Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un "sang-mêlé" (oui, même le terme de "demi-dieu", puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le "camp des sang-mêlés" et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme "Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?". Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

"Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir !" s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme "Naooooon, Thaliaaaa !", "Hooo c’est trop triiiiiste !" ou "Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !".

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

"Zut", se dit Percy. "Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds." utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

"Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters."

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

"S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?"

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots "trilogie du samedi" vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

"C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !"

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

"RON !" s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

"Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF !"

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Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! "Mais par qui donc ?" se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

"Par Luke !" s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

"Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- "Ce film sera nul à chier jusqu’au bout" ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit."

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme "Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé" ou "Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va." Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

"Intéressant." se dit Percy. Avant d’ajouter "Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! "Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal." Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !".  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

"Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie !" 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

"Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?."

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

"Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit !"

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme "Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde", le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

"Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas." Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de "normalité" grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la "mer des monstres", plus connue chez les humains comme "le triangle des Bermudes" (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

"Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique !"

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

"Cacaboudin !" s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! "Double cacaboudin !", ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  "Sûrement des alliés de Luke", constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  "Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu !" complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

"Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !". Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

"M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée "La Misou-Misou"
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien !"

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Après "Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent", retrouvez Hermès dans "Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin". Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit "Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe."  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! "Rhooo, le chouchou !" grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du "Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques" puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

"Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était !"

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

"Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha !"

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux "[FILS2RMS]Pr0uT_23" qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! "Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ?"

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme "Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho !", Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

"Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants !" s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

"Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même."

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

"Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION."

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

"Tyson, tu es vraiment une grosse merde", aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage "attachant". Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : "Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies") en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

"Hooo, bin c’est pas banal !" se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

"Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur."

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

"Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser !"

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

"Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème !"
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est "Circéland" (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : "Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer!"

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire "Houhouuuu Polyphèèèèèème !" avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient "un gros trou" – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

"Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf."

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

"Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas !". Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier "Vas-y Percy, t’es le meilleur", le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est "Gnééé, gna brille !"

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

"Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord."

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de "Tu es mon frère, je t’aime", "C’est bon d’avoir quelqu’un", "Le pouvoir de l’amitié est le plus fort" et autre "Je t’apprécie même si tu es un peu con". Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

"Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki."

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme "Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie !" jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme "C’était une belle aventure", "Je vais mourir" ou "Milla Jovovich" (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme "Uuurgaaargl" et meurt.

"Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait", se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à "Action ou Vérité"…

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur "Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras !" Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

"Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl."

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Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

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Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

"Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.""

Je crois que nous n’avons pas la même notion de "privilégier le scénario".

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.

"Patron, patron !"

La porte du salon s’ouvrit violemment, laissant paraître le visage rubicond du malheureux Diego, essoufflé et roulant des yeux paniqués. S’avançant en direction de son auguste – et modeste – maître, l’humble employé tenta de se reprendre quelque peu, réajustant sa tenue en profitant du fait que son supérieur soit occupé à observer quelque chose par la fenêtre. Sans se retourner, ce dernier leva son verre de brandy avant de s’enquérir du motif ce raffut.

"Hé bien Diego, que se passe t-il ? 
- C’est… haaa… le… haaa… le…"

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Me retournant pour constater le lamentable et dégoulinant état de celui pourtant payé à avoir un minimum de tenue, je me permis de sourciller, exprimant ainsi mon désarroi avec force.

"Diego, la dernière fois que je t’ai vu si essoufflé, c’était la fois où il avait fallu rattraper cette joueuse de volley-ball suédoise qui s’était échappée du coffre. Tu te souviens quand j’ai dû lancer ma pelle dans ses jambes pour l’arrêter ? Quelle belle soirée cela fut.
- Haaa… certes Monsieur mais je… haaa… c’est important ! Vous allez… apprécier. Voyez plutôt…"

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Se saisissant prestement d’une télécommande, le brave garçon alluma la télévision voisine, y faisant paraître des images de bruyantes manifestations, d’incendies et de diverses mais généreuses oeuvres de pilosité faciale. M’approchant quelque peu, je constatai bien vite que Diego semblait attendre, béat, une quelconque réaction de ma part.

"Qu’est-ce ? Il y a encore une nouvelle chaîne ? Canal Sarrasin à vue de nez, non ? J’imagine que Black & Decker ne se pressent pas pour occuper leur espace publicitaire, ce serait un peu pour eux comme se proposer de sponsoriser Sébastien Chabal.
- Monsieur !
- Mais je ne sais pas mon bon, aide-moi ! Je ne vois pas !
- Mais ces gens Monsieur, ces gens ! Ils réalisent votre rêve ! 
- Réaliser le concours du plus bel air grognon ?
- Non ! Ils sont en colère… parce que quelqu’un a fait un film pourri !"

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Surpris par cette nouvelle, j’en lâchai mon verre de brandy. Je ne pris même pas la peine de réagir lorsque Diego, comme il se devait, se jeta au sol pour sauver la précieuse boisson d’un sort funeste. Tout au mieux, je posais un pied sur son dos pour m’approcher un peu plus du téléviseur et observer les manifestations de colère qui y apparaissaient.

En France, il y avait 20 manifestants selon la police, 25 selon les organisateurs, et 3,6 millions selon Marine Le Pen

"Mais alors, qu’est-ce qui a décidé ces gens à enfin hurler contre l’immense foutage de gueule qu’est le cinéma actuel ? Ils ont vu Prométhéus ? Non, laissez-moi deviner : le dernier Batman ! Ou… hmmm, non, une rediffusion d’Avatar qui a mal tourné peut-être ?
- Non Monsieur : il s’agit d’un film vraiment pourri. Ils se sont sentis insultés en le voyant.
- Oui, c’est bien ce que je dis.
- Ah mais non, mais là c’est juste parce que c’est religieux.
- Diable ? Vous voudriez dire qu’insulter la foi serait intolérable là où faire de même avec l’intelligence serait considéré comme "de l’industrie de loisir" ? 
- Je ne l’aurais pas dit ainsi Monsieur, mais il semblerait que ce soit ainsi."

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Diego ponctua sa phrase d’un gémissement, alors que je basculais un peu plus mon poids vers mon pied d’appui habilement situé sur le dos du personnage. Me baissant seulement pour me saisir du verre de brandy qu’il tenait encore dans la main, je supposai qu’il était temps d’aborder un sujet des plus importants lorsque l’on parle de cinéma : la notion de cohérence.

Car vous aussi, vous avez peut-être connu cette scène : alors que vous êtes avec quelques amis à profiter d’une soirée de bon goût (comprendre : sans Time’s Up ni Jungle Speed), voici que la conversation dérive vers le cinéma. La chose est abordée de bien des manières, mais alors que vous riez joyeusement d’une abominable incohérence laissée au coeur d’un film, voici que l’un des convives fronce ses sourcils très fort. A peine avez-vous le temps de voir l’attaque venir, que déjà, le vil fripon a déjà lâché son fiel sous la forme de cette célèbre maxime :

"Haaan, mais c’est qu’un film !"

Et arguant que dans ce cas, on pourrait aussi reprocher à Harry Potter de faire de la magie, aux personnages de Star Wars de voguer dans l’espace à folle allure, ou à Marty de retourner régulièrement dans le futur. Alors la cohérence, pffff, tu vois, bon, hein, dis.

Dans ce cas, permettez-moi de vous indiquer la procédure à suivre : tout d’abord, riez poliment, et proposez à l’auteur de pareil propos de vous accompagner en direction du bar pour reprendre quelque chose à boire. Souriez, abondez dans son sens, donnez d’autres exemples de films à base de magie, super-pouvoirs ou autres pour l’encourager, bref, soyez compréhensifs. Posez délicatement une main amicale sur son dos, afin d’appuyer l’envie que vous avez d’aller discuter avec lui, puis, après quelques pas, profitez de ce point d’appui pour y appuyer très fort jusqu’à ramener la gueule du malotru contre votre genou. Une fois celui-ci à terre, se tenant le crâne en baignant dans son sang, l’expression de votre trouble devrait être satisfaite, et vous pourrez commencer à lui expliquer son tort.

Car, allez savoir pourquoi, il se trouve que pour beaucoup de gens, un film cohérent est obligatoirement un film réaliste (et donc passablement chiant puisque sans explosion à chaque fois que quelqu’un fait tomber ses clés). Les érudits de soirée (comprendre : ceux qui savent taper Wikipédia dans Google) vous parleront probablement même de "suspension consentie de l’incrédulité" pour exprimer en termes d’expert pourquoi les incohérences, on ne peut pas les reprocher au cinéma, puisqu’il s’agit de cinéma, et donc bien de choses improbables.

En fait, à les écouter, non seulement ce serait normal, mais en plus, ce serait un pan entier du 7e art. On peut alors parler de "suspension consentie du cerveau" face à ces gens qui vous expliquent donc avec force arguments que si vous rechignez quand on vous refile de la daube, c’est parce que vous n’y comprenez rien puisque ce doux fumet d’étron qui embaume vos narines est en fait NORMAL. Hmmm, d’accord, c’est intéressant. Intéressant comme dans "Pourquoi ai-je envie d’avoir recours au napalm sur mon prochain ?"

Ne pas confondre avec une "ablation consentie du cerveau". Si vous ne savez pas ce que c’est, regardez fixement cette image.

Jeunes gens, comprenons bien la différence fondamentale qu’il y a entre deux choses en matière de récit, fut-il oral, écrit, ou cinématographique (je ne parle pas des romans-photos, qui sont des choses n’appartenant pas à notre univers) : le n’importe quoi et le n’importe comment.

Le n’importe quoi

Raconter n’importe quoi, au cinéma, c’est possible. L’histoire d’un mec qui peut voler pour peu qu’il porte slip et cape, d’un type qui peut faire des potions de polymorphie parce qu’un vieux barbu s’est proposé de l’emmener dans un vieux château à l’âge de 11 ans pour lui apprendre la magie, ou même celle d’un type voyageant dans le temps pour aller sauver les gens de leurs erreurs passées (comme par exemple, la nomination de Manuel Valls à autre chose qu’au Ministère des Calembours), vous pouvez bien faire ce que vous voulez.

J’entends par là : il y a quand même bien eu un mec pour écrire "Abraham Lincoln – Chasseur de vampires", alors c’est vous dire si l’on peut écrire n’importe quoi sans encombre. D’ailleurs, pour ma part, quand je veux lire des trucs à des années-lumière de la réalité, je lis l’éditorial du Figaro.

A partir du moment où l’on sait qu’il s’agit de fiction, alors tout est possible, en effet.

Vous avez bien saisi ? Faire de la fiction dans une oeuvre de fiction, c’est effectivement assez incontestable.

Mais ce n’est pas si simple. Il ne faut pas oublier le concept qui va de pair :

Le n’importe comment

Raconter n’importe quoi, c’est bien. Mais le raconter n’importe comment, c’est tout de suite moins malin. Tenez, par exemple : imaginons une oeuvre qui parle d’un personnage pouvant devenir invisible à volonté. Un jour, à l’occasion d’une mission particulièrement importante (le président des Etats-Unis lui a demandé de lui ramener des photos des douches des filles), notre héros réalise… qu’il doit passer devant un surveillant sans être vu ! Impossible se dit-il : je vais plutôt faire demi-tour.

Bien : sachant qu’il peut se rendre invisible, c’est une incohérence complète. Et là, cinéma ou pas, c’est une insulte à votre intelligence, puisque le récit n’a aucune cohérence. C’est le principe d’un scénario : c’est supposé être une suite cohérente de scènes, qui respecte votre univers et vos personnages, aussi irréels soient-ils. Si ce n’était pas le cas, on pourrait aussi bien laisser un singe avec une machine à écrire s’occuper de l’intrigue. Ce que l’on a fait qu’une fois, et a rendu ledit singe riche puisqu’il a rédigé en moins de 18 minutes l’intégrale de la série Lost (en réalité, l’aspect confus du récit n’est dû qu’au fait que l’animal cherchait à utiliser les touches pour s’épouiller).

C’est donc bien là ce qui semble échapper curieusement à une partie de la population : raconter n’importe quoi dans une oeuvre c’est possible  (attention : même si c’est le cas du programme du Front National, ce n’est pas pour autant potentiellement oscarisable), le faire n’importe comment, c’est insultant pour l’intelligence humaine.

Comment n’est-ce pas une évidence ? Pourquoi y a t-il encore des défenseurs du mauvais et de l’intenable ? De quelle manière sont-ils devenus si navrants que pour eux, quelque chose d’objectivement raté est complètement réussi ? Cela expliquerait-il certains résultats électoraux  ?

Le mystère demeure complet.

L’expliquer à une blogueuse-mode

Parfois, hélas, expliquer ce concept pourtant simple est cependant extrêmement compliqué face à certains groupes intégristes et ignorants élevés dans le fanatisme le plus complet, la faute un analphabétisme important et à une exploitation de la misère humaine par des groupes mal intentionnés qui leurs présentent de "saintes écritures" à suivre aveuglément, leur expliquant doctement ce qui est bon ou mauvais.

Je veux bien sûr parler des blogueuses modes.

Il convient alors de leur expliquer le concept de scénario de la manière suivante :

Un film, c’est un peu comme un chaton : on en trouve partout sur internet et il y a des gens qui peuvent passer la journée à en regarder.

Une incohérence, c’est un peu comme un coup de ponceuse dans la gueule du chaton : ça n’empêche pas de le regarder, ça reste toujours un chaton, mais curieusement, ça peut en déranger certains (si la blogueuse dispose d’un chaton, n’hésitez pas à lui faire une démonstration de la chose en direct pour bien lui expliquer votre théorie). Et il y a des réalisateurs qui aiment faire beaucoup de mal aux chatons : les passer à la ponceuse, les utiliser comme projectiles de chamboule-tout, voire s’en servir de papier toilette (surtout les chatons angoras : vous ne trouverez jamais plus doux, et puis honnêtement, un rouleau de félins dans vos toilettes, ça a quand même un certain standing). Résultat : ça donne un truc tout dégueulasse. Et dire :

"Haaaan mais c’est qu’un chaton, ça vaaaa !"

Scénario innocent attendant de se prendre un parpaing sur la gueule (allégorie de "Nicolas Cage jouera le rôle principal")

N’en fait pas moins que certes, mais le chaton est au final relativement laid (d’où le fait que votre serviteur s’atelle régulièrement à expliquer pourquoi il faut emmener ledit chaton à la rivière pour éviter qu’il ne souffre).

Si avec ça, la blogueuse mode ne comprend toujours pas, essayez de la refaire avec d’autres animaux mignons. Comme par exemple, le lapin joli, le dauphin filou, ou le fourmilier croûteux (mais si).

Voilà. Donc maintenant, merci d’arrêter avec ces histoires de "Haaan, mais les films, c’est pas fait pour être réaliste !" : certes, mais confondre réalisme et cohérence, c’est déjà mauvais signe.

Tout comme il ne faut pas confondre foi et intelligence, puisque donc, une seule des deux ne provoque la colère chez les gens une fois ouvertement insultée, y compris par le cinéma.

Ce qui, quelque part, explique la longévité de TF1

Attention !

Pour d’évidentes raisons, et pour mieux saisir toute la saveur du spoiler qui va suivre, permettez-moi de vous résumer promptement les deux précédents volets de la trilogie Batman de l’ami Nolan. A défaut d’introduction, cette semaine, vous pourrez ainsi obtenir trois spoils pour le prix d’un. Les choses ne sont-elles pas bien faites ?

De toute manière, si elles ne l’étaient pas, ce serait pareil alors hein, ho, bon.

Dans tous les cas, soyez attentifs, ce qui va suivre  n’est pas toujours évident. Spoilons donc un peu en amont !

Volume I : Batman Begins

Bruce Wayne, enfant multimilliardaire résidant à Gotham City, a la phobie des chauve-souris depuis le jour où il s’est lamentablement viandé dans le nid de ces charmants animaux par un incroyable hasard. C’est ballot, mais ce qui l’est encore plus, c’est que quelques temps plus tard, un malandrin armé d’un patator ne trouve rien de mieux que d’abattre ses parents dans une ruelle sombre, lieu particulièrement apprécié des multimilliardaires comme chacun sait. Désormais orphelin après avoir vu ses parents se faire tragiquement patater sous ses yeux, Bruce décide donc en conséquence qu’il doit devenir un ninja pour péter leurs gueules aux malandrins qui fréquentent les ruelles sombres. Et non, il ne se dit pas "Tiens, si j’utilisais mon pognon pour rendre les rues plus sûres/aider la justice", parce que voyez vous, un homme en slip seul peut sûrement faire beaucoup plus que 500 en uniformes. Toutes les milices d’Amérique qui savent apprécier le principe du "faire la justice soi-même" approuvent ce message.

Bruce va donc en Asie rencontrer Ninjabouc, le chef d’un clan de ninjas dont un incroyable charisme rayonne du bouc. Il apprend des tas de trucs, comme par exemple retourner sa phobie des rats volants pour en devenir un et terroriser ses ennemis, distribuer des coups de tatane, faire des acrobaties de psychofou ou, plus incroyable encore, manger avec des baguettes sans saloper sa cravate (dans le milieu d’affaires où Bruce évolue, ça impressionne pas mal). Sur la fin, ça devient un peu confus : Wayne et Ninjabouc se fâchent au sujet d’un épisode de Naruto, et dans la bataille qui suit, Ninjabouc manque de peu d’être tué par son disciple.

Cela fait, Bruce retourne à Gotham retrouver son majordome, Alfred, qui a bien gentiment attendu en prenant soin d’arroser les plantes. Il y retrouve aussi Lucius Fox, sorte d’équivalent de Q chez Wayne Enterprises, qui a sous le coude plein de prototypes des filiales militaires de la multinationale qu’il refile gentiment à Bruce pour qu’il puisse faire régner la justice dans les rues à coups de mandales dans la gueule pour un oui ou pour un non sous le nom de Batman. Après avoir tabassé tout un tas de gens qui posaient problème aux bons citoyens (tueurs, violeurs, gens qui écoutent de la musique sur le haut-parleur de leurs téléphones), Bruce découvre qu’un grand méchant compte défoncer la ville : Ninjabouc, débarqué d’Asie pour se venger. Le vil ninja s’est emparé d’un prototype de micro-ondes géant de chez Wayne Enterprises et compte s’en servir pour vaporiser toute l’eau de la ville (oui, c’est un plan de merde), comme ça, plus  personne ne pourra faire cuire ses pâtes. Lui et Batman s’affrontent donc à 30cm dudit appareil allumé lors d’un combat final, et suite à un problème de script parmi tant d’autres, les rayons n’affectent aucun des deux protagonistes, qui auraient autrement été instantanément transformés en bat-pruneaux.

Batman gagne, et c’est la fête.

Volume II : Batman, The Dark Knight

Bruce est super content : il y a un nouveau procureur en ville, Harvey Dent, et celui-ci lutte efficacement contre le crime sans masque ni pétages de gueules. Bruce est donc très étonné de découvrir que, tiens, en fait, la justice ça peut servir à rendre la justice sans que cela implique de porter un slip sur soi de manière aléatoire. Hélas, dans le même temps, le Joker, un personnage en costume flashy (comme tous les méchants de Batman, ce qui lui évite d’avoir à enquêter pour savoir qui a encore volé les nains de jardin du commissaire Gordon) est en train d’utiliser tous les pouvoirs d’invisibilité, de téléportation et d’invocation d’explosifs à volonté que les trous dans le script lui permettent pour mettre la zone. Après avoir finalement été arrêté pour la douzième fois, le Joker explique à Batman qu’il a capturé d’un côté Harvey Dent, l’espoir de Gotham, et de l’autre Gertrude, le fantasme de Bruce Wayne, et qu’il les a envoyés dans deux lieux différents avec un paquet de bombes et peu de temps pour les sauver. Qui Batman sauvera t-il ? L’amour ou la justice ?

Après avoir finalement compris que tiens, il pourrait aussi envoyer la police intervenir sur le lieu où il n’est pas, Batman va sauver le procureur Dent lors d’une formidable séquence ridicule où ce dernier, attaché à une chaise renversée au sol suite à ses mouvements, se retrouve face à une flaque d’essence se déversant de l’un des explosifs du Joker. Et là que fait-il, sachant qu’il n’a qu’à se souvenir qu’il a un cou pour ne pas rentrer en contact avec le liquide ? Et bien il se frotte la joue contre l’essence en hurlant "Hmmm, t’aimes ça, hein, coquine !" : résultat, lorsque Batman arrive à la dernière seconde (étonnant) et que tout explose (ça alors), l’explosion enflamme la moitié de son visage et le choque un peu, le transformant en méchant : Double-Face, type qui fait la justice lui-même en abattant brigands comme policiers sur son chemin. Batman doit donc lui casser la gueule, et lors de la bataille, les deux tombent d’un immeuble, la chute tuant l’ex-procureur et blessant le chevalier noir sous les yeux du commissaire Gordon. Ce dernier et Batman se mettent cependant d’accord : ils ne parleront pas de ce que Dent était devenu, afin que Gotham ne retienne que l’espoir qu’il incarnait, et ils expliqueront sa mort en la mettant sur le dos de Batman, comme ça, hop, parce qu’il faut bien un coupable.

Du coup, Batman est un peu triste. Sans compter qu’en plus, la police n’est pas arrivée à temps pour sauver Gertrude et qu’elle est vaguement morte carbonisée, ou du moins, il y a une nouvelle merguez en ville.

Bref, pépère tombe en dépression.

Et Volume III… et bien, reprenons ! Spoilons mes bons !

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L’affiche contient une explosion. Nous savons tous ce que cela veut dire.

Enfin, reprenons 8 ans plus tard après les précédents évènements pour être exact. Quelque part à l’autre bout du monde, des hommes armés transportent dans une jeep un scientifique ainsi que trois larrons aux visages couverts d’un sac et attachés, probablement pour une soirée impliquant force cuir et fouets. Ils s’en vont trouver dans un quelconque coin de campagne un petit avion où les attend l’agent Littlefinger de la CIA, ainsi qu’un petit paquet de militaires américains ; le fonctionnaire yankee explique aux gens venus le livrer que popop, c’est quoi cette histoire ? Ils n’étaient venus récupérer que le scientifique, un certain docteur Léonid Pavel ainsi qu’un seul prisonnier ! Alors qui sont les deux derniers loulous, hein, dites donc ? Et puis d’abord, pour quatre personnes livrées, j’ai pas une bouteille de rosé gratuite ?

Mais non : en fait, l’agent semble s’en taper, ce n’est pas comme s’il y avait une quelconque importance à savoir qui on transporte avec un sac sur la tête. Il charge tout le monde dans son avion et décolle, avant de nous en dire un peu plus : il enquête sur Bane, un terroriste très méchant portant en permanence un curieux masque sur le visage façon respirateur artificiel. Et il venait récupérer le docteur Pavel car Bane semblait avoir des vues dessus, ainsi qu’un prisonnier ayant appartenu au réseau du terroriste en question. Mais puisqu’il a trois prisonniers au lieu d’un, il leur explique qu’il peut en tuer deux pour faire parler le troisième s’il le veut, la CIA n’en saura jamais rien, puisqu’elle n’attend qu’un seul pinpin. Sauf que rapidement, il s’avère que l’un des trois prisonniers… est Bane lui-même ! Ça c’est ce qu’on appelle une grosse surprise ! Et qui explique donc que oui oui, tout cela est un coup monté : il s’est constitué prisonnier car cela faisait partie de son "plan" (et bien évidemment, pas pourri du tout, vous l’imaginez bien)

Un plan ? Mais quel est-il ?

Et bien la réponse arrive lorsqu’un avion plus gros vient se placer au-dessus de celui de la CIA, pourtant déjà d’un gabarit correct, et qu’en descendent en rappel des commandos qui viennent s’accrocher à l’autre appareil. Et ne me demandez pas comment ils font, puisque si on attache quelque chose à une corde derrière un avion, ça flotte derrière, ça ne descend pas en rappel, c’est même le concept qui a permis d’inventer ce qu’on appelle des "planeurs" ou la publicité volante, mais dans le film, la gravité se modifie pour aider le commando des méchants : soit.

D’ailleurs, les pilotes de la CIA eux-même font "Ho !" et ne remuent pas d’un cil, histoire de bien laisser le temps aux vilains de faire leur cirque volant en équilibre. Sympa : un coup d’aile et tout leur plan échouait ; mais tout comme le Joker en son temps, les gredins ont déjà lu le scénario, et les autres personnages s’arrangent pour leur faciliter la tâche.

Bref : les flying brigands fixent donc des crochets sur l’arrière de l’avion, puis commencent à grimper en altitude avec le leur, faisant que l’autre appareil se trouve bien embêté et a le nez qui pique vers le sol ; à l’intérieur, c’est la panique, sans compter que Bane a commencé à se libérer tranquillement tout en distribuant des mandales aux passagers autour de lui. Le coucou de la CIA a tôt fait, ainsi suspendu, de voir ses ailes et ailerons être arrachés avec la vitesse, et malgré le fait qu’à un moment, le tout se stabilise un peu, les Américains ne tirent pas sur Bane et se contentent de dire "Holala, vite, ah, mais bon sang, il faudrait faire quelque chose, sabre de bois !" ; hélas ils n’y pensent qu’après 10mn, soit pile au moment où les commandos qui avaient accroché les crochets aux parois de l’avion rentrent dans celui-ci et les mitraillent. Bane peut donc tranquillement s’harnacher à un filin qui lui est tendu, attraper le docteur Pavel de l’autre main, et quitter l’avion de la CIA que l’on décroche pour le laisser s’écraser, pendant que lui et Pavel rejoignent leur gros avion. Vous avez tout suivi ?

Hmmm. Okay, donc, Bane, je résume : ton plan c’était de te laisser capturer avec des potes, en comptant sur le fait qu’aucun militaire entraîné ne pense à utiliser une arme contre toi, qu’aucun pilote de la CIA ne réagisse à l’assaut, que l’avion contenant tes commandos devine par magie le trajet emprunté par l’appareil de l’agence américaine, que tu parviennes à réussir ton harnachement au milieu d’un aéroplane hors de contrôle et que tu récupères le professeur ce faisant ?

D’accord, c’est sympa, mais alors, simple question : pourquoi tout ça ? Puisque je rappelle le début du plan : arriver dans une jeep conduite par des complices avec Pavel et toi dedans pour te livrer prisonnier à la CIA. Donc puisque tu avais DEJA le bon docteur avec toi d’entrée de jeu, cela veut dire que tu pouvais aussi bien rester chez toi à manger des cookies, c’était pareil.

Ah, j’aime quand un film s’ouvre sur une incohérence monumentale. Surtout quand les critiques (et pas qu’une, je vous laisse fouiller) mettent en avant l’aspect "cohérent du film", c’est intéressant.

En tout cas, pendant ce temps, à Gotham City, il y a une grande soirée au manoir Wayne, puisqu’est organisée une soirée en l’honneur d’Harvey Dent ; d’ailleurs, depuis 8 ans maintenant, on commémore chaque année le jour de son décès, devenu férié, en rappelant combien les lois Dent ont permis à Gotham de devenir un havre si paisible que la police semble diablement s’y ennuyer, on se croirait à Neuilly, c’est dire. Seul le commissaire Gordon semble encore sur le pied de guerre, ce qui fait que le maire commence sérieusement à penser à le démissionner : la guerre est finie, justement. D’ailleurs, ce soir, le commissaire doit donner un petit discours sur Harvey Dent, et il en a écrit un où il affirme qu’il est temps de dire la vérité sur qui était vraiment ce personnage et ce qu’il a fait de ses dernières heures, mais finalement il y renonce car ce petit mensonge autour du défunt procureur a fait de lui un symbole d’espoir qui a apporté la paix à la ville. Il attendra donc encore quelques années avant de tout révéler, et corrigera peut-être les passages du discours où il utilisait des termes comme "gros bâtard" d’ici là.

Et Bruce Wayne dans tout ça ? Et bien, complètement dépressif, personne ne l’a vu depuis 8 ans maintenant, tout comme le Batman (mais personne ne fait le rapprochement). Il ne sort plus de chez lui et même lorsque des fêtes sont organisées dans son manoir (par qui, du coup ? Mystère !), il n’y participe pas. Ce soir, on envoie donc dans l’aile est du château où il demeure une servante déposer un plateau de mets avant de se retirer mais, cette dernière, un peu trop curieuse semble t-il et nourrie de rumeurs autour de l’absent multimilliardaire ("Si ça s’trouve c’est un vampire comme Edward, hihihihi, chuiii sûre qu’y brille au soleil huuu !") décide de s’attarder un peu dans l’endroit et commence à regarder les photos de famille traînant ici ou là. Elle est finalement surprise par Bruce Wayne, vieil hirsute en peignoir marchant avec une canne, qui note que la jeune femme a eu le bon goût de non seulement visiter les lieux, mais aussi de piller en un temps record un coffre-fort certifié inviolable contenant un collier de sa mère. Prise sur le fait, la filoute tape dans la canne du multimilliardaire pour le faire choir, puis s’enfuit par la fenêtre tout en souplesse ; elle finit par rejoindre plus bas un député local un peu coquinou traînant à la fête en lui promettant monts et merveilles s’ils partent maintenant dans sa voiture, ce qu’ils font. Elle peut donc ainsi quitter les lieux en toute sécurité, même si elle sent comme une tension et d’étranges redirections sanguines dans son voisin de banquette.

"Faites bien attention aux trous dans le scénario en allant porter ce plateau, il y en a un peu partout, tout à l’heure j’en ai encore  vu un gros comme ça"

Quelques temps plus tard, nous retrouvons le commissaire Gordon sur le toit du quartier général de la police, méditant en observant Gotham City dormant paisiblement. A côté de lui, le vieux projecteur servant autrefois à appeler le chevalier noir est complètement rouillé, ce qui le rend un peu nostalgique, jusqu’à ce qu’un policier ne vienne le surprendre dans ses rêveries : il s’agit de l’agent Blake, un jeune homme idéaliste qui commence l’une des nombreuses lignes de dialogue complètement aléatoires du film :

"Bonsoir commissaire.
- Bonsoir, que puis-je pour vous ?
- Et bien la femme d’un député présent à la soirée au manoir Wayne s’inquiète : Monsieur n’est pas rentré ce soir.
- Ahlala, la ville est devenue si sûre que l’on en est à enquêter là-dessus. Okay, je vais voir ce que je peux faire.
- …
- Oui ?
- Voilà, je m’appelle Blake et je vous le dis puisque l’on vient à peine de faire connaissance, mais  je tenais à vous balancer que halala, je suis sûr que le Batman n’a jamais tué Harvey Dent et qu’il faut reprendre l’enquête.
- D’accord mais pouvez-vous m’indiquer le lien entre cette ligne dans votre dialogue et cette scène ?
- Il n’y en a pas, c’est tout simplement écrit avec les pieds.
- Très bien, vous pouvez disposer."

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Et les policiers quittent le toit afin de commencer leur enquête.

Pendant ce temps, au manoir Wayne, une chose extraordinaire vient de se passer : Bruce a décidé de bouger son cul. Il a découvert que ce n’était pas un simple cambriolage chez lui : la voleuse est repartie non seulement avec le collier… mais aussi avec les empreintes du multimilliardaire, qu’elle a recueilli sur le coffre ! Bougon, Bruce est donc descendu à la Bat-Cave sous son manoir non pas pour aller remettre son costume de justicier masqué, mais pour consulter le super-ordinateur local (et surfer un peu sur des sites avec des photos coquines de chauve-souris) et ainsi apprendre que le modus operandi de sa voleuse la désigne comme étant Sélina Catwoumoune, une mystérieuse monte-en-l’air de haut-vol qui n’en est pas à son premier coup. Voilà qui intrigue notre héros, qui commence doucement à repenser à redevenir Batman, du coup, comme ça, pif pouf. Heureusement, son fidèle majordome, Alfred, débarque et lui aussi se lance dans un dialogue assez curieux :

"Ah, vous avez retrouvé votre voleuse Monsieur ?
- En effet Alfred ! Figurez-vous qu’il s’agit d’une certaine Catwoumoune et que…
- Monsieur, j’ai fait un rêve.
- Que… pardon ? Quel rapport avec ce que je disais ? Vous voulez que je vous fasse une psychanalyse, là, comme ça, hop ?
- Non Monsieur. Je voulais juste vous dire que pendant que vous étiez en Asie à vous entraîner à devenir un ninja dans le 1er film, j’espérais juste que vous ne reviendriez jamais à Gotham et feriez votre vie plutôt que de chercher la vengeance pour la mort de vos parents. Et chaque année, lorsque je prenais une semaine de vacances à Florence, je m’asseyais à un café local en espérant vous apercevoir à une autre table, profitant de la vie avec une jolie femme et pourquoi pas des enfants. Et dans mes rêves, la nuit,  je voyais déjà ce que je ferais si cela arrivait : je vous sourirais, ne dirais pas un mot, et vous laisserais en paix à votre repos bien mérité.
- Alfred, pourquoi me dites-vous ça, là, maintenant ? 
- Je n’en ai aucune idée Monsieur. Je crois que le dialoguiste est un jean-foutre Monsieur.
- Ça se tient. Et comme dans tout film mal réalisé aucun dialogue n’est là par hasard, je me demande trop si d’ici la fin du film, on se croisera à Florence alors que je profiterai de la vie en prenant un repos bien mérité.
- Mais grave Monsieur."

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Laissons nos amis dans leur cave (quelque chose que je dis assez régulièrement, en fait, mais je m’égare), et allons voir du côté de notre voleuse préférée. Car nous retrouvons Sélina entrant dans un rade pourri des bas-fonds de Gotham pour y rencontrer un certain Stryver. La damoiselle arrive en compagnie d’un type bourré qu’elle dépose au zinc du coin avant d’aller rejoindre son contact à sa table : elle est là pour lui revendre les empreintes de Bruce Wayne. Ce qu’elle fait, un petit peu sous la menace des compagnons armés de son contact qui a décidé que, finalement, il ne paierait pas. Elle tente donc de négocier en disant que holala, il ne faut pas la tuer, elle n’est qu’une gentille voleuse sans histoires, mais voyant que cela ne prend pas, elle sort des arguments plus costauds (non, pas ceux-là) : le type bourré qu’elle a amené au bar n’est autre que le député disparu, qu’elle trimballe depuis le manoir Wayne, et donc s’ils veulent la tuer, il faudra le tuer aussi puisque témoin, et là ils auront toute la ville aux fesses. Mais là encore, ça ne suffit pas : la bougresse parvient donc par la ruse à faire se déclencher le téléphone du député, provoquant instantanément le débarquement devant le bar d’une dizaine de véhicules de police, dont un du SWAT, parce que oui, à Gotham, le temps de réponse de la police est de 4 secondes, débauche de moyens compris. Du coup, les enfants jouent très peu à faire des blagues à la police, puisqu’avant même qu’ils n’aient raccroché, une voiture bélier a défoncé leur porte, et un tonfa leur gueule.

Stryver et ses hommes fuient donc l’endroit en mitraillant la maréchaussée investissant les lieux, mais il fait bien attention à ne pas tirer sur Sélina : lui qui voulait la tuer pour ne pas avoir de témoins, il trouve tout à fait malin de la laisser à la police. Heu… mais encore ? Sélina justement, elle, se fait passer pour une simple et pauvre femme dans le bar, hurlant au milieu des tirs comme à un concert de Justin Bieber, afin que la police ne lui fasse rien. Mais attention, hein, quand je dis rien, c’est rien : les mecs tombent sur une nana qui vient d’être témoin de tout ce qui s’est passé dans le bar et a probablement vu qui accompagnait le député tant recherché et… bah, ils la laissent se barrer. Hmmm, soit, soit. Merci, police de Gotham. Et merci, scénariste, car ainsi, Sélina peut disparaître en paix dans la nuit, ainsi aidée par l’intrigue déjà bien boiteuse à ce stade.

Mais dans les instants qui suivent, on ne parle déjà plus de script boiteux, mais carrément de tétraplégie scénaristique : sortant de nulle part, un sniper se met à couvrir la fuite de Stryver dans une ruelle derrière le bar (car oui, la police n’a rien encerclé, c’est très surfait ces choses là) depuis l’escalier d’évacuation d’un immeuble local, et abat donc plusieurs membres du SWAT, les obligeant à se mettre à couvert au lieu de poursuivre les fuyards ; et là, c’est tout simplement beau : on change de scène, l’agent Blake, qui traînait dans le coin, débarque et tout le monde discute paisiblement dans la rue de ce qu’il vient de se passer.

Et… mais… et le sniper qui vient de tuer plusieurs d’entre-vous ? Je… bon sang, ça ne vous intéresse même pas un peu ? Vous ne l’évoquez pas ? D’ailleurs, où sont les corps ?

Et bien fait, rien, pif pouf. Le tireur d’élite peut donc se barrer tranquillement en sifflotant, car plus personne ne semble y prêter attention. C’est beau, on dirait du Prométhéus. Et dans le même temps débarque le commissaire Gordon, qui court jusqu’à ses hommes avant de hurler : "Là, la plaque d’égout ! Vite, ouvrez-là et descendons !". Que ? Pourquoi ? Comment sais-tu que les vilains ont fui par là, sachant que la bouche est fermée et qu’ils avaient d’autres rues par lesquelles fuir puisque vous n’aviez rien encerclé du tout ? Et bien, on ne sait pas. Sa moustache doit probablement automatiquement pointer en direction du forban le plus proche (il est donc théoriquement possible de faire voler le commissaire en faisant pivoter très vite un criminel autour de sa margoulette, mais là n’est pas le sujet)

Lui et quelques membres du SWAT descendent donc dans les égouts, et ils n’ont besoin d’avancer que de quelques mètres avant qu’une embuscade ne les décime, armes de guerre et grenades ayant tôt fait de tuer tous les hommes de la brigade d’intervention. Seul le commissaire Gordon survit (même si c’était le seul à ne pas avoir un semblant de protection, mais passons), et est capturé par les habitants des égouts, des sortes de guérilleros souterrains.

A la surface, le reste de la police papote en paix "Vous avez entendu ? Des coups de feu et des explosions. Ne descendons surtout pas, ça a l’air dangereux" et… c’est tout. d’accord ! En effet, la capture du commissaire ne semble pas vraiment inquiéter qui que ce soit, à part Blake bien sûr, puisqu’il a un nom et donc le droit d’agir dans ce film. Il abandonne donc ses camarades pour disparaître dans une direction aléatoire, parce que… heu… voilà.

Le commissaire Gordon est un peu vexé : il se fait capturer et tout le monde s’en tape

Gordon, lui est un peu désemparé : en sale état, il est traîné au travers des égouts et découvre qu’il y a une véritable armée sous la ville, constituée de tous les rejetés de Gotham, qui semble occupée à créer de nouveaux tunnels au marteau-piqueur, à renforcer ceux existants en faisant de jolies colonnes (oui, ce sont des artistes maudits), bref, il y a une énorme partie de Minecraft en cours sous la ville et personne ne l’a jamais remarqué, car comme chacun sait, un marteau-piqueur c’est très silencieux, et les souterrains des grandes villes ne sont jamais inspectés par qui que ce soit. Bref : toujours est-il qu’après avoir pu observer cela, le commissaire est emmené devant le chef de l’armée souterraine… Bane ! L’espèce de gros catcheur commence donc par engueuler ses hommes, car rentrer en conflit avec la police a provoqué des pertes (comble du bonheur, Bane donne même le nombre exact de victimes dans l’embuscade durant ce dialogue alors qu’il n’y était pas et que personne ne lui en a parlé, puisque ceux qui y étaient viennent à peine d’arriver devant lui avec Gordon sous le bras : ok, donc encore une fois, le méchant du film a des pouvoirs de divination et de furtivité – étendus à toute son armée – tout à fait étonnants. Manquerait plus qu’il pose des explosifs par paquets de 2 000  et qu’il se téléporte et on aurait un mauvais copié/collé du Joker. Et comme nous le verrons, ce sera précisément le cas : bravo M. Nolan, quelle constance), mais dans l’immédiat, il fouille déjà le fonctionnaire de police, trouvant sur lui une brosse à moustache, un pacemaker, deux invitations pour une soirée SM et  son discours expliquant qu’Harvey Dent était, sur la fin, devenu un psychopathe et que l’idolâtrie autour de lui n’est qu’un mensonge. Intéressant, se dit Bane.

Sauf que notre vieux commissaire a plus d’un tour dans son sac, et se roulant sur le côté pour tomber de la passerelle où il était installé, il parvient à choir dans un déversoir voisin et utilise son ADN d’homme castor pour s’enfuir en nageant gaiement ; Bane veut envoyer des hommes à sa poursuite, mais ces derniers expliquent qu’il y a des centaines d’endroits où le déversoir peut mener, cela risque donc d’être très compliqué. Convenant du problème, Bane colle donc une balle à l’un de ses serviteurs, puis lui colle un GPS sur la tronche avant d’envoyer son corps dans le même déversoir afin qu’il débouche – probablement – au même endroit que le commissaire.

Vous avez bien suivi ce qu’il vient de se dire ? Et bin hop, oubliez ! Parce que l’agent Blake, lui, a déjà deviné que le commissaire allait tomber d’un déversoir (allez savoir comment il a fait pour savoir que 1 – il avait été capturé et 2 – qu’il allait parvenir à s’échapper via les courants souterrains) et mieux encore, alors que l’on vient d’expliquer dans la scène précédente qu’il était impossible de prévoir où le bougre allait sortir, et bien lui le fait direct et récupère son chef à demi-inconscient à la sortie des égouts ! Comme c’est curieux ! Quant au GPS de Bane et ses hommes ? Laissez ! On en parlera plus. Probablement qu’ils se sont aperçus que l’idée d’utiliser des signaux satellites dans des souterrains était une idée un peu con-con.

C’est diablement bien écrit, vraiment. Et rassurez-vous, ce n’est pas fini.

Déjà un peu remotivé par le vol tant du collier de sa mère que de ses empreintes, qui lui donnent envie de réagir, Bruce Wayne voit un nouveau stimulus débarquer à son manoir, et ce en uniforme : l’agent Blake. Ce dernier lui annonce que le commissaire Gordon a été victime d’une embuscade dans les égouts, et qu’il prétend avoir vu une véritable armée là-dessous dirigée par un homme masqué ("Probablement des tortues ninjas", pense d’abord Bruce à cette description). Tout le commissariat s’est moqué de lui à cette idée, c’est pourquoi Blake se tourne vers Bruce Wayne, le seul à pouvoir encore l’aider.

  • D’accord. Attendez que je comprenne bien : Blake est venu là parce que toute la police refuse de croire Gordon. On parle bien de la même police dont des dizaines d’agents ont été témoins – même de loin – de la mort de plusieurs des leurs suite à une embuscade à l’arme de guerre dans des égouts ? Hmmm. C’est intéressant, ils pensent donc qu’ils ont fantasmé et que plusieurs des leurs ne sont pas venus au travail ce matin car en vacances ou parce qu’ils avaient une gastro ?
  • Et d’ailleurs Gordon a été hospitalisé suite à ses blessures, mais alors il a été attaqué par qui ? Des rats qui l’ont lapidé à la mie de pain ? Un golem fécal ?

Okay Blake. Définitivement, les dialogues valent leur pesant de cacahuètes, mais attention ! Car là encore, sans raison aucune, Blake se lance dans une autre tirade débile :

"Ah oui, au fait Monsieur Wayne, je sais que vous êtes Batman. Et vous savez pourquoi ?
- Parce qu’à chaque fois que je quitte Gotham, Batman est absent mais que personne ne semble le remarquer, y compris quand lui et moi nous sommes retirés du monde exactement le même jour ?
- Heu non… non, en fait, je sais que c’est vous parce que VOUS ET BATMAN AVEZ LA MÊME LUEUR DANS LES YEUX ! Celle des orphelins ! J’ai la même !
- Hm. Donc vous êtes en train de m’expliquer que tous les orphelins ont la même, vous compris, mais que du coup, comme vous avez vu deux types avec une lueur identique – ce qui est complètement subjectif par ailleurs – vous en déduisez qu’il s’agit d’une seule et même personne. Autre théorie, en me basant sur la votre : et si Batman était juste un orphelin de plus ?
- Ah merde oui, mon raisonnement se contredit totalement. Mais selon le script, vous êtes supposé l’accepter et être bluffé par mon génie.
- Alors va pour le bluff. Mais c’est nul quand même."

