La parité, c’est important.

Non, c’est vrai : ici, il y a peu, nous distribuions de bons conseils grâce au désormais célèbre site "Art de Séduire" afin d’aider les lecteurs malheureux à trouver l’âme sœur à l’aide d’accroches aussi élégantes que "Combien coûte ton cul ?". Si personne n’aura ici le moindre doute quant à la surpuissante efficacité de cette technique (je salue ici tous ceux qui ont gagné +6 en charisme grâce à l’audacieuse stratégie), j’imagine bien que mon lectorat féminin a pu en prendre ombrage.

Par jalousie je suppose, quoi d’autre ?

Aussi, lectrices, il ne saurait être question de ne pas vous faire profiter à votre tour de fameux conseils afin de mieux comprendre l’homme, cette créature à la fois mystérieuse, fascinante et plutôt velue (hors boys band). C’est pourquoi nous traiterons aujourd’hui d’un ouvrage trop méconnu et vous étant destiné, Mesdemoiselles (Mesdemoiselles hétérosexuelles, je précise : les autres, à l’heure qu’il est, vous devez cuver votre champagne pour célébrer votre nouveau droit de faire tourner les serviettes avec votre dulcinée) :

Ce que veulent les hommes

On aurait pu s’en arrêter à la couverture, en fait

Ce fantastique ouvrage écrit par "trois célibataires" (ne vous demandez pas pourquoi) explique sans rire dès sa couverture vouloir "briser l’omerta pour nous révéler ce que les hommes ont dans la tête et dans le cœur". Une omerta, donc, qui après s’être faite tataner la margoulette par cet ouvrage du courage, révélera tous les secrets pour que vous, viles femmes, n’ayez plus à relire 5 fois le SMS que vous venez de recevoir pour savoir si ":)" cache en fait une discrète révélation sentimentale.

C’est ça. Faites semblant que c’est pas vous.

Mais plutôt que d’étudier tout le livre, allons donc en voir la synthèse sur le fameux site "Heureuse en amour" (si, si) où une rédactrice a pris grand soin d’en tirer la substantifique moelle avant de conclure :

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

C’est vous dire si la qualité est au rendez-vous, puisque notre experte a été toute chamboulée de ces révélations et va donc désormais suivre les bons conseils de l’ouvrage. En attendant, enfilez votre scaphandre à médiocrité,  il est temps de plonger dans l’abysse.

A quoi pense un homme?Quand un homme rencontre une femme qui lui plait, il la place tout de suite dans une de ces catégories:
-femme avec qui il pourrait avoir une relation sérieuse.
-femme avec laquelle il n’aura qu’une passade.
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En effet : le mâle n’a pas d’amies, de relation de boulot voire de connaissances. Lorsqu’il rencontre une femme qui lui plait, la première chose qu’il se dit c’est "Palsembleu, comment diable vais-je culbuter la gourgandine ?" suivi de "Et où vais-je l’enterrer après coup ?".

Si la réponse à la première question est souvent floue, celle à la seconde est généralement "Dans la forêt de Rambouillet". Bien qu’il soit aussi tout à fait possible de répondre cela aux deux questions, mais nous entrons alors dans un domaine qui ne sera pas du goût de tous les promeneurs.

Bref. Et puisque ce chapitre s’intitule "à quoi pense un homme", sinon ?

Ah bah rien. Soit.

Faisons fi de cet oubli et passons donc à la suite : "Dix principes à retenir sur un homme", et prenons-en quelques-uns au hasard.

Principe n°4: Les hommes ont tendance à profiter des femmes qui les laissent faire. Un homme profitera d’une femme qui dit oui à tout mais il ne restera pas avec elle.

Ou alors, c’est simplement que quand les gens ont la personnalité d’une endive, 99% de la population reste rarement avec, le dernier 1% étant principalement composé de descendants de Léguman. Surtout quand les gens disent vraiment oui à tout en fait.

"On se fait un ciné ce soir ?
- Ouiiiiii ! Hihihi !
- Okay, on se fait un petit film d’action alors ?
- Ho ouiiii, hihihi !"-
Tu veux aller voir quoi ?
- Ouiiiiii ! 
- Hein ?
- Ouiiiii !"
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Ce type de conversation s’achève généralement avec la question "Veux-tu un parpaing dans la gueule ?" mais là n’est pas le sujet.

Principe n°5: En matière de sexe, les hommes croient à la règle du deux poids, deux mesures.Un homme n’envisage pas une relation sérieuse avec une femme qui couche avec lui trop vite. Il n’aura plus envie de la connaître si elle se donne facilement à lui.

Lectrice, toi qui a un jour eu une relation sérieuse avec un homme avec qui tu avais osé folâtrer le premier soir, sache que ton concubin était en fait un espion alien ou quelque chose du genre (les tentacules auraient dû te mettre sur la voie). Car c’est connu, pour une relation sérieuse, Mesdemoiselles, vous n’avez rien d’autre à proposer que votre cucu (je rappelle que ces conseils sont certifiés conformes par le site "Heureuse en amour" et sa rédactrice convaincue dixit elle-même). Sitôt que vous l’avez partagé avec un mâle, celui-ci se dresse fièrement sur le lit, éclate d’un rire diabolique puis hurle vers les cieux, le torse gonflé par la fierté "Je l’ai euuuu !" ; l’homme bondit alors vers la fenêtre la plus proche tel un predator ayant un nouveau crâne à la ceinture et disparaît dans la nuit.

Ou se vautre puisque vous habitiez au 5e, et la police se demandera des jours durant pourquoi le mort avait ce sourire béat, bien qu’un rapprochement avec son absence de slip puisse être faite par les enquêteurs les plus hardis.

Bref, les filles, n’oubliez pas : il n’y a qu’une chose à connaître chez vous, et ce n’est pas vraiment votre personnalité. Et Heureuse en amour approuve ce message, c’est pas beau ça ?

Homme en vue subjective

Principe n°7:Les hommes sont naturellement enclins à coucher avec de nombreuses femmes. Ce n’est pas dans la nature de l’homme d’être fidèle. Quand il aime une femme il doit s’efforcer de refréner ses pulsions pour ne pas la perdre.

Le mot "naturellement" est lâché : "C’est pas ma faute, c’est la nature qui l’a voulu". Messieurs, retenez bien cette phrase : avec elle, vous pourrez tromper quantité d’écologistes et d’amoureuses de la culture bio en toute impunité. Et si vous êtes vraiment joueur, vous pourrez même faire passer votre soumission à Dame Nature comme un acte militant. Quand bien même Dame Nature s’appellait Cynthia, avait 18 ans aux dernières nouvelles, et vous soumet drôlement moins depuis qu’elle sert d’engrais à un joli bosquet. Encore un geste écolo : vous êtes forts alors.

Principe n°8:Les hommes ont du mal à interpréter le discours des femmes. Si une femme veux discuter avec un homme, elle doit aller à l’essentiel pour lui faire saisir le message.

En effet : l’homme est un peu con. Ou alors, c’est juste qu’il regarde vos seins pendant que vous parlez, et puis le match va commencer. Rappelez-moi qui a écrit ce livre ? Ah, oui : trois célibataires. Je me demande bien pourquoi.

Du coup, il est temps, je crois, de passer à la suite : La première rencontre. Non parce que ça se travaille : comment faire bonne impression ? Comment rayonner au coeur de la soirée alors que ses yeux se perdront dans les vôtres ? Mais si, c’était vos yeux. Rhoo, allez quoi. Bon, bref : comment ?

Quand il la rencontre, un homme ne se projette pas dans une relation sérieuse avec:

Une femme trop timide.
Une femme trop directe et franche.
Une femme qui parle de sexe ouvertement.
Une femme facile.
Une femme saoule.

Il serait donc de bon ton que notre femme se contente de glousser et rougisse à la moindre évocation de la chose, puisque nom d’une pipe, femme, vous devez êtres de gentilles oies blanches. Pas d’alcool, pas de sexe, et de préférence ne pas fuir ou aller de l’avant : il faut attendre d’être cueillie tel un brin de muguet attendant patiemment dans la rosée du matin que Maurice le jardinier aviné vienne lui arracher la tronche en complimentant ses grosses clochettes de son haleine au saucisson.

Oui, vous avez le droit de soupirer de bonheur rien qu’à cette vision quasi-onirique. Allez-y, j’attends avant de poursuivre l’article. 

C’est bon ? Fort bien : reprenons.

Que doit faire une femme quand un homme qui lui plait l’aborde?

L’accueillir avec joie.

Pensez à toujours vous munir d’un collier de fleurs exotiques à placer autour du cou du mâle pour bien lui faire comprendre qu’ici, tu es le bienvenu, homme blanc. Toi avoir amené verroterie ? 

Et que doit-elle faire si un homme qui ne lui plait pas l’aborde?

Reconnaître l’effort qu’il lui a fallu pour venir la voir.

Voilà. Donc même si un gros relou vient vous emmerder, Mesdemoiselles, merci de lui remettre un bon point pour le féliciter. Et au bout de dix bons points, vous pouvez éventuellement lui remettre une photographie dédicacée de Patrick Sébastien.

Après, pas sûr que le message passe : si en plus il est content, n’hésitez pas à sortir le pistolet à clous.

Et puisque je vous sens enthousiastes, continuons dans la série de la classe et de l’élégance :

Comment obtenir le numéro d’un homme à la fin d’une conversation?
Lui donner son numéro. (NDLOC : le vôtre, pas le sien, sinon ça devient vite problématique)
Lui demander son numéro (s’il hésite à le donner, il n’est pas intéressé).

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N’oubliez pas les filles : d’abord vous donnez votre numéro. Et ensuite, éventuellement, c’est à lui de décider s’il vous le donne ou non.  Et non, vous ne pouvez pas juste lui demander, sinon vous prenez aussitôt feu. Oui, le problème de la combustion spontanée est situé sur le chromosome X. Alors comme en plus vous en avez deux, ça prend d’autant plus vite, c’est une sorte d’allume-barbecue biologique. Ah, c’est pas facile, mais bon, hein, vous allez pas commencer à gueuler en plus. Je suis sûr que ça peut vous servir dans plein de situations.

Bon, mettons. Mesdemoiselles, vous arrivez à la fin du rendez-vous en un seul morceau, et mieux encore, vous pensez que ce mâle en vaut peut-être la peine. Que faire ? Va-t-il vous appeler ? Devez-vous l’appeler ? En tout cas, quoiqu’il arrive, la conversation téléphonique finit par arriver (non parce qu’il n’existe aucun autre moyen de communication au XXIe siècle démerdez-vous).

Que doit faire une femme au cours du premier appel?
Ne pas être trop bavarde
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Règle numéro 1 : Ta gueule. Règle numéro 2 : Pense très fort à la règle numéro 1, mais en silence alors.

L’exemple à suivre

Manquerait plus qu’elle apprécie de discuter avec Monsieur, nan mais ho ! Elle se croit où ? On t’appelle pour que tu ramènes tes fesses, pas pour que tu racontes ta vie ! On t’a déjà dit qu’on en avait rien à faire du reste, alors tu vas pas commencer à nous le seriner, dis !

Le rendez-vous est arrêté ? Mesdemoiselles, vous avez attendu patiemment qu’il vienne vous trouver en soirée et maintenant il vous propose une sortie en tête à tête, comme par exemple une invitation à la fête annuelle du plus gros mangeur de saucisses ? En route pour encore plus de romantisme !

Ce qu’une femme doit dire lors du premier rendez-vous
Elle ne doit pas critiquer le lieu de rendez-vous choisi par l’homme (s’il lui demande avant, elle peut l’aider à choisir pour qu’il connaisse ses préférences).
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L’homme a choisi. L’homme ne commet pas d’erreur. L’homme ne rit pas de ses bêtises. Dis-donc, tu veux qu’on reparle de la règle numéro 1 ?

Elle ne doit pas être trop bavarde.

Hé bin la revoilà la règle numéro 1. On l’avait déjà oubliée.

Elle doit éviter les sujets trop sérieux ou graves.

En effet, l’homme n’est pas là pour parler politique, religion, science ou je ne sais quel autre sujet chiant : femme, on attend de toi que tu parles d’arcs-en-ciel, de lapins, de poneys et éventuellement, mais uniquement si vous sentez que ça se passera bien, de licornes. On espère pour vous que vous n’avez d’ailleurs pas fait d’études, non parce que sinon, ça fait un peu prétentieuse. Si vous pouviez baver un peu en roulant des yeux pendant le repas, ce serait nickel.

Sinon, c’est moi où cette partie s’appelait "ce qu’une femme doit dire" mais ne comprend que des choses à éviter ? Sûrement un problème de maîtrise des négations. Non parce que non, ça veut un peu dire oui, quand même, hein ? Non ? C’est bien ce que je dis.

Ce qu’une femme doit faire lors du premier rendez-vous
Elle doit laisser l’homme payer l’addition (si les dépenses se poursuivent plus tard elle peut proposer de participer aux frais.
Mais elle ne doit pas inviter l’homme chez elle après le rendez-vous car ils risquent d’aller trop vite et de tout gâcher.

Encore une fois, rien le premier soir où il s’en ira en éclatant d’un rire diabolique, fenêtre, chute, slip. Souvenez-vous. Pour le reste, tout cela ressemble méchamment à un guide écrit par Tata Louisette au XIXe siècle. Vous en voulez la preuve ? Mettons encore : le repas se passe bien, et vous avez adoré cette soirée au concours du plus gros mangeur de saucisses ; que faire à présent ? Écoutons Tata Lo… nos trois célibataires de choc expliquer de quoi il retourne :

Contrairement à la femme qui se projette très vite l’homme reste réaliste et sait rapidement si la relation peut devenir sérieuse ou non.

Compris bande de rêveuses ? Vous êtes complètement à côté de la plaque : le réalisme est livré par UPS une semaine après les coucouilles lors de la gestation, permettant au mâle de pouvoir analyser sereinement la relation alors que vous, créatures de l’enfer, vous en êtes encore à vous rouler par terre en gloussant à l’idée de faire des bébés.

L’homme étant grand prince (évidemment, que croyez-vous ?), il laisse cependant filtrer des signes pour dire s’il veut du sérieux ou non. Prenons ceux qui signifient que son intérêt pour la femelle est limité : quels sont-ils ?

Il ne la sort pas régulièrement

Nous ne parlons ici ni de sa kikoute (allons, bande de forbans) ni de son cocker, mais bien de sa dulcinée. Car la femme, il faut la sortir et c’est toute une histoire : et vas-y que je gratte à la porte, et que je grogne parce qu’il n’y a plus de macarons dans ma gamelle, et que je rentre avec les pattes pleines de boue et de vernis pour en foutre partout… non. Il faut régulièrement l’emmener faire le tour du quartier marquer son territoire sinon c’est le souk à la maison.

Merci, Heureuse en amour. Merci, Ce que pensent les hommes. D’autres indices pour savoir si un homme n’est pas sérieux ?

Il disparaît sans prévenir et elle n’entend plus parler de lui.

Il est vrai qu’en général, quand il disparaît c’est qu’il n’est que moyennement intéressé (au bout de 20 ans qu’il est parti chercher des clopes par exemple, vous pouvez tout à fait commencer à vous interroger). Bien sûr, il se peut aussi qu’il s’agisse d’un ninja, auquel cas c’est parfaitement normal qu’il disparaisse de temps à autres, mais dans ce cas il est facile de le distinguer d’un mâle lambda, par exemple à cause de son goût prononcé pour les collants. Pensez à verrouiller le tiroir où vous rangez les vôtres sinon il va encore s’en faire une cagoule avant de lancer des shurikens sur la Twingo du voisin. Ces ninjas sont vraiment intenables.

Ces petites attentions qui le rend dingue d’elle!
Elle lui montre qu’elle s’intéresse à sa vie.
Elle le soutient et l’encourage en toutes circonstances.
Elle lui fait des compliments sur son apparence et sa manière d’être.
Elle lui offre des petits cadeaux de temps en temps.
Elle lui fait à manger ou livrer un repas de temps en temps.
Elle s’occupe autrement quand il n’est pas disponible.
Elle n’essaie pas d’aller trop  vite et ne le force pas à s’engager.

Bref, soyez sa mère.

Non mais en même temps, vous vous doutiez que c’était un ninja quand vous l’avez rencontré la première fois, non ? Le fait qu’il soit faible en groupe de 500 mais super fort en groupe de 1 ? Sa capacité à jeter des boules de phosphore devant lui pour un oui ou pour un non ? Tout de même ?

Mais assez ! Passons à la partie qui, si j’en crois ce texte, fera rougir les friponnes qui me lisent : le sexe.

Si. Là aussi, ils ont des conseils.

Une femme doit-elle coucher le premier soir?
Si elle veut du sérieux, NON.Il va la prendre pour une femme facile, pensera qu’elle agit ainsi avec tous les hommes et n’arrivera plus à se projeter dans une relation sérieuse avec elle. Il est conseillé d’attendre au moins le 5ème rendez-vous avant de céder aux avances d’un homme.

Avant le 5e rendez-vous, vous êtes une vilaine coquine. J’aime toute la précision de ce genre de conseil : pensez à compter le nombre de rendez-vous. Ne le faites pas quand vous en avez envie, ce serait mal : vérifiez votre agenda, téléphonez à votre meilleure amie, regarde votre horoscope, appelez Orly et si la tour de contrôle vous donne son feu vert : couchez.

Sinon, rentrez chez vous et regardez Derrick.

Quelle genre de femme attire un homme physiquement?
Une femme sexy, à l’aise dans sa tête et dans son corps.

Il est vrai que pour le sexe, ça aide d’être sexy. Et il parait que pour vivre, il faut être vivant (sauf si vous êtes une liche ou Grégory Lemarchal, auquel cas vous sortez plus de disques mort que vivant).

Du grand art.

Passons les conseils sur l’art de copuler avec son prochain : je vous laisse libre d’y trouver votre bonheur. Non : le mieux, c’est la partie "Après l’amour" dans laquelle on trouve des morceaux de bravoure. Après l’amour, donc ?

Il tient à elle un minimum pour rester et s’endormir à ses côtés. (si un homme s’endort après l’amour il est impossible de l’en empêcher, c’est physique)

Voilà. Alors sachez-le : l’homme fonctionne d’une manière bien étrange. Après l’amour, satisfait, son organisme profite de ses derniers râles pour envoyer toute l’énergie restante dans son corps vers son rectum ; il relâche alors dans l’atmosphère son énergie sous forme vaporeuse dans un ultime mais néanmoins tonitruant pet, se tourne sur le côté, puis s’endort. RIEN ne peut l’en empêcher. C’est physique on vous dit. 

Alors c’est ballot, surtout que dans le passage juste avant, on nous disait que l’homme aimait "faire l’amour dans des lieux insolites.". Du coup ça doit être un peu le bordel cette affaire, on doit retrouver des mecs endormis partout. 

"Hé bien Berthier, merci d’être venu à cette réunion. Je vous raccompagne à l’ascenseur ?
- Volontiers.
- Parfait, tenez il arr… MAIS ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Que fout ce type tout nu à roupiller dans la cabine ?
- Je crois que c’est Mauricet Monsieur, de la compta. Il n’y peut rien : il a une relation au travail.
- Non mais ça commence à bien faire ! L’autre jour j’ai retrouvé Martinot en train de pioncer dans un conduit d’aération ! Et Francis dans le bac à verre !
- Ah non mais Francis, on est d’accord, il est fou. M’enfin bon, je pense qu’il se dit que c’est correct, surtout depuis la fois où vous…
- JE M’ÉTAIS JUSTE ENDORMI AVEC CETTE CHÈVRE DANS LES BRAS D’ACCORD ? CA N’A AUCUN RAPPORT ET IL N’Y A AUCUNE PREUVE !"
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Heureusement, le site n’hésite pas à enfoncer le clou. Quid si le mec n’a pas envie de rester là ?

Il ne tient pas à elle et trouvera la force de se rhabiller pour reprendre sa liberté.

Il "trouvera la force de se rhabiller". L’homme va ramper sur le sol en serrant très fort fesses et dents, se tortillant comme un gros vers en essayant d’enfiler ses chaussettes sans laisser s’échapper le peu d’énergie qu’il lui reste. Puis, il rampera à demi-nu dans les couloirs avoisinant jusqu’à regagner la rue où, avec un peu de chance, il parviendra à héler un taxi. 

C’est terrible. On dirait qu’on nous parle d’un baleineau échoué.

Mais, il n’y a pas que le sexe dans la vie : comment se comporter pour garder ce brillant mâle que vous avez su conquérir ? Par exemple, lorsqu’il revient d’une soirée avec vos amis ? Mais si, vous savez déjà ce qu’il faut faire. Souvenez-vous : 

Une femme ne devrait pas trop questionner un homme quand il rentre d’une soirée avec ses potes car cela gâche le plaisir qu’il a de la retrouver.

Règle numéro 1 : le retour.

"Bonsoir chérie !
- Bonsoir mon choubidou.Tu as passé une bonne soirée avec tes amis ?
- NAN MAIS HO ! TU TE CROIS OU ? CA TE REGARDE ? De toute façon j’en ai marre tu t’intéresses toujours à ma vie, c’est dégueulasse, maintenant je n’ai plus de plaisir à te retrouver, je retourne boire des bières avec les copains !"

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Encore une fois : écrit par trois célibataires. Hmmmm. Mais pourquoi donc ?

Quand vous retrouvez ceci à la maison, c’est qu’il est temps d’en partir

Le match de foot à la télé. 

Ne jamais déranger un homme pendant son match! Si une femme annule ses projets pour que son homme regarde son match, il aura une haute estime d’elle. Un homme aime que sa petite amie regarde un match avec lui, mais en silence!

Si elle pouvait aussi décapsuler les bières, ce serait cool. A noter qu’elle doit le faire en silence : la femme ne peut pas commenter le football. Elle n’en comprend pas les règles. A ce qu’il paraît que si l’on répète trois fois la règle du hors-jeu à une femme en moins de 5 minutes, sa tête explose.
Non mais genre. Bientôt, elles vont aussi croire qu’elles peuvent jouer au foot. Pfff.

Et donc, l’auteur de cette synthèse a trouvé ces commentaires pertinents. Intéressant : je serais curieux de savoir ce qu’elle ne trouve pas pertinent, du coup.

Les sorties en couple
Un homme n’aime pas être invité par sa femme à des sorties en couple car il doit faire attention à ses faits et gestes et se sent jugé par les amis de celle-ci.
Il fait l’effort de venir pour faire plaisir mais il aime que ça en finisse au plus vite.
Un homme se sent plus détendu et lui même quand il organise des sorties en couple avec ses amis.
Une femme doit se montrer indépendante et ne pas chercher constamment l’attention de son homme pendant une sortie.

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Mesdemoiselles, vos amis sont relous : merci de libérer Monsieur de ces derniers. Par contre, ses amis à lui sont forcément cools : merci de fermer votre gueule (ça alors ! Cette règle numéro 1 est décidément bien utile) quand ses amis sont là pour qu’il puisse pleinement en profiter. Et faites péter les crackers, ça fait faim, là.

Les présentations officielles
Une femme doit tout faire pour s’entendre avec la mère de son homme car il déteste avoir à choisir entre les deux femmes qu’il porte dans son coeur.

Plus haut je disais "Soyez sa mère", grossière erreur : "Soyez le bras droit de sa mère" serait plus exact. 

Attendez, comment pourrait-on être encore plus rétrograde ? Ah, je sais :

Le mythe de la femme au foyer
Bien qu’un homme aime une femme forte et indépendante il reste accroché au mythe de la femme au foyer.
Il aime:
qu’elle prenne soin de son intérieur.
qu’elle l’aide à s’habiller.
qu’elle lui fasse à manger.
C’est à travers ces petits gestes qu’il se rend compte de l’amour qu’elle lui porte.

