Parlons de la crise.

Ah, je sais : râlez donc, fieffés filous : "Nan, mais c’est chiant, on en parle partout", "Moi j’y comprends rien en plus à leurs histoires de prêts et de zone euro" ou "Laissez-moi, laissez-moi, pitié, je ne dirai rien si vous me laissez sortir de la cave", mais je n’ai que faire de vos jérémiades (particulièrement concernant la cave, on en a déjà parlé mesdemoiselles).

La crise, depuis près d’un an, on en parle pour nous annoncer le "dernier sommet", les "marchés qui retiennent leur souffle", "la sortie de crise imminente" & co ; curieusement, et paradoxalement, il semblerait que peu de commentateurs se soient penchés sur les textes issus de chacun des sommets, et de l’incroyable capacité de ces grands moments de réunionite à être présentés comme la dernière réunion de la dernière chance de l’Armaggedon, alors que mis bout à bout, ça ressemble tout simplement à du n’importe quoi de compétition. D’où sa place sur ce site, qui aime bien lorsqu’il se passe des choses complètements absurdes mais qui semblent relativement acceptées par le tout venant.

Vous n’avez rien pigé à ces sombres histoires cette année ? Vous avez envie de briller en société ? Vous avez besoin de draguer Ana, la petite étudiante ukrainienne venue faire ses études d’économie en France mais n’avez pas envie de lire de gros livres rébarbatifs, même si ces derniers font d’excellentes armes contondantes ? Alors en route.

Faisons un petit point sur notre belle année 2011 et ses sommets de la dernière chance (Pour ceux que ça intéresse, un point plus sérieux mais moins chafouin a été fait ici par un journaliste qui déjà, s’était demandé s’il n’y avait pas un truc bizarre dans toute cette rhétorique, à raison)

Commençons par revenir au début de l’an de grâce 2011. En ce temps béni, on savait rire ; souvenez-vous : on cherchait encore dans quelle cave se cachait Ben Laden ou cuvait Amy Winehouse, Dominique Strauss-Kahn était parti pour devenir le prochain président de la République, et le monde n’avait pas encore eu les yeux souillés par le visionnage de La Planète des Singes. Bref, tout était plutôt banal, seuls quelques évènements venant troubler ce premier trimestre de la jeune année : le Japon était secoué par un diable de séisme tournant en catastrophe nucléaire, le monde arabe rentrait une ère de révolutions, et la Belgique tentait de les imiter, mais face à l’absence de gouvernement à renverser, rentrait chez elle pour lire Tintin au Congo avant que celui-ci ne soit interdit. Face à de tels évènements, l’ONU se décidait comme toujours à taper du poing sur la table (ou de la chaussure ; aaah, Khrouchtchev, où es-tu ?), en n’hésitant pas à déclarer "l’année internationale de la forêt".

Oui, moi aussi je pense qu’ils fument de la résine ; forêt, tu parles. Petits brigands, allez donc !

Bref. A peu près à cette même époque, en Europe, l’économie va mal : plusieurs pays s’avèrent ne plus trop s’en sortir avec leurs dettes, comme par exemple l’Irlande, le Portugal ou l’Espagne, prouvant ainsi que baser son économie uniquement sur la bière semi-solide, la morue ou le chorizo ne suffit pas à faire un grand état. C’est la crise, quoi.

C’est donc le moment pour l’Union Européenne d’agir : il est grand temps de relancer l’économie pour sortir de là ! Une réunion est ainsi décrétée le 11 mars (je le mets en gras, comme ça vous pourrez faire des fiches. Oui, même vous amies lycéennes : je vous connais, vous allez juste tout recopier en plus petit, mettre du fluo partout et appeler ça "une fiche" ; si j’étais votre prof, vous seriez reliée à une batterie de R19 rien que pour vous apprendre).

Georges Papandréou, premier ministre grec, déclare donc à ce moment là qu’il s’agit de "l’une des dernières chances pour l’Europe", ce qui veut bien dire ce que ça veut dire : en cas d’échec, l’Union risque d’imploser, de se désintégrer, voir de sombrer dans le néant (comprendre : passer sur TF1). La tension est à son comble, le monde libre tremble, le pavillon bleu aux étoiles d’or s’agite dans la tempête… l’avenir semble bien sombre.

Mais c’est un peu comme dans les Power Rangers : quand une crise géante attaque nos pays, ces derniers combinent leurs forces pour former l’Union Européenne, sorte de Mégazord chargé de coller une branlée à la menace rampante.

Mégazord, solution à tous les problèmes économiques de l'Union Européenne

"Aaaaah", fait le peuple, tout rassuré.

Alors, que se passe t-il ce 11 mars ? Mégazord bourre t-il la crise à coups de pognons et de rudes décisions et de coups sous la ceinture ?

Mieux que ça.

Un "pacte de compétitivité" est mis en place dont le but est de "ne plus connaître ce type de crises". C’est plutôt une bonne idée dit comme ça : autant faire quelque chose pour non seulement triompher de la vilaine crise, mais aussi éviter de la voir revenir dans trois mois. Le monde est donc sauvé ? L’Europe aussi ? Oui, oui, tout est dans ce document qui… tiens ? Mais si on jetait justement un coup d’oeil à ce papier, plutôt que de se contenter de se taper les vidéos des conférences de presse de nos chefs d’état (où, de manière fort originale, le président de la France des français parle "d’historique" ; c’est incroyable, je n’arrive pas à me souvenir d’une seule fois où ce type n’a pas déclaré avoir changé l’Histoire. Ça doit pas être facile au quotidien : "Michel, tu viens de me passer le sel : c’est un accord historique", "Je viens de finir ma choucroute, ce fut un repas sans précédent", ou "Le gendarme de Saint-Tropez est définitivement le plus grand film de tous les temps")  ? Regardons plutôt ce qui est décidé par les Etats ce jour là pour sauver vos âmes de pécheurs, et là, morceaux choisis :

Les chefs d’État ou de gouvernement conviennent de la nécessité de réfléchir à l’introduction
d’une taxe sur les transactions financières et de faire avancer les travaux aux niveaux de la
zone euro et de l’UE ainsi que sur le plan international.

C’est bien comme concept : on convient de réfléchir à un truc hypothétique. Ça va sûrement régler bien des problèmes "Les mecs, la situation est grave ; je vous propose donc que l’on réfléchisse à des solutions ! – Mais ouais, mec, grave, excellent plan ! – Parfait ; la réunion est levée" (oui, ça doit rappeler le boulot à certains j’imagine, ce genre de moments de vide complet), couplé à la fin du paragraphe, consistant à "faire avancer les travaux" ; c’est pas mal non plus, ça, comme décision : "Faire quelque chose" ou "Continuer ce qu’on faisait déjà". Se réunir en urgence pour convenir qu’il faudrait agir, effectivement, il y avait de quoi claironner que le monde était sauvé.

Mais bon, hein, je sens que vous allez chipoter et dire que je prends un paragraphe au hasard. Mais j’aurais pu prendre le coeur du truc :

Nos objectifs
Les États membres de la zone euro s’engagent à prendre toutes les mesures nécessaires pour
poursuivre les objectifs suivants:
§ favoriser la compétitivité;
§ favoriser l’emploi;
§ mieux contribuer à la viabilité des finances publiques;
§ renforcer la stabilité financière.

J’ai déjà vu des blogs girly plus précis dans leurs objectifs, mais bon.

