"Nous sommes à l’aube d’une révolution."

A l’ombre du hangar des prototypes d’Odieux CorP, les membres du conseils d’administration attendent patiemment, debout au milieu de l’odeur chimique qui empeste les lieux, la conclusion du discours de leur président directeur général qui semble désormais imminente. Celui-ci, trop occupé à savourer l’écho de sa propre phrase tournant entre les poutrelles du bâtiment, note à peine le balancement nerveux de certains d’entre eux indiquant qu’une certaine impatience règne chez ceux plus habitués à se réunir dans des fauteuils confortables que debout dans ces lieux peu accueillants. Enfin, il reprend.

"Une révolution pour tous, au service des citoyens de ce pays. On nous dit et répète que certaines zones ne sont plus sous le contrôle de la police ; je dis : n’abandonnons pas ! Et cette obstination, cette soif de justice, c’est ce qui fait d’Odieux CorP une société unique. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui notre dernière innovation en matière de sécurité : le DIEGO – 209 !"

Le rideau derrière l’orateur s’ouvre enfin et dans un grand "Ooooh !" mêlant surprise et soulagement à l’idée que le discours soit enfin terminé, se révèle un imposant bipode surmonté d’une sorte de coque sombre encadrée de deux imposants canons. Le président directeur général s’en approche, une petite télécommande à la main, et d’une simple pression d’un bouton, le monstre de métal s’anime et se dresse, pointant ses armes dans le vide face à lui.

"DIEGO-209 prêt pour patrouiller. Analyse des civils présents en cours. Analyse terminée : aucune menace détectée.
- Ne craignez rien, vous l’avez entendu ? Il ne vous fera aucun mal. Regardez-moi plutôt ce bijou : blindage triple couche, armature en titane de carbone, reconnaissance faciale, vocale et digitale, batterie de 48h, canons de 75 mm à tir rapide, module vocal anglo-saxon…
- Freeze, motherfucker.
- Module espagnol !
- Dame el chorizo.
- Module russe !
- Сталин велик.
- Module Claude François !
- Bah, il parle pas ?
- Hein ? Ah mais  ça c’est pas un module vocal, c’est un taser.
- Ho.
- Bref, tout ça pour vous dire que le DIEGO-209 est prêt à être déployé dans toutes les zones où il est grand temps de rétablir l’ordre et la loi : Seine Saint-Denis, Marseille, bureau de Patrick Balkany, nos usines sont déjà prêtes. Et nos premières unités sont en partance pour Hollywood."

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Quelqu’un toussote dans l’assistance avant d’interroger timidement.

"Hollywood ?
- Si vous connaissez une plus grosse bande de malfrats, dites-le moi Berthier, je vous écoute.
- Mais ils n’ont rien fait de mal ?
- Et toutes ces licences, détenues pour mieux être violées à de multiples reprises, hein ? Vous voulez que je vous parle du Hobbit ? De Total Recall ? De… de Robocop ?"

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Le membre du conseil d’administration haussa les épaules.

"Je sais pas, je l’ai trouvé pas si mal, moi, Robocop.
- DIEGO-209 ACTIVE. Détection de pipeau : confirmée. Cible verrouillée.
- Mais qu’est-ce que… éteignez-le, vous voyez bien qu’il déconne votre truc !
- Ah non, hé, Berthier, c’est vous qui déconnez : retirez ce que vous venez de dire !
- JAMAIS ! Le film était plutôt beau et en plus proposait une histoire origi…
- DIEGO-209 en MODE COMBAT :  citoyens, veuillez vous écarter."

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Le conseil d’administration se disperse comme une volée d’oiseau, laissant le pauvre Berthier seul face à la machine. Il titube un peu, défiant le monstre de métal du regard

"DERNIER AVERTISSEMENT : reconnaissez que ce film est à chier.
- Non ! En plus, dedans, il y a Gary Oldman, c’est signe de qualit-
- OUVERTURE DU FEU."

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Et dans un enfer de détonations et de tintement de douilles, le monde du cinéma perd un homme de mauvais goût.

Notre homme a-t-il mérité pareil sort ? Robocop est-il une bonne adapt…pfff, pardon, pardon. Bref, est-ce que ce film peut être vu sans faire une dépression dans la foulée ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : et quand on a plus d’idées, on achète des licences. Je vois.

Tout commence alors qu’un présentateur télévisé fait des bruits de gorge ressemblant à du patois ardennais pour se préparer à démarrer son émission en direct. Et ce présentateur, ce n’est pas n’importe qui : c’est Maître Windu, et son émission, c’est le Maître Windu Show. Ce film commence sous les meilleurs auspices.

Mais donc, qu’est-ce que c’est, le Maître Windu Show ? Hé bien c’est une émission avec un axe vaguement ultra-conservateur dans laquelle on parle du sujet chaud  du moment : la sécurité. Puisqu’en effet, la société Omnicorp, ou OCP pour les intimes, a développé une gamme de robots fort pratiques : les ED-209, gros robots bipodes, et EM-208, humanoïdes blindés, capables d’apporter la sécurité à chacun avec une grande efficacité. Ils sont déployés partout dans le monde et font des merveilles, sauf… aux Etats-Unis, où ce vieux rascal de sénateur Dreyfus (hé oui, ça ne s’invente pas) a fait passer une loi interdisant aux robots de faire la loi parce que les robots, c’est nul, ça plante, ça fout de l’huile partout et ça te demande si tu veux installer iTunes toutes les 20 minutes.

Du coup, le crime galope au pays du hamburger, alors que Maître Windu nous montre ce qu’il en est à Téhéran où il appelle une équipe de l’émission en direct, et où l’armée a déployé ces bijoux.

Le résultat est simple : il suffit aux militaires, journalistes et autres de porter un bracelet rouge spécial, et les robots font tout pour les protéger. Ils marchent donc autour d’eux, scannent les civils à la recherche d’armes, mais… alors que la caméra à Téhéran retransmet en direct les informations au Maître Windu Show, une bande de vilains terroristes attaque ! Et bardés d’explosifs, ils sautent sur et avec les robots ! Ces derniers, diablement efficaces, se débarrassent de la plupart des vilains sans trop de bobos mais la situation est un peu moins funky quand le fils d’un des terroristes, un peu con, sort dans la rue pour attaquer un robot ED-209… avec un couteau de cuisine.

Quelques secondes plus tard, il se fait donc détruire la gueule, ce qui est bien tant il paie pour tous les autres enfants énervants des films américains (même si cet enfant n’est pas vraimeeeeent américain).

Sur le plateau du Maître Windu Show, on relativise : okay, un enfant vient de se finir en pulpe, mais déjà il était vaguement muslimisant, et puis quand même, les robots ont bien fait leur boulot. Alors pourquoi ne pas les déployer dans nos rues ?

Bonne question, mais ce sera tout pour cette émission. Allons donc du côté de Détroit, où au poste de police, l’officier Alex Murphy rentre de mission un peu énervé, son partenaire Jack Lewis venant de se manger une balle. En effet, alors que tous deux étaient en mission d’infiltration déguisés en punks à chien dans le gang de Vallon, un vilain local qui trafique plein d’armes, et qu’ils avaient enfin rencontré ledit Vallon, celui-ci a reçu un mystérieux appel téléphonique le prévenant qu’il avait en réalité affaire à des agents de la maréchaussée (ils n’avaient pas leur canette de 8-6, c’est vrai que c’était suspect). Il a donc vite mis les voiles, laissé des hommes derrière-lui pour couvrir sa fuite, et dans l’affaire, Jack Lewis s’est donc mangé un pruneau.  Damned ! Alex a donc chargé le larron dans une ambulance et est parti au poste faire son rapport auprès de sa chef, Karen Dean.

"Alors Murphy, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Je vous file un super coéquipier qui était quand même Omar dans The Wire, et vous le laissez se faire plomber ?
- A) C’est mon meilleur pote B) Il est noir C) C’est un blockbuster, vous croyez qu’il allait lui arriver quoi ?
- Bonne remarque Murphy. Mais il n’empêche : pourquoi vous en êtes vous pris au gang de Vallon seuls ? Il fallait appeler du renfort !
- Vous savez très bien qu’il y a des flics corrompus ici, si j’avais appelé, on se se serait fait balancer encore plus tôt !
- Murphy…
- Mais regardez ! Ça fait deux ans que les agents Débilou 1 & 2 travaillent sur le dossier Vallon ! Ils n’ont pas procédé à une seule interpellation, ça vous paraît pas bizarre ?
- Bon je… j’en parlerai aux affaires internes. A l’occasion. Entre deux portes. Si je retrouve leur numéro."

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C’est vrai que le coup des mecs qui n’interpellent personne, c’est pas du tout suspect. Donc, durant deux ans, ils n’ont pas pensé une seule fois à arrêter un gars au hasard, ou même un membre du gang pour le garder quelques heures et le faire ressortir, histoire de faire semblant ? Non : ça fait deux ans que les mecs se mangent des fajitas dans leur bureau sans rien faire. C’est… brillant. Autre truc pas du tout suspect : le non-enthousiasme de la chef à réagir. Surtout quand Alex Murphy rajoute :

"En plus, les armes que Vallon vend dans les rues : d’après les premiers éléments de notre enquête, elles viennent des scellés de la police, alors hein !"

Mais comme seule réponse, la chef répond que, bah, boh, tu sais, bon, finalement, hein, tout ça, c’est pas si grave, on verra.

Hmm… je crois que je viens d’identifier trois traîtres alors qu’on est même pas à 15 minutes de film, dites-donc. Subtil tout ça. Ou alors c’est moi qui suis super fort. On va dire ça, on en est qu’au début après tout.

Bref, cela étant dit, allons donc du côté de Washington où se tient une convention de sosies de Julien Lepers et… non ? Ah non, pardon : c’est juste Raymond Sellars, le PDG de l’OCP qui est en audition face au sénateur Dreyfus, le fameux auteur de la loi sur l’interdiction aux robots de faire la loi. Attention, dialogue :

"Est-ce qu’un robot peut avoir le droit de vie et de mort sur un humain ? Non, Monsieur Sellars !
- Ecoutez, nos robots sont super performants et le crime est descendu en flèche de 80% partout où ils ont été déployés."

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Moi j’aurais ajouté "Et si vous voulez, comme ils sont blindés, je pense qu’on doit pouvoir les faire désarmer les gens sans les tuer assez facilement.", mais bon, c’est toi l’expert pépère.

"J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
- Hé bien ils font…
- Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
- Hé bien… rien.
- Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain !"

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Attendez ? J’ai bien suivi ? Les mecs utilisent comme argument "les sentiments du robot" ? Le problème, c’est pas qu’il bute des marmots, c’est qu’il ne ressente rien en le faisant ? Mais qu’est-ce que… non mais le raisonnement est complètement moisi, on peut le retourner : et si un humain bute un gosse, c’est okay ? Parce qu’il a des remords, se met à boire pour oublier, devient alcoolo, tape sa femme et son gosse et finit clodo du coup, c’est donc tranquille Emile ? Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Je vais tout de suite être clair : le pire truc de ce film, ce sont les dialogues. Surtout ceux impliquant l’OCP : quelqu’un a dû manger des pages (dans le meilleur des cas), c’est impossible autrement, puisque comme nous le verrons, ils n’ont strictement aucun sens. Vraiment.

Au passage : Maître Windu, du Maître Windu Show, qui semble gémir "Regardez ma carrière… tueeeez-moiiiii…."

Toujours est-il que, justement, l’OCP après s’être avouée vaincue par les arguments surpuissants du sénateur Dreyfus (faut-il être mauvais), se replie et réfléchit à comment faire pour que le marché américain accepte enfin ses robots. On propose bien une nouvelle campagne de communication, ou encore plus de graissage de pattes de sénateurs, mais ça ne suffit pas. Raymond Sellars a alors une idée : il sait comment contourner le problème ! Je vous passe la scène absurde qui s’ensuit à base de "J’ai une illumination", toujours est-il que Raymond court dans les labos d’OCP pour trouver le docteur Norton, expert en membres cybernétiques. En effet, OCP est leader dans le domaine, tellement que Norton est même en train de montrer à un guitariste amputé des deux mains qu’à nouveau, il peut jouer finement et délicatement, comme avec ses anciens membres, à part du Julien Doré puisque même les membres cybernétiques ont du goût. Mais bon, ça suffit les conneries : Raymond est là et il veut expliquer sa grosse idée :

"Norton, je viens d’avoir l’idée du siècle !
- Arrêter la coke ?
- Non, non, mieux ! Vous savez, la loi Dreyfus ? Les américains veulent l’efficacité des robots mais la conscience des humains : j’ai la solution !
- Des drones ? C’est jamais que des robots, mais avec des humains qui prennent les décisions.
- …
- C’était pas ça votre idée ?
- Merde, non. Putain c’est même pas dans le script. Non, mon idée c’est… c’est mettre un humain dans un robot.
- Ha oui, c’est un peu con quand même. 
- Bon. Ecoutez, on va faire avec : sélectionnez-moi des candidats potentiels pour qu’on les colle dans un robot, allez hop !"

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Et après avoir été convaincu que cela aiderait plein de gens, Norton, qui est un gros gentil, accepte. L’équipe d’OCP propose donc divers candidats, et c’est reparti pour du dialogue raté.

"Bon alors on a le sergent Bob. Amputé des bras et jambes, mais devenu obèse : il ne tiendra pas dans le robot.
- Non. Suivant. 
- Ah bon, on sait concevoir un surhomme mais pas faire une liposuccion ?
- Votre gueule, Docteur Norton, tenez-vous en au script. Suivant, disais-je?
- Là, on a l’officier Black. Il est complètement paralysé et seul un changement de corps pourrait le sauver. Par ailleurs, nos enquêtes d’opinion sur des publics tests le mettent loin devant tous les autres en terme de popularité.
- Il est parfait, on le retient. Montrez-voir le suivant ?
- Le sergent Bigballs. Ancien chef du SWAT, il a perdu ses deux jambes mais incarne toujours un idéal de virilité coolos.
- Il me plaît. Norton, votre avis ?
- Son dossier dit qu’il est instable psychologiquement. Vu ce qu’on devra faire subir au candidat, mieux vaut éviter.
- Bon, hé bien alors il faudra attendre qu’un autre pauvre type se fasse dégommer."

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Attendez, attendez, sérieusement ? Vous avez dit il y a UNE SECONDE que l’officier Black était parfait en tous points, et que lui, il était pas amputé : il était paralysé, les membres cybernétiques ne pouvant le sauver, c’est donc en plus le seul qui a une VRAIE raison de se retrouver dans un robot. Vous avez même dit que vous le "reteniez" ? Je… oh, misère, rater ses dialogues à ce point, c’est quand même dramatique. Bon bin, retournons du côté de l’ami Murphy alors.

Alex Murphy est donc parti à l’hôpital visiter son bon ami Jack Lewis, pour lui promettre qu’il va botter le cul de Vallon et ses sbires. Oui mais voilà : ce qu’Alex ignore, c’est que les agents Débilou 1 & 2 sont déjà allés voir Vallon pour lui dire que l’incorruptible Murphy était toujours à sa poursuite, mais que si il voulait s’en débarrasser, il serait à l’hôpital aujourd’hui. Vallon a donc envoyé un homme placer une bombinette sous la voiture de Murphy, quel déconneur celui-là !

Aussi, lorsque Murphy remonte dans sa voiture…

… rien. Ah ? Bon, bon. Peut-être qu’il va le faire péter sur la route alors ? Mmmm… non, Murphy arrive chez lui sans souci. Bon, bin à l’arrêt du moteur peut-être ? Ah bin non plus.

J’ai dû louper un truc. Murphy, donc, rentre chez lui et retrouve sa charmante femme et son fils, et s’empresse de mener une vie de famille exemplaire avec eux parce que c’est un vrai héros parfait. Puis, la soirée avançant, on envoie le petit au lit, et chez les grands, on se dit qu’il serait bien temps de copuler un peu, là, comme ça, allez hop, tu te mets en slip-chaussettes s’il te plaît. Alors que nos larrons commencent à peine à se mettre en jambe avec des préliminaires comme le chameau volant ou la tornade du Bénin, voilà que l’alarme de la voiture se déclenche. Roooh. Relou. Murphy laisse donc Madame en plan et va donc tenter de couper le bousin, mais la télécommande ne marche pas, bordel de pipe. Il va donc tenter de couper tout cela manuellement, et en ouvrant la portière de la voiture…

BOUM !

Si c’était pour faire ça, pourquoi attendre aussi longtemps ? Nous ne le saurons jamais. Mais si ce n’était que ça !

Ah oui, okay. Donc les mecs se sont compliqués la vie à poser la bombe, la laisser sous la voiture des heures, attendre que Murphy soit chez lui puis, pour se marrer, ont piraté l’alarme du véhicule pour tout faire péter à ce moment là. Ça n’a strictement aucun sens, c’est génial. Madame la marchande, je vais reprendre du pop-corn au Xanax s’il vous plaît.

Résultat des courses : l’ami Murphy a été transformé en merguez. OCP repère donc son dossier et explique à sa femme que son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau, du coup, le chameau volant, il risque plutôt de rester à faire du roulis sur la piste. Ah bin oui, hein, c’est dur.

Pardon ? Oui, l’OCP, qui deux scènes plus tôt était le leader mondial de la prothèse cybernétique est en train d’expliquer que les bras ou jambes coupés, pfou, ils voient pas comment faire.

Tous les dialogues. Tous. Sans exception.

Bref, ils proposent à Madame Murphy une nouvelle procédure pour le sauver et lui donner une seconde chance. Et après une grosse hésitation, et puisqu’elle doit se décider vite, elle signe.

Murphy est donc plongé en plein rêve, persuadé que tout va bien, jusqu’au moment où il quitte ce songe merveilleux dans lequel il jouait à Twister avec Françoise Boufhal pour se retrouver dans un laboratoire, attaché à une sorte de chevalet futuriste, avec en lieu et place de Françoise le professeur Norton, qui porte quand même drôlement moins bien la blouse, marrant ça. Murphy, a moitié shooté, se demande donc ce que c’est que ce bordel.

"Gnu… où… où suis-je ? Où est ma femme ? Je me souviens que j’étais chez moi avec elle et que j’allais lui faire l’amour, et puis… le trou noir.
- Vos métaphores anales ne m’intéressent pas, Murphy. Toujours est-il que votre femme va bien, votre fils aussi et… vous aussi. Tenez : Simone, ouvrez les verrous de sa colonne et de ses bras."

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Un bruit mécanique plus tard, Murphy peut tourner la tête et bouger les bras, et constate que dis-donc, ils sont engoncés dans une sorte de grosse armure qui ne laisse dépasser que sa main droite.

"Qu’est-ce que… libérez-moi !
- Très bien, très bien : Simone, ouvrez les verrous restants. Murphy, essayez de faire quelques pas."

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Cliquetis, cliquetas, et hop ! Notre héros est libre de ses mouvements et confirme : il est bien bloqué dans une sorte de grosse armure qu’on refuse de lui enlever. Un peu bougon, il se met donc à courir partout pour essayer de fuir ce lieu où l’on veut le retenir, et gambade donc au travers du laboratoire futuriste, fuyant dans tous les couloirs avant de traverser un gigantesque atelier plein d’asiatiques, ce qui lui fait peur (pas seulement parce qu’il est un peu raciste) puisque ça voudrait dire que si ça se trouve, son armure est du Made in China, puis atteint l’extérieur où il découvre que non seulement il court désormais super vite, mais en plus, peut franchir le mur d’enceinte d’un seul bond. Ce qu’il fait avant de tomber… dans une rizière, au milieu des paysans, puisqu’en Chine, les usines super sensibles sont toujours installées au milieu des rizières, c’est comme ça, ça permet de manger bio à la cantoche. Norton, voyant que Murphy ne compte pas revenir, appuie donc sur le gros bouton "Dodo" et Murphy s’effondre donc lamentablement le temps que l’on vienne le récupérer.

Coup de bol, il tombe sur le dos. Sinon, j’imagine bien Norton "Allô, Raymond ? Oui, tu sais notre dernier projet ? Bah, il s’est endormi dans une rizière et s’est noyé dans 2 centimètres d’eau.  On a d’autres candidats ?"

Bref, Murphy se réveille à nouveau dans le laboratoire de l’ami Norton, qui tente de le calmer un peu.

"Murphy, nous avons commencé du mauvais pied tous les deux… hihih, mauvais pied… 
- …
- Non mais c’est parce qu’on vous a ampu… ho et puis merde, Murphy.
- Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
- Hé bien vous avez été victime d’une bombe, vous étiez tout brûlé, il vous manquait un œil, un bras, une jambe, 80% de votre corps était brûlé…
- Je veux me voir !
- Soit : Simone, faites sortir le gros miroir du sol."

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Scientifiques qui me lisez, si votre laboratoire n’a pas au moins un méga-miroir dans le sol, sachez que vous êtes dans un truc de gros nazes : c’est quand même évident que tout laboratoire sérieux devrait avoir ça. Toujours est-il que Murphy se voit enfin dans sa grosse armure, et Norton commande alors le démontage de celle-ci pour montrer ce qu’il reste de lui : et visiblement, pas grand chose, puisque plus l’armure s’en va, plus il y a de vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus… que la tête de notre héros, ses poumons et sa main droite (et encore, reliée par un vieux boudin en métal, il n’y a même plus de bras).

"Haaa ! C’est affreux ! 
- Je sais Murphy et…
- Qu’avez-vous fait ?
- C’est-à-dire que vous étiez dans un sale état comme je vous l’ai dit et…
- Non, c’est pas ça ! Pourquoi avez-vous bossé comme des charlots ?
- Pardon ?
- Bon sang ! Mon corps était brûlé à 80% et comme par hasard, mon visage, lui, est impeccable ! 
- Heu… on l’a refait avec notre super technologie ?
- Vous savez refaire la peau du visage mais pas celle des bras ou des fesses ? Vous aviez la technologie pour me soigner mais ne l’avez utilisée que pour me faire une jolie tête ? En plus même le mec de Robocop 1 dans les années 80 avait l’air plus crédible ! On voit bien que je suis juste un acteur avec un costume et une cagoule !
- Hem je… attendez… je suis sûr que…
- Et l’armure ! Bon sang, vous pouviez pas juste me mettre une exo-armure, justement ? Et remplacer les membres manquants avec de la cybernétique ? C’était moins cher et moins traumatisant !
- Non, je suis sûr que… qu’il y avait une excellente raison…
- Excellente raison qui ne marchait pas pour mon corps mais qui fait que vous m’avez quand même remplacé l’œil kaput justement avec la technologie en question ?
- Je…
- Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
- Votre autre main ?
- Noooon, pas exactement.
- Ho.
- Non mais… bordel, allez : remettez-moi mon armure. Et je ne veux même pas d’explication sur pourquoi les prothèses que vous filez aux guitaristes sont maniables et silencieuses quand votre armure qui est autrement plus élaborée bouge comme un jouet pour enfants. Vous m’avez remonté avec des pièces de R19 ou bien ?
- On va s’arrêter là pour aujourd’hui Murphy, d’accord ?"

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Ce film est dramatique. Rien n’a aucun sens. Et on est encore loin d’être rendus, c’est… je n’arrive même pas à m’expliquer comment on peut rater autant de trucs.

Jeu : l’un de ces deux films a eu un budget 8 fois inférieur à l’autre et 27 ans de plus. Sauras-tu retrouver lequel a fait un minimum d’efforts pour le maquillage de cyborg ?

Toujours est-il que Murphy a le droit à une petite vidéoconférence avec sa femme pour lui dire que hihihi, il va bien, il rentre bientôt, mais que là il a encore besoin de s’adapter à son nouveau corps, tout ça, sinon il va glisser sur le parquet à la maison et ça va être le bordel. Sur ces entrefaites, il est présenté à Maddox, le patron des robots chez OCP, qui évidemment, a la psychologie d’un chou, et encore, pas un chou frais frais, et passe donc son temps à insulter Murphy en lui disant que c’est une chose, pas un humain, quand bien même on lui a expliqué l’exact contraire. Le procès pour harcèlement n’est pas loin.

Ou celui au dialoguiste, vraiment.

On présente donc ses nouvelles armes à Murphy, que nous pouvons désormais appeler Robocop, je pense. D’abord, une mitraillette qui envoie de gros pruneaux, et ensuite, un taser qui envoie 12 millions de volts, mais ça va, tu le vis bien. Cela fait, on lui propose d’aller dans un simulateur reproduisant à la perfection un exercice, avec face à lui, un robot humanoïde EM-208 qui doit affronter la même simulation. Le résultat est sans appel : défoncer 12 terroristes et libérer 3 otages prend 48 secondes pour le robot, 53 pour Robocop.

Parce que l’humain, lui, réfléchit avant chaque action.

Exactement ce que l’OCP voulait.

Du coup, que se passe-t-il lorsque Norton annonce les résultats à l’OCP ? Hé bien l’ami Raymond s’exclame "Noooon ! Il est moins performant que nos robots, c’est un produit défectueux ! Corrigez immédiatement cela, docteur Norton !"

Dites les mecs, ça vous dirait de regarder votre propre film à un moment ? Non parce que je résume : la loi Dreyfus est contre les robots qui font la loi à cause d’arguments essentiels comme "Ça a pas de sentiments liés à ses actes".  Vous créez donc un humain robotisé justement pour cette raison. Le résultat est sans appel : les réflexions et les sentiments sont si présents qu’on peut même observer clairement la différence à l’exercice face à un robot. Et franchement, je pense que tout le monde se tape cordialement du fait qu’il mette 5 secondes de plus pour arrêter des terroristes si ces 5 secondes sont passées à faire des trucs comme réfléchir à ses actes.

Hé bien non. Chez l’OCP et ses dialogues honteux, on a pas compris et on commande un truc absurde.

Du coup, Norton se met au boulot et modifie un peu la programmation de Robocop. Et pour la présenter, il propose à Robocop d’affronter Maddox, qui est aussi un sacré militaire, accompagné d’environ 50 EM-208, le tout à balles réelles bien sûr, histoire de foutre en l’air le maximum de pognon. Et dire que dans la scène d’avant, un simulateur suffisait. Madame la marchande ? Oui, avec les pop-corn au Xanax, je vais prendre un Miko au Lexomil. Merci, vous êtes bien urbaine.

