"Colonel Furieux, ils sont en ligne."

Un à un, les écrans s’allumèrent devant l’officier, présentant chacun le visage de l’un de ses supérieurs ; en tant que directeur d’une structure ultra-secrète, il n’avait que peu de comptes à rendre, mais s’il y avait bien dans le monde des gens pouvant lui dicter ses ordres, c’était bien eux.

"Bonjour, administrateurs.
- Bonjour colonel Furieux. Vous connaissez le but de notre communication de ce jour : les Américains paradent avec les Avengers, leur unité spéciale de surhommes formée par le SHIELD. Or, nous n’avons pas les moyens de nous laisser distancer dans cette course à l’armement humain ; c’est pourquoi au nom de l’ECU – European Central Unit, vous deviez rassembler des éléments capables de donner une force comparable à l’Union Européenne au sein d’un groupe nom de code "Vengeurs". Nous avons lu les dossiers des recrues que vous nous avez envoyés, il est temps d’en parler, je crois."

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Le colonel fit mine d’ignorer le ton méprisant qui avait accompagné la dernière phrase prononcée par l’homme sur l’écran situé juste en face de lui, et balaya de son oeil unique les visages impassibles des deux autres administrateurs sur les appareils à sa gauche et à sa droite. Il réajusta le cache-oeil qu’il portait, se remémorant brièvement ce faisant comment il s’était tiré sans une égratignure de toutes ses missions, pour finalement perdre un globe oculaire à l’occasion d’une tentative de lecture de Marc Lévy. Il toussota avant de commencer.

"Comme prévu, chers administrateurs, j’ai dépensé le budget que vous m’avez confié avec sagesse ; après de longues recherches, je puis désormais vous affirmer que nous avons une équipe équivalente à celle des Américains. 
- Nous avons vu ça. Une recrue pour chacune de celles de Washington. Cependant, pourriez-vous nous parler de celles-ci. Par exemple, votre agent supposé supplanter Captain America
- Capitaine Schengen ? 
- Oui. Qu’est-ce… qu’est-ce que c’est que cette merde colonel ?
- Je comprends votre désarroi : au début, il s’appelait "Capitaine Europe", mais on a eu des emmerdes sur la question de la Turquie, alors on a dit "Capitaine Union Européenne", mais c’était un peu longuet, tout ça, et puis en plus, si on pouvait emmerder les Britanniques… alors, bon, on l’a appelé Capitaine Schengen. Mais sinon, c’est pile ce que vous aviez commandé, hein : un super soldat de 1940 retrouvé dans la glace. Il est impeccable, je suis sûr qu’il peut botter les fesses de l’Américain tranquillement.
- Colonel : ce soldat que vous avez récupéré sous les glaces d’Europe du Nord : c’est un nazi.
- Ah non mais si on s’arrête à des détails, aussi, bon."

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L’administrateur sur l’écran en face du colonel jeta le dossier qu’il tenait à la main pour s’en saisir d’un second.

"Alors passons à la suite si ce n’est qu’un détail : pour battre Iron Man à son propre jeu, vous avez trouvé… Tôle-Man ?!
- Oui, mais faut pas être méchant avec lui, il est malade. Il s’est fait une super armure avec des morceaux de R19, mais du coup, il a choppé le tétanos, alors si on pouvait lui trouver une bonne mutuelle parce que…
- COLONEL ! C’est consternant ! Vos recrues sont minables !
- Non mais on a hésité, mais sinon je peux encore rappeler Iron Maiden Man. Il se bat en faisant des pogos, et il peut descendre des pintes super vite. Un vrai surhomme, lui aussi."

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L’administrateur frappa du poing sur la table, faisant glisser des feuilles en dehors des dossiers étalés devant lui.

"Et les autres ! Les autres ! Notre Black Widow ? La "Veuve Cliquot", une étudiante ivre morte que vous avez ramenée de soirée pour nous envoyer son dossier avant la date limite !
- Ah oui, mais par contre elle a une de ces…
- SILENCE ! Bruce Banner, le scientifique au double monstrueux complètement irradié ? Vous nous proposez "Igor & Grishka" et vous notez au bas du dossier "Atouts : ont déjà porté des tenues moulantes en public" ! Thor ? Vous avez trouvé un certain "Toutatis", un ancien employé du Parc Astérix ayant fui avec son costume ! Et alors je note le final, pour Oeil de Faucon, le célèbre tireur d’élite : vous avez trouvé Oeil de Mérou, un ancien plongeur qui n’arrive à toucher quelque chose que si c’est sous l’eau ! Note de bas de page : "A déjà abattu des poissons-clowns de sang froid" ! Nom de… des millions ! Des millions d’euros de dépensés et vous me rassemblez un cirque ambulant ! 
- Mais…
- Colonel Furieux, vous êtes renvoyé ! RENVOYÉ ! Sans pension, retraite, rien ! Vous êtes la honte de nos services ! Et vos rigolos resteront dans les oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter ! Adieu Colonel, vous pouvez rendre votre uniforme ! Le projet Vengeur est terminé, et vous avec !"
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La communication se coupa sur ces derniers mots, et à nouveau, le sigle de l’ECU apparut sur les écrans, laissant le colonel Furieux silencieux dans la salle de transmission. Il finit par faire quelques pas jusqu’à la porte voisine qui s’ouvrit en coulissant, le laissant s’avancer dans le couloir attenant où l’attendait l’officier Marie Colline, son assistante.

"Alors ? Ca c’est bien passé colonel Furieux ?
- Bah, ne m’appelez plus colonel, je viens de me faire virer de l’armée. Et laissez tomber le "Furieux" aussi, sans le grade, ça ne sonne plus pareil.
- Mais, comment dois-je vous appeler alors ?"
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L’ancien officier alluma un cigare en repensant à ses fidèles recrues, jetées sans avoir pu faire leurs preuves. A part la Veuve Cliquot bien sûr, qui les avait techniquement faites avant d’entrer.

 

"Appelez-moi Odieux."

Vous n’avez rien compris à cette introduction ? Ma foi, je peux vous comprendre, parce qu’il y a encore peu, il en aurait été de même pour moi. Mais il ne saurait être ici question de vous laisser dans votre inculture crasse, aussi, aujourd’hui, parlons un peu de The Avengers, et je dirais même : spoilons mes bons !

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L’affiche : non seulement il y a des explosions, mais en plus, il y a Thor, ça promet

Notre film débute quelque part dans un coin mystérieux de l’espace, alors qu’une voix off (c’est la version moderne du texte défilant) explique d’un ton grave que "Hahaha, nous, les méchants, nous allons bientôt pouvoir récupérer le Cube Cosmique sur la planète Terre, car, hohoho, nous avons quelqu’un prêt à nous y aider ! Cet agent pourra régner sur la planète bleue s’il nous sert bien, et en échange, nous, grâce au Cube, nous aurons l’univers ! Huhuhu, ce que nous sommes méchants ! Rien ne pourra arrêter notre plan, vous m’entendez ? Rien ! Et surtout pas des amateurs de justice en slip !"

Qui sont ces mystérieux envahisseurs de l’espace ? Qui est leur agent sur Terre ? Pourquoi ont-ils Jeanne Moreau pour voix off ? Quelle est cette sombre histoire de slips ?

Allons donc voir du côté de la Terre pour en savoir plus.

Car en effet, dans une base secrète du SHIELD (une unité spéciale d’espions supposément internationaux mais quand même plutôt américains), des choses étranges se passent : tout le monde est en train d’évacuer car une expérience à la cave est en train de mal tourner comme lors d’un vulgaire TP de physique-chimie au lycée ; en effet, les scientifiques du coin occupés à étudier le Cube Cosmique, une relique alien retrouvée sur Terre suite à moult aventures, viennent de découvrir que le bougre de bidule a décidé de s’animer tout seul et émet de curieuses ondes. Du coup, par sécurité, on évacue l’endroit car on préfère ne prendre aucun risque, des fois que, à tout hasard, le bidule ouvre un trou noir ou autre truc du genre qui ferait un peu désordre en plein milieu d’un paisible état des USA (les gens sont vite dérangés).