En tout cas, voilà, maintenant, à vous de trouver un pays qui n’avait déjà pas ça pour objectif (ça ne veut pas dire qu’il faisait beaucoup de chose pour y arriver, hein, mais en tout cas il disait toujours vouloir l’atteindre). Je pense que ces gens sacrifient une chèvre aux mânes de Monsieur de La Palisse avant chaque sommet. Enfin bon, je suis un peu de mauvaise foi : tout cela était surtout un gros plan pour préparer un autre sommet, où, là, évidemment, des décisions plus concrètes ont dû être prises, celui du 25 mars.

Cette fois, donc, ça ne rigole plus : fini de préparer des choses vagues, on passe à l’action, nom de nom.

Première décision : arrêter les conneries.

Plus particulièrement, les États membres présenteront des plans pluriannuels d’assainissement
prévoyant notamment des objectifs spécifiques en matière de déficit, de recettes et de
dépenses, la stratégie prévue pour atteindre ces objectifs et un calendrier pour sa mise
en œuvre. Les politiques budgétaires pour 2012 devraient viser à rétablir la confiance
en ramenant l’évolution de la dette à des niveaux supportables et à faire en sorte que les
déficits repassent sous la barre des 3 % du PIB, dans les délais fixés par le Conseil

Dit comme ça, ça fait super sérieux : des dates, des chiffres, des mots tellement compliqués qu’il faut au moins son brevet pour les lire ; on sent que les experts sont au travail. Désormais, il y a une limite pour les déficits, fini, on a plus le droit de s’endetter comme une vulgaire famille devant un écran plat avec une étiquette "Payez en 252 fois à seulement 25% d’intérêts !", ah mais.

"Tu veux cette cafetière gadget ? Je ne demande en échange que ton âme immortelle ! "

Sauf que c’est bête : la règle existait déjà (mais on y reviendra), et tout le monde s’en tapait cordialement ; c’est à peu près aussi con que de dire "Vous savez la règle qu’on avait écrite et dont on avait rien à foutre ? Et bien on la rappelle, hop." . C’est bien les gars, on avance. Mais, justement : tant qu’à faire n’importe quoi, autant continuer.

Ces efforts d’assainissement budgétaire doivent être complétés par des réformes structurelles
favorisant la croissance. À cette fin, les États membres soulignent leur volonté de faire aboutir
la stratégie Europe 2020.

Ça vous parle ? Souligner sa volonté ?

En même temps, c’est vrai que ça ne coûte rien de le dire : et en période de manque de pognon, ce qui est gratuit est bon. Cela dit, une stratégie aussi ambitieuse pour sortir de la crise fait rêver : ça revient à dire

"Chef, chef, on vient de nous déclarer la guerre ! Le pays est en danger !
- Pas d’inquiétude, j’ai un plan.
- Dites nous tout !
- On veut gagner.
- Oui et ?
- Bin c’est tout.
- Ok, je prépare le drapeau blanc."

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Ça vous parait ridicule ? Moi aussi. Mais visiblement, c’est crédible pour beaucoup de gens.  Je commence à me demander si certains dialoguistes d’Hollywood ne sont pas aussi chefs d’état en Europe à mi-temps pour pondre des trucs aussi consternants.

Enfin bon, ça aurait pu être pire, ils auraient pu préciser leur "volonté" avec d’autres lapalissades pour baratiner un peu à peu de frais et ainsi montrer qu’ils racontaient ouvertement des conner… Tiens ? Mais je n’avais pas vu ! Ce paragraphe avait justement une suite ; je vous la livre (et n’invente rien, malheureusement) :

Ils mettront notamment en œuvre des mesures visant à:
- rendre le travail plus attractif

Oui parce que c’est marrant, les gens ne vont pas toujours travailler de bon coeur, c’est incroyable quand même. Pire encore : parfois, il faut les payer pour le faire ; un vrai scandale. En tout cas, c’est assez moderne comme idée ; je crois qu’on la trouvait déjà un peu avant la période du troc, en Mésopotamie. Alors soit c’est juste de la daube, soit Gilgamesh participe aux sommets européens, je ne suis pas encore bien sûr.

- aider les chômeurs à retrouver un emploi

Excellent décision : d’habitude, les Etats adorent avoir une petite colonie de chômeurs sur leur territoire, parce que c’est mignon et que le dimanche les promeneurs adorent leur lancer des morceaux de pain dans les parcs pour les voir se battre avec les canards.

-  lutter contre la pauvreté et promouvoir l’inclusion sociale

Bon, en France la phrase était un peu trop longue par contre, Claude Guéant a dû s’endormir à la moitié, et à son réveil, s’est rappelé qu’il avait lu un truc comme quoi il fallait "lutter contre les pauvres". Bref.

Avec tout ça, le 25 mars, l’Europe était donc sauvée. La crise reculait, on se faisait des bisous à Bruxelles, et chacun retournait vers son pays d’origine pour conter à son peuple comment l’hydre économique avait été vaincue lors d’un combat digne des contes nordiques les plus épiques (je pense par exemple à la "Chanson des Nibelungen", au " Helgakviða Hundingsbana" ou à "Olaf est grognon")

Enfin j’exagère : il y a quand même eu une décision à ce sommet ; quelqu’un a eu la bonne idée de réformer le FESF, ce qui, grosso modo, revient à proposer aux états européens endettés d’emprunter encore plus de pognon. Attention, petite leçon d’économie :

J’emprunte 1€ à Cofidos, le banquier maléfique. Il me met des d’intérêts : je devrai rembourser 1,03€.

Je n’ai plus de pognon pour rembourser Cofidos. C’est la crise ! Vite, j’emprunte 1,03€ à Médiatos, le banquier des enfers ! Et hop, comme ça je rembourse Cofidos, bien joué ! Maintenant, je ne dois plus, avec les intérêts, que 1,06€ à Médiatos qui…

Ah, merde.

Curieusement, et malgré ces plans géniaux, trois mois plus tard, donc, le 25 juin, les Européens ont un nouveau problème : la crise est revenue, elle déambule à moitié ivre dans les rues du continent en hurlant "V’nez vous bat’, les Power Rangers ! J’vous atteeeeends" (certaines mauvaises langues disent qu’elle n’est jamais partie, mais hein, bon, qui oserait douter ?) ; on parle alors de "semaine de tous les dangers" dans les médias (là encore, je n’invente pas), tant le combat sera rude.

Avec un tel thème, le sommet européen a aussitôt inspiré certains scénaristes

Bon sang, moi qui croyais que tout danger était écarté, puisque pile trois mois plus tôt, on avait pris des décisions pour éviter que ça ne se reproduise ? Quelqu’un aurait raconté des carabistouilles ? Roooh, je n’ose y croire. Heureusement, encore une fois, et sans explications, tous les commentateurs se tournent vers ce sommet en attendant de voir ce qui va en sortir, alors que même Sloupy le petit poisson pouvait le deviner au vu du précédent : du rien.

Enfin non, j’exagère, si on lit le document, on peut quand même lire

11. Les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de la zone euro réaffirment leur
détermination à faire tout ce qui sera nécessaire pour garantir la stabilité financière de la zone
euro dans son ensemble.

12. La reprise dans la zone euro est en bonne voie et s’achemine durablement vers une croissance
solide. L’euro repose sur des bases saines et nous sommes grandement satisfaits des résultats
obtenus en matière de stabilité des prix depuis l’introduction de l’euro.

Donc si on en croit ce texte, en fait, ça va trop, trop bien en Europe : c’est tellement la semaine de tous les dangers que tout le monde a des trucs plus importants à faire que de chercher des solutions. Je pense qu’on aurait eu une croissance de 60% par an et un taux de chômage en baisse d’1 million de personnes par jour, on aurait pas écrit mieux.

Accessoirement, on félicite des gens, comme à tout hasard, la Grèce, qui a vraiment bien travaillé.