Bref : Robocop, qui a aussi eu le droit à une modification de son armure pour qu’elle fasse noir et cool suite à d’autres enquêtes d’opinion, colle une grosse branlée aux 50 robots qui l’attaquent comme il se doit par groupes de 1. Il finit même par taser le pauvre Maddox, qui est bien surpris et sent donc très fort le grillé, la défaite, et bien sûr le caca. Dans la salle de commande, Raymond et ses amis sont ravis et pas seulement à cause de leur scatophilie galopante : comment Norton a-t-il obtenu un résultat pareil ?

"Hé bien, je suis un personnage gentil mais là, j’ai décidé qu’en situation de combat, l’armure de Robocop prendrait le dessus. C’est donc une intelligence artificielle tout simplement encore plus performante que celle de nos robots qui combat à sa place et lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions. Et sitôt le combat terminé, lorsqu’il relève sa visière, c’est à nouveau Murphy qui est aux commandes et est persuadé qu’il a tout fait lui-même.
- Mais c’est génial Norton ! Vous êtes un gentil, mais menteur, manipulateur et sans éthique ! Un robot qui fait tout avec un humain dedans juste pour l’image… je suis sûr que ce n’est pas du tout un coup à se bouffer le procès du siècle ! Vite, on le ramène à Détroit, il est temps qu’il montre ce qu’il sait faire !"

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Et ni une, ni deux, Murphy est ramené à Détroit. Et a le droit d’aller visiter sa famille : tout le monde est un peu étonné de le voir ainsi, parce que ça va être moins pratique pour le chameau volant quand même, ils se sont un peu foutus du monde chez OCP. Mais bon, il est envie, alors c’est cool quand même.

Et puis au bout de 5 minutes, Murphy se casse, parce que oui, il rêve de revoir sa famille depuis des mois, mais en fait, bof. Et sa famille trouve ça tout à fait normal. Bin écoutez, évidemment, c’est bien naturel tout ça, allez hop, passons à la suite ! Non mais… bon. Il y en a tellement que tout relever est vraiment compliqué tant c’est navrant. Toujours est-il que Murphy part pour le commissariat où a été installé le laboratoire où il peut dormir pendant qu’on lui fait la vidange et les plaquettes de freins. Il y retrouve son coéquipier Jack Lewis, fraîchement rétabli et prêt à repartir pour la tatane. Consigne est donnée d’attendre le lendemain, où le commissariat va présenter officiellement Robocop à la population de Détroit.

Dès le lendemain, et 5 minutes avant la cérémonie de présentation, Norton travaille donc à… à…

… à faire une procédure expérimentale et dangereuse d’upload de toutes les bases de données de la police directement dans le cerveau de Murphy ? Mais ? Non mais arrêtez, vraiment ! Vous faites vraiment vos expériences 5 minutes (et je n’exagère pas : pendant qu’il joue avec son cerveau, les gens viennent leur dire "Vite, vite, le discours du maire va se terminer !") avant une présentation publique critique ?

Evidemment, ça ne rate pas : ça tourne mal. Toutes ces images de crimes (sans compter les Go de porn stockés sur les serveurs de la police) dans le crâne font que Murphy commence à délirer un peu, surtout lorsque les images des caméras ayant filmé l’explosion de sa propre voiture arrivent. Il les consulte en boucle sur sa super interface visuelle, et comme il fait vraiment une grosse crise, Norton décide de modifier sa chimie cérébrale jusqu’à ce qu’il ne ressente plus la moindre émotion. Ce qui fonctionne  : Murphy se calme, et sitôt mis sur pieds, il s’exprime comme un cyborg, ignorant jusqu’à son bon ami Lewis et même sa famille qui l’attendait dans un couloir voisin. C’est pas très très sympa, Robocop, à mon avis tu vas coucher sur le clic-clac cette nuit.

Sauf qu’en arrivant sur l’estrade où le maire et les officiels de la police l’attendent devant une foule en délire, Robocop se comporte encore plus étrangement.

En effet, il scanne en effet la foule, et comparant le tout avec sa base de données nouvellement téléchargée, y reconnait Zug l’éventreur, un criminel recherché pour meurtres et autres trucs peu ragoûtant, en cavale depuis 6 ans.

Et oui, le mec en cavale depuis 6 ans a décidé de se pointer à l’inauguration de Robocop.

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"Je t’arrête, Zig l’Eventreur ! Et j’espère que ton complice viendra au bal de la police !"

N’en jetez plus, je ne vois même pas comment on peut continuer à s’enfoncer. Faisons confiance à Roboscript, qui dépasse tous les humains dans le domaine (c’est un scénariste qui a survécu à l’explosion de son stylo Bic et à demi défiguré, a été reconstitué à partir de morceaux d’Amiga 500).

Autant vous dire que Robocop fend la foule et tombe sur le coin du nez de Zug l’éventreur, lui tasant sévèrement les roudoudous avant de l’arrêter et de lui lire ses droits. Du coup, le soir même, au Maître Windu Show, c’est un peu le Eugène Saccomano Show, avec un sacré enthousiasme à base de "Holololololo, comment Robocop il a défoncéééééééééé le crimineeel ! La police doit être dééég’ ! Et le sénateur Dreyfus, bouuuuh comment il s’est trop planté : whololololooooooooo les robots, ça déchiiire !". Etc.

Du coup dans les jours qui suivent, Robocop se voit confier un solex (avec des néons en dessous, typique des véhicules de la police, c’est connu, même un véhicule ils le ratent, ils sont forts) et va faire la justice sur sa mobylette. Grâce à la base de données de la police et les caméras situées partout en ville, il peut ainsi localiser les criminels ou leurs complices très facilement, et donc remonter les filières à coups de tasers, de main dans la gueule et d’acrobaties en moto. Et les méchants n’y résistent pas.

D’ailleurs, notez bien un truc : tout le monde est sur le cul parce que Robocop est super efficace. Mais aux dernières nouvelles, les caméras qui apparemment font de la reconnaissance faciale ainsi que la base de données de la police étaient là avant lui. Du coup, le point fort de Robocop, c’est qu’il n’y a que chez lui qu’on a installé un ordinateur qui recoupe les deux. En fait, depuis des années, la police de Détroit avait l’outil ultime mais n’avait juste pas pensé à s’en servir : on regardait les caméras OU la base de données. Alors que chacun sait que rien qu’aujourd’hui, même un vulgaire utilisateur des forums HFr sait croiser le "topic des images étonnantes" avec la "base de données des actrices pornos" pour faire son marché. Bon, ça ne fait pas baisser la criminalité, par contre l’industrie du sopalin a compris depuis longtemps que c’était une chouette idée.

On en conclura donc naturellement que la police de Détroit est un peu moins rusée que l’industrie du sopalin, mais là n’est pas le sujet.

Puisqu’un jour que Robocop sort du commissariat sur son solex étincelant, voila-t-y pas que sa femme surgit au milieu de la route.

"Alex ! Alex, c’est moi, ta femme ! Tu dois me parler.
- Circulez citoyenne ou je vous tase la gueule puis je fais des acrobaties en mobylette.
- Alex, regarde-moi ! Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait… on dirait qu’ils ont supprimé tes sentiments, et du coup, ils m’empêchent de t’approcher pour ne pas que je t’aide à les retrouver ! Alex, ton fils a besoin de toi ! Il est traumatisé par tout cela !"

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Robocop a tous les processeurs qui tournent à fond les ballons : qu’est-ce que ces que ces carabistouilles de civile ? Il consulte donc sa base de données et observant les vidéos de l’école locale, voit en effet son fils qui a l’air assez malheureux sur celles-ci. Robocop décide donc de laisser tomber les appels de détresse en cours : il a un truc à faire, désolé mamie qui se fait tabasser ou à toi qui découvre l’ambiance chaleureuse d’une cave avec des petits camarades aussi nombreux que turgescents. Il démarre donc sous le nez de sa femme sans dire un mot, et du côté du laboratoire d’où on suit les performances de Robocop, tout le monde s’affole : le bougre est en train de voir ses sentiments revenir ! La machine ne peut vaincre l’homme qui est dedans ! Le policier d’acier se rend donc chez lui, où des souvenirs de son passé lui reviennent doucement, pendant qu’il sort de sa super mémoire tous les dossiers concernant l’attentat qui a fait de lui ce qu’il est.

Et il décide donc de reprendre l’affaire. Fuck yeah.

Pour commencer, il va voir Débilou 2, à qui il éclate le museau afin d’obtenir des informations : où se planque Vallon ? Il sait qu’il est ripou, alors parle, mécréant ! Débilou 2 explique donc qu’il ne sait pas où est Vallon mais a le numéro de téléphone de son chauffeur. Robocop laisse donc Débilou 2 partir puis utilise le numéro pour localiser le vilain, et donc probablement Vallon qui doit être avec. Puis il enfourche sa moto, allume les phares et…

Et…

On était en plein jour, non ? Robocop venait de prendre son service, nous étions en matinée… bon, bin il fait nuit. D’accord, encore une fois : grosse qualité, vraiment. Rappelons que le premier Robocop a coûté 13 millions de dollars, celui-ci, 100. Et malgré tout, il arrive à contenir infiniment plus de trucs complètement ratés : on va dans le bon sens. Enfin : Robocop part donc faire le zazou en solex, et file donc droit vers un entrepôt où le téléphone du chauffeur de Vallon a été localisé. Vallon qui reçoit justement un coup de fil qui le prévient que Robocop arrive : aux armes !

"Bon, les gars, tout le monde s’équipe et vite ! On a le nouveau flic, là, Robocop qui arrive vers nous ! Quand je pense que Débilou 1 & 2 m’avaient dit que jamais il ne remonterait jusqu’à moi… bon, écoutez, mes taupes chez la police me disent que l’armure du bonhomme résiste à tout ce qui est en dessous du 50 mm, donc tirez au gros calibre et visez la tête, puisque ses concepteurs lui ont étrangement mis une visière au lieu d’un casque complet ! Et n’ont pas pensé à couvrir sa main droite, d’ailleurs ! Ils devaient être un peu cons.
- Alors que nous, on l’est pas, hein chef ?
- Ça non ! J’ai même un super plan : on est des humains, c’est un robot…
- Oui ?
- On va donc éteindre toutes les lumières et mettre nos lunettes de vision nocturne : ce sera un peu moins pratique pour nous, mais je suis sûr que les robots ne voient pas dans le noir !"

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… ceci n’appelle même pas de commentaire, je crois.

De toute manière, Robocop a une visière qui brille pour que ceux qui n’auraient pas la vision nocturne sachent où tirer. Sympa, vraiment.

Bon bin, comme ils sont dans le noir et avec une visibilité réduite malgré leurs accessoires et que Robocop se moque vaguement de la luminosité, il leur colle une branlée comme il se doit, et tue Vallon dans l’affaire, qui n’était pas chaud-chaud pour se rendre de toute manière. Il en profite pour analyser l’arme que portait Vallon avec son super scanner : il y a dessus… les empreintes de Débilou 1 & 2 qui prouvent que ce sont bien eux qui faisaient sortir des armes des scellés de la police ! Robocop repart donc vers le commissariat sur son fidèle destrier et va y trouver son copain Jack Lewis, tout heureux de voir que Murphy a retrouvé ses sentiments et donc, son humanité.

"Viens voir, ça va être intéressant !"

Ils vont donc dans le bureau de Débilou 1 & 2, comme toujours occupés à manger des fajitas et diffuse pour les humilier sur tous les canaux publics les preuves qu’il a contre eux comme… que… ho… non… la conversation enregistrée de Vallon et Débilou 1 & 2 parlant de tuer Murphy peu avant l’explosion de sa voiture ? C’était une caméra d’un lieu public, et les deux flics ripoux depuis des années n’ont pas pensé à, par exemple, chercher ce genre de données pour s’en débarrasser ? Sachant qu’ils avaient dit plus tôt dans le film que si, justement, c’est exactement ce qu’ils faisaient ? Bon, vous en voulez encore ?

Alors accrochez-vous, c’est pas fini.

Après avoir arrêté les deux bougres en direct et leur avoir tasé la gueule, il se rend dans le bureau de Karen, sa chef, et la menace elle aussi de son arme en lui expliquant : il a remonté le numéro de téléphone qui a prévenu Vallon. C’est le sien. C’est donc pour ça qu’elle ne faisait – très discrètement – rien contre Débilou 1 & 2 ou les vols de scellés : elle était avec eux !

Et puis là, pouf.

C’est parti pour encore plus de non-sens : soudain Norton se dit que c’est super dangereux tout ça, que Robocop risque de la tuer pendant qu’il diffuse toujours en direct ce qu’il voit, et donc, il appuie sur le bouton "Dodo" de Robocop.

Mais arrêtez, arrêteeez ! Ça n’a aucun sens ! Pourquoi il l’aurait tuée sachant qu’elle avait été moins impliquée que Débilou 1 & 2 qu’il a juste tasés ? Hein ? Il était en train de l’arrêter en direct !

On est plus à ça près. Robocop est donc transporté jusqu’à son laboratoire pour se reposer un peu, pendant qu’au Maître Windu Show, c’est la grosse folie : Robocop a résolu sa propre tentative de meurtre et découvert des gens corrompus chez les agents de la maréchaussée… ce qui ne serait jamais arrivé à des robots ! Tout ça est excellent pour les partisans du déploiement des robots sur le territoire !

Chez OCP, on fait donc une petite réunion : cette semaine, les nouvelles ont été bonnes : depuis l’arrivée de Robocop, le sénat s’est complètement retourné et a voté pour virer la loi Dreyfus. OCP va donc pouvoir déployer ses machines sur tout le territoire ! Et puis quand même, cette histoire de Robocop qui prouve que les humains sont moins fiables que les machines… non, vraiment, c’est super. Même s’il a agi de son propre chef. Du coup, il y a ce dialogue merveilleux :

"C’est un héros. Et vous savez ce qui est plus grand qu’un héros ?
- … (NDlOC : un super héros?)
- Un héros… MOOOOOORT ! Maddox : allez tuer Robocop ! Je mets au courant Norton. Et dites à Mme Murphy de venir ici, on lui dira qu’il est mort lors d’une crise parce que c’était un prototype."

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POURQUOI ? POURQUOI ? ARRÊTEZ CE FILM, JE VEUX DESCENDRE ! TOUS les événements prouvent que Robocop va clairement dans votre sens ! Vous faites super attention à votre image ? Tout le monde l’adore ! Il agit de son propre chef ? C’est pour mieux montrer qu’il surpasse les humains et donc ça vous sert ! Arrêteeeez, écoutez-vous parler, vos dialogues n’ont aucun sens !

Il n’empêche que Madame Murphy, elle, reçoit un appel de OCP où l’ami Raymond l’invite à lui rendre visite avec son fils et lui annonce le décès d’Alex Murphy, alias Robocop, disant qu’il est mort, comme ça, pouf,  c’est vraiment trop ballot, maintenant t’es gentille et tu dégages. Pendant ce temps, au laboratoire de Robocop, deux militaires sont là pour tuer Murphy. Mais ? C’était pas à Maddox de le faire ? Bon, on va dire qu’ils bossent pour Maddox qui leur a dit de très discrètement, menacer tout le monde avec des fusils d’assauts en attendant qu’il arrive, comme ça, ce sera super discret. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur : j’essaie de sauver le film, là, mais j’ai du mal même en extrapolant.

Heureusement pour Robocop, Norton, qui n’a guère apprécié le plan de l’OCP, décide de sauver notre héros d’acier : il le réveille donc pour qu’il colle sa branlée aux deux militaires, puis l’informe que l’OCP veut le tuer. Il n’en faut pas plus à Robocop pour partir en mission au QG local histoire de tataner Raymond Sellars, le PDG qui a commandité l’affaire. Et non, il ne demande pas de preuves : on le réveille, on lui dit "Tue ces gens, là, ils sont méchants et ensuite va tuer le mec là-bas" : il le fait. Il est bien brave ce Robocop. Voilà voilà.

A l’OCP, l’alarme est donc sonnée : Robocop est vivant et arrive ! On déploie donc les ED-209 pour qu’ils l’empêchent d’entrer, mais bon, Robocop étant fort, rapide, et accessoirement le héros, il s’en débarrasse bien vite et se fraie un chemin dans les hauteurs du bâtiment. Il est en plus appuyé par un véhicule du SWAT mené par Jack Lewis venu aider son coéquipier. Et qui plutôt que de dire "Les mecs, c’est la police, on prend le contrôle du bâtiment, coupez la sécurité" décide plutôt de se battre contre l’OCP avec sa kikounette et son couteau. Pourquoi, sachant que tu as l’autorité pour ne pas avoir à le faire ? Trop de pourquoi depuis le début de ce film. Passons au comment.

Comment nos héros progressent-ils donc ? Au fusil. Vont-ils vite ? Plutôt, oui. Ça se passe bien ? Pas forcément, surtout lorsque surgit Maddox (que Robocop avait croisé sur la route en fonçant vers l’OCP, mais visiblement, le bougre a trouvé le temps de revenir, de passer devant Robocop sans se faire voir, d’aller se changer pour mettre son armure et de revenir l’attendre sur son chemin ou alors, il s’est téléporté parce que ce film est écrit avec un étron comme stylo – j’ai été clair, le bic a défiguré le premier scénariste, suivez un peu). Parce que voyez vous, l’ami Maddox porte l’un des fameux bracelets rouges qui font que les robots le protègent… et donc que la programmation de Robocop l’empêche de lui tirer dessus !

Maddox sait que Robocop est là : il a entendu "LA BASE DE DONNEES DES VIRUS A BIEN ETE MISE A JOUR" venant de derrière un poteau

C’est ballot.

Heureusement, Jack Lewis arrive et d’un pruneau bien placé, tue Maddox. Mais se fait plomber en retour par les méchants. Robocop se penche donc sur lui après avoir tué le dernier malandrin.

"Ta blessure n’est pas mortelle. Une ambulance est en route.
- Pourquoi… ai-je encore pris une balle ?
- A) Tu es mon meilleur pote B) Tu es noir C) C’est un blockbuster, tu croyais que…
- Oui mais deux fois le même poncif, faut en vouloir pour le faire dans un seul film. Et puis, ta gueule en fait, continue sans moi."

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Robocop arrive donc au sommet de la tour de l’OCP où se trouve un héliport, et où attendent quelques gardes, Raymond Sellars, et en otage, la famille Murphy.

"Tu n’aurais jamais dû venir ici, Robocop ! Je t’ai créé, je peux te détruire !
- Raymond Sellars, vous allez me suivre, mort ou vif !
- Meuheuheu, regardez, regarde ! J’ai un bracelet rouge moi aussi, tu ne peux rien me faire ! Quel dommage que mes gardes n’en aient pas eu ou même mes propres robots entre eux ! Maintenant que j’y pense c’est… mmm… non, c’est sans importance."

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S’ensuit le discours habituel du méchant qui explique qu’il va gagner, que tout est fini, etc. Sauf que Murphy n’étant pas complètement machine, sa part d’humanité et donc de jeune ado rebelle dans le vent lui permet de surmonter la programmation et il parvient à tirer sur le pauvre Raymond – c’est étonnant – et donc à sauver sa famille. Raymond a le temps de lui tirer dessus avec un pistolet rikiki en s’effondrant, et si jusqu’ici Robocop a survécu a une pluie d’obus, le tout petit pistolet l’envoie direct au sol. Robocop est-il mort ? Ce film est-il une blague ?

Evidemment que non (en tout cas, pour la première question) ! Sauvé par Norton, et son armure réparée et revue pour être grise et ornée du logo de la police de Détroit, il est déjà prêt à reprendre du service : tremble, crime !

Et pendant ce temps, au Maître Windu Show, on râle : suite à ces événements, le gouvernement américain vient à nouveau de refuser le déploiement de robots sur son territoire : tant pis pour les profits de l’OCP ! Pardon ? Cette décision ne devrait avoir aucun rapport avec les derniers événements, puisqu’aucun robot n’a merdé aux dernières nouvelles, au contraire ? Allez, une incohérence de plus pour la route !

C’est donc sur le visage d’un Maître Windu grognon que tout vire au noir (je t’ai vu ricaner, au fond) et…

… FIN !

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"Où… où suis-je ?"

Berthier ouvre péniblement les yeux, aveuglé par la lumière des néons au-dessus de lui. Bientôt, il voit se pencher sur lui le visage bienveillant du PDG d’Odieux CorP, un cigare en bouche.

"De retour dans le monde des vivants Berthier ?
- Vous ? Mais… c’est impossible, je suis mort !
- Hahaha, si vous parlez de cette histoire avec le DIEGO-209, c’est oublié. 
- Mais où est-il ? Il faut l’arrêter !
- Bof, ça c’est fait tout seul. On l’a envoyé à Hollwood comme prévu, il y avait trop de mauvais goût : il est tombé à court de munitions, au bout d’à peine deux minutes. 
- Ho et… mais attendez, je ne sens pas mon corps !
- C’est normal. Vous étiez dans un état lamentable quand nous vous avons récupéré. Heureusement, le gouvernement français nous a proposé un partenariat pour créer un policier… parfait. Avec leur financement et nos connaissances, vous donner une seconde chance a été un jeu d’enfant."

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Berthier roule ses yeux dans toutes les directions, essayant de voir ce qu’il est advenu de son corps. Notant son inquiétude, le PDG le rassure aussitôt.

"Vous êtes une sacrée machine de guerre, Berthier : armure en plastique recyclable, armature en fer forgé, Bi-bop intégré, connexion Minitel illimitée, vous allez montrer ce que c’est que le savoir faire français !
- Mais… je… je ne peux pas affronter le crime avec…
- Le crime ? Mais non regardez : vous avez une petite imprimante sur le torse qui vous permet d’imprimer des PV. Vous avez accès à la base de donnée de tous les parcmètres, et regardez, le truc rigolo : si je bouge ma main très vite devant vous…
- FLASH
- … et voilà !
- Je… est-ce que mon œil droit vient de vous flasher ?
- Radar intégré ! Vous êtes désormais l’outil ultime de la loi et de l’ordre en France, vous êtes…"

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Il laisse, comme à son habitude, la phrase tourner pour mieux la savourer, puis la conclut :

"…MUNICIPAL ROBOCOP"

Et Berthier s’évanouit dans un long gémissement se mêlant à la sonnerie de son Bi-Bop.

Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur "Comment savoir si une femme est intéressée ou non"  avec "les nouveaux hommes", un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec "Comment aborder un groupe de filles ?" avec "Art de Séduire", le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : "L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013" du site… bon, c’est marqué dessus, donc "Seduction By Kamal"

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage "On a trop une classe digne de James Bond". Il faut bien évidemment lire "On a trop une classe digne d’un script de James Bond", ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site "Les Nouveaux Hommes", tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite "J’ai les fruits <3" (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de "l’indice auditif". Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction "un sprint en hurlant", on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit "fermée", là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant "Prends-moi toute !" (de manière générale, elles crient relativement peu "Prends-moi moitié" de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant "C’est pas possible d’être aussi con". Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects "pratiques" et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre "jambe la plus haute" et "jambe la plus longue", auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans "Ecoute, Maurice, on va juste rester amis." ou "Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène", on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

"L’amour est dans le sac" comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait "Haaaaaaaaaan" en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

"Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre !"

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Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. "Accident de voyageur", tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de "Starbucks"), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

"Maîtriser", rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies "Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi !" nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire "Art de Séduire", pas "Statistique de la Misère".  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme "Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ?" avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit "Contracter la lèpre, c’est facile." histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme "Soyez intéressant" : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font "Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme…"

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est "Non, tu es juste une merde." (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que "-fiant" était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un "cockblock" sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore "C’est une soirée entre filles", mettez-vous à hurler très fort "LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !". L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération "Un tricycle pour Michel" leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter "Looool !" à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une "mooncup", ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase "Alors, tu kiffes les tampax ?" soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la "police des décibels qui craint son orgasme" ou le "débat sur la mooncup" d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : "Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ?" Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme "je kiffe bien Gwendo", elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est "maîtrisée" donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

"L’histoire de me brûler vif & la trahison"

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de "Séduction by Kamal", qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense "C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer". Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton "ralenti". Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur "Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine" a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys "pour se détendre".

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire "Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien."

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de "300" qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

"Cette affaire est de plus en plus étrange…"

Le commissaire tira mollement sur sa pipe en observant les objets étalés sur la table devant lui, alors que crépitait à son côté le flash de l’appareil du célèbre journaliste Loïc Laine.

"Vous n’avez pas l’ombre d’une piste commissaire ?
- Hé bien, si, en quelque sorte… nous avons trouvé dans la chambre d’hôtel du tueur de scénaristes que nous recherchons une clé USB qu’il aurait oublié dans sa fuite. Il y a une étrange vidéo dessus, j’espérais que nos profilers pourraient en tirer quelque chose, mais dans l’immédiat, ils sont perplexes.
- Ce qu’il vous faudrait, c’est un expert qui… ho, regardez, là haut !
- Est-ce un Messerschmitt ?
- Est-ce un aigle royal ?
- Non ! C’est SUPER SPOILER !"

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Les deux hommes s’écartèrent pour faire place à la silhouette volante qui passant par la fenêtre du commissariat, vint se poser entre eux, sa cape claquant au vent quand bien même aucun courant d’air ne semblait parcourir la pièce.

"Bonjour commissaire, bonjour Loïc. Alors, encore un mystère sur les bras ? 
- Super Spoiler ! Ho ça alors, on avait bien besoin de vous !
- Loïc a raison Super Spoiler, nous avons une grosse affaire sur les bras. Je… par contre je me disais juste…
- Oui commissaire ?
- Vous pourriez éviter d’avoir vos initiales sur le torse ?
- Quoi ? C’est pas chouette ? En plus je me suis emmerdé à les faire faire sous forme de petits éclairs pour faire plus héroïque. Je ne ne vois pas le problème.
- Moui. Bon, passons à notre affaire si vous le voulez bien : de mystérieux scénaristes sont retrouvés morts de honte un peu partout ces derniers temps. On pensait avoir coincé celui qui leur fait ça, mais il s’est échappé avant qu’on ne découvre sa véritable identité. Par contre, on a trouvé cette vidéo, nul doute que ça ne résistera pas à votre expertise."

