"Candidat suivant !"

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

"Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir !"

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

"En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ?"

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

"Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon."

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de "cambrioleur" parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique "Affiche en feu, film tout foireux".

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

"Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle !"

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement "bâton"), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

"Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree."

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression "coup de grisou", parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

"Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire "mmm" pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite !"
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit "je connais une maison non loin", il faut comprendre "à moins de 1200 kilomètres" (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

"Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte."

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison "Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !"), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

"Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit "haras" !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien."

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler "Le Nécromancien", à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer "la guerre qui approche". Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit "Les Balkany" a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson "Gandalf a les chocottes" commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié "surtout, ne perdez pas le sentier", évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire "Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné" ? Non, non, comme vous y allez.

"Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer !"

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

"Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent "ta mère" ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi !"

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

"Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains."

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : "Dard" (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait "Bâtard") . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

"Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou !"

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien ("Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !"). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

"Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain !"

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

"Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ?"

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

"Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas…"

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence "Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas." Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme "Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière". L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

"Soit ! J’accepte !" dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

"Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ?" me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

"Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?"

C’est exactement ça.

"Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?"

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

"Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là."

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire "Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même !" (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient "Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?". Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

"Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros."

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

"Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… "Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon", tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête."

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes "le jour de Durin", un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), "la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure". Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle "Regardez !" et que Thorin commente sa découverte par un "Vous avez de bons yeux maître Sacquet !"

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

"C’est fini." s’exclame donc Thorin. "Nous avons échoué. Partons.". Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, "la dernière lueur du jour de Durin" ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres ("Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !"), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que "cambrioleur" de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que "Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil", ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant "Mmm, il y a comme une odeur…" (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

"Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu !"

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

"Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con !"

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"Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver !"

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de "Gandalf a les chocottes". C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à "HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ?" (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : "C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action." On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme "Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !".

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

"Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone !"

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

"Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non…"

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"Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein !"

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être "SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !", mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller "activer une manette de la forge". Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé "Tolkien ackbar !" avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un "sang-mêlé" (oui, même le terme de "demi-dieu", puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le "camp des sang-mêlés" et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme "Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?". Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

"Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir !" s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme "Naooooon, Thaliaaaa !", "Hooo c’est trop triiiiiste !" ou "Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !".

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

"Zut", se dit Percy. "Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds." utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

"Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters."

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

"S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?"

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots "trilogie du samedi" vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

"C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !"

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

"RON !" s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

"Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF !"

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Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! "Mais par qui donc ?" se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

"Par Luke !" s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

"Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- "Ce film sera nul à chier jusqu’au bout" ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit."

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme "Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé" ou "Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va." Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

"Intéressant." se dit Percy. Avant d’ajouter "Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! "Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal." Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !".  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

"Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie !" 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

"Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?."

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

"Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit !"

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme "Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde", le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

"Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas." Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de "normalité" grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la "mer des monstres", plus connue chez les humains comme "le triangle des Bermudes" (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

"Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique !"

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

"Cacaboudin !" s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! "Double cacaboudin !", ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  "Sûrement des alliés de Luke", constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  "Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu !" complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

"Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !". Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

"M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée "La Misou-Misou"
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien !"

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Après "Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent", retrouvez Hermès dans "Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin". Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit "Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe."  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! "Rhooo, le chouchou !" grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du "Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques" puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

"Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était !"

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

"Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha !"

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux "[FILS2RMS]Pr0uT_23" qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! "Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ?"

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme "Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho !", Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

"Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants !" s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

"Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même."

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

"Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION."

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

"Tyson, tu es vraiment une grosse merde", aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage "attachant". Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : "Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies") en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

"Hooo, bin c’est pas banal !" se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

"Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur."

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

"Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser !"

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

"Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème !"
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est "Circéland" (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : "Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer!"

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire "Houhouuuu Polyphèèèèèème !" avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient "un gros trou" – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

"Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf."

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

"Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas !". Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier "Vas-y Percy, t’es le meilleur", le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est "Gnééé, gna brille !"

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

"Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord."

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de "Tu es mon frère, je t’aime", "C’est bon d’avoir quelqu’un", "Le pouvoir de l’amitié est le plus fort" et autre "Je t’apprécie même si tu es un peu con". Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

"Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki."

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme "Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie !" jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme "C’était une belle aventure", "Je vais mourir" ou "Milla Jovovich" (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme "Uuurgaaargl" et meurt.

"Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait", se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à "Action ou Vérité"…

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur "Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras !" Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

"Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl."

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Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

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Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

"Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.""

Je crois que nous n’avons pas la même notion de "privilégier le scénario".

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.

Un jeune garçon qui ne connait pas la vérité sur sa parenté et qui vit dans une famille qui le malmène découvre un jour qu’il est doué de pouvoirs fabuleux et qu’il y a un endroit secret dans son pays où les gens comme lui peuvent recevoir une éducation pour mieux maîtriser leurs aptitudes surhumaines. Voilà le pitch d’une série de plusieurs romans représentant chacun une année de la vie du héros qui…

Quoi ? Mais non, ce n’est pas Harry Potter. C’est Percy Jackson, toutes ces ressemblances ne sont que coïncidences, évidemment. Ça n’a rien à voir avec une vieille ruse commerciale pour écouler des livres.

Et Percy Jackson, ça fleure bon le grand roman ; aussi, lorsque l’adaptation cinématographique se présenta dans les salles obscures, je ne fus guère étonné de trouver Satan devant ma porte soucieux de m’emmener découvrir cette fantastique saga. Quel tentateur. Ne tergiversons cependant pas plus longtemps et spoilons !