En ce qui concerne la Grèce, le Conseil européen reconnaît les progrès considérables
accomplis au cours de l’année écoulée, notamment en matière d’assainissement
des finances publiques

Du coup, après s’être bien félicités, on discute bien plus longuement de sujets autrement plus importants, comme par exemple, la surveillance des frontières, parce qu’il y en a marre de tous ces étrangers qui viennent chez nous : ils seraient bien capables de produire de la richesse, ces gros chafouins, et ça, ce serait très mal.

Au passage : on revient quand même brièvement sur la Grèce, pour lui prêter encore un peu plus de pognon pour rembourser les prêts qu’elle n’arrivait pas à rembourser. Étonnamment, en proposant plus de dettes à un pays endetté, il le reste. Incroyab’. L’économie, c’est vraiment trop compliqué.

Tout le monde se fait donc un bisou et se sépare, retournant chez soi en expliquant que "la semaine de tous les dangers" était passée et que la Grèce pétait la forme (et qu’un film était en préparation avec Ben Affleck, ce qui restait la principale information de ce sommet).

Ce pourquoi, le 21 juillet, soit moins d’un mois plus tard, un nouveau sommet est appelé, la crise continuant de faire son petit bonhomme de chemin, et ne comprenant pas trop pourquoi à chaque fois les gens se réunissent pour dire qu’ils vont la bourrer avant de faire du rien. Ce sommet sera évidemment lui aussi qualifié "d’étape fondamentale" (par un certain Nicolas S., étonnamment), puisqu’il enregistre le fait que "Ah ben tiens, en fait, la Grèce, elle rembourse pas dis-donc. Un peu comme si… un peu comme si elle n’avait pas de pognon."

Quel constat incroyable : combien d’économistes pour ce résultat ?

Au passage, on continue de s’enfoncer dans le n’importe quoi.

Tous les autres pays de la zone euro réaffirment solennellement qu’ils sont fermement
déterminés à honorer pleinement leur propre signature souveraine et tous les engagements
qu’ils ont pris en matière de viabilité des finances publiques et de réformes structurelles
durables. Les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro appuient sans réserve cette
volonté, la crédibilité de toutes leurs signatures souveraines étant un élément déterminant pour
assurer la stabilité financière de l’ensemble de la zone euro

Vous vous souvenez du sommet de mars ? Les commentateurs de l’époque, visiblement, non, puisqu’on se réengage à s’engager à avoir la volonté de tenir ses engagements pour aller mieux. D’accord d’accord.

Une décision historique est donc quand même bien prise : demander à la Grèce de vendre des trucs qui lui rapportent du pognon.

Attention, nouvelle leçon d’économie :

"Bonjour, j’ai une dette 1€ intérêts compris ; heureusement, grâce à mon pantalon magique qui produit 4 centimes par an, j’aurai tout remboursé dans 25 ans.
- Non ! Vends ton pantalon magique pour 10 centimes aujourd’hui ! Ainsi, tu ne devras plus que 90 centimes !
- Ah ouais, pas bête : tenez, voici mon pantalon magique ! J’espère qu’une société privée en fera bon usage !
- Bon, et maintenant, rembourse les 90 centimes.
- Mais ? Je ? Avec quel argent je… et puis je suis en slip !
- Allez, je suis pas une pute : tiens, voilà un prêt. Tu pourras rembourser ta dette, et avec les intérêts, tu ne me devras plus que 1€, remboursable sur 25 ans. Mais tu sais, en vendant ton slip, tu pourrais toucher 6 centimes, là, tout de suite.
- Bouhouhou…"
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Bref, on n’en était qu’au troisième sommet du danger de l’ultime aventure de la sauvegarde de la préservation de l’Europe.

Patrice Carmouze, pilier méconnu de la culture européenne

Mais c’était sans compter, trois mois plus tard (tout comme le poisson rouge, le commentateur a une mémoire d’environ 3 mois ; vous noterez qu’on respecte toujours ces délais pour ne pas lui montrer qu’on se fout ouvertement de lui), le sommet du 26 octobre , date "historique", puisque c’était tout de même l’anniversaire de Patrice Carmouze. Nicolas Sarkozy, conscient de la symbolique d’une telle date, déclarera lui-même "Notre destin se joue dans les dix jours", et Angela Merkel parlera de "maintenant ou jamais", ce qui ne fera jamais que la quatrième fois en un an qu’on fait le coup. Afin d’exagérer encore un peu plus la tension du moment, il est un temps évoqué la possibilité de faire jouer Carmina Burana en fond sonore durant tous les discours, mais finalement, pour des raisons de droits, la décision sera annulée.

Une décision majeure est prise lors de ce sommet : outre supprimer une partie de la dette de la Grèce (ce qui est bien, puisque de toute manière, quand on sait qu’on ne va pas toucher le moindre euro, autant dire que c’est de son propre chef, et puis bon, la Grèce est toujours en train de pleurer en slip, donc ça ne change pas grand chose de diminuer sa dette tant qu’on la laisse dedans), on demande aux états européens de respecter la règle d’or avant fin 2012, c’est-à-dire, limiter leur déficit et se débrouiller pour rentrer plus de pognon qu’ils n’en dépensent.

Donc, il faut comprendre : respecter la règle qui avait été fixée en mars de la même année. Règle qui était déjà la réécriture exacte d’une règle qui existait déjà. Et dont tout le monde se foutait éperdument.

Le soir même de ce non-accord, Nicolas Sarkozy déclare devant des journal… des… non attendez, journalistes, ce sont les gens qui font de l’investigation sur les sujets dont ils parlent ? Ok, donc, il déclare devant des présentateurs télé : "c’est la totalité de la zone euro qui risquait en cascade d’être emportée" avant d’ajouter "Surtout que merde, la Grèce, elle sert quand même de rotule sur le genou droit quand on se combine pour former Mégazord, alors v’la le gros sauvetage". Personne ne fait remarquer que tiens, mais en fait, ça ferait pas un petit peu quatre fois que la crise est finie en un an ? Avec les mêmes décisions à chaque fois, non ? Et les mêmes discours d’enrobage à base de "On a évité une foutue apocalypse : encore un peu et on envoyait Bruce Willis poser une charge au coeur du FMI pour éviter l’Armaggedon" ? Non.

Ça passe tellement facilement que du coup, le prochain sommet n’attend pas 3 mois pour se lancer, histoire de voir si les gens avalent quand même les mêmes couleuvres. C’est ainsi que le 8 décembre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en tête sortent la grosse artillerie : il faut refonder l’Europe, avec un nouveau traité. Au coeur de celui-ci, on trouverait un pacte de stabilité avec des "sanctions automatiques" en cas d’endettement "supérieur à 3% du PIB". Nos deux loulous n’ont donc pas hésité à ajouter de belles phrases comme ""jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand" ou encore "Nous n’aurons pas de seconde chance", ce qu’ils avaient aussi dit les quatre fois précédentes, mais bon, après tout, personne ne leur fait jamais remarquer qu’on a eu tellement de dernières chances rien qu’en un an que plus personne ne saurait les compter.

Histoire de bien enfoncer le clou, je rappelle qu’un peu partout, cette semaine, on s’enflammait en dissertant sur cette nouvelle Europe et ses nouvelles règles, et les risques encourus si dès à présents on ne changeait pas la donne. Il suffisait pourtant d’aller sur le site officiel de la législation européenne (environ 4 secondes sous Google) pour obtenir cette page et sa jolie petite synthèse pour que même un pigiste pressé puisse réaliser le petit souci : tout cela existe déjà, quasiment depuis le début, tant la règle des 3% de déficits, que les sanctions en cas de non respect.

