Lecteur, lectrice.

Point d’inquiétude, l’article hebdomadaire arrive prochainement : il y sera probablement question de gens de petite taille, de dialogues tout pourris et de dévastation globale. Et non, ce ne sera pas un article sur la Corée du Nord, même si cela peut prêter à confusion, j’entends bien. Bref, que disais-je ? Ah, oui. Alors que vous devez d’ores et déjà être en train de jurer comme des charretiers face à ce honteux décalage de vos programmes, ce qui est très mal puisque votre maman ne vous a jamais appris à parler comme cela, chenapans, j’ai ici une petite annonce personnelle à faire passer. Comme l’an dernier à la même époque, il sera donc brièvement question de boulot (oui, un mercredi alors que c’est le jour des enfants) entre deux articles.

Ho l’autre. Comment il utilise son blog pour faire passer des messages persos, c’est vraiment dégueulasse.

Z’allez voir que si ça se trouve, il se sert de ce noble média pour recevoir des demandes en mariage. Honteux.

Mais donc, quel est le message en question, quand bien même il n’a aucun rapport avec ce blog ?

Il se trouve que mes vaillantes troupes ont déployé un truc qui s’appelle EnigmApp. Selon votre culture historique ou si papy était sous-marinier et a des quintes de toux quand on lui parle de sa jeunesse, vous ne verrez pas forcément la même chose dans ce nom, mais qu’importe.  Car ce bidule est donc une application iPhone et Android qui a le bon goût d’être gratuite et qui sert à différents trucs.

Truc numéro 1 : à l’heure où il y a environ 83 754 applications de tourisme, chacune pour un coin différent et évidemment pas compatibles entre elles, EnigmApp a un but (mais ce n’est pas le seul) : une application pour les rassembler toutes, et dans les ténèbres, les lier.

Sauron aime ça.

Ah bin hé, il faut avoir de l’ambition aussi.

En tout cas ça vous évite d’avoir 67 applications pour le même truc. Vous avez une application qui vous liste tous les sites où il y a des choses à faire, et vous choisissez uniquement ce qui vous intéresse. Et vous avez même un gros bouton "Parcours à proximité" comme ça quand vous arrivez quelque part, vous avez juste à appuyer dessus et voir ce que vous proposent les autochtones.

Truc numéro 2 : pour éviter d’avoir une application qui ne vous sert que 4 jours par an quand vous êtes en train de courir les champs (ça peut être plus souvent petit galopin, mais alors laissez-moi vous dire que ce n’est pas comme ça que l’on va redémarrer l’économie), on y trouve des trucs pour vous occuper dans le métro, les salles d’attentes ou pendant que vous faites caca.

Allez-y, faites semblant que c’est pas vous : vous croyez que personne ne se doute de ce que vous faites quand vous fourrez votre smartphone dans votre poche avant de disparaître aux waters ?

Donc, les trucs… et bien au lieu de vous proposer des visites (aux toilettes, c’est limité), il y a un gros bouton "Enigmes" qui permet de trouver des jeux plus ou moins idiots. Enfin que je dis "énigmes" et "idiots", on est quand même encore loin au-dessus de la séquence des énigmes dans Bilbo : parfois la nuit, je me réveille encore et je me fais chier rien qu’en y repensant. Brrr. Donc ? Ah oui : les moins idiots traitent d’enquêtes à suivre, les plus idiots traitent de comment survivre dans un film américain. Après, reste à savoir si c’est le film ou le jeu qui est idiot.

"Aaah nan mais haaan y a pas beaucoup de contenu là-dedans, dis !"

"Et puis t’es quand même un gros bâtard là vazy tu fais ta pub kesstudis ?"

Ah non mais ça on est complètement d’accord : c’est honteux. Moi les mecs comme ça qui profitent de leur tribune pour passer leurs messages persos, ça m’énerve vous n’imaginez même pas. Par contre on va arrêter tout de suite le tutoiement, sacripants. Parlons du contenu.

Truc numéro 3 : en fait, le contenu… vous le créez. Jeux, visites ou que sais-je, c’est comme un blog : c’est ce que vous en faites.  Non parce qu’à l’heure où l’on peut même échanger son logement avec un inconnu pour partir en voyage, ce serait bien le diable s’il n’y avait pas aussi des inconnus pour vous guider et vous proposer des circuits ou activités à faire autour de chez eux ou ailleurs.

Du tourisme participatif, comme dirait l’autre.

A vous la joie de perdre un bus entier d’asiatiques dans Paris en leur ayant proposé un jeu de piste si dur qu’on ne les retrouvera jamais.

Ce n’est donc pas très compliqué, vous vous connectez , et pif pouf, vous avez toute une interface et plein d’outils pour créer un peu de tout et tout modifier, jusqu’à l’apparence pour faire ce qui vous convient. Et un guide pour aller avec si jamais vous étiez perdus. Mais ça n’arrivera pas : il n’y a que des gens de qualité qui passent par ici. Vous pouvez donc créer ce que vous voulez, parcours ou jeu à faire dans le métro, le publier en privé (ça n’apparaîtra dans l’application que pour vous et les gens à qui vous filerez le code/flash-code), et éventuellement le soumettre à l’équipe qui après avoir vérifié que vous n’avez pas fait un jeu intitulé "Promène-toi avec Adolf", pourra le rendre public. A vous la gloire, donc.

Et pour les esprits chagrins : personne ne touche un radis dans l’affaire. Il n’y a de publicité ni sur le site, ni sur l’application (non parce que si vous faites un jeu d’ambiance et qu’en plein milieu il y a une pub pour des slips, merci bien). Donc oui, même toi l’étudiant ou le futur travailleur du monde de la culture ou du tourisme, tu peux briller en entretien en débarquant avec un truc sur smartphone présentant de manière concrète ce que tu sais faire en matière de médiation et faire pétiller les yeux de ton interlocuteur sans aligner un roupie (c’est beau).

La morgue, un truc que l’on m’attribue souvent, et pas seulement à cause de mon doctorat en nécromancie.

Bon, allez, un dernier point parce que ça commence à bien faire, ho. Il y a une ligne éditoriale sérieuse ici. Si je tenais le responsable de ce blog qui se permet de parler de trucs à lui, il entendrait parler du pays.

Truc numéro 4 : non parce qu’il faut bien payer la coke quand même (mais rassurez-vous, vous pouvez ranger votre carte bleue, on ne vous demande rien de ce type) : vous travaillez dans le monde merveilleux de la culture et/ou du tourisme ? Vous avez des contacts dans ce monde enchanté où on aime bien proposer des trucs pour guider, distraire et informer les gens ? Vous m’intéressez.  Puisque forcément, il y a une version professionnelle (pour les professionnels, mais oui, c’est étonnant) avec des trucs en plus dedans. Et puis comme ça, ça me fera une occasion de venir visiter d’autres contrées. N’hésitez donc pas à utiliser l’adresse de contact disponible en haut de ce site (celle qui sert aussi aux demandes aux mariages, c’est très polyvalent le internet).

L’argent qui n’aura pas servi à financer les achats massifs de coke sera entièrement reversé à mon projet d’un groupe de mercenaires internationaux les G.I Raymond, chargés de défoncer porte et margoulette de toute personne terminant un post Facebook par "qui osera partager ?". Autant dire que ça fait du monde, d’où le budget.

Ah, j’allais oublier :

Pour les intéressés, un employé sous-payé se charge du Twitter et du Facebook adapté. Enfin ce sera ça ou il sera viré. Vous pourrez donc suivre ses discrètes tentatives d’appeler à l’aide à cause de son patron tyrannique : c’est beau quand même, le XXIe siècle.

Il y a des choses en bêta encore, mais rassurez-vous : tout cela va évoluer (tant le site que l’appli). Si ça vous tente de jeter un oeil, n’hésitez pas à gueuler comme des putois dans le formulaire de contact de chez EnigmApp, ça sera transmis au contremaître chargé de fouetter les stagiaires.

Si vous n’avez rien eu à faire de tout cela, félicitations :  on va p’têtre pouvoir arrêter les conneries et revenir à de VRAIS sujets essentiels.

Comme Oblivion par exemple, dont le spoiler arrive bien vite si tout va bien.

Il y a quand même des priorités, ah mais.

La foi en l’humanité est une chose qui se perd facilement.

Evidemment, je dis cela pour ceux qui ne l’auraient pas perdue il y a bien longtemps ; si vous aviez besoin d’idées pour ce faire, il existe des méthodes simples : passer une demi-heure sur Youtube à regarder des gens se filmer eux-même, lire la presse un lendemain de débat important à l’assemblée pour s’apercevoir que visiblement, il n’y avait pas que sur les bancs des députés que ça pionçait, ou plus simplement, consulter Allociné.

Ne parlons pas des commentaires, qui semblent être une annexe des skyblogs, non : parlons de quelque chose de bien plus odieux, à savoir les films les plus attendus en France. Et là, attention : les plus courageux peuvent cliquer ici

Pour les autres, je me permets quand même de faire la liste du top 10 des films les plus attendus :

  1. Promised Land – De Gus Van Sant avec du vent dedans, comme il se doit
  2. Sublimes créatures – "Vous avez aimé Twilight…" attendez, c’est vraiment un argumentaire pour vendre ?
  3. L’écume des jours - Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu une adaptation, non ?
  4. Oblivion – Tom Cruise dans le futur avec un fusil
  5. Spring breakers – Des filles en petites tenues et des gros flingues. Curieusement, aucune d’entre elles n’est un gros boudin.
  6. Hunger Games : l’embrasement – La suite du premier volume déjà nul et incohérent jusqu’à la moelle.
  7. Warm Bodies – Ho ça alors ! Un film avec des zombies ! En même temps, vu qu’on annonce en moyenne 5 projets par jour sur ce thème, faut-il s’étonner ?
  8. Jappeloup – Un film sur un gentil cheval en qui personne ne croit qui va se révéler super cool, contrairement au film je suppose.
  9. Hansel & Gretel : Witch Hunters – La suite de Cendrillon contre les nazis
  10. Boule & Bill – Franck Dubosc. Vous voulez un autre argument ou ça ira ?

Et ça, ce n’est que pour les prochains mois ! Ah, comme je rêve déjà…

Du coup, aujourd’hui, arrêtons-nous un peu pour essayer de comprendre comment des gens peuvent tomber si bas. C’est pourquoi je vous propose un simple test qui vous permettra de déterminer s’il est grand temps d’aller vous passer les yeux à la ponceuse pour arrêter d’encourager ce type de productions, car c’est bien là le pire : ces films sont des films que les gens ATTENDENT.

Seigneur.

Alors attention, concentrez-vous et soyez sérieux ; il est temps de sonder votre âme afin de déterminer l’abominable vérité :

Quel spectateur êtes-vous ?

Bien essayé les amis, mais même en costard, les lunettes 3D donnent toujours l’air très con

1 – Ce soir, vous avez du temps libre. Vous pourriez participer à la recherche contre le cancer grâce à votre intelligence supérieure de lecteur de ce blog, mais là, vous avez la flemme :  vous iriez bien au cinéma. Certes, mais pour cela, il va vous falloir déterminer quel film aller voir. Comment procédez-vous ?

A – Vous allez jeter un oeil à quelques synopsis et bandes-annonces tout en tentant de calmer vos sourcils qui, mus d’une vie propre, s’agitent frénétiquement. Malgré tout, vous arrêtez votre choix en fonction de vos propres critères.

B – Vous savez déjà ce que vous allez voir depuis longtemps. Vous guettez ce film depuis si longtemps… vous avez réservé votre soirée 3 mois à l’avance et l’impatience est telle à quelques heures de la séance que vous vous roulez par terre frénétiquement tant et si bien que des passants viennent vous gratter le ventre.

C – Vous constatez que l’un de vos livres préférés vient d’être adapté à l’écran : il serait criminel de ne pas aller voir ce que donne la chose au cinéma, ni une, ni deux, vous arrêtez votre choix !

D – Vous regardez les affiches en vous retournant pour s’assurer que personne ne vous observe. Si cela arrive, vous jetez une capsule de phosphore à vos pieds et disparaissez dans un nuage irritant.

E – Vous lisez Télérama.

2 – Soit ! Votre choix est arrêté. Mais pour l’occasion, pourquoi ne pas inviter quelque à vous accompagner ? Allez, il est temps d’appeler du renfort… mais qui ?

A – Une personne de votre entourage partageant à peu près vos goûts. C’est généralement la même qui vous accompagne à chaque fois.

B – Lorsque vous avez appelé votre meilleure amie, elle s’est mise à crier très fort. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Votre forfait bloqué a lâché, ainsi que les tympans de tous les petits animaux du quartier, pulvérisés par les ultrasons. Boubouble, le gentil hamster qui courait dans sa roue à quelques kilomètres de là, meurt donc d’une hémorragie des oreilles

C – Vous faites le tour de vos contacts afin de trouver quelqu’un qui soit à la fois disponible et qui n’aurait pas lu le livre. Vous prétextez que vous vous l’emmener pour qu’il découvre ce chef d’oeuvre, mais en fait, c’est juste pour avoir quelqu’un à qui raconter en boucle que vous avez lu le livre parce que vous êtes un érudit, hohoho.

D – Vous faites semblant de proposer à un ami en lui disant que c’est au cas où, hein, que vous dites ça comme ça… il vous répond avec le même désintérêt qu’il n’a rien de mieux à faire, mais arrive quand même avant vous au cinéma.

E – Daniel McMullgican, du blog "Iranian movies & Cheese cakes"

3 – Au moment d’acheter vos tickets, Madame la vendeuse vous signale qu’il est possible de visionner votre film de plusieurs manières… diable, quel choix faire ?

A – Lorsqu’elle vous propose de voir le film en 3D pour un supplément de un euro, vous l’instruisez sur les insultes les plus usitées au XVIIe siècle. Alors que vous n’en étiez qu’au verbe compisser, elle vous donne vos tickets et arrête d’insister. Merci ma bonne dame.

B – De la 3D ? Bon sang, votre vessie va imploser sous l’excitation du moment ! Vous jetez quelques pièces à la bougresse pourvu qu’elle vous donne de grosses lunettes moches afin de voir le seul truc véritablement en 3D de la séance : la pub Haribo !

C – Vous exigez la VO. Non parce qu’en VF, vous avez lu que le scénar était à chier, la VO devrait probablement changer tout cela.

D – Tant que l’on vous autorise à porter une fausse moustache pour aller voir ce film, vous êtes d’accord.

E – En avant première en VO non sous-titrée en présence du réalisateur, Slobodan Gorbisevich qui parlera ensuite de pourquoi il a choisi de faire son film sur les ouvrières des usines de brosse à dents d’ex-Yougoslavie.

4 – Peu avant d’entrer dans la salle, on vous propose de vous fournir en denrées pour vous aider à tenir tout du long de la séance. Qu’achetez-vous ?

A – Rien.

B – Du pop-corn et des bonbons qui font "scccrrrhchchhchchh" que vous ouvrirez super lentement en pensant que personne ne vous entend.

C – De quoi boire : vous avez prévu de parler durant la séance

D – Du sopalin. Madame la marchande est très étonnée.

E – Vous avez emmené vos gougères aux asperges bio.

5 – Coup de chance, vous arrivez parmi les premiers : vous pouvez donc choisir votre place ! Laquelle est la plus confortable ?

A – Au milieu, parce qu’au milieu, c’est mieux

B – Au premier rang pour avoir l’impression de toucher les acteurs. Bon, sauf si c’est un film avec Gérard Depardieu, auquel cas même au dernier rang, vous avez l’impression qu’il vous touche.

C – Qu’importe.

D – Sur les côtés pour ne pas vous faire gauler.

E – Tout au fond, pour pouvoir garder votre chapeau et ne pas vous mêler au petit peuple.

6 – Fort bien, le film ne va pas tarder à commencer, enfin sitôt que les 15 minutes de publicités seront passées. Quel est votre premier réflexe ? 

A – Vous vérifiez avoir bien éteint votre téléphone histoire d’être tranquille.

B – Vous vérifiez que votre téléphone est bien allumé. Il sonnera, vous vous excuserez en le cherchant 45 secondes avant de le faire tomber et de répondre pour dire que vous êtes au cinéma, mais vous le laisserez en mode sonnerie malgré tout, reprovoquant la même scène 10 minutes plus tard (attention, cette scène peut aussi arriver en réunion).

C – Vous tentez de faire du teasing à votre camarade de visionnage en lui disant qu’il y a des choses qui vont le surprendre, et le spoilez donc comme un gros busard en voulant lui donner un indice. Bon bin heu… désolé mec. Mais le livre est super bien, je te l’ai dit ?

D – Vous mettez votre téléphone en mode vidéo et vous pouffez intérieurement lorsque l’on vous rappelle à l’écran qu’il est interdit de filmer le film. De toute manière, au vu de l’intrigue, c’est à se demander pourquoi quelqu’un n’a pas dit la même chose au réalisateur

E – Vous prenez en photo votre gougère aux asperges via Instagram

"Continue de m’appeler Simone, ça ne fait que trois fois que mon téléphone sonne et ils ne m’ont toujours pas pété la gueule, on va les pousser à bout."

7 – Le film a commencé, et diverses idées traversent votre esprit malade : parlez-vous durant la séance ?

A – Non, mais vous mimez super bien le type qui se pend.

B – Vous ne pouvez pas parler ET glousser en même temps, allons !

