La période des élections municipales française est là, et avec elle, l’actualité traîne le pied.

Heureusement, et parce que sur ce blog, on aime pas laisser les gens sans de quoi se distraire un peu, vous trouverez ci-dessous une copie du « Guide du petit cumulard illustré« , qui vous permettra de reconnaître, dans le discours de vos édiles, des techniques édifiantes de simplicité pour justifier l’injustifiable.

Nul doute que vous pourrez vous en servir pour faire un véritable bingo auprès de vos candidats préférés.

A vous de jouer !

Cumulard1

Cumulard2

Cumulard3

Cumulard4

Cumulard5

Cumulard6

Cumulard7

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Cumulard9

Cumulard10

Bon allez, je pars en réimpression.

J’aime les théories du complot.

Attentats organisés par des gouvernements au sein de leur propre pays, produits chimiques diffusés par avion pour enrichir l’industrie pharmaceutique, assassinats de personnalités (une personnalité ne peut jamais mourir comme tout le monde, ce serait tellement banal) pour parvenir à de sombres fins… il y en a quantité, pour la plupart appuyées par des éléments aussi troublants que des vidéos youtube dans lesquelles on voit parfaitement, à 1:15, un pixel non-identifié qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un missile de croisière XV-245 en forme de pixel.  Pour ma part, je suis depuis longtemps rassuré par un élément aisément vérifiable :

Ceux qui nous gouvernent sont bien trop mauvais pour comploter correctement.

Dissimuler l’existence d’une civilisation extra-terrestre à sa population me paraît compliqué lorsqu’on a déjà du mal à planquer un compte en Suisse de ministre, faire assassiner le président Kennedy a dû être diablement compliqué pour une équipe qui quelques années plus tard, bien que plus expérimentée, n’a pas réussi à faire taire une stagiaire amatrice de cigares, quant à la dissimulation de toute la vérité vraie, visiblement, elle ne marche pas aussi bien sur les chiffres du chômage ou la dette. C’est ballot.

Mais s’il est aisé de se moquer des moins compétents que nous, mon éducation judéo-chrétienne me commande de leur tendre une main charitable en proposant aujourd’hui un guide complet sobrement intitulé :

Comment expulser humainement

Car en effet, depuis quelques jours à présent, le net et ses réseaux bruisse de propos concernant l’expulsion de Leonarda, une collégienne de 15 ans qui a été arrêtée lors d’une sortie scolaire avant de gagner un voyage pour le Kosovo, région dont sa famille serait originaire, mais en fait, on est pas trop sûr, ce serait peut-être l’Italie (une équipe de géographe travaille actuellement sur le sujet, les économistes n’ayant pas réussi à finir le jeu des 7 différences qu’on leur avait confié sur le sujet). Du coup, la toile s’enflamme, les journaux de même, et bientôt, radios, télévisions et même lycéens n’hésitent pas à s’indigner de cet événement. Pourquoi ? Observons plutôt ce que l’on peut trouver :

Tenez, par exemple, sur Europe 1 :

Alors que moi, j’ai toujours rêvé que la police vienne me chercher pour me sortir de mes cours de géométrie.

Ou France TV, évoquant la réaction de l’Elysée :

La présidence de la République a expliqué, jeudi 17 octobre au soir, que plusieurs mesures étaient envisagées pour éviter que des enfants soient emmenés par la police alors qu’ils se trouvent en classe 

Voire Reuters, citant Harlem Désir, connu pour sa lutte pour l’intégration :

« Nous, la gauche, nous nous sommes battus quand la droite était au pouvoir contre des arrestations de jeunes à la sortie des écoles », a souligné Harlem Désir.

« Là, elle était dans une activité scolaire et donc, il y a au niveau de la préfecture -c’est ce que l’enquête administrative qui est en cours va je pense montrer- une faute qui doit amener à tirer un certain nombre de leçons », a-t-il ajouté.

Et je vous passe donc toutes les autres réactions, d’officiels, de lycéens ou d’utilisateurs de Facebook qui, drapés de la bannière des Droits de l’Homme, hurlent qu’il est inconcevable qu’en France, on expulse des enfants pour renvoyer dans des pays qu’ils n’ont jamais connu sur le temps scolaire ! Ça, ma bonne dame, jamais !

Et là, logiquement, il y a un truc qui doit vaguement vous titiller.

Mais si, allez.

Si.

En fait, tout le monde n’est pas en train de s’indigner qu’on mette des coups de pied au cul à des enfants, non, ça, on s’en fout visiblement.

Le problème selon nos fiers humanistes, c’est que ça se fasse à l’école devant tout le monde. Un peu comme quand on bombarde des gens : tant que l’on a pas les images pendant que l’on est table et que ça gâche le jambon, tout le monde s’en fout. Faites ce que vous voulez, mais alors ne nous obligez pas à regarder, monstres !

Aussi, et puisque cela semble être le cœur du problème, laissez-moi m’aligner sur le courageux militantisme citoyen de mes contemporains, et proposer mon humble assistance au gouvernement pour expulser des mineurs, oui, mais de manière humaine. Allons-y donc.

I. Se renseigner sur l’emploi du temps

Si planquer une équipe en véhicule utilitaire est toujours un bon moyen de se renseigner sur les habitudes de la cible, beaucoup continuent de dire que les messieurs en camionnette qui surveillent les enfants à l’aide de jumelles ne sont pas du meilleur effet dans le paysage urbain (sauf à Charleroi, mais nous nous contenterons de parler ici d’endroits qui existent vraiment). Heureusement, les enfants étant fondamentalement sympa avec la maréchaussée, principalement parce qu’ils ont encore de trop petites jambes pour les semer à la course après avoir jeté un parpaing, ils transportent toujours avec eux un emploi du temps pour faciliter la tâche des forces de l’ordre. Observons plutôt à quoi celui-ci peut ressembler.

Emploi du temps

Vous avez bien lu ? Alors comme pour les cahiers de vacances, exercice :

« Sachant que le petit Jean-Jacques vient de gagner un ticket pour Bamako (mais sous un gouvernement de gauche, il a donc le droit a un rafraîchissement gratuit sur le vol), à quelle heure puis-je aller le chercher en semaine sans que les gens ne s’indignent ?« 

Allez-y, c’est à vous, soyez attentifs.

C’est bon ? Alors passons au corrigé.

Corrige

Pour expulser le petit Jean-Jacques humainement, notons qu’il n’est pas possible d’aller le chercher à l’heure du repas. En effet, celui-ci se déroulant au sein de la cantine scolaire, il est du plus mauvais effet de faire entrer le GIGN entre les frites et le dessert, au risque de froisser non seulement les amoureux des droits de l’Homme (mais sur le temps scolaire uniquement) mais aussi les diététiciens, qui rappellent que se faire défoncer la gueule à coup de matraque pendant le repas est très mauvais pour la digestion (et donc, par extension, pour les toilettes du charter). Ne soyez donc pas maladroits et n’oubliez pas de respecter la plus belle des valeurs de notre pays : la gastronomie.

Si vous avez pensé au mercredi après-midi, c’est hélas aussi faux ! Il s’agit là du jour des activités extra-scolaires, et il y a de fortes chances qu’en allant chercher le marmot, vous déclenchiez une nouvelle polémique comme « C’est intolérable d’expulser des enfants pendant un cours de judo » ou « Mon fils a vu l’un de ses amis être emmené pendant son tournoi de Magic, du coup il n’a même pas eu le temps de taper 2 manas pour le finir à la boule de feu, ce qui lui a gâché la partie, c’est ça la France ? » Le mercredi étant le jour des enfants, laissez donc les marmots gambader en paix : autant les chopper à un moment où ils sont plus isolés.

Et justement, quels sont-ils, ces instants précieux, où le pied au cul devient limite main tendue tant il est humain ?

Dans le cas présent, le mardi après-midi (il y a sûrement des cours de sport, mais comme ce n’en sont pas vraiment, on ne les note même pas sur l’emploi du temps) est une belle occasion de trouver l’enfant isolé : il n’est plus en classe et la plupart des activités de groupe n’ont pas lieu ce jour là. L’attendre en embuscade dans une ruelle avec un taser paraît donc être un moyen à la fois efficace et humain de capturer l’enfant, en faisant tout de même attention aux convulsions et vomissements (il pourrait salir votre uniforme et ce sont les deniers publics qui vous le fournissent, prenez-en soin).

Il en va de même avec le jeudi et vendredi après-midi, même si dans ce dernier cas, il faut faire attention à ce que la cible ne soit pas invitée à prendre le goûter chez un ami pour célébrer le week-end. Pour ce faire, n’hésitez pas à demander au cuisinier de la cantoche de mettre double ration de gras, histoire de couper l’appétit au marmot : non seulement celui-ci sera moins enclin à accepter une invitation à goûter, mais en plus, il courra moins vite rendant sa cueillette d’autant plus facile. Pensez pratique. Et puis l’opinion publique est toujours moins tendre avec un petit gros : ça fait profiteur.

A noter que le jeudi midi à l’heure du repas, ici, la cible a deux heures devant elle : elle ne les passera pas toutes à table et ira donc probablement se promener dans la cour du collège. L’occasion idéale pour l’attirer à l’écart avant de la capturer, par exemple en lui proposant des bonbons. Pensez juste à avoir votre carte de police sur vous, au risque de vous retrouver au cœur d’un malheureux quiproquo qui fera bien rire tout le commissariat en y repensant après-coup, mais qui impliquera de manière un peu aride matraques, annuaires et endoscopies surprises. Méfiance, donc.