"Forte et indépendante", comprendre "Suffisamment forte pour porter le bac à linge et suffisamment indépendante pour se barrer quand les copains sont là". En effet, ça se tient, il manquait juste deux-trois mots.

Et, oui, l’amour se mesure à la fréquence à laquelle vous passez l’aspirateur. Rrrrr, passion.

L’érotisme, allégorie.

Allez, passons en revue la suite et accélérons : il y aurait trop à dire.

Une femme ne doit pas entamer une discussion sérieuse quand un homme n’est pas disponible.

Elle doit attendre sur le bas côté et éventuellement lui envoyer des SMS pour lui signaler qu’elle a quelque chose à lui dire. Par exemple, attendre qu’il ait fini sa partie de PES avant de lui annoncer que vous êtes enceinte. Il y a des priorités.

Quand un homme et une femme vivent ensemble, ça les rend plus proches.

Et quand on met deux biscuits l’un à côté de l’autre, ils sont l’un à côté de l’autre. La vache, on peut dire qu’ils ont "brisé une omerta" nos bons auteurs. Vite, remettez-les tabous, c’est trop d’un coup !

Horrible vérité n°1: Les hommes se servent des femmes pour coucher car ils détestent être en manque.

Alors que les femmes font du tricot et on en parle plus.

Horrible vérité n°2: Les hommes trompent les femmes qu’ils aiment par besoin de variété sexuelle.

Oui, c’est automatique. Ah mais on a déjà essayé d’enfermer un mec pour voir ce qu’il se passait et commet il variait les plaisirs : au bout de 3 semaines sans nouveauté, son corps se met à développer d’étranges pouvoirs de téléportation pour aller courir la gueuse "par besoin".  L’armée s’en servirait à l’heure actuelle, mais pour l’instant, les résultats sont encore aléatoires : la plupart des sujets tests ont été retrouvés au zoo.

Horrible vérité n°5: Les hommes n’ont aucune inclination naturelle pour le mariage.

Alors que les femmes, si : saviez-vous que lors de l’accouchement, le plus difficile à faire sortir après une petite fille était la robe et le bouquet allant de pair ? 

Conclusion: le désir sexuel est à la source de tout acte masculin!

Sans oublier le football, la bière et bien évidemment sa maman.

Voilà. Je vous remets la conclusion de la damoiselle qui a étudié ce livre pour Heureuse en amour ?

Une chose est sûre, ce livre a un peu changé ma vision des hommes mais également celle du couple. La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais elle est nécessaire pour nous permettre d’aborder les relations entre hommes et femmes avec plus de réalisme et de sérénité. Je me servirai très certainement de tout ce que j’ai appris pour réajuster certaines attitudes face aux hommes et ainsi améliorer nos rapports communs.

Et le plus beau ? 

C’est que ce livre a trouvé un éditeur et est vendu en échange de vrai argent pour vous aider, vous, les femmes.

Remarquez, il y a une vraie réflexion derrière ce bouquin : je suis encore en train de chercher qui on prend le plus pour un con.

Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

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La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

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Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

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Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

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Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

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Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

"Bonjour Catherine, bonjour Peter."

Les deux jeunes gens échangent un bref regard en se posant prudemment dans l’immense canapé de la suite de luxe, jaugeant brièvement les différents mets situés sur la table devant eux, avant de reporter leur attention sur leur interlocuteur, occupé dans l’instant à siroter son brandy un cigare à la main.

"Je sais : vous êtes sélectionnés pour les Hunger Games, et ça vous embête bien parce que vous n’avez que très moyennement envie de mourir. Je comprends, mais rassurez-vous : on vous a fourni le meilleur coach possible pour vous en sortir. Suivez mes conseils et tout devrait se passer à merveille pour vous."

Le cigare remue dans l’air alors que l’homme ponctue son propos de divers mouvements de mains, créant involontairement avec la fumée diverses figures géométriques se disloquant paresseusement dans l’air ambiant lorsqu’elles ne sont pas tout simplement brisées en plein vol par un nouveau geste de l’instructeur illustrant son discours.

"Qu’est-ce qu’on doit faire Monsieur Connard ? Donnez-nous au moins les bases !"

Catherine s’étonne elle-même de l’autorité qu’elle a mise dans sa voix, défiant le type trop détendu en face d’elle qui ne semble pas réaliser la situation. Ce dernier la regarde à peine avant de tirer à nouveau longuement sur son cigare.

"Les bases ? Et bien, puisque vous semblez pressée jeune fille, je vais vous les donner. Tout d’abord, lorsque vous entrerez dans l’arène, vous devrez crier très fort votre nom. Et le faire régulièrement.
- Quoi ? Mais attendez, c’est idiot ! Je vais me faire repérer si je fais ça !
- Justement. Figurez-vous que pour des raisons que j’ignore, tout ce jeu obéit à des ficelles grosses comme des cachalots que l’on appelle "les principes de base des scénarios américains pourris". Et comme vous le savez, les personnages qui n’ont pas de nom ont une fâcheuse tendance à mourir, alors que les autres, eux, ne peuvent passer l’arme à gauche que lors de circonstances épiques ou du moins particulières. En hurlant votre nom, vous sortirez de l’anonymat et augmenterez donc diablement vos chances de survie.
- Ah, pas con – dit Peter en sortant de la transe dans laquelle les figures de fumée s’envolant lourdement vers le plafond l’avaient plongé.
- Evidemment pas con. Enfin si, il faut l’être un peu pour utiliser ce genre de ficelles dans un scénario, mais là n’est pas le sujet.
- D’accord – reprend Catherine – mais c’est pas ça qui va nous sauver pour autant ! En cas de duel, comment s’en sortir ? Il y a des machines à tuer là-dedans !"

Le type se gratte mollement le bout du nez dans l’indifférence la plus totale, avant de poursuivre doucement.

"Vous savez attraper des chatons ?
- Que… quoi ? Mais enfin, quel rapport ?
- Répondez-moi : savez-vous attraper des chatons ? Ou éventuellement, des petits lapins ou des hamsters gentils ?
- Je… oui ?
- Bon : alors vous allez en collecter un maximum et les accrocher à votre ceinture. 
- Mais enfin !
- Attendez jeune impatiente, calmez vos ardeurs : avez-vous déjà vu un film où l’on tue des animaux choupis ?
- Ah heu… non. 
- Parce que ça ne se fait pas. C’est comme sur internet : une vidéo de massacre, oui, une vidéo de coup de pied dans le cul d’un chat, non, ça choque l’internaute, on ne rigole pas avec la cruauté envers les animaux. Vous comprenez ?
- Interquoi ?"

Il y a un léger bruit de brandy que l’on déglutit, puis enfin une réponse.

"Bon, je vois. Ecoutez-moi bien : on va tous regarder Hunger Games, un sympathique film qui m’a tout appris sur les règles de ce jeu, et vous allez tout comprendre sur les ficelles pour vous en sortir. D’accord ?"

Alors spoilons mes bons !

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L'affiche : "Nous serons tous spectateurs". Vu le film, ça sonne comme une menace, et j'aime pas trop quand du papier glacé me parle comme ça.

Notre film débute sur un plateau de télévision, alors qu’un présentateur à la tenue des plus immonde, César, est en pleine interview d’un certain Monsieur Crane, chargé de réaliser cette année les Hunger Games. Qu’est-ce donc, me direz-vous ? Et bien c’est fort simple : il s’agit d’un Battle Ro… heu, d’un concept fort original dans lequel de jeunes gens sont placés dans une sorte d’arène dans laquelle ils doivent gaiement s’entretuer sous l’oeil des caméras pour le plus grand plaisir d’un public qui trouve ainsi son bonheur quelque part entre les jeux du cirque et La Ferme Célébrité, Francky Vincent en moins (en effet, ce dernier est interdit par le règlement officiel des Hunger Games, puisque s’entretuer, d’accord, mais chanter "Tu veux mon zizi", alors là, non, faut pas déconner).

Ces jeux existent depuis 73 ans, nous dit-on, car nous sommes dans un futur étrange où le monde a mangé l’apocalypse dans le museau, et l’Amérique du Nord s’est donc reconstruite en une nouvelle nation, Panem, constituée de 12 districts dépendant d’une capitale, le Capitole. César, en bon présentateur télé chargé d’expliquer en deux minutes au spectateur ce qu’il en est de la situation, donne quelques précisions de plus : les Hunger Games sont nés d’une rébellion durant laquelle les 12 districts se soulevèrent contre le Capitole (probablement suite à une histoire de rab’ de frites à la cantoche, d’où le nom de Hunger Games), mais se firent cordialement bourrer la gueule. En punition pour leur désobéissance, outre diverses humiliations, car chacun sait que l’Histoire a prouvé qu’il était important d’humilier un peuple pour le pacifier, il a été décidé de manière complètement débile (mais ça, personne ne le fait jamais remarquer) que chaque district fournirait annuellement un garçon et une fille en tribut de leurs erreurs passées, et qu’on les ferait… s’entretuer dans une arène à la télé. Ho, et en forçant les districts à regarder le tout à la télé, bien sûr.

Voilà : si vous n’aviez jamais vu de concept de merde tenant à peine debout, c’est chose faite. Surtout que attention, des fois que cette petite recette pour obtenir une guerre civile ne suffise pas, César en remet une couche en précisant "Oui, enfin ça, hein, c’est l’origine historique, hein, maintenant on le fait chaque année, mais c’est juste pour rigoler."

Je traduis : "Hohééé, les districts ! Bonjour, vous nous reconnaissez ? C’est nous, le Capitole, les gens qui tuent deux de vos enfants chaque année au nom d’une décision idiote ; on voulait juste vous préciser que même si ça avait eu du sens un jour, maintenant on ne le fait que pour vous faire chier et se distraire ! Allez, gros bisous, hein, et surtout, vous rebellez pas à nouveau !"

D’accord. Bon, je crois que ce film est l’un des rares à atteindre un tel niveau d’incohérence dès la première scène, je remercie l’ensemble des gens – nombreux –  qui me l’ont recommandé comme "Un bon film" ou "Attention, bonne surprise !", j’ai noté les noms. Un canadair d’excréments est en route pour chez vous. "Attention, grosse surprise !" aussi, pour le coup.

Quelques précisions d’ailleurs : si on ne sait pas pourquoi les 12 districts ne se sont jamais rebellés ou n’ont pas tout simplement sombré dans le terrorisme, on sait cependant qu’ils sont organisés selon les bons vieux principes de l’Union Soviétique, avec chacun une spécialité : l’agriculture, la pêche, le minerai, les manufactures de Macbook, etc, qui fournissent le Capitole en richesses diverses dont ils ne profitent pas. Autrement dit, si les 12 districts se mettaient en grève, le Capitole sombrerait dans le chaos en une journée. Enfin, encore une fois : je dis ça, hein, mais bon, vous en faites ce que vous voulez les gars. C’est pas comme si on venait tuer vos gamins chaque année pour se marrer, hein. S’ils sont lourds, peut-être le mérite t-ils ? Des enfants qu’on ferait bien s’entretuer dans une arène, on en croise à peu près à chaque fois qu’on prend le train, mais c’est une autre histoire.

Vous avez bien saisi ? Les districts, le Capitole, les Hunger Games, les gens qui bavent depuis 73 ans en se laissant gentiment faire sans remuer le petit doigt ? Alors en route.

Direction le district 12, le plus périphérique des districts de Panem (la banlieue quoi cousin, t’as vu), spécialisé dans l’extraction du charbon et autres bidules pas très ragoûtants que des mineurs s’empressent quotidiennement d’aller chercher en échange d’un salaire permettant de vivre dans des maisons faites de planches, de boue et de coprolithes divers. Je profite d’ailleurs de cette brève description pour vous faire un point "Sociologie".

Dans le monde magique de Hunger Games, on retrouve certains principes communs à nombre d’oeuvres publiées uniquement pour caler une table branlante :

  • Les pauvres sont tous gentils et ont une forte tendance à être intelligents.
  • Les riches sont tous des enculés et ont une forte tendance à être bêtes.
  • Les noirs sont tous cools et ont une forte tendance à mourir. A noter que dans le film, certains personnages blancs du livre sont devenus curieusement bronzés pour des raisons de quotas hollywoodiens, ce qui a créé une polémique aux Etats-Unis, où des lecteurs du livre ont annoncé que cela rendait la mort de certains personnages "moins triste" (véridique). On imagine bien que les membres du Club lundi lecture du Ku Klux Klan ont dû être choqués par pareille décision.

Du coup, des milliers d’expériences amusantes attendent le sociologue farceur : par exemple, en glissant un billet dans la main d’un pauvre, il devient instantanément un peu plus con et ira noyer des chatons, alors qu’à l’inverse, sitôt que vous volez le sac d’une riche, elle vous hurle "gardez-le, vous en avez plus besoin que moi" avant d’aller à la bibliothèque municipale se plonger dans Proust. Enfin, si vous tirez un coup de fusil à l’aveuglette dans une foule d’habitants du monde de Hunger Games, elle tuera à coup sûr un noir.

Finalement, je commence à comprendre pourquoi c’était dans la liste du Club lundi lecture du Ku Klux Klan. J’espère que je n’ai pas paumé ma carte d’adhérent. Ah non, voilà, elle était juste à côté de ma carte du fan club de Claude Guéant, ouf.

Le Club lundi lecture du Ku Klux Klan, section du Michigan, célèbre pour sa fanfiction de "Franklin la tortue pète sa voisine la taupe à coups de crosse"

Que disais-je avant de m’interrompre ? Ah, oui : le district 12.

Nous y retrouvons donc Primrose Everdeen, petite fille aux tresses blondes et à la blanche robe qui couine quelque peu, puisque ces derniers jours, elle fait sans cesse le même cauchemar impliquant des gens tout nus : malgré sa dizaine d’année, elle est tirée au sort pour représenter son district aux Hunger Games. Une idée qui la branche moyennement, puisque bon, elle n’est pas encore sûre que ses compétences supérieures en coiffure et dinette puissent lui permettre de botter le cul d’éventuels concurrents. Heureusement, sa grande soeur Katniss est à son chevet pour la calmer, non pas à grands coups de taloches dans la gueule, mais en lui susurrant "Mais non ma poupounette, je sais que tu es nerveuse parce que tu viens d’avoir l’âge à partir duquel tu peux être sélectionnée, mais tu connais la règle : la première année, ton nom n’est qu’une seule fois dans la boîte du tirage, donc tu ne risques rien, chuuuut…". En effet, Katniss Everdeen est une grande soeur formidable qui sait prendre soin des siens : il faut dire que sa mère est un peu dépressive depuis la mort de papounet qui s’est ramassé un vieux coup de grisou à la mine, et que du coup, c’est un peu elle qui gère le foyer qui vit chichement, comme bien d’autres du district 12.

Cela dit, la pauvreté ne semble pas toucher tout le monde de la même manière : alors que les habitants du coin semblent passer leur temps à gratter le charbon, on notera que Katniss a un sourire et une manucure impeccables, tout comme son bon ami Bob, sorte de grand dadais qui ne doit pas beaucoup bosser à la mine, vu son teint de jeune fille. Petite jean-foutre, va ! Bref ; pour améliorer le quotidien, Katniss n’hésite pas à sortir des limites du district pour aller courir les bois, qui sont interdits à la population juste pour faire chier (faudrait pas qu’ils améliorent leur quotidien, c’est important de garder la population la plus malheureuse possible, pour être sûr qu’elle se révolte, c’est très subtil). Là-bas, aidée de son fidèle arc, elle peut donc défoncer de la biche, maraver de l’écureuil et, les jours de fêtes, rabouiner du faisan, et ainsi ramener de quoi remplir la gamelle de la petite famille, voire procéder à quelques échanges (le troc donnant ainsi naissance à d’intéressants concepts, comme par exemple la "pipe à deux mulots" chez Lucy-lèvres-de-feu, légende locale chez les mineurs fatigués et solitaires).

Mais aujourd’hui, il faut redoubler de prudence ! Car la région grouille de "pacificateurs", les CRS du Capitole, qui viennent escorter l’ambassadrice chargée de tirer au sort le nom des heureux élus qui participeront aux prochains Hunger Games. C’est ce qu’on appelle dans le jargon "le jour de la moisson" ou "le jour des gros relous", selon les versions. La chose rend un peu nerveuse Katniss, qui finit par aller discuter avec son bon ami Bob de tout cela : après tout, lui comme elle sont susceptibles d’être tirés au sort comme tribut, alors il faut bien que chacun vide son sac ; pour Bob, l’avenir est ailleurs, il pourrait vivre dans les bois en braconnier, se dit-il. Pour Katniss, les choses sont moins heureuses : il est impossible de vivre dans les bois selon elle ; le Capitole les traquerait, et puis, qui veillerait sur sa famille ? Non, la situation ne fait pas vraiment rêver. Et dans l’immédiat, il faut surtout prier très fort pour ne pas être tiré au sort comme tribut, parce que ça, ce serait un peu la grosse tuile les p’tits gars. Et aller se préparer pour la cérémonie où les malheureux élus seront nominés, puisqu’il est bien évidemment obligatoire de s’y rendre, et de préférence, bien habillé (comprendre : sans queue de castor en guise de cravate, ce qui est pourtant le top du top de la coquetterie locale).

Katniss retourne donc chez elle mettre sa plus belle tenue de prolétaire, tout comme sa petite soeur ; pour rassurer cette dernière, elle lui file d’ailleurs un porte-bonheur :

"Primrose, je sais que ça ne va pas être facile aujourd’hui, mais bon, en même temps, ça fait dix ans que tu vis avec un nom de merde, alors bon, tu dois commencer à avoir de bons nerfs. Tiens ma chérie : voici un cadeau qui te portera bonheur, porte-le à ton gilet, et rien de mal ne pourra t’arriver !
- Je… Katniss bordel ! J’ai 10 ans, pas 3 ! J’ai l’âge d’aller me battre au couteau dans une arène avec des adolescents aux coucouilles surchargées, tu crois vraiment que je vais croire à tes conneries de fucking pin’s magique ?
- Regarde, il y a un oiseau dessus.
- Oh un oiseau, hihihihi trop choupi , uiiiiiiiiiii !"

Finalement, donc, l’heure de la cérémonie est arrivée : un imposant vaisseau aérien aux formes harmonieuses est venu se poser à proximité des maisons primitives, et en sont descendus des dizaines de pacificateurs en uniforme qui ont réuni la population, listé les tributs potentiels, et installé une scène géante au coeur de la bourgade (oui, c’est pas bien gros un district visiblement). Et devant l’immense écran, une femme en tenue pourpre immonde s’est présentée comme représentant le Capitole ; puisqu’elle pue le pognon, elle est évidemment bête et méchante, et semble donc ne pas comprendre pourquoi la foule n’est pas en délire à l’idée de donner deux de ses enfants aux Hunger Games. Laissant tomber cet étonnant silence, elle passe à la suite : le film officiel récapitulant le principe des Hunger Games. On se répète donc un peu, mais grosso modo, la voix off de la dite vidéo nous dit :

"Il y a 73 ans, il y eut une grosse guerre, durant laquelle les districts se soulevèrent pour nous attaquer nous, les gentils du Capitole qu’on avait rien fait. Heureusement, nous avons triomphé de vous, petites merdes, et en punition pour votre traîtrise, nous avons demandé à ce que vous nous donniez chaque année un garçon et une fille en tribut pour qu’on puisse manger du pop-corn en vous regardant mourir à la télé. Mais évidemment, il y a quand même un côté sympa : le gagnant des Hunger Games repartira célèbre et pété de pognon. Voyez qu’on est cool quand même. Hein ? Dites ? Ho ? Non ?"

Définitivement, je suis fan de ce principe que certains critiques ont présenté comme "riche", "fouillé" et "intelligent" avec, pour certains "une fine analyse politique". Oui, effectivement, si on a le sens politique d’une endive, ça doit effectivement paraître assez fin. Sinon, c’est complètement con, rappelons-le. Bref, revenons à l’intrigue (si, si, il y en a une, vous allez v… ah non, attendez, non, rien).

La bougresse du Capitole procède donc au premier tirage au sort (la jeune fille), et ça alors MAIS SUR QUI ÇA TOMBE DIS DONC ! Asseyez-vous car vous ne vous y attendiez probablement pas : sur Primrose (qui du coup, doit hurler "Ah bin merci le pin’s de merde, bravo, bien joué Callaghan !" mais on ne le voit pas à l’écran ), qui est fort peu enchantée à l’idée d’aller mourir dans une arène, et s’effondre donc littéralement alors que les pacificateurs s’emparent d’elle pour l’emmener vers la scène. Katniss, ne pouvant supporter l’idée de voir sa soeur se faire tataner par des margoulins en direct à la télévision, sort donc des rangs pour hurler "Je suis volontaaaaaaaaaireuuuuuh lâchez-laaa !" ; cela surprend l’envoyée de la capitale, qui du coup, accepte : un tribut volontaire, c’est suffisamment rare pour être noté ! Primrose est donc relâchée, alors que Katniss est appelée à monter sur scène, en attendant que le second tirage au sort soit effectué. Qui cela va t-il être ? Bob ?

L'Ecole des Fans, ça a quand même mal vieilli.

Perdu ! Qui dit truc pour ado dit triangle amoureux (mais pas ménage à trois, attention, ne confondons pas tout), il nous faut donc un autre garçon pour accompagner notre louloute dans l’arène : c’est donc un certain Pita qui est tiré au sort, ce qui intéresse notre héroïne pour deux raisons :

  • D’abord, parce qu’elle le connait : c’est le fils du boulanger, et un jour, alors qu’elle mourait de faim, il lui a filé du pain discretos, alors que dans le coin c’est un peu une ressource de luxe. Il est donc sympa, comme tous les pauvres.
  • Ensuite, parce que quand même, ce type a un nom de pain à kebab, ce qui doit avoir son intérêt quand on participe à un truc appelé Hunger Games. Alors à moins qu’une autre équipe ait dans ses rangs un certain James Choucroute, c’est quand même elle qui a le compagnon d’infortune le plus utile en cas de disette

Enfin je dis ça, mais aux Hunger Games, il n’y a qu’un vainqueur, donc si elle veut gagner, Katniss devra donc bel et bien le manger, et peut-être même sans sauce samouraï. Dur.

Contrairement aux attentes de l’organisatrice du tirage au sort, encore une fois, la foule ne semble pas ravie de voir ses deux candidats partir ; tout le monde se contente de lever le bras silencieusement en brandissant trois doigts : le salut des districts et de la corporation des proctologues. Cela dit, les jeunes gens sont emmenés chacun dans une cellule où ils pourront s’entretenir une dernière fois avec leurs familles : Katniss fait donc ses adieux à sa mère, et promet à sa soeur d’essayer de gagner, nom d’une pipe. Primrose en profite pour lui glisser son pin’s dans la main en lui susurrant "Tiens, reprends ta merde ça te portera bonheur.".

C’est moi qui regardais un autre film, où Primrose a l’intelligence d’un caillou ? Dis-donc, t’as pas remarqué que ça portait la chkoumoune ce truc ? Tu te souviens pas que c’est même pour ça que ta soeur a dû se porter volontaire pour te sauver les miches ? Non ?

"Merci", répond Katniss, qui elle non plus, n’a visiblement aucun souvenir de la scène précédente ou de ce qu’elle fait là. Ok. Dis-donc Maman Everdeen, va falloir penser à arrêter de fauter avec des minéraux, hein, c’est très mal. Oui, je te fais les gros yeux, mais tu as vu le résultat, dis ? Rah.