C – Oui, en vous tournant vers votre voisin à chaque fois qu’une scène n’est pas conforme au livre pour lui signaler. Vous sentez une mystérieuse aura de haine vous entourer peu à peu.

D – Vous respirez un peu fort, mais ça va.

E – Vous essayez d’avoir l’air le plus bouleversé possible à chaque fois qu’une femme aux traits burinés par le temps, la tristesse et l’alcool, produit à la main une brosse à dent en y mettant un savoir-faire connu de nul autre, déversant sa misère et son expérience dans ce produit du quotidien méprisé par l’occident, allégorie du mépris porté par ces mêmes consommateurs ignorants envers ces femmes qui survivent difficilement. Vous le tweetez sur votre iPhone.

8 – Vous remarquez que ce film contient un élément qui revient dans la plupart des films que vous regardez. Lequel ?

A – Du caca.

B – Des gens qui se mettent torse nu pour un oui, un  non, un peut-être, un éventuellement voire pour un ça dépend

C – Romain Duris qui joue un séducteur un peu maladroit qui remet sa vie en question après avoir rencontré Audrey Tautou,

D – Une scène que vous appréciez secrètement en tentant de rester stoïque à côté de votre voisin pour ne pas avouer votre mauvais goût. Mais bon : comme il fait pareil à côté de vous, ça va.

E – Des plans de trois plombes sur un paysage quelconque

9 – Bon par contre, il y a un truc que l’on ne retrouve jamais dans les films que vous allez voir… lequel ?

A – Un scénario (en même temps, quelle idée d’aller voir La Planète des Singes)

B – Des torses velus

C – Le contenu exact de l’oeuvre dont il est adapté

D – Un pull-over

E – Une scène d’action

10 – Soudain, dans l’obscurité de la salle, une voix résonne : quelqu’un parle devant vous !  Sacrebleu, que faire ?

A – Vous profitez du fait d’être derrière lui pour le stranguler : vous dissimulez son regard vide lorsqu’il rend son dernier souffle en renversant son pot de pop-corn XXL sur son crâne. Comme vous êtes taquin, vous dessinez un bonhomme sur le pot, ce qui trompera sa voisine jusqu’à la fin du film, tant l’auteur du propos était visiblement con comme un mort.

B – Vous lui répondez pour lui dire qu’il a tort, ce n’est pas Brian qui vient de mourir, c’est Bob ! Rah, il pourrait suivre un peu.

C – Vous vous mettez à chuchoter à votre voisin pour vous plaindre, persuadé que la rangée derrière-vous ne vous entend ou ne voit pas faire à la lueur de l’écran.

D – Vous faites "chhhhht !" puis faites semblant que ce n’est pas vous quand le coupable se retourne

E – Haaaan ! C’est Slobodan Gorbisevich !

11 – La fin du film arrive. Alors, c’était comment ?

A – C’était une sombre merde. Au fond de vous, vous n’êtes pas étonné. Qu’alliez-vous faire dans cette galère ?

B – Haaaan c’était génial ! Génial ! Vous attendez la fin du générique pour voir s’il n’y aurait pas une petite séquence supplémentaire annonçant une suite, et vous hurlez comme un gros putois lorsque cela arrive. Votre slip, lui, a rendu les armes il y a longtemps.

C – Vous êtes scandalisés, évoquant chaque passage où l’oeuvre n’a pas été respectée. Lorsque votre voisin explique qu’il a trouvé ça très moyen, vous lui expliquez que ça ne l’est pas si on lit le livre. Il vous demande pourquoi vous l’avez emmené voir le film alors ? Vous vous demandez aussi.

D – Ho bin… non mais… heu… bon, bref : vous avez un peu apprécié quand même, mais vous n’osez pas le dire. Vous n’assumez pas.

E – C’était incroyable. Vous utilisez des termes comme "généreux" pour en parler.

12 – Maintenant que la séance est terminée, il est temps de rentrer chez vous : tout le monde dehors ! 

A – Tout le long du trajet, vous recensez le nombre de passages à chier qui constituaient le film. Le temps d’arriver à votre domicile, vous avez réalisé qu’en fait, tout le film était à chier. Vous êtes plein de désarroi.

B – Vous gloussez, vous vous roulez par terre et refaites 17 fois les scènes que vous avez préférées. Le voisinage étant endormi à cette heure, chacun prie pour que l’on vous tire un coup de gros sel dans le museau pour qu’au moins, vous couiniez pour quelque chose. Hélas pour la sérénité nocturne, cela n’arrive pas.

C – Vous expliquez à votre comparse à quel point dans le livre, c’était vachement mieux. Il se tire une balle dans la bouche à mi-chemin. Vous expliquez à son cadavre chaud que dans le livre, quand il y a un suicide, c’est vachement plus dramatique.

D – Vous vous séparez de votre compagnon d’aventure sans piper mot, à l’exception de quelques formules de politesses.

E – Vous restez à la conférence suivant le film, twittant tout du long comme quoi vous êtes à une conférence, c’est fou. Lorsque celle-ci se termine, vous constatez que vous n’avez rien écouté, à l’exception d’une phrase que vous avez twittée en anglais pour dire qu’elle résumait parfaitement votre opinion, même si vous n’êtes pas sûr-sûr de savoir sur quoi elle portait. Ce n’est pas grave : on vous a retweeté.

13 – Vous voilà enfin seul, chez vous, libéré de tout cela… 

A – Vous pleurez longuement en vous demandant pourquoi vous avez fait ça. Vous avez l’impression que l’on a souillé votre âme, génocidé vos neurones, et endommagé votre vue. Vous vous sentez coupable : certes, c’était nul, mais pourquoi être allé le voir ? Pourquoi ?

B – Vous allez sur internet commander tous les posters du film, puis vous commencez à écrire une fanfiction dans laquelle vous créez un personnage qui vous ressemble en tous points, et qui sauve Bob d’une mort certaine avant de vivre une romance avec icelui.

C – Vous faites "pfff" très mort en secouant la tête tout seul. Si vous vivez avec quelqu’un, vous vous débrouillez pour mettre le sujet sur la table pour vous plaindre à nouveau.

D – Vous vous enfermez à double tour. Vous auriez bien besoin d’une douche.

E – Vous allez voir si on a répondu à vos tweets, puis vous uploadez toutes les photos que vous n’avez pas eu le temps de partager en leur donnant à chacune un titre en anglais supposé sonner poète, mais sonnant juste crypto-prout pour le reste du monde.

Jeu : propose à tes amis d’écrire une fanfiction après avoir vu "La Chute"

14 – Si vous aviez un site sur lequel donner votre avis ?

A – Ce blog, parce que vous avez du goût

B – Un forum de fans : vous êtes d’ailleurs très fière de votre signature qui clignote. Vous enchaînez les tests pour savoir quel personnage du film vous êtes, c’est tellement lolilol. Vous filez ensuite mettre 5 étoiles sur Allocine avant de laisser un commentaire hystérique et complètement objectif, bien évidemment.

C – Vous en discutez brièvement sur Doctissimo. Alors que cela n’avait strictemenr rien à voir, on vous annonce que vous devez avoir un cancer ou être enceinte, voire les deux. Vous êtes bien étonné. De dépit, vous allez demander sur Yahoo Answers ce que les gens pensent du film, mais au bout d’un commentaire, le sujet dérive. Vous finissez au bout de 10 minutes avec un message "la communauté a estimé ce commentaire comme étant le plus pertinent" indiquant un commentaire critiquant l’animation das Naruto. Vous décidez qu’internet, c’est quand même de la merde.

D – Vous récupérez les meilleurs moments que vous avez capturés discrètement durant la séance, fier de votre forfait, en faites des gifs, et bombardez les forums du vaste internet avec. Vous êtes bannis des deux tiers d’entre eux et vous vengez en créant des nouveaux comptes et postant plein de gifs qui clignotent pour provoquer les modérateurs. Ahaha, ils seront bien embêtés !

E – Votre blog de photographe Lifestyle.

15 – Comment choisirez-vous votre prochain film ?

A – Vous referez exactement la même erreur

B – Vous referez exactement le même excellent choix

C – Vous guettez déjà la prochaine adaptation d’oeuvre de votre bibliothèque

D – Vous avez honte, mais vous savez que vous recommencerez

E – Vous avez carrément un abonnement à Télérama. Brrrr.

Bien, vous avez terminé ? Alors comptez vos points les enfants, car voici venir l’heure des résultats.

Vous avez un maximum de :

A – Celui qui sait très bien, mais qui y va quand même

Vous avez parfaitement conscience du fait que ce que vous allez voir est mauvais. Personne n’est vraiment sûr de savoir si vous êtes simplement inconscient ou si vous avez vraiment un goût malsain pour la daube, mais toujours est-il que l’on finit toujours par vous surprendre en train de sortir d’un quelconque film à base d’invasion extra-terrestre. Au fond de vous, vous avez le secret espoir d’un jour, être agréablement surpris, mais même en partant avec les pires préjugés, les réalisateurs arrivent toujours à faire plus mauvais que ce que vous aviez prévu. Si votre âme immortelle rejoint un jour les enfers, nul doute que vous trouverez le diable peu créatif en matière de souffrances psychologiques comparé à J.J Abrams.

Votre prochain film ? Oblivion.

B – Celui qui a subi une grosse trépanation 

"Con comme une porte" est probablement l’expression qui vous définit le mieux, même si les portes peuvent parfois arrêter les déferlantes de caca. Dans votre cas, vous êtes plus proche du tourniquet ou du moulin fécal : plus il y en a, mieux vous tournez. Et faites tourner, ce qui est encore plus beau, car votre notion de partage s’approche plutôt de celle de contamination. Si un jour on réouvre les léproseries, nul doute que l’on vous y collera pour préserver les innocents. Il est fort probable que vous notez les films et les commentiez sur différents sites, n’allant jamais dans la demi-mesure et portant aux nues la moindre bouse pourvu qu’il y ait votre acteur préféré dedans. Parfois, vous vous surprenez à nettoyer votre corps avec votre propre langue, et vous demandez si vous ne seriez pas juste un labrador métamorphosé en humain par un quelconque phénomène kafkaïen.

Enfin, non, puisque vous pensez que Kafka est une marque de café en poudre.

Votre prochain film ? Sublimes Créatures.

C – Celui qui va t’expliquer qu’en fait, le livre était mieux 

Personne ne sait pourquoi vous allez au cinéma, et surtout, personne ne veut y aller avec vous. Non pas que vous vous plaigniez, non, mais vous semblez ne toujours pas avoir compris qu’un film et un livre étaient deux choses différentes, et que défendre l’un en invoquant l’autre revenait à expliquer que tiens c’est marrant, la comédie musicale "1789, les amants de la Bastille" ne semblait pas respecter l’Histoire. Il n’y a pas à dire, vous êtes diablement perspicace. Vous n’avez pas aimé le film de votre livre préféré, mais le défendrez jusqu’à la mort en expliquant que si on lit le livre, c’est mieux.

Vous continuez cependant de vous persuader que le prochain film tiré d’une oeuvre que vous irez voir sera fidèle à l’original, et repartez invariablement en bougonnant.

Vos amis complotent pour vous tuer, sachez-le.

Votre prochain film ? L’écume des jours (avec, ça alors ! Romain Duris et Audrey Tautou !)

D – Celui qui nie en bloc à chaque fois qu’il revient du cinéma

Vous n’assumez pas, mais alors pas du tout ce que vous allez voir. Tout comme le jeune malandrin qui maîtrise le nom de chaque actrice porno avant d’expliquer que hohoho, mais hem, héhé, non allons, il ne les connait que parce qu’il les… les a vues sur la couverture chez le marchand de journaux, vous expliquez que si vous avez vu la dernière daube, c’est la faute à votre pote qui vous a emmené contre votre gré parce qu’il ne voulait pas y aller seul. Pote qui raconte exactement la même histoire de son côté, et n’arrive pas à assumer, tout comme vous, qu’il est secrètement heureux de regarder des films absolument nuls puisqu’en fait, il les trouve bien. Vous planquez vos DVD de Fast & Furious avec les photos prouvant que papy avait fait la guerre habillé en Hugo Boss, et brûlerez votre demeure plutôt que d’avouer.

Votre prochain film ? Spring Breakers. Attention à bien suivre, ça a l’air compliqué et original à la fois.

E – Vous êtes un putain de hipster

Attention, regardez bien au-dessous de vous : ho, ça alors ! Du tissu à carreaux ! Ah, je sais, c’était facile, mais il n’empêche : c’est vous qui êtes dedans, ne me le reprochez pas. Vous êtes la lie de cette société, une créature mi-humaine mi-vintage qui ne survit qu’en se nourrissant d’un élitisme culturel autoproclamé. Vous n’avez aucune idée de pourquoi vous faites ce que vous faites, mais vous savez que vous devez le faire au risque de perdre votre identité qui ne se définit que par le rejet de ce qui constitue celle des autres. Paradoxalement plus prévisible qu’un film de Nicolas Cage, vous avez une passion pour les films chiants et les expositions d’art contemporain, car vous vous roulez dans ce vernis intellectuel en espérant vous en enduire pour mieux briller.

Votre prochain film ? Boule et Bill, parce que vous ne méritez pas mieux, rejetons de Satan

Enfin, et pire que tout : si vous aimez tout simplement les bons films, je n’aurais que deux questions à vous poser :

La première, c’est que faites-vous sur ce blog ?

La seconde, c’est que faites-vous encore sur cette planète ?

Un peu de cohérence, nom d’une pipe.

"Wilhelm, à table !"

Jacob cria une nouvelle fois en direction de la chambre de son frère, ne s’étonnant pas de voir celui-ci passer la porte complètement débraillé, des taches d’encres maculant sa chemise usée qui, il y a longtemps, avait été parfaitement blanche. Se dirigeant vers la salle à manger, ledit Wilhelm renifla bruyamment tout en tapotant sur son vêtement pour vainement tenter d’aplatir les plis qui le parcouraient à force d’être resté assis à écrire à son pupitre. Jacob l’observa se diriger jusqu’à la chaise qu’il occupait toujours à l’heure du repas, près de la fenêtre, puis se dirigea vers lui avec les assiettes qu’il venait de remplir d’une soupe délicieusement odorante.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’une lumière semblable à celle d’un éclair et accompagnée d’une formidable détonation éclata au milieu de l’endroit l’espace d’un instant, soufflant tout ce qui se trouvait alentour, Jacob compris.

Se relevant péniblement couvert de soupe, de croûtons de pains et de chou, le pauvre homme toussota, cherchant au milieu de la fumée emplissant maintenant l’endroit son frère, qu’il trouva en train de se redresser aux côtés de sa chaise renversée, observant l’endroit où autrefois se dressait une table et son couvert : désormais, il y avait à sa place un homme aux vêtements faits d’une matière que Jacob n’avait jamais vue, en Saxe, en Prusse ou ailleurs, des volutes de fumées s’élevant au-dessus de lui comme s’il sortait d’un feu, et qui releva d’énormes et épaisses lunettes de son visage carré avant de consulter une sorte de boîtes couvertes de petites lumières clignotantes. "J’ai réussi !", lança t-il dans un allemand à l’étrange accent.

"W… was ?! - parvint à articuler Wilhelm, se tenant prudemment à distance 
- Nous sommes bien en 1812 ? A Cassel ?
- Heu… ja ? 
- Et vous deux – l"étrange homme se tourna tour à tour, l’air possédé, vers les deux hommes perdus par les évènements – vous êtes Jacob et Wilhelm Grimm ? 
- Oui… mais… qui êtes-vous ? Que faites-vous dans notre demeure, et pourquoi avez-vous ainsi saccagé ma soupe ? – Jacob sentit un étrange courage mâtiné d’effluves de chou monter en lui
- Ecoutez-moi bien : je suis un voyageur temporel, et je viens du XXIe siècle car j’ai besoin de vous, frères Grimm ! 
- Que dites-vous ? Je dirais bien que ce sont des sornettes, mais votre arrivée impromptue rend votre récit un peu moins idiot qu’il ne semblerait à première vue. Que voulez-vous ?
- Dans le futur, des amis à moi utilisent une invention qu’on appelle le cinéma pour raconter des histoires comme celles que vous écrivez. Or, je voulais adapter une des vôtres, Blanche-Neige et les Sept Nains, pour faire comme mes copains, mais il se trouve qu’il y manque des éléments pour qu’elle soit véritablement parfaite selon les critères du XXIe siècle. Alors vous allez la modifier tout de suite ! 
- Et pourquoi ferions-nous ça Monsieur ?
- Parce que si vous ne le faites pas, j’utiliserai ceci – il sortit un curieux mousquet de sa veste – c’est ce qu’on appelle un Desert Eagle, cela peut tuer deux gaillards comme vous en un éclair. Alors au boulot les petits gars, je n’ai pas que ça à faire."

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Sous la menace de son arme futuriste, l’homme obligea les deux frères à sortir papier, encre et plume, et les fit s’asseoir autour d’un guéridon voisin.