Mais c’est sans compter sur l’arrivée d’un hélicoptère qui décharge un personnage méchamment badass : Nick Fury (vous savez, avec ce plan typique des personnages descendant d’un hélicoptère, vu en contre-plongé avec le gars qui prend la pose pour regarder à droite et à gauche d’un air concentré avant de reprendre sa route. Même quand on est pressé, la petite pose cool, c’est important), colonel du SHIELD et plus ou moins directeur de celui-ci (ils n’avaient pas le budget pour engager un général). Une fois entré dans la base, il se rend directement au sous-sol concerné, où il demande à l’agent chargé de surveiller l’endroit, Barton dit "Oeil de faucon", de lui résumer la situation.

"C’est le Tesseract chef. Il merdoie.
- Le ?
- Le Tesseract. Hem, c’est le… le nom que l’on a donné au Cube Cosmique dans le script.
- Ho. Mais c’est moi où ça ressemble à un nom de sirop de fruit pour enfant ? Ça fait pas très dangereux. Il va faire quoi ? Balancer du sucre sur les murs ? Filer des caries ? Misère, ils pouvaient pas l’appeler de Golgothor ou le Kubernatus ?
- Chef, sauf votre respect, vous vous appelez Nick Fury, alors pour la leçon sur les appellations, bon.
- C’est parce qu’à la base je m’appelais Yannick Auxfruits, mais tu vois, j’ai fait un effort, moi. Bon, passons, "Oeil de faucon", et dis-moi plutôt ce qu’il en est de la situation.
- Et bien le Cube fait des bruits bizarres, brille, et envoie des ondes étranges. Il a même déclenché de mini-séismes à lui tout seul, alors c’est un peu la panique. Et pourtant, personne n’a rien fait d’anormal ici. On a même tenté de le débrancher, mais le bougre est devenu complètement autonome : il est sa propre source d’énergie.
- Zut. Bon, je propose de prendre tous les deux un air inquiet jusqu’à ce que le Cube se décide à faire avancer le scénario.
- Ok chef."

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Et ce qui est dit est fait : alors que les deux hommes font semblant de chercher une issue à la situation, et sachant que tous les deux n’y pigent rien en matière d’apéricubes aliens, le bidule, commence à émettre une très forte lumière bleue et ouvre soudainement un portail vers on ne sait où, faisant jaillir de celui-ci un homme que les gens ayant lu le spoiler de Thor connaissent : Loki !

Loki et son bâton magique, qui n’est pas sans rappeler les jouets vendus en grande surface. Ça en impose.

Pour vous la faire bref : chez Marvel, les dieux nordiques sont en fait des aliens venant d’une planète nommée Asgard. Et Loki a voulu y prendre le pouvoir grâce à un plan tout pourri, et a donc reçu un gros coup de botte dans son cul. Depuis, on sent bien qu’il l’a mauvaise, et qu’il cherche un nouveau plan pour échouer de manière plus grandiose encore. Voilà, je crois que vous savez tout : reprenons.

Loki, donc, est sorti du portail s’étant ouvert dans le sous-sol du bâtiment du SHIELD, sous les yeux ébahis des gardes et scientifiques présents ; les hommes d’armes ont tôt fait de commencer à lui mitrailler la gueule en voyant qu’il ne semble pas venu pour une distribution de bisous, mais meurent tous en se ramassant des éclairs tirés par le bâton magique du bonhomme, des couteaux vivement lancés, ou je ne sais quel autre truc plus ou moins improbable. Oeil de faucon tente bien de tirer sur le divin chenapan, mais ce dernier se téléporte à son côté et, d’un coup de sa magie, l’envoûte et l’oblige à passer dans son camp ; il en fait de même avec Erik Selvig, le chef de l’équipe scientifique, avant d’ordonner à ses nouveaux amis de tuer Nick Fury, qui était resté là à ne rien faire (enfin si : il tentait de se barrer avec le Cube… en marchant. Ah. Okay mec, courir, c’est pas assez cool, probablement). Oeil de faucon a beau être le meilleur tireur de tout l’univers, il ne fait que le blesser, et encore, pas très gravement, alors qu’il tentait de le tuer (on se croirait dans Hunger Games avec la fameuse lanceuse de couteaux qui ne rate jamais sa cible, sauf si c’est l’héroïne) : Nick Fury attend donc courageusement (comprendre : il fait le mort) que les méchants s’enfuient avec le Cube avant de donner l’ordre à ses agents de se lancer à leur poursuite.

Hélas, rien ne va pour le SHIELD, car :

  • Loki et ses nouveaux agents volent un pick-up et s’enfuient avec, Loki s’accrochant à l’arrière parce qu’un dieu viking grimpant sur la banquette d’un véhicule en se prenant la cape dans la portière, ça ne faisait pas sérieux
  • Les agents du SHIELD ne parviennent pas à arrêter les fuyards
  • Le portail ouvert par le Cube, lui, reste ouvert un petit moment dans la cave du SHIELD, puis, comme il s’ennuie, il s’effondre sur lui-même en détruisant à cette occasion l’ensemble de la base secrète, mais pas plus (ça s’arrête pile poil aux limites qui vont bien, je pense que c’est un Cube qui a eu accès au cadastre)

Au même moment, quelque part en Russie, nous retrouvons Natasha Romanoff, dite Black Widow, ligotée à une chaise dans un quelconque hangar abandonné. Autour d’elle, le général Kikinov et ses deux hommes de mains s’apprêtent à la torturer afin qu’elle explique pourquoi elle est venue fouiner dans leur petit trafic d’armes. Mais alors qu’ils s’apprêtent à apprendre l’orthodontie en toute autonomie grâce à la coopération exceptionnelle de mademoiselle, voici que le téléphone d’un des méchants sonne : c’est le SHIELD ! Qui explique que bon, les gars, on rigole bien, tout ça, mais en fait on peut vous détruire la gueule quand on veut, d’ailleurs, on sait où vous êtes : voici l’adresse du hangar. Donc passez nous la dame, on doit lui parler. Autant vous le dire : les méchants s’exécutent, et le SHIELD peut donc expliquer à Black Widow que sa mission est terminée, elle doit repartir d’urgence retrouver le docteur Bruce Banner, puisqu’on a besoin de lui.

"Okay, j’arrive, mais comme pour d’obscures raisons, je suis ligotée en minijupe et gros décolleté, est-ce que je peux d’abord défoncer les gens autour de moi en faisant des pirouettes où le spectateur lambda pourra mater plus ou moins discrètement ? 
- Mais, vas-y, j’t’en prie Black Widow, fais-toi plaiz'"

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Et donc, comme il se doit, plutôt que de demander à ses ravisseurs (qui obéissaient déjà au SHIELD sous la menace) de la relâcher en toute sécurité, l’organisation laisse donc faire plein de pirouettes à Black Widow contre des hommes armés, histoire de courir le risque de la voir se prendre une balle et de perdre ainsi un agent crucial comme une merde. Et évidemment, les trois brigands en face d’elle ne font pas le poids, et la bougresse peut donc s’enfuir en paix, expliquant en passant au général Kikinov à demi-assommé qu’elle n’était prisonnière que parce qu’elle le voulait bien. Voilà, hihihi.

Je note… aime les combinaisons en cuir noir… se faire attacher… et travailler avec des hommes masqués. Je crois avoir cerné cette jeune fille. Coquinette, va.

Mais quittons la froide Russie, et allons voir du côté de New York, où Tony Stark, alias Iron Man, vient de fignoler sa dernière oeuvre : la tour Stark, un building alimenté par un réacteur dernière génération produisant de l’énergie propre (il fonctionne grâce à une technologie qui permet de convertir la mauvaise foi en énergie pure, permettant ainsi à Jean-François Copé d’illuminer la côte Est à lui seul), car comme chacun sait, les autorités adorent que l’on installe des réacteurs expérimentaux au coeur de Manhattan. Hélas, alors que le bougre s’apprête à fêter sa victoire en compagnie de Miss Potts, sa douce moitié, il est dérangé par l’agent Coulson, du SHIELD, qui vient lui refourguer un dossier important : le monde libre est en danger, un alien-viking s’est emparé d’un cube de l’espace et compte s’en servir pour… heu… bref, il faut le récupérer, quoi, tu vois ? Allez, vas-y, accepte, fais pas ta pute. Tony Stark hésite un peu, mais comme on vient de sous-entendre qu’il pourrait faire sa pute : il accepte.