L'affiche : je crois que tout est dit

Tout commence lorsque Poséidon, le célèbre dieu des océans sort des eaux pour se rendre à New York, au sommet de l’Empire State Building. Là-haut, son frère Zeus l’y attend (il aime bien New York, la Grèce étant en crise, autant se barrer, le mont Olympe c’est ringard en 2010) et lui désigne le ciel : celui-ci est en effet empli de nuages d’orages, mais qui ne pondent aucun éclair. Zeus l’explique simplement : quelqu’un lui a tiré sa foudre. Et s’il trouve le gitan qui a fait ça, ça va barder pour son matricule. Or, comme les dieux ne peuvent pas se piquer leurs pouvoirs entre eux, il soupçonne fortement un enfant d’un dieu et d’une humaine. Aussi accuse t-il comme ça, au pied levé, Percy Jackson, fils de Poséidon et d’une américaine lambda.

Poséidon l’a un peu mauvaise, parce qu’il est certain que son fils n’aurait jamais pu faire un truc pareil, mais Zeus s’en moque : il donne au dit Percy jusqu’au solstice d’été, 14 jours plus tard, pour lui rendre sa foudre, sinon ce sera… la guerre entre Zeus et Poséidon ! Rien que ça.

Vous noterez que Zeus est une andouille : non seulement il accuse comme ça, hop, sans preuves, on ne sait pas trop pourquoi, Percy Jackson, mais en plus il ajoute que si on ne lui rend pas sa foudre, il déclarera la guerre. D’accord, mais justement, la guerre tu la feras comment sans ta foudre, gros malin ? C’est ballot, mais Zeus n’y a pas pensé. Et Poséidon ne relève pas, pas plus que les auteurs de cette formidable base scénaristique. Et pas plus non plus qu’il ne dit à Zeus "Bin pourquoi tu ne vas pas lui demander directement ?" ou pire demande sur quelles bases il l’accuse. Ca commence fort.

Pendant ce temps, au fond d’une piscine, dans un lycée des Etats-Unis d’Amérique, Percy Jackson, adolescent moyen à la coupe de cheveux tout aussi médiocre tente de battre son record d’apnée, et arrive sans trop se forcer à 7 minutes, ce qui impressionne son pote black qui le chronomètre, Grover (quel beau prénom). Percy, explique que son secret, c’est que "sous l’eau, il se sent bien" et que c’est "le seul endroit où il peut réfléchir". En effet, sitôt au sec, la réflexion de notre héros devient somme toute assez limitée, au même titre que le bigorneau. Mais je n’en dis pas plus : nous constaterons bien assez vite que notre héros a les capacités intellectuelles de ce fabuleux gastéropode.

Percy Jackson n’a pas une vie facile en tout cas : sa mère qu’il adule vit avec Gaby, un beauf qui s’en sert d’esclave maison. Quant à son véritable père, Percy ignore tout de lui. Et pour ce qui est de sa vie scolaire, notre héros a peu de chance : il est dysléxique (ha !) et hyperactif (Ho mon dieu, non ! Nous parlions déjà de cette combinaison du Malin en ces lieux), son lycée est tout pourri et en sus, son meilleur ami Grover joue lui aussi de malchance puisqu’il ne peut se déplacer sans béquilles. Pauvre Percy Jackson…

Un jour, une nouvelle enseignante d’anglais arrive au lycée, Mme Dodz. L’air aussi sympathique qu’un Charles Pasqua un jour de procès, elle se présente rapidement et interroge d’entrée de jeu son premier élève : Percy Jackson. Celui-ci n’arrive pas à répondre à la question qui lui est posée, mais ce n’est pas le principal : à aucun moment il ne se dit "Tiens, c’est marrant, elle vient à peine d’arriver, c’est son premier jour et elle connait déjà mon nom prénom et visage". Quel gentil gastéropode.

Le véritable père de Percy Jackson, au vu de son intellect. On reste dans l'idée qu'il est un enfant de la mer.

Quelques temps plus tard, la classe de Percy est emmenée au musée pour parler de mythologie devant des statues grecques. Sur place, un professeur en fauteuil roulant, Pierce Brosnan (qui visiblement avait besoin d’un film pour manger) présente les différents dieux et leurs histoires respectives. Percy, lui ne comprend pas pourquoi Mme Dodz le fixe en permanence avec un air revêche. Il trouve ça étrange, surtout qu’elle n’est pas vraiment de son âge. Bon, à aucun moment, il ne se dit "c’est peut-être parce que j’écoute ostensiblement mon baladeur au lieu d’écouter le cours", et il a raison, car ce n’est effectivement pas ce que le scénariste considère comme logique (il devait écouter son baladeur durant les cours d’écriture, visiblement): la professeur d’anglais invite finalement Percy à le suivre pour discuter dans une aile du musée en cours de travaux (mais dont l’accès est évidemment ouvert quand même). Là, elle se transforme instantanément en créature volante monstrueuse, et choppe l’ami Percy pour lui demander "Où est la foudre, donne la moi, voleur !"

Percy est fort surpris de cette rencontre peu banale, mais est sauvée par l’arrivée de la brigade des jambes bras cassés : Grover et Pierce Brosnan, l’un sur béquilles et l’autre sur roues. Le professeur menace la créature ailée de mille maux type "Si je m’lève ce sera pas pour rien", "Vas y descend pour voir" et autres "Casse toi pauv’ con", et celle-ci finit par s’enfuir au travers d’une baie vitrée en relâchant le pauvre petit Jackson, un peu tourneboulé par les évènements. Sur ces entrefaits, l’homme à roulettes et l’homme à béquilles qui semblent bien se connaître expliquent à Percy qu’il est en danger (Bonjour Monsieur de La Palisse, comment allez vous ?), et que s’il est menacé, il faut qu’il utilise cette arme pour se défendre, disent ils en lui tendant un stylo bille doré. Percy est un poil dubitatif, mais accepte le présent et file hors du musée accompagné par Grover.