"Alors déjà, Blanche-Neige, c’est une princesse mais REBELLE d’accord ? Et elle adore faire du cheval en armure lourde pour décapiter des gens à l’épée.
- Mais ? Mais enfin, qu’est-ce que ? 
- ECRIVEZ ! Ensuite, elle kiffe grave le chasseur, qui lui apprend à faire du wiki-woush avec des couteaux pour faire des trucs de ninjas
- wiki… woush… ninja… ach, moins vite, moins vite !
- Et à un moment, il y a un troll, et le troll il fait BAM, BAM ! Comme ça, mais woush ! L’autre il esquive, et ensuite…"

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Quelques heures plus tard, l’étranger avait terminé son étrange dictée, et la nouvelle version de Blanche-Neige, intitulée "Blanche-Neige et le Chasseur" était prête. Après avoir expliqué que s’ils parlaient de lui à qui que ce soit, il reviendrait du futur pour les abattre, le voyageur temporel s’en vint, laissant derrière lui les deux frères quelque peu étonnés, et inquiets de l’avenir de l’humanité.

Quel monstre a bien pu naître de cette nouvelle visite du conte des frères Grimm ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : "Par le producteur d’Alice au pays des merveilles". Ah oui, donc il y a vraiment un pervers qui aime violer les contes avec barbarie, d’accord.

Le film s’ouvre sur un splendide jardin paisiblement endormi sous la couche neigeuse d’un froid hiver ; établi au sein d’une splendide forteresse, il voit déambuler en son sein, silencieuse, une charmante dame qui n’est autre que la reine du royaume local, comme nous le dit la voix off locale. Soudain, que ne voit-elle pas ? Une rose rouge, éclatante au milieu de la nature endormie ; "Bordel, c’est pas la saison !" se dit promptement la monarque, avant de tenter de se saisir de la fleur, mais ha ! Voici que se piquant sur les épines de celle-ci (malgré ses gants d’hiver, la reine a dû tenter de stranguler le pauvre végétal), trois gouttes de son sang royal viennent choir sur la neige, et à la vue de cet étrange contraste, la noble dame murmure :

"Ah, si seulement j’avais un enfant à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noir comme ceux d’un corbeau, je serais tellement heureuse !"

Le Destin, entendant sa prière, exauce le voeu de la reine ; et quelques mois plus tard, probablement après avoir fauté avec un gothique par eugénisme, voici naître une splendide enfant : Blanche-Neige (la reine penchait au départ pour "Rouges-Lèvres" sur le même principe, mais une péripatéticienne d’un village voisin travaillant sous le même nom, cela parut être une mauvaise idée).

Quelques années plus tard, Blanche-Neige a grandi ; c’est désormais une enfant réputée dans tout le royaume pour "sa beauté et son caractère rebelle" ; car dans toute bonne histoire, la princesse est "rebelle", mais c’est en général le narrateur qui le dit tant, dans les faits, la princesse en question accepte parfaitement l’ordre établi, à commencer par le fait d’avoir de par sa naissance le droit d’avoir une dizaine de serviteurs et l’opportunité de péter chaque soir dans des draps en soie. Mais c’est vrai que "princesse rebelle" sonne mieux que "princesse pétomane". Ce détail passé, nous découvrons que Blanche-Neige a un ami d’enfance qui l’accompagne dans ses jeux : William, fils d’un duc local, le Duc (notez que c’est recherché). Ils rient, courent, échangent des plaisanteries… il fait beau sur le royaume et le monde est heureux !

Hélas, un hiver, une chose terrible arrive : la maman de Blanche-Neige tombe malade, ce qui est le genre de chose qui arrive quand on passe ses journées à se promener dans les jardins du château à chercher des roses alors qu’il fait – 12. Elle finit par mourir, ce qui attriste le roi qui, contrairement à nombre d’autres personnages de ce film, n’est guère nécrophile. Et si les malheurs s’arrêtaient là…

… mais quelques mois plus tard, voilà qu’une étrange armée rôde sur les terres traditionnellement défendues par le suzerain, obligeant celui-ci à partir à la guerre pour botter des culs à la centaine. Lui et ses copains les joyeux cavaliers multicolores, sorte de gay-pride équestre, galopent donc à travers le pays pour finalement trouver l’ennemi à la sortie d’un bois : un bon millier de lanciers en armures noires ne laissant pas paraître le moindre centimètre de peau, en rangs, immobiles et prêts à se battre.

Le roi, voyant autant de lances face à ses chevaux, décide donc de faire la chose la plus logique du monde : charger n’importe comment, et de face s’il-vous-plait, histoire d’être sûr de se prendre une branlée ; mais par un curieux mystère, les soldats ennemis semblent n’avoir pris des armes longues que pour la déco, et décident de les lâcher sans s’en servir pour sortir des épées. Ha ? D’accord, pourquoi pas. Mais sinon vous avez vraiment pas envie d’utiliser vos lances sur les dadas ? Enfin bon. Bientôt, les soldats en noir désarçonnent les cavaliers royaux, obligeant ces derniers à se battre à pied en une fiévreuse mêlée. Mais ha ! Voici que portant un coup d’épée à un ennemi, le roi voit celui-ci se dissoudre en milliers de petits morceaux noirs !

"Bon sang les gars ! Ces soldats ils sont…
- Démoniaques, sire ?
- Oui, enfin, on s’en fout ! Ces petits morceaux noirs… je crois qu’ils sont constitués de cachous ! Vite, sucez-les très fort !"

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Ce propos malheureux se mariant aux tenues contestables de l’ost royal, l’armée ennemie a tôt fait d’être mise en déroute, et voici sur le champ de bataille le papa de Blanche-Neige victorieux ! Mais au milieu des piles de cachous constituant les défunts, il aperçoit derrière les anciennes lignes gardées par l’ennemi un chariot abandonné, et l’ouvrant, trouve à son bord une dame blonde plutôt bien faite de sa personne se présentant sous le nom de "Ravenna" (ce qui sonne comme "Dark Mistress of Hell" et n’est pas du tout suspect), et la sauve ainsi des méchants qui la retenaient prisonnière.

"Le roi décida donc de se marier avec elle dès le lendemain", nous dit la voix off.

"Qu’est-ce qui vous fait penser que je suis maléfique ? Arrêtez enfin !"

Pardon ? Même pas un petit restau, non? Non parce que si ça se trouve, elle rigole comme une truie devant Secret Story ou adore René la taupe ! Sinon, mon roi, ça vous intéresse pas de savoir d’où sortait cette armée qui a ravagé vos terres, pourquoi elle retenait cette donzelle et d’où elle sort, comme ça ? Non ? Non : l’appel de la coucherie n’attend pas.

De retour au château, donc, la future reine rencontre la jeune Blanche-Neige, et lui dit qu’elles seront super copines, tu verras. Puis, une cérémonie est organisée pour unir le roi à sa nouvelle épouse ; cela fait, passons aux choses sérieuses : il est temps que le roi montre à la désormais Reine ses techniques de joute en privé. Sauf que… tout ne se passe pas comme prévu : alors que le suzerain s’apprête à imiter l’éléphant devant madame, voici qu’il se sent fort mal…  que… que se passe t-il ?

"Du poison, mon roi : alors ouiiiii je sais, tu ne vas pas m’écouter parce que tu es trop occupé à crever, mais permets-moi de te raconter ma vie en détails pendant ce temps. Tu sais comme on est, nous, les filles : on papote, on papote, et pis vous les garçons, vous écoutez jamais, hihihi… heu, hem : oui, je disais : ma vie. Alors je suis née dans un petit village de la Creuse, où un jour, ma maman, voyant une armée arriver, a senti que ça allait barder pour sa gueule. Elle m’a donc jeté un sort qui fait que je serai éternellement jeune et belle en absorbant ces qualités à autrui ; elle savait en effet que la troupe en approche était celle d’un roi qui me voulait comme épouse pour remplacer son vieux boudin à la maison. Du coup, en restant jeune… moi je n’aurais pas ce problème ! Bref : le filou m’a non seulement emmenée, me séparant de mon frère, mais en plus, il a vaguement buté ma môman. Donc, j’étais un peu colère. Et je l’ai tué. Et depuis, je trompe des rois en les épousant puis les tuant, puisque vous êtes tous les mêmes : vous ne pensez qu’au sexe avant de nous jeter, nous autres, les filles ! Girls power !
- Je… mais ? Tu… es juste pleine de préjugés pourris ? Tu es… Eric Zemmour faite reine je… je te pardonne pour le poison : je vais mourir de honte avant qu’il ne fasse vraiment effet. Voilà : Aaaargh."

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Le roi mort, la vilaine reine s’empresse donc d’aller faire ouvrir les portes du château afin que son armée personnelle (cette fois constituée d’humains tout à fait normaux) s’empare de l’endroit (oui, les gardes du coin n’avaient pas remarqué les 3 000 hommes en train de camper sous les remparts, ils avaient des armures en velours pour ne pas faire de bruit) ; le combat s’engage donc entre serviteurs de la nouvelle reine et du défunt roi, et bientôt, les troupes de feu le suzerain sont obligées de quitter les lieux dans le désordre le plus complet, jusqu’à ce que la Reine fasse abaisser la herse pour empêcher au maximum de rebelles à son autorité de s’enfuir : et si le jeune Guillaume parvient à quitter l’endroit in-extremis avec son père, il aperçoit derrière la grille qui vient de tomber, désormais prisonnière des murs de son propre château et orpheline, la pauvre Blanche-Neige. Ho bin non alors !

La Reine, elle, fait porter dans ses nouveaux appartement un immense miroir à qui elle pose cette légitime question "Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle du royaume ?", et même si au début le miroir cite une série d’actrices de charme, sitôt que la Reine l’a menacé d’un bon gros parpaing dans la margoulette, il lance un chétif "Maiiiis toiiiii, ma reiiiineuuuh, bien sûr". Satisfaite de cette réponse, le règne de la nouvelle propriétaire du royaume peut donc commencer, sans que quiconque ne tente la moindre contre-attaque sur le château bien sûr, ce qui est quand même bien fait.

Hélas, le règne de la donzelle est "si maléfique que la nature se retourne contre elle-même" nous dit la voix-off, ce qui est un peu con de sa part, puisque du coup, elle devrait s’en prendre à la Reine et pas à elle-même, mais passons : les récoltes pourrissent sur pied, les fleurs fanent, la terre devient boue, bref, il faudra m’expliquer ce que l’on mange au château puisque plus rien ne vit à des centaines de lieues à la ronde. Ou alors, on se fait des galettes de boue, ce qui doit rendre les banquets particulièrement joyeux et faire la fortune des vendeurs de dentifrice. Mais plutôt que de répondre à ces questions pourtant essentielles, le film propose de sauter dans le temps, comme ça, hop.

Nous retrouvons donc, bien des années plus tard, Blanche-Neige, désormais adulte : sa peau est toujours blanche comme la neige, ses lèvres rouges comme le sang, et ses cheveux noirs comme ceux d’un corbeau ; par contre, elle a aussi les dents du lapin, ce qui est un peu plus curieux, tant feu sa mère n’avait pas demandé au Destin un rejeton avec une dentition de lagomorphe, mais soit. On comprend vite qu’à la puberté, ça a un peu merdé et plus que les seins, ce sont donc les incisives qui ont poussé, transformant l’innocente Blanche-Neige en Kristen Stewart, ce qui n’est vraiment pas très sympa.

Mesdames et Messieurs : la plus belle fille du royaume. Chhht.

Enfermée dans une tour isolée du château depuis toutes ces années, au sein d’un cachot dans les hauteurs, les journées de Blanche-Neige ne semblent pas passionnantes : elle dort, observe la course du soleil, entretient le feu de sa petite cheminée pour se réchauffer et surtout, tente d’apprendre à fermer la bouche (mais POURQUOI cette actrice N’ARRIVE PAS à FERMER LA BOUCHE ?!). On peut aussi le dire : elle se fait un peu chier. Et à en croire une jeune fille qui vient d’être installée dans le cachot en face du sien, le monde extérieur ne va guère mieux : la reine terrorise la région, les paysans sont soumis, tout le monde est persuadé que Blanche-Neige est morte lors de l’assaut de la forteresse des années auparavant, et le seul espoir de ce monde réside dans une petite forteresse tenue par le Duc, accessoirement père de William, l’ami d’enfance de Blanche-Neige. Mais si l’endroit accueille quantité de réfugiés souhaitant fuir les forces de la reine, il n’a pas suffisamment de forces pour tenter de reconquérir le royaume qui fut autrefois prospère. Blanche-Neige déprime donc d’autant plus. Et prie, car oui, Blanche-Neige récite des prières chrétiennes. Oh. Soit.

Quittons le cachot de notre héroïne pour aller retrouver la Reine et sa nouvelle couronne (qui est devenue noire et calibrée sur l’architecture gothique sans raison), qui elle, s’éclate pas mal à prendre des bains de lait en se soulageant dedans pour imiter la présence de gros chocapics,  courir dans le château en agitant sa cape noire ou causer avec son miroir, qui a plein d’histoires drôles en stock : c’est un peu le Jean Roucas de la miroiterie. Mais un jour, voici qu’un brigand qu’elle jugeait dans la salle du trône pour avoir tenté de piller l’un des convois royaux tente, dans un acte désespéré, de l’agresser : saisissant le poignard à la ceinture d’un garde voisin, il se jette sur la filoute et lui plante sa lame dans le bidou ! Hélas pour le petit anarchiste, les choses ne se passent guère selon son plan :

  • La Reine ne meurt pas, ho ?
  • En fait, il a beau avoir bien planté la lame, celle-ci ressort sans même être tachée de sang.
  • La Reine va même bien en fait, merci
  • Elle est un peu grognon-grognon
  • Du coup, d’un mouvement de la main, elle lui fait exploser le coeur, selon une technique qu’elle a vue dans Kill Bill
  • Le jeune chenapan meurt donc, un peu surpris pour le coup, reconnaissons-le.

En conséquence de quoi, la Reine se retire dans ses appartements, un peu fatiguée par ces derniers évènements : pour tout dire, elle semble même un peu… vieillie : elle a dû puiser dans sa magie pour survivre et doit donc refaire ses réserves si elle veut retrouver son teint de jeune fille ; ça tombe bien, son frère, Coupaubol, nommé ainsi pour de contestables motifs capillaires (s’il a lui aussi la jeunesse éternelle, pour la beauté, c’est râpé), a la solution. En effet, le bougre a jugé bon d’aller chercher la jeune fille installée dans le cachot en face de celui de Blanche-Neige et de la livrer à la Reine, et là, attention : grâce au pouvoir d’un crypto-baiser lesbien, la Reine absorbe la jeunesse et beauté de la pauvrette, qui de son côté, vieillit de manière accélérée ; sa peau se fripe, ses cheveux blanchissent, ses organes descendent et elle n’est plus tout à fait étanche. Alors que pour Ravenna, ça roule : sa peau est plus lisse, ses cheveux plus éclatants, sa croupe plus rebondie… vous voyez le topo. Cela fait, elle remercie son frangin de ce petit quatre heures, et s’en va taper la conversation avec son miroir, ce qui doit faire plaisir à son frère d’être ainsi snobé au profit d’un élément de déco. Bref.

"Miroiiiir, mon beau miroiiiir, qui est la plus belle du royauuuuume ?
- Hem… je… écoutez, je suis un miroir d’accord ? Donc techniquement, je suis paaaas vraiment calé en matière de…
- Je crois t’avoir posé une question, miroir. Alors, c’est qui qu’est la plus belle ?
- Humgrumblblblfugrmblancheneignegmrbmblteum.
- Pardon ? J’ai cru entendre un truc au milieu de tes toussotements !
- Okay : j’ai dit Blanche-Neige, ma reine. Mais en même temps, j’ai toujours été excité par les lapins, alors vous comprenez, je…
- COMMENT OSES-TU !
- Oooon se calme, on se calme ; écoutez ma reine, j’ai un tuyau pour vous : si vous mangez le coeur de cette fille à la beauté supérieure à la vôtre, vous serez éternellement jeune et belle, vous n’aurez plus jamais à absorber les forces de qui que ce soit. Bon, ce sera un peu gore, mais hein, quand même, c’est pas mal, non ?"

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La Reine hésite quelques instants, se demandant si elle doit tabasser ou remercier son miroir, puis fait appeler son frère pour qu’il aille chercher Blanche-Neige : ce midi, c’est viande rouge (la Reine adore Buffalo Grill).

Sauf que pendant ce temps, dans le cachot de Blanche-Neige, il se passe des trucs : par la seule étroite fenêtre de l’endroit, deux oiseaux entrent, piaillant un peu partout (et chiant au passage dans tout l’endroit), semblant indiquer à Blanche-Neige l’orifice par lequel ils sont entrés : cela donne une idée à notre héroïne : tiens, si je regardais par la fenêtre ?

Parce que oui, en 10 ans et quelques, l’idée ne l’a pas traversée. Voilà voilà.

Et que voit-elle ce faisant ? Ho bin ça alors ! Un gros clou de maçonnerie qui dépasse ! Hmmm, ça pourrait servir à égorger quelqu’un : merci les oiseaux psychopathes ! Allez hop, on embarque le bidule, et on va vite sur sa paillasse car des pas approchent de la cellule : il s’agit de Coupaubol !

Feignant le sommeil (la bouche entrouverte), elle laisse le bougre s’approcher d’elle et prétend se réveiller en le voyant ; celui-ci lui explique qu’elle est si belle que depuis fort longtemps, il l’observe depuis la porte de sa cellule lorsqu’elle dort (… attendez, attendez : cette actrice ne joue que dans des films où des gens avec des coupes à la con la regardent dormir comme des pervers ou c’est moi ?). Mais qu’aujourd’hui, c’est un peu moins rigolo, puisqu’il vient la chercher pour que la Reine en personne l’exécute. Désolé, c’est ballot, mais c’est comme ça. Allez, suis-moi Blanche-Neige, fais pas ta mauvaise tête, hein, dis.

