« Je sens ta peur, mortel !« 

La voix désincarnée résonna dans la salle de l’antique donjon, bientôt suivie d’un rire qui parut rebondir sur tous les murs et filer entre les toiles des araignées qui nichaient là. Le visiteur trembla un peu et fit un tour sur lui-même, brandissant sa lampe de poche comme un revolver. L’espace d’un instant, une silhouette humaine apparut à la lisière du halo lorsque celui-ci balaya le vieil escalier aux marches brisées, mais lorsque l’homme tenta de braquer sa lampe vers elle, elle avait déjà disparu.

« D’autres comme toi sont déjà venus… mais ils manquaient d’ambition et vois : leurs os parsèment désormais mon château !« 

Cette fois, le rire se fit plus fort, et dans tous les recoins, que le visiteur avait pourtant soigneusement inspecté auparavant, des ossements poussiéreux apparurent sous sa lampe. Il fit un pas en arrière, et sursauta lorsqu’il se cogna dans quelque chose. Il se retourna brusquement, la lampe en avant, mais une main griffue s’en était déjà saisie. Dans l’ombre face à lui, quelqu’un se mit à sourire, et deux canines étincelèrent.

« Tu voulais me voir ? Me voilà !
- Ho ! Seigneur ! s’exclama le mortel. Vous existez !
- Tu n’y croyais pas mais tu es malgré tout venu jusqu’ici ? J’en déduis que tu n’es là que par curiosité. Je n’ai que faire des curieux. Adieu. »

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Les canines plongèrent vers l’homme, mais ce dernier agita les mains devant lui avec tant de vigueur que le vampire hésita.

« Vous faites erreur ! Je suis venu vous voir car j’ai besoin de vos sombres pouvoirs ! 
- Voilà une requête intéressante. Je t’écoute, mais fais vite.
- Mon royaume est en danger et tout est vain pour le sauver ; j’ai entendu parler de votre légende et j’ai pensé que si le Ciel ne répondait pas à mes prières, alors peut-être l’Enfer… »

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Le vampire éclata une nouvelle fois de son rire inquiétant avant de disparaître dans l’ombre. Son visiteur ne réalisa que trop tard qu’il était réapparu à son oreille pour lui chuchoter :

« J’ai moi-même été comme toi, autrefois. Bois mon sang, et tu auras tout ce que tu désires : la force de cent homme. La vitesse d’un guépard. Tu pourras te changer en chauve-souris pour survoler tes terres et….
- Hopopop, halte-là !
- Pardon ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Des chauves-souris, des guépards, dites donc, c’est un royaume que je veux sauver, pas un zoo !
- Mais enfin ! Personne ne parle comme ça au grand Dracula ! 
- Oui enfin t’es gentil, mais moi je viens ici pour avoir de vrais pouvoirs utiles, hein, comme faire redémarrer l’économie, vaincre le chômage ou trouver des gens compétents pour mon gouvernement.
- Bon, écoutez Monsieur… 
- Hollande. François.
- Moi je suis un vampire, hein, je ne suis pas Gérard Majax non plus. Je ne fais pas de miracles, même les pouvoirs des Enfers ont des limites. On va arrêter cet entretien ici si vous le voulez bien. Igor ? Igor ? »

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Le serviteur bossu apparut dans l’encadrure d’une porte.

« Maîîîître ?
- Igor, raccompagne Monsieur Hollande à son scooter.
- Bien, Maîîître… dois-je faire entrer le candidat suivant, Maîîître ?
- Oui oui, donne moi juste une seconde que je retourne me mettre en position. »

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Dracula disparut dans l’ombre et sitôt que François Hollande et Igor furent sortis, une porte s’ouvrit et un homme entra une lampe de poche à la main. Dracula toussota discrètement dans sa main et se lança théâtralement pour la 17e fois aujourd’hui :

« Je sens ta peur, mortel !« 

*

*    *

Car vous l’ignoriez peut-être, mais il fut un temps où Dracula devint Dracula pour sauver son royaume : telle est la formidable épopée contée par Dracula Untold, un film qui aurait dû rester Untold ET Unseen d’après les mauvaises langues. Alors, ragots des ténèbres ou vérité sur une grosse bouse dans laquelle, pour la première fois depuis longtemps, le vampire ne bécote pas de lycéenne attardée ?

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche. C’est pas mal, ça, le vampire qui fait le kakou dans une pose pensive. C’est juste dommage qu’il fasse jour. Un détail.

L’histoire commence par un pitch conté par la voix d’un enfant qui visiblement, n’a que ça à faire de débiter des âneries au lieu de faire ses devoirs. Mais que nous dit-il ce galopin ? Hé bien qu’au XVe siècle, les Turcs envahirent les terres de Transylvanie. Et qu’ils prirent 1 000 enfants pour en faire des soldats d’élite, procédé grandement aidé par l’absence complète à l’époque de réunions parents-professeurs. Parmi ces bambins se trouvait Vlad, le fils du roi de Transylvanie. Il se révéla être un guerrier si terrible qu’il faisait « reculer des armées à lui seul« , ce qui peut aussi être lié à une hygiène déplorable, que nous passerons sous silence. Bon, cela était peut-être aussi lié au fait qu’il adorait empaler ses ennemis, comme ça, pour déconner, mais tout de même. Car empaleur ou pas, figurez-vous qu’en fait, Vlad n’aspirait qu’à la paix (oui, hein, on ne dirait pas comme ça, je sais, ça sonne bizarre « paix » et « empaler » ensemble). Aussi retourna-t-il dès qu’il le put en Transylvanie pour monter sur le trône et gouverner aux côtés de sa femme bien-aimée, Mirena, et de son fils, Corky.

Car la voix off nous avoue que c’est bien Corky qui se cache derrière en terminant ce bref résumé par « Pour beaucoup de gens, Vlad allait devenir Dracula. Mais moi, je l’appelais père. » Enfin c’est soit ça, soit la voix off qui a un gros manque affectif, mais passons et allons donc voir ce qu’il se passe en ce moment même en Transylvanie (je vous laisse vous-même réécouter le morceau culte « En Trans… ylvanie« , qui nous rappelle combien ce pays est à la fois mystérieux et fourni en stations essences grâce à la magie des paroliers français modernes).

En effet, Vlad est avec ses hommes au bord d’un cours d’eau au fond des bois, et il est fort préoccupé : on vient en effet de retrouver dans celui-ci un casque turc. Ce qui est pas banal, tant d’habitude dans les cours d’eau, on retrouve plutôt des goujons voire des brochets. Quelqu’un a dû forcer sur l’appât. Et pour être tout à fait exact, la prise du jour est un casque d’éclaireur turc. Ce qui est fort mauvais signe d’après Vlad qui connait bien ce peuple au sein duquel il a grandi en tant qu’otage royal : lorsque les Turcs envoient leurs éclaireurs, c’est rarement pour vendre des cookies, ce qui est bien dommage. L’armée du sultan est donc probablement non loin derrière, et il est hors de question que la Transylvanie soit envahie à nouveau. Vlad étudie donc le casque avec attention.

« Alooors… s’il est arrivé jusqu’ici… c’est probablement qu’il a dérivé depuis le pic de la Dent Cassée, cette montagne que l’on voit d’ici et où le cours d’eau prend sa source.
- Et qui est à 150 kilomètres au bas mot.
- Ouiiii et alors, aide de camp Roudoudou ?
- Ben je sais pas. Quand on trouve une Twingo dans la Seine, elle n’a pas forcément dérivé depuis la source en Côte d’Or, non ? Donc votre casque turc, là, c’est pareil. Un Turc a pu le perdre n’importe où le long du cours d’eau. Pas forcément au pic de la Dent Cassée. C’est con, votre théorie.
- Et moi je dis que chut. Et je suis le héros. Alors pouët-pouët ! Allez mes amis ! Allons inspecter le pic de la Dent Cassée pour voir ce qu’y faisaient les éclaireurs turcs ! Rouquemoute et Victime, vous m’accompagnez !
- Rho non… je le sens mal, je ne sais pas pourquoi.
- Chut, j’insiste. Venez j’ai dit. Les autres, retournez au château ! »

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Vlad, Victime et Rouquemoute progressent donc jusqu’au pic de la Dent Cassée, et alors que le bousin est à des kilomètres, ils y arrivent promptement. Il y avait sûrement une autoroute gratuite jusque là, et sans portique écotaxe. Mais bref : sur place, ils aperçoivent une grotte d’où des chauve-souris paniquées s’échappent : il ne fait pas encore nuit, c’est donc que quelque chose les a dérangées ! C’est donc soit Bruce Wayne, soit des Turcs. Allez les petits gars, entrons dans la grotte et regardons de quoi il retourne ! Allumez les torches, sortez les épées, et en route !

Et le trio s’exécute en râlant parce que bon, pfou, ça sent mauvais cette affaire.

Et en effet, à l’intérieur, c’est un peu n’importe quoi. Déjà, parce qu’on y trouve toutes sortes d’araignées qui n’ont rien à faire en Transylvanie, ce qui n’a pas l’air de choquer nos héros, et ensuite parce qu’ils tombent nez à nez avec les cadavres des éclaireurs turcs, qui ont visiblement été machouillés par une très grosse bête (on voyait aussi des traces d’énormes griffes sur le casque retrouvé par Vlad, mais ce dernier en l’étudiant n’avait pas remarqué ce petit détail). Mieux encore, ce qui a fait ça doit visiblement bien se faire chier car ça a pris le temps de recouvrir le sol de copeaux d’os broyés exactement de la même taille ! Quoique ce soit : ça a des TOCs.

Et alors que personne ne s’y attendait (non, personne !) quelque chose sort de l’obscurité et découpe Rouquemoute, puis Victime, qui n’y étaient pas du tout prédestinés, sans que ceux-ci ne puissent réagir. Vlad lui-même ne parvient à s’en tirer qu’en courant vers la sortie de la grotte en agitant son épée comme un bâton de majorette. Et à la seconde où il atteint la sortie, il constate que la créature n’ose pas sortir au soleil. Et que le sang sur sa lame, car il l’a blessée en agitant son épée dans tous les sens, se dissout à la lumière du jour. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Il aperçoit brièvement un être humanoïde pâle à la bouche ensanglantée, mais bien vite, la chose se tapit dans l’ombre et disparaît. Vlad, après avoir changé de pantalon, peut donc revenir vers ses terres, mais d’abord, il fait un détour vers le légendaire monastère de Saint Bullshit, où il va interroger un vieux moine sur ce qui s’est passé dans la montagne.

Car comme toujours, non seulement les vieux moines savent tout, mais en plus, ils ont toujours un vieux livre enluminé avec des illustrations à faire pleurer d’envie De Vinci qui illustrent parfaitement le sujet. Ce qui signifie que 1) Un moine a trouvé le temps d’aller observer parfaitement clairement la bête du pic de la Dent Cassée pour en faire des jolis dessins, et 2) Que toutes mes années passées à étudier des vieux bouquins, on s’est foutu de moi : en fait, ils dessinaient comme des dieux à l’époque. Du coup, 3), il faudrait que je confirme cette théorie sur la sapience monastique en allant poser la question à un vieux moine « Que savez-vous des femmes toutes nues ?« . Si le mec est une encyclopédie vivante et me sort en plus un illustré, je pense qu’il faudra que j’écrive un courrier au Pape pour lui dire qu’il y a du laisser aller. Mais là n’est pas le sujet. Voyons plutôt comment les choses se passent.

« Mon père, figurez-vous qu’une créature mystérieuse hante le pic de la Dent Cassée. Au début, elle ne mangeait que des Turcs, et bon, ça arrive à tout le monde de vouloir manger un Turc, mais là, elle a mangé deux de mes hommes. J’ai pourtant vérifié : aucun des deux ne s’appelait Pita.
- Hmmm… vous voulez parler du vampire ?
- Le ?
- Le vampire. Regardez plutôt cet ouvrage complet sur le sujet : il y a très longtemps, un homme a passé un pacte avec le démon, comme vous pouvez le voir sur ce dessin.
- Oui, je reconnais même l’acteur. Précis vos dessins, dites-donc, il a posé pour vous ?.
- Hé, ho, c’est fini petite langue de pute ? N’empêche que cet homme a été trompé par le démon : certes, il a obtenu des pouvoirs surhumains, mais celui-ci l’a condamné a passer l’éternité dans cette grotte du pic. Il y est bloqué jusqu’à la fin des temps, à moins qu’un homme ne vienne prendre sa place.
- Et donc, plutôt que de proposer des pouvoirs surhumains au premier Turc venu pour être libéré, il les bute touts comme un gros con ?
- Je… heu… oui, c’est… c’est à peu près ça.
- Ecoutez, n’en parlez pas. La population a déjà assez peur des Turcs, on ne va pas en plus lui lancer des histoires de vampires. Sur ce, il est déjà 18h15 et je devrais être à la maison. Allez, salut mec ! »

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Et Vlad, après avoir courtoisement salué le moine d’un « Wesh gros« ,  retourne donc à son château, le célèbre château Dracula.

Sur place, sa cour accueille avec joie le retour du bon prince, et personne ne semble s’inquiéter de la disparition de Rouquemoute et Victime, dont tout le monde se foutait probablement. Vlad peut donc siffloter tranquillement tout en se rendant dans ses appartements pour aller faire des bisous à sa femme Mirena et saluer son fils Corky. Toute la petite famille est évidemment heureuse, pacifiste, cultivée et pour un peu, boirait de la tisane bio en militant pour Eva Joly. Mirena essaie bien de se mêler des affaires de son mari, mais brièvement : car demain, c’est Pâques, et en bon royaume chrétien, c’est jour de fête et il y a des choses à préparer. Comme les œufs, je suppose.

Bondissons donc au lendemain, alors que toute la cour est réunie dans la salle du trône pour célébrer Pâques et rappeler de manière très subtile que cela fait 10 ans que le royaume est en paix grâce au bon prince Vlad, et que tout le monde espère que cela va durer encore longtemps, parce que la paix c’est cool, la guerre c’est mal et les lapins c’est gentil (on dirait un peu un communiqué des Jeunes Socialistes, mais passons). Hélas, et alors que personne ne s’y attendait, c’est ce moment là que choisissent de vils personnages pour entrer sans prévenir parce que non, en Transylvanie, personne n’annonce les visiteurs. Tu passes le pont-levis, tu files droit jusqu’à la salle du trône et personne ne se pose de questions. 5 hommes en armes, donc, rentrent ainsi dans la salle, menés par un officier qui marche jusqu’au trône de Vlad.

« Bonjour à vous, Prince Vlad.
- Bonjour à vous visiteur, que puis-je pour vous ?
- Nous sommes ici en ambassade.
- Hé bien, tous les ambassadeurs sont les bienvenus, amis suédois, vous êtes ici chez vous.
- Hem je… heu… en fait, on n’est pas suédois.
- Ah non ?
- Non, nous sommes les Turcs.
- Roooh, vous me faites marcher. Vous êtes tous blancs ! Et le grand blond aux yeux bleus, là-bas ? Et l’autre, tout aussi blond, là, ils sont Turcs peut-être ?
- Non mais si, on est les Turcs, vraiment.
- Dites Krisprolls, pour voir ? »

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Mesdames et Messieurs : les Turcs ! Les deux blonds au fond sont tout bonnement formidables.

Mais si : ce sont bien les Turcs. Quelqu’un a juste dû oublier un léger détail au casting. Mais bon, hein, est-ce bien important ? Notre délégation plus blanche que celle d’une soirée du Ku Klux Klan fait donc dans la subtilité : les Turcs provoquent les membres de la cour, humilient les gens, et exigent le tribut annuel du sultan, ce que Vlad accepte volontiers pourvu que cela maintienne la paix. Sauf que voilà, toujours dans la provoc’ (c’est décidément très subtil, le prochaine fois, autant qu’ils envoient quelqu’un chier dans les bottes princières en chantant Tata Yoyo), au moment de partir, l’ambassadeur Turc tente une imitation de Colombo en se retournant au moment de partir pour lancer :

« Ahahaha, oui, au fait, j’allais oublier une dernière chose… maintenant que j’ai bien abusé de la situation, je me demandais : vous ne voudriez pas filer 1 000 de vos enfants au sultan ? C’est un petit peu un ordre, d’ailleurs.« 

La cour s’insurge, et Vlad fait de même : les Turcs n’étaient-ils pas supposés arrêter cette pratique ? Oui, mais non : l’ambassadeur l’informe que le sultan reforme les janissaires, les soldats d’élite turcs formés à partir d’esclaves chrétiens. Alors on me dira « Ça explique les blondinets chez les Turcs. » et je répondrai « Il vient de dire qu’il reformait à nouveau les janissaires, donc qu’il n’y en avait plus, du coup, non, les blondins chez les Turcs sortent de nulle part, mais c’est gentil d’avoir essayé.« 

Ah bah, tenez, je viens d’aller voir le casting : l’un des rôles porte le nom de « Turc aux yeux clairs » et est joué par un certain Thor Kristjansson. Et dire que je voulais caricaturer : Hollywood est décidément bien plus fort que moi.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis consterné.

Mais, passons. Car le soir venu, Vlad papote au lit avec sa femme en lisant Libération.

« Je ne donnerai pas notre fils aux Turcs. Ça commence à bien faire les conneries. Et puis qu’ils retournent chez eux, et chez eux, c’est pas en Europe si tu vois c’que j’veux dire !
- Ho oui mon Choubidou ! Montre-leur ! Mais j’y pense, Mehmet, le nouveau sultan, vous n’avez pas grandi ensemble ? C’est pas un peu ton BFF ?
- Mais si, si… maintenant que tu en parles, c’est vrai que c’est utile comme information. Rah, si seulement je l’avais eu plus tôt, j’aurais pu dire à l’ambassadeur turc d’arrêter de se comporter comme une buse et me faire respecter.
- Ce n’est pas grave si tu es un peu con mon Vladou. C’est aussi pour ça que je t’aime.
- Bon, tu sais quoi ? Demain, je vais voir Mehmet, et je lui dis qu’on n’a pas envie de lui filer nos enfants. En attendant, dormons, on dira moins d’âneries. Enfin, j’espère. »

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Et donc, dès le lendemain, notre héros se lève, se brosse les dents, mange ses tartines devant Télématin puis parcourt la distance qui le sépare de l’immense camp de Mehmet, qui s’apprête à fondre sur l’Europe, pour y trouver son vieil ami, en pleine réunion stratégique avec ses meilleurs généraux.

Pardon ? Oui, le sultan est lui aussi un bon occidental puisque vous me posez la question. Joué par un certain Dominic Cooper, il a été autobronzé jusqu’à ce que mort s’ensuive, et ressemble donc plus à une petite vieille de la Croisette qu’à un sultan turc : pour un peu, on en aurait presque envie de lui voler son sac. Toujours est-il que Mehmet invite son bon ami Vlad à le rejoindre pour siroter un café turc tout en discutant de la situation. Mehmet ouvre donc les hostilités.

« Vlad ! Heureux de te revoir, tu es un guerrier légendaire. Je vais envahir l’Europe et je serais heureux de t’avoir à mes côtés. Mais figure-toi qu’il me manque encore mille soldats, dont je ne peux me passer, les troupes manquent… et tu était censé me fournir ces 1 000 enfants pour mes janissaires.
- Oui, alors justement, à ce sujet… bon, écoute… on ne peut pas te les fournir. Enfin on ne peut… on ne veut en fait. Voilà.
- …
- Mais moi je vaux bien 1 000 hommes ! Prends-moi dans tes rangs !
- Ho, grand fou. Mais non ! Je veux tes 1 000 hommes. Et puisque tu en as proposé un de plus… pourquoi pas. »

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Et c’est à peu près tout. Non, Vlad ne propose pas de payer à la place pour engager 1 000 hommes, ou de fournir 1 000 adultes, non, Vlad est une grosse buse qui ne voit que deux alternatives : 1 000 mouflets, qui en plus, seront trop jeunes pour servir, ou lui. Alors qu’il aurait fait appel au célèbre Odius Connos, conseiller de l’ombre venu de l’ouest et paysagiste de renom, la situation eut été vite réglée.

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« Prince Vlad, j’ai deux bonnes nouvelles.
- Conseiller Connos ? Mais enfin, cela ne fait que 10 minutes que vous planchez sur la question ! Enfin, je vous écoute, quelles sont ces nouvelles ?
- La première, c’est que les Turcs sont satisfaits. Ils n’exigent plus d’enfants de nous.
- Mais, comment ? Aucun parent n’a signalé l’enlèvement de son enfant.
- C’est là la deuxième bonne nouvelle, mon prince : je viens de libérer le budget royal de plusieurs milliers de deniers : les orphelinats n’auront plus besoin de grand chose avant un bon moment. »

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Quel manque de sens pratique.

Vlad rentre donc penaud : il peut soit obéir et garantir la paix, soit refuser et accumuler des milliers de morts dans une guerre perdue d’avance. Par ailleurs, Mehmet, qui est décidément taquin pour un BFF, exige que Vlad envoie son propre fils parmi les enfants à fournir. Parce que oui, Mehmet aime bien chauffer ses alliés pour s’assurer qu’ils aient envie de se rebeller. Mais vous allez voir, ce n’est pas fini. Et c’est bien dommage, d’ailleurs.

Car résigné, Vlad accepte, malgré les supplications de sa femme. Toute la petite famille se rend donc dans un coin désert du pays (pourquoi ? Ne me demandez pas, hein, je n’y suis pour rien !) pour remettre à un ambassadeur turc le jeune Corky, qui deviendra janissaire. Ou employé de la COTOREP, on est pas encore sûr. On va supposer qu’il ne sera que le premier des mille enfants d’ailleurs, hein, et pas que les Turcs ont décidé de récupérer les marmots au un par un. Sur place, donc, malgré toutes les difficultés et cris de sa femme, Vlad remet son fils. Ce qui se passe à peu près comme ceci :

« Tenez, prenez mon fils.
- D’accord. Hahahaha.
- Vous avez rigolé, là, non.
- Oui, et je le refais. Hahahahaha !
- Bon. Okay.
- Holala, vous êtes franchement trop naze en fait, je m’attendais à plus de résistance !
- Non mais c’est bon, vous avez mon fils là, pourquoi vous me provoquez ?
- Moi, je vous provoque ? Je ne te provoque pas. Petit kiki.
- Vous venez de dire un truc, là !
- Non. Je couche avec ta mère.
- Nan mais sans déconner arrêtez ! Depuis le début du film, vous n’arrêtez pas de provoquer sans aucune raison !
- Vous exagérez.
- Et… mais merde, vous faites quoi ?
- J’urine sur votre jambe. Comme ça. J’avais envie.
- Mais ?! »

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Et après moult provocations aussi débiles qu’absurdes, Vlad fait quelque chose que vous n’attendiez pas du tout : IL SE REBELLE !

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« Chérie, je crois que les Turcs me provoquent gratuitement. – Mais non mon roudoudou, tu te fais des idées. – Tu es sûre ? Même quand ils me font des doigts pendant qu’ils me parlent en m’appelant « Dracucu » ? – Oui je… ce doit être une… une tradition ? »

C’est tellement subtilement amené. Tenez, on dirait presque le passage de Dark Vador du côté obscur selon George Lucas, c’est dire.

Vlad attrape donc l’épée de l’ambassadeur con-con, et à lui seul, le découpe lui et sa petite escorte avant de repartir avec son fils et sa petite famille parce qu’ils n’ont pas que ça à faire et qu’en plus, il y a des petits bouts partout et que c’est très sale. Ses conseillers paniquent : cela signifie que ce sera la guerre avec les Turcs ! La Transylvanie n’a aucune chance de s’en sortir, et Mehmet les fera tous payer pour cet affront ! Mais Vlad ordonne à tout le monde de repartir au château sans lui. Lui, il a autre chose à faire. Il a… UN PLAN !

Non ! Pas un plan de Vlad !

Si. Il veut aller chercher la force qui lui permettra de vaincre les Turcs et de sauver son royaume. Et pour cela, se dirige donc vers le pic de la Dent Cassée.

Qui entre temps a bien changé : désormais, pour y accéder il faut faire de l’escalade de ninja. C’est marrant, ce n’était pas le cas, dans mon souvenir, avec Rouquemoute et Victime. Ils ont dû fermer l’autoroute qui y menait entre temps. Ou remettre l’écotaxe. On ne sait jamais avec ces trucs là.

Vlad arrive ainsi dans la grotte, et il est bientôt accueilli par un humain malingre au visage monstrueux, exactement comme dans le livre des moines. J’insiste : quelle précision, ces moines. La créature sourit donc à son visiteur.

« Tu es revenu ! Personne ne revient, d’habitude.
- Personne ne s’en va non plus en même temps, hein.
- En effet. Mais dis-moi, tu ne sens pas la peur, mais l’espoir. Quel homme rampe jusqu’à son tombeau avec de l’espoir ?
- C’est que mon pays a besoin, non plus d’un héros, mais d’un monstre pour le débarrasser des Turcs. Alors j’ai besoin de votre force.« 

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Le vampire considère la chose avec attention, avant de reprendre.

« Bon ben écoute, c’est plutôt cool parce que j’attends depuis des siècles un homme de ta trempe pour lui confier mes pouvoirs et me libérer.
- Encore une fois, je ne pige pas pourquoi vous ne les avez pas donné au premier mec venu pour sortir plus vite, mais soit.
- Il suffit ! Regarde, je vais me trancher la main pour faire couler mon sang dans ce bol taillé dans un crâne.
- Dites-donc, vous êtes un peu léger niveau vaisselle. Vous avez l’immortalité et des supers pouvoirs mais même pas un bol Nesquik ?
- Ho, hé, ça va hein. Voilà le deal : si tu bois mon sang, tu deviendras un vampire. Tu auras la force de cent hommes, la vitesse du guépard, et tu commanderas aux créatures de la nuit, comme le loup, la chauve-souris ou encore le hamster. Et ce, pour 3 jours. Si au bout de ces 3 jours, tu as résisté à la soif de sang humain que tu vas ressentir, tu auras sauvé ton royaume et tu seras à nouveau humain.
- Et si je bois du sang humain entre temps ?
- Alors tu seras un vampire pour l’éternité. Et moi, je serai libre car tu auras accepté ton sort. Tu deviendras un pion dans mes plans maléfiques.
- Du coup, pourquoi vous me le dites ? Non parce que sinon, j’aurais bu du sang humain, et pouf, vous étiez libre.
- Je… ah, oui tiens. Bon, allez : bois et arrête de m’enquiquiner.
- Allez, un, deux, trois, cul sec ! »

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Et grâce à son passé d’étudiant faluchard, c’est donc sans souci que notre héros finit son bol. Le vampire en profite pour lui dire qu’il aura aussi des faiblesses comme « l’envie de sang », mais c’est tout, il oublie de lui parler du reste. Comme l’argent, la lumière du jour, hohoho… détails, hein. C’est pas comme si c’était vaguement important de dire « Au fait, à la lumière du jour, tu te transformes en torche, tu ne t’inquiètes pas, c’est normal ! Ça pique un peu sur le coup, mais après, tu pèles fort, c’est rigolo.« 

Là, ami lecteur, tu me diras « Oui mais au début du film, Vlad a vu que le vampire ne sortait pas de sa grotte et que le sang de celui-ci sur son épée brûlait au soleil dans l’entrée de la cavité ! Donc il sait pour la lumière du jour !« 

Non. Pour rappel, tout ce que Vlad sait, c’est que le vampire ne peut pas sortir de sa grotte (le vieux moine lui a dit) et ce qu’il a vu, c’est qu’il ne pouvait pas en effet s’approcher de la sortie. Et que le sang du vampire s’était volatilisé à cet endroit. Donc sa déduction logique devrait être « Hmmm, si le vampire essaie de sortir, il brûle. » et non « Hmmm, c’est la lumière du jour, sa faiblesse. » parce que sinon, il devait demander « Mais si c’est ça, pourquoi vous n’avez jamais pensé à sortir de votre grotte la nuit ? ».

Mais non : Vlad a lu le script, et c’est bien puisque sinon, il allait nous faire Jeanne d’Arc Untold malgré lui.

Toujours est-il qu’après avoir bu le sang du vampire, Vlad est un peu malade et c’est normal : pour pouvoir se transformer, il doit d’abord mourir. Là encore, un détail. Ce qu’il fait très bien, contrairement à Marion Cotillard. Sauf que comme prévu, il revient d’entre les morts, et se réveille… au beau milieu du cours d’eau qui descend du pic de la Dent Cassée ! Tiens mais au fait, comment est-il arrivé là, sachant que le pic de la Dent Cassé est à des kilomètres de là, si j’en crois les décors ? Non parce que si le vieux vampire est prisonnier de sa grotte, il n’a pas pu le traîner. Du coup on va…. hmmm… on va dire qu’il l’a lancé. Très fort. Une sorte de lancer de nain édition XL. Je me comprends.

Bref, Vlad se réveille et a un gros mal de tête (et c’est tout, bande de filous). Pffffouuu, il faut qu’il arrête de picoler du sang, il n’a plus l’âge pour ça. Bon, voyons voir ! Déjà, il est vivant, première nouvelle. Ensuite, l’anneau en argent à son doigt hérité de son père le brûle : il est en argent. Il le retire donc et décide de le porter autour du cou par-dessus ses vêtements. Et enfin… ses sens ont changé ! Il arrive désormais à voir des loups qui gambadent, des daims qui s’enfuient ou des écureuils qui rackettent un lapin à des kilomètres ! Mieux encore, il entend un bruit sourd… c’est en fait une araignée, à cent mètres de là, qui s’agite dans sa toile ! Désormais, son ouïe est surdéveloppée : péter à la cour de Transylvanie va devenir un véritable défi, mais là n’est pas le sujet.

Car Vlad entend surtout que les choses vont mal au château Dracula : dans le lointain, on tire au canon !

Ou alors, on écoute de la techno autrichienne : dans les deux cas, le peuple est en danger.

Ce sont bien les Turcs qui sont venus calmer la rébellion que le prince Vlad avait commencé. Ils ont donc envoyé 1 000 hommes et des bombardes (oui, tout ça, ils devaient camper à moins d’un kilomètre puisqu’il ne s’est pas passé plus de quelques heures depuis le massacre de l’ambassadeur venu chercher Corky et de sa garde) assiéger le château. Vlad accourt donc, et réalise un peu par hasard qu’il peut désormais aller très vite en se transformant en nuée de chauve-souris. Allez hop ! En avant !

Vlad regagne donc son château bombardé et se faufilant discrètement, rejoint sa cour. Il rassure sa femme, ses enfants et son bon peuple (qui tout le long du film, se limite aux habitants du château : la Transylvanie, c’est tout petit) et annonce : il a voulu maintenir la paix, mais les Turcs ont poussé le bouchon trop loin. A présent, ils vont payer. Et il va s’en charger personnellement ! Vlad sort donc du château sans même une arme, et s’avance droit vers l’armée turque. Celle-ci est un peu étonnée mais bon, hein, puisque le prince Vlad est là, ils vont lui péter la gueule. Tant qu’à faire.

Ils le chargent donc. 1 000 contre un mec en slip avec ses petits poings, ça paraît jouable.

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Evidemment, le héros a quand même toujours le temps de faire un discours sur la liberté à ses hommes sales et fatigués pour mener une dernière bataille.

Pas de bol pour eux, Vlad étant super fort et super rapide, il a tôt fait de soit leur faire du catch dans la gueule (si, si), soit de tuer les vilains avec leurs propres armes. En quelques minutes, Vlad tue donc à lui seul 1 000 hommes, puis histoire de rappeler qu’il n’est pas là pour déconner, il les empale tous (d’où sortent les pieux ? Mystère !). Ça vous pose son homme et ça fait passer un message plus clairement qu’une boîte de Mon chéri. Lorsque les hommes de Vlad, partis faire caca, arrivent en renfort, ils sont donc un peu surpris de voir que toute l’armée ennemie a été vaincue et embrochée. Vlad est donc clair :

« Ne posez pas de questions.
- Pas d’inquiétude : nous sommes bien trop cons.
- Excellent. Mais les Turcs ne vont pas s’arrêter là. Mehmet va apprendre que son armée a été défaite et employer les grands moyens. Nous devons envoyer mon peuple se cacher au monastère du Saint Bullshit. Dites à tout le château de se préparer.
- Non mais vraiment, vous êtes sûr que votre peuple tout entier tient dans un seul château et/ou un monastère ?
- Rah, j’ai dit pas de questions !
- Ah oui, pardon. Bon, on va se mettre en route, nous devrions y être dans 10 minutes. 
- Vous êtes sûr soldat ? Le monastère n’est pas plutôt à plus d’une journée ?
- Ben non, au début du film, dans une seule et même journée, après avoir affronté un vampire dans une grotte vous aviez trouvé le moyen d’aller à Saint Bullshit et d’en revenir avant même que tout le monde ne soit parti se coucher. Du coup, ça doit être juste à côté, non ?
- Hmmm… non. Le monastère est monté sur des savonnettes et a glissé pendant la nuit. Maintenant, il est super loin.
- Mais ?
- PAS DE QUESTIONS J’AI DIT ! »

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Et le plan de Vlad est exécuté : le peuple est rassemblée et quitte le château pour aller au monastère de Saint Bullshit, qui serait plus facile à défendre (alors qu’un château, non). En chemin, les conseillers de Vlad font grise mine, mais leur prince a tôt fait de leur remonter le moral.

« Sacrebleu, Vlad. Les Turcs contre nous… nous n’avons aucune chance.
- Pas d’inquiétude mes amis, je vais gagner cette guerre en trois jours. Tout seul. Ils n’ont qu’à venir, et paf. »

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Ce qui est assez intéressant vous en conviendrez : depuis qu’il a bu le sang du vampire, Vlad est en God_Mode pour 72h. Mais plutôt que de se dire « J’ai un temps limité, je vais profiter de ma super vitesse, force et invincibilité temporaire pour aller bourrer la gueule aux Turcs et être en paix avant la fin du compte à rebours« , il se dit plutôt que tiens, puisque j’ai un temps limité, si je le gaspillais à attendre ? Rhooo, et ce n’est pas du tout pour que Vlad se retrouve dans une situation où à la fin du compte à rebours, il doive faire un choix déchirant. Noooon. Rien à voir on vous dit.

D’ailleurs, il faut savoir que quelqu’un d’autre sait que Vlad est un vampire : à un moment, Vlad s’éloigne du groupe pour aller marcher seul dans les bois loin de toutes ces tentations de jugulaires à sucer, ou cueillir des champignons, qu’importe. Quand soudain, il aperçoit derrière lui une sorte de vieux gitan édenté.

« Va-t-en, rabouin ! Je suis le prince Vlad et je n’aime pas être suivi. 
- Maiiiiis Monseigneuuuuuur, je m’appelle Igoooor et je voudrais vous serviiiiiir, ôôô, grand vampiiiiire !
- Commence pas apprendre à utiliser correctement les voyelles. Et d’où sais-tu que je suis un vampire ?
- Les chauve-souris… elles tournent autour de vous en permanence…
- Oui, mais uniquement lors des scènes qui vont bien parce que le réalisateur l’a oublié. Mais d’où te vient cette science des vampires, sachant que l’on n’en parle que dans un vieux livre de Saint Bullshit ?
- … heu…
- Non, tu sais quoi ? Je vais arrêter de poser des questions aussi.
- Ah, bon, d’accord… mais sinon, comme vous êtes un vampire, vous devez avoir envie de boire du sang ! Ça vous dirait de boire le mien ?
- Non.
- Bon… au revoir, alors ! »

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Et Igor disparaît dans les bois.

Vlad, lui retourne au campement établi… pour la journée. Et non, aucun de ses hommes ne trouve bizarre que le prince dise « Surtout, ne nous déplaçons pas le jour, sachant que les Turcs arrivent, passons 2/3 de chaque journée à nous tourner les pouces sur place !« . C’est chouette. Bien à l’abri au fond de sa tente Quechua (les vampires adorent, les lecteurs les plus anciens de ce blog sauront sûrement de quoi je parle), Vlad peut donc attendre en paix que le jour passe. Et faire des câlins à sa femme. Avec douceur : car si Vlad, sorti de sa rivière à son réveil, brisait des rochers rien qu’en s’appuyant dessus tant il était devenu super fort, là, il arrive à serrer très fort sa femme dans ses bras, voire lui mettre le trilili dans le trouloulou sans lui péter toutes les vertèbres, oups, pardon, désolé, tu es tétraplégique mais en même temps, ça a dépoté pas vrai ? Sa force varie donc selon les scènes, c’est bon à savoir. Il n’empêche que sa femme a tôt fait de découvrir son secret : déjà, Vlad n’a plus dans le dos toutes les cicatrices de coups de fouet qu’il avait remontant à sa jeunesse chez les Turcs. Ensuite, elle aperçoit nettement qu’une fois torse nu, la bague en argent qu’il a au cou le brûle (mais comme il est con, il ne pense pas à la retirer), et enfin, elle note qu’il est bizarre, du moins plus que d’habitude, et il finit par tout lui avouer, à commencer par le fait qu’il doit surtout ne pas boire de sang humain durant trois jours s’il veut redevenir un simple mortel.

Sa femme étant sympa, et lui dit que okay René, je vais t’aider.

Ce pourquoi dès le soir venu, alors que les Transylvaniens se préparent à lever le camp pour marcher sur Saint Bullshit, Mirena ordonne à tout le monde de se bouger sans prêter attention à Vlad qui serait « parti en reconnaissance« . En réalité, Vlad est en train d’attendre que le dernier rayon du soleil soit tombé pour se transformer en nuée de chauve-souris et aller courir la région. Seulement voilà : le mec qui jusqu’ici pouvait entendre une araignée jouer des claquettes à 100 mètres avec la même intensité qu’un coup de canon, ne repère pas tout le contingent d’éclaireurs turcs en armure qui était à 50 mètres du camp en train de se marrer.

Oui, le script est génial, je sais. C’est merveilleux.

D’ailleurs, les éclaireurs turcs sont très forts : alors qu’ils sont bien installés le long de la colonne des réfugiés Transylvaniens, qu’ils ont une vue formidable sur eux (les nuits sont très claires dans ce pays) et des arcs… mouais non : à la place ils préfèrent charger en hurlant.

Résultat ? C’est un massacre quand même, et bien vite, Mirena et Corky sont menacés par un vilain Turc qui a bien envie de les tuer. C’est sans compter sur l’arrivée d’une nuée de chauve-souris qui se transforme bientôt en papounet devant les yeux de bovin de Corky et qui… pousse le méchant dans le vide, puisqu’ils étaient au bord d’une falaise. Et là encore, malgré sa super ouïe, Vlad n’entend pas le méchant se rattraper à un bout de la falaise et faire des bruits comme « Pouf, argh, ouch, ça pique les doigts les cailloux, dès que je serai sauvé, j’irai tout balancer au sultan !« .

Oui, c’est drôlement bien fait. Et subtil. Je sais.

Toujours est-il qu’après ce bref incident, les réfugiés et Vlad parviennent jusqu’au monastère de Saint Bullshit, niché en haut d’une falaise surplombant un défilé, et tout le monde s’y enferme pour prendre un peu de repos. Hélas pour Vlad, au petit matin, tout le monde va et vient dans le monastère, sauf lui qui est bloqué par la lumière du jour. A part dans une scène où il est au milieu de l’armurerie du monastère (typique !) et où il glande sous une fenêtre en prenant des poses cool sans que personne ne remarque que ha bah tiens, c’est joli pour la photo mais là, on voit clairement le soleil lui tomber pile dessus, il ne devrait pas un peu cramer, le garçon ?

Mais non. Hohoho, encore un très léger oubli on vous dit.

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En même temps, c’est tellement bien réalisé. Par exemple, là, dans cette scène, il fait nuit. Si. Vraiment. Sans même parler de la lumière, vous aussi vous notez ce gros objet céleste très lumineux au fond ? Voilà. Sûrement la lune.

Bref, à un moment, alors qu’il déambule dans les ombres, Vlad se fait repérer par un moine qui se met à le suivre. Il comprend alors que Vlad fait tout pour rester à l’ombre : c’est soit qu’il a chaud, soit que c’est un vampire ! Aussitôt, le moine choisit l’option la plus crédible, et alors que Vlad est dans la forge du monastère, le moine débarque… avec une épée en argent à la main !

Car oui, les épées en argent, c’est un peu comme les sandales : tout moine en a de base dans son inventaire.

Mais bref, notre moine est donc furieux :

« Prince Vlad ! Vous êtes devenu un vampire, laissez-moi vous tuer !
- Hmmm… non, pour voir ?
- Allez !
- Non.
- Bon, en tout cas, vous n’avez pas encore bu de sang humain, car sinon, vous seriez aussi sensibles aux signes religieux, mais tout de même : si vous êtes un monstre, je dois vous tuer !
- Essaie pour voir ! »

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Comprenant qu’il va se faire botter le cul s’il y va en duel, le moine hésite, et finalement utilise son épée… pour déchirer la toile tirée au-dessus de la forge ! Le soleil pénètre donc dans celle-ci, et Vlad se prend un rayon en plein visage et commence donc à se décomposer de la tête, un peu comme certaines vieilles actrices qui finissent dans Vivement Dimanche. Tous les passants qui étaient dans la cour du monastère se mettent donc à hurler au monstre, et balancent des torches dans la forge en espérant que Vlad la créature des ténèbres va mourir. Mirena, qui comprend que cela sent le pâté (elle est drôlement rusée), se tourne vers une des nourrices de son fils Corky.

« Vous là ! Emmenez Corky dans une chambre et empêchez-le de regarder par la moindre fenêtre !« 

Ce que la servante interprète aussitôt comme « Emmenons Corky en haut d’un escalier puis laissons-le regarder depuis une rambarde : de haut, il verra mieux ce qu’il ne doit surtout pas voir. »

Je suis fatigué. Si fatigué.

Bref, Vlad finit par se trouver un coin d’ombre pour s’abriter et se recomposer, et il parvient même à échapper à l’incendie de la forge, car la fumée créée par celui-ci génère une véritable zone d’ombre sur le monastère. Vlad sort donc dans la cour faire un peu la loi.

« Non mais dites-donc ! Ça va pas d’essayer de me brûler la gueule ?
- Bé oui mais vous êtes un monstre, un peu !
- Oui, j’en suis devenu un pour vous sauver les miches ! Alors vous devriez me dire merci !
- Hmmmmmouaiiiis. 
- Bon, écoutez : je bourre la gueule des Turcs et on en reparle après, d’accord ? »

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Soit. Tout le monde est d’accord : d’abord, les Turcs, ensuite, les créatures de Satan. Intéressante liste des priorité : les Grecs qui me lisent approuveront.

Mais justement, et chez les Turcs ? Hé bien, l’éclaireur qui s’était accroché à un bout de falaise après avoir affronté Vlad est venu faire son rapport. Il a donc raconté que l’ennemi se planquait au monastère de Saint Bullshit, et surtout, que Vlad déployait des pouvoirs mystérieux qui effrayaient tout le monde. Mehmet a donc la solution à cela :

Une armée de… de soldats aveugles ?

Comment dire ? Ça ne règle pas le problème, en fait ? C’est un peu comme dire « Hmmm, ils utilisent des bombes : envoyons des sourds, ils n’auront pas peur du bruit. » Oui, mais ils prendront quand même des bombes sur la gueule, en fait. Enfin bon, qui attend encore quelque chose du film à ce stade ? Mehmet, réunit donc 100 000 hommes car s’il ne pouvait « pas se passer de 1 000 enfants » d’après ses dires plus tôt dans le film, visiblement, il trouve quand même encore aisément 100 000 hommes sous un caillou.

Vous pensez qu’il ne peut pas faire plus con ? Ho, comme vous êtes optimiste !

Mehmet envoie son armée attaquer le monastère sans armes de siège. Ou bélier. Ou vague échelle. Mais c’est normal, et vous savez pourquoi ? Parce que Mehmet, non content de franchir la distance campement – château de Dracula – monastère de Saint Bullshit en 1 heure là où une petite colonne de réfugiés avait mis deux jours, attaque en plus… par le défilé.