Dans le même temps, dans un quelconque gymnase de la ville (oui, on saute beaucoup d’un lieu à l’autre), Steve Rogers, soldat de 1940 amélioré physiquement lors d’une expérience et projeté dans le monde moderne après avoir été emprisonné près de 70 ans sous la glace suite à diverses aventures, est en train de se maintenir en forme. Durant la guerre, il était Captain America, un type en collant moule-kiki aux couleurs du drapeau américain tabassant des nazis à coups de bouclier étoilé (je… il fallait quand même une sacrée dose de beuh pour inventer un truc aussi nul), mais maintenant, il n’est plus qu’un surhomme dans un monde qu’il ne comprend pas. D’ailleurs, qui vient le déranger dans son entrainement ?

Nick Fury en personne ! Qui lui annonce que son pays a une fois encore besoin de lui. Car, ne me demandez pas pourquoi, à une époque où l’on se bat à coups de mitrailleuse, missiles et autres grosses cartouches, on suppose qu’un mec qui se bat en distribuant des patates comme un vulgaire pilier de bar fera mieux que toute l’armée. D’accord ! Il accepte : il remettra son costume hideux et il retournera se battre pour l’Amérique, mais surtout pour les Etats-Unis, parce qu’il a beau être un peu Captain America, il aime bien l’Amérique en entier pas trop les Mexicains. Et les Canadiens, non plus. Et puis il va quand même pas se battre pour le Vénézuela. Ni pour n’importe quel pays d’Amérique du Sud ou centrale, ‘foirés de rouges ! Et puis d’abord, depuis quand les noirs sont autorisés à devenir présidents ? D’ailleurs, pourquoi s’assoient-ils avec les blancs dans les bus ? Merde, c’était vachement mieux, l’Amérique de 1940.

Ah, sacré Captain Ku Klux Klan (un autre groupe de justiciers masqués).

"Les gars, je me disais : on pourrait me filer une tenue avec un minimum de camouflage, genre pas une reproduction de cible géante ?"

Laissons cependant ce fier héros de côté et, pour le plus grand plaisir de mon lectorat mâle, retrouvons Black Widow qui a elle quitté la Russie pour se rendre en Inde afin d’aller y chercher le docteur Bruce Banner, qui exerce là-bas en tant que médecin dans un bidonville. Pourquoi ce choix me direz-vous ? Le goût de l’humanitaire ? Que nenni : en réalité, Bruce Banner fait cela pour se cacher du SHIELD qui le traque. Car Bruce Banner a un terrible secret : un jour qu’il faisait avancer la science ("Voyons voir ce qu’il se passe si j’introduis de la choucroute dans un accélérateur de particules"), il y a eu un terrible accident, dispersant moult rayons gammas alentour (la choucroute est riche en rayon gammas, un fait hélas méconnu), l’irradiant très fort, et provoquant chez lui une terrible mutation : à chaque fois qu’il s’énerve, il se transforme en gros colosse vert invincible mais tout sauvage qui tabasse tout ce qui passe : l’incroyable Hulk. Alors évidemment, vous l’imaginez, ça lui pose pas mal de problèmes : à la Poste par exemple ("Non Monsieur Banner, ce n’est pas parce la vieille dame devant vous demande à voir tous les timbres en stock durant trois heures que vous avez le droit de lui briser le crâne contre le pèse-lettres") , dans le train (Hulk a été applaudi à de nombreuses reprises pour sa capacité à expulser hors des voitures via le plafond les enfants qui hurlent en tapant des pieds contre le siège de devant), ou même en soirée lorsqu’on veut l’obliger à jouer à Jungle Speed (sa capacité à enfoncer avec doigté le totem dans le rectum d’autres joueurs est légendaire chez les gastro-entérologues du monde entier). Du coup, il s’est dit qu’en Inde, dans un bidonville, il n’y aurait rien pour l’énerver (les gens qui meurent dans des maisons en tôle le laissent de marbre, c’est bien). Ma foi, pourquoi pas.

Bref ; Black Widow lui explique la situation, et en quoi Banner peut les aider : le Cube Cosmique volé émet des rayons gammas… donc qui de mieux qu’un expert en la matière pour aider le SHIELD à le retrouver ? Bon, okay : par le passé, le SHIELD a voulu l’enfermer, le tuer, le disséquer, mais allez, on se fait un bisou et on oublie, d’accord ? Soit, dit Banner. Mais si je deviens par accident un gros colosse en slip, vous serez bien embêtés, et ce sera votre faute si je vous malaxe la gueule avec mes phalanges.

Nous avons à peu près fait le tour des gentils, je crois : allons donc voir ce qu’il en est des méchants.

Loki de son côté n’a pas perdu de temps : il a endoctriné à l’aide de son bâton magique quantité de gens qui aménagent pour lui on ne sait où un laboratoire souterrain où il peut reprendre à son compte les expériences sur le Tesseract. Le coin étant plutôt calme, il en profite pour rentrer en méditation et utiliser ses supers pouvoirs pour envoyer son esprit discuter avec ses maîtres de l’espace : les méchants aliens. Représentés dans le cas présent par une créature humanoïde vêtue d’atours façon prêtre kitsch ou je ne sais quoi, mais on s’en moque, écoutons plutôt le dialogue.

"Haaaaa, Loki… notre fidèle agent… comment avancent tes travaux ? As-tu… le Cube Cosmique ? Car n’oublie pas : nous le voulons ! A toi la Terre… à nous le Cube !
- Oui, je l’ai. Et vous, votre armée pour conquérir la Terre sous mes ordres est-elle prête ?
- Tout à fait, et depuis longtemps ! Elle écrasera cette vermine humaine sans souci, ho ho ho ! Bientôt, ils ne seront plus… que cendres… hin hin hin ! Tu n’as plus qu’à utiliser le Cube pour… nous ouvrir un portail !
- Parfait… alors obéissez-moi, et donnez-moi la Terre comme prévu sinon… je garderai le Cube pour moi !
- Ne nous menace pas Loki… mon maître, le seigneur de notre race, te tuerait si seulement tu essayais ! N’essaie pas de nous prendre de vitesse ! Ha ! Le Cube doit nous revenir !
- … 
- Heu… Loki ? Tu fais une drôle de tête ? Ca ne va pas ? Tu es malade ? C’est parce que tu as une armure de merde en plastique supposée faire truc galactique ?
- Non… enfin si, mais je viens de penser à un truc.
- Ah. C’est pas banal.
- Votre Cube, là, il a déjà ouvert un portail, non ? C’est même celui-ci qui a détruit le bâtiment du SHIELD au début du film, donc pourquoi vous ne l’avez pas utilisé ?
- Heu… hem, bin… on était super occupés, tu vois et…
- Super occupé au point de ne pas vous déplacer pour récupérer le Cube devant vous permettre de conquérir l’univers ? 
- Heeeeem… je…
- Du coup, je ne comprends pas : quel intérêt à m’envoyer sur Terre avec le portail justement, moi, quand vous pouviez, vous, l’utiliser pour tout raser directement, récupérer le Cube pour vous et ne jamais me filer la Terre, évitant en plus que je ne sois tenté de vous trahir ?
- Loki tu… je dois te dire la vérité : c’est un énième plan de merde conçu uniquement pour te faire échouer.
- Ah. Oh, d’accord, je vois. 
- Bé oui. 
- Bon. Bin au boulot alors."

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Après ce passionnant entretien, le divin larron cesse donc la communication avec l’espace et s’en retourne vers ses agents, qui lui annoncent que pour pleinement exploiter la puissance du Cube et ouvrir un portail vers on ne sait quel coin de l’espace, ils ont besoin de Brouzoufonium, une matière particulièrement rare, dont il existe un gros morceau enfermé dans un coffre d’un luxueux bâtiment de Munich, objet accessible uniquement par un scanner rétinien ne répondant qu’à l’oeil d’un notable local.