A noter que ce doit être le musée le mieux insonorisé du monde : tu peux t’y battre, hurler, péter des baies vitrées à cinq mètres d’une galerie pleine de visiteurs, personne n’entend rien. Il faudra que je pense à m’y rendre un de ces jours, il me manque quelques pièces antiques pour décorer mon patio.

Revenons à nos amis : Grover et Percy se dirigent vers l’appartement familial du sire Jackson, et sur le chemin, le plus formidable des copains blacks explique à Percy qu’il est son "protecteur". Avant que notre héros ne puisse lui faire remarquer qu’il n’est pas intéressé par ses allusions gays, ils arrivent à destination. Sur place, Grover dit à maman Jackson qu’il est temps de filer en urgence, que Percy n’est plus en sécurité, et elle semble parfaitement comprendre ce qu’il se passe. Gaby, son mari, tente de s’interposer mais se fait tataner à coups de béquilles. Toute la troupe mère, fils et meilleur ami black peut donc filer en voiture vers une destination inconnue de Percy mais pas des deux autres.

Alors que la nuit tombe, la voiture longe de verts pâturages, où l’on peut apercevoir une silhouette cornue massive au milieu des vaches : c’est évidemment le minotaure, qui tout bovin qu’il est n’en est pas moins mâle et a un fort besoin d’accouplement avec les meuhmeuhs locales. Cependant, apercevant la voiture de Percy Jackson, il attrape la vache avec laquelle il s’accouplait vertement et la propulse au devant du véhicule. Cela surprend maman Jackson qui du coup quitte la route et fait une embardée dans le fossé.

La vache, un projectile redondant au cinéma

Personne n’est blessé ? Non. Percy aperçoit au-dehors le minotaure qui se rapproche promptement de la voiture, et commence à brailler comme un âne. Heureusement, à l’arrière, Grover décide qu’il est temps d’agir, et vite ! Il commence donc à retirer son pantalon, probablement pour tenter d’avoir un peu de plaisir avec Percy avant de mourir.

Sauf que non, en réalité il dévoile ses vraies jambes : des pattes de bouc : c’est un satyre. Et ni une ni deux, il s’extraie de la voiture, aide tout le monde à s’en sortir, et file en direction des bois avec la famille Jackson. Sauf que le minotaure n’abandonne pas pour autant et poursuit tout ce beau monde. Coup de chance, la destination tant recherchée par nos héros n’est qu’à deux pas au cœur de la forêt (ça tombe bien quand même, heureusement qu’ils n’ont pas été attaqués une centaine de kilomètres avant) : une porte de style antique au-dessus de laquelle il est inscrit "Camp des sangs-mêlés". Et autant Percy et Grover peuvent y entrer, autant maman Jackson qui est 100% humaine se retrouve bêtement bloquée par une barrière invisible à la porte.

C’est ballot, surtout lorsque l’on sait que le minotaure débarque et pète sa gueule à la dite maman. Percy est donc un peu colère, refranchit la porte en sens inverse, sort son stylo bille (qui se transforme instantanément en épée) et commence à affronter la bête avec moult pirouettes. Il finit par la battre en le plantant avec un bout de ses propres cornes tombé durant la bataille (oui, avec une épée, c’est la vieille école). Un peu fatigué après toutes ces aventures, et sachant qu’il n’a pas goûté aujourd’hui, il s’évanouit donc mollement sur ces entrefaits.

A son réveil, Percy est dans une sorte d’infirmerie kitsch de plein air : celle du camp des sangs-mêlés. A son chevet, son pote Grover le satyre l’attend pour lui faire visiter le secteur. Décrivons brièvement à quoi cela ressemble ; vous avez déjà vu un épisode de ces sous-séries type "Les nouvelles aventures de robin des bois" ou "Sinbad  le marin" ? Mais si vous, savez, où toutes les couleurs (vêtements, armes, tentures) sont fluos et moches ! Et où les gens qui se battent utilisent des tonnes d’armes avec lesquelles ils coupent tout sauf leurs adversaires, puisque ils ne leurs donnent que des coups de poings/pieds/pommeau… bref, les combats parfaits pour les enfants ! Et bin voilà, c’est ça le camp des sangs-mêlés. Le tout au bord d’un lac, dans une herbe fabuleusement verte avec dans tous les coins des râteliers d’armes diverses en plastique pour faire illusion.

Bref, au cœur des Etats-Unis, il existe un camp d’entrainement pour les demi-dieux grecs. Normal.

Depuis James Bond, quelle décadence. Bientôt la Ferme Célébrités.

Dans ce camp, outre Grover, Percy retrouve un autre personnage : Pierce Brosnan, qui est en fait Chiron, le célèbre centaure, un corps de cheval étant tout de même plus pratique qu’un fauteuil roulant. Celui-ci présente à notre héros la maison qui lui revient au sein du camp : une sorte de cabane en bord de lac pleine d’objets marins et de tridents partout… Percy se demande bien qui est son père… voyons… hmm… et si… hmmm… oui… serait-ce Poséidon ? Bravo Percy, tu es décidément trop fort.

Mais ce camp, c’est aussi celui de l’amour et des petits bisous, puisqu’il y a aussi la fille d’Athena (une déesse vierge, rappelons-le, magie des miracles divins), Annabeth Chase, qui jette des regards torrides à notre héros. Ainsi que des centaines d’autres demi-dieux (rien que dans ce camp des Etats-Unis). Ce qui signifierait donc que Zeus aurait non seulement accusé Percy Jackson sans preuves, mais aussi au pif parmi des milliers de candidats potentiels sur la planète. Diantre, heureusement qu’il est dieu de l’Olympe et non officier de police.