Mais si, vous savez, le défilé. C’est à dire l’endroit certes sous le monastère perché 300 mètres plus haut, mais qui ne mène pas au monastère. Grosso modo, les mecs viennent juste pique-niquer, quoi.

C’est formidable. Formidable.

Mais la nuit est en train de tomber – les jours & nuits ont des durées variables dans ce film, on dirait du Nolan – et Vlad est chaud-patate pour se battre. Après tout, c’est sa dernière nuit en tant que vampire ! Bon, on notera aussi qu’il n’a plus jamais senti le besoin de boire du sang depuis deux nuits, juste vaguement la première, mais hein, bon. Et donc, cette nuit, il va raser l’armée de Mehmet, voire, comme on disait en ce temps là, lui Mehmet sa misère.

Chhhhht. Vous n’avez rien lu. Vous avez rêvé ce calembour. Oubliez et passons à la suite.

Vlad a une arme secrète : les chauve-souris. Depuis le monastère, il les appelle depuis tous les coins du pays, jusqu’à ce que des centaines de milliers se mettent à tournoyer (et déféquer) autour de Saint Bullshit. Puis, il les contrôle et fait prendre à l’essaim différentes formes : une main, un poing, un gros doigt, une pantoufle… et finit par envoyer le vol de créatures de la nuit au-dessus des Turcs. Il oblige les chauve-souris à voler en formation « poing géant », puis abat celui-ci sur l’armée ennemie, qui est donc en partie désintégrée par ce poing céleste !

Parce que visiblement, dans Dracula Untold, les chauve-souris, à partir du moment où elles volent en dessinant un poing géant, ont les propriétés d’un poing géant. Et non pas celles de chauve-souris de 20 grammes qui volent juste très très vite vers le bas. Certes en nombre, mais pas grimpées les unes sur les autres pour peser plus lourd. On va donc en rester là-dessus : le pouvoir de Vlad sur les chauve-souris est sûrement très impressionnant au Pictionnary, mais contre une armée de Turcs, logiquement, ça reste moyen. Mais le script dit, encore une fois, que si, c’est super. Vlad massacre donc toute l’armée ennemie avec ses chauve-souris qui créent des impacts de plusieurs mégatonnes (le tout, sans se blesser), avant de voler lui-même, sous forme de ces volatiles, se jeter sur le général ennemi pour lui…

« Mais ! Vous n’êtes pas Mehmet ! 
- Ah non, moi c’est Sven.
- Sven ?
- C’est Turc, cherchez pas. »

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Après avoir tué un énième Turc-Suédois, Vlad est donc bien embêté ! Où est Mehmet ? Pire encore, une fois de plus, il n’avait pas entendu tout un contingent d’éclaireurs ennemis approcher le monastère et le prendre d’assaut pendant qu’il était parti (décidément, je ne sais pas si ce sont les éclaireurs qui sont très forts ou Vlad qui est très nul, mais j’avoue qu’une hypothèse me paraît plus crédible que l’autre). Ceux-ci passent donc au fil de l’épée tout ce qui leur passe sous la main, et kidnappent Corky. Vlad a beau voler à toute allure pour venir à son secours, lorsqu’il arrive, son vrai souci est que sa femme, bousculée dans la bataille, tombe de la plus haute tour du monastère… droit vers le défilé ! Une chute de 300 mètres au bas mot !

Vlad saute donc à sa poursuite, mais hélas, même en prenant la forme de chauve-souris, il n’arrive pas à tomber plus vite qu’elle pour la rattraper. Ne me demandez pas pourquoi. peut-être qu’il n’a pas pensé à battre des ailes ? Et sinon, vu que la chute dure deux plombes, appeler les 12 000 000 chauve-souris qui viennent de latter les Turcs pour qu’elles fassent encore une main géante, mais sous ta femme, non ?

Non.

« AÏE ! » fait donc Mirena en touchant le sol.

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« Survivre à une chute de 300 mètres ? Ah nan mais attends même nous on ne l’a pas ce pouvoir ! Tu ne voudrais pas plutôt envoyer ta femme combattre les Turcs ? »

Non, pas « Sproutch !« , j’ai bien dit « Aîe !« . Mirena, qui vient de faire une chute de 300 mètres, est impeccable. Elle est dans une jolie robe blanche avec même pas une trace de sang, un bout de fracture ouverte ou quoi que ce soit : elle est juste allongée sur les cailloux avec de grands yeux tristes. Et elle a le temps de causer, en plus, parce que bon, hein, sa chute-qui-ne-fait-pas-de-traces était mortelle, mais pas trop. Elle peut donc agoniser en paix, Vlad penché sur elle.

« Vlad…
- Oui mon amour, je suis là.
- Vlad…
- Accroche-toi ma chérie. Tu vas rentrer au pays. J’entends les hélicos !
- Vlad… suce mon sang.
- Que… hein ?
- Vlad… notre fils est en danger… Mehmet encore vivant… et le soleil va se lever. Tu vas perdre tes pouvoirs. Bois mon sang, et deviens un vampire pour sauver notre fils ! Sacrifie-toi pour lui et ton pays.
- Mon dieu.. Mirena… non !
- Ah ben hé. Qui c’est le gros tocard qui a passé trois jours à fuir au lieu d’aller bourrer Mehmet qui devait vivre à 200 mètres pour être toujours si près avec toute son armée ? Maintenant, tu n’as plus le temps et tu chiales. Hé ben tant pis. Allez, bois mon sang. Fais-le pour notre famille. Et aussi pour que je puisse quitter ce film tout pourri.
- Bon… si je dois le faire ! »

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Et donc, évidemment, Vlad ne devient pas le célèbre Dracula simplement parce qu’il aimait empaler des gens, non : il devient un vampire par amour et parce qu’il est plein de valeurs. Il plonge donc ses crocs dans le cou de Mirena, ce qui la tue, contrairement à une chute de 300 mètres et à de gros cailloux, donc. Et il devient ainsi un vampire pour l’éternité. Pendant ce temps, dans sa grotte au fin fond de la montagne, le vieux vampire est content : Vlad a cédé et bu du sang avant la fin des trois nuits. Il est donc… liiiiibre ! Liiiiiibre ! Il va pouvoir… pouvoir… hmmmm, sans argent ni diplômes il va… bon. Il n’y avait jamais pensé. Il aurait dû continuer cette licence de lettres modernes par correspondance. Enfin.

Mais revenons à Vlad. Grognon, il retourne au monastère où visiblement, les Turcs n’ont jamais appris comment tuer des gens, puisque 85% du monastère est à l’agonie. C’est magique : il y a des dizaines de moines, de réfugiés, de membres de la cour, tous assis contre un mur avec la main sur le bide, qui respirent doucement. Des blessures aussi pourries sur autant de gens, je retire ce que j’ai dit : les Turcs sont très forts. Ils savent exactement où taper pour planter autrui sans les tuer. Si ça se trouve, en fait, c’était des Turcs sympas qui leur ont tous retiré l’appendicite. Vraiment, le cœur sur la main.

Vlad, qui est décidément complètement con, se dit qu’encore une fois, aller bourrer la gueule à Mehmet ne suffira pas. Il décide donc de proposer à tous les survivants de boire son sang, et les transforme tous en vampire, les sauvant ainsi de la mort. Puis, tous ensemble, ils s’envolent et fondent sur le camp de Mehmet, ne laissant aucune chance à la pauvre armée. Et là, les vampires se gorgent tous de sang humain. Vlad, lui, arrive droit dans la tente de Mehmet, où son fils est prisonnier.

Car oui, alors qu’il vole et est le prédateur ultime, à aucun moment, il n’a juste pensé à retrouver l’éclaireur qui avait kidnappé son fils. Éclaireur qui a donc réussi à regagner plus vite à pied le campement de Mehmet que les vampires en volant.

Bouhouhou… la fin ! Pitié !

Heureusement, elle approche. Mehmet, qui avait en fait un Master en Affaires Parabanales est parfaitement au courant des vampires et de leurs faiblesses : il a donc couvert le sol de sa tente de l’argent des tributs récoltés au quatre coins de l’empire. Toutes ces pièces d’argent… Vlad est affaibli ! Mehmet peut donc se battre contre lui et avoir le dessus, et je vous passe tous les poncifs de la scène, mais alors que Vlad est au sol, affaibli (mais pas trop brûlé par l’argent, ça va, merci) et Mehmet armé au-dessus de ce dernier en train de lui raconter sa vie et de sa carte de fidélité chez Cool 1 Bronz’, Vlad se dit qu’il ne peut pas décemment perdre après toutes ces aventures. Il se reprend donc et bute Mehmet, hop, comme ça, allez, un coup et ça ira bien.

Il libère donc son fils et sort de la tente pour marcher au milieu des corps de feu l’armée turque, mais soudain, tous ses potes vampires l’encerclent.

« Nous avons tué tous les humains… à part ton fils ! Allez, donne-le nous !« 

Pourquoi ? Parce qu’ils sont cons, peut-être ? Je n’ai pas d’autre explication.

Vlad refuse donc, tue l’importun qui a osé émmetre cette demande en lui plantant une lance improvisée en pieu dans le cœur avant de hisser son cadavre empalé comme exemple pour les autres. Ceux-ci hésitent, et sur ces entrefaites arrive un des moines du monastère, qui lui aussi, a dû utiliser le même télé-transporteur que l’éclaireur qui était arrivé plus vite que les vampires au camp de Mehmet pour pouvoir être là. Il repousse de sa croix les vampires, qui ayant bu du sang humain, ne supportent plus sa vue. Et propose à Vlad d’emmener son fils : il deviendra prince de Transylvanie et vivra sa vie loin de son monstre de père. Résigné, Vlad accepte… puis sitôt son fils en sécurité, Vlad utilise un nouveau super pouvoir : les nuages noirs qui depuis l’aube, accompagnaient sans raison les vampires le temps qu’ils bourrent Mehmet, sont soudain dispersés et tous les vampires se mettent à brûler à la lueur du soleil révélé.

Vlad brûle quand même de manière coolos, parce que c’est un badass, là où les autres brûlent comme des crottes sèches.

Ainsi, son existence de monstre s’achève, et son fils monte sur le trône. Il fait effacer toute trace de son père et de son terrible sacrifice et… F…

Non !

Car Igor le gitan, lui, après le suicide de Vlad et de ses vampires, est entré dans le camp de Mehmet. Il a reconnu le corps carbonisé de Vlad parmi tous (le seul vampire assez bête pour se promener avec une bagouze en argent, ça se repère), et a versé de son sang dans sa bouche. Vlad s’est donc régénéré… et le revoilà !

Nous le retrouvons donc de nos jours, se promenant un soir, en costume, en ville. Il aperçoit alors soudain quelqu’un qu’il connaît bien dans la foule ! Mirena ! Mais comment ? Il va donc la voir et découvre en elle une femme qui est non seulement le sosie de feu Mirena, mais aussi plus ou moins son homonyme, et qui en plus aime les mêmes poèmes ! Vlad lui marmonne donc qu’ils sont tous deux des âmes ayant traversé le temps et amenées à se retrouver, et ainsi séduite par ce discours de psychopathe, la Néo-Mirena le suit pour aller prendre un café, puis probablement, un after sur une peau de bête avec tétraplégie à la clé après la célèbre position de la roulotte transylvanienne.

Hélas pour eux, aucun des deux n’a repéré dans la foule Tywin Lannister le vieux vampire, qui depuis qu’il a été libéré de sa grotte, s’est refait une beauté, a passé ses diplômes, est devenu professeur de français en ZEP et les prend en filature en marmonnant « Le jeu va pouvoir commencer... » en référence au pion que Vlad devait être pour lui, souvenez-vous.

C’est donc sur cette phrase débile, puisque l’on évite de marmonner ses plans à proximité de vampires ayant une super ouïe quand on est pas une grosse buse, que le film se conclut et…

… FIN !

Bon ? Je crois que ça aurait définitivement pu rester Untold, en fait.

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Je te comprends, Mehmet. Moi aussi j’ai fait une tête un peu comme ça tout le long du film.

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« Oui, bonjour Monsieur Dracula, si vous pouviez vous montrer parce que mon royaume est en danger et…« 

Dracula sortit de l’ombre, en effet, mais sans flotter ou jaillir des ténèbres. Non, un peu fatigué, le seigneur des ténèbres se gratta les fesses et traîna les pieds jusqu’à son visiteur.

« Bon écoutez, j’ai déjà eu l’autre larron tout à l’heure, on va arrêter. Moi j’essaie de trouver des volontaires pour devenir vampires en CDI, alors vous vous démerdez avec le chômage, tout ça, moi, j’ai aucun pouvoir utile pour vos trucs !
- Ne le prenez pas comme ça Monsieur Dracula ! Je suis d’accord, l’autre Monsieur vous a vraiment manqué de respect, c’est intolérable. Mais rassurez-vous : je sais exactement ce dont j’ai besoin. Vos pouvoirs sont parfaits.
- Ah oui ?
- Oui ! Les pouvoirs d’hypnose, là, c’est super. Vraiment. J’ai juste besoin de savoir : est-ce que ça marche sur les juges et les vieilles dames ?
- Oui pourq… « 

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Dracula s’arrêta net et contempla la fausse moustache de son visiteur avant de soupirer.

« Monsieur Sarkozy, ça fait quatre fois aujourd’hui. »

Et tout le château résonna du son des talonnettes qui s’enfuyaient.

« Bon les gars, j’ai une super idée pour mon prochain film.« 

Un bruit de cuir accueille la nouvelle alors que tous les collaborateurs de Luc Besson s’enfoncent peu à peu dans leurs sièges. L’un d’entre eux tente même de passer sous la table, mais il est aussitôt accueilli par un « occupé ! » lancé par d’autres ayant été plus rapides que lui. Il se redresse péniblement et timidement, demande :

« C’est… qu’est-ce que c’est ? 
- Un truc qu’on n’a jamais fait !
- Un bon film ?
- Berthier : dehors ! J’en ai assez des moqueries ! »

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Luc Besson tourne dans la pièce sous le regard inquiet de ses assistants, et les sourcils froncés, finit par marteler du poing la vaste table.

« Je ne suis pas n’importe qui ! On se moque, mais hein, Léon, c’est qui ? Et Nikita ? Et le Grand Bleu ? 
- Ça a plus de 20 ans, chef. Un peu comme quand vous dites aux gens que Jean-Marie Bigard ne fait pas que des blagues de cul parce qu’il y a le sketch de la chauve-souris. Ça remonte et ça fait peu comparé au… au reste.
- Justement Lanbert ! C’est là que mon idée touche au génie ! Je vais renouer avec le grand cinéma ! Avec les sujets complexes ! Je vais consacrer mon prochain film a un sujet particulièrement difficile et profond… »

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Un grand silence flotte dans la salle, jusqu’à ce qu’enfin, Luc Besson lâche :

« L’intelligence ! »

La suite, personne ne la connait. Certains prétendent que c’est ce qui aurait provoqué cette série de mystérieuses crises de fou rire ayant conduit à la mort d’une partie des assistants de Luc Besson. D’autres se demandent encore comment des journalistes ont pu reprendre noir sur blanc le communiqué de presse disant que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau, provoquant d’autres morts par pendaisons dans le milieu scientifique. Tout ce que l’on sait, c’est que le résultat se nomme Lucy, et que oui, Luc Besson oblige, on y trouve des chinois, des courses poursuites, des messieurs qui jurent de protéger des mesdames et autres subtilités.

Alors, bouse ou précis de philosophie (ce qui dans les deux cas, fera les beaux jours de bien des forums 2.0) ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : « On utilise en moyenne 10% de nos capacités cérébrales. Le scénariste était à 0,7% »

Notre film débute il y a bien longtemps, ce qui est décidément très à la mode, du côté de l’Afrique ou une Australopithèque est en train de boire un coup. La voix off de Scarlett Johansson se lance alors dans le début de ce qui va être de la philosophie de collégienne fan de One Direction à savoir « Il y a ouat’mille années, on nous a donné la vie… et voyez ce que nous en avons fait ! » et s’ensuivent alors toute une série d’images d’urbanisation galopante, de pollution, de bébés animaux tristes et tout ce que vous voulez et qui aurait sa place dans un Powerpoint moralisateur de Gégé de la compta.

L’occasion de parler tout de suite de ce phénomène : tout le film, Luc Besson, qui a probablement racheté une banque d’images à pas cher, balance quasiment une fois par scène des images de la savane, de ch’tites nenfants qui naissent ou de cellules qui se divisent pour illustrer soit le discours d’un personnage, soit la situation d’un autre. Et toutes les 2 minutes, ça donne surtout envie d’envoyer à Luc Besson des images de chatons qui se noient, de castings de Télé-Réalité et bien évidemment, de diarrhées explosives.

Cela étant dit, allons dans le présent pour retrouver, à Taiwan, deux Américains occupés à discuter devant un hôtel de luxe de Taipei. L’occasion de débuter avec un dialogue particulièrement notable, dont je vais tenter de vous synthétiser la qualité.

« Salut Lucy ! C’est moi Richard ! Dis, tu voudrais pas entrer dans ce building et donner cette valise mystérieuse que j’ai à la main à un certain Monsieur Jang ?
- Non.
- Allez !
- Non.
- Steuplé !
- Non, je dois rentrer chez moi étudier.
- Tu veux vraiment pas y aller ?
- J’ai pas envie.
- Mais ce serait sympa.
- Oui, mais non.
- Allez, vas-y, steupléééé.
- Non.
- Tu me fais confiance hein ? Alors, allez !
- Non.
- Non mais vraiment, tu veux pas ?
- Non, je veux pas. »

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Vous trouvez ça chiant ? Ben ce n’est que le début, parce que ça continue longtemps. Très longtemps.

« Mais allez, steuplé Lucy, tu veux pas y aller ?
- Non merci.
- Mais vas-y ! 
- Non.
- Allez, rentre dans le building !
- Non.
- Ça me rendrait super service !
- Non, je m’en vais.
- Reste, reste ! Et va dans le building, alleeeeeeeeeez !
- Non. »

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Cet excellent dialogue particulièrement bien écrit et qui donne une scène qui ne veut pas s’arrêter est aussi l’occasion pour le spectateur de se demander pourquoi Richard embête Lucy. Car semble-t-il, Richard est un habitué du transport de mallettes suspectes, mais il est « grillé auprès de M. Jang« , raison pour laquelle il voudrait que Lucy, qu’il ne connaît que depuis une semaine, prenne sa place. Parce que oui, moi aussi, quand j’ai une mallette super louche à faire circuler, je la confie à un mec « grillé » auprès du destinataire. Du genre envoyer Jean-François Copé livrer des livres de compte à François Fillon. Complètement plausible on vous dit.

Voilà. Luc Besson, si tu me lis (et si tu sais lire), j’en profite : la prochaine fois, plutôt que de faire une scène de deux plombes où un mec pas crédible essaie de refiler une mallette à une étudiante pour un plan pourri qu’elle a refusé 269 fois, tu fais juste une scène où un mec file de la thune à une étudiante qui en a besoin pour une mission en apparence toute simple et sans danger. Ce sera moins long, moins cher et plus crédible. Mais bon, hein, c’est toi l’expert, mec.

Toujours est-il que ledit Richard, visiblement perturbé par la résistance de Lucy à ses incroyables arguments, décide de couper court à la conversation en utilisant des menottes, technique fort appréciée des connaisseurs. Sauf que le nigaud, plutôt que d’ensuite emmener Lucy jusqu’à un coffre de berline (l’enfance de l’art), se contente de la menotter à la fameuse mallette en lui expliquant que seul Monsieur Jang a la clé. Au boulot, donc, ma petite Lucy ! C’est donc vêtue de son élégante veste en léopard que Lucy se rend à la réception de l’hôtel pour demander si Monsieur Jang ne voudrait pas venir récupérer un colis de la part de Richard.

Et en effet, Monsieur Jang a bien envie de récupérer le colis.

Mais comme Monsieur Jang est lui aussi un personnage particulièrement con, plutôt que d’inviter Lucy à monter, il décide d’envoyer une équipe en bas kidnapper Lucy en plein milieu du hall de l’hôtel devant toutes les caméras et les témoins que vous pouvez imaginer, et fait abattre Richard qui suivait la scène depuis l’extérieur, ce qui, là encore, au milieu d’un quartier chic, dans une ville riche, tout contre un bâtiment de luxe fort sécurisé, est probablement une excellente idée, du moins si vous êtes du genre à vous enfoncer des pieds de chaise dans les narines.

Monsieur Jang, vous fleurez bon le champion.

Bref, Richard mort, Lucy est emmenée dans l’hôtel jusqu’à une suite de luxe où l’attend le fameux Jang, qui est occupé à tuer des gens pour bien montrer qu’il est très très méchant, houlala, grougroum. Et bien que Monsieur Jang dispose dans son équipe de gens qui parlent l’anglais, il décide plutôt, pour communiquer avec Lucy, d’appeler la réception pour qu’elle fasse la traduction. Oui, moi aussi, lorsque j’ai une discussion super illégale à tenir, j’aime le faire en utilisant un moyen non-sécurisé pouvant tout enregistrer et avec l’aide d’un tiers qui pourrait tout balancer quand j’ai le choix de faire autrement. Non vraiment, Jang, tu es un bon. Enfin, au moins il est  est clair : il souhaite que Lucy ouvre la valise car il craint qu’elle ne soit piégée ou pire, ne contienne des CD de Skrillex. Lui et sa petite équipe s’éloignent donc pendant qu’il laisse la malheureuse, un peu traumatisée, derrière un bureau avec le code (c’est le 2) pour ouvrir la fameuse mallette.

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Monsieur Jang est tellement fort que quand il bute des gens, ça lui éclabousse le visage mais pas le costume. C’est fou, quand même.

Clikiklikiklak : nenni d’explosion lorsque notre jeune héroïne ouvre le précieux conteneur.

Ce qui semble étonner Jang et ses amis, visiblement certains que le tout était piégé. Ah ? Vous voudriez donc dire qu’ils pensaient que manipuler un colis probablement explosif était beaucoup plus pratique dans la suite d’un hôtel de luxe où la police arrivera super promptement en cas de pétarade plutôt que dans un hangar tranquille à l’écart de la ville ? D’accord d’accord. Sinon, la prochaine fois, vous ne voulez pas l’ouvrir directement dans un commissariat ? Ou devant le ministère de la justice ?

Hé bien croyez moi ou non, mais la suite va prouver que même cette idée n’a pas été considérée comme si absurde que cela par l’équipe du film.

Non mais vraiment ? Qu’est-il arrivé au cinéma ?

Toujours est-il, pour en revenir à Lucy, que la valise ne contient pas de bombes, mais quatre sachets de drogue contenant d’étranges cristaux bleus. Jang n’hésite donc pas à sortir d’une pièce voisine un toxico ravagé (peuplade typique des hôtels de luxe, comme chacun sait, l’autre jour j’en avais encore un sous mon lit, on a dû gazer toute la suite des fois qu’il y en ai d’autres) pour lui faire goûter la chose : c’est de la bonne ! Le camé se met à rire comme un dément jusqu’à ce que Jang l’abatte parce qu’il… que.. ah, oui : il est méchant. La chose entendue, Jang explique à Lucy (toujours via la réception de l’hôtel) qu’il a un travail à lui proposer…

Et avant que la bougresse ne puisse décliner la bien belle offre, elle se prend une grosse mandale dans la margoulette.

Lucy se réveille donc dans la suite de l’hôtel de luxe toujours, avec un gros mal de tête, un étrange mal au cucu et son chemisier entrouvert pour que le public puisse profiter de Scarlett Johansson se promenant en soutien-gorge. Mais en baissant les yeux, plus que ses seins, c’est surtout un curieux bandage qui attire l’attention de Lucy car lui n’était pas là avant aux dernières nouvelles. Qu’est-ce qu’on lui a fait ? La réponse vient bien vite lorsque les hommes de Jang arrivent, la traînent dans la pièce voisine où justement, Jang attend, cette fois assisté de l’un de ses hommes anglophones (quelle bonne idée ! Il faudrait juste l’avoir plus tôt la prochaine fois).

« Bonjour Mademoiselle Lucy ! 
- Qui êtes-vous ? Pourquoi ai-je un gros pansement sur le bide ? 
- Hahaha, une simple petite opération chirurgicale de rien du tout ! Au début on pensait vous prendre un rein et puis pfou, on s’est rappelé que vous étiez étudiante. Quand on a ouvert, qu’est-ce qu’on a rigolé ! Au départ, on a cru que vous aviez un haricot magique dans le bide, mais quand on appuyait dessus, ça faisait « pouic » et ça sentait la vodka, alors avec Michel, on est allé chercher une paille et…
- Non mais au final, vous m’avez fait quoi ?
- Hein ? Ah, oui ! Non, en fait, on vous a mis dans le bidou un sachet de dope, du CPH4, parce qu’on adore donner des informations confidentielles à nos mules. C’est une drogue qui va cartonner en Europe !
- Mais je ne veux pas !
- C’est ballot, parce que Monsieur Jang veut, lui. Alors vous et trois autres candidats, chacun avec un sachet dans le buffet, vous allez rentrer dans vos pays où des agents à nous viendront récupérer le précieux bien. Et si jamais vous ne coopérez pas, nous savons où sont vos familles, alors ne déconnez pas ! »

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Et c’est ainsi que Lucy et trois autres types que les méchants sortent d’un placard reçoivent un passeport et un billet d’avion pour rentrer chez eux. Puis, on leur met un sac sur la tête et on les emmène jusqu’à l’aéroport du coin.

Je vous propose, pendant ce temps, de nous rendre à Paris pour suivre une conférence du professeur Norman, spécialiste mondial du cerveau, qui est en train de présenter sa super théorie scientifique à des étudiants, à savoir que l’être humain n’utilise que 10% de ses capacités cérébrales et que s’il en avait plus… ho, vous savez quoi ? Écoutons plutôt le professeur Norman.

« L’être humain n’utilise que 10% de son cerveau. Et voyez tout ce que nous avons fait avec ! Des bateaux, des avions, la conquête de l’espace, Internet, Closer… alors imaginez si nous utilisions mieux notre cerveau !
- Professeur, professeur ! 
- Oui, étudiant qui interrompt les conférences de manière complètement crédible pour poser des questions allant dans mon sens ?
- Y a-t-il des preuves de votre passionnante théorie ?
- On a pris Darwin pour un fou quand il a présenté la sienne. Nous sommes là pour bousculer les règles, pas les suivre. C’est ça, être un scientifique !
- Ah putain, moi je croyais que c’était se baser sur des faits observés. 
- Ouais ben non, rent’ chez toi.
- Merci professeur.
- Que disais-je ? Ah oui ! Tenez, prenons le dauphin ! Le dauphin dispose du meilleur sonar au monde, plus puissant que tout ce que nous avons inventé. Et pourquoi ? Parce que le dauphin utilise 20% de son cerveau ! 
- Professeur, professeur ?
- Oui, étudiant Roudoudou ?
- Si le dauphin utilise un sonar, ce n’est pas juste parce qu’il a un sonar naturel ? 
- … vous voudriez dire que ce n’est pas son cerveau qui envoie des ondes magiques ?
- Ben non.
- Okay, cassez-vous de cette salle et rendez-moi les étudiants qui me servent la soupe. Passons à la suite. Savez-vous comment les cellules traversent le temps ? Elles ont deux solutions. La première, c’est de devenir immortelles. Pour cela, elles doivent rencontrer Sean Connery puis décapiter des gens pour absorber leur pouvoir, voire potentiellement devenir Christophe Lambert. Une option complexe, j’en conviens. L’autre, c’est la reproduction : la cellule va transmettre son savoir à une autre, puis à une autre, en profitant d’un environnement favorable pour se multiplier… »

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Ho, je sens que je vous ennuie avec ma conférence du professeur Norman sur l’immortalité ou la reproduction des cellules et le cerveau à 10%. Allez, retournons voir Lucy. Mais c’est bien parce que c’est vous.

Car visiblement, entre le bureau de Monsieur Jang et l’aéroport, Lucy a été prise dans un trou spatio-temporel et s’est retrouvée, sans aucune raison, menottée à une chaise dans une cellule quelque part en Chine. Non, vous n’aurez aucune explication. Je n’exagère pas : pouf, c’est comme ça. Deux Chinois visiblement intéressées par Lucy et pas seulement intellectuellement lui tournent autour en montrant leurs muscles, mais lorsque la belle refuse de les aider à soulager leur trop plein de masculinité, l’un d’entre eux la jette au sol, la tabasse et lui défonce le bidou à coups de pied pour lui faire comprendre qu’il a un gros traumatisme vis-à-vis de l’emploi du négatif.

Ce qui confirme accessoirement que ces gens ne savent pas qu’elle est une mule sinon ils ne feraient pas ça. Ils n’ont donc vraiment aucun rapport avec Jang, un gang rival, les autorités, l’intrigue ou le film ils sont juste là, pif pouf. Une sorte de Deus Ex Monchinois.

Oui mais voilà ! En tabassant Lucy, les brigands ont crevé le paquet dans son ventre, qui libère la fameuse drogue ! Ah ! Et alors que les deux vilains quittent sa cellule, Lucy se met à convulser sur le sol… puis sur le mur ? Puis contre le PLAFOND ?! Car grâce à ladite drogue, Lucy est en train de libérer ses capacités cérébrales, comme la fameuse qui permet de dire à la gravité qu’elle est bien gentille, mais qu’elle peut repasser dimanche. Après avoir joué à Gravity toute seule dans sa cellule, Lucy reprend le contrôle d’elle-même, et habitée par une assurance nouvelle, elle retourner sur sa chaise attendre qu’un des deux vilains Chinois entre. Ce qui arrive peu après, et grâce à une subtile technique de séduction, la belle arrive non seulement à obliger le brigand à s’approcher, mais aussi à lui péter la gueule (car visiblement, la drogue lui a enseigné le kung-fu, j’ai bien vu que les cristaux avaient une petite moustache de vieux maître). Elle récupère donc ses clés et son pistolet et quitte sa cellule, aussi froide et déterminée. Enfin je crois.

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« Désolé Madame ! On ne sait pas ce que vous faites là ni pourquoi on vous retient mais on va vous taper. Faudra pas nous en vouloir, hein ! »

En chemin, elle croise un groupe de méchants qui étaient occupés à manger en rigolant dans la pièce voisine, et elle les abat donc tous froidement.

Le spectateur coquin notera qu’il y en a un qui n’est pas touché mortellement tout au fond de la pièce, loin de là, mais visiblement, il doit faire le mort jusqu’à la fin du film pour s’éviter plus d’ennuis voire quitter cette bouse. D’ailleurs, dans l’affaire, Lucy reçoit une balle dans l’épaule comme ça, pouf, et la retire avec les doigts sans problème ni douleur. Elle s’assoit donc à la table des morts et se nourrit donc pour se remettre de toutes ses émotions. Puis sort de là pour trouver deux chauffeur de taxis en train de discuter. Elle demande qui parle anglais : le premier ne répond pas et elle lui colle donc un pruneau dans la jambe, ce qui incite le second à coopérer. Et Lucy exige donc d’être amenée à l’hôpital.

Cela dit, quelqu’un aurait répondu « I speak english. Wall street english« , je pense que lui, il était bon pour la balle dans la tête direct.

Sur place, c’est de mieux en mieux pour Lucy qui découvre qu’elle entend les gens parler de très loin, et mieux encore, que soudainement elle lit le chinois à la perfection (mais toujours pas le néerlandais, ça par contre, faut pas déconner). Elle trouve donc sans aucun souci la salle de chirurgie de l’hôpital, analyse les radios accrochées au mur pour constater que le patient sur le billard ne survivra sûrement pas à l’opération (car elle a aussi soudainement un diplôme de médecine) et abat donc ce dernier pour prendre sa place et exiger des chirurgiens, non pas qu’ils lui recousent le trou béant qu’elle a dans l’épaule (hohoho, détail mes pauvres amis !) mais qu’ils lui sortent du bide la drogue qui y est encore.

« Bon ben okay, c’est cool, ça nous dérange pas que tu tues nos patients, on t’aime bien. » répond le chirurgien en chef qui n’est vraiment pas farouche et se met donc au travail pendant que la sécurité de l’hôpital est probablement occupée à jouer à Jungle Speed.

Lucy en profite pour faire deux choses urgentes.

1) Appeler sa mère en utilisant le téléphone du chirurgien. Et là encore, attention, grand dialogue.

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre… et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide… je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ma chérie ? Je t’entends mal ? Que disais-tu au sujet de la mémoire ?
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage. »

*clic*

Hé bé, voilà une maman bien compréhensive. Parce qu’en fait, ça aurait probablement dû se passer comme ça :

« Allô maman ?
- Ma chérie ! Mais quelle heure est-il à Taiwan ! Tu appelles bien tard ? Tu vas bien ?
- Maman, je me souviens de tout… le goût de ton lait… le liquide dans ton ventre…
- Ma chérie, tu ne serais pas un tout petit peu défoncée par hasard ?
- Et je ressens tout… la gravité… la rotation de la Terre… le vide…
- Attends chérie, je te met sur haut-parleur, il faut que ton père entende ça ! Whololo, le trip qu’elle se fait…  putain, mais tu nous appelles de Woodstock en fait ?
-  Je ressens la moindre zone de mon cerveau… l’accès complet à toute ma mémoire…
- Ah ben ça, c’est nouveau parce que tes contrôles d’histoire aux dernières nouvelles, c’était zobi.
- Je t’aime maman. Merci pour toutes les caresses que tu m’as données, je les sens sur mon visage.
- Tu vas voir la caresse que tu vas prendre en rentrant, à claquer la thune que l’on t’envoie pour des études dans de la ganja ! »

*clic*

Cela fait, la suite.

2) Demander au chirurgien ce qu’est le CPH4

Et d’après les explication de ce Monsieur, il s’agit en fait d’un produit généré en quantité infime par les femmes enceintes pour donner l’énergie à leur enfant de construire leur corps. L’équivalent énergétique d’une bombe atomique pour le fœtus. Il avait ouï dire qu’un produit de synthèse était en cours d’étude, mais le retrouver ainsi sous forme de drogue dans le corps d’une Américaine visiblement un peu tarée… voilà qui le surprend. Et lui paraît un peu débile, aussi, mais passons.

L’affaire réglée, Lucy repart tranquillement de l’hôpital, pom podom podom, personne ne m’embête c’est bien normal, et s’en retourne vers le quartier général de Jang pour prendre sa revanche, équipée de deux pistolets avec silencieux que son cerveau a probablement générés seul, ainsi que de poignards. Grâce à ses nouveaux supers réflexes, tous les hommes de Jang sont donc abattus comme de petites crottes lorsqu’ils tentent de se dresser devant elle, et comme en plus, maintenant, Lucy a le pouvoir de voir à travers les murs (c’est tout à fait logique), elle les abat avant même qu’ils ne puissent la voir. Et enfin, elle va trouver Jang, qui se faisait tatouer tranquillement chez lui ; elle le cloue donc à la chaise de tatouage en lui plantant ses poignards dans les mains, puis scanne sa mémoire pour savoir où les autres mules ont été envoyées. Car elle veut récupérer toute cette maudite drogue.

Chose amusante, en scannant sa mémoire, Lucy a accès… au point de vue des hommes de Jang, pas de Jang lui-même. Ce qui est un peu incohérent, mais comme tout ce film l’est, finalement, c’est cohérent (si, si). Et lit ainsi dans la mémoire des hommes de Jang qui se trouve dans la tête de Jang sans raison valable que les mules sont parties pour Berlin, Rome et Paris.

Et cela fait…

… elle se barre.

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La super intelligence, c’est aussi de se promener avec une blouse piquée à l’hôpital sans raison et ne pas avoir changé de t-shirt juste pour avoir l’air super suspecte au premier coup d’œil.

Pardon ? Dis-donc Lucy ! Mon cerveau n’est peut-être pas aussi performant que le tiens, mais je crois me souvenir que tu avais abattu plein de gens de sang froid auparavant ! Et même tiré sur un chauffeur de taxi au motif qu’il ne parlait pas l’anglais ! Mais le mec qui t’a mis dans la mouise, risque de te poursuivre et a tué plein de vilains et buté ton pote Richard, lui par contre, c’est okay ?

Ça doit être trop intelligent pour moi.

Bon, ben très bien.

Cela fait, Lucy décide de se renseigner un petit peu sur ce qui lui arrive, et commence donc par rentrer chez elle pour retrouver sa coloc’ de Taipei. Grâce à ses nouveaux pouvoirs surhumains, Lucy est capable de détecter que « se bourrer la gueule est mauvais pour ton foie » et tape donc aussitôt une fausse ordonnance en chinois pour son amie (car oui, du coup, elle a aussi appris à utiliser Photoshop grâce à son cerveau surpuissant) tout en lui recommandant de changer de vie. Puis, quitte à utiliser un PC, elle va donc sur Doctissimo demander ce qui se passe dans son cerveau. Après 277 diagnostics de surdouance & autre zèbrerie, 87 d’hyperactivité, 18 de cancers et 2 de MSTs exotiques, elle décide de plutôt recourir à Google et tombe sur la page Facebook du professeur Norman, où entre diverses photos de lui avec son slip sur la tête, trouve un lien vers l’intégralité de ses études, qu’elle lit en quelques secondes. Puis, appelle le professeur Norman, qui lui était tranquillement à son hôtel en train de regarder le Grand Journal.

« Allô, professeur Norman ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy. 
- Lucy comment ?
- Lucy. L’équipe du film n’a pas pensé à me donner un nom de famille. D’ailleurs, au casting, il n’y a qu’un seul personnage qui a un nom complet, c’est vous dire la profondeur des personnages.
- Je vois. Que puis-je pour vous Lucy ? 
- Votre théorie sur l’utilisation du cerveau. Elle est rudimentaire, mais vraie. J’ai lu l’intégralité de vos travaux sur le sujet.
- L’intégralité ? Mais enfin… il y en a beaucoup trop ! »

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Notez que le galopin explique que personne ne pourrait lire tous ses travaux tellement il y en a. Juste comme ça mec : si tu as eu le temps d’écrire quelque chose, quelqu’un aura forcément le temps de le lire, puisqu’aux dernières nouvelles, c’est même moins long. Même si dans le cas présent, je pense que les dialogues ont été beaucoup moins longs à écrire qu’à lire tant ils sont tous ratés. Mais, reprenons le fil.

« Il y en a exactement 6796 pages professeur.
- Ho ! Comment…
- Qu’importe professeur. Sachez que j’utilise désormais mon cerveau à 28% suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse. Et que le pourcentage continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- Comment puis-je vous croire ?
- Regardez, je contrôle votre téléphone. Tous vos téléphones que je fais sonner en même temps, hop ! J’apparais sur votre télévision.
- Ha ben tiens, oui, c’est pas banal.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- Laquelle ?
- Cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme je le disais plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures pour tout vous transmettre. A bientôt professeur. »

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Et elle raccroche.

Ce que le film ne montre pas, c’est qu’elle a tenu le même dialogue à un personnage beaucoup plus crédible qui était dans la chambre d’hôtel voisine de Norman quelques minutes plus tôt. Comme je suis sympa, je vous redonne ce que ça a donné.

« Allô, professeur Connard ?
- Oui ? A qui ai-je l’honneur ?
- Je m’appelle Lucy.
- Ecoutez, je ne me souviens que rarement des prénoms. Vous étiez stagiaire chez moi ? Comment vous êtes-vous échappée ? Vous voulez un CDI, c’est ça ? Donnez-moi votre adresse, je vous envoie quelqu’un. Diego ! Va chercher du chloroforme, une pelle et un grand sac poubelle ! 
- Non professeur. Je vous appelle car vous êtes un expert en absurdités. Or, je suis victime d’un truc absurde. J’ai lu tous vos spoilers, vous vous y connaissez.
- Tous mes spoilers ? Mais enfin Mademoiselle, il y en a beaucoup trop pour la santé mentale de n’importe qui ! Même ceux des Twilights ?
- Tous. Mais là n’est pas le sujet. Je vous appelle car j’utilise désormais 28% de mon cerveau suite à l’absorption d’une drogue mystérieuse.
- Je n’ai rien fait et d’ailleurs, vous n’avez aucune preuve. Par contre, je suis d’accord avec vous sur un point : vous êtes complètement stone. Maintenant il faut me laisser, hein. Les appels désespérés de damoiselles qui disent être fans de ce que je fais mais avoir été droguées contre leur gré , je connais et ça s’appelle mes ex. 
- Ecoutez-moi professeur. Le pourcentage d’utilisation de mon cerveau continue de grimper. Par contre, d’après mes calculs, il me reste 24 heures à vivre. 
- C’est ballot. Mais comment puis-je vous croire ?
- Je contrôle votre télévision. Et vos téléphones.
- Ouais, ben allez faire ça chez le voisin. C’est le professeur Norman et je l’entends glousser comme une écolière devant le Grand Journal, alors soyez sympa et faites-lui baisser le son.
- Professeur, j’ai une question pour vous que même ma super intelligence ne peut résoudre.
- « François Hollande est-il tangible ? »
- Non, une autre : cette drogue, ces pouvoirs… ils ont annihilé mes sentiments. Je me sens comme un robot. Que dois-je faire, maintenant, professeur ?
- Hé bien, comme le disait le professeur Norman plus tôt dans le film, les cellules disposant d’informations ont deux manières de la transmettre : devenir immortelles ou se reproduire. 
- Et ?
- Je pense que vous devez faire comme les cellules : vous reproduire pour transmettre l’information.
- Parfait. Je serai à votre porte dans 12 heures.
- Okay, et moi je commande du champagne et du lubrifiant. La reproduction, tout ça.
- Professeur je… je sens comme un danger qui plane sur moi maintenant que j’ai accepté votre offre. Je crois que je vais plutôt appeler la chambre d’à côté.
- Roooh, l’autre ! »

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Lucy se prépare donc à embarquer pour un vol Taipei-Paris, mais d’abord, elle a un autre coup de fil à passer. A la brigade des stups, en France.  Et c’est le capitaine Pierre Del Rio qui prend l’appel (oui, encore un).

« Allô, capitaine Del Rio ?
- Oui ? C’est vous la fille qui appelez tous les personnages du film pour leur raconter des âneries ?
- C’est moi. Capitaine, trois mules vont arriver à Berlin, Paris et Rome. Chacun de ces passagers a dans son corps un sachet contenant une nouvelle drogue ultra-puissante. Vous devez les arrêter et me donner la drogue. J’en ai besoin.
- Heu… vous savez que ça ne se passe pas comme ça, en fait ? Que la drogue, on ne la distribue pas ?
- Ce n’est pas dans le script. Faites oui oui de la tête.
- Mmm… oui oui…
- Très bien. Je vais vous envoyer les photos des passeports des trois passagers en question, que j’ai obtenues en… heu… ah merde, c’est pas écrit… je les ai… reproduites de mémoire sous Paint ?
- On va dire ça.
- Merci. Je vous les envoie sur votre PC grâce à mes supers pouvoirs psychiques. Mes supers pouvoirs psychiques qui me permettent aussi de vous dire, depuis Taipei, et sans caméra, que vous êtes assis sur votre bureau sans prendre de notes. Alors attrapez le stylo rouge à votre gauche et notez ce que je vous dis.
- Mais comment savez-vous tout cela ?
- Deux options : soit je suis une femme surpuissante avec des pouvoirs mystérieux, soit vos collègues de bureaux un peu cons vous font une blague grossière.
- Va pour les pouvoirs mystérieux. Je vous crois sur parole et préviens aussitôt Berlin et Rome ! »

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« Chaire proffeceur Norman, je suit une fille surdouai qui voudré un conseille. J’utilises cette ordinateur parsse que je chairche commant stoquer les connéssences que j’est accumuler. Si tu a connéssence d’un objé ou qu’on peux stoqué des donnée ce seré genti. Répon moi a ptitelouloutedetaipei@caramail.fr. Bisoo. »

Le capitaine Del Rio ne se pose donc guère plus de questions que cela et lance donc l’affaire, pendant que de son côté, Lucy monte dans son avion. Mais alors qu’elle arrive au-dessus de Paris, peu avant l’atterrissage, elle est fort surprise car… elle commence soudain à se décomposer ! Elle court donc s’enfermer aux toilettes en prétextant une méga-chiasse, et découvre qu’en absorbant un peu de la drogue qui restait dans le sachet qu’on lui a retiré du bide, ça va tout de suite drôlement mieux. Cependant, elle perd tout de même conscience, et à son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, elle est droguée et attachée à un lit dans une chambre sécurisée. De la même manière, la police intercepte aux quatre coins de l’Europe les trois autres mules et… les fait envoyer en France pour leur retirer la drogue de l’estomac.