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Et l’agent Blake s’en retourne vers sa voiture, après avoir expliqué que seul Batman était à même d’aider le commissaire Gordon sur ce coup puisque la police semble ne pas se soucier de tout cela. Soit, se dit Bruce, avant de décider que 8 ans d’exil, ça suffit, il est grand temps de retourner voir le monde. Et pour commencer, il s’en va à l’hôpital de Gotham (celui où le commissaire Gordon a été installé) pour faire un petit check-up de son état, puisque boitant toujours suite à son dernier combat face à Harvey Dent. Et le médecin est direct : Bruce est cassé de partout ; les blessures et les années s’étant écoulées sans soins corrects, il n’est plus qu’une épave, il va falloir oublier tous les sports autres que le curling, et encore. Heureusement, là encore, ce dialogue n’est là que pour massacrer un peu plus le film, puisque sitôt le praticien sorti, Bruce enfile une cagoule (il n’a pas son masque sur lui) et descend en rappel le long de l’hôpital (voilà, Mesdames et Messieurs, c’était le boiteux tout cassé !) pour aller rendre une petite visite au commissaire Gordon (qui, coup de bol, à une chambre pile à la verticale de la salle où il était). Le fonctionnaire de police est bref : oui, il y a une armée dans les égouts, et Batman revenir dans la bataille. Soit, dit le justicier, mais d’abord, j’ai d’autres trucs importants à faire.

Comme par exemple : aller chez Wayne Enterprises s’informer de la situation auprès de Lucius Fox, et celui-ci ne cache pas que tout ne va pas bien, puisque l’absence de Bruce a coûté cher. Tout le budget recherche & développement est allé dans un nouveau type de réacteur à fusion propre que Bruce voulait expérimenter, mais qui aujourd’hui encore, n’est pas totalement sûr. L’entreprise ne fait donc pas de bénéfices, vu que ce produit n’est pas encore sur le marché. Ah ? Et quid des autres filiales, puisque l’on passe tous les films à nous rabattre les oreilles avec les différentes branches de Wayne Enterprise ? Et bien apparemment, elles font la sieste, car en-dehors du réacteur, Lucius explique qu’il n’y a rien de neuf depuis 8 ans et que c’est le seul produit à sortir.

C’est intéressant. Mais ce qu’il est encore plus, c’est quand Lucius enchaine en disant "Au fait, j’ai de nouveaux gadgets à vous montrer issus de nos filiales militaires, venez voir !"

Mais alors elles rapportent pas de bénéfices elles non plus ? Je croyais qu’il n’y avait qu’un réacteur pas encore sur le marché, et que c’était pour ça que la boîte ne gagnait plus rien ! Raah, mais c’est pas vrai, allez, comme d’habitude, je rappelle le budget : 250 millions de dollars. Et combien pour se relire les enfants ?

Lucius vient grosso modo d’expliquer que cela fait 8 ans qu’il n’en fout plus une pour gérer sa société, mais Bruce est content quand même. C’est beau.

Bref : Lucius emmène via un passage secret dans son bureau l’ami Bruce vers une pièce totalement close sous le bâtiment, et où se trouve tout un arsenal ; Fox explique à 12 reprises que "Halala, il ne faudrait pas que ça tombe entre de mauvaises mains *clin d’oeil* et j’ai d’ailleurs tout regroupé ici pour plus de sécurité *clin d’oeil* même si je n’ai mis aucune – justement – sécurité pour éviter que tout ceci ne soit piqué *double clin d’oeil*. Bon, sinon, venez voir le nouveau jouet." Au passage, sachant que la pièce est sous terre et complètement fermée à l’exception du passage secret de Fox, il faudra m’expliquer comment on a pu y faire rentrer les batmobiles (et non, pas en kit, ça suffit, vous êtes d’une mauvaise foi, raaah !), mais passons et allons voir de quoi il retourne : Lucius présente un appareil volant particulièrement mobile à Bruce, la "bat" (ou chauve-souris, donc), qui peut se faufiler entre les immeubles et dispose d’une diabolique puissance de feu. Très bien très bien, et bien merci Lucius, on se serre la main et on se fait la bise, à bientôt. Ah, si précise Lucius : concernant le réacteur, ce serait cool de le montrer à Miranda, une membre du conseil d’administration de Wayne Enterprises qui s’intéresse aux énergies vertes. Voilà, c’es tout. Les autres membres du conseil, on s’en tape : ils n’ont pas de noms, alors n’en parlons pas d’accord ?

Cela fait, Bruce part donc à une soirée organisée par la veuve Dent histoire de faire son grand retour dans les mondanités, et qui croise t-il sur place ? Sélina Catwoumoune ! Bon, okay : il y a un GPS dans le collier de maman Wayne qu’elle a volé, Bruce n’est donc pas non plus venu ici complètement par hasard. Il engage donc une petite danse avec la belle voleuse, qui lui explique que oui, elle vole, mais c’est juste parce qu’on ne l’autorise à rien faire d’autres : elle a laissé tant et tant de traces sur le net et ailleurs que même si elle le voulait, elle serait toujours une voleuse. Probablement encore une qui ne sait pas quand il faut s’arrêter sur Facebook, et qui a un peu honte de se faire tagguer sur des photos d’elle bourrée, mais passons. En tout cas, elle explique aussi qu’elle ne vole qu’aux riches, qu’elle n’aime pas trop, et que de toute façon, personne ne peut l’arrêter. Bruce lui dit qu’il a un ami puissant qui en est capable, alors qu’elle se calme un peu, ho merde, dis-donc. Mais nonobstant la menace, elle finit donc par quitter la soirée, non sans avoir volé en partant la voiture de Bruce, juste pour lui apprendre.

Mais cette fois-ci, Bruce ne la piste pas. Après tout, ce n’est que sa voiture de luxe et une humiliation, autant laisser passer.

Hmmm.

Le lendemain, il se passe des choses ailleurs en ville :  à la bourse de Gotham, il s’avère que tous les employés locaux type balayeur ou cireur de chaussures de traders sont en fait de dangereux terroristes armés au service de Bane ! Ne me demandez pas comment ils ont pu en arriver là, peut-être qu’il y a eu une offre massive à Pôle Emploi "Cherche techniciens de surface avec gueules de braqueurs surtatoués", je n’en sais rien. A contrario, la sécurité locale, elle, ne comprend aucun homme du terroriste masqué (c’est dommage, ses gars avaient déjà plus la tête pour le poste), mais ne remarque pas pour autant que tiens, c’est rigolo le nombre de personnes que l’on avait jamais vues avant qui sont venues travailler ici aujourd’hui avec un gros sac que l’on a pas fouillé. Sûrement une douzaine de coïncidences, continuons de siffloter tranquillement. Bref : Bane en personne arrive, castagne la sécurité sans souci, et se rend avec ses hommes dans la salle principale de l’endroit, mitraillant les écrans ainsi que quelques traders histoire de bien faire comprendre qui est le patron. Puis, il demande à l’un de ses hommes de lancer un curieux programme en piratant l’un des ordinateurs de l’endroit, et la chose débute, nécessitant 8 minutes aux dires d’un technicien pour fonctionner.

Hélas, la police ne donne pas 8 minutes à nos larrons (4 secondes tout au plus, cf ci-dessus), encerclant rapidement le bâtiment ; que faire ? Bane a donc un plan, il propose de passer en mode "mobile" (parce que patienter 8 minutes quand on a des centaines d’otages, c’est pas facile) ; cela signifie qu’il fait d’abord sortir tous les otages de la bourse en une énorme masse, faisant que la police ne peut guère tirer… puis lui et ses hommes surgissent au milieu du troupeau à moto, leurs moteurs hurlant, alors qu’ils fendent le flot de la foule et sautent les obstacles mis sur leur chemin par la police grâce à la maniabilité de leurs engins ; ils emportent aussi quelques otages à l’arrière des mopettes pour éviter de se faire plomber le cucu.

Vous avez noté ? Bane et ses acolytes sont sortis de la bourse à moto, donc. Certes.

Alors, jeu : comment Bane a t-il trouvé des motos dans une bourse ? Il est discrètement arrivé avec sur son dos ? Et bien non : il les a juste générées comme ça, hop, pouf.

D’accord, merci. Et si ce ratage ne suffisait pas, on découvre que la réalisation a mis le paquet en faisant que la nuit tombe alors aussitôt sur Gotham, parce que comme Batman ne sort que la nuit, ça arrange tout le monde. Oui, d’ailleurs, dans le film, à plusieurs reprises, on se retrouve de jour, puis de nuit, puis de jour à nouveau… je rappelle que cet argument servait encore, il y a 40 ans, à désigner "les pires réalisateurs" ; aujourd’hui, c’est parfaitement accepté, et la critique ne le note même plus. Heureusement qu’il y a des gens payés à regarder des films.

Bref ! Comme la nuit tombe, qui apparaît au milieu des voitures de police pour donner la chasse aux voyous ? Batman ! De retour après 8 ans d’exil, et chevauchant sa super-moto pour arrêter les méchants ! La maréchaussée est donc sur les fesses, même si, rapidement, le remplaçant de Gordon, Foley, donne l’ordre de chasser Batman plutôt que Bane puisque c’est quand même l’homme chauve-souris qui aurait assassiné Saint Harvey Dent. Car oui, il a beau avoir 200 voitures sous ses ordres, Foley décide qu’il ne va même pas en envoyer une ou deux pourchasser Bane, qui vient de massacrer plusieurs dizaines de personnes sous les yeux de centaines de témoins, ça n’en vaut pas la peine. D’ailleurs, il n’a pas non plus envoyé qui que ce soit dans la bourse pour sécuriser l’endroit ou retrouver des blessés, sinon il aurait pu voir sur tous les écrans du cru qu’un piratage était en cours, et l’arrêter en retirant la clé bien visible (marquée "We did it for the lulz, sharing is caring \o/") qui avait été enfoncée dans un ordinateur.

Hmm, oui, c’est tellement cohérent. Je pense que toute partie du film impliquant la police a été écrite sur un coin de nappe après une soirée sangria bien chargée. Mais ce n’est que mon avis : laisser courir les auteurs de fusillades et laisser les gens se vider de leur sang sur les lieux du forfait, c’est peut-être une procédure policière trop évoluée pour moi.

En tout cas, ça n’empêche pas Batman de sauver les otages sur les motos et d’arrêter les méchants un par un, aidé par des effets de caméras qui ne montrent pas comment Batman fait son coup, parce qu’en fait, ce n’est pas vraiment crédible. Seul Bane parvient à s’échapper sur son solex rutilant, sans encombre, puisque toute la police préfère courser Batman. Et ce dernier découvre d’ailleurs, sur l’un des motards qu’il a arrêtés, une tablette sur laquelle on peut voir "piratage en cours – 99%" puis "complet" (ils ont du bol, ils ont eu du réseau tout le long, même dans les tunnels). Gardant l’objet pour l’étudier, et malgré toute la police qui arrive droit sur lui de toutes les directions, Batman a tôt fait d’utiliser une ou deux ruses pour échapper à l’encerclement, avant de regagner son nouveau véhicule, la "bat", qui l’emmène loin dans les airs, et ce sans se ramasser un missile de la défense américaine, un peu tatillonne avec les appareils volants circulant trop près des buildings.

Oui mais en même temps, quelqu’un a proposé des actions Facebook à Bane, il faut comprendre qu’il soit grognon

Dans le même temps, une certaine voleuse est en train d’opérer : car figurez-vous que Sélina Catwoumoune (appelons-là Catwoman lors de ses soirées où elle opère en combi moulante, allez) inspecte un coffre-fort qu’elle vient d’ouvrir dans un luxueux appartement, mais celui-ci s’avère vide. Et double pas de bol : le propriétaire des lieux n’est autre Dagget, un actionnaire maléfique de Wayne Enterprises (et patron de Stryver), qui festoie en découvrant que Bane a réussi sa mission à la bourse de Gotham. Sauf qu’en passant une porte, il tombe sur Catwoman, et s’étonne de trouver celle qu’il avait engagé – et tenté de piéger – pour voler les empreintes de Bruce Wayne dans sa propriété, et se met donc en colère. Heureusement que je ne suis pas comme lui à chaque fois que je trouve une jeune fille imprévue dans ma chambre, sinon ça deviendrait compliqué, mais je sens que l’on va encore remettre en cause ma légendaire modestie, laissons donc cela de côté. Une petite bataille éclate, mais Catwoman et ses talons-lames (si, si) mettent à mal le brigand, et exigent de lui qu’il respecte sa part du marché suite au vol chez Bruce Wayne, à savoir, lui donner l’accès à la "table rase", un projet permettant de réduire à néant toute trace de soi sur toute machine connectée à internet. Bref, l’idéal pour repartir à zéro.

Ou pour effacer tous les Powerpoints qu’envoie Gérard de la compta, mais c’est une autre histoire.

Sauf que Dagget lui explique que la "table rase" est une légende, et que Wayne Enterprises n’a jamais réussi à acquérir pareille machine. Il lui explique aussi que maintenant, ça suffit : ses hommes vont lui marraver sa face de voleuse pour lui apprendre la vie. Catwoman sent que le combat contre toute la sécurité de Dagget est mal engagé, surtout en sachant qu’ils sont tous surarmés (mais elle-même s’autorise à utiliser des armes à feu, contrairement à Batman), mais alors qu’elle va succomber sous le nombre… Batman arrive aussi à sa rescousse (comment a t-il su ? Il cherchait Sélina grâce au collier ? Pas de bol, elle le le porte pas. Il a donc juste… deviné, woah !), et l’aide à s’enfuir via son véhicule volant. Alors qu’ils s’échappent, ils notent qu’en plus de la sécurité de Dagget, Bane en personne était présent sur place. Tiens, comme c’est étrange !

D’ailleurs, en s’enfuyant, ils se font tirer dessus par 12 hommes avec des fusils d’assaut à 5 mètres d’eux, mais évidemment, pas un ne touche. Bane a dû recruter ses hommes sur leur strabisme : heureusement que Jean-Paul Sartre est mort, sinon il l’aurait nommé général. Mais que disais-je ? Ah, oui, oui. Batman, donc.

Allant se poser sur un toit plus sûr, le chevalier noir papote donc avec Catwoman, lui expliquant que Bruce Wayne lui a demandé de savoir pourquoi elle avait volé ses empreintes. La jeune femme coopère et explique Dagget lui a proposé cette mission en échange du "table rase", mais qu’elle vient d’apprendre que ce dernier n’existait pas. Batman n’est pas aussi sûr de cela, et lui dit juste qu’il va se renseigner. Puis, tous deux se séparent dans la nuit.

En rentrant chez lui, Bruce a le droit à une petite crise de la part d’Alfred, qui lui explique que ho, hé, multimilliardaire ! Ça suffit de faire le kéké en tenue moulante, vous avez les moyens d’aider la justice avec votre argent et votre influence politique, alors faites cela plutôt que le ninja ! Le vieux majordome ajoute qu’il a déjà enterré deux Wayne, il ne voudrait pas perdre le troisième. Il dit donc à son maître que s’il ne renonce pas à la cape, il partira, car refusant de soutenir pareille aventure. Et Bruce lui explique que, nan, là, il veut trop être Batman : il laisse donc son majordome se barrer, ah mais, ça suffit le chantage affectif !

J’allais oublier : Bruce a aussi obtenu quelques informations sur le mystérieux Bane : il s’agit d’un mercenaire, lié à Dagget qui l’avait déjà recruté pour des opérations illégales en Afrique, et qui est un ancien membre… de la ligue des ombres, c’est-à-dire celle que dirigeait Ninjabouc et qui a formé Bruce ! Il serait né et aurait grandi dans une prison ultra-violente d’un pays lointain et archaïque, et serait donc d’autant plus redoutable. C’est fort bien, mais bon, là tout de suite, Bruce a surtout envie de pioncer après toutes ses aventures, ce qu’il fait.

Le lendemain matin, disons-le, Bruce a un peu la gueule de bois : non seulement personne ne lui a fait son café maintenant qu’Alfred est parti, mais en plus, Lucius Fox vient lui rendre visite après avoir étudié le piratage de la bourse de Gotham : Bane a utilisé les empreintes digitales volées de Bruce pour confirmer des milliers d’achats d’actions pourries (il pouvait aussi confier son portefeuille à François Baroin pour obtenir un résultat proche) et le pauvre Bruce est donc… ruiné ! Et n’a même plus d’actions dans sa propre société ! Ho bin non alors ! La chose n’est que temporaire, explique Lucius, mais il faudra beaucoup de temps pour prouver que tout cela est une fraude et…

… hein ? Vous allez avoir besoin de temps pour prouver que ces échanges ont été biaisés, en sachant qu’ils ont tous été réalisés au moment où des centaines de gens et des dizaines de caméras peuvent confirmer que la bourse de Gotham était braquée ? Et que vous aviez même des caméras montrant un type en train de pirater l’un des ordinateurs ? Et bin mon Lucius, si pour toi, la fraude est dure à prouver avec ça, j’espère qu’on ne te volera jamais ton chéquier mon bonhomme.  Quelle vieux flan, en fait, ce garçon. M’étonne pas que Wayne Enterprises n’avance pas quand Bruce n’est pas là si c’est lui aux commandes.

En tout cas, Lucius a un plan pour la suite : Wayne va devoir quitter ses fonctions chez Wayne Enterprises puisqu’il n’en est même plus actionnaire, et il doit donc choisir quelqu’un pour lui succéder ; sachant que Dagget est déjà prêt, mais que c’est l’ordure derrière toute la manoeuvre (là encore, ni Bruce ni Lucius ne parlent de tenter quoi que ce soit contre lui, voire de prouver son complot, non. Ça ne les intéresse pas, on a même presque l’impression qu’ils trouvent cela normal) puisque c’est lui l’employeur de Bane et celui derrière le vol des empreintes, aussi Lucius propose une solution : proposer au conseil d’administration Miranda, la jolie actionnaire-écolo, et lui montrer le réacteur à fusion pour qu’elle s’en serve pour refaire avancer Wayne Enterprises. Soit, dit Bruce : continuons de cacher le réacteur sans aucune raison à l’ensemble du conseil d’administration, qui n’a même pas l’air de se soucier de ce qu’il est advenu de, je cite Lucius, "La totalité du budget recherche et développement", et montrons-le uniquement à une actionnaire fraîchement débarquée au motif qu’elle a un joli cul et vote Verts.

Comme on pourra le constater quelques scènes plus tard, le conseil d’administration de Wayne Enterprises est constitué en grande partie de vieux briscards tous rangés sous la bannière de Bruce en toute loyauté, mais comme eux n’ont pas de noms, on ne leur propose rien : c’est vrai, pourquoi mettre à la tête de son entreprise quelqu’un de confiance et d’expérimenté en période de crise ? Autant prendre la nouvelle inconnue qui ne connait pas encore bien la maison.

Lucius a eu beau ne rien faire durant 8 ans et expliquer qu’il est trop dur de prouver qu’un braquage filmé avec des centaines de témoins a bien eu lieu, Bruce suit quand même ses conseils avec soin pour choisir son successeur. Hmm hmm, d’accord.

La fameuse Miranda est donc emmenée jusqu’à un coin du port de Gotham, où via un autre passage secret (je pense que Lucius adorait jouer à Labyrinthe quand il était petit), elle arrive dans une salle où trône un réacteur über-design avec des petites lumières vertes pour dire qu’il est écolo. Bruce l’attendant sur place, il lui présente rapidement le bébé.

"Voilà Miranda, l’avenir de Wayne Enterprises. Un réacteur à fusion, l’énergie de demain. Nous l’avons installé ici car nous ne sommes pas encore certains qu’il soit sûr : en cas de problème, on peut donc noyer cette salle et le noyau du réacteur avec pour le calmer directement.
- Formidable, Bruce ! Comme dans tous les films de super-héros, il faut toujours qu’un débile installe son nouveau réacteur expérimental en pleine zone surpeuplée ! Tenez, on dirait Spiderman 2 ! Et comme dans tous les films là encore, je suis sûr que ça va poser problème. D’ailleurs, chaque invention de Wayne Enterprise finit inévitablement dans les mains des méchants. Vous vous souvenez du premier volet de cette trilogie ? Allez, arrêtez de me charrier : votre énergie verte, c’est du recyclage de films en fait ? Si vous voulez, je vous présente Quentin Tarantino.
- Votre gueule Miranda."

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Heureusement, un nouveau dialogue d’anthologie vient un peu plus enfoncer le clou de cette scène

"Miranda, n’oubliez pas : ce réacteur n’est pas encore sûr. Il faut donc être prudent.
- Comment ? Vous me demandez de le DETRUIRE, C’EST BIEN CA ? Mais enfin Bruce, jamais car…"

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Et donc, s’ensuit une tirade incohérente sur un truc que Bruce n’a jamais demandé. Voilà voilà : Miranda est probablement une truite en fait. Je pense qu’ils peuvent inonder la salle du réacteur là, maintenant, elle survira sans problèmes.

Cela fait, Bruce lui explique donc qu’il va s’arranger pour la soutenir et obtenir son élection en tant que nouvelle présidente du conseil d’administration de Wayne Enterprises. Et effectivement, peu de temps après, le conseil se réunit et malgré le plan de Dagget, ce dernier n’est pas élu, mais bien Miranda. Ce qui signifie donc que Dagget avait conçu un plan diabolique lui coûtant probablement plusieurs millions au bas mot pour devenir président de Wayne Enterprises, mais qu’il avait juste oublié qu’il s’agissait d’une élection et qu’il n’avait donc qu’à se présenter et à obtenir suffisamment de voix, quitte à graisser des pattes. A titre de comparaison, c’est un peu comme si Robert Hue parvenait à obtenir une nouvelle élection présidentielle : ce n’est pas parce qu’il s’y présenterait qu’il gagnerait.

Donc, en fait, tout le plan avec Bane ne servait strictement à rien. Hmmm, d’accord.

Cela dit, comme Dagget est un peu con, il va trouver Bane pour lui expliquer que ça a échoué : il n’est pas devenu président de Wayne Enterprises, et donc, que cacaboudin (c’est son argument phare). Étonnamment, l’armoire à glace qu’est Bane n’apprécie pas trop qu’un freluquet lui parle sur ce ton, et il lui plie donc la gueule, ce qui le tue vaguement. Là encore, rassurez-vous, personne ne s’intéressera à la mort de Dagget. Ce n’est pas comme si la mort d’un multimillionnaire attirait l’attention, non. Un nouveau single de René la Taupe ferait plus parler de lui.

Bruce, ruiné, va lui de son côté errer un peu de-ci de-là, poursuivi par des hordes de photographes se passionnant pour sa chute. Là encore, personne ne semble se rappeler du braquage de la bourse de Gotham datant pourtant de la veille, et accompagné d’une large fusillade, et tout le monde pense qu’en fait, Bruce Wayne a bien passé tout ces ordres d’achats et de ventes d’actions visant à le ruiner, et ce depuis la bourse à l’heure du drame. C’est formidable comme chaque personnage semble accepter le déroulement absurde de l’intrigue dans ce film. D’ailleurs, sachez que Bruce peut faire disparaître les photographes qui le suivent à volonté et sans éveiller leur attention grâce à une habile technique appelée "La réalisation change de scène en les faisant disparaître sans explication pour ne pas qu’ils soient témoins de ce que je ne veux pas". C’est un peu comme si Paris Hilton voulait faire quelque chose discrètement : tout le monde rirait très fort. Mais là, non.

Sachant qu’en plus on explique que Bruce s’est fait saisir jusqu’à sa voiture pour payer ses dettes, il faudra qu’ils m’expliquent comment il les a semés sans éveiller de soupçons sur sa double identité, mais passons. C’est Batman, tout de même.

Notre ex-milliardaire va donc chez Catwoumoune (elle est en civil), dont il a récupéré l’adresse, et lui explique que son ami Batman aurait besoin d’elle pour aller trouver Bane, le responsable de tous ses ennuis (il aurait aussi pu aller voir Dagget du coup, puisque c’était lui qui avait embauché le terroriste pour son plan, mais Bruce sait déjà qu’il est mort grâce à ses pouvoirs de divination et préfère donc aller voir la voleuse qui a manqué de peu de se faire buter par les hommes de Bane pour savoir si ce dernier ne lui aurait pas dit où était sa planque, comme ça, parce qu’il adore le révéler à ses ennemis. Peut-être même l’a t-il posté sur Twitter). Et ça tombe bien, sans raison aucune, Catwoumoune sait où se cache Bane : sous terre, et bel et bien avec toute une armée. Et elle peut y guider Batman. Okay, dit Bruce : ce soir, chaussez votre petite tenue moulante, le chevalier noir vous rejoint et vous le mènerez à Bane. En attendant, moi je vais me taper la petite Miranda, puisque maintenant que je suis pauvre, faudrait que je pense à épouser une riche.

Soit, faisons ainsi, dit la voleuse. Et en échange ? Et bien Bruce s’engage à lui filer le "table rase"… car il existe… et il l’a (ça tombe bien quand même). Marché conclu, donc. Et comme prévu, Bruce s’en va retrouver Miranda, nouvelle présidente de sa société, et a tôt fait de la séduire avant de lui proposer de lui montrer son gros batarang. La nuit peut donc arriver sans encombre, et trouver notre justicier plus léger que jamais.

Le soir même, les deux héros se retrouvent donc à l’entrée des tunnels de Gotham, et commencent à y rentrer, tabassant toutes les sentinelles de Bane sur leur chemin ; finalement, en arrivant dans une salle, une grille se ferme entre Catwoman et Batman : elle a attiré Batman dans un piège ! Parce qu’en fait, elle a… heu… je… attendez, pourquoi a t-elle trahi ? Elle veut le "table rase". Pour ça, elle doit aider Batman. Et Bane, lui, il lui file quoi en échange de sa trahison ? Et bien… rien.

Catwoman vient donc d’échanger son but ultime contre du rien : on l’applaudit bien fort.

Catwoman aime tellement le rien que parfois, elle en vole

Batman se retrouve donc enfermé dans une salle souterraine… avec Bane ! Et ses hommes autour l’acclamant. Ce dernier lui propose un duel pour le calmer un peu, et s’ensuit un terrible combat au corps-à-corps, durant lequel Batman s’avère largement dépassé par le terroriste, qui, sous les yeux de Catwoman, révèle l’identité de l’homme-chauve-souris : Bruce Wayne ! Puis, comme il a assez rigolé, Bane soulève le pauvre Bruce… et lui éclate le dos à l’aide d’une prise de catch d’un fort beau gabarit. Enfin, il lui montre quelque chose de rigolo : Bane fait exploser le plafond de la salle où ils se trouve, et tombe du ciel… une batmobile ! Ils sont sous la planque de Lucius Fox, sous les locaux secrets de Wayne Enterprises ! Et bientôt, sous les yeux désespérés de Batman, les hommes de Bane mettent la main sur tout son attirail, des véhicules expérimentaux aux armes, les rendant plus puissants que jamais… Sacrebleu !

Juste comme ça : comment l’ami Bane a fait pour savoir où se trouvaient ces locaux (et même qu’ils existaient), sachant que seuls Fox et Bruce en connaissaient l’existence et qu’ils n’apparaissaient dans aucun document (ce que Bruce pouvait confirmer grâce au "table rase" à chaque instant, puisqu’il affirmait le posséder) ? Et bien là encore : divination. D’ailleurs, il savait même comment était rangé la salle, puisqu’il a fait un trou pile au bon endroit, pour faire choir une batmobile sans même l’endommager, ni dégringoler les étagères alentours.

Nicolas Cage serait apparu dans cette scène, je n’aurais même pas été étonné, c’est dire.

Vaincu, le chevalier noir est lui emmené dans le pays d’où est originaire Bane, à savoir un pays fatigué du Moyen-orient où on le jette tout au fond de la prison qui a vu grandir son adversaire, et qui est en fait un gigantesque puits avec des cellules au fond où s’entassent des dizaines de prisonniers crasseux. Là, Bane lui explique ce qu’il va faire : d’abord, lui laisser une petite télévision d’où il pourra suivre ce qu’il se passe à Gotham, afin que son esprit puisse souffrir maintenant que son corps est brisé. Ensuite, le laisser pourrir au fond de la prison à regarder tout cela, pendant que lui va retourner à Gotham entamer une ère de chaos au nom de… Ninjabouc, puisque c’était le plan de celui-ci dans le premier volume dans la trilogie : punir toute la ville corrompue. Et Bane s’en retourne aux Etats-Unis, et ce, en se téléportant, ce qu’il était important de préciser pour continuer le festival des trucs ratés que propose ce film. Splendide tapis rouge.

De retour à Gotham, Bane se met à préparer son plan diabolique : il se rend chez Wayne Enterprises, prend tout le conseil d’administration en otage, et emmène l’un de ses membres anonymes, Fox et Miranda ainsi que le Docteur Pavel (mais si, souvenez-vous, au début du film ! Le mec que Bane a déjà capturé mais qu’il met super en danger… pour le re-capturer pour rigoler, et bien le revoilà) jusqu’au réacteur à fusion de la société, qu’il semble curieusement connaître, et ordonne aux membres du conseil de Wayne Enterprises présents de l’activer ; tous déclinent malgré la menace des armes, jusqu’à ce que Miranda se dévoue pour lancer le bidule. Cela fait, Bane ordonne au Docteur Pavel, expert dans le domaine, de rendre le noyau instable et de le détacher du réacteur pour en faire… une bombe atomique ! Ah !

Au même moment, le plus gentil des policiers de la ville, l’agent Blake, commence lui à travailler directement pour le commissaire Gordon depuis son lit d’hôpital, étant ses yeux et ses mains là où il ne peut-être (les péripatéticiennes apprécieront ce geste grâcieux) ; après une enquête pas facile, Blake arrive à une incroyable déduction : il y a une armée sous la ville… et elle est dirigée par Bane en personne !

D’accord, mais en fait, tout ça, ça faisait des plombes qu’on le savait, non ? Depuis la fusillade dans les égouts, pour être exact, je crois. Enfin, on est plus à ça près. Mais visiblement, cette fois, cela secoue la police plus que la dernière fois et l’officier Foley, en tant que remplaçant de Gordon, ordonne à TOUS je dis bien TOUS les policiers de la ville de partir à l’assaut des souterrains (j’imagine bien l’arrivée massive de pervenches, ça doit faire peur). Mais attention, en entrant tous par le même tunnel et en formant un groupe compact de 3 000 personnes. Comme ça, s’il y a un terroriste occupé à lire Pif dans un tunnel, il sera sûrement surpris par l’approche furtive de ces milliers de joyeux fonctionnaires.

… c’est nul. Profondément nul.

Mais pendant ce temps, Blake enquête lui sur de curieux schémas de travaux publics qu’il a retrouvé en enquêtant un peu, et découvre qu’en fait… Bane a posé des milliers de bombes sous la ville !

Voilà : divination, téléportation, furtivité et explosifs en quantités abusives, le recyclage du personnage du Joker du volet précédent est complet. Les cheveux en moins : il y a toujours des pertes dans le processus.

Blake hurle donc à Foley que tout cela est un piège visant à bloquer tous les policiers de Gotham sous terre (car oui, Bane avait deviné que la police enverrait tous ses hommes en un seul contingent le chercher alors que ça n’a aucun sens), mais évidemment, à la seconde où il le fait, toutes les bombes se déclenchent : les rues de Gotham sont parcourues d’explosions venues des tunnels (il faudra donc à nouveau m’expliquer comment, durant des années, personne n’a remarqué l’armée souterraine et ses bombes se promenant), et même les ponts reliant la ville au monde extérieur sautent (là encore, personne n’a remarqué des terroristes posant des explosifs sur 5 ou 6 ponts en même temps, soit), isolant complètement la cité et la plongeant dans le chaos le plus total ; les policiers, eux, sont littéralement bloqués sous terre, les effondrements bloquant les issues.

Et, non :

  • Jamais ils ne penseront à sortir par une plaque d’égout
  • Alors que des tonnes de bombes viennent d’éventrer les rues, aucun policier ne profite de ces trous béants pour sortir
  • Déblayer ? N’y pensons même pas

A noter que les pompiers, qui eux, n’étaient pas dans les souterrains, n’apparaîtront pas du film alors que l’on peeeeeuuuut imaginer que ce genre de situation les concerne. Un peu, du moins. On dira qu’ils avaient un truc plus important à faire ailleurs, comme par exemple un Jungle Speed avec une grenade.

"On pourrait p’têt’ faire un truc ?
- Nan.
- Alors on fait rien ?
- C’est ça. C’est bien le rien.
- Dis donc, tu serais pas un peu Catwoman ?"

Bane, lui, se rend au stade local où une bonne partie de la population était pour cause de rencontre footballistique ; après avoir fait s’effondrer tout le terrain ou presque, ne laissant que les tribunes autour d’un immense cratère, il apparaît sur l’un des bords dudit cratère, traînant derrière lui le noyau instable du réacteur, et explique la situation en utilisant les hauts-parleurs du stade.

"Salut les amis, je suis Bane. Malgré ma tête de catcheur contrarié, je suis votre nouveau meilleur pote. Alors, voilà le topo : je suis trop une rebelle, et grave le Che local, et je vous propose une révolution bon peuple de Gotham. Sachez qu’on vous a menti : Harvey Dent était un psychopathe, on vous a maintenu dans ce mensonge toutes ces années pour que l’ordre établi se maintienne. On va tous ensemble sortir les riches de leurs tanières et se partager leur fortune entre nous, parce que merde, il n’y a pas de raisons. Bon, je suis moi-même vaguement riche, puisqu’entretenant une immense armée de mercenaires ainsi qu’un nombre incalculable d’armes et d’explosifs, mais chut, n’en parlons pas. Bref, voilà : pillez, faites vous plaisir. Par contre, attention, nouvelles règles ! Ce sont moi et mes hommes qui font la loi, ni la police, ni le Batman ne sont là pour vous protéger, donc tenez vous à carreaux. Et sachez que voici mon amie Bombinette, la bombe qui pète très fort. Si jamais un seul d’entre vous s’avise de fuir Gotham, le propriétaire du détonateur – dont je ne donne pas le nom ! – fera tout péter dans un rayon de 10 kilomètres. Voilà, c’est tout, vous pouvez rentrer chez vous. Ah si, je voudrais dire au propriétaire de la Cadillac immatriculée RoXoR que je l’ai un peu abîmée en me garant sur le parking du stade avec ma batmobile. Désolé mec."

Et nonobstant le petit "enculé !" partant d’une tribune du stade, Bane en profite pour rajouter quelque chose "Ah oui, il n’existe qu’une seule personne capable de désamorcer cette bombe d’un nouveau genre, et c’est le professeur Pavel. Et regardez, hop, je l’tue !" et en effet, urgh fait le pauvre docteur en s’effondrant sans vie après que Bane ait tenté de jouer à Twister un peu fort avec sa tête. Ce que Bane ne dit pas à la foule, par contre, c’est qu’il ne fait tout cela que pour torturer Bruce Wayne. En réalité, la bombe explosera quoiqu’il arrive, le réacteur étant instable. Et dans très exactement 5 mois (c’est précis), Gotham sera rayée de la carte avec ses péchés.

Allez savoir pourquoi, mais je pense que Batman va du coup mettre 4 mois et 29 jours à revenir. Aucun rapport avec le fait que l’on a rarement vu un héros désamorcer une bombe avec de la marge.

C’est donc parti : la ville est à feu et à sang, et nous rentrons dans une partie particulièrement longue du film, que je vais vous raccourcir parce qu’elle donne méchamment envie de regarder sa montre (ou de lécher du LSD en attendant que ça passe) :

  • Les riches se font tabasser/pendre/exécuter de diverses manières (Arlette Laguiller approuve ce message)
  • Les prisonniers de la prison locale sont libérés, puisque dans Batman, c’est un peu une tradition
  • Au bout de 30 secondes, les rues sont désertes : les gens restent chez eux à jouer à la belote
  • L’armée américaine entoure l’endroit, mais n’intervient pas de peur que tout ne saute. Elle fournit juste de la nourriture à l’île et des biens de première nécessité, tout en empêchant quiconque de fuir, pour éviter que là encore, la bombe n’explose comme l’ont annoncé les terroristes
  • La bombe est planquée dans un camion blindé escorté en permanence par une batmobile, et le petit cirque tourne en ville. Pour éviter que le tout ne soit pris d’assaut, deux convois identiques circulent aussi dans Gotham sans que l’on sache dans lequel se trouve le réacteur instable
  • Les rares policiers encore à la surface, désormais en civil pour éviter les ennuis, envoient des messages d’espoir à leurs collègues sous terre, mais ne pensent pas à les en sortir malgré toutes les options possibles. Non, creuser un trou dans une baraque pour accéder discrètement aux tunnels et les faire sortir ou autre ne passe par la tête de personne. C’est bête. Ah, Berlin, on t’a déjà oubliée !
  • De temps à autres, les policiers tentent un truc quand même (repérer le camion avec la bombe, faire sortir un ou deux collègues des souterrains) ou bien l’armée (ils envoient des commandos rejoindre la résistance) mais à chaque fois, Bane utilise conjointement ses pouvoirs de téléportation et de divination et se trouve TOUJOURS là où il faut sans aucune explication. C’est un peu lourd, en fait, au bout d’un moment.

Dans le même temps, du fond de sa prison du moyen-orient, Bruce Wayne soufre en regardant sa ville se consumer. Il finit même par en péter la télé, ce qui est dommage puisque du coup, il aura moins d’informations pour intervenir s’il veut y retourner ("Ah mais Monsieur Wayne, la ville a sauté il y a trois semaines, vous ne regardez jamais la télé ?"). Mais surtout, il reprend du poil de la bête : hop, un autre prisonnier s’avère être par chance un ancien médecin, et lui remet donc le dos en place, lui permettant d’enchaîner aussitôt avec des pompes pour repartir en forme. La prison ne comporte aucun garde, ce qui est intéressant, et on dira que c’est parce que c’est plutôt une gigantesque oubliette à ciel ouvert. Les prisonniers tentent donc régulièrement de s’évader en escaladant les parois, mais ils finissent toujours par tomber, au point que c’en est devenu un rituel : aidé d’une corde et sous les acclamations de ses camarades, le prisonnier grimpe, et en général, se vautre toujours au même endroit.

Non, aucun prisonnier n’a jamais pensé à bricoler du matériel d’escalade pour faire des prises sur les murs alors qu’ils n’ont visiblement que ça à faire de la journée. Sérieusement, dans ce film, vous vous rappelez de beaucoup de personnages avec un comportement logique, vous ? Voilà, c’est bien ce que je me disais.

En tout cas, du fond de son trou, Bruce Wayne apprend pas mal de choses grâce à ses compagnons de cellule, et pas seulement à se méfier du mystère du savon volant, grâce à de formidables dialogues :

"Bane a grandi dans cette prison.
- Ah oui, c’est cool, mais là je fais des pompes papy, va vider ta poche à urine,  j’ai des culs à botter.
- Ouiiiii, et pour ça tu veux t’évader, mais seul un enfant a réussi un jour à le faire !
- Un enfant ? Bane ?
- HOLALA JE PRENDS SOIN DE CONTOURNER LA QUESTION oui, un enfant dont-je-n’utiliserai-jamais-le-prénom. Il était le fils d’un mercenaire… un certain Ninjabouc.
- Ninjabouc ! Mon vieux maître mille fois maudit !
- Certes, et sache que l’enfant-dont-je-ne-dis-pas-le-nom-alors-que-si-c’était-Bane-je-le-dirais-sans-souci a ainsi eu un destin étrange : lorsque Ninjabouc était mercenaire, il a copulé avec la fille du chef de guerre qui l’employait. Ce dernier a voulu envoyer ce satyre ici, mais la fille, éperdument amoureuse (hahaha, les nanas) a obtenu sa libération. Lui a simplement été relâché, mais il n’a jamais connu le prix de sa liberté : c’est la fille du chef de guerre elle-même qui en échange a dû payer sa dette en allant en prison à sa place. Et elle était enceinte… de l’enfant.
- Okay, mais alors l’enfant, c’était Bane ?
- Hohohoho, si je commence à répondre aux questions… je vais faire comme si je n’avais rien entendu. L’enfant a donc grandi, mais a perdu sa mère lors d’une émeute de prisonniers. Il n’a survécu que parce qu’un mystérieux protecteur le défendait toujours en prison, mais je ne vais pas non plus donner son identité alors que je la sais et que ça ferait gravement avancer l’histoire. 
- Relou.
- Pardon ?
- Rien. Bon allez, c’est parti, allez Mustafa, passe-moi mon slip, ce soir j’méchappe."

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Et comme c’est très recherché, Bruce fait donc trois tentatives d’évasion via l’escalade des parois du puits qu’est la prison :

  • L’une où il tente comme ça, hop, et se vautre, seulement retenu par la corde
  • La seconde où le papy partageant sa cellule lui a dit "Utilise la force de ton esprit, pas de tes bras pour y arriver" mais comme il est pressé, Bruce essaie encore et échoue, sauvé d’une chute fatale par la corde
  • La troisième où il écoute le crypto-Obi-Wan et décide d’y aller sans corde pour que les chocottes lui donnent la force d’y arriver, et évidemment, ça marche, car comme chacun sait, un mec qui vous explique qu’il a le truc pour s’évader depuis 20 ans mais qu’il ne l’a jamais utilisé est forcément un type qui ne se fout pas de vous et qu’il faut écouter

Incroyable coïncidence : Bruce s’évade à deux jours de l’explosion de la bombe. Le temps de rentrer au pays, il n’aura plus que quelques heures devant lui. Étonnant, non ?

Rah, un vieux dans un coin désert qui recommande d’utiliser le pouvoir de son esprit en faisant fi des outils des hommes pour accomplir des choses… rah, où ai-je déjà vu ça ?

Voilà, nous venons de passer sur une succession de trucs convenus et particulièrement longuets, revenons-en donc au reste du film (qui restera cependant convenu, et relativement longuet, rassurez-vous). Car à Gotham, il se passe des choses ! Déjà, l’hiver est tombé, et tout espoir semble désormais éteint, puisque Foley refuse de commander les derniers policiers résistants en ville de peur d’être abattu par les hommes de Bane, et que le commissaire Gordon a été fait prisonnier. Ce dernier est donc emmené devant le tribunal populaire de l’île où, trônant au sommet d’une pile de bureaux, se trouve celui qui fut l’Épouvantail dans le premier volet, le docteur Jonathan Crane, psychopathe sans grand intérêt. En bonne parodie de juge, le malfaiteur propose deux solutions à Gordon et ses hommes pour leurs crimes : l’exil ou la mort.

Sachant que l’exil est en fait simplement une condamnation à marcher sur la glace recouvrant la rivière locale pour tenter de rejoindre l’autre rive, et que celle-ci craquant à chaque fois sous les pieds des candidats, ils meurent tous en tombant dans l’eau glacée, hein.

Du coup, Gordon et ses hommes choisissent… la mort. Et on leur explique que, très bien, alors ce sera la mort par l’exil ! Hohoho ! Ils sont donc envoyés de nuit sur les bords de la rivière, afin de tenter leur chance, et marchant avec précaution, ils essaient de ne pas briser la glace sous leurs pas.

Quelle n’est pas leur surprise lorsque, soudain, des projectiles soporifiques atteignent les gardes qui les observaient s’avancer sur l’eau gelée, et qu’apparaît en face d’eux, surgissant de l’obscurité… Batman !

Dis-donc Batman, c’est moi ou avec tout ton attirail tu dois être deux fois plus lourd que le péquin moyen ? Alors explique-moi ce que tu fous sur la glace toute fragile, à part te donner un genre ? Tu imagines ce qu’il se serait passé dans un monde crédible ?

"Regardez, une forme dans l’obscurité !
- Ahah, et oui, c’est bien moi, Ba – PLOUF -
- Ah non, y a plus rien, j’ai dû rêver. Peut-être était-ce juste un phoque."

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Mais Batman n’en a pas fini avec les artifices pourris : il tend une torche au commissaire Gordon, lui demandant de la jeter sur la glace : nonobstant le fait que c’est très con, surtout quand on est sur ladite glace, le policier s’exécute et la torche enflamme alors un filet de liquide (et oui, l’eau gelée se porte toujours bien malgré l’incendie, merci) qui monte le long de l’une des piles du pont voisin, jusqu’à enflammer, sur l’une des immenses arches, une titanesque forme de chauve-souris visible à des kilomètres à la ronde. Bane, qui observe cela, est tout simplement bluffé (le spectateur attentif notera que Bane doit être dans un autre fuseau horaire, puisque de là où il est, il fait jour, mais bon) et s’exclame "C’est impossible !" comme tout méchant pourri qui se respecte.