Bref : après tout cela, Katniss et Pita sont tous les deux emmenés vers un train de luxe (Je ? Attendez, et le gros vaisseau qui avait amené l’organisatrice du tirage au sort ? Ah bin, il a disparu du script, du coup, elle aussi prend le train pour repartir) où on leur explique que jusqu’aux jeux, ils baigneront dans l’opulence, et pourront se gaver de tout ce qui leur était jusqu’ici inaccessible (comme par exemple : du savon). Ils vont aussi rencontrer leur mentor – chaque district en a un – , Haymitch (on dira "Mitch"), ancien gagnant des Hunger Games qui pourra distiller moult conseils de qualité pour maximiser les chances des candidats ! Joie !

Sauf que bon : peu après que le train se soit mis en route, ledit Mitch parait dans la voiture qu’occupent les jeunes gens, et il semble plus être une grosse épave alcoolique qu’un coach en coaching VIP ; voilà qui est embêtant, tant les conseils de gens bourrés sont parfois difficiles à utiliser ("J’piiiiisse où j’veux, uiiiii madaaaame !", "Où qu’elle est la bouteille ? Où que… aaaaah, l’est là ! Héhéhé, l’est là !" ou encore "Je… j’suis pas bourré. ‘gad’, j’touche mon nez, ‘gaaaaaaad’ !"). Mais malgré le fait que son sang soit constitué à 76% de pastis, le bougre parvient quand même à énoncer quelques mots à sa troupe : il n’a pas de meilleur conseil à leur donner que de leur dire de se résigner à mourir. En effet, selon lui et comme chaque année, la victoire ira au district 1 ou 2. Pourquoi tant d’assurance dans ce pari, me direz-vous ? Et bien le bougre l’explique :

"Paaaasssqueeeee les districts 1 et 2, hé bin vous le savez, ils ont des écoles qui forment leurs jeunes aux Hunger Games depuis tout petit, en faisant des machines à survivre, tuer et gagner. Hé oui ! Du coup, chez eux, ce sont toujours des volontaires, en plus."

Que… quoi ? Vous voulez dire que le Capitole tolère que deux de ses districts entraînent en permanence ses jeunes à l’art de la guerre ? Bon sérieusement, depuis le début du film, à part présenter des tonnes de trucs incohérents incitant et facilitant une rébellion, on pourrait savoir à quoi sert le Capitole ? Tiens, et puis d’ailleurs, tant qu’à parler de trucs qui ne tiennent pas debout : donc, deux districts ont des écoles de formation aux Hunger Games, et envoient des volontaires motivés et entraînés dans l’arène massacrer les recrutés d’office souvent incapable de manier une arme des autres districts. Jamais ces derniers ne se sont dit "Ho putain les gars, sachant que de toute manière, on devra participer à cette merde puisqu’on est trop cons pour s’y opposer, pourquoi nous aussi on monte pas des écoles ? Comme ça, on, donnera au moins une chance à nos gars, plutôt que de les envoyer au casse-pipe ! Et on aura des volontaires en plus ! Sans compter que bon, en cas d’insurrection, v’la les machines de guerre ! Allez hop, au boulot !"

Mais non, dans le monde magique de Hunger Games, le Capitole trouve normal qu’il y ait des écoles paramilitaires chez les districts rebelles qu’elle humilie régulièrement, et les autres districts trouvent tout à fait normal de se donner le moins de chances possibles et d’envoyer mourir des gens au hasard ("Ah merde, pas d’bol, c’est tombé sur notre médecin : bon bah on va tous crever !"). Tenez, s’ils le pouvaient, ils recruteraient Raymond Domenech pour se donner le moins de chances possibles. Enfin.

Mitch donne de bons conseils, comme par exemple, bien diluer son eau dans du pastis pour la purifier. Merci.

Toujours est-il que Mitch n’est pas du genre à coopérer facilement ; il semble plus préoccupé par le contenu de son prochain verre que par le sort de nos loulous qui d’après lui, mourront quoiqu’il arrive. Mais c’est sans compter sur le charisme de nos deux compères d’infortune, et particulièrement celui de Katniss, qui finissent par avoir raison de son défaitisme. J’en profite dès à présent pour informer le lecteur que Katniss soufre du syndrome dit "de Bella" qui fait que, où qu’elle aille, tout le monde la trouve géniale au bout de quelques secondes, même si elle se contente de se curer le nez les yeux dans la vague. Bref : Mitch finit par lâcher quelques tuyaux de bon aloi :

  • Déjà, il faut éviter de faire du feu, c’est un coup à se faire repérer d’entrée de jeu
  • Trouver un abri et de l’eau est essentiel : avec ça, on peut tenir un petit moment, c’est donc prioritaire, bien avant de massacrer ses petits camarades
  • Et surtout, plaire au public

T’inquiète mec, avec son syndrome de Bella, Katniss devrait gérer tranquillement. Mais au fait, pourquoi plaire au public ? Pour être invité chez Cauet ensuite ? Et bien non : tout simplement parce que des sponsors peuvent décider à tout moment d’envoyer des objets aider des candidats populaires pour se faire un petit coup de pub. Et il ne faut jamais cracher sur une arme, des médicaments, de la nourriture ou une cuisine en kit (pas de bol mec, c’est Ikea qui a décidé de te soutenir).

Cela dit, le train de nos héros lui ne s’arrête pas pendant ce temps, et bientôt, une formidable cité futuriste se dévoile aux yeux de nos tributs préférés : le Capitole, oasis de richesse et de bonheur au milieu des douze districts ; déjà, sur les quais, des curieux locaux se pressent pour tenter d’apercevoir les candidats de cette année. Comme ils sont riches, vous l’aurez deviné : ils ont tous l’air idiot, sont habillés de couleurs criardes et sont ridicules, méchants et cruels à la fois. Mais le contact n’a pas le temps de se faire entre le public et les candidats, car, bien vite, ces derniers sont emmenés dans les studios des Hunger Games, où une horde d’esthéticiennes et autres coiffeurs sont prêts à recevoir le bétail pour lui donner une apparence raisonnable ; épilation, maquillage & autres sont donc de la partie, par contre, on ne pose pas de prothèses mammaires, au risque qu’une candidate n’emporte un peu trop vite l’adhésion du public et des sponsors, pétant tout le jeu (c’est ce qu’on appelle "L’amendement Loana"). Cela fait, chaque district se voit confié à un styliste, et pour nos amis du 12, il s’agit de Lenny Kravitz, qui devait vraiment avoir faim (encore une fois, tout se tient).

Lenny est noir et donc cool : c’est le SEUL mec du Capitole que nos amis aient croisé et qui n’approuve pas le fait de faire s’entretuer des gens, ça tombe bien quand même ; mais s’il ne peut sauver nos héros, il peut cependant leur donner un coup de pouce en les aidant à attirer l’attention des sponsors, ce pourquoi il se propose d’habiller pour la cérémonie d’ouverture des Hunger Games nos larrons, non pas en mineurs comme le voulait jusqu’alors la tradition pour qu’ils représentent au mieux leur district, mais en tenues moulantes noires immondes qui seront recouvertes de flammes (très subtil) ! Fausses, les flammes, mais d’apparence bien vraie ! Aaah, c’est beau les nouvelles technologies au service de la mode, quand même. C’est trop bien, le futur : les flammes remplacent les paillettes (alors que l’inverse est impossible ; on se souvient tous de la vaine tentative de brûler Jeanne d’Arc sur un bûcher de paillette – ce qui la rendit à nouveau aussi euphorique et hystérique à ses débuts, son sang de pucelle ne faisant qu’un tour – qui dura quelques heures, jusqu’à ce que le bourreau ramène enfin une torche après avoir entendu la suppliciée demander une lapidation aux macarons en gloussant).

Donc, promptement, toutes les caméras du Capitole se tournent vers une sorte d’immense piste bordée de tribunes bondées de curieux, où bientôt, des chars vont apparaître, chacun transportant les deux membres d’un district pour les présenter à la foule, alors que César, le présentateur télé du début, commentera la cérémonie. Alors oui, oui, lorsque les chars rentrent sur la piste, je vous laisse deviner ce qu’il se passe : tout le monde se branle cordialement de 11 chars sur 12, et a les yeux qui ne pétillent que pour Katniss parce que holala, elle a des flammes sur elle dites-donc (Pita aussi, mais tout le monde s’en branle : c’est une histoire pour filles avant tout), et puis vous savez quoi ? Ella a l’air géniale !

C’est nul. Nul.

A noter que ça n’a tellement aucun sens que même une scène où les héros doivent faire coucou à la foule parvient à faire du n’importe quoi : le public s’urine dessus de joie et de surprise, tout comme César, non seulement à cause des flammes ornant leurs tenues, mais aussi parce qu’ils se tiennent la main pour la lever bien haut pour saluer la foule et montrer qu’ils sont fiers de leur district. Oui, d’accord, mais encore une fois, en 73 ans, PERSONNE ne l’a jamais fait ? Le coup du costume, déjà, si même un styliste de studio télé a accès à de fausses flammes pour l’esthétique, on peeeeut supposer que c’est quelque chose d’existant et de connu, pas qu’il a fait un bond technologique dans sa cave en faisant des recherches de savant fou sans ne jamais en parler à personne, non ? Idem pour le coup des gens qui se tiennent la main : c’est vieux comme le monde et ça surprend les gens ? Je sais qu’ils sont censés s’entretuer à la fin, mais quand même, c’est pas juste une ruse pourrie de base qu’on doit enseigner en première année à l’école des Hunger Games des districts 1 & 2 pour se faire aimer du public ? Non. Non, encore une fois : syndrome de Bella. Katniss est géniale et surprend tout le monde parce que… rien.

Tristesse en fin de défilé : il est grand temps de rapporter sa tenue de soirée à la boutique "Cuir, fouets et cagoules à clous" de la 7e avenue du Capitole

Allez, faisons semblant de n’avoir point perçu tout ce capharnaüm de grosses ficelles, parce que ce genre d’invraisemblance n’a pas fini de défiler sous nos yeux ébahis. En tout cas,  après un petit discours de Président, le président du Capitole, qui se réjouit de ces 73e jeux,  nos larrons sont envoyés à leur hôtel de luxe, puis, après une bonne nuit de sommeil, catapultés à l’entrainement pour profiter de quelques jours d’apprentissage des bases.

L’entrainement, parlons-en : toutes les équipes se préparent en commun, et c’est pour nous l’occasion de découvrir les autres personnages. Permettez-moi donc de vous les lister, même si je dois bien reconnaître que je n’ai pas retenu certains noms. Peut-être était-ce lié au fait que ces personnages n’avaient aucune importance dans l’histoire et étaient parfaitement interchangeables avec n’importe quel autre, ou bien tout simplement parce qu’on ne prenait même pas le temps de les nommer. Je broderai discrètement sur ces noms là, logiquement, vous ne devriez rien remarquer

  • District #1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #2 : Cato, Clove
  • District #3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #4 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #5 : Jean-Jacques, La Renarde
  • District #6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #7 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District #10 : James Choucroute ("Raaaah, je l’savais !" s’exclame Katniss en mâchonnant Pita), Jeanne-Jacques
  • District #11 : Thresh, Rue
  • District #12 : Pita, Katniss

Quoi ? Comment ça on sait déjà qui va crever comme un lapin sur une route nationale ? Comment avez-vous deviné ? Vous êtes super forts, je suis bluffé. Pourtant, le film fait bien attention à ne laisser aucun indice, je ne comprends pas. Bon enfin… bref, si je résume tout ça, sachez que par une incroyable coïncidence, nombre de personnages correspondent aux archétypes pourris des films américains pour lycéennes : pom-pom girl au rire débile, gros costaud un peu con con mais qui s’aime bien, petite fille timide (elle n’a que 10 ans à peine, pas d’bol !) qui n’a confiance que dans l’héroïne qu’elle considère comme une grande soeur (parce que dès qu’elle l’a vue, elle l’a trouvée géniale, etc)… je ne vous fais pas tout le tableau, vous avez compris.

En tout cas, l’entrainement commun est aussi l’occasion pour tous de noter les forces et les faiblesses de chacun : ainsi, lors des ateliers survie ("Comment se faire une couverture à partir de la peau d’un concurrent ?") animés par Mac Gyver qui leur explique comment fabriquer une Super 5 à partir de 3 branches, de graisse de sanglier et de mousse, on note que tout le monde n’est pas vraiment égal devant la chose. Les districts 1 et 2 semblent donc surentraînés, alors que des gens comme, à tout hasard, Pita, en chient comme des ânes ("Holala, je tombe. Holala, j’ai glissé sur une peau de banane. Holala, je m’ai fait mal, heuuu"). Le spectateur attentif notera qu’aucune arme à feu ne s’invite à l’entrainement : probablement pour plus de spectacle, seules les armes blanches, de jet et les arcs sont tolérés. Katniss dépote donc avec ce dernier, mais constate que Clove, une jeune fille du district 2, semble tout aussi douée au lancer de couteau, parvenant  à toucher des cibles à moult mètres en leur tournant le dos, à cloche-pied, et sans les mains (elle est très forte).

Bientôt, Katniss remarque que Pita semble le sujet de bien des moqueries des vilains bourrins des deux premiers districts : elle lui dit donc "Vite, montre-leur que tu es très fort, sinon, ils essaieront de te tuer en premier" – "Tu as raison, je vais essayer ! Mitch nous avait dit de ne pas révéler nos points forts, mais je suis sûr que ton conseil est vachement plus pertinent que les siens, car tu es géniale, ne l’oublions pas !" déclare donc Pita. Oui mon vieux, mais toi et ton nom qui donne faim, tu serais un peu moins niais, tu te dirais "Non, effectivement : autant ne pas leur dire en quoi je suis fort, ça me donnera un avantage" voire "Mais non : s’ils sont entraînés, ils savent que la base de la base, c’est de d’abord tuer les forts tant qu’on est en forme, et ensuite seulement les faibles ! Donc autant leur laisser croire que je suis faiblard !".

Rassurez-vous : comme c’est écrit n’importe comment et que Katniss est une nouvelle Bella, c’est évidemment elle qui a raison, et ce sont les méchants qui agiront comme des cons. Pita a donc raison de montrer qu’il est fort, et pour ce faire, ramasse une boule en métal géante qui traînait dans le coin (que… quoi ? Qu’est-ce que ça foutait là ? C’est pour faire du bowling géant ? Il n’aurait pas pu attraper un accessoire qui avait une bonne raison d’être là ?) et la lance très loin, ce qui impressionne les vilains qui arrêtent de médire et s’en vont bouder à la cantoche. Bravo les amis, vous avez montré que vous n’étiez pas des rigolos. Ah, et j’allais oublier : on découvre au passage que Pita est un dieu du camouflage (je n’exagère pas : il maîtrise parfaitement les textures et peut prendre l’apparence d’un tronc ou d’une pierre en se peignant entièrement), qui maîtrise cette compétence car…

… il "décorait les gâteaux à la boulangerie".

Attends, c’était quoi tes gâteaux pour que tu les peignes comme ça ? Des cailloux à la crème ? T’as dû en manger un paquet pépère vu le niveau de tes réflexions, la vache.

Bon : je vais prendre un cachet d’aspirine et je reviens. Surtout, ne pas se demander pourquoi les districts 1 & 2 n’ont eux pas appris cette base de la survie militaire (rassurez-vous : la suite nous prouvera qu’en fait, les districts 1 & 2 ce sont juste des méchants – leurs districts sont assez aisés, quelle coïncidence ! – qui font n’importe quoi et n’étaient préparés à rien, parce que même tenir ce vague principe de tributs volontaires et entraînés, c’était déjà trop de cohérence, on ne pouvait pas décemment se le permettre, c’eut été respecter le spectateur, et ça, jamais !), au point que même le boulanger du coin les éclate tous en compétence pure.

Après ces quelques aventures, la suite est simple : les candidats sont invités à passer individuellement devant un jury de sponsors présidé par Monsieur Crane, le réalisateur de l’émission, afin de montrer leurs talents et d’être notés, permettant ainsi aux téléspectateurs de préparer leurs paris. Nous suivons donc Katniss qui, lorsqu’elle entre dans la salle, note que depuis le balcon où ils sont installés à quelques mètres d’elle, l’ensemble des gens l’ignorent totalement et rient entre eux en se gavant de mets divers (oui, TOUS : les riches sont bêtes et méchants, je ne vous l’avais pas dit ? J’imagine que l’auteur de ce livre à succès a dû sombrer dans les mêmes vices en touchant ses droits si on suit sa logique, mais passons, même si moi je pense qu’en fait, c’est Marie-Georges Buffet). Katniss est donc obligée de les interpeller en se présentant pour avoir leur attention : elle va faire une démonstration de tir à l’arc.

Hélas, le trac la prend, et voici qu’elle qui ne rate jamais, elle loupe complètement sa cible ! Rires et quolibets volent donc autour d’elle, avant que le jury ne s’en retourne à ses conversations en l’ignorant, ne voyant ainsi pas qu’elle tire une seconde flèche à la perfection cette fois. Vexée par cette attitude, la bougresse réagit donc en attrapant son arme pour tirer vers le balcon, et embroche ainsi une pomme à la seconde où Monsieur Crane allait la porter à sa bouche !

"C'est toiiii, qui a marravé ma petite pomme innocente, hmm ?"

Le silence tombe donc sur le jury sidéré, et Katniss lance donc un truc du genre "Voilà, merci de votre attention, allez, je m’casse, gros bâtards" (je ne suis plus sûr de la fin, mais bon, rappelons que le district 12, c’est la téci).

Hmm ? En 73 ans, personne n’avait jamais pensé à mettre le jury derrière une vitre sécurisée ? Et bin non : visiblement, tous les mecs jusqu’ici condamnés à mourir dans l’arène qui passaient devant eux et leur sympathique attitude, le tout une arme à la main, se contentaient de ne rien faire. C’est tellement crédible, une fois encore. En fait, tout cela est tellement mal fait que l’on dirait que ce sont les premiers jeux de l’histoire, un peu comme si quelqu’un avait complètement merdé dans l’écriture de la chose. Mais je dis ça au hasard : n’accusons personne.

De retour à son hôtel, personne n’a rien fait remarquer à Katniss pour avoir tiré sur le jury : en fait, tous les gens qui l’entourent la félicitent, Mitch particulièrement, et mieux encore, le jury s’est mis à la trouver géniale grâce à cela (… j’ai envie de me blottir contre mon oreiller en pleurant très fort) et lui a donc attribué la meilleure note. C’est vrai que c’est intelligent les gars ; faudra pas s’étonner si, les années suivante, le taux de mortalité dans le jury monte drastiquement parce que les candidats ont compris qu’il faut tirer dans les juges pour les impressionner. Ho, attendez, je retire ce que j’ai dit : peut-être qu’ils veulent vraiment mourir pour sortir de ce film pourri ? Ah, oui, en fait, ça se tient : excusez-moi, je n’ai rien dit mes bons amis.

En tout cas, les évènements, eux s’enchaînent, tout comme ma personne à son siège pour trouver la force de rester devant cette infâme daube : avant le début des jeux, une dernière émission télévisée est programmée, durant laquelle chaque candidat est invité à passer devant le célébrissime César pour expliquer devant toutes les caméras du pays qui il est, et répondre aux fabuleuses questions du présentateur-vedette. Si chacun fait un exercice assez moyen, évidemment, qui c’est donc que le public trouve géniale ?

Concentrez-vous, je ne vous file aucun indice.

Mais oui, bravo : Katniss bien sûr ! Qui lors de son passage, porte encore une robe avec des flammes, en hommage au surnom que le public lui a donné depuis la cérémonie d’ouverture : "La fille des flammes" (alors que Pita, que dalle : "La Pita cramée", ça sonnait mal). César pose moult questions du genre "Alors, ce sont de vraies flammes ?" (… mais merde mec, apparemment, c’est un truc qui existait DEJA chez vous, pourquoi poses-tu la question ?), et finalement, après un numéro passablement pourri mais qui fait s’extasier tout le monde, Katniss laisse sa place à Pita qui lui, joue une autre carte pour avoir le soutien du public : il explique qu’il y a une fille qu’il aime, et que remporter les jeux ne l’aidera pas à pouvoir faire sa vie avec car… c’est Katniss !

"Hoooooooo !" fait le public sur le plateau.

"Niiiiiiiiiiiiiif !" fait le lapin en forêt de Rambouillet,  poussant fort pour chier un arc-en-ciel.

Cela étant dit, et alors que Katniss encaisse la nouvelle en se demandant si c’est une simple stratégie pour amadouer le public ou une vraie déclaration, tout le monde est ramené à l’hôtel. Demain, ils seront livrés à l’arène, un endroit de plusieurs kilomètres carrés qui, cette année, sera une forêt (ça varie à chaque fois ; l’an dernier, c’était les primaires du PS). Dans la nuit, donc, afin de ne pas laisser passé un cliché, Katniss se lève car ne trouvant pas le sommeil, et trouve Pita dans la même situation qui médite devant une fenêtre façon poète maudit. Ils discutent quelque peu et sont d’accord sur un point : qu’importe s’ils doivent mourir, ils veulent "mourir en étant eux-même, sans être des pions", tout ça, on est trop des ados rebelles en quête d’identité, tu vois, j’ai envie de me faire un tatouage mais ma mère elle veut pas. La conversation achevée, tout le monde au lit (mais pas dans le même, désolé Pita) !

Le lendemain, donc, chacun est emmené individuellement dans une sorte de loge très sobre pour les ultimes préparatifs : Lenny Kravitz est là à attendre pour aider notre héroïne à mettre sa tenue de combat ! (Ha et heu… mais alors qui aide Pita ? Il se démerde ? C’est parce qu’il a pas de roploplos, c’est ça ? C’est dégueulasse Lenny, dégueulasse), et lui tend donc un blouson fort proche de ce qu’elle portait chez elle quand elle chassait, lui indiquant qu’il a glissé dans la doublure… le porte-bonheur du début du film !

"Enfoiré, ça va me porter la malmoule, rah, mais tu veux me tuer petit salopard ? Tu vas voir ta gueule, attends que je te…" devrait dire Katniss, mais elle préfère se contenter d’un "Merci, hihihi !"

Au passage, Lenny fait comprendre que ce qu’il fait est interdit, car filer un objet – même merdique – à un candidat, c’est déjà tricher. Quel service ! J’imagine que si jamais Katniss gagnait, comme ça, on pourrait lui retirer la victoire, et allez savoir pourquoi, je suis assez persuadé que la triche à ce jeu est punie de mort. Vraiment : merci qui ? Merci Lenny ! Heureusement qu’encore une fois, le script l’oublie. C’est bien fait.

Finalement, un mouchard est implanté dans un bras de notre héroïne, afin que l’équipe d’organisation puisse savoir où elle est, et quel est son pronostic vital ; cela fait, la bougresse est emmenée avec les autres candidats sur l’un des 24 piédestaux servant de point de départ aux joueurs, en plein milieu de l’arène. Ces derniers sont tous alignés à quelques mètres les uns des autres face à une structure métallique en forme de corne abritant divers objets : sacs à dos, armes, équipements divers… c’est ce qu’on appelle "la corne d’abondance" (ou "la cave à Mustafa", comme on dit à Marseille). Et un gros compte à rebours est lancé, à partir duquel, les épreuves vont commencer !

Tout le monde se regarde nerveux, se campe sur ses jambes prêt à bondir, et soudain… c’est parti !