Ah ben oui. C’est vrai que ce n’est pas dangereux de voyager avec un sac dans le bide. Alors on leur fait faire encore un petit tour avec. Et que transférer un prisonnier se fait en 10 minutes. Et que tous les prisonniers sont déjà au Val-de-Grâce au moment même où Lucy arrive, soit à peine quelques heures après leur interpellation : bravo !

Non mais… bon, bref.

Sauf que Lucy se réveille. Et que cela surprend tout le monde, puisqu’on lui avait filé assez d’anesthésiant pour endormir un Jean-Pierre Castaldi. Aussi, toute la police lui tombe dessus lorsqu’elle essaie de quitter l’aéroport, et Lucy explique qu’elle aimerait parler seul à seul avec le capitaine Del Rio, et donc qu’il serait gentil de dire aux 250 agents de sécurité autour de bien vouloir la laisser en paix. Et comme la situation ne se règle pas assez vite, elle utilise ses pouvoirs surpuissants pour faire tomber tout le monde inconscient… sauf le capitaine Del Rio.

« Bon bé voilà capitaine, je vous ai donné les mules, vous allez leur retirer la drogue et me la filer.
- Non. 
- Allez, steuplé !
- D’accord. »

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Ce fabuleux argument suffit à convaincre le capitaine Del Rio, qui bien que trouvant ce qu’il vient de se passer bizarre, ne demande aucune explication à ce sujet parce que, bof, vous savez, des gens qui font tomber 250 mecs inconscients sans ciller, c’est curieux mais pas bien important. Tous deux montent donc dans la voiture du capitaine… sauf que Lucy a désormais le super pouvoir d’intercepter toutes les télécommunications ! Et utilisant ses pouvoirs mystérieux, elle parvient à détecter une conversation parmi des millions, en coréen par ailleurs : c’est Monsieur Jang ! Qui, oui, est Coréen, oui, est à Paris, oui, veut se venger, et oui, a appris que ses mules avaient toutes été prises par la police. Et qu’elles attendaient d’être opérées au Val de Grâce.

Les Coréens envoient donc tout un groupe sur place pour meuler la police et récupérer la drogue. Aussi simple que cela.

Et con, aussi. Mais est-ce que ça vous surprend encore ?

Lucy décide donc de prendre les choses en main : elle n’a jamais conduit mais prend le volant et s’avère être un pilote de génie (son cerveau lui a aussi fait passer ler permis). Elle met le gyrophare de Del Rio en marche, et en avant les enfants ! Sauf qu’en roulant à fond pour essayer de devancer les Coréens, elle attire l’attention d’autres unités de police, qui prennent la voiture de Del Rio en chasse.

« Je vais leur dire de nous lâcher, passez-moi la radio. » propose intelligemment Del Rio. « Non, j’ai une meilleure idée ! » répond Lucy histoire de bien pourrir l’affaire.

Et elle utilise donc ses pouvoirs pour provoquer un carambolage mortel entre les différentes voitures de police, le tout sur une place de marché où les véhicules hors de contrôle peuvent ainsi tuer plein d’innocents.

Sérieusement ? C’était ça ta meilleure idée ? Tu es sûre que ton cerveau fonctionne mieux qu’avant ? Non parce que non seulement Del Rio avait une solution simple, pacifique et sans risques, mais en plus, il aurait même pu dire « Continuez de nous coller aux fesses ! On va intercepter des méchants Coréens, on aura besoin d’autant de monde que possible ! » mais non. Et pourquoi ? Parce que Lucy est stupide. Aussi bien le film que le personnage, d’ailleurs.

Bref, pendant ce temps, au Val-de-Grâce, les Coréens qui doivent avoir des voitures avec des turbo-réacteurs sont arrivés avant même Lucy qui a pourtant une voiture de police, des supers pouvoirs et a intercepté le message ordonnant l’attaque. Et ils arrivent dans la salle où les mules sont retenues, tuent tous les policiers qui les surveillaient et…

Oui ? Se barrer et opérer les mules au calme ? Noooon. Vous vous souvenez de ce que j’avais dit plus haut ? Sur le fait que ces gens étaient assez cons probablement pour essayer de faire n’importe quoi en plein milieu d’un commissariat ? Hé bien c’est gagné : les Coréens décident d’opérer les trois types, sur place, bien lentement en prenant leur temps (plutôt que de les tuer et de récupérer la dope, même s’ils le font pour l’un d’entre eux sur un coup de tête mais ne poursuivent pas avec le candidat suivant), le tout entouré par les corps des policiers et après avoir vidé leurs flingues au milieu de l’hôpital.

Mais rassurez-vous, personne ne les dérange.

Bon je… je vais égorger un bébé phoque et je reviens d’accord ?

Hop.

Voilà. Donc, disais-je, ils ne sont pas dérangés, à part par Lucy qui débarque avec le capitaine Del Rio. Le chef de la petite troupe, sous-fifre de Monsieur Jang, ordonne donc à ses hommes de tuer Lucy pendant que lui se barre avec la mallette contenant les trois sachets de drogue qu’ils viennent de récupérer sur les pauvres mules.

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Chose intéressante : lorsque l’on a des supers pouvoirs, il faut quand même utiliser ses mains comme sur une tablette pour percevoir le monde. Moi aussi, quand j’essaie d’écouter deux conversations, je suis obligé de les faire glisser devant moi pour préciser sur laquelle je me concentre le plus.

« Ah ! Parfait, Lucy va tous les faire tomber inconscient ! » s’exclame le public.

« Mmmmm noooon je vais plutôt faire un mur invisible pour empêcher le chef des méchants de fuir. » répond Lucy qui confirme ainsi son statut de bulot qui parle. Car oui, plutôt que de tout régler en une seconde – ah, le problème des pouvoirs surpuissants ! – elle préfère faire du n’importe quoi. Elle fait donc son mur invisible, puis pendant que les hommes du méchant attendent en faisant du rien malgré le fait que leur chef leur ordonne de tirer, Lucy prend son temps pour leur faire dégager leurs armes, puis les fait léviter pour se frayer un chemin jusqu’au méchant en chef et récupérer la mallette.

Et devinez quoi ?

Elle ne tue personne. Ne les fait pas tomber inconscient. Et une fois partie… hé bien elle les laisse même se barrer.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ?

« Bon ben maintenant que j’ai la drogue, et que la police qui vient d’arriver n’empêche personne de sortir de l’hôpital, capitaine Del Rio, je vous fais un bisou. Cela fait, soyez bien urbain et emmenez-moi au centre de recherche où m’attend le professeur Norman dont j’ai détecté les pensées à 12 000 bornes et compris qu’il m’attendrait là et non pas à l’hôtel.« 

Ça doit être pratique, ça, de pouvoir lire les pensées de gens tellement loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Surtout quand en sortant de l’hôpital, Lucy croise la voiture de Monsieur Jang, mais là par contre, le mec a beau être limite en train de ronger sa vitre en hurlant des insanités, lui, elle ne le remarque pas. Ni ne détecte quoi que ce soit. C’est beau la magie du scénario : je vous rappelle que depuis le début, tout ne repose que sur le fait qu’à chaque fois que Lucy croise les méchants, elle fait bien attention à les ignorer/les épargner/leur donner une chance de faire une nouvelle scène d’action.

Et c’est ce qu’il se passe. Car Jang ordonne à ses hommes de suivre Lucy jusqu’au centre pour lui mouliner la margoulette. Et lui-même mènera l’assaut, car il la tuerait bien de ses mains. Le capitaine Del Rio, à l’opposé, préfère prendre ses précautions et appeler des gardiens de la paix en renfort (mais pas d’unités plus costaudes comme le GIPN, le GIGN, ou même des ninjas, ce qui est bien dommage). Cela fait, tout le monde se rend donc au centre de recherche où Lucy rencontre pour la première fois le professeur Norman, le légendaire scientifique et une équipe de sommités qu’il a réunies.

Vous ai-je d’ailleurs parlé du moment où le professeur Normal parle de Lucy l’australopithèque en disant « la première femme de l’humanité s’appelait Lucy » au lieu de « le plus ancien corps de femme retrouvé a été baptisé Lucy » ? Quand je vous dis que c’est un grand scientifique, je ne déconne pas.

« Prouvez-nous que ce dit Norman à votre sujet est vrai ! » demande un des scientifiques présents. Aussitôt, Lucy lui saute dessus, lui touche le front et a la vision d’un chauffeur sur le point de renverser une fillette. Elle explique donc :

« Vous aviez une fille, elle a été renversée quand elle avait 6 ans. Par une voiture bleue, avec un petit oiseau qui pendait au rétroviseur.
- Alors c’est très vrai, mais vous pouvez m’expliquer comment encore une fois, en scannant ma mémoire, vous n’avez pas ce que j’ai vu mais ce qu’a vu le chauffard qui n’a rien à voir avec moi ?
- … c’est… heu… magique ?
- Okay, vous m’avez convaincu. »

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C’est donc encore une fois en se vautrant lamentablement que le film se poursuit. Car Lucy explique son plan : avant de disparaître, elle veut transmettre, comme convenu, le savoir qu’elle a accumulé (parce que oui, utiliser son cerveau plus largement lui donne accès à plein de mystères qui traînaient dedans sans que l’on sache bien pourquoi). Pour ce faire, elle propose de faire un test : lui injecter toute la drogue qui reste. Elle pourra ainsi s’en servir pour monter ses capacités cérébrales jusqu’à 100% et ainsi savoir ce qu’il se passe à ce moment là. Et en même temps, elle va tenter d’utiliser ses pouvoirs pour créer un ordinateur suffisamment puissant pour contenir son savoir car elle peut désormais manipuler la matière, y compris fécale au vu de l’intrigue. Mais son plan est interrompu par de tristes nouvelles données à Del Rio par ses camarades de la maréchaussée.

« Capitaine  ! Il y a des Coréens avec des lance-roquettes et des gros flingues qui arrivent ! 
- J’ai une idée : on va tenter de les retenir au maximum pendant que Lucy fait son expérience, quand bien même on ignore combien de temps ça va prendre.
- Super ! Et sinon, on ne pourrait pas juste dire à Lucy de tous les neutraliser comme elle l’a déjà fait à l’aéroport et ensuite reprendre le test en toute sécurité ?
- Comment vous appelez-vous ?
- Roudoudou. J’étais étudiant mais je me suis fait virer, alors pour gagner ma vie, je suis devenu flic.
- Cassez-vous Roudoudou ! Vos plans intelligents n’ont rien à faire dans ce film ! Encore une fois, on ne va pas utiliser de pouvoirs surpuissants de manière utile ! A la place, on va se faire une grosse scène de fusillade sans aucune raison ! »

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Et c’est exactement ce qu’il se passe.

Pendant que Lucy fait monter son pourcentage de matière grise utilisée, les policiers et les Coréens s’affrontent dans le couloir menant à la salle où Lucy est (mais dont la porte arrête toute les balles, merci, quand bien même elle est au fond du couloir) et Lucy pendant ce temps raconte des trucs comme « 1+1 ne fait pas 2 car en fait, ce n’est pas la bonne échelle, il faut être conscient du temps qui passe » bref, vous l’avez compris, plus le temps passe, plus en fait Lucy se transforme tout simplement en Jean-Claude Van Damme. Et une fois qu’elle a fini de raconter du caca, elle met bel et bien son plan à exécution, à savoir qu’elle s’assoit dans une chaise, se concentre, et transformant l’un de ses bras en enchevêtrement de tubes façon Akira, commence à absorber tout ce qu’il y a dans la pièce (à part les scientifiques) pour convertir cette matière en un gros PC surpuissant au milieu de celle-ci.

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Le professeur Norman se marre : Lucy n’a toujours pas compris que puissance cérébrale et savoir étaient deux choses différentes. Pour stocker toutes ses connaissances, elle aura donc juste besoin d’un Amiga 500.

Sauf que les Coréens, dehors, ont pris l’avantage et réussi à coller une roquette dans la porte alors que Lucy était à 99% d’utilisation de son cerveau. Monsieur Jang arrive donc, l’arme à la main, et sous les yeux médusés des scientifiques (tous les policiers dans le couloir qui étaient encore vivants il y a une seconde sont partis faire caca semble-t-il), braque Lucy. Il reste comme ça 40 bonnes secondes, sans raison là encore, jusqu’à ce que Lucy atteigne soudain 100% d’utilisation de son cerveau… et disparaisse à la seconde où Jang tire !

AH BEN CA ! C’est tellement original que je crois que je l’ai en 87 exemplaire dans mon album Panini « Poncifs qui puent & ficelles grossières.« . J’échange d’ailleurs ces vignettes contre la légendaire carte rare Ridley Scott, celle avec les bords dorés.

Mais bref.

Jang est bien embêté : il vient bêtement de fusiller une chaise vide. Il est doublement embêté quand Del Rio, qui était donc bien vivant, juste à côté de la porte qu’il était censé défendre, mais avait laissé Jang rentrer sans le déranger, fait son grand retour sans aucune explication (pourquoi commencer maintenant ?) et abat le méchant qui s’effondre dans la chaise en question. Del Rio et les scientifiques se retrouvent donc dans la pièce, un peu embêtés et sans savoir quoi faire. Il ne reste plus de Lucy que l’immense ordinateur en plein milieu, et duquel surgit… une clé USB.

Qui sitôt saisie, fait que l’ordinateur tombe en poussière : il a fait son office.

Toutes les connaissances accumulées par Lucy sont donc sur cette clé particulièrement moche (spécial dédicace à l’effet spécial pourri pour donner l’impression qu’il y a des étoiles qui bougent sur la coque), et on imagine que si Lucy était née 15 ans plus tôt, elle aurait généré une disquette 5 pouces 1/2 chatoyante, ce qui aurait quand même eu vachement plus de classe. Tout le monde se regarde donc et est bien content : elle a accompli sa mission.

Elle a légué à l’humanité la seule clé USB assez puissante pour y stocker tout le porn du monde dès qu’ils auront formaté les conneries que Lucy a laissé dessus.

Del Rio, quand même bien enquiquiné car il aurait bien voulu un autre bisou, demande à la cantonade « Ben ? Où s’qu’elle est ?« 

Et un SMS sur son téléphone lui répond :

« Je sui partou, lol. »

Alors que Del Rio réfléchit à tout ce que cela implique d’avoir une Scarlett Johansson invisible et omnisciente, surtout au sujet de ses activités habituelles sous la douche, la voix off de Lucy vient accompagner la caméra qui s’éloigne.

« On nous a donné la vie. Maintenant, vous savez quoi en faire.« 

Et…

… FIN !

Pardon ? Mais qu’est-ce que ? Mais ! Attendez, le film se finit là-dessus, paf, elle disparaît, fait la morale et c’est plié ? Oh oui, je sais ce que je vais en faire, de ma vie !

Diego, charge mon fusil dans la voiture : on va chez Luc Besson !

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Vous pensez que j’exagère sur le bullshit philosophico-prout-prout de ce film et de sa phrase finale ? Alors dites-vous que je ne vous ai pas parlé, alors que Lucy est sur sa chaise à s’approcher des 100% de capacité cérébrale, des scènes où Lucy voyage dans le temps (si), l’espace (aussi), touche le doigt de Lucy l’Australopithèque façon chapelle Sixtine, comme ça, pour déconner, et voit que l’univers n’est en fait qu’un gros ovule qui s’est fait engrosser par de la semence intersidérale (si, là aussi). Parce que oui, le cosmos aussi a sa sexualité. Il est comme ça. Des fois, il va en boîte, rencontre un inconnu et paf, big-bang à l’arrière de la Twingo.

Et vous voulez le plus beau ?

Ambitieux, « Lucy » atteint ses objectifs comme spectacle de divertissement, spectaculaire et intelligent.

Culturebox – France Télévisions

« Intelligent« , donc.

Bravo, les gars.

Je crois que ce sera le mot de la fin. Inutile d’en rajouter.

Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 « La richesse de « Snowpiercer » est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus. »

- Cinema Teaser

5/5 « Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite.« 

- Le Monde

5/5 « (…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde.« 

- Les Inrockuptibles

5/5 « [Pour] Dans « Snowpiercer », on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça) »

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de « chem-trails », à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une « barre de protéines » , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie « Celui qui lit ça est un con » en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

« Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ ! »

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui « adore les enfants » (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

« Caca ! » se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme « Qui met des messages dans les barres protéinées ? » le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire « Eau ».

« La citerne ! » s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. « Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça. » C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

« Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?« 

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : « Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !« 

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme « J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef« . Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question « Est-ce vraiment un film sérieux ? »

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

« On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés ! »

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant « Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !« 

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente « Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train » : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, « l’Arche Ultime », elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de « mourir congelé », elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : « Sang« 

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit « C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ? » Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un « W » doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient « sauté en route » : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

« Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama. »

« Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de « Captain America », hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé « Water » avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de « Gandalf le sauveur de bébé » et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire. »

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Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire « 18 survivants » donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? « Allez on va en tête de train tuer des gens ?« 

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz « Mais que font les autres teufeurs alors ?« 

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

« … et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ? »

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Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : « La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants.« 

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

« Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique ! »

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Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle « spécialisée » (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 « La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée.« 

- Mad Movies

4/5 « (…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique. »

- Première

4/5 « De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année (« After earth », « World War Z », « Elysium »…), « Snowpiercer » est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague) »

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 « C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes.« 

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

Hunger Games premier du nom m’avait été présenté par un certain nombre de personnes comme « un bon film ».

Après avoir retrouvé les coupables pour les jeter dans une arène afin qu’ils s’y entretuent pour mon bon plaisir (l’endroit s’appelle « Marseille« ), je fus donc très étonné lorsque des voix s’élevèrent pour m’annoncer que Hunger Games II : l’embrasement était « encore mieux que le premier« . Quelque chose me dit que l’insécurité n’est pas près des’arrêter dans la cité de la Bonne Mère. Mais, permettez-moi, en amont de ce spoiler, de vous rappeler, justement, les événements qui firent du premier volet un excellent motif pour s’adonner à la boisson.

Hunger Games I : 

Katniss est une jeune fille qui vit avec sa sœur Primrose dans le district 12, le Maubeuge du futur. Comme chaque année, le Capitole, capitale locale, vient chercher un garçon et une fille pour les envoyer au Battle Royale aux Hunger Games affronter les élus des 11 autres districts afin qu’ils s’y entretuent, comme ça, parce que ça fait marrer le Capitole, hihihi. Suite à divers trous scénaristiques, Katniss part donc pour les jeux accompagnée de Peeta, l’homme pain à kebab. Ensemble, ils maravent la gueule à tout le monde, là encore aidés par des ficelles grosses comme baobabs, puis pour pourrir le groove du Capitole et ne lui donner aucun vainqueur, décident de se suicider ensemble, amants maudits, tout ça. Les Hunger Games sont aussitôt arrêtés car les deux jeunes gens, qui ont fait chavirer le cœur du public, doivent être sauvés selon lui. Katniss et Peeta sortent donc vainqueurs, riches et populaires, alors que le big boss du Capitole, le président Snow, comprend lui que les Hunger Games et Katniss ont donné aux districts des envies de rébellion (ça alors !), nique le système, no future.

Et nous nous en arrêtions là, ce qui aurait été bien suffisant. Sauf que non. Toujours est-il que le spoiler, lui, est ici.

Prêts pour la suite ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : TOUT est sur le thème des flammes ; voilà qui promet !

Tout commence du côté du district 12, alors que l’hiver est là, et qu’il fait froid, là, dites.

Katniss et sa bouille permanente de jeune fille mi-contrariée, mi-étonnée sont en train de méditer en regardant l’horizon quand elle est rejointe par Gale, son petit ami. Celui-ci est un peu grognon : en effet, si Katniss lui fait des bisous et lui dit qu’elle l’aime, il n’en reste pas moins que lors des Hunger Games, pour avoir le public de son côté, Katniss a simulé une histoire d’amour avec Peeta. Du coup, hein, bon, il ne sait plus trop avec qui elle simule quoi et quand, et c’est bien embêtant. Après avoir quelque peu débattu du sujet, nos deux larrons vont chasser pour se changer les idées, l’occasion de découvrir que Katniss a été traumatisée par les Hunger Games et qu’elle en a des hallucinations (moi aussi : parfois, je revois les critiques de la presse professionnelle).

Enfin juste dans cette scène, après, plus rien, pouf.

Hé bien d’accord, je vois qu’on commence bien. Le fumet de la bouse se ferait sentir si tôt ? Ne soyons pas trop sévères.

En parlant de bouses, nos héros rentrent chez eux après la chasse, comprendre la pauvre cité minière du district 12. Et si Gale habite encore dans une demeure faite de crottin et de planches de poulailler, Katniss, elle, a une superbe demeure dans « le village des vainqueurs », voisin du coeur du district 12, et où seuls ceux ayant remporté les Hunger Games et leurs familles demeurent(comprendre : elle, Peeta et leur vieux mentor alcolo, Haymitch). Et non, Katniss ne lui propose pas de venir habiter chez elle. Elle pourrait, parce qu’après tout, les Hunger Games sont finis et donc qu’elle n’a plus rien à simuler avec Peeta, mais hihihi, c’est tellement plus rigolo de regarder Gale mourir de froid avec sa famille de prolos. On en conclura donc que Katniss est bien une gourgandine de bas-étage, mais passons.

Car de retour chez elle, Katniss est bien étonnée, puisqu’elle y trouve l’y attendant, non pas un chocolat chaud, mais le président Snow. Flûte.

« Bonjour, Katniss.
- Président Snow. Que faites-vous là en lieu et place de mon fucking chocolat chaud ?
- Il suffit. Je te propose que l’on ne se mente pas, d’accord ? Bon. Les derniers 74e Hunger Games, je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est terminé. D’ailleurs, j’ai fait exécuter le précédent producteur. Les gens des districts ont vu en toi un espoir, quelqu’un qui ne se laissait pas faire, une provocation face à mon autorité. Alors que moi, j’ai juste vu une fille avec des pommettes qui font peur, mais passons. Certains envisagent une rébellion dans les districts à cause de tout cela.
- Parce qu’en 74 ans de jeux où vous tuez des enfants, personne n’y a pensé avant ?
- Non, cette saga est trop mal écrite. C’est toi, Katniss, grâce à ton… heu… pffff… hihi… hem, pardon : ton charisme ? Qui leur a donné envie de faire n’importe quoi. Alors voilà ce que tu vas faire : je sais que ton histoire avec Peeta, c’est du pipeau à grelots. Ce qui prouve que tu es bonne actrice. Alors, comme chaque année, nous allons procéder à la tournée des vainqueurs, où les gagnants du précédent Hunger Games vont dans chaque district faire coucou. Et partout où tu iras, tu diras des choses comme « Le capitole, c’est youpi », et « La rébellion, c’est cacaboudin ».
- Et sinon ?
- Sinon, je transforme ta mère et ta sœur en descentes de lit. Et je bombarde tous tes amis, et le district 12 avec pour faire bonne mesure.
- Dit comme ça, c’est drôlement plus motivant, dites. »

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Le président Snow, satisfait de sa prestation, repart donc en laissant Katniss dépitée. Celle-ci n’a pas vraiment envie de chanter les louanges du Capitole, mais bon, c’est ça ou voir sa famille conviée à une soirée napalm & barbecue. Peu de temps après, elle est donc invitée à passer à la télévision avec Peeta pour dire au public que holala, c’est trop super d’être amoureux, et que hihihi, merci le Capitole ! Puis, c’est dans un train que l’on envoie le duo, pour aller faire le tour des districts. Ils sont accompagnés d’Effie, la déléguée du Capitole en charge de leur cas, et d’Haymitch, qui n’a strictement aucune raison de les accompagner, mais est là quand même, on va dire qu’ils l’avaient glissé dans un sac à main. Puis, la tournée commence par le district 11, dont le casting n’est pas sans rappeler les plus grandes heures du Prince de Bel-Air. Le district 11 étant un district de pauvres, c’est donc un district de gentils (contrairement aux riches, qui sont tous méchants, rappelons-le), et ses candidats de l’année précédente étaient donc parmi les gars sympas. Peeta se lance donc dans un discours cucu qui s’achève par le fait que lui et Katniss partageront leurs gains avec les familles des candidats du district 11, puis Katniss rajoute un soupçon de praliné sur le cucu, provoquant ainsi une scène étrange :

En effet, dans la foule, un vieillard sifflote et lève trois doigts en l’air, le signe de ralliement contre le Capitole. Toute la foule le suit, mais bon, pas longtemps puisque la sécurité intervient en attrapant papy et lui collant une balle dans la tête. Katniss est donc toute choquée et parvient à s’isoler avec Peeta et Haymitch pour faire le point.

« C’est affreux ! Affreuuuux ! Affreuuuuuuuuuuuuux !
- En même temps, c’est une dictature, hein, je sais pas trop à quoi tu t’attendais.
- Nan mais en plus je vous l’ai pas dit mais le président Snow est venu me voir ! Il m’a demandé de me montrer super pro-Capitole pour éviter ce genre de dérapages ! Et sinon, il tuera tout le monde au district 12 !
- Ah oui, d’accord. Et sinon, tu comptais nous le dire quand ? Parce que c’est vaguement important comme information, sachant que ça touche aussi nos familles. Mais au fait… moi aussi je suis un gagnant du dernier Hunger Games ! Moi aussi j’ai défié le Capitole ! Alors pourquoi le président est pas venu me voir pour dire la même chose ?
- Peut-être parce que personne n’en a rien à faire de toi, Peeta ?
- Ah bin oui, tiens. Ça répond à ma question. »

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Je voudrais bien dire que j’exagère, mais non. Peeta, c’est un personnage auquel personne n’adresse la parole ou presque, qui disparaît régulièrement dans certaines scènes tant sa transparence rend sa présence superfétatoire, et dont la seule mission est de générer aléatoirement des ennuis ou de la tension pour le personnage principal. S’il y a une peau de banane, il glisse dessus, s’il faut se faire discret, il marche sur le chat, s’il faut s’échanger de bons livres, il ramène du Guillaume Musso.

Toujours est-il que la petite équipe est invitée à remonter dans le train pour aller vers le district suivant. Et cette fois-ci, plus d’improvisation : Katniss comme Peeta se contentent de lire les discours écrits pour eux avec le moins d’enthousiasme possible, en expliquant que le Capitole, c’est trop super, qu’obéir, c’est cool, et que les Hunger Games, c’est choupet. La foule, peu dupe, leur hurle donc de cesser de lire leurs fiches et de dire ce qu’ils pensent vraiment. Enfin quand je dis « Ils« , là encore : ils implorent Katniss, Peeta, ils ne l’ont même pas remarqué. Ils pensaient que c’était juste un gros pain au chocolat qui parle. Mais nos héros ne voulant pas voir leurs familles finir avec la moitié de la flotte aérienne du Capitole venue se vider les entrailles sur leurs familles, ils s’en tiennent définitivement à leurs fiches. Même lorsque les foules s’agitent et se rebellent, seulement contenues par la sécurité locale.

Rappel : le Capitole cherche à donner l’impression que nos héros s’expriment de leur plein gré. Nul doute que l’idée de mettre un gros Monsieur de la sécurité juste derrière eux va tout à fait dans ce sens.

A ce stade, vous avez dû remarquer que là encore, Katniss est con comme un sabot : si elle veut sauver sa famille, le président Snow lui a demandé de jouer la comédie. Donc soit elle y met du sien en lisant les discours, soit elle ne les lit pas, mais les lire sans conviction, ça revient à faire du François Hollande : ni le Capitole, ni les districts ne sont satisfaits. Mais comme le script est rempli de grosses ficelles, les districts sont contents quand même, voire acclament carrément Katniss, pourtant en train d’ânonner un discours leur disant de la fermer. Tout cela est décidément merveilleusement crédible.

Bref. Dans le train des vainqueurs, le moral est au plus bas. Heureusement, celui-ci est équipé des fameux sas Prométhéus© qui ne s’ouvrent ou ne se ferment pas complètement, non, quand l’héroïne passe devant, ils se contentent de rester entrouverts sans aucune raison, à part de laisser voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Et Katniss peut ainsi observer dans la salle de sécurité du train des agents en train de regarder sur leurs télévisions les images des districts se révoltant l’un après l’autre.

Pendant que je cherchais une veine sur un de mes bras pour m’injecter de quoi tenir, visiblement, Katniss avait aussi commencé à s’enfiler des produits pas bien naturels. Ainsi, lors d’un repas à bord du tchou-tchou, elle se tourne vers Peeta.

« Tu penses que le président Snow va nous en vouloir ?
- D’y mettre de la mauvaise volonté ? Noooooooon, je suis sûr qu’il n’a rien remarqué. C’est pas comme s’il était venu jusqu’à chez toi en menaçant toute ta famille pour montrer à quel point il insistait.
- Ouf, tu me rassures.
- Non mais c’était ironique, hein.
- Bon bin, écoute. On a qu’à le bluffer : annonçons que l’on va se marier ! Comme ça, il ne pourra pas dire que l’on ne joue pas le jeu jusqu’au bout ! »

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Mais ? Mais ? Peeta ! Dis quelque chose !

« Excellente idée !« 

Bon, d’accord, tu es con, mais Haymitch ! Allez Haymitch, dis-lui que c’est digne d’une palourde trépanée ! Lance lui une bouteille sur le coin du nez, allez, tu es mon champion !

« C’est brillant, Katniss !« 

Je suis DÉÇU, Mimitch !

Non ! NON ! Ce n’est PAS brillant ! C’est tout l’inverse ! Regardez le script, bon sang, c’était il y a une paire de scènes seulement ! Le président Snow dit lui-même qu’il n’en a rien à faire de l’histoire d’amour entre les deux andouilles, non, lui il a insisté très lourdement pour dire que là où il fallait être crédible, c’était dans les discours aux districts ! Le vieux qui s’est pris une balle dans la tête ma petite Katniss, c’est pas parce qu’il trouvait que vous vous faisiez pas assez de bisous ou qu’il avait lu dans Closer que tu pétais au lit ! Et les foules ne scandaient pas « Câliiiin, faites vous des câliiiins ! » ! Est-ce que quelqu’un a pensé à relire l’intrigue ? A voir s’il y avait un rapport entre le film et les dialogues ? Je veux dire : Katniss, Peeta, vous pourriez vous marier, divorcer ou faire un ménage à trois avec un phoque que Snow n’en aurait rien à faire pourvu que vous disiez bien aux gens de se tenir à carreaux ! Je… je… bon, je vais chercher une deuxième seringue, en fait. Celle de mon ami vétérinaire dans un centre équestre.

Essayons tout de même de nous concentrer sur ce qu’il se passe entre les trous du scénario. Car à la fin de la tournée des vainqueurs, ceux-ci sont accueillis au Capitole, où le président Snow fait son regard à Katniss façon « Je ne suis pas content !« . On se demande bien pourquoi, tenez. Lors de la soirée qui s’ensuit, Katniss rencontre Bob, le nouveau producteur des Hunger Games. Celui-ci explique qu’il était volontaire pour ce poste parce qu’il a plein d’idées, et compte bien faire mieux que son prédécesseur (c’est assez facile : il suffit d’être vivant pour faire mieux que lui). D’ailleurs, il conseille aussi le président, l’occasion pour le petit singe qui écrit les dialogues (si quelqu’un a une meilleure explication, je suis tout ouïe) de montrer qu’il est en forme.

« Bob, les districts s’agitent de plus en plus, il y a eu des émeutes, et si c’est encore sous contrôle dans l’immédiat, tout risque de s’embraser.
- On pourrait… les réprimer encore plus ?
- Non. C’est très con. C’est parce qu’ils sont réprimés qu’ils se révoltent.
- Alors on a qu’à leur prendre le peu qu’il leur reste ? 
- Heu… c’est-à-dire ?
- INTERDISEZ LE MARCHE NOIR ! »

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Alors moi, je ne sais pas vous, mais non seulement ça ressemble à du « Réprimer encore plus« , mais paraphrasé par un lycéen de seconde, mais surtout, aux dernières nouvelles, le marché noir est interdit pas définition, c’est même pour ça qu’on l’appelle comme ça. Je suppose que dans la liste de Bob, il y aussi « Interdire le vol« , « Interdire la rébellion » et « Interdire le port de chaussettes dans les sandales« . Bob de la Palice, bonjour.

Le président trouvant malgré tout cette idée géniale, dans les jours qui suivent, il se passe des choses dans le district 12. A savoir que Katniss et Peeta, qui y étaient retournés, entendent des coups de feu : ce sont les hommes du Capitole qui viennent retourner toutes les maisons et donner une bonne leçon à toutes celles et ceux qui auraient des marchandises illégales chez eux !  Gale, le courageux petit ami de Katniss, tente bien de s’interposer au moment où ils vont lui prendre ses DVD de Glee de contrebande, mais en punition, il est attaché en place publique et fouetté jusqu’à ce que Katniss s’interpose, bientôt rejointe par Peeta et Haymitch. Des images qui ont tôt fait d’arriver aux yeux du président Snow et de Bob, qui les regardent en se caressant le menton (leurs mentons respectifs, hein, attention, je ne voudrais pas voir la Manif’ pour Tous débarquer ici).

« Bob, ces gens m’énervent. Même ma petite fille trouve Katniss formidable. Elle me dit qu’à l’école, tous les enfants essaient de lui ressembler.
- Ils se font la même coupe de cheveux ?
- Non, ils s’injectent de la guimauve dans les pommettes, on dirait du cosplay de Carla Bruni. Mais revenons à notre sujet, regardez : ses copains Peeta et Haymitch la soutiennent. Tous les vainqueurs défient mon autorité.« 

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Notons que du film, le président ne pensera jamais à une ruse simple : arrêter de faire passer Katniss à la télé, et pouf, fin du problème. Et éventuellement, diffuser des vidéos de chatons qui ronronnent.

Bin oui : trois vainqueurs sur des dizaines, et encore, qui ne sont ensemble que parce qu’ils sont du même district et se connaissent, c’est « tous les vainqueurs« .  Quelqu’un d’autre a besoin d’une analyse foireuse ?

« Bob, une idée pour régler la question, vite.
- Heu… ah… oui, j’en ai une, président !
- Je vous écoute.
- Si on refaisait des Hunger Games ? Pas seulement parce que c’est le titre du film et qu’il faut bien les caser, mais aussi parce que cette année, c’est la 75e édition !
- Eeeet ?
- Et tous les 25 ans, c’est une édition spéciale, « les jeux de l’expiation » ! On a le droit de rajouter des règles comme on veut !
- C’est débile ?
- C’est HUNGER GAMES !
- C’est vrai, et donc ?
- Cette année, on a qu’à se débarrasser des précédents vainqueurs, hop ! En les faisant s’affronter !
- Je résume : les Hunger Games sont faits pour humilier les districts, ce qui est idiot. La seule chose qui les empêche de se rebeller, et qui a été rabâchée à longueur de film dans le précédent opus, c’est l’espoir de voir leur candidat gagner, être riche et pouvoir en profiter. Donc là, votre plan, c’est de faire exactement pareil, mais en tuant les gens qui représentent l’espoir de gagner. Donc, de tuer tout le monde, gratuitement, et par pure provocation en pleine période de rébellion.
- Ouiiiiiii !
- J’achète. »

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A ce moment du film, ma voisine a pris feu.

Mais le lendemain, donc, c’est le choc dans les districts quand le président Snow annonce à la télévision que pour célébrer les 3e jeux de l’expiation, s’affronteront dans l’arène des Hunger Games des candidats tirés parmi les gagnants des précédentes éditions. Katniss n’a pas de bol : elle est la seule gagnante de sexe féminin de son district, donc automatiquement sélectionnée. Quant à Haymitch et Peeta, si le sort désigne le premier, c’est le second qui se porte volontaire pour le remplacer. Parce que ouais, il est comme ça, Peeta. Autant dire que pour le coup, lors de la petite cérémonie de sélection, tout le monde fait le signe des trois doigts levés, pour bien montrer au Capitole qu’on apprécie moyennement la plaisanterie. Et oui, je sais, un doigt aurait suffi, mais c’est un film tout public. Et puis ça fait tout de suite rébellion blasée.

Mais qu’importe, et justement, en route vers le Capitole.

Car le train y emmène Katniss et Peeta pour loger avec les autres candidats de cette année, l’occasion de découvrir qui ils sont. Et là encore, vous allez voir, c’est très bien écrit. Oui oui, comme tout le reste jusqu’ici.

En effet :

  • Chaque district a un homme et une femme à proposer, ça tombe bien !
  • Chaque duo de chaque district (sauf un, mais on y reviendra) a le même âge, quelle coïncidence !
  • Chaque duo de chaque district a exactement le même style (sauvage, intello, défoncé au crack, etc), c’est fou !
  • Chaque duo est constitué de personnes qui, des années après leur victoire, sont encore dans une éclatante forme physique, pas un ne s’est empâté, c’est magique !
  • Et tous les candidats (sauf un, donc) sont relativement jeunes ou dans la force de l’âge !

Je vous laisse faire le calcul : sachant qu’il faut 22 éditions pour donner les 22 candidats qui vont accompagner Katniss et Peeta dans l’arène, sachant que visiblement, tout le monde est de la même génération ou presque, et qu’ils sont donc issus de saisons des Hunger Games très rapprochées, et sachant qu’il faut des candidats pour chaque district, par quel incroyable miracle statistique a-t-on pu obtenir un homme et une femme de chaque district, et mieux encore, qui se ressemblent autant  pour donner pareil casting ?

Sachant que les districts 1 et 2 ont des « candidats de carrière » qui, nous explique-t-on dans le premier opus, gagnent chaque année ou presque., il faudra me dire d’où sortent tous ces gagnants.

De là à supposer qu’ils sont tirés d’un chapeau et écrits avec les pieds… non, je n’ose y croire. Ce serait un peu gros tout de même, les gens l’auraient vu. Hein ? Dites ? C’est pas comme si c’était comme ça depuis le début du film.

Toujours est-il que faisons fi de ces éléments et présentons, comme le veut la tradition, la liste des candidats, assez semblable à celle de l’année dernière.

  • District 1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 2 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 4 : Finnick, Mamie Gâteaux
  • District 5 : Electro, Electra
  • District 6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 7 : Jean-Jacques, Johanna
  • District 8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 10 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 11 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 12 : Peeta, Katniss

Sachant que la plupart de ces candidats n’ont pas de prénom (je vous laisse vérifier au casting, c’est édifiant, c’est pourtant pas le temps que ça prend pour faire un minimum illusion), je vous laisse deviner quels sont les personnages qui vont nous intéresser. Katniss & Peeta, de toute manière, n’ont guère le choix : ils vont devoir s’y pencher, puisque comme leur a fait remarquer Haymitch, la plupart des gagnants sont partis vivre au Capitole et se connaissent donc depuis des années. Ils sont donc amis (voire ont pratiqué des backrooms ensemble) et buteront sans nul doute nos deux héros en premier. Il va donc falloir essayer de faire ami-ami, voire de se trouver « des alliés ».

Je pensais que c’était une formule de style, mais en fait, non : nos héros tiennent une véritable liste en disant qui ils « acceptent ou non ». Ce n’est plus une alliance, c’est une boîte de nuit.

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Vous vous souvenez que tout comme Katniss, chaque équipe a son couturier ? Bin visiblement, pour Finnick, il ne s’est pas emmerdé.

Trêve de fiel et allons donc voir sur le terrain d’entraînement où les élus se retrouvent, ce qu’il se passe. Peeta déjà, continue de jouer son rôle de personnage tellement inutile qu’il disparaît dès la première scène et ne parlera à personne, quand bien même il était chaud patate pour se trouver des alliés. Désolé mec, il fallait être Katniss. Car elle, de son côté, fait ami-ami avec Electro et Electra, du district 5. Ceux-ci sont des scientifiques très gentils qui ont gagné à leur époque par la ruse, en électrocutant les vilains avec des objets que l’on retrouve souvent dans l’arène des Hunger Games, comme par exemple des pinces crocodiles et une Fiat 500. Puis, elle va trouver Mamie-Gâteaux, la seule candidate de plus de 50 ans, qui sucre un peu les fraises et est muette. Mais gentille, elle peut servir dans l’arène. Par exemple, à faire des cookies. Elle est là avec elle son ancien élève, Finnick, jeune, musclé et très doué. Et le contact passe bien. Cela fait, Katniss va donc s’entraîner à l’arc, et impressionne tant les témoins de la scène que bientôt, tous les malheureux candidats aux Hunger Games la supplient de devenir leur meilleure amie.

Oui, c’est tellement artificiel qu’on dirait du Twilight. Mais livre pour adolescentes, triangle amoureux, héroïne charismatique quoi qu’elle fasse et actrice aux mimiques limitées, ça ne vous a pas mis sur la piste ? Bon, alors.

Le film, lui, continue pendant ce temps sur sa lancée. Vous vous souvenez du plan de Katniss, de se faire des alliés ? De tout ce qu’elle vient de faire dans la scène précédente ? Et de l’excellent résultat obtenu de manière plus ou moins contestable, mais obtenu quand même ? Et bien sitôt qu’elle apprend qu’elle n’a qu’à se pencher pour ramasser les alliés tant recherchés, elle déclare : « Je n’en veux aucun. »

Ah non, hein, vraiment. Quelle cohérence, c’est un bonheur. Et ce n’est pas fini.

En tout cas, il n’y a pas que l’entraînement dans la vie, il y a aussi les festivités médiatiques : Katniss et Peeta jouent la provoc’ en ne saluant pas le président Snow lors du traditionnel défilé des candidats, font les kékés devant les juges, quant à l’ultime passage sur un plateau télé avant d’être envoyé dans l’arène… disons qu’il tourne curieusement.

Déjà, parce que Lenny Kravitz, le couturier en charge des candidats du district 12, a eu la bonne idée de donner à Katniss une robe qui change d’apparence pour prendre celle d’un Geai Moqueur, l’oiseau qui se trouve sur le pin’s de Katniss, et le symbole de la révolution. Autant dire que le président Snow apprécie moyennement qu’on vienne lui chier dans les bottes en direct. Quant à Peeta, il utilise ses pouvoirs de pain à merguez pour mettre de la sauce piquante sur une situation déjà bouillante. En effet, lors de son passage devant César, le présentateur télé local, il y va fort.

« Alors mon petit Peeta, ça te fait quoi de te retrouver ici ?
- C’est moyennement cool.
- Oui, surtout que vous deviez vous marier avec Katniss, c’est bête !
- Oui. Mais en fait, on s’est mariés en secret ! 
- Hooooooooooo !
- Oui parce que… KATNISS ATTEND UN BAYBAY ! »

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Et ce coup de bluff fait aussitôt hurler tout le public, qui demande l’annulation des jeux ; en effet, ils doivent être du parti républicain américain : tuer des gens, oui, des fœtus, non. Dans la panique qui s’ensuit, Katniss et Peeta rejoignent les autres candidats sur scène et les enjoignent de tous se tenir la main, en signe d’unité contre le Capitole. Devant ce gigantesque capharnaüm, la retransmission est purement et simplement coupée, alors que le public continue de hurler qu’il faut en finir avec ces jeux,.

Parce que non, en 75 ans, pas une femme enceinte n’a été sélectionnée. Ou simplement n’a pensé à utiliser cet argument bateau pour avoir les faveurs du public. Incroyab’.

