curieux et d’un certain sens de l’absurde. Les geeks, c’est très sale, ça parle de trucs techniques poussés et ça a des passions qui font que lorsqu’on les traite de "geeks", ils sont les premiers à s’en défendre parce que merde, c’est pas très gentil vous savez. Seul le Mi-Geek prend l’appellation pour un compliment, persuadé qu’être geek, c’est avoir une caractéristique un peu cool qui signifie "amateur de gadgets technologiques" et que oui, vraiment, il aime les smartphones et poster des âneries en ligne, alors il est forcément geek. Et puis surtout, il aime faire croire au tout venant qu’il maîtrise la technologie et est donc le type le plus moderne du coin, les autres autour de lui n’étant que de foutus passéistes conservateurs qui ne pigent rien à rien.

Mi-Geek, rends donc service à l’humanité : tweete si cela te plait, mate des séries si tu l’entends ainsi et achète les ordinateurs qui te font envie, mais par pitié : arrête de vouloir te faire passer pour autre chose que ce que tu es : un simple consommateur de gadgets technologiques.

Et je ne dis pas du tout ça car je viens de voir qu’un certain parti venait de lancer une plate-forme "socialgeeks", utilisée par des gens se définissant comme tels mais toujours pas foutus de comprendre la différence entre une page et une personne sous Facebook.

Travailleurs sérieux de l’internet : je vous plains.

L’été approche !

Sous la chaleur étouffante de l’astre céleste venu caresser de ses rayons la fragile surface de notre planète, les enfants commencent d’ores et déjà à se lancer dans des batailles d’eau durant lesquelles ils s’inventent les scenarios de mille et une escarmouches ; dans les rues, les strates de tissu superfétatoires recouvrant les corps des gentes damoiselles se sont bien amoindries, et révèlent de-ci de-là quelques merveilles, alors qu’à l’inverse, les mâles ont principalement raccourci leurs manches et ressorti leurs marcels, laissant poindre de fabuleuses touffes de poils hirsutes sous leurs aisselles suintantes alors qu’ils tentent d’aborder les femelles précédemment évoquées d’un "Madmoaselle, bien ou bien ?".

Mais le vrai signe de l’été qui approche, bien plus que le thermomètre qui monte, que l’odeur lourde des barbecues ou celle de papy qui sèche, c’est bien évidemment la prolifération des tests à la con dans les magazines visant à occuper Germaine pendant qu’elle fait bronzer ses fesses sur une plage du cap d’Agde.

Les magazines féminins sont une sorte de terre d’asile pour ces hordes d’interrogations supposées révéler mille et une vérités secrètes sur la nature profonde de leurs lectrices. Aujourd’hui, plutôt que de vous faire un test produit par mes soins, je me permets d’en commenter un formidable trouvé sur auféminin.com, sobrement intitulé "Facebook, Twitter, SMS… testez votre degré d’addiction". Notez que dans mon immense bonté, je vous en propose un qui aille tant aux amies des chromosomes X qu’à ceux qui préfèrent posséder un chromosome Y. Mais allons-y, ne trainons pas, je sens que vous brûlez d’impatience de savoir si vous êtes une sorte d’über-geek ou plutôt l’un des derniers humains à considérer que le Minitel, c’est bien trop moderne pour vous.

"Vous avez UNE nouvelle notification Facebook"

Bref, en route, et déjà, commençons par une petite introduction :

Entre nos copines Miss Cliquetrop et Miss Cliquepas, on a un peu de mal à s’en sortir. Il y a celle qui n’arrête pas d’envahir notre Wall de commentaires – et pas toujours des plus intéressants – et celle qui ne répond jamais à nos mails – pourtant super urgents ! Eh oui, à chacune son comportement vis-à-vis de ces nouveaux modes de communication : Facebook, Twitter, SMS, mails, MSN… 

Bien que le journal n’évoque pas Miss Cliquetruie, celle qui écrit tout simplement comme une sorte de porc ruisselant de gras et de boue dès qu’elle passe près d’un clavier, convenons-en : il existe des gens qui inondent notre "Wall" (je vous rappelle qu’on est dans un magazine féminin : dès que l’on peut remplacer un mot français par un anglais, on le fait. Je soupçonne d’ailleurs chaque magazine d’utiliser la livre sterling comme monnaie et de participer aux élections à la chambre des communes, mais passons) d’étrons électroniques, du genre "Si toi aussi tu es contre le cancer, copie -le sur ton mur… 98% des gens ne le feront pas. Et mes vrais amis ?" . Et bien, tes vrais amis, ils te retrouveront, ils te casseront la gueule à coups de clé à molette et ils balanceront ton corps meurtri dans une décharge à proximité de Niort. Et ce sera pour ton bien.

Enfin bref, oui, tout le monde n’utilise pas internet de la même manière. Et heureusement.

Et vous, comment les gérez-vous ? Etes-vous proche de l’attaque d’apoplexie quand on vous annonce que votre connexion Internet est momentanément interrompue, consultez-vous vos 8 boîtes de réception et autres messageries toutes les 5 min ? Ou au contraire, prenez-vous un malin plaisir à ne pas répondre dans la seconde aux SMS qu’on vous envoie ? Pour connaître votre degré d’addiction à tous ces outils numériques, passez le test ! 

Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie, psychothérapeute et expert en psychopathologie de la modernité *, vous livre en prime quelques conseils pour décrocher. 
A vos clics, prêtes, partez ! 

*Il est également l’auteur de "Cyberdépendance en 60 questions", paru aux éditions  Retz.

Ah, un professionnel à notre service ! Merci Jean-Charles. J’en profite pour préciser qu’un ouvrage qui ne comprend que 60 questions et qui se vend environ 17€ (je vous laisse chercher vous-même), ça nous fait quasiment du 30 centimes la question. Le prix d’un SMS, quoi. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu’il y a baleine sous gravier, mais passons et faisons comme on nous le demande (car nous sommes disciplinés, tout de même) : lançons le test.

Mon premier réflexe le matin ? Regarder si j’ai reçu des SMS ! On ne sait jamais… Il s’en passe des trucs pendant la nuit !

• Oui
• Non

Bon, je vais directement entrer dans le vif du sujet : toutes les questions n’auront que deux réponses possibles : "oui" ou "non". Pas de variante possible (faut pas perdre les lectrices avec des choses complexes : elle sont forcément trop bêtes pour comprendre le concept de nuance) : du coup, ça doit pas être trop compliqué comme test à analyser : plus vous avez de "oui", plus vous êtes accro, et point barre. Eeeet bé. Je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que l’on prend les lectrices de magazines féminins pour des connes. J’approuve.

Mais notons plutôt l’intérêt de la question : est-ce que le matin, le premier truc que vous faites, c’est vérifier ce que l’on vous a envoyé durant la nuit comme SMS ? Non parce que techniquement, ça a peu d’intérêt : si quelqu’un vous a envoyé "Je sui en tr1 2 me fèr tabaC LOL" à 2h du matin en sachant que vous pionciez, il y a peu de chances que son SMS ait encore de l’intérêt à 7h00. Il n’existe que trois types de SMS nocturnes :

- le SMS urgent, qui est caduc au petit matin, et qui donc est bon pour la poubelle

- le SMS de la personne bourrée qui vous envoie une connerie/vous déclare son amour/balance un truc qu’elle regrettera le lendemain

- le SMS envoyé par un pote vampire avec, au hasard, une choucroute sur la tête et un duplo en guise de nez. Mais si vous lisez son SMS par un beau matin ensoleillé "Ramène toi j’veu tro te voar", c’est un peu râpé.

Bref, le SMS nocturne, le plus souvent, c’est soit que vos amis sont dans la merde, soit dans l’alcool, mais dans les deux cas, jusqu’au cou. Evidemment, trop consommer du second pouvant provoquer une arrivée impromptue du premier à bien des sens du terme, il y a moult mélanges possibles. Mais tout de même.

Edward a les sms gratuits de 21h à 8h, ce qui est bien quand on est un vampire

Lors d’une conversation téléphonique avec une amie, il m’arrive de dire "LOL" quand elle me raconte quelque chose de drôle.

• Oui
• Non

Soyons clairs : toute personne qui prononce LOL mérite un passage à tabac immédiat. Si vous racontez quelque chose à quelqu’un et qu’il répond LOL, en dehors du fait que l’on franchisse les limites du consternant, c’est aussi réaliser quelque chose de simple : LOL signifiant grosso-modo rigoler bien fort (je sais, laughing out loud, tout ça, ça suffit les pinailleurs), ça revient à dire à votre interlocuteur "J’en ris super fort", mais sans rire. Donc dire "Je suis en train de me foutre de ta gueule". Si quelque chose est drôle, ça fait rire. Dire "Je ris" sans le faire, c’est juste signifier votre mépris à autrui concernant la qualité de son calembour.

Donc autant de raisons de copieusement casser la gueule de l’auteur du LOL incriminé, transformant ainsi son propos en "Lying out Lifeless"

Quand je rencontre quelqu’un en soirée, je finis toujours par lui demander si elle est sur Facebook et si j’ai mon smartphone avec moi, je l’ajoute illico à ma liste de Friends !

• Oui
• Non

Je vous parlais des anglicismes pour un oui ou pour un non : "Friends", donc, puisque comme chacun sait, les réseaux sociaux, ça n’existe pas en version française. "Amis", c’est trop out. C’est Nineties quoi, allo ! Et puis bon, hein, si la personne n’est pas sur Facebook, mais la has-been quoi, comment je lui parle trop pas ! Attends, si ça se trouve, il a même pas de Twitter ! Nan mais comment on peut fréquenter un australopo… un anstralopi.. un austri… un homme préhistorique !

Par contre, le questionnaire ne dis pas ce que fais une jeune fille qui rencontre Emile Louis en soirée. Lui demande t-elle quand même son Facebook ? L’ajoute t-elle parmi ses Friends ? Informe t-elle tout Twitter à coups de "J’ai un nouveau super pote #soirée #amis #gromoche #autobus" ? Visiblement oui : le questionnaire ne précise pas s’il s’agit de quelqu’un qui vous plait ou non : qui que vous rencontriez en soirée, il faut TOUJOURS l’ajouter sur Facebook.

Oui, c’est vrai, dès qu’on me parle de quelqu’un que je ne connais pas, j’ai le réflexe de le googler ou de le facebooker pour voir de qui il s’agit !

• Oui
• Non

Excellent réflexe. En soirée donc, prenons un exemple au hasard.

"Putain, vous vous rendez-compte ? Vivre en URSS sous Staline ? Ca devait être rude.
- Sta..heu… Staline ? Ha, oui, hem, heuuuu, oui, trop dur, ouais. Staline avec un E hein ? Nan je le connais, hein, mais c’est passque… que… quoi ? Staline il est même pas sur Facebook ? Et mais vous vous foutez de ma gueule les gens ? C’est qui ce nobody, là qu’a même pas un wall FB ! Vous l’avez inventé pour vous foutre de moi, hein, LOL ! En plus je viens de regarder URSS c’est même pas sous google map, ça existe pas ! Hé mais pffff comment vous avez failli m’avoir !"
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Je sais : je suis au moins aussi subtil que le test.

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J’ai crée mon blog et je m’efforce de poster un petit quelque chose au moins une fois tous les deux jours. C’est mon journal intime… Mais ouvert à tous !
• Oui
• Non

Encore une fois, notez que ce test a été préparé par un expert ès Le Internet, qui connait bien le principe : oui, quand on a un blog, c’est obligatoirement pour en faire un journal intime ouvert à tous (Oui, je sais. Mais visiblement, le sens du mot "intime" est particulièrement complexe). Moi au départ, sur ce blog, je voulais parler d’analyses boursières, et puis pouf : dès que j’ai voulu poser mes doigts sur le clavier, une force paranormale s’est emparée de moi et a commencé à raconter ma vie dans tous ses détails dans le plus pur style d’une collégienne de 12 ans. Paaaassque bon, je voulais troooop partager avec le monde que je trouve Kévin trop cute, que je voudrais bien en faire mon boyfriend, mais que j’hésite avec Brandon, le garçon de 5eB qui a des poils.

Encore une fois : les lectrices de Auféminin semblent donc condamnées à ne pouvoir ouvrir que des simili-skyblogs persos dans lesquels elles racontent leur vie sans intérêt (car oui, notez-le : plus une vie a d’intérêt, moins il y a de chances qu’on la retrouve sous forme d’un journal intime révélé au monde. Barack Obama, par exemple, ne raconte pas "ses petites anecdotes du quotidien avec humour, lolilol" dans son blog "La bulle de Barack" , alors que ma voisine dont les deux plus beaux jours de sa vie ont été quand elle a acheté un yorkshire et quand David Guetta l’a regardée une fois en boîte, elle, en a un, où elle raconte avec "Umoor et frécheure" ses problèmes de fistules). C’est rude.

