Voilà, c’est fini.

La saga Twilight au cinéma vient de s’achever avec la sortie de l’ultime volume, Révélation – 2ème partie, et nul doute que bien des jeunes gens pleurent déjà la fin de pareille épopée de qualité.  Je le ferais bien moi-même, mais toutes mes larmes ayant déjà servi durant la projection de ce film, et pas seulement à cause de l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait, je vous propose de passer, petits impatients, directement à notre sujet pour souligner une dernière fois toute la magie de cette série.

Evidemment, pour ceux qui auraient raté le début :

- Le spoiler du premier volet est ici

- Le spoiler du second volet est

- Le spoiler du troisième volet est céans

- Le spoiler du quatrième volet – 1ère partie est deçà

Au passage, vous trouverez sur le lien ci-dessus menant à la 1ère partie un bref résumé des différents épisodes de la saga si vous n’avez pas envie de déguster des pages de spoilers. Cependant, et afin d’être raccord, permettez-moi de faire un bref rappel de ce que fut la partie 1, puisque le film dont nous allons traiter aujourd’hui commence directement à la suite

Twilight  4 – Révélation première partie :

Edward et Bella décident de se marier. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, les vampires ne brillent plus au soleil une scène sur deux, cela permettant à nos tourtereaux de partir en lune de miel au Brésil sans se faire arrêter pour contrefaçon de boule à facettes. Sur place, copulation il y a et, pif pouf : Bella tombe enceinte. Elle rentre donc au pays, mais l’on constate que l’enfant dans ses entrailles se nourrit de sa force vitale. Après avoir passé deux plombes à se demander ce que pouvait bien manger un bébé vampire, et qui éviterait au marmot de continuer à boulotter sa mère de l’intérieur, c’est finalement le loup-garou du coin, Jacob, qui trouve : "du sang". Pendant que les spectateurs se suicident un par un d’une balle dans la bouche pour échapper à cette intrigue pourrie, Bella accouche, meurt un peu durant l’évènement, et Edward la vampirise donc.

Et nous nous en étions arrêtés là. Passons à la suite, voulez-vous (raah, mais si, bien sûr que vous voulez) ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : lisez bien ce qui est écrit en haut de l’image concernant le "final épique", et quand vous aurez fini le spoiler, revenez voir cette affiche. On se retrouve au procès pour publicité mensongère.

Tout commence là où le précédent film se terminait, à savoir, alors que Bella, fraîchement vampirisée, ouvre ses nouveaux yeux rouges sur le monde qui l’entoure en revenant d’entre les morts.

La douce demoiselle est bien surprise car tout lui semble différent avec ses nouveaux sens de vampires, incroyablement plus développés que ceux des humains. Elle peut donc voir le détail d’une lettre mal imprimée sur un livre entrouvert à l’autre bout de la pièce, sentir l’odeur magique de la forêt entourant la maison des Cullen où elle vient de s’éveiller, entendre un sanglier se soulager dans les fourrés à deux kilomètres de là, bref, c’est super. L’occasion aussi pour elle de réaliser qu’en fait, depuis le début, Edward devait avoir le détail de chacun de ses problèmes de peau à chaque fois qu’il la regardait, mais bon.

D’ailleurs, en parlant de sens surdéveloppés, permettez que pour poser le décor, je vous parle brièvement des effets sonores et visuels, car c’est important pour l’ambiance.

  • Déjà, les effets spéciaux sont les mêmes que ceux des précédents films : le problème n’est pas qu’ils soient mauvais, le vrai souci est qu’ils sont ridicules
  • Comme dans le précédent volume, quelqu’un a oublié que ce film traitait de vampires (un détail), et nos héros peuvent donc se promener au soleil sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ils sont censés "briller de manière surnaturelle au soleil", mais même sous un ciel bleu à midi, on constate qu’il n’en est rien. Combien de personnes sur le plateau pour oublier ce détail ? Non parce que c’en est un, pas vrai ? Hein ? Hé ? Ho.
  • Finis, les bruits de déglutition dans toutes les scènes ! L’équipe a dû virer le stagiaire qui trouvait rigolo de rajouter ça au milieu des dialogues. On pourrait penser qu’il y a du mieux, mais rassurez-vous : non. A la place, chaque mouvement, chaque geste du film est ponctué par un effet sonore issu des pires oeuvres de kung-fu des années 60. Bella pose sa main sur Edward ? "WOUSH !" ; elle manque de peu de faire mal à quelqu’un "PEUH !" ; et si jamais elle ouvre un livre ? "FROUSH".
  • Ensuite, la musique : c’est insupportable. Personnellement, je n’y prête que rarement attention, mais ici CHAQUE scène du film est ponctuée d’un vieux fond adapté au public, à savoir de préférence du piano et une chanteuse qui ne chante pas mais se contente de marmonner parce que ça fait torturé genre "Iwannalovehumgnunumngumyouforevergnumhumhuhum". On dirait un peu une chorale d’autistes, en fait. Ou Carla Bruni.

En tout cas, voilà, maintenant que vous êtes dans l’ambiance, poursuivons.

Car Edward, justement, est aux côtés de Bella qui s’éveille, heureux de voir sa sympathique épouse et mère de ses enfants revenir du royaume des morts sous la forme d’une immortelle. Bon, il est un peu déçu quand même parce qu’officiellement, la transformation en vampire est supposée transformer la victime en "créature désirable pour qu’elle attire plus aisément ses proies", mais là pour le coup, pas d’bol, c’est resté Kristen Stewart. Remarquez, ça se tient puisqu’il est prévu que ses proies soient des animaux. Mais ne commençons pas à digresser, sinon ça va être le bordel et ça, vous n’aimez pas, petits fascistes. Je vous connais.

Qu’importe : Bella, après avoir fait un gros câlin avec plein d’effets sonores mystérieux à son bel amant ("FROUSH WOUSH PEUH PEUH"), découvre que déjà, elle est super forte maintenant et ça c’est trop cool, hihihihi. Mais bon, hein, c’est pas tout ça de déconner : Edward, où est ma fille ? Où est Renesmée ? Va-t-elle bien ? A-t-elle survécu à son nom moisi ?

"Oui ma chérie, Renesmée va bien. Mais comme tu es une vampire maintenant, il va falloir que tu apprennes à dominer ta soif avant de la voir, sinon, tu risques d’en faire ton quatre heures. Alors, huhu, ce serait rigolo puisque techniquement ta fille te bouffait de l’intérieur quand elle en avait l’occasion, donc si tu la manges à ton tour, ce serait un peu le cycle de la vie et on pourrait tous chanter le thème du Roi Lion, mais bon, non. Viens avec moi Bella : je vais t’apprendre à chasser des animaux pour te nourrir."

Soit, dit Bella, avant de suivre son époux dans les bois voisins, utilisant leur nouvelle super-vitesse (insérez ici les effets spéciaux qui font pleurer de ridicule) pour galoper à folle allure. A noter que Bella part chasser en petite robe cintrée façon "Je vais en boîte" et Edward en chemise blanche et sans même un bavoir, parce que se barbouiller de sang, c’est tellement plus rigolo.

Au même moment, chez les Cullen.

"Ho non, les relous ! Ils sont encore partis chasser en tenue de soirée ! Mais quelle bande de cons !
- Du calme  Esmée, que se passe-t-il ?
- On voit bien que c’est pas toi qui t’occupe du linge, Carlisle ! Tu crois que ça me fait marrer de passer l’éternité à frotter des traces de sang pour récupérer des chemises blanches ? Et puis je te parle pas des traces de boudins dans les slips !
- Quelqu’un m’a appelé ?
- J’ai dit "Boudin dans les slips", Jacob, pas "Boudin en slip !"
- Auuuu temps pour moi."

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Revenons à nos héros : alors qu’ils gambadent joyeusement dans les bois, nos fameux loulous finissent par repérer une cible potentielle : une biche en train de brouter tranquillement. Le pauvre animal ne sait pas ce qui l’attend ! Car déjà, Bella  s’approche de la bête le plus discrètement possible, jusqu’à ce que… ses super sens détectent une autre cible plus alléchante non loin : un type est en train de faire de l’escalade au milieu des bois ! Hmmm, ce sang humain tout chaud… Bella a du mal à se contrôler, et abandonnant la pauvre biche, se met à foncer droit dans la direction de l’humain égaré pour aller en faire son goûter !

"Non !" lui dit Edward en lui courant après "Tu dois te contrôler : il ne faut pas manger des humains ! C’est plein de gras et de pesticides, c’est dégueulasse, on ne sait même pas où ça a traîné !"

Bella hésite au moins, pfou, quatre secondes et se contente de répondre "Ah oui, ok." et pouf, c’est bon, c’est fini, plus jamais elle n’aura envie de manger des gens. Edward glisse donc une remarque sur "l’incroyable self-control" de sa femme, qui pour ma part, me parait surtout être un truc complètement écrit avec les pieds. Je vous la refais juste par principe :

"HO MON DIEU JE SUIS COMPLETEMENT HORS DE CONTROLE
- Non ! Être hors de contrôle, c’est mal.
- Ah oui, tiens, hop, ayé, j’ai fini ma crise."

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Pas de doute, c’est fin nul : c’est bien un Twilight.

Du coup, Bella retourne du côté de sa première cible, la biche, mais comme tout ce film est beaucoup trop cucu pour que notre héroïne fasse la peau à un animal kikinou, c’est finalement un méchant puma qui passait par là (c’est incroyable le nombre de trucs dangereux qui rôdent dans cette forêt, et où, pourtant, toute la population locale semble aimer se promener – comme Bella dans les précédents films – pour un oui ou pour un non) qui se ramasse Bella dans la face. Pauvre bête, personne ne mérite un tel sort. A part, Edward bien sûr. Bref : après être instantanément morte de honte, la bête devient le premier repas vampirique de Bella.

Une fois repue, Bella insiste : maintenant, elle veut voir sa fille. Soit : les époux vampiriques retournent donc à la demeure Cullen, où bien évidemment, tous les vampires niais de la famille attendent. Je dis bien "niais" parce que je vous rappelle que dans Twilight, il n’y a que deux camps : les niais et les méchants. C’est facile : soit tous les gens adorent Bella, et font instantanément des tas de trucs niais comme passer son temps à lui préparer des surprises (ils n’ont rien d’autre dans la vie), soit ils n’aiment pas Bella, auquel cas, ce sont des méchants, car il faut être profondément maléfique pour ne pas la trouver géniale, évidemment.

Bon bin, j’ai trouvé mon camp.