Si vous avez la flemme, extraits :

Définie par le protocole sur la procédure de déficit excessif, annexé au traité sur le fonctionnement de l’UE (par le traité de Maastricht en 1992), la valeur de référence pour le déficit public est 3 % du produit intérieur brut (PIB). Le dépassement de cette valeur est considéré comme exceptionnel

Et donc, en sus, et en plus mis en gras sur le site pour être sûr que personne ne puisse l’ignorer :

Mise en demeure et sanctions. Dans un délai de deux mois à compter de l’adoption de sa décision constatant l’absence de toute action suivie d’effets, le Conseil peut mettre l’État membre concerné en demeure de prendre des mesures visant à la réduction du déficit. Si l’État a bien engagé une action suivie d’effets pour se conformer à la mise en demeure et si des événements économiques négatifs et inattendus qui ont une influence très défavorable sur les finances publiques de l’État concerné se produisent après l’adoption de cette mise en demeure, le Conseil peut décider, sur recommandation de la Commission, de réviser la mise en demeure.

Au plus tard quatre mois après la mise en demeure, si l’État membre ne se conforme pas aux décisions du Conseil, celui-ci décide normalement d’imposer des sanctions.

"Marty ! Nous sommes de retour à Maastricht, c'est incroyable !"

Voilà, donc, pour ce petit bilan de ces folles aventures de l’année 2011, que l’on vend comme sérieuses alors qu’elles ne le sont pas (du moins dans leur traitement) ; histoire de synthétiser, on vous a donc gentiment vendu 5 sommets comme étant les ultra-ultimes dernières chances de sauver nos âmes de la damnation éternelle et de la guerre mondiale, alors qu’il s’est simplement agi de faire du rien, et de préférence, en déclarant que c’était une véritable révolution.

Maintenant, à vous de jouer en société : vous avez désormais tous les éléments en main pour écraser de votre mépris toute personne qui se la jouerait "Hmmm, je suis grave les sommets, c’est incroyable ce qu’il se joue en ce moment" : rappelez lui qu’il est juste un fat qui disserte sur du rien, qu’on aurait honte de présenter à une classe de lycéens option sciences économiques et sociales.

Au moment où j’écris ces lignes, je viens de lire ça et ça ; sachant que mystérieusement, de cette conférence aussi sont sortis des textes de bonnes intentions, je crois qu’il est grand temps que j’aille stranguler des chatons.

Et déposer leurs corps meurtris dans la boîte aux lettres de certaines rédactions, bien sûr.

 
 


Un jeune garçon qui ne connait pas la vérité sur sa parenté et qui vit dans une famille qui le malmène découvre un jour qu’il est doué de pouvoirs fabuleux et qu’il y a un endroit secret dans son pays où les gens comme lui peuvent recevoir une éducation pour mieux maîtriser leurs aptitudes surhumaines. Voilà le pitch d’une série de plusieurs romans représentant chacun une année de la vie du héros qui…

Quoi ? Mais non, ce n’est pas Harry Potter. C’est Percy Jackson, toutes ces ressemblances ne sont que coïncidences, évidemment. Ça n’a rien à voir avec une vieille ruse commerciale pour écouler des livres.

Et Percy Jackson, ça fleure bon le grand roman ; aussi, lorsque l’adaptation cinématographique se présenta dans les salles obscures, je ne fus guère étonné de trouver Satan devant ma porte soucieux de m’emmener découvrir cette fantastique saga. Quel tentateur. Ne tergiversons cependant pas plus longtemps et spoilons !

L'affiche : je crois que tout est dit

Tout commence lorsque Poséidon, le célèbre dieu des océans sort des eaux pour se rendre à New York, au sommet de l’Empire State Building. Là-haut, son frère Zeus l’y attend (il aime bien New York, la Grèce étant en crise, autant se barrer, le mont Olympe c’est ringard en 2010) et lui désigne le ciel : celui-ci est en effet empli de nuages d’orages, mais qui ne pondent aucun éclair. Zeus l’explique simplement : quelqu’un lui a tiré sa foudre. Et s’il trouve le gitan qui a fait ça, ça va barder pour son matricule. Or, comme les dieux ne peuvent pas se piquer leurs pouvoirs entre eux, il soupçonne fortement un enfant d’un dieu et d’une humaine. Aussi accuse t-il comme ça, au pied levé, Percy Jackson, fils de Poséidon et d’une américaine lambda.

Poséidon l’a un peu mauvaise, parce qu’il est certain que son fils n’aurait jamais pu faire un truc pareil, mais Zeus s’en moque : il donne au dit Percy jusqu’au solstice d’été, 14 jours plus tard, pour lui rendre sa foudre, sinon ce sera… la guerre entre Zeus et Poséidon ! Rien que ça.

Vous noterez que Zeus est une andouille : non seulement il accuse comme ça, hop, sans preuves, on ne sait pas trop pourquoi, Percy Jackson, mais en plus il ajoute que si on ne lui rend pas sa foudre, il déclarera la guerre. D’accord, mais justement, la guerre tu la feras comment sans ta foudre, gros malin ? C’est ballot, mais Zeus n’y a pas pensé. Et Poséidon ne relève pas, pas plus que les auteurs de cette formidable base scénaristique. Et pas plus non plus qu’il ne dit à Zeus "Bin pourquoi tu ne vas pas lui demander directement ?" ou pire demande sur quelles bases il l’accuse. Ca commence fort.

Pendant ce temps, au fond d’une piscine, dans un lycée des Etats-Unis d’Amérique, Percy Jackson, adolescent moyen à la coupe de cheveux tout aussi médiocre tente de battre son record d’apnée, et arrive sans trop se forcer à 7 minutes, ce qui impressionne son pote black qui le chronomètre, Grover (quel beau prénom). Percy, explique que son secret, c’est que "sous l’eau, il se sent bien" et que c’est "le seul endroit où il peut réfléchir". En effet, sitôt au sec, la réflexion de notre héros devient somme toute assez limitée, au même titre que le bigorneau. Mais je n’en dis pas plus : nous constaterons bien assez vite que notre héros a les capacités intellectuelles de ce fabuleux gastéropode.

Percy Jackson n’a pas une vie facile en tout cas : sa mère qu’il adule vit avec Gaby, un beauf qui s’en sert d’esclave maison. Quant à son véritable père, Percy ignore tout de lui. Et pour ce qui est de sa vie scolaire, notre héros a peu de chance : il est dysléxique (ha !) et hyperactif (Ho mon dieu, non ! Nous parlions déjà de cette combinaison du Malin en ces lieux), son lycée est tout pourri et en sus, son meilleur ami Grover joue lui aussi de malchance puisqu’il ne peut se déplacer sans béquilles. Pauvre Percy Jackson…

Un jour, une nouvelle enseignante d’anglais arrive au lycée, Mme Dodz. L’air aussi sympathique qu’un Charles Pasqua un jour de procès, elle se présente rapidement et interroge d’entrée de jeu son premier élève : Percy Jackson. Celui-ci n’arrive pas à répondre à la question qui lui est posée, mais ce n’est pas le principal : à aucun moment il ne se dit "Tiens, c’est marrant, elle vient à peine d’arriver, c’est son premier jour et elle connait déjà mon nom prénom et visage". Quel gentil gastéropode.

Le véritable père de Percy Jackson, au vu de son intellect. On reste dans l'idée qu'il est un enfant de la mer.