Cependant, si la stratégie a semé la zizanie, les jeux n’en sont pas annulés pour autant. Le lendemain, donc, Katniss est envoyée avec son fidèle Lenny Kravitz se préparer pour commencer les jeux. Ce dernier, comme lors du dernier opus, planque son porte-bonheur (qui est tout le contraire à en croire les événements une fois de plus, mais bon) sur elle, puis lui souhaite bon courage. Et alors que la bougresse s’installe dans l’ascenseur qui va l’amener sur le terrain des Hunger Games, elle voit la sécurité arriver et péter la gueule à Lenny parce que ho, hé, souviens-toi que tu as défié le président Snow hier avec ta robe oiseau, galopin. Mange donc des mandales, pour voir.

L’ascenseur est cependant déjà en marche, et c’est une Katniss quelque peu choquée parc ce qu’elle vient de voir qui débouche donc dans l’arène qui cette fois-ci est… tropicale.

Tout le monde n’est pas égal devant la chaleur. Bonne chance, Mamie Gâteaux !

Soyons précis : l’arène est constituée d’un lac central, entouré d’une imposante jungle. Le lac est divisé en 12 segments, tous délimités par des lignes de rochers allant jusqu’à la plage entourant le lac. Et les candidats sont donc placés par paire dans un des quartiers du lac, sachant qu’au centre, là où toutes les lignes rocailleuses se rencontrent, se trouve la « corne d’abondance », structure artificielle contenant armes, équipement et rouleau de papier à foison. Autrement dit, l’endroit où tout le monde se rue en début de jeu.

Et justement : le compte à rebours commence au son de Francky Vincent (ambiance tropicale on a dit)… et les Hunger Games débutent !

Il serait temps, diront les mauvaises langues qui viennent de manger plus d’une heure de mauvais film à regarder le néant. Mais attendez d’être à la fin de ce spoiler, qu’on en reparle.

Toujours est-il que Katniss se jette donc à l’eau, rejoint les rochers les plus proches, puis court jusqu’à la corne d’abondance pour y prendre arc et flèches, et ainsi commencer à tirer sur les candidats qui la menacent, comprendre, les méchants. Puis arrive Finnick, l’un des rares candidats ayant un nom, qui annonce à Katniss qu’il va l’aider, et joint l’acte à la parole en commençant à meuler du margoulin. Peeta, lui, n’aime que moyennement l’eau (ça fait gonfler la mie) mais parvient à se défaire d’un adversaire qui l’embêtait. Après avoir récupéré Mamie Gâteaux, la mentor de Finnick, le petit quatuor file vers la jungle et s’y enfonce à la recherche d’eau fraîche, parce que le climat local est moyennement agréable, et qu’avec mémé, on est jamais trop hydraté.

Sur place, Katniss montre à 212 reprises qu’elle ne fait pas confiance à Finnick, et il faudra qu’il lui prouve 213 fois qu’il est dans son camp pour qu’elle commence à bien vouloir le croire. Parce que non, même lorsqu’atteignant le bord de l’arène, Peeta se mange un champ de force qui l’électrocute et que Finnick le sauve alors qu’il avait fait un arrêt cardiaque, Katniss ne comprend pas qu’il est dans son camp. C’est vrai que c’est pas facile, pfiou : il est tellement méchant qu’il ramène même les candidats à la vie. « Probablement pour les tuer deux fois ! » doit se dire Katniss de son cerveau de mollusque paranoïaque. Nos larrons errent donc un peu dans la jungle, et Katniss tente même de voir à quelle hauteur est le plafond de l’arène en grimpant au sommet d’un arbre pour lui tirer une flèche dans la face. Et si elle touche, oui, le plafond reste relativement haut. Merci pour cette information passionnante Katniss. Et pour avoir donné ta position à tous les autres candidats. Ah, on me souffle que non, là aussi, personne n’a pensé à cet élément.

La nuit arrivant bientôt, le quatuor décide de dormir un peu. Ils sont par ailleurs soulagés en voyant arriver un colis volant, envoyé par un sponsor pour les aider : un petit robinet à planter dans les arbres pour en faire jaillir de l’eau. Nos héros peuvent donc s’hydrater un peu, et s’endormir en paix. Sauf que plusieurs événements arrivent :

  • Déjà, dans le ciel, comme le veut la tradition, on affiche les pertes de la journée : 8 candidats sont déjà morts. Ils s’appelaient tous Jean-Jacques.
  • Ensuite, vers minuit, il y a un son étrange, comme une horloge sonnant douze coups, puis un gigantesque arbre se fait foudroyer à moult reprises par un mini-orage
  • Et surtout, il y a le brouillard

Car oui : alors que Katniss veille sur ses compagnons endormis, elle note qu’un étrange brouillard approche doucement d’eux. Elle tend une main, pour voir de quoi il retourne, et se retrouve instantanément parcourue par une terrible douleur, alors que de monstrueuses cloques apparaissent sur sa main.

« Vite ! Le brouillard est empoisonné ! » hurle la jeune fille « Courez ou on va tous ressembler à des Bogdanov !« 

Finnick charge Mamie Gâteaux sur son dos puis cavalcade comme un fou, suivi par Katniss et Peeta. Mais le brouillard est sur leurs talons ! Sans compter que Peeta tombe comme une buse (ça aloooors !)  et n’arrive plus à marcher. Mamie Gâteaux arrive à expliquer, bien qu’elle soit muette – c’est pas facile, sachant qu’en plus il fait nuit, vas-y mémé – que Finnick doit porter Peeta plutôt qu’elle. Et pour bien se faire comprendre, elle se dirige vers le brouillard, qui l’engloutit. On entend alors tonner le canon, celui-là même qui sert à annoncer la mort d’un candidat. Adieu, Mamie Gâteaux. Au moins, tes amis n’auront plus à aller chercher des couches à la corne d’abondance. Bref : le trio, quelque peu paniqué, court donc vers la plage, le brouillard leur léchant le dos et provoquant horribles douleurs et cloques sur tout leur corps. Et puis, finalement, la petite troupe tombe dans une sorte de ravin, et bien que le brouillard les suive, il s’arrête… à quelques mètres d’eux seulement. Brusquement et nettement.

Ce brouillard est probablement le lointain descendant du nuage de Tchernobyl.

Nos larrons, mal en point, ont des difficultés à comprendre. Mais en tout cas, leur chute les a amenés devant une petite mare d’eau douce et fraîche tout à fait bienvenue. Katniss a donc l’idée d’y tremper l’une de ses mains couverte de cloques…

… qui disparaissent simplement en frottant.

Pardon ? Ce sont des cloques qui disparaissent à l’eau ? Vous savez que ça ne marche pas comme ça, en fait ?

Bon bin… toutes leurs cloques et cicatrices disparaissent à l’eau alors. Et non, elles ne se résorbent pas : elles disparaissent comme de vulgaires tatouages Malabar, je tiens à être clair sur ce fait. Enfin bref : alors que nos loulous sont heureux de se trouver en meilleur état, ils notent soudain qu’ils sont entourés de dizaines de babouins qui leur jettent des regards laissant entendre qu’ils ont vu il y a peu un reportage sur les tournantes. Katniss, craignant que Peeta ne soit pas prêt pour ce genre d’expériences aussi soudaines que multiples, commence donc à décocher toute une tripotée de flèches sur les vils animaux, aidée de Finnick, qui joue du trident. Peeta, lui, arrive évidemment à se mettre dans une situation compliquée, mais le trio est sauvé lorsque surgit des bois une Jeanne-Jacques, qui vient les aider, avant de se prendre un coup mortel. Toute la petite équipe court donc vers la plage histoire de voir si les singes sont allergiques au sable, et en effet : comme par enchantement, les singes s’arrêtent net au niveau de la plage, laissant à nos héros le temps de se remettre, et de regarder Jeanne-Jacques mourir dans leurs bras.

« C’est pas banal. » se dit donc intelligemment Katniss, en tentant de comprendre pourquoi une autre candidate est venue les sauver alors qu’ils étaient dans la mouise.

Mais déjà, la troupe tente de se reposer un peu. L’occasion pour Peeta, qui depuis le début de ce film, a sérieusement resserré ses liens avec Katniss, de pêcher une huître et d’offrir la perle qu’elle contient à la belle, puisque figurez-vous que oui, l’arène des Hunger Games reproduit visiblement fidèlement le bassin d’Arcachon et son légendaire climat tropical. Cela fait, la troupe voit émerger un peu plus loin sur la plage Electro, Electra et Johanna, une bourrine du district 7 qui manie la hache, tous trois couverts… de sang.

Les deux trios se rejoignent bien vite pour former un sextuor, le plan étant de s’allier contre les candidats des districts 1 et 2, connus pour être très forts. Mais c’est aussi l’occasion pour les nouveaux arrivants d’expliquer leurs malheurs : ils viennent de se manger une pluie de sang. Et alors même qu’ils parlent, ailleurs dans la jungle, un tsunami apparaît entre les arbres et vient mourir dans le lac (oui, dans ce sens là ; un tsunamhipster, probablement, il méprise les conventions. Non, je n’ai pas vu s’il portait lunettes et moustache). Electra, qui a un peu pété une durite face à tous ces événements, parvient quand même à faire comprendre ce qu’il se passe :

L’arène est conçue comme une horloge. Et à chaque heure, il se passe quelque chose dans un quartier : brouillard empoisonné, qui s’arrête aux limites de son quartier, d’où le champ de force qui avait sauvé nos héros, débarquement massif de singes enragés, qui là encore, sont bloqués dans la jungle et ne peuvent s’aventurer sur la plage, ou encore pluie de sang, ou tsunami, une fois de plus très localisés. Il suffit donc d’éviter le mauvais secteur au mauvais moment pour éviter bien des risques inutiles.

J’en profite pour ajouter deux choses, que nos héros n’ont pas remarquées :

  • Déjà, Katniss a elle aussi une corne d’abondance : son carquois. En fonction des plans, des flèches apparaissent ou disparaissent de celui-ci, mais en tout cas, elle n’en manque jamais, même après avoir tué 463 singes. Plus fort qu’un chargeur de héros de film d’action : le carquois de Katniss.
  • Ensuite, une navette vient chercher les corps des candidats morts. Elle reste en stationnaire au-dessus du cadavre, puis descend une pince pour le remonter. Mais attention, hein, pas un truc pratique : une vieille pince de foire. Quel dommage que le film ne montre pas l’opérateur qui fait retomber 3 fois le cadavre dans un vieux bruit de viande avant de remettre 10 balles dans la machine en marmonnant « C‘est bon, j’ai compris comment faire cette fois.« .
  • Ah et oui, même si c’est dans la jungle, jamais un mort ne sera sous une branche, susceptible de bloquer la pince. C’est quand même bien fait.

Sauf que la production, elle, a moyennement apprécié que Katniss et ses amis comprennent le concept de l’arène : en représailles, Bob ordonne depuis sa salle de contrôle une séance de tournez-manège en accéléré de la corne d’abondance et des rochers délimitant les quartiers, pour faire perdre tout repère à nos héros. Si cela tombe plutôt bien, puisque cela arrive au moment où des méchants les attaquaient (et ont tué Electra dans l’affaire) et les oblige à se replier, Katniss manque de peu de mourir, parce que des lignes entières de rochers tournant à pleine vitesse dans la margoulette quand on se retrouve dans l’eau, ça peut faire bobo.

Mais non, elle s’en tire, merci pour elle.

Nos héros sont un peu déboussolés, plus encore lorsque soudain, dans les bois, ils entendent la voix de Primrose, la sœur de Katniss, appelant à l’aide. On passe donc de la confusion à la consternation lorsque Katniss, qui sait pourtant bien que sa sœur n’est pas invitée aux Hunger Games, se rue dans les bois en hurlant « Houhouuu Primrooooose où es-tuuu ?« . Et en effet, c’était un piège : il s’agit cette fois-ci d’un essaim de geais moqueurs qui imitent la voix de la jeune fille pour mieux foutre la zone comme les gros lascars à plumes qu’ils sont. Après s’être pris plumes et déjections dans la face, Katniss revient donc des bois vers la plage, en espérant que personne ne fasse remarquer que sa réaction était aussi idiote qu’absurde.

Heureusement, il y a toujours quelqu’un pour changer de sujet : Electro explique qu’il a justement un plan.

« Bon alors, c’est simple. Vous avez remarqué ? Nos ennemis ne se montrent pas sur la plage. » lance-t-il parce que je sais pas vous, mais moi, j’ai justement remarqué l’exact contraire il y a 5 minutes lorsque les mecs ont débarqué pour buter sa copine Electra. Mais c’est pas grave, il y a juste un vrai problème avec les dialogues de ce film. Entre autres. « Donc, si nous retournons dans la jungle, ils viendront sur la plage pour profiter de notre absence. Sauf que nous, on sera montés jusqu’à l’arbre qui se fait foudroyer tous les soirs à minuit. Et qu’on aura déroulé derrière nous ces 2 kilomètres de câble électrique que j’ai dans la main sans vraiment que cela s’explique. Et du coup, la foudre remontera le long du câble, touchera le lac, et tuera tous ceux qui seront dans l’eau à ce moment là ainsi que tous ceux qui se reposeront sur le sable humide. Donc voilà. Protégez-moi jusqu’à minuit, et on y va !« 

Electro a visiblement un vrai problème avec ses lunettes, puisqu’il n’a pas vu le même film que nous.

Le plan validé, la petite troupe attend donc patiemment la nuit. Et lorsque celle-ci survient, se met en route direction l’arbre à foudre, pour préparer la chose. Et sitôt arrivés au sommet, Electro sourit bêtement.

« Parfait. Maintenant, on a plus qu’à dérouler le câble !« 

Pardon ? Vous voudriez dire que vous vous êtes tapés tout le chemin sans dérouler le câble, et que vous allez donc envoyer une équipe refaire l’aller-retour en prenant bien plus de risques ? Oui ?

A ce moment là, j’ai regardé les cendres de ma voisine qui avait brûlé un peu plus tôt dans le film, et je suis certain d’y avoir vu une braise reprendre.

Toujours est-il que Katniss est envoyée avec Johanna dérouler le câble, pendant qu’Electro l’accroche à l’arbre. Sauf qu’en route… ils sont attaqués ! Ho bin ça alors ! Johanna parvient à attirer les ennemis loin de Katniss avec diverses ruses allant du pourri au consternant (par exemple, faire passer Katniss pour morte, c’est compliqué dans un jeu où il y a un coup de canon pour annoncer quand les gens meurent VRAIMENT), et laisse donc Katniss se débrouiller mais… hélas, les méchants ont coupé le câble !

Katniss remonte donc à l’arbre, alors que minuit approche, et trouve, surprise, Electro kaput. Celui-ci s’est visiblement électrocuté avec un champ de force, l’arbre étant situé en bord d’arène. Mais il avait bricolé une curieuse lance à laquelle il avait relié le câble de l’arbre… étrange. Quant à Peeta et Finnick, ils ont disparu, et on entend des bruits de combat non loin. Et puis finalement, Katniss voit Finnick revenir et alors qu’elle hésite à tirer sur sa tronche, elle comprend qu’il y a mieux à faire. Et ce qu’Electro a voulu réaliser. Oui, tout devient clair.

Elle prend le câble, le relie à une flèche, et au moment où la foudre tombe, tire vers le plafond de l’arène (alors qu’elle avait un champ de force  du bord d’arène identique à 3 mètres, rappelons-le). Aidée par le mauvais script, la flèche monte sans encombre jusqu’au plafond, tout en déroulant ouat’mille mètres de câble derrière elle (ce qui est connu, ne pèse rien). La foudre frappe alors le dôme d’énergie au-dessus de l’arène en remontant le long du câble et…

… le dôme d’énergie s’arrête net, et apparaît alors le véritable plafond de l’arène, qui commence à se fissurer et à tomber.

Pendant ce temps, dans la salle de contrôle de l’arène, le président Snow, venu voir comment tout se déroulait, est furieux : il n’y a plus d’énergie dans le dôme des Hunger Games ! Katniss a brisé son jouet !

En même temps, notons que c’est une arène qui génère des éclairs qu’elle ne supporte pas elle-même. C’est beau quand même, on sent les professionnels. En tout cas, la jeune fille, elle, étendue au sol, épuisée et un peu commotionnée suite à tout cela, regarde donc le dôme se détruire peu à peu (et oui, tous les morceaux l’esquivent, ils sont comme ça), avant qu’une navette ne vienne la chercher avec sa petite pince de foire (et sans la faire tomber comme une bouse, donc). Katniss perd conscience, et à son réveil, est à bord de la navette, allongée dans une simili-infirmerie aux côtés d’Electro, qui n’est finalement pas si mort que ça. Elle se lève donc et entend venir d’un compartiment voisin des voix. Notre héroïne entre donc, et se retrouve nez à nez…

… avec Haymitch, Finnick et Bob, le vilain producteur, en pleine conversation amicale !

Ceux-ci lui expliquent donc les choses :

« Tout va bien ! Tu es sortie. Tout était prévu, nous sommes de mèche depuis le début : nous ne pouvions pas te prévenir de notre plan, car le Capitole écoutait, mais nous avons tout organisé pour te faire sortir de là ! La moitié des candidats était au courant, c’est pour ça qu’ils coopéraient avec toi, voire se sont sacrifiés pour toi ! Tu es le symbole de notre révolution, il fallait te tirer de là. Maintenant, nous partons rejoindre les autres rebelles !« 

Vous pensiez que le film était mauvais ? Allez-y, installez-vous tranquillement. Tenez, je vais me servir un brandy. Vous en voulez ? Non ? C’est dommage, il est excellent, mais je comprends, vous êtes méfiants. Non, si je vous demande de vous asseoir confortablement à cet instant du film, c’est parce que nous sommes au dénouement, et découvrons, formidable rebondissement, que Bob, conseiller du président et producteur des Hunger Games, est en fait dans le camp des rebelles. Et qu’il avait tout prévu pour tirer Katniss de là. D’où les autres candidats qui essayaient de l’aider, ou Electro qui voulait briser le dôme tout comme elle, simplement pour permettre une évasion et non poursuivre le jeu.

Vous avez tout saisi ? Alors on va reprendre.

Hunger Games II : l’embrasement, c’est donc l’histoire de Bob, qui envoie Katniss aux Hungers Games pour mieux l’en faire sortir.

Voilà. C’est tout. Les mecs pouvaient partir avec elle rejoindre les rebelles dès la première scène du film et ainsi passer à l’intrigue de Hunger Games III, mais vous venez de vous manger 2h26 de rien, puisqu’en fait les rebelles organisent tout seuls un plan qui ne sert strictement à rien. Non, ils n’utilisent même pas le nouveau passage de Katniss aux Hunger Games pour quoi que ce soit, non. Vraiment : ils font ça uniquement pour qu’il y ait une intrigue. Ça pique ? Vous voulez que je vous dise le dernier film où j’ai vu cette ficelle du « Enfermons nous-même un copain pour mieux organiser son évasion sans autre raison que de le sortir de là ? C’était Les Trois Mousquetaires 3D.

« Tu sais Katniss, tout ce que tu viens de vivre ? Bin en fait, c’était pour rire. »

Alors, maintenant, redites moi que ce film est « encore mieux que le premier » ? Voilààà.

Ho, et puis alors, du coup, si Bob était aux commandes, pourquoi faire une arène aussi impitoyable ? Et si Katniss avait trébuché et s’était mangé le brouillard ? Ou pris un singe ? Ou un rocher dans la gueule quand Bob, pourtant dans son camp, faisait tourner le cœur de l’arène et ses cailloux à toute allure ? Ou tout simplement, qu’un autre candidat l’avait tuée, puisque je le rappelle, c’est le but des Hunger Games et que vous l’aviez enfermée là-dedans ? C’eut été ballot : « Bon les gars, vous savez mon super plan ? Bin j’ai tué Katniss. Je sais plus très bien pourquoi, en fait, mais sur le coup, ça avait l’air super. »

Idem, Finnick, qui était donc au courant du plan depuis le début, ne semble rien avoir à redire sur le fait que du coup, ils aient sacrifié, parfaitement gratuitement, son mentor Mamie Gâteaux qui n’avait rien demandé si ce n’est qu’elle était dans leur camp. A ce stade, ce ne sont plus des incohérences, c’est tout simplement un festival de balles dans le pied. Et à une telle cadence de tir, je ne suis même pas sûr que ce soit autorisé par la convention de Genève.

Quant au fait de ne pas prévenir Katniss du plan, visiblement, ils avaient largement la possibilité de le faire puisque même Lenny Kravitz arrivait à trouver du temps pour causer tranquillement avec la belle, voire lui faire passer son porte-bonheur en loucedé.  Un message aurait été vaguement plus intéressant qu’un pin’s. Par exemple, pour éviter que Katniss, sans instructions dans un jeu où il faut tuer ou être tuée, ne flèche la gueule aux candidats supposés l’aider. Un détail.

Résultat des courses : tout le monde présente le « plan » (sic) comme un grand succès, même si Peeta a lui été récupéré par le Capitole et est désormais otage là-bas. Katniss est donc en colère (mais juste à cause de ça, elle n’a rien à redire au plan stupide) jusqu’à ce que quelqu’un ait l’excellente idée de lui administrer un bon gros sédatif. Et fois-ci, lorsqu’elle se réveille, elle n’est plus dans une navette, mais dans une véritable salle, avec à ses côtés Gale, son copain. Qui lui annonce que la mère et la sœur de Katniss ont pu être sauvées, mais que le Capitole a fait bombarder le district 12, qui n’existe plus (bonne chance pour vous maintenir sans ressources minières les copains du Capitole !).

« Et où sommes-nous en ce moment ? » demande alors Katniss.

Dans le district 13. Officiellement entièrement détruit il y a 75 ans mais qui résiste encore face au Capitole. Et maintenant qu’ils ont Katniss, il est temps de lancer la révolution ! Et…

… FIN !

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Voilà voilà.

Ho, et pour rappel : Les Trois Mousquetaires 3D, ce n’était qu’une scène du film qui reposait sur le plan absurde du « Je te mets quelque part pour mieux t’en sortir sans raison« .

Là, j’insiste, ce sont les 2h26 de film qui  se basent uniquement là-dessus.

Ce qui signifie que oui, même l’intrigue des Trois Mousquetaires 3D était plus soignée que celle de Hunger Games : l’embrasement.

Et là, tout est dit.

« Commissaire Gordon, commissaire Gordon !« 

Le commissaire souffla dans sa moustache en se retournant pour fixer le jeune policier qui venait d’arriver sur le toit du commissariat, dégoulinant de sueur. Il s’étonna, en le fixant, des traits poupins de son visage : Gotham devait être en bien mauvaise posture pour que l’on en soit à recruter de pareils jeunots.

« Que se passe-t-il ?
- C’est… c’est incroyable ! On vient de perdre le contrôle de l’asile d’Arkham !
- Pour la 279ème fois ? C’est fou. 
- Bin oui… en attendant, toujours aucun signe de Batman ? »

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Le commissaire fixa le projecteur à côté de lui, braqué vers le ciel. Depuis des jours, ils tentaient de joindre le seul homme encore capable d’arrêter le chaos en ville, mais le chevalier noir ne s’était pas montré. Chaque nuit, l’anarchie gagnait un nouveau quartier, et les forces de l’ordre perdaient peu à peu du terrain. Les malfrats avaient une nouvelle arme, et il y avait fort à parier que Gotham tomberait bientôt, Batman avait échoué. Les forces du mal avaient été plus rusées que le plus rusé des justiciers.

Oui, pensa le commissaire, ils se sont montrés plus malins.  Fixant le ciel, il grimaça en voyant que le projecteur n’illuminait plus rien.

En effet, les malfrats avaient découvert le site de Météo France, et attaquaient désormais les nuits sans nuage. Sans nuage, pas de surface pour refléter le projecteur, sans projecteur, pas de Batman. Les bandits ne reculaient devant rien : qui aurait pu prévoir plan aussi diabolique ?

« Tout le monde« , grommela Gordon dans sa moustache. « A part ce blaireau de Batman« . Mais il se ravisa : après tout, qu’attendre d’un héros si mauvais que toute sa trilogie était entachée de décisions incohérentes et de plans foireux ?

Il repensa à comment tout cela avait commencé. Avec Batman Begins.

Comment Bruce Wayne est-il devenu Batman ? Pourquoi choisir une tenue de chauve-souris ? Chevalier noir, ou plutôt marron ? Ni une, ni deux, reprenons au début d’une série dont nous n’avions évoqué que le troisième volet, et spoilons mes bons !

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L’affiche : Batman, ce héros si sombre qu’il s’habille comme un collégienne mal dans sa peau. Respect.

Tout commence du côté de Gotham City, riante mégalopole nord-américaine alors que dans un riche manoir de la campagne voisine, deux enfants s’amusent follement (mais hélas pas au jeu du foulard) : Bruce Wayne, garnement et fils unique du couple de multimilliardaires possédant les lieux, et Rachel, son amie malgré le fait qu’elle ne soit pas aussi prout-prout que lui. Tout irait pour le mieux si, lors de leurs jeux, ce gros blaireau de Bruce ne se vautrait pas lamentablement au fond d’un puits oublié, menant aux souterrains sous la demeure Wayne. Plus de peur que de mal, et c’est le cas de le dire, puisque si Bruce n’est pas blessé, il n’en est pas moins agressé par les chauve-souris qui logeaient là. Et les tournantes de rongeurs volants n’étant pas parmi les hobbys favoris des enfants, le jeune Bruce sort de l’expérience quelque peu traumatisé. Il en fait des cauchemars la nuit : ah, toutes ces chauve-souris qui l’insultent, lui disent des choses sales, puis dessinent les courbes de son postérieur de leurs ailes de cuir en lui chuchotant à l’oreille que tout va bien se passer, qu’elles aiment juste la spéléologie,… bref : il se réveille souvent sale.

Aussi, un jour, Papa et Maman Wayne ont une super idée : s’ils emmenaient leur fiston à l’opéra (les enfants adorent) voir une représentation pleine de chauve-souris ? Ah, on sent qu’ils sont riches : ce serait maman qui laverait les slips, on aurait pas entendu le même refrain. Mais qu’importe : les Wayne se rendent sur place en utilisant les transports en commun, comme par exemple le métro aérien (sachant qu’ils habitent à la campagne dans un manoir solitaire à l’écart, il faudra m’expliquer comment ils ont fait leur coup : ils ont marché jusqu’à Gotham City ? Ils ont appelé un taxi pour lui dire de ne pas faire le trajet en entier parce que le métro, c’est plus rigolo ?). L’occasion pour Papa Wayne de débiter divers éléments du scénario : « Tu vois mon fils, ce métro aérien, c’est moi qui l’ai fait pour aider les prolos à se déplacer en ville ! Et puis tu sais, j’ai beau être le président d’une multinationale, je laisse ça à mes directeurs : moi, je me consacre à ma passion, la médecine dans les hôpitaux pour aider mon prochain. Bon, ça n’empêche pas que je me sois fait construire le plus gros building de Gotham, mais ça, c’est juste parce que j’ai… hem, ça va rester entre moi et maman, ça d’accord ? » bref, vous l’aurez compris : Papa et Maman Wayne sont tellement gentils, qu’on imagine bien que tous les dimanches, ils distribuent des crêpes aux sans-abris avant de toucher les écrouelles des gueux du coin pour les soulager de leurs afflictions. Affliction, hein, je n’ai pas dit « affligé », mais on en est qu’au début, patience. Papa et Maman Wayne expliquent aussi que pour lutter contre le crime, il faut lutter contre la pauvreté, ouvrir des écoles, etc.  Bref, ce sont des multimilliardaires de gauche, mais genre bien bien, hein, ils n’ont pas voté François.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si, une fois à l’opéra, Bruce, en plus de se faire cordialement chier à se demander pourquoi tout le monde autour de lui a l’air fasciné par ce groupe de teutons déclinant de mystérieux poèmes en tenues colorées, se mettait aussi à paniquer en voyant des acteurs déguisés en chauve-souris. Plutôt que de fermer les yeux ou de couiner, Bruce pète donc un peu puis demande à ses parents s’ils peuvent sortir. « Pas de souci« , dit donc Papa, toujours bienveillant. « Mais tu sais quoi ? On va pas sortir par la porte principale, on va plutôt prendre l’issue de secours menant à la ruelle pourrie d’à côté, comme ça, pour voir. ». Et en effet : l’opéra étant accolé à une rue ressemblant à un quelconque sous-sol de Total Recall, le trio un peu con-con s’y engage sans raison avant de s’y arrêter lorsque surgit devant eux la silhouette chancelante de Maurice le clodo, qui armé de son pistolet, demande à la petite famille de laisser tomber portefeuilles et bijoux. Pas de souci : Papa Wayne est prêt à tout lâcher (pour Bruce, c’est déjà fait), mais malgré tout, faisant un geste brusque en voulant protéger sa femme, il déclenche le feu du malandrin qui abat Papa et Maman avant de s’enfuir sous les yeux du garçonnet.

Papa Wayne profite donc de ses derniers instants de vie pour dire une banalité du genre « N’aie pas peur » et non « Aaaah ! Appelle une ambulance fils d’imbécile ! Aaaah ! Putain ce que je douille ! Mais pourquoi je suis sorti par là, moi ? » puis, il meurt d’une manière qui ne sera pas sans rappeler Marion Cotillard deux volets plus tard, mais comme l’acteur était moins connu, personne ne s’en est offusqué.

Emmené au commissariat local, Bruce rencontre le sergent Gordon, gentil policier moustachu qui lui passe un manteau sur les épaules avant de lui dire que tout va bien se passer (oui, comme ça, hors contexte, je sais que ça sonne étrange, mais c’est un gentil moustachu à lunettes, vous êtes vraiment plein de préjugés). Et en effet, peu après, la police annonce avoir arrêté Maurice le clodo, ce qui provoque grand liesse chez les journalistes de Closer, mais un peu moins chez Bruce, qui est quand même un peu choqué. Il retourne donc chez lui enterrer ses parents près de la demeure ancestrale des Wayne, où il vit désormais seul, épaulé par son fidèle majordome, Alfred. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, c’est lui qui décide à quelle heure aller au lit !

Le temps passe, et Bruce est devenu un jeune homme toujours hanté par le meurtre de ses parents, et qui 16 ans après le jour funeste, est revenu à Gotham qu’il avait quittée pour études (il n’a pas besoin de trouver un travail : il étudie donc probablement la philo) afin d’assister à l’audience de demande de libération de Maurice le clodo. A cette occasion, son amie d’enfance Rachel, qui a elle aussi bien grandi et est devenue adjointe du procureur, vient le trouver et lui explique que tu vois, Bruce, bon, on sait que tu as soif de vengeance, mais ça ne te mènera à rien. Et je sais que cette idée ne te plait guère, mais Maurice le clodo a noué des liens en prison avec le terrible parrain Falcone relâché depuis, et il a accepté de coopérer pour nous aider à le coincer. Du coup, il mérite de sortir et d’aider la justice.

« Grmmblllblblblll » répond Bruce, à qui on ne la fait pas.

« Grmmblllblblblll« , te dis-je.

Et qui n’est tellement pas d’accord qu’il a emmené un pistolet avec lui à l’audience : il veut tuer l’assassin de ses parents parce que vraiment, il est colère. Sauf qu’à la sortie de la brève session, avant que Bruce ne puisse distribuer du pruneau dans les bidous, voilà-t-y pas qu’une femme sort de la foule et abat cette balance de Maurice en hurlant « T’as le bonjour de Falcone !« . Frustré de s’être fait griller la politesse, surtout par une femme, ces étranges créatures qui ne savent même pas faire pipi debout, Bruce quitte donc le tribunal avec Rachel, à qui il avoue le sombre complot qu’il avait ourdi. En retour, il se mange une paire de taloches, ainsi qu’un beau discours. Il aurait préféré juste les taloches.

« Mais enfin Bruce ! La vengeance, c’est juste pour te soulager, tu vaux mieux que ça ! Ton père aurait eu honte de toi ! Lui au moins, c’était un grand homme !
- Qui n’était pas foutu de trouver la porte principale d’un opéra, soit dit en passant.
- Oui, alors, pas d’rapport, et puis en plus, lui n’essayait pas de prouver quelque chose !
- Est-ce qu’on peut reparler de son building géant avec ses initiales et de son train phallique, circulant au-dessus de toute la ville ?
- Je… bon, tu sais quoi ? Regarde, on va plutôt faire un tour dans les quartiers pourris que je t’explique. Falcone contrôle toute la ville. Tout le monde est corrompu. Le juge de l’audience avait insisté pour une audience publique justement parce que Falcone le voulait, pour pouvoir envoyer un assassin. Gotham pourrit sur pied parce qu’il manque des gens comme ton père, qui refusent de se laisser acheter, pour pouvoir aider la ville à lutter contre la pauvreté et donc le crime !
- Tu aurais juste pu dire « On manque de pognon », on serait allés plus vite tu sais.
- Raah, tu m’énerves, tiens-t-en au script !  Regarde toute cette pauvreté ! Ces clochards partout autour de la voiture ! Et Falcone qui parade dans son luxueux restaurant lui servant de QG et qui…
- Attends attends.
- Quoi ?
- Regarde le décor : est-ce que le réalisateur vient bien de caser un restaurant de luxe en plein milieu d’un bidonville ?
- Ah bin tiens, oui.
- Bon, on va faire semblant de rien. Et pour te prouver que je suis un mâle, un vrai, avec des pastèques dans le slip, je vais aller provoquer Falcone dans son restaurant. 
- Si tu veux, moi j’ai des trucs à faire, ça te dérange pas si je te dépose là et que je pars ? Parce que bon, c’est pas comme si la dernière fois qu’on avait laissé un Wayne dans un coin sombre avec des clodos, il y avait eu de deux morts, hein, mais moi aussi j’ai déjà oublié le début du film. »

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Et Bruce regarde donc s’éloigner la voiture de Rachel. Puis passe la porte du restaurant de luxe de Falcone intelligemment installé au milieu des favelas locales. Et à l’intérieur, plein de gens riches et influents dînent donc, dont l’ami Falcone, qui en bon parrain arrogant, laisse notre jeune héros s’asseoir à sa table. Et lorsque Bruce lui dit que bon, en fait, il reste encore un Wayne debout, donc la ville n’est pas perdue, Falcone lui fait comprendre que s’il ne peut l’acheter, il peut le calmer par exemple en tuant sa copine Rachel ou son gentil majordome. Puis le fait jeter dehors, au milieu des clodos que visiblement, personne n’empêche de faire des feux de bidon pour se réchauffer en plein milieu de la rue devant l’entrée principale. J’imagine qu’encore une fois, tous les gens riches du restaurants sont venus à pied après être sortis des transports en commun puisque personne ne vient virer ces clodos qui pourraient gêner une circulation potentielle. Quand on est riche à Gotham, on est donc soit très écolo, soit très con. Sachant que Bruce est très très riche et que la Batmobile n’est pas électrique, je vous laisse deviner vers quelle issue on se dirige. Passons, le film est encore long, et c’est quand même déjà très mauvais.

Bruce est donc bien embêté : sachant qu’il dispose d’un empire gigantesque, de réserves illimitées de pognon, probablement bien plus que Falcone, et d’une influence politique certaine, comment pourrait-il faire quelque chose pour la ville ? Rah, c’est pas facile.

Du coup, il décide fort logiquement… de brûler toutes ses affaires et de devenir un clandestin.

Pardon ? Que…

Ho, misère.

Il court donc vers le port, et embarque sur le premier bateau qui passe. Officiellement, avec pour plan de « comprendre les criminels », mais c’est pas vraiment en subissant un toucher rectal à une quelconque douane qu’il va mieux comprendre les ruses et secrets de la mafia. Enfin je dis ça, hein, c’est pour aider, mais c’est Bruce Wayne quand même, il sait mieux que moi. Toujours est-il que son navire l’emmène en Chine, puis ses pieds le mènent au Tibet, où il vit de petits larcins, avant d’être arrêté par les autorités et enfermé dans une prison où d’autres détenus essaient régulièrement de lui casser la margoulette, mais échouent, parce que I’m Bruce Wayne, bitch.

Parce que oui, entre deux larcins, il a appris des dizaines d’arts martiaux différents. Hop. D’ailleurs, s’il maîtrise l’attaque de la panthère ou la posture du héron, notre héros a toujours la garde de la buse. Mais même s’il y a la place entre ses poings pour y garer sa C3, personne n’arrivera à y passer un pied, comme de bien entendu. C’est beau, tant de talent.

Evidemment, j’exagère : Bruce Wayne a aussi appris d’autres ruses de pauvre, comme comment déféquer dans les fourrés, ou raconter une histoire triste dans une rame de métro. Nul doute que sa lutte contre le crime en sera renforcée.

Bref, en prison, Bruce se tatane tant et si bien que les gardes locaux finissent par le mettre en isolement… et notre héros découvre qu’un caucasien en costume de ville l’attend dans sa cellule en se tripotant la barbichette.

« Bonjour, Bruce Wayne.
- Que… qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
- Mon nom est Ninjabouc, comme l’indique ma pilosité faciale aléatoire. Quant à ce que je fais ici : je suis venu te voir.
- Oui non mais d’accord, mais en fait, je voulais dire « Que faites-vous là en costume de ville alors qu’il fait -22, qu’on est dans une cellule sans vitrage en pleine montagne, et que ça pèle, un peu ? »
- Oh. Joker ?
- SPOILER !
- Que ? Bon, laisse tomber. Tu veux pas plutôt que je te dise ce que je suis venu faire ici ?
- Allez tiens, si.
- Bien. On reprend. Un homme comme vous ne disparaît pas si facilement, M. Wayne. Et je sais que vous êtes ici parce que vous avez soif. Soif de justice. Vous voulez comprendre la mentalité criminelle pour lutter contre eux. Je vous ai vu vous battre dans la cour. Vous êtes doué. Je veux vous aider à utiliser ce potentiel. Je fais partie d’une organisation : la ligue des ombres. Nous ne voulons pas former des justiciers faits de chair et d’os : nous voulons créer des légendes immortelles qui sèmeront la peur dans le cœur de nos ennemis. Veux-tu en être ?
- Hmmm…
- On a des tickets restos aussi.
- Okay tope-là.
- Bien : demain, tu seras libéré. Va chercher dans les montagnes à l’est d’ici une fleur bleue fort rare qui ne pousse qu’à très haute altitude. Lorsque ce sera fait, rends-toi au sommet le plus haut que tu verras. Et tu y trouveras ce que tu cherches. »

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Puis, l’étranger s’en va, l’air mystérieux, en essayant d’ignorer la demi-douzaine de gardes qui pleurent de rire dans le couloir à cause de son bouc. Et dès le lendemain, sa promesse est tenue : les geôliers de notre héros l’abandonnent en plein milieu d’une route de campagne. Pas de problème, se dit Bruce Wayne : je n’ai jamais fait d’alpinisme, mais je suis sûr qu’escalader les plus hauts sommets du Tibet, ça se fait en deux deux et sans équipement, tranquille Emile. Et en effet : non seulement entre deux plans, Bruce arrive à générer magiquement des objets sur lui (je suis mauvaise langue : il les a peut-être eu comme loot en tuant des écureuils ou des lérots, ces petites créatures ont souvent des sacoches et des chaussures neuves dans leur inventaire), mais en plus, malgré la description pourrie de Ninjabouc digne d’une aventure du Schtroumpf Bêta, il trouve la fameuse « fleur bleue », puis découvre que sur le sommet voisin, il y a un joli temple, auquel il arrive, épuisé. Quelques coups sur la porte, et celle-ci s’ouvre dans un grincement…

… révélant une déco digne d’une salle de bain de Sex & the City : le budget bougie est visiblement la première charge du bousin, ne manque que le bain moussant et les pétales de rose pour que tout soit complet. A peine est-il rentré que Ninjabouc apparaît, indiquant sur une sorte de trône un vieil asiatique.

« Bonjour Bruce, je vois que tu as trouvé la fleur bleue. Je te présente Ras’Al Ghul, notre maître à tous.
- Konnichi wa.
- Mais ? Il vient de parler japonais, là ! On était pas en Chine, voire au Tibet aux dernières nouvelles ?
- Ho, hé, hein, c’est un film pour geeks, alors tout vieux maître doit être japonais. Et puis hein, les asiatiques, bon. C’est un peu pareil tout ça.
- Rhooo !
- Bon, je propose de changer de sujet. Sache qu’ici, nous allons t’apprendre à devenir un fabuleux prédateur de criminels. Tu découvriras l’art du subterfuge, de la confusion, du combat au corps à corps… nous allons faire de toi un être invincible, invisible, mortel.
- Okay, on commence quand ? »

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La réponse intervient bien vite sous la forme d’un gros pied dans la gueule de notre héros, la première leçon étant de toujours être prêt. La seconde étant de toujours s’assurer que son adversaire a les pieds propres. Puis, l’entraînement peut commencer, et en effet, notre homme apprend à se défendre et à attaquer de toutes les manières possibles, à devenir silencieux, à semer la peur dans les rangs ennemis à l’aide de divers artifices comme de la poudre explosive ou des pochettes d’album de Stromae… et s’en tire plutôt bien au milieu des 100 ninjas locaux qui s’entraînent comme lui à devenir les meilleurs des meilleurs.

Un jour, Ninjabouc l’informe qu’il est temps de « tuer sa propre peur » ; il lui prépare donc un vieux bédo à partir de fleur bleue magique de la montagne, et lui tend en lui disant « Tiens, avec ça, tu vas planer jusqu’en Jamaïque« . « Ho putain, c’est de la bonne ! » s’exclame donc Bruce Wayne alors que la peur s’empare de lui et perturbe ses sens. « Et maintenant que tu es tout flappy, laisse moi te présenter l’épreuve ultime de notre temple. » lui répond Ninjabouc.

L’épreuve ultime : « Retrouve mon barbier et tue-le »

Alors l’épreuve ultime du temple, pour vous la résumer, c’est une sorte de Où est Charlie chez les ninjas. Le but est simple : il faut retrouver, parmi les ninjas, et sous l’influence du bédo magique, lequel est Ninjabouc. Malgré la peur et les visions de nuées de chauves-souris, sa peur d’enfant, Bruce Wayne triomphe de l’épreuve et retrouve Ninjabouc en utilisant la ruse (il raconte une blague à Toto en anglais, et comme Ninjabouc est le seul à le parler, c’est le seul qui rigole en marmonnant « Pfff, Toto il fait caca devant sa maman ! »  et se fait donc gauler. Ou alors ça ne se passe pas exactement comme ça, mais à ce stade du film, je crois qu’il valait mieux que j’enjolive tant cette oeuvre, pourtant encensée, est quand même un hymne à la daube). L’épreuve réussie, Ninjabouc propose à Bruce de devenir l’un des leaders de la ligue de l’ombre et de mener les autres ninjas sur leur prochaine mission.