0

Le commissaire appuya sur une touche du petit ordinateur portable ronronnant devant eux et éteignit les lumières de la salle pour plonger leur petite équipe dans l’ambiance. Bientôt, des images apparurent sur l’écran.

- – - – -

Une mégalopole, quelque part, alors que des files de voiture sont coincées dans les embouteillages. On entend des bruits de klaxon.

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Nous avons tous peur de l’obscurité."

*bruit sourd de tambour*

Des gens allant et venant dans les rues, une ou deux personnes en train d’en venir aux mains sur un trottoir

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Et lorsqu’elle vient, nous sommes tels des enfants face à un cauchemar."

*bruit sourd de tambour*

Une gigantesque ombre commence à couvrir la ville, les gens dans les embouteillages sortent de leurs voitures pour regarder au-dessus d’eux, inquiets, alors que dans les rues, des doigts pointent quelque chose dans le ciel.

*bruit sourd de tambour, puis accélération progressive de celui-ci*

*voix off de vieil homme* "A cette exception près : nous n’avons pas de parents vers qui nous tourner pour les chasser."

Plan sur un immense vaisseau au-dessus de la mégalopole, un titanesque canon se chargeant au-dessous de celui-ci avec moult effets lumineux et sonores, avant de tirer au cœur de la cité un rayon lumineux qui désintègre littéralement les immeubles alentours. Partout en ville, les spectateurs de ce massacre s’enfuient, quittant leurs véhicules en hurlant et poursuivant avec le reste de la foule à pied. Une femme portant son enfant dans les bras s’effondre, bousculée par la foule, alors que derrière-elle le rayon lumineux destructeur se rapproche.

*bruit très sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Mais c’est aussi dans l’obscurité que se révèlent les lumières que nous ne remarquons pas le jour."

Plan sur la femme et son enfant, une main se tend vers elle. "Montez dans ce taxi si vous voulez vivre !"

WARNER BROS PRESENTE

Plan sur une salle du pentagone avec quantité de gradés autour d’une table, musique récupérée au box-office en fond

"Messieurs, ce matin à 11:17, nous avons perdu le contact avec notre plus grande cité de la côte est, nos morts se comptent par milliers et l’ennemi a cloué notre aviation au sol."

Bref plan sur des avions de chasse s’écrasant contre les défenses de l’énorme vaisseau survolant la cité.

"Nos commandos n’ont pas la puissance de feu pour venir à bout de ce monstre, et l’engin tire sur tout ce qui essaie de rentrer ou sortir de la ville. 
- Qu’allons-nous faire général ?
- Nous allons devoir compter sur un homme déjà à l’intérieur.
- Mais qui ?"

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Plan sur un homme en tenue rouge et bleue, la mâchoire serrée, regardant d’un air déterminé vers le ciel alors que les gens paniqués continuent de courir autour de lui.

"Nos satellites ont repéré un homme qui ce matin a sauvé à lui seul plusieurs centaines de personnes grâce à son taxi. 
- C’est un ancien de chez nous ?
- Non. C’est un homme nouveau."

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Une plaque de chauffeur de taxi est jetée sur la table, le visage du héros y est visible, un bonnet bleu vissé sur le crâne. On peut lire "Oui-Oui" à côté.

OUI-OUI BEGINS

*Lancement d’une musique épique avec des chœurs en latin*

Plan sur une station essence explosant.

CET ETE

Plan sur un type à demi-calciné mourant dans les bras de Oui-Oui.

"Oui-Oui… tu dois… 
- Gendarme, ne parlez pas, je vais vous emmener à l’hôpital, gardez espoir !
- Il est trop tard Oui-Oui… tu ES notre espoir… Nestor Bouboule… il a kidnappé Potiron… j’ignore pour qui il travaille…
- Accrochez-vous Gendarme !"

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*La musique continue*

TOUT

Plan sur Oui-Oui zig-zaguant à bord de son taxi entre des explosions. Oui-Oui distribuant des mandales à divers malandrins qui profitent du chaos pour essayer de s’en prendre aux honnêtes gens. Oui-Oui tendant la main à une jeune femme, les yeux larmoyants, alors qu’elle va glisser d’une corniche dans la ville dévastée.

VA

Plan sur un immeuble explosant

COMMENCER

Plan sur un carambolage sous une pluie de cendres.

Plan final sur Oui-Oui, le visage sanglant, au milieu d’une salle futuriste ressemblant fort à la passerelle d’un vaisseau. Il a l’air très en colère.

"Bonsoiiir, Oui-Oui…
- Ouiiii… bonsoir !
- Sournois. Finaud. 
- Tu es seul Oui-Oui… tu es perdu.
- Je ne suis jamais seul. J’ai mon taxi."

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Plan sur le taxi de Oui-Oui traversant l’immense cockpit derrière-lui, la scène est coupée brutalement pour laisser place à un écran noir. Dans un bruit infernal, de grosses lettres viennent s’y poser jusqu’à écrire

OUI-OUI BEGINS

http://www.ouiouibegins-lefilm.com ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – - – -

Le commissaire tira un peu plus fort sur sa pipe, comme s’il essayait de surcharger ses sens de tabac pour en chasser le dégoût qu’il venait de ressentir. Il se tourna vers le super héros à son côté.

"Alors Super Spoiler ?
- Ah non mais c’est facile : prendre n’importe quelle licence et tenter de lui donner un côté dark moisi, c’est du Christopher Nolan.
- Bon sang, vous êtes sûr ?
- Certain.
- Alors vous devez agir vite, Super Spoiler ! J’ai entendu dire que le bougre présentait le dernier film qu’il a écrit et produit, "Man of Steel", au cinéma local !
- Diantre, je dois y aller !"

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Super Spoiler étendit ses bras et s’envola en faisant tourbillonner l’air autour de lui, obligeant le commissaire et le journaliste à ses côtés à se protéger alors que tous les papiers de la pièce se mettaient à tourner autour d’eux dans la confusion la plus totale. Lorsque le dernier document eut achevé son vol, Loïc Laine leva les yeux.

"Tout de même, je me demande bien qui est Super Spoiler. Vous pensez qu’il est comme Superman et porte des lunettes le jour ?
- Ah non, il est encore plus extrême : lui, il porte carrément des lentilles de contacts."

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Et sans un mot de plus, tous deux prièrent silencieusement pour que Super Spoiler aille s’occuper de Man of Steel.

Le film est-il une énième tentative de rendre sérieux un héros qui ne l’est pas ? Comment l’incontournable question du slip de Superman a-t-elle été gérée ? Un seul dialogue a-t-il été réussi ?

Allons voir promptement : spoilons, mes bons !

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L’affiche. Pas d’explosion en vue ? Ni de cendres ? Ni de flammes ? Ah, attendez, peut-être que ce film est bien, en fait (faites semblant d’y croire, chenapans !).

Notre histoire débute sur la lointaine planète de Krypton, alors qu’une femme est occupée à pousser fort : la bougresse est en effet en train d’accoucher sous le regard ému de son mari, Jor-El, tellement content à l’idée de ne plus avoir de nuits et de changer des couches. Bientôt comme dans tout accouchement de mauvais film paraît un enfant tout propre et sans cordon ombilical qui présente tous les attributs d’un garçon (comprendre : il a une bière à la main) : Kal-El. Ce nouveau né fait la joie de ses parents, mais hélas, Krypton ne connaissant pas le congé paternité, Jor-El est bientôt rappelé à ses activités, à savoir scientifique de Krypton. Et quand je dis scientifique de Krypton, ce n’est pas pour dire qu’il est scientifique : non, c’est visiblement le seul du coin, puisque durant tout le film, qu’importe de quoi on parle : c’est Jor-El qui l’a fait. Si vous ne saviez pas dire "Mac Gyver" en kryptonien, c’est désormais chose faite.

Bref : Jor-El se rend au grand conseil de Krypton pour expliquer à celui-ci, en substance, que c’est la merde. En effet, à force de consommer toute l’énergie de la planète pour leur civilisation, nos amis kryptoniens ont rendu son noyau instable, et le bougre menace de péter d’un moment à l’autre. Jor-El supplie donc le conseil de lui confier le codex, une relique contenant tous les codes génétiques pour reproduire la civilisation de Krypton ailleurs, afin d’essayer  de la sauver. Car en effet, sur Krypton, on a oublié comment on faisait les bébés (on ne sait plus trop ce qu’il faut mettre dans quoi, on a bien fait des recherches, mais une fois Jor-El est resté coincé 6 heures dans l’oreille de sa femme, depuis on a arrêté), du coup dans le doute, on les produit en série dans des cuves. Avec le code génétique et les cuves, il est donc possible de refonder Krypton ailleurs, hop !

"Certes, Jor-El, votre sagesse est grande.  Mais sinon, on pourrait pas juste se barrer avec des vaisseaux ? Non parce qu’on est un peu une civilisation qui voyage dans l’espace quand même.
- Grand maître Obvi-Ous, il n’y a plus de temps pour ça ! Donnez-moi le codex et Krypton pourra vivre !
- D’accord mais comment ?
- Hé bien heu… par exemple en l’envoyant avec des codes génétiques ailleurs avec l’aide d’un, disons… vaisseau spatial ?
- Attendez, c’est moi où vous venez juste de… AAARGH !"

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Le pauvre Obvi-Ous est hélas arrêté en plein pointage d’incohérence par un coup de pistolet désintégrateur dans la margoulette qui l’empêche quelque peu de poursuivre sa conversation. Car ce n’est pas Jor-El qui a tiré mais un groupe de nouveaux arrivants l’air hostile, commandés par le terrible général Zod.

"Ça suffit maintenant ! Krypton n’a plus le temps pour vos discussions ! Il faut agir : donnez-moi le codex ! Jor-El, écarte-toi !
- Que veux-tu faire du codex ?
- Je vais m’en servir… pour faire renaître notre civilisation ailleurs ! 
- Alors ça, JAMAIS !
- Mais attends mec, tu viens d’expliquer que c’était exactement ton pl…"

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Pendant que les spectateurs sont encore en train de se demander comment on peut faire aussi mauvais dès les premières minutes, Jor-El bouscule Zod et tente de fuir sa troupe pour aller chercher le codex, qui est rangé dans une salle évidemment non gardée. Après s’en être saisi, Jor-El s’enfuit sur son dragon volant pendant qu’il est poursuivi par les vaisseaux des méchants. Car oui, comme lui il est gentil, il chevauche des animaux mythiques gentils pendant que les vilains ont des vaisseaux qui font bziou bziou et gruwululu. Je pense que dans la première version, il s’enfuyait sur une licorne majestueuse, mais quelqu’un s’est dit que ça allait se voir, là, quand même. Du coup, on a aussi retiré le passage où on explique qu’il vit dans un champignon gardé par un lapin soyeux. N’empêche, essayez autour de vous : allez voir quelqu’un qui n’a pas vu le film et dites-lui "Franchement, dans Man of Steel, j’adore la scène où Russel Crowe chevauche un dragon", il y a 97% de chances qu’il ait l’air terrifié et se demande ce que vous avez bien pu voir, mais si, si, c’était bien Man of Steel.

Bref : toujours est-il que Jor-El fonce à son domicile pour y retrouver sa dulcinée, qui voulant éviter que son fils finisse sa vie à peine commencée avec Krypton, a déjà trouvé une planète où envoyer son marmot : la Terre. Celle-ci a une population un peu primitive mais qui pourra prendre soin de l’enfant, même s’il sera forcément rejeté pour sa différence (sauf si par le plus grand des hasards, il venait à atterrir dans un coin de la planète où la population est aussi blanche que lui et où il peut parfaitement se fondre). Jor-El bidouille donc un truc avec le codex et son fils, colle le tout dans une fusée qui attendait chez lui (sur Krypton, la fusée sur sa rampe de lancement à domicile, c’est complètement tendance, on en trouve plein chez Ikea), programme la Terre comme destination et envoie le tout dans l’espace, trop heureux de se débarrasser de ce truc rose qui braille avec une couche contenant visiblement aussi un gros noyau instable.

Le général Zod arrive donc sur ces entrefaites, un peu bougon.

"Crotte de bique ! Mais enfin Jor-El, pourquoi as-tu fait ça, tu es con ou bien ?
- Non je… Krypton est une civilisation décadente : vois ! Nous produisons des enfants à l’aide du codex, et leur rôle dans la société est inscrit dans leurs gênes. Je ne veux plus de cette société là ! J’ai donc envoyé mon fils, seul enfant né naturellement depuis des siècles, dans l’espace avec le codex pour qu’il fasse renaître une civilisation meilleure ailleurs. Alors que toi, tu voulais le codex pour reproduire nos mêmes erreurs, encore et encore !
- Hmmm oui, alors j’entends bien, mais justement, si tout ce bordel d’eugénisme immonde est dans le codex et que tu n’es pas d’accord, pourquoi l’as-tu envoyé avec ton fils pour "faire renaître notre civilisation" ?
- Ha ? Heu… je…
- Je veux bien que tu m’expliques. 
- Oui non mais je… hahaha, si ! Attends ! Maintenant que tu n’as plus le codex, tu es feinté : tu ne peux plus reproduire l’eugénisme de Krypton ailleurs ! J’ai donc bien fait d’envoyer loin de toi mon fils et le codex. Si si, c’est bon, tout se tient. C’était juste pour t’emmerder toi, en fait.
- Hmm. Ou alors il me suffirait de trouver des porteurs de gènes issus du codex pour les reproduire. Genre des gens de Krypton, en fait. Je me demande où on va en trouver, sachant qu’on est sur Krypton, c’est chaud patate.
- … non, attends, je suis sûr que je trouver une bonne raison à pourquoi j’ai balancé mon fils dans l’espace !
- Bon, et si je te tuais, plutôt ?"

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Et ce qui fut dit fut fait, débarrassant ainsi Krypton d’un de ses plus gros blaireaux. Hélas pour le général Zod, l’aventure s’arrête là, puisque le reste des forces armées de la planète vient lui dire que tenter un coup d’état en tuant des gens, c’est très vilain bande de gredins, et que du coup, lui et ses copains méritent une grosse punition. Punition qui est la suivante : le départ loin de Krypton dans un vaisseau-prison. Oui, vous avez bien lu : pour avoir été très méchants, Zod et ses amis sont condamnés à ne pas avoir le droit de rester sur leur planète qui va péter.

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Zod vient de penser à un truc : et si il était tout simplement allé prendre le codex qui n’était pas gardé et qu’il était parti ? Ah oui, tiens, flûte.

Et on en est encore qu’au tout début du film. Impressionnant, n’est-ce pas ? Il y a du talent, et pas qu’un peu.

Et effectivement : à peine Zod et ses amis hors d’atteinte, Krypton explose, tuant ainsi une race visiblement constituée à partir de l’ADN de Christine Bravo. Profitons-en donc pour aller voir ce qu’il se passe sur Terre, quelques années plus tard.

Clark Kent est un jeune homme terriblement sombre (comprendre : il est barbu) qui gagne sa vie en tant que marin pêcheur, un rude métier où il doit affronter des ennemis aussi terribles que l’indomptable saumon, la sauvage truite, ou le génie du mal Lex Luthon. Mais un jour, alors que son navire capte le signal de détresse d’une plate-forme pétrolière en difficulté, Clark s’envole tel un aigle et fonce droit vers le brasier qu’est devenu le site de forage pour traverser les flammes sans encombres et en sortir les ouvriers à la grande surprise de ces derniers et des gardes côtes, qui voient même cet étrange homme sorti de nulle part soulever et tordre à lui seul des obstacles de plusieurs tonnes pour faire place aux évacués.

Ainsi naît la légende de Super Marin Pêcheur, the Man of Breizh.

Toujours est-il qu’après cet exploit, Clark en profite pour méditer en plongeant sous l’eau et s’assoupissant au milieu des baleines, tant, c’est connu, ces animaux adorent se promener autour des plate-formes en flammes qui explosent. Nous avons dès lors le droit à un flash-back, et comme le film va nous en coller tout un tas toutes les 10 minutes, regroupons-les un peu pour avoir le sombre, très sombre passé de Clark Kent au complet.

Clark se souvient d’un jour, quand il était enfant : ses pouvoirs s’éveillaient et il en chiait un peu pour les contrôler : son audition le surchargeait de sons, des conversations lointaines aux bruits d’horloges en passant par ce qui aurait dû rester silent but deadly, son odorat rendait la chose encore plus éprouvante, quand à sa vision à rayons X, elle lui permettait de voir au travers du chemisier de la maîtresse, ce qui déstabilise toujours un peu quand on a 6 ans. Clark ce jour là était donc parti se cacher dans un placard de l’école pour s’isoler de tout cela, mais comme heureusement, Maman Kent traînait toujours dans les couloirs de l’établissement pour Dieu sait quelles raisons, elle pouvait le calmer avec des phrases simples de maman comme "Concentre-toi sur ma voix" ou "Tu sors de là ou c’est ma main dans ta gueule, on va voir si t’as un toucher surdéveloppé".

Clark se souvient aussi du jour où sur le chemin de l’école, son bus est tombé d’un pont dans la rivière locale, ce qui n’est quand même pas de bol. Clark avait donc poussé le bus à lui seul hors de l’eau, sauvant ainsi toute sa classe et le chauffeur d’une fin atroce. Le soir même, Papa Kent l’engueula en lui expliquant que bordel, tu dois cacher tes pouvoirs, les gens prennent peur ! Et insiste en disant que, oui oui, il aurait dû laisser toute sa classe crever. Mais à part ça, il encourage Kent à faire le bien.

"Tu comprends Clark ? Faire le bien, c’est cool, mais c’est très secondaire par rapport à ce que l’on pense de toi. 
- Tu veux dire que je peux laisser les gens crever si j’ai une bonne équipe de com’ ?
- Tu viens de résumer 50 ans d’histoire de la présidence des Etats-Unis mon lapin."

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Je n’invente pas : Papa Kent explique bien qu’il aurait dû laisser sa classe crever plutôt que de leur faire une grosse peur. Je serais curieux de savoir sur quel ton ce type utilise l’expression "Il y a eu plus de peur que de mal". En tout cas, cela motive Papa Kent à emmener son fiston à la cave, non pas pour lui coller un coup de pelle, mais pour lui montrer quelque chose : le vaisseau dans lequel il l’a trouvé. "Oui fiston, maintenant que tu as flippé durant quelques années sur pourquoi tu avais des pouvoirs surnaturels, je tenais à te dire qu’en fait, tu étais un extra-terrestre et qu’on t’avait trouvé dans cette capsule un matin dans un champ. Et je suis sûr que ta capsule est extra-terrestre, car j’y ai trouvé des éléments même pas classifiés sur le tableau périodique qui va bien. Car oui, j’ai beau être un fermier, j’explique tranquillement que je fais ce genre d’analyse les doigts dans le nez. Et même si la logique voudrait qu’un bébé dans une capsule ressemble fortement à un enfant placé dans un canot de sauvetage lors d’un quelconque malheur, je vais te répéter en boucle alors que je n’ai aucun moyen de le savoir que si tes parents t’ont envoyé là, c’est qu’ils avaient un but pour toi, pas simplement qu’ils voulaient te sauver les miches. Oh, et j’ai trouvé une sorte de clé dans la navette : je te la donne."

Clark se souvient aussi d’un jour où il était sur la route avec ses parents, et où il a fait ce qu’il ne faut jamais faire quand on est un super héros : se fâcher avec ses parents adoptifs. Non parce que forcément, ils vont mourir aussitôt pour que le héros ne puisse jamais se le pardonner. Et en effet, alors que Papa Kent, qui dans les autres flashbacks expliquait que Clark devait devenir une lumière d’espoir, un véritable symbole pour l’humanité, explique soudain que son seul avenir est d’être fermier dans le Kansas (Kevin Costner doit avoir trois scènes dans le film, mais à chaque fois il se contredit par rapport à la précédente), Clark râle donc en disant "Woh, t’es pas mon père !". Il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt, une tornade apparaisse à l’horizon, et que la circulation s’arrête, les badauds fuyant leurs voitures pour s’abriter sous un pont voisin. Sauf qu’alors que tout le monde est en sécurité, Papa Kent s’exclame "Ho non ! On a oublié le chien !" (si.). Ce dernier y retourne donc, parce que bon, faudrait pas envoyer Clark qui pourrait s’en occuper sans souci et sans spécialement montrer ses pouvoirs, et comme il se doit, si le chien est libéré, Papa Kent se tord la cheville, ouyouyye, et se retrouve donc bloqué alors que la tornade arrive sur lui. Clark a donc environ 5 minutes et 2941 possibilités de sauver son père adoptif sans que les gens ne hurlent au super-héros, mais à la place, il reste à faire des bruits de gorge pendant que son père lui fait signe de ne pas l’approcher pour ne pas révéler ses pouvoirs.

"N’oublie pas, Clark : tu as de grands pouvoirs et j’ai passé mon temps à te dire que tu serais un exemple vivant pour l’humanité, mais à chaque fois que tu veux les utiliser pour faire le bien et montrer l’exemple en question, je t’engueule. Laisse moi donc crever pour préserver ton secret et soulager le spectateur de mes dialogues écrits au caca."

Et Papa Kent disparaît donc dans la tornade, probablement tué par l’une des nombreuses vaches qui y tournoient. Entre Papa Kent et Jor-El, on peut dire que notre héros n’a vraiment pas eu de bol avec ses papas. Je dis ça parce qu’ils étaient fin cons, hein, pas parce qu’ils sont morts, qu’on soit bien d’accord.

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"Allez Clark, c’est pas grave, il faut savoir réparer ses erreurs. Alors tu y retournes, tu remets tous les enfants dans le bus et tu le refous dans l’eau."

Revenons donc de nos jours, dans les régions arctiques de notre planète, alors qu’un hélicoptère se pose près d’une base militaire. A bord de celui-ci se trouve Loïs Lane, fameuse journaliste du Daily Planet, qui vient enquêter sur les recherches que font nos amis de l’armée dans le coin. Ceux-ci sont bien embêtés : crotte, une journaliste qui en plus, s’est annoncée, comment va-t-on lui cacher nos recherches super secrètes ? Je sais : expliquons-lui tout et proposons-lui de la loger sur le camp. Action Man, le chef militaire local (il s’appelle ainsi puisque dans tout le film, dès qu’il y aura un véhicule vaguement militaire, il sera dedans et sait tout piloter), dit donc à notre héroïne que l’on aurait trouvé sous la glace un énorme objet de métal vieux de plusieurs milliers d’années. Tiens donc ! Les recherches vont donc bon train, mais il faudra encore du temps pour arriver à l’objectif; En attendant, il est tard, Loïs est donc invitée à aller se coucher, même si elle est excitée et ne veut pas dormir, ça suffit maintenant, pas de caprice.

Sauf que sitôt la nuit tombée, notre curieuse sort de son logis en gloussant comme une dinde sous acides et équipée de son appareil photo magique, elle prend une photo du chantier en pleine nuit, zoome sur son appareil sur une zone d’ombre où on ne voit quasiment rien mais où elle a vu un demi-pixel suspect, et grâce à son zoom digne des experts, repère… quelqu’un qui marche ! Oui, c’est tout. Et suspect sur un chantier, pfou. J’espère qu’il n’y a pas de travaux près de chez elle, sinon elle doit être le pire stalker de toute l’histoire du BTP. Elle décide en tout cas de suivre ce type repéré aléatoirement en… en escaladant des falaises de glace ? Ah oui bon je… d’accord. Et dans la falaise se trouve une galerie où visiblement, l’homme a pénétré. Elle s’engage donc à sa suite…

Au fait, j’en profite : si vous trouvez déjà ça long, allez faire pipi maintenant, parce que c’est pas fini.

C’est fait ? Non parce qu’on ne s’arrêtera plus après, hein ? Je ne veux pas de "J’ai encore envie !" ou "Quand est-ce qu’on arrive ?". Bien, reprenons.

Notre homme, c’est Clark Kent. Après avoir été the Man of Breizh, il a un temps été cuistot dans un routier, et puis finalement, là, comme il s’ennuyait, il a décidé de retrouver, comme ça, hop, un vaisseau de la planète Krypton prisonnier sous la glace. Il a sûrement appris ça pendant son service au routier, entre deux rumeurs entendues à la CB sur les promos que ferait Germaine la goulue derrière la baraque à frites de l’aire de la Jument Verte. Toujours est-il qu’à l’entrée du vaisseau, il faut une clé de Krypton pour entrer… et ça tombe drôlement bien : Clark essaie la sienne, et découvre que la sécurité était bien naze sur Krypton, à savoir que si tu enfonces à moitié ta clé, ça active les défenses contre toi, mais si tu pousses un peu pour que ça rentre en entier, hop, les défenses te protègent. D’aaaaaccord. Et l’ordinateur de bord se met au passage à lire le contenu de la clé à savoir… un logiciel holographique ! Celui-ci fait apparaître à côté de notre héros son père, Jor-El.

