Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

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Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

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Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

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Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

Hunger Games premier du nom m’avait été présenté par un certain nombre de personnes comme "un bon film".

Après avoir retrouvé les coupables pour les jeter dans une arène afin qu’ils s’y entretuent pour mon bon plaisir (l’endroit s’appelle "Marseille"), je fus donc très étonné lorsque des voix s’élevèrent pour m’annoncer que Hunger Games II : l’embrasement était "encore mieux que le premier". Quelque chose me dit que l’insécurité n’est pas près des’arrêter dans la cité de la Bonne Mère. Mais, permettez-moi, en amont de ce spoiler, de vous rappeler, justement, les événements qui firent du premier volet un excellent motif pour s’adonner à la boisson.

Hunger Games I : 

Katniss est une jeune fille qui vit avec sa sœur Primrose dans le district 12, le Maubeuge du futur. Comme chaque année, le Capitole, capitale locale, vient chercher un garçon et une fille pour les envoyer au Battle Royale aux Hunger Games affronter les élus des 11 autres districts afin qu’ils s’y entretuent, comme ça, parce que ça fait marrer le Capitole, hihihi. Suite à divers trous scénaristiques, Katniss part donc pour les jeux accompagnée de Peeta, l’homme pain à kebab. Ensemble, ils maravent la gueule à tout le monde, là encore aidés par des ficelles grosses comme baobabs, puis pour pourrir le groove du Capitole et ne lui donner aucun vainqueur, décident de se suicider ensemble, amants maudits, tout ça. Les Hunger Games sont aussitôt arrêtés car les deux jeunes gens, qui ont fait chavirer le cœur du public, doivent être sauvés selon lui. Katniss et Peeta sortent donc vainqueurs, riches et populaires, alors que le big boss du Capitole, le président Snow, comprend lui que les Hunger Games et Katniss ont donné aux districts des envies de rébellion (ça alors !), nique le système, no future.

Et nous nous en arrêtions là, ce qui aurait été bien suffisant. Sauf que non. Toujours est-il que le spoiler, lui, est ici.

Prêts pour la suite ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : TOUT est sur le thème des flammes ; voilà qui promet !

Tout commence du côté du district 12, alors que l’hiver est là, et qu’il fait froid, là, dites.

Katniss et sa bouille permanente de jeune fille mi-contrariée, mi-étonnée sont en train de méditer en regardant l’horizon quand elle est rejointe par Gale, son petit ami. Celui-ci est un peu grognon : en effet, si Katniss lui fait des bisous et lui dit qu’elle l’aime, il n’en reste pas moins que lors des Hunger Games, pour avoir le public de son côté, Katniss a simulé une histoire d’amour avec Peeta. Du coup, hein, bon, il ne sait plus trop avec qui elle simule quoi et quand, et c’est bien embêtant. Après avoir quelque peu débattu du sujet, nos deux larrons vont chasser pour se changer les idées, l’occasion de découvrir que Katniss a été traumatisée par les Hunger Games et qu’elle en a des hallucinations (moi aussi : parfois, je revois les critiques de la presse professionnelle).

Enfin juste dans cette scène, après, plus rien, pouf.

Hé bien d’accord, je vois qu’on commence bien. Le fumet de la bouse se ferait sentir si tôt ? Ne soyons pas trop sévères.

En parlant de bouses, nos héros rentrent chez eux après la chasse, comprendre la pauvre cité minière du district 12. Et si Gale habite encore dans une demeure faite de crottin et de planches de poulailler, Katniss, elle, a une superbe demeure dans "le village des vainqueurs", voisin du coeur du district 12, et où seuls ceux ayant remporté les Hunger Games et leurs familles demeurent(comprendre : elle, Peeta et leur vieux mentor alcolo, Haymitch). Et non, Katniss ne lui propose pas de venir habiter chez elle. Elle pourrait, parce qu’après tout, les Hunger Games sont finis et donc qu’elle n’a plus rien à simuler avec Peeta, mais hihihi, c’est tellement plus rigolo de regarder Gale mourir de froid avec sa famille de prolos. On en conclura donc que Katniss est bien une gourgandine de bas-étage, mais passons.

Car de retour chez elle, Katniss est bien étonnée, puisqu’elle y trouve l’y attendant, non pas un chocolat chaud, mais le président Snow. Flûte.

"Bonjour, Katniss.
- Président Snow. Que faites-vous là en lieu et place de mon fucking chocolat chaud ?
- Il suffit. Je te propose que l’on ne se mente pas, d’accord ? Bon. Les derniers 74e Hunger Games, je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est terminé. D’ailleurs, j’ai fait exécuter le précédent producteur. Les gens des districts ont vu en toi un espoir, quelqu’un qui ne se laissait pas faire, une provocation face à mon autorité. Alors que moi, j’ai juste vu une fille avec des pommettes qui font peur, mais passons. Certains envisagent une rébellion dans les districts à cause de tout cela.
- Parce qu’en 74 ans de jeux où vous tuez des enfants, personne n’y a pensé avant ?
- Non, cette saga est trop mal écrite. C’est toi, Katniss, grâce à ton… heu… pffff… hihi… hem, pardon : ton charisme ? Qui leur a donné envie de faire n’importe quoi. Alors voilà ce que tu vas faire : je sais que ton histoire avec Peeta, c’est du pipeau à grelots. Ce qui prouve que tu es bonne actrice. Alors, comme chaque année, nous allons procéder à la tournée des vainqueurs, où les gagnants du précédent Hunger Games vont dans chaque district faire coucou. Et partout où tu iras, tu diras des choses comme "Le capitole, c’est youpi", et "La rébellion, c’est cacaboudin".
- Et sinon ?
- Sinon, je transforme ta mère et ta sœur en descentes de lit. Et je bombarde tous tes amis, et le district 12 avec pour faire bonne mesure.
- Dit comme ça, c’est drôlement plus motivant, dites."

0

Le président Snow, satisfait de sa prestation, repart donc en laissant Katniss dépitée. Celle-ci n’a pas vraiment envie de chanter les louanges du Capitole, mais bon, c’est ça ou voir sa famille conviée à une soirée napalm & barbecue. Peu de temps après, elle est donc invitée à passer à la télévision avec Peeta pour dire au public que holala, c’est trop super d’être amoureux, et que hihihi, merci le Capitole ! Puis, c’est dans un train que l’on envoie le duo, pour aller faire le tour des districts. Ils sont accompagnés d’Effie, la déléguée du Capitole en charge de leur cas, et d’Haymitch, qui n’a strictement aucune raison de les accompagner, mais est là quand même, on va dire qu’ils l’avaient glissé dans un sac à main. Puis, la tournée commence par le district 11, dont le casting n’est pas sans rappeler les plus grandes heures du Prince de Bel-Air. Le district 11 étant un district de pauvres, c’est donc un district de gentils (contrairement aux riches, qui sont tous méchants, rappelons-le), et ses candidats de l’année précédente étaient donc parmi les gars sympas. Peeta se lance donc dans un discours cucu qui s’achève par le fait que lui et Katniss partageront leurs gains avec les familles des candidats du district 11, puis Katniss rajoute un soupçon de praliné sur le cucu, provoquant ainsi une scène étrange :

En effet, dans la foule, un vieillard sifflote et lève trois doigts en l’air, le signe de ralliement contre le Capitole. Toute la foule le suit, mais bon, pas longtemps puisque la sécurité intervient en attrapant papy et lui collant une balle dans la tête. Katniss est donc toute choquée et parvient à s’isoler avec Peeta et Haymitch pour faire le point.

"C’est affreux ! Affreuuuux ! Affreuuuuuuuuuuuuux !
- En même temps, c’est une dictature, hein, je sais pas trop à quoi tu t’attendais.
- Nan mais en plus je vous l’ai pas dit mais le président Snow est venu me voir ! Il m’a demandé de me montrer super pro-Capitole pour éviter ce genre de dérapages ! Et sinon, il tuera tout le monde au district 12 !
- Ah oui, d’accord. Et sinon, tu comptais nous le dire quand ? Parce que c’est vaguement important comme information, sachant que ça touche aussi nos familles. Mais au fait… moi aussi je suis un gagnant du dernier Hunger Games ! Moi aussi j’ai défié le Capitole ! Alors pourquoi le président est pas venu me voir pour dire la même chose ?
- Peut-être parce que personne n’en a rien à faire de toi, Peeta ?
- Ah bin oui, tiens. Ça répond à ma question."

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Je voudrais bien dire que j’exagère, mais non. Peeta, c’est un personnage auquel personne n’adresse la parole ou presque, qui disparaît régulièrement dans certaines scènes tant sa transparence rend sa présence superfétatoire, et dont la seule mission est de générer aléatoirement des ennuis ou de la tension pour le personnage principal. S’il y a une peau de banane, il glisse dessus, s’il faut se faire discret, il marche sur le chat, s’il faut s’échanger de bons livres, il ramène du Guillaume Musso.

Toujours est-il que la petite équipe est invitée à remonter dans le train pour aller vers le district suivant. Et cette fois-ci, plus d’improvisation : Katniss comme Peeta se contentent de lire les discours écrits pour eux avec le moins d’enthousiasme possible, en expliquant que le Capitole, c’est trop super, qu’obéir, c’est cool, et que les Hunger Games, c’est choupet. La foule, peu dupe, leur hurle donc de cesser de lire leurs fiches et de dire ce qu’ils pensent vraiment. Enfin quand je dis "Ils", là encore : ils implorent Katniss, Peeta, ils ne l’ont même pas remarqué. Ils pensaient que c’était juste un gros pain au chocolat qui parle. Mais nos héros ne voulant pas voir leurs familles finir avec la moitié de la flotte aérienne du Capitole venue se vider les entrailles sur leurs familles, ils s’en tiennent définitivement à leurs fiches. Même lorsque les foules s’agitent et se rebellent, seulement contenues par la sécurité locale.

Rappel : le Capitole cherche à donner l’impression que nos héros s’expriment de leur plein gré. Nul doute que l’idée de mettre un gros Monsieur de la sécurité juste derrière eux va tout à fait dans ce sens.

A ce stade, vous avez dû remarquer que là encore, Katniss est con comme un sabot : si elle veut sauver sa famille, le président Snow lui a demandé de jouer la comédie. Donc soit elle y met du sien en lisant les discours, soit elle ne les lit pas, mais les lire sans conviction, ça revient à faire du François Hollande : ni le Capitole, ni les districts ne sont satisfaits. Mais comme le script est rempli de grosses ficelles, les districts sont contents quand même, voire acclament carrément Katniss, pourtant en train d’ânonner un discours leur disant de la fermer. Tout cela est décidément merveilleusement crédible.

Bref. Dans le train des vainqueurs, le moral est au plus bas. Heureusement, celui-ci est équipé des fameux sas Prométhéus© qui ne s’ouvrent ou ne se ferment pas complètement, non, quand l’héroïne passe devant, ils se contentent de rester entrouverts sans aucune raison, à part de laisser voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Et Katniss peut ainsi observer dans la salle de sécurité du train des agents en train de regarder sur leurs télévisions les images des districts se révoltant l’un après l’autre.

Pendant que je cherchais une veine sur un de mes bras pour m’injecter de quoi tenir, visiblement, Katniss avait aussi commencé à s’enfiler des produits pas bien naturels. Ainsi, lors d’un repas à bord du tchou-tchou, elle se tourne vers Peeta.

"Tu penses que le président Snow va nous en vouloir ?
- D’y mettre de la mauvaise volonté ? Noooooooon, je suis sûr qu’il n’a rien remarqué. C’est pas comme s’il était venu jusqu’à chez toi en menaçant toute ta famille pour montrer à quel point il insistait.
- Ouf, tu me rassures.
- Non mais c’était ironique, hein.
- Bon bin, écoute. On a qu’à le bluffer : annonçons que l’on va se marier ! Comme ça, il ne pourra pas dire que l’on ne joue pas le jeu jusqu’au bout !"

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Mais ? Mais ? Peeta ! Dis quelque chose !

"Excellente idée !"

Bon, d’accord, tu es con, mais Haymitch ! Allez Haymitch, dis-lui que c’est digne d’une palourde trépanée ! Lance lui une bouteille sur le coin du nez, allez, tu es mon champion !

"C’est brillant, Katniss !"

Je suis DÉÇU, Mimitch !

Non ! NON ! Ce n’est PAS brillant ! C’est tout l’inverse ! Regardez le script, bon sang, c’était il y a une paire de scènes seulement ! Le président Snow dit lui-même qu’il n’en a rien à faire de l’histoire d’amour entre les deux andouilles, non, lui il a insisté très lourdement pour dire que là où il fallait être crédible, c’était dans les discours aux districts ! Le vieux qui s’est pris une balle dans la tête ma petite Katniss, c’est pas parce qu’il trouvait que vous vous faisiez pas assez de bisous ou qu’il avait lu dans Closer que tu pétais au lit ! Et les foules ne scandaient pas "Câliiiin, faites vous des câliiiins !" ! Est-ce que quelqu’un a pensé à relire l’intrigue ? A voir s’il y avait un rapport entre le film et les dialogues ? Je veux dire : Katniss, Peeta, vous pourriez vous marier, divorcer ou faire un ménage à trois avec un phoque que Snow n’en aurait rien à faire pourvu que vous disiez bien aux gens de se tenir à carreaux ! Je… je… bon, je vais chercher une deuxième seringue, en fait. Celle de mon ami vétérinaire dans un centre équestre.

Essayons tout de même de nous concentrer sur ce qu’il se passe entre les trous du scénario. Car à la fin de la tournée des vainqueurs, ceux-ci sont accueillis au Capitole, où le président Snow fait son regard à Katniss façon "Je ne suis pas content !". On se demande bien pourquoi, tenez. Lors de la soirée qui s’ensuit, Katniss rencontre Bob, le nouveau producteur des Hunger Games. Celui-ci explique qu’il était volontaire pour ce poste parce qu’il a plein d’idées, et compte bien faire mieux que son prédécesseur (c’est assez facile : il suffit d’être vivant pour faire mieux que lui). D’ailleurs, il conseille aussi le président, l’occasion pour le petit singe qui écrit les dialogues (si quelqu’un a une meilleure explication, je suis tout ouïe) de montrer qu’il est en forme.

"Bob, les districts s’agitent de plus en plus, il y a eu des émeutes, et si c’est encore sous contrôle dans l’immédiat, tout risque de s’embraser.
- On pourrait… les réprimer encore plus ?
- Non. C’est très con. C’est parce qu’ils sont réprimés qu’ils se révoltent.
- Alors on a qu’à leur prendre le peu qu’il leur reste ? 
- Heu… c’est-à-dire ?
- INTERDISEZ LE MARCHE NOIR !"

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Alors moi, je ne sais pas vous, mais non seulement ça ressemble à du "Réprimer encore plus", mais paraphrasé par un lycéen de seconde, mais surtout, aux dernières nouvelles, le marché noir est interdit pas définition, c’est même pour ça qu’on l’appelle comme ça. Je suppose que dans la liste de Bob, il y aussi "Interdire le vol", "Interdire la rébellion" et "Interdire le port de chaussettes dans les sandales". Bob de la Palice, bonjour.

Le président trouvant malgré tout cette idée géniale, dans les jours qui suivent, il se passe des choses dans le district 12. A savoir que Katniss et Peeta, qui y étaient retournés, entendent des coups de feu : ce sont les hommes du Capitole qui viennent retourner toutes les maisons et donner une bonne leçon à toutes celles et ceux qui auraient des marchandises illégales chez eux !  Gale, le courageux petit ami de Katniss, tente bien de s’interposer au moment où ils vont lui prendre ses DVD de Glee de contrebande, mais en punition, il est attaché en place publique et fouetté jusqu’à ce que Katniss s’interpose, bientôt rejointe par Peeta et Haymitch. Des images qui ont tôt fait d’arriver aux yeux du président Snow et de Bob, qui les regardent en se caressant le menton (leurs mentons respectifs, hein, attention, je ne voudrais pas voir la Manif’ pour Tous débarquer ici).

"Bob, ces gens m’énervent. Même ma petite fille trouve Katniss formidable. Elle me dit qu’à l’école, tous les enfants essaient de lui ressembler.
- Ils se font la même coupe de cheveux ?
- Non, ils s’injectent de la guimauve dans les pommettes, on dirait du cosplay de Carla Bruni. Mais revenons à notre sujet, regardez : ses copains Peeta et Haymitch la soutiennent. Tous les vainqueurs défient mon autorité."

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Notons que du film, le président ne pensera jamais à une ruse simple : arrêter de faire passer Katniss à la télé, et pouf, fin du problème. Et éventuellement, diffuser des vidéos de chatons qui ronronnent.

Bin oui : trois vainqueurs sur des dizaines, et encore, qui ne sont ensemble que parce qu’ils sont du même district et se connaissent, c’est "tous les vainqueurs".  Quelqu’un d’autre a besoin d’une analyse foireuse ?

"Bob, une idée pour régler la question, vite.
- Heu… ah… oui, j’en ai une, président !
- Je vous écoute.
- Si on refaisait des Hunger Games ? Pas seulement parce que c’est le titre du film et qu’il faut bien les caser, mais aussi parce que cette année, c’est la 75e édition !
- Eeeet ?
- Et tous les 25 ans, c’est une édition spéciale, "les jeux de l’expiation" ! On a le droit de rajouter des règles comme on veut !
- C’est débile ?
- C’est HUNGER GAMES !
- C’est vrai, et donc ?
- Cette année, on a qu’à se débarrasser des précédents vainqueurs, hop ! En les faisant s’affronter !
- Je résume : les Hunger Games sont faits pour humilier les districts, ce qui est idiot. La seule chose qui les empêche de se rebeller, et qui a été rabâchée à longueur de film dans le précédent opus, c’est l’espoir de voir leur candidat gagner, être riche et pouvoir en profiter. Donc là, votre plan, c’est de faire exactement pareil, mais en tuant les gens qui représentent l’espoir de gagner. Donc, de tuer tout le monde, gratuitement, et par pure provocation en pleine période de rébellion.
- Ouiiiiiii !
- J’achète."

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A ce moment du film, ma voisine a pris feu.

Mais le lendemain, donc, c’est le choc dans les districts quand le président Snow annonce à la télévision que pour célébrer les 3e jeux de l’expiation, s’affronteront dans l’arène des Hunger Games des candidats tirés parmi les gagnants des précédentes éditions. Katniss n’a pas de bol : elle est la seule gagnante de sexe féminin de son district, donc automatiquement sélectionnée. Quant à Haymitch et Peeta, si le sort désigne le premier, c’est le second qui se porte volontaire pour le remplacer. Parce que ouais, il est comme ça, Peeta. Autant dire que pour le coup, lors de la petite cérémonie de sélection, tout le monde fait le signe des trois doigts levés, pour bien montrer au Capitole qu’on apprécie moyennement la plaisanterie. Et oui, je sais, un doigt aurait suffi, mais c’est un film tout public. Et puis ça fait tout de suite rébellion blasée.

Mais qu’importe, et justement, en route vers le Capitole.

Car le train y emmène Katniss et Peeta pour loger avec les autres candidats de cette année, l’occasion de découvrir qui ils sont. Et là encore, vous allez voir, c’est très bien écrit. Oui oui, comme tout le reste jusqu’ici.

En effet :

  • Chaque district a un homme et une femme à proposer, ça tombe bien !
  • Chaque duo de chaque district (sauf un, mais on y reviendra) a le même âge, quelle coïncidence !
  • Chaque duo de chaque district a exactement le même style (sauvage, intello, défoncé au crack, etc), c’est fou !
  • Chaque duo est constitué de personnes qui, des années après leur victoire, sont encore dans une éclatante forme physique, pas un ne s’est empâté, c’est magique !
  • Et tous les candidats (sauf un, donc) sont relativement jeunes ou dans la force de l’âge !

Je vous laisse faire le calcul : sachant qu’il faut 22 éditions pour donner les 22 candidats qui vont accompagner Katniss et Peeta dans l’arène, sachant que visiblement, tout le monde est de la même génération ou presque, et qu’ils sont donc issus de saisons des Hunger Games très rapprochées, et sachant qu’il faut des candidats pour chaque district, par quel incroyable miracle statistique a-t-on pu obtenir un homme et une femme de chaque district, et mieux encore, qui se ressemblent autant  pour donner pareil casting ?

Sachant que les districts 1 et 2 ont des "candidats de carrière" qui, nous explique-t-on dans le premier opus, gagnent chaque année ou presque., il faudra me dire d’où sortent tous ces gagnants.

De là à supposer qu’ils sont tirés d’un chapeau et écrits avec les pieds… non, je n’ose y croire. Ce serait un peu gros tout de même, les gens l’auraient vu. Hein ? Dites ? C’est pas comme si c’était comme ça depuis le début du film.

Toujours est-il que faisons fi de ces éléments et présentons, comme le veut la tradition, la liste des candidats, assez semblable à celle de l’année dernière.

  • District 1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 2 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 4 : Finnick, Mamie Gâteaux
  • District 5 : Electro, Electra
  • District 6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 7 : Jean-Jacques, Johanna
  • District 8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 10 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 11 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 12 : Peeta, Katniss

Sachant que la plupart de ces candidats n’ont pas de prénom (je vous laisse vérifier au casting, c’est édifiant, c’est pourtant pas le temps que ça prend pour faire un minimum illusion), je vous laisse deviner quels sont les personnages qui vont nous intéresser. Katniss & Peeta, de toute manière, n’ont guère le choix : ils vont devoir s’y pencher, puisque comme leur a fait remarquer Haymitch, la plupart des gagnants sont partis vivre au Capitole et se connaissent donc depuis des années. Ils sont donc amis (voire ont pratiqué des backrooms ensemble) et buteront sans nul doute nos deux héros en premier. Il va donc falloir essayer de faire ami-ami, voire de se trouver "des alliés".

Je pensais que c’était une formule de style, mais en fait, non : nos héros tiennent une véritable liste en disant qui ils "acceptent ou non". Ce n’est plus une alliance, c’est une boîte de nuit.

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Vous vous souvenez que tout comme Katniss, chaque équipe a son couturier ? Bin visiblement, pour Finnick, il ne s’est pas emmerdé.

Trêve de fiel et allons donc voir sur le terrain d’entraînement où les élus se retrouvent, ce qu’il se passe. Peeta déjà, continue de jouer son rôle de personnage tellement inutile qu’il disparaît dès la première scène et ne parlera à personne, quand bien même il était chaud patate pour se trouver des alliés. Désolé mec, il fallait être Katniss. Car elle, de son côté, fait ami-ami avec Electro et Electra, du district 5. Ceux-ci sont des scientifiques très gentils qui ont gagné à leur époque par la ruse, en électrocutant les vilains avec des objets que l’on retrouve souvent dans l’arène des Hunger Games, comme par exemple des pinces crocodiles et une Fiat 500. Puis, elle va trouver Mamie-Gâteaux, la seule candidate de plus de 50 ans, qui sucre un peu les fraises et est muette. Mais gentille, elle peut servir dans l’arène. Par exemple, à faire des cookies. Elle est là avec elle son ancien élève, Finnick, jeune, musclé et très doué. Et le contact passe bien. Cela fait, Katniss va donc s’entraîner à l’arc, et impressionne tant les témoins de la scène que bientôt, tous les malheureux candidats aux Hunger Games la supplient de devenir leur meilleure amie.

Oui, c’est tellement artificiel qu’on dirait du Twilight. Mais livre pour adolescentes, triangle amoureux, héroïne charismatique quoi qu’elle fasse et actrice aux mimiques limitées, ça ne vous a pas mis sur la piste ? Bon, alors.

Le film, lui, continue pendant ce temps sur sa lancée. Vous vous souvenez du plan de Katniss, de se faire des alliés ? De tout ce qu’elle vient de faire dans la scène précédente ? Et de l’excellent résultat obtenu de manière plus ou moins contestable, mais obtenu quand même ? Et bien sitôt qu’elle apprend qu’elle n’a qu’à se pencher pour ramasser les alliés tant recherchés, elle déclare : "Je n’en veux aucun."

Ah non, hein, vraiment. Quelle cohérence, c’est un bonheur. Et ce n’est pas fini.

En tout cas, il n’y a pas que l’entraînement dans la vie, il y a aussi les festivités médiatiques : Katniss et Peeta jouent la provoc’ en ne saluant pas le président Snow lors du traditionnel défilé des candidats, font les kékés devant les juges, quant à l’ultime passage sur un plateau télé avant d’être envoyé dans l’arène… disons qu’il tourne curieusement.

Déjà, parce que Lenny Kravitz, le couturier en charge des candidats du district 12, a eu la bonne idée de donner à Katniss une robe qui change d’apparence pour prendre celle d’un Geai Moqueur, l’oiseau qui se trouve sur le pin’s de Katniss, et le symbole de la révolution. Autant dire que le président Snow apprécie moyennement qu’on vienne lui chier dans les bottes en direct. Quant à Peeta, il utilise ses pouvoirs de pain à merguez pour mettre de la sauce piquante sur une situation déjà bouillante. En effet, lors de son passage devant César, le présentateur télé local, il y va fort.

"Alors mon petit Peeta, ça te fait quoi de te retrouver ici ?
- C’est moyennement cool.
- Oui, surtout que vous deviez vous marier avec Katniss, c’est bête !
- Oui. Mais en fait, on s’est mariés en secret ! 
- Hooooooooooo !
- Oui parce que… KATNISS ATTEND UN BAYBAY !"

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Et ce coup de bluff fait aussitôt hurler tout le public, qui demande l’annulation des jeux ; en effet, ils doivent être du parti républicain américain : tuer des gens, oui, des fœtus, non. Dans la panique qui s’ensuit, Katniss et Peeta rejoignent les autres candidats sur scène et les enjoignent de tous se tenir la main, en signe d’unité contre le Capitole. Devant ce gigantesque capharnaüm, la retransmission est purement et simplement coupée, alors que le public continue de hurler qu’il faut en finir avec ces jeux,.

Parce que non, en 75 ans, pas une femme enceinte n’a été sélectionnée. Ou simplement n’a pensé à utiliser cet argument bateau pour avoir les faveurs du public. Incroyab’.

Cependant, si la stratégie a semé la zizanie, les jeux n’en sont pas annulés pour autant. Le lendemain, donc, Katniss est envoyée avec son fidèle Lenny Kravitz se préparer pour commencer les jeux. Ce dernier, comme lors du dernier opus, planque son porte-bonheur (qui est tout le contraire à en croire les événements une fois de plus, mais bon) sur elle, puis lui souhaite bon courage. Et alors que la bougresse s’installe dans l’ascenseur qui va l’amener sur le terrain des Hunger Games, elle voit la sécurité arriver et péter la gueule à Lenny parce que ho, hé, souviens-toi que tu as défié le président Snow hier avec ta robe oiseau, galopin. Mange donc des mandales, pour voir.

L’ascenseur est cependant déjà en marche, et c’est une Katniss quelque peu choquée parc ce qu’elle vient de voir qui débouche donc dans l’arène qui cette fois-ci est… tropicale.

Tout le monde n’est pas égal devant la chaleur. Bonne chance, Mamie Gâteaux !

Soyons précis : l’arène est constituée d’un lac central, entouré d’une imposante jungle. Le lac est divisé en 12 segments, tous délimités par des lignes de rochers allant jusqu’à la plage entourant le lac. Et les candidats sont donc placés par paire dans un des quartiers du lac, sachant qu’au centre, là où toutes les lignes rocailleuses se rencontrent, se trouve la "corne d’abondance", structure artificielle contenant armes, équipement et rouleau de papier à foison. Autrement dit, l’endroit où tout le monde se rue en début de jeu.

Et justement : le compte à rebours commence au son de Francky Vincent (ambiance tropicale on a dit)… et les Hunger Games débutent !

Il serait temps, diront les mauvaises langues qui viennent de manger plus d’une heure de mauvais film à regarder le néant. Mais attendez d’être à la fin de ce spoiler, qu’on en reparle.

Toujours est-il que Katniss se jette donc à l’eau, rejoint les rochers les plus proches, puis court jusqu’à la corne d’abondance pour y prendre arc et flèches, et ainsi commencer à tirer sur les candidats qui la menacent, comprendre, les méchants. Puis arrive Finnick, l’un des rares candidats ayant un nom, qui annonce à Katniss qu’il va l’aider, et joint l’acte à la parole en commençant à meuler du margoulin. Peeta, lui, n’aime que moyennement l’eau (ça fait gonfler la mie) mais parvient à se défaire d’un adversaire qui l’embêtait. Après avoir récupéré Mamie Gâteaux, la mentor de Finnick, le petit quatuor file vers la jungle et s’y enfonce à la recherche d’eau fraîche, parce que le climat local est moyennement agréable, et qu’avec mémé, on est jamais trop hydraté.

Sur place, Katniss montre à 212 reprises qu’elle ne fait pas confiance à Finnick, et il faudra qu’il lui prouve 213 fois qu’il est dans son camp pour qu’elle commence à bien vouloir le croire. Parce que non, même lorsqu’atteignant le bord de l’arène, Peeta se mange un champ de force qui l’électrocute et que Finnick le sauve alors qu’il avait fait un arrêt cardiaque, Katniss ne comprend pas qu’il est dans son camp. C’est vrai que c’est pas facile, pfiou : il est tellement méchant qu’il ramène même les candidats à la vie. "Probablement pour les tuer deux fois !" doit se dire Katniss de son cerveau de mollusque paranoïaque. Nos larrons errent donc un peu dans la jungle, et Katniss tente même de voir à quelle hauteur est le plafond de l’arène en grimpant au sommet d’un arbre pour lui tirer une flèche dans la face. Et si elle touche, oui, le plafond reste relativement haut. Merci pour cette information passionnante Katniss. Et pour avoir donné ta position à tous les autres candidats. Ah, on me souffle que non, là aussi, personne n’a pensé à cet élément.

La nuit arrivant bientôt, le quatuor décide de dormir un peu. Ils sont par ailleurs soulagés en voyant arriver un colis volant, envoyé par un sponsor pour les aider : un petit robinet à planter dans les arbres pour en faire jaillir de l’eau. Nos héros peuvent donc s’hydrater un peu, et s’endormir en paix. Sauf que plusieurs événements arrivent :

  • Déjà, dans le ciel, comme le veut la tradition, on affiche les pertes de la journée : 8 candidats sont déjà morts. Ils s’appelaient tous Jean-Jacques.
  • Ensuite, vers minuit, il y a un son étrange, comme une horloge sonnant douze coups, puis un gigantesque arbre se fait foudroyer à moult reprises par un mini-orage
  • Et surtout, il y a le brouillard

Car oui : alors que Katniss veille sur ses compagnons endormis, elle note qu’un étrange brouillard approche doucement d’eux. Elle tend une main, pour voir de quoi il retourne, et se retrouve instantanément parcourue par une terrible douleur, alors que de monstrueuses cloques apparaissent sur sa main.

"Vite ! Le brouillard est empoisonné !" hurle la jeune fille "Courez ou on va tous ressembler à des Bogdanov !"

Finnick charge Mamie Gâteaux sur son dos puis cavalcade comme un fou, suivi par Katniss et Peeta. Mais le brouillard est sur leurs talons ! Sans compter que Peeta tombe comme une buse (ça aloooors !)  et n’arrive plus à marcher. Mamie Gâteaux arrive à expliquer, bien qu’elle soit muette – c’est pas facile, sachant qu’en plus il fait nuit, vas-y mémé – que Finnick doit porter Peeta plutôt qu’elle. Et pour bien se faire comprendre, elle se dirige vers le brouillard, qui l’engloutit. On entend alors tonner le canon, celui-là même qui sert à annoncer la mort d’un candidat. Adieu, Mamie Gâteaux. Au moins, tes amis n’auront plus à aller chercher des couches à la corne d’abondance. Bref : le trio, quelque peu paniqué, court donc vers la plage, le brouillard leur léchant le dos et provoquant horribles douleurs et cloques sur tout leur corps. Et puis, finalement, la petite troupe tombe dans une sorte de ravin, et bien que le brouillard les suive, il s’arrête… à quelques mètres d’eux seulement. Brusquement et nettement.

Ce brouillard est probablement le lointain descendant du nuage de Tchernobyl.

Nos larrons, mal en point, ont des difficultés à comprendre. Mais en tout cas, leur chute les a amenés devant une petite mare d’eau douce et fraîche tout à fait bienvenue. Katniss a donc l’idée d’y tremper l’une de ses mains couverte de cloques…

… qui disparaissent simplement en frottant.

Pardon ? Ce sont des cloques qui disparaissent à l’eau ? Vous savez que ça ne marche pas comme ça, en fait ?

Bon bin… toutes leurs cloques et cicatrices disparaissent à l’eau alors. Et non, elles ne se résorbent pas : elles disparaissent comme de vulgaires tatouages Malabar, je tiens à être clair sur ce fait. Enfin bref : alors que nos loulous sont heureux de se trouver en meilleur état, ils notent soudain qu’ils sont entourés de dizaines de babouins qui leur jettent des regards laissant entendre qu’ils ont vu il y a peu un reportage sur les tournantes. Katniss, craignant que Peeta ne soit pas prêt pour ce genre d’expériences aussi soudaines que multiples, commence donc à décocher toute une tripotée de flèches sur les vils animaux, aidée de Finnick, qui joue du trident. Peeta, lui, arrive évidemment à se mettre dans une situation compliquée, mais le trio est sauvé lorsque surgit des bois une Jeanne-Jacques, qui vient les aider, avant de se prendre un coup mortel. Toute la petite équipe court donc vers la plage histoire de voir si les singes sont allergiques au sable, et en effet : comme par enchantement, les singes s’arrêtent net au niveau de la plage, laissant à nos héros le temps de se remettre, et de regarder Jeanne-Jacques mourir dans leurs bras.

"C’est pas banal." se dit donc intelligemment Katniss, en tentant de comprendre pourquoi une autre candidate est venue les sauver alors qu’ils étaient dans la mouise.

Mais déjà, la troupe tente de se reposer un peu. L’occasion pour Peeta, qui depuis le début de ce film, a sérieusement resserré ses liens avec Katniss, de pêcher une huître et d’offrir la perle qu’elle contient à la belle, puisque figurez-vous que oui, l’arène des Hunger Games reproduit visiblement fidèlement le bassin d’Arcachon et son légendaire climat tropical. Cela fait, la troupe voit émerger un peu plus loin sur la plage Electro, Electra et Johanna, une bourrine du district 7 qui manie la hache, tous trois couverts… de sang.

Les deux trios se rejoignent bien vite pour former un sextuor, le plan étant de s’allier contre les candidats des districts 1 et 2, connus pour être très forts. Mais c’est aussi l’occasion pour les nouveaux arrivants d’expliquer leurs malheurs : ils viennent de se manger une pluie de sang. Et alors même qu’ils parlent, ailleurs dans la jungle, un tsunami apparaît entre les arbres et vient mourir dans le lac (oui, dans ce sens là ; un tsunamhipster, probablement, il méprise les conventions. Non, je n’ai pas vu s’il portait lunettes et moustache). Electra, qui a un peu pété une durite face à tous ces événements, parvient quand même à faire comprendre ce qu’il se passe :

L’arène est conçue comme une horloge. Et à chaque heure, il se passe quelque chose dans un quartier : brouillard empoisonné, qui s’arrête aux limites de son quartier, d’où le champ de force qui avait sauvé nos héros, débarquement massif de singes enragés, qui là encore, sont bloqués dans la jungle et ne peuvent s’aventurer sur la plage, ou encore pluie de sang, ou tsunami, une fois de plus très localisés. Il suffit donc d’éviter le mauvais secteur au mauvais moment pour éviter bien des risques inutiles.

J’en profite pour ajouter deux choses, que nos héros n’ont pas remarquées :

  • Déjà, Katniss a elle aussi une corne d’abondance : son carquois. En fonction des plans, des flèches apparaissent ou disparaissent de celui-ci, mais en tout cas, elle n’en manque jamais, même après avoir tué 463 singes. Plus fort qu’un chargeur de héros de film d’action : le carquois de Katniss.
  • Ensuite, une navette vient chercher les corps des candidats morts. Elle reste en stationnaire au-dessus du cadavre, puis descend une pince pour le remonter. Mais attention, hein, pas un truc pratique : une vieille pince de foire. Quel dommage que le film ne montre pas l’opérateur qui fait retomber 3 fois le cadavre dans un vieux bruit de viande avant de remettre 10 balles dans la machine en marmonnant "C‘est bon, j’ai compris comment faire cette fois.".
  • Ah et oui, même si c’est dans la jungle, jamais un mort ne sera sous une branche, susceptible de bloquer la pince. C’est quand même bien fait.

Sauf que la production, elle, a moyennement apprécié que Katniss et ses amis comprennent le concept de l’arène : en représailles, Bob ordonne depuis sa salle de contrôle une séance de tournez-manège en accéléré de la corne d’abondance et des rochers délimitant les quartiers, pour faire perdre tout repère à nos héros. Si cela tombe plutôt bien, puisque cela arrive au moment où des méchants les attaquaient (et ont tué Electra dans l’affaire) et les oblige à se replier, Katniss manque de peu de mourir, parce que des lignes entières de rochers tournant à pleine vitesse dans la margoulette quand on se retrouve dans l’eau, ça peut faire bobo.

Mais non, elle s’en tire, merci pour elle.

Nos héros sont un peu déboussolés, plus encore lorsque soudain, dans les bois, ils entendent la voix de Primrose, la sœur de Katniss, appelant à l’aide. On passe donc de la confusion à la consternation lorsque Katniss, qui sait pourtant bien que sa sœur n’est pas invitée aux Hunger Games, se rue dans les bois en hurlant "Houhouuu Primrooooose où es-tuuu ?". Et en effet, c’était un piège : il s’agit cette fois-ci d’un essaim de geais moqueurs qui imitent la voix de la jeune fille pour mieux foutre la zone comme les gros lascars à plumes qu’ils sont. Après s’être pris plumes et déjections dans la face, Katniss revient donc des bois vers la plage, en espérant que personne ne fasse remarquer que sa réaction était aussi idiote qu’absurde.

Heureusement, il y a toujours quelqu’un pour changer de sujet : Electro explique qu’il a justement un plan.

"Bon alors, c’est simple. Vous avez remarqué ? Nos ennemis ne se montrent pas sur la plage." lance-t-il parce que je sais pas vous, mais moi, j’ai justement remarqué l’exact contraire il y a 5 minutes lorsque les mecs ont débarqué pour buter sa copine Electra. Mais c’est pas grave, il y a juste un vrai problème avec les dialogues de ce film. Entre autres. "Donc, si nous retournons dans la jungle, ils viendront sur la plage pour profiter de notre absence. Sauf que nous, on sera montés jusqu’à l’arbre qui se fait foudroyer tous les soirs à minuit. Et qu’on aura déroulé derrière nous ces 2 kilomètres de câble électrique que j’ai dans la main sans vraiment que cela s’explique. Et du coup, la foudre remontera le long du câble, touchera le lac, et tuera tous ceux qui seront dans l’eau à ce moment là ainsi que tous ceux qui se reposeront sur le sable humide. Donc voilà. Protégez-moi jusqu’à minuit, et on y va !"

Electro a visiblement un vrai problème avec ses lunettes, puisqu’il n’a pas vu le même film que nous.

Le plan validé, la petite troupe attend donc patiemment la nuit. Et lorsque celle-ci survient, se met en route direction l’arbre à foudre, pour préparer la chose. Et sitôt arrivés au sommet, Electro sourit bêtement.

"Parfait. Maintenant, on a plus qu’à dérouler le câble !"

Pardon ? Vous voudriez dire que vous vous êtes tapés tout le chemin sans dérouler le câble, et que vous allez donc envoyer une équipe refaire l’aller-retour en prenant bien plus de risques ? Oui ?

A ce moment là, j’ai regardé les cendres de ma voisine qui avait brûlé un peu plus tôt dans le film, et je suis certain d’y avoir vu une braise reprendre.

Toujours est-il que Katniss est envoyée avec Johanna dérouler le câble, pendant qu’Electro l’accroche à l’arbre. Sauf qu’en route… ils sont attaqués ! Ho bin ça alors ! Johanna parvient à attirer les ennemis loin de Katniss avec diverses ruses allant du pourri au consternant (par exemple, faire passer Katniss pour morte, c’est compliqué dans un jeu où il y a un coup de canon pour annoncer quand les gens meurent VRAIMENT), et laisse donc Katniss se débrouiller mais… hélas, les méchants ont coupé le câble !

Katniss remonte donc à l’arbre, alors que minuit approche, et trouve, surprise, Electro kaput. Celui-ci s’est visiblement électrocuté avec un champ de force, l’arbre étant situé en bord d’arène. Mais il avait bricolé une curieuse lance à laquelle il avait relié le câble de l’arbre… étrange. Quant à Peeta et Finnick, ils ont disparu, et on entend des bruits de combat non loin. Et puis finalement, Katniss voit Finnick revenir et alors qu’elle hésite à tirer sur sa tronche, elle comprend qu’il y a mieux à faire. Et ce qu’Electro a voulu réaliser. Oui, tout devient clair.

Elle prend le câble, le relie à une flèche, et au moment où la foudre tombe, tire vers le plafond de l’arène (alors qu’elle avait un champ de force  du bord d’arène identique à 3 mètres, rappelons-le). Aidée par le mauvais script, la flèche monte sans encombre jusqu’au plafond, tout en déroulant ouat’mille mètres de câble derrière elle (ce qui est connu, ne pèse rien). La foudre frappe alors le dôme d’énergie au-dessus de l’arène en remontant le long du câble et…

… le dôme d’énergie s’arrête net, et apparaît alors le véritable plafond de l’arène, qui commence à se fissurer et à tomber.

Pendant ce temps, dans la salle de contrôle de l’arène, le président Snow, venu voir comment tout se déroulait, est furieux : il n’y a plus d’énergie dans le dôme des Hunger Games ! Katniss a brisé son jouet !

En même temps, notons que c’est une arène qui génère des éclairs qu’elle ne supporte pas elle-même. C’est beau quand même, on sent les professionnels. En tout cas, la jeune fille, elle, étendue au sol, épuisée et un peu commotionnée suite à tout cela, regarde donc le dôme se détruire peu à peu (et oui, tous les morceaux l’esquivent, ils sont comme ça), avant qu’une navette ne vienne la chercher avec sa petite pince de foire (et sans la faire tomber comme une bouse, donc). Katniss perd conscience, et à son réveil, est à bord de la navette, allongée dans une simili-infirmerie aux côtés d’Electro, qui n’est finalement pas si mort que ça. Elle se lève donc et entend venir d’un compartiment voisin des voix. Notre héroïne entre donc, et se retrouve nez à nez…

… avec Haymitch, Finnick et Bob, le vilain producteur, en pleine conversation amicale !

Ceux-ci lui expliquent donc les choses :

"Tout va bien ! Tu es sortie. Tout était prévu, nous sommes de mèche depuis le début : nous ne pouvions pas te prévenir de notre plan, car le Capitole écoutait, mais nous avons tout organisé pour te faire sortir de là ! La moitié des candidats était au courant, c’est pour ça qu’ils coopéraient avec toi, voire se sont sacrifiés pour toi ! Tu es le symbole de notre révolution, il fallait te tirer de là. Maintenant, nous partons rejoindre les autres rebelles !"

Vous pensiez que le film était mauvais ? Allez-y, installez-vous tranquillement. Tenez, je vais me servir un brandy. Vous en voulez ? Non ? C’est dommage, il est excellent, mais je comprends, vous êtes méfiants. Non, si je vous demande de vous asseoir confortablement à cet instant du film, c’est parce que nous sommes au dénouement, et découvrons, formidable rebondissement, que Bob, conseiller du président et producteur des Hunger Games, est en fait dans le camp des rebelles. Et qu’il avait tout prévu pour tirer Katniss de là. D’où les autres candidats qui essayaient de l’aider, ou Electro qui voulait briser le dôme tout comme elle, simplement pour permettre une évasion et non poursuivre le jeu.

Vous avez tout saisi ? Alors on va reprendre.

Hunger Games II : l’embrasement, c’est donc l’histoire de Bob, qui envoie Katniss aux Hungers Games pour mieux l’en faire sortir.

Voilà. C’est tout. Les mecs pouvaient partir avec elle rejoindre les rebelles dès la première scène du film et ainsi passer à l’intrigue de Hunger Games III, mais vous venez de vous manger 2h26 de rien, puisqu’en fait les rebelles organisent tout seuls un plan qui ne sert strictement à rien. Non, ils n’utilisent même pas le nouveau passage de Katniss aux Hunger Games pour quoi que ce soit, non. Vraiment : ils font ça uniquement pour qu’il y ait une intrigue. Ça pique ? Vous voulez que je vous dise le dernier film où j’ai vu cette ficelle du "Enfermons nous-même un copain pour mieux organiser son évasion sans autre raison que de le sortir de là ? C’était Les Trois Mousquetaires 3D.

"Tu sais Katniss, tout ce que tu viens de vivre ? Bin en fait, c’était pour rire."

Alors, maintenant, redites moi que ce film est "encore mieux que le premier" ? Voilààà.

Ho, et puis alors, du coup, si Bob était aux commandes, pourquoi faire une arène aussi impitoyable ? Et si Katniss avait trébuché et s’était mangé le brouillard ? Ou pris un singe ? Ou un rocher dans la gueule quand Bob, pourtant dans son camp, faisait tourner le cœur de l’arène et ses cailloux à toute allure ? Ou tout simplement, qu’un autre candidat l’avait tuée, puisque je le rappelle, c’est le but des Hunger Games et que vous l’aviez enfermée là-dedans ? C’eut été ballot : "Bon les gars, vous savez mon super plan ? Bin j’ai tué Katniss. Je sais plus très bien pourquoi, en fait, mais sur le coup, ça avait l’air super."

Idem, Finnick, qui était donc au courant du plan depuis le début, ne semble rien avoir à redire sur le fait que du coup, ils aient sacrifié, parfaitement gratuitement, son mentor Mamie Gâteaux qui n’avait rien demandé si ce n’est qu’elle était dans leur camp. A ce stade, ce ne sont plus des incohérences, c’est tout simplement un festival de balles dans le pied. Et à une telle cadence de tir, je ne suis même pas sûr que ce soit autorisé par la convention de Genève.

Quant au fait de ne pas prévenir Katniss du plan, visiblement, ils avaient largement la possibilité de le faire puisque même Lenny Kravitz arrivait à trouver du temps pour causer tranquillement avec la belle, voire lui faire passer son porte-bonheur en loucedé.  Un message aurait été vaguement plus intéressant qu’un pin’s. Par exemple, pour éviter que Katniss, sans instructions dans un jeu où il faut tuer ou être tuée, ne flèche la gueule aux candidats supposés l’aider. Un détail.

Résultat des courses : tout le monde présente le "plan" (sic) comme un grand succès, même si Peeta a lui été récupéré par le Capitole et est désormais otage là-bas. Katniss est donc en colère (mais juste à cause de ça, elle n’a rien à redire au plan stupide) jusqu’à ce que quelqu’un ait l’excellente idée de lui administrer un bon gros sédatif. Et fois-ci, lorsqu’elle se réveille, elle n’est plus dans une navette, mais dans une véritable salle, avec à ses côtés Gale, son copain. Qui lui annonce que la mère et la sœur de Katniss ont pu être sauvées, mais que le Capitole a fait bombarder le district 12, qui n’existe plus (bonne chance pour vous maintenir sans ressources minières les copains du Capitole !).

"Et où sommes-nous en ce moment ?" demande alors Katniss.

Dans le district 13. Officiellement entièrement détruit il y a 75 ans mais qui résiste encore face au Capitole. Et maintenant qu’ils ont Katniss, il est temps de lancer la révolution ! Et…

… FIN !

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Voilà voilà.

Ho, et pour rappel : Les Trois Mousquetaires 3D, ce n’était qu’une scène du film qui reposait sur le plan absurde du "Je te mets quelque part pour mieux t’en sortir sans raison".

Là, j’insiste, ce sont les 2h26 de film qui  se basent uniquement là-dessus.

Ce qui signifie que oui, même l’intrigue des Trois Mousquetaires 3D était plus soignée que celle de Hunger Games : l’embrasement.

Et là, tout est dit.

"Commissaire Gordon, commissaire Gordon !"

Le commissaire souffla dans sa moustache en se retournant pour fixer le jeune policier qui venait d’arriver sur le toit du commissariat, dégoulinant de sueur. Il s’étonna, en le fixant, des traits poupins de son visage : Gotham devait être en bien mauvaise posture pour que l’on en soit à recruter de pareils jeunots.

"Que se passe-t-il ?
- C’est… c’est incroyable ! On vient de perdre le contrôle de l’asile d’Arkham !
- Pour la 279ème fois ? C’est fou. 
- Bin oui… en attendant, toujours aucun signe de Batman ?"

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Le commissaire fixa le projecteur à côté de lui, braqué vers le ciel. Depuis des jours, ils tentaient de joindre le seul homme encore capable d’arrêter le chaos en ville, mais le chevalier noir ne s’était pas montré. Chaque nuit, l’anarchie gagnait un nouveau quartier, et les forces de l’ordre perdaient peu à peu du terrain. Les malfrats avaient une nouvelle arme, et il y avait fort à parier que Gotham tomberait bientôt, Batman avait échoué. Les forces du mal avaient été plus rusées que le plus rusé des justiciers.

Oui, pensa le commissaire, ils se sont montrés plus malins.  Fixant le ciel, il grimaça en voyant que le projecteur n’illuminait plus rien.

En effet, les malfrats avaient découvert le site de Météo France, et attaquaient désormais les nuits sans nuage. Sans nuage, pas de surface pour refléter le projecteur, sans projecteur, pas de Batman. Les bandits ne reculaient devant rien : qui aurait pu prévoir plan aussi diabolique ?

"Tout le monde", grommela Gordon dans sa moustache. "A part ce blaireau de Batman". Mais il se ravisa : après tout, qu’attendre d’un héros si mauvais que toute sa trilogie était entachée de décisions incohérentes et de plans foireux ?

Il repensa à comment tout cela avait commencé. Avec Batman Begins.

Comment Bruce Wayne est-il devenu Batman ? Pourquoi choisir une tenue de chauve-souris ? Chevalier noir, ou plutôt marron ? Ni une, ni deux, reprenons au début d’une série dont nous n’avions évoqué que le troisième volet, et spoilons mes bons !

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L’affiche : Batman, ce héros si sombre qu’il s’habille comme un collégienne mal dans sa peau. Respect.

Tout commence du côté de Gotham City, riante mégalopole nord-américaine alors que dans un riche manoir de la campagne voisine, deux enfants s’amusent follement (mais hélas pas au jeu du foulard) : Bruce Wayne, garnement et fils unique du couple de multimilliardaires possédant les lieux, et Rachel, son amie malgré le fait qu’elle ne soit pas aussi prout-prout que lui. Tout irait pour le mieux si, lors de leurs jeux, ce gros blaireau de Bruce ne se vautrait pas lamentablement au fond d’un puits oublié, menant aux souterrains sous la demeure Wayne. Plus de peur que de mal, et c’est le cas de le dire, puisque si Bruce n’est pas blessé, il n’en est pas moins agressé par les chauve-souris qui logeaient là. Et les tournantes de rongeurs volants n’étant pas parmi les hobbys favoris des enfants, le jeune Bruce sort de l’expérience quelque peu traumatisé. Il en fait des cauchemars la nuit : ah, toutes ces chauve-souris qui l’insultent, lui disent des choses sales, puis dessinent les courbes de son postérieur de leurs ailes de cuir en lui chuchotant à l’oreille que tout va bien se passer, qu’elles aiment juste la spéléologie,… bref : il se réveille souvent sale.

Aussi, un jour, Papa et Maman Wayne ont une super idée : s’ils emmenaient leur fiston à l’opéra (les enfants adorent) voir une représentation pleine de chauve-souris ? Ah, on sent qu’ils sont riches : ce serait maman qui laverait les slips, on aurait pas entendu le même refrain. Mais qu’importe : les Wayne se rendent sur place en utilisant les transports en commun, comme par exemple le métro aérien (sachant qu’ils habitent à la campagne dans un manoir solitaire à l’écart, il faudra m’expliquer comment ils ont fait leur coup : ils ont marché jusqu’à Gotham City ? Ils ont appelé un taxi pour lui dire de ne pas faire le trajet en entier parce que le métro, c’est plus rigolo ?). L’occasion pour Papa Wayne de débiter divers éléments du scénario : "Tu vois mon fils, ce métro aérien, c’est moi qui l’ai fait pour aider les prolos à se déplacer en ville ! Et puis tu sais, j’ai beau être le président d’une multinationale, je laisse ça à mes directeurs : moi, je me consacre à ma passion, la médecine dans les hôpitaux pour aider mon prochain. Bon, ça n’empêche pas que je me sois fait construire le plus gros building de Gotham, mais ça, c’est juste parce que j’ai… hem, ça va rester entre moi et maman, ça d’accord ?" bref, vous l’aurez compris : Papa et Maman Wayne sont tellement gentils, qu’on imagine bien que tous les dimanches, ils distribuent des crêpes aux sans-abris avant de toucher les écrouelles des gueux du coin pour les soulager de leurs afflictions. Affliction, hein, je n’ai pas dit "affligé", mais on en est qu’au début, patience. Papa et Maman Wayne expliquent aussi que pour lutter contre le crime, il faut lutter contre la pauvreté, ouvrir des écoles, etc.  Bref, ce sont des multimilliardaires de gauche, mais genre bien bien, hein, ils n’ont pas voté François.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si, une fois à l’opéra, Bruce, en plus de se faire cordialement chier à se demander pourquoi tout le monde autour de lui a l’air fasciné par ce groupe de teutons déclinant de mystérieux poèmes en tenues colorées, se mettait aussi à paniquer en voyant des acteurs déguisés en chauve-souris. Plutôt que de fermer les yeux ou de couiner, Bruce pète donc un peu puis demande à ses parents s’ils peuvent sortir. "Pas de souci", dit donc Papa, toujours bienveillant. "Mais tu sais quoi ? On va pas sortir par la porte principale, on va plutôt prendre l’issue de secours menant à la ruelle pourrie d’à côté, comme ça, pour voir.". Et en effet : l’opéra étant accolé à une rue ressemblant à un quelconque sous-sol de Total Recall, le trio un peu con-con s’y engage sans raison avant de s’y arrêter lorsque surgit devant eux la silhouette chancelante de Maurice le clodo, qui armé de son pistolet, demande à la petite famille de laisser tomber portefeuilles et bijoux. Pas de souci : Papa Wayne est prêt à tout lâcher (pour Bruce, c’est déjà fait), mais malgré tout, faisant un geste brusque en voulant protéger sa femme, il déclenche le feu du malandrin qui abat Papa et Maman avant de s’enfuir sous les yeux du garçonnet.

Papa Wayne profite donc de ses derniers instants de vie pour dire une banalité du genre "N’aie pas peur" et non "Aaaah ! Appelle une ambulance fils d’imbécile ! Aaaah ! Putain ce que je douille ! Mais pourquoi je suis sorti par là, moi ?" puis, il meurt d’une manière qui ne sera pas sans rappeler Marion Cotillard deux volets plus tard, mais comme l’acteur était moins connu, personne ne s’en est offusqué.

Emmené au commissariat local, Bruce rencontre le sergent Gordon, gentil policier moustachu qui lui passe un manteau sur les épaules avant de lui dire que tout va bien se passer (oui, comme ça, hors contexte, je sais que ça sonne étrange, mais c’est un gentil moustachu à lunettes, vous êtes vraiment plein de préjugés). Et en effet, peu après, la police annonce avoir arrêté Maurice le clodo, ce qui provoque grand liesse chez les journalistes de Closer, mais un peu moins chez Bruce, qui est quand même un peu choqué. Il retourne donc chez lui enterrer ses parents près de la demeure ancestrale des Wayne, où il vit désormais seul, épaulé par son fidèle majordome, Alfred. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, c’est lui qui décide à quelle heure aller au lit !

Le temps passe, et Bruce est devenu un jeune homme toujours hanté par le meurtre de ses parents, et qui 16 ans après le jour funeste, est revenu à Gotham qu’il avait quittée pour études (il n’a pas besoin de trouver un travail : il étudie donc probablement la philo) afin d’assister à l’audience de demande de libération de Maurice le clodo. A cette occasion, son amie d’enfance Rachel, qui a elle aussi bien grandi et est devenue adjointe du procureur, vient le trouver et lui explique que tu vois, Bruce, bon, on sait que tu as soif de vengeance, mais ça ne te mènera à rien. Et je sais que cette idée ne te plait guère, mais Maurice le clodo a noué des liens en prison avec le terrible parrain Falcone relâché depuis, et il a accepté de coopérer pour nous aider à le coincer. Du coup, il mérite de sortir et d’aider la justice.

"Grmmblllblblblll" répond Bruce, à qui on ne la fait pas.

"Grmmblllblblblll", te dis-je.

Et qui n’est tellement pas d’accord qu’il a emmené un pistolet avec lui à l’audience : il veut tuer l’assassin de ses parents parce que vraiment, il est colère. Sauf qu’à la sortie de la brève session, avant que Bruce ne puisse distribuer du pruneau dans les bidous, voilà-t-y pas qu’une femme sort de la foule et abat cette balance de Maurice en hurlant "T’as le bonjour de Falcone !". Frustré de s’être fait griller la politesse, surtout par une femme, ces étranges créatures qui ne savent même pas faire pipi debout, Bruce quitte donc le tribunal avec Rachel, à qui il avoue le sombre complot qu’il avait ourdi. En retour, il se mange une paire de taloches, ainsi qu’un beau discours. Il aurait préféré juste les taloches.

"Mais enfin Bruce ! La vengeance, c’est juste pour te soulager, tu vaux mieux que ça ! Ton père aurait eu honte de toi ! Lui au moins, c’était un grand homme !
- Qui n’était pas foutu de trouver la porte principale d’un opéra, soit dit en passant.
- Oui, alors, pas d’rapport, et puis en plus, lui n’essayait pas de prouver quelque chose !
- Est-ce qu’on peut reparler de son building géant avec ses initiales et de son train phallique, circulant au-dessus de toute la ville ?
- Je… bon, tu sais quoi ? Regarde, on va plutôt faire un tour dans les quartiers pourris que je t’explique. Falcone contrôle toute la ville. Tout le monde est corrompu. Le juge de l’audience avait insisté pour une audience publique justement parce que Falcone le voulait, pour pouvoir envoyer un assassin. Gotham pourrit sur pied parce qu’il manque des gens comme ton père, qui refusent de se laisser acheter, pour pouvoir aider la ville à lutter contre la pauvreté et donc le crime !
- Tu aurais juste pu dire "On manque de pognon", on serait allés plus vite tu sais.
- Raah, tu m’énerves, tiens-t-en au script !  Regarde toute cette pauvreté ! Ces clochards partout autour de la voiture ! Et Falcone qui parade dans son luxueux restaurant lui servant de QG et qui…
- Attends attends.
- Quoi ?
- Regarde le décor : est-ce que le réalisateur vient bien de caser un restaurant de luxe en plein milieu d’un bidonville ?
- Ah bin tiens, oui.
- Bon, on va faire semblant de rien. Et pour te prouver que je suis un mâle, un vrai, avec des pastèques dans le slip, je vais aller provoquer Falcone dans son restaurant. 
- Si tu veux, moi j’ai des trucs à faire, ça te dérange pas si je te dépose là et que je pars ? Parce que bon, c’est pas comme si la dernière fois qu’on avait laissé un Wayne dans un coin sombre avec des clodos, il y avait eu de deux morts, hein, mais moi aussi j’ai déjà oublié le début du film."

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Et Bruce regarde donc s’éloigner la voiture de Rachel. Puis passe la porte du restaurant de luxe de Falcone intelligemment installé au milieu des favelas locales. Et à l’intérieur, plein de gens riches et influents dînent donc, dont l’ami Falcone, qui en bon parrain arrogant, laisse notre jeune héros s’asseoir à sa table. Et lorsque Bruce lui dit que bon, en fait, il reste encore un Wayne debout, donc la ville n’est pas perdue, Falcone lui fait comprendre que s’il ne peut l’acheter, il peut le calmer par exemple en tuant sa copine Rachel ou son gentil majordome. Puis le fait jeter dehors, au milieu des clodos que visiblement, personne n’empêche de faire des feux de bidon pour se réchauffer en plein milieu de la rue devant l’entrée principale. J’imagine qu’encore une fois, tous les gens riches du restaurants sont venus à pied après être sortis des transports en commun puisque personne ne vient virer ces clodos qui pourraient gêner une circulation potentielle. Quand on est riche à Gotham, on est donc soit très écolo, soit très con. Sachant que Bruce est très très riche et que la Batmobile n’est pas électrique, je vous laisse deviner vers quelle issue on se dirige. Passons, le film est encore long, et c’est quand même déjà très mauvais.