Dernier point : s’il n’est pas possible d’aller chercher un enfant devant toute sa classe parce qu’on est en France, sacrebleu, vous pouvez malgré tout profiter d’un cours particulièrement soporifique pour vous rendre le plus silencieusement possible dans la salle et repartir avec le marmot sans donner l’alarme. Pensez par exemple aux cours de latin, où la plupart des élèves tournent de l’œil après la troisième traduction de « L’honneur des anciens restera toujours dans le cœur des enfants du forum grâce à la mémoire des livres » ou étude d’Alix.  Au réveil des petits camarades de l’expulsé, si jamais confusion il y avait contentez vous de dire que Jean-Jacques n’était qu’une idée implantée dans leur esprit, puis lancez la musique d‘Inception dans tout l’établissement.

C’est ça ou une polémique impliquant Vincent Peillon, Manuel Valls et Harlem Désir, alors restons sur Inception, ça sera plus crédible.

Attention à ne pas confondre « classe ennuyante » et « GHB à la cantine ». Dans un des deux cas, c’est dans mon coffre que la lycéenne imprudente est invitée au voyage.


II. Penser large

S’il existe moult ruses pour s’emp… approcher humainement d’un enfant en semaine et à l’école sans choquer le bon peuple, il est tout autant possible de feinter pour contourner la difficulté. Ainsi, la première règle est la même que celle des lois pourries : les faire passer durant les vacances.

En effet, à l’aide d’un calendrier des différentes académies, il est possible de déterminer les périodes migratoires des bonnes gens et donc de s’occuper d’autres questions migratoires sans que personne ne s’indigne ; car en effet, si dans l’espace on ne vous entendra pas crier, au cœur de l’été, on entend rien non plus tant tout le monde est tourné vers de vrais problèmes, comme savoir si les restaurateurs font une bonne saison où quels sont les maillots de bain féminins à la mode et autres passionnantes informations. Comme quoi, si en cette saison magique, on ne manque pas de reportages pour raconter l’histoire de Kiki, le chat qui a fait 1 000 kilomètres pour retrouver sa famille, il en va curieusement autrement lorsque le chat s’appelle Mokobé, a le pelage moins soyeux et ne sait même pas dormir sur un clavier en prenant l’air mignon. Je n’en finirai pas de m’étonner de voir les électeurs FN vouloir virer « Tous les branleurs » (alors que dès qu’on a des papiers, on est un foudre de guerre, je salue ici l’administration dans son ensemble qui pourtant, des papiers, en a plein) mais qui s’obstine à ne pas vouloir dégager les chats du pays. Allez comprendre.

Il est donc triste de constater qu’à quelques jours de la Toussaint, nos amis du Ministère de l’Intérieur n’aient pas pensé à attendre un peu pour virer en paix qui de droit de l’Homme.

Mais parfois, on a pas envie d’attendre les vacances pour être humain, aussi existe-t-il des moyens plus efficaces pour agir sans embêter l’opinion publique, comme par exemple profiter du dimanche (méfiez-vous du samedi, c’est aussi le jour des activités) ou mieux encore, débarquer en soirée au moment où tout le monde est à table. Cela peut se faire soit pendant le film du soir, pendant que tout le monde se demande comment Ben Affleck peut jouer aussi mal, soit vers 20h05, puisque c’est l’heure de Scènes de Ménages, et que l’on se pose peu ou prou les mêmes questions devant son écran.

Cela fait, vous contourner toute la difficulté et pouvez donc expulser simplement et humainement comme bon vous semble : on ne vous embêtera pas. C’est magique.

III. Où agir

S’il existe encore la bonne vieille ruse de la convocation en préfecture qui permet de jouer à domicile (ami sans-papier, quand tu reçois un courrier couvert de postillons, c’est souvent que son rédacteur se marrait en l’imprimant ; méfie-toi donc, cela sent fort la ruse), il existe différents endroits où opérer en paix.

Afin de clarifier mon propos, j’ai réussi à obtenir grâce à mon influence la carte de Paris affichée derrière François Hollande en conseil des ministres. La voici :

J’ai aussi la carte de France, mais elle était copyrightée par Adibou.

Alors, où peut-on humainement arrêter un étranger pour le coller dans un avion direction pauvreté-land (que celui qui a dit « Grèce » se dénonce) ?

Pas à la mairie. A la mairie, l’humain, c’est important. Depuis qu’un petit malin s’est amusé à taguer « Liberté, égalité, fraternité » sur le fronton pour des raisons inconnues, on essaie de faire des efforts. Depuis peu par exemple, on tolère les homosexuels en salle des mariages. Alors si en plus on commence à parler de rajouter des étrangers, ça va être le bordel : attendons un peu.

Pas à l’école. S’il existe bien des manières humaines comme évoquées ci-dessus d’arrêter des écoliers pour leur proposer un séjour linguistique de longue durée au Kosovo, n’oubliez pas que c’est l’endroit de toutes les passions. Mais comme les passions s’arrêtent visiblement à 17 heures, autant ne pas s’embêter. Quant au bus scolaire, là encore, mauvaise idée : pas seulement à cause de l’image, mais aussi parce qu’aucun adulte digne de ce nom ne voudrait y pénétrer, tant l’air y est plus épais pour cause d’effluves de sébum et d’hormones en folie. 

Pas sur le rond point. Parce qu’il y a le gentil Monsieur dessus qui fait la circulation et si tout le monde commence à s’arrêter, ça va être le bordel, alors dit, va expulser ailleurs. N’oubliez pas le vieil adage : « Il n’y a pas meilleur moyen de se décrédibiliser dans l’opinion publique qu’en lui pourrissant ses transports. » Pour rappel, il est inscrit au fronton du QG de la RATP.

Pas au Fouquet’s. Expulser humainement, c’est savoir quand il faut se rappeler que la France est un grand pays où chacun a sa place. Par exemple, si la cible est la progéniture d’un émir du Qatar, ou pire, un footballeur en puissance, rangez tasers et matraques. Par contre, s’il est simplement docteur en physique nucléaire à 16 ans, dégagez-le : de toute manière, on a plus de pognon pour la recherche. C’est ça, l’humain. Savoir faire la part des choses.

A domicile. A condition que le sans-papier en ait un, car parfois, il est taquin. Mais si c’est le cas, pas d’inquiétude : si vous ne faites pas trop de bruit dans la cage d’escalier, personne ne sortira pour gueuler. Et vous pourrez donc opérer en paix. Penser à ses concitoyens, c’est essentiel.

Chez quelqu’un d’autre. Attention ! Ici, prudence : là encore pensez humain. S’il peut-être avantageux d’aller chercher la cible lorsque l’on arrive enfin à la localiser, il faut tout de même prendre des pincettes : des mineures à la légalité douteuse invitées chez autrui, ça peut aussi bien être une cachette pour sans-papiers qu’une villa de Berlusconi. Méfiez-vous, donc, un incident diplomatique est si vite arrivé.

Sur la balançoire jaune à gauche de l’écran. C’est bien parce que c’est vous : oui, il est possible de capturer un mineur sans papier sur une balançoire. Soit en remplaçant les cordes du jeu pour enfant la nuit venu pour les remplacer par un gros élastique, et sitôt l’enfant grimpé dessus, s’en servir de catapulte géante pour propulser le marmot jusqu’à Kampala, soit vous pouvez aussi simplement y mettre de la colle pour piéger l’animal et faciliter son transport. Bien sûr, d’autres jeux pour enfants peuvent s’avérer très utiles, comme par exemple la cage à poules, où il suffit simplement de rajouter des barreaux pour piéger toute une famille d’un coup.

Et avec ça, déjà, vous devriez déjà avoir de quoi rendre la France plus humaine selon les critères de l’opinion publique et le niveau des débats actuels.

Résumons.

A écouter les commentateurs, une bonne expulsion, c’est donc :

  • Un adulte, pas un enfant parce que c’est potentiellement kikinou (ce qui n’est pourtant qu’une légende urbaine)
  • Un truc qui se passe loin de ses propres enfants, il ne faudrait pas les perturber.
  • Un truc qui se fasse discrètement, parce qu’on en est pas très fier, mais si ça se voit pas, c’est okay.

Et si c’est fait comme ça, c’est bon : pas d’indignation !

Du coup, je suis rassuré : heureusement qu’il existait un moyen simple de calmer les défenseurs des Droits de l’Homme et autres combattants de la liberté autoproclamés. Et dire que pour un peu, je pensais que c’était le fait d’expulser des mineurs qui les choquait

Je suis naïf, parfois.

C’est fou.

La rentrée approche.

Alors que derrière les fenêtres, les enfants soupirent longuement en regardant papa ranger le barbecue, sous le ciel se teintant de gris, la nostalgie de l’été s’installe doucement. Finis, les châteaux de sable bâtis à la marée montante pour résister à l’assaut des flots. Terminées, les boissons fraîches à l’ombre à l’heure de la sieste. Oubliées, les cachettes des trésors enterrés sous le Club Mickey, comme par exemple ce cadavre d’étudiante anglaise (oui, bon, hein, j’étais un enfant précoce, mais on m’avait laissé seul avec ma première pelle en plastique, nous savions tous que ça devait arriver).

Cependant, les marmots ne sont pas les seuls à souffler à l’idée de l’été qui se termine. Ailleurs en France, on ajuste sa veste, serre ses lacets et range sa carte du SNES : une nouvelle génération de professeurs s’apprête à monter au front. A vous, jeunes engagés qui allez vous élancer à l’assaut des hordes sauvages pour tenter de les civiliser, à vous qui allez connaître le feu des questions et le roulement de l’artillerie parentale, bref, à vous qui venez de faire une énorme connerie en choisissant comme carrière de rester à l’école quand enfant vous ne rêviez que d’en sortir, permettez à cet humble blog de vous préparer à cette épreuve. Car à l’heure où tous les objectifs sont tournés vers les caddies afin de savoir combien coûte en moyenne la rentrée pour un élève de telle ou telle classe, ou savoir quel cartable est plus solide, il est de bon ton de s’intéresser à celles et ceux qui vont affronter l’enfer.