Sauf que la princesse ne l’entend pas de cette oreille, et improvise un plan digne de Prison Break : déjà, elle attrape son clou de combat dans son inventaire, en met un bon coup dans le visage du Monsieur qui recule en titubant, puis, en profitant pour se saisir de ses clés, fuit la cellule avant de refermer la porte sur l’homme désormais balafré.

A noter que tous les gardes présents dans le couloir des cachots depuis le début du film ont eux disparu, n’entendant pas les hurlements du frère de la Reine à demi-défiguré par une princesse cucu qui a trouvé son arme grâce à de gentils oiseaux innocents ("Piou piou piou, ouiiii,  Blanche-Neige, arrache-lui l’oeil, saigne-le comme une truie… heu… Piou piou piou. Hem.". La jeune fille se lance donc dans une cavalcade éperdue au travers de la tour, finissant par déboucher dans la cour du château où, hélas, des gardes la repèrent : ni une, ni deux, apercevant un orifice d’évacuation d’eau, elle se jette dedans et parvient à échapper à ses poursuivants en déambulant au travers des conduits creusés sous le château, jusqu’à déboucher au milieu d’une falaise battue par les eaux (le château est bâti sur une presqu’île qu’il occupe entièrement) : sauf que le ressac local plus que violent ne fait pas peur à la princesse, qui se jette à l’eau sûre de son coup (au passage, sachez que Blanche-Neige était parfaitement vêtue pour l’aventure dans son cachot : solide pantalon sous sa robe, bottes de voyages en bon cuir, etc. C’est bien fait quand même, ils avaient tout prévu pour l’aider à s’évader). Et effectivement, ça n’arrête pas la bougresse, qui emmerde tant les flots que les courants, et nage donc pépère jusqu’à une plage voisine située sous les murs de la forteresse où ses amis les oiseaux la guident jusqu’à un… un… heu…

Un cheval blanc.

"Cui cui cuiiii tuetoutetafamilleavecuncouteauàhuîtres cui cuii cuiiii piou piouuuuu"

Dis-donc Blanche-Neige, tes oiseaux là, ce sont des hirondelles européennes ou africaines ? Non parce que pour héliporter un cheval, elles doivent être balaises quand même. Et depuis la forteresse, ça ne les a pas choqué de voir débarquer un cheval, comme ça, pouf pouf, juste sous les murs ? Non ? Personne n’a eu envie de capturer ce bidule qui vaut une fortune ? Excusez-moi mais on est qu’au début du film là, est-ce que ce truc a seulement été relu ?

En tout cas, la forteresse justement s’agite tout de même un peu, puisque quelques cavaliers sont envoyés à la poursuite de la princesse qui, elle, de son côté, se découvre des talents de reine de l’équitation sur le dos de l’animal sauvage-mais-pas-trop (il n’a pas de selle ni aucun équipement : il est tout pur, par contre il se laisse monter par la première prisonnière venue qui a probablement pris des cours dans sa cellule durant les 10 dernières années en chevauchant des rats pour aussi bien cavaler). La poursuite dure donc un long moment, les paysages défilant jusqu’à ce qu’enfin, Blanche-Neige constate que son cheval avance moins bien : en effet, ils viennent d’arriver dans un marais, et le pauvre animal est en train de tenter d’imiter l’immersion périscopique avec brio ; notre héroïne a juste le temps de sauter sur la terre ferme voisine pour voir ses poursuivants se rapprocher, et continue donc de filer à pied vers la forêt toute proche, aux arbres tordus et à l’herbe inexistante.

Les cavaliers à sa poursuite se contentent donc de dire "Ho non, un marais ! On ne peut pas continuer à cheval !" et… font demi-tour.

Vous n’avez pas de pieds les gars ? Maman vous a interdit de salir vos bottes ? Enfin, je veux dire : vous devez ramener à la reine une fille en robe (même si elle a sa tenue de voyage sans aucune raison en dessous, c’est vrai), qui a pas dû beaucoup faire de sport dans sa cellule de 9m² (n’est pas Sarah Connor qui veut) depuis près de 10 ans et qui tente de vous semer à la course, vous, soldats ; vous ne pensez pas que ça pourrait aller vite cette histoire ?

Hé bin non.

Bon, et bien continuons avec Blanche-Neige toute seule, puisque s’aventurant au milieu des arbres déformés, elle se prend les pieds dans une racine et atterrit sur des champignons qui lui envoient moult spores à la tronche ce faisant : et figurez-vous que c’est hallucinogène, puisque soudain, tout autour d’elle devient affreusement hostile : les arbres ont des visages, des insectes courent en tous sens, des créatures monstrueuses s’accrochent aux branches alentours ou les animaux se transforment en Bogdanoff… c’en est trop pour la bougresse, qui s’évanouit purement et simplement sur place, mais proprement quand même histoire de pas trop se défigurer avec une branche ce faisant. Elle marmonne donc faiblement "Ouaaah putaaain le triiiiip" puis s’endort. A plus tard, ganja girl.

La Reine, elle, de son côté, est très mécontente : ses cavaliers n’ont pas rattrapé Blanche-Neige au motif que "Nan mais elle est arrivée dans la sombre forêt, on ne peut pas la poursuivre là-dedans, parce que… heu, et d’une, c’est une forêt, et de deux, elle est sombre. Voilà." ; oui, en même temps, elle n’était pas dans la sombre forêt quand vous l’avez lâchée les gars : vous l’avez laissée en plan pas loin de la lisière sitôt qu’il aurait fallu salir ses jolies bottes dans la gadoue. Trooooop dur. Mais bon, c’est pas comme si décevoir la Reine vous faisait risquer la mort, pas vrai ? En tout cas, la Reine justement demande à ce que l’on aille chercher quelqu’un connaissant les bois en question pour y retrouver la bougresse. Et ça tombe bien : juste à côté du château, dans un petit village, Chasseur le chasseur est occupé à se prendre une cuite. Et entre deux rots au parfum de 8-6, il se retrouve attrapé par Coupaubol et quelques gardes, venus le quérir pour l’emmener jusqu’à la Reine. Sitôt tracté jusqu’à la salle du trône contre son gré, et pendant qu’il essaie de ne pas vomir sur le tapis local, le bougre reçoit de la Reine ses instructions : aller chercher une fille perdue dans la sombre forêt et la ramener au château. Certes, ça n’intéresse pas trop le Chasseur, mais bon : comme la Reine lui jure en pouffant et croisant tous les doigts (elle a d’ailleurs des orteils très souples) que s’il le fait, elle ressuscitera sa défunte femme avec sa puissante magie, l’homme des bois décide d’accepter la mission, et accompagné de Coupaubol et de quelques gardes, il part donc pour la sombre forêt.

Après avoir un peu cavalcadé, la troupe arrive donc à l’orée du bois de mauvaise réputation, et commence donc à s’enfoncer en son sein, chacun suivant avec attention chaque pas de Chasseur pour ne point tomber dans l’un des nombreux pièges de l’endroit. Et au bout d’un petit moment… le Chasseur tombe sur Blanche-Neige, la rattrapant alors qu’elle tente de cavaler loin de lui.

"Mais… tu es un lapin ?! Ferme la bouche pour voir ?
- Je… je n’y arrive pas Monsieur le Chasseur ! Et je ne suis pas un lapin : je suis une jeune fille qui veut échapper à la mauvaise Reine !
- Ah bah ouais mais bon, moi je m’en tape un peu tu sais. Tiens, voilà une carotte à grignoter."

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Mais alors que Blanche-Neige tente d’expliquer que bordel, non, elle n’est point un petit animal de la forêt, voici paraître Coupaubol et ses hommes qui étaient un peu à la traîne pour un dialogue d’anthologie :

"Bravo Chasseur ! Tu as retrouvé la fugitive. Maintenant DONNE-LA MOI !
- Sachant qu’on est supposés repartir au château tous ensemble, je ne comprends pas trop pourquoi tu parles ainsi, mais je vais faire semblant de rien. A moi de lire mon texte inutile : OKAY MAIS RENDS-MOI MA FEMME D’ABORD !
- Ah oui, c’est con en effet, sachant que c’est la Reine qui est supposée faire ça et qu’elle est à plusieurs bornes, ça n’a aucun sens… bon, allez, continuons. NON ! JE NE TE RENDRAI JAMAIS TA FEMME, HA HA HA ! JE SUIS DIABOLIQUE ! NOUS T’AVONS MENTI ! MAINTENANT, DONNE-MOI LA FILLE !"

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Voilà, notez, et c’est important, que le méchant, pour négocier dit : "Donne-moi ce que je veux, et en échange, je t’entube", plutôt que de simplement baratiner le pauvret et rentrer au château pépère. C’est à ce genre de détails que l’on comprend que c’était un film pour Kristen Stewart.

Bref, du coup, le Chasseur devient colère, et décide de péter la gueule aux malandrins au service de la Reine, mais comme c’est un gentil, il n’a pas compris comment on se sert d’une hache : comme dans les séries de mauvaise qualité où tous les personnages ont des tenues flashy et n’utilisent jamais leur arme convenablement pour ne pas tuer, voici que le Chasseur frappe… avec le manche de son arme.

"Attention, j’ai une hache, si vous continuez, je ne m’en servirai pas"

Hmmm, d’accord. Tu es persuadé que ton arme est un tonfa et non une hache. Le fer au bout ne te met pas sur la voie ? Non ?

Cela dit, il a quand même tôt fait de mettre en vrac la margoulette de ses ennemis, Coupaubol résistant bien un peu, mais finissant tout de même par choir dans un tas de champignon dégageant des spores hallucinogènes, et se contentant donc de rester au sol les yeux dans le vague, hurlant simplement "Chasseur, je te tueeeeerai !".

Et comme le Chasseur est sympa (ou trépané), il ne le tue ou ne le capture pas, histoire de bien laisser Coupaubol aller prévenir la Reine pour qu’elle puisse envoyer rapidement des troupes à leurs trousses, plutôt que de simplement supposer que la sombre forêt a eu raison de la petite expédition. C’est très malin. Mais bon, hein… ça n’étonne plus personne à ce stade ("ce stade" ayant été franchi dès le pitch du film, en fait). Le Chasseur embarque donc Blanche-Neige avec lui, et décide de l’aider à fuir la sombre forêt ainsi que les troupes de la Reine. Il en profite, au détour d’un arbre, pour sans aucune raison se tourner vers la jeune fille et lui dire :

"Si un jour quelqu’un tentait de te tuer, tu dois esquiver comme ça puis riposter avec un couteau comme ceci."

Ho bin ça alors je me demande bien si ça va servir dans ce film, dites ! Surtout en sachant que le Chasseur, dès la scène suivante, n’en a plus rien à faire d’expliquer les rudiments de la self-défense à notre louloute, prouvant bien que ça sortait tout simplement de nulle part de manière ni naturelle, ni logique. Merci. Mais comme l’aventure ne s’arrête jamais contrairement aux incohérences, alors que les deux compères s’apprêtent à sortir de la sombre forêt après avoir longuement marché, ils doivent passer par un pont de pierre où l’on retrouve dispersés des ossements guère rassurants. Hmmm… avançons sans précautions, pour voir. Ce sont peut-être juste les restes de gens qui ont fait des crises cardiaques tous en même temps et au même endroit. Moui, ça doit être ça.

Cette théorie parait crédible à nos héros, jusqu’à ce qu’un énorme troll surgisse de derrière un arbre, soucieux de se faire un bon repas à base de pauvres humains ; et si le Chasseur lutte courageusement mais un peu connement ("Tiens, prends un coup de manche dans la gueule vilain monstre de deux tonnes  ! Ah, si seulement j’avais une hache au bout de mon manche !"), c’est finalement Blanche-Neige qui le sauve en heu… bin… en… en regardant le troll.

Je ne blague pas : elle se contente de regarder la bête dans les yeux, et allez savoir si ça attendrit l’animal ou si c’est plus simplement que ce dernier a l’impression de contempler deux fenêtres vers le vide intersidéral (moi je vote pour cette option des deux mains), mais la bête se calme et fait demi-tour (le regard de Blanche-Neige doit être nourrissant : il n’a plus besoin de manger des gens. Combien de calories par clin d’oeil ?). Probablement qu’elle cauchemardera encore de longues semaines de ce qu’elle vient de voir. "C’est cool", dit donc le Chasseur sans poser de questions, avant de reprendre la route jusqu’à une rivière voisine marquant la fin de la sombre forêt.

Mais pas question de faire trempette, car sur l’eau paraissent bientôt de frêles embarcations couvertes d’archers aux visages dissimulés par des voiles : il s’agit en fait d’une tribu de femmes vivant dans le coin, qui décide de prendre sous son aile nos deux loulous, tant ce n’est pas tous les jours que l’on voit émerger des gens de la sombre forêt ! Mais alors, qui sont-elles, ces formidables archères ? Et bien il s’agit de donzelles du royaume ayant fui pour ne pas finir comme petit goûter pour la Reine et son besoin de jeunesse et de beauté : d’ailleurs, pour se prémunir de la chose, elles se sont volontairement fait des cicatrices au visage pour que leur beauté ne soit pas appétissante aux yeux de la vilaine patronne du royaume. Ok, c’est une technique comme un autre. L’autre option, c’était de poster des photos de duckface sur Facebook : avec ça, vous êtes hideuses pour l’éternité. Mais bon, on va dire que les cicatrices ça marche aussi pas mal.

En attendant, la plus vieille et évidemment la plus sage d’entre elles a tôt fait de reconnaître Blanche-Neige, et informe le Chasseur de ce qu’il vient d’accomplir : il vient de sauver, non pas une paysanne crasseuse et débilette, mais la fille (tout aussi débilette) du défunt roi des griffes de sa tyrannique belle-mère ! Bravo, tu es un héros qui s’ignore : allez, disent les femmes du coin, vous pouvez passer la nuit ici pour vous reposer, vous l’avez bien mérité (et elles ne disent pas du tout ça car elles aimeraient bien aller voir le Chasseur prendre son bain tout nu, nooon).

Mais pendant ce temps, Coupaubol, lui, n’est pas resté inactif ! Après avoir averti la Reine de son échec, ce dernier a réuni une nouvelle troupe de cavaliers, et a recruté en chemin un mystérieux et surdoué archer…  qui n’est autre que William, l’ami d’enfance de Blanche-Neige ! Apprenant que son amie était vivante mais en danger, il a décidé de partir à son secours ; et grâce à ses pouvoirs de divination et de téléportation, il s’est trouvé pile sur le chemin de Coupaubol pour rejoindre la troupe à la poursuite de la princesse ! Bien joué mec ! Mais du coup, tu n’aurais pas pu te téléporter auprès de Blanche-Neige, plutôt ? Détail.

Pendant ce temps, de l’autre côté du pays, durant la nuit, près de la rivière, Blanche-Neige se réveille pour constater que des flèches enflammées commencent à tomber sur le village des femmes : bin, ça alors ! C’est pas banal ! Qu’est-ce donc ? Et bien ce sont tout simplement les hommes de Coupaubol qui passent à l’assaut, et commencent à massacrer toutes les donzelles, qui courent partout en hurlant ! Vite, Chasseur, à l’aide !

Blanche-Neige vient d’apercevoir la chevelure de Coupaubol : on la comprend.

Oui, et puis neurones aussi, à l’aide :

  • Comment les méchants ont-ils su où était Blanche-Neige ? Ils bénéficiaient des pouvoirs de devin de William ?
  • Comment sont-ils arrivés aussi vite, sachant qu’il a fallu plusieurs jours à Blanche-Neige et au Chasseur pour arriver là ? Là aussi, les pouvoirs de téléportation ont été mis en commun ?
  • Excusez-moi, mais les dizaines d’archères de combat d’il y a 10 minutes, elles sont où ? Non parce que d’après ce que l’on a vu, la troupe de Coupaubol est à peu près 10 fois inférieure en nombre aux guerrières locales, alors quoi ? Elles étaient occupées à un concert de Justin Bieber ?
Bref : alors que la bataille fait rage, voici que William apparait, utilisant ses talents d’archer pour trahir ses compagnons d’arme et commencer à envoyer de la flèche dans tout ce qui tente de poser la main sur les damoiselles du cru. Blanche-Neige l’aperçoit brièvement, mais très vite, tous deux sont séparés par les flammes des incendies ravageant l’endroit. Et à défaut de William, c’est le Chasseur qui attrape Blanche-Neige par la main pour l’emmener loin du village, fuyant Coupaubol et sa troupe en s’enfonçant dans la nuit. William est un peu dégoûté, car il sent bien comment va se finir cette histoire : elle va coucher avec le Chasseur bad boy, et lui deviendra son meilleur ami gay. Rah, la vie s’tronul.
En tout cas, le lendemain matin, alors qu’ils traversent un bois voisin, Blanche-Neige et son compagnon sont surpris par un terrible piège (le classique lasso qui les suspend à un arbre la tête en bas), mais qui a bien pu le tendre ? La réponse arrive vite lorsque 7 petits personnages bourrus et bien armés sortent des fourrés alentours afin de voir ce qu’ils viennent de prendre : un Chasseur et un… heu… hmm… c’est pas bien clair.
"On dirait une… une sorte de cochon d’inde.
- Non, un cochon d’inde ça a l’oeil qui pétille beaucoup plus. Je pense à une espèce de méduse, mais avec des dents.
- Hmmm, ça se tient, mais que ferait-elle aussi loin de la mer ?
- VOS GUEULES JE SUIS UNE PRINCESSE BOUGRES DE CONS !
- Ah non, pour brailler comme ça, ça doit plutôt être un lamantin."
 