« Ah bon ? Je passe directement grand chef, je suis pas bidasse d’abord ? Mais les autres ils sont pas un peu jaloux ?
- C’est un raccourci scénaristique subtil.
- J’étais d’accord jusqu’à « raccourci ».
- Il suffit. Pour prouver ton allégeance, tu dois d’abord faire quelque chose : voici Chong, un gros fermier du coin. Il a tenté de voler les terres de son voisin, et nous l’avons condamné à mort car il ne faut pardonner aucun crime si on ne veut pas l’encourager. C’est à toi de l’exécuter. Tiens, prends ce sabre et décapite-le.
- Mais ? Mais je ne veux pas ! Je ne veux pas tuer les gens. Je veux les livrer à la justice.
- Pour qu’une administration incompétente les libère ? Ah !
- C’est à l’administration de les juger ! D’organiser leur procès ! Ils y ont droit ! Moi, je ne ferai que les livrer !
- …
- Oui, il y a un problème ?
- Bin je sais pas : tu serais pas en train de m’expliquer que c’est à la justice de faire la justice ?
- Si, pourquoi ?
- Bah du coup, c’est pas à la police de faire la police si on suit le même raisonnement ? « L’administration » ? Parce que pour un bon procès, il faut de bonnes preuves, une arrestation dans les règles, avec des droits, etc, non ? Sinon la justice risque très fort de relâcher les criminels pour procédure irrégulière et en fait, tu serais juste une sorte de gros boulet en collant qui plante toute les opérations judiciaires ?
- Heu je… je… je n’y avais jamais pensé… mais non, en fait je suis super fort pour faire la police parce que… si, voilà : d’après les fans, je suis un « super enquêteur ». Avec des compétences inégalées dans le domaine.
- Ah oui ? Tu m’expliques où tu les as obtenues ces compétences, dans un monastère au fin fond de la montagne ? Tu as joué à Cluedo en cachette ? Vous avez fait des parties de « Qui a caché les collants de Jean-Jacques le ninja ? »
- Mais c’est dans le script ! Et puis tout le monde sait que Batman est super fort en enquêtes !
- Ah bin c’est clair que c’est chaud : le méchant a toujours une fâcheuse tendance à se faire repérer en hurlant « Haha, Batman ! » même au milieu d’une foule et d’être habillé comme une chroniqueuse de Canal Plus.  Le coupable est pas trop dur à trouver, ça va, v’la les enquêtes.
- Bon allez ça suffit ! Je ne tuerai pas Chong ! Un point c’est tout ! Et puis d’abord, c’est quoi la première mission où vous voulez m’envoyer ?
- Détruire Gotham.
- Hein ?
- Oui, on s’est dit que c’était la pire ville du monde et qu’il fallait la raser à cause du crime qui la ronge.
- Tu as déjà ouvert un livre de géographie ? Répète après moi : « Tijuana ». 
- Haaa mais ça suffit petite langue de pute ! Gotham est irrécupérable, alors, hop, on rase ! Et comme tu es un peu le messie là-bas, tu auras d’autant plus de facilités à y rentrer pour meuler des margoulettes.
- Jamais !
- Mais que fais-tu de la justice, hein ?
- Juste une question : dans « détruire Gotham », à quel moment vous pensez aux innocents, amis justiciers ?
- Ah heu… bon, tu sais quoi ? Si on se battait tous pour faire oublier ces dialogues lamentables ?
- Allez ! »

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Tout le monde dégaine donc son arme pour régler ce conflit idéologique, mais Bruce Wayne, rusé comme un goupil, envoie une petite étincelle du côté des réserves de poudre locales, et une terrible explosion s’ensuit, puis une autre, puis une demi-douzaine d’autres, mettant Ninjabouc inconscient d’entrée de jeu, et détruisant l’intégralité de son armée de ninjas, qui attendaient tranquillement en se faisant les ongles.  Disciplinés, les enfants.

Dans la bagarre, Ras’Al Ghul se fait tuer par Bruce Wayne, mais un peu par accident. Puis, tout le monastère étant parcouru d’une immense série d’explosions (ils devaient stocker dix barils de poudre dans toutes les pièces, c’est pas possible autrement ; et dire que ces inconscients mettaient des bougies partout, c’est fou), Bruce s’enfuit, emmenant avec lui Ninjabouc inconscient (les autres ninjas, il s’en fout, ils n’avaient pas de nom). va le déposer dans un village voisin pour qu’un rebouteux local prenne soin de lui. Et lui dise bien que Bruce Wayne lui a sauvé la vie, ah mais dis.

Cela fait, Bruce se dit qu’il est temps de rentrer au pays : il appelle donc Alfred pour lui dire que ahaha, tu sais quoi vieux ? Je suis pas mort, c’était pour rire ! Allez, envoie moi un jet privé au Tibet que je puisse rentrer à la maison. Avant qu’Alfred n’envoie surtout un drone détruire la cabine téléphonique d’où l’imposteur passe l’appel, Bruce raccroche, et coup de bol, cette andouille d’Alfred l’a en fait cru sur parole et envoyé un appareil avec lui-même dedans. Sur le vol du retour, Alfred papote donc avec son jeune maître.

« Maître Bruce, quel plaisir de vous revoir.
- Oui et toi Alfred ? Ça biche ?
- Heu… oui oui. Maître Bruce, je me demandais… pourquoi revenez-vous à Gotham après toutes ces années ?
- Pour rendre la ville meilleure.
- Comme votre père ? Ho, quelle fierté ! Vous allez financer les organismes qui en ont besoin, veiller à la bonne distribution des fonds, relancer l’économie, lutter contre la pauvreté et…
- Non, je vais mettre des collants et mettre des claques à des voleurs de sac à main.
- Ah.
- Je dois devenir un exemple, une légende qui signifie que l’espoir n’est jamais mort, un symbole positif qui terrorise en même temps mes ennemis… je dois devenir la propre peur de mon enfance. Je dois devenir… un homme chauve-souris !
- Posez lentement ce verre, Maître Bruce, je crois que vous êtes complètement pété. »

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Pendant ce temps, en Europe.

« James ? Jaaaames, je suis rentré !
- Maître Brice ! Ho, maître Brice ! Où étiez-vous ?
- Loin d’ici, James. Je crois que j’étais parti à la recherche de quelque chose… de moi-même, je crois. Et je me suis trouvé.
- Très bien Maître Brice. Allez-vous disparaître à nouveau ?
- Non, cette fois je reste pour de bon. Cette ville est ravagée par la pauvreté et le crime. Elle est décadente et a besoin d’espoir. C’est pourquoi je vais transformer mes peurs d’enfant en arme contre mes ennemis. Je vais devenir ce qui me terrorisait, je vais devenir… »
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Et c’est ainsi que Brice Van Der Waine, paisible habitant de Charleroi, la Gotham belge, devint ce qui l’avait terrorisé toute son enfance : un pédophile.

Depuis, les super-héros sont interdits en Belgique, et la logique de Bruce Wayne est passible de lapidation (mais avec des gayettes, Charleroi oblige).

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Bientôt, le jet privé se pose à Gotham, et Bruce retrouve le manoir familial, l’empire Wayne, toujours dirigé par les directeurs de l’époque de son père et qui va désormais entrer en bourse, les actions de Bruce, supposé mort, partant aussi pour une petite vente, Bientôt, le retour de l’enfant prodigue fait la une des journaux comme « Le Point » ou « Le Nouveau Détective », et Rachel est toute émue d’apprendre que son ami d’enfance est back in ze bizness. Puis, il va s’enfermer dans les souterrains du manoir Wayne, et commence à les aménager en base secrète pour héros en goguette, en installant lampes, tables, et posters d’Axe Cop (je soupçonne le scénariste des deux œuvres d’être le même). Puis, il va voir chez Wayne Enterprise s’il n’y aurait pas des bidules intéressants à récupérer, par exemple au département des prototypes, géré par Lucius Fox. Comme par exemple, un script qui tienne debout. Ça il a pas, mais il a quand même des trucs en réserve.

Car ce dernier a évidemment tout ce dont l’ami Bruce a besoin pour l’aventure sous la main, comme une armure souple mais résistante, une cape permettant de flotter en l’air, et autres accessoires amusants. Bruce donne des excuses plus ou moins moisies pour obtenir ce matériel militaire (comme « second amendement dans ta face, margoulin« ), mais comme c’est un peu le proprio de la boîte et que Lucius ne veut pas trop d’ennuis, il obéit sans poser de questions. Et repart avec ses affaires sous le bras, ainsi qu’une voiture blindée, mais ça aussi, personne ne le remarque.

Quand on voit ce que Lucius Fox a en réserve, on se dit que les réserves de Wayne Industries doivent être dans les mêmes locaux que les vestiaires de Lady Gaga

Heureusement, aucun des 260 ingénieurs ayant bossé sur ces projets, en les voyant à la télé durant une quelconque escapade de Batman, ne s’exclamera « Hey ! C’est un prototype de chez Wayne Industries ! J’ai bossé dessus ça ne devait pas sortir des réserves et il faudrait en plus des pétrachiées de brouzouf pour les entretenir et… ho ? Attendez, je crois que je sais qui est Batman, en fait. »

Et top du top, Lucius Fox confie aussi à Batman un câble rétractable ultra-fin permettant de soulever pas moins de 150 kilos !

« Oui Bruce, je précise le poids pour une seule raison : tout le long du film, on te verra utiliser le câble pour soulever des gens avec toi. Sachant qu’avec ton corps musclé et ton matos, tu dois peser environ 110 kilos au bas mot, on va donc supposer que tous les méchants de la ville ne pèsent au maximum que 40 kilos. Ils ne sont pas très denses, quoi.« 

Encore une fois : il suffisait d’effacer cette ligne de dialogue pour couper une incohérence. Mais non, on a bien insisté pour rajouter du mauvais au médiocre. C’est affreux. Et ça n’est toujours pas fini.

Pour sa première escapade, Batman y va doucement : il se rend chez le sergent Gordon, le policier s’étant occupé de lui le soir du meurtre de ses parents, et accessoirement un des derniers agents des forces de l’ordre non corrompus de la ville. Batman lui explique donc qu’il est nouveau en ville, mystérieux, prêt à tout pour défoncer le crime, et qu’il voudrait bien commencer par Falcone, le parrain qui tient Gotham. Que faudrait-il pour cela ?

« Bah je sais pas, moi, des preuves ? » explique Gordon, décidément bien utile. Avant que Batman ne disparaisse dans la nuit. Bin ça alors !

En se renseignant un peu, notre héros apprend qu’il va y avoir une opération de débarquement de drogue sur les quais de Gotham, et irait bien y faire un tour. Mais déjà, Alfred a de bons tuyaux pour lui.

« Maître Bruce, vos escapades nocturnes sont intéressantes, mais prenez garde à ne pas être démasqué, cela pourrait vous coûter cher.
- Pas d’inquiétude Alfred : j’ai un masque et un cancer de la gorge portatif, personne ne me reconnaîtra.
- En même temps, Batman étant apparu environ 48 heures après votre retour ultra-médiatisé, je pense que même un élève de CM1 pourrait vous démasquer. Je ne vois qu’une seule solution.
- Abattre tous les CM1 de la ville ?
- Hmmm… oui, non, pas exactement. Je pensais plutôt à vous montrer en public et jouer le playboy pour que l’on ne soupçonne pas qu’un homme comme vous soit Batman.
- Alfred, êtes-vous en train de me dire que je dois m’envoyer putes et coke comme un vulgaire joueur de l’équipe de France pour le bien de la Justice ?
- Parfaitement Maître Bruce.
- Je bénis le jour où on t’a engagé comme majordome : en avant Guingamp » !

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Et Bruce Wayne se sacrifie donc courageusement en allant se prendre des kilomètres de rail de schnouf et organisant des castings pour la future Nabila à lui tout seul, le tout en faisant le kéké dans des voitures hors de prix. Si cela l’aide à passer pour une andouille qui ne risquerait sûrement pas d’être Batman, mais plutôt éventuellement un candidat de télé réalité, cela déçoit un peu son amie Rachel, lorsqu’elle le croise lors d’une soirée avec deux damoiselles à demi-nues au bras en train de glousser. Ils échangent timidement quelques mots, mais avec tous ces gloussements, on ne s’entend plus : Bruce Wayne rentre donc chez lui. Et va enfiler son bat-slip.

Et cette fois-ci, on ne rigole plus, direction les quais pour notre super enquêteur préféré.

Et ce soir là, encore une fois, ces talents de super enquêteur vont être mis à rude épreuve car :

  • Les vilains déchargent la drogue de containers en plein milieu des quais les mieux éclairés, merci.
  • Des fois que ce soit encore trop subtil, puisque la drogue est cachée dans des peluches un lieutenant surveillant l’opération vient arracher la tête d’un ourson et brandir la came bien haut, histoire que Batman soit sûr que c’est bon, c’est bien des méchants.
  • Et si ça ne suffit pas, le lieutenant en question est aussi un flic ripou, se montrant ouvertement avec les criminels histoire de bien se cramer.
  • Ho, et vous ai-je dit qu’il était venu en partageant la même voiture que le parrain Falcone, pour encore plus de subtilité ?
  • Ah, attendez, j’ai oublié d’ajouter que Falcone assistait en personne au déchargement sans aucune autre raison que « s’exposer inutilement ».

Vas-y Batman, enquête fort, je sens que ça va être compliqué.

Batman attendait encore deux minutes et les méchants se menottaient tous seuls avant de s’expédier par FedEx directement au tribunal.

Non mais sérieusement.

Je vous passe l’escalade de la consternation lors de cette scène décidément bien bancale, surtout lorsque les malandrins décident de se disperser en groupes de un lorsqu’ils sentent qu’un justicier approche, comme ça, pour voir. Curieusement, ils finissent tous avec une bat-botte dans la face. Y compris l’ami Falcone, qui plutôt que de se barrer sitôt que ça commence à sentir le roussi, décide de sortir de sa voiture sans aucune protection pour courir les prés.

Mais ?

Bon. Concentrons-nous, j’ai les yeux qui piquent déjà un peu trop là.

Quelques heures plus tard, la police retrouve sur le toit du commissariat le corps de Falcone inconscient, ligoté contre un projecteur braqué vers le ciel, et donnant l’illusion d’une silhouette de chauve-souris contre les nuages. Quelle mise en scène ! s’exclame donc le sergent Gordon. « Oui, et d’ailleurs, comment a-t-il trimbalé un gros parrain de la mafia sur son dos dans toute la ville, escaladé un immeuble ce faisant et ligoté tranquillement le bonhomme en plein sur le commissariat sans que personne ne le remarque ? » ajoute un figurant tatillon, peu avant d’être viré.

Sauf que les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu. Rachel est super contente de savoir que Falcone s’est fait attraper par un mystérieux justicier qui en plus a amené douze kilos de preuves à la police. Il va aller au trou, et pour longtemps ! Sauf que Falcone demande à voir le docteur Craine, un psychiatre qui l’a aidé à éviter le procès à beaucoup de ses hommes en plaidant la démence. Falcone espère donc qu’il va pouvoir utiliser la même ficelle pour le sortir de ce mauvais pas.

« Craine, espèce de bourricot, sortez-moi de ce trou ! Faites un rapport, dites que je suis fou, mais bougez-vous, je n’ai pas que ça à faire.
- Certes oui, mais parlez-moi sur un autre ton.
- Je te parle comme je veux, corniaud ! Je suis le parrain de cette ville. Et si tu n’obéis pas, j’ai des choses à balancer sur toi, comme toute cette drogue que mes hommes font rentrer en douce pour toi !
- Oui mais je ne travaille avec vous que parce que mon Maître le veut bien. Mon Maître qui vient bientôt en ville. Mon Maître qui n’a pas trop envie que vous balanciez que vous avez fait entrer sa drogue en ville. 
- Ah oui ? Et qu’allez-vous faire si je refuse de coopérer ?
- Ceci. »

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Et le chenapan envoie un mystérieux gaz hallucinogène à Falcone, qui fait danser devant lui quantité d’illusions terrifiantes, comme le prochain budget du ministère de la culture. Pour rajouter à l’effet, Craine s’affuble d’un masque d’épouvantail, et terrorise le pauvre bougre jusqu’à ce qu’il en perde définitivement la raison.

Et, oui, il repart tranquillement, et personne ne trouve étrange le fait que le parrain se mette à hurler de terreur alors qu’il n’en faisait rien jusqu’à ce qu’il voie Craine.

Du coup, je pense qu’il se fait appeler « L’épouvantail » non pas à cause de son masque, mais probablement à cause de la poutre qui a servi à lui faire une petite spéléologie rectale lorsque les hommes du parrain ont vu qu’on s’était attaqué à leur patron.

Mais heureusement, dans le film, tout le monde se fout que l’on agresse le type le plus puissant de la ville. Ouf.

Pendant que la plupart des spectateurs raisonnables en sont à ce stade à jouer à Candy Crush Saga pour oublier, Batman lui est le seul à trouver étrange cette démence aussi soudaine qu’intense du principal suspect. Il enquête donc sur le Dr Craine, et lors d’une confrontation surprise, se retrouve en mauvaise posture lorsque le brigand lui envoie du gaz à la gueule.

Oui, parce que Batman n’est pas protégé contre les gaz. Ce qui signifie qu’il peut être repoussé par n’importe quelle blogueuse avec une bombe lacrymo dans son sac, ou éventuellement par Misou-Misou ou autre Bachar El Assad. Ah, un héros qui a pensé a tout sauf à l’arme la plus répandue dans les sacs à main de Gotham, quel talent.

Batman se met donc à halluciner et s’enfuit donc tant bien que mal, non sans avoir en plus subi un début d’immolation de la part de l’Épouvantail. C’est donc Alfred qui doit aller chercher Batman (« J’ai fini de m’amuser, viens me chercher s’il te plaît, et amène mon goûter !« ), le ramener à la maison à l’arrière de la voiture, et purger le poison durant deux jours à l’aide de Lucius Fox, appelé en urgence puisque comme chacun sait, dans un film américain, un éminent scientifique est… un scientifique, ce qui signifie qu’il excelle dans toutes les sciences, et peut reprogrammer un satellite comme générer un remède miracle contre n’importe quelle menace chimique. Ce qu’il fait donc en créant, en moins de deux jours, un antidote immunisant en plus définitivement le patient contre les effets du gaz de l’Épouvantail. Balaise : avec autant de talent, je suppose que Batman vit dans un monde où le cancer et le SIDA ont été éradiqués entre le fromage et le dessert lors d’une soirée chez l’ami Fox, le tout en utilisant comme seuls ingrédients pour le vaccin un reste de gouda, un gâteau aux abricots et une fondue savoyarde.

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« Alors Lucius, c’est vous qui avez terraformé Mars pendant la nuit ?
- Bah, je m’ennuyais et il me restait de la raclette. »

A son réveil, c’est l’anniversaire de Bruce. Mais il n’a guère le temps de le fêter : Rachel est passée lui déposer son cadeau et lui annoncer qu’elle voulait en savoir plus sur les activités du Dr Craine. Elle se rend donc à l’hôpital psychiatrique d’Arkham, en plein quartier chaud patate, pour essayer de comprendre ce qu’il a bien pu se passer. Batman sentant que son détecteur à embrouilles s’allume comme un soit de débat Martine Aubry – Jean-François Copé, il file mettre son costume pour aller escorter sa douce.

Et ça ne manque pas : une fois sur place, Rachel croise le Dr Craine, et voyant que la belle a des soupçons sur ce qu’il se passe ici et la soudaine folie de Falcone il décide de… bah, de lui révéler tout son plan, tant qu’à faire. Bin oui, hein ! Il l’emmène donc dans le sous-sol de l’asile, non pas pour lui faire découvrir des plaisirs aussi interdits que multiples, mais bien pour lui montrer une armée de petits chimistes en train de déverser de la schnouf dans les conduites d’eau.

« Et voilà ma petite Rachel ! Grâce à mon plan génial, l’eau de la ville est remplie de ma drogue hallucinogène ! Et maintenant que tu sais tout, tiens, prends un petit coup de gaz ultra-dosé dans la face ; non seulement tu vas halluciner grave, mais en plus après, tu vas tout simplement mourir ! Tu n’as aucune chance de t’en sortir, sauf si Batman était évidemment dans le coin et avait en plus profité de mon plan inutilement raconté à voix haute, hahaha ! 
- Je suis là, épouvantail !
- BATMAN ! Ho bin ça alors ! Comme ce film est surprenant ! »

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Batman surgit donc de l’obscurité et claque tous les bandits du coin, avant de s’en prendre à l’Épouvantail et de retourner le gaz contre lui, et sous l’effet de celui-ci, le méchant avoue travailler pour… Ras’Al Ghul ! Puis, il récupère la petite Rachel en train d’halluciner complètement (« Je trouve que David Pujadas est un grand journaliste« ) et fonce jusqu’à la Batmobile pour déguerpir à folle allure vers la Batcave où il reste un peu d’antidote pour Rachel, qui a sombré dans l’inconscience. S’ensuit une course-poursuite durant laquelle Batman roule sur des voitures de police, en envoie à pleine vitesse contre des piles de pont, en éjecte d’autres dans le décor… sacré Batman ! Heureusement qu’il est contre le fait de tuer des gens, et plus encore, des innocents ! Mais bon, en voiture, ça compte pas je suppose. Ou alors les policiers sont tous constitués de titane de carbone.

Toujours est-il que la maréchaussée ne parvient pas à rattraper la Batmobile, et Batman peut donc ramener tranquillement chez lui la jeune Rachel inconsciente dans sa cave.

Ça m’a un peu rappelé la maison.

Ah, et oui, Batman ne sème la police qu’à environ 100 mètres du manoir Wayne. Mais personne ne se doute que c’est là que Batman pourrait se cacher : après tout, c’est la seule bâtisse à 1 kilomètre à la ronde, il n’y a sûrement aucun rapport. La police décide donc de retourner au QG jouer au tarot, ce qui est bien normal.

Je vous laisse le temps de pleurer un peu, et on reprend.

Car pendant ce temps, à la Batcave, Batman réveille Rachel pour lui expliquer la situation.

« Coucou Rachel.
- Hooo, Batman ! Vous m’avez sauvée !
- Oui. Je tenais à vous dire que votre combat d’assistante du procureur pour la justice était super. Et que je n’étais pas Bruce Wayne.
- C’est rigolo parce que vous avez la même voix dans cette scène, pourquoi vous avez coupé votre cancer de la gorge ?
- Heu je… je sais pas. Vous ai-je dit que je n’étais pas Bruce Wayne ?
- Sinon, qu’allez-vous faire de moi ?
- Vous donner les deux dernières doses d’antidote qu’il me reste. Remettez les au sergent Gordon. Une pour lui, l’autre pour la production en série. Vous ai-je dit que Bruce Wayne avait un très gros sexe ?
- Que ? Je… J’ai cru entendre…
- En attendant, je vais vous filer un sédatif et vous vous réveillerez chez vous. 
- C’est une manie de me trimbaler partout pendant que je suis inconsciente ?
- Je lis de très bons blogs. »

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Et hop, la pauvre Rachel est droguée, puis laissée à Alfred pour qu’il aille la déposer chez elle. Mais la soirée ne fait que commencer ! Car c’est toujours l’anniversaire de Bruce, aussi quantité de gens sont venus squatter chez lui pour boire son champagne. Bruce tente donc de ne pas se trahir en participant à la fête, prétendant avoir été retenu en ville par quelque affaire urgente, puis se mêle à la foule des invités.

Au passage : la Batmobile. Un véhicule pas du tout identifiable au premier coup d’oeil tellement il est commun. Quelle discrétion, ce Batman.

De son côté, le sergent Gordon, occupé à fouiller l’asile d’Arkham pour essayer de comprendre ce qu’était la fusillade sur place entendue plus tôt dans la soirée, y trouve donc le Dr Craine à moitié fou, et surtout, qu’une gigantesque quantité de drogue a été déversée dans l’eau de la ville ! Gordon se tourne donc vers un chimiste de la police étudiant la chose.

« Bon sang ! Qu’est-ce que c’est que ce dawa ?
- Il semblerait que les brigands déversaient de la drogue dans les canalisations sergent.
- Mais alors on en a tous ingurgité ! Pourquoi n’est-on pas atteint ?
- Parce que… c’est dans… les canalisations ?
- Oui mais l’eau du robinet, elle vient d’où gros malin ?
- Ho. Attendez, je lis le script… ah non. Bon. Bin écoutez, je sais pas.
- Super. J’espère que Batman va vite résoudre cette affaire parce que nous là, on est un peu des grosses buses.. »

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Justement : pendant ce temps, il se passe des choses du côté de chez Bruce Wayne. Comme par exemple le fait qu’une convive lui dise « Bruuuce, hooo, Bruuuce il faut que je vous présente quelqu’un, vous allez voir, il a vraiment une pilosité faciale, on dirait une dédicace de Michael J. Fox« . Et en effet, dans la foule des invités, Bruce aperçoit… Ninjabouc !

« Bonsoir, Bruce.
- Ninjabouc. Que faites-vous ici ? Que voulez-vous à Gotham ? Je vous ai sauvé la vie : allez-vous en.
- Je t’avais dit que ta pitié te perdrait. Nous allons détruire Gotham. La consumer. Et cette fois-ci, nous allons réussir.
- Comment ça « cette fois-ci ? » Vous avez déjà attaqué Gotham par le passé ? »

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Et là, attention, instant révélation.

« Oui, en effet : il y a des années, nous avons tenté de la détruire économiquement. Nous avons créé de la pauvreté et donc du crime. Mais ton père a commencé à lutter, à partager les fruits de son empire… il fallait qu’il disparaisse.
- Mon Dieu ! Vous voudriez dire que…
- Oui, c’est nous qui avons t…
- VOUS ÊTES LE FMI ! Vous pourrissez autrui économiquement !
- Hein ? Ho hé, pas d’insultes, on est maléfiques, mais quand même, 
- Ah ? Bon, d’accord, mais alors expliquez-moi un truc : vous luttez pour la justice, c’est ça ?
- Oui. On est juste un peu extrémistes.
- Mais alors si vous êtes capable de manipuler l’économie, vous pouvez aussi créer des périodes florissantes où le crime diminue de lui-même, non ?
- Heu… je… on y a pas pensé, tiens.
- Du coup, vous avez créé une crise à Gotham pour engendrer du crime, et maintenant vous montez une opération géante pour éradiquer Gotham à cause du crime qui la ronge ? Et donc, vous avez claqué vos ressources pour obtenir quelque chose, et maintenant vous claquez vos ressources pour lutter contre ce quelque chose, et ce tout à fait volontairement ? Est-ce que « pompier pyromane » vous dit quelque chose ?
- Non.
- Et « gros blaireau » ? Ça vous parle, ça, « gros blaireau » ? »

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Un peu vexé, Ninjabouc en finit avec les révélations : en fait, il n’est pas que Ninjabouc, il est aussi Ras’Al Ghul. Le mec que Bruce a tué à la montagne, c’était juste une couverture. Pourrie, mais une couverture. Maintenant, Ninjabouc compte bien faire bobo à Bruce. Mais Bruce, feignant la situation sous contrôle, fait sortir ses invités sans leur dire ce qu’il se passe en leur annonçant ce qui fait fuir n’importe qui en soirée :

« Je vais chercher le Time’s Up ! On va bien rigoler !« 

Aussitôt, tous les invités ayant un minimum de goût et de bon sens fuient vers leurs voitures, et bientôt, Bruce et Ninjabouc se retrouvent seuls dans le manoir Wayne. Enfin pas tout à fait : Ninjabouc est aussi venu avec des hommes. Bien vite, un combat éclate alors que les méchants mettent le feu à la demeure ancestrale, et Bruce finit par terre après s’être pris une poutre en flamme sur le museau. Ninjabouc souffle donc :

« Tu as brûlé ma demeure et tu m’as laissé pour mort. Nous sommes quittes. » dit-il avant de quitter les lieux, oubliant que, petit détail, au temple, Bruce l’avait sorti des décombres et amené à un médecin, pas abandonné inconscient aux flammes. Mais bon, c’est sûrement un détail, hein, je chipote.

Notez que Bruce Wayne est coincé sous une poutre qui n’a pas brûlé. Elle est donc juste tombée, comme ça, hop. C’est beau, le sens du détail.

Ninjabouc ainsi libéré de l’affreux Batman, il peut donc s’en retourner vers Gotham, et surtout vers l’asile d’Arkham. Où aidé de quelques hommes ayant « infiltré tous les niveaux de Gotham » (il faudra me dire quand, sachant que d’après le chronologie, Bruce Wayne n’est de retour en ville que depuis deux semaines tout au plus, et que tous les ninjas qui étaient censés infiltrer Gotham sont morts dans l’explosion du temple enchanté de Ninjabouc. Il a sûrement pris des ninjas intérimaires chez Vediorbis.), il passe les barrages de police encore en place après la fusillade ayant lieu sur place plus tôt, puis ouvre toutes les cellules des criminels enfermés. Autant dire qu’aussitôt, l’île d’Arkham sombre dans la panique, alors que les rues se remplissent de méchants. Toutes les unités de police disponibles sont donc envoyées sur place et maîtrisent tant bien que mal la situation.

Rachel, elle, arrivée sur place peu avant, a remis les deux doses d’antidote au sergent Gordon, une pour lui et une pour la production en série. Sauf qu’avec ce qu’il se passe sur l’île, Gordon préfère ordonner que l’on relève tous les ponts afin que les criminels ne puissent se répandre dans Gotham. Tout le monde est donc bloqué autour de l’asile, mais les quelques unités de police arrivées en renfort avant la remontée des ponts rétablissent bien vite l’ordre. Ouf !

Sauf que, pas de bol, Ninjabouc étant dans la place, il sort son arme secrète : un prototype de bidule micro-onde géant qui vaporise toute l’eau autour de lui et peut même faire bobo à plusieurs kilomètres de distance (non parce que si ça marche juste dans un rayon de 10 mètres, ça veut dire que ça ne marche que sur les réserves d’eau que vous contrôlez déjà). Celui-ci a été volé à Wayne Industries, et devait servir à « vaporiser les réserves d’eau de l’ennemi« , ce qui est particulièrement con tant il y a des armes moins chères et plus efficaces pour ça. Le but de Ninjabouc ?

« Vaporiser toute l’eau contenant le poison que l’Épouvantail déversait dans les conduites d’eau : le gaz va ainsi sortir partout dans Gotham et rendre folle la population, et la ville se déchirera d’elle-même, obligeant enfin une vraie prise de conscience contre le crime et la décadence, hahaha, HAHAHA !« 

Alors, oui, c’est intéressant pépère, mais du coup, c’était plus malin de juste empoisonner l’eau : ça aurait provoqué des crises de folie un peu partout dans Gotham, sans que l’on comprenne vraiment d’où ça vienne. Ou trop tardivement. Du coup, ça aurait un peu secoué l’opinion publique. Mais là, attaquer ouvertement la ville, bin la seule chose que ça va provoquer, c’est que tout le monde va se dire « Ho ! Des terroristes ! » et du coup, se moquer éperdument du crime et simplement se mobiliser contre toi.  Mais bon, hein, c’est pas grave Ninjabouc, tu es mignon.

Ninjabouc installe donc sa machine dans le seul truc qui puisse encore sortir de l’île d’Arkham sans les ponts : le métro aérien de papa Wayne ! Son plan est simple : il va ainsi pouvoir faire éclater toutes les conduites d’eau en les survolant avec le métro, puis foncer au cœur de la tour Wayne où les rails vont et où se situent les centres de contrôle de la distribution d’eau. Et là, toute la ville sera condamnée, hohohoho !

Moui. Ou alors, plan B, puisque ton bousin a une portée de plusieurs kilomètres, tu visais la tour Wayne de très loin. Et pouf. Mais là encore, je ne suis pas un génie du mal, je ne dois pas savoir.

Cela n’empêche pas le bougre de mettre son plan à exécution, et bientôt, les plaques d’égout de la ville sautent l’une après l’autre sous la pression de la vapeur empoisonnée s’échappant des conduites, et tout le monde se met à grave flipper sa mère à cause des hallucinations liées au poison (comprendre : « ils voient tout le monde avec des yeux rouges, le tout avec des effets spéciaux kitsch« ). A part Rachel, qui est immunisée grâce à l’antidote, et le sergent Gordon, qui s’injecte le bousin sur le champ. Et ça tombe bien parce que qui voit-il tomber du ciel ?

« BATMAN !
- C’est moi sergent. 
- Mais attendez, il y a deux scènes, vous n’étiez pas dans votre manoir en feu ?
- Si, mais je m’en suis tiré avec l’aide d’Alfred.
- Non mais ça d’accord, mais on vous voyait avec une grosse blessure au flanc, bien profonde, l’occasion d’ailleurs pour Alfred de vous implorer de vous accrocher alors que vous déliriez à demi-conscient. Elle est où la grosse blessure ?
- Ho. Cette… blessure. Qu’on a mise en avant dans la scène précédente. Celle-là. Je… hé bieeeeen… 
- Laissez-moi deviner : encore une scène rajoutée qui ne sert à rien à part pour mieux se mettre une bonne grosse incohérence ?
- C’est ça. Bon, Gordon, allez, on se concentre : il faut arrêter le métro aérien. Ninjabouc est dedans avec la machine à micro-ondes volée à Wayne Industries. 
- Oui, mais comment l’arrêter ?
- Je m’occupe de lui. Toi, prends la Batmobile, voilà les clés, et va t’assurer que le métro ne puisse atteindre la tour Wayne. Allez, en route, et t’inquiète chaussette, j’assure chaussure ! »

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Consterné par les expressions moisies de Batman, le sergent Gordon saute donc dans la Batmobile, s’y enferme, et fonce vers la tour Wayne. Pendant ce temps, Batman via diverses acrobaties rejoint le métro aérien, et un combat s’engage entre Ninjabouc et lui, le tout, je le rappelle, à 15 centimètres d’un appareil vaporisant toute l’eau autour de lui. Mystérieusement, cela ne semble pas affecter nos héros, qui ne sont pas instantanément transformés en gâteaux secs ou en sénateurs français.  Mais ça continue par contre de vaporiser l’eau sous le métro, le poison se répandant donc peu à peu en-dehors de l’île d’Arkham, dans tout Gotham.

Batman accède brièvement aux commandes du métro, mais pas assez pour freiner. Il retourne donc se battre avec Ninjabouc, et finit par lui coller un bon vieux taquet dans le museau. Il retourne donc aux commandes pour de bon. mais par terre, vaincu, Ninjabouc ricane :

« Tu es vaincu, Batman ! Il est trop tard pour freiner à présent… la tour Wayne est toute proche ! 
- Mais, qui t’a dit que je voulais freiner ? »

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Et en s’écartant, Batman montre à Ninjabouc que plus tôt, il n’a pas essayé de freiner : au contraire, il a coincé l’accélérateur à fond. Car il compte sur le commissaire Gordon pour faire sauter les piles des rails du métro aérien juste devant la tour Wayne pour faire s’écraser le métro avec Ninjabouc et sa machine encore dedans !

Bon, je sais pas vous, mais décidément, je vois mal comment on pouvait faire plus mauvais. A savoir, à choisir entre « Tenter de freiner le métro, et si ça loupe, Gordon pétera les piles du pont » ou « Empêcher le métro de freiner, anéantissant ainsi une chance de plus d’arrêter le plan du méchant, puis faire accélérer le métro pour donner encore moins de chances à Gordon de réussir sa mission dans les temps, mission qu’il doit accomplir à l’aide d’un véhicule super compliqué qu’il n’a jamais piloté. », il faut être proche du lamantin avec des chromosomes superfétatoires pour choisir le plan B.

Ninjabouc, perplexe en comprenant que le plan de Batman est quelque part entre stupide et absurde. Mais comme le sien l’était aussi, ça va.

Mais malgré ce plan incroyablement moisi (heureusement que la grande force de Batman est son « intelligence », parce que sinon, je n’ose pas imaginer), tout fonctionne, Gordon détruit ce qu’il faut dans les temps, et le métro s’écrase, Batman sautant de celui-ci en n’emportant pas Ninjabouc : s’il ne veut pas tuer qui que ce soit, il se réserve le droit « de ne pas le sauver« .

Quel con ce Batman. Pour rappel, sa logique c’est « Si je te mets dans un métro dont je fais sauter les rails et que tu en meurs, je ne t’ai pas tué !« . Du coup, c’est pas souvent que les terroristes doivent tuer des gens : faire s’écraser un avion ou sauter un transport, c’est pas vraiment tuer des gens, c’est juste « ne pas les sauver d’une catastrophe qu’on a peut-être vaguement provoquée« .

En tout cas, Ninjabouc est mouru, la machine détruite, et la ville est sauvée.

Pardon ? Comment ça « Et tous les gens empoisonnés » ? « Et le fait qu’en plus le gaz avait commencé à se répandre sous le métro aérien alors qu’il se rapprochait de la tour Wayne, le faisant sortir de l’île d’Arkham » ? « Et en plus, Lucius Fox avait dit qu’il faudrait des semaines pour produire de l’antidote en série » ? Hé bien vous savez quoi ?

Personne n’y pense. Et les centaines de milliers de personnes empoisonnées ne le sont plus, hop, sans explication. C’est magique.

Quel talent ce Nolan, vraiment.

On retrouve donc Bruce Wayne au petit jour sur les ruines de sa masure, lorsqu’il est rejoint par sa copine Rachel, à qui il a plus ou moins fait comprendre qu’il était Batman. Elle lui fait donc un gros bisou, mais pas plus, parce qu’elle ne veut pas être vue avec Bruce Wayne le playboy ; elle attendra donc que la ville n’ait plus besoin de Batman pour que Bruce Wayne redevienne celui qu’elle a connu et qu’ils puissent se faire des bisous, des câlins, voire des orgies avec des poneys.

La nuit suivante, le sergent Gordon, promu inspecteur, a installé sur le projecteur du toit du commissariat une silhouette de chauve-souris pour ainsi joindre Batman lorsqu’il le souhaite. Batman arrive donc, amusé par ce système de communication, et tous deux ont une petite discussion :

« C’est l’escalade, Batman. Maintenant, qu’il y a un nouveau héros en ville, les bandits ont le leur. 
- Ah oui ?
- Oui, il signe même de sa carte : un joker.
- Mmm… cela sent aussi l’escalade à incohérences.
- Et vous n’avez encore rien vu, Batman ! Parce que pour beaucoup de gens, le second volet est le meilleur ! »

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Prêt à affronter de nouvelles absurdités et une intrigue à base d’incohérences dans tous les sens, Batman saute donc du toit, et planant au dessus de Gotham, il file vers de nouvelles aventures et…

… FIN.

Batman n’ayant pas précisé qu’il habitait à la campagne, au départ, le commissaire mettait le signal un peu bas. Il fallu attendre le 73e braquage pour qu’il pense à monter l’angle du projo.

Diable. C’était encore plus mauvais que dans mon souvenir. Et pourtant, je n’avais déjà pas un bon souvenir.

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« Commissaire, commissaire !« 

Le commissaire Gordon poussa un long soupir en voyant arriver derrière-lui le jeune policier chargé de l’avertir des pires nouvelles lorsqu’il était occupé sur le toit à attendre la venue de Batman. C’était devenu son corbeau, porteur de tous les messages qu’il aurait préféré ne jamais entendre.

« Que se passe-t-il cette fois ?
- C’est encore l’asile d’Arkham ! On a perdu le contrôle, tous les prisonniers se sont échappés et…
- Et il faut que Batman intervienne, je sais.
- Hein ? Non, comme c’est la 300e fois, on a juste fait un gâteau, dépêchez-vous, il n’en reste pas beaucoup ! Batman ne viendra pas de toute manière, non ? »

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Gordon haussa les épaules. Après tout, le jeunot avait raison : Batman ne viendrait pas. Il y a quelques semaines, il avait enfin réussi à contourner le problème des nuages : Wayne Industries avait, curieuse coïncidence, soudainement investi des millions de dollars dans un projet de régulation climatique couvrant Gotham de nuages supposés rafraîchir la cité chaque nuit. Comme toujours, il avait suffi de quelques semaines à Lucius Fox pour créer un prototype. Le projecteur avait à nouveau pu servir, même les nuits normalement sans nuages, et Batman avait recommencé à calmer les brigands.

Mais désormais, ces derniers avaient ourdi un plan encore plus génial, plus imprévisible.

En effet, ils attaquaient de jour.

Gordon caressa sa moustache en se disant que définitivement, Batman était une sacrée et inutile buse. Notant les troupes de malandrins paradant dans les rues au-dessous de lui, la police incapable de les arrêter alors que Batman refusait d’intervenir en journée, il haussa les épaules. Et se dirigea ves les escaliers pour rejoindre l’intérieur du commissariat.

Avec un peu de bol, il arriverait à temps pour avoir une part de gâteau.

Certains films ont connu moult adaptations.

Populaires dans un pays, tournés une nouvelle fois dans un autre avec de nouveaux acteurs pour faire bonne figure, qui ne se souvient pas de La Totale, devenu True Lies, film dans lequel Thierry Lhermitte avait été subtilement remplacé par Arnold Schwarzenegger (on remarque à peine la différence à l’écran) ? Ou bien encore Infernal Affairs, qui passé de Hong Kong à Hollywood, devint Les Infiltrés ? Et encore, je ne vous parle pas de toutes les versions Bollywoodienes, voire pour les plus farceurs d’entre vous, des adaptions liées à la règle 34 de l’internet. Ah, si, ne faites pas semblant.

Pourtant, il est des réalisateurs épris d’originalité qui se battent jour après jour pour réaliser des chefs d’oeuvres parfaitement inadaptables. Roland Emmerich est de ceux-là.

Mais plutôt que de vous l’expliquer, je vous propose de parler tout de suite de son dernier film, « White House Down« .

Nous pourrons alors revenir sur la précédente affirmation en conclusion.

Prêts pour une nouvelle plongée dans l’univers de l’un des plus talentueux réalisateurs de son époque ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : une explosion, et en plus les gens s’y vantent de leurs trois derniers crimes. Si c’est pas de la provocation, ça.

Tout commence au pays du hamburger, et plus précisément à Washington, alors qu’à l’horizon les teintes roses et orangées annonçant l’arrivée prochaine de l’ami soleil apparaissent. Dans la chambre d’une adolescente de onze ans, un téléphone sonne l’alarme : est-il l’heure d’aller à l’école ? De se préparer à une quelconque excursion ? De commencer à se peigner pour espérer être prête 3 heures plus tard (maudits cheveux longs) ?

Non : nous sommes dans la chambre d’Emily Cale, une adolescente de 11 ans qui comme toutes les petites filles de son âge, a programmé sur son téléphone une alarme pour être informée des moindres faits et gestes du président des Etats-Unis, puisque c’est sa passion dans la vie. Et son téléphone l’informant que l’homme d’état rentre à la Maison Blanche après un fort beau discours à l’ONU, notre bougresse regarde par la fenêtre l’hélicoptère présidentiel qui comme de bien entendu, passe juste au-dessus de sa maison pour lui mettre des étoiles plein les yeux. Parce qu’à 6h du matin, toutes les petites filles de 11 ans adorent se lever par passion pour un leader politique (Emily doit avoir du sang de nord-coréenne).

Je consulte ma montre : oui, nous n’avons même pas dépassé la première minute du film, et nous sommes déjà face à l’un des clichés (ratés) les plus formidables d’Hollywood, à savoir le perso d’enfant écrit avec les pieds, comprendre :

  • Il a une tête de cible d’entraînement pour concours de taloches
  • Il s’exprime comme un adulte et ne s’intéresse qu’à des sujets liés
  • Il dit toujours la vérité (même s’il n’a aucun moyen de la connaître, soit dit en passant)
  • Il a des réactions à peu près aussi naturelles que les lèvres d’Angélina Jolie

Bref, Emily Cale est une sorte de poncif, oui, mais un poncif avec un smartphone. Et puisqu’une caricature ne suffit pas, allons donc voir ce qu’il se passe au même moment dans l’hélicoptère du président des Etats-Unis.

Car en effet, le pays est dirigé par James Sawyer, un puissant patriote dans un film qui ne l’est pas moins, ce qui signifie qu’il n’est évidemment pas un homme politique comme les autres, non, lui c’est un idéaliste qui marche dans les pas d’Abraham Lincoln et qui veut rendre ce pays toujours plus beau (mais pas en s’en prenant aux banques quand même : c’est rigolo comme l’une des plus grandes aventures de Lincoln ne semble jamais passionner ses fans, quel sale communiste ce Abe). Toujours est-il que James Sawyer est plutôt noir, et plutôt originaire d’une famille pauvre. Tellement que dans ses discours à l’ONU, il parle de l’époque où il ne mangeait pas à sa faim, et de comment sa grand-mère a réussi à convaincre un braqueur potentiel d’abandonner son sinistre projet en échange d’un repas chaud.

Pas sûr qu’elle aurait eu le droit à sa page Facebook celle-là.

En tout cas, sortez vos mouchoirs, parce que les extraits des discours de James Sawyer ressemblent fortement aux consignes de coloriage d’un album Mon Petit Poney. Je pense qu’à l’ONU, on fait sortir les diabétiques de l’assemblée avant de le laisser s’exprimer histoire que son discours sirupeux ne s’avère pas fatal aux plus fragiles d’entre eux.