Bin si, mec, c’est possible : tu as abandonné un type blessé au fond d’une prison avec un médecin, sans garde, et avec juste un peu d’escalade pour s’enfuir. Tu t’attendais à quoi, sachant qu’il a eu le même entrainement de ninja que toi ?

Moi la vraie question que je me pose, c’est "Comment Batman a pu peindre une forme de chauve-souris géante sur une immense arche de pont sans que personne ne le remarque ?" ; non parce que vu la taille du truc, il a dû y passer au moins quelques heures à bien faire attention de pas louper la symétrie du motif et tout. Il avait des petites bombes à napalm sur lui pour barbouiller le pont ? Il s’est installé une petite plate-forme de peintre en bâtiment ?  Il s’est pas dit qu’une telle quantité de produit incendiaire pourrait servir à autre chose qu’à une illumination de Noël ? Non : Batman est juste complètement con et adore faire de l’art contestable en s’habillant n’importe comment.

Attendez, est-ce moi ou je viens de donner la définition du hipster ? Hooo. Je comprends bien des choses. Enfin bref.

Le justicier, après avoir libéré le commissaire Gordon, s’en va aussi sauver l’agent Blake qui s’était mis en mauvaise posture en pensant ENFIN à ouvrir une plaque d’égout pour en faire sortir les policiers prisonniers, et alors que ça marchait plutôt pas mal, avait été surpris. Il explique alors comment les choses vont se passer : il va filer à Gordon un gadget à coller sur la bombe pour bloquer tout signal qui pourrait lui être envoyé, et ainsi feinter le détonateur (que Bane doit avoir), et d’un autre côté, aider Blake à faire sauter les débris obstruant les souterrains pour en faire sortir une armée de près de 3 000 policiers qui, bien que n’ayant pas vu la lumière du jour depuis 5 mois, s’avère  plutôt en forme et propres sur elle quand elle commence à sortir de sous les caillasses. Okay.

Au petit matin, donc, les rues de Gotham sont animées par un immense défilé de policiers pas contents qui se rapprochent du QG de Bane : la mairie de Gotham. Face à eux, des dizaines de terroristes équipés de fusils d’assaut ainsi que les batmobiles volées bourrées de roquettes et autres trucs rigolos les attendent. Heureusement, pour se défendre, nos vaillants policiers ont…

Des matraques.

Oui, ils sont rentrés dans les souterrains avec des armes, mais ils sortent se battre avec des matraques (ils ont dû manger leurs armes, probablement), et… chargent donc héroïquement les vilains, façon Braveheart en brandissant leurs bâtons d’autorité.

Hmmm… c’est moi ou c’est de pire en pire ?

Heureusement, pour éviter une hécatombe, les policiers semblent protégés magiquement par la réalisation puisque même alors qu’ils se présentent de face, à découvert et en formation serrée face à des armes automatiques et à des blindés qui ouvrent le feu sur eux, il faut savoir qu’à peine un agent sur 30 tombe dans la charge. On peut même voir en regardant bien des mecs se faire arroser à bout portant et ne pas tomber, parce que même les figurants ne pouvaient pas simuler un truc crédible tant la scène n’a aucun sens ; rapidement, donc, les malandrins se prennent des matraques dans la gueule et font moins les malins ; mais dans la mêlée, le terrible Bane est présent, faisant du catch sur tous les policiers passant à sa portée ; bon, il n’en tue aucun (ne me demandez pas pourquoi), mais c’est impressionnant quand il les pousse, comme ça, de ses petits bras, on sent vraiment qu’il est méchant. Les pousser, trop dur. Il ne s’est gardé les croche-pieds qu’en dernier recours.

Et il va lui falloir justement se forcer un peu, puisque Batman atterrit dans la mêlée et commence un duel contre lui (où, comme toujours, personne d’autre ne vient aider son champion). Batman, c’est pas pour t’emmerder, mais il y a toujours trois batmobiles blindées en train de massacrer les policiers (enfin, massacrer… les protections magiques et scénaristiques entourant les policiers réduisent pas mal les dégâts, et eux peuvent donc tabasser les véhicules à la matraque, c’est sympa), donc tu aurais peut-être sauvé des dizaines de vie en roquettant d’abord ces vilains véhicules depuis ta "bat" volante, puis seulement en allant te battre avec Bane. Mais bon, si Batman devait être efficace pour gagner, où irait le monde ?

Sinon, Bruce, juste comme ça, tu sais qu’un adversaire plus fort, tu as le droit de lui taser la gueule au lieu de juste lui mettre tes petits poings dans la margoulette ? Ca irait plus vite et ça sauverait des gens. Enfin, je dis ça…

Or donc, le duel entre nos deux loulous tourne cette fois-ci à l’avantage de Batman, sans aucune raison, en fait, autre que le fait que la fin du film approche doucement et malgré le dos fragile du chevalier noir. Comme quoi. Ils finissent donc tous deux par se battre dans la mairie, jusqu’à ce que Batman mette le brigand à terre, et ne croise Miranda, elle-même dans le bâtiment, lui demandant de se mettre à couvert ("Vite, trouve une cuisine et reste-s-y !") pendant qu’il en finit avec le terroriste masqué. Il ordonne donc à Bane de lui donner le détonateur, mais celui-ci lui répond, qu’il ne l’a pas. Et en écoutant Batman lui dire ce qu’il a appris en prison, il lui explique qu’il n’a jamais été l’enfant qui était parvenu à s’évader… cet enfant… l’enfant de Ninjabouc c’était…

Miranda !

Batman le découvre avec horreur lorsque la vilaine lui plante un bon gros couteau dans le dos ; notre héros s’effondre donc, blessé, en écoutant le discours de celle à qui il avait fait confiance (encore une fois, pour des motifs débiles) : c’est elle, l’enfant de Ninjabouc, née en prison ! Bane n’était autre que… son protecteur ! Il l’a protégée depuis qu’elle était petite, et ça, Ninjabouc ne l’a jamais pardonné à Bane (Ha ?! Mais enfin, pourquoi ? Il a sauvé sa fille, au contraire !), même s’il est quand même venu le sortir de prison plus tard malgré tout, pour services rendus. Booooon. Et Miranda a donc fait fortune, puis a intégré le conseil d’administration de Wayne Enterprises, uniquement pour pouvoir mettre la main sur le réacteur à fusion, et s’en servir pour faire exploser toute la ville, hahahaha !

Hem. Miranda ? Comment as-tu pu échafauder ce plan sachant que tu ne savais pas que ce réacteur existait, puisque Wayne le cachait à tout le monde ? Oui hein ? Toi aussi tu es une méchante pourrie, en fait. Tiens d’ailleurs, tu m’expliques pourquoi tu n’as pas fait péter la ville directement ? C’était pour torturer Bruce d’abord ? Il y avait plus simple. Et tiens, au passage, Bane, pourquoi tu as emmené plusieurs membres du conseil d’administration jusqu’au réacteur pour qu’ils l’activent – c’est d’ailleurs Miranda qui l’a fait – quelques scènes plus tôt sachant que Miranda suffisait ? C’était juste pour rigoler, comme ça ? Comme le coup de l’avion au début du film ? Et d’ailleurs, votre plan nécessitait que Miranda devienne patronne de Wayne Enterprises pour avoir accès au réacteur, mais pour ça, il fallait que Dagget fasse sa tentative de coup d’état en dégageant Bruce Wayne… et tout reposait donc sur le fait qu’il fallait que Dagget ait tout seul une idée stupide (oublier que tout se jouait sur une élection au conseil d’administration, la base du truc), fasse appel à Bane de lui-même pour ne pas qu’il sente que c’était moisi (et incroyable coïncidence, il l’a fait) et que Bruce Wayne décide  de confier sa boîte à une actionnaire inconnue plutôt qu’à un de ses hommes de confiance (ce que lui aussi a fait de manière parfaitement idiote). Donc en fait, tout reposait sur… une succession d’incohérences.

Je sais que je me répète, mais je me permets de le rappeler : ce film a été salué à plusieurs reprise pour sa cohérence. Par des gens dont le métier est de regarder ça. Hmmmm. C’est beau.

Bref, Miranda sort le détonateur de son sac à main (donc comme toutes les nanas, elle le cherche trois plombes entre deux brochures, une carte de fidélité et un miroir de poche "Ah oui, il est là, à côté des clés de la Mini, hihihi"), et fait donc leeeeeentement tourner son doigt autour du détonateur en disant "Il est temps d’en finir, Batman… je vais appuyer… maintenant… là… tout de suite… attention… je le fais… je rigole pas… regarde mon pouce" (à ce moment là, la salle a tendance à rigoler en voyant Marion Cotillard faire tourner son pouce autour du bouton pour faire durer inutilement le non-suspens, c’est dramatique) et vous avez donc en parallèle de cette scène le commissaire Gordon qui tente de coller le bloqueur de signal sur la bombe, et pour ce faire, attaque un convoi, mais ha, c’est pas l’bon, puis un autre, mais encore raté, puis un troisième, mais allez-y donc qu’évidemment il fait tomber le détonateur (quel gaffeur alors), qu’il repart le chercher, qu’il revient, qu’il escalade le camion en marche, et qu’évidemment, c’est après les 40 minutes d’hésitation de Miranda, à la seconde où elle se décide enfin à appuyer sur le détonateur, qu’enfin, il parvient à installer le système de blocage.

C’était votre séquence recyclée "Le passage où il arrive des tonnes de merde successives à un personnage pour que finalement, il ne parvienne à son objectif à la dernière seconde" mixée avec "Le passage où l’un des personnages fait traaaainer une action pour laisser le temps aux gentils de s’organiser et l’en empêcher au dernier moment". Je suis sûr que vous ne l’aviez pas reconnue tellement c’était subtil. Si ? Rho, vous êtes durs.

Vexée, Miranda décide donc de se ruer vers la sortie pour atteindre les batmobiles stationnées devant à mitrailler des policiers, et part à la poursuite du camion contenant la bombe que le commissaire Gordon a pourrie.  Camion qui roule encore d’ailleurs (et plus fort encore, Miranda ne prendra aucune précautions pour l’approcher, car elle a deviné – oui, elle aussi – que le commissaire Gordon avait juste bloqué la bombe mais n’avait pas pris le contrôle du véhicule avec ses hommes). Batman est lui laissé avec Bane, qui s’apprête à le tuer lentement (pourquoi faire autrement ?), mais finalement, un puissant tir d’arme à feu vient tuer le pauvre bougre au moment où il allait en finir avec le chevalier noir : Catwoman ! Elle est venue à la rescousse de Batman ! Hoooo bin çaaaa aloooooors (je fais bien la surprise, pas vrai ?).

Il faut d’ailleurs préciser qu’il y a eu une très brève scène lorsque Bruce est revenu à Gotham où il croisait Catwoumoune et lui disait "Tu sais, je t’en veux pas du tout de m’avoir trahi en échange de… en fait, juste pour faire chier alors que je t’offrais le "table rase" que je t’avais proposé.  Je t’en veux pas non plus d’avoir eu le dos brisé à cause de toi, ayant ainsi frôlé la bat-paraplégie. Et puis je ne t’en veux pas non plus de m’avoir ainsi empêché d’arrêter Bane, plongeant la ville dans le chaos et provoquant des milliers de morts; Allez, tiens, je te file la télécommande du "table rase" par pur plaisir, et en échange, tu m’aideras dans mon combat contre Bane, ok ? Tiens, je te file une de mes motos avec de gros canons dessus même pour te motiver."

Et après on s’étonne que des gens deviennent dingues devant ce film.

Mais revenons dans le présent : Bane tué, Batman peut regagner son véhicule volant, pendant que Catwoman part en moto, et que les deux poursuivent le convoi de Miranda ; rapidement, ils abattent toutes les batmobiles du convoi, et ne reste que le camion blindé transportant la bombe, piloté par Miranda elle-même ; Batman cartonne donc la route devant le véhicule, son plan étant de renvoyer le noyau instable jusqu’à l’installation originelle du réacteur, où Lucius Fox pense pouvoir désamorcer le bousin si on le reconnecte à temps.

Sauf que… sauf que Miranda a pensé à cette option, et a donc enclenché la procédure d’urgence permettant de noyer la salle contenant l’installation du réacteur, et supposée noyer le bidule si jamais il surchauffait ; Lucius s’en est donc tiré de peu, mais la situation est désormais un peu pourrie, puisqu’il n’y a guère plus de quoi stopper la bombe. Mais peu après avoir fait cela, le camion de Miranda quitte la route suite aux tirs de l’appareil de Batman, et elle meurt dans l’accident, maudissant le justicier masqué et Gotham dans ses dernières paroles, voire utilisant des termes comme "enculé" histoire de bien marquer son désarroi.

Après, je ne suis pas un super-héros. J'imagine que leur raisonnement m'échappe, un peu comme leur port du slip

Voilà : la "bat" cartonnant les batmobiles, on aurait commencé par ça, Miranda n’aurait jamais pu fuir, la bombe serait restée sous contrôle, et des centaines de policiers auraient été sauvés. Mais encore une fois : détail !

Le commissaire Gordon, qui lui était encore avec la bombe à l’arrière du camion depuis qu’il y avait fixé le dispositif qui va bien, se porte lui à merveille. Comme quoi, il résiste à tout ce garçon, accidents ou embuscades souterrains, et ce sans jamais se protéger ! Le vieux moustachu et Catwoman regardent donc Batman, qui explique savoir que faire de la bombe, alors qu’il ne lui reste plus – quelle surprise ! – que quelques instants avant de sauter. Il va l’accrocher sous son engin volant et partir avec elle loin de Gotham, dans la baie, pour que tout explose loin de la civilisation. Il mourra dans l’affaire mais… il faut bien casser des oeufs, tout ça, et pas seulement ceux des spectateurs qui soupirent en se frottant les yeux.

Avant de partir, Batman voit le commissaire Gordon lui demander sa vraie identité, pour savoir qui les habitants pourront remercier de leur sauvetage, et il lui répond simplement que Batman est dans le coeur de tout le monde, avec la force, la pureté et les licornes. Puis, après ce discours digne d’une blogueuse mode, il dit juste "L’héroïsme, c’est aussi savoir rassurer un enfant qui a perdu ses parents", faisant référence au jour où le commissaire Gordon l’a recueilli, enfant, dans son commissariat après la mort de papa et maman Wayne. Gordon comprend donc enfin qui est Batman, mais bien trop tard.

"Une blogueuse mode. Je ne l’aurais jamais cru."

L’appareil du justicier masqué s’éloigne donc vers la baie, la bombe fixée sous son engin (avec toujours son petit compte à rebours super précis, comme quoi pour un noyau instable, il est pas mal prévisible quand même), et plutôt que de la larguer dans l’eau (après tout, ils avaient dit "En cas d’instabilité du réacteur, on noie la salle et ça règle tout" chez Wayne Industries, alors pourquoi pas ?), il va se faire exploser avec loin, très loin, sous les yeux étonnés de tout le monde : enfants du coin, Catwoman, commissaire Gordon, agent Blake, militaires gardant les rives du fleuve, policiers au centre ville ayant fini par maîtriser l’armée de Bane uniquement avec des matraques – comme quoi, matraque contre fusil d’assaut, on voit qui gagne – et… fondu au noir.

Nous retrouvons donc le commissaire Gordon, l’agent Blake et Alfred le gentil majordome, bouleversés devant la tombe de Bruce Wayne, reposant désormais aux côtés de ses parents à côté du manoir de leur famille, alors que de l’autre côté de Gotham, Wayne Enterprises s’occupe de l’héritage du défunt. Je serais curieux de savoir comment ils ont appris que Bruce Wayne était mort, puisqu’à moins de révéler que c’était Batman, ça a dû être compliqué. A noter aussi que la ville décerne justement une statue à Batman, sauveur de la cité dont elle n’a jamais connu l’identité (Bane avait affronté Batman et révélé son identité devant ses hommes : il n’y en a pas un qui s’est dit "Tiens, si je balançais tout histoire de me faire du fric ?" – là encore : non, c’était une armée de neurasténiques).

L’agent Blake lui, guidé par quelques derniers messages laissés dans l’héritage du défunt, finit par trouver une curieuse cascade près du manoir Wayne… et s’y rend, découvrant ainsi la Batcave. On apprend au passage que le prénom de l’idéaliste agent Blake, qui a démissionné de la police pour s’affranchir des règles et suivre les pas de son héros est… Robin. Le commissaire de Gordon découvre d’ailleurs un soir que, sur le toit du commissariat, un nouveau projecteur a été installé à la place de l’ancien, rouillé : un peu de renouveau ne fait pas de mal, et c’est un nouveau Batman qui est prêt à répondre à l’appel. Quant à Lucius Fox, il fait lui une découverte plus étrange ; Bruce Wayne avait fait installer sur les prototypes de "bat" un… pilote automatique. Et si…

Et en effet : quelque part à Florence, Alfred le gentil majordome s’assoit à un café et sirote tranquillement une boisson, quand il aperçoit devant lui un couple : Bruce Wayne et Catwoumoune, incognito. Il se contente donc de les saluer d’un mouvement de tête, de sourire, puis de se lever et de partir, heureux.

Et… FIN

Ho ?

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A cet instant précis, moi aussi, je me suis levé et je suis parti.

Mais ensuite, j’ai passé la nuit à stranguler des chiots : il fallait que je passe toute cette haine sur quelque chose.

Merci, Batman.

 

Le son du moteur électrique du fauteuil roulant semble un chuchotement dans les calmes couloirs de l’immense manoir.

Aujourd’hui, comme tous les jours, le professeur Charles Xavier se rend dans une salle de classe de la résidence qu’il a transformée en école, afin d’enseigner à des adolescents quelque connaissance sur le vaste monde. Mais attention ; nous ne parlons pas ici d’une école comme les autres, mais bien de celle des X-Men, c’est-à-dire, un établissement secret réservé aux enfants disposant d’un don surnaturel : créer du feu, de la glace, traverser les murs… et le fondateur de l’école lui-même, le professeur Xavier, est l’un d’entre eux. En effet, il dispose d’un pouvoir formidable : celui d’entendre les pensées d’autrui. Enfin, quand je dis formidable : honnêtement, vous aimeriez entendre les pensées d’adolescents, vous ?

Arrivé devant la salle dans laquelle il enseigne depuis des années, Charles fait pivoter d’un geste son fauteuil, et passe le seuil de la porte pour pénétrer dans la pièce où une vingtaine de jeunes gens sont fort occupés à discuter de sujets divers ; voyant leur professeur arriver, ils le saluent vigoureusement avant de rejoindre leurs tables dans un léger chahut, mélange de bruits de trousses que l’on ouvre et de chaises que l’on tire.

"Bonjour les enfants", s’exclame le professeur en s’installant derrière son bureau. "Aujourd’hui, je vous propose de parler de l’Amérique du Sud, puisque comme vous le savez, nous avons déjà étudié l’Am…" ;

"Ho non, pas l’Amérique du Sud. C’est chiant."

"Tiens ? Kevin a mis son pull moche aujourd’hui. Il devrait apprendre à s’habiller, le pauvre."

"Où j’ai foutu mon stylo bleu ? Raaah, il était là. Merdeuuuuh merdeuuuh meeeeerde, où… hmm… ah… peut-être dans la poche avant de mon sac…"

L’espace d’un instant, le professeur porte ses mains à son visage, comme pris d’une migraine. Il doit se concentrer. Il ne faut pas qu’il prête attention aux pensées de ses étudiants.

"La vache ! C’est moi ou Brenda a encore pris des nichons ? Hmmm… je me la ferais bien !"

"Ourf… qu’est-ce que j’ai mal au bide ! Hoooo… j’aurais dû aller aux toilettes ce matin… vu le baleineau que je dois avoir en bout de toboggan, je dois pas être loin de ressentir ce que sent une femme enceinte."

Le professeur crispe sa mâchoire… il doit… se concentrer… saloperies de jeunes qui pensent à… il faut qu’ils se concentrent sur ce qu’il… péniblement, Charles parvient à articuler "Je… l’Amérique du Sud, donc, que vous connaissez principalement au travers de certains…"

Soudain, il l’entend.

Il écarquille les yeux ; non ! C’est impossible ! Pas cette pensée ! Pas celle-là ! C’est déjà assez dur quand on l’a soi-même alors… non ! Non ! Que… Arrêtez ! Arrêtez !  Dans la tête d’une élève au fond, il peut parfaitement l’entendre. C’est affreux. La plus immonde des pensées est là : pire que l’étudiant qui se souvient du porno qu’il a vu la veille, pire que celui-ci qui repense à la cuite qu’il a prise et qui a encore une grosse migraine… c’est…

Il ose à peine murmurer le nom de cette menace. Déjà, il sent ses tempes devenir douloureuses et le sang bouillir derrière son crâne. Sa vision se trouble, et l’espace de quelques secondes, il manque de choir de son fauteuil.

Qu’arrive t-il au professeur Xavier ? Comment en est-il arrivé là ? Répondons à ces questions en commençant avec un peu d’histoire, en nous tournant vers X-Men First Class.

Spoilons mes bons.

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L'affiche : chez les X-Men, si t'as pas la combi officielle, c'est que tu es méchant(e)

Le film s’ouvre sur un endroit fort joyeux : un camp de concentration polonais en 1944.

Erik Lehnsherr, jeune adolescent juif, a la malchance d’être du peuple élu du mauvais côté des barbelés, et d’être séparé de sa maman qu’il aime tant lors de son arrivée au camp alors que des gardes les emmènent dans deux directions opposées. Sous la pluie battante (c’est une scène triste, il pleut donc comme il se doit, avec des gouttes grosses comme les ficelles de l’intrigue : d’où l’expression "pleuvoir des cordes"), notre jeune héros est soudain possédé par le désespoir et la colère, tant on touche pas à sa mère comme ça, et se met à hurler tout en tendant les mains vers sa maman de l’autre côté du portail qui les sépare : un phénomène étrange se produit alors, puisque tous les barbelés se tordent, les barres métalliques se plient, et les pauvres soldats qui tentaient de traîner l’enfant loin de là s’aperçoivent que même à 5, ils ne sont pas assez forts : c’est comme si le morveux était aimanté. Histoire de bien lui faire comprendre qu’il commence à faire chier, l’un des fiers germains du coin lui colle un coup de crosse dans la gueule, et tout redevient calme (si vous aussi vous avez des enfants turbulents, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Seul le portail complètement tordu porte les stigmates de la curieuse scène qui vient de se dérouler sous les yeux de moult témoins, parmi lesquels un médecin du camp : Sebastian Shaw.

Ce dernier est fort intrigué : le petit juif disposerait-il de über-pouvoirs ? Il doit vérifier, et le fait donc emmener dans son bureau, en lui proposant un exercice simple : jeune Erik, veux-tu bien faire bouger cette pièce de monnaie nazie (le choix n’est pas anodin : un bon nazi sait qu’il doit utiliser de l’argent pour motiver un juif, il l’a lu dans "Mein Kampf pour les Nuls") ? L’adolescent se concentre très fort, devient tout rouge, mais ne parvient guère à remuer sa cible. Sebastian tente donc de motiver un peu plus sa victime en faisant amener sa maman dans le bureau, encadrée par deux gardes : il va compter jusqu’à 3, et si une fois cela fait, Erik n’a pas fait bouger la monnaie, Maman Lehnsher devra tenter d’arrêter une balle avec son front, ce qui n’est pas facile, même en supposant que l’on fronce les sourcils très fort au bon moment.

Erik redouble d’efforts, et se concentre incroyablement sous les encouragements de sa maman ; mais las : la pièce refuse de bouger, et Erik entend donc soudain une détonation suivie d’un bruit sourd : Le Docteur Shaw vient de refroidir sa môman, ce qui n’est pas très courtois. C’est donc parti pour une grosse colère du petit bonhomme, qui se met à hurler "Rrrgnneeuuuurrrggnnnnnn" (ou quelque chose de proche), et compresse par la seule force de son esprit, tous les trucs qui passent : une petite cloche qui reposait sur le bureau, un casier de documents, des instruments chirurgicaux ainsi que les tables en métal qui attendaient dans la salle d’à côté derrière une porte vitrée, et même les casques des deux gardes qui étaient là, leur écrasant le crâne avec, ce qui leur fait relativement bobo au point de les tuer. Une fois cela fait, Erik se calme, et le Docteur Shaw, qui hurlait "Ouiiiiii vas-y, fais toi plaaaaais’ !" jusqu’alors en voyant ce spectacle de destruction s’exclame : "Ach ! Bravo kleine galopin ! Ensemble, nous allons faire de grandes choses !" : et lui tendant la main, il voit le petit Erik désormais orphelin venir poser sa petite mimine dans la sienne. Limite il n’ajoute pas "Ach, ch’ai tué ta Maman ! Tu mérites bien ein grosse kinder zurbrize bour gombenzer ! !".

Oui. Le gosse, on bute sa mère devant ses yeux, il devient ivre de rage, et il prend bien soin de ne surtout pas blesser ou pire, tuer, l’assassin de celle-ci, qui est pourtant en face de lui, et couvert de trucs plus ou moins métalliques (il a des lunettes dans la bonne matière, des chaînettes, boutons et montre pour aller avec, un lüger rempli de balles à la main… mais non), sans compter toutes les armes à portée (ex : les instruments chirurgicaux, et je n’ai pas parlé des armes à feu des gardes ou de leurs baïonnettes). Mieux encore, non seulement il épargne le médecin, mais il se fait adopter par lui dans la minute qui suit le meurtre de sa mère par ce dernier sous ses yeux. N’oubliez pas les enfants : si vous voulez devenir ami avec Erik Lehnsherr, pensez à buter un membre de sa famille sous ses yeux.

Qu’il est bête. Ou alors, si, ça peut se tenir : il haïssait peut-être sa mère depuis le jour où elle avait refusé de lui acheter ce skate-board à l’effigie du führer sur le marché de Düsseldorf , et il est fort content d’en être débarrassé grâce à Sebastian Shaw, ce qui explique cette amitié-éclair avec son assassin. Enfin bref, passons, et allons plutôt aux Etats-Unis.

A la même période, donc, il se passe des choses au pays du hamburger : dans un immense manoir, Charles Xavier, jeune morveux, entend des bruits dans la cuisine familiale ; ni une, ni deux, équipé de sa batte de base-ball préférée, il se rend dans la pièce incriminée pour voir qui ose se lancer dans de nocturnes aventures au sein de sa demeure (et potentiellement éclater son museau au responsable) : il tombe nez-à-nez avec sa mère, visiblement en train de taper dans le frigo pour se faire une petite choucroute à 3h du matin. Cependant, on ne la fait pas à Charles : 1) il sait que sa mère ne fout jamais les pieds dans la cuisine, c’est pour la plèbe, 2) elle ne mange pas de choucroute, ça la fait péter, 3) il lit dans les pensées de la bougresse et réalise qu’il s’agit en fait de quelqu’un ayant pris l’apparence de sa mère. Le bon Xavier somme donc l’intruse de montrer sa vraie apparence : celle d’une petite fille à la peau bleue qui se présente sous le nom de Raven. Charles étant un gentil génial, il comprend qu’elle vole dans les frigos pour survivre, et lui propose de vivre avec lui au sein de sa famille : "trop cool", se dit la morveuse, qui accepte.

Bon par contre, v’la l’explication le lendemain : "Papa, maman, j’ai trouvé une roumaine dans la cuisine cette nuit : allez, maintenant, elle va habiter avec nous ! Hein ? Dis ! Allez ! Steuplé papa, on peut la garder ? Je m’en occuperai ! Je lui donnerai à manger ! Je la promènerai ! Je changerai sa litière, alleeeeeeeeez dis ouiiiiiiiiii !". Mais autant papa et maman Xavier avaient dit non pour un chat ou un labrador, autant ils disent ok pour une roumaine métamorphique. Soit.

Mais avançons un peu dans le temps, et retrouvons Charles quelques années plus tard, qui est devenu un fier jeune homme qui se prépare à soutenir sa thèse de génétique sur les mutations dans l’histoire, parce que par exemple, il y a plein de mutations : les couleurs d’yeux, de cheveux, tout ça, paf, mutation. Mais ce n’est pas le genre de sujets qui fait rêver les minettes ; aussi, le soir, dans les pubs, Charles dragouille un peu de l’étudiante : grâce à ses pouvoirs, il peut par exemple savoir ce qu’elles aiment, et ainsi mieux les approcher. Éventuellement, il peut aussi leur ordonner de retirer leurs soutifs, mais il ne le fait que peu ce qui, je dois bien le reconnaître, m’a déçu. En tout cas, ça rend la petite Raven, qui a désormais adopté l’apparence d’une blondinette, assez jalouse, et elle ne se gêne pas pour pourrir ses plans à son simili-frangin. Il faut dire que la puberté est passée par là, et que Raven est en pleine crise existentielle : sa vraie apparence étant socialement contestable, elle doit passer ses journées à se cacher sous d’autres formes. C’est trop nuuuuuuuuuuuul. Encore un peu, et avec sa crise identitaire, elle devenait gothique.

Sauf que pendant que l’on se pose mille et une questions, il s’en passe des choses, ailleurs : à Las Vegas, une certaine Moira MacTaggert, agent de la CIA, est en planque devant un club privé, dans lequel pas mal de beau monde a l’air de se rendre. Elle est là pour surveiller le général Jean-Jacques, un gros ponte de l’OTAN qui vient s’encanailler et qui trame des trucs plus ou moins louches. Moira a l’oeil : après avoir vu sa cible rentrer dans le bâtiment, elle constate que quantité de nanas en sous-vêtements coquins semblent entrer sans encombres ; voilà une excellente ruse pour s’infiltrer dans la place : notre donzelle se désape, et comme elle a toujours des trucs coquins sous sa tenue de travail (et que coup de bol, elle n’est pas un vieux tromblon), elle peut rentrer sans soucis au milieu des autres filles. Vous avez compris les filles ? TOUJOURS mettre des trucs sympas sous votre tenue de travail. On ne sait jamais quand ça pourrait servir.

Une fois à l’intérieur, et suivant le flot, elle arrive dans une salle de jeux cernée par des alcôves où les filles emmènent leurs clients pour des prestations privées avant de tirer un rideau mauve pour isoler le renfoncement du reste de la salle. Moira repère une nana toute vêtue de blanc guider le général Jean-Jacques dans l’une des niches avant, là encore, de tirer le rideau, aussi fonce t-elle à sa poursuite, sauf que lorsqu’elle écarte le bout de tissu pour rejoindre le général et sa pupute : plus personne ! Ils ont disparu !

"Arrêtez de dire que je suis une pupute parce que je m'habille comme ça en réunion ! Je suis une Reine, c'est très différent !"

Crotte alors… comment cela est-il possible ? Mademoiselle fouille et notant un cendrier sur la table, appuie dessus : hop ! Passage secret ! La niche se met à tourner sur elle-même et emmène Moira dans un petit bureau désert couvert de documents marqués "top secret" avec des rapports en russe dedans. Oui : n’importe quelle nana faisant la serveuse dans ce club et nettoyant les cendars’ ou mec écrasant son cigare à cet endroit qui est ouvert au public risque de se retrouver en possession de documents du KGB. Super discret. Surtout dans un club visiblement très fréquenté. Mais ce n’est pas tout : dans une pièce voisine du bureau, l’agent McTaggert entend des voix : toujours équipée uniquement de ses sous-vêtements, elle se dirige donc vers l’origine des bruits et jette un oeil à ce qu’il se passe ; et figurez-vous que ce n’est pas rien.

En effet, le général Jean-Jacques boit tranquillement un verre au milieu de personnes plutôt louches : et tout d’abord leur chef, Sebastian Shaw, ex-médecin dans un camp de concentration que l’on a vu au début du film, mais visiblement toujours aussi jeune (voire plus, comme cela est mystérieux !) mais plus riche et pédant encore qu’autrefois, et qui explique qu’il aimerait que le général accepte de déployer des missiles atomiques en Turquie. Ainsi, le bloc de l’Ouest serait capable de pulvériser l’URSS avant même que celle-ci n’ait le temps de riposter.  Lorsque le général refuse, du fait que cela pourrait être une provocation menant à un conflit mondial, Sebastian présente ses acolytes pour l’effrayer un peu : la pupute blanche est en fait la Reine Blanche, une nana capable de transformer son corps en diamants, ce qui est pratique pour se la péter dans les soirées mondaines, et qui est télépathe à ses heures. Riptide, un type capable de créer des tornades à volonté, et Azazel un mec à la peau rouge et avec une queue de démon pouvant se téléporter selon son bon plaisir, seul ou avec d’autres personnes du moment qu’il les touche. Shaw s’amuse donc du fait que le général soit fort impressionné par les supers-pouvoirs de ses hommes, puis ajoute à cette couche menaçante une belle offre pleine de pognon pour achever de le convaincre, ce qui fonctionne plutôt pas mal tant le général semble aimer le pognon. Une fois cela fait, il fait téléporter Jean-Jacques via Azazel pour on ne sait où.

Moi, quand j’ai un mec qui peut se téléporter avec autrui à volonté, je ne m’emmerde pas à faire construire des passages super-pas-secrets dans des clubs de canaillous sur-fréquentés où tout le monde peut me trouver à n’importe quel moment juste par accident : je dis "Venez Jean-Jacques, rendez-vous au Macumba ce soir dans la loge 8", et une fois dedans, pouf pouf, je le fais téléporter à moult bornes de là dans un bureau tranquille où personne n’a aucune chance de tomber, même en cas de filature de Jean-Jacques. Mais bon, je ne suis pas un méchant supposément génial, moi, je dois forcément me tromper. C’est tellement mieux un passage pourri qui mène droit à des documents secrets (et où il n’y a même pas une lampe ou un son pour avertir les gens dans la pièce d’à côté que le passage vient d’être activé et qu’on risque de les espionner/les déranger).

Moira McTaggert, qui a tout vu sans se faire repérer, file donc vers sa voiture restée devant le club et attrape sa radio pour appeler le patron de la CIA, en pleine réunion au Pentagone : elle lui explique que comme on lui a ordonné, elle a suivi le général Jean-Jacques, mais que celui-ci a été corrompu par des mutants avec des supers-pouvoirs, et que… "Shut up, bitch", la coupe son patron : il ne sait pas ce qu’elle raconte, mais c’est probablement du caca, puisque le général Jean-Jacques n’est pas à Las Vegas, mais bien au Pentagone où il vient d’arriver, et à moins qu’il n’ait fait 10 000 kilomètres en quelques secondes, ça parait compliqué qu’elle puisse l’avoir vu quelques minutes avant dans un club de la célèbre ville des joueurs. McTaggert se fait donc raccrocher à la gueule. Et la réunion commence donc très fort, puisque le général Jean-Jacques, comme on le lui a demandé, demande l’installation de missiles américains en Turquie : pouf, en 2 minutes, c’est voté.

Tout cela soulève plusieurs problèmes :

  • Azazel sait où téléporter quelqu’un au sein du Pentagone sans faire de témoins ? Il sait quelle pièce est déserte et à quelle heure ? Il est fort.
  • Le général ne savait pas que Shaw pouvait le téléporter à Washington en quelques secondes. Alors s’il était attendu à une réunion du Pentagone sur la sécurité mondiale, que foutait-il à Las Vegas ? Il ne pouvait pas rencontrer Shaw un autre jour ? Genre la veille ? Et plus près ?
  • Personne ne semble remarquer autour de la table où tout le monde est en uniforme que Jean-Jacques est le seul mec en smoking.
  • Je suis patron de la CIA, j’ai ordonné une enquête sur un chef d’état-major US, je sais que ce soir, il est à Las Vegas pour rencontrer des gens louches, c’est même pour ça que je prends en pleine réunion les appels des gens censés me tenir au courant de ce qu’il se passe, et ces derniers m’informent que le général vient de disparaître alors qu’il était en plein entretien secret avec des gens frayant avec l’Est. Et au même moment, le même général, que j’ai fait suivre jusqu’à Vegas, apparaît à Washington : sans même penser à l’hypothèse de la téléportation, je soupçonne très très fort que j’ai affaire à un sosie/une ruse quelconque particulièrement louche. Et je suis conforté dans mon hypothèse par l’attitude du général qui à peine arrivé, parle de foutre la zone et de briser l’équilibre de la guerre froide, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.
  • Il suffit d’un général pour prendre une telle décision en une soirée ? Mazette, au Pentagone, ils ont les réunions les plus productives de l’histoire.

Je continue ou ça ira ? Allez, on va s’arrêter là dans l’immédiat.

McTaggert de son côté est toute frustrée de voir que personne ne la croit : plutôt que de souligner les incohérence ci-dessus, ou même de transmettre les documents en russe qu’elle a trouvé dans le bureau à sa hiérarchie et qu’elle avait l’air de trouver particulièrement sensibles quand elle les a vus (elle lit le russe), elle préfère s’exclamer "On va avoir besoin d’un spécialiste des mutants !". Ou d’un cerveau, au choix. Mais comme nous le verrons plus tard, contrairement à sa réputation, Charles Xavier n’a que l’une de ces deux compétences.

Ça tombe bien, quelques jours plus tard, à Oxford, notre bon Charly décroche son diplôme de Professeur pour sa thèse sur la génétique, sous les applaudissements des présents. Il va donc, comme il se doit, se rincer la tronche avec les copains pour fêter ça, histoire de finir la soirée à vomir dans le pub alors que Patrick Sébastien chante "Tournez les serviettes". Mais au milieu de la beuverie surgit la belle Moira, qui explique qu’elle a besoin de toute urgence de son aide. Hop, pour Charles, c’est le moment d’utiliser ses supers-pouvoirs : pouf pouf, il lit ses pensées, découvre ses mensurations, et apprend ce qu’elle a vu à Las Vegas, ainsi que qui sont ses employeurs. Soit, dit le bon Xavier qui sent le danger des vilains mutants que Moira a surpris, je vous aiderai dès demain. Là, j’ai un peu bobo têtête, et puis je peux pas vous aider ET faire tourner ma serviette.

Le pouvoir de Charles Xavier ne marche pas s'il ne lève pas manuellement son sourcil gauche pour faire une tête genre "Ha haaaaa..."

Et donc, quelques jours plus tard, au Pentagone, le professeur Charles Xavier fait une présentation au patron de la CIA expliquant que bon, voilà, oui, il y a des mutants dans la société, et qu’effectivement, ils peuvent avoir des pouvoirs paranormaux comme lancer du feu, se téléporter ou apprécier Nadine Morano. Le chef des services secrets ricane donc en disant que tout cela est ridicule, et reste pessimiste, même lorsque Charles lui explique que lui-même est un mutant et qu’il peut lire ses pensées, et ainsi savoir que depuis une demi-heure, le big-boss de la CIA pense "Il faudra que je pense à sortir Scrappy en rentrant, si je ne veux pas qu’il bousille le tapis. Sacré Scrappy !". Devant le manque de succès de cette démonstration, c’est donc Raven (allez savoir ce qu’elle fichait là) qui décide de changer d’apparence devant tout le monde pour appuyer le propos en faisant une démonstration de son peu banal pouvoir : la CIA est donc convaincue. Et propose aux mutants d’intégrer un laboratoire où ils pourront développer leurs capacités et se regrouper pour lutter efficacement contre les méchants mutants de Sebastian Shaw.

Mais justement : avant d’aller au laboratoire, Charles pense déjà savoir où se cache Shaw grâce à ses grands pouvoirs, et propose à Moira de lancer une opération pour l’arrêter. Après tout : plus tôt ce sera fait, mieux ce sera.

Je parle, je parle… et je suis sûr que pendant ce temps, vous vous arrachez les cheveux en vous demandant "Et le petit Erik dans tout ça ? Qu’est-il devenu ? Je m’inquiète, assez, assez, dites-moi tout !" : j’y viens ! Le petit garçon a bien grandi, et est désormais un adulte grognon qui cherche à retrouver les nazis qui lui ont fait du mal ainsi qu’à sa famille. Oui, il lui a fallu 18 ans pour réaliser que "Ah, oui, merde en fait : Sebastian Shaw, il a pas été gentil de tuer ma mère. J’aurais peut-être dû le buter plutôt que de devenir son pote si j’avais été un peu cohérent.", enfin bon, mieux vaut tard que jamais. C’est donc à Genève qu’on retrouve trace de notre ancien déporté, qui se rend dans une banque du pays du fromage à trous : il a en effet avec lui un lingot d’or frappé du symbole du IIIe Reich, dont il se sert pour rencontrer le directeur local, en charge de ce genre d’opération de dépôt, disons, sensible. Sauf qu’une fois en présence de l’honorable banquier, Erik ne parle pas vraiment ouverture de compte et agios : il utilise plutôt ses pouvoirs magnétiques pour jouer avec ses plombages et le torturer un peu en lui demandant gentiment où se cache l’un de ses clients du nom de Sébastien Shaw. L’homme résiste un peu, mais lorsque le métal commence à lui sortir de la bouche, il finit par cracher le morceau tant au sens propre que figuré : celui qu’Erik recherche est en Argentine ; satisfait, notre héros quitte donc les lieux pour attraper le premier avion pour Buenos Aires.

J’imagine bien Erik dans l’avion l’emmenant au-dessus de l’Atlantique, en train de se dire "Hmmm, je crois que j’ai encore été un peu con : j’aurais dû lui demander une adresse. Je crois que l’Argentine, c’est grand en fait."

Par on ne sait quel raccourci magique (probablement en suivant les traces d’import de bière allemande, sans laquelle le Germain ne peut survivre loin de chez lui), il finit cependant par trouver une petite taverne au milieu de nulle part (oui parce qu’en plus, ce n’est même pas dans une ville ou un village : il retrouve par enchantement un bâtiment installé en plein milieu de la pampa sans autre construction humaine autour. Très fort), et y rencontre trois personnes : le tenancier et deux clients. Erik, bon vivant, engage vite la conversation sur le fait qu’il est allemand d’origine, ce en quoi ses compagnons de bière s’exclament "Ja ! Nous zaussi !" ; mais pas le dernier pour la déconne, notre larron ajoute promptement "Et je suis juif aussi", ce qui provoque moult sifflotements innocents et regards en direction des chaussures de la part des autres présents. Aucun ne pense à détendre l’atmosphère d’un bon "Allons ! A l’époque, nous étions tous dans le même camp !" en faisant de gros clins d’oeils appuyés sur le mot camp, l’humour nazi étant souvent source de malentendus. Erik, lui, remarque vite que ses interlocuteurs sont en train de sortir diverses armes, genre pistolets et dagues SS pour se débarrasser de lui, mais grâce à ses pouvoirs, il les éclate bien vite. Et il note une photo sur le mur sur laquelle on voit Sebastien Shaw en compagnie des nazis qu’il vient de dézinguer devant une photo marquée "Miami". Ni une, ni deux, il s’y rend donc sur le champ.

Là encore, dans l’avion survolant le Brésil, Erik a dû se dire "Roooh, crotte de bique ! Si ça se trouve, la photo avait 15 ans ou même elle avait été prise en vacances et Sebastian n’est plus là-bas depuis longtemps, ou n’a jamais habité Miami ! J’aurais peut-être dû leur demander directement où il était. Décidément, quelle tête de linotte je fais, hihihihi."

Ok. Ce n’est donc définitivement pas notre petit Erik qui va remonter le niveau général.

Mais coup de bol : Sebastian Shaw est toujours à Miami, en effet, puisqu’il réside sur place à bord d’un luxueux yacht. Il se permet même d’y recevoir le général Jean-Jacques, venu réclamer le pognon qu’il a gagné à la sueur de sa corruption sur la question des missiles turcs. D’ailleurs, le haut-gradé a tout prévu : pour être sûr de pouvoir repartir avec son argent sans finir massacré par des mutants aux pouvoirs mystérieux, il est venu avec une grenade qu’il menace de faire exploser si jamais on ne lui donne pas ce qu’il veut. Ce faisant, il tuera tous les présents sur le pont (en même temps, moi, en présence d’un mec capable de me téléporter loin de là pour que je me retrouve tout con avec ma grenade et d’un autre pouvant me souffler vers l’horizon à coups de tornades, j’aurais cherché une autre stratégie). Pas de problèmes ! Répond Shaw : passe-la moi ta grenade, je vais la dégoupiller moi-même : ce qu’il fait. Au point de la faire exploser entre ses mains ! Sauf que : voici que Sebastian lui-même est un mutant… dont le pouvoir lui permet d’absorber l’énergie : électricité, explosions, balles envoyées sur sa tronche… il en absorbe toute l’énergie sans soucis, ce qui le rend totalement insensible à tout cela. Et lui permet en plus de s’en servir pour deux choses :

  • rester jeune et plus ou moins beau
  • utiliser le surplus absorbé comme arme et par exemple, désintégrer un général Jean-Jacques peu coopératif. Ce qu’il fait.