Voilà pourquoi un journal devrait rester intime

Malgré tout ce qu’on a pu me raconter, j’ai bien envie d’essayer le nouveau site "chatroulette" qui nous connecte automatiquement et en direct pour chatter en vidéo avec des inconnus.
• Oui
• Non

 
Avec des inconnus, c’est si vous avez de la chance, mesdemoiselles. Il y a plus de probabilité de vous retrouver face à une kikoute que face à un inconnu. Bien que la kikoute ne soit pas forcément connue de vous, j’en conviens, mais elle ne demande qu’à l’être. C’est très affectueux ces choses là.
 

J’ai au moins 2 personnes dans mon PA (Paysage Amical) qui me sont très proches mais que je n’ai jamais vues en vrai. On chatte régulièrement et je leur confie des choses que je n’ai jamais dites à personne.

• Oui
• Non

Le Paysage Amical. Oui oui oui. Hoooo, entendez-vous le doux son d’un pipeau venir caresser nos oreilles ? On dirait une réunion avec des gens du marketing (mes ennemis jurés) : s’ils ne casent pas des anglicismes et des acronymes partout, ils commencent à devenir tout pâles, vomissent au bout de plus de 6 minutes à ce régime, et meurent au bout de 15 s’ils n’ont pas réussi à caser un mot se terminant par -ing entre-temps. Les empêcher de vous tutoyer peut accélérer leur agonie. Ça ou les décapiter avec une lame forgée à l’Académie Française (sinon ils ne meurent pas et reviennent faire du haunting et du poltergeisting la nuit).

En tout cas attention avec qui vous chattez les enfants, hein. On est jamais trop sûrs.

Vous pourriez par exemple tomber sur moi. Petit rappel.

C3linette : Je sais ka toi, je peux tou te dire au moin, tu m’écoute, pa kom les autre au lycée.
Odin_Connor : Dis-moi.
C3linette : Dan ma klass ils se moke parce que je suis allergik o biscuits salés.
Odin_Connor : ils sont vraiment cruels. C’est une allergie grave ?
C3linette : Non, mais kan j’en pran, mes seins triple de volume et aprè je m’évanouis.
C3linette : Toi au moin tu te moke pa, tu voi.
C3linette : Tu é enkor là ?
C3linette : Ouhou ?
Odin_Connor : Pardon, j’étais sur le site de Belin. Tu disais ?

Cela avait commencé avec Ashton Kutcher et Demi Moore et depuis, je suis l’actu et la vie perso des people en temps réel grâce aux messages qu’ils twittent.
• Oui
• Non

Bon, je vais être bref : si ton objectif consiste à suivre la vie perso de gens que tu ne connais pas, tu es juste bonne à passer tes journées à lire les magazines des salons de coiffure. Twitter a enfin brisé un tabou : avant, pour cancaner sur les stars, il fallait dire "Je l’ai lu dans Gala ; je l’achète pas, hein *grosse goutte de sueur* je… je l’ai lu chez… chez le coiffeur !" ; avec Twitter, enfin, vous pouvez essayer d’en savoir plus sur qui couche avec qui sans passer par le marchand de journaux en rougissant.

C’est beau, le progrès.

A un anniversaire, au bureau, en boîte, dès que je suis prise en photo, je prends la pose en gardant à l’esprit que je risque d’être tagguée sur Facebook.
• Oui
• Non

C’est donc ça toutes ces photos de tes fesses, petite filoute ; tu as une manière bien à toi de prendre la pose. Allez, file, va. N’oublions pas la grande tradition Facebook en matière de photos, d’ailleurs :

- les photos de profil, de préférence, c’est une prise à bout de bras en contre-plongée, de préférence la bouche en cul de poule (c’est censé être glamour ?)

- les albums photos ont forcément des noms qui dégoulinent de bons sentiments

- une fille qui veut prendre en photo un monument ne peut pas prendre en photo le monument. Elle doit se prendre en photo ELLE devant le monument. Donc selon le format de la fille, on voit plus ou moins le Parthénon en arrière-plan. "Mais si, là regarde, derrière sa fesse, on voit une colonne !"

J’ai un peu honte mais je me sens plus à l’aise derrière mon pseudo pour faire des commentaires désobligeants sur des forums ou des blogs …
• Oui
• Non

Ah ouais, nan mais je suis bien d’accord : c’est scandaleux ces gens qui prennent des pseudonymes et ouvrent des blogs pour balancer des saloperies sur Nicolas Cage. Moi je ne supporte pas les gens comme ça. Je crois que la seule chose que je déteste plus, ce sont les hypocrites.

Je me surprends parfois à parler avec des phrases qui ne dépassent pas 140 caractères !
• Oui
• Non

Comment c’est trop un signe ! Faire des phrases courtes, c’est vrai que c’est suspect. Par exemple "Ta gueule" ou "Roger, passe-moi le beurre" sont des phrases typiques d’accros au net. Définitivement, mon arrière-grand mère était une foutue geek en avance sur son temps. Je suis sûr qu’elle twittait depuis son sonotone, la coquine.

Autre solution : quand on en est à compter les caractères des phrases que l’on prononce, c’est qu’on a un gros soucis d’autisme.

"Vas y papy, ce soir on les défonce sur Counter-Strike"

J’avoue : je me suis déjà fait passer pour quelqu’un d’autre sur Facebook pour tester la fidélité de mon copain ou pour me rapprocher d’une personne inconnue !
• Oui
• Non

C’est vrai que cette fois-ci à nouveau, c’est une question intéressante. Personnellement, je pense que ça apporte plus de réponses à la question "suis-je paranoïaque au point d’utiliser des techniques perverses ?" que "suis-je accro au net", mais passons. Là encore, méfiez-vous tout de même.

Geisha51 dit : Mon petit Odin, on se retrouve alors bientôt pour une nuit torride…
Odin_Connor dit : Fort bien. Rendez-vous ce soir derrière le Shoppy. Je ferai trois appels de phares.
Geisha51 dit : A ce soir mon amour.
Geisha51 s’est déconnectée
Femme_Furieuse est connectée
Femme_Furieuse dit : Dis-donc petit saligaud !
Odin_Connor dit : ?
Femme_Furieuse dit : Tu crois que je t’ai pas vu ? 
Odin_Connor dit :
Femme_Furieuse dit : Geisha51 ! C’était moi ! TU ALLAIS ME TROMPER ! Salaud ! Enfoiré ! Connard !
Odin_Connor dit : Oui, et ?
Femme_Furieuse dit : Crevure ! Pourriture ! Chien ! Marc-Olivier Fogiel ! Rascal ! 
Odin_Connor dit : Parce que toi tu n’allais pas le faire ?
Femme_Furieuse dit : Non ! Moi je suis fidèle ! Je n’aime que toi !
Odin_Connor dit : Ah oui ? Et Mamadou_10inch ?
Femme_Furieuse dit : … comment sais-tu ? Tu m’espionnes ?
Odin_Connor dit : C’était moi.
Femme_Furieuse dit : Quelle technique dégueulasse ! T’as vraiment aucune morale ! Tendre des pièges aux gens, espèce de
Odin_Connor dit : Bon, maintenant, tu arrêtes de chatter depuis le coffre de la bagnole et tu éteins ton téléphone, sinon à la prochaine aire, je m’arrête et je te pelle la face.
Femme_Furieuse dit : Pardon mon choubidou. 
 
Pour moi, le it-accessoire de 2010 c’est indéniablement mon beau smartphone. En plus, il va avec tout !
• Oui
• Non
 

Là encore, ça répond plus à la question "Suis-je une truie assez pétée de thune pour me payer chaque année un téléphone à 500€ juste parce que c’est l’accessoire à la mode ? Et suis-je assez bête pour être persuadée que je suis encore en 2010, mon cerveau ayant un temps de latence de quelques mois avec le reste du monde ?" plutôt que sur qui est accro à quoi. Ce test est donc définitivement interdit aux pauvres.

Pour respecter mes cycles de sommeil, je me fais désormais réveiller par l’appli Sleep Cycle. C’est tellement moins violent qu’une sonnerie stridente !
• Oui
• Non

Ou qu’être réveillée par les tonitruants pets matinaux de son compagnon. Et il n’y a pas d’application pour ça (à part celle qui envoie automatiquement un SMS "T’as pas intérêt à secouer les draps en hurlant "Haaaa, çui là il fouette !", prince charmant" à celui qui partage votre lit).

Je trouve normal que les bloggueuses de mode puissent assister aux premiers rangs des défilés. Elles sont les vraies lanceuses de tendances ! Bouge de là, Anna Wintour !
• Oui
• Non

Ah, les bloggueuses de mode ! Ces spécialistes des tendances qui partagent toutes une qualité centrale : s’habiller comme un sac pour un prix absolument pharaonique, parce que, tu vois, cette année, c’est la mode des rayures, alors je vais mettre des rayures, et les assortir à mes chaussures, et avec ça, je vais être su-blime, aucun garçon ne pourra me résister (sauf que si les garçons s’intéressaient à ce genre de choses, ils achèteraient des magazines de fringues, pas Playboy ou FHM).

A noter que si les bloggeuses sont les vraies lançeuses de tendances, elles n’ont pas besoin d’assister à des défilés qui, je le rappelle, sont simplement des publicités géantes pour couturiers où les vêtements sont gentiment déposés sur des mannequins anorexiques (c’est important : plus une fille ressemble à un porte-manteau, mieux c’est). Regarder une publicité et en déduire ce qu’il faut acheter, c’est simplement faire étalage du vide sidéral qu’il peut y avoir entre deux oreilles.

Un exemple de chroniqueuse de mode. Voilà voilà.

Pour être sûre de ne plus oublier de prendre ma contraception, je fais confiance à l’appli Ipilule. C’est révolutionnaire.
• Oui
• Non

"Mais quand il n’y a plus de batterie dans mon Iphone, je tombe enceinte comme une nouille. Heureusement, j’ai la fonction I-cintre, qui va me permettre de régler tout cela, hihihihihi".

Quand ma boîte a décidé de bloquer l’accès à Facebook à ses salariés, par "souci de plus grande productivité", j’ai failli appeler la Ligue des Droits de l’homme !
• Oui
• Non

"Par contre, quand ils ont viré Sulimane qui n’avait plus de papiers, je n’ai pas bougé mon cul". Dans tous les cas, formidable incohérence là-dedans : une vraie utilisatrice de Facebook ne peut pas s’indigner autrement que par ses statuts "Colle ceci sur ton mur si toi aussi tu penses que Facebook est un droit" ou "Adhère au groupe  "La vrai Liberté, c’et de pouvoir poké !" Si on est assez nombreux, ils devront céder ! Allez, 100 000 membres !".

Pour les résultats, comme je vous l’ai annoncé, c’est assez facile, mais dans ma grande bonté, je vous en fais la synthèse :

"Si vous avez un maximum de "oui" : vous êtes accro. C’est pas bien."

"Si vous avez un maximum de "non" : vous n’êtes pas accro. C’est bien."

"Et enfin, si vous avez un maximum de "Mais qu’est-ce que c’est que ces tests de merde parfaitement caricaturaux qui doivent supposément révéler quelque chose alors qu’ils se contentent d’enfoncer des portes ouvertes ?", vous avez un QI de plus de 60".

Hmmm, nan définitivement, j’aime les magazines qui prétendent oeuvrer pour la cause féminine tout en s’adressant à un public visiblement construit autour d’un archétype de lycéenne niaise sous LSD.

Et au final, voilà ce que ça donne.

Je vais racheter des balles.

Les gyrophares se rapprochent.

J’entraperçois dans mon rétroviseur les véhicules de la gendarmerie lancés à ma poursuite toutes sirènes hurlantes ; du moins, je le suppose : le bruit de mon moteur étouffe la plupart des sons qui parviennent jusqu’à mon habitacle. J’ai beau zig-zaguer entre les véhicules dont l’écho des klaxons retentit à peine quelque secondes avant d’être noyé dans le tumulte de la course, je constate que les motos bleues de mes poursuivants se rapprochent à chaque seconde qui passe. Misère, ma destination est encore lointaine, et jamais la maréchaussée ne me laissera l’occasion d’y parvenir.