"Ce sera notre petit secret ma petite Renesmée tu es d’accord ? Tu ne dois jamais dire à tes parents pour ce que l’on fait avec le scotch"

La famille de vampires niais s’écarte donc devant Bella, lâchant des "Bella, tu es splendide", "Bienvenue dans la famille !" ou encore "Edward, dis-moi : sur les vampires, ce sont les canines qui sont censées pousser, non ? Pas les incisives ? Tu es sûr que c’est bien toi qui l’a mordue, et non un cochon d’inde ?". Puis, ils révèlent enfin derrière eux Jacob aux côtés d’un immonde bébé en 3d qui a une tête donnant envie de le gifler avec un parpaing : Renesmée.

Evidemment, la maman fond instantanément devant le marmot, qui dispose en plus d’un incroyable pouvoir, comme tous les vampires : le sien, c’est qu’en touchant quelqu’un, elle peut partager des pensées ou des souvenirs. Bon, comme c’est encore un bébé, elle ne peut partager que des pensées comme "Miam", "Dodo" ou "Caca", mais c’est quand même déjà 50% de plus que son père, mine de rien. En tout cas, autre phénomène mystérieux : Renesmée est aussi grande qu’un bébé de 8-9 mois pour un enfant qui ne devrait avoir que quelques heures, tout cela semble donc fort peu banal. Il faudra donc étudier le phénomène, principalement pour savoir quelles fringues acheter pour la bête.

Seulement voilà, les choses étranges ne s’arrêtent pas là : de son côté, Jacob semble réagir curieusement autour de l’enfant. Il se montre très protecteur, trop peut-être, veut tout le temps le toucher… au point que Bella commence à trouver tout cela vaguement suspect. Et que tous les vampires de la maison ricanent, comme s’ils savaient quelque chose. La conversation finit donc par s’engager sur le sujet :

"Jacob ! Dis donc slip-man, c’est quoi le souci avec ma fille ?
- C’est que je… hem je… et bieeeen tu vois Bella, dans la vie, il arrive que les loups-garous comme moi heu…
- Pissent sur leur territoire ? 
- Moui. M’enfin non, là c’est pas exactement… enfin je…
- Jacob !
- Okay : je me suis imprégné de ta fille.
- Pardon ? 
- Tu sais, c’est comme cela que l’on dit chez les loups, parfois, papa loup invite maman loup au restaurant, puis après un bon repas, si papa loup a envie d’aimer très fort maman loup, il lui propose de venir prendre un dernier caf…
- Tu t’es imprégné de ma fille ? Genre tu t’es frotté contre et tu t’en es imbibé comme une grosse éponge ? Hein petit salopard ? 
- Non je…
- Espèce de vieux pédophile ! Tu es tombé amoureux d’un BEBE ? Moche et en 3D en plus ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce rouleau de chatterton dans ta main ? Et pourquoi il y en a enroulé tout autour de ma fille ? 
- Bien bien bien, écoute Bella, encaisse déjà la nouvelle, je t’expliquerai un peu plus tard le pourquoi du scotch, je te sens un peu tendue là"

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Disons-le : Bella est un peu grognon de savoir que pour d’obscures raisons, son vieil ami et loup-garou Jacob est tombé amoureux d’un bébé. Elle hésite un temps à appeler la maréchaussée pour que Jacob aille s’imprégner un peu des douches de Fleur-Mérogis, mais finalement, elle décide de s’occuper de plus important : faire du rien et profiter de sa nouvelle vie de vampire. Elle achètera plus tard un collier qui envoie du 220 pour son loup-garou préféré, ça le calmera.

En tout cas, les Cullen ont tout prévu de leur côté pour que Bella profite plutôt de sa nouvelle vie : les vampires niais ont en effet préparé une autre surprise à Bella puisqu’ils ont aménagé une maison au fond des bois pour que… et bien pour qu’Edward et Bella puissent baisouiller en paix. Hélas, je n’invente rien : c’est consternant. Et pas seulement parce que la maison en question, pourtant pas spécialement petite et de style ancien, n’a jamais été évoquée dans les précédents volumes, hein, comprenez-moi bien. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe :

"Salut Bella, bienvenue dans la famille !
- Ecoutez, merci, c’est sup…
- Par contre casse-toi de la maison. Toi et ton pote, vous allez au milieu des bois, on veut pas de vous ici.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Il y a trois couples qui habitent dans votre baraque, et Edward a déjà une chambre ! C’est quoi le souci, vous ne baisouillez jamais ?
- Non : on a plutôt décidé de passer l’éternité à jouer au Jungle Speed. Maintenant, barre-toi."

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Nous n’en sommes qu’au début du film, et pourtant, je n’ai déjà plus beaucoup de larmes à verser.

En tout cas, Bella et Edward vont au fond des bois et font ce qu’ils ont à y faire (je vous laisse à vos pensées grivoises). Mais les réjouissances sont de courte durée, et pas seulement à cause d’Edward-gâchette-facile, car un matin qu’ils passent à la demeure Cullen, Bella note que son vieux téléphone portable sonne et affiche "Papounet" sur l’écran.

Comment cela se fait-ce ? Carlisle explique donc ce qu’il en est : depuis que Bella a disparu des écrans radar, son père Charlie appelle deux fois par jour sur son portable. Il ajoute qu’au bout d’un moment, il faudra bien lui dire que sa fille est morte. Et Bella ne pourra bien évidemment plus jamais le revoir, car il ne faut pas révéler aux mortels que les vampires existent (par contre, quand Edward l’a expliqué à une lycéenne de 16 ans, tout le monde trouvait ça parfaitement normal, mais comme ce n’est jamais que le thème des 4 films précédents, je comprends que ce détail ait pu leur échapper). Par ailleurs, il faudra aussi bientôt que les Cullen abandonnent les lieux et quittent la région : avec la mort annoncée de Bella, cela risque d’attirer un peu d’attention sur eux.

Mais, complètement Carlisle. Je suis sûr qu’annoncer au shérif local que sa fille est morte juste après avoir épousé quelqu’un de votre curieuse famille qui vit au milieu des bois, et disparaître dans la foulée n’éveillera pas DU TOUT ses soupçons. Et comme tout agent des forces de l’ordre, il ne sera pas du tout intéressé par le fait d’enquêter sur la disparition de sa propre fille, et ne fera pas tout pour que les suspects soient retrouvés.

Je pense que Carlisle est la preuve que l’on peut vampiriser quelqu’un APRES sa mort cérébrale. Ça reste un légume, mais un légume mort-vivant.

Carlisle, un peu avant qu’un vampire ne lui offre une nouvelle vie

Sauf que Jacob n’est pas d’accord. Pas parce que c’est complètement con, non, il l’est aussi, donc ça ne pose pas de problèmes. Non, lui il ne veut pas que Bella et les Cullen quittent la région… car sinon cela signifie qu’il sera séparé de Renesmée, son amour pour la vie (Marc Dutroux a dit sensiblement la même chose à son procès). Il a donc un plan : si les Cullen veulent fuir le coin pour éviter d’éveiller les soupçons de Charlie Swan, il suffirait de le mettre au courant de l’existence du surnaturel… comme ça, il accepterait la situation telle qu’elle est, et hop, plus besoin de se barrer.

Oui parce que par exemple, les amis de Bella au lycée – qui l’adulaient tous sans raison – eux, on s’en fout. D’ailleurs, sachez qu’ils n’apparaîtront même pas dans le film et ne seront pas évoqués, car comme chacun sait, en cas de disparition d’une personne, son entourage ne s’y intéresse pas du tout. Pas besoin de penser à eux, donc.

D’ailleurs, même la mère de Bella ne sera pas évoquée. Un autre détail sans intérêt.

Je vais reprendre un peu de coke : je reviens.

Jacob, donc, prend donc son solex et se rend chez Papa Swan pour lui dire que Bella est de retour à Forks (officiellement, souvenez-vous, elle était censée être tombée au malade au Brésil durant sa lune de miel et y être hospitalisée, ce qui expliquait son absence et préparait la future annonce de sa mort), qu’elle va bien, mais qu’elle a "changé" depuis qu’elle est revenue du Brésil.

"Changée ? Mais changée comment ?
- Je ne peux pas vous le dire Charlie.
- Je… non, attends, Bella a changé depuis qu’elle est revenue du Brésil tu dis ? D’accord, je comprends. C’est devenu un homme, c’est ça ? Mais comment je dois l’appeler alors ? Bello ? Belninho ? "

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Bon, se dit Jacob, ça va être compliqué cette histoire. Pour mieux faire comprendre le message à Charlie, Jacob décide de "d’abord lui montrer quelque chose" et pour cela il doit… se déshabiller.

"Ecoute Jacob, je sais à quoi ressemble une kikoute figure-toi, j’ai compris le message, alors remets ton slip et emmène-moi voir Bella.
- Raaah mais non ! Regardez plutôt."

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Et hop, une fois dévêtu pour le plaisir des damoiselles de la salle, Jacob se transforme en loup géant, ce qui étonne tout de même un peu papa Swan. "Ça alors, tu as raison ! Tu peux te transformer en chien de Mickey !" s’exclame-t-il "Maintenant, si ça te fait pas trop chier, emmène-moi voir ma fille, ou mon fils, enfin l’autre, quoi". Jacob prend donc les devants et va déjà avertir les Cullen : Charlie Swan sait pour le surnaturel, plus besoin de fuir. Mieux, il vient voir Bella dans 10 minutes, alors préparez-vous les d’jeun’z. Autant vous le dire : ça râle un peu chez les Cullen, ça traîne les pieds, mais puisqu’il faut le faire… autant préparer Bella pour que Charlie ne se rende compte de rien. Après tout, il est désormais au courant pour les loups-garous, pas la peine de tout lui dire sur les vampires dans l’immédiat.

Les Cullen sortent donc de leur poche une paire de lentilles pile à la couleur des yeux de Bella pour cacher leur nouvelle couleur surnaturelle (ne me demandez pas comment ils pouvaient avoir ça sous la main), et lui font un bref entrainement pour… apprendre à ne pas se déplacer à une vitesse vampirique, mais plutôt à une vitesse humaine.

Pardon ? Attendez, depuis le début du film, elle se déplaçait à vitesse humaine, sauf durant le passage où elle chassait et là, soudainement, elle ne sait plus le faire ?

Et bien oui : il lui faut quelques minutes d’entrainement pour être capable de se déplacer à vitesse normale pour ne pas effrayer papounet lorsqu’il arrivera. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Hmmm, attendez je… non, c’est bon, j’ai ma réponse : ce film est juste un gros coprolithe. Ah, je suis tête en l’air, parfois.