Plus personne ne parlera donc jamais du pauvre Jean-Jacques du film, ou ne cherchera à savoir ce qu’il est advenu de lui. C’est vrai quoi : le patron de la CIA a vu de ses propres yeux que les mutants existaient grâce à Raven, a tout le rapport de Moira dans lequel on lui explique que Jean-Jacques a été corrompu par une puissance étrangère pour faire installer des missiles en Turquie, rapport rendu crédible, y compris sur la partie de la téléportation, par le fait que l’on sache désormais que c’est possible, et voilà que Jean-Jacques, juste après avoir fait passer l’idée des missiles, disparaît.

C’est pas suspect au point que l’on annule/revienne sur la décision de suivre son plan ? Non ? Non.

Passons sur ces évènements, et revenons au yacht en rade de Miami : la nuit est désormais tombée, et tout semble calme. Pourtant, dans l’eau, une silhouette s’agite plus que de raison : il s’agit d’Erik, qui a localisé le rafiot de son ennemi juré et qui prépare une opération commando sur ce dernier. Il nage donc doucement jusqu’au navire, et surgit donc soudainement sur le pont, dérangeant Shaw, la Reine Blanche et Riptide, qui étaient en pleine soirée pyjama à rire de bon coeur en mangeant de la glace. La Reine Blanche perçoit donc dans ses pensées son intention de tuer les présents (heureusement que tu es télépathe ! Sinon, l’arrivée nocturne et discrète d’un mec en tenue commando brandissant un couteau, ça aurait pu te mettre sur la piste aussi), et Riptide réagit promptement en rebalançant Erik à l’eau d’une bonne tornade dans la face. Mais le répit est de courte durée : au loin, incroyable coïncidence, arrive au même moment une corvette de la marine qui ordonne aux occupants du yacht de se rendre : à bord, Moira McTaggert et Charles Xavier guident l’opération visant à capturer le vilain Shaw. Des commandos sur des zodiaques sont rapidement envoyés vers l’ennemi, mais de terribles tornades les renversent et les repoussent comme il se doit. Charles, lui, sent bien la présence d’une télépathe ennemie aux côtés de Shaw, ce qui l’empêche de prendre le contrôle de ce dernier pour l’obliger à se rendre. A l’inverse, la Reine Blanche aussi sent bien qu’il y a un télépathe aux côtés des hommes du gouvernement. Et en plus, dans le même temps, histoire de rendre la situation encore plus chaotique, Erik, depuis l’eau, utilise ses pouvoirs pour manipuler l’ancre du navire de l’ex-médecin de la mort et s’en sert pour commencer à défoncer le pont de celui-ci. Au prix du yacht, j’ai quand même envie de dire que c’est un petit enfoiré.

Vite, s’exclame Sebastian Shaw ! Il faut filer ! Pas de problèmes : son bateau, il l’a piqué à Rastapopoulos : en-dessous du yacht se trouve un véritable sous-marin nucléaire ultra-design, avec même des néons dessus (si) pour faire de la lumière sous l’eau, ce qui est très pratique pour se faire repérer. D’ailleurs, ils les laissent bien allumés, là, alors qu’ils tentent de fuir vite et bien, comme quoi, ça fait vraiment partie des trucs vus comme indispensables par l’équipage. Et je ne vous parle même pas de l’intérieur du submersible : c’est tout propre, design, et tout et tout : le top du top de la classe étant bien évidemment le réacteur nucléaire, lui aussi conçu façon meuble futuriste, à peine plus gros qu’un bureau. Salle du réacteur qui n’est séparée du salon du sous-marin (tout sous-marin a son salon, enfin !) que par une petite porte coulissante. On peut donc boire son thé dans un fauteuil tout en se faisant méchamment irradier la gueule : c’est bien ("Hmmm, il est bon ce martini ; je le savoure pour oublier la douleur provoquée par ce troisième bras qui me pousse sur la fesse"). Pour le reste, le tout fonctionne avec un équipage limité : Azazel, Riptide et la Reine Blanche, qui ont visiblement tous leur BTS de sous-marinier, suffisent à le faire fonctionner.

"Vite, fuyons ! Ah, si seulement l'un d'entre nous avait un pouvoir de téléportation... Azazel, démarre le sous-marin !"

Hé bé. Même aujourd’hui on en a pas des comme ça. C’était moderne, 1962. Tiens d’ailleurs, pourquoi s’enquiquiner à utiliser un sous-marin tuning qui a dû coûter le PIB de la Californie pour fuir quand on a Azazel ? Je ne comprends pas bien. Surtout que pour suivre un mec qui se téléporte, il faut se lever tôt. Enfin bon, encore une fois : le méchant est supposément génial et maléfique, il doit avoir ses raisons.

Revenons en surface, alors que la corvette de la marine se contente de dire "Zut, ils s’enfuient" (retenez bien cela, car comme nous le verrons plus tard dans ce film, tous les marins semblent dénués de réactivité), plutôt que de, je ne sais pas moi, leur balancer une charge sous-marine sur le nez, ou tout simplement, enclencher le sonar pour les suivre. Erik, lui, n’est pas prêt à les laisser se barrer, et tente d’utiliser ses pouvoirs pour stopper le sous-marin en le tirant en arrière, mais hélas, il n’est pas assez puissant : c’est lui qui est tracté vers le fond. A aucun moment, il ne pense que ses pouvoirs pourraient lui permettre, entre autres : de plier les pales de l’hélice pour arrêter le sous-marin, de transformer le gouvernail en cocotte ou autre figure d’origami, ou plus simplement, d’ouvrir une écoutille pour noyer tout ce petit monde : je suis sûr que si Sebastian Shaw peut absorber l’énergie, il a plus de mal quand il s’agit de milliers de litres d’eau. Aucun sens pratique ces jeunes.

C’est donc Charles qui, depuis la corvette, sentant la présence d’un mutant derrière le sous-marin, saute à l’eau façon Alerte à Malibu, le maillot en moins, pour éviter la noyade à ce dernier et le ramener à la surface. Erik est donc un peu colère, puisqu’il ne peut plus que se contenter de voir la lumière du sous-marin tuning s’éloigner sans que personne ne remue le petit doigt. Moi-même, j’étais un peu perplexe.

La mission de capture de Sebastian Shaw est donc un échec. Qu’importe : Charles ne baisse pas les bras, et se rend donc en compagnie d’Erik et de ses autres compagnons habituels dans un laboratoire secret que la CIA se propose de mettre à disposition des mutants pour les aider à protéger l’Amérique des vilains brigands de Shaw. Sur place, ils rencontrent donc un autre mutant : Hank McCoy, dit Le Fauve, qui a la particularité d’être un génie (il a par exemple conçu un supersonique fort moderne, capable de faire du sur-place quand le besoin s’en fait sentir), et donc comme tous les génies de film, il est génial dans tous les domaines scientifiques. Son super-pouvoir n’est cependant pas là : il dispose de gros pieds façon gorille. Voilà. Trop cool. Il peut donc s’accrocher aux branches la tête en bas, ou commander des chaussures pointure 57. C’est ce que j’appelle un beau pouvoir de merde "Regarde ! Je peux écrire avec mes pieds !" : à part exciter Georges Tron, ça n’a que peu d’intérêt. Mais Raven le trouve en conséquence très séduisant : elle aussi au naturel n’a pas un physique accepté de tous, aussi cela la rapproche du jeune scientifique. Qui se propose d’utiliser les gènes de la métamorphe pour créer un sérum apte à donner une apparence "normale" permanente aux mutants sans pour autant supprimer leurs pouvoirs ; la jeune fille bleue est donc très enthousiaste à cette idée. Elle pourrait peut-être enfin couchailler.

Dès le lendemain de leur arrivée, la CIA a une bonne nouvelle pour nos héros : McCoy a reprogrammé en 1h le radar de la base pour en faire un amplificateur d’ondes cérébrales, capable de permettre à Xavier de sentir la présence de mutants sur des milliers de kilomètres, ce qui est moins que le temps nécessaire au montage d’un meuble Ikea. En effet, Charles a prévu de recruter des mutants pour pouvoir combattre l’armée de Sebastian Shaw. L’outil est donc fort pratique : il suffit au jeune professeur d’enfiler un casque pour soudain apercevoir des centaines de mutants dissimulés au sein de la population américaine ; à noter que pendant ce temps, un ordinateur de 1962 d’une puissance d’au moins 8 Ko détecte les coordonnées de chaque mutant ainsi repéré, histoire d’ensuite aller les recruter. C’est très puissant. C’en est à se demander pourquoi on a attendu pour inventer le GPS.

Avec la liste des coordonnées, Charles et Erik s’en vont donc recruter plusieurs larrons :

- Angel Salvadore, une strip-teaseuse qui dispose sur le dos de tatouages représentant des ailes insectoïdes genre petite fée (mais fée prostipute alors), qu’elle peut rendre réelles en un clin d’oeil. Autre pouvoir top classe : elle peut cracher des boules mi-caca mi-acide bien immondes, ce qui ne donne pas trop envie de lui rouler des patins. Ou de lui parler gâteries. Rien que d’y penser, brrrr.

- Sean Cassidy, un adolescent rouquin qui peut projeter en criant des ondes qui font par exemple exploser le verre. Il est donc fort logiquement recruté dans un concert de Justin Bieber, où il gueule au premier rang "Babybabybabyhoooo". J’espère que son surnom de mutant sera "Bâbord", car comme chacun sait, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.

- Alex Summer, un jeune homme disposant d’un incroyable pouvoir : il peut faire du hula-hoop laser. Oui. Je… comment dire… bon, ne disons rien. Ça n’a pas dû être facile à vivre pour lui. Sa sexualité a dû souvent être remise en cause.

- Darwin, un chauffeur de taxi noir dont le pouvoir est qu’il peut s’adapter pour survivre (des branchies lui poussent par exemple si on lui met la tête dans l’eau, sa peau se transforme en pierre si on le frappe, etc). Même si pour le coup, on s’est foutu de sa gueule : s’il s’adaptait vraiment pour survivre, il serait blanc.

- Nos héros localisent bien un certain Wolverine, mais quand ils l’accostent pour lui proposer un boulot, celui-ci les invite à aller expérimenter certaines pratiques homosexuelles qui désappointent beaucoup nos héros, tant ils ont peu de goût pour les calembours à caractère discriminatoire. Ils le laissent du coup tranquille.

Une fois cette fine équipe réunie, nos héros retournent donc à leur base de la CIA, où ils apprennent une nouvelle intéressante : Shaw a été localisé. Il est quelque part en Russie, où il doit rencontrer dans une datcha isolée un certain général Volkov. Moira McTaggert, Erik, Charles et quelques soldats sont donc dépêchés sur place pour tenter de l’intercepter. Les jeunes, eux, sont laissés à la base pour apprendre à se connaître, et ils font donc une petite teuf qui est l’occasion pour eux de se trouver des noms de code : celui qui crie devient Le Hurleur, l’homme hula-hoop prend le nom de Havok, Darwin est intelligemment renommé Darwin (si), et Raven utilisera désormais le pseudonyme de Mystik (je suis pas sûr qu’elle avait besoin d’un surnom, déjà qu’elle a pas de nom de base). Ils trouvent aussi des surnoms pour Charles et Erik : le premier se voit attribuer le titre de "Professeur X", façon film porno, alors qu’Erik a le droit à "Magneto", même s’il y a eu une hésitation assez longue, certains proposant "Crumble aux Pommes", puisque ce n’était pas plus ridicule. Une fois cela fait, nos fieffés filous font donc une petite fête en se saoulant au coca, et tentent de voir si Mystik peut faire grossir sa poitrine à volonté, ce qui est le vrai intérêt de son pouvoir.

Ce petit con d'Alex, pris sur le fait alors qu'il s’entraînait au hula-hoop laser dans le garage parental.

Mais passons sur ces histoires de rebondissements mammaires, et retournons en URSS voir comment la mission se passe pour nos héros : sur place, tout ne se déroule pas comme prévu ; par exemple, Moira est surprise de tomber sur un checkpoint "signalé sur aucune carte" (salauds de russes ! Ils n’indiquent pas sur les cartes  où ils font des contrôles surprise ! J’espère qu’ils mettront des panneaux "Pour votre sécurité, contrôles militaires" ; ou des checkpoints pédagogiques, j’hésite encore), mais Charles a tôt fait de pénétrer l’esprit des soldats pour leur faire croire qu’il n’y a rien de suspect dans le camion banalisé qu’utilise le commando pour se déplacer. La troupe peut donc continuer jusqu’à la datcha, mais une autre surprise les attend : Shaw n’est pas venu en personne rencontrer le général Volkov : à la place, il a envoyé la Reine Blanche, qui a plus d’arguments pour convaincre un petit vieux ployant sous la charge de ses médailles. Erik, lui, refuse de rester là à observer sans rien faire : il passe donc à l’action malgré les ordres, et fait s’animer les barbelés autour de la base pour entortiller les sentinelles dedans. Et pour les soldats restants, il se contente de les désarmer et de les assommer à l’ancienne. Charles est donc obligé de passer derrière, et s’approche donc d’un soldat entortillé dans les barbelés (qui a la politesse de ne pas crier à l’aide ou de donner l’alarme) pour lui effacer la mémoire grâce à la puissance de son GHB spirituel. Ouais, enfin au réveil, le mec sera toujours enroulé dans du barbelé : j’espère que Charles lui implante au moins de faux souvenirs, genre "Ah ! Hier, on a un peu abusé lors de la soirée mousse au Lenin’s Folies : on aurait pas dû se rouler dans les barbelés en rentrant, huhuhu". Autre curiosité, Charles n’efface la mémoire qu’à un seul garde avant de foncer vers la datcha : tout le reste de la garnison a donc le parfait souvenir de ce qu’il s’est passé. Je ne vois pas trop l’intérêt de rendre amnésique qu’un seul mec quand il y a moult témoins, mais bon. En tout cas, notre professeur rejoint promptement Erik à l’intérieur de la résidence, et ils arrivent rapidement tous deux dans la chambre où le général s’était enfermé avec la Reine Blanche ; ils la trouvent sur place, en train d’hypnotiser le vieil homme grâce à ses pouvoirs.

Ni une, ni deux, elle tente bien de prendre sa forme de diamants pour être plus forte et mieux protégée contre les pouvoirs de ses ennemis, mais ses adversaires sont plus rapides : Charles endort le général pour ne pas être ennuyé (c’est à se demander pourquoi il n’a pas fait ça sur toutes les sentinelles pour aller plus vite au lieu de laisser Erik s’en occuper), et Erik s’occupe lui d’utiliser le métal du pied de lit pour en faire des liens qui se referment sur la vilaine pupute Reine Blanche. Crotte alors, la voici bien ennuyée ! Elle ne peut même pas garder sa forme de diamants, car sinon, Erik s’amuse à la stranguler avec le métal du lit pour la dissuader : et elle n’est pas maso, c’est qu’elle se transforme en diamants, pas en cuir. Ainsi affaiblie, Charles peut pénétrer son esprit et voir ce qu’est le plan de Sebastian Shaw. Attention :

Le bougre veut tout simplement déclencher une guerre nucléaire, comme ça, il ne restera que les mutants sur Terre, et plus d’humains.

Voilà voilà. Car c’est connu : les mutants résistent particulièrement bien aux explosions nucléaires. Et puis ça doit être tellement super de vivre dans un monde en ruines : je suis sûr que Sebastian Shaw a très envie de devenir fermier puisqu’il n’y aura plus personne pour remplir les rayons de son Intermarché. Ou alors, il est juste très con, et il n’y a pas pensé. Je penche plutôt pour cette deuxième option, puisque depuis le début, il a l’air bien débile, quand même, aucun de ses plans ne tenant debout.

Charles, après avoir appris cela, annonce la suite des opérations : on ramène la bougresse blanche vivante à la base, pour la laisser à la CIA (mais oui mon bon Xavier : toi qui aimes tant la vie et l’amour, tu es prêt à livrer une mutante ennemie à la CIA, qui ne la torturera et ne fera aucune expérience sur elle, hein, c’est pas du tout son genre). Sinon, tant qu’à être dans son esprit, tu pouvais la faire changer de camp : c’était simple, efficace, direct et ça te permettait d’avoir un agent double surpuissant. Mais bon, tout comme je ne suis pas aussi génial que Sebastian Shaw, je n’égale pas non plus le professeur Xavier.

Allons plutôt voir ce qu’il se passe pendant ce temps à la base de la CIA, justement, car il se trouve que de curieux évènements sont en train de se dérouler : déjà, des tornades suspectes sont soudainement apparues, alors que les jeunes mutants étaient tranquillement en train de se détendre, et ont commencé à attaquer le bâtiment, et à raser l’amplificateur d’ondes mentales que McCoy avait conçu. Ça ressemble à du Riptide. Par ailleurs, il y a de curieux sons : des petites détonations suivies de long cris : c’est Azazel qui se téléporte très rapidement derrière les gardes, les saisit, les fait réapparaître 100 mètre au-dessus de la base, puis les lâche avant de se téléporter. Un grand moment. Enfin, Sebastian Shaw en personne débarque et rentre dans la base sans soucis, puisqu’absorbant balles et roquettes pour rebalancer le tout sous forme d’énergie pure sur les gardes restants. A noter que ce dernier dispose en plus d’un immonde couvre-chef : un casque au design immonde conçu par les russes, supposé arrêter les ondes psychiques des télépathes : le filou prend ses précautions.

Une fois la base nettoyée, Sebastian et ses acolytes se rendent dans la salle de repos où les jeunes mutants se cachaient, et leur explique la situation : lui, il est gentil (c’est pour ça qu’il vient de tuer une cinquantaine de personnes avec ses gars alors qu’il pouvait se téléporter directement auprès des d’jeun’z pour leur causer sans encombres). Il veut juste que les mutants ne soient plus enquiquinés par les humains, et ne soient plus "esclaves" (dit il en regardant très fort et très subtilement Darwin, qui je le rappelle, est noir), mais plutôt des "rois". Angel, intéressée par ce raisonnement digne de Simplet, décide donc de rejoindre le camp des méchants (elle était strip-teaseuse à la base : un métier pas suffisamment moral, donc elle était forcément méchante au fond : qui montre son cul est forcément corrompu, dit le proverbe). Darwin, lui, fait aussi croire à Shaw qu’il le rejoint, mais il s’agit en fait d’une diversion ! Il crée suffisamment de confusion pour laisser à Havok le temps de tirer un de ses fameux hula-hoop laser, mais bien qu’il touche Sebastian Shaw, ce dernier en absorbe toute l’énergie. Et pour bien expliquer son désarroi, l’ex-médecin de la mort s’approche de Darwin et lui colle deux doigts dans la bouche (gros dégoûtant) avant de faire réapparaître les hula-hoop dedans. Le pauvre malheureux tente bien d’évoluer pour adapter son corps à cette menace, mais malgré plusieurs transformations (en métal, en pierre volcanique, etc), il finit tout simplement par être désintégré par l’énergie dégagée.

Adieu, pote black des héros. C’est tellement original.

Angel, sitôt devenue méchante, devient aussitôt capable de piloter le sous-marin nucléaire de Shaw, alors qu'elle est strip-teaseuse de formation. C'est fou.

Et pendant ce temps, Azazel, Riptide et Shaw se téléportent au loin accompagnés de leur nouvelle copine, Angel. Aussi, lorsque l’équipée qui était en URSS rentre à la base, elle retrouve celle-ci à demi-rasée, avec les jeunes recrues mutantes errant dans les ruines (oui, parce que Sebastian Shaw, il a beau être méchant et dire "Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi", il ne tue pas les gens contre lui et leur laisse le temps de s’organiser pour contre-attaquer. Je ne cherche plus). Charles propose alors de faire rentrer chacun chez soi, car tout cela est trop dangereux. Mais les filous veulent se battre et se venger. Et puis accessoirement, mon petit Charles, tu les avais pas recrutés pour se battre, justement ? Donc dire "C’est trop dangereux", tu aurais pu y penser avant. Monter une armée avant de se rappeler que la guerre, ça peut faire bobo, c’est un peu con. En tous les cas, la base est désormais inutilisable : le professeur propose donc la résidence de son enfance, le Manoir Xavier et son immense terrain pour en faire le nouveau centre d’entrainement de la troupe : soit.

Et si nous profitions de ce moment pour aller faire un tour à Moscou ? En effet, du côté de la Place Rouge, ça s’agite : Sebastian Shaw est venu achever de convaincre le général Volkov qu’il doit faire installer des missiles à Cuba, en réplique à ceux installés par les USA en Turquie. Et ça fonctionne : le gradé accepte. Et là encore, à lui seul, il parvient à convaincre en deux minutes tout l’Etat-Major soviétique de la nécessité de la manoeuvre : rapidement, l’URSS prépare donc un cargo transportant des missiles nucléaires pour les livrer à l’ami Castro. A noter : les soviétiques sont visiblement persuadés que les américains n’ont pas encore inventé l’avion, et ne peuvent donc pas observer leurs navires de haut : ils mettent donc bien en évidence sur le pont les missiles. Je rappelle qu’à la base, c’est supposé être une opération discrète. Ne manque qu’un panneau géant "ATTENTION : TRANSPORT SECRET DE MISSILES NUCLÉAIRES" au-dessus, et c’est bon.

Les américains apprennent donc, curieusement, la manoeuvre, et la tension commence à sérieusement monter entre les deux superpuissances, qui se rapprochent du conflit.

Éloignons-nous de ces évènements internationaux et retournons si vous le voulez bien à la résidence Xavier, afin de voir ce que font nos joyeux mutants en attendant la suite. Charles s’occupe de chacun pour aider à ce que tous améliorent leurs pouvoirs : il s’entraîne à la course avec Mc Coy, afin qu’il réalise que ses pieds lui permettent de courir bien plus vite que n’importe quel humain. Le même Mc Coy qui a réalisé pour Havok une tenue qui permet de concentrer ses hula-hoops en un seul gros laser qu’il peut tirer depuis son torse, ce qui lui permet de mieux viser. Pour le Hurleur, Xavier et Mc Coy réalisent une… tenue pour voler ?! Quoi ? Mais attendez, son pouvoir c’est de crier ! Vous auriez pas pu lui filer un mégaphone ? Ou un téléphone pour faire "Allô, Sebastien Shaw ? CRIKITUE !" ? Nan ? Parce que ça je suis sûr qu’il ne s’y attend pas. Bon, enfin : sans aucune raison, ils lui filent donc une espèce de tenue de base jump avec laquelle, en criant, il peut voler. Bon bon bon. Et Erik alors ? Et bien Charles lui montre une monstrueuse parabole à plusieurs kilomètres de la résidence, et lui propose d’essayer de la faire pivoter : impossible, trop loin et trop gros. Mais le professeur sait comment guider son ami : en l’aidant à se concentrer sur un souvenir amenant son esprit "entre la fureur et le calme total" : il fouille donc dans son petit crâne pour trouver le souvenir qui va bien, et trouve un passage où, enfant, il priait avec sa mère à la lueur de bougies. Ce souvenir est tellement beau que ça donne la force à notre Magneto de remuer la parabole (j’espère que ça servait pas à un papy à regarder un porno par satellite, sinon il a dû être bien vert "Héééé ma parabole, enfoirééé de Magneto !"). Donc oui, hein : Magneto, pour être au meilleur de sa forme et réaliser des prodiges, il a besoin de penser à un moment heureux : c’est le Peter Pan des X-Men. Sa réputation en prend un coup. Enfin, Moira McTaggert, elle, seule non-mutante sur place, a juste le droit de cuisiner des cookies et de la fermer.

De son côté, Raven continue de piquer sa petite crise sur son physique, parce qu’elle veut être aimée sous sa forme naturelle et bleue, attiser le désir chez les mâles, tout ça tout ça, mais n’ose prendre sa vraie apparence malgré tout pour être acceptée des autres. Erik lui explique donc qu’elle doit arrêter de se cacher et se montrer sous sa vraie forme en s’assumant : et bin elle comprend tellement bien le message qu’elle décide non seulement de rester sous sa forme bleue, mais aussi de ne plus porter de vêtements du tout : en deux phrases, la petite fille complexée se retrouve transformée en nudiste psychopathe. Allez comprendre. Bon, d’ailleurs, Erik en profite pour faire un peu plus qu’ami-ami avec elle, puisque les filles toutes bleues, ça l’a toujours excité. Je vous raconte pas dans quel état Avatar l’a mis, mais passons. Cette histoire a une conséquence : McCoy, lui, a bouclé le sérum permettant d’avoir une apparence normale qu’il avait promis à Raven. Mais lorsqu’il lui apporte, celle-ci n’en veut plus et veut être fière de ce qu’elle est. Il s’injecte donc le produit tout seul, et voit en effet à sa grande joie ses pieds prendre une apparence humaine. Mais son euphorie n’est que de courte durée : soudain, son pied se déforme à nouveau, mais le résultat est encore pire qu’avant : au lieu de calmer ses cellules mutantes, il les a stimulé, rendant sa mutation encore plus importante : sa peau devient bleue comme Raven, de la fourrure lui pousse et tout son corps se déforme : il devient donc mi-homme mi-fauve, mais bleu… heu… il devient "Le Fauve", quoi. Finalement, il se dit qu’il aurait dû se contenter de ses gros pieds et se mettre au basket. Mais c’est un peu tard, parce que là, il a plutôt une grosse tête de félin, des envies de grimper aux murs, de niquer les rideaux et de déféquer dans une caisse en plastoc. La vie est dure pour les fauves modernes. J’espère que le professeur Xavier va le faire tatouer et vacciner.

Et la crise de Cuba dans tout ce bazar, hein ? Les missiles, tout ça, où en est on ? Nos héros décident d’aller regarder à la télé pour suivre l’affaire, et découvrent que l’on est proche de la guerre nucléaire : si le transporteur de missiles soviétiques décide de franchir les lignes de sécurité du blocus américain sur Cuba, il sera détruit sur le champ. Et l’URSS a déclaré que si on lui tirait dessus, ce serait la guerre. Diable !

Sebastian Shaw a bien fait son travail : le conflit mondial est proche. Charles et Xavier, connaissant le plan du méchant, ils le soupçonnent d’être présent en personne sur la zone où les deux flottes vont se rencontrer, histoire qu’il assiste au spectacle et qu’il s’assure que la dernière phase de son plan, le déclenchement de la guerre, commence bien. Le professeur et sa troupe iront donc sur place pour empêcher la guerre et arrêter Shaw. Même si Erik tient à préciser que lui ne se contentera pas de l’arrêter : il lui éclatera sa margoulette jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le lendemain, donc, nous retrouvons en mer, à proximité d’une petite île, les flottes des USA et de l’URSS se faisant face, avec entre elles le navire de transport de missiles soviétiques, qui s’approche lentement de la ligne qui signifiera le début de la guerre mondiale s’il la franchit. Souvenez-vous bien de ce que je vous ai dit plus haut sur le fait que les marins ne réagissaient à rien dans ce film, vous allez voir.

Un marin durant les évènements du film

Dans chaque camp, on se prépare : on range les uniformes et on sort les casques, observant les mouvements de l’autre, quand soudain ! Un immense supersonique noir survole la zone à basse altitude : l’avion de Charles et ses petits gars ! La CIA leur a prêté l’appareil que McCoy avait conçu de ses mains, et nos héros sont donc tous à bord, équipés de tenues qui doivent leur permettre d’encaisser les accélérations et de "résister aux balles". A noter qu’ils ont aussi emmené McTaggert, dès fois qu’elle puisse servir à quelque chose, et aussi parce qu’elle a la réputation depuis le début du film de porter des sous-vêtements coquins pendant le travail. Il faut aussi savoir qu’aucune des deux flottes ne se pose de questions sur ce qu’est ce supersonique non-identifié : les commandants américains et russes se contentant de marmonner "Ho, tiens !" pendant que l’oiseau noir tourne autour d’eux. Je sais pas, moi ça m’aurait intrigué un minimum. Genre assez pour appeler la base et le signaler, au moins. Ou même juste verrouiller une arme dessus, des fois que. Mais visiblement, pas dans notre cas. Soit.

A bord de la flotte soviétique en tout cas, une nouvelle d’importance tombe : Moscou a donné l’ordre, pour éviter la guerre, de faire faire demi-tour au navire de transport. Pourtant, malgré les appels répétés de la flotte, personne ne répond à bord du navire porteur des missiles… et pour cause : afin de s’assurer que le navire franchisse bien la ligne du blocus américain et déclenche le conflit mondial, Shaw a envoyé Azazel tuer tout le monde à bord. La nef  abandonnée continue donc en ligne droite, sans équipage.

Constatant cela, Charles agit avec célérité : il utilise son esprit pour prendre le contrôle d’un officier soviétique à bord d’un navire de guerre, et le fait appuyer sur un gros bouton rouge, qui envoie un missile faire sauter le bateau fou : hop ! Jamais le navire ne franchira la ligne interdite : le monde semble sauvé. Hmmm ? Vous dites ? Si : dans tous les navires russes, il y a bien un gros bouton rouge qui est calibré pour envoyer automatiquement un missile sur le navire qu’ils sont censés protéger. Ils sont conçus avec cette option en série. C’est comme ça. Vous êtes de mauvaise foi, alors, c’est insupportable. Tout de suite "Woooh, c’est n’importe quoi !"… je vous préviens, je n’irai pas au cinéma avec vous.

Depuis son sous-marin, non loin de là, Sebastian Shaw réalise que son plan génialement naze a échoué : cacaboudin, prout, zut (c’est le méchant, il jure comme pas deux) se dit-il. Comment déclencher la guerre maintenant ? Boh : pourquoi pas en faisant une petite explosion nucléaire dans le tas ? Il se rend donc à la salle du réacteur super-classe ambiance feng-shui de son submersible, et commence à engranger la puissance de celui-ci pour mieux la relâcher plus tard sur ses ennemis. Il peut le faire tranquille : malgré le fait que les deux flottes des plus grandes puissances mondiales de l’époque soient au-dessus prêtes à la guerre et guettant une ruse de l’ennemi, personne n’a pensé à allumer son sonar. C’est… comment dire… ils font quoi, en fait dans ces bateaux ? Ils ne s’intéressent pas aux supersoniques qui les survolent, ils ne cherchent pas à voir si des sous-marins les épient… non. Ils pique-niquent sur le pont. C’est un apéro-Facebook en mer, au mieux. Ils auraient envoyé des navires de pêche qu’ils n’auraient pas fait mieux.

Mais c’est sans compter sur les mutants de Charles, qui eux, cherchent le sous-marin de Shaw : le professeur Xavier, plutôt que de chercher l’esprit de Riptide ou d’Azazel dans le coin pour localiser le sous-marin ennemi, et éventuellement prendre le contrôle dudit brigand pour qu’il fasse remonter le vaisseau de Shaw à la surface, préfère envoyer le Hurleur jouer au sonar. Alors les enfants, sachez-le : apparemment, pour faire sonar, il suffit de crier dans l’eau, et ensuite c’est bon. Ah ? C’est donc si simple que ça un sonar ? On peut le faire soi-même dans son bain pour localiser la savonnette ? Formidable. Enfin bref : on ne sait comment, grâce aux pouvoirs du Hurleur qui a donc sauté à l’eau pour localiser le sous-marin, ce dernier est localisé : c’est donc Erik (tiens, lui aussi il ne pouvait pas "sentir" plusieurs tonnes de métal sous l’eau, au fait ?) qui utilise ses über-pouvoirs en se concentrant très fort sur le souvenir de sa maman pour faire carrément sortir le sous-marin des eaux et le fait léviter au-dessus de la surface de l’océan (bon sang, mais tu pouvais pas juste le noyer, hein ?), avant de le faire s’échouer sur l’île voisine. Durant la manœuvre, le méchant Riptide a juste eu le temps de balancer une tornade sur le supersonique des troupes de Xavier, forçant l’appareil à s’écraser à côté de l’épave du sous-marin.

Les deux groupes se retrouvent donc face à face sur la plage, plus ou moins sonnés puisqu’ils viennent quand même chacun de faire quelques acrobaties pas banales. La bataille s’engage, et rapidement, Azazel téléporte des gens ici ou là malgré eux pour semer la confusion : c’est ainsi que par exemple, Havok se retrouve suite à diverses aventures à atterrir sur le pont d’un des navires américains, où il est fait prisonnier par les marins (Mon Dieu ! Des marins ont réagi à un truc ! C’est fou !). Alors que dans le même temps, le Hurleur, volant au-dessus de la flotte américaine, est poursuivi dans les airs par la vilaine Angel, qui crache de l’acide sur lui et les navires qui passent en-dessous d’elle.

Là encore, aucun marin ne réagit : c’est vrai, se faire attaquer par une greluche volante qui crache de l’acide, c’est tellement incongru que mieux vaut complètement l’ignorer. C’est pas comme si à bord il y avait des fusils, pistolets et autres pièces anti-aériennes qui permettraient de transformer la bougresse qui vient de tuer des soldats sur les navires en couscous et ainsi définitivement lui faire rentrer dans le crâne qu’on ne crache pas sur les gens, et encore moins de l’acide.

Le réalisateur a dû faire son service dans la marine, mal le vivre et vouloir se venger en les faisant tous passer pour des neurasthéniques. Ça me parait être l’explication la plus crédible.

Finalement, malgré le fait qu’il soit poursuivi par une nana avec de sacrés reflux gastriques, le Hurleur parvient à récupérer Havok sur le pont d’un navire (là encore sans que personne ne l’allume) et à le ramener jusqu’à la plage où les autres mutants s’affrontent (je vous passe les détails à base de "pif", "paf" et "ouille"). Et sur le sable justement, il y a un peu plus d’action : Charles, à l’abri de l’épave de son avion, tente d’entrer dans l’esprit de Shaw, mais ne peut le faire tant que celui-ci portera son casque à la con. Il envoie donc Erik à l’intérieur même du sous-marin pour lui malaxer la mouille à coups de tatane.

Mouais. Autre possibilité : Charles prend le contrôle télépathique d’Azazel, qui lui n’est en rien protégé (et apprend ainsi que Shaw est chargé d’énergie comme une bombe atomique), et envoie celui-ci à l’intérieur du sous-marin récupérer Sebastian en un éclair avant de le téléporter loin, très loin, dans un coin désert de l’océan (il peut se téléporter loin : il a bien fait Las Vegas – Washington pour le général Jean-Jacques), où Shaw n’emmerdera plus personne. Et où une éventuelle explosion nucléaire ferait moins de pertes humaines. Mais là encore, Charles n’y pense pas, et préfère envoyer son copain Erik – qui lui a clairement dit qu’il tuerait Shaw – seul à bord du sous-marin, pendant que lui ne fait… heu… rien.

Cet homme vient de se crasher à bord d'un supersonique. C'est visible.

A noter, encore un truc suspect (la liste est méchamment longue, tout de même) : sur la plage à un moment, Mystik, pour déconcentrer Azazel qui allait tuer un des gentils, a pris l’apparence de Sebastian Shaw pour lui ordonner d’arrêter et ainsi faire diversion. Et par on ne sait quel miracle, elle sait comment Shaw est habillé au moment même où elle prend son apparence, alors qu’elle n’a pas pu le voir ! Bravo jeune fille. On dira que c’est l’instinct féminin, hein.

Mais revenons donc à l’intérieur du sous-marin, où Erik finit par trouver l’accès menant à la salle du réacteur nucléaire où l’ancien médecin de la mort fait le plein d’énergie. Ce dernier explique, comme tous les méchants que "Ouiiii les humains sont méchants et inférieurs, on doit les exterminer" (c’est un ancien nazi : il a le droit à ce raisonnement pourri). Ce à quoi Erik répond "Je suis bien d’accord mais je vais quand même te casser la gueule" (oui enfin toi t’étais victime des nazis : ça parait plus chaud d’avoir ce raisonnement sur les races inférieures, du coup, andouille !). Un duel s’engage donc, dans lequel Erik déguste pas mal, puisque le bougre de Sebastian est bel et bien bourré d’énergie (mais attention : il ne s’en sert pas pour tuer Erik, juste pour lui faire un peu bobo pendant qu’il lui fait le célèbre monologue des méchants où il révèle tout son plan, je pensais que ce genre de scène avait disparu en 1995). Mais notre Magneto préféré utilise son pouvoir avec fourberie : il manipule des câbles du sous-marin dans le dos de son ennemi pour s’emparer de son casque d’un coup sec : et hop ! Sebastian Shaw se retrouve paralysé par le fait que Charles, depuis l’épave de l’avion, percevant enfin l’esprit de son ennemi à sa merci, y pénètre et l’empêche de bouger. Il tente bien de gueuler à son pote Erik "Fais pas le con mec, le tue pas, tuer, c’est mal !" (oui enfin mon bon professeur : c’est toi qui a envoyé pour arrêter Shaw le seul type qui voulait sa mort. Et tout seul en plus. Alors bon. ), mais ce dernier récupère le casque anti-ondes mentales et peut enfin se protéger d’une éventuelle influence de son ami Charles. Il sort alors de sa poche une pièce, la belle pièce nazie que Shaw lui avait demandé de déplacer il y a des années et explique qu’il va le tuer dès qu’il aura compté jusqu’à 3, et ce, juste en utilisant cette pièce que le bougre voulait tant voir remuer en 1944 : il compte, et à trois, il la fait bouger tant et si bien qu’elle traverse le crâne du pauvre Sebastian. Bobo.

C’est ce qui s’appelle avoir la monnaie de sa pièce.

Ho ! Non ! Philippe Bouvard, sors de ce corps ! Que disais-je avant d’être possédé par le X-Man de RTL ? Ah oui : Magneto ressort du sous-marin en exhibant le corps de celui qui fut son tortionnaire. Mais il n’a guère le temps de se vanter de son exploit : au loin, il note que les flottes américaine et soviétique sont en train de manœuvrer pour bombarder la plage : les deux camps n’ont pas aimé que les mutants se mêlent de leurs affaires, ils comptent donc bien se débarrasser de cette menace difficile à cerner. Sauf qu’alors que les obus, missiles et autres se dirigent vers nos héros, Magneto les arrête tous de son champ de force ; hésitant à les renvoyer aux agresseurs, il entend Charles lui dire "Ne les tue pas, Erik ! Ils n’ont rien fait ! Ils ne font… qu’obéir aux ordres !" : NON ! Crétin de Professeur Charles, vas tu faire UN truc intelligent dans ce film ? Tu as exploré les souvenirs du petit Erik ! Tu sais qu’il a été victime des nazis ! Et tu sais même que les nazis en Argentine qu’il a tué au début du film lui ont dit "Ne nous tue pas : on ne faisait… qu’obéir aux ordres !" : alors pourquoi tu sors une phrase qui énerverait n’importe quel survivant de la Shoah, gros malin ?

C’est gagné : Magneto commence à rebalancer tout l’arsenal qu’il maintenait en l’air vers l’ennemi et là encore, à bord des flottes, on voit juste chaque commandant expliquer qu’il n’y a plus rien à faire, qu’ils vont mourir tués par leurs propres missiles. Mais enfin, merde ! Et vous  ? Vous allez agir ? Genre même par instinct ? Remuer un sourcil ? Ordonner une manœuvre pour essayer de minimiser les pertes ? Non, là encore : rien. C’est tout bonnement incompréhensible. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais il devait avoir envie de finir à 18h.

Heureusement pour ces idiots, Charles passe à l’action et saute littéralement sur Erik pour le déconcentrer (personne d’autre n’y a pensé, tout le monde se contente de regarder en sifflotant) : alors qu’ils entament leur pugilat, les missiles et obus, qui ne sont désormais plus maintenus en l’air par Magneto, tombent tous à l’eau, faisant pousser un grand "ouf !" aux deux flottes, qui ne réitèrent pas l’expérience de tirer.

Un seul humain essaie finalement de faire des trous dans Erik. Ou plutôt, une seule humaine : Moira McTaggert, émergeant de l’épave du supersonique, et voyant Charles en mauvaise posture face à son adversaire, sort son flingue et décide d’allumer celui qui veut du mal au bon professeur Xavier. Sauf que grâce à ses pouvoirs, le vil personnage dévie les balles… et l’une d’entre elles vient ricocher dans le dos de notre héros (attendez, ils ont pas dit que c’était des tenues pare-balles ? Et elles n’encaissent pas un ricochet de pistolet de petit calibre ? On les a arnaqués, dites donc) : Charles s’effondre donc dans un long râle sur le sable.

Erik est fort triste, parce que Charles est tout de même son ami. Ou était, là, leur relation est plus tendue. Mais réalisant que jamais ce dernier ne sera d’accord avec son combat intitulé "Les mutants sont la race supérieure, elle doit dominer le monde, ach !", il décide de tout simplement s’en aller. Et pour ce faire, il invite les anciens sbires de Sebastian Shaw à le rejoindre, ce qu’ils font au nom de la règle du "Tu as tué le chef des méchants et tu es méchant : on te suivra donc sans poser de questions". Des autres mutants, seule cette coquine de Raven accepte de changer de camp, car voulant être "fière d’être mutante" (et ayant fait des gâteries à Erik). La bande des vilains se met donc en ligne en se tenant la main, et Azazel les téléporte donc tous loin de là.

Erik tentant de voir dans quelle pose il a l'air le plus cool avec son casque. Réponse : aucune.

Non, ils n’ont pas besoin de dire "Tenons nous la main, on va se téléporter" ou "Azazel, je vais t’indiquer où nous emmener" : ils savent naturellement qu’est venu le temps de se tenir la main, et Azazel connait la destination voulue par Erik sans même avoir à lui demander. C’est tellement plus classe que "Chef, chef, on fait quoi ? On va où ? Hein chef ?"

Sitôt les brigands partis, tournons-nous plutôt vers Charles, autour duquel les autres mutants se rassemblent en s’exclamant "Aaaah, arrête ton chiqué ! C’est une balle dans le cul, tu n’en mourras pas !" ; sauf que morbleu ! Ce n’est point son popotin qui a été honteusement entamé, mais sa colonne vertébrale : le bougre est donc paraplégique ! Moira est forcément un petit peu déroutée par tout cela, tant elle s’en veut d’avoir tiré la balle responsable du drame.

Aussi, quelques jours plus tard, nous la retrouvons en train de pousser Charles dans son fauteuil roulant flambant neuf, quelque part devant la célèbre résidence de la famille Xavier. Le bon professeur explique à l’agent de la CIA que désormais, c’est ici qu’il regroupera les mutants, afin de les aider et de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. McTaggert se contente donc de dire "Ho oui Charles, quelle excellente idée ! Et sachez que je ne dirai jamais que c’est ici que le professeur X et ses alliés, appelons-les les X-Men, se cachent !" ; et pour appuyer son argumentaire, elle décide en sus de rouler un gros patin à notre héros. Mais comme celui-ci n’est pas si gentil qu’il le dit, il en profite pour lui effacer la mémoire (y compris des évènements posts-baiser : j’en connais une qui a dû se réveiller avec de drôles de douleurs elle aussi en bas du dos).

Quelques temps plus tard, c’est au Pentagone que Moira McTaggert se retrouve, en plein interrogatoire face à une table constituée de tous les gradés du coin qui exigent de savoir ce qu’elle sait des mutants. Et si elle connait l’endroit où ils se cachent : non ; en fait, elle ne se souvient même pas des derniers jours, à part d’images floues comme, je cite "des arbres" et "un baiser" (ce qui pousse le patron de la CIA à dire qu’il ne faut décidément rien confier aux greluches) et "moi en train de gémir allongée sur le capot d’un fauteuil roulant de luxe". Pour le dernier, je ne suis plus sûr-sûr, mais ça me parait crédible. La CIA est donc dég’, elle a perdu la trace des mutants.

Mais comme c’est un grand film, je le rappelle : les mutants du professeur Xavier, que la CIA connait vu qu’il leur a fait un exposé complet, sont cachés dans la résidence Xavier dans laquelle Charles Xavier a grandi, indiquée dans l’annuaire à la lettre "X" et qui en plus est sur une propriété gigantesque et immanquable, à côté d’une gigantesque parabole qui a bougé suite à un phénomène mystérieux l’autre jour.