Et puis soudain, j’aperçois le panneau salvateur : dans moins de 2000 mètres, ma sortie ; je double une voiture de luxe qui semble prendre la mouche avant de me rabattre juste devant un véhicule familial qui dans sa surprise a appuyé si fort sur ses freins que j’aperçois une fumée dense surgir sous la voiture dans mon rétroviseur ; le 4×4 devant moi dévie lourdement de sa trajectoire en me voyant arriver, et le passage enfin dégagé, je bombe jusqu’à la sortie tant espérée. Je larguerai les motos sur les petites routes, et pour l’hélicoptère que j’ai aperçu tout à l’heure, j’aviserai. Un coup sur le frein pour ne pas louper le virage et…

Je n’entends même pas le crépitement des tirs des gendarmes situés derrière les barrières de sécurité de la sortie lorsque tout un peloton en embuscade vide ses chargeurs dans mes pneus ; dans une tempête d’étincelles, je serre mon volant à m’en faire saigner les mains en fonçant vers un monticule fleuri qui ne parvient qu’à peine à ralentir ma course avant de faire décoller mon véhicule dans un monstrueux vrombissement ; en atterrissant, l’inertie fait le reste et m’envoie réaliser une formidable série de tonneaux qui, mêlés aux escarbilles qui s’échappent encore de mes essieux, ont dû donner un fort beau spectacle aux hommes de la maréchaussée suivant ma trajectoire du regard. De longues secondes après que mon véhicule se soit finalement immobilisé, j’entraperçois au travers du voile qui couvre mes yeux la silhouette de gendarmes tentant de m’extirper de la carcasse fumante de ma fidèle auto. J’arrive vaguement à articuler un truc au sujet des sirènes qui me transpercent les tympans avant de perdre connaissance.

"Bon sang, mais quel con !" s’exclame l’adjudant chef Bertier en regardant le type que l’on vient de sortir du véhicule "Il le sait bien qu’à cette époque de l’année il n’a pas le droit d’aller à Cannes !". Maugréant, il ne remarque qu’à peine le maréchal des logis Fronsart lui jeter un regard interrogateur. Il faut dire que d’après Bertier, Fronsart a encore une longue route à faire pour devenir un vrai gendarme : il fait partie de ces bleus qui n’ont jamais connu la mythique époque du képi réglementaire.

"Allons Fronsart, ne me regardez pas comme ça ! Vous ne savez pas qui est ce type ? 
- Non chef.
- Pour vous la faire simple, c’est un mec qui ne supporte pas le festival de Cannes. Une sombre histoire comme quoi ce serait une sorte d’onanisme de groupe, où les gens du cinéma récompenseraient les gens du cinéma tout en soulignant bien à quel point les gens du cinéma sont géniaux.
- Ah ? Donc c’est pas la première fois qu’il tente de s’en prendre au festival ?
- Non. Il y a deux ans par exemple, il a attaqué les marches à la ponçeuse, au motif qu’au vu de ce qui y défilait, il convenait plutôt d’en faire une rampe d’accès handicapés. Et l’an dernier, il a payé des pirates somaliens pour détourner un porte-containers jusqu’au large de la croisette ; durant 48h, il a menacé de vider plusieurs milliers de tonnes de Minidou dans la mer si on ne faisait pas fermer sa gueule à la fille qui s’occupe de la mode le midi sur Canal +.  Le GIGN a dû aller le déloger, mais plusieurs loyaux gendarmes ont reçu des minis-dosettes au visage durant la bataille. Et cette année, Dieu sait quel était son plan. 
- Bah, on lui posera la question demain chef. Il va passer une bonne nuit dans une chambre d’hôpital, et même s’il s’en tire bien, je ne suis pas sûr qu’il se barre en gambadant dans la nuit.
- Oui. Méfions-nous quand même. Niveau évasion, il s’y connait. Sinon, nous n’en serions pas là aujourd’hui."
0

Fronsart ne put s’empêcher de pouffer discrètement ; la chose lui faisait penser à un super film sur les évasions qu’il avait vu la veille. C’était drôlement bien, avec de la bonne musique et des jolies filles en plus. Comment ça s’appelait déjà ?

Ah, oui : Sucker Punch.

Spoilons donc mes bons !

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L'affiche : si l'esprit de Babydoll est la clé, c'est déjà mal barré

Quelque part dans les années 60, période bénie qui donna toute sa place à la guerre du Vietnam, à la crise de Cuba ou encore aux gauchistes chevelus de mai 68, Babydoll, une jeune fille blonde aux couettes ridicules malgré ses 20 ans vient de perdre sa mère. Alors que la tristesse accable la famille, la jeune fille trouve la force de réconforter sa petite soeur que nous appellerons Babybabydoll, qui est plus fragile qu’elle encore face à ce décès. Il reste cependant au foyer un adulte responsable : Bopapa, le beau-père de nos jeunes filles qui lui semble presque ravi de savoir que sa femme est décédée ; d’ailleurs, sitôt l’enterrement terminé, il court à la maison tel un garçonnet le jour de Noël pour aller ouvrir l’enveloppe contenant le testament de feu Madame. Quelle n’est donc pas sa déception lorsqu’il découvre que la vilaine rabouine a décidé de léguer toute sa fortune ainsi que sa collec’ de pin’s à l’effigie de Bernard Lama à ses deux filles !

Bopapa fait donc une grosse colère : il devient tout rouge, se roule par terre, produit des sons divers et variés allant du grognement au cri sourd, le tout en s’enivrant comme il se doit, fracassant des bouteilles de mauvais bourbon aux quatre coins du logis familial. Une fois le corps réchauffé par la douce liqueur, le malandrin s’empresse de se diriger vers la chambre de Babydoll afin de voir s’il n’y aurait pas moyen de moyenner, histoire de se réconforter un peu, là, tout de suite. Mais, las ! La bougresse se défend, et griffe même au visage l’importun qui, loin d’être excité par la résistance (Klaus Barbie lui même disait "Che ne trouffe pas la Rézizdanze drès drès érodigue…"), s’en va aussitôt, enfermant la damoiselle à double tour derrière lui. Babydoll ne réalise que trop tard ce qu’il va se passer : il va se rabattre sur Babybabydoll ! Ni une, ni deux, notre héroïne ouvre donc la fenêtre de sa chambre et, malgré la pluie battante de l’orage nocturne qui lui fouette le visage, saute à l’extérieur pour faire le tour de la maison et se rendre dans le bureau de Bopapa. Elle s’y saisit alors d’une arme puis court vers la chambre de sa soeur pour aller arrêter le drame qui s’y joue.

Arrivée sur place en quelques instants, elle a beau paralyser le bougre en le menaçant de son arme, avant de tirer juste à côté de son visage pour l’impressionner, elle finit hélas par réaliser qu’il est trop tard : elle lâche son pistolet en apercevant le cadavre de sa petite soeur fraîchement assassinée sur le sol. Elle pleure donc sur la dépouille avant de se ressaisir tant de son courage que de son flingue (car oui, Bopapa avait décidé de se faire les ongles plutôt que de ramasser l’arme avec laquelle on venait de lui tirer dessus, il y a des priorités), mais ne parvient pas pour autant à trouver la force de tuer ce vil brigand. Elle relâche donc à nouveau son arme (que Bopapa ne ramasse toujours pas alors que ça fait deux fois qu’on menace de le tuer avec ce pétard en 30s) avant de s’enfuir dans la nuit, un peu perturbée par les évènements de la soirée.

C’est donc quelques heures plus tard que la police retrouve sous la pluie une jeune fille en pyjama traumatisée et loin de chez elle. Que font donc les forces de l’ordre ? Elles ramènent Babydoll chez son beau-père sans poser de questions, bravo messieurs ! Car en effet, en 1960, on avait pas encore inventé l’enquête de police, on se contentait donc de dire : "Bonsoir Monsieur ! Votre fille vient d’être assassinée ? Boh, ça arrive ! tenez, on vient de retrouver votre autre fille qui a fui la maison totalement traumatisée ! Allez, on va croire votre version des faits sur paroles et vous souhaiter une bonne soirée ! Au fait, vous ferez attention : vous puez l’alcool, mais ça n’a sûrement aucun rapport, hahaha !". Elle est vraiment sympa, la police, en fait. Profitant de la bêtise crasse des gardiens de la paix et de l’absence totale d’enquête, Bopapa décide donc d’emmener Babydoll à l’asile histoire de s’en débarrasser pour de bon. Enfin remarquez : vu comment la police semble se moquer des meurtres, moi j’aurais directement mis un coup de fusil entre les couettes de Babydoll. C’eut été plus rapide et efficace, sans compter l’aspect défouloir de la chose, mais passons. Car Bopapa a un plan bien plus pourri : il a graissé la patte de Blue Jones (ce film est bourré de superbes noms), un cadre important de l’asile où il a déposé sa belle-fille, afin qu’il lui fasse subir une lobotomie. Une fois transformée en légume, cette dernière ne pourra en effet jamais témoigner de quoi que ce soit sur le meurtre de sa soeur, et tout le monde sera content.

Ouais, enfin, Bopapa, il y a un petit problème dans ton plan :

- visiblement la police ne fait pas d’enquêtes pour de mystérieuses raisons. Donc ton plan ne sert à rien, à part à perdre du pognon et à prendre le risque qu’un mec puisse te dénoncer/faire chanter quand bon lui semble

- à l’inverse, si comme les protagonistes le prétendent, la police est moins bête que ne le laissait supposer la scène précédente, alors elle risque de trouver ça suspect, le fait que Bopapa s’empresse de se débarrasser de la seule autre personne que lui qui était sur place le soir du meurtre de Babybabydoll. Autant s’attacher un panonceau "Houhou, je suis super suspect !" autour du cou.

Ah, et pour la petite histoire : TOUTE la discussion sur "Je vous file du pognon pour que vous la lobotomisiez car j’ai peur qu’elle parle", ils la tiennent juste devant Babydoll. C’est bien, ça, de discuter de tout ce qui peut vous mettre dans la merde devant une personne dont vous avez peur qu’elle se mette à parler. Super plan. Vous avez pas d’autres trucs à balancer là aussi ? Genre amendes de stationnement impayées ou téléchargements d’albums de Justin Bieber ? En tout cas, Blue lui a bien compris que Bopapa était idiot, et il commence déjà à le faire chanter en faisant passer le coût du graissage de patte des 1400$ convenus à la base à 2000$, au motif qu’il va devoir imiter la signature du Dr Gorski, la responsable des pensionnaires qui est la seule à pouvoir commander une lobotomie (elle a un formulaire un peu comme chez La Redoute pour ça, genre "Ajouter Lobotomie x1 à mon panier ? Entrez votre code privilège !"), et il prend donc un gros risque ce faisant. Bopapa étant effectivement très bête (il ne dit pas : "Hé ho, vous le saviez quand vous avez dit 1 400$", ne me prenez pas pour un con"), il paie.

Petit rappel à Blue Jones : quand tu as une moustache, si tu n'es ni noir, ni capitaine de la police en sus, c'est que tu vas mal finir.

Tiens, j’allais oublier : outre Babydoll qui se tient à 50 centimètres des deux personnes en train de parler corruption, toute la négociation se fait en plein milieu de l’asile, dans la salle principale où l’on peut trouver 6 infirmiers, une quinzaine de pensionnaires et le docteur Vera Gorski. Non vraiment, ils sont trop discrets nos larrons. D’ailleurs, pour les deux seules personnes de l’asile qui ne les auraient pas entendu discuter à haute voix, les brigands font un petit effort en échangeant les liasses de biftons sans même essayer de se cacher, histoire que tout le monde puisse voir que oui, Bopapa manigance un truc et que oui aussi, Blue Jones est complètement corrompu et prépare un mauvais coup. Mais malgré tout, personne ne réagit. C’est beau.

Babydoll, faisant fi des cratères qui parsèment le scénario, observe la salle centrale de l’asile, et constate que le Dr Gorski tente d’aider ses patientes (il n’y a que des pensionnaires de sexe féminin) en leur mettant de la musique et en les incitant à se laisser aller dessus, tant physiquement que dans leur imaginaire. Elle en profite aussi pour contrôler tout ce qui pourrait être utile à son évasion : les clés des gardiens, les panneaux indiquant que toutes les portes s’ouvrent automatiquement en cas d’incendie, les posters de Steve McQueen, etc. Rapidement, elle est donc mise en contact avec les autres résidentes de l’asile, dont 4 seulement ont un prénom : Sweet Pea (ou Pee pour les urophiles), la meneuse, Rocket, la petite soeur dépendante de Sweet Pea, Amber et Blondie, les deux filles parfaitement interchangeables tant elles n’ont aucun intérêt (dans des cas-là, d’habitude, je dis "A et B", mais regardez bien les initiales de ces prénoms : les scénaristes eux-même l’ont fait à ma place pour souligner le côté complètement secondaire de ces personnages, merci les gars).