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Mais alors que la petite troupe est toute à sa discussion et hésite à libérer ses prisonniers, ne sachant gère ce qu’ils font là, voici que résonne dans la forêt un son de cavalcade : les cavaliers de la Reine ! Vite, il faut prendre une décision : libérer les malheureux ou les laisser aux soldats de la vilaine dame ? Les nains hésitent.

"Il faut la libérer, je la reconnais : c’est la fille du défunt bon Roi !"

Déclare le… seul nain aveugle de la troupe, que nous appellerons donc Gilbert. Il l’a sûrement reconnue à son haleine. Mais bref : avec cette information, les nains décident donc que Blanche-Neige et son pote Chasseur sont plutôt dans le même camp qu’eux, à savoir, contre la Reine, et les libèrent donc pour mieux les emmener en direction d’une étrange grotte… qui s’avère en fait être un long tunnel débouchant sur un endroit magique !

En effet : la troupe sortant du souterrain rocheux arrive en file indienne dans une sorte d’immense coin de forêt où tout est beau et joyeux, où les oiseaux chantent, les fées filent entre les arbres et les animaux ne sont point effrayés par les hommes ; comme tout cela est fabuleux ! Blanche-Neige s’émerveille devant des nuées de papillons, des champignons jolis ou des sangliers en train de chier dans les fourrés dans une série de bruits liquides, ah, quel lieu merveilleux !

Les nains, eux, n’en ont pas grand chose à faire de tout ça, et organisent juste une petite teuf durant laquelle le plus neuneu des nains, appelons le Simplet à tout hasard, décide de danser avec Blanche-Neige car on sent bien que ça le perturbe de voir une femelle après toutes ces années passées dans des mines seulement peuplées de gros barbus. Par ailleurs, l’un des nains remarque que tous les petits maux de la troupe semblent apaisés en la présence de la princesse : plus de chaude pisse, de constipation, de points noirs ou autre, car elle est si gentille et pure que "Tout guérit autour d’elle" (même si les neurones, eux, semblent prendre cher dans le même temps) ! Ah, elle pourrait donc guérir le royaume ! En attendant, ça suffit : il faut pioncer mes petits amis. On avisera demain sur ce qu’il faut faire.

Et effectivement, une fois la nuit passée, au réveil, Blanche-Neige sent comme un appel ("Blanche-Neige… Blanche-Neige… ramène ton cuuuul") au coeur de la forêt : hooo ! Qu’y a t-il là-bas ? Mais un splendide cerf, bien sûr, tout blanc et vaguement féerique semble-t-il, qui contemple la princesse de haut en bas (et sans rigoler : bravo le cerf). Les nains ainsi que le Chasseur, alertés par la disparition de la donzelle à leur réveil ont filé à sa poursuite (ils l’ont géolocalisée en lisant le script, là encore), et arrivent donc dans la clairière au moment où le noble animal (pas Blanche-Neige, l’autre) s’incline devant la fille du bon Roi, afin de signifier, dixit les nains, qu’elle est bénie entre toutes (et que c’est pour ça que les oiseaux sont ses amis et lui indiquent comment arracher les yeux des gens avec des clous de maçonnerie quand elle s’ennuie dans sa cellule).

Ce qui n’interpelle pas vraiment Blanche-Neige, qui semble trouver tout cela bien normal, quand bien même elle nous claquait des prières chrétiennes au début du film. Petite païenne, va !

Hélas, alors que cette scène enchanteresse fait lâcher des "Hooo" et des Haaa" à la troupe, voici qu’une flèche sortie de nulle part vient exploser la gueule du pauvre cerf, qui brame un peu avant de se transformer en nuée de papillons blancs (oui, il ne peut pas juste mourir dans ses boyaux en vomissant de la bile, ce n’est pas considéré comme suffisamment enchanteur, je ne comprends pas) : les hommes de Coupaubol viennent de trouver le chemin jusqu’à la clairière (là encore, comment ont-ils su que cette dernière existait/que c’était là que Blanche-Neige était ? Mystère), et commencent à attaquer le groupe (mais en débutant avec le cerf qui n’avait rien à voir avec la choucroute pour bien informer qu’ils sont là : bravo les gars).

Le Chasseur et les nains cherchent encore à comprendre ce que ce pauvre cerf venait faire là, et pourquoi il semblait être une cible prioritaire pour les méchants

Détail intéressant, il faut savoir qu’il n’y a, au dire de Coupaubol lui-même, qu’un seul archer dans sa troupe, et il s’agit de William. Alors d’où sort ce nouvel archer qui vient de buter un cerf pour rigoler ? Ah, bah de nulle part en fait. Le scénario l’a généré aléatoirement, pouf. Tiens d’ailleurs, sur la même thématique : d’où sortaient les flèches enflammées qui ont ravagé le village des femmes quelques scènes auparavant ? J’en connais un qui va devoir s’expliquer.

Bref : les nains commencent à foncer vers les agresseurs, alors que deux d’entre eux, dont Simplet, aident Blanche-Neige à aller se planquer loin de tout combat ; hélas, l’archer rabouin les a suivis, et décide donc de faire du carton de nain ; mais Simplet, voyant son compagnon ainsi menacé, se jette devant lui en hurlant "Noooon" au ralenti comme une sorte de tout petit Kévin Costner (ce qui n’est pas très intéressant, puisque plus le garde du corps est petit, moins il couvre de surface lorsqu’il se jette devant vous). Ho no, Simplet is down ! Hurle Blanche-Neige en voyant le petit être ainsi percé d’une flèche se lancer dans la grande scène de l’agonie tremblotante ("Accroche-toi Simplet, les hélicos arrivent ! Je les entends ! Dis pas de bêtises, tu vas t’en tirer !") ; mais hélas, nenni d’hélicos : le nain trépasse purement et simplement, sans se transformer en nuée de jolis papillons, lui (ce n’est pas un nain enchanté, lui, et visiblement, Blanche-Neige ne guérit par les blessures par flèches avec la pureté de son petit coeur, cette grosse nase).

Heureusement, sortant de nulle part, William arrive et tue le vilain archer avant qu’il ne continue le massacre, et se rue vers Blanche-Neige en hurlant "C’est moi, William ! Souviens-toi, c’est moi qui te tirais les cheveux étant petit !"

A noter que malgré le fait que William a massacré une partie des hommes de Coupaubol lors de la bataille dans le village des femmes au bord de la rivière, le frère de la Reine ne l’a pas pour autant viré de sa troupe ou supposé qu’il puisse être un traître, et l’a donc emmené avec lui jusqu’au bout, parce que c’est bien normal. Dieu que ce film est nul (je précise, si vous n’aviez pas encore remarqué).

Bref : dans la clairière magique, la bataille fait rage, et les méchants sont rapidement mis en déroute, entre autres parce qu’ils se font taper dessus à coups de manche de hache par le Chasseur qui n’a toujours pas compris comment utiliser son arme, et ils préfèrent donc fuir plutôt que de poursuivre cette ridicule baston. Finalement, Coupaubol lui-même décide de venir se battre en duel avec le Chasseur, et comme il se doit, le méchant prend l’avantage sur le gentil, jusqu’à ce qu’au moment d’en finir, il se lance dans un monologue sans intérêt ("Hahaha, je suis méchant et je vais triompher, hohoho !") Profitant de la chose selon la règle traditionnelle des films sans inventivité, le Chasseur se reprend donc et pousse son ennemi contre un tronc d’arbre renversé, un peu pointu et habilement situé, ce qui lui pique un peu le dos : Coupaubol agonise donc quelques secondes empalé sur le bidule, son corps se mettant à vieillir particulièrement vite alors que la magie qui l’habitait disparaît, puis il meurt enfin, ce qui fait pousser un long soupir aux coiffeurs du monde entier enfin libérés de cette ignominie (la copine d’ignomickey. Si. Si, j’ai le droit. Arrêtez : ce calembour reste bien au-dessus du niveau de ce film, chut maintenant). Heu heu hem, reprenons.

La bataille ainsi achevée, tout le monde se réunit donc au milieu des bois afin de dresser un fort beau bûcher en l’honneur de Simplet, avec moult chansons en son honneur plus ou moins repompées sur le Seigneur des Anneaux pour accompagner le défunt dans son voyage vers l’au-delà des nains, un monde où le Styx est un ruisseau et où Charon est Passe-Partout. Et autour du bûcher, une décision est prise : il ne faut plus fuir, il faut combattre la Reine. Et pour ce faire, il serait bon de se rendre au château du Duc, le père de William, afin de trouver les hommes et femmes de bonne volonté prêts à se battre pour leur liberté. En route, donc !

Ainsi, et dès le lendemain, la petite équipe se met en marche, et là encore, avec des plans pas du tout repompés sur un autre film précédemment évoqué : toute l’équipe en file indienne, avançant péniblement dans d’immenses décors sauvages et ce, avec des prises de vues tournantes autour d’eux sur fond de musique pompeuse. Non vraiment, on a jamais vu ça ailleurs. D’ailleurs sur certaines affiches, si vous regardez les armoiries du père de Blanche-Neige sur son bouclier ou le style de la couronne de… oui non, cherchez-vous même tous les trucs repompés sinon il faudra un deuxième article entier : poursuivons.

Bref : un matin, alors que tout le monde pionce dans une forêt enneigée (il faut savoir que les saisons semblent être une notion toute relative dans le coin), Blanche-Neige entend comme un app…

Ho, merde ? Mais vous avez pas envie de la ligoter en fait pour éviter qu’elle ne se lève chaque matin pour suivre une quelconque voix mystérieuse ? C’est quoi le problème ? Et puis tant qu’à y être, comment se fait-il que j’arrive à voir Blanche-Neige sur fond neigeux, alors que sa peau est supposée être de la même couleur ? Ho le Destin ! Remboursez ! Produit défectueux !

Mais revenons à nos moutons : la voix qui appelle Blanche-Neige n’est autre que celle de William l’attendant un peu plus loin, qui lui dit qu’il l’aime fort, lui roule un patin puis, comme il est sympa, lui propose… une pomme. Blanche-Neige est trop contente : quel excellent petit déjeuner plein de vitamines ! Hop, elle croque dedans et… ho… elle se sent mal ! Regardant la pomme dans sa main, elle réalise que celle-ci n’est qu’une illusion et qu’il s’agit en fait…

D’une couille.

Pardonnez ma grossièreté, mais franchement, à moins d’un curieux kiwi, je ne vois pas trop ce que ça pouvait être d’autre. A noter aussi, accessoirement, qu’alors que dans la scène juste avant celle-ci, on a vu la Reine ricaner et changer de forme, j’ai quand même eu le droit, dans les sièges derrière moi, à une série de nanas qui ont marmonné "Ho bin ça alors ! C’était la Reine !".

En même temps, ça ne se fait pas de croquer des balls sans connaître leur origine, coquinette

C’est vrai que c’était pas évident à deviner, bravo les filles. Mais bref : la Reine dissipe son sort la transformant en William, et alors que Blanche-Neige est à demi-paralysée sur le sol froid, la méchante se penche sur elle et se lance dans le monologue qui va bien, une fois encore.

"Hahaha, Blanche-Neige ! Te voilà bien feintée ! Je vais te tuer car tu es plus belle que moi, et que ce faisant, je deviendrai jeune et belle pour l’éternité ! Alors que, à l’inverse, si jamais tu survivais à cette rencontre, sache que tu es la seule du royaume à avoir le pouvoir de me tuer, seul un sang plus beau que le mien pouvait lever mon sortilège de jeunesse ! Mais tu vas mourir, tu l’imagines bien, ce n’est pas comme si j’étais en train de disserter à haute voix pour te révéler le secret pour me vaincre  à 10 mètres de tes potes en train de se réveiller et qu’ils allaient venir me pourrir, hein !"

Du coup, incroyable hasard : William et le Chasseur, réveillés par ce bruyant monologue, foncent droit vers la vilaine bougresse pour lui tatane la gueule, mais cette dernière reprend la forme qui lui permet de voyager rapidement, à savoir celle d’une nuée de corbeaux, et s’enfuit aussi vite qu’elle le peut, laissant malgré tout derrière elle un ou deux corbeaux morts (et quelques fientes) massacrés par nos héros durant son échappée. Hélas, pour Blanche-Neige, par contre, il est trop tard : allongée dans la neige, elle semble paisible, les yeux clos et le corps froid, et William, à cette vue, ne sait que faire et pris de panique et de désir à la fois, l’embrasse tendrement.

Ce qui a pour conséquence de…

Rien.

Bon, bin ok les mecs : vous pouvez allumer le bûcher alors. Vous avez fait cet honneur à Simplet, vous allez quand même le faire à une princesse non ? Et bien visiblement, non : William, le Chasseur et les nains préfèrent se trimbaler (comment et pourquoi ? Nous l’ignorons) le corps de la défunte pour le restant de leur voyage, l’emmenant jusqu’à la destination finale du convoi : le château du Duc. Là, le corps de Blanche-Neige est emmené jusqu’à la chapelle locale et vêtu d’une splendide robe blanche, avant d’être laissé en place pour une veillée funèbre où, finalement, personne ne veille parce que sinon ça gênerait le prochain monologue. Personne ?

Non ! Le Chasseur est lui sur place en train de se cuiter et de soliloquer sur la vie qui est trop vilaine, sa défunte femme qui lui manque et Blanche-Neige qui était trop pure pour mourir. Et comme il n’a que ça à faire, et que tout comme William, il a un certain penchant pour la nécrophilie (mais enfin, c’est quoi votre problème avec ça ?), il décide de rouler un petit patin au macchabée, qui se met alors à pleurer avant… de s’éveiller !

Hooo ! Comme c’est choupinou. Moi aussi je pleure. Mais pas pour les mêmes raisons, je crois, enfin passons.

Blanche-Neige sort donc toute pimpante de la chapelle, et décide donc de faire ce que tout bon film pourri doit faire : le passage du discours à la troupe locale sur le courage et la liberté (je fais le même de temps à autres à mes commerciaux pour les motiver, le sabre dressé sur mon pur sang arabe se cabrant en humant l’odeur d’un marché public). Ainsi, voyant émerger dans la cour la princesse ressuscitée, le peuple de l’endroit accourt autour d’elle (probablement pour cramer la gueule de ce mort-vivant), et elle commence donc d’une manière que je n’ai toujours pas pigé, à savoir qu’elle marmonne "Le givre… le feu…" puis lance "Un jour, le fer fondra… et en fondant, il se tordra". Pardon ? Blanche-Neige, c’est un code pour de la coke ? Pour le reste, c’est du classique :

"Les amis, nous avons le choix : vivre à genoux ou mourir libre ; je sais que ça fait 10 ans que vous vivez complètement désespérés en expliquant que vous n’avez pas les moyens de reprendre le château de mon père à la Reine, mais par un habile trou dans le scénario, dans 5 minutes, on aura sans aucune raison une armée si grande qu’elle ne pourrait pas tenir dans ce château ! Alors, qui est avec moi ?
- Moi !
- Moi !
- Et moi aussi !
- Excusez-moi, êtes-vous un lamantin ?
- Et moi !"

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Et au son des acclamations des gens massés dans la cour autour de la princesse, l’espoir renaît dans le château du Duc. Et dans les heures qui suivent, une monstrueuse armée de cavaliers quitte l’endroit avec à sa tête Blanche-Neige, vêtue d’une armure de plates (… je ne commente pas) et armée d’une grosse épée, afin d’aller reprendre le château de son père ! Bon, ils n’ont pas pensé à prendre de fantassins, de béliers ou d’échelles, mais nul doute qu’en lançant très fort les chevaux contre les murs, il se passera quelque chose. Ne restent au château du Duc que les femmes ainsi que Gilbert le nain aveugle, qui du coup, va pouvoir s’en donner à coeur joie. Bien joué mec, tu sais comment tirer parti de la situation.

Mettre une grosse armure, oui, mais surtout pas de casque, malheureux ! Ça décoiffe et ça fait pas joli, ho non alors.

Bref : cavalcadant joyeusement, toute l’armée multicolore (ils ont ressorti les uniformes de l’époque du roi, ils n’auraient vraiment pas dû) arrive en vue du château de la Reine, où déjà, toute la défense locale se met en place, préparant de quoi bien accueillir l’ennemi : huile bouillante, projectiles enflammés, DVDs de Cauet, etc.

Mais comment ouvrir les portes de l’endroit, se disent les hommes, réalisant qu’ils ont été bien débiles de partir aussi vite et sans préparation tout ça parce qu’une nana revenant d’un bad trip avait décidé de se lancer dans un discours cucu. Mais Blanche-Neige a la solution :

"Mes nains, mes fidèles nains : vous allez infiltrer la forteresse pour y lever la herse en passant par le conduit que j’avais utilisé pour m’enfuir, car vous n’imaginez pas que ces gens en auraient déduit qu’il faudrait y poser une grille pour empêcher d’autres évasions !"