Quelques temps plus tard, la classe de Percy est emmenée au musée pour parler de mythologie devant des statues grecques. Sur place, un professeur en fauteuil roulant, Pierce Brosnan (qui visiblement avait besoin d’un film pour manger) présente les différents dieux et leurs histoires respectives. Percy, lui ne comprend pas pourquoi Mme Dodz le fixe en permanence avec un air revêche. Il trouve ça étrange, surtout qu’elle n’est pas vraiment de son âge. Bon, à aucun moment, il ne se dit "c’est peut-être parce que j’écoute ostensiblement mon baladeur au lieu d’écouter le cours", et il a raison, car ce n’est effectivement pas ce que le scénariste considère comme logique (il devait écouter son baladeur durant les cours d’écriture, visiblement): la professeur d’anglais invite finalement Percy à le suivre pour discuter dans une aile du musée en cours de travaux (mais dont l’accès est évidemment ouvert quand même). Là, elle se transforme instantanément en créature volante monstrueuse, et choppe l’ami Percy pour lui demander "Où est la foudre, donne la moi, voleur !"

Percy est fort surpris de cette rencontre peu banale, mais est sauvée par l’arrivée de la brigade des jambes bras cassés : Grover et Pierce Brosnan, l’un sur béquilles et l’autre sur roues. Le professeur menace la créature ailée de mille maux type "Si je m’lève ce sera pas pour rien", "Vas y descend pour voir" et autres "Casse toi pauv’ con", et celle-ci finit par s’enfuir au travers d’une baie vitrée en relâchant le pauvre petit Jackson, un peu tourneboulé par les évènements. Sur ces entrefaits, l’homme à roulettes et l’homme à béquilles qui semblent bien se connaître expliquent à Percy qu’il est en danger (Bonjour Monsieur de La Palisse, comment allez vous ?), et que s’il est menacé, il faut qu’il utilise cette arme pour se défendre, disent ils en lui tendant un stylo bille doré. Percy est un poil dubitatif, mais accepte le présent et file hors du musée accompagné par Grover.

A noter que ce doit être le musée le mieux insonorisé du monde : tu peux t’y battre, hurler, péter des baies vitrées à cinq mètres d’une galerie pleine de visiteurs, personne n’entend rien. Il faudra que je pense à m’y rendre un de ces jours, il me manque quelques pièces antiques pour décorer mon patio.

Revenons à nos amis : Grover et Percy se dirigent vers l’appartement familial du sire Jackson, et sur le chemin, le plus formidable des copains blacks explique à Percy qu’il est son "protecteur". Avant que notre héros ne puisse lui faire remarquer qu’il n’est pas intéressé par ses allusions gays, ils arrivent à destination. Sur place, Grover dit à maman Jackson qu’il est temps de filer en urgence, que Percy n’est plus en sécurité, et elle semble parfaitement comprendre ce qu’il se passe. Gaby, son mari, tente de s’interposer mais se fait tataner à coups de béquilles. Toute la troupe mère, fils et meilleur ami black peut donc filer en voiture vers une destination inconnue de Percy mais pas des deux autres.

Alors que la nuit tombe, la voiture longe de verts pâturages, où l’on peut apercevoir une silhouette cornue massive au milieu des vaches : c’est évidemment le minotaure, qui tout bovin qu’il est n’en est pas moins mâle et a un fort besoin d’accouplement avec les meuhmeuhs locales. Cependant, apercevant la voiture de Percy Jackson, il attrape la vache avec laquelle il s’accouplait vertement et la propulse au devant du véhicule. Cela surprend maman Jackson qui du coup quitte la route et fait une embardée dans le fossé.

La vache, un projectile redondant au cinéma

Personne n’est blessé ? Non. Percy aperçoit au-dehors le minotaure qui se rapproche promptement de la voiture, et commence à brailler comme un âne. Heureusement, à l’arrière, Grover décide qu’il est temps d’agir, et vite ! Il commence donc à retirer son pantalon, probablement pour tenter d’avoir un peu de plaisir avec Percy avant de mourir.

Sauf que non, en réalité il dévoile ses vraies jambes : des pattes de bouc : c’est un satyre. Et ni une ni deux, il s’extraie de la voiture, aide tout le monde à s’en sortir, et file en direction des bois avec la famille Jackson. Sauf que le minotaure n’abandonne pas pour autant et poursuit tout ce beau monde. Coup de chance, la destination tant recherchée par nos héros n’est qu’à deux pas au cœur de la forêt (ça tombe bien quand même, heureusement qu’ils n’ont pas été attaqués une centaine de kilomètres avant) : une porte de style antique au-dessus de laquelle il est inscrit "Camp des sangs-mêlés". Et autant Percy et Grover peuvent y entrer, autant maman Jackson qui est 100% humaine se retrouve bêtement bloquée par une barrière invisible à la porte.

C’est ballot, surtout lorsque l’on sait que le minotaure débarque et pète sa gueule à la dite maman. Percy est donc un peu colère, refranchit la porte en sens inverse, sort son stylo bille (qui se transforme instantanément en épée) et commence à affronter la bête avec moult pirouettes. Il finit par la battre en le plantant avec un bout de ses propres cornes tombé durant la bataille (oui, avec une épée, c’est la vieille école). Un peu fatigué après toutes ces aventures, et sachant qu’il n’a pas goûté aujourd’hui, il s’évanouit donc mollement sur ces entrefaits.

A son réveil, Percy est dans une sorte d’infirmerie kitsch de plein air : celle du camp des sangs-mêlés. A son chevet, son pote Grover le satyre l’attend pour lui faire visiter le secteur. Décrivons brièvement à quoi cela ressemble ; vous avez déjà vu un épisode de ces sous-séries type "Les nouvelles aventures de robin des bois" ou "Sinbad  le marin" ? Mais si vous, savez, où toutes les couleurs (vêtements, armes, tentures) sont fluos et moches ! Et où les gens qui se battent utilisent des tonnes d’armes avec lesquelles ils coupent tout sauf leurs adversaires, puisque ils ne leurs donnent que des coups de poings/pieds/pommeau… bref, les combats parfaits pour les enfants ! Et bin voilà, c’est ça le camp des sangs-mêlés. Le tout au bord d’un lac, dans une herbe fabuleusement verte avec dans tous les coins des râteliers d’armes diverses en plastique pour faire illusion.

Bref, au cœur des Etats-Unis, il existe un camp d’entrainement pour les demi-dieux grecs. Normal.

Depuis James Bond, quelle décadence. Bientôt la Ferme Célébrités.

Dans ce camp, outre Grover, Percy retrouve un autre personnage : Pierce Brosnan, qui est en fait Chiron, le célèbre centaure, un corps de cheval étant tout de même plus pratique qu’un fauteuil roulant. Celui-ci présente à notre héros la maison qui lui revient au sein du camp : une sorte de cabane en bord de lac pleine d’objets marins et de tridents partout… Percy se demande bien qui est son père… voyons… hmm… et si… hmmm… oui… serait-ce Poséidon ? Bravo Percy, tu es décidément trop fort.

Mais ce camp, c’est aussi celui de l’amour et des petits bisous, puisqu’il y a aussi la fille d’Athena (une déesse vierge, rappelons-le, magie des miracles divins), Annabeth Chase, qui jette des regards torrides à notre héros. Ainsi que des centaines d’autres demi-dieux (rien que dans ce camp des Etats-Unis). Ce qui signifierait donc que Zeus aurait non seulement accusé Percy Jackson sans preuves, mais aussi au pif parmi des milliers de candidats potentiels sur la planète. Diantre, heureusement qu’il est dieu de l’Olympe et non officier de police.