Pour se protéger du monde extérieur qui est trop laid, Babydoll décide de s’imaginer les choses sous un angle différent : à partir de maintenant, elle verra l’asile comme un cabaret/maison close dans lequel les aides-soignants sont des clients richissimes venant rechercher les faveurs des filles, Blue Jones le patron tyrannique qui les exploite et leur donne des ordres, et Vera Gorski la gentille responsable des danseuses qui leur donne des cours et les aide à mieux s’exprimer sur scène. A noter que par contre, un truc qui n’est pas du fait de l’imagination de Babydoll est important : toutes les pensionnaires sont donc de jolies filles, et tout le personnel de l’asile des hommes et/ou des moches, à part le Dr Gorski, mais c’est normal : elle est du côté des pensionnaires. Voilà, comme ça, si le film était encore trop compliqué, on sait bien où sont les gentils. Jusqu’ici, ce film est une sorte de bathyscaphe explorant les abysses du navrant. Mais comme nous allons le voir, l’engin n’a pas fini sa descente.

Pendant que j’y suis : à peine arrivée à l’asile, soudainement, pouf pouf, Babydoll qui jusqu’ici était trop en état de choc pour dire "Bopapa a tué ma soeur et vient d’acheter une lobotomie pour me faire taire auprès de Blue Jones, le cadre corrompu", se met à causer à tout et tout le monde pour un oui ou pour un non. Ha ?!  Mais alors ça t’intéresse pas de tout balancer maintenant que tu parles ? De venger ta soeur, punir les méchants et sortir de l’asile ? Non ? Bon bon bon.

En tout cas, Babydoll fait donc sa première séance avec Vera Gorski (car elle a un peu de temps : sa lobotomie n’est programmée que pour dans 5 jours, le temps qu’un spécialiste vienne), qui, je le rappelle, essaie avec la musique de faire réagir ses patientes tant en faisant bouger leur corps que leur imagination. Et ça tombe bien : notre louloute est à fond dans le truc, puisqu’à peine a t-elle commencé à écouter le gros son à base de popopopo à sa première séance qu’elle ferme les yeux et rentre en transe, se retrouvant ainsi dans son imaginaire : et figurez-vous que ça tombe bien, puisque dans son esprit, outre ses couettes de petite fille, elle porte une tenue d’écolière putassière à talons hauts et nombril à l’air façon fantasme de cadre japonais, ne manquent que les tentacules qui vont bien pour compléter le tableau. C’est vrai quoi, mesdemoiselles, mesdames : c’est tellement naturel de s’imaginer dans un accoutrement typique des fantasmes masculins de quelques sombres pervers. En tout cas, dans sa tenue de coquinette, notre louloute se retrouve tout simplement en plein milieu de la cour d’un temple japonais sous la neige, temple dont elle s’empresse de passer la porte pour tomber sur un vieux que nous appellerons Jean-Jacques. Bien que pas japonais pour un sou, mais habillé en tenue traditionnelle et portant le katana, le vieil homme s’empresse de commencer à débiter une sorte de philosophie de comptoir digne de "Oui-Oui prend de la beuh" du genre "Que cherches-tu ? La question est dans ton coeur, ton esprit doit être le foret qui va percer la couche subconsciente de tes peurs pour trouver la vérité de Rrrrrrzzzzzzz...", dont le seul but final est de dire "Que veux-tu ?" et mademoiselle de répondre "Être libre !" parce que oui, l’asile, ça la gave (je me répète, mais j’insiste : pour être libre, tu as UNE phrase à dire en balançant ce que tu sais, et c’est bon ! Andouille !) ; Jean-Jacques lui répond donc qu’elle doit s’armer pour réussir cette quête, et lui tend un katana ainsi qu’un pistolet ; il enchaîne en expliquant que 5 autres choses seront nécessaires à la réussite de sa mission :

  • Une carte
  • Du feu
  • Un couteau
  • Une clé
  • Et enfin… un sacrifice ! Mais là-dessus, Jean-Jacques reste plus mystérieux et simule des quintes de toux ou de pets quand on tente d’en savoir plus sur le sujet.

Cela étant dit, notre vieux sage s’empresse de mettre Babydoll à la porte du temple en lui expliquant que sa quête commençait "maintenant" : en effet, dans la cour l’attendent trois samouraïs géants l’air plutôt peu humains, et disposant d’armes aussi grosses que leurs propriétaires : gros katana, grosses lames diverses, gros bazookas, grosses gatlings, etc. C’est un championnat de substituts péniens, sacrés asiatiques ! Je vous passe les détails, mais retenez que notre Babydoll, du haut de ses 45 kilos les jours de choucroute à la cantoche s’avère être une formidable combattante qui saute partout, distribue des coups de katana et de flingue dans tous les sens et massacre à grand renfort de talons hauts tous ses adversaires, le tout, de préférence, en montrant qu’elle a le ventre plat via divers plans (et en se déhanchant de 1 mètre de chaque côté quand elle se déplace). Remarquez, il n’y a pas que son ventre qui est sans relief aucun, mais je m’égare. Une fois le dernier samouraï tombé, elle sort donc de sa transe et s’aperçoit qu’elle est toujours avec Vera Gorski au milieu des autres filles, et qu’elle vient de finir une super danse qui a littéralement subjugué tout le monde tant c’était impressionnant : elle s’est littéralement laissée posséder par la musique tant dans son corps que dans son imagination, tout ça tout ça, Babydoll géniale, youpi.

"Babydoll, n'oublie pas : je suis un vieux dans un cadre japonais : je suis donc forcément de bon conseil et j'ai toujours raison"

Bon, sachez que le film, c’est donc ça : toutes les 10mn, Babydoll va avoir besoin de danser pour un prétexte de préférence idiot. Et à chaque fois qu’elle dansera, elle sera en transe et fera un rêve dans lequel il y aura de la grosse musique, des tenues un peu salopes, de petits gémissements, des filles qui manient de gros fusils à consonance pénienne, des robots, des méchas, des katanas, de la guerre, des explosions, des véhicules cools, des zombies, des dragons, des orcs, des effets spéciaux… bref, vous voyez le public que ça vise : il ne manque que des cartes Magic vendues avec la place de ciné et c’est tout bon. En tout cas, voilà : 40% du film est constitué de rêves de Babydoll qui sont en fait des clips sans intérêt qui remplacent juste un plan sur Babydoll qui danse. Mais comme on le verra : même les clips sont incohérents. Revenons à nos moutons maintenant.

Dès le lendemain, Babydoll, qui la veille encore était muette et coincée, va trouver ses 4 nouvelles meilleures copines (les seules pensionnaires qui ont un prénom, donc, les autres, c’est comme les abeilles : elles ont un esprit de ruche) que sont Amber, Blondie, Rocket et Sweet Pea pour leur expliquer qu’elle veut s’évader avant que le médecin chargé de sa lobotomie (qui est présenté dans l’univers du cabaret qu’elle s’imagine comme un client nommé le "High Roller") ne vienne s’occuper de son cas. Pas de problèmes, parlons évasion entre filles qui ne se connaissent que depuis moins de 24h ! En exactement une minute de conversation, Babydoll convainc les donzelles de la suivre, et leur explique qu’elle a besoin de 4 objets pour son évasion : un plan, du feu, un couteau et une clé (oui, un vieux mystérieux lui est apparu en rêve pour lui dire, c’est donc forcément vrai ; cette nuit, Pénélope Cruz m’est apparue pour me dire qu’elle m’attendait à Puerte Chichén, tiens, allez hop, billet d’avion). Le plan serait celui de tout l’asile, qui est accroché dans le bureau de Blue Jones, le feu, un briquet avec lequel joue tout le temps un aide-soignant, le couteau serait celui du cuisinier, et la clé, celle que porte autour du cou ce bon vieux Blue Jones toujours. Mais comment obtenir tous ces objets ? Là encore, Babydoll a pensé à tout : elle va subjuguer les gens avec sa danse pendant que les filles feront les poches des victimes.

Oui. Babydoll n’a pas un petit ego de merde : elle a dansé une fois, du coup, elle est désormais persuadée qu’elle peut hypnotiser n’importe qui avec ses fesses, genre "Par le pouvoir de Shakira, je te paralyse ! I’m tremoussing my ass !". C’est consternant. Mais visiblement, ses copines trouvent que c’est un plan génial et marchent toutes dedans. Du pied gauche, j’espère.

En tout cas, notre héroïne précise un petit peu à quoi servent les objets dont elle a besoin : la carte, c’est pour pouvoir s’orienter par rapport aux postes de garde durant l’évasion, le briquet, pour mettre le feu et forcer l’ouverture de toutes les portes, le couteau, pour éviter les emmerdes, et la clé de Blue, parce qu’en tant que cadre haut-placé chez les surveillants, sa clé ouvre toutes les portes. Apparemment, je suis le seul à avoir remarqué que le feu et la clé comptent double, vu que tous les deux servent à ouvrir toutes les portes. Quant au couteau, je pense qu’il y a un peu près 1 000 à 2 000 armes improvisées possibles qui feraient que vous n’auriez pas à prendre le risque de subtiliser un couteau, mais bon.

Qu’importe : le plan est lancé, et Babydoll s’empresse de réitérer son dernier exploit en matière de danse, afin que Blue sorte de son bureau pour venir la voir danser, pendant que Sweet Pea ira voler la carte dans la pièce qu’il a quitté. Car oui, dans un asile où il semblerait que les pensionnaires aient une certaine liberté de circuler, Blue Jones ne ferme jamais la porte de son bureau : quelle idée. Il est sympa comme mec, en fait. Enfin bon : il va voir Babydoll danser, et celle-ci, comme il se doit, rentre en transe. Et cette fois-ci, la douce se retrouve propulsée en France avec ses 4 copines.

Et pas n’importe où, n’importe quand et n’importe comment : en pleine première guerre mondiale, au milieu de la cathédrale de Reims sous les bombes allemandes, Babydoll et ses copines (qui elles aussi, portent des tenues moulantes avec minishorts et accessoires coquins très utiles en cas de guerre mondiale) se retrouvent face à Jean-Jacques, le vieux sage du dernier rêve qui cette fois est habillé en officier qui fait un briefing : les filles doivent récupérer une carte, et pour cela, doivent foncer dans les tranchées allemandes en massacrant tout et tout le monde, jusqu’à trouver le bunker de commandement ennemi où elles pourront castagner du commandant et récupérer le précieux document. Petite précision, Jean-Jacques tient à souligner que ce ne sont pas de vrais allemands en face (car très curieusement, c’est un film où il n’y a quasiment pas une goutte de sang, probablement histoire de pas être interdit aux ados), mais des germains ressuscités via de la vapeur et des rouages : des steams-zombies (qui larguent donc de la vapeur quand ils sont touchés et non de l’hémoglobine, ce qui part plus facilement en machine). Bref : nos héroïnes se lancent donc promptement à 5 face à toute l’armée allemande, et collent une branlée royale aux zombies mangeurs de cervelle en saucisses (un vrai germain le reste même dans la mort), puisque bon : personne ne peut lutter contre des filles en talons hauts (qui, curieusement, utilisent des armes des années 1990-2000 : Babydoll imagine des armes qui serviront 40 ans après les années 60, vraiment, elle aurait dû bosser chez Browning, quel esprit d’anticipation). Après avoir massacré un bon corps d’armée à elles seules, le tout en prenant des poses cools et en gloussant tout du long (ça impressionne l’ennemi, les charges de pintades), nos damoiselles tuent le commandant ennemi ainsi qu’un messager qui tentait de s’enfuir, et récupèrent sur le corps de ce dernier le précieux document qu’elles venaient chercher : la carte. Mission accomplie ! Donc fin du rêve…

"Tites tonc petite fraülein, il fa falloir mettre ein tenue plus raissonnaple, ja ? Das ist ein sérieuse krieg ici !"

… et retour sur Babydoll qui sortant de sa transe, vient de s’arrêter de danser, sous les applaudissements de tous les témoins, y compris de Blue venu la voir, donc. En bon patron de cabaret, le sieur Jones explique qu’il est persuadé que Babydoll peut rapporter un pognon fou : pour ça, pourquoi ne pas organiser un show privée de la belle pour le maire ? Allez, dès demain, il en sera ainsi ! Fier de son idée, Blue retourne à son bureau, où il note que sa photocopieuse est curieusement chaude : tiens ? Observant rapidement son bureau, il note une deuxième chose : son plan des lieux a été mal replacé sur son mur… hmmm, il se trame quelque chose par ici !

