Il y a quelques temps, nous parlions céans d’une terre de légendes : la Belgique.

Il n’en fallait pas plus pour que par l’intermédiaire de quelque câble sous-marin me parviennent des missives électroniques indignées de Québecois s’indignant du fait que leur province était une fois de plus délaissée par un français arrogant. Si dans un premier temps, il convenait de faire les gros yeux à ces mécréants mettant en doute ma légendaire modestie, il finit par apparaître qu’il était parfaitement logique de parler de la Belle Province en ces lieux. En effet, ce blog traitant de nombreux sujets absurdes, il eut été bien inconvenant de ne pas évoquer la plus légendaire des provinces Outre-Atlantique, trop souvent moquée par des béotiens à l’humour douteux. Loin des préjugés, évoquons-donc cet endroit majestueux :

Le Québec

Le Québec, ou "Belle Province", est le nom d’une -justement – province canadienne célèbre pour ses velléités indépendantistes, sa gastronomie mystérieuse et ses chanteurs contestables. Véritable enclave francophone en terre hostile, encerclée à la fois par des canadiens, des états-uniens et des phoques (bien que dans certains Wall-Mart sur la frontière, il ne soit pas toujours facile de distinguer les deux dernières espèces), le Québec est tout ce qui reste de l’équivalent royaliste Français du programme Mars One : l’envoi de larrons vers une terre lointaine et hostile avec pour consigne d’y rester, nom d’une pipe.

Contrairement à la Belgique, le Québec est un endroit qui existe véritablement, comme en attestent de nombreux témoignages et exports d’humoristes. L’armée continue bien entendu de nier la chose, et fait souvent passer les dits humoristes pour des débris de ballons sonde, quand bien même il y a une différence de taille entre les deux : le ballon sonde, lui, a une petite chance de vous faire rire même par accident.

Il n’en est pas moins que les nombreuses archives dont nous disposons évoquant la Belle Province d’une manière ou d’une autre nous permettent d’apprendre bien des choses fascinantes à son sujet.

Le drapeau du Québec : blanc comme la neige, bleu comme ceux qui n’étaient pas dans leur cabane quand ça a commencé à tomber

Géographie

Située au Nord-Est du continent nord-américain, là où la nature se fait sauvage, le climat rude et la chanson mauvaise (les BB Brunes sont Québécois de cœur, je suppose), le Québec s’étale lascivement sur près de 1 667 441 kilomètres carrés, ce qui est beaucoup compte tenu du fait qu’on y trouve à peine plus de 8 millions d’habitants. A titre de comparaison, c’est 138 fois l’Île-de-France, mais avec 3 millions d’habitants en moins que l’originale. Autant vous dire que le Québecois est bien emmerdé lorsqu’il veut inviter son plus proche voisin à venir boire un coup : celui-ci a en moyenne 3 heures de route dans un sens et 3 dans l’autre. Et s’il a oublié les chips, il est feinté puisqu’il doit aller au magasin le plus proche à 4 heures de là, et ce en évitant les différents barrages routiers installés par la faune locale qui mettrait bien la main sur lesdites chips. Les orignaux, par exemple, sont parmi les plus redoutables malandrins que l’automobiliste puisse connaître, n’hésitant pas à se vautrer sur leur radiateur à pleine vitesse en faisant un bruit comme "Muuuufbrouloulougrüüüü" simplement pour arrêter leur cible. D’autres orignaux débarquent alors, tabassent l’innocent puis enterrent son cadavre dans les bois non sans avoir poussé le véhicule endommagé jusqu’à l’étang le plus proche. D’où le fait que le S.W.A.T Québécois soit constitué essentiellement de trappeurs, mais nous y reviendrons.

Cela dit, je m’égare : si le Québécois a bien du mal a réunir des gens pour une soirée mousse vu l’étendue du territoire, il n’en reste pas moins qu’outre les feux de camp, deux endroits essentiels lui permettent de fraterniser avec d’autres de sa race :

  • Québec, la capitale de la province, au nom particulièrement peu original bien qu’il s’agisse d’un palindrome phonique, notons l’effort
  • Montréal, cible prioritaire pour nos sous-marins lanceurs d’engins puisqu’abritant le festival "Juste pour Rire" ainsi qu’une filiale d’Ubisoft ayant participé au consternant Assassin’s Creed III (qui du coup, a sa place au festival "Juste pour Rire", tout se tient)

A noter que le Québec est traversé par le célèbre fleuve Saint-Laurent, dont le nom moderne remplace le plus ancien "Fleuve des Morues" (véridique). La légende raconte que c’est l’office de tourisme local, qui après le suicide de ses trois précédents directeurs, décida qu’il était peut-être temps de changer cette histoire de morues.

Le climat est lui à l’origine de la saga Game of Thrones, puisque l’hiver Québécois peut durer plusieurs années. On notera que George R. R. Martin s’est contenté de changer les noms à minima, puisque Mont-Réal devient simplement Port-Réal, que tout comme dans la ville à l’époque royale, on y trouve une "Main du Roi". L’auteur a bien tenté de s’inspirer de Québecois célèbres pour ses personnages, mais il faut bien l’avouer, il n’a jamais trouvé que faire de Robert Charlebois. Remarquez, on ne lui jette pas la pierre : personne d’autre n’y a réussi.

Histoire

Au Xe siècle, le célèbre viking Leif Ericson s’aventure loin à l’ouest, son drakkar fendant les flots jusqu’à ce que des terres inconnues se dessinent devant lui. Accostant avec son équipage sur une plage, Ericson constate un problème logistique majeur : en tant que viking, il ne dispose pas de drapeau à planter pour marquer son territoire, quant à un pipi dans le sable, c’est trop éphémère. Qu’importe : trouvant un autochtone, il lui plante sa hache dans la margoulette histoire d’en terminer avec ces formalités de plantage de trucs dans des machins, puis installe un village sur place. Rapidement cependant, les Amérindiens locaux s’avèrent très décevants :

  • Ils ne disposent pas de monastères francs, du coup, que piller ?
  • Ils ne disposent pas de bière, du coup, que s’envoyer ?
  • Ils ne disposent pas de mouton, du coup, comment s’accoupler ?

Le viking breeding nécessitant une présence importante de caprins, la colonie est donc stérile et s’éteindra rapidement. Il faudra attendre quelques siècles pour que de nouveaux aventuriers investissent cette terre mystérieuse, et cela arrivera finalement avec Jacques Cartier.

En effet, au début du XVIe siècle, les navires anglais s’ébrouent pour aller coloniser le nouveau monde. Rapidement, ils font plier les Amérindiens en les repoussant à l’aide d’armes modernes aussi mortelles que le pudding ou la gelée à la menthe, et s’installent sur ces terres riches et merveilleuses d’Amérique du nord en prétendant civiliser les sauvages. Apprenant cela, le roi de France sourcille donc un peu et décide donc qu’il est temps de passer à la phase II de la colonisation : civiliser les Anglais. Il envoie donc son meilleur homme, Jacques Cartier, gagnant du concours national de dictée des collégiens 1503, et lui ordonner d’aller au nord du nouveau monde pour installer une nouvelle colonie. Le roi en profite quand même pour lui refiler à fond de cale tout ce dont on ne veut plus en France : criminels, mendiants, et bien évidemment, hipsters (ce qui expliquera par la suite le goût des canadiens pour la chemise à carreau). La mission commence très fort puisque d’entrée de jeu, Jacques Cartier nommant la nouvelle province "Canada", il constate que les anglais lui piquent aussitôt le nom sans réfléchir. Jacques Cartier se lance donc dans une série de blagues, tentant de faire adopter aux anglais tout un tas de noms à la con sans qu’ils s’en rendent compte : certaines documents d’archives imputent ainsi à Jacques Cartier l’invention du comté du Sussex, ou encore la découverte d’Uranus (bien que le débat fasse encore rage, certains prétendant que ce dernier sujet est avant tout du domaine de la spéléologie, quand d’autres insistent sur le fait qu’en tant qu’expert en colons, Jacques Cartier restait le mieux placé pour traiter du sujet).

Même sur les gravures, Jacques Cartier n’a pas l’air super enchanté de sa découverte

Au XVIIe siècle cependant, le roi de France constate que les colonies ne pètent pas la forme : elles ne parviennent pas à croître. Son sourcil frémissant sous la puissance de sa réflexion, il réalise qu’il a alors peut-être oublié un truc pour aider la démographie locale : des femmes. Au soulagement de tous les ovidés des colonies, un navire est donc affrété pour recevoir les filles dont le royaume ne veut plus, à savoir cette fois-ci les blogueuses modes (un macaron a été caché dans la cale pour les attirer), les lectrices de Biba et les mannequins anorexiques fascinant les deux précédentes catégories n’ayant que des avantages pour les longues traversées : ça consomme très peu, on peut en stocker 4 par hamac, et en cas d’abordage, leurs hanches peuvent servir de grappins. Ne soyons pas sectaires : on trouve aussi trace d’utilisation de boulimiques, mais essentiellement comme balles traçantes pour les combats de nuit.

Par la suite, si les colonies vont enfin prospérer, les Anglais vont commencer à sentir comme une menace francophone risquant de les civiliser et de leur donner bon goût : des guerres vont donc éclater entre Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre, et après une ou deux Nouvelle-Branlée infligées à l’ennemi, le Québec finit par tomber aux mains de la perfide Albion. Un émissaire Québécois fut donc envoyé auprès du roi de France pour lui demander d’intervenir, par exemple en pétant la gueule d’à peu près tout ce qui portait une tunique rouge (les cardinaux présents à ce moment là prétendirent avoir quelque chose à faire de très important et disparurent dans de petits bruits de froufrous). Hélas, le Québec allait se perdre de lui-même lors de l’entretien auprès de son altesse le roi, dont voici à peu près l’échange :

"Bien, ami de Nouvelle-France, te voici en sécurité ! Parle librement, et dis-moi ce que tu attends du trône. J’ai fait préparer régiments, monnaie et navires pour venir à la rescousse des tiens : tu n’as qu’un mot à dire et la France s’en viendra te libérer !
- Tsé, l’rwô là, les anglais y nous causent bin des bibittes !
- Heu je… pardon ?
- Hey, s’pa si pire quand j’parle, dis ! 
- Mais… qu’est-ce que… que dites-vous ? 
- S’quoi c’t’histwôre ? Je suis tanné, c’est plate, j’pôrle mais tu panes rien ! 
- Bon, okay, je crois qu’on a un problème."

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Et en effet : découvrant que les Québecois avaient commencé à adopter un langage étrange, le roi supposa qu’ils avaient tout simplement muté au contact des Anglais et décida de revendre pour l’équivalent actuel de 17,55€ la province de Québec en se disant qu’ils feraient plus de mal à l’ennemi dans le Canada britannique qu’à l’extérieur de celui-ci. Lors de la vente aux enchères qui eut lieu, un certain Magnéto tenta bien de remporter la contrée, mais réalisant que cela faisait peut-être trop de mutants pour un seul homme, il se retira.

Toujours est-il que bien que passée au sein du Canada, la province de Québec ne se laissa pas faire et continua de défendre la langue française, bien que tout le monde ne soit plus vraiment sûr et certain qu’il s’agisse vraiment de la langue de Molière. Au XXe siècle, Charles de Gaulle remettra 10 balles dans la machine en allant y hurler "Vive le Québec libre" avant de s’enfuir en pouffant dans sa DS. Sacré Mongénéral, quel déconneur. Les Québecois, encouragés par ce soutien, continueront donc de lutter pour leur indépendance pour les plus modérés, et pour la conquête complète du Canada pour les autres.

Population

Le Québec est peuplé essentiellement de Québécois (dont la femelle porte le nom majestueux de Québécoise), mais aussi d’autres fiers peuples, tels des Amérindiens, des Inuits ou encore la famille Dion, dont le statut est encore discuté puisque des battues sont encore réalisées régulièrement pour tenter d’éviter sa prolifération. Comme dans d’autres cas précédemment évoqués sur ce blog, l’idée d’introduire la myxomatose en son sein fait doucement son chemin, mais là n’est pas le sujet.

Le Québécois est un être rude. Dernier bastion francophone d’Amérique du nord après la chute de la Louisiane, il sait que l’ennemi est partout, que la nature ne fait pas de cadeaux, que l’hiver sera long cette année encore et qu’il va devoir pelleter cette ostie d’allée encore des semaines. La Québécoise est encore plus rude pour une raison simple : elle doit supporter le Québécois. Tout comme lui, elle doit savoir mener des expéditions jusqu’à la supérette par moins 20 pour aller chercher de quoi faire des pancakes, survivre en cas de tempête de neige, reconnaître un électeur de Jean Charest à 100 mètres, et bien évidemment, savoir distinguer un orignal d’un caribou, pour savoir quel est le gang d’animaux sauvages qui fout la zone en ville ce soir (les deux espèces se sont très bien adaptées à l’homme, tout comme d’autres espèces dans le monde, n’hésitant pas à pénétrer dans les jardins, dévorer les victuailles, et selon certains témoins, piquer des motos pour aller molester les livreurs de pizzas façon Road Rash, bien que la police de Montréal rie à l’évocation de ces ridicules allégations : tout le monde sait que ce sont les castors qui piquent des motos, les orignaux et caribous préfèrent les monospaces). Toujours est-il que le Québécois aime son pays tout comme il aime sa langue. Il s’exprime d’un ton clair et fort, et n’aime guère que l’on se moque de son accent, fierté lui permettant d’exprimer ses origines. Par ailleurs, comme la Québécoise a le même accent que le Québécois, cela ne gêne en rien la parade amoureuse dont je vous passe les détails : sachez simplement qu’il y est question de match de hockey, de calembours sur l’Ontario, et de se couvrir le corps de sirop d’érable. Et non, on y parle pas de poutine.

Vous êtes vraiment plein de préjugés, c’est affreux.

Comme on s’en doutait, l’essentiel des actifs locaux travaillent encore principalement en tant que trappeurs – voire coureurs des bois – n’hésitant pas à stranguler des ours noirs à mains nues pour revendre leur fourrure à de quelconques touristes russes

A noter qu’en cas de succès de la parade, quelques mois plus tard naît un petit québécois, d’apparence presque humaine. Si aux débuts de la colonie, on prenait grand soin de baptiser les marmots en les plongeant dans le Saint-Laurent, la chose s’est bien vite arrêtée puisque le climat provoquant des glaciations particulièrement rapides, il n’était pas rare qu’entre le moment où l’enfant était plongé dans l’eau et celui où l’on prévoyait de l’en ressortir, une couche de 10 centimètres de glace ne se forme. Il fallait alors attendre le printemps, un à deux ans plus tard avec un peu de chance, pour récupérer ce qu’il restait du bestiau. L’avantage était cependant que tous ces enfants formaient de fameuses formes et couleurs sous la glace, donnant l’impression aux patineurs d’évoluer sur un carrelage bleu-rose du meilleur goût. Par ailleurs, et puisqu’il n’était pas nécessaire de lester un marmot avec un caillou pour s’en débarrasser grâce à ce phénomène, les fonds du Saint-Laurent sont encore relativement dégagés ce qui explique la riche navigation sur celui-ci.