Pendant que Grover s’amuse avec les nymphettes du coin (satyre black, une combinaison qui fait rêver), Chiron propose à l’ami Percy de participer à l’entrainement quotidien de la troupe : deux équipes (les bleus aveuglants contre les rouges pétards) doivent s’affronter jusqu’à ce que l’une d’entre elle capture le drapeau de l’autre. Notre héros rejoint donc les bleus, où il devient copain avec Luke Castellan, le fils d’Hermès. Après une baston où tout le monde essaie de s’entretuer mais où au final, par d’incroyables coups du destin, encore une fois seuls les coups de poings/pieds/pommeaux touchent (heureusement, ils en ont de la chance, parce que sinon ils en seraient à 12 à 18 morts par jour dans ce camp), Percy arrive au drapeau ennemi où l’attend Annabeth, la fille d’Athéna de l’équipe rouge. Ils s’affrontent, elle lui marave sa gueule avec de petits coups d’épée (c’est la seule à toucher quelque chose avec) et lui fait de petites coupures, mais c’est là que l’ami Jackson découvre l’un de ses grands pouvoirs : il se régénère au contact de l’eau.

Il ne s’en était jamais rendu compte jusqu’ici ? Jamais il ne s’était passé une petite coupure ou un bobo sous l’eau ? Non, pas d’après l’auteur de cette merveilleuse histoire. Sacré Percy Jackson.

En tout cas, frais et régénéré, notre héros revient à la charge, bat la petite Annabeth au combat s’empare du drapeau rouge et tout le monde est content, c’est merveilleux. A noter que d’ailleurs, on a appris d’où venait la dyslexie et l’hyperactivité de Percy : la première, c’est parce que son cerveau est conçu pour le grec ancien (que du coup il sait lire), et l’autre parce qu’il a un puissant instinct, ce qui explique ses capacités au combat sans jamais avoir appris à manier les armes. D’accord, c’est bien noté.

"Chui pas dyslexique, chui un putain de dieu grec !"

Chiron, lui, a appris à notre demi-dieu pourquoi il semblerait que tout le monde lui en veuille : il est accusé d’avoir volé la foudre de Zeus (mais ne se pose pas non plus la question du "C’est marrant qu’ils t’accusent tous sans savoir pourquoi, on dirait que quelqu’un a oublié la base du scenario !"). Le centaure, qui est aussi sage qu’un cheval peut l’être, explique à notre bon héros que la meilleure manière de se sortir de ce bourbier est de se rendre sur l’Olympe pour expliquer à Zeus que "Vas-y c’est pas moi qu’est-ce que tu me dis, nardin !". Excellent plan, centaure.

Sauf que lorsque la nuit tombe sur le camp, un évènement peu banal se produit alors qu’Annabeth et Percy se dragouillent gentiment ("Vivement que la puberté soit finie !") : Hadès, le dieu des enfers apparait dans les flammes du feu de camp sous la forme d’une sorte de super démon cornu et ailé géant, et exige que Percy Jackson se présente à lui aux Enfers pour lui donner la foudre qu’il a volé ; en échange, il lui rendra… sa mère.

Percy est tout fou : il va revoir sa maman, youpi. Sauf qu’il n’a pas la foudre de Zeus, flûte. Il se dit que bon, il suffira d’aller aux Enfers expliquer que voilà, tu vois Hadès, en fait c’est pas moi qui l’ai, la foudre. Par contre, je veux bien que tu me rendes ma mère, ce serait cool. Là aussi, un plan formidable, presque aussi bien que celui de Chiron. Ou de Françoise l’huître.

Ni une ni deux, le petit Percy s’en va pour quitter le camp équipé de son fidèle stylo-épée, et croise sur son passage Annabeth et Grover, qui veulent tous les deux l’accompagner. Chemin faisant, ils croisent Luke, le fils d’Hermès donc, qui se propose de les équiper gentiment en matos pour aller jusqu’aux Enfers. En effet, il a piqué pas mal d’équipement un jour qu’il cambriolait chez son père (les dieux n’ont pas le droit de fréquenter leurs enfants demi-dieux, autant dire que Luke n’était pas invité) : il leur donne donc une paire de converses volantes (oui…), un superbe bouclier et une explication sur comment aller et revenir des Enfers.

En effet, dans le sous-monde, on peut entrer mais guère sortir : heureusement, Perséphone, l’épouse d’Hadès, aime bien avoir des "visiteurs" , aussi donne t-elle des perles qui, une fois écrasées, permettent à leurs utilisateurs de se téléporter où ils le souhaitent loin des Enfers. Nos amis décident donc d’un plan : récupérer trois perles, ainsi ils pourront aller chez Hadès et en revenir. Ho les enfants, vous allez y chercher quelqu’un, il vous faudrait donc quatre perles, et non trois, pour ramener la personne en question, sinon ça ne sert à rien d’y aller. Mais nos héros n’y pensent pas, c’est bête.

Dans tous les cas, Luke leur donne une "carte de Perséphone", qui permet de localiser les "trois perles aux Etats-Unis" avant de donner l’entrée des Enfers. Alors déjà que ça tombe bien qu’il y ai trois perles (puisqu’ils pensent qu’il leur en faut trois, quelle merveilleuse coïncidence), en plus visiblement quand Perséphone fait une carte, elle met bien les limites administratives du pays en question. Peut-être y a t-il des perles en supplément, plus proches, au Canada ou au Mexique ? Non, non, la carte ne le dira pas, parce que tu vois, Perséphone, elle a pas de passeport alors elle ne peut se limiter qu’aux USA, tu vois, sinon elle finira dans un charter pour son pays. Allons bon.

Décapiter une méduse ? Oui, il y a aussi une application pour ça.

La carte indique donc la première perle : un vieux magasin de botanique abandonné dans l’Est du pays. La petite troupe s’y rend, et sur place, il y a une quantité de statues absolument remarquable. Toutes dans des positions relativement torturées. Nos héros, un peu cons, décident donc que pour trouver la perle plus vite, autant se diviser en trois groupes de un. Et hop, en route. Percy ne trouve rien, Grover tombe sur la statue de son oncle dont il se souvient car on lui avait dit que la méduse l’avait tué (ça le fait donc réagir un peu) et Annabeth trouve une touriste hurlant qu’une femme a transformé son mari en pierre, alors qu’ils étaient venus demander leur chemin. Tout le monde se met donc à crier "La méduse, la méduse !" et Uma Thurman, qui tout comme Pierce Brosnan devait manquer de liquide apparait donc tout en turban et lunettes de soleil. Ni une ni deux, elle transforme la touriste en pierre, et avant qu’elle n’aie le temps de s’occuper d’Annabeth, Percy intervient (il la regarde dans le reflet de son Iphone – publicité subtile – ) ; finalement, la méduse sera vaincue, décapitée, et dans le doute, nos héros garderont sa tête avec eux, parce que ça peut toujours servir ce truc. Sur le corps de la filoute, ils récupèrent la perle, qu’elle avait pour des raisons que l’on ignore totalement.