Le principe est simple, comme au code de la route : une question, 4 réponses, une seule est la bonne.

On se retrouve à la fin de ce test pour voir si vous êtes prêts.

On y va ? Fort bien.

Question1

La bonne réponse était la réponse D

On sous-estime trop souvent l’agenda. Si pour la plupart des pédagogues, l’agenda est un « outil pédagogique d’organisation permettant de donner des repères à l’élève dans le cadre extra-scolaire facilitant son apprentissage« , propos en général tenu avec une seringue d’héroïne dans chaque bras, le tout debout sur une licorne, l’agenda n’en est pas moins, en effet, un excellent allié du professeur. Non pas pour les devoirs, non, ceux-ci sont toujours faits la veille au soir et terminés aux alentours de minuit, au son de petits couinement paniqués (l’élève stressé ressemble en de nombreux points au cochon d’inde, le côté kikinou en moins) mais pour d’autres raisons.

En effet : il vous suffit de le consulter au prétexte de « vérifier que les devoirs sont bien notés » et de vous rendre directement aux pages des vacances de Noël pour découvrir, écrit généralement au fluo, quantité de messages personnels à base de « Je t'<3 ma Brenda, je te kiff » ou « T ma besta pour la life BB » ou autres déclarations enflammées ou blague sur tel ou tel enseignant. Vous disposez dès lors d’une mine d’information pour faire chanter n’importe quel trou du cul (c’est une métaphore, hein, pensez à autrui) pour les siècles des siècles.

Vous pourrez alors, dès que le larron s’agitera quelque peu en classe, marmonner quelque chose comme « Vous ne vouliez pas dire quelque chose à Brenda ? » pour voir l’individu changer de couleur et se ranger à votre charisme naturel.

Pensez pratique, que diable.

Question 2

La bonne réponse était la réponse B

« It’s a trap« , disait l’Amiral Ackbar en découvrant que ses espions Bothan lui avaient fourni des informations erronées. En hommage au plus célèbre des héros de Mon Calamari, n’hésitez pas à laisser traîner des sujets des futurs contrôles sur votre bureau en évidence, puis de temps à autres, sortez brièvement de la classe pour un prétexte X ou Y, comme par exemple, avoir abusé des pois chiches à la cantoche.

Le jour de l’examen, présentez des sujets différents de ceux que vous avez laissé traîner : vous aurez alors la joie de voir des visages se décomposer, incapables de se plaindre de l’échec de toute leur ruse, puisque cela reviendrait à se dénoncer. N’hésitez pas à lancer quelques commentaires aux plus dégoûtés d’entre eux comme « Ça va ? Vous avez l’air d’avoir un peu chaud. » Logiquement, à ce stade, le nombre de petits malins dans votre cours baissera drastiquement, et tous auront l’impression que votre classe est une annexe du Vietnam, booby traps inclus.

Bon par contre, vous n’aurez peut-être pas de cadeaux en fin d’année, du coup. Mais la victoire n’a-t-elle pas une saveur bien plus délicieuse qu’une vulgaire boîte de chocolats ?

Question3

La bonne réponse était la réponse A

N’oubliez pas que l’élève pense être le plus malin : il vous guette et cachera discrètement les objets illicites à votre approche, sauf si vous prétendez ne rien voir, auquel cas le gourgandin ricanera, glissant à son voisin quelque chose comme « Woh l’aut’, comment il a rien capté !« . Tournez dans la classe tel un grand fauve, vous rapprochant toujours plus de votre cible, qui, ayant l’impression que vous ignorez tout de son activité, se montrera de plus en plus imprudente.

Au moment où l’andouille ne cache plus sa console (à part si c’est une WiiU, mais là c’est normal, il a juste honte), bondissez et saisissez-vous-en. C’est là que commence le passage le plus doux de tous : vérifiez où se situe le petit bouton à presser à l’aide d’une mine sur la console pour en effacer toutes les sauvegardes, et pendant que le brigand ment comme un arracheur de dents avec des « C’est pas à moi » « Je regardais juste l’heure » ou « Vous avez pas l’droit, faut me la rendre« , faites descendre tout doucement la mine d’un critérium vers le bouton « Reset ». Peu à peu, le brigand va de moins en moins argumenter et pousser des cris de plus en plus porcins, jusqu’à se rouler par terre alors que vous ne serez plus qu’à un millimètre du bouton en question, gardien de toutes ses parties passées, son propos quelque part entre le rire maladif et la supplication.

Par la suite, vous verrez peu de consoles en classe. Vous pouvez bien évidemment profiter de cette séance de torture psychologique pour faire avouer au bougre tout ce que vous voulez, comme par exemple qui a vidé l’extincteur de la salle de SVT. C’est un peu le procès des templiers, mais en plus rigolo, et sans malédiction ou adaptation de Maurice Druon avec Jeanne Moreau. Vous en sortez gagnant, tout de même.

Question4

La bonne réponse était la réponse C

Lorsque le pédagogue est fatigué d’avoir trop chevauché sa licorne, parfois, il revient en surfant sur un arc-en-ciel pour prodiguer de nouveaux conseils comme « L’importance de la confiance dans le rapport élèves-enseignants« . Et en bon enseignant, à vous de suivre son exemple. Et d’en abuser, comme de bien entendu.

Ainsi, lors d’un contrôle, annoncez bien que vous ne voulez voir aucun téléphone portable et qu’ils doivent être dans les cartables, et les trousses sur la table autorisées uniquement si fermées, ce qui peut paraître évident, mais tout de même. Soulignez que c’est faire preuve de confiance envers vos élèves que d’agir ainsi, parce que vous êtes décidément trop sympa, puis laissez l’épreuve se dérouler.

Après environ 20 minutes histoire de laisser la méfiance décanter, saisissez-vous d’une trousse au hasard et faites-la sauter en l’air en sifflotant et en ne rattrapant l’objet que de justesse à chaque fois, marmonnant des choses sur votre maladresse proverbiale. Poursuivez ainsi, et savourez le visage du pauvre propriétaire de la trousse, décomposé, craignant à chaque seconde de voir jaillir de la trousse qu’il avait laissée habilement entrouverte son précieux téléphone portable pour aller s’écraser sur un mur ou une table voisine.

Si jamais la chose arrive, réagissez vite : posez vous en victime blessée moralement, expliquant que vous faisiez tellement confiance à vos élèves que pareille trahison vous paraissait inimaginable malgré vos consignes. Avec un peu de bol, et en cas de procès, c’est peut-être même la famille qui vous devra des sous, tel un Bernard Tapie ayant besoin de quelques millions pour se remettre du drame qu’il a traversé.

Question5

La bonne réponse était la réponse D

Ne réagissez pas : ça encourage le cabotin à poursuivre son oeuvre maléfique. Si le bougre essaie ainsi de se démarquer principalement parce qu’il est à un âge où il a envie d’être distinct des autres, de sortir de la masse, et accessoirement, d’attirer l’attention de Sabrina, la 4eB avec de gros seins, vous ne devez en aucun cas rentrer dans son jeu en réagissant de quelque manière que ce soit. Vous l’inciteriez à rebondir sur votre réaction pour tenter de se présenter, tantôt, en amuseur public, tantôt en martyr, nardinamouk.

Si l’humour local vole généralement à la hauteur d’un flacon d’eau précieuse, il n’en est pas moins que ce genre de blagues vole en escadrille : pour les stopper, inutile de grogner : vous devez tout simplement les mépriser. Avoir une aura de haine, irradier le dédain. Pour ce faire, et dès à présent, n’hésitez pas à répéter votre meilleure Poker Face comme le disait une mauvaise artiste pour qu’à chaque calembour estudiantin, l’auteur d’icelui ait l’impression d’être dans un duel Philippe Bouvard – Tywin Lanister.

Si vous ne savez pas quelle tête faire, je suis sympa, je vous file un modèle : ici, Pitch le chien, dont l’expression pleine de tristesse, de désarroi, de dédain et de haine mêlés sauront vous inspirer, je n’en doute pas. Voyez plutôt :

Mepris

Pitch le chien, ici juste après avoir entendu une blague de Laurent Ruquier

Éventuellement, si vous n’y arrivez pas, filez une image de Pitch le chien à chaque mauvaise blague d’un élève, et au bout de 10, c’est un poster de Nicolas Cage.

Ça va vite le calmer, croyez-moi.

Question6

La bonne réponse était la réponse B

La salle des profs est l’ultime repaire de l’enseignant. C’est là qu’il s’isole des hordes estudiantines qui viennent gratter à la porte (la réponse D est applicable en permanence, et pour les plus farceurs, vous pouvez même déféquer dans le casier de Monsieur Mérichoux : lorsqu’il demandera en classe qui a « mis une surprise dans son casier », un formidable quiproquo devrait naître, ainsi qu’une plainte pour élève battu, mais bon, vous n’avez jamais aimé Mérichoux) pour trouver un peu de calme. Pourtant, parfois, une ombre furtive et généralement bleutée est aperçue du coin de l’œil avant de disparaître : ce sont les professeurs de sport qui, après avoir hiberné dans leur gymnase, se décident à aller finir la cafetière discrètement en salle des profs avant de regagner leur repaire.

L’œil habile peut parfois en surprendre un, fuyant le gobelet à la main (le professeur de sport est le kobold local).

Une seule solution, que ce soit pour empêcher les élèves de venir vous enquiquiner dans votre dernier sanctuaire, ou plus prosaïquement pour empêcher ces rabouins en jogging de venir vous tirer tout le kawa : barricadez-vous en posant un objet lourd contre la porte, comme par exemple un professeur d’art.

Vous pouvez aussi piéger le café, mais de vous à moi : il y a suffisamment d’arrêts maladie comme ça, non ?

