« Professeur Dumbledore… puis-je vous poser une question ?« 

Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore relève les yeux par-dessus ses lunettes en demi-lune, braquant son regard perçant vers la silhouette brune aux cheveux en bataille assise dans le siège en face de lui. D’un geste lent, il place ses mains sur son bureau de manière à ce que ses doigts se touchent, puis s’enfonce un peu plus dans son fauteuil comme pour signifier à son interlocuteur qu’il compte prendre tout le temps nécessaire à la construction de sa réponse. Le jeune homme assis en face lui se contente de réajuster ses lunettes rondes tout en dégageant une mèche de la cicatrice en forme d’éclair qu’il porte au front, avant de hausser légèrement les épaules.

« Et bien voilà professeur… je me demandais… pourquoi on nous enseigne jamais l’histoire-géographie ici ? Non parce que ce n’est pas que je n’apprécie pas ce que l’on enseigne ici, hein, mais quand je rentre chez les Dursley pour les vacances, même Dudley semble plus érudit que moi : il sait situer les grandes villes du pays, sait qui est le monsieur sur la statue de Trafalgar Square… je ne sais pas professeur : l’impression d’être plus bête qu’un petit gros qui a en permanence l’air constipé, ça me chagrine un peu. 
- Ho, Harry, tu remues là de terribles souvenirs ! Je pourrais te les raconter moi-même, mais ce ne serait pas aussi vif que si tu les contemplais de tes yeux… tiens, Harry, regarde plutôt dans la pensine. »

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Le professeur pointa sa baguette vers un placard et une sorte de bassine argentée en sortit en volant ; il la dirigea d’un vol lent et sûr vers le bureau qui le séparait d’Harry, puis la fit atterrir. Il eut un curieux sourire bienveillant, puis d’un de ses longs doigts, il indiqua au jeune sorcier qu’il pouvait regarder dans l’objet. A peine le plus célèbre des jeunes magiciens avait-il regardé la surface du liquide argenté qui se présentait à lui qu’il se sentit comme arraché de sa chaise avant d’être entraîné dans une incroyable chute au travers d’un immense puits sombre, au bout duquel il pouvait apercevoir un minuscule point de lumière ; il eut l’impression que le vent lui fouettait le visage alors qu’il se rapprochait de plus en plus vite de la lumière. Et puis d’un coup, il eut le sentiment de franchir l’issue du tunnel menant vers la curieuse lumière et tout s’arrêta : il était comme suspendu en l’air à quelques mètres au-dessus du sol, dans ce qui semblait être une salle ronde qu’il avait souvent vue inoccupée à Poudlard ; elle était bordée de quelques minuscules gradins où s’entassaient des personnes aux vêtements bigarrés comme seuls les sorciers savent en trouver, et à l’opposé de la grande porte de chêne richement sculptée qu’Harry pouvait contempler, une immense table dominait l’assemblée, et il apercevait derrière celle-ci plusieurs personnages à l’air strict. Il reconnut le professeur Mac Gonagall, visiblement de quelques années plus jeune ; cela lui remit les idées en place et lui rappela que tout cela n’était qu’un souvenir de Dumbledore qu’il visualisait. Il se demanda cependant ce que tout cela pouvait bien signifier.

« Conseil de discipline de Poudlard, séance 784. Faites entrer.« 

Un grincement sinistre se fit entendre, et les lourdes portes de chêne laissèrent passer un personnage escorté par deux préfets. De là où il était, Harry pouvait surtout observer la masse de cheveux blancs qui occupaient ses tempes, sans pouvoir observer véritablement son visage, son angle d’observation n’étant pas idéal ; alors qu’il tentait de se déplacer en battant des bras en l’air pour mieux voir, il remarqua que si l’homme portait l’uniforme traditionnel de l’école, il arborait au cou une cravate rouge qui n’était pas celle d’une maison qu’il connaissait. Il supposa qu’il pouvait avoir affaire à un enseignant, les seuls pouvant faire exception aux règlements sur les tenues vestimentaires. Lorsque l’un des préfets demanda à celui qui était visiblement l’accusé de vider ses poches et de donner sa baguette magique au président du conseil, il sortit de ses poches un étui à cigare, une flasque d’alcool, une montre à gousset et enfin une baguette de bois sombre. Le magistrat à la tête de l’assemblée s’en saisit et fronça les sourcils en chaussant de petites lunettes le temps de mieux en voir les détails.

« Bois de tilleul, 27,5 centimètres, phalange de farfadet. Accusé numéro 784 : Professeur O. Connard. Enseignant en Histoire, Géographie, Education civique »
- C’est moi.« 

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Il y eut une série de regards entendus parmi les membres du public, comme si on avait longtemps attendu que le personnage passe devant un simili-tribunal, puis les personnes assises à la tribune prirent la parole.

« Professeur, vous devez sûrement savoir pourquoi vous êtes là. 
- C’est-à-dire qu’il y a moult raisons, alors si vous pouviez préciser celles que vous prenez en compte, ça irait plus vite.« 

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Un murmure parcourt la salle.

 
« Bien, professeur, puisque vous le demandez… bien, premièrement, on me dit que vous avez pillé les stocks de polynectar dans le laboratoire du cours de potion.
- En effet.
- Pourriez-vous préciser à l’auguste assemblée dans quel… disons… but… ce… c’était ?
- Je n’en ferai rien : vous êtes payé à énoncer les accusations formulées à mon égard, n’imaginez pas que je compte bosser à votre place, fainéant de fonctionnaire.
- Oooooooh ! – dit la salle
- Bien, bien professeur, puisque c’est ainsi, je lis le rapport de mon collègue du cours de potions… « M. Connard a utilisé le polynectar ainsi qu’un cheveu d’une modèle de charme allemande acheté sur Ebay pour organiser des parties fines avec des élèves. »
- Oooooooooh ! – dit la salle 
- Pas la peine de faire « Ooooh », hein, hé. Tout le monde y a déjà pensé. A quoi ça sert sinon de faire de la magie ?
- Ce n’est pas la question professeur ! Je lis aussi ici qu’après que vous êtes arrivé à court de polynectar, vous avez glissé du GHB dans la biéraubeurre de plusieurs élèves de 6e et 7e année à l’occasion du nouvel an. Comment expliquez-vous cela ? 
- La réponse est dans la question : j’étais à court de polynectar. 
- Oooooooooooh ! – refait le public
- Dites, si c’est pour entendre des onomatopées, on pourrait plutôt se regarder un match commenté par Eugène Saccomano, vous savez.
- Taisez-vous ! Vous ne méritez même pas le titre de professeur ! J’ai ici une plainte disant que vous détournez l’usage originel des sorts pour parvenir à vos fins : une élève est venue se plaindre que vous lanciez des « Accio coquine ! » en cours pour voir qui ça attirait au tableau !
- Il est vrai, mais vous savez, ça valait le coup puisque par deux fois ça a attiré le professeur Dumbledore de son bureau jusqu’à ma classe sans que ses pieds ne touchent le sol : vous cachez bien votre jeu vieux schnok !
- Roooooooooooooooh ! – surenchérit l’assemblée
- Bien passons sur les autres débordements du même style : j’en ai des pages et des pages : regardez ce dossier, il est plus gros que la plupart de mes grimoires ! Tenez, je prends une page au hasard ; plainte d’un membre de la famille Weasley : « Le professeur Connard a fait cette devinette en classe : « Pourquoi Voldemort cherche t-il tant à faire subir le supplice du pal au Weasley ? Parce qu’il adore mettre des bâtons dans les roux ! »
- Elle est pas bien cette blague peut-être ? 
- Il suffit ! Il suffit ! Je ne vous poserai qu’une seule question : durant toutes ces années au service de l’école, vous n’avez jamais été malade. Jamais. Et il paraîtrait que vous guéririez tous vos problèmes avec des larmes de phénix, le célèbre remède qui guérit tout ! Mais comment pouvez-vous faire pleurer cet oiseau au coeur dur à volonté ? Partagez votre méthode avec nous dans l’intérêt de l’école et de ses élèves, et nous en tiendrons compte au moment de prononcer votre peine.
- Ma foi, c’est assez facile : le phénix est un animal très friand de noix de cajou. Il vous suffit de vous approcher de lui en en tenant quelques unes dans une main, afin de l’inciter à vous faire confiance…
- Hmmm hmmm…
- Non, à cet instant précis, le phénix, attiré par sa gourmandise aussi légendaire que l’est son plumage, ne pourra s’empêcher de venir manger dans votre main. Parlez-lui. Dites lui que vous l’appréciez. Encouragez-le à savourer. 
- Fort bien, je note…
- Et tout le secret, c’est que quand il ne s’y attend pas, il faut violemment lui insérer le pouce de votre autre main dans le rect…
- HOOOO ! C’EN EST TROP ! SILENCE ! Sileeeence ! Je vous retire immédiatement votre chaire d’enseignant et vous renvoie chercher du travail au Pôle Emploi Enchanté ! Je vous condamne à ne plus jamais remettre les pieds dans cette école ! Mieux : je ferme définitivement la chaire d’histoire-géographie ! Que plus jamais, personne ne parle de ce qu’il s’est passé ici, et que votre nom ne soit plus prononcé ! Adieu, Monsieur ! »
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Harry sentit son corps devenir léger et commencer à prendre de l’altitude alors que le souvenir se terminait et que tout lui paraissait de plus en plus lointain. Il fit la moue.

Il n’avait pas entendu : où fallait-il mettre le pouce pour faire pleurer le phénix ?

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L'affiche : non, aucun des deux ne pensera à mettre un gros coup de boule à l'autre

Résumé des épisodes précédents : Voldemort le vilain sorcier essaie de tuer Harry Potter depuis 7 films parce que lui a un nez et peut donc porter des lunettes sans que ça lui tombe sur la bouche, ce qui le rend très jaloux. Las, le gentil héros a décidé de partir se changer les idées en faisant du camping avec ses amis Ron et Hermione. Mais c’était sans compter sur les méchants qui se décident à pourrir leurs vacances…

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié ; mais si vous vouliez malgré tout un truc plus détaillé, la partie I est . Reprenons, maintenant, voulez-vous ?

Le film s’ouvre donc sur la dernière scène du précédent : Voldemort, poussé par ses instincts nécrophiles, vient d’ouvrir la tombe de feu le professeur Dumbledore pour se saisir de sa baguette : en effet, celle-ci, connue sous le nom de « Baguette de sureau » ou « über-baguette » est l’une des trois reliques de la Mort, trois objets surpuissants que la Grande Faucheuse elle-même aurait créés : une cape d’invisibilité pour disparaître aux yeux d’autrui, une pierre de résurrection permettant de revoir ceux que l’on a perdu, et enfin la fameuse baguette surpassant en puissances toutes les autres. Celui qui disposerait de ces trois reliques serait le maître de la Mort, mais celui qui aurait juste la baguette de sureau dépoterait déjà pas mal : c’est donc désormais le cas de notre grand méchant national : tremble, monde libre.

Dans le même temps, à Poudlard, l’école des sorciers idiots qui ne savent pas faire de division, écrire correctement ou situer la Belgique sur une carte (même s’il est vrai que ce n’est pas toujours évident) puisqu’on y enseigne aucune matière classique, on note que l’ambiance est devenue un poil moins joyeuse : désormais que les hommes de Voldemort ont pris le pouvoir chez les sorciers de Grande-Bretagne, le célèbre établissement magique est passé sous la coupe de son nouveau directeur, le professeur Rogue, et une discipline de fer est mise en place : les élèves marchent façon cohorte romaine, au pas et en silence, et tout écart du règlement est sanctionné par des punitions physiques relativement sévères (élèves battus, torturés, condamnés à lire du Sophie Kinsella, etc). Le rêve de tout enseignant qui se respecte : Monsieur Rogue, venez enseigner en région parisienne, s’il vous plaît.

Voilà pour ce qu’il en est des méchants, qui semblent bien s’amuser ; allons donc retrouver nos valeureux héros que sont Harry, Ron et Hermione, qui après avoir réussi à fuir le QG des vilains dans le précédent épisode grâce à une intervention surpuissante (mais fatale) de Dobby, le Che Guevara des elfes de maison, sont désormais à l’abri dans « la maison aux coquillages « , une bicoque kitschounette – enfin pas selon Valérie Damidot – sur une triste plage d’Albion. Là, nos larrons réfléchissent à la suite des opérations : où sont les autres horcruxes de Voldemort, ces objets enchantés qui contiennent une part de son âme et l’empêchent de mourir ? Ils en discutent quelque peu entre eux ainsi qu’avec leurs autres amis sur place (principalement des membres de la famille de Ron ainsi que Luna, probablement l’élève la plus défoncée à la ganja que Poudlard ait jamais connu), et se disent qu’ils ont désormais deux nouveaux atouts dans leur manche : les deux personnes qu’ils ont sauvé du QG de Voldemort lors de leur fuite, à savoir Gripsec, un gobelin travaillant à la banque Grimgotts, la Société Générale du monde magique, et Jean-Jacques Ollivander, un célèbre vendeur de baguettes magiques. Eux deux ont peut-être informations ? Hein ? Vous allez parler ? Ja ? Schnell ?

Pas de problème ; Harry s’en va mener des interrogatoires avec toute la subtilité qu’on lui connait : tout d’abord, il va discuter avec le sieur Gripsec, puis invoquant le pouvoir antique de Nicolas Sarkozy, le pourfendeur du secret bancaire (interdit de rire au fond), il l’oblige à parler : Bellatrix Lestrange, bras droit de Voldemort, a un coffre chez Gringotts et il est fort probable qu’un horcruxe se trouve dedans ; fort bien, se dit notre héros, il va donc falloir s’y rendre. Mais, diable ! La banque est incroyablement bien gardée, dotée de moult artifices de sécurité, et chacun sait qu’elle est impossible à dévaliser à part si on est un trader. Mais, avec l’aide de Gripsec, employé là-bas qui en connait tous les secrets, il doit malgré tout être possible de se rendre jusqu’au coffre de Lestrange (même si à mon avis, il ne doit contenir que deux tonnes de schnouf et un fer à friser) ! Le banquier est prêt à accepter, mais à une seule condition : qu’on lui donne en échange l’épée de Gryffondor, arme légendaire que nos amis avaient récupéré dans le dernier volet, et qui est la seule assez puissante à leur disposition pour détruire un horcruxe. Sacrebleu ! Il n’y a guère de choix : Harry accepte le marché.

Sitôt la conversation terminée, Ron et Hermione engueulent Harry : « Mais, espèce de gros con (qu’ils sont grossiers, je suis aussi choqué que vous), comment va t-on détruire l’horcruxe que l’on pense trouver chez Gringotts si on a plus l’épée pour le détruire, hein ? » ; le sorcier à la cicatrice en forme d’éclair est bien embêté et ne sait que répondre, aussi il se contente d’un « J’y réfléchis encore« .

Je t’aide mec : tu dis à Gripsec que tu le paies APRES avoir accompli sa mission. Comme ça, tu récupères l’objet, le brise, et lui file l’épée si tout s’est bien passé et qu’il a bien rempli sa part du contrat. En fait, payer les gens à la fin d’un contrat rempli, ça parait même assez logique ; mais bon, hein, je ne suis pas un sorcier, c’est sûrement moi qui dois me tromper et pas toi qui doit être un peu con, mon bon Harry. Non. Nooon.