Ni une ni deux, nos héros sont pressés et reprennent donc la route en consultant leur carte qui leur indique que la prochaine perle les attend au Parthénon de… Nashville. Le mauvais goût ne connait donc aucune frontière ? Il semblerait que non. Seulement voilà, une fois sur place, la perle est rapidement localisée, mais fort mal située : elle orne la couronne de la statue géante d’Athéna, à 5 ou 6 mètres du sol. Comment faire avec tous ces touristes ? Cela promet d’être compliqué… non, non, n’oubliez pas : la fille d’Athéna est dans l’équipe et a donc forcément des talents inégalés de sagesse et de stratégie : elle propose donc de s’enfermer dans les chiottes jusqu’à la fermeture du "parthénon" (c’est connu, ce n’est pas du tout le premier endroit vérifié par les gardiens) et d’agir lorsque le site sera vide. Evidemment, le plan marche sauf que… sauf que cinq agents d’entretien sont en train de nettoyer la salle principale, impossible donc d’agir discrètement ! Que faire ? Annabeth a encore un plan (mais faites la taire avec ses plans !) : étourdir tous le personnel à l’aide de seringues de tranquillisants. Tour à tour, les agents s’effondrent bruyamment dans des "Hoooo" et des "Haaaa" suivis de bruits de chutes de corps et d’outils de nettoyage, mais aucun membre de l’équipe n’entend son voisin situé à un mètre tomber. Décidément, dans ce film, tous les sites "culturels" (non parce qu’on parle d’un parthénon en toc là, donc les guillemets sont les bienvenues) sont formidablement insonorisés. Bref, le plan a fini par marcher. Remarquez, il existait un autre plan possible intitulé "L’équipe de nettoyage va pas passer 12h à lustrer le sol, on a qu’à attendre leur départ", mais ils n’y ont pas pensé, c’est dommage. En tout cas, grâce à sa paire de babouches volantes prêtées par le fils d’Hermès, Percy a tôt fait d’aller décrocher la perle du front d’Athéna.

Hélas, en redescendant sur terre, il découvre que l’équipe de nettoyage, qui aurait du dormir trente minutes environ est d’ores et déjà debout et prête à en découdre. En plus, les cinq personnes qui la composent se mettent à parler ensemble d’une seule voix d’outre tombe (on dirait Jeanne Moreau, en fait) pour expliquer qu’ils comptent bien tuer Percy Jackson. Puis, ils fusionnent et se transforment en une hydre à cinq têtes. Le combat s’engage, et grâce à ses babouches volantes une fois encore, Percy coupe chaque tête tout en se protégeant de son bouclier über-classe (encore un gadget de son pote Luke). Évidemment, à force d’écouter son Ipod en cours de mythologie, il ne se souvient pas que quand tu coupes une tête à une hydre, deux repoussent. Le combat se poursuit, et notre héros finit par se souvenir (pendant que ses deux copains font de la figuration) qu’il est le fils de Poséidon et devrait donc pouvoir commander à l’eau ; il invoque donc l’eau des bidets environnant (c’est ce qu’on appelle "avoir la classe") à son secours pour perturber l’hydre, mais finalement, c’est Grover qui a l’idée ultime pour tirer ses potes de ce mauvais pas "Hé les gars, j’ai oublié que j’avais la tête de la méduse dans mon sac à dos, maintenant que j’y pense on aurait pu l’utiliser d’entrée de jeu si on était un peu moins navrants". Et à peine cette idée a t elle germée que la tête est brandie et l’hydre transformée en pierre. Hop, fin du combat.

L'hydre de Nashville, USA. Rentre chez toi, Nessie !

Il est donc grand temps de reprendre la route, pour quelle destination ? Le Casino du Lotus, à Las Vegas. En effet, le lieu semble mystérieux (enfin, pour le spectateur moyen, nos héros, eux, ne remarquent rien), puisque l’on peut y entrer en courant, en jean et sac à dos de lycéen et personne ne dit rien. Etrange… En tout cas, la priorité de nos fieffés filous est de trouver la perle dans cet immense bazar. Oui, mais comment ? Tiens, si je mangeais une de ces fleurs de lotus que des hôtesses proposent à tous les passants ? Allez, hop et… ho… je me sens… bizarre…

La troupe vient en effet de tomber dans un piège terrible, celui des lotophages (mangeurs de lotus, pour le jeune public qui pourrait confondre avec les gens qui mangent des papiers de la Française des Jeux) ; une fois le lotus consommé, on a plus envie de repartir… jamais… ainsi, durant 5 jours, nos héros font la fête (on voit surtout le satyre danser avec de jolies filles, jamais ce qu’il se passe après), avant que Percy ne réalise qu’il y a un problème (alors que la fille d’Athéna, la sagesse, tout ça, rien du tout) : en effet il entend dans sa tête une voix qui lui dit "Non, ne reprend pas de lotus, tu sais bien que tu le digères mal". La voix de son papa, qui doit probablement payer la note du casino et ainsi essayer d’éviter la faillite. De là, Percy tente de réveiller ses deux amis à l’aide d’arguments comme "Houlala c’est trop louche ici" mais ceux-ci se contentent de lui répondre "lol" ou "mdr". Il convient donc de les secouer un peu pour qu’ils retrouvent leurs esprits, puis il n’y a plus qu’à trouver la perle qui…

Non, pas comme je le suppose. Pas un truc aussi ridicule ?

Et bien si : la perle sert dans le casino à jouer à la roulette. C’est vrai quoi, vous tombez dans la rue sur une perle qui permet de ressortir instantanément des Enfers si jamais vous vous y retrouviez (par exemple si vous étiez vaguement mort), qu’en faites vous ? Tiens, je vais m’en servir pour jouer à la roulette. Il y avait d’autres options : pour caler une table, pour jouer aux billes ou même pour lapider Christine Bravo. Que de possibilités fabuleuses quand on y pense. En tous les cas, Percy Jackson se saisit de la perle, et la sécurité se met aussitôt en action en constatant que l’un des clients de l’hôtel est "réveillé" : il est grand temps de partir, et c’est donc à bord d’une voiture qui devait servir de gros lot à un jeu que notre équipe s’enfuit (oui, les modèles de voiture d’exposition sont toujours fonctionnels, équipés d’un plein et placés en face de la porte avec les clés sur le contact et les portières ouvertes, des fois que).

Les tenues pour aller au casino laissent à désirer

Les trois perles en main, que faire ? Il faut désormais trouver l’entrée des Enfers… et la carte de Perséphone la révèle aussitôt : elle se situe à Hollywood. Non, je n’invente rien. Derrière les grandes lettres installées sur la célèbre colline, une petite entrée permet d’accéder aux Enfers, ce qui explique l’attrait des stars pour ce secteur si pittoresque, comme je les comprends. L’accès aux Enfers est une sorte de long couloir de catacombes au bout duquel attend un homme encapuchonné avec une barque. Mais qui cela peut-il bien être ? Aucun de nos valeureux héros ne le sait (alors que dans le tas il y a un satyre et la fille d’Athéna, qui pourraient éventuellement s’y connaître un brin en mythologie, mais non). Aussi ils décidément finalement que tiens, ils pourraient lui filer du fric pour qu’il les laisse passer ! Sauf que le bougre n’accepte ni les dollars, ni les roubles et les dinars. Ne disposant ni d’euros ni de pesetas, nos héros fouillent leurs poches et… ho ? Tiens ? Des drachmes d’or ! C’est vrai, ils en avaient trouvé une poignée dans une petite fontaine sur le lieu où ils avaient combattu la méduse. Qu’est-ce que des drachmes en or foutaient en plein milieux des Etats-Unis au fond d’une fontaine ? Ne me demandez pas. C’est comme l’entrée des Enfers à Hollywood, je préfère ne pas chercher. En tout cas, une fois les pièces en main, le mystérieux passeur (au hasard j’aurais dit Charon, mais je ne suis pas fils d’Athéna alors je ne vais pas me prononcer) fait monter l’équipe dans sa barque et les emmène dans les Enfers.

Les Enfers, c’est très loin de la vision grecque. Pas de philosophes en goguette, point de Champs-Elysées, juste des fosses en flamme avec des gens qui crient façon chrétienne, avec au milieu, un immense manoir fortifié : le domaine d’Hadès. A peine débarqués, nos héros sont accueillis par Perséphone, qui est ici une dépressive nymphomane à forte poitrine qui hait son mari. Celle-ci emmène les arrivants auprès de son compagnon, qui a ici son apparence humaine, celle d’un barbu moche façon Hell’s Angel anorexique. Il demande donc aussitôt à Percy Jackson de lui filer l’éclair en échange de sa mère.