Donc, lorsque Papa Swan arrive chez les Cullen, grâce au charisme surnaturel de sa moustache, il exige qu’on l’emmène voir sa fille sur le champ, ce qui est fait. Notre homme trouve donc Bella l’attendant paisiblement dans un canapé, et est donc follement heureux de retrouver sa fille qu’il pensait disparue (comprendre : il sourit durant 3 secondes, au moins). Ils papotent donc quelque peu : dis-donc ma chérie, ils sont sympa tes nouveaux pectoraux de mec. Pardon, tu n’as pas changé de sexe ? Ah ? Mais ta mâchoire carrée alors ? Ho. Je… dis-donc, sinon, c’était quoi le message que Jacob voulait me donner ? Toi aussi tu peux te changer en animal ? En cochon d’inde je parie ! Si tu le fais devant moi, je te file une graine de tournesol. Nan, c’est pas ça ? Ah. Mais alors en quoi as-tu changé ? De quoi est-ce que tout le monde me parle ?

Et là, réponse de Bella :

"Je te le dirai plus tard, fais-moi confiance."

Et évidemment, Charlie n’en parlera plus du film, puisqu’après tout, il n’en va que de la vie de sa fille, rien de très intéressant. Idem lorsque quelques minutes plus tard, Edward rentre avec Renesmée dans les bras pour lui présenter sa petite fille : il ne demande d’explication ni sur ce nom de merde, ni sur pourquoi sa fille, qui n’a pourtant disparu que depuis quelques semaines, a déjà accouché et que son enfant a déjà bien deux ans en apparence.

Et bin, avec un Shérif aussi vif d’esprit, le crime doit prospérer à Forks.

Et justement : maintenant que la question est réglée, les Cullen aussi peuvent couler des jours prospères dans la petite ville. Bella et Edward élèvent Renesmée avec joie, mais aussi quelques inquiétudes, car l’enfant grandit bien vite… ce qui signifie aussi qu’il vieillit plus vite que la normale ! Combien de temps vivra-t-il ? Est-il mortel, d’ailleurs ? Dans le doute, les heureux parents tentent de passer le maximum de temps avec leur progéniture pour s’assurer que tout aille bien pour elle. Et qu’en cas de mortalité, ils auront bien rentabilisé l’investissement, ah mais.

Cependant, un jour d’hiver que Bella se promène dans la forêt locale, elle décide de jouer avec sa fille à attraper des flocons de neige. Or, sans aucune raison ni justification, Renesmée se met à voler dans les airs (et ça n’étonne personne) pour attraper les flocons. Pouvoir qui ne sera plus non plus évoqué du film, d’ailleurs, tant c’est finalement peu important. Car la vraie information du moment, c’est que Tanya, une vampire qui passait par là (vous notez vous aussi comme TOUT LE MONDE passe son temps dans ces foutus bois ?) aperçoit Renesmée voler… et s’enfuit avant même que Bella ne lui adresse la parole. Tiens ? Mais pourquoi donc ? Seulement parce que Renesmée a une grosse tête à claques, et qu’une grosse tête à claques volante, ça fait très très peur ?

Notez que le shérif n’a pas non plus remarqué que sa fille avait désormais une température proche de 0. Quel enquêteur.

La réponse tombe quelques semaines plus tard alors qu’Alice, la vampire de la famille Cullen qui peut voir l’avenir (ce qui du coup devrait vaguement aider à savoir si Renesmée est mortelle ou non, mais personne ne pense à lui demander, d’ailleurs, elle-même n’y pense pas) a soudain une vision pendant que tout le monde papotait paisiblement dans la demeure Cullen. Comme il se doit, et puisque c’est une vision d’horreur, elle arrive forcément quand Alice transporte un vase de fleurs, pour pouvoir les faire tomber au sol et rajouter à l’intensité dramatique.

C’est vrai qu’elle aurait eu une boîte à pizza ou du sopalin à la main, ça faisait tout de suite moins théâtral.

Mais en tout cas, quelle vision a eu la bougresse ? Et bien c’est simple : elle voit de la neige qui tombe, et les Volturi qui attaquent les Cullen lors d’une grande bataille… ho ? "Mais comme il neige dans ma vision, cela n’arrivera pas avant les prochaines neiges…" et tout le monde en déduit donc que ce sera pour l’hiver prochain. Malin les gars. C’est vrai que le 15 août, ça paraissait moins probable.

"Soit, mais pourquoi les Volturi voudraient nous bourrer la gueule ?" s’interroge Bella

Et bien je ne sais pas, ça ne fait jamais que depuis le début de la saga que l’on sait que les Volturi sont particulièrement cons et tentent de vous tuer pour un oui ou pour un non, alors c’est vrai ça, pourquoi ? Hein ? Dis donc !

Il y a pourtant une excellente raison derrière tout cela : en effet, Tanya, après avoir vu Renesmée jouer à l’écureuil volant dans les bois, a supposé qu’il s’agissait d’une petite fille vampirisée. Or ! Il est interdit de transformer des enfants en vampire : en bonne collabo, elle a donc foncé voir les Volturi en Italie (ils n’ont pas le téléphone ni la poste, probablement) afin de dénoncer la chose et de toucher des tickets de rationnement pour des poches de sang. Sur place, elle est donc accueillie par Maurice Volturi, le chef des méchants, qui lui demande quel bon vent l’amène. Et en apprenant qu’un crime a été commis, il utilise son pouvoir spécial personnel : pouvoir lire dans les souvenirs des gens en les touchant. Il lit donc l’esprit de Tanya, et y voit donc bien un enfant volant avec sa maman vampire… bref, tout concorde.

Retenez bien le pouvoir de Maurice , ça servira pour la suite.

En tout cas, Maurice prend donc une décision : les Cullen ont commis un crime grave et doivent mourir. Ah bin c’est original, ça tiens.

De leur côté, les Cullen ont d’ailleurs deviné ce que les Volturi pouvaient bien leur reprocher pour qu’Alice ait pareille vision de mort : ils expliquent donc à Bella qu’en effet, ils ont dû apprendre par Tanya pour Renesmée rejouant les plus mauvaises scènes de Smallville (qui a dit "toutes" ?) et la prendre pour un vampire. Or, pourquoi est-il interdit de transformer des enfants en vampire ? Et bien tout simplement car, auparavant, certains vampires l’ont fait. Or, à chaque fois, les enfants, incapables de se contrôler, tuaient tout et tout le monde, ce qui était très moyen pour rester discret. Et puis surtout, devoir se taper des marmots hyperactifs pour l’éternité, brrr. Du coup, c’est désormais interdit, et si quelqu’un s’y risque, non seulement l’enfant est tué, mais aussi son créateur, les potes de son créateur, le clan de son créateur et l’inspecteur des impôts de son créateur.

Par contre, vampiriser une lycéenne débile de 16 ans, c’est déjà beaucoup plus responsable, pas vrai Edward ?

En tout cas, voilà pour la situation. La question est donc : que faire ? Se battre contre les Volturi ? Non, ils sont trop forts. Alors dans ce cas, prouver son innocence, en expliquant qu’il y a erreur : Renesmée a certes un nom criminel, mais n’est en rien un mortel vampirisé mais une créature mi-humaine mi-vampire ? Hmmm oui… mais comment ?

C’est vrai que ce n’est pas facile : sachant que vous êtes de bonne foi et que vous avez un enfant avec un coeur qui bat, comment expliquer la vérité à Maurice Volturi, qui, on l’a vu dans la scène précédente, peut voir dans votre esprit la vérité ?  Roooh. Zut, que faire… aller le voir et ainsi le laisser sonder son esprit, histoire de tout régler en 15 secondes ? Lui amener Renesmée en disant "Elle a le coeur qui bat, c’est ballot hein" ?

Non.

Comme toujours, les Cullen ont un bien meilleur plan : "On va trouver des témoins".

De ? Pardon ? Qu’est-ce que… vous allez faire quoi ?

"Oui, allons aux quatre coin du monde et ramenons des amis pour témoigner que Renesmée est bien un enfant vivant !"

Hein ? Mais bordel, je… même un pneu de Super 5 aurait trouvé un meilleur plan que "Hey les mecs, allons chercher des témoins qui n’ont rien vu et ne connaissent même pas Renesmée pour leur demander de témoigner de quelque chose qu’ils ignorent en face d’un mec qui n’en a pas besoin puisqu’il lui suffit de lire dans l’esprit des suspects pour avoir la vérité !"

Voilà : ça, c’est le coeur de l’intrigue du film. Si vous avez encore des larmes de désespoir, c’est le moment de vous en servir tant tout, oui, tout est absolument nul d’un bout à l’autre.

Mais soit. Car en tout cas, dès le lendemain, Alice et son mari, Jasper (un vampire dont le seul pouvoir est de pouvoir utiliser ses mains comme fer à friser et uniquement sur lui-même) ont filé à l’anglaise en laissant derrière eux un message comme quoi ils partent chercher de l’aide. Carlisle, en bon chef de famille intelligent, considère donc "Qu’ils ont fui pour éviter l’affrontement avec les Cullen".

Nan mais mec, sinon, tu as appris à lire en plusieurs siècles ?

Bella, de son côté, lit le message et note qu’il a été rédigé au dos de la première page du Marchand de Venise, de Shakespeare. Elle en déduit donc que…

… rien.

Si vous vous demandiez encore pourquoi Edward, dont le pouvoir est de lire les pensée, n’avait jamais réussi à le faire sur Bella, vous avez votre réponse : elle ne pense pas. Non parce que là, même le pneu de Super 5 évoqué plus haut est en train de hurler devant tant de bêtise crasse. Et ne me demandez pas pourquoi je vais au cinéma avec un pneu : il y a bien des gens qui y vont avec des fans de Stephenie Meyer, alors pourquoi pas un pneu, hein ? Racistes.

En tout cas, le clan Cullen décide de se diviser pour aller aux 4 coins du monde chercher des témoins, à savoir, des vieux amis de Carlisle pour qu’ils puissent donc ne servir à rien. Mais comme ils sont aussi cons que les autres personnages, tous acceptent de venir chez les Cullen pour que le jour où les Volturi se pointent, ils puissent… non, ils soient là quoi. Peut-être agiteront-ils des petits drapeaux et lanceront des cotillons, enfin on leur trouvera une utilité. Car tous sont d’accord : "On ne vient pas pour se battre, on a aucune chance face aux Volturi : on vient témoigner, c’est tout.". Témoigner de ? Aha, c’est vrai : rien.

Mademoiselle ? Oui, je vais reprendre des pop-corn à la schnouf. Merci bien, vous êtes bien urbaine.