"Cher Dobby, je sais que tu es mort, mais je voulais te dire que tu nous manquais en tant que membre le plus intelligent de notre groupe"

Le bon Potter n’en a cependant pas fini avec ses investigations, il enchaîne donc en allant poser quelques questions au sieur Ollivander, l’expert en baguettes,  afin de savoir s’il peut utiliser les armes qu’il a piquées à d’autres sorciers durant ses dernières aventures sans soucis. Oui, lui répond le vieux sage : les baguettes ont une âme, des sentiments (elles pleurent souvent quand elles regardent Titanic et mangent de la glace dans le pot quand on les plaque), et ne sont fidèles qu’à leurs propriétaires légitimes (contrairement à certaines). Or, comme Harry s’est emparé des baguettes qu’il présente non pas en les dérobant comme un vulgaire voleur de poules, mais en désarmant d’un sort leurs anciens possesseurs, les baguettes lui sont désormais fidèles. Et une baguette fidèle à son maître marche mieux et est plus puissante qu’une arme réticente à servir celui qui la manie ! Harry, qui n’a plus de baguette suite à quelques malheureuses précédentes aventures, se décide donc à utiliser celle de Drago, dont il s’est emparé dans les règles de l’art. Il est donc performant avec à 100%.

Juste une question : c’est quoi cette règle pourrie de « changement d’allégeance des baguettes » ? Non parce que Harry étant un gentil, depuis le touuuuut début de son aventure, il en a désarmé des sorciers pour les neutraliser ! Alors du coup, il est le propriétaire légitime de près d’une centaine de baguettes ? Aucun de leurs propriétaires ne s’est rendu compte que sa baguette avait « changé d’allégeance », était « devenue réticente » et « votait désormais pour Lutte Ouvrière » ? Non ?

Mais assez parlé théorie : passons à l’action ; pour infiltrer Gringotts, nos héros ont mis au point un plan simple et efficace : Hermione va se déguiser en Bellatrix Lestrange, grâce à un cheveu d’elle tombé sur son blouson lors d’une séance de torture au QG de Voldemort, qu’elle glisse dans du polynectar, une potion de métamorphose. Ron se déguise lui aussi grâce à une… barbe ? Quant à Harry, il se cache sous sa cape d’invisibilité tout en portant Gripsec sur son dos : tout le monde est prêt ? Pif-pouf, téléportation devant la banque susmentionnée (c’est pratique ce sort, quand même). Mais à peine nos héros sont-ils entrés dans la banque que les gardes comme les banquiers semblent méfiants ; aller jusqu’aux coffres parait difficile ! C’est sans compter sur Harry qui, depuis sa cape, lance sur le directeur qui passait par là un sort d’Impero, un maléfice qui fait passer les gens sous votre contrôle plein et entier genre hypnose (« It’s magical GHB, baby« ). Il lui ordonne donc de l’emmener, lui et ses amis, vers les coffres. Soit !

Mais hélas, alors que nos héros descendent dans les profondeurs des grottes sous la banque pour atteindre le coffre voulu en circulant sur une espèce de train de la mine façon parc d’attraction (les escaliers et les ascenseurs, c’est pour les gros nazes, les petits trains, ça fait établissement sérieux : moi-même, je ne fréquente aucun établissement bancaire qui ne dispose pas d’un train de la mine, gage de qualité), ils passent sous « la cascade des voleurs« , une coulée d’eau qui brise tous les enchantements de ceux qui passent dessous : tout le monde reprend donc son apparence normale, et l’alarme locale se déclenche : scrogneugneu ! Heureusement, par un incroyable coup de chance, nos loulous, sont arrivés juste devant le coffre de Bellatrix Lestrange juste à ce moment là (c’est quand même bien fait) : celui-ci est gardé par un dragon, mais qui a subi une éducation qui l’a rendu complètement peureux sitôt que l’on agite des clochettes sous son nez, ce qui le neutralise complètement et permet à tous ceux qui connaissent cela de passer sous son nez. Gripsec a donc tôt fait d’informer nos héros de cet état de fait et de les emmener jusqu’à la porte du coffre tant convoité.

Et lorsque la porte de celui-ci s’ouvre, que de richesses entreposées ! Retrouver un horcruxe dans tout ce bazar risque d’être compliqué, sans compter qu’un sort de « geminio » protège les lieux : tous les objets touchés se dupliquent instantanément de manière exponentielle : rapidement, nos héros commencent donc à crouler sous des hordes de d’objets précieux, qui menacent de les étouffer. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurais ce genre de tour sous la main, j’aurais commencé par le jeter sur des matières précieuses, du pognon ou des suédoises à l’esprit souple et à la poitrine ferme. Passons cependant sur ces réflexions : Harry réalise soudainement au milieu du chaos qu’il dispose d’un incroyable pouvoir : il peut « entendre » les horcruxes, comme s’ils chuchotaient à ses oreilles ; il repère donc promptement une petite coupe en hauteur, qu’il s’empresse de récupérer (mais comme il est petit, il s’aide de l’épée de Gryffondor pour l’attraper : moi, je l’aurais plutôt utilisée pour lui taper sur la gueule directement, mais bon) ; Gripsec, voyant que nos héros ont trouvé ce qu’ils voulaient, mais qu’ils continuent de crouler sous les objets qui continuent de se multiplier, profite de ce bazar pour récupérer l’épée qu’il avait voulu comme paiement avant de s’enfuir en lâchant un pet « Je vous avais promis de vous faire rentrer, pas de vous faire sortir ! Adieuuuuuu hohohohoho, ce que je suis maliiiiin« .

Harry et ses amis sont-ils pris au piège ? Jamais ! Ils parviennent avec plus ou moins de mal à sortir du coffre qui continue de se remplir, mais constatent qu’à la sortie, l’alarme a achevé d’attirer la sécurité (ce serait bien parce que ça fait bien 10 minutes qu’elle sonne) et devant la porte, des dizaines d’hommes de la sécurité pointent des baguettes sur les cambrioleurs ; coïncidence encore une fois, le dragon qui gardait les lieux se trouve juste en-dessous d’Hermione & co (la porte du coffre est légèrement surélevée, ne me demandez pas pourquoi), aussi notre troupe de gentils sorciers lui saute sur le dos et l’incite à s’envoler en cramant tous les gardes et gobelins se mettant sur son passage (« En route Kiki, allons exterminer des banquiers ! Saint Marx, guide notre souffle de braise !« ) ; rapidement, la banque est en flammes, jonchée de morts, et nos héros traversant les grottes souterraines en volant sur leur nouvel ami pour regagner la surface, font un carnage jusqu’à l’accueil de la banque, avant de s’envoler au-dessus de Londres en passant par le dôme vitré qui survolait le bâtiment dans un bruit d’apocalypse. Bien qu’ils s’interrogent, nos héros ne savent que faire : autant rester sur le dragon jusqu’à ce qu’une idée se présente.

Ravager une banque à dos de dragon : le rêve d'Olivier Besancenot

Ouais. ça ou vous téléporter dans un coin tranquille plutôt que d’être accroché sans aucune sécurité sur le dos d’une bête plus ou moins sauvage, qui risque d’être abattue par la RAF pour survol non autorisé de Londres ; mais là encore, je ne fais que suggérer : se téléporter, c’est un pouvoir tellement peu utile quand on fuit les lieux d’un braquage et qu’on ne veut pas être suivi, autant ne pas l’utiliser. Je profite de ce propos pour faire quelques remarques sur la scène précédente, qui atteint des sommets de nullité :

  • Si vous aviez une alarme qui détecte les voleurs, braqueurs, escrocs et autres malandrins dans votre banque vous la mettriez à l’entrée avec vos agents de sécurité prêts à intervenir ou au 12e sous-sol ? Chez Gringotts, on a choisi. Et on a appelé ça « cascade des voleurs » ; hé bé, si c’est la banque la plus sûre du pays, je n’imagine même pas la pire.
  • Si vous aviez une voiture dont vous pouviez éteindre le moteur à distance et que trois braqueurs niais de 17 ans essayaient de se barrer avec alors que vous les poursuivez avec toute votre sécurité professionnelle pour récupérer vos biens, que feriez vous ? Chez Gringotts, on appelle ça « un dragon que l’on peut neutraliser à n’importe quel instant en agitant une clochette« , mais personne n’y pense lorsque les voleurs montent dessus et tuent les gens avec. Ils doivent toucher des subventions pour emploi massif de personnes déficientes, c’est pas possible autrement
  • Harry, Ron et Hermione tuent plusieurs centaines de personnes chez Gringotts, ravagent la banque, font perdre des millions à tous les épargnants qui avaient placé leur pognon dans la seule banque du pays, sans compter que l’économie magique se casse la gueule, mais personne ne leur reprochera quoi que ce soit ou ne soulignera même vaguement « Au fait, la prochaine fois, évitez de faire un génocide, je vous rappelle que vous êtes les gentils » : personnellement, je commence à me dire que Voldemort n’est pas aussi cruel qu’Harry.
Bref : après de longues et tranquilles heures de vol au-dessus de l’Angleterre à dos de dragon sans que qui que ce soit ne s’y intéresse (un dragon survole plusieurs millions de personnes sans que ça n’alerte qui que ce soit ; le flegme britannique est vraiment puissant), nos larrons finissent par passer au-dessus d’un paisible lac, et se décident donc à sauter à l’eau puisque cela semble être la voie la plus sûre pour descendre du dragon (encore une fois, la téléportation, toujours pas ?) ; mais une fois immergé, alors qu’il peine à remonter à la surface, Harry a des flashs : il sent les pensées de Voldemort, et celui-ci semble concentré sur la maison Serdaigle (mais siiii, vous savez, l’une des deux maisons dont on ne parle jamais dans Harry Potter, parce qu’à part les gentils Gryffondor et les méchants Serpentard, c’est le désert de Gobi), et plus particulièrement sur un objet que la fondatrice de la maison aurait possédé. Tiens ? se dit Potter (puisqu’il aime bien se parler à lui-même pendant qu’il se noie à moitié), et si c’était ça, le prochain horcruxe, un objet de Serdaigle ? Auquel cas, il faudrait aller à Poudlard pour le trouver, probablement… sans compter qu’on ignore ce qu’est l’objet ou l’endroit où il se trouve. Bref, on ne sait rien : mais chez les gentils, on aime bien se baser sur du rien pour agir. Sitôt l’information partagée avec ses camarades, Ron, Hermione et Riri (soyons fous) décident donc d’aller à Poudlard ; et le lieu étant protégé des téléportations intempestives (pour empêcher des pédophiles enchantés de kidnapper des élèves à toute vitesse, probablement), il faut donc se rendre d’abord dans le village voisin de Pré-au-Lard, qui lui n’est pas protégé contre les déplacements magiques. Ni une, ni deux, nos loulous pensent ENFIN à se téléporter. Bravo les enfants.
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C’est donc dans un petit bruit sourd que notre joyeux lurons débarquent nocturnement à Pré-au-Lard (alors qu’il faisait jour lorsqu’ils sont partis : soit ils mettent plusieurs heures à se téléporter et on appelle ça de la marche, soit l’Angleterre est un pays allant de Tijuana à Beijing), afin de se rapprocher de Poudlard ; mais palsembleu : les agents locaux au service de Voldemort ont installé une alarme (qui fait un bruit de chat auquel on écrase la queue) qui détecte les indésirables ; à peine arrivés, nos filous doivent donc courir se cacher ! Et ils ont du bol (encore), puisqu’ils passent devant la maison d’un homme qui accepte de les planquer : Abelforth Dumbledore, frère de l’ancien directeur, qui depuis sa maison aide les élèves qui résistent encore et toujours à Rogue à Poudlard. Le vieil homme propose donc un peu de repos et quelques mets à ses invités, et leur fait amener par un passage secret un invité surprise : Neville Londubat, élève méprisé de tous mais devenu meneur de la résistance (probablement grâce à son charis… non, non, rien). Ce dernier fait un petit topo de la situation : Poudlard est devenu une sorte de repaire crypto-fasciste dirigé par Rogue, qui apprend désormais aux élèves à devenir à leur tour des servants de Voldemort. Entrer et sortir de l’école est devenu fort compliqué, à part via le passage secret par lequel Neville est arrivé, qui relie la cave de Pré-au-Lard à la Salle sur Demande, une salle qui n’apparaît qu’à ceux qui en ont besoin pour leur offrir ce dont ils ont besoin (et dans une école d’adolescents aux hormones en folie, je me demande combien de fois la Salle sur Demande s’est présentée sous la forme d’une pièce de villa de Silvio Berlusconi). Et dans l’immédiat, elle se présente sous la forme d’un confortable dortoir pour les élèves qui fuient les persécutions de Rogue et sa troupe. Le sieur Londubat propose d’ailleurs à nos héros de ne pas s’attarder plus avant : on les cherche encore à Pré-au-Lard et s’y attarder ne serait que peu sûr : aller à Poudlard en utilisant le passage semble recommandé.

Harry & co suivent donc Neville tout au long d’un étroit tunnel, avant de déboucher via un tableau pivotant dans la grande salle bordélique qui abrite quantité d’élèves plus ou moins connus de nos héros : voyant arriver le plus célèbre des ennemis de Voldemort, les jeunots l’acclament fortement et laissent exploser leur joie, puisque l’espoir revient ! J’espère qu’il n’y en a aucun parmi eux dont le père bossait à Gringotts, sinon il risque d’apprécier un peu moins la venue du sorcier à lunettes. Mais bref : les écoliers ont tôt fait de demander à Harry quel est son plan ; terrible erreur, puisque comme chacun sait, ce dernier n’a que des plans de merde depuis près de 7 films. Et ça ne rate pas lorsque notre héros annonce : « Bon les mecs, on vient chercher un objet ayant un rapport avec Serdaigle, mais on ne sait pas lequel, à quoi ça ressemble et où c’est. Au boulot !« . Je suis d’accord, avec une description pareille, personne ne pourrait trouver quoi que ce soit. C’est donc à ce moment précis qu’apparait le Deus Ex Machina : Luna Lovegood, qui fait partie du groupe de résistants, et qui…

… Luna Lovegood ? Celle qui avait été kidnappée par les hommes de Voldemort ? Et qui avait été sauvée et mise en sécurité par Harry ? Elle est revenue à Poudlard, repaire des hommes de Voldemort ?! C’est quoi son but, se refaire kidnapper parce que ça l’a fait trop marrer de voyager à fond de camionnette avec un slip cousu sur la tête ? Elle préfère subir une séance de torture plutôt que de sécher les cours ? Que… bon. On mettra ça sur le compte du fait qu’elle est complètement défoncée au crack.

Bref, Luna dit « Aaaah bin ça doit être le diadème perdu de Serdaigle« , objet « qu’aucun vivant n’a jamais vu« . Hein ? Mais sur quoi tu te bases pour affirmer ça, dis ? Surtout que si c’est un objet qu’aucun vivant n’a jamais vu (et perdu de surcroît comme son nom l’indique), Voldemort non plus ne l’a probablement jamais vu, donc il y a peu de chances que ce soit ça. Pourquoi ça ne pourrait pas être « l’épée de Serdaigle« , « la boucle d’oreille de Serdaigle » ou « l’orteil séché de Serdaigle » ? Mais non : il n’y a même pas une minute de doute ou de réflexion ; « Oui, Voldemort a dû cacher son âme dans un objet perdu que personne n’a jamais vu ! » ; c’est tellement logique.

