Il y a quelques temps, nous parlions céans d’une terre de légendes : la Belgique.

Il n’en fallait pas plus pour que par l’intermédiaire de quelque câble sous-marin me parviennent des missives électroniques indignées de Québecois s’indignant du fait que leur province était une fois de plus délaissée par un français arrogant. Si dans un premier temps, il convenait de faire les gros yeux à ces mécréants mettant en doute ma légendaire modestie, il finit par apparaître qu’il était parfaitement logique de parler de la Belle Province en ces lieux. En effet, ce blog traitant de nombreux sujets absurdes, il eut été bien inconvenant de ne pas évoquer la plus légendaire des provinces Outre-Atlantique, trop souvent moquée par des béotiens à l’humour douteux. Loin des préjugés, évoquons-donc cet endroit majestueux :

Le Québec

Le Québec, ou "Belle Province", est le nom d’une -justement – province canadienne célèbre pour ses velléités indépendantistes, sa gastronomie mystérieuse et ses chanteurs contestables. Véritable enclave francophone en terre hostile, encerclée à la fois par des canadiens, des états-uniens et des phoques (bien que dans certains Wall-Mart sur la frontière, il ne soit pas toujours facile de distinguer les deux dernières espèces), le Québec est tout ce qui reste de l’équivalent royaliste Français du programme Mars One : l’envoi de larrons vers une terre lointaine et hostile avec pour consigne d’y rester, nom d’une pipe.

Contrairement à la Belgique, le Québec est un endroit qui existe véritablement, comme en attestent de nombreux témoignages et exports d’humoristes. L’armée continue bien entendu de nier la chose, et fait souvent passer les dits humoristes pour des débris de ballons sonde, quand bien même il y a une différence de taille entre les deux : le ballon sonde, lui, a une petite chance de vous faire rire même par accident.

Il n’en est pas moins que les nombreuses archives dont nous disposons évoquant la Belle Province d’une manière ou d’une autre nous permettent d’apprendre bien des choses fascinantes à son sujet.

Le drapeau du Québec : blanc comme la neige, bleu comme ceux qui n’étaient pas dans leur cabane quand ça a commencé à tomber

Géographie

Située au Nord-Est du continent nord-américain, là où la nature se fait sauvage, le climat rude et la chanson mauvaise (les BB Brunes sont Québécois de cœur, je suppose), le Québec s’étale lascivement sur près de 1 667 441 kilomètres carrés, ce qui est beaucoup compte tenu du fait qu’on y trouve à peine plus de 8 millions d’habitants. A titre de comparaison, c’est 138 fois l’Île-de-France, mais avec 3 millions d’habitants en moins que l’originale. Autant vous dire que le Québecois est bien emmerdé lorsqu’il veut inviter son plus proche voisin à venir boire un coup : celui-ci a en moyenne 3 heures de route dans un sens et 3 dans l’autre. Et s’il a oublié les chips, il est feinté puisqu’il doit aller au magasin le plus proche à 4 heures de là, et ce en évitant les différents barrages routiers installés par la faune locale qui mettrait bien la main sur lesdites chips. Les orignaux, par exemple, sont parmi les plus redoutables malandrins que l’automobiliste puisse connaître, n’hésitant pas à se vautrer sur leur radiateur à pleine vitesse en faisant un bruit comme "Muuuufbrouloulougrüüüü" simplement pour arrêter leur cible. D’autres orignaux débarquent alors, tabassent l’innocent puis enterrent son cadavre dans les bois non sans avoir poussé le véhicule endommagé jusqu’à l’étang le plus proche. D’où le fait que le S.W.A.T Québécois soit constitué essentiellement de trappeurs, mais nous y reviendrons.

Cela dit, je m’égare : si le Québécois a bien du mal a réunir des gens pour une soirée mousse vu l’étendue du territoire, il n’en reste pas moins qu’outre les feux de camp, deux endroits essentiels lui permettent de fraterniser avec d’autres de sa race :

  • Québec, la capitale de la province, au nom particulièrement peu original bien qu’il s’agisse d’un palindrome phonique, notons l’effort
  • Montréal, cible prioritaire pour nos sous-marins lanceurs d’engins puisqu’abritant le festival "Juste pour Rire" ainsi qu’une filiale d’Ubisoft ayant participé au consternant Assassin’s Creed III (qui du coup, a sa place au festival "Juste pour Rire", tout se tient)

A noter que le Québec est traversé par le célèbre fleuve Saint-Laurent, dont le nom moderne remplace le plus ancien "Fleuve des Morues" (véridique). La légende raconte que c’est l’office de tourisme local, qui après le suicide de ses trois précédents directeurs, décida qu’il était peut-être temps de changer cette histoire de morues.

Le climat est lui à l’origine de la saga Game of Thrones, puisque l’hiver Québécois peut durer plusieurs années. On notera que George R. R. Martin s’est contenté de changer les noms à minima, puisque Mont-Réal devient simplement Port-Réal, que tout comme dans la ville à l’époque royale, on y trouve une "Main du Roi". L’auteur a bien tenté de s’inspirer de Québecois célèbres pour ses personnages, mais il faut bien l’avouer, il n’a jamais trouvé que faire de Robert Charlebois. Remarquez, on ne lui jette pas la pierre : personne d’autre n’y a réussi.

Histoire

Au Xe siècle, le célèbre viking Leif Ericson s’aventure loin à l’ouest, son drakkar fendant les flots jusqu’à ce que des terres inconnues se dessinent devant lui. Accostant avec son équipage sur une plage, Ericson constate un problème logistique majeur : en tant que viking, il ne dispose pas de drapeau à planter pour marquer son territoire, quant à un pipi dans le sable, c’est trop éphémère. Qu’importe : trouvant un autochtone, il lui plante sa hache dans la margoulette histoire d’en terminer avec ces formalités de plantage de trucs dans des machins, puis installe un village sur place. Rapidement cependant, les Amérindiens locaux s’avèrent très décevants :

  • Ils ne disposent pas de monastères francs, du coup, que piller ?
  • Ils ne disposent pas de bière, du coup, que s’envoyer ?
  • Ils ne disposent pas de mouton, du coup, comment s’accoupler ?

Le viking breeding nécessitant une présence importante de caprins, la colonie est donc stérile et s’éteindra rapidement. Il faudra attendre quelques siècles pour que de nouveaux aventuriers investissent cette terre mystérieuse, et cela arrivera finalement avec Jacques Cartier.

En effet, au début du XVIe siècle, les navires anglais s’ébrouent pour aller coloniser le nouveau monde. Rapidement, ils font plier les Amérindiens en les repoussant à l’aide d’armes modernes aussi mortelles que le pudding ou la gelée à la menthe, et s’installent sur ces terres riches et merveilleuses d’Amérique du nord en prétendant civiliser les sauvages. Apprenant cela, le roi de France sourcille donc un peu et décide donc qu’il est temps de passer à la phase II de la colonisation : civiliser les Anglais. Il envoie donc son meilleur homme, Jacques Cartier, gagnant du concours national de dictée des collégiens 1503, et lui ordonner d’aller au nord du nouveau monde pour installer une nouvelle colonie. Le roi en profite quand même pour lui refiler à fond de cale tout ce dont on ne veut plus en France : criminels, mendiants, et bien évidemment, hipsters (ce qui expliquera par la suite le goût des canadiens pour la chemise à carreau). La mission commence très fort puisque d’entrée de jeu, Jacques Cartier nommant la nouvelle province "Canada", il constate que les anglais lui piquent aussitôt le nom sans réfléchir. Jacques Cartier se lance donc dans une série de blagues, tentant de faire adopter aux anglais tout un tas de noms à la con sans qu’ils s’en rendent compte : certaines documents d’archives imputent ainsi à Jacques Cartier l’invention du comté du Sussex, ou encore la découverte d’Uranus (bien que le débat fasse encore rage, certains prétendant que ce dernier sujet est avant tout du domaine de la spéléologie, quand d’autres insistent sur le fait qu’en tant qu’expert en colons, Jacques Cartier restait le mieux placé pour traiter du sujet).

Même sur les gravures, Jacques Cartier n’a pas l’air super enchanté de sa découverte

Au XVIIe siècle cependant, le roi de France constate que les colonies ne pètent pas la forme : elles ne parviennent pas à croître. Son sourcil frémissant sous la puissance de sa réflexion, il réalise qu’il a alors peut-être oublié un truc pour aider la démographie locale : des femmes. Au soulagement de tous les ovidés des colonies, un navire est donc affrété pour recevoir les filles dont le royaume ne veut plus, à savoir cette fois-ci les blogueuses modes (un macaron a été caché dans la cale pour les attirer), les lectrices de Biba et les mannequins anorexiques fascinant les deux précédentes catégories n’ayant que des avantages pour les longues traversées : ça consomme très peu, on peut en stocker 4 par hamac, et en cas d’abordage, leurs hanches peuvent servir de grappins. Ne soyons pas sectaires : on trouve aussi trace d’utilisation de boulimiques, mais essentiellement comme balles traçantes pour les combats de nuit.

Par la suite, si les colonies vont enfin prospérer, les Anglais vont commencer à sentir comme une menace francophone risquant de les civiliser et de leur donner bon goût : des guerres vont donc éclater entre Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre, et après une ou deux Nouvelle-Branlée infligées à l’ennemi, le Québec finit par tomber aux mains de la perfide Albion. Un émissaire Québécois fut donc envoyé auprès du roi de France pour lui demander d’intervenir, par exemple en pétant la gueule d’à peu près tout ce qui portait une tunique rouge (les cardinaux présents à ce moment là prétendirent avoir quelque chose à faire de très important et disparurent dans de petits bruits de froufrous). Hélas, le Québec allait se perdre de lui-même lors de l’entretien auprès de son altesse le roi, dont voici à peu près l’échange :

"Bien, ami de Nouvelle-France, te voici en sécurité ! Parle librement, et dis-moi ce que tu attends du trône. J’ai fait préparer régiments, monnaie et navires pour venir à la rescousse des tiens : tu n’as qu’un mot à dire et la France s’en viendra te libérer !
- Tsé, l’rwô là, les anglais y nous causent bin des bibittes !
- Heu je… pardon ?
- Hey, s’pa si pire quand j’parle, dis ! 
- Mais… qu’est-ce que… que dites-vous ? 
- S’quoi c’t’histwôre ? Je suis tanné, c’est plate, j’pôrle mais tu panes rien ! 
- Bon, okay, je crois qu’on a un problème."

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Et en effet : découvrant que les Québecois avaient commencé à adopter un langage étrange, le roi supposa qu’ils avaient tout simplement muté au contact des Anglais et décida de revendre pour l’équivalent actuel de 17,55€ la province de Québec en se disant qu’ils feraient plus de mal à l’ennemi dans le Canada britannique qu’à l’extérieur de celui-ci. Lors de la vente aux enchères qui eut lieu, un certain Magnéto tenta bien de remporter la contrée, mais réalisant que cela faisait peut-être trop de mutants pour un seul homme, il se retira.

Toujours est-il que bien que passée au sein du Canada, la province de Québec ne se laissa pas faire et continua de défendre la langue française, bien que tout le monde ne soit plus vraiment sûr et certain qu’il s’agisse vraiment de la langue de Molière. Au XXe siècle, Charles de Gaulle remettra 10 balles dans la machine en allant y hurler "Vive le Québec libre" avant de s’enfuir en pouffant dans sa DS. Sacré Mongénéral, quel déconneur. Les Québecois, encouragés par ce soutien, continueront donc de lutter pour leur indépendance pour les plus modérés, et pour la conquête complète du Canada pour les autres.

Population

Le Québec est peuplé essentiellement de Québécois (dont la femelle porte le nom majestueux de Québécoise), mais aussi d’autres fiers peuples, tels des Amérindiens, des Inuits ou encore la famille Dion, dont le statut est encore discuté puisque des battues sont encore réalisées régulièrement pour tenter d’éviter sa prolifération. Comme dans d’autres cas précédemment évoqués sur ce blog, l’idée d’introduire la myxomatose en son sein fait doucement son chemin, mais là n’est pas le sujet.

Le Québécois est un être rude. Dernier bastion francophone d’Amérique du nord après la chute de la Louisiane, il sait que l’ennemi est partout, que la nature ne fait pas de cadeaux, que l’hiver sera long cette année encore et qu’il va devoir pelleter cette ostie d’allée encore des semaines. La Québécoise est encore plus rude pour une raison simple : elle doit supporter le Québécois. Tout comme lui, elle doit savoir mener des expéditions jusqu’à la supérette par moins 20 pour aller chercher de quoi faire des pancakes, survivre en cas de tempête de neige, reconnaître un électeur de Jean Charest à 100 mètres, et bien évidemment, savoir distinguer un orignal d’un caribou, pour savoir quel est le gang d’animaux sauvages qui fout la zone en ville ce soir (les deux espèces se sont très bien adaptées à l’homme, tout comme d’autres espèces dans le monde, n’hésitant pas à pénétrer dans les jardins, dévorer les victuailles, et selon certains témoins, piquer des motos pour aller molester les livreurs de pizzas façon Road Rash, bien que la police de Montréal rie à l’évocation de ces ridicules allégations : tout le monde sait que ce sont les castors qui piquent des motos, les orignaux et caribous préfèrent les monospaces). Toujours est-il que le Québécois aime son pays tout comme il aime sa langue. Il s’exprime d’un ton clair et fort, et n’aime guère que l’on se moque de son accent, fierté lui permettant d’exprimer ses origines. Par ailleurs, comme la Québécoise a le même accent que le Québécois, cela ne gêne en rien la parade amoureuse dont je vous passe les détails : sachez simplement qu’il y est question de match de hockey, de calembours sur l’Ontario, et de se couvrir le corps de sirop d’érable. Et non, on y parle pas de poutine.