Bruce est donc bien embêté : sachant qu’il dispose d’un empire gigantesque, de réserves illimitées de pognon, probablement bien plus que Falcone, et d’une influence politique certaine, comment pourrait-il faire quelque chose pour la ville ? Rah, c’est pas facile.

Du coup, il décide fort logiquement… de brûler toutes ses affaires et de devenir un clandestin.

Pardon ? Que…

Ho, misère.

Il court donc vers le port, et embarque sur le premier bateau qui passe. Officiellement, avec pour plan de "comprendre les criminels", mais c’est pas vraiment en subissant un toucher rectal à une quelconque douane qu’il va mieux comprendre les ruses et secrets de la mafia. Enfin je dis ça, hein, c’est pour aider, mais c’est Bruce Wayne quand même, il sait mieux que moi. Toujours est-il que son navire l’emmène en Chine, puis ses pieds le mènent au Tibet, où il vit de petits larcins, avant d’être arrêté par les autorités et enfermé dans une prison où d’autres détenus essaient régulièrement de lui casser la margoulette, mais échouent, parce que I’m Bruce Wayne, bitch.

Parce que oui, entre deux larcins, il a appris des dizaines d’arts martiaux différents. Hop. D’ailleurs, s’il maîtrise l’attaque de la panthère ou la posture du héron, notre héros a toujours la garde de la buse. Mais même s’il y a la place entre ses poings pour y garer sa C3, personne n’arrivera à y passer un pied, comme de bien entendu. C’est beau, tant de talent.

Evidemment, j’exagère : Bruce Wayne a aussi appris d’autres ruses de pauvre, comme comment déféquer dans les fourrés, ou raconter une histoire triste dans une rame de métro. Nul doute que sa lutte contre le crime en sera renforcée.

Bref, en prison, Bruce se tatane tant et si bien que les gardes locaux finissent par le mettre en isolement… et notre héros découvre qu’un caucasien en costume de ville l’attend dans sa cellule en se tripotant la barbichette.

"Bonjour, Bruce Wayne.
- Que… qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
- Mon nom est Ninjabouc, comme l’indique ma pilosité faciale aléatoire. Quant à ce que je fais ici : je suis venu te voir.
- Oui non mais d’accord, mais en fait, je voulais dire "Que faites-vous là en costume de ville alors qu’il fait -22, qu’on est dans une cellule sans vitrage en pleine montagne, et que ça pèle, un peu ?"
- Oh. Joker ?
- SPOILER !
- Que ? Bon, laisse tomber. Tu veux pas plutôt que je te dise ce que je suis venu faire ici ?
- Allez tiens, si.
- Bien. On reprend. Un homme comme vous ne disparaît pas si facilement, M. Wayne. Et je sais que vous êtes ici parce que vous avez soif. Soif de justice. Vous voulez comprendre la mentalité criminelle pour lutter contre eux. Je vous ai vu vous battre dans la cour. Vous êtes doué. Je veux vous aider à utiliser ce potentiel. Je fais partie d’une organisation : la ligue des ombres. Nous ne voulons pas former des justiciers faits de chair et d’os : nous voulons créer des légendes immortelles qui sèmeront la peur dans le cœur de nos ennemis. Veux-tu en être ?
- Hmmm…
- On a des tickets restos aussi.
- Okay tope-là.
- Bien : demain, tu seras libéré. Va chercher dans les montagnes à l’est d’ici une fleur bleue fort rare qui ne pousse qu’à très haute altitude. Lorsque ce sera fait, rends-toi au sommet le plus haut que tu verras. Et tu y trouveras ce que tu cherches."

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Puis, l’étranger s’en va, l’air mystérieux, en essayant d’ignorer la demi-douzaine de gardes qui pleurent de rire dans le couloir à cause de son bouc. Et dès le lendemain, sa promesse est tenue : les geôliers de notre héros l’abandonnent en plein milieu d’une route de campagne. Pas de problème, se dit Bruce Wayne : je n’ai jamais fait d’alpinisme, mais je suis sûr qu’escalader les plus hauts sommets du Tibet, ça se fait en deux deux et sans équipement, tranquille Emile. Et en effet : non seulement entre deux plans, Bruce arrive à générer magiquement des objets sur lui (je suis mauvaise langue : il les a peut-être eu comme loot en tuant des écureuils ou des lérots, ces petites créatures ont souvent des sacoches et des chaussures neuves dans leur inventaire), mais en plus, malgré la description pourrie de Ninjabouc digne d’une aventure du Schtroumpf Bêta, il trouve la fameuse "fleur bleue", puis découvre que sur le sommet voisin, il y a un joli temple, auquel il arrive, épuisé. Quelques coups sur la porte, et celle-ci s’ouvre dans un grincement…

… révélant une déco digne d’une salle de bain de Sex & the City : le budget bougie est visiblement la première charge du bousin, ne manque que le bain moussant et les pétales de rose pour que tout soit complet. A peine est-il rentré que Ninjabouc apparaît, indiquant sur une sorte de trône un vieil asiatique.

"Bonjour Bruce, je vois que tu as trouvé la fleur bleue. Je te présente Ras’Al Ghul, notre maître à tous.
- Konnichi wa.
- Mais ? Il vient de parler japonais, là ! On était pas en Chine, voire au Tibet aux dernières nouvelles ?
- Ho, hé, hein, c’est un film pour geeks, alors tout vieux maître doit être japonais. Et puis hein, les asiatiques, bon. C’est un peu pareil tout ça.
- Rhooo !
- Bon, je propose de changer de sujet. Sache qu’ici, nous allons t’apprendre à devenir un fabuleux prédateur de criminels. Tu découvriras l’art du subterfuge, de la confusion, du combat au corps à corps… nous allons faire de toi un être invincible, invisible, mortel.
- Okay, on commence quand ?"

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La réponse intervient bien vite sous la forme d’un gros pied dans la gueule de notre héros, la première leçon étant de toujours être prêt. La seconde étant de toujours s’assurer que son adversaire a les pieds propres. Puis, l’entraînement peut commencer, et en effet, notre homme apprend à se défendre et à attaquer de toutes les manières possibles, à devenir silencieux, à semer la peur dans les rangs ennemis à l’aide de divers artifices comme de la poudre explosive ou des pochettes d’album de Stromae… et s’en tire plutôt bien au milieu des 100 ninjas locaux qui s’entraînent comme lui à devenir les meilleurs des meilleurs.

Un jour, Ninjabouc l’informe qu’il est temps de "tuer sa propre peur" ; il lui prépare donc un vieux bédo à partir de fleur bleue magique de la montagne, et lui tend en lui disant "Tiens, avec ça, tu vas planer jusqu’en Jamaïque". "Ho putain, c’est de la bonne !" s’exclame donc Bruce Wayne alors que la peur s’empare de lui et perturbe ses sens. "Et maintenant que tu es tout flappy, laisse moi te présenter l’épreuve ultime de notre temple." lui répond Ninjabouc.

L’épreuve ultime : "Retrouve mon barbier et tue-le"

Alors l’épreuve ultime du temple, pour vous la résumer, c’est une sorte de Où est Charlie chez les ninjas. Le but est simple : il faut retrouver, parmi les ninjas, et sous l’influence du bédo magique, lequel est Ninjabouc. Malgré la peur et les visions de nuées de chauves-souris, sa peur d’enfant, Bruce Wayne triomphe de l’épreuve et retrouve Ninjabouc en utilisant la ruse (il raconte une blague à Toto en anglais, et comme Ninjabouc est le seul à le parler, c’est le seul qui rigole en marmonnant "Pfff, Toto il fait caca devant sa maman !"  et se fait donc gauler. Ou alors ça ne se passe pas exactement comme ça, mais à ce stade du film, je crois qu’il valait mieux que j’enjolive tant cette oeuvre, pourtant encensée, est quand même un hymne à la daube). L’épreuve réussie, Ninjabouc propose à Bruce de devenir l’un des leaders de la ligue de l’ombre et de mener les autres ninjas sur leur prochaine mission.

"Ah bon ? Je passe directement grand chef, je suis pas bidasse d’abord ? Mais les autres ils sont pas un peu jaloux ?
- C’est un raccourci scénaristique subtil.
- J’étais d’accord jusqu’à "raccourci".
- Il suffit. Pour prouver ton allégeance, tu dois d’abord faire quelque chose : voici Chong, un gros fermier du coin. Il a tenté de voler les terres de son voisin, et nous l’avons condamné à mort car il ne faut pardonner aucun crime si on ne veut pas l’encourager. C’est à toi de l’exécuter. Tiens, prends ce sabre et décapite-le.
- Mais ? Mais je ne veux pas ! Je ne veux pas tuer les gens. Je veux les livrer à la justice.
- Pour qu’une administration incompétente les libère ? Ah !
- C’est à l’administration de les juger ! D’organiser leur procès ! Ils y ont droit ! Moi, je ne ferai que les livrer !
- …
- Oui, il y a un problème ?
- Bin je sais pas : tu serais pas en train de m’expliquer que c’est à la justice de faire la justice ?
- Si, pourquoi ?
- Bah du coup, c’est pas à la police de faire la police si on suit le même raisonnement ? "L’administration" ? Parce que pour un bon procès, il faut de bonnes preuves, une arrestation dans les règles, avec des droits, etc, non ? Sinon la justice risque très fort de relâcher les criminels pour procédure irrégulière et en fait, tu serais juste une sorte de gros boulet en collant qui plante toute les opérations judiciaires ?
- Heu je… je… je n’y avais jamais pensé… mais non, en fait je suis super fort pour faire la police parce que… si, voilà : d’après les fans, je suis un "super enquêteur". Avec des compétences inégalées dans le domaine.
- Ah oui ? Tu m’expliques où tu les as obtenues ces compétences, dans un monastère au fin fond de la montagne ? Tu as joué à Cluedo en cachette ? Vous avez fait des parties de "Qui a caché les collants de Jean-Jacques le ninja ?"
- Mais c’est dans le script ! Et puis tout le monde sait que Batman est super fort en enquêtes !
- Ah bin c’est clair que c’est chaud : le méchant a toujours une fâcheuse tendance à se faire repérer en hurlant "Haha, Batman !" même au milieu d’une foule et d’être habillé comme une chroniqueuse de Canal Plus.  Le coupable est pas trop dur à trouver, ça va, v’la les enquêtes.
- Bon allez ça suffit ! Je ne tuerai pas Chong ! Un point c’est tout ! Et puis d’abord, c’est quoi la première mission où vous voulez m’envoyer ?
- Détruire Gotham.
- Hein ?
- Oui, on s’est dit que c’était la pire ville du monde et qu’il fallait la raser à cause du crime qui la ronge.
- Tu as déjà ouvert un livre de géographie ? Répète après moi : "Tijuana". 
- Haaa mais ça suffit petite langue de pute ! Gotham est irrécupérable, alors, hop, on rase ! Et comme tu es un peu le messie là-bas, tu auras d’autant plus de facilités à y rentrer pour meuler des margoulettes.
- Jamais !
- Mais que fais-tu de la justice, hein ?
- Juste une question : dans "détruire Gotham", à quel moment vous pensez aux innocents, amis justiciers ?
- Ah heu… bon, tu sais quoi ? Si on se battait tous pour faire oublier ces dialogues lamentables ?
- Allez !"

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Tout le monde dégaine donc son arme pour régler ce conflit idéologique, mais Bruce Wayne, rusé comme un goupil, envoie une petite étincelle du côté des réserves de poudre locales, et une terrible explosion s’ensuit, puis une autre, puis une demi-douzaine d’autres, mettant Ninjabouc inconscient d’entrée de jeu, et détruisant l’intégralité de son armée de ninjas, qui attendaient tranquillement en se faisant les ongles.  Disciplinés, les enfants.

Dans la bagarre, Ras’Al Ghul se fait tuer par Bruce Wayne, mais un peu par accident. Puis, tout le monastère étant parcouru d’une immense série d’explosions (ils devaient stocker dix barils de poudre dans toutes les pièces, c’est pas possible autrement ; et dire que ces inconscients mettaient des bougies partout, c’est fou), Bruce s’enfuit, emmenant avec lui Ninjabouc inconscient (les autres ninjas, il s’en fout, ils n’avaient pas de nom). va le déposer dans un village voisin pour qu’un rebouteux local prenne soin de lui. Et lui dise bien que Bruce Wayne lui a sauvé la vie, ah mais dis.

Cela fait, Bruce se dit qu’il est temps de rentrer au pays : il appelle donc Alfred pour lui dire que ahaha, tu sais quoi vieux ? Je suis pas mort, c’était pour rire ! Allez, envoie moi un jet privé au Tibet que je puisse rentrer à la maison. Avant qu’Alfred n’envoie surtout un drone détruire la cabine téléphonique d’où l’imposteur passe l’appel, Bruce raccroche, et coup de bol, cette andouille d’Alfred l’a en fait cru sur parole et envoyé un appareil avec lui-même dedans. Sur le vol du retour, Alfred papote donc avec son jeune maître.

"Maître Bruce, quel plaisir de vous revoir.
- Oui et toi Alfred ? Ça biche ?
- Heu… oui oui. Maître Bruce, je me demandais… pourquoi revenez-vous à Gotham après toutes ces années ?
- Pour rendre la ville meilleure.
- Comme votre père ? Ho, quelle fierté ! Vous allez financer les organismes qui en ont besoin, veiller à la bonne distribution des fonds, relancer l’économie, lutter contre la pauvreté et…
- Non, je vais mettre des collants et mettre des claques à des voleurs de sac à main.
- Ah.
- Je dois devenir un exemple, une légende qui signifie que l’espoir n’est jamais mort, un symbole positif qui terrorise en même temps mes ennemis… je dois devenir la propre peur de mon enfance. Je dois devenir… un homme chauve-souris !
- Posez lentement ce verre, Maître Bruce, je crois que vous êtes complètement pété."

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Pendant ce temps, en Europe.

"James ? Jaaaames, je suis rentré !
- Maître Brice ! Ho, maître Brice ! Où étiez-vous ?
- Loin d’ici, James. Je crois que j’étais parti à la recherche de quelque chose… de moi-même, je crois. Et je me suis trouvé.
- Très bien Maître Brice. Allez-vous disparaître à nouveau ?
- Non, cette fois je reste pour de bon. Cette ville est ravagée par la pauvreté et le crime. Elle est décadente et a besoin d’espoir. C’est pourquoi je vais transformer mes peurs d’enfant en arme contre mes ennemis. Je vais devenir ce qui me terrorisait, je vais devenir…"
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Et c’est ainsi que Brice Van Der Waine, paisible habitant de Charleroi, la Gotham belge, devint ce qui l’avait terrorisé toute son enfance : un pédophile.

Depuis, les super-héros sont interdits en Belgique, et la logique de Bruce Wayne est passible de lapidation (mais avec des gayettes, Charleroi oblige).

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Bientôt, le jet privé se pose à Gotham, et Bruce retrouve le manoir familial, l’empire Wayne, toujours dirigé par les directeurs de l’époque de son père et qui va désormais entrer en bourse, les actions de Bruce, supposé mort, partant aussi pour une petite vente, Bientôt, le retour de l’enfant prodigue fait la une des journaux comme "Le Point" ou "Le Nouveau Détective", et Rachel est toute émue d’apprendre que son ami d’enfance est back in ze bizness. Puis, il va s’enfermer dans les souterrains du manoir Wayne, et commence à les aménager en base secrète pour héros en goguette, en installant lampes, tables, et posters d’Axe Cop (je soupçonne le scénariste des deux œuvres d’être le même). Puis, il va voir chez Wayne Enterprise s’il n’y aurait pas des bidules intéressants à récupérer, par exemple au département des prototypes, géré par Lucius Fox. Comme par exemple, un script qui tienne debout. Ça il a pas, mais il a quand même des trucs en réserve.

Car ce dernier a évidemment tout ce dont l’ami Bruce a besoin pour l’aventure sous la main, comme une armure souple mais résistante, une cape permettant de flotter en l’air, et autres accessoires amusants. Bruce donne des excuses plus ou moins moisies pour obtenir ce matériel militaire (comme "second amendement dans ta face, margoulin"), mais comme c’est un peu le proprio de la boîte et que Lucius ne veut pas trop d’ennuis, il obéit sans poser de questions. Et repart avec ses affaires sous le bras, ainsi qu’une voiture blindée, mais ça aussi, personne ne le remarque.

Quand on voit ce que Lucius Fox a en réserve, on se dit que les réserves de Wayne Industries doivent être dans les mêmes locaux que les vestiaires de Lady Gaga

Heureusement, aucun des 260 ingénieurs ayant bossé sur ces projets, en les voyant à la télé durant une quelconque escapade de Batman, ne s’exclamera "Hey ! C’est un prototype de chez Wayne Industries ! J’ai bossé dessus ça ne devait pas sortir des réserves et il faudrait en plus des pétrachiées de brouzouf pour les entretenir et… ho ? Attendez, je crois que je sais qui est Batman, en fait."

Et top du top, Lucius Fox confie aussi à Batman un câble rétractable ultra-fin permettant de soulever pas moins de 150 kilos !

"Oui Bruce, je précise le poids pour une seule raison : tout le long du film, on te verra utiliser le câble pour soulever des gens avec toi. Sachant qu’avec ton corps musclé et ton matos, tu dois peser environ 110 kilos au bas mot, on va donc supposer que tous les méchants de la ville ne pèsent au maximum que 40 kilos. Ils ne sont pas très denses, quoi."

Encore une fois : il suffisait d’effacer cette ligne de dialogue pour couper une incohérence. Mais non, on a bien insisté pour rajouter du mauvais au médiocre. C’est affreux. Et ça n’est toujours pas fini.

Pour sa première escapade, Batman y va doucement : il se rend chez le sergent Gordon, le policier s’étant occupé de lui le soir du meurtre de ses parents, et accessoirement un des derniers agents des forces de l’ordre non corrompus de la ville. Batman lui explique donc qu’il est nouveau en ville, mystérieux, prêt à tout pour défoncer le crime, et qu’il voudrait bien commencer par Falcone, le parrain qui tient Gotham. Que faudrait-il pour cela ?

"Bah je sais pas, moi, des preuves ?" explique Gordon, décidément bien utile. Avant que Batman ne disparaisse dans la nuit. Bin ça alors !

En se renseignant un peu, notre héros apprend qu’il va y avoir une opération de débarquement de drogue sur les quais de Gotham, et irait bien y faire un tour. Mais déjà, Alfred a de bons tuyaux pour lui.

"Maître Bruce, vos escapades nocturnes sont intéressantes, mais prenez garde à ne pas être démasqué, cela pourrait vous coûter cher.
- Pas d’inquiétude Alfred : j’ai un masque et un cancer de la gorge portatif, personne ne me reconnaîtra.
- En même temps, Batman étant apparu environ 48 heures après votre retour ultra-médiatisé, je pense que même un élève de CM1 pourrait vous démasquer. Je ne vois qu’une seule solution.
- Abattre tous les CM1 de la ville ?
- Hmmm… oui, non, pas exactement. Je pensais plutôt à vous montrer en public et jouer le playboy pour que l’on ne soupçonne pas qu’un homme comme vous soit Batman.
- Alfred, êtes-vous en train de me dire que je dois m’envoyer putes et coke comme un vulgaire joueur de l’équipe de France pour le bien de la Justice ?
- Parfaitement Maître Bruce.
- Je bénis le jour où on t’a engagé comme majordome : en avant Guingamp" !

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Et Bruce Wayne se sacrifie donc courageusement en allant se prendre des kilomètres de rail de schnouf et organisant des castings pour la future Nabila à lui tout seul, le tout en faisant le kéké dans des voitures hors de prix. Si cela l’aide à passer pour une andouille qui ne risquerait sûrement pas d’être Batman, mais plutôt éventuellement un candidat de télé réalité, cela déçoit un peu son amie Rachel, lorsqu’elle le croise lors d’une soirée avec deux damoiselles à demi-nues au bras en train de glousser. Ils échangent timidement quelques mots, mais avec tous ces gloussements, on ne s’entend plus : Bruce Wayne rentre donc chez lui. Et va enfiler son bat-slip.

Et cette fois-ci, on ne rigole plus, direction les quais pour notre super enquêteur préféré.

Et ce soir là, encore une fois, ces talents de super enquêteur vont être mis à rude épreuve car :

  • Les vilains déchargent la drogue de containers en plein milieu des quais les mieux éclairés, merci.
  • Des fois que ce soit encore trop subtil, puisque la drogue est cachée dans des peluches un lieutenant surveillant l’opération vient arracher la tête d’un ourson et brandir la came bien haut, histoire que Batman soit sûr que c’est bon, c’est bien des méchants.
  • Et si ça ne suffit pas, le lieutenant en question est aussi un flic ripou, se montrant ouvertement avec les criminels histoire de bien se cramer.
  • Ho, et vous ai-je dit qu’il était venu en partageant la même voiture que le parrain Falcone, pour encore plus de subtilité ?
  • Ah, attendez, j’ai oublié d’ajouter que Falcone assistait en personne au déchargement sans aucune autre raison que "s’exposer inutilement".

Vas-y Batman, enquête fort, je sens que ça va être compliqué.

Batman attendait encore deux minutes et les méchants se menottaient tous seuls avant de s’expédier par FedEx directement au tribunal.

Non mais sérieusement.

Je vous passe l’escalade de la consternation lors de cette scène décidément bien bancale, surtout lorsque les malandrins décident de se disperser en groupes de un lorsqu’ils sentent qu’un justicier approche, comme ça, pour voir. Curieusement, ils finissent tous avec une bat-botte dans la face. Y compris l’ami Falcone, qui plutôt que de se barrer sitôt que ça commence à sentir le roussi, décide de sortir de sa voiture sans aucune protection pour courir les prés.

Mais ?

Bon. Concentrons-nous, j’ai les yeux qui piquent déjà un peu trop là.

Quelques heures plus tard, la police retrouve sur le toit du commissariat le corps de Falcone inconscient, ligoté contre un projecteur braqué vers le ciel, et donnant l’illusion d’une silhouette de chauve-souris contre les nuages. Quelle mise en scène ! s’exclame donc le sergent Gordon. "Oui, et d’ailleurs, comment a-t-il trimbalé un gros parrain de la mafia sur son dos dans toute la ville, escaladé un immeuble ce faisant et ligoté tranquillement le bonhomme en plein sur le commissariat sans que personne ne le remarque ?" ajoute un figurant tatillon, peu avant d’être viré.

Sauf que les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu. Rachel est super contente de savoir que Falcone s’est fait attraper par un mystérieux justicier qui en plus a amené douze kilos de preuves à la police. Il va aller au trou, et pour longtemps ! Sauf que Falcone demande à voir le docteur Craine, un psychiatre qui l’a aidé à éviter le procès à beaucoup de ses hommes en plaidant la démence. Falcone espère donc qu’il va pouvoir utiliser la même ficelle pour le sortir de ce mauvais pas.

"Craine, espèce de bourricot, sortez-moi de ce trou ! Faites un rapport, dites que je suis fou, mais bougez-vous, je n’ai pas que ça à faire.
- Certes oui, mais parlez-moi sur un autre ton.
- Je te parle comme je veux, corniaud ! Je suis le parrain de cette ville. Et si tu n’obéis pas, j’ai des choses à balancer sur toi, comme toute cette drogue que mes hommes font rentrer en douce pour toi !
- Oui mais je ne travaille avec vous que parce que mon Maître le veut bien. Mon Maître qui vient bientôt en ville. Mon Maître qui n’a pas trop envie que vous balanciez que vous avez fait entrer sa drogue en ville. 
- Ah oui ? Et qu’allez-vous faire si je refuse de coopérer ?
- Ceci."

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Et le chenapan envoie un mystérieux gaz hallucinogène à Falcone, qui fait danser devant lui quantité d’illusions terrifiantes, comme le prochain budget du ministère de la culture. Pour rajouter à l’effet, Craine s’affuble d’un masque d’épouvantail, et terrorise le pauvre bougre jusqu’à ce qu’il en perde définitivement la raison.

Et, oui, il repart tranquillement, et personne ne trouve étrange le fait que le parrain se mette à hurler de terreur alors qu’il n’en faisait rien jusqu’à ce qu’il voie Craine.

Du coup, je pense qu’il se fait appeler "L’épouvantail" non pas à cause de son masque, mais probablement à cause de la poutre qui a servi à lui faire une petite spéléologie rectale lorsque les hommes du parrain ont vu qu’on s’était attaqué à leur patron.

Mais heureusement, dans le film, tout le monde se fout que l’on agresse le type le plus puissant de la ville. Ouf.

Pendant que la plupart des spectateurs raisonnables en sont à ce stade à jouer à Candy Crush Saga pour oublier, Batman lui est le seul à trouver étrange cette démence aussi soudaine qu’intense du principal suspect. Il enquête donc sur le Dr Craine, et lors d’une confrontation surprise, se retrouve en mauvaise posture lorsque le brigand lui envoie du gaz à la gueule.

Oui, parce que Batman n’est pas protégé contre les gaz. Ce qui signifie qu’il peut être repoussé par n’importe quelle blogueuse avec une bombe lacrymo dans son sac, ou éventuellement par Misou-Misou ou autre Bachar El Assad. Ah, un héros qui a pensé a tout sauf à l’arme la plus répandue dans les sacs à main de Gotham, quel talent.

Batman se met donc à halluciner et s’enfuit donc tant bien que mal, non sans avoir en plus subi un début d’immolation de la part de l’Épouvantail. C’est donc Alfred qui doit aller chercher Batman ("J’ai fini de m’amuser, viens me chercher s’il te plaît, et amène mon goûter !"), le ramener à la maison à l’arrière de la voiture, et purger le poison durant deux jours à l’aide de Lucius Fox, appelé en urgence puisque comme chacun sait, dans un film américain, un éminent scientifique est… un scientifique, ce qui signifie qu’il excelle dans toutes les sciences, et peut reprogrammer un satellite comme générer un remède miracle contre n’importe quelle menace chimique. Ce qu’il fait donc en créant, en moins de deux jours, un antidote immunisant en plus définitivement le patient contre les effets du gaz de l’Épouvantail. Balaise : avec autant de talent, je suppose que Batman vit dans un monde où le cancer et le SIDA ont été éradiqués entre le fromage et le dessert lors d’une soirée chez l’ami Fox, le tout en utilisant comme seuls ingrédients pour le vaccin un reste de gouda, un gâteau aux abricots et une fondue savoyarde.

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"Alors Lucius, c’est vous qui avez terraformé Mars pendant la nuit ?
- Bah, je m’ennuyais et il me restait de la raclette."

A son réveil, c’est l’anniversaire de Bruce. Mais il n’a guère le temps de le fêter : Rachel est passée lui déposer son cadeau et lui annoncer qu’elle voulait en savoir plus sur les activités du Dr Craine. Elle se rend donc à l’hôpital psychiatrique d’Arkham, en plein quartier chaud patate, pour essayer de comprendre ce qu’il a bien pu se passer. Batman sentant que son détecteur à embrouilles s’allume comme un soit de débat Martine Aubry – Jean-François Copé, il file mettre son costume pour aller escorter sa douce.

Et ça ne manque pas : une fois sur place, Rachel croise le Dr Craine, et voyant que la belle a des soupçons sur ce qu’il se passe ici et la soudaine folie de Falcone il décide de… bah, de lui révéler tout son plan, tant qu’à faire. Bin oui, hein ! Il l’emmène donc dans le sous-sol de l’asile, non pas pour lui faire découvrir des plaisirs aussi interdits que multiples, mais bien pour lui montrer une armée de petits chimistes en train de déverser de la schnouf dans les conduites d’eau.

"Et voilà ma petite Rachel ! Grâce à mon plan génial, l’eau de la ville est remplie de ma drogue hallucinogène ! Et maintenant que tu sais tout, tiens, prends un petit coup de gaz ultra-dosé dans la face ; non seulement tu vas halluciner grave, mais en plus après, tu vas tout simplement mourir ! Tu n’as aucune chance de t’en sortir, sauf si Batman était évidemment dans le coin et avait en plus profité de mon plan inutilement raconté à voix haute, hahaha ! 
- Je suis là, épouvantail !
- BATMAN ! Ho bin ça alors ! Comme ce film est surprenant !"

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Batman surgit donc de l’obscurité et claque tous les bandits du coin, avant de s’en prendre à l’Épouvantail et de retourner le gaz contre lui, et sous l’effet de celui-ci, le méchant avoue travailler pour… Ras’Al Ghul ! Puis, il récupère la petite Rachel en train d’halluciner complètement ("Je trouve que David Pujadas est un grand journaliste") et fonce jusqu’à la Batmobile pour déguerpir à folle allure vers la Batcave où il reste un peu d’antidote pour Rachel, qui a sombré dans l’inconscience. S’ensuit une course-poursuite durant laquelle Batman roule sur des voitures de police, en envoie à pleine vitesse contre des piles de pont, en éjecte d’autres dans le décor… sacré Batman ! Heureusement qu’il est contre le fait de tuer des gens, et plus encore, des innocents ! Mais bon, en voiture, ça compte pas je suppose. Ou alors les policiers sont tous constitués de titane de carbone.

Toujours est-il que la maréchaussée ne parvient pas à rattraper la Batmobile, et Batman peut donc ramener tranquillement chez lui la jeune Rachel inconsciente dans sa cave.

Ça m’a un peu rappelé la maison.

Ah, et oui, Batman ne sème la police qu’à environ 100 mètres du manoir Wayne. Mais personne ne se doute que c’est là que Batman pourrait se cacher : après tout, c’est la seule bâtisse à 1 kilomètre à la ronde, il n’y a sûrement aucun rapport. La police décide donc de retourner au QG jouer au tarot, ce qui est bien normal.

Je vous laisse le temps de pleurer un peu, et on reprend.

Car pendant ce temps, à la Batcave, Batman réveille Rachel pour lui expliquer la situation.

"Coucou Rachel.
- Hooo, Batman ! Vous m’avez sauvée !
- Oui. Je tenais à vous dire que votre combat d’assistante du procureur pour la justice était super. Et que je n’étais pas Bruce Wayne.
- C’est rigolo parce que vous avez la même voix dans cette scène, pourquoi vous avez coupé votre cancer de la gorge ?
- Heu je… je sais pas. Vous ai-je dit que je n’étais pas Bruce Wayne ?
- Sinon, qu’allez-vous faire de moi ?
- Vous donner les deux dernières doses d’antidote qu’il me reste. Remettez les au sergent Gordon. Une pour lui, l’autre pour la production en série. Vous ai-je dit que Bruce Wayne avait un très gros sexe ?
- Que ? Je… J’ai cru entendre…
- En attendant, je vais vous filer un sédatif et vous vous réveillerez chez vous. 
- C’est une manie de me trimbaler partout pendant que je suis inconsciente ?
- Je lis de très bons blogs."

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Et hop, la pauvre Rachel est droguée, puis laissée à Alfred pour qu’il aille la déposer chez elle. Mais la soirée ne fait que commencer ! Car c’est toujours l’anniversaire de Bruce, aussi quantité de gens sont venus squatter chez lui pour boire son champagne. Bruce tente donc de ne pas se trahir en participant à la fête, prétendant avoir été retenu en ville par quelque affaire urgente, puis se mêle à la foule des invités.

Au passage : la Batmobile. Un véhicule pas du tout identifiable au premier coup d’oeil tellement il est commun. Quelle discrétion, ce Batman.

De son côté, le sergent Gordon, occupé à fouiller l’asile d’Arkham pour essayer de comprendre ce qu’était la fusillade sur place entendue plus tôt dans la soirée, y trouve donc le Dr Craine à moitié fou, et surtout, qu’une gigantesque quantité de drogue a été déversée dans l’eau de la ville ! Gordon se tourne donc vers un chimiste de la police étudiant la chose.

"Bon sang ! Qu’est-ce que c’est que ce dawa ?
- Il semblerait que les brigands déversaient de la drogue dans les canalisations sergent.
- Mais alors on en a tous ingurgité ! Pourquoi n’est-on pas atteint ?
- Parce que… c’est dans… les canalisations ?
- Oui mais l’eau du robinet, elle vient d’où gros malin ?
- Ho. Attendez, je lis le script… ah non. Bon. Bin écoutez, je sais pas.
- Super. J’espère que Batman va vite résoudre cette affaire parce que nous là, on est un peu des grosses buses.."

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Justement : pendant ce temps, il se passe des choses du côté de chez Bruce Wayne. Comme par exemple le fait qu’une convive lui dise "Bruuuce, hooo, Bruuuce il faut que je vous présente quelqu’un, vous allez voir, il a vraiment une pilosité faciale, on dirait une dédicace de Michael J. Fox". Et en effet, dans la foule des invités, Bruce aperçoit… Ninjabouc !

"Bonsoir, Bruce.
- Ninjabouc. Que faites-vous ici ? Que voulez-vous à Gotham ? Je vous ai sauvé la vie : allez-vous en.
- Je t’avais dit que ta pitié te perdrait. Nous allons détruire Gotham. La consumer. Et cette fois-ci, nous allons réussir.
- Comment ça "cette fois-ci ?" Vous avez déjà attaqué Gotham par le passé ?"

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Et là, attention, instant révélation.

"Oui, en effet : il y a des années, nous avons tenté de la détruire économiquement. Nous avons créé de la pauvreté et donc du crime. Mais ton père a commencé à lutter, à partager les fruits de son empire… il fallait qu’il disparaisse.
- Mon Dieu ! Vous voudriez dire que…
- Oui, c’est nous qui avons t…
- VOUS ÊTES LE FMI ! Vous pourrissez autrui économiquement !
- Hein ? Ho hé, pas d’insultes, on est maléfiques, mais quand même, 
- Ah ? Bon, d’accord, mais alors expliquez-moi un truc : vous luttez pour la justice, c’est ça ?
- Oui. On est juste un peu extrémistes.
- Mais alors si vous êtes capable de manipuler l’économie, vous pouvez aussi créer des périodes florissantes où le crime diminue de lui-même, non ?
- Heu… je… on y a pas pensé, tiens.
- Du coup, vous avez créé une crise à Gotham pour engendrer du crime, et maintenant vous montez une opération géante pour éradiquer Gotham à cause du crime qui la ronge ? Et donc, vous avez claqué vos ressources pour obtenir quelque chose, et maintenant vous claquez vos ressources pour lutter contre ce quelque chose, et ce tout à fait volontairement ? Est-ce que "pompier pyromane" vous dit quelque chose ?
- Non.
- Et "gros blaireau" ? Ça vous parle, ça, "gros blaireau" ?"

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Un peu vexé, Ninjabouc en finit avec les révélations : en fait, il n’est pas que Ninjabouc, il est aussi Ras’Al Ghul. Le mec que Bruce a tué à la montagne, c’était juste une couverture. Pourrie, mais une couverture. Maintenant, Ninjabouc compte bien faire bobo à Bruce. Mais Bruce, feignant la situation sous contrôle, fait sortir ses invités sans leur dire ce qu’il se passe en leur annonçant ce qui fait fuir n’importe qui en soirée :

"Je vais chercher le Time’s Up ! On va bien rigoler !"

Aussitôt, tous les invités ayant un minimum de goût et de bon sens fuient vers leurs voitures, et bientôt, Bruce et Ninjabouc se retrouvent seuls dans le manoir Wayne. Enfin pas tout à fait : Ninjabouc est aussi venu avec des hommes. Bien vite, un combat éclate alors que les méchants mettent le feu à la demeure ancestrale, et Bruce finit par terre après s’être pris une poutre en flamme sur le museau. Ninjabouc souffle donc :

"Tu as brûlé ma demeure et tu m’as laissé pour mort. Nous sommes quittes." dit-il avant de quitter les lieux, oubliant que, petit détail, au temple, Bruce l’avait sorti des décombres et amené à un médecin, pas abandonné inconscient aux flammes. Mais bon, c’est sûrement un détail, hein, je chipote.

Notez que Bruce Wayne est coincé sous une poutre qui n’a pas brûlé. Elle est donc juste tombée, comme ça, hop. C’est beau, le sens du détail.

Ninjabouc ainsi libéré de l’affreux Batman, il peut donc s’en retourner vers Gotham, et surtout vers l’asile d’Arkham. Où aidé de quelques hommes ayant "infiltré tous les niveaux de Gotham" (il faudra me dire quand, sachant que d’après le chronologie, Bruce Wayne n’est de retour en ville que depuis deux semaines tout au plus, et que tous les ninjas qui étaient censés infiltrer Gotham sont morts dans l’explosion du temple enchanté de Ninjabouc. Il a sûrement pris des ninjas intérimaires chez Vediorbis.), il passe les barrages de police encore en place après la fusillade ayant lieu sur place plus tôt, puis ouvre toutes les cellules des criminels enfermés. Autant dire qu’aussitôt, l’île d’Arkham sombre dans la panique, alors que les rues se remplissent de méchants. Toutes les unités de police disponibles sont donc envoyées sur place et maîtrisent tant bien que mal la situation.

Rachel, elle, arrivée sur place peu avant, a remis les deux doses d’antidote au sergent Gordon, une pour lui et une pour la production en série. Sauf qu’avec ce qu’il se passe sur l’île, Gordon préfère ordonner que l’on relève tous les ponts afin que les criminels ne puissent se répandre dans Gotham. Tout le monde est donc bloqué autour de l’asile, mais les quelques unités de police arrivées en renfort avant la remontée des ponts rétablissent bien vite l’ordre. Ouf !

Sauf que, pas de bol, Ninjabouc étant dans la place, il sort son arme secrète : un prototype de bidule micro-onde géant qui vaporise toute l’eau autour de lui et peut même faire bobo à plusieurs kilomètres de distance (non parce que si ça marche juste dans un rayon de 10 mètres, ça veut dire que ça ne marche que sur les réserves d’eau que vous contrôlez déjà). Celui-ci a été volé à Wayne Industries, et devait servir à "vaporiser les réserves d’eau de l’ennemi", ce qui est particulièrement con tant il y a des armes moins chères et plus efficaces pour ça. Le but de Ninjabouc ?

"Vaporiser toute l’eau contenant le poison que l’Épouvantail déversait dans les conduites d’eau : le gaz va ainsi sortir partout dans Gotham et rendre folle la population, et la ville se déchirera d’elle-même, obligeant enfin une vraie prise de conscience contre le crime et la décadence, hahaha, HAHAHA !"

Alors, oui, c’est intéressant pépère, mais du coup, c’était plus malin de juste empoisonner l’eau : ça aurait provoqué des crises de folie un peu partout dans Gotham, sans que l’on comprenne vraiment d’où ça vienne. Ou trop tardivement. Du coup, ça aurait un peu secoué l’opinion publique. Mais là, attaquer ouvertement la ville, bin la seule chose que ça va provoquer, c’est que tout le monde va se dire "Ho ! Des terroristes !" et du coup, se moquer éperdument du crime et simplement se mobiliser contre toi.  Mais bon, hein, c’est pas grave Ninjabouc, tu es mignon.

Ninjabouc installe donc sa machine dans le seul truc qui puisse encore sortir de l’île d’Arkham sans les ponts : le métro aérien de papa Wayne ! Son plan est simple : il va ainsi pouvoir faire éclater toutes les conduites d’eau en les survolant avec le métro, puis foncer au cœur de la tour Wayne où les rails vont et où se situent les centres de contrôle de la distribution d’eau. Et là, toute la ville sera condamnée, hohohoho !

Moui. Ou alors, plan B, puisque ton bousin a une portée de plusieurs kilomètres, tu visais la tour Wayne de très loin. Et pouf. Mais là encore, je ne suis pas un génie du mal, je ne dois pas savoir.

Cela n’empêche pas le bougre de mettre son plan à exécution, et bientôt, les plaques d’égout de la ville sautent l’une après l’autre sous la pression de la vapeur empoisonnée s’échappant des conduites, et tout le monde se met à grave flipper sa mère à cause des hallucinations liées au poison (comprendre : "ils voient tout le monde avec des yeux rouges, le tout avec des effets spéciaux kitsch"). A part Rachel, qui est immunisée grâce à l’antidote, et le sergent Gordon, qui s’injecte le bousin sur le champ. Et ça tombe bien parce que qui voit-il tomber du ciel ?

"BATMAN !
- C’est moi sergent. 
- Mais attendez, il y a deux scènes, vous n’étiez pas dans votre manoir en feu ?
- Si, mais je m’en suis tiré avec l’aide d’Alfred.
- Non mais ça d’accord, mais on vous voyait avec une grosse blessure au flanc, bien profonde, l’occasion d’ailleurs pour Alfred de vous implorer de vous accrocher alors que vous déliriez à demi-conscient. Elle est où la grosse blessure ?
- Ho. Cette… blessure. Qu’on a mise en avant dans la scène précédente. Celle-là. Je… hé bieeeeen… 
- Laissez-moi deviner : encore une scène rajoutée qui ne sert à rien à part pour mieux se mettre une bonne grosse incohérence ?
- C’est ça. Bon, Gordon, allez, on se concentre : il faut arrêter le métro aérien. Ninjabouc est dedans avec la machine à micro-ondes volée à Wayne Industries. 
- Oui, mais comment l’arrêter ?
- Je m’occupe de lui. Toi, prends la Batmobile, voilà les clés, et va t’assurer que le métro ne puisse atteindre la tour Wayne. Allez, en route, et t’inquiète chaussette, j’assure chaussure !"

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Consterné par les expressions moisies de Batman, le sergent Gordon saute donc dans la Batmobile, s’y enferme, et fonce vers la tour Wayne. Pendant ce temps, Batman via diverses acrobaties rejoint le métro aérien, et un combat s’engage entre Ninjabouc et lui, le tout, je le rappelle, à 15 centimètres d’un appareil vaporisant toute l’eau autour de lui. Mystérieusement, cela ne semble pas affecter nos héros, qui ne sont pas instantanément transformés en gâteaux secs ou en sénateurs français.  Mais ça continue par contre de vaporiser l’eau sous le métro, le poison se répandant donc peu à peu en-dehors de l’île d’Arkham, dans tout Gotham.

Batman accède brièvement aux commandes du métro, mais pas assez pour freiner. Il retourne donc se battre avec Ninjabouc, et finit par lui coller un bon vieux taquet dans le museau. Il retourne donc aux commandes pour de bon. mais par terre, vaincu, Ninjabouc ricane :

"Tu es vaincu, Batman ! Il est trop tard pour freiner à présent… la tour Wayne est toute proche ! 
- Mais, qui t’a dit que je voulais freiner ?"

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Et en s’écartant, Batman montre à Ninjabouc que plus tôt, il n’a pas essayé de freiner : au contraire, il a coincé l’accélérateur à fond. Car il compte sur le commissaire Gordon pour faire sauter les piles des rails du métro aérien juste devant la tour Wayne pour faire s’écraser le métro avec Ninjabouc et sa machine encore dedans !

Bon, je sais pas vous, mais décidément, je vois mal comment on pouvait faire plus mauvais. A savoir, à choisir entre "Tenter de freiner le métro, et si ça loupe, Gordon pétera les piles du pont" ou "Empêcher le métro de freiner, anéantissant ainsi une chance de plus d’arrêter le plan du méchant, puis faire accélérer le métro pour donner encore moins de chances à Gordon de réussir sa mission dans les temps, mission qu’il doit accomplir à l’aide d’un véhicule super compliqué qu’il n’a jamais piloté.", il faut être proche du lamantin avec des chromosomes superfétatoires pour choisir le plan B.

Ninjabouc, perplexe en comprenant que le plan de Batman est quelque part entre stupide et absurde. Mais comme le sien l’était aussi, ça va.

Mais malgré ce plan incroyablement moisi (heureusement que la grande force de Batman est son "intelligence", parce que sinon, je n’ose pas imaginer), tout fonctionne, Gordon détruit ce qu’il faut dans les temps, et le métro s’écrase, Batman sautant de celui-ci en n’emportant pas Ninjabouc : s’il ne veut pas tuer qui que ce soit, il se réserve le droit "de ne pas le sauver".

Quel con ce Batman. Pour rappel, sa logique c’est "Si je te mets dans un métro dont je fais sauter les rails et que tu en meurs, je ne t’ai pas tué !". Du coup, c’est pas souvent que les terroristes doivent tuer des gens : faire s’écraser un avion ou sauter un transport, c’est pas vraiment tuer des gens, c’est juste "ne pas les sauver d’une catastrophe qu’on a peut-être vaguement provoquée".

En tout cas, Ninjabouc est mouru, la machine détruite, et la ville est sauvée.

Pardon ? Comment ça "Et tous les gens empoisonnés" ? "Et le fait qu’en plus le gaz avait commencé à se répandre sous le métro aérien alors qu’il se rapprochait de la tour Wayne, le faisant sortir de l’île d’Arkham" ? "Et en plus, Lucius Fox avait dit qu’il faudrait des semaines pour produire de l’antidote en série" ? Hé bien vous savez quoi ?

Personne n’y pense. Et les centaines de milliers de personnes empoisonnées ne le sont plus, hop, sans explication. C’est magique.

Quel talent ce Nolan, vraiment.

On retrouve donc Bruce Wayne au petit jour sur les ruines de sa masure, lorsqu’il est rejoint par sa copine Rachel, à qui il a plus ou moins fait comprendre qu’il était Batman. Elle lui fait donc un gros bisou, mais pas plus, parce qu’elle ne veut pas être vue avec Bruce Wayne le playboy ; elle attendra donc que la ville n’ait plus besoin de Batman pour que Bruce Wayne redevienne celui qu’elle a connu et qu’ils puissent se faire des bisous, des câlins, voire des orgies avec des poneys.

La nuit suivante, le sergent Gordon, promu inspecteur, a installé sur le projecteur du toit du commissariat une silhouette de chauve-souris pour ainsi joindre Batman lorsqu’il le souhaite. Batman arrive donc, amusé par ce système de communication, et tous deux ont une petite discussion :

"C’est l’escalade, Batman. Maintenant, qu’il y a un nouveau héros en ville, les bandits ont le leur. 
- Ah oui ?
- Oui, il signe même de sa carte : un joker.
- Mmm… cela sent aussi l’escalade à incohérences.
- Et vous n’avez encore rien vu, Batman ! Parce que pour beaucoup de gens, le second volet est le meilleur !"

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Prêt à affronter de nouvelles absurdités et une intrigue à base d’incohérences dans tous les sens, Batman saute donc du toit, et planant au dessus de Gotham, il file vers de nouvelles aventures et…

… FIN.

Batman n’ayant pas précisé qu’il habitait à la campagne, au départ, le commissaire mettait le signal un peu bas. Il fallu attendre le 73e braquage pour qu’il pense à monter l’angle du projo.

Diable. C’était encore plus mauvais que dans mon souvenir. Et pourtant, je n’avais déjà pas un bon souvenir.

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"Commissaire, commissaire !"

Le commissaire Gordon poussa un long soupir en voyant arriver derrière-lui le jeune policier chargé de l’avertir des pires nouvelles lorsqu’il était occupé sur le toit à attendre la venue de Batman. C’était devenu son corbeau, porteur de tous les messages qu’il aurait préféré ne jamais entendre.

"Que se passe-t-il cette fois ?
- C’est encore l’asile d’Arkham ! On a perdu le contrôle, tous les prisonniers se sont échappés et…
- Et il faut que Batman intervienne, je sais.
- Hein ? Non, comme c’est la 300e fois, on a juste fait un gâteau, dépêchez-vous, il n’en reste pas beaucoup ! Batman ne viendra pas de toute manière, non ?"

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Gordon haussa les épaules. Après tout, le jeunot avait raison : Batman ne viendrait pas. Il y a quelques semaines, il avait enfin réussi à contourner le problème des nuages : Wayne Industries avait, curieuse coïncidence, soudainement investi des millions de dollars dans un projet de régulation climatique couvrant Gotham de nuages supposés rafraîchir la cité chaque nuit. Comme toujours, il avait suffi de quelques semaines à Lucius Fox pour créer un prototype. Le projecteur avait à nouveau pu servir, même les nuits normalement sans nuages, et Batman avait recommencé à calmer les brigands.

Mais désormais, ces derniers avaient ourdi un plan encore plus génial, plus imprévisible.

En effet, ils attaquaient de jour.

Gordon caressa sa moustache en se disant que définitivement, Batman était une sacrée et inutile buse. Notant les troupes de malandrins paradant dans les rues au-dessous de lui, la police incapable de les arrêter alors que Batman refusait d’intervenir en journée, il haussa les épaules. Et se dirigea ves les escaliers pour rejoindre l’intérieur du commissariat.

Avec un peu de bol, il arriverait à temps pour avoir une part de gâteau.

Certains films ont connu moult adaptations.

Populaires dans un pays, tournés une nouvelle fois dans un autre avec de nouveaux acteurs pour faire bonne figure, qui ne se souvient pas de La Totale, devenu True Lies, film dans lequel Thierry Lhermitte avait été subtilement remplacé par Arnold Schwarzenegger (on remarque à peine la différence à l’écran) ? Ou bien encore Infernal Affairs, qui passé de Hong Kong à Hollywood, devint Les Infiltrés ? Et encore, je ne vous parle pas de toutes les versions Bollywoodienes, voire pour les plus farceurs d’entre vous, des adaptions liées à la règle 34 de l’internet. Ah, si, ne faites pas semblant.

Pourtant, il est des réalisateurs épris d’originalité qui se battent jour après jour pour réaliser des chefs d’oeuvres parfaitement inadaptables. Roland Emmerich est de ceux-là.

Mais plutôt que de vous l’expliquer, je vous propose de parler tout de suite de son dernier film, "White House Down".

Nous pourrons alors revenir sur la précédente affirmation en conclusion.

Prêts pour une nouvelle plongée dans l’univers de l’un des plus talentueux réalisateurs de son époque ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : une explosion, et en plus les gens s’y vantent de leurs trois derniers crimes. Si c’est pas de la provocation, ça.

Tout commence au pays du hamburger, et plus précisément à Washington, alors qu’à l’horizon les teintes roses et orangées annonçant l’arrivée prochaine de l’ami soleil apparaissent. Dans la chambre d’une adolescente de onze ans, un téléphone sonne l’alarme : est-il l’heure d’aller à l’école ? De se préparer à une quelconque excursion ? De commencer à se peigner pour espérer être prête 3 heures plus tard (maudits cheveux longs) ?

Non : nous sommes dans la chambre d’Emily Cale, une adolescente de 11 ans qui comme toutes les petites filles de son âge, a programmé sur son téléphone une alarme pour être informée des moindres faits et gestes du président des Etats-Unis, puisque c’est sa passion dans la vie. Et son téléphone l’informant que l’homme d’état rentre à la Maison Blanche après un fort beau discours à l’ONU, notre bougresse regarde par la fenêtre l’hélicoptère présidentiel qui comme de bien entendu, passe juste au-dessus de sa maison pour lui mettre des étoiles plein les yeux. Parce qu’à 6h du matin, toutes les petites filles de 11 ans adorent se lever par passion pour un leader politique (Emily doit avoir du sang de nord-coréenne).

Je consulte ma montre : oui, nous n’avons même pas dépassé la première minute du film, et nous sommes déjà face à l’un des clichés (ratés) les plus formidables d’Hollywood, à savoir le perso d’enfant écrit avec les pieds, comprendre :

  • Il a une tête de cible d’entraînement pour concours de taloches
  • Il s’exprime comme un adulte et ne s’intéresse qu’à des sujets liés
  • Il dit toujours la vérité (même s’il n’a aucun moyen de la connaître, soit dit en passant)
  • Il a des réactions à peu près aussi naturelles que les lèvres d’Angélina Jolie

Bref, Emily Cale est une sorte de poncif, oui, mais un poncif avec un smartphone. Et puisqu’une caricature ne suffit pas, allons donc voir ce qu’il se passe au même moment dans l’hélicoptère du président des Etats-Unis.

Car en effet, le pays est dirigé par James Sawyer, un puissant patriote dans un film qui ne l’est pas moins, ce qui signifie qu’il n’est évidemment pas un homme politique comme les autres, non, lui c’est un idéaliste qui marche dans les pas d’Abraham Lincoln et qui veut rendre ce pays toujours plus beau (mais pas en s’en prenant aux banques quand même : c’est rigolo comme l’une des plus grandes aventures de Lincoln ne semble jamais passionner ses fans, quel sale communiste ce Abe). Toujours est-il que James Sawyer est plutôt noir, et plutôt originaire d’une famille pauvre. Tellement que dans ses discours à l’ONU, il parle de l’époque où il ne mangeait pas à sa faim, et de comment sa grand-mère a réussi à convaincre un braqueur potentiel d’abandonner son sinistre projet en échange d’un repas chaud.

Pas sûr qu’elle aurait eu le droit à sa page Facebook celle-là.

En tout cas, sortez vos mouchoirs, parce que les extraits des discours de James Sawyer ressemblent fortement aux consignes de coloriage d’un album Mon Petit Poney. Je pense qu’à l’ONU, on fait sortir les diabétiques de l’assemblée avant de le laisser s’exprimer histoire que son discours sirupeux ne s’avère pas fatal aux plus fragiles d’entre eux.

Le président et son petit équipage débarquent finalement à la Maison Blanche, et les gens de son cabinet se congratulent sur la pelouse sans raison pour dire que vraiment, ils font le meilleur boulot du monde. Mouais : m’est avis qu’aucun membre de l’équipe du film n’avait jamais travaillé dans un cabinet politique, mais passons. Car au même moment, à l’autre bout de Washington, le service de nuit s’achève pour John Cale, membre de la police du Capitole et affecté à la sécurité du big boss du sénat que nous appellerons Bob principalement parce que je n’ai pas retenu son nom tant il était charismatique. Et pour bien terminer ses aventures matinales, John escorte donc son patron jusqu’au Capitole pour que lui puisse commencer sa journée, cette feignasse. Mais en chemin, ô, radieuse surprise ! Qui croise John ? Ginette, une amie qui bosse pour le vice-président en balade dans le coin ! Et celle-ci a trois choses à annoncer à notre héros :

  1. *glousse* *glousse* Je t’ai décroché un rendez-vous ce matin comme tu le voulais pour intégrer la sécurité présidentielle !
  2. *glousse* *glousse* Je t’ai obtenu un second passe pour que ta fille monomaniaque puisse t’accompagner
  3. *glousse* *glousse* Tu me dois un dîner, et probablement, un nuit de seske torride à l’arrière d’une R19

STOP ! Ginette, malheureuse, que viens-tu de faire ? Proposer de faire des choses sexuelles avec le héros ? Mais enfin, n’as-tu pas remarqué que tu étais dans un film gentil ? En te comportant ainsi, gueuse, tu oublies qu’une vraie gentille femme de film américain ne propose pas ce genre de chose. Le sexe, c’est pour les vilaines qui ne croient pas en Djizousse. Si tu voulais vraiment te comporter en gentille, tu saurais qu’une bonne copine de héros se contente de rougir quand on l’approche, de glousser quand on lui parle (okay, là-dessus, tu es pas mal), et d’appeler à l’aide avec de petits cris kikinous quand le méchant t’emmène sur son cheval en direction du Canyon de la Muerte.

Mais là du coup, tu vas juste mourir comme une crotte. Adieu, Ginette.

Cela dit, Ginette ne meurt pas tout de suite, non, soyez un peu patients galopins : pour commencer, elle s’en va suivre le vice-président vers de nouvelles folles aventures pendant que John finit officiellement son service, salue son chef Bob et s’en va chez son ex-femme chercher sa fille pour l’emmener à l’école.

Alors bon, vous allez me dire "Voilà au moins une scène qu’ils ne vont pas rater ou barder de poncifs : il suffit que le héros rentre, dise bonjour comment vas-tu yau de poêle, tout ça, et que sa fille grimpe dans la voiture, et c’est plié." Mais ce serait sous-estimer les pouvoirs scatophiles de Roland Emmerich : car à peine John est-il à la porte qu’on lui décharge au museau un nouveau poncif, parfaitement inutile : sa fille lui fait la tête parce qu’il a oublié de venir la voir au spectacle de son école.

Bon alors sérieusement les petits gars, il va falloir arrêter : caser le fait que le héros a raté le spectacle de l’école de sa fille ou le match de base-ball de son fils, ça devient vaguement lourd. Non seulement ça ne sert pas à grand chose, mais en plus, quitte à rajouter des éléments sur la vie des personnages, je ne sais pas, ils ne pourraient pas avoir d’autres activités ? Je veux dire : ce ne sont pas les loisirs qui manquent. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le spectacle ou le base-ball ? Une compet’ de judo, un course d’athlétisme ou une lecture publique de Mein Kampf, il y a le choix, sacrebleu.

En même temps, "Papa n’est pas venu à ma compet’ de curling", ça se comprendrait.

Mais ce n’est pas grave : il ne faudrait pas montrer que l’on a fait un effort d’environ 0,5 secondes sur le scénario pour ne pas hurler au spectateur qu’on le prend pour un con.

Bref : John le papa caricatural fait donc monter Emily sa fille caricaturale dans sa grosse voiture caricature, puis salue son ex-femme caricaturale avant de prendre la route (normale, elle, merci). Mais pas pour l’école, petite Emily, papa a une surprise pour toi : que dirais-tu d’aller à la Maison Blanche ?

La jeune fille est donc si heureuse de la chose et joue tellement bien qu’un instant, j’ai cru qu’elle faisait une crise d’épilepsie (ou qu’elle était Marion Cotillard), mais hélas, non. Elle se met alors à lancer aléatoirement des anecdotes historiques sur la Maison Blanche, parce que dans la vie, c’est connu, quand vous dites à quelqu’un "Tiens, si on allait au Louvre ?" il se met à parler tout seul citant Wikipédia. Encore une fois : quel talent.

J’en profite pour le signaler : Emily refuse d’appeler son père "Papa" ou "Papounet" et préfère donc "John". Quelque chose me dit que d’ici une ou deux explosions, elle aura changé d’avis, mais chut, ne spoilons pas, tout cela est tellement imprévisible, je m’en voudrais de vous gâcher le film. Toujours est-il qu’une fois sur place, John est invité à se rendre à l’entretien qu’il a obtenu, mais que petit imprévu, celui-ci se déroule avec Carol Finnerty… un ex amour de jeunesse de notre héros !

Attention, un, deux  : "HO BIN CA ALORS !"

Voilà, merci.

Carol, donc est bien surprise de retrouver John : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était au lycée, mais leur histoire s’étant mal terminée (une sombre histoire de soirée mousse ayant dégénéré), ils sont un peu en froid. Carol consulte donc le dossier de notre héros devant lui, et fait le récit de sa vie après le lycée : petits boulots divers, puis engagement dans l’armée, où le bougre a atteint le grade de sergent. Il a évidemment été décoré pour héroïsme, puisqu’il a sauvé un de ses petits camarades d’un véhicule en flammes. A noter que le script étant décidément d’une rare qualité, ce dialogue de Carol s’y glisse : "Je vois que vous avez sauvé un de vos camarades d’un blindé en feu. Pourquoi ?"

Mais je ne sais pas Carol, qu’attends-tu comme réponse ? "Nan mais c’est parce que je lui avais prêté ma Game Boy je voulais la récupérer" ? "Il était assez cuit, j’aime ma viande saignante" ? "Pardon Carol, mais es-tu un hamster avec une moumoute pour poser des questions pareilles ?" ?

Bref. L’absurde entretien se poursuit avec les états de service militaire de notre larron qui, bien que héros, n’en était pas moins… mais si, allez, vous le savez. Attention : "une tête brûlée" !

Allez, on reprend : "HO BIN CA ALORS !"

Restez vigilants, je sais pas vous, mais moi, je sens d’autres trucs caricaturaux venir. Ne me demandez pas comment je le sais : c’est l’instinct.

Toujours est-il qu’au final, Carol annonce à John que non, le président n’a pas besoin d’un psycho-ouf dans son équipe, et que donc, merci John, bonne journée, et tiens, voici mon pied au cul pour faire bonne mesure. Sitôt sorti de cette rencontre décevante mais mouvementée, John va retrouver sa fille et pour ne pas la décevoir, lui dit que hahaha hihihi, mais si, évidemment que l’entretien s’est bien passé, mais bon, tu sais, on verra, c’est pas fait, et puis bon, c’est l’administration, alors hein bon hé, ho, hein dis. Ta gueule en fait.

Sauf que sur le chemin de la sortie, un guide de la Maison Blanche, prenant le duo pour des touristes, leur propose de se joindre au groupe qu’il s’apprête à emmener en vadrouille. L’occasion idéale de faire plaisir à la petite Emily (notons que le héros, bien qu’habitant à Washington et avec une fille passionnée par le sujet, n’a jamais pensé à proposer cette visite avant, c’est vrai que c’était compliqué), en route donc ! L’occasion idéale pour Emily de montrer qu’elle est définitivement un personnage si puissamment relou que je lui attribue une note de 9,5/10 sur l’échelle de Jean-François Copé. En effet, celle-ci passe son temps à débiter des choses qu’elle a lues sur Wikipédia, comme par exemple l’emplacement des vieux-tunnels-qui-officiellement-n’existent-pas ou du bunker-top-secret-du-président.