Le slip enchanté de Serdaigle

Seulement voilà : pour chercher cette relique, il va falloir un peu de liberté d’action  ; il faudrait libérer Poudlard du joug de Rogue et sa clique. Et ça tombe bien : ce dernier fait convoquer dans la grande salle tous les élèves pour les informer qu’Harry a été aperçu dans la soirée à Pré-au-Lard, et que si un élève sait quoi que ce soit sur le sujet, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais, et que tous ceux qui parleront toucheront leur poids en chocolat. Un élève se dépêche donc de lever haut le bras pour prendre la parole : il s’agit d’Harry Potter lui-même, qui vient défier ses ennemis sur leur propre terrain ; quelle classe ! Sitôt que Rogue s’aperçoit qu’il s’agit bien de lui, les portes de la grande salle s’ouvrent et tous les alliés du petit sorcier débarquent : élèves rebelles, potes d’escapades, anciens membres de l’Ordre du Phénix… bref. Rogue, voyant cette invasion de gentils venus faire un putsch, tente bien de résister un peu mais le professeur Minerva Mac Gonagall, patronne de la maison Gryffondor, profite de l’occasion pour se libérer du joug du directeur de l’école et commence à lui envoyer des tirs de lance-flammes magique dans la face (les méchants, au moins, ils lancent des sorts pour tuer rapidement et sans douleur, ils n’essaient pas d’atrocement brûler les gens) ; le pauvre Severus (c’est son prénom pour ceux qui l’auraient oublié) doit donc fuir en prenant la forme d’une brume noirâtre avant de filer par une fenêtre.

Poudlard humilié, Poudlard outragé mais Poudlard liiiiiibéré.

Les élèves laissent donc éclater leur joie et les lumières trop longtemps éteintes du château se rallument, mais hélas, le bonheur n’est que de courte durée : soudain, la voix de Voldemort retentit dans la tête des présents : « Krsshhh un deux, un deux, tests, ça marche ? Michel, c’est branché ce truc ? Test test, hem hem : troupes de Poudlard, rendez-vous : si vous me donnez Harry Potter, il ne vous sera fait aucun mal. Sinon, je serai obligé de vous maraver la gueule. Crotte, comment ça s’éteint ce truc ? ». C’est sans compter sur la détermination des défenseurs, désormais menés par la nouvelle directrice improvisée, Mac Gonagall, qui annonce que la résistance va s’organiser, et que bataille il y aura : personne ne donnera Harry ! Et après qu’une élève de Serpentard eut proposé de ne pas résister malgré tout pour éviter les ennuis, elle fait aussi ordonner que tous les membres de cette maison soient mis au cachot.

Mais oui Minerva : les Serpentards ne sont pas des individus en soi pouvant avoir des opinions différentes les uns des autres, ce sont tous des enculés de la même race, autant tous s’en débarrasser (surtout à un moment où on manque de combattants). V’là les bon gros préjugés ; vraiment, merci Minerva Mac Le Pen du Gryffront National. On sent que vous êtes les gentils, hein. La vache, quel esprit ouvert.

En tout cas, la résistance commence à s’organiser aux 4 coins du château : les professeurs dressent une barrière géante autour de celui-ci, qui doit permettre d’éviter que quoi que ce soit ne rentre, ennemis comme sortilèges. Les soldats de pierre qui ornaient les murailles sont aussi réveillés afin de se mettre en formation pour défendre l’école. Puis, les sorciers disponibles sont répartis pour défendre autant de passages que possible, malgré un sous nombre évident, puisqu’au loin, Voldemort et son armée sont visibles, et ils sont plusieurs milliers, visiblement prêts à en découdre.

Sinon, juste comme ça, au hasard : pourquoi vous ne demandez pas aux centaines d’elfes de maison qui squattent Poudlard (dans les cuisines, entre autres), de défendre le château, voire d’attaquer l’ennemi ? Non parce qu’une de ces merdes prénommée Dobby avait réussi à lui seul et sans se fouler, à vaincre tous les méga-sorciers du QG de Voldemort dans l’épisode précédent. Et tout ça simplement en… claquant des doigts. Alors sachant que vous avez des hordes de bestiaux aussi surpuissants que lui, et plus serviables encore, pourquoi vous ne les utilisez pas ? On ne sait pas. Dans le même esprit, pourquoi personne ne va chercher de renfort ? Je veux dire : il y a un passage secret qui mène jusqu’à Pré-au-Lard, d’où il est possible de se téléporter, truc vachement pratique pour aller avertir les 4 coins du monde (en Angleterre et ailleurs) que l’armée complète des vilains, avec son chef et tous ses lieutenants attend de se faire bourrer la gueule à Poudlard. Là, avec un peu de bol, il est possible de rameuter des hordes de sorciers en renforts, et ce, sans aucun risque.

Mais bon, tout ça, c’est moins classe que la défense désespérée. Je comprends. Quelqu’un dans ce film a t-il autre chose qu’un plan pourri et pas cohérent utilisant 2% des ressources disponibles ?

En tout cas, dehors, Voldemort et sa troupe décident d’ouvrir les hostilités en bombardant le bouclier qui protège Poudlard de sorts maléfiques visant à le faire craquer ; mais le bougre tient plus ou moins. Dans le même temps, Ron et Hermione tentent de profiter de ce temps précieux pour faire un truc qui aurait dû être fait depuis trois plombes : péter l’horcruxe retrouvé dans le coffre de Bellatrix Lestrange chez Gringotts. Comment faire, sans l’épée de Gryffondor ? Une seule chose avait jusqu’ici pu briser un horcruxe : un crochet de basilic, créature au venin surpuissant, ayant vécu des années auparavant dans la chambre des secrets. Or, le squelette de la bête vaincue doit toujours attendre au même endroit ! Et toujours comporter des jolies dents ! Ni une, ni deux, nos loulous se rendent dans la chambre plus-si-secrète, qu’on peut ouvrir en prononçant simplement quelques mots en fourchelangue, la langue des serpents. Ça tombe bien, comme Harry (qui le parle) cause dans son sommeil, Ron qui partage son dortoir depuis des années, a pu en apprendre quelques mots dont il ignore la signification ; il prononce donc parfaitement « Coléoptère prout Jennifer Lopez » dans le langage des reptiles, et hop ça s’ouvre. Il n’y a plus qu’à se ruer sur le squelette bien propre du légendaire bestiau pour s’emparer de plusieurs de ses crocs et les planter dans la coupe volée à Bellatrix Lestrange : celle-ci est donc instantanément détruite, alors que le cri de l’âme mourante de Voldemort retentit. En conséquence de quoi, Ron et Hermione se roulent de gros patins pour fêter ça.

"Harry je... je crois que tuer des gens m'excite"

Détruire l’âme des gens, c’est tellement romantique. Encore une fois : vous êtes sûrs que ce sont les gentils ? Ah, et puis sinon, attendez, attendez, vous voulez dire que ça fait plusieurs films que vous saviez où trouver des armes surpuissantes capables de détruire des horcruxes, mais vous ne le faisiez pas ? A la place, vous les portiez autour du cou façon Anneau Unique, avec toutes les conséquences que ça sous-entendait ? C’est juste parce que vous êtes stupides ou bien ça vous faisait marrer ? Et qu’on ne me dise pas « Holala oui mais ils pouvaient pas s’en procurer : ils étaient recherchés ! » : il suffisait de contacter un élève de Poudlard coopératif via les X mille moyens disponibles sur le sujet, de lui apprendre « Prout » en fourchelangue pour qu’il ouvre la chambre des secrets, qu’il récupère une réserve de crocs, et ensuite qu’il aille à Pré-au-Lard juste le temps de se téléporter pour vous livrer à un endroit donné, et hop ! Tout était réglé en moins d’une heure. S’il mettait plus, il pouvait même offrir sa pizza pour s’excuser. Mais c’est vrai qu’avec ce plan, on aurait pas eu le droit à toute la première partie du 7e film intitulée « Cherchons une idée trois plombes sous une tente en maugréant sur le fait qu’on a pas de crochets de basilic« . Enfin.

Allons plutôt voir ce que fait Voldemort : suite à la destruction d’un de ses horcruxes par Ron et Hermione, il fait une grosse colère et décide donc de régler sa baguette de sureau sur « Motherfucking awesome power« , le réglage juste au-dessus de « Maximum power » : il tire donc une sorte de gros laser vert surpuissant vers la barrière magique de Poudlard, tant et si bien que cette dernière cède et s’effondre. Mais le sorcier sans nez remarque quelque chose : le bois de sa baguette semble avoir craqué lorsqu’il a balancé la purée, ce qui laisse entendre que la bougresse lui résiste… elle semble ne pas le reconnaître comme possesseur légitime ; le brigand n’en est que d’autant plus énervé, car décidément, si même les baguettes se mettent à faire de la résistance, tout cela va devenir fort compliqué.

La défense magique de l’école de sorcellerie étant tombée, la bataille entre les méchants et les soi-disant gentils peut donc s’engager, et tout le monde se tape joyeusement dessus : les vilains ont en plus rameuté en renforts des géants et des araignées tout aussi géantes, qu’ils utilisent comme fantassins de choc pour réduire à néant la résistance ennemie. Il y a des sorts qui volent de partout, des explosions, des morts dans tous les camps… bref, vous voyez le tableau.

Dans le même temps, et quelques minutes avant que la bataille ne commence, Harry avait lui profité du calme pour aller dans les quartiers de la maison Serdaigle chercher le prochain horcruxe : là, il avait interrogé le fantôme de la fille de la fondatrice de la maison, car si « aucun vivant n’a jamais vu le diadème perdu« , une morte, ça devrait marcher mieux, non ? Excellente déduction : cette dernière confirme qu’un ancien élève du nom de Tom Jédusor (plus connu désormais sous le nom de Lord Voldemort) avait demandé à trouver le diadème, et qu’une fois en sa possession, il avait fait de la terrible magie noire dessus. Harry a donc fini par obtenir la localisation du diadème : quelque part au sein de la Salle sur Demande, celle-ci se présentant parfois sous la forme d’un immense fatras dans lequel des siècles d’objets perdus s’accumulent. Les objets trouvés, quoi, mais magiques. Aussi, lorsque le bataille commence, Potter est déjà sur place en train de farfouiller ; mais un agent de Voldemort l’a déjà repéré et suivi : Drago Malefoy, accompagné de deux Serpentards qu’il a récupéré dans les cachots (décidément bien mal gardés), Crabbe et Goyle, ses deux acolytes historiques (même si l’un des deux est devenu noir entre deux films ; une sorte d’anti-Michael Jackson). Et si notre gentil sorcier à lunettes finit par « entendre » l’horcruxe et ainsi repérer dans l’immense foutoir de la salle une boîte contenant le fameux diadème, il est interrompu par Drago qui exige qu’il commence par lui rendre sa baguette : il n’en sera rien car arrivent sur ces entrefaites Ron et Hermione, ce qui permet ainsi de lancer une bataille rangée. Mais, si celle-ci tourne à l’avantage de nos héros, il n’en est pas moins qu’un sort mal maîtrisé par l’un des acolytes de Malefoy met le feu à toute la salle. Harry, Hermione et Ron s’en sortent sans dommages, et parviennent même à sauver sur ordre du bon Potter Drago et Goyle. Crabbe, à l’origine du sortilège de flammes qui a commencé à tout ravager, meurt brûlé par son propre sort, ce qui est ballot. Cependant, ses flammes carburent tellement qu’elles parviennent même à détruire le diadème de Serdaigle : un autre horcruxe est détruit, et Voldemort souffre donc d’autant plus à nouveau.

Pardon ? Il existait donc un sort de flammes tout simple ne nécessitant rien d’autre qu’une baguette capable de détruire un horcruxe ? Merde, mais alors là encore : si un acolyte un peu débile de Malefoy peut le lancer de manière surpuissante, pourquoi nos gentils héros n’ont-ils jamais pensé à l’essayer pour détruire les horcruxes, plutôt que de s’enquiquiner à chercher des crocs de basilic ou l’épée de Gryffondor ? Par ailleurs, les mecs, maintenant que vous avez vu que ça marche, vous n’avez plus aucune excuse pour le faire sur les autres objets maudits : mais comme vous êtes de gros débiles, vous ne le ferez jamais quand même alors que ça réglerait tous vos problèmes. C’est consternant.

Michel en avait assez des horcruxes dans son jardin

Mais revenons à la petite troupe : Harry profite d’un instant de répit après avoir survécu à ce terrible incendie pour essayer de pénétrer l’esprit de Voldemort et savoir où il se trouve ou ce qu’est son plan. Ça tombe bien : c’est journée portes ouvertes chez Voldy, et Harry peut donc découvrir que le bougre est quelque part sur un quai du lac en contrebas du château, probablement en train de faire un caprice pour louer un pédalo ou en train de discuter tranquillement avec Rogue, au choix. Il a avec lui Nagini, son anaconda de compagnie, qui n’est autre que son dernier horcruxe. Flûte ! Lui qui ne se sépare jamais de l’animal, voilà qui rend les choses compliquées pour s’en débarrasser.

Cependant, il n’est pas question de perdre du temps, car la bataille fait toujours rage ! Vite, direction les quais ! Ron, Harry et Hermion arrivent donc sur place pour découvrir que dans un petit bâtiment, le seigneur des ténèbres lui-même est en train de papoter avec son vieux copain Rogue. Le sujet ? Voldenez est en train de gémir que sa baguette lui résiste et ne le reconnait pas comme propriétaire, tout ça parce qu’il n’a pas le ticket de caisse. Rogue explique ne pas trop comprendre ce qui en est la cause, ce que Voldy conteste un peu : d’après lui, une baguette change de propriétaire lorsque celui-ci est tué, l’assassin devenant le nouveau maître du bidule. Or, la baguette appartenait à Dumbledore ; et qui a tué Dumbledore ? Rogue ! Donc en tuant Rogue… tout devrait marcher. Voldemort ordonne donc à Nagini de tuer le pauvre bougre.

Juste comme ça : pourquoi demander à ton serpent de le tuer, mec ? Pourquoi ne pas utiliser un bon vieux avada kedavra, le sort qui tue instantanément et que tu as utilisé jusqu’ici dans 99% des cas ? Ça te fait plus marrer ? Surtout que d’après ta théorie, la baguette ira naturellement à l’assassin de son propriétaire… donc si ça se trouve, et si on suit ta théorie, c’est ton gros con de serpent qui va devenir le maître de l’outil ; et en plus, tu ne pourras pas le tuer, gros naze, vu que c’est un de tes horcruxes ! Non, vraiment, tu es complètement idiot. Le digne ennemi d’Harry Potter.