Nan, ils sont vraiment trop bien cachés, ces mutants. Bravo, Professeur X. Jamais la CIA ne pensera aux pages blanches.

Sauf que pendant que Moira est interrogée, ailleurs sur le territoire américain, là où est enfermée la Reine Blanche, de drôles de personnages se présentent : Azazel, Riptide, Angel et Mystik, menés par Erik, qui viennent la libérer sans rencontrer de véritable résistance. Ce dernier a d’ailleurs modifié sa tenue : il a désormais une tunique rouge (moche), une cape (moche et inutile), le casque anti-ondes mentales (qu’il a customisé pour le peindre en rouge et où il a ajouté des décorations dignes d’une Fiat Panda tunée). Formidable. Il informe la damoiselle qu’il vient libérer qu’il l’invite à rejoindre sa bande de méchants, qui remplace celle de Shaw, et qu’il n’est plus la peine de l’appeler Erik. Désormais, il faut l’appeler…

Crumble aux pommes Magnetooooooo… et…

FIN !

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Charles se tient la tête en maugréant, mais la douleur est insupportable : il n’entend plus que ça.

Vous savez, quand vous avez une chanson de merde dans la tête ? Et bien imaginez qu’un télépathe vous entende : non seulement il risque lui aussi de l’avoir, mais en plus, même s’il essaie de penser à autre chose, il continue de vous entendre, vous, constituant une sorte de dolby surround spirituel de musique à chier impossible à évacuer de son esprit.

Le professeur finit par choir de son siège pour de bon. Alors que les premiers élèves paniqués se lèvent de leurs tables pour se porter à son secours, il note que la jeune fille du fond semble continuer de penser à ce tube immonde qui est à la musique ce que Francis Huster est à la comédie. Alors que les premiers adolescents arrivent autour de Charles rampant douloureusement au sol, ils constatent qu’il est déjà trop tard.

Recroquevillé au sol, ils ne peuvent que noter qu’il est en train de marmonner, les yeux révulsés et l’air dément :

"Fr… Fr… It’s… Friday… Friday…Hoooo."

La télépathie est une malédiction. Surtout avec des ados.

Les gyrophares se rapprochent.

J’entraperçois dans mon rétroviseur les véhicules de la gendarmerie lancés à ma poursuite toutes sirènes hurlantes ; du moins, je le suppose : le bruit de mon moteur étouffe la plupart des sons qui parviennent jusqu’à mon habitacle. J’ai beau zig-zaguer entre les véhicules dont l’écho des klaxons retentit à peine quelque secondes avant d’être noyé dans le tumulte de la course, je constate que les motos bleues de mes poursuivants se rapprochent à chaque seconde qui passe. Misère, ma destination est encore lointaine, et jamais la maréchaussée ne me laissera l’occasion d’y parvenir.

Et puis soudain, j’aperçois le panneau salvateur : dans moins de 2000 mètres, ma sortie ; je double une voiture de luxe qui semble prendre la mouche avant de me rabattre juste devant un véhicule familial qui dans sa surprise a appuyé si fort sur ses freins que j’aperçois une fumée dense surgir sous la voiture dans mon rétroviseur ; le 4×4 devant moi dévie lourdement de sa trajectoire en me voyant arriver, et le passage enfin dégagé, je bombe jusqu’à la sortie tant espérée. Je larguerai les motos sur les petites routes, et pour l’hélicoptère que j’ai aperçu tout à l’heure, j’aviserai. Un coup sur le frein pour ne pas louper le virage et…

Je n’entends même pas le crépitement des tirs des gendarmes situés derrière les barrières de sécurité de la sortie lorsque tout un peloton en embuscade vide ses chargeurs dans mes pneus ; dans une tempête d’étincelles, je serre mon volant à m’en faire saigner les mains en fonçant vers un monticule fleuri qui ne parvient qu’à peine à ralentir ma course avant de faire décoller mon véhicule dans un monstrueux vrombissement ; en atterrissant, l’inertie fait le reste et m’envoie réaliser une formidable série de tonneaux qui, mêlés aux escarbilles qui s’échappent encore de mes essieux, ont dû donner un fort beau spectacle aux hommes de la maréchaussée suivant ma trajectoire du regard. De longues secondes après que mon véhicule se soit finalement immobilisé, j’entraperçois au travers du voile qui couvre mes yeux la silhouette de gendarmes tentant de m’extirper de la carcasse fumante de ma fidèle auto. J’arrive vaguement à articuler un truc au sujet des sirènes qui me transpercent les tympans avant de perdre connaissance.

"Bon sang, mais quel con !" s’exclame l’adjudant chef Bertier en regardant le type que l’on vient de sortir du véhicule "Il le sait bien qu’à cette époque de l’année il n’a pas le droit d’aller à Cannes !". Maugréant, il ne remarque qu’à peine le maréchal des logis Fronsart lui jeter un regard interrogateur. Il faut dire que d’après Bertier, Fronsart a encore une longue route à faire pour devenir un vrai gendarme : il fait partie de ces bleus qui n’ont jamais connu la mythique époque du képi réglementaire.

"Allons Fronsart, ne me regardez pas comme ça ! Vous ne savez pas qui est ce type ? 
- Non chef.
- Pour vous la faire simple, c’est un mec qui ne supporte pas le festival de Cannes. Une sombre histoire comme quoi ce serait une sorte d’onanisme de groupe, où les gens du cinéma récompenseraient les gens du cinéma tout en soulignant bien à quel point les gens du cinéma sont géniaux.
- Ah ? Donc c’est pas la première fois qu’il tente de s’en prendre au festival ?
- Non. Il y a deux ans par exemple, il a attaqué les marches à la ponçeuse, au motif qu’au vu de ce qui y défilait, il convenait plutôt d’en faire une rampe d’accès handicapés. Et l’an dernier, il a payé des pirates somaliens pour détourner un porte-containers jusqu’au large de la croisette ; durant 48h, il a menacé de vider plusieurs milliers de tonnes de Minidou dans la mer si on ne faisait pas fermer sa gueule à la fille qui s’occupe de la mode le midi sur Canal +.  Le GIGN a dû aller le déloger, mais plusieurs loyaux gendarmes ont reçu des minis-dosettes au visage durant la bataille. Et cette année, Dieu sait quel était son plan. 
- Bah, on lui posera la question demain chef. Il va passer une bonne nuit dans une chambre d’hôpital, et même s’il s’en tire bien, je ne suis pas sûr qu’il se barre en gambadant dans la nuit.
- Oui. Méfions-nous quand même. Niveau évasion, il s’y connait. Sinon, nous n’en serions pas là aujourd’hui."
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Fronsart ne put s’empêcher de pouffer discrètement ; la chose lui faisait penser à un super film sur les évasions qu’il avait vu la veille. C’était drôlement bien, avec de la bonne musique et des jolies filles en plus. Comment ça s’appelait déjà ?

Ah, oui : Sucker Punch.

Spoilons donc mes bons !

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L'affiche : si l'esprit de Babydoll est la clé, c'est déjà mal barré

Quelque part dans les années 60, période bénie qui donna toute sa place à la guerre du Vietnam, à la crise de Cuba ou encore aux gauchistes chevelus de mai 68, Babydoll, une jeune fille blonde aux couettes ridicules malgré ses 20 ans vient de perdre sa mère. Alors que la tristesse accable la famille, la jeune fille trouve la force de réconforter sa petite soeur que nous appellerons Babybabydoll, qui est plus fragile qu’elle encore face à ce décès. Il reste cependant au foyer un adulte responsable : Bopapa, le beau-père de nos jeunes filles qui lui semble presque ravi de savoir que sa femme est décédée ; d’ailleurs, sitôt l’enterrement terminé, il court à la maison tel un garçonnet le jour de Noël pour aller ouvrir l’enveloppe contenant le testament de feu Madame. Quelle n’est donc pas sa déception lorsqu’il découvre que la vilaine rabouine a décidé de léguer toute sa fortune ainsi que sa collec’ de pin’s à l’effigie de Bernard Lama à ses deux filles !

Bopapa fait donc une grosse colère : il devient tout rouge, se roule par terre, produit des sons divers et variés allant du grognement au cri sourd, le tout en s’enivrant comme il se doit, fracassant des bouteilles de mauvais bourbon aux quatre coins du logis familial. Une fois le corps réchauffé par la douce liqueur, le malandrin s’empresse de se diriger vers la chambre de Babydoll afin de voir s’il n’y aurait pas moyen de moyenner, histoire de se réconforter un peu, là, tout de suite. Mais, las ! La bougresse se défend, et griffe même au visage l’importun qui, loin d’être excité par la résistance (Klaus Barbie lui même disait "Che ne trouffe pas la Rézizdanze drès drès érodigue…"), s’en va aussitôt, enfermant la damoiselle à double tour derrière lui. Babydoll ne réalise que trop tard ce qu’il va se passer : il va se rabattre sur Babybabydoll ! Ni une, ni deux, notre héroïne ouvre donc la fenêtre de sa chambre et, malgré la pluie battante de l’orage nocturne qui lui fouette le visage, saute à l’extérieur pour faire le tour de la maison et se rendre dans le bureau de Bopapa. Elle s’y saisit alors d’une arme puis court vers la chambre de sa soeur pour aller arrêter le drame qui s’y joue.

Arrivée sur place en quelques instants, elle a beau paralyser le bougre en le menaçant de son arme, avant de tirer juste à côté de son visage pour l’impressionner, elle finit hélas par réaliser qu’il est trop tard : elle lâche son pistolet en apercevant le cadavre de sa petite soeur fraîchement assassinée sur le sol. Elle pleure donc sur la dépouille avant de se ressaisir tant de son courage que de son flingue (car oui, Bopapa avait décidé de se faire les ongles plutôt que de ramasser l’arme avec laquelle on venait de lui tirer dessus, il y a des priorités), mais ne parvient pas pour autant à trouver la force de tuer ce vil brigand. Elle relâche donc à nouveau son arme (que Bopapa ne ramasse toujours pas alors que ça fait deux fois qu’on menace de le tuer avec ce pétard en 30s) avant de s’enfuir dans la nuit, un peu perturbée par les évènements de la soirée.

C’est donc quelques heures plus tard que la police retrouve sous la pluie une jeune fille en pyjama traumatisée et loin de chez elle. Que font donc les forces de l’ordre ? Elles ramènent Babydoll chez son beau-père sans poser de questions, bravo messieurs ! Car en effet, en 1960, on avait pas encore inventé l’enquête de police, on se contentait donc de dire : "Bonsoir Monsieur ! Votre fille vient d’être assassinée ? Boh, ça arrive ! tenez, on vient de retrouver votre autre fille qui a fui la maison totalement traumatisée ! Allez, on va croire votre version des faits sur paroles et vous souhaiter une bonne soirée ! Au fait, vous ferez attention : vous puez l’alcool, mais ça n’a sûrement aucun rapport, hahaha !". Elle est vraiment sympa, la police, en fait. Profitant de la bêtise crasse des gardiens de la paix et de l’absence totale d’enquête, Bopapa décide donc d’emmener Babydoll à l’asile histoire de s’en débarrasser pour de bon. Enfin remarquez : vu comment la police semble se moquer des meurtres, moi j’aurais directement mis un coup de fusil entre les couettes de Babydoll. C’eut été plus rapide et efficace, sans compter l’aspect défouloir de la chose, mais passons. Car Bopapa a un plan bien plus pourri : il a graissé la patte de Blue Jones (ce film est bourré de superbes noms), un cadre important de l’asile où il a déposé sa belle-fille, afin qu’il lui fasse subir une lobotomie. Une fois transformée en légume, cette dernière ne pourra en effet jamais témoigner de quoi que ce soit sur le meurtre de sa soeur, et tout le monde sera content.

Ouais, enfin, Bopapa, il y a un petit problème dans ton plan :

- visiblement la police ne fait pas d’enquêtes pour de mystérieuses raisons. Donc ton plan ne sert à rien, à part à perdre du pognon et à prendre le risque qu’un mec puisse te dénoncer/faire chanter quand bon lui semble

- à l’inverse, si comme les protagonistes le prétendent, la police est moins bête que ne le laissait supposer la scène précédente, alors elle risque de trouver ça suspect, le fait que Bopapa s’empresse de se débarrasser de la seule autre personne que lui qui était sur place le soir du meurtre de Babybabydoll. Autant s’attacher un panonceau "Houhou, je suis super suspect !" autour du cou.

Ah, et pour la petite histoire : TOUTE la discussion sur "Je vous file du pognon pour que vous la lobotomisiez car j’ai peur qu’elle parle", ils la tiennent juste devant Babydoll. C’est bien, ça, de discuter de tout ce qui peut vous mettre dans la merde devant une personne dont vous avez peur qu’elle se mette à parler. Super plan. Vous avez pas d’autres trucs à balancer là aussi ? Genre amendes de stationnement impayées ou téléchargements d’albums de Justin Bieber ? En tout cas, Blue lui a bien compris que Bopapa était idiot, et il commence déjà à le faire chanter en faisant passer le coût du graissage de patte des 1400$ convenus à la base à 2000$, au motif qu’il va devoir imiter la signature du Dr Gorski, la responsable des pensionnaires qui est la seule à pouvoir commander une lobotomie (elle a un formulaire un peu comme chez La Redoute pour ça, genre "Ajouter Lobotomie x1 à mon panier ? Entrez votre code privilège !"), et il prend donc un gros risque ce faisant. Bopapa étant effectivement très bête (il ne dit pas : "Hé ho, vous le saviez quand vous avez dit 1 400$", ne me prenez pas pour un con"), il paie.

Petit rappel à Blue Jones : quand tu as une moustache, si tu n'es ni noir, ni capitaine de la police en sus, c'est que tu vas mal finir.

Tiens, j’allais oublier : outre Babydoll qui se tient à 50 centimètres des deux personnes en train de parler corruption, toute la négociation se fait en plein milieu de l’asile, dans la salle principale où l’on peut trouver 6 infirmiers, une quinzaine de pensionnaires et le docteur Vera Gorski. Non vraiment, ils sont trop discrets nos larrons. D’ailleurs, pour les deux seules personnes de l’asile qui ne les auraient pas entendu discuter à haute voix, les brigands font un petit effort en échangeant les liasses de biftons sans même essayer de se cacher, histoire que tout le monde puisse voir que oui, Bopapa manigance un truc et que oui aussi, Blue Jones est complètement corrompu et prépare un mauvais coup. Mais malgré tout, personne ne réagit. C’est beau.

Babydoll, faisant fi des cratères qui parsèment le scénario, observe la salle centrale de l’asile, et constate que le Dr Gorski tente d’aider ses patientes (il n’y a que des pensionnaires de sexe féminin) en leur mettant de la musique et en les incitant à se laisser aller dessus, tant physiquement que dans leur imaginaire. Elle en profite aussi pour contrôler tout ce qui pourrait être utile à son évasion : les clés des gardiens, les panneaux indiquant que toutes les portes s’ouvrent automatiquement en cas d’incendie, les posters de Steve McQueen, etc. Rapidement, elle est donc mise en contact avec les autres résidentes de l’asile, dont 4 seulement ont un prénom : Sweet Pea (ou Pee pour les urophiles), la meneuse, Rocket, la petite soeur dépendante de Sweet Pea, Amber et Blondie, les deux filles parfaitement interchangeables tant elles n’ont aucun intérêt (dans des cas-là, d’habitude, je dis "A et B", mais regardez bien les initiales de ces prénoms : les scénaristes eux-même l’ont fait à ma place pour souligner le côté complètement secondaire de ces personnages, merci les gars).

Pour se protéger du monde extérieur qui est trop laid, Babydoll décide de s’imaginer les choses sous un angle différent : à partir de maintenant, elle verra l’asile comme un cabaret/maison close dans lequel les aides-soignants sont des clients richissimes venant rechercher les faveurs des filles, Blue Jones le patron tyrannique qui les exploite et leur donne des ordres, et Vera Gorski la gentille responsable des danseuses qui leur donne des cours et les aide à mieux s’exprimer sur scène. A noter que par contre, un truc qui n’est pas du fait de l’imagination de Babydoll est important : toutes les pensionnaires sont donc de jolies filles, et tout le personnel de l’asile des hommes et/ou des moches, à part le Dr Gorski, mais c’est normal : elle est du côté des pensionnaires. Voilà, comme ça, si le film était encore trop compliqué, on sait bien où sont les gentils. Jusqu’ici, ce film est une sorte de bathyscaphe explorant les abysses du navrant. Mais comme nous allons le voir, l’engin n’a pas fini sa descente.

Pendant que j’y suis : à peine arrivée à l’asile, soudainement, pouf pouf, Babydoll qui jusqu’ici était trop en état de choc pour dire "Bopapa a tué ma soeur et vient d’acheter une lobotomie pour me faire taire auprès de Blue Jones, le cadre corrompu", se met à causer à tout et tout le monde pour un oui ou pour un non. Ha ?!  Mais alors ça t’intéresse pas de tout balancer maintenant que tu parles ? De venger ta soeur, punir les méchants et sortir de l’asile ? Non ? Bon bon bon.

En tout cas, Babydoll fait donc sa première séance avec Vera Gorski (car elle a un peu de temps : sa lobotomie n’est programmée que pour dans 5 jours, le temps qu’un spécialiste vienne), qui, je le rappelle, essaie avec la musique de faire réagir ses patientes tant en faisant bouger leur corps que leur imagination. Et ça tombe bien : notre louloute est à fond dans le truc, puisqu’à peine a t-elle commencé à écouter le gros son à base de popopopo à sa première séance qu’elle ferme les yeux et rentre en transe, se retrouvant ainsi dans son imaginaire : et figurez-vous que ça tombe bien, puisque dans son esprit, outre ses couettes de petite fille, elle porte une tenue d’écolière putassière à talons hauts et nombril à l’air façon fantasme de cadre japonais, ne manquent que les tentacules qui vont bien pour compléter le tableau. C’est vrai quoi, mesdemoiselles, mesdames : c’est tellement naturel de s’imaginer dans un accoutrement typique des fantasmes masculins de quelques sombres pervers. En tout cas, dans sa tenue de coquinette, notre louloute se retrouve tout simplement en plein milieu de la cour d’un temple japonais sous la neige, temple dont elle s’empresse de passer la porte pour tomber sur un vieux que nous appellerons Jean-Jacques. Bien que pas japonais pour un sou, mais habillé en tenue traditionnelle et portant le katana, le vieil homme s’empresse de commencer à débiter une sorte de philosophie de comptoir digne de "Oui-Oui prend de la beuh" du genre "Que cherches-tu ? La question est dans ton coeur, ton esprit doit être le foret qui va percer la couche subconsciente de tes peurs pour trouver la vérité de Rrrrrrzzzzzzz...", dont le seul but final est de dire "Que veux-tu ?" et mademoiselle de répondre "Être libre !" parce que oui, l’asile, ça la gave (je me répète, mais j’insiste : pour être libre, tu as UNE phrase à dire en balançant ce que tu sais, et c’est bon ! Andouille !) ; Jean-Jacques lui répond donc qu’elle doit s’armer pour réussir cette quête, et lui tend un katana ainsi qu’un pistolet ; il enchaîne en expliquant que 5 autres choses seront nécessaires à la réussite de sa mission :

  • Une carte
  • Du feu
  • Un couteau
  • Une clé
  • Et enfin… un sacrifice ! Mais là-dessus, Jean-Jacques reste plus mystérieux et simule des quintes de toux ou de pets quand on tente d’en savoir plus sur le sujet.

Cela étant dit, notre vieux sage s’empresse de mettre Babydoll à la porte du temple en lui expliquant que sa quête commençait "maintenant" : en effet, dans la cour l’attendent trois samouraïs géants l’air plutôt peu humains, et disposant d’armes aussi grosses que leurs propriétaires : gros katana, grosses lames diverses, gros bazookas, grosses gatlings, etc. C’est un championnat de substituts péniens, sacrés asiatiques ! Je vous passe les détails, mais retenez que notre Babydoll, du haut de ses 45 kilos les jours de choucroute à la cantoche s’avère être une formidable combattante qui saute partout, distribue des coups de katana et de flingue dans tous les sens et massacre à grand renfort de talons hauts tous ses adversaires, le tout, de préférence, en montrant qu’elle a le ventre plat via divers plans (et en se déhanchant de 1 mètre de chaque côté quand elle se déplace). Remarquez, il n’y a pas que son ventre qui est sans relief aucun, mais je m’égare. Une fois le dernier samouraï tombé, elle sort donc de sa transe et s’aperçoit qu’elle est toujours avec Vera Gorski au milieu des autres filles, et qu’elle vient de finir une super danse qui a littéralement subjugué tout le monde tant c’était impressionnant : elle s’est littéralement laissée posséder par la musique tant dans son corps que dans son imagination, tout ça tout ça, Babydoll géniale, youpi.

"Babydoll, n'oublie pas : je suis un vieux dans un cadre japonais : je suis donc forcément de bon conseil et j'ai toujours raison"

Bon, sachez que le film, c’est donc ça : toutes les 10mn, Babydoll va avoir besoin de danser pour un prétexte de préférence idiot. Et à chaque fois qu’elle dansera, elle sera en transe et fera un rêve dans lequel il y aura de la grosse musique, des tenues un peu salopes, de petits gémissements, des filles qui manient de gros fusils à consonance pénienne, des robots, des méchas, des katanas, de la guerre, des explosions, des véhicules cools, des zombies, des dragons, des orcs, des effets spéciaux… bref, vous voyez le public que ça vise : il ne manque que des cartes Magic vendues avec la place de ciné et c’est tout bon. En tout cas, voilà : 40% du film est constitué de rêves de Babydoll qui sont en fait des clips sans intérêt qui remplacent juste un plan sur Babydoll qui danse. Mais comme on le verra : même les clips sont incohérents. Revenons à nos moutons maintenant.

Dès le lendemain, Babydoll, qui la veille encore était muette et coincée, va trouver ses 4 nouvelles meilleures copines (les seules pensionnaires qui ont un prénom, donc, les autres, c’est comme les abeilles : elles ont un esprit de ruche) que sont Amber, Blondie, Rocket et Sweet Pea pour leur expliquer qu’elle veut s’évader avant que le médecin chargé de sa lobotomie (qui est présenté dans l’univers du cabaret qu’elle s’imagine comme un client nommé le "High Roller") ne vienne s’occuper de son cas. Pas de problèmes, parlons évasion entre filles qui ne se connaissent que depuis moins de 24h ! En exactement une minute de conversation, Babydoll convainc les donzelles de la suivre, et leur explique qu’elle a besoin de 4 objets pour son évasion : un plan, du feu, un couteau et une clé (oui, un vieux mystérieux lui est apparu en rêve pour lui dire, c’est donc forcément vrai ; cette nuit, Pénélope Cruz m’est apparue pour me dire qu’elle m’attendait à Puerte Chichén, tiens, allez hop, billet d’avion). Le plan serait celui de tout l’asile, qui est accroché dans le bureau de Blue Jones, le feu, un briquet avec lequel joue tout le temps un aide-soignant, le couteau serait celui du cuisinier, et la clé, celle que porte autour du cou ce bon vieux Blue Jones toujours. Mais comment obtenir tous ces objets ? Là encore, Babydoll a pensé à tout : elle va subjuguer les gens avec sa danse pendant que les filles feront les poches des victimes.

Oui. Babydoll n’a pas un petit ego de merde : elle a dansé une fois, du coup, elle est désormais persuadée qu’elle peut hypnotiser n’importe qui avec ses fesses, genre "Par le pouvoir de Shakira, je te paralyse ! I’m tremoussing my ass !". C’est consternant. Mais visiblement, ses copines trouvent que c’est un plan génial et marchent toutes dedans. Du pied gauche, j’espère.

En tout cas, notre héroïne précise un petit peu à quoi servent les objets dont elle a besoin : la carte, c’est pour pouvoir s’orienter par rapport aux postes de garde durant l’évasion, le briquet, pour mettre le feu et forcer l’ouverture de toutes les portes, le couteau, pour éviter les emmerdes, et la clé de Blue, parce qu’en tant que cadre haut-placé chez les surveillants, sa clé ouvre toutes les portes. Apparemment, je suis le seul à avoir remarqué que le feu et la clé comptent double, vu que tous les deux servent à ouvrir toutes les portes. Quant au couteau, je pense qu’il y a un peu près 1 000 à 2 000 armes improvisées possibles qui feraient que vous n’auriez pas à prendre le risque de subtiliser un couteau, mais bon.

Qu’importe : le plan est lancé, et Babydoll s’empresse de réitérer son dernier exploit en matière de danse, afin que Blue sorte de son bureau pour venir la voir danser, pendant que Sweet Pea ira voler la carte dans la pièce qu’il a quitté. Car oui, dans un asile où il semblerait que les pensionnaires aient une certaine liberté de circuler, Blue Jones ne ferme jamais la porte de son bureau : quelle idée. Il est sympa comme mec, en fait. Enfin bon : il va voir Babydoll danser, et celle-ci, comme il se doit, rentre en transe. Et cette fois-ci, la douce se retrouve propulsée en France avec ses 4 copines.

Et pas n’importe où, n’importe quand et n’importe comment : en pleine première guerre mondiale, au milieu de la cathédrale de Reims sous les bombes allemandes, Babydoll et ses copines (qui elles aussi, portent des tenues moulantes avec minishorts et accessoires coquins très utiles en cas de guerre mondiale) se retrouvent face à Jean-Jacques, le vieux sage du dernier rêve qui cette fois est habillé en officier qui fait un briefing : les filles doivent récupérer une carte, et pour cela, doivent foncer dans les tranchées allemandes en massacrant tout et tout le monde, jusqu’à trouver le bunker de commandement ennemi où elles pourront castagner du commandant et récupérer le précieux document. Petite précision, Jean-Jacques tient à souligner que ce ne sont pas de vrais allemands en face (car très curieusement, c’est un film où il n’y a quasiment pas une goutte de sang, probablement histoire de pas être interdit aux ados), mais des germains ressuscités via de la vapeur et des rouages : des steams-zombies (qui larguent donc de la vapeur quand ils sont touchés et non de l’hémoglobine, ce qui part plus facilement en machine). Bref : nos héroïnes se lancent donc promptement à 5 face à toute l’armée allemande, et collent une branlée royale aux zombies mangeurs de cervelle en saucisses (un vrai germain le reste même dans la mort), puisque bon : personne ne peut lutter contre des filles en talons hauts (qui, curieusement, utilisent des armes des années 1990-2000 : Babydoll imagine des armes qui serviront 40 ans après les années 60, vraiment, elle aurait dû bosser chez Browning, quel esprit d’anticipation). Après avoir massacré un bon corps d’armée à elles seules, le tout en prenant des poses cools et en gloussant tout du long (ça impressionne l’ennemi, les charges de pintades), nos damoiselles tuent le commandant ennemi ainsi qu’un messager qui tentait de s’enfuir, et récupèrent sur le corps de ce dernier le précieux document qu’elles venaient chercher : la carte. Mission accomplie ! Donc fin du rêve…

"Tites tonc petite fraülein, il fa falloir mettre ein tenue plus raissonnaple, ja ? Das ist ein sérieuse krieg ici !"

… et retour sur Babydoll qui sortant de sa transe, vient de s’arrêter de danser, sous les applaudissements de tous les témoins, y compris de Blue venu la voir, donc. En bon patron de cabaret, le sieur Jones explique qu’il est persuadé que Babydoll peut rapporter un pognon fou : pour ça, pourquoi ne pas organiser un show privée de la belle pour le maire ? Allez, dès demain, il en sera ainsi ! Fier de son idée, Blue retourne à son bureau, où il note que sa photocopieuse est curieusement chaude : tiens ? Observant rapidement son bureau, il note une deuxième chose : son plan des lieux a été mal replacé sur son mur… hmmm, il se trame quelque chose par ici !

Mais qu’importe : allons directement le lendemain, au show privé prévu pour le "maire" (en réalité, un aide-soignant qui joue toujours avec un briquet), où les filles ont prévu de lui voler son bien pendant qu’il est hypnotisé par la danse de Babydoll. Je n’ai pas retenu si c’était Amber ou Blondie qui était chargée de dérober le précieux bien, mais de toute manière, on s’en fout complètement, puisque ça n’a aucune incidence : on ne va pas assister à la scène, mais plutôt au rêve de Babydoll qui danse, comme il se doit.

Or, cette fois-ci, sitôt la danse commencée, Babydoll se retrouve donc propulsée dans un bombardier de la seconde guerre mondiale tournant autour d’une immense forteresse médiévale assiégée par diverses créatures bizarres ; Jean-Jacques, a bord de l’avion en tenue d’aviateur, explique encore une fois la mission du jour : il y a un bébé dragon trop mignon au coeur du donjon de ce château ; et le bougre mériterait bien d’être égorgé comme un porc pour que les filles puissent ensuite s’emparer des deux cristaux qu’il y a dans sa gorge et qui, une fois percutés l’un avec l’autres, permettent de créer un incroyable feu. Après avoir ajouté une phrase de philosophie de pisseuse (du genre "N’oubliez pas les filles : celui qui se bat pour ses rêves est plus heureux que celui qui défend sa vie ! Et pensez bien à utiliser du fil dentaire après chaque repas !"), il se permet de préciser : "Et faites attention à ne pas réveiller la mère !".

Hooo, toi mon petit, tu ne connais pas le syndrome de Jar-Jar Binks (que mes lecteurs les plus anciens connaissent bien). Enfin bon : Babydoll, Sweet Pea et Rocket vont sauter de l’avion pour aller récupérer les cristaux dans la forteresse, pendant que Amber et Blondie restent à bord à se tourner les pouces. Excellent plan. Toujours dans leurs tenues coquines, et toujours avec les mêmes armes (mais avec un silencieux dessus cette fois), nos héroïne sautent donc dans la cour du château et mitraillent promptement et discrètement tout ce qui se dresse sur leur passage : gardes, monstres, Stéphane Bern et autres créatures fantastiques. Et après quelques efforts, parviennent assez rapidement dans le donjon du château où, en effet, un bébé dragon pionce tranquillement. Oui, je sais : j’ai dit que la forteresse était assiégée, que dehors, ça se massacrait allègrement mais non, ça n’a pas réveillé bébé dragon. Ok. Babydoll n’hésite pas une seule seconde, et toujours sans aucun bruit malgré ses talons hauts (sic), tranche le cou de la bête d’un bon coup de katana. Elle récupère donc dans la gorge du bestiau les fameux cristaux, le tout, toujours sans mettre de sang partout (le dragon est un animal très propre à égorger), puis chuchote à ses copines "Vite, partons discrètement maintenant". Bon plan ! C’est pourquoi, dans le respect du syndrome de Jar-Jar Binks, Babydoll décide de faire n’importe quoi en allant à l’encontre de ses propres consignes, et percute, comme ça, pour rigoler et voir ce que ça fait, les deux cristaux qu’elle vient de récupérer l’un contre l’autre. Un grand VROUUUUSH se fait donc entendre, alors que des flammes surgissent des fameuses pierres. Bravo Baby : tu viens de réveiller maman dragon. Une course poursuite peut donc s’entamer entre la mère reptilienne un peu triste de trouver son bébé égorgé, et un peu colère aussi pour les mêmes raisons. Elle sort donc du donjon à la poursuite des filles pour essayer de les transformer en kebab, mais c’est sans compter sur les deux filles restées dans l’avion, qui mettent des coups de pare-choc au dragon pour l’emmerder. Oui, elles s’amusent à percuter des trucs avec leur avion. Et vous savez quoi ? Ça marche parfaitement. L’avion n’est pas endommagé, rien : il est conçu pour jouer à l’auto-tamponneuse avec des dragons. Boooon.

Mais ça ne plait guère à maman dragon, qui se lance à la poursuite de l’aéroplane dans l’espoir de l’abattre comme il se doit ; à bord, les deux filles paniquent donc comme des folles genre "Haaan il nous suit, qu’est-ce qu’on va faiiiiireuuuuh ?" ; je ne sais pas, vous êtes dans un bombardier avec des tourelles de mitrailleuses partout et le dragon qui est placé juste derrière la tourelle de queue, non vraiment, je ne vois pas. Mais rapidement, la pilote a une idée : "Tiens, si on faisait des acrobaties avec le bombardier pour la décrocher ?" mais rien n’y fait : plongeons, loopings, himmelmans, rien ne suffit à perdre la créature en colère, même un passage entre les piles d’un pont. Performance incroyable : il faut savoir que le dragon et l’avion volent EXACTEMENT à la même vitesse, histoire que le dragon ne soit pas semé rien qu’en volant en ligne droite, ou que ce dernier croque l’appareil sans soucis. La vie est bien faite. Au bout d’un loooong moment, l’une des filles se dit que, tiens, si on essayait de tirer sur le dragon à la sulfateuse ? Ce que, en effet, ce dernier ne semble guère apprécier. Heureusement pour lui, la tireuse a visiblement un problème musculaire : elle jure beaucoup, et quand elle jure, elle s’arrête de tirer. Son index et sa bouche doivent être reliés par les mêmes muscles, et la pauvrette ne peut donc pas faire deux choses en même temps, impliquant son doigt et sa bouche. Un problème avec moult conséquences quotidiennes. Voilà qui fait gagner un peu de temps à notre bon reptile volant. Finalement, notant que la bête est trop dure à gérer, les filles de l’avion hurlent "Tiens, Babydoll, il est pour toi !" (merci le refilage de patate chaude), et on ne sait pas pourquoi, le dragon décide de leur obéir et de revenir sur le plancher des vaches, où Babydoll l’attend pour lui sauter sur la tête et le trépaner à coups de katana. Ah ? Donc avec ce genre de sauts incroyables, pourquoi ne l’a t-elle pas tué dès le début, quand elle a vu la mère surgir juste à côté du cadavre de son bébé, et qu’elle avait méchamment l’occasion de faire exactement la même pirouette ? On ne le saura jamais. Car la victoire étant totale, Babydoll sort de sa transe…

Poussé par son instinct, le dragon aime renifler l'arrière des bombardiers

… et achève donc son numéro de danse devant le "maire". Tout le monde a trouvé ça génial, en particulier le maire, même s’il note que son briquet a disparu. A aucun moment, il ne fait le rapport avec les filles qui le trituraient pendant qu’il regardait le numéro de danse : il est complètement con. Ce qui aide bien le scenario. Mais Blue, lui, n’est pas si bête : sitôt le show fini, il se rend en coulisses pour expliquer aux filles qu’il a tout compris : d’abord, quelqu’un a photocopié le plan dans son bureau, maintenant, un briquet a disparu… il se trame quelque chose, et il n’aime pas ça (jusqu’ici, du papier et un briquet, ça ressemble au début d’un kit pour fumer de la ganja, sois cool man, rastafari) : il recommande donc aux damoiselles de se calmer de suite et d’arrêter les bêtises, sinon, il se sentira obligé d’intervenir lui-même. Dès qu’il a quitté la pièce, les filles commencent à paniquer en se disant qu’il vaut mieux arrêter les frais maintenant puisque le plan semble éventé, mais Babydoll, en bonne meneuse charismatique, leur parle des vertus de la liberté, de l’amour et de l’amitié, ce qui motive à nouveau nos larronnes à poursuivre leurs exploits. Seule Blondie (ou Amber ?!) craque un peu devant toute cette pression et sitôt qu’elle est seule, se rue dans le bureau de Vera Gorski pour pleurer qu’elle ne sait plus quoi faire ; cette dernière lui propose de soulager sa conscience en lui racontant tout ce qui lui pèse, mais alors qu’elle va se confier et raconter tout le plan d’évasion, Blue, qui avait jusqu’ici tout entendu de la conversation puisque caché à l’angle d’un couloir voisin, se décide à surgir en disant "Oui, raconte moi tout de votre plan d’évasion !".

Mais ? Blue bordel ! Tu es stupide ? La fille allait tout raconter de toute manière, puisqu’ayant confiance en Vera Gorski ; et toi, tu allais pouvoir tout entendre de là où tu étais ! Alors pourquoi te sens-tu obligé de surgir pour réclamer une information que tu allais de toute manière avoir si tu étais gentiment resté à ne rien faire ? Tout ce que tu risques, là, c’est que du coup, la fille se braque et refuse de parler car te sachant méchant. Tu es un vilain étron moustachu.

De leur côté, les autres filles veulent voler un couteau de cuisine au cuistot local. Attention, il faut savoir qu’il n’y a que deux couteaux (et c’est tout !) dans la cuisine, et que les deux sont à la ceinture du fameux personnage. Autrement dit, j’insiste, c’est un plan super risqué pour s’emparer d’une arme qu’il serait plus simple de remplacer par un truc improvisé (Al Qaïda en sait quelque chose) mais tout aussi dangereux mais qu’importe : tout le monde suit le plan génial de la formidable Babydoll qui est… qui est… je… je crois que j’ai presque honte d’écrire son plan tant il est mauvais :

Elle compte entrer dans la cuisine avec ses 3 copines (Blondie manquant actuellement à l’appel pour des raisons qu’elles ignorent), barricader le tout de l’intérieur (?) le temps d’allumer une radio pour que Babydoll se mette à danser sur la musique et ainsi hypnotise le cuistot à grands coups de fesses pendant que les autres donzelles lui volent un de ses couteaux. C’est vraiment super discret le coup de "On se barricade pour faire danser notre copine", ou comment hurler au monde "HOUHOUUUU REGARDEZ ON EST EN TRAIN DE FAIRE UN TRUC SUPER LOUCHE QUI FAIT PARTIE DU PLAN DONT ON VIENT DEJA DE RÉALISER DEUX PHASES ET QUE BLUE A REPÉRÉ !".

Mais bref : Babydoll grimpe sur une table de la cuisine et commence à agiter son cucu : hop, elle rentre donc en transe. Et se retrouve cette fois-ci avec ses 3 amies sur une plate-forme aux côtés d’un hélicoptères ; là, Jean-Jacques apparaît pour faire son briefing habituel : les drôles de dames doivent prendre d’assaut un train terroriste contenant une bombe surnommée "couteau de cuisine", s’emparer de cette dernière et dégager avant que le train n’atteigne la ville voisine où il explosera. Vu d’ici, on dirait le pitch d’un film de Steven Seagal, mais en fait, non. Après son habituelle phrase de philo pour les nuls, Jean-Jacques donne encore un précieux conseil : attention les filles, le train est défendu par des robots du futur, et il vous faudra des codes pour désactiver la bombe : ils sont là-dedans, dit-il en désignant un gros sac à dos.

"Quelqu'un a parlé de bombes, de terroristes, de trains et de couteaux de cuisine ?"

Un sac à dos. Pour des codes. Tu écris tes mémos sur des parpaings mec ? On t’a jamais appris à utiliser des post-it ?

L’hélico de nos héroïnes décolle donc promptement et se retrouve à survoler des rails à proximité où, en effet, un train circule : c’est donc forcément celui-là : ni une, ni deux, elles lui tirent un missile dans l’arrière-train (jeu de mots) histoire d’ouvrir un wagon tel une boîte de conserve afin que les filles puissent s’infiltrer par là. Babydoll n’ayant aucune imagination, nos louloutes combattent donc toujours avec les mêmes armes, alors que bon : on est dans le futur semble t-il, ça serait bien d’avoir de meilleurs flingues, mais non : visiblement, ça ne l’intéresse pas. Enfin bref : malgré ce problème d’équipement, les filles massacrent sans soucis des dizaines de robots de combat qui les attendaient à bord, et arrivent à la bombe  les doigts dans le nez ; là, elles ouvrent le sac contenant les codes et en sortent…

… une mini-disquette. J’en étais sûr : Jean-Jacques se fout de leur gueule. Ça doit être le genre de mec à louer un 36 tonnes pour déménager une paire de chaussures.

Enfin bref : une fois insérée dans la bombe, la disquette désactive le tout et… et problème ! Un robot endommagé parvient à se réactiver et à réenclencher le processus d’explosion ! Le temps commence alors à se ralentir, le rêve, à se distordre et Babydoll sort de sa transe visiblement un peu surprise ; en fait, ce qu’il vient de se passer est tout simple : la radio qui jouait la musique sur laquelle Babydoll dansait vient de lâcher suite à un court-circuit. Et comme elle ne se trémousse plus, cela a désactivé le pouvoir parapsychique de son cul et cesse d’hypnotiser le cuistot, qui s’aperçoit alors que les filles autour de lui étaient en train de profiter qu’il soit distrait pour lui piquer un de ses couteaux : il se lève donc et commence à distribuer des mandales.

Tiens d’ailleurs, avez-vous remarqué l’autre faille du plan des filles ? Je vous ai dit qu’il n’y avait que deux couteaux dans la cuisine, visiblement, ce qui est un peu dommage. Mais les filles s’acharnant à vouloir utiliser comme arme un des deux seuls couteaux du cuistot, autant dire qu’il se serait rendu compte aussitôt, même si tout s’était bien passé, que des pensionnaires venaient de lui voler un de ses deux seuls ustensiles. Elles auraient donc été aussitôt repérées  et sanctionnées en conséquence, ce qui mettait tout leur plan d’évasion à l’eau. Mais aucune d’entre elle n’y a pensé. Qu’importe, revenons à la scène.

Le cuistot commence donc à maraver des mouilles à foison, collant sa grosse main dans les margoulettes surmaquillées des filles (Babydoll a par exemple le PIB du Rwanda en maquillage sur ses pommettes et en faux-cils). Puis, notant que ces dernières ne se laissent pas faire, il dégaine son ultime couteau (celui qu’elles avaient commencé à voler est tombé au sol dans la confusion) et tente de le planter dans Sweet Pea ; mais c’est sans compter sur Rocket, qui se jette devant sa soeur façon Kevin Costner dans Bodyguard pour prendre le coup à sa place. La jeune fille encaisse donc assez mal le coup (mais toujours sans saigner), et agonise assez longuement pour dire "Tu diras à maman que je l’aime" et autres cucuteries de dernière minute. Elle tente bien ensuite de chanter le célèbre générique du film précédemment cité, mais alors qu’elle entame sa mauvaise imitation de Whitney Houston, elle décède finalement.

Sur ces entrefaites arrive donc Blue, qui tombe sur une scène un peu chaotique, ce qui le fait un peu râler, particulièrement lorsqu’il constate que Rocket est désormais kaput. Il jure, grogne, scrogneugneute, engueule le cuistot, puisqu’avec tout ça, il va devoir remplir un paquet de paperasse, etc. Les filles, notant que l’on regarde ailleurs, ramassent discrètement le couteau tombé au sol et le cachent sur l’une d’entre elles. Comme quoi, voyez mesdemoiselles : il existe d’autres forme de diversions que "Tiens, on va faire danser Babydoll !". Vous y auriez pensé avant, Rocket serait sûrement encore en vie. Malheureusement, nos héroïnes ne pensent pas tout court. Même leur plan d’évasion leur a été soufflé par un vieux issu d’un rêve dément à base de samouraïs géants. C’est dire.

Tentative de réflexion chez Babydoll

Cela étant dit, Blue ordonne aux filles d’aller se préparer pour le show de ce soir car, ça y est, le High Roller (souvenez-vous, c’est le nom du client qui dans le monde réel est en fait le Docteur en charge de la lobotomie) est arrivé, et il va assister au spectacle. Mais avant que toutes ses pensionnaires ne montent sur scène, il veut d’abord leur parler en coulisse : il explique que la petite Blondie est venue le trouver et a tout raconté sur le plan d’évasion de ses copines. Il a décidé en conséquence de sévir : il empoigne donc promptement un pistolet qui passait par là et colle une balle dans la face d’Amber (c’est vrai : tuer les gens à coups de flingue dans les coulisses à 2 mètres d’une salle remplie de monde, c’est très intelligent), puis une autre dans celle de Blondie, au motif qu’il "n’aime pas les mouchards". Ouais, trop cool mec ! Comme ça, plus jamais personne ne viendra dénoncer ses petits camarades qui tentent une évasion. Tu es con ou bien ? Qu’importe : une fois cela fait, il ordonne à ses filles de monter sur scène pour faire un super show ("Je viens de tuer vos copines, essayez de ne pas avoir l’air trop triste sur scène !" : ce film est vraiment mauvais d’un bout à l’autre). Mais bon, que va t-il bien pouvoir faire pour s’occuper en attendant ? Hmmm… lire un livre ? Faire une partie de Uno avec les gardiens ? Non : il va plutôt se taper Babydoll, tiens, pour passer le temps ; il commence donc à la papouiller en conséquence, mais las : la bougresse arrive à se saisir du couteau de cuisine, que ses défuntes copines avaient réussi cacher avec le briquet, la carte & co dans la salle de maquillage juste avant de brutalement décéder. Elle s’en sert donc pour planter Blue un bon coup, qui s’effondre foudroyé ; maintenant, plus rien ne l’empêche d’aller se saisir des clés qu’il porte autour du cou et qui ouvrent toutes les portes ! Ainsi équipée, notre Baby court donc trouver Sweet Pea, qui avait été mise à l’écart (elle était dans un sale état après avoir vu sa soeur mourir dans ses bras), et lui propose de s’évader : elles sont les deux seules survivantes du plan de base, il faut donc se dépêcher avant que leurs rangs ne s’amenuisent encore ! Le plan est donc lancé, et pour commencer, c’est le briquet qui entre en jeu, en servant à mettre le feu à un local à produits d’entretien pour déclencher l’alarme incendie.