Le président et son petit équipage débarquent finalement à la Maison Blanche, et les gens de son cabinet se congratulent sur la pelouse sans raison pour dire que vraiment, ils font le meilleur boulot du monde. Mouais : m’est avis qu’aucun membre de l’équipe du film n’avait jamais travaillé dans un cabinet politique, mais passons. Car au même moment, à l’autre bout de Washington, le service de nuit s’achève pour John Cale, membre de la police du Capitole et affecté à la sécurité du big boss du sénat que nous appellerons Bob principalement parce que je n’ai pas retenu son nom tant il était charismatique. Et pour bien terminer ses aventures matinales, John escorte donc son patron jusqu’au Capitole pour que lui puisse commencer sa journée, cette feignasse. Mais en chemin, ô, radieuse surprise ! Qui croise John ? Ginette, une amie qui bosse pour le vice-président en balade dans le coin ! Et celle-ci a trois choses à annoncer à notre héros :

  1. *glousse* *glousse* Je t’ai décroché un rendez-vous ce matin comme tu le voulais pour intégrer la sécurité présidentielle !
  2. *glousse* *glousse* Je t’ai obtenu un second passe pour que ta fille monomaniaque puisse t’accompagner
  3. *glousse* *glousse* Tu me dois un dîner, et probablement, un nuit de seske torride à l’arrière d’une R19

STOP ! Ginette, malheureuse, que viens-tu de faire ? Proposer de faire des choses sexuelles avec le héros ? Mais enfin, n’as-tu pas remarqué que tu étais dans un film gentil ? En te comportant ainsi, gueuse, tu oublies qu’une vraie gentille femme de film américain ne propose pas ce genre de chose. Le sexe, c’est pour les vilaines qui ne croient pas en Djizousse. Si tu voulais vraiment te comporter en gentille, tu saurais qu’une bonne copine de héros se contente de rougir quand on l’approche, de glousser quand on lui parle (okay, là-dessus, tu es pas mal), et d’appeler à l’aide avec de petits cris kikinous quand le méchant t’emmène sur son cheval en direction du Canyon de la Muerte.

Mais là du coup, tu vas juste mourir comme une crotte. Adieu, Ginette.

Cela dit, Ginette ne meurt pas tout de suite, non, soyez un peu patients galopins : pour commencer, elle s’en va suivre le vice-président vers de nouvelles folles aventures pendant que John finit officiellement son service, salue son chef Bob et s’en va chez son ex-femme chercher sa fille pour l’emmener à l’école.

Alors bon, vous allez me dire « Voilà au moins une scène qu’ils ne vont pas rater ou barder de poncifs : il suffit que le héros rentre, dise bonjour comment vas-tu yau de poêle, tout ça, et que sa fille grimpe dans la voiture, et c’est plié. » Mais ce serait sous-estimer les pouvoirs scatophiles de Roland Emmerich : car à peine John est-il à la porte qu’on lui décharge au museau un nouveau poncif, parfaitement inutile : sa fille lui fait la tête parce qu’il a oublié de venir la voir au spectacle de son école.

Bon alors sérieusement les petits gars, il va falloir arrêter : caser le fait que le héros a raté le spectacle de l’école de sa fille ou le match de base-ball de son fils, ça devient vaguement lourd. Non seulement ça ne sert pas à grand chose, mais en plus, quitte à rajouter des éléments sur la vie des personnages, je ne sais pas, ils ne pourraient pas avoir d’autres activités ? Je veux dire : ce ne sont pas les loisirs qui manquent. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le spectacle ou le base-ball ? Une compet’ de judo, un course d’athlétisme ou une lecture publique de Mein Kampf, il y a le choix, sacrebleu.

En même temps, « Papa n’est pas venu à ma compet’ de curling », ça se comprendrait.

Mais ce n’est pas grave : il ne faudrait pas montrer que l’on a fait un effort d’environ 0,5 secondes sur le scénario pour ne pas hurler au spectateur qu’on le prend pour un con.

Bref : John le papa caricatural fait donc monter Emily sa fille caricaturale dans sa grosse voiture caricature, puis salue son ex-femme caricaturale avant de prendre la route (normale, elle, merci). Mais pas pour l’école, petite Emily, papa a une surprise pour toi : que dirais-tu d’aller à la Maison Blanche ?

La jeune fille est donc si heureuse de la chose et joue tellement bien qu’un instant, j’ai cru qu’elle faisait une crise d’épilepsie (ou qu’elle était Marion Cotillard), mais hélas, non. Elle se met alors à lancer aléatoirement des anecdotes historiques sur la Maison Blanche, parce que dans la vie, c’est connu, quand vous dites à quelqu’un « Tiens, si on allait au Louvre ? » il se met à parler tout seul citant Wikipédia. Encore une fois : quel talent.

J’en profite pour le signaler : Emily refuse d’appeler son père « Papa » ou « Papounet » et préfère donc « John ». Quelque chose me dit que d’ici une ou deux explosions, elle aura changé d’avis, mais chut, ne spoilons pas, tout cela est tellement imprévisible, je m’en voudrais de vous gâcher le film. Toujours est-il qu’une fois sur place, John est invité à se rendre à l’entretien qu’il a obtenu, mais que petit imprévu, celui-ci se déroule avec Carol Finnerty… un ex amour de jeunesse de notre héros !

Attention, un, deux  : « HO BIN CA ALORS !« 

Voilà, merci.

Carol, donc est bien surprise de retrouver John : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était au lycée, mais leur histoire s’étant mal terminée (une sombre histoire de soirée mousse ayant dégénéré), ils sont un peu en froid. Carol consulte donc le dossier de notre héros devant lui, et fait le récit de sa vie après le lycée : petits boulots divers, puis engagement dans l’armée, où le bougre a atteint le grade de sergent. Il a évidemment été décoré pour héroïsme, puisqu’il a sauvé un de ses petits camarades d’un véhicule en flammes. A noter que le script étant décidément d’une rare qualité, ce dialogue de Carol s’y glisse : « Je vois que vous avez sauvé un de vos camarades d’un blindé en feu. Pourquoi ?« 

Mais je ne sais pas Carol, qu’attends-tu comme réponse ? « Nan mais c’est parce que je lui avais prêté ma Game Boy je voulais la récupérer » ? « Il était assez cuit, j’aime ma viande saignante » ? « Pardon Carol, mais es-tu un hamster avec une moumoute pour poser des questions pareilles ? » ?

Bref. L’absurde entretien se poursuit avec les états de service militaire de notre larron qui, bien que héros, n’en était pas moins… mais si, allez, vous le savez. Attention : « une tête brûlée » !

Allez, on reprend : « HO BIN CA ALORS !« 

Restez vigilants, je sais pas vous, mais moi, je sens d’autres trucs caricaturaux venir. Ne me demandez pas comment je le sais : c’est l’instinct.

Toujours est-il qu’au final, Carol annonce à John que non, le président n’a pas besoin d’un psycho-ouf dans son équipe, et que donc, merci John, bonne journée, et tiens, voici mon pied au cul pour faire bonne mesure. Sitôt sorti de cette rencontre décevante mais mouvementée, John va retrouver sa fille et pour ne pas la décevoir, lui dit que hahaha hihihi, mais si, évidemment que l’entretien s’est bien passé, mais bon, tu sais, on verra, c’est pas fait, et puis bon, c’est l’administration, alors hein bon hé, ho, hein dis. Ta gueule en fait.

Sauf que sur le chemin de la sortie, un guide de la Maison Blanche, prenant le duo pour des touristes, leur propose de se joindre au groupe qu’il s’apprête à emmener en vadrouille. L’occasion idéale de faire plaisir à la petite Emily (notons que le héros, bien qu’habitant à Washington et avec une fille passionnée par le sujet, n’a jamais pensé à proposer cette visite avant, c’est vrai que c’était compliqué), en route donc ! L’occasion idéale pour Emily de montrer qu’elle est définitivement un personnage si puissamment relou que je lui attribue une note de 9,5/10 sur l’échelle de Jean-François Copé. En effet, celle-ci passe son temps à débiter des choses qu’elle a lues sur Wikipédia, comme par exemple l’emplacement des vieux-tunnels-qui-officiellement-n’existent-pas ou du bunker-top-secret-du-président.

Alors que l’ensemble des touristes un peu gavés s’apprêtent à isoler Emily dans les toilettes pour lui péter la gueule à coups de lunettes de WC, une radieuse surprise attend notre petit groupe : James Sawyer, le président des Etats-Unis en personne, débarque au milieu de la visite.

« Bonjour les amis ! Je viens de terminer à l’instant un discours sur le fait que je retirais toutes mes troupes du Moyen-Orient et qu’à la place je mettais le budget de l’armée dans l’aide au développement. Comme ce n’est pas du tout le genre de déclarations qui a des conséquences, et que je n’ai pas non plus un pays à gérer, je me suis dit que tiens, si je venais glander avec les touristes en shorts à fleurs ?« 

Autant vous dire que par la grâce de cette arrivée impromptue, les sous-vêtements d’Emily découvrent instantanément l’exotisme d’un climat tropical. La bougresse en profite donc pour demander au président s’il ne voudrait pas répondre à une interview pour sa chaîne Youtube, là, tout de suite, au pied levé, et là encore, James Sawyer accepte parce qu’il a le swag. Histoire d’alimenter un peu plus, le bullshit généralisé, Emily, au lieu de poser une question comme « Ça fait quoi d’être président ? » ou « Elle est devenue quoi, Monica Lewinsky ? » lui demande ce qu’il pense de la crise actuelle au Moyen-Orient (pourquoi pas), particulièrement des conflits inter-régionaux (heu, bon, d’accord, on va dire qu’elle est très en avance) et plus particulièrement de sa position face aux dissidences chiites (en fait, non : va chier Emily).

« Ta question est très intéressante Emily. Vraiment. Ce qu’on va faire c’est que tu vas la reposer à mon garde du corps, là, derrière, et on va voir si tu esquives les clés de bras comme moi les questions. »

Je ne déconne même pas, hein. C’est vraiment la question qu’elle lui pose. Ah non mais, quand je vous dis que c’est écrit avec les pieds, je n’exagère pas.

Le président lui répond donc un truc qui tient plus d’une Miss France que d’un homme d’état (ils ont dû inverser les dialogues, je suppose), avant de voir Emily lui dire « Merci président ! Au fait, mon papa va intégrer votre sécurité !« . James Sawyer sourit donc tranquillement, avant de se pencher à l’oreille du papa d’Emily pour lui souffler :

« Ce n’est pas beau de mentir aux enfants. »
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Ce à quoi John oublie de répondre :

« Et ce n’est pas beau d’avoir lu le script.
- Pardon ?
- Bin oui : je viens à peine de passer l’entretien, on m’a dit non il y a dix minutes. Alors vous m’expliquez comment vous pouvez savoir que je ne suis pas pris ? En plus d’avoir le temps de glander avec les touristes et de faire le kéké sur la chaîne Youtube de titeprincesse_star_81, vous avez en plus trouvé le temps d’aller vérifier aux ressources humaines les résultats de l’entretien d’embauche d’un type que vous n’avez jamais vu ?
- Heeeeeeeeeem hum hem, je… je… hooo, on m’appelle ! »

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Quelle attention minutieuse portée à chaque seconde de ce film, c’est impressionnant. Et notez que la plupart du temps, ça n’apporte rien à l’histoire. Non, c’est juste pour rajouter des erreurs. Attendez que je vérifie un truc… budget du film, 150 millions de dollars et… ho ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Sony Pictures n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’avant même la préparation du tournage du film, 3 millions avaient été dépensés pour acheter le scénario de James Vanderbilt. La société de production avait déjà travaillé avec lui pour The Amazing Spider-Man.

3 millions de dollars. Pour un truc qui est déjà aussi moisi alors que le film n’a même pas commencé. A ce prix là les enfants, gardez bien vos rédactions de CP : à l’argus d’Hollywood, elles doivent bien valoir 1 ou 2 millions de dollars.

Allez, allons donc voir ailleurs si les choses se déroulent mieux. Et rendons-nous à la demeure magique de Martin Walker, patron de la sécurité présidentielle justement, qui se prépare à une nouvelle belle et grande journée. Après s’être brossé les dents et avoir fait les mots croisés de Biba pendant qu’il délivrait ses flancs de l’ennemi intérieur, Martin a donc pris le chemin du travail, mais d’abord, il a salué sa femme :

« Au revoir ma chérie, je vais au travail. Tiens, garde-moi ce pin’s drapeau américain que je porte d’habitude au col, tu veux ? Je ne veux pas le porter aujourd’hui.
- Mais ? Pourquoi ?
- Et puis tiens, laisse-moi te dire que je t’aime comme si c’était la dernière fois.
- Hein ?
- Tiens, t’ai-je dit que je ne m’étais jamais remis de la mort de notre fils, militaire mort en opération spéciale en Iran suite à un ordre du président ?
- Qu’est-ce que… Martin ? Nom d’une pipe Martin : tu serais pas en train de filer des indices gros comme des clients de Wall-Mart aux spectateurs pour leur spoiler le fait que tu es un traître ?
- Pas du tout. Par ailleurs mes indices sont très subtils.
- « Subtil » ? Ah non mais visiblement, t’as pas dû bien lire le dictionnaire, ça explique que tu en chies avec les mots croisés de Biba. 
- Bon allez, je vais au travail, hop. »

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Mauvaise idée, on aurait pas dû aller voir de ce côté là en fait, c’est aussi pourri que le reste. Suivons donc l’ami Martin Walker jusqu’à la Maison Blanche, où il retrouve toute l’équipe de la sécurité présidentielle dont sa bonne amie Carol, pour leur dire que ça va encore être une bien belle journée, dis-donc. Mais surtout, et parce que ça faisait bien 45 secondes qu’on avait pas eu un truc vu et revu, on fait soudain rentrer un gâteau dans la salle : figurez-vous que Walker est à une semaine de la retraite !

Allez, tous ensemble : « Tu vas mouriiiiiir !« 

Là encore, cet élément n’apporte rien, à part de quoi pleurer de douleur devant autant de nullité. Tout le monde file donc des cadeaux et des tapes dans le dos à papy Walker, en lui disant qu’il manquera à tout le monde. Tous les passants, même dans les couloirs, lui serrent la main en lui disant « Bon bin, bonne retraite hein !« .

Je ne suis pas un expert, mais moi j’ai entendu dire que les pots de départ, c’était quand on partait. Non parce que sinon, v’là le reste de la semaine : « Bin t’es pas encore parti toi ? Je t’ai pas serré la main hier en te disant adieu ?« . Ambiance.

Durant la petite sauterie, Martin va donc trouver Carol pour s’entretenir brièvement avec elle :

« Carol, tout est calme aujourd’hui et vous travaillez trop. Rentrez chez vous et reposez-vous.
- Mais ? Pourquoi ? 
- Parce que je vous l’ordonne.
- Mais je sais pas, ça sonne suspect. Un peu comme si… comme si vous aviez des accents de traître dans la voix.
- Vous imaginez des choses, niet niet popovitch. Alamdoulila, nardin. 
- Vous devez avoir raison, je vais rentrer chez moi. »

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La belle va donc reprendre son automobile et s’en va tranquillement dans les rues de Washington, sans savoir qu’au même moment, il se passe des choses… au Capitole !

En effet, au même moment, au Capitole : « Je propose que la pizza soit désormais un légume »

Car dans les couloirs de celui-ci, un terrible vilain (roux et barbu, c’est dire s’il appelle la mort de ses vœux) rôde. Et comme c’est un vrai professionnel des actions méchantes, il a pensé à noter au bic bleu sur son bras le numéro de la salle où l’attend tout l’équipement pour mettre la zone dans le bâtiment.

C’est vrai que s’écrire dessus comme une collégienne, c’est pro. Comme ça, si la police l’attrape et qu’il n’a pas le temps de se frotter à la salive, hop, toute la maréchaussée sait dans quelle salle aller chercher les preuves de l’odieux forfait. Attendez, je relis plus haut… moui : 3 millions de dollars.

Notre sympathique loulou s’en va donc dans un local d’entretien récupérer son matériel de farceur, à savoir un bleu de travail et du matériel de nettoyage ainsi qu’accessoirement, une bombe. Combinant habilement tout cela (il enfile le chariot, cache la bombe dans le bleu de travail et … attendez, non… ah merde, j’espère qu’il a bien noté l’ordre des opérations sur son autre bras), il ressort donc grimé en technicien de surface, poussant devant lui son chariot piégé. Sitôt qu’il a placé celui-ci dans la salle de la coupole du Capitole, il ricane donc très fort et s’enfuit tel un farfadet maléfique atteint d’incontinence, alors que peu après, derrière-lui, BROUF fait la bombe.

Le bâtiment prend donc un peu cher, mais pas autant que les touristes et agents de sécurité voisins qui font de l’auto-crémation au black.

Carol, qui était en chemin pour chez elle, voit donc l’explosion et se précipite sur place pour aller vérifier que l’évacuation se déroule bien. Et en effet puisque non, Bob, le boss du capitole, n’a pas été transformé en torche humaine, et le vice-président qui était dans le coin va bien lui aussi. Bob est donc envoyé se planquer au Pentagone, pendant que le vice-président est collé dans Air Force One qui décolle aussitôt pour se mettre à l’abri à ouat’mille mètres d’altitudes, histoire que si Washington soit attaqué, tout le monde ne soit pas au même endroit, stratégie dite du « Mile High Club ». Et à la Maison Blanche, l’alerte est donnée : la place est verrouillée et tous les agents de sécurité s’arment et vont se poster à toutes les fenêtres prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui a l’air suspect : homme armé non-identifié, porteur de turban, ou pire, politicien honnête (mais là, le mot « suspect » frôle l’euphémisme). Le président se retrouve lui enfermé dans le bureau ovale avec quelques conseillers ainsi que son chef de la sécurité, le temps que l’on en sache un peu plus sur ce qu’il se passe au Capitole. Ce qui veut dire que pour John et Emily, la visite touristique s’achève assez brusquement. J’ai envie de dire : remboursez nos invitations.

Surtout que l’alarme s’est déclenchée pendant qu’Emily était aux toilettes en train de réviser ses plus grands airs de cornemuse, ce qui signifie qu’elle est séparée de son papa lorsque la Maison Blanche passe en alerte rouge. Rebondissement !

Résumons :

  • Le président est en sécurité dans le bureau ovale
  • Le vice-président est en sécurité dans Air Force One
  • Le patron du Capitole est emmené au Pentagone pour être mis en sécurité et y arrive sans encombre
  • John est en sécurité avec les autres touristes dans une aile de la Maison Blanche
  • Emily est sur le trône à relâcher des papillons de leur sombre captivité

Tout devrait donc aller pour le mieux. Sauf que…

Sauf qu’un agent de la sécurité de la Maison Blanche remarque qu’un groupe d’ouvriers n’a pas entendu l’alarme. Il rentre donc pour leur dire que dites donc bande de fripons, vous n’avez pas trouvé ça suspect, la grosse sirène, les gens qui hurlent et les types armés qui passent dans des bruits de bottes ? Mais alors qu’il engueule les galopins, l’agent remarque, mais bien trop tard, que c’est un piège : ces ouvriers ont bien trop de moustaches, tant et si bien que même un orchestre mariachi ne pourrait les égaler. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : ils sont méchants (ou ils ont juste très mauvais goût, dans les deux cas, mieux vaut ouvrir le feu par principe).

Mais avant que notre homme ne commence à leur distribuer des balles dans la tête, les vilains, puisque ce sont bien eux, lui maravent la mouille et lui prennent son arme avant d’y visser un silencieux qu’ils avaient réussi à passer au nez et à la barbe de la sécurité. Dès lors, ils peuvent lancer leur plan super rusé : prendre la Maison Blanche à 12 contre 200 avec un seul pistolet.

Et évidemment, ils y arrivent sans problème.

Normal.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu’ils sont un peu aidés par la main du scénariste, puisque déjà, ils tuent tout le monde d’une seule balle, même à 20 mètres de distance, les gens meurent instantanément et sans bruit, et en plus, même leurs corps tombent telles des plumes histoire que dans la salle d’à côté on entende pas qu’il se passe un truc et que l’on puisse se faire massacrer en paix. Probablement que ce sont des gardes en mousse, d’où l’expression.

Bon, après, on pourrait aussi dire, mais ce serait chipoter, qu’il manque un truc. Mais si, un tout petite, qu’on oublie facilement, surtout, à tout hasard, dans une équipe de cinéma :

Les caméras.

Mais si, vous savez ce truc tellement basique que même Intermarché en a pour éviter les vols de yaourts aux fruits ; j’ose vaguement imaginer, mais c’est un peu audacieux, que allez, disons que la Maison Blanche en a ? Auquel cas, ça pourrirait un peu le plan, je suppose.

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Quelques minutes auparavant, dans une Maison Blanche crédible.

« Hardi les amis ! Maintenant que nous avons tué ce garde, allons donc mettre des balles dans la tête de tous les fonctionnaires de la maison !
- OUAIIIIS !
- Krshhhh… krsshhhh….
- Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Regardez chef, on dirait que ça vient du haut-parleur ! Là à côté de… ah bin de la caméra, tiens.
- Krshh… un deux, un deux… on m’entend ? Ici Gégé, du PC sécurité. Bon, ceci est un message aux petits malins qui se cachent dans la salle de projection et qui viennent de tuer notre copain Jean-Jacques : on a environ 60 gardes avec des mitrailleuses lourdes qui vous encerclent. Sachant que vous avez un pistolet pour douze et que vous venez connement de tuer votre seul otage potentiel pour lui prendre son arme, soit vous sortez pour vous prendre des coups de bottin dans la gueule, soit on rentre vous mettre des coups de bottine. 
- …
- Krsshh… oui alors en fait on me dit qu’on va juste faire entrer des grenades, histoire de gagner du temps, Bisous ! »

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« Des caméras… mais enfin John, aurais-tu oublié que notre priorité à la Maison Blanche était la protection de la vie privée des citoyens ? »

Mais ouf, non : nous sommes dans un mauvais film, donc personne ne pense aux caméras, ni dans un camp, ni dans l’autre. Les méchants, très fier de leur coup annoncent donc sur la radio que la voie est libre : les renforts peuvent arriver. Car oui : des camionnettes de faux ouvriers garées sur le parking de la Maison Blanche et que personne n’avait pensé à inspecter, sortent une paire d’hommes en plus : Jean-Paul Moustache, un terrible commando ressemblant à un croisement entre Arnold Shwarzenegger et Freddy Mercury, et Maurice Ubuntu, un hacker mystérieux. Le chef du commando des méchants, joliment nommé Emile, explique donc ce qu’il convient de faire : Jean-Paul Moustache va aller sécuriser les dernières pièces pas encore prises, comme par exemple la salle où les touristes en visite ont été enfermés, pendant que Maurice va aller au centre informatique de la Maison Blanche pour y lancer un mystérieux piratage (probablement pour trouver le p0rn présidentiel). Emile de son côté a des choses à faire, comme par exemple aller sur le toit avec quelques hommes coller des balles dans la tête des derniers agents de sécurité qui s’ébattaient gaiement tel des lapins soyeux sur la pelouse présidentielle.

Du coup, ça alerte un peu l’équipe dans le bureau ovale, qui jusqu’ici, se faisait les ongles.

« Tiens Walker, vous avez vu ? On dirait un assaut.
- Maiiiiis non. Je vois pas ce qui vous fait dire ça.
- Je sais pas : le fait que depuis les fenêtres je vois mes hommes se faire abattre dans les jardins ?
- Aaaah ouaiiiis. Bon, vous savez quoi président ? On va avertir le Pentagone que ça sent le pâté et aller se cacher dans le bunker présidentiel. Allez les gars : en formation, on escorte le colis jusqu’au bunker. »

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Ce qui est dit est fait, le tout, sans croiser de terroristes. Sauf qu’alors que le président ouvre le bunker présidentiel à l’aide son mot de passe secret (« LincolnRoxor »), Walker sort son arme de sa veste et abat son adjoint à la sécurité, les autres agents restants, et accessoirement les deux couillons qui montaient la garde à l’entrée du bunker.

Oui, Walker est vieux et fatigué, mais non, ça ne l’empêche pas d’abattre tranquillou 7 mecs qui avaient leur arme à la main et étaient en alerte maximale sans que ceux-ci ne réagissent. Ils avaient sûrement du lag. Le président est bien étonné, mais Walker histoire d’aider le spectateur un peu con, précise sa pensée :

« Ahaha, je suis un traître !« 

En même temps, tu aurais dit que tu étais une licorne, c’est vrai que c’eut été plus surprenant. Mais le bougre poursuit donc : « Ahaha, président ! Votre politique de faire la paix avec les muslims est folie ! Et en plus, mon fils est mort en opération chez eux, et vous voudriez qu’il soit mort pour rien ? Ça ne se passera pas comme ça !« 

Sauf que pendant que notre homme soliloque et que les spectateurs pleurent devant ce qui est du niveau d’un téléfilm M6, la situation a évolué dans les niveaux supérieurs de la Maison Blanche.

A savoir que dans la pièce où les touristes de la visite guidée avait été enfermés et où ils attendaient protégés par deux agents, surgit soudain… Jean-Paul Moustache !

« Mon dieu il a une MOUSTACHE ! » crient donc les innocents terrorisés en se disant qu’ils ont là affaire à un hipster. Heureusement, le brigand les rassure bien vite en mitraillant la gueule de l’agent de sécurité survivant le plus proche : non, il est juste un terroriste. Tout le monde est donc rassuré. A part peut-être John Cale, qui voyant cela, se dit que c’en est trop, cette visite guidée est vraiment un scandale. Il attrape donc l’arme au sol du garde mort, se fait mitrailler (mais à partir de maintenant, les terroristes vont se mettre à tirer dans tous les sens sauf sur lui) mais parvient à s’enfuir, non sans avoir au passage mis une balle dans le bidou d’un terroriste qui passait par là, parce que plaisir d’offrir, joie de recevoir.

Armé, grognon, mais paniqué, notre héros erre donc dans les couloirs à la recherche de sa fille, qu’il suppose toujours aux toilettes en train de tester le principe des caisses de résonance sur la porcelaine. Mais après avoir constaté que la jeune fille avait dû filer, il entend des voix non loin, et se rendant sur place… aperçoit le président James Sawyer menacé par Martin Walker !

« Palsembleu » s’écrie donc notre héros, ajustant très tranquillement son arme pour abattre Walker qui ne l’a pas vu situé à 5 mètres de lui. Et tirer finalement 30 mètres au-dessus de sa tête parce que sinon, le film serait plus court. Qu’à cela ne tienne : voilà qui suffit à faire diversion, allez hop, John récupère le président et fuit avec lui dans la Maison Blanche, le tout, au passage, en tuant un autre terroriste qui passait par là et donnant une bonne patate à Emile qui lui aussi se promenait. Mais là encore, sans le tuer, ni l’emmener comme otage, non : là encore, le film doit durer.

A noter que nos héros se sont dit que tant qu’à choisir entre foncer vers le bunker présidentiel pour être en sécurité, en ayant juste sur son chemin un papy Walker déjà bien entamé, tellement que m’est avis que c’était le moment de lui jeter une pokéball dans la margoulette, et courir dans toute la Maison Blanche sans aucun abri et avec tout un commando terroriste surentraîné sur le dos, nos héros ont choisi la seconde option.

La bonne nouvelle, c’est que des ficelles si fines et légères, ça permettra potentiellement de lyncher le scénariste sitôt que Diego l’aura retrouvé.

Subtilité toujours, évidemment, nos héros décident intelligemment de s’enfuir en s’enfermant dans un ascenseur voisin. Emile attrape sa radio pour annoncer à tous ses hommes que attention, attention, le président des Etats-Unis et un type qui fait de la gonflette viennent de monter dans un ascenseur, alors que tout le monde se tienne prêt à capturer l’homme d’état et à transformer son copain en art contemporain sitôt que les portes s’ouvriront. « Oui chef ! » font donc les vilains avant d’aller se mettre en position. Sauf qu’évidemment, au moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrent en arrivant à un étage… ses occupants ont disparu !

« Ça alors ! » font donc les terroristes. Avant de… heu… rien.

Nan mais c’est vrai, hein. Après tout, c’est peut-être juste que le président est escorté par Garcimore, du coup autant laisser tomber.

Notez que la cage d’ascenseur est équipée de petites lucarnes au-dessus du palier de chaque étage pour permettre d’écouter les plans de l’ennemi en toute sécurité.

Donc, non : personne ne pensera qu’un ascenseur n’a que deux sorties, et que si les gentils n’ont pas pris la porte principale, ça vaut peut-être le coup d’inspecter la trappe de secours. Parce que oui, nos héros se sont bel et bien tout simplement planqués sur la cabine de l’ascenseur. Et tapent même tranquillement la discut’ sans que personne ne les entende. Ils se permettent aussi de rajouter d’inutiles incohérences (des fois que ça ne suffise pas), par exemple lorsque le président, à un moment où l’ascenseur va au dernier étage et risque donc de les écraser entre la cabine et le mécanisme, décide de coincer sa chaussure dans les rouages pour bloquer la situation et ainsi éviter un funeste destin. Hé bien figurez-vous que si ce geste sauve nos héros, juste en-dessous, la réalisation a aussi oublié que bloquer un ascenseur, bin ça bloquait un ascenseur, et du coup le mec qui montait au dernier étage finit son trajet et arrive à destination sans problème.  Même pas un décalage d’un demi-centimètre avec le palier. J’ai donc deux théories :

  • Soit ce film est réalisé par des branquignolles qui paient pour rajouter des scènes inutiles, sauf pour les incohérences
  • Soit les chaussures présidentielles sont magiques : quand on les écrase, par exemple dans des rouages, elles créent des poches spatio-temporelles ; d’où l’expression « le président n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds« 

Camarade, choisis ton camp.

Mais attendez, le puits de la médiocrité est plus profond encore ! Inutile de le sonder avec un Nicolas Cage attaché à une ficelle, enfilez directement vos scaphandres, on descend. Car tout de même, à un moment, à force d’entendre deux mecs se raconter des blagues et jouer à Twister sur le toit de la cabine, un terroriste qui prenait l’ascenseur avec des missiles décide de pointer son arme vers la trappe de secours puisque ça semble vaguement suspect, tout de même. Mais avant qu’il ne puisse l’inspecter plus avant, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, et un autre de ses copains l’attend pour l’aider à décharger le chargement. Et là attention, dialogue :

« Bin ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur d’être attaqué par un ascenseur ? 
- Mais j’ai entendu des bruits suspects !
- Bah, ce sont de vieux ascenseurs, allez oublie et aide-moi à décharger. »

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C’est vrai, les ascenseurs sont connus pour faire des bruits ressemblant parfaitement à des voix humaines. Moi une fois, j’ai pris un ascenseur qui imitait à la perfection Raymond Barre, c’était troublant. Et puis bon : on ne parle que d’un ascenseur où deux mecs ont disparu deux minutes avant, mais visiblement, les terroristes l’ont déjà oublié.

Non mais ce film. Ce film.

Mais vous allez me dire : « Bon, d’accord, je veux bien que les terroristes soient cons. Mais à l’extérieur de la Maison Blanche, ils font quoi ? Un Jungle Speed ? ». Hé bien, comme je suis sympa, allons donc voir au Pentagone, où justement, la résistance s’organise. A savoir que Bob, le patron du sénat, s’est entouré de tout un tas de généraux et de l’amie Carol pour essayer de faire le point sur ce qu’il se passe. Le tout en ayant une vidéoconférence avec le vice-président à bord d’Air Force One. Et ça discute sec, croyez-moi. Regardons plutôt.

« Ici le vice-président. Bonjour général en chef, bonjour Bob, bonjour Carol. Alors, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’était que cette bombe au Capitole ?
- Hé bien Monsieur le vice-président, il semblerait qu’il ne s’agissait en fait que d’une diversion. 
- Une diversion ? Mais pourquoi faire ?
- Nous venons d’apprendre que la Maison Blanche avait été attaquée. Non parce qu’on a vu des mecs tirer depuis le toit sur les gens dans les jardins : ça nous a mis la puce à l’oreille. C’est qu’on est de vrais pros.
- C’est vrai que là, je suis bluffé, quel talent. Où est le président d’ailleurs ?
- Aux dernières nouvelles, Martin Walker, son chef de la sécurité, l’emmenait au bunker présidentiel. Il est donc tranquille. On ne peut juste pas le joindre puisque les communications ne passent pas dans le bunker. Nous avons fait appeler la garde nationale et encerclons désormais la Maison Blanche avec plusieurs bataillons et même quelques chars. »

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Le vice-président est donc choqué par ces sombres nouvelles. Mais pas autant que l’un des conseillers du Pentagone.

« Excusez-moi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? 
- Caporal Roudoudou, consultant en consulting pour le Pentagone.
- On vous écoute Roudoudou.
- Non, je me disais : c’est con comme plan.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Bin, je ne sais pas : vous voulez vous en prendre au président des Etats-Unis, vous ne l’attaquez pas dans l’endroit le plus sécurisé dont il dispose, non ? C’est pas un hasard si tous les présidents qui ont des ennuis les ont toujours quand ils sont de sortie, hein. 
- Heu… oui, bon, mais heu… là ils avaient un super plan avec la… la bombe au Capitole. Voilà. Une diversion. Très malin.
- Rappelez-moi : le but de la diversion, c’était bien de faire passer la Maison Blanche en alerte rouge, c’est ça ?
- Oui je… c’est ça ?
- Donc en plus de l’attaquer leur cible dans l’endroit où elle est le mieux protégée, les terroristes ont en plus pris le temps de déclencher l’alarme AVANT de passer à l’action pour perdre l’effet de surprise ?  C’était ça leur super plan, crier « Coucouuuuuuu on arriiiiiiive » ?
- Ah oui. Nan mais c’est vrai qu’ils sont cons en fait.
- Ah non mais en même temps, vous aussi hein : depuis quand les communications ne passent plus avec un bunker présidentiel conçu justement pour gérer les situations de crise depuis un abri sécurisé ? 
- Heu… non mais c’est parce que moi je suis chez Free, et du coup…
- Sinon vous avez essayé de les appeler sur une ligne fixe, comme ça ? Ou au moins les terroristes, histoire de savoir ce qu’ils veulent ?
- Ah bin, non plus, tiens. Bon, écoutez caporal Roudoudou, vous savez ce qu’on va faire ? On va reprendre le cours du film en essayant de ne pas pleurer, d’accord ?
- Faites comme chez vous les gars. »

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Parce que non, alors que la situation dure déjà depuis des heures, personne n’avait pensé à entrer en contact avec l’ennemi, histoire de voir s’ils avaient des revendications comme « Mort à l’Amérique« , « On veut du tofu à la cantine » ou « Pitié, arrêtez le blog de Pandora.« .

L’équipe du Pentagone se dit donc que ah bin tiens, c’est pas con, oui. Allez hop : ils font le numéro de la Maison Blanche (c’est le 2) et attendent de voir qui décroche au standard.

« Oui allô Martin Walker top trahison 30 minutes j’écoute ? 
- Martin ? Mais ? La Maison Blanche est remplie de terroristes ! Comment sont-ils rentrés ? Où est le président ? Pourquoi avez-vous l’air si sûr de vous ?
- Mais parce que je suis avec les terroristes ! 
- HO ! 
- Hé bin oui. 
- Mais pourquoi Walker ? Pourquoi avoir trahi le pays ?
- Le PRESIDENT a trahi le pays ! Il veut faire la paix avec l’Iran ! Mon fils est mort en opération spéciale là-bas, et je compte bien les faire payer ! Et puis accessoirement, mes hommes et moi voulons 400 millions de dollars, et un Boeing prêt à décoller à l’aéroport le plus proche !
- Mais enfin Walker, vous êtes fou ! Et même si nous acceptions, jamais vous n’arriverez vivant à l’aéroport, vous le savez !
- Carol… c’est bien vous Carol ? Je vous ai renvoyée chez vous ce matin pour ne pas avoir à vous tuer, alors ne vous mêlez pas de tout ça. Et pour le reste, sachez que si je vois un seul sniper dans un rayon de 15 kilomètres de la Maison Blanche, je bute les otages que l’on a avec nous.
- Rascal ! Donnez-nous au moins une preuve que le président est en vie.
- Heu je… hem… heu… oui heu… oui, il est en vie et on… on le tient. Voilà. Merci de nous faire confiance. Bonne journée. Bisous. »

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Martin Walker n’est pas très malin : pour donner une preuve de vie du président, il suffisait de frotter très fort un sucre contre le combiné du téléphone : cela aurait ressemblé à la perfection à un discours présidentiel

Et la communication coupe. Tout le monde est donc bien embêté ! Ah, si seulement il y avait encore un espoir au sein même de la Maison Blanche…

… mais l’espoir est là. D’abord, sous la petite forme énervante d’Emily Cale qui a réussi à rester cachée un bon moment, et à filmer un bon paquet de terroristes avec son téléphone. Bon, Jean-Paul Moustache a fini par la repérer et la récupérer, mais avant, elle a quand même trouvé le temps d’envoyer toutes ses vidéos sur Youtube : le monde libre peut donc voir la tête des attaquants de la Maison Blanche ! Et surtout, commenter la vidéo Youtube avec tout le talent des utilisateurs, à savoir « Pouce vert !« , « Jador ta chaine suis la mienne stp« , « Moi aussi une fois, ma mamie elle a été agressée« , puis un long débat sur les agressions de mamies qui après avoir dérivé sur le second amendement, termine sur les nazis. Internet, quoi.

Mais pendant que ça s’écharpe dans les commentaires, à la Maison Blanche, John et James ont réussi à sortir de l’ascenseur pour rejoindre la partie résidentielle du bâtiment, puisque James a eu une riche idée : il faut joindre l’extérieur. Mais comme toutes les communications sont bloquées en cas de crise, les téléphones normaux ne passeront pas. Il faut donc aller chercher le téléphone satellite qu’il a dans sa table de nuit !

Une seconde.

On vient pas de nous expliquer il y a exactement une scène que si, si, les communications passaient, d’ailleurs tellement bien qu’Emily Cale a même pu uploader des vidéos Youtube ?

Non vraiment, bravo.

Mais nos héros ne pouvant pas savoir qu’on est en train de se foutre de la gueule du monde par ici, eux trouvent donc bel et bien dans la table de nuit présidentielle le téléphone satellite. Et dès lors le président annonce donc…

… qu’il ne sait pas qui appeler.

Pourquoi ? Pourquoiiii ? Pitié ! Et la fin qui est encore loin ! Bon bin du coup, c’est John qui, bien qu’ayant perdu son téléphone dans les précédentes fusillades, se souvient par coeur du numéro de Ginette et décide de l’appeler. A bord d’Air Force One, donc, la bougresse prend tranquillement l’appel, et découvre que non seulement John est vivant, mais qu’en plus, il est avec le président. Elle apporte donc le téléphone au vice-président pour que James Sawyer puisse participer aux conversations ayant lieu entre Air Force One et le Pentagone. Et demande donc si on ne pourrait pas envoyer, par hasard, l’armée sauver son présidentiel fessier.

« Oui mais c’est pas possib’ président.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils ont installé des snipers et des armes lourdes sur le toit. On ne peut pas approcher. Des fois qu’ils tirent.
- C’est vrai que ça serait embêtant de la part de méchants. D’ailleurs, ils ont aussi des missiles, méfiez-vous.
- Des missiles ? Non, ils n’en ont pas d’après nos informations.
- Mais ? Sérieusement, on pourrait arrêter avec les lignes de dialogues qui puent ? Vous n’avez PAS d’informations. Vous ne saviez même pas que j’étais encore en vie, bande de blaireaux ! Et nous, on a VU les missiles, alors excusez-nous, hein. Et puis mon général, tu es gentil mais je suis un peu le chef des armées, alors si je te dis qu’il y a des missiles, je t’ordonne de le croire. Paf.
- C’est pas dans le script ça.
- Non, dans le script je me contente de ne pas insister, ce qui est bigrement stupide. D’ailleurs je… HO ! Ho non, ils arrivent ! »

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Et la communication coupe net, car, en effet, deux terroristes occupés à fouiller la Maison Blanche sont en train d’arriver dans la partie résidentielle probablement à la recherche de sous-vêtements à revendre sur e-bay à de jeunes fans comme Emily Cale. Hélas pour eux, ils ne savent pas qu’ils sont soumis à la règle ultime des films d’action, à savoir que si jusqu’ici, ils avaient pu neutraliser toute la sécurité locale grâce à leurs pouvoirs de tireurs divins, désormais, sitôt qu’ils tirent sur des personnages qui portent un nom, ils n’ont aucune chance de les toucher. Une fusillade d’engage donc, au cours de laquelle le président parvient à neutraliser l’un des terroristes à coups de baskets dans la gueule (il a eu le temps de changer de chaussures et de citer la marque des nouvelles, subtil), quant à l’autre ennemi, il prend divers coups de la part de John, avant que là encore, le président ne s’en occupe à coup de mitraillette. Quels hommes.

Calmez vos petits cœurs qui battent la chamade et reprenons.

Une fois la zone sécurisé, nos deux loulous vont dans la cuisine et tentent à nouveau de joindre l’extérieur, mais n’apprennent pas grand chose de plus. Non, par contre, puisqu’il y a une télévision dans la cuisine justement, nos larrons peuvent voir que la Maison Blanche est encerclée non seulement par la garde nationale, mais aussi par la presse (ce qui n’inclut pas Fox News, c’est un blog sérieux ici). Presse qui vient de découvrir les images prises à l’intérieur de la Maison Blanche par Emily, et les diffuse en écrivant non seulement le nom d’Emily Cale, mais aussi en y ajoutant son portrait, histoire que les terroristes sachent bien qui les a balancés et demande une grosse balle dans la tête. Bien bien bien.

Le Pentagone, en voyant les images, décide donc d’essayer d’identifier les membres du commando. Et les terroristes, de leur côté, découvrent les images uniquement parce qu’ils se sont rendus du côté de la cuisine de la partie résidentielle de la Maison Blanche à la recherche de deux de leurs hommes qui ne répondaient plus. Parce que non, ils n’avaient pas pensé à allumer une télévision de leur côté, ou alors juste pour regarder Plus Belle la Vie. Martin Walker, qui mène la petite équipe, râle donc en voyant que des images ont filtré, et surtout, se demande bien par où le président et John ont bien pu filer.

Sachant qu’il n’y a qu’une seule issue. Et que l’autre, c’est un monte-charge.

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« Regardez John, on voit votre fille à la télévision !
- Rah, comment ça s’appelait ce truc de journaliste déjà ? La protection des srouces… des soruces… ah, je sais pu ! »

Une fois encore, donc, personne ne pense à y jeter un œil. Du moins, jusqu’à ce que les deux loulous fassent du bruit (« HOLALAL JE GLIIIIISSE« ) et soient donc obligés de se dépêcher un peu, puisque l’on vient les chercher. Mais rapides comme le guépard, et aidés par les trous du scénario, ils parviennent à échapper aux méchants et à atteindre les sous-sols de la Maison Blanche d’où partent des tunnels, dont un mène à l’extérieur. Tunnel que non, personne ne pensera à utiliser pour rentrer discrètement dans la place, hein, vous l’imaginez bien. De tout le film, ça ne sera même jamais évoqué.

De toute manière, alors que John ordonne au président de fuir par là pendant que lui-même va retourner tenter de retrouver sa fille, nos héros sont bien embêtés : Maurice le méchant hacker du commando, qui est aussi un expert en explosifs, a pensé à piéger le coin. Donc à moins d’avoir un démineur ou un chat à disposition, tout le monde est bloqué. Voilà qui est bien triste : mais ce qui l’est plus encore, c’est que les vilains ont retrouvé la trace des gentils et foncent donc vers les sous-sols pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette joyeuse escapade. Ni une, ni deux, nos héros s’engouffrent donc dans un second tunnel, qui mène cette fois… au garage présidentiel !