Nick Fury est un peu dég’ : on vient de lui apprendre qu’il y avait une nouvelle boîte en ville, accessible uniquement en enregistrant un scan rétinien de son oeil gauche.

"Trop facile !", me direz-vous : Loki n’a qu’y aller, mettre un bon coup de bâton magique au dit notable pour l’envoûter comme ses autres agents, et ainsi récupérer l’objet tranquillement.

Ah oui, mais vous oubliez que tout bon film se doit de violer avec barbarie la règle suivante : "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs à un personnage, il y a des chances qu’il veuille s’en servir". D’ailleurs, vu le nombre de fois où ça arrive, je commence à me demander si qui que ce soit pense que ça puisse être considéré comme une règle. Ou même trouver de l’intérêt au concept de "personnage crédible".

Changeons nous les idées, et retournons voir ce que fait le SHIELD pendant ce temps. Car Nick Fury, bougon d’avoir perdu l’un des bâtiments de l’organisation, est retourné méditer à bord du QG mobile de l’organisation… un porte-avions. Et pas n’importe quel porte-avions : un qui… vole et peut devenir invisible. Ça doit pas être super pratique pour les avions qui veulent s’y poser du coup, qui doivent se retrouver en pleine épreuve de Fort Boyard à 24 000 pieds.

"Ici F-18 X89, demande autorisation d’atterrir.
- F-18 X89, ici Tour de contrôle du SHIELD, on vous a en visuel, on entame la procédure de guidage.
- F-18 X89, roger.
- Alors, vous allez tourner à gauche. Voilà, virez, virez… allez… non, non, pas trop ! C’est un nuage, ça, c’est pas nous ! Bon à droite, voilàààà, bien joué ! Maintenant, plus haut. 
- Dites quand je chauffe, over.
- Vous chauffez… vous chauffez… ouiiii, ouiiii ! Allez, sortez la canne, et descen… HO PUTAIN PAS TROP !"

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Voilà. Donc si un jour, vous voyez au-dessus de vous des panaches de fumée noire collés aux fesses d’une masse invisible en l’air, vous saurez : vous êtes sous le QG du SHIELD et ses 5 crashs quotidiens.

A bord en tout cas, on semble faire fi de tout cela, comme d’autres détails, comme par exemple le ridicule uniforme de l’équipage, constitué de tenues moulantes, ce qui tombe bien, puisqu’aucun membre de l’équipage, homme ou femme, ne semble avoir un bide à bière à mouler. Nick Fury a d’ailleurs laissé tout cette joyeuse troupe digne de Star Trek de côté le temps de se rendre en salle de communication pour papoter un peu via écrans avec les trois administrateurs du SHIELD, ses supérieurs, qui s’inquiètent de relancer le projet Avengers, sans pour autant vraiment en empêcher Fury. Mais tout ce petit monde est vite laissé de côté car il y a désormais des invités à bord ; en effet, viennent d’y arriver Bruce Banner et Steve Roger, en compagnie de Black Widow, afin de commencer les recherches du fameux Cube Cosmique. Et ça tombe plutôt bien, puisque Nick Fury leur explique lors de leur arrivée dans la salle de commandement du navire que le SHIELD dispose, pour retrouver l’objet ou ceux qui s’en sont emparés, d’un réseau couvrant "toutes les caméras du monde, les téléphones portables & co", car comme chacun sait, la vie privée est l’ennemie de la mission des gentils : Nick Fury n’a plus qu’un oeil, certes, mais il regarde jusque dans ton lit canaillou. Oui, il sait pour l’histoire des draps discrètement glissés dans le lavage de maman. Et oui, il sait aussi pour cette tendre nuit avec Scrappy.

Or, alors que la fine équipe discute de cela, un agent du SHIELD hurle depuis son poste : on vient de localiser Loki ! Celui-ci, pourtant capable de changer d’apparence à volonté, est en train de se promener en grande tenue dans une soirée ayant lieu au rez-de-chaussée d’un luxueux bâtiment de Munich ; alors qu’au même moment, ailleurs dans le bâtiment, Oeil de faucon s’infiltre en massacrant tout ce qui passe avec son arme préférée : l’arc, ce silencieux outil du professionnel. Il parvient donc jusqu’au coffre contenant du Brouzoufonium, mais hélas, n’a pas de quoi passer le scanner rétinien ! Pas de problème : au même moment, au rez-de-chaussée, Loki pète la gueule au notable servant de cible devant tous les invités de la soirée, puis lui colle sur l’oeil un gadget qui scanne sa rétine avant d’en envoyer une reproduction à l’ami Oeil de faucon pour qu’il puisse récupérer tout le matos dans le coffre et se barrer, ce qu’il fait. Ma foi, c’est fort subtil tout ça. Ça va les gars ? On vous dérange pas ?

Visiblement, non, puisque Loki, lui, décide de sortir dans la rue en pourchassant les invités pour son petit plaisir personnel, avant d’obliger toute la foule dans la rue à ce moment là à s’agenouiller devant lui (il utilise force éclairs et illusions pour ce faire), pour leur tenir un petit speech sur l’humanité, qui est bête parce qu’elle veut être libre, alors que la vie est tellement plus simple lorsque l’on est soumis. Un discours de merde, vous en conviendrez, on sent là encore qu’il y a eu un vrai travail d’écriture sur ce film (comme toujours ces derniers temps, j’en profite pour glisser le budget histoire que l’on comprenne qu’il n’y avait pas de quoi faire : 220 millions de dollars), mais rassurez-vous : Loki tient ce discours en anglais, du coup on peut supposer que la foule teutonique se contente de ne rien comprendre et de pouffer discrètement, leurs visages gonflés par les rires difficilement contenus tournés vers le sol. Seul un papy, qui parle la langue de Shakespeare bien que mâtinée d’un fort accent germanique, ose se relever pour lancer "Chamais che ne renonzerai à la liperté !" ou "Bourquoi che zuis dout mouillé ?", je ne suis plus certain, avec l’accent, on s’y perd. Vexé, Loki décide donc de lui désintégrer la gueule d’un bon coup de son bâton magique.

Mais ha ! Alors que le tir s’élance de la canne vers le petit pépé pour l’assécher encore un peu plus qu’il ne l’était déjà, une chose incroyable se produit : un bouclier s’interpose et sauve notre homme !

"Hooooo !" dit la foule.

"Ha haaaaa !" fait Steve Rogers, alias Captain America, fraîchement débarqué d’un jet de transport piloté par Black Widow en constatant la surprise de Loki face à cette arrivée impromptue. Enfin de la surprise ou du dégoût, car même si Loki a vraiment une tenue hideuse, on parle quand même d’un mec qui a pour uniforme une combi en latex aux couleurs de son pays. Loki voudrait bien discuter, du genre dire "Attendez les mecs, comment vous avez pu arriver si vite sachant que vous passez votre temps à traîner près des Etats-Unis avec votre porte-avions enchanté, et que ça ne fait pas plus de 5 minutes que vous m’avez repéré ? Sans compter le temps d’enfiler la tenue à la con, bien sûr.", mais Captain America se met en tête de lui péter la gueule comme il se doit, débutant ainsi un combat entre surhommes à grands coups de poing dans la margoulette. Hélas, si le combat est aussi serré que la tenue de certains (oui, je sais, mais quand même), Captain America finit par se retrouver en fâcheuse position. Vite, quel deus ex machina pourrait le sauver à la dernière minute ?

Iron Man tire des lasers, des missiles, vole et en plus, a lu le script : il est vraiment balaise.

Un deus ex machina à bouc devrait convenir : c’est donc Iron Man qui débarque de nulle part (comment savait-il que Loki serait là, à cet instant précis, et surtout, comment a t-il fait pour venir de New York en moins de 5 minutes depuis le moment où Loki s’est montré ?) et se joint à la fête pour aider le Capitaine Amérique ; rapidement, le vilain crypto-dieu nordique en a un petit peu marre de se prendre des marrons dans la margoulette, aussi se rend-il. Ah ? Lui qui est un super magicien expert en illusions, il se rend ? Hmmm, c’est suspect, se disent nos héros (à raison). Et hop, tout le monde embarque le prisonnier dans le jet avec lequel Captain America est venu, et repart en direction du super porte-avions volant invisible (c’est incroyable, ce qu’il ne faut pas écrire je vous jure) du SHIELD pour livrer le colis à domicile.