Mais qu’importe : allons directement le lendemain, au show privé prévu pour le "maire" (en réalité, un aide-soignant qui joue toujours avec un briquet), où les filles ont prévu de lui voler son bien pendant qu’il est hypnotisé par la danse de Babydoll. Je n’ai pas retenu si c’était Amber ou Blondie qui était chargée de dérober le précieux bien, mais de toute manière, on s’en fout complètement, puisque ça n’a aucune incidence : on ne va pas assister à la scène, mais plutôt au rêve de Babydoll qui danse, comme il se doit.

Or, cette fois-ci, sitôt la danse commencée, Babydoll se retrouve donc propulsée dans un bombardier de la seconde guerre mondiale tournant autour d’une immense forteresse médiévale assiégée par diverses créatures bizarres ; Jean-Jacques, a bord de l’avion en tenue d’aviateur, explique encore une fois la mission du jour : il y a un bébé dragon trop mignon au coeur du donjon de ce château ; et le bougre mériterait bien d’être égorgé comme un porc pour que les filles puissent ensuite s’emparer des deux cristaux qu’il y a dans sa gorge et qui, une fois percutés l’un avec l’autres, permettent de créer un incroyable feu. Après avoir ajouté une phrase de philosophie de pisseuse (du genre "N’oubliez pas les filles : celui qui se bat pour ses rêves est plus heureux que celui qui défend sa vie ! Et pensez bien à utiliser du fil dentaire après chaque repas !"), il se permet de préciser : "Et faites attention à ne pas réveiller la mère !".

Hooo, toi mon petit, tu ne connais pas le syndrome de Jar-Jar Binks (que mes lecteurs les plus anciens connaissent bien). Enfin bon : Babydoll, Sweet Pea et Rocket vont sauter de l’avion pour aller récupérer les cristaux dans la forteresse, pendant que Amber et Blondie restent à bord à se tourner les pouces. Excellent plan. Toujours dans leurs tenues coquines, et toujours avec les mêmes armes (mais avec un silencieux dessus cette fois), nos héroïne sautent donc dans la cour du château et mitraillent promptement et discrètement tout ce qui se dresse sur leur passage : gardes, monstres, Stéphane Bern et autres créatures fantastiques. Et après quelques efforts, parviennent assez rapidement dans le donjon du château où, en effet, un bébé dragon pionce tranquillement. Oui, je sais : j’ai dit que la forteresse était assiégée, que dehors, ça se massacrait allègrement mais non, ça n’a pas réveillé bébé dragon. Ok. Babydoll n’hésite pas une seule seconde, et toujours sans aucun bruit malgré ses talons hauts (sic), tranche le cou de la bête d’un bon coup de katana. Elle récupère donc dans la gorge du bestiau les fameux cristaux, le tout, toujours sans mettre de sang partout (le dragon est un animal très propre à égorger), puis chuchote à ses copines "Vite, partons discrètement maintenant". Bon plan ! C’est pourquoi, dans le respect du syndrome de Jar-Jar Binks, Babydoll décide de faire n’importe quoi en allant à l’encontre de ses propres consignes, et percute, comme ça, pour rigoler et voir ce que ça fait, les deux cristaux qu’elle vient de récupérer l’un contre l’autre. Un grand VROUUUUSH se fait donc entendre, alors que des flammes surgissent des fameuses pierres. Bravo Baby : tu viens de réveiller maman dragon. Une course poursuite peut donc s’entamer entre la mère reptilienne un peu triste de trouver son bébé égorgé, et un peu colère aussi pour les mêmes raisons. Elle sort donc du donjon à la poursuite des filles pour essayer de les transformer en kebab, mais c’est sans compter sur les deux filles restées dans l’avion, qui mettent des coups de pare-choc au dragon pour l’emmerder. Oui, elles s’amusent à percuter des trucs avec leur avion. Et vous savez quoi ? Ça marche parfaitement. L’avion n’est pas endommagé, rien : il est conçu pour jouer à l’auto-tamponneuse avec des dragons. Boooon.

Mais ça ne plait guère à maman dragon, qui se lance à la poursuite de l’aéroplane dans l’espoir de l’abattre comme il se doit ; à bord, les deux filles paniquent donc comme des folles genre "Haaan il nous suit, qu’est-ce qu’on va faiiiiireuuuuh ?" ; je ne sais pas, vous êtes dans un bombardier avec des tourelles de mitrailleuses partout et le dragon qui est placé juste derrière la tourelle de queue, non vraiment, je ne vois pas. Mais rapidement, la pilote a une idée : "Tiens, si on faisait des acrobaties avec le bombardier pour la décrocher ?" mais rien n’y fait : plongeons, loopings, himmelmans, rien ne suffit à perdre la créature en colère, même un passage entre les piles d’un pont. Performance incroyable : il faut savoir que le dragon et l’avion volent EXACTEMENT à la même vitesse, histoire que le dragon ne soit pas semé rien qu’en volant en ligne droite, ou que ce dernier croque l’appareil sans soucis. La vie est bien faite. Au bout d’un loooong moment, l’une des filles se dit que, tiens, si on essayait de tirer sur le dragon à la sulfateuse ? Ce que, en effet, ce dernier ne semble guère apprécier. Heureusement pour lui, la tireuse a visiblement un problème musculaire : elle jure beaucoup, et quand elle jure, elle s’arrête de tirer. Son index et sa bouche doivent être reliés par les mêmes muscles, et la pauvrette ne peut donc pas faire deux choses en même temps, impliquant son doigt et sa bouche. Un problème avec moult conséquences quotidiennes. Voilà qui fait gagner un peu de temps à notre bon reptile volant. Finalement, notant que la bête est trop dure à gérer, les filles de l’avion hurlent "Tiens, Babydoll, il est pour toi !" (merci le refilage de patate chaude), et on ne sait pas pourquoi, le dragon décide de leur obéir et de revenir sur le plancher des vaches, où Babydoll l’attend pour lui sauter sur la tête et le trépaner à coups de katana. Ah ? Donc avec ce genre de sauts incroyables, pourquoi ne l’a t-elle pas tué dès le début, quand elle a vu la mère surgir juste à côté du cadavre de son bébé, et qu’elle avait méchamment l’occasion de faire exactement la même pirouette ? On ne le saura jamais. Car la victoire étant totale, Babydoll sort de sa transe…

Poussé par son instinct, le dragon aime renifler l'arrière des bombardiers

… et achève donc son numéro de danse devant le "maire". Tout le monde a trouvé ça génial, en particulier le maire, même s’il note que son briquet a disparu. A aucun moment, il ne fait le rapport avec les filles qui le trituraient pendant qu’il regardait le numéro de danse : il est complètement con. Ce qui aide bien le scenario. Mais Blue, lui, n’est pas si bête : sitôt le show fini, il se rend en coulisses pour expliquer aux filles qu’il a tout compris : d’abord, quelqu’un a photocopié le plan dans son bureau, maintenant, un briquet a disparu… il se trame quelque chose, et il n’aime pas ça (jusqu’ici, du papier et un briquet, ça ressemble au début d’un kit pour fumer de la ganja, sois cool man, rastafari) : il recommande donc aux damoiselles de se calmer de suite et d’arrêter les bêtises, sinon, il se sentira obligé d’intervenir lui-même. Dès qu’il a quitté la pièce, les filles commencent à paniquer en se disant qu’il vaut mieux arrêter les frais maintenant puisque le plan semble éventé, mais Babydoll, en bonne meneuse charismatique, leur parle des vertus de la liberté, de l’amour et de l’amitié, ce qui motive à nouveau nos larronnes à poursuivre leurs exploits. Seule Blondie (ou Amber ?!) craque un peu devant toute cette pression et sitôt qu’elle est seule, se rue dans le bureau de Vera Gorski pour pleurer qu’elle ne sait plus quoi faire ; cette dernière lui propose de soulager sa conscience en lui racontant tout ce qui lui pèse, mais alors qu’elle va se confier et raconter tout le plan d’évasion, Blue, qui avait jusqu’ici tout entendu de la conversation puisque caché à l’angle d’un couloir voisin, se décide à surgir en disant "Oui, raconte moi tout de votre plan d’évasion !".

Mais ? Blue bordel ! Tu es stupide ? La fille allait tout raconter de toute manière, puisqu’ayant confiance en Vera Gorski ; et toi, tu allais pouvoir tout entendre de là où tu étais ! Alors pourquoi te sens-tu obligé de surgir pour réclamer une information que tu allais de toute manière avoir si tu étais gentiment resté à ne rien faire ? Tout ce que tu risques, là, c’est que du coup, la fille se braque et refuse de parler car te sachant méchant. Tu es un vilain étron moustachu.

De leur côté, les autres filles veulent voler un couteau de cuisine au cuistot local. Attention, il faut savoir qu’il n’y a que deux couteaux (et c’est tout !) dans la cuisine, et que les deux sont à la ceinture du fameux personnage. Autrement dit, j’insiste, c’est un plan super risqué pour s’emparer d’une arme qu’il serait plus simple de remplacer par un truc improvisé (Al Qaïda en sait quelque chose) mais tout aussi dangereux mais qu’importe : tout le monde suit le plan génial de la formidable Babydoll qui est… qui est… je… je crois que j’ai presque honte d’écrire son plan tant il est mauvais :

Elle compte entrer dans la cuisine avec ses 3 copines (Blondie manquant actuellement à l’appel pour des raisons qu’elles ignorent), barricader le tout de l’intérieur (?) le temps d’allumer une radio pour que Babydoll se mette à danser sur la musique et ainsi hypnotise le cuistot à grands coups de fesses pendant que les autres donzelles lui volent un de ses couteaux. C’est vraiment super discret le coup de "On se barricade pour faire danser notre copine", ou comment hurler au monde "HOUHOUUUU REGARDEZ ON EST EN TRAIN DE FAIRE UN TRUC SUPER LOUCHE QUI FAIT PARTIE DU PLAN DONT ON VIENT DEJA DE RÉALISER DEUX PHASES ET QUE BLUE A REPÉRÉ !".

Mais bref : Babydoll grimpe sur une table de la cuisine et commence à agiter son cucu : hop, elle rentre donc en transe. Et se retrouve cette fois-ci avec ses 3 amies sur une plate-forme aux côtés d’un hélicoptères ; là, Jean-Jacques apparaît pour faire son briefing habituel : les drôles de dames doivent prendre d’assaut un train terroriste contenant une bombe surnommée "couteau de cuisine", s’emparer de cette dernière et dégager avant que le train n’atteigne la ville voisine où il explosera. Vu d’ici, on dirait le pitch d’un film de Steven Seagal, mais en fait, non. Après son habituelle phrase de philo pour les nuls, Jean-Jacques donne encore un précieux conseil : attention les filles, le train est défendu par des robots du futur, et il vous faudra des codes pour désactiver la bombe : ils sont là-dedans, dit-il en désignant un gros sac à dos.

"Quelqu'un a parlé de bombes, de terroristes, de trains et de couteaux de cuisine ?"

Un sac à dos. Pour des codes. Tu écris tes mémos sur des parpaings mec ? On t’a jamais appris à utiliser des post-it ?

L’hélico de nos héroïnes décolle donc promptement et se retrouve à survoler des rails à proximité où, en effet, un train circule : c’est donc forcément celui-là : ni une, ni deux, elles lui tirent un missile dans l’arrière-train (jeu de mots) histoire d’ouvrir un wagon tel une boîte de conserve afin que les filles puissent s’infiltrer par là. Babydoll n’ayant aucune imagination, nos louloutes combattent donc toujours avec les mêmes armes, alors que bon : on est dans le futur semble t-il, ça serait bien d’avoir de meilleurs flingues, mais non : visiblement, ça ne l’intéresse pas. Enfin bref : malgré ce problème d’équipement, les filles massacrent sans soucis des dizaines de robots de combat qui les attendaient à bord, et arrivent à la bombe  les doigts dans le nez ; là, elles ouvrent le sac contenant les codes et en sortent…

… une mini-disquette. J’en étais sûr : Jean-Jacques se fout de leur gueule. Ça doit être le genre de mec à louer un 36 tonnes pour déménager une paire de chaussures.