"Ouais, heu, nan, vazy trop pas"

Excellent argument, fils de Poséidon, tu marques un point. Tu n’aurais pas une phrase bateau (humour : Poséidon, mer, marins… bon, j’enchaine) pour ponctuer tout ça ?

"Ma mère d’abord !"

Merci. Sauf qu’Hadès, il veut l’éclair d’abord ; Percy explique donc posément que l’éclair, en fait, ha ha ha, il l’a pas. Par contre, si le maître des lieux voulait bien libérer sa môman…Sauf qu’Hadès refuse : pas d’éclair, pas de maman, et ça l’énerve tellement qu’il… qu’il libère la mère Jackson en brisant la sphère qui retenait son esprit prisonnier sur le sol, et dont elle jaillit instantanément en chair et en os. Attendez, mais pourquoi dit il quelque chose avant de faire le contraire dans la seconde ? Aucune réponse ne viendra dans le scenario, on comprend juste qu’Hadès fait le minimum syndical pour aider le héros sans montrer que tout cela est totalement incohérent.

Hadès : notez la ceinture squelette du meilleur goût

Cependant, histoire de montrer qu’il est méchant, Hadès décide de livrer les désormais quatre invités de son palace aux âmes affamées, qui attendaient patiemment dans la cheminée sous forme de petits personnages enflammés. Dans la pagaille qui s’ensuit, Percy laisse tomber son superbe bouclier dont une pièce se détache et laisse paraître… un petit éclat de foudre. Tiens donc ?

"Vazy c’est pas à moi qu’est-ce tu m’fais, il est même pas à moi ce bouclier" dit Percy ; on se croirait lors d’une fouille des stups.

Hadès s’en empare aussitôt, et désormais certain qu’il va pouvoir latter tous les autres dieux avec cette arme, la plus puissante de toute la création, décide de faire un câlin à sa femme pour fêter ça (c’est une pratique connue : tu trouves une arme, tu fais un câlin. Ca rend la guerre moins sale). Mais cette dernière en profite pour s’emparer de l’éclair et ainsi neutraliser Hadès (enfin l’assommer, il faut que ça reste gentillet) ; elle libère alors les quatre héros qui étaient en mauvaise posture et leur demande de rapporter rapidement son éclair à Zeus, car elle veut à tout prix éviter une guerre des dieux. Cependant, elle note que Percy et ses potes n’ont emmené que trois perles et qu’ils sont quatre. C’est donc Grover qui se sacrifie, tant il comprend que rester bloqué avec une nymphomane aux formes agréables peut avoir des avantages. Les autres, eux, brisent les perles sous leurs pieds en pensant très fort à se téléporter sur l’Olympe. Pouf pouf, téléportation.

L’équipée sauvage (Maman Jackson, fils Jackson et Annabeth) se retrouve donc sur… l’Empire State Building ? Attendez, les Enfers à Hollywood et l’Olympe sur l’Empire State Building ? On ne frôle plus le ridicule, on se roule dedans en poussant de petits cris de jouissance, semble t-il. Hélas, sur place, le véritable voleur, celui qui avait volé la foudre et qui l’avait cachée dans un bouclier les attend : Luke, le fils d’Hermès.

"Luke ? Mais pourquoi avais tu caché la foudre dans ce bouclier que tu m’as donné ! Et pourquoi l’avoir volée, en premier lieu ?"

Excellente question, je frémis d’impatience de connaître la réponse.

"Quand j’ai appris que tu allais voir Hadès, je me suis dit qu’ainsi sans le savoir tu lui porterais la foudre, déclenchant ainsi une guerre entre les dieux ! C’est ce que je voulais ! Que les dieux se battent !"

Sachant que tu avais la carte de Perséphone pour localiser les Enfers et les perles pour en revenir, on se demande pourquoi tu t’es emmerdé avec ton plan foireux mon petit Luke. En plus, tu aurais sûrement pu négocier une grosse récompense contre la foudre, donc tu es juste très con, en fait.

L'Olympe. Oui, je sais.

"C’est très vilain ! Vilain Luke ! Vilain !"

Hélas, Luke est un fieffé filou et il arrive à reprendre la foudre à Percy Jackson. Aussitôt, il décide de révéler quel était son plan maléfique (mais ? Je croyais qu’il venait de le faire à l’instant ?)

"Je voulais la foudre, Percy ! Avec elle, je pourrai vaincre les dieux ! Et ainsi créer un ordre nouveau, mon ordre, celui d’un demi-dieu, fait à mon image !"

Attendez, mais le plan était différent il y a encore trente secondes ! Il ne voulait pas filer la foudre à Hadès, même que c’est pour ça qu’il l’a bêtement cachée dans un bouclier voyageant vers les Enfers au bras de Percy Jackson ? Bon, là ce n’est même plus incohérent, c’est juste n’importe quoi. Le combat s’engage cependant entre Luke & Percy, volant au-dessus de New-York chacun équipés de chaussures volantes d’Hermès. Après mille et un rebondissements, c’est mystérieusement Percy qui gagne en invoquant toute l’eau des réservoirs des toits de la ville environnants et en la balançant sur la tronche de son adversaire. Il n’a donc plus qu’à retourner sur l’Empire State Building, où Annabeth et sa mère l’attendent gentiment. Maman Jackson, ça tombe bien, connait le passage vers l’Olympe, mais ne peut y rentrer car elle est humaine. Bon, ne cherchez pas comment elle connait le passage ; même son vieil amant de Poséidon n’avait aucun intérêt à lui montrer, puisqu’elle ne pouvait pas rentrer. Sachez en tout cas que si vous voulez visiter le domaine des dieux, il suffit de jouer avec le tableau électrique de l’Empire State Building. Le fusible "Meet the gods !" entre "Floor 23" et "Floor 24" par exemple est un bon indice de l’endroit où il faut appuyer.

Un ascenseur s’ouvre donc (oui, un ascenseur ; on imagine bien Zeus le prendre le matin pour aller au travail et regarder ses sandales en toussotant aux côtés des autres dieux en écoutant la musique du cru), Annabeth et Percy peuvent donc s’y engager et ainsi être menés jusqu’à l’Olympe, où les dieux regardent nerveusement l’heure : le délai pour rendre la foudre sera expiré dans cinq…quatre…trois…deux…un…

"Attendez !"

Oui, dans ce film comme dans un demi-million d’autres, personne ne peut arriver avec un peu d’avance : c’est toujours au dernier moment. Percy rend donc la foudre à Zeus, la guerre est annulée (je résume : Zeus désarmé menace de guerre, et une fois armé veut faire la paix. Bon…) et Poséidon remercie son fils. Tout comme Athéna salue sa fille. le héros du jour demande simplement au roi des dieux de ramener son pote satyre black des Enfers, parce qu’il lui manque. Et tout est bien qui finit bien : tout le monde se retrouve au camp des demi-dieux, maman Jackson plaque son mari beauf, Gaby, dont la seule utilité était de "masquer par sa puanteur l’odeur de Percy aux êtres mythiques" (c’est pour ça qu’elle restait avec, pour le protéger, c’est beau) et déménage.

FIN

A noter qu’après le générique, pendant que vous en êtes encore à vérifier que vous n’avez rien laissé sur votre siège, l’un de ces bonus sans intérêt (pardon, autant que le film en fait) tant à la mode parait à l’écran : Gaby le vilain veut aller se taper une bière dans son frigo, mais que trouve t-il dedans ? La tête de la méduse, et il connait ainsi une fin atroce.

Quel petit bâtard, en fait, ce Percy Jackson.

 

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