Question7

La bonne réponse était la réponse D

Non pas pour envoyer des messages salaces à vos élèves les plus girondes, non, vous risqueriez en retour d’un « Kikoo » de recevoir un « ASV ? » de la part de la maréchaussée. Non : ce mystérieux rituel pour des centaines de milliers d’élèves consistant à découper de petits morceaux de papier pour  y écrire des renseignements comme leur adresse, la profession de leurs parents ou même leurs hobbys, et ce pour chaque professeur, a des utilités bien plus pratiques.

En effet, loin d’être un outil pour mieux comprendre vos élèves (il ne faut pas déconner : je vous ai dit de les mépriser, suivez un peu, merde), ils ‘agit d’un fameux moyen de vous amuser des heures durant. Ainsi, durant les examens, gardez la liste des numéros à proximité de votre personne, et sitôt qu’un bambin vous parait suspect, envoyez-lui un « Sa va ? » sur le téléphone qu’il est censé avoir rangé et éteint. Vous n’avez plus qu’à discrètement profiter du spectacle, au lieu de vous ennuyer à surveiller l’examen, à savoir observer le galopin chercher du regard à gauche puis à droite à la recherche de la personne qui a bien pu le contacter. Il renverra alors avec toutes les précautions du monde et poussé par la curiosité un « T ki ? » et vous n’aurez plus alors qu’à défoncer le brigand lors des corrections, qui quand on rendra les copies, s’étonnera de comment vous avez pu savoir qu’il avait un téléphone sur lui, sachant qu’il avait fait attention à ce que personne ne le voie.

 Vous gagnerez en mystère en plus, n’est-ce pas beau ? Ah, je sais, ne me remerciez pas.

Question8

La bonne réponse était la réponse C

En effet, tel un capitaine Achab furieux, vous pourrez à l’aide de ce fameux ustensile issu de l’industrie japonaise aller rechercher tous vos élèves lorsque ceux-ci traîneront en arrière ou feront toute ânerie dont ils ont le secret. N’oubliez pas de viser une partie non-vitale, comme par exemple le crâne, afin de ramener l’enfant dans un état qui n’éveillera pas de soupçons chez ses parents (même trépané avec un projectile de 5 kilos propulsé au gaz, ces derniers continueront de penser que leur marmaille est absolument géniale).

Si vous avez répondu D, vous n’avez pas compris le jeu : personne n’a encore saisi à quoi servait un inspecteur d’académie. Certains prétendent qu’il aurait autrefois eu une utilité, d’autres qu’il n’est que le résultat d’une partie de Kamoulox qui aurait dégénérée dans un laboratoire de génétique.

Petite précision pour les instituteurs qui me lisent : le lance-harpon étant un peu gros pour vos bambins, n’hésitez pas à l’échanger avantageusement contre un SPAS-12 avec projectiles en caoutchouc ; non content de vous conférer une certaine classe, ce bel outil permet à chaque tir de faire reculer le plus énergique des enfants sur une distance d’environ 6 mètres sans toucher le sol. Tips : si vous lui tirez sous le menton et ce contre un mur d’escalade, vous pouvez reproduire un flipper avec brio.

Question9

La bonne réponse était toutes les réponses

Parce que sérieusement, il ne faut pas déconner.

Question10

La bonne réponse était la réponse D

Aucun enfant n’est con. Non, même pas celui-là là-bas qui s’enfonce des stylos dans les narines en regardant « Les Anges de la Télé-Réalité« . Ils sont simplement malades, et vous feriez bien d’y faire attention bande de gourgandins aux mille préjugés. C’est pourquoi, à chaque fois qu’un parent vous explique que son fils est atteint de mille maladies, et vous regarde bizarrement quand vous dites « Oui, je sais pour les MST, mais que voulez-vous, ça se passe toujours comme ça en classe de neige« , demandez-lui un certificat médical.

Puis, échangez-les avec vos amis en salle des profs ! Comme dans les paquets de Magic, il y a des cartes communes (hyperactivité, troubles de l’attention), des moins communes (dyscalculie), ou même des rares (Test de QI supérieur à 70). Bientôt, les réunions parents-prof seront pour vous comme un nouveau Noël, et vous l’attendrez avec impatience les yeux embués de joyeuses larmes.

Mais en tout cas, je suis sérieux : avec autant de maladies, les gamins ont les autorisations de se charger comme des mulets, alors si ce n’est pas pour devenir cycliste, je ne vois pas à quoi ça sert.

Voilà ! Ce test est à présent terminé. Comptez vos points !

Si vous avez 10 bonnes réponses

Quelque part dans le désert éducatif, un homme (ou une femme, personne n’est parfait) roule en Fuego, le collier de barbe au vent, les coudières en cuir aux portières. Sur son pare-choc, un autocollant du SNES, sur son pare-brise, un calendrier avec les jours cochés jusqu’aux prochaines vacances. Vous êtes l’ultime guerrier éducatif. Vous êtes la dernière barrière face à l’ignorance. Quand viendra le jugement dernier et que les utilisateurs d’Instagram seront jetés dans les entrailles de la Terre, vous gagnerez votre place au Paradis. Et vous vous ferez un peu chier du coup, mais c’est un autre problème.

Si vous avez 8-9 bonnes réponses

Vous êtes plein de promesses. Lorsque l’on prononce votre nom dans les salles des profs, la température monte d’un cran alors que les visages rougissent, quand bien même si l’on en fait autant dans les soirées étudiantes, certains s’évanouissent alors que d’autres ne tiennent que grâce aux litres de coca-redbull qu’ils ont ingurgité (mais qui n’ont aucun rapport avec leur activité, rappelons-le). L’éducation nationale envisage sérieusement d’engager des troubadours pour compter vos exploits, avec l’espoir, un jour, de faire de vous le guerrier parfait.

Si vous avez 6-7 bonnes réponses

On ne vous connait pas encore, mais au moins, vous savez ce qu’il convient de faire pour tenir au front. Certains se dressent encore au-dessus de vous, mais vous avez suffisamment de bases pour ne pas vous laisser avoir tout de suite par les hordes en face de vous. Un jour peut-être connaîtrez-vous la gloire, mais en attendant, toute votre énergie est concentrée sur votre tâche. Tout espoir n’est pas perdu, accrochez-vous.

Si vous avez 0-5 bonnes réponses.

Vous savez quoi ? Vous avez bien fait de vous trouver un vrai métier loin de l’école.

Question subsidiaire :

Parmi les méthodes expliquées ci-dessus, l’auteur de ce blog en a appliqué la majorité (véridique) dans sa précédente carrière. Sauras-tu retrouver lesquelles ?

Bon courage. Et bonne rentrée.

La réussite sociale passe par d’innombrables voies, plus ou moins obscures selon les points de vue des sociétés qui les contemplent ; ainsi, si dans la nôtre un homme qui brise le crâne de son voisin avant d’uriner sur sa dépouille n’est guère perçu que comme un vulgaire galopin, à l’inverse, les groupuscules vikings (peu répandus de nos jours, leur déclin allant de pair avec celui des monastères francs et de leurs habitants à violer) l’idolâtrent et méprisent l’homme dont la vie consisterait à prendre du poids en faisant masser ses flasques bourrelets par un bain à bulles hors de prix.

C’est en partie pour cela qu’une voie a été plus ou moins fermée depuis des années, considérée comme étant vouée à l’échec (à l’instar de celle de ministre de l’économie), et effacée de tous les cursus qui se respectent (je ne parle donc évidemment pas des Schools of Management & autres crypto-centres de formation où l’on ne gagne même pas sa cravate de chef en se battant dans une arène) : je veux bien sûr parler de la carrière de ninja.

Bien qu’encore présent dans la mémoire collective, et particulièrement au cinéma dont le ninja est un élément redondant (Le Ninja Blanc, Ninja Assassin, le Ninja de Beverly Hills, Les Ninjas se déchaînent ou plus récemment Les trois Mousquetaires – 3D) – et ridicule – le ninja tend à disparaître dans nos sociétés occidentales, même si certains affirment qu’en fait, il ne serait jamais vraiment tout à fait apparu (probablement de bien mauvaises langues, de piètres historiens et de médiocres cinéphiles, voire les trois à la fois).

Heureusement, certains, profitant des embruns de liberté fouettant le visage des internautes surfant sur les flots déchaînes du web ont décidé d’agir, et d’en finir avec cette odieuse injustice. C’est probablement ainsi qu’est né le site « ausujet.com« , sorte de wikipédia des tutoriels (souvent tapés par un seul individu visiblement… différent) qui vous permettra d’apprendre très sérieusement, entre autres, à faire pousser vos cheveux plus vite, à construire un igloo, ou encore comment survivre à 2012 (d’où l’igloo). Mais surtout, c’est ainsi que vous allez trouver le top du top des tutoriels, de ceux qui vous font pleurer de bonheur lorsque vous les trouvez :

Comment devenir un ninja ?

N'hésitez pas à demander à votre maman de vous broder votre costume

Une excellente question ; étudions-la ensemble.

Comment devenir un ninja? Qu’est-ce qu’un ninja? Un vrai ninja n’est pas seulement quelqu’un qui est vêtu de noirs, descend du plafond et découpe tout le monde en morceaux! 

C’est vrai. Le ninja a d’autres hobbies  : il aime manger des pâtes avec des baguettes, sauter d’arbre en arbre, et jouer au Trivial Pursuit avec ses amis (même s’il est très mauvais, car il n’est pas facile de répondre quand on a un collant sur la bouche : dure est la voie du ninja). Tous ces raccourcis ne sont que les fruits des préjugés tournant autour de ces sympathiques personnages et grossis par la lentille déformante des médias : on oublie trop souvent que le ninja a aussi une famille, des amis, et parfois même un chien prénommé Scrappy à qui il fait les gros yeux (mais les gros yeux ninjas) lorsqu’il souille le tapis du salon, celui sous lequel il y a la cache d’armes secrètes.