Bon, sur le chemin, on leur tire dessus dans des couloirs tout étroits, mais encore une fois : même en tirant en rafale dans un passage de 1 mètre de large, les méchants les ratent. C’est fou. Je pense que ce sont des balles venant du consortium La Poste : tu as beau les envoyer encore et encore, elles s’égarent à chaque fois.

Un peu essoufflés, nos fiers gaillards hésitent entre la R19 et la limousine blindée présidentielle, et après une longue réflexion, décident intelligemment (soulignons-le) de prendre la seconde. Ils peuvent donc ainsi tenter de fuir sous le feu ennemi, ce qu’ils font, défonçant la porte du garage pour aller rouler gaiement dans les jardins de la Maison Blanche. La presse et les gens autour sont donc ravis de voir leur président faire le kéké sur le gazon à toute allure, mais bien vite, dans la voiture, on réalise qu’il y a un problème : impossible de fuir, les grilles de la Maison Blanche sont fermées, et tout est renforcé au titane de carbone, rendant compliqué de les défoncer !

La situation empire lorsque sortant du garage présidentiel, deux 4×4 d’escorte surgissent et que du toit ouvrant jaillissent des mitrailleuses lourdes manipulées par les méchants. Qui ouvrent donc le feu sur la voiture blindée qu’ils pourchassent en tournant en rond dans les jardins.

De là, plusieurs choses :

  • Visiblement, la foule tout autour de la Maison sait que ce n’est qu’un film, puisqu’elle ne s’écarte même pas de cette fusillade généralisée à 30 mètres d’elle.
  • Il n’y a pas une seule balle perdue d’ailleurs, merci. Toute s’écrasent bêtement sur la voiture présidentielle, mais sans percer, ça va.
  • Et surtout, top du top : les 3 000 militaires qui encerclent la zone et qui voient le président dans sa limousine se faire tirer dessus par les méchants restent sans bouger, des fois qu’ils puissent être utiles, faudrait pas déconner. Ils ont des trucs plus importants à faire, comme se curer le nez par exemple.

Le président a donc à un moment une brève révélation : tiens, et si j’appelais à l’aide ? Il envoie donc un texto au Pentagone « G cho o Q, ouvré la clotur ;)« . Le Pentagone fait donc signe à la garde nationale encerclant la résidence présidentielle : que l’on fasse avancer un char pour qu’il fasse un trou dans la clôture ! Et permette donc à la limousine présidentielle de filer.

« Vroum vroum« , fait donc le petit char en passant sur la grille. « Ho, bé hé non alors ! » répondent les terroristes sur le toit, en sortant leur lance-missile. « Boum« , fait donc le petit char et « Terrorists : win » fait la voix off dans la tête des joueurs de Counter-Strike (pensez à en parler à un psy quand même à l’occasion). C’est donc embêtant, puisque l’épave du char bloque justement le trou qu’il a fait dans la clôture… retour à la case départ, donc.

Sauf que le président se souvient que sous la banquette arrière de la limousine présidentielle, sous les sachets de schnouf, il y a… un lance-roquette !

Si, si. Et même une édition deluxe, puisque celui-ci est tout métallisé et proche de l’outil tuning.

Le président des Etats-Unis empoigne donc l’arme, se met à la fenêtre de la limousine (qui jusqu’ici était mitraillée par ses poursuivants, mais soudainement, les balles s’arrêtent juste le temps qu’il sorte, elles sont sympas quand même) et fait sauter le portail de la Maison Blanche pour sortir en paix. « A nous la liberté ! » s’exclament donc les joyeux lurons, des arcs-en-ciel dans les yeux,  en fonçant vers la liberté.

Mais alors qu’ils s’apprêtent à fuir, voici qu’apparaît, sur le balcon de la Maison Blanche, Jean-Paul Moustache qui pointe une arme sur une otage : Emily !

« Mais heuuuuu ! » râlent donc nos gais compagnons pendant que le public scande « Tire ! Tire ! Tire ! » S’ils fuient, elle meurt. S elle meurt, le film devient un peu moins pénible : elle doit donc vivre et ils doivent abandonner l’idée de filer. John et James se retrouvent donc, tels de vulgaires Vin Diesel, à faire les zazous autour de la Maison Blanche en se demandant pourquoi la garde nationale, qui vient pourtant de se faire attaquer au missile, continue de manger des sandouiches en faisant coucou plutôt que de faire, je sais pas moi, un truc ? Leur véhicule présidentiel, probablement lui-même fatigué par autant d’événements navrants, décide donc de faire une embardée et de finir dans la piscine locale.

Ressortant un peu humides de l’affaire, nos deux héros se retrouvent donc en piètre état face à Emile et l’un de ses hommes qui ricanent parce qu’ils pensent avoir gagné, ce qui est bien bête sachant que le film est loin d’être fini. Vexé, John sort donc une grenade qu’il avait piquée à un méchant plus tôt, et comme les grenades, ça résiste bien à l’eau, si, si, il l’envoie dans le museau du méchant. Et profite de la diversion pour fuir avec James dans un cabanon voisin. Les méchants, à leur tour vexés (ça peut durer un moment) font donc sauter ledit cabanon, sans savoir que nos héros ont déjà trouvé refuge dans les souterrains locaux. Et que grâce à ceux-ci, ils peuvent rejoindre la Maison Blanche en paix.

Dans l’affaire, le président a quand même été un peu blessé, John et James font donc une pause premier soin, comme de vulgaires joueurs de Baldur’s Gate qui tentent de pioncer en plein donjon.

Laissons donc nos couillons héros et allons voir au Pentagone si on a un peu avancé sur un plan de sortie de crise.

En effet, Carol a fait venir la femme de Martin Walker au Pentagone pour qu’elle raconte tout ce qu’elle sait : en fait, Martin Walker a une tumeur au cerveau et n’a plus que trois mois à vivre. Il se moque donc relativement de sa survie, ce qui complique les choses. Mais Carol a plus d’un tour dans son sac : elle demande à Madame Walker d’appeler son mari pour lui dire d’arrêter les conneries et de rentrer maintenant, merde, il est tard. Mais si la tentative est intéressante, ce n’en est pas moins un échec car Martin répond à sa femme que tout ce qu’il fait, il le fait pour la mémoire de leur fils. Sa compagne lui dit donc « Alors fait tout ce qu’il faut. » sous le regard accusateur de Carol, qui s’empresse de hurler « Martin, si vous continuez, votre femme passera le restant de sa vie dans une prison fédérale ! » mais ça ne l’influence que peu.

Passe-moi le combiné Carol, laisse faire les pros :

« Si tu continues, ta femme on l’envoie à Guantanamo où elle subira tellement de waterboarding que mon vieux, tu auras pour veuve Bob l’éponge« 

Mais Carol ne voulant pas me passer le combiné, elle se contente donc de dire que crotte de bique, ils ont été bien feintés. Et va plutôt faire le point avec le général en chef du coin et le vice-président, toujours en train de passer un appel Skype depuis Air Force One.

« Bon, cette histoire de président qui tire des roquettes, moi je pense que c’est bon pour sa réélection, ça fait couillu quand même.
- Monsieur le Vice Président, concentrons-nous, l’heure est grave. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation comme celle-ci : nous ignorons où est le président, ou même s’il est encore vivant après ses aventures dans les jardins de tout à l’heure. Dans tous les cas, il est prisonnier de l’ennemi. Il va donc falloir prêter serment. Vous allez être le nouveau président. »

Ni une, ni deux, Air Force One disposant toujours d’un kit complet de serment présidentiel, à savoir une copie de la constitution, une Bible, un cheeseburger et un rail de coke (dans l’ordre, vous saluez la constitution, puis vous posez la main sur le hamburger en récitant votre petit speech sur les valeurs de l’Amérique, puis vous fêtez ça avec le rail de coke que vous prenez en roulant l’une des pages de la Bible, c’est très codifié), le vice-président devient donc président. Nous l’appellerons donc président II.

« Félicitations Monsieur le président II, vous êtes désormais président. Alors, on vous écoute, quels sont vos ordres.
- Déjà, je veux savoir qui sont les terroristes qui nous attaquent. On a vu leurs visages à la télé grâce à la vidéo de la petite Emily Cale, alors, ça donne quoi l’identification ?
- Hé bien figurez-vous que ce sont tous les terroristes les plus recherchés du pays, tous plus ou moins activistes d’extrême-droite !
- Les bâtards. Carol, je vois que vous faites une drôle de tête, quelque chose à dire ?
- Non mais en fait j’ai tout le temps une drôle de tête : non, je me disais que je venais de piger. En fait, tous ces gens : ils étaient sur la liste des terroristes recherchés… et c’est pour ça que Martin Walker les a choisis ! Parce qu’il savait qu’ils étaient dangereux et talentueux ! Et surtout, prêts à s’en prendre au plus grand symbole de notre pays ! Regardez, il y a Emile, un ancien de la CIA au Pakistan que nous avons abandonné à l’ennemi pour sauver nos fesses sur une histoire politique. Maurice Ubuntu le hacker, qui travaillait aussi pour nous mais qui a fondu un plomb. Jean-Paul Moustache, un type qui n’aime pas trop les gens de couleur. Et bien d’autres encore ! 
- Bon sang Carol : vous voulez dire que Walker a recruté tous les plus grands ennemis que nous ayons ?
- Oui ! Il avait la liste et s’en est servi… de liste de courses si je puis dire !
- Alors dans ce cas, j’ai une question : comment il les a trouvés ?
- Hein ?
- Bah, je sais pas : ce sont les plus grands ennemis de l’Amérique. Donc on les recherche un peu. 
- Oui ?
- Parce qu’on sait pas où ils sont. Sinon ils seraient déjà au trou. Alors c’est bien gentil d’avoir la liste, mais d’où ils sortent ? il les a tous traqué personnellement en-dehors de ses heures de bureau ?
- Ah ? Ah bin oui tiens. C’est con en fait.
- Je ne vous le fais pas dire. Bon, vous savez quoi ? On va changer de sujet : Carol, général, je vous ordonne de reprendre la Maison Blanche coûte que coûte. »

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Le Pentagone ordonne donc à ses meilleurs commandos, les Delta Force, d’aller gagner leur ration d’avoine en libérant le palais présidentiel. Et le patron dudit commando explique sur la radio que hinhin, on va trop les feinter les méchants : ça fait des années qu’on prépare un plan super secret qu’on a même pas partagé avec la sécurité présidentielle justement pour ce genre de situation.

Chuck Norris approuve ce plan : il avait le même.

Ah oui ? Dites m’en plus, vous m’intéressez.

« Hé bin ça consiste à arriver en hélicoptère. » D’accord, et ensuite ?

« Bah c’est tout. Et puis en plus, en approchant du côté de la porte principale. » Ah mais c’est super. Je comprends que vous n’en ayez pas parlé en fait : c’est juste que vous vouliez pas vous faire virer en annonçant un plan aussi pourri. Non ? Bon.

Le Pentagone signale cependant que si ce plan est absolument génial et que personne n’y avait pensé, il n’en reste pas moins un problème : le toit de la Maison Blanche est toujours couvert de méchants armés avec de quoi dégommer des hélicos, justement.

« Non mais on a prévu le coup : on va voler en rase-mottes dans les rues. Comme ça ils nous verront pas venir.
- Okay, mais une fois arrivé vers la Maison Blanche, vous serez tout nus du coup ?
- Ah oui.
- Vous voulez pas plutôt qu’on utilise, je sais pas moi, un avion ou un drone pour balancer une cacahuète de super haut sur le toit pour libérer la place ? »

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Non, je déconne : le Pentagone n’a pas non plus pensé à ça. C’est connu, l’armée américaine déteste avoir recours à des forces aériennes.

Revenons donc à nos commandos, qui volent dans les rues de Washington à fond les rotors, jusqu’à ce que… un radar les flashe. A ce stade, je ne sais même plus comment vous l’annoncer : oui, la contre-attaque des gentils va échouer non pas parce qu’elle est nulle, mais parce qu’en fait, ils se font flasher par un radar comme une vulgaire Twingo en pente. Car Maurice Ubuntu a pris le temps de pirater tous les radars de Washington, mais si, pour détecter d’éventuels hélicoptères qui voleraient en rase-mottes.

Bon. Donc il peut prévenir ses copains sur le toit, qui attendent donc l’ennemi de pied ferme, voilà voilà.

Mais Maurice n’a pas fini de nous surprendre, puisqu’il a fini de pirater le système de sécurité local, et ricane donc : il a enfin accès à tous les codes du NORAD, le système de défense américain. Farceur comme pas deux, il décide donc de lancer la prochaine phase du plan terroriste, à savoir lancer un gros missile sol-air depuis une base américaine… sur Air Force One !

Et comme à bord, on a oublié que l’appareil avait des contre-mesures, on se contente de voler en ligne droite en faisant « Aaaaah, bah non alors !« , et idem pour les avions de de l’escorte. Boum, fait donc Air Force One, avant d’aller s’écraser un peu plus loin. Le vice-président et Ginette, condamnée à mort plus tôt dans le film pour avoir parlé de seske bien qu’étant une femme, meurent donc comme des bouses.

Cela fait, Maurice se dit qu’avec l’arrivée prochaine de commandos, il va quand même mettre les voiles. Il se rend donc aux souterrains de la Maison Blanche, et plus précisément au tunnel qu’il avait piégé.

Et se tue avec ses propres explosifs, sans aucune raison.

Bon. Bin super, merci d’être venu, hein.

On continue ? Non parce que ce n’est pas fini, hélas. Mais je comprendrais si vous vouliez vous arrêter là tant c’est nul.

Donc, le commando des Delta Force arrive avec ses hélicoptères face à la Maison Blanche, bien à découvert et, ô, surprise, les ennemis sur le toit ouvrent le feu à l’arme lourde et au missile, abattant les trois appareils sans trop de soucis. Une séquence fascinante, vous l’imaginez bien.

John, qui a entendu la cavalerie arriver, a bien surgi sur le toit pour essayer de nettoyer les défenses pour faciliter l’arrivée des renforts, mais ça n’a que moyennement bien marché, puisque le dernier appareil a été abattu avant qu’il ne vienne à bout des filous. Le tout, je le rappelle, toujours sous les yeux de moult bataillons de la garde nationale situés à 50 mètres de là, désormais occupés à jouer au rami, j’imagine. Faudrait voir à pas aider, hein, pfou.

Et encore, je vous passe le moment où l’un  des hélicoptères, bien que risquant à tout moment de se faire descendre, décide de dire « Tiens ? Si je faisais du surplace devant le balcon de la Maison Blanche pour voir comment vont les otages par un bout de fenêtre ? C’est pas comme si c’était le genre d’informations qu’on pouvait avoir de loin avec des jumelles sans trop prendre de risques. » Non, vraiment. Tout est raté. Tout. Même pour faire voler un hélicoptère d’un point A à un point B, ils arrivent à coller une incohérence.

Bref, après ce catastrophique épisode aéroporté, les terroristes ont quand même perdu un bon paquet de leurs troupes sur le toit. Emile est donc un peu colère, et sait désormais que John est toujours quelque part, et visiblement toujours prêt à passer à l’action avec ses gros muscles huilés. Il a donc bien envie de courir les couloirs pour le retrouver et lui claquer le museau. Mais alors qu’il se promène à la recherche de son ennemi juré, Emile tombe dans un trou du scénario : ça alors, qu’y a-t-il par terre ? Mais ? Tiens, on dirait que John en filant a paumé deux passes pour la Maison Blanche derrière-lui. Passes qui sont impeccables malgré les douze explosions et le passage dans une piscine que l’ami John a connu il y a peu. L’un est au nom de John Cale, d’accord… et l’autre au nom d’Emily Cale : « Ahahah, sa fille fait partie des otages !  » s’exclame donc Emile. « On va rigoler, ça va être la grosse déconne. »

Repartons du côté du Pentagone (oui je sais, ce film est complexe à suivre, concentrez-vous) où ça continue de causer sec entre Carol, le général en chef et désormais Bob, le patron du Capitole.

« Bob, écoutez : on est sans nouvelle du président des Etats-Unis, et son remplaçant vient de s’écraser avec Air Force One. Il va falloir prêter serment. 
- Okay, faites péter la coke, la Bible et tout le tatouin.
- C’est parti Bob, on vous écoute pour le serment.
- Je jure d’être gentil et de citer Jésus dans mes discours. 
- Paaarfait. Vous êtes maintenant président des Etats-Unis. Donc pour la seconde fois de la journée, on va générer de nouveaux codes de tir nucléaires et vous les confier. 
- Merci. Maintenant je… heu… je dois appeler ma… ma femme. Voilà. Laissez-moi seul. »

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Le nouveau président s’isole donc de manière pas suspecte du tout, dans un endroit entièrement vitré où on peut en plus voir qu’il n’appelle personne et se contente d’utiliser son téléphone de manière mystérieuse, peut-être pour mettre « Je suit présidan lol » en statut Facebook. Sitôt cela fait, il va s’adresser à ses troupes :

« Les amis, on a déjà perdu deux présidents aujourd’hui. Je ne compte pas être le troisième.
- Le ministère du budget nous dit de toute façon que ça commence à bien faire les conneries. Si ça continue, il faudra tellement diviser l’enveloppe des obsèques nationales entre tous les présidents morts que la cérémonie se passera à Mac Donald.
- Je comprends. On va donc arrêter les frais : appelez l’Air Force. On va bombarder la Maison Blanche, tant pis pour les otages. Je viens de me souvenir qu’on avait des avions.
- Mais Monsieur le président ! Le premier acte de votre mandat serait donc de tuer des américains innocents ?
- Il faut bien en finir avec ces pitreries ma petite Carol. La Maison Blanche est perdue, et ils ont déjà piraté ses systèmes pour envoyer un missile abattre Air Force One. Alors hopopop, on siffle la fin de la récré. »

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Trois avions sont donc invités à décoller pour balancer suffisamment d’explosifs et de napalm sur la demeure présidentielle qu’il n’en reste que des ruines de la taille d’un cachou. Evidemment, personne ne pense à l’idée que les terroristes, pas cons, ont peut-être eu l’idée de profiter du bunker présidentiel pour être certain de ne pas être emmerdés.

Mais non en fait, parce que comme c’est bien fait, les méchants n’y ont pas non plus pensé.

« Allez c’est bon, je me casse de ce film »

C’est vrai, quoi : quand on a des otages et que le seul objectif est de rester en sécurité le temps d’obtenir ce que l’on veut, qu’est-ce qu’il vaut mieux : s’enfermer dans un bunker ou tenir avec une poignée d’homme un vaste bâtiment où en plus un mystérieux John Cale distribue des claques aux gardes isolés ? C’est chaud.

Bref, les avions sont en route.

Du coup, à la Maison Blanche, on est pas au courant de tout cela et c’est bien dommage. On en est donc encore à chasser le John Cale. Mais les choses deviennent un peu plus faciles maintenant qu’ils ont identifié sa fille : Emile emmène celle-ci dans le bureau ovale, avec son copain Martin Walker et un troisième terroriste, et ils utilisent donc les haut-parleurs de la Maison Blanche pour expliquer la situation.

« Ouhouuuu Jooooohn Cale ! Pour info, nous tenons ta fille, et si tu ne te rends pas avec le président dans les dix prochaines secondes, je mets une balle dans la tête de ta fille.
- Ouiiiiii ! font les spectateurs qui prient secrètement pour que cela arrive depuis le début du film
- Non ! » fait le président des Etats-Unis en surgissant de nulle part.

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Emile et Martin sont donc bien contents : ils ont enfin le président. Et John ? Heu… hé bien en fait, ils n’y pensent plus. Non non, là encore, je n’invente pas. Ils le laissent donc courir à son gré dans la Maison Blanche. Le président est donc emmené jusqu’au bureau ovale, où Walker peut lui expliquer son plan.

« Martin ! Bon sang, vous êtes fou, vous aviez juré de protéger le président des Etats-Unis.
- En effet président. Mais je vais bientôt mourir, et rejoindre mon fils, tué en mission secrète en Iran. Mais vous, espèce de traître, vous voulez la paix avec l’Iran maintenant ? Ça ne se passera pas comme ça ! Je le répète encore une fois, pour ceux qui n’auraient pas compris !
- Et vous, d’où sortez vous l’argent pour payer toute cette opération ? Ce sont les lobbies de l’armement, c’est ça ? Parce que je veux la paix, ils veulent la guerre !
- Il est trop tard pour cela, président. Maintenant, tenez : j’ai ici avec moi la mallette nucléaire. Elle ne se déverrouille qu’avec vos empreintes : alors ouvrez-là.
- Jamais ! De toute manière, et vous le savez, les codes nucléaires sont changés sitôt que le président est menacé par l’ennemi. Cela ne vous servirait à rien.
- Hinhinhin… ne vous inquiétez pas de ça, président. Ouvrez-là. »

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Dans un coin, le terroriste anonyme qui surveille la scène est quand même bien étonné : lui, il était d’accord pour prendre d’assaut la Maison Blanche. Mais pas pour déclencher un truc grave ! Ah bon, pourquoi ? Tu pensais qu’on attaquait la Maison Blanche juste pour déconner ?

Qu’importe : le président refuse, Walker insiste, il refuse encore, Walker menace la petite Emily Cale qui dit qu’elle est prête à mourir dans la paix dans le monde au lieu de se chier dessus comme il se doit, jusqu’à ce que les alarmes de la Maison Blanche retentissent : il y a un incendie ! En regardant les caméras (car oui, ils viennent enfin d’y penser ; comme quoi, Maurice le hacker avait pensé à pirater tous les radars de Washington des fois qu’il surprenne un hélico volant en rase-motte et à les relier à une alarme, mais pas à faire pareil avec les caméras de la Maison Blanche pour y retrouver d’éventuels fuyards ou poches de résistance, c’est ballot), ils constatent que c’est John qui est en train de mettre le feu !

Non : le bouton « alarme incendie », c’était trop compliqué. Le feu, c’est mieux. Surtout quand on est bardé de grenades et autres explosifs, tu as raison John.

Jean-Paul Moustache et Emile filent donc promptement trouver le brigand, mais ils se font bien évidemment tuer l’un après l’autre lors de duels héroïques où on s’échange coups de poings & co, parce que juste se prendre une balle au coin d’un mur, ça fait tout de suite moins glorieux. Tout cela créant un certain bazar au sein du fameux bâtiment, le président en profite pour essayer d’arrêter Walker, qui visiblement, a mystérieusement reçu les nouveaux codes nucléaires directement sur son vieux bipeur (parce qu’avec Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous). La bagarre ne tourne hélas pas vraiment à l’avantage du chef d’état, puisque dans l’affaire, il se ramasse un pruneau dans le bidou. Et s’effondre les yeux clos.

Emily est donc très triste. Et voudrait bien arrêter ce gredin de Walker qui est en train de programmer l’envoi d’un missile intercontinental sur toutes les grandes cités d’Iran. Mais évidemment, quelques secondes avant qu’il n’appuie sur le gros bouton rouge…

… surgit John, qui a récupéré une voiture (il a eu le temps de passer au garage, d’en sortir, de faire le tour du jardin et d’arriver en environ 7 secondes, bravo), a défoncé le mur du bureau ovale, et mitraille sauvagement le vilain Martin Walker, qui rend l’âme. Averti par un coup de fil de Carol que la Maison Blanche va se transformer en pruneau tout sec d’un instant à l’autre, il fait donc évacuer tous les otages aussi vite que possible, et se sent bien bête en tombant sur le président par terre, visiblement mort.

Sauf que haha, non : la balle qu’il a pris a été arrêtée par la montre d’Abraham Lincoln qu’il portait toujours sur lui en vrai patriote. C’est beau.

Et accessoirement, Lincoln devait porter des montres de 115 kilos pour arrêter net des balles modernes. Probablement un truc à base d’uranium : si la balle ne te tue pas, ce sera le cancer.

Mais dans les cieux, il se passe des choses : à savoir que trois avions armés jusqu’aux dents arrivent à folle allure pour raser la Maison. Et que personne n’est au courant du fait que ça y est, les méchants sont vaincus. Ils volent donc bien évidemment et sans aucune raison, eux aussi en rase-mottes, et soudain, voient au milieu de la foule des civils en train de galoper dans le gazon pour fuir la Maison Blanche, la grosse tête à claques d’Emily Cale.

Qui agite le drapeau américain.

« Nom de dieu regardez ça les gars ! » hurle donc le chef d’escadrille qui même en volant à Mach 2, a tout à fait le temps de voir ce genre de choses en détails au sol « Je ne sais pas vous, mais moi, je ne tire pas » ajoute-t-il, avant que lui et ses avions ne désobéissent et quittent donc la zone sans avoir largué la moindre bombinette.

Je vous la refais ?

« Les gars, il faut qu’on aille larguer des bombes sur une zone où il y a des otages. Allez, on y va. » et une fois sur place : « Attendez, on arrête tout : j’étais d’accord pour tuer des otages, mais alors pas des otages ET un drapeau américain !« 

Si vous pouviez bombarder mon cinéma pour m’achever, vous seriez bien urbains.

« Tu peux mourir pour ton drapeau, mais ton drapeau ne mourra pas pour toi. »

La Maison Blanche sauvée, les otages aussi, la garde nationale pénètre enfin sur la pelouse, suivie par la presse qui qualifie l’amie Emily de termes aussi cucus que « la nouvelle petite héroïne de l’Amérique« .  Et bientôt, l’hélicoptère présidentiel se pose pour révéler Bob, Carol et son copain général, venus reprendre possession des lieux. Sauf que le président Sawyer ne se montre pas : John, en entendant le récit de ce qu’il s’était passé dans le bureau ovale, a une petite idée de qui est vraiment derrière tout ça, et pour résoudre ce mystère, il demande à ce que le président reste caché encore quelques instants en se faisant passer pour mort. John va donc à la rencontre de l’équipage de l’hélicoptère.

« Bonjour John ! C’est moi, Bob, ton patron, tu sais, parce qu’à l’origine, tu bosses pour la police du Capitole.
- Bonjour Monsieur.
- Je suis président maintenant, c’est pas cool ça ? A part si le président Sawyer a survécu bien sûr.
- Non, il est mouru.
- Ah, c’est trop bête, je vais devoir rester président des Etats-Unis… bon et bien c’est pas tout ça mais il va falloir passer le balai par ici maintenant.
- Attendez ! Regardez ce que j’ai trouvé sur le corps de Martin Walker : un bipeur. Ou un tam-tam. Enfin un truc. Contenant les nouveaux codes de la valise nucléaire. VOS codes, puisque vous êtes l’actuel président. Vous pourriez expliquer, sachant que vous êtes le seul à les avoir, comment ils sont arrivés là ? Et sachant qu’avec Martin Walker, vous êtes l’un des derniers dinosaures au monde à utiliser un bipeur ? »

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Et là, comme dans tout mauvais film, Bob lâche la phrase qui revient à hurler « C’EST MOI J’AVOUE TOUT » :

« Vous n’avez aucune preuve !« 

Ce qui est une remarque très intéressante sachant que John vient de montrer qu’il avait dans la main le bipeur de Walker, avec donc le numéro d’où provenait les codes nucléaires. Et en passant un coup de fil rapide, c’est bel et bien le téléphone de Bob qui sonne. Il jure donc vengeance pendant que Carol et son copain général lui passent les menottes, puis le président Sawyer, qui était caché, surgit (mais les figurants sont tellement au niveau du film que même ceux qui sont censés être la presse filment tout sauf le président qui vient de revenir d’entre les morts : à la place, ils filment la pelouse, et hélas, là encore, je n’exagère pas).

« Hahaha, non, je n’étais pas mort ! Je faisais juste semblant pour aider John à piéger Bob !
- Président ?
- Oui Carol ?
- Quel rapport entre le fait de vous faire passer pour mort et le fait que John amène les preuves que c’était Bob le traître ?
- Ah bin oui, aucun, tiens. John ?
- Je ne sais pas non plus. D’ailleurs, même si on a aucune preuve ou aucun nom, on va dire qu’en fait, c’était bel et bien le lobby de l’armement qui était derrière tout ça pour se faire toujours plus d’argent ! »

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Ah bin alors tout s’explique, attendez que je résume : le lobby de l’armement, pour atteindre l’objectif « faire plus d’argent », a donc :

  • Engagé le président du sénat américain
  • Pour qu’il recrute le chef de la sécurité de la Maison Blanche qui ça tombe bien n’avait plus rien à perdre et perdu un fils
  • Pour qu’il recrute un commando de mecs recherchés, mais que c’est pas grave, en fait il suffit de les appeler pour qu’ils viennent
  • Pour qu’ils posent une bombe au Capitole
  • Pour mettre la Maison Blanche en alerte rouge
  • Pour qu’ils puissent attaquer la place avec encore moins de chances que la normale
  • Pour qu’ils capturent le président Sawyer
  • Pour que le vice-président soit nommé président
  • Pour qu’ils puissent ainsi abattre Air Force One avec un missile piraté
  • Pour que Bob devienne président
  • Pour qu’il puisse filer les codes nucléaires à Walker afin qu’il vitrifie l’Iran, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’objectif original
  • Et que Bob fasse disparaître toutes les preuves en détruisant la Maison Blanche par un bombardement

Et que comme ça, Sawyer arrête de prôner la paix dans le monde et que donc ils puissent continuer à vendre des armes.

Je rappelle que les autres options, un peu plus compliquées j’en conviens étaient :

  • Graisser la patte de parlementaires, comme un vulgaire lobby contre la musique pas chère

Ou, s’ils voulaient vraiment mettre le bazar en Iran :

  • Acheter une ogive nucléaire à 12 roubles à Youri Popovitch, sous-marinier en vacances chez sa tatie de Volgograd, et la mettre dans la gueule de Téhéran (éventuellement en signant « Bisous, la CIA »  s’ils voulaient une guerre nucléaire).

Ignorant le fait que l’ensemble de ce film est un ratage complet, nos héros montent donc dans l’hélicoptère présidentiel, et James Sawyer, après avoir appris que son plan de super paix mondiale était accepté par tout le monde, demande au pilote de faire le tour des plus beaux monuments de Washington, parce que fuck yeah, c’est un vrai patriote et…

… FIN !

Pour rappel : 150 millions de dollars, dont 3 de scénario.

Je vous laisser aller chercher vos rédactions de CP.

« Attends John ! J’ai pas pigé… c’était vraiment ça le plan des méchants ? Tu déconnes ? »

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Vous avez bien suivi le film ? Maintenant, essayons de reproduire ce film chez nous. Bande-annonce (j’aime bien faire des bandes-annonces, il me faudrait un budget) :

Plan sur l’Elysée et le président marchant dans les couloirs en croisant divers conseillers.

Voix off : tout avait commencé comme n’importe quelle autre journée.

« Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour, bonjour.
- Bonjour Monsieur le Président ! »
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Plan sur une salle de briefing.

Voix off : personne ne pouvait seulement s’imaginer que l’ennemi frapperait là où l’on s’y attendait le moins.

« Messieurs, encore une belle journée qui s’annonce sur l’Elysée. L’aigle est au nid, aucune alerte particulière. On applique les consignes habituelles et tout devrait bien se passer. 
- Oui chef. »
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Plan sur le palais du Luxembourg qui explose, des touristes hurlant en s’enfuyant dans les jardins. Plan sur le chef de la sécurité présidentielle qui entend la détonation depuis les jardins de l’Elysée.

« Qu’est-ce que c’était  ?
- Cette odeur de gâteaux secs qui brûlent… d’urine rance portée par le vent… mon dieu, ils viennent de faire sauter le palais du Luxembourg ! Code rouge, code rouge, l’Elysée est verrouillé ! »
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Plan sur des hommes armés abattant les gardes républicains un par un dans les couloirs.

Voix off : car cette fois-ci, on s’est enfermé avec l’ennemi.

« Pan ! 
- Aaaaah !
- Pan ! 
- Aaaargh !
- Pan !
- Aaaah… mais putain pourquoi est-ce qu’on a juste des épées pour se défendre ? Hein !
- Pan !
- Raaaauuurgh ! »
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Plan sur un homme couvert de suie avec un pistolet à la main, l’air grognon dans les toilettes.

Voix off : l’ennemi a commis une seule erreur. Cette erreur, c’est notre espoir. Et il se nomme… Jean Calle !

Plan sur le même homme face au président dans son bureau.

« Président, je suis venu vous sortir de là.
- Mais ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jean Calle, ex-policier municipal. Si ces terroristes n’ont pas payé le parcmètre, je les défonce. 
- Comment êtes-vous arrivés jusqu’ici ?
- On était là pour les journées du patrimoine. Et puis ma fille Emilie adore le parti socialiste. 
- Ah, une vraie patriote !
- En fait ça la fait surtout rigoler. »
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Plan sur la limousine présidentielle prise dans une course-poursuite dans la cour de l’Elysée, ce qui revient à faire une course poursuite, mais uniquement en faisant des manœuvres de créneau.

« Président, il y a un lance-roquette à l’arrière, attrapez-le !
- Je ne sais pas m’en servir ! J’ai déjà du mal à critiquer Angela Merkel en public, alors tirer une roquette, pfou !
- Bon sang président, j’ignore qui est derrière tout ça, mais il y a un traître dans votre équipe.
- Sûrement une motion rebelle, je parie que c’est un coup de Martine Aubry. »

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Plan sur l’état-major, les ministres tout autour du général en chef, essayant de comprendre ce qu’il se passe en liaison téléphonique avec le président et son sauveur.

« Que dites-vous Jean ? Un traître parmi nous ?
- Oui. Nous pensons que l’un d’entre vous n’est pas vraiment socialiste.
- Ahahahaha !
- Bon, je reformule : l’un d’entre vous est encore moins socialiste que les autres.
- C’est une accusation très grave Calle ! D’ailleurs je… mais ? Où est passé Manuel ? »

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Plan sur le chef de la sécurité présidentielle caché derrière une commode Louis XV pendant qu’on lui tire dessus.

« Le président est en train de s’enfuir, rattrapez-le bande d’incapables ! On vient de tirer la languette du flan, je répète, on vient de tirer la languette du flan !« 

Plan sur un sous-marin au large de Brest, les trappes à missiles s’ouvrant lentement. A bord, l’équipage panique complètement alors qu’il a perdu le contrôle.

Voix off : mais cette fois-ci, ils ont attaqué le mauvais pays. 

« Commandant, ils ont piraté l’un de nos missiles ! Ils vont tirer ! Plus rien ne répond !
- Espérons qu’ils ne soient pas au courant de notre meilleur défense : la qualité de notre matériel. »

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Plan sur le missile qui décolle, s’élève d’une dizaine de mètres en l’air, pétarade un peu puis retombe en mer dans un vieux plouf.

voix off : ELYSEE PAR TERRE

http://www.elysee-par-terre-le-film.com

Du coup, même si je pense qu’il y a du potentiel : non, vraiment, il y a des films que l’on ne peut vraiment pas transcrire chez nous.

Quelle grande perte.

« Diego, couche-toi !« 

Le serviteur se jeta au sol, esquivant de justesse la rafale de projectiles qui vint s’écraser en crépitant sur le véhicule voisin. Se relevant péniblement  pour s’adosser à la berline, Diego observa son maître occupé à jeter un coup d’œil par-dessus une portière entrouverte et malmenée.

« Bon sang Monsieur, comment nous ont-ils encerclés comme ça ?
- Je l’ignore Diego. A cette saison, les mauvais films sont plus nombreux, plus sauvages, mais tout de même. Je n’en ai jamais vu autant. Et pourtant, j’en ai vu des étés. Mais là : R.IP.D Brigade Fantôme, The Lone Ranger, Insaisissables, Crazy Joe…
- Oui mais… attention !« 

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Diego se baissa pour laissa la place à son employeur qui fit claquer son Maüser à plusieurs reprises pour repousser un assaillant qui recula en grognant.

« Bon sang, il est agressif celui-là ! C’est lequel ?
- World War Z, il essaie régulièrement de venir squatter celui-là. Mais je ne peux pas être partout, et encore moins là où il y a des zombies, c’est un blog sérieux ici. On va se contenter de le repousser. Tout au plus on dira que c’est un film dans lequel les zombies sont quelque part entre Dr House et Lassie et puis basta. 
- Mais il y a trop de merdes à spoiler Monsieur ! Il faut bien commencer par une !
- Alors on va faire celle-là là-bas. »

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Suivant le regard de son maître, Diego fronça les sourcils en voyant un mauvais film à quelque distance de là.

« Celui-là ? Wolverine : le combat de l’immortel ? Mais pourquoi ?
- Parce qu’il le faut Diego. Te souviens-tu du premier volet ?
- Je… je crois que j’en rêve parfois.
- Tu te rappelles ? Toute l’intrigue qui reposait sur une équipe scientifique qui a le choix entre deux cobayes, un volontaire et l’autre non, et qui choisit le second et du coup passe tout le film à s’emmerder ?
- C’est vrai que c’était pourri. 
- Alors on va commencer par celui-là. Tu es prêt Diego ?
- Non. »
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Hélas, comme il s’y attendait, son employeur se contenta de prendre son habituel sourire sadique puis de ricaner en lançant :

« Spoilons, mes bons !« 

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L’affiche : oooh, mais qu’est-ce que je lis tout en bas ? « En 3D ». Et vous connaissez le proverbe : « If you can’t do it right, do it in 3D »

Notre film s’ouvre sur la paisible cité de Nagasaki un beau matin de 1945. Alors que le peuple japonais se prépare à une nouvelle grande journée à une époque bénie où la Japan expo n’existait pas encore, voici qu’un bruit de moteur trouble le ciel : un gros B-29 est en train de se traîner paresseusement jusqu’au dessus de la ville, ce qui n’inspire guère confiance aux locaux qui ont appris que l’autre jour, il s’était un peu passé la même chose à Hiroshima et que ça a provoqué un bond technologique local en matière de lyophilisation. C’est donc au son de « On avait dit qu’on attaquait pas les points de respawn ! » que les soldats du cru lancent les sirènes et que tout le monde se met à courir dans tous les sens.

Tout le monde ? Non. Yashida, un jeune soldat affecté à un camp de prisonniers décide de libérer les soldats américains pour leur donner une chance de s’en sortir, et ce sans que ses officiers ne disent rien puisque c’est connu, les japonais étaient d’une courtoisie légendaire avec leurs hôtes. Seul un prisonnier occidental ne peut fuir : un certain Logan, alias Wolverine (je serais curieux de savoir comment ils l’ont capturé sachant que le film repose sur le fait que les armes ne lui font rien, mais passons, peut-être ont-ils utilisé un très gros collet avec un tapas comme appât), car il a été enfermé dans le seul bunker du coin puisqu’étant difficile à contrôler. Attendez, je me relis… oui, c’est ça : des types craignant des bombardements ont filé leur seul et unique bunker à un prisonnier qu’ils n’aiment pas trop.

D’accord. Remarquez, après Man of Steel, plus rien ne m’étonne sur le sujet.

Toujours est-il que le soldat Yashida brise les cadenas empêchant Logan de quitter sa planque, puis en bon soldat japonais, il court rejoindre ses petits camarades, occupés à se suicider avant même que la bombe américaine ne touche le sol (si l’on en croit ce film, il aurait donc suffi aux américains de larguer des trucs sur le pays pour que tout le monde se suicide : pourvu qu’ils ne connaissent jamais la famine, sinon ça va être le bordel en cas de largage de ravitaillement de l’ONU). Mais alors que le bougre hésite, ses petits camarades ayant déjà lancé une opération de trifouillage de leur propre bidou à coups de lame, la bombe atomique tombe sur Nagasaki et une énorme boule de feu se forme et commence à grossir jusqu’à atteindre le camp de prisonniers, un peu à l’écart.

Sauf que Wolverine étant un mec sympa, il ne veut pas laisser mourir ce pauvre petit soldat du soleil levant si gentil avec ses prisonniers : il court donc l’attraper, retourne avec lui dans son petit bunker, et alors que la température commence à monter si fort que les petits vieux dans un rayon de quelques kilomètres se sont instantanément transformés en pruneaux, Wolverine se couche sur son camarade et essaie de le protéger de son mieux avec des éléments du bunkers qui traînent, histoire d’éviter de le voir finir en grillade. L’apocalypse ne dure qu’un temps, et bientôt, c’est donc un Yashida un peu choqué qui ouvre les yeux pour découvrir son sauveur tellement brûlé qu’il ressemble à un steak trois poivres anthropomorphe mais… se régénère sous ses yeux !

« Mais… mais tu es… 
- Oui je suis un mut…
- Tu es le glouton ! »

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Oui, je sais. Car oui : évidemment, le japonais, le baptise aussitôt de l’équivalent japonais de Wolvérine, ou « glouton » en français. Non parce que c’est vrai : voir un type se régénérer suite à une explosion atomique, ça fait forcément penser à un animal dont la principale spécialité connue est de taper dans le panier de pique-nique des trappeurs ou déféquer entre les framboises. Alors de deux : soit au Japon, le glouton est un animal particulièrement dangereux et vaguement immortel ce qui est peut-être une conséquence de Fukushima, soit notre bon Yashida est tout simplement complètement con. Toujours est-il qu’en remerciement de ce sauvetage, il propose d’offrir son katana à Wolverine, qui refuse ne souhaitant pas s’encombrer. Mais comme l’asiatique insiste, il lui explique que bon, okay, il veut bien le sabre, mais c’est Yashida qui aura la garde, merde, éventuellement il viendra le voir une semaine sur deux. Après un dernier conseil de Yashida, à savoir « Si jamais ça devait te servir dans le film, sache qu’un sabre japonais se tient toujours à deux mains« , les deux se séparent.

Bondissons dans le temps et retrouvons donc Logan au XXIe siècle, vivant désormais en vieil ermite hirsute dans une forêt canadienne. Enfin, quand je dis « vieux » : n’oubliez pas jeunes gens que notre héros se régénère en permanence et ne vieillit donc pas. Et coup de bol, son pouvoir ne s’est pas activé trop tôt, le bloquant dans un corps d’ado boutonneux. Bref, plutôt que d’être condamné à une éternité de Biactol, Logan s’est condamné tout seul à une vie de solitude : en effet, il est toujours poursuivi par les événements des précédents films X-Men, et particulièrement par le fait qu’il a dû péter la gueule à son seul amour, Jean Grey, qui était devenue un peu taquine et essayait par exemple d’exterminer l’humanité. Son seul ami est désormais Pompon, un grizzli coquin qui aime bien pêcher la truite à coups de griffes, chasser l’orignal à coups de dents, et faire de l’exhibitionnisme à proxmité des chemins de randonnée (quel coquin ce Pompon). Seulement voilà : un jour, Logan constate que les piles de sa petite radio (dont il se sert pour écouter de la musique classique, mais tout le monde sait qu’il écoute les Grosses Têtes et Nicki Minaj quand personne ne le regarde) sont en train de lâcher, et se rend donc en ville pour en acheter de nouvelles. Et note sur place que des chasseurs sont en train de préparer diverses armes pour aller pratiquer leur loisir préféré. Rien d’extraordinaire, donc.

Pour rappel, voilà ce qu’est un wolverine ou « glouton ». Ah, ça fait moins son malin.

Sauf que la nuit suivante, Logan est réveillé par des cris comme « Aaaah ! » « Ooooh ! » ou « Pompoooon, enculéééééééé ! » (ah, ces chasseurs) et allant chercher l’origine de tout ce bordel parce que merde, il y a des clodos sylvestres qui aimeraient bien pioncer, il découvre le campement des chasseurs ravagé. Et en suivant les traces d’ours voisines, tombe sur Pompon, visiblement bien mal en point quand bien même seul un carreau d’arbalète de chasse l’a touché : des carreaux empoisonnés ! Ni une, ni deux, Logan achève son ami condamné d’un bon coup de griffes puis s’en va en ville, quelque peu bougon pour tirer cette histoire au clair, voire péter quelques gueules, histoire de.

Dans le bar local, l’un des chasseurs est en train d’expliquer que le grizzli a tué tous ses amis, et que seul lui s’en est sorti, ce qui le rend très triste car il n’a plus personne avec qui chasser la galinette cendrée. Logan vient donc le trouver, et lui plante dans la main le carreau d’arbalète qu’il a ôté de son ami feu le nounours, comme ça, pour déconner, parce que ça brise la glace et permet de converser de manière plus posée. Puis le torture un peu pour lui faire reconnaître qu’il utilise des carreaux empoisonnés interdits, ce qui a rendu le grizzli fou et est donc à l’origine de la mort de ses copains chasseurs.