Alors que l’ensemble des touristes un peu gavés s’apprêtent à isoler Emily dans les toilettes pour lui péter la gueule à coups de lunettes de WC, une radieuse surprise attend notre petit groupe : James Sawyer, le président des Etats-Unis en personne, débarque au milieu de la visite.

"Bonjour les amis ! Je viens de terminer à l’instant un discours sur le fait que je retirais toutes mes troupes du Moyen-Orient et qu’à la place je mettais le budget de l’armée dans l’aide au développement. Comme ce n’est pas du tout le genre de déclarations qui a des conséquences, et que je n’ai pas non plus un pays à gérer, je me suis dit que tiens, si je venais glander avec les touristes en shorts à fleurs ?"

Autant vous dire que par la grâce de cette arrivée impromptue, les sous-vêtements d’Emily découvrent instantanément l’exotisme d’un climat tropical. La bougresse en profite donc pour demander au président s’il ne voudrait pas répondre à une interview pour sa chaîne Youtube, là, tout de suite, au pied levé, et là encore, James Sawyer accepte parce qu’il a le swag. Histoire d’alimenter un peu plus, le bullshit généralisé, Emily, au lieu de poser une question comme "Ça fait quoi d’être président ?" ou "Elle est devenue quoi, Monica Lewinsky ?" lui demande ce qu’il pense de la crise actuelle au Moyen-Orient (pourquoi pas), particulièrement des conflits inter-régionaux (heu, bon, d’accord, on va dire qu’elle est très en avance) et plus particulièrement de sa position face aux dissidences chiites (en fait, non : va chier Emily).

"Ta question est très intéressante Emily. Vraiment. Ce qu’on va faire c’est que tu vas la reposer à mon garde du corps, là, derrière, et on va voir si tu esquives les clés de bras comme moi les questions."

Je ne déconne même pas, hein. C’est vraiment la question qu’elle lui pose. Ah non mais, quand je vous dis que c’est écrit avec les pieds, je n’exagère pas.

Le président lui répond donc un truc qui tient plus d’une Miss France que d’un homme d’état (ils ont dû inverser les dialogues, je suppose), avant de voir Emily lui dire "Merci président ! Au fait, mon papa va intégrer votre sécurité !". James Sawyer sourit donc tranquillement, avant de se pencher à l’oreille du papa d’Emily pour lui souffler :

"Ce n’est pas beau de mentir aux enfants."
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Ce à quoi John oublie de répondre :

"Et ce n’est pas beau d’avoir lu le script.
- Pardon ?
- Bin oui : je viens à peine de passer l’entretien, on m’a dit non il y a dix minutes. Alors vous m’expliquez comment vous pouvez savoir que je ne suis pas pris ? En plus d’avoir le temps de glander avec les touristes et de faire le kéké sur la chaîne Youtube de titeprincesse_star_81, vous avez en plus trouvé le temps d’aller vérifier aux ressources humaines les résultats de l’entretien d’embauche d’un type que vous n’avez jamais vu ?
- Heeeeeeeeeem hum hem, je… je… hooo, on m’appelle !"

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Quelle attention minutieuse portée à chaque seconde de ce film, c’est impressionnant. Et notez que la plupart du temps, ça n’apporte rien à l’histoire. Non, c’est juste pour rajouter des erreurs. Attendez que je vérifie un truc… budget du film, 150 millions de dollars et… ho ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Sony Pictures n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’avant même la préparation du tournage du film, 3 millions avaient été dépensés pour acheter le scénario de James Vanderbilt. La société de production avait déjà travaillé avec lui pour The Amazing Spider-Man.

3 millions de dollars. Pour un truc qui est déjà aussi moisi alors que le film n’a même pas commencé. A ce prix là les enfants, gardez bien vos rédactions de CP : à l’argus d’Hollywood, elles doivent bien valoir 1 ou 2 millions de dollars.

Allez, allons donc voir ailleurs si les choses se déroulent mieux. Et rendons-nous à la demeure magique de Martin Walker, patron de la sécurité présidentielle justement, qui se prépare à une nouvelle belle et grande journée. Après s’être brossé les dents et avoir fait les mots croisés de Biba pendant qu’il délivrait ses flancs de l’ennemi intérieur, Martin a donc pris le chemin du travail, mais d’abord, il a salué sa femme :

"Au revoir ma chérie, je vais au travail. Tiens, garde-moi ce pin’s drapeau américain que je porte d’habitude au col, tu veux ? Je ne veux pas le porter aujourd’hui.
- Mais ? Pourquoi ?
- Et puis tiens, laisse-moi te dire que je t’aime comme si c’était la dernière fois.
- Hein ?
- Tiens, t’ai-je dit que je ne m’étais jamais remis de la mort de notre fils, militaire mort en opération spéciale en Iran suite à un ordre du président ?
- Qu’est-ce que… Martin ? Nom d’une pipe Martin : tu serais pas en train de filer des indices gros comme des clients de Wall-Mart aux spectateurs pour leur spoiler le fait que tu es un traître ?
- Pas du tout. Par ailleurs mes indices sont très subtils.
- "Subtil" ? Ah non mais visiblement, t’as pas dû bien lire le dictionnaire, ça explique que tu en chies avec les mots croisés de Biba. 
- Bon allez, je vais au travail, hop."

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Mauvaise idée, on aurait pas dû aller voir de ce côté là en fait, c’est aussi pourri que le reste. Suivons donc l’ami Martin Walker jusqu’à la Maison Blanche, où il retrouve toute l’équipe de la sécurité présidentielle dont sa bonne amie Carol, pour leur dire que ça va encore être une bien belle journée, dis-donc. Mais surtout, et parce que ça faisait bien 45 secondes qu’on avait pas eu un truc vu et revu, on fait soudain rentrer un gâteau dans la salle : figurez-vous que Walker est à une semaine de la retraite !

Allez, tous ensemble : "Tu vas mouriiiiiir !"

Là encore, cet élément n’apporte rien, à part de quoi pleurer de douleur devant autant de nullité. Tout le monde file donc des cadeaux et des tapes dans le dos à papy Walker, en lui disant qu’il manquera à tout le monde. Tous les passants, même dans les couloirs, lui serrent la main en lui disant "Bon bin, bonne retraite hein !".

Je ne suis pas un expert, mais moi j’ai entendu dire que les pots de départ, c’était quand on partait. Non parce que sinon, v’là le reste de la semaine : "Bin t’es pas encore parti toi ? Je t’ai pas serré la main hier en te disant adieu ?". Ambiance.

Durant la petite sauterie, Martin va donc trouver Carol pour s’entretenir brièvement avec elle :

"Carol, tout est calme aujourd’hui et vous travaillez trop. Rentrez chez vous et reposez-vous.
- Mais ? Pourquoi ? 
- Parce que je vous l’ordonne.
- Mais je sais pas, ça sonne suspect. Un peu comme si… comme si vous aviez des accents de traître dans la voix.
- Vous imaginez des choses, niet niet popovitch. Alamdoulila, nardin. 
- Vous devez avoir raison, je vais rentrer chez moi."

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La belle va donc reprendre son automobile et s’en va tranquillement dans les rues de Washington, sans savoir qu’au même moment, il se passe des choses… au Capitole !

En effet, au même moment, au Capitole : "Je propose que la pizza soit désormais un légume"

Car dans les couloirs de celui-ci, un terrible vilain (roux et barbu, c’est dire s’il appelle la mort de ses vœux) rôde. Et comme c’est un vrai professionnel des actions méchantes, il a pensé à noter au bic bleu sur son bras le numéro de la salle où l’attend tout l’équipement pour mettre la zone dans le bâtiment.

C’est vrai que s’écrire dessus comme une collégienne, c’est pro. Comme ça, si la police l’attrape et qu’il n’a pas le temps de se frotter à la salive, hop, toute la maréchaussée sait dans quelle salle aller chercher les preuves de l’odieux forfait. Attendez, je relis plus haut… moui : 3 millions de dollars.

Notre sympathique loulou s’en va donc dans un local d’entretien récupérer son matériel de farceur, à savoir un bleu de travail et du matériel de nettoyage ainsi qu’accessoirement, une bombe. Combinant habilement tout cela (il enfile le chariot, cache la bombe dans le bleu de travail et … attendez, non… ah merde, j’espère qu’il a bien noté l’ordre des opérations sur son autre bras), il ressort donc grimé en technicien de surface, poussant devant lui son chariot piégé. Sitôt qu’il a placé celui-ci dans la salle de la coupole du Capitole, il ricane donc très fort et s’enfuit tel un farfadet maléfique atteint d’incontinence, alors que peu après, derrière-lui, BROUF fait la bombe.

Le bâtiment prend donc un peu cher, mais pas autant que les touristes et agents de sécurité voisins qui font de l’auto-crémation au black.

Carol, qui était en chemin pour chez elle, voit donc l’explosion et se précipite sur place pour aller vérifier que l’évacuation se déroule bien. Et en effet puisque non, Bob, le boss du capitole, n’a pas été transformé en torche humaine, et le vice-président qui était dans le coin va bien lui aussi. Bob est donc envoyé se planquer au Pentagone, pendant que le vice-président est collé dans Air Force One qui décolle aussitôt pour se mettre à l’abri à ouat’mille mètres d’altitudes, histoire que si Washington soit attaqué, tout le monde ne soit pas au même endroit, stratégie dite du "Mile High Club". Et à la Maison Blanche, l’alerte est donnée : la place est verrouillée et tous les agents de sécurité s’arment et vont se poster à toutes les fenêtres prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui a l’air suspect : homme armé non-identifié, porteur de turban, ou pire, politicien honnête (mais là, le mot "suspect" frôle l’euphémisme). Le président se retrouve lui enfermé dans le bureau ovale avec quelques conseillers ainsi que son chef de la sécurité, le temps que l’on en sache un peu plus sur ce qu’il se passe au Capitole. Ce qui veut dire que pour John et Emily, la visite touristique s’achève assez brusquement. J’ai envie de dire : remboursez nos invitations.

Surtout que l’alarme s’est déclenchée pendant qu’Emily était aux toilettes en train de réviser ses plus grands airs de cornemuse, ce qui signifie qu’elle est séparée de son papa lorsque la Maison Blanche passe en alerte rouge. Rebondissement !

Résumons :

  • Le président est en sécurité dans le bureau ovale
  • Le vice-président est en sécurité dans Air Force One
  • Le patron du Capitole est emmené au Pentagone pour être mis en sécurité et y arrive sans encombre
  • John est en sécurité avec les autres touristes dans une aile de la Maison Blanche
  • Emily est sur le trône à relâcher des papillons de leur sombre captivité

Tout devrait donc aller pour le mieux. Sauf que…

Sauf qu’un agent de la sécurité de la Maison Blanche remarque qu’un groupe d’ouvriers n’a pas entendu l’alarme. Il rentre donc pour leur dire que dites donc bande de fripons, vous n’avez pas trouvé ça suspect, la grosse sirène, les gens qui hurlent et les types armés qui passent dans des bruits de bottes ? Mais alors qu’il engueule les galopins, l’agent remarque, mais bien trop tard, que c’est un piège : ces ouvriers ont bien trop de moustaches, tant et si bien que même un orchestre mariachi ne pourrait les égaler. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : ils sont méchants (ou ils ont juste très mauvais goût, dans les deux cas, mieux vaut ouvrir le feu par principe).

Mais avant que notre homme ne commence à leur distribuer des balles dans la tête, les vilains, puisque ce sont bien eux, lui maravent la mouille et lui prennent son arme avant d’y visser un silencieux qu’ils avaient réussi à passer au nez et à la barbe de la sécurité. Dès lors, ils peuvent lancer leur plan super rusé : prendre la Maison Blanche à 12 contre 200 avec un seul pistolet.

Et évidemment, ils y arrivent sans problème.

Normal.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu’ils sont un peu aidés par la main du scénariste, puisque déjà, ils tuent tout le monde d’une seule balle, même à 20 mètres de distance, les gens meurent instantanément et sans bruit, et en plus, même leurs corps tombent telles des plumes histoire que dans la salle d’à côté on entende pas qu’il se passe un truc et que l’on puisse se faire massacrer en paix. Probablement que ce sont des gardes en mousse, d’où l’expression.

Bon, après, on pourrait aussi dire, mais ce serait chipoter, qu’il manque un truc. Mais si, un tout petite, qu’on oublie facilement, surtout, à tout hasard, dans une équipe de cinéma :

Les caméras.

Mais si, vous savez ce truc tellement basique que même Intermarché en a pour éviter les vols de yaourts aux fruits ; j’ose vaguement imaginer, mais c’est un peu audacieux, que allez, disons que la Maison Blanche en a ? Auquel cas, ça pourrirait un peu le plan, je suppose.

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Quelques minutes auparavant, dans une Maison Blanche crédible.

"Hardi les amis ! Maintenant que nous avons tué ce garde, allons donc mettre des balles dans la tête de tous les fonctionnaires de la maison !
- OUAIIIIS !
- Krshhhh… krsshhhh….
- Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Regardez chef, on dirait que ça vient du haut-parleur ! Là à côté de… ah bin de la caméra, tiens.
- Krshh… un deux, un deux… on m’entend ? Ici Gégé, du PC sécurité. Bon, ceci est un message aux petits malins qui se cachent dans la salle de projection et qui viennent de tuer notre copain Jean-Jacques : on a environ 60 gardes avec des mitrailleuses lourdes qui vous encerclent. Sachant que vous avez un pistolet pour douze et que vous venez connement de tuer votre seul otage potentiel pour lui prendre son arme, soit vous sortez pour vous prendre des coups de bottin dans la gueule, soit on rentre vous mettre des coups de bottine. 
- …
- Krsshh… oui alors en fait on me dit qu’on va juste faire entrer des grenades, histoire de gagner du temps, Bisous !"

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"Des caméras… mais enfin John, aurais-tu oublié que notre priorité à la Maison Blanche était la protection de la vie privée des citoyens ?"

Mais ouf, non : nous sommes dans un mauvais film, donc personne ne pense aux caméras, ni dans un camp, ni dans l’autre. Les méchants, très fier de leur coup annoncent donc sur la radio que la voie est libre : les renforts peuvent arriver. Car oui : des camionnettes de faux ouvriers garées sur le parking de la Maison Blanche et que personne n’avait pensé à inspecter, sortent une paire d’hommes en plus : Jean-Paul Moustache, un terrible commando ressemblant à un croisement entre Arnold Shwarzenegger et Freddy Mercury, et Maurice Ubuntu, un hacker mystérieux. Le chef du commando des méchants, joliment nommé Emile, explique donc ce qu’il convient de faire : Jean-Paul Moustache va aller sécuriser les dernières pièces pas encore prises, comme par exemple la salle où les touristes en visite ont été enfermés, pendant que Maurice va aller au centre informatique de la Maison Blanche pour y lancer un mystérieux piratage (probablement pour trouver le p0rn présidentiel). Emile de son côté a des choses à faire, comme par exemple aller sur le toit avec quelques hommes coller des balles dans la tête des derniers agents de sécurité qui s’ébattaient gaiement tel des lapins soyeux sur la pelouse présidentielle.

Du coup, ça alerte un peu l’équipe dans le bureau ovale, qui jusqu’ici, se faisait les ongles.

"Tiens Walker, vous avez vu ? On dirait un assaut.
- Maiiiiis non. Je vois pas ce qui vous fait dire ça.
- Je sais pas : le fait que depuis les fenêtres je vois mes hommes se faire abattre dans les jardins ?
- Aaaah ouaiiiis. Bon, vous savez quoi président ? On va avertir le Pentagone que ça sent le pâté et aller se cacher dans le bunker présidentiel. Allez les gars : en formation, on escorte le colis jusqu’au bunker."

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Ce qui est dit est fait, le tout, sans croiser de terroristes. Sauf qu’alors que le président ouvre le bunker présidentiel à l’aide son mot de passe secret ("LincolnRoxor"), Walker sort son arme de sa veste et abat son adjoint à la sécurité, les autres agents restants, et accessoirement les deux couillons qui montaient la garde à l’entrée du bunker.

Oui, Walker est vieux et fatigué, mais non, ça ne l’empêche pas d’abattre tranquillou 7 mecs qui avaient leur arme à la main et étaient en alerte maximale sans que ceux-ci ne réagissent. Ils avaient sûrement du lag. Le président est bien étonné, mais Walker histoire d’aider le spectateur un peu con, précise sa pensée :

"Ahaha, je suis un traître !"

En même temps, tu aurais dit que tu étais une licorne, c’est vrai que c’eut été plus surprenant. Mais le bougre poursuit donc : "Ahaha, président ! Votre politique de faire la paix avec les muslims est folie ! Et en plus, mon fils est mort en opération chez eux, et vous voudriez qu’il soit mort pour rien ? Ça ne se passera pas comme ça !"

Sauf que pendant que notre homme soliloque et que les spectateurs pleurent devant ce qui est du niveau d’un téléfilm M6, la situation a évolué dans les niveaux supérieurs de la Maison Blanche.

A savoir que dans la pièce où les touristes de la visite guidée avait été enfermés et où ils attendaient protégés par deux agents, surgit soudain… Jean-Paul Moustache !

"Mon dieu il a une MOUSTACHE !" crient donc les innocents terrorisés en se disant qu’ils ont là affaire à un hipster. Heureusement, le brigand les rassure bien vite en mitraillant la gueule de l’agent de sécurité survivant le plus proche : non, il est juste un terroriste. Tout le monde est donc rassuré. A part peut-être John Cale, qui voyant cela, se dit que c’en est trop, cette visite guidée est vraiment un scandale. Il attrape donc l’arme au sol du garde mort, se fait mitrailler (mais à partir de maintenant, les terroristes vont se mettre à tirer dans tous les sens sauf sur lui) mais parvient à s’enfuir, non sans avoir au passage mis une balle dans le bidou d’un terroriste qui passait par là, parce que plaisir d’offrir, joie de recevoir.

Armé, grognon, mais paniqué, notre héros erre donc dans les couloirs à la recherche de sa fille, qu’il suppose toujours aux toilettes en train de tester le principe des caisses de résonance sur la porcelaine. Mais après avoir constaté que la jeune fille avait dû filer, il entend des voix non loin, et se rendant sur place… aperçoit le président James Sawyer menacé par Martin Walker !

"Palsembleu" s’écrie donc notre héros, ajustant très tranquillement son arme pour abattre Walker qui ne l’a pas vu situé à 5 mètres de lui. Et tirer finalement 30 mètres au-dessus de sa tête parce que sinon, le film serait plus court. Qu’à cela ne tienne : voilà qui suffit à faire diversion, allez hop, John récupère le président et fuit avec lui dans la Maison Blanche, le tout, au passage, en tuant un autre terroriste qui passait par là et donnant une bonne patate à Emile qui lui aussi se promenait. Mais là encore, sans le tuer, ni l’emmener comme otage, non : là encore, le film doit durer.

A noter que nos héros se sont dit que tant qu’à choisir entre foncer vers le bunker présidentiel pour être en sécurité, en ayant juste sur son chemin un papy Walker déjà bien entamé, tellement que m’est avis que c’était le moment de lui jeter une pokéball dans la margoulette, et courir dans toute la Maison Blanche sans aucun abri et avec tout un commando terroriste surentraîné sur le dos, nos héros ont choisi la seconde option.

La bonne nouvelle, c’est que des ficelles si fines et légères, ça permettra potentiellement de lyncher le scénariste sitôt que Diego l’aura retrouvé.

Subtilité toujours, évidemment, nos héros décident intelligemment de s’enfuir en s’enfermant dans un ascenseur voisin. Emile attrape sa radio pour annoncer à tous ses hommes que attention, attention, le président des Etats-Unis et un type qui fait de la gonflette viennent de monter dans un ascenseur, alors que tout le monde se tienne prêt à capturer l’homme d’état et à transformer son copain en art contemporain sitôt que les portes s’ouvriront. "Oui chef !" font donc les vilains avant d’aller se mettre en position. Sauf qu’évidemment, au moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrent en arrivant à un étage… ses occupants ont disparu !

"Ça alors !" font donc les terroristes. Avant de… heu… rien.

Nan mais c’est vrai, hein. Après tout, c’est peut-être juste que le président est escorté par Garcimore, du coup autant laisser tomber.

Notez que la cage d’ascenseur est équipée de petites lucarnes au-dessus du palier de chaque étage pour permettre d’écouter les plans de l’ennemi en toute sécurité.

Donc, non : personne ne pensera qu’un ascenseur n’a que deux sorties, et que si les gentils n’ont pas pris la porte principale, ça vaut peut-être le coup d’inspecter la trappe de secours. Parce que oui, nos héros se sont bel et bien tout simplement planqués sur la cabine de l’ascenseur. Et tapent même tranquillement la discut’ sans que personne ne les entende. Ils se permettent aussi de rajouter d’inutiles incohérences (des fois que ça ne suffise pas), par exemple lorsque le président, à un moment où l’ascenseur va au dernier étage et risque donc de les écraser entre la cabine et le mécanisme, décide de coincer sa chaussure dans les rouages pour bloquer la situation et ainsi éviter un funeste destin. Hé bien figurez-vous que si ce geste sauve nos héros, juste en-dessous, la réalisation a aussi oublié que bloquer un ascenseur, bin ça bloquait un ascenseur, et du coup le mec qui montait au dernier étage finit son trajet et arrive à destination sans problème.  Même pas un décalage d’un demi-centimètre avec le palier. J’ai donc deux théories :

  • Soit ce film est réalisé par des branquignolles qui paient pour rajouter des scènes inutiles, sauf pour les incohérences
  • Soit les chaussures présidentielles sont magiques : quand on les écrase, par exemple dans des rouages, elles créent des poches spatio-temporelles ; d’où l’expression "le président n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds"

Camarade, choisis ton camp.

Mais attendez, le puits de la médiocrité est plus profond encore ! Inutile de le sonder avec un Nicolas Cage attaché à une ficelle, enfilez directement vos scaphandres, on descend. Car tout de même, à un moment, à force d’entendre deux mecs se raconter des blagues et jouer à Twister sur le toit de la cabine, un terroriste qui prenait l’ascenseur avec des missiles décide de pointer son arme vers la trappe de secours puisque ça semble vaguement suspect, tout de même. Mais avant qu’il ne puisse l’inspecter plus avant, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, et un autre de ses copains l’attend pour l’aider à décharger le chargement. Et là attention, dialogue :

"Bin ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur d’être attaqué par un ascenseur ? 
- Mais j’ai entendu des bruits suspects !
- Bah, ce sont de vieux ascenseurs, allez oublie et aide-moi à décharger."

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C’est vrai, les ascenseurs sont connus pour faire des bruits ressemblant parfaitement à des voix humaines. Moi une fois, j’ai pris un ascenseur qui imitait à la perfection Raymond Barre, c’était troublant. Et puis bon : on ne parle que d’un ascenseur où deux mecs ont disparu deux minutes avant, mais visiblement, les terroristes l’ont déjà oublié.

Non mais ce film. Ce film.

Mais vous allez me dire : "Bon, d’accord, je veux bien que les terroristes soient cons. Mais à l’extérieur de la Maison Blanche, ils font quoi ? Un Jungle Speed ?". Hé bien, comme je suis sympa, allons donc voir au Pentagone, où justement, la résistance s’organise. A savoir que Bob, le patron du sénat, s’est entouré de tout un tas de généraux et de l’amie Carol pour essayer de faire le point sur ce qu’il se passe. Le tout en ayant une vidéoconférence avec le vice-président à bord d’Air Force One. Et ça discute sec, croyez-moi. Regardons plutôt.

"Ici le vice-président. Bonjour général en chef, bonjour Bob, bonjour Carol. Alors, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’était que cette bombe au Capitole ?
- Hé bien Monsieur le vice-président, il semblerait qu’il ne s’agissait en fait que d’une diversion. 
- Une diversion ? Mais pourquoi faire ?
- Nous venons d’apprendre que la Maison Blanche avait été attaquée. Non parce qu’on a vu des mecs tirer depuis le toit sur les gens dans les jardins : ça nous a mis la puce à l’oreille. C’est qu’on est de vrais pros.
- C’est vrai que là, je suis bluffé, quel talent. Où est le président d’ailleurs ?
- Aux dernières nouvelles, Martin Walker, son chef de la sécurité, l’emmenait au bunker présidentiel. Il est donc tranquille. On ne peut juste pas le joindre puisque les communications ne passent pas dans le bunker. Nous avons fait appeler la garde nationale et encerclons désormais la Maison Blanche avec plusieurs bataillons et même quelques chars."

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Le vice-président est donc choqué par ces sombres nouvelles. Mais pas autant que l’un des conseillers du Pentagone.

"Excusez-moi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? 
- Caporal Roudoudou, consultant en consulting pour le Pentagone.
- On vous écoute Roudoudou.
- Non, je me disais : c’est con comme plan.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Bin, je ne sais pas : vous voulez vous en prendre au président des Etats-Unis, vous ne l’attaquez pas dans l’endroit le plus sécurisé dont il dispose, non ? C’est pas un hasard si tous les présidents qui ont des ennuis les ont toujours quand ils sont de sortie, hein. 
- Heu… oui, bon, mais heu… là ils avaient un super plan avec la… la bombe au Capitole. Voilà. Une diversion. Très malin.
- Rappelez-moi : le but de la diversion, c’était bien de faire passer la Maison Blanche en alerte rouge, c’est ça ?
- Oui je… c’est ça ?
- Donc en plus de l’attaquer leur cible dans l’endroit où elle est le mieux protégée, les terroristes ont en plus pris le temps de déclencher l’alarme AVANT de passer à l’action pour perdre l’effet de surprise ?  C’était ça leur super plan, crier "Coucouuuuuuu on arriiiiiiive" ?
- Ah oui. Nan mais c’est vrai qu’ils sont cons en fait.
- Ah non mais en même temps, vous aussi hein : depuis quand les communications ne passent plus avec un bunker présidentiel conçu justement pour gérer les situations de crise depuis un abri sécurisé ? 
- Heu… non mais c’est parce que moi je suis chez Free, et du coup…
- Sinon vous avez essayé de les appeler sur une ligne fixe, comme ça ? Ou au moins les terroristes, histoire de savoir ce qu’ils veulent ?
- Ah bin, non plus, tiens. Bon, écoutez caporal Roudoudou, vous savez ce qu’on va faire ? On va reprendre le cours du film en essayant de ne pas pleurer, d’accord ?
- Faites comme chez vous les gars."

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Parce que non, alors que la situation dure déjà depuis des heures, personne n’avait pensé à entrer en contact avec l’ennemi, histoire de voir s’ils avaient des revendications comme "Mort à l’Amérique", "On veut du tofu à la cantine" ou "Pitié, arrêtez le blog de Pandora.".

L’équipe du Pentagone se dit donc que ah bin tiens, c’est pas con, oui. Allez hop : ils font le numéro de la Maison Blanche (c’est le 2) et attendent de voir qui décroche au standard.

"Oui allô Martin Walker top trahison 30 minutes j’écoute ? 
- Martin ? Mais ? La Maison Blanche est remplie de terroristes ! Comment sont-ils rentrés ? Où est le président ? Pourquoi avez-vous l’air si sûr de vous ?
- Mais parce que je suis avec les terroristes ! 
- HO ! 
- Hé bin oui. 
- Mais pourquoi Walker ? Pourquoi avoir trahi le pays ?
- Le PRESIDENT a trahi le pays ! Il veut faire la paix avec l’Iran ! Mon fils est mort en opération spéciale là-bas, et je compte bien les faire payer ! Et puis accessoirement, mes hommes et moi voulons 400 millions de dollars, et un Boeing prêt à décoller à l’aéroport le plus proche !
- Mais enfin Walker, vous êtes fou ! Et même si nous acceptions, jamais vous n’arriverez vivant à l’aéroport, vous le savez !
- Carol… c’est bien vous Carol ? Je vous ai renvoyée chez vous ce matin pour ne pas avoir à vous tuer, alors ne vous mêlez pas de tout ça. Et pour le reste, sachez que si je vois un seul sniper dans un rayon de 15 kilomètres de la Maison Blanche, je bute les otages que l’on a avec nous.
- Rascal ! Donnez-nous au moins une preuve que le président est en vie.
- Heu je… hem… heu… oui heu… oui, il est en vie et on… on le tient. Voilà. Merci de nous faire confiance. Bonne journée. Bisous."

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Martin Walker n’est pas très malin : pour donner une preuve de vie du président, il suffisait de frotter très fort un sucre contre le combiné du téléphone : cela aurait ressemblé à la perfection à un discours présidentiel

Et la communication coupe. Tout le monde est donc bien embêté ! Ah, si seulement il y avait encore un espoir au sein même de la Maison Blanche…

… mais l’espoir est là. D’abord, sous la petite forme énervante d’Emily Cale qui a réussi à rester cachée un bon moment, et à filmer un bon paquet de terroristes avec son téléphone. Bon, Jean-Paul Moustache a fini par la repérer et la récupérer, mais avant, elle a quand même trouvé le temps d’envoyer toutes ses vidéos sur Youtube : le monde libre peut donc voir la tête des attaquants de la Maison Blanche ! Et surtout, commenter la vidéo Youtube avec tout le talent des utilisateurs, à savoir "Pouce vert !", "Jador ta chaine suis la mienne stp", "Moi aussi une fois, ma mamie elle a été agressée", puis un long débat sur les agressions de mamies qui après avoir dérivé sur le second amendement, termine sur les nazis. Internet, quoi.

Mais pendant que ça s’écharpe dans les commentaires, à la Maison Blanche, John et James ont réussi à sortir de l’ascenseur pour rejoindre la partie résidentielle du bâtiment, puisque James a eu une riche idée : il faut joindre l’extérieur. Mais comme toutes les communications sont bloquées en cas de crise, les téléphones normaux ne passeront pas. Il faut donc aller chercher le téléphone satellite qu’il a dans sa table de nuit !

Une seconde.

On vient pas de nous expliquer il y a exactement une scène que si, si, les communications passaient, d’ailleurs tellement bien qu’Emily Cale a même pu uploader des vidéos Youtube ?

Non vraiment, bravo.

Mais nos héros ne pouvant pas savoir qu’on est en train de se foutre de la gueule du monde par ici, eux trouvent donc bel et bien dans la table de nuit présidentielle le téléphone satellite. Et dès lors le président annonce donc…

… qu’il ne sait pas qui appeler.

Pourquoi ? Pourquoiiii ? Pitié ! Et la fin qui est encore loin ! Bon bin du coup, c’est John qui, bien qu’ayant perdu son téléphone dans les précédentes fusillades, se souvient par coeur du numéro de Ginette et décide de l’appeler. A bord d’Air Force One, donc, la bougresse prend tranquillement l’appel, et découvre que non seulement John est vivant, mais qu’en plus, il est avec le président. Elle apporte donc le téléphone au vice-président pour que James Sawyer puisse participer aux conversations ayant lieu entre Air Force One et le Pentagone. Et demande donc si on ne pourrait pas envoyer, par hasard, l’armée sauver son présidentiel fessier.

"Oui mais c’est pas possib’ président.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils ont installé des snipers et des armes lourdes sur le toit. On ne peut pas approcher. Des fois qu’ils tirent.
- C’est vrai que ça serait embêtant de la part de méchants. D’ailleurs, ils ont aussi des missiles, méfiez-vous.
- Des missiles ? Non, ils n’en ont pas d’après nos informations.
- Mais ? Sérieusement, on pourrait arrêter avec les lignes de dialogues qui puent ? Vous n’avez PAS d’informations. Vous ne saviez même pas que j’étais encore en vie, bande de blaireaux ! Et nous, on a VU les missiles, alors excusez-nous, hein. Et puis mon général, tu es gentil mais je suis un peu le chef des armées, alors si je te dis qu’il y a des missiles, je t’ordonne de le croire. Paf.
- C’est pas dans le script ça.
- Non, dans le script je me contente de ne pas insister, ce qui est bigrement stupide. D’ailleurs je… HO ! Ho non, ils arrivent !"

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Et la communication coupe net, car, en effet, deux terroristes occupés à fouiller la Maison Blanche sont en train d’arriver dans la partie résidentielle probablement à la recherche de sous-vêtements à revendre sur e-bay à de jeunes fans comme Emily Cale. Hélas pour eux, ils ne savent pas qu’ils sont soumis à la règle ultime des films d’action, à savoir que si jusqu’ici, ils avaient pu neutraliser toute la sécurité locale grâce à leurs pouvoirs de tireurs divins, désormais, sitôt qu’ils tirent sur des personnages qui portent un nom, ils n’ont aucune chance de les toucher. Une fusillade d’engage donc, au cours de laquelle le président parvient à neutraliser l’un des terroristes à coups de baskets dans la gueule (il a eu le temps de changer de chaussures et de citer la marque des nouvelles, subtil), quant à l’autre ennemi, il prend divers coups de la part de John, avant que là encore, le président ne s’en occupe à coup de mitraillette. Quels hommes.

Calmez vos petits cœurs qui battent la chamade et reprenons.

Une fois la zone sécurisé, nos deux loulous vont dans la cuisine et tentent à nouveau de joindre l’extérieur, mais n’apprennent pas grand chose de plus. Non, par contre, puisqu’il y a une télévision dans la cuisine justement, nos larrons peuvent voir que la Maison Blanche est encerclée non seulement par la garde nationale, mais aussi par la presse (ce qui n’inclut pas Fox News, c’est un blog sérieux ici). Presse qui vient de découvrir les images prises à l’intérieur de la Maison Blanche par Emily, et les diffuse en écrivant non seulement le nom d’Emily Cale, mais aussi en y ajoutant son portrait, histoire que les terroristes sachent bien qui les a balancés et demande une grosse balle dans la tête. Bien bien bien.

Le Pentagone, en voyant les images, décide donc d’essayer d’identifier les membres du commando. Et les terroristes, de leur côté, découvrent les images uniquement parce qu’ils se sont rendus du côté de la cuisine de la partie résidentielle de la Maison Blanche à la recherche de deux de leurs hommes qui ne répondaient plus. Parce que non, ils n’avaient pas pensé à allumer une télévision de leur côté, ou alors juste pour regarder Plus Belle la Vie. Martin Walker, qui mène la petite équipe, râle donc en voyant que des images ont filtré, et surtout, se demande bien par où le président et John ont bien pu filer.

Sachant qu’il n’y a qu’une seule issue. Et que l’autre, c’est un monte-charge.

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"Regardez John, on voit votre fille à la télévision !
- Rah, comment ça s’appelait ce truc de journaliste déjà ? La protection des srouces… des soruces… ah, je sais pu !"

Une fois encore, donc, personne ne pense à y jeter un œil. Du moins, jusqu’à ce que les deux loulous fassent du bruit ("HOLALAL JE GLIIIIISSE") et soient donc obligés de se dépêcher un peu, puisque l’on vient les chercher. Mais rapides comme le guépard, et aidés par les trous du scénario, ils parviennent à échapper aux méchants et à atteindre les sous-sols de la Maison Blanche d’où partent des tunnels, dont un mène à l’extérieur. Tunnel que non, personne ne pensera à utiliser pour rentrer discrètement dans la place, hein, vous l’imaginez bien. De tout le film, ça ne sera même jamais évoqué.

De toute manière, alors que John ordonne au président de fuir par là pendant que lui-même va retourner tenter de retrouver sa fille, nos héros sont bien embêtés : Maurice le méchant hacker du commando, qui est aussi un expert en explosifs, a pensé à piéger le coin. Donc à moins d’avoir un démineur ou un chat à disposition, tout le monde est bloqué. Voilà qui est bien triste : mais ce qui l’est plus encore, c’est que les vilains ont retrouvé la trace des gentils et foncent donc vers les sous-sols pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette joyeuse escapade. Ni une, ni deux, nos héros s’engouffrent donc dans un second tunnel, qui mène cette fois… au garage présidentiel !

Bon, sur le chemin, on leur tire dessus dans des couloirs tout étroits, mais encore une fois : même en tirant en rafale dans un passage de 1 mètre de large, les méchants les ratent. C’est fou. Je pense que ce sont des balles venant du consortium La Poste : tu as beau les envoyer encore et encore, elles s’égarent à chaque fois.

Un peu essoufflés, nos fiers gaillards hésitent entre la R19 et la limousine blindée présidentielle, et après une longue réflexion, décident intelligemment (soulignons-le) de prendre la seconde. Ils peuvent donc ainsi tenter de fuir sous le feu ennemi, ce qu’ils font, défonçant la porte du garage pour aller rouler gaiement dans les jardins de la Maison Blanche. La presse et les gens autour sont donc ravis de voir leur président faire le kéké sur le gazon à toute allure, mais bien vite, dans la voiture, on réalise qu’il y a un problème : impossible de fuir, les grilles de la Maison Blanche sont fermées, et tout est renforcé au titane de carbone, rendant compliqué de les défoncer !

La situation empire lorsque sortant du garage présidentiel, deux 4×4 d’escorte surgissent et que du toit ouvrant jaillissent des mitrailleuses lourdes manipulées par les méchants. Qui ouvrent donc le feu sur la voiture blindée qu’ils pourchassent en tournant en rond dans les jardins.

De là, plusieurs choses :

  • Visiblement, la foule tout autour de la Maison sait que ce n’est qu’un film, puisqu’elle ne s’écarte même pas de cette fusillade généralisée à 30 mètres d’elle.
  • Il n’y a pas une seule balle perdue d’ailleurs, merci. Toute s’écrasent bêtement sur la voiture présidentielle, mais sans percer, ça va.
  • Et surtout, top du top : les 3 000 militaires qui encerclent la zone et qui voient le président dans sa limousine se faire tirer dessus par les méchants restent sans bouger, des fois qu’ils puissent être utiles, faudrait pas déconner. Ils ont des trucs plus importants à faire, comme se curer le nez par exemple.

Le président a donc à un moment une brève révélation : tiens, et si j’appelais à l’aide ? Il envoie donc un texto au Pentagone "G cho o Q, ouvré la clotur ;)". Le Pentagone fait donc signe à la garde nationale encerclant la résidence présidentielle : que l’on fasse avancer un char pour qu’il fasse un trou dans la clôture ! Et permette donc à la limousine présidentielle de filer.

"Vroum vroum", fait donc le petit char en passant sur la grille. "Ho, bé hé non alors !" répondent les terroristes sur le toit, en sortant leur lance-missile. "Boum", fait donc le petit char et "Terrorists : win" fait la voix off dans la tête des joueurs de Counter-Strike (pensez à en parler à un psy quand même à l’occasion). C’est donc embêtant, puisque l’épave du char bloque justement le trou qu’il a fait dans la clôture… retour à la case départ, donc.

Sauf que le président se souvient que sous la banquette arrière de la limousine présidentielle, sous les sachets de schnouf, il y a… un lance-roquette !

Si, si. Et même une édition deluxe, puisque celui-ci est tout métallisé et proche de l’outil tuning.

Le président des Etats-Unis empoigne donc l’arme, se met à la fenêtre de la limousine (qui jusqu’ici était mitraillée par ses poursuivants, mais soudainement, les balles s’arrêtent juste le temps qu’il sorte, elles sont sympas quand même) et fait sauter le portail de la Maison Blanche pour sortir en paix. "A nous la liberté !" s’exclament donc les joyeux lurons, des arcs-en-ciel dans les yeux,  en fonçant vers la liberté.

Mais alors qu’ils s’apprêtent à fuir, voici qu’apparaît, sur le balcon de la Maison Blanche, Jean-Paul Moustache qui pointe une arme sur une otage : Emily !

"Mais heuuuuu !" râlent donc nos gais compagnons pendant que le public scande "Tire ! Tire ! Tire !" S’ils fuient, elle meurt. S elle meurt, le film devient un peu moins pénible : elle doit donc vivre et ils doivent abandonner l’idée de filer. John et James se retrouvent donc, tels de vulgaires Vin Diesel, à faire les zazous autour de la Maison Blanche en se demandant pourquoi la garde nationale, qui vient pourtant de se faire attaquer au missile, continue de manger des sandouiches en faisant coucou plutôt que de faire, je sais pas moi, un truc ? Leur véhicule présidentiel, probablement lui-même fatigué par autant d’événements navrants, décide donc de faire une embardée et de finir dans la piscine locale.

Ressortant un peu humides de l’affaire, nos deux héros se retrouvent donc en piètre état face à Emile et l’un de ses hommes qui ricanent parce qu’ils pensent avoir gagné, ce qui est bien bête sachant que le film est loin d’être fini. Vexé, John sort donc une grenade qu’il avait piquée à un méchant plus tôt, et comme les grenades, ça résiste bien à l’eau, si, si, il l’envoie dans le museau du méchant. Et profite de la diversion pour fuir avec James dans un cabanon voisin. Les méchants, à leur tour vexés (ça peut durer un moment) font donc sauter ledit cabanon, sans savoir que nos héros ont déjà trouvé refuge dans les souterrains locaux. Et que grâce à ceux-ci, ils peuvent rejoindre la Maison Blanche en paix.

Dans l’affaire, le président a quand même été un peu blessé, John et James font donc une pause premier soin, comme de vulgaires joueurs de Baldur’s Gate qui tentent de pioncer en plein donjon.

Laissons donc nos couillons héros et allons voir au Pentagone si on a un peu avancé sur un plan de sortie de crise.

En effet, Carol a fait venir la femme de Martin Walker au Pentagone pour qu’elle raconte tout ce qu’elle sait : en fait, Martin Walker a une tumeur au cerveau et n’a plus que trois mois à vivre. Il se moque donc relativement de sa survie, ce qui complique les choses. Mais Carol a plus d’un tour dans son sac : elle demande à Madame Walker d’appeler son mari pour lui dire d’arrêter les conneries et de rentrer maintenant, merde, il est tard. Mais si la tentative est intéressante, ce n’en est pas moins un échec car Martin répond à sa femme que tout ce qu’il fait, il le fait pour la mémoire de leur fils. Sa compagne lui dit donc "Alors fait tout ce qu’il faut." sous le regard accusateur de Carol, qui s’empresse de hurler "Martin, si vous continuez, votre femme passera le restant de sa vie dans une prison fédérale !" mais ça ne l’influence que peu.

Passe-moi le combiné Carol, laisse faire les pros :

"Si tu continues, ta femme on l’envoie à Guantanamo où elle subira tellement de waterboarding que mon vieux, tu auras pour veuve Bob l’éponge"

Mais Carol ne voulant pas me passer le combiné, elle se contente donc de dire que crotte de bique, ils ont été bien feintés. Et va plutôt faire le point avec le général en chef du coin et le vice-président, toujours en train de passer un appel Skype depuis Air Force One.

"Bon, cette histoire de président qui tire des roquettes, moi je pense que c’est bon pour sa réélection, ça fait couillu quand même.
- Monsieur le Vice Président, concentrons-nous, l’heure est grave. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation comme celle-ci : nous ignorons où est le président, ou même s’il est encore vivant après ses aventures dans les jardins de tout à l’heure. Dans tous les cas, il est prisonnier de l’ennemi. Il va donc falloir prêter serment. Vous allez être le nouveau président."

Ni une, ni deux, Air Force One disposant toujours d’un kit complet de serment présidentiel, à savoir une copie de la constitution, une Bible, un cheeseburger et un rail de coke (dans l’ordre, vous saluez la constitution, puis vous posez la main sur le hamburger en récitant votre petit speech sur les valeurs de l’Amérique, puis vous fêtez ça avec le rail de coke que vous prenez en roulant l’une des pages de la Bible, c’est très codifié), le vice-président devient donc président. Nous l’appellerons donc président II.

"Félicitations Monsieur le président II, vous êtes désormais président. Alors, on vous écoute, quels sont vos ordres.
- Déjà, je veux savoir qui sont les terroristes qui nous attaquent. On a vu leurs visages à la télé grâce à la vidéo de la petite Emily Cale, alors, ça donne quoi l’identification ?
- Hé bien figurez-vous que ce sont tous les terroristes les plus recherchés du pays, tous plus ou moins activistes d’extrême-droite !
- Les bâtards. Carol, je vois que vous faites une drôle de tête, quelque chose à dire ?
- Non mais en fait j’ai tout le temps une drôle de tête : non, je me disais que je venais de piger. En fait, tous ces gens : ils étaient sur la liste des terroristes recherchés… et c’est pour ça que Martin Walker les a choisis ! Parce qu’il savait qu’ils étaient dangereux et talentueux ! Et surtout, prêts à s’en prendre au plus grand symbole de notre pays ! Regardez, il y a Emile, un ancien de la CIA au Pakistan que nous avons abandonné à l’ennemi pour sauver nos fesses sur une histoire politique. Maurice Ubuntu le hacker, qui travaillait aussi pour nous mais qui a fondu un plomb. Jean-Paul Moustache, un type qui n’aime pas trop les gens de couleur. Et bien d’autres encore ! 
- Bon sang Carol : vous voulez dire que Walker a recruté tous les plus grands ennemis que nous ayons ?
- Oui ! Il avait la liste et s’en est servi… de liste de courses si je puis dire !
- Alors dans ce cas, j’ai une question : comment il les a trouvés ?
- Hein ?
- Bah, je sais pas : ce sont les plus grands ennemis de l’Amérique. Donc on les recherche un peu. 
- Oui ?
- Parce qu’on sait pas où ils sont. Sinon ils seraient déjà au trou. Alors c’est bien gentil d’avoir la liste, mais d’où ils sortent ? il les a tous traqué personnellement en-dehors de ses heures de bureau ?
- Ah ? Ah bin oui tiens. C’est con en fait.
- Je ne vous le fais pas dire. Bon, vous savez quoi ? On va changer de sujet : Carol, général, je vous ordonne de reprendre la Maison Blanche coûte que coûte."

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Le Pentagone ordonne donc à ses meilleurs commandos, les Delta Force, d’aller gagner leur ration d’avoine en libérant le palais présidentiel. Et le patron dudit commando explique sur la radio que hinhin, on va trop les feinter les méchants : ça fait des années qu’on prépare un plan super secret qu’on a même pas partagé avec la sécurité présidentielle justement pour ce genre de situation.

Chuck Norris approuve ce plan : il avait le même.

Ah oui ? Dites m’en plus, vous m’intéressez.

"Hé bin ça consiste à arriver en hélicoptère." D’accord, et ensuite ?

"Bah c’est tout. Et puis en plus, en approchant du côté de la porte principale." Ah mais c’est super. Je comprends que vous n’en ayez pas parlé en fait : c’est juste que vous vouliez pas vous faire virer en annonçant un plan aussi pourri. Non ? Bon.

Le Pentagone signale cependant que si ce plan est absolument génial et que personne n’y avait pensé, il n’en reste pas moins un problème : le toit de la Maison Blanche est toujours couvert de méchants armés avec de quoi dégommer des hélicos, justement.

"Non mais on a prévu le coup : on va voler en rase-mottes dans les rues. Comme ça ils nous verront pas venir.
- Okay, mais une fois arrivé vers la Maison Blanche, vous serez tout nus du coup ?
- Ah oui.
- Vous voulez pas plutôt qu’on utilise, je sais pas moi, un avion ou un drone pour balancer une cacahuète de super haut sur le toit pour libérer la place ?"

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Non, je déconne : le Pentagone n’a pas non plus pensé à ça. C’est connu, l’armée américaine déteste avoir recours à des forces aériennes.

Revenons donc à nos commandos, qui volent dans les rues de Washington à fond les rotors, jusqu’à ce que… un radar les flashe. A ce stade, je ne sais même plus comment vous l’annoncer : oui, la contre-attaque des gentils va échouer non pas parce qu’elle est nulle, mais parce qu’en fait, ils se font flasher par un radar comme une vulgaire Twingo en pente. Car Maurice Ubuntu a pris le temps de pirater tous les radars de Washington, mais si, pour détecter d’éventuels hélicoptères qui voleraient en rase-mottes.

Bon. Donc il peut prévenir ses copains sur le toit, qui attendent donc l’ennemi de pied ferme, voilà voilà.

Mais Maurice n’a pas fini de nous surprendre, puisqu’il a fini de pirater le système de sécurité local, et ricane donc : il a enfin accès à tous les codes du NORAD, le système de défense américain. Farceur comme pas deux, il décide donc de lancer la prochaine phase du plan terroriste, à savoir lancer un gros missile sol-air depuis une base américaine… sur Air Force One !

Et comme à bord, on a oublié que l’appareil avait des contre-mesures, on se contente de voler en ligne droite en faisant "Aaaaah, bah non alors !", et idem pour les avions de de l’escorte. Boum, fait donc Air Force One, avant d’aller s’écraser un peu plus loin. Le vice-président et Ginette, condamnée à mort plus tôt dans le film pour avoir parlé de seske bien qu’étant une femme, meurent donc comme des bouses.

Cela fait, Maurice se dit qu’avec l’arrivée prochaine de commandos, il va quand même mettre les voiles. Il se rend donc aux souterrains de la Maison Blanche, et plus précisément au tunnel qu’il avait piégé.

Et se tue avec ses propres explosifs, sans aucune raison.

Bon. Bin super, merci d’être venu, hein.

On continue ? Non parce que ce n’est pas fini, hélas. Mais je comprendrais si vous vouliez vous arrêter là tant c’est nul.

Donc, le commando des Delta Force arrive avec ses hélicoptères face à la Maison Blanche, bien à découvert et, ô, surprise, les ennemis sur le toit ouvrent le feu à l’arme lourde et au missile, abattant les trois appareils sans trop de soucis. Une séquence fascinante, vous l’imaginez bien.

John, qui a entendu la cavalerie arriver, a bien surgi sur le toit pour essayer de nettoyer les défenses pour faciliter l’arrivée des renforts, mais ça n’a que moyennement bien marché, puisque le dernier appareil a été abattu avant qu’il ne vienne à bout des filous. Le tout, je le rappelle, toujours sous les yeux de moult bataillons de la garde nationale situés à 50 mètres de là, désormais occupés à jouer au rami, j’imagine. Faudrait voir à pas aider, hein, pfou.

Et encore, je vous passe le moment où l’un  des hélicoptères, bien que risquant à tout moment de se faire descendre, décide de dire "Tiens ? Si je faisais du surplace devant le balcon de la Maison Blanche pour voir comment vont les otages par un bout de fenêtre ? C’est pas comme si c’était le genre d’informations qu’on pouvait avoir de loin avec des jumelles sans trop prendre de risques." Non, vraiment. Tout est raté. Tout. Même pour faire voler un hélicoptère d’un point A à un point B, ils arrivent à coller une incohérence.

Bref, après ce catastrophique épisode aéroporté, les terroristes ont quand même perdu un bon paquet de leurs troupes sur le toit. Emile est donc un peu colère, et sait désormais que John est toujours quelque part, et visiblement toujours prêt à passer à l’action avec ses gros muscles huilés. Il a donc bien envie de courir les couloirs pour le retrouver et lui claquer le museau. Mais alors qu’il se promène à la recherche de son ennemi juré, Emile tombe dans un trou du scénario : ça alors, qu’y a-t-il par terre ? Mais ? Tiens, on dirait que John en filant a paumé deux passes pour la Maison Blanche derrière-lui. Passes qui sont impeccables malgré les douze explosions et le passage dans une piscine que l’ami John a connu il y a peu. L’un est au nom de John Cale, d’accord… et l’autre au nom d’Emily Cale : "Ahahah, sa fille fait partie des otages ! " s’exclame donc Emile. "On va rigoler, ça va être la grosse déconne."

Repartons du côté du Pentagone (oui je sais, ce film est complexe à suivre, concentrez-vous) où ça continue de causer sec entre Carol, le général en chef et désormais Bob, le patron du Capitole.

"Bob, écoutez : on est sans nouvelle du président des Etats-Unis, et son remplaçant vient de s’écraser avec Air Force One. Il va falloir prêter serment. 
- Okay, faites péter la coke, la Bible et tout le tatouin.
- C’est parti Bob, on vous écoute pour le serment.
- Je jure d’être gentil et de citer Jésus dans mes discours. 
- Paaarfait. Vous êtes maintenant président des Etats-Unis. Donc pour la seconde fois de la journée, on va générer de nouveaux codes de tir nucléaires et vous les confier. 
- Merci. Maintenant je… heu… je dois appeler ma… ma femme. Voilà. Laissez-moi seul."

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Le nouveau président s’isole donc de manière pas suspecte du tout, dans un endroit entièrement vitré où on peut en plus voir qu’il n’appelle personne et se contente d’utiliser son téléphone de manière mystérieuse, peut-être pour mettre "Je suit présidan lol" en statut Facebook. Sitôt cela fait, il va s’adresser à ses troupes :

"Les amis, on a déjà perdu deux présidents aujourd’hui. Je ne compte pas être le troisième.
- Le ministère du budget nous dit de toute façon que ça commence à bien faire les conneries. Si ça continue, il faudra tellement diviser l’enveloppe des obsèques nationales entre tous les présidents morts que la cérémonie se passera à Mac Donald.
- Je comprends. On va donc arrêter les frais : appelez l’Air Force. On va bombarder la Maison Blanche, tant pis pour les otages. Je viens de me souvenir qu’on avait des avions.
- Mais Monsieur le président ! Le premier acte de votre mandat serait donc de tuer des américains innocents ?
- Il faut bien en finir avec ces pitreries ma petite Carol. La Maison Blanche est perdue, et ils ont déjà piraté ses systèmes pour envoyer un missile abattre Air Force One. Alors hopopop, on siffle la fin de la récré."

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Trois avions sont donc invités à décoller pour balancer suffisamment d’explosifs et de napalm sur la demeure présidentielle qu’il n’en reste que des ruines de la taille d’un cachou. Evidemment, personne ne pense à l’idée que les terroristes, pas cons, ont peut-être eu l’idée de profiter du bunker présidentiel pour être certain de ne pas être emmerdés.

Mais non en fait, parce que comme c’est bien fait, les méchants n’y ont pas non plus pensé.

"Allez c’est bon, je me casse de ce film"

C’est vrai, quoi : quand on a des otages et que le seul objectif est de rester en sécurité le temps d’obtenir ce que l’on veut, qu’est-ce qu’il vaut mieux : s’enfermer dans un bunker ou tenir avec une poignée d’homme un vaste bâtiment où en plus un mystérieux John Cale distribue des claques aux gardes isolés ? C’est chaud.

Bref, les avions sont en route.

Du coup, à la Maison Blanche, on est pas au courant de tout cela et c’est bien dommage. On en est donc encore à chasser le John Cale. Mais les choses deviennent un peu plus faciles maintenant qu’ils ont identifié sa fille : Emile emmène celle-ci dans le bureau ovale, avec son copain Martin Walker et un troisième terroriste, et ils utilisent donc les haut-parleurs de la Maison Blanche pour expliquer la situation.

"Ouhouuuu Jooooohn Cale ! Pour info, nous tenons ta fille, et si tu ne te rends pas avec le président dans les dix prochaines secondes, je mets une balle dans la tête de ta fille.
- Ouiiiiii ! font les spectateurs qui prient secrètement pour que cela arrive depuis le début du film
- Non !" fait le président des Etats-Unis en surgissant de nulle part.

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Emile et Martin sont donc bien contents : ils ont enfin le président. Et John ? Heu… hé bien en fait, ils n’y pensent plus. Non non, là encore, je n’invente pas. Ils le laissent donc courir à son gré dans la Maison Blanche. Le président est donc emmené jusqu’au bureau ovale, où Walker peut lui expliquer son plan.

"Martin ! Bon sang, vous êtes fou, vous aviez juré de protéger le président des Etats-Unis.
- En effet président. Mais je vais bientôt mourir, et rejoindre mon fils, tué en mission secrète en Iran. Mais vous, espèce de traître, vous voulez la paix avec l’Iran maintenant ? Ça ne se passera pas comme ça ! Je le répète encore une fois, pour ceux qui n’auraient pas compris !
- Et vous, d’où sortez vous l’argent pour payer toute cette opération ? Ce sont les lobbies de l’armement, c’est ça ? Parce que je veux la paix, ils veulent la guerre !
- Il est trop tard pour cela, président. Maintenant, tenez : j’ai ici avec moi la mallette nucléaire. Elle ne se déverrouille qu’avec vos empreintes : alors ouvrez-là.
- Jamais ! De toute manière, et vous le savez, les codes nucléaires sont changés sitôt que le président est menacé par l’ennemi. Cela ne vous servirait à rien.
- Hinhinhin… ne vous inquiétez pas de ça, président. Ouvrez-là."

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Dans un coin, le terroriste anonyme qui surveille la scène est quand même bien étonné : lui, il était d’accord pour prendre d’assaut la Maison Blanche. Mais pas pour déclencher un truc grave ! Ah bon, pourquoi ? Tu pensais qu’on attaquait la Maison Blanche juste pour déconner ?

Qu’importe : le président refuse, Walker insiste, il refuse encore, Walker menace la petite Emily Cale qui dit qu’elle est prête à mourir dans la paix dans le monde au lieu de se chier dessus comme il se doit, jusqu’à ce que les alarmes de la Maison Blanche retentissent : il y a un incendie ! En regardant les caméras (car oui, ils viennent enfin d’y penser ; comme quoi, Maurice le hacker avait pensé à pirater tous les radars de Washington des fois qu’il surprenne un hélico volant en rase-motte et à les relier à une alarme, mais pas à faire pareil avec les caméras de la Maison Blanche pour y retrouver d’éventuels fuyards ou poches de résistance, c’est ballot), ils constatent que c’est John qui est en train de mettre le feu !

Non : le bouton "alarme incendie", c’était trop compliqué. Le feu, c’est mieux. Surtout quand on est bardé de grenades et autres explosifs, tu as raison John.

Jean-Paul Moustache et Emile filent donc promptement trouver le brigand, mais ils se font bien évidemment tuer l’un après l’autre lors de duels héroïques où on s’échange coups de poings & co, parce que juste se prendre une balle au coin d’un mur, ça fait tout de suite moins glorieux. Tout cela créant un certain bazar au sein du fameux bâtiment, le président en profite pour essayer d’arrêter Walker, qui visiblement, a mystérieusement reçu les nouveaux codes nucléaires directement sur son vieux bipeur (parce qu’avec Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous). La bagarre ne tourne hélas pas vraiment à l’avantage du chef d’état, puisque dans l’affaire, il se ramasse un pruneau dans le bidou. Et s’effondre les yeux clos.

Emily est donc très triste. Et voudrait bien arrêter ce gredin de Walker qui est en train de programmer l’envoi d’un missile intercontinental sur toutes les grandes cités d’Iran. Mais évidemment, quelques secondes avant qu’il n’appuie sur le gros bouton rouge…

… surgit John, qui a récupéré une voiture (il a eu le temps de passer au garage, d’en sortir, de faire le tour du jardin et d’arriver en environ 7 secondes, bravo), a défoncé le mur du bureau ovale, et mitraille sauvagement le vilain Martin Walker, qui rend l’âme. Averti par un coup de fil de Carol que la Maison Blanche va se transformer en pruneau tout sec d’un instant à l’autre, il fait donc évacuer tous les otages aussi vite que possible, et se sent bien bête en tombant sur le président par terre, visiblement mort.

Sauf que haha, non : la balle qu’il a pris a été arrêtée par la montre d’Abraham Lincoln qu’il portait toujours sur lui en vrai patriote. C’est beau.

Et accessoirement, Lincoln devait porter des montres de 115 kilos pour arrêter net des balles modernes. Probablement un truc à base d’uranium : si la balle ne te tue pas, ce sera le cancer.

Mais dans les cieux, il se passe des choses : à savoir que trois avions armés jusqu’aux dents arrivent à folle allure pour raser la Maison. Et que personne n’est au courant du fait que ça y est, les méchants sont vaincus. Ils volent donc bien évidemment et sans aucune raison, eux aussi en rase-mottes, et soudain, voient au milieu de la foule des civils en train de galoper dans le gazon pour fuir la Maison Blanche, la grosse tête à claques d’Emily Cale.

Qui agite le drapeau américain.

"Nom de dieu regardez ça les gars !" hurle donc le chef d’escadrille qui même en volant à Mach 2, a tout à fait le temps de voir ce genre de choses en détails au sol "Je ne sais pas vous, mais moi, je ne tire pas" ajoute-t-il, avant que lui et ses avions ne désobéissent et quittent donc la zone sans avoir largué la moindre bombinette.

Je vous la refais ?

"Les gars, il faut qu’on aille larguer des bombes sur une zone où il y a des otages. Allez, on y va." et une fois sur place : "Attendez, on arrête tout : j’étais d’accord pour tuer des otages, mais alors pas des otages ET un drapeau américain !"

Si vous pouviez bombarder mon cinéma pour m’achever, vous seriez bien urbains.

"Tu peux mourir pour ton drapeau, mais ton drapeau ne mourra pas pour toi."

La Maison Blanche sauvée, les otages aussi, la garde nationale pénètre enfin sur la pelouse, suivie par la presse qui qualifie l’amie Emily de termes aussi cucus que "la nouvelle petite héroïne de l’Amérique".  Et bientôt, l’hélicoptère présidentiel se pose pour révéler Bob, Carol et son copain général, venus reprendre possession des lieux. Sauf que le président Sawyer ne se montre pas : John, en entendant le récit de ce qu’il s’était passé dans le bureau ovale, a une petite idée de qui est vraiment derrière tout ça, et pour résoudre ce mystère, il demande à ce que le président reste caché encore quelques instants en se faisant passer pour mort. John va donc à la rencontre de l’équipage de l’hélicoptère.