Langue

Le québécois est assez semblable au français, bien que l’on y retrouve des spécificités intéressantes : ainsi, tout comme les schtroumpfs, les Québécois ont un mot faisant office de nom commun, d’adjectif, de verbe auxiliaire, de verbe tout court et d’à peu près tout ce que vous voulez : "Criss"

Exemple : "Criss ! C’te criss de tabarnac veut pas bouger ! Ostie de criss, faut que j’crisse de lô ! J’crisse tout et criss, je crisse !"

Si les linguistes continuent de se pencher sur la question, l’équivalent Québécois du grand schtroumpf n’a toujours pas été trouvé. Pour la salsepareille par contre, ce ne sont pas les pistes qui manquent.

Le Québécois se moque des Français qui "font du shopping avec leur bande d’amis" puisque lui "magasine avec son gang". Il rit ouvertement de ces panneaux "stop" puisque lui a des panneaux "arrêt". Il ne va pas voir "The Dark Knight" au cinéma, il va voir "Le Chevalier Noir". Bon, ça reste pourri, mais tout de même.

De manière générale, le Québécois se moque des Français qui utilisent des mots anglophones. Puis, il retourne dire qu’il trouve des gens hot ou que quelque chose est cute. En général, le Québécois et le Français finissent par être d’accord principalement lorsqu’ils visitent un même Skyblog. Les ennemis communs, ça soude.

Culture

La culture québécoise se veut noble, grande et rayonnante pour repousser ces impies d’anglophones. Hélas pour elle, elle est surtout connue pour Garou ou Lara Fabian, deux des principales raisons qui font que du côté de Paris, on commence sérieusement à se dire qu’il va falloir remonter le mur de l’Atlantique histoire d’éviter d’autres débarquement de ce genre.

On reconnait l’artiste québécois non pas à son accent mais à sa capacité à mimer tous les plus mauvais défauts des artistes français, à savoir utiliser le terme "généreux" dans toutes les situations sauf la bonne, à essayer de pousser le plus fort possible pour chanter, ce que certains appellent "le syndrome de Jéricho" (ou "syndrome du caca", c’est selon), mais il faut tout de même lui reconnaître de grandes qualités : ainsi, il porte souvent des noms rigolos, comme mon nouvel idole, Jean Rabouin, dont le seul patronyme fait rêver les foules.

Le Québec est pourtant le berceau de cinéastes, peintres, sculpteurs, poètes et quantité d’autres, mais à force de jurer en utilisant des mots à base de sacrements, Dieu a semble-t-il puni la Belle Province en leur refilant une terrible malédiction : seuls leurs chanteurs s’exporteraient. Lorsque vous parlez de cela à un Québécois, il vous répond en général qu’il "s’en pogne" mais sitôt la porte de sa cabane refermée, vous pouvez entendre de lourds sanglots : il a honte. Il sait ce qu’il inflige au monde.  Lorsque le Québécois a vraiment trop honte, il sait alors qu’il est temps pour lui d’abandonner toute vie saine et réflexion : il se retire alors dans une équipe de hockey, sorte d’arène sur glace, où il vivra péniblement ses derniers jours en tant que gladiateur jusqu’à ce que, à la suite d’une énième baston, il parte dans les limbes (puisque non baptisté à cause du Saint Laurent qui gèle, raaah, bon sang, vous ne suivez rien !).

Un concert de Lynda Lemay.

F.A.Q

Quelle est la devise du Québec ?

"Je me souviens". Et histoire de passer pour un peuple sérieux, les mêmes ont oublié pourquoi ils avaient choisi cette devise, sujette de tous les débats. C’est ce qu’on appelle la classe.

Je suis jeune et je travaille dans l’informatique, tout le monde me dit d’aller travailler au Québec, pourquoi ?

Parce que l’informatique là-bas a quelque chose à la fois de plus simple et de plus majestueux grâce à la puissance de leur équivalent local du schtroumpf. Ainsi, l’essentiel des informations dont vous avez besoin sur un ordinateur local sont par exemple forcément rangées dans : C:/Criss/Criss/Criss/Criss.txt . Je ne vous parle pas des spécificités du langage type "If Criss" "Then Ostie", c’est un peu complexe, mais sachez en tout cas que jusqu’ici, cela a été leur meilleure protection contre le piratage.

Le plus gros produit d’export du Québec serait donc les chanteurs ?

Non, on a par exemple pas évoqué Marcel Béliveau, qui popularisa l’un des trucs les moins drôles de l’humanité : les caméras cachées. Si celles-ci firent les beaux jours des proctologues qui n’hésitaient pas à imiter le fameux personnage tout en cachant leur caméra dans les endroits les plus inattendus, il n’en faudra pas moins que quelqu’un paie. Oh oui, paie.

Les Québécois sont-ils une menace ?

Oui, mais bon. Nous avons créé cette arme contre les Anglais, et maintenant, ils nous envoient leurs produits locaux, se retournant ainsi contre nous : le Québec, c’est un peu notre Skynet, il nous faut assumer. Il faudra envoyer quelqu’un dans le passé s’occuper de Jacques Cartier. Et de la poutine. Surtout de la poutine.

Qu’est-ce que vous avez contre Assassin’s Creed III d’abord ?

Ah non, mais rien. J’ai toujours rêvé d’un Pocahontas 3D.

Votre histoire de Game of Thrones, je suis sûr que c’est des conneries.

Ah oui ? Vous ai-je parlé de la ville de Fermont, au-delà du 53e parallèle, qui est protégée des dangers du nord par une immense structure appelée "Le mur" ?

You know nothing, John Snow.

Si à 50 ans, vous n’avez pas lu Tite-Live, vous avez raté votre vie.

Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la joie de profiter de cours de latin durant lesquels ils avaient de formidables phrases à traduire lors d’exercices de version à base de "La mémoire restera à jamais gravée sur le forum, car les enfants disposeront des livres de la centurie", ou qui n’ont pas connu le tirage d’oreille pour cause de mauvaise maîtrise du gérondif, alors sachez ceci :

Né en 59 avant le Christ en la bonne ville de Padoue, au Nord-Est de l’Italie, Tite-Live est considéré comme l’un des plus grands érudits de son époque, puisque l’oeuvre de sa vie fut la rédaction d’un ouvrage sobrement appelé Ab Urbe condita libri, ce que nous pourrions traduire par "Rome, ça déchire sa race". En effet, l’homme nous propose sur pas moins de 142 volumes (Ab Urbe condita libri est quelque part entre le Twilight et les Feux de l’Amour de son époque) une histoire relativement complète de la cité éternelle et de la République, détaillée au point que certains n’hésitaient pas à dire des auteurs trop bavards qu’ils "suivaient la voie de Tite-Live", ce qui est arrivé jusqu’à nous au travers de l’expression bien connue "Partir en Live".

Or, dans son ouvrage numéro XXIV traitant entre autres de la seconde guerre punique, nous pouvons trouver le récit du siège de Syracuse (213 à 212 avant Djizousse) durant lequel le célèbre Archimède réussit à paniquer la flotte des assaillants romains en mettant en place une formation d’immenses miroirs de bronzes qui, se reflétant les uns les autres, servirent à concentrer les rayons du soleils au point de permettre d’enflammer les voiles des navires républicains venus s’emparer de la cité sicilienne : Archimède venait d’inventer le premier canon laser primitif. Mais le bougre disposait surtout d’une arme bien plus dégueulasse. On peut ainsi lire :

À ces bâtiments ainsi préparés, Archimède opposa sur les remparts des machines de différentes grandeurs. Sur les vaisseaux qui étaient éloignés, il lançait des pierres d’un poids énorme; ceux qui étaient plus proches, il les attaquait avec des projectiles plus légers, et par conséquent lancés en plus grand nombre. Enfin, pour que les siens pussent sans être blessés accabler les ennemis de traits, il perça le mur depuis le haut jusqu’en bas d’ouvertures à peu près de la hauteur d’une coudée, et à l’aide de ces ouvertures, tout en restant à couvert eux-mêmes, ils attaquaient l’ennemi à coups de flèches et de scorpions de médiocre grandeur. Si quelques vaisseaux s’approchaient pour être en deçà du jet des machines, Archimède avait mis au point un labyrinthe de miroirs de bronze qui transformaient les rayons du soleil en lance ardente ; ainsi, les voiles des matelots venus assiéger la cité s’embrasaient, laissant les fiers marins dans un sentiment de terreur si grand qu’ils se jetaient à l’eau en poussant de formidables cris, implorant Jupiter d’épargner leurs vies, ou plus prosaïquement, traitant Archimède d’enculé. Voyant que certains navires profitaient des nuages couvrant l’astre céleste pour effectuer quelques manoeuvres offensives, le vénérable mathématicien brandissait alors l’intrigue de Skyline, ce qui avait pour effet de rendre fous tous ceux qui avaient l’audace de regarder dans la direction de la tablette sculptée. Ainsi, Syracuse tint bon face à l’assaut, et débuta son long siège, dont le dénouement est présenté dans le volume XXV du présent ouvrage (disponible chez tous les bons libraires de Rome, comprendre pas chez Caius Fnacus, qui est un sacré trou du cul).

Pourquoi les matelots romains fuyaient-ils le scenario de Skyline comme la petite vérole ? Existe t-il des choses dont la seule vue peut hypnotiser ou rendre complètement con ? Répondons à cette question vieille de 24 siècles, et spoilons, bonnes gens.

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L'affiche : Inutile de vous préparer, il est déjà trop tard pour vos derniers neurones

Le film s’ouvre sur une belle et chaude nuit, alors que tout le monde dort dans la paisible cité de Los Angeles. Pendant que ça ronfle pépère, du ciel paisible se mettent à tomber silencieusement des sortes de grosses boules de lumière bleue qui se posent au sol en divers endroits de la ville, toujours sans faire trop de raffut. Dans un appartement, une damoiselle réveillée par cette intense lumière filtrant au travers des volets marmonne un "Grmphmgnmgn, c’est d’jà l’matin ?" avant de se lever pour se gratter les fesses et aller promptement aux toilettes pour vomir un bon coup : oui, vous avez bien deviné, cette victime de nausées pas vraiment matinales est enceinte. Une fois cela fait, elle constate avec surprise qu’en réalité, ce n’est pas l’aube du tout, qu’on est en train de se foutre de sa gueule avec des lumières artificielles, et que dans le salon de l’appartement, il y a encore quelques amis complètement bourrés en train de pioncer à poings fermés probablement épuisés après avoir fait la chenille toute la soirée.

Mais soudain, il se passe quelque chose de pas banal : l’habitation se met à trembler, et de sourds grincements se font entendre : la lumière bleue semble être à l’origine d’une sorte de petit tremblement de terre. Vite ! Se dit madame. Allons réveiller mon copain, lui saura quoi faire, c’est un mâle : elle retourne donc vers son lit secouer un certain Jarod, qui à peine a t-il émergé dans un maladroit "Kékéya ?" qu’il constate que non seulement sa copine est complètement paniquée et que la lumière dans la chambre est bizarre, mais qu’en plus, il y a des hurlements féminins en provenance du salon. Vite ! Lui et son caleçon se ruent vers le séjour pour aller voir ce qu’il se passe et tombent nez-à-nez avec une nana qui vient de se réveiller et qui hurle que l’autre personne qui dormait dans cette pièce avec elle vient de "disparaître", emmenée par l’étrange lueur bleutée. Notant la porte-fenêtre du balcon grande ouverte (Jarod est très observateur), notre homme regarde la lumière, et soudain devient tout bizarre : ses yeux se révulsent, sa peau se couvre de marques noirâtres et de grosses veines louches, et il commence à avancer tel un zombie vers la source de toute cette clarté (probablement une méga boule à facettes qui attire les gens grâce au pouvoir attractif du disco)… va t-il s’en sortir ? Hou, suspens !

Revenons 15h plus tôt, dans un avion : Jarod, son immonde mini-moustache, son micro-bouc et sa meuf Elaine sont bien assis dans leurs sièges, occupés à peaufiner une sorte d’albums de souvenirs immondes décoré façon agenda de collégienne (Jarod est un artiste, mais c’est grâce aux dialogues qu’on le sait, parce que sinon, ça ne se voit pas). Ils préparent ce beau cadeau à l’occasion de l’anniversaire d’un ami, raison pour laquelle ils sont justement en train de se diriger vers Los Angeles. Lorsque l’avion atterrit, Jarod aide une mère de famille à porter son sac, ce qui rend Elaine incroyablement fière, expliquant que c’est pour ce genre de gestes que Jarod est son, je cite,  "héros" (mais ouais, c’est vraiment tellement incroyable !). Arrivé à la sortie de l’aérogare, Jarod est accueilli par un chauffeur envoyé par l’ami qu’ils sont venus voir, Terry. Attention donc : Jarod a beau être un héros qui aide les mamans à porter leurs valises, il ne dit ni bonjour, ni merde au conducteur, et ne lui jette même pas un regard, s’empressant de lui balancer ses valises à la gueule avant de s’engouffrer dans la bagnole. Rassurez-vous, ça ne choque pas Elaine, qui se comporte exactement de la même manière. Comme quoi, l'"héroïsme" n’aura pas duré longtemps. Passons.

Détail important : madame semble cacher qu’elle a des nausées à son bel amant ; lorsqu’en pleine conversation elle fait "Oui, je suis tellement impatiente de rencontrer ton ami Terr…blurg… hmmmf… SCHBLURG – hmmm…. glurp…gloup…glups…. oui je disais ton ami Terry", Jarod ne se rend compte de rien, même pas de le formidable haleine au vomi que la belle doit avoir lors du patin qu’il s’empresse de lui rouler derrière. Quel sens de l’observation, Jarod ! Tu sembles donc dénué de goût à tous points de vue.