Sur ces entrefaites, Voldemort quitte les lieux, ce qui permet à Harry et ses amis de sortir de leur cachette depuis laquelle ils écoutaient le grand méchant débiter son histoire. Non, parce que le cartonner à 3 contre 1 avec en plus l’effet de surprise, ce qui aurait en plus pu sauver des vies en calmant net la bataille en cours, c’eut été pas mal. Je sais qu’il est immortel avec ses horcruxes, mais :

  • Immortel, ça n’empêche pas d’être désarmé et fait prisonnier. Surtout que prendre perpét’ quand on est immortel, c’est un peu naze
  • Immortel, ça ne l’a pas empêché de se faire cartonner par le passé et de mettre 15 ans à s’en remettre. L’affaiblir pour 15 ans, c’est pas mal, et ça laisse le temps de détruire ses ultimes horcruxes
  • Immortel, il ne l’est que parce que selon vous, il ne reste qu’un seul de ses horcruxes, Nagini le serpent. Hop ! Un coup de lance-flammes magique sur la gueule, comme pour le feu qui a détruit le diadème et on en parle plus. Ou même, je crois que vous avez des crocs de basilic, sur vous, non ? Donc vous pouviez vous faire les deux d’un coup.

Bref, nos héros pouvaient arrêter la guerre et sauver leurs amis là, maintenant. Mais non. Ils ont préféré se planquer et écouter le doux chant de leurs amis agonisants dans le château. C’est tellement plus choupinou.

En tout cas, Harry s’empresse d’aller trouver Rogue agonisant, qui murmure tout simplement à Harry « Recueille mes larmes ; je suis en train de mourir, mais j’ai enregistré toute ma vie dessus, c’est mieux qu’un Blu-Ray. Apporte ces sécrétions à la pensine, la bassine dans le bureau du directeur qui permet de voir des souvenirs enregistrés, et tu sauras plein de trucs cools. » ; soit, dit Potter, en recueillant les gouttes salées dans un petit flacon avant de s’en retourner vers le château où la bataille fait encore rage.

Quand soudain, la voix de Voldemort retentit chez tous les présents : « Allô allô, bonjour les amis : c’était juste pour vous dire que j’ai bien rigolé, mais ma grosse attaque, c’était juste pour rire. En fait, moi, je veux juste Harry Potter, prière de me le livrer, je l’attendrai dans la Forêt Interdite voisine, merci de votre compréhension. Bisous. ». Heuuuu pardon ? La grosse bataille, c’était pour quoi faire au juste ? Une démonstration de force ? Alors que tu contrôles déjà tout le pays et que tu n’en as pas besoin ? Pourquoi tu t’emmerdes ? La bonne vieille technique du « Bonjour, je veux Harry Potter : je vais exécuter une personne toutes les 15mn jusqu’à livraison, prière de vous dépêcher » est quand même vaguement plus efficace : ça donne plus de chances que le mec soit livré par ses potes qui veulent par exemple sauver un parent ou un ami, ça fait qu’il n’y a pas à batailler, donc pas à perdre d’hommes, et en plus, si jamais les gentils tentent quelque chose, au pire, ça fait juste une bataille comme celle qu’il y a eu là ; à une différence près : ces derniers attaquent, donc ne peuvent profiter de leurs retranchements. Bref, ça n’avait que des avantages, mais non : Monsieur a préféré une bataille « pour rigoler« . Et dire qu’il y a encore des gens pour penser que Voldemort est un méchant crédible.

Voldemort vient de dire à Harry que des gens le trouvaient crédible et intelligent

Retournons plutôt voir Harry, qui se rend à la pensine dans le bureau de la direction de Poudlard pour y déposer la larme de Rogue : après plusieurs avertissements comme quoi la copie c’est le vol, il accède au menu du film et choisis de regarder « La vie de Rogue » avec le dolby surround. Rapidement, il découvre donc moult choses : ce dernier était l’ami d’enfance de sa mère, et accessoirement, son amoureux éperdu. Il a toujours été l’homme de Dumbledore, et a toujours cherché à protéger la famille Potter, aussi servait-il d’agent double auprès de Voldemort ; s’il a tué l’ancien directeur de Poudlard, ce n’était que sur ordre de ce dernier, afin de garder sa couverture intacte et accessoirement parce que le vieux allait de toute manière mourir sous peu, puisqu’un horcruxe l’avait bien entamé. Non, jamais ils n’ont pensé à essayer de le soigner avec des larmes de phénix, le truc qui soit disant guérit tout. Mais ça, chhhht. Bref ; surtout, Harry découvre que s’il parle le fourchelangue et partage les pensées de Voldemort, c’est parce qu’il n’a pas qu’une cicatrice, mais aussi un bout d’âme du vilain en lui : Voldemort a fait de Potter un horcruxe par accident en essayant de le tuer, le soir où il a abattu ses parents et fait sa marque sur son front ! Le sorcier à lunettes, comme tous les horcruxes, doit donc nécessairement mourir pour que le vilain décède pour de bon. Et Rogue a toujours détesté l’idée qu’Harry ne sache pas que son destin était de mourir. Il l’a donc toujours protégé, mais depuis l’ombre, ne pouvant griller sa couverture de vilain chenapan bougon.

C’en est trop pour Harry : il s’est toujours battu jusqu’ici pour vaincre Voldemort, et si sa mort est nécessaire à atteindre cet objectif, alors soit, il se sacrifiera. Sans hésitation aucune, et tel un Guy Môquet magique, il sort de Poudlard pour se diriger vers la Forêt Interdite du pas de l’homme décidé, afin d’y retrouver son ennemi juré pour qu’il le terrasse ; tant qu’à mourir, autant que ce soit de sa main. Et comme les choses sont bien faites, la forêt en question doit mesurer environ 5 mètres sur 5 puisque d’emblée, notre sorcier tombe pile-poil sur la clairière où les méchants gentiment attendent. Vous parlez d’une forêt : ça devrait s’appeler le « bosquet interdit« .

En tout cas, juste avant de se montrer à ses ennemis, notre loulou décide de sortir de sa poche le Vif d’Or que Dumbledore lui avait légué (mais si, souvenez-vous ; le lien du précédent spoiler est au début de celui-ci si vous aviez oublié), et où il était inscrit « Je m’ouvre au terme« . Harry fait donc une léchouille affectueuse au bidule en lui susurrant « Je suis au terme de ma vie : ouvre-toi« , avant d’ajouter « Ou je te marave la gueule » ; et la manoeuvre fonctionne fort bien, puisque la boule dorée s’ouvre, et laisse apparaître une minuscule pierre marquée du sceau des reliques de la Mort : la pierre de résurrection, celle qui permet de revoir ceux que l’on a perdu ! Il aperçoit donc autour de lui les fantômes de sa mère, de son père, de son parrain, de professeurs et amis tombés durant la bataille qui a eu lieu il y a peu… et tous profitent donc de ce grand moment pour dire à Harry « On t’aime mec, vas-y, tu peux mourir, ça fait pas mal » : merci professeur Dumbledore, quel super cadeau : une pierre à dépressifs ! Au fait, gros naze, plutôt que de filer cette pierre à Harry dans un truc qui ne s’ouvre que juste avant sa mort, pourquoi tu ne lui a pas filé de manière à ce qu’il y ait accès dès le moment où il en aurait hérité ? Ça lui aurait permis de te causer directement, plutôt que de devoir deviner tes plans foireux de vieux mage taquin, et ça aurait grandement, mais alors très grandement facilité sa tâche ! Mais non, Monsieur voulait faire son vieux mage mystérieux, c’est tellement plus cool.  Tssss. Même les morts ont des plans de merde dans ce film, c’est tout bonnement formidable.

Bien, tout est dit : Harry a entendu les fantômes de son passé, il jette donc tout naturellement la pierre dans la forêt, n’en ayant plus besoin, puis s’avance dans la clairière où l’attend Voldemort. Là, il y retrouve aussi Hagrid, retenu en otage par l’armée des forbans (quand je vous disais que Voldemort avait des otages à exécuter pour faire sortir Harry de son trou plutôt que de lancer une bataille pourrie). La tension est palpable, les deux adversaires se font face : enfin, Voldemort va pouvoir faire payer à Harry toutes ces rodomontades à bas de « J’ai un nez, je peux mettre des lunettes gnagnagna !« 

Voldy, trop heureux de tomber sur son vieil ennemi, ne se perd pas en palabres : il lui jette le sort mortel avada kedavra, et brouf, Harry est foudroyé.

Est-il mort ? Est-il allé au paradis des sorciers, aux côtés de Houdini, Garcimore et autres Gérard Majax (comment ça il n’est pas mort ?) ?

Les méchants sont inquiets : si Harry meurt, que vont ils faire de leurs journées ?

Nenni : le jeune galopin se réveille dans une sorte de hall de gare gigantesque,  tout blanc et propre, avec à côté de lui, sous un banc, une sorte de mini-Voldemort sanguinolent en train d’agoniser. Qu’est-ce que c’est que ce bordel, s’interroge légitimement Harry ; aucun problème : le professeur Dumbledore vêtu façon publicité Nespresso apparaît pour lui répondre. « Salut Harry, ça va bien ? Ahaha, non, je déconne, tu es mort. Bon, tu te demandes ce que c’est, là, le petit truc mourant ? C’est le petit bout d’âme de Voldemort qu’il y avait en toi qui meurt, puisqu’il vient de te tuer. Quant à toi, tu es mort sans l’être ; en fait, tu as le choix : veux-tu mourir ou retourner aider tes potes ? A toi de voir. Moi, je dois y aller : ce soir, il y a une fête avec strip-poker et jacuzzi chez saint Pierre, on va encore mettre Jésus en slip (ou en périzonium pour les intimes), mais il a l’habitude depuis le temps. Bon allez, hein, porte-toi bien galopin, je file ! Et n’oublie pas : croque la mort à pleines dents, hohoho, suis-je drôle« .

Revenons-donc dans la clairière où Harry est tombé ; Voldemort lui-même ne se sent pas bien : il a senti une grande douleur lorsqu’il a tué Harry, et ne comprend pas pourquoi, puisqu’il ignore qu’il s’agissait d’un « horcruxe accidentel ». Dans le doute, Voldy envoie Maman Malefoy, une de ses assistantes, vérifier si Harry est bien refroidi. Elle va donc se pencher sur lui, puis, notant qu’il ne semble que feindre la mort, lui chuchote « Est-ce que Drago est vivant ? » ; le brave Potter lui répond donc « Oui, d’ailleurs, je l’ai sauvé d’un incendie ; sinon, vous eûtes été la maman d’une petite merguez. Allez cassez-vous maintenant, je fais le mort là. ». Comprenant que le Seigneur des Ténèbres vient encore d’échouer comme une grosse daube, et que Harry Potter est le sauveur de son fils, la bougresse change de camp et, se redressant, elle annonce « Il est bien mort » pour le couvrir.

Sur ces entrefaites, à Poudlard, l’équipe des gentils panse ses blessures au milieu du château qui est tout de même méchamment endommagé : c’est l’UNESCO qui va gueuler. Mais soudainement, au loin, les guetteurs aperçoivent l’armée de Voldemort qui revient vers la forteresse visiblement sans intentions hostiles. Rapidement, tous les survivants se regroupent donc dans la grande cour de l’école pour voir ce que veut la troupe des méchants. Et le message est simple : Harry Potter est mort ; il gît dans les bras d’Hagrid, toujours otage des malandrins. Les larmes commencent à couler sur les joues de ses amis, qui ne peuvent croire qu’un mec qui a jusqu’ici tenu bon durant 7 films s’effondre au 8e. Mais Voldemort interrompt ce concerto de reniflements sonores pour se lancer dans un petit discours : « Chers amis, je suis désolé, votre héros est mort : la guerre est finie. Mais désormais, vous pouvez me rejoindre : qui est avec moi ? » (car oui, Voldemort est moins étroit d’esprit que Mac Gonagall, il ne dit pas « Tous les Gryffondor au cachot ! » ; encore une fois, je ne suis pas sûr de savoir si c’est vraiment lui le méchant fasciste local). Drago, qui était resté à Poudlard après avoir été sauvé par Harry, change donc vite de camp pour rejoindre ses parents ; ces derniers se barrent en conséquence relativement discrètement, puisqu’ils ont compris qu’Harry n’était pas mort et que donc, le coin n’était toujours pas sûr. Puis, c’est Neville qui s’avance en faisant semblant de changer de camp ; mais à mi-chemin, il commence à se lancer dans un discours cucu sur le fait qu’Harry est toujours vivant dans le coeur de ceux qui aiment la barpapa et le caramel, et que jamais la flamme de la gentillesse ne s’éteindra sous le souffle putride de la vilenie. Pour ponctuer son propos, il dégaine soudain une lame qu’il brandit vers le ciel : l’épée de Gryffondor ! En effet, à Gringotts, Gripsec, qui avait l’épée, a été tué par le dragon lors de la fuite d’Harry & co. L’épée en a donc profité pour se barrer (oui, elle est comme ça, elle se casse quand elle veut), et pour se téléporter dans la main d’un homme digne, et Neville semble faire l’affaire. Elle a vraiment des standards pourris, cette arme. Elle aurait sa place au jury de la Nouvelle Star.

« Alors, on a un oui et un non… épée de Gryffondor, c’est à vous de voter ; pensez-vous que Cynthia pourrait être la nouvelle star ?
- Ecoutez Virginie, je vais suivre l’avis de Lio et voter oui. Je trouve qu’André Manoukian a été un peu rude. A toi de jouer, Cynthia, prouve nous que tu mérites notre confiance ! Thumbs up ! »

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Harry, ému par ce discours digne d’un petit poney, constate que tout esprit combatif n’est pas perdu par ici : il cesse donc son chiqué de footballeur et bondit des bras d’Hagrid en balançant quelques sorts de « Rire sonore du Christophe Lambert » histoire de créer une certaine confusion dans les rangs des vilains ; tout le monde ressort sa baguette, et la bataille reprend ! Durant celle-ci, Bellatrix Lestrange se fait tuer lors d’un duel face à la maman de Ron et sa baguette de mégère rouquine façon rouleau à pâtisserie enchanté (oui, le bras droit de Voldemort se fait éclater en compétence pure par une mère au foyer bedonnante), mais ce n’est pas l’essentiel : Ron et Hermione se lancent dans une difficile mission consistant à éloigner Nagini le vil serpent de son maître, histoire de détruire ce dernier horcruxe. Pour ce faire, il leur suffit de lui jeter des cailloux, et ça marche puisque ce gros débile se met alors à les poursuivre (quel con ce serpent, tomber dans des pièges aussi grossiers alors que dans le volet précédent il était tellement malin qu’il arrivait à se déguiser en vieille, ce qui n’est pourtant pas facile quand on a pas de bras ou de jambes, il me déçoit un peu là) ; mais une part du plan échoue lorsque l’animal parvient à désarmer nos deux loulous des crocs de basilic qu’ils menaçaient de lui planter dans la margoulette. Il fonce alors sur les deux petits sorciers sans défenses pour les croquer, sans compter sur l’arrivée impromptue de Neville et de sa grosse épée, qui le décapite purement et simplement : le dernier horcruxe est détruit.

Voldemort, qui était en plein duel avec Harry dans un coin isolé (pourquoi faut-il TOUJOURS que le duel final se passe dans un endroit désert ?), chacun tirant sur l’autre une sorte de laser magique depuis sa baguette, sent soudain que Nagini vient de partir au paradis des reptiles taquins. Il souffre fortement, se rappelle des moments heureux où lui et son anaconda se roulaient dans les champs fleuris en se disant qu’ils s’aimeraient pour toujours, mais surtout, il est affaibli : les lasers magiques, qui jusqu’ici se rentraient dedans en s’annulant sans que personne ne prenne l’avantage s’arrêtent, puis reprennent en laissant cette fois un net avantage à Harry, qui est lui au mieux de sa forme comparé à son adversaire. Et lorsqu’enfin, Voldemort est touché par l’énergie magique, il noircit avant de se transformer lentement en petits tas de confettis brûlés qui s’envolent aux quatre vents. Ses souffrances sont terribles ; merde Harry, tu es immonde ! Pourquoi tu n’as pas jeté un sort qui l’aurait tué sans douleur ? Lui le faisait bien ! Faut-il comprendre qu’il était moins cruel que toi ? Enfin… il est mort, maintenant. Et son über-baguette roule au sol, désormais sans maître.