Ho, et je passe sur le « vêtu de noirs » et autres choses du même acabit n’ayant aucun sens à première vue et pourtant, c’est arrivé à des gens très bien comme mon honorable ancêtre, Archibald De Saint-Connard, esclavagiste et tanneur de son état.

Les Ninjas ont été présent depuis au moins le 14ème siècle, quand la guérilla dans le Japon féodal forçait à l’espionnage et aux assassinats – Activités que les samurai ne feraient pas parce que cela étaient interdit par le Bushido, le code samouraï. Les Ninjas étaient formés pour être des maitres espions, des assassins et des guerriers spécialisés, à la fois pour et contre l’ennemi.

Je ne comprends pas bien le concept de « pour et contre l’ennemi« . Ou alors, peut-être y a t-il un intérêt particulier à former des mecs « pour l’ennemi« , mais je ne le saisis pas bien. Probablement que le ninja peut être offert en cadeau à autrui, un peu comme une sorte de Ferrero Rocher. Mais qui court en slip sur le toit toute la nuit.

Hmmm, je crois que je commence à voir le concept de refiler des ninjas à ses ennemis.

Alors que certains aspects du ninja peuvent être obsolètes de nos jours, les principes et les techniques utilisés restent précieuses pour toute personne qui veut apprendre et émuler la voie du ninja (ninpō). 

C’est vrai que du coup, sans guerre à mener ou d’assassinat à effectuer, le ninja risque en effet d’être vaguement obsolète. Ce serait un peu comme un cadre – tireur d’élite ; au service compta, il ne risque pas d’avoir une grande utilité de ses compétences, à part peut-être pour impressionner Jocelyne, des ressources humaines à la machine à café : « Regardez Jocelyne, je vais jeter mon gobelet dans la poubelle d’ici, hop ! – Hooo Gérard, vous êtes si fort ! C’est tellement excitant, hihihi ! Pas autant qu’un bilan annuel, mais tout de même !« .

Mais visiblement, non, nous dit le site : tout cela reste précieux ; on imagine déjà les incroyables avantages qu’il y a à avoir un ninja au bureau : il peut lancer des post-it à toute vitesse tel de véloces shurikens, couvrant l’open-space de messages tels que « Réunion à 11h« , « François, le patron veut le dossier Dupontois avant 17h » ou « Maurice, rends-moi l’agrafeuse« . Il peut aussi se mettre en tailleur sur sa chaise de bureau, ce qui est quand même trop classe.

Vous devez remplir toutes les étapes pour devenir un maitre ninja.

Nous sommes tout ouïe. Dites nous comment devenir des maîtres ninjas, amis de « Ausujet » ; c’est qu’on ne voudrait pas passer pour des rigolos, ou pire, pour de simples ninjas ; on veut au moins une maîtrise (rappelons que la maîtrise ninja étant alignée sur la réforme LMD, elle équivaut à un Bac +5 à Pôle Emploi).

Comment reconnaître un maître ninja d'un débutant ? C'est facile : sur cette image, un maître vénérable pose pour vous

Commençons, donc à explorer ce bel article plus avant.

Décidez d’une série d’idées, de morale et de philosophies que vous pouvez vraiment utiliser comme guide pour vivre.Contrairement à la croyance populaire, les ninjas n’étaient pas toujours des tueurs au sang-froid qui faisaient les choses que les samouraï refusaient de faire. Dans la plupart des cas les samouraïs sans maître (les Ronin) sont ceux qui ont causé la plupart des crimes dans le Japon féodal. Les Ninjas venaient de tous les horizons. La plupart des ninjas utilisaient principalement leurs compétences pour se maintenir en vie et pour protéger leurs familles. Certaines familles ninja cependant étaient à la solde d’un seigneur, ou se tenaient isolée au sein de leur propre clan. Décidez ce que vous voulez faire en premier.

Ce… que faire en premier ? C’est-à-dire ? Choisir un seigneur par exemple ? Ça va être un peu compliqué.

« Seigneur Bertier ! Je mets ma lame à votre service !
- Robert ? Qu’est-ce que vous foutez en…
- Ne déclinez pas mon offre ! Ma lame, ma vie, je les mets à votre service !
- C’est-à-dire qu’ici, on fabrique des roues de camion. On a pas grand chose à faire d’un nin…
- Je peux tailler des pneus, Bertier-sama !
- Bon allez, cassez-vous de mon bureau, et trouvez-vous des collants plus larges, ça vous boudine mon vieux. »

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Bref, on va donc dire que vous allez être un ninja free-lance. Un ninja auto-entrepreneur (profession libérale déclarée à l’URSSAF), si vous voulez. Ne vous reste plus qu’à vous trouver une morale ou une philosophie qui vous guide : vous pouvez ainsi être un ninja amateur de Descartes (ou plutôt amateur de Kant, auquel cas on parle de « ninja-idéaliste-transcendental« ), un ninja proudhonien ou même un ninja existentialiste si vous êtes taquin (strabisme non inclus). N’oubliez pas que vous pouvez aussi suivre d’autres voies plus classiques, telles que ninja centriste, ninja nazi, ninja coco, ou même ninja chevènementiste (mais là ça devient vraiment compliqué).

Vous avez choisi la voie que vous allez suivre ? Fort bien ; passons donc à la suite de ce fameux tutoriel.

Ne divulguez jamais que vous êtes un ninja.

D’abord, parce que tout le monde risque, curieusement, de se foutre de votre gueule (le monde est rempli d’intolérants), et ensuite parce que :

Un ninja doit être capable de fonctionner comme un espion, ce qui signifie que vous ne pouvez pas révéler votre statut d’aspirant ninja, ou bien personne ne vous fera confiance.

C’est vrai que ça se tient : personnellement, si un mec venait me voir en m’avouant être un ninja, je serais tenté de ne pas lui faire confiance. Je serais aussi tenté de lui éclater la tête contre mon bureau jusqu’à ce qu’il avoue l’odieux mensonge, avant de le fourrer dans le coffre de ma voiture direction Sainte-Anne, mais bon, sait-on jamais : si c’est un vrai ninja, il pourrait se défendre.

C’est pour ça qu’on a inventé le taser, d’ailleurs, qui est un peu au ninja ce que la kryptonite est à Superman.

"J'aime l'odeur du ninja grillé au petit matin !"

Ne vous habillez pas de manière stéréotypés comme les autres ninjas

Je ne comprends pas : un ninja ne doit pas s’habiller en ninja ? Est-ce à dire que les autres ninjas sont de mauvais ninjas, puisqu’ils s’habillent en eux-mêmes ? Suis-je vraiment en train de lire un tutoriel sur l’art de devenir un ninja ? Autant de questions qui font naître sur mes tempes bien des gouttes de sueur.

Les ninjas se déguisaient généralement pour porter la même tenue que leurs victimes (ils n’étaient donc pas forcément vêtus de noir) afin de semer la confusion.

C’est d’ailleurs comme ça que l’on savait reconnaître les ninjas : quand un type se sentait menacé par ces fameux assassins, il arborait alors une immonde chemise à fleurs ; le ninja s’habillant comme sa victime, il n’y avait plus qu’à attendre de voir se pointer un autre type aussi mal fagoté pour le passer à tabac à coups de bottin. Cette incapacité totale à s’adapter au monde extérieur et leur absence complète de personnalité ont provoqué en grande partie l’extinction des ninjas ; cependant, on retrouve chez certains êtres la trace de l’ADN des êtres de la nuit, puisque l’on constate dans cette descendance qui s’ignore cette capacité à ne pas savoir se fringuer correctement et à porter n’importe quoi pourvu que l’on essaie de ressembler à une personne en particulier. Ces êtres lourdement handicapés socialement deviennent souvent des fans de Claude François ou de Johnny pour les garçons, et des tenancières de blog girly mode pour les filles. L’héritage des ninjas est lourd dans le patrimoine génétique.

Si vous portez des vêtements de ninja, l’idée est de ne jamais laisser personne vous voir avec ceux ci.

Encore une fois, je soupçonne que ça ait un vague rapport avec le fait d’avoir l’air con. Aller au bureau en collant noir et cagoule n’est pas l’idée du siècle. Surtout à l’heure des lois sur la burqa, mais passons (le ninja est persécuté par la justice de son propre pays).

Apprenez à vous déplacer furtivement. Devenez adeptes de l’invisibilité sociale et physique et du silence total.

Beaucoup d’amateurs de ninjas disposent d’ores et déjà de ce pouvoir : personne ne les remarque ou ne leur parle. On les appelle des otakus.

Marchez en silence. Apprenez à revêtir les vêtements appropriés au moment approprié.

Par exemple, quand vous mettre tout nu ou non. J’ai par exemple bien connu un type qui dirigeait un important fonds monétaire, il n’aurait jamais pu être un ninja.

Fondez vous dans le décor, et n’attirez pas l’attention sur vous-même en aucune façon. Parfois, cela signifie être quelqu’un de sociable et amical car dans le monde moderne, une personne qui boude tranquillement dans son coin éveille suspicion et est soigneusement surveillée.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais si : quand vous partez bouder, vous êtes soigneusement surveillés ; mesdemoiselles, vous qui appréciez cette attitude, sachez donc que dans nos sociétés, il y a des brigades anti-boudins (mais non, pas ceux-là : sinon, comment expliqueriez-vous la seule existence de Lara Fabian ? Cela dit, attendez, maintenant que j’y pense ; elle existe encore ?), et sitôt que vous commencez à faire la moue dans votre coin, on vous fait surveiller. Essayez ce soir dans votre voiture : faites la grimace dans votre rétroviseur, et voyez comme deux mystérieuses automobiles noires vont surgir, à trois véhicules derrière-vous, empruntant curieusement le même chemin que vous sur de longs kilomètres : les brigades anti-boudins. Qu’est-ce qu’on en apprend avec ausujet.com !