En tout cas, nos héros arrivent à l’appartement situé dans un complexe de luxe de banlieue de leur ami Terry, un acteur black amateur de gonflette qui les accueille avec sa femme, la vilaine Candice, qui est blonde, fait la moue, et semble très attachée au pognon de son copain. Il y a aussi sur place une certaine Denise, l’assistante et photographe personnelle de Terry, mais qui n’a donc le droit ni à un regard, ni à un bonjour (d’ailleurs, Terry ne la leur présente pas alors qu’elle est à deux mètres), car elle fait partie, au même titre que la table basse, du mobilier de maison. Et dans un film américain, les vrais héros qui ont réussi ne parlent pas au personnel : c’est tellement communiste comme attitude. Mais passons sur ces quelques détails et faisons tourner la montre jusqu’au lancement de la soirée d’anniversaire de Terry, où des hordes d’invités dansent de-ci de-là ; l’occasion pour l’hôte des lieux de présenter à Jarod un certain Bob, avec qui il travaille sur certains tournages, et qui annonce tout de go à notre héros "Ah, c’est toi Jarod ? Content que tu viennes travailler avec nous !" ; quoi, se dit notre ingénu personnage principal ? Que dis-tu Bob ? Terry ? Tu veux que je travaille avec toi à Los Angeles ? Mais oui, surprise : tu es invité à venir bosser à Hollywood mec !  C’est pas super ça ?

Elaine, qui assiste à la conversation, semble ne pas aimer cette idée ; elle s’empresse donc d’informer l’auditoire qu’elle doit aller au petit coin (c’est essentiel, je crois que les invités avaient besoin de détails, "excusez-moi" ne suffisait visiblement pas), mais Jarod tente de la retenir, puis la poursuit "Elaine, reviens !" "Mais je dois vraiment aller faire caca !" "Elaine, je t’en prie, arrête toi !" "Bon sang Jarod, j’ai le boeing en bout de piste, tu peux le comprendre ça ?". Mais alors qu’ils arrivent enfin devant les toilettes, ils croisent Denise fort échevelée qui en sort, suivie de près par Terry (je… attendez, Jarod et Elaine viennent de quitter Terry à l’instant pour partir vers les toilettes : comment le bougre a t-il fait pour, non seulement s’y téléporter avant eux, mais en plus trouver le temps d’y copuler ?), bouh, c’est mal ! Ce spectacle d’adultère choque Elaine, qui elle, a le coeur pur comme celui d’un bébé licorne. Et prise dans l’émotion intense du moment, elle se décide à révéler à Jarod ce qu’il se passe : elle est enceinte. Un truc genre 3 semaines.  S’ensuit donc un échange de poncifs à base de "Ho non, je ne suis pas prêt" et autres "Tu as pensé à moi ?", qui se termine par une petite crise d’Elaine qui, dépitée par le fait que la seule réponse que Jarod fournisse à sa merveilleuse nouvelle soit "Ho non !", décide de s’enfermer dans les toilettes. Jarod reste quelques instants collé à la porte pour faire le siège des lieux et appeler sa compagne, mais n’entendant nulle réponse, puis une sorte de pétarade suivie de bruits plus ou moins liquides, décide de repartir vers la fête en feignant l’indifférence.

C'est ce qu'on appelle le siège des WCs.

La soirée se poursuit donc, et Jarod reste pensif ; il n’aperçoit qu’à peine la petite Candice allumer tout ce qui bouge, y compris Oliver, le concierge grassouillet et hispanisant de l’immeuble (son vrai nom est probablement Pedro Gomez, et je serais curieux de voir ses papiers), lorsque celui-ci vient expliquer avec diplomatie que la musique incommode d’autres riches habitants de la résidence, aussi ce serait sympa de baisser le son. Candice tente de dire que bon, allez, fais pas ton chacal gros, on finit juste d’écouter le dernier Nolwenn Leroy et ensuite on se calme ; et pour appuyer son argumentation et convaincre le concierge pour de bon, elle enchaîne clins d’oeil, passage de langue sur les lèvres et autres trucs trop subtils avec fougue et légèreté. Ah, vraiment, toutes des coquines, sauf Elaine qui est gentille, pure et enceinte, parce que bon, le sexe, c’est uniquement et avant tout pour faire des bébés. Si. Oui. Ho, je vous vois baisser les yeux, hein, bande de petits cochons. Sentez-vous la culpabilité monter en vous ? En tout cas, la soirée se termine et tous les invités s’en vont ; ne restent qu’à l’appartement Terry et Candice (normal, ils habitent là), Jarod et Elaine (ils sont invités), et enfin, Bob et Denise (trop bourrés pour rentrer chez eux).

Et nous revenons donc ainsi au début du film : alors que tout le monde pionce, des lumières bleues tombent du ciel, réveillent Elaine et lui fichent les chocottes avant de commencer à faire trembler l’appartement ; puis elles sortent du sommeil le pauvre Bob, qui ouvre le volet qui couvrait la porte-fenêtre du balcon du salon pour voir d’où vient tout ce bazar, et se retrouve aussitôt hypnotisé et attiré vers la lumière, avant de disparaître purement et simplement en atteignant la petite terrasse. Aussi, comme on l’a vu, lorsque Jarod arrive, il regarde dans la direction de la source de toute cette clarté. Et lui aussi se retrouve les yeux révulsés et la peau couverte de veines saillantes, avant de s’avancer lentement vers la lumière…

Mais là où les choses changent pour notre héros, c’est que tournant le dos à la lumière, Terry arrive soudainement et plaque au sol notre héros ; ce dernier est donc en sale état, puisque toujours dans un état semi-hypnotisé, et il lui faut quelques minutes avant que ses veines ne s’apaisent, que ses yeux ne se remettent bien en place et qu’il reprenne conscience. Il explique donc aussitôt à nos amis ce qu’il s’est passé : lorsqu’il a aperçu la lumière, celle-ci l’a attiré sans qu’il lui soit possible de résister (elle lui chuchotait "Viiieeeens, Jarooood, j’ai des binouuuuuzes au frais !")… mais il serait bien incapable de dire ce qu’il y avait derrière tout ce bazar ! Et ça va être encore plus compliqué vu que toutes les lumières viennent, visiblement après avoir kidnappé assez de gens, de toutes redécoller vers le ciel nocturne avant de disparaître. Plus rien, donc : le calme retombe sur la ville comme si de rien n’était.

Nos héros n’ont cependant pas vraiment le temps de profiter de la quiétude enfin revenue : dehors, il se met soudain à y avoir des bruits étranges, genre craquements et explosions. Quoi ? Qu’est-ce ? Vite, jetons un coup d’oeil au travers des persiennes ! Hmmm alors… tiens ? Il ne fait plus nuit (mais ça, c’est juste une incohérence, ça n’a rien à voir avec les extra-terrestres, rassurez-vous), et ho ! On dirait qu’il y a du brouillard, ou une sorte d’immense nuage de fumée du moins… hmmm… voilà qui intrigue suffisamment nos héros pour que Jarod et Terry décident d’aller voir de quoi il retourne en faisant comme d’autres habitants des immeubles voisins : en allant sur le toit. Pendant ce temps, les filles n’auront qu’à regarder les nouvelles ou appeler la police (moi j’aurais commencé par ça rien qu’après le kidnapping de Bob en fait, mais visiblement, tout le monde l’a déjà oublié ; je n’exagère pas, plus personne n’en parlera du film. Jamais). Rapidement, nos deux loulous filent donc hors de l’appartement pour aller sur le toit de l’immeuble équipés d’un pistolet et de l’appareil photo numérique de Denise. A noter qu’en chemin, ils entendent plein de bruits bizarres, qui en fait, ne correspondront finalement à rien dans le film. Oui, mais ça fait ambiance. Ils auraient pu entendre René la Taupe que c’était pareil.

Mais allons plutôt voir ce qu’il se passe dans l’appartement : déjà, Candice consulte internet depuis son téléphone portable histoire de voir si quelqu’un a mis sur Facebook "Je suis kidnappé par les extra-terrestres, MDR" ou même "Au secours ! #Aliens #Invasion #Lumière #Bernard_Menez" sur Twitter, mais non, rien depuis près de 4h : personne ne semble s’occuper de son statut sur les réseaux sociaux à cette heure-ci. Rahala, on ne peut vraiment compter sur personne. Tant pis, est-ce que la police sait ce qu’il se passe ? Non : elle ne répond pas au téléphone. Alors que pourtant, il y a bien une tonalité. Je veux pas faire mon rabouin, mais vu le peu de boules de lumières qui sont tombées sur la ville, ça m’étonnerait qu’elles aient réussi à kidnapper tous les standardistes du 911, alors va falloir m’expliquer. Surtout que visiblement, elles ne ciblaient pas des objectifs stratégiques comme les commissariats : preuve en est, elles tombaient pour certaines à côté de résidences de luxe pour venir y kidnapper des mecs comme Bob. Alors bon. Incohérences toujours, que se passe t-il à la télévision ? Et bien si certaines chaines affichent la mire et les messages d’évacuation d’urgence qui vont bien, d’autres présentent simplement des plateaux de télévision parfaitement vides. Parce que oui, les lumières ont visiblement réussi à kidnapper les gens en plein sur les plateaux sans même déranger les chaises (qui sont toutes parfaitement alignées) ou les papiers, et sans que personne ne remarque rien. Ce sont probablement des lumières avec des tocs : elles sont obligées de ranger avant de partir. J’espère qu’il va y en avoir une avec un Gilles de la Tourette.

Mais revenons à nos deux mâles virils qui eux, sont arrivés sur le toit de l’immeuble : ils ont juste fait une petite bêtise en oubliant de bloquer la porte derrière eux pour ne pas qu’elle se referme, mais qu’importe. En tout cas, la nuit noire qui s’était mystérieusement transformée en jour lorsque nos héros ont regardé par la fenêtre plus tôt est désormais un petit matin. Bon, je vais faire comme si de rien n’était et que je n’avais pas vu qu’il faisait grand jour tout à l’heure par la fenêtre. Mettons que ce soit le matin (mais le matin le plus rapide du monde, puisqu’entre la nuit noire au moment où nos héros ont été réveillés et maintenant, il s’est passé au mieux 15 minutes) et poursuivons. En regardant la ville qui s’étend devant eux, Jarod et Terry constatent qu’elle est anormalement calme. Et que le brouillard qu’ils voyaient par la fenêtre était en fait dû à une sorte d’immense orage surnaturel au-dessus du centre de la cité. D’ailleurs, comme la tempête n’est pas une truie, elle lève la brume en quelques secondes pour que le réalisateur puisse bien faire un plan impressionnant de Los Angeles sous cette espèce d’immense nuage noir. En conséquence, il fait soudainement grand jour et… heu… mais merde, on avait pas convenu il y a 5 minutes que c’était le petit matin ? Raaah. Enfin bref, que se passe t-il ? Et bien déjà, des nuages surgissent à nouveau des boules bleues, qui reviennent se poser au sol (c’est peut-être un concours de Galactif-Yoyo ?). Mais ce ne serait pas grand chose si elles n’étaient pas suivies d’une volée d’énormes vaisseaux qui se mettent à survoler la cité tout en créant des sortes de mini-tornades en dessous d’eux, aspirant tous les gens au sol qui regardaient le ciel en cherchant à comprendre ce qu’il se passait ! Ce sont donc des milliers de personnes qui d’un coup, se retrouvent à emplir le ciel alors qu’elles sont aspirées vers des vaisseaux qui ne semblent jamais s’épuiser, parce que ce sont des Dyson©, les vaisseaux qui ne perdent pas d’aspiration.

Terry et Jarod observent tranquillement les lumières depuis le toit. Bizarrement, tous ceux qui feront ça plus tard dans le film seront hypnotisés. C'est sélectif.

Voyant les appareils se diriger vers eux, ni une, ni deux, nos garçons se mettent à courir vers la porte de leur immeuble pour essayer de se mettre à l’abri à l’intérieur, mais las ! Comme ils ne l’avaient pas bloquée, elle est refermée pour de bon, et ils n’ont pas les clés sur eux. Heureusement, Elaine finit par arriver pour leur ouvrir à la dernière seconde, alors qu’ils allaient être aspirés à leur tour ; la jeune femme est cependant brièvement exposée à la lumière des vaisseaux, ce qui commence à l’hypnotiser. Mais comme les hommes qu’elle vient de sauver tournent le dos à la dite lumière puisque la fuyant, ils ont tôt fait de la plaquer au sol et de fermer la porte du toit pour que l’hypnose cesse. Dans l’affaire, Jarod a lui aussi repris un peu de lumière dans la tronche, mais pas non plus de quoi le faire craquer, parce qu’il a de big baballs, comme tous les vrais héros de la libre Amérique. Tout le monde redescend donc à l’appartement, dont une Elaine qui met quelques minutes à retrouver ses esprits.

Nos héros, à l’abri, font donc le point sur la situation : des aliens viennent d’arriver, et visiblement, ils disposent d’une lumière hypnotique bien fourbe et d’aspirateurs géants avec lesquels ils moissonnent les bons citoyens. Dans quel but ? Mystère. En tout cas, grâce aux photos qu’ils ont pu prendre sur le toit avec l’appareil photo numérique de Denise, ils peuvent montrer à cette dernière ainsi qu’à Candice et Elaine ce qu’il en est : ils ont en effet de superbes clichés de milliers de gens aspirés par les vaisseaux ennemis. Diantre. A noter qu’il y a d’autres photos plus intéressantes encore sur l’appareil de Denise : des photos de cette dernière en train de se taper Terry dans les toilettes durant la fête. Car oui, elle a le temps de prendre des photos d’elle en contre-plongé la bouche en cul de poule (la pose officielle des pintades) pendant que Terry copule avec elle dans les toilettes. Je serais ce dernier, je le prendrais assez mal. J’imagine qu’après, elle devait consulter ses mails ou envoyer des textos en même temps, mais qu’importe.

Jarod a lui remarqué un truc bizarre : il semblerait que sa brève exposition à la lumière alien sur le toit ne l’ait pas laissé parfaitement indemne : autant la première fois, il avait parfaitement récupéré, autant cette fois-ci, il a des veines qui restent saillantes au niveau du ventre (pas du bas ventre, là, c’est pour d’autres raisons). Mais cachant tout ça sous son marcel de gros dur, il retourne bien vite dans la salle principale pour discuter de la suite avec ses potes : que faire ? Terry explique que la marina n’est qu’à quelques dizaines de mètres du complexe de luxe où ils sont, et qu’il pourrait être sympa de se barrer en bateau, les aliens ne s’intéressant visiblement qu’aux villes, il devrait y en avoir peu au-dessus de l’eau. Elaine fait remarquer un truc intelligent : dans l’appartement, ils sont en sécurité : les volets les protègent de la lumière extérieure, ils peuvent épier les aliens au travers des persiennes,  et au moins, c’est un bon abri pour attendre les secours. Mais Terry la contredit en arguant que "Les secours ne viendront jamais !" d’accord. "Allons donc les attendre en mer !" je… heu… hmm… faudrait savoir mec. Bon et puis surtout que le bateau, si c’était une invasion de zombies, je te dirais oui, mais là c’est une invasion aérienne : autant te dire que vu le nombre de vaisseaux que tu as pu voir depuis le toit, s’il n’y en a pas un pour remarquer un bateau solitaire tentant de se barrer, c’est que tu as du piston divin. Bref, ton plan est du niveau de la pilosité faciale de Jarod.