I'm firin' mah lazah !

La bataille se termine donc sur la mort du Seigneur des Ténèbres : c’est tellement vrai que le soleil lui-même reparaît sur Poudlard, et que la joie emplit à nouveau les couloirs du château endommagé. On pleure ses morts (mais pas longtemps), et on passe à autre chose. Harry, Ron et Hermione se retrouvent tous trois sur le pont menant à l’école, et Potter sort de sa poche la baguette de sureau que Voldemort a laissé derrière lui.  Qu’en faire ? Et surtout, pourquoi n’a t-elle pas surpassé la baguette de notre héros ? Notre binoclard magique a la réponse : la baguette résistait toujours à Voldemort malgré l’assassinat de Rogue et ne le reconnaissait toujours pas comme maître. Pourquoi ? Souvenez-vous de ce que disait M. Ollivander au début du film : on peut s’emparer de la baguette d’un sorcier en le désarmant. Or, qui a désarmé Dumbledore avant que Rogue ne le tue ? Drago Malefoy ! Et comme Harry a désarmé Drago (qui n’avait pourtant pas la baguette de sureau) un peu plus tard, il est donc désormais le maître de l’über-baguette (oui, apparemment, qu’importe la baguette qu’il porte : quand vous désarmez un sorcier, vous prenez possession de toute sa collec’, si l’on suit ce mystérieux raisonnement fort bancal). Harry est donc désormais le maître de la légendaire et surpuissante baguette. Qu’en faire ? S’en servir pour le bien ? Régler le problème de la faim dans le monde ? Faire descendre les testicules de Justin Bieber ? Et bien, plutôt que de l’utiliser, notre loulou la brise pour que personne n’en profite jamais, et il jette les morceaux au bas du pont de Poudlard. Ha. Ok. Si tu veux, hein. Mais je te ferai plus de cadeaux, moi, pépère, vu ce que tu en fais, enfant gâté. Pourri !

Maintenant que tout est réglé, on peut donc le dire : Fi… ah ! Ah, attendez, non !

« 19 ans plus tard » (au cinéma ce qui est beau, c’est qu’il y a toujours des gens pour lire ce qu’il y a à l’écran à haute voix, et là, ça n’a pas manqué).

Le Poudlard Express attend ses passagers en gare ; qui sont ils, ces marmots plus ou moins roux qui galopent ? Les enfants des couples Ron-Hermione et Harry – Ginny ; formidable ! A leurs tours, les voilà parents de jeunes apprentis sorciers qui s’apprêtent tous à rentrer en 1ère année. Le mini-Potter, Albus Severus James, qui porte les prénom de « deux directeurs de l’école« , s’inquiète : il espère ne pas aller à Serpentard, parce que Serpentard, c’est quand même une belle brochette d’enculés, comme le disait si bien Mac Gonagall peu avant la bataille contre Voldemort. Pas d’inquiétude lui répond Papa-Potter : le choixpeau prendra en compte ton envie d’aller ailleurs, et puis n’oublie pas que tu portes le nom d’un Serpentard, qui fut aussi l’homme le plus courageux (puisque méga-agent-double) qu’Harry ait connu.

Comme quoi, les Gryffondor sont vraiment des enfoirés d’avoir de tels préjugés sur cette maison alors qu’ils ont la preuve qu’on y trouve des mecs corrects. Mais ne dissertons pas plus sur le sujet : tous les enfants montent dans le train, et celui-ci s’éloigne pour le début d’une nouvelle année à Poudlard qui fera d’eux de gros neuneus (mais magiques), sous le regard bienveillant de leurs parents qui en ont désormais terminé avec toutes ces folles aventures et…

FIN

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« Alors c’est ça, professeur ? Depuis cet enseignant, il n’y a plus d’Histoire-Géographie à Poudlard ? Je comprends… merci d’avoir répondu à ma question !« 

Harry se leva de sa chaise et partit en trottinant vers la porte du bureau du directeur, avant de disparaître dans l’obscurité des couloirs de l’école de magie afin de regagner son dortoir. Dumbledore, lui, regarda en direction de la pensine et se souvint : détourner la magie de son but premier était vraiment une chose honteuse ; ce professeur n’avait pas volé son renvoi. Il y a des règles à respecter lorsque l’on pratique les arts mystiques.

Et la première, c’est de ne pas être pris.

L’éminent directeur se pencha à nouveau vers sa pensine : ce qui est bien avec la possibilité de revivre ses souvenirs à volonté, c’est que l’on peut revoir le pire comme le meilleur. Le vieil homme sélectionna dans sa mémoire le souvenir intitulé « Soirée au mousse au Zizi Folies, 1983« , puis plongea sa tête dans le liquide argenté.

Misère : les « Accio coquine » avaient failli le griller.

Ouf.

La neige tombe silencieusement sur la petite cité, couvrant les pavés pluriséculaires d’une couche uniforme blafarde.

Pourtant, il court sans se soucier de la quiétude étrange de cette fraîche nuit d’automne ; haletant, il ne considère la neige que comme une sorte d’ennemi glissant qui colle à ses souliers telle une boue gluante et glaireuse venue ralentir sa course. Jetant un regard paniqué derrière lui, il s’engage promptement dans une étroite ruelle sur sa gauche, semblant lui promettre une occasion de disparaître temporairement de la vue de son poursuivant. Épuisé, la respiration sifflante, il considère un instant les improbables quantités de buée qui semblent s’échapper de ses poumons avant de tourner brusquement la tête vers l’extrémité de l’antique rue où la neige vient de crisser.

Posté entre deux bornes de pierre supposées autrefois garder les piétons des roues des chariots, il aperçoit à la lueur orangée d’un luminaire proche la silhouette noire au manteau long qu’il n’a eu de cesse de vouloir semer. Fronçant les sourcils, il lâche un juron en tentant d’ignorer les battements sourds de son coeur fatigué par la course.

« C’est fini. Tu ne peux plus fuir, rends-toi » dit la silhouette. Il souffle encore quelques jurons avant de se redresser.

« Jamais ! Jamais à ceux de ton espèce ! Nous vaincrons ! Mon Seigneur vaincra !
- Ton Noir Seigneur est mort il y a longtemps, Sylvain Fumoir. Ton combat, comme ta fuite, était sans issue.
- Je ne me rendrai pas sans combattre, Odieux ! Les chasseurs de sorciers de ton espèce n’auront que… »
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Portant la main à sa poche, il en sort avec diligence une baguette en hêtre qu’il brandit au travers du vent lui rabattant les flocons au visage.

« Avada Ked…
- Hortefix ! »
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Fumoir pousse un cri aigu en voyant sa baguette sauter de ses mains pour être expulsée vers Bamako. Un sort typique des écoles de magie française, pense t-il en frottant sa main endolorie.

« Soit, tu gagnes pour cette fois, Odieux, tu as été le plus rapide ! Mais peut-être as tu envie de voir une autre magie puissante à l’oeuvre : choisis une carte, n’importe laquelle, je vais la deviner.
- Non, Fumoir. Tes jeux ne m’amusent plus. Rends-toi où je…
- Raaah ! »
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Profitant que son assaillant se soit rapproché, Sylvain Fumoir ramasse une poignée de neige sur un muret proche et la jette au visage de son adversaire avant de se jeter sur lui avec rage. Avant qu’il ne puisse l’atteindre, il distingue la baguette de son ennemi braquée vers lui.

« Tu l’auras voulu Mage Noir ! Je vais t’obliger à revivre un moment douloureux : le dernier Harry Potter !
- Nooooooon !
- Endoloris Cinematographicum ! Spoilons ! »
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L'Affiche : moi aussi, à un moment, je voulais m'enfuir en courant dans les bois

Ainsi donc, Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie I, est sorti dans les salles obscures ; la chose a fait grand bruit, et pourtant, je subodore que certains d’entre vous ne sont pas encore parfaitement au point sur Harry Potter ; je vous fais donc un résumé rapide :

Harry Potter est un orphelin qui le jour de ses 11 ans, est invité à suivre un vieux barbu au motif qu’il serait un sorcier (une vieille ruse de pédophile, comme chacun sait « Suis moi, je t’emmène apprendre la magie ! Monte dans le coffre !« ). Ainsi, Harry est envoyé à Poudlard, l’école de magie officielle de Grande-Bretagne. Il s’y fait deux amis, Hermione et Ron, et surtout, découvre sous la direction de Dumbledore le sens du mot « discrimination » : dès leur arrivée, les élèves sont divisés en 4 « maisons » : Gryffondor (les gentils), Serpentard (les enculés), Maison Annexe #1 et Maison Annexe #2 (non, les deux dernières maisons n’ont aucun intérêt dans l’histoire, tout comme l’ensemble des personnages y appartenant, ce qui permet de vite savoir qui va avoir un rôle dans l’intrigue ou non), et n’ont dès lors même plus le droit de manger ensemble, afin de bien marquer leurs différences et d’apprendre le communautarisme.

Hélas, durant 7 livres, Harry va découvrir que le vilain sorcier qui a tué ses parents, Lord Voldemort (et non Susanna Sucre-d’Orge, on vous donne bien des noms vous permettant de repérer les méchants à l’avance), est toujours en vie, a toujours envie de le tuer (il l’avait loupé la première fois, et puis Voldemort n’ayant pas de nez, on sent bien qu’il est jaloux parce qu’Harry peut porter des lunettes, lui, sans que ça lui tombe sur la bouche, ça doit accroître sa haine), et veut toujours monter une armée pour dominer le monde. Au bout de 6 livres, Harry découvre donc que Voldemort a trouvé un moyen d’être immortel : il a planqué des bouts de son âme dans divers objets magiques, ce qui lui permet de ressusciter en cas d’urgence (ce sont des points de sauvegarde, donc). S’il veut en finir définitivement avec Voldy, Harry doit donc détruire ces objets. Et nous voici donc au début du 7e livre, début du film. En route !

Le film s’ouvre donc sur une conférence de presse du nouveau ministre de la magie, dont le nom importe peu, qui informe quantité de journalistes qu’à l’heure où Voldemort est une menace, les services de l’état sont là pour protéger les sorciers de l’armée des vilains. Qu’ils peuvent donc lui faire confiance pour mener sa mission à bien, et que Voldemort fera moins le malin quand il sera en garde à vue. Pendant ce temps à quelques kilomètres de là, Harry Potter regarde tranquillement la famille qui l’hébergeait depuis des années quitter la ville, tant l’insécurité grimpe à vitesse grand V depuis que de mystérieux meurtres ont lieu un peu partout (meurtres ayant un vague rapport avec le fait qu’une armée de sorciers maléfiques se promène à Londres ces derniers temps ; en France, on aurait déjà fait une loi sur les sorciers maléfiques afin de les interdire purement et simplement, ou pire les priver de leur nationalité. On ne rigole pas avec l’insécurité.). Ron Weasley, lui prend un air super pensif en regardant les champs autour de chez lui, parce que vraiment, ça fait trop cool au début d’un film de prendre une tête de philosophe maudit en contemplant l’horizon. Hermione Granger enfin, sentant ses parents, deux « moldus » (des gens sans pouvoirs magiques), en danger puisqu’ils pourraient être interrogés par Voldemort et ses potes pour essayer de localiser Ron, Hermione et Harry, décide d’employer les grands moyens et leur jette un sort d' »oubliette » qui leur fait oublier jusqu’au fait qu’ils avaient une fille. Allez savoir comment, le sort est si puissant qu’il fait même disparaître Hermione de toutes les photos, documents & co de la maison. Autant vous le dire, c’est une sorte de super GHB : on sent qu’en boîte de nuit, Hermione doit se la donner grave, cette coquine.

Pendant ce temps, au grand QG des méchants (un énorme manoir appartenant à une célèbre famille de méchants, entouré évidemment par une atmosphère lourde et un crépuscule constant), tout le monde est réuni autour d’une vaste table, présidée par Voldemort lui-même. Ce dernier accueille le dernier arrivant à la réunion du jour avec bienveillance, un certain professeur Rogue. Le bougre a rapporté de bonnes informations : il sait quand et comment Harry Potter va être évacué de son actuelle planque (attendez, une planque ? Vous parlez bien de la maison qu’il occupe depuis qu’il est enfant et où il y a son nom sur la boîte aux lettres ?) pour une autre. La chose devrait se faire la veille de ses 17 ans, et c’est à ce moment là qu’il sera le plus facile de frapper pour qu’enfin, Voldemort puisse tuer le jeune malandrin. Cependant, le Seigneur des Ténèbres sait qu’Harry et lui ont un problème de baguette (… Freud ? Freud, un commentaire ?), puisque leurs pouvoirs s’annulent mutuellement ; il décide donc d’utiliser une autre baguette, et emprunte celle d’un de ses serviteurs, un certain Lucius Malefoy. Cela étant dit, il est grand temps d’achever la réunion ; ne pouvant le faire d’un simple « bon après-midi à tous » au risque d’entacher sa réputation de chef des forces du mal, Voldemort décide plutôt d’exécuter une prisonnière qu’il avait gardé au chaud depuis le début de la réunion. Comme ça, pour le plaisir. Son décès signale que la séance est levée.

 

Chez les méchants, comme dans n'importe quelle autre réunion, on se fait chier en regardant un Powerpoint

Dites-donc, j’espère qu’ils se réunissent pas trop souvent, quand même.

D’ailleurs, sans vouloir être trop pointilleux : le QG des méchants, tout le monde sait où il est, et en plus si jamais quelqu’un doutait, il est recouvert de ténèbres façon manoir hanté histoire de bien lever toute hésitation. Alors pourquoi les gentils ne l’attaquent pas ? Ou, plus simplement, se contentent de faire passer un B-52 au-dessus de la maison ? Non parce que Voldemort et sa baguette, ils sont sûrement très gentils, mais pour le coup, je ne suis pas sûr que 4 tonnes de bombes, même pas magiques, hein,  tombant sur leur demeure par surprise ne leur fasse pas un peu de mal. Ou éventuellement, un bon vieux missile façon chasse aux talibans. Enfin.

Retournons plutôt voir Harry, car je vous sens inquiets ; sachez qu’il erre dans la grande maison vide de son enfance, s’emplissant l’esprit de souvenir des années passées… ah, nostalgie ! Cependant, ses rêveries sont rapidement interrompues par l’arrivée en masse de troupes de l’ordre du phénix (une brigade de gentils luttant contre Voldemort et ses amis depuis des années dans l’ombre), parmi lesquelles pas mal de ses vieux amis : Harry, Ron, le géant Hagrid, un sorcier black façon professeur N’Golo-Golo (« il fait revenir l’être aimé et tomber le kiki de l’ennemi par simple consultation téléphonique !« ) qui explique que bon, là, officiellement, il devrait servir de garde du corps au 1er ministre anglais, mais que protéger Harry est plus important.