"Bonjour mon fils.
- "Mon fils" ? Mais qui es-tu ?
- A ton avis ? Bon, on va la faire courte. Je suis ton père, Jor-El. Enfin un hologramme ayant sa mémoire. Et ton véritable nom, même si on a dû s’en servir deux fois avant de te coller dans une fusée pour déconner est Kal-El. Laisse-moi te raconter l’histoire de notre peuple : notre planète mère est Krypton. Celle-ci avait un noyau instable parce qu’on l’exploitait pour en tirer notre énergie. Et on faisait les bébés dans des cuves, aussi, ce qui est très mal. Nous avons envoyé des vaisseaux comme celui-ci sur des centaines de monde, pour préparer leur colonisation future. Tu trouveras donc ici les cuves à bébé en question, mais vides. Parce que tu vois, moi je voulais pas que l’on fasse des bébés génétiquement pré-programmés, je trouvais ça très malsain. Chacun devrait avoir le choix de son destin.
- Okay : je veux être pâtissier.
- Nom de… gnnn… bon, écoute, même si je viens de t’expliquer l’exact contraire, je vais te fixer un destin moi-même sans te laisser le choix : tu dois être un exemple, un héros, un prophète. Tu dois être celui qui fera que les humains se diront que les gens de Krypton, c’est de la bouboule.
- Alors on est encore plein ? Chouette !
- En fait, non. Krypton a pété. C’est même pour ça que l’on t’a envoyé ici. Pour que tu sois vivant et libre. Le dernier de notre espèce.
- Donc je peux être pâtissier.
- Heu… non. Non, non, je te disais, tu dois être une sorte de… d’ambassadeur, d’exemple pour les humains. Pour qu’ils aiment les gens de Krypton.
- Mais s’il n’y a plus de gens de Krypton ?
- En fait, si. Tu pourras les recréer grâce aux cuves à bébé. Que l’on trouve dans ce vaisseau. D’où le fait que je voulais que tu trouves ce vaisseau, je ne sais comment d’ailleurs.
- Cuves à bébé que tu ne veux pas que j’utilise parce que c’est de l’eugénisme et que ça crée des gens qui ne sont pas libres de leur destin.
- C’est ç… ah merde oui. Pourquoi je t’ai mis dans cette fusée déjà ? Rah, je sais que ça me faisait marrer sur le coup. Bon, changeons de sujet. Donc, disais-je, peu après le coup d’état échoué du général Zod, Krypton a explosé et…
- Sachant que tu as fait cette clé avant d’avoir le fin mot de l’histoire, comment sais-tu que Zod a été arrêté ? Et que Krypton a explosé sans aucun autre survivant ?
- …
- Non mais c’est pas grave tu sais, j’ai été élevé par Papa Kent, et lui aussi était un peu con et pas très cohérent, je m’y suis fait.
- Je reprends. Puisque le passé semble un sujet tendu, parlons du futur : regarde, j’ai placé dans ce vaisseau une combinaison typique de Krypton pour toi, bleue, avec une cape rouge. Et pas de slip, parce qu’on a voulu arrêter les moqueries sur le sujet pour faire un film sérieux.
- Donc à la place quelqu’un a fait un film où tout le reste est sujet à moquerie, je vois. Tiens par exemple, pourquoi, sachant qu’on a vu les tenues de Krypton au début du film, suis-je le seul à avoir comme tenue ce qui sert de sous-vêtement aux autres ? Et pourquoi le mien est-il tout coloré ? Dois-je comprendre qu’à défaut de slip terrien, tu veux que je me trimbale dans l’équivalent d’un slip de Krypton ? Et comment as-tu su qu’il fallait placer cette combinaison, pile à ma taille d’ailleurs, dans ce vaisseau parti pour la Terre il y a plusieurs milliers d’années alors que tu ne savais ni que tu aurais un fils, ni qu’il viendrait ici un jour ?
- … bouhouhouh je sais paaaaaaaaaaaaas ! Je veux que quelque chose arrête cette scène !"

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Et ça tombe bien, parce qu’au même moment, Loïs Lane a poussé un grand cri ailleurs dans le vaisseau : tombée sur les défenses intérieures de celui-ci en suivant Clark, elle a été blessée. L’ami Kent fonce donc la trouver, et la rassurant sur ses attentions, lui cautérise sa blessure à l’aide de ses yeux lasers, à la grande surprise – et douleur – de la belle. Puis, Clark va la déposer à bonne distance du vaisseau, et décolle purement et simplement avec celui-ci sous le regard effaré des militaires alentours, avant d’aller le cacher à quelques centaines de kilomètres de là, dans un autre coin glacé, mais moins connu (Maubeuge). Puis il retourne chez Maman Kent lui annoncer la bonne nouvelle : il sait enfin qui il est, et d’où il vient. Et là encore, dans la série des dialogues de qualité, Maman Kent lui dit "C’est formidable" mais ne lui demande aucun détail : après tout, ce n’est jamais que le plus grand mystère de sa vie, alors on s’en fout un peu, hein, allez Clark, va faire ton lit petit galopin.

Loïs Lane retourne donc au Daily Planet avec un article intitulé "Commant j’ai rencontrer un alien qu’il été trop bô lulz". Le directeur du journal refuse purement et simplement de l’imprimer, à moins bien sûr de le faire sur papier rose, double et absorbant, pour donner de la lecture à tous les cucus du monde, qui comme chacun sait, se passionnent pour l’ufologie depuis que des rumeurs de sondes les préoccupent régulièrement. Loïs décide donc de se lancer à la poursuite de ce mystérieux alien à apparence humaine, et fouillant à la recherche de mystérieux incidents par le passé commis par un homme aux pouvoirs incroyables malgré son apparence humaine, remonte la piste jusqu’à un certain Clark Kent. Et finit par rencontrer celui-ci dans sa ferme du Kansas, l’homme s’étant rasé et changé depuis leur dernière rencontre, puisque maintenant qu’il connait ses origines, il n’a plus raison d’arborer une barbe et des vêtements sales pour faire type torturé. Subtil. Vraiment.

"Clark Kent ! C’est donc vous, le mystérieux sauveur alien à l’apparence humaine qui m’avez aidé dans ce vaisseau enfoui !
- Vous êtes une curieuse, Miss Lane. En effet, vous connaissez mon secret. 
- Mais pourquoi le garder secret ? Le monde aimerait vous connaître !
- Mon père me disait toujours "Garde tes pouvoirs secrets, et laisse les gens crever."
- Votre père m’avait l’air d’être un sacré numéro.
- En même temps il est mort tué par une vache volante.
- Sinon, je vous aime bien, là, rasé, comme ça.  C’est sexy.
- Merci.
- Mais du coup, je me demandais : sachant qu’au début du film on vous voyait avec une barbe qui résistait jusqu’à un incendie de plate-forme pétrolière, vous les coupez avec quoi vos poils ? Rasoir ionique ? Et puis là, votre peau blindée qui arrête tout, du coup on ne peut pas vous vacciner, c’est ça ? Donc votre plus gros ennemi, c’est finalement un cochon d’inde avec la rage ou une majorette porteuse du tétanos, si je comprends bien ?
- Hem héééé bien Miss Lane je crains que nous ne devions nous séparer je suis très occupé, tout ça. Par contre, ne révélez jamais mon identité, je vous fais confiance, je veux vivre en paix. Bisous."

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Pour rappel, Zack Snyder, le réalisateur, voulait faire "Wolverine" mais le projet lui est passé sous le nez. Ça ne se sent pas du tout.

C’est donc un peu dépitée que Loïs Lane retourne au Daily Planet : elle a le scoop du siècle… mais ne peut rien en écrire. Tout aurait pu s’arrêter là si, quelques temps  plus tard, un étrange phénomène ne s’était pas manifesté : le monde entier a repéré un vaisseau extra-terrestre se dirigeant vers la Terre : celui à bord duquel Zod avait été chassé ! Et alors qu’il s’approche, soudain, partout dans le monde, l’électricité se coupe et sur tous les écrans (qui n’ont plus de jus, donc, c’est fort), apparaissent des messages écrits dans la langue du pays (car oui, Zod connait les zones géographiques qui vont bien, leurs langues et les écrit toutes sans jamais avoir eu de contact avec la Terre par le passé), ce qui me laisse perplexe : Zod utilise-t-il les langues officielles ou celles des aires géographiques ? Ecrit-il en catalan ou se fait-il insulter en envoyant du castillan à Barcelone ? Parle-t-il seulement Breton ? Et surtout, en quelle langue s’adresse-t-il aux Belges ? Toujours est-il que son message est "Vous n’êtes pas seul", répété en boucle un temps, avant qu’il ne prenne la parole, son visage masqué et à demi-brouillé, pour menacer la Terre.

"Terriens, levez les yeux et tremblez, car je suis le général Zod.
- Hihihihihi !
- ZoD. Avec un D, comme Denis.
- Aaaaaah… oooh…
- Oui, bon : je suis venu chercher quelqu’un sur votre planète. Il se nomme Kal’El. Il se cache parmi vous, sous une apparence humaine, mais il n’en est rien. Donnez-le moi, et il ne vous sera fait aucun mal."

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Aussitôt, les médias s’emballent donc, et quelqu’un a la bonne idée de balancer à la télé que "Vous savez, je suis très content d’être interviewé, mais si vous voulez en savoir plus sur les aliens parmi nous, demandez à Loïs Lane, elle a fait une enquête l’autre jour, on a refusé de publier son article, mais elle a l’air de savoir qui est ce fameux Kal’El."  Aussitôt, Action Man, qui était auparavant chef de la sécurité sur un chantier archéologique au pôle nord est désormais officier dans le FBI (oui oui, et non non, pas d’explication), et envoie toutes ses troupes à la poursuite de cette mystérieuse Loïs Lane.

Heureusement qu’il n’y avait qu’une seule personne dans le monde entier qui prétendait savoir des choses sur les aliens, et que c’était Loïs Lane. Non parce que dans notre bas monde, le FBI se retrouverait avec une liste de 15 à 16 000 noms au bas mot, et finirait persuadé que le Kal’El en question est petit, gris, et a une passion secrète pour faire du Spirograph dans les champs à en croire les "témoins".

Bref : Loïs Lane est bien vite arrêtée par le FBI, et Clark, lui, décide de se rendre pour ne pas mettre l’humanité en danger. Il se rend donc bien naturellement… sur la base où Loïs Lane est retenue prisonnière, l’information étant probablement disponible sur Mappy. Et se constitue prisonnier.

Ce qui serait pertinent si c’était l’humanité qui avait demandé à Kal’El de se rendre. Parce que là, depuis l’espace, Zod doit juste se dire "Mais ? Je lui demande de se rendre à moi et il se rend à eux ! Pfou, il a l’air de sévèrement tenir de son père, lui.". Et en effet : Clark, vêtu en Superman, est donc menotté et mis dans une salle d’interrogatoire le temps de papoter deux minutes avec Loïs Lane pour lui demander si ça va, bien ou bien, puis rendez-vous est pris avec un vaisseau de transport envoyé par Zod pour récupérer le colis, quelque part en plein désert. L’armée organise donc un petit site avec des banderoles "Bienvenue" et du Banga, avant de se mettre en position des fois que les aliens, peu intéressés par le Banga, ne soient hostiles. Mais ce serait ballot quand même : tout le monde aime le Banga.

La réponse arrive bien vite lorsqu’un petit vaisseau se présente devant le camp militaire et débarque quelques humanoïdes en armures noires, qui s’approchent de Superman.

"Kal’El, tu as bien fait de te rendre. Allez viens, on t’embarque. Et puis on va aussi emmener Loïs Lane.
- Pardon ? Mais pourquoi ?
- Et bien parce qu’elle sait qui est Kal’El, non ?
- Sachant que je suis déjà là et que je me rends ? Elle va servir à quoi ? Danser en tutu pour divertir l’équipage ?
- Ah tiens, oui, c’est vrai. Bon, allez hop, j’imagine que ça doit être écrit dans le script pour une bonne raison : montez Madame Lane, on va dans l’espace."

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Et ni une, ni deux, sous les yeux de l’armée, les hommes de Zod embarquent tant Superman que Loïs Lane, avant de repartir vers leur vaisseau resté en orbite. Sur place, on donne un casque à Loïs, afin qu’elle puisse survivre dans l’atmosphère de Krypton que le vaisseau reproduit. Alors que Superman, lui, après avoir discrètement filé la clé que son papa avait mis dans son vaisseau étant enfant à la journaliste à côté de lui probablement pourque l’on ne la trouve pas sur lui, ce qui se tient d’autant plus qu’il n’a pas de poches, encaisse moyennement ce changement d’atmosphère : en respirant l’air local, il devient tout faible, crache du sang et… s’évanouit. Heureusement, comme la technologie de Krypton est bien faite, elle permet à Zod de rentrer dans les rêves de Superman pour parler avec lui et sonder un peu son esprit au passage. Chouette.

"Bonjour, Kal’El, fils de Jor-El. Je suis le général Zod.
- Hihihi !
- Mrgngngn. Avec un D, bon sang de bois !
- Hihi… oh. Bon. Hé bien alors bonjour général.
- Bien, sache que j’étais un vieil ami de ton père. Moi, le militaire, lui, le scientifique. Nous voulions tous deux sauver Krypton, seules nos méthodes s’opposaient. Alors je l’ai tué.
- Ça me donne super envie de coopérer. Mais j’y pense, comment avez-vous survécu à l’explosion de Krypton ?
- Hé bien pour nous punir d’avoir tué des gens et tenté de renverser le gouvernement, moi et mes hommes avons été envoyés dans un vaisseau prison, cryogénisés, mais avec un système pour nous libérer en cas d’explosion de Krypton. Et évidemment, avec aucun garde pour veiller sur nous. 
- Donc on vous a puni en vous donnant tout pour être les seuls à survivre. Ça me rassure sur mon père : en fait, le souci était planétaire. Qu’importe : comment m’avez-vous retrouvé ?
- Hé bien, je te cherchais… je savais que ton père t’aurait sûrement envoyé sur l’une des nombreuses planètes où nous avions un vaisseau d’exploration enfoui sur place. J’ai donc visité quantité d’autres planètes, y compris celles où nous avions des avants postes, mais sans le ravitaillement de Krypton, les kryptoniens sur place étaient tous morts. J’ai donc récupéré armes, matériel et même un vaisseau de terraformation.
- Que des gens avaient à un avant-poste mais dont ils n’ont pas pensé à se servir, préférant mourir comme des cons ?
- C’est ça.
- Pfou, ce film s’arrête bientôt ? Parce qu’on enchaîne là quand même.
- Non. Bref, tout ça pour te dire que lorsque tu as activé le vaisseau caché sur la Terre, nous avons reçu son signal… et sommes venus à toi. Maintenant, il faut que tu nous donnes le codex, que ton père avait caché dans la navette avec toi. Pour que nous fassions revivre Krypton. Ah oui, et je sais que je n’ai aucun intérêt à te le dire, mais pour ce faire, je compte terraformer la Terre en nouvelle Krypton, et donc tuer tous ses habitants. Voilà.
- Non, monstre !
- Tu te trompes ! C’est la seule solution pour sauver notre civilisation !
- Ou alors, plan B, je vous file le codex et vous allez fonder Krypton sur l’une des nombreuses planètes que nous espérions terraformer un jour où nous avions des avants-postes "où il n’y a plus que mort", et qui n’attendent donc que ça comme tu viens de l’expliquer. Du coup, vous n’avez pas à faire de génocide, vous ne prenez pas de risque, et en plus vous êtes dans un coin tranquille.
- Chut : on s’en tient au script. 
- D’accord : "Nooooooooooooooooon !" "

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"Attendez, je pense à un truc… on a envoyé des tonnes de vaisseaux d’exploration chacun avec des cuves à bébé pour fonder des colonies… mais alors on doit pas avoir qu’un seul codex, sinon ça veut dire que notre système était conçu pour ne pouvoir nous reproduire que sur une seule planète à la fois, v’la les colonies ! Donc il doit y avoir plein d’autres codex, en fait !"

Superman est donc mis en cellule, incapable de s’échapper à cause de l’atmosphère locale qui l’affaiblit. Loïs Lane, elle, a trouvé dans sa propre cellule… un endroit où insérer la clé que Superman lui a filé (dans le mur de la cellule, hein, qu’on se comprenne bien). C’est vrai que c’est tellement logique de mettre ça dans une cellule. Bref : elle enclenche le bousin dans le bitonio, et hop : un hologramme de Jor-El apparaît devant elle. Celui-ci lui explique qu’il a conçu ce vaisseau (je vous l’ai dit : c’était le seul scientifique de la planète), et peut donc interagir avec sans souci, connaissant tous ses systèmes. Première chose qu’il fait : changer l’atmosphère à bord pour la rendre semblable à celle de la Terre. Seconde chose : il aide Loïs à s’échapper, ouvrant les portes devant elle et les fermant sur ses poursuivants (qui se contentent de courir sans utiliser leurs armes, quand bien même Loïs elle les ramasse, s’en sert et tire comme une déesse), puis lui chuchote à l’oreille comment se débarrasser des méchants. Enfin, il la colle dans une capsule de survie et l’éjecte vers la Terre pour qu’elle aille retrouver les siens. Capsule un peu endommagée dans la bagarre, mais nous y reviendrons.

Car l’hologramme de Jor-El vient aussi réveiller son fils dans sa cellule.

"Fils, tu es à nouveau super fort, car j’ai changé l’atmosphère de ce vaisseau. J’ai aidé Loïs Lane à fuir, et je lui ai dit comment vaincre Zod et ses hommes.
- Merci père ! Tu pourrais me le dire aussi ? Non parce que ça pourrait servir, là, en fait.
- Non.
- Bon, dans ce cas je vais juste péter la gueule à tout le monde puisque je suis super fort, et pas eux puisqu’ils ont leurs casques et n’ont pas respiré l’air terrien.
- Non plus : Loïs Lane est en danger, sa capsule de survie est endommagée, vole vite au travers de l’espace pour la sauver !
- Je peux voler dans l’espace ?
- Oui.
- Donc en fait, je n’ai pas besoin d’atmosphère, c’est ça ? Ni de respirer, puisque d’ailleurs, au début du film, je méditais au milieu des baleines. Donc comment ça se fait que je puisse être affaibli par la composition de l’air dans ce vaisseau, puisque techniquement, je n’ai pas besoin de respirer ?
- … oooooh, je crois que Loïs Lane est vraiment en danger, va vite !"

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Laissant tomber cette énième scène absolument navrante, Clark brise donc une paroi du vaisseau alien d’un seul coup de poing (tu fais ça sur tout le vaisseau et la Terre est sauvée, mais je dis ça, bon) puis file au travers de l’espace à la poursuite de Loïs, ne la rattrapant qu’à quelques mètres du sol alors qu’elle allait se crasher bien évidemment dans le Kansas, et tout près de la ferme Kent, comme il se doit. Non vraiment, Christopher Nolan, bravo : cette histoire est terriblement bien écrite.

Un peu bougons d’avoir perdu leurs prisonniers, Zod et ses hommes décident donc d’accélérer la manœuvre en se rendant directement à, justement, la ferme Kent puisqu’ils ont lu dans l’esprit de Superman qu’il avait grandi là, afin d’y trouver le codex dans la capsule dans laquelle le bambin était arrivé sur Terre. Sur place, ils tombent donc sur Maman Kent, qui leur explique bien que dis-donc, oooh, vous vous croyez où là ? Vous allez tout saloper avec vos gros godillots, mettez des patins ! Mais cela n’intimide guère les soldats de l’espace qui décident, en voyant que la bougresse ne veut pas parler, de stranguler la dame jusqu’à ce qu’elle regarde… en direction de la grange où est cachée la capsule. Zod comprend donc, et demande à l’un de ses sbires d’y aller.

En un seul bond, ledit sbire pénètre dans la grange, traverse le plancher volontairement et atterrit pile devant le vaisseau de bébé Kal’El. Parce que oui, à partir du regard d’une vielle dame en direction d’une grange, il a compris qu’elle indiquait "Si si, là, dans la grange, sous la paille, en-dessous de la trappe secrète, au fond à gauche du bâtiment, et si tu ne veux pas te vautrer, il y a une zone d’atterrissage de 1 mètre carré à côté du vaisseau qui irait pile poil si jamais tu comptais y aller en un seul superbond". Pitié, on ne pouvait pas juste faire une scène avec moins d’effets spéciaux et donc moins chère et plus cohérente où les méchants vont dans la grange et trouvent tout simplement la trappe ? C’est consternant de nullité. Il y a une sorte d’acharnement mystérieux mais fascinant.

Toujours est-il qu’alors que les méchants s’étonnent de ne pas trouver le codex dans la capsule, Superman surgit soudain de nulle part et commence à distribuer dans mandales, projetant l’un de ses ennemis jusqu’à la ville voisine où le combat va se poursuivre pour plus d’effets spéciaux. Informée que des aliens se battent dans le coin, l’armée américaine décide donc d’envoyer plusieurs avions ainsi que des rangers et hélicoptères pour calmer tout ce petit monde. Et évidemment, ni les missiles, ni les projectiles antichars ne font la moindre égratignure aux habitants de Krypton, ce qui est très frustrant. Ces dernier décident donc de sauter sur les avions pour les détruire, chose qui arrive dans 97% des films de super héros.

Ah oui, parce que oui, j’allais oublier : à partir de ce moment du film, alors que Zod et ses hommes se battaient jusqu’ici exclusivement au fusil désintégrateur, plus jamais ils n’utiliseront leurs armes. Mais si, vous savez, ces armes qui tuaient des kryptoniens comme les gens du conseil en un seul coup au début du film ? Hé bien elles disparaissent. Et Zod va passer son temps à se dire "Crotte, comment tuer Superman ? Peut-être qu’en lui faisant des brûlures indiennes ou en lui pinçant les tétons…".

Toujours est-il que donc, les kryptoniens tatanent les avions en deux temps trois mouvements, mais que les hélicoptères (commandés par Action Man, qui après Action Man archéologue et Action Man FBI est devenu Action Man armée de terre, visiblement, on avait plus de budget pour des acteurs) poursuivent eux leur chemin des fois que ce qui n’a pas eu le moindre bobo après une roquette dans le museau soit plus sensible aux balles de petit calibre. Je vous la fais courte, et ça va vous étonner, accrochez-vous à vos bretelles : ils perdent aussi la bataille.

Finalement, lassé de ces bêtises, Zod finit par se replier, non sans avoir eu un peu de dommages au casque en se battant avec Superman, et constatant donc que dans l’atmosphère humaine, il était soudain plus fort, pouvait voler, avait une vision rayons X et pouvait tirer des lasers. Une information intéressante, mais pas aussi intéressante que celle qu’il obtient lorsqu’il retourne à son vaisseau mère.

"Général Zod, général Zod !
- Oui, personnage secondaire sans intérêt ?
- Je viens de découvrir où était le codex.
- Ah ! 
- En fait, Jor-El n’a pas mis le codex dans la fusée avec son fils… non, il a utilisé une machine qu’il avait chez lui par le plus grand des hasards pour inscrire toutes les informations du codex dans les cellules de son fils. Superman est donc le codex.
- D’accord. Est-ce qu’il a besoin d’être vivant pour qu’on récupère les informations ?
- Non.
- Ah, un instant, j’ai cru que les cellules mouraient au décès de quelqu’un. Bon bin… allons tuer Superman alors ! Mais déjà, commençons à lancer la terraformation de la Terre, ils seront bien emmerdés. Enfin la kryptoformation. Enfin je me comprends."

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Et puis finalement, on introduisit la myxomatose chez les kryptoniens, et la Terre fut sauvée.

Sur Terre, donc, on est bien embêté puisque l’on voit soudain le vaisseau ennemi se couper en deux, une partie allant d’un côté de la Terre et l’autre du côté opposé, et comme par hasard, pile-poil au-dessus de Métropolis (on a pas assez de zones désertes sur Terre, c’est bête). De chaque côté de la Terre, les deux vaisseaux tirent donc un laser qui se rejoint au niveau du noyau de celle-ci, et commencent à pomper, provoquant à chaque coup de pompe un changement de la gravité dans la zone directe autour des vaisseaux (quand la pompe est en haut, tout s’envole, quand la pompe est en bas, tout est écrasé – sauf les gens, curieusement, qui courent juste au milieu pour faire plus spectaculaire, probablement que la gravité n’affecte pas les humains. Voilà, c’est connu). Et à chaque coup de pompe, c’est une zone un peu plus large qui est touchée. De son côté, Zod se rend au vaisseau d’exploration que Clark avait trouvé au début du film, et essaie de le ramener vers Metropolis histoire de… pardon ? D’accord : il essaie de ramener le vaisseau vers Métropolis. "Comme c’est ce vaisseau qui contient les cuves à bébés, et alors qu’il était en sécurité, ramenons-le en pleine zone de combat histoire que si on le perde, on condamne tout espoir de notre civilisation".

Franchement ? Ce film est un empilement d’incohérences avec de la matière fécale pour cimenter le tout.

Histoire de bien le souligner, un militaire dans un quelconque QG, assistant au spectacle s’exclame "Mon Dieu… ils tentent de transformer la Terre en nouvelle Krypton !"

Sachant que tu n’as jamais entendu parler de Krypton, tu es très fort mon garçon. Mais par rapport au reste, je crois que l’on pourrait presque te pardonner.

Allez, on essaie de finir ? Superman surgit, va se battre avec le vaisseau de terraformation situé au-dessus de l’océan pendant que les humains tentent de détruire celui au-dessus de Métropolis. Loïs Lane est elle allée trouvée Action Man (qui est désormais officier dans l’armée de l’air, tiens !) et lui a expliqué comment en finir avec les méchants, comme Jor-El le lui a enseigné  : il faut percuter leur vaisseau, à savoir celui au-dessus de Métropolis et dans lequel se trouvent les hommes de Zod, avec la capsule de bébé Kal-El activée avec la clé que Jor-El avait donnée à son fils. Mais si, vous savez, la clé que Loïs avait laissée dans sa cellule dans le vaisseau ennemi pour faire apparaître Jor-El et s’évader. Et bien pouf : elle est réapparue dans sa main. En même temps, qui se préoccupe encore de ce genre de choses ? En tout cas, un avion gros porteur est affrété avec Action Man pour le piloter et Loïs Lane pour pousser de petits cris à l’arrière.