Et en effet : personne n’y a pensé. D’ailleurs, personne n’a pensé non plus que dans la scène où Blanche-Neige s’échappait, l’accès extérieur du conduit était à plusieurs dizaines de mètres en hauteur, à flanc de la falaise qu’occupe le château, avec le ressac balayant tout en-dessous… bref, un truc inaccessible. Mais là, visiblement, ça ne pose aucun problème, puisque nous retrouvons grâce à un habile saut dans le temps directement les nains à l’intérieur de celui-ci, débouchant à l’intérieur de la cour du château où toute l’armée de la Reine attend tranquillement la bataille. Et là, attention, on sent le film de qualité :

TOUS, je dis bien TOUS les figurants qui se retrouvent dans une position où ils pourraient apercevoir les nains en train d’avancer prudemment dans la cour se retournent discrètement en regardant ailleurs, quand bien même on les a bien vus apercevoir les petits gars. Qui plus est, les nains chuchotent et se déplacent tout équipés en faisant "glang glang" à 50 centimètres derrière les gens leur tournant le dos sans que ces derniers ne se retournent. Mieux encore, tous les gardes sont tournés dans une direction où ils ne surveillent… rien. Pas vraiment la cour, pas vraiment l’extérieur… non : ils regardent un mur, un poulailler, enfin bref. Là, on imagine bien le type qui a dû placer ces pauvres figurants en leur expliquant que désolé, c’est un film de merde ici, il va falloir faire du n’importe quoi. Enfin.

Les nains, ainsi aidés par la production, arrivent donc jusqu’à la salle contenant le mécanisme de la herse, et après en avoir massacré tous les gardes sans que personne n’entende rien (normal), commencent à lever la grille (ce qui là encore, ne fait pas bouger plus que ça l’armée massée dans la cour, qui trouve bien normal que la porte s’ouvre toute seule).

Blanche-Neige et son armée ont eux foncé droit vers la herse avant même qu’elle ne soit complètement levée, faisant qu’on les retrouve ainsi à patienter à la porte, en gueulant "Alleeeeez, heuuuuu, ouvrez quoi !". Heureusement, personne n’a l’idée de leur tirer des flèches dans la gueule pendant ce temps, ou même de leur verser de l’huile bouillante sur le museau afin qu’à nouveau, Blanche-Neige ne soit plus la plus belle fille du royaume, mais plutôt la plus grosse merguez. On ne verra la garde ne faire ça que 10mn plus tard, quand toute l’armée royale sera rentrée, et qu’il ne restera plus que deux clampins à l’extérieur des murs, ce qui n’est plus vraiment utile, mais bon.

En tout cas, la herse finit par se lever, et tout le monde rentre là-dedans en distribuant coups d’épées, de bouclier, de hallebarde ou de nain trempé dans l’amidon (une arme redoutable), créant un immense chaos dans la cour de l’endroit ; seule, observant les évènements depuis son balcon, la Reine attend elle que quelqu’un pense à lui mettre un coup d’arbalète dans la gueule. Mais comme cela n’arrive pas, elle finit par rentrer, non sans avoir jeté un regard de défi à Blanche-Neige, qui lui a rendu, car n’ayant que ça à faire malgré les 480 types surentrainés contrairement à elle tentant de la tuer en même temps, mais c’est un détail. Ni une, ni deux, elle se fraie donc un chemin à l’épée jusqu’au donjon local (là encore, sans jamais avoir manié l’épée, elle défait tous ses opposants), qu’intelligemment, aucune troupe ne défend. Et cavalcadant dans les escaliers, elle finit par arriver jusqu’à… la Reine, sa mortelle ennemie.

Celle-ci, dans la plus grande salle de son donjon, se contente de tourner le dos à la nouvelle arrivante en murmurant "Hohoho, tu ne m’auras jamais Blanche-Neige !" puis, promptement, se retourne pour engager le combat avec la princesse. Et si celle-ci met du coeur à l’ouvrage, cela ne suffit pas : les sortilèges de la Reine l’aident à esquiver tous les coups, voire à en caser deux ou trois dans la gueule de la pauvre bougresse, et Blanche-Neige finit bientôt au sol, désarmée. Quelques-uns de ses amis, parmi lesquels William et le Chasseur tentent bien de venir l’aider, mais la Reine invoque alors quelques-uns de ses bons vieux soldats cachous (souvenez-vous !) pour les retarder, voire les tuer (oui, tu aurais aussi pu les invoquer avant pour renforcer ton armée humaine et ainsi vaincre tranquillement les troupes de Blanche-Neige, mais c’eut été trop logique, je comprends). Ho non, tout semble perdu, un peu comme ma santé mentale à ce stade !

Se penchant sur Blanche-Neige, la Reine décide d’en finir, et s’apprête donc à la transpercer d’une lame…

… quand soudain la princesse en difficulté lui claque la technique de self-défense que le Chasseur lui avait apprise sans aucune raison dans la forêt, à part bien sûr pour cette situation précise, et détourne donc l’arme de la Reine avant de lui planter un poignard dans le bidou comme une experte !

Je ne sais pas vous, mais je trouve que cette image résume parfaitement la fidélité de "l’adaptation" par rapport à l’oeuvre originale.

Ah ! C’en est fini, se dit la Reine ; ma magie est vaincue, je suis vaincue, un sang plus beau que le mien a eu raison de moi ! Si seulement je n’avais pas fait de la daube depuis le début du film… euuuh… greuuu… reuuuh… argh (dit-elle tout en vieillissant à vitesse grand V, et titubant avant de s’effondrer au pied de son maudit miroir). Je… mon visage… je me transforme en Brigitte Bardot, c’est affreux ! Je… je crois que je préfère… mourir. Argh bis. Les soldats cachous s’effondrent, l’armée du château se rend… le royaume est libéré ! Sonnez trompettes, chantez oiseaux, renaissez fleurs!

S’ensuit donc, sans aucune transition (c’en est même impressionnant), la grande scène finale où l’on retrouve Blanche-Neige montant sur le trône lors d’une grande cérémonie où tout le monde est très content, et où elle… heu… et on me dira que je me répète, mais là : vous avez un plan de 30 secondes où Blanche-Neige, sa nouvelle couronne toute jolie (contrairement à celle trop dark de la Reine, hop, re-transformation !) posée sur sa tête, regarde dans le vide la bouche entrouverte sans qu’il ne se passe rien. Rien ! On la voit juste garder la bouche entrouverte, le regard vide, sans rien dire. Et, sur ce plan sans aucun intérêt à part rappeler le niveau consternant tant de ce film que de son actrice principale…

… FIN !

Mais ? Où suis-je ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

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"Major, puis-je vous parler ?"

Quittant des yeux le spectacle lui faisant face, Henry Rathbone se tourna vers son interlocuteur en levant les sourcils, interrogateur.

"Monsieur le Président ?"

Le président était inquiet, pour sûr. Il avait ce pli sur le front que Rathbone connaissait bien et qu’il n’avait vu que trop souvent, à chaque fois que quelque chose de sombre se profilait à l’horizon. En général, ce pli signifiait que Rathbone allait devoir quitter sa demeure rapidement pour aller rencontrer un quelconque personnage s’étant mis en tête de menacer la sécurité du pays. Mais pas aujourd’hui.

"Henry, j’ai besoin de toute votre confiance. Ce que je vais vous dire pourrait être interprété comme de la folie par tout homme non averti, mais je veux croire en vous. Le puis-je ?
- Bien sûr Monsieur le Président.
- Henry… écoutez, il y a des années par une nuit d’hiver, un homme est venu me voir alors que j’essayais d’écrire sur ma vie, et sous la menace d’une curieuse arme, il m’a forcé à changer des éléments de ma biographie…
- Monsieur ?
- Cet homme : il prétendait venir du XXIe siècle… une sombre histoire de "sineyma" ou quelque chose du genre… il… il m’a… il m’a forcé à écrire que dans ma jeunesse je… je… c’est trop dur.
- Que vous ?
- Que je… chassais des êtres… étranges. Que c’était ma passion !
- Des noirs Monsieur ? – lança le major, hésitant
- Rah, mais non ! J’ai si honte aujourd’hui… Henry, vous devez partir sur l’heure et agir seul : j’ai caché le brouillon de cette biographie, mais je vous conjure d’aller la détruire pour ne jamais être exploitée par ce fou du futur, un cheval vous attend dehors, rendez-vous à…"

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Il sembla à Rathbone qu’un éclair venait de frapper juste derrière sa chaise, et il chut de celle-ci en percutant la rambarde du balcon, peinant à se relever en apercevant au milieu de la fumée un homme en étrange tenue qui se contenta, le visage à demi-caché par de monstrueuses lunettes, de maugréer :

"Je vous avais dit de ne jamais en parler : que vous le vouliez ou non, vous serez connu comme un chasseur de vampire !"

Et là, au milieu du balcon du théâtre Ford, l’homme ouvrit le feu sur Abraham Lincoln dans un rire dément qu’Henry n’oublierait jamais.

Parfois, les mots sont de trop.

Par exemple, je pourrais vous parler de la fatigue de l’industrie du cinéma, qui, ces dernières années, a vu le nombre d’adaptations sur les écrans se multiplier, tant acheter une licence parait actuellement moins risqué que d’inventer un truc ; ainsi, adapter un livre fait recette, surtout si on a le bon goût d’en diviser certains tomes en deux parties au nom du "respect de l’oeuvre", quand dans le même temps, on charcutera volontiers la dite oeuvre pour pouvoir y caser les poncifs moisis exigés par la production. On peut aussi adapter des films : par exemple, balancer une bande-annonce d’un film sorti il y a à peine 10 ans du genre, Spiderman, en prenant pour slogan "L’histoire jamais contée" est devenue une réalité tout à fait acceptable à Hollywood. Surtout en sachant que le premier film était lui-même l’adaptation d’un comics, rappelons-le. Quant à Quentin Tarantino, il n’hésite pas à enchaîner "film hommage" sur "film hommage", allant jusqu’à reprendre la bande-son des autres films pour la coller sur les siens au nom de "clins d’oeils". Les amateurs de Kelly’s Heroes pleurent encore Inglourious Basterds.

Du coup, dans ce monde ravagé par le manque d’imagination, la moindre once d’inventivité parait désormais être un signe  de génie pur et simple : que n’a t-on pas entendu sur Avatar parce que James Cameron "avait créé une planète et ses habitants" ! Bon, dans le même temps, il balançait l’une des histoires les plus navrantes qui soit, avec son lot d’incohérences, de trous et de "Mais si c’est original : regardez, les aliens sont humanoïdes et répondent même à nos critères de beauté !", mais comme ce n’était pas une adaptation, ça méritait bien des larmes de joie.

Mais c’était encore trop. Nous pouvions aller encore plus bas ; et là, vraiment, les mots sont de trop, j’insiste.

Mesdames et Messieurs, plus fort que l’adaptation d’un livre, d’un film ou d’une pièce de théâtre, voici :

L’adaptation de la Bataille Navale (c’est très sérieux), jeu de société de votre enfance (du moins, j’ose l’imaginer).

Je n’ai rien à ajouter, tout est dit. Mais que cela n’empêche pas de faire notre devoir : spoilons mes bons !

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Regardez bien l'affiche, parce que vous verrez plus longtemps Rihanna dessus que dans le film

Tout commence du côté d’Hawaï, lorsqu’Alex Hopper, un mâle braillard, est complètement cuit dans un bar à fêter son anniversaire de chômeur sans diplôme ni motivation autre que celle de boire et de s’accoupler avec tout ce qui passe, au grand dam des tabourets de bar innocents. Heureusement, son grand frère responsable, moralisateur et exemplaire, Stone, officier dans l’US Navy, est là pour tenter de le remettre dans le droit chemin. Hélas, Alex fait preuve d’une certaine mauvaise volonté, et ignore ses conseils et propositions de piston pour du boulot pour mieux se murger : on peut comprendre le bougre, puisqu’il est quand même joué par Taylor Kitsch, ce qui pousserait n’importe qui en dépression.

Heureusement, tout change lorsque rentre dans le bar une certaine Samantha, personnage à la personnalité particulièrement fournie comme on peut le constater puisque celle-ci dépasse de son débardeur, qui a donc pour première réplique un monument de cinéma :

"Barman : servez-moi un BURRITO AU POULET"

Quelle prestance, quelle classe ! Il n’en faut pas plus pour qu’Alex tombe instantanément amoureux, et parte draguer la belle, tant il s’imagine déjà au fond d’un lit avec la belle digérant son mets en secouant les draps tout en gloussant "Hihihi, çui là y fouettait grave !". La femme parfaite, quoi. Enfin, selon les critères d’Alex, du moins. Bref : notre loser s’approche pour tenter la dragouille.

"Bonjour mademoiselle, je suis bourré, hirsute et vulgaire. J’ai entendu que vous vouliez un burrito, et le patron refuse de vous servir probablement parce que nous sommes dans un lieu clos. 
- Ho, mais je vous ai vu dans un autre film ! C’était pas vous dans le truc où le héros se fait assommer à la fin de chaque scène ? John… John Carter, c’est ça ?
- Oui, c’était moi, et je peux le refaire quand je veux. Vous savez quoi ? Pour vous séduire, je vais aller voler un burrito au poulet dans le magasin fermé d’en face, et vous allez voir ce qu’il va se passer."

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Ni une, ni deux, notre héros (car hélas, il le sera) galope donc hors du bar et pénètre par divers moyens plus ou moins lolilol faisant référence à des vidéos Youtube (oui, non seulement les mecs avaient tellement peu d’inspiration qu’ils en étaient réduits à faire un film sur la bataille navale, mais en plus même pour la réalisation ils ont juste repompé des trucs d’ailleurs. Sûrement un "hommage") dans la supérette voisine pour y prendre le fameux burrito. Et comme il l’avait promis, en sortant, que lui arrive t-il ? Et bien la police lui tombe dessus… et l’assomme (à coups de taser, pour être exact). Impressionnée par cette performance hors du commun, Samantha tombe donc à son tour amoureuse de ce cabotin.

Mais le lendemain, Stone fait les gros yeux à notre formidable héros : ça suffit les conneries, tu es complètement irresponsable, alcoolique, maladroit et incapable d’accepter la moindre once de bon sens ou d’autorité :

Tu vas donc t’engager comme officier dans la marine.

Et figurez-vous que non seulement cela est incroyablement logique ("Tu es sourd et muet : tu vas devenir chanteur"), mais en plus, ça marche : sans le moindre diplôme en poche, rappelons-le, puisqu’ils ont bien insisté là-dessus en début de film (encore une incohérence rajoutée par pur plaisir), le bougre devient en quelques mois "le meilleur officier et le plus casse-couilles de toute l’histoire de la marine des Etats-Unis". Ce qui est non seulement super original, mais aussi, facteur d’hostilité, tout le reste de l’armée – à part son frère – retenant seulement l’aspect casse-cou de sa carrière. Par ailleurs, ses pouvoirs de gars bourré ayant charmé Samantha dès le premier soir, celle-ci ne quitte plus son bras et glousse à foison dès qu’elle le peut ; elle souhaiterait même qu’il demande sa main à son père, qui n’est autre que…

Oui, dans les films à grosses ficelles, avec qui fricote le héros ? La fille du chef. John Carter, Avatar, tout ça, même combat : c’est donc tout naturellement la fille de l’amiral de toute la flotte Pacifique des Etats-Unis. Un poste visiblement mal payé par ailleurs, puisque la fille de papa en est réduite à se nourrir de burritos poulet mendiés dans des bars mal-famés auprès de types hirsutes, alcoolisés et turgescents à la fois. C’est terrible, la crise.

Bref : Alex a beau être un gros casse-cou prêt à faire n’importe quoi y compris défier ses supérieurs, il s’avère évidemment être très timide et incapable d’aller s’adresser à l’amiral pour lui demander s’il peut convoler en justes noces avec sa fille avant de lui faire subir quantité de pratiques sexuelles dégradantes. Par ailleurs, l’amiral a des choses bien plus importantes à faire : après tout, il est Liam Neeson. Et pour commencer, il se rend sur le Missouri, cuirassé-musée vestige de la seconde guerre mondiale et accessoirement d’un certain film de Steven Seagal, à bord duquel il annonce à quantité de gens en uniforme qu’aujourd’hui vont démarrer les supers manoeuvres navales internationales, qui ont pour but de… de manoeuvrer. Voilà.

Sur cette image, on voit bien que Samantha a mangé son burrito et commence déjà à se tenir le ventre. La soirée promet

Hélas, durant celle-ci, Alex trouve le temps d’aller coller un gros coup de boule à un officier japonais, Nagata, parce qu’il y avait un vieux différend entre eux depuis une partie de foot où notre héros avait perdu (et probablement aussi à cause d’échanges truqués de cartes Yu-Gi-Oh !). Ah bin hé, ne soyez pas étonnés, je vous rappelle de qui on parle, hein, vous ne croyiez quand même pas qu’il allait devenir discipliné, intelligent et diplomate ? Merde alors. L’amiral convoque donc ce gros idiot de Hopper dans son bureau, et l’informe de la suite des activités :

"Hopper, vous êtes un con. Je ne dis pas ça pour me montrer sévère ou vous signifier mon énervement, non, c’est juste que vous êtes vraiment un con. On a montré le début du film à Guppy, le cocker mascotte de ce navire, et croyez le ou non, il s’est balancé à l’eau en hurlant à la mort. Et déjà que ça a l’air dépressif naturellement un cocker, je vous jure que j’ai vu dans ses yeux la supplication d’un décès rapide lors du passage du burrito au poulet de ma fille. D’ailleurs, en parlant de ma fille : je ne sais pas ce que vous trouvez à cette pétomane, mais je vous assure qu’à moins que vous ne nous sauviez tous d’une invasion extra-terrestre dans les 24 prochaines heures, au retour de cette mission, je vous fait virer de l’armée, meilleur officier dans tous les exercices ou non. Et vous pourrez dire à adieu à ma Misoute-Misoute."

