"Candidat suivant !"

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

"Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir !"

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

"En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ?"

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

"Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon."

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de "cambrioleur" parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique "Affiche en feu, film tout foireux".

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

"Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle !"

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement "bâton"), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

"Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree."

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression "coup de grisou", parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

"Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire "mmm" pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite !"
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit "je connais une maison non loin", il faut comprendre "à moins de 1200 kilomètres" (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

"Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte."

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison "Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !"), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

"Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit "haras" !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien."

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler "Le Nécromancien", à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer "la guerre qui approche". Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit "Les Balkany" a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson "Gandalf a les chocottes" commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié "surtout, ne perdez pas le sentier", évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire "Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné" ? Non, non, comme vous y allez.

"Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer !"

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

"Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent "ta mère" ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi !"

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

"Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains."

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : "Dard" (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait "Bâtard") . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

"Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou !"

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien ("Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !"). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

"Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain !"

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

"Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ?"

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

"Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas…"

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence "Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas." Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme "Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière". L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

"Soit ! J’accepte !" dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

"Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ?" me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

"Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?"

C’est exactement ça.

"Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?"

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

"Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là."

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire "Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même !" (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient "Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?". Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

"Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros."

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

"Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… "Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon", tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête."

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes "le jour de Durin", un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), "la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure". Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle "Regardez !" et que Thorin commente sa découverte par un "Vous avez de bons yeux maître Sacquet !"

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

"C’est fini." s’exclame donc Thorin. "Nous avons échoué. Partons.". Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, "la dernière lueur du jour de Durin" ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres ("Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !"), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que "cambrioleur" de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que "Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil", ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant "Mmm, il y a comme une odeur…" (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

"Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu !"

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

"Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con !"

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"Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver !"

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de "Gandalf a les chocottes". C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à "HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ?" (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : "C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action." On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme "Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !".

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

"Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone !"

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

"Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non…"

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"Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein !"

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être "SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !", mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller "activer une manette de la forge". Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé "Tolkien ackbar !" avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

Ah, les heures qui précèdent le nouvel an !

Alors que ces dames réfléchissent sur leur tenue du soir, hésitant entre robe de soirée ou tenue plus adaptée à la danse, et que ces messieurs hésitent entre chemise et chemise avant de finalement s’arrêter sur la seule qui est repassée, chacun pense à ce qui l’attend ce soir : nourriture en quantité, boisson à volonté, et bien évidemment, une séance de textos d’environ une heure et demie à minuit qui viendra comme chaque année mettre en avant le fait que finalement, les seuls avec qui l’on aura pas échangé à minuit seront ceux présents dans la même pièce que vous.

Pourtant, j’ignore si c’est ce changement d’année, le fait que les blagues sur la fin du monde ne soient plus là pour les occuper sur Facebook ou tout simplement la lune, mais il semblerait que nos amis les geeks, eux, ne soient pas restés en reste : en effet, ces trois derniers jours, ma boîte mail a été envahie de malandrins venant défendre Le Hobbit, avec, à plusieurs reprise, le terme "incriticable" présent dans leur argumentaire.

Aussi, et puisqu’aujourd’hui, vous avez autre chose à faire que lire un pavé (si ce n’est pas le cas, trouvez vous une saine activité comme par exemple répertorier tous ceux qui prétendent sur Twitter être à une super soirée mais trouvent encore le temps d’envoyer 3 messages à la minute), je me contenterai donc d’illustrer cette curieuse incohérence avec une simple image.

Fonctionne aussi si vous expliquez que Star Wars, c'est quand même bourré de trucs foireux, ou qu'Harry Potter se vautre toutes les 3 pages

N’hésitez pas à changer le livre saint dans le premier cadre en fonction de vos besoins et interlocuteurs, en le remplaçant par exemple par la Bible ou 50 Shades of Grey. Ho, et vous pouvez cliquer si vos yeux se plissent trop.

D’ici là, n’oubliez pas : jamais plus d’un demi-GHB dans le champagne.

Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

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La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

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Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

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Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

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Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

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Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

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