Et puis bon : dans un film catastrophe, il faut toujours écouter les enfants/les femmes enceintes, et pas les mecs qui trompent leur femme : on ne peut pas être infidèle ET avoir raison sur un quelconque sujet, c’est comme ça.. Mais voyons comment les choses vont se passer : la petite troupe s’empresse de descendre jusqu’au parking souterrain, et se divise en deux voitures, dont une rapide, qui foncera jusqu’à la marina préparer le bateau, histoire que tout soit prêt quand la seconde arrivera. Suite à de nombreuses discussions autour de la fidélité dans le couple puisque Candice est outrée que Terry la trompe (dixit la nana qui drague jusqu’au concierge) et à de longs échanges de regards lourds de reproches entre Candice et Terry qui font perdre du temps à toute l’équipe , car oui, il faut s’arrêter pour se regarder droit dans les yeux et froncer les sourcils, c’est bien le moment et l’endroit ((je ne rigole pas : les mecs sont occupés à parler de qui a couché avec qui alors qu’ils sont menacés par une invasion alien ; c’est le genre à débattre sur "Qui a oublié de débarrasser la table ?" pendant un bombardement atomique), les voitures  sont réparties comme suit :

  • Terry et Denise partent devant en voiture de sport
  • Jarod, Elaine et Candice suivent dans un quaquat’

Et le petit convoi commence à se diriger vers la sortie du parking souterrain. Mais ce faisant, ils croisent un autre couple : un mari colérique et idiot visiblement, qui aidé de sa femme qui tente de le tempérer, s’empresse de charger son propre véhicule de valises pour essayer de se barrer. Voyant cela, Jarod demande donc au convoi de s’arrêter pour savoir s’il ne peut pas les aider.

Putain Jarod ? Mais c’est quoi ton problème ? T’as une passion perverse pour porter les valises d’autrui ? Tu aimes te déguiser en groom le dimanche ? Tu fantasmes sur Spirou petit cochon ? Tu as surnommé ton trilili Spip ?

Enfin bref, c’est fort, en pleine invasion extra-terrestre, une partie de l’équipe parle coucheries, et l’autre veut aider les gens à charger leur voiture. Qu’importe : le couple refuse d’être aidé, et le convoi reprend son chemin vers la sortie du garage. C’est à ce moment là que Denise, qui comme tout le reste du groupe, semble très concernée par cette attaque d’outre-espace, se décide à regarder Terry droit dans les yeux pour lui dire qu’elle est "désolée". Et ce dernier lui jette d’ailleurs un regard accusateur pour bien lui signifier qu’être "désolée", ce n’est pas suffisant.  Ce film est formidable : tout ça, c’est la faute de Denise. Terry, il n’a rien fait, il a été violé dans les toilettes, comme ça, pif pouf paf. Et en plus, dans l’affaire, il n’a même pas remarqué que Denise se prenait en photo en même temps. Vous avez compris la leçon, mesdemoiselles ? Si vous couchez avec un homme marié, c’est vous la vilaine et lui la victime.

Vous pensez que Candice fait la moue parce que plusieurs millions de gens viennent de disparaître ? Non : c'est parce qu'elle a vu des photos de son copain avec une autre. Il y a des priorités.

Et comme toute méchante, vous devez être punie : sitôt que la voiture de luxe de Terry a franchi la grille du parking souterrain, elle est instantanément piétinée par une monstrueuse créature géante (que jusqu’ici, personne n’avait vue ou entendu : elle devait être cachée dans un fourré en train de pouffer qu’elle allait faire une bonne blague), qui tue ainsi la vilaine Denise sur le coup ; Terry, par un incroyable coup de bol, se trouve à un endroit qui est passé entre les orteils de la bête, et parvient donc à quitter le véhicule en hurlant pour courir vers l’abri souterrain qu’il regrette déjà d’avoir quitté ; hélas, la bête géante est dotée de tentacules d’un fort beau gabarit et a tôt fait d’agripper le pauvre acteur (oui, car elle a beau être trop grande pour voir dans le parking souterrain qui n’est pas vraiment à sa taille, comme toutes les créatures à tentacules dans les films, elle VOIT avec ses appendices gluants) ; Jarod a beau descendre de son véhicule pour essayer de lui porter secours, il ne parvient pas à retenir son ami qui est avalé sans être mâché dans un grand "schlurp !" sonore. Qu’il est dur d’être le pote black du héros dans ce genre de films.

Le reste de l’équipe se replie donc rapidement dans le garage souterrain, essayant de fuir l’immense créature qui, du coup, essaie d’élargir l’entrée du parking à grands coups de poings. Nos héros pensent pouvoir se replier rapidement vers leur appart’ lorsque soudain, ils s’aperçoivent qu’il y a aussi une créature extra-terrestre DANS le parking : une sorte de poulpe alien à demi-mécanique qui est occupé à s’attaquer à l’autre couple qui chargeait sa bagnole quelques minutes plus tôt ; émettant la curieuse lumière bleue, il hypnotise le vilain mari, qui comme tous les vilains, meurt : il est avalé tout rond par la bête. La femme du défunt tente de s’enfuir vers les seuls escaliers à portée en compagnie de nos héros, mais le poulpe les prend en chasse et finit même par arriver à hypnotiser Jarod, toujours grâce à sa lampe de poche schtroumpf, qui se met à avancer vers lui. La vache, Jarod, il en aura bouffé de la lumière extra-terrestre ! Mais avant que la bête ne le trucide, elle se ramasse un 4×4 sorti de nulle part qui lui rétame la mouille contre une colonne du parking : Oliver, le concierge mexicain moustachu, vient d’arriver à la rescousse !

Alors que tout le monde le remercie de son intervention, le poulpe se remet à bouger bizarrement : le mari qu’il venait d’avaler, toujours vivant et visiblement un peu choqué, est en train de s’extirper de sa carcasse : miracle ! Les aliens capturent les gens plutôt que les tuer ! C’est formid… proutch. Oui, "proutch" : le bruit que fait un poulpe alien endommagé qui se réactive et qui attrape d’un de ses tentacules la tête du mari qui pensait s’échapper de la carcasse en paix ; et une fois qu’il a bien saisi le crâne, il le désintègre (autant vous dire que notre petite troupe n’apprécie guère le spectacle) et en sort le cerveau de sa victime qui, luisant d’une belle couleur bleue (ils injectent du colorant dans les cerveaux ?!), a tôt fait d’être inséré dans un emplacement spécialement conçu du poulpe qui du coup, se répare et se régénère !

Faisons un point : les aliens qui viennent d’envahir la terre sont des créatures qui ont des emplacements à cerveaux humains qui, une fois plein, leur servent à se réparer. Quoi ? Mais alors attendez : ils faisaient COMMENT avant de rencontrer l’espèce humaine, ces aliens ? Vu que toute leur technologie (comme nous le verrons par la suite) semble tourner autour du cerveau humain comme base ? J’aimerais qu’on m’éclaircisse ce point qui me parait être formidablement pourri. Enfin en tout cas, ils doivent bien rigoler sur Rüdüdü-X8, la planète d’origine des monstres.

"Gloubitz-Karglass bonjour ! Vous avez un impact sur votre pare-glörk (sur Rüdüdü-X8, on a pas de brise, on a du glörk à la place) ? S’il est inférieur à la taille d’une pièce de 2 krüditz, on injecte notre résine de cerveau humain, et hop ! Nickel !"

Et pareil quand tu as la clim’ qui est niquée et que tu vas au garage : les mecs te facturent en plus de la main d’oeuvre un kidnapping de fermier sur Terre, puisque comme pour toutes les pannes, il fallait juste un cerveau humain pour que ça remarche. Et alors vu le coût du trajet galactique, autant vous dire que ça raque : les garagistes, même interstellaires, restent de sacrés voleurs. Impossible de trouver une seule facture inférieure à 180 krüditz dans tout Gamma du Centaure. Dur. Retournons plutôt sur notre bonne vieille planète voir ce qu’il s’y passe en attendant.

Après avoir longuement hurlé en voyant un monsieur se faire désintégrer le crâne, notre petite troupe se décide à s’enfuir par le premier escalier de secours venu, et se retrouve juste à l’extérieur du bâtiment. Attendez, à l’extérieur, là où il y avait le monstre géant ? En effet : ce dernier n’a pas oublié nos pinpins et s’empresse de balancer ses tentacules sur la femme du type colérique qui vient de mourir (désolé, tu n’avais pas de prénom, tu n’avais donc aucune chance de t’en tirer) pour l’avaler dans un nouveau schlurp sonore, puis il commence à poursuivre les autres survivants. Pas de bol : il est en plus rejoint par un second bestiau qui, lui aussi, semble très intéressé par les humains galopant à ses pieds.

A noter qu’évidemment, l’immeuble de nos héros était attaqué par un poulpe volant et deux monstres géants, alors qu’en plus, bien en bordure extérieure de Los Angeles. Donc s’ils ont déjà tout ce matos pour attaquer UN immeuble de banlieue, je serais curieux de savoir combien de bestioles nos amis d’outre espace ont emmené pour conquérir la Terre. Dans tous les cas, ils ont dû y mettre le budget.

Vu le nombre de bestiaux qu'ils mettent sur un seul immeuble, les aliens vont mettre entre 5 et 10 ans à prendre Monaco

Bien loin de ces questions très terre à terre, nos larrons finissent par courir assez vite pour atteindre une autre porte de leur immeuble et ainsi échapper aux vilains bestiaux qui rôdaient dehors. Ils font aussi vite que possible pour retourner dans leur appartement, revenant ainsi à leur point de départ, si l’on excepte qu’ils ont perdu Terry et Denise, mais gagné Oliver, le concierge qui a le passe de toutes les portes. Une fois enfermés, ils observent au travers des volets la situation en ville : visiblement, il n’y a plus grand monde de vivant, et on aperçoit seulement un ou deux gros monstres comme ceux d’en bas en train de s’attaquer au centre-ville. Oui, un ou deux pour tout le centre-ville de Los Angeles, mais deux rien que pour l’immeuble (même pas le quartier, hein, l’immeuble) des héros. C’est beau quand même, les coïncidences.

C’est donc le moment de se poser un peu : tout le monde pleure la perte de Terry (Jarod explique qu’il "aurait dû le retenir" mais ouais mec : c’est vrai qu’avec tes petits bras musclés contre un monstre de moult tonnes, tu avais toutes tes chances. T’aurais dû essayer de voir si tu pouvais pas le défier à un combat de pouces aussi), alors qu’à côté de ça, personne ne reparle du couple sans nom dont le mari a fini avec le crâne désintégré et la femme avalée par un monstre géant, c’est tellement commun comme truc. Et alors Denise, n’en parlons pas : c’était une salope, ce qui lui est arrivé est donc bien fait pour elle. C’est Oliver, finalement, qui en bon concierge reprend la tête des opérations : il faut barricader l’appart’ à grand coup d’électroménager. Aidé de Jarod, il pose donc diverses machines contre les portes, et en profite pour plaquer notre héros au mur sans raison en hurlant "C’est la réalité, il faut l’accepter !".

J’aimerais savoir : est-ce que le mec qui faisait les dialogues, il bossait pas depuis chez lui ? Non parce qu’entre ce genre de discours, les histoires de qui couche avec qui ou le héros qui propose en pleine apocalypse, non pas d’emmener les gens avec lui vers le bateau qu’il pense être un lieu sûr, mais juste de les aider à porter leurs valises parce que c’est sympa pour ensuite les laisser crever, j’ai l’impression que ce que les personnages se disent n’a aucun rapport avec l’action. Mais bon. Tant qu’on ne s’enfonce pas plus, je vais faire avec.

Sauf que si, on va s’enfoncer plus, et pas qu’un peu : sitôt qu’Oliver a fini de secouer Jarod sans raison, nos héros se regroupent dans le salon pour décider de la suite des évènements : ils vont attendre les secours ici, à l’abri (oui, j’avais dit qu’il fallait écouter la femme enceinte). Soit, dit Candice, en s’allumant une petite clope. Faisons comme ça.

Et c’est à ce moment précis que la situation dégénère : Elaine déclare "Ha ! Elle fume !" puis se barre en faisant une moue type "Vous venez de tuer toute ma famille à coups de hache !", et Jarod a juste le temps de lui hurler "Non, reste avec nous !" (elle n’a fait que deux mètres et est encore dans le salon, hein, calme toi pépère), avant que sa douce ne se retourne pour expliquer ce qui la met dans cet état, les larmes aux yeux : "Je suis enceinte !".

Je vous avais dit que niveau dialogue on pouvait s’enfoncer encore plus. Donc oui : alors qu’ils sont menacés de mort, viennent de perdre leurs amis, amants ou autre, et ont survécu de justesse à l’attaque d’une créature géante venue d’une autre galaxie, qu’est-ce qui bouleverse nos héros ? Le fait que quelqu’un fume une clope à côté d’une femme enceinte (jusqu’ici, ils n’avaient pas versé une larme, mais là, tout le monde pleure) : Candice écrase donc sa cigarette en laissant rouler de grosses perles salées sur ses joues roses, et tout le monde est alors heureux, parce que bébé va pouvoir respirer de l’air pur. C’est beau.

Bien installés dans le luxueux appart’, nos héros laissent donc dès lors les heures s’écouler, et la nuit venue, ils constatent que Los Angeles est belle et bien définitivement désertée. Il n’y a pas UNE voiture dans les rues. Et attention, quand je dis pas une voiture dans les rues c’est : tous les véhicules sont bien garés, il n’y a pas une bagnole qui dépasse. Il faut donc en déduire que quand les extra-terrestres ont attaqué, ils ont demandé aux gens de se garer proprement avant de les kidnapper : et pas sur les places handicapés, hein, ils ne veulent pas d’emmerdes avec la police municipale (un fléau galactique : déjà que leur flotte s’est fait flasher en passant au-dessus de l’A8 à proximité de Brignoles, ils font un peu moins les malins). Et pareil quand ils ont déclenché leurs aspirateurs géants à humains : ça n’a aspiré que les citoyens, et malgré les vents titanesques que ça a déchaîné, tout est nickel, il n’y a pas un poteau couché ou même un papier par terre. Ils sont vraiment super sympas, quand même, ces envahisseurs.