Pendant que Grover s’amuse avec les nymphettes du coin (satyre black, une combinaison qui fait rêver), Chiron propose à l’ami Percy de participer à l’entrainement quotidien de la troupe : deux équipes (les bleus aveuglants contre les rouges pétards) doivent s’affronter jusqu’à ce que l’une d’entre elle capture le drapeau de l’autre. Notre héros rejoint donc les bleus, où il devient copain avec Luke Castellan, le fils d’Hermès. Après une baston où tout le monde essaie de s’entretuer mais où au final, par d’incroyables coups du destin, encore une fois seuls les coups de poings/pieds/pommeaux touchent (heureusement, ils en ont de la chance, parce que sinon ils en seraient à 12 à 18 morts par jour dans ce camp), Percy arrive au drapeau ennemi où l’attend Annabeth, la fille d’Athéna de l’équipe rouge. Ils s’affrontent, elle lui marave sa gueule avec de petits coups d’épée (c’est la seule à toucher quelque chose avec) et lui fait de petites coupures, mais c’est là que l’ami Jackson découvre l’un de ses grands pouvoirs : il se régénère au contact de l’eau.

Il ne s’en était jamais rendu compte jusqu’ici ? Jamais il ne s’était passé une petite coupure ou un bobo sous l’eau ? Non, pas d’après l’auteur de cette merveilleuse histoire. Sacré Percy Jackson.

En tout cas, frais et régénéré, notre héros revient à la charge, bat la petite Annabeth au combat s’empare du drapeau rouge et tout le monde est content, c’est merveilleux. A noter que d’ailleurs, on a appris d’où venait la dyslexie et l’hyperactivité de Percy : la première, c’est parce que son cerveau est conçu pour le grec ancien (que du coup il sait lire), et l’autre parce qu’il a un puissant instinct, ce qui explique ses capacités au combat sans jamais avoir appris à manier les armes. D’accord, c’est bien noté.

"Chui pas dyslexique, chui un putain de dieu grec !"

Chiron, lui, a appris à notre demi-dieu pourquoi il semblerait que tout le monde lui en veuille : il est accusé d’avoir volé la foudre de Zeus (mais ne se pose pas non plus la question du "C’est marrant qu’ils t’accusent tous sans savoir pourquoi, on dirait que quelqu’un a oublié la base du scenario !"). Le centaure, qui est aussi sage qu’un cheval peut l’être, explique à notre bon héros que la meilleure manière de se sortir de ce bourbier est de se rendre sur l’Olympe pour expliquer à Zeus que "Vas-y c’est pas moi qu’est-ce que tu me dis, nardin !". Excellent plan, centaure.

Sauf que lorsque la nuit tombe sur le camp, un évènement peu banal se produit alors qu’Annabeth et Percy se dragouillent gentiment ("Vivement que la puberté soit finie !") : Hadès, le dieu des enfers apparait dans les flammes du feu de camp sous la forme d’une sorte de super démon cornu et ailé géant, et exige que Percy Jackson se présente à lui aux Enfers pour lui donner la foudre qu’il a volé ; en échange, il lui rendra… sa mère.

Percy est tout fou : il va revoir sa maman, youpi. Sauf qu’il n’a pas la foudre de Zeus, flûte. Il se dit que bon, il suffira d’aller aux Enfers expliquer que voilà, tu vois Hadès, en fait c’est pas moi qui l’ai, la foudre. Par contre, je veux bien que tu me rendes ma mère, ce serait cool. Là aussi, un plan formidable, presque aussi bien que celui de Chiron. Ou de Françoise l’huître.

Ni une ni deux, le petit Percy s’en va pour quitter le camp équipé de son fidèle stylo-épée, et croise sur son passage Annabeth et Grover, qui veulent tous les deux l’accompagner. Chemin faisant, ils croisent Luke, le fils d’Hermès donc, qui se propose de les équiper gentiment en matos pour aller jusqu’aux Enfers. En effet, il a piqué pas mal d’équipement un jour qu’il cambriolait chez son père (les dieux n’ont pas le droit de fréquenter leurs enfants demi-dieux, autant dire que Luke n’était pas invité) : il leur donne donc une paire de converses volantes (oui…), un superbe bouclier et une explication sur comment aller et revenir des Enfers.

En effet, dans le sous-monde, on peut entrer mais guère sortir : heureusement, Perséphone, l’épouse d’Hadès, aime bien avoir des "visiteurs" , aussi donne t-elle des perles qui, une fois écrasées, permettent à leurs utilisateurs de se téléporter où ils le souhaitent loin des Enfers. Nos amis décident donc d’un plan : récupérer trois perles, ainsi ils pourront aller chez Hadès et en revenir. Ho les enfants, vous allez y chercher quelqu’un, il vous faudrait donc quatre perles, et non trois, pour ramener la personne en question, sinon ça ne sert à rien d’y aller. Mais nos héros n’y pensent pas, c’est bête.

Dans tous les cas, Luke leur donne une "carte de Perséphone", qui permet de localiser les "trois perles aux Etats-Unis" avant de donner l’entrée des Enfers. Alors déjà que ça tombe bien qu’il y ai trois perles (puisqu’ils pensent qu’il leur en faut trois, quelle merveilleuse coïncidence), en plus visiblement quand Perséphone fait une carte, elle met bien les limites administratives du pays en question. Peut-être y a t-il des perles en supplément, plus proches, au Canada ou au Mexique ? Non, non, la carte ne le dira pas, parce que tu vois, Perséphone, elle a pas de passeport alors elle ne peut se limiter qu’aux USA, tu vois, sinon elle finira dans un charter pour son pays. Allons bon.

Décapiter une méduse ? Oui, il y a aussi une application pour ça.