Que disais-je ? Ah oui : un à un, les témoins sont tous rassemblés : un clochard mystérieux (véridique), des irlandais caricaturaux, un bourrin de service, des amazones (!)  dont le pouvoir est de pouvoir manipuler l’esprit d’autrui (un pouvoir intéressant, mais dont personne ne pensera jamais à se servir), etc. Et tous, pour être convaincus du bien fondé de la cause Cullen, acceptent que Renesmée les touche pour qu’elle partage ses souvenirs avec eux et puisse leur montrer qu’elle est mi-humaine. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle touche quelqu’un, celui-ci se met à hurler comme un dératé "OUAAAH JE SUIS CONVAINCU, CET ENFANT EST INCROYAB’"

Quand on voit la tronche des témoins, on est pas sûr qu’ils puissent jouer en la faveur de qui que ce soit.

Je serais un vampire, je me méfierais quand même : sachant qu’on parle ouvertement de vampires pouvant manipuler l’esprit, qu’est-ce qui leur dit que Renesmée ne leur implante pas de faux souvenirs tel un Léonardo Di Caprio d’1 mètre 20 (soit 20 centimètres de moins que le vrai, tout de même) pour les convaincre ?

Mais ouf : personne ne se pose la question. Là encore.

Et alors que les Cullen continuent de rassembler des "témoins" (ha non mais je suis malade rien qu’à écrire un truc aussi absurde), deux nouveaux invités se présentent devant le manoir Cullen (ils ont traversé tout le territoire des loups-garous en sautant d’arbre en arbre pour arriver jusque là sans se faire mordre les fesses, suggestion que je faisais dans le spoiler précédent quand les Cullen ne pensaient pas à en faire autant lorsqu’ils voulaient sortir de leur demeure encerclée mais bon, hein, honnêtement : pouvez-vous me rappeler la dernière fois où les Cullen ont pensé à un truc pertinent ? Sur l’ensemble de la saga ?) : il s’agit de Popov et Popov, deux vampires aux accents de l’Est qui expliquent la situation :

"Salut les Cullen ! Nous sommes Popov et Popov, deux vampires ennemis jurés des Volturi. On ne vient pas témoigner, on vient pour se battre même si vous avez expliqué le contraire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment nous sommes au courant. On s’est dit que ce serait bien de se joindre à vous, comme ça, quand les Volturi arriveront, je suis sûr que ça jouera drôlement en votre faveur d’avoir à vos côtés des gens qu’ils cherchent à tuer depuis des plombes et ouvertement belliqueux".

Les Cullen réfléchissent, houlà, 6 bonnes secondes et déclarent donc "Ok super, je suis sûr que ça nous aidera à trouver une solution pacifique sans envenimer nos relations avec les Volturi".

A ce moment du film, il a fallu l’intervention de deux vigiles pour que j’arrête de m’imbiber d’essence pour mettre fin au supplice de cette daube infâme. Je vous en prie : essayez de réussir un dialogue, au moins, allez. Même pas une scène : juste un tout petit dialogue. Pour voir.

Allons donc voir si les Volturi, réputés pour leur subtilité et leur intelligence, s’en tirent mieux durant ce temps : mais sans surprise… non.

Je sais, ça ne vous étonne guère, mais bon. Car figurez-vous que le plan des Volturi consiste à… chasser les potentiels témoins des Cullen ? Que… quoi ? Mais ? Puisqu’ils n’ont rien vu ! Comment pouvez-vous savoir qu’ils risquent de témoigner ? Comment pouvez-vous même les identifier puisqu’ils n’étaient pas là au moment de la grossesse de Bella ? Et puis quand bien même : s’ils savaient quelque chose, il suffirait à Maurice de consulter leur esprit, et hop, il saurait !

Mais là, non. On peut donc voir les Volturi pourchasser des types au hasard et leur casser la gueule sans qu’eux-même puissent expliquer pourquoi.

Bref, tout cela dure un long, très long moment, durant lequel, plus que le film, c’est votre vie que vous voyez défiler.

Mais bon, au bout d’un long moment, il finit par se passer un truc : alors que Bella et Edward sont isolés dans leur maison au fond des bois plutôt que de rester groupés au manoir Cullen (c’est vrai, il y a juste des gens qui cherchent pour les tuer, autant s’isoler pour baisouiller, c’est prioritaire), Bella a, et là, accrochez-vous : une idée.

Si.

J’vous jure.

Attrapant le message qu’Alice et Jasper avaient laissé derrière eux, elle réfléchit "Le Marchand de Venise… pourquoi avoir écrit son message sur une page de ce livre plutôt que sur n’importe quel papier qui traînait ? Si j’allais voir le livre…". Et en consultant l’ouvrage, que trouve-t-elle ? Mais ! Un autre message disant "Bella, va à Seattle voir mon ami The Bunk, et détruit ce papier ensuite. Comme tu es la seule dont personne ne peut lire l’esprit (… oui, chhht), je ne peux confier cette mission qu’à toi pour garder le secret loin des Volturi".

Okay, se dit Bella, pas de souci. Dès le lendemain, au prétexte d’aller déposer Renesmée chez Charlie Swan pour la journée (le bougre ne pose toujours aucune question sur le fait que sa petite fille ait l’apparence d’un enfant de 7 ans au bout de 3 mois), elle continue la route jusqu’à Seattle (et ça tombe bien : ce jour là, il pleut, elle ne brillera pas au soleil – mais de toute manière, personne n’y aurait pensé sur le tournage) et va retrouver dans un restaurant son contact, un certain The Bunk (passer de The Wire à Twilight, c’est quand même moche).

Papa Swan a eu le bon réflexe : demander ce que c’était que ce bordel sur Doctissimo (cliquez pour agrandir)

"Hmmmm hmmm. Bonjour Bella.
- Bonjour M’sieur Bunk.
- Mon client, Jasper, qui est d’ailleurs client des services de mon organisme depuis plus de 50 ans et qui, malgré tout n’a jamais vieilli et n’éveille pas du tout mes soupçons, m’a fait une commande : je vous la remets. Voici des faux papiers et de quoi quitter le pays pour un certain Jacob Slip et une certaine Renesmée Cullen, même si ne me demandez pas comment, j’ai une photo actuelle de Renesmée que je n’ai jamais vue alors qu’elle change d’apparence toutes les semaines donc même Jasper n’aurait pu m’en fournir une quand il est venu me voir.
- Merci. Mais… pour deux ? C’est tout.
- Hmmmm hmmm.
- Bon et bien… Merci Monsieur Bunk."

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Bella comprend donc l’affreuse vérité : Alice a vu le futur… mais un futur n’impliquant ni elle, ni Edward. Elle a donc commandé des papiers pour sauver les deux seuls ayant une chance : Jacob et Renesmée. L’enfant vivra… mais sans ses parents. Snif. Que dira le collectif "Un papa, une maman" ? Renesmée sera-t-elle adoptée par un couple gay ? Christine Boutin devra-t-elle intervenir ?

Nous n’en saurons rien. Retournons plutôt nous occuper de notre héroïne.

Puis, de Bella.

Désespérée, Bella, donc, rentre à Forks pour affronter son destin (mais tranquillement : n’oublions pas que des mois se sont écoulés et que les Volturi, plutôt que d’attaquer, se baladent juste aux quatre coins du monde pour tabasser des témoins qui n’ont rien vu pour ne surtout pas qu’ils témoignent de rien le jour J). Et accessoirement, elle s’entraîne à maîtriser son propre pouvoir de vampire : elle est immunisée aux pouvoirs des autres vampires, et peut même projeter sa protection sur quelqu’un d’autre ! Pratique !

En tout cas, Bella en est maintenant convaincue : les Volturi ignoreront la vérité. Ils viennent pour tuer tout le monde, et pas pour rendre véritablement la justice. Et qu’en plus, ils viennent aussi capturer les vampires aux pouvoirs qu’ils n’ont pas encore dans leur album Panini, comme Alice par exemple (ce qui explique sa "fuite"), pour qu’elle les serve. Mais alors, que faire ?

Et bien les "témoins" déjà présents décident que, bah, tant qu’à faire, ils se battront.

Ah. Okay, et bien écoutez, voilà qui fera plaisir à Popov et Popov, je n’en doute pas.

Mais du coup, vous voulez pas vous organiser pour vous battre ? Trouver une tactique, chercher des renforts ? Non ? Non.

En tout cas, le temps lui, ne s’arrête pas et bientôt, l’hiver revient et Noël avec : les premières neiges sont déjà arrivées depuis un bail, mais curieusement, personne ne semble s’en inquiéter (alors qu’Alice avait bien annoncé que l’ennemi viendrait avec la neige), et Bella et Edward continuent par exemple de se préoccuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, fêter Noël avec Papa Swan. Chacun ses priorités, hein.

Et non, ni lui, ni sa nouvelle femme ne posent toujours de questions, visiblement, les évènements surnaturels qui les entourent ne les intéressent pas plus que ça. En même temps, je les comprends : l’intérêt n’a jamais été guère stimulé dans cette saga.

Cependant, un beau jour, et sans que personne ne puisse l’expliquer, les Cullen déclarent que "Ah ! Les Volturi attaqueront demain" : là encore, pas besoin de justification, c’est comme ça. Probablement que leur baromètre à blaireaux vient de passer dans le rouge. L’occasion parfaite de faire un grand feu pour passer la dernière soirée avant la bataille à échanger sur les combats passés, celui de demain, et à évoquer des anecdotes sur la cruauté des Volturi ou sur le passé de légume de Carlisle.

Après avoir bien emmerdé tout l’auditoire avec leurs histoires de vétérans et regardé Carlisle baver durant des heures (il bave à intervalles régulier, ce qui en fait une formidable horloge atomique) les vampires voient finalement le jour se lever. Et avec lui, arriver l’heure fatidique de la bataille.

Comme toujours dans Twilight, après avoir expliqué que la situation n’était pas à leur avantage, les Cullen ont décidé de se positionner tous en ligne dans une clairière, histoire de bien se prendre une raclée. Comme quoi, des siècles de bataille et 3 films à se tataner avec le tout venant, ça n’apprend pas grand chose.