A plusieurs reprises, Jarod marmonne tout de même en contemplant la ville déserte "C’est un cauchemar !", dans son coin, ce qui donne l’occasion à Oliver de venir le secouer complètement hystérique en hurlant "NON, CE N’EST PAS UN CAUCHEMAR, RÉVEILLE-TOI !". Non, vraiment, le naturel des dialogues est formidable. En plus, le concierge donne des conseils de gros baroudeur à Jarod, limite "Moi j’ai déjà survécu à deux invasions aliens, et puis une fois, j’ai retrouvé le caniche de Mme Michu, et ça je peux te dire que c’était pas un pique-nique". Mais ouais mec.

J'allais oublier d'illustrer mon propos : voilà ce qui arrive quand on regarde la couleur schtroumpf en face

Dans la nuit cependant, des tirs se font entendre en ville ; ça tombe bien, il y a à l’appartement un télescope relié à la télévision du salon, ce qui permet à tout le monde de voir ce qu’il se passe à l’extérieur : on peut donc apercevoir sur l’écran un pick-up avec des mecs armés à bord qui fonce sur les avenues désertes, poursuivi par un monstre géant semblable à celui qui avait attaqué l’immeuble quelques heures plus tôt. Par on ne sait quelle magie, nos héros entendent tout ce que les gens dans la voiture disent (Terry, qui possédait le télescope, avait peut-être placé des micros dans toutes les automobiles et sur tous les lampadaires de Los Angeles avant de relier le tout à son instrument d’observation), ainsi on a le droit à des "plus vite !" et "ils nous rattrapent !". Voilà voilà, donc tout ça pour entendre ça. Et nous montrer que nos héros peuvent entendre ce qu’il se dit à plusieurs kilomètres d’eux sans explication aucune. Superbe. Bon, sinon, le pick-up ne va pas bien loin, hein : il finit écrasé sous une grosse patte de bestiole géante.

Le matin du second jour se lève enfin, et nos héros continuent d’attendre d’hypothétiques secours. Par ailleurs, un vrai drame se joue : il n’y a plus d’eau courante, et donc plus de chasse d’eau. C’est ce que j’appelle une situation de crise. En plus, Jarod constate que sa peau est de plus en plus couverte des veines saillantes et noires dues à ses expositions à la lumière alien ; ça ne le rassure pas trop. Et comme ça commence à se voir, les autres occupants de l’appartement se montrent de plus en plus suspicieux, soupçonnant une contamination de notre héros par les créatures d’outre-espace. Ce dernier développe donc ce qu’il en est : sans pouvoir expliquer pourquoi, il a l’impression que lorsqu’il a regardé la lumière, en sus de l’attraction ("Pense à touuuutes ces binouzes, Jarooooood !"), il y avait un sentiment de pouuuiiiissance qui allait avec. Et il pense que tout ce bazar a pu modifier son organisme, et peut-être pas en mal (Ha? Toi ça t’inquiète pas d’avoir la peau qui ressemble à une carte routière noirâtre ?). Hooo, j’ai peur de la direction que l’on prend. Dans 10 minutes, il va nous expliquer que son vrai nom est Bruce Banner.

Mais en attendant, il a une idée (nooooon !) : Hey, les amis, la marina n’est pas très loin ! Si on essayait d’y aller pour… "Ta gueule !" lui répondent en choeur les autres survivants (merci), qui, eux, se rappellent du début du film. Visiblement, Jarod n’était déjà pas très malin, mais la lumière extra-terrestre le rend de plus en plus con. Ce qui était pourtant difficile : ils ont vraiment une technologie diablement plus avancée que la nôtre.

Combien de temps va t-il falloir encore attendre les secours ? Mystère. Mais soudain, un bruit de réacteur. Non, des bruits de réacteurs ! Vite, à la fenêtre, que se passe t-il ? Des drones de l’armée américaine sont en train de survoler la ville  : ça y est, l’Amérique riposte, tremblez, créatures intergalactiques, car vos lumières ne marchent pas sur des appareils sans pilotes ! Ils foncent donc sur le seul vaisseau visible dans le ciel de Los Angeles : un truc plus gros que tous ceux que l’on avait vu jusqu’ici, comprendre, l’habituel vaisseau-mère des aliens. Celui-ci se met à larguer des centaines de tout petits appareils, visiblement l’équivalent extra-terrestre des drones, ce qui permet à une titanesque bataille aérienne de commencer au-dessus de la cité désertée.

On suit donc la bataille pour l’essentiel depuis le téléviseur relié au télescope de nos héros ; et il faut noter que ce dernier est super balaise, puisque par exemple, il semble doté d’un logiciel de réalisation de films intégrés (le James Camera-on 2500©), qui lui permet de suivre sans trembler ni flou un appareil sélectionné au hasard dans la bataille qui, hasard encore, va rapidement être le dernier drone à ne pas être abattu par la chasse ennemie. En effet, le bombardier miniature parvient à franchir une bonne partie des défenses ennemies avant d’être touché assez lourdement à une aile, qui se met à menacer de lâcher d’une seconde à l’autre ; notre bougre de bidule parvient cependant à voler encore suffisamment longtemps pour arriver à portée du vaisseau-mère ennemi et lui décocher un bon gros missile à ogive nucléaire histoire de calmer tout le monde. Ça a bien marché sur des japonais, alors pourquoi pas sur des trucs venus de l’espace ?

Le vaisseau-mère, dont vous noterez la forme idéale pour traverser l'atmosphère

Une monstrueuse explosion ravage donc les cieux et le QG volant ennemi, qui se retrouve pris dans une tempête de flammes dont il n’émerge que sous la forme d’une carcasse fumante qui va s’écraser au sol en toussotant un peu ; à l’appartement, on laisse éclater sa joie en constatant que les aliens semblent vaguement sensibles au feu nucléaire, et il apparaît donc maintenant raisonnable de penser que l’armée va venir repousser les restes des vilains ; et heureusement, dites donc, puisque l’explosion de l’ogive a produit un souffle si fort que les volets de l’abri de nos héros, pourtant situé à plusieurs kilomètres du point d’impact, ont été arrachés laissant notre troupe à découvert. Par contre, les vitres sont niquel. Il n’y a même pas un verre fendillé ou même un petit peu de poussière dessus, rien. C’est sympa, en fait, les explosions nucléaires.

Hélas… la carcasse du vaisseau ennemi semble soudainement s’animer, des centaines de minuscules lumières bleuâtres s’en échappant pour réparer l’appareil à vitesse grand V. Et en quelques minutes seulement, le bidule reprend son vol et retourne prendre la position qu’il occupait juste avant de se ramasser une cacahuète parfumée à l’uranium, le tout en sifflotant comme si de rien n’était (ah, ces envahisseurs sont d’une morgue !). Notre troupe panique donc : zut, flûte, caca ! L’arme nucléaire n’a pas marché ! L’ennemi est toujours là, invincible et plus en colère que jamais ! Pire encore, il n’y a plus de volets pour se dérober à sa vue ! Cacaboudin ! Que faire ?

Je ne sais pas ? Vous avez le concierge avec vous qui a le passe pour tous les appartements de la résidence. Vous n’avez qu’à aller vous planquer dans un autre orienté à l’opposé et qui a donc dû conserver ses volets ? Ça me parait ni trop compliqué, ni trop risqué, en fait.

Mais non, Oliver a un meilleur plan : "Vite, il faut couvrir les immenses fenêtres ! Amenez tout : couvertures, draps, t-shirts, slips, on va faire des rideaux de fortune !". Mouaiiiis. Je ne suis pas sûr que ça marche, allez savoir pourquoi. Quoique : certains slips sont probablement à même de repousser les aliens les plus endurcis. Dans tous les cas, la stratégie d’Oliver est rapidement interrompue par le son d’un rotor cette fois : un hélicoptère de l’armée vient de larguer un petit groupe d’observateurs sur le toit de l’immeuble juste en face, qui comme il appartient au même complexe, est diablement proche de nos héros. Vraiment, quelle coïncidence, c’est à croire que 95% de l’action se passe dans le quartier.

Enfin bref : Jarod veut faire signe à l’armée pour leur indiquer qu’il y a encore des civils dans le coin, mais Oliver l’en empêche : "Ah bin non, ce sont des militaires, on ne les intéresse pas ! Et puis en plus, si on leur fait signe, on va être aperçu par toutes les bestioles de la ville !" ; apparemment, Oliver ne comprend pas la notion de "faire signe" genre "Psst, les gars, regardez !" durant quelques secondes en agitant la main de derrière une fenêtre ; pour lui, ça doit consister à tirer des fusées de détresse en l’air en mettant du Patrick Sébastien à fond.  Et puis bon, le raisonnement du "On intéresse pas les militaires" et "Il faut pas se signaler", c’est bien gentil, mais si tu veux vraiment être évacué mon pépère, va peut-être falloir signaler que tu es là, parce que je ne suis pas sûr qu’ils vont envoyer des civils ouvrir toutes les portes de Los Angeles une par une à la recherche de survivants pour te faire plaisir.

Le conflit larvé qui existait jusqu’alors entre Jarod et Oliver, dont tous les dialogues consistaient jusqu’ici à échanger des phrases sans rapport les unes avec les autres et de préférence en parlant très fort les sourcils froncés, éclate donc au grand jour : Jarod emmerde Oliver et veut se barrer voir les militaires, alors que le bon concierge est plutôt d’avis de rester caché ici, dans un appartement désormais sans volets. Pour appuyer son propos, le chicano gifle un bon coup le héros, comme ça, hop, parce que c’est viril. Énervé par ce soufflet de malappris, Jarod voit donc sa peau se couvrir de grosses veines noires et ses yeux se révulser, avant qu’il ne soulève le grassouillet hispanique du sol d’une seule main en grognant.

Oui, vous avez bien lu : la lumière alien a modifié l’organisme de Jarod, le rendant super fort : notre héros est désormais un super-héros. Vous avez le droit de rire.

Une fois Oliver bien secoué, il n’y a plus de réconciliation possible, et l’équipe se divise en deux groupes :

  • Candice et Oliver vont rester à l’appartement et attendre que des secours ("Mais pas l’armée !") viennent les trouver ("Mais sans qu’on leur dise où on est !")
  • Jarod et Elaine vont tenter de se barrer en allant sur le toit se signaler aux militaires et essayer de profiter de l’hélico qui ne manquera pas de revenir chercher les hommes qu’il a déposés
Bon, je sais pas vous, mais moi, si je devais choisir entre l’équipe de la nana un peu salope qui fume (c’est mal) accompagnée du concierge hispanique qui a frappé le héros, ou celle du personnage principal super fort et de sa femme enceinte, je crois que j’aurais vite choisi mon camp.
Jarod et Elaine filent donc à toute allure en direction du sommet du bâtiment, emportant avec eux une hache à incendie histoire de pouvoir se défendre un minimum en cas d’agression d’outre espace. Et une fois sur le toit, ils font signe aux militaires de l’immeuble d’en face, qui aussitôt, appellent un hélico pour venir évacuer nos larrons. Comment je le sais ? Facile : tout comme plus tôt dans le film, lorsque nos héros pouvaient entendre ce qu’il se disait dans une bagnole à plusieurs kilomètres d’eux, là, ils entendent tout ce qu’il se dit sur les canaux des militaires. Moi ça m’a étonné, mais eux visiblement trouvaient ça tout à fait normal. Je ne dois pas avoir participé à assez d’invasions aliens. En tout cas, pas de bol pour eux : l’hélico de sauvetage, lorsqu’il arrive, se ramasse un coup de tentacule d’un des monstres géants que l’on a déjà vu dans le film ; il finit donc par s’écraser au sol dans un son apocalyptique qui sonne aux oreilles de Jarod et Elaine comme le jingle de la défaite (ça ressemble un peu à un morceau de Florent Pagny, pour vous donner un référentiel).

Notez comme le maquillage et la coiffure d'Elaine résistent même à une guerre intergalactique

Et l’autre équipe alors ? Et bien à peine nos héros ont ils quitté l’appartement que déjà, tout part en sucette : Candice a regardé dans le télescope une fois de trop, et tentant de regarder un vaisseau ennemi, elle a été hypnotisée par la lumière qui en émanait ; rapidement, un poulpe volant vient donc à sa rencontre pour l’emmener. Oliver, qui était dans une autre pièce au moment du drame, n’arrive que trop tard et ne peut sauver la blonde damoiselle qui finit donc gobée par le vilain bestiau. Le concierge échappe lui de justesse au même sort, tout simplement parce que le poulpe se ramasse une méchante roquette tirée par l’un des militaires du toit d’en face. Pauvre Oliver, désormais seul et toujours aussi hispanique ! Ses chances de survie dans un film pareil viennent encore de diminuer, déjà qu’elles n’étaient pas bien hautes ! Il en est lui même tellement blasé qu’il décide de mourir, parce que bon, hein, merde. C’est pas comme s’il lui restait toute une résidence où se planquer, avec des dizaines d’appartements vides et/ou de pièces sans fenêtres s’offrant à lui, non. A la place, il repère qu’un monstre géant est en train d’escalader la façade de l’immeuble, et évidemment, de SON côté, et comme il se doit PILE au niveau de la fenêtre du salon ; aussi il allume le gaz à fond, et lorsque la vilaine bête pointe le bout de son nez dans l’appartement, il ouvre son briquet et disparaît dans un effet pyrotechnique laissant supposer que ce n’était pas du gaz dans cet appartement, mais au moins un petit réacteur nucléaire.

L’équipe Candice et Oliver étant définitivement HS, retournons sur le toit voir ce qu’il advient d’Elaine et Jarod : et bien figurez-vous que ces derniers constatent que l’armée vient d’envoyer une nouvelle force aérienne combattre au-dessus de Los Angeles, pour des raisons que je ne saisis pas bien (moi, je sais pas, mais en notant que même à demi-désintégrés par une ogive fourrée à l’uranium, les vaisseaux ennemis continuaient de se relever, j’aurais arrêté d’envoyer des troupes au casse-pipe et j’aurais plutôt cherché un nouveau plan, mais bon). Par ailleurs, ils remarquent aussi qu’un vilain poulpe volant vient d’arriver sur le toit avec la ferme intention de les manger tout cru. Un combat terrible s’engage alors entre Jarod et la bête, Elaine se contentant essentiellement de crier le prénom de son compagnon, probablement pour le déconcentrer et ainsi permettre au poulpe de vaincre pour mieux pouvoir ensuite partir avec lui fonder une relation tant à base de tentacules que de popopopo.