Les candidats se ruent vers la corne d’abondance, agrippant armes et sacs comme ils le peuvent, à l’exception de Pita, qui lui court directement en direction des bois, tout comme la Renarde, ainsi surnommée car étant une rouquine qui n’est visiblement pas pressée de rester en terrain découvert. Katniss hésite : Mitch lui a bien dit qu’il ne fallait SURTOUT PAS aller vers la corne d’abondance, car c’est une bataille géante où il y a 97% de chances de mourir si on est pas un dieu du corps-à-corps ; elle se contente donc de s’en approcher suffisamment pour attraper un sac-à-dos, situé assez loin du coeur de la corne, et jetant un dernier regard en direction des armes, et particulièrement du seul arc disponible, elle se barre en courant vers les bois.

"Dis Lenny, j'ai cru comprendre que tu distribuais des pin's, et tu vois, j'fais la collec..."

Elle est bien interrompue par un type armé d’une hache qui essaie de la tuer, mais ce dernier reçoit un couteau dans la gueule de la part de Clove, la fameuse reine du lancer ; cependant, alors que Katniss reste immobile  à deux mètres d’elle, tétanisée, la bougresse rate tous ses autres tirs (… non mais ? Attendez ! Vous ne pouviez pas écrire "Elle n’a pas le temps de tuer Katniss car un autre tribut lui saute-dessus entre-temps ?" Non ? C’était plus simple de marquer "Clove ne rate jamais un seul de ses lancers de couteaux, à part quand c’est sur Katniss, où même si le tir est super facile, elle merdera complètement sans aucune raison ?"). Après avoir longuement observé ce trou dans le scénario s’agitant en face d’elle, Katniss hausse donc les épaules et se casse donc vers les bois, pour de bon cette fois.

Une fois suffisamment enfoncée dans la forêt jolie, Katniss ouvre son sac pour voir son contenu des fois que à tout hasard, elle tombe non pas sur du matériel de survie mais sur l’intégrale de Placid & Muzo. Ouf : elle trouve dans sa besace de la corde (rose, pour les filles, hihihi), un couteau, une gourde vide, une paire d’allumettes… bref, quelques trucs utiles. Du coup, elle tente de se trouver un abri car la nuit tombera bientôt, et se dit que puisqu’elle a ce qu’il faut, elle grimpera dans un arbre et s’attachera pour dormir. Ce qu’elle fait promptement, notant que chaque arbre semble truffé de caméras pour l’émission ; soit, c’est intéressant, mais là, déjà, elle dormirait bien un peu. On espère pour elle qu’elle ne ronfle pas, sinon, elle se réveillera probablement avec un couteau dans le cul, ou autre petite boutade amicale de tribut farceur. Les Hunger Games sont impitoyables.

Seulement, ce sont des coups de canon qui l’empêchent finalement de pioncer, et un petit paquet même, tous tirés d’affilée : ceux-ci annoncent les morts de la journée, puis des portraits s’affichent dans le ciel étoilé (qui est en fait un immense dôme), afin de savoir qui a passé l’arme à gauche. Autant vous le dire : un paquet de Jean-Jacques sont allés rejoindre leur créateur, soit environ 60% des participants. Il y a donc désormais moins de 12 candidats encore en jeu ! Il est aussi intéressant de noter qu’une voix off s’adresse aux tributs pour leur annoncer les choses : on dirait un peu le "Ici la voix", de Secret Story, sauf que personne ne hurle : "Moi je connais le secret de Katniss : en fait, c’est Bella avec un arc et des seins !". C’est bien dommage, parce que moi, j’avais bien envie de le faire, mais je ne pouvais pas, j’étais déjà occupé à convulser (quand un truc est trop nul pour les nerfs, ça peut arriver, c’est un peu l’obusite du pauvre ; la dernière fois que ça m’est arrivé, je venais d’entendre Nathalie Arthaud à la radio).

Mais bientôt, ce n’est plus le son du canon qui réveille notre louloute dans son arbre, mais un curieux crépitement : quelqu’un a allumé un feu près d’elle !

Oui, quelqu’un n’a pas remarqué cette fille accrochée avec une corde rose dans un arbre à quelques mètres. C’est tellement commun, les cordes roses et les sacs à dos orange dans les arbres, ça n’attire pas l’oeil. Enfin… l’heureuse propriétaire du feu est Jeanne-Jacques, une andouille qui se fait griller un petit lézard pour la nuit. Personne ne lui a dit de ne pas le faire ? Heu… et tiens, justement, personne n’a dit aux autres de ne PAS aller à la corne d’abondance, maintenant que j’y pense ? Attendez, ça voudrait dire que… mais oui, c’est ça ! Seul le district 12 avait un mentor, parce que quelqu’un en écrivant l’histoire a oublié que du coup, tout le monde devait logiquement en avoir un et donc bénéficier de conseils à peu près identiques ! Ah, c’est trop ballot. Mais rassurez-vous : dans la fosse septique, on est plus à une crotte près.

Pas de bol pour Jeanne-Jacques en tout cas, car soudain surgit à quelques mètres d’elle un groupe de personnages visiblement hostiles : les membres des districts 1 et 2 ! Ils se sont alliés pour défoncer les plus faibles ! Bon, ça n’a aucun sens parce qu’ils auraient dû au contraire, au mieux, s’allier avec les faibles apeurés pour se servir d’eux et tuer les autres forts avant de les trahir et de les massacrer aisément, mais c’est pas grave : là, ils se promènent comme les ados débiles de films américains, c’est-à-dire, en se baladant dans les bois en marchant très fort et en rigolant bêtement façon "On est l’équipe de football du lycée et on ne craint rien, oué heeiiiiin". On sent les gens entraînés depuis leur enfance. Enfin : ils tuent tranquillement la pauvre Jeanne-Jacques, avant d’aller en direction de l’arbre de Katniss (eux non plus ne remarquent pas le sac à dos ou la corde flashy) et de s’arrêter juste en-dessous (quel hasard !) pour rire très fort en disant "Hahaha ! Elle a bien crié quand on l’a tuée, hohoho ! Ce qu’on est méchant !" ; mais ce qui choque surtout notre héroïne, c’est quand elle aperçoit au milieu du groupe… Pita ! Qui dit "Je vous aiderai à trouver Katniss et à la tuer ! Je vous l’ai sûrement déjà dit, mais je voulais le répéter à haute-voix, là, maintenant, je sais pas pourquoi !" ; mais sitôt qu’il s’est un peu avancé dans les bois, Cato, le chef autoproclamé des méchants attrape par le bras une autre nana du groupe pour lui dire "Très bien, et une fois qu’il nous aura aidé à la trouver ON LE TUERA HOHOHO ! SI QUELQU’UN NOUS ENTENDAIT, CE SERAIT BIEN EMBETANT !".

Je connais un employé au bureau qui a dit "Il est vraiment bien comme film" qui va se manger une méchante retenue sur salaire. Je vais lui montrer qu’il ne faut pas dire n’importe quoi à haute voix dans la vraie vie des vrais gens. "Puisse le sort lui être favorable" comme on dit du côté du District 12, parce que moi, je ne le serai pas.

En tout cas, voilà pour les évènements de cette première nuit ; le lendemain matin, Katniss quitte sa planque et se met en marche dans une direction aléatoire, et approche ainsi de l’extrémité du terrain de jeu, ce qui fait paniquer l’équipe d’organisation car, apparemment, elle pourrait s’enfuir ! Attendez, mais le dôme avec les étoiles là, il repose pas sur des murs ? Non ? Visiblement pas : Monsieur Crane et ses gars paniquent en hurlant "Elle approche de la frontière du district 2, viiiite, il faut l’obliger à rebrousser chemin !".

Ho, donc le district 2 a pu voir un dôme géant se construire juste à côté de chez lui, sur la forêt du coin. Ils ne se sont pas vaguement doutés de quelque chose ? Du coup, ils n’auraient pas pensé à entraîner plus spécialement leurs candidats à la survie sylvestre pour cette année ? Hé bin non. Ils ont dû penser que c’était un nouveau centre commercial, ou bien une monstrueuse cloche à fromage pour garder un énorme camembert génétiquement modifié. Allez savoir.

Les méch... attendez, comment vous avez deviné que c'était eux ? On reconnaîtra donc de gauche à droite la caricature de la petite peste, les deux caricatures de footballeurs, et la caricature de capitaine des pom-pom-girls.

Bon enfin : pour éviter que Katniss n’aille courir la campagne et le gueux au lieu d’aller farfouiller les tripes de son prochain à coups de couteau, Crane ordonne donc que l’on mette des arbres sur son chemin, car oui, nos amis disposent d’une technologie qui permet de générer de la matière, même vivante, à partir de rien ! C’est intéressant comme truc. Personnellement, je serais le président de ce pays étrange, cela ferait longtemps que j’aurais utilisé la chose pour fournir simplement mon pays en richesses diverses et que j’aurais annexé les districts au Capitole en leur proposant luxe illimité et bonheur facile : non seulement ça pacifiait le coin, mais en plus je passais pour un héros humaniste pour les siècles des siècles tout en renforçant ma nation. Mais bon, hein, je ne suis pas le président : c’est sûrement bien plus intéressant d’utiliser ça pour faire des jeux à la télé. En tout cas, Katniss n’a que faire de ces quelques arbres surgissant du sol devant elle : elle continue de progresser dans la même direction, obligeant l’équipe de production à générer sur le terrain… des boules de feu ! Bon, c’est pour faire un feu de forêt, mais par un curieux hasard aussi appelé "faisons du spectacle", les projectiles frôlent toujours le cucu de Katniss, ce qui ne sera que le millième prétexte pour organiser une rébellion dans les districts : après tout, à quoi bon se plier au jeu si ceux qui l’organisent s’amusent à vous tuer sans vous donner la moindre chance de vous défendre quand bon leur semble ? Enfin bon. Personnellement, j’aurais dit "Ici la voix : restez dans la zone où on vous crame la gueule" voire, mais là, trop d’imagination : j’aurais mis des murs aux limites de l’arène pour régler la question.

Mais c’est vrai que c’est un concept un peu élaboré, le mur. J’étais pourtant sûr d’en avoir vu au Capitole, rah, ma mémoire doit me jouer des tours.

Passons, et observons plutôt : un feu de forêt se déclenche donc, cramant moult arbres (et les caméras dedans, mais puisqu’ils peuvent en générer à volonté, bon) et obligeant notre louloute à rebrousser chemin pour ne pas se faire transformer en merguez ; notons que dans l’affaire, alors qu’elle esquivait des boules de feu, elle a été blessé à la jambe, et boitille donc un peu, ce qui n’est pas vraiment bon signe pour la suite. Elle fuit donc les flammes, et finit par arriver à une petite rivière dans laquelle elle tombe sans vraiment le vouloir dans un terrible plouf. Et là, pas de bol : le groupe des méchants arrive dans l’autre sens (c’est tout à fait logique : il se dirigeait droit vers le feu de forêt, quoi de plus normal pour des experts en survie ?), hurlant "Ouéééé heuuuu les gaaaars, elle est là, héhéhé, ouiiii, si on lui courait après en rigolant bêtement ?" ; vite Katniss, fuis, ça sent la tournante cette affaire !

Notre héroïne galope donc hors de la rivière, puis sur un sentier voisin, mais hélas, sa jambe en piètre état ne lui permet guère de semer ses poursuivants ; aussi, elle décide de grimper à un arbre, car peut-être qu’avec un peu de bol, elle pourra défoncer la gueule à ses assaillants à coups de pomme de pin ; la chose commence plutôt bien puisque Cato tente de grimper à l’arbre mais ne parvient point à atteindre la bougresse (oui, on parle bien du chef des méchants, entraîné depuis son plus jeune âge à la survie en milieu hostile j’insiste qui est arrêté par un arbre auquel même une nana blessée peut grimper), ou même simplement à lui coller un coup d’épée au moins dans la jambe pour la faire saigner un peu, non. Il a plutôt une idée géniale : l’une de ses compagnes d’aventure dispose d’un arc ! Celui qui attendait dans la corne d’abondance ! Il lui ordonne donc de tirer, mais la donzelle ne sachant viser (petit rappel : elle aussi est entrainée au maniement de toutes les armes, mais pouf, là encore : nid de poule sur la route du scénario), elle loupe un gros cul immobile suspendu dans un arbre à 3 mètres. Cato s’écrie donc "CATO PAS CONTENT ! TOI DONNER ARC A CATO !" (Katniss rigole un peu parce que du coup, il a dit caca, mais elle arrête vite en pensant à la grosse flèche qu’elle va se manger dans la gueule) et tente donc sa chance : lui aussi rate donc son tir comme une vulgaire ouiche.

Juste comme ça : pourquoi avoir écrit que c’était des bêtes de guerre si c’est pour montrer exactement l’inverse ? Il suffisait de retirer ce passage pour que ça tienne un peu plus debout (mais pas beaucoup). J’ai toujours aimé cette capacité à rajouter des trucs exprès pour se tirer une balle dans le pied. Enfin.

Revenons à notre situation : Katniss est immobile dans un arbre, à moins de 3 mètres du groupe des vilains. Ces derniers disposent d’un arc avec encore un paquet de flèches, mais n’arrivent pas à comprendre comment ça marche malgré leur entrainement, et ont aussi parmi eux une certaine Clove, qui touchait des cibles au couteau à dix fois cette distance durant l’entrainement. Que faire ? Et bien ça parait logique, il suffit de…

"DORMONS."

Heu… dormons ? Oui, dormons. Dormons et oublions ce film. Donc oui : sur une suggestion du traître Pita, qui propose "Dormons, elle devra bien redescendre", la troupe des vilains décide de faire un gros dodo au pied de l’arbre de Katniss. Et des fois que ce ne soit pas encore assez bête, ils prennent grand soin de ne faire aucun tour de garde, pour que leur cible puisse se barrer comme elle l’entend, ou que n’importe qui puisse venir les égorger dans leur sommeil. Ou mettre du laxatif dans les gourdes des garçons et du GHB dans celles des filles histoire de rigoler un peu (on peut aussi faire l’inverse, auquel cas il va y avoir des nuages de papillons dans tous les sens), mais là, je m’égare en stratégies visant à obtenir la sympathie du public, passons.

Bref : Katniss, elle aussi, décide de dormir plutôt que de tenter de se barrer, et elle a évidemment raison de ne pas en profiter pour reprendre l’initiative, car, loin de là, un sponsor – encouragé par Mitch – a fait envoyer un petit parachute contenant un objet dans l’arbre de notre douce jeune fille : des médicaments ! Et plus précisément, un baume qui guérit toutes les blessures en une seule nuit, ça tombe bien quand même ! Allez hop hop hop, notre bougresse s’en tartine les jambonneaux, et reprend donc sa sieste. Et lorsque le soleil se lève, elle est prête à repartir, quand soudain, elle entend quelqu’un l’appeler discrètement depuis les branchages d’un autre arbre… c’est Rue, la petite fille timide du district 11 ! Qui indique quelque chose du doigt dans l’arbre de Katniss : un nid de guêpes !

Rue apparaîtra toujours cachée derrière quelque chose pour signifier qu'elle est timide. C'est connu, les gens timides se trimballent toujours avec un meuble devant eux pour se planquer.

Hmmm hmm. Elle a donc dormi, ainsi que nos amis les méchants, à quelques mètres d’un nid de guêpes sans que personne ne le remarque, d’accord. C’est vrai que ça ne fait pas de bruit ces trucs là. Enfin : Katniss comprend le message, et note que, incroyable hasard, ses poursuivants se sont tous endormis en gros tas serré PILE sous le nid : avouez que c’est quand même gros bien fait ; notre héroïne se saisit donc de son couteau et va donc scier la branche, ce qui, là encore, ne réveille personne.

Petit point : à ce moment là, nous bondissons sur le plateau de l’émission, où l’on retrouve César commentant l’action, et décrivant les guêpes en question, car elles ne sont point normales, non ! Ce sont des guêpes tueuses, créées en laboratoire, rien que ça, pour pimenter l’action ! Leur piqûre est affreusement douloureuse, provoque de graves hallucinations, et s’avère généralement mortelle (elles s’appellent "guêpes tueuses", pas "guêpes qui font un peu mal mais ça va", hein).

Revenons au travail de bûcheron canadien de notre amie Katniss, occupée à scier sa branche : les guêpes ne semblent pas apprécier sa présence et la piquent une, deux, trois fois avant qu’enfin, le nid ne tombe sur les dormeurs au sol ! Instantanément, un monstrueux nuage d’insectes grognons sort donc pour aller piquer en masse les méchants, qui s’enfuient en hurlant alors qu’ils se font ravager la face à coups de dards ; Katniss, elle, sent que sa tête lui tourne, mais elle parvient cependant à quitter son arbre pour se barrer dans une autre direction, avant de commencer à halluciner quelque peu. Déambulant dans les bois complètement défoncée (elle le faisait beaucoup chez elle, donc ça va, ça ne la change pas trop), elle finit par tomber après un moment sur le cadavre d’une des méchantes, la tronche un peu boursouflée de piqûres, avec encore sur elle… l’arc et le carquois dont Katniss avait tant besoin ! Quel coup de bol ! Mais hélas, le venin des guêpes, lui, fait son chemin, et bientôt Katniss s’effondre au sol, inconsciente.

Pour information : sachez que l’ensemble des méchants ainsi que Pita, qui se sont donc pris le même essaim "anormalement agressif" dans la gueule, et ce de plein fouet, vont très bien, merci. Par la suite, ils n’auront aucune séquelle, aucune marque, et en fait, aucun souvenir visiblement des probables centaines de piqûres mortelles qu’ils se sont pris dans la mouille. C’est bien fait quand même : ça aura juste servi à l’héroïne à récupérer son arc. Non, vraiment, c’est bien. Bien comme dans "Twilight, c’est super bien", par exemple.

Katniss, en tout cas, elle, finit par se réveiller dans un autre endroit des bois, à l’abri, avec des feuilles servant à panser les plaies des piqûres sur ses poignets meurtris. Que s’est-il passé ? Et bien Rue est là, et l’explique : elle a trouvé Katniss inconsciente et l’a donc emmenée à l’abri pour la soigner, car elle ne voulait pas la tuer : elle la trouve géniale. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, je rappelle que Rue a 10 ans à peine à vue de nez, et a donc traîné à travers bois une fille pesant deux fois son poids, le tout sans laisser aucune trace de l’affaire dans le sol humide puisque visiblement, personne n’a pu la pister. Elle doit être haltérophile à ses heures. Enfin bon : elle informe notre amie qu’elle a dormi deux jours, qu’il y a eu encore des morts (dont le regretté James Choucroute) et qu’à part eux et les méchants, il ne reste plus grand monde, que Pita a quitté le groupe des vilains, et qu’il vit désormais "du côté de la rivière" (merci du tuyau, ça fait combien de kilomètres ?), et enfin que Cato et sa troupe ont regroupé toutes les provisions qu’ils ont récupéré sur les morts près de la corne d’abondance, et ont donc établi leur campement dans la clairière où elle se trouve.

Cela donne une idée à Katniss : et si… et si elle détruisait toutes les rations des méchants ? Rue ferait une diversion, et elle irait s’en occuper !

Ah oui ? Juste comme ça : tu vas faire comment ? Tu vas tout boulotter et aller te faire vomir ? Une attaque boulimie : ils ne s’y attendent probablement pas.

Mais non, rassurez-vous : le script est toujours au niveau du reste du film, donc tout a été pensé : le groupe des experts en survie a… et là, attention, accrochez-vous : entassé toutes ses rations pour former une pyramide (ils doivent être en manque de Minecraft), juste à côté de l’endroit où ils dorment, mais surtout, ils ont tout placé… SUR DES EXPLOSIFS !

C’est dur. Je vous jure, c’est dur. Et encore une fois, on parle d’un film qui a reçu un superbe accueil de la part tant de la critique que des spectateurs. Okay, donc, le commando super-entrainé des méchants a entassé toute sa bouffe, sans exception, au même endroit et sur des explosifs (on ne sait pas d’où ils les sortent, d’ailleurs, mais pif pouf, ils sont là), le tout, s’il-vous-plait, entouré de… mines antipersonnel !

Jusqu’ici, on se battait à l’arc et à l’épée, mais là, hop, des mines surgissent sans raison. Soit ! C’est bien comme plan : comme ça, le premier qui veut aller se taper un gueuleton dans la nuit et qui n’a pas les yeux ouverts, ou si jamais un marcassin passe dans le coin, tout explose, soufflant le camp et ses occupants, et les rares survivants n’auront plus rien à manger.

Faudra qu’on m’explique l’idée, parce que là, je vous avoue que cela m’échappe.

La petite Primrose a suivi le plan des méchants sur l'écran géant au milieu du district 12 et a donc éclaté en sanglots comme tout spectateur pourvu de neurones en l'entendant.

Un plan est donc rapidement mis sur pied par Katniss : elle va aller à la clairière armée de son nouvel arc, et pendant ce temps, Rue va faire du feu avec des branchages, pour attirer le gros des troupes loin de là. Et en effet : lorsque notre héroïne se rend sur place, sitôt que de la fumée parait au loin, les vilains s’élancent dans cette direction en grognant, ne laissant derrière eux qu’un gamin de 10 ans qu’ils ont enrôlé d’un autre district pour monter la garde, armé d’un javelot deux fois plus gros que lui.

Katniss observe donc la scène, et hésite à agir, car en réalité, elle ne sait pas qu’il y a des mines, mais s’en doute un peu. Elle marmonne donc "Ah, si seulement il y avait un gros deus ex machina pour m’indiquer l’emplacement de potentiels engins explosifs !" ; pas de problème : à peine cela dit, elle voit surgir devant elle sortant des bois une rouquine, La Renarde, qui d’un seul coup d’oeil a repéré les mines, et sautille donc au milieu du champ entre les engins enterrés avant de s’emparer d’un sac de nourriture ; puis, elle s’enfuit à toutes jambes, le jeune garde du campement s’élançant poussivement à sa poursuite. Plus personne en vue ? Bien : notre archère va pouvoir agir, et… non ? Non ? Non ! Je… c’est mon brandy c’est ça ? On m’a drogué ?

Noooon, mais sans rire ? Arrêtez enfin ! Elle s’avance HORS du couvert des arbres, juste assez pour être en PLEIN à découvert dans la clairière ! Et là, elle ajuste suuuuuuuuper lentement un sac de pommes qui avait été coincé entre divers objets au sommet de la pyramide (oui, les mecs n’avaient pas posé le sac : ils l’avaient coincé de manière à ce qu’il soit suspendu au dessus des mines, là encore, chapeau ; ce ne sont plus des ficelles, ce sont des chaînes de marine), et d’un trait, le déchire, faisant choir les fruits au milieu des mines, et provoquant ainsi une réaction en chaîne qui fait exploser l’ensemble de la pyramide de nourriture. L’explosion assomme d’ailleurs à moitié notre louloute, qui se retrouve les fesses dans l’herbe verte, à tenter de reprendre ses esprits alors que les méchants reviennent vers le campement, attirés par le raffut.

Que l’on se rassure : non seulement notre héroïne n’a pas été blessée par l’explosion de plein d’objets, dont nombre d’entre eux en métal, à quelques mètres d’elle, mais en plus, elle a visiblement désormais le don d’invisibilité, puisque personne ne la remarque malgré son arc et son carquois argenté, allongée en plein milieu de la clairière juste à côté du lieu de son forfait, premier endroit où tout le monde a dû regarder par réflexe. C’est magique. A la place, Cato montre bien qu’il est vilain, en tuant lui-même le jeune garçon qui avait mal monté la garde pour lui apprendre. Ah, mais ! P’tit con ! Raaaah, je suis méchant et je le montre pour ceux qui arriveraient en cours de film, car cette scène ne sert qu’à ça, grrrr !