Pour des raisons tout à fait mystérieuses, apparemment, autant il faut moins de 5 minutes pour aller du porte-avions à Munich et se battre quelques instants sur place, autant il faut trois plombes pour retourner vers le navire volant au retour, ce qui me laisse penser qu’une fois encore, l’espace-temps à quelques problèmes, mais passons. A bord du jet, Loki reste assis, silencieux, alors que le reste des présents se demandent pourquoi il s’est laissé capturer si facilement. Quand soudain, l’appareil se met à traverser un orage fort chargé…

Loki comprend vite ce qu’il se passe : c’est son frère, Thor, qui vient le chercher, et en effet, au bout de quelques instants, un gros blond bodybuildé en tenue kitschounette vient de se poser sur le toit du jet en volant : Thor ! Il a tôt fait de rentrer à coups de marteau magique en plastique dans l’appareil, le tout en braillant, pour mieux en extirper Loki et s’envoler avec lui en direction du sol loin de ses ravisseurs. Ni une, ni deux, Iron Man se lance à leur poursuite, puis, après un petit moment, Captain America lui choisit, ne volant pas, d’attraper un parachute pour tenter lui aussi de rattraper la troupe.

Qu’il est con ce Captain America : les mecs sont partis en volant dans la direction opposée à celle du jet, tu as mis trois plombes à te décider et à mettre ton parachute, et tu comptes sauter pour les rattraper ? Tu réalises qu’à la vitesse où allait le jet, sans compter celle de tes copains partis à l’opposé, tu vas être à des dizaines, voire si j’en crois la vitesse de l’appareil pour t’emmener à Munich, à des centaines de kilomètres de ta cible ?

Ah mais non, j’oublais : "l’espace-temps est une notion toute relative". D’ailleurs, Black Widow et son jet, eux, continuent leur route. Ça va être sympa le retour au porte-avion "Oui alors on avait Loki, mais un type volant l’a emporté, puis Iron-Man et Captain America ont quitté le bord, mais on s’est dit qu’on allait pas faire demi-tour pour si peu. Bon, y a quoi à la cantoche ce midi ?."

Retrouvons donc Thor, qui dépose son frère au sol pour lui faire la morale.

"Loki ! Oh, Loki, mon frère ! Je te croyais mort, cf le spoiler de l’autre connard ! 
- Hé bé non. En fait j’ai survécu.
- Bon, bin c’est cool. Je t’ai libéré à la seconde où je t’ai retrouvé. Je te ramène à la maison ?
- Non, j’ai plutôt décidé de conquérir la Terre, juste pour t’emmerder.
- Juste parce que j’aime bien cette planète ?
- Voilà.
- T’aurais pas pu te venger autrement ? Genre en piquant mes DVD de Glee ou en écrivant "Prout" sur mon front pendant que je dormais ?
- Ho je… heu… je n’y avais pas pensé. Mais nan, vraiment, voilà, je vais conquérir la Terre juste parce que j’ai envie de t’emmerder. Et parce que je suis méchant. Non, personne n’a réussi à trouver de motifs plus intéressants à mon action dans l’équipe du film.
-  Ah. D’accord. C’est un peu triste quand même."

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Coupant court à ce consternant dialogue, Iron Man arrive à fond les ballons, et plonge droit sur Thor pour lui péter la gueule car il n’aime pas trop qu’on lui vole ses prisonniers. Les deux se retrouvent donc à une centaine de mètres de Loki, qui attend patiemment que le spectacle se termine, en observant la baston. Les deux hommes ont tôt fait de se trouver de force à peu près égale, jusqu’à ce qu’enfin, sortant de nulle part et ayant probablement couru à environ 750 kilomètres/heure, Captain America débarque pour séparer les combattants à coup de bouclier, et leur propose de s’unir pour ramener Loki jusqu’au SHIELD pour qu’il avoue où il a planqué le Cube Cosmique. Thor n’a qu’à venir pour escorter son frère, maintenant qu’il est au courant de pourquoi les humains l’emmenaient. Et puis bon : le Cube Cosmique étant justement une relique d’Asgard, Thor aimerait bien le récupérer pour le rendre à son peuple.

Tiens sinon, Thor, juste comme ça : tu as fait comment pour localiser ton frangin dans un jet d’une organisation secrète ? Non parce que du coup, j’imagine que tu aurais pu le localiser plus tôt, du genre, quand il a fait sauter la moitié d’une base humaine en formant un portail galactique en-dessous à l’aide du Cube que tu cherchais, chose que j’imagine vaguement détectable. M’enfin je dis ça, hein, je voudrais pas déranger.

A noter que Loki a tranquillement attendu la fin du combat, donc, pour à nouveau se laisser emmener par ses ennemis comme prisonnier, et en lâchant de temps à autres un petit sourire mesquin pour bien mettre la puce à l’oreille de tout le monde. Il est vraiment sympa ce garçon. Dire qu’il est supposé être un maître de la ruse et de la fourberie, tout ça, bon. On va dire que le mec qui écrit son rôle ne l’était pas.

Mais bon : une fois à bord du navire volant du SHIELD, Loki est donc emmené par Nick Fury jusqu’à sa prison : une cage en verre blindé où, si jamais le brigand fait le moindre signe de l’endommager, cela déclenchera un mécanisme qui le larguera vers le sol, quelques kilomètres plus bas. Donc attention à ne pas faire le malin !

Pardon ? Vous voulez dire que vous avez enfermé un être d’une race qui vole (Thor, par exemple, est son frère et le fait très bien) dans une cage au-dessus des airs en menaçant de la balancer dans le vide si jamais il essaie de la briser ? Comme dans "Comme ça, tu finis de la briser durant ta chute et tu t’envoles comme un petit oiseau" ? Ah bin oui, c’est super malin. Merci, Nick Corky.

Cela dit, le colonel Fury rassemble tout le monde autour d’une table, Thor, Bruce Banner, Captain America, Iron Man, Black Widow & co et leur explique le topo : Loki est bien enfermé, mais maintenant, il faut chercher le Cube, et faire attention car des agents du SHIELD, dont Oeil de faucon, sont envoûtés et ont donc changé de camp (ce qui embête pas mal Black Widow, qui pour une veuve, semble avoir bien envie de se remarier avec un faucon, petite zoophile va). Tout le monde doit donc coopérer : Iron Man et Bruce Banner en scientifiques vont utiliser tous les instruments à dispositions pour chercher l’appareil, Captain America fera des leçons de morale, Thor se fera les ongles et Black Widow prendra des poses où l’on voit un peu ses formes pour un oui ou pour un non. Soit ! C’est un excellent plan, et il est donc aussitôt mis en action.

Black Widow n’oublie jamais d’ouvrir sa tenue moulante juste comme il faut, mais ce n’est pas du tout pour racoler, non monsieur.