Jarod donne donc des coups de hache à la bête : ça marche pas, elle se régénère. Des coups de parpaing ? Ça marche pas, elle se régénère. Raaah, il en a marre : il décide donc de bourrer la gueule de Poulpy le spatio-poulpe à grands coups de poings dans son museau, et diable : figurez-vous que ça marche. Ce serait donc ça, la faiblesse des aliens ? Ils encaissent les missiles, les balles, les parpaings mais pas les mimines dans la margoulette ? Qu’importe : ces réflexions n’auront pas de réponse, puisque dans la série du "toujours plus de rebondissements", voici que le monstre géant à qui Oliver avait cramé la face en mourant a repris son escalade de l’immeuble, certes toujours en sentant un peu le cramé, mais tout de même, il arrive assez rapidement à son sommet.

Oui, hein, vraiment : de tout le film, les aliens se seront acharnés sur un seul immeuble de la ville, et pas de bol, c’est celui du héros.

Enfin bref : la grosse bête s’apprête à manger Jarod et Elaine, quand soudain, pas de bol pour lui : un chasseur de l’armée américaine est abattu en plein vol dans la bataille aérienne qui fait rage dans le coin, et vient s’écraser pile sur le nez du bestiau, le tout en passant à moins de 5 centimètres de nos héros qui ont juste le temps de se baisser. Certes, j’en conviens : ils sont foutrement rapides, parce qu’esquiver un jet, bonjour, et puis même alors qu’il passe à 5 vrais centimètres (je n’exagère pas) des héros, le tout lancé à fond et en flammes, et bien ça ne fait pas bouger d’un centimètre nos deux larrons (les avions à réaction sont connus pour ne pas remuer ce qui passe à côté d’eux, on pourrait en faire passer dans un magasin de porcelaine sans soucis), et ça ne leur chauffe même pas les moustaches : ils ne sont qu’à peine décoiffés, et encore, juste Jarod à qui ça fait un effet "saut du lit" dans les cheveux. Ouf, en tout cas, ils ne mourront pas aujourd’hui !

Quoique ? Encoooooore des emmerdes ? Oui ! Un des vaisseaux-aspirateurs-géants du début du film a décidé de se pointer et arrive au-dessus de l’immeuble, ayant repéré des humains en liberté, et se décide à capturer nos deux pinpins. Que faire ? Ho bah, heu… rien. Ah, si : Jarod et Elaine, alors qu’ils s’envolent malgré eux vers l’appareil, arrivent encore à se rouler un méga-patin, et ça, c’est beau. Que va t-il advenir de nos héros ? Seront-ils réduits en esclavage ? Parviendront-ils à s’enfuir ? Mais surtout, y a t-il la télé dans les vaisseaux aliens ? Mystère.

Attention Jarod derrière toi c'est affreux !

Le soleil finit par se coucher sur Los Angeles, et nous découvrons des images du reste du monde à l’aube du troisième jour de l’invasion ; toutes les grandes métropoles du globe semblent désertes. New-York, Londres, Berlin… punaise, que les grandes villes ! Ah, là, les gens doivent commencer à le regretter, leur exode rural ! Parce qu’à Chambon-sur-Lac, tiens ! Jusqu’ici, ils n’ont pas vu l’ombre d’une soucoupe ! Ils doivent juste gueuler qu’ils ne captent plus le 13h depuis trois jours. Comme quoi, les aliens n’ont pas fait que du mal.

Mais revenons plutôt à nos héros : Elaine se réveille dans une espèce de grande salle remplie de tentacules plus ou moins mécaniques qui couvrent murs, sol et plafond, et qui quasiment toutes les secondes, attrapent l’un des nombreux humains qui semblent inconscient au sol (ne me demandez pas pourquoi elle s’est réveillée avant les autres), le soulèvent, lui désintègrent le crâne pour récupérer son beau cerveau tout luisant d’une belle couleur bleue, et l’insèrent dans une espèce de gros alien inerte qui ne s’active qu’une fois qu’il a un cerveau dans le port adapté.

Oui : des aliens sans cerveaux qui fonctionnent avec ceux des humains. Encore une fois : ils faisaient comment AVANT de rencontrer des humains ?

Bref ; la machine qui récolte les bons américains pour leur piquer leurs cervelles attrape Elaine et s’apprête à lui faire subir le même sort, lorsque soudain, un second tentacule avec une sorte de sonde s’approche du ventre de notre héroïne et semble y prêter une attention particulière ; et ho ! Que n’entend t-on pas le coeur du bébé battre à tout rompre (oui, au bout de moins de 3 semaines, il y a un coeur capable de produire un son digne d’une soirée chez Roger Troutman) ! Elaine est donc toute émue, car tout comme pour les conversations radios de l’armée, elle entend parfaitement la sonde capter le coeur de son morveux. Ne me demandez toujours pas comment, c’est juste n’importe quoi. Enfin ça, ça fait un moment que vous l’aviez remarqué.

Avant d’être soulevée et emmenée vers une autre salle par le tentacule qui la tenait, elle a juste le temps d’apercevoir Jarod lui aussi être soulevé au-dessus du sol alors qu’il est encore inconscient, puis se faire désintégrer la tête (mais oui !) pour en extirper un cerveau qui… contrairement à tous les autres cerveaux, luit d’une lumière rouge ! Est-ce parce que Jarod a été exposé plein de fois à la lumière alien au point de modifier son organisme ? Ou est-ce parce qu’il est particulièrement bête ? On l’ignore : son cerveau est vite inséré dans un alien, et son corps, lui, jeté dans une fosse contenant un liquide bleu en fusion qui semble s’occuper de dissoudre tout ça, parce que les aliens sont écolos : ils ne rejettent pas les corps sur Terre.

Mais quelque chose d’étrange se produit : l’alien qui a reçu le cerveau de Jarod commence à avoir un comportement un peu fou-fou : il se prend les murs, ne contrôle pas bien ses membres et a l’air particulièrement con : pas de doute ! C’est bien le cerveau de notre héros qui est là-dedans ! Au bout d’un petit moment, l’alien se calme et semble surpris d’être là où il est, contemple ses mains, etc : Jarod a pris le contrôle de ce nouveau corps ; il est désormais New-Jarod ! Va t-il se laisser pousser une mini-moustache galactique et un spatio mini-bouc pour se rappeler de son corps d’origine ? Pas le temps de se poser la question : le bougre entend les cris de sa femme dans une autre pièce du vaisseau ; ni une, ni deux, il défonce un mur (c’est un vaisseau en papier mâché, ce qui explique cette très mauvaise insonorisation) et se rue en direction du son, tombant nez-à-nez avec le spectacle de sa copine visiblement sur le point de se faire kidnapper le marmot par toute une série de tentacules qui sont en train d’enfiler leurs gants mappa avant opération. Un peu colère, New-Jarod latte donc tout ça à coups de… de griffes ? De gros doigts ? Je ne saurais dire,  mais en tout cas, il sauve sa copine, qui au départ panique un peu en voyant un alien violent lui arriver droit dessus, puis après avoir vu qu’il devenait tout tendre à côté d’elle, arrive à lire dans ses 12 petits yeux tristes que… "Mon Dieu, Jarod ! Je reconnaîtrais ton regard vide d’idiot congénital dans n’importe quel corps, fut-il venu d’une lointaine galaxie !"

Jarod et son nouveau visage ; niveau expressivité, ça le change pas trop

Elaine est sauvée, et New-Jarod, plus fort que jamais, est désormais prêt à combattre l’invasion de l’intérieur, il est donc grand temps de…

FIN

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Quoi ? Quoi "ça se finit comme ça ?" ; non, ce n’est pas moi qui rigole : ça se finit comme ça. Vous comprenez pourquoi les soldats romains fuyaient maintenant ? Et pourquoi seul un mec comme Archimède était capable de manipuler un étron pareil sans devenir fou ? Bon.

Hmmm ? Non, moi non plus, je ne fais pas de conclusion ; Tite-Live non plus n’a pas fini son oeuvre, alors je ne vois pas pourquoi, moi, je devrais. De toute manière, je suis très occupé, vous savez : la seule idée que les réalisateurs du film, Colin et Greg Strause, puissent préparer un deuxième épisode, me fait pleurer des larmes de sang. Et si ça ne vous fait pas la même chose, vous devriez vous inquiéter les enfants.

Alors je sais que ce n’est pas beau, mais si vous voulez préserver l’humanité, il va falloir prier très fort pour que le Seigneur rappelle ces deux galopins à lui avant qu’eux ne se rappellent à nos salles de cinéma. Alors dès à présent, entrainez-vous chez vous, et n’oubliez pas :

Demandez à ce que les Strause canent.

En 1314, il n’y avait pas de télévision.

Quel ennui ! Imaginez vous une époque sans Navarro ou rediffusion des Bronzés font du ski ? Un siècle sans Les 100 plus grands moments de vidéo gags ? Tenez-vous bien : il n’y avait même pas de journal de 13 heures pour qu’un sire Jean-Pierre de la Pernautière nous propose divers reportages sur tous ces sarrasins qui, non content d’occuper nos châteaux payés aux frais du petit contribuable en terre sainte, ne respectent même pas nos traditions les plus élémentaires comme l’utilisation des chiffres romains ! Ah, quelle bien triste époque. Le royaume de France était en plein marasme, et les croisades, ancêtres primitifs d‘Intervilles, n’attiraient guère plus d’attention.

Heureusement, Philippe le Bel, roi de France, eut une idée de génie pour redonner un peu de couleurs à nos contrées rongées par le désœuvrement : l’organisation d’une soirée festive populaire, avec force attractions plus formidables les unes que les autres, et en clou du spectacle, un fameux bûcher. Ça tombait plutôt bien, puisque Philippe avait dans ses prisons un certain Jacques de Molay, grand maître de l’Ordre du Temple, dont le groupuscule avait été accusé d’avoir renié le Seigneur en participant à d’immenses orgies sodomites de Paris à Jérusalem ; il est vrai qu’à se promener en cottes de mailles – une sorte de bas-résille métallique – et tabard coloré toute la journée et ce uniquement entre hommes, le doute allait vite se propager dans tout le royaume. Tant et si bien qu’il s’inscrirait dans l’histoire, la Maison du Temple de Paris étant située à l’emplacement de l’actuel quartier du Marais, devenu un véritable lieu de pèlerinage pour les gays de tous poils comme chacun sait.

Ce soir de mars 1314, Jacques fut donc amené sur un tas de bois, où il fut mis face à ses accusateurs ; grand prince, le roi lui proposa de s’exprimer une dernière fois, ce que le vieux maître fit avec brio : "Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu. Maudits ! Maudits ! Vous serez tous maudits, jusqu’à la treizième génération de vos races !" ; le roi s’empressa donc de lui répondre "et moi, je te condamne, Jacques de Molay, à comparaître dans les 15 minutes devant Dieu, et ce à thermostat 8". S’ensuivirent flammes immenses, cris immondes et viande brûlée : ainsi naquit l’ancêtre de la Fête de l’Humanité.

Un seul secret ne fut pas levé : qu’advint il de la mirobolante fortune accumulée par l’Ordre des Templiers du jour de leur création jusqu’à celui de leur arrestation ? Voilà une légende qui inspira de bien beaux auteurs de films, puisque vous n’êtes pas sans savoir que l’an prochain est prévu le troisième volet de la série des "Benjamin Gates", sorte de super-aventurier-historien-archéologue façon Indiana Jones.

Ensemble, découvrons le premier épisode de cette fabuleuse trilogie (enfin, s’ils s’en arrêtent à trois), et spoilons le sauvagement et sans vergogne.

L'affiche : avec Nicolas Cage, si l'aventure a un nouveau visage, elle n'a toujours aucune expression faciale.

Car tout commence 660 ans après les évènements que je viens de vous conter, en 1974 à Washington, U.S.A. Benjamin Gates, jeune freluquet aventureux, profite d’une nuit d’orage pour se rendre dans le grenier de la maison familiale ; équipé d’une lampe torche, il balaie de son faisceau lumineux les piles de vieux objets empilés, uniquement interrompu de temps à autres par le choc sourd de la foudre tombant non loin. Après quelques hésitations, notre héros semble découvrir ce qu’il était venu discrètement chercher : la pile des vieux magazines pornos de son grand-père. Hélas, le dit propriétaire des revues précédemment évoquées surgit derrière lui, s’en empare, et marmonne un "Hmmm, tu es assez grand pour ça, maintenant ; viens, je vais tout te dire."

"Chouette !" se dit Benjamin ; "Grand-Père va enfin m’expliquer ce qu’il appelle la Toupie Javanaise !", mais non, en fait, papy a dû mal comprendre (ou bien moi), car il montre l’ouvrage que Benjamin avait tenté de prendre et qui est en fait un vieux livre sur la famille Gates, et entreprend de raconter à l’enfant le secret familial.

En 1832, un ancêtre de la famille Gates, cocher de son état, conduit à toute allure son attelage dans les rues de Washington ; à bord de celui-ci, son vieux maître, dernier signataire de la déclaration d’indépendance de 1776 encore en vie, est mourant et souhaite révéler un secret au président des Etats-Unis avant de s’éteindre. Hélas, le président n’est pas là. Que faire, se dit notre futur macchabée ? Bon, si je ne peux pas révéler le secret au président, je vais le révéler à mon cocher, car c’est le numéro 2 sur la liste des gens importants à qui révéler un secret d’importance mondiale (oui, papy devait sucrer les fraises, car entre le président et un pauvre prolo, il y aurait quelques échelons intermédiaires. Si son cocher était parti uriner, nul doute qu’il eut révélé sa lourde confidence à un clochard ivre passant par là). Et, quel est donc ce secret ? Non, parce que je vous sens intrigué mes bons lecteurs, et je vous comprends.

Au travers des siècles, un trésor est passé de mains en mains : grecs, égyptiens, romains… tous les pillages du monde accumulés en un seul butin et perdu durant des siècles avant de réapparaître au moyen-âge, lorsque quelques chevaliers en croisade trouvèrent le pactole sous le temple de Salomon ; et plutôt que de claquer tout cet or en schnouf et filles faciles, ils décidèrent qu'"un seul homme ne pouvait pas posséder autant d’or". Aussi, ils jurèrent de protéger le trésor et prirent le nom de templiers (historiens, fuyez, fous que vous êtes !) ; par la suite, ils devinrent les francs-maçons (comme ça, pif-pouf, parce que l’ancien nom ne les faisait plus marrer, probablement) et décidèrent d’évacuer le trésor loin de l’Europe où il n’était plus en sécurité. Aussi le firent ils conduire vers le Nouveau Monde dans le plus grand secret ; hélas, la guerre d’indépendance eut lieu,et il fallu le cacher des britanniques en goguette qui auraient bien voulu s’en emparer pour se payer du pudding à foison… en conséquence de quoi les franc-maçons le mirent en lieu sûr, et ne laissèrent que de complexes indices ici ou là pour que retrouver le trésor ne soit pas une partie de plaisir.