Enfin bref : une fois insérée dans la bombe, la disquette désactive le tout et… et problème ! Un robot endommagé parvient à se réactiver et à réenclencher le processus d’explosion ! Le temps commence alors à se ralentir, le rêve, à se distordre et Babydoll sort de sa transe visiblement un peu surprise ; en fait, ce qu’il vient de se passer est tout simple : la radio qui jouait la musique sur laquelle Babydoll dansait vient de lâcher suite à un court-circuit. Et comme elle ne se trémousse plus, cela a désactivé le pouvoir parapsychique de son cul et cesse d’hypnotiser le cuistot, qui s’aperçoit alors que les filles autour de lui étaient en train de profiter qu’il soit distrait pour lui piquer un de ses couteaux : il se lève donc et commence à distribuer des mandales.

Tiens d’ailleurs, avez-vous remarqué l’autre faille du plan des filles ? Je vous ai dit qu’il n’y avait que deux couteaux dans la cuisine, visiblement, ce qui est un peu dommage. Mais les filles s’acharnant à vouloir utiliser comme arme un des deux seuls couteaux du cuistot, autant dire qu’il se serait rendu compte aussitôt, même si tout s’était bien passé, que des pensionnaires venaient de lui voler un de ses deux seuls ustensiles. Elles auraient donc été aussitôt repérées  et sanctionnées en conséquence, ce qui mettait tout leur plan d’évasion à l’eau. Mais aucune d’entre elle n’y a pensé. Qu’importe, revenons à la scène.

Le cuistot commence donc à maraver des mouilles à foison, collant sa grosse main dans les margoulettes surmaquillées des filles (Babydoll a par exemple le PIB du Rwanda en maquillage sur ses pommettes et en faux-cils). Puis, notant que ces dernières ne se laissent pas faire, il dégaine son ultime couteau (celui qu’elles avaient commencé à voler est tombé au sol dans la confusion) et tente de le planter dans Sweet Pea ; mais c’est sans compter sur Rocket, qui se jette devant sa soeur façon Kevin Costner dans Bodyguard pour prendre le coup à sa place. La jeune fille encaisse donc assez mal le coup (mais toujours sans saigner), et agonise assez longuement pour dire "Tu diras à maman que je l’aime" et autres cucuteries de dernière minute. Elle tente bien ensuite de chanter le célèbre générique du film précédemment cité, mais alors qu’elle entame sa mauvaise imitation de Whitney Houston, elle décède finalement.

Sur ces entrefaites arrive donc Blue, qui tombe sur une scène un peu chaotique, ce qui le fait un peu râler, particulièrement lorsqu’il constate que Rocket est désormais kaput. Il jure, grogne, scrogneugneute, engueule le cuistot, puisqu’avec tout ça, il va devoir remplir un paquet de paperasse, etc. Les filles, notant que l’on regarde ailleurs, ramassent discrètement le couteau tombé au sol et le cachent sur l’une d’entre elles. Comme quoi, voyez mesdemoiselles : il existe d’autres forme de diversions que "Tiens, on va faire danser Babydoll !". Vous y auriez pensé avant, Rocket serait sûrement encore en vie. Malheureusement, nos héroïnes ne pensent pas tout court. Même leur plan d’évasion leur a été soufflé par un vieux issu d’un rêve dément à base de samouraïs géants. C’est dire.

Tentative de réflexion chez Babydoll

Cela étant dit, Blue ordonne aux filles d’aller se préparer pour le show de ce soir car, ça y est, le High Roller (souvenez-vous, c’est le nom du client qui dans le monde réel est en fait le Docteur en charge de la lobotomie) est arrivé, et il va assister au spectacle. Mais avant que toutes ses pensionnaires ne montent sur scène, il veut d’abord leur parler en coulisse : il explique que la petite Blondie est venue le trouver et a tout raconté sur le plan d’évasion de ses copines. Il a décidé en conséquence de sévir : il empoigne donc promptement un pistolet qui passait par là et colle une balle dans la face d’Amber (c’est vrai : tuer les gens à coups de flingue dans les coulisses à 2 mètres d’une salle remplie de monde, c’est très intelligent), puis une autre dans celle de Blondie, au motif qu’il "n’aime pas les mouchards". Ouais, trop cool mec ! Comme ça, plus jamais personne ne viendra dénoncer ses petits camarades qui tentent une évasion. Tu es con ou bien ? Qu’importe : une fois cela fait, il ordonne à ses filles de monter sur scène pour faire un super show ("Je viens de tuer vos copines, essayez de ne pas avoir l’air trop triste sur scène !" : ce film est vraiment mauvais d’un bout à l’autre). Mais bon, que va t-il bien pouvoir faire pour s’occuper en attendant ? Hmmm… lire un livre ? Faire une partie de Uno avec les gardiens ? Non : il va plutôt se taper Babydoll, tiens, pour passer le temps ; il commence donc à la papouiller en conséquence, mais las : la bougresse arrive à se saisir du couteau de cuisine, que ses défuntes copines avaient réussi cacher avec le briquet, la carte & co dans la salle de maquillage juste avant de brutalement décéder. Elle s’en sert donc pour planter Blue un bon coup, qui s’effondre foudroyé ; maintenant, plus rien ne l’empêche d’aller se saisir des clés qu’il porte autour du cou et qui ouvrent toutes les portes ! Ainsi équipée, notre Baby court donc trouver Sweet Pea, qui avait été mise à l’écart (elle était dans un sale état après avoir vu sa soeur mourir dans ses bras), et lui propose de s’évader : elles sont les deux seules survivantes du plan de base, il faut donc se dépêcher avant que leurs rangs ne s’amenuisent encore ! Le plan est donc lancé, et pour commencer, c’est le briquet qui entre en jeu, en servant à mettre le feu à un local à produits d’entretien pour déclencher l’alarme incendie.

L’évasion est bien entendue difficile, puisque bon, deux nanas tentant de s’orienter avec une carte, ça tourne en général à la catastrophe. Heureusement, elles sont régulièrement sauvées par des interventions du Dieu Du N’Importe Quoi, qui, par exemple, arrive à les faire passer devant des gardes sans que ceux-ci ne les voient ou ne les entendent, car ils lisent leur journal (d’accord) en écoutant leur… i-pod avec ses beaux écouteurs intra-auriculaires blancs (nous sommes dans les années 60 je le rappelle, même le walkman n’existe pas). Fantastique. Mais tout cela ne suffit pas forcément, car une fois arrivées dehors, les filles constatent qu’il y a dans la cour une bonne dizaine de personnes en train de discuter, zut ! Impossible de partir discrètement se disent-elles. Nos héroïnes vont elles échouer si près du but ? L’une d’entre elles va t-elle avoir une idée géniale ? Vont-elles simplement réaliser que, en pleine nuit noire, dans un parc relativement grand, il est très facile d’atteindre la grille située à l’autre bout sans se faire repérer, particulièrement lorsque les seules personnes qui risqueraient de les repérer sont occupées à discuter entre elles juste devant le bâtiment ? Non ! Babydoll ayant toujours des plans de merde, elle se souvient de la 5e chose nécessaire au plan d’évasion qu’avait expliqué Jean-Jacques dans son premier rêve : il faut un sacrifice ! La jeune fille aux couettes se propose donc d’aller détourner l’attention des mâles de la cour (Mais… mais c’est la seule idée que tu as depuis le début du film : détourner l’attention des gens ! Tu n’as fait que ça ! Serais-tu une sorte d’être monotâche ultime, Babydoll ?!) pendant que Sweet Pea s’enfuira pour retourner chez elle, là où elle pourra, je cite, "Rendre sa mère heureuse" et "Retrouver une vie normale". N’en jetez plus ! Baby, Baby, Baby…ho, tu crois vraiment ce que tu viens de dire ? Qu’une évadée d’asile va retrouver une vie normale en allant se planquer chez sa mère, le premier endroit où la police va la chercher ? Et qu’elle va rendre sa mère heureuse en lui annonçant "Salut maman, ta fille est morte, et moi je suis une fugitive recherchée. T’as fait du café sinon ?".

Bref : Sweet Pea après avoir longuement pleuré sur le courage et l’héroïsme de Babydoll profite que celle-ci aille voir les mâles au centre de la cour pour détourner leur attention, et s’élance dans la nuit, traversant l’immense parc de l’asile que l’on a aperçu au début du film jusqu’aux grilles de celui-ci sans qu’il ne soit possible de l’apercevoir (comme quoi, il y avait un passage sûr : Babydoll se sacrifie juste parce qu’elle est débile. ). Puis, une fois de l’autre côté des barreaux du portail, Sweet Pea jette de longs regards à Babydoll, que celle-ci lui rend, genre truc trop discret "Tiens ? On dirait que Babydoll jette des regards enflammés par-dessus mon épaule en direction de quelqu’un derrière moi. Je vais me retourner pour voir qui c’est. Ho ! Regardez, une fille de l’asile en train de se barrer ! On ne l’aurait jamais aperçue si Babyboll n’était pas venue se mettre juste devant nous pour se mettre à envoyer des gros regards lourds dans sa direction !" ; mais heureusement, ça n’arrive pas, Sweet Pea peut se barrer, alors que Babydoll est ramenée à l’intérieur.

Regardez bien : la première image c'est lorsque Bopapa emmène Babydoll à l'asile en voiture au début du film. La seconde, lorsque la même Babydoll détourne l'attention des gens qui attendaient juste devant le bâtiment pour que Sweet Pea se barre à la fin du film. Entre les deux, la distance bâtiment/portail a été réduite de 98% et les grilles se sont transformées en mur pour arranger les scénaristes. Bravo les gars.

Notre héroïne se retrouve donc finalement attachée sur une chaise, où elle subit un bon coup de lobotomie sans même râler, car elle a fini par le réaliser : tout oublier de sa vie n’est pas si mauvais, elle va pouvoir se renfermer sur son univers intérieur. A la toute dernière seconde, elle a juste le temps de jeter un regard terrible au médecin en charge de la procédure, ce qui l’a plongé dans des abîmes de désarroi. Ce dernier est donc allé trouver le Dr Gorski pour demander à en savoir plus sur cette étrange patiente. La docteure lui explique donc que cette patiente a fait bien des choses cette semaine : déclencher un incendie, poignarder un cadre de l’asile, aider une patiente à s’évader… mais qu’elle regrette qu’elle ait été lobotomisée, car c’était une pensionnaire très intéressante. D’ailleurs, la lobotomie est une pratique à laquelle était opposée la douce Vera. Ah ? Dis le docteur. Pourtant, c’est sur votre recommandation que je suis intervenu ! Et hop, formulaire à l’appui, il montre au Dr Gorski le formulaire de demande de lobotomie avec la fausse signature de Vera réalisée par M. Jones

Notez, là encore : le Dr Gorski explique qu’elle était au courant de la lobotomie programmée de Babydoll, mais qu’elle y était opposée. Et à aucun moment elle ne s’est dit "Tiens, mais au fait, qui a programmé la lobotomie ? Vu que c’est moi la seule à avoir ce droit et que j’y suis opposée ?" ; y a t-il un seul personnage crédible dans ce film ? Parce que là, on approche méchamment de la fin, et je n’en ai toujours pas trouvé. Je me contente de sangloter, en fait.

Babydoll est de son côté ramenée à sa cellule, désormais dans un état proche de celui de légume, ce qui ne la change pas fondamentalement du reste du film (elle dira peut-être un peu moins de conneries, en fait). Mais Blue Jones, qui a survécu au coup de couteau qu’il a reçu, parait devant elle, et ordonne que l’on jette la bougresse dans une petite pièce isolée où il compte bien reprendre ce qu’il avait entamé la dernière fois avant d’être interrompu par une lame. Hélas, il pleure de désarroi en constatant que la petite Babydoll qui se trémoussait n’est plus qu’un gros haricot blanc avec des couettes. A moitié fou, il est surpris par l’arrivée de Vera Gorski et de plusieurs agents de police qui le font arrêter pour avoir fait lobotomiser Babydoll en falsifiant des documents. Alors qu’ils l’emmènent, il hurle que tout ça, c’est la faute du beau-père de de la jeune fille : Bopapa va donc lui aussi prendre cher, et tous les méchants seront donc punis : youpi.