Mais hélas, bien vite, on constate que des tensions naissent dans l’équipe :

D’abord, Iron Man aime bien emmerder Bruce Banner pour essayer de l’énerver, juste pour rigoler : avec un peu de bol, il se transformera en Hulk incrontrôlable et tuera tout le monde à bord, c’est rigolo, hihihi, heureusement que je suis un génie. Ensuite, le même Iron Man pirate discrètement les ordinateurs du bord, car il se demande ce que le SHIELD peut bien vouloir au fameux Cube. Captain America, qui se pose les mêmes questions, s’introduit lui par effraction dans des secteurs interdits du navire (ceux marqués "NE PAS RENTRER : INFORMATIONS CAPITALES SUR L’INTRIGUE SI SI J’VOUS JURE Y EN A UNE") pour voir ce que l’organisation lui cache. Black Widow, elle, est allée utiliser ses supers talents pour tenter d’interroger Loki, et a découvert que ce dernier en sait beaucoup trop sur elle, ce qu’elle n’apprécie guère. Mais dans la conversation, elle a fini par apprendre pourquoi Loki s’est laissé capturer : il veut détruire les Avengers, et compte sur la présence à bord de Hulk pour l’énerver en semant la discorde, et ainsi tout détruire, super héros compris ! Quant à Thor, il n’a pas fini ses ongles. Mais que cela ne nous empêche pas de parler du plan de Loki, dont je rappelle les étapes pour ceux n’ayant pas saisi :

  1. Loki se laisse faire prisonnier en faisant du n’importe quoi à Munich, sur le lieu d’une opération pour récupérer du Brouzoufonium dont il a besoin, et multipliant ainsi ses chances de la faire échouer, donc. C’est idiot.
  2. Loki est emmené au QG des Avengers, leur vaisseau volant. Là, il est enfermé et ne peut rien faire pour semer la discorde. D’ailleurs, il n’essaie même pas. C’est débile.
  3. Loki attend que la discorde soit semée toute seule sans rien faire, il pourrait donc aussi bien être chez lui en pantoufles. C’est stupide.
  4. Hulk s’énerve pour un motif aléatoire, comme prévu par ce plan sans aucun sens, et tue tout le monde à bord. Bien joué, mais Loki n’y est donc pour rien.
  5. Loki éclate d’un rire diabolique, puis constate qu’il vient de s’enfermer à bord d’un navire au milieu du ciel avec une créature qui tue tout le monde. Il pète un peu, tout en constatant que dans une cage en verre clos, c’était pas une bonne idée.
  6. Loki est mort (intoxiqué ou tabassé par Hulk). C’est peut-être mieux pour lui.

Mais heureusement, tout va se passer, par d’incroyables coïncidences, d’une manière qui laisse entendre que Loki avait en fait vraiment monté un plan génial ! C’est pas beau ça ?

D’abord, parce que les Avengers se divisent : en enquêtant à bord, chacun à leur manière, Captain America et Iron Man ont compris ce que le SHIELD veut faire du Cube : des armes surpuissantes pour combattre les menaces diverses qui sont apparues ces dernières années, et que seuls des super-héros avaient pu vaincre. Les deux désapprouvent, car c’est très vilain de faire des armes. Thor désapprouve aussi, car le Cube est à son peuple, pas aux humains pour jouer à la guerre. Les dialogues deviennent plus ou moins incohérents, chacun s’engueulant avec son voisin pour un oui ou pour un non, malgré les appels de Black Widow qui crie "C’est exactement le plan de Loki, il voulait nous diviser en montant à bord !". Oui d’ailleurs, notons que l’engueulade n’a rien à voir avec la présence de Loki à bord, comme quoi, hein, rien ne tient debout là-dedans, mais passons, tu es bien brave de vouloir coller des sparadraps sur le scénario bancal, Black Widow.

"Hahaha, je me suis laissé capturer afin de… heu… ho. Rien, en fait."

Au même moment, à l’extérieur, il se passe pourtant quelque chose de très intéressant : un appareil du SHIELD non-autorisé s’approche du porte-avions avec un équipage inconnu. Oui, d’ailleurs, le navire n’est plus invisible, pour le coup, histoire que les méchants le trouvent plus facilement. L’invisibilité, c’était juste pour faire les cakes au début, un peu comme un gros kéké allumant ses néons tuning pour impressionner la gueuse avant de les éteindre parce que ça bouffe la batterie, en fait. Mais, observons plutôt la scène :

"Allô allô, ici tour de contrôle du SHIELD, appareil non-identifié, vous me recevez ? On ne vous a pas sur nos registres.
- Nan mais c’est bon, on a pas d’invitation mais laisse nous rentrer, on a des potes à l’intérieur."
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Je n’exagère pas : les mecs ne se justifient même pas de leur présence, ils ont juste à dire qu’ils arrivent, et voilà tout. Rappelons que le SHIELD est en état d’alerte car des agents sont passés à l’ennemi suite à un certain envoûtement et est donc extrêmement prudent.

"Ouais, ici tour de contrôle : c’est OK les gros, entrez en phase d’approche. Tiens, mais qu’est-ce que vous faites ? Vous ne vous approchez pas du tout pour vous poser, vous prenez en plus une trajectoire non autorisée et ouvrez l’arrière de votre appareil en laissant paraître des hommes en arme. Boh, ça doit être une procédure qu’on ne connait pas, on ne va rien dire."

Et en effet, l’appareil suspect se met aux côté du porte-avions dans une manoeuvre pas du tout suspecte, ouvre son entrée arrière, et on peut y voir… Oeil de faucon ! Qui tire une flèche piégée vers l’un des quatre rotors qui maintiennent le navire en l’air ! S’ensuit une formidable explosion, qui secoue tout l’engin.

"Ici tour de contrôle, dites-moi appareil non identifié, vous ne viendriez pas de nous tirer dans le cul, par hasard ? Si hein ? Et bien en représailles, et malgré toutes les défenses top-futuristes et l’armée qu’abrite notre appareil, et bien on ne va pas réagir ou vous abattre. On va juste vous faire coucou. Coucou les gars  !"

Voilà. Donc, l’appareil des traîtres du SHIELD peut continuer de tournoyer tranquillement autour du navire sans que celui-ci ne riposte, puis, finalement, probablement lassé par leur manque de réaction, décide de se poser sur le pont pour débarquer une dizaines d’hommes en armes, ainsi qu’Oeil de faucon en personne. Là encore : personne ne les attend pour leur plomber la gueule au sortir de leur jet : il ne manque plus que le tapis rouge, et je crois qu’on est au top de la crédibilité.

De leur côté les Avengers ont pris cher suite à l’explosion : Bruce Banner et Black Widow ont traversé une cloison blindée (on ne dira pas qui était assez lourd pour traverser) et se sont retrouvés bloqués dans une pièce isolée, quant à Captain America et Iron Man, ils sont partis tenter de relancer le rotor qui a été endommagé par l’explosion. Thor, lui, continue de se faire les ongles. Continue mec, je suis sûr que ça va donner du résultat. Mais dans le même temps, l’assaut du bâtiment par le commando ennemi commence, et comme le veut la logique, c’est évidemment le commando de 10 clampins contre les 3 000 hommes du bâtiment qui parviennent à progresser sans se faire arrêter jusqu’à la passerelle de commandement où, histoire de bien tout foutre en l’air, Oeil de faucon tire une flèche-clé-USB (… non, vraiment, stop) dans l’un des ordinateurs du bord, envoyant un virus qui coupe une nouvelle turbine du navire volant, provoquant sa chute !

Excellent plan Oeil de faucon. Ho, et tu t’en tires comment après au fait ? En redécollant tranquillement depuis le pont d’un vaisseau qui tombe ? Non parce que tu n’as pas de parachute sur le dos, alors je veux bien que tu m’expliques.

En tout cas, la situation devient des plus chaotiques : le navire plonge vers le sol, les hommes du bord se font massacrer par le commando d’Oeil de faucon, Iron Man et son copain Captain America peinent à redémarrer le bousin, et surtout, Bruce Banner, jusqu’ici d’un calme olympien, vient de s’énerver très fort tant il n’aime pas traverser des cloisons blindées, et commence à tout ravager à bord : Black Widow n’échappe d’ailleurs que de justesse à sa colère (elle tente de l’amadouer en prenant des poses curieuses dans sa combi moulante façon calendrier de routier), puis va se cacher derrière Thor qui passait par là à la recherche d’une nouvelle lime pour son gros orteil ; l’affrontement a donc lieu entre les deux larrons, jusqu’à ce qu’Hulk se lasse du dieu de la foudre et tente de sauter sur un avion de chasse qui l’arrosait aussi depuis l’extérieur, et finisse donc par choir dans le vide. Qu’on ne s’inquiète pas quand même : c’est Hulk.

Ah, il y avait donc en plus des avions de chasse à l’extérieur ? Juste comme ça : ils faisaient quoi, pendant qu’Oeil de faucon arrosait le navire depuis son jet ? Ça vous emmerderait de faire des Méchants qui font vraiment un plan fonctionnel, pas juste un truc qui marche grâce à des trous dans le script ?