Et un soir de 1832, un franc-maçon confia donc ce secret à un pauvre cocher, lui donnant un bout de papier sur lequel était inscrit le seul indice en sa possession pour retrouver le trésor "Le secret repose avec Charlotte".

Charlotte, la première piste de Benjamin

Voilà. Bon, Benjamin est fasciné par cette histoire ; c’est dommage qu’il ne dise pas "Papy, ils sont trop cons en fait les francs-templiers ou templiers-maçons : s’ils voulaient juste que le trésor ne finisse pas entre les mains d’un seul homme, pourquoi n’en ont ils pas juste fait bénéficier l’humanité d’une manière ou d’une autre, genre don à de bonnes œuvres  ? C’eut été plus malin et plus généreux de leur part ! Nan parce que du coup ils passent des siècles et des fortunes à se débrouiller pour que personne ne mette jamais la main sur le magot ; si c’était vraiment leur objectif, pourquoi ont ils laissé des indices ? Et pourquoi ne l’ont ils pas tout simplement balancé au fond de l’océan, s’ils voulaient vraiment que personne ne le trouve ? Sans compter que priver l’humanité de milliers d’objets d’art et de précieuses reliques juste pour le plaisir, c’est d’une perversité sans nom.". Non, à la place, Benjamin dit "Ouaaah trop cool ! Moi aussi je veux devenir un chevalier protecteur du trésor !" Pas de problèmes : papy Gates le fait s’agenouiller, et au nom de sa famille, dépositaire du secret du trésor des templiers, l’adoube chevalier Gates/Templier/Franc-maçon.

Désormais, c’est à Benjamin de protéger le trésor de la cupidité des hommes.

Retrouvons donc notre héros quelques années plus tard où, suite à quelques malheurs de la vie et de la puberté, il est devenu Nicolas Cage, ce qui n’est quand même pas de bol (ça reste le cauchemar de quantité d’adolescents). Cependant, cela ne l’a pas empêché de poursuivre la quête de la famille Gates : trouver le trésor des templiers. Et pour cela, il s’est entouré de toute une équipe payée aux frais de Ian, son excellent et richissime ami qui se fait le mécène de ses recherches. Car oui, pour protéger le trésor d’éventuels pillards, Benjy s’est mis en tête de le rechercher pour mieux le protéger. Oui, mais s’il est si bien caché ne serait il pas plus simple de le laisser là où il est et de ne pas partager les indices avec n’importe qui ? Non ? Bon, bon, je ne dis plus rien, soit. Bref, notre équipée se rend dans l’Arctique où elle est à la recherche d’un navire, le "Charlotte", puisqu’après avoir couché avec toutes les Charlotte d’Amérique, fussent elles serveuses de drive-in, médecins ou labradors, Benjamin s’est dit que c’était peut-être le nom d’un bateau. Dixit Riley, le jeune scientifique/informaticien/géologue de l’équipe, ce vieux navire aurait été pris par l’une des célèbres tempêtes Arctiques, qui capturent des bateaux (oui, ce sont des tempêtes pirates, on les reconnait facilement à leur bandeau sur l’œil) avant de les ramener vers le Nord et de les enfermer sous douze tonnes de neige et de glace. Hé bé, ça rigole pas.

En tout cas, équipée des dernières technologies, la petite poignée d’aventuriers du sire Gates finit par localiser l’épave qui se situe à quelques mètres sous les chenilles des engins de la fière troupe. En quelques heures et coups de pelles, voici paraître la splendide épave d’un fameux voilier parfaitement conservé, la Charlotte ; aussitôt que cela est possible, l’ami Gates, Ian, Riley et quelques hommes se décident à pénétrer dans ce splendide vestige du passé. Que contient le bateau ? Rien, si ce n’est quelques squelettes de marins et quantité de barils de poudre à canon pas du tout humide (la neige et la glace sont deux choses connues pour être particulièrement sèches), mais aucune trace du moindre trésor, ce qui semble beaucoup décevoir tout le monde (sauf Benjy). Et pourtant, en fouillant un baril de poudre encore tenu par les restes du capitaine du navire (l’équipage s’étant visiblement fait prendre au piège de son propre bord), Benjamin trouve un vieux paquet contenant une fabuleuse pipe en écume de mer superbement sculptée en forme de petit château fort (le genre de pipe qui vous fait briller en société). Et sur le tuyau de celle-ci, il remarque au premier coup d’œil un détail : celui-ci est beaucoup trop finement ouvragé pour être honnête ! Ni une, ni deux, il s’entaille, fait couler son sang sur l’objet puis le roule comme un petit rouleau d’impression sur un papier et… apparait en lettres de sang une énigme ! Il est très fort ce Monsieur Gates : il découvre un splendide objet, en quinze secondes il comprend qu’il faut le dégueulasser à coups d’hémoglobine pour s’en servir d’imprimerie portative. Quel esprit de déduction hors du commun.

L’énigme cependant n’est pas facile, puisqu’elle parle de secret, de serment, de fer… mais Benjamin est là encore décidément trop fort : en faisant des associations d’idées dignes d’un trip sous LSD, il détermine le sens de l’énigme et sa solution : le prochain indice est une carte située au verso de la déclaration d’indépendance de 1776. Ah, oui, comme ça, en 5 minutes au fond d’une cale d’un navire bloqué dans l’Arctique ? Décidément, c’est de plus en plus fort.

Benjamin cherchant le shit qu'il planque dans la reliure de son exemplaire de "L'Histoire des Templiers pour les Nuls"

Ian et Benjamin dissertent donc sur le sujet, car aussi improbable cette déduction peut-être, elle leur semble aussitôt être la vérité : il leur faudrait donc pouvoir consulter la déclaration d’indépendance. Hmmm, comment faire… On pourrait demander gentiment ? Non, les gens du musée vont évidemment refuser. C’est vrai quoi, deux mecs dont un spécialiste de l’histoire et un mécène avec assez de thunes pour financer le musée/corrompre les conservateurs et disposant en sus d’une pipe mystérieuse d’importance historique comprenant un message relatif à la déclaration d’indépendance n’ont aucune chance de pouvoir consulter le dit document rien que 5 minutes juste pour vérifier s’il n’y aurait pas un bond titanesque à faire dans l’histoire, bond qui ferait une publicité incroyable au musée en question.

Ils se disent donc que c’est impossible. Bravo les aventuriers : traverser l’Arctique à la rechercher d’un bateau légendaire, oui, braver l’administration, non. En conséquence de quoi, Ian révèle son terrible secret : par le passé, il a organisé quantité de cambriolages et actions illégales, aussi se propose t il de voler la déclaration d’indépendance pour la consulter.

C’est vrai qu’il est beaucoup plus simple d’organiser le cambriolage du siècle que de demander gentiment arguments historiques et financiers à l’appui.

Benjamin refuse, car il est un patriote qui aime son pays et son patrimoine ; Ian lui répond que si c’est ainsi, il n’a plus besoin de lui et s’en va donc lui mettre une balle dans la tête. Ah oui, il est fourbe, Ian, en fait ; que voulez-vous, il est joué par Sean Bean, l’interprète de Boromir dans le Seigneur des Anneaux : quand il n’est pas occupé à essayer de piquer l’anneau unique à des hobbits, il tente de voler des trésors nationaux au peuple américain. Heureusement, aidé d’une torche, Benjamin organise une diversion en mettant le feu à la poudre à canon répandue au sol (je vous disais qu’elle était bien sèche ; même au sol sur une couche de neige, elle brûle à la perfection) ; Ian est obligé de s’enfuir avec ses hommes, et seul Riley, le jeune scientifique, reste fidèle à Benjamin. Ces deux derniers n’ayant pu s’enfuir, ils arrivent à se cacher dans un recoin du bateau qui les protège lorsque la sainte-barbe explose finalement réduisant le reste du navire en miettes. Ian et le reste de l’expédition s’enfuient donc à bord de leurs véhicules, abandonnant les restes de la Charlotte ainsi que Benjamin et Riley qu’ils croient morts.

C’est ignorer la règle cinématographique numéro 29 : "si ya pas de corps, ya pas de mort".

De retour au pays, Benjamin et son copain Riley vont voir le FBI pour les avertir que miséricorde, de vilains brigands s’apprêtent à voler la déclaration d’indépendance ! Bien qu’ils puissent donner le nom de Ian ainsi que rajouter "accessoirement, il a essayé de nous tuer il y a quelques jours, il suffit juste d’envoyer une voiture chez lui et vous le trouverez en train de préparer son affaire entouré de quantité de terroristes dont j’ai aussi les noms car il les avait engagés comme hommes de main sur mon expédition", ils ne le font pas car ils sont un peu cons. Conséquence de quoi, le FBI ne les croit pas et les met dehors.

Ils font donc une deuxième tentative directement au musée visé par les méchants, en demandant à voir la conservatrice en chef, le professeur Abigail Chase qui est évidemment une bombasse blonde. Là, ils tentent de la convaincre du risque encouru par la déclaration en utilisant un argument simple : "Bon, on pense que la déclaration d’indépendance est en danger et risque d’être volée. Par contre, si vous nous laissez la consulter, on pourra vous dire si elle l’est vraiment ou non". Ah, parce que ça va changer quelque chose de la consulter peut-être ? Et puis c’est d’un crédible : "Bonjour, je viens vous prévenir que des gens vont voler la Joconde, mais si vous me laissez 30 secondes avec elle, je pourrai vous dire si c’est vrai ou pas". Étrangement, la scientifique refuse, puisqu’il semblerait que Benjamin Gates soit plus doué pour résoudre les énigmes en quelques secondes que pour avoir un raisonnement cohérent dans la vie de tous les jours. On est passé très près du "Professeur, je crois que des méchants veulent vous violer ; mais si vous me laissez palper vos roploplos, je pourrai vous dire si c’est ou non du pipeau.".

Convaincre les gens sans expressions faciales, c'est assez ardu

Dépité, Benjy et Riley s’en vont donc rôder dans le musée et observent la déclaration au travers de sa vitre blindée d’exposition ; ils se permettent une petite séance à base de "Ouah, c’est le plus beau et le plus important document de toute l’histoire de l’humanité" et "Les Etats-Unis sont vraiment le plus grand pays du monde". Soudain, cependant, les choses dégénèrent lorsque Benjamin continue de sombrer dans l’incohérence la plus totale, puisque se souvenant que les signataires de la déclaration d’indépendance avaient bravé la loi pour faire ce qui leur semblait être juste, il se dit qu’il est de son devoir de voler le document pour l’étudier et le protéger.

Un petit résumé peut-être ? Benjamin Gates veut découvrir un trésor caché pour mieux le protéger. Trésor caché par des gens qui voulaient que personne ne le découvre, mais qui ont quand même laissé des indices pour ce faire. Benjamin étant le seul à avoir le dernier indice existant, on pourrait supposer qu’en le détruisant, le trésor serait vraiment bien protégé dans sa cachette mais non, ce couillon insiste pour le rechercher, et ce en emmenant avec lui toute une bande de criminels, soit l’opposé exact de ce qu’il est censé faire. Bon, revenons à cette histoire de trésor : il veut le découvrir, et pour ça, il a besoin de la déclaration d’indépendance américaine, mais personne ne veut lui prêter. Son pote criminel se propose de la voler pour lui. Il refuse. Et puis finalement, il se dit qu’il va la voler, mais sans son pote criminel. Et là encore, pour quel motif : "Pour la protéger !". Autre solution, gros blaireau, aider à déjouer le cambriolage (puisque toi tu sais qu’il va avoir lieu), et ainsi prouver que tu avais raison depuis le début, ce qui devrait te rendre particulièrement crédible, et te permettre d’accéder à la constitution tout en la protégeant vraiment. Mais non.

C’est un principe que l’on retrouve dans quantité de films et de livres, comme par exemple, le très navrant Harry Potter, que des milliers de fans défendent pourtant : "Harry, la pierre philosophale est incroyablement bien cachée et bien gardée ! Comment ? La voler avant que le méchant ne s’en empare ? C’est un plan génial !"

Je vous la refais.

"Que dis-tu Jean-Jacques ? Des gens vont braquer la banque super bien gardée vendredi à 13h ? J’ai une idée, braquons là d’abord comme ça ils n’auront plus rien à voler et ils seront bien feintés !". Quel plan trop malin.

Bon, passons sur les toutes les œuvres basées sur ce fabuleux concept qui ne tient pourtant pas plus de quatre secondes pour qui lit cette précédente phrase à haute voix, et revenons-en à Benjamin Gates. Ce dernier a en effet prévu de préparer son cambriolage en utilisant tous les documents de la bibliothèque du Congrès, puisque d’abord, on y trouve tous les plans et systèmes de sécurité des musées américains accessibles au public (ha ?), on peut y discuter pépère (ho ?) et aucun lecteur ne s’inquiète de vous entendre expliquer comment vous aller réaliser le cambriolage du siècle (hu ?). C’est drôlement bien fait quand même.

Et ce qui est aussi drôlement bien fait, c’est qu’un gala va se tenir prochainement au musée, et que la sécurité sera tournée prioritairement vers les invités et non vers les œuvres. Une occasion unique pour agir ! Coup de bol supplémentaire, tous les câbles informatiques et de sécurité du musée sont accessibles depuis les sous-sols ouverts à tous vents, et Riley le joyeux informaticien peut ainsi aller s’y connecter pour prendre le contrôle des caméras de sécurité. Caméras qui sont par ailleurs équipées de micros (décidément) qui en plus, suppriment les bruits parasites et ne conservent en haute définition que les conversations intéressantes ! Vous n’entendez pas les deux techniciens juste en dessous de la caméra en train de parler du score de l’équipe de France, par contre vous avez l’intégralité de la conversation de la conservatrice à l’autre bout de la salle en train de marmonner "Halala, dire que la principale faille de sécurité est blablabla et qu’il ne faudrait surtout pas que quelqu’un blablabla et blublublu". On se croirait dans un épisode des Experts (un de ceux où les caméras sont tellement modernes qu’en zoomant depuis l’une d’entre elles située sur les quais de New-York, on peut observer les bigorneaux s’accoupler à Brest).