Ah c’est comme ça ? Alors ok : au même moment, quelque part à Hawaï, par un curieux hasard, il se trouve que des scientifiques ont mis au point un super satellite qui, une fois par jour, envoie des ondes radio à une planète lointaine fraîchement découverte. En effet, cette dernière, située au fin fond de l’espace connu, semble avoir toutes les conditions pour accueillir la vie ; aussi, il a été décidé d’envoyer vers là-bas toutes les 24h un message de paix, à savoir, une chanson des Musclés. Le spectateur notera que les ondes radios n’étant pas spectaculaires dans la vraie vie, dans le film, elles sont matérialisées sous la forme d’un méga-laser de l’espace tiré par le satellite en faisant "BZOUUUUT" vers la planète lointaine histoire que tout le monde pige bien qu’il se passe un truc. Vous pouvez essayer chez vous, mais non, vraiment, les ondes radios, ça fait rarement canon laser. Par contre, il peut aussi arriver que votre radio face un bruit de merde, mais ce symptôme porte un nom, puisqu’on appelle ça "un morceau de David Guetta". Bref, je disais ? Ah oui : et bien au moment où l’amiral a fini d’engueuler Hopper, la station de Hawaï repère des astronefs se rapprochant très, très vite de la Terre, et justement en direction de ladite station chargée d’envoyer son message de paix vers la planète lointaine ; probablement des aliens qui en ont eu un peu marre de voir toutes leurs émissions culturelles être coupées une fois par jour par la Merguez Party.

Et visiblement, les aliens ne sont pas très bien organisés : ils arrivent à 5 vaisseaux, mais l’un d’entre eux se mange un satellite terrien (traverser l’espace en quelques minutes, oui, esquiver ça, non) et prend feu, déviant de sa trajectoire pour mieux aller s’écraser du côté de Hong Kong, les débris rasant quelques buildings au passage avant que le tout ne finisse dans la baie. Tout le monde est donc fort surpris de ce soudain bordel, et bien vite, les premières investigations confirment que oui, il s’agit bien d’un vaisseau extra-terrestre, et qu’en plus celui-ci était couvert de panneaux servant visiblement à communiquer (les enquêteurs chinois sont très forts).  Ok. Le reste des vaisseaux, lui, va se poser sous l’eau, quelque part dans le Pacifique, probablement pour s’assurer dans un premier temps que ce ne sont pas les mérous qui ont envoyé des ondes radios jusqu’à chez eux.

Ça tombe bien : la flotte du Pacifique n’est pas loin, et trois destroyers sont donc détachés pour partir en reconnaissance sur la zone : l’USS David Hasselhoff sur lequel sert Alex Hopper en tant qu’officier chargé des tirs, l‘USS Kim Kardashian commandé par Stone Hopper frère de l’autre et le Carapuce, navire japonais commandé par un incroyable hasard par un certain Nagata.

Tous les trois vont donc sur place, et bien vite, tout le monde tombe face à face avec une étrange structure dépassant des eaux de plusieurs centaines de mètres, sorte de tour de métal couverte de curieux mécanismes, qui laisse tout le monde un peu coi. Bien vite, Stone Hopper, en tant que commandant du groupe de reconnaissance, ordonne que l’on envoie une équipe spéciale s’approcher de la chose sur un canot pour mieux voir de quoi il retourne. Il sélectionne donc pour ce faire son propre frère ("Merci, ça fait plaisir, t’auras rien à Noël enfoiré"), Rihanna (une chargée de surveiller les radars) et Bob, un troisième officier de bord pour accomplir la chose. Ne me demandez pas pourquoi il n’envoie pas des bidasses ou des gens dont c’est un peu le boulot (qui a dit "Marines" ?) : non, il a envie de rigoler, probablement.

En tout cas, le petit canot est vite mis à l’eau et s’approche de la grosse structure ; une fois à portée du bidule, Alex sort son mégaphone pour tenter la diplomatie :

"Allô allô, ici le lieutenant Hopper de la marine des Etats-Unis, identifiez-vous."

Rien.

"Allô allô, je répète, répondez où je viens vous saloper la coque avec mes gros doigts, et je vous préviens, il y avait des frites à la cantoche du navire."

Rien.

"Ok, vous l’aurez voulu."

Hop, Alex en a marre, il fait avancer son canot et saute sur une plate-forme au niveau de l’eau dépassant de la curieuse chose au milieu de l’océan, et colle une de ses grosses pattes dégoûtantes sur le bidule.

"Je suis un peu comme ces aliens Hopper : moi aussi je trouve qu'il va falloir que vous gardiez un peu vos doigts pour vous"

J’imagine que c’est le détecteur de doigts sales installé par la femme de ménage alien sur la coque qui se met en marche ou quelque chose comme ça, mais aussitôt, la structure commence à bouger de partout, obligeant notre héros à regagner son canot pour tenter de fuir vers les navires. Mais divers soucis techniques le retiennent, à commencer par une monstrueuse onde de choc émanant de l’engin qui se transforme, au bout de plusieurs kilomètres, en un monstrueux champ de force en cloche isolant toute la région du reste du monde… et du reste de la flotte, rien que ça ! Plus de communication, plus de systèmes de visées… tout se met à planter, et en plus, la flotte à l’extérieur constate que rien ne peut pénétrer le curieux champ d’énergie, ce qui est bien embêtant.

Sans compter que bientôt, autour de la structure qui a créé le champ de force, trois énormes vaisseaux sortent de l’eau, chacun au moins gros comme deux ou trois destroyers réunis, et se mettant en position juste en face des navires terriens (enfin marins, tout ça, mais vous m’avez compris, ça suffit). Un peu intimidées, les troupes humaines commandées par Stone Hopper décident de faire tirer une salve d’avertissement vers l’ennemi par l’USS David Hasselhoff, juste à côté des vaisseaux, pour leur dire que attention, hein, on a des canons, on est pas là pour rigoler les gars. Et donc : pan puis plouf, puisque comme prévu, les coups vont dans l’eau.

"Comment !" disent les aliens à bord, "On nous tire dessus ? Michel, regarde, ils ont mouillé la carlingue ! Pour la peine, on va tirer sur le navire qui a envoyé cette salve, saligauds ! "

Et alors là, attention : des canons sortent des vaisseaux, mais que tirent-ils ? Et bien… des pipions de touché-coulé ! Mais si, vous vous souvenez, les espèces de petits cylindres rouges et blancs que l’on enfonçait dans l’eau ou les navires pour signaler où les coups tombaient ? Et bien voilà : ils tirent ça. C’est beau, quand même ; et les bidules volent donc en cloche vers leur cible avant de, comme dans le jeu, s’enfoncer du côté le plus petit dans le navire ! Puis, comme il se doit, tout pète pour faire une explosion : l’USS David Hasselhoff prend donc cher.

"Hé bé non alors, ho ! Hé ! Allez, feu à volonté les copains !" commande donc Stone à ses hommes pour venger l’affront de voir des marins américains mourir sous ses yeux ; on ne rigole plus, et ça commence à tirouiller de tous les côtés, pendant qu’au milieu de cette cohue, Alex, Rihanna et Bob toujours à bord de leur canot regagnent justement le Hasselhoff qui est toujours à flot, et reste avant tout leur navire d’attache.

Hélas, l’ennemi est fortement blindé et se contente de ricaner en voyant la faible puissance de feu des destroyers, ripostant rapidement tant sur l’USS Kim Kardashian que le Carapuce. Moins sur le navire de notre héros, qui ne tire plus pour cause d’incendie à bord, et l’on découvre justement que le système de visée des aliens fonctionne avant tout en analysant les menaces en face de lui : il bousille avant tout ce qui parait hostile (par exemple, si nos héros disposaient de figurines des frères Bogdanoff, ils auraient là d’excellents leurres). C’est donc justement le moment du drame qui va bien : l’USS Kim Kardashian se prend une telle volée de l’ennemi qu’il en est littéralement désintégré dans l’explosion qui s’ensuit, et donc, Stone Hopper, le grand frère exemplaire meurt sous les yeux d’Alex, qui entre donc dans une grosse colère. Sitôt que lui et son canot sont remontés à bord de leur navire, il constate que dis donc, c’est quand même bien fait : le seul tir qu’a encaissé le bateau n’a rien endommagé, à part la gueule du commandant local, qui en est vaguement mort, ainsi que son second. C’est fou non ?  Vous avez un détecteur à officiers sur vos grenades volantes amis aliens ? Du coup, devinez qui hérite du commandement ? Alex. Raaah, vous êtes forts.

Alex donne donc son premier ordre, qu’il fait transmettre à Nagata sur l’esquif voisin : "On fonce dans l’tas et on leur bourre la gueule, je suis colèèèèèèèère !"

Toujours partant pour une bonne opération kamikaze, le fier Japonais n’hésite pas et met les gaz tout comme le brave Américain, mais hélas, l’ennemi décide de tirer d’abord sur le navire du soleil levant (s’il a capté les émissions de ce pays, ça se tient), et une seule explosion suffit à littéralement le couper en deux ; cela ne décourage pas Alex, qui continue d’ordonner que l’on bourre l’ennemi sans autre forme de procès. Cependant, ses hommes finissent par l’implorer de faire demi-tour pour plutôt aller sauver les survivants du Carapuce, et trouvent un argument qui marche du feu de Dieu : "Ton frère l’aurait fait !". Autant vous dire qu’en bon héritier des traditions familiales, le brigand se calme instantanément (c’est bien ce truc : "Passe moi tout ton fric et ta copine, Hopper !" – "Non" – "Ton frère l’aurait fait." – "Ah ? Bon d’accord alors.") et va sauver Nagata et ses hommes, se réconciliant au passage avec l’officier japonais sorti des eaux, les deux devenant même les meilleurs amis du monde parce que l’amitié c’est plus fort que tout. D’ailleurs, de là, Alex n’en aura plus grand chose à faire de son frère mort, et on en parlera plus jusqu’à la scène finale : c’est pas comme si ça pouvait le toucher, merde alors. Sur ce, le destroyer endommagé-mais-pas-trop-juste-assez-pour-tuer-les-supérieurs-d’Alex tente de s’éloigner de l’ennemi qui, lui, se contente de ne strictement rien faire. Oui, sans aucune raison. Peut-être même que les aliens leur font coucou depuis leur poste de commandement, on ne sait pas, ou alors c’est l’heure de Question pour un Sqürggle chez eux et ils sont devant le poste.

Dans le même temps, Samantha, qui dans le civil, est kinésithérapeute dans un centre pour vétérans de l’armée de terre à Hawaï, a elle profité de la journée pour partir en excursion dans les hauteurs locales avec un baroudeur revenu d’Afghanistan sans les jambes, Mick Canales, ce qui est moyennement pratique pour faire la guerre, avouons-le. D’ailleurs, la chose a brisé ce dernier : on peut le comprendre, ne plus pouvoir tuer son prochain, c’est un peu lourd (car oui, ce n’est pas la perte de ses jambes qui le traumatise, c’est de ne plus tuer des trucs). Mais justement, comme il a désormais accès à des prothèses, il est temps d’aller les baptiser en promenade, donc en route ! Sauf, que, ha ! Sur la route, qui croise nos bons amis ? La police locale ! Qui leur dit "Hopopop les petits amis, ne montez pas plus haut ! A ce qu’il parait qu’il y a une invasion alien en cours, alors bon, hein. D’ailleurs, ils se dirigeaient aux dernières nouvelles vers le centre scientifique envoyant des signaux vers l’espace construit au point le plus haut de l’île. C’est rigolo d’ailleurs, parce que, hahaha, j’ai regardé le début du film et à un moment les scientifiques avaient deviné que les aliens venaient par ici et avaient prévenu l’armée qui leur avait dit "Préparez-vous à les recevoir" avant de… rien. J’imagine que ça n’intéressait pas l’armée d’être présente lors du premier contact avec des aliens aux intentions inconnues, autant laisser des scientifiques geeks gérer en leur offrant des t-shirt trololo. M’enfin, pour c’que j’en dis… montez pas plus haut."

Nan mais en même temps, si le premier contact des aliens est un hipster, je comprends que de suite ils veuillent exterminer l'humanité, ça se tient.

Et sitôt cela dit, les policiers repartent en convoi de jeeps, en laissant une derrière eux pour "bloquer la route". Et sans personne pour la garder. Et avec des armes de guerre dans la jeep, comme ça, si par hasard, passait dans le coin un ancien soldat de l’armée de terre soucieux de combattre une invasion alien, il aurait de quoi faire. De toute manière, la police n’aura pas le temps de regretter son abandon de véhicule : 500 mètres plus loin, sur la route, ils voient passer de petits vaisseaux volants et bientôt, des aliens largués de ces derniers leurs tombent sur la tronche et leurs claquent la tête de manière un peu cavalière, tout de même, ils pourraient au moins dire bonjour. Pour information, et puisque vous vous le demandez : les aliens sont des humanoïdes d’environ deux mètres, en grosse armure blindée, et utilisant beaucoup d’armes de corps à corps pour des raisons qui m’échappent. Enfin, je veux dire, d’autres raisons que "ça permet des scènes de combat plus longuettes".

Samanta et Mick, eux, poursuivent leur ascension car Mick a décidé que boah, c’est pas ça qui arrêterait sa promenade. Hmmm hmmm. Bon, d’accord, je préfère pas savoir ce qui t’arrête alors. Et donc, ils arrivent rapidement sur les restes du convoi des policiers qu’ils avaient vu un peu auparavant et comprennent que non, vraiment, ça ne rigole pas dans le coin en fait, c’était p’têtre une idée de merde d’avancer en plein danger (Mick a perdu ses jambes probablement parce que "C’est pas un champ de mines qui va arrêter ma promen… aaaaah ! Aaaah, si en faaait !") ; ils vont donc discrètement piquer les clés de la jeep laissée en arrière sur l’un des corps, et se barrent vite fait en apercevant des aliens approcher pour inspecter l’endroit. Sauf que, bon, de retour à la fameuse jeep, ils font encore une rencontre, non pas avec un être  de l’espace, mais avec pire : un scientifique hystérique qui leur explique tout sur la situation : les messages radios envoyés à une planète lointaine, la Merguez Party, l’arrivée imprévue des gens de la dite planète (C’était pas le but ? Non ?), le massacre de tous les scientifiques sauf lui par les aliens, et le fait que visiblement, les aliens ont paumé leur vaisseau de communication (hoooo, quel coup de bol !) et ne peuvent donc prévenir leur planète d’envoyer la flotte d’invasion, la vraie, mais que du coup, ils cherchent à se servir de la station pour parvenir à contacter leur monde. Or, ils ne pourront le faire que lorsque le satellite relayant le signal (et le transformant en laser géant) sera en position comme cela arrive une fois par jour, soit dans quelques heures.

Au passage, Samantha et Mick ont repéré qu’il se passait un truc étrange, puisqu’il leur était impossible de contacter le monde extérieur ou d’envoyer "Astro" au 81212 (ce qui emmerde bien Samantha) : normal, Hawaï est dans le champ de force alien qui a mis la région sous cloche. Ils demandent donc au scientifique s’il n’aurait pas un moyen de contourner le truc et, si, si bien sûr, grave, il a un téléphone satellite capable de s’occuper de ça, mais il l’a paumé au milieu de l’invasion de la base. Comme il n’a pas envie de se faire charcuter, il ne veut pas y retourner, mais Mick lui dit "Steuplé, fais pas ta pute", alors il change d’avis sans raison, trouve un peu de courage et de bêtise au fond de sa poche de bermuda et il fait une mission commando à lui seul, et malgré son absence totale d’entrainement, feinte une centaine d’aliens, récupère son matos, et parvient finalement à se barrer pour le donner au vétéran et à sa kiné. Ces aliens m’ont l’air un peu à chier, là, comme ça. Je ne sais pas pourquoi. Ou est-ce ce film ? Mon coeur balance.

Désormais capable grâce à ce téléphone fraîchement récupéré de dire ce qu’il se passe dans ce champ de force au monde extérieur, Samantha décide donc de faire ce qu’elle a de mieux à faire :

Appeler Alex.

Pas la Maison Blanche, l’armée, ou que sais-je, comme par exemple, son papa qui est vaguement amiral de la flotte Pacifique partie – je le rappelle – de Hawaï, mais bien son mec.

Pour lui dire que dis-donc, ici, les aliens préparent un mauvais coup à la station de communication spatiale locale, alors si son gros bateau pouvait mettre un gros missile dans leur gueule avant qu’ils ne téléphonent maison pour appeler tous leurs potes, ce serait sympa, merci. Alex lui dit qu’il va y réfléchir, sitôt qu’il aura trouvé un moyen de détruire à lui tout seul les vaisseaux des méchants, ce qui lui parait tout à fait envisageable.