Et bientôt, sortant des bois en face d’eux, nos héros voient paraître un large groupe portant cape de crypto-gothique lycéen : les Volturi et toute une petite armée ! Sauf que contrairement à ce que nos héros avaient prévu, les Volturi exigent d’abord quelques explications avant de malaxer des gueules. Ah ? Ainsi, Maurice Volturi lui-même s’avance, demandant à ce qu’Edward vienne lui révéler ses souvenirs pour que la vérité soit enfin connue. Ce qu’Edward fait, malgré une tentative ratée de Bella de l’immuniser aux pouvoirs du vampire (… mais POURQUOI a-t-elle seulement essayé, à part pour risquer d’envenimer la situation sans raison ?! Pourquoi a-t-on payé des effets spéciaux pour rajouter une scène incohérente ?). Ainsi, Maurice peut découvrir la vérité :

  • Renesmée n’est pas un enfant vampirisé, c’est l’enfant d’une humaine et d’un vampire
  • Renesmée a même un coeur qui bat dites-donc !
  • Renesmée vieillit… et ne pose donc pas le problème des enfants vampirisés, qui eux, sont bloqués à un stade où ils sont à la fois puissants et capricieux
  • Il n’y a donc là aucun crime !
  • Enfin si, elle a quand même le nez de son père, et ça, ça mérite bien La Haye.
  • Les méchants engueulent donc Tanya pour leur avoir "menti", oubliant qu’elle était de bonne foi puisque Maurice avait lu son esprit, mais bon, hein, détail puisque ça revient à traiter Maurice leur chef de menteur. Pas de quoi fouetter un chat.

A noter que Maurice est super étonné (il ponctue toutes ses phrases de petits cris ridicules, c’est affligeant tant c’est mal joué), parce qu’un enfant né d’un vampire avec une humaine, en plusieurs millénaires, il n’avait jamais vu ça. Ah ? Vous voulez dire qu’alors qu’on a des vampires bourrés d’hormones, genre Edward qui en est à draguer des lycéennes, personne n’avait pensé à ça avant ?

Hé bé non.

Je sais pas vous, mais moi, je n’ai jamais été si heureux de savoir que la fin du film approchait.

En tout cas, et comme on est plus à ça près, Maurice se lance dans un petit discours : "Très bien, j’ai vu la vérité ! Il n’y a là nul crime. Cependant, nous vivons à une époque où les humains ont créé des armes capables de nous tuer aisément – c’est d’ailleurs pour ça que dans tous les films précédents, personne n’a jamais pensé à utiliser un flingue, nous sommes juste beaucoup trop cons – il nous faut donc être plus discrets que jamais. Or, cet être surnaturel… il risque d’attirer l’attention sur nous ! Il faut donc le tuer ! Et puis on a pas fait la route pour rien, hein, merde, ho."

C’est vrai ça Maurice : vous n’êtes jamais qu’une tripotée de vampires vieux de plusieurs millénaires, cacher des humains pas vraiment humains aux yeux de la société, ça, vous ne savez pas faire, et vous ne pensez même pas que c’est possible.

Notez le sbire de Maurice qui se gratte discrètement en arrière-plan. Classe.

Sérieusement les mecs ?

Heureusement, alors que tout va dégénérer, et comme par hasard, sortent des bois Jasper et Alice, qui se sont dits que ce serait quand même bête de rater l’habituelle scène de fin de film au milieu des bois. Alice vient en effet certifier à Maurice qu’il lui suffit de lire dans son esprit pour voir ce qu’elle a vu dans l’avenir, et donc être sûr que Renesmée ne fera jamais de mal à qui que ce soit. Et que donc, il peut être rassuré.

Maurice pose donc sa main sur Alice, et lisant son esprit… se contente de sourire (il doit surtout consulter les souvenirs où elle joue à la toupie japonaise avec Jasper), et Alice finit donc par se reculer en comprenant "Quoi que l’on dise, qu’importe les preuves, vous êtes venus pour  tous nous tuer ! Et bien soit !" et hop, elle enchaîne avec un grand coup de tatane dans le Monsieur.

C’est donc parti pour 20 minutes d’hostilités, avec la grande bataille finale de la saga.

Je vous la fais courte : plein de gens meurent. Des Cullen, des Volturi, des loups venus participer à la baston… et on notera d’ailleurs que comme dans Bioman, les Volturi, bien qu’en surnombre, font bien attention à ne pas profiter de la chose et gardent des réserves en regardant leurs troupes tomber. Renesmée, elle, fuit sur le dos de Jacob sous forme de loup loin de la bataille. Durant ces 20 minutes, on peut aussi constater qu’outre le fait que les Volturi soient débiles, on note que devenir vampire a appris le kung-fu à Bella, que des types aux pouvoirs surpuissants n’en font rien (un type a une brume qui paralyse, il la fait sur une zone de 12 centimètres cube, un autre peut contrôler l’eau, la terre, le feu et l’air et se contente d’ouvrir une faille au hasard dans le sol, l’amazone qui manipule les esprits ne se dit pas que tiens, si elle le faisait sur le chef des méchants, ce serait vaguement pratique, non : c’est juste nul d’un bout à l’autre).

Finalement, et suite à un combat épique, Maurice Volturi finit par se tataner avec Edward et Bella, et après avoir utilisé sa femme comme projectile (véridique), Edward voit finalement la victoire lui revenir lorsqu’il décapite le vil vilain, et…

… rien.

A ce moment là, la salle a éclaté de rire, fans comme types avec une arme dans la bouche (les vigiles ont dû revenir une seconde fois m’empêcher de faire une ânerie, mais qui serait toujours moins grosse que ce film ; ils ont aussi eu la gentillesse d’essuyer mes larmes de sang), car figurez-vous que… cette scène n’a jamais existé.

Et si.

La bataille finale de la saga, tout ça, non. C’était juste pour occuper 20 minutes de films et justifier que le film mérite deux parties. Car en fait, nous revenons au moment où Maurice lit dans l’esprit d’Alice, et ce qu’il a vu, c’est ce qu’il se passerait s’il décidait quand même de lancer la bataille. Maurice décide donc que mourir n’étant pas son plan du jour, mieux vaut déclarer "Bien, nous ne nous battons pas aujourd’hui. Il ne s’est rien passé d’intéressant jusqu’ici dans ce film, faisons que cela reste ainsi. Mais tout de même ! J’aimerais une preuve que Renesmée ne nous posera pas de problèmes à l’avenir !".

Donc tu demandes une preuve qui ne peut pas exister, mec. C’est un peu con, mais plutôt cohérent avec le reste de cette oeuvre, ma foi. Mais figure-toi que la vie est bien faite, car émergeant de la lisière de la forêt, apparaissent deux larrons en pagne qui approchent d’un pas bien lent, parce que bon, c’est pas comme si la super-vitesse vampirique, ça servait à quelque chose. Qui sont-ils ?

"Je suis Oumpapa", dit le premier "Et voici ma tante Gertrude qui n’a rien à faire là, je sais même pas pourquoi elle me suit, je crois qu’elle s’est attachée. Alice et Jasper m’on ramené ici du Brésil où ils sont venus me chercher, mais ne me demandez pas pourquoi je me pointe 10 minutes après eux alors que nous sommes supposés être arrivés ensemble, je ne le sais pas moi-même. Et je suis votre preuve car moi, je n’ai jamais tué qui que ce soit ou été pris par les humains. Voilà."

"Passionnant" s’exclame donc sincèrement Maurice Volturi "Et bien je suis convaincu par cette preuve vivante : Renesmée ne posera jamais problème, on peut se barrer."

Attendez, je vous la refais :

"Monsieur, pouvez-vous nous prouver que vous n’êtes pas dangereux ?
- Non, mais voici Bob. Bob, explique au Monsieur.
- Bonjour Monsieur le juge. Je n’ai rien à voir avec la choucroute, mais je n’ai rien fait.
- Ho ? Et bien parfait alors : cela prouve tout. Vous êtes libres."

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Qu… QUOI ?

Tout ça pour ÇA ?

Bouhou…bouhouhou…

Pour ceux qui douteraient : la scène finale. Il fait grand jour, impossible de faire plus et… ho, bah personne ne brille. Du boulot de pro.

En tout cas, les Volturi ne se posent pas la question, et activant leur vitesse vampirique, disparaissent dans les bois heureux d’avoir passé un an à tabasser des gens sans aucune raison pour au final s’apercevoir qu’ils avaient fait le déplacement jusqu’à ce trou de Forks pour rien.

Les Cullen peuvent donc rentrer à la maison fêter le fait qu’il ne se soit rien passé du film autour d’un bon chocolat chaud, laissant derrière eux Popov et Popov, déçus d’avoir raté la bataille finale. Alice, dans un coin de la maison, a soudain une vision : elle voit que, plus tard, Renesmée sortira avec ce grand dadet de Jacob. Et que comme leur a appris Oumpapa le brésilien, il n’y a pas à s’inquiéter : les enfants de vampire et d’humains arrêtent de vieillir à 7 ans, et sont alors immortels. L’avenir n’attend donc plus qu’eux, même si on évoque guère le fait que Jacob n’est pas immortel, lui, et finira donc comme un vieux chien incontinent qui se fait engueuler lorsqu’il souille le tapis du salon. Probablement même qu’Edward l’emmènera se faire piquer.

Puis, la scène finale se révèle à nous : en plein milieu d’un champs de fleurs, Bella et Edward, dont évidemment aucun des deux ne brille malgré le fait qu’il n’y ait pas le moindre nuage, se regardent amoureusement. Soudain, en se concentrant très fort, Bella arrive à partager tous ses souvenirs depuis le début de la saga avec Edward, faisant qu’ainsi, elle n’a désormais plus aucun secret pour lui.

"Mais, comment as-tu fait ça ? – s’exclame Edward – Ton pouvoir vampirique c’est de faire des boucliers, pas la télépathie, tu voudrais dire qu’on va finir la sage sur une autre grosse incohérence balancée comme ça, gratuitement et sans le moindre intérêt ?
- C’est ça."

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Et alors que la dernière page du livre de Stephenie Meyer apparait à l’écran, on peut apercevoir en surimpression le mot "forever", un doux fondu au noir s’installe et…

FIN !

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Voilà. J’ai presque envie de dire que si j’avais été paresseux, j’aurais pu synthétiser quelque peu le spoiler.

Twilight  4 – Révélation deuxième partie :

Edward et Bella s’aiment. A un moment, il y a un quiproquo avec les Volturi, mais tout se règle sans qu’il ne se passe rien et tout le monde est heureux.

Fin.

Ça valait quand même bien un deuxième film.

La jeune fille me regarde avec un sourire radieux.

Alors que pour ma part, j’avoue que je fais la moue. La même que celle que je fais lorsqu’une mouche tente d’amerrir dans mon brandy.

"Monsieur ?
- Oui bonsoir, je voudrais une place pour…
- Oui, pour quel film ?
- Pour heu…
- Oui ?
- HEM HEMTwiHEMlightHEMtrois.
- Pardon ?
- HEM Twaïla.. le.. le HEM le 3 ?
- ?
- Je… hmmm…Twilight 3, s’il vous plait"
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Elle se fend d’un sourire plus grand encore que le précédent et tapote sur sa machine.