Et Sweet Pea alors ? Elle, elle a enfin réussi à atteindre une gare routière (elle a même trouvé des vêtements, du maquillage et un peigne en chemin visiblement, c’est vraiment bien) ; mais alors qu’elle va sauter dans un bus, elle est interrompue par deux agents de la maréchaussée qui semblent la reconnaître ; ils n’ont cependant pas le temps de lui poser des questions : depuis le car où elle s’apprêtait à monter, une voix retentit, expliquant que cette passagère est dans son bus depuis fort loin, et qu’elle ne pourrait donc décemment pas aider deux agents de police du coin. Ces deux derniers laissent donc tomber, expliquant qu’ils cherchent une jeune fille du secteur : ils font donc forcément erreur sur la personne. Allez, bonne journée mademoiselle et désolé du dérangement. Sweet Pea tourne donc les yeux vers le bus pour y apercevoir son sauveur : un vieux chauffeur, que l’on a déjà vu dans les rêves de Babydoll : Jean-Jacques. Allez savoir ce qu’il fout là, mais en tout cas, il couvre Sweet Pea, referme les portes de son bus derrière elle, et l’emmène sur les chemins de la libertéééé….

La voix off de Babydoll achève le film avec une bonne vieille philosophie de pissotière sur le fait que dans la vie, l’important, c’est d’être soi-même ou un truc du genre, hihihihihi, parce qu’on a beau être un gros légume, on a quand même le droit à sa petite voix off digne de Grey’s Anatomy et…

FIN

Vous êtes sûrs qu'elle n'avait pas DÉJÀ été lobotomisée ?

__________________________________

A cette heure-là du matin, les couloirs de l’hôpital étaient encore quasiment déserts, à l’exception des quelques infirmiers de garde aux cernes marquées qui patrouillaient de-ci de-là en poussant quelque chariot, saluant poussivement les deux représentants de la maréchaussée venus interroger leur suspect. Le bruit des rangers de l’adjudant-chef Bertier et du maréchal des logis Fronsart semblait se perdre en écho dans certains coins du bâtiment aux couleurs fatiguées, jusqu’à ce qu’il se taise enfin devant la porte d’une chambre du deuxième étage. Poussant la porte, Bertier poussa un juron étouffé en constatant que le lit qui occupait le centre de la pièce n’hébergeait plus que quelques morceaux de sangles arrachées. Il s’apprêtait à hurler à l’évasion quand Fronsart poussa un petit cri de surprise : leur client était bien là, prostré dans un coin de la chambre, les yeux hagards et les bras encore brûlés là où les sangles avaient frotté jusqu’à céder.

"Seigneur ! Infirmiers ! Vite, par ici, on a besoin d’aide ! Fronsart, remuez-vous et allez me trouver la personne en charge de cet étage !"

Fronsart déguerpit à toute jambe par la porte entrouverte, avant de revenir tout aussi promptement, annoncé par le son tonitruant des rangers martelant le sol. Une infirmière aux traits tirés par de trop longues heures de garde se dépêcha de venir s’agenouiller à côté du patient, prenant grand soin de décroiser ses bras meurtris avec la plus grande douceur ; derrière ces derniers, il dissimulait un curieux sourire béat.

"Bon sang mademoiselle, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
- Je… je ne sais pas ! Hier soir, il allait bien, il nous a raconté qu’il avait été arrêté en essayant de se rendre à Cannes. Alors nous, on s’est dit que ça lui ferait plaisir de voir le festival, aussi on lui a allumé la télé pour voir le discours de la cérémonie d’ouverture. Ensuite, il a beaucoup crié, et on a dû réajuster les sangles plusieurs fois, avant de lui administrer de quoi calmer une bonne douzaine de rhinocéros. 
- Il est juste drogué là ?
- Non… non, la drogue ne fait plus effet depuis près de 6 heures logiquement. 
- Mais alors qu’est-ce qui l’a mis dans cet état ?"
0

L’infirmière haussa les épaules dans une moue désolée, laissant l’adjudant-chef dans un état de perplexité qu’il n’aimait guère. Ce fut finalement Fronsart qui comprit tout.

"Je crois savoir. Je… je crois que sa santé mentale n’était pas prête pour le discours d’ouverture du festival de Cannes. Je pense qu’il s’est réfugié dans un monde imaginaire où il tente de se protéger.
- Un monde imaginaire ? Mais de quel genre ?
- Je… je pense qu’il… je crois qu’il s’est réfugié dans un monde dans lequel Mélanie Laurent n’existe pas."

0

Il y eut un long blanc. Puis l’infirmière et l’adjudant-chef répondirent involontairement en choeur :

"La chance !"

1492, au large des côtes du Nouveau Monde.

"Terre, terre !"

La vigie s’époumonne du haut de son nid, criant de toutes ses forces ce que plus personne ne veut croire depuis des semaines ; après plusieurs mois de voyages et de désillusions, ce sont des marins épuisés qui émergent doucement des cales en se frottant les yeux pour constater ce qu’il en est : au loin, un trait noir se dessine faiblement dans l’aube orangée. Sur le pont, il y a d’abord un silence, puis quelques discussions chuchotées sur la nature illusoire ou réelle de cette vision. Ce n’est que lorsque la vigie repousse à nouveau son cri et que quelques oiseaux commencent à tourner autour du navire que chacun laisse éclater sa joie : on s’enlace, on saute, on danse et puis…

"Silence les bouffons !"

On ne pipe plus mot. Le capitaine Djédjé vient d’émerger de sa cabine, et balaie d’un regard noir son équipage ; il relève la ceinture de son jogging en jute et remonte ses chaussettes en soie des Flandres avant de sortir sa longue vue pour scruter l’horizon. Il s’assure aussi que ses deux autres navires, la Tite Meuf et le Tapin, n’ont pas disparu durant la nuit et encadrent bien sa nef, la Maria la Biatch. Oui, toute sa petite escadre est bien là et file dans le jour qui se lève vers les Indes. Ou ainsi le croit Djédjé, qui mandaté par Isabelle de Castille, tente de rejoindre le Levant par le Ponant à la tête d’une flotille issue des plus beaux ateliers de Pimp my caravelle.

Le tuning sur caravelle est longtemps resté réservé à une élite.

"Vas-y bâtard la vigie qu’esse tu dis ?
- Bin y a d’la terre en face cousin !
- Hé mais vas y, c’est les Indes ou c’est pas les Indes ?
- Ho, c’est pas marqué gros ! T’as qu’à monter, quoi !
- J’te fuck ta mère. Style je monte. Sale tepu"
O

Laissant les navires se rapprocher de la côte, le capitaine Djédjé fait descendre à l’eau un canot pour lui et une poignée de ses meilleurs hommes (Momo, Samy, Djo et le p’tit nerveux de la cage d’escalier B du bâtiment 4) afin d’accoster cette terre promise ; quelques heures plus tard, il plantera le drapeau de la Castille dans le sable humide d’une côte nouvelle inconnue et qu’il baptise prestement du nom de l’un des grands européens qui ont fait l’Histoire :

Santa Bubba

Que serait le Nouveau Monde si celui-ci avait été découvert par des racailles ? Sans trop vouloir m’avancer, on peut imaginer qu’il s’agirait d’un continent où tout le monde se tutoierait et où seuls les plus forts survivraient ; on s’y agresserait pour un oui ou pour un non en utilisant quantité de jurons, même pour demander l’heure, et on se pourrirait la gueule à volo toute la journée. Sitôt que quelqu’un dirait quelque chose, on viendrait l’emmerder pour voir comment il réagit, et à l’aide d’un savant mélange de provoc’ gratuite, d’insultes et de cris sur la liberté d’expression, on discuterait de sujets fascinants en prenant des poses de simili-rebelles comme envoyer péter tout ce qui ressemble à une intrusion de la loi dans notre espace, et rentrer chez autrui pour essayer de déféquer sur son tapis serait monnaie courante.

En fait, on pourrait appeler ce monde internet.

Alors évidemment, si vous dites cela au geek, nerdz ou je ne sais quelle créature de l’enfer moyenne, vous devriez avoir droit à quelques cris scandalisés expliquant qu’ils n’ont rien à voir avec cette part de la population qui non seulement a des goûts de merde en matière d’habillage (le jogging est souvent pour l’internaute une tenue porteuse de souvenirs douloureux en cours de sport) et de décoration (ha, les posters de rappeurs !), mais en plus fait preuve d’agressivité gratuite et d’un manque d’éducation frappant.

Dans le même temps, le cosplay est objectivement tout aussi ridicule que n’importe quel jogging fluo (se déguiser en sportif ou en San Goku, chacun sa croix), les figurines en résine de Matrix ou d’écolières de manga, c’est aussi une vision de la déco très personnelle, et l’agressivité et le manque d’éducation… je crois que nous allons devoir résonner par l’exemple.

Une rue de Lyon, un mercredi matin, deux porteurs de tenue d’entrainement de l’OL dissertent tranquillement, appuyés contre le mur d’une petite boulangerie.

"Vas-y mec, t’as pas une garetteci ?
- Qu’esse tu me dis baltringue ? Va t’en acheter !
- Vas y moi j’ai pas fait ma tepu l’aut’ jour !
- Ouais mais c’est moi qu’avait payé le ciné pour Le Transporteur. Alors c’est bon quoi, tu vois.
- C’tait un film de merde. C’toi qui m’doit des tafs.
- ‘Tain mais tu m’fais iech’, j’me casse bouffon !"
O

Le goût des tatouages de gang moche progresse aussi

Le même jour, sur un quelconque forum.

"Bonjour, ou y a til un lien pour DL Naruto ? (GoRaN_gOrAn)
- DTC LOL ! (Foultrain43)
- Trop MDR. S’est bon j’ai filer les lien pour Evangélion l’autre joure qu’ent’en avai besoin.
- Ouais mais Evangélion c’est pas d’la merde comme Naruto.
- TU PARLE PAS COMME SA DE NARUTO §§§ SA DECHIRE §§§§
- Mais LOL quoi ! J’me casse !
E

En effet, dans un cas comme dans l’autre, on a un français approximatif, on se tutoie à foison (bon, là les gens se connaissent un peu, mais sur internet, le vouvoiement est une langue étrangère) et on s’insulte pour un oui ou pour un non (tout comme la racaille ne considère pas "baltringue" ou "bouffon" comme une insulte, l’internaute considère "Dans ton cul" comme une formule de bon aloi). Les formules de politesse, là aussi, sont considérées comme des outils de répression de la société sur la libre expression des… tiens, si nous parlions justement des points communs entre ces deux espèces face à la loi ?

Prenons un sympathique internaute qui décide de s’instruire en regardant le 20h de TF1 alors qu’il mange une délicieuse assiette de raviolis en conserve. Qu’apprend t-il ? Que de vilaines racailles ont caillassé un véhicule de la maréchaussée alors que ceux-ci se rendaient dans une cité chaude, "zone de non-droit". "Nom d’un Kakashi !" s’exclame le téléspectateur sous le coup de l’émotion ; il lui faut aussitôt aller sur internet pour converser avec ses amis de cette situation honteuse, et s’insurger contre ces "zones de non-droit" dans leur propre pays !

Hélas, alors que notre internaute cherche quelques informations sur le sujet à l’aide de son moteur de recherche préféré, il découvre que…cornegidouille ! Une loi qui lutterait contre le téléchargement illégal ? Mais qu’est-ce que ce scandale ? Internet est une zone de liberté, non à la loi fasciste ! Pour un peu, l’internaute furax lapiderait les députés responsables à coups de souris.

Oui, l’internaute trouve que c’est dégueulasse, toutes ces racailles qui violent la loi (et risquent de voler leur Iphone à la sortie du RER), mais que la violer pour télécharger la dernière saison de Heroes, c’est tout de même bien normal.

Et encore, je ne vous parle pas des trolls, sorte d’agresseurs virtuels à la provocation facile dont le seul but est de chercher l’affrontement, ni des commentateurs qui estiment que venir chier en plein milieu de chez autrui n’est pas spécialement bien élevé. Pourtant, là encore, les points communs sont nombreux ; ce n’est que dans la sémantique que l’on retrouve de mineures différences.

Alors oui, geeks, nerdz, racailles & co : même combat.

Les bagouzes immondes de 10kgs semblent fasciner les deux camps

Merci donc de comprendre que lorsque l’on a pas spécialement un goût particulier pour les casquettes à l’envers, les sweats à capuche, les jogging et les chaussettes qui remontent jusqu’au genou, on peut se permettre de vouvoyer les gens.

Moi si je le fais, c’est juste parce que je vous méprise. C’est très différent.

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un animal majestueux. Il vit parmi nous, et jour après jour, le terrible secret qu’il cachait devient de plus en plus une fierté à ses yeux. Après le coming-out de la communauté gay dans la seconde moitié du XXe siècle, nous voici au début du XXIe avec de nouveaux personnages qui s’unissent pour prendre le devant de la scène :

Les geeks.