Vous êtes vraiment plein de préjugés, c’est affreux.

Comme on s’en doutait, l’essentiel des actifs locaux travaillent encore principalement en tant que trappeurs – voire coureurs des bois – n’hésitant pas à stranguler des ours noirs à mains nues pour revendre leur fourrure à de quelconques touristes russes

A noter qu’en cas de succès de la parade, quelques mois plus tard naît un petit québécois, d’apparence presque humaine. Si aux débuts de la colonie, on prenait grand soin de baptiser les marmots en les plongeant dans le Saint-Laurent, la chose s’est bien vite arrêtée puisque le climat provoquant des glaciations particulièrement rapides, il n’était pas rare qu’entre le moment où l’enfant était plongé dans l’eau et celui où l’on prévoyait de l’en ressortir, une couche de 10 centimètres de glace ne se forme. Il fallait alors attendre le printemps, un à deux ans plus tard avec un peu de chance, pour récupérer ce qu’il restait du bestiau. L’avantage était cependant que tous ces enfants formaient de fameuses formes et couleurs sous la glace, donnant l’impression aux patineurs d’évoluer sur un carrelage bleu-rose du meilleur goût. Par ailleurs, et puisqu’il n’était pas nécessaire de lester un marmot avec un caillou pour s’en débarrasser grâce à ce phénomène, les fonds du Saint-Laurent sont encore relativement dégagés ce qui explique la riche navigation sur celui-ci.

Langue

Le québécois est assez semblable au français, bien que l’on y retrouve des spécificités intéressantes : ainsi, tout comme les schtroumpfs, les Québécois ont un mot faisant office de nom commun, d’adjectif, de verbe auxiliaire, de verbe tout court et d’à peu près tout ce que vous voulez : "Criss"

Exemple : "Criss ! C’te criss de tabarnac veut pas bouger ! Ostie de criss, faut que j’crisse de lô ! J’crisse tout et criss, je crisse !"

Si les linguistes continuent de se pencher sur la question, l’équivalent Québécois du grand schtroumpf n’a toujours pas été trouvé. Pour la salsepareille par contre, ce ne sont pas les pistes qui manquent.

Le Québécois se moque des Français qui "font du shopping avec leur bande d’amis" puisque lui "magasine avec son gang". Il rit ouvertement de ces panneaux "stop" puisque lui a des panneaux "arrêt". Il ne va pas voir "The Dark Knight" au cinéma, il va voir "Le Chevalier Noir". Bon, ça reste pourri, mais tout de même.

De manière générale, le Québécois se moque des Français qui utilisent des mots anglophones. Puis, il retourne dire qu’il trouve des gens hot ou que quelque chose est cute. En général, le Québécois et le Français finissent par être d’accord principalement lorsqu’ils visitent un même Skyblog. Les ennemis communs, ça soude.

Culture

La culture québécoise se veut noble, grande et rayonnante pour repousser ces impies d’anglophones. Hélas pour elle, elle est surtout connue pour Garou ou Lara Fabian, deux des principales raisons qui font que du côté de Paris, on commence sérieusement à se dire qu’il va falloir remonter le mur de l’Atlantique histoire d’éviter d’autres débarquement de ce genre.

On reconnait l’artiste québécois non pas à son accent mais à sa capacité à mimer tous les plus mauvais défauts des artistes français, à savoir utiliser le terme "généreux" dans toutes les situations sauf la bonne, à essayer de pousser le plus fort possible pour chanter, ce que certains appellent "le syndrome de Jéricho" (ou "syndrome du caca", c’est selon), mais il faut tout de même lui reconnaître de grandes qualités : ainsi, il porte souvent des noms rigolos, comme mon nouvel idole, Jean Rabouin, dont le seul patronyme fait rêver les foules.

Le Québec est pourtant le berceau de cinéastes, peintres, sculpteurs, poètes et quantité d’autres, mais à force de jurer en utilisant des mots à base de sacrements, Dieu a semble-t-il puni la Belle Province en leur refilant une terrible malédiction : seuls leurs chanteurs s’exporteraient. Lorsque vous parlez de cela à un Québécois, il vous répond en général qu’il "s’en pogne" mais sitôt la porte de sa cabane refermée, vous pouvez entendre de lourds sanglots : il a honte. Il sait ce qu’il inflige au monde.  Lorsque le Québécois a vraiment trop honte, il sait alors qu’il est temps pour lui d’abandonner toute vie saine et réflexion : il se retire alors dans une équipe de hockey, sorte d’arène sur glace, où il vivra péniblement ses derniers jours en tant que gladiateur jusqu’à ce que, à la suite d’une énième baston, il parte dans les limbes (puisque non baptisté à cause du Saint Laurent qui gèle, raaah, bon sang, vous ne suivez rien !).

Un concert de Lynda Lemay.

F.A.Q

Quelle est la devise du Québec ?

"Je me souviens". Et histoire de passer pour un peuple sérieux, les mêmes ont oublié pourquoi ils avaient choisi cette devise, sujette de tous les débats. C’est ce qu’on appelle la classe.

Je suis jeune et je travaille dans l’informatique, tout le monde me dit d’aller travailler au Québec, pourquoi ?

Parce que l’informatique là-bas a quelque chose à la fois de plus simple et de plus majestueux grâce à la puissance de leur équivalent local du schtroumpf. Ainsi, l’essentiel des informations dont vous avez besoin sur un ordinateur local sont par exemple forcément rangées dans : C:/Criss/Criss/Criss/Criss.txt . Je ne vous parle pas des spécificités du langage type "If Criss" "Then Ostie", c’est un peu complexe, mais sachez en tout cas que jusqu’ici, cela a été leur meilleure protection contre le piratage.

Le plus gros produit d’export du Québec serait donc les chanteurs ?

Non, on a par exemple pas évoqué Marcel Béliveau, qui popularisa l’un des trucs les moins drôles de l’humanité : les caméras cachées. Si celles-ci firent les beaux jours des proctologues qui n’hésitaient pas à imiter le fameux personnage tout en cachant leur caméra dans les endroits les plus inattendus, il n’en faudra pas moins que quelqu’un paie. Oh oui, paie.

Les Québécois sont-ils une menace ?

Oui, mais bon. Nous avons créé cette arme contre les Anglais, et maintenant, ils nous envoient leurs produits locaux, se retournant ainsi contre nous : le Québec, c’est un peu notre Skynet, il nous faut assumer. Il faudra envoyer quelqu’un dans le passé s’occuper de Jacques Cartier. Et de la poutine. Surtout de la poutine.

Qu’est-ce que vous avez contre Assassin’s Creed III d’abord ?

Ah non, mais rien. J’ai toujours rêvé d’un Pocahontas 3D.

Votre histoire de Game of Thrones, je suis sûr que c’est des conneries.

Ah oui ? Vous ai-je parlé de la ville de Fermont, au-delà du 53e parallèle, qui est protégée des dangers du nord par une immense structure appelée "Le mur" ?

You know nothing, John Snow.

L’Histoire est d’actualité.

Après les dernières aventures de la Saint-Valentin, où nous apprenions que derrière cette fête accusée à tort d’être mercantile se trouvait en fait un formidable patrimoine historique lié à un moine biclassé love-coach depuis longtemps trépassé, voici que l’Histoire avec un grand H comme Haschich  Hastings est revenue sur la scène hier avec le rejet par le Conseil Constitutionnel du projet de loi sur la négation du génocide arménien. Ne me demandez pas comment la décision a été prise par une assemblée comprenant quantité de petits vieux, dont certains en sont réduits à jouer de l’accordéon pendant que d’autres doivent décider de comment traiter de la mémoire d’évènements vieux d’un siècle quand ils expliquent dans le même temps ne pas se souvenir de ce qu’il se passait dans leur mairie il y a 20 ans, je l’ignore moi-même. J’imagine qu’il y a eu une grande partie de bingo ou un concours du "le premier qui a la prostate qui lâche a perdu", mais je laisse ce débat aux experts en gérontologie du Val-de-Grâce, qui savent sûrement mieux que moi ce qu’il en est du monde mystérieux des anciens présidents de la République.

Ainsi donc, sitôt le projet retoqué, nombre de candidats à la dite présidence se sont empressés de donner leur avis sur la question, expliquant que c’était quand même une question à traiter promptement, parce que vous savez, on ne rigole pas avec l’histoire, à part celles de Toto (quoique non, on n’y rigole pas non plus, en fait).

Jusqu’ici, guère de rapport avec ce blog me direz-vous, à part peut-être un ou deux calembours un peu anguleux, comme le disait le designer de la croix gammée.

Sauf que ce débat semble être un nid à arguments pourris et à gros oublis (ce qui est tout de même beau quand on prétend agir au nom de la mémoire) qui vaut le détour, aussi il sonne aux oreilles de l’amateur de n’importe quoi comme le chant majestueux et envoûtant d’une sirène qui aurait un peu trop nagé à proximité d’un super-tanker de Ricard en plein naufrage.

Aujourd’hui, donc, nous parlerons des lois mémorielles, merveilleuses inventions s’il en est.

L'historien/archéologue en théorie. Alors qu'en vrai, sa voiture ne fait même pas de petits traits rouges sur la carte lorsqu'il se rend au collège voir les 5eB à 9h le lundi.

Lecteur, il est fort probable que dans votre longue et périlleuse vie emplie de déceptions jusqu’à la découverte de ce blog, vous ayez connu à un moment ou à un autre un professeur d’histoire-géographie. Bercé par Indiana Jones, vous étiez persuadé lorsque le jour de votre entrée en 6e, on vous a annoncé que vous auriez un professeur d’histoire, que vous vous retrouveriez en face d’un type habitué à manier le fouet, à combattre des nazis et à entreposer dans un petit bureau derrière-lui quantité d’objets ramenés d’expédition, comme par exemple une tête réduite Jivaro ou un vieux doublon espagnol récupéré lors d’une plongée sur un quelconque galion englouti en compagnie d’amis archéologues. Hélas, quelle ne fut pas votre déception en découvrant Monsieur Rocheteau, visiblement habitué à lever le coude, à combattre les alcootests et à entreposer en salle des profs quantité d’objets ramenés d’expédition, comme par exemple une chaise qui grince de chez Emmaüs ou un ordinateur avec Windows 95 récupéré lors d’une vente dans une quelconque brocante en compagnie d’amis du syndicat.

Oui, vous jeune fille, vous qui aviez déjà écrit "I love you" sur vos paupières en prévision de votre rencontre avec un potentiel professeur Jones, vous avez dû vous empêcher de cligner des yeux durant toute votre première heure de cours provoquant un tel dessèchement de vos globes oculaires que vous avez passé les deux jours suivant dans la peau de Gilbert Montagné. Un souvenir terrible que vous n’osez plus conjurer, espérant que le devoir de mémoire ne s’applique pas à la vôtre. Je comprends.

Pourtant, malgré son air passablement hostile et son goût pour les cartes des Etats-Unis bien coloriées "avec des couleurs chaudes", le professeur d’histoire et ses amis chercheurs restent des scientifiques, car ha ! Le vil préjugé que voilà  : "Nan mais l’histoire, c’est pas une science, y en a moins en S et y a même pas besoin de calculette pour en faire", alors qu’en fait, si, il s’agit d’une science dite "humaine" étudiant des faits historiques et des pièces archéologiques pour tenter de comprendre le vaste bordel qui est derrière nous (je plains les historiens qui se pencheront un jour sur notre siècle et qui ferons des thèses de doctorat comme "L’influence des "blogs Girly" dans la 3e guerre mondiale" et dans lesquels ils expliqueront que les blogs, ancêtres des holologs ont influencé les penseurs de notre époque, et comment le conflit a commencé en 2014 avec l’assassinat de Diglee, sorte d’archiduc François-Ferdinand du XXIe siècle, abattue par un anarchiste à cravate alors qu’elle dégustait des macarons chez Ladurée, mais je m’égare, fermons la parenthèse). Un travail pas toujours simple, puisque pour être bien étudié, un sujet ne doit être ni trop vieux (on manque de pièces, les historiens comblent donc les trous avec leur imagination, l’égyptologie en a fait les frais), ni trop récent (l’historien manque alors tellement de recul que comme pour la photographie Lifestyle, il se retrouvera avec un sujet mal cadré, trop près de lui et complètement flou mais qu’il sera quand même fier de montrer à ses copains).

L’historien a donc une vie difficile, errant entre les préjugés et les livres de Marc Bloch, les deux étant souvent d’un fort beau gabarit, rendant sa survie des plus difficile au quotidien.