Car pendant ce temps, Alex n’a pas vraiment chômé, non. Il a même eu plusieurs surprises :

  • D’abord, ses hommes ont repêché un alien tout mort dans la mer, car oui, il flottait tranquillement dans son armure lourde. Probablement qu’il avait de gros brassards gonflables Winnie l’ourson pour réussir cet exploit, personne n’en parle. D’ailleurs que foutait-il à la mer, sachant qu’aucun appareil ennemi n’a subi de dégâts ? Un alien dépressif ayant sauté à l’eau pour oublier l’échec de sa relation avec Blubbytz, la femelle de sa vie ?
  • Ensuite, il s’est avéré qu’en étudiant l’alien, Alex a découvert qu’ils étaient très proche de l’humain, à part pour leur faciès vaguement reptilien et leurs mains ressemblant à des doigts disposés en pinces, ce qui les rend donc nuls à la Xbox. Et qu’ils n’aimaient pas la lumière.
  • Accessoirement, il s’est aussi avéré que l’alien n’était pas mort non plus. P’têtre qu’il pionçait dans l’eau pour rigoler.
  • Enfin, aucune sentinelle du navire n’a repéré en plein jour l’énorme transport de troupes à réactions qui est venu se poser sur le pont sans que personne ne sonne l’alarme, a envoyé un commando récupérer leur prisonnier, et s’est replié sans tuer personne parce que… heu… attendez, jusqu’ici, ils ont toujours tué tout le monde, mais là… bon.
  • Par contre, dans le même temps, les mêmes ont oublié un des leurs sur place, ce qui est con, compte tenu du fait qu’ils étaient justement venus pour récupérer un autre des leurs chez l’ennemi. Opération blanche. Enfin pas tout à fait, car celui-là, non seulement ils ne font pas demi-tour pour le récupérer (probablement qu’il était lourd), mais en plus, il se fait tuer par Rihanna, ce qui est quand même la grosse honte. S’il le pouvait, il se retuerait, tenez.

Du coup, quand la nuit finit par tomber, Alex se dit que la journée a été longue, pfouuuu. Il irait bien dormir un peu… mais bon, hein, déjà, faudrait faire un truc utile, car jusqu’ici, ça a un peu été la grosse chkoumoune. Il en profite donc pour discuter un peu avec Nagata, qui est donc désormais à son bord, et s’aperçoit que celui-ci est en fait sacrément malin contrairement à lui ; il décide donc de faire définitivement la paix avec le bougre au nom des pouvoirs de l’amitié et de la gentillesse, pour faire front commun face à l’ennemi. Autant dire qu’avec autant de trucs cucu à bord, ils vont pouvoir tirer des caramels mou sur l’ennemi. Bah, ça lui collera peut-être les rouages.

Nagata explique que la situation est simple : ils sont isolés du reste de la flotte, qui est à l’extérieur du champ de force, ne peuvent communiquer avec elle (heu, enfin, si : suffit de rappeler cette grosse andouille de Samantha sur son super téléphone, mais passons), et tous les équipement de visée à longue distance sont brouillés… du coup, il faut s’approcher si on veut tirer sur l’ennemi, et ça, surtout pas malheureux ! Aussi existe t-il une autre solution utilisée par les rusés Japonais : utiliser les balises météo ! Celles-ci forment un quadrillage dans le Pacifique et détectent toutes les vagues… du coup, on peut s’en servir pour localiser l’ennemi de loin et lui envoyer quelques bons gros missiles sur le nez ! Vite, appelez le satellite et affichez toutes les balises !

Appeler le satellite ? Attendez, vous voulez dire que depuis le début, vous pouviez communiqu…

On me dit dans l’oreillette de ne pas faire attention. Sur l’écran, donc, un immense quadrillage s’affiche, avec des coordonnées abscisse-ordonnée réparties d’un côté alphabétiquement et de l’autre numériquement, donnant des tonnes de petites cases (apparemment, vu la précision, toutes les balises sont à 20 mètres les unes des autres, la vache, ça doit en faire sur tout le Pacifique)… bref : un plateau de touché-coulé ! Où nos héros tentent donc de localiser l’ennemi, avec leur petit bateau à eux représenté sur la carte dans le plus pur style du jeu, hmmm, je crois que la dernière fois que j’ai vu un truc aussi subtil, c’était dans le programme de Nicolas Sarkozy.

Scène coupée du film pourtant rappelant le vrai esprit de la bataille navale : le moment où Nagata attend que son adversaire aille chercher du Banga pour mater discrètement la position de ses navires

Ça nous donne donc du :

"Vite, regardez : une balise détecte du mouvement en E7 ! Feu à cette position !
- Raté.
- Bon sang, bin alors E8, regardez, ça bouge !
- Je crois qu’on a touché une baleine !
- Ouiii ! Victoi…. hem, excusez-moi, je reste Japonais avant tout. Bon, allez : F8 !
- TOUCHE !
- Touché ! Touché-coulé !"

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Oui : ils ont réussi à caser non seulement le jeu, mais aussi "touché-coulé" directement dans un dialogue ; C’est incroyablement fort, ce film est beau. Du coup, donc, sur les 3 navires qui avaient surgi de l’océan autour de la structure dont émanait le champ de force, 2 se ramassent des missiles dans la margoulette et sombrent ("Ah, si seulement on maîtrisait une technologie comme le champ de force ! On pourr… mais, attendez !"), et le dernier se lance à la poursuite du destroyer, qui tente une super stratégie : tenir la course jusqu’au bout de la nuit, emmener le bougre de fripon vers un coin d’Oahu, et profiter du soleil levant pour aveugler la passerelle du navire ennemi et…

Lui tirer dans la gueule au fusil sniper.

Car si notre navire ne transportait pas le moindre péquin issu de la piétaille pour partir en reconnaissance sur une curieuse structure au milieu des eaux, il transporte par contre des fusils à lunettes pour grands spécialistes, que, par un autre curieux hasard, Nagata et Alex savent manier à merveille sans jamais y avoir été formés ; aussi, lorsque le petit jour se lève et que parait enfin derrière le destroyer l’imposant vaisseau ennemi voguant sur les eaux en direction de sa proie, quelle n’est pas la surprise de ce dernier lorsque soudain, le soleil l’aveugle et que tous les officiers de sa passerelle se font avoir ! Bien vite, la machine prend cher sous les tirs ultra-précis de nos deux héros qui ravagent le poste de commandement de l’appareil alien (leurs vitres peuvent traverser l’espace et l’atmosphère en ligne droite à plusieurs milliers de kilomètres heures avant d’aller au fond de l’océan, mais elles ne sont pas blindées), et quelques coups bien placés du destroyer profitant du chaos à bord du navire ennemi ont tôt fait de la réduire en silence. La victoire serait presque totale si, dans un dernier geste, la nef alien ne tirait pas quelques projectiles qui achèvent le USS David Hasselhoff et provoque son naufrage – heureusement fort près des côtes, donc. La chose permet ainsi à l’équipage de fuir les lieux de manière plus ou moins ordonnée avant de regagner Pearl Harbor, l’occasion de faire un point sur la situation :

  • Si les 3 vaisseaux sont coulés, la structure abritant le champ de force est encore active empêchant le monde extérieur d’intervenir, ou de capter 7 à la maison
  • Si rien n’est fait pour les hauteurs d’Oahu où se trouve la station de radio scientifique, les aliens enverront bientôt à leur base un message pour amener leur flotte principale ("Cc ! Ici C lol, Viendé !")
  • Pendant leur absence, les aliens ont bombardé les dernières bases militaires de l’île contenant un peu de matériel pouvant aider (comment savaient t-ils tout de Hawaï sachant qu’ils n’y étaient encore jamais allés ?)

Tout serait donc perdu ?

"Non", dit Alex qui n’est pas du genre à renoncer, fut-ce pour un burrito au poulet. "Il nous reste… le Missouri !"

"Mais c’est un bateau-musée enfin ! C’est complètement con ! Tu vas leur balancer des souvenirs à la gueule ? Tu vas leur faire un discours sur le devoir de mémoire ? P’têtre qu’on devrait leur lire la lettre de Guy Môquet !" répond Nagata, avant de constater que son ami américain lui lance un clin d’oeil complice : "Mais enfin mon vieux Nagata ! Ne sois pas si pessimiste ! Avec un peu de chance, une bande de petits vieux ayant servi sur ce navire durant la seconde guerre mondiale traîne dans le coin en s’ennuyant, a fait le plein du bateau pendant qu’on était pas là, a remis les machines en état de marche, a porté des obus de plusieurs tonnes retrouvé on ne sait où sur leurs dos malgré leurs rhumatismes et en a profité pour passer un coup de serpillière sur le pont en attendant qu’on revienne !".

Et en effet, qui parait sur le pont du navire, prêt à servir une fois encore sur le célèbre cuirassé ? L’équipage de 1944 (enfin, ce qu’il en reste) !  Allez, tous en piste pour un dernier tour sur un dinosaure de la marine !

Mais Nagata, ce gros relou, continue de faire son pessimiste : "Alors, Hopper, c’est quoi le plan ? On détruit la station radio pour pourrir le plan des vilains aliens et ensuite on prend notre temps pour en finir avec leur champ de force ?" Alex se lasse donc doucement et ajoute donc promptement "Bin non, en fait, on va plutôt d’abord pourrir le champ de force, comme ça, p’têtre qu’au mieux, on arrivera au dernier moment pour empêcher la fatale communication de nos ennemis, et au pire, voire probablement, on échouera lamentablement et tout ça n’aura servi à rien. Maintenant, à ton poste !". "Ah ouais", répond Nagata en tentant d’avaler sa langue pour mourir là, tout de suite.

"Bon les papys, qui veut bien m'expliquer pourquoi ça sent un peu l'urine dans ce rafiot ?"

En quelques instants, donc, l’immense navire se réveille au son des vapeurs hurlantes de son moteur, puis il largue les amarres et s’élance vers la sortie de la rade, en direction de la structure étrange au milieu de l’océan où tout a commencé (structure qui a eu la gentillesse de se rapprocher d’Oahu de plusieurs centaines de kilomètre depuis le début du film, visiblement, pour que les canons du Missouri soient à portée tant de sa gueule que de l’île, c’est vraiment sympa de sa part). Sauf que la structure en question, elle, elle a bien senti que tout cela sentait le traquenard, et elle se transforme donc… en un immeeeeense vaisseau flottant, comme ceux précédemment vaincus, mais en plus grand ! Ho les aliens, pourquoi vous avez TOUJOURS des vaisseaux géants ? Vous avez un truc à compenser ou quoi ? Diable, que faire ?

Bah, lui bourrer la gueule, répond Hopper, comme à chaque fois depuis le début du film. Et profiter d’un avantage que l’ennemi n’a pas : la coolitude.

Car, pour éviter les tirs de l’ennemi, notre héros a trouvé une solution simple : il fonce droit vers l’engin de l’espace (à noter que celui-ci ne tire pas parce que… heu… bin… il heu… ah oui, comme plus tôt dans le film : il a juste envie de faire coucou), et s’approche suffisamment prêt pour pouvoir l’avoiner à volonté ; mais lorsqu’il note que bientôt, ça risque de sentir le vieux qui brûle sur le Missouri, il fait le truc le plus cool des héros cools des films cools : des dérapages.

Vous avez bien lu : Taylor Kitsch, fait honneur à son nom, et balance l’ancre à l’eau alors que le navire avance à fond les ballons pour faire un énorme dérapage avec et ainsi éviter les pipions de bataille navale explosif que lui envoie finalement l’ennemi ; cela fait, il fait tirer tous les canons du vieux cuirassé, endommageant très sérieusement l’ennemi qui n’aime que moyennement manger des obus de plus d’une tonne, et l’obligeant à couper son champ de force géant (alors qu’il en aurait eu un petit, il encaissait pépère, mais bon, on ne peut pas penser à tout). Les tirs se poursuivent durant un petit moment, et le Missouri encaisse même une volée ennemie qui détruit l’une de ses tourelles, et il s’avère que finalement, il ne reste plus qu’un seul obus à bord lorsqu’enfin, le navire ennemi commence à s’enfoncer dans le Pacifique au large d’Oahu. Sauf que cet obus, comme tout dernier obus, doit servir à quelque chose de critique :

  • Soit à détruire un bout du navire ennemi qui, bien que coulant, s’apprête à tirer une dernière salve qui cette fois aura définitivement raison du Missouri et de son équipage
  • Soit à détruire la station radio d’Oahu qui, vous l’aurez deviné, est à ce moment à très exactement 12 secondes du moment où le satellite relayant les ondes va être en position dans l’espace pour envoyer le funeste message (et encore, uniquement parce qu’un certain Mick,  héros américain cul-de-jatte mais doté de prothèses est allé foutre la zone là-dedans une première fois pour gagner du temps, cassant la tête d’un alien à mains nues parce que bon, hein, le pouvoir du courage ne peut pas être arrêté par une armure lourde de l’espace, non monsieur. D’ailleurs aucun des 90 aliens de la zone n’a réussi à le blesser durant son attaque surprise, c’est quand même formidable)

Vous l’aurez deviné, sens du sacrifice oblige, tout l’équipage accepte de mourir dignement, et Alex ordonne que l’ultime obus aille droit sur Oahu pour raser la base scientifique comme il se doit.

Le canon tonne donc, l’obus vole à folle allure, et bientôt, une formidable explosion ravage l’endroit, tuant tous les aliens présents dans la zone, détruisant leur installation à la seconde où elle allait transmettre le message (le satellite commençait déjà à tirer son super laser radio ou je ne sais quoi), et les flammes léchant juste gentiment les fesses des derniers humains présents dans le coin qui faisaient de la résistance, à savoir Mick, Samantha et leur pote scientifique. Samantha glousse un peu, elle aime bien quand ça chauffe un peu les fesses, mais passons.

Quant au Missouri, il voit l’ultime salve ennemi s’envoler dans les airs pour s’approcher de sa carcasse, mais comme il se doit, à la dernière seconde, des tirs viennent intercepter les projectiles : l’aviation !

Profitant de la désactivation du champ de force, la flotte du Pacifique est venue à la rescousse et repasse aussi un petit coup sur Oahu à coups de bombes histoire de s’assurer que vraiment, il n’y a plus d’aliens en vadrouille dans le coin (et encore une fois, le même trio que précédemment se fait lécher les fesses par les flammes, mais ça va, merci). D’ailleurs, comment l’aviation savait-elle que les aliens tenaient bien cette position à Oahu, et qu’ils comptaient s’en servir sachant que les communications ne passaient pas ? Mystère.

C’est donc dans un déluge de flammes que tout s’achève, et nous voyageons dans le temps pour nous retrouver quelques jours plus tard, à Pearl Harbor justement, pour une formidable cérémonie où tout le monde est décoré : Stone à titre posthume, Mick pour sa bravoure au combat, Alex pour son sens du commandement, etc. Chacun se félicite, car grâce à ces quelques braves, le monde est sauvé d’une invasion alien.

"Comment ? Mais attendez, s’ils venaient en petit nombre et cherchaient à appeler leur flotte, c’est que c’étaient des éclaireurs ! On a rien empêché du tout, juste retardé, sitôt que les mecs vont voir leurs troupes ne pas revenir, ils vont envoyer leur mégaflotte venir voir, et là, on va pleurer les enfants !" ajoute Nagata, jusqu’à ce que les scénaristes l’attrapent et le tabassent pour lui faire passer le goût des sushis à cet emmerdeur.

Mais tout le monde se moque éperdument du fait que, logiquement, d’ici quelques semaines ils seront réduits en esclavage par une civilisation venue d’outre-espace qui les enverra travailler dans des mines de titanium, car le script a bien dit que le monde était sauvé, point. Et puis de toute manière, si ça se trouve, là aussi les mecs feront des millions d’années-lumière de voyage pour se manger un vieux satellite dans le nez, car ils maîtrisent grave la navigation spatiale et les champs de force mais n’ont aucun système de calcul des trajectoires, ni même de radar.

A Venise, on ne peut pas acheter de 4x4 pour compenser quelque chose. Ce pourquoi on a inventé le cuirassé.

Alex va donc enfin trouver son amiral préféré pour lui demander la main de sa fille, mais à sa grande surprise, celui-ci lui répond "Non".

"Comment, alors que j’ai sauvé le monde ?
- Oui. A moins que…
- A moins que ?
- Vous ne me trouviez… un burrito au poulet.
- Ho ! Ahahaha. Elle vous en a parlé ?
- Allez, allons manger ensemble, Hopper ! Devenons les meilleurs amis du monde !"

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Et après ce dialogue hélas véridique, le film se termine sur Samantha observant en soupirant de bonheur les deux hommes de sa vie s’éloignant dans le soleil couchant pour aller se taper un bon gros burrito poulet ce qui, d’ici quelques heures, devrait leur faire regretter d’avoir choisi un corps d’arme où les pantalons sont d’un blanc impeccable.

Et…

FIN !

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A cet instant précis, ceux qui n’ont pas fini de se rouler par terre en hurlant des insanités veulent peut-être savoir : "Mais alors, combien de pognon a t-on mis dans cette merde ?"

La réponse est simple : 200 millions de dollars. Hé, il y a Rihanna dedans tout de même, ça se paie. Vous avez pu lire dans ce spoiler à quel point son rôle était indispensable (si, si, vraiment). Vous n’imaginez pas que l’on puisse faire un bon film avec un budget pareil tout de même ?

Maintenant, vous voulez un truc qui vous fasse encore plus déprimer que ça ?

Ridley Scott prépare l’adaptation sur grand écran du… Monopoly.

Et là encore ce n’est, hélas, pas une blague.

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