Développez et conservez un corps de ninja. Cela ne signifie pas nécessairement devenir mince et musclé, mais entrainez votre endurance, agilité, votre force et votre flexibilité. Votre corps est un outil – aussi longtemps qu’il peut exercer les fonctions d’un ninja, il est un outil précieux. En fait, devenir trop apte peut être quelque chose de contre productif, surtout si vous vous démarquez comme étant la seule personne mince ou musclée dans la pièce.

Oui, faites bien attention : vous pourriez vite vous faire repérer ; un type mince et musclé, c’est suspect. Surtout quand c’est le seul de la pièce ; en même temps, si vous arrêtiez de fréquenter le concours annuel du plus gros mangeur de kebabs, ça n’arriverait pas. Enfin rassurez-vous : si vous adulez les ninjas et suivez des tutoriels sur internet pour le devenir, il y a peu de chances que vous finissiez trop sveltes ; ouf : votre camouflage est sauf.

Un maître de l'infiltration en plein exercice

Sachez comment vous échapper. Peu importe où vous êtes, vous devez savoir comment sortir de la situation aussi vite et aussi anonymement que possible. Ceci est une compétence essentielle pour un ninja, en particulier lors de l’exécution de missions. 

N’hésitez pas à vous entraîner : balancer des fumigènes dans la queue chez Monoprix, quitter le bureau à l’aide d’une arbalète lance-grappin, ou même jeter des pétards sur les employés de la Poste avant de vous enfuir avec votre colis (pensez à utiliser une mèche durant environ une demie-heure le temps qu’ils retrouvent votre carton) dans un rire diabolique, tous les prétextes sont bons pour devenir un roi de l’évasion. Vous ne devez jamais être pris. Jamais.

Et si vous l’êtes, avalez vos collants. Curieusement, si vous ne mourrez pas étouffé, vous succomberez à un empoisonnement des plus original.

Lorsque vous vous échappez, efforcez vous de ne laisser aucune trace derrière vous. Une façon que les ninjas accomplissaient ceci dans le passé était avec des ashiko, des patins de bois porté sur leur fond de leurs chaussures et sculptée pour ressembler à la patte d’un animal ou d’un pied d’enfant afin que les empreintes du ninja ne soient pas remarqué.

La technique des empreintes d’enfants a été arrêtée tardivement, suite à divers quiproquos impliquant des ninjas rusés en fuite et des pédophiles amateurs de pistage (et souvent eux aussi en fuite). Les ninjas belges ont particulièrement souffert de ces malentendus dans les années 1995-1996.

Apprenez et pratiquez la voie du ninja (ninpō, 忍法) et les ninjutsu (忍術, techniques du ninja):

  • Seishin-teki kyōyō (raffinement spirituel)
  • Taijutsu (combat sans arme, utilisant son propre corps comme seule arme)
  • Kenjutsu (combat à l’épée)
  • Bōjutsu (combat avec le bâton)
  • Shurikenjutsu (combat avec les shurikens)
  • Sōjutsu (combat avec la lance)
  • Naginatajutsu (combat avec la faucille et chaîne)
  • Sui-ren (techniques de combat aquatique et de natation)
  • Bōryaku (tactique)
  • Chōhō (espionage)
  • Intonjutsu (furtivité, camouflage et évasion)
  • Tenmon (météorologie)
  • Kusarigamajutsu (Combat avec le kusarigama)
  • Kayakujutsu (pyrotechnie et explosifs)
  • Hensōjutsu (déguisement & usurpation d’identité)
  • Chi-mon (géographie)
  • Shinobi-iri (furtivité et méthode d’intrusion)
  • Bajutsu (Équitation)

Petit rappel : vous êtes supposés apprendre tout cela tout seul, comme ça, hop, au pied levé, et depuis chez vous pour ne pas vous faire repérer. On pourrait donc résumer cette étape par « devenez un ninja« . Quel puissant tutoriel.

Amis étudiants, vous progresserez plus vite que les autres : apprendre l’équitation et maîtriser les explosifs depuis votre studio de 9m² ou votre chambre chez vos parents sans vous faire repérer par ces derniers (qui font partie des brigades anti-boudins en plus, c’est connu) vous formera à la dure aux arts de la furtivité et du mensonge.

« Mais non maman, ce n’est pas un cheval, c’est… heu… ma copine. Voilà.
- Ho, excusez-moi, je vous avais pris pour un équidé. Désolé mademoiselle ; mais je vous ai déjà vue, non ? J’adore ce que vous faites dans Sex & The City ! »

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Et, non, je n’exagère pas, puisque l’on lit bien plus bas :

Le silence est d’or. Votre décision de vivre selon le ninpo et de pratiquer le ninjutsu n’est pas et ne devrait pas être connus du public. Une première responsabilité est d’apprendre et de pratiquer le ninjutsu dans le secret, et en privé. Après tout, on ne peut pas être un maître espion si l’on ne peut pas garder quelque chose qu’aussi simple que son identité secrète caché à ceux qui nous entourent (même si on vit avec eux.).

Voilà qui promet, donc.

L'équitation, un sport aisé en intérieur pour qui y met un peu de bonne volonté

Apprenez à contrôler les gens et à manipuler les événements non pas par la force, mais par des mots et des actions. En tant que ninja moderne, vous devriez être en mesure d’obtenir un objectif sans avoir à recourir à toute forme de violence. Utilisez les désirs, besoins des gens contre eux même. Les humains ont besoin de sécurité, richesse, fierté, pouvoir et de voir leurs désirs et leurs besoins satisfaits. Il s’agit d’une capacité clé dans la plupart sinon tous les événements.

Manipulez-les en leur proposant du pognon, ou un CDI par exemple.

Ah, attendez, c’est exactement ce que je fais ; le MEDEF doit donc être un foutu dojo secret qui s’ignore.

Nourrissez votre esprit. Les ninjas étaient souvent très bien instruit. Avec la connaissance vient le pouvoir et cela peut vous aider à devenir plus ingénieux et aussi à vous aider à vous fondre plus facilement dans le décor.

En même temps, avec ce tutoriel, je pense que ça revient à manger du fromage moisi.

Apprenez à ne rien laisser vous distraire. Un ninja doit être calme et concentré, car si quelque chose est autorisé à devenir une distraction, il pourrait probablement être amener à se faire capturer, être blessé ou même tué.

Si et seulement si le monde en avait quelque chose à foutre ; la plupart du temps, quand on attrape un ninja en mission, au XXIe siècle, on se contente de le passer à tabac, de lui voler sa tenue moulante et de le coller dans une poubelle jusqu’à ce qu’il pleure très fort en serrant contre lui ses figurines de One Piece.

Mais comme ce tutoriel n’est point chiche en bons conseils, voici en sus quelques propos répertoriés dans la catégorie « Astuces »

Le Ninpo (la voie du ninja) ainsi que les ninjuts (techniques du ninja) sont une quête permanente. On ne peut jamais totalement maîtriser quelque chose. Il y a toujours place à l’amélioration. Ne vous attendez pas à devenir un vrai ninja en une semaine

Devenir ninja, c’est un travail sérieux. Pas comme devenir un pokémon ou un consultant. Heureusement, même si tout cela ne se fait pas en une semaine, tout tient sur une page de ausujet.com pouvant être parcourue en moins de 3 minutes. Les choses sont tout de même bien faites.

Les femmes sont appelées kunoichi et historiquement, ont été formés différemment,

Le maître ninja derrière ce sujet connait visiblement bien mal les femelles (c’est normal, choisir sa voie demande des sacrifices), qui sont surtout formées différemment génétiquement plutôt qu’historiquement.

Méditez sur ce dicton d’un grand maitre ninja. « La voie du ninja est celle de l’endurance, de la survie et de la victoire sur tout ce qui veut le détruire. »

C’est tout le problème avec les dictons des grands maîtres ninjas : on ne sait pas à qui les attribuer, puisque par définition, leur identité est secrète. Cela permet aussi de leur en attribuer toutes sortes, puisque tout le monde peut ainsi potentiellement être un maître ninja. Je vous propose donc en sus les citations suivantes :

  • « La voie du ninja est droite, mais la pente est dure » – Le grand maître des ninjas du Poitou
  • « Un ninja, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça pose des problèmes » – Un célèbre ninja à la convention annuelle des ninjas de droite (on les reconnait facilement, ils se font des cagoules avec des pulls en cachemire)
  • « Le ninja qui grimpe sur la muraille de Chine obtient la bravitude » – La grande maîtresse des ninjas du Poitou

Oui, il y a beaucoup de ninjas dans le Poitou, tant et si bien que cela a tourné plusieurs fois à la guerre civile et au bain de sang dans l’histoire locale, mais comme ce sont des guerres ninjas, personne ne remarque rien. Quant aux remarques sur les ninjas en surnombre à l’occasion d’une convention de ninjas, on conviendra aisément que ces mystérieux assassins possèdent un certain sens du ridicule de l’ironie.

Dans le Poitou, même les baudets maîtrisent l'art du déguisement

Enfin, passons à la dernière rubrique de ce tutoriel : les avertissements. Car non, devenir un ninja n’est pas dénué de risques, aussi faut-il prendre quelques précautions.

N’utilisez pas vos compétences de ninja pour faire de la violence gratuite!

Ah oui, hein, dites donc, bande de petits fripons ! Le ninja ne s’amuse pas à violenter autrui pour le plaisir ! Non, s’il apprend le métier d’assassin, c’est pour faire de la violence payante. Et ça, c’est vachement plus éthique. Merci, maître ninja derrière ces lignes.

Rappelez-vous que le type de ninja que vous voyez dans les films et à la télévision sont souvent pratiquement impossible à devenir. Les ninjas dans les films et dans la réalité sont très différents.