Retournant dans les bois sans être inquiétée, Katniss tente donc de retrouver sa copine Rue, en utilisant le code dont elles avaient convenu : un sifflement particulier car, il existe dans ces bois et dans ce monde un oiseau nommé "geai moqueur", qui outre être celui qui est représenté sur le porte-bonheur de Katniss, est aussi un animal formidable qui peut reproduire n’importe quel sifflement limité (c’est une sorte de Jean-Michel Jarre à plumes) et le répandre auprès de tous ses compères à portée d’oreille. On imagine bien que dans le Youtube du futur, tout est pourri de vidéos de geais moqueurs sifflant du Super Mario ou le générique des Chevaliers du Zodiaque. Bref : Rue ne répond pas au code de Katniss, et à la place, est en train de beugler dans les bois "Au secouuuuuuuuuuuurs ! Katniiiiiiiiiss !" ; en effet, la bougresse a été prise dans un filet (Ah. Ça devait être dans la même cargaison que les mines et les explosifs), et ne parvient pas à en sortir : elle préfère donc hurler pour que le tout venant puisse venir la tuer.

Et ça ne rate pas : pile au moment où Katniss arrive et sort la jeune fille de sa prison de mailles, un chenapan des Méchants déboule tout seul (ils n’étaient pas tous toujours en groupe ? Comme, par exemple, il y a très exactement 30 secondes ?) et balance un harpon sur l’archère qui esquive promptement avant de lui coller une flèche dans la tronche en représailles ; hélas, pas le temps de festoyer : c’est Rue qui a pris l’arme en plein dans le bidou (c’est à ce moment précis que le Club lundi lecture du Ku Klux Klan est donc en joie) et se meurt en conséquence. La séquence émotion est donc à son comble : telle la grande soeur qu’elle n’a jamais eue, Katniss la prend dans ses bras et obéit à sa dernière volonté, c’est-à-dire, lui chanter une chanson cucu la praline sur un arbre joli dans une belle prairie, car elle chante si bien. Oui, ne me demandez pas pourquoi, mais Rue sait que Katniss chante bien, et a envie d’un moment cucu, là, tout de suite. Sitôt ses yeux clos lorsque vient la fin de la chanson, Katniss pose son petit corps frêle sur l’herbe humide et s’en va cueillir des fleurs pour les mettre dans ses mains et les poser tout autour d’elle. Cela fait, elle se tourne vers un arbre où elle a aperçu une caméra, et fait le salut des districts, l’air décidé, afin de bien annoncer que maintenant, ça va chier.

Au même moment, dans le district 11, pays natal de Rue, son papa pleure devant l’écran géant que lui et les autres habitants regardent en rang sous la menace des pacificateurs, et finalement, reprend courage en voyant Katniss faire le salut (Katniss qu’il trouve géniale, figurez-vous) : il va donc péter la gueule d’un représentant de l’ordre, bientôt suivi par d’autres, et hop : v’la t-y pas qu’une émeute commence, dis-donc.

J’ai envie de dire : "Aaah, bah il serait temps. Ca vous choquait pas les années précédentes ?".

Mais laissons. On retrouve donc au Capitole le producteur Crane qui va voir le président (qui n’a probablement qu’un réalisateur de téléréalité à voir en pleine émeute de district), pour lui dire que merde, une révolte ! Ce n’était JAMAIS arrivé (… ah oui, hein, c’est fou ? Moi aussi ça m’étonne. Mais pas exactement comme vous) ; le président lui explique donc que les Hunger Games sont là pour jouer un rôle : faire peur à la population, tout en lui donnant un espoir en lui disant qu’elle peut voir l’un des siens couvert de richesses (espoir qui n’a donc plus de raison d’être sitôt que l’on tire des boules de feu pour se marrer sur les candidats, par exemple, m’enfin je dis ça). C’est un fragile équilibre à maintenir : à Crane de jouer pour calmer le jeu et donner l’impression aux districts qu’ils doivent se concentrer sur l’espoir, et non la peur.

"Bonjour, je suis le président du Capitole. Je tenais à dire aux émeutiers que s'ils pouvaient fermer leur gueule comme durant les 73 dernières années, ils seraient bien urbains, merci."

Pas de problème : dès le lendemain, une voix résonne dans l’arène :

"ICI LA VOIX : comme dans toute émission de téléréalité, on a décidé de changer les règles en plein milieu. Désormais, si un district voit ses deux candidats vaincre ensemble, ils gagneront tous les deux. Et on dit pas DU TOUT ça pour le district 12, hein, hohoho, hem, bon, comment ça se raccroche ce bitonio là, Gégé, pourquoi ça clignote le bidule ?"

Katniss, entendant ce message, est donc toute joyeuse : hihihi ! Elle va pouvoir gagner avec Pita, qui est drôlement mignon, huhuhu !

Quoi ? Il m’avait trahi ? Mais non : c’était juste une ruse pour tromper les vilains. Une ruse de merde, mais une ruse : allez, on oublie tout, mais il faut déjà le retrouver ! Allons bon, il devrait donc être du côté de la rivière, si je ne me trompe, se dit Katniss en partant vers l’eau ruisselante. Ah, si seulement je pouvais avoir une piste…  ah bin tiens ! Des traces de sang sur les galets ! Quelqu’un a eu la bonne idée de saigner sur les cailloux sur 600 mètres  plutôt que sur l’eau à 10 centimètres à côté où ça n’aurait laissé aucune trace (et ça aurait en plus rafraîchi les petits pieds fatigués, oui madame) ! Sûrement Pita, qui a lu le script et sait que c’est moi qui vais le retrouver, et pas un des autres candidats venu le tuer.

Effectivement, quelques mètres plus loin, camouflé en caillou, Pita attend, la jambe blessée ; il est très heureux de voir Katniss, et tous deux vont se cacher dans une petite grotte du coin, où "personne ne les trouvera". Comme quoi, il suffit de le dire à haute voix pour que ça arrive. Pita : essaie de dire "Scarlett Johansson  apparaît toute nue et m’emmène loin d’ici", pour voir ? Rah, t’es pas joueur. Revenons à nos moutons : là, évidemment, au fond de cette grotte humide, alors que la mort les guette, nos deux loulous se confient l’un à l’autre "Je t’aime", dit Katniss ; "J’ai envie de te prendre comme on prend un monastère franc", répond Pita, et les deux se font de gros bisous mouillés. Du coup, ils reçoivent un super cadeau d’un sponsor :

De la soupe !

Même pas des capotes ? Ou des médicaments pour la jambe du blessé ? Sympa les mecs ! Heureusement, ça donne une scène où la douce héroïne peut nourrir son compagnon blessé, histoire de rajouter de la cucuterie à la cucuterie. Heureusement, une voix résonne à nouveau dans le ciel nocturne :

"ICI LA VOIX : bon, les tributs restant, vous avez tous besoin d’un truc : shampooing, médicaments, viagra pour s’accoupler avec des chevreuils… un colis attend chaque district à la corne d’abondance… à vous de jouer ! Ah oui, faut appuyer là quand on a fini, hop."

Sitôt le message reçu, et malgré le fait que Pita refuse de voir la jeune fille partir pour ce qui ressemble diablement à un piège, Katniss quitte la grotte et s’élance dans la forêt pour aller jusqu’à la clairière de la corne d’abondance. Pita l’a cependant prévenu : c’est le repaire de Cato qui a pour habitude "de ne jamais s’aventurer en terrain inconnu", je cite. On parle bien du mec qui ne faisait que ça depuis le début du film, quitte à marcher en direction d’un feu de forêt ? Encore une fois : pourquoi rajouter ce genre de dialogue absurde autrement que pour hurler au spectateur "Hého ! On voulait juste te rappeler qu’on te prenait ouvertement pour un con, et qu’on a même fait un petit effort supplémentaire pour le prouver, j’espère que tu apprécies coquin !" ?

Bref ; à la clairière, Katniss passe la tête entre les fourrés et observe : un petit sac marqué "12" l’attend au milieu d’autres (y compris celui du district de Cato : le mec habite sur place mais ne l’a toujours pas pris, il a laissé le temps aux autres tributs d’arriver, il est sympa)… ah, si seulement elle avait un deus ex machina pour lui indiquer s’il y a un piège ou non !

Encore une fois, hop ! La Renarde rousse sort des fourrés, et court droit vers les sacs, en emportant un (… tu sais, les sacs sont minuscules, tu pouvais emporter les 4 et prendre l’avantage : de toute manière, les autres cherchent DEJA à te tuer, alors ça de plus ou de moins…) sans problème. Soit ! Katniss s’élance, et elle aussi parvient à tirer un sac (et un seul, là encore, bon…), mais comme la première fois qu’elle s’était rendue à la corne d’abondance, nous avons le droit au même rebondissement : Clove lui tombe dessus ! Et une fois encore (… arrêtez ce film, arrêteeeez !) elle rate tous ses lancers de couteaux à 2 mètres de distance ! Avec le dernier, elle attaque donc au corps-à-corps, et parvient même à prendre le dessus ; cela dit, elle a les gènes des méchants dans ses veines, donc comme tous les larrons du genre, plutôt que d’agir, elle tient Katniss au bout de son couteau et… lui raconte sa vie "Oui, je vais te tuer, tout ça, tu vas crier, holala, oui, à part si quelqu’un te sauvait, là, maintenant".

Malgré sa classe de ranger de niveau 3, Katniss a déjà accès au sort "Invocation du vieux poncif" pour se sortir du pétrin

Et je sais que ça va vous surprendre, mais quelqu’un la sauve ! Un certain Thresch, ami ou frère de Rue, je l’ignore, mais en tout cas du même district, qui s’exclame "Alors c’est toi et tes potes qui avez tué ma Rue ? Je vais te crever !" et comme il fait 40 bons kilos de plus que Clove, il a vite fait de lui éclater la tête contre la corne d’abondance, non mais ho ! Puis il se tourne vers Katniss, encore sonnée pour lui dire "Tu as été cool avec Rue. Ne me demande pas comment je le sais, puisque je n’étais pas là et que je n’ai pas la télé, mais je le sais. Donc je t’épargne pour cette fois, mais après, pas de pitié !", puis, il disparait dans le bois.

Hmm ? Et Cato dans tout ça ? Bin on ne le voit pas. On ne sait pas ce qu’il fait ; à mon avis, quelqu’un lui a fait le coup du laxatif dans la gourde. Il doit bien y avoir des baies qui filent la chiasse dans le coin pour expliquer cette absence étrange.

Katniss retourne donc à la grotte, où Pita l’attend ; elle lui fait donc encore des bisous (ce qui rend un peu jaloux son copain Bob, resté au district 12 à suivre tout ça à la télé), puis ouvre le sac qu’elle a récupéré : des médicaments ! Le baume super-soignant ! Allez hop : dors bien Pita, car demain, tu auras une jambe toute neuve toi aussi, j’en sais quelque chose !

Lorsque le jour se lève, en effet, notre larron n’a plus bobo à la jambe, et peut donc à nouveau repartir gambader ; Katniss est pleine d’espoir : "Pita, c’est génial ! On est tous les deux en forme, et on est la dernière équipe de district restante ! On va pouvoir gagner à deux à la fin de la partie !" – "Ho oui Katniss, tu as raison, c’est génial ! A deux, on a l’avantage ! Tiens, et si pour fêter ça, on se divisait en groupes de 1, pour que tu chasses pendant que je cueille de quoi manger ?" – "Ok gros."

A ce moment précis du film, j’ai arraché l’accoudoir de mon fauteuil – au grand dam des propriétaires du cinéma – et je m’en suis servi pour battre ma voisine de gauche en hurlant diverses insanités.

Ce qui est décidé est donc mis en action, mais alors que Katniss chasse soudain, elle entend tonner le canon annonçant un nouveau mort ! Pita ? Pita ! Vite, elle court vers l’endroit où elle l’a laissé, et elle ne trouve qu’une veste dans laquelle divers fruits des bois ont été déposés avec soin ; la vue de la chose semble paniquer encore plus notre héroïne, jusqu’à ce qu’elle tombe nez-à-nez avec Pita, qui va fort bien. Car finalement, le mort du jour est bien à côté d’eux : c’est la jeune rousse, La Renarde, qui a tapé dans les baies que Monsieur cueillait, et il s’avère qu’il s’agit bien des légendaires Baies à Chiasse du Bois Joli, qui vous obligent à tant vous vider en quelques secondes dans un bruit de cornemuse que vous mourrez instantanément de déshydratation. Ainsi, alors que de derniers papillons majestueux s’envolent du rectum de la défunte, Katniss dit bien à Pita qu’il a failli mourir empoisonné, quelle fin idiote ! Et elle comprend que la Renarde la suivait depuis le début (ne me demandez pas comment vu tout ce qu’elle a vécu, elle a toujours géré), mais que pour le coup, en voulant piquer les provisions, elle a scellé son destin. Katniss ajoute qu’il faut garder quelques baies : ça pourrait servir contre Cato.

La production de l’émission de son côté s’impatiente : il n’y a plus que 4 candidats : Katniss, Pita, Cato et Thresh, et il faudrait en finir ! Ils décident donc d’introduire dans la partie de nouveaux prédateurs, des sortes de monstrueux molosses que là encore, ils créent à partir de rien.  Les tributs ne sont pas prévenus de la chose, et nos héros ne découvrent ce qu’il en est que lorsque Katniss marmonne "Je viens de perdre mon deus ex machina roux, si seulement j’en avais un d’une autre minorité pour détecter le prochain danger" car à cet instant précis, un terrible hurlement bestial résonne dans les bois, suivi de celui d’un humain que l’on dévore ; un coup de canon se fait entendre, et dans le ciel étoilé, le visage de Thresh apparaît, s’ajoutant à la liste des victimes. Ça ne sent pas très bon, cette histoire.

Katniss et Pita décident donc de se diriger vers la clairière pour trouver Cato et en finir avant que les créatures rôdant dans les bois ne les trouvent, mais, hélas ! Les bestioles surgissent et tentent de manger Pita, qui ne s’en sort que de justesse ; il faut donc galoper à travers bois jusqu’à la clairière, pour tenter de s’abriter sur la corne d’abondance (il n’y avait pas d’endroits dans la forêt pour grimper : ils n’ont pas réussi à trouver d’arbres, j’imagine). Pita y hisse Katniss, qui l’aide à son tour à monter, mais ha ! Ils s’aperçoivent que Cato est déjà là ! Oui, il attendait. Non, il n’a pas voulu les tuer pendant qu’ils tentaient de grimper en les empêchant de le faire pour que les loups les bouffent et ainsi gagner la partie tranquillement et avec style, ne me demandez pas pourquoi, j’ai encore mon accoudoir à la main et je n’hésiterai pas à m’en servir.

Le combat final s’engage donc, qui tourne à l’avantage de Cato, qui parvient à prendre Pita en otage, menaçant de choir avec au milieu des monstres en contrebas si jamais Katniss lui tire dessus avec son arc. La bougresse hésite, mais finalement, comme le brigand se met en bon méchant à lui aussi raconter sa vie, elle lui tire dans la main pour qu’il libère son ami, qui le pousse dans le vide en se libérant de son étreinte, puis le regarde tomber au milieu des créatures, qui s’empressent de le bouffer. Elle décide enfin d’abréger ses souffrances d’une flèche dans la tête, mais met si longtemps à se décider que le pauvre Cato a sûrement déjà eu le temps de mourir trois fois.

Rappelons qu'au final, cet homme n'aura rien fait du film à part tomber/se blesser/se cacher/passer à l'ennemi. Il est donc normal que Katniss soit folle de lui.

Ça y est ? Ils ne sont plus que deux ? Ils ont gagné ?

En tout cas, le soleil se lève, et les créatures, elles sont reparties dans les bois… quand soudain :

"ICI LA VOIX : ouiiiii, alors pour la règle des deux vainqueurs, je sais que personne ne l’avait vu venir, hein, c’était pas du tout gros, mais en fait, on n’en veut plus qu’un. Entretuez-vous, merci."

"Ho bin non alors !" répondent les deux tourtereaux en se regardant, n’ayant pas trop l’envie de se charcuter mutuellement, tant ce n’était pas l’idée qu’ils se faisaient de la découverte de l’anatomie d’autrui quelques heures plus tôt.. Katniss a alors une idée : "On avait dit avant de commencer qu’on ne voulait pas être leurs jouets… regarde, il me reste des Baies à Chiasses du Bois Joli : ça te dirait que l’on parte tous les deux dans une série de bruits liquides ? Enfin, surtout toi ?" . Ok, dit Pita : Roméo & Juliette Staÿle bébé, suicidons-nous ensemble ! Allez, à trois, on avale les baies : un, deux, tr…

"ICI LA VOIX : NOOOOOOOOOOOOOON ! VOUS AVEZ GAGNE !"

Car, pour des raisons qui m’échappent une fois encore (je dois me faire vieux), la production qui organise une téléréalité sur des gens mourant l’un après l’autre voit un inconvénient à une double mort avec en prime suicide amoureux, ce qui boosterait pourtant à coup sûr l’audience j’imagine, mais bon. Et ne me dites pas que c’est à cause du vieux refrain sur "la peur et l’espoir pour tenir les districts" : il ne tient déjà pas en soi.

Un vaisseau vient donc chercher nos héros, et bientôt, ils sont emmenés à une cérémonie où Président en personne les décore ; mais comme il l’a un peu mauvaise, il fait aussi enfermer Crane, qui selon lui, a fauté, dans une pièce où il n’y a que pour seule nourriture des Baies à Chiasse du Bois Joli. L’homme de télévision sait donc ce qui lui reste à faire. Le Président lui reproche d’avoir permis aux deux jeunes gens de, je cite, "ridiculiser le pouvoir" (il faudra m’expliquer où ; ils ont fait comment, à part en faisant du rien ? J’aime bien cette méthode Coué pour faire tenir ce truc branlant. On aime bien énoncer des trucs comme ça dans ce film pour dire que c’est vrai, si si, j’vous jure).

Les deux vainqueurs sont donc renvoyés en train vers le district 12, où ils sont accueillis en vainqueurs, même si Bob fait un peu la gueule à Katniss pour avoir faire des bisous à Pita l’homme kebab. On comprend alors que désormais, ils vont servir à la fois de héros et de symboles aux districts, et qu’ils risquent de reprendre espoir et de se lancer dans une nouvelle rébellion. La caméra nous montre alors le président observant la scène à la télévision, et grommelant quelque peu ; il fait une tête qui semble signifier qu’il n’en a pas fini avec ces jeunes rebel’z fougueux, et part donc préparer un plan maléfique en conséquence. Et…

FIN !

D’accord messieurs de la police, je repose l’accoudoir. Mais je vous jure : c’était trop dur.

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"Monsieur Connard, Monsieur Connard !"

La jeune fille aux cheveux ébouriffés passe la porte de la suite, sa tenue encore couverte de ronces et de chardons, alors qu’au milieu de la crasse qui couvre son visage parait un merveilleux sourire.

"J’ai réussi ! J’ai gagné les Hunger Games de cette année, regardez, j’ai suivi vos conseils !"

Le type ne bouge pas du fauteuil dans lequel il est installé, et se contente de poser délicatement son cigare dans le cendrier voisin avant de tendre un rafraîchissement à la gagnante qui n’a pas démérité.

"Et Peter ?
- Ah heu… non, Peter il a merdé : il trouvait les taupes super mignonnes, alors il a voulu s’en faire une ceinture, mais ça a un peu merdé parce qu’à part lui, tout le monde trouve ça laid. Surtout quand l’une d’entre elles a commencé à chanter un truc bizarre genre, justement "mignon mignon" : il a été repéré tout de suite et les autres se sont acharnés sur lui et son animal chanteur avec barbarie.
- Je vois. Je vous félicite Catherine. Vous êtes bien sûre d’avoir suivi tous mes conseils ?
- Tous je… heu…"

Catherine hésite un instant, sentant la tête lui tourner légèrement.

"Même celui de toujours surveiller son verre ?"

La pauvrette, se tenant le visage d’une main, observe avec inquiétude le verre vide dont elle avait avalé le contenu d’un trait quelques instants plus tôt.

"Et m…", articule t-elle péniblement avant de s’effondrer au sol, inconsciente.

Le type au-dessus d’elle achève de boire son propre verre avant de se pencher sur l’ingénue, écartant quelques orties prises dans les mèches tombées sur son visage tout en reprenant son cigare.

"Les gens mauvais ne sont pas toujours sur scène, ma chère Catherine. Les plus terribles sont ceux qui oeuvrent en coulisse, qu’ils soient scénaristes, ou non."

Dis-je en emportant le corps qui, bientôt, retrouverait à nouveau la forêt qu’il venait juste de quitter.

J’ai toujours aimé les analyses fines et pertinentes.

Si c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne lis jamais Le Figaro, c’est aussi celle qui me pousse à admirer la horde de nouveaux experts qui envahissent nos médias pour faire part d’explications poussées sur le fonctionnement de notre société : sexologues autoproclamés dont les connaissances se basent sur leur vision de la dernière soirée mousse chez Michou, psychosociologues dont les propos ressemblent plus à une oeuvre de tautologie qu’à une interprétation pertinente de comportements modernes, ou autres mots en -logue qui signifient qu’un amateur se déclare expert du jour au lendemain et que sa tribune est vérité (exemple : "un blogue"), autant de choses qui me font rêver.

Aussi, lorsqu’en ce beau dimanche, je suis tombé sur l’interview d’un certain Gilles D’Ambra, psychologue vantant les mérites de son dernier livre (qui date un peu, mais je m’étonne que personne n’y ai réagi) permettant de mieux comprendre les hommes, je m’attendais là encore à quelque chose de haut niveau. "Nenni", me glisseraient de facétieux lecteurs amateurs de pinaillages ; "Un psychologue, c’est quelqu’un avec une vraie formation, une vraie expérience et un diplôme : il s’agit d’une profession réglementée, contrairement à celles que vous citiez ci-dessus ; voilà qui est gage de sérieux et qui donnera sûrement lieu à une analyse pertinente, vil pessimiste".

Et en effet : le bon Gilles s’empresse de montrer dans son propos de qualité chez Doctissimo que ce n’est pas un rigolo à l’analyse facile. Ho que non.

Réponse : "Parce qu'ils fuient les greluches qui lisent ce genre de trucs"

Je vous propose donc de lire ensemble ce fabuleux monument de psychologie qui fera date ; Sigmund, accroche toi à ta coke.

Pourquoi les hommes sont lâches en amour ? C’est la question à laquelle répond le psychologue Gilles d’Ambra dans son livre.

Notez que nous commençons très fort : directement, il ne s’agit pas de parler des hommes lâches en amour, ou de cas précis, non ; il s’agit de tous les mettre dans le même sac. L’homme est un lâche dès qu’il s’agit de relations sentimentales : il se cache, se fait porter pâle, et parfois même s’enfuit en Amérique du sud pour y devenir éleveur de chevaux dans la pampa afin d’échapper à Lola, la correspondante bavaroise qui venait de lui confesser son amour. Si l’on suit l’analyse de Gilles, qui je le rappelle, traite de TOUS les hommes sans distinction, les gays doivent avoir de gros soucis et être une sorte de communauté d’autistes qui refusent de se fréquenter par peur mutuelle. Diantre.

Mais son ouvrage est surtout un guide pour aider les femmes à comprendre ces messieurs, pour construire un couple solide, basé sur le partage. Doctissimo l’a interrogé sur les recettes pour comprendre le sexe opposé.