Ainsi, dans les autres sciences, personne n’aurait idée de faire une loi pour interdire une affirmation : en mathématiques, vous pouvez expliquer que 2+2=18, votre conclusion sera soigneusement démontée et par un savant exercice, tout le monde pourra constater que vous racontez de la daube. En biologie, vous pouvez expliquer que l’être humain n’a pas besoin d’oxygène si on lui remplit les poumons de patafix, de la même manière, on vous démontrera que vous avez tort, quitte à tester sur vous même vos inepties (vous vous retrouverez alors avec des poumons à peu près aussi naturels que ceux de Pamela Anderson, mais passons). Et en physique, à un moment, on a bien essayé de voir ce que ça donnait d’interdire des trucs, comme par exemple lorsque cette andouille de Galilée débarqua un jour pour expliquer à l’Eglise que "Hé les mecs, en fait c’est pas le soleil qui tourne autour de la Terre, c’est l’inverse" ; comme ça remettait un peu tout en question depuis Aristote et que certains faits étayaient la thèse de ses opposants (il manquait des bouts à la théorie de Galilée pour expliquer certaines choses, comme les marées, et les bougres se sont donc entre autres appuyés là-dessus pour démontrer que Galilée sucrait les fraises), l’Eglise a donc eu une grande idée :

Elle déclara le "Ta gueule Galilée".

Par la suite, on réalisa qu’il ne disait peut-être pas que des conneries, et qu’en fait, c’était plutôt idiot de condamner automatiquement ce qui allait à l’encontre de tout ce qui paraissait établi et arrêté : autant s’arrêter simplement sur les observations et les faits pour mieux comprendre.

Galilée faisant croire qu'il observait les astres, alors qu'à cette hauteur, il matait plutôt la voisine

Sauf en histoire.

Car oui, pour des raisons qui laissent à penser qu’il y a eu de la trépanation de masse à un moment ou à un autre de notre histoire (je demande une loi mémorielle sur le sujet), l’historien se retrouve dans le seul domaine de recherche au monde dans lequel pour infirmer une théorie on ne dit pas "C’est de la daube, voici les preuves et les faits", on dit juste "Nan mais t’as pas le droit de le dire, chut, dis-le encore et tu auras une amende dans ta gueule".

Attention les enfants : ça ne veut pas dire que le révisionnisme, c’est super, bien au contraire, mais essayez de vous mettre 30s dans la peau d’un révisionniste. Attention, ça ne sent pas toujours très bon là-dedans (pensez à bien fumer et saler la peau avant de la suspendre dans votre salon, sinon après ça a la même odeur qu’un DVD de Sex & the City).

Prenons par exemple Bruno Lepon, jeune fripon aux cheveux blonds comme les blés né dans une famille de 14 enfants de l’Ouest de la France ; dès son plus jeune âge, Maman et Papa Lepon lui enseignent les choses de la vie : être courtois, travailleur et aimer les siens, à condition qu’ils soient d’une couleur plutôt rosée, comme la boisson préférée de papa. En grandissant, Papa Lepon apprend justement l’histoire à son fils comme il l’a apprise de son père, qui lui même l’a apprise du sien qui lui l’a apprise d’un castor : la peste noire, la pauvreté, la pollution et les résultats de l’équipe de France, c’est jamais la faute des bons français patriotes, mais celle des juifs, des francs-maçons, des gens de couleur et de la famille Bourdu, les voisins des Lepon depuis des générations qui emmènent leurs chiens faire leurs besoins sur leur trottoir (une haine pluriséculaire oppose les deux familles, façon Montaigu et Capulet, mais en plus bas du front national). Quand Grand-Père Lepon a dénoncé des juifs pendant la guerre, c’était parce que c’était un patriote et que c’était la loi, on ne va quand même pas lui reprocher d’avoir été un bon citoyen, et repasse-moi le rosé s’il te plaît j’ai la gorge qui pique. Et les Allemands les ont simplement emmenés travailler à ces comploteurs étoilés : les camps de la mort, c’est de la connerie, ça n’a jamais existé. C’est un complot des juifs pour se faire plaindre mon Bruno, te laisse pas avoir.

Alors forcément, lorsque l’on parle des crimes nazis à Bruno, celui-ci a tôt fait de s’exclamer : "Ça n’a jamais existé, c’est un complot des juifs relayé par les biens-pensants".

Il pourrait s’exclamer que 2+2=3 que ce serait aussi absurde (mais un peu moins insultant, sauf pour l’Association des Nombres Pairs de France, connue pour interrompre régulièrement les spectacles de Luc Chatel. Comment ça Luc Chatel n’est pas un comique déchu ?). Sauf que là, c’est la réponse qui est absurde.

"Non Bruno. Mais plutôt que de te prouver que tu as tort et que tu à un étron en guise de langue, je vais t’interdire de le dire."

Je vous la refais du point de vue de Bruno :

"Je suis sûr qu’on nous ment sur cette période !
- Bien sûr que non Bruno, il n’y a RIEN à cacher là-dessus. Par contre, il est interdit d’émettre CERTAINES théories, mais ça n’a AUCUN rapport."
   

Si après ça, Bruno n’a pas l’impression que Papa avait raison et que tout est une machination des juifs-francs-maçons-communistes-homosexuels-mangeur-d’enfants qui cherchent à cacher la vérité vraie comme quoi les nazis étaient en fait des gens plutôt sympas (et venant de la face cachée de la lune), je ne sais pas ce que l’on peut faire de plus pour le conforter dans sa théorie du complot.

Evidemment, vous pourrez me dire que même en lui mettant les preuves sous le nez, un vrai négationniste/amateur de complots trouvera toujours de quoi nier "Nan mais le rescapé là, c’est un acteur, ça se voit, il a pas la même tête que sur les photos, il est beaucoup plus vieux !" – "Amen, c’est nul, j’ai préféré Brice de Nice, en plus le mec a eu un oscar, alors qu’Amen, j’attends encore" – "Ça se voit que c’est des montages les photos des survivants des camps : j’ai vu les mêmes dans les pages mode de Elle". Mais là, le problème est tout autre :

C’est juste que Bruno est un gros con.

Or, la plupart des pays occidentaux refusent de faire des lois interdisant les gros cons, sinon il faudrait rejeter à la mer près de 78% de leur population, ainsi que bon nombre de voitures tunings. On parlerait alors du "génocide des gros cons", et il se trouverait forcément quelqu’un pour mettre en place une loi punissant la négation de l’évènement des années après, créant alors l’occasion pour un nouveau groupe de gros cons de se former, sur la théorie du "Je suis sûr que ça n’a jamais existé et que cette histoire c’est juste un truc monté par ces gens pour se faire plaindre et obtenir du pouvoir". Notez alors que le paradoxe n’en serait que plus grand, et accessoirement que les gros cons peuvent donc se générer automatiquement à partir du moment où on leur donne du grain à moudre, mais c’est une autre histoire.

Non, cette image n'a aucun rapport avec le paragraphe précédent, vous l'imaginez bien. Hem.

Voilà pour la magie des révisionnistes. Vous avez saisi la logique (appelons-ça comme ça) ? Alors arrêtons-nous sur la loi sur le génocide arménien, qui reprend non seulement le même principe du "à un instant T, nous considérons tel fait comme vrai et avéré, il est donc désormais indiscutable, historiens, merci de passer votre chemin sinon on vous botte le cul", mais y ajoute toute une tripotée d’arguments parfaitement absurdes. Ainsi, 20 minutes citait sans sourciller un manifestant venu apporter son support à la loi : "L’état turc a le droit de nier en Turquie, pas en France, il faut cette loi". Et plusieurs hommes et femmes politiques de reprendre cet excellent argument : "Il faut en finir avec le négationnisme d’état turc", et autres variantes sur le sujet.

Sauf que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le négationnisme de l’état turc se passe surtout en Turquie, justement. Et par une incroyable coïncidence, la loi française ne s’applique que dans les limites de… hmmm… grosso modo, je dirais la France. Du coup, l’état turc continuera toujours de nier autant qu’il le voudra, et la loi aura très exactement un effet nul (y compris électoralement) dans ses objectifs, à part pour les historiens. C’est ce qui distingue vaguement la loi Gayssot (interdiction de nier le génocide juif) de l’interdiction de nier le génocide arménien : en France, à un moment, il y avait vraiment un petit paquet de loulous niant la Shoah ou la minimisant (nous pourrions citer un célèbre président de parti, mais je me contenterai de rappeler le cas de  M. Lepon, évoqué ci-dessus), d’où le fait qu’on se pose la question (même si la réponse fut absurde). Alors que le génocide arménien, on n’a pas entendu beaucoup de voix le contester.

Du coup, l’intérêt de nombre de candidats à la présidentielle laisse encore un peu plus perplexe, et donne simplement envie de tabasser son prochain à coups de battes de base-ball en hurlant "Mais vous n’avez que ça à foutre bande de galopins ?", ou quelque chose du genre (moult variantes sont possibles).

Mystère supplémentaire : quantités de journalistes probablement épuisés par des reportages sur le chien de Jean Dujardin ont oublié de noter dans le débat que tiens, en fait, des cas de censure plus ou moins prononcés sur son histoire, la France en avait connu il y a plus de 40 ans, et à chaque fois, les interdictions s’étaient révélées non seulement stupides, mais particulièrement contre-productives dans le cadre de la recherche historique. Une information probablement jugée comme moins pertinente dans le débat que "On a fait un micro-trottoir, et en fait, les gens s’en tapent".

Ainsi, bande de petits filous, vous êtes sûrement trop jeunes pour connaître cela, mais jusqu’en 1973, bien avant l’invention de Facebook, en France, si jamais vous entriez dans une salle d’archives en disant "Bonjour Madame la dealeuse de cartons à documents, j’aimerais écrire un mémoire sur la France de Vichy pour parler de comment papy Pétain, il a quand même un peu fourgué des juifs, alors si vous pouviez me sortir les télégrammes intitulés "Bisous à Himmler", ce serait sympa.", toute la salle faisait "Hooooo !" parce qu’on ne disait pas trop de mal du Maréchal : il avait officiellement courageusement joué un double-jeu, oui Monsieur ! Il avait protégé la France ! Espèce de petit jean-foutre sortez d’ici, c’est une salle de gens sérieux ici, pas de petits négationnistes de merde !

Jusqu’à ce qu’en 1973, un américain prénommé Robert Paxton, qui lui, n’avait pas à s’inquiéter d’une éventuelle censure sur le sujet, sorte un bouquin dans lequel il expliquait qu’en fait, non, le Maréchal ne s’était pas contenté d’inventer la fête des mères, et qu’il n’hésitait pas à faire fonctionner les chemins de fer en offrant des voyages. Le reste du monde pouvait donc en savoir plus par ses recherches sur l’histoire de France que la France elle-même, ce qui était quand même déjà la preuve que le concept de censure historique était fin idiot, au point qu’il n’aurait pas choqué dans le script de La Planète des Singes (ce qui est dire).

Et depuis, ho, bin dis, en fait on a découvert qu’il y aurait eu de la collaboration chez nous ! Bon, on a peut-être poussé le concept un peu loin dans le pathos par la suite, puisque maintenant, tout téléfilm sur l’occupation qui se respecte montre tous les français prêts à rejoindre la milice à part Marguerite, la résistante féministe farouche et son amie la petite vieille, pour que les ménagères et mamies qui sont les dernières à regarder ce genre de fiction puissent s’identifier dans ces personnages d’héroïnes isolées face à l’adversité. Et vas-y que j’explique la vie à tous les mâles sexistes du voisinage, que je sauve les gentils et que je fais les gros yeux aux méchants, que je prends le maquis sans jamais perdre mon brushing ni mon rouge à lèvres… bref, passons.

De la même manière, puisque nous parlons cinéma, en 1957, un petit réalisateur prénommé Stanley Kubrick réalise un film prénommé "Les sentiers de la gloire", avec Kirk Douglas, dans lequel durant la première guerre mondiale, suite à une grosse débandade lors d’un assaut français, on désigne des hommes à fusiller "pour l’exemple" ; hop, film interdit en France durant près de 20 ans, pif pouf, parce que vous comprenez, on ne va pas diffuser des documents allant à l’encontre de la vision de l’histoire donnée par l’état. Au nom de "l’histoire" puisque ha, non, non non, on a fusillé que des gens qui le méritaient, oui ma bonne dame. Alors interdiction d’évoquer ne serait-ce que le contraire (alors que je rappelle que dans le cas de Galilée, si l’Eglise avait condamné sa théorie, elle l’autorisait encore à en parler, mais uniquement sous forme d’hypothèse, comme quoi l’Eglise du début du XVIIe siècle était plus ouverte que certains, mais je dis ça, je ne dis rien), et gare à qui oserait. D’ailleurs, ça a tant et si bien été répété que jusqu’en 1998, lorsque Lionel Jospin évoqua en public le cas de ce genre de fusillés, il y eut une levée de boucliers (et même un saccage de monument) pour dire que hé, ho, ça suffit les conneries, on a dit chut (on trouvait d’ailleurs parmi les effarouchés un certain Nicolas S, qui prit la position exactement opposée 10 ans plus tard lorsque ce fut plus "mieux vu", comme quoi, heureusement qu’il n’avait pas fait passer une loi). L’avantage que l’on a maintenant, c’est que ce n’est pas avec des films comme 2012 que l’on risque grand chose dans le cinéma engagé.