L’évasion est bien entendue difficile, puisque bon, deux nanas tentant de s’orienter avec une carte, ça tourne en général à la catastrophe. Heureusement, elles sont régulièrement sauvées par des interventions du Dieu Du N’Importe Quoi, qui, par exemple, arrive à les faire passer devant des gardes sans que ceux-ci ne les voient ou ne les entendent, car ils lisent leur journal (d’accord) en écoutant leur… i-pod avec ses beaux écouteurs intra-auriculaires blancs (nous sommes dans les années 60 je le rappelle, même le walkman n’existe pas). Fantastique. Mais tout cela ne suffit pas forcément, car une fois arrivées dehors, les filles constatent qu’il y a dans la cour une bonne dizaine de personnes en train de discuter, zut ! Impossible de partir discrètement se disent-elles. Nos héroïnes vont elles échouer si près du but ? L’une d’entre elles va t-elle avoir une idée géniale ? Vont-elles simplement réaliser que, en pleine nuit noire, dans un parc relativement grand, il est très facile d’atteindre la grille située à l’autre bout sans se faire repérer, particulièrement lorsque les seules personnes qui risqueraient de les repérer sont occupées à discuter entre elles juste devant le bâtiment ? Non ! Babydoll ayant toujours des plans de merde, elle se souvient de la 5e chose nécessaire au plan d’évasion qu’avait expliqué Jean-Jacques dans son premier rêve : il faut un sacrifice ! La jeune fille aux couettes se propose donc d’aller détourner l’attention des mâles de la cour (Mais… mais c’est la seule idée que tu as depuis le début du film : détourner l’attention des gens ! Tu n’as fait que ça ! Serais-tu une sorte d’être monotâche ultime, Babydoll ?!) pendant que Sweet Pea s’enfuira pour retourner chez elle, là où elle pourra, je cite, "Rendre sa mère heureuse" et "Retrouver une vie normale". N’en jetez plus ! Baby, Baby, Baby…ho, tu crois vraiment ce que tu viens de dire ? Qu’une évadée d’asile va retrouver une vie normale en allant se planquer chez sa mère, le premier endroit où la police va la chercher ? Et qu’elle va rendre sa mère heureuse en lui annonçant "Salut maman, ta fille est morte, et moi je suis une fugitive recherchée. T’as fait du café sinon ?".

Bref : Sweet Pea après avoir longuement pleuré sur le courage et l’héroïsme de Babydoll profite que celle-ci aille voir les mâles au centre de la cour pour détourner leur attention, et s’élance dans la nuit, traversant l’immense parc de l’asile que l’on a aperçu au début du film jusqu’aux grilles de celui-ci sans qu’il ne soit possible de l’apercevoir (comme quoi, il y avait un passage sûr : Babydoll se sacrifie juste parce qu’elle est débile. ). Puis, une fois de l’autre côté des barreaux du portail, Sweet Pea jette de longs regards à Babydoll, que celle-ci lui rend, genre truc trop discret "Tiens ? On dirait que Babydoll jette des regards enflammés par-dessus mon épaule en direction de quelqu’un derrière moi. Je vais me retourner pour voir qui c’est. Ho ! Regardez, une fille de l’asile en train de se barrer ! On ne l’aurait jamais aperçue si Babyboll n’était pas venue se mettre juste devant nous pour se mettre à envoyer des gros regards lourds dans sa direction !" ; mais heureusement, ça n’arrive pas, Sweet Pea peut se barrer, alors que Babydoll est ramenée à l’intérieur.

Regardez bien : la première image c'est lorsque Bopapa emmène Babydoll à l'asile en voiture au début du film. La seconde, lorsque la même Babydoll détourne l'attention des gens qui attendaient juste devant le bâtiment pour que Sweet Pea se barre à la fin du film. Entre les deux, la distance bâtiment/portail a été réduite de 98% et les grilles se sont transformées en mur pour arranger les scénaristes. Bravo les gars.

Notre héroïne se retrouve donc finalement attachée sur une chaise, où elle subit un bon coup de lobotomie sans même râler, car elle a fini par le réaliser : tout oublier de sa vie n’est pas si mauvais, elle va pouvoir se renfermer sur son univers intérieur. A la toute dernière seconde, elle a juste le temps de jeter un regard terrible au médecin en charge de la procédure, ce qui l’a plongé dans des abîmes de désarroi. Ce dernier est donc allé trouver le Dr Gorski pour demander à en savoir plus sur cette étrange patiente. La docteure lui explique donc que cette patiente a fait bien des choses cette semaine : déclencher un incendie, poignarder un cadre de l’asile, aider une patiente à s’évader… mais qu’elle regrette qu’elle ait été lobotomisée, car c’était une pensionnaire très intéressante. D’ailleurs, la lobotomie est une pratique à laquelle était opposée la douce Vera. Ah ? Dis le docteur. Pourtant, c’est sur votre recommandation que je suis intervenu ! Et hop, formulaire à l’appui, il montre au Dr Gorski le formulaire de demande de lobotomie avec la fausse signature de Vera réalisée par M. Jones

Notez, là encore : le Dr Gorski explique qu’elle était au courant de la lobotomie programmée de Babydoll, mais qu’elle y était opposée. Et à aucun moment elle ne s’est dit "Tiens, mais au fait, qui a programmé la lobotomie ? Vu que c’est moi la seule à avoir ce droit et que j’y suis opposée ?" ; y a t-il un seul personnage crédible dans ce film ? Parce que là, on approche méchamment de la fin, et je n’en ai toujours pas trouvé. Je me contente de sangloter, en fait.

Babydoll est de son côté ramenée à sa cellule, désormais dans un état proche de celui de légume, ce qui ne la change pas fondamentalement du reste du film (elle dira peut-être un peu moins de conneries, en fait). Mais Blue Jones, qui a survécu au coup de couteau qu’il a reçu, parait devant elle, et ordonne que l’on jette la bougresse dans une petite pièce isolée où il compte bien reprendre ce qu’il avait entamé la dernière fois avant d’être interrompu par une lame. Hélas, il pleure de désarroi en constatant que la petite Babydoll qui se trémoussait n’est plus qu’un gros haricot blanc avec des couettes. A moitié fou, il est surpris par l’arrivée de Vera Gorski et de plusieurs agents de police qui le font arrêter pour avoir fait lobotomiser Babydoll en falsifiant des documents. Alors qu’ils l’emmènent, il hurle que tout ça, c’est la faute du beau-père de de la jeune fille : Bopapa va donc lui aussi prendre cher, et tous les méchants seront donc punis : youpi.

Et Sweet Pea alors ? Elle, elle a enfin réussi à atteindre une gare routière (elle a même trouvé des vêtements, du maquillage et un peigne en chemin visiblement, c’est vraiment bien) ; mais alors qu’elle va sauter dans un bus, elle est interrompue par deux agents de la maréchaussée qui semblent la reconnaître ; ils n’ont cependant pas le temps de lui poser des questions : depuis le car où elle s’apprêtait à monter, une voix retentit, expliquant que cette passagère est dans son bus depuis fort loin, et qu’elle ne pourrait donc décemment pas aider deux agents de police du coin. Ces deux derniers laissent donc tomber, expliquant qu’ils cherchent une jeune fille du secteur : ils font donc forcément erreur sur la personne. Allez, bonne journée mademoiselle et désolé du dérangement. Sweet Pea tourne donc les yeux vers le bus pour y apercevoir son sauveur : un vieux chauffeur, que l’on a déjà vu dans les rêves de Babydoll : Jean-Jacques. Allez savoir ce qu’il fout là, mais en tout cas, il couvre Sweet Pea, referme les portes de son bus derrière elle, et l’emmène sur les chemins de la libertéééé….

La voix off de Babydoll achève le film avec une bonne vieille philosophie de pissotière sur le fait que dans la vie, l’important, c’est d’être soi-même ou un truc du genre, hihihihihi, parce qu’on a beau être un gros légume, on a quand même le droit à sa petite voix off digne de Grey’s Anatomy et…

FIN

Vous êtes sûrs qu'elle n'avait pas DÉJÀ été lobotomisée ?

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A cette heure-là du matin, les couloirs de l’hôpital étaient encore quasiment déserts, à l’exception des quelques infirmiers de garde aux cernes marquées qui patrouillaient de-ci de-là en poussant quelque chariot, saluant poussivement les deux représentants de la maréchaussée venus interroger leur suspect. Le bruit des rangers de l’adjudant-chef Bertier et du maréchal des logis Fronsart semblait se perdre en écho dans certains coins du bâtiment aux couleurs fatiguées, jusqu’à ce qu’il se taise enfin devant la porte d’une chambre du deuxième étage. Poussant la porte, Bertier poussa un juron étouffé en constatant que le lit qui occupait le centre de la pièce n’hébergeait plus que quelques morceaux de sangles arrachées. Il s’apprêtait à hurler à l’évasion quand Fronsart poussa un petit cri de surprise : leur client était bien là, prostré dans un coin de la chambre, les yeux hagards et les bras encore brûlés là où les sangles avaient frotté jusqu’à céder.

"Seigneur ! Infirmiers ! Vite, par ici, on a besoin d’aide ! Fronsart, remuez-vous et allez me trouver la personne en charge de cet étage !"

Fronsart déguerpit à toute jambe par la porte entrouverte, avant de revenir tout aussi promptement, annoncé par le son tonitruant des rangers martelant le sol. Une infirmière aux traits tirés par de trop longues heures de garde se dépêcha de venir s’agenouiller à côté du patient, prenant grand soin de décroiser ses bras meurtris avec la plus grande douceur ; derrière ces derniers, il dissimulait un curieux sourire béat.

"Bon sang mademoiselle, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
- Je… je ne sais pas ! Hier soir, il allait bien, il nous a raconté qu’il avait été arrêté en essayant de se rendre à Cannes. Alors nous, on s’est dit que ça lui ferait plaisir de voir le festival, aussi on lui a allumé la télé pour voir le discours de la cérémonie d’ouverture. Ensuite, il a beaucoup crié, et on a dû réajuster les sangles plusieurs fois, avant de lui administrer de quoi calmer une bonne douzaine de rhinocéros. 
- Il est juste drogué là ?
- Non… non, la drogue ne fait plus effet depuis près de 6 heures logiquement. 
- Mais alors qu’est-ce qui l’a mis dans cet état ?"
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L’infirmière haussa les épaules dans une moue désolée, laissant l’adjudant-chef dans un état de perplexité qu’il n’aimait guère. Ce fut finalement Fronsart qui comprit tout.

"Je crois savoir. Je… je crois que sa santé mentale n’était pas prête pour le discours d’ouverture du festival de Cannes. Je pense qu’il s’est réfugié dans un monde imaginaire où il tente de se protéger.
- Un monde imaginaire ? Mais de quel genre ?
- Je… je pense qu’il… je crois qu’il s’est réfugié dans un monde dans lequel Mélanie Laurent n’existe pas."

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Il y eut un long blanc. Puis l’infirmière et l’adjudant-chef répondirent involontairement en choeur :

"La chance !"

Je le déteste déjà.

Il a l’air bête, là, assis au premier rang, m’observant de ses grands yeux ronds mis en avant par cette monstrueuse monture noire supposément à la mode. Dans son regard, je peux lire qu’il a déjà une de ces idées. Une de ces pensées stupides qui lui viennent tout droit d’univers où la raison et la logique appartiennent au royaume du mythe. Il réajuste son pull, et montre quelques signes d’impatience dans l’attente que je finisse mon propos. Il a cet air mi-chafouin, mi-stupide que portent les gens persuadés d’avoir quelque chose de très intelligent à dire, mais qui ne s’apprêtent en réalité qu’à transformer l’air de leurs poumons en vide intellectuel par la magie de leur phrasé. Dans son cas, et vu sa tête, je parie qu’il a une "question ricochet" en tête : une de ces interrogations que les fats posent, non pas par intérêt pour la réponse, mais uniquement pour rebondir sur cette dernière pour étaler leurs connaissances.

Dans cette salle, ils sont quelques dizaines d’étudiants à griffonner quelques notes sur le propos que je tiens, plus intéressés par la potentielle carte de visite que je pourrais laisser pour un stage en fin de cours que par l’essence de mon propos , que la plupart se contenteront de bachoter avant leurs examens en faisant fi du fond. Sans perdre le fil de mon propos, et notant par la fenêtre le soleil descendant doucement derrière de lointaines collines, colorant d’orange les silhouettes éloignées de lourdes bâtisses champenoises,  je me décide à passer à la fin traditionnelle de tout discours estudiantin qui se respecte :

"Avez-vous des questions ?"

Deux mains se lèvent ; le type du premier rang et une jeune fille au fond. Notant que la seconde semblait plus plaisante que le premier, il convenait de faire passer en priorité le supplice : la parole allait donc à Monsieur, pour peu qu’il ne la garde pas trop longtemps.

"Oui ?
- Tout à l’heure vous parliez des techniques de conservation scientifique du patrimoine mobilier et je…
- Venez en au fait.
- Bin… je peux vous poser une question bête ?
- Il n’y a pas de question bête. Seulement des imbéciles.
- Heu… c’est-à-dire que je me demandais : vous en pensez quoi, du système de conservation des archives du Vatican ?"
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Ça y est, il a son sourire débile. Il veut me parler des archives du Vatican, et se moque bien de la réponse. De toute manière, je ne suis pas sûr que ma réplique lui convienne : tout ce que j’ai retenu de mon dernier déplacement aux archives du Vatican, c’est une sombre histoire impliquant du GHB, du vin de messe et la rupture des voeux de soeur Graziella de Modène. Les cartons d’incunables, présentés par un clerc fripé, je n’en ai qu’un souvenir lointain. Bottons en touche.

"Disons que la qualité de la conservation n’est pas forcément à la hauteur de la valeur des archives, pourquoi ?
- Non parce que je voulais savoir – dit il avec un air de Monsieur-je-sais-tout – ce que vous pensiez des systèmes de vase clos avec oxygène limité, mais je vois que vous ne connaissez p…
- Holà, du calme mon bonhomme : vous avez lu Dan Brown ?
- Oui, justement, c’est dans Anges et Démons, il explique que…
- Vous croyez ce qu’il écrit ?
- Bin, quand même, c’est précis, il a fait des recherches, et puis il a marqué en préambule du Da Vinci Code qu’il se basait sur des faits, et que…
- Ok, des faits ? Donc des trucs cohérents ?
- Oui, même s’il imagine l’intrigue, ça reste quand même un maître en la mat…
- Mademoiselle, vous aviez une question ? Vous pouvez la garder 30 secondes s’il-vous-plaît ? Je raconte le film au neuneu du premier rang histoire de lui montrer ce que c’est qu’un "maître en trucs cohérents". Je suis à vous tout de suite après."

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Non mais c’est vrai, quoi : spoilons mes bons !

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L'affiche : Que nous cache le Vatican ? Mais, du pognon, bien sûr. Non ?

Tout commence lorsqu’une voix off de journaliste dépressif nous annonce une terrible nouvelle : le pape est mort. Partout dans le monde, les catholiques pleurent à chaudes larmes la perte du VRP de Dieu, parti retrouver sa hiérarchie. Aussi, comme le veut la tradition, l’Eglise procède à la destruction de l’anneau du défunt pape (l’une de ses nombreuses bagouzes de gangsta-pape) à coups de burin, car comme chacun sait, le clergé a toujours eu un truc pour buriner de petits anneaux innocents. Une fois cela fait, nos amis les clercs sortent la dépouille du mort et la promènent en grande tenue sur la place Saint-Pierre, où des milliers de pèlerins sont réunis pour prier pour l’âme du vieux monsieur et renifler les effluves du mort. La voix off poursuit son explication : désormais, le siège papal va être vide pour une durée de 9 jours, puis aura lieu le conclave, où les cardinaux éliront un nouveau pape, et tout le monde pourra chanter le thème du Roi Lion devant le balcon où le nouveau souverain pontife recommencera le cycle de la vie.

Mais quelques jours plus tard, dans un célèbre accélérateur de particules franco-suisse, le professeur Vittoria Vetra, qui comme son nom l’indique, nous vient du pays du spaghetti, disserte avec ses collègues français : ça vous dirait pas qu’on mette un macaron ou un sac à main dans l’accélérateur pour voir ce que ça fait ? Ses collègues l’envoient passablement chier, car Vittoria est persuadée d’une chose : ses idées géniales permettraient de créer de l’antimatière. Et d’y observer le fameux Boson de Higgs, aussi appelé "Particule de Dieu" par les scientifiques les plus farceurs. Et ça tombe bien puisque scientifique farceur, il y a dans ce centre de recherche : le père Silvano, curé biclassé physicien, qui est bien décidé à observer cette fameuse particule. Aussi, dans un bureau reculé, installé sur une dérivation de l’accélérateur de particules, il a mis au point trois flasques capables de recueillir de l’antimatière lors de la prochaine accélération qui doit avoir lieu sous peu. Et lorsque l’expérience se lance, en effet, il constate que ça marche : il voit quelque chose apparaître dans ses flasques (qui sont bien évidemment en partie transparentes, hein, sinon ce ne serait pas spectaculaire, et en plus, l’antimatière, ça prend la forme d’une sorte de forme éthérée en mouvement constant, manquerait plus que ce soit moche). C’est donc un peu la grosse fête, et il appelle sa copine Vittoria pour lui dire que leur expérience a réussi, que c’est trop super, et que du coup, ce soir, il romprait bien son voeu de célibat.

Trop heureuse de défroquer un prêtre, Vittoria se rue vers le bureau de son ami, le coeur en joie, et ne s’attarde que pour ouvrir les portes verrouillées par un contrôle rétinien ; sauf qu’à la dernière porte, celle menant au bureau du physicien-curé, elle constate qu’il y a un peu de sang sur le scanner de rétines. Ho ? Quelqu’un doit avoir une grosse conjonctivite, se dit-elle ; mais quelques mètres plus loin, elle tombe sur un globe oculaire attendant patiemment qu’on le ramasse au sol. Berk ! Se dit notre héroïne avec raison, tant la chose n’est guère hygiénique. Mais à qui peut bien appartenir cet oeil ? Serait-ce une relique de la famille Le Pen ? Nenni : la chose appartient au bon Silvano qui gît dans son propre sang au milieu de son bureau ; Vittoria l’avait toujours soupçonné d’avoir un oeil baladeur, mais à ce point, jamais. Elle se met donc un peu à paniquer et appelle à l’aide, ne remarquant que brièvement que l’une des trois flasques de la précieuse antimatière, recueillie par Silvano, a disparu.

Si vous avez bien suivi ce récit, vous noterez que Vittoria a vu du sang sur le scanner rétinien menant au bureau de son vieil ami. Et a trouvé le globe oculaire plus loin sur sa route, une fois passée la porte sécurisée, ce qui signifie que le tueur, pour accéder au bureau du curé et le tuer, avait déjà avec lui l’oeil du vieil homme ! L’intrigue commence très fort, ma foi.

Mais laissons tomber ces évènements sans grande importance, et allons plutôt retrouver Robert Langdon, le plus célèbre expert en symbologie du monde, qui dernièrement, souvenez-vous, avait retrouvé la tombe de Marie-Madeleine pile en dessous de la pyramide du Louvre et obtenu toutes les preuves qu’elle aurait dû être la première papesse en lieu et place de Pierre, et que l’Eglise était donc basée sur un mensonge. Mais malgré les mille aventures traversées pour obtenir cette révélation, il avait préféré ne rien dire et retourner écrire des livres rébarbatifs à Harvard, vendus à 7 exemplaires de par le monde. Et c’est à l’université que nous le retrouvons donc, en train de tremper son gras dans la piscine locale. Mais alors qu’il tente de faire la célèbre nage du petit chien, il est dérangé par un policier du Vatican, qui vient contraster de son costume italien le petit slip moulant de notre héros. L’homme de loi, que nous appellerons Bob, souhaite parler des Illuminati à l’ami Langdon. En effet, ce dernier a fait paraître un ouvrage sur le sujet, mais n’a jamais pu écrire la suite, puisque le Vatican lui a interdit l’accès à ses archives, indispensables à toute bonne rédaction. Bref, mais quel est le problème, avec les Illuminati, au fait ?

Et bien c’est simple, explique Bob : cette nuit, 4 cardinaux ont été kidnappés au Vatican, sans que personne ne remarque rien (mais ça n’a pas l’air de le choquer). Et une mystérieuse vidéo a été envoyée, dans laquelle des personnes se revendiquant des Illuminati annoncent qu’ils vont en buter un par heure à partir du soir même, 20h. Non, ils ne disent pas "on veut une pizza et un hélicoptère, sinon on les bute", non : dotés d’un formidable esprit de synthèse, les brigands vont directement à la case "on les bute", seule partie de la phrase qui les intéresse. Les coquinous.

 

Robert ne négocie pas avec les terroristes qui ne négocient pas

Et le Vatican a beau ne pas trop aimer Langdon qui farfouille un peu trop dans leurs terribles secrets, le clergé l’y invite en jet privé pour les aider à régler cette affaire ; voilà qui est bien urbain (attention, un jeu de mot sur un pape célèbre se cache dans cette phrase, sauras-tu le retrouver ?). Arrivé à Rome, Bob annonce à Robert qu’il compte bien trouver et tuer tous les Illuminati : voilà qui est subtil et délicat. Mais Robert, qui a l’esprit noble, ouvert et grand, en un mot, américain, explique que c’est bien parce que l’Eglise a toujours pensé comme ça que les Illuminati se sont radicalisés : à la base, ils n’étaient que des scientifiques soucieux de faire triompher la pensée scientifique sur le dogme religieux. Grand mal leur en a pris puisque moult d’entre eux finirent en merguez médiévales, puisqu’à l’époque, c’était l’Eglise qui gérait la fête de l’Huma.

Mais l’heure est déjà avancée avec tout cela, et aujourd’hui est jour de conclave : à Rome, devant la basilique Saint-Pierre, on disserte grave entre cardinaux : les 4 d’entre eux manquant à l’appel étaient les favoris pour l’élection ; voilà qui va poser problème, puisque sans les chouchous, on peut pas travailler. Tout le monde pleure donc que du coup, l’élection va être trop compliquée, et tout, puisqu’il n’y a personne à élire (notez que les cardinaux sont cons : voilà l’occas’ de leur vie pour devenir le boss des catholiques, et ils se contentent de geindre genre "Ho non, c’est trop dur, l’un d’entre nous va pouvoir devenir pape, c’est trop dur à vivre !"). Le cardinal désigné comme grand électeur (qui dirige un peu la séance mais ne peut être élu pape en conséquence), Strauss, explique donc au père Siméo, un haut-cadre du Vatican, que toute cette histoire de disparition doit rester secrète pour l’instant. Sinon, ce sera un sacré bordel dans toute la cité, et Vatican et bordel n’ont jamais fait bon ménage (à part du temps de Jean XII, pape célèbre pour avoir un peu trop couru la gueuse, mais je m’écarte)

Et ça tombe bien, puisqu’en parlant de bordel au Vatican, Langdon arrive enfin : accompagné du commandeur Jim (non ce n’est pas son nom véritable, mais il y a trop de noms italiens dans ce film, alors je censure, ah mais), le supérieur de Bob, il se rend au QG des gardes suisses pour y rencontrer leur chef suprême : Richter. Car au Vatican, il y a deux polices : les gendarmes (Jim & Bob) et les gardes suisses (Richter), les seconds s’occupant uniquement de la basilique Saint-Pierre et du pape, qu’ils protègent en aveuglant de potentiels assaillants à l’aide de leurs tenues bariolées, provoquant des crises d’épilepsie chez les malandrins les plus tenaces. Alors, à noter que le QG des gardes suisses est un monument de décalage spatio-temporel : on y trouve des rangées de hallebardes, d’épées, d’arbalètes et de mitrailleuses lourdes. Non parce que des fois, la mitrailleuse lourde, c’est un peu léger, alors autant aller chercher une bonne vieille hallebarde à l’armurerie. Bref, passons : en tout cas, au QG, outre donc la bande des officiels des forces de l’ordre, il y a une femme qui patiente : Vittoria Vetra, la scientifique qui s’amusait à accélérer des particules sur son temps libre. Que vient-elle faire là ? C’est très simple : Richter explique que quelqu’un a volé une caméra de sécurité du Vatican (… je… voler une caméra de sécurité ?), et l’a placée dans un endroit inconnu (et oui, c’était une caméra de sécurité sans fil, parce que sinon, suffisait de longer le câble. Et essayer de localiser son signal, non ? Pas envie ?), où elle filme… une flasque contenant de l’antimatière ! Ne me demandez pas comment les gardes suisses ont pu identifier de l’antimatière sur une caméra de sécurité et non juste s’exclamer "Qu’est-ce que c’est que cette merde ?" (ils sont probablement tous doctorant en physique), en tout cas, tout de suite, pif pouf, ils ont su qu’il fallait appeler Vittoria qui confirme : "Ah bin oui, c’est l’antimatière qu’on m’a volé ! Les petits amis, j’ai une mauvaise nouvelle : quand il n’y aura plus de batterie dans la flasque pour stabiliser son contenu, elle explosera et rasera tout le Vatican, ce qui serait tout de même ballot". Et quand est-ce que ça arrivera ? "Nos batteries durent 24h : elle sera vidée à minuit pile.". C’est précis, comme estimation, ma petite Vittoria. Tu me permets que je m’attarde sur ton raisonnement (et le verbe "attarder" s’applique particulièrement bien pour le coup).

24h ? Ça signifierait que la flasque a été volée la veille à minuit pile ? Sachant qu’on a vu la scène du vol, que c’était en Suisse (donc pas vraiment de décalage horaire) et qu’il faisait jour ? Expliquez-moi donc ce mystère. Par ailleurs, c’est quand même bien fait : les Illuminati volent une flasque d’antimatière, et incroyable coup de bol, elle contient juste assez de batterie pour péter le jour où ils veulent, au moment où ils veulent, c’est-à-dire ni minuit douze, ni 23h52 : minuit pile ! Ah, c’est sûr que ça a plus de classe, puisque ça colle parfaitement à leur plan : tuer 4 cardinaux, 1 par heure à partir de 20h, et à la 5e heure, faire péter le Vatican. Ils auraient volé une bombe avec une batterie qui n’aurait pas lu le script, elle leur pétait au nez à 21h31 et ça pourrissait toute l’affaire. Quelle chance, quand même.

En tout cas, outre cette vidéosurveillance constante de la bombe, sorte de télé-réalité pour talibans, nos gardes suisses ont aussi un autre truc intéressant : une vidéo envoyée par les Illuminati, dans laquelle ils montrent bien avoir en leur possession les 4 cardinaux, et profèrent des menaces à base de "le Vatican sera détruit pas la lumière de la science" ou "On va vous marquer les fesses au fer rouge". Sur le coup, ça ressemble juste a du charabia de mystique, mais c’est sans compter sur la présence de Robert Langdon qui déchiffre tous les messages grâce à ses puissantes déductions à base de fumage de ganja. Et ainsi donc, il se souvient que les Illuminati utilisaient autrefois des passages secrets reliant le Vatican qu’ils tentaient d’infiltrer à une ancienne église… mais personne n’a jamais su quelle était cette église où ils se réunissaient. Or, Langdon pense qu’il y a trace de ce lieu dans un écrit de Galilée, Illuminati de son état, stocké dans les archives du Vatican. Et que ça doit être là que les Illuminati vont agir !

 

Dans les archives du Vatican, on trouve des tonnes de petits globes pour la déco : sachant que l'Eglise n'a reconnu que la Terre était ronde que depuis quelques années, c'est intéressant.

Hmm ? Vous dites ? "Pourquoi personne ne pense à consulter les caméras de surveillance, puisque bon, les 4 cardinaux ont quand même été kidnappés au sein du Vatican, donc ça a dû se voir un mec qui fait 4 allers retours pour attraper 4 clampins ?". Bonne question. Je me la pose aussi. Et "Ah ouais, un passage secret reliant l’église des Illuminati à celle du Vatican ? La sécurité doit quand même connaître ces passages, c’est son boulot : pourquoi ne les fouille t-elle pas ?". Chut. Chut. C’est du Dan Brown, des millions de gens trouvent que c’est un maître de l’intrigue, alors merci de ne pas les contredire.

En tout cas, Langdon a besoin de l’autorisation du pape pour consulter les archives du Vatican… or, depuis qu’il est un peu mort, le pape signe relativement peu de documents, le chafouin : heureusement, un homme est le dépositaire de son autorité en son absence, un simple prêtre, le père Patrick McKenna, le camerlengo du pape (le chambellan, quoi). A noter qu’il est joué par Ewan Mc Gregor. Hmmm, le genre de mec qui ne prend pas un petit cachet et qui ne peut donc pas prendre un petit rôle : toutes mes billes sur lui que c’est le chef du complot. D’ailleurs, il n’est pas du tout suspect : quand Langdon vient le trouver pour lui parler des Illuminati, McKenna explique que lui aussi avait pensé exactement à la même chose, et qu’il avait aussi dans l’idée qu’il y avait des indices dans les écrits de Galilée pour trouver où les Illuminati allaient agir.

Ouais. Donc, tu avais tout deviné, mais tu as décidé de ne pas en parler à la sécurité. Richter, Jim, un commentaire sur le terme "rétention d’information" ? Rien ?

Par contre, il propose une super idée à la troupe : hey, sur la vidéo, on voit bien que la flasque est éclairée par une lumière artificielle : il suffit de couper le jus dans tous les quartiers du Vatican un par un, et quand ça s’éteint sur l’écran, et bien on saura déjà un peu mieux où l’engin pourrait se situer. Ce sera plus rapide que de fouiller toute la sainte cité !Excellente idée ! Bon, sauf qu’au Vatican, on est un peu bête : plutôt que de couper le jus par "grands groupes" (genre à 50% du Vatican, puis aux autres 50% pour voir quand ça s’éteint) pour procéder intelligemment ("Ah, maintenant, on sait dans quelle moitié c’est ! Maintenant, coupons le jus à la moitié de cette moitié pour voir, puis à l’autre… etc") en allant toujours vers des zones plus petites, non, ces gros blaireaux décident de couper le jus salle par salle (et de préférence, toujours dans celle où les héros sont, quelle coïncidence), sur des milliers de salle, en laissant bien éteint 10 vraies minutes à chaque fois. Excellent plan. D’ici 3 ans, ils auront sûrement fait le tour.

Le chambellan demande aussi à Vittoria si quelqu’un d’autre qu’elle et le défunt Silvano étaient au courant de leurs recherches sur l’antimatière : non, répond la belle (à part peut-être tous les scientifiques du centre, à qui tu en parlais au début du film, ma petite, soit plusieurs centaines de personnes), avant d’ajouter que Silvano tenait des cahiers où il consignait tout… et qu’elle peut les faire venir de Genève en une heure vu l’urgence. Soit ! Tant qu’elle ne passe pas par la Poste, elle a une chance, car sinon, 2 papes auront eu le temps de régner avant qu’elles n’obtiennent son colis. Enfin, Patrick s’adresse à Robert, et lui demande s’il a la foi : ce dernier botte en touche d’un "Je n’ai toujours pas eu cette joie" (je vous ai dit qu’il était américain) ; en conséquence de quoi, satisfait de cette réponse, le chambellan lui donne autorisation d’aller aux archives du Vatican : l’excitation qui découle de cette nouvelle coûte son intégrité à un slip du professeur Langdon. Ce dernier (Langdon, pas le slip) s’éloigne donc tout pimpant vers la salle des documents secrets du Vatican, emmenant avec lui Vittoria, qui n’a pas l’autorisation d’y aller pourtant, mais tout le monde semble s’en accommoder : c’est le seul personnage féminin du film, on va pas la virer.

Mais ce n’est pas pour autant que Patrick McKenna a le temps de se reposer : il doit s’en aller discuter avec Strauss, le grand électeur du conclave, pour lui annoncer qu’il y a une bombe au Vatican et qu’il vaudrait mieux reporter l’élection, et faire évacuer la place Saint-Pierre. Mais Strauss a réponse à tout, puisqu’il souligne que la mort éventuelle de milliers de gens n’est pas un problème : après tout, n’irons nous pas tous au paradis ? Allez, assez de discussion : comme le veut la tradition, Strauss demande à McKenna de verrouiller la salle du conclave pour laisser les cardinaux seuls : ils n’auront le droit d’en sortir que lorsqu’ils auront un pape, et personne n’a le droit d’y entrer une fois les portes fermées. Etant donné l’âge des cardinaux, il faut juste espérer que leur prostate ne les titille pas alors qu’ils sont tous enfermés, sinon, il n’y aura pas vraiment "d’odeur de sainteté".

En parlant de vieux trucs, quid des archives du Vatican ? Et bien, visiblement, on ne rigole pas avec la conservation (dans ce film en tout cas) : c’est ultra-moderne, bourré de vitres de sécurité, et ça se compose de centaines de petits aquarium clos contenant quelques rayons d’archives chacun alimentés juste au minimum en oxygène pour ne pas endommager les livres (je me permets de préciser : dans le monde réel, c’est un poil différent) ; Robert en est tout fou. D’ailleurs, l’heure qui avance et l’imminence de la mort de cardinaux ne semble pas trop le brusquer : il continue d’échanger des anecdotes historiques pour étaler sa culture avec sa nouvelle copine Vittoria, qui bien évidemment, elle aussi, a une passion pour l’histoire de l’art et l’histoire tout court, ce qui donne des dialogues passionnant à base de "Haaan, toi aussi t’as lu Galilée ? Moi je kiffe trop, il a grave du style tu vois ! C’est mon deuxième auteur préféré derrière Stephenie Meyer". Hé bé. Et justement, en farfouillant dans un bouquin de Galilée, que comme d’habitude, Langdon a deviné qu’il fallait consulter grâce à la magie de ses déductions improbable ("ouais là il y a écrit 5 mais à l’envers ça fait S, S comme Salomon, qui lui même était juif, juif comme Jésus, Jésus comme la chrétienté, chrétienté comme l’accès au ciel, le ciel comme l’astronomie, l’astronomie : Galilée !" ou des trucs du genre), ils trouvent un mini-filigrane quasi-invisible écrit en anglais s’il-vous-plaît (Galilée avait prévu d’être lu par Robert Langdon, tout le reste étant en latin), contenant moult informations : allez hop ! Vittoria arrache la page (… tu pouvais emporter le livre qui est tout petit en plus, sinon, hein ?) pour aller plus vite, au motif que merde, des cardinaux vont mourir, il faut se dépêcher.

Dixit celle qui échangeait des anecdotes niaises avec notre héros il y a 2 minutes.

 

Nos héros sont pressés : Robert tente la technique du petit lapin

En tout cas, la piste obtenue grâce à ce filigrane, qui contient bien évidemment une énigme, les mène tout droit à une chapelle réalisée par le célèbre Raphaël ; mais nous sommes dans un film où des gens risquent de mourir ! Aussi, si leur mort était programmée pour 20h, à quelle heure arrivent nos héros ? 19h59 bien sûr ! Sinon, il n’y aurait pas de prétexte pour courir partout en glapissant. Hélas, malgré tout, une fois dans l’église, ils ne trouvent qu’un petit passage secret menant à une pièce où les attend le corps déjà rempli de terre d’un cardinal ; ils arrivent trop tard, l’homme est déjà mort, tant il est vrai que l’être humain est très mal conçu pour respirer de la terre. Sur son torse on peut lire, marqué au fer rouge, le mot "Terre". Vittoria et Robert sont bien embêtés d’arriver trop tard et Roro martèle le sol de désarroi. Mais sa petite colère ranime en lui la flamme du combat : l’enquête doit continuer, il y a encore trois mecs à sauver ! Et le prochain meurt dans une heure ! Vite, un indice !

Pas de problème : dans la chapelle, il y a une statue qui montre quelque chose du doigt. C’est FORCEMENT un indice, ça ne peut pas être juste une statue : n’oubliez pas qu’on a affaire à des spécialistes de l’histoire de l’art, la lie de l’humanité qui voit des messages, des codes et des interprétations dans la moindre ligne droite. Alors, que peut bien pointer ce doigt ? Forcément un monument, ou un objet ! Jamais un artiste n’aurait idée de faire autrement. Et si on suit le doigt en ligne droite sur 3 kilomètres (véridique), il montre… la place Saint Pierre ! Vite, direction le Vatican, le prochain meurtre aura lieu là-bas ! Et sur place, il faut trouver une statue ou un bas-relief réalisé par le même sculpteur selon Langdon (car non, le sculpteur ne pouvait pas désigner une oeuvre faite par un autre, il était trop égocentrique) ; or, à quelle heure nos héros arrivent ils sur la place ? 20h58 (non, j’insiste : je n’invente pas, c’est marqué sur l’écran) : "Vite, on a deux minutes pour sauver le cardinal" s’exclame Robert sur la place bourrée de pèlerins. Oui enfin Robert, sans vouloir te vexer : le dernier cardinal, il avait l’air mort depuis un bail, hein, donc je suis pas sûr qu’ils tuent à heures fixes, les malandrins : ce sont des assassins, pas des horloges parlantes.

A noter que Richter, qui jusqu’ici, refusait simplement de rouler vite en voiture lorsqu’il conduisait Langdon pour "ne pas attirer l’attention de la presse" (car la presse surveille probablement toutes les voitures noires de Rome) ne trouve aucune incohérence à faire entourer toute la place de snipers bien en évidence pour rechercher dans la foule le cardinal et son ravisseur. Discret, en effet. Langdon, trouve au sol, malgré la foule,  un bas-relief d’Eole faisant donc référence à l’air, le prochain élément après la terre ; il subodore ainsi que le meurtre devrait se passer dans le coin… et effectivement, lorsque 21h sonne, la foule découvre, car personne ne l’avait remarqué, au pied de l’obélisque de la place, un cardinal se vidant de son sang, les poumons perforés et "Air" au fer rouge sur le torse : Vittoria en déduit que ça doit être un fan du groupe. Mais sinon, oui, le mec est le seul dans un rayon de 5 mètres autour de l’obélisque, pisse le sang, meugle un peu, et sur les milliers de pèlerins et la cinquantaine de snipers, personne n’a rien vu. Ce n’est plus un tueur qui opère, c’est David Copperfield.

Quelques temps plus tard, nous retrouvons Patrick McKenna dans ses bureaux, qui a regroupé autour de lui Langdon, Vittoria, le commandeur de la gendarmerie Jim et le chef des gardes suisses Richter. Il explique que sur le corps du cardinal, une lettre a été trouvée, expliquant que le pape n’était pas mort naturellement et que les Illuminati revendiquaient en plus son décès ! D’après eux, ils auraient surdosé les médicaments qu’il prenait. Hmmm, c’est très vilain ! Et ce qui est plus curieux, c’est que personne ne savait que le pape prenait des médicaments, à part son chambellan, Richter et quelques autres personnes dans la confidence.

 

Vous voyez la foule derrière ? Et bin personne n'a rien vu.

Attention : sachant que dans le précédent volet, le flic passait pour le méchant tout au long du film, avant que tout le monde ne s’aperçoive que le vrai traître était le type paraissant sage qui conseillait le héros, sauras-tu retrouver qui feinte tout le monde, sachant que Richter est flic et que McKenna parait sage et conseille notre héros ? Mais chut, je ne dis rien. Je ne voudrais pas spoiler : ce n’est vraiment pas mon genre.

Mais Langdon n’en est pas à ses futiles considérations : il cherche d’ores et déjà à savoir où aura lieu le prochain meurtre. Pour cela, il se base sur le bas-relief qu’il avait trouvé sur la place Saint Pierre, représentant l’air, pas trop trop loin de là où le cardinal est mort (oui, le cardinal n’est pas mort pile là où il l’avait prévu, mais un peu plus loin : ça ne l’empêche pas de considérer que son indice reste le bon. Et le pire : c’est qu’il a raison ! C’est quand même formidable d’avoir raison même quand on a tort.) En tout cas, sur ce bas-relief, on trouve Eole soufflant ; et 5 petits traits représentent l’air s’échappant de sa bouche. Robert choisit l’un des traits (comment ? On ne sait pas. Comme toujours, le pouvoir de la ganja le guide), et subodore que celui-ci doit indiquer une église contenant encore une autre sculpture du même artiste que le bas-relief (coup de bol : jamais il n’y a plusieurs sculptures du même mec dans une église, jamais les statues n’ont bougé au cours des siècles, bref : l’Histoire obéit à notre larron). Pour savoir de laquelle il s’agit, il retourne donc aux archives du Vatican, où il compulse quantité d’ouvrages ancestraux sans gants ni précautions, prenant bien soin de lire avec son gros doigt plein de gras, et tapotant sur la page dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose (alors que c’est censé être un pro – autant vous dire que j’ai pleuré des larmes de sang en voyant cela) ; et en effet, il y a bien un indice sur une des pages d’un ouvrage présentant les différentes commandes de statues à différents sculpteurs au cours des siècles, puisqu’il découvre que l’Eglise Sainte-Thérèse contient une statue du même artiste ("Boniface VI pétant le feu") que celui des précédents indices, et faisant référence au feu qui plus est, le prochain élément que les Illuminati vont mettre en avant selon l’ordre sacré de ceux-ci (terre, air, feu, eau).

Mais au moment précis où notre héros triomphe dans ses recherches, toutes les lumières du bâtiment basculent au rouge : la sécurité, qui continue de chercher la bombe en coupant le jus dans les différents secteurs du Vatican (en procédant pièce par pièce, et par tranche de 10 minutes à chaque fois alors que 5 secondes suffisent pour voir si la lumière s’éteint sur la caméra de surveillance qui voit la bombe, rappelons-le), vient de faire cesser l’arrivée de courant aux archives. Et comme les portes de chaque aquarium de sécurité contenant quelques rayons d’archives fonctionnent sur secteur : Robert est bloqué ! Ainsi que le garde suisse qui l’accompagnait pour s’assurer qu’il ne vole rien ; et surtout… l’arrivée en air, artificielle, est coupée !

Oui, au Vatican, en cas de coupure de courant, on a des batteries de secours pour faire virer les lumières au rouge, mais pas de quoi continuer de ventiler des pièces où des gens pourraient se retrouver bloqués et mourir asphyxiés. Voilà voilà.

Grosse panique, donc, de Robert, qui décidément aujourd’hui, fait subir mille sévices à ses sous-vêtements : heureusement, il n’est pas sans ressource ; après avoir paniqué un moment, et vu le garde suisse s’évanouir (il est militaire d’élite, il est donc forcément moins résistant qu’un professeur d’histoire de l’art bedonnant), décide de s’emparer de l’arme de celui-ci pour tirer dans les vitres de sécurité et ainsi les affaiblir : une fois cela fait, il parvient, avec ses petits bras, à desceller du sol une étagère d’archives (oui, avec ses petits bras, et alors que le niveau d’air est suffisant pour faire sombrer un militaire dans l’inconscience) et à la faire choir contre la surface précédemment criblée de balles : la chose cède, et notre homme se retrouve à l’extérieur de sa prison de verre à pouvoir à nouveau respirer librement : joie. Mais l’heure, elle, n’a pas cessé de tourner : il faut se dépêcher d’aller à l’église Sainte Thérèse pour y arrêter le prochain meurtre !