Et, oui, en plein milieu du bar. Parce qu’au Canada, torturer les gens dans un endroit public est autorisé entre 8h et 22h sauf à proximité d’un groupe scolaire, comme chacun sait.

Toujours est-il que le ton monte un peu quand même (il serait temps) et que Wolverine commence à mettre des claques aux quelques personnes qui viennent défendre le vilain chasseur. On frôle la boucherie grâce à l’intervention d’une jeune asiatique qui s’interpose et demande à tout le monde de se calmer. Et explique même à Wolverine qu’il est inutile de se fatiguer : les trois hommes avec qui il se battait dans le bar mourront dans très exactement une semaine dans un accident de voiture.

« Hein ? » fait Wolverine, intrigué, avant de fuir les lieux avec la jeune fille des fois que, à tout hasard, quelqu’un ait appelé la police. Et tous deux disparaissent donc dans la nuit à bord du véhicule de la damoiselle qui, lors des plans intérieurs est toutes lumières allumées, et lors des plans extérieurs, toutes lumières éteintes parce que la réalisation, c’est un métier difficile, voyez-vous. Dans tous les cas, la discussion s’engage.

« Bonjour Wolverine, je suis si heureuse de vous avoir trouvé !
- Je ne suis plus Wolverine parce que je suis un héros torturé. Appelle-moi Logan. 
- Si tu veux Wolverine. 
- Je… bon, je vais faire comme si de rien n’était. Qui es-tu ? Pourquoi me cherchais-tu ?
- Je suis Yukio, et mon employeur, Monsieur Yashida, voulait absolument vous revoir.
- Ce qui n’explique pas comment tu m’as trouvé sachant que je vivais dans les bois avec Pompon l’ours et pour seul contact avec la civilisation un achat de piles tous les trois mois. C’est Pompon qui m’a balancé c’est ça ? Je lui ai toujours trouvé un côté un peu pupute. Alors, comment ?
- Heu je… hem ce… ce n’est pas très intéressant.
- Ah nan mais si parce que du coup ça veut dire que tu es super forte et peux retrouver n’importe qui n’importe où ! Bon, alors, il est où Magnéto ?
- Hem, je propose de changer de sujet et de revenir au script. Vous ne voulez pas savoir pourquoi Monsieur Yashida veut vous revoir ?
- Okay : pourquoi Monsieur Yashida veut me revoir ?
- Hé bien parce qu’il va mourir, il est tout vieux, là on sent qu’il va claquer le papy. Du coup, il tient à vous revoir une dernière fois pour vous faire ses adieux. Ho, et il vous fait remettre ce splendide katana sur lequel il a veillé toute sa vie mais dont la propriété vous revient.
- Super. Bon, où je le retrouve ? 
- A Tokyo.
- Rooooh, relou. Bon, je veux bien, mais alors je n’y reste pas plus de 24 heures. 
- Paaarfait. Je vous conduis jusqu’au jet privé qui nous attend. »

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Wolverine et Yukio se rendent donc à un aéroport du cru et sautent dans un jet de la compagnie Yashida, puisque le petit soldat que Logan a connu est devenu multimilliardaire depuis (jamais les héros ne connaissent de vulgaires ploucs : c’est comme les gens avec des vies antérieures déclarées, personne ne se souvient avoir été paysan dans les Deux Sèvres, tout le monde a été princesse, empereur ou courtisan). Dans l’avion en tout cas, Wolverine finit par poser une bonne question (si) :

« Au fait, dans le bar vous avez prédit la mort des trois mecs qui m’emmerdaient. Comment donc ?
- Bah en fait, je suis une mutante et j’ai le pouvoir de lire l’avenir. Mais je vois juste la mort des gens, c’est un peu pourri.
- Ça doit quand même être pratique pour faire des paris. Bon et alors du coup, je meurs quand moi ? Et papy Yashida ?
- Je propose de ne pas en parler. Histoire de ne pas pourrir le spectateur de suite.
- Okay. »

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L’avion se pose donc à Tokyo et alors que le soir tombe sur la ville, Wolverine est emmené à la résidence Yashida où des dizaines de vigiles montent la garde, puisque dernièrement, les Yakuzas, la mafia locale, ont tenté de s’infiltrer dans l’endroit et ont menacé le clan. Wolverine découvre donc les différents protagonistes peuplant l’endroit :

  • Papy Yashida : il a bien vieilli depuis Nagasaki, mais il est pété de thunes. C’est la Liliane Bettencourt du film.
  • Papa Yashida : c’est le fils de Yashida. Il ne sourit jamais et a l’air très jaloux en permanence. Spectateur, ne vois-tu rien venir ?
  • Pipounette Yashida : c’est la fille de Papa et petite fille de Papy. Elle semble a voir été conçue dans une cuve à niaiserie à partir de barbe à papa.
  • Jean-Jacques : c’est le fiancé de Pipounette. Il est ministre de la justice. Oh, vous ai-je dit qu’il portait un bouc et une moustache ? Vous savez ce que ça veut dire, vous pouvez ranger vos détecteurs de traîtres.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure : c’est la cardiologue de Papy. Elle est blonde, russe et mystérieuse.

Misère, c’est moi ou tous mes détecteurs de poncifs sont dans le rouge ?

Je-suis-gentille-je-le-jure : ah non vraiment, on ne voit rien du tout venir. Elle sent tellement la gentillesse, l’innocence, la pureté et limite les carambars.

Bref : après avoir fait un brin de toilette (rasage de barbe & co : rappelons que les poils de notre héros repoussaient après une explosion atomique, mais ne le font pas après un passage chez le coiffeur, ne me demandez pas pourquoi, peut-être utilisent-ils du shampoing à la kryptonite) Logan est emmené voir Papy Yashida dans son infirmerie locale, où les dernières technologies des industries Yashida sont mises à sa disposition : un lit constitué de pistons métalliques super inconfortables (j’ignore qui a eu l’idée, mais ça a l’air fin nul et ne sert qu’à cramer du budget effets spéciaux) mais qui permet de surveiller tout ce qu’il se passe dans le corps du patient, moult écrans, et dans des bocaux, des sortes de minuscules poulpes métalliques dont un semble, si l’on en croit les écrans précédemment évoqués, être dans le corps de Papy Yashida, accroché à son cœur façon pacemaker futuriste. Papy semble très heureux de voir Wolverine.

« Logan… Logan, mon vieil ami… tu n’as pas changé, ton don est… fantastique !
- Ouais, c’est pas mal.
- Mais tu le considères comme une malédiction. Tu aimerais mourir, n’est-ce pas ? Enfin trouver le repos ? Je peux t’offrir cette mort que tu désires.
- Je… c’est vrai que j’y pense Papy ? Mais comment ?
- Hé bien j’ai fait moult recherches grâce à ma super fortune. J’ai découvert qu’il était possible que tu transfères ton don à quelqu’un d’autre…
- Comme ?
- Hem je… grmbll… je pensais à… heu…
- Nabila ?
- Nooooon, nooon… à… hem. A moi.
- Ah. Oui mais non, c’est pas possible.
- Ah bon ?
- Oui parce que ma capacité de régénération est connue pour éjecter les corps étrangers. 
- …
- Corps étranger. C’est une blague raci… rooh, bon, laissez tomber. Vous savez quoi ? Allez vous faire voir.
- Très bien. Tant pis Logan : adieu ! Ho attends, juste avant, t’ai-je montré cette tapisserie qui n’a rien à faire là expliquant que mon clan est protégé par des ninjas ? Oui ? Bon alors tu peux te casser maintenant. »

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Tout le monde est très déçu de savoir que Wolverine n’est pas prêt à sauver Papy, mais après tout, c’est son droit. Notre homme est donc invité à passer la nuit sur place, et après lui avoir prêté un pyjama en pilou, le bougre va faire dodo. Et comme toujours, rêve de son amour perdu à qui il ferait bien des bisous. Mais alors que ses songes deviennent toujours plus intenses et que l’on commence à être en droit de craindre pour les draps et les pyjamas de prêt, le rêve de Logan change et il rêve de Je-suis-gentille-je-le-jure qui lui roule un gros patin des familles contenant, entre autres, un des poulpes mécaniques qu’elle mettait dans le corps de Yashida.

Notre héros se réveille donc un peu paniqué puisque le Japon a l’air de changer jusqu’à ses songes : même ses rêves cochons se mettent à impliquer des poulpes histoire de tourner au hentai. Accessoirement, il y a aussi un peu de bordel dans la résidence : Papy vient de passer l’arme à gauche, et on annonce l’enterrement pour le lendemain : Logan accepte de rester le temps de celui-ci. L’occasion pour lui de se préparer et d’obtenir quelques informations :

  • Yukio n’a pas vu venir la mort de Papy, ce qui est louche. Et accessoirement, elle n’est pas une vraie Yashida. Elle est orpheline et Papy l’a adoptée parce que Pipounette n’arrivait pas à se faire des amies. Grosso modo, c’est donc le pokémon de Pipounette.
  • Pipounette semble n’être appréciée ni de son Papa, ni de son Jean-Jacques de fiancé. Elle est limite en nervous-breakdown.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure a été recrutée par Papy, personne ne sait d’où elle sort et on insiste bien sur le fait qu’elle est super-über-mystérieuse.

Wolverine se contente de sourciller un peu en découvrant tout cela, mais sans plus. Il se rend donc avec le reste de la troupe directement à l’enterrement de Papy, dont personne n’a finalement vraiment vu le corps, d’ailleurs il ne sera pas exposé, d’ailleurs personne n’a eu le droit de s’y recueillir, d’ailleurs maintenant qu’on y pense, c’est quand même vaguement suspect, mais personne n’évoquera le sujet, pas même son fils ou sa petite-fille, parce que bon, hein, vous savez, ça a tellement peu d’intérêt.

Pendant que les spectateurs ont déjà deviné la fin du film en baillant, la cérémonie funèbre commence (un simple autel avec une photo dédicacée), le tout sous haute surveillance puisque le ministre de la justice est là, et qu’en plus le clan Yashida est menacé par les Yakuza. Sauf que non seulement les Yakuza ont infiltré la place, mais en plus, ils sont au moins 50 !

Tiens, on dirait un agent de sécurité. Vous voudriez dire que lui non plus n’a pas remarqué des dizaines de mecs surtatoués entrant avec, pour rappel, des fusils à pompe ?

Balaises les mecs.

En plein milieu de la cérémonie donc, les vilains gangsters se révèlent et commencent à mitrailler à tout va. Les 250 gardes du ministère de la justice ainsi que ceux du clan Yashida se font donc abattre en environ une milliseconde (ou plutôt : on en parle plus), pendant que Wolverine décide lui qu’il est temps de distribuer des baffes. Et en effet : il tabasse quelques Yakuzas, mais constate qu’il a un petit souci : son corps ne se régénère plus ! Remarquez, il le constate en se mangeant des coups de fusil à pompe, de mitraillette, de pistolet & co, mais il va bien quand même, c’est gentil de vous inquiéter, il se contente juste de boiter un peu (quel réalisme). Logan constate aussi que depuis un toit, un mystérieux archer l’aide à cartonner les brigands (mystérieux archer qui était là depuis le début de la cérémonie, bien visible, mais aucun garde ne pensait à regarder les toits à 2 mètres au-dessus du sol où il ne se cachait même pas, ou alors derrière une demi-tuile). La bagarre se poursuit, Logan tentant de protéger Pipounette comme il le peut, et finalement, il se retrouve à courir dans Tokyo, criblé de balles, en luttant contre les quelques méchants restants (les gentils, eux, genre les gardes, la police ou autre, sont tous partis cueillir des fleurs) jusqu’à parvenir à sauter dans le shinkansen, le TGV japonais en partance pour le sud.

L’occasion d’avoir quelques instants de répits, et de discuter avec Pipounette, dont les répliques ont été écrites par un élève de CM1 qui « doit faire des efforts ce trimestre » comme on dit dans les milieux autorisés (comprendre « est con comme une brique« ).

« Pipounette, bon sang, que s’est-il passé ?
- Je n’ai pas besoin de vous Monsieur Logan.
- Pardon ? On sort juste d’une scène où tous vos gardes sont morts et où sans moi, vous vous faisiez kidnapper par une hordes de Yakuzas grognons.
- Je ne vois pas le rapport. Je vais plutôt écouter mon baladeur car vous savez, je ne suis pas du tout choquée par une fusillade à l’enterrement de mon grand-père. Et ce qu’a à me dire l’homme qui m’a sauvé la vie et ses pouvoirs mystérieux ne m’intéresse pas.
- Okay, ce film est à chier. Bon, et maintenant ?
- Maintenant je vais aller me cacher dans une propriété familiale dans le sud du pays. Le premier endroit où l’on pensera à venir me chercher.
- Bon, vous êtes donc juste stupide. Vous savez quoi ? Je vais aux toilettes et on en reparle. »

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Wolverine s’absente donc dans les toilettes de la voiture pour découvrir qu’en effet : il ne se régénère plus (du coup ses blessures aux mains devraient rester quand il rentre ou sort ses lames, non ? D’ailleurs, ses lames, même si couvertes d’adamantium, c’est un pouvoir de mutant à la base, non, puisqu’elles étaient en os à l’origine ? Donc du coup, elles devraient aussi être bloquées, que je sache ? Bon, remarquez, je chipote : Wolverine n’est jamais que le titre du film et son personnage principal, c’est donc facile d’oublier ce genre de détails).  Bref, Logan s’exclame que roooh, bah crotte de bique, qu’est-ce qu’il se passe ? Bon, remarquez, il ne se demande pas du coup comment il a pu survivre a autant de balles, ça va, il n’est pas très curieux, et se contente de nettoyer ses blessures avec du papier toilette et une demi-bouteille de Volvic. Mais se passe alors l’événement le plus inadmissible qui soit :

Alors qu’il est dans le coin toilettes, des Yakuzas débarquent dans le train (ils sont probablement montés quand… heu… quand… mais siii, vous savez pendant que… bon, allez, ils sont là). Wolverine ne peut donc même pas faire caca en paix, il est obligé de sortir pour leur refaire la margoulette, ce qui est réglé au cours d’une séquence durant laquelle notre héros fait des trous gros comme les gens qu’il balance à travers dans un train allant à 500 kilomètres heures sans que personne ne le remarque, combat sur le toit sans jamais se faire électrocuter comme le premier galopin venu, saute dans tous les sens et plante ses griffes dans la structure sans que personne n’entende le moindre bruit, et regagne finalement l’intérieur tranquillement après avoir claqué tout ce qui était vaguement jaune et tatoué dans le coin (un certain nombre de japonaises ont donc pris cher, mais ont eu le temps de hurler « Sugoïïï ! » en se faisant étriper par Hugh Jackman).

Un peu vexé par cette téléportation de Yakuzas directement dans le train, Wolverine décide de descendre avec Pipounette au premier arrêt, et d’aller prendre un hôtel pour la nuit avant de reprendre la route vers le sud. Mais si, vous savez, vers la propriété familiale connue de tout le monde où Wolverine ne voulait pas aller parce que ça lui paraissait stupide : hé bien il a oublié et trouve maintenant l’idée géniale. Soit.

Toujours est-il qu’à l’hôtel, Wolverine finit par se sentir un peu mal, probablement après avoir perdu son 17ème litre de sang coulant de ses blessures, et finit par obtenir quelques soins discrets l’obligeant pour la première fois à être recousu. Mais là n’est pas le sujet : pendant que lui et Pipounette discutent tranquillement du fait qu’il a perdu ses pouvoirs de régénération et qu’il commence fortement à soupçonner Je-suis-gentille-je-le-jure de lui avoir fait un truc qu’il n’aurait en fait pas rêvé (à noter que d’habitude, Wolverine est réveillé par un pet de poule à 500 mètres, mais quand c’est pour se faire rouler des patins à base de poulpe mécanique par la première cardiologue venue, il ne se réveille pas ou ne sort pas ses griffes par réflexe alors qu’on l’agresse, ce qu’il fait pourtant dans 100% des autres cas, c’est beau). Et ça tombe bien, puisqu’ailleurs en ville, Je-suis-gentille-je-le-jure se promène dans les rues bondées d’un quartier chaud quand elle est abordée par un homme d’affaire un peu enthousiaste qui lui propose de venir voir son stylo-plume. Mal lui en prend car la bougresse lui roule un patin sur le champ…

… et le type se met  alors à développer instantanément toutes les maladies possibles et imaginables, son visage se couvrant de pustules alors qu’il meurt, foudroyé.

Pour ceux qui douteraient : l’homme que vous voyez sur cette image et qui ne se régénère plus a pris deux balles de pistolet, une rafale de mitraillette, un coup de fusil à pompe et divers coups d’armes blanches et contondantes. Mais il court encore tranquillement, merci.

Oui, Je-suis-gentille-je-le-jure est en fait une méchante ! Vous ne vous y attendiez pas, hein ? Son nom de mutante est « Vipère » et son pouvoir est de pouvoir refiler toutes les maladies possibles et imaginables si j’ai bien compris. Et ce n’est pas peu dire : la dernière fois que j’ai vu autant de MST dans un seul endroit, c’était en ouvrant Closer, alors tout de même, ça fait peur !

Pardon ? Oui, elle vient de tuer quelqu’un au milieu d’une foule de plusieurs centaines de personnes, pourquoi ? Roooh, comme vous y allez. Le Japon a dû adopter la même loi que les bars canadiens sur la tolérance de la baston, torture et meurtre en public, que voulez-vous que je vous dise ? Vous voyez un établissement scolaire à proximité ? Alors suivez un peu, merde.

Bref : Vipère va donc retrouver dans un coin le mystérieux archer qui avait protégé Pipounette durant l’enterrement de son papy. Nous l’appellerons donc Bob histoire d’avoir des points de repère.

« Vipère… 
- Bob. Alors mon doux, as-tu retrouvé Pipounette et Logan ?
- Heu… on en discute vraiment en pleine rue ?
- Je viens de tuer quelqu’un au même endroit et tout le monde s’en fout, alors tu sais…
- Bon heu… bref, hé bien non. Ils se sont volatilisés.
- Tu ferais bien de les retrouver, Bob. J’ai déjà refilé à Logan un petit cadeau qui emprisonne ses pouvoirs. Méfie-toi que je ne te fasse pas aussi un cadeau.
- Ne t’inquiète pas Vipère, je ne t’aime guère mais je suis Bob, chef des ninjas ayant toujours protégé le clan Yashida, et je retrouverai Pipounette.
- Fort bien… fort bien… sur-ce, je te laisse, j’ai d’autres gens à aller embrasser pour leur filer des maladies.
- Moui. Ton pouvoir c’est de ne pas connaître le dentifrice en fait. Tu es sûre que tu es une mutante ? »

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Dans tous les cas, les deux personnages se séparent. Et nous retrouvons Logan et Pipounette faisant un peu plus tard route vers le sud pour se rendre à Nagasaki, puisque c’est évident, personne ne penserait à surveiller l’endroit qui est le seul point commun entre Logan et Pipounette et où le clan Yashida a une résidence. Je vous passe les détails, mais sur place, il se passe diverses incohérences, comme par exemple cette vieille dame qui ignore que Logan est là mais vient quand même chercher Pipounette pour « dégager un arbre de la route« . Ah oui c’est sûr qu’une princesse prout-prout de 38 kilos a toutes les qualifications pour ça. Ou alors mémé avait lu le script et savait qu’il y avait chez elle Super Bûcheron. Tout cela crée quantité de conversations entre nos deux larrons.

« Logan, tu cauchemardes souvent, tu cries la nuit. 
- Oui, c’est ma malédiction, je dois vivre avec mes fautes.
- Tes fautes ? Non parce que visiblement tu rêves surtout que tu vas à l’école en slip, rien de super torturé, hein, essaie pas de survendre.
- Hein ?
- Ah je ne sais pas, toutes les nuits en tout cas tu appelles ton pantalon : « Jean ! Jean ! »
- Aaaaaah, nan, nan mais je vois. Non mais Jean c’est pas mon pantalon, il y a erreur. C’était le nom de ma copine. 
- Oh. Pardon. 
- Oui, bon, toujours est-il qu’elle s’était vaguement transformée en Hitler, j’ai donc dû la tuer et l’envoyer dans le pire endroit qui soit : le casting d’Hansel & Gretel.
- Dur. 
- Mais assez parlé de moi. Raconte-moi ta vie avec tous les détails.
- Hé bien pour commencer, j’ai toujours été la chouchoute de mon papy. Il m’a dit qu’il me léguait toute sa fortune et son empire. Alors que mon papa, lui il est méchant, il veut me marier de force au ministre de la justice pour avoir ses entrées dans le monde politique. Alors que moi, petite, je voulais épouser Bob, mon ami d’enfance et chef des ninjas ayant toujours protégé mon clan. 
- Mais alors ninja, c’est un vrai métier ? Ils vivent de quoi au quotidien ? Ils font leurs courses à Super U ? Ils ont une sécurité sociale ?
- Ecoutez Logan, vous ne voudriez pas plutôt qu’on se fasse des bisous ?
- Okay, vendu. »

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Logan et Pipounette se font donc des bisous. Du moins jusqu’à ce qu’évidemment, dès le lendemain, Logan soit réveillé par les cris de sa copine (encore une fois : selon les besoins de l’intrigue, il se réveille plus ou moins facilement) : celle-ci est en train de se faire kidnapper par des méchants qui l’ont très étonnamment retrouvée ici, ah bin ça ! Ni une, ni deux, Logan se rue sur les brigands mais ne parvient à n’en attraper qu’un avant que les autres ne s’enfuient en voiture avec leur otage, même pas dans le coffre. Quel manque de goût, on sent les débutants. Et la pelle, elle est où la pelle ?

Un peu contrarié, Logan va donc interroger le galopin dont il a réussi à se saisir qui, coup de bol, parle anglais. Il obtient donc l’information dont il a besoin : il travaille… pour Jean-Jacques, le ministre de la justice ! Logan appelle donc Yukio pour qu’elle vienne le chercher avec un voiture rapide et les deux repartent pour Tokyo. A noter que comme dans tous les mauvais films, personne ne sait exploiter le temps à disposition, puisqu’entre le moment où ils démarrent « Logan, je dois absolument vous parler – Pas le temps, en route ! » et le moment où ils arrivent « Logan, je dois vraiment vous parler – Bon, okay, vous avez une minute ! » visiblement, personne n’a pensé à exploiter les trois heures de route pour dire ce qu’il y avait à dire.

Non, mais sérieusement ? C’est si compliqué que ça de faire une scène de 30 secondes où les héros parlent au volant ?

Rappelons que le film est en fait le remake d’un plus ancien « Marmottine : le combat de l’immortel » et qu’il y a aussi de spectaculaires scènes en voiture. On a juste changé la marmotte en glouton et hop. Même si Marmottine rend moins bien torse-nu auprès de certains publics.

Toujours est-il que c’est entre deux portes que Yukio se retrouve à révéler que « Logan, j’ai vu votre mort ! Vous êtes en face de moi, le cœur dans la main, du sang partout et je ne me trompe jamais ! » mais que ça n’intéresse que vaguement notre héros puisqu’il a déjà envoyé MORT au 8 38 38 et on lui a répondu que pas du tout, il mourrait en s’étouffant avec des macarons en lisant le blog de Pandora (un autre X-man dont la mutation est de pouvoir générer du bullshit à la fraise, mais là n’est pas le sujet).

Bref : la petite troupe se rend à la résidence de Jean-Jacques qui comme toute résidence de ministre japonais, n’est pas surveillée, fut-ce de loin. Après tous, les Yakuzas n’ont fait que mitrailler la foule à un enterrement où il se trouvait, pourquoi la sécurité serait renforcée, enfin ? Pfff, comme vous y allez. On va plutôt donner leur week-end à tous les agents de sécurité.

Notre héros se présente donc à l’appartement de l’homme politique pour le trouver en train de s’amuser avec deux filles qui s’écartent donc promptement en voyant arriver un X-man grognon prêt à meuler des margoulettes. L’homme a tôt fait de faire parler le ministre sans que, encore une fois, qui que ce soit n’intervienne, obtenant ainsi une info intéressante :

Papa et Jean-Jacques ont passé une alliance politique. Seulement, pour qu’elle ait de l’intérêt, il faut que Papa hérite de la société de Papy Yashida… et donc que sa propre fille disparaisse ! Pour ce faire, les deux larrons ont proposé aux Yakuzas de se charger de la chose. Yakuzas qui sont vraiment serviables puisque malgré toutes leurs pertes, visiblement, ils n’en veulent à personne et sont retournés à la pêche : nous ne les verrons plus du film.

C’est vraiment sympa de leur part.

Cette partie de l’intrigue dégagée, nos héros décident donc d’aller sauver Pipounette qui d’après le ministre, doit être à la résidence familiale prisonnière de son propre père. Ni une, ni deux, nos héros prennent leur voiture pour aller faire la justice à coups de phalanges, de katanas et éventuellement de petites blagues dans le feu de l’action parce que ça reste un blockbuster sacrebleu. Mais entre temps, il se passe des choses à la résidence, justement.

Papa Yashida est en train de discuter avec sa fille et de lui expliquer qu’il est très jaloux d’elle et de son futur héritage, quand soudain, l’une des pires attaques de ninjas de l’histoire a lieu : des dizaines de types en collant débarquent dans la résidence familiale, et tuent les gardes, qui ont la politesse de mourir sans bruit même lorsqu’ils ont une arme à la main. Les pauvres figurants sont d’ailleurs condamnés à regarder droit devant eux, donnant des situation où, mal synchronisés par une équipe du film visiblement n’en ayant plus rien à faire, des ninjas tuent un garde juste devant un autre sans que cela ne le fasse réagir. A noter aussi que les ninjas font des pirouettes pour un oui ou pour un non, spéciale dédicace à celui qui fait des saltos simplement pour franchir une porte alors qu’il irait plus vite à pied. L’un d’entre eux m’aurait probablement répondu que c’est le swag s’il avait pu, mais comme il porte des cagoules, ça donne juste « Mmgnn ffmmu fuuag« . Tant pis.

Papa et Pipounette sont donc bien surpris de voir tous ces hommes en collant débarquer aussi loin du ballet de Moscou, plus encore lorsque non seulement ils embarquent la jeune fille mais que surgit… Vipère ! Qui explique à Papa qu’il a été bien gênant puisque Vipère a d’autres plans pour Pipounette, et le tue donc en lui plantant un stylo dans la jugulaire, le tout conjugué a tout un tas de MST. L’homme s’effondre donc dans le bassin local, mort et la tronche couverte de bubons guère ragoûtants. S’il lui restait encore un peu de vie, le bassin l’achève.

Aussi, lorsque Yukio et Logan arrivent dans la place, tout est déjà terminé : il ne reste que des cadavres, Pipounette a disparu et tout le monde est bien embêté. Qu’importe : Logan se rend à l’infirmerie de feu Papy Yashida et utilise les systèmes locaux pour voir ce qu’il se passe dans son corps. Il constate alors… qu’il a bien un poulpe mécanique accroché sur le coeur ! C’est lui qui bloque ses pouvoirs !

« Crotte de bique ! » s’exclame notre héros « Bon, je vais m’opérer à coups de griffes, je suis sûr qu’une opération à cœur ouvert ne nécessite aucune connaissance spécifique. » Et le bougre s’exécute.

Sauf qu’au même moment surgit dans la pièce… Papa Yashida ! Mais si, vous savez, celui qui était mort poignardé au stylo/bourré de MSTs/noyé dans la scène précédente ! Hé bien figurez-vous qu’il n’a plus un bubon sur la face, ne saigne même pas du cou, et n’a pas un pet de fièvre ! Je n’invente pas : les scénaristes avaient juste oublié qu’ils avaient tué le personnage juste avant.

C’est donc une incohérence sur pattes qui vient râler que l’empire Yashida lui revient, et que pour la peine, il va combattre nos héros à coups de katana. Wolverine étant occupé à jouer à Docteur Maboul, c’est donc Yukio qui le combat, alors que Logan finit lui de retirer le poulpe de son propre cœur… et de mourir, plus ou moins comme dans la vision que la jeune fille avait eu. Tout est-il perdu ? Les gentils vont-ils perdre ? Y croyez-vous une seule seconde ?

Evidemment que non : certes, Wolverine est mort, mais comme son dernier geste a été de se débarrasser du vilain poulpe qui bloquait ses pouvoirs, il se remet à se régénérer et se relève pour prêter main forte à Yukio. S’ensuit donc un long combat où les lames se croisent et font cling-cling, où le héros dit « Je ne suis pas Logan : je suis Wolverine !« , et où après s’être combattus dans tous les sens…

… Wolverine range ses griffes et dit « Nan mais en fait c’est bon, tu devras vivre avec le fait d’avoir mis un contrat sur ta fille, c’est une punition suffisante.« 

Si.

Je… mais alors pourquoi avoir combattu Monsieur durant 10 minutes ? Bon hé bien, hein, de toute manière il va falloir faire avec ce genre de rebondissements, parce que c’est fait. En tous cas, le méchant papa décide qu’il n’en a pas fini et tente donc de tuer Wolverine qui lui tourne le dos, ce qui bien évidemment, ne marche pas (il est un peu con : il l’a déjà planté 11 fois et le mec n’est pas mort, il s’est dit que ça marcherait à la 12ème ? On dirait un peu les mamans qui disent « Chut » à leur affreux marmot dans le train en espérant qu’à la 83ème fois, ça l’arrête de hurler au lieu de lui filer un bon coup d’ether). Logan l’achève donc non sans obtenir une dernière information : Papy Yashida avait presque ruiné la société en dépensant des milliards pour réunir de l’adamantium, la matière quasi-indestructible qui couvre les os de Wolverine, pour faire on ne sait quel projet. Une fois Papa mort, Logan s’en retourne donc fouiller la résidence Yashida et trouve un papier :

« Viens chercher la fille ! Nous sommes au 12 rue des lilas dans le petit village de Yashida. Bisous.« 

Rappelons que comme dans tous les films du genre, TOUS les personnages savent se battre. Jamais il y en a un pour dire « Nan mais moi je suis nul en sport« .

Alors que Wolverine réfléchit très fort et que dans la salle de cinéma, tous les membres de l’amicale des fans de l’amiral Ackbar ont envie de hurler très fort, Yukio prend le papier et sans aucune raison, le cloue à la tapisserie super cher et de grande valeur historique décorant l’infirmerie locale (non, ça ne sert à rien, oui, c’est très con) pour dire à Wolverine que ça sent l’embuscade, mais que bon, hein, bon. Merci Yukio, vraiment. Tiens, assieds-toi là, le docteur arrive bientôt pour ta lobotomie.

Logan s’en va donc trouver une moto et prend la direction du village d’origine du clan Yashida. Sur place, il remarque bien vite que quelque chose cloche : les villageois rentrent dans leurs maisons, apeurés, alors que sur les toits des ombres s’agitent : des ninjas ! Le clan qui protège la demeure Yashida ! Wolverine ricane car il connait la règle éternelle du mauvais cinéma : un ninja seul est redoutable. Un ninja au sein d’un groupe de ninja est juste de la chair à canon facile à tataner.

Et en effet, les ninjas surentraînés s’avèrent être de grosses buses.

Logan distribue donc des claques à une bonne partie d’entre eux, puis décide de tenter de cavalcader jusqu’au château Yashida. Sauf que, pas de bol, les ninjas disposent de flèches avec des cordes, qu’ils lui tirent dans le dos pour essayer de le retenir : au bout d’une bonne trentaine, effeeeeectivement, Wolverine commence à avoir du mal à avancer avec 30 câbles et le double de ninjas à traîner derrière-lui. Le spectateur attentif notera que la plupart des câbles ne sont pas tendus, parce qu’encore une fois, à 80 millions de dollars, c’était pas facile d’y penser. Les ninjas tirent donc probablement sur du rien. « Mmgnnnn fuuufg gnnhh !« . Oui, oui, je sais.

Cela n’empêche pas notre héros d’être grognon, surtout lorsque Bob, en bon chef des ninjas, lui tire une flèche empoisonnée dans le dos histoire de bien le calmer. Il y a donc un bruit comme « Greuuuu » suivi de l’effondrement de notre héros, qui a besoin d’un peu de temps pour se remettre de ce genre d’attaque bactériologique.

Depuis la forteresse, Pipounette, en bonne princesse prisonnière, a assisté émue au spectacle de son nouvel amant se retrouvant dans une sorte de mauvais remake de Moby Dick (en même temps, on connait la passion des Japonais pour la pêche à la baleine), et se retourne donc vers Bob lorsque celui-ci revient au château.

« Boooob ! Pourquoi as-tu trahi mon clan ? Pourquoi as-tu aidé Vipère à tuer mon père ? Pourquoi m’as-tu kidnappée ? Pourquoi tes ninjas ont-ils tué nos vigiles ? Pourquoi s’attaquent-ils à mon ami Logan ?
- Allons, je suis ton ami d’enfance, fais-moi confiance.
- Je te reparle du passage où tu participes à la mort de mon père, tu sais, celui qui est mort dans deux scènes différentes ?
- Hmmm. Bon, je vais tout te révéler : j’obéis toujours au clan Yashida, tu vas bientôt comprendre. C’est le clan qui a voulu que je t’emmène ici et tue ton père. Le clan qui a voulu que l’on se serve de toi pour attirer Logan ici. Quant à Vipère, c’est une mercenaire, certes fourbe, mais elle sert actuellement nos intérêts.
- Je ne comprends pas ! Tu dois plutôt m’aider ! Toi et ton armée de centaines de ninjas que l’on vient de voir et que l’on voit monter la garde dans mon dos !
- Tu veux dire l’armée de ninjas qu’on ne verra plus du film à partir du plan actuel sur mon visage ?
- Ah oui tiens. Ils ont disparu ! Mais comment ?
- Ce sont des ninjas.
- En attendant, tu serais prêt à changer de camp et à m’obéir ?
- Non.
- Et si je te fais un bisou ?
- Allez okay. »
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Et en effet : d’un seul bisou, Bob change de camp et se dit qu’il va plutôt servir Pipounette. Mais allons plutôt voir ce qu’il advient de Wolverine pendant ce temps : car celui-ci se réveille au cœur de la forteresse Yashida, dans un laboratoire, attaché à une chaise de manière fort solide. Vipère vient un peu le provoquer pour qu’il sorte les griffes (par exemple en l’obligeant à regarder Louis la Brocante des heures d’affilée), et un système s’active dans la chaise empêchant notre héros de rentrer ses lames ! Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, se demande donc notre loulou ?

La réponse vient vite lorsque le samouraï-robot-géant qui était installé pour d’étranges raisons à côté de Logan s’active et va se mettre en position en levant un énorme sabre en adamantium chauffé à blanc au-dessus des griffes de Logan pour les trancher. Vipère ricane donc.

« Ahaha, Logan, nous allons te couper les ongles !
- Avec un robot géant ? Vous avez dépensé des milliards pour le construire ? Vous savez que si c’était pour faire ça, plutôt qu’un bordel de 15 tonnes, vous aviez juste besoin d’une roulette ou d’une scie ? 
- Tu oublies un détail Logan : nous avons affaire à des japonais, quoique nous leur filions, ils tenteront toujours de construire un robot géant avec !
- Damn it ! »

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Mais au moment où la lame du samouraï blindé va s’abattre sur notre héros, l’ennemi est déséquilibré par l’arrivée de Yukio qui lui colle un bon coup dans le dos, puis par le renfort de Bob qui, ayant changé de camp, se met à flécher le samouraï là où ça fait mal. Cependant, celui-ci étant en adamantium, rien ne l’arrête véritablement, et Wolverine commence bientôt à douiller, et se fait même carrément trancher les griffes d’une main ! Pendant ce temps, Vipère affronte Yukio (n’oubliez pas la règle : les filles affrontent les filles), et se fait tataner par cette dernière malgré les jets de poisons & co qui jusqu’ici tuaient tout le monde, ne me demandez pas pourquoi, mon cerveau était déjà parti dans un monde parallèle à ce moment là.

J’allais presque oublier : soudainement, c’est l’hiver alors que tout le film se déroulait jusqu’ici en plein été. Encore une fois : quel talent.

Logan finit cependant par arracher l’un des katanas que manipule le robot géant et se demande comment lancer le processus de chauffage à blanc pour pouvoir trancher dans l’adamantium jusqu’à ce que lui revienne une phrase de Papy Yashida : « Un katana se tient toujours à deux mains !« 

Ah bin oui, tiens, tentons pour voir. Sitôt cela fait, hoooo, en effet, le sabre s’allume !

Le spectateur attentif sourcillera en se rappelant que jusqu’ici, le robot, lui, maniait un sabre dans chaque main : j’ai un peu de mal à déterminer à ce stade s’il s’agit d’incompétence crasse ou simplement de foutage de gueule.

Toujours est-il que Wolverine décapite le robot, que ce qui bougeait encore de Vipère prend aussi quelques coups, et que tout le monde est content. Du moins, jusqu’à ce que le robot se réactive à la surprise générale malgré son absence de tête, colle une mandale à Logan, lui coupe son autre série de griffes et lui enfonce différents bousins dans l’emplacements où autrefois se trouvaient ses lames.

Alors que les autres personnages sont sûrement partis chercher des champignons alors qu’ils étaient là encore 5 secondes auparavant (on peut même voir Bob le ninja descendre des escaliers à une vitesse digne d’une petite vieille arthritique quand bien même juste avant il faisait encore des sauts de 12 mètres, il a dû se luxer un truc, hein, c’est ce qu’on va dire pour sauver ce qui peut l’être en tout cas), Logan est donc seul avec le robot, et constate qu’il peut voir ce qu’il y a dedans. Et pas de mécanisme en vue : il s’agit… de Papy Yashida !

« Papy Yashida ! Sale traître, alors que je t’ai sauvé la vie à Nagasaki ! Ah, si j’avais pu deviner qu’un personnage qui disparaît sans que l’on retrouve son corps puisse revenir plus tard, sacrebleu, ça ne se serait pas passé comme ça mon vieux !
- Logan ! Tu as refusé de me donner ta mutation… laisse moi la prendre ! Mes petits outils sont en train de fouiller ta moelle osseuse en profitant de l’ouverture faite dans l’adamantium là où on a coupé tes griffes pour me transmettre tes capacités… regarde, je rajeunis alors que tu vieillis ! Ça fonctionne ! Ça fonctionne ! Je sens à nouveau ma prostate !
- Hmm… attends, donc je résume : tu as dépensé des milliards pour construire un robot géant en adamantium, créer ce laboratoire, recruter Vipère, payer ton armée de ninjas, organiser un faux enterrement, faire tuer tes propres gardes ainsi que ton fils, pour kidnapper ta fille afin que je vienne ici, demander à Bob d’utiliser du poison pour m’anesthésier et me coller ici… des fois que je ne veuille pas te donner ma mutation volontairement ?
- C’est exact ! Ne suis-je pas génial ?
- Bah en fait, si je résume, il suffisait d’empoisonner mon thé quand je suis venu te voir, de me coller dans la chaise et de me couper les griffes avec juste un petit outil en adamantium et c’était bon. Ça pouvait être fait en 10 minutes et sans risques.
- Oh. Non mais la parte avec le robot géant, elle est bien quand même, non ?
- Attends, comment dit-on « puer du cul » en japonais ?
- On dit « évangélion ».
- Okay : alors ton plan, c’est évangélion.
- Dur ! »
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Mais Papy n’a pas pensé à un détail : alors que Wolverine commence à se sentir un peu faiblard, Pipounette surgit et ramassant des bouts de lames de Logan tombés au sol, s’en sert pour planter son ancêtre dont la tête dépasse un peu de l’armure. Qui gueule que hééé dis donc, petite ingrate, et après tu veux l’héritage, hein ? Ah bravo ! Mais la margouline lui rétorque que son Papy est mort et qu’elle l’a enterré, qu’elle ne voit ici qu’un monstre. L’acte hostile envers Papy a permis à Logan de se libérer, et celui-ci recommence à se régénérer, alors que Papy, lui, se remet à vieillir et à sentir qu’il va à nouveau devoir raquer pour des Pampers s’il ne veut pas faire rouiller l’adamantium. Heureusement, Logan vient achever ses souffrances, car figurez-vous que si l’adamantium est indestructible et que jusqu’ici, rien n’ébranlait, Wolverine peut soudainement l’arracher à mains nues, comme ça, hop ! Pas de problèmes, probablement que les joints étaient simplement en caoutchouc. Mais qu’avant, ça ne se sentait pas.

Après quelques claques, Papy Yashida rend finalement l’âme, et la victoire est donc acquise pour les gentils.

Nous retrouvons donc nos héros un peu plus tard, sur une piste de décollage de Tokyo où attend un jet privé. Yukio est aux côtés de Wolverine : étant une mutante, elle va partir avec lui. Quant à Pipounette, elle est désormais la patronne de l’empire Yashida : elle aimerait que Logan reste, mais c’est un ouf, il veut repartir à l’aventure. Il ne pleure plus sur le passé grâce à Pipounette, qui lui a redonné goût à la vie (oui, il a suffi qu’elle couche avec, et hop, c’était bon : ah, les hommes !). Pipounette, bien que triste, comprend sa décision, et espère qu’il reviendra. En attendant, elle a mis à sa disposition le jet pour l’emmener où il le souhaitera.

« Où allons-nous ? » lui demande donc Yukio en montant à bord.

« Décollons : nous improviserons » répond donc ce gros rebelle de Logan et…

… FIN !

Et puisque vous avez été sage, un petit effort pour une fois avec l’une de ces insupportables séquences post-générique (en fait, j’étais bloqué dans la salle, sinon vous imaginez bien que je serais sorti en hurlant de bonheur à l’idée que c’était fini) : deux ans plus tard, Logan est dans un aéroport quand il sent que quelque chose ne va pas (mais si, je vous rappelle qu’il a un instinct à géométrie variable). Il fait surgir ses griffes – en os, les anciennes, puisque les versions en adamantium ont été coupées, et découvre de vieilles connaissances autour de lui :

« Magnéto ! Vous qui étiez supposé avoir perdu vos pouvoirs. Oh, et le professeur Xavier, qui étiez supposé être mort !
- Hééé oui. Surpris, Logan ?
- Non. Nous sommes dans l’univers Marvel. En-dessous de 12 morts/neutralisations/retours miraculeux, on n’est pas un vrai personnage.
- En effet. Nous avons besoin de vous car une menace pour tous les mutants se profile.
- Oh bin ça alors ! Ça sent la suite !
- Oui. Et le cliffhanger moisi. Mission accomplie ! »

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Et sur ce terrible rebondissement…

… RE-FIN

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« Monsieur, il en vient encore !« 

Diego se jeta au sol pour éviter une nouvelle attaque de mauvais films. Il leva la tête, inquiet, alors que son employeur lui tendait une arme à recharger toujours depuis l’abri de la berline prise en embuscade près du cinéma.

« On ne pourra jamais tous se les faire. 
- Alors c’est quoi le prochain ?
- Je… je crois bien avoir aperçu un Nicolas Cage. Il FAUT s’en occuper.
- Un Nicolas Cage ? Ça alors, mais ? Cela fait si longtemps !
- Oui mais d’abord, nous avons un article de retard Diego. Celui de la semaine dernière. Un article sur un film réclamé à corps et à cri au point qu’après m’avoir harcelé de mails, certains lecteurs ont commencé à essayer de se combiner pour former une sorte de robot géant. Ou bien est-ce juste une orgie, je ne suis pas sûr, mais tu connais notre public.
- Attendez, vous voulez dire que…« 
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Le serviteur leva des yeux terrorisé.

« Oui, nous allons enchaîner avec une seconde merde : nous allons nous faire Pacific Rim.« 

Et dans un long hurlement, Diego implora le ciel pour qu’il couvre ses rétines d’adamantium.

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