Mais curieusement, tout le monde a donc l’air d’avoir oublié que tiens, en fait, ces prises de position avaient posé quelques petits problèmes. Y compris les opposants à la loi sur le génocide arménien, mais c’est normal : la plupart s’y opposent sans trop s’y opposer, sinon il faudrait pousser la logique jusqu’au bout et supprimer la loi Gayssot, ce qui serait très mal vu en période électorale.

Autre parallèle ayant semble t-il échappé  au débat : le procès chez nos sympathique voisins espagnols intenté à un juge du petit nom de Baltasar Garzón le mois dernier (oui c’est loin, ça a sûrement déjà été oublié), pour avoir voulu enquêter sur les victimes du franquisme, alors qu’il y avait eu une grosse loi pour dire "Chut, on en parle plus et c’est indiscutable" votée en 1977 pour calmer les esprits. Du coup, en voulant enquêter sur divers massacres, le bougre a eu le droit aux gros yeux de la justice, car vous comprenez, qu’est-ce que c’est que ces chercheurs et enquêteurs qui se permettent de chercher et enquêter sur ce qui a été déclaré comme étant la vérité officielle ? Merde alors. Qu’il fasse un mémoire sur le chorizo ou la sangria, pas sur la guerre civile, enfin ! Si on commence à s’intéresser aux sujets qui fâchent, on risque de devoir se comporter intelligemment, et ça, jamais !

Un sujet de recherche acceptable, amis historiens, merci de vous y tenir.

Par ailleurs, et puisque la fin approche, rappelons l’excellent argumentaire d’un député de bon matin sur France Info qui répondait à ceux qui disaient qu’à ce rythme, il faudrait une loi par génocide : "Nous avons vu cela en commission : il n’y a eu que quatre génocides dans l’histoire : la Shoah, l’Arménie, le Rwanda et la Bosnie, donc il n’y aurait que quatre lois au maximum".

Rappelons-donc le principe : il n’y a eu que 4 génocides qualifiés comme tels par une administration dans l’histoire. Ainsi, et afin de mieux comprendre comment fonctionnent les lois mémorielles si on s’en tient à la logique de leurs défenseurs :

  • Vous n’avez pas le droit de dire que les juifs n’ont pas été exterminés.
  • Vous avez par contre le droit de dire que les nazis n’ont jamais fait de mal aux homosexuels, comme l’a fait le toujours farceur Christian Vanneste qui est un sacré boute-en-train, comme on le dit dans le langage imagé et ferroviaire sur la question (l’abréviation de boute-en-train étant "Boutin" dans les cercles les plus fermés), c’est tout à fait normal, merci
  • Vous n’aurez sûrement pas le droit de dire que les Arméniens n’ont pas été exterminés.
  • Vous avez par contre le droit de dire que Staline n’a jamais eu le moindre goulag et qu’il adorait la glace à la pistache
  • Vous pourriez ne pas avoir le droit de dire qu’il y a eu un génocide au Rwanda
  • Vous avez par contre tout à fait le droit de dire que les Amérindiens ont vu leur population baisser uniquement parce qu’il faisait très froid sous leur pagne
  • Vous pourrez bientôt, qui sait, ne plus pouvoir dire qu’il ne s’est rien passé en Bosnie
  • Vous pouvez continuer de dire que hahaha, non, les Japonais n’ont jamais tenté d’exterminer qui que ce soit, ils réunissaient juste les Chinois dans des camps pour des gros karaokés. Et la peste noire qui s’est déclenchée après leur départ n’avait rien à voir avec des expériences pour créer une nouvelle race de pokémons

Ainsi, en prenant en compte la définition de génocide, vous pouvez vous aussi apprendre la différence entre un génocide et un massacre, seul le premier pouvant subir, à en croire les membres de la commission sur le sujet, les foudres des lois mémorielles. Petit exercice pratique donc :

Anakin est un seigneur Sith. Il s’en va donc exterminer 10 jedis, ses ennemis jurés, éradiquant presque entièrement cette ethnie peu fournie. Anakin a visé prioritairement des membres de la religion jedi, il est donc selon l’ONU coupable de génocide. Par ailleurs, Michel Sardoubi, maître jedi rescapé vivant en France peut donc légitimement demander une loi punissant d’éventuels supporters des siths niant ses actes sur le territoire français.

Maintenant, reprenons.

Anakin est un seigneur Sith. Il sort dans la rue et tue 52 personnes avec son sabre laser, dont 11 jedis, même s’il ne les visait pas spécialement. Il s’agit donc d’un massacre d’après l’ONU, puisqu’Anakin n’a pas visé un groupe ethnique particulier. Michel Sardoubi est donc bien ennuyé car les siths peuvent donc expliquer que tout cela n’est jamais arrivé sans que l’on puisse les condamner, zut : il va falloir argumenter, ce qui embête bien Michel Sardoubi.

Vous avez compris ? A en croire cette loi, l’apprenti-Attila saura que tout comme les 5 fruits & légumes, les lois mémorielles favorisent ceux qui savent varier leurs victimes. Sinon, c’est pas bien.

En attendant donc que le débat finisse par s’achever probablement dans un feu d’artifice de bêtise crasse touchant plus au pathos qu’au raisonnement, et d’une mauvaise foi plus poussée que sur ce blog (non ?), je vous laisse donc en suspens sur la suite de ces absurdités visiblement largement acceptées dans le débat avec les questions suivante :

"Je suis protestant, puis-je demander une loi interdisant la négation de la Saint-Barthélémy ?"

"Je suis historien, si je voulais ne pas être emmerdé et être libre dans mes recherches, aurais-je dû faire des mathématiques ?"

Et enfin, dernière question :

"Sachant que par le passé, on a constaté que ce type de concept était débile, peut-on confier l’Histoire à des gens n’ayant pas de mémoire ?"

Vous avez 4 heures.

Nous sommes le 14 février.

Ah, le prévisible sujet que voici ! D’ores et déjà, j’entends s’élancer dans l’air humide de ce jour d’hiver les cris d’orfraies de celles et ceux qui s’insurgent que l’on traite de la question : "Ah, voici qu’ici encore, on va nous parler de cette fête ; c’en est assez ! Et quand bien même ce serait pour s’en moquer et se concentrer sur sa nature marchande, voilà qui est déjà connu ! Non, parlons d’autre chose, je vous en prie." ; si j’entends bien la complainte n’oublions pas que mon mépris n’a d’égal que mon ego, et que de fait, je vous conchie, petits râleurs. Aussi aujourd’hui, nous parlerons bel et bien de la Saint Valentin.

Mais pas en soi ; qui a envie d’entendre parler d’Augustin offrant des chocolats à Margaux, susurrant son nom à son oreille accompagné de quelque mots doux ? Qui trouve de l’intérêt à suivre la journée d’Emilie, partie en quête du mystérieux inconnu qui lui a fait livrer des fleurs ce matin ? Et qui voudrait savoir comment Bichette la chèvre a trouvé l’amour cette nuit même, peu après l’arrivée dans son pâturage d’une compagnie de la légion étrangère ?

Non, nous ne parlerons pas de tout cela. Aujourd’hui, je vous propose plutôt de nous arrêter sur le 14 février au travers de l’histoire, afin de mieux comprendre les origines de cette fête, et expliquer à votre moitié avec moult arguments que non, vous ne lui ferez pas de cadeaux aujourd’hui, à part éventuellement un coup de clé à molette dans la gueule si elle ne va pas faire la vaisselle sur le champ (vous êtes vraiment romantique), pour la simple et bonne raison que vous ne pouvez célébrer correctement une fête avec quelqu’un qui en ignore tout.

Ainsi donc, abordons sans plus attendre la question :

Le 14 février dans l’histoire

Enfin une carte que les célibataires pourront envoyer à diverses parties de leur corps

En effet, contrairement à une rumeur répandue par de fieffés sacripants en quête de prétexte pour ne pas offrir de chocolats à autrui (avec un petit mot "Vu ton cul, j’ai hésité mais c’est la tradition" pour les plus élégants), la Saint-Valentin a de profondes origines historiques, dont nous avons connaissance grâce aux nombreux documents qui sont parvenus jusqu’à nous : tablettes de marbre, textes monastiques et autres dépliants Interflora.

Ainsi, si dès la Grèce antique, la période alentour du 14 février est connue pour être la saison de la prospérité à venir, des amours naissants et de la fertilité, on ne rencontre la date exacte de la Saint-Valentin, alors nommée "lupercales" qu’au sein de la Rome antique, où on savait s’amuser. Il ne s’agissait point d’aller trouver son beau ou sa belle pour lui déclamer un poème et lui expliquer que son amour était aussi pur que l’éclat des stalactites sur les chalets de Courchevel au petit matin, mais d’un rituel un poil moins innocent : après avoir sacrifié une chèvre en l’honneur de Lupercus, une divinité associée à pas mal de choses y compris la fertilité, deux jeunes gens étaient sélectionnés pour s’en aller gambader dans toute la cité à moitié à poil en hurlant des insanités, fouettant le cul des passantes à grands coups de lanières fraîchement taillées dans l’animal sacrifié.

Ah.

Alors oui, ce n’était que moyennement romantique (mais Rome antique quand m… je… que… qu’est-ce qu’il s’est passé ? Pourquoi je saigne du nez ?) , j’en conviens, mais tout de même, il y avait un rapport direct avec l’amour, mais pas vraiment celui des sentiments : chaque femelle ainsi rougie de la croupe façon "Rome est mon donjon, aucun fessier n’échappera à ma cravache", comme le disait Caius Gimpus, est supposée devenir fortement féconde, et il convient donc de s’occuper promptement de son cas pour produire de nouveaux citoyens au sein de la cité au plus vite, des fois que les Wisigoths traînent dans le coin et que l’on manque de soldats. Bref, en un mot comme en cent, en ce temps, l’objectif n’était pas vraiment d’offrir des chocolats à sa douce, mais plutôt de la traîner par les cheveux jusqu’à la domus, de lui proposer avec insistance de faire fick-fick fraülein dans l’atrium, puis une fois cela obtenu, de s’en aller avec la satisfaction du devoir accompli. On se souvient de la tablette dite "de la Via Flaminia", traitant du sujet, qui bien que grandement endommagée permet encore de lire ces quelques mots : "…après le coït, péta puis s’endormit dans le cubiculum. La jeune Lucilia à son côté caressa son ventre fécond, espérant y voir prochainement la vie grandir ; quelle ne fut pas sa surprise lorsque dans l’heure qui suivit, son amant la fit emmener jusqu’à Ostie pour la livrer à la cale de l’une des galères de la garde  : cela fait, il s’en retourna retrouver sa femme, s’excusant de son retard car il y avait beaucoup de travail aujourd’hui sur le forum. Oui, Augustus Connard avait passé un merveilleux 14 février".

La fête, profondément implantée à Rome, était une véritable institution et un jour de fête durant lequel les femmes souhaitant avoir des enfants n’hésitaient pas à se mettre volontairement le jour des lupercales sur le chemin des fouetteurs de cucu fous (ah, ces donzelles…) ; durant plusieurs siècles de pratique, la chose resta très populaire, à part chez Pline le Jeune, qui ressemblant beaucoup à une jeune fille, en avait assez de se retrouver avec la croupe rougie tous les 14 février, surtout que mine de rien, une toge, ça protège peu, alors ça pique, merde, vous faites chier les gars. Il s’opposera un temps à la pratique de ce rituel qu’il considérera comme dégradant, avant d’être nommé par l’empereur Trajan en la province de Pont-Bithynie à 1 200 bornes de là histoire que ce gros lourd arrête d’enquiquiner cette pratique traditionnelle qui n’est pas sans rappeler aujourd’hui les soirées d’intégration des écoles d’ingénieur ou de commerce (même si chez les romains, c’était quand même un peu moins bas du front, tant les grandes écoles ont imposé un certain niveau qui fait rêver).

Finalement, la tradition subit le même sort qu’Halloween ou Noël : les chrétiens débarquèrent, et ne pouvant complètement éradiquer un rite aussi solidement implanté dans la société romaine, ils se contentèrent de le transformer en fête : la Saint Valentin.

Mais alors, me direz-vous, qui était ce mystérieux saint Valentin ? Pouvait-il tirer de la guimauve avec les yeux et envoyer des arcs-en-ciel avec la bouche ? Brandissait-il son crucifix debout sur le dos d’une licorne ? Criait-il devant les films de Ryan Gosling ?

Non, c’était vachement mieux que ça : c’était un mec qui donnait des tuyaux pour dragouiller. Et mieux encore :

C’était un moine.