"Ah oui ! Ah, vous allez voir, il est bien mieux que le 2 !"

Après avoir récupéré tant mon ticket que mon esprit, je me permets quelques pas vers les contrôleurs. "Mieux que le 2 ?" grommelle-je en fronçant les sourcils. "Mais comment diable serait il de toute manière possible de faire pire ?". Me frayant un chemin au travers de la marée de jeunes filles (jeunes physiquement ou mentalement), je finissais pas trouver une place libre dans la salle.

Je ne le savais pas encore, mais jamais je n’allais autant regarder ma montre lors d’une séance de cinéma. Et pas seulement parce que j’ai une superbe toquante. Mais vous n’avez que peu de goût pour ces considérations, alors comme le veut la tradition, constatez par vous-même : spoilons !

L'affiche : notez que le visage de l'héroïne n'est pas sans rappeler l'inexpression faciale de Nicolas Cage. Quel jeu d'acteur.

Notre histoire commence quelque part à Seattle, par une pluvieuse nuit. Riley, jeune homme sans histoires ni charisme, sort tranquillement d’un bar pour regagner son petit nid douillet ; pour ce faire, il n’hésite pas à passer par les rues les plus étroites et mal éclairées qu’il peut trouver sur son chemin, histoire de. Soudain, quelque chose le bouscule avant de disparaître ; qu’est-ce ? Un animal ? Un brigand ? Une racaille ? Non… "Y a quelqu’un ?" – marmonne t-il timidement – mais personne ne lui répond, si ce n’est le son des gouttes s’abattant sur les pavés. Il reprend donc sa route lorsque, ho ! Re-bousculade !  Notre Riley commence quelque peu à paniquer : il chuchote donc un "à l’aide !" mais juste une fois et pas trop fort, avant de commencer à courir car il sent que son agresseur invisible le poursuit. Alors qu’il débouche sur des docks, il est à nouveau attaqué et cette fois-ci, mordu au bras. Il tombe alors au sol en se tordant de douleur, car comme chacun sait, dans Twilight, lorsqu’un vampire vous mord n’importe où, le venin de ses canines vous transforme en créature de la nuit de manière super douloureuse : c’est donc ce qui est en train d’arriver au jeune homme. Diantre, ça commence fort.

Mais dirigeons nous plutôt vers Forks, riante cité bénie par un soleil éclatant, qui darde de ses rayons les champs de fleurs de la petite communauté. D’ailleurs, qui retrouvons nous au milieu des dites fleurs ? Edward Cullen et Isabella Swan bien sûr ! Et cette dernière est en train de lire un truc qu’elle a écrit, probablement pour son cours de français, qui se résume à "Si le monde doit se finir, ce sera dans les flammes ou dans la glace ; moi, je pense que ce sera dans le feu car je brûle d’amour, mais bon, si c’est la glace, ce sera pareil hihihihi" (ça aurait sa place sur un skyblog entre deux gifs animés clignotants tant c’est représentatif) ; Edward lui se contente de lui faire des bisous comme le gros vampire attardé qu’il est "Edward, j’essaie de réviser, arrête, hihihi" "Bisouuuu… bisouuuuu ! Huuhuhuhu, t’es trop belle baybay". Je regarde ma montre : ah, oui, nous n’en sommes même pas à la 5e minute et c’est d’ores et déjà consternant. Hmmm.

En attendant, entre deux bisous avec moult bruits de succion (c’est un peu le sceau d’un Twilight, le monde où les vampires doivent avoir des glandes salivaires hypertrophiées), Edward repose la question à Bella "Veux tu m’épouser ?" ; et la jeune fille de répondre que non, que d’abord, elle veut être transformée en vampire. Qu’ensuite, okay, mariage. Mais dans l’immédiat, non. En attendant, 16h approche et Bella doit rentrer chez Papa Swan, sinon elle sera privée de choco-BNs.

A l’heure dite, Bella franchit donc la porte du domicile paternel comme prévu, et va trouver son père qui souhaite s’entretenir avec elle ; en effet, ce dernier s’inquiète : elle ne voit plus qu’Edward ("Ouiii mais Edward, c’est ma vie ! On se connait depuis 6 mois alors c’est le big love !"), et plus du tout ses autres amis. Il insiste donc pour que la jeune fille aille voir au moins l’un de ses plus vieux et fidèles camarades: Jacob, le joyeux indien de la réserve (et accessoirement loup-garou amateur de sorties en slips).

Soit, dit Bella, il en sera ainsi ; elle va donc se saisir de son téléphone portable, et envoie à Jacob "Jakob, t ou ?" suivi de "Tu fé la gueul ? :o" avant d’expédier "apel moa mdr ;)" ; pourtant, nenni de réponse de la part de l’indien bodybuildé, aussi notre héroïne se décide t-elle à se rendre directement dans la réserve indienne à l’aide de son vieux pick-up personnel. Hélas, le véhicule ne démarre pas : et pour quelle raison je vous prie ? La réponse apparait vite sous la forme d’Edward (suis-je le seul à trouver que son nez ressemble à une pièce de Duplo ?), qui informe de son air psychopathe habituel (appuyé par ses énormes sourcils en scratch) qu’il a saboté le véhicule pour ne pas que Bella aille voir Jacob. Oui, il ne veut pas qu’elle visite ses amis, et est prêt à bousiller sa voiture pour ce faire : je pense que le vampire est aussi un pervers narcissique, mais passons.

Ce vieux conservateur de Charlie Swan aimerait que sa fille fréquente plus de gens vivants et moins de gens morts. Le naze.

Pendant ce temps, dans les bois de Forks (je vous rappelle que c’est là que se déroule 85% de l’intrigue), Victoria, la vilaine vampire rousse tueuse et avide de vengeance envers Bella et Edward (qui avaient tué son copain, James,  dans le premier volet) se promène. Hélas, impossible pour elle d’aller à la cueillette aux champignons comme elle le voudrait tant les vampires de la famille Cullen la pourchassent d’un côté et les loups-garous indiens de l’autre. Constatant que le coin est décidément peu accueillant avec tous ces gens qui cherchent à la tuer, elle met donc rapidement les voiles vers d’autres cieux.

Le lendemain au lycée, Jacob est là, attendant tranquillement devant l’entrée principale : cela rend immédiatement Edward bougrement nerveux, tant les tensions entre vampires et loups-garous sont grandes (non, Edward n’a même pas le minimum de self-control nécessaire malgré son siècle d’existence pour parler calmement à quelqu’un n’étant pas de son camp). Et Jacob raconte à Bella ce que le vampire choucrouté voulait lui cacher : Victoria est de retour. "Ho bin non alors !" s’exclame Bella, avant d’embrayer sans plus attendre sur le fait que l’indien ne répond pas à ses textos (moi aussi, quand on m’annonce que le tueur surnaturel psychopathe & immortel qui me recherche est dans le coin, j’ai envie de parler de qui répond à mes sms ou non). En conséquence de quoi, mademoiselle Swan décide d’accompagner Jacob dans sa réserve pour parler avec lui au calme. La discussion est assez sympathique, jusqu’à ce que Jacob commence à faire de subtils sous entendus comme "Holala, les garçons imprégnés d’une fille (oui, imprégnés) ne peuvent plus s’en passer, je connais un ami dont c’est le cas qui…" ; halala, on se demande trop s’il parle de son ami ou de lui dis donc tellement les dialogues sont bien écrits.

Accessoirement, Jacob apprend que Bella compte se faire vampiriser après son diplôme de fin d’année ("Hihihi mon Edwardou, si j’ai une mention tu me vampiriseras plus vite, hihihi ?") ; or, détestant les vampires, il s’oppose à cela, et signale qu’il préfèrerait Bella morte que vampire.

Ça tombe bien mon garçon : être vampire, c’est en général être mort. Tu vois, tout le monde va y trouver son compte.

Quelques jours plus tard, Bella se voit proposer par les Cullen deux billets d’avion pour aller voir une dernière fois sa mère avant de finir transformée en suceuse de sang. Officiellement, son prétexte pour disparaître est "Je pars étudier en Alaska". Quelle formidable excuse. Il y avait aussi "J’ai décroché un stage au Pôle Nord" suivi de "Je pars vivre à Roubaix". En tout cas, maman Swan est évidemment formidable, puisque c’est la meilleure amie de sa fille ; accessoirement, elle a une qualité merveilleuse : elle est incroyablement stupide. Par exemple, elle ne remarque à aucun moment, alors qu’Edward a accompagné Bella (tiens, je me demande comment il a fait pour prendre l’avion ; au dessus des nuages, il a dû prendre le soleil, non ?), que ce dernier brille de mille feux puisque la maison de maman Swan est bien vitrée et située dans une contrée particulièrement ensoleillée. Pratique. Elle n’a pas non plus fait attention au fait qu’il ne mangeait pas (un détail), qu’il était tout pâle (un autre détail), que ses yeux étaient d’une couleur surnaturelle (décidément) et qu’il n’avait pas dû se laver les cheveux depuis près d’un siècle. Par ailleurs, elle précise lors d’une discussion que "Hihihihi, Edward te regarde comme un gros pervers psychopathe, c’est trop chou !". Bravo maman, tu es décidément la digne mère d’Isabella Swan, à vous deux vous devez réussir à aligner le QI d’une truite. Tous les personnages de cette série me fascinent.

Maman & Fifille Swan sont trop des supers copines, hihihi, trop mégalol !

Pendant ce temps, à Seattle, il se passe des choses étranges : des gens disparaissent, des massacres sont effectués ici ou là, mais apparemment, personne ne sait qui remue ainsi la ville. En réalité, ce sont de jeunes vampires nouveaux-nés proliférant rapidement, que Riley (désormais mort-vivant, donc) tente de contrôler, et qui se nourrissent d’une manière bien barbare. A noter que malgré la non-furtivité des jeunes vampires, personne ne les remarque. C’est vrai que des mecs qui retournent des voitures en pleine rue avant de se ruer sur la gorge des passagers effarés, c’est incroyablement discret.

Dans tous les cas, le clan Cullen suit la chose à la télé. Ah oui, c’est malin : autant laisser les journalistes de TF1 mener l’enquête, vous avez raison les gars, c’est plus sûr. Jean-Pierre Pernaut dans son 13h devrait bien vous dégoter une information capitale sur la situation, comme par exemple un reportage sur le terrible meurtre du dernier fourreur de bottes de castor de Seattle.