Oui, c’est sûr : un attentat contre le 1er ministre britannique, c’est tellement peu important, ça n’aurait aucune conséquence. Mieux vaut que tu viennes aider tes potes à monter leur plan pourri, puisque comme nous allons le voir, il est vraiment tout naze.

Bref, nos larrons expliquent à Harry le plan du jour : plusieurs de ses amis vont utiliser une potion pour prendre son apparence, et se vêtir exactement comme lui. Ainsi, ils partiront ensuite par groupes de 2 (un déguisé en Harry, l’autre faisant office de garde du corps) chacun dans une direction différente et empêcheront ainsi les vilains qui guettent sûrement à l’extérieur de savoir lequel est le bon Harry à dessouder. Une fois le bon Potter arrivé à destination dans la nouvelle cachette où il sera plus en sécurité, les autres membres du groupes se téléporteront dans la dite cachette pour se regrouper.

Et là, lecteurs, vous m’arrêtez, vous me stoppez, vous tentez de m’ôter les mains du clavier afin de me dire « Attendez, de la téléportation ? Mais alors pourquoi s’ennuient ils à transporter Harry par voie normale et ainsi risquer d’être attaqués ? » ; la réponse est simple : Harry n’a pas encore 17 ans, je le rappelle, et chez les sorciers, avant ses 17 ans, on porte « la trace« , un truc qui fait que l’on peut vous localiser automatiquement lorsque vous vous téléportez. Donc, Harry devant se cacher, l’idée est peu intéressante.

Donc là vous me dites « Aaaah, ok« .

Sauf que non, pas ok, lecteurs inattentifs ! Après tout, on est à la veille de ses 17 ans ; alors ça va, Voldemort et ses copains ont été trop bêtes pour penser à attaquer la maison dans laquelle Harry habite depuis des années (je ne veux pas entendre « elle est protégée contre les vilains sorts ! » ; vous croyez que ça la protège d’une voiture piégée ou d’un tir de fusil à lunette quand Harry sort les poubelles, hein ?), on peut bien attendre quelques heures de plus, comme ça, on le téléporte à 17 ans passés, et personne ne prend aucun risque.

Ultime solution : pourquoi s’emmerder à faire diversion en faisant prendre l’apparence d’Harry à plein de gens ? Il a une cape d’invisibilité, non ? C’est quand même pas plus pratique ? Non ? Bon.

En même temps, je ne leur en veux pas : après tout, à 11 ans, à un niveau CM2, on les a envoyé à Poudlard, école où on enseigne ni mathématiques, ni histoire, ni géographie, ni littérature, ni langues étrangères… bref, c’est une école qui forme des neuneus, oui, mais des neuneus magiques. On voit le résultat.

Bref ; nos héros suivent donc le plan, et prennent donc l’apparence d’Harry, y compris certaines jeunes filles, ce qui pour le coup, doit leur faire bizarre ; après une rapide inspection de leurs nouveaux corps et un coup d’oeil discret dans leurs slips respectifs, nos valeureux leurres se disent que, hé bé, ce soir, ils vont voyager plus légers qu’ils ne le pensaient. Harry a beau crier « Nan mais c’est parce qu’il fait froid, et tout« , personne ne l’écoute. On échange donc quelques dernières consignes avant d’aller enfourcher les balais volants, et se préparer pour l’action. Le vrai Harry, lui, monte avec Hagrid, le géant qui a une moto volante, avec sidecar. C’est quand même autrement plus moderne. Mais passons.

 

Méfiez-vous : les petits cons qui font du bruit en scooter en bas de chez vous sont peut-être en fait de puissants mages ; la différence n'est pas flagrante

Tout le monde décolle en conséquence, prend de l’altitude et, alors qu’ils franchissent les premiers nuages bas, découvrent des hordes de sorciers maléfiques sur leurs balais en train de les attendre ; ça vole dans tous les sens, ça échange des éclairs, bref : c’est la bataille d’Angleterre. Harry et Hagrid tentent de semer leurs poursuivants à grands coups de turbo (J’en profite : oui, je sais, c’est du « feu de dragon » plus qu’un vrai turbo, que gnagnagna, ils le disent dans le livre, mais écoutez moi bien bande de crypto-intégristes : ici, on spoile le film ! Le film ! Pas une étude comparée avec le livre du genre « ah ouais mais dans le livre ils expliquent pourquoi, tous les spectateurs devraient l’avoir sur les genoux durant la séance »  ! Alors il suffit, je vous connais ; reprenons maintenant.), mais les brigands s’accrochent ; cependant, Hedwige, la chouette d’Harry, décide de se mêler de la bataille en essayant de venir protéger son maître en griffant le visage des poursuivants : grave erreur, puisque non seulement elle en meurt, mais elle révèle ainsi qui est son maître, l’andouille. Tous les vilains cessent donc la poursuite et c’est Voldemort en personne qui débarque pour essayer d’abattre Harry. Hélas, sa nouvelle baguette ne semble pas faire le poids comparé à celle du bon Potter, et l’objet de bois explose littéralement, obligeant Voldemort au repli.

2 choses : Voldemort, tu aurais utilisé je ne sais pas moi, un flingue ? Ou même, parce que tu es retro, une grosse épée, une arbalète, un arc magique, ou je ne sais quoi ? Tu n’aurais pas ce genre de soucis ! Ne serais tu pas un peu idiot par hasard ? Quant à toi Harry, c’est pareil : tu peux faire apparaître des cerfs magiques, changer d’apparence, jeter des éclairs, mais tu n’es pas foutu d’obtenir de quoi bourrer de plomb un sorcier ? Surtout que j’insiste : une bonne vieille pétoire, c’est quand même plus rapide qu’une baguette : l’autre en est encore à gueuler « Avada Ke… » que d’une simple pression sur une gâchette vous l’avez transformé en filtre à plombs. Ca vous dirait pas d’être efficace, un peu ?

Bon, revenons à nos moutons : Hagrid et Harry, ayant semé leurs poursuivants, finissent par poser leur moto volante qui a pris quelques coups dans la bataille à proximité de la cachette tant attendue : le Terrier, la maison de la famille Weasley qui…

… oh ? Attendez, c’est ça « la cachette » ? Mais ? Mais bon sang, ce n’est même plus une cachette, c’est un panneau clignotant « venez me tuer, je suis chez mon meilleur copain chez qui je passe toutes mes vacances d’habitude ! » ; c’est définitif, nous n’avons pas la même notion de planque. Si c’était pour l’emmener là, je crois qu’il aurait été possible de téléporter Harry d’entrée de jeu, même si tout le monde était au courant : ça n’aurait pas fondamentalement changé l’affaire.

En tout cas, les autres duos faux Harry/garde du corps arrivent l’un après l’autre au Terrier en se téléportant ; tout le monde se porte bien, à l’exception d’un des frères de Ron, qui a eu une oreille coupée, et de Maugrey Fol-Oeil, un soi-disant formidable chasseur de mages noirs qui est tombé au champ d’honneur. A noter que Modingus, un membre de l’équipe un peu lâche, a lui tout simplement fui en se téléportant dès le début de la bataille dans un bruit de pet liquide paniqué. Tout le monde est un peu triste mais, bon, il est l’heure d’aller se coucher, alors on pleurera demain.

Dans la nuit, entre deux rêves érotiques, Harry a des flashbacks : guerre du Vietnam, soirée alcoolisée, et accessoirement, mort de Dumbledore ; il décide donc que les gens autour de lui meurent trop facilement ces derniers temps, et veut partir seul s’isoler pour ne plus mettre personne en danger : son vieux copain Ron le retient heureusement, lui expliquant qu’il est beaucoup trop con pour survivre seul, ce en quoi je ne lui donne pas tort.

Le lendemain, il est déjà temps de se changer les idées, puisque figure-vous que Bill, l’un des frères de Ron, ainsi que Fleur, sa copine, ont décidé de se marier. Un immense banquet et une cérémonie ont été organisés au Terrier où…

Attendez, attendez, ce n’est pas censé être une « planque » ? Vous organisez une fête géante dans la planque que vous ne voulez surtout pas que qui que ce soit découvre ? Je… heu… bon.  Bref, faisons comme si de rien n’était. Dans la journée en tout cas, le ministre de la magie en personne se rend sur place pour voir Harry (Je ! Et lui, comment est il au courant ? Les héros passent leur temps à dire qu’il ne faut surtout pas informer le ministère, qui est infiltré de partout par les méchants, et ils invitent le ministre lui-même à venir les visiter dans leur planque ? Non mais, je suis le seul à avoir entendu le mot « cachette« , à un moment ? Même que c’était pour ça qu’il faisait un super plan à base de diversions il n’y a pas 15 minutes ?). L’homme politique vient lire à Ron, Hermione et Harry le testament de Dumbledore ; il le fait lui-même car il n’y a pas du tout de personnel pour, c’est connu, le ministère, ça doit juste être le ministre et sa secrétaire. Ainsi, nos héros apprennent que :

  • Ron hérite d’un déluminateur, objet qui peut faire disparaître et apparaître de la lumière à volonté
  • Hermione hérite d’un livre de contes pour enfants, Les Contes de Beedle le Barde
  • Harry hérite du premier vif d’or qu’il a attrapé au sport national des sorciers, le Quidditch, une petite boule dorée et aildée

Autant vous dire que le ministre repart au son des « Raaah, Dumbledore, vieil enfoiré, comment tu nous lègues de la daube, c’était bien la peine de se faire chier durant six livres, tiens ! On ira déféquer sur ta tombe !« .

Le soir même, le banquet post-mariage a donc lieu, et chacun célèbre l’union de Bill et de Fleur autour d’une bonne coupe de champagne. Harry profite donc de la soirée pour se promener tranquillement au milieu de tous les invités, façon « Coucou, je suis là, si l’un d’entre vous est un agent de Voldemort, n’hésitez pas à lui dire où je me cache, si on peut encore appeler ça se cacher« . Il rencontre rapidement un vieux, qui comme tous les vieux, a un truc à raconter entre deux effluves urinaires : Dumbledore avait une vieille amie qui le connaissait formidablement bien, et qui a donné quantité d’informations à une journaliste pour qu’elle écrive un livre sur lui. L’amie en question, Germaine, habite dans le village où Harry vivait jusqu’à la mort de ses parents. Rien de bien fascinant, jusqu’à ce que la cérémonie soit interrompue par l’arrivée d’une sorte de boule lumineuse au milieu de la piste de danse qui vient interrompre « Le Petit bonhomme en mousse » pour informer les convives d’une terrible nouvelle : Voldemort et ses troupes viennent d’attaquer avec succès le ministère de la magie, et l’ont renversé. L’objet mystique ajoute accessoirement « Maintenant, planquez vos fesses, car ils arrivent« . Et effectivement, des dizaines de sorciers plutôt vilains arrivent aussitôt et commencent à se battre avec les convives à grands coups de sorts mortels. Harry, Ron et Hermione ont juste le temps de se téléporter en urgence vers un lieu lointain : une rue de Londres.

 

Pour ne pas casser l'ambiance, même les mauvaises nouvelles sont annoncées par une boule à facette

Coup de chance (de nombreux autres suivront) : Hermione s’est téléportée avec son gadget ultime : le sac à main sans fond, un sac dans lequel tu peux ranger tout ce que tu veux, de ton portefeuille à ta bibliothèque en passant par ta toile de tente. Il faudrait que je m’en trouve un comme ça pour mes soirées kidnappings. Même si je ne vous raconte pas le bordel pour retrouver ses clés là-dedans. En tout cas, elle, elle a mis moult affaires à l’intérieur, y compris des vêtements de rechange pour des garçons. Ne me demandez pas pourquoi elle a ça sur elle, la coquine.

Nos héros vont donc trouver un petit café pour se poser temporairement et discuter des derniers évènements ; cependant, ils sont rapidement attaqués par deux mages maléfiques, qu’ils parviennent à neutraliser assez rapidement (parce que les mages n’ont pas pensé à les attaquer pendant qu’ils ne regardaient pas alors qu’ils arrivaient dans leur dos, quelle idée saugrenue). Ils leur font tout oublier grâce au GHB magique d’Hermione, avant de se dire qu’il serait temps de trouver une cachette pour la nuit ; quoi de mieux que d’aller dans l’ancien QG de l’ordre du Phénix, l’ancien manoir de la famille Black ? Décision est prise, et les choses se passent plutôt bien sur place, malgré des bruits étranges dans la maison. Tant et si bien que comme toujours dans les grands films, quand il y a des tueurs qui rôdent et que les héros sont dans un manoir étrange, ils se séparent en groupes de 1.

Heureusement, ils ne trouvent que deux choses : tout d’abord, Kreatur, l’elfe de maison crasseux du manoir, pas très aimable mais condamné à obéir à Harry dont il est la possession suite à un héritage, et une inscription signifiant qu’habitait autrefois là un certain Regulus Arcturus Black, soit R.A.B, les initiales d’un type dont nos héros savent de source sûre, grâce à une anecdote du film précédent, qu’il possède l’un des Horcruxes contenant un bout d’âme de Voldemort, un petit médaillon. Oui, un petit médaillon choupi. Voldemort est comme ça ; des fois, il cache aussi son âme dans des Zhu Zhu Pets. Soit ! Ils interrogent donc Kreatur afin de savoir où est cet objet mais celui-ci les informe qu’il a été volé il y a un bail par un certain Modingus (mais si, le lâche du début du film !). Harry ordonne donc à Kreatur de retrouver le voleur, ce qu’il fait assez rapidement, car malgré leur statut d’esclaves, les elfes de maison sont surpuissants, allez savoir pourquoi.

Modingus est donc interrogé ; il ne résiste pas beaucoup (il est lâche), et Hermione regrette donc de ne pas pouvoir utiliser sa gégène avec pinces à testicules qu’elle avait emmené pour l’occasion. Ils apprennent donc que le médaillon a été confisqué par Dolores Ombrage, une vilaine du ministère de la magie, qui collabore avec joie avec les troupes de Voldemort.

Nos héros décident alors qu’il serait malin d’infiltrer le ministère afin d’aller y récupérer l’objet ; ils capturent donc 3 fonctionnaires de celui-ci et cachent leurs corps dans un entrepôt discret (pourtant annoté d’un gros panneau jaune pétard « attention, site sous surveillance vidéo« … non, vraiment, combien de fois vont ils faire des choix débiles ?), prennent leur apparence et s’en vont au ministère accomplir leur terrible mission.

Sur place, comment vous décrire le spectacle ? C’est facile, pour que l’on comprenne bien que nous sommes chez des vilains, c’est le IIIe Reich : outre la propagande pro-sorciers aryens, des hordes de types en tenue du Volkssturm (avec même le petit brassard rouge du parti au bras et la casquette d’infanterie, oui oui oui, c’est très recherché) circulent, attrapent des gens et les emmènent se faire interroger (avec un peu de torture, évidemment, parce que sinon, on rigole moins) afin qu’ils avouent s’ils cachent des sorciers au sang mêlé à celui des moldus, ou s’ils en sont eux-même. Subtil, n’est-ce pas ? Les murs sont accessoirements recouverts d’affiches invitant à capturer un certain Harry Potter, le célèbre magicien geek.