Billy le Bigorneau, arrêté dans la saison 5 des Experts Manhattan pour viol de moule avec actes de barbarie

En tout cas, pour pouvoir opérer plus facilement, Benjamin et Riley utilisent un discret laser pour rendre fou un détecteur de chaleur dans la vitrine blindée de la déclaration, afin que celle-ci soit renvoyée en salle de conservation pour être réparée et s’assurer que le document n’a rien.

De son côté, Ian prépare lui aussi son cambriolage, sauf que lui prévoit de le faire en utilisant plus de C4 et moins de bisous.

Le soir du gala, Benjamin infiltre donc la soirée et arrive à s’éclipser discrètement pour se rendre en salle de conservation ; là, il vole la constitution juste sous le nez de son vieux copain Ian, et arrive à s’enfuir. Hélas, à peine a t il mis un pied dehors que le professeur Chase le poursuit en robe de soirée, car elle trouve son attitude étrange et veut savoir ce qu’il mijote. C’est sans compter sur le commando de Ian qui, suite à un fabuleux quiproquo (ils pensent qu’elle est dans le coup et qu’elle a la déclaration avec elle), la kidnappe ; il faudra une course poursuite en vans pourris entre les deux équipes de voleurs pour que finalement Abigail soit récupérée et finisse à l’arrière du véhicule de Nicolas Cage, un véritable cauchemar pour toute femme qui se respecte.

Au musée, la police finit par arriver, puisque l’on s’est aperçu que la déclaration avait été dérobée, et que bon, c’était tout de même bien embêtant cette histoire. C’est donc l’agent Sadusky qui est mis sur le coup pour tenter de résoudre l’enquête : ni une ni deux, il consulte les vidéos de sécurité et constate la présence de Benjamin Gates à la soirée alors qu’il n’était pas invité. Bon, par contre, lui quand il consulte les caméras, celles-ci ne comportent plus de micros. Ils ont dû changer de modèle entre les deux.

Benjamin doit lui se débrouiller pour récupérer chez son père de vieilles lettres de Benjamin Franklin, car il a deviné encore une fois en partant d’un bon gros shoot de coke qu’il en avait besoin pour décoder ce qu’il y avait au dos de la constitution. Il avait bien des copies numérisées de ces lettres chez lui, mais bon, la police doit déjà y être ; mieux vaut donc qu’il aille chez son père pour consulter les originaux. Hélas, ce dernier en a fait don récemment au Franklin Institute. C’est embêtant, mais Benjy décide de mettre ce petit passage chez son père à profit pour consulter le verso de la déclaration…hmmm… voyons voir… tiens, la chaleur des respirations et des corps qui s’échauffent semble faire apparaître des séries de chiffres ? Hmmm… Allez, un coup de sèche-cheveux, et tout apparait, il n’y a plus qu’à noter ! En parlant de noter, depuis 2 siècles, personne n’avait respiré à côté de la déclaration ? Ce qui aurait ainsi provoqué l’apparition des fameux chiffres et révélé la chose ? Et puis avant qu’elle ne finisse dans un musée, jamais elle ne fut exposée à de la chaleur, même bien naturelle ? Non ? Allez, on va dire que non.

D’ailleurs, pourquoi ces andouilles de francs-templiers-maçons ont ils mis leur carte au dos de la déclaration ? "Pour être sûrs que jamais elle ne soit perdue !" selon Ben ; ils devaient être sacrément bordéliques quand même pour en arriver là. Sans compter que mettre un document ultra-secret au dos d’un document ultra-célèbre… Cela dit, c’est pas con. Je paume tout le temps mes listes de courses ; je crois que je vais les mettre au dos de la Déclaration des Droits de l’Homme.

Fidel Castro lui-même cachait ses discours au verso de la tapisserie de Bayeux

Bon en attendant, maintenant qu’ils ont de mystérieuses séries de chiffres, qu’en faire ? Et bien se rendre au Franklin Institute afin d’y consulter les fameuses lettres de Benjamin Franklin : en utilisant les chiffres comme des repères indiquant certaines lettres à noter dans le texte et en réassemblant dans l’ordre le tout, un nouvel indice devrait apparaître ! Sauf qu’il est difficile de se pointer dans un musée lorsque l’on est recherché par le FBI… aussi, nos héros recrutent un petit écolier à la peau d’ébène pour faire des allers retours dans le musée en lui indiquant ce qu’il doit trouver dans les lettres de l’ami Franklin ; le petit s’exécute, sauf que figurez vous que Ian, ce gros méchant, a lui aussi compris qu’il y avait besoin de ces fameuses lettres pour décoder le message ! Et en se rendant au musée, il repère facilement le jeune enfant (noir et donc forcément suspect) qui semble prendre des notes devant les vitrines des célèbres écrits. "Comment ?" se dit il, "Un afro-américain scolarisé ? Voilà qui est bien étrange !" ; il comprend aussitôt que ce dernier doit être un agent de l’équipe Gates (lui aussi il a de fabuleux pouvoirs de déduction pas du tout télescopés) et se décide à aller à sa rencontre pour le corrompre à coups de billets (ou le menacer de l’expulser dans un champ de coton, je ne me souviens plus très bien) ; que lui faisaient ils noter ? Le gamin explique, et propose même de vendre à Ian le tout dernier message qu’il avait noté, qui constitue la toute fin de l’énigme. Les gentils n’en avaient pas besoin : ils sont tellement forts qu’ils avaient déjà deviné le dernier mot de l’énigme et s’étaient barré en abandonnant le ch’tit noir. Ian se retrouve donc avec environ 1/60e de l’énigme à la main, ce qui est avouons-le, peu.

Cependant, ça ne l’empêche de le guider vers Liberty Bell, à l’Independance Hall, pile là où effectivement le message complet guidait nos héros. Comme quoi, pourquoi se faire chier à avoir une énigme complète quand un seul mot suffit ? En tout cas, l’énigme complète est un poil plus précise malgré tout, puisqu’elle indique le toit du fameux bâtiment où, en fouillant un peu, Benjamin trouve une brique marquée du sceau des franc-maçons ; en la retirant, il trouve à l’intérieur une paire de lunettes 3D conçues par Benjamin Franklin pour regarder Avatar sans se soucier du scénario (Benjamin Franklin adorait les effets spéciaux en tous genres, la foudre entre autres). Il est hélas interrompu par l’arrivée de Ian et de ses hommes, et doit s’enfuir en laissant de côté la jolie Chase et le geek Riley. Mais finalement, l’aventure tourne mal : Benjamin est arrêté par le FBI qui avait repéré sa voiture, et ses deux amis se font chiper la déclaration d’indépendance par Ian et ses gorilles.

Résumons : Benjamin est prisonnier du FBI, mais il a les lunettes nécessaires à la suite de l’histoire. Ian est libre et a la déclaration d’indépendance mais pas les lunettes 3D.  Aussi, un compromis est rapidement trouvé par le terrible criminel : il appelle le FBI et explique qu’il veut voir son copain Ben le lendemain matin sur l’Intrepid, un musée-porte-avion stationné à New-York. Il précise accessoirement que s’il voit un seul agent du FBI tourner autour du sire Gates, il se torchera avec la déclaration d’indépendance non sans avoir mangé deux chorizos entier en amont. Le saligaud. Le lendemain pourtant, tout le navire grouille tant de touristes obèses que d’agents spéciaux ; évidemment, ils ont aussi eu l’idée géniale de mettre un micro à Benjamin et de taper la causette avec, ce qui fait que notre héros donne l’impression de causer tout seul, le genre de truc qui ne met pas du tout la puce à l’oreille des méchants. Un coup à se retrouver avec une déclaration couverte de caca, ce n’est pas très raisonnable. Pourtant, les brigands arrivent tout de même à s’emparer de Benjy en lui proposant discrètement de sauter à l’eau ; dès lors, un groupe de plongeurs le récupère et via un petit véhicule sous-marin, l’emmène loin de toute l’agitation fédérale.

Ian dispose du top du top de la technologie fécale

Une fois à l’abri, Ian retrouve son bon ami et lui propose de lui rendre tant la déclaration d’indépendance que la pipe en écume de mer (c’était lui qui l’avait aussi, il trouvait ça définitivement trop cool) en échange des fameuses lunettes 3D et de son aide pour trouver le trésor. Histoire de s’assurer la coopération de notre bonhomme, Ian a fait kidnapper son père, Chase et Riley et menace de les transformer en boîtes à trous pour tests de QI spécial militaire ("Voici des balles de différents calibres, il faut les mettre dans le trou correspondant. A toi de jouer mon petit.") si jamais notre héros s’avisait de faire le malin. Aidés du verso de la déclaration (oui parce que TOUT est au dos du même document, ils sont vraiment formidablement prudents ces templiers) et des lunettes multicolores, nos deux larrons ont vite fait de découvrir le dernier indice : il faut se rendre à Trinity Church, à l’angle de Broadway et de Wall Street et y trouver la tombe d’un franc-maçon cachant en réalité un passage secret menant sous l’église. On trouve dans ce passage quantités de torches prêtes à l’emploi (pour des templiers, ils étaient bien hospitaliers – ha, l’humour d’historien !), ainsi qu’un vieil escalier de bois à moitié vermoulu s’enfonçant dans les ténèbres d’un immense puits souterrain. Oui, tout est resté secret malgré les hordes d’ouvriers nécessaires à une telle construction allant et venant dans l’église, et qui en plus, pouvaient eux aussi parler du travail qu’ils avaient accompli.  Ils étaient sûrement très disciplinés.

Tout au fond du puit, la fine équipe tombe donc nez-à-nez avec un cul-de-sac ; nom d’une pipe ! Le trésor ! Il n’est plus là… Il y a simplement une vieille lanterne accrochée au plafond. Ian sent que Benjamin bluffe lorsqu’il dit que le trésor a disparu ; il menace donc de remonter sans les gentils via un petit ascenseur à poulies, seul moyen de se mouvoir verticalement depuis que l’escalier s’est effondré à cause du temps (oui, les francs-maçons avaient aussi prévu ça et fait installer de petits ascenseurs) si ces derniers n’avouent pas la vérité. Et ça marche : ils disent qu’en fait la salle comporte un indice : la lanterne, qui fait référence à un célèbre passage de la guerre d’indépendance dans la ville de Boston. Les méchants se contentent donc de dire "Merci !" avant de se barrer en abandonnant nos bons amis au fond de leur trou. Crotte de bique, faits comme des rats ! Ils meurent donc tous de faim et de soif, non sans avoir profité d’être trois mâles en rut autour d’une historienne blonde et sans défense en sachant que personne ne les retrouverait jamais.

Trois hommes, une femme, des torches et un cul-de-sac, tellement de possibilités

Vous êtes encore là ? Bon, d’accord, ce n’est pas vrai ; quelqu’un a voulu que ça se passe autrement et que Benjamin Gates explore d’autres cavités que celles du professeur Abigail Chase : en fait, les gentils ont bluffé : il n’y a rien à Boston, c’était pour se débarrasser de Ian et le faire partir. Le cul-de-sac n’en est pas un, il y a en fait sur l’un des murs un énooooooooooorme signe franc-maçon (qu’aucun vilain n’avait remarqué) couplé à un tiiiiiiiiitanesque bouton (là aussi qui avait échappé à toute investigation des vils brigands) dans lequel est découpé la forme de la pipe en écume de mer, que Ian leur a connement laissé : en emboîtant tout ça, la paroi bascule et mène à une nouvelle salle de plusieurs centaines de mètres carrés contenant…

… le trésor des templiers ! Statues égyptiennes en or, sarcophages précieux, étendards immémoriaux, parchemins de la bibliothèque d’Alexandrie… tout y est. Y compris une sortie de secours, qui ramène dans l’église (oui, car non contents d’avoir prévu des tonnes de choses, les franc-maçons avaient aussi prévu que leur premier escalier s’effondrerait, que les ascenseurs à poulies seraient inaccessibles et qu’il faudrait un troisième moyen de sortir, fabuleux). Une fois à l’air libre, Benjamin appelle donc l’agent Sadusky pour lui signaler sa découverte ; ce dernier rapplique à toute allure, et arbore fièrement une monstrueuse bague ornée d’un sceau franc-maçon (c’est marrant, je les croyais plus discrets). Il fait comprendre à Benjy qu’il connaissait déjà la légende du trésor, et qu’il travaillait à le protéger. Il félicite donc notre aventurier de sa fabuleuse découverte (Heu… non. Non, les francs-maçons voulaient le cacher, pas le découvrir. C’est même sur ce principe que tout le film tourne, non ? Alors pourquoi tu… ha, zut, j’avais dit que je me tairais). Cependant, Benjamin n’en a pas moins volé la déclaration d’indépendance, et doit donc aller en prison. Sûr ? Évidemment que non : il propose simplement à Sadusky d’arrêter Ian à sa place, en lui indiquant l’endroit où il se rend à Boston, et où il n’y a plus qu’à tendre une embuscade, chose qui marche à merveille.

Mais on ne fait pas de procès aux Etats-Unis ? Vous savez, ces passages rigolos dans un tribunal durant lequel les gens expliquent que "D’accord, Ian est un gros con, mais un gros con riche qui a de quoi se payer un avocat avec suffisamment de QI pour rappeler que le vrai voleur, c’est Benjamin Gates, et qu’il y a même des vidéos qui le prouvent, alors bon, autant son client peut se prendre une grosse amende pour avoir pénétré par effraction dans un musée, autant il n’a rien volé, lui, au moins.". Et bien apparemment : non.

Puisque Benjamin est désormais riche et célèbre, tout comme son pote Riley. On les découvre d’ailleurs tous deux en train de discuter du fait que Ben a été trop con, puisqu’il a refusé d’être dédommagé à hauteur de 10% de la valeur du trésor : "C’était trop". Trésor qui a été dispersé entre différents musées mondiaux. Notre Gates national explique que cependant, il a quand même eu en compensation une meuf, c’est-à-dire le professeur Chase qui est follement amoureuse et qui glousse comme une dinde quand elle entend dire qu’elle est un lot de consolation. Ca la rend follement heureuse.

Tant et si bien qu’une fois Riley parti, elle donne une carte à Benjamin. "Une carte qui mène à quoi ?"

"Hihihihi" répond t-elle en se mettant à courir avec un air semi-lubrique mais surtout idiot vers sa chambre. Et donc…

FIN

Le mot de la fin revient à grand-père Gates : "Souviens toi de la toupie javanaise !"

Oui alors en fait, je comprends mieux la passion de nos ancêtres pour le bûcher maintenant. Merci Benjamin Gates, tu m’as ouvert les yeux.

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