Au final, abrégeons 20 minutes de scènes d’action :

  • Superman tatane le vaisseau de terraformation au-dessus de l’océan, youpi.
  • Les avions humains n’arrivent pas à égratigner le vaisseau au-dessus de Métropolis, par contre s’écrasent tous en faisant plein de jolies explosions.
  • Le spectateur se demande pourquoi Zod veut changer l’atmosphère de cette planète, puisqu’il a constaté lui-même qu’elle donnait des tas de supers pouvoirs cools à ceux de sa race. Il lance une opération risquée pour le plaisir d’être plus faible ? D’accord. Soit.
  • Superman revient à Métropolis en quelques secondes : il en chiait pour rattraper la capsule de survie de Loïs Lane dans l’atmosphère plus tôt dans le film, par contre faire le tour de la Terre, c’est vite vu.
  • Suite à diverses aventures pleines de poncifs, seul reste l’avion gros porteur à Métropolis pour vaincre les méchants, qui est endommagé et Action Man décide donc de l’écraser, avec la capsule chargée de Kal-El à bord, directement sur la coque de l’ennemi, provoquant une sorte de mini trou noir qui absorbe tous les méchants (et seulement les méchants) avant de se refermer de lui-même, comme ça, il est poli, il ne veut pas emmerder les gens. Il a même amené des chips au paprika pour s’excuser du dérangement.
  • Loïs Lane tombe elle de l’avion au dernier moment sans le faire exprès, oups, sauvée par le script. En même temps, elle n’avait rien à faire à bord, mais bon.

Superman vole donc rattraper Loïs, et comme chacun sait, en termes de lois de la physique, non seulement Superman vole si vite qu’il devrait avoir la gueule pleine d’insectes écrasés, mais en plus, stopper net la chute de quelqu’un à pareille vitesse, ça revient à couper Loïs en trois. Espérons que Superman garde le meilleur morceau.

Bref : curieusement, Loïs n’est pas coupée en trois et survit, et Superman peut donc aller calmer ce gros farceur de général Zod puisque ses hommes ayant disparu dans le trou noir, il est le dernier ennemi debout. Après avoir endommagé et écrasé son vaisseau d’exploration pour que jamais Zod ne puisse faire renaître Krypton, le prix à payer pour sauver l’humanité, ils se retrouvent donc tous deux au milieu de Métropolis. Zod décide donc qu’il est temps de lancer le grand combat final, et respirant à plein poumons (dont il n’a pas besoin comme tous les habitants de Krypton, donc) l’air de la Terre qui donne des supers pouvoirs (celui qu’il voulait éradiquer, pour rappel pour le remplacer par de l’air qui le rendait donc moins puissant par définition), il se lance dans un combat contre Superman.

Si on constate à cette occasion que Métropolis doit avoir l’équivalent de 60 fois New York en termes de gratte-ciels, tous de bureaux d’ailleurs, on note surtout qu’une bonne partie de la ville avait l’air de se moquer éperdument qu’un vaisseau alien au-dessus d’un autre quartier soit en train de la détruire : on peut voir des lumières, de l’activité dans les rues, bref, tout le monde s’en fout façon "Encore une invasion alien ? Roooh, mon métro va être retardé, y en a marre !". Nos deux larrons s’envoient donc un paquet de claques et traversent quantité d’immeubles en faisant des explosions pour un oui ou pour un non, jusqu’à ce que, finalement, tout se termine lorsque Superman fait une prise de catch à Zod, et que celui-ci menace : soit Superman le tue, soit il utilisera ses yeux lasers pour tuer une famille d’humains qui passait par là, comme ça, hop.

Le choix est vite fait : Superman fait donc un 180 degrés avec la tête de Zod, histoire de, et laisse son corps sans vie retomber alors qu’il hurle lui-même : il vient de tuer le dernier survivant de Krypton autre que lui et est donc désormais seul : qui va s’occuper des incohérences maintenant, si tous les kryptoniens sont morts ?

Loïs Lane, qui a dû se téléporter pour franchir les kilomètres la séparant de cet endroit, assiste donc à la scène, bouleversée… et lui fait un câlin. Làààà. Ça va mieux. Allez, un bisou magique et va acheter une glace, d’accord ?

Quelques temps plus tard, nous retrouvons l’armée américaine bien embêtée : elle essaie de trouver la cachette de Superman, mais à chaque fois celui-ci leur renvoie leurs drones en pièces détachées. Superman va en personne trouver un général pour lui expliquer la situation.

"J’aide l’humanité, ne me poursuivez pas.
- Okay, mais qu’est-ce qui nous dit qu’un jour tu ne vas pas te retourner contre nous ?
- J’ai grandi dans le Kansas. Je suis un vrai américain.
- Aaaah. Alors c’est pour ça que tu utilises tes supers pouvoirs pour lutter contre le vol de sacs à main à Metropolis plutôt que de t’occuper des dictatures dans le monde ?
- C’est ça.
- Bon bin cool alors. Big up gros !"

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Superman s’éloigne alors en s’envolant dans le lointain. Et quelques temps plus tard à Métropolis, Loïs Lane sourit : un nouveau journaliste vient d’arriver ; personne ne le reconnait car il a des lunettes, mais il s’agit bien de Kal’El, alias Clark Kent. On supposera qu’avec son double diplôme de fermier/marin-pêcheur, décrocher ce job a été d’une simplicité enfantine. C’est donc désormais reporter au Daily Planet que Clark Kent vit parmi les humains, espérant fricoter avec Loïs Lane, et faire la justice à chaque fois qu’il y en aura besoin dans son costume de Superman.

Et… FIN !

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Et à la fin du film, l’armée cherche à savoir qui est Superman. Après être allée chercher chez les Kent le vaisseau dans lequel il est arrivé, je le rappelle. Maison Kent remplie pour ceux qui n’auraient pas compris de photos de Clark sans lunettes. Et avoir interrogé Loïs Lane.

Miséricorde.

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"Ah, Super Spoiler !"

Le commissaire serra la main du justicier lorsque celui-ci se posa dans son bureau, fermant la fenêtre derrière-lui.

"Grosse journée Super ?
- Grosse daube surtout.
- Je vois. Bon, si j’ai utilisé le spoil signal, c’est qu’on a une nouvelle affaire sur les bras. Un fou menace des producteurs en leur envoyant des bandes-annonces anonymes. Je compte sur vous et vos pouvoirs.
- Allez-y commissaire."

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Fondu au noir, une petite fille dans un champ verdoyant sous un ciel bleu éclatant. Elle rit.

*Chœurs masculins*

VOUS CONNAISSIEZ L’HISTOIRE

La même petite fille sur un chemin de campagne, regardant autour d’elle des paysages splendides

"Allez les amis, à l’aventure !" s’exclame-t-elle

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans un champs

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans une clairière

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle sur une montagne

"On peut y arriver les amis ! Ce n’est plus très loin !" dit-elle aux animaux derrière-elle alors que la neige et le vent hurlant lui rabattent les cheveux sur le visage

*Chœurs masculins*

DÉCOUVREZ LA LÉGENDE

La petite fille, épuisée, levant les yeux face à une grange, diverses runes inscrites sur le fronton.

Plan sur la petite fille qui commence à chanter tristement au milieu des animaux. Sa voix résonne alors que la bande-annonce continue.

La petite fille courant sous la pluie, un seau de lait à la main

La petite fille avec une fourche, peinant à soulever la paille

La petite fille encerclée par des musaraignes

DE MARTINE

Divers plans épiques à la queue-leu-leu impliquant Martine, un paysage, un travelling et éventuellement des musaraignes la poursuivant.

Fondu au noir et une écriture à la plume s’agite sur une page  jaunie.

MARTINE A LA FERME – EPISODE I

http://www.latrilogiemartine ou retrouvez-nous sur Facebook.

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Super Spoiler serra le poing en regardant l’écran, le commissaire plissant les yeux pour mieux tenter de lire sur son visage le sentiment qui le parcourait.

"Bon sang commissaire…
- Que se passe-t-il ? Vous savez qui c’est ?
- Evidemment. Faire des trilogies à partir de rien, rajouter des travelling pour un oui ou pour un non parce qu’il n’a rien à raconter de son film… 
- Attendez ! Vous voulez dire… mais c’est impossible !
- Si. Seul lui serait capable de faire trois films avec un livre de 12 pages.
- Mais… Super Spoiler, vous savez très bien qu’il n’a pas pu faire le coup, puisque"

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La porte du bureau s’ouvrit en claquant, un jeune policier essoufflé roulant des yeux ronds en dévisageant les deux personnes face à lui.

"On vient d’avoir un message urgent de l’asile d’Arkham…"

Il reprit son souffle.

"Peter Jackson vient de s’évader !"

Le temps que le commissaire se retourne, les papiers volaient déjà partout autour de lui, les battants de sa fenêtre claquant contre le mur. Il pointa un œil inquiet vers le ciel, sa pipe à la main.

"Bonne chance, Super Spoiler."

Elle s’appelait Estefania.

Je l’avais rencontrée à une soirée à l’ambassade d’Argentine, alors qu’elle osait à peine toucher à sa coupe de champagne, debout à quelque pas du piano. Elle était venue ici suite à une mission ministérielle l’invitant à faire la promotion des arts de son pays en notre belle contrée. J’étais là parce que j’avais volé une invitation sur un vieux Monsieur qui, à cette heure, gisait couvert d’hématomes au fond d’une poubelle. Elle parlait un français mâtiné du curieux accent de son pays lui donnant des airs d’étudiante gênée de chercher ses mots lorsque nous venions à parler peinture. Elle était plutôt cubisme. J’étais plutôt impressionnisme. Elle me demanda en espagnol si je ne préférerais pas continuer notre conversation dans sa langue. Je lui répondai dans son idiome si elle ne préférerait pas la poursuivre dans ma voiture.

Nous allâmes au restaurant, où nous continuâmes à échanger longuement avant que je ne me permette, en référence au piano auprès duquel je l’avais rencontrée plus tôt, d’aller en jouer un morceau d’un groupe populaire anglais qu’elle semblait apprécier sur l’instrument qui trônait dans un coin de la salle après avoir glissé quelques billets à l’artiste occupant alors le tabouret voisin pour qu’il me permette de me dégourdir librement les doigts sur les touches. Elle sourit. J’en fis autant. Je revins à la table et poursuivit avec elle notre conversation passionnée jusqu’à ce que le dernier client quitte les lieux. Alors qu’il ne restait plus que nous, elle me demanda si je préférais aller chez elle ou chez moi. Je lui répondis que je n’étais pas ce genre d’homme. Elle sourit plus encore. Un peu moins lorsque Diego, bien campé derrière elle, lui colla le chiffon imbibé de chloroforme sous le nez.

Quelques heures plus tard, derrière la cuisine du restaurant, un certain M. Guttierez me remettait mon enveloppe habituelle pour ma participation à notre petite organisation de trafic d’organe.

Alors que je comptais les billets en tirant sur mon cigare dans la petite ruelle jouxtant l’endroit, Diego me dévisagea longuement.

"Patron, c’est quoi votre truc ?
- Le champagne. Quand elles vident très lentement la coupe, c’est généralement le signe qu’elles ne boivent que peu, ce qui signifie des reins de qualité à la revente.
- Non, je veux dire… pour les femmes ? 
- Ah, ça Diego, j’ai un truc. 
- Un truc ?
- Evidemment. Et puisque je suis de bonne humeur, tant cela fait une amatrice de cubisme en moins alentour, je vais le partager avec toi.  Mon truc, c’est www.artdeseduire.com.
- Un site web ? Leurs conseils sont si bons que ça ?
- Ah non ; c’est justement ça mon truc : tant qu’il ne va pas sur ce site, tout homme peut avoir tant de la classe que ses chances avec le beau sexe. Sinon, il se transformera lentement en créature mi-homme mi-kronenbourg.
- Oh…"

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Il y eut un bref moment de silence, alors que je constatais que Guttierez, fidèle à sa réputation, avait bien mis le compte.

Diego, lui, se demanda intérieurement s’il pouvait effacer d’ici son historique internet.

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Plus que du sniper, artdeséduire.com s’approche plutôt de la délicatesse du B-52

Art de séduire fait partie de ces sites qui, une fois découverts, vous font pétiller les rétines pour quantité de raisons différentes. Ainsi, nous avions déjà parlé des fieffés larrons occupant l’endroit précédemment suite à un article comparant séducteurs façon "art de séduire" et snipers (les deux partageant un certain goût de l’observation d’autrui depuis les fougères, une vie de solitude et une certaine volonté de vider son chargeur dans son prochain). Sauf que depuis, artdeseduire.com a remis le couvert pour distiller des conseils essentiels aux mâles désœuvrés afin que, eux aussi, puissent trouver l’âme soeur. Et encore une fois, la qualité est au rendez-vous.

Arrêtons-nous donc sur plusieurs articles :

Vous êtes invité à une soirée et ne savez pas comment aborder une jeune fille sans faire de la combustion spontanée ? Pas de problème :

5 techniques efficaces pour faire des rencontres en soirée

Parfait, vous avez réussi à aborder la jeune fille ? Art de séduire, c’est avant tout la classe, aussi nos conseillers vont à l’essentiel :

Le meilleur opener pour immédiatement sexualiser une conversation

La bougresse vacille devant tant de charme ? Elle est bluffée par votre élégance ? Parfait ! Vous n’avez plus qu’à aller chez vous, par exemple pour jouer au Scrabble.

Comment éviter la résistance de dernière minute chez vous ?

A ce stade, les titres ont probablement déjà suffi à vous permettre de comprendre toutes les richesses que artdeséduire.com pouvait déployer. Aussi, ne tardons pas plus et allons droit au but : Messieurs, prenez des notes, Mesdemoiselles, tentez de rester calme devant l’Hiroshima de romantisme qui se profile. Amis gays, par contre, je crains que vous ne soyez déçus : artdeséduire vous a oublié,s je suis sûr que vous le regrettez déjà. Mais, allons-y.

Messieurs, la soirée bat son plein et la plèbe s’agite autour de vous, quand soudain, vous repérez la jeune fille de vos rêves. Elle est là, magnifique, un verre à la main, à regarder la ville s’endormir par les fenêtres alors que mille idées se croisent dans sa tête (que celui qui a ricané se dénonce) alors que la musique masque les conversations autour d’elle. Diable, elle est si intimidante dans sa robe de soirée : comment l’approcher ? Pas de problèmes : nos coachs ont la solution.

On va commencer par une de mes préférés, inventée par Joshua Pellicer : le drive-by. « Drive-by » se traduit plus ou moins par « à emporter », « en passant ». Ça peut être un compliment ou un neg joueur : un abordage court qui met en place une dynamique de jeu dont vous partez immédiatement sans maintenir l’interaction. Les gens vont penser à vous en votre absence, et auront des réactions très positives à votre retour.

Ça n’est pas clair, le drive-in, comme à Mac Donald, tout ça ? Alors prenons un exemple de phrase de nos experts à sortir pour aborder la douce créature :

Hey ! :) Tu m’attends une seconde ? Je reviens dans un instant. T’as le droit de penser à moi en attendant, tant que ça reste propre.

Je vous laisse assimiler tranquillement la chose. Non, je ne blague pas, c’est bien tiré du site. Oui, Même le smiley. Vous vous souvenez de la célèbre accroche "Ton père, c’est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux" (vous pouvez tout de même remplacer "étoile" par "trou noir" si vous parlez à une candidate de télé-réalité), utilisée massivement lors des soirées d’élection de Miss Tuning sur le parking de Shoppy ? Félicitations, vous venez de découvrir le niveau juste en dessous. Bravo Messieurs : nul doute que la damoiselle aura "des réactions très positives à votre retour", comme par exemple, positive à la ganja pour essayer d’oublier votre répartie moisie. Bon, techniquement, c’est du positif quand même, ils n’ont pas tort.

Mais bon : je serais malhonnête de ne pas partager les autres conseils mis à votre disposition pour faire chavirer des coeurs. Par exemple :

Une première façon de vous faire apprécier serait la reconnaissance. Il s’agit de vous souvenir d’au moins un détail sur chaque personne. Même pas son nom ! Son nom, vous avez le droit de l’oublier

Car oui : le nom de la personne que vous tentez de séduire, ce n’est finalement bien important : autant montrer directement que vous n’êtes là que comme un gros morfalou. Mise en situation.

"Salut euh…
- Oui, salut ?
- Alban ? Maurice ? François ?
- Sylvie.
- Ahahaha, oui heu, bon je… je me disais… (raaah, bon sang, vite, il me faut un détail sur elle pour l’épater et lui montrer que je m’intéresse à elle)… ah oui, c’est toi qui a un gros cul, non ?"

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Si avec ça, son coeur ne chavire pas aussitôt, je ne sais pas ce qu’il lui faut. Mais nos larrons, eux le savent mieux que personne, car il existe une arme ultime : l’humour !

Une autre technique, que vous connaissez tous, est la création de private jokes. En combinant avec les détails que vous connaissez, cela peut être vraiment très efficace. L’humour est l’un des signes de valeur sociale les plus importantes et l’un des plus puissants aphrodisiaques.

Ah ! De l’humour, j’entends bien, mais alors quel genre de private joke, pourriez-vous illustrer ? Non parce que ce n’est pas bien clair, là, tout de suite.  Dans l’exemple suivant, l’auteur explique qu’il a par exemple appris que la jeune fille qu’il tentait de séduire avait un chien nommé "Spiff". Un nom qui en dit déjà long, mais passons sur les moqueries et observons plutôt le genre d’humour irrésistible qui est proposé. Mesdemoiselles, scotchez vos côtes, je vous transmets la blague telle quelle.

Spiff le chien, juste après avoir entendu ladite blague.

"Il va mieux Spiff ?
- Hein ? Mais on vient de se rencontrer et je suis pas rentrée chez moi, comment tu veux que je sache ?
- Je sais pas, il aurait pu avoir la courtoisie de t’appeler pour éviter que tu t’inquiètes. (pause) C’est ce que fait mon ornithorynque."
(il/elle rit).
"Je te le présenterai, c’est un type cool. Il s’entend mal avec mon rat jongleur par contre. Un peu jaloux, je crois. Etc."
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Pour rappel, en cas d’explosion inopinée votre cage thoracique sous l’impact drolatique du bon mot, le numéro à composer est le 15 (du moins si vous me lisez du pays du fromage, sinon vous risquez de crever, soyez un peu autonomes, sacrebleu).

Personnellement, j’ai ouï dire que c’est après avoir lu ce genre de blague que M. Carambar a décidé d’arrêter les siennes. Non parce que de deux choses l’une :

  • soit la jeune fille rit, auquel cas, il est temps de l’emmener derrière l’étable avec un fusil
  • soit elle fait ce que toute jeune fille raisonnable qui entend cette blague fait : elle reste impassible, quitte la pièce d’un bon pas, rentre chez elle préparer son dossier d’inscription pour le cursus d’astrophysique le plus proche, prend 8 ans pour passer un double doctorat tout en se formant à 17 sports différents puis, cela fait, elle intègre le prochain départ pour la station spatiale internationale. Une fois là-haut, loin de la Terre, elle s’enfermera dans un sas et s’autorisera un long hurlement de douleur avant d’éclater en sanglots, seule issue à un calembour aussi pourri. Elle peut aussi intégrer la Marine Nationale pour commander un sous-marin d’attaque et vaporiser votre demeure dans le feu nucléaire, mais ça, c’est juste si elle a un côté taquin.

Bien, vous êtes consternés ? Attendez un peu, et allons donc monter le niveau d’un cran, ceci n’étant qu’une mise en bouche. Mettons : la damoiselle a apprécié votre approche hardie et vous trouve irrésistiblement drôle ? Il est grand temps de lui faire comprendre que vous n’êtes pas vraiment là pour discuter avec elle, puisqu’en bon mâle, vous vous contentez de baver en marmonnant "fifille", le tout en roulant des yeux fous. Vous pensez que j’exagère ? Hohoho, naïfs que vous êtes, laissez-moi vous emmener à l’article "sexualiser une conversation" :

Aujourd’hui pour ceux qui veulent du rapide, on a décidé de partager notre technique de drague la plus efficace. Fatale.

J’imagine qu’il s’agit là d’une technique audacieuse et subtile visant à se mettre sur le fil du rasoir pour expliquer à quel moment l’intrépidité devient lourdeur, surtout en sachant qu’il s’agit d’un "opener", à savoir la première phrase que vous allez utiliser pour aborder une damoiselle, je suis curieux de savoir quelle habile stratag…

« Combien coûte ton cul ? »

Je…

Pardon ? Ai-je bien lu ? Qu’ouïs-je ? Visiblement, chez artdeséduire, on a la séduction légère et délicate : je suis sûr qu’après le fabuleux calembour précédent, les damoiselles sur ce blog se pâment devant une approche si classe. Il est vrai qu’un homme qui s’approche de vous pour vous susurrer à l’oreille "Combien coûte ton cul", ça donne tout de suite des palpitations de désir, j’en conviens (moi-même, tant de charme, cela me ferait presque regretter mon ennuyante hétérosexualité). D’ailleurs, pourquoi le susurrer quand tout le coin peut profiter de votre classe naturelle ?

Vous pouvez la jouer de manière très théâtrale, en parlant à table, en parlant au bar, suffisamment fort pour qu’on vous entende.

C’est vrai qu’il serait bête qu’une seule personne dans un rayon d’un kilomètre ne connaisse pas votre subtilité naturelle, apte à faire passer Jean-Marie Bigard pour un philosophe grec. Heureusement, chez artdeséduire.com, on est malin : après avoir bien précisé que la cible pourrait mal prendre la chose (alors là, je m’étonne !), il est expliqué qu’il faut désamorcer la situation, tel un puissant meneur de débat. Comment ? Facile !

Ce que vous devez comprendre, c’est que quelle que soit la réponse de la fille, vous devez la ramener dans votre monde, dans votre réalité C’est votre jeu, votre script qu’il va falloir dérouler. En improvisant un peu en fonction du sien, évidemment… Le but, c’est de basculer très rapidement sur la raison d’être de l’opener : créer une conversation Et l’avantage de cet opener, c’est qu’il va aider à sexualiser très vite.

Hmmm, tout cela semble terriblement maléfique, vous auriez un exemple mes bons amis ? Pas de problème, explication via un dialogue entre deux amis qui viennent de poser la question à une malheureuse qui, à cet instant précis, doit être en train de chercher sa bombe lacrymogène.

« Si on te demande ça, c’est parce qu’on a besoin d’un avis extérieur. En fait ça part d’une vanne quand on était en école. Si tu devais te faire attraper par un mec de l’école, ce serait qui ? 
- Et on a vite étendu cette question à l’univers des stars, des acteurs, des chanteurs. Surtout à Gérard Depardieu. La vraie question c’est de savoir combien tu acceptes pour coucher avec Gérard Depardieu.»

Subtil en effet, une explication complémentaire pour mettre une cerise de bon goût sur ce gâteau de classe ?

La fille va rentrer dans votre jeu. Elle est soulagée, vous ne la prenez pas complètement pour une pute. Elle va pouvoir se mêler à la conversation. 

Le port du casque est obligatoire si vous posez la question en agglomération, sauf autorisation préfectorale

Ça va, ce n’est pas complètement, juste un peu. Il n’y a donc aucun problème, qu’est-ce qu’une jeune fille pourrait trouver à redire à être prise un peu pour une pute ? Je veux dire, c’est tout de même un métier intéressant quand on y pense, trop peu de conseillers d’orientation pensent à mettre cette carrière en avant, bande de petits conservateurs, je suis très déçu.

En tout cas, je ne sais pas vous, mais moi je suis rassuré à l’idée de savoir que ce site ne me prend pas complètement pour un con. J’ai ouvert les yeux, et je suis sûr que vous aussi, chères lectrices. Et pas seulement pour vous les arracher à la cuiller pour arrêter de lire ce site, arrêtez. Remettez immédiatement cet ustensile dans votre pot de glace, dites-donc ! Vous vous croyez où, hein ?

Cela dit, nos amis envisagent que la fille puisse mal prendre la chose malgré tout (c’est très étonnant, j’insiste, c’est une femme nom de nom, que pourrait-elle reprocher à la chose ?), et proposent donc une astuce très efficace pour se sortir d’une bien mauvaise situation et remettre la bougresse dans le droit chemin.

Oh ça va, rien de grave… Quand tu vois ce qu’une émission comme Le Bachelor fait aux femmes… C’est cruel… Quand tu vois le dernier film pour Louis Vuitton, La fille de joie tu peux te demander si la figure de la pute n’est pas de retour après des films comme l’Apollonide et la série Maison Close. Du coup on se demandait avec mon pote blabla.

Comprendre : "Oh, ça va, je te traite comme une pute mais c’est dans les médias, alors tu vas pas non plus faire la gueule dis-donc ?"

A ce stade, il est évident que non seulement la conversation est parfaitement récupérée, mais qu’en plus, la damoiselle doit être en train de convulser au sol devant tant de bonheur. Ou alors, c’est qu’elle n’y met vraiment pas du sien, nom d’une pipe ! Heureusement que dans "artdeséduire", il y a "art" et "séduire", histoire de bien mettre en avant la notion de subtilité du concept, parce que bon, hein. D’ailleurs, divers conseils vous sont donnés pour faire durer la conversation de manière tout aussi délicate histoire de devenir le nouveau Georges Clooney local :

"Et sucer ? C’est combien pour sucer ?"
"Et embrasser ? Tu prendrais combien pour embrasser un inconnu ? "
Là vous pouvez enchaîner sur la note qu’elle se donne en bisous : «Sur une échelle de 1 à 10, tu embrasses bien comment ?». Ça vous permettra de lui proposer de vérifier sa note un peu plus tard dans la soirée… lors d’un CONTROLE SURPRISE !)
"Et escort, tu as déjà pensé à faire escort girl ? Tiens, sérieusement, on ne t’a même pas demandé ce que tu faisais de tes journées… Laisse-moi deviner… Tu es mannequin pour serre-tête… Tu as de belles oreilles…"

Des fois qu’elle n’ait pas encore bien saisi l’aspect prostitution, autant insister. N’hésitez pas à lui parler du taux de TVA applicable et autres, pour plus de passion, rrrr, grands fous. Quant au "contrôle surprise", nul doute qu’il se terminera à Fleury-Mérogis, quartier des délinquants sexuels, où notre Don Juan en herbe pourra répondre à des questions à peu près similaires lorsque Jojo "Le boucher de Montreuil" voudra lui aussi appliquer les techniques lues sur son site. Et lui aussi aime les contrôles surprises pour ses évaluations trimestrielles mais c’est un prof sympa, on a le droit de pomper. Tiens ? Hmmm, j’ai l’impression d’avoir écrit quelque chose, mais en fait non. Lire ce site me rend tout chose. Sûrement le pouvoir universel de la séduction.