Ah. Soit, soit : il ne s’agir donc ici que de traiter du cas des hommes hétérosexuels, pour que les femmes puissent enfin comprendre et dompter ces créatures mystérieuses : pourquoi rechignent-ils à faire les boutiques avec elles en gloussant ? Qu’est-ce qui les fascine dans les soirées foot et bières ? Et pourquoi n’aèrent-ils pas après leur traditionnel concours de pets post-choucroute ? Autant de questions que le sieur d’Ambra doit aborder, du moins, je le suppose, s’il s’agit de tout révéler sur le sexe fort aux membres du sexe faible (on appelle ça de la trahison mon petit Gillou ; passer des informations à l’ennemi, c’est très mal, tu es bon pour le peloton, Mata Hari). Une occasion pour les lectrices de ce blog, interdites de lecture lors d’un article précédent, de se venger céans en s’emplissant les mirettes d’informations pertinentes obtenues directement auprès d’un professionnel.

Attention mesdemoiselles : première question.

Doctissimo : Vous affirmez que les hommes sont lâches en amour. Est-ce vraiment la règle ?

Gilles d’Ambra : Vous savez, le courage des hommes, c’est un mythe, les femmes sont bien plus courageuses. Les hommes sont courageux quand il s’agit d’aller chasser le mammouth ou de faire la guerre, et parce qu’ils sont bourrés de testostérone et en groupe. Mais dès qu’il s’agit d’amour, ils deviennent lâches. Prenez l’exemple de la rupture : lorsqu’ils n’aiment plus, ils vont se taire et attendre que leur compagne s’en rende compte

Voilà : première règle à connaître, tous les hommes sont identiques. Tous. Sans exception ; en fait, c’en est à se demander à quoi nous servent nos psychologues, et pourquoi ils ont besoin de s’entretenir individuellement avec leurs patients, puisqu’en réalité, quand on en a vu un, on les a tous vu. Je rappelle que le charmant garçon qui fait cette analyse est un professionnel du secteur, hein. Non, je sais, on ne le dirait pas comme ça, mais si, si. Il a peut-être même une clientèle : brrrr.

Mais revenons au sujet : les hommes sont courageux dès qu’il s’agit de guerre ; ils ne fuient jamais, n’ont jamais peur, et pour peu qu’ils soient en groupe, ils partent même coller des grenades dans des nids de mitrailleuse en rigolant (vous ne pouvez pas comprendre ça les filles : c’est comme le concours de celui qui pisse le plus haut, c’est une sorte de private joke, mais directement située sur le chromosome Y). A l’inverse, aucun mâle ne plaque jamais sa nana ; il se contente soudainement de devenir muet ; du genre vous lui demandez où il a rangé le saucisson, et là, le bougre se contente de ne rien dire, alors qu’il y a deux minutes, il causait encore nonchalamment de son amour pour la charcuterie : point de maladie mystérieuse là-dessous , il a tout simplement perdu l’usage de la parole. Le signe ultime comme quoi il compte rompre (et si vous ne rompez pas dans les deux semaines, sa langue se nécrose et tombe).

Non, jamais un homme ne plaque sa nana. Ça ne s’est jamais vu : il ne peut pas. Il laisse l’autre faire et se tait. Si l’une d’entre vous prétend que ça lui est pourtant déjà arrivé, c’est que c’est une menteuse. En même temps, quelle femme ne l’est pas ? 

Le Mime Marceau a passé des années à tenter d'expliquer à sa nana qu'il voulait la plaquer

Par contre, en suivant ce raisonnement pas du tout caricatural, mesdemoiselles, n’hésitez pas : pour pimenter un peu vos aventures nocturnes, criez lui  "Prends-moi comme tu prendrais un nid de mitrailleuse !" ; et là, vous le verrez motivé comme jamais vous sauter dessus avec le visage noirci au charbon. Par contre, assurez-vous de ne pas avoir de grenades dans la maison : il pourrait mal l’interpréter.

Doctissimo : Mais l’homme a tout de même changé depuis l’aube de l’humanité ? 

Gilles d’Ambra : Pas tant que ça.

Wongo wongo. Homme pas trop changer : toujours mettre slip en fourrure avant de trouver femelle de la tribu des Poux Fhiasses pour venir réchauffer homme dans grotte. Faire parade amoureuse : proposer "Toi vouloir dernier verre de sang de mammouth ?", puis glisser poudre magique du chaman qui fait dormir dedans ; enfin, ramener femelle en traînant par les cheveux jusqu’à grotte, avant accouplement sur peau d’ours. Wongo.

Autre possibilité : "Depuis l’aube de l’humanité, il y a toujours des types qui font des analyses de daube, ça n’a pas trop changé". Auquel cas, j’approuve.

D’ailleurs il y a plus de gènes communs entre un homme et un singe qu’entre un homme et une femme.

C’est pour ça que Wongo parfois être turgescent au zoo. Singe mieux que femme : est très tendre quand il épouille et suffisamment évolué pour pas porter Wayfarer. Zoophilie très tentante.

On peut voir des similitudes entre les types d’hommes et les races de singes.

Bien que cette phrase soit probablement approuvée par une certaine frange de l’extrême-droite (oui je parle de frange, mais comme j’ai parlé de Wayfarers avant, l’enchaînement est parfaitement logique), notez que ce genre de propos serait considéré comme honteux si le mot "homme" était remplacé par "femme". Mais comme ce n’est pas le cas, le type a même le droit à une interview sur Doctissimo et à de la publicité pour son livre.

Par exemple :

L’orang-outan : il vit seul, il râle dès qu’on lui demande quelque chose, il n’aime pas sortir. A réserver aux femmes indépendantes qui n’ont pas besoin de trop d’affectif

Bref, vous pouvez aisément le remplacer par un petit jouet en plastique fonctionnant à pile. Encore une fois, on aurait inversé le tout et écrit "Elle vit seule, elle râle dès qu’on lui demande quelque chose et n’aime pas sortir. A réserver aux hommes indépendants qui ont juste besoin d’un plan cul régulier ou d’une ménagère", on aurait hurlé. Mais là, non.

Le gorille : issu d’une famille nombreuse, il est très social et agréable à vivre. C’est un bon vivant. Pour celles qui recherchent une relation stable et familiale 

Parfois aussi, il vous défonce la gueule parce que vous avez fait tomber la banane qu’il convoitait. Il est comme ça, le gorille. Un peu taquin, mais avec de grosses mains (et souvent dans la margoulette). Mais il vous aime, hein.

Le chimpanzé : il vit beaucoup avec ses amis et il est susceptible et individualiste. Pour les femmes éprises de liberté.

Il manque à cette liste "le ouistiti : il est tout petit, il a l’air un peu con mais il vous fait marrer", "le paresseux : il n’en branle pas une, mais au moins, vous êtes sûre de le retrouver là où vous l’avez laissé" ou encore "le nasique : il a un grand nez, mais on sait toutes ce que ça veut dire, hihihihi". Quel dommage que notre fin analyste s’en soit arrêté ici dans ses métaphores animales.

C'est vrai que le gorille a l'air sociable, en fait

Doctissimo : Hommes et Femmes seraient donc restés identiques depuis la nuit des temps ? 

Gilles d’Ambra : Non, bien sûr que non. Aujourd’hui, les femmes sont heureusement pour elles plus autonomes, elles n’ont plus besoin des hommes pour faire leur vie.  Et les mâles ont donc totalement perdu leurs repères. Ils ne savent plus comment aborder les femmes, et en deviennent souvent encore plus lâches.

On ne sent pas du tout le fait que le type compte vendre son livre à des femmes : "Hahaha, bien sûr que non : les femmes ont super évolué, ce sont des êtres formidables. Par contre, les hommes sont restés de gros cons, eux ils ne pigent toujours rien à rien. A part moi bien sûr, c’est même pour ça que j’ai écrit un livre dans lequel je vous explique tout."

Mais effectivement, l’homme a perdu tous ses repères dans le monde moderne ; il ne sait plus comment s’y prendre avec les femmes. Alors des fois, il en a marre, il laisse tout tomber, et il tente de l’attraper dans un Sofitel. Mais là encore, ça prête à controverse : comment un être aussi lâche qu’un homme aurait-il pu aborder une femme ? Logiquement, il aurait dû s’enfermer dans la salle de bain en hurlant "Allez-vous en vilaine femelle, vous me faites peur, j’en perds tous mes repères, hiiiiii, ne vous approchez pas de la porte où je pleure !".

Doctissimo : Pensez-vous que dans un couple, une femme peut réussir à faire changer un homme ? 

Gilles d’Ambra : On ne peut pas changer la nature profonde de quelqu’un comme ça. Lorsqu’une femme se met avec un homme en se disant "avec moi, ça va être différent", cela se termine toujours mal. Quand vous achetez des chaussures, vous les prenez à votre pointure, même si après elles vont se faire à votre pied ! Avec un homme, c’est pareil ! Il faut prendre la bonne pointure !

Là, nous sommes tous d’accord : on ne peut pas changer un homme ; le faire devenir fidèle, lui faire arrêter la bière, lui apprendre à baisser la lunette des WC ou à arrêter de secouer les draps en hurlant "La vache, celui là il fouette" lors que son transit se fait difficile… autant de choses auxquelles il faut renoncer d’entrée de jeu.

Doctissimo : Et selon vous, quelle est la clé d’un couple qui fonctionne ?

Gilles d’Ambra : Il n’y a pas de recette miracle. Mais il faut avant tout de la réciprocité. C’est la stratégie gagnante à terme. Le but est de ne pas essayer de battre l’autre, mais de jouer le jeu de la relation à deux, de respecter l’autre, et de ne pas jouer au plus malin : la franchise est essentielle.

Attendez, on la refait :

"Question : Selon-vous, quelle est la clé d’une relation ?

Réponse : Jouer le jeu de la relation."

Aaaaah, ouais, pas con. D’autres conseils, sinon ? "Pour vivre heureux, vivez contents" ? "Soyez francs pour dire la vérité" ? "Trop de whisky, caca kaki"? Nom d’une pipe, ce n’est plus un psychologue, c’est Monsieur de la Palice sous ecstasy. La suite, vite, je me meurs, je veux en apprendre plus sur moi, pauvre mâle.

Avec ce livre, vous pouvez vous aussi devenir un fin analyste moderne

Doctissimo : Vous parlez de franchise, mais vous conseillez de ne pas tout dire.

Gilles d’Ambra : Il faut être honnête, ne pas raconter d’histoires, mais ça ne signifie pas se lâcher et exprimer tout ce qui nous passe par la tête ! Il ne faut pas tout dire, mais il faut jouer franc jeu.

Quel caméléon, cette fois on dirait du Jean-François Copé tellement c’est empli de bonne foi : "La franchise, c’est bien, mais il faut bien faire attention à ne pas tout dire". Le terme "mensonge par omission" est donc officiellement placé dans les instruments servant la franchise : bravo, c’est du grand art. Ma mauvaise foi et moi avons envie de vous adouber chevalier du pipeau.

Un exemple, peut-être, histoire d’aller jusqu’au bout du concept ?

Prenez l’infidélité par exemple. A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple. Car entretenir une deuxième relation, mentir, cela va à l’encontre justement de la franchise et de la réciprocité. Mais un "dérapage" ponctuel, un "accident" est possible et ne doit pas forcément remettre en cause la relation ni d’un côté ni de l’autre. 

"A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple." ; après les lapalissades, les euphémismes : quelle maîtrise des figures de style, je pleure des larmes de sang tant la jalousie fait battre mon petit coeur de mâle arriéré.

En tout cas, c’est un excellent exemple de confiance dans un couple : les filles, faites bien attention à ne pas dire à votre partenaire que vous copulez avec Pedro, le chilien du 5e qui fait la sécurité à l’entrée du Macumba ; c’est ça, la franchise.

Je rappelle que ce livre est un recueil de conseils pour aider ces dames à mieux comprendre et garder leurs hommes : si avec ça, elles ne finissent pas toutes à la rue avec un tabouret dans l’oeil, c’est à n’y plus rien comprendre. Mais il est vrai que je n’ai aucun diplôme de psychologie, tout cela doit m’échapper. Trop subtil, sûrement.

Doctissimo : Et comment faire pour garder son homme ?

Odieux Connard : Ne surtout pas lire ce livre

Gilles d’Ambra : Pour que la relation dure longtemps, il faut arrêter de la vivre comme si elle était un bien de consommation jetable ! Car aujourd’hui de nombreux couples vivent leur relation uniquement dans l’immédiat sans projeter plus loin que la semaine suivante. L’amour, c’est le désir de l’autre, la tendresse, mais c’est aussi partager et construire des choses ensemble, lancer des projets. C’est s’engager réellement, même si ce n’est pas forcément pour la vie.

"Pour que la relation dure longtemps, il faut qu’elle soit durable" suivi de "Pour vivre à deux, il faut vivre ensemble". Cet homme a un don ; on ne parle même plus de talent à ce niveau-là.  Je crois que je vais faire un don à Notre-Dame-du-Nawak pour qu’ils fassent faire un vitrail à son effigie. Et les pèlerins en manque d’analyses de qualité s’y rendront en masse pour s’agenouiller devant cet avatar de verre qui les contemplera de son piédestal drapé dans ses certitudes.

Il n’empêche que je suis de mauvaise foi : maintenant, j’en sais plus sur moi, dans ma condition de pauvre homme. Merci de ta subtile analyse, Gilles d’Ambra. Que l’on peut retrouver dans "Pourquoi les hommes sont lâches, Petit traité de psychologie masculine à l’usage des femmes qui aiment encore les hommes", ouvrage qui pour moins de 20€, vous permettra de devenir une véritable experte en psychologie masculine. Je suis sûr que vous vous demandez déjà pourquoi il ne se trouve pas dans votre bibliothèque.

Cependant… attendez, attendez, si je relis cette histoire… au tout début, ce fin expert nous disait qu’un homme ne pouvait plaquer une femme, ou pire, lui parler. Mais alors, qui suis-je, que suis-je pour virer au matin des filles de mon lit en marmonnant "Vous êtes gentilles mais maintenant, cassez-vous si vous ne voulez pas ramasser un coup de pelle" ?

J’en suis tout chamboulé : je crois qu’il me faut un psy.

Et je crois que je sais déjà à qui m’adresser. Quelle puissance décidément.

La neige tombe silencieusement sur la petite cité, couvrant les pavés pluriséculaires d’une couche uniforme blafarde.

Pourtant, il court sans se soucier de la quiétude étrange de cette fraîche nuit d’automne ; haletant, il ne considère la neige que comme une sorte d’ennemi glissant qui colle à ses souliers telle une boue gluante et glaireuse venue ralentir sa course. Jetant un regard paniqué derrière lui, il s’engage promptement dans une étroite ruelle sur sa gauche, semblant lui promettre une occasion de disparaître temporairement de la vue de son poursuivant. Épuisé, la respiration sifflante, il considère un instant les improbables quantités de buée qui semblent s’échapper de ses poumons avant de tourner brusquement la tête vers l’extrémité de l’antique rue où la neige vient de crisser.

Posté entre deux bornes de pierre supposées autrefois garder les piétons des roues des chariots, il aperçoit à la lueur orangée d’un luminaire proche la silhouette noire au manteau long qu’il n’a eu de cesse de vouloir semer. Fronçant les sourcils, il lâche un juron en tentant d’ignorer les battements sourds de son coeur fatigué par la course.

"C’est fini. Tu ne peux plus fuir, rends-toi" dit la silhouette. Il souffle encore quelques jurons avant de se redresser.

"Jamais ! Jamais à ceux de ton espèce ! Nous vaincrons ! Mon Seigneur vaincra !
- Ton Noir Seigneur est mort il y a longtemps, Sylvain Fumoir. Ton combat, comme ta fuite, était sans issue.
- Je ne me rendrai pas sans combattre, Odieux ! Les chasseurs de sorciers de ton espèce n’auront que…"
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Portant la main à sa poche, il en sort avec diligence une baguette en hêtre qu’il brandit au travers du vent lui rabattant les flocons au visage.

"Avada Ked…
- Hortefix !"
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Fumoir pousse un cri aigu en voyant sa baguette sauter de ses mains pour être expulsée vers Bamako. Un sort typique des écoles de magie française, pense t-il en frottant sa main endolorie.

"Soit, tu gagnes pour cette fois, Odieux, tu as été le plus rapide ! Mais peut-être as tu envie de voir une autre magie puissante à l’oeuvre : choisis une carte, n’importe laquelle, je vais la deviner.
- Non, Fumoir. Tes jeux ne m’amusent plus. Rends-toi où je…
- Raaah !"
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Profitant que son assaillant se soit rapproché, Sylvain Fumoir ramasse une poignée de neige sur un muret proche et la jette au visage de son adversaire avant de se jeter sur lui avec rage. Avant qu’il ne puisse l’atteindre, il distingue la baguette de son ennemi braquée vers lui.

"Tu l’auras voulu Mage Noir ! Je vais t’obliger à revivre un moment douloureux : le dernier Harry Potter !
- Nooooooon !
- Endoloris Cinematographicum ! Spoilons !"
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L'Affiche : moi aussi, à un moment, je voulais m'enfuir en courant dans les bois

Ainsi donc, Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie I, est sorti dans les salles obscures ; la chose a fait grand bruit, et pourtant, je subodore que certains d’entre vous ne sont pas encore parfaitement au point sur Harry Potter ; je vous fais donc un résumé rapide :

Harry Potter est un orphelin qui le jour de ses 11 ans, est invité à suivre un vieux barbu au motif qu’il serait un sorcier (une vieille ruse de pédophile, comme chacun sait "Suis moi, je t’emmène apprendre la magie ! Monte dans le coffre !"). Ainsi, Harry est envoyé à Poudlard, l’école de magie officielle de Grande-Bretagne. Il s’y fait deux amis, Hermione et Ron, et surtout, découvre sous la direction de Dumbledore le sens du mot "discrimination" : dès leur arrivée, les élèves sont divisés en 4 "maisons" : Gryffondor (les gentils), Serpentard (les enculés), Maison Annexe #1 et Maison Annexe #2 (non, les deux dernières maisons n’ont aucun intérêt dans l’histoire, tout comme l’ensemble des personnages y appartenant, ce qui permet de vite savoir qui va avoir un rôle dans l’intrigue ou non), et n’ont dès lors même plus le droit de manger ensemble, afin de bien marquer leurs différences et d’apprendre le communautarisme.

Hélas, durant 7 livres, Harry va découvrir que le vilain sorcier qui a tué ses parents, Lord Voldemort (et non Susanna Sucre-d’Orge, on vous donne bien des noms vous permettant de repérer les méchants à l’avance), est toujours en vie, a toujours envie de le tuer (il l’avait loupé la première fois, et puis Voldemort n’ayant pas de nez, on sent bien qu’il est jaloux parce qu’Harry peut porter des lunettes, lui, sans que ça lui tombe sur la bouche, ça doit accroître sa haine), et veut toujours monter une armée pour dominer le monde. Au bout de 6 livres, Harry découvre donc que Voldemort a trouvé un moyen d’être immortel : il a planqué des bouts de son âme dans divers objets magiques, ce qui lui permet de ressusciter en cas d’urgence (ce sont des points de sauvegarde, donc). S’il veut en finir définitivement avec Voldy, Harry doit donc détruire ces objets. Et nous voici donc au début du 7e livre, début du film. En route !

Le film s’ouvre donc sur une conférence de presse du nouveau ministre de la magie, dont le nom importe peu, qui informe quantité de journalistes qu’à l’heure où Voldemort est une menace, les services de l’état sont là pour protéger les sorciers de l’armée des vilains. Qu’ils peuvent donc lui faire confiance pour mener sa mission à bien, et que Voldemort fera moins le malin quand il sera en garde à vue. Pendant ce temps à quelques kilomètres de là, Harry Potter regarde tranquillement la famille qui l’hébergeait depuis des années quitter la ville, tant l’insécurité grimpe à vitesse grand V depuis que de mystérieux meurtres ont lieu un peu partout (meurtres ayant un vague rapport avec le fait qu’une armée de sorciers maléfiques se promène à Londres ces derniers temps ; en France, on aurait déjà fait une loi sur les sorciers maléfiques afin de les interdire purement et simplement, ou pire les priver de leur nationalité. On ne rigole pas avec l’insécurité.). Ron Weasley, lui prend un air super pensif en regardant les champs autour de chez lui, parce que vraiment, ça fait trop cool au début d’un film de prendre une tête de philosophe maudit en contemplant l’horizon. Hermione Granger enfin, sentant ses parents, deux "moldus" (des gens sans pouvoirs magiques), en danger puisqu’ils pourraient être interrogés par Voldemort et ses potes pour essayer de localiser Ron, Hermione et Harry, décide d’employer les grands moyens et leur jette un sort d’"oubliette" qui leur fait oublier jusqu’au fait qu’ils avaient une fille. Allez savoir comment, le sort est si puissant qu’il fait même disparaître Hermione de toutes les photos, documents & co de la maison. Autant vous le dire, c’est une sorte de super GHB : on sent qu’en boîte de nuit, Hermione doit se la donner grave, cette coquine.

Pendant ce temps, au grand QG des méchants (un énorme manoir appartenant à une célèbre famille de méchants, entouré évidemment par une atmosphère lourde et un crépuscule constant), tout le monde est réuni autour d’une vaste table, présidée par Voldemort lui-même. Ce dernier accueille le dernier arrivant à la réunion du jour avec bienveillance, un certain professeur Rogue. Le bougre a rapporté de bonnes informations : il sait quand et comment Harry Potter va être évacué de son actuelle planque (attendez, une planque ? Vous parlez bien de la maison qu’il occupe depuis qu’il est enfant et où il y a son nom sur la boîte aux lettres ?) pour une autre. La chose devrait se faire la veille de ses 17 ans, et c’est à ce moment là qu’il sera le plus facile de frapper pour qu’enfin, Voldemort puisse tuer le jeune malandrin. Cependant, le Seigneur des Ténèbres sait qu’Harry et lui ont un problème de baguette (… Freud ? Freud, un commentaire ?), puisque leurs pouvoirs s’annulent mutuellement ; il décide donc d’utiliser une autre baguette, et emprunte celle d’un de ses serviteurs, un certain Lucius Malefoy. Cela étant dit, il est grand temps d’achever la réunion ; ne pouvant le faire d’un simple "bon après-midi à tous" au risque d’entacher sa réputation de chef des forces du mal, Voldemort décide plutôt d’exécuter une prisonnière qu’il avait gardé au chaud depuis le début de la réunion. Comme ça, pour le plaisir. Son décès signale que la séance est levée.

 

Chez les méchants, comme dans n'importe quelle autre réunion, on se fait chier en regardant un Powerpoint

Dites-donc, j’espère qu’ils se réunissent pas trop souvent, quand même.

D’ailleurs, sans vouloir être trop pointilleux : le QG des méchants, tout le monde sait où il est, et en plus si jamais quelqu’un doutait, il est recouvert de ténèbres façon manoir hanté histoire de bien lever toute hésitation. Alors pourquoi les gentils ne l’attaquent pas ? Ou, plus simplement, se contentent de faire passer un B-52 au-dessus de la maison ? Non parce que Voldemort et sa baguette, ils sont sûrement très gentils, mais pour le coup, je ne suis pas sûr que 4 tonnes de bombes, même pas magiques, hein,  tombant sur leur demeure par surprise ne leur fasse pas un peu de mal. Ou éventuellement, un bon vieux missile façon chasse aux talibans. Enfin.

Retournons plutôt voir Harry, car je vous sens inquiets ; sachez qu’il erre dans la grande maison vide de son enfance, s’emplissant l’esprit de souvenir des années passées… ah, nostalgie ! Cependant, ses rêveries sont rapidement interrompues par l’arrivée en masse de troupes de l’ordre du phénix (une brigade de gentils luttant contre Voldemort et ses amis depuis des années dans l’ombre), parmi lesquelles pas mal de ses vieux amis : Harry, Ron, le géant Hagrid, un sorcier black façon professeur N’Golo-Golo ("il fait revenir l’être aimé et tomber le kiki de l’ennemi par simple consultation téléphonique !") qui explique que bon, là, officiellement, il devrait servir de garde du corps au 1er ministre anglais, mais que protéger Harry est plus important.