Cependant, rien n’arrête nos aventuriers qui infiltrent sans soucis les lieux, tant apparemment ils peuvent aller n’importe où sans qu’on leur demande de présenter un quelconque papier. Un ministère imitant le IIIe Reich, c’est connu, ça se visite comme on veut, c’est ouvert à tout vent. Ils arrivent donc à localiser, par un petit coup de chance (ça alors !), Dolorès Ombrage, qui est occupée à tenir un procès dans les sous-sols. Nos larrons débarquent avec toute la subtilité qui est la leur, paralysent tout le monde à coups de baguette (il n’y a aucune sécurité non plus, quelle idée de sécuriser un tribunal), et s’enfuient en emmenant le médaillon que la bougresse avait autour du cou. Cependant, durant leur fuite, la polymorphie arrête de faire effet, et tout le monde découvre Harry Potter et ses potes en plein milieu du ministère de la magie où ils sont recherchés ; une petite course poursuite s’engage avec les miliciens locaux, et l’un d’entre eux, plus tenace que les autres, arrive même à les attraper au moment où ils se téléportent. Hermione est donc obligée de le dégager une fois à destination avant de relancer une téléportation d’urgence vers une petite forêt, ce qui, étant fait un peu à la va vite, a tendance à poser quelques soucis ; dans le cas présent, c’est un bras de Ron qui est téléporté en oubliant plusieurs morceaux (je pense que des bouts de cerveau de plusieurs héros ont aussi refusé de faire le voyage, mais ce n’est que mon opinion). Heureusement, Hermione a de quoi le soigner (une bombe froide et une éponge magique), mais il reste tout de même très affaibli de cette affaire. Elle donne alors à Harry la consigne qui va ouvrir une séquence affreusement étirée qui donnera à certains des envies de s’ouvrir les veines : « Harry, va monter la tente« , car oui, Hermione a toujours une tente Quechua dans son sac dimensionnel.

 

75% du film tient là-dedans.

Ainsi commence une longue, trèèèèèès longue période durant laquelle nos adolescents vont vivre tranquillement sous la tente en essayant de détruire le médaillon, mais sans pouvoir y parvenir (le bougre résiste aux sorts ; mais personne ne pense à essayer avec un gros caillou). Fugitifs, chaque soir, nos loulous jettent des sorts rendant leur campement invisible à autrui.

C’est con que vous n’ayez pas eu l’idée de jeter les mêmes sorts sur le banquet, au mariage, ou sur une quelconque de vos précédentes cachettes. J’imagine que ça aurait pu aider. Mais bon.

Un soir, Hermione entend du bruit non loin du camp, et étant de garde, décide de n’alerter personne et de se séparer des autres pour aller voir (dans une forêt, la nuit, avec des tueurs qui rôdent… non mais ce n’est plus un film, c’est un sketch de Jean-Marie Bigard ! Heureusement qu’Hermione est la plus intelligente). Elle tombe nez à nez avec une troupe de sorciers au service de Voldemort, des « rafleurs« , mais ceux-ci ne la voient pas, puisqu’elle bénéficie du sort d’invisibilité du camping. Ils finissent donc par passer leur chemin. Cependant, la chose a fait suffisamment peur à nos héros (plusieurs slips ont connu une fin tragique ce soir là) pour qu’ils décident de se déplacer régulièrement ; ne pouvant se téléporter puisque Ron est encore un peu faible, ils vont à pieds au travers de fabuleux paysages, et visitent apparemment l’Ecosse en long, en large et en travers.

Harry, de son côté, a une idée stupide, comme bien souvent : « Heeey le médaillon qu’on a trouvé contenant un bout d’âme de Voldemort, si on le portait autour de notre cou en attendant de trouver comment le détruire au lieu de le laisser au fond du méga-sac magique d’Hermione qui sert à transporter tout le reste de nos affaires en toute sécurité ? » ; aussitôt dit, aussitôt fait. Mais comme le médaillon rend les gens nerveux et méchants, curieusement, personne ne pense à dire « Bon, c’était une idée de merde« , et à la place on entend un « Portons le tour à tour, partageons ce fardeau« . Ho oui M’sieur Frodon, partageons l’anneau, il est trop lourd pour vous, vivement qu’on atteigne le Mordor pour le détruire. Tiens ? Je me suis trompé de film ? Vous êtes sûrs ? Non parce que moi je n’ai pas l’impression. Enfin, si vous le dites.

Au final, le médaillon finit par accomplir sa mission, puisqu’il provoque une grosse crise de colère chez Ron (original n’est-ce pas ? De toute manière, quand il y a un piège ou quelqu’un qui doit tomber sur une peau de banane, c’est toujours pour Ron), qui soupçonne une liaison entre Hermione, sa copine (avec laquelle il ne couche pas malgré qu’ils soient bloqués en pleine nature depuis des semaines avec beaucoup d’hormones et peu d’activités, on reste quand même dans un monde gentillet ; des ados, de la magie, des pouvoirs d’agrandissement de certaines choses et de polymorphie, en général, ça dégénère vite), et Harry. Il décide donc d’abandonner tout le monde et en a marre de cette quête d’horcruxes alors qu’ils n’arrivent même pas à en détruire un : il se téléporte seul loin de là.

Ah le salopard : alors pour ça, il a la force de se téléporter, mais pour éviter à ses copains de marcher, jamais. Quel pourri.

Harry et Hermione n’étant plus retardés par leur ami à la chevelure de munster, ils se mettent à se déplacer en se téléportant eux aussi aux quatre coins du pays, sans pour autant avancer beaucoup plus dans leur aventure. Ils papotent, se font des câlins amicaux, dansent en écoutant la radio, mais jamais Harry n’arrive à obtenir d’Hermione quoi que ce soit, tant cette dernière reste quand même fondamentalement une truie frigide. Un soir, cependant, elle a une idée lumineuse : « Aaaah mais je sais ce qui pourrait détruire les horcruxes : l’épée magique de Gryffondor » (notez qu’il s’agit toujours d’une épée ou d’un truc médiéval ; le fusil à pompe enchanté de Gryffondor, vous pouvez toujours l’attendre. J’imagine qu’au moyen-âge, l’épée étant trop moderne, les sorciers se battaient à coups de gourdins et de silex magiques) ; seul soucis, l’épée magique a disparu depuis des mois, et personne ne sait où elle est.

Que faire en attendant ? Jouer à la crapette ? Regarder Avatar ? Ouvrir un skyblog ? Non : Harry a une idée. Peut-être que Dumbledore n’a pas tout dit avant sa mort sur les horcruxes et comment les détruire ; peut-être serait il temps d’aller rendre visite à Germaine, la vieille amie du vénérable mage qui semblait en savoir suffisamment sur lui pour aider une journaliste à écrire un livre à son sujet. Hermione souligne que se rendre dans le village où Harry a perdu ses parents est risqué, que l’ennemi risque d’y avoir placé des guetteurs, mais bon : qui ne tente rien n’a rien. En plus, comme c’est aussi un lieu important pour Voldemort, peut-être y a t-il laissé un autre horcruxe.

 

"Cher Père Noël, si tu pouvais m'apporter la MG-42 de Serpentard, ça me ferait bien plaisir"

C’est donc la nuit de Noël que nos deux pinpins s’en vont dans le village enneigé visiter les lieux ; ils repassent devant l’ancienne maison à demi-détruite de la famille Potter, mais ne trouvent rien d’intéressant. A part une petite vieille relativement louche, qui les invite à la suivre ; elle les emmène jusqu’à une petite maison isolée où, effectivement, il s’avère qu’elle est bien Germaine, la personne recherchée par nos héros (quel coup de bol ! Elle passait pile au bon endroit au bon moment !) ; seulement, elle est curieusement muette. Vous vous demandez pourquoi, hein ?

La réponse est simple : ce n’est pas vraiment Germaine : en fait, c’est l’anaconda domestique de Voldemort, déguisé en vieille, qui tend un piège à nos héros. Oui, un anaconda déguisé en vieille. Oui, moi aussi j’étais consterné, parce que bon, je m’y connais en anacondas, j’ai vu d’excellents documentaires sur le sujet, et jamais ils ne se font passer pour des vieilles, c’est pas le petit chaperon rouge, non mais. Bref ; une petite bataille s’engage, dans laquelle le serpent est repoussé par un puissant sort d’Hermione, mais qui détruit au passage la baguette d’Harry. Un repli stratégique via téléportation est donc effectué, et Harry pleure doucement qu’Hermione lui a brisé la baguette (oui ? Non, je n’ai pas fait ce commentaire. Pourquoi, je devrais ?).

Et c’est donc reparti pour encooooooore plus de camping. Raaah, laissez moi mourir, bon sang, qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Un soir, Harry, de garde, entend du bruit dans les bois ; aussi malin qu’Hermione, lui aussi décide de ne surtout pas l’alerter (ça sert à ça, des gardes : à ne pas donner l’alerte) et de partir tout seul voir ce que c’est ; et bien figurez-vous qu’un patronus en forme de biche fantomatique (un patronus, c’est une sorte d’esprit défenseur que les sorciers peuvent faire apparaître) est là, au milieu des bois, à attendre Harry pour le guider gentiment. Bon, Harry, ça fait maintenant des mois qu’il n’a pas réussi à serrer la petite Hermione, alors il est un peu chaud et une biche, même fantomatique, ferait bien l’affaire : aussi la suit il sans se poser de questions.

Cette dernière le guide jusqu’à un étang gelé où, sous la glace, Harry aperçoit… l’épée de Gryffondor.

Oui, elle est là, tranquille : elle adore faire de la plongée en hiver, c’est son hobby. Ni une, ni deux, Harry décide d’aller la chercher ; pour cela, il veut plonger sous l’eau. Non, utiliser sa magie (il a emprunté la baguette d’Hermione, mais ne s’en sert pas) pour ramener l’épée, quitte à faire apparaître une épuisette, ça lui parait trop élaboré comme plan. Non, il va plutôt se mettre en slip et plonger par – 12°, histoire de rigoler un peu. En ne gardant sur lui qu’un seul objet : le médaillon de Voldemort (bin oui, tiens, c’est vrai qu’il est plus en sécurité là que dans la tente avec Hermione, hein ? Puis plus utile, aussi, sûrement). Or, une fois sous l’eau, curieusement, le médaillon n’a pas l’air d’apprécier qu’Harry essaie de récupérer une arme capable de le détruire ; il se débat donc, et essaie d’entraîner sous la glace Harry loin de l’épée et du trou qu’il avait fait pour plonger, histoire de le noyer.

Formidable coup de bol (encore un ? Non mais c’est fini ces télescopages ?), une main récupère et l’épée, et le Harry Potter et les sortent tous deux de l’eau en cherchant lequel des deux est con comme 2 kilos de métal : il s’agit de Ron, qui est revenu aider ses potes maintenant qu’il a fini de faire son petit caca nerveux. Il a su où était Harry grâce au déluminateur, qui apparemment, fait aussi GPS. Ne me demandez pas comment non plus. Harry propose alors à Ron de détruire le médaillon, maintenant qu’ils l’ont, ainsi que l’épée ! Notre rouquemoute accepte, mais comme Harry l’a dit : « attention, au moment où tu voudras le détruire, le médaillon risque de se défendre ! » ; ouais, attention Ron, cet enfoiré va essayer de te mettre des coups de fermoir, il risque de te pincer. Trop cruel, Voldemort.

Sauf que non : Voldemort a mis bien plus de puissance dans ce médaillon ; celui-ci crée des illusions pour effrayer Ron (il fait apparaître sa terreur, des hordes d’énormes araignées), avant de, allez savoir pourquoi, changer de registre :

« Roooon… Roooon… ta copine, elle couche avec Harry ! C’est une coquine !
- …
- Regarde ! Je fais apparaître des images où elle et lui se font des bisous ! Ca t’énerve, hein ?
- Heu… c’est-à-dire qu’en fait, mon objectif, médaillon, c’est de te casser la gueule, alors chercher à m’énerver encore plus, c’est un peu incohérent. En plus les araignées, ça me faisait fuir, alors pourquoi tu arrêtes ?
- Regarde ta copine… bisouuus… elle roule des patins à Harry ! Attends, tu en veux plus ? Bouge pas, je te mets un petit fond sonore de basse, façon film porno. Alors, t’en penses quoi ? T’es vénér’ hein ?
- Mais enfin, médaillon, tu es idiot ? Pourquoi tu m’encourages à te détruire alors que tu dois faire l’inverse ?
- Okay, tu l’auras voulu : je rajoute des passages où Harry fait pouet’ pouet’ camion à Hermione. Tu veux que je fasse apparaitre un gros monsieur noir aussi pour se joindre à eux ? Ca t’énerverait un gros monsieur noir tout nu ?
- Bon. »
0

Ron, lassé par l’incohérence totale du médaillon, le détruit donc d’un bon coup d’épée, et hop : finies les illusions d’Harry et Hermione à poil, mais pas trop non plus (le médaillon de Voldemort fait apparaître des illusions chastes : c’est un seigneur des ténèbres, mais militant actif chez Familles de France). Une fois cela fait, les deux garçons retournent au campement trouver Hermione, qui est certes heureuse de retrouver Ron et d’apprendre qu’il a détruit un horcruxe, mais surtout un peu en colère qu’il ait lâché tout le monde quelques semaines plus tôt. Elle boude donc.

Tiens, mais au fait, qui a créé cette biche fantomatique qui a guidé Harry au fond des bois pour trouver l’épée ? Comment cette personne savait que notre groupe camperait juste à proximité ? Que faisait l’épée là ? Mystère, dans l’immédiat.

 

Attention ! Dans cette image se cache un anaconda, sauras tu le retrouver ?

Sur ce, revenons à nos pérégrinations ; un jour, Hermione note dans le bouquin de contes pour enfants que lui a légué Dumbledore un signe curieux : un trait vertical, imbriqué dans un cercle, le tout placé dans un triangle… hmmm, mais qu’est-ce que c’est ? Harry se souvient avoir déjà vu M. Lovegood, le patron d’un journal pourri (une sorte de Public ou Closer local), porter ce signe en médaillon. Il pourrait donc être intéressant d’aller le voir pour l’interroger à ce sujet ; soit ! La petite troupe se rend donc promptement chez le personnage, accessoirement père de Luna, une de leurs camarades de classe. L’homme est un peu nerveux et dérangé (mais bien qu’il raconte n’importe quoi, bizarrement, il donne toujours de formidables infos 100% véridiques pile poil quand les héros en ont besoin), mais explique tout de même ce qu’est ce signe : il s’agit des « Reliques de la Mort » ; dans un vieux conte, trois frères ont obtenu de la Mort trois objets : la plus puissante baguette de sorcier du monde (symbolisée par le trait vertical), une pierre capable de ressusciter les morts (le rond), et une cape d’invisibilité (le triangle). Quiconque a ces 3 objets devient « le Maître de la Mort« . Soit, se disent nos amis, et ces objets existeraient donc bel et bien ? Puisque Harry a déjà la cape d’invisibilité, semble t-il (même s’il ne s’en sert pas du tout dans ce film alors qu’elle aurait pu servir quasiment dans chaque scène, mais définitivement, Harry est un pur produit de Poudlard, l’école au programme consternant).  Effectivement ; mais la conversation n’ira guère plus loin : nos héros comprennent vite que leur hôte a une bonne raison d’être nerveux ; sa fille a été raflée par les vilains quelques temps plus tôt, et il espère, en dénonçant Potter et ses amis, obtenir sa libération. A peine a t-il révélé cela (tout est bien synchronisé, encore une fois) que la maison est bombardée de sorts plutôt offensifs par des mages noirs volant tout autour ; histoire de varier un peu les plaisirs, Hermione téléporte ses deux balourds de collègues et elle-même vers une destination forestière où…

… où allez savoir comment, ils sont attendus par les rafleurs qu’ils avaient vu dans les bois des mois auparavant. Comment les ont ils retrouvés ? Vous ne le saurez jamais ; en tout cas, une brève course poursuite s’engage, et nos élèves sorciers sont vite capturés : Hermione a juste le temps de jeter un sort de Bogdanovum à Harry (elle lui déforme le visage en le gonflant affreusement) afin que leurs agresseurs ne l’identifient pas tout de suite et ne le livrent ainsi pas aussitôt à Voldemort. Certes, il y a une trace de sa cicatrice, que ses agresseurs reconnaissent, mais dans le doute, ils se rendent au QG des méchants pour vérifier son identité.