Soit : mettons que vous ayez échappé tant à Jojo à la prison et que, plus incroyable encore, la damoiselle soit sous votre charme, que faire en vous rendant chez vous ?

Pas de problème, tout est prévu avec l’article "Match à domicile : comment éviter la résistance de dernière minute."

Vous êtes donc arrivés chez vous, avez ouvert la porte pour dévoiler votre domicile un sourire complice aux lèvres, et êtes allés chercher des rafraîchissements. Quels sont les pièges qui font qu’elle risque, en substance, de hurler "VITE, LA FENÊTRE !" avant de la traverser, chutant de 5 étages pour ne pas à avoir à passer plus de temps avec vous (remarquez, vu tout ce qu’elle a subi jusqu’ici, visiblement, elle est déjà morte cérébralement) ?

Même si vous êtes beau gosse, bien habillé et que votre déco d’intérieur a été refaite par le fils de Valérie Damidot et Philippe Starck, si vous puez ou si votre appartement sent mauvais, c’est fini pour vous.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la qualité du site, notez que les goûts de Valérie Damidot sont cités en exemple. Cela veut déjà en dire long. En tout cas, sage conseil pour les vieux mâles : quand la jeune damoiselle commence à se tenir la gorge entre deux calebutes sales étalés sur le clic-clac, que sa peau se rougit et que des cloques y apparaissent, c’est qu’il est bon d’aérer, espèce de petite usine à gaz moutarde. Mais bon, supposons que ça ne pue pas : comment occuper ces instants complices entre vous ? Je préfère ne pas vous copier coller les passages où l’on vous propose de déguster du Nutella et du champagne, tant chacun sait que toute personne qui fait cela voit un champenois défoncer sa porte et passer les lieux au lance-flammes parce que bon, quand même, il ne faut pas déconner, aussi intéressons-nous plutôt aux exemples de bonnes soirées à passer ensemble :

Photographie instagram d’un jour de lessive dans une résidence étudiante

L’enchaînement de sketchs courts, de vidéos comiques sur Youtube

Moui. Alors Youtube, c’est quand même un peu la spirale de l’enfer : quelqu’un va dire "Agad’, agad’ tu vas voir c’est trop marrant !". Tout ce petit monde va regarder la vidéo et ne pas se marrer, avant de dire "J’en connais une autre trop bien." et ainsi de suite durant trois plombes, jusqu’à ce que finalement, tout le monde admette ouvertement se faire chier.

Bref avec ça, au mieux votre invitée repart poliment, parce que Youtube, elle l’a aussi à la maison, au pire se pend pendant un sketch de Cyprien, Norman ou autre prénom mystérieux.

Une autre option ? Pas de souci !

Les photos de vacances

Parce que oui : il y a pire que Youtube. Vous installer devant un PC pour faire une soirée diapo, soit l’avatar des moments chiants depuis l’invention du projecteur. Vous pourrez ainsi raconter des choses chiantes à quelqu’un, lui conter des moments rigolos qui ne feront pas rire parce que la personne n’y était pas, et vous perdre vous-même dans le flot de votre récit décousu pour cause de "Attends, c’était où ça ?" "Tiens, pourquoi cette photo est sur le côté ?" ou le célèbre "Raaah, comment il s’appelait, lui ?" alors que tout le monde s’en fout puisque personne ne le connait. Connaissez-vous une seule personne qui hurle "Chouette !" lorsque vous proposez une soirée Powerpoint ? Parfait : alors gardez vos photos de vacances pour vos vieux jours. Ou allez visiter des abattoirs roumains, je ne sais pas, mais faites quelque chose.

Enfin, mettons que malgré tout, vos activités excitantes comme un tableau Excel la rendent folle : un mot de la fin, artdeséduire.com ?

Tips bonus :

Capote à portée de main parce que si vous ratez la fenêtre de tir, elle va se mettre à réfléchir, et réfléchir, c’est mal… 

Hé bien je crois que tout est dit.

Je n’ai plus rien à ajouter.

Merci, artdeséduire.com.

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Elle s’appelait Mairin.

Je l’avais rencontrée à un vernissage au Grand Palais. Elle avait ce rire discret qui, loin des exclamations ouvertement hypocrites des autres invités feignant de s’esclaffer au moindre mot des personnalités présentes, était à la fois honnête et communicatif. Elle était Irlandaise, et était en France suite à un échange Erasmus, afin d’étudier la littérature de notre beau pays. Elle avait un avis assez tranché sur bien des auteurs et, loin d’analyser chaque virgule de leurs textes, elle essayait de voir dans les livres l’expression d’une pensée cristallisée sur papier, l’écho de l’imagination d’un esprit nous ayant quitté depuis bien longtemps. Son curieux discours, presque spiritiste, avait quelque chose d’intrigant. Nous restâmes à discuter sous les hauts plafonds de l’auguste bâtiment durant un long moment, tant et si bien que ce fut finalement la sécurité qui nous demanda de sortir avec les derniers traînards.

Elle eut une exclamation plaintive en constatant que le dernier métro était parti depuis bien longtemps, et qu’elle allait devoir prendre un taxi. Je lui proposai ma voiture, et l’espace d’un instant, je crois que je vis dans son sourire un signe m’invitant à ne pas l’amener à M. Guttierez. Engoncés dans la banquette arrière à poursuivre notre conversation sous la lumière changeante des lampadaires défilant autour de notre véhicule, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes arrivés au bas de son immeuble. Je lui souhaitai bonne nuit en feignant le désintérêt le plus total, et elle réagit en se collant à moi, me chuchotant à l’oreille que si je ne montais pas, elle se retrouverait malheureuse à lire son ouvrage de chevet, de…

Mairin eut à peine le temps de sentir le canon du Maüser s’insérer dans notre étreinte au niveau de son estomac qu’il y eut trois détonations sourdes, avant qu’elle ne glisse au sol dans un bruit mou.

Elle venait de m’avouer lire Guillaume Musso.

Il ne fallait pas exagérer non plus.

Et tant pis pour ses reins.

J’ai toujours aimé les analyses fines et pertinentes.

Si c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne lis jamais Le Figaro, c’est aussi celle qui me pousse à admirer la horde de nouveaux experts qui envahissent nos médias pour faire part d’explications poussées sur le fonctionnement de notre société : sexologues autoproclamés dont les connaissances se basent sur leur vision de la dernière soirée mousse chez Michou, psychosociologues dont les propos ressemblent plus à une oeuvre de tautologie qu’à une interprétation pertinente de comportements modernes, ou autres mots en -logue qui signifient qu’un amateur se déclare expert du jour au lendemain et que sa tribune est vérité (exemple : "un blogue"), autant de choses qui me font rêver.

Aussi, lorsqu’en ce beau dimanche, je suis tombé sur l’interview d’un certain Gilles D’Ambra, psychologue vantant les mérites de son dernier livre (qui date un peu, mais je m’étonne que personne n’y ai réagi) permettant de mieux comprendre les hommes, je m’attendais là encore à quelque chose de haut niveau. "Nenni", me glisseraient de facétieux lecteurs amateurs de pinaillages ; "Un psychologue, c’est quelqu’un avec une vraie formation, une vraie expérience et un diplôme : il s’agit d’une profession réglementée, contrairement à celles que vous citiez ci-dessus ; voilà qui est gage de sérieux et qui donnera sûrement lieu à une analyse pertinente, vil pessimiste".

Et en effet : le bon Gilles s’empresse de montrer dans son propos de qualité chez Doctissimo que ce n’est pas un rigolo à l’analyse facile. Ho que non.

Réponse : "Parce qu'ils fuient les greluches qui lisent ce genre de trucs"

Je vous propose donc de lire ensemble ce fabuleux monument de psychologie qui fera date ; Sigmund, accroche toi à ta coke.

Pourquoi les hommes sont lâches en amour ? C’est la question à laquelle répond le psychologue Gilles d’Ambra dans son livre.

Notez que nous commençons très fort : directement, il ne s’agit pas de parler des hommes lâches en amour, ou de cas précis, non ; il s’agit de tous les mettre dans le même sac. L’homme est un lâche dès qu’il s’agit de relations sentimentales : il se cache, se fait porter pâle, et parfois même s’enfuit en Amérique du sud pour y devenir éleveur de chevaux dans la pampa afin d’échapper à Lola, la correspondante bavaroise qui venait de lui confesser son amour. Si l’on suit l’analyse de Gilles, qui je le rappelle, traite de TOUS les hommes sans distinction, les gays doivent avoir de gros soucis et être une sorte de communauté d’autistes qui refusent de se fréquenter par peur mutuelle. Diantre.

Mais son ouvrage est surtout un guide pour aider les femmes à comprendre ces messieurs, pour construire un couple solide, basé sur le partage. Doctissimo l’a interrogé sur les recettes pour comprendre le sexe opposé.

Ah. Soit, soit : il ne s’agir donc ici que de traiter du cas des hommes hétérosexuels, pour que les femmes puissent enfin comprendre et dompter ces créatures mystérieuses : pourquoi rechignent-ils à faire les boutiques avec elles en gloussant ? Qu’est-ce qui les fascine dans les soirées foot et bières ? Et pourquoi n’aèrent-ils pas après leur traditionnel concours de pets post-choucroute ? Autant de questions que le sieur d’Ambra doit aborder, du moins, je le suppose, s’il s’agit de tout révéler sur le sexe fort aux membres du sexe faible (on appelle ça de la trahison mon petit Gillou ; passer des informations à l’ennemi, c’est très mal, tu es bon pour le peloton, Mata Hari). Une occasion pour les lectrices de ce blog, interdites de lecture lors d’un article précédent, de se venger céans en s’emplissant les mirettes d’informations pertinentes obtenues directement auprès d’un professionnel.

Attention mesdemoiselles : première question.

Doctissimo : Vous affirmez que les hommes sont lâches en amour. Est-ce vraiment la règle ?

Gilles d’Ambra : Vous savez, le courage des hommes, c’est un mythe, les femmes sont bien plus courageuses. Les hommes sont courageux quand il s’agit d’aller chasser le mammouth ou de faire la guerre, et parce qu’ils sont bourrés de testostérone et en groupe. Mais dès qu’il s’agit d’amour, ils deviennent lâches. Prenez l’exemple de la rupture : lorsqu’ils n’aiment plus, ils vont se taire et attendre que leur compagne s’en rende compte

Voilà : première règle à connaître, tous les hommes sont identiques. Tous. Sans exception ; en fait, c’en est à se demander à quoi nous servent nos psychologues, et pourquoi ils ont besoin de s’entretenir individuellement avec leurs patients, puisqu’en réalité, quand on en a vu un, on les a tous vu. Je rappelle que le charmant garçon qui fait cette analyse est un professionnel du secteur, hein. Non, je sais, on ne le dirait pas comme ça, mais si, si. Il a peut-être même une clientèle : brrrr.

Mais revenons au sujet : les hommes sont courageux dès qu’il s’agit de guerre ; ils ne fuient jamais, n’ont jamais peur, et pour peu qu’ils soient en groupe, ils partent même coller des grenades dans des nids de mitrailleuse en rigolant (vous ne pouvez pas comprendre ça les filles : c’est comme le concours de celui qui pisse le plus haut, c’est une sorte de private joke, mais directement située sur le chromosome Y). A l’inverse, aucun mâle ne plaque jamais sa nana ; il se contente soudainement de devenir muet ; du genre vous lui demandez où il a rangé le saucisson, et là, le bougre se contente de ne rien dire, alors qu’il y a deux minutes, il causait encore nonchalamment de son amour pour la charcuterie : point de maladie mystérieuse là-dessous , il a tout simplement perdu l’usage de la parole. Le signe ultime comme quoi il compte rompre (et si vous ne rompez pas dans les deux semaines, sa langue se nécrose et tombe).

Non, jamais un homme ne plaque sa nana. Ça ne s’est jamais vu : il ne peut pas. Il laisse l’autre faire et se tait. Si l’une d’entre vous prétend que ça lui est pourtant déjà arrivé, c’est que c’est une menteuse. En même temps, quelle femme ne l’est pas ? 

Le Mime Marceau a passé des années à tenter d'expliquer à sa nana qu'il voulait la plaquer

Par contre, en suivant ce raisonnement pas du tout caricatural, mesdemoiselles, n’hésitez pas : pour pimenter un peu vos aventures nocturnes, criez lui  "Prends-moi comme tu prendrais un nid de mitrailleuse !" ; et là, vous le verrez motivé comme jamais vous sauter dessus avec le visage noirci au charbon. Par contre, assurez-vous de ne pas avoir de grenades dans la maison : il pourrait mal l’interpréter.

Doctissimo : Mais l’homme a tout de même changé depuis l’aube de l’humanité ? 

Gilles d’Ambra : Pas tant que ça.

Wongo wongo. Homme pas trop changer : toujours mettre slip en fourrure avant de trouver femelle de la tribu des Poux Fhiasses pour venir réchauffer homme dans grotte. Faire parade amoureuse : proposer "Toi vouloir dernier verre de sang de mammouth ?", puis glisser poudre magique du chaman qui fait dormir dedans ; enfin, ramener femelle en traînant par les cheveux jusqu’à grotte, avant accouplement sur peau d’ours. Wongo.

Autre possibilité : "Depuis l’aube de l’humanité, il y a toujours des types qui font des analyses de daube, ça n’a pas trop changé". Auquel cas, j’approuve.

D’ailleurs il y a plus de gènes communs entre un homme et un singe qu’entre un homme et une femme.

C’est pour ça que Wongo parfois être turgescent au zoo. Singe mieux que femme : est très tendre quand il épouille et suffisamment évolué pour pas porter Wayfarer. Zoophilie très tentante.

On peut voir des similitudes entre les types d’hommes et les races de singes.

Bien que cette phrase soit probablement approuvée par une certaine frange de l’extrême-droite (oui je parle de frange, mais comme j’ai parlé de Wayfarers avant, l’enchaînement est parfaitement logique), notez que ce genre de propos serait considéré comme honteux si le mot "homme" était remplacé par "femme". Mais comme ce n’est pas le cas, le type a même le droit à une interview sur Doctissimo et à de la publicité pour son livre.

Par exemple :

L’orang-outan : il vit seul, il râle dès qu’on lui demande quelque chose, il n’aime pas sortir. A réserver aux femmes indépendantes qui n’ont pas besoin de trop d’affectif

Bref, vous pouvez aisément le remplacer par un petit jouet en plastique fonctionnant à pile. Encore une fois, on aurait inversé le tout et écrit "Elle vit seule, elle râle dès qu’on lui demande quelque chose et n’aime pas sortir. A réserver aux hommes indépendants qui ont juste besoin d’un plan cul régulier ou d’une ménagère", on aurait hurlé. Mais là, non.

Le gorille : issu d’une famille nombreuse, il est très social et agréable à vivre. C’est un bon vivant. Pour celles qui recherchent une relation stable et familiale 

Parfois aussi, il vous défonce la gueule parce que vous avez fait tomber la banane qu’il convoitait. Il est comme ça, le gorille. Un peu taquin, mais avec de grosses mains (et souvent dans la margoulette). Mais il vous aime, hein.

Le chimpanzé : il vit beaucoup avec ses amis et il est susceptible et individualiste. Pour les femmes éprises de liberté.

Il manque à cette liste "le ouistiti : il est tout petit, il a l’air un peu con mais il vous fait marrer", "le paresseux : il n’en branle pas une, mais au moins, vous êtes sûre de le retrouver là où vous l’avez laissé" ou encore "le nasique : il a un grand nez, mais on sait toutes ce que ça veut dire, hihihihi". Quel dommage que notre fin analyste s’en soit arrêté ici dans ses métaphores animales.

C'est vrai que le gorille a l'air sociable, en fait

Doctissimo : Hommes et Femmes seraient donc restés identiques depuis la nuit des temps ? 

Gilles d’Ambra : Non, bien sûr que non. Aujourd’hui, les femmes sont heureusement pour elles plus autonomes, elles n’ont plus besoin des hommes pour faire leur vie.  Et les mâles ont donc totalement perdu leurs repères. Ils ne savent plus comment aborder les femmes, et en deviennent souvent encore plus lâches.

On ne sent pas du tout le fait que le type compte vendre son livre à des femmes : "Hahaha, bien sûr que non : les femmes ont super évolué, ce sont des êtres formidables. Par contre, les hommes sont restés de gros cons, eux ils ne pigent toujours rien à rien. A part moi bien sûr, c’est même pour ça que j’ai écrit un livre dans lequel je vous explique tout."

Mais effectivement, l’homme a perdu tous ses repères dans le monde moderne ; il ne sait plus comment s’y prendre avec les femmes. Alors des fois, il en a marre, il laisse tout tomber, et il tente de l’attraper dans un Sofitel. Mais là encore, ça prête à controverse : comment un être aussi lâche qu’un homme aurait-il pu aborder une femme ? Logiquement, il aurait dû s’enfermer dans la salle de bain en hurlant "Allez-vous en vilaine femelle, vous me faites peur, j’en perds tous mes repères, hiiiiii, ne vous approchez pas de la porte où je pleure !".

Doctissimo : Pensez-vous que dans un couple, une femme peut réussir à faire changer un homme ? 

Gilles d’Ambra : On ne peut pas changer la nature profonde de quelqu’un comme ça. Lorsqu’une femme se met avec un homme en se disant "avec moi, ça va être différent", cela se termine toujours mal. Quand vous achetez des chaussures, vous les prenez à votre pointure, même si après elles vont se faire à votre pied ! Avec un homme, c’est pareil ! Il faut prendre la bonne pointure !

Là, nous sommes tous d’accord : on ne peut pas changer un homme ; le faire devenir fidèle, lui faire arrêter la bière, lui apprendre à baisser la lunette des WC ou à arrêter de secouer les draps en hurlant "La vache, celui là il fouette" lors que son transit se fait difficile… autant de choses auxquelles il faut renoncer d’entrée de jeu.

Doctissimo : Et selon vous, quelle est la clé d’un couple qui fonctionne ?

Gilles d’Ambra : Il n’y a pas de recette miracle. Mais il faut avant tout de la réciprocité. C’est la stratégie gagnante à terme. Le but est de ne pas essayer de battre l’autre, mais de jouer le jeu de la relation à deux, de respecter l’autre, et de ne pas jouer au plus malin : la franchise est essentielle.

Attendez, on la refait :

"Question : Selon-vous, quelle est la clé d’une relation ?

Réponse : Jouer le jeu de la relation."

Aaaaah, ouais, pas con. D’autres conseils, sinon ? "Pour vivre heureux, vivez contents" ? "Soyez francs pour dire la vérité" ? "Trop de whisky, caca kaki"? Nom d’une pipe, ce n’est plus un psychologue, c’est Monsieur de la Palice sous ecstasy. La suite, vite, je me meurs, je veux en apprendre plus sur moi, pauvre mâle.

Avec ce livre, vous pouvez vous aussi devenir un fin analyste moderne

Doctissimo : Vous parlez de franchise, mais vous conseillez de ne pas tout dire.

Gilles d’Ambra : Il faut être honnête, ne pas raconter d’histoires, mais ça ne signifie pas se lâcher et exprimer tout ce qui nous passe par la tête ! Il ne faut pas tout dire, mais il faut jouer franc jeu.

Quel caméléon, cette fois on dirait du Jean-François Copé tellement c’est empli de bonne foi : "La franchise, c’est bien, mais il faut bien faire attention à ne pas tout dire". Le terme "mensonge par omission" est donc officiellement placé dans les instruments servant la franchise : bravo, c’est du grand art. Ma mauvaise foi et moi avons envie de vous adouber chevalier du pipeau.

Un exemple, peut-être, histoire d’aller jusqu’au bout du concept ?

Prenez l’infidélité par exemple. A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple. Car entretenir une deuxième relation, mentir, cela va à l’encontre justement de la franchise et de la réciprocité. Mais un "dérapage" ponctuel, un "accident" est possible et ne doit pas forcément remettre en cause la relation ni d’un côté ni de l’autre. 

"A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple." ; après les lapalissades, les euphémismes : quelle maîtrise des figures de style, je pleure des larmes de sang tant la jalousie fait battre mon petit coeur de mâle arriéré.

En tout cas, c’est un excellent exemple de confiance dans un couple : les filles, faites bien attention à ne pas dire à votre partenaire que vous copulez avec Pedro, le chilien du 5e qui fait la sécurité à l’entrée du Macumba ; c’est ça, la franchise.

Je rappelle que ce livre est un recueil de conseils pour aider ces dames à mieux comprendre et garder leurs hommes : si avec ça, elles ne finissent pas toutes à la rue avec un tabouret dans l’oeil, c’est à n’y plus rien comprendre. Mais il est vrai que je n’ai aucun diplôme de psychologie, tout cela doit m’échapper. Trop subtil, sûrement.

Doctissimo : Et comment faire pour garder son homme ?

Odieux Connard : Ne surtout pas lire ce livre

Gilles d’Ambra : Pour que la relation dure longtemps, il faut arrêter de la vivre comme si elle était un bien de consommation jetable ! Car aujourd’hui de nombreux couples vivent leur relation uniquement dans l’immédiat sans projeter plus loin que la semaine suivante. L’amour, c’est le désir de l’autre, la tendresse, mais c’est aussi partager et construire des choses ensemble, lancer des projets. C’est s’engager réellement, même si ce n’est pas forcément pour la vie.

"Pour que la relation dure longtemps, il faut qu’elle soit durable" suivi de "Pour vivre à deux, il faut vivre ensemble". Cet homme a un don ; on ne parle même plus de talent à ce niveau-là.  Je crois que je vais faire un don à Notre-Dame-du-Nawak pour qu’ils fassent faire un vitrail à son effigie. Et les pèlerins en manque d’analyses de qualité s’y rendront en masse pour s’agenouiller devant cet avatar de verre qui les contemplera de son piédestal drapé dans ses certitudes.

Il n’empêche que je suis de mauvaise foi : maintenant, j’en sais plus sur moi, dans ma condition de pauvre homme. Merci de ta subtile analyse, Gilles d’Ambra. Que l’on peut retrouver dans "Pourquoi les hommes sont lâches, Petit traité de psychologie masculine à l’usage des femmes qui aiment encore les hommes", ouvrage qui pour moins de 20€, vous permettra de devenir une véritable experte en psychologie masculine. Je suis sûr que vous vous demandez déjà pourquoi il ne se trouve pas dans votre bibliothèque.

Cependant… attendez, attendez, si je relis cette histoire… au tout début, ce fin expert nous disait qu’un homme ne pouvait plaquer une femme, ou pire, lui parler. Mais alors, qui suis-je, que suis-je pour virer au matin des filles de mon lit en marmonnant "Vous êtes gentilles mais maintenant, cassez-vous si vous ne voulez pas ramasser un coup de pelle" ?

J’en suis tout chamboulé : je crois qu’il me faut un psy.

Et je crois que je sais déjà à qui m’adresser. Quelle puissance décidément.

Damien a un gros mal de tête.

L’oeil entrouvert et l’esprit embrumé, il tente péniblement de se redresser dans son petit canapé qu’il a à demi couvert de bave, et laisse échapper un bâillement sonore qu’il fait taire promptement, tant le moindre son semble se transformer en fanfare dans la caverne qui lui sert désormais de crâne.  Les sourcils froncés, il essaie tant bien que mal de rassembler les bribes de son esprit pour espérer se souvenir de sa soirée. D’ailleurs, que fait ce magnum de champagne vide encore dans sa main ? Nonobstant ce  menu détail, Damien parvient à se lever et dépose le cadavre de bouteille à ses pieds. Dans l’immédiat, il ferait bien de faire l’inventaire de son appartement.

Rien de grave semble t-il : certes, le salon ressemble à un lendemain de bataille contre les Huns, et en effet, quelqu’un a coincé un CD de Francky Vincent dans le lecteur de la chaîne d’une curieuse manière, provoquant ainsi un claquement constant, alors que l’appareil tente de se refermer sur l’obstacle avant de s’ouvrir à nouveau pour mieux réessayer. Damien a un vague flash durant lequel il se revoit dansant fiévreusement sur "Tu veux mon zizi", mais ne saurait situer précisément l’évènement. Dans tous les cas, les choses semblent moins graves que prévues : pas de gros dégâts matériels en vue. En passant devant ses toilettes, Damien constate qu’un invité de la veille a dessiné une astucieuse décoration façon militaire sur tous les bords de la cuvette, ce qui… diantre… d’un reniflement, le propriétaire des lieux constate qu’il ne s’agit en rien d’un élément d’agrément ; cette cuvette repeinte façon camouflage mêlant avec goût tons bruns et kakis n’est en fait que le produit d’un repas de fête mélangé avec moult alcools. Damien se sent faible un instant en réalisant ce qu’il vient de voir, puis se dirige vers sa chambre.

Poussant la porte, il constate alors ce qu’il craignait : cette année encore, il n’y a personne dans son lit en ce 1er janvier.

Cette année encore, il est célibataire.

 

Oui, moi aussi mon nouvel an s'est bien passé. Merci de demander.

Alors cette année encore, il inscrira dans ses bonnes résolutions (Damien a besoin d’être le 1er janvier pour prendre des décisions, c’est dire la force de sa volonté) : "Ne plus être seul". Et à nouveau, il espérera ne pas échouer comme l’année passée, pensant longuement à ce curieux besoin né d’un mélange d’instinct et de pression sociale, alors qu’il essaiera de nettoyer son tapis sur lequel lui et ses amis auront joué au Pictionnary-vomi durant le réveillon.

Pauvre Damien.