"Vois-tu mon bon Adso, en tant que coach en séduction, je peux te dire comment tu vas toutes les faire tomber : d'abord, tu dois faire semblant d'écouter ce qu'elles te racontent, même si elles parlent de Drive"

Demander des conseils en drague à un moine, cela revenait un peu à demander des conseils en tir à l’arc à Gilbert Montagné, mais à l’époque, on avait le goût de la gaudriole ; il faut tout de même reconnaître que si Valentin avait un contact avec le Seigneur, celui-ci devait, de par son omnipotence et sa connaissance sans limite de l’Humanité, sa création, savoir comment aider les jeunes hommes à conquérir leur douce (oui, il ne conseillait que les jeunes hommes, parce que dans les monastères, les moines sont fort peu autorisés à recevoir des jeunes filles en rendez-vous privé, allez savoir pourquoi). Ainsi, certains soirs, Valentin recevait des éphèbes dans sa cellule (juste pour parler, hein, vous n’imaginez quand même pas qu’un membre du clergé puisse être homosexuel, enfin ! Si c’était le cas, pif pouf, directement il se mangerait la foudre du Seigneur dans les gencives ; non, arrêtez avec vos théories foireuses. Faites confiance à un ordre d’hommes restant entre eux, refusant de voir des filles, ayant partout chez eux des images d’un mec en slip le torse au vent, et le tout en s’habillant en robe, bon sang) et les conseillait sur la meilleure manière de séduire le coeur des douces du village proche.

"Frère Valentin, frère Valentin !
- Oui Alban ? Que puis-je pour vous, n’êtes vous pas à la ferme de votre père aujourd’hui ?
- Non… frère Valentin, je dois savoir : au village, Herbert dit que vous avez un don pour séduire les douces ; m’aideriez-vous à conquérir la belle Adeline, la fille du meunier ?
- Allons Alban… je suis un homme d’église. Je dois savoir : la désires-tu pour la pureté de son coeur, ou est-ce son apparence qui trouble tes sens ?
- C’est que frère Alban, son rire est comme le son de la source ricochant sur les galets ! Ses cheveux sont plus légers que la brise, éclairant à chacun de leurs mouvements son visage délicat ! Et ses boobs, bordel, elle a une de ces grosses paires de loch…
- Hem, oui, je crois que j’ai compris Alban ; mais tu ne dois pas oublier : il ne s’agit pas de tentation, mais d’amour ! Tu ne dois pas voir simplement la beauté sous tes yeux, tu dois lire en elle. Vois cette Bible, elle est comme elle : sa couverture est merveilleuse, mais sa vraie beauté est dans ses pages, et seul l’érudit apprenant à en déchiffrer les lettres saura la comprendre, la garder et la chérir. Comprends-tu ce que je veux te dire, Alban ?
- Non.
- Raaah, pourquoi est-ce que je suis obligé de conseiller des ploucs ? Bon Alban, on va faire simple : emmène-là pique-niquer à la cascade près de la maison du forestier, les connasses adorent ça : là, tu choppes un gros caillou, tu lui mets dans la gueule, tu fais ce que tu as à faire et tu balances le corps à la rivière : le courant est fort dans le coin, elle sera à Pérouse avant que ses parents ne remarquent sa disparition. Maintenant, fais péter du denier petit con, le toit de la chapelle va pas s’entretenir tout seul."
  

Sacré saint Valentin, quel déconneur.

Hélas, l’empereur Claude II le Cruel, qui comme son nom l’indique, n’était pas vraiment commode, ne goûtait guère ce genre de boutade, et appréciait encore moins de savoir que de plus en plus de jeunes gens, au lieu d’aller mourir au nom de Romulus et Rémus en Forêt Noire en se ramassant des coups de hache dans le museau de la part de germains farceurs, préféraient aller conter fleurette aux donzelles en prenant pour conseiller des chrétiens, demanda gentiment à sa garde d’aller trouver Valentin et de le coller au trou histoire qu’il devienne conseiller conjugal dans les douches de prisons, une spécialité trop peu présente, plus encore dans l’empire romain. La légende varie alors en deux versions :

  • la première est que Julia, la fille du geôlier, était aveugle et qu’il lui aurait rendu la vue grâce à ses pouvoirs de moine de niveau 4
  • la seconde est qu’il aurait glissé des petits mots à la même Julia, toujours fille du geôlier, mais pour le coup beaucoup moins aveugle, en les signant "de la part de ton Valentin", prouvant ainsi que pour un moine, il avait quand même la détente facile le chenapan. D’où la tradition actuelle d’envoyer des mots "de la part de ton Valentin" à sa moitié. Qui en retour se contente d’un "Mirki, lol ;)".

La fin du récit est en tout cas identique dans les deux cas : Claude II  le Cruel souhaitant rendre hommage à son patronyme se décide à en finir avec le moine en le faisant tabasser par un paquet de légionnaires pas contents ("Vas-y bâtard, t’as conseillé le mec qu’a pécho ma meuf, j’vais t’bouillav‘") avant de le faire décapiter parce qu’on rigole, on rigole, mais il vient quand même un moment où il faut retourner au travail et arrêter les conneries.

Voilà donc le fin mot de l’histoire, qui permet de se rappeler que si en ce 14 février on s’offre des chocolats, c’est en hommage à des types à poil qui claquaient les fesses des passantes en hurlant et d’un moine-conseiller-conjugal avec des supers pouvoirs qui s’est fait décapiter. Vous voilà donc paré pour expliquer à votre moitié tout ce qu’elle ignore de cette fête des plus formidables ce qui devrait, logiquement, l’aider à ne plus vous ennuyer avec ça.

Cependant, il serait tout de même cruel de ne pas citer dans la continuité de cette présentation les plus célèbres 14 février de l’histoire, certains ayant définitivement marqué les pratiques de ce jour de fête, afin d’enfoncer le clou. Faisons donc un petit florilège, comme on dit en cette saison :

842, le bisou de Strasbourg 

En cette période de trouble où Lothaire Ier, aîné des descendants de Charlemagne règne sur un tiers de l’empire de son glorieux ancêtre. Louis le Germanique, régnant sur un autre tiers à l’est, et Charles le Chauve, sur le dernier tiers à l’ouest (oui, dans ces histoires de Saint Valentin, quand on ne parle pas d’un mec avec une tonsure, on tourne autour d’un chauve : on reste dans le thème) se décident à se rencontrer à Strasbourg pour se faire de gros bisous, puisque c’est la saison des amours : Charles dit à Louis qu’il l’aime, Louis dit qu’il aime Charles, on s’échange des chocolats, des fleurs, des haches et des épieux puis on rédige un beau papier disant "On s’aime très fort tous les deux, par contre, on aime pas trop Lothaire. S’il bouge, on lui défonce la gueule, non mais ho". Ces quelques mots qui ont fait l’histoire et qui nous sont parvenus sont l’une des plus belles preuves que le 14 février est le jour des mots gentils. Strasbourg se pose alors en capitale européenne de la Saint Valentin.

Enfin un cadeau de Saint Valentin utile

1349, Mazel tov, Strasbourg !

En tant que capitale de la fête de l’amour, on ne s’étonnera pas de retrouver la légendaire cité de l’est à nouveau mise en avant dans l’histoire un 14 février ; en effet, en ce petit matin d’hiver médiéval de 1349, un drame secoue la ville : Justine Frochounet est retrouvée morte dans sa chambre de l’hôtel particulier de son père, Baptiste Frochounet. Les conclusions du médecin sont formelles : sa mort doit avoir un vague rapport avec la peste noire, vu que la bougresse a des bubons un peu partout sur elle, au point qu’elle ressemble un peu à une tortue vaguement molle. Si la comparaison zoologique fait beaucoup rire les témoins, Baptiste Frochounet rigole beaucoup moins lorsqu’il demande au praticien comme sa fille a bien pu attraper la peste. L’homme de science, le sieur Hubert Dagonnet, se met à suer à grosses gouttes en assurant qu’il ne voit pas, et que la seule chose dont il est sûr, c’est que ça n’a AUCUN rapport avec la soirée où il avait emmené la jeune fille quelques jours plus tôt, contenant quantité de malades, puisqu’avant l’invention de la soirée mousse, on faisait des soirées pus en se faisant assister de volontaires crevant leurs excroissance en direction des invités.

Ah, on savait rire en ce temps là.

Déçu de cette analyse, Baptiste Frochounet consulte donc le Grand Livre des Coupables, afin de savoir qui il doit punir : les francs-maçons n’existant pas encore et les étrangers n’étant pas encore assez nombreux pour pouvoir être accusés de tous les maux, ce sont donc les juifs qui sont désignés. Ainsi, en ce 14 février, l’ensemble des membres de cette communauté habitant Strasbourg sont accusés d’être derrière la peste noire et massacrés en conséquence.

Baptiste Frochounet célèbre donc l’évènement en se gavant de chocolat pendant qu’on écartèle le dernier rabbin. La tradition des confiseries restera, celle du rabbin, moins (encore que, dans certains partis, on continue de vouloir la réhabiliter, mais c’est un autre sujet)

1876, le premier baisé par téléphone

En cette journée de l’amour, Elisha Gray, sympathique citoyen de l’Ohio, s’en va en sifflotant vers le bureau des brevets : il vient d’inventer un outil extraordinaire qui permettra aux gens de se dire qu’ils s’aiment où qu’ils soient dans le monde ! Le coeur léger et la tête haute, il passe donc la porte de l’administration et, après avoir rempli suffisamment de papiers pour qu’enfin on daigne s’occuper de lui, il pose sa création à breveter sur la table :

Le téléphone.

A peine l’instrument est-il disposé sur le bureau du fonctionnaire chargé de délivrer les brevets que l’appareil sonne, ce qui laisse Elisha un poil dubitatif, tant il ne voit guère qui pourrait appeler l’appareil qu’il vient juste d’inventer ; décrochant le combiné, il entend alors la voix ponctuée du charmant accent écossais de Graham Bell qui lui déclare tout de go : "Salut Elisha, je viens de déposer le brevet il y a une heure : tu es bien niqué. Par contre raccroche vite, on a pas encore inventé l’abonnement, du coup là on paie plein pot". La légende raconte que Gray, échaudé par la nouvelle, aurait répondu par un juron si bref et grossier qu’il fut aussi le premier SMS de l’histoire.

Depuis, chaque année, en souvenir de ce crypto-échange de fluides par téléphone, les amoureux du monde entier s’appellent pour se dire ce qu’ils pensent l’un de l’autre, avant de finir par "Naaaan, c’est toiiii qui raccroche !".

1933, la solitude n’existe plus

Paris, ville de l’amour par excellence juste après Melun, lance en grande pompe un nouveau service téléphonique pour compléter la tradition du 14 février instaurée par Graham Bell : l’horloge parlante.

Désormais, même le célibataire le plus endurci peut entendre à l’autre bout du fil une voix s’adresser à lui, et lui susurrer quelques mots doux à base de "top" ; partout, des hommes et des femmes qui n’avaient plus personne à qui parler à part à leur chat, qui comme tous ceux de son espèce, est un connard qui se lèche les parties pendant qu’on lui cause, retrouvent foi en la vie en pouvant discuter quelque peu avec la première machine vocalisant une réponse à une interrogation précise.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore au stade du téléphone rose, mais ce sont les balbutiements ; de nos jours, pour la Saint Valentin, les vrais célibataires se connectent à World of Warcraft, afin de pouvoir rencontrer l’amour sous la forme d’une belle prêtresse elfe de la nuit en réalité jouée par un type qui porte le même t-shirt depuis 2003.

1939, le Bismarck chante l’amour

Déjà évoqué céans il y a deux ans,  n’oublions pas que le 14 février 1939 fut l’occasion pour Adolf Hitler de feinter la Société Des Nations qui, s’étonnant du lancement de l’un des plus monstrueux navires de guerre de tous les temps, gros comme le Titanic, mais avec pour orchestre des canons de 380 à la place des violons, rappelant au führer qu’il lui était interdit de produire pareil navire de guerre depuis le traité de Versailles, s’entendit répondre que "Ach ! Che gombrend fotre zurbrize ! Mais ce n’est pas tu tout ein große nafire bour béter la queule aux pritanniques, ja ? Das ist juste eine große poite de chocolats !". Le représentant de la SDN, un temps circonspect et suspectant le chancelier de le prendre un peu pour un con, fut finalement convaincu lorsqu’Adolf ajouta "Maiiiiis si c’est ein poite de chocolats ! Recardez ! Ch’ai mis ein petit noeud sur le mat, fous gonnaissez peaucoup de choses afec un petit noeud dessus à part ein poite de chocolats ? Mein gott zoyons zérieux !".

Le 24 mai 1941, le HMS Hood, au service de la couronne britannique, repère une énorme boîte de chocolats dérivant sur la Manche, et décide de s’élancer à sa poursuite afin d’essayer de taper un ou deux rochers Suchard discrètement, en espérant ne pas tomber sur les chocolats à la liqueur qui piquent la bouche.

Le commandant du navire ne réalisera son erreur qu’une fois à portée de canon de l’ennemi en apercevant des marins de la Kriegsmarine s’affairer sur celui-ci ; à partir de 1945, le code naval enfin remis à jour interdira de décorer tout navire de guerre de plus de 25 000 tonnes avec un noeud.