Bref : Thor, qui n’a donc plus Hulk sur le dos, se rend donc vers la prison de Loki, pour constater que le commando vient d’ouvrir la porte de sa cage en verre ; il se rue donc pour l’empêcher d’en sortir, mais se retrouve face à une illusion qu’il traverse, et finit ainsi enfermé à son tour dans le bidule en verre. Que Loki s’empresse de larguer, comme convenu, droit vers le sol. Thor reste donc un moment à se demander que faire, avant, d’enfin, penser à péter la vitre puis à voler pour s’en tirer. Ah, c’était si simple, en fait (surtout quand on a un gros marteau magique) ! Mais suite à diverses procédures un peu agitées dans la manœuvre, il finit quand même par choir au sol, mais moins gravement que prévu, et se retrouve tout bonnement assommé au milieu des champs d’un trou paumé. Espérons que les fermiers du coin ne vont pas lui tirer dessus en le confondant avec un mauvais amateur de cosplay en goguette.

Coup de bol pour Thor : les humains font définitivement des pièges à peu près aussi malins que lui.

Loki, lui, avant de s’enfuir décide de tuer un agent du SHIELD s’interposant entre lui et la sortie, le fameux agent Coulson, type qui couvait un peu les héros et leur servait d’intermédiaire avec l’organisation quand Nick Fury était occupé à faire du patin à glace. Cela fait, il quitte le navire en heu… bah… en… en profitant du fait que le script l’oublie (une fois encore). Voilà. Oeil de faucon, lui, n’a pas cette chance : au détour d’un couloir, il se trouve nez-à-nez avec Black Widow, qui lui colle un bon coup sur le crâne, brisant ainsi l’envoûtement auquel il était soumis. Enfin, Captain America et Iron Man parviennent à relancer le rotor endommagé, permettant, avec trois moteurs en route sur quatre, au porte-avions du SHIELD de reprendre de l’altitude. Ouf ! La situation est sauvée !

Hélas, l’équipe est désormais dispersée, le SHIELD affaibli, Loki enfui, et on en sait toujours pas plus sur ses plans précis… diable, tout va mal !

Pas tout à fait.

Car dès le lendemain, lorsqu’enfin, Oeil de faucon a pleinement repris ses esprits, il explique que Loki ne lui a rien révélé de son plan… mais se souvient que ce doit avoir lieu le jour même ! Merci du tuyau mec, ça fait plaisir. Quant à Iron Man, il comprend que cela doit avoir un rapport avec le Cube… qui aurait besoin d’une grande source d’énergie pour s’alimenter, et d’un endroit bien visible pour opérer, Loki aimant la mise en scène… la tour Stark ! Et son réacteur spécial au Jean-François Copé ! Vite, il doit foncer gagner du temps pendant que les Avengers dispersés tentent de se rassembler pour essayer de lutter contre le vilain, unis autour de l’esprit du défunt Coulson, simple humain mort pour avoir cru dans les Avengers et avoir tenté de buter Loki ! (tous les autres morts du SHIELD, on s’en fout, ils n’avaient pas de nom, chut, sentimentalistes).  Ce que notre bon homme de fer fait donc promptement, débarquant dans sa tour pour y trouver Loki bien installé. Heureusement que Loki a le même raisonnement absurde que nos héros, car sinon, on le retrouverait probablement au sommet d’une centrale nucléaire, expliquant que si on l’attaque, ça va irradier toute la région. Un truc vaguement plus efficace, quoi.

Un peu de papote, une ou deux ruses de chacal, et non seulement le bougre de Tony Stark gagne un peu de temps, mais en plus, il parvient à changer d’armure, celle qu’il portait ayant été endommagée lors du redémarrage du rotor de la bouse volante du SHIELD (et puis aussi parce qu’il change d’armure une fois par film, mais passons). Cependant, cela n’empêche pas Loki de lancer son plan : il a installé le cube sur le toit de la tour, ainsi qu’Erik Selvig, le scientifique du SHIELD sous ses ordres pour lancer toute la procédure d’activation du bidule : rapidement donc, le Tesseract tire un rayon bleu vers le ciel, ouvrant un joli portail vers l’espace (mais qui n’aspire rien, c’est un gentil portail), et de celui-ci sortent… des aliens ! (Si vous vous attendiez à des poneys, c’est un peu raté)

Et surtout, pas n’importe quels aliens ! Des aliens sur motos-volantes !

… Non, sérieusement ?

Autant le dire : c’est la grosse panique à New York, ce qui est un peu étonnant compte tenu du fait qu’au vu du nombre de films sur le sujet, la ville est sujette à invasion environ deux à trois fois par an (les jours fériés, l’invasion est pour Los Angeles). Et si Iron Man parvient à en détruire un sacré paquet, il en arrive trop ; il est cependant bien vite rejoint par Black Widow et Oeil de faucon à bord d’un jet qui donnent la chasse aux envahisseurs, avant de larguer sur la zone Captain America, qui participe à l’évacuation des civils au sol. L’armée, elle, n’est pas là, elle a probablement une cérémonie de remise des médailles plus importante qu’une énième invasion, quant au SHIELD, il n’a pas envoyé le moindre appareil en renfort pour tenter de contrer la menace. Rappelez-moi les mecs, votre QG volant est un porte-avions ; et ça porte quoi, les porte-avions, qui pourrait vaguement aider ? Attention, c’est pas facile.

Non parce qu’au début du film, par exemple, on avait pu constater que le portail créé par le Cube s’effondrait après quelques instants sitôt le Cube déplacé : ça avait d’ailleurs, pour le coup, fait s’effondrer une base du SHIELD. Du coup, un petit missile en haut de la tour Stark pour bouger le Cube… m’enfin, hein, bon, c’est pas comme si c’était important de fermer un portail d’invasion extra-terrestre en plein ciel de New York. Je comprends. Mieux vaut envoyer des mecs en collant se battre à coups de poing contre les envahisseurs, c’est tellement plus intelligent. Enfin, pas seulement : il y a aussi Oeil de faucon qui combat avec un arc, et Black Widow qui utilise les plus petits pistolets de la création pour lutter contre l’envahisseur. Non vraiment : quelle équipe de choc.

D’ailleurs, en parlant de super-héros, notre équipe est bientôt rejointe par les éléments manquants : Thor vient se joindre à la fête et balance de la foudre sur les nouveaux arrivants, alors qu’Hulk bourre à peu près tout ce qui passe, à commencer par des espèces de poissons-chats-géants-blindés-qui-volent (c’est pas facile à décrire) rasant tout sur leur passage, jusqu’à se prendre une sorte de gros colosse vert en colère sur le coin du museau. La bataille dure et dure encore, mais l’ennemi, toujours plus nombreux, prend doucement l’avantage, malgré les superbes stratégies de Captain America, ou encore le demi-milliard de flèches d’Oeil de faucon, désormais en position sur un toit, qui tue des gens même sans les regarder tellement il tire bien (c’est trop cooooool !). En tout cas, son carquois inter-dimensionnel lui permet de tenir un moment, jusqu’à ce qu’enfin, tout paraisse perdu. Certes, Hulk a cassé la gueule à Loki durant la bataille, le laissant bien sonné, mais cela ne suffit pas. Et surtout, le SHIELD vient de se décider à agir (ah bin c’est pas trop tôt les gars, vous faisiez quoi ?).

Non mais regardez sa couleur : on voit bien qu’Hulk est né d’une expérience impliquant forcément du chou.

Car oui : les administrateurs viennent de donner leurs ordres à Nick Fury : le porte-avions doit lancer immédiatement des chasseurs tirer une ogive nucléaire sur Manhattan pour tenter de calmer l’invasion ; le bon colonel refuse, expliquant que les Avengers ont encore une chance, mais ses supérieurs l’envoient péter et ordonnent directement au personnel du porte-avions de ne plus obéir à Fury, et de faire décoller deux appareils chargés pour Manhattan. Diable ! Mais Fury a plus d’un tour dans son sac : malin comme il est, il file s’emparer d’un lance-roquettes (ho ?) et tire sur l’un des chasseurs avant qu’il ne décolle sur la piste, manquant de peu de tuer le pilote ; hélas, le second appareil décolle sans encombre.