De son côté, Vittoria a enfin reçu les carnets de son ami Silvano, le défunt curé biclassé scientifique ; elle commence donc à fouiller ces derniers pour y trouver une trace de la personne à qui son ami aurait pu parler de leurs recherches sur l’antimatière (plus qu’un journal de bord, c’est son journal intime visiblement ; il ne manque qu’un gros poney rose sur la couverture), et qui serait donc lié au vol et à la situation actuelle. Mais Vittoria ayant appris à lire avec Ratus le rat vert, et non Bigoudi le petit chat, elle est foutrement lente (je sens venir la réaction de lecteurs outrés) : elle est donc rapidement dérangée par Patrick McKenna, qui lui propose d’aller faire un tour sur la tombe du pape, pour l’ouvrir, et voir si son corps porte les symptômes d’un empoisonnement, comme le prétend le courrier des Illuminati. De la nécrophilie papale ? Chic se dit le professeur Vetra ! J’espère que la rigor mortis fera encore effet. Galopant donc vers le tombeau de feu le souverain pontife, le duo de choc finit par arriver au bon endroit et, poussant le lourd couvercle protégeant l’ancien pape des potentiels empêcheurs de mourir en rond, découvrent un corps à la langue noire et gonflée : oui, c’est un empoisonnement ! Le pape n’est pas mort de sa belle mort ! Révélation ! McKenna file aussitôt violer, non pas le corps, mais toutes les règles de l’Eglise en faisant ouvrir les portes du conclave pour les informer que leur pape a été assassiné. Et puis, comme il a 5 minutes, il en profite aussi pour leur faire un petit discours sur le fait que l’Eglise est en guerre contre les Illuminati, qui ont donc tué le Saint Père, ce qui est moyennement sympa. Une fois qu’il a fini de leur faire la causette, il prend un coup de pied au cul et est sorti du conclave qui aimerait bien pouvoir élire le prochain pape sans être dérangé, merde. Et Strauss, le grand électeur, profite de cette interruption de séance pour, sous les supplications du bon peuple, accepter d’être déchargé de sa fonction pour pouvoir être candidat à l’élection papale : seul son statut l’empêchait de se présenter, bien que les cardinaux le considéraient comme le meilleur candidat.

 

Attention, il y a peut-être le traître dans cette image, je ne dis pas où.

Non, aucun rapport avec un autre Strauss. Pourquoi dites-vous cela ?

De son côté, Vittoria fait une autre belle découverte : lorsqu’elle remonte du tombeau du pape, elle s’aperçoit qu’en son absence, on lui a volé les cahiers de Silvano !  Dès qu’elle aura 5 minutes, elle ira en parler à Richter, pour lui dire que ses gardes suisses, ils n’ont pas l’air de garder grand chose, vu le nombre improbable de vols au Vatican. Doit y avoir du rabouin qui traine, se dit-elle en serrant un peu plus fort son sac à main contre elle.

Mais et l’enquête dans tout ça, hein ? Parce que bon, nous, c’est Langdon qui nous intéresse. Que fait il ? Et bien, sachez qu’il débarque à l’église Sainte Thérèse avec Jim & Bob les policiers d’élite ainsi que tout un tas d’autres flics à… allez, devinez l’heure… oui ? Oui au fond ? Mais oui : 21:58 ! Et que se passe t-il dans l’église ? Et bien un immense feu de joie a été allumé, sur lequel trône un cardinal rôtissant, le mot "feu" inscrit sur son torse. Comme chacun sait, les églises, monuments historiques, ne disposent pas de détecteurs de fumée, et tous les touristes devant qui voyaient les flammes depuis l’extérieur n’ont pas pensé à appeler les secours : notre petite bande est donc la première sur les lieux.

Mais alors que l’un des policiers se rue vers le premier extincteur en vue, des tirs fusent : le tueur est encore sur place, et il n’a pas envie que l’on éteigne son barbecue : le cardinal pas cuit, c’est dégueulasse, même avec de la béarnaise, c’est dire. Tout le monde sort donc son pétard, et c’est une belle fusillade qui commence, dans laquelle Bob trouve la mort, avant d’être promptement rejoint dans l’Au-Delà par son ami Jim : le Vatican perd le patron de sa gendarmerie. Le tueur, un type à lunettes à l’air tout à fait sympathique, achève donc de massacrer à lui seul tous les policiers qui n’arrivent eux qu’à le blesser à l’épaule, puis s’empare du badge de Jim. Lorsque deux autres policiers, attirés par la fusillade, pénètrent dans l’église, ils se retrouvent donc face à un mec qui leur dit "Cool les mecs, j’ai un badge, baissez vos armes !"

Oui, tu as un badge : mais il y a eu une fusillade il y a encore 5 secondes et il y a des morts partout. Par ailleurs, tu as un pistolet avec silencieux, ce qui n’est pas du tout suspect pour un policier. Et enfin, tu sembles ne rien faire pour aider le cardinal en train de brûler derrière toi, ce qui est encore plus que louche.

Mais non : malgré tout ce bordel, les deux policiers font "Ah bin si tu as un badge, même si ça ressemble à Bagdad là-dedans, on va baisser nos armes et faire comme s’il n’y avait aucun danger" ; ils se font donc cordialement plomber le bidou. Le tueur ferait bien de même avec Langdon, mais dès le début de la bataille, celui-ci s’est planqué comme un lâche, ne faisant que moyennement confiance à son gras pour agir comme du kevlar face aux balles. Et lorsque l’homme au pistolet à silencieux s’est dirigé vers lui pour le faire taire une bonne fois pour toutes, Robert a eu la chance de trouver un passage souterrain où il a pu se réfugier sans être poursuivi ; finalement, ce sont les pompiers, quelques longues minutes plus tard, qui viendront le sortir de son trou. Et là encore, malgré la mort de ses amis, d’une brigade entière de police, de l’immolation d’un cardinal et d’une certaine odeur de vieux cramé, notre professeur préféré ne perd pas le nord et repère instantanément une statue qui lui donne un nouvel indice (nan mais attendez, ce sont des statues ou des Huggys-les-bons tuyaux couverts de plâtre ?!) : le prochain meurtre aura lieu à l’une des places les plus touristiques de Rome : à la Fontaine des Quatre Fleuves, piazza Navona. A court de policiers pour l’escorter et le conduire, Langdon arrive à dégoter deux carabiniers en mal d’aventure et leur propose de l’accompagner sur les lieux ; malgré leur gyrophare et une certaine aptitude pour le pilotage, notre vaillant trio n’arrive sur place qu’à 22h55 (certains trouvent les spoilers redondants : ce n’est pas moi le coupable, hein, ce sont les films, bande de petits jean-foutre). Après quelques instants d’observation, la troupe voit paraître au loin une camionnette suspecte : celle du tueur ! Qui vient se garer juste à côté de la fontaine, alors que bon, c’est interdit : telles des pervenches farouches, les deux troupiers accompagnant Robert s’avancent donc prudemment pour aller coller un PV à l’imprudent malfaiteur. L’arme à la main, ils s’approchent donc et… décident de se diviser en deux groupes de un : c’est vrai, après tout, ce n’est probablement que le tueur qui vient de tuer une bonne dizaine de flics seul contre tous il n’y a pas une heure, il est sûrement facile à attraper. Effectivement, ça ne rate pas : le brigand a tôt fait de coller une balle dans la tête des deux agents des forces de l’ordre, avant de traîner leurs corps et de les charger dans sa camionnette.

Hmmm ? Qu’est-ce que j’entends ? Une des places les plus touristiques de Rome, entourée de cafés encore ouverts à 23h où s’attardent les badauds, ça doit faire plusieurs centaines de témoins ? Non : à part Robert, personne ne remarque deux policiers se faire abattre devant la fontaine avant d’être traînés jusqu’à un véhicule louche. Ce mec doit rendre les ninjas jaloux tant il est furtif.

 

"Laissez ! Il a déjà tué 10 de nos potes à lui seul, mais on va y aller en deux groupes de un et sans renforts, ça parait plus sûr"

Une fois qu’il a fini de planquer les corps, notre loulou ouvre la portière latérale de son véhicule, située juste au bord de la fontaine, et balance à l’eau une énorme civière lestée avec un cardinal ligoté dessus. Là encore, rien, pas une réaction de la foule, même lorsque Langdon se met à courir vers l’eau en hurlant "Aaaaaaa l’aiiiiideuuuuuuuuuh !" (Il aurait gueulé "Ya une fille toute nue dans la fontaine !", la moitié de l’Italie fonçait l’aider). Il franchit donc la distance le séparant du pauvre cardinal, alors que le tueur remonte dans sa camionnette (il n’a pas envie de tuer Robert, visiblement, alors que c’est le mec qui remet toujours les flics sur sa piste) pour la démarrer et s’éloigner paisiblement, et plonge sans hésiter : malgré sa force surhumaine (cf l’épisode des archives du Vatican), il ne parvient pas à soulever la civière hors de l’eau ; heureusement, au bout de longues minutes, des touristes passant par là semblent se lasser de tous ces gens qui font des bulles dans la fontaine, et viennent donc à l’aide de notre héros : le cardinal est sauvé ! Un sur quatre ! Bon, certes, il a "eau" sur le torse marqué au fer rouge jusqu’à la fin de ses jours, mais ça fait baroudeur. Avec ça, il pourra tomber les enfants de choeur, ils adorent les baroudeurs ces forbans.

Mais le vieux n’est pas seulement plein d’eau, il est aussi plein de ressource : il peut témoigner de l’endroit où il était jusqu’ici retenu prisonnier avec les autres : le château Saint-Ange.

C’est donc Robert Langdon et toute une division de policiers d’élite surarmés qui défoncent les portes du château pour aller chercher le vil assassin ; cependant, comme ça manquait de filles, Robert a aussi demandé à Vittoria de le rejoindre sur place. Cette dernière a une révélation à faire à notre héros : elle sait qui lui a volé ses cahiers : Richter. Au prétexte de les étudier dans le cadre de l’enquête sur les évènements en cours : elle le soupçonne donc d’être un traître. Mais halte aux supputations, passons à l’action : le château est vaste, et personne ne sait où le tueur pourrait se cacher… qu’en pense Langdon ? Aaaah mais oui ! Les statues ! Depuis le début du film, il suffit de suivre leurs doigts pour arriver au tueur ! Il guide donc l’escadron d’intervention vers les profondeurs des lieux (j’ai toujours été fan de ces films et séries où les troupes d’élites font toujours passer devant le mec le moins armé et le moins protégé pour servir d’appeau à balles), et la troupe débouche sur une vaste pièce où se trouve la camionnette du vilain, les corps de deux carabiniers encore entreposés à l’arrière.  Mais… c’est tout.

Tous les flics se barrent donc pour aller fouiller les alentours du château, ne laissant personne à proximité de la camionnette : après tout, ce n’est que le plus gros indice d’un complot visant à raser le Vatican, pourquoi le surveiller ? Et puis il y a deux corps de policiers fraîchement tués à l’arrière : c’est sans aucun intérêt. Robert et Vittoria se retrouvent donc seuls ; et en tâtonnant les murs, ils ont vite fait de trouver un passage secret : vite, engouffrons-nous y sans armes ni sans prévenir qui que ce soit ! On ne risque que de tomber sur un tueur psychopathe, rien de grave.

Et ça ne rate pas : après quelques mètres de progression dans de sinueux couloirs, nos larrons tombent sur ce qui ressemble à une petite chapelle secrète, visiblement Illuminati ; mais ce que nos héros ne savent pas, c’est que le tueur est dans la pièce, caché derrière un rideau (véridique), à les écouter : il n’ose pas les buter directement avant de se barrer (allez savoir comment, il a deviné que les policiers, très bêtes, n’allaient pas venir dans le passage à la suite de Robert et sa copine, et il ne pense donc pas à fuir). Il a probablement aussi très peur que Langdon le tue en lui envoyant tout l’ennui qu’un enseignant d’histoire de l’art est capable de produire. Nos deux héros, eux, tombent juste sur la boîte ayant contenu les fers ayant servi à marquer les cardinaux, et constatent qu’il y en a un 5e, manquant, représentant les clés de la papauté (oui, c’est marqué sur le couvercle de la boîte avec un petit schéma, comme les boîtes de bricolage). Mais ils n’ont guère le temps de réfléchir au sujet : le vilain parvient à surmonter sa peur et sort de sa cachette en faisant "Ha ha !", et "Ho !" font nos héros, qui s’étonnent : c’est vrai, trouver un tueur dans sa planque, quelle drôle d’idée.

 

"Houuuhouuu, Monsieur le Tueur, tu es là ? On peut te suivre, dis ? Ça te dérange pas ?"

Le tueur est cependant un mec con cool, puisqu’il s’exclame "Bon, je ne vous tue pas : vous n’êtes pas armés, et tant que vous ne me poursuivrez pas, vous ne risquez rien. Adieu !" avant de s’enfuir. Ouiiiii, je ne sais pas si tu as remarqué, petit tueur, mais Robert est juste le type qui te poursuit depuis le début du film, toujours accompagné par des hommes armés chargés de te descendre. Ce que tu as encore pu constater il y a moins d’une heure, près de la Fontaine des Quatre Fleuves, lorsque tu as fui en camionnette en le voyant arriver, après qu’il t’ait envoyé deux flics armés sur le coin du museau. Mais soit, après tout, c’est toi qui vois.

Robert et Vittoria aiment cependant tenter le diable : après que le premier se fut exclamé "J’ai compris là, le fer avec les clés croisées : c’est le fer pour marquer le pape et le tuer ! Et puisqu’il est déjà mort, ils vont zigouiller le chambellan avant de faire sauter le Vatican !", ils décident malgré tout de courser le tueur. Dans quel but, sans armes ? Pour l’arrêter avec des bisous ? Bon.

En tout cas, notez la théorie de Robert : les Illuminati veulent tuer le pape, mais puisque le pape est mort, ils vont tuer son chambellan. Détail : les Illuminati ont DEJA tué le pape. Ils l’ont même dit dans une lettre, en précisant qu’ils ont fait le coup en surdosant ses médicaments. Alors quoi ? Ils ont oublié de le marquer au fer rouge, genre "Ho crotte, quelle bande de têtes en l’air on fait ! Bon bin, faut en tuer un deuxième et le marquer, sinon personne ne va nous prendre au sérieux" ? Et bien encore une fois, même si cette théorie est parfaitement bancale, elle est forcément véridique, puisqu’énoncée par le héros. Ce qui est bien avec Dan Brown, c’est que le héros n’a que des raisonnements nazes, mais que toutes les sociétés secrètes, sectes, religions et tous les assasssins, artistes et hommes influents au monde pensaient exactement de manière aussi stupide. C’est quand même bien fait.

Revenons à notre assassin : lui reste cohérent avec tout le reste du film : il court sur les murailles du château, pourtant grouillant de policiers, mais personne ne le voit : il se permet même une petite descente en rappel, même pas caché, en plein milieu d’une rue passante, sans que personne ne sourcille en voyant un gus jouer à spiderman, une arme à la main et un gros sac dans l’autre. Mais il commet cependant une erreur : juste avant d’être dérangé dans sa planque par Robert et Vittoria, le méchant consultait son PC portable, et avait reçu un message de son employeur lui disant "Au fait, je te fais cadeau d’une voiture, elle t’attend avec les clés planquées sous la carosserie dans une ruelle pas loin. Kiss". Personnellement, je viendrais de participer à un méga-complot au service de gens prêts à tout, y compris à recruter des tueurs, je me méfierais un peu si on m’offrait une voiture.

Et en effet : à peine les clés sur le contact, le tout fait boum. Adieu, assassin-ninja. Parmi toutes les morts que tu as données, seule la tienne aura attiré l’attention des passants.

Langdon et le professeur Vetra, à sa poursuite, sont témoins depuis les murailles où ils le poursuivaient, de l’explosion de son véhicule. Tant pis se disent ils : il a quitté le passage que l’on suivait via sa petite descente en rappel vers la rue où était garé son véhicule, nous, on va continuer pour voir où tout cela nous mène. Et grand bien leur en prend, puisque le passage secret (oui, c’est un passage secret, mais avec des endroits à découverts sur des murailles surplombant des rues passantes : trop secret, vraiment), non seulement contient les cellules où les cardinaux étaient retenus jusqu’ici, mais mène… juste à côté des bureaux du pape (et donc du chambellan), au Vatican ! Et le passage a la forme d’une énorme porte, avec les clés dessus, que personne n’a jamais pensé à ouvrir.

Voilà, c’est ça le passage secret par lequel le tueur a réussi à faire 4 allers retours pour kidnapper les cardinaux : une énorme porte, bien en vue de tout le monde, mais qui n’intéressait personne, même pas la sécurité. Et porte située en plein dans un couloir gardé par des hommes armés 24h/24 puisque menant aux appartements du pape. Ce film est vraiment incroyable. Et l’auteur de cette histoire vend à plusieurs millions d’exemplaires. Je suis dubitatif.

 

Photo de famille du tueur

Cependant, vous n’êtes pas là pour pleurer sur le script : votre petit coeur est en émoi à l’idée que l’action ne soit pas encore terminée : que va t-il se passer maintenant ? Et bien c’est simple : Langdon et Vetra, en sortant du passage, tombent nez-à-nez avec la sécurité (comme quoi, ça dépend de qui emprunte le passage), et alors qu’ils s’apprêtent à expliquer d’où ils viennent, entendent des cris étouffés provenant du bureau de McKenna : sans supputer qu’il puisse copuler bruyamment, la sécurité enfonce promptement la porte du bureau, qui révèle un spectacle bien étrange : le chambellan est au sol, marqué au fer rouge et criant, avec au-dessus de lui, Richter, qui avait demandé à s’entretenir seul avec le représentant du pape, une arme à la main ; ni une, ni deux, la sécurité ne crie même pas "mains en l’air" et l’abat comme un sanglier. Le père Siméo, haut cadre du Vatican, qui attendait devant la porte pour avoir l’audience juste après celle de Richter, a cependant une curieuse réaction : il se jette sur le chambellan en hurlant "Je vais te tuer sale chien !" avant d’être lui aussi abattu par la sécurité (qui là encore, ne tente pas de l’arrêter alors qu’il n’est pas armé). Note pour plus tard : ne pas annoncer sa tentative d’assassinat ouvertement devant les gardes du corps de la cible, particulièrement lorsque celle-ci a encore les canons chauds après avoir abattu le précédent assassin.

Le chambellan, lui, va à peu près bien : la chemise à demi-arrachée pour faire rougir cette coquine de Vittoria, il a les clés du pape imprimées au fer rouge sur le torse, ce qui n’est pas vraiment le body art le plus cool du monde. Il se contente donc de dire que Richter et Siméo étaient deux illuminati, tout en essayant de se remettre de ses émotions : on échappe pas à deux tentatives de meurtre en moins de deux minutes tous les jours.

Langdon s’approche de la scène, et trouve Richter agonisant péniblement : celui-ci, dans un dernier souffle, tend la main vers Langdon, et y laisse paraître une petite clé de forme curieuse. Hmmm, qu’est-ce donc ? Robert s’empresse de n’en parler à personne, des fois que ça serve à quelque chose. Histoire de clés toujours, il note que les clés de Saint Pierre ont été imprimées sur le torse du chambellan… à l’envers ! Ça a forcément un sens ! Ça ne peut pas être parce que quand on essaie de marquer au fer rouge quelqu’un de vivant et de non ligoté, c’est pas facile de faire ça proprement ! Et effectivement, McKenna approuve : à l’envers… tête en bas… Saint Pierre, le premier pape a été crucifié la tête en bas ! Vite, il faut aller sur la tombe de Saint Pierre : le dernier élément manquant, celui qui doit arriver à minuit, la bombe, doit être dans la tombe de Saint Pierre, sous le Vatican ! Vite !

Ho, je ne commente même plus ce genre de déductions, moi. Je vous laisse tout loisir de le faire. Langdon, à partir d’une couverture du journal de Mickey, il vous retrouve l’Atlantide.

A 23h51, donc, de manière très originale, nos héros arrivent donc à la nécropole du Vatican, et c’est menés par le chambellan en personne, lampe de poche à la main, qu’ils trouvent les lieux : McKenna a tôt fait de taper le code et… de trouver, dans la tombe, la bombe, éclairée par une lampe de chantier reliée à une grosse batterie (ah bin, la sécurité ne risquait pas de trouver alors. Bon. Surtout avec leur méthode de coupure de jus super longue). Personne ne se dit "Tiens ? Le poseur de bombe avait donc le code d’accès à la tombe de Saint Pierre ?", et Vetra se contente de dire "Bon, j’ai une batterie de rechange pour la flasque, ce qui nous donnera encore 24h pour la garder stable et la ramener à Genève. Il me suffit de 5 minutes pour la changer, et ça tombe bien, vu qu’il reste 6 minutes avant minuit". Mais soudainement, elle sourcille : "Non ! L’air froid de la tombe ! Il a déchargé la batterie plus vite que la normale ! Il nous reste donc moins de 5 minutes : je ne peux rien faire, il faut aller se mettre à l’abri, ça va péter ! On va tous mourir comme de misérables petites merdes !". Ah oui ? Mais c’est sans compter sur McKenna, véritable héros, qui s’empare de la bombe et s’enfuit en courant avec ; mais que va t-il faire avec ? Est-il bombophile ?

On se le demande, mais sachant qu’il reste, je cite "Moins de 5 minutes !", McKenna arrive à sortir de la tombe, quitter la nécropole, retraverser toute la basilique Saint Pierre (qui est toute petite, c’est connu), sortir sur la place, fendre la foule, attraper un hélicoptère qui passait par là et qu’il sait piloter parce qu’il a fait son service militaire en tant que pilote d’ambulance volante, prendre de l’altitude à toute allure, une fois au-dessus des nuages, coller le pilote automatique pour qu’il continue de grimper, fouiller l’appareil, trouver un parachute, sauter, s’éloigner loin de l’hélico, ouvrir son parachute et…

Après qu’il eut fait tout cela, enfin, la bombe saute.

 

"Vas-y, coupe le fil vert !"

Et bé. Pour une bombe suisse, je trouve qu’elle ne respecte guère la montre : on était plus proche des 20 minutes que des moins de 5 minutes. En tout cas, le bougre d’engin explosif ne tue personne, mais malgré son altitude, endommage de son souffle quelques pans de la basilique Saint Pierre, et blesse badauds et agents de sécurité en faisant voler barrières et panneaux dans leurs tronches.

Du ciel, suspendu à son parachute d’un blanc immaculé, c’est donc un chambellan du pape héroïque mais un peu assommé qui retombe, et qui après s’être blessé en se cognant contre le dôme basilical, retombe dans la foule qui le rattrape de ses mains dans d’immenses vivas, tant on ne récupère pas tous les jours du ciel des curés démineurs volants. Je vous laisse relire ces trois derniers mots, ça devrait vous résumer la qualité du film.

Tout le monde est donc heureux, à l’exception des quelques blessés, et plus personne ne cherche à savoir qui avait bien pu placer cette foutue bombe dans le tombeau de Saint Pierre. Le conclave, lui, après avoir gueulé "Hooo, c’est quoi ce bordel dehors, on s’entend plus voter !", apprend que Patrick McKenna, chambellan du pape, a risqué sa vie pour sauver la leur et celle de milliers de pèlerins : les cardinaux, impressionnés, aimeraient donc en faire leur pape, mais comme il est trop jeune et pas assez cardinal, cela semble impossible. Seule une procédure existe le permettant : que tous les cardinaux, en même temps, acclament son nom, auquel cas, il pourra être élu pape tout de même et sans vote. Cela semble bien ennuyer le cardinal Strauss, qui était bien parti dans ces primaires cette élection, loin devant Ségolin Monarque, le célèbre cardinal du Poitou qui se voyait déjà pape. Le conclave fait donc mander McKenna pour qu’ils puissent prononcer son nom tous en choeur ; ce dernier, à l’hôpital pour soigner ses quelques blessures et sa brûlure au fer rouge (mais pas son brushing, qui lui, est toujours impeccable), s’empresse donc de regagner le Vatican.

Mais, et Langdon, dans tout ça ? Et bien lui et Vittoria se rendent dans le bureau du défunt Richter, que là encore, personne ne garde, malgré le fait qu’il soit mort, abattu en tant que comploteur, quelques temps plus tôt, et que son bureau personnel puisse être un lieu intéressant pour l’enquête. Décidément. En tout cas, nos héros trouvent deux choses : les cahiers de Silvano, que Vittoria venait récupérer, et un orifice dans son bureau où insérer la clé qu’il a confiée à Langdon dans son agonie : celle-ci commande son ordinateur et le fait basculer sur les caméras de sécurité des appartements du pape. Y compris le bureau où Richter a trouvé la mort face au chambellan ; vite, petit retour arrière pour voir les enregistrements et comprendre ce qu’il s’est passé juste avant que Langdon et la sécurité ne défoncent la porte pour trouver tout ce petit monde dans une drôle de position (non, pas celle là).

Et en effet, la vidéo est intéressante : on y voit Richter annoncer qu’il a lu le journal du chercheur mort, et qu’entre deux poèmes d’adolescents et d’amourettes débilettes ("J’espaire que Vittoria me montrera ses lolos deumin !"), il a trouvé à qui Silvano avait parlé de ses recherches : au pape. Lors d’un entretien en présence du chambellan (Richter n’avait pas accès à l’agenda du pape depuis le début, en tant que chef de la sécurité ? Il avait besoin de ces cahiers pour savoir que Silvano avait rencontré le Saint Père ?!), il a parlé de ce qu’il faisait, de ses doutes sur les liens entre la science et la religion… et le pape, super progressiste, l’avait encouragé à continuer dans la voie de la science pour mieux comprendre l’univers. Le chambellan, lui, s’y était fortement opposé. Déçu par ce pape laissant la science prendre le pas sur la religion, il l’a donc buté (il était l’un des rares, en tant que confident, à savoir que le pape prenait des médicaments, et à y avoir accès), puis a monté une fausse attaque des Illuminati contre le Vatican pour bien unir tous les cardinaux contre la science et ses dérives. Et enfin, il s’est fait le leader face à cet ennemi qu’il a créé de toutes pièces, pour ensuite obtenir d’être élu pape. Lorsque Richter a fini de dire ce qu’il savait, il a ajouté qu’il avait averti un autre cadre important du Vatican, le père Siméo, par sécurité. Le chambellan a alors sorti son tison en forme de clés papales, et a menacé Richter avec, qui a donc sorti son arme : cela fait, il s’est alors automutilé le torse, puis s’est jeté à terre. Lorsque Langdon et la sécurité ont donc défoncé la porte, ils sont donc tombés sur le spectacle du chambellan souffrant et au sol, mutilé, et Richter l’arme au poing au-dessus de lui : pan pan, donc. Et Siméo, comprenant ce qu’il venait de se passer, car sachant que McKenna était un traître, a préféré, plutôt que de dire "Attendez, c’est une mise en scène ! Je vais vous révéler la vérité sur McKenna ! J’en suis le dernier témoin !" a préféré gueuler comme un putois en se ruant vers le chambellan en passant devant tout le peloton d’exécution des gardes : pan pan. Si Richter avait su, il aurait averti quelqu’un de moins con de ce qu’il savait.

De retour devant l’écran, dans le bureau de Richter, Langdon connait toute la vérité, tout comme Vittoria. Ils font donc visionner la chose à Strauss (je croyais qu’il était en conclave, indisponible pour qui que ce soit ?) ainsi que deux autres cardinaux. De retour au conclave, donc, lorsqu’enfin, McKenna en passe les portes, persuadé qu’il va être fait pape, il comprend aux regards qu’on lui jette qu’on va plutôt le suspendre par les testicules ; bien qu’ayant fait voeu de ne pas s’en servir, et soucieux de les sauver, il s’en va donc en boitillant en sens inverse, poursuivi par la sécurité, qui ne se presse pas de l’arrêter, persuadé qu’il ne pourra pas quitter la basilique.

 

Entre les tenues et la foule, finalement, l'élection d'un pape, c'est un peu comme un concert de Lady Gaga

Cependant, le bougre a encore de la ressource : comprenant qu’il est condamné, bien que mutilé, boiteux et fatigué, il parvient à semer ses poursuivants assez longtemps pour s’arroser de pétrole de lampe, et à utiliser une bougie pour se transformer en torche humaine. Ce soir, il y aura effectivement de la fumée qui sortira de la basilique en plein conclave.

Et quelques heures plus tard, en effet, c’est cette fois une fumée blanche qui sort de la cheminée du conclave : un nouveau pape a été élu ; non pas Strauss, mais le cardinal que Langdon avait sauvé des eaux ; Strauss devient donc chambellan, ce qu’il apprécie malgré tout. En récompense de tous ses efforts, Robert se voit offrir le texte de Galilée qu’il n’avait jamais pu consulter jusqu’ici puisqu’interdit d’archives, pour qu’il puisse écrire son deuxième bouquin chiant sur les illuminati.

Il y a donc un nouveau pape, progressiste de surcroît, évidemment, tout le monde est content et…

FIN

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"… vous noterez par ailleurs, jeune fripon, que le plan de Patrick McKenna reposait, outre les nombreuses incohérences que j’ai évoquées,  sur le fait que la bombe qu’il avait volé et qui par miracle avait une batterie qui devait lâcher à 00:00 exactement, devait se décharger plus vite que prévu pour que lors de sa "découverte", il soit trop tard pour changer la dite batterie, mais encore assez tôt pour l’emmener faire un tour en hélicoptère et ainsi devenir le héros du peuple et des cardinaux, permettant ainsi son ascension à la papauté. Ce qui signifie que ce cureton de bas-étage a estimé uniquement avec son doigt mouillé que l’air froid du tombeau de Saint Pierre accélérerait de 0,0694% la décharge de la flasque. Il se plantait d’un centième de degré, il pétait avec sa bombe, décapitait l’église, tuait des milliers de pèlerins, espèce pourtant en voie de disparition, et ainsi obtenait l’effet exactement inverse de celui escompté. Alors la cohérence et les bonnes intrigues, vous m’excusez, mais ce sont un peu les archnémésis de Dan Brown. Maintenant, j’espère que j’ai répondu à votre question qui n’avait pour seul but que de ramener votre science, elle-même issue d’un roman de gare à succès au contenu indigne de tout être normalement constitué."

Il a perdu son sourire et me jette le regard de celui qui, sans être trop loin des larmes, se contient juste suffisamment pour réfléchir à la manière dont il va aller couiner auprès des responsables de l’établissement pour que plus jamais je ne fasse d’intervention dans leur cursus. Grognon, il exprime sa colère en fermant bruyamment la fermeture éclair de sa trousse, lorsqu’enfin sonne la sirène annonçant la fin de la journée ; quantité de ses petits camarades s’empressent alors de lui emboîter le pas, quand il quitte les lieux pour aller retrouver son foyer.

Ne reste dans la salle que la jeune fille qui avait une question, et que j’avais oubliée.

"Vous désiriez ?
- Je… je me demandais si vous aviez éventuellement des places pour des stagiaires ?
- Hmmm… ça doit être possible, oui.
- Il faut quoi pour travailler chez vous ?
- Rassurez-vous : vous avez déjà tout ce qu’il faut"

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Dis-je en contrôlant le contenu de son débardeur.

 

 

Pour vendre des livres, outre faire dans la littérature crypto-fantastico-prépubère, il existe une ruse simple : faire de tout petits chapitres.

Le Da Vinci Code de Dan Brown, en est un excellent exemple, avec des chapitres proprement microscopiques ; en 25 pages, vous pouvez ainsi avancer de 5 chapitres. Alors évidemment, petits jeanfoutres, je vous connais, vous allez me dire "Ouiiii et en quoi ça aide à faire vendre ?"  ; philistins ! Ne comprenez-vous pas ?

Prenons Gisèle. Gisèle n’aime pas lire, ah, ça non, pfou. C’est nul, et pis au cinéma, c’est mieux. Mais lorsqu’elle a lu le Da Vinci Code, elle a tout de suite été prise dans l’intrigue : en effet, elle l’a dévoré à une vitesse folle ; la première fois, elle n’a réussi à le reposer qu’au chapitre 5 ! Incroyable ! C’est rare qu’elle lise autant d’un coup, c’est un signe qui ne trompe pas : ce livre l’absorbait littéralement. Alors elle est allée jusqu’au bout, et chaque soir, il lui fallait enchaîner plusieurs chapitres sinon elle était in-ca-pable de le reposer ! Alors quand elle a dit ça à Marie-Odile… aussitôt, elle a couru l’acheter, et elle aussi, du premier coup : 7 chapitres ! Elle qui d’habitude en lit difficilement deux d’affilée ! Ah non, vraiment, qu’est-ce que c’est prenant !

C’est normal, le Da Vinci Code, c’est 574 pages pour 105 chapitres. Faites le calcul, ça vous fait… 5-6 pages par chapitres. Et psychologiquement, lire des chapitres à la pelle, ça donne l’impression d’avancer vite et de lire beaucoup. Donc, d’être plus attrayant et de donner l’impression d’absorber le lecteur. Bref, de vendre plus. On pourrait pousser le concept très loin, comme avec ma nouvelle "Maria mange du chorizo"

Chapitre I "Introduction" : "Ce jour-là, Maria avait faim"

Chapitre II : "Dilemme" : "Elle hésitait  : saucisson ou chorizo ?"

Chapitre III : "Un choix est fait" : "Elle décida de prendre le chorizo."

Chapitre IV : "Conséquences" : "Soudain, elle se souvint du jour où elle avait repeint les toilettes à cause des épices"

Allez, mettez un marque-page, vous venez de lire d’une traite 4 chapitres d’une fantastique nouvelle. Ca parait moult, dit comme cela, hmmm ? Bon. J’écrirai bientôt la suite avant de mettre le tout en vente. Je vendrai les droits cinématographiques à Ron Howard, et je demanderai à Salma Hayek de jouer le rôle principal (avec un flashback formidable dans le chapitre IV). Mais je m’égare, revenons au film.

Le Da Vinci Code, c’est donc l’aventure extraordinaire d’un expert en symbolisme américain et d’une cryptologue française sur les traces de sociétés secrètes jouant avec quelques lourds secrets de l’Eglise. Tout au long de leur folle épopée, ils iront d’énigmes en découvertes, et feront ainsi trembler les bases de l’Histoire telle que nous la connaissons. Rien que ça.

Je ne puis vous en dire plus sans spoiler ; alors autant aller jusqu’au bout : spoilons !

 

L'affiche : moult chiffres et lettres, symboles typiques du film à énigmes, ou éventuellement de la présence de Bertrand Renard

Paris, la nuit, dans les couloirs du musée du Louvre ; Jacques Saunière, conservateur des lieux, est poursuivi dans les couloirs déserts du plus grand musée du monde par un terrible personnage en robe de bure. Comme chacun sait, le Louvre, c’est un lieu sans alarmes, sans gardiens, sans sécurité, et sans caméras, bref, on peut s’y poursuivre tranquillement sans être emmerdé, ou éventuellement juste par Belphégor. Et ce soir, nenni de fantôme du Louvre, nos deux hommes semblent pouvoir s’adonner à leur passion pour la course de fond sans être dérangés. Mais d’ailleurs, qui est le vil poursuivant de l’honorable Monsieur Saunière ? Et bien sachez jeunes gens qu’il s’agit de Silas, un terrible moine albinos à l’air passablement patibulaire. Notre conservateur n’est cependant pas dénué de ressources, puisqu’il n’hésite pas à décrocher un tableau pour déclencher une alarme (ah !), et ainsi faire choir entre lui et son agresseur une lourde grille de fer. Mais, las ! Le moine forban n’hésite pas à sortir un pistolet et à menacer au travers de l’obstacle le vieil homme "Donne moi ton secret !", demande t-il avec un léger accent venu de la péninsule ibérique ; notre vieillard résiste un peu, mais pas trop tout de même : sous la menace du plomb, il commence à révéler une sombre histoire impliquant l’église Saint Sulpice… Le moine, après avoir entendu ce qu’il voulait décide donc d’abattre son ennemi. Oui, c’est un moine, probablement intégriste et traditionaliste vu sa tenue, mais il n’hésite pas à porter une arme et à s’en servir pour tuer des gens désarmés. C’est tout à fait logique, et on a même pas encore passé les 5 premières minutes (ce qui doit bien faire, allez, 20 chapitres dans le livre ?).

Avant de mourir, on sent bien que Jacques Saunière se traînant au sol a encore de la ressource ; il sort un stylo-feutre de sa poche et s’approche d’un mur : m’est avis qu’il va dessiner des kikis partout, sachant que sur le point de mourir, on ne pourra guère le punir pour avoir tout saccagé. Éventuellement, il griffonnera, juste en dessous d’un ultime croquis de phallus faisant coucou, un mot comme "Albinos m’a tuer". A voir.

De son côté, Robert Langdon, fameux professeur d’histoire de l’art d’Harvard et accessoirement expert en symbolisme religieux est applaudi très fort à  l’occasion d’une conférence qu’il vient donner à Paris. Devant lui, une foultitude d’étudiants tente de comprendre le symbolisme avec lui. Par exemple, Robert leur montre un zoom d’une photo où l’on peut voir une cagoule en pointe et demande "Alors, ça représente quoi ?" et là, les élèves de répondre "le Ku Klux Klan !", "le racisme !", "l’intolérance !" ; non, s’exclame Robert en dézoomant : il s’agit en réalité d’une photographie de tenues traditionnelles espagnoles lors d’une cérémonie religieuse typique. Bon, déjà, on sent bien que Dan Brown n’a jamais vu un vrai professeur d’Histoire de l’art, qui lui, durant des heures, endormirait l’assemblée avec des diapositives où il dirait "Par exemple, cette cagoule est à pointe ; donc triangulaire ; donc, elle représente la Sainte Trinité ; donc trois éléments. Trois éléments distincts bien qu’unis, donc c’est une référence à la devise espagnole franquiste "Espagne une et indivisible"", ou bien essaierait de trouver une représentation de la mère de l’auteur au travers des lignes croisées du tableau. Non, vraiment. Bref. Seconde diapositive : un trident ! Là on se dit "Bon, les étudiants ont dû comprendre qu’il essayait de les piéger ! Ils vont pas répondre une connerie comme…" "Lucifer !", "Satan !" crient les jeunots en choeur. Non mais quelle bande d’idiots. "Poséidon !" s’exclame Robert en dézoomant. C’est clair les gars, bravo les étudiants en Histoire de l’art, incapables de trouver Poséidon en voyant un trident. Bon… troisième diapositive, un enfant sur les genoux d’une statue : "Haaan, c’est la Vierge à l’enfant !" : non plus, les étudiants ne sont pas foutus de reconnaître les visages typiques de la statuaire égyptienne (malgré des indices comme "ça alors, le bébé a les cheveux drôlement crépus !"). Et ils sont en histoire de l’art. Bon. Allez, on va dire qu’ils sont en première année.

A la sortie, il dédicace quelques livres passionnants qu’il a dû écrire, et une maman lui signale que son fils l’a eu comme prof, le petit "Michaël Kael" (je n’invente pas, c’est bien son nom, sûrement un hommage au Groland). Mais hélas, la police française arrive promptement sur place afin d’informer Robert d’une terrible découverte : on a retrouvé le cadavre de Jacques Saunière au Louvre, couvert de mystérieux dessins, et il serait bienvenu pour les identifier. Voilà qui explique un des mystères de la journée à notre héros : il devait boire avec lui, mais il a patienté une heure sans le voir venir. Si c’est parce qu’il était mort, alors c’est une excuse valable. Détail intéressant : c’est Jacques qui s’est dessiné sur le corps avant de mourir, et non son assassin qui s’est acharné ; voilà qui est étrange.

Notre homme est donc emmené au Louvre, où il est déposé sans guère plus d’explications par les deux policiers qui l’accompagnaient. Il y est accueilli par le commissaire Bézu Fache, dit "Big Bézu", qui lui souhaite la bienvenue tout en glissant que, tout de même, la pyramide du Louvre, qu’est-ce que c’est laid. Robert, notant son attitude de rétrograde, repère aussi sur son veston une petite croix cerclée accrochée à sa poche. Hmmm… il en profite aussi pour préciser que oui, le conservateur et lui se connaissaient, mais pas personnellement. Ils devaient justement se rencontrer pour la première fois cet après-midi, à l’occasion d’un verre, car le vieil homme voulait lui parler de quelque chose qu’il n’a pas précisé (probablement de sa passion pour le body painting). Voilà qui est loupé. Au fil des couloirs, nos fanfarons arrivent devant le corps tout nu et fripé du vieux Jacques, qui s’est peint un pentacle sur le torse avant de dessiner un cercle de sang et de se positionner dedans tel l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Quel farceur celui-là alors ! Même avec une balle dans le bide et pissant le sang, pépé a trouvé le moyen de penser "symbolisme", de ne pas saloper les murs du musée, et mieux encore, de ne pas mettre une goutte de sang ailleurs que sur ses dessins ! Chapeau l’artiste. Va falloir qu’il m’explique son truc. En tout cas, Langdon analyse brièvement ce qu’il voit : d’après lui, le pentacle est le symbole de la féminité, rapport direct à Vénus et… quoi ? Comment ça "Attendez, le mec il allait mourir et il avait que ça à foutre que de se dessiner sur le bide des andouilleries pour dire "Je kiffais les magazines féminins en cachette" ?" eh bien oui, c’est comme ça. Mais attendez ! Il a fait mieux encore : il a utilisé son stylo-feutre à l’encre magique pour écrire des messages invisibles à côté, que l’on voit apparaître uniquement lorsque l’on passe dessus des ultraviolets ou alors il a écrit avec sa semence, le galopin ! Comme c’est pratique ! On devrait toujours avoir un stylo à encre invisible sur soi.

 

Nécrophilie, gérontophilie et autres passions : au Louvre, on sait s'amuser

Mais sur ces entrefaites, figurez-vous qu’arrive une jeune damoiselle, l’agent Sophie Neveu, du service de cryptologie, qui explique, je cite "avoir téléchargé les photos du crime". Oui, quelqu’un avait dû les mettre sur Wikileaks, c’est d’un commun. Bref, en tout cas, la bougresse prétend avoir réussi à décoder une partie du message codé constitué d’une ligne de chiffres suivie d’une phrase incompréhensible que papy a écrit à côté de lui. Elle explique aussi avoir un message de l’ambassade américaine pour Langdon : il doit appeler cette dernière sur le champ ; Sophie lui confie un numéro avec un code à composer pour accéder au message de l’ambassade. Et là, sur quoi tombe t-il ? Mais sur le répondeur de cette coquine de Neveu ! Qui lui a laissé un message disant "Attention Langdon, le commissaire est un enculé, vous êtes en danger, faites semblant de rien et retrouvez moi aux toilettes des hommes". Hooo, la malicieuse ! Rapidement, nos deux compères se retrouvent donc dans les ouatères ; là, Sophie révèle à Robert (avant que celui-ci ne laisse tomber son pantalon, ayant mal interprété l’invitation de Sophie aux WCs) que la police a mis un mouchard dans sa poche ; ha ! En réalité, ils le soupçonnent très fort d’être le coupable, particulièrement à cause d’une ligne du message inscrit au sol que le commissaire a fait effacer avant l’arrivée de Langdon (Sophie a une des photos de la scène du crime avant que le message ne soit effacé) : "P.S : Find Robert Langdon !". Et il semblerait logique que la victime balance son assassin, donc Langdon… Bon, il semblerait aussi logique qu’un officier de police ne commence pas à effacer des indices sur une scène de crime, et envoie plutôt Langdon directement en garde à vue plutôt que de lui proposer de faire le zazou dans le Louvre avec un simple mouchard pour le surveiller, mais bon.

Là, lecteurs vous vous dites "Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Le mec, il est en train de mourir, et il rajoute des post-scriptum en bas de ces messages, et a même le temps de préciser "Robert Langdon" et pas juste "Langdon" ? Et puis pourquoi il écrit en anglais d’abord sachant que ce sont des policiers français qui vont le trouver ?", et vous avez raison, parce que vraiment, ce n’est plus un film, c’est le festival des incohérences en direct du Louvre. Mais rassurez-vous, Sophie a aussi une explication pour ça : "Nan mais en fait, P.S, ça veut pas dire post-scriptum, ça veut dire "Princesse Sophie", parce que Jacques Saunière c’est mon grand-père et il m’appelait comme ça petite, donc en fait il voulait que je vous trouve". Ho. Ok. Oui, tout se tient. Ou alors il voulait parler de Patrick Sébastien, parce qu’il était fan. Ou de Philippe Seguin, allez savoir. Ou juste "post-scriptum". Et puis pourquoi aurait il marqué "Princesse Sophie" et pas "S.N" pour Sophie Neveu ? Juste pour faire marrer tout le monde en mettant un "P.S" à son ultime message ? Parce qu’à part faire peser des soupçons sur Langdon, ça ne sert à rien. C’est même idiot. En désignant plus directement sa petite fille par "S.N" (cryptologue dans la police) et en lui indiquant de trouver Langdon (expert en symboles) pour résoudre le mystère des messages codés de sa mort, c’était moins compliqué et moins suspect pour nos héros. Et en plus, c’était potentiellement logique. Mais là, non.