En regardant bien cette image, vous vous apercevrez qu'en effet, il s'agit d'un navire et non d'un tas de confiseries. Concentrez-vous, ce n'est pas évident.

Evidemment, il y aurait quantité d’autres dates à rappeler, mais je laisse le soin à chacun de pousser le sujet, car vous avez déjà en main un argumentaire complet vous permettant d’expliquer à ces petits blasés qui vous racontent que tout cela, c’est uniquement commercial que non, pas du tout, il y a une véritable origine historique à la Saint Valentin, et que la commémorer, c’est se souvenir que si l’histoire porte trace de célébrations de l’amour, c’est parce que l’éternité ne peut se concevoir qu’aux côtés de…

Attendez, attendez, je cause, je cause mais moi aussi je dois aller fêter la Saint Valentin :

Ce soir, les filles, je vous laisse 10 minutes de lumière en plus dans la cave. Enfin si vous ne faites pas trop les chipies en essayant encore d’appeler à l’aide en morse, sinon je devrai encore balancer une lacrymo par la trappe.

Je sais, je sais : je suis trop tendre avec elles.

Mais bon : on est pas tous les jours le 14 février.

Diable, mais que se passe t-il ici ?

Je rentre de vacances, je pose mes valises, et à peine ai-je fini de vider celle contenant les restes d’une étudiante autrichienne que voici que je découvre qu’en mon absence, il y a eu moult réactions, ici et ailleurs, autour du film La Planète des Singes : Origines. Loin de moi l’idée de vouloir critiquer une seconde fois ce formidable film dans lequel des primates deviennent intelligents et s’aperçoivent qu’on les prend ouvertement pour des cons, en fait, je voudrais plutôt aborder une autre question surgissant régulièrement par ici, et ma foi, fort simple s’il en est :

Un scénario doit-il être crédible dans un divertissement ?

Si pour nombre de commentateurs, la réponse est évidente (les amateurs de Plus Belle la vie étant en général les premiers à répondre avant de retourner s’épouiller), cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit identique d’une personne à l’autre. En effet, ces derniers jours, le film a provoqué moult conversations écrites comme orales dans lesquelles on trouvait l’argument ultime en cas de citation des nombreux problèmes de l’intrigue : "Non mais les incohérences, on s’en fout : on va au cinéma pour se divertir, pas pour se prendre la tête." (non parce que visiblement on ne se rend pas bien compte à quel point les choses logiques prennent la tête des gens et les empêchent de se divertir : c’est connu, si quelque chose tient debout, ça fait chier)

Gloop le singe, ex-critique de cinéma entré en dépression après avoir découvert l'espace "l'avis des spectateurs" sur Allocine

Qui n’a jamais entendu ou lu ce discours ? Qui n’a jamais eu le droit à une explication à base de "Mais on y va pas pour l’histoire…" ou autre variante du propos précédent ? Et concernant tous types de films, hein, pas forcément uniquement ceux à base de remix velus de Prison Break.

Soyons clairs : ce discours en lui-même est une formidable incohérence.

Je m’explique.

Le marché du film réagit, comme beaucoup de choses, à l’offre et à la demande.

Par exemple, imaginons qu’Avatar ait eu un total de 100€ pour son budget effet spéciaux : les aventures de mecs peints en couleurs flashy courant les bois en string auraient laissé penser aux spectateurs qu’ils étaient devant un documentaire sur le bois de Boulogne. Et il est fort probable que le film n’aurait pas connu le même succès. On peut penser la même chose d’Inception : et s’il y avait eu un problème avec la musique, et que celle-ci avait été remplacée par une intégrale de Carlos ? Voir Léonardo Di Caprio sauter en tous sens en ouvrant le feu sur moult ennemis sur fond de "Big Bisou" aurait probablement eu du cachet, mais le public aurait sûrement souligné qu’il manquait un gros quelque chose au film. Enfin, la Planète des Singes aurait certainement eu moins de bonnes critiques si Andy Serkis avait laissé la place à Francis Huster pour les expressions faciales de César (pour les dialogues, par contre, c’était bon).

De fait, en raison des lois de l’offre et de la demande, depuis des années maintenant, les budgets de certains domaines ont explosé, à commencer par celui des effets spéciaux : puisque l’on sait que le public attend un minimum dans le domaine et ne demande qu’à être bluffé, on lui offre toujours plus. Et heureusement, vu le prix des places de ciné.

Pourtant, moult spectateurs continuent de dire ouvertement "Oui, le scénario est à chier, mais on s’en fout : ne changez rien".

Résultat : la demande de bons scénarios étant minime, l’offre l’est aussi. Alors qu’encore une fois : pour le même prix, et juste en arrêtant ce discours, la demande étant plus sérieuse, l’offre le serait aussi. Mais non : sans aucune raison, il semblerait que moult personnes demandent volontairement à ce que l’on se foute de leur gueule et que l’on tire tout vers le bas. Ce qui est tout de même formidablement beau : ça revient à expliquer ouvertement que l’on veut payer au même prix des choses de qualité moindre.

Dire "Oui, l’histoire est merdique, mais la vache, qu’est ce que les effets spéciaux sont bons !", ça revient à dire "Bon, d’accord, quelqu’un vient de chier dans mon assiette, mais la sauce est bonne, non ?". Et pourtant, tous les jours, partout, vous trouvez des pinpins pour continuer de défendre le "On s’en fout".

Présentons la chose autrement : mettons qu’une équipe de film prépare un blockbuster. Le film va s’appeler "Cowboys vs Mimi Mathy", et table sur un budget relativement raisonnable : 10 millions de dollars (à titre d’exemple, La Planète des Singes : Origines en a demandé 93) ; ni une, ni deux, elle trouve un scénario sur un coin de table que je vous donne : "Dans la petite ville de West Fall, Joe Marshall est un maréchal ferrant sans histoires. Seule Daisy, la chanteuse du Saloon The Mary Sue parvient à le tirer de son quotidien banal de rude travailleur de l’Ouest. Mais c’est sans compter sur un groupe de bandits qui provoque le déraillement d’un train de l’Union à proximité de la paisible cité : un wagon de produits chimiques expérimentaux se renverse, transformant une petite habitante qui passait en monstre-nain ravageur… PS : Joe embrasse Daisy à la fin suite à une situation critique, et le noir meurt, contrairement à Poopy le chien". L’équipe sait déjà que son scenario est bourré de problèmes (bourré, Maurice le scénariste l’était aussi lorsqu’il a pondu la chose, un train de pastis ayant déraillé près de sa caravane) divers et variés, et hésite à recruter des gens pour le relire et le corriger. Pour cela, il suffirait de payer un pinpin 10 000$, ou toute une équipe à 100 000$ (et encore, en tablant haut) dans le doute. Soit entre 0,1% et 1% du budget. Une paille quand on a déjà sorti quelques millions de dollars.

La tournée publicitaire a déjà commencé.

Mais grâce aux spectateurs, l’équipe ira plutôt claquer tout ce pognon aux putes : en effet, elle lira et entendra très distinctement partout sur le net "Merder les effets spéciaux, la musique ou autres est un crime, mais l’histoire, vous pouvez l’écrire avec un étron, c’est pas grave, ne dépensez surtout pas de pognon là-dedans." ; si la chose fera la richesse d’Olga la Goulue, la célèbre péripatéticienne connue sous le nom de "Nettoyeuse de l’A5", elle n’en fera pas moins pleurer des larmes de sang aux spectateurs qui ne demandent même pas un bon scénario, mais juste un truc qui se tient. Un film, quoi, une histoire racontée avec des images et du son. Mais il faut croire que ça dérangerait certains.

Dans un monde parfait, les gens iraient jusqu’au bout de leur logique : d’un côté, on aurait des films, et de l’autre, des clips cinématographiques. Comprendre que dans le premier cas, on raconterait une histoire avec un début, un milieu et une fin, et de l’autre, on dirait juste "Les mecs, vous voulez en prendre plein les yeux, avoir de la musique qui dépote et pleurer comme des fontaines devant moult moments héroïques et adieux tragiques ? Aucun souci : on a décidé de juste faire un énorme clip contenant plein de scènes sans histoires particulières mises les unes derrière les autres et toutes plus impressionnantes et prenantes l’une que l’autre. On ne vous prend pas pour des cons : on ne met même pas de scénario décérébré, on vous propose juste du spectacle." ; ça aurait le mérite d’être honnête pour tout le monde, et probablement d’en mettre plein les mirettes aux amateurs de grand spectacle. Qui n’auraient plus à se taper 1h00 de dialogues aléatoires servant simplement à justifier 30mn de bataille apocalyptique.

Mais non, définitivement : soucieux de faire n’importe quoi, une partie non-négligeable de la population dit "Oui, je sais que c’est n’importe quoi, oui, je sais qu’on me prend ouvertement pour un con, mais s’il-vous-plaît, continuez comme ça : n’essayez surtout pas de faire mieux pour le même prix, c’est moi qui vous le demande. Je paie mon ticket de cinéma suffisamment cher pour avoir le droit de défendre le fait qu’il n’y a aucun problème à ce que tout le fond des films que je regarde soit totalement merdique. Quand bien même ça tirerait tout le monde vers le haut d’avoir des trucs de meilleure qualité et que ça ne changerait rien pour moi si je n’en avais vraiment rien à faire".

Je ne comprends pas bien : quel est le but de ces défenseurs du mauvais et du nase ? Ces paladins de l’incohérence, qui défendent coûte que coûte le fait qu’il ne faut surtout pas faire d’efforts ? Ils veulent juste se faire défoncer la mâchoire à coups de clé à molette ? Ils sont nés avec un QI de 330 et veulent qu’on les abrutisse pour qu’enfin ils puissent se mêler au bon peuple et se sentir chez eux ? Ou sont-ils, au contraire, complètement cons et fiers de le revendiquer ?

Je l’ignore.

Mais en tout cas, je crois que je vais me faire scénariste de blockbuster : c’est le seul métier où le public vous demande ouvertement de ne pas vous fouler et défend toutes vos fautes professionnelles là où il se montre intraitable, voire élitiste, avec tous vos autres petits camarades des autres secteurs.

Remarquez, des gens au discours incohérent qui défendent des scénarii incohérents, techniquement, c’est cohérent.

Réviser l’Histoire, ce n’est pas facile.

Que vous soyez lycéen ou leader d’un célèbre parti d’extrême-droite, vous connaissez ce problème.

Comment réviser de manière posée et ludique ? Comment joindre l’utile à l’agréable ?

Il suffit ! Trop d’interrogations encombrent vos esprits embrumés par les vacances (pour certains). Réfléchissons un peu ; que retiennent le mieux les jeunes, de nos jours ? Ce qu’il se passe en salle de classe ou les derniers potins Facebook ? Ce que Molière écrit dans ses pièces ou bien ce que D@rk_L@dos rédige sur Twitter ?

La solution est donc évidente : pour pénétrer plus aisément les esprits de nos éphèbes, il convient de leur donner quelques cours d’Histoire via les réseaux sociaux. C’est pourquoi dans ma grande bonté, je me suis permis de récupérer une page méconnue de l’internet et pourtant tellement indispensable : la page Facebook d’Adolf Hitler.

Vous en souhaitant bonne lecture, je ne vous fais pas patienter plus avant et vous laisse à votre nécessaire  instruction. Cliquez donc sur l’image.

Aperçu de la page Facebook d'Adolf Hitler


Nouvelle semaine, nouvel épisode.

Après le catastrophique Episode I, suite auquel de nombreux fans de Star Wars ou simples amateurs de scenarii cohérents se sont donnés la mort, découvrons l’Episode II, qui cette fois provoque chez le spectateur des envie de violence à foison. Ne nous attardons cependant pas dans cette futile introduction et spoilons, mes bons amis, parce que bon, le sujet se suffit à lui-même.

L'Affiche : la romance minable est annoncée d'entrée de jeu

Le film s’ouvre sur le désormais célèbre texte spatial déroulant qui doit nous permettre de mieux comprendre où nous en sommes : 10 ans se sont écoulés depuis la menace fantôme. La République est cependant dans une situation particulière que certains qualifient de "montrueuse mouise", puisque de nombreux systèmes ont décidé de la quitter (probablement après avoir vu l’Episode I, je les comprends). A leur tête, le Comte Dooku, un ancien jedi devenu le leader des séparatistes mène cette fronde qui sent bon la Corse et le saucisson d’âne. La situation est devenue tellement tendue que les chevaliers jedis, supposés garantir la paix au sein de la République sont un peu débordés, et ils n’ont plus assez de personnel (le concours de la fonction publique pour y accéder reste très sélectif) pour assurer correctement leur rôle. Le sénat discute donc de la création d’une grande ARMEE DE LA REPUBLIQUE (ce n’est pas moi qui l’ai écrit ainsi ; c’est en majuscules, en gros et en gras dans le texte volant, probablement pour être sûr que tout le monde comprenne bien.)

A noter que donc, depuis que la Fédération du Commerce et son armée personnelle a failli mettre à sac Naboo, une planète républicaine. il aura fallu 10 ans pour que le Sénat se dise "Ha ouais, en fait, c’est peut-être pas très pratique le fait que tout le monde aie une armée sauf nous pour se défendre". Ils m’ont l’air très fort ces sénateurs. J’espère qu’ils ne s’étonnent pas trop du fait que la République aille mal.