Heureusement,  pour passer une excellente année 2011, laissez-moi vous indiquer un site qui ne saurait rester inconnu pour qui cherche l’âme soeur : "Comment draguer une fille". Oui, ce site s’adresse aux mâles, mais je connais mes lectrices, elles vont quand même lire l’article. Je vous vois venir mesdemoiselles. Votre curiosité vous perdra. Quant à mes lecteurs qui préfèrent les viriles bourrades, vous me voyez désolé de ne pas pouvoir vous aider plus avant ; je m’en voudrais d’encourager une pratique condamnée par le pape. C’est comme ça.

Alors certains d’entre vous me diront "Raaah, le coup des conseils de drague, vous nous l’avez déjà fait avec Men’s Health !", et je vous dirai que oui : mais et d’une, souvenez-vous que ces conseils n’étaient peut-être pas les plus audacieux que l’on puisse trouver, et de deux, je vous conchie. Non, car cette fois, nous allons nous arrêter sur un coach en séduction, un vrai, le genre à vendre livres et services. Alors ce n’est pas rien tout de même ; nous atteignons le stade professionnel ! Allez, ne traînons plus : ni une, ni deux, allons voir :

Comment draguer une fille ?

En voilà une vraie question ! Comment faire ? Peut on vaincre sa timidité ? Que se passe t il si on se fait repérer en tentant de draguer ? Est-ce vrai que les femelles coupent les testicules des mâles ayant échoué la parade amoureuse pour s’en faire des macarons ? Autant de mystères bientôt levés, puisque sur ce site, nous allons trouver, comme nous l’indique la rubrique "à propos" :

• Des « stratégies » qui ont fait leurs preuves et qui vous permettront de draguer les plus belles filles.
• Des conseils pour améliorer votre vie personnelle. Comment acquérir et approfondir votre confiance en vous, votre estime, votre valeur sociale, etc.
• Des techniques pour améliorer vos performances sexuelles avec les femmes.
• Et bien pus…

Rien que ça, "et bien pus…", jeunes gens ; voyez le monde qui s’ouvre à vous ! Et tout cela écrit par Alex, un "séducteur invétéré". Non, pas invertébré, non. En tout cas, invétéré, vous êtes sûr ? Le genre qui a roulé sa bosse aux quatre coins du monde et a fait chavirer tous les coeurs, de celui de Maria, cette bolivienne au teint halé rencontrée sur la route de Cochabamba alors qu’elle y transportait du café obtenu de ses douces mains, jusqu’à Fleur de Lotus, une belle vietnamienne qui se serait donnée sur le pont tanguant d’une jonque traversant paisiblement la baie d’Along ? Presque.

J’ai fait mes premiers pas dans l’univers de la séduction en 2005 et aujourd’hui, je me suis donné pour objectif de guider les hommes qui aspirent à devenir un grand séducteur comme moi ou qui souhaitent « affiner » les techniques qu’ils ont acquises.

Comment ça "2005" ? Ça fait 5 ans qu’on a découvert le sexe opposé alors ça y est, on est un "grand séducteur" ? Ca va être quoi comme conseils, petit jeunot ? "Attirez là avec des choco-BNs derrière le toboggan et échangez lui 3 cartes pokémons contre un bisou" ? Attendez, "grand séducteur", c’est pas comme la légion d’honneur, hein, c’est pas un titre qu’on obtient en 5 minutes sur un coin de table ! Sean Connery, Georges Clooney, Francis Huster, regardez qui tente de vous égaler ! Insurgez-vous, car cet homme se prétend votre égal. Mais soit, faisons fi de cette auto-proclamation, et allons voir la suite.

 

Plus on est jeune, plus c'est facile : au début, un simple BN suffit à séduire. A la fin, il faut des repas et des voyages. Pfff.

En effet, nous découvrons qu’Alex s’est découvert un don pour le coaching en séduction après être venu au secours d’un ami longtemps en couple et fraîchement largué, qui lui avait déclaré, je cite :  « Alex, j’ai été avec ma blonde trop longtemps et maintenant j’ai pu l’tour pentoute. Peux-tu me montrer comment draguer une fille ? »

"J’ai pu l’tour pentoute".

Aucune allusion sexuelle là-dessous, ni aucune référence au célèbre magazine de charme de la Belle Province Pent Houte, magazine présentant des caribous dans des positions lascives souvent couverts de sirop d’érable, notre homme était tout simplement hors-jeu quant au jeu de la séduction et de l’amour courtois (si tant est que s’exclamer "J’l’y toasterai bien l’ostie, tsé !" soit considéré comme courtois). Mais soyons honnêtes jeunes gens : peut-on vraiment faire confiance à des québécois pour nous conseiller en quoi que ce soit ? Ces rustres nous ont tout de même envoyé Céline Dion, Garou et Stéphane Rousseau. Si ça ne tenait qu’à moi, nous ferions un blocus sur la province, et on marquerait d’une feuille d’érable jaune brodée à l’anorak tous les fieffés brigands qui utiliseraient "caliss" dans leur vocabulaire. Mais allez savoir pourquoi, on ne veut pas me laisser les commandes. Irresponsables droits-de-l’hommistes.

Mais c’est assez : revenons plutôt vers le coeur de notre sujet, et cliquons sur la page d’accueil, pour mieux découvrir la colonne de droite, où l’on peut lire :

« Inscrivez-vous à la newsletter et apprenez comment aborder et séduire des filles top canons »
Même si vous n’êtes ni beau, ni riche, ni populaire…

Vous êtes sur le point de découvrir:
- Les 7 erreurs mortelles qui anéantissent toutes vos chances.
- Comment vaincre votre peur de l’approche.
- Comment démarrer une conversation avec une femme.
- Et en cadeau, vous recevrez GRATUITEMENT votre copie du livre : Le Manifeste Du Séducteur.

Car oui, pour les gens beaux, riches et populaires, nul besoin de séduction : tout le monde sait que la femme, cette fourbe créature, succombe à tout ce qui est riche et beau, puisque naturellement vénale. Si vous en doutez, creusez un piège à ours et recouvrez le de branchages : au centre du dispositif, placez de manière bien visible un billet de 500€ et quelques macarons Ladurée. Absentez vous pour aller regarder un match de foot ou une rediffusion de Fantomas, puis revenez quelques heures plus tard : au fond du trou gît une femelle, le billet encore à la main.

Attention, dans certains cas, c’est un clodo appâté par la faim et l’argent facile qui s’est laissé prendre. Rebouchez alors le trou en prenant bien soin de le laisser au fond, vous l’aiderez ainsi à passer l’hiver au chaud. Où en étais-je ? Ah, oui.

Vous allez ainsi découvrir "comment démarrer une conversation avec une femme", puisque figurez-vous que la femme ne répond pas lorsqu’on lui dit "bonjour", elle a son propre langage, inconnu des pauvres mécréants que vous êtes. Il se pourrait même qu’elle utilise des ultrasons, mais n’en disons pas plus et ne spoilons pas : plusieurs articles sont ici à notre disposition :

Sans nous arrêter sur tous les articles (ah, le plaisir de la découverte !), je me permets de vous citer ce fabuleux passage  issu de "Comment draguer une fille dans la rue" :

Nous autres séducteurs, nous devons nous distinguer par notre classe ! Souvenez-vous-en.

Si je résume, draguer dans la rue c’est aborder la fille, prendre son numéro, discuter avec elle de façon spontanée en glissant de temps à autre des remarques suggestives voire même des allusions sexuelles si vous sentez qu’elle est réceptive. Avec un peu de chance, vous obtiendrez un rendez-vous pour passer des moments intimes.

Voilà qui devrait vous mettre sur la piste de la notion de classe locale. Selon ce concept, Jean-Marie Bigard est une sorte de fameux gentilhomme connu pour son bon goût et sa capacité à séduire sans jamais tomber dans la vulgarité. Le Georges Abitbol français, pour le dire en deux mots.

 

Le romantisme à l'état pur

Mais ne soyons pas chiches en propos, et aujourd’hui, essayons de voir comment séduire en boîte de nuit ; en effet, la discothèque est un lieu mystérieux, empli de personnages plus étranges les uns que les autres. Certains murmurent qu’il s’agirait d’un monde parallèle, particulièrement lorsqu’ils constatent le prix des consommations, qui est probablement calculé en roubles, et non en euros.  Pourtant, sur notre planète, nous en trouvons des milliers (des discothèques, pas des roubles). C’est un lieu idéal pour séduire : en effet, puisque la musique est forte, on ne s’entend pas parler. Et puisqu’on entend pas les conversations, il est difficile de juger du niveau consternant de celles-ci. Ainsi, nul besoin de faire un effort quant à ses propos : un morceau de David Guetta viendra s’assurer que personne ne puisse constater votre proximité intellectuelle avec les bulots. Parfait.

Mais alors, que nous conseille Alex ?

"1ère étape : choisir la boîte de nuit"

Parmi les trois types de boîtes de nuit proposés, outre la "branchée" et la "spécialisée", nous trouvons "la ringarde" (allez savoir à partir de quand une boîte est ringarde, la mode étant par définition éphémère et n’étant donc constituée que de future ringardise), et là, je cite :

"Là, vous ne trouverez sûrement pas une canon aux formes généreuses. Attendez-vous plutôt à des filles très simples, nostalgiques d’une période où la discothèque a connu ses heures de gloire. Ces femmes continuent de fréquenter ces endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs."

Des "filles simples", "nostalgiques", qui "continuent de fréquenter des endroits parce qu’ils leur rappellent de bons souvenirs" : vu la manière dont on en parle, c’est à recommander aux adeptes de Darkiss : tout cela ressemble fort à la définition de fantômes ou de quelconques morts-vivants. "Mon Dieu, vous avez entendu ? Il parait que la nuit, on entend des bruits provenant du vieux Macumba ! A ce qu’il parait que les esprits tourmentés des filles moches attendant le prochain slow continuent de les hanter ! C’est abominable !". Bref, outre les boîtes de nuit branchées et les spécialisées, il n’existe que des boîtes pour moches (car oui, la fille simple est moche, c’est comme ça, alors que les "canons" sont souvent complexes. Coucou Loana !) dans lesquelles on ne peut s’aventurer qu’équipé d’un pieu et d’eau bénite.  Ça fait super peur. Heureusement, Alex ne s’en arrête pas là.

"L’entrée"

"Emmener avec vous une jolie « pivot », c’est-à-dire une ravissante fille (il peut s’agir d’une amie proche ou pourquoi pas une cousine). He oui, en boîte de nuit, la rivalité entre demoiselles atteint son paroxysme. Aussi, avec une jolie fille à vos bras, vous ne manquerez pas de faire des envieux auprès de la gent masculine et vous attirerez l’attention de la gent féminine. De temps en temps, dansez avec elle, sans trop vous coller. Cela devrait suffire à aiguiser la curiosité et à intriguer les filles."

Vous cherchez une jolie fille ? Venez avec une jolie fille. Comment ? Un paradoxe ? Mais non, bande de galopins. La première, vous la payez, hop. Son seul rôle consiste à attiser la curiosité des demoiselles de la boîte de nuit qui, selon cette théorie, seront forcément toutes intriguées (puisque forcément, elles regarderont toutes dans votre direction ; au Québec, les boîtes de nuit doivent faire 7 mètres carrés). Alors évidemment, les plus priapiques d’entre vous me diront "Attendez, on a la jolie fille, pourquoi s’emmerder à aller en boîte pour en trouver une moins bien si notre seul but est la coucherie ?" ; et je vous répondrai "En effet. Utilisez un gros caillou sur la première, et le tour est joué". Mais ça, les gros cailloux, Alex, il n’en parle jamais. On sent bien que c’est un débutant ; tenez, il n’indique même pas qu’il faut toujours avoir une pelle avec soi ! Bleu-bite !

"Devenez la vedette"

Comment devenir une vedette ? Facile mes bons, voyez plutôt :

"Dans un premier temps, ne parlez qu’à de belles filles. Vous confirmerez votre réputation de gagnant. Cependant, ne perdez pas de vue qu’un bon séducteur est loin d’être élitiste. Après quelques heures passées dans la boîte, commencez à aborder des filles beaucoup moins canon. Cela vous permettra de passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert."

Je rappelle que le site expliquait plus haut que le séducteur devait se distinguer par sa classe. Je décide donc de baptiser cette stratégie "La tactique du Bernard Kouchner", qui consiste à évoluer dans les hautes-sphères avant de se tourner vers le tiers-monde. Pour les plus audacieux, il est même possible d’apporter un sac de riz à un boudin afin de bien "passer pour un gars sympa, pas du tout superficiel et très ouvert". Avec une stratégie pareille, nul doute que vous pourrez aller causer du droit d’ingérence avec une jeune ingénue en fin de soirée. A aucun moment, bien sûr, l’auteur ne prend en compte le fait que la femelle soit capable de se dire "Ce gros con aborde toutes les nanas une par une en commençant par les plus jolies ; je suis sûr qu’il s’est déjà fait jeter plusieurs fois avant de venir me parler, je ne suis pas sa roue de secours : ce soir, il dormira sur la béquille".

C’est rude, une femelle.

D’où le sac de riz pour vous faire pardonner. Bernard Kouchner all over the place, comme on dit au Canada.

 

Bernard déchainé sur le Saturday Night Fever

On retrouve d’ailleurs plus bas :

"Ne criez pas quand vous parlez, car cela fait vulgaire. Un séducteur se doit d’être classe sans être snob."

Ne pas crier en boîte de nuit ? Mais alors on parle comment ? Langage des signes ? Signaux lumineux ? Chiffon au chloroforme dans le pif d’entrée de jeu ? C’est ambitieux. Remarquez, rester classe après les étapes précédentes aussi est ambitieux. La suite l’est tout autant :

Choisissez vos boissons. Ne prenez ni les boissons les moins chères ni celles hors de prix. Dans le premier cas, vous risquerez d’être étiqueté comme un fauché alors que dans le second vous passerez pour un frimeur. Choisissez enfin une boisson qui fait virile.

Une boisson qui fait viril ? Il y a deux types d’hommes dans la vie : ceux qui ont besoin d’une boisson pour faire viril, et les autres. Pour les premiers, je ne saurais que trop recommander un "cocktail de couilles" (vous pouvez le demander discrètement auprès des barmans compétents en demandant un "Big Balls on the rocks"). Pour les seconds, n’oubliez pas de commander un jus de fruit. Certes, elle ne verra pas en vous un aventurier, mais lorsque vous serez sobre et elle ronde comme une queue de pelle à l’arrière de votre Super 5, persuadée que vous la raccompagnez chez elle, vous ne regretterez pas votre choix.

D’autres conseils ? Oui !

Ne vous curez pas le nez ni les oreilles, ne grattez pas vos parties génitales, éternuez dans vos mains.

Merci de ces précieux conseils. On pourrait y ajouter "Ne lui pétez pas au nez", "Faites vos besoins aux toilettes", "Ne reniflez pas votre doigt après avoir gratté votre postérieur".  Toute personne qui aurait vraiment eu besoin des précédents conseils devrait d’ores et déjà penser à abandonner toute ambition de drague et se tourner vers le point de croix ou une carrière dans le clergé.

A noter aussi, une petite liste des différents types de femelles que l’on peut rencontrer en boîte, et particulièrement celui-ci :

- Celles qui, comme vous, viennent en boîte pour draguer et finir la soirée dans les bras d’un homme. Pour elles, chaque jour est une occasion de ramener un homme dans leur lit. Le romantisme, elles ne connaissent pas.

Splendide résumé : elles sont comme vous, braves hommes, et ne cherchent qu’à ramener quelqu’un pour la nuit. Ce qui fait de ces messieurs des "romantiques" (on l’est avant ou après le passage où on parle aux moches pour faire "sympa" ?), et des femmes, des salopes. Voilà voilà.

Alors évidemment, je pourrais continuer jusqu’au bout de l’article, et découvrir avec vous comment "isoler" une fille (personnellement, j’ai confié un doberman à un berger pour qu’il l’élève, depuis, je n’ai plus de soucis pour isoler mes cibles loin du troupeau), mais je vais plutôt aller droit au but : des bons conseils comme ça, et bien d’autres encore jeunes gens, vous pourrez les trouver dans ce formidable livre :

Armes de séduction massive : l’art de conquérir les femmes

 

Si vos yeux survivent à cette overdose de kitsch, vous pourrez peut être l’ouvrir et le lire

"Moins cher qu’un livre d’école", pour reprendre l’un des arguments de vente, vous aurez entre les mains une "une méthode extrêmement puissante", limite turgescente, pour soumettre à votre volonté toutes les femmes que vous croiserez.  Par ailleurs, sachez que "Ce guide est le résultat de plusieurs années de recherche et d’étude sur le terrain. J’ai observé le comportement des femmes pour savoir comment elles réagissent face à diverse situations. C’est donc dire que vous saurez exactement quoi dire et quoi faire dans n’importe quelle situation!", car oui, il y a eu des recherches et des études de terrain : on a enfermé des femmes dans des labyrinthes pour voir en combien de temps elles trouvaient un fromage ou une paire de louboutins, camouflé des scientifiques dans des parfumeries, salles d’aquagym, Yves Rocher et autres lieux fréquentés quasiment exclusivement par des femelles pour voir leurs réactions face à moult situations diverses et variées. Et de ces observations faites par des doctorants est né cet ouvrage, véritable manuel des Castors Juniors que ces messieurs devraient toujours avoir sur eux pour réussir à conquérir toutes celles qu’ils voudront.

Prochainement, je vous parlerai d’autres ouvrages :

  • Séduire une fille : comment bien choisir mes outils chez Jardiland ?
  • Les femmes & l’amour : le guide des meilleurs avocats spécialisés en divorces
  • Trouver l’amour dans la Légion : l’encyclopédie des chèvres
  • Comment concilier amour & voyages ? Tous les conseils d’Emile Louis

 

Si avec tout ça, Damien et autres, vous passez encore l’année 2011 seuls, je ne peux plus rien pour vous.

 

L’été est là, et avec lui, son cortège de magazines regorgeant de fabuleux tests.

Conçus par des experts en Q.C.M, ces derniers sont si perfectionnés qu’ils permettent de révéler sur vous plus de choses que des années de psychothérapie : "Où en est votre libido ?" ; "Savez-vous écouter autrui ?" ; "La mode et vous ?", autant de sujets qui passionnent les foules et motivent quantité de touristes qui iront entourer des A,  des B, des triangles et des ronds afin de tout savoir de leur face cachée, occupant ainsi leurs esprits alors que le soleil de la côte colorera doucement de cuivre leurs épidermes.

Ce blog étant une de vos lectures estivales, il serait bien inconvenant de n’y trouver aucun test apte à vous instruire sur vous-même. Aussi, permettez-moi de vous proposer le grand test de l’été, classique parmi les classiques et donc indispensable à toute littérature qui se respecte :

"Quel type de séducteur êtes-vous ?"

Oui, ça s’adresse aux messieurs (hétérosexuels, mais Têtu est déjà-là pour les autres). Les filles, n’allez pas me dire que vous n’avez pas déjà une pile de magazines proposant "Quelle dragueuse êtes-vous ?" en kiosque, alors bon, hein. Je ne vais pas non plus vous priver de ces lectures sur papiers glacés dont la seule emplette participe à la relance du pays. Je suis un patriote, moi.

Mais ne digressons pas plus, et revenons-en à notre grand test, qui comme tous les tests, ne sera pas prévisible à 5km. Vous avez de quoi noter (attention, entourer les réponses sur son écran est déconseillé) ? Alors allons-y.

Si vous n'avez pas de tablettes, portez un costard. Même à la plage.

"Quel type de séducteur êtes-vous ?"

1 -Vous voilà arrivé en vacances ; vous avez monté vos valises dans la chambre de votre hôtel, entreposé avec soin vos slips sur les étagères prévues à cet effet, et êtes redescendu dans le hall de l’établissement. Soudain, vous l’avez aperçue au bar, vos yeux particulièrement attirés par :

A – Ses beaux yeux clairs, qui ne sont pas sans rappeler la couleur des mers du sud.

B – Ses nibards.

C – Son Ipad.

D – Sa position hors du champ des caméras de sécurité de l’hôtel.

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2Profitant du fait que vous auriez bien besoin vous-même d’un rafraichissement au bar de l’hôtel après le déballage de vos bagages, vous vous asseyez à proximité et vous demandez au barman de lui servir un verre de votre part ; vous lui commandez :

A – Ce qu’elle désire, vous vous êtes assis à côté d’elle et lui avez demandé quel était son cocktail favori en lui proposant de lui offrir.

B – Un redbull, elle va avoir besoin d’énergie avec moi, huhuhu.

C – Vous consultez "1001 cocktails" sur votre Iphone.

D – N’importe quoi pourvu que vous puissiez y glisser du GHB.

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3 – Elle accepte votre invitation et sirote doucement ce que vous venez de lui offrir, avant de vous demander ce qui lui vaut l’honneur d’être ainsi servie par un inconnu :

A – Le plaisir de faire sourire une belle femme.

B – "Je ne suis pas un inconnu, je suis même une star dans les boîtes de nuits de Maubeuge."

C – "J’ai créé le groupe Facebook "si 1000 personnes cliquent sur "j’aime", j’offre un verre à la prochaine meuf que je croise."

D – Diable, le GHB ne semble pas faire effet. Vous seriez vous trompé de verre ? Vous faites semblant de rien lorsque l’octogénaire quelques mètres plus loin s’effondre après avoir fini sa consommation.

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4 – Elle vous donne son prénom : Anya. Elle travaille dans la communication, en tant que graphiste au sein d’une petite entreprise parisienne. Chaque année, elle vient ici se ressourcer, loin de la grisaille de la capitale ; hélas, son récit s’interrompt lorsque l’astre céleste, alors à demi-masqué par un nuage, l’aveugle de l’un de ses rayons :

A – Vous vous saisissez du parasol déporté voisin et le tournez aussi vite que vous pouvez afin de protéger son visage parfait de cette clarté soudaine.

B – "Je fais souvent cet effet là !"

C – Vous avez une application pour ça.

D – Vous vous saisissez du parasol déporté voisin et le tournez aussi vite que vous pouvez tout en faisant une référence de bon goût sur le qualificatif dudit objet et la Pologne.

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Protéger et séduire

5 – Mise à l’aise par votre réaction, elle se prend à vous demander votre nom à son tour ainsi que votre emploi :

A – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité.

B – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité, vous ajoutez par ailleurs le modèle de votre voiture dans la conversation.

C – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité, jusqu’à ce qu’elle demande en quoi consiste votre métier, puisque vous vous lancez alors dans des explications sans fin sur l’informatique, les bases de données et le kernel 32.

D – "Je m’appelle Juan et je suis multimilliardaire, accessoirement mécène de la mode et recruteur de mannequins."

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6 - Elle vous parle de son petit ami, qui ne la rejoindra que dans deux jours puisqu’ayant des vacances décalées :

A – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Ah, voilà qui tombe mal !)

B – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Bon, s’il n’est pas militaire, ça devrait aller, vous pourrez lui casser la gueule)

C – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Vous faites une recherche Facebook)

D – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Maintenant que vous avez le nom de son ami, vous craignez qu’il n’ait un "accident" en voulant rejoindre la côte)

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7 -Regardant sa montre, elle vous signale qu’elle doit s’éclipser. Elle glisse dans ses excuses de départ que cependant, elle sera à la plage  du Mauroy ce soir avec quelques amis pour une petite fête. Le message étant limpide, vous vous préparez dans la journée en :

A – Rêvant de sa beauté, de ses fossettes lorsqu’elle sourit, de sa manière de passer la main dans ses cheveux… tout en cherchant quelques compliment de bon aloi utiles pour la soirée.

B – Faisant la vidange de la 206, et en m’assurant que tous les néons fonctionnent sous l’habitacle.

C – Mettant à jour votre statut Facebook , Twitter, Myspace, Wink…

D – Remplissant votre sac de plage pour ce soir : serviette, boissons, tenue de rechange, préservatifs, gros caillou et brouilleur de portables.

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8Le soir venu, vous voici rendu à la plage du Mauroy ; autour d’un feu, quelques personnes s’amusent, chantent et discutent, parmi lesquelles Anya. Vous vous approchez et :

A – Saluez poliment la compagnie, en donnant votre prénom et en retenant celui de chacun pour mieux vous intégrer.

B – Saluez tout le monde d’un "Ouesh, ça va ou bien ?" avant de tenter de coller une main aux fesses d’Anya.

C – Demandez s’il y a des joueurs de World of Warcraft dans l’assemblée.

D – Jaugez les copines d’Anya : s’il y en a une seule de mieux cambrée, vous changez aussitôt de cible.

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Si vous pensiez avoir un ticket avec Lara Croft, c'est qu'il est grand temps de vous réveiller et d'aller au travail

9 - Rapidement, la situation devient alarmante : le groupe comprend un jeune homme doué  pour la guitare et le chant, et qui n’a de cesse de faire vibrer tant son instrument que le cœur de ces dames. Vous :

A – Vous dites que vous n’auriez pas dû choisir de jouer de l’accordéon au conservatoire. Vous tentez de jouer un morceau vous même, mais n’atteignez évidemment pas le niveau de l’artiste local. Au moins, vous aurez essayé.

B – Dites que si c’est pour écouter de la musique, vous avez un set de basses de ouf’ dans la 206 ainsi que l’intégrale de David Guetta.

C – Collez votre téléphone contre la guitare de l’individu en lançant votre application identifiant automatiquement les morceaux en train d’être joués.

D – Prétextez vous lever pour aller saisir une bouteille et marchez lourdement sur la main de l’ennemi en invoquant une maladresse. Sans ses doigts, il devrait représenter un niveau de menace moins élevé.

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10Anya se lève en s’excusant poliment et se dirige vers les toilettes de la plage. Quelques minutes après qu’elle soit revenue, vous vous y rendez pour vous soulager d’un besoin pressant, et découvrez dans la cuvette un monstrueux colombin semblant être pointé vers vous, tel un doigt accusateur ; face à l’hostile étron, vous :

A – Vous demandez comment Anya a pu survivre à pareille puanteur ; quel terroriste a bien pu ainsi souiller ce lieu d’aisance ? La damoiselle fut bien courageuse de ne pas défaillir devant la bête. Pourtant, au fond de vous, à la fraicheur moite de l’objet, vous savez qui est la coupable. Mais un vrai gentleman doit couvrir les agissements de sa dulcinée. Si jamais quelqu’un d’autre va aux toilettes et découvre ce truc que même la marée ne saurait emporter vers les égouts, vous vous accuserez pour protéger Anya.