La carte indique donc la première perle : un vieux magasin de botanique abandonné dans l’Est du pays. La petite troupe s’y rend, et sur place, il y a une quantité de statues absolument remarquable. Toutes dans des positions relativement torturées. Nos héros, un peu cons, décident donc que pour trouver la perle plus vite, autant se diviser en trois groupes de un. Et hop, en route. Percy ne trouve rien, Grover tombe sur la statue de son oncle dont il se souvient car on lui avait dit que la méduse l’avait tué (ça le fait donc réagir un peu) et Annabeth trouve une touriste hurlant qu’une femme a transformé son mari en pierre, alors qu’ils étaient venus demander leur chemin. Tout le monde se met donc à crier "La méduse, la méduse !" et Uma Thurman, qui tout comme Pierce Brosnan devait manquer de liquide apparait donc tout en turban et lunettes de soleil. Ni une ni deux, elle transforme la touriste en pierre, et avant qu’elle n’aie le temps de s’occuper d’Annabeth, Percy intervient (il la regarde dans le reflet de son Iphone – publicité subtile – ) ; finalement, la méduse sera vaincue, décapitée, et dans le doute, nos héros garderont sa tête avec eux, parce que ça peut toujours servir ce truc. Sur le corps de la filoute, ils récupèrent la perle, qu’elle avait pour des raisons que l’on ignore totalement.

Ni une ni deux, nos héros sont pressés et reprennent donc la route en consultant leur carte qui leur indique que la prochaine perle les attend au Parthénon de… Nashville. Le mauvais goût ne connait donc aucune frontière ? Il semblerait que non. Seulement voilà, une fois sur place, la perle est rapidement localisée, mais fort mal située : elle orne la couronne de la statue géante d’Athéna, à 5 ou 6 mètres du sol. Comment faire avec tous ces touristes ? Cela promet d’être compliqué… non, non, n’oubliez pas : la fille d’Athéna est dans l’équipe et a donc forcément des talents inégalés de sagesse et de stratégie : elle propose donc de s’enfermer dans les chiottes jusqu’à la fermeture du "parthénon" (c’est connu, ce n’est pas du tout le premier endroit vérifié par les gardiens) et d’agir lorsque le site sera vide. Evidemment, le plan marche sauf que… sauf que cinq agents d’entretien sont en train de nettoyer la salle principale, impossible donc d’agir discrètement ! Que faire ? Annabeth a encore un plan (mais faites la taire avec ses plans !) : étourdir tous le personnel à l’aide de seringues de tranquillisants. Tour à tour, les agents s’effondrent bruyamment dans des "Hoooo" et des "Haaaa" suivis de bruits de chutes de corps et d’outils de nettoyage, mais aucun membre de l’équipe n’entend son voisin situé à un mètre tomber. Décidément, dans ce film, tous les sites "culturels" (non parce qu’on parle d’un parthénon en toc là, donc les guillemets sont les bienvenues) sont formidablement insonorisés. Bref, le plan a fini par marcher. Remarquez, il existait un autre plan possible intitulé "L’équipe de nettoyage va pas passer 12h à lustrer le sol, on a qu’à attendre leur départ", mais ils n’y ont pas pensé, c’est dommage. En tout cas, grâce à sa paire de babouches volantes prêtées par le fils d’Hermès, Percy a tôt fait d’aller décrocher la perle du front d’Athéna.

Hélas, en redescendant sur terre, il découvre que l’équipe de nettoyage, qui aurait du dormir trente minutes environ est d’ores et déjà debout et prête à en découdre. En plus, les cinq personnes qui la composent se mettent à parler ensemble d’une seule voix d’outre tombe (on dirait Jeanne Moreau, en fait) pour expliquer qu’ils comptent bien tuer Percy Jackson. Puis, ils fusionnent et se transforment en une hydre à cinq têtes. Le combat s’engage, et grâce à ses babouches volantes une fois encore, Percy coupe chaque tête tout en se protégeant de son bouclier über-classe (encore un gadget de son pote Luke). Évidemment, à force d’écouter son Ipod en cours de mythologie, il ne se souvient pas que quand tu coupes une tête à une hydre, deux repoussent. Le combat se poursuit, et notre héros finit par se souvenir (pendant que ses deux copains font de la figuration) qu’il est le fils de Poséidon et devrait donc pouvoir commander à l’eau ; il invoque donc l’eau des bidets environnant (c’est ce qu’on appelle "avoir la classe") à son secours pour perturber l’hydre, mais finalement, c’est Grover qui a l’idée ultime pour tirer ses potes de ce mauvais pas "Hé les gars, j’ai oublié que j’avais la tête de la méduse dans mon sac à dos, maintenant que j’y pense on aurait pu l’utiliser d’entrée de jeu si on était un peu moins navrants". Et à peine cette idée a t elle germée que la tête est brandie et l’hydre transformée en pierre. Hop, fin du combat.

L'hydre de Nashville, USA. Rentre chez toi, Nessie !

Il est donc grand temps de reprendre la route, pour quelle destination ? Le Casino du Lotus, à Las Vegas. En effet, le lieu semble mystérieux (enfin, pour le spectateur moyen, nos héros, eux, ne remarquent rien), puisque l’on peut y entrer en courant, en jean et sac à dos de lycéen et personne ne dit rien. Etrange… En tout cas, la priorité de nos fieffés filous est de trouver la perle dans cet immense bazar. Oui, mais comment ? Tiens, si je mangeais une de ces fleurs de lotus que des hôtesses proposent à tous les passants ? Allez, hop et… ho… je me sens… bizarre…

La troupe vient en effet de tomber dans un piège terrible, celui des lotophages (mangeurs de lotus, pour le jeune public qui pourrait confondre avec les gens qui mangent des papiers de la Française des Jeux) ; une fois le lotus consommé, on a plus envie de repartir… jamais… ainsi, durant 5 jours, nos héros font la fête (on voit surtout le satyre danser avec de jolies filles, jamais ce qu’il se passe après), avant que Percy ne réalise qu’il y a un problème (alors que la fille d’Athéna, la sagesse, tout ça, rien du tout) : en effet il entend dans sa tête une voix qui lui dit "Non, ne reprend pas de lotus, tu sais bien que tu le digères mal". La voix de son papa, qui doit probablement payer la note du casino et ainsi essayer d’éviter la faillite. De là, Percy tente de réveiller ses deux amis à l’aide d’arguments comme "Houlala c’est trop louche ici" mais ceux-ci se contentent de lui répondre "lol" ou "mdr". Il convient donc de les secouer un peu pour qu’ils retrouvent leurs esprits, puis il n’y a plus qu’à trouver la perle qui…

Non, pas comme je le suppose. Pas un truc aussi ridicule ?