"Bonjour John ! C’est moi, Bob, ton patron, tu sais, parce qu’à l’origine, tu bosses pour la police du Capitole.
- Bonjour Monsieur.
- Je suis président maintenant, c’est pas cool ça ? A part si le président Sawyer a survécu bien sûr.
- Non, il est mouru.
- Ah, c’est trop bête, je vais devoir rester président des Etats-Unis… bon et bien c’est pas tout ça mais il va falloir passer le balai par ici maintenant.
- Attendez ! Regardez ce que j’ai trouvé sur le corps de Martin Walker : un bipeur. Ou un tam-tam. Enfin un truc. Contenant les nouveaux codes de la valise nucléaire. VOS codes, puisque vous êtes l’actuel président. Vous pourriez expliquer, sachant que vous êtes le seul à les avoir, comment ils sont arrivés là ? Et sachant qu’avec Martin Walker, vous êtes l’un des derniers dinosaures au monde à utiliser un bipeur ?"

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Et là, comme dans tout mauvais film, Bob lâche la phrase qui revient à hurler "C’EST MOI J’AVOUE TOUT" :

"Vous n’avez aucune preuve !"

Ce qui est une remarque très intéressante sachant que John vient de montrer qu’il avait dans la main le bipeur de Walker, avec donc le numéro d’où provenait les codes nucléaires. Et en passant un coup de fil rapide, c’est bel et bien le téléphone de Bob qui sonne. Il jure donc vengeance pendant que Carol et son copain général lui passent les menottes, puis le président Sawyer, qui était caché, surgit (mais les figurants sont tellement au niveau du film que même ceux qui sont censés être la presse filment tout sauf le président qui vient de revenir d’entre les morts : à la place, ils filment la pelouse, et hélas, là encore, je n’exagère pas).

"Hahaha, non, je n’étais pas mort ! Je faisais juste semblant pour aider John à piéger Bob !
- Président ?
- Oui Carol ?
- Quel rapport entre le fait de vous faire passer pour mort et le fait que John amène les preuves que c’était Bob le traître ?
- Ah bin oui, aucun, tiens. John ?
- Je ne sais pas non plus. D’ailleurs, même si on a aucune preuve ou aucun nom, on va dire qu’en fait, c’était bel et bien le lobby de l’armement qui était derrière tout ça pour se faire toujours plus d’argent !"

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Ah bin alors tout s’explique, attendez que je résume : le lobby de l’armement, pour atteindre l’objectif "faire plus d’argent", a donc :

  • Engagé le président du sénat américain
  • Pour qu’il recrute le chef de la sécurité de la Maison Blanche qui ça tombe bien n’avait plus rien à perdre et perdu un fils
  • Pour qu’il recrute un commando de mecs recherchés, mais que c’est pas grave, en fait il suffit de les appeler pour qu’ils viennent
  • Pour qu’ils posent une bombe au Capitole
  • Pour mettre la Maison Blanche en alerte rouge
  • Pour qu’ils puissent attaquer la place avec encore moins de chances que la normale
  • Pour qu’ils capturent le président Sawyer
  • Pour que le vice-président soit nommé président
  • Pour qu’ils puissent ainsi abattre Air Force One avec un missile piraté
  • Pour que Bob devienne président
  • Pour qu’il puisse filer les codes nucléaires à Walker afin qu’il vitrifie l’Iran, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’objectif original
  • Et que Bob fasse disparaître toutes les preuves en détruisant la Maison Blanche par un bombardement

Et que comme ça, Sawyer arrête de prôner la paix dans le monde et que donc ils puissent continuer à vendre des armes.

Je rappelle que les autres options, un peu plus compliquées j’en conviens étaient :

  • Graisser la patte de parlementaires, comme un vulgaire lobby contre la musique pas chère

Ou, s’ils voulaient vraiment mettre le bazar en Iran :

  • Acheter une ogive nucléaire à 12 roubles à Youri Popovitch, sous-marinier en vacances chez sa tatie de Volgograd, et la mettre dans la gueule de Téhéran (éventuellement en signant "Bisous, la CIA"  s’ils voulaient une guerre nucléaire).

Ignorant le fait que l’ensemble de ce film est un ratage complet, nos héros montent donc dans l’hélicoptère présidentiel, et James Sawyer, après avoir appris que son plan de super paix mondiale était accepté par tout le monde, demande au pilote de faire le tour des plus beaux monuments de Washington, parce que fuck yeah, c’est un vrai patriote et…

… FIN !

Pour rappel : 150 millions de dollars, dont 3 de scénario.

Je vous laisser aller chercher vos rédactions de CP.

"Attends John ! J’ai pas pigé… c’était vraiment ça le plan des méchants ? Tu déconnes ?"

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Vous avez bien suivi le film ? Maintenant, essayons de reproduire ce film chez nous. Bande-annonce (j’aime bien faire des bandes-annonces, il me faudrait un budget) :

Plan sur l’Elysée et le président marchant dans les couloirs en croisant divers conseillers.

Voix off : tout avait commencé comme n’importe quelle autre journée.

"Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour, bonjour.
- Bonjour Monsieur le Président !"
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Plan sur une salle de briefing.

Voix off : personne ne pouvait seulement s’imaginer que l’ennemi frapperait là où l’on s’y attendait le moins.

"Messieurs, encore une belle journée qui s’annonce sur l’Elysée. L’aigle est au nid, aucune alerte particulière. On applique les consignes habituelles et tout devrait bien se passer. 
- Oui chef."
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Plan sur le palais du Luxembourg qui explose, des touristes hurlant en s’enfuyant dans les jardins. Plan sur le chef de la sécurité présidentielle qui entend la détonation depuis les jardins de l’Elysée.

"Qu’est-ce que c’était  ?
- Cette odeur de gâteaux secs qui brûlent… d’urine rance portée par le vent… mon dieu, ils viennent de faire sauter le palais du Luxembourg ! Code rouge, code rouge, l’Elysée est verrouillé !"
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Plan sur des hommes armés abattant les gardes républicains un par un dans les couloirs.

Voix off : car cette fois-ci, on s’est enfermé avec l’ennemi.

"Pan ! 
- Aaaaah !
- Pan ! 
- Aaaargh !
- Pan !
- Aaaah… mais putain pourquoi est-ce qu’on a juste des épées pour se défendre ? Hein !
- Pan !
- Raaaauuurgh !"
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Plan sur un homme couvert de suie avec un pistolet à la main, l’air grognon dans les toilettes.

Voix off : l’ennemi a commis une seule erreur. Cette erreur, c’est notre espoir. Et il se nomme… Jean Calle !

Plan sur le même homme face au président dans son bureau.

"Président, je suis venu vous sortir de là.
- Mais ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jean Calle, ex-policier municipal. Si ces terroristes n’ont pas payé le parcmètre, je les défonce. 
- Comment êtes-vous arrivés jusqu’ici ?
- On était là pour les journées du patrimoine. Et puis ma fille Emilie adore le parti socialiste. 
- Ah, une vraie patriote !
- En fait ça la fait surtout rigoler."
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Plan sur la limousine présidentielle prise dans une course-poursuite dans la cour de l’Elysée, ce qui revient à faire une course poursuite, mais uniquement en faisant des manœuvres de créneau.

"Président, il y a un lance-roquette à l’arrière, attrapez-le !
- Je ne sais pas m’en servir ! J’ai déjà du mal à critiquer Angela Merkel en public, alors tirer une roquette, pfou !
- Bon sang président, j’ignore qui est derrière tout ça, mais il y a un traître dans votre équipe.
- Sûrement une motion rebelle, je parie que c’est un coup de Martine Aubry."

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Plan sur l’état-major, les ministres tout autour du général en chef, essayant de comprendre ce qu’il se passe en liaison téléphonique avec le président et son sauveur.

"Que dites-vous Jean ? Un traître parmi nous ?
- Oui. Nous pensons que l’un d’entre vous n’est pas vraiment socialiste.
- Ahahahaha !
- Bon, je reformule : l’un d’entre vous est encore moins socialiste que les autres.
- C’est une accusation très grave Calle ! D’ailleurs je… mais ? Où est passé Manuel ?"

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Plan sur le chef de la sécurité présidentielle caché derrière une commode Louis XV pendant qu’on lui tire dessus.

"Le président est en train de s’enfuir, rattrapez-le bande d’incapables ! On vient de tirer la languette du flan, je répète, on vient de tirer la languette du flan !"

Plan sur un sous-marin au large de Brest, les trappes à missiles s’ouvrant lentement. A bord, l’équipage panique complètement alors qu’il a perdu le contrôle.

Voix off : mais cette fois-ci, ils ont attaqué le mauvais pays. 

"Commandant, ils ont piraté l’un de nos missiles ! Ils vont tirer ! Plus rien ne répond !
- Espérons qu’ils ne soient pas au courant de notre meilleur défense : la qualité de notre matériel."

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Plan sur le missile qui décolle, s’élève d’une dizaine de mètres en l’air, pétarade un peu puis retombe en mer dans un vieux plouf.

voix off : ELYSEE PAR TERRE

http://www.elysee-par-terre-le-film.com

Du coup, même si je pense qu’il y a du potentiel : non, vraiment, il y a des films que l’on ne peut vraiment pas transcrire chez nous.

Quelle grande perte.

"Diego, couche-toi !"

Le serviteur se jeta au sol, esquivant de justesse la rafale de projectiles qui vint s’écraser en crépitant sur le véhicule voisin. Se relevant péniblement  pour s’adosser à la berline, Diego observa son maître occupé à jeter un coup d’œil par-dessus une portière entrouverte et malmenée.

"Bon sang Monsieur, comment nous ont-ils encerclés comme ça ?
- Je l’ignore Diego. A cette saison, les mauvais films sont plus nombreux, plus sauvages, mais tout de même. Je n’en ai jamais vu autant. Et pourtant, j’en ai vu des étés. Mais là : R.IP.D Brigade Fantôme, The Lone Ranger, Insaisissables, Crazy Joe…
- Oui mais… attention !"

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Diego se baissa pour laissa la place à son employeur qui fit claquer son Maüser à plusieurs reprises pour repousser un assaillant qui recula en grognant.

"Bon sang, il est agressif celui-là ! C’est lequel ?
- World War Z, il essaie régulièrement de venir squatter celui-là. Mais je ne peux pas être partout, et encore moins là où il y a des zombies, c’est un blog sérieux ici. On va se contenter de le repousser. Tout au plus on dira que c’est un film dans lequel les zombies sont quelque part entre Dr House et Lassie et puis basta. 
- Mais il y a trop de merdes à spoiler Monsieur ! Il faut bien commencer par une !
- Alors on va faire celle-là là-bas."

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Suivant le regard de son maître, Diego fronça les sourcils en voyant un mauvais film à quelque distance de là.

"Celui-là ? Wolverine : le combat de l’immortel ? Mais pourquoi ?
- Parce qu’il le faut Diego. Te souviens-tu du premier volet ?
- Je… je crois que j’en rêve parfois.
- Tu te rappelles ? Toute l’intrigue qui reposait sur une équipe scientifique qui a le choix entre deux cobayes, un volontaire et l’autre non, et qui choisit le second et du coup passe tout le film à s’emmerder ?
- C’est vrai que c’était pourri. 
- Alors on va commencer par celui-là. Tu es prêt Diego ?
- Non."
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Hélas, comme il s’y attendait, son employeur se contenta de prendre son habituel sourire sadique puis de ricaner en lançant :

"Spoilons, mes bons !"

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L’affiche : oooh, mais qu’est-ce que je lis tout en bas ? "En 3D". Et vous connaissez le proverbe : "If you can’t do it right, do it in 3D"

Notre film s’ouvre sur la paisible cité de Nagasaki un beau matin de 1945. Alors que le peuple japonais se prépare à une nouvelle grande journée à une époque bénie où la Japan expo n’existait pas encore, voici qu’un bruit de moteur trouble le ciel : un gros B-29 est en train de se traîner paresseusement jusqu’au dessus de la ville, ce qui n’inspire guère confiance aux locaux qui ont appris que l’autre jour, il s’était un peu passé la même chose à Hiroshima et que ça a provoqué un bond technologique local en matière de lyophilisation. C’est donc au son de "On avait dit qu’on attaquait pas les points de respawn !" que les soldats du cru lancent les sirènes et que tout le monde se met à courir dans tous les sens.

Tout le monde ? Non. Yashida, un jeune soldat affecté à un camp de prisonniers décide de libérer les soldats américains pour leur donner une chance de s’en sortir, et ce sans que ses officiers ne disent rien puisque c’est connu, les japonais étaient d’une courtoisie légendaire avec leurs hôtes. Seul un prisonnier occidental ne peut fuir : un certain Logan, alias Wolverine (je serais curieux de savoir comment ils l’ont capturé sachant que le film repose sur le fait que les armes ne lui font rien, mais passons, peut-être ont-ils utilisé un très gros collet avec un tapas comme appât), car il a été enfermé dans le seul bunker du coin puisqu’étant difficile à contrôler. Attendez, je me relis… oui, c’est ça : des types craignant des bombardements ont filé leur seul et unique bunker à un prisonnier qu’ils n’aiment pas trop.

D’accord. Remarquez, après Man of Steel, plus rien ne m’étonne sur le sujet.

Toujours est-il que le soldat Yashida brise les cadenas empêchant Logan de quitter sa planque, puis en bon soldat japonais, il court rejoindre ses petits camarades, occupés à se suicider avant même que la bombe américaine ne touche le sol (si l’on en croit ce film, il aurait donc suffi aux américains de larguer des trucs sur le pays pour que tout le monde se suicide : pourvu qu’ils ne connaissent jamais la famine, sinon ça va être le bordel en cas de largage de ravitaillement de l’ONU). Mais alors que le bougre hésite, ses petits camarades ayant déjà lancé une opération de trifouillage de leur propre bidou à coups de lame, la bombe atomique tombe sur Nagasaki et une énorme boule de feu se forme et commence à grossir jusqu’à atteindre le camp de prisonniers, un peu à l’écart.

Sauf que Wolverine étant un mec sympa, il ne veut pas laisser mourir ce pauvre petit soldat du soleil levant si gentil avec ses prisonniers : il court donc l’attraper, retourne avec lui dans son petit bunker, et alors que la température commence à monter si fort que les petits vieux dans un rayon de quelques kilomètres se sont instantanément transformés en pruneaux, Wolverine se couche sur son camarade et essaie de le protéger de son mieux avec des éléments du bunkers qui traînent, histoire d’éviter de le voir finir en grillade. L’apocalypse ne dure qu’un temps, et bientôt, c’est donc un Yashida un peu choqué qui ouvre les yeux pour découvrir son sauveur tellement brûlé qu’il ressemble à un steak trois poivres anthropomorphe mais… se régénère sous ses yeux !

"Mais… mais tu es… 
- Oui je suis un mut…
- Tu es le glouton !"

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Oui, je sais. Car oui : évidemment, le japonais, le baptise aussitôt de l’équivalent japonais de Wolvérine, ou "glouton" en français. Non parce que c’est vrai : voir un type se régénérer suite à une explosion atomique, ça fait forcément penser à un animal dont la principale spécialité connue est de taper dans le panier de pique-nique des trappeurs ou déféquer entre les framboises. Alors de deux : soit au Japon, le glouton est un animal particulièrement dangereux et vaguement immortel ce qui est peut-être une conséquence de Fukushima, soit notre bon Yashida est tout simplement complètement con. Toujours est-il qu’en remerciement de ce sauvetage, il propose d’offrir son katana à Wolverine, qui refuse ne souhaitant pas s’encombrer. Mais comme l’asiatique insiste, il lui explique que bon, okay, il veut bien le sabre, mais c’est Yashida qui aura la garde, merde, éventuellement il viendra le voir une semaine sur deux. Après un dernier conseil de Yashida, à savoir "Si jamais ça devait te servir dans le film, sache qu’un sabre japonais se tient toujours à deux mains", les deux se séparent.

Bondissons dans le temps et retrouvons donc Logan au XXIe siècle, vivant désormais en vieil ermite hirsute dans une forêt canadienne. Enfin, quand je dis "vieux" : n’oubliez pas jeunes gens que notre héros se régénère en permanence et ne vieillit donc pas. Et coup de bol, son pouvoir ne s’est pas activé trop tôt, le bloquant dans un corps d’ado boutonneux. Bref, plutôt que d’être condamné à une éternité de Biactol, Logan s’est condamné tout seul à une vie de solitude : en effet, il est toujours poursuivi par les événements des précédents films X-Men, et particulièrement par le fait qu’il a dû péter la gueule à son seul amour, Jean Grey, qui était devenue un peu taquine et essayait par exemple d’exterminer l’humanité. Son seul ami est désormais Pompon, un grizzli coquin qui aime bien pêcher la truite à coups de griffes, chasser l’orignal à coups de dents, et faire de l’exhibitionnisme à proxmité des chemins de randonnée (quel coquin ce Pompon). Seulement voilà : un jour, Logan constate que les piles de sa petite radio (dont il se sert pour écouter de la musique classique, mais tout le monde sait qu’il écoute les Grosses Têtes et Nicki Minaj quand personne ne le regarde) sont en train de lâcher, et se rend donc en ville pour en acheter de nouvelles. Et note sur place que des chasseurs sont en train de préparer diverses armes pour aller pratiquer leur loisir préféré. Rien d’extraordinaire, donc.

Pour rappel, voilà ce qu’est un wolverine ou "glouton". Ah, ça fait moins son malin.

Sauf que la nuit suivante, Logan est réveillé par des cris comme "Aaaah !" "Ooooh !" ou "Pompoooon, enculéééééééé !" (ah, ces chasseurs) et allant chercher l’origine de tout ce bordel parce que merde, il y a des clodos sylvestres qui aimeraient bien pioncer, il découvre le campement des chasseurs ravagé. Et en suivant les traces d’ours voisines, tombe sur Pompon, visiblement bien mal en point quand bien même seul un carreau d’arbalète de chasse l’a touché : des carreaux empoisonnés ! Ni une, ni deux, Logan achève son ami condamné d’un bon coup de griffes puis s’en va en ville, quelque peu bougon pour tirer cette histoire au clair, voire péter quelques gueules, histoire de.

Dans le bar local, l’un des chasseurs est en train d’expliquer que le grizzli a tué tous ses amis, et que seul lui s’en est sorti, ce qui le rend très triste car il n’a plus personne avec qui chasser la galinette cendrée. Logan vient donc le trouver, et lui plante dans la main le carreau d’arbalète qu’il a ôté de son ami feu le nounours, comme ça, pour déconner, parce que ça brise la glace et permet de converser de manière plus posée. Puis le torture un peu pour lui faire reconnaître qu’il utilise des carreaux empoisonnés interdits, ce qui a rendu le grizzli fou et est donc à l’origine de la mort de ses copains chasseurs.

Et, oui, en plein milieu du bar. Parce qu’au Canada, torturer les gens dans un endroit public est autorisé entre 8h et 22h sauf à proximité d’un groupe scolaire, comme chacun sait.

Toujours est-il que le ton monte un peu quand même (il serait temps) et que Wolverine commence à mettre des claques aux quelques personnes qui viennent défendre le vilain chasseur. On frôle la boucherie grâce à l’intervention d’une jeune asiatique qui s’interpose et demande à tout le monde de se calmer. Et explique même à Wolverine qu’il est inutile de se fatiguer : les trois hommes avec qui il se battait dans le bar mourront dans très exactement une semaine dans un accident de voiture.

"Hein ?" fait Wolverine, intrigué, avant de fuir les lieux avec la jeune fille des fois que, à tout hasard, quelqu’un ait appelé la police. Et tous deux disparaissent donc dans la nuit à bord du véhicule de la damoiselle qui, lors des plans intérieurs est toutes lumières allumées, et lors des plans extérieurs, toutes lumières éteintes parce que la réalisation, c’est un métier difficile, voyez-vous. Dans tous les cas, la discussion s’engage.

"Bonjour Wolverine, je suis si heureuse de vous avoir trouvé !
- Je ne suis plus Wolverine parce que je suis un héros torturé. Appelle-moi Logan. 
- Si tu veux Wolverine. 
- Je… bon, je vais faire comme si de rien n’était. Qui es-tu ? Pourquoi me cherchais-tu ?
- Je suis Yukio, et mon employeur, Monsieur Yashida, voulait absolument vous revoir.
- Ce qui n’explique pas comment tu m’as trouvé sachant que je vivais dans les bois avec Pompon l’ours et pour seul contact avec la civilisation un achat de piles tous les trois mois. C’est Pompon qui m’a balancé c’est ça ? Je lui ai toujours trouvé un côté un peu pupute. Alors, comment ?
- Heu je… hem ce… ce n’est pas très intéressant.
- Ah nan mais si parce que du coup ça veut dire que tu es super forte et peux retrouver n’importe qui n’importe où ! Bon, alors, il est où Magnéto ?
- Hem, je propose de changer de sujet et de revenir au script. Vous ne voulez pas savoir pourquoi Monsieur Yashida veut vous revoir ?
- Okay : pourquoi Monsieur Yashida veut me revoir ?
- Hé bien parce qu’il va mourir, il est tout vieux, là on sent qu’il va claquer le papy. Du coup, il tient à vous revoir une dernière fois pour vous faire ses adieux. Ho, et il vous fait remettre ce splendide katana sur lequel il a veillé toute sa vie mais dont la propriété vous revient.
- Super. Bon, où je le retrouve ? 
- A Tokyo.
- Rooooh, relou. Bon, je veux bien, mais alors je n’y reste pas plus de 24 heures. 
- Paaarfait. Je vous conduis jusqu’au jet privé qui nous attend."

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Wolverine et Yukio se rendent donc à un aéroport du cru et sautent dans un jet de la compagnie Yashida, puisque le petit soldat que Logan a connu est devenu multimilliardaire depuis (jamais les héros ne connaissent de vulgaires ploucs : c’est comme les gens avec des vies antérieures déclarées, personne ne se souvient avoir été paysan dans les Deux Sèvres, tout le monde a été princesse, empereur ou courtisan). Dans l’avion en tout cas, Wolverine finit par poser une bonne question (si) :

"Au fait, dans le bar vous avez prédit la mort des trois mecs qui m’emmerdaient. Comment donc ?
- Bah en fait, je suis une mutante et j’ai le pouvoir de lire l’avenir. Mais je vois juste la mort des gens, c’est un peu pourri.
- Ça doit quand même être pratique pour faire des paris. Bon et alors du coup, je meurs quand moi ? Et papy Yashida ?
- Je propose de ne pas en parler. Histoire de ne pas pourrir le spectateur de suite.
- Okay."

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L’avion se pose donc à Tokyo et alors que le soir tombe sur la ville, Wolverine est emmené à la résidence Yashida où des dizaines de vigiles montent la garde, puisque dernièrement, les Yakuzas, la mafia locale, ont tenté de s’infiltrer dans l’endroit et ont menacé le clan. Wolverine découvre donc les différents protagonistes peuplant l’endroit :

  • Papy Yashida : il a bien vieilli depuis Nagasaki, mais il est pété de thunes. C’est la Liliane Bettencourt du film.
  • Papa Yashida : c’est le fils de Yashida. Il ne sourit jamais et a l’air très jaloux en permanence. Spectateur, ne vois-tu rien venir ?
  • Pipounette Yashida : c’est la fille de Papa et petite fille de Papy. Elle semble a voir été conçue dans une cuve à niaiserie à partir de barbe à papa.
  • Jean-Jacques : c’est le fiancé de Pipounette. Il est ministre de la justice. Oh, vous ai-je dit qu’il portait un bouc et une moustache ? Vous savez ce que ça veut dire, vous pouvez ranger vos détecteurs de traîtres.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure : c’est la cardiologue de Papy. Elle est blonde, russe et mystérieuse.

Misère, c’est moi ou tous mes détecteurs de poncifs sont dans le rouge ?

Je-suis-gentille-je-le-jure : ah non vraiment, on ne voit rien du tout venir. Elle sent tellement la gentillesse, l’innocence, la pureté et limite les carambars.

Bref : après avoir fait un brin de toilette (rasage de barbe & co : rappelons que les poils de notre héros repoussaient après une explosion atomique, mais ne le font pas après un passage chez le coiffeur, ne me demandez pas pourquoi, peut-être utilisent-ils du shampoing à la kryptonite) Logan est emmené voir Papy Yashida dans son infirmerie locale, où les dernières technologies des industries Yashida sont mises à sa disposition : un lit constitué de pistons métalliques super inconfortables (j’ignore qui a eu l’idée, mais ça a l’air fin nul et ne sert qu’à cramer du budget effets spéciaux) mais qui permet de surveiller tout ce qu’il se passe dans le corps du patient, moult écrans, et dans des bocaux, des sortes de minuscules poulpes métalliques dont un semble, si l’on en croit les écrans précédemment évoqués, être dans le corps de Papy Yashida, accroché à son cœur façon pacemaker futuriste. Papy semble très heureux de voir Wolverine.

"Logan… Logan, mon vieil ami… tu n’as pas changé, ton don est… fantastique !
- Ouais, c’est pas mal.
- Mais tu le considères comme une malédiction. Tu aimerais mourir, n’est-ce pas ? Enfin trouver le repos ? Je peux t’offrir cette mort que tu désires.
- Je… c’est vrai que j’y pense Papy ? Mais comment ?
- Hé bien j’ai fait moult recherches grâce à ma super fortune. J’ai découvert qu’il était possible que tu transfères ton don à quelqu’un d’autre…
- Comme ?
- Hem je… grmbll… je pensais à… heu…
- Nabila ?
- Nooooon, nooon… à… hem. A moi.
- Ah. Oui mais non, c’est pas possible.
- Ah bon ?
- Oui parce que ma capacité de régénération est connue pour éjecter les corps étrangers. 
- …
- Corps étranger. C’est une blague raci… rooh, bon, laissez tomber. Vous savez quoi ? Allez vous faire voir.
- Très bien. Tant pis Logan : adieu ! Ho attends, juste avant, t’ai-je montré cette tapisserie qui n’a rien à faire là expliquant que mon clan est protégé par des ninjas ? Oui ? Bon alors tu peux te casser maintenant."

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Tout le monde est très déçu de savoir que Wolverine n’est pas prêt à sauver Papy, mais après tout, c’est son droit. Notre homme est donc invité à passer la nuit sur place, et après lui avoir prêté un pyjama en pilou, le bougre va faire dodo. Et comme toujours, rêve de son amour perdu à qui il ferait bien des bisous. Mais alors que ses songes deviennent toujours plus intenses et que l’on commence à être en droit de craindre pour les draps et les pyjamas de prêt, le rêve de Logan change et il rêve de Je-suis-gentille-je-le-jure qui lui roule un gros patin des familles contenant, entre autres, un des poulpes mécaniques qu’elle mettait dans le corps de Yashida.

Notre héros se réveille donc un peu paniqué puisque le Japon a l’air de changer jusqu’à ses songes : même ses rêves cochons se mettent à impliquer des poulpes histoire de tourner au hentai. Accessoirement, il y a aussi un peu de bordel dans la résidence : Papy vient de passer l’arme à gauche, et on annonce l’enterrement pour le lendemain : Logan accepte de rester le temps de celui-ci. L’occasion pour lui de se préparer et d’obtenir quelques informations :

  • Yukio n’a pas vu venir la mort de Papy, ce qui est louche. Et accessoirement, elle n’est pas une vraie Yashida. Elle est orpheline et Papy l’a adoptée parce que Pipounette n’arrivait pas à se faire des amies. Grosso modo, c’est donc le pokémon de Pipounette.
  • Pipounette semble n’être appréciée ni de son Papa, ni de son Jean-Jacques de fiancé. Elle est limite en nervous-breakdown.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure a été recrutée par Papy, personne ne sait d’où elle sort et on insiste bien sur le fait qu’elle est super-über-mystérieuse.

Wolverine se contente de sourciller un peu en découvrant tout cela, mais sans plus. Il se rend donc avec le reste de la troupe directement à l’enterrement de Papy, dont personne n’a finalement vraiment vu le corps, d’ailleurs il ne sera pas exposé, d’ailleurs personne n’a eu le droit de s’y recueillir, d’ailleurs maintenant qu’on y pense, c’est quand même vaguement suspect, mais personne n’évoquera le sujet, pas même son fils ou sa petite-fille, parce que bon, hein, vous savez, ça a tellement peu d’intérêt.

Pendant que les spectateurs ont déjà deviné la fin du film en baillant, la cérémonie funèbre commence (un simple autel avec une photo dédicacée), le tout sous haute surveillance puisque le ministre de la justice est là, et qu’en plus le clan Yashida est menacé par les Yakuza. Sauf que non seulement les Yakuza ont infiltré la place, mais en plus, ils sont au moins 50 !

Tiens, on dirait un agent de sécurité. Vous voudriez dire que lui non plus n’a pas remarqué des dizaines de mecs surtatoués entrant avec, pour rappel, des fusils à pompe ?

Balaises les mecs.

En plein milieu de la cérémonie donc, les vilains gangsters se révèlent et commencent à mitrailler à tout va. Les 250 gardes du ministère de la justice ainsi que ceux du clan Yashida se font donc abattre en environ une milliseconde (ou plutôt : on en parle plus), pendant que Wolverine décide lui qu’il est temps de distribuer des baffes. Et en effet : il tabasse quelques Yakuzas, mais constate qu’il a un petit souci : son corps ne se régénère plus ! Remarquez, il le constate en se mangeant des coups de fusil à pompe, de mitraillette, de pistolet & co, mais il va bien quand même, c’est gentil de vous inquiéter, il se contente juste de boiter un peu (quel réalisme). Logan constate aussi que depuis un toit, un mystérieux archer l’aide à cartonner les brigands (mystérieux archer qui était là depuis le début de la cérémonie, bien visible, mais aucun garde ne pensait à regarder les toits à 2 mètres au-dessus du sol où il ne se cachait même pas, ou alors derrière une demi-tuile). La bagarre se poursuit, Logan tentant de protéger Pipounette comme il le peut, et finalement, il se retrouve à courir dans Tokyo, criblé de balles, en luttant contre les quelques méchants restants (les gentils, eux, genre les gardes, la police ou autre, sont tous partis cueillir des fleurs) jusqu’à parvenir à sauter dans le shinkansen, le TGV japonais en partance pour le sud.

L’occasion d’avoir quelques instants de répits, et de discuter avec Pipounette, dont les répliques ont été écrites par un élève de CM1 qui "doit faire des efforts ce trimestre" comme on dit dans les milieux autorisés (comprendre "est con comme une brique").

"Pipounette, bon sang, que s’est-il passé ?
- Je n’ai pas besoin de vous Monsieur Logan.
- Pardon ? On sort juste d’une scène où tous vos gardes sont morts et où sans moi, vous vous faisiez kidnapper par une hordes de Yakuzas grognons.
- Je ne vois pas le rapport. Je vais plutôt écouter mon baladeur car vous savez, je ne suis pas du tout choquée par une fusillade à l’enterrement de mon grand-père. Et ce qu’a à me dire l’homme qui m’a sauvé la vie et ses pouvoirs mystérieux ne m’intéresse pas.
- Okay, ce film est à chier. Bon, et maintenant ?
- Maintenant je vais aller me cacher dans une propriété familiale dans le sud du pays. Le premier endroit où l’on pensera à venir me chercher.
- Bon, vous êtes donc juste stupide. Vous savez quoi ? Je vais aux toilettes et on en reparle."

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Wolverine s’absente donc dans les toilettes de la voiture pour découvrir qu’en effet : il ne se régénère plus (du coup ses blessures aux mains devraient rester quand il rentre ou sort ses lames, non ? D’ailleurs, ses lames, même si couvertes d’adamantium, c’est un pouvoir de mutant à la base, non, puisqu’elles étaient en os à l’origine ? Donc du coup, elles devraient aussi être bloquées, que je sache ? Bon, remarquez, je chipote : Wolverine n’est jamais que le titre du film et son personnage principal, c’est donc facile d’oublier ce genre de détails).  Bref, Logan s’exclame que roooh, bah crotte de bique, qu’est-ce qu’il se passe ? Bon, remarquez, il ne se demande pas du coup comment il a pu survivre a autant de balles, ça va, il n’est pas très curieux, et se contente de nettoyer ses blessures avec du papier toilette et une demi-bouteille de Volvic. Mais se passe alors l’événement le plus inadmissible qui soit :

Alors qu’il est dans le coin toilettes, des Yakuzas débarquent dans le train (ils sont probablement montés quand… heu… quand… mais siii, vous savez pendant que… bon, allez, ils sont là). Wolverine ne peut donc même pas faire caca en paix, il est obligé de sortir pour leur refaire la margoulette, ce qui est réglé au cours d’une séquence durant laquelle notre héros fait des trous gros comme les gens qu’il balance à travers dans un train allant à 500 kilomètres heures sans que personne ne le remarque, combat sur le toit sans jamais se faire électrocuter comme le premier galopin venu, saute dans tous les sens et plante ses griffes dans la structure sans que personne n’entende le moindre bruit, et regagne finalement l’intérieur tranquillement après avoir claqué tout ce qui était vaguement jaune et tatoué dans le coin (un certain nombre de japonaises ont donc pris cher, mais ont eu le temps de hurler "Sugoïïï !" en se faisant étriper par Hugh Jackman).

Un peu vexé par cette téléportation de Yakuzas directement dans le train, Wolverine décide de descendre avec Pipounette au premier arrêt, et d’aller prendre un hôtel pour la nuit avant de reprendre la route vers le sud. Mais si, vous savez, vers la propriété familiale connue de tout le monde où Wolverine ne voulait pas aller parce que ça lui paraissait stupide : hé bien il a oublié et trouve maintenant l’idée géniale. Soit.

Toujours est-il qu’à l’hôtel, Wolverine finit par se sentir un peu mal, probablement après avoir perdu son 17ème litre de sang coulant de ses blessures, et finit par obtenir quelques soins discrets l’obligeant pour la première fois à être recousu. Mais là n’est pas le sujet : pendant que lui et Pipounette discutent tranquillement du fait qu’il a perdu ses pouvoirs de régénération et qu’il commence fortement à soupçonner Je-suis-gentille-je-le-jure de lui avoir fait un truc qu’il n’aurait en fait pas rêvé (à noter que d’habitude, Wolverine est réveillé par un pet de poule à 500 mètres, mais quand c’est pour se faire rouler des patins à base de poulpe mécanique par la première cardiologue venue, il ne se réveille pas ou ne sort pas ses griffes par réflexe alors qu’on l’agresse, ce qu’il fait pourtant dans 100% des autres cas, c’est beau). Et ça tombe bien, puisqu’ailleurs en ville, Je-suis-gentille-je-le-jure se promène dans les rues bondées d’un quartier chaud quand elle est abordée par un homme d’affaire un peu enthousiaste qui lui propose de venir voir son stylo-plume. Mal lui en prend car la bougresse lui roule un patin sur le champ…

… et le type se met  alors à développer instantanément toutes les maladies possibles et imaginables, son visage se couvrant de pustules alors qu’il meurt, foudroyé.

Pour ceux qui douteraient : l’homme que vous voyez sur cette image et qui ne se régénère plus a pris deux balles de pistolet, une rafale de mitraillette, un coup de fusil à pompe et divers coups d’armes blanches et contondantes. Mais il court encore tranquillement, merci.

Oui, Je-suis-gentille-je-le-jure est en fait une méchante ! Vous ne vous y attendiez pas, hein ? Son nom de mutante est "Vipère" et son pouvoir est de pouvoir refiler toutes les maladies possibles et imaginables si j’ai bien compris. Et ce n’est pas peu dire : la dernière fois que j’ai vu autant de MST dans un seul endroit, c’était en ouvrant Closer, alors tout de même, ça fait peur !

Pardon ? Oui, elle vient de tuer quelqu’un au milieu d’une foule de plusieurs centaines de personnes, pourquoi ? Roooh, comme vous y allez. Le Japon a dû adopter la même loi que les bars canadiens sur la tolérance de la baston, torture et meurtre en public, que voulez-vous que je vous dise ? Vous voyez un établissement scolaire à proximité ? Alors suivez un peu, merde.

Bref : Vipère va donc retrouver dans un coin le mystérieux archer qui avait protégé Pipounette durant l’enterrement de son papy. Nous l’appellerons donc Bob histoire d’avoir des points de repère.

"Vipère… 
- Bob. Alors mon doux, as-tu retrouvé Pipounette et Logan ?
- Heu… on en discute vraiment en pleine rue ?
- Je viens de tuer quelqu’un au même endroit et tout le monde s’en fout, alors tu sais…
- Bon heu… bref, hé bien non. Ils se sont volatilisés.
- Tu ferais bien de les retrouver, Bob. J’ai déjà refilé à Logan un petit cadeau qui emprisonne ses pouvoirs. Méfie-toi que je ne te fasse pas aussi un cadeau.
- Ne t’inquiète pas Vipère, je ne t’aime guère mais je suis Bob, chef des ninjas ayant toujours protégé le clan Yashida, et je retrouverai Pipounette.
- Fort bien… fort bien… sur-ce, je te laisse, j’ai d’autres gens à aller embrasser pour leur filer des maladies.
- Moui. Ton pouvoir c’est de ne pas connaître le dentifrice en fait. Tu es sûre que tu es une mutante ?"

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Dans tous les cas, les deux personnages se séparent. Et nous retrouvons Logan et Pipounette faisant un peu plus tard route vers le sud pour se rendre à Nagasaki, puisque c’est évident, personne ne penserait à surveiller l’endroit qui est le seul point commun entre Logan et Pipounette et où le clan Yashida a une résidence. Je vous passe les détails, mais sur place, il se passe diverses incohérences, comme par exemple cette vieille dame qui ignore que Logan est là mais vient quand même chercher Pipounette pour "dégager un arbre de la route". Ah oui c’est sûr qu’une princesse prout-prout de 38 kilos a toutes les qualifications pour ça. Ou alors mémé avait lu le script et savait qu’il y avait chez elle Super Bûcheron. Tout cela crée quantité de conversations entre nos deux larrons.

"Logan, tu cauchemardes souvent, tu cries la nuit. 
- Oui, c’est ma malédiction, je dois vivre avec mes fautes.
- Tes fautes ? Non parce que visiblement tu rêves surtout que tu vas à l’école en slip, rien de super torturé, hein, essaie pas de survendre.
- Hein ?
- Ah je ne sais pas, toutes les nuits en tout cas tu appelles ton pantalon : "Jean ! Jean !"
- Aaaaaah, nan, nan mais je vois. Non mais Jean c’est pas mon pantalon, il y a erreur. C’était le nom de ma copine. 
- Oh. Pardon. 
- Oui, bon, toujours est-il qu’elle s’était vaguement transformée en Hitler, j’ai donc dû la tuer et l’envoyer dans le pire endroit qui soit : le casting d’Hansel & Gretel.
- Dur. 
- Mais assez parlé de moi. Raconte-moi ta vie avec tous les détails.
- Hé bien pour commencer, j’ai toujours été la chouchoute de mon papy. Il m’a dit qu’il me léguait toute sa fortune et son empire. Alors que mon papa, lui il est méchant, il veut me marier de force au ministre de la justice pour avoir ses entrées dans le monde politique. Alors que moi, petite, je voulais épouser Bob, mon ami d’enfance et chef des ninjas ayant toujours protégé mon clan. 
- Mais alors ninja, c’est un vrai métier ? Ils vivent de quoi au quotidien ? Ils font leurs courses à Super U ? Ils ont une sécurité sociale ?
- Ecoutez Logan, vous ne voudriez pas plutôt qu’on se fasse des bisous ?
- Okay, vendu."

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Logan et Pipounette se font donc des bisous. Du moins jusqu’à ce qu’évidemment, dès le lendemain, Logan soit réveillé par les cris de sa copine (encore une fois : selon les besoins de l’intrigue, il se réveille plus ou moins facilement) : celle-ci est en train de se faire kidnapper par des méchants qui l’ont très étonnamment retrouvée ici, ah bin ça ! Ni une, ni deux, Logan se rue sur les brigands mais ne parvient à n’en attraper qu’un avant que les autres ne s’enfuient en voiture avec leur otage, même pas dans le coffre. Quel manque de goût, on sent les débutants. Et la pelle, elle est où la pelle ?

Un peu contrarié, Logan va donc interroger le galopin dont il a réussi à se saisir qui, coup de bol, parle anglais. Il obtient donc l’information dont il a besoin : il travaille… pour Jean-Jacques, le ministre de la justice ! Logan appelle donc Yukio pour qu’elle vienne le chercher avec un voiture rapide et les deux repartent pour Tokyo. A noter que comme dans tous les mauvais films, personne ne sait exploiter le temps à disposition, puisqu’entre le moment où ils démarrent "Logan, je dois absolument vous parler – Pas le temps, en route !" et le moment où ils arrivent "Logan, je dois vraiment vous parler – Bon, okay, vous avez une minute !" visiblement, personne n’a pensé à exploiter les trois heures de route pour dire ce qu’il y avait à dire.

Non, mais sérieusement ? C’est si compliqué que ça de faire une scène de 30 secondes où les héros parlent au volant ?

Rappelons que le film est en fait le remake d’un plus ancien "Marmottine : le combat de l’immortel" et qu’il y a aussi de spectaculaires scènes en voiture. On a juste changé la marmotte en glouton et hop. Même si Marmottine rend moins bien torse-nu auprès de certains publics.

Toujours est-il que c’est entre deux portes que Yukio se retrouve à révéler que "Logan, j’ai vu votre mort ! Vous êtes en face de moi, le cœur dans la main, du sang partout et je ne me trompe jamais !" mais que ça n’intéresse que vaguement notre héros puisqu’il a déjà envoyé MORT au 8 38 38 et on lui a répondu que pas du tout, il mourrait en s’étouffant avec des macarons en lisant le blog de Pandora (un autre X-man dont la mutation est de pouvoir générer du bullshit à la fraise, mais là n’est pas le sujet).

Bref : la petite troupe se rend à la résidence de Jean-Jacques qui comme toute résidence de ministre japonais, n’est pas surveillée, fut-ce de loin. Après tous, les Yakuzas n’ont fait que mitrailler la foule à un enterrement où il se trouvait, pourquoi la sécurité serait renforcée, enfin ? Pfff, comme vous y allez. On va plutôt donner leur week-end à tous les agents de sécurité.

Notre héros se présente donc à l’appartement de l’homme politique pour le trouver en train de s’amuser avec deux filles qui s’écartent donc promptement en voyant arriver un X-man grognon prêt à meuler des margoulettes. L’homme a tôt fait de faire parler le ministre sans que, encore une fois, qui que ce soit n’intervienne, obtenant ainsi une info intéressante :

Papa et Jean-Jacques ont passé une alliance politique. Seulement, pour qu’elle ait de l’intérêt, il faut que Papa hérite de la société de Papy Yashida… et donc que sa propre fille disparaisse ! Pour ce faire, les deux larrons ont proposé aux Yakuzas de se charger de la chose. Yakuzas qui sont vraiment serviables puisque malgré toutes leurs pertes, visiblement, ils n’en veulent à personne et sont retournés à la pêche : nous ne les verrons plus du film.

C’est vraiment sympa de leur part.

Cette partie de l’intrigue dégagée, nos héros décident donc d’aller sauver Pipounette qui d’après le ministre, doit être à la résidence familiale prisonnière de son propre père. Ni une, ni deux, nos héros prennent leur voiture pour aller faire la justice à coups de phalanges, de katanas et éventuellement de petites blagues dans le feu de l’action parce que ça reste un blockbuster sacrebleu. Mais entre temps, il se passe des choses à la résidence, justement.

Papa Yashida est en train de discuter avec sa fille et de lui expliquer qu’il est très jaloux d’elle et de son futur héritage, quand soudain, l’une des pires attaques de ninjas de l’histoire a lieu : des dizaines de types en collant débarquent dans la résidence familiale, et tuent les gardes, qui ont la politesse de mourir sans bruit même lorsqu’ils ont une arme à la main. Les pauvres figurants sont d’ailleurs condamnés à regarder droit devant eux, donnant des situation où, mal synchronisés par une équipe du film visiblement n’en ayant plus rien à faire, des ninjas tuent un garde juste devant un autre sans que cela ne le fasse réagir. A noter aussi que les ninjas font des pirouettes pour un oui ou pour un non, spéciale dédicace à celui qui fait des saltos simplement pour franchir une porte alors qu’il irait plus vite à pied. L’un d’entre eux m’aurait probablement répondu que c’est le swag s’il avait pu, mais comme il porte des cagoules, ça donne juste "Mmgnn ffmmu fuuag". Tant pis.

Papa et Pipounette sont donc bien surpris de voir tous ces hommes en collant débarquer aussi loin du ballet de Moscou, plus encore lorsque non seulement ils embarquent la jeune fille mais que surgit… Vipère ! Qui explique à Papa qu’il a été bien gênant puisque Vipère a d’autres plans pour Pipounette, et le tue donc en lui plantant un stylo dans la jugulaire, le tout conjugué a tout un tas de MST. L’homme s’effondre donc dans le bassin local, mort et la tronche couverte de bubons guère ragoûtants. S’il lui restait encore un peu de vie, le bassin l’achève.

Aussi, lorsque Yukio et Logan arrivent dans la place, tout est déjà terminé : il ne reste que des cadavres, Pipounette a disparu et tout le monde est bien embêté. Qu’importe : Logan se rend à l’infirmerie de feu Papy Yashida et utilise les systèmes locaux pour voir ce qu’il se passe dans son corps. Il constate alors… qu’il a bien un poulpe mécanique accroché sur le coeur ! C’est lui qui bloque ses pouvoirs !

"Crotte de bique !" s’exclame notre héros "Bon, je vais m’opérer à coups de griffes, je suis sûr qu’une opération à cœur ouvert ne nécessite aucune connaissance spécifique." Et le bougre s’exécute.

Sauf qu’au même moment surgit dans la pièce… Papa Yashida ! Mais si, vous savez, celui qui était mort poignardé au stylo/bourré de MSTs/noyé dans la scène précédente ! Hé bien figurez-vous qu’il n’a plus un bubon sur la face, ne saigne même pas du cou, et n’a pas un pet de fièvre ! Je n’invente pas : les scénaristes avaient juste oublié qu’ils avaient tué le personnage juste avant.

C’est donc une incohérence sur pattes qui vient râler que l’empire Yashida lui revient, et que pour la peine, il va combattre nos héros à coups de katana. Wolverine étant occupé à jouer à Docteur Maboul, c’est donc Yukio qui le combat, alors que Logan finit lui de retirer le poulpe de son propre cœur… et de mourir, plus ou moins comme dans la vision que la jeune fille avait eu. Tout est-il perdu ? Les gentils vont-ils perdre ? Y croyez-vous une seule seconde ?

Evidemment que non : certes, Wolverine est mort, mais comme son dernier geste a été de se débarrasser du vilain poulpe qui bloquait ses pouvoirs, il se remet à se régénérer et se relève pour prêter main forte à Yukio. S’ensuit donc un long combat où les lames se croisent et font cling-cling, où le héros dit "Je ne suis pas Logan : je suis Wolverine !", et où après s’être combattus dans tous les sens…

… Wolverine range ses griffes et dit "Nan mais en fait c’est bon, tu devras vivre avec le fait d’avoir mis un contrat sur ta fille, c’est une punition suffisante."

Si.

Je… mais alors pourquoi avoir combattu Monsieur durant 10 minutes ? Bon hé bien, hein, de toute manière il va falloir faire avec ce genre de rebondissements, parce que c’est fait. En tous cas, le méchant papa décide qu’il n’en a pas fini et tente donc de tuer Wolverine qui lui tourne le dos, ce qui bien évidemment, ne marche pas (il est un peu con : il l’a déjà planté 11 fois et le mec n’est pas mort, il s’est dit que ça marcherait à la 12ème ? On dirait un peu les mamans qui disent "Chut" à leur affreux marmot dans le train en espérant qu’à la 83ème fois, ça l’arrête de hurler au lieu de lui filer un bon coup d’ether). Logan l’achève donc non sans obtenir une dernière information : Papy Yashida avait presque ruiné la société en dépensant des milliards pour réunir de l’adamantium, la matière quasi-indestructible qui couvre les os de Wolverine, pour faire on ne sait quel projet. Une fois Papa mort, Logan s’en retourne donc fouiller la résidence Yashida et trouve un papier :

"Viens chercher la fille ! Nous sommes au 12 rue des lilas dans le petit village de Yashida. Bisous."

Rappelons que comme dans tous les films du genre, TOUS les personnages savent se battre. Jamais il y en a un pour dire "Nan mais moi je suis nul en sport".

Alors que Wolverine réfléchit très fort et que dans la salle de cinéma, tous les membres de l’amicale des fans de l’amiral Ackbar ont envie de hurler très fort, Yukio prend le papier et sans aucune raison, le cloue à la tapisserie super cher et de grande valeur historique décorant l’infirmerie locale (non, ça ne sert à rien, oui, c’est très con) pour dire à Wolverine que ça sent l’embuscade, mais que bon, hein, bon. Merci Yukio, vraiment. Tiens, assieds-toi là, le docteur arrive bientôt pour ta lobotomie.

Logan s’en va donc trouver une moto et prend la direction du village d’origine du clan Yashida. Sur place, il remarque bien vite que quelque chose cloche : les villageois rentrent dans leurs maisons, apeurés, alors que sur les toits des ombres s’agitent : des ninjas ! Le clan qui protège la demeure Yashida ! Wolverine ricane car il connait la règle éternelle du mauvais cinéma : un ninja seul est redoutable. Un ninja au sein d’un groupe de ninja est juste de la chair à canon facile à tataner.

Et en effet, les ninjas surentraînés s’avèrent être de grosses buses.

Logan distribue donc des claques à une bonne partie d’entre eux, puis décide de tenter de cavalcader jusqu’au château Yashida. Sauf que, pas de bol, les ninjas disposent de flèches avec des cordes, qu’ils lui tirent dans le dos pour essayer de le retenir : au bout d’une bonne trentaine, effeeeeectivement, Wolverine commence à avoir du mal à avancer avec 30 câbles et le double de ninjas à traîner derrière-lui. Le spectateur attentif notera que la plupart des câbles ne sont pas tendus, parce qu’encore une fois, à 80 millions de dollars, c’était pas facile d’y penser. Les ninjas tirent donc probablement sur du rien. "Mmgnnnn fuuufg gnnhh !". Oui, oui, je sais.

Cela n’empêche pas notre héros d’être grognon, surtout lorsque Bob, en bon chef des ninjas, lui tire une flèche empoisonnée dans le dos histoire de bien le calmer. Il y a donc un bruit comme "Greuuuu" suivi de l’effondrement de notre héros, qui a besoin d’un peu de temps pour se remettre de ce genre d’attaque bactériologique.

Depuis la forteresse, Pipounette, en bonne princesse prisonnière, a assisté émue au spectacle de son nouvel amant se retrouvant dans une sorte de mauvais remake de Moby Dick (en même temps, on connait la passion des Japonais pour la pêche à la baleine), et se retourne donc vers Bob lorsque celui-ci revient au château.

"Boooob ! Pourquoi as-tu trahi mon clan ? Pourquoi as-tu aidé Vipère à tuer mon père ? Pourquoi m’as-tu kidnappée ? Pourquoi tes ninjas ont-ils tué nos vigiles ? Pourquoi s’attaquent-ils à mon ami Logan ?
- Allons, je suis ton ami d’enfance, fais-moi confiance.
- Je te reparle du passage où tu participes à la mort de mon père, tu sais, celui qui est mort dans deux scènes différentes ?
- Hmmm. Bon, je vais tout te révéler : j’obéis toujours au clan Yashida, tu vas bientôt comprendre. C’est le clan qui a voulu que je t’emmène ici et tue ton père. Le clan qui a voulu que l’on se serve de toi pour attirer Logan ici. Quant à Vipère, c’est une mercenaire, certes fourbe, mais elle sert actuellement nos intérêts.
- Je ne comprends pas ! Tu dois plutôt m’aider ! Toi et ton armée de centaines de ninjas que l’on vient de voir et que l’on voit monter la garde dans mon dos !
- Tu veux dire l’armée de ninjas qu’on ne verra plus du film à partir du plan actuel sur mon visage ?
- Ah oui tiens. Ils ont disparu ! Mais comment ?
- Ce sont des ninjas.
- En attendant, tu serais prêt à changer de camp et à m’obéir ?
- Non.
- Et si je te fais un bisou ?
- Allez okay."
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Et en effet : d’un seul bisou, Bob change de camp et se dit qu’il va plutôt servir Pipounette. Mais allons plutôt voir ce qu’il advient de Wolverine pendant ce temps : car celui-ci se réveille au cœur de la forteresse Yashida, dans un laboratoire, attaché à une chaise de manière fort solide. Vipère vient un peu le provoquer pour qu’il sorte les griffes (par exemple en l’obligeant à regarder Louis la Brocante des heures d’affilée), et un système s’active dans la chaise empêchant notre héros de rentrer ses lames ! Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, se demande donc notre loulou ?

La réponse vient vite lorsque le samouraï-robot-géant qui était installé pour d’étranges raisons à côté de Logan s’active et va se mettre en position en levant un énorme sabre en adamantium chauffé à blanc au-dessus des griffes de Logan pour les trancher. Vipère ricane donc.

"Ahaha, Logan, nous allons te couper les ongles !
- Avec un robot géant ? Vous avez dépensé des milliards pour le construire ? Vous savez que si c’était pour faire ça, plutôt qu’un bordel de 15 tonnes, vous aviez juste besoin d’une roulette ou d’une scie ? 
- Tu oublies un détail Logan : nous avons affaire à des japonais, quoique nous leur filions, ils tenteront toujours de construire un robot géant avec !
- Damn it !"

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Mais au moment où la lame du samouraï blindé va s’abattre sur notre héros, l’ennemi est déséquilibré par l’arrivée de Yukio qui lui colle un bon coup dans le dos, puis par le renfort de Bob qui, ayant changé de camp, se met à flécher le samouraï là où ça fait mal. Cependant, celui-ci étant en adamantium, rien ne l’arrête véritablement, et Wolverine commence bientôt à douiller, et se fait même carrément trancher les griffes d’une main ! Pendant ce temps, Vipère affronte Yukio (n’oubliez pas la règle : les filles affrontent les filles), et se fait tataner par cette dernière malgré les jets de poisons & co qui jusqu’ici tuaient tout le monde, ne me demandez pas pourquoi, mon cerveau était déjà parti dans un monde parallèle à ce moment là.

J’allais presque oublier : soudainement, c’est l’hiver alors que tout le film se déroulait jusqu’ici en plein été. Encore une fois : quel talent.

Logan finit cependant par arracher l’un des katanas que manipule le robot géant et se demande comment lancer le processus de chauffage à blanc pour pouvoir trancher dans l’adamantium jusqu’à ce que lui revienne une phrase de Papy Yashida : "Un katana se tient toujours à deux mains !"

Ah bin oui, tiens, tentons pour voir. Sitôt cela fait, hoooo, en effet, le sabre s’allume !

Le spectateur attentif sourcillera en se rappelant que jusqu’ici, le robot, lui, maniait un sabre dans chaque main : j’ai un peu de mal à déterminer à ce stade s’il s’agit d’incompétence crasse ou simplement de foutage de gueule.

Toujours est-il que Wolverine décapite le robot, que ce qui bougeait encore de Vipère prend aussi quelques coups, et que tout le monde est content. Du moins, jusqu’à ce que le robot se réactive à la surprise générale malgré son absence de tête, colle une mandale à Logan, lui coupe son autre série de griffes et lui enfonce différents bousins dans l’emplacements où autrefois se trouvaient ses lames.

Alors que les autres personnages sont sûrement partis chercher des champignons alors qu’ils étaient là encore 5 secondes auparavant (on peut même voir Bob le ninja descendre des escaliers à une vitesse digne d’une petite vieille arthritique quand bien même juste avant il faisait encore des sauts de 12 mètres, il a dû se luxer un truc, hein, c’est ce qu’on va dire pour sauver ce qui peut l’être en tout cas), Logan est donc seul avec le robot, et constate qu’il peut voir ce qu’il y a dedans. Et pas de mécanisme en vue : il s’agit… de Papy Yashida !

"Papy Yashida ! Sale traître, alors que je t’ai sauvé la vie à Nagasaki ! Ah, si j’avais pu deviner qu’un personnage qui disparaît sans que l’on retrouve son corps puisse revenir plus tard, sacrebleu, ça ne se serait pas passé comme ça mon vieux !
- Logan ! Tu as refusé de me donner ta mutation… laisse moi la prendre ! Mes petits outils sont en train de fouiller ta moelle osseuse en profitant de l’ouverture faite dans l’adamantium là où on a coupé tes griffes pour me transmettre tes capacités… regarde, je rajeunis alors que tu vieillis ! Ça fonctionne ! Ça fonctionne ! Je sens à nouveau ma prostate !
- Hmm… attends, donc je résume : tu as dépensé des milliards pour construire un robot géant en adamantium, créer ce laboratoire, recruter Vipère, payer ton armée de ninjas, organiser un faux enterrement, faire tuer tes propres gardes ainsi que ton fils, pour kidnapper ta fille afin que je vienne ici, demander à Bob d’utiliser du poison pour m’anesthésier et me coller ici… des fois que je ne veuille pas te donner ma mutation volontairement ?
- C’est exact ! Ne suis-je pas génial ?
- Bah en fait, si je résume, il suffisait d’empoisonner mon thé quand je suis venu te voir, de me coller dans la chaise et de me couper les griffes avec juste un petit outil en adamantium et c’était bon. Ça pouvait être fait en 10 minutes et sans risques.
- Oh. Non mais la parte avec le robot géant, elle est bien quand même, non ?
- Attends, comment dit-on "puer du cul" en japonais ?
- On dit "évangélion".
- Okay : alors ton plan, c’est évangélion.
- Dur !"
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Mais Papy n’a pas pensé à un détail : alors que Wolverine commence à se sentir un peu faiblard, Pipounette surgit et ramassant des bouts de lames de Logan tombés au sol, s’en sert pour planter son ancêtre dont la tête dépasse un peu de l’armure. Qui gueule que hééé dis donc, petite ingrate, et après tu veux l’héritage, hein ? Ah bravo ! Mais la margouline lui rétorque que son Papy est mort et qu’elle l’a enterré, qu’elle ne voit ici qu’un monstre. L’acte hostile envers Papy a permis à Logan de se libérer, et celui-ci recommence à se régénérer, alors que Papy, lui, se remet à vieillir et à sentir qu’il va à nouveau devoir raquer pour des Pampers s’il ne veut pas faire rouiller l’adamantium. Heureusement, Logan vient achever ses souffrances, car figurez-vous que si l’adamantium est indestructible et que jusqu’ici, rien n’ébranlait, Wolverine peut soudainement l’arracher à mains nues, comme ça, hop ! Pas de problèmes, probablement que les joints étaient simplement en caoutchouc. Mais qu’avant, ça ne se sentait pas.

Après quelques claques, Papy Yashida rend finalement l’âme, et la victoire est donc acquise pour les gentils.

Nous retrouvons donc nos héros un peu plus tard, sur une piste de décollage de Tokyo où attend un jet privé. Yukio est aux côtés de Wolverine : étant une mutante, elle va partir avec lui. Quant à Pipounette, elle est désormais la patronne de l’empire Yashida : elle aimerait que Logan reste, mais c’est un ouf, il veut repartir à l’aventure. Il ne pleure plus sur le passé grâce à Pipounette, qui lui a redonné goût à la vie (oui, il a suffi qu’elle couche avec, et hop, c’était bon : ah, les hommes !). Pipounette, bien que triste, comprend sa décision, et espère qu’il reviendra. En attendant, elle a mis à sa disposition le jet pour l’emmener où il le souhaitera.

"Où allons-nous ?" lui demande donc Yukio en montant à bord.

"Décollons : nous improviserons" répond donc ce gros rebelle de Logan et…

… FIN !

Et puisque vous avez été sage, un petit effort pour une fois avec l’une de ces insupportables séquences post-générique (en fait, j’étais bloqué dans la salle, sinon vous imaginez bien que je serais sorti en hurlant de bonheur à l’idée que c’était fini) : deux ans plus tard, Logan est dans un aéroport quand il sent que quelque chose ne va pas (mais si, je vous rappelle qu’il a un instinct à géométrie variable). Il fait surgir ses griffes – en os, les anciennes, puisque les versions en adamantium ont été coupées, et découvre de vieilles connaissances autour de lui :

"Magnéto ! Vous qui étiez supposé avoir perdu vos pouvoirs. Oh, et le professeur Xavier, qui étiez supposé être mort !
- Hééé oui. Surpris, Logan ?
- Non. Nous sommes dans l’univers Marvel. En-dessous de 12 morts/neutralisations/retours miraculeux, on n’est pas un vrai personnage.
- En effet. Nous avons besoin de vous car une menace pour tous les mutants se profile.
- Oh bin ça alors ! Ça sent la suite !
- Oui. Et le cliffhanger moisi. Mission accomplie !"