B – Trouvez qu’il est tout à fait anormal qu’un petit cul pareil puisse produire pareil cigare : vous vous attelez donc à produire un baleineau encore plus monstrueux pour bien rappeler qui est le chef, le tout en poussant si fort que vous craignez que vos cris n’attirent l’attention de vos compagnons restés sur le sable.

C – Prenez le monstre en photo et l’envoyez aussitôt sur Facebook avant de marquer votre ami Rémi sur l’image. Vous êtes décidément trop drôle.

D – Figé devant ce coprolithe gros comme un cuisseau de Gérard Depardieu, vous n’en retournez pas moins la situation à votre avantage lorsque vous retrouvez votre place près du feu en accusant le guitariste d’être à l’origine de ce golem fécal ; avant même qu’il ne  puisse nier quoi que ce soit, vous racontez comment vous l’avez vu se rendre aux toilettes tout à l’heure avant d’en ressortir l’air à la fois soulagé et coupable, comme cherchant du regard d’éventuels témoins de son immonde forfait.

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11 – La soirée avance, l’alcoolémie monte alors que le niveau des bouteilles – et celui des conversations – descend ; vous :

A – Vous assurez que personne ne fait de coma éthylique et prenez le parti d’être le capitaine de soirée.

B – Vous lancez dans un concours de boisson afin de montrer que vous êtes bien le plus fort des mâles présents.

C – "Et là, si tu souffles vers l’écran, hop ! Il peut te dire si tu es au dessus du niveau légal du pays où tu es géolocalisé !"

D – Vous proposez aux garçons déjà bien entamés de se lancer avec vous dans une course nocturne à la nage vers la bouée qui clignote, là-bas. Évidemment, une fois qu’ils se sont tous élancés à l’eau, vous faites demi-tour et retournez trouver les filles autour du feu. Demain, la police retrouvera les cadavres emplis d’eau salée et de vodka sucrée de six idiots ivres incapables de reconnaître une supposée bouée clignotante à 50 mètres d’un phare à 5 kilomètres.

Attention à ne pas noyer des gens du côté de Miami, sinon vous aurez affaire à lui

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12 – Il est grand temps de retourner à l’hôtel ; Anya a un peu bu, mais tient encore debout. Vous :

A – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, où vous la laissez après vous être assuré qu’elle allait bien : on ne profite pas d’une jeune fille sous les effets de l’alcool.

B – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de lui demander si elle ne vous inviterait pas à prendre un dernier verre.

C – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de lui demander si vous ne pourriez pas rentrer voir son Ipad.

D – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de vous souvenir que vu ce qu’elle a produit dans les toilettes de la plage, son logis est peut-être occupée par une odeur de souillure tout aussi lourde et méphitique qui ne serait pas sans rappeler le gaz moutarde. Vous la chargez donc sur votre dos, direction votre chambrée, plus saine et aérée.

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13 - Alors que vous ne vous y attendiez pas, elle vous saisit le visage et vous embrasse avant de faire basculer la porte de la chambre devant laquelle vous êtes d’un coup de pied bien senti. Vous :

A – Êtes effectivement surpris, mais ne vous laissez pas gagner par l’ivresse des sens ; voilà un moment de grâce, de romantisme… mais pourtant, sûrement dû à l’alcool ; ses sentiments sont faussés par les litres de whisky Lidl -River cola qu’elle a absorbés à la plage. Vous déposez un simple baiser sur son front et la bordez en lui expliquant que demain, elle réalisera à quel point vous avez fait ce qu’il y avait de mieux pour elle.

B – La pelotez en marmonnant diverses grossièretés.

C – Cliquez sur "J’aime".

D – Lui expliquez qu’elle a intérêt à se calmer avec les portes ; vous profitez de cet élan d’autoritarisme pour prendre votre meilleur accent germanique, sortir vos menottes et votre cravache et lui enseigner la discipline toute la nuit. Les filles sobres sont souvent vachement moins compréhensives de la chose. En partie lorsque vous annoncez que vous filmez le tout "pour les archives du Reich".

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14 - Le lendemain matin, Anya :

A – Vous trouve à sa porte avec le petit déjeuner et de quoi l’aider à faire passer la gueule de bois.

B – Se réveille en humant l’odeur de cigarette que vous êtes en train d’achever. "Alors, heureuse ?", marmonnez vous d’un air confiant.

C – A un nouvel ami Facebook.

D – Se réveille nue dans un terrain vague de Sedan.

Se réveiller dans les Ardennes, c'est, disons, particulier.

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15 – Dans la journée, elle tente de vous appeler pour parler de la veille, vous :

A – Décrochez

B – Raccrochez

C – Votre téléphone fait niveau à bulle, sabre laser, ordinateur, PDA, mais pas téléphone

D – Vous pouvez me rappeler à quel moment ai-je dit que je lui laissais mon numéro ?

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Bien, nous arrivons à la fin du test ; collectez donc vos notes, additionnez vos lettres… et voyons les résultats :

Si vous avez une majorité de A : Vous êtes le meilleur ami gay

Romantique, idéaliste, attentionné, soucieux de sa personne… votre gentillesse n’a d’égal que votre naïveté ; vos cibles comprennent vite que vous êtes tout à fait inoffensif et que vous leur portez trop d’attention pour qu’elles aient besoin de faire le moindre geste à votre égard. Bien sûr, elles viennent 5 à 6 fois par an chez vous afin de pleurer sur votre épaule en vous expliquant qu’elles aimeraient bien savoir où trouver quelqu’un qui s’occupe vraiment d’elles et ne les considère pas que pour leur cul ; pourtant, avant même que vous réagissiez, elles sortiront avec Régis, un militaire à la mâchoire proéminente et au front bas qui se servira d’elles comme table basse lorsqu’il regardera le foot.

La phrase que vous entendez le plus souvent lorsque vous trouvez le courage d’avouer vos sentiments : "Tu sais, je ne voudrais pas perdre notre belle amitié".

Si vous avez une majorité de B : Vous êtes le dragueur beauf

Qu’il faille tourner les serviettes, faire la chenille ou imiter les canards danseurs, vous êtes l’homme de la situation. Pour vous, une femme est un trophée que l’on aime à brandir de temps en temps devant ses amis, et qui doit être l’accessoire de votre suprême virilité. Amateur de belles carosseries en tous domaines, vous êtes l’incarnation de la classe, de l’élégance et du bon goût, quelque part entre Men’s Health et Auto Plus. Vous êtes à la fois le mâle dominant et un homme dominé, puisque vous êtes totalement dépendant des femmes : sans elles, vous vous sentez penaud, et surtout, vos slips ne se lavent plus tout seuls. C’est à croire qu’ils sont de mèche.

La phrase que vous utilisez le plus souvent pour préparer vos plans drague : "Bon les gars, ce soir on va au Macumba : ya d’la meuf de 17 ans bien fraiche et ferme ; pis comme la musique est forte, ça s’entend pas qu’on dit des conneries. En plus ce soir, c’est soirée mousse, ça va trop donner !"

Si vous avez une majorité de C : Vous êtes le geek suprême

Vous êtes un homme du XXIe siècle, fils de la technologie et de l’internet. Les filles avec lesquelles vous êtes allé le plus loin ont des noms qui se finissent en .gif ou en .jpeg. Vous avez bien essayé de vous marier une fois sous World of Warcraft, mais il s’est avéré que cette guerrière Elfe était en fait un mécanicien velu du Minnesota. Depuis, vous continuez votre quête désespérée d’un amour partagé autour de passions communes, celle d’une romance qui fleurirait tant et si bien qu’au moins 200 personnes cliqueraient sur "j’aime". Un jour, vous rencontrerez une jeune fille qui partagera votre passion de l’informatique et des nouvelles technologies, et ce jour là, vous pourrez fonder un foyer, un endroit où vous aurez un chat du nom de "Link", une fille nommée Arwen et un garçon répondant au doux nom d’Harry.

La phrase que vous utilisez le plus souvent pour draguer : "C’est quoi ton profil Facebook ? T’as Gtalk ? Tu as déjà vu les OAV Evangélion ? Je t’ai pas déjà vue sur Youporn ?"

Je mens : en réalité, les geeks ont trop la côte

Si vous avez une majorité de D : Vous êtes le sombre connard

Nonobstant les conventions et la morale, vous êtes devenu un maître du pragmatisme en toute chose. Votre objectif n’est pas de vous poser, ce qui serait un signe de faiblesse, mais bien de profiter pleinement des faiblesses de la nature humain pour combler vos besoins et sentir votre ego boursoufflé se gonfler en se nourrissant du désir d’autrui pour votre personne. Vous avez compris depuis longtemps que le beau sexe n’attendait plus des mâles quelque attention, mais seulement de l’action et une bonne remise en place. Vous n’êtes pas machiste, non, seulement un homme du monde qui a su s’imprégner d’expériences sociales au point de comprendre la vraie nature des femmes : si vous voulez prendre une forteresse, nul besoin de la bombarder de fleurs jusqu’à ce qu’elle se rende ; un bélier fera bien l’affaire, pourvu qu’il ne fasse pas dans le détail. Votre plus gros problème reste le nombre improbable de plaintes déposées à votre endroit dans moult commissariats de France et de Navarre. Mais avec quelques amis au ministère, il n’est nul malentendu qui ne saurait se régler.

La phrase que vous utilisez le plus souvent lors de vos soirées romantiques : "Il va falloir que je pense à acheter une voiture avec un plus grand coffre."

Sur ce, la ville rose m’attend, permettez moi donc de prendre quelques jours de repos. Ho, et pour les petits malins qui ont répondu "D" à chaque fois : j’insiste, vous n’êtes que de sombres connards, pas d’odieux ; pour cela, il vous reste bien du chemin à faire.

Quant à ceux qui ont massivement répondu A : désolé les gars. Ou alors, vous êtes des filles pleines de mauvaise foi qui ont fait le test.

Inutile de nier.

On ne me la fait pas.

Après le dernier article, nombreux ont été celles et ceux (Matt en tête) à interroger le maître des lieux pour savoir si les magazines masculins méritaient un châtiment semblable à leurs équivalents féminins.

Excellente question s’il en est.

Car l’homme est un animal tant majestueux que mystérieux, qui ne cesse de faire la une de tous les journaux ; à part quelques magazines de seconde zone qui font leurs couvertures sur les marées noires, l’économie ou les animaux à bajoues tel le hamster ou même Carla Bruni, l’essentiel de la presse mondiale n’a de cesse de se concentrer sur l’homme.

Tant de questions se posent au sujet de cet être pas comme les autres : pourquoi est il si velu ? Quelle est cette odeur de houblon qui semble se déplacer avec lui ? Pourquoi met il tant d’ardeur à soutenir les sportifs quand il rechigne bien souvent à remuer son gras ? Vous et moi, nous le constatons un peu plus chaque jour, l’homme est un animal allotropique capable du meilleur comme du pire : il sait réaliser les peintures de la Chapelle Sixtine avec patience comme il peut faire la guerre avec ardeur ; il est capable de vous offrir des fleurs tout comme il peut claquer tout votre plan épargne logement dans le tuning de sa twingo. Oui, s’il est difficile à cerner, l’homme n’en continue pas moins de fasciner une autre espèce de la planète, la femme, qui, inconsciente, essaie malgré tout de le cerner. Cette dernière est par exemple capable de relire entre 5 et 6 fois le même SMS pour essayer d’analyser si "bisous" au lieu de "bises" est vraiment significatif d’une évolution dans la perception de la dite femme par l’homme. Désespérant.

Pourtant, il existe des magazines qui se consacrent uniquement à répondre aux vraies questions que se posent les mâles ; souvent entreposées sous les matelas (un réflexe inné chez le mâle homo sapiens qui peut cacher quantité de choses sous son lit, maîtresses comprises), ces revues abordent différentes thématiques spécifiques aux possesseurs de chromosomes Y : on y retrouve fitness, mode et autre "lifestyle" (mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette mode de l’anglicisme ?) tout comme dans son pendant féminin, mais abordé d’une bien différente manière. Par exemple, là où chez nos amis du sexe faible, fitness signifie "comment perdre 2 kilos sur les fesses avant l’été", le mâle lui préfère "comment perdre un peu de son bide à bière avant d’aller draguer". De même, la mode est plutôt portée sur les dernières sorties de voitures qui font vroum plutôt que sur les débardeurs, car l’automobile chez l’homme est ce que la semelle compensée est à la femme.

Ma voiture est énorme, titanesque, turgescente !

Pour notre étude, je vous propose de concentrer notre dissertation, non pas en nous basant sur les multiples thématiques abordées par un seul exemple comme dans le précédent article, mais plutôt en abordant une seule thématique prise au travers d’une revue disposant de pignon sur rue en ligne. Et dans les kiosques, ce qui est tout aussi malheureux.

Et quoi de mieux que la séduction, puisqu’alors que la presse féminine propose aux damoiselles de se faire belles pour la plage, la masculine indique différentes techniques pour mieux obtenir diverses choses des cibles ainsi apprêtées ? Messieurs, prenez des notes, mesdemoiselles, constatez comme les mâles ont des techniques subtiles pour mieux vous approcher.

Attardons nous donc sur  Men’s Health, le magazine du "Mieux vivre au masculin", parce que des fois, il n’est pas facile de vivre sa masculinité dans ce monde grouillant de préjugés.

Men’s Health a effectivement une rubrique sobrement appelée "Sexe", puisque comme chacun sait, le mâle ne cherche rien d’autre dans la séduction qu’une bonne grosse partie de jambes en l’air, qu’il achèvera dans un râle avant de se tourner sur le côté puis de lâcher un petit pet pré-endormissement. On retrouve donc sur cette page quantité de fascinantes études qui nous en apprennent plus sur les aventures reproductives de nos amis les humains ; tenez, par exemple, saviez-vous que les anglaises préféreraient faire l’amour saoules ? Bien que l’article détermine que cela serait probablement dû à un manque de confiance en soi, on peut aussi évoquer une autre théorie : les anglais étant particulièrement moches (et parfois même roux), mieux vaudrait plutôt avoir deux grammes dans chaque œil avant d’espérer se trouver le courage de convoler avec l’un d’entre eux. Je vous rappelle que Lady Diana a tout de même réussi à avoir deux enfants avec le Prince Charles ; il y avait forcément un secret là-dessous, le voici donc enfin révélé. D’ailleurs, preuve en est, c’est bien l’alcool qui l’a tuée (indirectement, mais ne chipotons pas).

Autre étude passionnante, nous apprenons que les coureurs auraient une vie sexuelle plus active ; chose tout à fait compréhensible puisque l’homme habitué au jogging court plus vite et se montre bien plus endurant dès lors qu’il doit poursuivre sa proie dans les sous-bois ; là où nombre de jeunes filles parviennent encore à semer à la course quelques hommes bedonnants suintant le gras et la bière, elles ne font que rarement un pli face à un jogger entrainé. Une fois encore, tout se tient. Comment ? Vous trouvez que je survole le sujet ? Lecteurs, vous êtes bien exigeants, mais soit : arrêtons-nous sur un article qui intéressera tout le monde "Les 11 étapes d’une parfaite séduction"

Avec ça, vous n’aurez plus d’excuses messieurs ; et mesdemoiselles, vous pourrez enfin lire dans le plan de bataille des mâles, même si comme vous le savez (car vous êtes des groupies de George Patton) "Les plans, ça tient jusqu’au premier coup de feu". Alors, allons-y :

Vas-y champion, tu vas toutes les faire tomber.

1/ Sourire
Dès que vous entrez quelque part, vous devez afficher une insolente confiance en vous, sourire, et une fois votre cible repérée, ne pas attendre plus de trois secondes pour aller vers elle.

2/ Prétexte
Toujours avoir quelques phrases d’accroche générales et JAMAIS de « mademoiselle, vous êtes charmante », jamais. L’idéal étant que votre cible soit accompagnée.

Jusque là, tout va bien : soyez Patrick Sabatier et tout se passera bien ; sourire, assurance, et un bon prétexte (mais le magazine n’en cite pas d’exemple crédible, la science travaillant toujours à développer un prétexte qui ne fasse pas immédiatement passer celui qui l’utilise pour un gros lourd).

3/ Détachement
Ignorez-la, adressez-vous en priorité à ses amis, et surtout aux hommes s’il y en a.

Méprisez-là, ne la regardez pas, faites en votre chose : c’est elle qui doit vous désirer, pas l’inverse. Vous pouvez même lui cracher vos noyaux de pêche à la gueule afin de bien lui montrer à quel point vous êtes désintéressé.

4/ Les « negs »
Envoyez-lui une « neg », une insulte accidentelle tendant à suggérer à une belle femme qu’on n’est pas intéressé par elle (ex. : « C’est marrant cette couleur de cheveux, c’est fait maison ? »)

Les "negs" ? C’est comme ça que mon arrière grand-père appelait ses collègues de l’infanterie coloniale à Verdun, mais on va faire avec. Je vous propose le célèbre "C’est ton t-shirt qui gondole ou ce sont tes bourrelets que je vois ?"

5/ Briller
Devenez le centre d’attention du groupe en racontant des histoires, ou en faisant des tours de passe-passe. Intéressez-vous toujours aux hommes et aux femmes les moins jolies.

C’est connu, faire des tours de passe-passe et raconter des histoires ("Alors c’est un chinois, un arabe et un noir qui…") ne vous fait pas du tout passer pour un dragueur ringard digne de la plage de La Baule en 1962 (vous étiez Patrick Sabatier en début de mission, vous voilà Patrick Sébastien ; n’hésitez pas à faire tourner les serviettes pour mieux rentrer dans votre personnage).  Alors n’oubliez pas : adressez-vous aux moches (s’il y a des anglais à table, c’est parfait) et faites un astucieux tour de passe-passe qui saura faire chavirer le cœur de votre cible. Mon petit truc perso reste le coton imbibé d’un substance mystérieuse qu’il faut deviner : lorsque votre victime respirera la chose à pleins poumons pour tenter de déterminer ce que c’est, elle n’aura que le temps de répondre "du chlorofo…" avant de s’effondrer mollement. Payez une tournée à ses amis pour détourner leur attention et chargez là dans le coffre de la Simca 1000. Vous n’avez plus qu’à rouler vers le bois le plus proche armé d’une boîte de préservatifs et d’une pelle. Attention à utiliser tous les objets dans le bon ordre.

6/ « Negs » (2)
Envoyez une nouvelle « neg ».

"Excuse-moi, je n’ai pas compris ton prénom tout à l’heure, tu es Igor ou Grishka Bogdanoff ?"

7/ Enquêter
Demandez au groupe depuis quand ils se connaissent. Si vous découvrez que votre cible est sérieusement engagée avec un membre du groupe, saluez la compagnie et tentez votre chance ailleurs.

Attention cependant : comme cela fait bien dix minutes que vous racontez des blagues bien lourdes et que vous faites des tours de passe-passe ringards, vous pouvez être sûr que tout le groupe vous annoncera qu’ils se connaissent depuis toujours, qu’ils ont fait la légion et que là ils fêtaient leur entrée dans les ordres pour espérer pouvoir se débarrasser de vous. Il faudra utiliser des méthodes plus habiles pour véritablement obtenir les informations escomptées.

"Tu vas me dire si tu as un copain et depuis quand sinon je fais péter le turban de ta copine !"

8/ Isoler
Comme vous l’avez ignorée, faites-vous pardonner en la prenant à part – « viens, je vais te montrer quelque chose ». Profitez-en pour lui toucher l’épaule, ou lui prendre le bras pour la guider. La kinesthésie est capitale à cette étape.

"Viens, je vais te montrer quelque chose" ; pourquoi cette phrase me rappelle toujours le curé de ma paroisse à l’époque où j’étais enfant de chœur ? C’est marrant ça.

9/ Se démarquer
Faites une petite démonstration de vos talents. Par ex. : « Dis un chiffre entre 1 et 10. » (Tablez sur 7.) Puis dites-lui que, si la beauté est une qualité commune, vous ressentez chez elle une énergie/sensibilité/intelligence (au choix) qui la distingue.

Bon, à ce stade, vous l’avez isolée, mieux vaut l’assommer avec un gros caillou que lui demander de deviner un chiffre ou faire un compliment honteux, tant qu’à utiliser des méthodes bien lourdes, autant aller jusqu’au bout du concept.

10/ Pause
Taisez-vous. Si elle relance la conversation, c’est bon signe. Si elle reste muette et jette des regards de biche aux abois autour d’elle, c’est un peu mal engagé.

D’accord, mais si je l’ai assommée avec un gros caillou ?

11/ Conclure
Tentez la tactique du : « Tu as envie de m’embrasser ? » Si elle dit non, rebondissez : « Ah, c’est l’impression que j’avais. » Si la situation ne s’y prête pas, dites que vous devez partir, mais que vous aimeriez reprendre cette conversation un autre jour et prenez son numéro.

Notez bien la chose : en cas d’échec de votre technique de beauf, vous ne lui demandez pas son numéro : vous lui prenez : un taquet coinceur et ensuite, il n’y a plus qu’à fouiller son sac, son téléphone et sa carte SIM. Demander, c’est pour les faibles.

Merci, Men’s Health ; cette technique devrait aider quantité de mâles à devenir de fabuleux tombeurs, pour peu qu’ils se notent le tout sur une petite fiche avant de se rendre en soirée (car certaines étapes prises dans le désordre peuvent mener à de graves malentendus). Cependant, que serait la séduction sans la lecture de tous ces petits signes que nous envoient ces dames pour nous faire passer quelques discrets messages sur leur état d’esprit ? Messieurs, le magazine se propose de vous les dévoiler ; mesdemoiselles, voici de nouvelles clés pour mieux vous faire comprendre grâce aux 25 signes qui montrent qu’elle a envie de vous. A noter que l’article commence fort :

Le langage des femmes est très souvent incompréhensible.

En effet ; elles utilisent régulièrement des termes incompréhensibles tels "trendy-bio", "shopping" ou "égalité des sexes" ; aussi, plutôt que de les écouter, mieux vaut se concentrer sur le langage de leurs corps, autrement plus agréable aux yeux et aux oreilles. Et ça tombe bien, puisque le magazine nous parle de "vingt-cinq signes qui ne trompent pas et montrent que vous êtes sur la bonne voie !" ; c’est donc du sûr à 100% ; découvrons en quelques uns ensemble (non, parce que 25, bon).

Un exemple de femme au langage incompréhensible

1 Elle vous appelle par votre prénom et non par votre surnom parce qu’elle n’est pas un de vos potes et n’a aucune intention de le devenir.

Ou alors votre surnom est "biloute" et elle a reçu un minimum d’éducation ou a plus de 80 de QI.

3 Elle se frotte les lèvres l’une contre l’autre en votre présence.

Elle peut aussi avoir un herpès labial.

7 Ses attitudes commencent à ressembler à celles de Kirsten Dunst.

Attention à ne pas confondre "Kirsten Dunst" et "Kirsten Prout". Ca veut aussi dire que Kirsten Dunst désire tout le monde vu qu’elle a tout le temps une attitude d’elle-même. Quelle coquine celle-là.

9 Elle vous touche plusieurs fois.

Poing fermé et en visant vos gencives, ça ne compte pas : essayez plutôt d’esquiver et ripostez d’un crochet du gauche. Ou utilisez son piercing à l’arcade comme une goupille de grenade (vous pouvez même agrémenter le tout d’un "fire in the hole !" en tirant sur l’anneau métallique).

10 Elle rit fréquemment, nerveusement, même quand il n’y a rien de drôle.

Ça veut surtout dire qu’elle est un peu conne.

13 Elle vous dit que vous ressemblez à une célébrité.

Si elle dit "Carlos", contentez vous de pleurer.

16 Son portable sonne et elle ne répond pas. Mieux, elle l’éteint.

Je suis désiré par un nombre incalculable de femmes en réunion.

18 Elle vous dit que vous avez du talent. Selon les Lois de la chimie de Mick Jagger, cela veut dire qu’elle vous trouve terriblement sexy. Le talent est l’épice de la personnalité.

Ou alors vous deviendrez son meilleur ami gay, celui qu’elle adore car il a un vrai talent pour écouter et qu’on peut parler de tout avec lui.

19 C’est elle qui vous rappelle.

Si c’est pour vous prévenir qu’elle va vous faire un procès pour harcèlement, attention tout de même.

21 Elle est en retard mais curieusement a quand même pris le temps de se maquiller.

On parle de femmes, hein ? Ponctuelle et démaquillée, ça n’existe que dans les livres.

La femme ponctuelle a rejoint la licorne au rang des créatures improbables

23 Elle vous demande si vous savez où se trouvent les toilettes, le vestiaire etc. Quand vous lui indiquez, elle tourne les talons et part dans la bonne direction.

Je vous rappelle que ça fait partie "des signes qui ne trompent pas" ; je n’ai même pas besoin de le commenter, il se suffit à lui-même.

24 Elle est dans la salle de bains depuis plus de 3 minutes, ce qui est plus de temps qu’il n’en faut pour un petit pipi.

Elle fait peut-être un gros caca ?

Non, vraiment, merci Men’s Health, je me sens bien mieux armé maintenant pour aller draguer ; sans compter que je lis autrement mieux les nombreux messages que m’ont envoyés mes collaboratrices & amies et que pourtant je n’avais jamais détectés auparavant. C’est fou le succès que j’ai, en fait. Demain, je n’hésite pas et je vais les séduire. D’abord, je les ignore, et ensuite je leur propose de sortir de la salle de réunion car j’ai "quelque chose à leur montrer" ; de là, tout devrait bien se passer.

Heureusement que les magazines masculins relèvent le niveau par rapport aux magazines féminins et ne tombent pas dans la caricature ; au moins, nous, on a de vrais articles de fond qui portent sur de vrais sujets de société.

C’est à cela que l’on reconnait la supériorité des hommes.

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