Une nuit cependant, le jeune vampire Riley se rend donc à Forks afin de visiter discrètement la maison des Swan ; il y vole une culotte de Bella (ou une chemise, je ne suis plus sûr, je me souviens juste que c’était très laid et très sale) pour des motifs bien mystérieux (personnellement, je pense que c’est parce qu’il est aussi pervers qu’un Edward moyen). Sa présence est cependant reniflée par Edward, dont le mini-nez ne l’empêche pas de maxi-sentir ; afin de protéger Bella, il est décidé de la mettre sous surveillance. Mais pour les Cullen, comment faire pour protéger Bella, repousser les incursions de Victoria, chasser pour se nourrir et rester le cul devant la télé à regarder les reportages de TF1 sur Seattle en même temps ? Une seule solution : informer la tribu de Jacob de ce qu’il se passe. En conséquence de quoi, vampires & loups font une trêve et se relaient devant la maison de Bella pour faire le guet et la protéger de toute incursion vampirique.

Autre mesure pour protéger notre adolescente en folie : lui faire passer un maximum de temps dans la réserve indienne, où les loups peuvent s’assurer qu’il ne lui arrive rien d’affreux (comme tomber amoureuse d’un macchabée par exemple). Jacob en profite pour inviter la jeune fille à une soirée indienne durant laquelle Père Castor raconte les belles histoires de la tribu, à commencer par comment les indiens ont rencontré les vampires pour la première fois, et surtout, comment un jour, alors que le chef indien de l’époque était menacé par une vampire fourbe, sa femme se poignarda pour faire couler le sang et affoler les sens du prédateur nocturne ; la diversion et le sacrifice de la peau rouge permirent au chef tribal de tuer la vampire.

Remarquez, l’indienne était bien bête : faire couler le sang pour provoquer une diversion ne nécessite pas forcément de se poignarder dans le ventre, bande d’andouilles. Et après ça s’étonne de se faire exterminer. Tsss.

J’en profite pour vous annoncer, puisque nous n’allons pas toutes les faire, que régulièrement, le film est coupé par une scène cucu durant laquelle Edward demande encore à Bella de l’épouser, Bella qui lui répond que "Nan, je veux être transformée d’abord !" suivi de propos à base de "Tu es ma raison de vivre" (mais tu es mort, sombre margoulin !) et autres "Si je te transforme, tu seras immortelle et tu verras tous ceux que tu aimes mourir, je ne veux pas que cela t’arrive c’est trop dur". Ces séquences répètent toujours les mêmes choses, mais varient par le lieu où elles se déroulent : sur le lit de Bella, dans un bois, dans un salon, sur le capot de la benz-benz-benz… Ça dégouline de niaiserie.

La séquence niaise numéro 18. Ou 19. Ah, il y en a trop, je suis perdu.

Mais revenons à la réserve indienne, voulez-vous ? Un jour, Jacob emmène Bella dans un superbe coin sauvage, où elle ne pourra pas crier au viol. Là, l’indien lui révèle qu’il l’aime très fort, qu’elle devrait le choisir lui et pas le vilain vampire, car petit a, lui est un être vivant, et petit b, lui n’aura pas besoin de la transformer en vampire. Notant que ses paroles n’ont pas l’air d’atteindre le cœur de Bella, il se décide à passer à la seconde étape de son plan : le roulage de patin. Cela surprend notre jeune fille, qui se rebelle un peu et s’énerve : elle demande à repartir aussitôt, tant l’haleine de chien mouillé du bel indien lui a pourri les papilles.

Quelques heures plus tard, alors qu’elle regagne son domicile raccompagnée par Jacob, Edward débarque à toute allure et tout énervé en hurlant "t’as touché ma meuuuuuf beuaaar !" : en un mot comme en cent, c’est un peu la grosse colère. C’est finalement Charlie Swan, le shérif de père d’Isabella, qui viendra séparer et calmer les deux jeunes courtisans, aidé en cela par le charisme fabuleux que lui procure sa moustache. Tout se finira donc calmement pour cette fois.

Hélas mes bons amis, la fin d’année approche (mais pas la fin du film, ce qui est regrettable) ! Il est donc temps que nos chers élèves du lycée de Forks aillent chercher leurs diplômes lors de la célèbre cérémonie qui va bien. Pour l’occasion, la famille Cullen a organisé une grande fête chez eux où tous les élèves sont invités.

C’est bien normal : ce sont des vampires pluriséculaires ; ils passent donc évidemment leur temps à fréquenter et inviter des lycéens immatures. Par ailleurs, c’est une idée fabuleuse d’inviter une horde de trous du culs curieux & rebelles dans sa maison au fond des bois, celle où il n’y a aucun lit puisque chacun sait que les vampires ne dorment pas, et où sont entassées des milliers de photos & des peintures d’eux les représentant à différentes époques. Bref, le truc trop discret ; dites, vous voulez pas non plus leur montrer la pièce où vous stockez tous les diplômes que vous décrochez depuis plusieurs siècles et prouvant votre immortalité tant qu’à faire ? Celle que vous montriez à Bella dans le premier volet ? Ah, mais suis-je bête : des lycéens en quête d’un coin discret pour copuler finiront bien par la trouver par eux-même. Vous êtes décidément trop intelligents les Cullen, c’est fou.

Tiens d’ailleurs, en parlant de gens trop intelligents, que devient la famille royale des vampires, les Volturi ? Et bien figurez-vous qu’ils se sont déplacés à Seattle pour constater que ce sont bien des vampires qui mettent la ville à feu et à sang. Et en se renseignant un peu, ils comprennent vite qu’il s’agit d’une armée qui se prépare avant d’aller massacrer le clan Cullen. Et comme les Volturi n’aiment pas trop les Cullen, ils décident de laisser faire.

Excellent plan ! Car en les laissant faire leur petit bain de sang à Seattle, au vu et au su de centaines de témoins, qui c’est qui va bientôt se prendre sur la gueule tout ce qui ressemble à un chasseur de vampire/l’inquisition/des humains vengeurs sur la gueule ? Mais oui, tous les vampires, Volturi compris ! Dont le rôle était, je le rappelle, de s’assurer que les vampires restent discrets. Et qui étaient qualifiés de "subtils" et d'"intelligents". Définitivement, ils sont donc forts cons, comme ils ont su le prouver à chaque fois qu’on a entendu parler d’une de leurs décisions depuis trois films.

Les Volturi savent s'habiller pour ne pas éveiller l'attention des humains

Mais éloignons nous de ces considérations qui nécessitent un QI supérieur à 55 pour être prises en compte, et retournons voir les Cullen qui, comme toute bonne famille d’américains moyens, décide d’aller camper pour profiter de la nature sauvage. Ils laissent donc la maison pour un week-end à Edward et Bella, ce qui sent l’orgie à plein nez.

Incroyable coïncidence, c’est le jour où Papa Swan décide qu’il est temps de parler sexe, protection & petites abeilles à sa fille. Après un habile mouvement de moustache, il se décide donc à entamer la conversation (attention, nous arrivons sur le passage sexe, donc lourd) :

"Ma chérie tu… tu te protèges, hein ? Tu ne fais pas de bêtises ?
- T’inquiète papa !
- Oui mais avec Edward vous… heu… hein ?
- Papa ! Edward est de… la vieille école.
- Il préfère la sodomie ?
- Papaaaaa ! Enfin ! Il a dit pas avant le mariage ! Et puis je suis viergeuuuuh, d’abord !"
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Vierge, mais plus pour longtemps mes bons amis, car le week-end arrive, et Bella a bien envie de couchailler avec Edward. C’est à peu près à ce moment là que dans le cinéma, tous les mâles présents font "Ouiiii une érection alors que son cœur ne bat plus, hahaha, les nuls" ; oui en même temps les mecs, ça fait 1h30 que vous êtes devant un film ou un mec mort depuis un siècle au cœur qui ne bat effectivement plus marche, parle & éprouve des sentiments, alors bon, on est plus à ça près. Non, le vrai problème c’est que un, s’il s’accouple à une vierge et que la vue du sang le rend fou, il va vite y avoir un problème, et que je… attendez… qu’est-ce que je viens d’entendre ? Pourquoi Edward refuse de copuler ? "Je te mettrais en danger, je pourrais te faire mal" (véridique). Je… ha. Okay, donc notre bonhomme explique qu’il est tellement puissant qu’il risque de traverser sa dulcinée de part en part. Quel gros vantard. Je suis consterné. Vite, Edward, dis quelque chose qui nous sorte de ces grivoiseries, sois prompt, je t’en conjure ! Remonte le niveau !

Edward trouve donc une diversion parfaite pour calmer les hormones de Bella : la demander en mariage (allez, ça fait quoi depuis le début du film… la 7e ? La 8e fois ?). Et Bella accepte, car cette fois, la seule chose qui a changé par rapport aux autres tentatives, c’est que le beau vampire lui a offert une énorme bagouze. Non, elle n’est pas du tout vénale, pourquoi dites vous cela ?

En tout cas, j’ai dû être le seul à me souvenir que ça faisait une petite dizaine de fois que la demande en mariage avait été faite et plus ou moins acceptée ("si tu me vampirises d’abord", c’est déjà un oui), vu que les poufettes de la salle se sont toutes mises à applaudir. Consternant. En tout cas, j’imagine bien l’auteure:

"Les scènes de demandes en mariage, c’est trop choupinou. Tiens, je vais en mettre une. Tiens, deux. Allez, trois. Ho, et puis zou, une toute les vingt pages ; et puis entre les mêmes personnages, hein, je suis sûr que personne ne remarquera rien."

Quand on est lue par des huîtres, c’est vrai que ça passe. Sinon, non.

Edwaaaaaaard hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Sur ces entrefaits, maintenant qu’on a eu un peu de scène d’amour, mettons un peu de scène d’action : désormais, les Cullen savent  grâce à divers supers-pouvoirs que l’armée des vampires de Seattle leur en veut personnellement, ainsi qu’à Bella. Hélas, ils risquent de subir une sévère défaite, tant ils sont en infériorité numérique. Aussi décident ils de proposer une alliance aux loups-garous indiens (qui acceptent), au motif que tout cela est avant tout fait pour protéger Bella. Car ils savent que Riley, le chef de la meute de nouveaux-nés, a une culotte de la damoiselle et qu’il la fait renifler à ses troupes pour mieux la pister. Pauvres vampires.