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Et sur ce terrible rebondissement…

… RE-FIN

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"Monsieur, il en vient encore !"

Diego se jeta au sol pour éviter une nouvelle attaque de mauvais films. Il leva la tête, inquiet, alors que son employeur lui tendait une arme à recharger toujours depuis l’abri de la berline prise en embuscade près du cinéma.

"On ne pourra jamais tous se les faire. 
- Alors c’est quoi le prochain ?
- Je… je crois bien avoir aperçu un Nicolas Cage. Il FAUT s’en occuper.
- Un Nicolas Cage ? Ça alors, mais ? Cela fait si longtemps !
- Oui mais d’abord, nous avons un article de retard Diego. Celui de la semaine dernière. Un article sur un film réclamé à corps et à cri au point qu’après m’avoir harcelé de mails, certains lecteurs ont commencé à essayer de se combiner pour former une sorte de robot géant. Ou bien est-ce juste une orgie, je ne suis pas sûr, mais tu connais notre public.
- Attendez, vous voulez dire que…"
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Le serviteur leva des yeux terrorisé.

"Oui, nous allons enchaîner avec une seconde merde : nous allons nous faire Pacific Rim."

Et dans un long hurlement, Diego implora le ciel pour qu’il couvre ses rétines d’adamantium.

"Cette affaire est de plus en plus étrange…"

Le commissaire tira mollement sur sa pipe en observant les objets étalés sur la table devant lui, alors que crépitait à son côté le flash de l’appareil du célèbre journaliste Loïc Laine.

"Vous n’avez pas l’ombre d’une piste commissaire ?
- Hé bien, si, en quelque sorte… nous avons trouvé dans la chambre d’hôtel du tueur de scénaristes que nous recherchons une clé USB qu’il aurait oublié dans sa fuite. Il y a une étrange vidéo dessus, j’espérais que nos profilers pourraient en tirer quelque chose, mais dans l’immédiat, ils sont perplexes.
- Ce qu’il vous faudrait, c’est un expert qui… ho, regardez, là haut !
- Est-ce un Messerschmitt ?
- Est-ce un aigle royal ?
- Non ! C’est SUPER SPOILER !"

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Les deux hommes s’écartèrent pour faire place à la silhouette volante qui passant par la fenêtre du commissariat, vint se poser entre eux, sa cape claquant au vent quand bien même aucun courant d’air ne semblait parcourir la pièce.

"Bonjour commissaire, bonjour Loïc. Alors, encore un mystère sur les bras ? 
- Super Spoiler ! Ho ça alors, on avait bien besoin de vous !
- Loïc a raison Super Spoiler, nous avons une grosse affaire sur les bras. Je… par contre je me disais juste…
- Oui commissaire ?
- Vous pourriez éviter d’avoir vos initiales sur le torse ?
- Quoi ? C’est pas chouette ? En plus je me suis emmerdé à les faire faire sous forme de petits éclairs pour faire plus héroïque. Je ne ne vois pas le problème.
- Moui. Bon, passons à notre affaire si vous le voulez bien : de mystérieux scénaristes sont retrouvés morts de honte un peu partout ces derniers temps. On pensait avoir coincé celui qui leur fait ça, mais il s’est échappé avant qu’on ne découvre sa véritable identité. Par contre, on a trouvé cette vidéo, nul doute que ça ne résistera pas à votre expertise."

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Le commissaire appuya sur une touche du petit ordinateur portable ronronnant devant eux et éteignit les lumières de la salle pour plonger leur petite équipe dans l’ambiance. Bientôt, des images apparurent sur l’écran.

- – - – -

Une mégalopole, quelque part, alors que des files de voiture sont coincées dans les embouteillages. On entend des bruits de klaxon.

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Nous avons tous peur de l’obscurité."

*bruit sourd de tambour*

Des gens allant et venant dans les rues, une ou deux personnes en train d’en venir aux mains sur un trottoir

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Et lorsqu’elle vient, nous sommes tels des enfants face à un cauchemar."

*bruit sourd de tambour*

Une gigantesque ombre commence à couvrir la ville, les gens dans les embouteillages sortent de leurs voitures pour regarder au-dessus d’eux, inquiets, alors que dans les rues, des doigts pointent quelque chose dans le ciel.

*bruit sourd de tambour, puis accélération progressive de celui-ci*

*voix off de vieil homme* "A cette exception près : nous n’avons pas de parents vers qui nous tourner pour les chasser."

Plan sur un immense vaisseau au-dessus de la mégalopole, un titanesque canon se chargeant au-dessous de celui-ci avec moult effets lumineux et sonores, avant de tirer au cœur de la cité un rayon lumineux qui désintègre littéralement les immeubles alentours. Partout en ville, les spectateurs de ce massacre s’enfuient, quittant leurs véhicules en hurlant et poursuivant avec le reste de la foule à pied. Une femme portant son enfant dans les bras s’effondre, bousculée par la foule, alors que derrière-elle le rayon lumineux destructeur se rapproche.

*bruit très sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Mais c’est aussi dans l’obscurité que se révèlent les lumières que nous ne remarquons pas le jour."

Plan sur la femme et son enfant, une main se tend vers elle. "Montez dans ce taxi si vous voulez vivre !"

WARNER BROS PRESENTE

Plan sur une salle du pentagone avec quantité de gradés autour d’une table, musique récupérée au box-office en fond

"Messieurs, ce matin à 11:17, nous avons perdu le contact avec notre plus grande cité de la côte est, nos morts se comptent par milliers et l’ennemi a cloué notre aviation au sol."

Bref plan sur des avions de chasse s’écrasant contre les défenses de l’énorme vaisseau survolant la cité.

"Nos commandos n’ont pas la puissance de feu pour venir à bout de ce monstre, et l’engin tire sur tout ce qui essaie de rentrer ou sortir de la ville. 
- Qu’allons-nous faire général ?
- Nous allons devoir compter sur un homme déjà à l’intérieur.
- Mais qui ?"

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Plan sur un homme en tenue rouge et bleue, la mâchoire serrée, regardant d’un air déterminé vers le ciel alors que les gens paniqués continuent de courir autour de lui.

"Nos satellites ont repéré un homme qui ce matin a sauvé à lui seul plusieurs centaines de personnes grâce à son taxi. 
- C’est un ancien de chez nous ?
- Non. C’est un homme nouveau."

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Une plaque de chauffeur de taxi est jetée sur la table, le visage du héros y est visible, un bonnet bleu vissé sur le crâne. On peut lire "Oui-Oui" à côté.

OUI-OUI BEGINS

*Lancement d’une musique épique avec des chœurs en latin*

Plan sur une station essence explosant.

CET ETE

Plan sur un type à demi-calciné mourant dans les bras de Oui-Oui.

"Oui-Oui… tu dois… 
- Gendarme, ne parlez pas, je vais vous emmener à l’hôpital, gardez espoir !
- Il est trop tard Oui-Oui… tu ES notre espoir… Nestor Bouboule… il a kidnappé Potiron… j’ignore pour qui il travaille…
- Accrochez-vous Gendarme !"

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*La musique continue*

TOUT

Plan sur Oui-Oui zig-zaguant à bord de son taxi entre des explosions. Oui-Oui distribuant des mandales à divers malandrins qui profitent du chaos pour essayer de s’en prendre aux honnêtes gens. Oui-Oui tendant la main à une jeune femme, les yeux larmoyants, alors qu’elle va glisser d’une corniche dans la ville dévastée.

VA

Plan sur un immeuble explosant

COMMENCER

Plan sur un carambolage sous une pluie de cendres.

Plan final sur Oui-Oui, le visage sanglant, au milieu d’une salle futuriste ressemblant fort à la passerelle d’un vaisseau. Il a l’air très en colère.

"Bonsoiiir, Oui-Oui…
- Ouiiii… bonsoir !
- Sournois. Finaud. 
- Tu es seul Oui-Oui… tu es perdu.
- Je ne suis jamais seul. J’ai mon taxi."

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Plan sur le taxi de Oui-Oui traversant l’immense cockpit derrière-lui, la scène est coupée brutalement pour laisser place à un écran noir. Dans un bruit infernal, de grosses lettres viennent s’y poser jusqu’à écrire

OUI-OUI BEGINS

http://www.ouiouibegins-lefilm.com ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – - – -

Le commissaire tira un peu plus fort sur sa pipe, comme s’il essayait de surcharger ses sens de tabac pour en chasser le dégoût qu’il venait de ressentir. Il se tourna vers le super héros à son côté.

"Alors Super Spoiler ?
- Ah non mais c’est facile : prendre n’importe quelle licence et tenter de lui donner un côté dark moisi, c’est du Christopher Nolan.
- Bon sang, vous êtes sûr ?
- Certain.
- Alors vous devez agir vite, Super Spoiler ! J’ai entendu dire que le bougre présentait le dernier film qu’il a écrit et produit, "Man of Steel", au cinéma local !
- Diantre, je dois y aller !"

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Super Spoiler étendit ses bras et s’envola en faisant tourbillonner l’air autour de lui, obligeant le commissaire et le journaliste à ses côtés à se protéger alors que tous les papiers de la pièce se mettaient à tourner autour d’eux dans la confusion la plus totale. Lorsque le dernier document eut achevé son vol, Loïc Laine leva les yeux.

"Tout de même, je me demande bien qui est Super Spoiler. Vous pensez qu’il est comme Superman et porte des lunettes le jour ?
- Ah non, il est encore plus extrême : lui, il porte carrément des lentilles de contacts."

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Et sans un mot de plus, tous deux prièrent silencieusement pour que Super Spoiler aille s’occuper de Man of Steel.

Le film est-il une énième tentative de rendre sérieux un héros qui ne l’est pas ? Comment l’incontournable question du slip de Superman a-t-elle été gérée ? Un seul dialogue a-t-il été réussi ?

Allons voir promptement : spoilons, mes bons !

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L’affiche. Pas d’explosion en vue ? Ni de cendres ? Ni de flammes ? Ah, attendez, peut-être que ce film est bien, en fait (faites semblant d’y croire, chenapans !).

Notre histoire débute sur la lointaine planète de Krypton, alors qu’une femme est occupée à pousser fort : la bougresse est en effet en train d’accoucher sous le regard ému de son mari, Jor-El, tellement content à l’idée de ne plus avoir de nuits et de changer des couches. Bientôt comme dans tout accouchement de mauvais film paraît un enfant tout propre et sans cordon ombilical qui présente tous les attributs d’un garçon (comprendre : il a une bière à la main) : Kal-El. Ce nouveau né fait la joie de ses parents, mais hélas, Krypton ne connaissant pas le congé paternité, Jor-El est bientôt rappelé à ses activités, à savoir scientifique de Krypton. Et quand je dis scientifique de Krypton, ce n’est pas pour dire qu’il est scientifique : non, c’est visiblement le seul du coin, puisque durant tout le film, qu’importe de quoi on parle : c’est Jor-El qui l’a fait. Si vous ne saviez pas dire "Mac Gyver" en kryptonien, c’est désormais chose faite.

Bref : Jor-El se rend au grand conseil de Krypton pour expliquer à celui-ci, en substance, que c’est la merde. En effet, à force de consommer toute l’énergie de la planète pour leur civilisation, nos amis kryptoniens ont rendu son noyau instable, et le bougre menace de péter d’un moment à l’autre. Jor-El supplie donc le conseil de lui confier le codex, une relique contenant tous les codes génétiques pour reproduire la civilisation de Krypton ailleurs, afin d’essayer  de la sauver. Car en effet, sur Krypton, on a oublié comment on faisait les bébés (on ne sait plus trop ce qu’il faut mettre dans quoi, on a bien fait des recherches, mais une fois Jor-El est resté coincé 6 heures dans l’oreille de sa femme, depuis on a arrêté), du coup dans le doute, on les produit en série dans des cuves. Avec le code génétique et les cuves, il est donc possible de refonder Krypton ailleurs, hop !

"Certes, Jor-El, votre sagesse est grande.  Mais sinon, on pourrait pas juste se barrer avec des vaisseaux ? Non parce qu’on est un peu une civilisation qui voyage dans l’espace quand même.
- Grand maître Obvi-Ous, il n’y a plus de temps pour ça ! Donnez-moi le codex et Krypton pourra vivre !
- D’accord mais comment ?
- Hé bien heu… par exemple en l’envoyant avec des codes génétiques ailleurs avec l’aide d’un, disons… vaisseau spatial ?
- Attendez, c’est moi où vous venez juste de… AAARGH !"

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Le pauvre Obvi-Ous est hélas arrêté en plein pointage d’incohérence par un coup de pistolet désintégrateur dans la margoulette qui l’empêche quelque peu de poursuivre sa conversation. Car ce n’est pas Jor-El qui a tiré mais un groupe de nouveaux arrivants l’air hostile, commandés par le terrible général Zod.

"Ça suffit maintenant ! Krypton n’a plus le temps pour vos discussions ! Il faut agir : donnez-moi le codex ! Jor-El, écarte-toi !
- Que veux-tu faire du codex ?
- Je vais m’en servir… pour faire renaître notre civilisation ailleurs ! 
- Alors ça, JAMAIS !
- Mais attends mec, tu viens d’expliquer que c’était exactement ton pl…"

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Pendant que les spectateurs sont encore en train de se demander comment on peut faire aussi mauvais dès les premières minutes, Jor-El bouscule Zod et tente de fuir sa troupe pour aller chercher le codex, qui est rangé dans une salle évidemment non gardée. Après s’en être saisi, Jor-El s’enfuit sur son dragon volant pendant qu’il est poursuivi par les vaisseaux des méchants. Car oui, comme lui il est gentil, il chevauche des animaux mythiques gentils pendant que les vilains ont des vaisseaux qui font bziou bziou et gruwululu. Je pense que dans la première version, il s’enfuyait sur une licorne majestueuse, mais quelqu’un s’est dit que ça allait se voir, là, quand même. Du coup, on a aussi retiré le passage où on explique qu’il vit dans un champignon gardé par un lapin soyeux. N’empêche, essayez autour de vous : allez voir quelqu’un qui n’a pas vu le film et dites-lui "Franchement, dans Man of Steel, j’adore la scène où Russel Crowe chevauche un dragon", il y a 97% de chances qu’il ait l’air terrifié et se demande ce que vous avez bien pu voir, mais si, si, c’était bien Man of Steel.

Bref : toujours est-il que Jor-El fonce à son domicile pour y retrouver sa dulcinée, qui voulant éviter que son fils finisse sa vie à peine commencée avec Krypton, a déjà trouvé une planète où envoyer son marmot : la Terre. Celle-ci a une population un peu primitive mais qui pourra prendre soin de l’enfant, même s’il sera forcément rejeté pour sa différence (sauf si par le plus grand des hasards, il venait à atterrir dans un coin de la planète où la population est aussi blanche que lui et où il peut parfaitement se fondre). Jor-El bidouille donc un truc avec le codex et son fils, colle le tout dans une fusée qui attendait chez lui (sur Krypton, la fusée sur sa rampe de lancement à domicile, c’est complètement tendance, on en trouve plein chez Ikea), programme la Terre comme destination et envoie le tout dans l’espace, trop heureux de se débarrasser de ce truc rose qui braille avec une couche contenant visiblement aussi un gros noyau instable.

Le général Zod arrive donc sur ces entrefaites, un peu bougon.

"Crotte de bique ! Mais enfin Jor-El, pourquoi as-tu fait ça, tu es con ou bien ?
- Non je… Krypton est une civilisation décadente : vois ! Nous produisons des enfants à l’aide du codex, et leur rôle dans la société est inscrit dans leurs gênes. Je ne veux plus de cette société là ! J’ai donc envoyé mon fils, seul enfant né naturellement depuis des siècles, dans l’espace avec le codex pour qu’il fasse renaître une civilisation meilleure ailleurs. Alors que toi, tu voulais le codex pour reproduire nos mêmes erreurs, encore et encore !
- Hmmm oui, alors j’entends bien, mais justement, si tout ce bordel d’eugénisme immonde est dans le codex et que tu n’es pas d’accord, pourquoi l’as-tu envoyé avec ton fils pour "faire renaître notre civilisation" ?
- Ha ? Heu… je…
- Je veux bien que tu m’expliques. 
- Oui non mais je… hahaha, si ! Attends ! Maintenant que tu n’as plus le codex, tu es feinté : tu ne peux plus reproduire l’eugénisme de Krypton ailleurs ! J’ai donc bien fait d’envoyer loin de toi mon fils et le codex. Si si, c’est bon, tout se tient. C’était juste pour t’emmerder toi, en fait.
- Hmm. Ou alors il me suffirait de trouver des porteurs de gènes issus du codex pour les reproduire. Genre des gens de Krypton, en fait. Je me demande où on va en trouver, sachant qu’on est sur Krypton, c’est chaud patate.
- … non, attends, je suis sûr que je trouver une bonne raison à pourquoi j’ai balancé mon fils dans l’espace !
- Bon, et si je te tuais, plutôt ?"

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Et ce qui fut dit fut fait, débarrassant ainsi Krypton d’un de ses plus gros blaireaux. Hélas pour le général Zod, l’aventure s’arrête là, puisque le reste des forces armées de la planète vient lui dire que tenter un coup d’état en tuant des gens, c’est très vilain bande de gredins, et que du coup, lui et ses copains méritent une grosse punition. Punition qui est la suivante : le départ loin de Krypton dans un vaisseau-prison. Oui, vous avez bien lu : pour avoir été très méchants, Zod et ses amis sont condamnés à ne pas avoir le droit de rester sur leur planète qui va péter.

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Zod vient de penser à un truc : et si il était tout simplement allé prendre le codex qui n’était pas gardé et qu’il était parti ? Ah oui, tiens, flûte.

Et on en est encore qu’au tout début du film. Impressionnant, n’est-ce pas ? Il y a du talent, et pas qu’un peu.

Et effectivement : à peine Zod et ses amis hors d’atteinte, Krypton explose, tuant ainsi une race visiblement constituée à partir de l’ADN de Christine Bravo. Profitons-en donc pour aller voir ce qu’il se passe sur Terre, quelques années plus tard.

Clark Kent est un jeune homme terriblement sombre (comprendre : il est barbu) qui gagne sa vie en tant que marin pêcheur, un rude métier où il doit affronter des ennemis aussi terribles que l’indomptable saumon, la sauvage truite, ou le génie du mal Lex Luthon. Mais un jour, alors que son navire capte le signal de détresse d’une plate-forme pétrolière en difficulté, Clark s’envole tel un aigle et fonce droit vers le brasier qu’est devenu le site de forage pour traverser les flammes sans encombres et en sortir les ouvriers à la grande surprise de ces derniers et des gardes côtes, qui voient même cet étrange homme sorti de nulle part soulever et tordre à lui seul des obstacles de plusieurs tonnes pour faire place aux évacués.

Ainsi naît la légende de Super Marin Pêcheur, the Man of Breizh.

Toujours est-il qu’après cet exploit, Clark en profite pour méditer en plongeant sous l’eau et s’assoupissant au milieu des baleines, tant, c’est connu, ces animaux adorent se promener autour des plate-formes en flammes qui explosent. Nous avons dès lors le droit à un flash-back, et comme le film va nous en coller tout un tas toutes les 10 minutes, regroupons-les un peu pour avoir le sombre, très sombre passé de Clark Kent au complet.

Clark se souvient d’un jour, quand il était enfant : ses pouvoirs s’éveillaient et il en chiait un peu pour les contrôler : son audition le surchargeait de sons, des conversations lointaines aux bruits d’horloges en passant par ce qui aurait dû rester silent but deadly, son odorat rendait la chose encore plus éprouvante, quand à sa vision à rayons X, elle lui permettait de voir au travers du chemisier de la maîtresse, ce qui déstabilise toujours un peu quand on a 6 ans. Clark ce jour là était donc parti se cacher dans un placard de l’école pour s’isoler de tout cela, mais comme heureusement, Maman Kent traînait toujours dans les couloirs de l’établissement pour Dieu sait quelles raisons, elle pouvait le calmer avec des phrases simples de maman comme "Concentre-toi sur ma voix" ou "Tu sors de là ou c’est ma main dans ta gueule, on va voir si t’as un toucher surdéveloppé".

Clark se souvient aussi du jour où sur le chemin de l’école, son bus est tombé d’un pont dans la rivière locale, ce qui n’est quand même pas de bol. Clark avait donc poussé le bus à lui seul hors de l’eau, sauvant ainsi toute sa classe et le chauffeur d’une fin atroce. Le soir même, Papa Kent l’engueula en lui expliquant que bordel, tu dois cacher tes pouvoirs, les gens prennent peur ! Et insiste en disant que, oui oui, il aurait dû laisser toute sa classe crever. Mais à part ça, il encourage Kent à faire le bien.

"Tu comprends Clark ? Faire le bien, c’est cool, mais c’est très secondaire par rapport à ce que l’on pense de toi. 
- Tu veux dire que je peux laisser les gens crever si j’ai une bonne équipe de com’ ?
- Tu viens de résumer 50 ans d’histoire de la présidence des Etats-Unis mon lapin."

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Je n’invente pas : Papa Kent explique bien qu’il aurait dû laisser sa classe crever plutôt que de leur faire une grosse peur. Je serais curieux de savoir sur quel ton ce type utilise l’expression "Il y a eu plus de peur que de mal". En tout cas, cela motive Papa Kent à emmener son fiston à la cave, non pas pour lui coller un coup de pelle, mais pour lui montrer quelque chose : le vaisseau dans lequel il l’a trouvé. "Oui fiston, maintenant que tu as flippé durant quelques années sur pourquoi tu avais des pouvoirs surnaturels, je tenais à te dire qu’en fait, tu étais un extra-terrestre et qu’on t’avait trouvé dans cette capsule un matin dans un champ. Et je suis sûr que ta capsule est extra-terrestre, car j’y ai trouvé des éléments même pas classifiés sur le tableau périodique qui va bien. Car oui, j’ai beau être un fermier, j’explique tranquillement que je fais ce genre d’analyse les doigts dans le nez. Et même si la logique voudrait qu’un bébé dans une capsule ressemble fortement à un enfant placé dans un canot de sauvetage lors d’un quelconque malheur, je vais te répéter en boucle alors que je n’ai aucun moyen de le savoir que si tes parents t’ont envoyé là, c’est qu’ils avaient un but pour toi, pas simplement qu’ils voulaient te sauver les miches. Oh, et j’ai trouvé une sorte de clé dans la navette : je te la donne."

Clark se souvient aussi d’un jour où il était sur la route avec ses parents, et où il a fait ce qu’il ne faut jamais faire quand on est un super héros : se fâcher avec ses parents adoptifs. Non parce que forcément, ils vont mourir aussitôt pour que le héros ne puisse jamais se le pardonner. Et en effet, alors que Papa Kent, qui dans les autres flashbacks expliquait que Clark devait devenir une lumière d’espoir, un véritable symbole pour l’humanité, explique soudain que son seul avenir est d’être fermier dans le Kansas (Kevin Costner doit avoir trois scènes dans le film, mais à chaque fois il se contredit par rapport à la précédente), Clark râle donc en disant "Woh, t’es pas mon père !". Il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt, une tornade apparaisse à l’horizon, et que la circulation s’arrête, les badauds fuyant leurs voitures pour s’abriter sous un pont voisin. Sauf qu’alors que tout le monde est en sécurité, Papa Kent s’exclame "Ho non ! On a oublié le chien !" (si.). Ce dernier y retourne donc, parce que bon, faudrait pas envoyer Clark qui pourrait s’en occuper sans souci et sans spécialement montrer ses pouvoirs, et comme il se doit, si le chien est libéré, Papa Kent se tord la cheville, ouyouyye, et se retrouve donc bloqué alors que la tornade arrive sur lui. Clark a donc environ 5 minutes et 2941 possibilités de sauver son père adoptif sans que les gens ne hurlent au super-héros, mais à la place, il reste à faire des bruits de gorge pendant que son père lui fait signe de ne pas l’approcher pour ne pas révéler ses pouvoirs.

"N’oublie pas, Clark : tu as de grands pouvoirs et j’ai passé mon temps à te dire que tu serais un exemple vivant pour l’humanité, mais à chaque fois que tu veux les utiliser pour faire le bien et montrer l’exemple en question, je t’engueule. Laisse moi donc crever pour préserver ton secret et soulager le spectateur de mes dialogues écrits au caca."

Et Papa Kent disparaît donc dans la tornade, probablement tué par l’une des nombreuses vaches qui y tournoient. Entre Papa Kent et Jor-El, on peut dire que notre héros n’a vraiment pas eu de bol avec ses papas. Je dis ça parce qu’ils étaient fin cons, hein, pas parce qu’ils sont morts, qu’on soit bien d’accord.

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"Allez Clark, c’est pas grave, il faut savoir réparer ses erreurs. Alors tu y retournes, tu remets tous les enfants dans le bus et tu le refous dans l’eau."

Revenons donc de nos jours, dans les régions arctiques de notre planète, alors qu’un hélicoptère se pose près d’une base militaire. A bord de celui-ci se trouve Loïs Lane, fameuse journaliste du Daily Planet, qui vient enquêter sur les recherches que font nos amis de l’armée dans le coin. Ceux-ci sont bien embêtés : crotte, une journaliste qui en plus, s’est annoncée, comment va-t-on lui cacher nos recherches super secrètes ? Je sais : expliquons-lui tout et proposons-lui de la loger sur le camp. Action Man, le chef militaire local (il s’appelle ainsi puisque dans tout le film, dès qu’il y aura un véhicule vaguement militaire, il sera dedans et sait tout piloter), dit donc à notre héroïne que l’on aurait trouvé sous la glace un énorme objet de métal vieux de plusieurs milliers d’années. Tiens donc ! Les recherches vont donc bon train, mais il faudra encore du temps pour arriver à l’objectif; En attendant, il est tard, Loïs est donc invitée à aller se coucher, même si elle est excitée et ne veut pas dormir, ça suffit maintenant, pas de caprice.

Sauf que sitôt la nuit tombée, notre curieuse sort de son logis en gloussant comme une dinde sous acides et équipée de son appareil photo magique, elle prend une photo du chantier en pleine nuit, zoome sur son appareil sur une zone d’ombre où on ne voit quasiment rien mais où elle a vu un demi-pixel suspect, et grâce à son zoom digne des experts, repère… quelqu’un qui marche ! Oui, c’est tout. Et suspect sur un chantier, pfou. J’espère qu’il n’y a pas de travaux près de chez elle, sinon elle doit être le pire stalker de toute l’histoire du BTP. Elle décide en tout cas de suivre ce type repéré aléatoirement en… en escaladant des falaises de glace ? Ah oui bon je… d’accord. Et dans la falaise se trouve une galerie où visiblement, l’homme a pénétré. Elle s’engage donc à sa suite…

Au fait, j’en profite : si vous trouvez déjà ça long, allez faire pipi maintenant, parce que c’est pas fini.

C’est fait ? Non parce qu’on ne s’arrêtera plus après, hein ? Je ne veux pas de "J’ai encore envie !" ou "Quand est-ce qu’on arrive ?". Bien, reprenons.

Notre homme, c’est Clark Kent. Après avoir été the Man of Breizh, il a un temps été cuistot dans un routier, et puis finalement, là, comme il s’ennuyait, il a décidé de retrouver, comme ça, hop, un vaisseau de la planète Krypton prisonnier sous la glace. Il a sûrement appris ça pendant son service au routier, entre deux rumeurs entendues à la CB sur les promos que ferait Germaine la goulue derrière la baraque à frites de l’aire de la Jument Verte. Toujours est-il qu’à l’entrée du vaisseau, il faut une clé de Krypton pour entrer… et ça tombe drôlement bien : Clark essaie la sienne, et découvre que la sécurité était bien naze sur Krypton, à savoir que si tu enfonces à moitié ta clé, ça active les défenses contre toi, mais si tu pousses un peu pour que ça rentre en entier, hop, les défenses te protègent. D’aaaaaccord. Et l’ordinateur de bord se met au passage à lire le contenu de la clé à savoir… un logiciel holographique ! Celui-ci fait apparaître à côté de notre héros son père, Jor-El.

"Bonjour mon fils.
- "Mon fils" ? Mais qui es-tu ?
- A ton avis ? Bon, on va la faire courte. Je suis ton père, Jor-El. Enfin un hologramme ayant sa mémoire. Et ton véritable nom, même si on a dû s’en servir deux fois avant de te coller dans une fusée pour déconner est Kal-El. Laisse-moi te raconter l’histoire de notre peuple : notre planète mère est Krypton. Celle-ci avait un noyau instable parce qu’on l’exploitait pour en tirer notre énergie. Et on faisait les bébés dans des cuves, aussi, ce qui est très mal. Nous avons envoyé des vaisseaux comme celui-ci sur des centaines de monde, pour préparer leur colonisation future. Tu trouveras donc ici les cuves à bébé en question, mais vides. Parce que tu vois, moi je voulais pas que l’on fasse des bébés génétiquement pré-programmés, je trouvais ça très malsain. Chacun devrait avoir le choix de son destin.
- Okay : je veux être pâtissier.
- Nom de… gnnn… bon, écoute, même si je viens de t’expliquer l’exact contraire, je vais te fixer un destin moi-même sans te laisser le choix : tu dois être un exemple, un héros, un prophète. Tu dois être celui qui fera que les humains se diront que les gens de Krypton, c’est de la bouboule.
- Alors on est encore plein ? Chouette !
- En fait, non. Krypton a pété. C’est même pour ça que l’on t’a envoyé ici. Pour que tu sois vivant et libre. Le dernier de notre espèce.
- Donc je peux être pâtissier.
- Heu… non. Non, non, je te disais, tu dois être une sorte de… d’ambassadeur, d’exemple pour les humains. Pour qu’ils aiment les gens de Krypton.
- Mais s’il n’y a plus de gens de Krypton ?
- En fait, si. Tu pourras les recréer grâce aux cuves à bébé. Que l’on trouve dans ce vaisseau. D’où le fait que je voulais que tu trouves ce vaisseau, je ne sais comment d’ailleurs.
- Cuves à bébé que tu ne veux pas que j’utilise parce que c’est de l’eugénisme et que ça crée des gens qui ne sont pas libres de leur destin.
- C’est ç… ah merde oui. Pourquoi je t’ai mis dans cette fusée déjà ? Rah, je sais que ça me faisait marrer sur le coup. Bon, changeons de sujet. Donc, disais-je, peu après le coup d’état échoué du général Zod, Krypton a explosé et…
- Sachant que tu as fait cette clé avant d’avoir le fin mot de l’histoire, comment sais-tu que Zod a été arrêté ? Et que Krypton a explosé sans aucun autre survivant ?
- …
- Non mais c’est pas grave tu sais, j’ai été élevé par Papa Kent, et lui aussi était un peu con et pas très cohérent, je m’y suis fait.
- Je reprends. Puisque le passé semble un sujet tendu, parlons du futur : regarde, j’ai placé dans ce vaisseau une combinaison typique de Krypton pour toi, bleue, avec une cape rouge. Et pas de slip, parce qu’on a voulu arrêter les moqueries sur le sujet pour faire un film sérieux.
- Donc à la place quelqu’un a fait un film où tout le reste est sujet à moquerie, je vois. Tiens par exemple, pourquoi, sachant qu’on a vu les tenues de Krypton au début du film, suis-je le seul à avoir comme tenue ce qui sert de sous-vêtement aux autres ? Et pourquoi le mien est-il tout coloré ? Dois-je comprendre qu’à défaut de slip terrien, tu veux que je me trimbale dans l’équivalent d’un slip de Krypton ? Et comment as-tu su qu’il fallait placer cette combinaison, pile à ma taille d’ailleurs, dans ce vaisseau parti pour la Terre il y a plusieurs milliers d’années alors que tu ne savais ni que tu aurais un fils, ni qu’il viendrait ici un jour ?
- … bouhouhouh je sais paaaaaaaaaaaaas ! Je veux que quelque chose arrête cette scène !"

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Et ça tombe bien, parce qu’au même moment, Loïs Lane a poussé un grand cri ailleurs dans le vaisseau : tombée sur les défenses intérieures de celui-ci en suivant Clark, elle a été blessée. L’ami Kent fonce donc la trouver, et la rassurant sur ses attentions, lui cautérise sa blessure à l’aide de ses yeux lasers, à la grande surprise – et douleur – de la belle. Puis, Clark va la déposer à bonne distance du vaisseau, et décolle purement et simplement avec celui-ci sous le regard effaré des militaires alentours, avant d’aller le cacher à quelques centaines de kilomètres de là, dans un autre coin glacé, mais moins connu (Maubeuge). Puis il retourne chez Maman Kent lui annoncer la bonne nouvelle : il sait enfin qui il est, et d’où il vient. Et là encore, dans la série des dialogues de qualité, Maman Kent lui dit "C’est formidable" mais ne lui demande aucun détail : après tout, ce n’est jamais que le plus grand mystère de sa vie, alors on s’en fout un peu, hein, allez Clark, va faire ton lit petit galopin.

Loïs Lane retourne donc au Daily Planet avec un article intitulé "Commant j’ai rencontrer un alien qu’il été trop bô lulz". Le directeur du journal refuse purement et simplement de l’imprimer, à moins bien sûr de le faire sur papier rose, double et absorbant, pour donner de la lecture à tous les cucus du monde, qui comme chacun sait, se passionnent pour l’ufologie depuis que des rumeurs de sondes les préoccupent régulièrement. Loïs décide donc de se lancer à la poursuite de ce mystérieux alien à apparence humaine, et fouillant à la recherche de mystérieux incidents par le passé commis par un homme aux pouvoirs incroyables malgré son apparence humaine, remonte la piste jusqu’à un certain Clark Kent. Et finit par rencontrer celui-ci dans sa ferme du Kansas, l’homme s’étant rasé et changé depuis leur dernière rencontre, puisque maintenant qu’il connait ses origines, il n’a plus raison d’arborer une barbe et des vêtements sales pour faire type torturé. Subtil. Vraiment.

"Clark Kent ! C’est donc vous, le mystérieux sauveur alien à l’apparence humaine qui m’avez aidé dans ce vaisseau enfoui !
- Vous êtes une curieuse, Miss Lane. En effet, vous connaissez mon secret. 
- Mais pourquoi le garder secret ? Le monde aimerait vous connaître !
- Mon père me disait toujours "Garde tes pouvoirs secrets, et laisse les gens crever."
- Votre père m’avait l’air d’être un sacré numéro.
- En même temps il est mort tué par une vache volante.
- Sinon, je vous aime bien, là, rasé, comme ça.  C’est sexy.
- Merci.
- Mais du coup, je me demandais : sachant qu’au début du film on vous voyait avec une barbe qui résistait jusqu’à un incendie de plate-forme pétrolière, vous les coupez avec quoi vos poils ? Rasoir ionique ? Et puis là, votre peau blindée qui arrête tout, du coup on ne peut pas vous vacciner, c’est ça ? Donc votre plus gros ennemi, c’est finalement un cochon d’inde avec la rage ou une majorette porteuse du tétanos, si je comprends bien ?
- Hem héééé bien Miss Lane je crains que nous ne devions nous séparer je suis très occupé, tout ça. Par contre, ne révélez jamais mon identité, je vous fais confiance, je veux vivre en paix. Bisous."

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Pour rappel, Zack Snyder, le réalisateur, voulait faire "Wolverine" mais le projet lui est passé sous le nez. Ça ne se sent pas du tout.

C’est donc un peu dépitée que Loïs Lane retourne au Daily Planet : elle a le scoop du siècle… mais ne peut rien en écrire. Tout aurait pu s’arrêter là si, quelques temps  plus tard, un étrange phénomène ne s’était pas manifesté : le monde entier a repéré un vaisseau extra-terrestre se dirigeant vers la Terre : celui à bord duquel Zod avait été chassé ! Et alors qu’il s’approche, soudain, partout dans le monde, l’électricité se coupe et sur tous les écrans (qui n’ont plus de jus, donc, c’est fort), apparaissent des messages écrits dans la langue du pays (car oui, Zod connait les zones géographiques qui vont bien, leurs langues et les écrit toutes sans jamais avoir eu de contact avec la Terre par le passé), ce qui me laisse perplexe : Zod utilise-t-il les langues officielles ou celles des aires géographiques ? Ecrit-il en catalan ou se fait-il insulter en envoyant du castillan à Barcelone ? Parle-t-il seulement Breton ? Et surtout, en quelle langue s’adresse-t-il aux Belges ? Toujours est-il que son message est "Vous n’êtes pas seul", répété en boucle un temps, avant qu’il ne prenne la parole, son visage masqué et à demi-brouillé, pour menacer la Terre.

"Terriens, levez les yeux et tremblez, car je suis le général Zod.
- Hihihihihi !
- ZoD. Avec un D, comme Denis.
- Aaaaaah… oooh…
- Oui, bon : je suis venu chercher quelqu’un sur votre planète. Il se nomme Kal’El. Il se cache parmi vous, sous une apparence humaine, mais il n’en est rien. Donnez-le moi, et il ne vous sera fait aucun mal."

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Aussitôt, les médias s’emballent donc, et quelqu’un a la bonne idée de balancer à la télé que "Vous savez, je suis très content d’être interviewé, mais si vous voulez en savoir plus sur les aliens parmi nous, demandez à Loïs Lane, elle a fait une enquête l’autre jour, on a refusé de publier son article, mais elle a l’air de savoir qui est ce fameux Kal’El."  Aussitôt, Action Man, qui était auparavant chef de la sécurité sur un chantier archéologique au pôle nord est désormais officier dans le FBI (oui oui, et non non, pas d’explication), et envoie toutes ses troupes à la poursuite de cette mystérieuse Loïs Lane.

Heureusement qu’il n’y avait qu’une seule personne dans le monde entier qui prétendait savoir des choses sur les aliens, et que c’était Loïs Lane. Non parce que dans notre bas monde, le FBI se retrouverait avec une liste de 15 à 16 000 noms au bas mot, et finirait persuadé que le Kal’El en question est petit, gris, et a une passion secrète pour faire du Spirograph dans les champs à en croire les "témoins".

Bref : Loïs Lane est bien vite arrêtée par le FBI, et Clark, lui, décide de se rendre pour ne pas mettre l’humanité en danger. Il se rend donc bien naturellement… sur la base où Loïs Lane est retenue prisonnière, l’information étant probablement disponible sur Mappy. Et se constitue prisonnier.

Ce qui serait pertinent si c’était l’humanité qui avait demandé à Kal’El de se rendre. Parce que là, depuis l’espace, Zod doit juste se dire "Mais ? Je lui demande de se rendre à moi et il se rend à eux ! Pfou, il a l’air de sévèrement tenir de son père, lui.". Et en effet : Clark, vêtu en Superman, est donc menotté et mis dans une salle d’interrogatoire le temps de papoter deux minutes avec Loïs Lane pour lui demander si ça va, bien ou bien, puis rendez-vous est pris avec un vaisseau de transport envoyé par Zod pour récupérer le colis, quelque part en plein désert. L’armée organise donc un petit site avec des banderoles "Bienvenue" et du Banga, avant de se mettre en position des fois que les aliens, peu intéressés par le Banga, ne soient hostiles. Mais ce serait ballot quand même : tout le monde aime le Banga.

La réponse arrive bien vite lorsqu’un petit vaisseau se présente devant le camp militaire et débarque quelques humanoïdes en armures noires, qui s’approchent de Superman.

"Kal’El, tu as bien fait de te rendre. Allez viens, on t’embarque. Et puis on va aussi emmener Loïs Lane.
- Pardon ? Mais pourquoi ?
- Et bien parce qu’elle sait qui est Kal’El, non ?
- Sachant que je suis déjà là et que je me rends ? Elle va servir à quoi ? Danser en tutu pour divertir l’équipage ?
- Ah tiens, oui, c’est vrai. Bon, allez hop, j’imagine que ça doit être écrit dans le script pour une bonne raison : montez Madame Lane, on va dans l’espace."

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Et ni une, ni deux, sous les yeux de l’armée, les hommes de Zod embarquent tant Superman que Loïs Lane, avant de repartir vers leur vaisseau resté en orbite. Sur place, on donne un casque à Loïs, afin qu’elle puisse survivre dans l’atmosphère de Krypton que le vaisseau reproduit. Alors que Superman, lui, après avoir discrètement filé la clé que son papa avait mis dans son vaisseau étant enfant à la journaliste à côté de lui probablement pourque l’on ne la trouve pas sur lui, ce qui se tient d’autant plus qu’il n’a pas de poches, encaisse moyennement ce changement d’atmosphère : en respirant l’air local, il devient tout faible, crache du sang et… s’évanouit. Heureusement, comme la technologie de Krypton est bien faite, elle permet à Zod de rentrer dans les rêves de Superman pour parler avec lui et sonder un peu son esprit au passage. Chouette.

"Bonjour, Kal’El, fils de Jor-El. Je suis le général Zod.
- Hihihi !
- Mrgngngn. Avec un D, bon sang de bois !
- Hihi… oh. Bon. Hé bien alors bonjour général.
- Bien, sache que j’étais un vieil ami de ton père. Moi, le militaire, lui, le scientifique. Nous voulions tous deux sauver Krypton, seules nos méthodes s’opposaient. Alors je l’ai tué.
- Ça me donne super envie de coopérer. Mais j’y pense, comment avez-vous survécu à l’explosion de Krypton ?
- Hé bien pour nous punir d’avoir tué des gens et tenté de renverser le gouvernement, moi et mes hommes avons été envoyés dans un vaisseau prison, cryogénisés, mais avec un système pour nous libérer en cas d’explosion de Krypton. Et évidemment, avec aucun garde pour veiller sur nous. 
- Donc on vous a puni en vous donnant tout pour être les seuls à survivre. Ça me rassure sur mon père : en fait, le souci était planétaire. Qu’importe : comment m’avez-vous retrouvé ?
- Hé bien, je te cherchais… je savais que ton père t’aurait sûrement envoyé sur l’une des nombreuses planètes où nous avions un vaisseau d’exploration enfoui sur place. J’ai donc visité quantité d’autres planètes, y compris celles où nous avions des avants postes, mais sans le ravitaillement de Krypton, les kryptoniens sur place étaient tous morts. J’ai donc récupéré armes, matériel et même un vaisseau de terraformation.
- Que des gens avaient à un avant-poste mais dont ils n’ont pas pensé à se servir, préférant mourir comme des cons ?
- C’est ça.
- Pfou, ce film s’arrête bientôt ? Parce qu’on enchaîne là quand même.
- Non. Bref, tout ça pour te dire que lorsque tu as activé le vaisseau caché sur la Terre, nous avons reçu son signal… et sommes venus à toi. Maintenant, il faut que tu nous donnes le codex, que ton père avait caché dans la navette avec toi. Pour que nous fassions revivre Krypton. Ah oui, et je sais que je n’ai aucun intérêt à te le dire, mais pour ce faire, je compte terraformer la Terre en nouvelle Krypton, et donc tuer tous ses habitants. Voilà.
- Non, monstre !
- Tu te trompes ! C’est la seule solution pour sauver notre civilisation !
- Ou alors, plan B, je vous file le codex et vous allez fonder Krypton sur l’une des nombreuses planètes que nous espérions terraformer un jour où nous avions des avants-postes "où il n’y a plus que mort", et qui n’attendent donc que ça comme tu viens de l’expliquer. Du coup, vous n’avez pas à faire de génocide, vous ne prenez pas de risque, et en plus vous êtes dans un coin tranquille.
- Chut : on s’en tient au script. 
- D’accord : "Nooooooooooooooooon !" "

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"Attendez, je pense à un truc… on a envoyé des tonnes de vaisseaux d’exploration chacun avec des cuves à bébé pour fonder des colonies… mais alors on doit pas avoir qu’un seul codex, sinon ça veut dire que notre système était conçu pour ne pouvoir nous reproduire que sur une seule planète à la fois, v’la les colonies ! Donc il doit y avoir plein d’autres codex, en fait !"

Superman est donc mis en cellule, incapable de s’échapper à cause de l’atmosphère locale qui l’affaiblit. Loïs Lane, elle, a trouvé dans sa propre cellule… un endroit où insérer la clé que Superman lui a filé (dans le mur de la cellule, hein, qu’on se comprenne bien). C’est vrai que c’est tellement logique de mettre ça dans une cellule. Bref : elle enclenche le bousin dans le bitonio, et hop : un hologramme de Jor-El apparaît devant elle. Celui-ci lui explique qu’il a conçu ce vaisseau (je vous l’ai dit : c’était le seul scientifique de la planète), et peut donc interagir avec sans souci, connaissant tous ses systèmes. Première chose qu’il fait : changer l’atmosphère à bord pour la rendre semblable à celle de la Terre. Seconde chose : il aide Loïs à s’échapper, ouvrant les portes devant elle et les fermant sur ses poursuivants (qui se contentent de courir sans utiliser leurs armes, quand bien même Loïs elle les ramasse, s’en sert et tire comme une déesse), puis lui chuchote à l’oreille comment se débarrasser des méchants. Enfin, il la colle dans une capsule de survie et l’éjecte vers la Terre pour qu’elle aille retrouver les siens. Capsule un peu endommagée dans la bagarre, mais nous y reviendrons.

Car l’hologramme de Jor-El vient aussi réveiller son fils dans sa cellule.

"Fils, tu es à nouveau super fort, car j’ai changé l’atmosphère de ce vaisseau. J’ai aidé Loïs Lane à fuir, et je lui ai dit comment vaincre Zod et ses hommes.
- Merci père ! Tu pourrais me le dire aussi ? Non parce que ça pourrait servir, là, en fait.
- Non.
- Bon, dans ce cas je vais juste péter la gueule à tout le monde puisque je suis super fort, et pas eux puisqu’ils ont leurs casques et n’ont pas respiré l’air terrien.
- Non plus : Loïs Lane est en danger, sa capsule de survie est endommagée, vole vite au travers de l’espace pour la sauver !
- Je peux voler dans l’espace ?
- Oui.
- Donc en fait, je n’ai pas besoin d’atmosphère, c’est ça ? Ni de respirer, puisque d’ailleurs, au début du film, je méditais au milieu des baleines. Donc comment ça se fait que je puisse être affaibli par la composition de l’air dans ce vaisseau, puisque techniquement, je n’ai pas besoin de respirer ?
- … oooooh, je crois que Loïs Lane est vraiment en danger, va vite !"

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Laissant tomber cette énième scène absolument navrante, Clark brise donc une paroi du vaisseau alien d’un seul coup de poing (tu fais ça sur tout le vaisseau et la Terre est sauvée, mais je dis ça, bon) puis file au travers de l’espace à la poursuite de Loïs, ne la rattrapant qu’à quelques mètres du sol alors qu’elle allait se crasher bien évidemment dans le Kansas, et tout près de la ferme Kent, comme il se doit. Non vraiment, Christopher Nolan, bravo : cette histoire est terriblement bien écrite.

Un peu bougons d’avoir perdu leurs prisonniers, Zod et ses hommes décident donc d’accélérer la manœuvre en se rendant directement à, justement, la ferme Kent puisqu’ils ont lu dans l’esprit de Superman qu’il avait grandi là, afin d’y trouver le codex dans la capsule dans laquelle le bambin était arrivé sur Terre. Sur place, ils tombent donc sur Maman Kent, qui leur explique bien que dis-donc, oooh, vous vous croyez où là ? Vous allez tout saloper avec vos gros godillots, mettez des patins ! Mais cela n’intimide guère les soldats de l’espace qui décident, en voyant que la bougresse ne veut pas parler, de stranguler la dame jusqu’à ce qu’elle regarde… en direction de la grange où est cachée la capsule. Zod comprend donc, et demande à l’un de ses sbires d’y aller.

En un seul bond, ledit sbire pénètre dans la grange, traverse le plancher volontairement et atterrit pile devant le vaisseau de bébé Kal’El. Parce que oui, à partir du regard d’une vielle dame en direction d’une grange, il a compris qu’elle indiquait "Si si, là, dans la grange, sous la paille, en-dessous de la trappe secrète, au fond à gauche du bâtiment, et si tu ne veux pas te vautrer, il y a une zone d’atterrissage de 1 mètre carré à côté du vaisseau qui irait pile poil si jamais tu comptais y aller en un seul superbond". Pitié, on ne pouvait pas juste faire une scène avec moins d’effets spéciaux et donc moins chère et plus cohérente où les méchants vont dans la grange et trouvent tout simplement la trappe ? C’est consternant de nullité. Il y a une sorte d’acharnement mystérieux mais fascinant.

Toujours est-il qu’alors que les méchants s’étonnent de ne pas trouver le codex dans la capsule, Superman surgit soudain de nulle part et commence à distribuer dans mandales, projetant l’un de ses ennemis jusqu’à la ville voisine où le combat va se poursuivre pour plus d’effets spéciaux. Informée que des aliens se battent dans le coin, l’armée américaine décide donc d’envoyer plusieurs avions ainsi que des rangers et hélicoptères pour calmer tout ce petit monde. Et évidemment, ni les missiles, ni les projectiles antichars ne font la moindre égratignure aux habitants de Krypton, ce qui est très frustrant. Ces dernier décident donc de sauter sur les avions pour les détruire, chose qui arrive dans 97% des films de super héros.

Ah oui, parce que oui, j’allais oublier : à partir de ce moment du film, alors que Zod et ses hommes se battaient jusqu’ici exclusivement au fusil désintégrateur, plus jamais ils n’utiliseront leurs armes. Mais si, vous savez, ces armes qui tuaient des kryptoniens comme les gens du conseil en un seul coup au début du film ? Hé bien elles disparaissent. Et Zod va passer son temps à se dire "Crotte, comment tuer Superman ? Peut-être qu’en lui faisant des brûlures indiennes ou en lui pinçant les tétons…".

Toujours est-il que donc, les kryptoniens tatanent les avions en deux temps trois mouvements, mais que les hélicoptères (commandés par Action Man, qui après Action Man archéologue et Action Man FBI est devenu Action Man armée de terre, visiblement, on avait plus de budget pour des acteurs) poursuivent eux leur chemin des fois que ce qui n’a pas eu le moindre bobo après une roquette dans le museau soit plus sensible aux balles de petit calibre. Je vous la fais courte, et ça va vous étonner, accrochez-vous à vos bretelles : ils perdent aussi la bataille.

Finalement, lassé de ces bêtises, Zod finit par se replier, non sans avoir eu un peu de dommages au casque en se battant avec Superman, et constatant donc que dans l’atmosphère humaine, il était soudain plus fort, pouvait voler, avait une vision rayons X et pouvait tirer des lasers. Une information intéressante, mais pas aussi intéressante que celle qu’il obtient lorsqu’il retourne à son vaisseau mère.

"Général Zod, général Zod !
- Oui, personnage secondaire sans intérêt ?
- Je viens de découvrir où était le codex.
- Ah ! 
- En fait, Jor-El n’a pas mis le codex dans la fusée avec son fils… non, il a utilisé une machine qu’il avait chez lui par le plus grand des hasards pour inscrire toutes les informations du codex dans les cellules de son fils. Superman est donc le codex.
- D’accord. Est-ce qu’il a besoin d’être vivant pour qu’on récupère les informations ?
- Non.
- Ah, un instant, j’ai cru que les cellules mouraient au décès de quelqu’un. Bon bin… allons tuer Superman alors ! Mais déjà, commençons à lancer la terraformation de la Terre, ils seront bien emmerdés. Enfin la kryptoformation. Enfin je me comprends."

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Et puis finalement, on introduisit la myxomatose chez les kryptoniens, et la Terre fut sauvée.

Sur Terre, donc, on est bien embêté puisque l’on voit soudain le vaisseau ennemi se couper en deux, une partie allant d’un côté de la Terre et l’autre du côté opposé, et comme par hasard, pile-poil au-dessus de Métropolis (on a pas assez de zones désertes sur Terre, c’est bête). De chaque côté de la Terre, les deux vaisseaux tirent donc un laser qui se rejoint au niveau du noyau de celle-ci, et commencent à pomper, provoquant à chaque coup de pompe un changement de la gravité dans la zone directe autour des vaisseaux (quand la pompe est en haut, tout s’envole, quand la pompe est en bas, tout est écrasé – sauf les gens, curieusement, qui courent juste au milieu pour faire plus spectaculaire, probablement que la gravité n’affecte pas les humains. Voilà, c’est connu). Et à chaque coup de pompe, c’est une zone un peu plus large qui est touchée. De son côté, Zod se rend au vaisseau d’exploration que Clark avait trouvé au début du film, et essaie de le ramener vers Metropolis histoire de… pardon ? D’accord : il essaie de ramener le vaisseau vers Métropolis. "Comme c’est ce vaisseau qui contient les cuves à bébés, et alors qu’il était en sécurité, ramenons-le en pleine zone de combat histoire que si on le perde, on condamne tout espoir de notre civilisation".

Franchement ? Ce film est un empilement d’incohérences avec de la matière fécale pour cimenter le tout.

Histoire de bien le souligner, un militaire dans un quelconque QG, assistant au spectacle s’exclame "Mon Dieu… ils tentent de transformer la Terre en nouvelle Krypton !"

Sachant que tu n’as jamais entendu parler de Krypton, tu es très fort mon garçon. Mais par rapport au reste, je crois que l’on pourrait presque te pardonner.

Allez, on essaie de finir ? Superman surgit, va se battre avec le vaisseau de terraformation situé au-dessus de l’océan pendant que les humains tentent de détruire celui au-dessus de Métropolis. Loïs Lane est elle allée trouvée Action Man (qui est désormais officier dans l’armée de l’air, tiens !) et lui a expliqué comment en finir avec les méchants, comme Jor-El le lui a enseigné  : il faut percuter leur vaisseau, à savoir celui au-dessus de Métropolis et dans lequel se trouvent les hommes de Zod, avec la capsule de bébé Kal-El activée avec la clé que Jor-El avait donnée à son fils. Mais si, vous savez, la clé que Loïs avait laissée dans sa cellule dans le vaisseau ennemi pour faire apparaître Jor-El et s’évader. Et bien pouf : elle est réapparue dans sa main. En même temps, qui se préoccupe encore de ce genre de choses ? En tout cas, un avion gros porteur est affrété avec Action Man pour le piloter et Loïs Lane pour pousser de petits cris à l’arrière.

Au final, abrégeons 20 minutes de scènes d’action :

  • Superman tatane le vaisseau de terraformation au-dessus de l’océan, youpi.
  • Les avions humains n’arrivent pas à égratigner le vaisseau au-dessus de Métropolis, par contre s’écrasent tous en faisant plein de jolies explosions.
  • Le spectateur se demande pourquoi Zod veut changer l’atmosphère de cette planète, puisqu’il a constaté lui-même qu’elle donnait des tas de supers pouvoirs cools à ceux de sa race. Il lance une opération risquée pour le plaisir d’être plus faible ? D’accord. Soit.
  • Superman revient à Métropolis en quelques secondes : il en chiait pour rattraper la capsule de survie de Loïs Lane dans l’atmosphère plus tôt dans le film, par contre faire le tour de la Terre, c’est vite vu.
  • Suite à diverses aventures pleines de poncifs, seul reste l’avion gros porteur à Métropolis pour vaincre les méchants, qui est endommagé et Action Man décide donc de l’écraser, avec la capsule chargée de Kal-El à bord, directement sur la coque de l’ennemi, provoquant une sorte de mini trou noir qui absorbe tous les méchants (et seulement les méchants) avant de se refermer de lui-même, comme ça, il est poli, il ne veut pas emmerder les gens. Il a même amené des chips au paprika pour s’excuser du dérangement.
  • Loïs Lane tombe elle de l’avion au dernier moment sans le faire exprès, oups, sauvée par le script. En même temps, elle n’avait rien à faire à bord, mais bon.

Superman vole donc rattraper Loïs, et comme chacun sait, en termes de lois de la physique, non seulement Superman vole si vite qu’il devrait avoir la gueule pleine d’insectes écrasés, mais en plus, stopper net la chute de quelqu’un à pareille vitesse, ça revient à couper Loïs en trois. Espérons que Superman garde le meilleur morceau.

Bref : curieusement, Loïs n’est pas coupée en trois et survit, et Superman peut donc aller calmer ce gros farceur de général Zod puisque ses hommes ayant disparu dans le trou noir, il est le dernier ennemi debout. Après avoir endommagé et écrasé son vaisseau d’exploration pour que jamais Zod ne puisse faire renaître Krypton, le prix à payer pour sauver l’humanité, ils se retrouvent donc tous deux au milieu de Métropolis. Zod décide donc qu’il est temps de lancer le grand combat final, et respirant à plein poumons (dont il n’a pas besoin comme tous les habitants de Krypton, donc) l’air de la Terre qui donne des supers pouvoirs (celui qu’il voulait éradiquer, pour rappel pour le remplacer par de l’air qui le rendait donc moins puissant par définition), il se lance dans un combat contre Superman.

Si on constate à cette occasion que Métropolis doit avoir l’équivalent de 60 fois New York en termes de gratte-ciels, tous de bureaux d’ailleurs, on note surtout qu’une bonne partie de la ville avait l’air de se moquer éperdument qu’un vaisseau alien au-dessus d’un autre quartier soit en train de la détruire : on peut voir des lumières, de l’activité dans les rues, bref, tout le monde s’en fout façon "Encore une invasion alien ? Roooh, mon métro va être retardé, y en a marre !". Nos deux larrons s’envoient donc un paquet de claques et traversent quantité d’immeubles en faisant des explosions pour un oui ou pour un non, jusqu’à ce que, finalement, tout se termine lorsque Superman fait une prise de catch à Zod, et que celui-ci menace : soit Superman le tue, soit il utilisera ses yeux lasers pour tuer une famille d’humains qui passait par là, comme ça, hop.

Le choix est vite fait : Superman fait donc un 180 degrés avec la tête de Zod, histoire de, et laisse son corps sans vie retomber alors qu’il hurle lui-même : il vient de tuer le dernier survivant de Krypton autre que lui et est donc désormais seul : qui va s’occuper des incohérences maintenant, si tous les kryptoniens sont morts ?

Loïs Lane, qui a dû se téléporter pour franchir les kilomètres la séparant de cet endroit, assiste donc à la scène, bouleversée… et lui fait un câlin. Làààà. Ça va mieux. Allez, un bisou magique et va acheter une glace, d’accord ?

Quelques temps plus tard, nous retrouvons l’armée américaine bien embêtée : elle essaie de trouver la cachette de Superman, mais à chaque fois celui-ci leur renvoie leurs drones en pièces détachées. Superman va en personne trouver un général pour lui expliquer la situation.

"J’aide l’humanité, ne me poursuivez pas.
- Okay, mais qu’est-ce qui nous dit qu’un jour tu ne vas pas te retourner contre nous ?
- J’ai grandi dans le Kansas. Je suis un vrai américain.
- Aaaah. Alors c’est pour ça que tu utilises tes supers pouvoirs pour lutter contre le vol de sacs à main à Metropolis plutôt que de t’occuper des dictatures dans le monde ?
- C’est ça.
- Bon bin cool alors. Big up gros !"

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Superman s’éloigne alors en s’envolant dans le lointain. Et quelques temps plus tard à Métropolis, Loïs Lane sourit : un nouveau journaliste vient d’arriver ; personne ne le reconnait car il a des lunettes, mais il s’agit bien de Kal’El, alias Clark Kent. On supposera qu’avec son double diplôme de fermier/marin-pêcheur, décrocher ce job a été d’une simplicité enfantine. C’est donc désormais reporter au Daily Planet que Clark Kent vit parmi les humains, espérant fricoter avec Loïs Lane, et faire la justice à chaque fois qu’il y en aura besoin dans son costume de Superman.

Et… FIN !

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Et à la fin du film, l’armée cherche à savoir qui est Superman. Après être allée chercher chez les Kent le vaisseau dans lequel il est arrivé, je le rappelle. Maison Kent remplie pour ceux qui n’auraient pas compris de photos de Clark sans lunettes. Et avoir interrogé Loïs Lane.

Miséricorde.

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"Ah, Super Spoiler !"

Le commissaire serra la main du justicier lorsque celui-ci se posa dans son bureau, fermant la fenêtre derrière-lui.

"Grosse journée Super ?
- Grosse daube surtout.
- Je vois. Bon, si j’ai utilisé le spoil signal, c’est qu’on a une nouvelle affaire sur les bras. Un fou menace des producteurs en leur envoyant des bandes-annonces anonymes. Je compte sur vous et vos pouvoirs.
- Allez-y commissaire."

- – - – -

Fondu au noir, une petite fille dans un champ verdoyant sous un ciel bleu éclatant. Elle rit.