Et bien si : la perle sert dans le casino à jouer à la roulette. C’est vrai quoi, vous tombez dans la rue sur une perle qui permet de ressortir instantanément des Enfers si jamais vous vous y retrouviez (par exemple si vous étiez vaguement mort), qu’en faites vous ? Tiens, je vais m’en servir pour jouer à la roulette. Il y avait d’autres options : pour caler une table, pour jouer aux billes ou même pour lapider Christine Bravo. Que de possibilités fabuleuses quand on y pense. En tous les cas, Percy Jackson se saisit de la perle, et la sécurité se met aussitôt en action en constatant que l’un des clients de l’hôtel est "réveillé" : il est grand temps de partir, et c’est donc à bord d’une voiture qui devait servir de gros lot à un jeu que notre équipe s’enfuit (oui, les modèles de voiture d’exposition sont toujours fonctionnels, équipés d’un plein et placés en face de la porte avec les clés sur le contact et les portières ouvertes, des fois que).

Les tenues pour aller au casino laissent à désirer

Les trois perles en main, que faire ? Il faut désormais trouver l’entrée des Enfers… et la carte de Perséphone la révèle aussitôt : elle se situe à Hollywood. Non, je n’invente rien. Derrière les grandes lettres installées sur la célèbre colline, une petite entrée permet d’accéder aux Enfers, ce qui explique l’attrait des stars pour ce secteur si pittoresque, comme je les comprends. L’accès aux Enfers est une sorte de long couloir de catacombes au bout duquel attend un homme encapuchonné avec une barque. Mais qui cela peut-il bien être ? Aucun de nos valeureux héros ne le sait (alors que dans le tas il y a un satyre et la fille d’Athéna, qui pourraient éventuellement s’y connaître un brin en mythologie, mais non). Aussi ils décidément finalement que tiens, ils pourraient lui filer du fric pour qu’il les laisse passer ! Sauf que le bougre n’accepte ni les dollars, ni les roubles et les dinars. Ne disposant ni d’euros ni de pesetas, nos héros fouillent leurs poches et… ho ? Tiens ? Des drachmes d’or ! C’est vrai, ils en avaient trouvé une poignée dans une petite fontaine sur le lieu où ils avaient combattu la méduse. Qu’est-ce que des drachmes en or foutaient en plein milieux des Etats-Unis au fond d’une fontaine ? Ne me demandez pas. C’est comme l’entrée des Enfers à Hollywood, je préfère ne pas chercher. En tout cas, une fois les pièces en main, le mystérieux passeur (au hasard j’aurais dit Charon, mais je ne suis pas fils d’Athéna alors je ne vais pas me prononcer) fait monter l’équipe dans sa barque et les emmène dans les Enfers.

Les Enfers, c’est très loin de la vision grecque. Pas de philosophes en goguette, point de Champs-Elysées, juste des fosses en flamme avec des gens qui crient façon chrétienne, avec au milieu, un immense manoir fortifié : le domaine d’Hadès. A peine débarqués, nos héros sont accueillis par Perséphone, qui est ici une dépressive nymphomane à forte poitrine qui hait son mari. Celle-ci emmène les arrivants auprès de son compagnon, qui a ici son apparence humaine, celle d’un barbu moche façon Hell’s Angel anorexique. Il demande donc aussitôt à Percy Jackson de lui filer l’éclair en échange de sa mère.

"Ouais, heu, nan, vazy trop pas"

Excellent argument, fils de Poséidon, tu marques un point. Tu n’aurais pas une phrase bateau (humour : Poséidon, mer, marins… bon, j’enchaine) pour ponctuer tout ça ?

"Ma mère d’abord !"

Merci. Sauf qu’Hadès, il veut l’éclair d’abord ; Percy explique donc posément que l’éclair, en fait, ha ha ha, il l’a pas. Par contre, si le maître des lieux voulait bien libérer sa môman…Sauf qu’Hadès refuse : pas d’éclair, pas de maman, et ça l’énerve tellement qu’il… qu’il libère la mère Jackson en brisant la sphère qui retenait son esprit prisonnier sur le sol, et dont elle jaillit instantanément en chair et en os. Attendez, mais pourquoi dit il quelque chose avant de faire le contraire dans la seconde ? Aucune réponse ne viendra dans le scenario, on comprend juste qu’Hadès fait le minimum syndical pour aider le héros sans montrer que tout cela est totalement incohérent.

Hadès : notez la ceinture squelette du meilleur goût

Cependant, histoire de montrer qu’il est méchant, Hadès décide de livrer les désormais quatre invités de son palace aux âmes affamées, qui attendaient patiemment dans la cheminée sous forme de petits personnages enflammés. Dans la pagaille qui s’ensuit, Percy laisse tomber son superbe bouclier dont une pièce se détache et laisse paraître… un petit éclat de foudre. Tiens donc ?

"Vazy c’est pas à moi qu’est-ce tu m’fais, il est même pas à moi ce bouclier" dit Percy ; on se croirait lors d’une fouille des stups.