Sur place, la chose semble compliquée, tant, quand même, Harry ne ressemble plus à rien (je vous ai entendu dire « c’était guère mieux avant« , au fond, messieurs) ; aussi, lui et Ron sont envoyés en cellule en attendant que l’on prenne une décision. Bellatrix, l’une des grandes méchantes préférées de Voldemort, décide elle se s’amuser un peu avec Hermione, en la torturant parce que bon : elle est fille de moldus, même pas de sorciers, donc ça mérite bien une punition.

Pendant ce temps, dans leur cellule, Harry et Ron entendent du bruit et allument toutes les lumières grâce au déluminateur (… non… non… ne me dites pas que les forces du mal dans leur QG face à des sorciers, qui sont souvent des gens avec des objets magiques, n’ont même pas pensé à les fouiller ? Et bien non.), et constatent qu’ils ne sont pas les seuls prisonniers : il y en a 3 autres, parmi lesquels Luna Lovegood. Soudain, apparait au milieu d’eux Toby, l’elfe de maison idiot et pote d’Harry Potter, qui a le pouvoir (comme il est aussi surpuissant que tous les elfes de maison) de se téléporter où il veut, même dans cette cellule, qui doit pourtant être protégée. Toby cherchait Harry, et est fort content de lui tomber dessus ; il reçoit donc directement des instructions du bon Potter : 1 – évacuer les autres prisonniers vers une planque en bord de mer où ils sont déjà allés, et 2 – neutraliser le garde de la prison. En 10 secondes, l’elfe fait les deux. Balaise. Et vous n’avez pas encore tout vu, mais j’y reviens.

Nos deux adolescents vont donc rapidement porter secours à Hermione, et la sauvent de ses tortionnaires, aidés en cela par Toby, qui fait tomber des objets et confisque les baguettes de tous les sorciers – pourtant forts, maléfiques et expérimentés – présents à ce moment là. Bref, à lui seul ou quasiment, l’elfe vient de paralyser tout le QG de Voldemort et ses mages les plus costauds.

Bon, moi, à leur place, j’aurais déjà monté une armée d’elfes de maison et conquis le monde en moins de 45 minutes. Mais là encore, personne ne semble y penser.

 

Voilà : ça, ça vous maîtrise toute l'armée ennemie en moins d'une minute. Mais tout le monde semble l'oublier.

En tout cas, Hermione se relève péniblement, non sans que l’on ait pu voir un cheveu de Bellatrix en gros plan tomber sur son manteau. C’est super innocent, comme plan, pas vrai ? Ça ne va sûrement pas servir dans le prochain film, nooooon. C’est probablement juste un plan pris au hasard, comme ça, hop, genre « Tiens, si on filmait un cheveu ? C’est cool les cheveux, ça joue bien, ça me rappelle un peu Romain Duris« .

Au final, tout le monde se rassemble autour de Toby pour se téléporter avec lui loin de là ; c’est sans compter sur Bellatrix qui, probablement anciennement employée au cirque Pinder, effectue un formidable lancer de couteau à la dernière seconde, provoquant la téléportation de la lame volante avec l’ensemble du groupe de fuyards.

A l’arrivée, tout le monde se retrouve donc comme prévu sur une plage balayée par les flots, avec comme seule perte Toby, qui a reçu la lame en plein dans son petit corps frêle ; il meurt donc dans les bras de Harry en contemplant l’océan, cette plage étant un peu son Omaha Beach ; pour les dialogues, ça donne grosso modo dans le « Ne meurs pas Toby ! Accroche toi ! Les hélicoptères arrivent !  » et les « Tu diras… argh… à ma femme que… je… je l’aime… tu lui diras, hein… Harry ! » – « Toby ! Fais pas le con, écoute, on entend les rotors ! Ils vont te retaper, tu iras voir ta femme en permission avec une médaille et tu lui diras toi-même que tu l’aimes !« 

Hélas, Toby meurt quand même. Harry sanglote donc d’avoir perdu son ami moche, niais, mais surpuissant, et s’en va lui creuser une tombe avec une bonne vieille pelle, quelque part dans les dunes, là où les gens font vider les intestins de leurs chiens lorsqu’ils se promènent sur la côte.

Mais, et Voldemort dans tout ça, hein ? Qu’est-ce qu’il faisait au lieu d’être à son QG ? Et bien, sachez-le : d’abord il est allé péter la gueule à un célèbre fabriquant de baguettes magiques en lui disant « Alors comme ça, tu pensais qu’avec une autre baguette je pourrais vaincre Harry ? Sauf que celle que j’ai utilisée au début du film, elle a fait pouf ! Je veux faire jouer ma garantie ! » ; puis, réalisant qu’il lui faudrait tout simplement une baguette fort puissante, il s’est mis en quête de celle évoquée dans le conte des trois frères, la baguette des Reliques de la Mort. Le vieux marchand de baguettes a évoqué le fait qu’il avait bien cette baguette des années auparavant, mais que quelqu’un lui avait volé, probablement un roumain.

Voldemort part donc retrouver le voleur, devenu fort vieux mais toujours fort rabouin, et ce dernier lui annonce que la baguette avait fini dans les mains de Dumbledore. Et à sa mort, il avait été enterré avec.

C’est donc parti pour la séquence nécrophile du film : Voldemort va ouvrir le tombeau de son vieil ennemi, renifle un peu son cadavre encore en fort bon état, s’accouple un peu avec parce que bon, hein, il a beau être maléfique, il n’en reste pas moins homme, puis s’empare de la baguette avec laquelle il fait surgir moult éclairs du ciel dans un rire maléfique et…

FIN.

 

La scène finale de l'accouplement post-mortem

Ou plutôt à suivre. Oui, je sais, dans la bande-annonce, il y a plein de scènes d’action dont je n’ai pas parlé ici ; c’est normal, c’est pour le suivant. Parce qu’une bande-annonce juste avec les scènes de ce film, c’eut été affreusement chiant. Ça aurait ressemblé à Camping, en fait. Avec Emma Watson à la place de Franck Dubosc.

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Sylvain Fumoir, à quatre pattes dans la neige, soufflait lourdement après avoir subi toute la douleur d’un tel ennui cinématographique. Jamais il ne se serait douté que son adversaire lui infligerait une telle torture. Mais il n’avait pas joué sa dernière carte pour autant. Il jeta un regard à l’Odieux Connard derrière lui.

« Alors, on se rend ? Ne fais pas comme ton ami Jamax, qui a voulu résister inutilement…« 

Fumoir eu un rictus invisible, tant sa face était à nouveau tournée dans une autre direction ; il était déjà concentré sur autre chose : relevant sa manche, il toucha de la main le tatouage en forme de souris blanche qu’il portait au poignet.  Il allait prouver que son Noir Seigneur était de retour.

Je n’eus pas le temps de me retourner en entendant le bruit caractéristique de quelqu’un se téléportant derrière moi.

« Yé vé té faire dichparaitre comme oune petite chouriche, hihihi !« , entendis-je avant qu’un éclair ne vienne me frapper entre les omoplates.

Mon Dieu, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le maître de tous les sorciers maléfiques, celui qui surpassait amplement Voldemort était de retour :

GARCIMORE !

S’il y a bien un phénomène qui m’intrigue, c’est bien celui de la série Harry Potter, de J.K.Rowling (ouais, tant qu’à lancer un blog, autant attirer des âmes innocentes à grand coup de sujets ultra-populaires). Et comme il se doit, critiquons.

Pour celles et ceux qui auraient échappé aux aventures du plus magique de tous les adolescents boutonneux, je vous résume l’intrigue : Harry Potter, jeune orphelin, apprend un beau jour que hop, vas-y qu’en fait c’est un sorcier. Du coup, re-hop, il entre dans une école pour magiciens, c’est trop l’aventure. Sauf que le grand méchant qui a tué ses parents, Lord Voldemort (oui, il aurait pu s’appeler Jean-Jacques Petitefleur, mais non), veut le retrouver pour lui mettre sa misère, et plus si affinités.

Un type tout blanc et sans nez qui poursuit des enfants, ça ne vous rappelle rien ?

Un type tout blanc et sans nez qui poursuit des enfants, ça ne vous rappelle rien ?

Quelle aventure mes amis ! Tout au long des 7 ouvrages que compte la série, le trublion à lunettes va aller d’aventure en aventure, chaque ouvrage représentant une année scolaire. Du coup, le bonhomme vieillit tout autant. Les fans ajouteront qu’en plus, du coup, plus on avance dans la série, plus le style évolue, et devient de plus en plus adulte et sombre.  D’où les hordes d’adultes jeunes et moins jeunes qui lisent la bête ?

Et pourtant, bonnes gens. Quelle série ! En effet, Harry Potter est l’archétype du héros à qui on a envie de mettre des coups de chaises, tant il est navrant. Il faut dire qu’il est un peu con, le garçon. Tiens, je sais pas moi : dans chaque épisode, le méchant est toujours le même : Lord Voldemort  (n’insistez pas, il ne s’appellera pas Jean-Jacques, vraiment). Rappelons par ailleurs, que de l’aveu même de l’auteur, ce gros méchant est en fait une allégorie des nazis, faisant de la série le premier ouvrage qui atteint le point Godwin dès le premier épisode. C’est sûr que si le vilain avait été un poil plus subtil, ou pire, qu’il y eut plusieurs ennemis, c’eut été plus compliqué à comprendre. Mais là, non, on a dit juste un grand méchant, pour pas perdre le lecteur. Un peu comme les indices pas du tout cachés tout au long du livre : si jamais quelque chose est écrit, c’est forcément utile. Genre notre héros lit un article dans « The Magic Figaro » sur « Comment repousser un ours en rut avec un arrosoir et un paquet de fraises Tagada« , paf 300 pages plus loin, v’la l’ours en rut qui déboule au moment où Harry (oui, je l’appelle par son prénom, on est intimes) faisait provision de fraises Tagada alors qu’il revenait d’arroser ses radis. Incroyable on vous dit.

Mais surtout, bon sang, pour un univers censé être de plus en plus adulte en évoluant avec l’âge du héros, quelle déception ! Non, jamais Harry Potter, bien qu’adolescent en chaleur, n’utilisera de sort de « Biactolum » sur ses points noirs. Jamais il ne fera de « Potion d’infravision à travers les fringues », et jamais un apprenti-magicien moche n’utilisera ses pouvoirs de polymorphe pour assouvir ses besoins hormonaux. Dans Harry Potter, on se contente de se faire des bisous, des câlins, le tout dans une ambiance qui ferait pâlir de plaisir Nadine de Rothschild. Mais où sont passés nos adolescents délurés ? A quand « Harry Potter et la chambre de la beuh » ? « Harry Potter et les reliques du repas de la veille » ? « Harry Potter et le Prince du Tuning » ? Ou encore le célèbre « Harry Potter et le Ghetto Blaster » ? Non, Harry Potter n’est définitivement pas un ado comme les autres. Et tous les personnages suivent la même voie. Ha si, Lord Voldemort n’hésite pas à faire du solex sans casque, mais bon, lui, il est méchant, donc il a le droit.

Enfin, surtout, Harry Potter, c’est quand même un univers où pour jeter un sort il suffit d’agiter sa baguette en braillant un mot en latin ou dans une quelconque langue plus très fraiche. Par exemple, si les méchants sont méchants, c’est parce qu’ils utilisent le sort qui tue instantanément, intitulé « Avada Kedavra ». C’est pas très clair. Je vais donc m’appuyer sur un exemple concret.

Lord Voldemort sort du « Große Kanaille », une boîte de nuit à la mode chez les nazis (cf ci-dessus) située à proximité de Vesoul. Il est 3:00 du matin, la soirée a été riche en évènements et en bonbons roses, bref, il n’est pas frais. Et au moment où il se dirige vers son balai, il aperçoit un type bedonnant en train de se soulager contre sa monture. Lord Voldemort s’en va le sermonner, le ton monte, hop, Grand Méchant sort sa baguette magique, gueule « Avada Kedavra » et hop, voilà l’urineur malapris foudroyé instantanément. Lord Voldemort enfourche son balai et s’en va comme un prince. Il n’ira pas bien loin, puisqu’il sera flashé à la jumelle à hauteur de Charmoille par la gendarmerie nationale, et finira sa nuit en cellule de dégrisement (à Azkaban).

Trembles, Voldemort !

Tremble, Voldemort !

Bon, maintenant, vous imaginez les batailles qu’il peut y avoir entre mages, à grands coups de baguettes, d’incantations et tout le tatouin. Et bien, malgré le fait que tout se passe dans les années 90, à aucun moment, personne ne pense à prendre un flingue. Je sais pas moi, vous êtes, tenez, Harry Potter. Ce soir, vous avez prévu d’aller manger à McDo avec vos potes de classe. Mais bon, vous savez que là, dehors, il y a un peu un ouf’ de la baguette qui vous cherche pour vous refroidir. Vous emportez donc votre .44 Magnum (un mec qui peut se fournir en potions et baguettes magique doit quand même pouvoir se trouver ça). Et quand le terrible Voldemort se montre, et que comme tout bon méchant, il commence par jubiler en vous racontant sa vie (et sa garde à vue à la gendarmerie de Chamoille), vous n’avez qu’à vous saisir de votre arme. Là, il devrait commencer à dire « Avada… » et  logiquement, avant qu’il aie le temps de finir de prononcer la seconde syllabe, vous avez eu le temps de tirer deux ou trois fois. En plus, ça devrait pas mal le déconcentrer.  Vous avez déjà essayé de réviser vos déclinaisons latines en vous faisant tirer dessus ? C’est pas facile.

Vraiment, disons le tout net : si un jour, vous êtes projetés suite à une expérience ratée du Cern visant à observer le boson de Higgs, dans le monde magique de Harry Potter, trouvez une armurerie : vous partirez avec un avantage non-négligeable.

Harry Potter, c’est un peu ça : le style est excellent pour les d’jeun’z et les n’enfants , mais c’est pas avec ça que vous allez pouvoir être surpris niveau intrigue ou ton.

Vous me direz « Ho, vous dites ça (oui, vous me vouvoyez, c’est la moindre des choses), mais bon, comment vous êtes aussi calé sur le sujet ? » ; bah, en fait, je ne l’ai lu que pour parvenir à mes fins quand je souhaite aborder une jeune ingénue.

Merci, bonsoir.

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