*Chœurs masculins*

VOUS CONNAISSIEZ L’HISTOIRE

La même petite fille sur un chemin de campagne, regardant autour d’elle des paysages splendides

"Allez les amis, à l’aventure !" s’exclame-t-elle

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans un champs

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans une clairière

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle sur une montagne

"On peut y arriver les amis ! Ce n’est plus très loin !" dit-elle aux animaux derrière-elle alors que la neige et le vent hurlant lui rabattent les cheveux sur le visage

*Chœurs masculins*

DÉCOUVREZ LA LÉGENDE

La petite fille, épuisée, levant les yeux face à une grange, diverses runes inscrites sur le fronton.

Plan sur la petite fille qui commence à chanter tristement au milieu des animaux. Sa voix résonne alors que la bande-annonce continue.

La petite fille courant sous la pluie, un seau de lait à la main

La petite fille avec une fourche, peinant à soulever la paille

La petite fille encerclée par des musaraignes

DE MARTINE

Divers plans épiques à la queue-leu-leu impliquant Martine, un paysage, un travelling et éventuellement des musaraignes la poursuivant.

Fondu au noir et une écriture à la plume s’agite sur une page  jaunie.

MARTINE A LA FERME – EPISODE I

http://www.latrilogiemartine ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – - – -

Super Spoiler serra le poing en regardant l’écran, le commissaire plissant les yeux pour mieux tenter de lire sur son visage le sentiment qui le parcourait.

"Bon sang commissaire…
- Que se passe-t-il ? Vous savez qui c’est ?
- Evidemment. Faire des trilogies à partir de rien, rajouter des travelling pour un oui ou pour un non parce qu’il n’a rien à raconter de son film… 
- Attendez ! Vous voulez dire… mais c’est impossible !
- Si. Seul lui serait capable de faire trois films avec un livre de 12 pages.
- Mais… Super Spoiler, vous savez très bien qu’il n’a pas pu faire le coup, puisque"

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La porte du bureau s’ouvrit en claquant, un jeune policier essoufflé roulant des yeux ronds en dévisageant les deux personnes face à lui.

"On vient d’avoir un message urgent de l’asile d’Arkham…"

Il reprit son souffle.

"Peter Jackson vient de s’évader !"

Le temps que le commissaire se retourne, les papiers volaient déjà partout autour de lui, les battants de sa fenêtre claquant contre le mur. Il pointa un œil inquiet vers le ciel, sa pipe à la main.

"Bonne chance, Super Spoiler."

"Capitaine sur la passerelle !"

Les quelques officiers présents à proximité du sas se tournèrent pour saluer leur supérieur, quand bien même celui-ci dans sa morgue habituelle les ignora et se dirigea droit vers son fauteuil pour s’y installer confortablement dans un craquement de cuir familier pour qui servait sur la passerelle depuis suffisamment longtemps. Rapidement, une forte odeur de cigare s’installa au-dessus des militaires postés à divers postes de commandes, annonçant un long quart.

"Bien bien bien. Enseigne Diego, puis-je savoir pourquoi on m’a dérangé ?
- C’est que, capitaine… il y a eu une appel de détresse. 
- Hmm. Qui l’a reçu ?
- Lieutenant Tanya Dobroya capitaine. Cette voix… elle avait l’air… terrorisée… j’ai eu si peur !
- Ne vous inquiétez pas lieutenant Dobroya, cela peut arriver d’avoir peur. Allez vous cacher dans mes quartiers, il n’y a pas d’endroit plus sécurisé, ça vous aidera à vous détendre.
- Oui capitaine. 
- Vous trouverez une bouteille de brandy sur la table de nuit, n’hésitez pas à vous servir pour vous aider à reprendre le dessus.
- Je… oui capitaine.
- Bien, enseigne Diego, d’où provenait le message ?"

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L’aspirant officier tapota sur le clavier devant lui, et diverses lumières et sons répondirent à chacun de ses mouvements, avant qu’il ne se tourne vers son supérieur, inquiet.

"D’une salle obscure Monsieur.
- Seigneur. Ça doit être grave : préparez la distorsion, nous nous rendons sur place. Puis téléportez-nous sur site : dites à quelques soldats de s’équiper, c’est sûrement dangereux."

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Les membres d’équipage s’activèrent autour de leur supérieur, allant tous s’asseoir alors que le bruit ronronnant du moteur chauffant pour préparer le saut se faisait entendre. Les étoiles semblèrent se distordre, avant que dans un grand flash qui aveugla tous les présents, l’appareil ne se transporte presque instantanément à l’autre bout de l’univers. Le capitaine se leva pour se rendre en salle de téléportation. Quelques instants plus tard, lui et son escorte se trouvaient au cœur de ce qui avait probablement autrefois été un cinéma : les sièges semblaient avoir brûlé, certains accoudoirs ayant fondu sous la chaleur, fusionnant avec les pots de M&Ms qui par le passé avaient été posés à côté d’eux. Les lampes de l’équipages balayèrent la salle, rencontrant ici ou là, des corps aux visages terrorisés.

"Sûrement les Klingons.
- Non, regardez cette matière sur les fauteuils ; les lasers Klingons ne font pas ce genre de traces. 
- Mais alors qu’est-ce que c’est capitaine ?
- On dirait… oui… on dirait du caca. 
- S’il vous plaît…"

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Toutes les lampes se tournèrent en direction de la voix gémissante qui venait de s’exprimer, découvrant dans le faisceau lumineux un corps avachi dont la main agitait encore faiblement un communicateur d’urgence en direction de l’équipage de l’USS Connard. Bientôt, le blessé fut entouré par ceux qu’il avait appelés à l’aide.

"Respirez doucement bon lecteur ! Que s’est-il passé ici ?
- Star Trek… deux…
- Je sais, je sais, calmez-vous ! Ça ne peut pas être si affreux que ça !
- Ils… les mauvais films… ils ne font… kof… ils… ils ne font même pas exprès…
- Allons, c’est impossible, ils doivent bien être conscients qu’ils font de la merde quand même.
- Lisez…"

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L’homme désigna fébrilement un exemplaire de 20 Minutes gisant au sol à ses côtés dans les ruines de la salle. Le capitaine ramassa la chose du bout des doigts, et tourna les pages de ce Nécronomicon de l’information. Il s’arrêta en ouvrant grand les yeux en découvrant le seul article qui avait pu causer pareil traumatisme.

Mais quels sont les secrets du réalisateur de Super 8 pour réussir son coup à chaque fois ? 20 Minutes lui a posé la question.

Ecrire une bonne histoire

Le créateur des séries Alias et Lost peaufine ses scénarios comme s’il s’agissait des plans de vol de l’Enterprise.

«Si l’histoire ne tient pas la route, vous pouvez mettre autant d’effets spéciaux que vous pourrez, les gens décrocheront.»

Il y eut un grognement de frustration, puis un long et terrible hurlement :

"Abraaaaaaaaaaaaaams !"

Est-il possible d’être aussi mauvais que l’on considère comme un point fort l’un des trucs les plus mauvais de son film ? Qui est le plus de mauvaise foi, l’auteur de ce blog ou celui de ce film ? Autant de réponses auxquelles nous allons promptement répondre : spoilons mes bons !

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L’affiche : des flammes, un méchant avec un grand manteau habillé tout en noir et un truc à base de "Notre monde" ; on sent déjà l’oscar arriver.

Tout débute au milieu d’une forêt majestueuse d’arbres aux feuilles rougeoyantes, alors qu’une population d’humanoïdes sauvages s’ébat entre les troncs. Non, ce n’est pas le Canada contrairement à ce que le descriptif pourrait laisser penser : il s’agit de Gloubitz-8, une planète lointaine où se déroulent d’étranges événements. En effet, on y retrouve le capitaine Kirk et son fidèle médecin de bord, le fameux Mc Coy, occupés à gambader en essayant de ne pas se faire trouer la peau par les indigènes locaux qui leur jettent au museau toutes sortes d’armes plus ou moins mortelles, de la lance à la flèche en passant par les conditions d’utilisation d’iTunes au format papier. Pourquoi cette animosité ? C’est bien simple : Kirk a eu la bonne idée de voler un papyrus sacré local pour obliger les indigènes à le pourchasser, afin de les attirer loin d’un volcan actuellement en éruption à côté de leur village. Et dans le même temps, une navette de l’USS Enterprise, le vaisseau que commande notre héros, s’amuse à survoler le volcan afin d’y larguer un Monsieur Spock en combinaison spéciale afin qu’il aille au cœur du cratère et y fasse péter une bombe à fusion froide devant stopper net l’éruption, et donc sauver les indigènes. Vous sentez cette odeur ? Oui : ça fleure bon le plan intelligent.

Pour faire simple : Kirk parvient à attirer les indigènes suffisamment loin comme prévu, puis saute du haut d’une falaise avec son compère Mc Coy pour plonger et rejoindre l’Enterprise, habilement dissimulée sous l’océan voisin (mais à 50 mètres de la côte : ça devait être sacrément profond dans le coin dites donc). De là, il apprend que cette grosse andouille de Spock est bloqué au fond du volcan suite à diverses malfonctions de la navette devant le larguer, et que vu les perturbations liées au volcan, il ne sera possible de le téléporter sain et sauf à bord avant l’explosion de la bombe qu’en ayant un bon visuel sur lui, à savoir, en plaçant l’Enterprise au-dessus du volcan.

Or, la Fédération, l’employeur de nos héros, a pour première directive de ne JAMAIS intervenir ou être vue des civilisations primitives qu’elle observe.

"Laissez-moi mourir !" s’écrie donc Spock dans son petit micro "Si vous venez me cherchez, les indigènes verront notre vaisseau, et nous serons en violation des règles, et ça jamais, je veux pas prendre des heures de colle !"

Mais comme ce n’est pas le genre de Kirk de laisser ses copains mourir, sous les yeux ébahis des indigènes, l’USS Enterprise sort des flots devant eux, puis va survoler le volcan pour mieux téléporter Spock (au dernier moment pour ceux qui en douteraient), alors que la bombe à fusion froide explose et stoppe net l’éruption, sauvant la peuplade locale, persuadée d’avoir vu un vaisseau des dieux. C’est donc sur cette belle victoire que l’Enterprise s’envole vers les étoiles pour d’autres aventures ! Chhht, ne dites rien : on va en reparler.

Générique.

San Francisco, QG de Starfleet, quelque temps plus tard

Le capitaine Kirk est tout fou : la Fédération lance un nouveau projet d’exploration spatiale, une mission de 5 ans au fin fond de l’espace, et il espère être le capitaine sélectionné pour cette tâche. Or, comme il vient de recevoir une convocation de l’Amiral Pike intitulée "Objet : grosse tache", il suppose que c’est bien pour lui remettre pareil commandement qu’on l’appelle. Déjà prêt à faire tourner les serviettes, Kirk rentre victorieux dans le bureau de son supérieur et ancien capitaine, mais déchante bien vite et se trouve obliger de remettre sa serviette dans son rond (rond de serviette, petit gredin) en constatant que s’il avait mieux maîtrisé la différence entre tâche et tache, il ne se serait pas emballé : l’amiral Pike n’est pas content.

"Kirk, mon jeune ami, vous me décevez beaucoup. J’ai lu votre rapport sur votre dernière mission : "Il ne s’est rien passé de spécial, bisous." Vous confirmez ?
- Oui. Surtout le bisou.
- Bien. Pas d’bol pour vous, et je ne parle pas de sa coupe : Spock m’a fait son rapport lui aussi. Et comme il ne peut pas mentir, je n’ai pas la même version.
- Spock, s’pèce de p’tit bâtard !
- Tutut capitaine : lisez plutôt le rapport de Spock."

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Journal de Monsieur Spock, date stellaire : fête des mères

Cher journal, je me sens très seul depuis que maman s’est pris un trou noir dans la gueule dans le film précédent. A qui vais-je donc offrir ce collier en pâte à sel ? J’hésite. Kirk est un peu con, il serait bien fichu d’essayer de le manger, comme ce qu’il a fait l’an dernier avec celui en coquillettes. Je crois que je vais plutôt l’offrir à ma copine, l’officier Uhura, dès que j’aurais trouvé son prénom, même si ma logique vulcaine me laisse à penser qu’il s’agit d’Hipipip. Ah oui, sinon, aujourd’hui, il y avait mission au programme : nous étions en train d’étudier une civilisation primitive sur Gloubitz-8 quand nous avons soudain détecté une éruption volcanique. Kirk a dit qu’il fallait sauver ladite civilisation, aussi a-t-il proposé d’arrêter l’éruption en déclenchant une fusion froide. Bon, comme on a des téléporteurs, je me suis dit "Bon, on va larguer le bousin dans le cratère depuis l’orbite, et puis basta", mais non : le capitaine a insisté pour planquer notre navire sous l’eau juste à côté du village des pleupleus locaux, puis il a décidé d’un plan impliquant de déplacer les primitifs de 500 mètres en leur piquant un parchemin sacré avant de partir en courant sous leurs tirs, puis là encore, plutôt que de regagner l’Enterprise au sec et sans risques en se téléportant, il a préféré sauter du haut d’une falaise. Moi, pendant ce temps, déposé par une inutile navette, je croupissais au fond du volcan à armer la bombe, jusqu’à ce que l’Enterprise vienne me chercher. Ce faisant, les primitifs ont vu notre vaisseau, et nous avons donc violé la première directive "Ne pas intervenir". Notons que j’étais prêt à mourir pour le respect de cette directive en demandant à l’Enterprise de ne pas venir me chercher, quand bien même j’étais déjà en train de la violer rien que par ma présence avec une bombe à fusion au fond d’un volcan. Ne me demandez pas pourquoi. S’il-vous-plait, si vous lisez ce rapport, sortez moi de ce film. Et emmenez-moi chez le coiffeur, pitié.

"Vas-y, grosse balance Spock !" s’exclame donc Kirk, mais rien n’y fait : l’amiral Pike lui explique que Spock a bien fait, et que de toute manière, étant bien trop indiscipliné, menteur et roublard, le capitaine Kirk fait honte à son grade. Il est donc rétrogradé au rang de second, alors que l’USS Enterprise est remis sous le commandement de son ancien capitaine : l’amiral Pike. Spock, lui, est affecté à un autre navire : l’USS Philippe Risoli.

Mais au même moment, ailleurs dans le monde, il se passe des choses. En effet, un agent de la Fédération dont la fille est gravement malade est contacté par un mystérieux bienfaiteur, qui lui propose un marché simple : il peut sauver sa fille comme ça, hop, Garcimore. Mais en échange, l’agent lui devra un petit service… l’homme accepte, et effectivement : simplement en donnant un peu de son sang à sa fille, l’étranger guérit celle-ci instantanément, alors que tous les médecins jusqu’ici s’étaient avérés bien embêtés. Le père, en honnête homme, accepte de remplir sa part du marché : il se rend à la base où il travaille, puis au sein de celle-ci, déclenche une bombinette comme son bienfaiteur le lui avait ordonné. Il meurt donc pour sauver sa fille, emportant tout de même avec lui les dizaines de personnes, ainsi qu’une bonne partie du bâtiment où il travaillait. C’est donc un peu la panique, même si heureusement, les pertes sont moins importantes que prévu : en effet, en s’en prenant à un bâtiment peuplé de fonctionnaires, le méchant avait oublié que sur 100 personnes, 17 étaient en arrêt maladie, 13 en congé maternité, 18 en stage et 10 en RTT.

En France, les terroristes en chient : leurs colis piégés sont perdus une fois sur deux, voire arrivent ouverts. Nous sommes en sécurité.

La nouvelle de cette explosion arrive bientôt à San Francisco, où au QG de Starfleet, l’alerte est donnée : les capitaines de 5 bâtiments stationnés autour de la Terre ont ordre de se réunir dans la salle du conseil local où les attend l’amiral Marcus, le commandant en chef de la flotte. Autour de la table se trouvent bien évidemment les officiers de l’USS Enterprise ainsi que ceux de l’USS Philippe Risoli, qui attendent que Marcus leur fasse le topo.

"Mesdames et Messieurs, il vient de se passer quelque chose de terrible : le bâtiment des archives de Starfleet à Londres vient de sauter.  42 morts. Nos archives réduites à néant. L’homme qui a fait sauter la bombe a cependant laissé un message derrière-lui : il dit l’avoir fait sur ordre de cet homme, regardez vos écrans. Voici Jean-Jacques Lapinou, l’un de nos ex-meilleurs agents, ancien espion de la Fédération chez les Klingons, une race extra-terrestre un peu taquine. 
- Mais pourquoi avoir fait sauter les archives de Starfleet ? 
- Je ne… oui Spock ? Vous levez la main ?
- En effet. Je ne vois qu’une option logique : effacer son historique internet jusqu’au fichiers fédéraux. Les senseurs de l’USS Philippe Risoli détectent d’ailleurs en ce moment même d’incroyables flux en provenance de http://www.romuliencoquin.net se dirigeant droit vers cette pièce.
- Hem je… hum… attendez… *clic*… *clic*… 
- Pardon amiral ? Ho, les flux viennent de s’arrêter.
- Ouiii ce… ce n’était sûrement rien. Hem. Par contre voici les ordres : nous devons arrêter Jean-Jacques Lapinou au plus vite. C’est pourquoi vos ordres sont de le pourchasser et de l’arrêter à tout prix. Aux dernières nouvelles, il s’était emparé d’un petit véhicule volant monoplace armé. Et… oui Spock ?
- Illogique. Pourquoi demander à des commandants de vaisseaux de rechercher un criminel fugitif ? Cela est le travail de la maréchaussée. Votre théorie revient à réunir des commandants de sous-marins pour leur demander de résoudre le crime de l’Orient Express. 
- Vous commencez à m’emmerder Spock ! Oui Kirk, je vous vois lever la main, revenons aux dialogues véritables du script, on vous écoute !
- Attendez… faire sauter les archives de la Fédération alors que ça n’a aucun intérêt… et si c’était simplement pour donner l’alerte ?
- Que voulez-vous dire ?
- Hé bien la procédure d’urgence lorsqu’un type s’attaque à Starfleet… est de convoquer le commandement de la flotte dans cette pièce ! Et si…"

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Et en effet, Kirk a bien deviné : lui qui est d’habitude con comme une meule de Saint Nectaire a compris l’objectif du méchant, puisque sa phrase est coupée par l’arrivée d’un aéronef juste derrière la baie vitrée de la salle du conseil, qui commence à ouvrir le feu à l’intérieur, tuant plus d’un haut-gradé. Il est vrai que c’est connu : lorsqu’un terroriste s’empare d’un véhicule volant armé, il est très important pour ceux qui veulent l’arrêter de se réunir tous dans la même pièce, de préférence en hauteur et sans protection contre, disons, des aéronefs armés. Car non : le QG de Starfleet n’a rien pour se protéger d’un chasseur pourri, et la police (qui a pourtant les véhicules qui vont bien) est visiblement occupée ailleurs à mettre des PV sur les astronefs qui n’ont pas remis de crédits dans le parcmètre.

Bref : la salle se fait mitrailler, et Kirk parvient à repousser l’assaillant en balançant divers objets inutiles dans son réacteur, comme par exemple des WiiU (en 2259, on a toujours pas trouvé d’utilité à la chose) : l’ennemi, troublé, en perd le contrôle de son appareil, mais parvient à se téléporter hors du cockpit avant de s’écraser comme une bouse. Kirk a donc le temps de voir Jean-Jacques Lapinou en personne lui jeter un regard étrange depuis le poste de pilotage avant de disparaître.

"Crotte de bique !" s’exclame notre héros en constatant que le rascal s’est échappé ; mais bien vite, la réalité de ce qui l’entoure le rattrape : la salle du conseil a été sévèrement mitraillée, et plusieurs officiers sont morts, mais pas tous, car heureusement, le méchant n’a pas pensé à faire un truc aussi simple que téléporter directement une bombe comme celle des archives en plein milieu de la salle dont il avait pourtant les coordonnées. Mais comme nous le verrons, tout le long du film, celui-ci subira le syndrome classique des fictions mettant à la disposition des personnages de la téléportation/de la magie/des voyages dans le temps (biffer les mentions inutiles), à savoir qu’à part si on cadre bien la chose d’entrée de jeu, chaque scène ou presque n’a plus de raison d’être puisqu’avec ce genre d’outil, tout peut être réglé instantanément ou presque. Soyez donc prévenus : nous y reviendrons régulièrement tellement cela crée d’incohérences à la seconde. Et il faudra même passer sur certaines tant les possibilités sont nombreuses.

Donc, disais-je : la salle du conseil a été bien mitraillée. Et si Marcus a survécu, le commandant de l’USS Philippe Risoli ainsi que l’amiral Pike ont trouvé la mort. C’est donc grosse tristesse, et bientôt grosse colère contre le galopin qui a fait ça. Heureusement, Scotty à bord de l’Enterprise a de bonnes nouvelles pour Kirk et Spock : il a étudié encore et encore ses senseurs, et a détecté où et comment Lapinou s’était télétransporté : il avait avec lui un télétransporteur portatif permettant d’aller n’importe où dans l’univers, et celui-ci a balancé ses coordonnées de destination : une province déserte de la planète mère… des Klingons. Kirk et Spock foncent donc vite expliquer tout cela à l’amiral Marcus, qui se caresse le menton en prenant l’air pensif.

"Bien, je vois. Savez-vous qui sont les Klingons ? Une race belliqueuse. Nous ne sommes pas en guerre ouverte avec eux, mais cela arrivera bientôt, ils sont très agressifs. Il nous faut donc être très prudents. 
- Argumentation logique, amiral. Vous allez donc proposer de nous téléporter, via le même système, au même endroit que notre ennemi, l’appréhender avec un sérieux commando qui pourra opérer sans risque puisqu’au sein d’un territoire désert, et se téléportera en sens inverse une fois sa mission accomplie ou même en cas d’urgence, frappant ainsi vite,bien et sans laisser de traces ?
- Non Spock. Je vais plutôt à nouveau nommer Kirk capitaine de l’Enterprise, et vous mon bon Vulcain, vous êtes réaffecté comme second à son bord. Vous irez jusqu’à la frontière Klingonne, et sans la franchir, vous tirerez une torpille furtive droit vers la position de notre ennemi. Il ne verra rien venir, et nous tirerons de loin sans grands risques, puisque nous serons repartis avant même que les Klingons n’aient réalisé qu’il s’était passé quelque chose.
- Option moins efficace, mais logique. La technique dite "du drone" aussi appelée "de George Bush" ?
- Non, parce qu’après on ira tous jouer au basket pour faire sympa. 
- Ah, l’autre technique "du drone", aussi appelée "de Barack Obama" ?
- C’est ça. Bon allez, tous à votre vaisseau les enfants : vous allez me tuer ce rascal vite fait bien fait, vous partez tout de suite."

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Tout l’équipage de l’Enterprise file donc prendre une navette pour rejoindre son vaisseau (encore une fois : ils aiment bien perdre du temps), et une fois à bord, Kirk fait l’appel de ses membres d’équipage, ainsi que l’inventaire du matériel chargé à bord. Parmi celui-ci, on trouve donc un lot de 72 torpilles furtives de dernière génération, qui intriguent très fortement Scotty, l’ingénieur en chef : en effet, celles-ci sont chargées d’un carburant inconnu, et placé dans un réservoir scellé. Or, l’information est secret défense, et Scotty n’aime pas trop charger dans le vaisseau des trucs qu’il ne comprend pas, voire pouvant mettre en danger l’équipage. Krik vient lui expliquer que si ça lui plait pas, c’est pareil, ce à quoi Scotty répond qu’il démissionne : oui, il est comme ça. Si on lui interdit de démonter le matériel secret défense, où va le monde, hein ?

Autre trouvaille à bord : le Docteur Carol Pipeau, experte en systèmes d’armement justement. Celle-ci vient tout juste d’être affectée à l’Enterprise, et est toute excitée à l’idée de pouvoir étudier les nouvelles torpilles de la mort qui tue : hélas, découvrant elle aussi que celles-ci sont scellées, c’est une Carol Pipeau bien frustrée qui prend son poste pour le long voyage jusqu’à la planète mère des Klingons. Un dernier pipi, une petite indignation de l’équipage en apprenant que Scotty a démissionné (on peut démissionner des missions secrètes comme ça, pif pouf, c’est facile), et en avant Guingamp !

Spock est dubitatif : un nouveau personnage ET avec un nom ? Il se dit bien que ça pourrait être important pour l’intrigue.

L’Enterprise voyage donc tranquillement en vitesse supra-luminique, la "distorsion", lorsque soudain, le vaisseau sort d’hyper-espace en faisant des bruits comme "Pët pët pët" ou encore "Kof kof reuuuuh". Salle des machines ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

"C’est le carbu sur le moteur nucléaire qui a pété." répond bien embêté le nouvel ingénieur en chef, moins doué que son prédécesseur Scotty. "Il va falloir finir à l’ancienne, sans distorsion." : coup de bol, il ne restait que 20 minutes de voyage en navigation normale : ça tombe bien alors. Nos héros s’arrêtent donc comme prévu à la frontière du territoire Klingon, très discrètement, puis scannent la planète ennemie, et plus précisément la province où notre méchant Lapinou s’est fait une cachette. Les scanners ne détectent qu’une forme de vie : c’est bien notre homme et il est seul. Il n’y a plus qu’à larguer les torpilles, comme aime à le dire Kirk le lendemain des soirées fajitas.

"Illogique capitaine. 
- Kirk ! Mais espèce de relou, alleeeeez on largue une torpille, je veux voir !
- Non. Le règlement de la Fédération est formel : tout homme a droit à un procès. Nous devons donc capturer Jean-Jacques Lapinou vivant.
- Mais nos ordres sont de le tuer ! C’est l’amiral Marcus qui l’a ordonné !
- Logique, mais hiérarchiquement faux capitaine. L’amiral Marcus est soumis aux lois de Starfleet : nous devons donc en priorité respecter les directives officielles, et capturer notre ennemi plutôt que le tuer.
- Bon, très bien, je prépare une navette.
- Inefficace. Nous pouvons juste le téléporter à bord, directement en prison. Nos senseurs le détectent et nous y arrivions très bien dans le précédent film. 
- Non, j’ai un meilleur plan : on arrive en navette, on le capture à l’ancienne, on repart là encore en navette jusqu’à l’Enterprise et on multiplie ainsi nos chances de se faire repérer par 2 millions 8. Et en plus, vous savez quoi ? On va envoyer un message d’abord au méchant pour lui dire "Attentiooooon, on arrive ! Et si tu bouges, on te torpille !"
- Inef…
- J.J Abrams.
- Ah oui, pardon. J’avais oublié capitaine. Je prépare immédiatement une navette."

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Et en effet : Kirk, Spock, Uhura la copine de Spock et une paire de soldats sans prénoms montent dans dans une navette Klingon récupérée chez Kiloutou et filent donc droit vers leur cible, à savoir le coin désert de la planète où une seule forme de vie est détectée. En chemin, et parce que c’est bien le moment, Uhura et Spock décident soudainement d’avoir une crise conjugale, discutant devant tout le monde de leurs petits problèmes.

"J’en ai assez Spock ! Déjà l’an dernier, le collier de pâtes c’était pour Kirk, et cette année, j’ai bien vu que tu hésitais à m’offrir celui en pâte à sel ! Et pis d’abord au début du film tu étais prêt à mourir sans me demander mon avis, sale égoïste !
- Illogique, je protégeais le plus grand nombre.
- "Illogique", "Inefficace", tu es chiant Spock, tu le sais ? Ton absence totale de sentiments, c’est un peu relou quand même ! Quand on fait l’amour, c’est même dramatique.
- Heu… bon, on va vous laisser, hein ? 
- Non capitaine ! Nan mais imaginez-le sérieusement, avec son ton de Bernard Pivot sous xanax : "Cette position est inefficace. Ah. Ah. Ah. Oui. En effet. Oui. J’en demande encore. Illogique : tes jambes n’ont rien à faire sur mes épaules. Inefficace : ce n’est pas ce côté là que nous sommes censés utiliser. Attention : selon le code de procédure de Starfleet et sa directive sur les transferts de fluide interéquipage, je suis dans l’obligation de t’indiquer l’arrivée imminentes de gamètes. Ah. Ah. Ah. C’est terminé. Logique : je vais me tourner sur le côté, péter et m’endormir."
- Je… que… HO REGARDEZ, NOUS SOMMES PRIS EN CHASSE PAR UN VAISSEAU KLINGON !"

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Et en effet : permettant d’échapper à cette conversation, nos héros constatent qu’ils sont pris en chasse par un vaisseau Klingon grognon parce que oui, l’Enterprise peut détecter un péquin en solitaire dans un coin désertique, mais pas l’arrivée de gros vaisseaux avec des dizaines de membres d’équipages dans le même coin. Sûrement un radar sélectif : s’ensuit une brève course-poursuite qui s’achève malgré diverses feintes par une impasse, puisque plusieurs vaisseaux Klingons arrivent en renfort et obligent la navette de nos héros à se poser. C’est donc un Kirk un peu boudeur qui arrête sa navette, pendant que ses ennemis en font de même avec l’un de leurs vaisseaux, débarquant un petit régiment de soldats ; Uhura, qui est la traductrice du bord, est donc envoyée faire de la diplomatie et tenter de faire croire que l’équipage n’est pas de la Fédération et qu’il s’agit de contrebandiers, pour ne pas provoquer de guerre ouverte. Le dialogue s’engage donc sous le regard anxieux du reste de l’équipage, mais bien vite, les Klingons ne se laissent pas feinter par le vieux pipeau d’Uhura, qui a décidé de baser son mensonge sur le thème "Salut, puissants et fiers guerriers : nous sommes venus vous aider à trouver un terroriste dans le coin." ce qui n’est pas très malin, tant les puissants et fiers guerriers n’aiment pas qu’on leur explique qu’on a besoin de les aider. Résultat des courses, les Klingons se disent qu’ils vont péter la margoulette d’Uhura, puis du reste de son équipage. Mais alors que leur chef tire son petit poignard pour tuer l’officier humain, il est soudain décalqué par un tir sortant de nulle part : c’est Jean-Jacques Lapinou !

Tout le monde bondit sur ses armes pour riposter, à part peut-être les vaisseaux Klingons qui survolaient les lieux, qui se contentent de regarder de longues minutes jusqu’à ce que Lapinou, qui a visiblement l’équivalent d’un canon antiaérien dans chaque main, ne les abatte en un tir, ce qui est tout à fait logique. Notons d’ailleurs que notre homme se contente de rester debout et à découvert sans bouger, et que malgré tout, aucun Klingon n’a l’idée saugrenue de, par exemple, lui tirer dessus. Non, à la place, ils courent dans sa direction en poussant de petits cris, jusqu’à se faire tataner.

Les derniers survivants Klingons sont bientôt envoyés rejoindre leurs petits camarades ad patres, et c’est donc un Kirk très étonné qui voit le sieur Lapinou arriver face à lui, et lui demande de se rendre. Ce dernier ne semble pas très intéressé par cette option, jusqu’à ce qu’on lui rappelle que des torpilles sont braquées vers lui depuis l’espace. Il interroge donc : "Combien de torpilles ?" "72", répond Spock, connu pour être incapable de mentir. Bon, bien sûr, personne ne trouve étrange que l’on propose de tirer 72 torpilles quand une, voire éventuellement deux suffiraient, mais bon. Toujours est-il que ce nombre semble impressionner Lapinou, qui se rend sur le champ.

Là encore, rien de suspect : ils auraient répondu "71" il aurait dit quoi ? "C’est bon, j’ai mes chances !" ?

Bref : tout le monde est donc rapatrié à bord de l’Enterprise, et comme dans tous les mauvais films, Jean-Jacques Lapinou est installé dans une prison avec une vitre à la place des barreaux, histoire qu’il puisse faire les 100 pas derrière en jetant des regards mystérieux aux gens qui passent. Mc Coy se contente juste de lui faire une prise de sang, quand même, histoire de voir si le prisonnier n’a pas ramené quelque mystérieuse  maladie avec lui.  Mais non : tout va bien.

Sauf que les choses ne se passent pas exactement comme prévu à bord. Déjà, les réparations moteur ne sont pas terminées, impossible donc de sauter jusqu’à la Terre de suite pour ramener le prisonnier. Ensuite, un message a été envoyé à Starfleet pour dire "Houhouuu, on a récupéré le colis.", mais il n’y a aucune réponse. Enfin, Lapinou est tout de même très mystérieux : il finit par tenter d’engager la conversation avec le capitaine Kirk, lui annonçant que les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent, et qu’évidemment, il est déjà au courant de tout : "A tout hasard, subiriez-vous une mystérieuse panne moteur ? Est-ce que Starfleet vous ignore ? Vous voulez savoir pourquoi ? Essayez d’ouvrir une de vos torpilles secrètes, pour voir ? Oh, et envoyez quelqu’un voir les coordonnées 8-9-32 bis, c’est près de la Terre, vous y découvrirez un truc sympa. Oui, et je sais aussi pour vos métaphores à base de torpilles les lendemains de soirées fajitas."

Diantre, il sait vraiment tout ! Kirk passe donc un rapide coup de fil au démissionnaire Scotty, resté sur Terre, histoire qu’il aille jeter un œil aux fameuses coordonnées (j’ai toujours aimé les gens qui ne demandaient pas d’abord ce qu’il y avait à voir là-bas). Puis, on demande donc au Docteur Carol Pipeau, la petite nouvelle du bord spécialisée en armement, d’aller démonter de la torpille, ce qu’elle accepte bien volontiers puisqu’elle rêvait d’ouvrir ces armes secrètes. Sauf que Spock va quand même la trouver pour lui dire qu’il faudrait voir à ne pas trop le prendre pour un Kirk : il a vérifié, il n’y a eu aucun ordre officiel pour l’affecter à l’Enterprise. Et il n’existe aucun Docteur Carol Pipeau au sein de la Fédération. Par contre, il existe bien un autre spécialiste de l’armement : le Docteur Carol… Marcus.

Spock et ses amis regardent avec étonnement les Klingons se faire tataner par un seul homme tout seul et à découvert malgré le fait qu’ils soient environ 50, tous armés et entrainés, et couverts par plusieurs vaisseaux. Oui, moi aussi j’ai regardé ça avec étonnement.

"Logique. Votre père est l’amiral. Illogique : pourquoi cacher votre identité pour monter à notre bord ?"

Et là attention, dialogue d’anthologie :

"C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père me donne accès à tous les programmes sur lesquels il travaille, mais ces torpilles, il a refusé purement et simplement de me laisser m’en approcher ! Je suis donc montée à bord pour savoir !"

Je vous la refais :

"C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père trouve très pertinent de divulguer tous les projets militaires top secrets à sa fille, des fois qu’un enfant de 5 ans lui explique comment rerouter le processeur de la pompe à proton entre deux cacas nerveux pour avoir une glace à la Foire du Trône. Du coup, je n’ai pas supporté qu’il me dise non sur ce projet top secret là, j’ai fait un gros caprice comme une princesse qui veut un poney, et je suis monté à bord en risquant de faire foirer une opération secrète juste parce que je suis pourrie gâtée."

"Logique.", répond donc Spock avant d’aller s’occuper ailleurs, par exemple en continuant à sniffer de la colle à moumoute.

Toujours est-il que le Docteur Marcus, et non Pipeau donc, parvient à ouvrir une des torpilles pour constater qu’il n’y a pas de carburant dans le compartiment du réservoir. A la place… il y a un mec cryogénisé ! "Ah bin ça alors, c’est pas banal !" s’exclame donc la belle, avant de partager l’information avec le reste de l’équipage. Et renseignement pris, c’est aussi le cas des 71 autres torpilles. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Kirk s’en va donc à la cellule de Lapinou pour lui demander de quoi il retourne. Et celui-ci se montre un peu plus bavard.

"En réalité, je ne m’appelle pas Jean-Jacques Lapinou, ce nom est une fausse identité que m’a donné l’amiral Marcus. Mon vrai nom est Khan, ce qui colle tout de même mieux au fait que je sois grand, brun et habillé tout en noir avec l’air mystérieux en permanence. Je suis le fruit d’expériences génétiques de la fin du XXe siècle réalisées pour concevoir des supers soldats, meilleurs en tous domaines. Je suis donc plus fort, plus intelligent, plus souple et meilleur à League of Legend, mais quand même moins qu’un coréen, faut pas déconner. Les hommes et femmes que vous avez trouvés dans les torpilles sont mon équipage. Il y a fort longtemps maintenant, fatigués de la civilisation d’arriérés dans laquelle nous évoluions, nous sommes partis bouder dans des tubes cryogéniques en attendant que des gens plus évolués nous réveillent. L’amiral Marcus nous a trouvés. Il m’a réveillé et pris mon équipage en otage. Il m’a obligé à utiliser mon intelligence supérieure pour concevoir des vaisseaux beaucoup plus performants militairement que vos actuels navires, principalement conçus pour l’exploration. J’ai tenté de sauver mon équipage en le cachant dans un nouveau prototype de torpille pour le faire sortir plus facilement de la base où l’on m’obligeait à travailler. Mais Marcus l’a appris, et j’ai pensé qu’il les avait tué. Alors je me suis rebellé, j’ai pris les armes contre Starfleet, j’ai fait sauter les archives, car c’est sous celles-ci que se cachait en réalité la base où je travaillais à développer des armes contre les Klingons. Et j’ai tenté de tuer l’amiral pour stopper tout cela et me venger. Mais vous m’avez retrouvé, son plan était donc simple : vous envoyer ici avec les torpilles, à la frontière de l’espace Klingon. Il a fait saboter votre moteur. Ainsi, si vous aviez suivi vos ordre consistant à me tuer à coups de torpilles plutôt que de venir me capturer, comme vous me l’avez expliqué, vous en auriez fini avec moi, tué mon équipage dans les torpilles du même coup, et les Klingons en détectant les explosions seraient sûrement venus voir de quoi il retournait. Et avec votre moteur endommagé, impossible de fuir correctement… ils vous auraient donc retrouvé, et l’amiral Marcus aurait ainsi eu ce qu’il voulait : un incident diplomatique menant à une guerre ouverte avec les Klingons, qu’il déteste et avec qui il souhaite en finir le plus tôt possible. 
- Illogique.
- Hooo non, lourd ! Spock, merde !
- Pardonnez-moi capitaine, mais je dois insister : illogique. En effet, comment pouvions nous balancer des torpilles sachant qu’il y avait des mecs cryogénisés à la place du carburant ? Aux dernières nouvelles, nos armes ne sont pas propulsées au Mr Freeze. Le plan de l’amiral était donc très con.
- Spock att…
- Illogique : nous disposons de désintégrateurs. Pourquoi l’amiral n’a-t-il pas désintégré l’équipage de Khan s’il voulait s’en débarrasser ? Simple et sans traces. A la place, il les a laissé dans des torpilles conçues par Khan qui donc, non seulement ne risquaient pas de pouvoir être tirées, mais en plus, ne faisaient qu’augmenter le risque de laisser découvrir le pot aux roses.
- Ecoutez je…
- Illogique : nous avons ouvert le feu sur des Klingons et détruit plusieurs de leurs appareils après toute une course poursuite, le tout en navette. Contrairement à des torpilles furtives provoquant des explosions sans que l’on sache d’où ça vient, les Klingons ont donc actuellement toutes les raisons de la galaxie de sécuriser leur espace à la recherche de notre navette, et donc de nous trouver à sa frontière avec l’Enterprise. Or, je ne vois aucun vaisseau Klingon, et nous n’en parlerons plus du film, je ne compr…
- Bon, Spock, allez sur la passerelle voulez-vous ?"

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Spock repart donc, contrarié par les incohérentes navrantes du plan du méchant, qui comme d’habitude, ne tient pas debout, permettant aux héros d’en venir à bout plus facilement. D’ailleurs, à peine le discours de Khan terminé, les senseurs détectent un gros objet approchant de l’Enterprise, en provenance de la Terre, et sort de l’espace… un énorme vaisseau, deux fois plus gros que celui de nos héros, et beaucoup plus armé : l’USS Laurence Boccolini. Celui-ci tente de rentrer en communication avec l’Enterprise, et un visage familier apparaît.

"Bonjour capitaine Kirk.
- Amiral Marcus. J’ai votre prisonnier. Et vos torpilles au complet. Et figurez-vous que tout cela me semble être une drôle d’histoire… je ne suis pas si sûr que vous soyez gentil, en fait.
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
- Je ne sais pas : le fait que vous pilotiez le seul vaisseau tout noir et menaçant du film ?
- Damn it, vous êtes très fort ! Bon, je suis désolé Kirk. Je ne voulais pas que vous parliez à votre prisonnier, c’est pour ça que je prônais les torpilles. C’est un rascal, un terroriste et un criminel de guerre. Donnez-moi Khan !
- Nan.
- Alleeeeeez !
- Nan. Bon, les enfants, avant que ça ne tourne mal, je propose de sauter en distorsion pour foncer droit vers la Terre."

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Et bien que le moteur ne soit pas en super forme, l’Enteprise parvient malgré tout à sauter en direction de la Terre, au nez et à la barbe de l’amiral, bien décidé à remettre Khan uniquement à un tribunal de la Fédération. Sauf que pas de bol : le nouveau vaisseau de l’amiral est tellement performant que même en hyperespace, il rattrape l’Enterprise, lui met des coups de klaxon et de pare-choc et histoire de lui faire comprendre son désarroi,  puis lui distribue une paire de lasers dans la gueule. Le vaisseau sort donc de distorsion en urgence, avec quelques trous dans la coque et des membres d’équipage qui en sortent en ordre dispersé, aspirés par le vide, mais nous n’en parlerons plus : ils n’ont pas de prénom, pas de quoi attrister Kirk donc. Si un jour vous êtes projeté dans ce film, premier truc à faire : hurler votre nom au capitaine. Vos chances de mourir en seront considérablement réduites.

Bref, où en était-on dans cette daube ?

Ah, oui : l’Enterprise n’est pas vraiment dans un état radieux lorsqu’il est rejoint par l’USS Laurence Boccolini. Et cette fois-ci, celui-ci ne rigole plus : il voulait Khan pour le tuer lui-même, mais finalement, comme l’Enterprise s’est rebellé et en sait un peu trop, détruire tout le vaisseau devrait être une solution radicale. Découvrant que sa fille est à bord, Marcus l’évacue juste d’un bon coup de téléporteur, puis il se remet à son labeur : tous les canons sont donc braqués vers Kirk et ses amis et… tombent mystérieusement en panne.

"C’est moi les amis, c’est Scotty ! Je suis à bord du Boccolini ! Les coordonnées que vous m’avez filées : c’était l’endroit où ils construisaient ce vaisseau en suivant les plans de Khan ! J’ai pu m’infiltrer et je viens de couper l’alimentation de leur vaisseau en mettant du sucre dans la trappe à essence, ils en ont pour un petit moment à tout remettre en marche !"

Bien joué Scotty, les mecs doivent avoir du caramel dans le moteur à l’heure qu’il est. Mais plutôt que de le récupérer à bord en le téléportant, nos héros ont un meilleur plan : incapables de fuir face à l’USS Bocolini, il faut donc l’affronter. Et Scotty pourrait permettre à un commando de pénétrer à bord du navire ennemi, invincible frontalement. Mais un commando très réduit : Kirk décide donc d’y aller, aidé du seul homme du bord à bien connaître le vaisseau ennemi : Khan. Celui-ci, fraîchement libéré, est à l’infirmerie où Mc Coy ne cesse de s’extasier puisque le sang eugénique de Khan semble pouvoir guérir tous les maux, voire pouvoir ressusciter les petits animaux morts. Hmmm, je me demande si ça va servir…

Vous aussi hein ?

Ça doit être super facile d’enquêter dans un film de J.J Abrams "Les mecs, faut qu’on trouve qui a fait sauter le… attendez, je crois que c’est bon : hep ! Vous là, le seul Monsieur en imper noir avec les yeux plissés en permanence ! Venez ici !"

Bref : il est temps d’aller infiltrer l’USS Boccolini pendant qu’il est paralysé. Khan accepte volontiers d’aider Kirk, puisque sinon, il mourra comme lui à bord de l’Enterprise, et après s’être armés, ils décident d’un plan simple : ils vont mettre des combinaisons spatiales, se propulser à fond les ballons au milieu d’un champ de débris jusqu’au vaisseau ennemi où Scotty leur ouvrira la porte, puis ils iront botter des culs, le Boccolini ayant un équipage réduit, le projet étant secret et l’engin conçu pour pouvoir même être piloté par un seul homme…

L’autre option était de se téléporter directement dans le vaisseau, voire si c’était impossible, juste devant le sas d’accès à celui-ci, mais comme ça aurait empêché une interminable séquence de types volant en esquivant des débris spatiaux, c’est la première option qui est retenue. C’est passionnant, vraiment.

Bref : après ladite séquence, nos héros pénètrent donc grâce à Scotty qui leur ouvre un sas droit dans le vaisseau ennemi, où ils commencent à tirer sur tout et tout le monde, ne s’étonnant même pas lorsque l’équipage de Marcus, plutôt que de les attendre avec armes et pistolets, leur tend des embuscades… au corps à corps. C’est vrai que quand on a toute une artillerie et qu’on est prévenu que Khan est une bête de corps à corps, autant ne pas utiliser ses flingues et essayer de lui mettre des claques jusqu’à ce qu’il pleure. Miséricorde.

Pif, paf, pouf, bang, et nos héros arrivent sur la passerelle, où sentant bien que Khan ne joue pas franc jeu, ils décident de lui aussi lui mettre un petit coup de rayon étourdissant dans la margoulette. Malin. Sauf que ce dernier étant un peu surhumain, non seulement cela ne le met hors-jeu que peu de temps, mais en plus il se reprend bien vite, récupère une arme et étourdit plutôt tous les autres. A part l’amiral Marcus, qu’il est bien décidé à tuer de ses propres mains. Et quand je dis de ses propres mains, c’est bien le terme, puisqu’il se contente de lui serrer la tête très fort jusqu’à obtenir l’effet casse-noisettes. Et ce, sous les yeux de sa fille, probablement pour aider ses amis psys terriens à avoir une nouvelle source de revenus constante pour les 50 prochaines années.

Khan, qui n’est pas le dernier pour la déconne, retéléporte donc tout le commando de l’Enterprise dans ledit vaisseau (que fait-il de l’équipage du Boccolini ? Ah pardon : on en parlera plus non plus), avant d’annoncer qu’il veut que l’on téléporte les torpilles contenant son équipage à bord de son nouveau vaisseau.

"Flûte, on peut pas faire ça." se dit Spock, qui fait l’intérim sur la passerelle de l’Enterprise pendant que Kirk récupère de ses aventures. "Bon, je vais passer un appel à un ami, et demander conseil à Vieux Spock, le moi-même du futur (z’avez qu’à lire le précédent spoiler, bande de rabouins), savoir si dans son espace-temps à lui, il avait affronté Khan.", et Vieux Spock lui confirme que houlala, Khan, il ne faut surtout pas le laisser s’échapper, et il tuera tout le monde sans hésiter. Spock essaie donc de gagner du temps, pendant qu’il fait activer les explosifs des torpilles. Khan, lui, se contente de disserter tout seul en soulignant les incohérences du film :

"Ahahaha ! En fait, je pourrais tous vous tuer, là, tout de suite, en tirant dans vos systèmes de survie : sans oxygène, les caissons de mes copains peuvent survivre, pas vous. Du coup, j’aurais une efficacité de 100% dans la récupération de mes petits camarades. Mais non : je vais plutôt vous laisser le temps de bidouiller les torpilles sans me dire pourquoi, avant de les transporter dans mon vaisseau sans les scanner."

C’est dramatique, mais en effet : lorsque Khan téléporte son équipage à bord, il ricane très fort comme tout méchant persuadé de gagner, mais s’étonne beaucoup plus quand toute la soute où il vient de ranger ses copains explose, endommageant très fortement son propre vaisseau. Cependant, il a tout de même le temps de lâcher une dernière salve sur nos héros, qui achève de pourrir un Enterprise déjà plus très vaillant. Celui-ci commence donc à dériver dans l’espace. Vous suivez encore ? Alors accrochez-vous.

Car c’est alors que nous avons le droit à cette réplique brillante d’une quelconque technicienne du bord :

"Nous sommes attirés par l’attraction terrestre !"

Que… pardon ? Mais ? On était pas en plein milieu de l’espace ? C’est même pour ça que l’amiral Marcus pouvait cartonner l’Enterprise sans craindre d’être vu ou de voir des renforts de Kirk débarquer ?

Hé bien non ! Le film est tellement mauvais que nous découvrons qu’en fait, tout cela se passait dans l’orbite de la Terre ! Mais si, vous savez : là où il y a toute la flotte de Starfleet ainsi que toute la Fédération qui devait pouvoir assister en direct à la trahison de l’amiral Marcus ! Et à la baston allant de pair, le tout, sans intervenir s’il vous plait.

Il faut quand même être balaise pour se permettre un truc aussi nul. Un peu comme si dans "Into the wild" on découvrait à la fin du film que le héros était en fait dans son jardin à s’amuser entre les fraisiers et le toboggan depuis le début avec des gens lui faisant coucou depuis la baie vitrée. Non vraiment : quel talent ce J.J Abrams.

Bon, hé bien, faisons avec : l’Enterprise, le réacteur en vrac, n’a guère plus d’énergie pour rétablir la situation, et menace donc de s’écraser sur Terre. Heureusement, Kirk, toujours prêt à se sacrifier, décide d’aller réparer le bidule nucléaire du bord en rentrant dedans au péril de sa vie (oui, il y a une grosse porte pour entrer dans le réacteur, mais non, pas de combinaison, c’est juste une porte pour se faire des blagues), se fait sévèrement irradier le museau, mais parvient à réparer le bousin en… donnant des coups de pied dedans (véridique). Ce qui suffit à remettre le courant, rétablir l’énergie à bord, et donc stabiliser l’Enterprise avant qu’il ne s’écraser. Spock, découvrant que son ami Kirk est mort irradié pour tous les sauver, tombe donc à genoux et a ce fameux cri :

"Khaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !",  gargarisme célèbre chez les amateurs de mauvais cinéma, qui a donc naturellement donné son nom au festival éponyme.

Et justement : Khan, lui, malgré son vaisseau très fortement endommagé, décide d’en finir une bonne fois pour toutes : il ordonne à l’USS Laurence Boccolini de mettre tout ce qu’il reste de patate dans le moteur pour aller s’écraser sur le QG de Starfleet à San Francisco. Evidemment, la Terre dont on expliquait au début du film qu’elle avait toujours des vaisseaux en orbite, est cette fois-ci complètement dénuée de quelque équipage que ce soit pour la défendre, et de toute manière, plutôt que de tirer sur le Boccolini avant qu’il n’atteigne la Terre, l’Enterprise préfère le regarder passer en faisant "Hooo." des fois que ça le fasse culpabiliser et qu’il s’arrête, hein, on sait jamais. Et donc, l’engin poursuit sa trajectoire jusqu’à la baie de San Francisco, perdant de la vitesse dans l’eau avant de finir sa course sur un bout de San la ville, tuant, allez, quoi, quelques dizaines de milliers de personnes vu le nombre de buildings qui s’écroulent ?

Pas de quoi inquiéter les figurants qui, dans le plan suivant, lorsque Khan parvient à s’échapper de l’épave, ont l’air à peu près aussi perturbés que si on venait de leur annoncer une nouvelle saveur de Chupa Chups.

Mais l’Enterprise n’est pas resté complètement inactif (je sais, on dirait, mais tout de même) : le vaisseau a pénétré l’atmosphère et ses senseurs ont détecté Khan. Le téléporteur étant endommagé et ne pouvant l’envoyer directement à bord en prison (et tous les autres vaisseaux du coin étant probablement occupés à jouer à la crapette), il est donc décidé de plutôt envoyer Spock lui péter la gueule. Ce qui est fait lors d’une autre course-poursuite où l’on trouve :

  • des plates-formes dans tous les sens
  • des flingues qui glissent au sol
  • des gens qui se retrouvent suspendus au-dessus du vide

Halte là, j’allais oublier un poncif : le mec qui traverse des vitres pour fuir ! C’était ça ou la ruelle avec des cartons et une grille au bout. Tiens mais d’ailleurs, qu’est-ce donc que ces barres métalliques parallèles à droite de l’image ? Ah bin c’était la porte, tiens. Quelle logique.

Et autres choses terriblement originales. Finalement, c’est lorsqu’Uhura, à bord de l’Enterprise, a l’idée géniale d’envoyer plus d’une personne à la fois pour arrêter le méchant que Khan est finalement arrêté. Et qu’un peu de son sang est prélevé par Mc Coy… pour sauver Kirk ! Qui après avoir été mort un petit moment, revient à la vie grâce à la puissance du sang magique du méchant. Khan, lui, est remis dans un caisson cryogénique, histoire qu’il arrête les conneries (moi je l’aurais gardé comme réserve de sang magique, mais c’est mon côté Twilight qui doit parler). A cette occasion, on peut voir qu’il est rangé aux côté d’autres caissons, sûrement ses membres d’équipage, ce qui est dommage sachant qu’ils ont sauté avec la soute de l’USS Boccolini il y a quelques scènes de cela. Mais bon, hein, ça vous choque encore vous ?

Kirk revenu d’entre les morts, est donc invité un an plus tard à faire un petit discours pour tous les gens tombés lors des événements liés à Khan et au complot de l’amiral Marcus, à savoir : "Quand les gentils meurent, c’est moche." puis le bougre ému par la puissance philosophique de son propre discours s’en va regagner son vaisseau, qui comme il le souhaitait, est affecté au nouveau programme d’exploration de la Fédération : c’est parti pour 5 ans au fin fond de l’espace à découvrir de nouvelles planètes inconnues ! Avec de tels ambassadeurs, nul doute que la Fédération aura bientôt 96 nouvelles civilisations mourant d’envie de lui déclarer la guerre.

Le capitaine se pose dans son siège, fait son sourire de winner, puis l’Enterprise active la distorsion pour disparaître dans l’espace infini et…

FIN !

Il disait quoi dans 20 minutes l’ami Abrams, déjà ?

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Le capitaine regagna ses quartiers, frottant régulièrement ses yeux encore quelque peu fragilisés tant par ce qu’ils avaient lu que ce qu’ils avaient vu. Le sas menant à ses quartiers s’ouvrit dans un bruit léger, dévoilant le havre de paix qui était le sien à bord du navire, alors que des hauts-parleurs déversaient doucement de vieux airs de jazz, rendant presque l’air ambiant plus doux à eux seuls.

L’officier fit quelques pas, puis notant que la porte menant à sa chambre était restée entrouverte, il s’en approcha, suspicieux.

"Lieutenant Dobroya ? C’est vous ?"

Personne ne lui répondit. Il baissa les yeux, surpris, en notant que son pied venait de se prendre dans un sous-vêtement, probablement lié au fait que le lieutenant avait dû boire le brandy sur la table de nuit, traînant toujours là avec suffisamment de drogues aphrodisiaques en son sein pour faire pleurer un coureur du Tour de France. Le capitaine ramassa le sous-vêtement en question, l’étudiant brièvement en se rappelant que si le lieutenant Dobroya ne semblait pas taillée pour l’exploration de l’espace, elle avait exploré l’alphabet de manière suffisamment intéressante pour atteindre des frontières justifiant son recrutement à bord. Le capitaine sortit de ses pensées en entendant un sanglot.

Courant jusqu’à la salle de bain voisine, il trouva le lieutenant prostré sous la douche, les yeux grands ouverts, terrorisée.

"Mais enfin Tanya, que se passe-t-il ? C’est le brandy qui ne passe pas, vous avez chaud, hmmm ?
- Non… si… enfin capitaine je… j’ai reçu une transmission pendant votre absence je… j’ai si peur, je ne veux plus sortir."

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Elle indiqua un rapport de communication sur le sol de la salle de bain, que le capitaine s’empressa de ramasser. Puis, il le lut.

Il s’effondra à genou sur le sol, le visage tourné vers les néons de la petite salle de bain de ses quartiers, sa bouche s’ouvrant toute grande :

"Scooooooooooooooooooott !"

Hurlais-je, désespéré.

Iron Man III est, comme son nom l’indique, la suite d’Iron Man I & II.

Aussi, vous imaginez bien qu’il serait fort malvenu de ne pas vous raconter le début de l’histoire avant de vous laisser avec ce spoiler. Aussi, comme il se doit, nous allons débuter par le résumé des épisodes précédents.

Iron Man I : Tony Stark est le boss de Stark Industries, multinationale spécialisée dans l’armement. Playboy surdoué et bricoleur de génie, il est blessé lors d’une visite en Afghanistan et se retrouve avec des bouts de shrapnels près du cœur impossible à retirer, l’obligeant à se greffer un réacteur sur le torse pour maintenir tout ce bousin à distance. Si, c’est logique, chut. Il en profite pour se fabriquer une super armure alimentée par ledit réacteur et s’en sert pour faire la justice, comme par exemple bourrer la gueule du type qui lui a tendu une embuscade en Afghanistan, le numéro 2 de Stark Industries que personne n’avait vu venir depuis le premier plan du film puisqu’il était grand, costaud, avec une pilosité louche et un nom d’apocalypse biblique, donc forcément insoupçonnable. A la fin, Iron Man gagne, et c’est la fête.

Iron Man II : Le réacteur sur le torse de Tony Stark commence à contaminer son corps avec des trucs pas cool, comme par exemple des neurones. Après une heure de film à combattre des méchants en carton, Tony Stark découvre suite à une succession d’incohérences et de télescopages à faire passer Hubble pour un microscope de salon qu’il peut améliorer son réacteur en créant un nouvel élément, sauvant ainsi sa vie tout en lui permettant de rendre ses armures encore plus puissantes. Il en profite donc pour vaincre les méchants et faire des bisous à Pepper, sa secrétaire, avant de lui abandonner la direction de Stark Industries pour ne plus avoir à faire la compta, ce qui est tout à fait compréhensible. Ainsi délivré des tableaux Excel, Iron Man est content d’avoir gagné, et c’est la fête.

Vous avez tout suivi ? Vous vous demandez si Iron Man va gagner et si ce sera la fête ? Alors en route pour l’épisode III. Spoilons mes bons !

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L'affiche : pas d'explosion mais des flammes et des étincelles : l'honneur est sauf

L’affiche : pas d’explosion mais des flammes et des étincelles : l’honneur est sauf

Tout commence en décembre 1999, à Genève, alors que Tony Stark s’apprête à fêter le passage à l’an 2000 en compagnie d’un certain nombre de sommités du monde scientifiques, réunies là pour se murger au champagne en discutant génétique sur fond des tubes de l’année comme Notre Dame de Paris ou Manau. Quelle année, pfou. En tout cas, comme il se doit, l’ami Stark ne perd pas son temps avec les vieux barbons qui peuplent l’endroit : il a repéré une jeune botaniste prénommée Maya qui semble plus à même de pratiquer le tourniquet moldave que ce vieux professeur de chimie qui déambule dans un coin en bavant des morceaux de roulé au fromage. Fort bien : Stark décide de l’emmener (Maya, pas l’ami des roulés au fromage) vers sa chambre, la réception se déroulant dans un luxueux hôtel local.

Sauf que sur le chemin, une sorte de gros nerd (à l’époque, cela signifie "Joueur de Counter-Strike") tente de l’aborder malgré son garde du corps personnel, Hogan, et Stark se retrouve sur les bras avec une sorte de publicité pour le shampoing qui lui explique qu’il a un projet super génial qu’il a monté avec sa propre boîte, AIM, et qu’il aimerait bien que Stark le soutienne. Tony lui dit que bon, oui oui, tu es bien gentil, tiens, tu veux pas aller sur le toit de l’hôtel m’attendre ? J’arrive dans 5 minutes. Et sitôt que le gourgandin a disparu pour s’en aller au rendez-vous fixé par Tony, celui-ci va plutôt s’occuper de la petite Maya, avant de l’abandonner au réveil comme il se doit parce que ho, dis, tu as cru quoi petit maline ? La bougresse peut donc s’en retourner tristement à son projet phare : un bidule génétique permettant aux plantes de se régénérer lorsqu’on leur marrave la mouille, une sorte d’archnémésis pour élagueurs, quelque chose comme ça. Quant au nerd malheureux, il est probablement mort de froid sur le toit, ou pire, est retourné sur de_dust.

Faisons un bond dans le temps, par exemple pour nous rendre en décembre 2013, où nous retrouvons Tony Stark dans le sous-sol de sa villa, occupé à bricoler une nouvelle armure, la Mark 42, qui a pour capacité spéciale d’avoir des pièces toutes équipées de petits réacteurs (oui, même le masque. Ah, ça, si ça s’enclenche par accident, ça va sentir le bouc à bien des sens du terme) pour pouvoir voler dans tous les sens et ainsi rejoindre Tony où qu’il se trouve. Formidable.

Détail important, cela fait 72h que Tony n’a pas dormi. En fait, Tony n’arrive plus à dormir : depuis l’épisode des Avengers, il a des crises d’angoisse et de terribles cauchemars et se réveille la nuit en murmurant "Non… pas ce film au scénario pourri… pas le passage où Loki explique son plan incohérent… pitié… et pourquoiiii Captain America ?". Mais rassurez-vous : ça ne le gêne pas spécialement pour autant : le sommeil, c’est un truc très surfait. Et de la même manière, même si le héros nous joue le traumatisé des Avengers, du film, jamais il ne pensera à les appeler, ou ne justifiera cet oubli de quelque manière que ce soit. Un détail j’imagine.