Hadès s’en empare aussitôt, et désormais certain qu’il va pouvoir latter tous les autres dieux avec cette arme, la plus puissante de toute la création, décide de faire un câlin à sa femme pour fêter ça (c’est une pratique connue : tu trouves une arme, tu fais un câlin. Ca rend la guerre moins sale). Mais cette dernière en profite pour s’emparer de l’éclair et ainsi neutraliser Hadès (enfin l’assommer, il faut que ça reste gentillet) ; elle libère alors les quatre héros qui étaient en mauvaise posture et leur demande de rapporter rapidement son éclair à Zeus, car elle veut à tout prix éviter une guerre des dieux. Cependant, elle note que Percy et ses potes n’ont emmené que trois perles et qu’ils sont quatre. C’est donc Grover qui se sacrifie, tant il comprend que rester bloqué avec une nymphomane aux formes agréables peut avoir des avantages. Les autres, eux, brisent les perles sous leurs pieds en pensant très fort à se téléporter sur l’Olympe. Pouf pouf, téléportation.

L’équipée sauvage (Maman Jackson, fils Jackson et Annabeth) se retrouve donc sur… l’Empire State Building ? Attendez, les Enfers à Hollywood et l’Olympe sur l’Empire State Building ? On ne frôle plus le ridicule, on se roule dedans en poussant de petits cris de jouissance, semble t-il. Hélas, sur place, le véritable voleur, celui qui avait volé la foudre et qui l’avait cachée dans un bouclier les attend : Luke, le fils d’Hermès.

"Luke ? Mais pourquoi avais tu caché la foudre dans ce bouclier que tu m’as donné ! Et pourquoi l’avoir volée, en premier lieu ?"

Excellente question, je frémis d’impatience de connaître la réponse.

"Quand j’ai appris que tu allais voir Hadès, je me suis dit qu’ainsi sans le savoir tu lui porterais la foudre, déclenchant ainsi une guerre entre les dieux ! C’est ce que je voulais ! Que les dieux se battent !"

Sachant que tu avais la carte de Perséphone pour localiser les Enfers et les perles pour en revenir, on se demande pourquoi tu t’es emmerdé avec ton plan foireux mon petit Luke. En plus, tu aurais sûrement pu négocier une grosse récompense contre la foudre, donc tu es juste très con, en fait.

L'Olympe. Oui, je sais.

"C’est très vilain ! Vilain Luke ! Vilain !"

Hélas, Luke est un fieffé filou et il arrive à reprendre la foudre à Percy Jackson. Aussitôt, il décide de révéler quel était son plan maléfique (mais ? Je croyais qu’il venait de le faire à l’instant ?)

"Je voulais la foudre, Percy ! Avec elle, je pourrai vaincre les dieux ! Et ainsi créer un ordre nouveau, mon ordre, celui d’un demi-dieu, fait à mon image !"

Attendez, mais le plan était différent il y a encore trente secondes ! Il ne voulait pas filer la foudre à Hadès, même que c’est pour ça qu’il l’a bêtement cachée dans un bouclier voyageant vers les Enfers au bras de Percy Jackson ? Bon, là ce n’est même plus incohérent, c’est juste n’importe quoi. Le combat s’engage cependant entre Luke & Percy, volant au-dessus de New-York chacun équipés de chaussures volantes d’Hermès. Après mille et un rebondissements, c’est mystérieusement Percy qui gagne en invoquant toute l’eau des réservoirs des toits de la ville environnants et en la balançant sur la tronche de son adversaire. Il n’a donc plus qu’à retourner sur l’Empire State Building, où Annabeth et sa mère l’attendent gentiment. Maman Jackson, ça tombe bien, connait le passage vers l’Olympe, mais ne peut y rentrer car elle est humaine. Bon, ne cherchez pas comment elle connait le passage ; même son vieil amant de Poséidon n’avait aucun intérêt à lui montrer, puisqu’elle ne pouvait pas rentrer. Sachez en tout cas que si vous voulez visiter le domaine des dieux, il suffit de jouer avec le tableau électrique de l’Empire State Building. Le fusible "Meet the gods !" entre "Floor 23" et "Floor 24" par exemple est un bon indice de l’endroit où il faut appuyer.

Un ascenseur s’ouvre donc (oui, un ascenseur ; on imagine bien Zeus le prendre le matin pour aller au travail et regarder ses sandales en toussotant aux côtés des autres dieux en écoutant la musique du cru), Annabeth et Percy peuvent donc s’y engager et ainsi être menés jusqu’à l’Olympe, où les dieux regardent nerveusement l’heure : le délai pour rendre la foudre sera expiré dans cinq…quatre…trois…deux…un…

"Attendez !"

Oui, dans ce film comme dans un demi-million d’autres, personne ne peut arriver avec un peu d’avance : c’est toujours au dernier moment. Percy rend donc la foudre à Zeus, la guerre est annulée (je résume : Zeus désarmé menace de guerre, et une fois armé veut faire la paix. Bon…) et Poséidon remercie son fils. Tout comme Athéna salue sa fille. le héros du jour demande simplement au roi des dieux de ramener son pote satyre black des Enfers, parce qu’il lui manque. Et tout est bien qui finit bien : tout le monde se retrouve au camp des demi-dieux, maman Jackson plaque son mari beauf, Gaby, dont la seule utilité était de "masquer par sa puanteur l’odeur de Percy aux êtres mythiques" (c’est pour ça qu’elle restait avec, pour le protéger, c’est beau) et déménage.

FIN

A noter qu’après le générique, pendant que vous en êtes encore à vérifier que vous n’avez rien laissé sur votre siège, l’un de ces bonus sans intérêt (pardon, autant que le film en fait) tant à la mode parait à l’écran : Gaby le vilain veut aller se taper une bière dans son frigo, mais que trouve t-il dedans ? La tête de la méduse, et il connait ainsi une fin atroce.