Bon. Sans rire, ce roman s’est vendu ?

Reconcentrons-nous tout de même, qui sait ce que nous allons découvrir. Déjà, sachez que le commissaire, qui pourtant suspecte gravement Langdon, ne fait rien malgré le fait qu’il constate que Langdon passe 30 mn aux toilettes. Il regarde le GPS pour voir où en est son traceur et constate qu’il ne bouge pas : il doit sûrement faire un gros caca (à noter que les toilettes en porcelaine sont représentées sur l’écran : ça c’est de la géolocalisation précise !). Mais soudain, un policer apporte une curieuse nouvelle : l’agent Sophie Neveu, pourtant sur place, n’a jamais été envoyée par le QG sur cette affaire, contrairement à ce qu’elle affirmait… ho ! Et au même moment (car tout est télescopé, comme dans tous les récits de qualité), sur l’écran, Fache voit le traceur de la position de Langdon filer par une fenêtre ! Allez, tous aux voitures ! Ne laissons qu’un seul policier sur place et partons à sa poursuite (véridique) ! C’est vrai que le Louvre, c’est tout petit, donc facile à surveiller.

Profitant du calme, Langdon et Neveu sortent des toilettes, dont ils n’ont en fait pas bougé ; Langdon a juste balancé son mouchard sur un camion qui passait en contrebas. Nos deux héros retournent donc vers le corps du vieux conservateur, et Sophie s’exclame alors "Il est beaucoup plus vieux que dans mon souvenir…" ; oui, dans ton souvenir (court flashback à l’appui), tu avais 10 ans, andouille, aujourd’hui tu en as 20 de plus, alors c’est fou, hein ? Qu’elle est bête. Elle caresse la joue de feu son grand-père (et fout ainsi ses empreintes partout, très malin), nonobstant le fait que papy soit tout mort et tout à poil (ce qui ne la choque pas plus que ça, je… j’ai bien ma théorie sur les raisons, mais passons). Langdon, lui, ramasse au sol un papier chiffonné que le commissaire avait abandonné. Oui, il est comme ça le commissaire, il aime bien se débarrasser d’indices en les chiffonnant avant de les jeter sur les scènes de crimes. Quel déconneur. Et qu’y a t-il sur ce papier ? Eh bien, c’est un document que Neveu avait amené avec elle en arrivant, pour expliquer ce qu’elle avait réussi à décoder : les chiffres que Saunière avait inscrit au sol ressemblent en réalité à une suite de Fibonacci, mais dans le désordre (oui, une suite dans le désordre, c’est facile à identifier). Je comprends que le commissaire ait jeté ce papier : ça ne servait tellement à rien, une partie du décodage du message qui lui posait problème.

 

Le commissaire Fache explique qu'il ne faut surtout pas regarder les caméras de sécurité du musée, des fois qu'on puisse y voir des trucs utiles

Mais plutôt que de recopier ce qu’il y a d’écrit au sol avant de mettre les voiles pour décrypter le tout plus tard au calme, nos héros décident d’essayer de résoudre le message sur place, là, à 50cm du lieu d’un meurtre qu’aucun planton ne surveille (le seul policier resté au Louvre est parti "faire sa ronde" loin de la scène du crime. Véridique aussi). Constatant que la suite de Fibonacci est dans le désordre, ils en déduisent que les lettres elles aussi sont dans le désordre, et que ça explique pourquoi la phrase inscrite n’a aucun sens : c’est une anagramme ! Langdon, en quelques secondes, lit ainsi "Leonardo Da Vinci, The Mona Lisa" (oui, en anglais, et avec les déterminants, il a mis combien de temps à mourir, Jacky ?)

Audrey Tautou invoque donc brièvement l’esprit de Carla Bruni pour ne pas du tout surjouer la scène "Mais attendez… *réalisation soudaine* la Joconde est là, juste derrière *révélation majeure""

Comment ? La Joconde ? Au Louvre ? Ho bin ça alors, il y a de quoi être étonnée Sophie  ! Nos amis se rendent donc à côté du fameux puits gravitationnel à japonais, et découvrent sur le mur un autre message à l’encre invisible ou à la semence, j’insiste, qu’on ne voit qu’aux ultraviolets : "Madonna of the rocks", soit "La vierge aux rochers". Et cette fois-ci, le mourant a carrément eu le temps de cacher une croix ouvragée derrière le tableau. Balaise le vieux.

Bon, je m’en veux d’insister, mais résumons la mort du conservateur : Jacques Saunière prend une balle dans le ventre ; il est si mal qu’on le voit ramper à l’écran. Là, il se dit "tiens, j’ai une croix à cacher sur moi, je vais la mettre derrière un tableau, juste pour que la police dont ma petite-fille fait partie ne la trouve pas, sans compter qu’elle lui reviendrait de toute manière en héritage. Non, je vais la planquer pour faire chier, et ce, derrière une peinture." Là, il se dit qu’il faudrait quand même qu’il indique où il a caché la croix, alors il va écrire une anagramme à côté de la Joconde pour dire qu’il a caché sa croix derrière un autre tableau. Alors il fait le trajet, y va, marque son petit mot, s’arrête et se dit "Bon, cela dit, faudrait que je leur indique qu’ils doivent se rendre à la Joconde !", alors il va encore un peu plus loin (le tout malgré l’énorme trou dans le bide que vous voyez sur la photo ci-dessus), et commence à écrire, sans ratures s’il vous plait, un message codé en anagramme indiquant, en anglais, et avec les déterminants (parce qu’il a beau mourir, il a quand même du temps à tuer), qu’il faut aller voir du côté de la Joconde. Et en plus, il précise l’auteur, des fois que les mecs pensent que "Mona Lisa", ce soit une chanson de Garou. Durant tout ce temps, Jacques a bien fait attention à ne pas mettre une seule goutte de sang au sol. Mais là, il se dit "Bon, faudrait quand même que je meure en laissant un message clair pour bien indiquer Mona Lisa, alors tiens, je vais me déguiser en oeuvre de Léonard avant de mourir". Aussitôt, lui vient l’idée de l’homme de Vitruve, mais raaah, bordel, il y a plus d’encre dans son stylo. Bon, tant pis, il va dessiner un cercle avec du sang. Mais attendez, peut-être que ça sera toujours pas assez clair comme message s’il se met juste en position dedans : non, il va se mettre à poil pour faire comme l’original ! Et je sais pas si vous avez déjà essayé de retirer votre futal avec une balle dans le ventre, mais ça reste compliqué quand même. Et je parle pas de votre slip les enfants, ça tourne au massacre. D’ailleurs, Jacques ne voulant pas que l’on puisse voir les traces de pneu dans ses fonds de culotte, il a pris soin de déposer ses affaires loin de son cadavre. Il est donc reparti ailleurs dans le musée (je rappelle qu’il agonise), a déposé ses fringues, est revenu tout nu en se promenant dans les couloirs, et s’est enfin allongé au milieu de son cercle. Là, il a voulu dessiner un smiley sur son ventre, mais il a ripé et ça a fait un pentacle. Bon, pas grave.

Et enfin, il est mort.

Et son sang a eu le bon goût de ne pas s’échapper de sa plaie pour pourrir le dessin, non, il est resté bien en place. Ouais, donc en fait, il se serait allongé d’entrée de jeu, il aurait survécu, c’est ça ?

Vous imaginez bien qu’un mec, patron du Louvre et se promenant toujours avec une croix finement ouvragée ainsi qu’un stylo magique ne doit pas avoir, en plus, dans ses poches, la place pour un téléphone portable, même de travail. Non parce que là, il aurait pu sauver sa vie à peu près 12 ou 13 fois, et informer tout le monde de ce qu’il se passait. Mais il n’y a pas pensé, c’est ballot.

On a même pas dépassé l’introduction et ce film me rend déjà fou. C’est incroyable. Je suis obligé de stranguler un chaton toutes les 10 minutes pour ne pas craquer.

Mais la police, de son côté, elle, n’a pas perdu trop de temps ; juste assez pour arranger nos deux héros, pas plus : ils s’aperçoivent qu’ils ont été bernés par le mouchard de Langdon jeté sur un camion, et reviennent donc en trombe vers le Louvre. Hélas, ils ratent de justesse nos deux galopins qui fuient dans une puissante Smart de course. C’est l’occasion de papoter un peu dans l’habitacle : Robert demande à Sophie si petite, elle n’a jamais surpris son pépé en train d’invoquer Satan ou Cthulhu. Ca ne lui dit rien. Par contre, quand Robert évoque le nom de "prieuré de Sion" (car la croix qu’ils ont trouvé ressemble à un objet de leur culte), Sophie a un flashback (attention les enfants, on ne flashbacke pas en conduisant, c’est dangereux) : elle revoit papy et ses amis déguisés avec des robes noires et des masques dorés en train de faire un rituel louche. Du coup, elle se dit que, hmmm ouiii, prieuré de Sion, ça lui dit bien quelque chose, en fait. D’après Langdon, le prieuré serait un ordre secret qui aurait eu à sa tête des gens comme Da Vinci ou Isaac Newton, et dont l’objectif serait de cacher "la source du pouvoir divin sur Terre". Rien que ça.

 

La Merco-Benz des gangsters chipies

La conversation est cependant interrompue par l’arrivée impromptue de la maréchaussée qui, figurez-vous, a retrouvé la trace de nos vos chenapans préférés ; mais grâce à sa taille si particulière, et telle une publicité subliminable, la Smart se glisse dans la circulation et bloque ainsi les véhicules trop larges et lourds de nos amis de l’ordre et de la justice. Ainsi, nos héros sèment leurs poursuivants sans encombres.

Mais ailleurs dans Paris, des choses se déroulent, car l’action ne s’arrête jamais ! Silas, le moine albinos, est jaloux d’Audrey Tautou qui balance des flashbacks ; soucieux de la concurrencer sans donner le mauvais exemple, il se gare dans une rue près de l’église Saint Sulpice et lance alors le film de sa vie : il est issu d’une famille où papa battait maman, et où il est intervenu à coup d’objets tranchants pour régler la question. Emprisonné, il a découvert derrière les barreaux la Bible, Dieu, Gunthar le seigneur des douches, et une nouvelle carrière dans les ordres. Mais surtout, il a rencontré celui qui est devenu son protecteur et guide spirituel, l’évêque Aringarosa, qui l’a aidé à trouver la voie. Un jour, l’évêque se fit agresser, et Silas tua ses deux attaquants à mains nues façon Steven Seagal. Depuis ce jour, il est un peu son soldat personnel. En tout cas, une fois ce passage nostalgique qui n’avait rien à faire là terminé, Silas se rend à l’église où une nonne qui a été prévenue qu’elle devait lui ouvrir sur ordre d’un évêque bien placé l’attend. Promptement, notre blanc moine visite le monument et localise un endroit spécifique, que lui avait semble t-il indiqué Jacques Saunière avant de mourir : une dalle. Il congédie la nonne et commence à défoncer le sol pour trouver en-dessous une simple boîte annotée "Job". Depuis l’ombre, la nonne qui n’avait pas vraiment quitté les lieux, constate que ce petit enfoiré est en train de dégrader un monument historique et religieux. Elle file donc trouver un téléphone et compose le numéro de… Jacques Saunière ? Tombant sur sa messagerie (elle ignore ce qu’il est advenu de lui), elle braille "Les trois autres sénéchaux sont morts, il n’y a plus que vous !" ou un truc du genre, et explique qu’un curieux moine semble connaitre le secret de cette église et de sa dalle secrète… hélas, avant qu’elle ne puisse finir son appel (qui de toute manière, ne sera jamais écouté par Jacques qui est trop mort pour appeler son répondeur), elle découvre dans son dos le vilain moine qui lui pose diverses questions : semble t-il, il est insatisfait de sa trouvaille. Refusant de parler, notre nonne se fait éclater le museau par notre homme, qui, là encore, comme tous les religieux catholiques intégristes, sait que tuer une nonne lui ouvrira sûrement les portes du Paradis.

Pendant ce temps, nos héros ont eux abandonné leur voiture et sont allés se cacher au bois de Boulogne (une fille qui te donne rendez-vous aux toilettes avant de t’emmener au bois de Boulogne, c’est suspect mon Roro), probablement afin d’y découvrir de nouveaux plaisirs. Après avoir trouvé une petite table de pique-nique et en avoir viré un vilain drogué, nos galopins réfléchissent à la suite. Robert décide d’évoquer plus avant le prieuré de Sion. Pour la petite histoire, il y a près de mille ans eut lieu la première croisade, durant laquelle Jérusalem tomba aux mains des occidentaux. Or, d’après Langdon, tout aurait été organisé depuis les ombres par une société secrète, le prieuré de Sion, et par son bras armé, les templiers. Robert est un peu con, puisque rappelons-le, les templiers sont nés un siècle après la première croisade (un détail) dans une riche ville marchande nommée Troyes. Mais bon, ne nous arrêtons pas à des détails qui foutraient par terre toute la théorie de Robert, qui est quand même si fort et réputé que même le patron du Louvre compte sur lui pour élucider sa mort. C’est moi qui dois me tromper. Bref, tout ça pour dire que la croisade aurait en fait été organisée par les sociétés secrètes manipulant le bon peuple pour retrouver une relique sacrée. On pense que nos bougres de templiers l’ont trouvée, puisque l’Eglise s’est couchée devant eux et leur a confié moult pouvoirs, avant de se venger un certain vendredi 13 octobre 1307 (voix off de Audrey Tautou : "Haaaan, vendredi 13… *soupir de révélation*"), durant lequel l’Eglise fit arrêter tout ce petit monde et envoya des troupes chercher leur trésor et leur fameuse relique ; hélas, sur place, il n’y avait plus rien (juste un petit pot de fleur avec une rose dedans, quels déconneurs ces templiers, on dirait du Cat’s Eyes). L’Eglise reprit donc la quête pour trouver cette relique perdue : le Saint Graal. Mais assez discuté ! Robert et Sophie examinent plutôt la croix qu’ils ont trouvé au Louvre et… figurez-vous que l’on peut en fait y lire une adresse et des points pour une identification laser : cette croix est une clé pour une banque de dépôt !

L’évêque Aringarosa, de son côté, est à une réunion de membres importants de l’Eglise où ça gueule un peu, car le bougre aurait demandé 20 millions d’euros pour payer un informateur se faisant appeler "Le Guide", et qui aide Aringarosa à retrouver le Graal pour le détruire, ainsi que le prieuré de Sion. Oui, l’Eglise veut détruire le Graal, mais chut, vous comprendrez pourquoi plus tard. Chut j’ai dit. Tenez, prenez une pause pipi, je vous sens dissipés. Allez, hop.

 

Silas, ou le mec que curieusement, personne ne remarque jamais malgré sa tête de tueur psychopathe et sa robe de bure de sith

Ça va mieux ? Bon. Alors sachez que nos héros, ont eux décidé de se rendre à l’adresse que leur indiquait la clé : une banque de dépôt de Zurich disposant d’une antenne à Paris. Ils s’y rendent donc en taxi, et sur place, découvrent ainsi que leur clé leur ouvre un compte… dont le numéro correspond aux chiffres que Jacques Saunière avait écrit au sol ! Mais que contient ce compte, des sous ? Non (aaah, Sophie, tu es déçue, hein ?) ; nous parlons ici d’une banque de dépôt, on peut donc déposer ce que l’on veut dans son coffre (mais pas le corps de son ex-femme, croyez moi, ils sont curieusement assez tatillons là-dessus). Et dans notre cas, le coffre contient un petit étui de bois marqué d’une rose, symbole supposé du Saint Graal d’après Robert (ou symbole d’une rose, d’après moi). Hélas, avant qu’ils ne puissent l’ouvrir, le directeur de la banque intervient et explique à nos amis que la police est à la porte et vient les arrêter ; mais comme toute bonne banque suisse, ils vont les aider à s’en sortir. Ha ? Mais comment ? Eh bien le directeur de la banque leur propose de monter dans un fourgon blindé, avant de se déguiser en chauffeur et de prendre le volant.

Attendez, un directeur de banque suisse, en poste en France, va risquer sa carrière au motif qu’il veut "aider des clients" ? Ca ne serait pas un tout petit peu suspect par hasard ?

A l’arrière du véhicule, où Robert se sent un peu mal car il est claustrophobe le bougre, Sophie ouvre le petit étui qu’ils ont trouvé ; celui-ci contient un cryptex, sorte de coffre-fort portatif de forme cylindrique inventé par Léonard de Vinci, et qui ne s’ouvre que si l’on rentre une bonne combinaison de 5 lettres ; si jamais on essaie de le forcer, ce petit salopard se remplit de vinaigre, et détruit ainsi le parchemin qu’il est supposé contenir. C’est fourbe. Ca marche aussi avec de la sauce barbecue si vous n’avez pas de vinaigre chez vous les enfants. Sinon, du Beaujolais nouveau peut faire l’affaire. Ou en dernier recours, la bouteille de rosé qu’on vous offre quand vous commandez deux pizzas, vous savez, celle qui a rendu votre ami Guy aveugle.

Mais dans l’immédiat, Roro et Soso n’ont pas le code. Alors comment tuer le temps à l’arrière de ce fourgon qui les emmène on ne sait où ? Allez, des flashbacks ! Déjà, nous apprenons pourquoi Langdon est claustrophobe, ce qui vous fascine : un jour, il est tombé dans un puits, et on a mis des heures à le retrouver, ce qui a laissé des traces, et pas seulement dans ses sous-vêtements. Quant à Sophie, pour la petite histoire, toute sa famille a été tuée le jour où ses parents ont oublié de regarder la route et ont ainsi tenté de voir qui de la Citroën DS ou du gros camion farceur était le plus fort. Elle fut donc recueillie par son grand-père, Jacques Saunière. Mais cessons les séquences émotions et concentrons nous sur le présent, puisque la camionnette s’arrête enfin ; et le directeur de la banque vient ouvrir les portières arrières mais… seulement pour menacer nos larrons d’une arme à feu ! Puisqu’en effet, il veut la boîte, et Robert doit bien lui donner sous la menace… mais grâce à une ruse de sioux intitulée "Je vais te coller une portière dans la gueule au moment où tu voudras la refermer sur nous", Langdon parvient à désarmer ce vil personnage et à se saisir de la boîte. Sophie et lui montent donc à toute allure à l’avant du fourgon, et s’enfuient sous les balles du directeur de banque comploteur. Oui parce que non, personne n’a pensé, même la flic du duo, à confisquer l’arme à feu du forban lorsqu’il était au sol, sonné, avec son pétard à quelques pas de lui.

Bon, décidément, que d’ennemis ! Se disent les deux fugitifs, mais qui peut bien leur en vouloir comme ça ? Robert pense que cela a un lien avec le prieuré de Sion, le Saint Graal, tout ça… mais Sophie trouve que c’est une histoire idiote. Robert répond donc "Bin n’empêche que visiblement, il y a des gens prêts à tuer pour cette histoire" et là, sortant de nulle part, attention, réplique culte de Sophie : "Ah oui, qui ?"

Et Robert hésite un moment avant d’avouer… qu’il ne sait pas.

…  attendez ? Ils ont tous les deux oublié que "quelqu’un" a tué Jacques Saunière ? Que c’est même pour ça qu’ils en sont là ? Et qu’ils sont à bord du fourgon de, justement, l’un des types "prêts à tuer pour cette histoire" ? Mais ils sont complètement cons ou quoi ?

Dans tous les cas, nos deux imbéciles décident de se rendre au château d’un richissime ami de Robert, historien anglais résidant en France, et passionné par le prieuré de Sion (un historien richissime, hahaha, hem, pardon). Personne ne semble remarquer à la grille du château que tiens, c’est suspect, des gens qui se promènent à bord d’un fourgon bancaire blindé. Parce que non, entre temps, nos héros n’ont pas essayé de changer de voiture ou de mode de transport. Ou même de chercher à déconnecter le système GPS qui équipe les fourgons de ce genre pour géolocaliser en direct tout ce petit monde. Bon bon bon… attendez 30s, que je me masse les tempes. Voiiiiilà. Bon, que nous apprend donc Sir Leigh "Lee" Teabing, le maître des lieux ayant quelques soucis pour se déplacer sans ses deux fidèles cannes ? Eh bien tout d’abord qu’au prieuré de Sion, tout comme les siths vont toujours par 2, eux vont par 4 : un grand maître et trois sénéchaux. Et que tout ce petit monde a pour mission de protéger le Graal, non pas source du pouvoir divin sur Terre, mais celle du pouvoir de l’Eglise, notez la nuance. Et justement, le Graal, figurez-vous que non, ce n’est pas une coupe : en réalité, c’est une femme disposant d’un secret capable de réduire à néant les bases du christianisme.

 

Le record du secret le plus longtemps gardé par une nana reste de 2 jours, mais uniquement parce qu'elle n'avait plus de forfait

Non mais, une gonzesse capable de garder un secret ! Alors ça, ça doit bien être le truc le plus incohérent de ce film ! Hem. Que disais-je ?

Ah, oui : tout cela nous amène au fait que Jésus aurait eu une épouse : Marie-Madeleine. Et que c’est à elle que Jésus aurait confié le boulot de garder la boutique après sa mort, pas à Pierre, le premier pape. Il y a donc eu vol de poules ! Car Marie-Madeleine, en plus, était enceinte de Jésus alors forcément, décrocher un bon poste en étant en cloque… c’était un coup à se faire feinter par les mâles, qui eux, sont quand même vachement moins chiants au niveau des congés maternité. Dans tous les cas, sachez que Marie-Madeleine aurait fui la Terre Sainte pour la France (probablement pour profiter de nos aides, sale immigrée !), où elle aurait donné naissance à une fille prénommée Sarah (ou Ségolène, les textes varient). L’Eglise de Pierre, née de la grosse feinte opérée sur cette vilaine femelle de Marie-Madeleine, aurait donc d’autant plus conchié les femmes tout au long de son histoire, puisqu’elles seraient en fait les véritables maîtresses des clés du Paradis et héritières de Djizousse, d’où un certain goût du clergé pour la chasse aux sorcières, consistant à brûler toute femelle tentant de faire des trucs pervers comme invoquer le diable, jeter des boules de feu ou plus généralement demander un salaire ou des droits équivalents à ceux des hommes. Vraiment, on ne peut pas les laisser sans surveillances 5 minutes, sinon elles font  n’importe quoi.

Le prieuré de Sion aurait en conséquence décidé de protéger la vérité, en s’occupant d’assurer la sécurité de la descendance du Christ, et préservant le secret du tombeau de Marie-Madeleine, véritable Graal. L’Eglise toujours les pourchassa, mais jamais ne réussit à vaincre le prieuré.

Attendez, attendez, que je résume : L’Eglise serait bâtie sur un mensonge (Jésus aurait confié sa succession à Marie-Madeleine, et non à Pierre). Il existe une société secrète qui s’est créée pour défendre les intérêts de Marie-Madeleine. Et qu’est-ce qu’ils font ? Ils s’assurent que tout reste secret ! Mais bon sang, mais dans ce cas, pourquoi leur chercher des noises, l’Eglise ? Ils sont déjà tellement bêtes qu’ils vous couvrent en gardant votre propre secret ! Et en plus, même après la fois où vous avez tenté de leur bourrer la gueule en 1307 en essayant de les détruire et de récupérer le tombeau de Marie-Madeleine histoire de s’assurer que vous soyez les seuls détenteurs du secret, ils ont juste dit "Bon bin c’est pas grave !" et ont continué de ne surtout rien faire ou dire qui pourrait vous nuire ! Le Grand Maître de l’Ordre, c’est Corky, c’est pas possible autrement !

Alors évidemment, il y a bien une vague tentative d’explication "Non mais en fait ils attendaient d’avoir l’héritier de Jésus sous la main pour prouver, grâce au tombeau et à des tests ADN sur les restes de Marie-Madeleine, qu’il existait un successeur à Jésus, et donc que l’Eglise lui revenait de droit". D’accord, et donc ? Ils étaient supposés "protéger la descendance du Christ", donc ils l’avaient DEJA sous la main depuis des siècles ? Alors pourquoi n’ont ils rien fait ? Parce qu’ils savaient qu’ils auraient besoin de tests ADN ? Genre en 1099, le Grand Maître de l’Ordre a dit "Attendons quasiment un millénaire qu’on invente les tests ADN, ça nous permettra de prouver notre histoire de succession de Djizousse" ?

Bon allez, continuons quand même. Car alors que les discussions se poursuivent au château, la police qui a fini par comprendre comment nos héros avaient fui du dépôt bancaire à Paris, et a géolocalisé le fourgon (ah bin oui, hein) a commencé à encercler les lieux. Seulement voilà : le commissaire Fache a donné l’ordre de ne pas attaquer avant son arrivée, car il en fait une affaire personnelle. Dans le même temps, Silas, le super moine albinos a trouvé son chemin dans la place ; il intervient donc brutalement pour casser sa margoulette à Robert, avant de menacer tout le monde de son pistolet. Il exige qu’on lui remette le cryptex… mais grâce à une ruse de filou, Leigh parvient à lui coller ses deux cannes dans le bidou, et Sophie achève d’assommer le brigand décontenancé. Mais dans le feu de l’action, un coup est parti de l’arme du moine, et a ainsi alerté les policiers dehors qui se sont décidés à intervenir en urgence. Notre troupe a donc juste le temps de ligoter Silas, et de constater qu’il porte à la jambe un cilice, sorte de chaînette cloutée rentrant dans les chairs des jambes pour faire pénitence dans la douleur. Robert voyant ça s’exclame donc "Ho ! Un membre de l’Opus Dei !" ; et maintenant qu’il y repense, le commissaire Fache portait une croix cerclée à la veste, lorsqu’il l’a vu au Louvre… lui aussi est de l’Opus Dei ! Ils sont donc de mèche !

 

Il ne faut pas sous-estimer Leigh, qui est quand même aussi Magneto, le maître des magnets du frigo

En tout cas, vous m’avez bien lu : oui, le commissaire Fache n’hésitait pas à mettre bien en évidence à son veston, et devant un expert en symbolique religieuse, son pin’s collector "I love Opus Dei", alors que bon, on imagine que ce n’est pas le genre d’information qu’il veut balancer au tout venant. Et particulièrement pas à Langdon.

Mais revenons à nos filous qui tentent de fuir la terrible police française ; rassurez-vous, celle-ci a pris bien soin de ne pas vraiment encercler les lieux, et donc laisser un endroit par lequel nos personnages préférés peuvent s’enfuir : Robert, Sophie, Silas ligoté, Leigh et Rémi, le majordome de Leigh. Tout ce petit monde se rend donc au Bourget, ce dont la police est avertie car elle apprend qu’un plan de vol vient d’être décidé pour le jet privé de ce vieux multimillionnaire de Teabing.  Les forces de l’ordre prennent donc bien soin de ne pas faire envoyer d’unités à l’aéroport pour les intercepter avant qu’ils ne décollent (dans ce film, personne ne pense à utiliser un téléphone pour faire un truc utile). Voilà voilà. C’est donc tranquillement à bord d’un avion que notre équipée peut reprendre ses discussions précédentes : que cherche l’Eglise, en fait (pour ceux qui n’auraient pas compris) ? Mais à détruire le Graal, soit le tombeau de Marie-Madeleine, pour que jamais personne ne puisse connaître le secret de la vieille arnaque qui a permis à l’Eglise de voler sa succession à celle qui devait succéder à Jésus, puis à sa descendance. Ainsi, personne ne pourrait prouver que la version de l’Histoire de l’Eglise est fausse (en tout cas, ce passage là). Robert, lui, inspecte plus avant l’étui qui contenant le cryptex et… y trouve une énigme cachée (Robert est une sorte de professeur Layton local) ! Énigme qui emmène nos amis à Londres, à l’église du Temple, pour être tout à fait exact.

Un petit intermède nous permet de découvrir que les subordonnés de Fache croient à n’importe quelle bêtise : alors que ses troupes lui demandent pourquoi il est si bête acharné à retrouver les fugitifs (parce que c’est son métier et le vôtre ?), il explique que voilà, il est membre de l’Opus Dei et qu’un évêque a rompu ses voeux et l’a contacté pour lui dire que Langdon avait, en confession, dit avoir tué le conservateur du Louvre, ce qui prouve bien que c’est le coupable. Ses troupes disent donc "Aaaah, ok". Aucun subordonné ne pense à répondre "Ah ouais, super, et alors pourquoi vous l’avez pas mis direct en garde à vue plutôt que de l’emmener faire du tourisme sur les lieux du crime ?" suivi de "Ou même, attendez, c’est quoi cette connerie ? Quand aurait il eu le temps de voir un évêque pour se confesser depuis le meurtre ? Il était en conférence avant et en cavale après ! Vous racontez du caca, votre langue est un étron et votre bouche un anus."

Mais retournons voir ce qu’il en est des personnages principaux. Arrivés en Angleterre, Sophie pose enfin une question intéressante : "Mais pourquoi le prieuré n’a pas défoncé l’Eglise en révélant le Graal ?" (même si la question a déjà été abordée, c’est bien d’appuyer sur cette incohérence ma petite Sophie) ; et Leigh de répondre "Parce que le prieuré attend de connaître son héritier qui, d’après la légende, ne connaîtrait pas lui-même son propre secret !". Et là, tout est dit : Hmmm… voyons voir… Marie-Madeleine a eu une fille… unique… en France… et comme on va supputer que c’est écrit pour des gens qui ne peuvent pas comprendre des informations comme "La population mondiale croit, il peut donc y avoir plusieurs héritiers au fil des générations", "Ce n’est pas parce qu’on parle d’une personne d’un sexe que ses descendants actuels sont forcément du même sexe" ou "Des individus ont pu migrer hors de France au fil de l’Histoire", saurez-vous retrouver le seul personnage féminin (et accessoirement français) du film pour en tirer les conclusions qui s’imposent ? Au travail. Attention, c’est super compliqué.

Mais revenons à l’église du Temple, à Londres, où nos héros peinent à trouver quoi que ce soit sur l’énigme qu’ils étaient venus résoudre… une sombre histoire de "chevalier mis en terre par un pape" qui "devrait arborer un globe"… mais hélas, la troupe est interrompue par deux personnages facétieux : Silas l’albinos et Rémi, le chauffeur, majordome et homme de main de Leigh qui a aidé le premier à se libérer se ses liens et qui s’avère donc être un traître de Français (pléonasme) au service de l’Opus Dei ! Ah, le chenapan ! Rémi ordonne à Silas d’aller enfermer Leigh dans le coffre de sa voiture (non, personne ne remarque un moine albinos en robe de bure traînant par le bras un boiteux hurlant en plein milieu d’un site touristique londonien en milieu de journée, avant de l’enfermer dans un coffre), et le vil français tente d’exécuter d’une balle chacun Robert et Sophie (et pourquoi pas Leigh, hein ? Hooo, ça aussi, ça me parait suspect !), mais il est interrompu par un vol de colombes dans l’église qui le déconcentre (… des touristes de passage eurent été plus crédibles, mais bon). Nos deux larrons essaient donc de s’enfuir, et en route pour une course poursuite ! Qui heureusement, s’achève bien pour eux, ouf, je suis soulagé, moi qui pensais qu’ils allaient tous deux finir exécutés d’une balle dans la nuque alors qu’il reste encore 45 minutes de film ! Rémi, de son côté, a déposé Silas dans un foyer de l’Opus Dei, avant de se rendre sur un terrain vague pour y libérer Leigh, car évidemment, tout n’était qu’un coup monté, hohoho, vous ne vous y attendiez pas, hein ? Là, il festoie avec lui et le félicite d’être "Le Guide", le meilleur indic de l’Opus Dei sur les activités du prieuré de Sion. Oui : Leigh est un rabouin de traître lui aussi ! Mon dieu, à part les deux personnages principaux, tout le monde est le traître de tout le monde ! Et vive les rebondissements à la queue-leu-leu juste pour dire qu’il se passe des trucs ! On se croirait dans Lost ou 24.

 

Facile : voici les deux seuls personnages du film qui ne soient pas des traîtres.

Robert et Sophie, eux, retrouvent la trace de ce qu’ils venaient chercher en résolvant une partie de l’énigme, qui les emmène finalement vers la tombe d’Isaac Newton à l’abbaye de Westminster. Et ils y retrouvent… Leigh, sur la même piste, qui avoue être un vilain traître en quête du Graal ! Aidé d’un revolver, il explique son soucis : il pensait pouvoir trouver le Graal seul, mais il semblerait que les deux héros idiots soient plus aptes que lui à le faire, puisque plus malins ou mieux informés (on peut faire plus bête qu’eux ?). Aussi finalement, vient il demander leur aide sous la menace d’une arme. Heuuu… attends, mon petit Leigh Teabing, jusqu’ici, ils coopéraient avec toi par pure bonne volonté ! Alors pourquoi ne t’es tu pas contenté de les liquider APRES qu’ils eussent résolu toutes les énigmes qui te posaient problème, hmmm ? D’ailleurs, Leigh explique son plan : lui, il veut juste révéler le Graal au monde, présenter l’héritier de Jésus, juste pour que le monde connaisse enfin la vérité et que l’on se débarrasse définitivement de l’Eglise, cette vilaine.

Heu… mais sachant que c’est toi, "Le Guide", qui depuis le début, guidait toutes les actions de Silas, pourquoi aidais tu ceux qui voulaient détruire le Graal ? Tu avais envie de te mettre tout seul des bâtons dans les roues ? Non parce que, pas une seule fois, ça n’a arrangé tes affaires, ton plan, bien au contraire. M’enfin moi, je dis ça. Le seul moment où ça t’a aidé, en fait, c’est quand le conservateur du Louvre a décidé de mourir en laissant 200 lignes de messages codés. Et ce qu’il écrirait au moment de mourir, c’est probablement le seul truc que tu ne pouvais pas prévoir. Enfin.

Silas, lui, est trahi par Leigh qui n’a plus besoin de manipuler les membres de l’Opus Dei en se faisant passer pour l’un de leurs alliés (d’ailleurs, ça ne lui servait à rien), et lui envoie la police en disant "Je sais qu’il y a un meurtrier dans tel foyer de l’Opus Dei". Silas, qui pourtant, devrait savoir qu’il n’est accusé d’aucun meurtre puisque tout est mis sur le dos de Langdon, panique complètement en voyant arriver les forces de l’ordre et tente de s’enfuir avec un flingue. Il abat plusieurs policiers dans sa tentative et, dans la panique, tire sur l’évêque Aringarosa qui par on ne sait quel miracle, a franchi tous les cordons d’une intervention armée de la police et se promenait donc tranquillement là où il ne fallait pas (quelle incroyable coïncidence !). Silas est tout triste d’avoir tué son père d’adoption par erreur, et se laisse donc abattre par la police.

Mais non, rassure toi Silas, Aringarosa n’est pas mort ! Bon, toi si, mais on s’en fout. En fait, il a survécu, et alors qu’il est emmené en ambulance, il tombe sur le commissaire Fache, qui continuait la poursuite de ses fugitifs jusqu’en Angleterre. Et Fache réalise l’horrible réalité : le meurtrier du conservateur du Louvre, ce n’était pas Langdon ! C’était Silas ! Et l’évêque lui a menti en disant que Langdon lui avait tout avoué en confession : il s’est servi de lui ! Il boude donc un peu d’avoir été aussi bête. Tiens, d’ailleurs pourquoi Aringarosa a t-il accusé Langdon, qui avait sûrement une journée chargée à Paris et devait sûrement pouvoir prouver sans soucis qu’il avait un alibi au moment du crime, première chose qui aurait dû être vérifiée ? On ne le saura jamais.

Leigh, Langdon et Neveu, eux, se retrouvent tous trois dans un coin tranquille de l’abbaye de Westminster où ils enquêtaient sur la tombe de Newton, et s’installent pour papoter. Car effectivement, il y a toujours un coin en travaux pas surveillé et hors-de-vue sur un site pareil pour y menacer des gens avec une arme. C’est connu. Là, le vieux noble anglais exige que Sophie ouvre le cryptex, qu’il soupçonne de connaître la combinaison. Sauf que non : si elle connaissait le code, elle l’aurait sûrement ouvert il y a longtemps, probablement même avant de vous avoir rencontré mon cher Leigh, avant même d’avoir débarqué chez vous une nuit dans un fourgon blindé. Alors c’est un peu con de supposer que si, elle a le code, mais qu’elle trouve plus joli le cryptex fermé. Finalement, Robert se propose d’essayer de l’ouvrir.

Leigh ne se doute de rien, même quand Robert, qu’il avait forcé à s’agenouiller sous la menace de son arme, se lève, et se propose d’essayer d’ouvrir l’objet mais EN TOURNANT LE DOS AU VILAIN. Car non, jamais Teabing ne pense à dire "Ah non, pas de coup en fourbe : je veux te voir bien en face". Du coup, Roro tente une combinaison, s’exclame (mais sans montrer le résultat) : "holala, non, ça a échoué, je n’ai pas pu l’ouvrir", avant de lancer l’objet vers Lee, qui jette son arme pour tenter de le rattraper. Hélas, le cryptex se brise, et détruit donc ce qu’il devait contenir en se mettant à uriner du vinaigre partout… et sur ces entrefaites, la police arrive (notez comme tout arrive toujours pile poil au bon moment, surtout dès que ça concerne la police, on dirait un épisode de Julie Lescaut). Et lorsque Robert met les mains en l’air, bizarrement, il ne les ouvre pas. Roooh, je me demande bien pourquoi, tiens. On a pas du tout vu son plan pourri venir à 10 kilomètres. Mais bon. En tout cas, l’unité de police qui est arrivée est menée par le terrible commissaire Fache, qui fait aussitôt arrêter Leigh : il a identifié qu’il avait un rapport avec les meurtres grâce à son téléphone, dont le numéro apparaissait dans les appels passés sur l’appareil d’Aringarosa, qui semble bien mouillé dans les dernières tueries.

 

Sophie pensait que le code était "RoXoR", parce que quand même, Leonard, y roxait grave.

C’est donc libres comme l’air que nos deux compères ressortent de ce bourbier (ah ?) ; Robert explique à Sophie qu’en effet, il a trouvé le code : c’était "Apple", en hommage aux Iphone et à Isaac Newton. Alors oui, le sieur Langdon a bien réussi à sortir le message du cryptex avant de le jeter en l’air pour déstabiliser Leigh. Vous ne vous y attendiez pas, hein, canaillous ? Et le message emmène nos héros (à qui la police ne pose aucune question malgré leurs nombreux délits de fuite, implications dans des affaires louches et autres aventures judiciairement contestables) à la chapelle Rosslyn, en Ecosse. Sophie, qui visiblement, a fêté la fin des emmerdes avec un gros trip au LSD, a des hallucinations dans la chapelle : elle y a des flashbacks d’un jour où ses parents l’y ont emmenée. Et au moment de foncer voir le tombeau où ils pensent que se trouve Marie-Madeleine, un responsable de la chapelle vient les informer que, hé ho, les touristes, on va fermer, merci de sortir. Mais comme tous les touristes relous, Robert dit "oui, oui, 5 minutes".  Hélas, sentant bien qu’il a affaire à deux couillons, le dit responsable suit nos héros discrètement et écoute leurs conversations ; n’en entendant que des bribes, mais sentant que la chose est suspecte, il s’éclipse pour appeler des renforts.

Nos pinpins, eux, découvrent une crypte habilement cachée sous un tapis (un vieil artifice templier) ; mais hélas, elle ne contient plus grand chose, si ce n’est un vieux pot de fleur avec une rose (comme la dernière fois que les templiers avaient feinté ! Souvenez-vous du flashback évoqué au début du film !), et un petit bureau avec des archives… que faire…hmmm… ah, bin, comme on fait depuis le début pour combler les temps morts : on va mettre encore un autre flashback ; cette fois-ci, pendant que Robert mange des buritos en regardant le film de la vie de Sophie, cette dernière raconte comment elle s’est brouillée avec son défunt grand-père : elle voulait en savoir plus sur la mort de ses parents, et a donc fouillé dans ses archives pour voir s’il n’avait pas des informations (c’était un accident voiture contre poids lourd, tu voulais qu’il stocke quoi sur le sujet ? Le pare-choc ?) ; mais en fait, c’est pépé qui a balancé qu’il y avait un truc de suspect en disant "Surtouuuut, surtouuuut Sophie, ne t’intéresse jamaiiiiiiiis à la mort de tes parents, juuuure le moi !" ce qui, vous en conviendrez, n’éveille aucun soupçon. Elle fut ensuite envoyée en pensionnat, et un jour qu’elle est rentrée à l’improviste visiter pépère, elle a surpris un rituel bizarre avec robes noires et masque dorés ou, apparemment, on se mettait en cercle pour mater des gens copulant au milieu. Elle ne lui a quasiment jamais reparlé par la suite.

Sophie, je crois que ton grand-père n’était pas membre du prieuré de Sion, mais plus simplement qu’il réalisait des pornos gérontophiles. Il y a méprise. Tu as juste surpris un tournage. Ce n’est pas sale. Ton corps change.

Robert, lui, ignorant tout de mes perspicaces conclusions, suppose lui que Saunière n’était pas le grand-père de Sophie. Il vient en effet de trouver, dans des archives qui traînaient dans cette crypte réaménagée, moult documents sur l’accident de voiture de la famille Neveu il y a des années. Curieux ! Il semblerait qu’en fait, le prieuré de Sion ait récupéré Sophie après son accident de voiture car…

… elle serait l’héritière tant recherchée, la descendante de Marie-Madeleine et Jésus ! Vous ne vous y attendiez pas, hein, sachant que, je le rappelle, Sophie Neveu est le seul personnage féminin du film (et français, en sus) ! C’est le choc.

 

"Et si je lui pète la nuque, là, maintenant, est-ce qu'elle ressuscitera comme son ancêtre ?"

Quittant la crypte pour sortir de l’Eglise, nos héros tombent cependant nez-à-nez avec une foule bigarrée l’air grave : le prieuré de Sion ! Dans lequel on trouve évidemment une vieille pour expliquer que voilà, ils sont ses protecteurs (d’accord, vous foutiez quoi depuis le début du film alors ? Vous attendiez qu’elle se prenne une balle ?). Et que elle, elle est… sa grand-mère, la vraie ! Oui : ayé, Robert a trouvé la dernière descendante de Jésus, et Sophie, une famille, c’est trop génial. Bon, une ombre au tableau : Jacques Saunière, en mourant, a emporté avec lui le secret de l’emplacement de la tombe de Marie-Madeleine. Impossible, donc, de prouver ADN à l’appui que Sophie est bien la descendante de Jésus : l’Eglise est donc en sécurité, puisque rien ne peut être prouvé.

Tout est il vraiment terminé ? Peut on laisser un dernier mystère non résolu ? Non ! De retour à Paris, un soir, en se rasant, Robert réfléchit… et s’il avait mal interprété la dernière énigme ? Et si elle voulait désigner autre chose que la chapelle Rosslyn, qu’il s’était trompé ? Oui ! Ni une, ni deux, il réfléchit, la relit, et y découvre un autre sens : Marie-Madeleine est enterrée… sous la pyramide du Louvre ! Ce dernier et terrible mystère étant résolu…

FIN !

Aaaah ouais, et donc, la chapelle Rosslyn où vous êtes allés et où tout le monde vous attendait, en fait, c’était juste une incroyable coïncidence, non ? Ou bien était-ce parce que tout le monde connaissait la MÊME énigme et avait fait la MÊME erreur au moment de l’interpréter, expliquant ainsi que vous vous soyez retrouvés au même endroit ?

Attendez, et ça a été un succès mondial ? Des gens sont venus visiter l’Europe lors de "Da Vinci Tours" pour voir les lieux clés de l’intrigue ?

Vous voulez dire qu’on peut se faire un pognon fou même en écrivant n’importe quoi ? Vite !

Chapitre V : "Stratégie" : "Maria décida alors de préparer du riz pour mieux pouvoir manger du chorizo sans pourrir son transit"

A moi, la fortune !

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