Pendant ce temps, à Stark Corporation, société désormais dirigée par Pepper Potts, la copine de l’ami Tony, la maîtresse des lieux reçoit en rendez-vous un élégant industriel dont la tête lui dit bien quelque chose… hmmm… voyons voir…

"Bonjour Pepper. Vous vous souvenez de moi ?
- Attendez, attendez, ne me dites rien…
- Mais si, c’est moi ! Genève ! La tribu de Dana ! Le geek de la société AIM qui harcelait Tony : c’est moi, Aldr…
- STEPHANE ROUSSEAU ! Ho bon sang Monsieur Rousseau, j’adore tous vos sketchs ! Celui au ski, je me fais pipi dessus !
- Mais ? Mais enfin, pas du tout !"

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Sauf que si. Pour la peine, pour le reste du film, ce personnage sera Stéphane Rousseau. Ça vous apprendra à m’obliger à aller vérifier le casting tellement j’ai douté tout du long.  Ah mais.

Stéphane Rousseau et sa société ont donc créé un super outil permettant d’explorer le cerveau humain, et plein d’autres trucs cools. Pour les présenter, Stéphane a un outil sympa : trois petites boules qu’il balance n’importe où et qui affichent aussitôt un hologramme 3D parfait au-dessus d’elles. Ce qui me laisse supposer que le bougre doit être balaise à la pétanque, puisque qu’importe comment il lance, les bidules atterrissent toujours en parfait triangle équilatéral. Même s’il les envoie sur une table, hop, ça s’arrête au bord. C’est fort. Mieux encore, la représentation en direct du cerveau de Stéphane Rousseau est supposée montrer son activité cérébrale : et il n’en a que quand Pepper le pince, pas quand il parle.

Je trouve ça assez représentatif de ce film.

Bref : Stéphane essaie de convaincre Pepper en lui disant une fois encore que Stark Industries et AIM devraient s’allier… mais Pepper refuse, car si Stark a dit non par le passé, elle se voit mal le désavouer aujourd’hui. Stéphane est donc fort marri de ce refus et part donc bouder dans sa chambre en écoutant du Avril Lavigne.

Mais Hogan, l’ancien garde du corps de Tony désormais chef de la sécurité à Stark Industries a suivi tout cela de loin : il voit bien que Stéphane Rousseau qui se promène comme ça, c’est quand même pas très crédible, et qu’il tourne un peu trop autour de Pepper. Sans compter que Rousseau a en plus emmené son propre garde du corps, Maurice, et que sa tête ne revient pas vraiment à Hogan (non mais les préjugés : ah bravo !). Ce dernier décide donc de les suivre personnellement, puisqu’en tant que chef de la sécurité de l’un des plus grands groupes économiques mondiaux, il n’a que ça à faire de ses journées. Pepper, elle, après avoir chassé Stéphane Rousseau de ses locaux, s’en va retrouver son doux amant, Tony Stark, pour une belle soirée en amoureux. Hooo, comme tout cela est prometteur.

Sauf que rapidement, les choses tournent assez mal :

  • Déjà, Tony continue d’être obsédé par le bricolage de nouvelles armures pour lutter contre ses crises d’angoisse et occuper ses pensées, et passe donc plus de temps au sous-sol qu’avec Pepper, probablement pour échapper à la simple obligation de prononcer son prénom
  • Cela dit, pour occuper la bougresse, Tony a programmé ses armures pour agir de manière autonome. Il s’en sert donc pour distraire Pepper (je n’ai pas dit "sex-toy" bande de galopins) pendant qu’il continue de faire le zazou dans sa cave
  • Pepper n’aime pas trop ces conneries. Pire encore, dans la nuit, alors que Tony cauchemarde lors d’un des rares moments où il dort, murmurant "Noooon… pas la scène finale d’Avengers toute pourrie", Pepper le secoue pour le réveiller… et une armure déboule aussitôt pour lui péter la gueule, pensant qu’elle agresse l’ami Tony

C’est donc une Pepper grognonne qui s’en va pioncer sur le canapé, parce que bon, hein, s’il aime tant ses armures Iron Man, il n’a qu’à coucher avec, ah mais. Dis donc. Ah, cette Pepper, elle a bien raison de lui en vouloir : après tout Tony ne cauchemarde que parce qu’il a affronté une invasion extra-terrestre qui s’est finie à coups de portails dimensionnels et d’armes nucléaires où il a failli y rester, il pourrait quand même faire un effort pour fermer sa gueule quand elle pionce, merde.

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous rencontrez ceci. Et haïssez le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l'éternité

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous découvrez ceci sur le canapé. Et haïssez dès lors le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l’éternité

Tony tente bien de varier les plaisirs pour s’occuper l’esprit, et de ne pas en rester à sa collection d’armures, par exemple en s’intéressant à l’actualité : depuis peu, un mystérieux terroriste, le Mandarin, fait péter des bombes ici ou là, et envoie derrière des vidéos plus ou moins hideuses (non vraiment les mecs, il va falloir revoir votre notion de "vidéo terroriste", là on dirait plutôt le petit Kévin qui joue avec le caméscope de papa) dans lesquelles il dit qu’il va "Donner une bonne leçon à l’Amérique, nardinamouk". Iron Man aurait-il un nouvel ennemi ? Probablement, car s’ensuit une scène très intéressante où notre héros décide de contacter son vieil ami, le colonel Rhodes (possesseur d’une autre armure façon Iron Man, récupérée chez Stark et mise au service des Etats-Unis sous le nom "d’Iron Patriot"), qui est justement en charge de lutter contre le fameux terroriste. Et comme il se doit, ils décident de discuter de ce dossier top secret… dans un bar. Avec des enfants qui viennent leur réclamer des dessins à table pendant qu’ils causent. Mmmoui, quel intérêt à part montrer qu’une fois encore, on se paie une scène entière avec figurants juste pour se rajouter du n’importe quoi ? Toujours est-il qu’après avoir insisté une demi-seconde (montre en main, les dialogues sont de qualité comme toujours), Rhodes accepte de révéler à Tony ce qu’il en est du dossier "Mandarin" : rien du tout. Personne n’arrive à savoir qui il est ni ce qu’il veut, et pire encore, les bombes qu’il pose… semblent ne pas être des bombes conventionnelles : on n’en retrouve jamais le moindre fragment. Curieux.

Surtout pour tout le reste du bar, donc, qui profite de cette conversation avec bonheur, Tony étant en plus venu avec son armure garée devant l’établissement des fois que l’on ne sache pas qui épier pour apprendre des trucs. Ah non ce film est… intéressant.

De son côté, Hogan a lui réussi à suivre Maurice, l’homme de main de Rousseau, jusqu’à un curieux rendez-vous où il vient semble-t-il filer de la drogue à un clodo qui marmonne "Ouiiii Maurice, donne-moi une dose, je peux réguler, je te jure." Tiens donc ? Hogan constate que Maurice donne une étrange seringue au clodo, visiblement un ancien militaire au vu des plaques qu’il porte au cou, et sitôt que le loulou s’est injecté la substance et que Maurice s’est éloigné, le larron semble se mettre à luire puis brûler de l’intérieur…

… avant d’exploser purement et simplement, désintégrant tout et tout le monde dans un rayon de quelques mètres.

Hogan survit de peu à l’explosion, protégé par un stand de vendeur de chouchous (on sous-estime trop souvent le pouvoir protecteur des chouchous), mais constate que Maurice, lui-même un peu blessé dans l’affaire, semble lui aussi se mettre à luire de l’intérieur… mais au lieu d’exploser, ses blessures se referment, et tout son corps semble se régénérer tranquillement pendant qu’il se barre. Et accessoirement, rien ne semble lui faire obstacle : il parait incroyablement fort. "Qu’eeeesse que c’est qu’ce bordel", murmure Hogan avant de sombrer dans le coma, le chanceux, il n’aura pas à subir la suite. L’explosion est revendiquée peu de temps après par le Mandarin, décidément le roi de la déconne, tant on sent bien que faire sauter un stand de chouchous a dû déstabiliser l’Amérique. La prochaine fois, le mandarin s’en prendra sans vergogne au mobilier urbain, probablement en taguant des bancs : c’est un fou, on ne l’arrête plus.

Tony apprend lui ce qui est arrivé à son bon ami Hogan, et devient vert de rage parce que bon, là faut pas déconner : tuer des innocents, d’accord, mais abîmer mon gros copain, non. Notre héros va donc voir les médias et leur annonce : "Alors là, je ne rigole plus : Mandarin, je vais te péter la margoulette, tu vas moins faire ton malin ! Et je te défie de venir essayer de t’en prendre à moi à mon domicile du 22 rue Yves Calvi à Malibu ! J’te prends quand tu veux !".Puis, il va étudier ce que l’on sait du Mandarin et du mystérieux attentat qui a quelque peu refroidi l’ami Hogan sur son super ordinateur à la maison.

Et comme c’est un super ordinateur qui parle, écoutons plutôt le dialogue.

"Jarvis, j’ai besoin d’étudier le dernier crime du mandarin. Affiche-moi les données.
- Tout de suite Monsieur. Hop, voici une représentation holographique de la scène de crime, on peut même y voir Hogan au sol.
- Parfait Jarvis. J’espère qu’aucun spectateur ne se demandera comment on peut avoir les données pour avoir une représentation aussi précise.
- Sûrement pas Monsieur. Ils supposeront sûrement qu’il y avait des caméras sur les lieux.
- Des caméras qui arrivent à faire une représentation 3D juste après avoir survécu à une explosion qui a désintégré les gens façon Hiroshima tellement c’était puissant ? 
- Exactement Monsieur.
- Des caméras avec enregistrements qu’il suffirait de consulter, même si elles avaient été détruites, pour voir ce qu’il s’est passé et du coup découvrir que la bombe était humaine, que Maurice, le garde du corps de Stéphane Rousseau était derrière tout ça, et ainsi avoir une ligne droite vers le coupable en 15 secondes et avec des moyens traditionnels ?
- Pour sûr Monsieur.
- Non, tu sais quoi ? On va plutôt travailler sur notre scène en 3D, faire des calculs sur ce que fixaient les yeux d’Hogan pendant qu’il était au sol (et qui par miracle, ne fixent pas Maurice fuyant les lieux, alors que c’est ce qu’il s’est passé), découvrir qu’il regardait des plaques militaires ayant survécu par miracle à l’explosion quand bien même elles étaient sur le type qui a pété et devraient ressembler à une fondue savoyarde, zoomer dessus comme dans les experts et retrouver son nom.
- Bien Monsieur. Zoom sur incohérence effectué. Le nom sur les plaques est Jean-Jacques Martin.
- Parfait Jarvis. Maintenant qu’on vient de passer une scène bourrée d’effets spéciaux à étudier cette plaque, n’en parlons plus du film d’accord ? 
- Oui Monsieur.
- File-moi plutôt la température de l’explosion et dis-moi où il y a eu des pics de chaleur de ce type, hors attentats du Mandarin, ces 10 dernières années histoire de voir où l’on a expérimenté ce genre de bombe.
- Alors… 3 000 degrés, soit visiblement pas assez pour faire fondre des plaques militaires… et… oui, j’ai la trace d’une explosion de ce type dans le Tennessee il y a 6 ans, puisque j’ai des thermomètres dans tout le pays depuis des années. 
- Okay super. Voilà une piste bien relou à remonter, heureusement que je suis un personnage supérieurement intelligent."

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Et Tony se dit donc qu’il irait bien enquêter sur place. Sauf qu’au même moment, on sonne à la porte… c’est Maya, la botaniste qu’il avait rencontrée à Genève 13 ans plus tôt ! Celle-ci arrive pour dire à Tony qu’il y a urgence, il faut partir, et qu’elle a une information importante à lui donner. Mais pas ici, en sécurité, et loin de toute la presse qui encercle la villa Stark, devenue le symbole de la résistance contre le Mandarin. Pepper, qui traînait dans le coin, vient se mêler à la conversation mais avant que Maya ne puisse faire de formidables révélations, on découvre que trois hélicoptères non-identifiés approchent rapidement de la villa… et viennent de sortir des rampes lance-roquettes, probablement pour faire une petite boutade amicale à l’ami Tony. Et non, personne ne les voit venir avant. Ah bah hé, détecter des plaques militaires n’importe où, oui, ça, non.

Il y a tellement d’architecture contemporaine à passer à la roquette et le Mandarin a choisi ce bâtiment-ci. Quel manque de goût.

A peine nos héros ont-ils le temps de constater la chose que déjà, une roquette touche la villa et souffle Maya, Pepper et Tony en tous sens ; heureusement, notre héros fait appel à l’une de ses armures et l’envoie… sur Pepper pour la protéger des explosions alentours. Et lui ordonner de se servir de cette protection pour sortir Maya loin de là ; et sitôt les deux femmes hors de la structure, Tony rappelle l’armure pour l’enfiler et…

Découvrir que tous les modules offensifs de celle-ci n’ont pas été réglés et ne fonctionnent donc pas.

Bin oui : je veux dire, tu provoques le Mandarin, sorte de super terroriste mondial, et tu oublies juste de garder prêt de quoi te défendre, c’est tellement logique. Le genre de truc qu’on oublie quoi. Et puis bon : c’est pas comme si tu avais 40 armures à la cave qui n’attendaient qu’un ordre pour te prêter main forte : tu risques de mourir, ta copine aussi, bon, pas de quoi s’affoler. Autant faire… hmm… disons du rien.

Ah vous ai-je dit que le module de vol de l’armure ne fonctionnait pas non plus ? Mais si vous savez, le module qui fonctionnait depuis le début du film, et ce tellement bien que chaque élément de l’armure parvenait à voler avec ses propres petits réacteurs ? Hé bien le temps de cette scène : hop, il est en panne. C’est rigolo, on dirait de grosses ficelles scénaristiques pour justifier pourquoi notre héros ne plie pas le film en 30 secondes plutôt que d’écrire une intrigue intéressante.

Tony Stark vêtu de son armure curieusement défectueuse affronte donc les hélicos comme il le peut, par exemple en leur lançant des cailloux ou des hamsters (ah, on fait avec ce que l’on a sous la main) sur le pare-brise, et après en avoir abattu deux, se retrouve pris dans l’effondrement de sa villa bombardée et ne peut donc abattre le troisième. Par contre, lui et son armure sont entraînés avec les ruines de sa demeure au bas de la falaise où tout cela était installé, et si Tony en réchappe, il n’en perd pas moins connaissance dans la bataille, et son armure passe en mode automatique et resurgit de l’eau pour voler loin, très loin de là…

Pardon ? Non, personne n’arrête le dernier hélico (évidemment piloté par Maurice en personne) lorsqu’il repart tranquillement après ce bombardement pourquoi ? Attendez : c’est juste un bombardement du sol américain effectué depuis un petit appareil plutôt lent pile à l’endroit où tous les Etats-Unis attendaient que le Mandarin frappe : vous ne croyez quand même pas que quelqu’un va penser à envoyer un avion lui faire bobo ? Non : tout le monde rentre à la maison en paix.

J’espère que vous avez bien savouré cette scène moisie, puisque la suite s’annonce tout aussi royale.

En effet, revenons à Tony : lorsqu’il reprend connaissance, c’est uniquement parce que l’alarme de manque d’énergie de son armure vient de s’allumer. Mais si, le manque d’énergie. Vous savez bien. Oui, dans les films précédents l’armure était alimentée par le gros réacteur bleuâtre que Tony Stark porte à la poitrine, mais visiblement dans celui-ci, elles se mettent à fonctionner sur piles LR6. Bon, mettons, j’ai dû louper un truc. Comme toutes ces affiches des films où l’on voyait bien le gros réacteur, même au travers de l’armure pour bien montrer ce qui l’alimentait. Thème qui était au cœur (jeu de mot) des deux précédents volets d’ailleurs, mais c’est probablement un peu subtil pour des professionnels, j’imagine.

Passons.

A court de batteries, donc, Tony Stark s’écrase au milieu du Tennessee, son ordinateur de bord, Jarvis, lui indiquant qu’il l’a automatiquement emmené ici puisque c’était le dernier endroit qu’il avait étudié (une réaction parfaitement logique, chacun en conviendra, heureusement que notre héros n’était pas vulcanologue). Ignorant le fait que dans les précédents films, avec des armures moins élaborées, Tony faisait Malibu – Kaboul aller-retour sans s’inquiéter du moindre problème d’autonomie de vol, notre héros jure donc qu’il est bien embêté car le voilà avec une armure en rade au milieu de nulle part. Tant pis : notre loulou traîne donc son corps de métal jusqu’à la station service la plus proche – mais curieusement déserte – et y emprunte un téléphone pour laisser un message sur le répondeur intégré à toutes les armures Iron Man :

"Pepper, si tu as ce message, et je suis sûr que tu l’auras contre toute logique, je voulais juste te dire que j’étais triste. Mais vivant. Je règle tout ça et je reviens, salut."

Oui. L’autre option c’était de te rappeler que tu étais le patron multimilliardaire d’un groupe surpuissant, et d’appeler un hélicoptère pour venir te chercher/te filer des batteries pour ton armure. Mais bon, hein, c’est pas comme si tout ce film reposait uniquement sur la négation complète de 100% de son propre concept. Soit : le message arrive en tout cas à Pepper, puisqu’elle trouve sur le sol près des ruines de la villa un casque d’une autre armure d’Iron Man, et l’enfilant, obtient le message de Tony.

Casque d’Iron Man qui n’a pas pu atterrir là, puisque toutes les armures étaient à la cave, et que la cave est encore fermée et a échappé au bombardement. M’enfin bon, hein.

De son côté, Tony se traîne donc jusqu’à la ville du Tennessee où il avait prévu de venir enquêter, personne ne remarquant Tony Stark, célébrité mondiale, traînant son armure derrière-lui le long des routes jusqu’à ce que sitôt arrivé à la bordure du petit bourg, il trouve un petit atelier visiblement désert où se cacher le temps de procéder à quelques réparations sur son armure. Et donc, sitôt installé dans l’endroit, il commence à s’atteler à son labeur.

"Ah, si seulement j'avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure..."

"Ah, si seulement j’avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure… rah, je n’arrive pas à me concentrer avec toute cette lumière entre mes tétons !"

"Halte-là !" dit soudain une voix qui comme dans tout film où quelqu’un entre dans une remise déserte, appartient soit à un vieux, soit à une jolie fermière célibataire, soit à un enfant avec une tête à parpaing (une sorte de tête à claque de niveau supérieur). Et pas de bol pour tout le monde : c’est la troisième option.

Apparaît donc Richie, jeune garçon armé d’un patator, qui a tôt fait de reconnaître le sauveur du monde Iron Man (présumé mort dixit le journal tout neuf que Richie se trimbalait sous le bras sans raison aucune au beau milieu de la nuit), et d’accepter de l’aider en lui fournissant le peu de matériel qui lui manque pour réparer son armure. Et comme il se doit, avec un ressort avec de la mousse à raser, notre héros a tôt fait de réparer son bidule… mais le tout manque encore d’énergie : il va falloir brancher le tout sur secteur et faire sans en attendant ! Pour passer le temps, Tony Stark décide donc de demander à Richie de l’emmener sur les lieux de l’explosion qui a eu lieu en ville 6 ans plus tôt. Et a tué 6 personnes. Et ni une, ni deux, le marmot emmène notre héros incognito dans un petit bâtiment en ruine ou autour d’un cratère on aperçoit encore contre les murs les silhouettes carbonisées de 5 victimes.

"C’est donc ici.
- Quelle qualité dans les dialogues M. Stark ! Vous vous attendez à ce que je vous réponde : "Non, ça c’est l’autre bâtiment en ruine avec les silhouettes de gens morts que l’on montre aux touristes, le vrai est là-bas" ?
- Tiens t’en aux dialogues, petit con.
- Okay… alors attendez… ah, voilà ! Oui, c’est ici M. Stark ! En ville, les gens disent que les silhouettes sur les murs représentent les âmes des gens montés au paradis. Et que s’il n’y en a que 5 c’est parce que le 6e, le kamikaze, n’avait pas d’âme. Je… attendez, c’est vraiment ça le dialogue ? Ils veulent faire croire que les gens sont assez cons pour ne pas comprendre que le kamikaze, s’il n’est pas contre un mur, c’est parce que c’est le petit cratère au milieu ?
- Bon, allez, on enchaîne, on enchaîne."
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Après un certain nombre de répliques à se tirer une balle dans la bouche, Tony apprend que le kamikaze qui a provoqué cette fameuse explosion était un militaire du coin, et que sa mère, traumatisée, traîne toujours au bar du coin pour noyer ses soucis dans l’alcool. Curieux, Tony décide donc d’aller la rencontrer, et se rendant sur place pour trouver la donzelle, découvre que celle-ci, non content d’être là, a aussi avec elle le dossier militaire de son fils ! Ho bin ça alors !

Là vous vous dites "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !", mais hohoho, mauvaises langues, non.

Car en fait, le même jour, la maman du kamikaze a eu un coup de fil lui disant de venir ici avec le dossier militaire de son fils… mais qui a bien pu passer le coup de fil, se demande Tony Stark ? Maurice ! Et son amie Mauricette, elle aussi au service d’AIM ! Et tous deux débarquent dans le café en tabassant ou mitraillant tout ce qui passe dans le but de récupérer le dossier et de capturer Tony. Subtilement, bien sûr.

Pourquoi sont-ils venus ce jour là récupérer le dossier et pas 6 ans auparavant ? Et comment ont-ils sur pour Tony ?

Là, vous pouvez y aller : "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !". Il suffisait juste d’attendre un peu. Vous ne croyez tout de même pas qu’un rebondissement allait être crédible ?

S’engage donc une course-poursuite au travers de toute la ville, durant laquelle Tony constate que Maurice comme Mauricette sont plus forts que des êtres humains normaux, et semblent régénérer leurs corps à chaque fois qu’ils subissent quelque blessure. Si notre héros parvient à tuer Mauricette à l’aide d’une explosion suffisamment grosse pour l’empêcher de régénérer son mascara, Maurice n’est que temporairement mis hors-de-combat dans l’histoire. Tony en profite donc pour emprunter la voiture avec laquelle les méchants sont venus, puis décide de mettre les voiles loin de là le temps de se mettre les idées au clair. Pendant ce temps, il demande à Richie de rester en ville et de veiller sur son armure le temps qu’elle se charge. Ho, et de fermer sa gueule aussi, pour changer. S’il te plaît Richie.

Au fait, et Pepper de son côté ? Elle s’en tire ? Faisons bref : après l’attaque de la villa, plutôt que d’aller s’abriter, elle aussi, au sein de Stark Industries et son énorme service de sécurité, elle préfère jouer la fille de l’air avec Maya, qui lui explique ce qu’elle venait révéler à Tony : Maya est botaniste et pense que son patron travaille pour le Mandarin. Et qui est son patron ? Stéphane Rousseau ! Une nouvelle choquante pour Pepper, plus encore lorsque s’arrêtant dans un quelconque coin avec Maya, ledit Stéphane débarque en personne pour kidnapper Pepper… et dire à Maya que c’est très vilain d’avoir tenté d’avertir Tony Stark. Maya rétorque que Stéphane comme lui savent qu’ils ont besoin de Tony Stark, et que plutôt que de le capturer, elle voulait le convaincre de se joindre à la cause. Tout le monde hausse les épaules et les choses s’en arrêtent donc là, avec une Pepper en bien mauvaise situation. C’est bon, on a fait le point ? Quelqu’un a prêté le moindre intérêt à ce qu’il vient de se passer ? Moi non plus. Alors retournons à notre héros.

De son côté, Tony a découvert dans le dossier militaire du kamikaze du Tennessee, écrit en gros au marqueur pour que personne ne puisse le rater "AIM" (si vous pensiez toujours n’avoir pas été pris pour un con par ce film jusqu’ici, c’est chose faite, même les accessoiristes s’y mettent), et comprend donc que la société en question a peut-être un lien avec tout ce bazar. Hmmm, que tu es fort, Tony. Heureusement que les indices sont écrits en gros dans les dossiers pour faciliter le travail des gentils. Tony décide donc, en croisant un quelconque concours médiatisé de miss camping au fin fond du pays, non pas de se changer les idées en faisant voler des bikinis en écoutant du Bach (un hobby de gentlemen), mais plutôt de détourner un système de retransmission local pour pirater le système de la société AIM et étudier leurs archives.

Et ça tombe bien, AIM garde dans ses archives bien accessible et dans le premier dossier qui passe des vidéos montrant ses expériences où l’on peut voir des militaires américains mutilés, parmi lesquels Maurice et Mauricette, invités à essayer un nouveau produit devant leur donner le pouvoir de se régénérer. Et pour des raisons mystérieuses, lorsque le corps se régénère avec cette drogue, il devient super chaud et les membres repoussent sous la forme de…

… poussées de lave.

Par contre, ça ne provoque pas de poussée de bon goût : dites non aux carreaux. Où qu’ils soient.

Non, je ne déconne pas. Ne me demandez pas le rapport avec la choucroute, mais par exemple pif pouf, les manchots ont des mains en lave qui leur poussent, avant de refroidir et de devenir parfaitement humaines. Et ensuite, les gens sous cette drogue peuvent à volonté faire chauffer des parties de leur corps ce qui, j’imagine, donnera quantité d’idées à mon lectorat canaillou, mais il suffit les fripons. Car toujours est-il que certains soldats acceptent fort mal ladite drogue, et que leurs corps chauffent, chauffent, tel le pauvre Jean-Jacques plus tôt dans le film… et explosent comme de véritables bombes. On aperçoit par ailleurs sur les vidéos Stéphane Rousseau, dirigeant lui-même les opérations.

Tout cela est bien étrange, se dit Tony Stark. Serait-il possible qu’AIM soit derrière tout cela ? Et donc derrière le Mandarin, qui revendique ces curieuses explosions ? Pourquoi est-ce que le méchant est toujours un type que les gentils connaissent déjà ? Ni une, ni deux, il appelle Richie qui le met en communication avec son armure toujours en charge, mais où désormais, Jarvis le bon ordinateur de bord est de retour. Et après une rapide enquête facilitée par les trous du scénario, hop hop hop Jarvis localise d’où le Mandarin envoie ses vidéos, à savoir… Miami.

Ho. Même pas une planque crédible ? Hmmm, non, je dois être trop exigeant.

Le Mandarin justement n’est pas resté inactif : il a encore envoyé une vidéo à l’Amérique, non pas où il danse  en tutu sur du Taylor Swift (je sais, vous êtes déçus), mais cette fois-ci dans laquelle il a kidnappé un responsable de banque et menaçait de le tuer en direct sur toutes les télévisions du monde si le président américain ne l’appelait pas immédiatement. Et bien que le président ait découvert, surpris, que la Mandarin avait réussi à rentrer un numéro où le joindre dans son propre portable (non, ça n’étonne pas grand monde de savoir que le terroriste a réussi à avoir accès au téléphone présidentiel) et ait aussitôt appelé ledit numéro… le Mandarin s’est contenté de ricaner et d’exécuter son otage en direct.

Pourquoi ? Pourquoi montrer en direct au monde entier que l’on n’a aucune parole ? Pourquoi se décrédibiliser ainsi ?

Heu…

Ah bin pour rien en fait. Là encore, cette séquence ne servait à rien, à part à rajouter du n’importe quoi au chaos général.

Iron Patriot a lui bien été envoyé à l’endroit où le numéro de téléphone du Mandarin a permis de remonter, mais pas de chance pour lui, non seulement le Mandarin n’était pas sur place… mais il s’est avéré que c’était un piège, et qu’il a été capturé avec son armure, l’un des méchants soldats modifiés d’AIM présent sur place en embuscade ayant utilisé ses supers pouvoirs de chauffage ambulant pour taper au bon endroit et désactiver en partie son armure. Pas d’bol.

Ne reste donc que Tony Stark pour sauver le monde. Qui se dit "Hmmm voyons voir… je ne sais pas qu’Iron Patriot est prisonnier, d’ailleurs bien que ce dernier passe tout le film à utiliser son armure pour téléphoner, il ne pensera justement jamais à appeler qui que ce soit à l’aide ou prévenir de ce qu’il se passe quand bien même on voit que le système est fonctionnel, mais comme j’ai lu le scénario, je sais que ça ne sert à rien d’essayer de le joindre. J’ai toujours mes 40 armures prêtes à servir dans la cave de ma villa, mais je vais pleurer que je n’ai aucun modèle disponible sous la main au prétexte que le dernier que j’ai utilisé est en charge chez Richie. Je ne vais pas non plus appeler un quelconque officiel, voire un de mes potes Avengers pour essayer d’intervenir : non, vous savez ce que je vais faire ? Je vais me bricoler un patator et un gant de cuisine customisé en taser et avec ça, je vais prendre d’assaut la villa du terroriste le mieux protégé au monde."

Je ne blague pas. C’est bien armé d’un patator et d’un gant de cuisine customisé en taser que notre héros se présente donc à l’entrée de la villa de Miami où le Mandarin doit se cacher, et s’infiltre donc discrètement en nettoyant la moitié de la sécurité locale sans avoir le moindre problème grâce à ses super gadgets. Il finit donc par arriver jusqu’à la chambre principale où il rencontre… le Mandarin.

A savoir un vieux en pyjama qui fait des blagues, sent le caca (véridique aussi), et se boit des bières en se payant des prostituées.

C’est donc ça, l’ennemi de l’Amérique ? Tony Stark lui met une ou deux torgnoles et lui demande quelques explications : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est le rapport entre lui et AIM ? Aucun problème : le Mandarin lui explique qu’il n’est qu’un acteur à qui on a payé un peu de chirurgie esthétique pour lui faire une nouvelle tête et tourner dans des vidéos où il se présente comme le Mandarin, terrible terroriste menaçant l’Amérique. Il travaille avec AIM, et son patron est Stéphane Rousseau. Pourquoi ? Il ne sait pas tout du plan, mais il sait que Stéphane Rousseau se sert de cette figure du Mandarin pour rester dans l’ombre… et avoir un bouc émissaire pour justifier les étranges explosions qui arrivent aux quatre coins du pays. Et que son plan a une suite, qu’elle implique le président des Etats-Unis en personne, et que tout cela se passera à bord d’un bateau sur un quai de Miami.

Le Mandarin explique aussi que "Ahahah, tout ça, c’est que du cinéma, ou alors on m’a menti", et Tony Stark le croit sur parole : c’est vrai quoi, dans la dernière vidéo, le Mandarin n’a fait que tuer quelqu’un en direct tout en poussant le spectacle jusqu’à pirater jusqu’au téléphone du président Américain. Alors oui, c’est complètement crédible. Ça se confond tellement avec un clip MTV.

Mais le film n’en parlera plus : il vaut mieux, je crois.

Hmmm… je vais reprendre du brandy. Voilà : retournons à nos souffrances.

Sauf que Tony Stark n’a pas le temps – ni l’idée – d’appeler qui que ce soit pour partager ces informations : il a tôt fait d’être dérangé par Maurice et d’autres larrons d’AIM, qui lui cassent la margoulette et le font prisonnier. Tristesse. Et c’est là que les choses commencent à devenir sales.

Déjà, dans une autre pièce de la villa, le pauvre Iron Patriot est prisonnier. Mais refuse de quitter son armure : c’est donc lors d’une séquence ridicule où Stéphane Rousseau transforme son bras en lave et crache des flammes(…si, si) sur le pauvre colonel Rhodes qu’enfin, l’armure en surchauffe s’ouvre et laisse échapper le malheureux, qui est lui aussi mis aux fers manu militari. Et à sa place monte dans son armure… Maurice, le bras droit de Stéphane Rousseau. Qui décolle donc bien vite pour une destination inconnue.

Les méchants comptent sur le fait qu'en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage ouvert. Et ça va marcher.

Les méchants comptent sur le fait qu’en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage couvert. Et ça va marcher.

De son côté, Tony voit aussi Stéphane Rousseau venir le narguer en lui expliquant qu’il a fait prisonnier Pepper, et qu’il veut se venger de l’humiliation faite 13 ans auparavant, lorsqu’à Genève, Tony Stark l’avait snobé (ah, ça, on a son petit ego) : il a donc kidnappé Pepper et… lui a injecté sa super drogue ! Donc soit Pepper va survivre et sera une vilaine mutante… soit son corps va rejeter le produit et elle va exploser. Mais dans l’immédiat, elle va juste souffrir, hohoho, je suis maléfique !

Ho oui Stéphane. D’ailleurs, si même ton dernier modèle de drogue est expérimental et tue presque une fois sur deux, tu peux m’expliquer pourquoi tu te l’es injecté puisque tu peux cracher du feu et transformer des bouts de ton petit corps en lave ? Oui, c’est bien ce que je me disais : toi aussi tu es con à sucer des cailloux.

Stéphane explique aussi qu’il est tellement méchant que tiens, hop, il tue Maya sa gentille assistante (sans raison, allez), et que lorsque Stark sera désespéré  il se servira de son intellect supérieur (on ne rit pas) pour qu’il l’aide à améliorer sa formule. Et en attendant, hé bien… l’ami Rousseau explique plus en détails son plan : oui, le Mandarin est une marionnette, un acteur. Oui, il lui fait revendiquer des explosions produites par certains de ses hommes, de manière volontaire ou non, histoire de couvrir des accidents d’un côté et de terroriser le pays de l’autre. Et que grâce à la partie finale de son plan, il va faire du président des Etats-Unis une autre marionnette .. et ainsi il contrôlera à la fois le Mandarin ET le président des Etats-Unis ! Le terrorisme et l’anti-terrorisme ! L’offre et la demande ! Hahahahaha HAHAHAHAHA

Oui mais pourquoi Stéphane ?

Hein ? Non parce que c’est cool, mais puisque tu es déjà multimilliardaire et que tu peux tirer plein de ficelles depuis les ombres, pourquoi ce plan pourri à part risquer tout ce que tu as ? Dis-moi ? Hmmm ? Ah oui, j’y suis : parce que tu es un méchant de film écrit avec de la sauce piquante sur un carton à pizza un soir de cuite, et qu’à ce titre, tu as donc la profondeur du carton sur lequel tu es né. Bien bien. Et comme tout méchant pourri, après avoir révélé son plan, l’ami Rousseau s’en va pour rejoindre le bateau où doit se dérouler la fin de soirée.

Je… hmf. Combien de temps pour écrire ce film ? Moins que cet article, je suppose.

Sauf qu’un moment plus tard, Tony Stark sourit en découvrant l’heure : son armure doit avoir fini de se charger. Et comme elle est conçue pour voler jusqu’à lui… ça ne rate pas : alors qu’il est prisonnier dans la cave de la ville du Mandarin, son armure débarque et se greffe sur lui, lui permettant non seulement de se libérer, mais aussi de coller une branlée à tout ce qui bouge dans la villa Mandarin. Le colonel Rhodes, privé d’armure, a lui aussi réussi à s’échapper malgré tout et rejoint son copain Iron Man pour le prévenir qu’Iron Patriot contient désormais… Maurice le méchant ! Vite, il faut prévenir le président des Etats-Unis !

Mais comme par un curieux hasard du scénario, Tony Stark n’a que le numéro du vice-président (le Mandarin a accès au téléphone présidentiel, mais pas Tony Stark le-sauveur-du-monde, encore une fois tout le film repose sur d’inexplicables lacunes), c’est celui-ci qu’il appelle pour lui dire qu’il faut mettre le président en sécurité et tenir Iron Patriot à distance. Le vice-président reçoit bien le message, raccroche et… ne donne pas l’alerte. Car on découvre que sa fille est unijambiste, et donc qu’il est en fait l’allié de Stéphane Rousseau, qui a probablement obtenu sa loyauté en échange d’une nouvelle gambette pour sa marmotte !

Oui, je sais, c’est mauvais, mais à ce stade, qui attend encore quoi que ce soit de ce film ?

Car en effet, à bord d’Air Force One, où Iron Patriot a réussi à monter, personne ne se demande pourquoi ce dernier se promène partout de manière louche sans parler ni relever son masque. Et c’est bien normal, car Maurice se contente de prendre son temps avant de préparer son coup. Et lorsqu’il estime que tout le monde est assez détendu… il commence à tuer tout le monde à bord, voire fait des trous dans la coque de l’avion pour que les passagers aillent s’adonner au freefall de l’extrême. Il est comme ça, ce gros taquin de Maurice.

Tony Stark lui est bien embêté : il aimerait prêter assistance tant au président qu’à Pepper, probablement prisonnière sur le bateau où Stéphane Rousseau s’est rendu, mais ne pouvant être aux deux endroits à la fois, il a décidé de couper la poire en deux : il va aider sa copine, et a envoyé son armure péter la gueule au faux Iron Patriot à bord d’Air Force One. Sauf qu’à sa grande surprise, à bord, nenni d’Iron Patriot : ne reste que Maurice, sans l’armure, s’apprêtant à sauter en parachute et refusant de dire ce qu’il a fait du président. Tant pis : Iron Man lui pète la mouille par principe, puis va sauver de la chute libre les différents passagers qui avaient été éjectés de l’appareil. Les autres, il les laisse probablement crever, mais le film n’en pipe mot. Et comme chacun sait : si le film n’en parle pas, ça n’existe pas.

Après cette mission couronnée de succès, l’armure est hélas percutée par un camion, et ce qui ne faisait rien à la bête dans le premier film ici la démonte complètement : elle ne revient donc pas à Tony (pourquoi, sachant que tous les éléments peuvent se mouvoir individuellement ? Mystère), et celui-ci se retrouve donc un peu en slip pour aller sauver Pepper, son ami Rhodes étant lui aussi privé de son armure d’Iron Patriot.

Le bateau de nos héros arrive donc après des heures de voyage (ou alors la nuit est tombée comme par enchantement, allez savoir : c’est devenu si commun) jusqu’à un immense navire marchand à quai sur lequel semble régner une intense activité. Là encore, hors de question d’appeler à l’aide, nos deux loulous ont un meilleur plan :

"Hey, si on tentait de libérer le président qui doit être ici et Pepper à deux, avec un pistolet chacun ? Même qu’on ferait de l’infiltration et qu’on essaierait d’affronter des surhommes qui résistent aux balles vu qu’ils sont limite mutants ?
- Excellente idée Tony, ce film n’était pas assez vaseux : c’est clair que faire une opération commando de nuit avec un type qui a un réacteur qui fait de la lumière comme un énorme projecteur sur le torse, ça va être discret.
- Complètement : et tu sais quoi ? Je ne vais même pas tenter de le dissimuler, parce que je crois qu’on pourrait encore se foutre un peu de la gueule du public ! D’ailleurs, tu as remarqué comme tout le monde a oublié l’utilité de ce réacteur depuis le début du film ? Qu’est-ce qu’on se marre !
- Claro ! Allez, c’est parti mon Tony."

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Et en effet : c’est donc lors d’une consternante scène d’infiltration nocturne avec un homme-décoration de Noël (ça tombe bien, c’est la saison) que nos héros approchent du navire des méchants, et notent que le président des Etats-Unis est bien là… enfermé dans l’armure d’Iron Patriot : c’est comme ça que Maurice l’a sorti d’Air Force One ! Stéphane Rousseau prévoit, au nom du mandarin, de le faire brûler avec son armure à minuit (soit le jour de Noël, puisque nous sommes le 24 décembre donc), ce qui sera une grande victoire pour le Mandarin, et donc l’occasion pour le vice-président de devenir président sous les acclamations d’un peuple en colère contre le Mandarin… et donc pour Stéphane Rousseau d’avoir enfin un type sous son contrôle dans le bureau ovale.

Mais pas de bol pour nos héros : ils se font repérer (quelle surprise !). Crotte, que faire ?

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse, non ? Non.

Encerclés, mitraillés, désespérés, il semble que tout soit perdu lorsqu’enfin, Tony utilise son téléphone pour lancer l’opération "Mégateuf". A savoir que dans les ruines de sa villa que des équipes de déblaiement dégagent, le sous-sol, épargné par le bombardement, s’ouvre soudainement et en sortent… toutes les armures de notre héros, qui partent en volant pour le rejoindre en quelques secondes seulement !

Oui oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, Tony Stark pouvait appeler toutes ses armures, n’importe quand, mais il ne l’a jamais fait malgré les 268 fois où même en appeler une seule lui aurait sauvé la mise. D’ailleurs, on s’est tapé près d’une heure de film sur Iron Man sans armure qui pleure… c’est donc d’autant plus intéressant. Evidemment, les mauvaises langues diront "Ouiiii mais peut-être que le sous-sol n’était pas accessible jusqu’ici à cause des ruines qui couvraient la sortie" et je réponds que ça tombe bien : pour s’assurer qu’aucun spectateur ne puisse trouver cette excuse au film, l’équipe a même créé spécialement une armure "Spéciale lourdes-charges/déblaiement" qui n’apparaît que trois secondes dans le film, soit juste pour gaspiller de l’argent et faire un gros doigt à la dernière personne au fond de la salle qui pensait que quelque chose tenait encore debout.

Bref : Tony demande à ses armures de tabasser tous ses ennemis, et en récupère une pour lui-même pour se joindre à la fête. Stéphane Rousseau, qui était occupé à siroter une pina colada en attendant l’heure de son triomphe, grommelle donc en constatant que l’on est en train de saccager ses réjouissances, et sort donc se battre en utilisant ses pouvoirs de surhomme et de centrale vapeur humaine pour affronter Iron Man : grâce à ses mains de feu, il transperce l’acier comme du beurre, et on a donc le droit à des scènes où le bougre brise armure sur armure dans lesquelles Tony Stark tente de trouver refuge, avec des passages rigolos mal montés du genre

"Tiens Iron Man, je te tranche la jambe !"

Et hop, dans le plan suivant, Iron Man a toujours ses deux jambes. Et non, il n’a pas éjecté sa jambe d’armure pour préserver sa gambette de chair : on voit que tout est encore impeccable. Même ça, c’est raté.

Bref : échange de patates (car oui, ses armures permettant de voler et de tirer, jamais Tony ne pense à se servir de ces options pour latter le vilain de loin d’où il ne peut rien faire) et de blagounettes, certes, mais il y a quand même des gens à libérer. Le président est sauvé par le colonel Rhodes, qui le détache avant de récupérer l’armure d’Iron Patriot pour l’emmener loin de la bataille, en sécurité, pendant que Pepper, elle, qui avait réussi à se libérer se vautre comme une vieille bouse dans un brasier local. Evidemment, si elle est vivante, c’est que son corps a accepté la drogue, et elle se régénère donc sous les yeux un peu choqués de Tony, avant de venir l’aider à coller une tannée au pauvre Stéphane Rousseau, qui cette fois-ci, perd le combat pour de bon, puisque les armures d’Iron Man ne pouvant rien contre lui, nos héros décident de commander à une armure se venir se greffer sur lui contre son gré, avant de passer en mode auto-destruction. Mais si, vous savez, ils lui greffent l’armure qui s’était mangée un camion plus tôt ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas à la disposition de Tony. Elle s’est réparée toute seule ? Elle a trouvé un Renault Assistance pas loin ? Bref : elle est là et saute sur Stéphane Rousseau.

Ce qui suffit à en terminer avec le méchant.

A noter d’ailleurs que visiblement, la drogue transforme aussi en ninja : Pepper est devenue super balaise en combat alors qu’elle n’y connaissait rien, mais ni elle ni Tony ne semblent s’en étonner. D’accord d’accord. De toute manière, le film arrive sur sa fin : encore un truc pour tomber un peu plus bas ? Bien sûr !

"Hooo Tony, tu m’as sauvé la vie !
- Je sais Pepper. Et je vais aussi te sauver de cette curieuse drogue, tu vas voir.
- Merci Tony. Tu es le meilleur : grâce à tes 40 armures, tu as pu me venir en aide, en finir avec Stéphane Rousseau, sauver le président des Etats-Unis et probablement des millions de gens.
- Tu as raison Pepper. Du coup tu sais quoi ? Jarvis : programme l’auto-destruction de toutes mes armures !"

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Pour ceux qui pensent que j'exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d'une villa

Pour ceux qui pensent que j’exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d’une villa

Pardon ? Attends : on t’explique tes armures ont sauvé plein de gens DONC tu les détruis toutes ? Mais ? Mais ? Merde, heureusement que tu n’as pas trouvé un sérum contre le cancer alors ! Allez, bouclons, parce que là ce n’est plus possible : sans raison aucune, les armures se mettent donc à exploser l’une après l’autre dans le ciel en faisant… un feu d’artifice pour Noël. A ce stade, une de mes voisines a eu une telle diarrhée d’arcs-en-ciel que son siège s’est mis à ressembler à une création de Valérie Damidot. Tony et Pepper se font donc des bisous, et nous découvrons donc la suite des événements, à savoir que le complot est révélé au monde, et donc que le vice-président et le Mandarin sont arrêtés manu militari, Richie le garçon relou reçoit en récompense de son aide à Iron Man plein de cadeaux cools comme un patator conçu par Tony Stark lui-même (je pense qu’il aurait juste préféré du pognon, mec), Hogan sort du coma, Pepper est guérie et la vilaine drogue sortie de son corps, quant à Tony, il décide qu’il en a assez d’être Iron Man grâce à ses gadgets, et choisit donc de ne pas s’en arrêter qu’aux armures, et demande donc à une équipe médicale de lui retirer du corps les shrapnels qui l’obligeaient à se promener avec un réacteur sur le torse. Mais si, vous savez, les shrapnels impossibles à retirer comme on vous l’expliquait depuis deux films : en fait il suffisait de 5 minutes sur une table d’opération, et pif pouf, c’était réglé.

Toutes ces incohérences terminées, alors qu’autour de moi des gens mangeaient leurs fauteuils en hurlant "Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn", on découvre alors Tony Stark sur les ruines de sa villa déclarant que débarrassé de tout ce bazar, et se préparant à écrire une nouvelle page de sa vie,  il n’en reste pas moins celui qu’il a toujours été : IRON MAN.

Et… FIN !

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C’est à peu près à ce moment là que moi aussi j’ai eu envie de me fabriquer une armure pour aller faire la justice. Comme par exemple bombarder Hollywood.

Mais nous sommes en France : il me faudra, en plus des quelques mois pour monter l’engin, en rajouter environ 7 pour faire immatriculer le tout à la préfecture sous peine d’amende, 2 ans de débat à l’assemblée pour savoir si je peux afficher mon numéro de département sur la plaque d’immatriculation du bousin, trois interventions d’Arnaud Montebourg pour que je remplace le coeur énergétique par une batterie de 205 pour soutenir l’économie locale et éventuellement virer le Jarvis local pour installer un minitel, et je pense que lorsque j’aurai enfin obtenu l’autorisation du préfet pour survoler les agglomérations après 22 heures, mes ennemis seront morts de vieillesse.

Il y a vraiment des ennemis bien plus terrifiants que n’importe quel super méchant.

"Vous pouvez vraiment m’aider à prendre en photo Tom Cruise ?"

Caché dans un buisson près de la luxueuse propriété de l’acteur, le paparazzi se tourna vers l’homme assis un peu en arrière, occupé à lire son journal, une flasque de brandy à son côté. Il se retourna à peine pour répondre au photographe.

"Evidemment. Vu mes tarifs, vous vous doutez bien que ce que je vous vends est sûr.
- Non mais je ne comprends pas. Les copains m’ont dit que ça marchait presque à chaque coup. C’est quoi votre truc ?"

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Dérangé dans ma lecture par l’incessant babillage du professionnel de l’image, je me décidais à plier mon hebdomadaire en grommelant pour me mettre au travail. Il y a des gens tellement impatients.

"L’homme sage ne poursuit pas le guépard : il le fait venir à lui.
- Quel rapport avec le guépard ?
- C’est une image. Nous n’allons pas tenter de surprendre Tom Cruise, nous allons le faire venir à nous. Tenez, passez moi ma mallette."
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Le photographe s’exécuta et fit glisser vers moi mon porte-documents, dont je tirai bien vite un tas de feuilles mal reliées glissées dans un sachet hermétique habituellement utilisé pour transporter les preuves d’un quelconque crime.

"Qu’est-ce que c’est ?
- Un appeau à Tom Cruise. Lui seul peut sentir son fumet subtil. Nous allons le déposer dans la pelouse juste devant le buisson, et préparez-vous : la bête viendra bien vite le chercher. 
- Vous déconnez ? Comment ça fonctionne ?
- J’ai trouvé un vieil asile en Amérique centrale où d’anciens nègres de Tom Clancy tentent de reposer leurs âmes torturées. Un peu de peyotl dans leur café avec la complicité des infirmiers, quelques mots clés susurrés à leur oreille pendant leur transe, et ils pondent de la bouse contenant les éléments de votre choix. Par exemple, là pour du Tom Cruise, j’ai utilisé les choses auxquelles il ne résiste pas, qu’importe la qualité merdique du script : "agent d’état", "moto", "identité mystérieuse", "encore de la moto", "descente en rappel", "trucs qui volent" et "escalade". Presque 70% de sa filmographie vous ne croyez quand même pas que ce soit une coïncidence ?
- Je suis sûr que vous vous foutez de moi."

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Le photographe roula des yeux lorsque j’ouvris d’un vif coup de couteau le sachet hermétique et que je jetais quelques mètres devant nous le tas de feuillets. Il y eut un bref moment de silence durant lequel le photographe, dubitatif, laissa son regard aller de ma personne aux feuillets s’agitant sous la brise dans la pelouse, puis enfin, il y eut un bruit de porte que l’on ouvrait. Puis une voix grommela doucement depuis la résidence face à nous :

"Snif… snif snif… cette odeur… oui… ça sent les lunettes d’aviateur.. la vidange de mobylette… le suspense pourri et le scénario moisi… ouiiii… c’est pour MOI !"

Et sous les yeux ébahis du photographe qui eut besoin de quelques secondes pour se remettre du choc et commencer à mitrailler à l’aide de son appareil, Tom Cruise galopa droit vers le script d’Oblivion.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : notez la tentative difficile malheureuse de donner l'air pensif au héros

L’affiche : notez la tentative malheureuse de donner l’air pensif au héros

Notre film débute quelque part dans une rue de New York, alors que Jack Harper, un fier larron au sourire ultra bright regarde amoureusement une fille. Tout cela serait à peu près correct si le tout n’était pas tourné avec un filtre instagram accompagné de la voix off de notre héros qui nous dit qu’il fait toujours ce rêve étrange… non, pas celui où il chevauche un poney avec Kirsten Prout : celui-là, là, à l’écran. Il est à New York avec cette fille, mais il est incapable de se souvenir de son prénom (personnellement, je ne vois rien d’anormal là-dedans). Pourtant, il a l’impression que ce rêve est plus qu’un simple rêve, mais carrément un souvenir… mais c’est bien évidemment impossible puisque la ville de New York a disparu bien avant sa naissance. Ah, c’est pas banal.

Quittons ce rêve, puisque Jack se réveille en sueur dans son lit : il n’est pas à New York, et en effet, nous sommes dans le futur, en 2077 pour être exact. Notre héros habite au sommet d’une "tour", structure fragile installée au sommet d’une montagne ressemblant à un loft très luxueux monté sur pilotis façon publicité EDF. Il a à ses côtés Vika, coéquipière et compagne, car toujours en voix off, notre loulou nous explique ce qu’il s’est passé depuis nos jours jusqu’aux siens.

En 2017, une race alien sobrement nommée "les chacals" est venue attaquer la Terre. Pour ce faire, elle a d’abord fait sauter la Lune, probablement avec un très gros pétard, provoquant diverses catastrophes sur Terre, comme des tremblements de terre, des tsunamis et une nouvelle chanson d’Indochine intitulée "A qui je vais demander moi maintenant ?". Et alors que les survivants en étaient encore à se demander ce que c’était que ce bordel, dérivant sur les flots déchaînés avec leurs bouées canard et les oreilles saignantes, les chacals ont fini le travail en envoyant leurs troupes de choc mitrailler ce qui restait. Sauf que l’humanité, un brin taquine, a dit que bon bin si c’est ça, paf, riposte nucléaire. Ça a tellement bien fonctionné que les chacals ont été vaincus, mais que la Terre est devenue complètement irradiée. Les survivants sont donc partis fonder une colonie sur Titan, le satellite de Saturne, où la vie est chouette à ce qu’il parait puisqu’on y capte pas Jean-Marc Morandini. Et ils ont laissé en orbite de la Terre le Tétraèdre, ou "Tet", gigantesque station spatiale qui est là pour superviser le transfert des ressources exploitables de la Terre vers Titan. Car la science a évolué avec le destin de l’humanité (les gens, pas le journal qui n’a fait de son côté que faire évoluer la recette de cuisson de la merguez à sa fête éponyme) et désormais, d’énormes centrales aspirent l’eau des océans et la transforment en énergie. Energie qui est donc renvoyée ensuite vers Titan.

Et là, vous vous demandez "Ah oui, et comment donc ?". Et heu… bin non, personne ne se pose la question. Probablement que les usines envoient le tout sous forme de piles LR6 par Chronopost. J’espère qu’ils ont des prix sur les timbres.

Notre Jack Harper de héros fait donc partie des troupes laissées derrière elle par l’humanité pour s’assurer que les usines de production d’énergie tournent bien. Sa mission ? Il doit réparer les drones qui empêchent les restes en déroute de l’armée des chacals de s’en prendre aux dites usines. Le matin, il prend donc son petit vaisseau volant pendant que Vika s’occupe des communications, du radar et du café, et s’en va  en sifflotant retaper les machines qui ont eu des accidents durant la nuit dans le secteur 49, dont il a la responsabilité.

Oui, en gros c’est l’histoire d’un mec de chez Carglass en 2077. Fascinant.

Pour plus de sécurité, notre héros a eu la mémoire effacée pour ne pas qu’il puisse donner d’informations utiles à l’ennemi si jamais il était capturé. Ses souvenirs actuels remontent donc à 5 ans, soit le début de son actuelle mission. Et dans deux semaines, on viendra le relever, pendant que lui et Vika partiront pour le Tet, dernière étape avant de s’en aller couler des jours heureux sur Titan.

Vous avez tout suivi ? La Terre envahie puis radioactive, le Tet, Carglass et le rêve curieux qu’on ne voit pas venir à 70 kilomètres comme étant un vrai souvenir ? Alors en route.

Comme chaque matin, Jack se réveille aux côtés de Vika. Alors que la douce jeune femme s’étire tel un félin dans sa nuisette de satin, laissant l’air d’un beau nouveau jour sur Terre lui gonfler les poumons telle une nymphe s’éveillant sur l’Olympe, Jack est déjà en train de se préparer (comprendre : se gratter les fesses, pisser aux trois quart à côté des toilettes en sifflotant, prendre un café en riant grassement et lâcher un pet tonitruant avant de sortir ; du rêve, quoi) et file bientôt vers son appareil pendant que Vika va s’installer au poste de communication de la tour. Et c’est donc parti : Vika fait l’inventaire des drones ayant eu des problèmes techniques durant la nuit, pendant que notre héros file vers le plus proche pour lui mettre des coups de clés à molette.

J’en profite : si nos héros ne travaillent que le jour, c’est pour plusieurs raisons :

  • La nuit, les chacals sont de sortie, c’est donc plutôt dangereux
  • Le jour, on voit quand même drôlement mieux et puis c’est plus choupinou
  • Et surtout, le Tet n’est du bon côté de la Terre qu’aux heures du jour, en dehors de cela, les communications avec lui ne passent plus

Jack, donc, à bord de son petit appareil à réaction, file joyeusement dans les cieux et prend un malin plaisir à voler au milieu d’un orage dès la première scène, alors que l’on découvrir par la suite qu’il n’était pas obligé, son appareil pouvant aussi bien voler au-dessus qu’en-dessous. Mais bon, histoire de bien montrer qu’il est un peu con, il y va, se mange un éclair, et son appareil n’étant pas conçu pour (bin non), il en perd le contrôle durant un moment avant évidemment de tout récupérer à la dernière seconde en ricanant parce que hohoho, quel casse-cou je fais tu vois t’as vu wesh. Puis, ayant localisé le drone 166 qui a visiblement été abattu durant la nuit, il se pose sur le site du crash de l’engin, pile au milieu d’un ancien stade pour découvrir le bousin inactif au milieu des restes de la pelouse locale. L’occasion pour notre héros de dire qu’il adore le football américain, yeah. Et de mimer un match entier quand bien même il est en pleine zone hostile. Et radioactive.

Vika, obligée de suivre les mimes consternantes de son compagnon sur le terrain. On comprend qu'elle fasse la gueule.

Vika, complètement blasée à force de suivre sur écrans les actions lamentablement stupides de son binôme.

D’ailleurs, sachez-le : Vika comme Jack passeront tout le film où qu’ils soient à se promener sans aucune protection, parce que bon, la Terre a été évacuée à cause des radiations, mais c’est sûrement pas bien dangereux, pas vrai ? Sûrement un détail un peu subtil. C’est donc vêtu d’une petite tenue de pilote et d’une casquette de base-ball que notre héros s’approche du drone, encore entouré des cadavres de chacals, mais ne prête aucune attention au fait que les chacals ressemblent furieusement juste à des humains avec un casque, voire à un mauvais cosplay (pléonasme) : ça ne l’intéresse pas. Il va donc voir la machine, et commence ses réparations sur place, puisqu’elle n’a quasiment rien : il suffit de changer le joint de culasse et elle redécolle. Parce que oui, l’engin a été  "abattu" mais alors il n’y a pas un impact de balle dessus, toutes les pièces sont impeccables, et les chacals ne se sont pas dits "Tiens, on va la démonter pour récupérer des pièces dessus", non : ils ont tout laissé en état pour que, comme chaque jour depuis plus de 60 ans, un mec vienne réparer la machine et qu’elle puisse retourner les tuer.

Sympas les mecs. Vraiment. Ils veulent sûrement maintenir de l’emploi. Tant dans l’entretien des drones que les pompes funèbres pour chacals.

Notre héros repart en sifflotant pour se diriger vers le second drone abattu dans la nuit, qu’il est "impossible de localiser précisément puisqu’il n’émet plus de signal". Oui et puis, faudrait pas consulter les  derniers enregistrements du drone pour voir où il s’est crashé à peu près Vika, c’est pas comme si c’était ton boulot, tiens. Jack décide donc de sortir l’accessoire inévitable de tout film avec Tom Cruise : une moto, qui traînait dans le coffre de son engin volant. Ni une, ni deux, il file donc à folle allure au travers des plaines dévastées de notre planète, et guidé par le pouvoir enchanté de son pif, parvient à retrouver le signal du drone, provenant des restes d’une bibliothèque dont seul un bout du toit dépasse encore un peu du sol. Notre filou gare donc son solex du futur et descend en rappel (encore une fois film, Tom Cruise, tout ça) via l’ouverture béante pour voir où est passé son copain le drone. Ouhouuuuuu copain ? Tu es où ? Allez, viens voir papa que je te sorte de ce film.

Accompagné de son fidèle fusil, parce qu’il sent bien que ça sent le piège à andouilles dans ce coin obscur bourré de livres, Jack ne réalise que trop tard qu’il n’y a aucun drone là : seulement sa balise de détresse ! Il a été attiré ici par les chacals ! Et en effet, bientôt, les lueurs orangées des visières des casques de ses ennemis apparaissent autour de lui, ainsi que les curieux cris de ces derniers, ressemblant à des bruits de talkie-walkie en fin de batterie. Jack ouvre donc le feu, mais bien vite et suite à diverses aventures, bien que l’ennemi n’ouvre curieusement pas le feu sur lui, il doit se replier et manque de peu de se faire capturer, seulement sauvé par l’intervention télescopée du drone qu’il a réparé un peu plus tôt qui, passant par là (alors qu’on nous a expliqué que justement, aucun signal ne passait, il l’a probablement retrouvé à l’odeur), en profite pour sulfater du chacal. Jack remonte donc à la surface… pour réaliser qu’on lui a tiré sa moto pendant ce temps. Bande de voleurs de poules !

Juste comme ça : il faudra m’expliquer comment les chacals ont pu voler la moto du Monsieur, sachant qu’ils ne sont pas supposés être à la surface  de jour, qu’un drone était visiblement en train de survoler le coin prêt à les sulfater, qu’il n’y avait aucun endroit pour planquer le véhicule à des kilomètres à la ronde, l’accès à la bibliothèque étant en plein milieu de nulle part, et surtout, encore une fois, ce que foutait Vika puisqu’il y avait une caméra sur la moto, et que depuis le début du film, elle suit la progression sur le terrain de notre héros grâce à d’autres caméras visiblement placées tous les deux mètres sur l’ensemble de la planète. D’ailleurs, on a entrevu durant la scène que Vika avait une parfaite vue de ce qu’il se passait à la surface, et que s’il y avait eu vol de mobylette, elle aurait tout vu.

Mais, là, non. Elle devait probablement lire Public.