Oui, c’est sûr : un attentat contre le 1er ministre britannique, c’est tellement peu important, ça n’aurait aucune conséquence. Mieux vaut que tu viennes aider tes potes à monter leur plan pourri, puisque comme nous allons le voir, il est vraiment tout naze.

Bref, nos larrons expliquent à Harry le plan du jour : plusieurs de ses amis vont utiliser une potion pour prendre son apparence, et se vêtir exactement comme lui. Ainsi, ils partiront ensuite par groupes de 2 (un déguisé en Harry, l’autre faisant office de garde du corps) chacun dans une direction différente et empêcheront ainsi les vilains qui guettent sûrement à l’extérieur de savoir lequel est le bon Harry à dessouder. Une fois le bon Potter arrivé à destination dans la nouvelle cachette où il sera plus en sécurité, les autres membres du groupes se téléporteront dans la dite cachette pour se regrouper.

Et là, lecteurs, vous m’arrêtez, vous me stoppez, vous tentez de m’ôter les mains du clavier afin de me dire "Attendez, de la téléportation ? Mais alors pourquoi s’ennuient ils à transporter Harry par voie normale et ainsi risquer d’être attaqués ?" ; la réponse est simple : Harry n’a pas encore 17 ans, je le rappelle, et chez les sorciers, avant ses 17 ans, on porte "la trace", un truc qui fait que l’on peut vous localiser automatiquement lorsque vous vous téléportez. Donc, Harry devant se cacher, l’idée est peu intéressante.

Donc là vous me dites "Aaaah, ok".

Sauf que non, pas ok, lecteurs inattentifs ! Après tout, on est à la veille de ses 17 ans ; alors ça va, Voldemort et ses copains ont été trop bêtes pour penser à attaquer la maison dans laquelle Harry habite depuis des années (je ne veux pas entendre "elle est protégée contre les vilains sorts !" ; vous croyez que ça la protège d’une voiture piégée ou d’un tir de fusil à lunette quand Harry sort les poubelles, hein ?), on peut bien attendre quelques heures de plus, comme ça, on le téléporte à 17 ans passés, et personne ne prend aucun risque.

Ultime solution : pourquoi s’emmerder à faire diversion en faisant prendre l’apparence d’Harry à plein de gens ? Il a une cape d’invisibilité, non ? C’est quand même pas plus pratique ? Non ? Bon.

En même temps, je ne leur en veux pas : après tout, à 11 ans, à un niveau CM2, on les a envoyé à Poudlard, école où on enseigne ni mathématiques, ni histoire, ni géographie, ni littérature, ni langues étrangères… bref, c’est une école qui forme des neuneus, oui, mais des neuneus magiques. On voit le résultat.

Bref ; nos héros suivent donc le plan, et prennent donc l’apparence d’Harry, y compris certaines jeunes filles, ce qui pour le coup, doit leur faire bizarre ; après une rapide inspection de leurs nouveaux corps et un coup d’oeil discret dans leurs slips respectifs, nos valeureux leurres se disent que, hé bé, ce soir, ils vont voyager plus légers qu’ils ne le pensaient. Harry a beau crier "Nan mais c’est parce qu’il fait froid, et tout", personne ne l’écoute. On échange donc quelques dernières consignes avant d’aller enfourcher les balais volants, et se préparer pour l’action. Le vrai Harry, lui, monte avec Hagrid, le géant qui a une moto volante, avec sidecar. C’est quand même autrement plus moderne. Mais passons.

 

Méfiez-vous : les petits cons qui font du bruit en scooter en bas de chez vous sont peut-être en fait de puissants mages ; la différence n'est pas flagrante

Tout le monde décolle en conséquence, prend de l’altitude et, alors qu’ils franchissent les premiers nuages bas, découvrent des hordes de sorciers maléfiques sur leurs balais en train de les attendre ; ça vole dans tous les sens, ça échange des éclairs, bref : c’est la bataille d’Angleterre. Harry et Hagrid tentent de semer leurs poursuivants à grands coups de turbo (J’en profite : oui, je sais, c’est du "feu de dragon" plus qu’un vrai turbo, que gnagnagna, ils le disent dans le livre, mais écoutez moi bien bande de crypto-intégristes : ici, on spoile le film ! Le film ! Pas une étude comparée avec le livre du genre "ah ouais mais dans le livre ils expliquent pourquoi, tous les spectateurs devraient l’avoir sur les genoux durant la séance"  ! Alors il suffit, je vous connais ; reprenons maintenant.), mais les brigands s’accrochent ; cependant, Hedwige, la chouette d’Harry, décide de se mêler de la bataille en essayant de venir protéger son maître en griffant le visage des poursuivants : grave erreur, puisque non seulement elle en meurt, mais elle révèle ainsi qui est son maître, l’andouille. Tous les vilains cessent donc la poursuite et c’est Voldemort en personne qui débarque pour essayer d’abattre Harry. Hélas, sa nouvelle baguette ne semble pas faire le poids comparé à celle du bon Potter, et l’objet de bois explose littéralement, obligeant Voldemort au repli.

2 choses : Voldemort, tu aurais utilisé je ne sais pas moi, un flingue ? Ou même, parce que tu es retro, une grosse épée, une arbalète, un arc magique, ou je ne sais quoi ? Tu n’aurais pas ce genre de soucis ! Ne serais tu pas un peu idiot par hasard ? Quant à toi Harry, c’est pareil : tu peux faire apparaître des cerfs magiques, changer d’apparence, jeter des éclairs, mais tu n’es pas foutu d’obtenir de quoi bourrer de plomb un sorcier ? Surtout que j’insiste : une bonne vieille pétoire, c’est quand même plus rapide qu’une baguette : l’autre en est encore à gueuler "Avada Ke…" que d’une simple pression sur une gâchette vous l’avez transformé en filtre à plombs. Ca vous dirait pas d’être efficace, un peu ?

Bon, revenons à nos moutons : Hagrid et Harry, ayant semé leurs poursuivants, finissent par poser leur moto volante qui a pris quelques coups dans la bataille à proximité de la cachette tant attendue : le Terrier, la maison de la famille Weasley qui…

… oh ? Attendez, c’est ça "la cachette" ? Mais ? Mais bon sang, ce n’est même plus une cachette, c’est un panneau clignotant "venez me tuer, je suis chez mon meilleur copain chez qui je passe toutes mes vacances d’habitude !" ; c’est définitif, nous n’avons pas la même notion de planque. Si c’était pour l’emmener là, je crois qu’il aurait été possible de téléporter Harry d’entrée de jeu, même si tout le monde était au courant : ça n’aurait pas fondamentalement changé l’affaire.

En tout cas, les autres duos faux Harry/garde du corps arrivent l’un après l’autre au Terrier en se téléportant ; tout le monde se porte bien, à l’exception d’un des frères de Ron, qui a eu une oreille coupée, et de Maugrey Fol-Oeil, un soi-disant formidable chasseur de mages noirs qui est tombé au champ d’honneur. A noter que Modingus, un membre de l’équipe un peu lâche, a lui tout simplement fui en se téléportant dès le début de la bataille dans un bruit de pet liquide paniqué. Tout le monde est un peu triste mais, bon, il est l’heure d’aller se coucher, alors on pleurera demain.

Dans la nuit, entre deux rêves érotiques, Harry a des flashbacks : guerre du Vietnam, soirée alcoolisée, et accessoirement, mort de Dumbledore ; il décide donc que les gens autour de lui meurent trop facilement ces derniers temps, et veut partir seul s’isoler pour ne plus mettre personne en danger : son vieux copain Ron le retient heureusement, lui expliquant qu’il est beaucoup trop con pour survivre seul, ce en quoi je ne lui donne pas tort.

Le lendemain, il est déjà temps de se changer les idées, puisque figure-vous que Bill, l’un des frères de Ron, ainsi que Fleur, sa copine, ont décidé de se marier. Un immense banquet et une cérémonie ont été organisés au Terrier où…

Attendez, attendez, ce n’est pas censé être une "planque" ? Vous organisez une fête géante dans la planque que vous ne voulez surtout pas que qui que ce soit découvre ? Je… heu… bon.  Bref, faisons comme si de rien n’était. Dans la journée en tout cas, le ministre de la magie en personne se rend sur place pour voir Harry (Je ! Et lui, comment est il au courant ? Les héros passent leur temps à dire qu’il ne faut surtout pas informer le ministère, qui est infiltré de partout par les méchants, et ils invitent le ministre lui-même à venir les visiter dans leur planque ? Non mais, je suis le seul à avoir entendu le mot "cachette", à un moment ? Même que c’était pour ça qu’il faisait un super plan à base de diversions il n’y a pas 15 minutes ?). L’homme politique vient lire à Ron, Hermione et Harry le testament de Dumbledore ; il le fait lui-même car il n’y a pas du tout de personnel pour, c’est connu, le ministère, ça doit juste être le ministre et sa secrétaire. Ainsi, nos héros apprennent que :

  • Ron hérite d’un déluminateur, objet qui peut faire disparaître et apparaître de la lumière à volonté
  • Hermione hérite d’un livre de contes pour enfants, Les Contes de Beedle le Barde
  • Harry hérite du premier vif d’or qu’il a attrapé au sport national des sorciers, le Quidditch, une petite boule dorée et aildée

Autant vous dire que le ministre repart au son des "Raaah, Dumbledore, vieil enfoiré, comment tu nous lègues de la daube, c’était bien la peine de se faire chier durant six livres, tiens ! On ira déféquer sur ta tombe !".

Le soir même, le banquet post-mariage a donc lieu, et chacun célèbre l’union de Bill et de Fleur autour d’une bonne coupe de champagne. Harry profite donc de la soirée pour se promener tranquillement au milieu de tous les invités, façon "Coucou, je suis là, si l’un d’entre vous est un agent de Voldemort, n’hésitez pas à lui dire où je me cache, si on peut encore appeler ça se cacher". Il rencontre rapidement un vieux, qui comme tous les vieux, a un truc à raconter entre deux effluves urinaires : Dumbledore avait une vieille amie qui le connaissait formidablement bien, et qui a donné quantité d’informations à une journaliste pour qu’elle écrive un livre sur lui. L’amie en question, Germaine, habite dans le village où Harry vivait jusqu’à la mort de ses parents. Rien de bien fascinant, jusqu’à ce que la cérémonie soit interrompue par l’arrivée d’une sorte de boule lumineuse au milieu de la piste de danse qui vient interrompre "Le Petit bonhomme en mousse" pour informer les convives d’une terrible nouvelle : Voldemort et ses troupes viennent d’attaquer avec succès le ministère de la magie, et l’ont renversé. L’objet mystique ajoute accessoirement "Maintenant, planquez vos fesses, car ils arrivent". Et effectivement, des dizaines de sorciers plutôt vilains arrivent aussitôt et commencent à se battre avec les convives à grands coups de sorts mortels. Harry, Ron et Hermione ont juste le temps de se téléporter en urgence vers un lieu lointain : une rue de Londres.

 

Pour ne pas casser l'ambiance, même les mauvaises nouvelles sont annoncées par une boule à facette

Coup de chance (de nombreux autres suivront) : Hermione s’est téléportée avec son gadget ultime : le sac à main sans fond, un sac dans lequel tu peux ranger tout ce que tu veux, de ton portefeuille à ta bibliothèque en passant par ta toile de tente. Il faudrait que je m’en trouve un comme ça pour mes soirées kidnappings. Même si je ne vous raconte pas le bordel pour retrouver ses clés là-dedans. En tout cas, elle, elle a mis moult affaires à l’intérieur, y compris des vêtements de rechange pour des garçons. Ne me demandez pas pourquoi elle a ça sur elle, la coquine.

Nos héros vont donc trouver un petit café pour se poser temporairement et discuter des derniers évènements ; cependant, ils sont rapidement attaqués par deux mages maléfiques, qu’ils parviennent à neutraliser assez rapidement (parce que les mages n’ont pas pensé à les attaquer pendant qu’ils ne regardaient pas alors qu’ils arrivaient dans leur dos, quelle idée saugrenue). Ils leur font tout oublier grâce au GHB magique d’Hermione, avant de se dire qu’il serait temps de trouver une cachette pour la nuit ; quoi de mieux que d’aller dans l’ancien QG de l’ordre du Phénix, l’ancien manoir de la famille Black ? Décision est prise, et les choses se passent plutôt bien sur place, malgré des bruits étranges dans la maison. Tant et si bien que comme toujours dans les grands films, quand il y a des tueurs qui rôdent et que les héros sont dans un manoir étrange, ils se séparent en groupes de 1.

Heureusement, ils ne trouvent que deux choses : tout d’abord, Kreatur, l’elfe de maison crasseux du manoir, pas très aimable mais condamné à obéir à Harry dont il est la possession suite à un héritage, et une inscription signifiant qu’habitait autrefois là un certain Regulus Arcturus Black, soit R.A.B, les initiales d’un type dont nos héros savent de source sûre, grâce à une anecdote du film précédent, qu’il possède l’un des Horcruxes contenant un bout d’âme de Voldemort, un petit médaillon. Oui, un petit médaillon choupi. Voldemort est comme ça ; des fois, il cache aussi son âme dans des Zhu Zhu Pets. Soit ! Ils interrogent donc Kreatur afin de savoir où est cet objet mais celui-ci les informe qu’il a été volé il y a un bail par un certain Modingus (mais si, le lâche du début du film !). Harry ordonne donc à Kreatur de retrouver le voleur, ce qu’il fait assez rapidement, car malgré leur statut d’esclaves, les elfes de maison sont surpuissants, allez savoir pourquoi.

Modingus est donc interrogé ; il ne résiste pas beaucoup (il est lâche), et Hermione regrette donc de ne pas pouvoir utiliser sa gégène avec pinces à testicules qu’elle avait emmené pour l’occasion. Ils apprennent donc que le médaillon a été confisqué par Dolores Ombrage, une vilaine du ministère de la magie, qui collabore avec joie avec les troupes de Voldemort.

Nos héros décident alors qu’il serait malin d’infiltrer le ministère afin d’aller y récupérer l’objet ; ils capturent donc 3 fonctionnaires de celui-ci et cachent leurs corps dans un entrepôt discret (pourtant annoté d’un gros panneau jaune pétard "attention, site sous surveillance vidéo"… non, vraiment, combien de fois vont ils faire des choix débiles ?), prennent leur apparence et s’en vont au ministère accomplir leur terrible mission.

Sur place, comment vous décrire le spectacle ? C’est facile, pour que l’on comprenne bien que nous sommes chez des vilains, c’est le IIIe Reich : outre la propagande pro-sorciers aryens, des hordes de types en tenue du Volkssturm (avec même le petit brassard rouge du parti au bras et la casquette d’infanterie, oui oui oui, c’est très recherché) circulent, attrapent des gens et les emmènent se faire interroger (avec un peu de torture, évidemment, parce que sinon, on rigole moins) afin qu’ils avouent s’ils cachent des sorciers au sang mêlé à celui des moldus, ou s’ils en sont eux-même. Subtil, n’est-ce pas ? Les murs sont accessoirements recouverts d’affiches invitant à capturer un certain Harry Potter, le célèbre magicien geek.

Cependant, rien n’arrête nos aventuriers qui infiltrent sans soucis les lieux, tant apparemment ils peuvent aller n’importe où sans qu’on leur demande de présenter un quelconque papier. Un ministère imitant le IIIe Reich, c’est connu, ça se visite comme on veut, c’est ouvert à tout vent. Ils arrivent donc à localiser, par un petit coup de chance (ça alors !), Dolorès Ombrage, qui est occupée à tenir un procès dans les sous-sols. Nos larrons débarquent avec toute la subtilité qui est la leur, paralysent tout le monde à coups de baguette (il n’y a aucune sécurité non plus, quelle idée de sécuriser un tribunal), et s’enfuient en emmenant le médaillon que la bougresse avait autour du cou. Cependant, durant leur fuite, la polymorphie arrête de faire effet, et tout le monde découvre Harry Potter et ses potes en plein milieu du ministère de la magie où ils sont recherchés ; une petite course poursuite s’engage avec les miliciens locaux, et l’un d’entre eux, plus tenace que les autres, arrive même à les attraper au moment où ils se téléportent. Hermione est donc obligée de le dégager une fois à destination avant de relancer une téléportation d’urgence vers une petite forêt, ce qui, étant fait un peu à la va vite, a tendance à poser quelques soucis ; dans le cas présent, c’est un bras de Ron qui est téléporté en oubliant plusieurs morceaux (je pense que des bouts de cerveau de plusieurs héros ont aussi refusé de faire le voyage, mais ce n’est que mon opinion). Heureusement, Hermione a de quoi le soigner (une bombe froide et une éponge magique), mais il reste tout de même très affaibli de cette affaire. Elle donne alors à Harry la consigne qui va ouvrir une séquence affreusement étirée qui donnera à certains des envies de s’ouvrir les veines : "Harry, va monter la tente", car oui, Hermione a toujours une tente Quechua dans son sac dimensionnel.

 

75% du film tient là-dedans.

Ainsi commence une longue, trèèèèèès longue période durant laquelle nos adolescents vont vivre tranquillement sous la tente en essayant de détruire le médaillon, mais sans pouvoir y parvenir (le bougre résiste aux sorts ; mais personne ne pense à essayer avec un gros caillou). Fugitifs, chaque soir, nos loulous jettent des sorts rendant leur campement invisible à autrui.

C’est con que vous n’ayez pas eu l’idée de jeter les mêmes sorts sur le banquet, au mariage, ou sur une quelconque de vos précédentes cachettes. J’imagine que ça aurait pu aider. Mais bon.

Un soir, Hermione entend du bruit non loin du camp, et étant de garde, décide de n’alerter personne et de se séparer des autres pour aller voir (dans une forêt, la nuit, avec des tueurs qui rôdent… non mais ce n’est plus un film, c’est un sketch de Jean-Marie Bigard ! Heureusement qu’Hermione est la plus intelligente). Elle tombe nez à nez avec une troupe de sorciers au service de Voldemort, des "rafleurs", mais ceux-ci ne la voient pas, puisqu’elle bénéficie du sort d’invisibilité du camping. Ils finissent donc par passer leur chemin. Cependant, la chose a fait suffisamment peur à nos héros (plusieurs slips ont connu une fin tragique ce soir là) pour qu’ils décident de se déplacer régulièrement ; ne pouvant se téléporter puisque Ron est encore un peu faible, ils vont à pieds au travers de fabuleux paysages, et visitent apparemment l’Ecosse en long, en large et en travers.

Harry, de son côté, a une idée stupide, comme bien souvent : "Heeey le médaillon qu’on a trouvé contenant un bout d’âme de Voldemort, si on le portait autour de notre cou en attendant de trouver comment le détruire au lieu de le laisser au fond du méga-sac magique d’Hermione qui sert à transporter tout le reste de nos affaires en toute sécurité ?" ; aussitôt dit, aussitôt fait. Mais comme le médaillon rend les gens nerveux et méchants, curieusement, personne ne pense à dire "Bon, c’était une idée de merde", et à la place on entend un "Portons le tour à tour, partageons ce fardeau". Ho oui M’sieur Frodon, partageons l’anneau, il est trop lourd pour vous, vivement qu’on atteigne le Mordor pour le détruire. Tiens ? Je me suis trompé de film ? Vous êtes sûrs ? Non parce que moi je n’ai pas l’impression. Enfin, si vous le dites.

Au final, le médaillon finit par accomplir sa mission, puisqu’il provoque une grosse crise de colère chez Ron (original n’est-ce pas ? De toute manière, quand il y a un piège ou quelqu’un qui doit tomber sur une peau de banane, c’est toujours pour Ron), qui soupçonne une liaison entre Hermione, sa copine (avec laquelle il ne couche pas malgré qu’ils soient bloqués en pleine nature depuis des semaines avec beaucoup d’hormones et peu d’activités, on reste quand même dans un monde gentillet ; des ados, de la magie, des pouvoirs d’agrandissement de certaines choses et de polymorphie, en général, ça dégénère vite), et Harry. Il décide donc d’abandonner tout le monde et en a marre de cette quête d’horcruxes alors qu’ils n’arrivent même pas à en détruire un : il se téléporte seul loin de là.

Ah le salopard : alors pour ça, il a la force de se téléporter, mais pour éviter à ses copains de marcher, jamais. Quel pourri.

Harry et Hermione n’étant plus retardés par leur ami à la chevelure de munster, ils se mettent à se déplacer en se téléportant eux aussi aux quatre coins du pays, sans pour autant avancer beaucoup plus dans leur aventure. Ils papotent, se font des câlins amicaux, dansent en écoutant la radio, mais jamais Harry n’arrive à obtenir d’Hermione quoi que ce soit, tant cette dernière reste quand même fondamentalement une truie frigide. Un soir, cependant, elle a une idée lumineuse : "Aaaah mais je sais ce qui pourrait détruire les horcruxes : l’épée magique de Gryffondor" (notez qu’il s’agit toujours d’une épée ou d’un truc médiéval ; le fusil à pompe enchanté de Gryffondor, vous pouvez toujours l’attendre. J’imagine qu’au moyen-âge, l’épée étant trop moderne, les sorciers se battaient à coups de gourdins et de silex magiques) ; seul soucis, l’épée magique a disparu depuis des mois, et personne ne sait où elle est.

Que faire en attendant ? Jouer à la crapette ? Regarder Avatar ? Ouvrir un skyblog ? Non : Harry a une idée. Peut-être que Dumbledore n’a pas tout dit avant sa mort sur les horcruxes et comment les détruire ; peut-être serait il temps d’aller rendre visite à Germaine, la vieille amie du vénérable mage qui semblait en savoir suffisamment sur lui pour aider une journaliste à écrire un livre à son sujet. Hermione souligne que se rendre dans le village où Harry a perdu ses parents est risqué, que l’ennemi risque d’y avoir placé des guetteurs, mais bon : qui ne tente rien n’a rien. En plus, comme c’est aussi un lieu important pour Voldemort, peut-être y a t-il laissé un autre horcruxe.

 

"Cher Père Noël, si tu pouvais m'apporter la MG-42 de Serpentard, ça me ferait bien plaisir"

C’est donc la nuit de Noël que nos deux pinpins s’en vont dans le village enneigé visiter les lieux ; ils repassent devant l’ancienne maison à demi-détruite de la famille Potter, mais ne trouvent rien d’intéressant. A part une petite vieille relativement louche, qui les invite à la suivre ; elle les emmène jusqu’à une petite maison isolée où, effectivement, il s’avère qu’elle est bien Germaine, la personne recherchée par nos héros (quel coup de bol ! Elle passait pile au bon endroit au bon moment !) ; seulement, elle est curieusement muette. Vous vous demandez pourquoi, hein ?

La réponse est simple : ce n’est pas vraiment Germaine : en fait, c’est l’anaconda domestique de Voldemort, déguisé en vieille, qui tend un piège à nos héros. Oui, un anaconda déguisé en vieille. Oui, moi aussi j’étais consterné, parce que bon, je m’y connais en anacondas, j’ai vu d’excellents documentaires sur le sujet, et jamais ils ne se font passer pour des vieilles, c’est pas le petit chaperon rouge, non mais. Bref ; une petite bataille s’engage, dans laquelle le serpent est repoussé par un puissant sort d’Hermione, mais qui détruit au passage la baguette d’Harry. Un repli stratégique via téléportation est donc effectué, et Harry pleure doucement qu’Hermione lui a brisé la baguette (oui ? Non, je n’ai pas fait ce commentaire. Pourquoi, je devrais ?).