En tout cas, nous découvrons Coruscant, le cœur de la République où une navette de Naboo transportant la Reine Amidala s’apprête à se poser. A peine le vaisseau est il posé qu’une explosion le ravage et tue la reine ; ho ! Un attentat ! Quand je vous dis que ça sentait la Corse cette histoire ! Mais la reine, la vraie, n’est pas morte : grâce à un habile subterfuge déjà vu dans l’épisode I, c’est l’une de ses suivantes, Micheline, qui a pris le tout dans sa face. Padmé, elle, voyageait déguisée en pilote à bord de l’un des chasseurs d’escorte du vaisseau sénatorial. A noter que malgré mes nombreux efforts, il m’a été impossible de déterminer si la monstrueuse coupe de cheveux de la victime de l’attentat sous déguisement royal était due ou non à l’explosion de son appareil.

Pendant ce temps, le Chancelier Palpatine était en train de discuter d’éventuelles négociations avec les séparatistes devant le conseil jedi. L’entrevue est cependant interrompue par l’arrivée de la sénatrice Amidala, donc, qui explique qu’elle vient d’échapper à un attentat, elle, la gentille meneuse des loyalistes au sénat. Le Chancelier s’en félicite et propose de la mettre sous la protection d’un jedi qu’elle connait bien, Obi-Wan Kenobi. Ca tombe bien, ce dernier revient de RTT et est plutôt disponible en ce moment.

Quelques heures plus tard, le dit jedi vient donc retrouver la reine ; il a bien changé, puisqu’il porte désormais la barbe, l’attribut viril des chevaliers jedis. Son jeune apprenti, Anakin, a lui aussi changé, mais pas trop non plus : certes il est plus grand, mais il est toujours aussi tête à claques. Et pas que physiquement, mais ne mélangeons pas tout, nous allons y venir de suite, car non, il n’arrive même pas à tenir une minute à l’écran sans que ne vienne une irrepressible envie de gifler ses grosses joues pouponnes jusqu’à ce que mort s’ensuive.

A peine arrivé devant la sénatrice, Obi-Wan explique qu’il vient pour sa protection et que… ha ? Anakin le coupe ? Oui, pourquoi coupes tu ton maître depuis plus de 10 ans, lui qui t’a enseigné la discipline, le respect et la zen attitude ? Ah, pour dire que tu emmerdes les ordres et que tu vas plutôt tenter de démasquer l’auteur de l’attentat manqué ? D’accord, bon. Dis donc Anakin, Obi-Wan il serait pas un peu partisan de "Ni claques ni fessées" pour que tu sois aussi andouille ? Rassurez-vous, le jeune Skywalker ne s’en arrête pas là, et entame son numéro de drague sur la petite Padmé, qui d’ailleurs, là où Anakin a pris 10 ans, n’a pas pris une ride (grâce à ses masques de boue de Dagoba, probablement). Tout cela fait qu’Obi-Wan se sent obligé de rappeler son padawan à l’ordre, ce qui fait un peu engueulade familiale devant tout le monde ("Tu vas te taire ?" "Tu me parles pas comme ça, t’es pas mon père !" "Ho, et une mandale, tu la veux la mandale ?" "Bouhouhou de toute façon tu m’aimes pas Obi-Wan, tu m’as jamais aimé ! Je vais m’enfermer dans ma chambre et pleurer sur mon lit !"). On sent que l’apprentissage jedi, c’est un truc efficace dans les domaines du contrôle des émotions et de la discipline.

C'est ça, vas-y, tends la joue pour voir

Soit dit en passant, lors de l’une de leurs petites chamailleries, Obi-Wan explique à Anakin qu’il devrait se maîtriser devant la sénatrice, car on ne peut pas faire confiance aux politiciens, que c’est pourri et compagnie. Apparemment, Pierre Poujade était un foutu maître Jedi. Enfin bon, que des antiparlementaires préservent la République, c’est intéressant.

Pourtant, les chamailleries des deux jedis n’occupent pas toute la population locale. En effet, ailleurs sur Coruscant, deux chasseurs de prime ont monté un plan diabolique pour tuer Padmé Amidala, que je vous laisse découvrir ci-après dans sa mise en action : pendant la nuit, alors que les jedis papotent, un droïde balance par une fenêtre deux scolopendres géants super venimeux (une bombe ? Un coup de blaster ? C’était pas plus efficace ? Non ? On dirait du James Bond, tiens) depuis une fenêtre dans la chambre d’Amidala. Heureusement, Anakin qui a senti les intentions maléfiques des insectes (je maintiens, c’est vachement plus difficile de sentir celle d’une grenade ou d’un flingue qui maîtrisent pas mal leurs émotions) débarque en trombe dans la chambre et tue les bestioles en deux coups de sabre ras-la-tête de la belle sénatrice. Coup de chance, il ne la décapite pas ce faisant, ce qui eut été fort ballot, reconnaissons-le.

Obi-Wan, lui, a juste eu le temps de traverser la fenêtre pour s’accrocher au droïde mercenaire volant qui s’enfuyait pour aller retrouver son maître (oui, c’est un superbe engin : quand il est repéré, il retourne bien vers chez lui en ligne droite pour bien rameuter avec lui tout ce qui ressemble à un gentil tueur de méchants). La chasseresse de primes qui l’avait programmé (bêtement donc visiblement), voyant son jouet revenir avec un monsieur barbu accroché après décide de faire choir tout ce petit monde en abattant soigneusement son propre droïde. L’autre idée était d’abattre le jedi accroché après, qui était désarmé, suspendu et donc incapable de quoi que ce soit. Comme ça, non seulement elle le tuait mais en plus elle récupérait son appareil hors de prix. Mais apparemment, c’était trop malin comme plan.

Heureusement, Anakin qui entre temps a trouvé un véhicule récupère son Maître en plein vol et fonce à la poursuite du vilain qui a tenté de le tuer. Après une trop longue course poursuite, la bougresse arrive pourtant à se réfugier dans un petit club de la ville, le Zizi Folies. Obi-Wan y démontre ses grands pouvoirs face aux dealers de bâtons de la mort (probablement la seule chose que j’ai retenu du film), et dans tous les cas, la chasseresse de primes est retrouvée mais tuée d’une flêchette empoisonnée tirée de loin par son collègue chasseur de primes (et accessoirement patron) avant qu’elle n’ai eu le temps de donner son nom.

On en profite pour en découvrir un peu plus sur Anakin Skywalker : il s’énerve pour un oui ou pour un non ("Raaaah je veux un pain au chocolaaaat !"), discute tous les ordres qu’on lui donne ("J’fais c’que j’veux chui plus un bébé !") et passe son temps à se vanter ("Haha, je suis sûr que je suis le plus fort de tous les jedis de l’univers !"). Il est encouragé dans cette voie par le Sénateur Palpatine, qui a la subtilité d’un hollandais en sabot mâchant ses croustillons ("Anakin, tu es le plus fort, les autres sont jaloux, tu es séduisant et… comme tes muscles sont saillants, retire donc ta bure que je regarde ton torse huilé").

Bref, revenons à nos moutons. Face à ces attentats, le Conseil Jedi décide de réagir en divisant ses troupes en deux groupes de un :

- Anakin pour garder Padmé

- Obi-Wan pour retrouver le commanditaire.

Et surtout, la miss Amidala est enjointe de retourner sur Naboo incognito où elle serait plus en sécurité (c’est vrai, qui penserait à aller la chercher chez elle, hmm ?), sous la surveillance d’Anakin, donc. Du coup, qui nomme t-elle pour la remplacer au sénat et voter en son absence ? Hmmm…. voyons voir…. alors… j’ai une demi-douzaine de conseillers…probablement des militants… la caste politique d’une planète entière sur la planète dont j’étais reine pour la représenter… qui…

"Jar-Jar ! Tiens, je te nomme délégué pour me remplacer, hop. Alors surtout, ne vote pas de conneries !"

Visiblement, la sénatrice a oublié de revisionner l’Episode I où nous découvrions la loi dite "de Jar-Jar" que nous pouvons énoncer ainsi : "Si l’on demande à Jar-Jar Binks quelque chose, il fera exactement le contraire, quoiqu’il advienne."

Le nouveau leader des républicains. Si, si.

Cela étant dit, elle peut donc faire sa valise pour partir sur Naboo. Elle profite d’un passage à vide où elle range ses slips pour expliquer à Anakin sa position au Sénat sur la création d’une armée républicaine : elle n’en veut tout simplement pas. Pourquoi ? Parce que. Ha. Et sinon, c’était qui la nana qui dix ans auparavant pleurait au Sénat que la République ne faisait rien pour lui venir en aide quand sa planète se faisait bourrer la gueule par une armée droïde ? Le Sénat n’ayant pas d’armée, dans le meilleur des cas, ils auraient fait quoi ? Les gros yeux à la Fédération du Commerce ? Bref, tu ne vois pas l’intérêt que peut avoir une armée ma petite Amidala ? Tu es bien brave. Tiens, va faire du coloriage, tu seras gentille.

Une fois la valise bouclée et le départ prêt, Obi-Wan vient voir son padawan pour lui expliquer quelques petites choses et lui donner deux ou trois consignes telles que :

"Anakin, surtout, ne fait rien sans l’autorisation du Conseil Jedi"

Pauvre Obi-Wan ; il va découvrir à ses dépends qu’au contact de Jar-Jar, Anakin est désormais régi par la loi éponyme. C’est désolant. Mais nous n’y sommes pas encore : le bon chevalier jedi doit déjà commencer son enquête pour retrouver le commanditaire des attentats contre la sénatrice. Il va donc chez son meilleur indic’, Jean-Mamadou, un vendeur de kebabs qui s’y connait diablement en chasseurs de primes. Ce dernier identifie rapidement la flêchette empoisonnée qui a tué la chasseresse de primes qu’Obi-Wan et Anakin poursuivaient comme provenant de la planète Kamino, une planète de "cloneurs". Quel gros malin ce chasseur de prime, ne pouvait il pas non plus marquer son nom et son adresse sur son arme ? D’ailleurs, du film, plus jamais le dit chasseur de primes n’utilisera ce genre d’arme. Il usera de lasers, comme tout le monde. Et un laser, c’est tout de suite plus difficile à pister. Dans tous les cas, grâce à cette utilisation unique et inutile d’une arme moins efficace que d’habitude, notre bon méchant est ainsi localisé.

Sauf que Kamino, c’est une planète qui n’existe pas dans les archives jedis. Elle est connue d’un vendeur de kebabs mais pas des jedis ? Oh ? Et on oublie si facilement une planète de "cloneurs" ? Ha. Après une rapide enquête, Obi-Wan déduit que la planète a du être effacée des archives jedis (oui, ou alors ton copain obèse qui sent la friture et le mauvais alcool te raconte des cracks, va savoir). Mais il localise quand même son emplacement approximatif grâce à de savants calculs ("Je vais regarder sur mappy").

Ailleurs dans l’espace, Anakin drague Padmé avec discrétion, tact et subtilité ("J’te love t’es la plus belle des meufs"). Cette dernière n’a elle pas compris que "voyager incognito" ne signifiait pas "prendre les transports en commun avec un filet de camouflage sur la tête". Ils finissent cependant par trouver refuge dans une superbe villa de Naboo en bord de lac, garnie de gardes et où Padmé avait ses habitudes, bref, le 1er endroit auquel on va penser la chercher ("A tous les assassins de la galaxie, je vous attends chez moi, si vous ne savez pas où c’est, toutes les archives vous le diront, merci"). Anakin achève de la draguer dans cet écrin de poésie visuelle avec des phrases trop kikinoutes comme "Ici, tout est doux et beau". Quel gangster d’amour.

krshh... Dark Vador... krshhh... aime.... krshhh... les pique-niques... dans le gazon... krssh...

Obi-Wan, lui, n’a personne à draguer ; il va donc sur Kamino où il semble mystérieusement attendu (on le confond avec un autre jedi, Sifodias venu des années auparavant et mort depuis). On lui apprend que 200 000 soldats clonés sont déjà prêts et qu’1 million de plus ne devrait plus tarder, comme cela avait été commandé par Sifodias, pour la République. Bizarre, des années avant même que l’idée d’une armée républicaine aie été évoquée, elle était déjà commandée ? Comme c’est étrange, se dit Obi-Wan… En tout cas, ils sont bien là, les clones, tous issus d’un sujet original, un chasseur de primes du nom de Jango Fett. Vous aimeriez bien savoir la suite, hein ?