Bref, il y a plus d’incohérences dans cette scène que de raisons pour les vilains de tirer la mopette. C’est quand même malheureux. Mais, passons parce que tout cela ne fait que commencer, comme trop souvent.

Le soir, en rentrant à la tour du secteur 49 , Jack retrouve Vika et lui ramène un truc cool : des fleurs qu’il a eu le temps de cueillir sur le chemin. Aussitôt la jeune femme panique en lui disant "Mais ça va pas espèce de blaireau ? C’est super radioactif, allez hop !" et elle fonce dehors en petite robe (après tout, elle ne vient que de dire que la radioactivité lui faisait très peur, pourquoi s’embêter ?) pour balancer le bouquet par dessus le balcon de la tour. Et explique à son compagnon que bon, certes, elle est un peu à cheval sur le règlement, mais bon, ils sont à deux semaines de la fin de la mission, c’est pas le moment de faire des conneries.  Jack grommelle un peu, et tente bien de dire à Vika que dans la vie, le règlement ne fait pas tout, tu vois, et puis bon, d’ailleurs, toi aussi tu as pas des rêves bizarres d’avant ton formatage de mémoire, dis ? Mais Vika se contente de dire que dis donc, ho, hé, tu vas pas commencer à emmerder le monde Jack hein ! Allez viens, on va se baigner tout nu pour oublier ça puisque notre tour située sur une planète radioactive (j’insiste) a été intelligemment équipée d’une piscine géante (… véridique). Plif plouf, vont donc faire nos larrons en gazouillant, hihihihihi huhuhuhuhu huuuuuuu (vous noterez comme je retransmets bien toute la force du gloussement idiot, c’est un don).

Sauf que c’est bien gentil tout ça, mais la nuit venue, un terrible bruit réveille nos deux filous alors qu’ils avaient fini par retrouver le chemin de leur lit : avant que Jack ne dise "C’est pas moi !", une gigantesque explosion illumine l’horizon ! En effet, les chacals ont visiblement réussi à se frayer un chemin jusqu’à une centrale à énergie et l’on fait péter en utilisant, d’après le rapport des scanners, une batterie volée sur un drone abattu, et qui peut servir de bombe monstrueuse une fois en de mauvaises mains. Faisant l’inventaire des drones endommagés puis réparés dont la batterie avait disparu, Jack et Vika en comptent dix : les chacals ont tout un arsenal sous la main !

Sinon, juste comme ça : sachant que les centrales à eau de mer sont intelligemment placées en mer avec des drones tournant autour jour et nuit, ils ont fait comment les chacals pour s’y rendre ? Ils ont fait du kayak avec la bombe sur le dos pendant que les drones étaient partis faire un pique-nique ? Visiblement, oui, car personne ne se pose la question. J’espère qu’ils l’ont déclaré, leur kayak, parce que sinon ça va très mal se passer mes petits amis.

Vous ai-je parlé de la tour dont la hauteur varie en fonction des scènes ? Des fois elle est à 10 mètres du sol, des fois elle est en plein ciel… c’est magique.

Le lendemain, sitôt le Tet du bon côté de la Terre, Vika fait donc son rapport au QG, où son unique interlocutrice est Sally, une femme très souriante avec des phrases plus ou moins louches du genre "Dites-moi Vika, formez-vous toujours une bonne équipe avec Jack ?" (La réponse "Non, c’est une grosse tanche" n’est jamais prononcée) mais dans l’ensemble, Sally est surtout grognonne d’apprendre qu’une centrale a été détruite durant la nuit, et explique donc que c’est la responsabilité de Vika et Jack, en tant que techniciens sur la zone 49, de défendre ces structures.

Oui, c’est vrai Sally. Ou alors celle des drones qui ont disparu du film le temps de cet événement. Mais si tu veux, on peut aussi parler de l’intelligente stratégie qui est la vôtre consistant à envoyer, pour rappel, un technicien en slip en zone radioactive peuplée d’ennemis, avec même pas un binôme pour le couvrir pendant qu’il injecte sa résine dans les trous plus petits qu’une pièce de deux euros. Non ? Tu n’as pas envie Sally ? Comme je te comprends. Passons donc à la suite.

Car la vie ne s’arrête pas avec la perte d’une usine : il faut protéger les autres, et donc continuer à réparer les drones. Jack redouble donc d’efforts pour réparer un drone qui est au "garage" de la tour, et auquel il manque des pièces alors qu’il serait bienvenu en renfort, et de temps à autres, lorsque Vika est occupée, Jack profite justement de sa solitude dans ledit garage pour lire un livre qu’il a piqué dans la bibliothèque l’autre jour en affrontant les chacals. Il n’en lit qu’un seul paragraphe, qui dit en substance qu’il faut bien mourir pour quelque chose, fut-ce face à l’ennemi, mais il trouve ça cool, la lecture des livres d’avant l’apocalypse. Il préfère ne pas en parler à Vika pour autant, sinon elle est encore foutue de tout passer par-dessus la balustrade de la tour. Ah oui, c’est une manie chez elle. Du coup j’ai espéré tout le film que Jack trouve un enfant ou même un Justin Bieber, mais non, même pas. Déception.

Mais il n’en faut pas moins repartir sur le terrain : après ces quelques réflexions, nous retrouvons donc Jack aux commandes de son petit vaisseau, alors qu’il se passe un truc étrange… on détecte un signal curieux sur le terrain : les chacals sont en train d’émettre ! Le signal est crypté et indéchiffrable dans l’immédiat, et surtout… orienté vers l’espace.

"Mais enfin, ça n’a aucun sens ! " s’écrient en choeur nos héros.

Oui, c’est vrai ça ! Pourquoi les chacals enverraient-ils des signaux dans l’espace ? Rappelez-moi d’où ils venaient, déjà ? Ah oui, l’espace. Non, effectivement, "ça n’a aucun sens" les enfants. Sinon, vous voudriez pas plutôt utiliser cette phrase pour tout ce qui s’est passé depuis le début du film, non ?

Qu’importe : la source du signal est repérée et Jack s’y rend, évidemment seul (on envoie jamais de drones pour le couvrir : pourquoi faire ?), et arrive sur la pointe de l’Empire State Building, dépassant encore du sol (les tremblements de Terre et les tsunamis n’ont pas rigolé : ils sont carrément venus avec leurs sacs de terreau pour remonter le niveau du sol de plusieurs centaines de mètres, ils sont comme ça, ils doivent avoir une sacrée ardoise chez Jardiland). Toujours est-il que donc, sur place, Jack a de brefs flashs où il se voit là, avec la fille de son rêve, passant un bon moment. Il hausse les épaules en se disant que ce n’est pas très important et pénètre prudemment dans l’endroit pour découvrir un vieux téléphone satellite branché à l’antenne locale et émettant l’étrange signal en boucle : il l’étudie plus en détail, le transmet à Vika puis le coupe. Sitôt analysé, Vika se met à hurler dans l’interphone :

"Seigneur ! J’ai décrypté le message : il s’agit de coordonnées…
- Quelles sont-elles Vika ?
- Un endroit en plein secteur 1-7… mais il n’y a rien là-bas ! Pourquoi envoyer des coordonnées d’un secteur désert loin de nos défenses dans l’espace quand on est une race alien ?
- Je ne sais pas Vika.  C’est tellement mystérieux. Avec qui peut-on communiquer dans l’espace et indiquer les coordonnées d’un endroit calme ?
- Un vaiss…
- Un poney, tu as raison ! C’est sûrement les coordonnées d’un pâturage pour poneys.
- Bon, tu sais quoi Jack ? En fait on va dire qu’on ne comprend pas de quoi il peut bien s’agir et tu vas aller enquêter.
- Okay."

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Jack remonte donc aussitôt dans son vaisseau et longe la zone interdite à la frontière de son secteur, à savoir la zone vraiment radioactive qui… heu… est… comment vous dire ? Elle est délimitée par une grosse frontière qui apparaît en réalité augmentée sur le cockpit du vaisseau de notre héros. Et les personnages de bien préciser que d’un côté, c’est radioactif mais ça va, mais sitôt que l’on traverse d’un mètre la frontière, on meurt. Vous vous souvenez de toutes les blagues sur le nuage de Tchernobyl ? Hé bien ils en ont visiblement fait un film. Chapeau.

Mais puisque l’on peut encore faire plus mauvais, et alors que l’on vient de dire aux héros que les chacals venaient pour la première fois depuis des années de communiquer avec l’espace et qu’il fallait enquêter sur cet événement hors-du-commun, celui-ci… j’ai mal rien que de l’écrire, tenez. Jack vole dans un canyon où les communications ne passent plus jusqu’à une sorte de clairière cachée où la nature est restée verdoyante et où il a construit une cabane. Cabane construite sur son temps de travail sans que Vika ne le réalise jamais ("Tiens, tu as encore disparu des écrans 5 heures d’affilée. Sinon ça va?"), et remplie de reliques d’avant la guerre, type livres & vinyles… y compris un frigo (allez savoir comment il s’est trimbalé ça, mais il l’a fait). Jack décide donc que plutôt que d’enquêter sur l’événement historique en train de se dérouler en plein dans son secteur et pouvant mettre en péril ce qui reste de l’humanité, il va plutôt aller s’écouter un petit morceau de musique, taper la discute avec une truite (là encore, véridique), s’habiller avec une chemise à carreau et une casquette de beauf (authentique aussi, n’en jetez plus) et… se faire une sieste.

Voilà. Sinon, le mec qui a écrit ça, il va bien ? Je dis ça juste comme ça, hein. La prochaine fois, nous découvrirons James Bond qui au lieu d’aller désamorcer une bombe du S.P.E.C.T.R.E, va plutôt se faire des tac-o-tac en se buvant une 8-6. Quel héros, ce Jack.

Quelques heures plus tard, donc, Jack sort de sa sieste éveillé par un grand bruit : un vaisseau vient de pénétrer dans l’atmosphère, visiblement en sale état, et file donc droit vers le sol en direction des coordonnées envoyées vers l’espace plus tôt !

Sauver le monde ou mettre une chemise contestable : Jack a choisi

"Un vaisseau !" s’exclame notre héros bien étonné, puisqu’il attendait plutôt un poney. "Il faut que j’aille voir ça !" ; Jack range donc sa chemise à carreaux et sa casquette dans sa cabane et file donc à bord de son fier vaisseau pour quitter la charmante vallée dont il a fait son refuge secret, reprenant ainsi les communications avec Vika.

"Jack ! Tu avais disparu depuis des heures, que s’est-il passé ?
- Rien.
- D’accord. Non parce que je suis restée des heures à me demander où tu étais alors que te suivre sur les écrans est ma mission, tu as raison, ce n’est sûrement pas un sujet qui m’intéresse. En tout cas, je viens de voir qu’un vaisseau était entré dans notre atmosphère ! 
- J’ai vu ça : je vais aller inspecter le site d’atterrissage de près.
- Non ! Sally vient de m’informer depuis le Tet que les drones y vont et qu’il n’y a rien d’intéressant à voir là-bas.
- C’est fou comme ça ne sonne pas suspect du tout.
- Oui hein ?
- Bon bin je vais aller voir quand même.
- Jack, non !"

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Notre technicien s’en va donc droit vers le site vers lequel le vaisseau a filé, et note que celui-ci ne s’est pas posé : il s’est écrasé ! Plus intéressant encore (plus intéressant que "soudain, il fait nuit alors qu’on était en plein après-midi jusqu’ici"), il s’agit visiblement d’un vaisseau humain d’avant la guerre si Jack se fie à l’apparence de la bête, et on peut encore lire "L’Odyssée" écrit sur la coque. Il atterrit malgré les consignes de Sally et les cris désespérés de Vika qui lui ordonne de rentrer, et commence à inspecter le site pour découvrir… que des caissons ont tenu le choc lors du crash, et qu’ils contiennent chacun un humain en sommeil ! Et surtout parmi l’un d’eux il y a…

Attention, je suis sûr que vous n’avez pas deviné ce rebondissement depuis la première scène du film.

… la fille de son rêve, de son souvenir ! En train de dormir, là, dans sa petite caisse (quand je dis "caisse" je pense "caisson", pas "litière", hein, que l’on soit clairs). Jack est bien étonné, puisqu’il aimerait bien savoir d’où sort ce vaisseau et pourquoi les chacals l’ont amené là, mais il est bien vite interrompu par l’arrivée des drones de sécurité sur place qui observent la scène quelques instants avant de commencer à sulfater tous les caissons en vue. Jack est très étonné, car les drones sont supposés être les amis des humains, et il ne parvient qu’à sauver le caisson contenant sa copine onirique en se plaçant devant pour que les machines ne tirent pas et repartent en sifflotant vers d’autres activités.

Jack, l’étonnement passé, décide qu’il serait de bon ton de ramener le caisson en question jusqu’à la tour 49 pour pouvoir y réveiller son occupante et mettre celle-ci hors d’atteinte des chacals jusqu’au matin où il conviendra de prévenir le Tet de cette étonnante découverte. Cela tombe fort bien : la queue de son vaisseau est pile poil de la bonne taille pour que l’on y accroche un sarcophage de ce type, c’est quand même bien fait ! Et voler avec ne pose aucun souci. Hopopop, donc, retour avec le butin jusqu’à la maison. "Coucou Vika, j’ai ramené une fille ! Noooon, pas le balcoooon !"

Arrivé sur place, Jack constate que Vika fait un peu la gueule, puisqu’encore une fois, ce gros corniaud n’a pas respecté les consignes, mettant ainsi en péril leur mission à deux semaines de sa fin. Qu’importe, il est temps de réveiller la jeune femme endormie. En poussant deux boutons, le caisson s’ouvre et la donzelle sort de sa stase, et il faut donc bien vite l’emmener à l’infirmerie tant elle est un peu secouée par la manœuvre.

Mais, durant l’événement, elle a tout de même le temps de regarder Jack et Vika avec étonnement et de murmurer "Jack…" faiblement.

Ce qui surprend notre héros.

Tellement qu’il n’en parlera plus du film.

Allons justement voir à l’infirmerie ce qu’il s’y passe, car la jeune femme ayant pleinement repris conscience et commençant à demander ce qu’elle fout là, nos héros décident donc de tout lui expliquer.

"Comment vous appelez-vous ?
- Julia Popovitch.
- Okay Julia, on va t’expliquer. Ton vaisseau date d’avant la guerre, ce qui veut dire que tu dors depuis 60 ans au moins. Tu t’es écrasée ici avec ton engin spatial et es la seule survivante de ton équipage. Nous sommes en 2077 et la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire pour repousser l’invasion d’une bande d’aliens, les chacals. Le coin étant pourri de radiations, tout le monde s’est barré vers Titan fonder une colonie pendant que nous, nous restons ici à obéir à notre station, le Tet, pour s’assurer de la collecte des dernières ress…
- Pfffrrrrt.
- Vous avez ri.
- Non. Pffrt.
- Si, vous venez de le refaire, là.
- Bon, un peu.
- Okay, bonne soirée."

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Pardon ? Je veux dire : ça ne vous intéresse pas de savoir pourquoi elle rigole, pourquoi elle semble connaître Jack alors qu’elle vient d’une époque où il n’était même pas né, ou encore quels sont ses derniers souvenirs, voire ce qu’elle fout dans les rêves de notre héros ?

Non. A la place, Vika et Jack vont se coucher, après un ultime échange.

"Tu sais Vika, des fois je rêve de cette fille la nuit.
- Ça explique deux trois choses avec les draps. Mais bon, je dis ça mais moi aussi j’en rêve des fois.
- Ah. Bon, n’en parlons plus non plus, ces informations ne sont pas du tout intéressantes.
- Okay."

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A ce stade, j’avais installé des petits cotons sous mes yeux pour absorber mes larmes de dépit.

La nuit se passe donc, même si au petit matin, avant que Vika ne se réveille, Jack va trouver Julia. Qui lui explique qu’elle voudrait récupérer la boîte noire de son vaisseau afin de savoir ce qu’il a bien pu se passer. Notre héros trouve l’idée raisonnable, et avant que Vika ne se réveille, ils vont tous deux prendre le petit engin volant de Jack pour filer sur le site du crash où, déjà, des pièces ont disparu. Jack précise donc qu’il faut faire attention, car les chacals sortant la nuit, ils pourraient tomber sur eux.

C’est vrai. En même temps, quand vous étiez dans la tour, nous étions au petit matin avec le soleil levant. Mais visiblement, il est parti se recoucher, c’est magique.

Nos héros explorent donc le site plongé dans la nuit pour des raisons qui prouvent qu’écrire l’heure approximative de chaque scène dans la marge du script pour ne pas se planter n’a pas été fait, puisque ça prenait au moins 1 minute 30 sur un coin de table. Et bien vite, Julia trouve la boîte noire ! Joie ! Allégresse ! Hélas, les chacals n’ont pas perdu une miette de la scène et encerclent bien vite nos loulous. Jack tente bien de résister, mais il se fait rapidement péter la gueule par ses assaillants ! Dans un dernier geste, il utilise simplement via une télécommande l’autopilote de son véhicule volant pour le renvoyer à la tour et éviter que l’ennemi ne s’en empare. Vika, qui a assisté à toute la scène, est choquée par les événements… mais refuse d’annoncer au Tet ce qu’il s’est passé durant la nuit, préférant faire confiance à l’instinct de Jack (malheureuse !). Elle se contente de dire qu’il a disparu ce matin en partant en mission, et qu’il serait de bon ton d’envoyer un drone à sa recherche, ce que le Sally accepte.

De son côté, Jack se réveille attaché à une chaise au milieu de l’obscurité. Il entend alors une voix grave s’adresser à lui.

"Bonjour, Jack.
- Qui êtes-vous ? Laissez-moi partir enfoirés de chacals !
- As-tu déjà vu un chacal de près, Jack ? 
- Hmmm attendez que je réfléchisse… 
- Laisse, je vais plutôt te montrer."

Et sort alors de l’obscurité… un humain (ça non plus, vous ne l’avez pas vu venir).

"Voilà, Jack. Voilà qui nous sommes…
- Vous êtes… vous êtes…
- Oui, des h…
- VOUS ÊTES MORGAN FREEMAN AVEC UNE TENUE DE NINJA !
- Oui ! Heu, attends,  non bougre de con ! Nous sommes surtout des humains !
- Mouais, vous êtes quand même vaguement noi…
- Hohohoh houlala ça dérape."

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La lumière s’allume dans la salle et bientôt, Jack constate qu’il est entouré non pas d’aliens, mais d’humains. Alors depuis toutes ces années, on lui aurait menti ?

"Oui, Jack, on t’a menti. 
- C’est immonde ! Cela dit, je me pose une question.
- Oui ? Je t’écoute Jack.
- Pourquoi alors à chaque fois que je vous croisais vous gardiez vos casques à la con et vos déformateurs de voix à part pour me convaincre de vous tirer dessus alors qu’il suffisait de me montrer votre tête pour que je réalise toute la supercherie?
- Ho. Oui. Bonne remarque.
- Alors ?
- Hem… ho, tu as vu Jack ? Je suis Morgan Freeman avec une tenue de ninja !
- CA ALORS !"

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Et je me suis abstenu de parler des lunettes de soudeur ou de sa cape piquée dans un Grandeur Nature

D’ailleurs, à partir de ce moment là, plus jamais les chacals ne mettront leur casque du film. Comme quoi, c’était bien juste pour se faire plomber par Jack.

Mais comme si tout cela n’était déjà pas suffisamment naze en soi, Jack ne demande aucune explication et Morgan ne lui en donne de toute manière aucune non plus. Il se contente de lui dire que voilà, ils ont réussi à désactiver un drone et à le capturer, et qu’ils lui ont collé dans le ventre les 10 batteries de drones volées, reconverties en bombes, soit de quoi faire péter plusieurs fois de Tétraèdre. Ils aimeraient donc que Jack reprogramme l’engin puisqu’il est le seul à savoir le faire pour l’envoyer dans l’espace rentrer au Tet. Mais Jack refuse parce que sur le Tétraèdre, il y a plein d’humains en attente de transit pour Titan, et que tuer des gens c’est mal.

Morgan, plutôt que d’expliquer tout ce qu’il sait à Jack pour le convaincre, lui amène plutôt Julia en lui expliquant que s’il n’obéit pas, il demandera à son bras droit, Jaime Lannister (qui doit avoir une sacrée grosse dette à payer pour jouer dans ce film), de tirer une balle dans la tête de la gourgandine voir si cette zone est mortelle chez la femme (par exemple, il a été observé par le passé que la blogueuse mode était insensible aux balles dans la tête, mais qu’il était tout de même possible de leur faire très mal en poignardant des posters de Ryan Gosling ou en mangeant le dernier macaron). Jack grogne quand soudain, une alarme retentit : des drones du Tet sont en approche !

En effet, au-dessus du souterrain où Jack est retenu prisonnier, un drone a utilisé son scanner et malgré les 10 mètres de roche entre lui et la surface, a réussi à détecter… son ADN. La vache, ils sont forts ces drones. Même si 5 minutes plus tard, le même drone n’arrivera pas à détecter un ennemi caché derrière un caillou de 3 centimètres. C’est fou.

Bref, le drone décide de passer à l’attaque de la base des chacals, mais ces derniers montrent à Jack comment ils combattent ces engins : ils attirent leur attention, puis tirent dans un petit clapet derrière le drone qui n’est pas protégé et qui est la partie la plus sensible de l’appareil. Raison de plus pour ne pas la blinder, j’imagine. En deux temps trois mouvements, le drone est donc abattu. Morgan peut donc enchaîner.

"Ah, quelle chance quand même que ces drones volants se mettent à 1 mètre du sol pour attaquer plutôt que de nous canarder depuis le ciel. Tu as donc vu notre tactique de guerre, très efficace ! Ensuite, nous récupérons la pile d’énergie sur le drone et nous le laissons en état pour que tu puisses le réparer et qu’il recommence à nous tuer dès le lendemain. D’ailleurs, sur celui que nous venons d’abattre, tu noteras que l’on est même pas allé désactiver sa balise de détresse qui appelle du renfort. Mais comme le scénariste aussi l’a oubliée, ça va. Un peu comme les deux milliards de caméras que Vika avait au début du film pour tout voir, alors que maintenant on en parle même plus.
- Je… bon, écoutez c’est confondant de nullité. On pourrait pas parler d’autre chose ? Genre pourquoi vous avez fait s’écraser l’Odyssée sur Terre ?
- Ah, si, c’était pour récupérer un mini-réacteur de la NASA dessus afin de parachever notre bombe pour le Tétraèdre.
- Okay… donc, vous me parliez de reprogrammer un drone à ce sujet d’ailleurs. Non ?
- Ho non, tu sais quoi ? Ça aussi on ne va plus en parler. Enfin pas de suite. C’est pas comme si j’étais à deux doigts de faire buter ta copine il y a 5 minutes pour que tu le fasses tellement c’était urgent.
- Alors je fais quoi ?
- Hé bien je te rends sans raison tes armes, ta copine, et même cette très intéressante boîte noire que personne n’a encore écoutée. Je te rends aussi ta moto qu’on t’a tirée en début de film, et je te propose de partir découvrir la vérité.
- Vous ne pourriez pas me la dire directement plutôt ?
- Hahahaha hohohoho… non. Comme dans tous les films pourris, je préfère rester mystérieux quand bien même parler pourrait tous nous sauver la vie. Commence donc par aller dans la zone soit disant radioactive, là tu trouveras la vérité.
- Mais ? Elle couvre presque la totalité de la surface du globe ! Vous pourriez pas être plus précis ?
- Non. Allez, salut mec."

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Sans poser de questions, et il vaudrait mieux pour lui, Jack file donc jusqu’à la partie encore visible de l’Empire State Building (qui n’est pas dans la zone radioactive) et se sert de l’antenne locale pour demander à Vika de lui envoyer son vaisseau volant pour qu’il vienne le chercher avec Julia. En attendant l’appareil, nos deux héros font le tour du coin, et Jack a encore des flashbacks de lui et Julia, avant la guerre, passant du temps ensemble à cet endroit. Il décide donc d’interroger la belle sur ce que c’est que ce bordel, ha, dis.

Celle-ci accepte enfin de parler et lui explique que oui, elle le connait, lui, Jack Harper. Et que oui, ils sont allés ensemble ici, au sommet de l’Empire State Building quand tout était encore calme et heureux, et que c’est là que Jack l’a demandée en mariage. Et tous les souvenirs de ce jour reviennent à notre héros, qui sait qu’elle dit la vérité. Mais Jack n’est pas au bout de ses surprises : Julia lui annonce que Jack était astronaute et qu’en 2017, lui et elle avaient été envoyées en mission pour explorer Titan. Sauf qu’en chemin, la NASA a repéré un gros tétraèdre extra-terrestre approchant de la Terre, et le vaisseau a été envoyé à sa rencontre. Jack et Vika (oui, elle aussi était là) ont donc été sortis de leur sommeil en caisson pour aller voir de quoi il retournait (ne me demandez pas comment Julia a pu voir tout ça puisque, justement, elle pionçait dans sa caisse, tout est lamentable)… et qu’après elle s’est réveillée dans la tour 49. Jack ému par tout cela fait donc un gros câlin à celle qui est en fait sa femme, même s’il ne pige pas bien comment il peut avoir connu l’avant-guerre, qui était il y a plus de 60 ans, et ne constate que trop tard qu’il n’a pas entendu arriver son appareil volant.

Après tout, ce n’est qu’une sorte d’avion à réaction : un truc qui approche silencieusement, c’est connu. Non, ce film n’arrête jamais.

Vika, par la caméra de l’appareil, voit donc l’étreinte des deux loulous et en pleure de jalousie. Aussi, lorsque Jack et Julia reviennent à la base, elle ne leur ouvre pas la porte du petit loft perché, et fait la gueule de l’autre côté en disant "De toute façon j’ai toujours su que tu préférais cette fille qu’on avait dans nos rêves, j’en ai marre, pour la peine je dis au Tet que tu as désobéi et qu’il reste une survivante du crash de l’Odyssée ! Na !".

Mal lui en prend car dans le garage de la tour, le Tet donne l’ordre au drone en rade de se réveiller (oui, il lui manquait des pièces, ce qui justifiait sa présence là, mais pif pouf, il les a à nouveau, à part son blindage)… et de tuer tous les gens du coin. Vika est donc très étonnée de voir le drone surgir de la cave en grognant et… lui sulfater la margoulette.

Hé oui.

Jack et Julia sont donc eux aussi bien étonnés de voir leur amie se faire désintégrer le museau sous leurs yeux, et ne doivent eux-mêmes leur salut qu’à l’intervention de Julia utilisant les armes de l’aéronef de notre héros pour se débarrasser de l’assaillant mécanique. Avant de partir, puisque des renforts vont sûrement bientôt arriver, Jack se rend au poste de communication de feu Vika pour y voir apparaître le visage de Sally.

En plus, Julia a l'air tellement aimable... on a follement envie de l'aider.

Julia a le syndrome de l’actrice moderne de Blockbuster : elle fait toujours la même tête. Quel talent.

"Bonjour Jack, je suis Sally : on ne s’est jamais vus puisque quand je communique avec Vika, tu es occupé sur le terrain. C’était pour te dire que toute cette histoire de drone pulvérisant Vika n’est qu’un gros malentendu : viens me rejoindre sur le Tétraèdre avec la survivante de l’Odyssée, nous aimerions vraiment faire sa connaissance ici. On prendra un verre et ce sera sympa comme tout. Le champomy est au frais, viens vite !"

Mais Jack n’est pas homme à se faire rabouiner si aisément : il préfère donc fuir avec Julia à bord de leur petit appareil volant. Pas de chance pour lui : d’autres drones arrivent et se lancent à la poursuite de l’appareil lors d’une séquence qui fait woush, wuiiiiz, vroum et tacatacata. Au final, Jack parvient à se débarrasser des trois poursuivants, même du drone du trio qui met des coups de pare-choc (là encore, je ne rigole pas : on avait pas dû expliquer à celui-là à quoi servaient ses mitrailleuses). Mais son appareil sévèrement endommagé, il s’écrase dans le désert du côté de la zone super-radioactive. Et le dernier drone qu’il a vaincu s’écrase non loin.

Jack rampe donc hors de l’épave avec Julia, pour mieux aller voir ce qu’il reste du drone ennemi. Mais à peine a-t-il commencé à courir les dunes qu’il aperçoit un autre appareil volant comme le sien arrivant : un autre technicien est en train de s’apprêter à remettre en route ledit drone !

Comment est-il arrivé aussi vite ? Et surtout, pourquoi rentre-t-il tranquillement dans la zone über-radioactive alors que c’est supposé être über-interdit, justement ? Hop, ça aussi, à la trappe, allez zoup. Rien n’a de sens, c’est génial.

Toujours est-il que voyant le technicien s’approcher du drone, Jack fonce droit vers lui en lui hurlant de ne rien en faire, tant il semblerait que les choses soient plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Mais en abordant ainsi le personnage, celui-ci se retourne, l’arme à la main et se révèle être…

Un autre Jack Harper !

"Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?" s’exclament donc les deux hommes, mais le temps presse, car le technicien a eu le temps de changer une pièce (comme toujours, c’était la seule chose qui posait problème) sur le drone endommagé, et celui-ci se rallume. Jack de la zone 49 saute donc sur Jack de la zone 52 (c’est marqué sur son uniforme) et lui pète donc la gueule en profitant de son trouble en voyant Julia (il a aussi les mêmes souvenirs semble-t-il) pour aller à nouveau désactiver le drone avant que ça ne tourne au carnage. Il y arrive, mais dans la bataille, un coup de feu est parti et a bien évidemment touché Julia en plein bidou. Jack est bien embêté, parce que les filles mortes c’est quand même vachement moins intéressant : il attache donc comme il le peut son clone assommé, met sa copine dans un coin d’ombre, et s’empare du véhicule du technicien qu’il vient de rosser pour aller chercher de quoi soigner ce bobo.

A noter que l’on découvre que les drones comme les véhicules obéissant à la voix, il suffit à Jack de dire qu’il n’est pas Jack – 49 mais Jack – 52 et ça marche. Mais jamais notre héros ne pensera à user de la même ruse sur les drones qui le recherchent, c’est ballot.

Jack file donc à la tour 52 et y découvre… une autre Vika. Bon, il se dit que tant qu’à faire, hein, autant en profiter aussi lui fait-il un petit bisou. Faudrait pas avoir fait tout ce chemin sans rentabiliser un peu. D’ailleurs, Vika, qui je le répète, voit tout ce que les caméras voient, particulièrement celles du véhicule volant de Jack, n’a rien vu du Jack – 52 se faisant péter la gueuler par un Jack – 49 quand bien même c’est arrivé pile devant les caméras de l’engin.

Bon sang, mais… c’est volontaire ou bien ?

Toujours est-il que Jack récupère une trousse médicale dans la tour et repart trouver Julia dans la zone interdite. Sur place, il constate que son clone a disparu (et s’est barré : il était juste à côté de Julia, la femme qui hante ses rêves, et venait de découvrir qu’il avait un clone, mais ne lui a pas demandé la moindre explication. Pourquoi faire ?) et que Julia est encore en pleine forme puisque les balles dans le bidou, c’est très surfait. Un coup de bombe froide et d’éponge magique et on en parle plus ! Sitôt la jeune femme soignée, Jack l’emmène dans sa petite clairière magique où il a sa cabane pour reconquérir son coeur dans cet écrin de verdure, et aussi philosopher un peu. Ne suis-je qu’un clone de celui que tu as aimé, Julia ? Ces souvenirs sont-ils vrais ou peut-on considérer que ne les ayant pas véritablement vécus, ils ne sont qu’une illusion de mon esprit ? Pourtant, mon amour est réel et…

"Oui c’est bon, moi tout ce que je vois c’est qu’avec des clones de toi, je vais pouvoir me faire une sacrée orgie."

Quel esprit pratique, cette Julia. Mais l’heure n’est pas à la déconne : après quelques câlins pour la forme, notre héros explique que quoi qu’il y ait à l’intérieur du Tet, cela l’a manipulé. Cloné. Et employé à participer à l’extermination de l’humanité. Il veut donc retourner voir les chacals pour les aider à achever cette histoire de bombinette. Julia lui dit qu’elle va l’accompagner, ah mais, et tous deux retournent donc au QG des chacals où attendent toujours Morgan Freeman et Jaime Lannister. Ces derniers les accueillent avec de grands sourires.

"Bon retour parmi nous, Jack Harper. A toi aussi, Julia Popovitch… enfin, Julia Harper.
- Bon sang Morgan Freeman, vous aviez raison ! J’ai découvert la vérité ! Vous avez bien fait de ne rien me dire et de me laisser partir avec Julia et la boîte noire de l’Odyssée qu’on a toujours pas écoutée d’ailleurs ! Vous saviez que j’allais retourner à l’Empire State Building alors que vous m’aviez donné des informations qui n’avaient rien à voir, vous saviez que je n’allais pas entendre mon appareil volant à réaction approcher pendant que je serais en train de faire un câlin à Julia, et que cela rendrait jalouse Vika, que vous n’avez pourtant jamais vue. Vous saviez que du coup, Vika avertirait le Tet provoquant ainsi une course poursuite où je réchapperais de la mort avec Julia en m’écrasant à côté d’un drone dans une zone où alors que c’est interdit, un clone de moi viendrait réparer ledit drone, et donc que là et seulement là, je pourrais réaliser la vérité.
- Hem je… heu… oui, je … j’avais bien évidemment prévu tout ça. Puisque c’était… complètement prévisible… bien sûr. 
- C’est vraiment épatant. Alors que vous auriez juste pu me dire la vérité et me proposer d’aller visiter une autre tour comme la mienne pour me prouver votre récit tout en provoquant en bonus un chaos général chez les serviteurs du Tet qui découvriraient alors leur condition et ne manqueraient pas d’en informer les autres tours. Vous êtes vraiment fort Morgan Freeman.
- Hahaha je… oui. Hem, bref, si on changeait de sujet et que je te racontais plutôt la VRAIE histoire et pas celle qu’on t’a apprise ? 
- Mais vas-y pépère fais toi plaiz’"

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J'aime bien le concept du mec qui porte des lunettes de soudeur dans le noir.

Père Castor 2077

Et donc Morgan de raconter qu’en 2017, il y a 60 ans de cela alors qu’il était encore un tout jeune soldat, il a vu le Tet arriver en orbite de la Terre. Puis faire exploser la Lune. Et enfin, des vaisseaux arrivèrent pour débarquer, non pas des drones (ce qui aurait été intelligent) mais des milliers de clones de Jack Harper, le célèbre astronaute de la mission Odyssée qui avait dû tomber aux mains de l’ennemi d’une manière ou d’une autre ! Et le massacre fut complet puisqu’en plus, Tom Cruise étant une cible très petite, ça n’aidait pas à riposter.  Donc non, l’humanité n’a pas gagné la guerre. La planète n’est d’ailleurs même pas radioactive (personne n’a jamais pensé à demander un compteur pour voir les zones dangereuses ou non pour se promener sans combinaison), et les tours qui génèrent de l’énergie sont en fait là pour alimenter le Tet, qui assèche ainsi les planètes l’une après l’autre. Morgan Freeman n’explique pas comment les milliers de clones de Jack Harper ont pu détruire les restes de l’humanité en 2017, puisque bon, déjà ils ont dû se poser des questions en réalisant qu’ils étaient les clones des uns des autres, et ensuite Jack Harper ne combattait les chacals que parce qu’il ignorait qu’ils étaient humains. Or à l’époque, je doute que tous les réfugiés humains aient eu des gros casques idiots pour se faire passer pour des chacals. Allez hop, encore un truc d’évacué.

Ce film est incroyable.

Morgan explique enfin que jusqu’ici, ils n’avaient jamais pu convaincre un Jack de s’allier à eux. Mais qu’un jour, en voyant Jack -49 ramasser un livre tombé à terre pour le lire, ils ont compris qu’il était gentil (Morgan cite même le passage précis que Jack a lu au début du film, quand bien même il n’a aucun moyen de le savoir, c’est magique).

D’ailleurs, tant qu’à savoir que Jack savait lire, moi plutôt que d’essayer de l’approcher pour lui parler et de me prendre ses drones et des balles dans le museau, j’aurais plutôt laissé des messages écrits pour lui où on lui expliquait tout en lui disant "Va voir une autre tour si tu me crois pas" sur des sites où il suffisait de l’attirer (avec une balise de détresse de drone, comme ils avaient su le faire pour lui tendre un piège). Comme ça, pas de risque. Mais c’est sûrement ma fourberie naturelle qui parle. Après, je ne sais pas, ils auraient pu être taquins : je m’étonne que les drones vandalisés n’aient pas été retrouvés avec des messages écrits sur la coque comme "Prout" ou "Celui qui lit ça est un clone". Ces chacals manquent terriblement de créativité.

Achevant son récit, Morgan explique qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour que Jack – 49 puisse voir ses souvenirs remonter en lui : faire tomber l’Odyssée sur Terre pour que sa femme Julia revienne et lui secoue un peu les souvenirs. Un plan très intéressant, si Morgan n’avait pas expliqué plus tôt dans le film qu’il avait amené l’Odyssée sur Terre pour une autre raison, à savoir récupérer une pièce dessus pour finir sa bombe destinée pour le Tet. Et qu’accessoirement, il ne pouvait pas prévoir que Jack viendrait sur place (ça lui était interdit) et n’arriverait à sauver qu’un seul sarcophage, et pile poil le bon en plus. Qui a dit téléphoné ?

Sans compter que Julia, on peut la féliciter : souvenez-vous qu’à son réveil dans la tour 49, alors qu’elle avait Jack en face d’elle et aucun moyen de savoir qu’il n’était qu’un simple clone, jamais elle n’a tenté de dire à Vika et lui la vérité. C’est vraiment d’une nullité crasse.

Rappelez-moi quel passage était réussi dans ce film, déjà ? Non parce que là en est quand même en train de découvrir que même les mauvaises scènes étaient encore plus nulles et incohérentes que prévu.

Bref, qu’importe : Jack connait la vérité, Morgan est content, et il y a de quoi envoyer la bombe sur le Tet. Sauf que… sauf que le Tet lui n’a pas abandonné la partie et a envoyé des drones chercher Jack et ses amis ! Et ils les ont découverts ! Les chacals sont bien ennuyés d’ainsi voir leur base être compromise au moment où ils allaient enfin pouvoir débuter leur grand plan pour faire sauter le Tet, et la bataille s’engage donc. Pif paf pouf, des anonymes meurent, des drones sont mis hors de combat, et alors que leurs balles désintègrent habituellement l’ennemi, lorsqu’elles touchent Morgan Freeman, elles se contentent de lui faire de petits bobos. Quant au drone reprogrammé qui devait porter la bombe jusqu’en orbite… il a été endommagé et ne peut plus servir à grand chose. Il faut donc changer de plan.

Oui, et les trois drones que vous venez d’endommager et qui étaient réparés avec du chewing gum au début du film (là encore, tristement véridique), non ? Non. Nos héros décident donc que quelqu’un va plutôt devoir prendre le véhicule volant local et aller jusqu’en orbite porter la bombe en personne. Mais Sally ne va-t-elle pas se douter de quelque chose ?

"Non" explique Jack "Sally voulait que je lui apporte Julia… je vais le faire. Et apporter la bombe avec." Ho oui, sacrifions nous mon amour, ce sera tellement plus dramatique que de prendre 5 minutes à réparer l’un des drones qu’on a sous la main. Ou d’envoyer l’appareil en pilote automatique, puisqu’on nous a bien montré qu’il y en avait un, apporter le petit cadeau à maman.

Raaah.

Soit : le plan est donc de rendormir Julia dans son caisson, de mettre la bombe dedans, d’accrocher le tout à l’aéronef et de quitter l’atmosphère sans problème avec cet attelage branlant qui…

Oh tiens mais au fait, attendez : d’où il sort le sarcophage ? Ils ont tous été détruits, et celui de Julia est resté à la tour 49, non ? Et bien si, mais pouf : un sarcophage marqué "Odyssée" avec le nom de Julia Popovitch apparaît au milieu de la base des chacals ! Formidable. Julia s’allonge donc dedans, et Jack lui souhaite de faire de beaux rêves de leur folle idylle avant de refermer le capot… et d’endormir la donzelle avec la bombe à ses côtés. Puis, il grimpe dans son véhicule et file vers les cieux pour sa dernière mission.

Et non, pas de soucis de turbulences en quittant la Terre, de quoi me parlez-vous ? Son petit engin n’a aucun problème pour faire ça.

Cependant, le trajet est long et Jack n’a pas la radio : il a cependant à son côté la boîte noire de l’Odyssée, qu’il n’a toujours pas écoutée quand bien même elle devait expliquer pas mal de trucs, et qu’il a emmenée avec lui pour que l’humanité ne puisse jamais connaître la vérité (ou bien juste parce qu’il est juste très con). Et appuyant sur play pour entendre les dernières communications de la navette… flashback.

Nous sommes en 2017. L’Odyssée, fier vaisseau international qui devait aller faire une mission sur Titan est dévié de sa trajectoire pour aller inspecter un énorme tétraèdre extra-terrestre se dirigeant vers la Terre. A bord, l’ambiance est bonne, mais sage : seuls les deux pilotes sont éveillés, à savoir le commandant Jack Harper et son second, Vika. Derrière eux, les autres membres d’équipage dorment dans leurs caissons puisque l’on a estimé qu’un premier contact avec une civilisation alien ne valait pas le coup de les réveiller. Depuis la Terre, nos héros communiquent avec la Nasa et leur contact au sol : Sally. Celle-ci leur donne des consignes sur leur trajectoire et ce que l’on attend d’eux, à savoir approcher doucement l’objet inconnu. Sauf qu’arrivés à une certaine distance, le vaisseau ennemi commence à attirer le leur, et même avec les moteurs à fond, il parait impossible de s’en sortir ! Jack décide donc que s’il est impossible de fuir, il faut au moins sauver ses compagnons en sommeil : il décroche donc l’arrière du vaisseau qui est "programmé pour retourner dans l’orbite de la Terre". Ce qu’il fait, abandonnant ainsi sa femme.

Et son plan fonctionne parce que oui, la partie principale du vaisseau avec les moteurs à fond n’arrive pas à échapper à l’attraction de l’objet alien, par contre la partie envoyée à la dérive regagne la Terre tranquillement, sans puissance. D’accord.

Donc oui, le plan de Jack était très con, mais il marche quand même. Mais s’il savait que ça allait marcher, dans ce cas il aurait pu aussi bien se planquer avec Vika dans cette partie retournant vers la Terre, hein, puisqu’il y avait la place pour et même leurs caissons personnels. Mais autant rajouter des incohérences au sein même des incohérences, des fois que.

Jack, réalisant avec effroi que son lui originel était déjà con comme un bulot

Et des incohérences dans les incohérences des incohérences (ah bin oui, il y a du talent) puisque la boîte noire, pourtant récupérée dans la partie arrière de l’Odyssée lorsqu’elle s’est crashée sur Terre, contient aussi les conversations qui ont eu lieu dans l’avant du vaisseau une fois détaché ! Magnifique. Et c’est vraiment juste pour se planter puisque cela n’apprend rien : on voit juste qu’une porte s’est ouverte au sein du tétraèdre, avalant le vaisseau et… c’est tout.

Le tétraèdre a donc simplement cloné ses deux prisonniers pour s’en faire une armée de serviteurs, puis a pris, pour les tromper, l’apparence de Sally dans ses communications avec eux pour avoir une forme familière à leurs esprits. Fort bien. Quel dommage qu’en envahissant la Terre, tu n’aies pas pensé, gros machin, à capturer d’autres humains pour pouvoir varier tes clones. Du genre, ceux qui étaient dans les caissons de l’Odyssée lorsqu’il s’est crashé, les ramener à bord plutôt que de les faire mitrailler par tes drones, non ? Mais est-on encore à ça près ?

Revenons en 2077 alors que l’enregistrement de la boîte noire terminée, Jack et son vaisseau pénètrent à bord du tétraèdre, trop curieux de voir Julia pour lui refuser l’entrée. Comme quoi, encore une fois : il aime les survivants mais n’en fait pas. Allez, finissons cette bouse : notre héros est escorté avec son appareil jusqu’au cœur du vaisseau ennemi, où l’attend juste une sorte de gros tétraèdre volant avec une sorte d’œil rouge, qui ricane très fort :

"Hohoho, Jack, tu es fini. Tu as découvert mes mensonges, mais tu vas mourir et renaître, une fois encore, sans savoir que tu es mon esclave.
- Sauf que j’ai amené une surprise !"

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Et Jack ouvre le caisson et en surgit…

"Morgan Freeman avec une tenue de ninja ?!" s’exclame bien surpris le tétraèdre.

"Oui, je voulais être là quand tu mourrais vilaine bête. Julia est en sécurité sur Terre. Maintenant, on a une bombe avec nous qu’aucun de tes détecteurs, qui jusqu’ici voyaient tout, n’a réussi à détecter ! Alors, attention, c’est parti : bombinette go !"

Et dans un grand flash, Jack et les millions de clones de Vika et lui qu’il voit flotter dans des cuves autour d’eux, Morgan Freeman, la tenue de ninja et le tétraèdre disparaissent emmenés par la fabuleuse explosion de leur bombe. Aussitôt, sur Terre, tous les drones tombent en panne, quand bien même le film avait expliqué clairement que les drones pouvaient fonctionner sans le Tet, c’est même pour cela que c’étaient eux qui étaient actifs contre les chacals la nuit, alors que le Tet était de l’autre côté de la Terre et que les communications étaient coupées. Mais allons-y ! Et encore une autre incohérence pour la route ? Allez, c’est cadeau : Julia se réveille dans son caisson au milieu de l’écrin de verdure où Jack avait une cabane…  et comprend que Jack a préféré ne pas la faire sauter avec le tétraèdre et l’a laissée là. Certes, mais sachant que déjà que les chacals n’étaient pas censés avoir le caisson de Julia dans leur base, et que Morgan Freeman l’a déjà utilisé pour aller mourir avec Jack dans leur mission suicide, d’où sort ce deuxième caisson ? Là encore, mystère !

Le tétraèdre kaput, Julia sauvée, la vie peut suivre son cours…

Et quelques années plus tard, nous découvrons que Julia avait visiblement eu l’occasion de tomber enceinte de Jack, puisqu’elle a désormais une petite fille. Elle jardine paisiblement dans son petit coin de verdure, quand soudain, elle voit arriver des gens : impossible, sa cachette est secrète (ah oui ? Et qui t’a déposée ici alors, puisque Jack était parti aussi vite que possible pour sa mission suicide ?) ! Ce sont en fait les chacals, menés par Jaime Lannister, qui ont une petite surprise pour elle… ils ont retrouvé le clone numéro 52 ! Celui avec qui Jack s’était battu !

Toute contente de pouvoir arrêter de faire abstinence, notre Julia sourit naïvement à l’idée de tout ce qu’elle va pouvoir faire avec lui et…

FIN

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Quelques heures plus tard, devant une autre résidence.

"C’est génial votre truc ! Et ça marche à tous les coups ?
- Ah non. Ça dépend quand même des cibles. Il faut qu’elle ait des goûts un peu spécifiques, sinon c’est le bordel.
- Comment ça ? 
- Ici nous allons avoir le problème. C’est un peu comme lâcher un lapereau dans un champ avec des loups : ça n’empêche pas un aigle de se pointer et de partir avec la bête, parce que le lapereau est un mets très générique chez ces animaux. 
- Vous pourriez préciser ?
- Vous allez voir tout de suite."

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Une nouvelle fois, je tirai de ma mallette un sachet contenant des feuilles raturées, et après avoir ouvert la chose pour en extraire le contenu du bout des doigts, je jetai la chose loin devant nous.

"C’est quoi les mots clés cette fois ? 
- "Bouse", "Pognon" et "Problèmes capillaires". J’ai pas mieux."

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Une fenêtre s’ouvrit en face de nous, et un visage aux narines retroussées fit un large sourire alors que nous parfaisions notre camouflage.

"Cette odeur… ouiiiiii…. ouiiiii…  je la reconnais… c’est pour MOIIIIII !"

La silhouette bondit au-dehors sous le crépitement de l’appareil photo de mon voisin, mais alors qu’elle s’élançait, il y eut un cri terrible et une forme beige et blanche sortit d’un autre fourré non loin pour se saisir du script moisi qui patientait à même le sol et s’enfuir en hurlant  "NOOON ! A MOIII !"

Et sous mes yeux émerveillés d’expert en bouse, je vis Bruce Willis s’éloigner vigoureusement avec sa prise sous les yeux tristes de Nicolas Cage.

"Patron, patron !"

La porte du salon s’ouvrit violemment, laissant paraître le visage rubicond du malheureux Diego, essoufflé et roulant des yeux paniqués. S’avançant en direction de son auguste – et modeste – maître, l’humble employé tenta de se reprendre quelque peu, réajustant sa tenue en profitant du fait que son supérieur soit occupé à observer quelque chose par la fenêtre. Sans se retourner, ce dernier leva son verre de brandy avant de s’enquérir du motif ce raffut.

"Hé bien Diego, que se passe t-il ? 
- C’est… haaa… le… haaa… le…"

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Me retournant pour constater le lamentable et dégoulinant état de celui pourtant payé à avoir un minimum de tenue, je me permis de sourciller, exprimant ainsi mon désarroi avec force.

"Diego, la dernière fois que je t’ai vu si essoufflé, c’était la fois où il avait fallu rattraper cette joueuse de volley-ball suédoise qui s’était échappée du coffre. Tu te souviens quand j’ai dû lancer ma pelle dans ses jambes pour l’arrêter ? Quelle belle soirée cela fut.
- Haaa… certes Monsieur mais je… haaa… c’est important ! Vous allez… apprécier. Voyez plutôt…"

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Se saisissant prestement d’une télécommande, le brave garçon alluma la télévision voisine, y faisant paraître des images de bruyantes manifestations, d’incendies et de diverses mais généreuses oeuvres de pilosité faciale. M’approchant quelque peu, je constatai bien vite que Diego semblait attendre, béat, une quelconque réaction de ma part.

"Qu’est-ce ? Il y a encore une nouvelle chaîne ? Canal Sarrasin à vue de nez, non ? J’imagine que Black & Decker ne se pressent pas pour occuper leur espace publicitaire, ce serait un peu pour eux comme se proposer de sponsoriser Sébastien Chabal.
- Monsieur !
- Mais je ne sais pas mon bon, aide-moi ! Je ne vois pas !
- Mais ces gens Monsieur, ces gens ! Ils réalisent votre rêve ! 
- Réaliser le concours du plus bel air grognon ?
- Non ! Ils sont en colère… parce que quelqu’un a fait un film pourri !"

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Surpris par cette nouvelle, j’en lâchai mon verre de brandy. Je ne pris même pas la peine de réagir lorsque Diego, comme il se devait, se jeta au sol pour sauver la précieuse boisson d’un sort funeste. Tout au mieux, je posais un pied sur son dos pour m’approcher un peu plus du téléviseur et observer les manifestations de colère qui y apparaissaient.

En France, il y avait 20 manifestants selon la police, 25 selon les organisateurs, et 3,6 millions selon Marine Le Pen

"Mais alors, qu’est-ce qui a décidé ces gens à enfin hurler contre l’immense foutage de gueule qu’est le cinéma actuel ? Ils ont vu Prométhéus ? Non, laissez-moi deviner : le dernier Batman ! Ou… hmmm, non, une rediffusion d’Avatar qui a mal tourné peut-être ?
- Non Monsieur : il s’agit d’un film vraiment pourri. Ils se sont sentis insultés en le voyant.
- Oui, c’est bien ce que je dis.
- Ah mais non, mais là c’est juste parce que c’est religieux.
- Diable ? Vous voudriez dire qu’insulter la foi serait intolérable là où faire de même avec l’intelligence serait considéré comme "de l’industrie de loisir" ? 
- Je ne l’aurais pas dit ainsi Monsieur, mais il semblerait que ce soit ainsi."

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Diego ponctua sa phrase d’un gémissement, alors que je basculais un peu plus mon poids vers mon pied d’appui habilement situé sur le dos du personnage. Me baissant seulement pour me saisir du verre de brandy qu’il tenait encore dans la main, je supposai qu’il était temps d’aborder un sujet des plus importants lorsque l’on parle de cinéma : la notion de cohérence.

Car vous aussi, vous avez peut-être connu cette scène : alors que vous êtes avec quelques amis à profiter d’une soirée de bon goût (comprendre : sans Time’s Up ni Jungle Speed), voici que la conversation dérive vers le cinéma. La chose est abordée de bien des manières, mais alors que vous riez joyeusement d’une abominable incohérence laissée au coeur d’un film, voici que l’un des convives fronce ses sourcils très fort. A peine avez-vous le temps de voir l’attaque venir, que déjà, le vil fripon a déjà lâché son fiel sous la forme de cette célèbre maxime :

"Haaan, mais c’est qu’un film !"

Et arguant que dans ce cas, on pourrait aussi reprocher à Harry Potter de faire de la magie, aux personnages de Star Wars de voguer dans l’espace à folle allure, ou à Marty de retourner régulièrement dans le futur. Alors la cohérence, pffff, tu vois, bon, hein, dis.

Dans ce cas, permettez-moi de vous indiquer la procédure à suivre : tout d’abord, riez poliment, et proposez à l’auteur de pareil propos de vous accompagner en direction du bar pour reprendre quelque chose à boire. Souriez, abondez dans son sens, donnez d’autres exemples de films à base de magie, super-pouvoirs ou autres pour l’encourager, bref, soyez compréhensifs. Posez délicatement une main amicale sur son dos, afin d’appuyer l’envie que vous avez d’aller discuter avec lui, puis, après quelques pas, profitez de ce point d’appui pour y appuyer très fort jusqu’à ramener la gueule du malotru contre votre genou. Une fois celui-ci à terre, se tenant le crâne en baignant dans son sang, l’expression de votre trouble devrait être satisfaite, et vous pourrez commencer à lui expliquer son tort.

Car, allez savoir pourquoi, il se trouve que pour beaucoup de gens, un film cohérent est obligatoirement un film réaliste (et donc passablement chiant puisque sans explosion à chaque fois que quelqu’un fait tomber ses clés). Les érudits de soirée (comprendre : ceux qui savent taper Wikipédia dans Google) vous parleront probablement même de "suspension consentie de l’incrédulité" pour exprimer en termes d’expert pourquoi les incohérences, on ne peut pas les reprocher au cinéma, puisqu’il s’agit de cinéma, et donc bien de choses improbables.

En fait, à les écouter, non seulement ce serait normal, mais en plus, ce serait un pan entier du 7e art. On peut alors parler de "suspension consentie du cerveau" face à ces gens qui vous expliquent donc avec force arguments que si vous rechignez quand on vous refile de la daube, c’est parce que vous n’y comprenez rien puisque ce doux fumet d’étron qui embaume vos narines est en fait NORMAL. Hmmm, d’accord, c’est intéressant. Intéressant comme dans "Pourquoi ai-je envie d’avoir recours au napalm sur mon prochain ?"

Ne pas confondre avec une "ablation consentie du cerveau". Si vous ne savez pas ce que c’est, regardez fixement cette image.

Jeunes gens, comprenons bien la différence fondamentale qu’il y a entre deux choses en matière de récit, fut-il oral, écrit, ou cinématographique (je ne parle pas des romans-photos, qui sont des choses n’appartenant pas à notre univers) : le n’importe quoi et le n’importe comment.

Le n’importe quoi

Raconter n’importe quoi, au cinéma, c’est possible. L’histoire d’un mec qui peut voler pour peu qu’il porte slip et cape, d’un type qui peut faire des potions de polymorphie parce qu’un vieux barbu s’est proposé de l’emmener dans un vieux château à l’âge de 11 ans pour lui apprendre la magie, ou même celle d’un type voyageant dans le temps pour aller sauver les gens de leurs erreurs passées (comme par exemple, la nomination de Manuel Valls à autre chose qu’au Ministère des Calembours), vous pouvez bien faire ce que vous voulez.

J’entends par là : il y a quand même bien eu un mec pour écrire "Abraham Lincoln – Chasseur de vampires", alors c’est vous dire si l’on peut écrire n’importe quoi sans encombre. D’ailleurs, pour ma part, quand je veux lire des trucs à des années-lumière de la réalité, je lis l’éditorial du Figaro.

A partir du moment où l’on sait qu’il s’agit de fiction, alors tout est possible, en effet.

Vous avez bien saisi ? Faire de la fiction dans une oeuvre de fiction, c’est effectivement assez incontestable.

Mais ce n’est pas si simple. Il ne faut pas oublier le concept qui va de pair :

Le n’importe comment

Raconter n’importe quoi, c’est bien. Mais le raconter n’importe comment, c’est tout de suite moins malin. Tenez, par exemple : imaginons une oeuvre qui parle d’un personnage pouvant devenir invisible à volonté. Un jour, à l’occasion d’une mission particulièrement importante (le président des Etats-Unis lui a demandé de lui ramener des photos des douches des filles), notre héros réalise… qu’il doit passer devant un surveillant sans être vu ! Impossible se dit-il : je vais plutôt faire demi-tour.

Bien : sachant qu’il peut se rendre invisible, c’est une incohérence complète. Et là, cinéma ou pas, c’est une insulte à votre intelligence, puisque le récit n’a aucune cohérence. C’est le principe d’un scénario : c’est supposé être une suite cohérente de scènes, qui respecte votre univers et vos personnages, aussi irréels soient-ils. Si ce n’était pas le cas, on pourrait aussi bien laisser un singe avec une machine à écrire s’occuper de l’intrigue. Ce que l’on a fait qu’une fois, et a rendu ledit singe riche puisqu’il a rédigé en moins de 18 minutes l’intégrale de la série Lost (en réalité, l’aspect confus du récit n’est dû qu’au fait que l’animal cherchait à utiliser les touches pour s’épouiller).

C’est donc bien là ce qui semble échapper curieusement à une partie de la population : raconter n’importe quoi dans une oeuvre c’est possible  (attention : même si c’est le cas du programme du Front National, ce n’est pas pour autant potentiellement oscarisable), le faire n’importe comment, c’est insultant pour l’intelligence humaine.

Comment n’est-ce pas une évidence ? Pourquoi y a t-il encore des défenseurs du mauvais et de l’intenable ? De quelle manière sont-ils devenus si navrants que pour eux, quelque chose d’objectivement raté est complètement réussi ? Cela expliquerait-il certains résultats électoraux  ?

Le mystère demeure complet.

L’expliquer à une blogueuse-mode

Parfois, hélas, expliquer ce concept pourtant simple est cependant extrêmement compliqué face à certains groupes intégristes et ignorants élevés dans le fanatisme le plus complet, la faute un analphabétisme important et à une exploitation de la misère humaine par des groupes mal intentionnés qui leurs présentent de "saintes écritures" à suivre aveuglément, leur expliquant doctement ce qui est bon ou mauvais.

Je veux bien sûr parler des blogueuses modes.

Il convient alors de leur expliquer le concept de scénario de la manière suivante :

Un film, c’est un peu comme un chaton : on en trouve partout sur internet et il y a des gens qui peuvent passer la journée à en regarder.

Une incohérence, c’est un peu comme un coup de ponceuse dans la gueule du chaton : ça n’empêche pas de le regarder, ça reste toujours un chaton, mais curieusement, ça peut en déranger certains (si la blogueuse dispose d’un chaton, n’hésitez pas à lui faire une démonstration de la chose en direct pour bien lui expliquer votre théorie). Et il y a des réalisateurs qui aiment faire beaucoup de mal aux chatons : les passer à la ponceuse, les utiliser comme projectiles de chamboule-tout, voire s’en servir de papier toilette (surtout les chatons angoras : vous ne trouverez jamais plus doux, et puis honnêtement, un rouleau de félins dans vos toilettes, ça a quand même un certain standing). Résultat : ça donne un truc tout dégueulasse. Et dire :

"Haaaan mais c’est qu’un chaton, ça vaaaa !"

Scénario innocent attendant de se prendre un parpaing sur la gueule (allégorie de "Nicolas Cage jouera le rôle principal")

N’en fait pas moins que certes, mais le chaton est au final relativement laid (d’où le fait que votre serviteur s’atelle régulièrement à expliquer pourquoi il faut emmener ledit chaton à la rivière pour éviter qu’il ne souffre).

Si avec ça, la blogueuse mode ne comprend toujours pas, essayez de la refaire avec d’autres animaux mignons. Comme par exemple, le lapin joli, le dauphin filou, ou le fourmilier croûteux (mais si).

Voilà. Donc maintenant, merci d’arrêter avec ces histoires de "Haaan, mais les films, c’est pas fait pour être réaliste !" : certes, mais confondre réalisme et cohérence, c’est déjà mauvais signe.

Tout comme il ne faut pas confondre foi et intelligence, puisque donc, une seule des deux ne provoque la colère chez les gens une fois ouvertement insultée, y compris par le cinéma.

Ce qui, quelque part, explique la longévité de TF1

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