Afin de mieux comprendre ces créatures mystérieuses, qui firent dire à Claude Lévi-Strauss "Toutes les civilisations & cultures sont différentes mais égales entre elles, avec de nombreux enseignements à s’apporter mutuellement ; sauf la culture geek, qui est quand même à l’humanité ce que Jean Roucas est à l’humour.", je vous propose de les découvrir sans plus tarder au travers d’une brève étude. Bonne lecture.

Le Geek

Le geek, allégorie de l'échec social

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Définition générale

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Le Geek (prononcez guique) est un primate appartenant à la famille des hominidés, répondant au nom scientifique d’Homo Sapiens Geeki, plus communément appelé "Geek", "Freak" ou "Sous-merde" (en général par son professeur de sport). Il est bipède, ce qui lui permet d’utiliser une chaise de bureau, alors que ses membres supérieurs disposent de pouces opposables, lui permettant de saisir des objets comme une souris, un Iphone ou un éventuel membre turgescent à la vue de l’un des deux objets précédemment cités.

Il se distingue de l’espèce humaine par son langage  à la fois complexe et limité, et par le manque important de relations sociales propre à son genre. L’anthropologie, qui étudie l’homme, ne couvre pas les geeks, puisqu’aucune science ni personne sérieuse ne s’intéresse vraiment à eux.

Appellations courantes

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Le Geek mâle est appelé un geek ; sa femelle, une geekette. Tout comme le daltonisme, le gêne qui provoque le geekisme est situé sur le chromosome X, et l’allèle provoquant ce handicap (puisque c’en est un) est récessif. Ainsi, une femme ne sera geekette que si elle dispose de deux chromosomes X déficients. Le mâle n’en disposant que d’un seul, il est donc beaucoup plus aisément touché, ce qui explique le déséquilibre complet mâles/femelle chez les geeks (approximativement 1 pour 50)

Description physique générale

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Le geek peut varier en taille et en poids, mais de manière générale, se trouve aux deux extrêmes du spectre de la masse corporelle : il peut être soit maigre comme une jeune fille lisant trop de magazines de mode, soit particulièrement ventripotent, cela étant lié dans les deux cas au manque d’exercice physique pratiqué par le geek. Il en va ainsi du mâle comme de la femelle. Cependant, chez le mâle, la pilosité est plus développée, et cheveux longs, boucs et barbes sont souvent de la partie. Le geek a en général une couleur de peau relativement pâle, liée à une vie strictement liée aux activités d’intérieur. Il peut cependant exister des variantes, selon que le geek soit de type caucasien ou asiatique. A noter qu’il existe peu de geeks de type auvergnat, les geeks vivant principalement dans les pays riches. Le geek-pauvre est en effet un non-sens.

D’un point de vue vestimentaire, le geek n’a en général aucun goût. Il porte des t-shirts faisant référence à des jeux vidéos ou à des blagues d’informaticiens, des couleurs qui ne s’accordent pas, et ponctue en général le tout de lunettes, suite à de trop nombreuses heures passées devant un écran. Les plus attentifs pourront cependant constater que le t-shirt est un outil identitaire chez le geek, qui permet de découvrir les nombreuses sous-catégories qui constituent son espèce : si on y trouve un pingouin, c’est un geek linux, une rune ou un truc médiéval-fantastique sur fond noir, c’est un rôliste, etc.

A noter que parfois, le geek pratique le cosplay, activité consistant à se déguiser en personnages kitschs au possible (de préférence issus de mangas ou de jeux vidéos), avant de se trimballer dans des lieux publics où toute personne normalement constituée devrait les lapider à vue. De manière générale, le cosplay permet de mesurer le fossé esthétique qui sépare le geek du personnage auquel il essaie de ressembler.

Enfin, le geek est souvent une publicité ambulante pour l’orthodontie.

La preuve par le magazine officiel

Régime alimentaire :

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Le geek se nourrit essentiellement de tout ce qui pourrait lui permettre de retourner pratiquer une activité associale plus rapidement. Le repas étant un moment de partage et de convivialité, il y est donc parfaitement inadapté, et cherche à s’en débarrasser le plus vite possible. Un Mac Donald, un kebab et autres junk food font ainsi partie intégrante de ses repas quotidiens.

En dehors des ces mets, le geek peut aussi assaisonner le tout avec de l’alcool, puisqu’il a souvent fréquenté une école d’ingénieur. En effet, les geeks se réunissent souvent entre eux dans ces lieux où est respectée la proportion mâles/femelles du peuple geek (environ 1 femelle pour 50 mâles, pour rappel), afin de se murger. Ils peuvent ainsi assurer avoir une vie sociale épanouie, puisqu’ils finissent à vomir dans le caniveau comme les humains normaux.

Comportement

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Le geek n’est ni diurne, ni nocturne : s’il en a la possibilité, il se lèvera tard (le concept de matinée est une notion toute relative) et se couchera aussi à des heures étranges (quelques heures avant que les honnêtes gens n’aillent travailler). Son rythme circadien reste ainsi l’un des plus mystérieux que l’on puisse observer.

Le comportement social du geek est extrêmement limité, puisqu’il communique essentiellement avec ses semblables, sur des sujets dont 97% de la planète se branle cordialement, comme le disait Pline le Jeune (ex : Windows contre Mac, Néo contre Morphéus, etc). En présence surnuméraire de non-membres de la communauté (ex : collège, lycée), le geek cherche à s’isoler avec ses semblables, plus que probablement pour faire de la programmation sur calculatrices.

Paradoxalement, le geek méprise souvent les autres sous-cultures (ex: Tektonik, Racaillous, Poupoufs, etc), qu’il présente comme des moutons consuméristes dénués de réflexion. Propos qu’il tient tout en téléchargeant des applications pour son Iphone et en rangeant dans son sac à dos le boîtier du dernier Zelda.

Le geek, malgré sa différence avec le reste de l’espèce humaine, semble attiré par les homo sapiens du sexe opposé. Trop timide pour les aborder, il se contente de les regarder de loin et d’expliquer son célibat par le fait qu’il est très exigeant. Alors que dans 78% des cas, le geek finit avec un gros boudin, mais qui voulait bien de lui. Statistiquement, la geekette a ainsi beaucoup plus de facilité à se retourner vers les mâles de son espèce, alors que l’inverse est plus complexe.

Socialement, le geek considère ses appareils et gadgets informatiques à la fois comme ses meilleurs amis et comme un véritable substitut pénien. Celui qui a le plus gros PC l’emporte. Pour toutes ces raisons (problèmes de sociabilité, amour des ordinateurs), on retrouve essentiellement les geeks dans les domaines de l’informatique et de la science (le geek a souvent eu un abonnement à Sciences, Vie & Pipeau, le magazine qui fait une découverte majeure applicable dans les dix ans toutes les semaines).

Le geek a ainsi souvent une véritable passion pour les zombies, qui, comme lui, sont lents, sentent mauvais, se trainent derrière des filles qui ne veulent pas d’eux et finissent massacrés par la brute du coin. On retrouve cette passion dans de nombreux blogs & blogs BDs, deux moyens d’expression essentiels pour le geek qui adore tout ce qui est virtuel (ce qui comprend bien souvent le jeu de rôle).

Aptitude physique

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Le geek est le plus souvent ce qu’on appelle une loque. Qu’il soit gros, à barbe et persuadé d’être intérieurement une elfe des bois, ou tout maigre mais jurant qu’un jour il nous détruira tous à la tête d’une armée d’assassins-barbares, il ne peut pas courir plus de 5 minutes, porter des poids de plus de 6 kilogrammes, ou simplement trouver la force de se bouger. Entre eux, les geeks peuvent cependant se menacer, et parfois même se battre, rappelant ainsi au reste du monde que les combats de filles (dans lesquels on remue les mains très vite en essayant de se mettre des claques) ne sont pas réservés à la femelle homo sapiens classique.

De toute manière, tant que le geek n’aura pas trouvé comment télécharger des muscles, il n’en aura probablement pas.

Le geek tel qu'il se voit, beau et cool.

Reproduction

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Le geek se reproduit très peu, dû au manque de femelles de son espèce, ainsi qu’aux nombreux problèmes liés aux univers virtuels, où après des mois à courtiser Mauricette la jolie nymphette, le geek réalise qu’elle est en fait jouée par René qui doit avoir un vrai problème d’identité sexuelle. Le geek pratique beaucoup l’onanisme, ce qui permet à la population mondiale de remercier le seigneur de ne pas avoir mis d’ovules dans les sopalins, sinon nous serions 12 milliards depuis longtemps.

La parade amoureuse de l’espèce est complexe, et commence généralement sur un site communautaire, avant de finir autour d’un verre à discuter du dernier épisode de Naruto. Dès lors, le geek tente de vérifier que sa potentielle victime est compatible : préfère t-elle Mac ou Windows ? Morpheus ou Néo ? Si ces tests sont concluants (entendre : si la victime n’a pas fui en hurlant de terreur), le geek tente alors de l’impressionner en lui parlant de son énorme taux de téléchargements. Si l’autre est impressionnée, il tentera l’emboîtement, juste pour voir. Dès lors, si une femelle tombe enceinte d’un geek, on dit alors d’elle qu’elle est overcloquée.

9 mois plus tard, l’enfant qui naitra devra grandir au milieu d’une horde de jouets à la con auxquels il n’aura pas le droit de toucher parce que "Non, Morphéus ! Arrête de pleurer ! Tu ne toucheras pas à ma figurine en résine de Goldorak !" (le geek donnera un nom lié à ses goûts propres).

Culture & religion

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Le geek est un scientifique, et à ce titre, ne s’intéresse essentiellement qu’à des sujets proches. Et a une idée sur à peu près tout, suite à de nombreux débats sans fin ni intérêt sur des forums en ligne. Il est de ce fait souvent athée, et conchie les religions, puisque tout le monde sait que Dieu n’existe pas et que si tout le monde était athée, il n’y aurait plus de guerres de religions. Le geek ne note jamais qu’il a le même raisonnement que les mecs qu’il dénonce ("Moi je sais que Dieu existe/s’appelle Allah/ne mange pas de porc/n’existe pas, et même que si tout le monde pensait comme moi, on ne se battrait plus sur le sujet"). Le geek agnostique est donc souvent plus raisonnable, vu qu’il n’essaie pas de briser les burnes à tout le monde sur le sujet. On croise donc peu de geeks à l’Eglise le dimanche.

Le reste de sa culture est profondément lié aux univers virtuels : Star Trek, Star Wars, Le Seigneur des Anneaux, World of Warcraft et livres divers… ou alors au Japon. Qui n’est pas un univers virtuel, mais pas loin.

Une vision plus réaliste

F.A.Q

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  • Mon geek est tout maigre et tout pâle, quelle maladie a t-il attrapé ?

Il est en pleine forme, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

  • Mon geek sent très fort, s’énerve et hurle lorsque je l’approche, que dois-je faire ?

Rendez-lui son accès à internet.

  • Mon geek me dit qu’il protège l’environnement en achetant des PC "verts", est-il con ?

A moins que son PC ne soit constitué d’anti-matière, son PC prélève des ressources sur l’environnement. Donc oui, il est con.

  • Mon geek refuse de coucher avec moi. Pensez-vous qu’il me trompe ?

Vérifiez les ports USB de sa machine. S’ils contiennent un liquide mystérieux, alors oui, il s’en est retourné à ses premiers amours.

  • Mon geek a ses chaleurs et est intenable quand j’invite des amies. Puis-je le faire castrer ?

Le gouvernement verse une aide à la castration des geeks, considérée comme une mission de salut public.

  • Mon geek regarde des séries qui ne font rire que lui, dois-je essayer de m’y mettre ?

Non.

  • Mon geek prétend avoir + 12 en charisme, que veut-il dire ?

Qu’il a enfin retrouvé sa bouteille de Biactol.

  • Mon geek est un vrai de vrai : il était là à l’ouverture de l’Apple Store France au Carrousel !

Le genre de mec à venir à un évènement "historique" selon lui et à ne pas visiter le Louvre 50 mètre plus loin.

  • Mon geek dit que vous confondez geeks et no-life, est-ce vrai ?

Dites à votre geek que c’est parce qu’il a l’impression d’avoir une "life" qu’il pense cela. Mais qu’en fait, il est prisonnier de la matrice qui lui fait croire ce mensonge. Ça va le faire cogiter un moment.

  • Mon geek insiste, il dit que vous confondez tout là

Dites lui que ce n’est pas parce qu’il a téléchargé deux saisons de Dr House et un Iphone que c’est un geek. Mais si en plus il se prend pour un geek, alors c’est qu’il est juste un peu con.

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Alors, pour le bien de l’Humanité, faites un geste : castrez un geek. Merci.

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