Excellent conseil : n’essayez pas de devenir un ninja comme on en voit dans les films ; visez plutôt les ninjas du monde réel (je suis sûr que vous avez déjà des tonnes de modèles en tête). Par exemple, les ninjas obèses de la japan expo font d’excellents sujets ; mais attention, vous ne pourrez pas leur ressembler en une semaine : il vous faudra au moins 3 années sous perfusion de chips pour atteindre leur niveau !

Si vos motivations pour devenir ninja impliquent une des caractéristiques suivantes: provoquer et s’engager dans des affrontements ouverts physique, pour la notoriété, ou uniquement pour se venger et pour blesser alors vous ne deviendrez jamais un ninja, juste un individu plein de colère dans des vêtements sombres couvrant son visage. Il y a une grande et distincte différence.

Moi qui croyais que les ninjas ne s’habillaient pas dans des vêtements sombres, j’ai dû mal comprendre. En tout cas, oui : ne devenez pas ninja sous le coup de la colère, devenez un ninja parce que vous êtes un gros otaku asocial. Là, c’est possible, il n’y a aucun empêchement.

Au cours de votre formation, il n’y a rien de mieux que de faire un vrai test réel, cependant, si vous tentez de vous enfuir, d’affronter et / ou de combattre les forces de polices ou de vous engager dans toute autre activité criminelle pour tester vos compétences en ninjutsu: ‘il faut être vraiment prêt à accepter les conséquences de vos actions. 

Encore une fois : moi qui croyais qu’il ne fallait pas provoquer et s’engager dans des affrontements ouverts pour devenir un ninja, bon. A noter que le ninja se doit d’assumer ses actions : quand il se fera transformer en passoire par quelques coups de fusil à pompe bien ajusté alors qu’il tentait de courir sur les murs en jetant des shurikens, il ne viendra pas pleurer que c’est pas juste, dans les films, ils parent les plombs avec leur katana. Idem, il faudra être fort lorsqu’il rencontrera Gunthar dans les douches de Fleury-Mérogis, soucieux de découvrir la souplesse légendaire du peuple de la nuit (c’est le côté ethnologue de Gunthar).

La plupart des armes ninja sont définies comme illégales, soyez prêt à vous en débarrasser rapidement. Ne transportez jamais quoi que ce soit que vous n’êtes pas prêt à laisser derrière pour la réussite de la mission, ou pour éviter les ennuis quand vous être pris. S’habiller tout en noir et avec avec le visage cagoulé alarmera tout le monde si vous êtes repéré.

Ainsi, n’emmenez par exemple jamais votre amour propre en mission.

N’utilisez jamais vos compétences ninja pour nuire aux animaux, ou pour vous introduire dans les maisons des gens.

Le ninja aime la nature et respecte la loi. Tuer les gens, c’est bien, les animaux, c’est mal. Il ne s’introduit pas dans les maisons des gens, parce que c’est très impoli ; niveau assassinat et vols, en fait, ça m’a un peu l’air d’être des tanches en fait. « Non mais j’ai pas pu tuer ma victime, elle était chez elle  toute la journée ! » ; ainsi, les nerdz et autres associaux sont parfaitement immunisés aux attaques de ninjas.

Les ninjas ne portent pas de couleurs vives (orange, rouge). il est plus avisé que vous portiez des couleurs plus sombres pour vous fondre dans l’obscurité.

C’est vraiment de la discrimination. Les roux sont des gens comme les autres : eux aussi ont le droit de se ridiculiser, nom de nom.

Désolé mec, tu ne pourras pas être un ninja. A la place, tu devras devenir médecin ou avocat, gros nase.

Cela dit, pour terminer, rien de mieux qu’une petite liste des choses nécessaires à tout bon ninja toujours selon le site :

  • Katana
Ok, ça se tient. Même si, bêtement, j’aurais pensé que le ninja utilisait plutôt des armes de son époque.
  • Un costume Noir, bleu foncé, ou gris. Choisissez le bleu foncé ou gris si vous êtes dans des zones sans obscurité complète.
Raaaah, mais alors il faut le porter ce costume ou non ? Je m’y perds, moi !
  • Shurikens
D’accord, le katana pour tataner en combat rapproché, et les shurikens pour la distance. Ok (même si pour le coup, tout le monde saura que c’est un type qui se prend pour un ninja qui a fait le coup)
  • Entraînement en arts martiaux
Ok.
  • Kunaï (Dague)
Des fois que des grands vous rackettent votre katana à la sortie du collège.
  • Nunchaku de combat
Non mais on le range où ?
  • Cours de Nunchaku
Oui parce que le sortir pour se péter tous les doigts, c’est un peu con en fait. Ah, on me souffle en coulisse que se déguiser en ninja aussi.
  • Cours de Self Défense
Parce qu’on ne peut pas se défendre avec des arts martiaux, un nunchaku, une dague, des shurikens et un katana ?
  • Sabre Japonais
Aussi appelé « katana« . Avec autant de trucs inutiles sur lui, au moindre mouvement, le malheureux doit faire « KLONG-KLONG » ; l’art de la discrétion m’est définitivement étranger.
  • Cours de Parkour
D’accord.
  • Sabre ninja
Un troisième, des fois qu’un mec vous ait pas encore repéré avec votre quintal de métaux en bazar sur vous façon rappeur west-coast.
  • Ninjatō
Qui, pour information, est encore un sabre. Ça fait 4. Ce n’est plus un ninja, c’est un quincaillier volant.
  • Boken
Une épée en bois. Pratique pour combattre des ennemis en carton, par exemple (je soupçonne certains centre de tris de La Poste d’entraîner des armées entières de ninjas sur leurs colis)
  • cours de kung fu
  • cours de judo
  • cours de freerung
  • cours de karaté

Je ne sais pas ce qu’est du freerung, mais je suppose que ça a un vague rapport avec le free-run ; et pour le reste, voilà qui devrait achever de vous permettre de vous défendre passées vos 36 heures d’entrainement quotidiens dans les différents arts de combats (et encore, on a pas parlé des techniques évoquées plus haut, du genre apprentissage de l’espionnage, des explosifs, et autres folles aventures)

Voilà, fiers lecteurs ! Vous voilà parés à devenir de fiers ninjas, courant sur les toits de nos cités nocturnement en quête d’odieux forfaits à accomplir, alors que le jour, vous feindrez de ne rien savoir de ce vol de collants dans la boutique Dim du centre-ville dont parlent tous les journaux.

D’ailleurs, il se trouve que je…

Je…

Attendez, une ombre à ma fenêtre ; bon sang, je n’aurais jamais dû taper cet article au bureau : ils peuvent m’atteindre !

Le monde moderne manquerait d’aventure.

Voilà bien un triste constat que vous pouvez entendre ou lire, de-ci de-là, au travers de la complainte de celles et ceux qui regrettent l’absence de continents à découvrir, de cartes à tracer ou de tribus à contacter. Affalés dans le quotidien banal de nos sociétés occidentales, ils ne peuvent que constater que les rares épopées modernes se suivent par Facebook, Twitter ou autre informations entendues entre deux chroniques humoristiques de piètre qualité diffusées dans de modernes émissions fourre-tout où se croisent « people », hommes politiques, humoristes et journalistes dans un grand capharnaüm supposé dépeindre la France d’aujourd’hui.

Alors que pourtant, au coeur même de nos cités se dressent des donjons qui, bien que quotidiennement explorés par des hordes d’aventuriers brutales et odorantes, continuent d’attirer jour après jour de nouvelles victimes tout en poussant les anciennes à revenir. Bruyants, lumineux, encombrés, ces lieux maudits de tous mais acceptés par chacun hantent notre quotidien comme autant de spectres ricanant. On les appelle…

Les grandes surfaces

 

Vue subjective d'un aventurier moderne

Temples de la consommation où se succèdent les « fêtes » (grands-mères, secrétaires, Halloween, Saint-Valentin et autres étrons consommables) qui rythment la vie de nombre d’entre nous (mais si, on connait tous des gens qui fêtent toutes ces âneries avec une ferveur quasi-religieuse), sites regorgeant de trésors payables en 18 fois à seulement 18% d’intérêt (parce que merde, même au RMI, il est obligatoire d’avoir chez soi un écran plat et une cafetière à capsules), lieu incontournables du ravitaillement du frigo, nous avons tous franchi un jour la porte automatique menant à cet enfer moderne (enfin, personnellement, j’envoie Diego, mon homme de main, s’occuper de ces tâches de bas-étage : je déteste me mélanger à la plèbe grouillante).

Aujourd’hui, lecteur, tel un fidèle héritier de Sun Tsu, je vais m’arrêter sur l’Art des Courses. Qui sont ces hordes qui se pressent en permanence en ces lieux ? Comment en sortir vivant ? Pourquoi le type avec le caddie devant moi me fait toujours chier ? Procédons par étape et commençons tout d’abord avec…

La typologie des clients

Qu’importe le magasin que vous fréquentez, on retrouve toujours les mêmes archétypes, pantins manipulés par le Grand Capital, qui, après avoir vidé le liquide céphalo-rachidien de ces êtres malheureux, les laisse errer pour l’éternité dans ces temples modernes. Ils sont nombreux, et leur nom est Légion.