Quel petit bâtard, en fait, ce Percy Jackson.

 

Le journal de France 2.

Hmmm, qu’il est bon. On aurait pu croire qu’après la suppression de la publicité après 20h, la course à l’audience à coup d’info minable, jusqu’ici très serrée avec TF1 pourrait s’arrêter. D’ailleurs, c’était un des objectifs du projet de loi sur la télévision publique, si je ne me trompe, des "programmes de meilleures qualité" en réduisant "la quête de l’audience". Il faut croire que ce n’est toujours pas entré dans les moeurs.

Prenons une édition fraiche, celle d’hier soir.

Dans l’ordre, on pouvait trouver :

- Un reportage sur la mort de Michael Jackson (on savait déjà qu’il était mort, non ?) dans lequel, on s’interroge sur la mort du chanteur, sans pour autant rien apprendre. Dédé fait pareil au café du commerce "Moi j’te l’dis Mimille, tout ça c’est pas bin naturel"

- Un reportage sur la mort de Michael Jackson (Il est mort, vous êtes sûr ?) où l’on apprend qu’il y a une enquête qui dans l’immédiat n’a rien donné. C’est intéressant, un reportage qui nous apprend qu’on ne sait encore rien.

- Mort de Michaël Jackson : l’envoyé spécial de la rédaction de France 2 (ça méritait bien ça) nous apprend en direct qu’on ne sait rien (incroyable) mais que les fans sont tristes (révélation) . Et dire que la nature a horreur du vide ; faudra pas s’étonner si nombre de journalistes français sont emportés par un tsunami.

- Une interview d’un larron qui nous explique que Michaël Jackson prenait moult médicament et qu’en plus (non !) il avait eu recours à la chirurgie esthétique. Pitié, c’est trop, n’en jetez plus !

- Un reportage qui soulève la question : qui va hériter de la fortune de Michaël Jackson ? Et qui, évidemment, explique qu’en fait, dans l’immédiat, on n’en sait rien. Incroyable.

- Un reportage sur le fait qu’à Londres, Michaël Jackson ne pourra pas se produire en concert, puisque figurez-vous qu’il est mort (Ha !). Du coup, on remboursera les tickets. Mais attention, on ne remboursera pas le ticket plus cher que le prix de vente officiel (incroyable ; comment ça on ne va pas me rembourser mon ticket acheté au black ? Façon de parler quand il s’agit de M. Jackson, bien sûr).

A cet instant précis, un peu plus de 15 minutes se sont écoulées, et comme vous pouvez le constater, toujours aucune information n’a filtré sur un quelconque autre sujet. Sur une édition de 30 minutes environ, c’est plutôt pas mal.
Bon, il est grand temps de passer à l’information qui ne concerne pas directement Michaël Jackson.

En vrac, et en moins d’une minute chrono (véridique), on apprend :

- Que les recherches se sont arrêtées concernant le vol Air France 447. Rappelons le nombre de reportages aberrant sur le sujet quand l’information était encore fraîche,  dans lesquels on avait jusqu’à 10 minutes de "On ne sait toujours rien sur le crash" et "Les familles des victimes sont tristes" chaque jour. Tiens, ça me rappelle une autre série de reportages sans intérêt.

- Qu’au Liban, Hariri est premier ministre (une information sur laquelle il est très certainement inutile de s’attarder)

- Qu’il a fallu fermer des écoles à cause de la grippe A (tremblez messeigneurs, la peste noire est à vos p… Quoi ? On a déjà bouffé des heures de reportages là-dessus il y a quelques semaines et c’est moins vendeur ? Ok, quelques secondes suffiront, alors)

Puis, on arrive après ces 3 brèves sur l’info, la vraie, la dure :

- Premier samedi des soldes ! Il faut bien 2 minutes de reportage pour apprendre que "Thierry cherche des chaussures" et que Thierry "essaie de profiter des soldes quand elles arrivent" (en effet Thierry, c’est plus dur lorsqu’elles n’arrivent pas). Merci, édition nationale des informations de 20h du service public français !
On arrive alors sur la fin du journal, dans laquelle on trouve en vrac :

- Les réactions au référendum (c’est plus facile qu’une enquête de fond) sur l’autonomie en Martinique, Xavier Bertrand, François Fillon et le problème des retraites (ça mérite bien sa fin de journal, ces trucs de deuxième zone) suivi par l’excellent "Comment choisir un bon vin rosé ?", reportage qui permettra de guider le téléspectateur perdu face à cette question. Sans même regarder le reportage, je vous conseille : méfiez vous du rosé livré avec la deuxième boîte de pizza, en général il rend aveugle rien qu’à la première gorgée. D’un autre côté, après, vous ne regardez plus France 2. Il faut peser le pour et le contre.

Enfin, 4 minutes de reportage sur le rugby, le tennis, le cyclisme, la planche à voile et la gay pride.

Mais bon, ce serait quand même con de ne pas terminer le journal sur une note essentielle :

Reportage sur Michaël Jackson qui était un grand danseur. Et le Mime Marceau lui a sûrement inspiré son Moonwalk (chauvinisme, quand tu nous tiens).

Fermeture du journal.

Pendant ce temps, en Iran, loin des reportages manichéens qui en une minute parlent des gentils contre les méchants, il se passe deux ou trois truc. Au Honduras, au même moment, ça chauffait grave, et ce soir le président vient d’être arrêté par l’armée. De l’autre côté de la frontière, au Venezuela, Chavez vient de mettre ses troupes en état d’alerte. Bref, rien qui  ne méritait de s’intéresser à ce coin du monde, où on ne peut pas faire un moonwalk sans risquer le kidnapping.

Adieu Michaël. Là où tu es, tu es plus blanc que jamais.

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