Le personnel du pont, lui, ne réagit pas. C’est tellement normal de voir ses supérieurs tirer au lance-roquettes sur ses petits camarades.

"Bonjour chef. Ho, je ne dirais pas non à une petite roquette dans la gueule. Merci chef."

L’appareil s’élance donc, et parvient promptement à portée de Manhattan, avant de décocher son projectile ; il ne reste plus qu’une seule solution : Nick Fury contacte Iron Man pour le prévenir du danger imminent, faisant que celui-ci vole jusqu’au missile, puis s’envole avec celui-ci jusqu’au portail afin de… c’est bon ? Tu peux le lâcher ? Tu sais, il vole tout seul le missile monsieur, c’est ça les flammes à l’arrière. Mais non : Iron Man, on ne sait pourquoi, passe le portail avec l’engin et se retrouve dans l’espace face à un gigantesque vaisseau dont partent tous les aliens ; celui-ci est donc bien surpris lorsque l’homme de fer lâche son colis dans leur direction, et l’explosion a tôt fait d’avoir raison de l’immense engin. Iron Man, lui, à court de batteries, dérive dans l’espace, et retombe doucement vers le portail (il aspire alors, finalement ?), traversant celui-ci… pile (évidemment !) au moment où Black Widow a trouvé comment fermer le portail : il suffisait d’emprunter le bâton magique de Loki pour taper dedans ! Et donc pouf ! Tout se ferme (à part la série de poncifs, bien sûr) !

Plus de portail, plus de vaisseau mère : tous les aliens encore présents dans Manhattan s’effondrent, sans vie (c’est toujours super pratique le concept du "Il suffit de tuer le gros vaisseau pour que la guerre soit finie"). Alors autant le dire, dans les jours qui suivent, c’est toute une clameur qui s’empare de la ville : New York a été sauvée par les Avengers ! Les témoignages se succèdent à la télévision, alors que de son côté, Nick Fury fait son rapport à ses administrateurs : il a décidé de ne pas garder le Cube Cosmique et de le rendre à Asgard, et de ne plus espionner les Avengers, qui ont le droit à leur vie privée (par contre, le reste du monde peut aller se faire foutre : merci Nick, tu es génial). Et si sans le Cube, le SHIELD n’a pas les moyens de défendre la Terre, il fait confiance aux Avengers pour venir protéger la planète. Les administrateurs lui expliquent qu’ils ne sont pas contents, parce que là, il a désobéi dans les grandes lignes, a volontairement donné une ressource stratégique essentielle à une puissance étrangère (et spatiale), tiré au lance-roquettes sur ses subordonnées et laissé filer des agents précieux, mais que bon, ils vont juste lui faire les gros yeux, et éventuellement, s’il recommence, ils diront à tout le monde qu’en fait, il s’appelle Yannick Auxfruits.

De leur côté, les Avengers rigolent tous de bon coeur comme tous les gentils qui viennent de tabasser du méchant, et ils regardent Thor remmener le Cube ainsi que Loki sur Asgard, afin que tout ce bordel soit désormais la patate chaude de quelqu’un d’autre. Et sitôt les deux bougres téléportés…

FIN

C’était quoi ce truc ?

Ho, et oui : comme on me le signale à chaque fois, oui, il y a une de ces séquences post-génériques ennuyeuses où les méchants aliens piaillent que, holala, faut plus attaquer les humains, ils sont bien trop forts (mais dit de manière plus cucu encore), et on découvre que le terrible maître des extra-terrestres qui avait été évoqué au début du film est en fait… un gros singe moche à face mauve (on m’a signalé dans la salle qu’il s’agissait d’un certain Thanos, alors que pour ma part, je m’exclamais "Ouaaah, Babouche ?!"). Comme quoi, on en apprend tous les jours.

"Je vais conquérir la Terre et tous vous exterminer, misérables humains"

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L’administrateur tapota des doigts sur le bureau devant lui, observant sur son écran les chiffres du budget du projet Vengeurs.

Il faudrait trouver autre chose. Repartir de zéro. Repenser le projet pour ne pas faire les mêmes erreurs, et ainsi trouver une parade pour éviter que la sécurité du monde ne repose pas entièrement sur les épaules d’un groupe au service des Etats-Unis. L’Union Européenne avait son mot à dire dans le jeu des nations, et d’ores et déjà, il était temps de reprendre le travail, d’avancer, pour ne pas prendre plus de retard dans la course effrénée à l’armement, qu’il soit humain ou non.

Depuis son bureau de Bruxelles, c’était à lui, en tant qu’administrateur de l’ECU, de trouver les armes de demain pour protéger des millions de citoyens. C’était ce qu’il fallait garder à l’esprit.

Du moins, ce que l’administrateur tenta de faire jusqu’à un son sourd ne se fasse entendre et qu’une secousse parcoure le bâtiment, renversant la tasse de thé reposant devant le fonctionnaire sur les feuilles de papiers étalées entre lui et son écran. Se retournant vers la baie vitrée derrière lui, il nota qu’une fumée noire commençait à s’élever du rez-de-chaussée du bâtiment, et entendit bientôt l’alarme incendie se déclencher, striant ses oreilles alors que du plafond se mit à tomber une formidable pluie tropicale. Tentant de garder toute sa dignité de haut-responsable, il se retourna pour tenter de se saisir du maximum de documents encore visibles sur sa table pour les mettre à l’abri du déluge dans un tiroir, mais se ravisa en entendant les premiers coups de feu.

D’abord isolées, les détonations devinrent rafales, montant peu à peu les étages du bâtiment ; grelottant dans son costume trempé, l’administrateur se rua paniqué vers l’un de ses tiroirs pour allumer le talkie-walkie qui le reliait à la sécurité en cas de besoin ; hélas, sur la fréquence, on entendait plus que détonations, cris de paniques et divers hurlements qui semblaient annoncer un danger plus terrible que tout ce qu’une sécurité militaire surentraînée pouvait affronter. Tout au mieux, il entendit un homme, qu’il reconnut comme l’un des officiers de ses gardes, hurler "Encerclez-le, encerclez-le !" avant qu’à nouveau, les sons sortant en crépitant de l’appareil ressemblent plus à des cris d’agonie qu’à une tentative d’organisation de riposte.

L’administrateur finit par tapoter sur l’appareil lorsque celui-ci ne laissa plus entendre aucune voix, et hésita à se risquer à appeler pour ne pas donner d’informations à l’ennemi sur sa présence. Tout au mieux, il trouva le courage d’entrouvrir sa porte, juste assez pour passer un oeil, afin de voir s’il restait au moins un homme en armes dans son couloir pour l’aider à évacuer les lieux, mais lorsqu’il le fit, il nota que tout était désert. Et loin, très loin, de l’autre côté du gigantesque couloir du bâtiment, il pouvait entrapercevoir l’ascenseur, qui ne lui avait jamais paru être à une si grande distance.

Il constata d’ailleurs que les portes en étaient ouvertes, et qu’au milieu de corps de gardes encore chauds, il pouvait distinctement apercevoir, comme suspendue depuis la trappe du plafond de la cabine, une minuscule silhouette pointant vers lui un objet brillant.

L’administrateur n’entendit rien, et s’effondra lourdement sans parvenir à comprendre comment qui que ce soit au monde, à pareille distance et en telle position, avait pu parvenir à le toucher lui, à l’abri derrière sa porte. Il sentit un liquide chaud couler sur son front martelé par les gouttes du système anti-incendie, et eut comme dernière vision celle d’un homme approchant doucement de son corps allongé sur la moquette de son bureau, et penchant vers lui un visage hideux aux traits grossiers abritant deux yeux fortement marqués par un terrible strabisme divergent. Puis, il sombra.

Accroupi au-dessus de lui, l’homme grogna quelque peu, et rajusta mollement la cravate du mort sur son costume trempé. Il finit par se relever, et sans quitter le corps des yeux, chargea un nouveau harpon dans son pistolet en soliloquant :

"Personne ne me renvoie. Personne."

Et les yeux globuleux au terrible strabisme levés vers le système anti-incendie, il ajouta

"Sous l’eau, rien n’échappe à Oeil de Mérou."