Le Vieux

Le vieux est la créature la plus connue des grandes surfaces. On le reconnait de loin au fait qu’il est tout courbé sur son caddie ou qu’il se trimbale un vieux cabas à carreaux. Accessoirement, il dispose souvent au sommet de son chef un signe distinctif de son appartenance à la tribu des vieux : béret de la même couleur que son cabas, chevelure dispersée d’un blanc sale, ou pour les plus fiers, toupet coloré en mauve, orange ou autre couleur parfaitement improbable que seul le vieux peut trouver attractive. Quand on a plus l’âge de conduire une voiture, on fait du tuning sur sa moumoute, c’est comme ça. Le vieux est un être qui est le plus souvent à la retraite (mais ça pourrait changer ces prochaines années), aussi a t-il toute la journée pour faire ses courses. Mais, être pervers qu’il est, le vieux vient toujours aux heures d’affluence, créant une sorte de Rush Hour rhumatologique qui ne cesse d’étonner les plus jeunes. Pourquoi ne vient il pas quand il pourrait être  tranquille ? Réponse simple, ami jeune : le vieux veut te faire chier ; et c’est bien normal, il n’a que ça à faire de ses journées. Certains s’étonneront aussi de trouver des hordes de vieux à 8h du matin devant la grande surface, patientant devant le rideau de fer, alors qu’ils ont la journée pour y aller ; point d’étonnement : le vieux a souvent une certaine nostalgie pour le rideau de fer qui, comme il le dit souvent « Tenait à distance les cocos et les rastacouères » .

Mon conseil : Pour éviter le vieux, il suffit d’aller faire ses courses à l’heure des Feux de l’Amour.

La famille Pleupleu

La famille Pleupleu est constituée d’un nombre compris entre 3 et 18 personnes, pour la plupart disposant de cordes vocales incroyablement développées. On reconnait la famille Pleupleu de loin, tant le cri strident de ses marmots faisant un caprice ou le hurlement de la mère appelant Brian-Matthéo de sa grosse voix supposant qu’elle a emprunté les testicules de son mari avant de se fumer une douzaine de paquet de gauloises est aisément reconnaissable. La famille Pleupleu avance toujours en ligne, pour bloquer un maximum de personnes derrière elle, laissant ainsi aux mâles égarés l’occasion d’admirer la formidable croupe de la matrone, qui n’est pas sans rappeler l’Hindenburg. La famille Pleupleu fait toujours ses courses à une heure totalement improbable, tant tous ses enfants devraient être à l’école à cette heure-ci ou en train de faire leurs devoirs. Mais à la place, ils se roulent à vos pieds en faisant des mimiques qui laissent supposer qu’ils sont habités par le démon, hurlant qu’ils veulent la voiture de police Playmobil, bordel de merde.  La famille Pleupleu dispose d’un don incroyable : elle est la seule source sonore capable de couvrir temporairement le doux son de la musique diffusée dans la grande surface (où, curieusement, on écoute jamais Radio Classique), ce qui permet de la localiser instantanément si jamais vous veniez à la chercher. La famille Pleupleu a toujours dans le caddie un truc qu’elle n’a pas les moyens de se payer, ainsi qu’une BD de blagues sur les blondes. Enfin, ce beau foyer ambulant est le meilleur argument contre la démocratie, comme le disait Winston Churchill, puisqu’elle a le droit de vote.

Mon conseil : Pour mettre en déroute la famille Pleupleu vous bouchant l’issue d’un rayon, faites vous passer pour un contrôleur de la CAF.

 

Vous connaissez une seule personne ayant une VRAIE raison d'en avoir une ?

Oreillette-Man

Oreillette-Man est un con. On a beau chercher, on a jamais trouvé comment le qualifier autrement. Comme il a une oreillette, on pourrait supposer que c’est pour pouvoir répondre à des urgences en permanence ; il est probablement médecin, négociateur anti-terroriste, ou autre spécialiste dont l’esprit d’analyse doit être disponible à toute heure du jour et de la nuit pour sauver des vies. Mais en fait, non : il est manutentionnaire intérimaire chez Manpower, et trouve juste que l’oreillette, ça fait trop cool. Comme Jack Bauer. Il trouve toujours un moyen de justifier son besoin d’un « kit mains libres« , du genre « Comme ça je peux pousser mon caddie en même temps que je téléphone » , parce que oui, si on suit son raisonnement, un caddie, c’est trop lourd pour le pousser d’une main. Ses bras sont constitués à 90% de beurre et à 10% de biscuit : c’est une sorte de Kinder Bueno pour anthropophage. Comme tous les possesseurs d’oreillettes, Oreillette-Man parle fort pour que tout le monde puisse savoir qu’il demande à Sylvie s’il ramène du riz Uncle Ben’s ou du Carrefour. Et comme tous les possesseurs d’oreillettes, Oreillette-Man se sent en sus obligé de regarder les gens quand il cause. Ce qui donne l’impression quand vous le croisez qu’il est en train de vous demander si ça va ; alors qu’en fait non, il parle à son copain Jojo. Et en plus, il ne comprend pas pourquoi vous le regardez comme ça : il est en train de passer un coup de fil sans téléphone en vous regardant fixement, qu’est-ce que ça a d’extraordinaire ? Oreillette-Man a besoin de passer des millions de coups de fils, jusqu’à la caisse, où il continuera d’appeler Erwan pour savoir si c’est chez lui qu’il a oublié son chargeur samedi soir. Malgré son besoin constant d’être en communication avec tout le monde pour un oui ou pour un non, Oreillette-Man fera bien attention à ne pas dire un mot à la caissière. Attention : Oreillette-Man peut être une femme, ça n’empêche pas.

Mon conseil : n’hésitez pas à parler avec lui au prétexte qu’il donne l’impression de vous parler. Embrouillez-le, obligez le à raccrocher, rendez-le fou. Jusqu’à ce qu’il se décide à faire ce que tout possesseur d’oreillette devrait faire : se rendre jusqu’en Mordor pour y lâcher l’objet dans le feu de la Montagne du Destin.

La bande de jeunes

Contrairement à une idée répandue, la bande de jeunes n’est pas forcément constituée de racailles : elle peut tout aussi bien être un assemblage de personnages plus ou moins riches, mais présentant tous un goût pour cette aberration qu’est le jean taille basse qui donne l’impression qu’ils marchent le froc sur les chevilles. La bande de jeunes n’est présente que dans des endroits bien précis : le rayon alcools, le rayons apéritif, et éventuellement, le rayon jeu vidéo. On la reconnait, outre à ses vêtements, à son don pour s’encombrer d’un type qui, là encore, parle fort (mais moins que la famille Pleupleu), mais surtout, rit bêtement. Obligation lui est faite de répéter 3 fois la même blague genre « Hé ! Hé ! Hé ! Hé ! Hé Toto ! Hé ! Hé ! Toto ! (avez-vous remarqué comme le jeune peut continuer d’appeler un type en boucle même si ce dernier ne l’entend pas, plutôt que de se rapprocher de lui ?) Hé  ! Hé Toto ! Tu vas au rayon capotes ? *Rire de hyène* Hé Toto ! C’est par là le rayon capotes ! *Rire de hyène* Toto ! Ho ! Toto ! Hé ! Tu veux des capotes ? *Rire de hyène* ». Le jeune prend 20 minutes à prendre la moindre décision, tant il hésite sur le whisky à prendre, alors que chacun sait que c’est pour le mélanger avec du coca, parce que sinon, c’est pas bon et ça pique. A ce titre, il encombre souvent certains passages, occupant un peu plus d’espace que d’autres, puisque ce dernier a besoin d’utiliser ses bras de manière très importante pour s’exprimer. C’est ce que Kamel Ouali appelle de « l’expression corporelle« , et que le reste du monde convient donc de nommer « de la merde« .

Mon conseil : le jeune n’est pas dangereux ; bien qu’il fasse peur aux vieux parce qu’il est bruyant et agité, il est bien incapable de vous faire du mal : en supposant que vous marchiez d’un bon pas, son jean-taille basse l’empêchera de dépasser le kilomètre à l’heure, et ne pourra donc jamais vous rattraper, quoi que vous lui disiez.

 

Petit jeu : quelle est la vitesse de pointe maximale de ces individus ?

Le Sébastien Loeb

Certains d’entre nous prennent le mot « courses » au sens littéral : sitôt qu’ils sentent entre leurs mains moites la froide barre du chariot, les voici, haletant, qui se lancent à toute allure dans leur mission de ravitaillement. Souvent aidés d’un copilote qui leur indique qu’il y a un virage sec dans 25 mètres à gauche pour arriver au rayon papier toilettes (avez-vous remarqué que c’est toujours au moment d’acheter de quoi s’essuyer le popotin, ou une fort belle brosse pour récurer tout cela que l’on croise sa voisine mignonne ; difficile d’engager la conversation dans ces moments là : « Oui, j’aime le papier double épaisseur, il faut dire que je fais des étrons particulièrement gras, ma belle, vois-tu » ou « Cette brosse ? L’ancienne a fondu, puisque je m’en servais un peu trop ; je peux te dire que vu ce que j’envoie à l’égout, si les ours polaires manquent de banquise, j’ai de bon gros îlots à leur proposer. » mais je m’éloigne du sujet), ils font déraper le caddie avec une précision redoutable. Rapides, agiles, puissants, ils sont les rois de la grande surface, jusqu’à ce que les embouteillages les freinent dans leur élan.

Mon conseil : Pas d’inquiétude d’être percuté : le Sébastien Loeb se fait de plus en plus rare, tant depuis la fin du XXe siècle, les grandes surfaces ont arrêté de s’équiper en caddies 4 roues motrices, plus agiles, pour mettre en place des chariots ne disposant que de deux roues aptes à pivoter, réduisant ainsi drastiquement les possibilités de pilotage, et de fait, le nombre de pilotes. Pour la sécurité de tous.

Cela étant dit, il serait complexe de nous arrêter sur tous les archétypes des grands magasins ; passons donc directement à la suite : comment survivre dans ce qui est le Koursk des caddies ? Je vous propose donc quelques pages de mon dernier ouvrage « Man vs Wild : survivre à Shoppy« , petit carnet auquel les plus grands experts en stratégie ont participé afin de vous conseiller et vous aider dans vos moments de solitude en grande surface. Bonne lecture.

 

Maintenant, plus d’excuses : de l’aventure, il y en a près de chez vous. Et vous voilà fins prêts à l’affronter.

Hardi, compagnons.

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