Et c’est donc reparti pour encooooooore plus de camping. Raaah, laissez moi mourir, bon sang, qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Un soir, Harry, de garde, entend du bruit dans les bois ; aussi malin qu’Hermione, lui aussi décide de ne surtout pas l’alerter (ça sert à ça, des gardes : à ne pas donner l’alerte) et de partir tout seul voir ce que c’est ; et bien figurez-vous qu’un patronus en forme de biche fantomatique (un patronus, c’est une sorte d’esprit défenseur que les sorciers peuvent faire apparaître) est là, au milieu des bois, à attendre Harry pour le guider gentiment. Bon, Harry, ça fait maintenant des mois qu’il n’a pas réussi à serrer la petite Hermione, alors il est un peu chaud et une biche, même fantomatique, ferait bien l’affaire : aussi la suit il sans se poser de questions.

Cette dernière le guide jusqu’à un étang gelé où, sous la glace, Harry aperçoit… l’épée de Gryffondor.

Oui, elle est là, tranquille : elle adore faire de la plongée en hiver, c’est son hobby. Ni une, ni deux, Harry décide d’aller la chercher ; pour cela, il veut plonger sous l’eau. Non, utiliser sa magie (il a emprunté la baguette d’Hermione, mais ne s’en sert pas) pour ramener l’épée, quitte à faire apparaître une épuisette, ça lui parait trop élaboré comme plan. Non, il va plutôt se mettre en slip et plonger par – 12°, histoire de rigoler un peu. En ne gardant sur lui qu’un seul objet : le médaillon de Voldemort (bin oui, tiens, c’est vrai qu’il est plus en sécurité là que dans la tente avec Hermione, hein ? Puis plus utile, aussi, sûrement). Or, une fois sous l’eau, curieusement, le médaillon n’a pas l’air d’apprécier qu’Harry essaie de récupérer une arme capable de le détruire ; il se débat donc, et essaie d’entraîner sous la glace Harry loin de l’épée et du trou qu’il avait fait pour plonger, histoire de le noyer.

Formidable coup de bol (encore un ? Non mais c’est fini ces télescopages ?), une main récupère et l’épée, et le Harry Potter et les sortent tous deux de l’eau en cherchant lequel des deux est con comme 2 kilos de métal : il s’agit de Ron, qui est revenu aider ses potes maintenant qu’il a fini de faire son petit caca nerveux. Il a su où était Harry grâce au déluminateur, qui apparemment, fait aussi GPS. Ne me demandez pas comment non plus. Harry propose alors à Ron de détruire le médaillon, maintenant qu’ils l’ont, ainsi que l’épée ! Notre rouquemoute accepte, mais comme Harry l’a dit : "attention, au moment où tu voudras le détruire, le médaillon risque de se défendre !" ; ouais, attention Ron, cet enfoiré va essayer de te mettre des coups de fermoir, il risque de te pincer. Trop cruel, Voldemort.

Sauf que non : Voldemort a mis bien plus de puissance dans ce médaillon ; celui-ci crée des illusions pour effrayer Ron (il fait apparaître sa terreur, des hordes d’énormes araignées), avant de, allez savoir pourquoi, changer de registre :

"Roooon… Roooon… ta copine, elle couche avec Harry ! C’est une coquine !
- …
- Regarde ! Je fais apparaître des images où elle et lui se font des bisous ! Ca t’énerve, hein ?
- Heu… c’est-à-dire qu’en fait, mon objectif, médaillon, c’est de te casser la gueule, alors chercher à m’énerver encore plus, c’est un peu incohérent. En plus les araignées, ça me faisait fuir, alors pourquoi tu arrêtes ?
- Regarde ta copine… bisouuus… elle roule des patins à Harry ! Attends, tu en veux plus ? Bouge pas, je te mets un petit fond sonore de basse, façon film porno. Alors, t’en penses quoi ? T’es vénér’ hein ?
- Mais enfin, médaillon, tu es idiot ? Pourquoi tu m’encourages à te détruire alors que tu dois faire l’inverse ?
- Okay, tu l’auras voulu : je rajoute des passages où Harry fait pouet’ pouet’ camion à Hermione. Tu veux que je fasse apparaitre un gros monsieur noir aussi pour se joindre à eux ? Ca t’énerverait un gros monsieur noir tout nu ?
- Bon."
0

Ron, lassé par l’incohérence totale du médaillon, le détruit donc d’un bon coup d’épée, et hop : finies les illusions d’Harry et Hermione à poil, mais pas trop non plus (le médaillon de Voldemort fait apparaître des illusions chastes : c’est un seigneur des ténèbres, mais militant actif chez Familles de France). Une fois cela fait, les deux garçons retournent au campement trouver Hermione, qui est certes heureuse de retrouver Ron et d’apprendre qu’il a détruit un horcruxe, mais surtout un peu en colère qu’il ait lâché tout le monde quelques semaines plus tôt. Elle boude donc.

Tiens, mais au fait, qui a créé cette biche fantomatique qui a guidé Harry au fond des bois pour trouver l’épée ? Comment cette personne savait que notre groupe camperait juste à proximité ? Que faisait l’épée là ? Mystère, dans l’immédiat.

 

Attention ! Dans cette image se cache un anaconda, sauras tu le retrouver ?

Sur ce, revenons à nos pérégrinations ; un jour, Hermione note dans le bouquin de contes pour enfants que lui a légué Dumbledore un signe curieux : un trait vertical, imbriqué dans un cercle, le tout placé dans un triangle… hmmm, mais qu’est-ce que c’est ? Harry se souvient avoir déjà vu M. Lovegood, le patron d’un journal pourri (une sorte de Public ou Closer local), porter ce signe en médaillon. Il pourrait donc être intéressant d’aller le voir pour l’interroger à ce sujet ; soit ! La petite troupe se rend donc promptement chez le personnage, accessoirement père de Luna, une de leurs camarades de classe. L’homme est un peu nerveux et dérangé (mais bien qu’il raconte n’importe quoi, bizarrement, il donne toujours de formidables infos 100% véridiques pile poil quand les héros en ont besoin), mais explique tout de même ce qu’est ce signe : il s’agit des "Reliques de la Mort" ; dans un vieux conte, trois frères ont obtenu de la Mort trois objets : la plus puissante baguette de sorcier du monde (symbolisée par le trait vertical), une pierre capable de ressusciter les morts (le rond), et une cape d’invisibilité (le triangle). Quiconque a ces 3 objets devient "le Maître de la Mort". Soit, se disent nos amis, et ces objets existeraient donc bel et bien ? Puisque Harry a déjà la cape d’invisibilité, semble t-il (même s’il ne s’en sert pas du tout dans ce film alors qu’elle aurait pu servir quasiment dans chaque scène, mais définitivement, Harry est un pur produit de Poudlard, l’école au programme consternant).  Effectivement ; mais la conversation n’ira guère plus loin : nos héros comprennent vite que leur hôte a une bonne raison d’être nerveux ; sa fille a été raflée par les vilains quelques temps plus tôt, et il espère, en dénonçant Potter et ses amis, obtenir sa libération. A peine a t-il révélé cela (tout est bien synchronisé, encore une fois) que la maison est bombardée de sorts plutôt offensifs par des mages noirs volant tout autour ; histoire de varier un peu les plaisirs, Hermione téléporte ses deux balourds de collègues et elle-même vers une destination forestière où…

… où allez savoir comment, ils sont attendus par les rafleurs qu’ils avaient vu dans les bois des mois auparavant. Comment les ont ils retrouvés ? Vous ne le saurez jamais ; en tout cas, une brève course poursuite s’engage, et nos élèves sorciers sont vite capturés : Hermione a juste le temps de jeter un sort de Bogdanovum à Harry (elle lui déforme le visage en le gonflant affreusement) afin que leurs agresseurs ne l’identifient pas tout de suite et ne le livrent ainsi pas aussitôt à Voldemort. Certes, il y a une trace de sa cicatrice, que ses agresseurs reconnaissent, mais dans le doute, ils se rendent au QG des méchants pour vérifier son identité.

Sur place, la chose semble compliquée, tant, quand même, Harry ne ressemble plus à rien (je vous ai entendu dire "c’était guère mieux avant", au fond, messieurs) ; aussi, lui et Ron sont envoyés en cellule en attendant que l’on prenne une décision. Bellatrix, l’une des grandes méchantes préférées de Voldemort, décide elle se s’amuser un peu avec Hermione, en la torturant parce que bon : elle est fille de moldus, même pas de sorciers, donc ça mérite bien une punition.

Pendant ce temps, dans leur cellule, Harry et Ron entendent du bruit et allument toutes les lumières grâce au déluminateur (… non… non… ne me dites pas que les forces du mal dans leur QG face à des sorciers, qui sont souvent des gens avec des objets magiques, n’ont même pas pensé à les fouiller ? Et bien non.), et constatent qu’ils ne sont pas les seuls prisonniers : il y en a 3 autres, parmi lesquels Luna Lovegood. Soudain, apparait au milieu d’eux Toby, l’elfe de maison idiot et pote d’Harry Potter, qui a le pouvoir (comme il est aussi surpuissant que tous les elfes de maison) de se téléporter où il veut, même dans cette cellule, qui doit pourtant être protégée. Toby cherchait Harry, et est fort content de lui tomber dessus ; il reçoit donc directement des instructions du bon Potter : 1 – évacuer les autres prisonniers vers une planque en bord de mer où ils sont déjà allés, et 2 – neutraliser le garde de la prison. En 10 secondes, l’elfe fait les deux. Balaise. Et vous n’avez pas encore tout vu, mais j’y reviens.

Nos deux adolescents vont donc rapidement porter secours à Hermione, et la sauvent de ses tortionnaires, aidés en cela par Toby, qui fait tomber des objets et confisque les baguettes de tous les sorciers – pourtant forts, maléfiques et expérimentés – présents à ce moment là. Bref, à lui seul ou quasiment, l’elfe vient de paralyser tout le QG de Voldemort et ses mages les plus costauds.

Bon, moi, à leur place, j’aurais déjà monté une armée d’elfes de maison et conquis le monde en moins de 45 minutes. Mais là encore, personne ne semble y penser.

 

Voilà : ça, ça vous maîtrise toute l'armée ennemie en moins d'une minute. Mais tout le monde semble l'oublier.

En tout cas, Hermione se relève péniblement, non sans que l’on ait pu voir un cheveu de Bellatrix en gros plan tomber sur son manteau. C’est super innocent, comme plan, pas vrai ? Ça ne va sûrement pas servir dans le prochain film, nooooon. C’est probablement juste un plan pris au hasard, comme ça, hop, genre "Tiens, si on filmait un cheveu ? C’est cool les cheveux, ça joue bien, ça me rappelle un peu Romain Duris".

Au final, tout le monde se rassemble autour de Toby pour se téléporter avec lui loin de là ; c’est sans compter sur Bellatrix qui, probablement anciennement employée au cirque Pinder, effectue un formidable lancer de couteau à la dernière seconde, provoquant la téléportation de la lame volante avec l’ensemble du groupe de fuyards.

A l’arrivée, tout le monde se retrouve donc comme prévu sur une plage balayée par les flots, avec comme seule perte Toby, qui a reçu la lame en plein dans son petit corps frêle ; il meurt donc dans les bras de Harry en contemplant l’océan, cette plage étant un peu son Omaha Beach ; pour les dialogues, ça donne grosso modo dans le "Ne meurs pas Toby ! Accroche toi ! Les hélicoptères arrivent ! " et les "Tu diras… argh… à ma femme que… je… je l’aime… tu lui diras, hein… Harry !" – "Toby ! Fais pas le con, écoute, on entend les rotors ! Ils vont te retaper, tu iras voir ta femme en permission avec une médaille et tu lui diras toi-même que tu l’aimes !"

Hélas, Toby meurt quand même. Harry sanglote donc d’avoir perdu son ami moche, niais, mais surpuissant, et s’en va lui creuser une tombe avec une bonne vieille pelle, quelque part dans les dunes, là où les gens font vider les intestins de leurs chiens lorsqu’ils se promènent sur la côte.

Mais, et Voldemort dans tout ça, hein ? Qu’est-ce qu’il faisait au lieu d’être à son QG ? Et bien, sachez-le : d’abord il est allé péter la gueule à un célèbre fabriquant de baguettes magiques en lui disant "Alors comme ça, tu pensais qu’avec une autre baguette je pourrais vaincre Harry ? Sauf que celle que j’ai utilisée au début du film, elle a fait pouf ! Je veux faire jouer ma garantie !" ; puis, réalisant qu’il lui faudrait tout simplement une baguette fort puissante, il s’est mis en quête de celle évoquée dans le conte des trois frères, la baguette des Reliques de la Mort. Le vieux marchand de baguettes a évoqué le fait qu’il avait bien cette baguette des années auparavant, mais que quelqu’un lui avait volé, probablement un roumain.

Voldemort part donc retrouver le voleur, devenu fort vieux mais toujours fort rabouin, et ce dernier lui annonce que la baguette avait fini dans les mains de Dumbledore. Et à sa mort, il avait été enterré avec.

C’est donc parti pour la séquence nécrophile du film : Voldemort va ouvrir le tombeau de son vieil ennemi, renifle un peu son cadavre encore en fort bon état, s’accouple un peu avec parce que bon, hein, il a beau être maléfique, il n’en reste pas moins homme, puis s’empare de la baguette avec laquelle il fait surgir moult éclairs du ciel dans un rire maléfique et…

FIN.

 

La scène finale de l'accouplement post-mortem

Ou plutôt à suivre. Oui, je sais, dans la bande-annonce, il y a plein de scènes d’action dont je n’ai pas parlé ici ; c’est normal, c’est pour le suivant. Parce qu’une bande-annonce juste avec les scènes de ce film, c’eut été affreusement chiant. Ça aurait ressemblé à Camping, en fait. Avec Emma Watson à la place de Franck Dubosc.

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Sylvain Fumoir, à quatre pattes dans la neige, soufflait lourdement après avoir subi toute la douleur d’un tel ennui cinématographique. Jamais il ne se serait douté que son adversaire lui infligerait une telle torture. Mais il n’avait pas joué sa dernière carte pour autant. Il jeta un regard à l’Odieux Connard derrière lui.

"Alors, on se rend ? Ne fais pas comme ton ami Jamax, qui a voulu résister inutilement…"

Fumoir eu un rictus invisible, tant sa face était à nouveau tournée dans une autre direction ; il était déjà concentré sur autre chose : relevant sa manche, il toucha de la main le tatouage en forme de souris blanche qu’il portait au poignet.  Il allait prouver que son Noir Seigneur était de retour.

Je n’eus pas le temps de me retourner en entendant le bruit caractéristique de quelqu’un se téléportant derrière moi.

"Yé vé té faire dichparaitre comme oune petite chouriche, hihihi !", entendis-je avant qu’un éclair ne vienne me frapper entre les omoplates.

Mon Dieu, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le maître de tous les sorciers maléfiques, celui qui surpassait amplement Voldemort était de retour :

GARCIMORE !

Ha, les "peoples".

Quel terrible anglicisme ; un peu rustre, ce terme de nos jours semblerait désigner toute une série de personnalités qui sortent de la masse des anonymes, des personnes dont la notoriété dépasse celle de leurs simples connaissances et qui, de fait, ont leurs propres magazines pour que celles et ceux qui ne les fréquentent pas puissent continuer de s’informer des aventures qui agrémentent leurs vies. Si vous le demandez, personne n’avouera acheter ces revues, et pourtant, tout le monde les a lues. Un insolvable mystère probablement le fait de piratins téléchargeurs.

Le monde mystérieux des peoples est très hiérarchisé : en haut de cette échelle, il y a celles et ceux dont la notoriété n’est plus à prouver et qui vivent confortablement au point de refuser régulièrement des propositions qui ne les intéressent pas. Ils cherchent souvent à retrouver l’anonymat et le calme qui va avec, leur réputation internationale rendant difficile leur capacité à vivre normalement. A l’inverse, tout en bas, il y a celles et ceux dont la notoriété est dangereusement basse et qui acceptent tout ce qu’ils peuvent trouver pour tenter de faire parler d’eux. Ils craignent plus que tout l’anonymat et le calme qui va avec, leur réputation plus que limitée rendant fragile leur capacité à sortir d’une vie "banale". Entre ces deux extrêmes, tout un spectre existe, mais il ne convient pas ici de s’y arrêter : nous avons les bornes qui délimitent le terrain, voilà qui est déjà suffisant.

Leur place dans la hiérarchie est facile à reconnaitre : en général, plus ils descendent  dans le classement (le temps le fait varier), plus ils enchainent de films, généralement mauvais, genre comédie française (vous savez, celles où l’on fait des bandes annonces où tout le monde hurle). Lorsque l’on ne parle plus de descente mais de chute, on a de fortes chances de les retrouver sur le plateau de Cauet, dernière station avant l’oubli pour de nombreuses personnalités qui animent désormais la foire de la choucroute de Mailly-sur-Seille. Enfin, parfois , certains tentent de reprendre la course à la gloire en acceptant un contrat de télé-réalité, véritable couronne mortuaire pour la réputation de ces formidables personnages. Et je ne parle pas d’amour propre, cela va de soi.

Cauet, Charon des rives du Styx télévisuel

Dans ce monde, le people a le droit à un traitement tout particulier : on lui donne sans cesse l’occasion de parler de lui, car oui, il nous intéresse. Lorsque l’on demande à un people moyen de se décrire, en général, les mêmes mots reviennent toujours : il n’aime pas l’hypocrisie (c’est vilain), car il est franc (bonjour monsieur de La Palice), mais surtout, il est vrai (cela signifie qu’il est franc, il faut le savoir) et entier (ça, je n’ai jamais réussi à le comprendre ; a t-on jamais vu quelqu’un de "demi" ou de "un quart" ? Je ne vois pas. Il faudrait demander à un people manchot s’il est "entier"). A l’occasion il peut être généreux ce qui signifie qu’il donne tout ce qu’il a à son public ; attention, en termes de tripes, hein, pas de thunes : le people a souvent du mal à payer ses impôts. Par contre, il veut bien passer à la télé pour dire que vous devez donner votre argent pour aider les autres. Mais pas le sien. Bref, le people ne le dira jamais assez, il est là pour dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, car lui, il méprise les mensonges et les cachoteries. Nous sommes d’accord ? Allumez votre téléviseur.

En zappant un peu, vous finirez bien par tomber sur l’un de ces nombreux plateaux de télévision où, entre deux pages de pubs, on vous invite deux ou trois personnes qui ont un livre, un film, un album à promouvoir… Et attention, voilà les questions pertinentes :

"Alors, votre film, c’est un bon film ?" (entendu ce soir même)

L’intéressé prend son air le plus studieux (il est acteur, attention), et répond avec ses tripes

"Mais tout à fait, c’est un très bon film."

Une excellente question suivie d’une réponse adaptée ; en effet, certaines personnes supposément censées s’occuper de quelques activités journalistiques préparent leurs questions avec un piquant redoutable "Tiens, je vais lui demander si ce qu’il est fait c’est bien", se dit le présentateur satisfait de lui-même et de l’impertinence de ses questions. Tout à fait mystérieusement, les invités ne répondent que très rarement "Je fais de la grosse merde, mon succès est immérité et d’ailleurs j’aimerais plutôt vous parler d’un petit acteur anonyme que je trouve bien meilleur que moi". C’est très surprenant, avec des questions pareilles et une telle réputation de franchise. Ou bien serais-je naïf ? Non… Des journalistes qui posent des questions visant à informer leur public à des gens supposément francs, ça donne vraiment ça ? Ha bon, bien bien.

"Pourquoi avez vous accepté de jouer dans ce film ?" (classique)

"Quand j’ai reçu le scénario, j’ai été tout de suite pris par l’intrigue (remplacez par "j’ai ri toute la soirée" s’il s’agit d’une comédie), j’ai donc aussitôt décroché mon téléphone et j’ai dit *insérer ici le prénom du réalisateur* (car on utilise le prénom pour dire qu’on est une grande famille), je prends le rôle tout de suite !"

Non malheureux ! Personne ne répond jamais "Mais, pour le fric, parce que tu vois, j’ai un peu un loyer à payer moi aussi", c’est toujours par goût, par volonté de se dépasser, de donner du plaisir à son public… Enfin si, ça arrive, mais c’est relativement rare. Très rare. A peu près autant qu’une apparition de Nessie. C’est un monde magique : les peoples n’ont pas besoin de manger, de boire ou d’un toit pour dormir : ils sont constitués de pur esprit, et ne s’alimentent que du bonheur qu’ils donnent aux gens, tels de petits angelots télévisuels. L’argent, c’est très surfait, vous savez.

"Et alors, quelle était l’ambiance sur le tournage ?"

"C’était formidable ! Et drôle ! Travailler avec des professionnels tels que X ou encore Y c’était une expérience incroyable… et puis il y a eu de ces fêtes, ça a été difficile de se séparer, j’espère qu’on retravaillera encore bientôt tous ensemble !"

Attention : on ne le dirait pas, mais cet homme est journaliste

Nenni de connards ! Les gens sont beaux, ils s’aiment, ils travaillent ensemble avec bonheur, la main dans la main. Non, jamais personne n’est pressé d’en finir avec un film ; les tensions au travail, cela n’existe pas. Et non, il n’y a pas non plus de rivalités : chaque soir, c’est dans un nuage de coton couvert de petits cœurs que chacun retourne vers son lit après avoir couvert de bisous toutes les personnes qui travaillent avec lui.

Par ailleurs, pour des gens d’une franchise tant et tellement appuyée dans leurs propos qu’on trouve un nouvel adjectif pour la qualifier tous les semestres, je me permets de m’étonner : jamais il n’y en aurait un pour dire "Votre question est d’un niveau lamentable" ? Ou "Vous êtes bien urbain de me servir la soupe, j’en reprendrai bien encore un peu pour la route" ?

Demain dans la presse, on pourra lire que Jean-Pierre Pernaut a justement bien servi la même soupe à Nicolas Sarkozy (encore vous Monsieur de La Palice ? Vous êtes décidément bien en vie ce soir !), le garnement ; mais quelle presse ira cette fois dénoncer ces hordes de journalistes qui font office de cantinières au monde du spectacle ; certes, c’est moins grave que lorsqu’il s’agit du monde politique, mais où sont passées les critiques ? Qui ira mettre des gros tacles dans les gencives de nos amis les people, qui n’existent que parce que nous leur laissons une place douillette où on leur fait des câlins et où ne dit jamais trop de mal d’eux car on les aime fort ?

A quand quelqu’un pour expliquer à Kad Merad que ce n’est pas en bombardant le pays de trois à quatre mauvais films par an qu’il va devenir drôle ? Y aura t-il un messie pour demander à Franck Dubosc de quitter Paris séance tenante pour arrêter d’être installé sur chaque plateau de télévision au même titre que les chaises, projecteurs et autres caméras ? Un journaliste en goguette s’interrogera t-il enfin sur le complot mystérieux qui laisse penser certaines personnes que Francis Huster aurait du talent ? Demandera t-on enfin à Jean-Marie Bigard s’il est capable de faire autre chose qu’un sketch grossier (certains diront "la chauve-souris !" oui, mais c’était il y a quoi, 10 ou 15 ans ? Une blague autre que de cul en 20 ans de carrière, ça reste quand même limité) ?

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, par pitié et pour le Salut de la civilisation, arrêtons de servir la soupe aux "peoples" : au même titre que les pigeons, il ne faut pas les nourrir, ils sont déjà bien assez nombreux comme ça.

Et ils produisent à peu près autant de merdes.

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