Et les Cullen proposent aussi de s’entrainer car, figurez-vous que les vampires nouveaux-nés sont les plus forts de tous les vampires, puisque leurs tissus sont encore "gorgés de sang humain", ce qui les rend plus puissants. De là à en déduire que les Cullen sont de vieilles merdes sèches, il n’y a qu’un pas que je franchis au son du Bolero de Ravel. Cependant, ils disposent d’un atout de choix dans leurs rangs : Jasper, le vampire à la coupe de cheveux de jeune UMP (il en a changé, mais ça reste dans l’esprit), propose à l’assemblée de regarder un de ses flash-back où, comble du bonheur, figure brièvement Kirsten Prout ce qui est signe de bon goût. On y apprend qu’il était un major de l’armée confédérée, vampirisé par une vilaine dame qui levait des armées de nouveaux-nés. Or, lorsqu’ils avaient atteint l’âge d’un an et perdu leur force de vampire tout neuf, elle les faisait exécuter par Jasper, qui est donc devenu un expert dans la matière. Il donne donc de superbes conseils, que je vous cite (des fois que vous ayez à affronter des vampires nés de la dernière pluie) :

  • Ne jamais les prendre de front
  • Essayer au maximum de les prendre en traître
  • Rester attentif

Merci pour ces superbes conseils, dont je ne retiens qu’une chose : "Mieux vaut les attaquer par surprise". Soit.

Après cet entrainement, tout le monde rentre chez soi se coucher (enfin, surtout Bella puisque les vampires ne dorment pas), et notre héroïne a un rêve : celui de Victoria levant une armée de nouveaux-nés qui… ho ! Elle se réveille en sueur aux côtés d’Edward qui passe ses nuits à la mater (je pense sérieusement qu’il devrait consulter) à qui elle révèle tout : "Ah bin dis, ah bin en fait, si ça se trouve, p’têt’ que c’est Victoria qui lève l’armée des vampires, là, dis-donc !" "Pas con, j’y avais pas pensé", répond Edward, avant de lui commander de se rendormir afin qu’il puisse continuer de la regarder en marmonnant "Beeeelle….belle… fifille… greeuuuu…"

Les Cullen décident donc de mettre au point un plan : puisqu’il est crédible que Victoria soit la véritable chef de l’armée vampire, et non Riley, qui ne serait qu’un jouet qu’elle manipule (tout comme Jasper fut manipulé en son temps), et que Bella semble être la cible principale des assaillants, il faut :

  • Mettre Bella en sécurité, en la mettant avec Jacob loin du champ de bataille, son odeur de loup-garou pétomane masquant celle de la jeune fille en fleur
  • Choisir un terrain donnant l’avantage au clan Cullen et aux loups
  • Attaquer par surprise l’armée ennemie vu qu’ils sont trop forts de face

Okay, donc ça c’est le plan. Tout le monde est d’accord ? Oui ? Alors en route.

"Sacrebleu, vampires & loups montent la garde sur tous les bons coins à champignons, comment vais-je bien pouvoir faire ma quiche ?"

Edward installe la planque de Bella sous la forme d’une tente Quechua dans les hauteurs enneigées d’une montagne locale. Et évidemment, ce gros blaireau reste avec Bella, alors que du coup, ça fout tout le plan en l’air (Victoria connait l’odeur d’Edward et sait qu’il est accroché à Bella comme le gros parasite qu’il est), mais personne ne le fait remarquer.

La nuit venue, il fait moult froid sous la tente Quechua, et mademoiselle Swan grelotte. Edward, malgré ses 80 années au lycée, ne sait toujours pas que la neige et l’altitude, souvent, c’est pas très chaud. M’est avis qu’il redouble depuis 80 ans, qu’il n’est pas vraiment au lycée par choix, cette andouille. En plus, comme il est tout mort, il lui est difficile de réchauffer Bella avec sa chaleur corporelle (alors que ses sourcils en fourrure auraient pu servir de couverture supplémentaire, mais il n’y pense pas). Finalement, c’est donc Jacob, le célèbre indien en slip qui se pointe sous la tente et se propose de se coller contre Bella pour la réchauffer avec sa super température corporelle supérieure à la normale. Edward étant très jaloux, il refuse ; mais Jacob a un argument de choc "Si elle est malade, ce sera ta faute !" (véridique là encore) : apeuré qu’elle n’attrape un rhume, Edward laisse donc un gros indien bodybuildé en slip rentrer dans le sac de couchage de sa copine. Non mais vraiment, vraiment.

Et une fois Bella endormie, toutes les jeunes filles de la salle fantasment sur sa situation, puisqu’alors qu’elle dort à poings fermés contre les gros muscles de Jacob, ce dernier et Edward échangent entre beaux gosses sur le fol amour qu’ils partagent pour elle. Fabuleux.

Au matin venu, il a beau encore y avoir de la neige et du froid partout, Bella se promène en petit chemisier ouvert dehors : je confirme, elle ne doit pas avoir froid, hier soir elle faisait juste du gros chiqué pour attirer slip-man dans son lit. On sent que ses hormones en plein travail lui tiennent chaud. Mais pas le temps de rigoler cependant : l’armée de Victoria est en train d’arriver, et Jacob veut partir se battre ; Bella tente de le retenir pour ne pas qu’il soit blessé, et se propose même de lui rouler des pelles devant Edward si ça peut le faire rester (alors vieux vampire, on commence à comprendre que l’on s’est entiché d’une simple lycéenne en rut ?) ; Jacob prend les bisous et en profite bien, puis part quand même.

Oui, alors ma petite Bella, tu serais un peu moins salope chipie, il suffisait de dire "Le plan, c’est que tu restes ici pour cacher mon odeur, alors ne fout pas tout en l’air". Mais nous allons vite constater que le plan, tout le monde s’en tape.

Car oui, la stratégie des Cullen était de choisir un terrain à leur avantage et d’attaquer l’ennemi par surprise, et surtout pas de face. Je ne sais pas, comme par exemple, se planquer dans les arbres ou les fourrés et tomber sur l’ennemi dans les bois, là où le terrain l’empêchera de profiter pleinement de l’avantage du nombre et qui… quoi ? Pardon M. Cullen ? Vous allez plutôt les attendre à découvert et tous en ligne dans une clairière avant de les attaquer de face ? Mais dites donc, ce ne serait pas l’exact contraire de la stratégie que vous proposiez en fait ? Vous êtes tous profondément idiots dans cette famille ou bien ?

"Attendez les amis ! Et si on faisait l'exact contraire du plan prévu ? Ils ne s'attendent sûrement pas à ça !"

Il n’empêche que malgré toute l’incohérence de la situation, tout marche à la perfection : à grands coups de poings et de mâchoires de loups dans la gueule, les nouveaux-nés sont bien vite mis en déroute. Tiens, d’ailleurs, saviez-vous que lorsque l’on envoie un objet suffisamment vite dans la tête ou dans un membre d’un vampire, il explose comme de la pierre ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas utiliser des armes à feu ? C’est comme des coups de poings surhumains, mais en mieux. Non ? Non.

Pendant ce temps, Victoria et Riley ont contourné le champ de bataille et ont foncé droit sur le campement Quechua de Bella & de son amant, qu’ils ont pu tranquillement trouver grâce à la vieille odeur de ce bon vieux Edward. Le combat est rude, Riley est rapidement vaincu, mais Victoria se montre plus fourbe et résistante et se retrouve à un moment en position de tuer Edward. Se souvenant de la vieille légende indienne, Bella se fait saigner au niveau du bras (tu vois, pas besoin de te poignarder, tu es définitivement plus maligne qu’une Pocahontas locale toi) et détourne ainsi l’attention de la vampire rousse, laissant ainsi juste le temps à Edward de la tuer. Ce dernier jette alors un briquet sur les corps fracassés des deux vilains vampires, qui prennent instantanément feu.

Ah ? Ça brûle si facilement que ça un vampire, au point qu’on dirait qu’ils sont imbibés d’essence ? Mais alors pourquoi ne pas se contenter de leur balancer des mégots de cigarette à la gueule plutôt que de se faire chier à les combattre à coups de poings ? Je suis déçu, ça serait tellement plus classe de s’en débarrasser ainsi.

Tout le monde décide cependant de se retrouver sur le champ de bataille, où les restes de l’armée de Riley finissent d’être massacrés. C’est alors que, lorsque le dernier d’entre eux est tué (non sans avoir légèrement blessé Jacob), les Volturi arrivent. Point intéressant, il faut savoir que les Volturi ont tous d’inutiles capuches qu’ils portent lorsqu’ils se déplacent et retirent lorsqu’ils parlent pour faire sombre et mystérieux. Mais alors, toutes les racailles à capuches seraient sombres & mystérieuses ? Ou même, seraient-ce des Volturi ? Diantre !

En attendant, les vampires royaux sont donc là. Alors qu’ils s’attendaient à trouver le clan Cullen et Bella mis en pièces, ils s’aperçoivent que les nouveaux-nés ont échoué. Zut, crotte de bique, s’exclament ils. Ils tentent donc le bluff : "Holala, on arrive trop tard pour vous aider à arrêter ces vilains vampires, zut alors" ; mais histoire d’appuyer leur bluff, ils constatent qu’une petite vampire s’est rendue aux Cullen : ils se proposent donc de l’exécuter. Et le font aussitôt, en prenant leur air le plus méchant, pour bien rappeler qu’ils sont habillés en noir et portent des capuches pour d’excellentes raisons de manichéisme visuel.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Jacob se remettant de ses blessures dans la réserve indienne, où Bella vient le visiter : il lui explique qu’il continuera de la protéger quoiqu’il advienne, même si elle devient une vilaine suceuse de sang. Sur ce, Bella retourne voir Edward dans le grand champ de fleurs où le film a commencé, et elle lui annonce avoir choisi la date de sa vampirisation et de son mariage : le 13 août, puisque c’est tout de même la journée internationale des gauchers, et qu’elle veut célébrer un jour pareil. Une fois cela fait, elle pourra profiter du haut de ses 17 ans de l’immortalité, c’est trop cool, hihihi, je t’aime mon Edwardounet, d’ailleurs je voulais te dire qu’en fait, je crois que j’ai toujours su que j’étais une petite vampire trop choupi au fond de moi, hihihi, allez viens, on va annoncer le mariage à mon père maintenant, hihihihi.

"Si ton père me refuse ta main, j'lui pète les vertèbres"

Et sur ce rire de niaise sous LSD…

FIN

C’est à ce moment précis que je suis retourné à l’entrée du cinéma pour vider deux chargeurs de Maüser dans le guichet de la jeune fille qui m’avait vendu le ticket.

"Mieux que le deux, hein ?" dis-je en écartant du pied une douille fumante qui achevait de rouler sur le sol.

J’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule.

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