Et bin non. Non, on va plutôt vous mettre un passage où Anakin et Amidala font les foufous dans l’herbe rappelant les plus grands moments de Royal Canin, jouent à action ou vérité ou bien encore se roulent en riant à gorge déployée dans les immenses fleurs de Naboo. Anakin explique juste à un moment que les dictatures, c’est pas si mal quand même (hooo, la phrase trop subtile glissée discrètement pour justifier pourquoi il pourrait devenir méchant). Un peu plus tard, il lui fait son discours d’amoureux psychopathe ("Je pense à toi tous les jours depuis des années, aime moi ou alors je…raaaah…je tue le chien !"). Mais c’est sans compter qu’il est de plus en plus mal à l’aise le jour car il pense à sa mère qui lui manque, et ne dort plus la nuit ; lorsque c’est tout de même le cas, il fait des rêves érotiques étranges et pénétrants impliquant sa maman et des hommes des sables. Original. J’ai d’ailleurs un DVD inspiré de ce scenario, si vous le souhaitez intitulé "Tuskraiders en folie". Je peux vous le louer si ça vous intéresse.

La grande scène de "Tuskraiders en folie" : la pose d'une sonde anale

Bon, pendant ce temps, où en était on avant que quelqu’un ne vomisse une substance sirupeuse sur mon écran… ha oui, Jango Fett. Il prétend avoir été recruté par un certain "Tyranus", et non par maître Sifodias. Et il s’est fait faire par les cloneurs un double de lui-même qui grandit à vitesse humaine, Bobba, qui est donc encore un enfant. Après avoir bien papoté, Obi-Wan passe un appel en PCV au conseil jedi pour expliquer ses conclusions ("C’est trop louche les gars !"). Et le conseil de lui répondre que s’il pouvait ramener Jango avec lui pour qu’il en dise un peu plus, ce serait parfait. Sauf que malgré les grands talents du jedi, le chasseur de prime s’enfuit avec son "fils". Et il a juste le temps de coller un mouchard sur la carrosserie de son vaisseau.

Anakin décide lui de se rendre sur Tatooine (malgré les ordres : le syndrome de Jar-Jar, évidemment) pour prendre des nouvelles de sa mère. Il emmène avec lui Padmé et rend visite à tous les gens qu’il connait et qui pourraient ainsi en causer et rameuter tous les chasseurs de primes tueurs de sénatrices du secteur. Qu’il est malin. A noter que l’ancien proprio de sa mère l’a vendu à un fermier… qui l’a épousée. Il est donc plein de désarroi. Heureusement, il obtient l’adresse de la ferme pour aller visiter son nouveau beau-papa. Hélas, maman n’est pas là ; elle a été kidnappée il y a près d’un mois par… des hommes des sables ! Ho, d’où ces rêves mystérieux alors ? Tout se tient. Anakin décide donc d’enfourcher une mobylette des sables et d’aller sauver sa mère. Non mais. En plus, tout le monde lui a dit "Non, n’y va pas !" alors forcément, il y va. Et il profite de la nuit pour s’infiltrer dans le camp des hommes des sables où il retrouve sa mère, prisonnière dans une hutte et visiblement bien malmenée. Tant et si bien qu’elle meurt dans les bras de son fils, c’est super triste. Mais lui, ça le tend un peu, on le sent stressé. Il décide donc de passer ses nerfs sur toute la tribu de malfrat du désert à coups de sabre. Femmes & enfants compris, ça défoule.

Obi-Wan de son côté réussit à filer la famille Fett jusqu’à une obscure planète visiblement constellée d’installations de la Fédération du Commerce, et en visitant l’une d’entre elles, découvre ainsi que ça fabrique du droïde de combat au mètre carré dans le coin. Il découvre aussi que le Comte Dooku, le chef séparatiste, est en pleine conversation avec le chef de la Fédération du commerce, et ensemble ils énoncent à haute-voix tout ce qu’Obiwan a besoin de savoir : oui, ce sont eux qui cherchent à tuer la sénatrice Amidala (on sent que le Vice-Roi veut se venger de l’épisode I) et ils préparent aussi une grosse armée, car Dooku est en train de rallier derrière lui tous les membres de la Fédération pour se renforcer. Etant trop loin pour contacter Coruscant, Obi-Wan envoie donc un MMS à cette andouille d’Anakin que son radar localise sur Tatooine alors qu’il devrait être sur Naboo s’il avait obéi.

Sur Tatooine, justement, Anakin a ramené à la famille fermière le corps de sa mère, parce qu’il s’est dit que ça manquait dans la déco. Il en profite pour taper sa petite crise "Un jour je serai l’plus fort, j’aurai tous les pokémons et je saurai même sauver les gens de la mort ! Et pis Obi-Wan il m’empêche de m’épanouir !" ; ça tombe bien parce que le MMS d’Obi-Wan arrive, dans lequel ce dernier explique tout ce qui se trame, et il demande à Anakin s’il est à portée de faire suivre le message à Coruscant. Aussitôt dit, aussitôt fait, et en retour, Anakin reçoit le message suivant du Conseil Jedi "On se charge de Dooku, toi ne bouge surtout pas. A +". Evidemment, que fait Anakin… gagné. Il se dirige donc vers la planète d’où Obi-Wan a émis. C’est tellement prévisible que j’en baille d’ennui.

Obi-Wan qui justement a été capturé. Et le Comte Dooku vient lui rendre visite pour lui annoncer que la République est en danger, sous le contrôle d’un Sith du nom de Dark Sidious. Et que personne n’a rien vu. Obi-Wan ne le croit pas "Ouah, trop impossible !" et donc refuse de l’aider. Pendant ce temps, à Coruscant, quelqu’un a glissé dans l’oreille de Jar-Jar qu’il ne fallait surtout pas qu’il vote les pleins pouvoirs au sénateur Palpatine pour que ce dernier puisse faire passer en urgence la création d’une armée républicaine, et ainsi répondre plus facilement à la menace en cours. Il le fait donc aussitôt.

Palpatine est blasé : avec Jar-Jar Binks au sénat, c'est presque trop facile

Sur Génosis, la planète où Obi-Wan est prisonnier, Anakin et Padmé arrivent donc, et ils se garent discretos dans une bouche d’aération d’une usine (on ne sait pas trop comment, Padmé qui a dû prendre option techno au lycée sait sans même voir à travers la vapeur que c’est sécurisé et qu’il y a même la place pour un vaisseau). Hélas, leur arrivée discrète au sein de l’usine s’achève après quelques encore trop longues péripéties avec un jedi qui voit son sabre détruit (une petite maladresse à proximité d’une machine industrielle est si vite arrivée) et lui et ses compères capturés à leur tour.

Alors qu’ils semblent promis à une exécution longue et ridicule, Padmé avoue son amour à Anakin, et hop, les violons se font entendre, c’est merveilleux. Dans l’arène où les attend leur supplice, ils retrouvent leur copain Obi-Wan, lui aussi fort embêté d’être condamné à mort. Au fait, pourquoi longue et ridicule l’exécution ? Et bien tout simplement parce qu’au lieu de les passer au peloton, ils sont attachés à des colonnes dans un cirque et on lâche sur eux des bestioles sauvages affamées. Dooku, le Vice-Roi de la Fédération du Commerce et ses potes ainsi que la famille Fett assistent à l’évènement où, évidemment, nos héros ne se font pas manger cru. Et où ils ont même le temps de se faire des bisous au cœur de l’action. Heureusement, juste avant que des droïdes ne viennent en finir une bonne fois pour toute avec les condamnés (tiens, on aurait pu commencer par ça, aussi ?), la brigade des jedis arrive au grand complet pour les sauver. Une bataille s’engage donc entre jedis et droïdes du Comte Dooku.

Les jedis perdent quelques uns des leurs dans la bataille tout de même, mais Maître Windu, le jedi au sabre mauve décapite Jango Fett dans le feu de l’action (oui parce que Jango Fett, quand il a des armes à distance et qu’il peut voler de surcroit, il fonce au corps à corps contre des mecs avec des sabres. Allez comprendre, on dirait qu’il ne prend que des décisions incohérentes ce garçon). Son fils Bobba crie vengeance mais sans plus, il attendra deux ou trois films avant de revenir. A noter que le combat est rythmé toutes les 6 secondes par une "vanne" de C3-P0 qui s’est retrouvé disloqué et donc, ça y va "les bras m’en tombent", "j’en perds la tête", "je m’éparpille, je dois me concentrer"… c’est presque du Anne Roumanoff, elle a dû participer à l’écriture des dialogues avec ce talent qui lui est propre.

En attendant, la bataille tourne mal pour les gentils, et alors que les jedis vont succomber à leur tour… Yoda et son armée de clones arrive. Le Comte Dooku est donc bien embêté : s’il était moins bavard, il aurait pu tuer tout le monde douze fois. Il constate d’ailleurs que l’armée républicaine est fichtrement nombreuse au moins… pfou, 200 00 hommes si l’on en croit ce qui a été dit au début du film (le nombre de soldats "prêts" puisqu’il ne s’est écoulé que quelques jours depuis) et encore, en supposant que tout le monde soit là ; c’est à dire environ, à titre d’exemple, 5 fois moins que la seule armée américaine la semaine du débarquement. Et donc, tout le contingent de droïdes serait inférieur en nombre ? Sur leur planète mère ? Ha… C’est embêtant quand même. Sachant que dans le même temps, le Comte Dooku parlait de rallier "10 000 nouveaux systèmes", ça nous fait un total de… allez… au maximum 20 droïdes par système. C’est avec ça qu’il comptait conquérir la galaxie ? On apprend aussi que la Fédération du Commerce a les plans de ce qui sera plus tard l’Etoile Noire, la superbe arme secrète qui fera rire des millions de gens de par sa conception aléatoire. Bon, c’est pas tout ça, mais la situation tourne mal : les chefs de la Fédération du Commerce s’enfuient, et le Comte Dooku se dit qu’il est temps pour lui aussi de faire de la pétrolette volante (nan mais, c’est le véhicule officiel de tout ce qui porte sabre laser ou quoi ?!).

Anakin, Padmé & Obi-Wan le poursuivent depuis un vaisseau de la République, mais lorsqu’ils demandent au pilote de lui tirer dessus, celui-ci répond "On a plus de missiles, on peut pas !" ; tiens ? Mais ça ne fait pas 15 minutes que vos vaisseaux tirent des lasers sur tout ce qui passe ? Ils ont probablement oublié qu’ils en avaient. Un tir malheureux des escorteurs de Dooku (qui eux ne font pas de moto, ils sont plus malins, ils prennent de vrais vaisseaux et pensent à utiliser leurs lasers) éjecte malheureusement Padmé du vaisseau. Malgré sa chute d’une bonne dizaine de mètres depuis un vaisseau lancé à plusieurs centaines de kilomètres à l’heure, après avoir un peu gémi, elle se relève aussitôt toute joyeuse, nous sommes rassurés. On ne sait pas avec quoi elle rembourre sa combinaison (en tout cas pas avec des seins) mais on veut la même chose dans nos voitures.

Le Comte Dooku : plus qu'un jedi, un magicien close-up

Dooku, lui, finit par arriver dans sa petite base personnelle où l’attend son vaisseau, mais est aussitôt rattrapé par les Obi-Wan et Anakin. Obi-Wan dit bien à Anakin "Attention, ne l’attaque surtout pas tout seul", et hop, Anakin se jette sur le Comte et finit dans le décor après s’être ramassé un éclair. Puis, le Comte décide de faire un peu d’escrime, aussi sort il son sabre laser à poignée ergonomique (en forme de banane, c’est fabuleux, ça vous pose son homme) et commencer à combattre Obi-Wan. Il le met hors combat, puis c’est Anakin qui vient sauver son maître, alors que Dooku prenait son élan pour mettre le coup fatal à son ennemi (il est un peu con, il n’a pas compris qu’avec un laser il n’y avait pas besoin d’élan). Là encore, il gagne quand même et tranche le bras droit d’Anakin (qui s’évanouit et ne réalise donc pas de suite les conséquences de l’affaire). C’est donc Yoda, encore lui, qui arrivant à la bourre, reprend le Comte en duel. Oui, ils y vont un par un, comme dans les mauvais films. Je vous laisse en conclure ce que vous voulez.

On découvre donc que Yoda est en réalité une bille de flipper lorsqu’il combat, ricochant partout et faisant moult lumières dès qu’il touche quelque chose : ne manque que le "ping – chting" avant le "tilt" final. Dooku arrive finalement à s’enfuir, et fonce vers Coruscant (où personne ne le remarque malgré son vaisseau doré super voyant) pour faire son rapport à son maître, Dark Sidious (qui l’appelle gentiment en retour Tyranus, diantre ! Que de noms de méchants ! Tiens, ça me fait penser, pourquoi alors Dooku a t-il balancé le nom de son maître à Obi-Wan quand il était prisonnier? Quelle andouille). Il lui annonce que la guerre a commencé, ce qui fait très plaisir à son maître qui explique que tout se déroule "comme prévu".

Les jedis, eux, commencent quand même à supposer qu’il se passe des choses étranges au Sénat. Et pendant ce temps, Anakin se marie discretos avec Amidala (je… une larme ? Ho, tant d’émotion m’étreint !). On constante d’ailleurs que ce dernier s’est fait greffer un bras artificiel, ce qui est tout de même fort pratique.

Allez, FIN !

Tiens, juste pour la petite histoire : sachant que dixit l’épisode I, les jedis c’est dû à un truc biologique, pourquoi ne pas avoir cloné une armée de jedis obéissants plutôt que de vulgaires humains ? Enfin, je dis ça…

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